English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ? > Lutte Ouvrière de Laguiller-Arthaud : « Voilà pourquoi nous ne sommes pas des (...)

Lutte Ouvrière de Laguiller-Arthaud : « Voilà pourquoi nous ne sommes pas des gilets jaunes. » !!!!

vendredi 21 décembre 2018

Lutte Ouvrière : « Voilà pourquoi nous ne sommes pas des gilets jaunes. » !!!!

Lutte Ouvrière, organisation d’Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud, tout en se plaignant des syndicats après les avoir cautionnés, se situe en dehors du mouvement des gilets jaunes et place ses efforts pour que la classe ouvrière des grandes entreprises reste aussi en dehors, comme le souhaitent également gouvernement, syndicats, patrons et même le PCF et Mélenchon !!!

Voilà ce qu’écrit cette organisation dans sa revue mensuelle, fâcheusement intitulée « Lutte de classe » :

Les révolutionnaires et le mouvement des gilets jaunes

« Nous l’avons dit, ce mouvement n’est pas d’une ampleur exceptionnelle. Si l’on en croit les chiffres du ministère de l’Intérieur (287 000 manifestants le 17 novembre, 166 000 le 24 novembre, 136 000 le 1er décembre), il aurait même tendance à se tasser….

Depuis le début, il y a une importante limite numérique à ce mouvement : le plus grand nombre est resté passif et s’est contenté d’un coup de klaxon pour saluer les gilets jaunes. Le mouvement va-t-il tenir ?...

Il est trop tôt pour dire dans quel sens politique ce mouvement va peser. Comment peut-il évoluer politiquement ? Certains gilets jaunes voudraient se transformer en parti politique. Certains ont explicitement dit qu’ils préparaient une liste pour les élections européennes. Vu les difficultés de leur mouvement à se doter de porte-parole, cela paraît très ambitieux. Mais ce n’est pas impossible…

L’autre possibilité, c’est tout simplement que le mouvement se désagrège sous des pressions politiques contradictoires. Dans les médias, tous les partis d’opposition tentent d’instrumentaliser le mouvement pour tirer la couverture à eux. Et cela ne se passe pas que sur les plateaux de télé ! Il faut se comprendre sur l’expression mouvement spontané. Les gilets jaunes sont traversés par des influences politiques multiples. L’extrême droite y grenouille depuis le début. Certaines initiatives émanent d’ailleurs de militants de Debout la France (DLF) ou du Rassemblement national (RN). Cette influence, elle s’est vue sur le barrage de Flixecourt, dans la Somme, où le 20 novembre des gilets jaunes ont dénoncé six migrants cachés dans une citerne, et s’en sont vantés. Elle se voit avec la rumeur délirante sur l’accord de Marrakech qui forcerait la France à ouvrir ses frontières. Pour l’instant, ces prises de position antimigrants sont restées très minoritaires et les propos racistes ont souvent explicitement été rejetés par des gilets jaunes qui y étaient confrontés. Quant à l’omniprésence du drapeau tricolore, il ne serait pas juste de l’assimiler systématiquement à l’extrême droite. À l’opposé, on sent l’influence du PCF, de La France insoumise (LFI) ou de syndicalistes. En particulier dans les voix qui insistent sur les services publics. Ce mouvement fait l’objet d’un combat politique et reflète les divisions qui existent dans la société. Qui tirera son épingle du jeu ? Mélenchon ou, à l’opposé, le RN ?...

La plupart des gilets jaunes qui sont des travailleurs salariés ne se voient pas du tout se battre contre leur patron. Nombre d’entre eux estiment que leurs intérêts vont de pair et que le combat est à mener, non pas contre le grand capital, mais contre Macron et l’État. De fait, ils sont très éloignés des idées de lutte de classe, voire les rejettent…

Autrement dit, nous n’appelons pas, comme le NPA, à « fédérer les colères », nous visons à les séparer. Nous visons à séparer les dynamiques de classe représentées d’un côté par les travailleurs exploités, et de l’autre par les petits patrons. Nous cherchons aussi à opposer notre politique à celle que le RN peut proposer, et qui consiste surtout à ne jamais parler des responsabilités des capitalistes, ni à dire qu’il faut prendre sur les profits pour augmenter les salaires et embaucher. Voilà pourquoi nous ne sommes pas des gilets jaunes…

Ce n’est évidemment pas nous qui pouvons orienter politiquement ce mouvement. Et, encore une fois, ce n’est pas du tout notre but. Notre but est de nous adresser politiquement au monde du travail de ces villes moyennes et d’essayer de faire progresser leur conscience politique…

Toute notre politique consiste à faire en sorte que le centre de gravité de la combativité se déplace et que le prolétariat en devienne le centre. Mais dans l’état actuel des choses où le gros du prolétariat ne se sent pas vraiment impliqué, nous n’avons ni la taille ni le crédit pour influer dans ce sens. Mais notre priorité reste le prolétariat concentré dans les grandes entreprises. Ces ouvriers sont attirés par les gilets jaunes, à l’exception peut-être des travailleurs immigrés, qui ont le sentiment de ne pas avoir leur place dans un mouvement majoritairement blanc, et dont ils craignent qu’il soit en partie raciste. On connaît dans bien des entreprises des ouvriers qui, après le boulot, foncent sur tel ou tel barrage, ne serait-ce que pour y passer un peu de temps. Autant ils se posent le problème de participer aux gilets jaunes, autant mener la bagarre dans leur entreprise, contre leur patron, leur semble encore impossible. Nous ne savons pas si le mouvement des gilets jaunes peut, comme la révolte étudiante de 1968, déboucher sur une grève générale, mais il faut en défendre la nécessité auprès des travailleurs, qui prennent justement 1968 comme référence…

Dans les entreprises, le mouvement des gilets jaunes permet d’avoir des discussions avec un milieu qui n’est pas politisé d’ordinaire. Dans beaucoup de sites, cette période se télescope avec les élections aux CSE. Il y a un tas de choses à faire sur le terrain syndical et nous ne pouvons y échapper. Mais nous devons faire de la politique.

Que l’on soit bien d’accord. Il ne s’agit absolument pas pour nous de demander aux confédérations syndicales de prendre la tête de ce mouvement. Nous sommes pour que les grévistes s’organisent eux-mêmes et dirigent eux-mêmes leurs grèves. Et ce n’est pas contradictoire avec le fait que nos camarades d’entreprise, militants ou responsables syndicaux, se bagarrent contre l’attitude timorée des confédérations, en discutent et prennent des initiatives en tant que militants de la lutte de classe… »

Conclusion : Lutte Ouvrière va faire de… la politique, c’est-à-dire se mobiliser pour les élections bourgeoises en plein mouvement social et insurrectionnel de masse qu’elle affirme ne pas intégrer sous prétexte qu’il ne serait pas pur et contiendrait aussi des patrons ou qu’une partie des travailleurs n’y adhère pas encore !!!

Tout en affirmant que l’essentiel serait que les gros bataillons de la classe ouvrière entrent en lutte, ils ne les y appellent absolument pas en restant eux-mêmes en dehors du combat !!!

On remarquera que, si ces opportunistes se prémunissent d’un développement du mouvement dans les entreprises en disant tout et son contraire, jamais, au grand jamais, la perspective révolutionnaire de classe, celle consistant à former des comités de travailleurs n’est même évoquée par l’organisation Lutte Ouvrière !!! Drôles de révolutionnaires qui se placent en dehors de la révolution sociale dès ses premiers balbutiements !!!

La suite

Lire aussi

Le débat avec Lutte ouvrière sur les gilets jaunes

16 Messages de forum

  • Jaunes plutôt que gilets jaunes !!!

    Lutte Ouvrière : « Voilà pourquoi nous ne sommes pas des gilets jaunes. » !!!!

    Répondre à ce message

  • je ne vois pas ce qu’il y a de contradictoire dans cette prise de position politique qui pèse tous les éléments d’un mouvement que tout le reconnaît comme composite.

    Répondre à ce message

  • Aucun contradiction dans le fait qu’un courant qui se dit révolutionnaire prolétarien reconnaisse qu’il existe en France une fraction du prolétariat qui est en train d’agir par lui-même en développant sa conscience et son intervention de manière radicale et que ce courant se tienne complètement à l’extérieur du mouvement, en se contentant de demander à ses militants de discuter avec les gilets jaunes mais en affirmant ne pas souhaiter que leur organisation influence le mouvement, ne pas souhaiter que la classe ouvrière dirige le mouvement.

    Et puis, il y a une autre contradiction puisque LO affirme que ce qui manque, c’est que la classe ouvrière des grandes entreprises ne participe pas en masse au mouvement mais seulement par quelques individus et en même temps affirmer qu’elle n’y appelle nullement, sous le prétexte que les travailleurs sauront bien tout seuls s’ils souhaitent le faire et quand ils souhaiteront le faire.

    En somme, c’est à se demander à quoi peut bien servir une telle organisation dite révolutionnaire, à part distribuer des bons et des mauvais points à droite et à gauche e à jouer les moralistes de la révolution.

    Répondre à ce message

  • d’accord, il y a contradiction, mais qu’aurait dû faire LO face à un mouvement qui ne veut pas être manipulé par des organisations politiques et syndicales ?

    Répondre à ce message

  • LO prétend que son rôle essentiel réside dans ce qu’elle fait et dit dans les grandes entreprises. Eh bien, elle dit à ses militants : nous ne sommes pas des gilets jaunes et non pas nous sommes les militants gilets jaunes au sein de l’entreprise, nous tentons de les structurer sur place, de construire des comités de gilets jaunes de l’entreprise et nous militons pour que cette conscience prolétarienne qui se développe gagne les entreprises.

    Non ! LO attache beaucoup plus d’importance à son rôle dans les syndicats bureaucratiques et les élections bourgeoises pour agir ainsi !!!

    Quand il s’agit de ces deux domaines privilégiés de cette organisation prétendument révolutionnaires, là LO n’écrit pas "nous ne sommes pas"....

    Répondre à ce message

    • oui entièrement d’accord avec robert, car même si l’article de la LDC parait un peu critique pour 1 fois des directions syndicales, c’est pour mieux se démarquer des prolos racistes (l’auteur posent la question) , petits bourgeois (là il l’affirme), bref tous ces gens qui ne veulent pas quoi ? se battre ? contre l’Etat ? leur patron quand ils en ont un ? Foutaise de Lutte ouvrière qui sait très bien que les travailleurs n’ont jamais attendu ni les révolutionnaires ni les syndicalistes pour mener la lutte de classe au quotidien. PAr contre , s’organiser contre les syndicats avec des comités de grèves élu démocratiques , oui il fut un temps ou les courants trotskyste anarchiste, moreniste, gauche communiste , le défendaient. Et voilà ce que ces organisations dites révolutionnaires ont fini par oublier : leur propre passé !

      Répondre à ce message

  • citation de LO dans la LDC : "Notre conviction de marxistes est qu’il ne peut pas y avoir d’issue positive pour le monde du travail si la classe ouvrière n’intervient pas sur la base de ses intérêts de classe et surtout sur la base de ses perspectives de classe. Le prolétariat organisé dans les grandes entreprises est le seul à même de porter le combat contre la bourgeoisie et l’ordre capitaliste, à porter les perspectives révolutionnaires pour toute la société. Le paradoxe, c’est que les travailleurs qui peuvent le plus se battre sont, en ce moment, ceux qui le veulent le moins. Mais les choses ne sont pas figées. Quand cela commence à bouger, bien des perspectives s’ouvrent non seulement pour ceux qui sont dans l’action mais aussi pour ceux qui regardent. Alors il nous faut tout à la fois nous adresser aux travailleurs des entreprises où nous militons et à ceux qui participent au mouvement des gilets jaunes."
    "Ceux qui le peuvent le plus , le veulent le moins " ah oui et pourquoi ? d’après LO ? Nous serions bien curieux de le savoir.. pourquoi la classe ouvrière s’organise partout sauf là ou les centrales syndicales dominent le mouvement ouvrier et nous envoient dans le mur depuis des lustres ?
    La réponse est évidemment que ces vieilles organisations sont comme le capitalisme, usées et incapables d’inspirer la moindre lutte offensive à nous travailleurs. Nous ne voulons même plus rien leur demander ou exiger de ces fossiles.
    Par contre , nous gilets jaunes devons importer nos propres comités de lutte à l’intérieur des multinationales et des entreprises en général, pour devenir des comités de grèves permanent. A nous de les décider et de les organiser , travailleurs non syndiqués et syndiqués en élisant nos propres délégués sans attendre aucune élection patronale ou étatique sous aucune loi bourgeoise. Vive l’auto organisation des gilets jaunes dans toutes les entreprises , vive les piquets de travailleurs et leurs comités, vive l’extension des luttes internationales en dehors des syndicats. Vive les ouvres boites vives les sans manches !

    Répondre à ce message

  • Lutte Ouvrière écrit : "Autrement dit, nous n’appelons pas, comme le NPA, à «  fédérer les colères  », nous visons à les séparer."

    ET COMME DIT LE PROVERBE : DIVISER POUR MIEUX REGNER . Au mieux, LO confond dictature du prolétariat sur la bourgeoisie avec dictature du prolétariat sur la petite bourgeoisie , ce qui est très grave .
    Au pire LO fait sciemment la politique stalinienne et réformiste de braquer les ouvriers contre la petite bourgeoisie.
    Etant donné que LO est une organisation qui sait ce qu’elle écrit ...la deuxième option est LO tente de prendre la place du PCF et copie sa politique des années 30.

    Répondre à ce message

    • Je ne vois aucune contradiction. Ces pseudo-révolutionnaires de gilets jaunes ne connaissent rien à la révolution, étant dépourvus du bagage théorique et des diplômes qui vont bien. Mettre sur le meme plan LO et les gilets jaunes c’est un peu comme si l’on comparait un chauffeur UBER et un bon vieux taxi parisien qui a acheté sa plaque depuis plusieurs décennies à la sueur de son front ; de la concurrence déloyale, ni plus ni moins
      Non à l’uberisation de la révolution, aux GAFA et aux gilets jaunes !

      Répondre à ce message

      • Tu ne vois aucune contradiction mais il y a eu une opposition entre la révolution sociale allemande et sa social-démocratie, grande organisation structurée alors que la révolution allemande était confuse et composite, peu structurée, allant en tous sens.

        Malgré cela nous restons du côté de la révolution sociale, pour confuse qu’elle soit car elle seule est porteuse d’avenir, pas du côté des organisations bien ordonnées partisanes de l’ordre social même si elles le dénigrent en paroles pour un jour qui ne vient pas car cette révolution proprette qu’elles prônent n’a jamais existé.

        Répondre à ce message

  • Nathalie Arthaud, invitée de la Midinale :

    « Je ne dirais pas que le mouvement des gilets jaunes est un nouveau mouvement ouvrier. »

    « Le mouvement des gilets jaunes est essentiellement constitué de travailleurs, au chômage, en activité, temps partiel, travailleurs à la retraite… mais ses revendications ne sont pas que prolétariennes. »

    « Il y a aussi des revendications de petits artisans, de petits patrons. »

    « Le centre de gravité du mouvement des gilets jaunes n’est pas sur le terrain du combat de la classe ouvrière. »

    « Se limiter à des revendications aussi vagues que ”à bas les impôts”, ça nous amènera dans une impasse. »

    Au lycée Le Corbusier, plusieurs enseignants, parmi lesquels l’ex-candidate à la présidentielle Nathalie Arthaud (LO), se sont mis en grève : "les événements de Mantes-la-Jolie nous ont encouragés à dire notre opposition à cette répression qui monte en banlieue". Le mouvement des gilets jaunes ne l’avait pas encouragée ?!!!

    Répondre à ce message

  • Se tenir sur ses gares, se méfier, refuser d’en être, refuser de participer, refuser de proposer une politique, voilà ce qu’une bonne partie de l’extrême gauche a fait et ce qu’elle pouvait faire de pire. On le sait désormais : il suffira qu’il y ait quelques participants petits bourgeois, ou nationalistes ou encore d’extrême droite pour qu’ils en prennent prétexte de ne pas participer à la révolution sociale !!! Curieux révolutionnaires qui récusent la révolution quand elle est là !!!

    Répondre à ce message

  • Vous pouvez croire que Lutte ouvrière est dans le mouvement des gilets jaunes, puisqu’il est dans la rue ou dans les réunions, mais vous remarquerez que :

    1°) les militants LO se refusent à porter le gilet jaune

    2°) les militants LO se refusent à diffuser les tracts gilets jaunes

    3°) les militants LO se refusent à porter des banderoles gilets jaunes

    4°) les militants d’entreprise de LO se refusent à appeler les travailleurs à constituer des comités gilets jaunes

    5°) les militants LO discutent avec les gilets jaunes sans défendre leur point de vue sur les perspectives du mouvement et se contentent de faire connaissance pour se mettre en position ensuite d’y recruter pour leur organisation

    6°) les militants LO ne se démarquent pas clairement des bureaucraties syndicales qui continuent à calomnier notre mouvement

    7°) Lorsqu’ils débattent avec des gilets jaunes, ils ne disent pas clairement qu’ils n’en sont pas alors que c’est marqué sur leurs écrits. Et, si on le leur fait remarquer, ils mentent en affirmant qu’ils n’ont jamais écrit ça !!!

    Répondre à ce message

Répondre à cette brève

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0