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De Paris à Chicago : la lutte mondiale pour fermer les écoles et sauver des vies

dimanche 16 janvier 2022, par Robert Paris

Alors que le nombre d’infections et d’hospitalisations liées à la COVID-19 atteint un niveau record en raison de la propagation rapide du variant Omicron, un mouvement croissant de la classe ouvrière se développe au niveau international pour arrêter la pandémie et sauver des vies. Aujourd’hui [jeudi], environ 75 pour cent des enseignants du primaire en France participent à une grève nationale qui devrait entraîner la fermeture de la moitié des écoles françaises.

Mercredi, un nombre record de 3.145.916 personnes ont été officiellement infectées par la COVID-19 dans le monde, dont 814.494 aux États-Unis, 363.719 en France et 241.976 en Inde. Cinq autres pays ont signalé plus de 100.000 nouveaux cas officiels. Les hospitalisations se multiplient dans le monde entier : plus de 140.000 personnes sont hospitalisées pour la COVID-19 aux États-Unis, plus de 23.000 en France et près de 20.000 au Royaume-Uni.

Avant la grève en France, la semaine dernière, 25.000 enseignants de Chicago ont participé à une puissante action collective pour stopper l’apprentissage en présentiel, au mépris des politiques de réouverture des écoles menées par le Parti démocrate au niveau local, étatique et national et soutenues par tous les syndicats d’enseignants.

Lundi, le Chicago Teachers Union (CTU) a brusquement conclu un accord avec la maire démocrate Lori Lightfoot pour rouvrir les écoles de la ville. Face au dégoût généralisé des enseignants de la base, le syndicat a fait passer l’accord à toute vapeur en ne donnant aux enseignants qu’un jour pour voter. 41 pour cent seulement de tous les membres du CTU ont appuyé l’entente et 20 pour cent des membres se sont abstenus.

Inspirés par la lutte des enseignants de Chicago, les éducateurs de San Francisco et d’Oakland, en Californie, ont organisé la semaine dernière des grèves sauvages pour faire cesser l’apprentissage en personne. Des comités de base, constitués indépendamment des syndicats par des éducateurs à travers les États-Unis – notamment à New York, dans le Michigan, en Pennsylvanie, dans tout le Sud et sur la côte Ouest – ont organisé des réunions en ligne très suivies au cours des deux dernières semaines et se développent dans chaque région du pays.

Tout au long de cette semaine, des lycéens de New York, Chicago, Boston, Oakland, Portland et d’autres villes américaines ont fait circuler des pétitions qui demandent une option d’apprentissage à distance, recueillant des milliers de signatures. Mardi, près de 1.000 élèves de plus de 30 écoles primaires et secondaires de New York ont débrayé pour demander le passage à l’apprentissage à distance. Des manifestations similaires sont prévues à Chicago et à Oakland dans les prochains jours. Selon un sondage réalisé le week-end dernier, la majorité des adultes américains sont favorables à l’apprentissage à distance, dont 63 pour cent de ceux dont le revenu est inférieur à 50.000 dollars.

Au Royaume-Uni, où les infections à la COVID-19 et les hospitalisations d’enfants ont atteint des niveaux record, les éducateurs et les parents approfondissent leur lutte pour mettre fin aux réouvertures d’écoles dangereuses. Le comité de sécurité des éducateurs (Royaume-Uni) a tenu une réunion très suivie mardi, au cours de laquelle on a présenté un plan d’action qui vise à forcer le passage à l’enseignement entièrement à distance.

Dans une vidéo publiée mercredi, Lisa Diaz, mère britannique, qui a mené une série de grèves scolaires depuis octobre, a exprimé son soutien aux enseignants de Chicago, déclarant : « Vous prenez position, non seulement pour vous, mais aussi pour les enfants. » Elle a conclu : « Je veux exprimer toute ma solidarité depuis le Royaume-Uni et vous remercier d’avoir pris position. Et pendant que je suis ici, bravo à tous les enseignants de France qui font de même, et aux enfants des États-Unis qui débrayent. »

À Hidalgo et Baja, au Mexique, des grèves ont commencé, impliquant des dizaines de milliers d’enseignants. Bien que l’accent soit mis sur les questions contractuelles liées aux salaires, ces grèves coïncident avec la réouverture forcée des écoles dans un contexte de montée en flèche des infections de COVID-19.

La lutte internationale croissante des éducateurs et des jeunes contre la réouverture des écoles est une réaction à la mise en œuvre mondiale de cette politique meurtrière par les gouvernements du monde entier au nom de l’élite patronale et financière.

Partout dans le monde et, en particulier, aux États-Unis et en Europe, les gouvernements capitalistes ont répondu à l’émergence du variant Omicron en abandonnant toute prétention à vouloir arrêter la pandémie. Tout discours sur les « mesures d’atténuation » et « l’arrêt de la pandémie » a disparu. Au lieu de cela, ils soutiennent désormais ouvertement la stratégie de l’« immunité collective », qui n’était auparavant poursuivie que par les gouvernements les plus à droite. Ils sont déterminés à permettre la propagation incontrôlée du virus, en se basant sur la croyance non scientifique qu’il va rapidement manquer d’hôtes et devenir endémique.

Aux États-Unis, le gouvernement Biden et ses représentants déclarent de plus en plus explicitement qu’ils ont l’intention de laisser la population être infectée. Mardi, le Centre d’études stratégiques et internationales – l’un des principaux groupes de réflexion de l’impérialisme américain – a partagé une « conversation au coin du feu avec le Dr Anthony Fauci ». Dans cette interview, le principal conseiller médical de Biden a déclaré avec une indifférence insensible qu’Omicron « finira par infecter à peu près tout le monde ».

En ce qui concerne les personnes vaccinées, Fauci a déclaré : « Certaines, peut-être beaucoup, seront infectées » et « s’en sortiront raisonnablement bien. » Fauci a ajouté que « ceux qui ne sont toujours pas vaccinés seront les plus touchés par l’aspect le plus grave de la maladie » et qu’une partie d’entre eux « tomberont gravement malades et mourront. » Fauci a seulement déploré le fait que cela « va mettre au défi notre système de santé ».

La réouverture des écoles est au cœur de la stratégie d’« immunité collective » pour deux raisons. Premièrement, le retour des élèves en classe est nécessaire pour obliger les parents à reprendre le travail. Deuxièmement, les bâtiments scolaires surpeuplés et mal ventilés sont des foyers de transmission virale, permettant à la COVID-19 de se propager le plus rapidement possible et d’infecter rapidement les étudiants, les éducateurs, leurs familles et leurs communautés.

Ce qui a déclenché la grève des enseignants français d’aujourd’hui, ce sont les efforts du gouvernement Macron pour modifier discrètement les directives de réouverture de manière à maintenir les écoles ouvertes alors que les cas de COVID-19 explosent. En l’espace d’une semaine, ces protocoles se sont avérés clairement désastreux, incitant les enseignants de la base à exiger la grève.

À Chicago, le CTU applique désormais une politique selon laquelle les écoles ne fermeront que si plus de 30 pour cent du personnel ou 40 pour cent des enfants sont infectés par la COVID-19 ou en quarantaine pour cause d’exposition. En d’autres termes, leur accord repose sur l’acceptation d’infections massives dans les écoles et les communautés.

La lutte contre l’« immunité collective » est un combat mondial commun auquel la classe ouvrière internationale adhère de plus en plus, en opposition directe au système capitaliste. De par sa nature même, la pandémie ne peut être combattue sur une base nationale ou par des appels aux pouvoirs en place. La COVID-19 ne sera éliminée que par un mouvement de masse coordonné à l’échelle mondiale, qui imposera des confinements temporaires, la fermeture des écoles et l’arrêt de la production non essentielle et le déploiement de toutes les mesures de santé publique disponibles.

L’un des grands défis auxquels sont confrontés les travailleurs de tous les pays est de ne pas considérer leurs luttes comme des incidents isolés mais plutôt comme faisant partie d’un processus global. Pour généraliser leurs expériences et coordonner leurs luttes à l’échelle mondiale, les travailleurs ont besoin de nouvelles formes d’organisation, des comités de base, gérés démocratiquement et contrôlés par les travailleurs eux-mêmes.

De nombreux comités de ce type ont été établis parmi les éducateurs, les travailleurs de l’automobile, les travailleurs de la santé, les travailleurs de la logistique et d’autres sections de la classe ouvrière, qui sont maintenant réunis sous l’égide de l’Alliance ouvrière internationale des comités de base (IWA-RFC). Ce réseau de comités doit tisser des liens toujours plus étroits et lutter activement pour unifier et diriger le mouvement croissant de la classe ouvrière afin d’arrêter la pandémie et sauver des vies.

Source WSWS : https://www.wsws.org/fr/articles/20...

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