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Crise sanitaire : quand l’Asie émergente donne une leçon à l’Occident immergent

mardi 26 mai 2020, par Khider Mesloub

Crise sanitaire : quand l’Asie émergente donne une leçon à l’Occident immergent

À considérer la gestion chaotique sanitaire de la pandémie opérée en Occident, on mesure l’ampleur de la déliquescence des pays occidentaux, en particulier de l’Europe et des Etats-Unis. En comparaison, les pays asiatiques, pays semi-féodaux semi-colonisés encore au milieu du siècle dernier, ont démontré leur supériorité en matière de politique de santé publique et au plan de robustesse économique.

Déploiement d’une technologique avancée en Asie sans coercition, recours à la méthode moyenâgeuse du confinement en Occident sur fond de la militarisation de la société. Pour endiguer le virus, les pays asiatiques ont mobilisé tout un arsenal de technologies innovantes : tests de dépistage à grande échelle, masques respiratoires en abondance, solutions hydro alcooliques à profusion, bracelets électroniques reliés à une application téléchargeable sur le smartphone, SMS d’avertissement aux personnes en quarantaine, recherche digitale des itinéraires des cas suspects. La Corée du Sud, la Chine, Taïwan, Singapour ont tous encouragé le recours à la technologie pour gérer la crise sanitaire du Covid-19. Par leurs politiques de santé technologiquement efficientes, ces pays ont administré la preuve de leur suprématie en matière de prévention et de gestion médicale et sanitaire.

Dans un climat de transparence totale, dans le respect des libertés individuelles (excepté la Chine), ces pays ont favorisé prioritairement la protection de leurs populations vulnérables, et non les intérêts financiers ou politiques, mais avec le souci de protéger l’outil de production. Pour citer l’exemple de Singapour, les autorités ont procuré des soins de santé préventifs gratuits à leur population, pour éviter la propagation du virus, comme on l’observe dans les villes occidentales en proie à une progression exceptionnelle du Covid-19. Ces mesures prophylactiques, appuyées sur le dépistage systématique, ont été remarquablement efficaces. La cité-Etat de Singapour, qui compte presque 6 millions d’habitants, pourtant densément peuplée, a enregistré seulement 400 cas et deux décès. De surcroît, dans ces trois pays (Corée du Sud, Singapour et Taïwan), les populations ont participé librement et activement à l’effort de lutte contre le coronavirus, grâce notamment à la transparence de l’information. Ni coercition, ni confinement, ni sanction pécuniaire, ni condamnation pénale, ni arrêt de la production, ni fermeture des commerces, ni explosion du chômage.

Cette approche contraste avec les pays occidentaux où les gouvernements ont longtemps minimisé les risques de contagiosité et étouffé les critiques, comme aux Etats-Unis où le président Trump a vilipendé les médias, sapé les informations des autorités médicales. Au reste, les dirigeants occidentaux ont fait preuve d’une indifférence criminelle par leur négligence d’adoption de mesures médicales préventives dès l’apparition du virus sur leurs respectifs territoires. Aussi, pour n’avoir pas développé une politique de santé publique performante, les pays occidentaux ont-ils été rapidement débordés. Conséquence : faute d’équipements médicaux, ils ont opté pour le confinement pénitentiaire dramatique, sans pour autant éviter l’engorgement des hôpitaux, ni les pénuries de matériels de protection et de soins, ni l’explosion de décès. Ni empêcher la faillite de centaines de milliers d’entreprises, la mise au chômage de millions de travailleurs, provoquées par l’arrêt de l’économie. In fine, le remède a été pire que le mal. Les pays occidentaux en déclin n’ont pas su protéger ni leur population, ni leur économie vermoulue. Ni, bientôt, leur société, en phase de dégénérescence avancée.

Dans la majorité des pays asiatiques, on déplore très peu de victimes liées au coronavirus. Pourtant, l’Asie, en particulier la Chine, a été l’épicentre originel de la pandémie. Mais, en un temps record, les différents gouvernements de ces pays asiatiques ont pu endiguer la propagation du virus. Même un pays sous-développé comme le Vietnam comptabilise seulement quelques dizaines de cas contaminés. Comparativement à son ancien occupant, la France, qui a enregistré un taux de mortalité extrêmement élevé, plus de 18 000 décès (ou son ancien envahisseur impérialiste étasunien qui enregistre presque 32 000 morts), le Vietnam, a su efficacement gérer la crise sanitaire du Covid-19. Avec une population de 93 millions d’habitants et une superficie plus petite que la France, le Vietnam a mis en œuvre une politique sanitaire de lutte contre la propagation du coronavirus sans mesures de confinement, ni déploiement d’une rhétorique guerrière, ni déferlement d’un climat de psychose, ni militarisation de la société. Résultat : au 13 avril 2020, il y a seulement 265 cas confirmés, avec 146 guérisons et aucun décès. Comment ce pays asiatique « sous-développé » a-t-il pu juguler efficacement la propagation du Covid-19 ?

Dès l’apparition du coronavirus, à l’instar des sud-Coréens, les autorités vietnamiennes ont mis l’accent sur les mesures de dépistage massif pour détecter les personnes infectées. Les cas déclarés positifs ont été immédiatement confinés dans des hôtels de l’Etat ou des bases militaires durant quatorze jours pour être traités. Au total, seulement quelques centaines ont été mis à l’isolement. On est loin des milliards de personnes condamnées au confinement pénitentiaire traumatisant dans de nombreux pays, notamment en Algérie et en France. Le reste de la population vietnamienne non contaminée, était invitée à limiter certes ses sorties et déplacements, mais sans restriction de ses libertés, sans aucune dérogation de sortie matérialisée par une attestation. En revanche, lors de chacune de leur sortie, les vietnamiens portent spontanément tous un masque, abondamment disponible dans tous les points de vente. Au reste, les autorités procèdent chaque jour à des campagnes de prévention par la diffusion de consignes de sécurité amplement relayées par les médias. Ces campagnes de sensibilisation s’effectuent également par le biais des SMS envoyés fréquemment à la population vietnamienne, notamment pour lancer des avis de recherche des personnes à risque, ou via une application charger de pister les cas infectés.

Ainsi, avec des infrastructures moins développées et performantes que les pays occidentaux, le Vietnam, pays pourtant en retard sur le plan économique, a su enrayer la propagation du virus. Avec comme seuls moyens : organisation et discipline. Rapidité de décision, efficacité de coordination, disponibilité de matériels médicaux, absence de coercition, de confinement généralisé, respect des libertés individuelles. Voilà les principales armes sanitaires avec lesquels le Vietnam a endigué le virus. Comparé au reste du monde, notamment la France, adepte de mesures drastiques de confinement généralisé, de militarisation de la société, le Vietnam, comme la plupart d’autres pays asiatiques, a réussi à gérer et juguler « démocratiquement » la crise sanitaire du Covid-19. Grâce à l’efficacité de sa gestion sanitaire ayant permis de circonscrire le virus, le Vietnam a pu se délester d’une partie de son immense stock de masques en remettant début avril un demi-million de masques à cinq pays européens (France, Espagne, Italie, Royaume-Uni et l’Allemagne). Le Vietnam avait auparavant fourni des masques et des équipements médicaux à plusieurs autres pays d’Asie. Sans conteste, à l’inverse des pays occidentaux qui ont délibérément ignoré les avertissements des scientifiques, depuis le déclenchement de l’épidémie du Sras de 2003, sur la menace de la résurgence des épidémies, la majorité des pays asiatiques a su mettre à profit cette expérience épidémique du Sras pour développer une politique de santé publique prophylactique, investir dans des technologies avancées sanitaires.

On est en droit de se poser les questions suivantes : quel est l’État dictatorial, liberticide ? Quel est le gouvernement protecteur, providentiel, moderne ? Quels sont les pays qui ont prouvé leur faillite, leur débâcle ? Cette crise sanitaire vient rappeler à point nommé la décadence de l’Occident. Elle a permis de dévoiler non la force naturelle d’un virus susceptible d’être neutralisé par la science et la technologie modernes contemporaines et une gestion sanitaire efficiente, mais la faiblesse avérée des pays occidentaux moribonds, incapables de protéger leurs populations livrées à eux-mêmes sans protection ni soins, sinon par des mesures moyenâgeuses de confinement et des lois d’exception dictatoriales. Cette incurie notoire des États occidentaux signe l’échec de leur modèle « civilisationnel », la faillite de leur suprématie économique. À quoi servent leurs puissantes technologies militaires, leurs grandes institutions financières, leurs avions supersoniques et leurs fusées spatiales, si, à la moindre apparition d’un microscopique virus, les gouvernements occidentaux sont incapables de protéger leur population, du fait de l’absence criante d’infrastructures hospitalières, d’équipements médicaux, de médicaments dignes de notre époque moderne ?

Enfin, pour ternir l’image de la Chine, les médias occidentaux, envieux de la supériorité économique et médicale des chinois, ont mis récemment en doute le nombre de décès du Covid-19 dans la province de Hubei. Même en période de pandémie, les occidentaux poursuivent leur « guerre de propagande » antichinoise.

Aujourd’hui, au moment où les principales puissances occidentales « euthanasient », chaque jour, des milliers de leurs populations âgées et vulnérables, victimes du coronavirus, par choix stratégique de sélection naturelle en dépit de leur prétendue politique de confinement partiel à géométrie variable, au lieu de stopper l’hécatombe, elles détournent l’attention de l’opinion publique en focalisant les projecteurs sur la Chine, sortie pourtant vainqueur contre le Covid-19, accusée d’avoir sous-évalué le nombre de décès du coronavirus. En effet, les médias occidentaux ont mis en doute le nombre de morts du coronavirus à Wuhan. Sur la base d’informations diffusées par Radio Free Asia (RFA), le chiffre réel de décès serait plus élevé (sic). Selon les autorités chinoises, le Covid-19 a fait 2535 morts. Or, à lire les médias occidentaux, ce bilan serait inférieur à la réalité. Ils avancent le chiffre de presque 40 000 morts en se fondant sur des estimations du nombre d’urnes délivrées par les crématoriums. Ces chiffres sont-ils crédibles ? Sur le nombre d’urnes livrées aux pompes funèbres à l’issue de la quarantaine, le chiffre est crédible. Effectivement, plusieurs milliers d’urnes ont été distribuées. Mais ces urnes ne concernaient pas seulement les décès du Covid-19. Elles étaient destinées également aux familles ayant perdu leurs proches au cours de la période de confinement, décédées pour d’autres causes. Pour être objectif, il faut tenir compte du nombre de décès réguliers, intervenu au cours de la période de confinement (janvier à fin mars). En temps normal, le taux de mortalité dans la province de Hubei, qui compte 60 millions d’habitants, est estimé à plus 110 000 par an. Le nombre de décès attendu au cours de la quarantaine est donc d’au moins 30 000. En raison du confinement, ces morts n’ont pas pu être inhumés. Aussi, les photos montrant la livraison de quelques milliers d’urnes aux pompes funèbres de Wuhan correspondent-elles aux décès réguliers estimés à plus 30 000. Ces photos ne sont pas l’indice d’un taux de mortalité plus élevé pour le Covid-19, mais le signe d’une mortalité ordinaire.

À défaut de s’inspirer de l’exemple des pays asiatiques, les pays occidentaux sombrent dans la calomnie, notamment le dénigrement de la Chine. Plus grave : au lieu de reconnaître leur incurie criminelle dans la gestion sanitaire du Covid-19, ils accusent nommément la Chine d’avoir délibérément laissé le virus se propager. Décidément, le virus de la propagande occidentale est toujours actif. Après le milliardaire Trump qui a accusé la Pékin d’avoir « dissimulé » la gravité de l’épidémie à son début en Chine, c’est autour du président français Macron d’incriminer la Chine d’avoir propagé le virus en France. En effet, dans une interview accordée au Financial Times, le président Macron a estimé qu’il existait des zones d’ombre dans la gestion de la pandémie de coronavirus par la Chine. « Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas », a-t-il déclaré. À son tour, le Royaume-Uni a averti la Chine qu’elle devrait répondre à des « questions difficiles sur l’apparition du virus, et pourquoi il n’a pas été stoppé plus tôt ». Dans le même temps, Trump a décidé de suspendre la contribution financière au fonctionnement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lui reprochant de s’être alignée sur les positions chinoises.

Dans cette bataille d’influence qui s’apparente à une nouvelle Guerre froide, Washington a également évoqué la constitution d’une enquête pour faire la lumière sur l’origine du Covid-19, laissant entendre que le coronavirus pourrait provenir d’un laboratoire chinois à Wuhan, la région d’origine de la pandémie. « Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s’est propagé, a contaminé le monde et a provoqué une telle tragédie », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, sur la chaîne Fox News.

Ces tensions constituent les premières rafales de la guerre livrée par l’Occident à la Chine. La Russie à son tour est intervenue pour prendre la défense des autorités chinoises. Ainsi, le président russe Poutine est venu à la rescousse de la Chine. Dans un communiqué, il a plaidé pour un renforcement de la coopération russo-chinoise, et a estimé « contre-productif (…) d’accuser la Chine de ne pas avoir informé le monde assez tôt de l’apparition d’une nouvelle infection dangereuse ». Le président Poutine a salué les « actions cohérentes et efficaces des Chinois, qui ont permis de stabiliser la situation épidémiologique dans le pays ». Quoi qu’il en soit, la suprématie de l’Asie est aujourd’hui incontestable. Elle est devenue l’épicentre de l’économie mondiale. La crise sanitaire du Covid-19 aura bousculé l’échiquier géostratégique international. L’Asie vient de damer le pion aux anciennes puissances économiques occidentales en déclin, financiarisée à outrance mais désindustrialisée à résipiscence. L’Occident, roi économique désormais nu, a perdu son trône. L’Occident, aux pieds d’argile industriels, est tombé de son piédestal géostratégique. Son règne civilisationnel universel est mort. Pour paraphraser Alain Peyrefitte, nous disons : Quand l’Asie s’éveille, l’Occident s’effondre !

Mesloub Khider

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