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Grèves réformistes ou action révolutionnaire, il faut choisir

mardi 31 décembre 2019, par Robert Paris

éditorial

Il faut choisir : la grève syndicale par corporation, la grève par procuration, le mouvement réformiste par journées d’action, respectueux de l’ordre capitaliste qui mènent à l’échec ou… la révolution sociale

Non, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, le mouvement des retraites, tel qu’il se déroule actuellement en France, n’est pas du tout la seule manière possible de mener la lutte, et n’est nullement la lutte des classes, développant l’action de manière dynamique en ne craignant pas de s’attaquer aux fondements même du système d’exploitation et de l’ordre social des classes possédantes. Ce n’est pas réellement les grévistes eux-mêmes qui disposent des moyens de prendre les décisions sur leur propre lutte. C’est, au contraire, des appareils bureaucratiques complètement coupés de la base qui prennent toutes les vraies décisions. Ce n’est pas les salariés du privé qui ont décidé de ne pas se joindre à la grève des retraites mais les appareils syndicaux qui, pour l’essentiel, n’ont déposé des préavis que pour des journées d’action passives, avec des actions communes qui ne sont que des promenades passives et n’ont aucun caractère dynamique permettant de mener à l’extension du mouvement, à la jonction des grèves locales, à leur liaison avec des secteurs pas encore en grève, avec la formation d’assemblées décisionnelles, interprofessionnelles, allant organiser des meetings dans des quartiers populaires, allant organiser des assemblées dans d’autres secteurs en grève ou pas en grève. Ce caractère vivant, dynamique, et dangereux pour les classes possédantes est formellement exclu par les appareils syndicaux qui sont à la manœuvre dans tout le pays.

Nulle part, ces appareils n’ont « convergé » avec les méthodes des gilets jaunes, contrairement à ce qui s’est passé juste avant la grève des retraites chez les personnels des Urgences de l’Hôpital public et celles des cheminots lors de deux grèves précédentes. Nulle part, les militants syndicalistes n’ont accepté de se plier à des assemblées générales décisionnelles, qui aient le pouvoir sur les revendications et les modes d’action. Nulle part, ils n’ont accepté que les grévistes élisent des délégués de lutte qui se réunissent en comités de grève, ni que ces comités de grève disposent du pouvoir décisionnel sur les appels, sur les initiatives, sur les négociations ou absence de négociations. Nulle part, ces appareils ne sont sortis de leur « stratégie » de lutte : ne pas déborder de la question des retraites, sans « s’élargir » à la question des allocations chômage, à la question des privatisations de services publics, à la question de la casse de l’hôpital public, de la psychiatrie, des EPHAD, de la pédiatrie publique, des maternités, de la Protection maternelle et infantile et on en passe, à la destruction des aides sociales, à la destruction protections sociales, des moyens de défense des salariés, à la précarisation massive du travail, à l’ensemble des attaques anti-sociales que les classes possédantes ont engagé tous azimuts.

Mais ce n’est pas tout. Ce que les appareils syndicaux réformistes ne veulent surtout pas et qu’ils ont refusé systématiquement dans la giletjaunisation des luttes, c’est que les travailleurs remettent en question, par leur lutte même, la passivité politique des exploités et des opprimés. Cela signifie qu’ils ne veulent pas que la lutte sociale remette en question directement l’ordre social et politique. Tout d’abord, ils n’admettent que les revendications économiques mais nullement les objectifs politiques de classe des plus démunis. D’autre part, ils reconnaissent la légitimité du pouvoir des possédants alors que les gilets jaunes, par leur simple existence, représentent une remise en cause de ce pouvoir.

L’allure pseudo-radicale de la revendication syndicale, celle du « retrait de la réforme », signifie surtout qu’ils se contentent de revendiquer « une bonne réforme ». Le principal a priori des appareils syndicaux, c’est que l’on ne veut pas révolutionner la société, alors qu’il est clair, depuis les gilets jaunes, que les exploités, eux, pensent qu’il faut révolutionner la société et pas la réformer !

Le discours constant de tous les appareils syndicaux, c’est d’affirmer que c’est la méchanceté du gouvernement qui pousse les salariés à radicaliser leur lutte, à la révolutionner, et c’est de conserver à tout prix leur stratégie réformiste, affirmant vouloir améliorer la société des milliardaires et surtout pas à la renverser.

Toute la stratégie des appareils syndicaux, et de tous ceux qui les suivent parmi les militants politiques et associatifs, dans la gauche, la gauche de la gauche et l’extrême gauche opportuniste, consiste à refuser tout ce qui permet à la lutte des exploités de déborder de l’ordre social et politique. Ces appareils font en fait partie de l’ordre des exploiteurs, organisé par eux, payés par eux, et on essaie de nous faire croire qu’au contraire, ils se battent le plus radicalement possible contre le gouvernement des classes possédantes !

Ce dernier mouvement est une fois de plus en train de démontrer clairement que les classes possédantes n’ont nullement peur des méthodes de ces bureaucraties, n’ont nullement peur de leurs actions, de leurs buts, de leurs méthodes car elles savent parfaitement qu’elles n’ont rien l’intention de remettre en question de fondamental. Elles savent que l’action révolutionnaire des exploités remet directement en cause le monopole syndical, ainsi que le mouvement des gilets jaunes des urgences et certains mouvements de cheminots l’ont clairement démontré.

Les appareils syndicaux ne veulent certainement pas simplement participer au mouvement ouvrier, lui faire des propositions, se soumettre à ses décisions, laisser les travailleurs s’organiser par eux-mêmes, constituer ainsi les premiers embryons d’un pouvoir des travailleurs en train de prendre conscience de sa force et de son rôle. Ils ont depuis belle lurette décidé que les travailleurs menant une lutte sociale ne devaient surtout pas remettre en cause l’ordre politique de classe ! Il est loin le temps où la CGT, avant la première guerre mondiale, était pour la lutte de classes révolutionnaire et affirmait que la grève générale préparait le renversement du capitalisme !

Oui, la vraie question sur les grèves, les luttes, les manifestations, les actions, les méthodes, les revendications et les buts est la suivante : mènent-ils, oui ou non, à la révolution sociale remettant en cause l’ordre des milliardaires ? La réponse des appareils syndicaux et de tous leurs suiveurs est clairement : non !

Tant que nous nous laisserons diriger par des organisations réformistes qui sont, clairement et radicalement, opposées à la perspective de révolution sociale contre l’ordre capitaliste, nous ne pourrons jamais même seulement faire reculer les classes possédantes et même pas nous faire craindre d’elles, ni même améliorer le rapport de forces en faveur des exploités et des opprimés.

Ces appareils syndicaux ne se cachent pas d’accuser le gouvernement de favoriser la révolution sociale, de la provoquer ! Ils s’affirment des pompiers de la lutte. Ils disent comprendre que les salariés ne débordent pas. Ils disent comprendre que les salariés du privé ne puissent pas rejoindre la grève alors que c’est eux qui ont décidé de ne pas les y appeler.

Les déclarations syndicales tout ce qu’il y a de plus démobilisatrices pour l’ensemble des salariés :

L’UNSA a quitté le mouvement. Berger de la CFDT est proclamé la trêve ! Veyrier de FO a déclaré : « appuyons sur le bouton STOP ! » Le représentant de la CGT de gare de Lyon a affirmé lundi sur BFMTV :

« C’est le gouvernement qui provoque la continuation de la grève. »

« C’est dommage d’arriver à ces situations de conflit après un discours d’apaisement du gouvernement. »

« Je comprends que les salariés du privé ne peuvent pas faire grève aussi facilement que nous, dans les transports, et que, du coup, ils peuvent seulement manifester leur soutien de manière financière. Nous faisons grève aussi pour eux. Et nous pouvons compter sur leur soutien financier. »

« Je crains que le gouvernement ait lâché aux gilets jaunes parce qu’ils aient été violents. Pour nous c’est un mauvais message qui signifierait qu’il faut une révolution pour obtenir satisfaction. »

L’ensemble des travailleurs peut gagner sans que la majorité des travailleurs soient appelés à la lutte ? Faux ! La grève par procuration, c’est du pipeau !

Le succès par la « bataille de l’opinion », c’est essentiel disent les syndicats ? C’est faux ! Les classes possédantes se moquent d’une opinion publique qui ne lutte pas et répond seulement à des enquêtes d’opinion !

Les syndicats agissent réellement dans le cadre d’une grève générale ? Faux ! Ils négocient corporation par corporation ! Par exemple, les syndicats des hôtesses et steward des compagnies aériennes ont suspendu leur grève. Les syndicats d’enseignants, de routiers, des ports et autres, négocient à part ! Les seules négociations syndicales pendant la lutte sont donc directement une trahison d’une lutte générale des travailleurs. Quand on mène sérieusement une lutte d’ensemble, on n’accepte pas de la négocier secteur par secteur.

L’intersyndicale, comme direction du mouvement des retraites, c’est déjà une tromperie grossière. Quiconque ne la remet pas en cause se moque de la lutte ! Y compris tous ceux qui ont un discours radical dans les militants syndicalistes, associatifs ou politiques et prétendent vouloir « aller jusqu’au bout » car ils ne veulent surtout pas d’une lutte dirigée par les travailleurs eux-mêmes, refusant systématiquement l’élection d’un comité de grève qui ne soit pas une simple extension et une caution des syndicats.

C’est une tromperie grossière parce que les appareils syndicaux sont sur ces bases ouvertement opposées, les uns étant à fond pour la plupart des fondements de la contre-réforme. C’est une tromperie parce qu’ils ne luttent même pas pour les mêmes choses, de respectent aucune « unité de la lutte » et se parent de l’unité syndicale uniquement pour empêcher les travailleurs de s’organiser par eux-mêmes. C’est une tromperie parce que l’intersyndicale prend des décisions qui ne sont même pas soumises aux militants syndicalistes, décidant notamment de journées d’action alors que la majorité des syndicalistes de base étaient pour la grève illimitée reconductible, ce qui exactement l’inverse.

Il est important de souligner que, même dans le mouvement des retraites, syndicats et gilets jaunes n’ont absolument pas « convergé » derrière les syndicats et que les appareils syndicaux ne veulent absolument pas converger vers les méthodes et les buts des gilets jaunes, et cela pour une raison de fond : les syndicats sont foncièrement réformistes et les gilets jaunes fondamentalement révolutionnaires !

Les gilets jaunes peuvent converger avec les travailleurs, avec les salariés des entreprises, avec certains militants syndicalistes, mais certainement pas avec les appareils syndicaux qui sont de véritables entreprises privées fondées sur des capitaux de l’Etat et des trusts publics, semi-publics et privés. Nous ne pouvons pas plus réformer le fonctionnement des syndicats ni les influencer que nous ne pouvons réformer le fonctionnement du système capitaliste ni le faire évoluer positivement.

Avec la crise finale du capitalisme, phase d’impasse où le système mondial est rendu, le réformisme n’est plus possible et il ne mène qu’à des contre-réformes dont celle des retraites n’est qu’un exemple. Les appareils syndicaux ne peuvent pas changer le capitalisme, le rendre progressif alors qu’il est mondialement dans une phase régressive massive.

Le réformisme social, économique et politique n’a plus cours, n’est plus possible et il est inutile à chaque fois de faire croire que tout cela est de la faute de la personne à la tête du gouvernement, de Sarkozy, puis de Hollande, enfin de Macron. Ce n’est pas seulement en France que le réformisme n’a plus de perspective mais dans le monde entier. Ce n’est pas depuis les retraites en 2018 que cela se produit mais depuis la dernière crise mondiale en 2007. Aucune lutte réformiste n’a obtenu satisfaction après cette date, contrairement à ce qui s’est passé dans les années précédents comme en 1995 ou 2003, et ce n’est pas un hasard. La classe possédante ne peut plus négocier, ne peut plus reculer, ne peut plus pactiser avec les appareils syndicaux. Elle doit frapper, casser, détruire, démolir le moral des travailleurs, les convaincre qu’ils sont faibles, impuissants, qu’ils sont des esclaves corvéables à merci, sans avenir et sans moyens d’action.

Dans une telle situation, aucune lutte réformiste ne peut l’emporter. La seule issue est la giletjaunisation de toutes les luttes : action directe, organisation par-delà les corporations, auto-organisation, refus de reconnaitre et de se soumettre à toutes les institutions au pouvoir, refus de la prétendue démocratie capitaliste, refus de la mainmise par les milliardaires sur l’ensemble des richesses, refus du sacrosaint droit de la propriété privée des moyens de production…

Comme on le voit, ce qui sépare la perspective révolutionnaire de l’impasse réformiste est directement la cause de l’impasse de l’actuel mouvement des retraites. On ne peut pas aller de l’avant sans dépasser les limites sociales et politiques des appareils syndicaux. On ne peut pas gagner une lutte sans nous organiser nous-mêmes en vue de révolutionner la société ! Quiconque, syndicats, associations ou organisations politiques réformistes ou opportunistes, s’oppose à ces perspectives et d’abord à la formation de comités de grève élus, révocables, indépendants des appareils, se fédérant et responsables devant les assemblées générales décisionnelles et interprofessionnelles, ne peut que mener les luttes sociales et politiques des exploités et des opprimés dans le mur !

Contrairement aux bureaucraties syndicales, travailleurs et chômeurs, hommes et femmes, jeunes et vieux, tous les plus démunis, proclamons que nous voulons bien plus que défendre des réformes, nous voulons tout : le pouvoir et les richesses car tout est nous et tout ce qu’ont les milliardaires et les classes dirigeantes, ils nous l’ont volé. La seule chose qu’ils n’auront pas volé, n’en déplaise à tous les réformistes et opportunistes, c’est la révolution !

32 Messages de forum

  • L’attaque contre les retraites a un caractère de classe marqué, c’est une attaque violente contre tous les salariés, tous les chômeurs, tous les démunis, tous ceux qui ne vivent que durement de leur travail mais l’action des syndicats n’a nullement le caractère directement opposé car les syndicats n’ont accepté que contraints et forcés de déclencher la grève et ils l’ont fait de manière divisée, affaiblie d’avance, non dynamique, et elle ne peut ainsi faire reculer les classes possédantes qu’elle ne menace de rien !

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  • Les dirigeants syndicaux n’arrêtent pas de clamer qu’ils n’ont pas voulu l’affrontement et que c’est la seule attaque des retraites qui les y pousse or cela fait des années qu’un affrontement de classe est indispensable et que les contre-réformes s’enchaînent !

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  • Les syndicats trouvent normal le soutien des gilets jaunes qui sont souvent des chômeurs mais les syndicats ne soutiennent pas les revendications des chômeurs !

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  • Laurent Berger de la CFDT a déclaré qu’il « y a une volonté de dialogue » et carrément des « ouvertures », mais que sur « la question de l’âge d’équilibre », « il y a un désaccord ». Le secrétaire de la CFDT a affirmé être ouvert à la négociation : « On ira, on travaillera, mais il y a un point dur qui est cette question de recherche de l’équilibre à court terme, donc on en est là ce soir ».

    L’Unsa qui n’était pas contre la réforme des retraites est sur la même ligne que la CFDT. L’Unsa ferroviaire « appelle à une pause pour les vacances scolaires » ce qui permettra un fonctionnement normal du métro parisien alors que les travailleurs de la RATP bloquaient le métro depuis plusieurs jours, preuve de leur détermination à en découdre avec Macron.

    Les syndicats se partagent les rôles. D’un côté, les confédérations ouvertement pro-Macron saluent sa réforme réactionnaire et tentent ouvertement d’étrangler la grève. La CGT, FO et Solidaires jouent la fausse opposition, en faisant quelques critiques de la réforme sans donner de perspectives aux grévistes déjà en lutte et sans salaire, hormis une lointaine journée d’action d’ici plus de deux semaines.

    Le secrétaire de la CGT, Philippe Martinez a déclaré « La CGT évidemment ne partage pas ce projet, donc au nom de l’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, Solidaire, FSU) je peux vous annoncer qu’une prochaine journée interprofessionnelle d’action aura lieu le 9 janvier prochain. »

    L’intention est manifestement d’imposer une trêve à Noël malgré l’opposition des grévistes et des jeunes à cette perspective, pour qu’une éventuelle mobilisation le 9 ne soit qu’un dernier ou avant-dernier baroud d’honneur avant l’adoption de la réforme au parlement en février.

    Yves Veyrier de FO a déploré avec une impuissance délibérément entretenue le calendrier trop court du premier ministre pour tenter d’imposer la réforme : « Peu de temps reste pour discuter. Il faut appuyer sur le bouton stop, mettre de côté cette mauvaise idée et alors seulement on pourra négocier ».

    Le rôle des syndicats « contestataires » est particulièrement cynique. Ils disent vouloir le retrait de la réforme des retraites, mais ils l’ont négociée durant deux ans avec le gouvernement. En fait, ils ont négocié avec Macron toutes ses réformes : loi travail, assurance-chômage, réforme ferroviaire, etc. Ils n’ont pas cherché à mobiliser les travailleurs et les ont isolés et trahis quand ceux-ci luttaient comme lors de la casse du statut des cheminots et la privatisation de la SNCF.

    Les appareils syndicaux ne sont pas opposés par principe à la politique d’austérité du gouvernement. Si cette bureaucratie corrompue a organisé quelques journées d’action, c’est par crainte de se faire déborder par les travailleurs. Elle a eu très peur des grèves sauvages des travailleurs de la SNCF au centre Châtillon et de la grève largement suivie à la RATP contre la réforme des retraites en septembre-octobre.

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  • Même le pseudo radicalisme syndical, bien plus radical que CGT-SUD-CNT mais refusant la véritable lutte des classes (action interprofessionnelle, dépassant toutes les barrières légales, refusant toutes les divisions des exploités, menant l’action directe auto-organisée), ne peut dépasser le stade de faire reculer un pouvoir capitaliste décidé d’en découdre par la lutte des classes. Les grèves des mineurs britanniques en 1984 n’ont pas réussi à faire plier le gouvernement Thatcher et pourtant elles ont été intenses et ont duré plus d’un an.

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  • La CGT refait le coup du blocage des raffineries qui a échoué dans tous les mouvements précédents comme s’il suffisait de bloquer le capitalisme à la pompe !!!

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  • Double jeu syndical ?

    L’UNSA a fait partie de l’intersyndicale des retraites appelant soi-disant à la grève générale alors qu’elle est pour une réforme libérale des retraites !

    La CFDT a fait partie de l’intersyndicale des retraites appelant soi-disant à la grève générale alors que Berger est un fidèle de Macron !

    FO dénonce l’épargne-retraite tout en gérant Préfon, le plus gros régime français… d’épargne-retraite

    La CGT a fait partie de l’intersyndicale des retraites appelant soi-disant à la grève générale alors qu’elle a dénoncé depuis des années par la voix de ses secrétaires généraux la grève générale comme un mythe !

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  • La CGT appelle à bloquer les raffineries pendant trois jours. La classe capitaliste tremble ? Pas du tout ! La bourse grimpe à Paris… Le gouvernement est plus ferme que jamais. Les syndicats se sont requinqués mais les travailleurs sont battus. La durée ne suffit pas. Il faudrait la dynamique. Mais la stratégie syndicale l’a éteinte en grande partie.

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  • Le grand capital n’est en rien affaibli par la grève syndicale réformiste, respectueuse des classes possédantes, refusant toute auto-organisation, tout caractère explosif et expansif de la lutte. A preuve le discours de Macron : "La réforme des retraites sera menée à son terme".

    Réponse des syndicats : on est déçus !

    Ceux qui les suivent ne peuvent qu’eux aussi être déçus !

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  • Les syndicats disent merci au gouvernement Macron : il les a remis en selle alors qu’ils étaient complètement discrédités et mis à l’écart par le mouvement des gilets jaunes. Et si les syndicats peuvent remercier Macron, la réciproque est tout aussi vraie !!!

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  • Ce n’est pas seulement Delevoye qui est lié à tous les intérêts capitalistes pour des retraites privées, c’est Macron lui-même : il vient de décorer le patron du fonds BlackRock France, élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur !

    BlackRock est le premier gestionnaire d’actifs au monde, il gère l’équivalent de 6 300 milliards d’euros et finance la plupart des fonds de pension.

    Dans le conflit sur la réforme des retraites, les contacts réguliers entre le fonds BlackRock et l’exécutif français ont alimenté des soupçons de collusion. Jean-François Cirelli avait rencontré Emmanuel Macron le 10 juillet 2019, avec d’autres gestionnaires d’actifs, lors d’une réunion destinée à inciter les fonds d’investissements à financer la lutte contre le réchauffement climatique.

    Olivier Marleix, député LR d’Eure-et-Loir, aurait souhaité que BlackRock déclare ses « actions de lobbying » à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Il avait ainsi interpellé Jean-Paul Delevoye à l’Assemblée avant sa démission du gouvernement : "Si votre réforme va à son terme, les affaires de BlackRock prendront donc un formidable essor en France".

    Les liens de corruption entre intérêts privés et pouvoir politique sont ainsi affichés et... à l’honneur !

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  • Pour se donner un air un peu radical, Martinez de la CGT a dit ne pas savoir s’il irait aux négociations, car il est agacé d’apprendre par la presse le contenu de celles-ci et de ne pas avoir reçu d’invitation individuelle. Mais il n’est nullement radical, ce Martinez, lui qui dénonce le gouvernement comme poussant à la révolte, allumant le feu alors que lui essaie de l’étouffer !!!

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  • La SNCF devient une société anonyme ! A partir de ce mercredi 1er janvier, la SNCF ne peut plus embaucher sous le régime spécial des cheminots. Une réforme capitale, pourtant passée quasi inaperçue en cette période de contestation contre le projet de réforme des retraites parce que l’intersyndicale a dissocié la lutte des retraites de celle contre la privatisation et la destruction méthodique des services publics.

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  • Laurent Pietraszewski, le « Monsieur Retraites » du gouvernement, a prévenu : pas question de revenir sur la « suppression des régimes spéciaux ». Et il a fermé la porte à certaines revendications des syndicats CFDT et Unsa, favorables à la réforme.

    Pourtant, tous ces syndicats vont jouer le jeu de la négociation bidon !

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  • Maintenant, Martinez appelle "tous les Français à se mettre en grève" mais pourquoi ne pas l’avoir fait dès le début et pourquoi la CGT nationale ne dépose pas de préavis de grève générale illimitée reconductible ? C’est seulement pour pouvoir dire que, si on perd ce ne sera pas de la faute de la CGT, mais seulement « des Français » !!!

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  • « Il faut des grèves partout, dans le public, dans le privé, il y a que comme ça qu’ils (les membres du gouvernement) peuvent nous comprendre » a déclaré Martinez sur BFMTV mais il a attendu des semaines pour s’en apercevoir, ayant ainsi épuisé pour rien les grévistes !!! Et il ne s’agit toujours pas en réalité d’appeler vraiment à la grève générale reconductible sur l’ensemble du pays. Seulement à faire semblant !

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  • Et dans tout cela l’extrême joue un sale rôle !

    Nathalie Arthaud déclare : "On s’engage dans un bras de fer, une grève reconductible, y compris chez les enseignants."

    C’est faux archifaux ! C’est des journées d’action sauf dans de rares corporations !!!

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  • Quant aux média qui présentent Martinez comme un bolchevik le couteau entre les dents, c’est vraiment grotesque, car c’est un pleutre de vendu comme Lepaon !

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  • Quand l’unité sert d’argument contre... le front des travailleurs, leur organisation sur des objectifs de classe et l’extension du mouvement…

    Lire ici

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  • Gilets jaunes et syndicats se sont mêlés plusieurs fois dans des journées d’action et manifestations, mais sans que l’alliance dépasse un certaine niveau, que l’un influence réellement l’autre au point de le faire changer sur les fondamentaux !

    Les deux se sont regroupés sans effort, démontrant que tous ces mois, les syndicats auraient pu aisément soutenir les gilets jaunes et ne l’ont fait qu’au bout de nombreux mois.

    Mais la « convergence » a été plus contre que pour, contre Macron, contre la réforme, contre les attaques, mais pas pour l’intervention politique des plus démunis, ni pour l’action interprofessionnelle, ni pour le mode d’organisation, d’action, ni pour la remise en cause de la société capitaliste par les gilets jaunes.

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  • La majorité de la population de France reste hostile à la réforme des retraites, favorable à la grève, refuse la retraite à points, hostile au gouvernement mais... ne fait pas grève ! Or, la force des travailleurs ce n’est pas l’opinion publique mais l’action directe des travailleurs, des précaires, des chômeurs, des retraités, des jeunes et des femmes comme l’ont bien rappelé les gilets jaunes. Ce qui fait reculer les classes possédantes, ce n’est pas de réclamer sur le seul terrain économique, c’est l’explosion sociale revendiquant la totalité du pouvoir et des richesses. Jamais les appareils syndicaux ne lanceront un tel mouvement. Travailleurs, précaires, retraités et chômeurs, jeunes et femmes, c’est à nous de le lancer et de le diriger !!!

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  • Les syndicats continuent à négocier des réformettes au sein de la réforme tout en faisant semblant de s’associer au sein de l’intersyndicale qui prétend lutter pour supprimer la réforme. C’est dire comme tous mentent !

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  • Jean-Pierre Pont, député de la bêtise en marche, déclare que "Prendre la France en otage c’est tout à fait illégal de toute façon et ce sont des faits de terrorisme" ! En voilà un qui a vu le spectre de la révolution !

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  • La CGT a des positions étonnantes. Elle estime que l’UNSA est complètement discréditée mais continue de participer à l’intersyndicale avec elle. Elle estime qu’il faut revendiquer uniquement la suppression complète de la réforme mais accepte de poser des revendications plus minimes. Elle estime que les nouvelles négociations du gouvernement n’ont aucune sens, n’apportent rien, mais elle va y participer. Elle estime qu’il faut la grève de tous les salariés mais appelle à la grève complète... des raffineries et, selon elle, "fermer les robinets de sept raffineries sur huit va avoir un impact". Elle ne dit pas que cela va suffire à faire reculer le gouvernement !!!

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  • Mélenchon sur les retraites prétendant que les syndicats sont partis pour gagner : « Macron va finir par lâcher ».

    Eh bien non ! Les méthodes du bateleur de foire démagogue ne consistent qu’à nous envoyer dans le mur dans les luttes pour ensuite se fonder sur le dégoût des gouvernants pour chercher à se faire élire…

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  • La CGT, la CFE-CGC et la FSU, opposées à la réforme des retraites, ont claqué ce mercredi la porte de la réunion sur la pénibilité dans la fonction publique. Elle était organisée par Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, et par Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, chargé des Retraites.

    Et ces syndicats en appellent... à de vraies négociations !!!!

    On ne change pas un réformiste ; il se contente de protester très fort et reprend ses comptines enfantines réformistes !

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  • Aujourd’hui 9 janvier nouvelle journée d’inaction syndicale pour ceux qui croient que s’agiter en se promenant un jour dans les rues, ce serait la même chose que secouer les classes dirigeantes !!!

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  • Quand un système social a épuisé ses possibilités, il est venu le temps des révolutions sociales…Et tous ceux qui refusent la révolution sociale, c’est-à-dire le renversement du système par les exploités organisés par eux-mêmes, ne peuvent que mener les luttes dans l’impasse. Dans ces circonstances, mener des luttes prétendument réformistes, ce n’est pas réformer mais favoriser la contre-révolution !

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  • Le pseudo radicalisme des réformistes ne fait pas peur au grand capital !!! Après l’essence, ils prétendent bloquer les retraits d’argent. Contre la réforme des retraites, la CGT de la Banque de France appelle à bloquer deux centres de gestion des billets... La comédie syndicale continue mais le gouvernement n’a aucune raison de reculer vraiment. Seulement de jouer la comédie jusqu’au bout pour avoir gagné tout en laissant certains syndicats affirmer qu’ils ont aussi gagné !!!

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  • Que veut dire que le gouvernement retire « provisoirement » l’âge pivôt, ou même retire provisoirement l’aspect financier de la réforme : c’est qu’il les remettra plus tard et le dit dès maintenant ! Ce n’est nullement une victoire contrairement à ce que disent bien des syndicalistes et des gauches ou extrêmes gauches opportunistes. Et tous les autres aspects de la réforme qui sont tout aussi catastrophiques sont maintenus et confirmés ! Cela permettra seulement à certains syndicats de trahir la lutte sans le faire trop ouvertement !!! Cela leur permet de continuer à faire croire que la durée de la lutte est son efficacité et d’épuiser inutilement les participants en maintenant le caractère réformiste de la méthode classique : journée d’inaction puis négociations !!!

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  • Après le lâchage de l’UNSA, la grève RATP a chuté. On voit maintenant ce qu’était la réalité de la fausse opposition des syndicats qui prétendaient engager une grève illimitée et interprofessionnelle !!!

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  • Si les travailleurs font le bilan de cette lutte, elle n’aura pas été menée pour rien :

    Pas d’action corporative mais une action directe, à la fois sociale et politique

    Programme de revendication et d’action discuté et décidé à la base

    Auto-organisation par des assemblées générales décisionnelles et interprofessionnelles partout

    Election de comités de grève révocables et réélus par les AG

    Liaison entre les comités de grève et comité central de grève

    Aucune obéissance aux intersyndicales qui ne sont en aucun cas chargées des négociations

    Aucune négociation dans le dos des grévistes

    Refus du réformisme en général car toute réforme en période d’effondrement du capitalisme ne peut qu’être une contre-réforme

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