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La lutte des classes, en France comme dans le monde, est lancée et ne peut être retardée ni délayée

samedi 15 juin 2019, par Robert Paris

La lutte des classes en France est lancée et ne peut être retardée. Elle ne peut qu’être gagnée ou perdue.

L’annonce par le gouvernement français que la remise en question des retraites est en chantier, son annonce d’une nouvelle attaque de l’assurance-chômage, son annonce que la casse des hôpitaux continue, celle bien sûr des Urgences mais aussi des autres services, celle aussi des EPHAD, de la psychiatrie, avec notamment la confirmation de l’austérité et des suppressions d’emplois dans le secteur de la Santé, son annonce que les suppressions de fonctionnaires continuent dans tous les services publics, y compris l’enseignement et la recherche, mais aussi les transports et l’énergie, et que seuls armée et police recrutent massivement, son annonce que l’argent public ne sert qu’à supprimer les impôts des riches, son annonce qu’il ne combattra le chômage qu’en radiant les chômeurs de Pôle Emploi sous tous les prétextes imaginables, son annonce que le gouvernement est prêt à brader à tout prix les services publics, entreprises publiques et semi-publiques, que c’est lui qui a suscité la vente de Renault à Fiat en sacrifiant les salariés, toutes ces annonces montrent bien que l’on ne peut se contenter de laisser le mouvement des Gilets jaunes s’essouffler doucement avant les vacances, étranglé qu’il est par le pouvoir et sa répression de masse, historique et complètement nouvelle.

Les luttes qui se développent actuellement sont directement marquées par le mouvement des Gilets jaunes, même si celui-ci a été violemment combattu, discrédité et réprimé, et elles montrent notamment que les leçons de cette lutte ont été tirées par de nombreux salariés, qui veulent désormais s’organiser par eux-mêmes comme l’a montré la lutte des Urgences derrière sa coordination Inter-Urgences ou d’autres luttes de l’Hôpital public et de la Santé derrière des comités de grève. Car les journées d’action syndicales ne mènent qu’à des échecs, ainsi que l’a montré la dernière journée d’action des cheminots ou celle des personnels hospitaliers. Ces « actions » sans aucune action, ces prétendues grèves (mais une grève, ce n’est pas quand l’adversaire sait que le lendemain on reprend le travail, ce n’est pas quand on annonce d’avance qu’on arrêtera la lutte sans obtenir satisfaction !!!), ces « journées » décidées sans participation aux décisions des salariés eux-mêmes, ne font en rien peur aux classes possédantes et aux gouvernants à leur service. Il est d’ailleurs remarquable que le secrétaire général de la CGT cheminots affirme lui-même qu’il n’est pas question, lors de la prochaine action syndicale, de reprendre la méthode scandaleuse de la prétendue grève perlée, sans grève réelle (une grève ne peut s’arrêter à date fixée d’avance fût-ce pour reprendre ensuite à date fixée d’avance et transmise aux adversaires) et sans perles !!!

Il est remarquable aussi que la lutte d’une seule Urgence parisienne, auto-organisée, militant directement et ouvertement elle-même pour l’extension, ait mené cent Urgence dans toutes les Urgences de France à entrer en grève alors qu’aucune grève dirigée par les syndicats, ni dans l’Hôpital public ni ailleurs, n’a jamais mené à ce résultat… Toutes ces dernières années, l’essentiel de l’effort des appareils syndicaux a consisté, au contraire, à séparer les luttes en petits bouts et cela continue d’être le cas aujourd’hui, les bureaucraties syndicales n’ayant, elles, rien changé depuis le mouvement des Gilets jaunes ! Ainsi, au sein de l’hôpital public, elles ont combattu l’auto-organisation des Urgences autant qu’elles l’ont pu. Elles combattent encore dans certains hôpitaux les tendances à l’extension des grèves à d’autres secteurs que les Urgences. Et tous les appareils syndicaux ne veulent surtout pas de liaisons hôpitaux-cheminots-enseignants-chercheurs-énergie-banques-Renault et on en passe…

Pourtant, jamais les travailleurs n’ont eu autant conscience que l’attaques antisociale est générale et très menaçante pour tous les salariés. Jamais ils n’ont eu autant conscience que leur avenir dépend des luttes que nous menons et de celles que nous allons mener dans la période qui vient, les autres prétendues alternatives, élections politiciennes, négociations syndicales, réformes de toutes sortes appelées par les associations réformistes, ne pouvant mener à aucune changement positif, les classes possédantes, le 1% de milliardaires étant moins que jamais disposés à sacrifier le moindre centime de l’exploitation des plus démunis, comme l’a démontré le mouvement des Gilets jaunes.

Cette rapacité, cette violence des classes possédantes, c’est la principale leçon de ce mouvement, même si la propagande gouvernementale a essayé de retourner l’argument en prétendant que ce mouvement démontrait la violence des classes dangereuses, des « barbares ». Mais il suffit de poser la question : qui a eu des nez arrachés, des mains arrachées, des joues arrachées, des janbes et des pieds arrachés, des vies brisées, des handicaps et des stress à vie, pour remettre en place la véritable violence, qui n’est pas celle des Gilets jaunes mais celle des forces de répression, qui ont jusqu’à lancer des chiens, des chevaux, des blindés, des armes de guerre contre des manifestants pacifiques, sciemment assimilés à quelques casseurs, même pas plus dangereux qu’ils ne l’ont été dans bien des manifestations passées où de tels moyens n’ont jamais été employés.

Et la rapacité des possédants a été démontré par un simple « fait divers », l’incendie de Notre-Dame qui a dévoilé que des sommes colossales dorment dans les coffres des possédants, ne sont ni investis ni utilisés par ceux-ci et pouvaient sortir du jour au lendemain, du moment que ces riches pouvaient espérer supprimer encore quelques impôts !!!

Le refrain qui affirmait « l’impôt ne saigne que le malheureux » n’a jamais été aussi vrai. Il vaut mieux être multimilliardaire comme Ghosn, Total ou L’Oréal pour ne pas payer d’impôts que d’être un salarié, un auto-entrepreneur ou un petit commerçant ou artisan ! Balkany a été lâché par les riches mais ce n’est qu’un cas à part et d’ailleurs personne ne va réellement lui imposer de rendre l’argent qu’il a volé notamment aux habitants de Levallois-Perret. Quant aux autres bandits qui nous gouvernent ou nous ont gouverné, l’exemple de Macron, volant l’argent de la vente d’un aéroport public au privé, ne risque pas de démonter le contraire. La Justice n’est pas prête à le traîner en procès… La justice française n’a jamais cherché à enquêter sur les nombreux vols de Ghosn sur l’argent public comme sur celui de Renault et c’est seulement du fait des guerres entre requins de l’Automobile mondiaux que Ghosn a chuté et se retrouve en prison ! Pour faire payer tous ceux qui ne vivent que de leur travail, l’Etat est par contre plus mobilisé que jamais et va même jusqu’à prendre nos sous directement à la source !!! Non seulement ce même Etat ne fait pas payer les banquiers, les financiers, les spéculateurs, les bandits de la spéculation de toutes sortes mais il a prévu, en cas d’effondrement économique général, de leurs donner le droit de mettre la main sur la totalité (et non une partie) de nos épargnes, de nos comptes en banque, de nos assurances-vie et autres comptes nous appartenant !!!

Que le gouvernement français ait été jusqu’à bombarder des manifestants pacifiques de grenades agressives pleines de gaz dangereux, qu’ils aient été jusqu’à mener des charges violentes contre des femmes et des enfants, contre des vieillards, contre des handicapés, qu’ils aient imposé aux services d’urgence des hôpitaux de livrer à la police les identités des victimes de la répression qui venaient s’y soigner, qu’ils aient empêché les média d’informer librement des faits liés au mouvement, qu’ils aient policièrement encadré les média d’internet, qu’ils aient utilisé l’armée pour « rétablir l’ordre » dans le pays, tout montre que la lutte actuelle est, de la part des classes dirigeantes, d’une violence inconnue depuis longtemps.

Oui, les classes dirigeantes ont bel et bien sorti les couteaux et mènent la lutte des classes. Les Gilets jaunes n’ont fait que, pour la première fois en France, répliquer au niveau de l’attaque. Et ce qui a été le plus frappant, c’est la haine qu’ils ont suscité non seulement de la part des classes possédantes, non seulement de la aprt des gouvernants et des chefs de la répression d’Etat, mais aussi de celle de tous les réformistes qui prônent la négociation avec les premiers, qui essaient de faire croire qu’il y aurait des « solutions » en dehors de la lutte des classes, tous ces Martinez, Mercier, Berger, Brun et autres bureaucrates syndicaux ! Ces derniers n’ont pas eu de mots assez durs dans les média pour dénoncer les Gilets jaunes comme démagogues, violents, barbares, racistes, fascistes, antisémites et autres joyeusetés alors qu’ils attaquaient des gens qui n’exploitent personne, qui ne parviennent pas à finir le mois alors qu’ils travaillent ou cherchent du travail et n’ont pas, comme ces bureaucrates syndicaux l’accès aux média !!!

Si tous les réformistes, politiques, syndicaux et associatifs se sont tellement indignés de la lutte des Gilets jaunes, c’est qu’elle remet en cause leurs a priori réformistes, leur prétention à réformer le système capitaliste sans remettre en cause ni la mainmise sur les richesses ni la mainmise sur le pouvoir politique des possesseurs du grand capital.

Et cela montre où la lutte des classes devra nous mener demain : à remettre en question fondamentalement le pouvoir économique et politique des milliardaires.

Ce n’est pas seulement en France mais partout dans le monde que les luttes de classes changent parce qu’elles suivent le changement de la situation mondiale du capitalisme. Ce n’est pas seulement en Algérie ou au Soudant. Ce n’est pas seulement en Europe, mais aussi en Asie, aussi aux Amériques, partout, que les classes possédantes nous livrent une lutte au couteau et partout aussi que les exploités et opprimés ne supportent plus, que les jeunes se révoltent, que les femmes prennent la tête de soulèvements de masse. Et c’est là que réside l’avenir non seulement des salariés, des chômeurs, des jeunes et des femmes mais celui de l’humanité.

Ou nous gagneront ces luttes, ou les classes possédantes nous lancerons les uns contre les autres dans des affrontements meurtriers, fascistes, racistes, guerriers, etc. On le voit partout, dans les guerres qui se profilent notamment contre l’Iran, la Chine et autres, dans les massacres interethniques, comme au Mali, oud ans les montées des fascismes dans le monde.

Les derniers mouvements de masse dans le monde, en France comme en Algérie ou au Soudan, montrent que les peuples ne sont pas démunis, que leur force de classe et de masse est intacte et nous étonne comme elle nous étonnera ! L’avenir est à nous si nous comptons sur nos propres forces !

6 Messages de forum

  • Les syndicats essaient d’empêcher les enseignants de rejoindre cette lutte de.... classes !!!

    Le SNUIPP affirme :

    « Les fortes mobilisations de la communauté éducative depuis le mois de mars ont fait reculer le gouvernement sur son projet de loi « pour une école de la confiance » : établissements des savoirs fondamentaux retirés, pas d’autorité des directeurs et directrices d’école sur leur équipe... Mais tous les dangers n’ont pas été écartés. Les enseignantes, enseignants, les familles, les élus continueront donc de se mobiliser pour construire une école qui réponde aux enjeux et aux besoins d’aujourd’hui. »

    La loi passe, elle est modifiée mais l’essentel reste, et donc, pour le syndicat, c’est une victoire... sans combat... grâce à la négoociation. Et une défaite, ça arrive quand ? Quand les syndicats gagnent le droit de rester les "protecteurs" officiels des salariés ?

    L’essentiel est maintenu

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  • Les syndicats essaient d’empêcher les enseignants de rejoindre cette lutte de.... classes !!!

    Le SNUIPP affirme :

    « Les fortes mobilisations de la communauté éducative depuis le mois de mars ont fait reculer le gouvernement sur son projet de loi « pour une école de la confiance » : établissements des savoirs fondamentaux retirés, pas d’autorité des directeurs et directrices d’école sur leur équipe... Mais tous les dangers n’ont pas été écartés. Les enseignantes, enseignants, les familles, les élus continueront donc de se mobiliser pour construire une école qui réponde aux enjeux et aux besoins d’aujourd’hui. »

    La loi passe, elle est modifiée mais l’essentiel reste, et donc, pour le syndicat, c’est une victoire... sans combat... grâce à la négociation. Et une défaite, ça arrive quand ? Quand les syndicats gagnent le droit de rester les "protecteurs" officiels des salariés ?

    L’essentiel est maintenu

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  • Les femmes de Suisse se révoltent. Dans ce pays, les femmes gagnent en moyenne environ 20% de moins que les hommes. Et à conditions égales, notamment en termes de formation et d’ancienneté, l’écart salarial est encore de près de 8%, selon le gouvernement. Les tâches domestiques incombent essentiellement aux femmes. Le travail gratuit (ménage, soins aux enfants ou aux personnes âgées) représentait 40 milliards de francs suisses en 2016, dont 24 milliards provenant des femmes, reprend Le Temps. A la retraite, les Suissesses se partagent trois fois moins de rentes que les Suisses en 2017. De nombreuses femmes sont en effet obligées d’arrêter de travailler à l’arrivée d’un enfant, faute de structures d’accueil suffisantes. Une femme meurt sous les coups de son mari toutes les deux semaines !!!

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  • La police a chargé les Gilets jaunes à Toulouse sans avoir été provoquée, sans avoir de motifs de réprimer, sans casse, sans castagne, sans rien !!!

    « On avançait joyeusement, on chantait, et d’un coup des dizaines de policiers se sont rués sur nous, arrachant les banderoles et matraquant les manifestants en tête du cortège », raconte Bastien, les yeux rougis. Plusieurs autres manifestants ont livré un récit similaire. En quelques secondes, sous un épais nuage de gaz lacrymogène, le cortège s’est dispersé. Des passants, dont des familles avec enfants, paniqués, ont couru se réfugier dans les commerces environnants.

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  • Devant l’Organisation internationale du travail, Macron a affirmé :

    « Je défends la perspective d’une économie sociale de marché où chacun trouve sa part… contre la captation des richesses par quelques-uns… La démocratie ne vous protège plus contre les inégalités de ce capitalisme devenu fou. Nous allons faire des murs, des frontières, sortir de ce multilatéralisme, il est mou… Quelque chose ne fonctionne plus dans ce capitalisme qui profite de plus en plus à quelques-uns. Je ne veux plus que nous considérions que le sujet d’ajustement économique et de la dette prévaut sur les droits sociaux… Nous avons peut-être parfois construit des bonnes réponses trop loin de nos concitoyens en considérant qu’il y avait des sachants et des subissants. C’était une erreur fondamentale… »

    Quel baratineur bidon !!! Quelle fausse autocritique !!!

    Maix pour les subissants, il repassera, on ne se contente plus de subir, on riposte !!!

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  • En Algérie comme au Soudan, les classes possédantes coupent l’internet !!! Elles prétendent dans les deux cas aller vers plus de démocratie. Un peu comme Macron avec son grand débat d’un côté et son assassinat violent de tout droit démocratique pour les Gilets jaunes de l’autre !

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