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Aucun avenir pour le capitalisme, bel avenir pour l’humanité

jeudi 22 novembre 2018, par Robert Paris

Edito

Aucun avenir pour le capitalisme, bel avenir pour l’humanité débarrassée par la révolution sociale de la propriété privée des capitaux et de l’exploitation de l’homme

La dernière crise boursière (celle du 11 octobre 2018) nous enseigne bien des choses que les médias, les politiciens de tous bords et réformistes politiques et syndicaux se sont bien gardés de nous indiquer.

La presse bourgeoise commente : « Les places boursières asiatiques et européennes ont en effet toutes reculé jeudi 11 octobre 2018, dans la foulée de la brutale correction de Wall Street. Les investisseurs semblent avoir été tirés de leur euphorie boursière par le Fonds monétaire internationale (FMI) qui a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, mardi 9 octobre. En ouvrant les yeux, ils ont alors vu deux énormes murs qui s’élèvent progressivement : celui de la Chine et celui de la fin de l’argent facile. La nervosité des acteurs des marchés financiers a, en outre, été renforcée par la certitude que contrairement à 2008, les États ne viendraient pas à leur rescousse en procédant à d’onéreux plan de sauvetage en cas de nouvelle crise. Les caisses publiques ont été vidées pour sauver le système financier cette dernière décennie, et en cas de nouvel effondrement boursier les investisseurs vont devoir en subir toutes les conséquences. » Cela n’a pas du tout été aussi catastrophique qu’en 2008 mais l’affolement a quand même été bien présent dans la classe capitaliste. Et c’est un signal clair.

Qu’a démontré ce court mais intense effondrement boursier suivi d’une aussi rapide reprise ? Tout d’abord que les bourses mondiales ont immédiatement suivi, sans exception, ce qui démontre que l’ensemble du monde capitaliste est sur les dents et instable. La reprise a été d’autant plus rapide qu’elle n’a rien eu de spontané et qu’elle est provenue exclusivement d’une intervention des institutions centrales, affolées, estimant qu’il valait mieux perdre des sommes colossales immédiatement que cent à mille fois ces sommes quelques jours après. Et elles ont une fois de plus retardé un effondrement inéluctable. Donc, et cela depuis 2008, le capitalisme ne peut toujours pas s’offrir « une crise normale », étant entendu que les crises capitalistes ont toujours été normales et un moyen classique pour ce type d’économie de résoudre ses problèmes. C’est seulement depuis la crise de 2007-2008 que le capitalisme ne laisse plus une seule de ses crises se développer « normalement ».

Le monde capitaliste est donc toujours marqué par sa nouvelle tendance à privilégier les investissements non seulement spéculatifs mais nécrophiles, c’est-à-dire produisant des titres pourris, misant sur des dettes et sur des chutes pour en tirer les plus grands profits, plutôt que sur des investissements productifs. Sans les interventions étatiques et des banques centrales, cette tendance nécrophile du grand capital aurait depuis longtemps déjà amené le système mondial dans sa tombe. Mais il est clair que ces méthodes qui ne font qu’accroitre l’échelle des problèmes ne pourront pas être une solution sur le long terme. La presse capitaliste elle-même frémit à l’idée que la prochaine chute généralisée trouvera les Etats et les banques centrales avec des caisses déjà vidées et complètement incapables de réagir comme en 2008, en « sauvant » trusts et banques, assurances et bourses. Bien sûr, on peut penser que le système va s’en sortir comme il vient encore de le faire et l’a fait avant 2008 et après, et que les peuples paieront, le grand capital s’en tirant avec un peu de casse, mais ne jetant pas l’éponge, refusant définitivement de reconnaître son incapacité à fonctionner normalement à nouveau. C’est un peu la méthode Coué mais on aurait pu le croire n’était justement les réactions de ces classes possédantes qui témoignent toutes d’un affolement et d’une crainte à la fois d’une chute « systémique » de l’économie et de la révolution sociale qui en serait la conséquence.

Et il n’y a pas que le pessimisme des classes possédantes, marqué par la montée des extrêmes droites, les mises en place de nouvelles dictatures, la remise en question partout de la démocratie, le recours aux guerres, aux guerres civiles, au terrorisme, au racisme, qui montre la gravité des problèmes du capitalisme. Il y a la raison même des crises économiques actuelles : l’incapacité du grand capital a amené l’essentiel de ses profits dans de nouveaux investissements productifs, quitte à miser sur des titres pourris ou sur des chutes économiques. Et il y a le fait que, plus le grand capital est sauvé par des interventions étatiques, plus il devient prédateur, nécrophile et pourrit sur pied. Cela sent le sapin, comme dit l’expression populaire…

Plus il y a de dettes, de trous dans les comptes, publics et privés, ainsi que de titres pourris, plus la spéculation devient rentable dans l’immédiat, plus les capitaux se détournent des investissements et plus se produisent de nouvelles dettes et de nouveaux titres pourris. La chute se nourrit d’elle-même. Et elle se nourrit des interventions des Etats et des banques centrales puisque ces interventions jettent encore de l’argent là où la crise provenait de trop d’argent par rapport aux investissements productifs rentables plus limités…

La racine de la crise étant dans les fondements même du système, inutile de rêver une réforme qui permettra de résoudre les questions de fond. Et les classes possédantes n’en rêvent pas. Elles ne font que des cauchemars.

De moins en moins d’économistes doutent maintenant que le capitalisme va bientôt prendre l’eau même si personne ne peut dire ni quand ni comment. L’inéluctabilité de la chute historique et l’incapacité du système d’y faire face sur le plan économique et financier ne fait guère de doute.

La presse du capital, dite encore « presse économique », ne craint pas d’exprimer l’hypothèse d’une mort du système, ce qui tranche évidemment avec le silence à ce propos des hommes politiques de tous bords et des dirigeants syndicaux. Ces derniers parlent encore de « solutions », de « réformes », alors que l’on ne peut plus rien solutionner ni réformer.

Toutes les graves crises économiques, sociales et politiques de la planète ont pour racine les tentatives des gouvernants de se doter des moyens sociaux et politiques de faire face lorsque la chute historique du système sera évidente et, en particulier, de détourner les conséquences en termes de mouvements sociaux. C’est la raison pour laquelle les classes possédantes cultivent partout les haines interethniques, interreligieuses, inter-genres, intergénérationnelles, interraciales, entre nations et bien d’autres encore. Ce qu’elles pensent de l’avenir du système se manifeste dans le fait qu’elles mettent en place partout des régimes plus dictatoriaux, qui s’orientent vers le fascisme, qui interdisent les libertés, qui banalisent la répression, qui cassent la démocratie, etc. La montée internationale des fascismes nous renseigne elle aussi sur le fait que le système mondial est sur sa fin. De même que la dégradation des conditions de vie des populations aux quatre coins du monde. Les classes possédantes mettent la planète à feu et à sang pour éviter ou détourner la révolution sociale.

Bien sûr, nombre de travailleurs estiment que les classes possédantes ne craignent plus de risques révolutionnaires prolétariens depuis la chute des pays de l’Est, faisant le contresens que ces régimes auraient représenté l’alternative au capitalisme. Même s’ils en sont persuadés, on peut déjà constater que cela ne semble pas suffire à rassurer les classes possédantes puisque celles-ci commencent à mettre en place partout des forces contre-révolutionnaires supplétives de forces fascistes et d’aggraver la répression, commençant à casser la démocratie bourgeoise. Même le fait qu’ils poussent les peuples au nationalisme violent, à la xénophobie, à la haine des roms, des Musulmans et des migrants ne fait que montrer qu’ils craignent le développement de soulèvements prolétariens s’ils ne détournaient la colère des peuples dans un sens nationaliste ou xénophobe.

Il y a certes bien longtemps que la révolution prolétarienne n’a pas menacé le système d’exploitation mondial. Il est certain qu’on peut se tromper sur les capacités d’explosion d’un volcan au repos, et que les éruptions sont rares, mais elles sont aussi impressionnantes !

C’est seulement de loin en loin que les volcans explosent mais, quand ils le font, on peut difficilement s’asseoir dessus !!! La capacité révolutionnaire des travailleurs, ceux-ci s’en souviennent encore moins que les classes possédantes, mais ils sauront parfaitement y revenir quand la situation le nécessitera. Les exploiteurs n’en doutent pas et c’est eux qui ont raisons.

Certes, des révolutions sociales, ce n’est pas des situations sans grands sacrifices, mais ceux que les classes possédantes nous préparent si on ne leur ôte pas le pouvoir sont d’une tout autre ampleur.

Contrairement à ce que pensent les exploités, ce sont les exploiteurs qui s’affolent. Déclinisme, crisophilie, pessimisme, décroissance, catastrophisme (climatique, migratoire, épuisement des ressources, terrorisme, démographie galopante, guerre des civilisations, risques nucléaires ou guerre nucléaire, etc.), « Human Bashing », relativisme, anti-science, croissance zéro, fin du monde humain, non soutenabilité du développement économique et social, irrémédiabilité de la chute, croyance en l’apocalypse, négativisme, croyance dans le dérèglement et l’échec généralisé, idéologies passéistes : des mots différents pour dire que le capitalisme, ayant atteint ses limites de capacité d’accumulation du capital et sentant la mort de son fonctionnement, tourne à la barbarie et devient défaitiste…

Le pessimisme de la classe capitaliste souligne que le capitalisme n’a plus de perspective d’avenir mais cela ne signifie nullement qu’il en soit de même pour l’humanité. Le capitalisme n’est que la dernière civilisation humaine, mais est loin d’être la seule. Certes, la transition risque d’être dure mais la société humaine est capable de faire bien mieux que la bourgeoisie, bien mieux que d’enrichir 0,1% des êtres humains aux dépens des 99,9% autres... On peut mieux faire que de remettre la quasi totalité des moyens de production entre les mains d’une infime minorité.

Maintenant que le grand capital n’est plus capable de faire progresser la production, il ne peut que faire régresser durement toute la société humaine et nous contraint de passer à une nouvelle étape de l’histoire des hommes, l’étape de la mise en commun des richesses et c’est tant mieux !

2 Messages de forum

  • Des millions de chômeurs en plus, des millions de personnes déplacées en plus, des millions d’affamés en plus, des centaines de milliards de dettes privées et publiques en plus, des milliards de spéculation en plus, le monde capitaliste est plus instable qu’en 2008, au plein sommet de la crise…

    La civilisation capitaliste régresse massivement en termes de santé, d’espérance de vie, de sécurité, des guerres, de guerres civiles, de migrations, de violences de toutes sortes, de bien-être, de misère, de faim, de mauvais traitements, de répression, de dictature, d’agressions de toutes sortes, de destructions massives, d’attaques contre les populations civiles.

    C’est un signe que le capitalisme, loin de se préparer à atteindre de nouveaux sommets, se prépare à chuter violemment et brutalement, ayant atteint ses limites et incapable d’aller plus loin, ses richesse dépassant largement ses capacités d’investissement productifs et le poussant à investir sans cesse dans les destructions économiques, dans les chutes, dans les dettes, dans tout ce qui produit des actions pourries, des titres nécrophiles…

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  • Un signal de plus de la chute qui vient...

    Le signal le plus préoccupant pour les capitalistes est l’inversion de la courbe des taux d’intérêt (autrement dit, quand le rendement des obligations d’Etat à long terme outre-Atlantique devient inférieur à celui de titres à échéance plus courte.

    Cela indique l’imminence d’un effondrement...

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