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Irremplaçable, le capitalisme ?

lundi 8 octobre 2018, par Robert Paris

éditorial

Irremplaçable, le capitalisme ?

C’est bien ce que le système voudrait faire croire et même… voudrait qu’on croie que tout le monde l’a cru. Mais c’est loin d’être évident…

Tout d’abord, il convient de rappeler que le capitalisme ne repose nullement sur une telle croyance, ni sur aucune sorte de croyance, mais sur un fonctionnement économique et social, appuyé sur des bandes d’hommes en armes, prêts à employer la violence pour sauvegarder à tout prix le système.

Ce n’est pas une opinion publique pro-capitaliste qui fait le capitalisme… Tout au plus, l’inverse serait (presque) vrai, dans la mesure où l’opinion peut être influencée par la propagande des classes possédantes.

Mais cela a une limite qui est la réalité économique et sociale… Et cette limite n’est pas celle de l’opinion mais celle de la réalité, celle du système d’exploitation capitaliste, une limite bien réelle, palpable, indiscutable, que toute la propagande du monde ne peut pas dépasser…

Personne ne sachant de quoi on parle en discutant de la « sortie du capitalisme », il est facile de déclarer qu’il n’existera pas de porte de sortie… Et plus difficile de démontrer l’inverse.

Le contre-exemple du stalinisme est fréquemment invoqué pour preuve contre les irréductibles. Cependant, on attend toujours ce que ces faiseurs de démonstrations anticommunistes, sous prétexte d’anti-stalinisme, peuvent bien dire du stalinisme chinois, qui s’est porté à la tête du pays le plus dynamique du monde capitaliste… Eh bien, ces gens-là n’en disent rien !!!

On remarquera que le « monde libre », c’est-à-dire capitaliste, ne s’est jamais réellement battu contre le stalinisme et l’a même soutenu maintes fois ! Ainsi, on cherche encore le soutien de l’Occident capitaliste aux révoltes contre le stalinisme russe ou chinois. Bien au contraire, l’Occident a cessé sa propagande « anti-stalinienne » en façade, anti-communiste en réalité, dès que les peuples se soulevaient contre le stalinisme !

Le simple exemple chinois (le prétendu « Parti communiste » chinois a toujours la mainmise sur le pouvoir d’un pays parfaitement intégré au monde capitaliste) démontre que le stalinisme n’a et n’avait rien à voir avec le communisme dont il était le principal et le plus violent ennemi. Du coup, la fin du stalinisme ne peut pas être la fin du communisme et ne règle nullement la question de la pérennité du capitalisme…

D’ailleurs, la question n’est pas de savoir si nous sommes convaincus de la durabilité du capitalisme ou si celui-ci est réellement durable…

La question est plutôt : qu’est-ce qui bloque le capitalisme et qui, en le bloquant, peut l’amener à carrément chuter, à devenir incapable de fonctionner ?

Quel écueil le capitalisme a-t-il heurté en 2007 ou au début des années 2000 pour qu’on puisse douter qu’il soit capable de durer bien longtemps ? Notons d’ailleurs que ce ne sont pas particulièrement des révolutionnaires socialistes qui pensent que le capitalisme ne s’est pas relevé en 2008 et n’a fait que s’accrocher sans vraiment repartir de l’avant et doutent que le capitalisme puisse durer, mais des économistes bourgeois et des capitalistes eux-mêmes !

Ce sont notamment tous les dirigeants capitalistes de la planète qui ont prétendu que, s’ils ne mettaient pas la totalité des moyens financiers publics du monde pour « sauver » les trusts et les banques, les assurances et les bourses, tout le système s’effondrerait. Certains mettent aujourd’hui en doute cette affirmation mais, sur le moment, aucun Etat du monde ne l’a fait, aucun ne s’est refusé à aider massivement tout le grand capital, au prix d’une dette monstrueuse, au prix de décennies, et même pire, au prix d’un gouffre des finances publiques mondiales dont celles-ci n’ont aucune chance, dans cette société ni dans aucune autre, de s’en sortir !!!

Personne ne pourra désormais faire l’expérience de ce qu’aurait produit un refus généralisé des Etats et des banques centrales d’aider le grand capital, celui-ci s’étant contenté de faire l’expérience avec la banque Lehman Brothers et estimant que cette seule expérience produisant une chute générale, suffisait en termes d’expérimentations douteuses !!!

Il est cependant remarquable que tous les Etats de la planète et toutes les banques centrales aient suivi cette politique comme un seul homme, sans défection, sans aucune protestation, sans aucun rejet.

Pourtant, le système mondial ne sera plus jamais le même après cette décision qu’avant…

Avant, il était follement endetté, il était menacé par ses faillites, mais le fonctionnement capitaliste restait en vigueur, ce qui signifie que le système pouvait régulièrement se purger à l’aide des crises. Désormais, il est acté que les crises ne sont plus possibles sans que les Etats et les banques centrales les bloquent entièrement en payant sur fonds publics. Or, les fonds publics sont tellement bas, du fait d’interventions permanentes dans l’économie, à chaque fois qu’une entreprise capitaliste de grande taille est menacée, que les banques centrales sont constituées de trous financiers de toutes sortes, d’actifs pourris et autres titres nocifs, de droits sur des dettes plus que de possessions de richesses réelles.

Après 2008, il n’est plus possible au capitalisme de supporter une seule crise, impossible aussi d’éliminer les éléments indésirables, nuisibles, destructeurs, plus jamais possible de contraindre la finance à ne pas s’attaquer à l’économie, plus possible aux Etats et banques centrales de faire autre chose que « sauver » sans cesse l’économie, racheter les titres pourris, étayer ce qui est détruit par les capitalistes eux-mêmes, devenus essentiellement prédateurs de leur propre économie !

Non seulement la « crise » de 2008 a dû être empêchée, détournée, bloquée, cachée, mais les sommes colossales qui ont été déboursées par les institutions mondiales ont servi à grossir encore la masse de capitaux mondiaux, masse qui était déjà bien trop importante pour le cadre trop étroit du capitalisme.

C’est dire que le problème auquel s’est heurté le système, loin d’être réglé, amoindri, soigné, s’est aggravé considérablement et aucun palliatif n’a été trouvé pour relancer la machine. Le capitalisme a produit trop… de capital, c’est là son mal et rien ne peut répondre à un tel problème car c’est le but même du capitalisme que de produire du capital, la production de marchandises et l’exploitation des prolétaires n’ayant jamais été qu’un moyen. Or, le système capitaliste lui-même ne parvient plus à supporter l’augmentation de la masse des capitaux !! Comment voulez-vous que le système lui-même soigne un tel mal, qu’il réforme, qu’il pallie aux problèmes, qu’il relance quoi, la machine à produire des capitaux ?!!! Impossible !

La question ne se pose donc pas dans les termes : supprimer le capitalisme alors que celui-ci a encore de beaux jours devant lui. Elle se pose plutôt ainsi : qu’est-ce qui préparera un autre avenir que les horreurs fascistes et guerrières que les classes possédantes préparent, sachant que les jours du système d’exploitation sont comptés et ne se résolvant pas, évidemment, à céder le pouvoir.

Bien entendu, rien n’a préparé les travailleurs au rôle historique qui est le leur : organiser une nouvelle société. Rien sinon leur place objective dans la production, leur importance économique et sociale, et aussi l’absence totale d’intérêts de leur classe dans la propriété du grand capital.

C’est cette position bien particulière qui n’a en rien changé, des débuts du capitalisme à nos jours de fin du capitalisme. C’est la position d’une classe qui est partout, au sein du capitalisme, déterminante dans la production de richesses et, en même temps, qui ne participe nullement de la détention de ces richesses.

Certes, il y a des sociologues qui dissertent sur les transformations, réelles ou supposées, des travailleurs, mais ils ne peuvent pas cacher une chose déterminante : la classe des prolétaires existe partout dans le monde, a les mêmes intérêts mondiaux, a une position exceptionnellement favorable et il suffit que la prochaine chute financière sape les mensonges de la propagande capitaliste pour que l’histoire révolutionnaire se remette en marche.

C’est en faisant la révolution sociale que le peuple travailleur a appris à gouverner, qu’il a compris qu’il était capable de diriger la société, qu’il s’est lui-même enseigné comment y parvenir, qu’il s’est organisé dans ce but. Il en sera forcément de nouveau dans la prochaine vague de révolutions qui ne manquera pas d’accompagner la chute de la domination historique du grand capital.

Et qu’on ne nous dise pas qu’il sera difficile d’imaginer de vivre autrement que l’on survit sous la chape de plomb du grand capital !!!

Quand saurons nous changer la société et la mettre au service de tous ? Quand nous serons en train d’en prendre la direction et d’en ôter l’infime minorité de propriétaires du grand capital !!!

« Les hommes ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d’eux-mêmes, tant qu’ils n’auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telles ou telles classes. Les partisans des réformes et améliorations seront dupés par les défenseurs du vieil ordre de choses, aussi longtemps qu’ils n’auront pas compris que toute vieille institution, si barbare et pourrie qu’elle paraisse, est soutenue par les forces de telles ou telles classes dominantes. Et pour briser la résistance de ces classes, il n’y a qu’un moyen : trouver dans la société même qui nous entoure, puis éduquer et organiser pour la lutte, les forces qui peuvent - et doivent de par leur situation sociale - devenir la force capable de balayer le vieux et de créer le nouveau. »

Source : Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme, Lénine

Et Karl Marx, dans « L’Idéologie allemande » :

« La révolution est nécessaire non seulement parce qu’il n’est pas d’autre moyen pour renverser la classe dominante, mais encore parce que c’est seulement dans une révolution que la classe porteuse du renversement réussira à se débarrasser de toute l’ancienne fange et à devenir ainsi capable de donner à la société de nouveaux fondements. »

Les idéalistes estiment que, pour qu’ait lieu une révolution sociale, il faudrait à la classe ouvrière un esprit révolutionnaire, ce qu’ils ne lui trouvent pas encore.

Les militants révolutionnaires et les travailleurs conscients savent que ce sont les événements historiques liés à l’effondrement du système et à l’éclatement de la révolution qui transformeront les prolétaires en classe révolutionnaire et les imprègneront de capacités à rompre avec les vieilles mentalités bourgeoises et l’ancienne société capitaliste.

5 Messages de forum

  • Irremplaçable, le capitalisme ? 15 octobre 06:58, par alain

    le capitalisme c’est l’horizon indépassable ?

    Parmi tant d’autres déclarations, citons :

    « Le capitalisme ne peut s’effondrer, c’est l’état naturel de la société. La démocratie n’est pas l’état naturel de la société. Le marché, oui. » (Alain Minc, Cambio 16, 1994)

    A la radio, le 22 février 2012 : « Le capitalisme c’est pas parfait, mais c’est le seul système qui marche ! »

    Mais Wallerstein, lui, écrit : « Le capitalisme va mourir de sa propre réussite ».

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  • Les capitalistes commencent à avoir sérieusement peur et les bourses mondiales jouent le yoyo...

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  • Le FMI prédit une nouvelle crise économique mondiale... Lire ici

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  • Dix ans après une crise planétaire causée par un trop-plein de dettes, l’endettement mondial atteint des niveaux sans précédent. En avril dernier, le FMI alertait sur le niveau record de la dette mondiale, qui s’élève à près de 170 000 milliards de dollars, selon un rapport publié par le cabinet de consultants McKinsey.

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  • Remplacé ou pas, le capitalisme a déjà chuté et ne fait que se survivre difficilement.

    Aux quatre coins du monde, les places financières sont en difficulté et ne tiennent que grâce aux interventions des Etats et des banques centrales.

    On annonce la chute de la croissance mondiale, y compris en Chine !

    Les causes d’affrontements inter-impérialistes s’accroissent sans cesse.

    Le capitalisme ne tiendra pas autant que les radis !!!

    Préparons la suite plutôt que de nous préparer à nous adapter à l’horreur qu’il nous prépare par les dictatures, les fascismes et les guerres.

    Assez de nous faire croire qu’on s’en sortira en votant bien ou par une bonne journée d’action syndicale !!!

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