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Quand les tigres capitalistes ronronnent comme des "gros chats"

lundi 28 mai 2018, par Robert Paris

Les termes hypocrites de la société capitaliste

Déjà ne dites pas « capitalisme » mais libéralisme, mercantilisme, société moderne, économie libérale, libre échange, monde libre, économie non dirigée, société de l’initiative privée, économie de marché, démocratie économique et sociale…

Ne dites pas langage mensonger des capitalistes mais novlangue managériale…

Ne dites pas vol de l’argent de nos impôts par les capitalistes et les banquiers mais sauvetage de l’économie…

Ne dites pas propriété privée des moyens de production, volée au plus grand nombre, mais création de richesses par les entrepreneurs…

Ne dites pas les classes sociales mais les partenaires sociaux…

Ne dites pas les rapports de force entre patrons et salariés mais le dialogue social…

Ne parlez pas de classe dominante mais de décideurs…

Ne parlez pas d’extorquer des profits mais de prendre des risques, d’être capables de prendre des initiatives, de savoir s’investir…

Ne dites pas d’exploiteurs et d’exploités, mais de chefs d’entreprise et de participants de l’entreprise, ou encore d’entrepreneurs et de collaborateurs, de managers et d’équipes…

Ne dites pas prolétaire mais agent de production, membre du personnel, participant de l’équipe de travail, collaborateur…

Ne dites pas discours patronal mais business wording…

Ne dites pas le personnel ni les salariés mais les acteurs…

Ne dites pas la lutte des classes mais les relations entre parties prenantes…

Ne dites pas la collaboration de classes mais la satisfaction des stakeholders…

Ne dites pas réduction d’effectifs avec augmentation de la charge de travail, mais réorganisation avec mutualisation des moyens et accroissement de l’efficacité…

Se faire muter de force s’exprime ainsi : latéraliser quelques-unes de nos compétences…

Pousser l’encadrement à surexploiter s’appelle : augmenter le degré d’implication de son équipe…

Surexploiter, jamais ! Seulement améliorer la compétitivité !

Augmenter l’exploitation, pas du tout ! Seulement moderniser, réformer, réorganiser, s’adapter à la concurrence, augmenter les compétences…

L’exploitation doit être appelée contrat gagnant-gagnant : comprenez pile le patron gagne, face le salarié perd !

La précarisation s’appellera adaptation, flexibilité, liberté du travail, ouverture au marché…

L’abus de position dominante du patron s’appelle négociations paritaires…

Le chantage à l’emploi (avec aggravation des conditions de travail, blocage ou diminution des salaires, accroissement de la charge de travail et adaptation des horaires aux commandes) s’appelle accord de sécurisation de l’emploi…

Les rapports de force des cadres du patron au prolétaire s’appellent relations avec le n+1…

Le procès des salariés par le cadre s’appellent entretiens…

Favoriser cette collaboration s’appelle fabriquer du consentement…

Ne dites pas ouvrier mais participant d’une unité de production…

Ne dites pas que votre entreprise exploite la mode écolo ou se cache derrière pour polluer, mais qu’elle est pérenne, durable, respectueuse…

Ne dites pas surexploité, sans contrat fixe, mais uber, auto-entrepreneur, sous-traitant, sous contrat de projet, au recrutement désintermédié, disruptif et autres…

Ne dites pas chef ou service du personnel mais relations humaines !!!

Ne dites pas que le patron se débrouille pour ne pas payer ses charges sociales mais qu’il bénéficie d’un allègement…

Ne dites pas que le patron a développé une caisse anti-grève, qu’il paie des jaunes, achète des syndicats, mais que l’entreprise s’attache à fluidifier les relations sociales…

Ne dites pas balayeur mais technicien de surface…

Ne dites pas que vous n’avez pas de bureau mais que vous faites du coworking…

Ne dites pas plan de licenciements mais plan de défense de l’entreprise, plan social, plan de sauvegarde de l’emploi, projet de restructuration, projet de transformation…

Ne dites pas contraindre le salarié à la polyvalence mais enrichir les tâches…

Ne dites pas augmenter l’exploitation mais réduire les coûts…

Ne dites pas encadrement patronal mais management, gouvernance, gestion du personnel…

Ne dites pas contrat précaire ou CDD mais contrat de travail agile…

Ne dites pas que le travail au boulot envahit aussi votre vie privée mais que vous faites du blurring…

Ne dites pas que vous êtes stressés, harcelés, déprimés car vous êtes placardisés, que votre travail est hyperparcellisé, mais que vous êtes bore-out…

Ne dites pas que vous êtes écrasés moralement par l’exploitation et le mépris au travail, mais que vous subissez un burn-out…

Ne dites pas que le patron fait semblant de vous mettre à égalité avec vos chefs pour vous motiver mais qu’il fait du management collaboratif, que c’est de l’entreprise libérée ou qu’il pratique l’holocratie ou l’inter-entrepreneuriat…

Ne dites pas que vous avez été muté mais que vous avez profité de la mobilité…

Ne parlez pas de chômeurs mais de personnes à la recherche d’un emploi…

Ne parlez pas de démanteler le droit du travail mais de l’assouplir…

Ne dites pas les exclus mais les personnes assistées…

Ne parlez pas de corruption patronale mais de lobbying…

Ne parlez pas de fraude fiscale patronale mais d’optimisation fiscale…

Ne parlez pas de cotisations patronales mais de charges sociales du patron…

Ne parlez pas de privatisation mais d’ouverture du capital…

Ne dites pas que le patron est radin, économise les bouts de chandelle, qu’il les lâche avec des élastiques, mais qu’il pratique une gestion de type lean ou la méthode Toyota…

Ne dites pas que vous avez été embauché de manière totalement impersonnelle par un robot de tri sélectif des candidats, mais que vous avez eu un recrutement prédictif…

Ne parlez pas de guerre mais d’opération de défense de la paix…

Ne dites pas guerre coloniale, guerre des croisés en Orient, mais guerre contre le terrorisme et les dictatures pour libérer les peuples…

Le ministère de la Guerre est devenu ministère des Armées, puis ministère de la Défense et demain ministère de la Sécurité extérieure sans doute…

Le ministère de la police est devenu ministère de l’Intérieur…

La suite

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