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Nadejda Kroupskaïa, la femme de Lénine

lundi 12 février 2018, par Robert Paris

« Qui n’a pas vu la révolution ne peut s’en imaginer la beauté majestueuse, triomphale. »

"De l’émigration à Pétrograd", 1924

Nadjeda Kroupskaïa

Nadejda Kroupskaïa, la femme de Lénine

Un grand pédagogue

Kroupskaïa s’engage dans le mouvement ouvrier en 1891 ; arrêtée en 1896, elle condamnée à trois ans de déportation en 1898. En Sibérie, elle rejoint Lénine, rencontré en 1896, et se marie avec lui. Cette enseignante débute sa carrière dans les cours du soir destinés aux travailleurs. De quoi lui faire intégrer, en 1895, l’Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière fondée par Lénine, qu’elle épouse trois ans plus tard, en Sibérie. Compagne de Lénine et son plus proche collaborateur avant la révolution d’Octobre.

Durant les années qui suivent et jusqu’à 1917, elle sera la secrétaire et plus proche collaborateur de Lénine. Parallèlement, elle défriche le terrain de l’éducation, s’attachant à à y introduire la méthode du marxisme. D’où son activité au sein du Commissariat à l’éducation après 1917. Adjointe du commissaire du peuple à l’Instruction, elle élabore la pédagogie marxiste-léniniste et rédige des centaines d’articles et des essais politiques. La violence de Staline amène un incident du fait duquel Lénine rompt toute relation personnelle avec Staline : « Staline est trop brutal, et ce défaut parfaitement tolérable dans notre milieu et dans les relations entre nous, communistes, ne l’est pas dans les fonctions de secrétaire général. Je propose donc aux camarades d’étudier un moyen pour démettre Staline de ce poste et pour nommer à sa place une autre personne qui n’aurait en toutes choses sur le camarade Staline qu’un seul avantage, celui d’être plus tolérante, plus loyale, plus polie et plus attentive envers les camarades, d’humeur moins capricieuse. »

Kroupskaïa écrit en décembre 1923 à Lev Kamenev (à cette époque chef du Politburo) : « Léon Borisovitch ! À la suite d’une courte lettre que m’a dictée, avec l’autorisation des médecins, Vladimir Ilitch, Staline est entré hier dans une violente et inhabituelle colère contre moi. Ce n’est pas d’hier que je suis au Parti. Au cours de ces trente années je n’ai jamais entendu d’aucun camarade un mot grossier. Les affaires du Parti et celles d’Ilitch me sont aussi chères qu’à Staline. J’ai besoin aujourd’hui d’un maximum de sang-froid. Ce que l’on peut — et ce que l’on ne peut pas — discuter avec Ilitch je le sais mieux que n’importe quel médecin, parce que je sais ce qui le rend ou ne le rend pas nerveux. En tout état de cause, je le sais mieux que Staline. Je m’adresse à vous et à Grigori (nda : Zinoviev) comme à de vieux camarades de Vladimir Ilitch, et vous supplie de me protéger contre des ingérences brutales dans ma vie privée, de viles invectives et de basses menaces. Je n’ai aucun doute quant à ce que sera la décision unanime de la Commission de contrôle, de laquelle Staline a jugé bon de me menacer. Quoi qu’il en soit, je n’ai ni force, ni temps à perdre dans cette stupide querelle. Je suis un être humain, et mes nerfs sont tendus à l’extrême. N. Kroupskaïa. » Après la mort de Lénine, en janvier 1924, sa tentative de faire connaître le Testament de Lénine lors du 13° congrès du Parti (avril 1924) se solde par un échec. Kroupskaïa est ensuite membre de l’Opposition unifiée Kaménev-Zinoviev-Trotsky.

Déclaration des 13 (dont Kroupskaïa) - Opposition bolchévique unifiée - Juillet 1926

Alors que de nouvelles exécutions en masse se préparent en Russie et que, par centaines, des militants du mouvement ouvrier russe sont suspectés, arrêtés ou "suicidés", on menace Rykov, ancien président du Conseil des commissaires du peuple ; Boukharine, Radek, Piatakov, Ouglanov, etc., etc., et la veuve de Lénine, la camarade Nadiejda Kroupskaïa. En un mot, tous ceux qui conduisirent le prolétariat russe à la victoire d’octobre 1917 sont exterminés ou menacés d’extermination.

Kroupskaïa capitule en 1927. Elle s’oppose à Staline et soutient des dissidents lors des procès de Moscou, de 1936 à 1938.

Elle se consacrera désormais essentiellement aux questions d’Education, mais votera néanmoins contre l’exécution de Boukharine lors des procès de Moscou.

Souvenirs sur Lénine - Clara Zetkin - (Janvier 1924) :

« Je n’avais pas vu la camarade Kroupskaïa, la femme de Lénine, depuis la conférence internationale des femmes socialistes, qui s’est tenue à Berne au mois de mars 1915. Son visage aux yeux si bons portait les traces visibles de la maladie qui la dévore. A part cela, elle était restée la même qu’autrefois, l’incarnation de la sincérité, de la modestie et d’une simplicité quasi-puritaine. Avec ses cheveux plats, ramenés en arrière, rassemblés derrière la tête en un chignon fait sans aucun art, avec son costume extrêmement sobre, on aurait pu la prendre pour une ouvrière fatiguée, dont le seul souci est d’épargner et de gagner du temps. "La première femme du grand empire russe", comme disent les bourgeois, est incontestablement, est incontestablement la première au point de vue de l’abnégation et du dévouement à la cause des opprimés. Elle était unie à Lénine par la plus intime communauté de vie et de travail. Il est impossible de parler de lui sans penser à elle. Elle était la main droite de Lénine, son meilleur secrétaire, sa compagne dévouée, la meilleure interprète de ses idées, aussi infatigable à recruter avec le plus grand tact des amis et des partisans au maître génial qu’à travailler parmi les ouvriers dans le sens des idées de Lénine. Outre cela, elle avait son propre ressort d’activité auquel elle se consacrait de toute son âme, à savoir l’instruction publique. Il serait ridicule et même blessant, de supposer un seul instant que la camarade Kroupskaïa, au Kremlin, "jouait à la femme de Lénine". Elle travaillait avec lui, pour lui, comme elle l’avait fait toute sa vie, même quand les nécessités de la vie illégale et les persécutions les séparaient. Nature profondément maternelle, la camarade Kroupskaïa, aidée en cela par la belle-sœur, faisait du logis de Lénine un "foyer" au sens le plus noble de ce mot. Non pas, certes, dans le sens petit-bourgeois, mais grâce à l’atmosphère intellectuelle qui y régnait, et qui n’était que le reflet des rapports qui unissaient les uns et les autres les êtres qui y vivaient et y travaillaient. Tout, dans ces rapports, était vrai, sincère, compréhensif, chaleureux. Quoique, jusqu’alors, je n’eusse connu que très peu la camarade Kroupskaïa, je me sentis chez elle, grâce à ses soins amicaux, comme à la maison. Lorsque Lénine arriva et que, peu après, une grosse chatte apparut, accueillie avec joie par toute la famille, et sauta sur les épaules du "dictateur" et se roula en boule sur ses genoux, j’eus l’illusion d’être chez moi, ou chez Rosa Luxembourg, avec sa chatte "Mimi", devenue historique pour les amis. »

Goloubev, « Des grèves à l’insurrection » :

« En 1897 je suis rentré à l’école gratuite du soir Kornilov fréquentée surtout par des ouvriers voulant apprendre à lire et à écrire. Mais y venaient également ceux qui cherchaient une réponse aux questions sociales qu’ils étaient amenés à se poser chaque jour. Durant les premières années de leur existence, les écoles de ce genre étaient peu suivies, elles étaient suspectes à la police qui les surveillait. Il était, d’autre part, difficile de venir faire trois heures d’études après un travail exténuant de douze heures à l’usine. Cependant, à mesure que le mouvement ouvrier se développait, croissait aussi le besoin de connaître et d’apprendre et l’attitude des ouvriers changeait à l’égard des écoles, si bien que de 1891 à 1898 celles-ci n’étaient déjà plus assez grandes pour contenir tous ceux qui voulaient en suivre les cours. On dut établir une sorte d’examen pour limiter le nombre des élèves. Cette école du soir située derrière la porte de Nevski était considérée comme une des meilleures de Saint-Pétesbourg. Elle comptait parmi ses maîtres des révolutionnaires notoires, tels que Kroupskaïa, Nadejda Konstantinovna, Koudelli, Prascovie Franzevna, les sœurs Meryinski et beaucoup d’autres. »

Trotsky, dans « Ma vie » :

« La liaison avec la Russie était toute entre les mains de Lénine. C’était sa femme, Nadejda Konstantinovna Kroupskaïa, qui avait assumé le secrétariat de la rédaction. Elle était au centre de tout le travail d’organisation, recevait les camarades venus de loin, instruisait et accompagnait les partants, fixait les moyens de communication, les lieux de rendez-vous, écrivait les lettres, les chiffrait et les déchiffrait. Dans sa chambre, il y avait presque toujours une odeur de papier brûlé venant des lettres secrètes qu’elle chauffait au-dessus du poêle pour les lire. Et fréquemment elle se plaignait, avec sa douce insistance, de ne pas recevoir assez de lettres, ou de ce que l’on s’était trompé de chiffre, ou de ce que l’on avait écrit à l’encre sympathique de telle façon qu’une ligne grimpait sur l’autre, etc. » Sources

Le Travail d’Instruction Politique dans la Russie Soviétique

L’Institut Supérieur de Formation Politique et d’Instruction Générale

Cinq ans

Comment Lénine vivait à l’étranger

De l’émigration à Pétrograd

A propos du passage de Lénine par l’Allemagne

Souvenirs sur Lénine

Krouspkaïa et le testament de Lénine

Et récit sur le testament de Lénine et Kroupskaïa

Lettre de Trotsky à Nadejda Kroupskaïa, le 17 mai 1927

« Lénine, selon l’expression de Kroupskaïa ne fut sauvé de la répression bureaucratique que par la mort : n’ayant pu le mettre en prison, les épigones l’ont enfermé dans un mausolée. »

Kroupskaïa sur Staline

Trotsky rapporte les relations de Krouskaia et Staline lors de la maladie de Lénine

Une autre relation par Trotsky de cette époque

Kroupskaïa et la blanchisseuse de Pornic

Biographie

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