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Gbagbo est tombé mais pas la dictature de la misère !!! Et ce n’est pas Ouattara qui libèrera les travailleurs, les jeunes, les femmes, les pauvres de Côte d’Ivoire !!!

jeudi 14 avril 2011, par Robert Paris

Grâce aux forces armées impérialistes et notamment françaises, Gbagbo est tombé mais cela ne veut pas dire la fin de la guerre civile et encore moins la fin de la misère...

Ouattara et Bédié sont les anciens bras droits d’Houphouët Boigny, c’est-à-dire des dirigeants de la dictature néo-coloniale de la France en Côte d’Ivoire. Bédié a lancé l’ivoirité et Gbagbo a surfé dessus. Et c’est cette campagne pour l’ivoirité au nom de laquelle on a mis à feu et à sang le peuple ivoirien.

Que peut apporter une élection dans laquelle les travailleurs, en majorité, n’ont pas pu aller chercher de cartes d’électeurs, vu qu’il fallait pour cela parcourir des kilomètres en payant des sommes qui doivent servir à se nourrir et à nourrir sa famille...

N’oublions pas, tout d’abord, que c’est la révolte sociale et pas le soutien à tel ou tel de ces chefs de la bourgeoisie qui a amené la chute de Bédié puis celle de Gueye. Ce sont des émeutes populaires qui les ont chassé et c’est par un bain de sang que Gbagbo a mis fin à la révolte pour ne pas en être lui aussi victime.

Les premiers gouvernants de la Côte d’Ivoire n’ont pas fait dans la dentelle, quand il s’est agi d’organiser le pillage de l’Economie ivoirienne. Comment les différents régimes PDCI ont planifié le vol. De Houphouët Boigny à Henri Konan Bédié en passant par la Primature de Alassane Oauittara, l’économie ivoirienne a été l’objet d’un pillage systématique. Chacune de ces trois personnalités a eu sa période de vol. Même si Houphouët- Boigny est considéré comme le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, pour avoir bâti le pays en lui donnant des acquis solides, il n’est pas inutile d’affirmer que c’est sous règne que les malheurs économiques de la Côte d’Ivoire ont commencé. Au moment où il est de plus en plus question de la moralisation de la vie publique, il n’est pas superfétatoire de prêter une attention particulière à ces crimes dont les cicatrices restent indélébiles. Houphouët et les détournements de biens publics Quand la Côte d’Ivoire accède à l’indépendance en 1960, sa destinée est présidée par Houphouët Boigny dont la témérité face à l’oppression des colons a été payante. Les Ivoiriens qui pensent, dès cet instant, que leur vie va connaître un changement à cause du discours du nouveau Président de la République, vont déchanter. Non pas parce que le bélier de Yamoussoukro a manqué d’imagination en matière de développement, mais du fait que certains parmi ses collaborateurs aient affiché, très tôt, leurs instincts de voleurs. Des ministres aux PDG en passant par les petits directeurs, la chaîne du pillage est très vite constituée.

C’est le tout premier ministre de l’Economie et des Finances de son règne, Henri Konan Bédié qui donne le ton. Le sphinx de Daoukro, tout jeune ministre, attire l’attention des Ivoiriens sur ce qui se passe en termes de détournement durant les 17 premières années de règne du PDCI. Surfacturation des complexes sucriers Dans sa volonté de doter la Côte d’Ivoire d’outils économiques à même de favoriser le développement du pays, le Président Houphouët- Boigny confie, en 1977, l’élaboration d’un projet de création d’un complexe sucrier au Nord du pays à son ministre de l’Economie et des Finances qui n’est autre que Henri Konan Bédié. Ce dernier trouve là une occasion d’accroître le volume de sa fortune personnelle. C’est ainsi qu’après le travail des experts en la matière, en sa qualité de patron du département chargé de l’exécution des travaux, Konan Bédié juge utile de gonfler les chiffres, dans le but d’empocher le surplus. On parle, à cette époque, de plusieurs milliards de nos francs que l’actuel donneur de leçons a fait volatiliser. Même le matériel destiné à la construction des usines n’échappe pas à la gourmandise de Bédié. Devenu immensément riche du fait de ce détournement considéré comme le plus grand du 20è siècle, 7 Milliards de francs CFA, Henri Konan Bédié organise des manifestations populaires dans son village natal en vue de « fêter ses milliards » acquis dans le vol. Cette fête en est une première dans le monde. Houphouët Boigny, chef de l’Etat et chef du gouvernement, est gêné mais il se garde de sanctionner son poulain. Puisque le nettoyage qu’il promet à la suite de cette affaire n’aura pas lieu. Même si Houphouët Boigny convoque plusieurs réunions et dit, le 20 juillet 1977, que la « Côte d’Ivoire n’a que faire des cadres malhonnêtes, », il déplace celui qui deviendra, plus tard, son dauphin constitutionnel, en l’affectant à Washington comme Ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès de la Banque mondiale. Cette impunité encourage les autres cadres dans la voie du vol et du pillage de l’économie ivoirienne.

Les autres grands scandales de l’ère Houphouët

Après le scandale des complexes sucriers, biens d’autres affaires éclaboussent le règne du père fondateur. Il s’agit notamment des affaires COGEXIM, avec feu Emmanuel Dioulo, de la faillite de la BNDA avec feu Lamine Diabaté, de la LOGEMAD sous la direction de Konan Fernand et bien d’autres société d’Etat dont AGRIPAC dirigée à l’époque par M.Débourchard, la SODEFEL de M. N’koumo Mobio, la SODERIZ sous la houlette de M.Oulaï Kemagnan, pour ne citer que celles-là. Toutes ces sociétés ont fait l’objet de pillage. Air Afrique, la compagnie aérienne africaine, n’est pas en reste. Dirigée à l’époque par M.Ahoussou Koffi, cette autre société d’Etat n’échappera pas à la furie des cadres corrompus et voleurs du PDCI. Chacun des responsables s’en est tiré avec une fortune, bien attendu en reversant une partie dans la caisse noire du parti-Etat. Les hôtels SIHETO en leurs temps dirigés par Kindo Bouadi en ont également fait les frais. Conséquence dramatique, la faillite et la disparition des sociétés en question. Aucun des dirigeants ne sera convoqué pour rendre compte de sa gestion. A la restauration du multipartisme, avec la nomination, pour la première fois, d’un Premier ministre à la tête du gouvernement, les choses s’empirent.

Le vol version Alassane Ouattara

La conjoncture qui frappe la Côte d’Ivoire dans les années 80 exige de Houphouët- Boigny la prise d’un certains nombre décisions précautionnelles. Parmi ces décisions, la nomination de quelqu’un qui coordonnerait désormais les activités gouvernementales. Alassane Ouattara, jusque là inconnu des Ivoirien, est choisi par le vieux pour conduire le comité interministériel dont l’objectif est de surveiller les ministres, en vue de limiter les dégâts causés par les nombreux détournements auxquels ils se livrent. En 1991, l’homme « providentiel » est bombardé Premier ministre de la République de Côte d’Ivoire et présenté au peuple comme un technocrate hors pair. Les Ivoiriens ne savent pas grande chose quant à sa capacité à redresser l’économie du pays. Mais très tôt, il montre son vrai visage avec la privatisation tous azimuts des sociétés d’Etat. Dans cette politique de privatisation, le Premier ministre ne s’oublie pas. Sous des prêtes- noms, Ouattara crée des société fictives pour racheter des parts. La liquidation desdites sociétés se fait sans appel d’offres, et les ristournes sont détournées de caisses de l’Etat. La célèbre manchette d’un confrère qui écrivait que : « Alassane vend et rachète » en tire son origine. Son épouse, Dominique Nouvian Ouattara, joue un rôle assez prépondérant dans l’affaire. C’est elle qui est chargée de conduire certaines opérations liées à la privatisation du patrimoine immobilier de l’Etat. D’où la création de l’Agence Immobilière de Côte d’Ivoire (AICI). Avec cette société qu’elle dirige désormais, Dominique Ouattara a les coudées franches pour enrichir la famille. La gestion des biens immobiliers de l’Etat à l’étranger devient son affaire. Toute la manne générée par la vente de ces biens est confisquée et transférée sur les comptes personnels des Ouattara dans les banques françaises et suisses. Devenu tout puissant, Ouattara regarde désormais l’administration douanière avec condescendance. Il s’en fout, à la limite. C’est ainsi qu’en provenance de la France avec 19 tonnes d’effets vestimentaires personnels, le mentor des républicains refuse de passer devant la douane pour les formalités administratives requises. Le scandale est vite dénoncé par les journaux proches de l’opposition à l’époque. Mais le pouvoir PDCI fait la sourde oreille. Et l’homme continue sa sale besogne. Ouattara et la période de maladie d’Houphouët- Boigny La période de maladie du premier Président de la République de Côte d’Ivoire est l’occasion toute trouvée par Alassane Ouattara pour devenir multi milliardaire et pour se constituer une fortune de guerre. Vers la fin de l’année 93, le bélier de Yamoussoukro tombe gravement malade. Son intérim est assuré par le Premier ministre qui contrôle les caisses de l’Etat et toutes les régies financières du pays. Les institutions de contrôle étant inexistantes, tout l’argent en provenance des Douanes, des Ports autonomes et des services des impôts est directement convoyé, dans des valises, au domicile d’Alassane Ouattara. Selon des sources dignes de foi, le 7 décembre 1993, avant d’aller annoncer la mort du vieux à la télévision nationale, Ouattara a pris soin de racler les derniers fonds Parce que conscient de la guerre de succession qui se profilait à l’horizon et qui se préparait entre Henri Konan Bédié et lui. Bédié, le patron des grilleurs d’arachides Quand Bédié succède à Houphouët- Boigny à la tête de l’Etat, c’est pour confirmer la réputation de grilleur d’arachides qu’on lui connaissait, depuis les années 60. Gabegie, affairisme et détournement des deniers publics vont émailler son règne. Les différents gouvernements formés par Henri Konan Bédié, jusqu’à sa chute en 1999, s’illustrent par des malversations éhontées qui ternissent l’image du PDCI. Le grilleur d’arachides et l’affaire Roger Nasra A peine le chef des « surfactureurs » s’installe au pouvoir, après son élection en 1995, qu’un scandale honteux portant sur la somme de 950 millions de FCFA éclate au Trésor public d’Abidjan. Le cerveau de ce vol, un homme d’affaires d’origine libanaise, Roger Nasra, avoue qu’une partie de l’argent a été utilisée pour la campagne de Bédié qui le lui a exigé. Il dira l’avoir fait pour échapper au contrôle des services des Impôts. Sous l’½il complice du pouvoir, Roger Nasra s’exile en France pour échapper à la justice ivoirienne. Bédié et son régime ne font rien pour faire arrêter et juger l’homme. Quand la police française met la main sur lui, l’extradition de Roger Nasra est le dernier souci de Bédié et son régime. Il a fallu des gymnastiques politico judiciaires pour voir le Libanais regagner le sol ivoirien. Parce qu’en fait, Bédié ne voulait pas que les complices de Nasra parmi lesquels ses proches, tel que le Directeur Général du Trésor d’alors, M.Bouadou, soient cités. Bédié et les 132 milliards de Denos A peine les Ivoiriens oublient l’affaire Roger Nasra qu’une autre liée aux Dépenses Engagées et Non Ordonnancées (Denos), éclate. L’affaire est tellement sérieuse que Bédié et ses hommes évitent d’en parler. Il a fallu encore des journaux proches de l’opposition pour faire éclater ce scandale. Ces dépenses, aux dires des spécialistes en la matière, n’ont pas été soumises à la sagacité de la chambre des comptes, parce qu’elles ont été affectées par Bédié pour la réalisation des palais de Koukourandoumi et de Daoukro. Sur cette affaire, le pouvoir ne fait aucune communication pour situer les responsabilités. Il ne se contente que d’explications lapidaires. Quand des proches de Bédié se font champions des détournements Le Président Bédié inocule aussi le venin de la prévarication à ses proches. Il s’agit de Kindo Bouadi, Haut Commissaire au tourisme à cette époque et Adiaké Koutouan un autre cadre PDCI. Chacun de ces responsables puise la somme de 4 milliards de F CFA dans les caisses de sa structure. Quant à M. Kouassi Détoh, il ne se fait pas prier pour détourner les 5 milliards destinés au développement de la SOGB. Aux côtés de ces personnalités connues,il faut noter les prévarications commises par M.Alou Natcha et de Mme Konan née Kanga Madeleine sur la somme de 24.538.889FCFA à la Perception de Sakassou. Quant à Koffi Bi Bozé Fernand, il se rend coupable d’un détournement portant sur la somme 16.848.000Cfa, au centre des Impôts de Toumodi. La liste s’allonge avec l’affaire Kpagny, Inspecteur des Douanes qui s’est payé le luxe d’empocher 100 millions de Fcfa à l’Aéroport de Port-Bouet. Dans la même période, M.Allene Kouamé ne se fait pas prier pour lui aussi empocher 100 millions au Trésor départemental d’Abidjan Nord. Au Trésor départemental de Man, c’est l’affaire Mouti qui défrai la chronique. Ce dernier ayant mis la main sur la somme de 91.901.621Fcfa.A la Marine marchande, c’est M. M’bé Gilbert secrétaire comptable Régisseur qui s’illustre par le vol de 28.901.500 Cfa. Le Régisseur des cartes sécuritaires à Ayamé, M.Gba Gbléhi Joseph ne se met pas en marge de ce vol organisé par Henri Konan Bédié. Lui fait main basse sur la somme de 27.234.000fca.Au ministère de la culture, l’Adjoint administratif Régisseur d’avance dudit ministère, M.Kapet Gbobé vole25.292.900Fcfa.Au service de suivi du budget des eaux et forêt, M.Bessoulé Amouyé Désiré réalise le plus grand score avec le détournement de 188.746.000FCA.Les détournements qui se font en cascade n’épargne pas les services de la police nationale. M.Kouakou Yao qui est à cette époque le Régisseur des cartes sécuritaire au Commissariat du 1er Arrondissement de Daloa détourne 4.310.000FCA.La liste n’est pas exhaustive. Dès que ces affaires éclatent, Bédié monte vite au créneau pour défendre ses amis. Le chef de l’Etat, qui est lui-même le chef des corrompus, reconnaît qu’il y a effectivement détournement, mais se dit indigné par l’attitude des Ivoiriens qui, à l’entendre, gonflent expressément les chiffres dans le seul but de salir ses collaborateurs. Selon Bédié, les sommes détournées par ces personnalités citées plus haut ne dépassent 300 millions CFA. L’affaire des 18 milliards de l’UE S’il y a une affaire qui défraie la chronique et précipite la chute de Bédié en 1999, c’est celle du détournement des 18 milliards de l’Union européenne. Préoccupée par la situation sanitaire en Côte d’Ivoire, l’Union européenne, après signature d’une convention avec les autorités, octroie la somme de 43 milliards à l’Etat. C’est le ministère de la Santé et de la Population, sous les auspices de son patron, Maurice Kacou Guikahué, qui est chargé de la gestion de ladite somme. Bédié et son équipe vont distraire de ce montant plus de 18 milliards de F qu’ils affecteront à la réalisation de ses propres projets et ceux de son épouse, Bomo Henriette. Première dame de cette époque, Henriette Konan Bédié use de son poids auprès de son époux pour que les activités de l’ONG « SERVIR » dont elle la présidente fondatrice, soient financées par l’argent en question. Le ministre Guikahué doit tout mettre en ½uvre pour satisfaire à cette exigence. Elle pousse le ministre de la Santé à rayer les villages de Danané auxquels sont destinés les projets de l’UE pour les remplacer par ceux d’Aboisso. C’est ainsi que des villages de cette dernière localité située dans l’Est du pays vont être inscrits sur la liste, les présentant comme faisant partie du département de Danané, situé dans l’Ouest montagneux. Très habile dans l’art de la surfacturation, Henri Konan Bédié et son ministre gonflent les coûts du matériel destiné aux maternités et autres dispensaires de la région de l’Ouest. Le vase de nuit qui coûtait 125 FCFA a été surfacturé à 3000 FCFA. Quand la lampe tempête que les Ivoiriens achetaient dans les boutiques à 1000 CFA est portée à 7000 CFA. Le rapport des enquêteurs de l’UE est sans appel. Il accable le pouvoir PDCI et l’oblige à rembourser l’argent détourné. Mais comme toujours, Bédié ferme les yeux sur les différentes injonctions de l’institution européenne. Ce qui amène la communauté internationale à geler ses relations avec notre pays. C’est dans cette cacophonie qu’intervient le coup d’Etat du 24 décembre 1999, qui met fin au règne calamiteux du « prince des Nambè ».

En profitant de la lutte du peuple travailleur, des pauvres et de l’ensemble de la jeunesse pour se hisser au pouvoir en 2000, Laurent Gbagbo, qui se disait alors socialiste, avant de se déclarer l’ami de Chirac, avait défendu bec et ongles que le multipartisme était la panacée, et que son élection à la présidence de la république apporterait aux Ivoiriens le développement économique et la prospérité.

Résultat, en dix ans de pouvoir, il a fait de la Côte d’Ivoire, un pays économiquement en déconfiture sur tous les plans : 85% des usines que comptait le pays ont fermé depuis sa prise du pouvoir.

Dès qu’il a comploté pour lancer sa théorie de l’ivoirité, (prenant ainsi la suite des propositions xénophobes de son prédécesseur qui avait été vire par les masses) afin d’écarter l’un de ses concurrents aux élections présidentielles de 2000, les trois quart des expatriés qui vivaient dans le pays ont été contraints de prendre la poudre d’escampette pour défendre leurs vies.

Aujourd’hui, 80% des jeunes diplômés qui sortent de l’école (si on peut encore l’appeler ainsi, tant le système éducatif est en déconfiture,) sont au chômage. Le système de santé est en état de délabrement avance. Les hôpitaux, pour ce qu’il en reste encore, ne profitent qu’aux gros bonnets ou a ceux de la classe moyenne qui ont “les bras longs” pour décroche une prise en charge.

Pour les travailleurs et les pauvres d’Abobo, de Yopougon et du fin fond des villages de Côte d’Ivoire, les hôpitaux sont devenus des mouroirs. Le nombre des enfants qui meurent a la naissance pour faute de soins ne fait qu’augmenter au fil des années. Il faut 400.000 Francs CFA pour accoucher sous césarienne. Combien d’habitants de yopougon yaosei ou de d’attiekoub derrière rai peuvent se le payer ?

Longtemps considéré comme la locomotive économique des pays francophone en Afrique de l’ouest, le pays régresse irrémédiablement vers le niveau de la Guinée de Sekou Toure des années 70-80. Les Ivoiriens qui ne sortaient du pays que pour aller étudier en Europe ou au Etats-Unis, se trouvent aujourd’hui en grand nombre immigrant dans les pays voisins comme le Mali, le Burkina-Faso, le Ghana ou le Togo etc…

Alors que les nouveaux milliardaires issus du pouvoir Gbagboiste, (il a produit une quarantaine en dix ans), vivent à Angre, à la Riviera ou au Deux plateaux, dans des villas qui sortent de terre comme des champignons, et dont on trouve rarement l’équivalent en Europe, un pan entier de la population vie dans des maisons de bois, comme par exemple à Ajoufoue, à Porboue derrière wofe, à Adjame pailet ou à Mossikro ect…

Alors que les nouveaux riches, amis de Gbagbo, (ils viennent de lui faire un cadeau de 500 millions pour sa campagne) se pavanent dans des voitures de luxe ultra moderne, pendant ce temps, pour vaquer à leurs occupations, de plus en plus de travailleurs et de pauvres doivent marcher d’Adjame à Trechiville ou d’Adjame à Abobo ou yopougon.

Quant “les grotos”, “les en haut de en haut” n’hésitent pas à gaspiller de l’eau pour arroser leurs jardins, les femmes d’Attiekoube derrière rai et ceux des petits villages sont obliges de faire des kilomètres à pied pour aller puiser de l’eau insalubre dans les marigots. Les denrées alimentaires sont devenues intouchables pour les petits revenus et se déplacer d’un point à l’autre devient un parcours du combattant à cause de l’impraticabilité des routes.

En son temps, Houphouet Boigny avait créé la caisse de stabilisation pour gérer les revenus du café et du cacao, même si les trois quarts de ce pactole lui servaient à entretenir les copains et les coquins, et à alimenter ses comptes en banque à l’étranger, le reste de cet argent servait au moins à développer l’agriculture. Aujourd’hui, bien malin serait celui qui pourrait affirmer avec certitude où Gbagbo et ses acolytes mettent la totalité des revenus du pétrole de la Côte d’Ivoire. Alors que le budget de souveraineté du président de la république était abusivement fixé à 15 milliards, Laurent Gbagbo l’a fait porter à 75 milliards pour son profit personnel. Pendant ce temps, dans la population, les trois quarts des petites gens n’arrivent même pas à se faire un repas par jour.

En dix ans de pouvoir, Laurent Gbagbo, l’auteur de “Pour une alternative démocratique pour la Côte d’Ivoire”, a fait de la dictature un modèle de gouvernement. Les journalistes sont jetés en prison sans procès, et des opposants politique qui ont le malheur d’être moins connus croupissent à la MACA en ce moment même. La théorie de l’ivoirité qui est à l’origine de la guerre civile et qui a provoqué les massacres et les fosses communes de yopougon et d’Abobo, sont le fait de sa politique et des actions ignobles des escadrons de la mort à sa solde.

En dictateur convaincu de l’efficacité de la magouille et du bourrages des urnes, Laurent Gbagbo dont la politique est déjà condamnée (avant même qu’il n’accepte la tenue des élections), par prés de 90% du peuple de Côte d’Ivoire, se pavane dans toutes les radios et les télévisions d’Etat, pour clamer qu’il est “100 pour 100 candidat” et qu’il gagnera ces élections.

En fait, le peuple travailleur de Côte d’Ivoire, la population pauvre et la jeunesse qui ont fait tomber trois dictateurs en espace de 10 ans, n’accepterons pas son passage en force. Parce qu’ils savent que s’il arrive à se maintenir ; les attaques contre les travailleur, les attaques contre les gens les plus pauvres, les licenciements abusifs, les détournements de derniers public, les raquettage des transporteurs de woroworo et de leur passages, les rançonnements de la population pauvre par une police corrompu, l’ivoirité, l’ethnisme, le régionalisme, la guerre civile, les viols de femmes, et les fosse communes ne serons pas derrière nous, ils seront devant nous.

Le pouvoir de Laurent Gbagbo étant un pouvoir dictatorial aujourd’hui avéré, que doivent faire le peuple travailleur, les pauvres et l’ensemble de la jeunesse au cas ou il foutrait la merde a la dernière minutes ou s’autoproclamerait Président de la république au soir des élections ?

La lutte du peuple ivoirien n’est pas aux côtés des forces armées et milices des deux camps, tous prêts à massacrer la population.

Face à un Ouattara qui a été pendant de nombreuses années un haut fonctionnaire du FMI et qui a fait appel à une intervention militaire étrangère pour écarter Gbagbo, ce dernier a eu beau jeu pour mobiliser en sa faveur une partie de la population en jouant la carte de l’anti-impérialisme et de la résistance populaire à un complot de la France et des Etats-Unis.

Mais en réalité l’ancien opposant de gauche au régime autoritaire de Houphouët-Boigny qui l’avait emprisonné au début des années 70, jeté à nouveau en prison en 1992 par Ouattara, alors premier ministre, et dont le parti est toujours membre de l’« Internationale Socialiste », n’est, pas plus que ses confrères internationaux, un défenseur des exploités, ou un adversaire des impérialistes. Les intérêts de ceux-ci n’ont pas du tout eu à souffrir de son accession au pouvoir ; par exemple le milliardaire français Bolloré (célèbre pour avoir prêté son yacht à Sarkozy) a réalisé d’importants investissements (il a en particulier obtenu la concession du port à conteneurs d’Abidjan) dans le pays, et c’est une société appartenant à son groupe qui a réalisé la campagne publicitaire de Gbagbo pour les élections présidentielles. Gbagbo lui même déclarait en mai 2008 « il faut quand même que les gens sachent que dans tous les grands choix que nous avons opérés, ce sont les entreprises françaises que nous avons choisies ».

Pour se maintenir au pouvoir, Gbagbo et ses partisans du Front Populaire Ivoirien n’hésitèrent pas à reprendre à leur compte le principe de « l’ivoirité » inventé par Bédié, le successeur de Houphouët-Boigny, pour écarter Ouattara accusé de ne pas être vraiment ivoirien et plus largement pour jeter la suspicion sur les immigrants et les populations du nord : de véritables pogroms furent ainsi organisés en 2002 à Abidjan par le gouvernement. Une intervention militaire française sauva le régime de Gbagbo en stoppant la rébellion militaire qui à partir du nord du pays, menaçait de s’étendre jusqu’à la capitale ; des accords dits de Marcoussis signés début 2003 imposèrent sous l’égide de l’impérialisme tricolore un partage du pouvoir entre les rebelles et les partisans de Gbagbo, et une partition de fait du pays..

Pour les impérialistes français, ce qui était essentiel n’était pas la victoire de l’un ou l’autre camp, mais la poursuite de leurs affaires, à commencer par la commercialisation du cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial (40% des exportations mondiales), et d’autres productions agricoles. La France est toujours la puissance dominante dans ce pays où elle possède d’importants intérêts économiques, même si ses positions sont peu à peu rognées par les Etats-Unis : outre de grandes entreprises comme Bouygues, Orange, Vinci, Total, il y a encore près de 700 PME-PMI. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français organisa une intervention militaire dite « opération Licorne » (toujours en action), bien entendu sous prétexte humanitaire. La soldatesque française montra ce qu’elle entendait par son rôle humanitaire lorsqu’elle tira dans une foule de manifestants en novembre 2004, faisant plus de 60 morts...

Malgré les services qu’il a rendus à l’impérialisme français, le régime de Gbagbo était jugé peu fiable par les autorités françaises ; elles ont donc pris fait et cause pour Ouattara, comme les Américains et les autres impérialismes occidentaux.

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