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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es repr&#233;sentaient l'avenir de l'humanit&#233;. Aujourd'hui, &#224; l'occasion du cinqui&#232;me anniversaire de sa mort tragique et pr&#233;matur&#233;e, alors que nous nous trouvons au d&#233;but de la plus grande crise r&#233;volutionnaire de l'histoire du monde, alors que les pens&#233;es et les paroles doivent &#234;tre transform&#233;es en actes, nous rendons aujourd'hui un hommage reconnaissant &#224; Trotsky, l'homme d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous avons c&#233;l&#233;br&#233; le 10e anniversaire de notre parti en 1938, lors d'une grande r&#233;union comm&#233;morative, le camarade Trotsky &#233;tait l'un des orateurs. Il n'avait pas pu venir &#224; New York, mais il nous avait parl&#233; par un disque phonographique press&#233; pour l'occasion &#8212; une salutation &#224; notre parti pour son dixi&#232;me anniversaire. Beaucoup d'entre vous ont sans doute entendu ce discours. Vous vous souviendrez qu'il avait dit que nous avons le droit de prendre le temps de c&#233;l&#233;brer les r&#233;alisations pass&#233;es uniquement comme pr&#233;paration pour l'avenir. Dans le m&#234;me sens nous pouvons dire que si nous prenons le temps ce soir de comm&#233;morer nos nobles et illustres morts, nous le faisons avant tout comme un moyen de pr&#233;parer et d'organiser la lutte des vivants pour le but qu'il nous ont indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es principales de Trotsky, les id&#233;es pour lesquelles il a v&#233;cu et est mort, sont relativement simples. Il a vu le grand probl&#232;me de la soci&#233;t&#233; r&#233;sultant du fait que l'industrie moderne, qui est n&#233;cessairement exploit&#233;e socialement par de grandes masses humaines, est entrav&#233;e et restreinte par l'anachronisme de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de son exploitation pour le profit priv&#233;, plut&#244;t que pour les besoins humains. Il a vu que les forces productives modernes ont largement d&#233;bord&#233; des barri&#232;res artificielles des &#201;tats nationaux. Ces deux grandes contradictions - la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et leur exploitation pour le profit priv&#233;, et l'&#233;touffement de l'industrie dans le cadre d&#233;pass&#233; des &#201;tats nationaux - sont &#224; l'origine des grands maux de la soci&#233;t&#233; moderne - la pauvret&#233;, le ch&#244;mage, le fascisme et la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a vu la seule issue pour l'humanit&#233; dans le renversement r&#233;volutionnaire du capitalisme se survivant &#224; lui-m&#234;me. L'industrie doit &#234;tre socialis&#233;e et exploit&#233;e sur la base d'un plan, selon les besoins g&#233;n&#233;raux et non pour un but lucratif. Les antagonismes nationaux des &#201;tats capitalistes s&#233;par&#233;s doivent c&#233;der la place &#224; une f&#233;d&#233;ration internationale : les &#201;tats-Unis socialistes du monde. L'&#233;conomie socialis&#233;e et planifi&#233;e peut produire et fournir l'abondance pour tous les peuples, non seulement pour une nation, mais pour toutes les nations. Les nations socialistes s&#233;par&#233;es, n'ayant ni besoin ni motivation d'exploiter les autres, n'ayant pas de conflits de march&#233;s, de sph&#232;res d'influence et de domaines d'investissement, n'ayant pas besoin de colonies &#224; exploiter et &#224; asservir, ces nations socialistes s&#233;par&#233;es s'uniront n&#233;cessairement dans la paix et la coop&#233;ration fond&#233;es sur une division mondiale du travail. La force d'une nation deviendra la force de tous, les p&#233;nuries de l'un seront combl&#233;es par la pl&#233;thore des autres. L'humanit&#233; organisera l'&#233;change coop&#233;ratif de toutes les conqu&#234;tes de l'art et de la science pour l'usage de tous les peuples de toutes les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que seuls les ouvriers peuvent op&#233;rer cette transformation r&#233;volutionnaire. Seule la classe ouvri&#232;re, la seule classe vraiment progressiste et r&#233;volutionnaire dans la soci&#233;t&#233; moderne, se tenant &#224; la t&#234;te de tous les opprim&#233;s, d&#233;munis, exploit&#233;s et esclaves, peut mener &#224; bien cette grande transformation r&#233;volutionnaire et cette r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;. Les ouvriers sont la seule classe progressiste, et ils sont la classe la plus puissante en raison de leur nombre et de leur position strat&#233;gique dans la soci&#233;t&#233;. Il suffit aux travailleurs de prendre conscience de leurs int&#233;r&#234;ts historiques et de leur pouvoir, et de s'organiser pour le rendre effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que cette lutte pour la transformation r&#233;volutionnaire du monde, qui est actuellement &#224; l'ordre du jour de l' histoire, n&#233;cessite la direction d'un parti. Mais &#8212; a soulign&#233; le camarade Trotsky &#8212; pas un parti comme les autres partis. C'&#233;tait son message &#224; notre r&#233;union de 10e anniversaire : &#171; pas un parti comme les autres partis &#187;, pas un parti sans conviction, pas un parti r&#233;formiste, pas un parti de palabres et de compromis, mais un parti r&#233;volutionnaire &#224; fond, un parti pensant et agissant. Un parti irr&#233;m&#233;diablement oppos&#233; au capitalisme sur tous les fronts et &#224; la guerre capitaliste en particulier. Un tel parti, a-t-il dit, est n&#233;cessaire pour mener ce grand assaut contre un syst&#232;me social d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du monde avaient besoin des id&#233;es de Trotsky en 1940. Toutes les conditions mat&#233;rielles pour la transformation de la soci&#233;t&#233; du capitalisme au socialisme avaient m&#251;ri depuis longtemps. Ce qui &#233;tait en retard, c'&#233;tait la conscience et la compr&#233;hension des masses ouvri&#232;res et de leurs organisations. Ils avaient besoin des id&#233;es de Trotsky lorsqu'il s'est prononc&#233; &#8211; seule grande voix du monde &#8211; contre le massacre de la seconde guerre imp&#233;rialiste. Mais ils n'&#233;taient pas encore pr&#234;ts, ils n'&#233;taient pas encore bien organis&#233;s, pour comprendre les id&#233;es de Trotsky et pour agir en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes organisations ouvri&#232;res, politiques et syndicales, &#233;taient tomb&#233;es sous la direction d'hommes qui n'&#233;taient en effet pas des repr&#233;sentants des int&#233;r&#234;ts des ouvriers, mais des agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. Les partis sociaux-d&#233;mocrates ; les partis communistes du Komintern, devenus tra&#238;tres au communisme et au prol&#233;tariat ; et les grands syndicats &#8212; tous ont rejet&#233; le programme r&#233;volutionnaire de Trotsky. Ils soutenaient tous les gouvernements capitalistes ; et les gouvernements ont plong&#233; le peuple dans le chaos sanglant de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky est mort confiant dans la victoire de la Quatri&#232;me Internationale, comme il l'a dit dans ce dernier message que nous inscrivons au-dessus de notre tribune ce soir. Il est mort confiant dans la victoire, mais sans avoir eu l'occasion d'y participer et de la vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu six ans de guerre. La guerre qui a &#233;t&#233; soutenue par les dirigeants syndicaux. La guerre qui a &#233;t&#233; d&#233;fendue par les professeurs et les intellectuels. La guerre qui a &#233;t&#233; b&#233;nie par l'&#233;glise. Et maintenant, nous pouvons compter les r&#233;sultats. Quels sont les fruits de cette guerre qui, c'&#233;tait promis, allait &#234;tre b&#233;n&#233;fique pour l'humanit&#233; ? Regardez l'Europe ! Regardez l'Asie ! Ou, plus pr&#232;s de chez vous, regardez les usines qui ferment et les longues files d'attente devant les bureaux de ch&#244;mage, des files qui s'allongeront et deviendront plus affam&#233;es, des files dans lesquelles les soldats de retour, fatigu&#233;s, prendront bient&#244;t leurs places - s'ils reviennent des champs de bataille vivants et capables de marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le capitalisme, les usines fonctionnaient &#224; plein r&#233;gime pour produire les instruments de destruction, mais elles ne peuvent pas rester ouvertes pour produire pour les besoins humains en temps de pr&#233;tendue paix. Toute l'Europe, toute la grande Europe cultiv&#233;e, est un continent de faim, de d&#233;sespoir, de d&#233;vastation et de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vainqueurs de Potsdam annon&#231;aient &#224; l'Europe les fruits de la victoire et de la lib&#233;ration. Ils ont d&#233;cr&#233;t&#233; le d&#233;mant&#232;lement de l'industrie allemande, l'industrie la plus puissante et la plus productive du continent europ&#233;en. Ils ont annonc&#233; que le niveau de vie de l'Allemagne industrialis&#233;e, l'atelier de l'Europe, ne pourrait pas &#234;tre plus &#233;lev&#233; que celui des &#201;tats agricoles arri&#233;r&#233;s d&#233;vast&#233;s. Ne pas &#233;lever les plus bas au niveau des plus &#233;lev&#233;s, mais entra&#238;ner les pays les plus &#233;lev&#233;s, les plus d&#233;velopp&#233;s et les plus cultiv&#233;s au niveau des pays les plus bas et les moins avanc&#233;s, tel est le programme explicite des artisans de la pr&#233;tendue paix. Tel est le programme pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quels sont les r&#233;sultats en termes d'&#234;tres humains ? J'ai lu aujourd'hui une d&#233;p&#234;che dans le New York Times de Francfort. Il s'agit d'une information factuelle dont je cite une r&#233;f&#233;rence &#224; un rapport officiel sur la situation dans cette r&#233;gion. &#171; Les chiffres, pr&#233;cise le correspondant du Times montrent que le consommateur moyen de cette zone vit avec 1 100 &#224; 1 300 calories par jour, contrairement &#224; la ration de l'arm&#233;e qui est de 3 600 calories. Moins d'un tiers de la nourriture estim&#233;e par l'arm&#233;e n&#233;cessaire pour maintenir les soldats au niveau d'efficacit&#233; voulu est allou&#233; au peuple &#171; lib&#233;r&#233; &#187; d'Allemagne dans la zone am&#233;ricaine. Le peuple europ&#233;en d&#233;veloppera certainement un grand amour et une grande appr&#233;ciation pour les lib&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondations sont certainement pos&#233;es pour une paix de mille ans. Le capitalisme &#224; l'agonie entra&#238;ne l'humanit&#233; dans l'ab&#238;me. Le capitalisme se manifeste chaque jour de plus en plus, dans la soi-disant paix comme dans la guerre, comme l'ennemi du peuple. Bombardez les gens &#224; mort ! Br&#251;lez-les &#224; mort avec des bombes incendiaires ! Brisez leurs industries et affamez-les &#224; mort ! Et si ce n'est pas assez horrible, alors balayer-les de la surface de la Terre avec des bombes atomiques ! C'est le programme du capitalisme lib&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Quel &#233;blouissant commentaire sur la nature r&#233;elle du capitalisme dans sa phase d&#233;cadente, que cette conqu&#234;te scientifique du merveilleux secret de l'&#233;nergie atomique qui aurait d&#251; &#234;tre rationnellement utilis&#233;e pour all&#233;ger les fardeaux de l'humanit&#233; et qui est employ&#233;e pour d&#233;truire massivement en un jour un demi million d'humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima, la premi&#232;re cible, avait une population de 340.000 habitants. Nagasaki, la deuxi&#232;me cible, avait une population de 253.000 habitants. Au total, pour les deux villes, &#224; peu pr&#232;s 600.000 habitants. Villes &#224; constructions l&#233;g&#232;res o&#249;, selon les reporters, les maisons &#233;taient construites toit contre toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de morts ? Combien de Japonais tu&#233;s pour c&#233;l&#233;brer la d&#233;couverte du secret de la bombe atomique. D'apr&#232;s les indications, d'apr&#232;s les rapports que nous avons re&#231;us, presque tous &#233;taient tu&#233;s ou bless&#233;s]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Times aujourd'hui, il y a un reportage de la radio de Tokyo sur Nagasaki qui d&#233;clare que &#034;le centre de la ville autrefois prosp&#232;re a &#233;t&#233; transform&#233; en une vaste d&#233;vastation, avec rien d'autre que des d&#233;combres &#224; perte de vue&#034;. Des photographies montrant les dommages caus&#233;s par la bombe ont fait la une du journal japonais Mainichi. Le rapport dit : &#171; L'une de ces images a r&#233;v&#233;l&#233; une sc&#232;ne tragique &#224; 10 miles du centre de l'attaque a&#233;rienne atomique &#187;, o&#249; des maisons de ferme ont &#233;t&#233; soit d&#233;truites, soit les toits d&#233;chir&#233;s. L'&#233;mission citait un photographe du Yamaha Photographic Institute, qui s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; dans la ville imm&#233;diatement apr&#232;s l'explosion de la bombe, comme ayant d&#233;clar&#233; : &#171; Nagasaki est maintenant une ville morte, toutes les zones &#233;tant litt&#233;ralement ras&#233;es. Il ne reste que quelques b&#226;timents, debout ostensiblement dans leurs cendres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[A Nagasaki le photographe disait : &#034;La souffrance de la population est immense et m&#234;me les quelques survivants n'ont pas &#233;chapp&#233; aux blessures.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse japonaise a cit&#233; seulement un survivant &#224; Hiroshima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 2 coups calcul&#233;s, 2 bombes atomiques, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a tu&#233; ou bless&#233; un demi-million d'&#234;tres humains. Les jeunes et les vieux, les enfants au berceau, les &#226;g&#233;s et les infirmes, les nouveaux mari&#233;s, les bien portants et les malades, femmes et enfants, ils devaient tous mourir en deux coups, &#224; cause d'une querelle entre les imp&#233;rialistes de Wall Street et la m&#234;me bande au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain apporte la civilisation &#224; l'Orient. Quelle atrocit&#233; inexprimable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle honte est arriv&#233;e d'Am&#233;rique, l'Am&#233;rique qui, autrefois, a &#233;difi&#233; dans le port de New-York la statue de la Libert&#233; &#233;clairant le Monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant le monde recule d'horreur &#224; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quelques-uns de ces pr&#234;cheurs qui b&#233;nissent la guerre ont protest&#233;. Ils ont dit dans une interview &#224; la presse : &#034;L'Am&#233;rique a perdu sa position morale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa position morale ? Oui. Elle l'a perdue, &#231;a c'est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les monstres imp&#233;rialistes qui lanc&#232;rent les bombes le savent. Mais, voyez ce qu'ils ont gagn&#233;. Ils ont gagn&#233; le contr&#244;le des richesses illimit&#233;es d'Orient, ils ont gagn&#233; le pouvoir d'exploiter et d'asservir des centaines de millions d'hommes en Extr&#234;me-Orient. Ils all&#232;rent &#224; la guerre non pour un but moral, mais pour le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre pr&#233;dicateur cit&#233; dans la presse, se rappelant quelque chose qu'il avait d&#233;j&#224; lu dans la Bible sur le faible et doux J&#233;sus, dit qu'il serait inutile d'envoyer encore des missionnaires en Extr&#234;me-Orient. Cela soul&#232;ve une question tr&#232;s int&#233;ressante qu'ils discuteront (j'en suis s&#251;r) entre eux. On peut imaginer une discussion tr&#232;s int&#233;ressante ayant lieu dans les cercles intimes de la Maison de Rockefeller, de la Maison de Morgan qui sont en un seul et m&#234;me instant, tout &#224; fait par hasard naturellement, piliers de finance et piliers d'&#233;glise et soutien des entreprises missionnaires de toutes sortes. &#034;Que ferons-nous avec les pa&#239;ens en Orient !&#034; Enverrons-nous des missionnaires pour les conduire au paradis chr&#233;tien ou enverrons-nous des bombes atomiques pour les exp&#233;dier en enfer ? C'est un sujet pour d&#233;bat sur un th&#232;me macabre mais de toutes fa&#231;ons vous pouvez &#234;tre s&#251;r que partout o&#249; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est introduit l'enfer obtiendra de beaucoup le plus grand nombre de clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ennemi de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a attir&#233; sur lui la crainte et la haine du monde entier. Aujourd'hui l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est consid&#233;r&#233; &#224; travers le monde comme l'ennemi du genre humain. La premi&#232;re guerre mondiale a co&#251;t&#233; 12 millions de morts. 12 millions ! La deuxi&#232;me guerre mondiale, un quart de si&#232;cle apr&#232;s, a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; pas moins de 30 millions de morts et il n'y a pas moins de 30 millions en plus qui sont morts de faim avant qu'on ait fait le total des r&#233;sultats de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle moisson de morts a r&#233;pandu sur la terre le capitalisme ! Si les squelettes de toutes ces victimes pouvaient &#234;tre rassembl&#233;s et empil&#233;s en une seule pyramide, quelle haute montagne cela ferait. Quel monument des exploits du capitalisme ce serait et quel juste symbole de ce qu'est r&#233;ellement le capitalisme. Je crois qu'il ne manquerait qu'une chose pour le rendre parfait, une grande enseigne &#233;lectrique sur la pyramide de squelettes proclamant la promesse ironique des 4 Libert&#233;s. Les morts, du moins, sont d&#233;livr&#233;s du besoin et de la peur, mais les survivants sont affam&#233;s et pleins de terreur pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a gagn&#233; la guerre qui a co&#251;t&#233; 30 millions de morts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre caricaturiste, dans &#034;The Militant&#034;, avec talent et beaucoup de perspicacit&#233;, l'a expliqu&#233; en quelques coups de plume, lorsqu'elle a dessin&#233; ce portrait du capitaliste tenant dans ses mains des sacs d'argent, debout sur le Monde, un pied sur un cimeti&#232;re et l'autre sur les cit&#233;s d&#233;truites. Avec cette l&#233;gende, &#034;le seul vainqueur&#034;. Le seul gagnant est l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et ses satellites des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nos ma&#238;tres voient-ils l'avenir apr&#232;s ce grand succ&#232;s de la guerre de six ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la 2&#232;me guerre mondiale, avec toute son horreur et ses destructions de vies, soit formellement finie, ils pensent d&#233;j&#224; &#224; la 3&#232;me et pr&#233;parent leur plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne devons-nous pas arr&#234;ter ces fous et retirer le pouvoir de leurs mains ? Pouvons-nous douter que les peuples du monde entier pensent que cela ne peut plus durer, qu'il doit y avoir un moyen de changer cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a longtemps que les r&#233;volutionnaires marxistes ont dit que l'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233; est, soit le socialisme, soit une nouvelle barbarie, que le capitalisme menace d'aller &#224; la ruine et entra&#238;ne la civilisation avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#233;clair&#233;s par ce qui a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; dans cette guerre et est projet&#233; pour l'avenir, je pense que nous pouvons dire maintenant que l'alternative peut &#234;tre m&#234;me pos&#233;e d'une fa&#231;on pr&#233;cise : &#034;L'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233;, c'est le socialisme ou l'annihilation ; c'est le probl&#232;me de : ou le capitalisme subsiste ou la race humaine survivra sur cette plan&#232;te&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple se r&#233;voltera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons que le peuple du monde s'&#233;veillera devant cette alternative effrayante et agira &#224; temps pour se sauver. Nous croyons qu'avant que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, nouveau ma&#238;tre du monde, ait le temps de consolider ses victoires, il sera attaqu&#233; des deux c&#244;t&#233;s et battu. D'un c&#244;t&#233;, les peuples du monde transform&#233;s en esclaves coloniaux de Wall-Street se r&#233;volteront contre le ma&#238;tre imp&#233;rialiste comme les provinces soumises se lev&#232;rent contre la Rome imp&#233;riale. Simultan&#233;ment avec ce soul&#232;vement et coordonnant notre lutte avec lui, nous, le parti trotskyste, conduirons les ouvriers et le peuple d'Am&#233;rique dans un assaut r&#233;volutionnaire contre notre ennemi principal, ennemi principal de l'humanit&#233; : les imp&#233;rialistes.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, nous avons pleur&#233; et comm&#233;mor&#233; pour la premi&#232;re fois notre grand th&#233;oricien, le camarade Trotsky. Aujourd'hui, alors que l'action r&#233;volutionnaire devient une n&#233;cessit&#233; vitale pour des centaines de millions de personnes, alors que nous nous pr&#233;parons &#224; passer des th&#233;ories &#224; l'action - &#224; l'action guid&#233;e par les id&#233;es - nous comm&#233;morons Trotsky comme le grand homme d'action, l'organisateur des ouvriers, le leader des r&#233;volutions. C'est dans cet esprit que nous comm&#233;morons ce soir le camarade Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous a enjoint avant tout de construire un parti. Et je r&#233;p&#232;te encore ce qu'il a dit : &#171; Pas un parti comme les autres partis &#187;, mais un parti apte &#224; mener une r&#233;volution, un parti qui ne barbote pas, ne va pas &#224; mi-chemin, mais m&#232;ne la lutte jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes s&#233;rieux ; si vous &#234;tes s&#233;rieux, si vous voulez prendre part au combat pour une vie meilleure pour vous-m&#234;me et pour le salut de l'humanit&#233;, nous vous invitons &#224; vous joindre &#224; nous dans ce parti et &#224; participer &#224; ce grand combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de place pour les pessimistes ou les timides dans notre parti, pas de place pour les &#233;go&#239;stes, les carri&#233;ristes et les bureaucrates. Mais la porte est grande ouverte aux travailleurs d&#233;termin&#233;s, d&#233;termin&#233;s &#224; changer le monde et pr&#234;ts &#224; mettre leur t&#234;te sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky nous a l&#233;gu&#233; un grand h&#233;ritage. Il nous a donn&#233; un grand syst&#232;me d'id&#233;es qui constituent notre programme. Et il nous a donn&#233; l'exemple d'un homme qui &#233;tait un r&#233;volutionnaire mod&#232;le, qui a v&#233;cu et est mort pour la cause de l'humanit&#233;, et qui, surtout, a montr&#233; comment appliquer la th&#233;orie &#224; l'action dans la plus grande r&#233;volution de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cet h&#233;ritage, nous sommes arm&#233;s et blind&#233;s pour la lutte et pour la victoire. Tout ce dont nous, disciples de Trotsky, avons besoin pour cette victoire, c'est de comprendre ces id&#233;es clairement, de les assimiler dans notre chair et notre sang, d'y &#234;tre fid&#232;les et, surtout, de les appliquer dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous faisons cela, nous pouvons construire un parti qu'aucune puissance sur Terre ne pourra briser. Nous pouvons construire un parti apte &#224; diriger les masses am&#233;ricaines &#8211; &#224; opposer au programme imp&#233;rialiste de guerre contre les peuples du monde, le programme de la r&#233;volution chez nous et de la paix avec les peuples du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Phrases et r&#233;alit&#233;s sur la situation internationale</title>
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		<dc:date>2023-08-18T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Phrases et r&#233;alit&#233;s sur la situation internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
19 septembre 1938 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces lignes sont &#233;crites au c&#339;ur m&#234;me du pire imbroglio diplomatique autour de la question des Allemands des Sud&#232;tes. Chamberlain s'est envol&#233; avec le vain espoir de trouver dans le ciel une solution aux contradictions imp&#233;rialistes. Que la guerre &#233;clate maintenant ou que, ce qui est plus vraisemblable, les ma&#238;tres du monde parviennent &#8212; pas longtemps &#224; coup s&#251;r &#8212; &#224; la retarder quelque temps, c'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Phrases et r&#233;alit&#233;s sur la situation internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;19 septembre 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces lignes sont &#233;crites au c&#339;ur m&#234;me du pire imbroglio diplomatique autour de la question des Allemands des Sud&#232;tes. Chamberlain s'est envol&#233; avec le vain espoir de trouver dans le ciel une solution aux contradictions imp&#233;rialistes. Que la guerre &#233;clate maintenant ou que, ce qui est plus vraisemblable, les ma&#238;tres du monde parviennent &#8212; pas longtemps &#224; coup s&#251;r &#8212; &#224; la retarder quelque temps, c'est une question qui n'a pas &#233;t&#233; encore r&#233;gl&#233;e d&#233;finitivement. Aucun de ces messieurs ne veut la guerre. Tous ont peur de ses cons&#233;quences. Mais ils devront combattre. Ils n'&#233;chapperont pas &#224; la guerre. Leur &#233;conomie, leur politique, leur militarisme, tout conduit &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;p&#234;ches d'aujourd'hui nous apprennent que, dans toutes les &#233;glises du monde dit &#171; civilis&#233; &#187;, on a fait des pri&#232;res publiques en faveur de la paix. Elles sont venues &#224; leur heure, couronnant une s&#233;rie de meetings, banquets et congr&#232;s pacifistes. Lequel de ces deux moyens est le plus efficace, les pri&#232;res pieuses ou les b&#234;lements pacifistes, ce n'est pas ais&#233; &#224; d&#233;cider. De toute fa&#231;on, ce sont les uniques recours qui restent &#224; la disposition du vieux monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un paysan ignorant prie (pour la paix), il veut vraiment la paix. Quand un ouvrier ordinaire, ou un citoyen d'un pays opprim&#233;, s'&#233;l&#232;ve contre la guerre, on peut le croire : il veut r&#233;ellement la paix, bien qu'il ignore souvent comment l'obtenir. Mais les bourgeois dans leurs &#233;glises ne prient pas pour la paix, mais pour le maintien et l'agrandissement de leurs march&#233;s et de leurs colonies, si c'est possible, pacifiquement (c'est moins cher), et si c'est impossible, par les armes. Exactement de la m&#234;me fa&#231;on, ce n'est pas du tout pour la paix que s'inqui&#232;tent les &#171; pacifistes &#187; imp&#233;rialistes (Jouhaux, Lewis et compagnie), mais de conqu&#233;rir les sympathies et les appuis pour leur imp&#233;rialisme national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois millions et demi d'Allemands des Sud&#232;tes. Si la guerre &#233;clate, il y aura vraisemblablement quatre ou cinq fois plus de morts, peut-&#234;tre m&#234;me dix fois plus de bless&#233;s, de mutil&#233;s, d'ali&#233;n&#233;s et, avec eux, un interminable cort&#232;ge d'&#233;pid&#233;mies et d'autres maux. Et pourtant, cet argument ne peut exercer la moindre influence sur l'un ou l'autre des deux camps ennemis. Car, en fin de compte, pour tous ces brigands, il ne s'agit en aucune fa&#231;on de trois millions et demi d'Allemands, mais de la domination sur l'Europe et le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hitler parle de la &#171; nation &#187;, de la &#171; race &#187;, de l'unit&#233; du &#171; sang &#187;. En r&#233;alit&#233;, sa t&#226;che consiste &#224; &#233;largir la base militaire de l'Allemagne avant de commencer la lutte pour les colonies. Le drapeau national n'est ici que la feuille de vigne de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le m&#234;me r&#244;le que joue, dans l'autre camp, le principe de la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Il sert aux imp&#233;rialistes &#224; couvrir leurs anciennes conqu&#234;tes, violations et pillages, et &#224; en pr&#233;parer de nouvelles. Ce fait appara&#238;t tr&#232;s clairement dans la question des Allemands des Sud&#232;tes. La d&#233;mocratie signifie le droit de chaque nation &#224; disposer d'elle-m&#234;me. Pourtant ce droit d&#233;mocratique des Allemands des Sud&#232;tes, comme des Autrichiens, comme de nombreux autres groupes nationaux, Hongrois, Bulgares, Ukrainiens, etc. a &#233;t&#233; foul&#233; aux pieds par le trait&#233; de Versailles, &#233;labor&#233; par les repr&#233;sentants les plus &#233;minents des &#233;tats les plus d&#233;mocratiques : la France, l'Angleterre, l'Italie, qui avait &#224; l'&#233;poque un r&#233;gime parlementaire, et les &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour des consid&#233;rations strat&#233;giques de l'imp&#233;rialisme vainqueur de l'Entente, que ces messieurs les d&#233;mocrates, avec l'appui de la IIe Internationale, ont laiss&#233; les Allemands des Sud&#232;tes aux mains des jeunes imp&#233;rialistes de Tch&#233;coslovaquie. La social-d&#233;mocratie allemande, avec la docilit&#233; d'un chien, attendait alors les faveurs des d&#233;mocraties de l'Entente ; elle a attendu, et attendu en vain. Le r&#233;sultat est connu : l'Allemagne d&#233;mocratique, incapable de supporter le joug de Versailles, s'est jet&#233;e par d&#233;sespoir dans la voie du fascisme. Il semblait que la d&#233;mocratie tch&#233;coslovaque, qui &#233;tait plac&#233;e sous l'auguste protection de la d&#233;mocratie franco-britannique et de la bureaucratie &#171; socialiste &#187; de l'U.R.S.S. aurait eu toutes les possibilit&#233;s de d&#233;montrer dans la r&#233;alit&#233; aux Allemands des Sud&#232;tes les gros avantages d'un r&#233;gime d&#233;mocratique sur un r&#233;gime fasciste. Si cela avait &#233;t&#233; fait, il est &#233;vident que Hitler ne se serait pas risqu&#233; &#224; s'en prendre au pays sud&#232;te. Sa principale force r&#233;side en effet pr&#233;cis&#233;ment, aujourd'hui, dans le fait que les Allemands des Sud&#232;tes eux-m&#234;mes revendiquent l'unification avec l'Allemagne. Cette aspiration leur a &#233;t&#233; inspir&#233; par le r&#233;gime rapace et policier de la &#171; d&#233;mocratie &#187; tch&#233;coslovaque, qui &#171; luttait &#187; contre le fascisme en imitant ses pires m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La super-d&#233;mocratique Autriche &#233;tait, jusqu'&#224; une &#233;poque r&#233;cente, sous la sollicitude attentive de l'Entente d&#233;mocratique, qui consid&#233;rait pour ainsi dire comme sa t&#226;che de ne laisser l'Autriche ni vivre ni mourir. Cela s'est termin&#233; quand l'Autriche s'est jet&#233;e dans les bras de Hitler. Une exp&#233;rience analogue s'est d&#233;roul&#233;e auparavant, &#224; une &#233;chelle plus r&#233;duite, dans la r&#233;gion de la Sarre, laquelle a &#233;t&#233; pendant quinze ans aux mains de la France et, apr&#232;s avoir exp&#233;riment&#233; sur elle-m&#234;me les bienfaits de la d&#233;mocratie imp&#233;rialiste, a pr&#233;f&#233;r&#233;, &#224; une majorit&#233; &#233;crasante, se r&#233;unir &#224; l'Allemagne. Ces le&#231;ons de l'Histoire sont plus importantes que tous les congr&#232;s pacifistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls de mis&#233;rables bavards ou des escrocs fascistes peuvent, &#224; propos du destin des Allemands de la Sarre, d'Autriche, des Sud&#232;tes, parler de &#171; la voix du sang &#187;. Les Allemands de Suisse, par exemple, ne veulent, pour rien au monde, aller en esclavage sous Hitler, parce qu'ils se sentent les ma&#238;tres dans leur pays et Hitler y r&#233;fl&#233;chira &#224; dix fois avant d'essayer de s'en prendre &#224; eux. Il faut des conditions sociales et politiques intol&#233;rables pour que les citoyens d'un pays &#171; d&#233;mocratique &#187; se tournent vers le pouvoir fasciste. Les Allemands de Sarre en France, les Allemands d'Autriche dans l'Europe de Versailles, les Allemands des Sud&#232;tes en Tch&#233;coslovaquie, se sentent des citoyens de troisi&#232;me zone. &#171; Ce ne sera pas pire &#187;, disent-ils. En Allemagne, ils seront, au moins, opprim&#233;s dans les m&#234;mes conditions que le reste de la population. Les masses populaires pr&#233;f&#233;reront, dans ces conditions, l'&#233;galit&#233; dans la servitude &#224; l'humiliation dans l'in&#233;galit&#233;. La force temporaire de Hitler r&#233;side dans la faillite de la d&#233;mocratie imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme est une forme de d&#233;sespoir des masses populaires petites-bourgeoises, qui entra&#238;nent avec elle dans l'ab&#238;me une partie du prol&#233;tariat. Le d&#233;sespoir, on le sait, commence lorsque toutes les voies du salut sont coup&#233;es. La pr&#233;-condition des succ&#232;s du fascisme a &#233;t&#233; une triple faillite : celle de la d&#233;mocratie, celle de la social-d&#233;mocratie et celle du Comintern. Toutes les trois avaient li&#233; leur destin &#224; l'imp&#233;rialisme. Toutes les trois n'ont apport&#233; aux masses que le d&#233;sespoir et ont ainsi aid&#233; le fascisme &#224; vaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal objectif de la clique bonapartiste de Staline au cours des derni&#232;res ann&#233;es a consist&#233; &#224; d&#233;montrer aux &#171; d&#233;mocraties &#187; son propre conservatisme prudent et son amour de l'ordre. C'est au nom de cette alliance tant convoit&#233;e avec les d&#233;mocraties imp&#233;rialistes que la clique bonapartiste a amen&#233; le Comintern jusqu'au dernier degr&#233; de la prostitution politique. Deux grandes &#171; d&#233;mocraties &#187;, la France et l'Angleterre, ont conseill&#233; &#224; Prague de c&#233;der devant Hitler, qui &#233;tait soutenu par Mussolini. Il ne restait plus apparemment &#224; Prague qu'&#224; accepter ces conseils &#171; amicaux &#187;. Personne en outre ne s'est souci&#233; de Moscou. Personne ne s'est int&#233;ress&#233; &#224; l'opinion de Staline ou &#224; celle de Litvinov. Le r&#233;sultat de sa r&#233;pugnante servilit&#233; et des faux sanglants qu'il a commis au service de l'imp&#233;rialisme, particuli&#232;rement en Espagne, c'est que le Kremlin est plus isol&#233; que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles en sont les causes ? Il y en a deux. La premi&#232;re consiste en ce que, s'&#233;tant d&#233;finitivement fait le laquais de l'imp&#233;rialisme d&#233;mocratique, Staline n'ose pourtant pas mener en U.R.S.S. ce travail jusqu'au bout, c'est-&#224;-dire jusqu'au r&#233;tablissement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur. Mais, &#224; d&#233;faut de ces mesures, il demeure aux yeux des imp&#233;rialistes un parvenu r&#233;volutionnaire, un aventurier indigne de confiance, un faussaire couvert de sang. La bourgeoisie imp&#233;rialiste n'est pas dispos&#233;e &#224; miser lourd sur Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pourrait naturellement l'utiliser &#224; des fins particuli&#232;res et temporaires. Mais il appara&#238;t ici la deuxi&#232;me cause de l'isolement du Kremlin : dans sa lutte pour son auto-conservation, la clique bonapartiste d&#233;brid&#233;e a affaibli l'arm&#233;e et la marine, &#233;branl&#233; l'&#233;conomie, d&#233;moralis&#233; et abattu le pays. Personne ne se fie aux proclamations patriotiques d'une clique &#171; d&#233;faitiste &#187; en r&#233;alit&#233;. Il est &#233;vident que les imp&#233;rialistes ne miseront pas sur Staline, m&#234;me &#224; des fins militaires &#233;pisodiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation internationale, les agents du G.P.U. traversent l'oc&#233;an et se r&#233;unissent dans l'hospitalier Mexique pour &#171; lutter &#187; contre la guerre. Le moyen est simple : il faut unir toutes les d&#233;mocraties contre le fascisme ! &#171; J'ai &#233;t&#233; invit&#233; ici, d&#233;clare le servile agent de la Bourse fran&#231;aise, Jouhaux, pour lutter contre le fascisme et en aucune mani&#232;re contre l'imp&#233;rialisme. &#187; Celui qui lutte contre un imp&#233;rialisme &#171; d&#233;mocratique &#187;, c'est-&#224;-dire pour la libert&#233; des colonies fran&#231;aises, est un alli&#233; du fascisme, un agent de Hitler, un trotskyste. Trois cent cinquante millions d'indiens doivent se r&#233;signer &#224; leur esclavage pour soutenir la &#171; d&#233;mocratie &#187; britannique dont les ma&#238;tres, au m&#234;me moment, avec les esclavagistes de la France &#171; d&#233;mocratique &#187;, sont en train de livrer le peuple espagnol &#224; l'esclavage sous Franco ! Les peuples d'Am&#233;rique doivent supporter que p&#232;se sur leurs nuques le pied de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon uniquement parce que ce pied est chauss&#233; d'une botte d&#233;mocratique ! Inf&#226;mie, honte, cynisme sans bornes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;mocraties de l'Entente de Versailles ont facilit&#233; la victoire de Hitler par l'oppression totale &#224; laquelle elles ont soumis l'Allemagne vaincue. A pr&#233;sent, les laquais de l'imp&#233;rialisme d&#233;mocratique de la IIe et de la IIIe Internationales s'emploient de toutes leurs forces &#224; la consolidation future du r&#233;gime de Hitler. Que signifierait en r&#233;alit&#233; un bloc militaire des d&#233;mocraties imp&#233;rialistes contre l'Allemagne ? Une nouvelle &#233;dition des cha&#238;nes de Versailles, sous une forme plus pesante, plus sanglante et plus intol&#233;rable encore. Naturellement, aucun ouvrier allemand n'en veut. Renverser Hitler par une r&#233;volution, c'est une chose, mais &#233;trangler l'Allemagne par une guerre imp&#233;rialiste en est une autre, bien diff&#233;rente. Les hurlements des chacals &#171; pacifistes &#187; de l'imp&#233;rialisme d&#233;mocratique constituent par cons&#233;quent le meilleur des accompagnements pour les discours de Hitler. &#171; Vous voyez, dit-il au peuple allemand, m&#234;me les socialistes et les communistes de tous les pays ennemis soutiennent leur arm&#233;e et leur diplomatie ; si vous ne vous rassemblez pas autour de moi, qui suis votre chef, vous irez &#224; la ruine ! &#187;. Staline, en sa qualit&#233; de laquais de l'imp&#233;rialisme d&#233;mocratique et tous les laquais de Staline, les Jouhaux, les Toledano et consorts, sont les meilleurs des auxiliaires pour permettre &#224; Hitler de tromper, de berner et de terroriser les ouvriers allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise tch&#233;coslovaque a r&#233;v&#233;l&#233; avec une grande clart&#233; que le fascisme, en tant que facteur ind&#233;pendant, n'existe pas. Il n'est qu'un des instruments de l'imp&#233;rialisme. La &#171; d&#233;mocratie &#187; est son autre instrument. L'imp&#233;rialisme s'appuie sur les deux. Il utilise l'un ou l'autre selon les n&#233;cessit&#233;s, parfois les oppose et parfois les combine &#224; l'amiable. Lutter contre le fascisme en &#233;tant alli&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme, c'est comme si on luttait, en alliance avec le diable, contre ses cornes et ses sabots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme exige avant tout l'exclusion des rangs de la classe ouvri&#232;re des agents de l'imp&#233;rialisme &#171; d&#233;mocratique &#187;. Seul le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de France, d'Angleterre, d'Am&#233;rique et de l'U.R.S.S., apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; une guerre &#224; mort &#224; son propre imp&#233;rialisme et &#224; son agence, la bureaucratie de Moscou, peut &#233;veiller des espoirs r&#233;volutionnaires au c&#339;ur des ouvriers allemands et italiens et, en m&#234;me temps, unir autour de lui les centaines de millions d'esclaves et de demi-esclaves de l'imp&#233;rialisme dans le monde entier. Pour assurer la paix entre les peuples, il faut abattre l'imp&#233;rialisme sous tous ses masques. Seule la r&#233;volution prol&#233;tarienne peut le faire. Pour la pr&#233;parer, il faut opposer implacablement les ouvriers et les peuples opprim&#233;s &#224; la bourgeoisie imp&#233;rialiste et les unir dans une arm&#233;e r&#233;volutionnaire internationale unique. Cette immense t&#226;che lib&#233;ratrice n'est men&#233;e aujourd'hui que par la IVe Internationale. C'est pour cette raison qu'elle est &#224; ce point ha&#239;e par les fascistes, les imp&#233;rialistes &#171; d&#233;mocrates &#187;, les social-patriotes, les laquais du Kremlin. C'est le signe s&#251;r que les opprim&#233;s sont en train de s'unir sous le m&#234;me drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/09/situation.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/09/situation.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;claration des communistes internationalistes de Buchenwald</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5066</link>
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		<dc:date>2018-10-21T22:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#233;claration des communistes internationalistes de Buchenwald &lt;br class='autobr' /&gt;
Avril 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
IV&#176; Internationale &lt;br class='autobr' /&gt; La situation internationale du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt; Avec l'issue de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, l'Italie, l'Allemagne et le Japon perdent leur position en tant que grandes puissances imp&#233;rialistes, alors que la France est gravement &#233;branl&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Les contradictions et les conflits imp&#233;rialistes entre les USA et la Grande Bretagne dominent les zones de temp&#234;te de la politique imp&#233;rialiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;claration des communistes internationalistes de Buchenwald
&lt;p&gt;Avril 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV&#176; Internationale&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La situation internationale du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avec l'issue de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, l'Italie, l'Allemagne et le Japon perdent leur position en tant que grandes puissances imp&#233;rialistes, alors que la France est gravement &#233;branl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les contradictions et les conflits imp&#233;rialistes entre les USA et la Grande Bretagne dominent les zones de temp&#234;te de la politique imp&#233;rialiste mondiale. D&#232;s le d&#233;but de cette guerre mondiale, la Russie est sortie de son isolement et se trouve actuellement devant le probl&#232;me de r&#233;aliser politiquement et militairement ses succ&#232;s militaires contre les aspirations des puissances imp&#233;rialistes victorieuses. La Chine, malgr&#233; ses grands efforts, reste l'objet des grandes puissances imp&#233;rialistes, c'est une cons&#233;quence n&#233;cessaire de la victoire de la bourgeoisie chinoise sur le prol&#233;tariat chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'unanimit&#233; affirm&#233;e d&#233;monstrativement aux conf&#233;rences imp&#233;rialistes internationales de paix doit cacher aux masses les contradictions immanentes des puissances capitalistes. Les int&#233;r&#234;ts militaires concordants contre l'Allemagne ne peuvent cependant emp&#234;cher l'&#233;clatement des contradictions dans le camp alli&#233;. A ces contradictions s'ajoutent les crises in&#233;vitables et les bouleversements sociaux du mode de production capitaliste en d&#233;clin. Une analyse exacte de la situation internationale en appliquant les m&#233;thodes du marxisme-l&#233;ninisme est la condition indispensable pour une politique r&#233;volutionnaire couronn&#233;e de succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La situation internationale de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette &#233;volution donne au prol&#233;tariat allemand la possibilit&#233; de se lever &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance de sa d&#233;faite la plus profonde et de se mettre &#224; nouveau &#224; la t&#234;te du prol&#233;tariat europ&#233;en dans la lutte pour abattre le capitalisme. La r&#233;volution russe, isol&#233;e par l'&#233;chec de la r&#233;volution en Europe, a pris une &#233;volution qui l'a &#233;loign&#233;e de plus en plus des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat europ&#233;en et international. La politique du &#171; socialisme dans un seul pays &#187; repr&#233;sentait d'abord les seuls int&#233;r&#234;ts de la clique bureaucratique dominante et conduit actuellement l'Etat russe &#224; une politique de nationalisme c&#244;te &#224; c&#244;te avec les puissances imp&#233;rialistes. Quelle que soit l'&#233;volution en Russie, le prol&#233;tariat international doit se lib&#233;rer de toute illusion concernant cet Etat et arriver par une analyse marxiste claire au constat que la caste de bureaucrates et de militaires actuellement au pouvoir d&#233;fend exclusivement ses propres int&#233;r&#234;ts et que la r&#233;volution internationale doit renoncer &#224; tout soutien de la part de ce gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La compl&#232;te d&#233;b&#226;cle militaire, politique et &#233;conomique de la bourgeoisie allemande ouvre pour le prol&#233;tariat allemand la voie de sa lib&#233;ration. Pour emp&#234;cher la renaissance de la bourgeoisie allemande favoris&#233;e par les contradictions imp&#233;rialistes, la classe ouvri&#232;re doit mener sa lutte r&#233;volutionnaire dans chaque pays contre sa propre bourgeoisie. La classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; priv&#233;e de sa direction r&#233;volutionnaire par la politique des deux organisations ouvri&#232;res internationales qui avaient combattu activement et sabot&#233; la r&#233;volution prol&#233;tarienne ; elles seules auraient pu emp&#234;cher cette guerre. La IIe Internationale est un instrument de la bourgeoisie. La III&#176; Internationale est devenue, depuis la mort de L&#233;nine, une agence de la politique &#233;trang&#232;re de la bureaucratie russe. Toutes les deux ont particip&#233; activement &#224; la pr&#233;paration et &#224; la conduite de cette guerre imp&#233;rialiste pour laquelle elles sont coresponsables. Ceux qui rendent responsable ou coresponsable de cette guerre la classe ouvri&#232;re continuent simplement &#224; servir la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le prol&#233;tariat ne peut r&#233;aliser sa t&#226;che historique que sous la direction d'un nouveau parti mondial r&#233;volutionnaire. La construction de ce parti est la t&#226;che imm&#233;diate de tous les &#233;l&#233;ments les plus avanc&#233;s de la classe ouvri&#232;re. Dans la lutte contre le capitalisme et ses agents r&#233;formistes et staliniens, des cadres r&#233;volutionnaires internationaux se sont d&#233;j&#224; rassembl&#233;s pour la construction de ce parti mondial. Pour r&#233;aliser cette t&#226;che difficile, un d&#233;tour en direction du mot d'ordre conciliateur pour une nouvelle Internationale 2 &#189; n'est pas possible. Une telle formation interm&#233;diaire emp&#234;che la clarification id&#233;ologique n&#233;cessaire et freine l'efficacit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Plus jamais de 9 novembre 1918 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la p&#233;riode pr&#233;r&#233;volutionnaire imminente, il s'agit de mobiliser, les masses travailleuses dans la lutte contre la bourgeoisie et de pr&#233;parer la construction d'une nouvelle Internationale r&#233;volutionnaire qui r&#233;alisera l'union de la classe ouvri&#232;re dans l'action r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutes les th&#233;ories et illusions concernant un &#171; Etat populaire &#187;, &#171; D&#233;mocratie populaire &#187;, ont conduit la classe ouvri&#232;re au cours des luttes de classes sous la soci&#233;t&#233; capitaliste dans les d&#233;faites les plus sanglantes. Seule la lutte intransigeante contre l'Etat capitaliste jusqu'&#224; sa destruction et l'instauration de l'Etat des conseils ouvriers et paysans peuvent emp&#234;cher d'autres d&#233;faites. La bourgeoisie et la petite bourgeoisie d&#233;racin&#233;e ont port&#233; le fascisme au pouvoir. Le fascisme est une cr&#233;ation du capitalisme. Seule l'action ind&#233;pendante et victorieuse de la classe ouvri&#232;re contre le capitalisme peut an&#233;antir le mal du fascisme avec ses racines. Dans cette lutte, la petite bourgeoisie h&#233;sitante suivra le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire dans sa pouss&#233;e, comme l'histoire des grandes r&#233;volutions nous l'a appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour rester victorieuse dans les luttes de classes &#224; venir, la classe ouvri&#232;re allemande doit se battre pour la r&#233;alisation des revendications suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Libert&#233; d'organisation, de r&#233;union et de presse ! Libert&#233; d'association et r&#233;tablissement imm&#233;diat de toutes les conqu&#234;tes sociales d'avant 1933 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Suppression compl&#232;te de toutes les organisations fascistes ! Saisie de leurs fortunes en faveur des victimes du fascisme ! Tous les repr&#233;sentants de l'Etat fasciste doivent &#234;tre jug&#233;s par des tribunaux populaires librement &#233;lus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dissolution de la Wehrmacht et son remplacement par des milices ouvri&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elections imm&#233;diates et libres de conseils ouvriers et paysans dans toute l'Allemagne et convocation d'un congr&#232;s g&#233;n&#233;ral des conseils !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout en utilisant toutes les institutions parlementaires de la bourgeoisie pour la propagande r&#233;volutionnaire, il faut maintenir et &#233;largir les conseils !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Expropriation des banques, de l'industrie lourde et des propri&#233;taires fonciers ! Contr&#244;le de la production par les syndicats et les conseils ouvriers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pas un homme, pas un pfennig pour les dettes de guerre et de r&#233;parations de la bourgeoisie ! La bourgeoisie doit payer !&lt;br class='autobr' /&gt; Pour la r&#233;volution socialiste dans toute l'Allemagne, contre le d&#233;membrement de l'Allemagne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Fraternisation r&#233;volutionnaire avec les prol&#233;taires des arm&#233;es d'occupation ! Pour une Allemagne des conseils dans une Europe des conseils ! Pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes internationalistes de Buchenwald (IV&#176; Internationale), le 20 avril 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire : Karl FISCHER, Marcel BAUFRERE, Ernst FEDERN, Florent GALLOY.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_10748 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Retour-de-Buchenvald-Baufrere.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH706/Retour-de-Buchenvald-Baufrere-dc9a0.jpg?1777684880' width='500' height='706' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Camp-poeme-elle-fume-baufrere.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH712/Camp-poeme-elle-fume-baufrere-cec97.jpg?1777684880' width='500' height='712' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH314/hochzeitsfoto-28573.jpg?1777684880' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que la pacte germano-sovi&#233;tique d'ao&#251;t 1939 ?</title>
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		<dc:date>2015-07-10T23:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la pacte germano-sovi&#233;tique d'ao&#251;t 1939 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pacte germano-sovi&#233;tique ou trait&#233; de non-agression entre l'Allemagne et l'Union sovi&#233;tique (nom officiel) comprend les accords diplomatiques et militaires sign&#233;s entre le IIIe Reich et l'URSS le 23 ao&#251;t 1939 au Kremlin &#224; Moscou entre le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de l'URSS, Viatcheslav Molotov, et celui du IIIe Reich, Joachim von Ribbentrop, en pr&#233;sence de Staline. Il est &#233;galement connu comme pacte Molotov-Ribbentrop, pacte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Allemagne Deutschland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_5575 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-802.jpg' width=&#034;485&#034; height=&#034;345&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-801.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;493&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-804.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;308&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-805.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-805.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;271&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la pacte germano-sovi&#233;tique d'ao&#251;t 1939 ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Pacte germano-sovi&#233;tique ou trait&#233; de non-agression entre l'Allemagne et l'Union sovi&#233;tique (nom officiel) comprend les accords diplomatiques et militaires sign&#233;s entre le IIIe Reich et l'URSS le 23 ao&#251;t 1939 au Kremlin &#224; Moscou entre le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de l'URSS, Viatcheslav Molotov, et celui du IIIe Reich, Joachim von Ribbentrop, en pr&#233;sence de Staline. Il est &#233;galement connu comme pacte Molotov-Ribbentrop, pacte Ribbentrop-Molotov (surtout en Occident) ou pacte Hitler-Staline (surtout dans les pays concern&#233;s) et Pacte de non-agression de 1939 (surtout en Russie et Bi&#233;lorussie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 septembre 1939, l'Allemagne signe avec l'URSS le &#171; Trait&#233; germano-sovi&#233;tique de d&#233;limitation et d'amiti&#233; &#187;, qui d&#233;finit la collaboration, les zones d'influence et les fronti&#232;res entre les deux puissances. C'est la fronti&#232;re actuelle de la Pologne qui est retenue (un peu plus &#224; l'Ouest que ligne Curzon de 1920 : cette fronti&#232;re est d&#233;nomm&#233;e ligne Curzon B par les sources sovi&#233;tiques). Il stipule aussi que l'URSS fournira des mati&#232;res premi&#232;res &#224; l'Allemagne : m&#233;taux, phosphates et p&#233;trole, mati&#232;res indispensables &#224; la guerre, et pr&#233;voit des &#233;changes de r&#233;fugi&#233;s politiques, communistes allemands livr&#233;s &#224; la Gestapo (dont Margarete Buber-Neumann) et russes blancs ou dissidents livr&#233;s au NKVD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des protocoles stipulait que, en cas de partage de la Pologne, les deux parties avaient l'obligation de prendre des mesures pour pr&#233;venir et emp&#234;cher toute action de la R&#233;sistance polonaise. Des consultations mutuelles &#224; propos de toutes les actions r&#233;pressives qui sembleraient utiles &#233;tait prescrites :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aucune des deux parties ne tol&#232;rera sur son territoire d'agitation polonaise quelconque qui menacerait le territoire de l'autre partie. Chacune &#233;crasera sur son propre territoire tout embryon d'une telle agitation, et les deux s'informeront mutuellement de tous les moyens ad&#233;quats pouvant &#234;tre utilis&#233;s &#224; cette fin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-803.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;297&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Einsatzgrupppen en Pologne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Juifs, soit une importante fraction de la population prol&#233;tarienne des villes de Pologne, se radicalisaient &#224; cette &#233;poque et repr&#233;sentaient une menace pour la bourgeoisie. Dans la r&#233;volution en Europe de 1917-1923, le prol&#233;tariat avait attir&#233; &#224; lui les Juifs r&#233;volt&#233;s. L'accord entre Staline et Hitler en 1939 pour l'envahissement et le partage de la Pologne devait rompre durement cette attraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nazisme et stalinisme ont partag&#233; la Pologne et massacr&#233; conjointement les Juifs de leur partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#171; La destruction des Juifs d'Europe &#187; de Raoul Hilberg :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au bout du compte, les Einsatzgrupppen avaient quelques milliers d'hommes, et les Juifs &#233;taient plusieurs millions. Puisqu'ils n'&#233;taient pas pr&#233;par&#233;s &#224; se batrre contre les Allemands, on est en droit de se demander pourquoi ils ne cherch&#232;rent pas leur salut dans la fuite. (&#8230;) les Juifs &#233;taient d'autant moins vigilants que la presse et la radio sovi&#233;tiques avaient tu ce qui se passait au-del&#224; des fronti&#232;res (trait&#233; germano-sovi&#233;tique oblige). (&#8230;) Ils n'avaient pas compris qu'il y avait p&#233;ril &#224; demeurer. (&#8230;) les op&#233;rations &#233;taient organis&#233;es de telle sorte que la population s'en aper&#231;ut &#224; peine. M&#234;me les Juifs survivants gardaient l'impression que les victimes avaient simplement &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es ailleurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que craignaient le plus les chefs politiques des classes dirigeantes du monde aussi bien que la bureaucratie stalinienne, ce sont les risques r&#233;volutionnaires et ils avaient conscience que la situation des Juifs d'Europe augmentait ces risques. La r&#233;volution russe avait d&#233;j&#224; montr&#233; que l'oppression des Juifs, loin de se contenter de mener au fatalisme pr&#233;tendument traditionnel, pouvait entra&#238;ner une fraction notable des Juifs aux c&#244;t&#233;s de la r&#233;volution sociale. Et dans des pays comme la Pologne, le risque &#233;tait d&#233;cupl&#233; par le fait que les Juifs, tr&#232;s opprim&#233;s, repr&#233;sentaient une fraction importante de la population et encore plus grande de celle des villes, y compris une fraction non n&#233;gligeable de la classe ouvri&#232;re et la majorit&#233; des petits artisans, y compris dans des grandes villes comme Varsovie ou Lodz. Loin de vouloir s'attaquer aux racines du mal, &#224; l'oppression des Juifs, aux pogromes dont la cause &#233;tait la technique des classes dirigeantes visant &#224; noyer le m&#233;contentement dans le pogrome, ces dirigeants des grandes &#171; d&#233;mocraties &#187; de France, d'Angleterre et des USA avaient d'abord et avant tout besoin des fascismes contre la r&#233;volution. L'Allemagne allait bien le d&#233;montrer en 1918-19 avec la bourgeoisie allemande organisant sur ordre de la social-d&#233;mocratie l'&#233;crasement dans le sang de la r&#233;volution ouvri&#232;re par les &#171; corps francs &#187; fascistes. Si la vague r&#233;volutionnaire est vaincue, elle l'est en s'appuyant sur des r&#233;gimes d'Europe de type semi-fasciste comme la dictature antis&#233;mite de Pologne du g&#233;n&#233;ral Pilsudski. La situation qui pr&#233;c&#232;de la deuxi&#232;me guerre mondiale est une nouvelle mobilisation des Juifs opprim&#233;s d'Europe, comme elle conna&#238;t une nouvelle mobilisation du prol&#233;tariat, &#224; nouveau mena&#231;ant. Il faut d'abord rappeler qu'en 1936, les ouvriers et les jeunes Juifs ont &#233;t&#233; nombreux &#224; &#234;tre attir&#233;s par le courant communiste stalinien. L'accord entre Staline et Hitler en 1939 pour l'envahissement et le partage de la Pologne devait rompre durement cette attraction. Il n'en subsistait pas moins que les Juifs, soit une importante fraction de la population prol&#233;tarienne des villes de Pologne, se radicalisaient &#224; cette &#233;poque et repr&#233;sentaient une menace pour la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les Russes (pr&#233;tendument &#034;sovi&#233;tiques&#034;) annex&#232;rent l'est de la Pologne, en juin 1941, environ 300 000 r&#233;fugi&#233;s juifs en provenance des territoires polonais occup&#233;s par l'Allemagne se trouv&#232;rent pris au pi&#232;ge. La grande majorit&#233; d'entre eux resta en Pologne occup&#233;e par les Sovi&#233;tiques. En 1940 et 1941, les officiers de la police secr&#232;te sovi&#233;tique arr&#234;t&#232;rent et d&#233;port&#232;rent - en tant qu'&#034;&#233;l&#233;ments non-assimilables&#034; - des centaines de milliers d'habitants de Pologne de l'est, y compris des milliers de r&#233;fugi&#233;s juifs en provenance des territoires polonais occup&#233;s par l'Allemagne. Ces gens furent d&#233;port&#233;s en Sib&#233;rie, en Asie centrale, et vers d'autres lieux &#224; l'int&#233;rieur de l'Union sovi&#233;tique. Environ 40 000 r&#233;fugi&#233;s juifs fuirent encore la Pologne, craignant d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s et pers&#233;cut&#233;s, aussi bien dans les territoires polonais occup&#233;s par les Allemands que dans ceux occup&#233;s par les Sovi&#233;tiques. Plus de la moiti&#233; de ces r&#233;fugi&#233;s gagn&#232;rent la Roumanie et la Hongrie. 15 000 se rendirent en Lituanie, principalement &#224; Vilna, &#224; Kovno (aujourd'hui Kaunas), et dans les r&#233;gions avoisinantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre septembre 1939 et 1941, 400 000 Juifs polonais sont d&#233;port&#233;s par les autorit&#233;s russes dans les provinces asiatiques du centre de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline attaqua la Finlande, la presse de Hitler, la seule au monde, proclama sa solidarit&#233; totale avec le Kremlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; pacte &#187;, voulu par la bureaucratie stalinienne, loin de prot&#233;ger la Russie d'une attaque venue de l'Allemagne, l'a affaibli face &#224; celle-ci. Elle a fait un pas de plus pour d&#233;truire toute boussole lutte de classe dans le mouvement ouvrier face &#224; la marche &#224; la guerre, le parti stalinien devenant un fervent partisan d'une alliance avec le principal pouvoir fasciste, alors que &#171; deux minutes &#187; avant il pr&#244;nait de supprimer la lutte des classes pour mieux s'entendre avec les &#171; bourgeoisies d&#233;mocratique &#187; au nom de la &#171; lutte contre le fascisme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;texte d'&#233;carter la guerre mondiale est grossier. Le Pacte germano-sovi&#233;tique est sign&#233; le 23 ao&#251;t, la presse communiste interdite le 26. La Pologne est attaqu&#233;e le 1er septembre et la guerre d&#233;clar&#233;e le 3 septembre de la m&#234;me ann&#233;e. Le pacte a ouvert la voie &#224; la guerre mondiale en lib&#233;rant l'Allemagne sur un des fronts, celui de l'Est. Et cela n'a m&#234;me pas prot&#233;g&#233; la Russie d'une attaque ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison principale de ce pacte Hitler-Staline n'a rien &#224; voir avec des raisons militaires ou strat&#233;giques mais a des causes profond&#233;ment politiques et sociales. C'est l'entente entre les deux ennemis mortels de la r&#233;volution sociale qui pr&#244;nent tous deux l'&#233;crasement de toute forme d'organisation du prol&#233;tariat, le fascisme de l'Etat bourgeois et le fascisme de l'Etat issu de la r&#233;volution ouvri&#232;re mais se retournant contre elle &#224; la faveur de la dissolution du mouvement vivant des soviets russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens affirment que cette alliance avait un but d&#233;fensif face aux divers imp&#233;rialismes et que c'est une tactique qu'aurait accept&#233;e L&#233;nine qui aurait affirm&#233;, selon eux, qu'on pouvait signer une alliance avec un imp&#233;rialisme contre les autres, si c'&#233;tait pour d&#233;fendre le pouvoir d'Etat des travailleurs. C'est une pr&#233;sentation fallacieuse. Le seul &#171; accord &#187; que l'Etat ouvrier ait sign&#233; du vivant de L&#233;nine est la paix de Brest-Litovsk qui a &#233;t&#233; impos&#233;e par l'arm&#233;e allemande et pas pour faire alliance avec l'imp&#233;rialisme allemand contre les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs justifications se contredisent d'ailleurs puisqu'ils affirment que ce pacte provenait du fait que les imp&#233;rialistes occidentaux soutenaient Hitler et s'appr&#234;taient &#224; le laisser attaquer l'URSS, le pacte aurait permis &#224; la Russie de se pr&#233;parer militairement &#224; la guerre et, ult&#233;rieurement, d'imposer un pacte entre Russie et Angleterre-USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un tr&#232;s gros mensonge sur tous les plans. Non seulement le pacte a permis d'acc&#233;l&#233;rer l'entr&#233;e dans la guerre mondiale mais il n'a nullement servi &#224; la Russie &#224; se pr&#233;parer &#224; se d&#233;fendre militairement. Staline a voulu croire vraiment &#224; l'amiti&#233; ind&#233;fectible du fascisme allemand et du fascisme russe, que Trotsky appelle des jumeaux, et il a d&#233;sarm&#233; ses forces militaires, arr&#234;t&#233; ses g&#233;n&#233;raux, lanc&#233; des purges massives dans l'arm&#233;e. Il a &#233;t&#233; compl&#232;tement pris par surprise par l'offensive allemande contre la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1939, Aragon &#233;crit pour le parti stalinien fran&#231;ais que nous r&#233;pugnons &#224; appeler communiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le pacte de non-agression avec l'Allemagne, impos&#233; &#224; Hitler qui n'avait pas d'autre possibilit&#233; que de capituler ainsi ou de faire la guerre, c'est le triomphe de cette volont&#233; de paix sovi&#233;tique. (&#8230;) Et que ne vienne pas ici comparer le pacte de non-agression germano-sovi&#233;tique qui ne suppose aucun abandon de la part de l'URSS aux pactes &#171; d'amiti&#233; &#187; qu'ont sign&#233;s les gouvernements toujours en exercice en France et en Angleterre avec Hitler : ces pactes d'amiti&#233; avaient pour base la capitulation de Munich&#8230; L'URSS n'a jamais admis et n'admettra jamais de semblables crimes internationaux. Silence &#224; la meute antisovi&#233;tique ! Nous sommes au jour de l'effondrement de ses esp&#233;rances. Nous sommes au jour o&#249; l'on devra reconna&#238;tre qu'il y a quelque chose de chang&#233; dans le monde et que, parce qu'il y a l'URSS, on ne fait pas la guerre comme on veut. Il existe entre la France et la Pologne un trait&#233; d'assistance mutuelle. C'est-&#224;-dire que si la Pologne est victime d'une agression, la France doit venir &#224; son aide. Et tout bon fran&#231;ais qui ne veut pas voir se r&#233;p&#233;ter la honte de Munich, et l'abandon de nos alli&#233;s de Tch&#233;coslovaquie, souhaitera comme nous que la France tienne ses engagements internationaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les staliniens traitaient les r&#233;volutionnaires communistes internationalistes d' &#171; hitl&#233;ro-trotskistes &#187;, la v&#233;ritable alliance entre le stalinisme et le nazisme se montrait au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, c'est, d'abord et avant tout, un pacte contre-r&#233;volutionnaire qui vise &#224; &#233;craser les potentialit&#233;s r&#233;volutionnaires prol&#233;tariennes en Europe de l'Est, notamment en massacrant les Juifs de Pologne. Stalinisme et nazisme convergent sur des bases r&#233;elles car ils ont un but commun : agir contre le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Ce sera encore sur de telles bases que la Russie s'alliera cette fois avec les USA et l'Angleterre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le r&#233;gime totalitaire de Hitler a surgi de la peur des classes poss&#233;dantes d'Allemagne devant une r&#233;volution socialiste. Hitler a &#233;t&#233; mandat&#233; par les poss&#233;dants pour sauver la propri&#233;t&#233; des menaces du bolchevisme, &#224; tout prix, et pour am&#233;nager une ouverture de l'Allemagne vers l'ar&#232;ne mondiale. Le r&#233;gime totalitaire de Staline a surgi de la peur de la nouvelle caste de parvenus r&#233;volutionnaires devant le peuple r&#233;volutionnaire qu'elle &#233;trangle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pacte d&#233;montre le mensonge du pacte suivant, celui entre la Russie et les imp&#233;rialismes US et anglais. Ce mensonge est celui de la &#171; guerre contre le fascisme &#187;. La Russie des bureaucrates n'a rien de fondamentalement oppos&#233;e au fascisme et comptait m&#234;me avoir une alliance durable de fond avec lui. Les bourgeoisies occidentales elles aussi comptaient sur le fascisme pour d&#233;truire le communisme en Allemagne, en Europe de l'Est et en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ne se r&#233;concilieront que pour mener ensemble la suite de la guerre contre le communisme, la bureaucratie russe n'&#233;tant pas moins fonci&#232;rement hostile au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire que la grande bourgeoisie mondiale, comme elle l'a notamment montr&#233; en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma3.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue de Trotsky en 1937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue de Trotsky en septembre 1939&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/12/lt04121939.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue de de Trotsky en d&#233;cembre 1939&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/aou2009/pact-a28.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;70 ans apr&#232;s&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;barquement de juin 1944 : Massacres et manipulations capitalistes</title>
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		<dc:date>2014-06-07T12:17:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;D&#233;barquement de juin 1944 : Massacres et manipulations capitalistes &lt;br class='autobr' /&gt;
La classe dominante ne l&#233;sine devant aucune d&#233;pense lorsqu'il s'agit de mettre en place des spectacles visant &#224; faire accepter leur sort aux exploit&#233;s et aux opprim&#233;s. D&#233;j&#224;, dans la Rome antique, les Empereurs savaient qu'il fallait fournir &#224; la pl&#232;be du pain et du cirque (&#034;panem et circenses&#034;) pour qu'elle accepte son sort. Et quand le pain se faisait rare, on en rajoutait un peu sur le cirque. Dans la chr&#233;tient&#233;, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;barquement de juin 1944 : Massacres et manipulations capitalistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe dominante ne l&#233;sine devant aucune d&#233;pense lorsqu'il s'agit de mettre en place des spectacles visant &#224; faire accepter leur sort aux exploit&#233;s et aux opprim&#233;s. D&#233;j&#224;, dans la Rome antique, les Empereurs savaient qu'il fallait fournir &#224; la pl&#232;be du pain et du cirque (&#034;panem et circenses&#034;) pour qu'elle accepte son sort. Et quand le pain se faisait rare, on en rajoutait un peu sur le cirque. Dans la chr&#233;tient&#233;, les fastes de la messe avaient fondamentalement le m&#234;me objectif. Mais l&#224; aussi, comme avec les jeux du cirque, il ne s'agissait pas seulement de fournir aux opprim&#233;s une petite dose de divertissement afin de leur faire oublier leur triste quotidien. Il s'agissait aussi de chanter la toute puissance et la toute bienfaisance des autorit&#233;s du moment. De ce point de vue, la bourgeoisie n'a rien invent&#233;, mais elle a d&#233;velopp&#233; et sophistiqu&#233; ce genre de spectacles avec tous les moyens que lui donnent tant l'exp&#233;rience des anciennes classes exploiteuses que la ma&#238;trise de la science et de la technologie que la soci&#233;t&#233; capitaliste a permise. Au quotidien, gr&#226;ce en particulier &#224; la t&#233;l&#233;vision, le &#034;bon peuple&#034; a droit &#224; toutes sortes de &#034;reality shows&#034;, tournois sportifs et autres c&#233;l&#233;brations des fastes de la soci&#233;t&#233; actuelle (y compris les mariages princiers, plusieurs si&#232;cles apr&#232;s le renversement du pouvoir politique de l'aristocratie !). Et quand le calendrier s'y pr&#234;te, alors on c&#233;l&#232;bre les grands &#233;v&#233;nements historiques afin, non seulement &#034;d'amuser le peuple&#034; mais de lui bourrer le cr&#226;ne d'un maximum de mensonges et de fausses le&#231;ons &#224; propos de ces &#233;v&#233;nements. Le 60e anniversaire du d&#233;barquement alli&#233; du 6 juin 1944 en a &#233;t&#233; un nouvel exemple ; un exemple particuli&#232;rement significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les journalistes qui ont couvert &#034;l'&#233;v&#233;nement&#034; l'ont constat&#233; : les c&#233;r&#233;monies de 60e anniversaire du d&#233;barquement ont d&#233;pass&#233; en faste, en participation des &#034;personnalit&#233;s&#034;, en &#034;couverture m&#233;diatique&#034; et en &#034;ferveur populaire&#034; celles du cinquantenaire. C'est un paradoxe que ces m&#234;mes journalistes ont essay&#233; de comprendre. Les explications ont &#233;t&#233; vari&#233;es et quelques fois un peu surprenantes : c'est parce que ces c&#233;r&#233;monies permettent de sceller l'amiti&#233; retrouv&#233;e entre la France et les &#201;tats-Unis apr&#232;s la brouille li&#233;e &#224; la guerre en Irak ; ou bien parce que c'&#233;tait la derni&#232;re fois qu'on verrait participer les rescap&#233;s de cet &#233;pisode de l'histoire, ces vieux messieurs couverts de m&#233;dailles qui, une fois dans leur vie de mineur des Appalaches, de paysan de l'Oklahoma ou de chauffeur-livreur de Londres, feraient l'objet de la gratitude universelle, seraient consid&#233;r&#233;s comme des V.I.P. Les communistes ne c&#233;l&#232;brent pas le d&#233;barquement de juin 1944, comme ils pourraient le faire pour la Commune de Paris de 1871 ou la R&#233;volution d'octobre 1917. Cependant, il leur appartient &#224; l'occasion de cet anniversaire et des c&#233;r&#233;monies qu'il l'ont entour&#233; de rappeler ce que fut vraiment cet &#233;v&#233;nement, ce que fut sa signification afin d'opposer &#224; la mar&#233;e des mensonges bourgeois une petite digue au service de la petite minorit&#233; qui, aujourd'hui, peut les entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande op&#233;ration militaire de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais avant le 6 juin 1944, l'esp&#232;ce humaine, dont l'histoire est pourtant riche en guerres, n'avait r&#233;alis&#233; une op&#233;ration militaire de l'envergure du d&#233;barquement alli&#233; en Normandie. Ce sont 6939 b&#226;timents qui, dans la nuit du 5 au 6 juin, ont travers&#233; la Manche dont 1213 navires de guerre, 4126 b&#226;timents de d&#233;barquement, 736 b&#226;timents de servitude et 864 navires marchands. Au dessus de cette armada,11590 appareils z&#232;brent le ciel : 5050 chasseurs, 5110 bombardiers, 2310 avions de transport, 2600 planeurs et 700 avions de reconnaissance. Sur le plan des effectifs, ce sont 132715 hommes qui sont d&#233;barqu&#233;s le &#034;Jour J&#034;, ainsi que 15000 am&#233;ricains et 7000 britanniques qui ont &#233;t&#233; parachut&#233;s la veille derri&#232;re les lignes adverses par 2395 avions. Malgr&#233; leur &#233;normit&#233;, ces chiffres sont encore loin de repr&#233;senter toute l'ampleur de l'op&#233;ration militaire. Avant m&#234;me le d&#233;barquement, des dragueurs de mines avaient trac&#233; cinq immenses chenaux permettant le passage de l'armada alli&#233;e. Le d&#233;barquement lui-m&#234;me ne vise qu'&#224; &#233;tablir une t&#234;te de pont permettant de d&#233;barquer des troupes et des moyens mat&#233;riels en quantit&#233; bien plus consid&#233;rable. C'est ainsi que, en moins d'un mois, ce sont un million et demi de soldats Alli&#233;s qui sont d&#233;barqu&#233;s avec tout leur &#233;quipement, notamment des dizaines de milliers de v&#233;hicules blind&#233;s (le tank Sherman &#224; lui seul a &#233;t&#233; construit &#224; 150 000 exemplaires). Pour ce faire, des moyens mat&#233;riels et humains ahurissants sont mobilis&#233;s. Pour que les navires puissent d&#233;charger leur cargaison ou leurs passagers, il faut aux Alli&#233;s un port en eau profonde tel que Cherbourg ou Le Havre. Mais comme ces villes ne sont pas prises d'embl&#233;e, ils cr&#233;ent de toutes pi&#232;ces au large de deux petites localit&#233;s, Arromanches et Saint-Laurent, deux ports artificiels en acheminant d'Angleterre des centaines de caissons flottants en b&#233;ton qui ensuite ont &#233;t&#233; immerg&#233;s pour servir de digues et de quais (op&#233;ration &#034;Mulberry&#034;). Pendant quelques semaines, Arromanches est devenue le plus grand port du monde avant que le relais ne soit pass&#233; &#224; Cherbourg qui est pris par les Alli&#233;s un mois apr&#232;s le d&#233;barquement et dont le trafic s'&#233;l&#232;ve alors au double de celui du port de New York en 1939. Enfin, d&#232;s le 12 ao&#251;t, les Alli&#233;s peuvent commencer &#224; utiliser PLUTO (Pipe Line Under The Ocean), un pipe line sous-marin assurant l'approvisionnement en carburant depuis l'&#238;le de Wight jusqu'&#224; Cherbourg. Ces moyens mat&#233;riels et humains d&#233;mesur&#233;s sont en soi un v&#233;ritable symbole de qu'est devenu le syst&#232;me capitaliste, un syst&#232;me qui engloutit en vue de la destruction des quantit&#233;s ahurissantes de moyens technologiques et de travail humain. Mais au-del&#224; de son c&#244;t&#233; d&#233;mesur&#233;, il faut rappeler que l'op&#233;ration &#034;Neptune&#034; (nom de code d&#233;signant le d&#233;barquement en Normandie), pr&#233;parait un des plus grands carnages de l'histoire (l'op&#233;ration &#034;Overlord&#034;, l'ensemble des plans militaires en Europe occidentale &#224; la mi-1944). Le long des c&#244;tes de la Normandie on peut voir ces immenses alignements de croix blanches t&#233;moins du terrible tribut pay&#233; par toute une g&#233;n&#233;ration de jeunes am&#233;ricains, anglais, canadiens, allemands, etc. dont certains avaient &#224; peine 16 ans. Ces cimeti&#232;res militaires ne comptabilisent pas les civils, femmes, enfants, vieillards, qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s lors des affrontements et dont le nombre, dans certains cas, est presque aussi &#233;lev&#233; que celui des soldats tomb&#233;s dans les combats. La bataille de Normandie, pendant laquelle les troupes allemandes ont tent&#233; d'emp&#234;cher les troupes Alli&#233;es de prendre pied puis de progresser en France se solde par des centaines de milliers de morts au total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les v&#233;rit&#233;s que la bourgeoisie veut cacher&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments, les discours et commentaires des m&#233;dias bourgeois ne les cachent en aucune fa&#231;on. On a m&#234;me l'impression que les commentateurs en rajoutent lorsqu'ils &#233;voquent la terrible boucherie de cet &#233;t&#233; 1944. Cependant, c'est dans l'interpr&#233;tation de ces faits que se trouve le mensonge. Les soldats qui ont d&#233;barqu&#233; le 6 juin 1944 et les jours suivants sont pr&#233;sent&#233;s comme les soldats de la &#034;libert&#233;&#034; et de la &#034;civilisation&#034;. C'est ce qu'on leur avait dit avant le D&#233;barquement pour les convaincre de donner leur vie ; c'est ce qu'on a dit aux m&#232;res de tous ceux que la mort a frapp&#233;s au sortir de l'enfance ; c'est ce qu'ont d&#233;clar&#233; une nouvelle fois les politiciens qui, en nombre, ont fait le d&#233;placement sur les plages normandes le 6 juin 2004, les Bush, Blair, Poutine, Schr&#246;der, Chirac. Et les commentateurs de rajouter : &#034;o&#249; en serions-nous si ces soldats n'avaient pas fait ces terribles sacrifices ? Nous serions encore sous la botte du nazisme !&#034; Tout est dit : cette boucherie, aussi effroyable qu'elle fut, &#233;tait un &#034;mal n&#233;cessaire&#034; pour &#034;sauver la civilisation et la d&#233;mocratie&#034;. Face &#224; ces mensonges, qui sont partag&#233;s unanimement par tous les ennemis d'hier (le chancelier allemand avait &#233;t&#233; invit&#233; aux c&#233;r&#233;monies) et que reprennent pratiquement toutes les forces politiques, de la droite la plus r&#233;actionnaire aux trotskistes, il est indispensable de r&#233;affirmer quelques v&#233;rit&#233;s &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re v&#233;rit&#233; &#224; affirmer, c'est qu'il n'y avait pas dans la Seconde Guerre mondiale un &#034;camp de la d&#233;mocratie&#034; contre un &#034;camp du totalitarisme&#034;, &#224; moins de continuer &#224; consid&#233;rer que Staline &#233;tait un grand champion de la d&#233;mocratie. &#192; cette &#233;poque, c'est ce que pr&#233;tendaient d'ailleurs les partis dits &#034;communistes&#034;, et les autres partis ne faisaient pas beaucoup d'efforts pour les d&#233;mentir. Les v&#233;ritables communistes, pour leur part, d&#233;non&#231;aient depuis des ann&#233;es le r&#233;gime stalinien, fossoyeur de la r&#233;volution d'Octobre 1917 et fer de lance de la contre-r&#233;volution mondiale. En r&#233;alit&#233;, il y avait dans la Seconde Guerre mondiale, tout comme dans la Premi&#232;re, deux camps imp&#233;rialistes qui se disputaient les march&#233;s, les mati&#232;res premi&#232;res et les zones d'influence du monde. Et si l'Allemagne, comme lors de la Premi&#232;re Guerre mondiale, apparaissait comme la puissance agressive, &#034;celle par qui la guerre arrive&#034;, c'est tout simplement parce qu'elle avait &#233;t&#233; la plus mal lotie dans le partage du g&#226;teau imp&#233;rialiste &#224; la suite du trait&#233; de Versailles concluant la premi&#232;re boucherie imp&#233;rialiste, un trait&#233; qui avait aggrav&#233; encore &#224; son d&#233;triment le partage qui lui &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;favorable avant 1914 du fait du retard avec lequel elle &#233;tait arriv&#233;e sur la sc&#232;ne imp&#233;rialiste (des petits pays comme la Hollande ou la Belgique avaient un empire colonial plus vaste que celui de l'Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me v&#233;rit&#233; est celle-ci : malgr&#233; tous les discours sur &#034;la d&#233;fense de la civilisation&#034;, ce n'est pas cette derni&#232;re qui pr&#233;occupait les dirigeants Alli&#233;s qui ont pu faire preuve, &#224; l'occasion, d'une barbarie tout &#224; fait comparable &#224; celle des pays de l'Axe. Et nous ne parlons pas seulement du Goulag stalinien qui valait bien les camps nazis. Les pays &#034;d&#233;mocratiques&#034; se sont &#233;galement illustr&#233;s dans ce domaine. Nous n'allons pas ici passer en revue l'ensemble des crimes et actes de barbarie commis par les valeureux &#034;d&#233;fenseurs de la civilisation&#034; (&#224; ce sujet voir notamment notre article &#034;Les massacres et les crimes des 'grandes d&#233;mocraties'&#034; dans la Revue internationale n&#176; 66). Il nous suffit de rappeler qu'avant la Seconde Guerre mondiale, et m&#234;me avant l'arriv&#233;e des nazis au pouvoir, ces pays avaient &#034;export&#233;&#034; leur &#034;civilisation&#034; vers les colonies non seulement par le goupillon mais aussi, et surtout par le sabre, les canonni&#232;res et les mitrailleuses, sans compter les gaz asphyxiants et la torture. Quant aux preuves indiscutables de &#034;civilisation&#034; dont les Alli&#233;s ont fait preuve aux cours de la Seconde Guerre mondiale, rappelons quelques un de leurs hauts faits d'arme. Les premiers qui viennent &#224; l'esprit, ce sont &#233;videmment les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 ao&#251;t 1945 o&#249; fut employ&#233;e pour la premi&#232;re et unique fois de l'histoire l'arme atomique tuant en une seconde pr&#232;s de cent mille civils et plus de cent mille autres au terme de mois et d'ann&#233;es de souffrance. Mais le terrible bilan de ces bombardements n'est sont pas seulement d&#251; au fait qu'ils ont fait appel &#224; une arme nouvelle, encore mal connue.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avec des moyens totalement &#034;classiques&#034; que les fers de lance de la civilisation ont massacr&#233; des populations uniquement civiles : - bombardements de Hambourg en juillet 1943 : 50 000 morts ; - bombardement de Tokyo en mars 1945 : 80 000 morts ; - bombardement de Dresde les 13 et 14 f&#233;vrier 1945 : 250 000 morts. Ce dernier bombardement est particuli&#232;rement significatif. &#192; Dresde il n'y avait ni concentration militaire, ni objectif &#233;conomique ou industriel. Il y avait surtout des r&#233;fugi&#233;s venant des autres villes qui avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; ras&#233;es. En outre, la guerre &#233;tait d&#233;j&#224; gagn&#233;e par les Alli&#233;s. Mais pour ces derniers il fallait provoquer la terreur dans la population allemande, et particuli&#232;rement parmi les ouvriers, afin qu'il ne leur prenne pas l'id&#233;e de recommencer ce qu'ils avaient fait &#224; la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale : des combats r&#233;volutionnaires en vue de renverser le capitalisme. Au proc&#232;s de Nuremberg qui s'est tenu apr&#232;s la guerre ont &#233;t&#233; jug&#233;s les &#034;criminels de guerre&#034; nazis. En fait, ce qui leur a valu leur condamnation, ce n'est pas tant l'ampleur de leurs crimes que le fait qu'ils appartenaient au camp des vaincus. Sinon, &#224; leur c&#244;t&#233;, il aurait fallu voir Churchill et Truman principaux &#034;d&#233;cideurs&#034; des massacres &#233;voqu&#233; ci-dessus. Enfin, il faut affirmer une derni&#232;re v&#233;rit&#233; face &#224; l'argument suivant lequel l'humanit&#233; aurait connu des souffrances bien pires encore si les Alli&#233;s n'&#233;taient pas venus lib&#233;rer l'Europe. En premier lieu, la r&#233;-&#233;criture de l'histoire est en g&#233;n&#233;ral un exercice vain. Bien plus f&#233;conde est la compr&#233;hension de pourquoi l'histoire a pris tel cours plut&#244;t que tel autre. Comme dans le cas pr&#233;sent (&#034;si les Alli&#233;s avaient perdu la guerre&#034;), cet exercice est en g&#233;n&#233;ral effectu&#233; par ceux-l&#224; qui veulent justifier l'ordre existant qui serait finalement le &#034;moins mauvais&#034; (&#034;La D&#233;mocratie est la pire forme de gouvernement &#224; l'exception de toutes les autres&#034;, Churchill). En r&#233;alit&#233;, la victoire de la &#034;d&#233;mocratie&#034; et de la &#034;civilisation&#034; lors de la Seconde Guerre mondiale n'a aucunement mis fin &#224; la barbarie du monde capitaliste. Depuis 1945, il y a eu autant de victimes de la guerre qu'au cours des deux guerres mondiales r&#233;unies. En outre, le maintien en place d'un mode de production, le capitalisme, dont les deux guerres mondiales, de m&#234;me que la crise &#233;conomique des ann&#233;es 30 et la crise actuelle font la preuve qu'il a fait son temps, a valu &#224; l'humanit&#233; la poursuite et aujourd'hui l'aggravation de toutes sortes de calamit&#233;s particuli&#232;rement meurtri&#232;res (famines, &#233;pid&#233;mies, catastrophes &#034;naturelles&#034; dont on pourrait &#233;liminer les cons&#233;quences dramatiques, etc.). Sans compter que le syst&#232;me capitaliste, en se perp&#233;tuant, hypoth&#232;que de plus en plus l'avenir de l'esp&#232;ce humaine en d&#233;truisant de fa&#231;on irr&#233;versible l'environnement et en pr&#233;parant de nouvelles catastrophes naturelles, notamment climatiques, aux cons&#233;quences effrayantes. Et si le syst&#232;me capitaliste a pu survivre plus d'un demi-si&#232;cle apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, c'est que la &#034;victoire de la D&#233;mocratie&#034; a repr&#233;sent&#233; une terrible d&#233;faite pour la classe ouvri&#232;re ; une d&#233;faite id&#233;ologique qui est venu parachever la contre-r&#233;volution qui s'&#233;tait abattue sur elle apr&#232;s l'&#233;chec de la vague r&#233;volutionnaire des ann&#233;es 1917-1923. C'est justement et principalement parce que la bourgeoisie, avec l'aide de tous les partis politiques qui se pr&#233;tendent &#034;ouvriers&#034; (des &#034;socialistes&#034; jusqu'aux trotskistes, en passant par les &#034;communistes&#034;), a r&#233;ussi &#224; faire croire aux ouvriers des principaux pays capitalistes, notamment ceux des grandes concentrations industrielles d'Europe occidentale, que la victoire de la D&#233;mocratie &#233;tait &#034;leur victoire&#034; que ces derniers n'ont pas engag&#233; des combats r&#233;volutionnaires au cours et &#224; la fin de la Seconde Guerre mondiale, comme ils l'avaient fait lors de la Premi&#232;re. En d'autres termes, la &#034;victoire&#034; de la D&#233;mocratie, et notamment le D&#233;barquement qu'on a tant encens&#233; ces derniers jours, a donn&#233; un sursis au capitalisme d&#233;cadent, lui permettant de poursuivre pendant plus d'un demi si&#232;cle son cours catastrophique et barbare. Voila une v&#233;rit&#233; dont aucun m&#233;dia ne s'est fait l'&#233;cho, &#233;videmment. Au contraire, le z&#232;le tout particulier avec lequel tous les puissants du monde et leurs larbins ont c&#233;l&#233;br&#233; ce &#034;grand moment de la Libert&#233;&#034; est &#224; la hauteur de l'inqui&#233;tude nouvelle que la classe dominante commence &#224; ressentir face &#224; la perspective d'une reprise des combats de la classe ouvri&#232;re &#224; mesure que la crise du capitalisme fera chaque jour plus la preuve de la faillite historique de ce syst&#232;me et de la n&#233;cessit&#233; de le renverser. Et justement, il est un autre enseignement tr&#232;s important que les op&#233;rations &#034;Neptune&#034; et &#034;Overlord&#034; doivent apporter &#224; la classe ouvri&#232;re : c'est l'immense comp&#233;tence dont est capable la bourgeoisie pour faire croire &#224; ses mensonges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rempart des mensonges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la conf&#233;rence de T&#233;h&#233;ran qui s'est tenue entre les principaux dirigeants Alli&#233;s en d&#233;cembre 1943, Churchill a d&#233;clar&#233; &#224; Staline : &#034;En temps de guerre, la v&#233;rit&#233; est si pr&#233;cieuse qu'elle devrait toujours &#234;tre prot&#233;g&#233;e par un rempart de mensonges&#034;. Ce n'&#233;tait pas une nouveaut&#233;. Au 6e si&#232;cle avant J&#233;sus-Christ, le strat&#232;ge chinois Sunzi &#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; ainsi les r&#232;gles principales de l'art de la guerre : &#034;Imposer sa volont&#233; &#224; l'adversaire, l'obliger &#224; se disperser ; agir du fort au faible, et en secret, mais &#234;tre renseign&#233; en permanence sur l'adversaire ; feindre, car tout acte de guerre est fond&#233; sur la duperie&#034;. (L'art de la guerre, Flammarion, Paris, 1972) Et pour s'assurer du succ&#232;s de la plus grande op&#233;ration militaire de l'histoire, &#034;Neptune&#034;, il fallait mettre en oeuvre une des entreprises de mystification les plus vastes qui aient jamais exist&#233;. Cette entreprise avait pour nom de code &#034;Fortitude&#034; et elle visait a induire les dirigeants allemands en erreur au moment du d&#233;barquement. Son &#233;laboration avait &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; la Section de Contr&#244;le de Londres (LCS), un organisme secret cr&#233;&#233; par Churchill et auquel collaboraient les principaux responsables des renseignements anglais et am&#233;ricains. Nous n'allons pas &#233;num&#233;rer ici l'ensemble des moyens qui ont &#233;t&#233; mis en oeuvre afin de tromper l'&#233;tat-major allemand. Nous nous contenterons d'en signaler les plus significatifs. Au cours de la premi&#232;re moiti&#233; de 1'ann&#233;e 1944, l'&#233;volution de la guerre avait permis aux dirigeants allemands de comprendre que les Alli&#233;s allaient ouvrir un front en Europe occidentale. En d'autres termes, qu'ils allaient d&#233;barquer dans cette zone. L&#224; dessus, les Alli&#233;s savaient bien qu'il &#233;tait impossible de tromper leur adversaire. Cependant, la question restait pos&#233;e du moment et surtout du lieu pr&#233;cis de ce d&#233;barquement et l'objectif des &#034;Moyens sp&#233;ciaux&#034; (terme utilis&#233; par les britanniques) &#233;tait de faire croire que celui-ci allait avoir lieu &#224; une date et en un lieu autres que le 6 juin 1944 sur les plages normandes. Th&#233;oriquement, le d&#233;barquement pouvait avoir lieu en n'importe quel point de la c&#244;te entre le Golfe de Gascogne et la Norv&#232;ge (c'est-&#224;-dire plusieurs milliers de kilom&#232;tres). Cependant, dans la mesure o&#249; c'est en Angleterre que les Alli&#233;s avaient install&#233; l'essentiel de leurs moyens militaires, il paraissait logique que le d&#233;barquement ait lieu quelque part entre la Bretagne et la Hollande. Plus pr&#233;cis&#233;ment, Hitler &#233;tait persuad&#233; qu'il aurait lieu dans le Pas-de-Calais, l&#224; o&#249; les c&#244;tes anglaises sont les plus proches du continent, ce qui devait permettre &#224; la chasse anglaise, dont le rayon d'action &#233;tait limit&#233;, de participer aux combats. Gr&#226;ce &#224; leurs moyens d'espionnage, les Alli&#233;s avaient eu connaissance de cette conviction des dirigeants allemands et le but central de &#034;Fortitude&#034; &#233;tait qu'ils la conservent le plus longtemps possible, y compris apr&#232;s le D&#233;barquement en Normandie qui devait &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une diversion pr&#233;parant le v&#233;ritable D&#233;barquement dans le Pas-de-Calais. Et le fait est que pendant plusieurs semaines, Hitler a attendu ce dernier ce qui l'a conduit &#224; refuser d'envoyer vers la Normandie d'&#233;normes moyens militaires bas&#233;s dans le Nord de la France et en Belgique. Quand il a compris de quoi il retournait, il &#233;tait trop tard : les Alli&#233;s avaient r&#233;ussi &#224; d&#233;barquer suffisamment d'hommes et de mat&#233;riel pour leur permettre de remporter la bataille de Normandie et de commencer leur offensive vers Paris puis vers l'Allemagne. Les Alli&#233;s n'ont pas l&#233;sin&#233; sur les moyens pour tromper leur adversaire. Certains des moyens employ&#233;s &#233;taient d'ailleurs assez cocasses : c'est ainsi qu'un acteur provincial dans le civil, Meyrick Edward Clifton James, a jou&#233; en mai 1944 le plus grand r&#244;le de sa vie en &#233;tant pr&#233;sent&#233; comme le mar&#233;chal Montgomery, le militaire anglais le plus prestigieux de la Seconde Guerre mondiale, &#224; qui avait &#233;t&#233; confi&#233;e la direction op&#233;rationnelle du D&#233;barquement. Sosie presque parfait de &#034;Monty&#034;, soigneusement habill&#233; et maquill&#233; par des sp&#233;cialistes, James est arriv&#233; le 26 mai &#224; Gibraltar avant de rejoindre Alger, ce qui avait pour objectif de faire croire que le d&#233;barquement des Alli&#233;s dans le sud de la France (qui finalement a eu lieu le 15 ao&#251;t en Provence) devait pr&#233;c&#233;der celui du nord-ouest. (1) Il existe une foule d'autres &#233;pisodes de ce type, m&#234;me si moins &#034;folkloriques&#034;. Cependant, le moyen le plus d&#233;cisif destin&#233; &#224; convaincre les dirigeants allemands que le d&#233;barquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais est la constitution du FUSAG (Premier groupe d'arm&#233;e des &#201;tats-Unis) command&#233; par le g&#233;n&#233;ral Patton, un des officiers sup&#233;rieurs am&#233;ricains les plus en vue, et qui s'est install&#233; dans le Sud-Est de l'Angleterre, donc face au Pas-de-Calais. La particularit&#233; de ce groupe d'arm&#233;e, suppos&#233; comporter un million d'hommes, c'est qu'il &#233;tait compl&#232;tement fictif. Les tanks que les avions de reconnaissance allemands avaient pu photographier &#233;taient des baudruches gonflables, les avions &#233;taient en bois, les baraquements militaires en carton, etc. Quant aux messages radio qui partaient de ce rassemblement militaire, ils empruntaient la voix d'acteurs am&#233;ricains et canadiens de confiance. (2) Parmi les autres moyens employ&#233;s pour renforcer la conviction allemande sur le d&#233;barquement dans le Nord de la France, certains r&#233;v&#232;lent tout le cynisme dont est capable la classe dominante. C'est ainsi que des agents de la &#034;France libre&#034; travaillant pour les britanniques ont &#233;t&#233; envoy&#233;s saboter des canons allemands qui d&#233;fendaient cette partie de la c&#244;te. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'ils allaient &#234;tre livr&#233;s &#224; la Gestapo par ceux-l&#224; m&#234;me qui leur avaient confi&#233; cette mission afin qu'ils parlent sous la torture et communiquent des informations suppos&#233;es &#034;sensibles&#034;. (3) Ce qui frappe lorsqu'on prend connaissance des &#034;moyens sp&#233;ciaux&#034; employ&#233;s par les deux camps de la Seconde Guerre mondiale, et particulier les Alli&#233;s, c'est l'incroyable machiav&#233;lisme qui a &#233;t&#233; mis en oeuvre pour tromper l'ennemi. Un des chapitres du livre de r&#233;f&#233;rence sur les op&#233;rations d'intoxication de la Seconde Guerre mondiale, &#034;Bodygard of Lies&#034; (&#034;La Guerre secr&#232;te&#034;, en fran&#231;ais) de Anthony Cave Brown, s'intitule d'ailleurs &#034;Fortitude Nord, les machiav&#233;liques stratag&#232;mes&#034;. De fait, pendant longtemps, le gouvernement am&#233;ricain a tent&#233; de cacher ces moyens (par un m&#233;morandum du 28 ao&#251;t 1945, le pr&#233;sident Truman a interdit toute divulgation d'information sur ce sujet). Les sph&#232;res dirigeantes de la classe dominante ne sont pas int&#233;ress&#233;es &#224; ce qu'on soup&#231;onne le degr&#233; de machiav&#233;lisme dont elles sont capables, surtout dans une p&#233;riode historique o&#249; la guerre est permanente. Apr&#232;s tout, si un stratag&#232;me n'a pas &#233;t&#233; &#233;vent&#233;, il peut rendre de nouveaux services. Ainsi, l'attaque japonaise contre la base navale de Pearl Harbor, en d&#233;cembre 1941, avait &#233;t&#233; voulue et favoris&#233;e par les dirigeants anglais et am&#233;ricains pour &#034;forcer la main&#034; &#224; la population am&#233;ricaine et aux secteurs bourgeois qui &#233;taient hostiles &#224; l'entr&#233;e en guerre des &#201;tats-Unis. Cette r&#233;alit&#233; a toujours &#233;t&#233; d&#233;mentie par les autorit&#233;s am&#233;ricaines (qui l'ont entour&#233;e jusqu'&#224; aujourd'hui d'un &#034;rempart de mensonges&#034;). Si, comme c'est fortement probable, l'attaque contre les Twin Towers du 11 septembre 2001 a &#233;t&#233; voulue et favoris&#233;e par les services sp&#233;cialis&#233;s de l'&#201;tat am&#233;ricain qui ont &#034;laiss&#233; faire&#034; Al Qa&#239;da, afin de pr&#233;parer la guerre contre l'Irak, on comprend que le mensonge sur la r&#233;alit&#233; de Pearl Harbor continue d'&#234;tre utile aujourd'hui. (4) Enfin, il est un &#233;l&#233;ment que la classe ouvri&#232;re ne doit jamais perdre de vue : l'incroyable machiav&#233;lisme dont est capable la classe dominante lorsqu'elle fait la guerre, elle est parfaitement capable de l'employer contre les exploit&#233;s. Et on peut m&#234;me dire que c'est face au prol&#233;tariat qu'elle d&#233;ploie avec le plus de sophistication tous ses talents dans l'art de la mystification : car l&#224;, l'enjeu de l'affrontement n'est plus pour la bourgeoisie une simple question de supr&#233;matie imp&#233;rialiste, mais une question de vie ou de mort. En d'autres termes, dans la guerre de classe que la bourgeoisie livrera au prol&#233;tariat, encore plus que dans la guerre entre ses composantes nationales, elle &#034;prot&#232;ge la v&#233;rit&#233; par un rempart de mensonges&#034;. Les flonflons de la c&#233;l&#233;bration du d&#233;barquement du 6 juin 1944 se sont tus. Mais la classe ouvri&#232;re ne doit jamais oublier les v&#233;ritables le&#231;ons de cet &#233;v&#233;nement : - le capitalisme d&#233;cadent ne peut mettre fin aux guerres, il ne peut qu'accumuler ruines sur ruines, que semer la mort &#224; grande &#233;chelle ; - la bourgeoisie est pr&#234;te &#224; toutes les infamies, &#224; tous les mensonges pour pr&#233;server sa domination sur la soci&#233;t&#233; ; - le prol&#233;tariat ne doit jamais sous estimer l'intelligence de la classe exploiteuse, sa capacit&#233; &#224; mettre en oeuvre les mystifications les plus sophistiqu&#233;es pour conserver son pouvoir et ses privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Dans ce registre, il faut &#233;galement signaler l'op&#233;ration &#034;Chair &#224; p&#226;t&#233;&#034; (&#034;Mincemeat&#034;) destin&#233;e &#224; faire croire &#224; l'&#201;tat-major allemand que le d&#233;barquement en Sicile de juillet 1943 n'est qu'une diversion pour un d&#233;barquement beaucoup plus important en Gr&#232;ce et en Sardaigne. Pour ce faire, on a largu&#233; pr&#232;s des c&#244;tes espagnoles le cadavre d'un homme, le major William Martin, qui n'avait jamais exist&#233; et qui portait attach&#233;e &#224; son poignet une serviette contenant des documents propres &#224; accr&#233;diter la mystification pr&#233;par&#233;e par les Alli&#233;s. Ces documents, avant que d'&#234;tre restitu&#233;s aux anglais par les autorit&#233;s franquistes, avaient n&#233;anmoins &#233;t&#233; photocopi&#233;s par les services secrets allemands. L'op&#233;ration &#034;Mincemeat&#034;, jointe &#224; d'autres manoeuvres du m&#234;me type, a pleinement r&#233;ussi puisque Hitler a envoy&#233; &#224; Ath&#232;nes son plus brillant officier sup&#233;rieur, Rommel lui-m&#234;me, diriger des moyens militaires qui n'ont jamais servi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Il faut noter que le FUSAG &#233;tait compl&#233;t&#233; par la 4e arm&#233;e britannique, forte de 350 000 hommes, bas&#233;e en &#201;cosse et suppos&#233;e pr&#233;parer un d&#233;barquement en Norv&#232;ge. Elle aussi &#233;tait totalement fictive, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233;, d&#232;s qu'&#224; commenc&#233; le d&#233;barquement en Normandie, de se d&#233;placer vers le Sud pour rejoindre le FUSAG en vue d'un d&#233;barquement &#224; venir dans le Pas-de-Calais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Cet exploit peu glorieux des &#034;Moyens sp&#233;ciaux&#034; est rapport&#233; de fa&#231;on romanc&#233;e par le journaliste et romancier am&#233;ricain Larry Collins (co-auteur de &#034;Paris br&#251;le-t-il ?&#034;) dans son roman &#034;Fortitude&#034;. Cet &#233;pisode n'est &#233;videmment pas le seul o&#249; s'est exprim&#233; le cynisme des dirigeants Alli&#233;s. Dans ce domaine, il vaut la peine de rappeler le d&#233;barquement sur Dieppe du 19 ao&#251;t 1942. Cette op&#233;ration o&#249; ont &#233;t&#233; engag&#233;s 5000 soldats canadiens et 2000 britanniques ne visait nullement &#224; prendre position en France. D&#232;s le d&#233;part, les dirigeants Alli&#233;s savaient qu'ils envoyaient tous ces jeunes soldats au massacre. L'op&#233;ration avait comme unique objectif de tester &#034;en r&#233;el&#034; les moyens de d&#233;fense allemands et de r&#233;colter de l'information sur les diff&#233;rents probl&#232;mes qu'il faudrait r&#233;soudre lors du v&#233;ritable d&#233;barquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Voir &#224; ce sujet notre article &#034;Pearl Harbor 1941, les 'Twin Towers' 2001, Le machiav&#233;lisme de la bourgeoisie&#034;, Revue internationale 108. A ceux qui critiquent nos articles mettant en &#233;vidence le machiav&#233;lisme de la classe dominante en affirmant que celle-ci n'est pas capable de r&#233;aliser les agissements que nous lui attribuons, nous conseillons de lire &#034;La Guerre secr&#232;te&#034;, ou plus simplement &#034;L'espion qui venait du froid&#034; &#233;crit par un ancien agent secret anglais, John Le Carr&#233;. Ce sont d'excellent rem&#232;des contre la na&#239;vet&#233; comme celle dont sont afflig&#233;s nos d&#233;tracteurs. &lt;strong&gt;Source : CCI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour le renversement du stalinisme en URSS</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1457</link>
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		<dc:date>2009-10-28T10:49:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le renversement r&#233;volutionnaire de la clique bonapartiste du Kremlin &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir pendant cinq ans l&#233;ch&#233; les bottes des &#171; d&#233;mocraties &#187;, le Kremlin a r&#233;v&#233;l&#233; son cynique m&#233;pris pour le prol&#233;tariat mondial en concluant une alliance avec Hitler et en l'aidant &#224; &#233;trangler le peuple polonais, il a fait le fanfaron, avec un chauvinisme honteux &#224; la veille de l'invasion de la Finlande et a &#233;tal&#233; une incapacit&#233; militaire non moins honteuse dans la lutte qui a suivi. Il a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le renversement r&#233;volutionnaire de la clique bonapartiste du Kremlin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pendant cinq ans l&#233;ch&#233; les bottes des &#171; d&#233;mocraties &#187;, le Kremlin a r&#233;v&#233;l&#233; son cynique m&#233;pris pour le prol&#233;tariat mondial en concluant une alliance avec Hitler et en l'aidant &#224; &#233;trangler le peuple polonais, il a fait le fanfaron, avec un chauvinisme honteux &#224; la veille de l'invasion de la Finlande et a &#233;tal&#233; une incapacit&#233; militaire non moins honteuse dans la lutte qui a suivi. Il a bruyamment promis d' &#171; &#233;manciper &#187; le peuple finnois des capitalistes, puis a capitul&#233; l&#226;chement devant Hitler : telle a &#233;t&#233; la performance du r&#233;gime stalinien aux heures critiques de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proc&#232;s de Moscou avaient d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;l&#233; que l'oligarchie totalitaire &#233;tait devenue un obstacle absolu sur la voie du d&#233;veloppement du pays. Le niveau toujours plus &#233;lev&#233; des besoins de plus en plus complexes de la vie &#233;conomique ne peut plus supporter son &#233;tranglement par la bureaucratie. La bande des parasites n'est pourtant pas pr&#234;te &#224; faire des concessions. En luttant pour sa position, elle d&#233;truit ce qu'il y a de meilleur dans le pays. Il ne faudrait pas penser que le peuple qui a fait trois r&#233;volutions en douze ans est soudain devenu stupide. Il est r&#233;prim&#233; et d&#233;sorient&#233;, mais il observe et il pense. La bureaucratie lui rappelle chaque jour son existence par sa domination arbitraire, son oppression, sa rapacit&#233; et sa soif sanglante de vengeance. Les ouvriers et les kolkhoziens mourant &#224; moiti&#233; de faim murmurent avec haine au sujet des caprices dispendieux du commissaires cruels. Pour le 60&#176; anniversaire de Staline, les ouvriers de l'Oural ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de travailler pendant un an et demi &#224; un portrait gigantesque du &#171; p&#232;re des peuples &#187; d&#233;test&#233;, fait de pierres pr&#233;cieuses &#8209; une entreprise digne du Perse Xerx&#232;s ou de l'Egyptienne Cl&#233;op&#226;tre [1] . Un r&#233;gime capable de se laisser aller &#224; de telles abominations ne peut que provoquer la haine des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;trang&#232;re correspond &#224; la politique int&#233;rieure. Si le gouvernement du Kremlin avait r&#233;ellement exprim&#233; les int&#233;r&#234;ts de l'Etat ouvrier, si l'Internationale communiste avait servi la cause de la r&#233;volution, les masses populaires de la petite Finlande auraient in&#233;vitablement &#233;t&#233; attir&#233;es par l'U.R.S.S. et l'invasion de l'Arm&#233;e rouge, ou bien n'aurait pas &#233;t&#233; n&#233;cessaire du tout ou aurait &#233;t&#233; accept&#233;e d'embl&#233;e par le peuple finnois comme un acte r&#233;volutionnaire d'&#233;mancipation. En r&#233;alit&#233; toute l&#224; politique ant&#233;rieure du Kremlin &#233;loignait de l'U.R.S.S. les ouvriers et paysans finnois. Alors que Hitler avait pu compter sur l'aide de ce qu'on appelait &#171; la cinqui&#232;me colonne &#187; dans les pays neutres qu'il envahissait, Staline ne trouva aucun soutien d'aucune sorte en Finlande en d&#233;pit de la tradition de l'insurrection de 1918 et de la longue existence du parti communiste finnois [2]. Dans ces conditions, l'invasion de l'Arm&#233;e rouge assumait le caract&#232;re d'une violence militaire directe et ouverte. La responsabilit&#233; de cette violence retombe int&#233;gralement et sans partage sur l'oligarchie de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre est le r&#233;v&#233;lateur d'un r&#233;gime. Comme cons&#233;quence de la premi&#232;re p&#233;riode de la guerre, la position internationale de l'U.R.S.S., en d&#233;pit de succ&#232;s trompe-l'&#339;il a de toute &#233;vidence empir&#233;. La politique &#233;trang&#232;re du Kremlin a repouss&#233; de l'U.R.S.S. de larges cercles de la classe ouvri&#232;re mondiale et des peuples opprim&#233;s. Les bases strat&#233;giques de soutien prises par Moscou constitueront un facteur de troisi&#232;me ordre dans le conflit des forces mondiales. Dans l'intervalle, l'Allemagne a acquis la partie la plus importante et la plus industrialis&#233;e de la Pologne et une fronti&#232;re commune avec l'U.R.S.S., c'est&#8209;&#224;&#8209;dire une porte vers l'Est. A travers la Scandinavie, l'Allemagne domine la mer Baltique, transformant la Baltique en une bouteille fermement scell&#233;e. La Finlande ulc&#233;r&#233;e tombe sous le contr&#244;le direct de Hitler. Au lieu d'Etats neutres faibles, l'U.R.S.S. affronte maintenant une Allemagne puissante, de l'autre c&#244;t&#233; de sa fronti&#232;re de Leningrad. La faiblesse de l'Arm&#233;e rouge d&#233;capit&#233;e par Staline a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e au monde entier. Les tendances nationalistes centrifuges &#224; l'int&#233;rieur de l'U.R.S.S. se sont intensifi&#233;es. Le prestige de la direction du Kremlin a d&#233;cru. L'Allemagne &#224; l'Ouest, le Japon &#224; l'Est sont aujourd'hui infiniment plus confiants qu'auparavant, avant l'aventure finnoise du Kremlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son maigre arsenal, Staline ne pouvait trouver qu'une seule et unique r&#233;ponse &#224; l'avertissement mena&#231;ant des &#233;v&#233;nements : il a remplac&#233; Vorochilov par un n&#233;ant plus vide encore, Timochenko [4]. Comme toujours en pareil cas, le but de la man&#339;uvre est de d&#233;tourner la col&#232;re du peuple et de l'arm&#233;e du principal responsable criminel de ses malheurs et de mettre &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e un individu dont la fiabilit&#233; est garantie par son insignifiance. Le Kremlin s'est une fois de plus manifest&#233; comme le principal repaire du d&#233;faitisme. C'est seulement en d&#233;truisant ce repaire que la s&#233;curit&#233; de l'U.R.S.S. peut &#234;tre prot&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration du renversement r&#233;volutionnaire de la caste dirigeante de Moscou est l'une des t&#226;ches principales de la IV&#176; Internationale. Elle n'est ni simple ni facile. Elle exige de l'h&#233;ro&#239;sme et des sacrifices. Cependant, l'&#233;poque de grandes convulsions dans laquelle est entr&#233;e l'humanit&#233; portera &#224; l'oligarchie du Kremlin coup sur coup, brisera son appareil totalitaire, suscitera la confiance en elles des masses ouvri&#232;res et facilitera ainsi la formation d'une section sovi&#233;tique de la IV&#176; Internationale. Les &#233;v&#233;nements vont oeuvrer en notre faveur si nous sommes capables de les y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Allusion au souverain perse Xerx&#232;s (Khsaryasha) I&#176; (486&#8209;465 av. J.C.), envahisseur de la Gr&#232;ce, battu &#224; Salamine, c&#233;l&#232;bre pour son faste, et &#224; la reine d'Egypte Cleopatra (69&#8209;30) qui v&#233;cut avec C&#233;sar puis Marc&#8209;Antoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] C'est en janvier 1918 qu'avait &#233;t&#233; proclam&#233; un gouvernement sovi&#233;tique de Finlande, chass&#233; apr&#232;s une f&#233;roce guerre civile par les forces de Mannerheim, aid&#233; par l'Allemagne. Le P.C. finnois avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; au cours d'une conf&#233;rence en U.R.S.S. en ao&#251;t 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Semion K. Timochenko (1895&#8209;1970), cavalier, li&#233; &#224; Staline pendant la guerre civile, lui devait son avancement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'attentat contre Trotsky</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1455</link>
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		<dc:date>2009-10-28T10:20:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1940 &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;moire aux autorit&#233;s mexicaines envoy&#233; au pr&#233;sident Cardenas par l'interm&#233;diaire de son chef de cabinet. A. Lenero (T 4887), traduction du russe, revue. Les [&#8230;] indiquent la partie qui ne fut pas publi&#233;e dans l'&#233;dition au Mexique en 1940 de Los Gangsters de Stalin parce qu'elle avait &#233;t&#233; reprise dans l'&#233;tude sur le Comintern et le G.P.U. &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Attentat du 24 mai 8 juin 1940 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'attaque se produisit &#224; l'aube, vers quatre heures du matin. Je dormais profond&#233;ment, car (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1940&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;moire aux autorit&#233;s mexicaines envoy&#233; au pr&#233;sident Cardenas par l'interm&#233;diaire de son chef de cabinet. A. Lenero (T 4887), traduction du russe, revue. Les [&#8230;] indiquent la partie qui ne fut pas publi&#233;e dans l'&#233;dition au Mexique en 1940 de Los Gangsters de Stalin parce qu'elle avait &#233;t&#233; reprise dans l'&#233;tude sur le Comintern et le G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Attentat du 24 mai&lt;br class='autobr' /&gt;
8 juin 1940&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque se produisit &#224; l'aube, vers quatre heures du matin. Je dormais profond&#233;ment, car j'avais pris un soporifique apr&#232;s une journ&#233;e de travail &#233;crasante. R&#233;veill&#233; par les rafales de la fusillade, mais encore plut&#244;t dans un demi-sommeil, je m'imaginai d'abord que l'on c&#233;l&#233;brait la f&#234;te nationale pr&#232;s de la maison, avec des feux d'artifice. Mais les explosions &#233;taient trop proches de nous, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la pi&#232;ce, pr&#232;s de moi, et au-dessus de ma t&#234;te. L'odeur de la poudre prenait de plus en plus &#224; la gorge. De toute &#233;vidence, ce que nous attendions depuis longtemps &#233;tait maintenant en train de se produire : nous &#233;tions attaqu&#233;s. O&#249; &#233;taient les policiers cantonn&#233;s hors de la maison ? Qu'&#233;taient devenus les gardes plac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur ? Pieds et poings li&#233;s ? Enlev&#233;s ? Assassin&#233;s ? Ma femme avait d&#233;j&#224; saut&#233; du lit. La fusillade continuait sans arr&#234;t. Ma femme m'a dit plus tard qu'elle m'avait entra&#238;n&#233; sur le plancher, me poussant dans le coin entre le lit et le mur. C'est l'exacte v&#233;rit&#233;. Elle &#233;tait rest&#233;e devant moi, pr&#232;s du mur, comme pour me prot&#233;ger de son corps. Mais, par gestes et &#224; voix basse, je la persuadai de s'&#233;tendre &#224; terre. Les coups de feu venaient de tous c&#244;t&#233;s, il &#233;tait difficile de savoir d'o&#249; exactement. A un moment, comme elle me le raconta plus tard, ma femme put distinguer la lueur du coup de feu : c'est donc que la rafale partait de la pi&#232;ce m&#234;me, bien que nous ne voyions personne. Mon impression est que deux cents coups de feu environ furent tir&#233;s, dont une centaine dans la pi&#232;ce m&#234;me, tout pr&#232;s de nous. Des &#233;clats de vitre et de pl&#226;tre volaient dans toutes les directions. Un peu plus tard, je m'aper&#231;us que j'avais &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement touch&#233; deux fois &#224; la jambe droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la fusillade s'arr&#234;ta, nous entend&#238;mes notre petit-fils [1] appeler dans la pi&#232;ce voisine : &#171; Grand-p&#232;re ! &#187;. La voix de l'enfant, dans la nuit, au milieu de la fusillade, reste le souvenir plus tragique de toute cette nuit. Apr&#232;s qu'une rafale e&#251;t travers&#233; son lit en diagonale comme l'attestent les marques sur la porte et le mur, l'enfant se jeta sous son lit : une balle traversa le matelas, le blessa au gros orteil et s'enfon&#231;a dans le plancher. Les assaillants lanc&#232;rent deux bombes incendiaires et quitt&#232;rent la chambre de notre petit-fils. Criant &#171; Grand-p&#232;re ! &#187;, il courut derri&#232;re eux dans le patio, laissant derri&#232;re lui une tra&#238;n&#233;e de sang et, sous le feu, se pr&#233;cipita dans la chambre d'un des gardes, Harold Robins [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cri de notre petit-fils, ma femme se pr&#233;cipita dans sa chambre, d&#233;j&#224; vide. Le plancher, la porte et un petit meuble br&#251;laient. &#171; Ils ont enlev&#233; Sieva &#187;, lui dis-je. Ce fut le pire moment. Les coups de feu continuaient, mais d&#233;j&#224; loin de notre chambre &#224; coucher, quelque part dans le patio ou dehors, pr&#232;s des murs. Apparemment, les terroristes couvraient leur retraite. Ma femme s'empressa d'&#233;touffer les flammes avec une couverture. Une semaine plus tard, elle devait encore soigner ses br&#251;lures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux membres de notre garde apparurent, Otto [Sch&#252;ssler] et Charles [Cornell] : ils avaient &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s de nous pendant l'attaque par un feu nourri de mitraillettes. Ils confirm&#232;rent que les assaillants semblaient s'&#234;tre retir&#233;s puisqu'on n'en voyait plus un seul dans le patio. Le garde de service cette nuit-l&#224;, Robert Sheldon Harte avait disparu. Les deux automobiles &#233;taient parties. Pourquoi les policiers de garde, qui stationnaient &#224; l'ext&#233;rieur, gardaient-ils le silence ? Ils avaient &#233;t&#233; ligot&#233;s par les attaquants qui criaient &#171; Vive Almaz&#224;n &#187;. Telle fut l'histoire que racont&#232;rent les policiers ligot&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma femme et moi cr&#251;mes, le lendemain, que les attaquants avaient tir&#233; &#224; travers les fen&#234;tres et les portes, et qu'aucun d'eux n'avait p&#233;n&#233;tr&#233; dans notre chambre. Pourtant un examen de la trajectoire des balles prouva de fa&#231;on irr&#233;futable que les huit coups qui frapp&#232;rent le mur &#224; la t&#234;te des deux lits et qui trou&#232;rent le matelas en quatre endroits, ainsi que les traces de balles dans le plancher sous le lit ne pouvaient avoir &#233;t&#233; tir&#233;s que de l'int&#233;rieur de la pi&#232;ce. Des douilles trouv&#233;es sur le plancher et une couverture roussie en deux endroits t&#233;moignent en faveur de la m&#234;me interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les terroristes entr&#232;rent-ils dans notre chambre ? Au cours de la premi&#232;re partie de l'attaque, avant que nous soyons r&#233;veill&#233;s ? Ou bien au contraire pendant les derniers moments, alors que nous &#233;tions couch&#233;s sur le plancher ? Je penche pour la seconde hypoth&#232;se. Ayant tir&#233; &#224; travers portes et fen&#234;tres plusieurs vingtaines de balles, et n'ayant entendu ni cris ni g&#233;missements, les attaquants avaient toutes raisons de penser qu'ils n'avaient pas achev&#233; leur besogne. L'un d'entre eux a d&#251; entrer au dernier moment pour donner le coup de gr&#226;ce. Il est possible que draps et traversins aient conserv&#233; la forme de corps humains. A quatre heures du matin, la pi&#232;ce &#233;tait dans l'obscurit&#233;. Ma femme et moi restions &#233;tendus en silence et sans bouger sur le plancher. Avant de quitter notre chambre, le terroriste qui vint pour v&#233;rifier si la t&#226;che &#233;tait d&#233;j&#224; accomplie a pu tirer quelques coups sur le lit &#171; pour en avoir le c&#339;ur net &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait fastidieux d'analyser ici dans le d&#233;tail les l&#233;gendes vari&#233;es, n&#233;es de l'incompr&#233;hension ou de la malveillance, qui ont servi directement ou indirectement &#224; la th&#233;orie de l'attentat simul&#233;. La presse all&#233;gua que ma femme et moi n'&#233;tions pas dans notre chambre la nuit de l'attentat. El Popular - l'organe de l'alli&#233; des staliniens, [Lombardo] Toledano - se r&#233;pandit en propos concernant mes &#171; contradictions &#187; : selon une version on dit que j'avais ramp&#233; dans un coin de la pi&#232;ce, selon un autre, que j'avais saut&#233; sur le plancher, etc. Il n'y a l&#224;-dedans pas un mot de vrai. Toutes les pi&#232;ces de la maison sont occup&#233;es, la nuit par des personnes d&#233;sign&#233;es d'avance, &#224; l'exception de la biblioth&#232;que, de la salle &#224; manger et de mon bureau. Mais pr&#233;cis&#233;ment, les attaquants travers&#232;rent ces pi&#232;ces et ne nous y trouv&#232;rent pas. Nous dormions l&#224; o&#249; nous dormions toujours dans notre chambre &#224; coucher. Comme on l'a d&#233;j&#224; &#233;tabli, je me jetai dans un coin de la pi&#232;ce et ma femme m'y rejoignit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que nous ayons surv&#233;cu ? De toute &#233;vidence par un hasard heureux. Les lits furent sous un feu crois&#233;. Peut-&#234;tre les attaquants eurent-ils peur de se blesser mutuellement et tir&#232;rent-ils instinctivement plus haut ou bas qu'ils n'auraient d&#251;. Mais ce n'est qu'une supposition du domaine de la psychologie. Il est &#233;galement possible que ma femme et moi ayons aid&#233; le hasard en ne perdant pas la t&#234;te, en n'appelant pas au secours, alors que cela n'aurait servi &#224; rien, en ne tirant pas quand cela n'aurait eu aucun sens, mais en restant tranquillement &#233;tendus sur le sol, faisant les morts [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Il pourrait para&#238;tre incompr&#233;hensible aux non-initi&#233;s que la clique de Staline m'e&#251;t d'abord exil&#233;, puis ait tent&#233; ensuite de m'assassiner &#224; l'&#233;tranger. N'e&#251;t-il pas &#233;t&#233; plus simple de me fusiller &#224; Moscou, comme tant d'autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'explication. En 1928, lorsque je fus exclu du parti et exil&#233; en Asie centrale, il &#233;tait encore impossible non seulement de parler de peloton d'ex&#233;cution, mais m&#234;me d'arrestation. La g&#233;n&#233;ration avec laquelle j'avais travers&#233; la r&#233;volution d'Octobre et la guerre civile &#233;tait encore en vie. Le bureau politique se sentait assi&#233;g&#233; de tous c&#244;t&#233;s. D'Asie centrale, j'avais pu maintenir des contacts directs avec l'Opposition. Dans ces conditions, Staline, apr&#232;s avoir h&#233;sit&#233; pendant un an, d&#233;cida d'avoir recours &#224; l'exil comme un moindre mal. Il pensa que Trotsky, isol&#233; de l'U.R.S.S., d&#233;pourvu d'appareil et de ressources mat&#233;rielles, serait incapable d'entreprendre quoi que ce soit. De plus il calcula qu'apr&#232;s &#234;tre parvenu &#224; me noircir compl&#232;tement aux yeux de la population, il n'aurait aucune difficult&#233; &#224; obtenir du gouvernement alli&#233; de Turquie mon retour &#224; Moscou pour le coup final. Les &#233;v&#233;nements ont toutefois montr&#233; depuis qu'il est possible, sans appareil ni ressources mat&#233;rielles, de prendre part &#224; la vie politique. Avec l'aide de jeunes camarades, j'ai pos&#233; les bases de la IV&#176; Internationale qui se fraie lentement mais s&#251;rement son chemin. Les proc&#232;s de Moscou de 1936-1937 ont &#233;t&#233; organis&#233;s pour obtenir mon expulsion de Norv&#232;ge, c'est-&#224;-dire en fait me livrer aux mans du G.P.U. Mais cela n'a pas r&#233;ussi. J'ai atteint le Mexique. Je sais que Staline a reconnu &#224; plusieurs reprises que c'&#233;tait une &#171; erreur &#233;norme &#187; de m'avoir exil&#233;. Pour r&#233;parer cette erreur, il ne restait qu'une action terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, le G.P.U. a supprim&#233; des centaines de mes amis, ainsi que des membres de ma famille en U.R.S.S. En Espagne, il a assassin&#233; mon ancien secr&#233;taire Erwin Wolf et plusieurs camarades ; &#224; Paris, il a assassin&#233; mon fils, L&#233;on Sedov [4], que les tueurs professionnels de Staline guettaient depuis deux ans. A Lausanne, le G.P.U. a tu&#233; Ignace Reiss qui l'avait quitt&#233; et avait rejoint les rangs de la IV&#176; Internationale. A Paris, les agents de Staline ont assassin&#233; un autre de mes anciens secr&#233;taires, Rudolf Klement, dont le corps fut retrouv&#233; dans la Seine, la t&#234;te, les mains et les jambes coup&#233;es. On pourrait poursuivre cette liste interminable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, il y eut une tentative &#233;vidente de me faire assassiner dans ma maison par un individu muni d'une fausse recommandation d'un homme politique tr&#232;s connu [5]. Ce fut apr&#232;s cet incident, que nous primes des mesures de protection plus s&#233;rieuses : gardes nuit et jour, syst&#232;me d'alarme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la participation active et v&#233;ritablement meurtri&#232;re du G.P.U. dans les &#233;v&#233;nements d'Espagne, j'ai re&#231;u nombre de lettres de mes amis, surtout de Paris et de New York, &#224; propos des agents du G.P.U. qui ont &#233;t&#233; envoy&#233;s de France ou des &#201;tats-Unis au Mexique. Les noms et les photographies de ces messieurs, je les ai transmis en temps voulu &#224; la police mexicaine. La d&#233;claration de guerre a d'autant plus aggrav&#233; cette situation par suite de ma lutte irr&#233;ductible contre la politique &#233;trang&#232;re et int&#233;rieure du Kremlin. Mes d&#233;clarations et mes articles dans la presse mondiale - sur le d&#233;membrement de la Pologne, la faiblesse de l'Arm&#233;e rouge dirig&#233;e par Staline, etc. - ont &#233;t&#233; reproduits &#224; des dizaines de millions d'exemplaires. Le m&#233;contentement ne cesse de grandir en U.R.S.S. m&#234;me. En tant qu'ancien r&#233;volutionnaire, Staline se souvient que la III&#176; Internationale &#233;tait infiniment plus faible au d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre mondiale que ne l'est &#224; pr&#233;sent la IV&#176;. Le d&#233;roulement de la guerre peut donner un puissant &#233;lan au d&#233;veloppement de la IV&#176; Internationale, y compris en U.R.S.S. C'est pourquoi Staline ne peut pas avoir manqu&#233; de donner des ordre &#224; ses agents d'en finir avec moi au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des faits connus de tous et des consid&#233;rations politiques g&#233;n&#233;rales d&#233;montrent &#233;galement sans aucun doute possible que l'organisation de l'attentat du 24 mai ne peut &#234;tre l'&#339;uvre que du G.P.U. Il ne manque pourtant pas de preuves suppl&#233;mentaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. Quelques semaines avant l'attentat, la presse mexicaine &#233;tait pleine de rumeurs au sujet d'une concentration d'agents du G.P.U. au Mexique. Il y avait bien des choses fausses dans ces rapports. Mais le fondement de ces rumeurs &#233;tait exact.&lt;br class='autobr' /&gt; 2. Il faut noter avec soin l'exceptionnelle qualit&#233; technique de l'attentat. L'assassinat n'a &#233;chou&#233; que par un de ces hasards qui font partie int&#233;grante de toute guerre. Mais la pr&#233;paration et l'ex&#233;cution de l'attentat sont &#233;tonnantes par leur caract&#232;re m&#233;thodique, leur efficacit&#233; et le nombre des participants. Les terroristes sont familiaris&#233;s avec les abords de la maison et sa vie int&#233;rieure : ils sont &#233;quip&#233;s d'uniformes de police [6], d'armes, de scies &#233;lectriques, d'&#233;chelles de corde, etc. Ils ont parfaitement r&#233;ussi &#224; ligoter les policiers plac&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur. Ils ont paralys&#233; les gardes plac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur par une disposition judicieuse de leurs tirs ; ils ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans la chambre de la victime d&#233;sign&#233;e, tir&#233; impun&#233;ment pendant trois &#224; cinq minutes, lanc&#233; des bombes incendiaires et quitt&#233; le champ de bataille sans laisser derri&#232;re eux la moindre trace. Une telle entreprise d&#233;passe les possibilit&#233;s d'un groupe ind&#233;pendant. Il faut noter la formation, l'entra&#238;nement, les ressources consid&#233;rables et la s&#233;lection des ex&#233;cutants. Cela, c'est le travail du G.P.U.&lt;br class='autobr' /&gt; 3. Tout &#224; fait conforme au syst&#232;me classique du G.P.U. est le soin avec lequel on cherche &#224; d&#233;voyer l'enqu&#234;te sur une fausse piste introduisant cette derni&#232;re dans la pr&#233;paration m&#234;me de l'attentat. En ligotant les policiers, les assaillants criaient : &#171; Viva Almaz&#224;n ! &#187; Ces clameurs artificielles et frauduleuses, la nuit devant cinq policiers dont trois dormaient, visaient deux buts &#224; la fois : distraire, ne f&#251;t-ce que pour quelques jours l'attention de l'enqu&#234;te &#224; venir et la tenir &#224; l'&#233;cart du G.P.U. et de son agence au Mexique et compromettre les partisans d'un des candidats &#224; la pr&#233;sidence. Tuer un adversaire en rejetant le soup&#231;on sur autrui, c'est la m&#233;thode classique du G.P.U., ou, plus exactement, de son inspirateur, Staline.&lt;br class='autobr' /&gt; 4. Les assaillants avaient apport&#233; avec eux plusieurs bombes incendiaires, dont deux ont &#233;t&#233; jet&#233;es dans la chambre de mon petit-fils. Ceux qui participaient &#224; l'attaque avaient donc l'intention non seulement de tuer mais aussi de mettre le feu. Leur unique but, dans ce cas, ne pouvait &#234;tre que de d&#233;truire mes archives. Ceci n'int&#233;resse que Staline, du fait de l'exceptionnelle valeur de mes archives dans ma lutte contre l'oligarchie du Kremlin. Ce sont en particulier mes archives qui m'ont permis de d&#233;montrer que les proc&#232;s de Moscou n'&#233;taient que des machinations polici&#232;res. Le 7 novembre 1936, le G.P.U., courant de gros risques, avait d&#233;j&#224; vol&#233; &#224; Paris une partie de mes archives. Il ne les oublia pas pendant la nuit du 24 mai. Les bombes incendiaires sont ainsi une sorte de carte de visite de Staline.&lt;br class='autobr' /&gt; 5. Tout &#224; fait caract&#233;ristique des crimes du G.P.U. est la division du travail entre les tueurs clandestins et les &#171; amis &#187; l&#233;gaux. Tout en pr&#233;parant l'attaque par un travail conspiratif clandestin, on menait une campagne ouverte de calomnies dans le but de discr&#233;diter la victime pr&#233;sum&#233;e. La m&#234;me division du travail se poursuit apr&#232;s le crime : les terroristes vont se cacher pendant que leurs avocats tentent ouvertement d'attirer l'attention de la police sur une fausse piste.&lt;br class='autobr' /&gt; 6. Enfin, il n'est pas possible de ne pas relever les r&#233;actions de la presse mondiale : les journaux de toutes tendances partent de l'id&#233;e tacite ou nettement exprim&#233;e selon laquelle cet attentat est l'&#339;uvre du G.P.U. Seuls les journaux stipendi&#233;s par le Kremlin ou &#224; ses ordres soutiennent une version diff&#233;rente. C'est une preuve politique irr&#233;futable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du 24 mai, les repr&#233;sentants de la direction de la police me demand&#232;rent ma collaboration pour r&#233;soudre le probl&#232;me. Le colonel Salazar et des dizaines d'agents s'adress&#232;rent &#224; moi, de la mani&#232;re la plus amicale possible, pour obtenir des informations diverses. Ma famille, mes collaborateurs et moi-m&#234;me, nous f&#238;mes tout ce qui &#233;tait en notre pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 ou le 26 mai, deux agents de la police secr&#232;te me dirent que l'enqu&#234;te &#233;tait sur une bonne voie, et qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; de toute fa&#231;on prouv&#233; &#171; qu'il s'agissait bien d'une &#171; tentative d'assassinat &#187;. Je fus &#233;tonn&#233;. Apr&#232;s tout, &#233;tait-il n&#233;cessaire de le prouver ? Je me demandai pr&#233;cis&#233;ment contre qui la police avait &#224; prouver que cet attentat en &#233;tait bien un ? En tout cas, jusqu'au soir du 27 mai, l'enqu&#234;te, autant que je pouvais le juger, &#233;tait tourn&#233;e contre les assaillants inconnus, et pas contre les victimes. Le 28 mai, je transmis au colonel Salazar une &#233;preuve qui, comme le d&#233;montra la troisi&#232;me phase de l'enqu&#234;te, &#233;tait de la plus haute importance . Mais &#233;tait alors inscrite &#224; l'ordre du jour une seconde phase, que je n'aurais jamais imagin&#233;e, celle d'une enqu&#234;te dirig&#233;e contre moi et mes collaborateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 28 mai, un changement complet et brutal dans l'orientation de l'enqu&#234;te et dans l'attitude de la police vis-&#224;-vis de ma maison fut pr&#233;par&#233; et r&#233;alis&#233;. Nous f&#251;mes imm&#233;diatement entour&#233;s d'une atmosph&#232;re hostile. Que se passe-t-il ?, nous, demandions-nous avec embarras. Ce tournant ne s'est pas produit tout seul. Il devait y avoir des raisons concr&#232;tes et imp&#233;ratives. Il ne s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233; et ne pouvait se r&#233;v&#233;ler m&#234;me un semblant de fait ou d'&#233;l&#233;ment factuel pouvant justifier pareil tournant dans le cours de l'enqu&#234;te. Je ne puis y trouver d'autre explication que l'&#233;norme pression exerc&#233;e par le G.P.U. appuy&#233; sur tous ses &#171; amis &#187;. Un v&#233;ritable coup d'&#233;tat s'&#233;tait produit en coulisses. Qui l'avait dirig&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'intervient un fait qui pourrait sembler insignifiant, mais qui m&#233;rite la plus grande attention. Au matin du 27 mai, El Popular et El Nacional publi&#232;rent tous deux une histoire identique : &#171; M. Trotsky se contredit &#187;, m'imputant des contradictions sur ma conduite durant la nuit du 24 mai et dans le cours de l'attentat lui-m&#234;me. Cette histoire, que, dans l'agitation de ces heures, j'ai laiss&#233;e passer sans y pr&#234;ter attention, &#233;tait du d&#233;but &#224; la fin une pure affabulation. Qui avait donn&#233; cette information aux journaux &#171; de gauche &#187; ? C'est une question capitale. On se r&#233;f&#232;re comme sources &#224; des &#171; observateurs anonymes &#187;. Qui sont ces &#171; observateurs &#187; ? Qu'ont-ils observ&#233;, et o&#249; ? Il est tout &#224; fait &#233;vident que cette histoire avait pour but de pr&#233;parer et de justifier aux yeux des cercles gouvernementaux, o&#249; ces journaux sont largement diffus&#233;s, le tournant hostile de l'enqu&#234;te contre moi et mes collaborateurs. Un examen serr&#233; de cet &#233;pisode mettrait &#224; coup s&#251;r bien des choses en lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux employ&#233;es de la maison furent interrog&#233;es pour la premi&#232;re fois le 28 mai, c'est-&#224;-dire le jour m&#234;me o&#249; nous &#233;touffions d&#233;j&#224; dans une atmosph&#232;re hostile, et o&#249; la police se tournait d&#233;j&#224; vers l'interpr&#233;tation de l'&#171; attentat simul&#233; &#187;. Le lendemain 29, les deux femmes furent de nouveau convoqu&#233;es, emmen&#233;es &#224; 4 heures de l'apr&#232;s-midi via Madero (Guadalupe) o&#249; elles furent interrog&#233;es jusqu'&#224; 11 heures du soir dans l'immeuble, et de 11 heures &#224; 2 heures du matin, dans une automobile dans la cour obscure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun proc&#232;s-verbal ne fut pris. Elles furent reconduites &#224; la maison aux environs de 3 heures. Le 30 mai, un agent de police apparut dans la cuisine avec un proc&#232;s-verbal tout pr&#234;t, et les deux femmes le sign&#232;rent sans l'avoir lu. L'agent quitta la cuisine une minute environ apr&#232;s y &#234;tre entr&#233;. Quand ces deux femmes apprirent par les journaux que mes secr&#233;taires Charles et Otto avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s sur la base de leurs d&#233;clarations, elles affirm&#232;rent toutes les deux qu'elles n'avaient absolument rien dit qui puisse justifier leur arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ces deux membres de ma garde ont-ils &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, et pas les autres ? Parce que Otto et Charles servaient d'agents de liaison avec les autorit&#233;s et avec quelques camarades qui se trouvaient en ville. Pr&#233;parant le coup contre moi, les magistrats charg&#233;s de l'instruction d&#233;cid&#232;rent d'isoler d'abord totalement notre maison. Le m&#234;me jour, un Mexicain, Z[endejas] et un Tch&#232;que B[azant] [7], deux jeunes amis qui nous avaient rendu visite pour exprimer leur sympathie, furent arr&#234;t&#233;s. Le but de leur arrestation &#233;tait &#233;videmment identique : couper toutes nos liaisons avec le monde ext&#233;rieur. On exigea des gardes arr&#234;t&#233;s qu'ils avouent &#171; en un quart d'heure &#187; que c'&#233;tait moi qui leur avait donn&#233; l'ordre d'accomplir cet attentat. Je ne tiens pas &#224; exag&#233;rer de tels &#233;pisodes ou &#224; leur donner une signification tragique. Ils ne m'int&#233;ressent que du point de vue de la possibilit&#233; de d&#233;masquer les forces r&#233;unies &#171; en coulisses &#187; et qui furent capables, en 24 heures, de d&#233;clencher de fa&#231;on presque magique un tournant radical dans l'orientation de l'enqu&#234;te. Ces forces continuent aujourd'hui encore &#224; exercer une influence sur le cours de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 30 mai, lorsque B[azant] fut interrog&#233; via Madero tous les agents de la police partaient de la th&#233;orie de l'&#171; attaque contre soi-m&#234;me &#187; et se conduisaient avec insolence &#224; mon &#233;gard, &#224; l'&#233;gard de ma femme et de mes collaborateurs. Pendant ses quatre jours d'incarc&#233;ration, Z[endejas] eut l'occasion d'&#233;couter quelques conversations entre les policiers. Voici ses conclusion : &#171; La main de Lombardo Toledano, de Bassols [8] et autres p&#233;n&#233;trait profond&#233;ment dans l'activit&#233; de la police et ce avec beaucoup de succ&#232;s. L'id&#233;e de l'auto-attentat &#233;tait artificiellement souffl&#233;e par cette source. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression des cercles int&#233;ress&#233;s a d&#251; assumer des proportions v&#233;ritablement irr&#233;sistibles pour obliger les repr&#233;sentants de l'enqu&#234;te &#224; prendre au s&#233;rieux l'id&#233;e absurde de l'attaque contre soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel but aurais-je poursuivi en m'aventurant dans une aussi monstrueuse, aussi r&#233;pugnante et aussi dangereuse ? Personne ne l'a encore expliqu&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. On all&#232;gue que je voulais noircir Staline et son G.P.U. Mais un autre attentat ajouterait-il quoi que ce soit &#224; la r&#233;putation d'un homme qui a d&#233;truit une vieille g&#233;n&#233;ration enti&#232;re du parti bolchevique ? On dit que je voulais prouver l'existence de la &#171; cinqui&#232;me colonne &#187;. Pourquoi ? Dans quel but ? En outre, les agents du G.P.U. suffisent parfaitement pour perp&#233;trer un attentat sans qu'il soit besoin de la myst&#233;rieuse 5&#176; colonne. On dit que j'ai voulu cr&#233;er des difficult&#233;s au gouvernement mexicain. Quels motifs plausibles aurais-je pu avoir de susciter des difficult&#233;s au seul gouvernement qui m'ait offert l'hospitalit&#233; ? On dit que j'ai voulu provoquer une guerre entre les &#201;tats-Unis et le Mexique. Mais cette explication rel&#232;ve int&#233;gralement du domaine du d&#233;lire. Pour provoquer une telle guerre, il e&#251;t &#233;t&#233; en tout cas plus efficace d'organiser un attentat contre un ambassadeur am&#233;ricain ou des magnats du p&#233;trole, pas contre un bolchevik r&#233;volutionnaire, &#233;tranger et ha&#239; des cercles imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline organise un attentat pour m'assassiner, le sens de son action est clair : il veut abattre son ennemi n&#176; 1. Staline ne court ce faisant aucun risque : il agit de loin. Au contraire, en organisant un &#171; attentat simul&#233; &#187;, je dois assumer moi-m&#234;me la responsabilit&#233; d'une telle entreprise : je mets en jeu mon propre destin, celui de ma famille, ma r&#233;putation politique et celle du mouvement que je sers. Qu'ai-je donc &#224; y gagner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, m&#234;me si l'on voulait admettre l'impossible, c'est-&#224;-dire qu'apr&#232;s avoir renonc&#233; &#224; la cause de toute ma vie et foul&#233; aux pieds le sens commun et mes propres int&#233;r&#234;ts vitaux, j'aie d&#233;cid&#233; d'organiser cet &#171; attentat simul&#233; &#187; pour quelque objectif inconnu, il reste encore la question suivante : O&#249; et comment ai-je-pu obtenir vingt ex&#233;cutants ? Comment ai-je pu les &#233;quiper d'uniformes de policiers ? Comment les ai-je arm&#233;s ? Comment les ai-je &#233;quip&#233; du mat&#233;riel n&#233;cessaire ? etc. En d'autres termes, comment un homme, qui vit presque compl&#232;tement isol&#233; du monde ext&#233;rieur, a-t-il pu r&#233;aliser une entreprise qui n'est concevable que pour un puissant appareil ? Je dois avouer que je me sens mal &#224; l'aise en critiquant une id&#233;e qui est au-dessous de toute critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G.P.U. a adroitement mobilis&#233; ses agents pour m'assassiner. La tentative a &#233;chou&#233; accidentellement. Les amis du G.P.U. sont compromis. Ils sont maintenant oblig&#233;s de faire tout ce qu'ils peuvent pour rejeter sur moi la responsabilit&#233; de l'attentat manqu&#233; de leur propre chef. Ce faisant, ils n'ont pas un grand choix des moyens. Il leur faut agir par des m&#233;thodes grossi&#232;res et conformer &#224; l'aphorisme de Hitler : plus le mensonge est gros et plus facilement on le croira [9].]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut tirer des conclusions extr&#234;mement pr&#233;cieuses du travail en coulisses du G.P.U. d'une &#233;tude du comportement d'une partie de la presse mexicaine dans les jours qui ont suivi la tentative d'assassinat. Laissons de c&#244;t&#233; La Voz de M&#233;xico, la publication stalinienne officielle, avec ses contradictions grossi&#232;res, ses accusations insens&#233;es et ses calomnies cyniques. Laissons &#233;galement de c&#244;t&#233; les organes de la droite qui sont inspir&#233;s d'un c&#244;t&#233; par la recherche du sensationnel et essaient du l'autre d'utiliser l'attentat &#224; leur profit &#224; eux, c'est-&#224;-dire contre la &#171; gauche &#187; en g&#233;n&#233;ral. Politiquement, je suis plus loin de journaux comme Universal ou Exc&#233;lsior que de Lombardo Toledano et les siens. J'utilise ces journaux-l&#224; pour me d&#233;fendre exactement comme j'utiliserais un autobus pour me d&#233;placer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les man&#339;uvres des journaux de droite ne sont qu'un reflet de la politique du pays et ils ont essentiellement une attitude d&#233;tach&#233;e par rapport &#224; la question de l'attentat et celle du G.P.U. Pour nos objectifs il est bien plus important d'analyser le comportement d'El Popular et en partie d'El Nacional. La politique active dans ce cas, c'est El Popular qui la m&#232;ne. En ce qui concerne El Nacional, il ne fait que s'adapter &#224; son ami int&#233;ress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du fait rapport&#233; par les journaux, que [Lombardo] Toledano avait quitt&#233; la capitale deux ou trois jours avant l'attentat, El Popular avait au moment critique des directives claires et pr&#233;cises. L'attentat n'a pas surpris ce journal, ne l'a pas pris au d&#233;pourvu. Dans cette affaire, la r&#233;daction n'a pas essay&#233; de faire de l'attentat une plaisanterie ni de faire allusion &#224; ma &#171; folie de la pers&#233;cution &#187;, etc. Au contraire, le journal a tout de suite pris un ton s&#233;rieux et alarm&#233;. Le num&#233;ro du 25 mai, sur toute la premi&#232;re page, lan&#231;ait le mot d'ordre : &#171; L'attentat contre Trotsky est un attentat contre le Mexique. &#187; L'&#233;ditorial sous ce titre exigeait l'enqu&#234;te la plus rigoureuse et la punition exemplaire des coupables quelles que soient leur tendance politique et la puissance &#233;trang&#232;re &#224; laquelle ils sont li&#233;s. Par cette phras&#233;ologie l'article cherche &#224; donner l'impression de la plus grande impartialit&#233; et d'une indignation patriotique. L'objectif imm&#233;diat est de creuser en quelque sorte un ab&#238;me entre la r&#233;daction d'El Popular et les terroristes qui pourraient un jour ou l'autre tomber aux mains de la police. Cette mesure de pr&#233;caution est d'autant plus n&#233;cessaire qu'El Popular avait men&#233; avec un z&#232;le tout particulier une campagne de calomnies contre moi au cours de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, sous la coquille litt&#233;raire de l'impartialit&#233;, pointent quelques insinuations prudentes destin&#233;es &#224; &#234;tre mieux &#233;labor&#233;es dans les jours qui suivent. On remarque en passant, dans une simple phrase qu'il y a &#171; des aspects myst&#233;rieux et suspects &#224; cet attentat &#187;. Ce jour-l&#224;, ces mots sont pass&#233;s inaper&#231;us. Mais il est maintenant parfaitement clair que l'auteur s'&#233;tait r&#233;serv&#233; d'avance la possibilit&#233; d'avancer la th&#233;orie de l'&#171; assaut simul&#233; &#187; en cas d'&#233;chec de l'enqu&#234;te judiciaire. La seconde insinuation n'est pas moins significative : l'article pr&#233;dit que les &#171; ennemis du Mexique &#187; attribueront l'attentat &#224; Staline et &#224; Moscou [10]. Les ennemis du Mexique sont ici identifi&#233;s &#224; ceux de Staline. L'appel solennel &#224; rechercher les criminels, quelle que soit la puissance avec laquelle ils sont li&#233;s rev&#234;t donc une interpr&#233;tation tr&#232;s limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tous ces zigzags et ses &#233;quivoques, l'article est soigneusement r&#233;fl&#233;chi. Ses contradictions d&#233;coulent du caract&#232;re contradictoire et ind&#233;fini de la situation elle-m&#234;me. On ne conna&#238;t pas encore le r&#233;sultat de l'enqu&#234;te. Au cas o&#249; elle aurait abouti, il fallait battre en retraite aussi loin que possible. Au cas o&#249; elle n'aboutirait pas, il &#233;tait n&#233;cessaire de conserver la libert&#233; d'action sur la ligne de la vieille calomnie et de la pers&#233;cution. Il fallait en m&#234;me temps d&#233;tourner du G.P.U. aussi loin que possible l'attention, sans pour autant se lier totalement les mains. En relisant aujourd'hui cet article, on peut voir clairement que la man&#339;uvre &#233;tait cousue de fil blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le num&#233;ro du 26 mai, la m&#234;me ligne continue pour l'essentiel. El Popular exige des autorit&#233;s la punition &#233;nergique des coupables. Le danger que ceux qui ont particip&#233; &#224; l'attentat tombent entre les mains de la police est encore tr&#232;s grand, d'o&#249; cet accent s&#233;v&#232;re d'impartialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro du 27 mai reproduit d&#233;j&#224; la cynique histoire &#171; M. Trotsky se contredit [11] &#187;. C'est la premi&#232;re tentative pour d&#233;velopper l'insinuation &#224; propos des &#171; aspects suspects &#187; de l'attentat. On affirme dans cette histoire que j'ai donn&#233; un t&#233;moignage contradictoire au sujet de mes faits et gestes pendant l'attaque. L'incongru de la situation saute aux yeux. Si un homme qui vit dans la solitude de l'&#233;migration a &#233;t&#233; capable de mobiliser vingt conspirateurs et d'obtenir pour eux des uniformes et des mitraillettes, alors il doit &#234;tre capable de pr&#233;parer une r&#233;ponse sur ses faits et gestes au moment de l'attentat. Mais ne chicanons pas sur la technique de la falsification. Une chose est claire : El Popular est en train de pr&#233;parer le terrain pour la th&#233;orie de l'&#171; assaut simul&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te pendant ce temps se heurte &#224; de grandes difficult&#233;s : le G.P.U. est capable de pr&#233;voir beaucoup du choses et de bien couvrir ses propres traces. Quatre jours se sont &#233;coul&#233;s depuis l'attentat. Le danger de l'arrestation des principaux participants de l'attentat pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;cart&#233;, d'autant plus que, dans l'intervalle, ils avaient largement eu la possibilit&#233; de franchir la fronti&#232;re avec des passeport pr&#233;par&#233;s &#224; l'avance. Conform&#233;ment &#224; cela, El Popular adopte le 27 mai un ton plus hardi. Il ne s'en tient pas &#224; l'histoire mentionn&#233;e ci-dessus dans la partie &#171; informations &#187;. L'&#233;ditorial de ce jour d&#233;clare nettement que &#171; tous les jours qui passent, l'attentat &#233;veille des doutes importants et parait de plus en plus suspect et de moins en moins logique &#187; ; plus loin on emploie mot de &#171; camouflage &#187;. L'article attribue l'attentat aux imp&#233;rialistes am&#233;ricains qui cherchent &#224; intervenir au Mexique et s'appuient apparemment sur ma collaboration. Pourquoi les imp&#233;rialistes m'auraient-ils choisi comme l'objet de l'attentat plut&#244;t qu'un autre, on ne le sait pas. Et la raison pr&#233;cise pour laquelle l'attentat contre un bolchevik russe au Mexique pourrait justifier une intervention des &#201;tats-Unis demeure encore moins compr&#233;hensible. Au lieu d'analyses et de preuves, un choix de phrases ronflantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; rappeler qu'avant la conclusion du bloc Hitler-Staline, El Popular avait l'habitude de me caricaturer toujours avec une croix gamm&#233;e. Je ne fus donc soudain transform&#233; en agent des &#201;tats-Unis qu'apr&#232;s l'invasion de la Finlande par l'Arm&#233;e rouge. El Popular essaie de disposer de moi avec la m&#234;me libert&#233; dont Staline use pour donner des ordres &#224; ses agents. Dans leur agitation verbale et leurs man&#339;uvres de coulisses, Toledano et ses alli&#233;s sont sans aucun doute all&#233;s beaucoup plus loin que dans leur propre presse. Comme le montrent les &#233;v&#233;nements des jours suivants, ils ont engag&#233; un travail particuli&#232;rement intense dans la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 mai, les autorit&#233;s charg&#233;es de l'enqu&#234;te &#233;taient d&#233;j&#224; totalement gagn&#233;es &#224; l'id&#233;e de l'&#171; attentat simul&#233; &#187;. Deux de mes secr&#233;taires, Otto [Sch&#252;ssler] et Charles [Cornell] et deux personnes li&#233;es &#224; la maison, B[azant] et Z[endejas] ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Apr&#232;s cette victoire, El Popular se retire soigneusement l'ombre : dans le num&#233;ro du 28 mai, il prend de nouveau une position objective. La raison pour laquelle les directeurs du journal prenaient garde de ne pas s'engager irr&#233;vocablement est claire. Ils en savaient plus qu'ils n'en disaient, ils avaient beaucoup moins confiance dans la version de l'attentat simul&#233; que n'en avait la police qu'ils avaient &#233;gar&#233;e sur une fausse piste. C'est pourquoi, apr&#232;s avoir transf&#233;r&#233; la responsabilit&#233; sur le dos de la police, El Popular, le 28 mai, reprend une fois de plus l'attitude de l'observateur patriote alarm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le num&#233;ro du 29 mai, El Popular publiait sans commentaire la d&#233;claration du parti communiste qui exigeait non le ch&#226;timent des terroristes, mais l'expulsion de Trotsky du Mexique [12]. Ce jour-l&#224;, ma maison et tous ses habitants furent coup&#233;s du monde ext&#233;rieur par un anneau de soup&#231;ons fantasmagoriques. Il vaut la peine de souligner qu'en la circonstance &#233;galement, [Lombardo] Toledano abandonne les mots d'ordre les plus na&#239;fs du Kremlin pour les laisser lancer par les dirigeants du parti communiste qui, eux, n'ont rien &#224; perdre. Il cherche &#224; conserver une porte de sortie pour sa propre retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&#176; juin, la presse publia ma lettre au procureur de la R&#233;publique, dans laquelle je d&#233;signais nomm&#233;ment [Lombardo] Toledano comme un complice moral de la pr&#233;paration de l'attentat. Apr&#232;s cela, Toledano sort &#224; moiti&#233; de l'ombre. &#171; La C.T.M. accuse Trotsky de servir d'instrument dans la guerre des nerfs &#187;, proclamait El Popular le 6 juin [13]. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est de la rh&#233;torique vide, sans aucun sens ni preuve &#224; l'appui ! Au nom de la C.T.M., [Lombardo] Toledano soumet aux autorit&#233;s un document dans lequel l'attentat est entrem&#234;l&#233; dans un filet d'intrigues internationales large et tout &#224; fait vague. En dehors de moi-m&#234;me, qui suis suspect d'intriguer, il y a beaucoup de facteurs, d'institutions et d'individus. Beaucoup, mais pas le G.P.U. Seuls &#171; des ennemis du Mexique &#187;, comme nous le savons d&#233;j&#224;, sont capables de soup&#231;onner le G.P.U. Ainsi, &#224; travers toutes ses man&#339;uvres, Toledano demeure l'ami n&#176; 1 du G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; tous les autres journaux de la capitale, El Nacional n'a m&#234;me pas mentionn&#233; l'attentat dans la premi&#232;re partie de son num&#233;ro du 25 mai. Il a reproduit dans la deuxi&#232;me une d&#233;p&#234;che intitul&#233;e : &#171; Trotsky subit dans sa maison un attentat th&#233;&#226;tral (!). &#187; On ne sait pas sur quelle base il est arriv&#233; &#224; cette appr&#233;ciation. Je suis malheureusement oblig&#233; de dire, qu'en plusieurs circonstances ant&#233;rieures, ce journal a essay&#233; de m'attribuer des actes r&#233;pr&#233;hensibles sans une ombre de justification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut relever avec la plus extr&#234;me attention le fait que, jour o&#249; El Nacional parlait d'un attentat &#171; th&#233;&#226;tral &#187;, El Popular &#233;crivait : &#171; L'attentat contre Trotsky est un attentat contre le Mexique. &#187; Il peut sembler &#224; premi&#232;re vue qu'El Nacional avait une attitude bien plus hostile vis-&#224;-vis de la victime de l'attentat que ne l'avait El Popular. En fait, ce n'est pas le cas. Par son attitude, El Nacional r&#233;v&#233;lait simplement qu'il &#233;tait beaucoup plus loin qu'El Popular des sources du stalinisme et par cons&#233;quent de celles de l'attentat. Les r&#233;dacteurs d'El Nacional font tout leur possible pour plaire aux staliniens. Ils savent que le plus simple est de lancer contre moi quelque soup&#231;on. Quand ils ont re&#231;u la nouvelle de l'attentat contre ma maison, l'un des r&#233;dacteurs a mis en circulation la premi&#232;re formule ironique qui lui est pass&#233;e par la t&#234;te. Ce fait m&#234;me montre que les r&#233;dacteurs d'El Nacional, &#224; la diff&#233;rence de ceux d'El Popular, ne connaissent pas ce sur quoi ils &#233;crivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des jours qui suivent, on peut cependant observer un rapprochement des lignes de ces deux publications. El Nacional, devinant d'apr&#232;s le comportement d'El Popular qu'il avait agi avec imprudence en lan&#231;ant son hypoth&#232;se d'un attentat &#171; th&#233;&#226;tral &#187;, bat en retraite &#224; la h&#226;te et prend une attitude plus r&#233;serv&#233;e. Pour sa part, El Popular, s'&#233;tant convaincu qu'aucun de ceux qui ont particip&#233; &#224; l'attentat n'a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, a commenc&#233; &#224; passer sur la position de l'attentat &#171; th&#233;atral &#187;. L'histoire du 27 mai, &#171; M. Trotsky se contredit &#187;, &#233;tait &#233;galement publi&#233;e par El Nacional&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base d'une analyse des articles d'El Popular et d'une comparaison entre eux et les articles d'El Nacional, il est donc possible d'affirmer avec certitude que [Lombardo] Toledano connaissait d'avance les pr&#233;paratifs de l'attentat, au moins en gros. Le G.P.U. a pr&#233;par&#233; simultan&#233;ment - et par des canaux diff&#233;rents - le complot secret, la d&#233;fense politique et le d&#233;voiement de l'enqu&#234;te. Pendant les journ&#233;es critiques, El Popular recevait sans aucun doute des instructions de Toledano en personne. Il est tout &#224; fait probable que l'auteur de l'article du 25 mai n'est autre que lui. En d'autres termes, Lombardo Toledano a eu une part morale dans la pr&#233;paration de l'attentat et dans la dissimulation de ses traces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre le contexte de cet attentat en m&#234;me temps que certaines circonstances li&#233;es &#224; l'enqu&#234;te, il faut dire quelques mots de ma garde. Certains journaux ont publi&#233; des rapports disant que je &#171; louais &#187; pour ma garde presque exclusivement des &#233;trangers, que c'&#233;taient des mercenaires, etc. Tout cela est faux. Ma garde existe depuis le jour de mon exil en Turquie, c'est-&#224;-dire depuis presque douze ans. Sa composition n'a cess&#233; de changer en fonction du pays dans lequel je vivais, bien qu'un petit nombre de mes collaborateurs m'aient accompagn&#233; d'un pays &#224; l'autre. Elle a toujours &#233;t&#233; form&#233;e de jeunes camarades, li&#233;s &#224; moi par l'identit&#233; de nos id&#233;es politiques et par mes amis plus vieux et plus exp&#233;riment&#233;s parmi les volontaires dont il n'a pas manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement auquel j'appartiens est un mouvement jeune qui est apparu sous les pers&#233;cutions sans pr&#233;c&#233;dent de l'oligarchie de Moscou et de ses agences dans tous les pays du monde. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il est impossible de trouver dans un mouvement qui ait eu autant de victimes en si peu de temps que le mouvement de la IV&#176; Internationale. C'est ma conviction personnelle qu'&#224; notre &#233;poque de guerres, d'annexions, de rapines, de destructions, et de toutes sortes de bestialit&#233;s, la IV&#176; Internationale est destin&#233;e &#224; jouer un r&#244;le historique. Mais c'est l'avenir. Dans le pass&#233;, elle n'a connu que les coups et la pers&#233;cution. Personne n'aurait pu esp&#233;rer au cours des douze derni&#232;res ann&#233;es faire une carri&#232;re gr&#226;ce &#224; la IV&#176; Internationale. Pour cette raison, ceux qui ont rejoint ce mouvement sont des gens d&#233;sint&#233;ress&#233;s, convaincus, pr&#234;ts &#224; renoncer non seulement aux biens mat&#233;riels, mais aussi, si c'est n&#233;cessaire, pr&#234;ts au sacrifice de leur vie. Sans vouloir aucunement tomber dans l'id&#233;alisation, je me permettrai n&#233;anmoins de dire qu'il est impossible de trouver dans une autre organisation une telle s&#233;lection d'hommes d&#233;vou&#233;s &#224; leur drapeau et &#233;trangers aux pr&#233;tentions personnelles, que dans la IV&#176; Internationale. Ma garde a &#233;t&#233; enti&#232;rement recrut&#233;e dans cette jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garde au Mexique a d'abord &#233;t&#233; constitu&#233;e de jeunes amis mexicains. Cependant je me suis rapidement persuad&#233; des inconv&#233;nients d'une telle solution. Mes ennemis essayaient syst&#233;matiquement de m'impliquer dans la politique du Mexique afin de rendre impossible mon s&#233;jour dans ce pays. Et, dans la mesure o&#249; mes jeunes amis mexicains, vivant dans ma maison, pouvaient r&#233;ellement appara&#238;tre dans une certaine mesure comme des agents de mon influence politique, j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; du refuser qu'ils participent &#224; ma garde et de les remplacer par des &#233;trangers, essentiellement des citoyens des &#201;tats-Unis. Tous ont &#233;t&#233; envoy&#233;s ici apr&#232;s une s&#233;lection sp&#233;ciale op&#233;r&#233;e par mes vieux amis exp&#233;riment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissez-moi ajouter, pour &#234;tre parfaitement clair, que ce n'est pas moi qui assume les frais de ma garde - je n'ai pas les ressources suffisantes - mais un comit&#233; sp&#233;cial qui collecte les fonds n&#233;cessaires parmi nos amis et sympathisants. Nous vivons - ma famille et mes gardes - en une petite communaut&#233; ferm&#233;e, s&#233;par&#233;e du monde ext&#233;rieur par quatre murs &#233;lev&#233;s, Toutes ces circonstances suffisent &#224; expliquer pourquoi je consid&#232;re comme justifi&#233;e la confiance que je fais &#224; ma garde et pourquoi je la crois incapable de trahison ou de crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de toutes ces pr&#233;cautions, il est &#233;videmment impossible de consid&#233;rer comme absolument exclue la possibilit&#233; qu'un agent isol&#233; du G.P.U. ait pu s'infiltrer dans ma garde. L'enqu&#234;te, d&#232;s le d&#233;but, a soup&#231;onn&#233; Robert Sheldon Harte, le membre de ma garde qui a &#233;t&#233; enlev&#233;, d'avoir &#233;t&#233; complice de l'attentat [14]. A cela j'ai r&#233;pondu : si Sheldon Harte &#233;tait un agent du G.P.U., il aurait pu me tuer la nuit sans mettre en branle vingt personnes qui ont toutes couru un risque consid&#233;rable. De plus, dans les jours qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; l'attentat, Sheldon Harte s'occupait de choses insignifiantes comme acheter de petits oiseaux, r&#233;parer une cage, la peindre, etc. Je n'ai pas entendu un seul argument convaincant indiquant que Sheldon Harte &#233;tait un agent du G,P.U. C'est pourquoi, d&#232;s le d&#233;but, j'ai pr&#233;venu mes amis que je serais le dernier &#224; donner quelque cr&#233;dit &#224; la th&#232;se de la participation de Sheldon &#224; l'attentat. Si, contrairement &#224; toutes mes suppositions, cette participation se trouvait confirm&#233;e, cela ne changerait rien &#224; la signification g&#233;n&#233;rale de l'attentat.. Avec ou sans l'aide d'un membre de la garde, c'est le G.P.U. qui a organis&#233; un complot pour m'assassiner et br&#251;ler mes archives. Telle est l'essence de cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses d&#233;clarations officielles, le parti communiste r&#233;p&#232;te que le terrorisme individuel ne fait pas partie de son syst&#232;me d'action, etc. Personne ne suppose que cet attentat a &#233;t&#233; organis&#233; par le parti communiste. Le G.P.U. utilise les partis communistes, mais il ne se confond pas avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les participants possibles de l'attentat, ceux qui connaissent bien la vie interne du parti communiste ont cit&#233; un individu qui a &#233;t&#233; autrefois exclu du parti et a &#233;t&#233; r&#233;int&#233;gr&#233; plus tard, en &#233;change de certains services. La question de la cat&#233;gorie des &#171; exclus &#187; est g&#233;n&#233;ralement d'un tr&#232;s grand int&#233;r&#234;t du point de vue de l'&#233;tude des m&#233;thodes criminelles du G.P.U. Dans la premi&#232;re p&#233;riode de la lutte contre l'Opposition en U.R.S.S., la clique de Staline excluait d&#233;lib&#233;r&#233;ment du parti les Oppositionnels les plus faibles, les pla&#231;ant ainsi dans des circonstances mat&#233;rielles tr&#232;s difficiles et donnant ainsi au G.P.U. la possibilit&#233; de recruter parmi eux des agents pour travailler au sein de l'Opposition. Plus tard, cette m&#233;thode a &#233;t&#233; perfectionn&#233;e et &#233;tendue aux partis de la III&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exclus peuvent &#234;tre divis&#233;s en deux cat&#233;gories : certains quittent le parti en raison de divergences de principe et tournent le dos au Kremlin, cherchant d'autres voies. D'autres sont exclus pour l&#233;g&#232;ret&#233; dans la gestion des fonds ou pour des faits, r&#233;els ou suppos&#233;s, contraires &#224; la morale. La majorit&#233; des exclus de la seconde cat&#233;gorie a &#233;t&#233; &#233;troitement li&#233;e &#224; l'appareil du parti, est incapable d'un autre travail, et s'est trop habitu&#233;e &#224; une position privil&#233;gi&#233;e. Les exclus de ce type constituent pour le G.P.U. un mat&#233;riel valable, et il en fait des instruments ob&#233;issants pour les plus dangereuses et les plus criminelles de ses entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laborde, qui a &#233;t&#233; le chef du parti communiste mexicain pendant de nombreuses ann&#233;es, a &#233;t&#233; r&#233;cemment exclu sur la base des accusations les plus monstrueuses : comme un homme v&#233;nal, qui avait vendu des gr&#232;ves, et m&#234;me... touch&#233; l'argent des... &#171; trotskystes &#187;. La chose la plus &#233;tonnante cependant est qu'en d&#233;pit du caract&#232;re particuli&#232;rement ignominieux des accusations contre lui, Laborde n'a m&#234;me pas essay&#233; de se justifier [15]. Il a montr&#233; ainsi que son exclusion &#233;tait n&#233;cessaire en fonction de quelque objectif myst&#233;rieux auquel lui, Laborde, n'osait pas s'opposer. Mieux encore, il a saisi la premi&#232;re occasion pour d&#233;clarer dans la presse son ind&#233;fectible loyaut&#233; au parti, m&#234;me apr&#232;s son exclusion. En m&#234;me temps que lui, un certain nombre de gens ont &#233;t&#233; exclus, qui ont suivi la m&#234;me tactique. Ces gens sont capables de tout. Ils ex&#233;cuteront n'importe quel ordre, perp&#233;treront n'importe quel crime, pour ne pas perdre la faveur du parti. Il est m&#234;me possible que certains d'entre eux aient &#233;t&#233; exclus d'avance pour d&#233;gager la responsabilit&#233; du parti pour leur participation &#224; l'attentat qui &#233;tait en pr&#233;paration. Dans de tels cas, les instructions concernant qui doit &#234;tre exclu et quand, &#233;manent des repr&#233;sentants les plus qualifi&#233;s du G.P.U. qui agissent en coulisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Staline, il aurait &#233;t&#233; beaucoup plus profitable d'avoir organis&#233; le meurtre de telle sorte qu'il ait &#233;t&#233; possible de le repr&#233;senter aux yeux de la classe ouvri&#232;re mondiale comme le ch&#226;timent soudain et spontan&#233; d'un &#171; ennemi du peuple &#187; par les ouvriers mexicains. Il faut de ce point de vue accorder une grande attention &#224; l'insistance et &#224; l'acharnement du G.P.U, &#224; me lier &#224; tout prix &#224; la campagne &#233;lectorale pr&#233;sidentielle, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; la candidature du g&#233;n&#233;ral Almaz&#224;n. Un certain nombre de d&#233;clarations de Toledano et des dirigeants du P.C. r&#233;v&#232;lent avec beaucoup de clart&#233; cet objectif strat&#233;gique : trouver ou fabriquer un pr&#233;texte favorable pour leur permettre de s'occuper les armes &#224; la main de leurs ennemis sur la liste desquels je n'occupe probablement pas la derni&#232;re place. Il ne fait aucun doute qu'existent au sein de la milice ouvri&#232;re de la C.T.M. des groupes de choc secrets sp&#233;ciaux cr&#233;&#233;s par le G.P.U. pour les entreprises les plus risqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire pi&#232;ce &#224; ce plan &#224; temps, j'ai continuellement exig&#233; &#224; toute occasion dans la presse la constitution d'une commission d'enqu&#234;te impartiale pour examiner &#224; fond tous ces faux rapports. Mais, m&#234;me sans cela, l'opinion publique du Mexique a visiblement jusqu'&#224; maintenant rejet&#233; la calomnie. Les staliniens, autant que je puisse en juger, n'ont pas r&#233;ussi &#224; inculquer aux cercles ouvriers la haine contre moi. Staline, pendant ce temps, se fatiguait d'attendre l'explosion d' &#171; indignation populaire &#187; et le G.P.U. a re&#231;u de lui l'ordre d'agir par les m&#233;thodes plus habituelles et plus directes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec accidentel de l'attentat si soigneusement et si habilement pr&#233;par&#233;, est un coup s&#233;rieux pour Staline. Le G.P.U. doit se r&#233;habiliter devant lui. Staline doit faire la d&#233;monstration de sa puissance. Une r&#233;p&#233;tition de l'attentat est in&#233;vitable. Sous quelle forme ? Peut-&#234;tre une fois encore sous celle d'un acte purement terroriste, o&#249; des bombes apparaissent avec les mitraillettes. Mais il n'est pas du tout exclu qu'ils essaient de camoufler l'acte terroriste au moyen d'une fausse &#171; indignation populaire &#187;. La campagne de calomnies men&#233;e de fa&#231;on toujours plus venimeuse par les agents de Staline au Mexique vise pr&#233;cis&#233;ment ce but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier leur pers&#233;cution contre moi et pour dissimuler les attentats du G.P.U., les agents du Kremlin parlent de ma tendance &#171; contre-r&#233;volutionnaire &#187;. Tout d&#233;pend de ce que l'on entend par r&#233;volution et contre-r&#233;volution. La force la plus puissante de la contre-r&#233;volution &#224; notre &#233;poque est l'imp&#233;rialisme, aussi bien sous sa forme fasciste que sous sa couverture quasi- d&#233;mocratique. Aucun pays imp&#233;rialiste ne veut m'autoriser &#224; vivre sur son territoire. Quant aux pays opprim&#233;s, demi-ind&#233;pendants, ils ont refus&#233; de m'admettre, sous la pression des gouvernements imp&#233;rialistes ou de la bureaucratie de Moscou laquelle joue maintenant un r&#244;le extr&#234;mement r&#233;actionnaire dans le monde entier. Le Mexique m'a accord&#233; son hospitalit&#233; parce qu'il n'est pas un pays imp&#233;rialiste ; et, pour cette raison, son gouvernement s'est r&#233;v&#233;l&#233;, de fa&#231;on tout &#224; fait exceptionnelle, suffisamment ind&#233;pendant &#224; l'&#233;gard de toute pression ext&#233;rieure pour se d&#233;terminer conform&#233;ment &#224; ses propres principes. Je peux donc affirmer que je vis sur cette terre non pas conform&#233;ment &#224; la r&#232;gle, mais comme une exception &#224; la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;poque de r&#233;action comme la n&#244;tre, un r&#233;volutionnaire est oblig&#233; de nager contre le courant. Je le fais de mon mieux. La pression de la r&#233;action mondiale s'est peut-&#234;tre exprim&#233;e de fa&#231;on plus implacable sur mon destin personnel et mes proches. Je n'y vois l&#224; aucun m&#233;rite qui me revienne en propre : c'est le r&#233;sultat de l'enchev&#234;trement de circonstances historiques. Mais quand des gens comme Toledano, Laborde et autres clament que je suis un &#171; contre-r&#233;volutionnaire &#187;, je peux tranquillement ne pas en tenir compte, laissant le verdict final &#224; l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Vsi&#233;volod P. Volkov, plus tard Esteban Volkow (n&#233; en 1926), &#233;tait le fils de Zina&#239;da, fille a&#238;n&#233;e de Trotsky, qui s'&#233;tait suicid&#233;e en exil &#224; Berlin et de P.I. Volkov enseignant, mort en d&#233;portation apr&#232;s 1935. Il avait &#233;t&#233; recueilli par son oncle et la compagne de ce dernier, Jeanne Martin, et &#233;tait finalement arriv&#233; &#224; Mexico en ao&#251;t 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Harold Roberman dit Robins (n&#233; en 1912) &#233;tait un peintre en b&#226;timent que le S.W.P. avait envoy&#233; &#224; Coyoac&#224;n comme garde et chauffeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Ici commence la coupure indiqu&#233;e n&#176; 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] L&#233;on (Lev) L. Sedov (1906-1938), fils de Trotsky, l'avait suivi en exil et avait partag&#233; son combat jusqu'&#224; sa mort &#224; Paris dans des circonstances suspectes. (Note de l'&#233;dition originale). Il a depuis &#233;t&#233; prouv&#233; que S&#233;dov avait bien &#233;t&#233; assassin&#233; par la G.P.U. (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il s'agit de la curieuse affaire au cours de laquelle un homme s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; &#224; la maison de Trotsky pr&#233;tendant apporter un colis de la part du g&#233;n&#233;ral M&#249;gica. Ce dernier, contact&#233; par t&#233;l&#233;phone, avait d&#233;menti, mais l'homme, maladroitement alert&#233;, s'&#233;tait &#233;clips&#233; et ne fut pas retrouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ces uniformes avaient &#233;t&#233; procur&#233;s aux conspirateurs par un instituteur rural membre du P.C. qui avait sollicit&#233; un fonctionnaire pour une op&#233;ration du parti contre les gens d'Almaz&#224;n. D&#233;couvert, l'instituteur d&#233;non&#231;a l'homme qui lui avait pass&#233; commande, d&#233;but mai, David Serrano, dirigeant du P.C.M. Luis Mateo Martinez devait tenter de se suicider en prison aux premiers jours de sa d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Francisco Zendejas (1917-1985) &#233;tait &#233;tudiant aux &#201;tats-Unis et, &#224; son retour &#233;tait venu assurer des gardes &#224; la maison de Trotsky. Il avait amen&#233; avec lui un boursier de Tch&#233;coslovaquie qu'il avait connu aux &#201;tats-Unis, Jan Bazan (n&#233; en 1913).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Narciso Bassols (1898-1959), professeur de droit, ancien ministre de l'Instruction publique avant 1934, puis ministre de l'Int&#233;rieur en 1934, des Finances en 35-36, &#233;tait ambassadeur &#224; Paris, et ses services op&#233;raient un tri qui permit de faire venir au Mexique nombre de staliniens, &#233;cartant leurs adversaires. Trotsky l'accusait - et le F.B.I. le soup&#231;onnait fortement - d'&#234;tre en liaison et en travail commun avec le G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Ici se termine la coupure signal&#233;e n&#176;1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le communiqu&#233; du P.C.M. indiquait : &#171; L'attaque contre la maison de Trotsky a &#233;t&#233; organis&#233;e et ex&#233;cut&#233;e par des &#233;l&#233;ments provocateurs chass&#233;s de la police, et des cadres de l'arm&#233;e ; cette provocation fait partie du programme de la r&#233;action au service des compagnies p&#233;troli&#232;res et de l'imp&#233;rialisme yankee pour pr&#233;parer l'atmosph&#232;re afin de d&#233;chainer des repr&#233;sailles et de v&#233;ritables attentats contre les organisations et leurs dirigeants, et en premier lieu contre le P.C. &#187; Le bref commentaire d'El Popular indiquait que l'objectif des criminels &#233;tait d'&#171; attribuer l'attentat &#187; &#171; au gouvernement sovi&#233;tique, aux puissances ennemies des E.U. et &#224; la 5&#176; colonne enfin &#187; : &#171; La grossi&#232;re man&#339;uvre ne pouvait &#234;tre plus claire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] L'article d'El Popular assurait que Trotsky &#171; avait donn&#233; trois versions diff&#233;rentes quant au lieu o&#249; il se trouvait &#224; l'heure de la fusillade &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Le communiqu&#233; du P.C.M. assurait : &#171; Il n'y a pas de doute que la provocation &#233;x&#233;cut&#233;e dans la maison de Trotsky a &#233;t&#233; organis&#233;e par la r&#233;action mexicaine et les agents de la commission Dies [ ... ] Le Parti communiste d&#233;nonce devant le peuple et ses organisations r&#233;volutionnaires cette affaire comme une provocation d'envergure qui m&#233;rite d'&#234;tre condamn&#233;e par les masses et qui, de la part de notre pr&#233;sident C&#224;rdenas, doit m&#233;riter l'expulsion imm&#233;diate du Mexique de Trotsky et de sa suite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] La protestation de la C.T.M. revendiquait non seulement le jugement et la condamnation des auteurs mat&#233;riels de l'attentat contre la maison de Trotsky, mais aussi la conduite audacieuse provocatrice et mena&#231;ante du &#171; chef d'une organisation politique internationale (la IV&#176; Internationale) car c'est ce qu'est Trotsky, pas un r&#233;fugi&#233; politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Depuis la publication de ce texte, il a &#233;t&#233; &#233;tabli que ces soup&#231;ons &#233;taient justifi&#233;s et que Trotsky se trompait : R.S. Harte &#233;tait bien un agent du G.P.U. (Note du MIA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Cf. Oeuvres t. 23 n. 4 p. 324, la lettre de Laborde exclu proclamant sa fid&#233;lit&#233; au P.C. et &#224; ses propres calomnies contre Trotsky. Ni Campa ni lui ne lev&#232;rent le petit doigt pour emp&#234;cher le crime qui se pr&#233;parait et auxquels ils n'avaient, disent-ils, pas voulu s'associer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Notre cap ne change pas</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1426</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1426</guid>
		<dc:date>2009-10-02T20:48:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre cap ne change pas 30 juin 1940 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la suite de nombre d'autres &#201;tats europ&#233;ens plus petits, la France est en train de devenir une nation opprim&#233;e. L'imp&#233;rialisme allemand a atteint des sommets militaires sans pr&#233;c&#233;dents, avec toutes les possibilit&#233;s qui s'ensuivent pour un pillage mondial. Que va-t-il arriver ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Du c&#244;t&#233; de toutes sortes de demi-internationalistes [1] on peut s'attendre approximativement au type d'argumentation suivant : &#8220; Des insurrections victorieuses (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;1940&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cap ne change pas&lt;br class='autobr' /&gt;
30 juin 1940&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de nombre d'autres &#201;tats europ&#233;ens plus petits, la France est en train de devenir une nation opprim&#233;e. L'imp&#233;rialisme allemand a atteint des sommets militaires sans pr&#233;c&#233;dents, avec toutes les possibilit&#233;s qui s'ensuivent pour un pillage mondial. Que va-t-il arriver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de toutes sortes de demi-internationalistes [1] on peut s'attendre approximativement au type d'argumentation suivant : &#8220; Des insurrections victorieuses dans les pays conquis, sous la botte nazie, sont impossibles, parce que tout mouvement r&#233;volutionnaire sera aussit&#244;t noy&#233; dans le sang par le conqu&#233;rant. Il y a encore moins de raison d'attendre un soul&#232;vement victorieux dans le camp des vainqueurs totalitaires. Des conditions favorables pour la r&#233;volution ne pouvaient appara&#238;tre qu'&#224; la suite de la d&#233;faite de Hitler et de Mussolini. Il ne reste donc rien &#224; faire qu'&#224; aider l'Angleterre et les &#201;tats-Unis. Si l'Union sovi&#233;tique nous rejoignait il serait possible non seulement de donner un coup d'arr&#234;t aux succ&#232;s militaires de l'Allemagne, mais de lui infliger de lourdes d&#233;faites &#233;conomiques et militaires. Le d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la r&#233;volution n'est possible que sur cette voie. &#8221; Et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette argumentation qui superficiellement semble inspir&#233;e par la nouvelle carte d'Europe n'est en r&#233;alit&#233; qu'une adaptation &#224; la nouvelle carte de l'Europe des vieux arguments du social-patriotisme, c'est-&#224;-dire la trahison de classe. La victoire de Hitler sur la France a compl&#232;tement r&#233;v&#233;l&#233; la corruption de la d&#233;mocratie imp&#233;rialiste, m&#234;me dans le domaine de ses propres t&#226;ches. On ne peut pas la &#8220; sauver &#8221; du fascisme. On peut seulement la remplacer par la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne. Si la classe ouvri&#232;re liait son destin dans la guerre actuelle &#224; celui de la d&#233;mocratie imp&#233;rialiste, elle ne ferait que s'assurer une nouvelle s&#233;rie de d&#233;faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220; Dans l'int&#233;r&#234;t de la victoire &#8221;, l'Angleterre a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; oblig&#233;e d'introduire des m&#233;thodes de dictature dont la condition pr&#233;alable &#233;tait que le Labour Party renonce &#224; toute ind&#233;pendance politique [2]. Si le prol&#233;tariat international, par ses organisations et tendances, devait prendre le m&#234;me chemin, cela ne ferait que faciliter et acc&#233;l&#233;rer la victoire du r&#233;gime totalitaire &#224; l'&#233;chelle du monde. Si le prol&#233;tariat mondial renon&#231;ait &#224; l'ind&#233;pendance de sa politique, une alliance entre l'U.R.S.S. et les d&#233;mocraties imp&#233;rialistes signifierait la croissance de l'omnipotence de la bureaucratie de Moscou, sa transformation ult&#233;rieure en agence de l'imp&#233;rialisme et des concessions in&#233;vitables, de sa part, &#224; l'imp&#233;rialisme dans le domaine &#233;conomique. Selon toute vraisemblance, la position militaire des diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes dans l'ar&#232;ne mondiale en serait grandement chang&#233;e ; mais la position du prol&#233;tariat mondial, du point de vue des t&#226;ches de la r&#233;volution socialiste, ne serait que tr&#232;s peu chang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cr&#233;er une situation r&#233;volutionnaire, disent les sophistes du social-patriotisme, il faut porter un coup &#224; Hitler. Pour remporter une victoire sur Hitler, il faut soutenir les d&#233;mocraties imp&#233;rialistes. Mais si, pour sauver &#8220; les d&#233;mocraties &#8221;, le prol&#233;tariat renonce &#224; une politique r&#233;volutionnaire ind&#233;pendante, qui, au juste, utiliserait une situation r&#233;volutionnaire naissant de la d&#233;faite de Hitler ? Il n'a pas manqu&#233; de situations r&#233;volutionnaires dans le dernier quart de si&#232;cle. Mais il a manqu&#233; un parti r&#233;volutionnaire capable d'utiliser une situation r&#233;volutionnaire. Renoncer &#224; pr&#233;parer un parti r&#233;volutionnaire sous pr&#233;texte de provoquer une &#8220; situation r&#233;volutionnaire &#8221;, c'est conduire les ouvriers au massacre, les yeux band&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue d'une r&#233;volution dans un pays donn&#233;, la d&#233;faite de son gouvernement imp&#233;rialiste est incontestablement un &#8220; moindre mal &#8221;. Les pseudo-internationalistes refusent cependant d'appliquer ce principe aux d&#233;mocraties vaincues. En revanche, ils interpr&#232;tent la victoire de Hitler comme un obstacle, non pas relatif, mais absolu sur la voie de la r&#233;volution en Allemagne. Ils mentent dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays vaincus, la position des masses va imm&#233;diatement &#234;tre extr&#234;mement aggrav&#233;e. &#192; l'oppression sociale s'ajoute l'oppression nationale dont le fardeau principal est support&#233; par les ouvriers. De toutes les formes de dictature, la dictature totalitaire d'un conqu&#233;rant &#233;tranger est la plus intol&#233;rable. En m&#234;me temps, la r&#233;ussite de la tentative des nazis pour utiliser les ressources naturelles et l'appareil industriel des nations vaincues, va in&#233;vitablement d&#233;pendre des paysans et des ouvriers autochtones. Ce n'est toujours qu'apr&#232;s la victoire que les difficult&#233;s &#233;conomiques se pr&#233;sentent. Il est impossible de mettre un soldat arm&#233; d'un fusil pr&#232;s de chaque ouvrier et paysan polonais, norv&#233;gien, danois, n&#233;erlandais, belge, fran&#231;ais [3]. Le national-socialisme n'a pas de recette pour transformer les peuples vaincus d'ennemis en amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des Allemands en Ukraine en 1918 a d&#233;montr&#233; combien il est difficile d'exploiter par des m&#233;thodes militaires la richesse naturelle et la force de production d'un peuple vaincu et &#224; quelle vitesse une arm&#233;e d'occupation se d&#233;moralise dans une atmosph&#232;re d'hostilit&#233; universelle. Les m&#234;mes processus exactement vont se d&#233;velopper sur une bien plus grande &#233;chelle sur le continent europ&#233;en sous l'occupation nazie. On peut s'attendre avec assurance &#224; la transformation rapide de tous les pays conquis en poudri&#232;res. Le danger est plut&#244;t que les explosions ne se produisent trop t&#244;t sans pr&#233;paration suffisante et conduisent &#224; des d&#233;faites isol&#233;es. Il est en g&#233;n&#233;ral impossible pourtant de parler de r&#233;volution europ&#233;enne et mondiale sans prendre en compte les d&#233;faites partielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hitler, le conqu&#233;rant, r&#234;ve naturellement tout &#233;veill&#233; de devenir le bourreau en chef de la r&#233;volution prol&#233;tarienne dans toutes les r&#233;gions de l'Europe. Mais cela ne signifie pas du tout que Hitler aura assez de force pour traiter la r&#233;volution prol&#233;tarienne comme il a pu le faire avec la d&#233;mocratie imp&#233;rialiste. Ce serait une erreur fatale, indigne d'un parti r&#233;volutionnaire, que de f&#233;tichiser Hitler, d'exag&#233;rer sa puissance, de sous-estimer les limites objectives de ses succ&#232;s et de ses conqu&#234;tes. Il est vrai que Hitler a bruyamment promis d'&#233;tablir la domination du peuple allemand aux d&#233;pens de toute l'Europe et m&#234;me du monde entier &#8220; pour un millier d'ann&#233;es &#8221;. Mais selon toute vraisemblance, cette splendeur ne durera m&#234;me pas dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut apprendre des le&#231;ons du pass&#233; r&#233;cent. Il y a vingt et un ans, non seulement les pays vaincus, mais les vainqueurs aussi sont sortis de la guerre avec leur vie &#233;conomique d&#233;sorganis&#233;e et ce n'est que tr&#232;s lentement &#8212; dans la mesure m&#234;me o&#249; ils y arriv&#232;rent vraiment &#8212; qu'ils se sont assur&#233; [coquille &#8212; &#034;assur&#233;s&#034; &#8212; dans l'&#233;dition papier] les avantages de leur victoire. C'est pourquoi le mouvement r&#233;volutionnaire a pris d'importantes proportions dans les pays de l'Entente victorieuse aussi. Ce qui manquait, ce n'&#233;tait qu'un parti r&#233;volutionnaire capable de prendre la t&#234;te du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re total, c'est-&#224;-dire englobant tout, de la guerre actuelle, exclut la possibilit&#233; d'un &#8220; enrichissement &#8221; direct aux d&#233;pens des pays vaincus. M&#234;me dans le cas d'une victoire totale sur l'Angleterre, l'Allemagne, afin de conserver ses conqu&#234;tes, serait oblig&#233;e dans les premi&#232;res ann&#233;es d'assumer des sacrifices tels qu'ils l'emporteraient de loin sur les avantages qu'elle pourrait tirer directement de ses victoires. Les conditions de vie des masses allemandes doivent en tout cas s'aggraver consid&#233;rablement dans la prochaine p&#233;riode. Million apr&#232;s million de soldats vainqueurs vont retourner dans leur patrie et leur maison encore plus paup&#233;ris&#233;es m&#234;me par rapport &#224; ce qu'elles &#233;taient quand ils en avaient &#233;t&#233; arrach&#233;s. Une victoire qui abaisse le niveau de vie des peuples ne renforce pas le r&#233;gime, mais l'affaiblit. La confiance en eux des soldats d&#233;mobilis&#233;s qui ont remport&#233; tant de victoires doit avoir grandi &#233;norm&#233;ment. Leurs esp&#233;rances trahies vont se transformer en m&#233;contentement et amertume. D'un autre c&#244;t&#233;, la caste des Chemises brunes [4] va s'&#233;lever encore plus au-dessus du peuple ; son r&#232;gne arbitraire et sa corruption vont provoquer une hostilit&#233; plus grande encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, le pendule politique en Allemagne, du fait de l'impuissance de la d&#233;mocratie tardive et de la trahison des partis ouvriers, est all&#233; brusquement &#224; droite, puis, &#224; la suite de la d&#233;sillusion avec les cons&#233;quences de la guerre et du r&#233;gime nazi, le pendule ira encore plus nettement et plus fort &#224; gauche. Le m&#233;contentement, l'inqui&#233;tude, la protestation, les gr&#232;ves, les heurts arm&#233;s seront bient&#244;t &#224; l'ordre du jour en Allemagne. Hitler aura trop de soucis &#224; Berlin pour pouvoir jouer avec succ&#232;s le r&#244;le de bourreau &#224; Paris, Bruxelles et Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, la t&#226;che du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire ne consiste pas &#224; aider les arm&#233;es imp&#233;rialistes &#224; cr&#233;er une &#8220; situation r&#233;volutionnaire &#8221; mais &#224; pr&#233;parer, fondre et tremper ses rangs internationaux pour des situations r&#233;volutionnaires dont il ne manquera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle carte de guerre d'Europe n'invalide pas les principes de la lutte de classe r&#233;volutionnaire. La IV&#176; Internationale ne change pas son cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Parmi les &#8220; semi-internationalistes &#8221; vis&#233;s par Trotsky, on peut penser qu'il songeait notamment &#224; Marceau Pivert qui allait s'adresser au g&#233;n&#233;ral de Gaulle pour lui demander de faire lancer des tracts sur la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La Grande-Bretagne avait vu la formation d'un gouvernement d'Union nationale qui allait durer jusqu'&#224; la fin de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] On peut relever encore l'extr&#234;me lucidit&#233; de l'analyse de Trotsky dans une situation o&#249; tant d' &#8220; observateurs &#8221; ne se retrouvaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Qui Trotsky vise-t-il ? Pas les &#8220; chemises brunes &#8221; qui &#233;taient les S.A. d&#233;capit&#233;s en 1934, ni peut-&#234;tre les S.S. &#224; l'uniforme noir, en tout cas les unit&#233;s dites d' &#8220; &#233;lite &#8221;, les corps pr&#233;toriens&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La lutte contre l'imp&#233;rialisme et contre la guerre </title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1231</link>
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		<dc:date>2009-06-23T11:06:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Programme de Transition &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre l'imp&#233;rialisme et contre la guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la situation mondiale et, par cons&#233;quent, aussi la vie politique int&#233;rieure des divers pays se trouvent sous la menace de la guerre mondiale. La catastrophe imminente p&#233;n&#232;tre d&#233;j&#224; d'angoisse les masses les plus profondes de l'humanit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La II&#176; Internationale r&#233;p&#232;te sa politique de trahison de 1914 avec d'autant plus d'assurance que l'Internationale &#034;communiste&#034; joue maintenant le r&#244;le du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;1940&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot296" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Programme de Transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre l'imp&#233;rialisme et contre la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la situation mondiale et, par cons&#233;quent, aussi la vie politique int&#233;rieure des divers pays se trouvent sous la menace de la guerre mondiale. La catastrophe imminente p&#233;n&#232;tre d&#233;j&#224; d'angoisse les masses les plus profondes de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La II&#176; Internationale r&#233;p&#232;te sa politique de trahison de 1914 avec d'autant plus d'assurance que l'Internationale &#034;communiste&#034; joue maintenant le r&#244;le du premier violon du chauvinisme. D&#232;s que le danger de guerre a pris un aspect concret, les staliniens, distan&#231;ant de loin les pacifistes bourgeois et petits-bourgeois sont devenus les champions de la pr&#233;tendue &#034;d&#233;fense nationale&#034;. Ils ne font d'exception que pour les pays fascistes, c'est-&#224;-dire pour ceux o&#249; ils ne jouent eux-m&#234;mes aucun r&#244;le. La lutte r&#233;volutionnaire contre la guerre retombe ainsi enti&#232;rement sur les &#233;paules de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des bolcheviks-l&#233;ninistes dans cette question a &#233;t&#233; formul&#233;e dans les th&#232;ses programmatiques du Secr&#233;tariat international, qui gardent encore maintenant toute leur valeur (&#034;LA QUATRI&#200;ME INTERNATIONALE ET LA GUERRE&#034;, 1&#176; mai 1934). Le succ&#232;s du parti r&#233;volutionnaire dans la prochaine p&#233;riode d&#233;pendra, avant tout, de sa politique dans la question de la guerre. Une politique correcte comprend deux &#233;l&#233;ments : une attitude intransigeante envers l'imp&#233;rialisme et ses guerres, et l'aptitude &#224; s'appuyer sur l'exp&#233;rience des masses elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la question de la guerre, plus que dans toute autre question, la bourgeoisie et ses agents trompent le peuple par des abstractions, des formules g&#233;n&#233;rales, des phrases path&#233;tiques : &#034;neutralit&#233;&#034;, &#034;s&#233;curit&#233; collective&#034;, &#034;armement pour la d&#233;fense de la paix&#034;, &#034;d&#233;fense nationale&#034;, &#034;lutte contre le fascisme&#034;, etc. Toutes ces formules se r&#233;duisent, en fin de compte, &#224; ce que la question de la guerre, c'est-&#224;-dire du sort des peuples, doit rester dans les mains des imp&#233;rialistes, de leurs gouvernements, de leur diplomatie, de leurs &#233;tats-majors, avec toutes leurs intrigues et tous leurs complots contre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La IV&#176; Internationale rejette avec indignation toutes les abstractions qui jouent chez les d&#233;mocrates le m&#234;me r&#244;le que, chez les fascistes, l' &#034;honneur&#034;, le &#034;sang&#034;, la &#034;race&#034;. Mais l'indignation ne suffit pas. Il faut aider les masses, &#224; l'aide de crit&#232;res, de mots d'ordre et de revendications transitoires, propres &#224; leur permettre de v&#233;rifier, de distinguer la r&#233;alit&#233; concr&#232;te de ces abstractions frauduleuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;D&#201;SARMEMENT&#034; ? Mais toute la question est de savoir qui d&#233;sarmera et qui sera d&#233;sarm&#233;. Le seul d&#233;sarmement qui puisse pr&#233;venir ou arr&#234;ter la guerre, c'est le d&#233;sarmement de la bourgeoisie par les ouvriers. Mais, pour d&#233;sarmer la bourgeoisie, il faut que les ouvriers eux-m&#234;mes soient arm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;NEUTRALIT&#201;&#034; ? Mais le prol&#233;tariat n'est nullement neutre dans une guerre entre le Japon et la Chine, ou entre l'Allemagne et l'URSS. Cela signifie-t-il la d&#233;fense de la Chine et de l'URSS ? Evidemment, mais pas par l'interm&#233;diaire des imp&#233;rialistes, qui &#233;trangleront la Chine et l'URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;D&#201;FENSE DE LA PATRIE&#034; ? Mais, par cette abstraction, la bourgeoisie entend la d&#233;fense de ses profits et de ses pillages. Nous sommes pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre la patrie contre les capitalistes &#233;trangers, si nous garrotons tout d'abord nos propres capitalistes, et les emp&#234;chons de s'attaquer &#224; la patrie d'autrui ; si les ouvriers et les paysans de notre pays deviennent ses v&#233;ritables ma&#238;tres ; si les richesses du pays passent des mains d'une infime minorit&#233; dans les mains du peuple ; si l'arm&#233;e, d'instrument des exploiteurs, devient l'instrument des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir traduire ces id&#233;es fondamentales en id&#233;es plus particuli&#232;res et plus concr&#232;tes, selon la marche des &#233;v&#233;nements et l'orientation de l'&#233;tat d'esprit des masses. Il faut, en outre, distinguer rigoureusement entre le pacifisme du diplomate, du professeur, du journaliste et le pacifisme du charpentier, de l'ouvrier agricole ou de la blanchisseuse. Dans le premier de ces cas, le pacifisme est la couverture de l'imp&#233;rialisme. Dans le second, l'expression confuse de la d&#233;fiance envers l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le petit paysan ou l'ouvrier parlent de la d&#233;fense de la patrie, ils se repr&#233;sentent la d&#233;fense de leur maison, de leur famille et de la famille d'autrui contre l'invasion, contre les bombes, contre les gaz asphyxiants. Le capitaliste et son journaliste entendent par d&#233;fense de la patrie la conqu&#234;te de colonies et de march&#233;s, l'extension par le pillage de la part &#034;nationale&#034; dans le revenu mondial. Le pacifisme et le patriotisme bourgeois sont des mensonges complets. Dans le pacifisme et m&#234;me dans le patriotisme des opprim&#233;s, il y a un noyau progressiste qu'il faut savoir saisir pour en tirer les conclusions r&#233;volutionnaires n&#233;cessaires. Il faut savoir dresser l'une contre l'autre ces deux formes de pacifisme et de patriotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de ces consid&#233;rations, la IV&#176; Internationale appuie toute revendication, m&#234;me insuffisante, si elle est capable d'entra&#238;ner les masses, m&#234;me &#224; un faible degr&#233;, dans la politique active, d'&#233;veiller leur critique et de renforcer leur contr&#244;le sur les machinations de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce point de vue que notre section am&#233;ricaine, par exemple, soutient, en la critiquant, la proposition de l'institution d'un r&#233;f&#233;rendum sur la question de la d&#233;claration de guerre. Aucune r&#233;forme d&#233;mocratique ne peut, bien entendu, emp&#234;cher par elle-m&#234;me les gouvernants de provoquer la guerre quand ils le voudront. Il faut en donner ouvertement l'avertissement. Mais, quelles que puissent &#234;tre les illusions des masses quant au r&#233;f&#233;rendum, cette revendication refl&#232;te la d&#233;fiance des ouvriers et des paysans envers le gouvernement et le parlement de la bourgeoisie. Sans soutenir ni &#233;pargner les illusions, il faut appuyer de toutes ses forces la d&#233;fiance progressiste des opprim&#233;s envers les oppresseurs. Plus cro&#238;tra le mouvement pour le r&#233;f&#233;rendum, plus t&#244;t les pacifistes bourgeois s'en s&#233;pareront, plus profond&#233;ment se trouveront discr&#233;dit&#233;s les tra&#238;tres de l'Internationale &#034;communiste&#034;, plus vite deviendra la d&#233;fiance des travailleurs envers les imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du m&#234;me point de vue qu'il faut mettre en avant le revendication du droit de vote &#224; dix huit ans, pour les hommes et pour les femmes. Celui qui, demain, sera appel&#233; &#224; mourir pour la &#034;patrie&#034;, doit avoir le droit de faire entendre sa voix aujourd'hui. La lutte contre la guerre doit avant tout commencer par la MOBILISATION R&#201;VOLUTIONNAIRE DE LA JEUNESSE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire pleine lumi&#232;re, sous tous les angles, sur le probl&#232;me de la guerre, tout en tenant compte de l'aspect qu'il pr&#233;sente aux masses &#224; un moment donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre est une gigantesque entreprise commerciale, surtout pour l'industrie de guerre. C'est pourquoi les &#034;200 familles&#034; sont les premiers patriotes et les principaux provocateurs de guerre. Le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie de guerre est le premier pas dans la lutte contre les fabricants de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mot d'ordre des r&#233;formistes : imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices de guerre, nous opposons les mots d'ordre : CONFISCATION DES B&#201;N&#201;FICES DE GUERRE et EXPROPRIATION DES ENTREPRISES TRAVAILLANT POUR LA GUERRE. L&#224; o&#249; l'industrie de guerre est &#034;nationalis&#233;e&#034;, comme en France, le mot d'ordre du contr&#244;le ouvrier conserve toute sa valeur : le prol&#233;tariat fait aussi peu confiance &#224; l'&#201;tat de la bourgeoisie qu'au bourgeois individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas un homme, pas un sou pour le gouvernement bourgeois !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas de programme d'armements, mais un programme de travaux d'utilit&#233; publique !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ind&#233;pendance compl&#232;te des organisations ouvri&#232;res &#224; l'&#233;gard du contr&#244;le militaire et policier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut arracher, une fois pour toutes, la libre disposition du destin des peuples des mains des cliques imp&#233;rialistes avides et impitoyables qui agissent derri&#232;re le dos des peuples. En accord avec cela, nous revendiquons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Abolition compl&#232;te de la diplomatie secr&#232;te ; &lt;br class='autobr' /&gt;
tous les trait&#233;s et accords doivent &#234;tre accessibles &#224; chaque ouvrier et paysan.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Instruction militaire et armement des ouvriers et des paysans sous le contr&#244;le imm&#233;diat des comit&#233;s ouvriers et paysans.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cr&#233;ation d'&#233;coles militaires pour la formation d'officiers venus des rangs des travailleurs, choisis par les organisations ouvri&#232;res.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Substitution &#224; l'arm&#233;e permanente, c'est-&#224;-dire de caserne, d'une milice populaire en liaison indissoluble avec les usines, les mines, les fermes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste est la continuation et l'exacerbation de la politique de pillage de la bourgeoisie ; la lutte du prol&#233;tariat contre la guerre est la continuation et l'exacerbation de sa lutte de classe. L'apparition de la guerre change la situation et partiellement les proc&#233;d&#233;s de lutte entre les classes, mais ne change ni les buts ni la direction fondamentale de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie imp&#233;rialiste domine le monde. C'est pourquoi la prochaine guerre, par son caract&#232;re fondamental, sera une guerre imp&#233;rialiste. Le contenu fondamental de la politique du prol&#233;tariat international sera, par cons&#233;quent, la lutte contre l'imp&#233;rialisme et sa guerre. Le principe fondamental de cette lutte sera :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'ennemi principal est dans notre PROPRE PAYS&#034;, ou :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La d&#233;faite de notre propre gouvernement (imp&#233;rialiste) est le moindre mal&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous les pays du monde ne sont pas des pays imp&#233;rialistes. Au contraire, la majorit&#233; des pays sont les victimes de l'imp&#233;rialisme. Certains pays coloniaux ou semi-coloniaux tenteront, sans aucun doute, d'utiliser la guerre pour rejeter le joug de l'esclavage. De leur part, la guerre ne sera pas imp&#233;rialiste, mais &#233;mancipatrice. Le devoir du prol&#233;tariat international sera d'aider les pays opprim&#233;s en guerre contre les oppresseurs. Ce m&#234;me devoir s'&#233;tend aussi &#224; l'URSS ou &#224; tout autre &#201;tat ouvrier qui peut surgir avant la guerre ou durant la guerre. La d&#233;faite de tout gouvernement imp&#233;rialiste dans la lutte contre un &#201;tat ouvrier ou un pays colonial est le moindre mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers d'un pays imp&#233;rialiste ne peuvent cependant pas aider un pays anti-imp&#233;rialiste par l'interm&#233;diaire de leur gouvernement, quelles que soient, &#224; un moment donn&#233;, les relations diplomatiques et militaires entre les deux pays. Si les gouvernements se trouvent en alliance temporaire, et au fond incertaine, le prol&#233;tariat du pays imp&#233;rialiste continue &#224; rester en opposition de classe &#224; son gouvernement et apporte un appui &#224; l' &#034;alli&#233;&#034; non imp&#233;rialiste de celui-ci par ses propres m&#233;thodes, c'est-&#224;-dire par les m&#233;thodes de la lutte de classe internationale (agitation en faveur de l'&#201;tat ouvrier et du pays colonial, non seulement contre ses ennemis, mais aussi contre ses alli&#233;s perfides : boycott et gr&#232;ve dans certains cas, renoncement au boycott et &#224; la gr&#232;ve dans d'autres, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en soutenant un pays colonial ou l'URSS dans la guerre, le prol&#233;tariat ne se solidarise pas dans la moindre mesure avec le gouvernement bourgeois du pays colonial ni avec la bureaucratie thermidorienne de l'URSS. Au contraire, il maintient sa compl&#232;te ind&#233;pendance politique aussi bien envers l'un qu'envers l'autre. En aidant une guerre juste et progressiste, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire conquiert les sympathies des travailleurs des colonies et de l'URSS, y affermit ainsi l'autorit&#233; et l'influence de la IV&#176; Internationale, et peut aider d'autant mieux au renversement du gouvernement bourgeois dans le pays colonial, de la bureaucratie r&#233;actionnaire en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la guerre, les sections de la IV&#176; Internationale se sentiront in&#233;vitablement isol&#233;es : chaque guerre prend les masses populaires &#224; l'improviste et les pousse du c&#244;t&#233; de l'appareil gouvernemental. Les internationalistes devront nager contre le courant. Cependant, les d&#233;vastations et les maux de la nouvelle guerre qui, d&#232;s les premiers mois, laisseront loin en arri&#232;re les horreurs sanglantes de 1914-1918 auront t&#244;t fait de d&#233;griser les masses. Le m&#233;contentement et la r&#233;volte de celles-ci cro&#238;tront par bonds. Les sections de la IV&#176; Internationale se trouveront &#224; la t&#234;te du flux r&#233;volutionnaire. Le programme des revendications transitoires prendra une actualit&#233; br&#251;lante. Le probl&#232;me de la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat se dressera de toute sa hauteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#233;touffer ou de noyer dans le sang l'humanit&#233;, le capitalisme empoisonne l'atmosph&#232;re mondiale par les vapeurs d&#233;l&#233;t&#232;res de la haine nationale et raciale. L'antis&#233;mitisme est aujourd'hui l'une des convulsions les plus malignes de l'agonie du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;nonciation intransigeante des pr&#233;jug&#233;s de race et de toutes les formes et nuances de l'arrogance et du chauvinisme nationaux, en particulier de l'antis&#233;mitisme, doit entrer dans le travail quotidien de toutes les sections de la IV&#176; Internationale comme le principal travail d'&#233;ducation dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme et la guerre. Notre mot d'ordre fondamental reste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;PROL&#201;TAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. Trotsky&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux jeunes socialistes et communistes qui veulent penser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 juillet 1935&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La question du danger de guerre pr&#233;occupe actuellement la jeunesse de la fa&#231;on la plus profonde. Et &#224; juste titre, car c'est avant tout de sa propre t&#234;te qu'il s'agit. La question de la guerre constitue le premier point &#224; l'ordre du jour du congr&#232;s des jeunesses socialistes de Copenhague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, marxistes r&#233;volutionnaires, rejetons enti&#232;rement les recettes contre la guerre qu'ont donn&#233;es les chefs de la II&#176; et de la III&#176; Internationale. Ils pr&#234;chent le d&#233;sarmement et la &#171; conciliation &#187; par la Soci&#233;t&#233; des Nations. Cela signifie qu'ils croient &#224; la possibilit&#233; de changer l'essence du capitalisme par des r&#233;formes pacifiques, car la lutte arm&#233;e entre Etats capitalistes appartient aussi bien &#224; l'essence du capitalisme que la concurrence entre les divers capitalistes ou entre leurs trusts. Il y a des gens qui s'intitulent socialistes ou communistes, qui qualifient l'Etat capitaliste d'institution compl&#232;tement imp&#233;rialiste et qui croient en m&#234;me temps &#224; la Soci&#233;t&#233; des Nations, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire &#224; la Bourse des Etats imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le marxiste, la lutte contre la guerre co&#239;ncide avec la lutte contre l'imp&#233;rialisme. Le moyen de cette lutte, ce n'est pas le &#171; d&#233;sarmement g&#233;n&#233;ral &#187;, mais l'armement du prol&#233;tariat en vue de l'an&#233;antissement r&#233;volutionnaire de la bourgeoisie et de l'instauration d'un Etat ouvrier. Notre mot d'ordre n'est pas : Soci&#233;t&#233; des Nations, mais Etats&#8209;Unis sovi&#233;tiques d'Europe et du monde entier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui nous voyons comment, en France, les r&#233;formistes et les pr&#233;tendus &#171; communistes &#187; (&#224; vrai dire stalinistes) ont conclu avec les radicaux une alliance pour lutter, para&#238;t&#8209;il, contre le fascisme et la guerre. Que sont les radicaux. ? Un parti r&#233;solument imp&#233;rialiste qui monte la garde devant le trait&#233; de Versailles et devant l'empire colonial fran&#231;ais. Comment peut&#8209;on mener en commun avec un parti imp&#233;rialiste la lutte contre la guerre imp&#233;rialiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, les radicaux se plaisent &#224; parler de la paix. Hitler s'&#233;chine &#233;galement en faveur de la paix. Car ils sont tous pour la paix : les cur&#233;s, les banquiers, les g&#233;n&#233;raux. Mais que signifie, en r&#233;alit&#233;, le pacifisme des gouvernements et des partis bourgeois ? Une inf&#226;me hypocrisie. N'importe quel bandit pr&#233;f&#232;re, si c'est possible, prendre la bourse de sa victime &#171; pacifiquement &#187;, sans toucher &#224; sa vie. Mussolini aimerait &#233;videmment mieux empocher l'Abyssinie d'une fa&#231;on &#171; pacifique &#187;, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire sans les frais et les victimes d'une guerre. L'Angleterre et la France voudraient bien savourer leur butin en &#171; paix &#187;. Mais gare &#224; celui qui les d&#233;range ! C'est en cela que consiste l'amour de la paix des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacifisme petit&#8209;bourgeois est en g&#233;n&#233;ral sinc&#232;re, mais d'autant plus aveugle et impuissant. Car, au fond, il n'est pas autre chose que la foi du paysan ou du petit boutiquier dans la possibilit&#233; d'am&#233;liorer la classe dominante, de d&#233;sarmer les grands bandits imp&#233;rialistes et de les d&#233;cider &#224; coexister pacifiquement l'un avec l'autre. Malgr&#233; ses bonnes intentions, le pacifisme petit&#173;-bourgeois devient un pr&#233;texte &#224; l'aide duquel l'imp&#233;rialisme, au moment voulu, s'empare des masses pour en faire de la chair &#224; canon. Nous accusons pr&#233;cis&#233;ment les chefs de la II&#176; et de la III&#176; Internationale d'aider, par leur politicaillerie pacifiste, le capitalisme &#224; pr&#233;parer un nouveau carnage des peuples. Dans une nouvelle guerre, les r&#233;formistes et les stalinistes seront, dans la plupart des cas, du c&#244;t&#233; de leur gouvernement, surtout en France, en Tch&#233;coslovaquie, en Belgique. Celui qui veut r&#233;ellement lutter contre la guerre doit parler clairement au peuple, doit rassembler les militants sous un drapeau r&#233;volutionnaire, et ce drapeau est celui de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux anciennes &#171; Internationales &#187; qui, en r&#233;alit&#233;, ont cess&#233; d'en &#234;tre, et nous, les combattants de la IVe Internationale, il y a plusieurs fractions et groupements interm&#233;diaires que nous appelons centristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce terme n'est pas, comme le pensent certains na&#239;fs, une injure, mais une conception tout &#224; fait scientifique. Nous appelons centristes ces tendances qui oscillent entre le marxisme (internationalisme) et le r&#233;formisme (patriotisme), mais qui, dans leur essence, sont g&#233;n&#233;ralement plus pr&#232;s du r&#233;formisme. En France, c'est la fraction de la Bataille socialiste qui a un caract&#232;re centriste, liant son acceptation de la d&#233;fense nationale &#224; la glorification du pacifisme (Zyromski) et tol&#233;rant &#224; son aile gauche un internationalisme vague (Pivert). De tels courants existent dans une s&#233;rie de pays. Pour la p&#233;riode actuelle, on peut citer comme exemple typique de centrisme le parti ouvrier socialiste allemand (S.A.P.) [1]. Le S.A.P. n'est nullement une organisation de masse. Il poss&#232;de, cependant, des fonctionnaires de parti et de syndicat assez nombreux, r&#233;pandus actuellement comme &#233;migr&#233;s en diff&#233;rents pays. Ils disposent souvent d'une routine pratique consid&#233;rable et d'une certaine &#233;ducation th&#233;orique ; mais leur activit&#233; ne d&#233;passe jamais le cadre des opinions centristes. C'est pourquoi ils sont contre la IV&#176; Internationale. C'est pourquoi ils combattent les partis et organisations qui se rassemblent autour du drapeau de la IV&#176; Internationale. C'est pourquoi ils cherchent leurs amis &#224; leur droite. C'est pourquoi leur hostilit&#233; se dirige toujours vers la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De temps en temps, ils affirment qu'ils ne sont pas, au fond, des adversaires de la IV&#176; Internationale en tant que telle, mais qu'ils la trouvent inopportune. Cette assertion, cependant, est sans contenu. Car il ne s'agit pas d'une question math&#233;matique, mais d'une question politique o&#249; le facteur temps est d&#233;cisif. Le socialisme non plus n'est pas &#171; opportun &#187; tant que nous ne sommes pas capables de le r&#233;aliser. Mais nous l'avons &#233;crit sur notre drapeau, et ce drapeau, nous le portons, bien ouvertement, devant les masses. Si nous sommes maintenant persuad&#233;s que la lutte contre la guerre et pour le socialisme exige un nouveau rassemblement de l'avant&#8209;garde prol&#233;tarienne autour d'un programme nouveau, alors nous devons commencer ce travail sans tarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui aujourd'hui, comme le S.A.P., est contre la IV&#176; Internationale, ses d&#233;fenseurs et ses constructeurs, celui-&#173;l&#224; d&#233;montre que, consciemment ou inconsciemment, il veut garder ouverte la voie du retour vers les r&#233;formistes et les patriotes. Cette affirmation peut appara&#238;tre aux na&#239;fs comme une manifestation de &#171; sectarisme &#187; ou m&#234;me une &#171; calomnie &#187;. La plus r&#233;cente position du S.A.P. dans la question de la guerre, absolument antimarxiste, a confirm&#233; notre appr&#233;ciation de mani&#232;re irr&#233;futable. Celui qui n'a pas lu la fameuse r&#233;solution du S. A. P. sur &#171; la lutte pour la paix &#187; devrait le faire imm&#233;diatement et m&#234;me apprendre par c&#339;ur certaines phrases. Aucune formule sonore sur la r&#233;volution socialiste et la dictature du prol&#233;tariat ne peut dissimuler le caract&#232;re r&#233;el, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire pacifiste, de la politique du S.A.P., qui veut rassembler &#171; toutes les forces &#187; pour le d&#233;sarmement et pour la paix, et cr&#233;er pour cela un &#171; comit&#233; mondial &#187;. Celui qui pr&#234;che que les imp&#233;rialistes peuvent, sous la &#171; pression &#187; des masses, d&#233;sarmer pacifiquement nie par cela m&#234;me la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Car quelle r&#233;volution peut&#8209;il y avoir contre la bourgeoisie d&#233;sarm&#233;e ? Au pacifisme en politique ext&#233;rieure correspond in&#233;vitablement le pacifisme en politique int&#233;rieure. Quelqu'un peut nous jurer solennellement qu'il est mat&#233;rialiste ; si, pour assurer le salut de son &#226;me, il va &#224; l'&#233;glise &#224; P&#226;ques, il reste pour nous une triste victime du clerg&#233;. Celui qui joint les phrases sur la r&#233;volution sociale &#224; des supplications pacifiques en faveur du d&#233;sarmement, celui&#8209;l&#224; n'est pas un r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien, mais une pitoyable victime de la superstition petite&#8209;bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a&#8209;t&#8209;il pas pourtant &#8209; nous r&#233;plique&#8209;t&#8209;on souvent &#8209;, dans le S.A.P. et dans les organisations analogues, de bons ouvriers d'esprit r&#233;volutionnaire qu'il ne faudrait point heurter de front ? Cet argument aussi manque son but. Il est tout &#224; fait possible et presque certain qu'il y ait dans le S.A.P. et les organisations semblables des ouvriers qui ne sont pas contents de la politique chancelante et &#233;vasive de leur direction. Mais la meilleure fa&#231;on d'aider les &#233;l&#233;ments susceptibles d'&#233;voluer, c'est de mettre &#224; nu sans piti&#233; la politique fausse de leur direction. Il est vrai qu'au premier moment m&#234;me les &#233;l&#233;ments progressifs se sentent heurt&#233;s. N&#233;anmoins la critique se grave dans leur conscience. Puis viennent de nouveaux faits qui confirment notre critique. Et, enfin, l'ouvrier r&#233;volutionnaire honn&#234;te se dira : les l&#233;ninistes avaient tout de m&#234;me raison : il faut que je me joigne &#224; eux. C'est toujours ainsi que s'est accompli le d&#233;veloppement d'un parti r&#233;volutionnaire [2]. C'est ainsi que la chose se passera cette fois&#8209;ci encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeunes camarades et amis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas par une haine &#171; fanatique &#187; et encore moins par hostilit&#233; personnelle que nous combattons tout ce qui est &#233;quivoque, confus et ambigu. Notre &#233;poque, cruelle, m&#233;nage tr&#232;s peu la sentimentalit&#233;, l'indulgence personnelle et autres beaux sentiments. Ce qu'elle exige, c'est un programme juste et une volont&#233; farouche de vaincre. A l'&#233;gard des masses qui ne font que chercher une direction r&#233;volutionnaire, nous devons faire preuve de la plus grande attention, de la plus grande patience. Il faut leur exposer cent et mille fois les principes r&#233;volutionnaires &#224; la lumi&#232;re des &#233;v&#233;nements du jour. Mais envers ceux qui se pr&#233;sentent aux masses comme des chefs et d&#233;ploient un drapeau &#224; eux, nous devons faire preuve de s&#233;v&#232;res exigences. La premi&#232;re est la clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui s'arr&#234;tent &#224; mi&#8209;chemin, les centristes, les pacifistes, peuvent, pendant des ann&#233;es, v&#233;g&#233;ter, publier des journaux, convoquer des conf&#233;rences, obtenir m&#234;me momentan&#233;ment des succ&#232;s dans le domaine de l'organisation. Mais les grands tournants histo&#173;riques &#8209; guerre, r&#233;volution &#8209; font s'&#233;crouler de tels partis comme ch&#226;teaux de cartes. Au contraire, les organisations qui, par une &#226;pre lutte int&#233;rieure et ext&#233;rieure, sont arriv&#233;es &#224; une clart&#233; r&#233;volutionnaire r&#233;elle et &#224; une conscience de leur but, aboutissent, pr&#233;cis&#233;ment dans les circonstances historiques critiques, d'un seul coup, au plus large d&#233;ploiement de leur puissance. Alors le philistin s'&#233;tonne, le philistin de gauche les acclame, sans comprendre pourtant que le &#171; Miracle &#187; n'a &#233;t&#233; possible que par un travail pr&#233;paratoire lent de longues ann&#233;es et que la rigueur marxiste a &#233;t&#233; la meilleure arme de ce travail pr&#233;paratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans toute grande lutte id&#233;ologique, il y a des copeaux et des &#233;clats. Les centristes se servent de pr&#233;f&#233;rence de ce pitoyable mat&#233;&#173;riel pour d&#233;tourner l'attention de ce qui est important, d&#233;cisif. Les jeunes ouvriers qui veulent penser doivent apprendre &#224; m&#233;&#173;priser la mani&#232;re cancani&#232;re, philistine, m&#233;chante et impuissante des centristes. Vous devez aller au fond des choses ! Les questions les plus importantes pour la formation du r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien sont &#224; pr&#233;sent l'attitude envers la guerre et la position envers la IV&#176; Internationale. Ces questions, vous devez vous les poser dans toute leur envergure. Nous, bolcheviks&#8209;l&#233;ninistes, nous avons &#233;dit&#233;, il y a plus d'un an, la brochure La IV&#176; Internationale et la guerre. Prendre s&#233;rieusement connaissance de ce document programmatique, c'est l&#224; le premier devoir de tout r&#233;volutionnaire qui veut se faire une opinion ind&#233;pendante. Ne perdez donc pas de temps, &#233;tudiez, r&#233;fl&#233;chissez, discutez honn&#234;tement, aspirez inlassablement &#224; la clart&#233; r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut fraternel.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Au moment o&#249; Trotsky &#233;crivait ces lignes, la Bataille socialiste &#233;tait en train d'&#233;clater, son aile gauche pivertiste s'en d&#233;tachant pour former avec d'autres &#233;l&#233;ments la Gauche r&#233;volutionnaire. Mais le S.A.P., apr&#232;s avoir &#233;t&#233; partisan de la construction de la IV&#176; Internationale, devenait le centre des regroupements hostiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En fait, le seul exemple probant &#224; l'appui de cette d&#233;monstration est celui du parti bolchevique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Documents trotskystes sur la deuxi&#232;me guerre mondiale imp&#233;rialiste</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1228</link>
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		<dc:date>2009-06-23T10:55:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rudolf Klement Les t&#226;ches du prol&#233;tariat pendant la guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
1937 &lt;br class='autobr' /&gt;
Un compte rendu du livre &#034;The Case of Leon Trotsky&#034; paru dans le premier num&#233;ro de &#034;Der einzige Weg&#034;[*] citait comme &#034;int&#233;ressante&#034; les d&#233;clarations suivantes du camarade Trotsky sur la diff&#233;rence entre les t&#226;ches qui se posent aux diff&#233;rentes sections du prol&#233;tariat, dans le cas d'une guerre entre la France et l'URSS d'une part, l'Allemagne et le Japon d'autre part : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;TROTSKY : La r&#233;ponse &#224; cette question (Que doit faire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rudolf Klement&lt;br class='autobr' /&gt;
Les t&#226;ches du prol&#233;tariat pendant la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un compte rendu du livre &#034;The Case of Leon Trotsky&#034; paru dans le premier num&#233;ro de &#034;Der einzige Weg&#034;[*] citait comme &#034;int&#233;ressante&#034; les d&#233;clarations suivantes du camarade Trotsky sur la diff&#233;rence entre les t&#226;ches qui se posent aux diff&#233;rentes sections du prol&#233;tariat, dans le cas d'une guerre entre la France et l'URSS d'une part, l'Allemagne et le Japon d'autre part :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;TROTSKY : La r&#233;ponse &#224; cette question&lt;br class='autobr' /&gt;
(Que doit faire le prol&#233;tariat fran&#231;ais pour d&#233;fendre l'URSS dans une guerre, o&#249; la France serait l'alli&#233; de l'URSS ? &#8212; W. St.)&lt;br class='autobr' /&gt;
a &#233;t&#233; donn&#233;e plus ou moins dans la th&#232;se 'La IV&#232;me Internationale et la guerre', en ce sens : en France je resterais en opposition au gouvernement et d&#233;velopperais cette opposition syst&#233;matiquement. En Allemagne et au Japon je ferai tout ce que je pourrais pour saboter la machine de guerre. Ce sont deux choses diff&#233;rentes. En Allemagne et au Japon, j'appliquerais des m&#233;thodes militaires tant que je serais capable de lutter, je contrarierais le fonctionnement de la machine militaire du Japon, je lui porterais des coups, je la d&#233;sorganiserais, en Allemagne comme au Japon. En France il s'agit de l'opposition politique &#224; la bourgeoisie, et de la pr&#233;paration &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Les deux sont des m&#233;thodes r&#233;volutionnaires. Mais en Allemagne et au Japon mon but c'est la d&#233;sorganisation de tout l'appareil. En France mon but c'est la r&#233;volution prol&#233;tarienne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GOLDMAN (l'avocat de Trotsky) : Supposez que vous ayez la possibilit&#233; de prendre le pouvoir pendant une guerre, en France, le pr&#233;coniseriez-vous, si vous aviez la majorit&#233; du prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROTSKY : Naturellement...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre d'un compte rendu, il &#233;tait naturellement impossible de d&#233;velopper les probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux de la lutte r&#233;volutionnaire contre la guerre ou m&#234;me de faire la clart&#233; th&#233;orique sur la question particuli&#232;re pos&#233;e par cette d&#233;claration isol&#233;e, pour ainsi dire improvis&#233;e et forc&#233;ment incompl&#232;te. Puisque cette citation a pourtant amen&#233; &#224; des fausses interpr&#233;tations et m&#234;me &#224; des d&#233;formations malveillantes (on pr&#233;pare l'Union Sacr&#233;e en France, on abandonne le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, etc...) nous voudrions apporter ici les pr&#233;cisions n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les principes de la lutte r&#233;volutionnaire contre la guerre et pendant celle-ci, nous nous contenterons de renvoyer aux th&#232;ses sur la guerre adopt&#233;es en mai 1934 par le Secr&#233;tariat International de notre mouvement, qui depuis cette date sont un des documents programmatiques les plus importants des bolch&#233;viks-l&#233;ninistes, et dont l'actualit&#233; est plus grande de jour en jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne plus particuli&#232;rement la question en discussion, le camarade Trotsky fait dans sa d&#233;claration allusion au passage suivant des th&#232;ses sur la guerre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44. Restant le d&#233;fenseur r&#233;solu et intr&#233;pide de l'Etat ouvrier en lutte contre l'imp&#233;rialisme, le prol&#233;tariat international ne devient pas, pourtant, l'alli&#233; des alli&#233;s imp&#233;rialistes de l'URSS. Le prol&#233;tariat d'un pays capitaliste qui se trouve en alliance avec l'URSS maintien pleinement et enti&#232;rement son hostilit&#233; implacable &#224; l'&#233;gard du gouvernement imp&#233;rialiste de son propre pays. En ce sens, il n'y a pas de diff&#233;rence avec la politique du prol&#233;tariat d'un pays en lutte contre l'URSS. Mais dans le caract&#232;re des actions pratiques, il peut se trouver des diff&#233;rences consid&#233;rables, provoqu&#233;es par la situation concr&#232;te de la guerre. Il serait, par exemple, absurde et criminel, en cas de guerre entre l'URSS et le Japon, que le prol&#233;tariat am&#233;ricain sabote l'envoi d'armes am&#233;ricains pour l'URSS. Cependant des actions de cette sorte &#8212; gr&#232;ves, sabotages, etc... &#8212; seraient absolument obligatoires pour le prol&#233;tariat d'un pays en lutte contre l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45. L'opposition prol&#233;tarienne implacable contre l'alli&#233; imp&#233;rialiste de l'URSS devrait se d&#233;velopper sur le terrain d'une part de la politique de classe &#224; l'int&#233;rieur, d'autre part des buts imp&#233;rialistes du gouvernement donn&#233;, du caract&#232;re perfide de son &#034;alliance&#034;, de sa sp&#233;culation sur un coup d'Etat bourgeois en URSS, etc. La politique du parti prol&#233;tarien dans un pays imp&#233;rialiste, &#034;alli&#233;&#034; comme &#034;ennemi&#034;, doit, par cons&#233;quent, tendre au renversement r&#233;volutionnaire et &#224; la prise du pouvoir. C'est seulement sur cette voie qu'on peut cr&#233;er une alliance v&#233;ritable avec l'URSS et sauver le premier Etat ouvrier de son effondrement.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres de ces derni&#232;res ann&#233;es ne repr&#233;sentent pas une lutte directe entre des puissances imp&#233;rialistes, mais des brigandages coloniaux (Italie-Abyssinie, Japon-Chine) ou des luttes pour des sph&#232;res d'influence (Chine, Chaco, &#224; certains &#233;gards aussi l'Espagne) et n'ont pour cette raison pas encore d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, pour le moment, en conflit mondial. Hitler esp&#232;re partir demain &#224; l'assaut de l'URSS de la m&#234;me mani&#232;re que le Japon aujourd'hui contre la Chine, c'est-&#224;-dire, en changeant le rapport des forces imp&#233;rialistes, sans l&#233;ser directement des int&#233;r&#234;ts essentiels les autres imp&#233;rialismes, et en localisant ainsi temporairement le conflit. Or les &#233;v&#233;nements survenus depuis 1934 ont clairement d&#233;montr&#233; que les th&#232;ses cit&#233;es restent valables pour l'attitude du prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialistes non seulement dans la guerre antisovi&#233;tique mais encore dans toutes les guerres o&#249; il doit prendre parti, et c'est pr&#233;cis&#233;ment de telles guerres dont il s'agissait surtout ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La guerre n'est qu'une continuation de la politique par d'autres moyens. Le prol&#233;tariat doit donc continuer sa lutte de classe aussi en temps de guerre entre autres, par les moyens nouveaux, que lui remet la bourgeoisie. Il peut et doit exploiter dans les pays imp&#233;rialistes l'affaiblissement de sa propre bourgeoisie par la guerre, pour pr&#233;parer et accomplir sa r&#233;volution sociale et pour prendre le pouvoir, sans &#233;gard &#224; la d&#233;faite militaire qui peut r&#233;sulter &#224; un moment donn&#233; de cette lutte. Cette tactique, connue sous le nom de d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, qui peut et doit &#234;tre r&#233;alis&#233; internationalement, constitue &#224; notre &#233;poque l'un des plus solides leviers de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale et par l&#224; du progr&#232;s historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, partout o&#249; la lutte n'est imp&#233;rialiste que de l'un des c&#244;t&#233;s, et est de l'autre une guerre lib&#233;ratrice de nations non-imp&#233;rialistes contre l'oppression imp&#233;rialiste existante ou mena&#231;ante, ainsi que dans les guerres civiles entre les classes ou entre la d&#233;mocratie et le fascisme, le prol&#233;tariat national et international ne peut pas appliquer une seule et m&#234;me tactique envers les deux camps ; il doit reconna&#238;tre le caract&#232;re progressif de ces luttes lib&#233;ratrices, lutter r&#233;solument contre l'ennemi principal, l'imp&#233;rialisme r&#233;actionnaire, (ou dans une guerre civile, contre le camp le plus r&#233;actionnaire), c'est-&#224;-dire pour la victoire des opprim&#233;s ou de ceux que menace l'oppression sociale (ou politique) : l'URSS, les pays coloniaux et semi-coloniaux comme l'Abyssinie et la Chine, d'autre part l'Espagne r&#233;publicaine, etc... En agissant ainsi, le prol&#233;tariat reste toujours conscient de son opposition implacable de classe envers sa propre bourgeoisie, conscient de son opposition politique &#224; la bureaucratie sovi&#233;tique ; et il n'abandonne sans r&#233;sistance aucune de ses positions ind&#233;pendantes. De m&#234;me que dans les pays imp&#233;rialistes, il aspire de toutes ses forces &#224; la r&#233;volution sociale et &#224; la prise du pouvoir, &#224; l'instauration de sa dictature &#8212; lutte qui seule d'ailleurs rend possible une victoire s&#251;re et durable sur les imp&#233;rialistes. Mais ici il ne peut et ne veut pas rechercher la victoire r&#233;volutionnaire comme dans les camps imp&#233;rialistes, au prix de la d&#233;faite militaire, mais par la voie de la victoire militaire de son pays.[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de classe et la guerre sont des ph&#233;nom&#232;nes internationaux qui ne peuvent se r&#233;soudre qu'internationalement. Chaque lutte n'admettant que deux camps (bloc contre bloc) et la m&#234;l&#233;e imp&#233;rialiste se m&#233;langeant &#224; la guerre des classes (imp&#233;rialisme mondial contre prol&#233;tariat mondial), il se cr&#233;e des situations multiples et complexes. Les bourgeoisies des pays semi-coloniaux ou la bourgeoisie lib&#233;rale menac&#233;e par son &#034;propre&#034; fascisme, en appel &#224; l'aide des imp&#233;rialismes &#034;amis&#034; ; l'Union sovi&#233;tique par exemple, tente d'utiliser les antagonismes entre les imp&#233;rialismes, en concluant des alliances avec un groupe contre un autre, etc... Le prol&#233;tariat de tous les pays, seule classe internationalement solidaire et, aussi pour cette raison la seule progressive, se trouve de cette mani&#232;re en temps de guerre, surtout pendant la nouvelle guerre mondiale, dans la situation complexe de devoir combiner le d&#233;faitisme envers sa propre bourgeoisie et le soutien de guerres progressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est v&#233;h&#233;mentement exploit&#233;e d&#232;s maintenant et le sera plus encore demain par les social patriotes de nuance social-d&#233;mocrate, stalinien ou anarchiste, afin que les prol&#233;taires se fassent massacrer au profit du capital, avec l'illusion d'aider leurs fr&#232;res d'URSS, de Chine, etc... Elle sert &#233;galement aux social-tra&#238;tres pour repr&#233;senter les r&#233;volutionnaires non seulement comme des &#034;tra&#238;tres &#224; leur patrie&#034;, mais encore comme des &#034;tra&#238;tres &#224; la patrie socialiste&#034; (comme aujourd'hui ils sont trait&#233;s de complices de Franco). Dans cette situation apparemment contradictoire, le prol&#233;tariat avant tout des pays imp&#233;rialistes, a besoin d'une compr&#233;hension particuli&#232;rement claire de ces t&#226;ches combin&#233;es et des m&#233;thodes pour les r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'application du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire contre la bourgeoisie imp&#233;rialiste et son Etat il ne peut y avoir de diff&#233;rence fondamentale, quelque soit l'attitude de celle-ci envers la cause soutenue par le prol&#233;tariat, qu'elle soit &#034;amie&#034; ou ennemie, qu'elle se trouve en alliance &#8212; perfide &#8212; avec les alli&#233;s du prol&#233;tariat (Staline, la bourgeoisie des pays semi-coloniaux, les peuples coloniaux, le lib&#233;ralisme en lutte contre le fascisme), ou bien m&#232;ne la guerre contre eux. Les m&#233;thodes du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire restent invariablement : propagande r&#233;volutionnaire ; opposition irr&#233;ductible envers le r&#233;gime ; lutte de classe depuis la forme purement &#233;conomique (gr&#232;ve) &#224; la forme politique la plus d&#233;velopp&#233;e (insurrection arm&#233;e) ; transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile (fraternisation des soldats).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense internationale des Etats prol&#233;tariens, des peuples opprim&#233;s combattant pour leur libert&#233; et le soutien international de la guerre civile antifasciste, les armes &#224; la mains, doivent cependant par leur nature m&#234;me rev&#234;tir des aspects diff&#233;rents, selon le fait que la bourgeoisie d'un pays donn&#233; se trouve temporairement &#224; leurs c&#244;t&#233;s ou m&#232;ne une guerre contre eux. A part la pr&#233;paration politique de la r&#233;volution sociale, dont le rythme et les m&#233;thodes ne co&#239;ncident nullement avec ceux de la guerre, cette d&#233;fense doit prendre, par la nature des choses, des formes militaires. Elle consiste par cons&#233;quent, en plus d'un soutien r&#233;volutionnaire, &#224; appuyer militairement la cause progressive, et &#224; nuire militairement &#224; son adversaire imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien militaire de la cause progressive ne peut &#233;videmment atteindre une envergure syst&#233;matique et d&#233;cisive que l&#224; ou le prol&#233;tariat lui-m&#234;me tient entre ses mains le levier du pouvoir et de l'&#233;conomie. Dans les pays imp&#233;rialistes alli&#233;s aux pays menant des guerres progressives ou r&#233;volutionnaires l'affaire se r&#233;soud &#224; ce que le prol&#233;tariat lutte par des moyens r&#233;volutionnaires pour un soutien militaire efficace, direct, contr&#244;l&#233; par lui, de la cause progressive (les ouvriers fran&#231;ais criaient : &#034;Des avions pour l'Espagne&#034;). En tout cas il doit favoriser et contr&#244;ler le soutien effectivement accord&#233;, serait-ce au prix d'une &#034;exception&#034; &#224; la lutte de classe imm&#233;diate.[2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'instinct prol&#233;tarien et &#224; la clairvoyance r&#233;volutionnaire qui conna&#238;t et distingue bien les t&#226;ches, de prendre en chaque situation concr&#232;te la d&#233;cision juste, &#233;vitant aussi bien de nuire aux int&#233;r&#234;ts militaires de ses lointains alli&#233;s pour des consid&#233;rations de lutte de classe nationales &#233;troites, si r&#233;volutionnaire que soit leur apparence, que de faire les affaires imp&#233;rialistes de son &#034;propre&#034; imp&#233;rialisme sous pr&#233;texte de les aider. La seule aide v&#233;ritable et d&#233;cisive, les ouvriers l'apporteront &#224; leurs alli&#233;s apr&#232;s la prise r&#233;volutionnaire du pouvoir et gr&#226;ce &#224; celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte du prol&#233;tariat d'un pays imp&#233;rialiste qui se trouve en lutte imm&#233;diate et directe contre la cause progressive se d&#233;roulera tout autrement, au moins en ce qui concerne la forme ext&#233;rieure de la lutte. Son devoir c'est, outre la lutte pour la r&#233;volution, le sabotage militaire (espionnage, terreur, explosions, &#034;trahison militaire&#034;, soutien de d&#233;tachements qui envahissent l'arri&#232;re de sa &#034;propre&#034; arm&#233;e, etc., etc...) en faveur de &#034;l'ennemi&#034;, c'est-&#224;-dire l'ennemi de sa bourgeoisie, mais l'alli&#233; du prol&#233;tariat. Comme facteur du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire dans la lutte entre des pays imp&#233;rialistes, le sabotage militaire, tout comme la terreur individuelle, est tout &#224; fait inapte. Sans remplacer la r&#233;volution sociale ou m&#234;me l'avancer d'un pouce, il ne ferait qu'aider un imp&#233;rialisme contre l'autre, &#233;garer l'avant-garde, semer des illusions dans les masses et faciliter ainsi le jeu des imp&#233;rialistes.[3] Par contre le sabotage militaire s'impose imp&#233;rieusement comme mesure imm&#233;diate de d&#233;fense du camp en lutte contre l'imp&#233;rialisme et, par l&#224; progressif. Comme tel il est compris, salu&#233; et appuy&#233; par les masses. La d&#233;faite de son &#034;propre&#034; pays devient ici un moindre mal dont il faut prendre son parti (moindre mal par rapport &#224; une &#034;victoire&#034; pay&#233;e par l'union sacr&#233;e et par la renonciation &#224; la r&#233;volution), le but imm&#233;diat, la t&#226;che de la lutte prol&#233;tarienne. La d&#233;faite de son &#034;propre&#034; pays ne serait dans ce cas pas un mal du tout, ou un mal beaucoup plus facilement accept&#233;, puisqu'elle signifierait la victoire commune d'un peuple lib&#233;r&#233; du joug imp&#233;rialiste existant ou en instance de menace, et du prol&#233;tariat de son ennemi sur le n&#233;grier commun, le capital imp&#233;rialiste. Une telle victoire serait un puissant point de d&#233;part pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale dans les pays imp&#233;rialistes, dans laquelle les pays &#034;amis&#034; ne seraient pas les derniers &#224; entrer.[4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons comment des situations de guerre diff&#233;rentes exigent du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire des diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes, s'il veut rester fid&#232;le &#224; sa nature et &#224; son but, des formes de luttes diff&#233;rentes, qui peuvent appara&#238;tre aux esprits sch&#233;matiques &#234;tre des &#034;d&#233;viations&#034; du principe fondamental du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, mais qui en r&#233;alit&#233; ne r&#233;sultent que de la combinaison du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire avec la d&#233;fense de certains camps progressifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vus sous l'angle historique sup&#233;rieur, ces deux t&#226;ches d'ailleurs co&#239;ncident : en notre &#233;poque imp&#233;rialiste, la bourgeoisie nationale des pays non-imp&#233;rialistes &#8212; de m&#234;me la bureaucratie sovi&#233;tique &#8212; sont incapables, de peur de la classe ouvri&#232;re internationalement m&#251;re pour la r&#233;volution et pour la dictature prol&#233;tarienne, de mener une lutte &#233;nergique contre l'imp&#233;rialisme. Elles ne peuvent oser en appeler aux forces du prol&#233;tariat et sollicitent, &#224; un certain stade de lutte, in&#233;vitablement l'aide de l'imp&#233;rialisme contre leur &#034;propre&#034; prol&#233;tariat. La lib&#233;ration compl&#232;te des nations coloniales et semi-coloniales du joug imp&#233;rialiste, la protection des pays coloniaux de l'esclavage total, et celle de l'URSS de la destruction et de l'anarchie int&#233;rieur et ext&#233;rieur, la d&#233;fense de la r&#233;volution bourgeoise-d&#233;mocratique, l'&#233;chec au fascisme, toutes ces t&#226;ches ne peuvent &#234;tre r&#233;solues nationalement et internationalement que par le prol&#233;tariat exclusivement ; leur r&#233;alisation s'interp&#233;n&#232;tre d'une fa&#231;on naturelle avec la r&#233;volution prol&#233;tarienne. La future guerre mondiale sera &#224; la fois la plus gigantesque et la plus meurtri&#232;re de toutes les explosions de l'Histoire, mais fera &#233;clater en m&#234;me temps toutes les entraves traditionnelles, et fondra dans son foyer les mouvements r&#233;volutionnaires et lib&#233;rateurs du monde entier en un seul torrent de feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exposer au prol&#233;tariat d&#232;s maintenant tr&#232;s clairement les probl&#232;mes de la future guerre et les t&#226;ches complexes qu'ils posent ; cette t&#226;che s&#233;rieuse difficile est la plus pressante de nos jours. Seuls les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes ont pris sur eux d'armer le prol&#233;tariat pour ses luttes et de lui forger l'instrument avec lequel il arrachera ses victoires futures : le programme, les m&#233;thodes, l'organisation de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes de R. Klement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Nous laissons de c&#244;t&#233; le cas, ou des guerres entre deux pays non-imp&#233;rialistes ou des guerre civiles sont seulement ou &#233;minemment un combat voil&#233; entre deux imp&#233;rialismes &#233;trangers - l'Angleterre et l'Am&#233;rique dans la guerre du Chaco ; et le cas o&#249; la lutte lib&#233;ratrice d'une nation opprim&#233;e n'est qu'un pion entre les mains d'un groupe imp&#233;rialiste et s'incorpore dans un conflit imp&#233;rialiste g&#233;n&#233;ral - Serbie 1914-18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] On peut supposer avec certitude que si pendant la guerre les dockers de Marseille d&#233;clenchaient une gr&#232;ve qui ne ferait d'exception que pour les fournitures d'armes &#224; l'URSS, fournitures auxquelles la bourgeoisie fran&#231;aise porte le moindre int&#233;r&#234;t, celle-ci en serait particuli&#232;rement f&#226;ch&#233;e ! De m&#234;me il serait stupide, par exemple, de ne pas faire para&#238;tre, pendant une gr&#232;ve d'imprimeurs, les journaux ouvriers qui sont n&#233;cessaire &#224; la lutte gr&#233;viste elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] L&#233;nine &#233;crit le 26 juillet 1915 en pol&#233;miquant contre le faux mot d'ordre de Trotsky &#034;Ni victoire, ni d&#233;faite&#034; : &#034;Or, quand on parle d'actes r&#233;volutionnaires en temps de guerre contre le gouvernement de son pays, il est indubitable, incontestable, qu'il s'agit non seulement de souhaiter la d&#233;faillance de ce gouvernement, mais d'y concourir effectivement. (Un &#034;lecteur perspicace&#034; verra bien qu'il n'est nullement question de &#034;faire sauter des ponts&#034;, d'organiser des mutineries militaires vou&#233;es &#224; l'insucc&#232;s et, en g&#233;n&#233;ral, d'aider le gouvernement &#224; &#233;craser les r&#233;volutionnaires). (Soulign&#233; par moi, W. St.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Il va de soi que le sabotage militaire en faveur des adversaires non-imp&#233;rialistes de sa propre bourgeoisie ne doit pas s'&#233;tendre sur ses alli&#233;s imp&#233;rialistes. Les prol&#233;taires allemands par exemple, chercheront &#224; d&#233;sorganiser militairement le front oriental, &#224; aider l'URSS ; mais pour le front occidental, o&#249; s&#233;virait une guerre purement imp&#233;rialiste entre l'Allemagne et la France alli&#233;e &#224; l'URSS, la &#034;seule&#034; r&#232;gle qui sera en vigueur sera celle du d&#233;faitisme, pour le prol&#233;tariat allemand aussi bien que fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Note&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*] Der enzige Weg&#034; (La seule voie) - journal trotskyste allemand -. La r&#233;ponse de Trotsky avait &#233;t&#233; utilis&#233;e contre lui par Vereeken.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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