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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Italie 1943 : quand les Alli&#233;s &#233;crasaient la r&#233;volution sous pr&#233;texte d'&#233;craser le fascisme mussolinien avec lequel ils avaient tent&#233; de pactiser</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7771</link>
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		<dc:date>2026-05-09T22:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1943, les puissances alli&#233;es ont essay&#233; de signer un armistice avec Mussolini puis l'ont fait avec Badoglio pour &#233;viter les risques r&#233;cvolutionnaires du renversement du fascisme. Ils ont alors bombard&#233; les populations italiennes, y compris la r&#233;sistance anti-fasciste pour combattre tout &#233;lan r&#233;volutionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile &lt;br class='autobr' /&gt;
https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1943, les puissances alli&#233;es ont essay&#233; de signer un armistice avec Mussolini puis l'ont fait avec Badoglio pour &#233;viter les risques r&#233;cvolutionnaires du renversement du fascisme. Ils ont alors bombard&#233; les populations italiennes, y compris la r&#233;sistance anti-fasciste pour combattre tout &#233;lan r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://museedelaresistanceenligne.org/media3532-Armistice-italien-du-3-septembre-1943&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://museedelaresistanceenligne.org/media3532-Armistice-italien-du-3-septembre-1943&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont finalement les forces de gauche (staliens, sociaux-d&#233;mocrates, r&#233;sistance d&#233;mocratique et syndicats) qui ont le plus &#339;uvr&#233; pour affacer toute volont&#233; r&#233;volutionnaire dans les masses italiennes d&#233;boussol&#233;es et accus&#233;es de fascisme d&#232;s qu'elles protestaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta &#233;crit en 1943 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime fasciste s'effondre en Italie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES OUVRIERS ITALIENS NOUS MONTRENT LA VOIE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 21 ans le prol&#233;tariat italien &#233;tait courb&#233; sous le joug de Mussolini et de ses bandes arm&#233;es au service de la bourgeoisie italienne. Pourquoi les ouvriers italiens qui en 1919 &#233;taient &#224; la t&#234;te de la lutte r&#233;volutionnaire en Europe, qui avaient occup&#233; les usines et les avaient mises en marche sous leur propre contr&#244;le et qui ne furent vaincus que par la trahison des r&#233;formistes, ne r&#233;ussirent-ils pas &#224; secouer la dictature fasciste ? C'est que les victoires successives de la r&#233;action en Pologne (1927), en Allemagne (1934), en Espagne (1939) et un r&#233;gime de dictature instaur&#233; dans toute l'Europe, leur avait ferm&#233; toute possibilit&#233; de r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le m&#233;contentement du prol&#233;tariat et des masses populaires en Italie grandissait de plus en plus contre le r&#233;gime pourri de Mussolini et n'attendait que la premi&#232;re occasion favorable pour se manifester. Quand en 1940 Mussolini aux ordres du grand capital, entra&#238;na le peuple italien dans la guerre imp&#233;rialiste les masses montr&#232;rent peu d'empressement &#224; se battre pour les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie italienne et pour la gloire de Mussolini. Les d&#233;sastres militaires subis par l'Italie imp&#233;rialiste depuis le d&#233;but de la guerre ont amen&#233; au paroxysme les contradictions int&#233;rieures engendr&#233;es par le r&#233;gime et l'exploitation patronale accrue. Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; en Italie pendant la campagne de Tunisie. Avec le d&#233;barquement des imp&#233;rialistes alli&#233;s en Sicile, le prol&#233;tariat italien ne pouvait qu'intensifier sa lutte, l'&#233;tendre et poser des revendications de plus en plus hardies. Dans ces circonstances, pour ressaisir la situation int&#233;rieure et pouvoir man&#339;uvrer plus librement entre les diff&#233;rents imp&#233;rialismes en guerre (&#233;ventuels changements diplomatiques), la bourgeoisie italienne s'est servi du roi d'Italie pour effectuer une &#034;r&#233;volution de palais&#034; et s'est d&#233;barrass&#233;e de Mussolini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mussolini parti, les masses sont entr&#233;es imm&#233;diatement en action. Le r&#233;gime fasciste s'est compl&#232;tement effondr&#233;. Cette victoire du peuple italien sur ses propres oppresseurs a rempli de joie dans le monde entier les exploit&#233;s et les opprim&#233;s, elle montre la voie &#224; suivre pour conqu&#233;rir les libert&#233;s, pour conqu&#233;rir le droit de vivre en mangeant &#224; sa faim, pour mettre fin &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers les informations tronqu&#233;es, arrang&#233;es, int&#233;ress&#233;es, de la radio &#034;alli&#233;e&#034; et &#034;neutre&#034;, les &#233;v&#233;nements d'Italie parlent un langage suffisamment clair pour qu'on ne puisse pas se m&#233;prendre sur leur sens. Ce sont les masses ouvri&#232;res qui par des gr&#232;ves puissantes, dans les villes industrielles du Nord notamment &#224; Milan, appuy&#233;es par tout le m&#233;contentement populaire, ont pr&#233;cipit&#233;, apr&#232;s la d&#233;mission de Mussolini la chute du fascisme. Ce sont les masses qui ont manifest&#233; devant les prisons, qui ont contraint Badoglio &#224; consacrer officiellement la lib&#233;ration des emprisonn&#233;s politiques, qui ont lib&#233;r&#233; elles-m&#234;mes des d&#233;tenus politiques du r&#233;gime l&#224; o&#249; &#034;l'action&#034; gouvernementale se faisait attendre. C'est l'action des masses qui a pratiquement redonn&#233; la vie aux diff&#233;rents partis politiques, malgr&#233; l'interdiction gouvernementale de tout parti. Si les gr&#232;ves ont cess&#233; actuellement devant les mesures draconiennes prises par le gouvernement, elles ne pourront que recommencer au fur et &#224; mesure que les masses prol&#233;tariennes et les soldats auront fraternis&#233; pour des buts communs. OUVRIERS ET SOLDATS DOIVENT RESOUDRE EN ITALIE, AVEC LA QUESTION DU REGIME, LA QUESTION FONDAMENTALE DE LA PAIX. Des fraternisations entre ouvriers et soldats auraient d&#233;j&#224; eu lieu, la troupe ayant refus&#233; de tirer sur les gr&#233;vistes. Radio-Londres parle de la cr&#233;ation de comit&#233;s d'ouvriers et m&#234;me de soldats. S'il s'agit de comit&#233;s &#233;lus par les ouvriers et les soldats, cela signifie que les masses d'ouvriers et de soldats en lutte, dress&#233;es contre l'appareil officiel &#233;tatique, se m&#233;fiant &#224; juste titre de l'action et des promesses de la bourgeoisie, cr&#233;ent leurs propres organisations de classe en liaison constante avec la masse et d&#233;pendant d'elle. Seuls les COMITES, organes d&#233;mocratiques de la dictature du prol&#233;tariat, peuvent briser l'Etat de la bourgeoisie et r&#233;soudre les questions br&#251;lantes DE LA PAIX, DU PAIN ET DE LA LIBERTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Italie marquent le d&#233;but de l'effondrement du r&#233;gime totalitaire &#233;tabli par la bourgeoisie en Europe sur le dos du mouvement ouvrier. Au Portugal, o&#249; cependant la politique de la bourgeoisie est inf&#233;od&#233;e &#224; l'Angleterre et non pas &#224; l'Allemagne et o&#249; la classe ouvri&#232;re est soumise &#224; la dictature sanglante de Salazar, la nouvelle de la chute de Mussolini et du fascisme a provoqu&#233; de grandes gr&#232;ves sur le tas, notamment dans les ports. En Espagne, le bourreau Franco a d&#251; inopin&#233;ment &#034;acc&#233;l&#233;rer&#034; la lib&#233;ration de prisonniers politiques qui meurent dans ses prisons fascistes. Ainsi 10.000 emprisonn&#233;s de plus ont retrouv&#233; la libert&#233; en Espagne, gr&#226;ce au mouvement des masses italiennes. Mais la chute du fascisme italien et la renaissance du mouvement ouvrier en Italie auront leurs r&#233;percussions les plus profondes en Allemagne m&#234;me o&#249; le r&#233;gime que Hitler pr&#233;tendait instaurer pour 1000 ans ne f&#234;tera s&#251;rement pas son 11&#232;me anniversaire. Le prol&#233;tariat allemand compte par centaines de milliers ses victimes anti-fascistes. Les masses populaires allemandes, le v&#233;ritable peuple allemand qui travaille de ses mains, souffre cruellement de la guerre imp&#233;rialiste, souffre cruellement de voir ses meilleurs fils arrach&#233;s &#224; leurs foyers et jet&#233;s sur tous les champs de bataille pour des conqu&#234;tes qui n'ont profit&#233; qu'&#224; la bourgeoisie allemande. En France les masses ouvri&#232;res luttent pour les m&#234;mes objectifs que ceux pour lesquels luttent les ouvriers italiens. Il faut reconqu&#233;rir les v&#233;ritables libert&#233;s, libert&#233;s de presse, de gr&#232;ve, de r&#233;union, qu'aucun pays capitaliste ne reconnait plus &#224; la classe ouvri&#232;re. Il faut lib&#233;rer les victimes de la r&#233;pression capitaliste et militariste qui peuplent les prisons et les camps de concentration ; il faut r&#233;cup&#233;rer les ouvriers d&#233;port&#233;s et les prisonniers de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Europe ils ont les m&#234;mes aspirations imm&#233;diates de lutte. Les &#233;v&#233;nements d'Italie, sous le coup des &#233;v&#233;nements militaires, sont l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fondamentale qui unit l'Europe prol&#233;tarienne c'est celle de la paix. Paix imp&#233;rialiste par la victoire d'un des camps imp&#233;rialistes et conservation de l'exploitation et de l'oppression du r&#233;gime capitaliste, ou renversement du r&#233;gime bourgeois par le prol&#233;tariat et instauration d'une paix v&#233;ritable par l'union des peuples dans une F&#233;d&#233;ration socialiste des peuples, la seule qui peut assurer aux nations un libre d&#233;veloppement ; voil&#224; l'enjeu de la lutte. Tout ouvrier conscient voit maintenant que les alli&#233;s n'offrent pas la paix au peuple italien, mais qu'ils veulent seulement contraindre l'Italie &#224; changer de camp dans la guerre. C'est ainsi que la France &#034;lib&#233;r&#233;e&#034; par l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain devra continuer la guerre contre l'imp&#233;rialisme japonais au b&#233;n&#233;fice des capitalistes am&#233;ricains (convention Giraud-Roosevelt).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de guerre ont cloisonn&#233; les peuples. Sans contact avec les fr&#232;res prol&#233;taires des autres pays, plus d'un ouvrier et paysan oublie que c'est un fr&#232;re et non un ennemi qui est en face de lui, que ces bombardements et cette boucherie sont l'&#339;uvre non d'un peuple &#034;ennemi&#034;, mais d&#251;s &#224; un r&#233;gime capitaliste pourri. Seules les vagues puissantes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne peuvent balayer les barri&#232;res de boue et de sang que la bourgeoisie a &#233;lev&#233;es entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun peuple ne peut r&#233;soudre isol&#233;ment la question de la paix. Le sort de chaque peuple d&#233;pend finalement non pas de la place plus ou moins favoris&#233;e qu'il peut occuper par rapport &#224; d'autres peuples, mais du syst&#232;me dans lequel il s'int&#232;gre : syst&#232;me d'oppression imp&#233;rialiste (alli&#233; ou de l'Axe) ou syst&#232;me de f&#233;d&#233;ration socialiste. Le peuple italien a fait ce choix, il ne veut ni de la victoire allemande ni de la victoire alli&#233;e. Il cherche une issue prol&#233;tarienne &#224; la guerre, la seule issue qui apportera vraiment la paix, et non une nouvelle &#034;der des ders&#034;. Ecras&#233; par sa propre bourgeoisie, menac&#233; par les arm&#233;es imp&#233;rialistes anglaises, am&#233;ricaines et allemandes, le prol&#233;tariat italien doit pouvoir s'appuyer, dans cette question fondamentale, sur la solidarit&#233; de tous les peuples europ&#233;ens (de ceux qui travaillent de leurs mains) et leur lutte pour une paix juste (et non pas imp&#233;rialiste comme celle que leur offrent les alli&#233;s) doit trouver l'appui de tous les prol&#233;tariats, en premier lieu du prol&#233;tariat allemand et fran&#231;ais pour qu'ils puissent faire &#233;chec aux plans imp&#233;rialistes allemands et aux plans imp&#233;rialistes des alli&#233;s qui tous obligent l'Italie de rester dans le conflit &#034;jusqu'&#224; la fin&#034;, c'est-&#224;-dire tant qu'il plaira aux capitalistes dont elle d&#233;pendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes qui &#224; la suite de la guerre de 14-18 ont laiss&#233; leur peau en Russie mais ont r&#233;ussi &#224; maintenir leur domination sur le reste du globe, man&#339;uvrent dans la pr&#233;sente guerre pour assurer &#034;d&#233;finitivement&#034; leur domination capitaliste, par la destruction de la solidarit&#233; internationale des ouvriers, et pour mettre &#224; profit l'isolement de l'URSS dans le monde capitaliste pour essayer de liquider l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'Union Sovi&#233;tique. Seule l'intervention des masses luttant pour leurs propres objectifs populaires peut d&#233;truire d&#233;finitivement les plans de tous les imp&#233;rialismes et mener &#224; la victoire du socialisme. Si sous la pression du militarisme alli&#233;, Staline a d&#233;savou&#233; publiquement l'Internationale en tant qu'instrument de lib&#233;ration des prol&#233;tariats et des peuples, la lutte r&#233;volutionnaire des masses contre leur propre bourgeoisie reforgera l'Internationale qui conduira les ouvriers, les paysans et les soldats &#224; la victoire, la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LE PROLETARIAT ITALIEN !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;br class='autobr' /&gt;
DE LA REVOLUTION TRAHIE AU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste de 14-18, l'Italie &#233;tait en Europe le pays le plus m&#251;r pour la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument d&#233;s&#233;quilibr&#233;e et ruin&#233;e par la guerre, la bourgeoisie italienne cherchait en vain &#224; se redresser en exploitant au maximum certaines colonies pauvres en mati&#232;re premi&#232;res que l'Angleterre avait bien voulu lui abandonner. Le sol italien ne renferme pas de richesses importantes, ni m&#233;taux, ni charbon, ni p&#233;trole. Il n'est pas assez &#233;tendu et fertile pour assurer le ravitaillement de la population en c&#233;r&#233;ales et de l'industrie en mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires, comme par exemple le coton. Seule par cons&#233;quent la possession et l'exploitation de colonies riches pouvait soulager la crise du capitalisme italien. Mais la bourgeoisie italienne, malgr&#233; sa participation &#224; la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste aux c&#244;t&#233;s de l'Entente, n'a obtenu qu'une part infime du butin au moment du repartage du monde. D'o&#249; l'acuit&#233; de la crise qui &#233;clata imm&#233;diatement apr&#232;s la guerre en Italie. La bourgeoisie ne pouvait plus imposer sa loi aux masses laborieuses lasses de la guerre, exasp&#233;r&#233;es par les souffrances et la mis&#232;re qui l'accompagnent. Dans diverses r&#233;gions le prol&#233;tariat se trouvait d&#233;j&#224; en &#233;tat d'insurrection. Des fractions consid&#233;rables de la classe paysanne commen&#231;aient &#224; se soulever contre les propri&#233;taires fonciers et contre l'Etat. Sur le terrain d'une action r&#233;volutionnaire commune, prol&#233;taires, paysans et soldats forgeaient des liens fraternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire en Italie atteignit son point culminant en automne 1920, par le d&#233;clenchement de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'occupation des usines par les ouvriers. En m&#234;me temps commen&#231;ait la lutte physique contre les hordes fascistes organis&#233;es par les &#233;l&#233;ments les plus actifs de la bourgeoisie sous l'impulsion et la direction de Mussolini. Cependant, l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire d&#233;cida du sort de la classe ouvri&#232;re, consacra sa d&#233;faite et pr&#233;para le triomphe du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait cependant en Italie, pendant ces ann&#233;es critiques, un parti ouvrier consid&#233;rable par le nombre de ses membres et de ses sympathies dans la masse : le parti socialiste. Mais son action fut toujours influenc&#233;e par la politique tra&#238;tre des &#233;l&#233;ments r&#233;formistes et les h&#233;sitations mortelles des centristes qu'il continuait &#224; abriter dans son sein, malgr&#233; les scissions de 1912 et de 1914. Les r&#233;formistes opposaient &#224; la lutte de classes la collaboration des classes, &#224; la transformation violente du r&#233;gime capitaliste par la force arm&#233;e du prol&#233;tariat et de ses alli&#233;s, la r&#233;forme graduelle du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient en r&#233;alit&#233; les agents de la politique bourgeoise dans le mouvement ouvrier, qui en rejetant les m&#233;thodes r&#233;volutionnaires de lutte et la r&#233;volution, se soumettaient servilement &#224; la domination capitaliste. Leur politique, qui &#233;tait celle de tous les partis socialistes de la II&#232;me Internationale, avait comme base sociale l'aristocratie ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire la couche ouvri&#232;re qui b&#233;n&#233;ficie des meilleures conditions de r&#233;tribution, et qui est par dessus tout p&#233;n&#233;tr&#233;e d'un esprit de corporatisme &#233;troit, de petite bourgeoisie et de pr&#233;jug&#233;s capitalistes. C'est avec l'aide des r&#233;formistes qui ont divis&#233; et affaibli le parti socialiste et les syndicats ouvriers en Italie, que la bourgeoisie italienne consolida ses positions et passa ensuite &#224; l'offensive, r&#233;primant le mouvement ouvrier et instaurant le r&#233;gime fasciste, la pire forme de la r&#233;action capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;par le fer et par le feu&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en s'effor&#231;ant de pr&#233;senter les &#233;v&#233;nements d'Italie comme un mouvement en faveur des alli&#233;s &#034;lib&#233;rateurs&#034;, les imp&#233;rialistes de Londres et de Washington ont d&#233;cid&#233; de d&#233;clencher une action sanglante &#034;par le fer et par le feu&#034; contre le peuple italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but des alli&#233;s est d'obtenir que l'Etat italien de demain soit soumis &#224; leur influence, c'est-&#224;-dire qu'il soit un Etat collaborationniste comme ceux que Hitler a cr&#233;&#233;s dans l'Europe asservie. L'&#233;loignement de Mussolini &#224; la faveur de la situation int&#233;rieure explosive de l'Italie &#233;tait un premier pas dans cette voie, et maintenant il s'agit de parachever l'&#339;uvre commenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bombardements terroristes d&#233;cid&#233;s par les alli&#233;s ont pour but de provoquer la panique et un exode de la population des grandes villes industrielles vers les campagnes semblable &#224; celui de juin 1940 en France qui troublerait, d&#233;sagr&#233;gerait, paralyserait l'Etat italien et am&#232;nerait la bourgeoisie &#224; la capitulation. Or, en m&#234;me temps cette action tend &#224; paralyser le mouvement des ouvriers italiens pour la paix et les libert&#233;s d&#233;mocratiques en semant les ruines, en dispersant la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les Anglo-Saxons jouent envers les masses italiennes le m&#234;me r&#244;le que l'imp&#233;rialisme allemand et la bourgeoisie italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'apr&#232;s cela Churchill nous pr&#233;sente l'action alli&#233;e comme une lutte pour la libert&#233; et la d&#233;mocratie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES LECONS D'ITALIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Provisoirement, la br&#232;che ouverte dans la guerre imp&#233;rialiste par le mouvement r&#233;volutionnaire en Italie a &#233;t&#233; &#034;colmat&#233;e&#034; par les imp&#233;rialistes de Berlin et de Londres et Washington. A nouveau le fracas des bombes et le silence des &#034;informations&#034; officielles couvrent d'un voile &#233;pais la lutte des travailleurs de la p&#233;ninsule pour la paix, le pain et la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant combattu &#224; mort le r&#233;gime de Mussolini pour sortir de la guerre et de l'oppression politique, les masses italiennes se trouvent cependant plus que jamais politiquement encha&#238;n&#233;es et, impuissantes, livr&#233;es aux ravages d'une guerre impitoyable qui se d&#233;roule sur le sol italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; en Italie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courb&#233;s sous le r&#233;gime fasciste &#233;tabli par Mussolini pour sauver le capitalisme italien de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, les ouvriers italiens, qui n'ont pas oubli&#233; les traditions de lutte de 1919 (occupation et mise en marche des usines), attendaient le moment favorable pour la reconqu&#234;te de leurs droits &#233;l&#233;mentaires. Ce moment arriva le 25 juillet, avec la chute de Mussolini (voir n&#176; 16). La lutte des masses ouvri&#232;res et populaires prit un caract&#232;re d&#233;cisif et liquida le r&#233;gime fasciste. En attaquant les locaux fascistes (permanences, journaux, etc...), en ouvrant les portes des prisons, en ressuscitant l'activit&#233; politique libre, en reconstruisant leurs organisations de classe (syndicats, &#233;lection de conseils ouvriers), les ouvriers italiens prenaient leur sort entre leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien ne pouvait &#234;tre d&#233;finitivement conquis par les masses laborieuses tant que l'Italie continuait &#224; participer au conflit imp&#233;rialiste. La liquidation du r&#233;gime pourri n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape vers la solution du probl&#232;me fondamental de la PAIX, sans laquelle il ne peut y avoir pour aucun peuple de pain et de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette paix, que d&#233;siraient ardemment les travailleurs et les soldats italiens, ne pouvait leur &#234;tre accord&#233;e ni par l'imp&#233;rialisme allemand, ni par l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain, ni par la bourgeoisie italienne. Les deux groupes imp&#233;rialistes, dans leur lutte, &#233;crasent sans se soucier les peuples plus faibles ; la bourgeoisie italienne ne balan&#231;ait pas un instant entre ses int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes qui pouvaient &#234;tre sauv&#233;s tout au moins partiellement en se vendant au plus fort et le sort du peuple italien vou&#233; au massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se soustraire &#224; la guerre imp&#233;rialiste les ouvriers et les soldats italiens ne pouvaient donc compter que sur la solidarit&#233; ouvri&#232;re et paysanne des soldats allemands, am&#233;ricains, anglais et des ouvriers du continent europ&#233;en. Pour r&#233;veiller cette solidarit&#233; de classe dans un monde d&#233;chir&#233; depuis quatre ans par un conflit imp&#233;rialiste qui a livr&#233; les exploit&#233;s de chaque pays &#224; leur propre bourgeoisie, il aurait fallu que ceux-ci entendent non pas les clameurs des &#233;l&#233;ments pro-imp&#233;rialistes qui occupaient le devant de la sc&#232;ne en Italie, mais la propre voix du prol&#233;tariat italien d&#233;fendant la cause des opprim&#233;s du monde entier. S'adressant directement par dessus la t&#234;te de leurs dirigeants capitalistes (le roi, Badoglio et les partis pro-alli&#233;s) aux soldats en guerre et aux ouvriers exploit&#233;s dans les usines, en d&#233;non&#231;ant la politique capitaliste de ceux-ci qui par leur diplomatie secr&#232;te s'appr&#234;taient &#224; vendre le peuple italien &#224; de nouveaux ma&#238;tres imp&#233;rialistes, en leur demandant &#224; eux une paix d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire une paix sans annexions ni clauses secr&#232;tes, et en r&#233;pudiant ouvertement l'exploitation d'autres peuples par le peuple italien, le prol&#233;tariat italien aurait pr&#233;par&#233; son propre avenir et celui de tous les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car m&#234;me si, pour des raisons g&#233;ographiques, la transformation de l'Italie en champ de bataille &#233;tait in&#233;vitable, ce langage prol&#233;tarien aurait tonn&#233; dans les oreilles des soldats et des ouvriers &#233;cras&#233;s sous le poids de la guerre, comme l'annonce de la soci&#233;t&#233; socialiste qui vient ; le concert de haines imp&#233;rialistes aurait &#233;t&#233; assourdi par le cri de solidarit&#233; prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il eut fallu pour cela que quelqu'un exprime les v&#233;ritables d&#233;sirs des masses laborieuses italiennes ; il eut fallu qu'&#224; l'heure o&#249; le fascisme a &#233;t&#233; vaincu se trouv&#226;t &#224; la t&#234;te des masses un parti totalement d&#233;vou&#233; aux masses travailleuses et qui, agissant au nom du prol&#233;tariat, incarn&#226;t cette volont&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un tel Parti n'existait pas en Italie. Les masses ont-elles &#224; peine fait irruption dans l'ar&#232;ne politique, que les vieux partis pourris (socialistes, communistes, d&#233;mocrates seulement de nom), pr&#233;tendant agir au nom des masses italiennes, se sont mis &#224; travailler pour un renversement d'alliance, quoique sachant bien le prix que cela co&#251;terait au peuple italien. Tous ces partis sont pour &#034;Badoglio &#224; l'action&#034;, Badoglio, l'homme de confiance du capitalisme italien, l'assassin de l'Abyssinie, travaillant &#224; sauver, apr&#232;s l'&#233;croulement du fascisme, le roi et la bourgeoisie. Pour que la bourgeoisie puisse garder le droit d'exploiter des esclaves en Afrique, pour que le roi puisse continuer &#224; accrocher des d&#233;corations sur la poitrine des &#034;braves&#034; officiers, pour que les officiers italiens puissent toucher des soldes &#233;lev&#233;es et porter de beaux uniformes, le peuple italien devait &#234;tre jet&#233; par Badoglio dans les pires souffrances. Des centaines de milliers de prisonniers en Allemagne, la d&#233;vastation de la p&#233;ninsule, voil&#224; l'&#339;uvre des imp&#233;rialistes et de leurs serviteurs conscients ou inconscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe dans le Sud de l'Europe depuis le 25 juillet c'est l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent. En comprendre la signification et les le&#231;ons, c'est une question de vie ou de mort pour les masses exploit&#233;es du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit &#234;tre maintenant clair pour tous les ouvriers que la lutte des masses, &#224; la premi&#232;re occasion favorable, pour la conqu&#234;te de la paix, du pain et de la libert&#233;, se heurtera non seulement &#224; la r&#233;sistance de l'imp&#233;rialisme allemand, mais &#233;galement &#224; l'imp&#233;rialisme alli&#233; et &#224; la bourgeoisie des diff&#233;rents pays en d&#233;pendant. Leur complicit&#233; a pour but d'emp&#234;cher tout mouvement de masses autonome, ayant ses propres buts ; les imp&#233;rialistes feront tout leur possible pour que leur guerre de brigandage ne se termine pas, comme en Russie en Octobre 17, par la victoire ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre avec succ&#232;s les plans imp&#233;rialistes, la classe ouvri&#232;re doit comprendre &#224; temps les grands dangers auxquels elle s'expose en se laissant passivement man&#339;uvrer par la diplomatie secr&#232;te de la bourgeoisie et en faisant la moindre confiance aux imp&#233;rialistes alli&#233;s, parmi lesquels figurent, les derniers mais non pas les pires, le roi d'Italie et Badoglio complices de Mussolini pendant 21 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de le&#231;ons sanglantes doit-on encore recevoir pour comprendre que la lutte que m&#232;nent les puissances imp&#233;rialistes &#233;crase tous les peuples, y compris les peuples qui les soutiennent ? Les prol&#233;taires ont-ils oubli&#233; la longue exp&#233;rience sanglante que la bourgeoisie a inflig&#233; aux ouvriers dans tous les pays (en particulier l'&#339;uvre du &#034;d&#233;mocrate&#034; Daladier de 1939-1940) ? Les morts, les martyrs, les emprisonn&#233;s, victimes du capitalisme fran&#231;ais anglais, am&#233;ricain sont-ils d&#233;j&#224; oubli&#233;s ? Les crimes de l'imp&#233;rialisme allemand peuvent-ils &#234;tre punis par des criminels du m&#234;me genre ? Seule la classe ouvri&#232;re peut lever l'&#233;tendard de la justice sur le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; en Italie prouve une fois de plus que la classe ouvri&#232;re, les masses laborieuses sont vou&#233;es aux d&#233;faites sans l'existence d'un parti r&#233;volutionnaire. Mais la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise a elle aussi son propre exemple, ses propres luttes men&#233;es depuis 1934 sous tous les gouvernements &#8211; de droite ou de gauche &#8211; pour la conqu&#234;te du droit &#224; la vie. Si cette lutte n'a pas men&#233; &#224; la victoire, qui faut-il accuser sinon le fait que la lutte opini&#226;tre des masses n'a pas trouv&#233; un guide s&#251;r contre la bourgeoisie ? Quel prol&#233;taire fran&#231;ais ne voit pas clairement que le parti dit communiste s'est servi de la lutte ouvri&#232;re pour appuyer la diplomatie sovi&#233;tique au lieu de servir la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un parti r&#233;volutionnaire aux masses pour sortir de la guerre, pour renverser le capitalisme qui l'engendre, pour cr&#233;er une soci&#233;t&#233; meilleure. Ce parti est cr&#233;&#233; par les meilleurs &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; qui n'acceptent pas l'ordre bourgeois, qui ont compris les lois historiques et politiques, qui veulent construire une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur l'&#233;conomie planifi&#233;e dont l'URSS a prouv&#233; l'efficacit&#233;. Mais ce parti ne peut acqu&#233;rir une v&#233;ritable base r&#233;volutionnaire sans l'activit&#233; consciente des meilleurs &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens. A ceux-ci de rechercher l'activit&#233; politique, de s'organiser, de montrer au monde que la classe ouvri&#232;re accomplira son destin historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas les imp&#233;rialismes allemand et alli&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas la diplomatie secr&#232;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1944, en Italie, malgr&#233; la situation terrible o&#249; se trouvent les masses travailleuses par suite de l'occupation imp&#233;rialiste allemande et anglo-am&#233;ricaine, le mouvement des travailleurs de la p&#233;ninsule continue. A Naples des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; en guise de protestation contre les discours imp&#233;rialistes de Churchill vis-&#224;-vis de l'Italie ; en Italie du Nord (Milan) les travailleurs ont d&#233;clench&#233; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales malgr&#233; les troupes de r&#233;pression allemandes. L'&#233;tat d'esprit des ouvriers est tel que Mussolini s'est vu oblig&#233; de sortir un projet de &#034;socialisation de l'industrie&#034; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/03/ldc26_031644.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/03/ldc26_031644.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Italie 1943 : quand les Alli&#233;s &#233;crasaient la r&#233;volution sous pr&#233;texte d'&#233;craser le fascisme mussolinien avec lequel ils avaient tent&#233; de pactiser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Italie, &#224; l'automne 1942, commence le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile contre le r&#233;gime de Mussolini. La population commence r&#233;ellement &#224; s'organiser pour lutter contre le r&#233;gime. Une r&#233;volution peut m&#234;me sortir de l&#224;. On assiste &#224; une radicalisation politique qui se traduit surtout par une mont&#233;e consid&#233;rable des effectifs militants du parti communiste. En effet, en f&#233;vrier 43, c'est &#224; un bombardement massif des civils qu'on assiste dans les grandes villes d'Italie et tout particuli&#232;rement violent sur Milan, Turin et G&#232;nes. Il ne s'agit pas d'objectifs militaires mais au contraire la cible est vraiment les civils qu'il s'agit de terroriser. La suite va bien montrer que le v&#233;ritable souci des alli&#233;s est que la chute du r&#233;gime fasciste n'entra&#238;ne des troubles sociaux. Tout leur effort va &#234;tre de maintenir un Etat stable au cours de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ne cesse de monter jusqu'au d&#233;but 1943. En mars 1943, en plein r&#233;gime fasciste, la classe ouvri&#232;re entre en lutte. 300 000 ouvriers font gr&#232;ve dans toute l'Italie. Partie de l'usine Fiat de Turin, la gr&#232;ve gagne Milan, G&#234;nes et le sud de l'Italie. En vain, le r&#233;gime tente d'impressionner la classe ouvri&#232;re en faisant patrouiller ses chars dans les rues de Turin et en mobilisant la milice fasciste. C'est un rappel non seulement pour les classes dirigeantes italiennes mais mondiales du r&#244;le mena&#231;ant de la classe ouvri&#232;re. En Italie, on va assister &#224; la premi&#232;re op&#233;ration d'escamotage de la r&#233;volution, op&#233;ration conjointe des classes dirigeantes italiennes pro-fascistes et de celles des alli&#233;s anglo-am&#233;ricano-russes. Le 19 juillet 1943, Rome est bombard&#233;e pour la premi&#232;re fois par l'aviation alli&#233;e et ce sont les quartiers ouvriers qui sont les principales cibles ! Il faut d'abord faire peur aux travailleurs : le bombardement de Rome n'est que le premier d'une longue s&#233;rie. Et puis, il va s'agir &#224; la fois de trouver une solution pour se d&#233;barrasser en douceur de Mussolini de peur que les ouvriers se d&#233;barrassent du fascisme par la r&#233;volution. Le 24 juillet, le Grand Conseil Fasciste vote la destitution de Mussolini, le fait arr&#234;ter. Le roi annonce qu'il le remplace par le mar&#233;chal Badoglio. C'est une simple r&#233;volution de palais. Les hommes au pouvoir restent les m&#234;mes, y compris le grand conseil fasciste. Aucun membre du parti fasciste n'est inqui&#233;t&#233;. Par contre une centaine d'antifascistes est assassin&#233;e pour bien montrer que l'ordre sera maintenu. Les alli&#233;s sont dispos&#233;s &#224; m&#233;nager une transition en douceur et d'accepter cette substitution, mais la population travailleuse d'Italie ne l'entend pas de cette oreille. Le 25 juillet au soir, d&#232;s l'annonce de l'arrestation de Mussolini, la foule d&#233;ferle dans les rues de Rome, les cercles fascistes sont assaillis, les embl&#232;mes fascistes bris&#233;s, les portraits de Mussolini br&#251;l&#233;s, les appartements des fascistes connus saccag&#233;s. A Turin, des milliers d'ouvriers assi&#232;gent les prisons, d&#233;foncent les portes, lib&#232;rent les d&#233;tenus politiques. Partout dans le pays, le 26 juillet prend une allure d'insurrection populaire. La panique se fait jour dans les milieux dirigeants. Une circulaire est envoy&#233;e &#224; toutes les unit&#233;s de l'arm&#233;e pour l'inciter &#224; assumer la d&#233;fense de &#171; l'ordre public &#187;. Elle explique que &#171; tout mouvement doit &#234;tre impitoyablement bris&#233; dans l'oeuf &#187;, qu'il faut proc&#233;der avec ceux &#171; qui troublent l'ordre public comme avec des troupes ennemies &#187;, &#171; en ouvrant le feu sans pr&#233;avis &#187;. &#171; Que l'on ne tire jamais en l'air mais pour toucher au but, comme au combat ! &#187; En somme, pour la bourgeoisie italienne, l'ennemi principal n'est pas les alli&#233;s anglo-fran&#231;ais, qui ont pourtant d&#233;barqu&#233; depuis le 10 juillet en Sicile, ni l'Allemagne qui voit d'un mauvais oeil ces changements, mais la classe ouvri&#232;re italienne. Et inversement, pour les Alli&#233;s, la bourgeoisie fasciste est capable de signer un accord, mais avec le peuple travailleur il n'y aucune entente possible. Il faut bombarder les travailleurs pour s'assurer qu'ils n'auront pas envie de se r&#233;volter ! Dans les jours qui suivent, les affrontements entre la foule et l'arm&#233;e se multiplient. Les 17, 18 et 19 ao&#251;t, dans les grandes usines de Bologne, Milan, Turin, c'est &#224; nouveau la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour exiger la fin de la guerre, la lib&#233;ration des prisonniers politiques, la reconnaissance de ce qui tient lieu d'organisations ouvri&#232;res non li&#233;es au pouvoir : les &#171; commissions internes &#187; ouvri&#232;res. A Turin, l'arm&#233;e tire et fait un mort parmi les ouvriers de Fiat. Mais cela ne fait que provoquer une nouvelle extension de la gr&#232;ve. Les chasseurs alpins refusent d'ob&#233;ir au g&#233;n&#233;ral Rossi qui leur commande, &#224; nouveau, de tirer sur les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves et &#233;meutes ouvri&#232;res qui ont lieu alors en Italie font &#233;crire au militant r&#233;volutionnaire Barta, dans un rapport d&#233;but ao&#251;t 1943 : &#171; Les &#233;v&#233;nements qui ont lieu en Italie ne sont pas la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais c'est le d&#233;but de la r&#233;volution. (...) L'Europe n'est qu'un d&#233;p&#244;t de poudre o&#249; il suffit d'une &#233;tincelle r&#233;volutionnaire sur n'importe quel point du continent pour que la r&#233;volution s'&#233;tende aux endroits les plus favorables &#224; cette lutte &#187;. &#171; Nous entrons dans une p&#233;riode au cours de laquelle la bourgeoisie tentera par tous les moyens bombardements, paniques, ch&#244;mage, famine, de disperser &#224; nouveau la classe ouvri&#232;re et de la d&#233;moraliser compl&#232;tement afin de pouvoir liquider la guerre sans danger r&#233;volutionnaire. &#187; C'est en effet le moment o&#249; la population risque de faire la r&#233;volution pour renverser le fascisme que les anglo-am&#233;ricains choisissent non pour attaquer militairement le r&#233;gime mais pour bombarder massivement et m&#233;thodiquement la population civile, inaugurant l&#224; une m&#233;thode qui va &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e ensuite &#224; tous les pays vaincus (France, Allemagne, Japon), comme l'avait si bien devin&#233; Barta &#224; l'&#233;poque dans le num&#233;ro de Lutte de classes d'octobre 1943 intitul&#233; &#171; les ouvriers italiens nous montrent la voie &#187;. Dans de nombreuses villes, avaient eu lieu des insurrections ouvri&#232;res qui ne disposent d'aucune coordination politique ou militaire entre elles. Et surtout, elles n'ont aucun &#233;clairage sur la signification de la guerre du c&#244;t&#233; &#171; alli&#233; &#187;. Paul-Jean Fransceschini &#233;crit dans Le Monde : &#171; Durant tout le mois d'ao&#251;t, pour &#171; assouplir &#187; l'Italie, ses villes, grandes et petites, ont &#233;t&#233; furieusement bombard&#233;es. La population n'en peut plus. &#187; Les troupes alli&#233;es, en d&#233;pit des mensonges des partis de gauche, ne sont nullement un alli&#233; pour le prol&#233;tariat italien. A peine, les travailleurs s'emparent de Naples que les troupes alli&#233;es anglo-am&#233;ricaines l'occupent pour &#233;viter tout vide du pouvoir. La guerre des alli&#233;s laisse les troupes allemandes r&#233;tablir l'ordre social au nord pendant que les troupes alli&#233;es le r&#233;tablissent au sud de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les forces de l'&#233;chiquier politique et militaire sont coalis&#233;es pour &#233;viter des troubles dans la classe ouvri&#232;re. Il y a un partage des t&#226;ches : les nazis r&#233;priment au nord, les alli&#233;s bombardent massivement la population et les partis de gauche d&#233;tournent la lutte de ses objectifs. Chacune tient sa partie et joue son r&#244;le pour endiguer la mont&#233;e ouvri&#232;re. Quand Mussolini d&#233;missionne, c'est en plein accord avec les alli&#233;s qu'il est remplac&#233; par Badoglio, fasciste de longue date. Les &#171; d&#233;mocrates italiens &#187; &#224; commencer par le parti communiste italien marchent dans la combine, non seulement de faire croire que les anglo-am&#233;ricains sont des lib&#233;rateurs, mais m&#234;me de tout faire pour &#233;viter l'explosion quitte &#224; faire passer Badoglio pour un d&#233;mocrate. Socialistes et communistes composent avec Badoglio et avec la royaut&#233;, alors que le r&#233;gime s'av&#232;re encore plus r&#233;actionnaire que celui de Mussolini. Jacques Noblecourt &#233;crit dans le Monde du 24 juillet 1983 : &#171; L'ordre social dont le fascisme &#233;tait un habit reste en place. Le cabinet de &#171; techniciens &#187; de Badoglio se compose &#224; peu pr&#232;s que d'anciens dignitaires du r&#233;gime. Les hauts fonctionnaires ne bougent pas. Le souverain proclame d'ailleurs : &#171; Acune d&#233;viation ne doit &#234;tre tol&#233;r&#233;e, aucune r&#233;crimination ne peut &#234;tre permise. &#187; Et, en quanarnte-cinq jours, l' &#171; ordre &#187;, incarn&#233; et maintenu par Badoglio, fait plus de cent morts antifascistes, bien plus proprtionnellement que n'en a fait le fascisme en vingt ans. &#187; Le 8 juin, le Comit&#233; de lib&#233;ration nationale, sous l'&#233;gide de Badoglio et du roi puis de son fils, constitue un gouvernement dont le chef est le conservateur Ivanoe Bonomi et comprend Croce, Gasperi, Saragat et Togliatti. Il accepte de ne pas proclamer la r&#233;publique. De retour en Italie le 27 mars, le dirigeant stalinien Palmiro Togliatti, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti communiste italien, aux ordres de Staline, affirmait son soutien total &#224; la monarchie et au cabinet Badoglio, contre les illusions de ses partisans du Nord. Les dirigeants du soi-disant antifascisme li&#233;s au Parti communiste acceptent ce nouveau pouvoir pour &#233;viter tout heurt. En fait, la manoeuvre op&#233;r&#233;e par le roi et le mar&#233;chal Badoglio se solde par un &#233;chec. Elle ne r&#233;ussit pas &#224; stopper l'extension des mouvements populaires. La r&#233;pression qui se solde par 93 morts, 536 bless&#233;s et 35 000 arrestations en un mois et demi, ne fait qu'acc&#233;l&#233;rer la chute du r&#233;gime. Le 8 septembre, Badoglio en annon&#231;ant qu'il demande l'armistice aux anglo-am&#233;ricains reconna&#238;t sa propre fin, les troupes allemandes prenant le contr&#244;le et Badoglio s'enfuyant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;n&#233;raux italiens se rendent aux troupes allemandes mais la population n'accepte pas de laisser faire. Dans tout le nord de l'Italie et jusqu'&#224; Rome et Naples, des &#233;l&#233;ments isol&#233;s de l'arm&#233;e et une partie de la population tentent, sans ordre, sans coordination et souvent presque sans arme, s'insurgent contre l'occupation allemande. Dans plusieurs villes, on assiste &#224; de v&#233;ritables tentatives d'insurrection, qui r&#233;sistent souvent plusieurs jours aux contre-attaques allemandes. Au Nord, les allemands ram&#232;nent au pouvoir Mussolini. Mais la population, et notamment la classe ouvri&#232;re, ne se tient pas pour battue. En novembre 1943, dans Turin occup&#233;e par les troupes allemandes, 40 000 ouvriers se mettent en gr&#232;ve, &#224; l'initiative encore une fois des ouvriers de Fiat. En d&#233;cembre le mouvement gagne Milan, o&#249; toutes les usines s'arr&#234;tent durant trois jours, puis G&#234;nes et la Ligurie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1944, une nouvelle vague de gr&#232;ves &#233;clate qui s'&#233;tend &#224; toute l'Italie du Nord jusqu'&#224; la Toscane. On compte jusqu'&#224; 1 200 000 gr&#233;vistes. Dans cette Italie du Nord, o&#249; en plus de mouvements mena&#231;ants de la classe ouvri&#232;re on compte 200 000 partisans dans les montagnes, les alli&#233;s anglo-am&#233;ricains qui occupent le sud voient une r&#233;volution mena&#231;ante. Ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; le roi et Badoglio et c'est le parti communiste italien, avec &#224; sa t&#234;te Togliatti &#224; peine revenu d'URSS en mars 1944, qui va se charger de faire accepter l'autorit&#233; du roi et un gouvernement dont le fasciste Badoglio est pr&#233;sident et Togliatti vice-pr&#233;sident ! Socialistes et d&#233;mocrates bourgeois reconnaissent ce gouvernement fascisto-stalinien ! C'est seulement &#224; la condition que la r&#233;sistance s'engage &#224; remettre tout le pouvoir au commandement militaire alli&#233; que ceux-ci vont laisser la r&#233;sistance arr&#234;ter et fusiller Mussolini le 25 avril 1945. C'est une insurrection de toute l'Italie du nord qui r&#233;alise &#224; battre le fascisme en Italie, et pas les troupes alli&#233;es. Mais c'est seulement six mois plus tard, fin 1945, une fois bien s&#251;rs que tout risque r&#233;volutionnaire &#233;tait &#233;teint par la politique du PCI que les Alli&#233;s remettent le pouvoir aux autorit&#233;s italiennes, dont bon nombre n'&#233;taient autres que ceux de l'appareil de Mussolini ! Les forces militaires alli&#233;es ne quitteront le pays qu'en 1947. Tant l'alerte du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire avait &#233;t&#233; chaude pour la bourgeoisie !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le massacre colonialiste de Thiaroye : quand l'arm&#233;e fran&#231;aise assassine de sang froid ses propres soldats africains pour&#8230; ne pas les payer !</title>
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		<dc:date>2025-11-20T23:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le massacre colonialiste de Thiaroye : quand l'arm&#233;e fran&#231;aise assassine de sang froid ses propres soldats africains pour&#8230; ne pas les payer ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tirailleurs &#171; s&#233;n&#233;galais &#187; qui venaient de toute l'Afrique coloniale &#171; fran&#231;aise &#187; ont &#233;t&#233; trait&#233;s pire que des chiens pendant toute la deuxi&#232;me guerre mondiale, comme ils avaient &#233;t&#233; trait&#233;s aussi pendant la premi&#232;re (ils mouraient bien plus souvent que les soldats blancs, mouraient de froid aussi plus souvent, souffraient bien plus et &#233;taient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/thiaroye-1944.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;397&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le massacre colonialiste de Thiaroye : quand l'arm&#233;e fran&#231;aise assassine de sang froid ses propres soldats africains pour&#8230; ne pas les payer !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les tirailleurs &#171; s&#233;n&#233;galais &#187; qui venaient de toute l'Afrique coloniale &#171; fran&#231;aise &#187; ont &#233;t&#233; trait&#233;s pire que des chiens pendant toute la deuxi&#232;me guerre mondiale, comme ils avaient &#233;t&#233; trait&#233;s aussi pendant la premi&#232;re (ils mouraient bien plus souvent que les soldats blancs, mouraient de froid aussi plus souvent, souffraient bien plus et &#233;taient bien moins pay&#233;s). A la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, ils ont &#233;t&#233; parqu&#233;s comme des b&#234;tes, sans m&#234;me des couvertures. On les avait employ&#233;s souvent sans les payer et on a refus&#233; de les payer en les renvoyant chez eux. Et quand ils ont dit qu'ils attendaient qu'on les paie pour rentrer chez eux, on leur a tir&#233; dessus avec des armes de guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tirailleurs_s%C3%A9n%C3%A9galais&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tirailleurs_s%C3%A9n%C3%A9galais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un massacre colonialiste apr&#232;s la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale. La hi&#233;rarchie militaire estime que les anciens soldats africains vont rentrer dans les colonies d'Afrique en maitres ou, au moins, ne voudront pas de leur ancien statut d'esclaves coloniaux. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; du massacre des troupes africaines (dites s&#233;n&#233;galaises).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mercredi-15-novembre-2023-4360924&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mercredi-15-novembre-2023-4360924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement un crime de 1944. L'Etat fran&#231;ais sontinue ensuite&#8230; En mars 1945, 34 tirailleurs consid&#233;r&#233;s comme des mutins par l'arm&#233;e fran&#231;aise sont jug&#233;s et condamn&#233;s par le tribunal militaire permanent de Dakar &#224; des peines allant d'un &#224; dix ans de prison. Ils b&#233;n&#233;ficieront d'une gr&#226;ce deux ans plus tard. La condamnation de ces hommes, que beaucoup &#224; Dakar et en AOF consid&#232;rent comme injuste, va vite devenir l'un des combats politiques du moment, puisque port&#233; par les d&#233;put&#233;s africains de toute la f&#233;d&#233;ration qui acc&#232;dent &#224; la repr&#233;sentation parlementaire &#224; partir de 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/parcours/1556/senegal-que-s-est-il-passe-lors-du-massacre-de-thiaroye-en-1944.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://enseignants.lumni.fr/parcours/1556/senegal-que-s-est-il-passe-lors-du-massacre-de-thiaroye-en-1944.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seuls responsables &#233;taient le g&#233;n&#233;ral Marcel Dagnan et le g&#233;n&#233;ral Yves de Boisboissel ce n'en &#233;taient pas &#224; leur premier coup&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais qui a command&#233; le massacre de ses soldats :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_de_Boisboissel&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_de_Boisboissel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ral qui a &#233;t&#233; directement massacreur de ses propres troupes et le camoufleur de son crime&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikimaginot.eu/V70_glossaire_detail.php?id=1000490&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikimaginot.eu/V70_glossaire_detail.php?id=1000490&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lejournal.cnrs.fr/articles/thiaroye-memoires-dun-massacre&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lejournal.cnrs.fr/articles/thiaroye-memoires-dun-massacre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le g&#233;n&#233;ral Dagnan, commandant la division S&#233;n&#233;gal-Mauritanie, qui a ordonn&#233; l'op&#233;ration de maintien de l'ordre &#224; l'aide de trois compagnies indig&#232;nes, un char am&#233;ricain, deux half-tracks, trois automitrailleuses, deux bataillons d'infanterie, un peloton de sous-officiers et hommes de troupes fran&#231;ais, apr&#232;s que le g&#233;n&#233;ral de Boisboissel, commandant sup&#233;rieur des troupes de l'Afrique occidentale fran&#231;aise (AOF), revenu de tourn&#233;e, eut donn&#233; son accord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le g&#233;n&#233;ral Dagnan oublie de citer, dans son rapport dat&#233; du 5 d&#233;cembre 1944, la revendication principale du paiement des rappels de solde des 1 300 ex-prisonniers de guerre coloniaux stationn&#233;s &#224; Thiaroye, alors que les circulaires officielles prouvant le bien-fond&#233; de leurs protestations ont disparu des archives, effa&#231;ant toute trace de spoliation. Nous renverrons &#224; ce sujet vers le texte Thiaroye, un pass&#233; &#224; reconstituer (1er d&#233;cembre 2012).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lieutenant-colonel Le Berre, dans son rapport du 1er d&#233;cembre, fait &#233;tat d'un renseignement re&#231;u la veille au soir comme quoi &#171; beaucoup de mutins sont arm&#233;s de pistolets, revolvers, grenades et pistolets-mitrailleurs &#187; corrobor&#233; partiellement par la liste donn&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Dagnan des armes retrouv&#233;es apr&#232;s la mutinerie (une centaine de ba&#239;onnettes, une poign&#233;e de mitraillettes, chargeur, pistolets automatiques, etc.). On est tr&#232;s &#233;loign&#233; du constat &#233;tabli par le colonel Le Masle, chef d'&#201;tat-Major, dans son rapport du 5 d&#233;cembre 1944, signalant que les tirailleurs &#233;taient &#171; porteurs d'armes (poignards en particulier) &#187;. Finalement, il s'agissait d'une &#171; petite quincaillerie &#187; sans danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/221113/les-archives-dun-massacre-au-service-dune-histoire-officielle-mensongere&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/221113/les-archives-dun-massacre-au-service-dune-histoire-officielle-mensongere&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise s'est toujours abrit&#233;e derri&#232;re l'explication de la r&#233;action &#224; une mutinerie arm&#233;e. &#034;Un mensonge d'Etat depuis soixante-dix ans&#034;, peste l'historienne. &#034;Une fable&#034;, confirme le g&#233;n&#233;ral Andr&#233; Bach, ancien responsable des archives de l'arm&#233;e de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/21/morts-par-la-france_1852096_3224.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/21/morts-par-la-france_1852096_3224.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le massacre de Thiaroye :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la nouvelle du massacre soit connue dans toutes les colonies fran&#231;aises d'Afrique occidentale, elle reste inconnue en m&#233;tropole, except&#233; par les hommes politiques et la haute administration concern&#233;e, les responsables ayant pris les mesures n&#233;cessaires pour qu'il ne soit pas &#233;bruit&#233;. Ce n'est qu'apr&#232;s plus de quarante ans que la recherche historique peut s'emparer du sujet, faisant face &#224; de nombreuses difficult&#233;s entre les archives falsifi&#233;es et celles manquantes ou cach&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tirailleurs attendent le versement des sommes qui leur sont dues et compos&#233;es de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; une indemnit&#233; de combat ;&lt;br class='autobr' /&gt; une prime de continuation de service ou de maintien sous les drapeaux ;&lt;br class='autobr' /&gt; le solde de leur livret d'&#233;pargne ;&lt;br class='autobr' /&gt; la prime de d&#233;mobilisation ;&lt;br class='autobr' /&gt; l'indemnit&#233; de cong&#233; de lib&#233;ration ;&lt;br class='autobr' /&gt; le p&#233;cule ou solde de captivit&#233;, de 1 franc par jour pass&#233; en captivit&#233; jusqu'en juin 1943 puis de 4 francs pour les jours allant de juin 1943 &#224; leur lib&#233;ration effective (soit un maximum de 2758 FF)[7] ;&lt;br class='autobr' /&gt; la solde de travers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, au moment de la d&#233;mobilisation, l'arm&#233;e doit proc&#233;der &#224; l'examen des droits &#224; avancement, r&#233;gler les probl&#232;mes li&#233;s aux d&#233;corations et v&#233;rifier les grades FFI acquis par ceux qui ont particip&#233; &#224; la R&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s la circulaire 2080 du 21 octobre, les arri&#233;r&#233;s devaient &#234;tre liquid&#233;s avant l'embarquement, le paiement se faisant pour un quart &#224; l'embarquement, le restant au d&#233;barquement pour &#233;viter les vols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne vont toucher que... des balles mortelles ! Et tir&#233;es par leurs propres officiers sous les ordres de leurs propres g&#233;n&#233;raux. Pour r&#233;compense de services rendus &#224;... la patrie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Thiaroye&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Thiaroye&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/152425?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pur/152425?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sfhom.com/IMG/pdf/synthesethiaroye6.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sfhom.com/IMG/pdf/synthesethiaroye6.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2017-2-page-87?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2017-2-page-87?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2017/08/16/thiaroye-1944-histoire-et-memoire-d-un-massacre_1816803/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/debats/2017/08/16/thiaroye-1944-histoire-et-memoire-d-un-massacre_1816803/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Hollande, dans son discours &#224; Dakar du 12 octobre 2012, reconnait pour la premi&#232;re fois le massacre, mais n'y voit que 35 morts sur les environ trois cents r&#233;els !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelles le&#231;ons tirer de la fin de la seconde guerre mondiale</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8219</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8219</guid>
		<dc:date>2025-05-24T22:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>1952</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelles le&#231;ons tirer de la fin de la seconde guerre mondiale en 1945 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les festivit&#233;s fran&#231;aises de &#171; la victoire de 1945 &#187; associaient la France et l'Allemagne &#224; l'Europe mais pas trop les autres pays comme si les principaux vainqueurs n'&#233;taient pas la Russie, la Chine, les USA et l'Angleterre ! Et comme si la France et l'Allemagne n'&#233;taient pas des pays fascistes et des pays vaincus de cette guerre ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le simple fait que ces puissances soutiennent aujourd'hui les guerres d'Ukraine et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;1952&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles le&#231;ons tirer de la fin de la seconde guerre mondiale en 1945 ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les festivit&#233;s fran&#231;aises de &#171; la victoire de 1945 &#187; associaient la France et l'Allemagne &#224; l'Europe mais pas trop les autres pays comme si les principaux vainqueurs n'&#233;taient pas la Russie, la Chine, les USA et l'Angleterre ! Et comme si la France et l'Allemagne n'&#233;taient pas des pays fascistes et des pays vaincus de cette guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le simple fait que ces puissances soutiennent aujourd'hui les guerres d'Ukraine et de Gaza et aussi bien d'autres qui pr&#233;parent la troisi&#232;me guerre mondiale montrent combien elles sont disqualifi&#233;es pour tirer des le&#231;ons de la guerre mondiale pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel genre de victoire en 1945 ? Pour la libert&#233; ? Contre le fascisme ? Pour le bien des peuples ? Pas du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5810&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5810&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve357&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve357&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article94&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article94&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2690&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2690&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7806&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7806&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7803&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7803&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7137&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des festivit&#233;s russes de l'anniversaire de la victoire de 1945, Poutine s'inscrivait dans la continuit&#233; de la trahison nationaliste de la r&#233;volution par Staline, fond&#233;e sur le programme de &#171; construction du socialisme dans un seul pays &#187;. Elle visait &#224; la fois &#224; saper et &#224; affaiblir les &#233;lans r&#233;volutionnaires dans la conscience des masses, raviv&#233;s par l'attaque nazie contre l'Union sovi&#233;tique et mena&#231;ant non seulement les envahisseurs fascistes, mais aussi la bureaucratie sovi&#233;tique qui avait violemment usurp&#233; le pouvoir politique &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la bureaucratie stalinienne portait une part substantielle de responsabilit&#233; politique dans la mont&#233;e du fascisme et l'ampleur des destructions qu'il a inflig&#233;es au peuple sovi&#233;tique. Trois ans seulement avant la guerre, le pays connut lors de la Grande Terreur l'apog&#233;e de la terreur d'&#201;tat contre les vieux bolcheviks et tous les opposants au r&#233;gime de Staline. Au cours de cette campagne de massacres, tous les principaux dirigeants de la r&#233;volution d'Octobre et des milliers de trotskystes furent assassin&#233;s comme le fut L&#233;on Trotsky en ao&#251;t 1940. La Terreur impliqua une purge &#224; grande &#233;chelle de l'Arm&#233;e rouge, qui l'affaiblit et encouragea Hitler &#224; attaquer l'Union sovi&#233;tique en juin 1941. Hitler esp&#233;rait que les purges de Staline avaient tellement affaibli l'Arm&#233;e rouge que l'Union sovi&#233;tique subirait une d&#233;faite cuisante au premier coup s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les espoirs d'Hitler ne furent pas enti&#232;rement r&#233;alis&#233;s. Mais l'Union sovi&#233;tique se trouva au bord de la destruction. Les premiers mois de la guerre furent un &#233;chec cuisant et confirm&#232;rent la faillite de la clique stalinienne, totalement impr&#233;par&#233;e. Rien qu'en 1941, les pertes au combat s'&#233;lev&#232;rent &#224; 3 millions de personnes, soit plus que durant tout autre semestre de la guerre. En r&#233;alit&#233;, l'Union sovi&#233;tique parvint &#224; tenir bon car le r&#233;gime hitl&#233;rien traversait une crise plus aigu&#235; encore et &#233;tait incapable de mener une guerre longue contre elle sur de si vastes distances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les souffrances de la guerre qui s'abattirent sur un pays d&#233;j&#224; affaibli et exsangue d&#251; &#224; la r&#233;pression furent sans pr&#233;c&#233;dent : 11,4 millions de personnes p&#233;rirent au combat ; 7,4 millions furent d&#233;lib&#233;r&#233;ment extermin&#233;es ; 2,2 millions p&#233;rirent dans les camps de for&#231;ats en Allemagne ; 4,1 millions moururent de faim, de maladie et de manque de soins m&#233;dicaux. Les pertes d&#233;mographiques totales s'&#233;lev&#232;rent &#224; 27 millions de personnes. Les pertes mat&#233;rielles durant les quatre ann&#233;es de guerre repr&#233;sent&#232;rent 30 pour cent de la richesse nationale de l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/05/20/vcsr-m20.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/05/20/vcsr-m20.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que L&#233;on Trotsky disait de la 2&#232;me guerre mondiale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/02/guerremond.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/02/guerremond.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/A_la_veille_de_la_Deuxi%C3%A8me_guerre_mondiale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/texts/fr/A_la_veille_de_la_Deuxi%C3%A8me_guerre_mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article60&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article60&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en disait Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre imp&#233;rialiste, classe ouvri&#232;re et nations opprim&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/guerre.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/guerre.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes puissances f&#234;tent aujourd'hui la deuxi&#232;me guerre mondiale afin de pr&#233;parer les peuples &#224; la troisi&#232;me guerre mondiale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas le lien entre guerre mondiale et r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/militaires/Engels_Guerre_mondiale_et_revolution.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/militaires/Engels_Guerre_mondiale_et_revolution.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles sont donc les principales le&#231;ons de la &#171; victoire &#187; de 1945 :
&lt;p&gt;1&#176;) dans le choix de faire la guerre comme de la finir, il y a d'abord la crainte par les classes dirigeantes du risque de r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale &#224; &#233;radiquer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) La peur du prol&#233;tariat n'a rien d'une crainte d&#233;pass&#233;e, les classes poss&#233;dantes craignent plus que jamais le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et elles sont capables, pour d&#233;tourner une r&#233;volution, de cr&#233;er une pare-feu sanglant de masse, un v&#233;ritable massacre : un Gaza, un Y&#233;men et une Ukraine plan&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Les forces de la &#171; gauche &#187; politique et syndicale ont &#233;t&#233; et sont toujours l'un des instruments principaux de la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7803</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7803</guid>
		<dc:date>2025-04-26T22:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Indon&#233;sie &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en Indon&#233;sie que la r&#233;volution a commenc&#233;. Ao&#251;t 1945 au d&#233;part des japonais, quand les Hollandais &#224; peine ressortis de prison veulent remettre en place la dictature coloniale, les ind&#233;pendantistes et les staliniens d'Indon&#233;sie prennent les armes et le pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils proclament imm&#233;diatement l'ind&#233;pendance mais ils ne parviendront &#224; virer compl&#232;tement le colonialisme hollandais qu'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot296" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indon&#233;sie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en Indon&#233;sie que la r&#233;volution a commenc&#233;. Ao&#251;t 1945 au d&#233;part des japonais, quand les Hollandais &#224; peine ressortis de prison veulent remettre en place la dictature coloniale, les ind&#233;pendantistes et les staliniens d'Indon&#233;sie prennent les armes et le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils proclament imm&#233;diatement l'ind&#233;pendance mais ils ne parviendront &#224; virer compl&#232;tement le colonialisme hollandais qu'en 1949. Le courant nationaliste bourgeois de Soekarno, le parti national, est loin d'&#234;tre le seul. Bien que d&#233;capit&#233; par une r&#233;pression f&#233;roce des hollandais lors de l'insurrection de 1928 le PKI, le parti communiste est au moins aussi puissant et beaucoup plus influent dans la classe ouvri&#232;re. Sa strat&#233;gie est le soutien total &#224; Soekarno au point que le parti communiste met toute son &#233;nergie freiner la lutte des ouvriers et des paysans, &#224; emp&#234;cher les occupations d'usines, et de terres des plantations &#233;trang&#232;res et des grands propri&#233;taires, &#224; justifier le rachat des propri&#233;t&#233;s nationalis&#233;es par l'Etat, &#224; justifier le d&#233;sarmement des travailleurs et la formation de l'arm&#233;e bourgeoise. Rapidement les forces nationalistes se trouvent circonscrites dans l'&#238;le de Java, la plus peupl&#233;e. Mais m&#234;me l&#224;, une insurrection populaire partie de Madium conteste le pouvoir de Soekarno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti communiste, bien que r&#233;ticent &#224; mener une politique offensive contre la bourgeoisie nationaliste, est port&#233; &#224; la t&#234;te de l'insurrection par les masses populaires. Celle-ci fut noy&#233;e dans le sang par l'arm&#233;e de Soekarno et les militants du parti communiste sont pourchass&#233;s. Un avant go&#251;t de ce qui allait se passer des ann&#233;es plus tard o&#249; cette m&#234;me arm&#233;e assassinera le parti communiste indon&#233;sien qui &#233;tait le plus grand parti communiste de tous les pays du bloc non communiste, faisant en trois mois un v&#233;ritable massacre, des centaines de milliers de victimes, dans les rangs de ce parti qui comptait 15 millions de membres en comptant toutes les associations qu'il dirigeait. Un parti communiste qui avait pourtant &#233;t&#233; &#224; nouveau un soutien sans faille au r&#233;gime nationaliste qui cependant n'&#233;tait qu'une f&#233;roce dictature qui s'est content&#233;e de faire passer l'exploitation p&#233;troli&#232;re de la compagnie Shell &#224; la Standard Oil et de surexploiter violemment la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article448&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article448&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En Indon&#233;sie, il a fallu &#233;craser pendant plusieurs semaines Sourabaya sous les bombes, en massacrant des milliers de femmes et d'enfants, pour venir &#224; bout de la r&#233;sistance des travailleurs. Maintenant, &#034;la situation se g&#226;te &#224; l'int&#233;rieur de Java&#034; (Monde, 30-11-45). Et cela, malgr&#233; que le gouvernement hollandais ait &#034;appr&#233;ci&#233; l'esprit de conciliation qui se fait jour, soit dans le cabinet Soekarno, soit dans d'autres milieux r&#233;publicains influents&#034; (Monde, 30-10-1945).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Calcutta, pour protester contre le proc&#232;s fait aux officiers de l'&#034;Arm&#233;e Nationale Indoue&#034;, &#034;20.000 employ&#233;s des services publics se sont mis en gr&#232;ve&#034; (Monde, 24-11-45) ; &#034;les manifestations organis&#233;es par les &#233;tudiants... ont fait 300 victimes civiles. Quarante policiers et 26 soldats am&#233;ricains ont, en outre, &#233;t&#233; bless&#233;s&#034; (Monde, 27-11-45). Et cela, malgr&#233; Gandhi et sa th&#233;orie de la non-violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/malakka/works/1948/05/malakka1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/malakka/works/1948/05/malakka1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution indon&#233;sienne est politique, sociale et nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;volution en Indon&#233;sie ! Dans le journal communiste L'Humanit&#233;, une br&#232;ve, le 29 septembre 1945 : &#034;Vers l'ind&#233;pendance de l'Indon&#233;sie. Batavia, 28 septembre. Le mouvement d'ind&#233;pendance d&#233;clench&#233; il y a quelques jours &#224; Java tend &#224; gagner toute l'Indon&#233;sie. Il a l'appui des masses ouvri&#232;res d'Australie qui ont organis&#233; de nombreuses manifestations dans les grandes villes de l'&#238;le.&#034; Java, les Pays-Bas, l'Australie, et plus loin encore : la r&#233;volution indon&#233;sienne, c'est une histoire mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une r&#233;volution en contexte colonial ? Se r&#233;volter pour renverser l'ordre &#233;tabli est une chose, se r&#233;volter contre une puissance coloniale en est une autre&#8230; La r&#233;volution indon&#233;sienne r&#233;pond &#224; un double enjeu, puisqu'elle proc&#232;de &#224; la fois d'un mouvement nationaliste et r&#233;publicain, et d'une volont&#233; d'ind&#233;pendance face au pouvoir colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/revolution-indonesienne-fini-la-java-pour-les-bataves-5998624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/revolution-indonesienne-fini-la-java-pour-les-bataves-5998624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1948 &#224; 1965, l'Indon&#233;sie est le th&#233;&#226;tre de plusieurs mouvements insurrectionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1948, des militaires sympathisants du Partai Komunis Indonesia (PKI, le parti communiste indon&#233;sien) occupent la ville de Madiun &#224; Java oriental. L'insurrection sera r&#233;prim&#233;e en deux semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Indon%C3%A9sie#Occupation_japonaise_des_Indes_n%C3%A9erlandaises_et_proclamation_de_l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Indon%C3%A9sie#Occupation_japonaise_des_Indes_n%C3%A9erlandaises_et_proclamation_de_l&lt;/a&gt;'ind%C3%A9pendance_de_l'Indon%C3%A9sie_(1942-1945)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_indon%C3%A9sien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_indon%C3%A9sien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des Papous d'Indon&#233;sie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/10/en-indonesie-la-revolte-meconnue-des-papous&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/10/en-indonesie-la-revolte-meconnue-des-papous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inde-Pakistan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Inde la direction incontest&#233;e de la bourgeoisie nationale est le parti du congr&#232;s de Gandhi. Sa position est caract&#233;ristique vis &#224; vis de la classe ouvri&#232;re : aucune ind&#233;pendance syndicale. Ainsi la seule organisation syndicale qui lui soit li&#233;e, celle des ouvriers du textile d'Ahmedabad qui lui sont li&#233;es, est organis&#233;es syndicalement au sein du parti s&#233;par&#233;ment du reste du mouvement ouvrier qui appartient &#224; une f&#233;d&#233;ration unifi&#233;e regroupant tous les autres syndicalistes des staliniens aux r&#233;formistes et aux militants radicaux. Le mouvement ouvrier organis&#233; compte autant de membres que le parti du congr&#232;s soit 400 000 membres chacun en 1935. Mais plus la revendication politique devient pr&#233;pond&#233;rante, plus la distance s'accro&#238;t en faveur de la formation nationaliste bourgeoise faute d'une politique du mouvement ouvrier. Directement li&#233; aux propri&#233;taires fonciers, industriels et commer&#231;ants, le parti du congr&#232;s est r&#233;ticent &#224; inclure toute mesure sociale y compris un programme agraire dans ses revendications ce qui laisserait une &#233;norme marge pour un mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire afin de s'adresser &#224; une paysannerie en r&#233;volte. Tout mouvement &#224; caract&#232;re r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme anglais d&#233;borderait in&#233;vitablement le mouvement politique bourgeois puisque celui-ci s'interdit toute insurrection arm&#233;e contre les anglais. Le mouvement nationaliste de Gandhi appelle les masses au pacifisme sous des pr&#233;textes philosophiques. N'oublions pas que cette philosophie n'avait pas emp&#234;ch&#233; Gandhi de choisir d'appeler les Indiens &#224; soutenir l'effort de guerre de l'imp&#233;rialisme britannique pendant la premi&#232;re guerre mondiale. Par contre, la mont&#233;e du mouvement ind&#233;pendantiste avant guerre va le contraindre &#224; une position plus radicale. En octobre 1939, 90 000 ouvriers d'industrie de Bombay participent &#224; une gr&#232;ve politique contre la guerre qui va obliger le parti du congr&#232;s &#224; une petite d&#233;claration de non coop&#233;ration &#224; la guerre aux c&#244;t&#233;s des anglais. C'est seulement en 1941 qu'il peut &#224; nouveau offrir sa coop&#233;ration &#224; l'effort de guerre anglais. Mais, de 1942 &#224; 1944, l'imp&#233;rialisme anglais ne veut qu'&#233;craser le mouvement nationaliste et pratique des arrestations massives de ses dirigeants comme des militants plus radicaux. Et ce jusqu'&#224; la fin de la guerre. C'est pour n&#233;gocier avec eux de leur donner le pouvoir &#224; l'ind&#233;pendance que l'imp&#233;rialisme anglais les fait lib&#233;rer en 1945. L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes. Les tommies qui veulent rentrer plus vite et sentent que &#231;a va chauffer manifestent pour rentrer plus vite en Angleterre que ce soit &#224; Delhi ou dans l'Uttar Pradesh. Au m&#234;me moment, les luttes gr&#233;vistes des travailleurs sont au point le plus &#233;lev&#233; jamais atteint avec la gr&#232;ve insurrectionnelle de deux millions de travailleurs dans un climat de tension extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire diversion ces formations nationalistes, la Ligue musulmane et le Hindu Masahabha, organisent des manifestations d'opposition inter-ethnique, principalement dans le Bengale et dans le Bihar avec des heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses. La Ligue musulmane annonce qu'elle r&#233;clame la partition du pays sur des bases religieuses hindous d'un c&#244;t&#233; et musulmans de l'autre. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; en fait discut&#233;e par la Ligue &#224; Londres et c'est l'imp&#233;rialisme anglais qui en a fait lui-m&#234;me la suggestion pour d&#233;tourner le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression et malgr&#233; les diversions racistes, dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le soul&#232;vement et le chaos. Dans des r&#233;gions enti&#232;res, plus personne n'ob&#233;it plus &#224; l'administration colonialiste. Dans ces conditions, l'Angleterre acc&#233;l&#232;re &#224; toute vitesse le plan d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Sign&#233; d&#233;but juillet 1947, le plan de partage en Inde et Pakistan, est adopt&#233; le 18 juillet et le nouveau pouvoir install&#233; le 15 ao&#251;t 1947. On n'aura jamais vu un pouvoir colonial aussi press&#233; de donner sa place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace prol&#233;tarienne en Inde &#233;tait tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieuse. Les salari&#233;s repr&#233;sentaient 55% de population des villes et les travailleurs ind&#233;pendants n'exploitant personne 32% alors que les employeurs n'y &#233;taient que 1%. L'essentiel du prol&#233;tariat travaillait dans de grandes entreprises industrielles et pr&#232;s des trois quarts vivaient dans de tr&#232;s grandes cit&#233;s. Et la lutte s'est d&#233;roul&#233;e essentiellement dans les villes. Il y aurait eu pour une r&#233;volution prol&#233;tarienne un &#233;norme potentiel de soutien d'une paysannerie tr&#232;s exploit&#233;e et r&#233;volt&#233;e. L'influence de la grande bourgeoisie sur le petite et moyenne &#233;tait faible et c'est l'absence politique des travailleurs alors que les poss&#233;dants ont eu des dirigeants de haut niveau capables d'unir toutes les classes poss&#233;dantes indiennes qui a permis aux grands propri&#233;taire, banquiers et grands commer&#231;ants de tenir le haut du pav&#233;. Le parti communiste indien ne risquait pas de repr&#233;senter m&#234;me de mani&#232;re d&#233;form&#233;e une politique de classe pour les travailleurs, lui qui proclamait vouloir &#171; un gouvernement de d&#233;mocratie populaire qui sera celui de tous les groupes, individus et partis d&#233;mocratiques repr&#233;sentant les ouvriers, les paysans, les classes moyennes et la bourgeoisie nationale, celle qui est favorable &#224; une v&#233;ritable industrialisation du pays et &#224; l'ind&#233;pendance de l'Inde &#187;. Pour se donner un visage plus radical que celui qu'il a eu au moment de l'ind&#233;pendance, le parti communiste soutient un soul&#232;vement paysan arm&#233; de deux r&#233;gions en 1948 l'Andhra et Telengana o&#249; sur un territoire de 4000 km&#178; 2000 villages sont organis&#233;s en comit&#233;s populaires, soul&#232;vement qui est r&#233;prim&#233; dans le sang par la nouvelle arm&#233;e de l'Inde ind&#233;pendante, en guise d'avertissement aux couches populaires. La classe ouvri&#232;re a tr&#232;s vite eu &#224; s'opposer &#224; ce nouveau pouvoir avec notamment une grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la ville de Calcutta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'absence d'une politique ouvri&#232;re ind&#233;pendante n'est pas due &#224; l'absence de soutien qu'il rencontrerait dans la population. Ainsi aux premi&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Inde, le parti communiste recueille quand m&#234;me plus de 6 millions de voix et quatre autres groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me gauche font respectivement 2,5 millions de voix, 1,1 millions, un million et 400 000 voix &#224; rajouter aux 22, 8 millions de voix obtenues par l'opposition socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation en Grande-Bretagne d'un gouvernement travailliste, &#224; la suite des &#233;lections de l'&#233;t&#233; 1945, n'acc&#233;l&#232;re pas l'accession de l'Inde &#224; l'ind&#233;pendance. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers mois de l'ann&#233;e 1946 sont marqu&#233;s par deux &#233;v&#233;nements qui influencent s&#233;rieusement l'&#233;volution &#224; venir : la tenue des &#233;lections aux assembl&#233;es l&#233;gislatives et d'importants soul&#232;vements dans la Royal Indian Navy. Aux &#233;lections aux assembl&#233;es provinciales (&#233;lections toujours tenues sur une base censitaire et auxquelles ne peuvent participer que 11% de la population), le Congr&#232;s obtient 930 si&#232;ges (et 55,5 &#249; des voix) et la Ligue musulmane obtient 427 des 507 si&#232;ges destin&#233;s aux musulmans. (&#8230;) ces &#233;lections mettent en lumi&#232;re le caract&#232;re &#171; repr&#233;sentatif &#187; de ces organisations mais ne suffisent pas &#224; inciter le gouvernement britannique &#224; prendre l'initiative de nouvelles discussions sur le probl&#232;me de l'ind&#233;pendance indienne. Cependant, depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1597&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colonisateurs anglais constatant qu'il y a un mouvement r&#233;volutionnaire irr&#233;sistible, pr&#233;f&#232;rent c&#233;der le pouvoir d'eux-m&#234;mes aux bourgeois nationalistes du Congr&#232;s avec lesquels ils tentent des accords pour conserver leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques plut&#244;t que de risquer que les masses populaires ne s'embrasent. Le travailliste, le major Attlee qui a succ&#233;d&#233; &#224; Churchill d&#233;clare qu'il craint un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire des masses en Inde et c'est comme cela qu'il obtient tr&#232;s rapidement l'accord de la bourgeoisie anglaise pour c&#233;der &#224; toute vitesse l'ind&#233;pendance ce que l'Angleterre n'envisageait absolument pas un an plus t&#244;t. En octobre 1946 il explique &#224; la chambre que tout retard dans l'accession &#224; l'ind&#233;pendance provoquera des graves troubles r&#233;volutionnaires selon le compte rendu de la mission minist&#233;rielle qu'il a envoy&#233;e sur place et que selon lui il sera inutile et impossible d'amener suffisamment de renforts sur place. Il est certain que la population anglaise qui r&#233;clamait d'abord et avant tout sa d&#233;mobilisation et qui venait de faire chuter Churchill le repr&#233;sentant de tous les sacrifices consentis au nom de l'effort de guerre ne se sentait pas pr&#234;te &#224; verser son sang pour lutter contre la population de l'Inde soulev&#233;e. Et en f&#233;vrier 47 &#224; la chambre des lords Pethic-Lawrence d&#233;clare que l'on a d&#233;j&#224; trop tard&#233; que selon ses termes &#171; il existe en Inde une situation et un danger r&#233;volutionnaire extr&#234;me, que si le transfert du pouvoir ne s'effectue pas &#224; bref d&#233;lai la r&#233;volution dont l'&#233;ruption a &#233;t&#233; momentan&#233;ment retard&#233;e par l'annonce de la pr&#233;paration de l'ind&#233;pendance par la mission minist&#233;rielle &#233;clatera in&#233;vitablement &#187;. L'exemple Birman montre toute l'utilit&#233; d'aller vers l'ind&#233;pendance qui a permis en janvier 1947 un rapprochement entre l'Angleterre et le nationaliste Ang San ce qui leur a permis de casser l'alliance entre les nationalistes mod&#233;r&#233;s et radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde la direction incontest&#233;e de la bourgeoisie nationale est le parti du congr&#232;s de Gandhi. Sa position est caract&#233;ristique vis &#224; vis de la classe ouvri&#232;re : aucune ind&#233;pendance syndicale. Ainsi la seule organisation syndicale qui lui soit li&#233;e, celle des ouvriers du textile d'Ahmedabad qui lui sont li&#233;es, est organis&#233;es syndicalement au sein du parti s&#233;par&#233;ment du reste du mouvement ouvrier qui appartient &#224; une f&#233;d&#233;ration unifi&#233;e regroupant tous les autres syndicalistes des staliniens aux r&#233;formistes et aux militants radicaux. Le mouvement ouvrier organis&#233; compte autant de membres que le parti du congr&#232;s soit 400 000 membres chacun en 1935. Mais plus la revendication politique devient pr&#233;pond&#233;rante, plus la distance s'accro&#238;t en faveur de la formation nationaliste bourgeoise faute d'une politique du mouvement ouvrier. Directement li&#233; aux propri&#233;taires fonciers, industriels et commer&#231;ants, le parti du congr&#232;s est r&#233;ticent &#224; inclure toute mesure sociale y compris un programme agraire dans ses revendications ce qui laisserait une &#233;norme marge pour un mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire afin de s'adresser &#224; une paysannerie en r&#233;volte. Tout mouvement &#224; caract&#232;re r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme anglais d&#233;borderait in&#233;vitablement le mouvement politique bourgeois puisque celui-ci s'interdit toute insurrection arm&#233;e contre les Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes. Les tommies qui veulent rentrer plus vite et sentent que &#231;a va chauffer manifestent pour rentrer plus vite en Angleterre que ce soit &#224; Delhi ou dans l'Uttar Pradesh. Au m&#234;me moment, les luttes gr&#233;vistes des travailleurs sont au point le plus &#233;lev&#233; jamais atteint avec la gr&#232;ve insurrectionnelle de deux millions de travailleurs dans un climat de tension extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire diversion ces formations nationalistes, la Ligue musulmane et le Hindu Masahabha, organisent des manifestations d'opposition inter-ethnique, principalement dans le Bengale et dans le Bihar avec des heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses. La Ligue musulmane annonce qu'elle r&#233;clame la partition du pays sur des bases religieuses, hindous d'un c&#244;t&#233; et musulmans de l'autre. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; en fait discut&#233;e par la Ligue &#224; Londres et c'est l'imp&#233;rialisme anglais qui en a fait lui-m&#234;me la suggestion pour d&#233;tourner le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression et malgr&#233; les diversions racistes, dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le soul&#232;vement et le chaos. Dans des r&#233;gions enti&#232;res, plus personne n'ob&#233;it plus &#224; l'administration colonialiste. Dans ces conditions, l'Angleterre acc&#233;l&#232;re &#224; toute vitesse le plan d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Sign&#233; d&#233;but juillet 1947, le plan de partage en Inde et Pakistan, est adopt&#233; le 18 juillet et le nouveau pouvoir install&#233; le 15 ao&#251;t 1947. On n'aura jamais vu un pouvoir colonial aussi press&#233; de donner sa place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace prol&#233;tarienne en Inde &#233;tait tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieuse. Les salari&#233;s repr&#233;sentaient 55% de population des villes et les travailleurs ind&#233;pendants n'exploitant personne 32% alors que les employeurs n'y &#233;taient que 1%. L'essentiel du prol&#233;tariat travaillait dans de grandes entreprises industrielles et pr&#232;s des trois quarts vivaient dans de tr&#232;s grandes cit&#233;s. Et la lutte s'est d&#233;roul&#233;e essentiellement dans les villes. Il y aurait eu pour une r&#233;volution prol&#233;tarienne un &#233;norme potentiel de soutien d'une paysannerie tr&#232;s exploit&#233;e et r&#233;volt&#233;e. L'influence de la grande bourgeoisie sur le petite et moyenne &#233;tait faible et c'est l'absence politique des travailleurs alors que les poss&#233;dants ont eu des dirigeants de haut niveau capables d'unir toutes les classes poss&#233;dantes indiennes qui a permis aux grands propri&#233;taire, banquiers et grands commer&#231;ants de tenir le haut du pav&#233;. Le parti communiste indien ne risquait pas de repr&#233;senter m&#234;me de mani&#232;re d&#233;form&#233;e une politique de classe pour les travailleurs, lui qui proclamait vouloir &#171; un gouvernement de d&#233;mocratie populaire qui sera celui de tous les groupes, individus et partis d&#233;mocratiques repr&#233;sentant les ouvriers, les paysans, les classes moyennes et la bourgeoisie nationale, celle qui est favorable &#224; une v&#233;ritable industrialisation du pays et &#224; l'ind&#233;pendance de l'Inde &#187;. Pour se donner un visage plus radical que celui qu'il a eu au moment de l'ind&#233;pendance, le parti communiste soutient un soul&#232;vement paysan arm&#233; de deux r&#233;gions en 1948 l'Andhra et Telengana o&#249; sur un territoire de 4000 km&#178; 2000 villages sont organis&#233;s en comit&#233;s populaires, soul&#232;vement qui est r&#233;prim&#233; dans le sang par la nouvelle arm&#233;e de l'Inde ind&#233;pendante, en guise d'avertissement aux couches populaires. La classe ouvri&#232;re a tr&#232;s vite eu &#224; s'opposer &#224; ce nouveau pouvoir avec notamment une grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la ville de Calcutta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'absence d'une politique ouvri&#232;re ind&#233;pendante n'est pas due &#224; l'absence de soutien qu'il rencontrerait dans la population. Ainsi aux premi&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Inde, le parti communiste recueille quand m&#234;me plus de 6 millions de voix et quatre autres groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me gauche font respectivement 2,5 millions de voix, 1,1 millions, un million et 400 000 voix &#224; rajouter aux 22, 8 millions de voix obtenues par l'opposition socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons l'ouvrage de Charles Bettelheim &#171; L'Inde ind&#233;pendante &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;) Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social. A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence. Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;. C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;) Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;) Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social. A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence. Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;. C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;) Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3070&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3070&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONFLIT HINDO-MUSULMAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(EXTRAIT DU &#034;SOCIALIST APPEAL&#034; ORGANE DU R.C.P. ANGLAIS (IV&#232;me INTERNATIONALE), MI-OCTOBRE 1946)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t vit le d&#233;but de l'une des pires &#233;meutes religieuses de l'histoire de l'Inde. Quoique presque enti&#232;rement confin&#233;s &#224; Calcutta et &#224; Bombay, des milliers d'hommes furent tu&#233;s et des dizaines de milliers bless&#233;s dans les conflits hindo-musulmans directement inspir&#233;s par la Ligue Musulmane de Jinnah, en signe de protestation contre la formation d'un gouvernement issu du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rues de Calcutta sont jonch&#233;es de cadavres et les h&#244;pitaux sont bond&#233;s de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enti&#232;re responsabilit&#233; de ce massacre retombe sur Jinnah et la Ligue musulmane qui ont, par leurs appels &#224; &#034;l'action directe&#034;, dress&#233; les musulmans contre les hindous. Ils ont fait le jeu de l'imp&#233;rialisme britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domination anglaise, principale cause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la domination britannique est la cause principale des antagonismes religieux qui r&#232;gnent aux Indes &#224; l'heure actuelle. Avant l'&#233;tablissement du vice-roi, les luttes hindo-musulmanes de cette sorte &#233;taient pratiquement inconnues. Les guerres d'Etat &#224; Etat ont pu avoir des meneurs hindous ou musulmans, mais les soldats sortis des deux communaut&#233;s combattaient aussi bien d'un c&#244;t&#233; que de l'autre. Les dirigeants musulmans employaient souvent des Hindous &#224; des hautes responsabilit&#233;s, de m&#234;me que les dirigeants hindous employaient des Musulmans. Il est aussi vrai que dans les Etats o&#249; la domination anglaise ne se manifeste qu'indirectement, les luttes religieuses &#233;taient comparativement rares jusqu'&#224; ces derniers temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Diviser pour r&#233;gner ! doit &#234;tre la devise de notre administration des Indes&#034;, &#233;crivait l'Asiatic Journal en 1821, et en 1858 cette politique fut reprise officiellement par le Gouverneur g&#233;n&#233;ral, lord Elphinstone. Tour &#224; tour, on favorisa les Hindous et les Musulmans, on se servait des uns contre les autres, on enfon&#231;a entre eux un coin d'acier pour emp&#234;cher cette union des opprim&#233;s qui aurait rendu impossible la domination anglaise sur les Indes. Comme le nationalisme commen&#231;ait &#224; faire son chemin parmi les Hindous, l'Angleterre s'en remit de plus en plus aux leaders musulmans et tenta de s'en servir pour arr&#234;ter le d&#233;veloppement du Congr&#232;s National Indien. Au d&#233;but, ces efforts n'eurent que peu de succ&#232;s. Mais au d&#233;but de ce si&#232;cle furent prises deux mesures, qui aiguis&#232;rent beaucoup les relations des deux communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re de ces mesures fut la division de la province du Bengale en deux parties, une musulmane et une hindoue. C'&#233;tait un acte d&#233;lib&#233;r&#233; dans le but &#8211; d'apr&#232;s les propres mots du Statesman, principal organe de l'imp&#233;rialisme anglais &#224; Calcutta &#8211; &#034;d'aider la formation dans l'Est du Bengale d'un pouvoir musulman qui aurait pour effet de faire &#233;chec &#224; la force rapidement croissante de la communaut&#233; hindoue &#233;duqu&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde mesure prise fut la cr&#233;ation d'un syst&#232;me &#233;lectoral bas&#233; sur la communaut&#233; religieuse. Comme cons&#233;quence directe, l'attention du peuple fut d&#233;tourn&#233;e des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques communs et concentr&#233;e sur des futilit&#233;s comme la repr&#233;sentation accord&#233;e &#224; chaque communaut&#233;. Une repr&#233;sentation privil&#233;gi&#233;e fut donn&#233;e aux Musulmans dans le but d'enfoncer encore plus profond&#233;ment le coin entre les deux communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base &#233;conomique et sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Bengale et le Punjab -provinces de population en majorit&#233; musulmane et comprises dans la proposition du &#034;Pakistan&#034; de Jinnah- les propri&#233;taires, les usuriers et les marchands les plus riches sont hindous, tandis que la majorit&#233; des Musulmans sont de pauvres paysans, et leurs d&#233;biteurs. L&#224; les combats des paysans musulmans contre leurs exploiteurs hindous sont aussi pr&#233;sent&#233;s dans la presse imp&#233;rialiste comme des &#034;troubles religieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, durant les luttes ouvri&#232;res dans les grandes usines de Bombay et de Calcutta, les patrons hindous n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; faire appel &#224; des jeunes Musulmans pour briser la gr&#232;ve de leurs ouvriers hindous. L'action des gr&#233;vistes &#224; travers les piquets de gr&#232;ve est aussi rapport&#233;e comme &#034;troubles religieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi une grande rivalit&#233; entre les intellectuels hindous et musulmans des classes moyennes dans la recherche des emplois (fonctionnaires, etc...)&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233;, le terrain est favorable aux agents provocateurs qui ont avec succ&#232;s attis&#233; des antagonismes latents. Il est indiscutable que la bourgeoisie hindoue, repr&#233;sent&#233;e principalement par le Congr&#232;s, a beaucoup appris de l'imp&#233;rialisme anglais et n'est pas plus g&#234;n&#233;e que celui-ci pour provoquer des troubles religieux si cela sert ses fins. Ainsi, durant les &#233;meutes du mois d'ao&#251;t, un conflit fut instigu&#233; aux filatures de coton de Birla, propri&#233;t&#233; du plus gros capitaliste hindou, un des principaux soutiens du Congr&#232;s. Les tra-vailleurs de Birla ont un pass&#233; de luttes h&#233;ro&#239;ques et l'on esp&#233;rait, en dressant les tra-vailleurs hindous contre les travailleurs musulmans, d&#233;truire l'unit&#233; de classe des travailleurs. Cet essai &#233;choua et les provocateurs ont satisfait leur soif de sang en molestant un certain nombre de Musulmans isol&#233;s, ce qui finit par une tuerie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs musulmans viennent en aide aux Hindous&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, un des caract&#232;res des &#233;meutes de Bombay et de Calcutta &#8211; sur lequel la presse capitaliste a gard&#233; le silence &#8211; fut la discipline des travailleurs qui refus&#232;rent malgr&#233; les provocations de participer &#224; la tuerie. A Oriya, 600 et plus, travailleurs hindous furent massacr&#233;s. Des travailleurs musulmans se port&#232;rent &#224; leur secours, mais furent eux-m&#234;mes &#233;cras&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les actes de violence sont presque enti&#232;rement l'&#339;uvre de provocateurs &#224; gages, la population n'y prenant qu'une faible part. En fait, pour obtenir quelque appui parmi les travailleurs musulmans, Jinnah a d&#251; faire usage de slogans anti-imp&#233;rialistes, et il tente m&#234;me de d&#233;peindre sa campagne pour le &#034;Pakistan&#034; comme une arme contre l'&#034;Hindou enti&#232;rement vendu&#034;. Comme le prouvent les &#233;lections dans les territoires purement musulmans comme la province du nord-ouest &#8211; o&#249; le Congr&#232;s a obtenu une bonne majorit&#233; des votes &#8211; les pr&#233;tentions de Jinnah &#224; repr&#233;senter les masses musulmanes sont des mensonges manifestes. Dans la lutte pour l'ind&#233;pendance nationale et pour de meilleures conditions de vie, les travailleurs musulmans et hindous combattent coude &#224; coude le principal ennemi : l'imp&#233;rialisme anglais.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cette unit&#233; croissante de la classe travailleuse des deux communaut&#233;s &#8211; dans les Syndicats et les Ligues paysannes &amp;&#034;8211 ; qui est redout&#233;e non seulement des imp&#233;rialistes anglais, mais aussi des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers hindous et musulmans. Dans cette unit&#233;, ils voient non seulement la fin de la domination anglaise, mais la fin de tous les exploiteurs. Pour sauver leurs profits et leur peau, ils doivent perp&#233;tuer les rivalit&#233;s religieuses. &#034;Diviser pour r&#233;gner&#034; demeure toujours leur maxime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les patrons craignent l'union des ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crainte de la toute-puissance des centaines de millions de travailleurs est la raison de l'entente de Gandhi et Nehru, les repr&#233;sentants de la bourgeoisie nationale, avec l'imp&#233;rialisme anglais : partager le pouvoir et partager les profits. La bourgeoisie des Indes n'a pas moins besoin que le Capital financier anglais des troupes britanniques pour &#034;pr&#233;server l'ordre&#034; aux Indes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est justement cette exploitation commune qui soude les ouvriers et les paysans hindous et musulmans en une union de plus en plus &#233;troite. Dans les syndicats ouvriers et les syndicats paysans il n'y a qu'ouvriers et paysans, sans aucune distinction entre Hindous et Musulmans. Ici il n'y a pas d'&#233;lectorat diff&#233;rent selon les religions. Ils sont li&#233;s par leurs besoins &#233;conomiques et sociaux communs et leur combat commun pour de meilleures conditions de vie. Pour se lib&#233;rer de l'exploitation des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers, ils forgent unes des armes qui conduira l'Inde vers une v&#233;ritable &#233;mancipation nationale et lui fera prendre sa place comme nation socialiste dans un monde socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/12/ldc78_120746.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/12/ldc78_120746.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indochine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DE QUI L'INDOCHINE DOIT-ELLE SE LIBERER ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a mis a l'ordre du jour le &#034;trusteeship&#034;, moyen par lequel celui-ci veut s'assurer le contr&#244;le des colonies du monde entier, le gouvernement fran&#231;ais a &#034;r&#233;v&#233;l&#233;&#034; ses intentions de transformer l'ancien syst&#232;me colonial en une &#034;Union fran&#231;aise&#034;. Les capitalistes fran&#231;ais cherchent, face aux revendications de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, &#224; rallier les ouvriers fran&#231;ais &#224; une politique colonialiste &#034;style nouveau&#034;, celle du &#034;bon patron&#034;, du &#034;bon collaborateur&#034;. Cette propagande, qui concerne surtout l'Indochine ne repr&#233;sente cependant qu'une nouvelle hypocrisie, parce que ce n'est pas au moyen de phrases nouvelles qu'on peut changer quelque chose &#224; un syst&#232;me qui, pour &#234;tre &#034;am&#233;lior&#233;&#034;, demande &#224; &#234;tre aboli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot m&#234;me de colonisation est synonyme de surexploitation, de vol et de terreur. C'est sur cette base que l'imp&#233;rialisme fonde sa force. C'est de l&#224; aussi qu'il tire les surprofits &#224; l'aide desquels il corrompt les &#034;chefs&#034; du mouvement ouvrier officiel, et entretient le lourd et co&#251;teux appareil de r&#233;pression que les travailleurs de la M&#233;tropole voient se dresser devant eux d&#232;s qu'ils entrent en lutte contre leurs exploiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que les capitalistes ont fait en Indochine&lt;br class='autobr' /&gt;
En occupant le pays, ils ne l'ont pas &#233;lev&#233; en bloc &#224; un niveau de vie et de culture sup&#233;rieur. Bien au contraire, ils ont pris sous leur protection et se sont appuy&#233;s sur la couche exploiteuse indig&#232;ne la plus ha&#239;e et la plus r&#233;trograde : la f&#233;odalit&#233;, toute puissante chez les peuplades arri&#233;r&#233;es du Laos et du Cambodge, et dont les restes, en pays annamite, ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s de la liquidation compl&#232;te par l'administration fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Directement et par son interm&#233;diaire, les capitalistes fran&#231;ais pressurent et &#233;cr&#232;ment le pays de ses richesses. Les b&#233;n&#233;fices qu'ils en extraient sont tels qu'il leur est possible de c&#233;der des &#034;miettes&#034; importantes &#224; cette mince couche indig&#232;ne privil&#233;gi&#233;e dont ils ont fait une bande de gouverneurs, d'administrateurs et de fonctionnaires-bureaucrates, valets de l'imp&#233;rialisme, formant ce qu'on appelle le mandarinat.&lt;br class='autobr' /&gt;
En qualit&#233; de mandarins, ils d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts de leurs puissants ma&#238;tres et soutiens, et leurs int&#233;r&#234;ts propres, ceux des propri&#233;taires fonciers.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe laborieuse indochinoise se trouve ainsi doublement exploit&#233;e, l'exploitation capitaliste sans frein venant s'ajouter &#224; l'exploitation terrienne f&#233;odale. Aussi, comme celle de tous les autres peuples coloniaux, a-t-elle un standard de vie bien inf&#233;rieur au minimum vital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi un ouvrier agricole ne gagne qu'un litre de riz ou 1 franc par journ&#233;e de travail de 12 heures &#8211; rien de plus, sauf un &#034;repas&#034; &#224; midi pour chaque journ&#233;e de travail effective, et un lopin de terre avec une habitation mis&#233;rable fourni par le propri&#233;taire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysan ne peut tirer de l'exploitation de sa parcelle de quoi se nourrir et se v&#234;tir, s'il veut payer ses imp&#244;ts : imp&#244;t individuel de 35 frs, ce qui repr&#233;sente un mois de travail, imp&#244;t sur le &#034;revenu&#034;, taxe sur chaque pied de tabac, sur chaque oranger, etc... qui frappe d'autant plus lourdement l'exploitation agricole qu'elle est plus petite. Et s'il survient une inondation (assez fr&#233;quente dans le delta tonkinois), si la r&#233;colte est ravag&#233;e, mais que la bicoque ne s'en aille pas compl&#232;tement &#224; l'eau et que son buffle (le cheval en France) lui reste, il faudra que le petit paysan trime encore plus dur pour payer quand m&#234;me ses imp&#244;ts, pour &#233;viter la perquisition, la confiscation de ce qui lui reste ou l'emprisonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des ouvriers n'est pas moins terrible. Ceux des plantations de caoutchouc, th&#233; et caf&#233;, sont pour la plupart nourris et log&#233;s par les patrons dans la d&#233;pendance compl&#232;te desquels ils sont ainsi plac&#233;s. La maladie les frappe d'autant plus durement que les r&#233;gions de plantations sont de climat tr&#232;s dangereux, surtout pour des travailleurs sous-aliment&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier d'usine sp&#233;cialis&#233; gagne de 5 &#224; 10 frs par jour mais il y en a bien peu. La plupart sont des ouvriers non sp&#233;cialis&#233;s dont le salaire ne d&#233;passe pas 2,50 &#224; 3 frs maximum par jour. Quant &#224; l'ouvri&#232;re, avec 1,50 fr par journ&#233;e de travail de plus de 10 h, elle doit pour vivre chercher &#224; compl&#233;ter ce salaire d&#233;risoire. Hano&#239;, capitale du Tonkin, est ainsi renomm&#233;e... pour sa place au 4&#232;me rang dans le monde, dans le &#034;domaine&#034; de la prostitution ! Voil&#224; la civilisation colonisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mille extorsions s'abattent sur la population, dont les plus connues sont peut-&#234;tre celles d&#233;coulant de la r&#233;gie du sel et de celle de l'alcool.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le sel exploit&#233; est vendu obligatoirement &#224; l'Etat, au prix de 20 centimes ou 30 centimes le kilo, et celui-ci le revend 70 centimes &#224; la population &#8211; y compris &#224; l'ouvrier des salineries. Comment appeler cela autrement que de l'escroquerie ? La population n'a pas non plus le droit de fabriquer de l'alcool de riz pour sa consommation. Un service de douane sp&#233;cial a &#233;t&#233; form&#233; pour la lutte contre la fabrication en fraude, et le fraudeur doit payer une amende bien sup&#233;rieure &#224; tous ses biens. Pourquoi cela ? C'est que l'alcool de riz est vendu &#224; la population &#224; des tarifs &#034;r&#233;mun&#233;rateurs&#034; par l'administration fran&#231;aise qui, dans certaines r&#233;gions, oblige les autorit&#233;s indig&#232;nes &#224; &#233;couler des quantit&#233;s d'alcool arbitrairement fix&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; encore la colonisation civilisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime int&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La terreur polici&#232;re compl&#232;te et maintient ce r&#233;gime d'exploitation sans borne. Un Indochinois n'a pas le droit de circuler librement dans son pays et les voyages &#224; l'&#233;tranger ne sont autoris&#233;s que par faveur, apr&#232;s un s&#233;rieux examen de la vie du candidat &#8211; sauf lorsque des milliers et des milliers de travailleurs sont arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller rejoindre les travailleurs de la M&#233;tropole et mourir avec eux pour le profit des capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#034;ordre&#034;, c'est-&#224;-dire la dictature arbitraire des capitalistes, est assur&#233; par des soldats marocains, s&#233;n&#233;galais, la L&#233;gion et une poign&#233;e de policiers indig&#232;nes. En revanche de nombreux corps d'infanterie indochinoise sont envoy&#233;s pour d&#233;fendre le m&#234;me &#034;ordre&#034;, dans toutes les possessions fran&#231;aises d'Afrique, de Chine, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, la r&#233;pression de tout mouvement nationaliste et r&#233;volutionnaire est impitoyable. Le moindre mouvement est qualifi&#233; de &#034;communiste&#034; &#8211; la bourgeoisie conna&#238;t son ennemi &#8211; et aussit&#244;t l'appareil de r&#233;pression entre en action. Les prisonniers politiques sont gard&#233;s par des soldats recrut&#233;s parmi les peuplades arri&#233;r&#233;es des hautes montagnes de l'int&#233;rieur, et soumis aux pires traitements. Les m&#233;thodes de torture sont tr&#232;s &#034;efficaces&#034; : piq&#251;res d'aiguilles sous les ongles, attache du &#034;coupable&#034; par les deux pouces du pied &#224; un poteau o&#249; on le laisse se dess&#233;cher au soleil, ingurgitation d'eau sal&#233;e pour provoquer la soif, enfoncement d'une tige de fer dans la verge, et mille autres proc&#233;d&#233;s aussi sauvages, bien dignes des capitalistes. Nourris de riz m&#233;lang&#233; &#224; du poisson pourri, 99% des prisonniers sont ainsi r&#233;duits &#224; la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oppression sans phrases est combin&#233;e avec la mascarade parlementaire. Mais 40.000 Fran&#231;ais envoient au Parlement indochinois deux fois plus de d&#233;put&#233;s que 27.000.000 d'indig&#232;nes, et encore la presque totalit&#233; des candidatures &#233;lectorales sont-elles choisies par le gouvernement : riches propri&#233;taires fonciers, industriels, etc..., qui d'ailleurs n'ont souvent qu'une connaissance incompl&#232;te de la langue fran&#231;aise. Lorsque le jeu des &#034;combines&#034; &#233;lectorales n'arrive pas compl&#232;tement &#224; emp&#234;cher les masses travailleuses de l'Indochine ; de se faire entendre, leur volont&#233; s'exprime par l'envoi de repr&#233;sentants communistes, tels Tran-Van-Trach et Ta-Thu-Thau, candidats de la IV&#232;me Internationale &#233;lus &#224; Sa&#239;gon en 1939, sous l'occupation japonaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quatre ans, deux camps imp&#233;rialistes oppriment &#233;conomiquement et nationalement le peuple indochinois. L'occupation japonaise, avec sa dictature capitaliste-f&#233;odale n'a pas permis &#224; la classe laborieuse indochinoise d'obtenir un niveau de vie plus &#233;lev&#233;. La classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; pouss&#233;e fr&#233;n&#233;tiquement au travail pour industrialiser l'Indochine (voies de communication, usines) ; ainsi s'est &#233;largie la base du mouvement prol&#233;tarien et se pr&#233;parent des contradictions futures plus terribles entre l'Indochine et la M&#233;tropole. Cette industrialisation n'est pas sans profiter aux capitalistes fran&#231;ais Ainsi la Compagnie des Tramways Indochinois continua pendant l'occupation &#224; verser des dividendes &#224; ses actionnaires et les Raffineries d'Indochine r&#233;alis&#232;rent en 1941 (derniers bilans publi&#233;s) le coquet b&#233;n&#233;fice de 9.541.158 frs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s sont rest&#233;s dans les bagnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour obtenir l'appui du peuple dans la guerre, l'imp&#233;rialisme japonais a proclam&#233; &#034;l'ind&#233;pendance&#034; de l'Annam, en flattant ainsi l'esprit nationaliste entretenu par l'occupation &#233;trang&#232;re. De son c&#244;t&#233;, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais proclame la cr&#233;ation d'une &#034;Union fran&#231;aise&#034; accordant aux Indochinois pour l'avenir et aux &#034;&#233;lites&#034;, c'est-&#224;-dire aux classes riches, propri&#233;taires fonciers et capitalistes, certains droits, et l'espoir de places lucratives dans l'administration ou le gouvernement (d&#233;put&#233;s). En m&#234;me temps il est vrai, il fait propager l'id&#233;e que &#034;tous les territoires ayant appartenu &#224; leurs possesseurs naturels&#034; doivent leur &#234;tre &#034;rendus le plus t&#244;t possible&#034;. Et dans ce nombre... l'Indochine qui certainement, devrait &#234;tre rendue &#224; la France.&#034; (D&#233;claration de M. Fraser &#224; l'A.F.P., 30/3/45).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, de quelque c&#244;t&#233; qu'ils se tournent, les travailleurs indochinois ne voient que des pillards qui se r&#233;clament &#224; grands cris de leur droit &#034;naturel&#034; &#224; les mettre en coupe r&#233;gl&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des Indochinois en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'en 1939 &#233;clata la deuxi&#232;me guerre de pillage mondial, 25.000 Indochinois, pour la plupart des paysans, furent arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller travailler en France dans l'industrie de guerre, poudreries et arsenaux, o&#249; ils accomplirent les travaux les plus dangereux et les plus malsains, c&#244;te &#224; c&#244;te avec d'autres ouvriers coloniaux (arabes notamment) &#8211; 15.000 restent encore d&#233;port&#233;s en France, parce que la guerre a emp&#234;ch&#233; leur rapatriement. Et l'Etat &#8211; c'est-&#224;-dire les capitalistes &#8211; r&#233;alise sur eux de gros b&#233;n&#233;fices.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces exil&#233;s vivent en camps, soumis &#224; l'arbitraire le plus complet et &#224; une discipline terroriste qui, comme &#224; Bergerac, comprend souvent des s&#233;vices sanglants. Leur approvisionnement est le m&#234;me en principe que celui de la population civile, mais, &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le de la part des int&#233;ress&#233;s, il est &#034;&#233;cr&#233;m&#233;&#034; successivement par les commandants de L&#233;gion, de Groupements, de Compagnies, puis par toute la s&#233;quelle des &#034;sous-officiers&#034;, des chefs cuisiniers et cuisiniers, qui s'engraissent de la famine des requis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tandis que, d'une ann&#233;e sur l'autre, les travailleurs doivent se contenter de rebuffades et de promesses, leurs dignes chefs sont en mesure de fournir v&#234;tements et brodequins &#224; leurs amis et connaissances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'importe qu'il g&#232;le en hiver, et que la tuberculose (60% des morts &#224; l'h&#244;pital indochinois de Marseille) d&#233;cime les effectifs ! L'important, pour les marchands d'esclaves, c'est que &#034;&#231;a rende&#034;, c'est-&#224;-dire que la sueur et le sang des travailleurs se transforment entre leurs mains en &#034;bon argent&#034; et grasses richesses. Aussi pressions et vexations s'abattent sur les camps, pour pousser au rendement : diminution des rations des malades, comme &#224; Salin-de-Giraud (Bouches du Rh&#244;ne), pour les obliger &#224; retourner sur le chantier, travail le dimanche &#034;en pr&#233;vision des jours de pluie&#034; comme &#224; la Soci&#233;t&#233; de Gadones, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Et malheur &#224; qui tombe malade ! L'h&#244;pital le Dantec de Marseille, le &#034;Tombeau des Indochinois&#034;, l'attend. Au train o&#249; vont les choses, d'ici quelques ann&#233;es, deux bateaux suffiront &#224; rapatrier les survivants des 15.000 d&#233;port&#233;s...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les travailleurs indochinois, les employeurs versent &#224; l'Etat, pour chaque journ&#233;e de travail effective, une moyenne de 65 frs. Mais celui-ci paye aux travailleurs un salaire de famine, et les oblige en m&#234;me temps &#224; d&#233;poser &#224; la caisse d'&#233;pargne 25 &#224; 30% de leur solde mensuelle (40 &#224; 60 frs), &#233;conomies forc&#233;es qui servent &#224; masquer aux yeux des masses la d&#233;tresse des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la barri&#232;re que la diff&#233;rence de langue dresse entre travailleurs fran&#231;ais et indochinois, cette barri&#232;re doit &#234;tre franchie, car il est indispensable aux uns et aux autres d'unir leurs efforts contre leurs exploiteurs capitalistes. Les masses indochinoises &#8211; surtout annamites &#8211; poss&#232;dent une tradition r&#233;volutionnaire riche d'abn&#233;gation et d'h&#233;ro&#239;sme. L'ind&#233;pendance qu'elles d&#233;sirent ne saurait &#234;tre obtenue par les marchandages de mandarins, li&#233;s &#224; l'oppression populaire. Elle ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat d'une lutte acharn&#233;e, impitoyable, men&#233;e contre les grandes banques, les 200 familles, bref contre les capitalistes. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment la lutte qu'ont &#224; mener aussi les prol&#233;taires fran&#231;ais. Ceux-ci savent bien par exp&#233;rience, qu'un peuple qui en opprime un autre ne saurait &#234;tre un peuple libre, et doit s'attendre &#224; &#234;tre opprim&#233; &#224; son tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des travailleurs indochinois est si terrible que les social-chauvins eux-m&#234;mes n'ont pu garder le silence. Le CCN de la CGT les a assur&#233;s de la &#034;solidarit&#233; ardente des travailleurs de France organis&#233;s dans la CGT&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut faire une r&#233;alit&#233; de cette assurance platonique des bureaucrates chauvins (qui par ailleurs ne disent rien de l'Indochine m&#234;me).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs indochinois exigent :&lt;br class='autobr' /&gt;
En France,&lt;br class='autobr' /&gt;
LA LIBERATION DES TRAVAILLEURS EMPRISONNES DE BERGERAC ET DE BORDEAUX,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ABOLITION DES MESURES D'EXCEPTION ET DU TERRORISME DISCIPLINAIRE DANS LES CAMPS,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE LIBRE EXERCICE DU DROIT SYNDICAL,&lt;br class='autobr' /&gt;
DES SALAIRES QUI LEUR PERMETTENT DE VIVRE.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'Indochine,&lt;br class='autobr' /&gt;
LA TERRE AUX PAYSANS,&lt;br class='autobr' /&gt;
LES DROITS POLITIQUES ET SYNDICAUX COMPLETS POUR LES OUVRIERS ET PAYSANS,&lt;br class='autobr' /&gt;
UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE ELUE LIBREMENT PAR LES INDOCHINOIS AU SUFFRAGE UNIVERSEL.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, travailleurs de la M&#233;tropole, devons appuyer et soutenir enti&#232;rement ces revendications et reconna&#238;tre en m&#234;me temps le droit du peuple indochinois &#224; disposer de lui-m&#234;me, y compris le droit de s&#233;paration de la M&#233;tropole (c'est-&#224;-dire des capitalistes fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/05/ldc47s_050845.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/05/ldc47s_050845.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;gon en r&#233;volution en ao&#251;t 1945&lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation r&#233;volutionnaire &#233;clata au Vietnam le 16 ao&#251;t 1945 lorsque la capitulation japonaise fut annonc&#233;e. Dans les provinces de Trung Bo, Bac Bo, Sadec et Long Xuyen, les paysans renaissants tu&#232;rent leurs propri&#233;taires et expropri&#232;rent les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le centre de la r&#233;volution &#233;tait Sa&#239;gon. D'&#233;normes manifestations r&#233;clamant l'ind&#233;pendance nationale et la lib&#233;ration de tous les types d'oppression ont eu lieu : de 300 000 le 21 ao&#251;t et d'un million le 25 ao&#251;t. Les slogans des trotskystes pour le pouvoir ouvrier ont gonfl&#233; leurs contingents par milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 150 comit&#233;s populaires ont &#233;t&#233; mis en place (cette politique a &#233;t&#233; activement combattue par les trotskystes de l'ICL), le premier &#224; Ban Co le 19 ao&#251;t. Ils ont pris le pouvoir administratif dans de nombreuses banlieues de Saigon, &#224; commencer par Phu Nuan le 19 ao&#251;t. Une conf&#233;rence des comit&#233;s a publi&#233; un programme qui insiste sur le fait que la bourgeoisie nationale sera compl&#232;tement incapable de jouer le r&#244;le d'avant-garde r&#233;volutionnaire, et que seule l'alliance populaire des ouvriers industriels et des travailleurs ruraux sera en mesure de lib&#233;rer la nation des domination des capitalistes &#233;trangers &#187;. Comme dans toutes les situations r&#233;volutionnaires, aucune quantit&#233; d'organisations ou de publications ne pouvait satisfaire la soif de direction politique des masses. Tranh Dau, le journal du groupe Struggle, est devenu quotidien ; l'ICL a, &#224; un moment donn&#233;, publi&#233; des bulletins toutes les trois heures &#224; partir d'un si&#232;ge nouvellement &#233;tabli. Des centaines de comit&#233;s de la jeunesse de l'avant-garde ont &#233;t&#233; mis en place, certains sous la direction stalinienne, qui ont tous d&#233;clar&#233; qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; mourir pour la lib&#233;ration nationale. Les partis bourgeois et petit-bourgeois prolif&#232;rent &#233;galement ; selon un rapport de l'ICL, pas moins de 50 nouveaux ont germ&#233;. Qui contr&#244;lait Saigon ? Les diff&#233;rences entre les diff&#233;rents comptes montrent &#224; quel point la situation &#233;tait volatile. Il est certain que le Front national uni (UNF), qui avait un programme pour l'ind&#233;pendance nationale et comprenait des nationalistes bourgeois, les sectes religieuses Cao Dai et Hoa Hao et la jeunesse de l'avant-garde, a re&#231;u le pouvoir par le gouvernement effondr&#233; de Bao Dai le 14 ao&#251;t, et l'a adopt&#233;. sur le Vietminh une semaine plus tard. John Spencer, un partisan du groupe anti-trotskyste Banda, a r&#233;cemment fait l'all&#233;gation stupide que au moins certains des trotskystes vietnamiens ont particip&#233; &#224; la formation de l'UNF sous les auspices japonais le 14 ao&#251;t 1945 '', un groupement qui &#233;tait ch&#232;rement con&#231;u comme un contrepoids au Vietminh '. (Trotskysme vietnamien et r&#233;volution d'ao&#251;t 1945). Spencer essaie manifestement de donner un poids &#171; savant &#187; au mensonge stalinien, originaire de Ho Chi Minh, selon lequel les trotskystes travaillaient pour les Japonais. Mais au moins un compte rendu faisant autorit&#233; dit que l'UNF &#171; comprenait une petite minorit&#233; communiste &#187;, ainsi que les trotskystes du groupe Struggle. (Communisme vietnamien : ses origines et son d&#233;veloppement, par R. Turner, p. 39). Le m&#234;me r&#233;cit explique comment le dirigeant vietminh Tran Van Giau a arrang&#233; que l'UNF lui c&#232;de le pouvoir par voie de n&#233;gociation. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, un rapport du groupe Lutte au Secr&#233;tariat international de la Quatri&#232;me Internationale (La R&#233;volution d'Ao&#251;t et le Groupe de Lutte, dans les archives de l'ISFI, Biblioth&#232;que de Documentation Internationale Contemporaine, Universit&#233; de Nanterre, Paris) d&#233;clare qu'ils ont propos&#233; aux staliniens un front uni sur la politique d'ind&#233;pendance nationale et de r&#233;forme agraire, ces derniers la refusant &#171; parce qu'ils croyaient pouvoir compter sur l'aide et le respect des Alli&#233;s, pour parvenir &#224; une&#171; r&#233;publique d&#233;mocratique du Vietnam &#187;par des moyens diplomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, et apr&#232;s que le Vietminh eut pris le contr&#244;le administratif, ils prirent part &#224; des r&#233;unions avec les nationalistes bourgeois - auxquelles les staliniens &#233;taient &#233;galement pr&#233;sents, accusant les trotskystes de &#171; sabotage &#187;. Quelques semaines plus tard, lorsque les troupes britanniques ont &#233;t&#233; accueillies &#224; Sa&#239;gon par les Vietminh, les trotskystes se sont certainement retrouv&#233;s dans une alliance de fait avec les nationalistes bourgeois : tous deux pr&#244;naient la r&#233;sistance arm&#233;e &#224; la r&#233;imposition du contr&#244;le imp&#233;rialiste. (Spencer n'exprime pas sa propre opinion sur la petite question de l'invasion britannique, en s'appuyant sur des citations de diverses sources soutenant le point de vue stalinien qui opposait ceux qui r&#233;sistaient aux Britanniques comme &#233;tant &#171; fous &#187;, &#171; provocateurs &#187; et &#171; ultra-gauches &#187;). Le 22 ao&#251;t, apr&#232;s deux semaines de troubles r&#233;volutionnaires, le Vietminh a tenu une r&#233;union avec des repr&#233;sentants de l'UNF qui ont accept&#233; de c&#233;der le contr&#244;le de la ville. Le 25 ao&#251;t, &#224; 5 heures du matin, jour de la manifestation d'un million de personnes, les Vietminh ont occup&#233; tous les b&#226;timents gouvernementaux et ont officiellement mis en place un &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire de la R&#233;publique du sud du Vietnam &#187;. La politique de cette administration &#233;tait double : maintenir, si possible, la bourgeoisie et la classe fonci&#232;re vietnamiennes chancelantes, et accueillir les troupes alli&#233;es dans des conditions o&#249; un accord serait n&#233;goci&#233; avec elles. Le dirigeant stalinien Tran Van Giau a proclam&#233; que &#171; les libert&#233;s d&#233;mocratiques seront assur&#233;es et garanties par les alli&#233;s d&#233;mocratiques &#187; (cit&#233; dans &#171; Quelques &#233;tapes&#8230; &#187; dans Quatri&#233;me Internationale). Un autre responsable vietminh, Nguyen Van Tao, a &#233;t&#233; plus explicite : &#171; Tous ceux qui ont incit&#233; les paysans &#224; saisir la propri&#233;t&#233; des propri&#233;taires terriens seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis. . .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste, qui r&#233;soudra le probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi une telle t&#226;che ne lui incombe pas. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, m&#234;me si les communistes sont maintenant au pouvoir. &#187;(Communisme vietnamien : ses origines et son d&#233;veloppement, p. 43). L'historien Phillipe Devilliers raconte que le leader vietminh Duong Bach Mai a parl&#233; de &#171; calmer l'ardeur tumultueuse des militants de base, en leur montrant que la t&#226;che du moment n'&#233;tait pas de faire une r&#233;volution prol&#233;tarienne mais de briser le&#171; colonialisme &#187;en appelant &#224; tous les peuples &#224; lutter contre elle. &#187;(History of Vietnam 1940-52, par P. Devilliers, p. 181). Buttinger dit que le gouvernement vietminh &#224; Sa&#239;gon &#171; est all&#233; jusqu'&#224; d&#233;cr&#233;ter la peine de mort pour les atteintes &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187; (Vietnam : A Dragon Embattled, J. Buttinger, vol. 1, p. 347). Spencer, essayant de &#171; replacer dans son contexte &#187; le massacre des trotskystes vietnamiens, pr&#233;tend qu'ils &#233;taient &#171; sans ambigu&#239;t&#233; hostiles &#187; &#224; &#171; l'administration r&#233;volutionnaire &#187; du Vietminh. En fait, cette administration &#233;tait contre-r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire d&#233;termin&#233;e &#224; emp&#234;cher &#224; tout prix les prises de propri&#233;t&#233;, m&#234;me lorsque les comit&#233;s populaires et les soul&#232;vements paysans les avaient d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er OCTOBRE 1945 : le Vietnam avait travers&#233; six semaines de convulsions r&#233;volutionnaires, atteignant un point culminant dans la derni&#232;re semaine de septembre lorsque les troupes britanniques, fran&#231;aises et japonaises occupaient le centre-ville de Sa&#239;gon, d&#233;pla&#231;ant l'administration vietminh et mena&#231;ant la terreur contre les ouvriers et les paysans r&#233;volutionnaires. Apr&#232;s des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es, les Vietminh ont n&#233;goci&#233; une tr&#234;ve avec les Britanniques le 1er octobre, dont le principal r&#233;sultat a &#233;t&#233; que les troupes imp&#233;rialistes - britanniques, fran&#231;aises et japonaises - ont obtenu le &#171; libre passage &#187; des Vietminh &#224; travers les banlieues rebelles de Sa&#239;gon. Un cessez-le-feu d'une semaine entre le 3 et le 10 octobre a &#233;t&#233; utilis&#233; par les imp&#233;rialistes pour renforcer leurs forces. Le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc arrive &#224; la t&#234;te d'un corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais. Alors que les Fran&#231;ais et les Gurkhas renouvelaient leur offensive contre les trotskystes et d'autres forces de r&#233;sistance, Tran Van Giau eut le culot de publier un tract condamnant les trotskystes en tant qu '&#171; agents imp&#233;rialistes fran&#231;ais &#187;. &#171; Les combattants trotskystes qui se sont repli&#233;s vers l'ouest ont &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;s &#224; Cho Dem &#187;, indique le rapport de Struggle. (The August Revolution and the Struggle Group, ISFI files, Paris). Les forces de lutte qui sont all&#233;es &#224; l'est ont tent&#233; de mobiliser deux arm&#233;es, le Hoang Pho I et le Hoang Pho II, lorsqu'elles ont &#233;t&#233; encercl&#233;es &#224; Xuan Truong par un grand nombre de forces arm&#233;es vietminh : Tran Van Thach, Nguyen Van So et Nguyen Van Tien &#233;taient emmen&#233;s &#224; Thu Dau Mot o&#249; ils ont &#233;t&#233; jug&#233;s militaires et fusill&#233;s sur les ordres de Kieu Dac Thang, un criminel ordinaire et un oiseau de prison fait gr&#226;ce &#224; la courtoisie g&#233;n&#233;rale de Duong Bach Mai (le chef de la police stalinienne) ; Phan Van Chanh et Phan Van Hum ont pris la direction de Bien Hoa, d'o&#249; ils esp&#233;raient rejoindre Hue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement de Sa&#239;gon de septembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 ao&#251;t, le Viet Minh a d&#233;clar&#233; une administration provisoire, un Comit&#233; administratif du Sud, &#224; Sa&#239;gon. Lorsque, dans le but d&#233;clar&#233; de d&#233;sarmer les Japonais, le Viet-Minh a accueilli le d&#233;barquement et le positionnement strat&#233;gique des troupes britanniques et anglo-indiennes, des groupes politiques rivaux sont apparus en force. Les 7 et 8 septembre 1945, dans la ville delta de C&#7847;n Th&#417;, le Comit&#233; dut s'appuyer sur ce qui avait &#233;t&#233; l'auxiliaire japonais, Jeunesse d'Avant-Garde / Thanh Nien Tienphong. Ils ont tir&#233; sur des foules, rejoints par l'ICL, exigeant des armes contre une restauration coloniale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sa&#239;gon, la r&#233;affirmation brutale de l'autorit&#233; fran&#231;aise sous la protection des Japonais britanniques, britanniques-indiens et britanniques r&#233;quisitionn&#233;s a d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral le 23 septembre. Sous le slogan &#171; La terre aux paysans ! Les usines aux ouvriers ! &#187;, L'ICL a appel&#233; la population &#224; s'armer et &#224; s'organiser en conseils. Pour coordonner ces efforts, les Internationalistes ont cr&#233;&#233; un Comit&#233; R&#233;volutionnaire Populaire, un &#034;soviet embryonnaire qui a mis sa marque sur la r&#233;gion de Saigon-Cholon, Gia-dinh et Bien-Hoa.&#034; Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont publi&#233; &#034;une d&#233;claration dans laquelle ils ont affirm&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des partis politiques et ont fermement condamn&#233; toute tentative de restreindre l'autonomie des d&#233;cisions prises par les ouvriers et les paysans. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec d'autres camarades de la Ligue, Ng&#244; V&#259;n s'est associ&#233; aux ouvriers du tramway. Dans &#171; l'esprit internationaliste de la Ligue &#187;, les ouvriers avaient rompu avec leur syndicat, la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (rebaptis&#233;e par le Viet Minh &#171; Ouvriers pour le salut national &#187;). Refusant l'&#233;toile jaune du Viet-Minh, ils se sont rassembl&#233;s sous le drapeau rouge sans fioritures &#171; de leur propre &#233;mancipation de classe &#187;. Mais les milices ont &#233;t&#233; durement touch&#233;es par le retour des Fran&#231;ais. Ng&#244; V&#259;n enregistre &#224; eux seuls deux cents massacres, le 3 octobre, au pont de Thi Nghe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils retombaient dans la campagne, eux et d'autres formations ind&#233;pendantes (groupes arm&#233;s de nationalistes ind&#233;pendants et sectes syncr&#233;tiques Hoa Hao et Cao Dai) ont &#233;t&#233; pris entre deux feux alors que le Viet-Minh revenait pour encercler la ville. D&#432;&#417;ng B&#7841;ch Mai, qui avait &#233;t&#233; parmi les staliniens sur le comit&#233; de r&#233;daction original de La Lutte, a conduit la s&#233;curit&#233; Vietminh &#224; traquer ses anciens coll&#232;gues sur le papier. &#192; la fin d'octobre, ils avaient captur&#233; et ex&#233;cut&#233;, entre autres, Nguyen Van Tien, l'ancien r&#233;dacteur en chef, et Phan V&#259;n H&#249;m.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1945, les forces japonaises ont liquid&#233; le r&#233;gime colonial fran&#231;ais et ont assum&#233; la domination directe sur l'Indochine. Ta Thu Thau avait &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de Poulo-Condore &#224; la fin de 1944, apr&#232;s de cinq ans de prison. Il reprit l'activit&#233; politique et, pendant l'&#233;t&#233;, se rendit dans le nord, rencontrant des partisans trotskystes parmi les mineurs de charbon en gr&#232;ve. C'&#233;tait lors de son retour de ce voyage, &#224; mi-chemin de Sa&#239;gon, que Thau fut captur&#233; par les staliniens &#224; Quang Tri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Sa&#239;gon, le r&#233;tablissement de la domination coloniale fran&#231;aise et l'entr&#233;e des troupes britanniques ont d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement populaire g&#233;n&#233;ral dans lequel les trotskystes ont jou&#233; un r&#244;le majeur, formant une milice ouvri&#232;re qui a &#233;t&#233; brutalement r&#233;prim&#233;e par les forces britanniques et fran&#231;aises, y compris lors d'un massacre de plus de 200 ouvriers au pont de Thi Nghe le 3 octobre 1945. Des militants trotskystes contraints de fuir la r&#233;pression de masse dans la ville ont &#233;t&#233; pris en &#233;tau &#224; la campagne entre le Viet Minh et les forces militaires coloniales r&#233;tablies. Seule une poign&#233;e put survivre en quittant compl&#232;tement le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les tensions s'intensifiaient en septembre 1945, les staliniens d&#233;sarm&#232;rent les comit&#233;s populaires, supprim&#232;rent le comit&#233; central provisoire et assassin&#232;rent des dizaines de trotskystes, dont le chef de La Lutte, Ta Thu Thau. Loin de garantir l'ind&#233;pendance, la collaboration du PCI avec les Fran&#231;ais n'a contribu&#233; qu'&#224; restaurer la domination coloniale dans le sud. Le peuple vietnamien devait payer un prix lourd pour la trahison de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre et les man&#339;uvres ult&#233;rieures des staliniens avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais puis am&#233;ricain. Trente ans de guerre ont d&#233;vast&#233; le pays et entra&#238;n&#233; des millions de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de nombreuses d&#233;cennies, le sort tragique des trotskystes vietnamiens ainsi que leur r&#244;le politique de premier plan dans les ann&#233;es 1930 &#233;taient peu connus ou compris parmi les partisans de la Quatri&#232;me Internationale. Les r&#233;visionnistes dirig&#233;s par Michel Pablo et Ernest Mandel, qui tenaient des postes de direction jusqu'en 1953, avaient rejet&#233; le r&#244;le des trotskystes chinois et vietnamiens, qualifiant ceux-ci de &#171; r&#233;fugi&#233;s d'une r&#233;volution &#187;. Plus tard, dans les ann&#233;es 1960, les pablistes ont salu&#233; la direction stalinienne vietnamienne sous Ho Chi Minh pour sa r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain lors de l'intervention am&#233;ricaine au Vietnam, et se sont oppos&#233;s &#224; soulever la question du sort des trotskystes vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le conflit de 1945, Ho Chi Minh a r&#233;v&#233;l&#233; l'orientation nationaliste qui caract&#233;rise le stalinisme. Comme il l'a dit &#224; ses associ&#233;s, il a pr&#233;f&#233;r&#233; permettre l'entr&#233;e des forces fran&#231;aises et britanniques parce que les anciennes puissances coloniales &#233;taient faibles et discr&#233;dit&#233;es, tandis que les forces chinoises, beaucoup plus grandes et plus proches, constituaient la plus grande menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ainsi r&#233;v&#233;l&#233; un profond scepticisme quant aux perspectives d'une r&#233;volution r&#233;ussie en Chine : les arm&#233;es pr&#233;tendument puissantes du Kuomintang se d&#233;sagr&#233;g&#232;rent en &#224; peine trois ans et le Parti communiste chinois arriva au pouvoir. Dans le m&#234;me temps, refl&#233;tant les pr&#233;jug&#233;s anti-chinois d'un nationaliste vietnamien, il consid&#233;rait la Chine, qu'elle soit dirig&#233;e par Mao Zedong ou Chiang Kai-shek, comme plus &#224; craindre par le Vietnam que des imp&#233;rialistes europ&#233;ens, en raison de sa proximit&#233; et de sa longue histoire de conflit avec son petit voisin du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho, suivant la logique du stalinisme, avait longtemps rejet&#233; la lutte pour une r&#233;volution socialiste mondiale et avait proc&#233;d&#233; dans une perspective nationaliste, dans le but d'&#233;tablir un Vietnam ind&#233;pendant. Sur la base de sa raison d'&#201;tat nationaliste, il a approuv&#233; le meurtre des internationalistes r&#233;volutionnaires, y compris celui de Ta Thu Thau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1945, le Vietminh dirig&#233; par le parti communiste vietnamien d'Ho Chi Minh n'&#233;tait fort que dans le nord du pays, au Tonkin. Dans le sud, en Cochinchine, Ho Chi Minh est beaucoup plus faible et les travailleurs ont un rapport de force beaucoup plus favorable et l'escamotage de la r&#233;volution va s'av&#233;rer beaucoup plus difficile. Il a en face de lui un courant trotskyste implant&#233; avec lequel il a d&#251; plusieurs fois s'entendre. En 1939, seul face &#224; toutes les forces nationalistes et staliniennes les trotskystes ont eu 80% des voix aux &#233;lections de Saigon. A l'annonce de la capitulation japonaise s'est en fait un v&#233;ritable soul&#232;vement r&#233;volutionnaire qui a lieu car la population est r&#233;volt&#233;e contre toutes les autorit&#233;s. Il faut dire qu'il y a eu au Vietnam un million de morts et par la seule famine il y a encore en 1945 des centaines de milliers de morts chaque mois. Au Tonkin et au Nord Annam, c'est la r&#233;volution. Des pauvres s'attaquent aux autorit&#233;s locales, aux profiteurs et oppresseurs de toutes sortes, les arr&#234;tent les tuent. Ils forment des comit&#233;s du peuple. Ils mettent en avant le partage des terres, la confiscation des biens des riches. A Saigon, l'op&#233;ration des nationalistes et des bourgeois qui a eu lieu au nord n'a pu se faire car ce sont les comit&#233;s du peuple qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;s et qui ont pris le pouvoir &#224; l'issu d'une manifestation dirig&#233;e par les trotskystes sur les slogans armement du peuple, la terre aux paysans, nationalisation des usines sous contr&#244;le ouvrier. Des tribunaux du peuple jugent les anciens grands propri&#233;taires et fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple &#233;lisent alors une direction provisoire auquel ils affectent un local et qui est gard&#233; par un d&#233;tachement d'ouvriers en armes. C'est pour se d&#233;barrasser de cette r&#233;volution que le vietminh qui s'est associ&#233; d'anciennes forces vietnamiennes li&#233;es &#224; l'ancien r&#233;gime vichyste va pratiquer une politique se r&#233;pression et d'assassinat syst&#233;matique contre les membres des comit&#233;s du peuple et particuli&#232;rement contre les dirigeants trotskystes comme Ta Thu Tau et Tran Van Tach qui sont assassin&#233;s syst&#233;matiquement. C'est en brisant le soul&#232;vement ouvrier que le vietminh va se hisser au pouvoir et non en s'appuyant dessus. Nous le verrons dans un texte que nous lirons sur ce sujet. Et d&#232;s qu'il parvient au pouvoir son langage est clair : &#171; seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. Notre gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois et il ne lui appartient pas de r&#233;aliser la r&#233;volution communiste. &#187; Le 2 septembre 1945 ils manifestent m&#234;me en l'honneur de la commission des alli&#233;s. Des colons fran&#231;ais tirent dans la foule qui arr&#234;te un certain nombre de ces assassins. Cependant le chef de la police stalinien les fait rapidement rel&#226;cher. L'exasp&#233;ration des masses grandit et les staliniens d&#233;cident d'en finir avec la r&#233;volution. Ils annoncent &#171; seront consid&#233;r&#233;s comme provocateurs et saboteurs ceux qui appellent le peuple &#224; l'armement et surtout &#224; la lutte contre les alli&#233;s occidentaux &#187;. En septembre 1945 les staliniens vont d&#233;sarmer les comit&#233;s du peuple puis pourront en finir d&#233;finitivement et physiquement avec les membres des comit&#233;s du peuple de Saigon. Ils avaient fini d'assassiner la r&#233;volution indochinoise. En octobre 1945, Ho Chi Minh d&#233;clare &#224; la presse : &#171; la France et le Vietnam ont depuis longtemps conclu un mariage. Le mariage n'a pas toujours &#233;t&#233; heureux mais nous n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; le briser. &#187; En novembre 1945, le parti communiste indochinois s'autodissous d&#233;clarant : &#171; il faut placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le nord, Ho suivait la m&#234;me politique de capitulation face aux forces alli&#233;es, dans ce cas aux Chinois et aux Fran&#231;ais. Cependant, cela prit beaucoup plus de temps qu'au sud, car les troupes chinoises arriv&#232;rent seulement fin septembre, laissant au Viet Minh le temps de consolider son pouvoir. Aussi, le Vietminh avait sa propre zone de gu&#233;rilla arm&#233;e au nord, et les Chinois n'&#233;taient pas activement oppos&#233;s &#224; un Vietnam ind&#233;pendant. Dans la ligne de sa politique d' &#187;ouverture &#187; de la coalition pour y inclure les nationalistes bourgeois et les leaders catholiques, Ho d&#233;cr&#233;ta en novembre la liquidation compl&#232;te du parti communiste indochinois. La d&#233;claration du Comit&#233; central affirmait que &#171; afin d'accomplir la t&#226;che du Parti &#8230; en vue d'une union nationale sans distinction de classes, de partis est un facteur indispensable &#187; et que ce geste a &#233;t&#233; fait pour montrer que les Communistes &#171; sont toujours dispos&#233;s de placer les int&#233;r&#234;ts de leur pays au dessus de ceux de classe, et de renoncer aux int&#233;r&#234;ts du Parti pour servir ceux du peuple vietnamien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, cependant, l'opposition &#233;tait toujours forte au Nord. Le groupe La Lutte publiait &#224; ce moment un quotidien &#224; Hano&#239;, Tran Dao (La Lutte), qui avait une diffusion de 30.000 exemplaires &#224; la fin 1945. Un courrier du secr&#233;tariat de la Quatri&#232;me Internationale &#224; ce moment parlait d'un groupe La Lutte bien organis&#233; mais pers&#233;cut&#233; dans le nord. Conduit par Ta Thu Thau, ancien dirigeant des &#233;diteurs du Tonkin dans les ann&#233;es 1937-38, il tenait de grands meetings et publiait de nombreux ouvrages en plus de son quotidien. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau fut arr&#234;t&#233; par le Viet Minh au cours d'un voyage vers le sud. Jug&#233; trois fois par des comit&#233;s du peuple locaux, il fut acquitt&#233; trois fois, un tribut &#224; la r&#233;putation des trotskystes &#224; cette &#233;poque. Finalement, il fut simplement fusill&#233; &#224; Quang Ngai, en f&#233;vrier 1946, sur ordre du dirigeant stalinien du sud Tran Van Giau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1430&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1430&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1946/Mouvements.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1946/Mouvements.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vietnam&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vietnam : chronologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 mars 1945 : Coup de force japonais qui fait tomber le r&#233;gime fran&#231;ais au Vietnam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mars 1945 : D&#233;mant&#232;lement des troupes fran&#231;aises d'Indochine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 mars 1945 : Bao Da&#239; proclame l'ind&#233;pendance de l'Indochine en collaboration avec le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 avril 1945 : Constitution du gouvernement vietnamien projaponais de Tran Van Kim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1945 : Aux accords de Potsdam, les Alli&#233;s d&#233;cident l'occupation chinoise au nord du Vietnam et anglaise au sud, zones limit&#233;es par le 16e parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 ao&#251;t 1945 : Pour anticiper l'arriv&#233;e des Alli&#233;s, les staliniens du &#171; Comit&#233; de Libaration du peuple vietnamien &#187; parlent de renversement du pouvoir japonais, la veille de sa reddition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1945 : Capitulation du Japon dans la guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 ao&#251;t 1945 : Constitution du Front National Unifi&#233; qui regroupe bourgeoisie et f&#233;odaux (Caoda&#239;stes, Hoa Hao et Parti de l'ind&#233;pendance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 ao&#251;t 1945 : Apparition de comit&#233;s du peuple dans la r&#233;gion sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 ao&#251;t 1945 : Constitution de centaines de comit&#233;s de la jeunesse d'avant-garde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le plus grand quartier ouvrier de Sa&#239;gon (Phu-Huan) &#233;lit son comit&#233; du peuple qui se proclame nouveau pouvoir central. Les paysans liquident les anciens serviteurs des gouvernements fran&#231;ais et japonais. Ils investissent les bureaux et tribunaux de l'administration locale. Constitution de tribunaux du peuple qui jugent les grands propri&#233;taires et les anciens fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple, d'ao&#251;t &#224; septembre, confisquent les biens des riches et partagent les terres. Manifestation de 300.000 personnes dont 30.000 derri&#232;re la banni&#232;re trotskyste de la LCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 ao&#251;t 1945 : Pour contrer la vague r&#233;volutionnaire, le Front National Unifi&#233; se dissous et adh&#232;re au Viet Minh tenu par les staliniens, seule force capable de contrer la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 ao&#251;t 1945 : Abdication de Bao Da&#239;. Formation par les staliniens du &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du sud Vietnam &#187; qui vise &#224; &#233;viter le vide du pouvoir en occupant tous les postes adminstratifs et en maintenant en place la police : sept staliniens sur neuf ministres et Ho Chi Minh &#224; la pr&#233;sidence. Grandiose manifestation &#224; Sa&#239;gon pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t 1945 : Entr&#233;e des troupes chinoises au nord du Vietnam. Premi&#232;re assembl&#233;e des comit&#233;s du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 ao&#251;t 1945 : D&#233;claration du stalinien Nguyen Van Tao, ministre l'Int&#233;rieur, contre les trostskystes : &#171; Seront s&#233;v&#232;rement punis et impitoyablement frapp&#233;s tous ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. (&#8230;) Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste qui apportera la solution au probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi il ne lui apartient pas de r&#233;aliser une telle t&#226;che. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, bien que les communistes soient actuellement au pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 ao&#251;t 1945 : D&#233;clenchement d'une vaste campagne de calomnies contre les trotskystes accus&#233;s de semer le d&#233;sordre et de provoquer des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 1945 : Formation du gouvernement provisoire vietnamien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er septembre 1945 : D&#233;claration de Tran Van Giau affirmant que l'ind&#233;pendance n'est pas le produit de la lutte mais des &#171; n&#233;gociations avec nos alli&#233;s &#187; et qui menancent quiconque pr&#233;tend combattre les armes &#224; la main les &#171; forces alli&#233;es &#187; : &#171; Ceux qui incitent le peuple &#224; l'armement seront consid&#233;r&#233;s comme des saboteurs et des provocateurs, ennemis de l'ind&#233;pendance nationale. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront octroy&#233;es et garanties par les Alli&#233;s d&#233;mocratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 septembre 1945 : Manifestation organis&#233;e par le gouvernement et les staliniens pour &#171; accueillir les Alli&#233;s &#187; qui d&#233;barquent &#224; Sa&#239;gon. La manifestation se d&#233;roule dans le calme mais des coups de feu sont tir&#233;s contre les manifestants en marge du cort&#232;ge. La col&#232;re des Vietnamiens explose. La population explose de col&#232;re contre le retour des colonialistes. Le climat change. Des Fran&#231;ais sont pris &#224; partie et assassin&#233;s. Les staliniens accusent les trotskystes de la responsabilit&#233; des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 septembre 1945 : A Hano&#239;, Tran Van Giau d&#233;cr&#232;te le d&#233;sarmement des organisations non-gouvernementales, dont les comit&#233;s populaires qui pr&#233;paraient une insurrection arm&#233;e contre le retour des troupes alli&#233;es au Vietnam. Le nouveau pouvoir stalinien se pr&#233;pare &#224; &#171; accueillir nos alli&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre 1945 : D&#233;barquement des troupes anglaises &#224; Sa&#239;gon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 septembre 1945 : Manifeste commun des comit&#233;s du peuple et du groupe trostskyste LCI d&#233;non&#231;ant la politique de trahison du gouvernement stalinien et capitulation devant l'Etat-major des troupes anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 septembre 1945 : Un d&#233;tachement arm&#233; sous les ordres du chef de la police, le stalinien Quang Bach, arr&#234;te les membres du comit&#233; populaire r&#233;volutionnaire de Tan Dinh (banlieue de Sa&#239;gon). Le massacre des trotskystes est lanc&#233; par les staliniens et le nouveau pouvoir dans tout le pays pour d&#233;capiter la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1945 : Le g&#233;n&#233;ral britannique Gracey arme les troupes fran&#231;aises, liquide le &#171; comit&#233; ex&#233;cutif du sud Vietnam &#187; et proclame la loi martiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 : Les troupes de leclerc se rendent maitresses de Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 &#224; janvier 1946 : Leclerc et les troupes fran&#231;aises r&#233;occupent la Cochinchine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 novembre 1945 : autodissolution du Parti Communiste &#171; pour placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 1946 : Accord entre la France et le Viet Minh : le Vietnam appartient &#224; la F&#233;d&#233;ration Indochinoise et d&#233;pend de l'Union fran&#231;aise (c'est-&#224;-dire &#224; l'empire colonial fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mars 1946 : Entr&#233;e des troupes fran&#231;aises &#224; Hano&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Japon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement massif, meurtrier et fasciste (le fascisme a pour but d'&#233;liminer massivement les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires) des civils japonais visait &#224; &#233;radiquer la r&#233;volution prol&#233;tarienne apr&#232;s la d&#233;faite du Japon, &#224; sauver les capitalistes et militaires japonais au lieu de les battre d&#233;finitivement comme le pr&#233;tendait la propagande alli&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence contre le Japon avait pour but de d&#233;truire une partie de la classe ouvri&#232;re et de terroriser l'autre partie pour &#233;viter l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cor&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Cor&#233;e les alli&#233;s avaient d&#233;cid&#233; d'un syst&#232;me d'occupation apparemment absurde et qui allait donner lieu au pire affrontement de la guerre froide en 1950 mais qui, en cette fin de guerre mondiale, correspondait aux diff&#233;rentes zones dans cette r&#233;gion. En effet la p&#233;ninsule cor&#233;enne &#233;tait divis&#233;e en deux, une partie sous occupation russe et une autre sous occupation am&#233;ricaine, les deux &#233;tant s&#233;par&#233;es par le 38&#232;me parall&#232;le. En fait en disant cela on oublie lune grande part du probl&#232;me, on attribuait &#224; la Chine la partie de la Cor&#233;e continentale, le Kan Do, prise lors des conqu&#234;tes militaires et cela allait s'av&#233;rer tr&#232;s important par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part cette division discut&#233;e lors des conf&#233;rences de T&#233;h&#233;ran en 1943 et Yalta en 1945 devait &#234;tre provisoire. Les premiers arriv&#233;s sur place sont les russes au nord le 24 ao&#251;t 1945. Puis les USA arrivent un mois plus tard au sud en septembre 45. Des deux c&#244;t&#233;s tout est programm&#233; et aucun des deux camps n'a l'intention de demander &#224; la population de d&#233;cider. Les russes ont dans leurs bagages Kim Il Sung qu'ils comptent imposer comme dirigeant sous l'&#233;tiquette parti communiste. Pourtant il existe en Cor&#233;e un parti communiste clandestin dont Kim n'est pas le dirigeant mais c'est l'homme des russes et dans l'ambiance d'effervescence sociale les russes s'en m&#233;fient comme ils se m&#233;fient de tous les militants d&#233;mocrates ou syndicalistes qui vont tr&#232;s vite peupler leurs prisons. Pour se d&#233;barrasser du r&#233;el parti communiste cor&#233;en, les russes vont avoir de grandes difficult&#233;s car il faut s'en d&#233;barrasser &#224; la fois au nord et au sud. Au nord cela se fera sous l'occupation militaire russe, les anciens dirigeants iront en prison ainsi qu'au fur et &#224; mesure tous les opposants &#224; Kim Il Sung. Au sud, ce sera beaucoup plus difficile d'autant que traditionnellement la direction du parti communiste r&#233;sidait au sud &#224; S&#233;oul et que le parti va rester un seul parti malgr&#233; la division du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, il y a la m&#234;me situation catastrophique pour la population qui se traduit tout de suite par une explosion sociale La mis&#232;re des travailleurs est catastrophique. Le nombre des morts est consid&#233;rable. Et, en plus la population sort de nombreuses ann&#233;es d'occupation japonaise o&#249; ils ont souffert atrocement. Ce n'est pas pour accepter facilement une autre occupation militaire. Enfin, tr&#232;s vite le probl&#232;me du partage du pays en deux qui semble &#234;tre du provisoire qui dure va devenir un probl&#232;me politique de premier ordre, emp&#234;chant les deux pouvoirs de se stabiliser et de gagner du cr&#233;dit. En effet, sur ordre de Staline, Kim Il Sung au nord va d&#233;fendre la division du pays de la m&#234;me mani&#232;re qu'au sud le fantoche des am&#233;ricains Syngman Rhee, un dictateur d'extr&#234;me-droite corrompu et ultra-violent. Des deux c&#244;t&#233;s, la classe ouvri&#232;re va s'opposer &#224; cette division et en particulier les syndicats d'origine plut&#244;t anarcho-syndicalistes avec des militants d'extr&#234;me gauche et qui ne sont pas encore contr&#244;l&#233;s par le parti communiste. La pression est telle au sud que le parti communiste sud cor&#233;en prend son ind&#233;pendance politique de la direction du nord en ao&#251;t 46. Mais en m&#234;me temps il le fait sur des bases tout ce qu'il y a de moins r&#233;volutionnaire, du moins dans un sens prol&#233;tarien. La th&#232;se d'ao&#251;t qui souligne cette ind&#233;pendance politique &#224; la fois n'accepte plus la division du pays mais affirme qu'il faut mener une r&#233;volution bourgeoise en vue de la r&#233;unification, r&#233;volution qui aura pour base les campagnes et non les villes. Et cela signifie aussi que le PC du sud appelle les ouvriers et les paysans &#224; rejoindre les montagnes pour y organiser la gu&#233;rilla. Le syndicat des ouvriers du sud va s'opposer violemment &#224; ces propositions. En effet, les travailleurs sont tr&#232;s loin de se sentir impuissants dans leurs luttes dans les usines au point d'aller se retrancher dans les montagnes. La th&#232;se du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution n'est pas mieux accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans les usines c'est &#224; une offensive ouvri&#232;re que l'on assiste en Cor&#233;e du sud. L'insurrection ouvri&#232;re part de deux villes : Taekou, grande ville du sud est et Busan le grand port du sud. C'est un soul&#232;vement spontan&#233; qui d&#233;bute par une gr&#232;ve des cheminots et qui se termine par de v&#233;ritables affrontements arm&#233;s, les travailleurs s'&#233;tant organis&#233;s en milice ouvri&#232;re. Partout des comit&#233;s de gr&#232;ve sont mis en place et la gr&#232;ve s'&#233;tend &#224; de nombreuses autres villes. La r&#233;action des troupes am&#233;ricaines est tr&#232;s violente. La r&#233;pression s'&#233;tend &#224; tout le pays contre les syndicats et les militants radicaux. Le PC du sud qui n'&#233;tait pour rien dans le mouvement est interdit. La dictature de Syngman Rhee devient f&#233;roce. Des opposants politiques et des dirigeants syndicalistes sont assassin&#233;s comme le leader anarcho-syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ku et le dirigeant social-d&#233;mocrate Yo Un Hyong. Le Parti communiste a &#233;t&#233; contraint de passer dans la clandestinit&#233; totale. La direction politique du PC du nord en profite pour r&#233;ussir pour la premi&#232;re fois &#224; &#233;tablir sa domination sur l'ensemble du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946-47, loin de se stabiliser, le r&#233;gime de Cor&#233;e du sud est attaqu&#233; sur tous les fronts : mutineries militaires, insurrections paysannes, mouvements politiques dans les villes contre le r&#233;gime de Syngman Rhee et mouvements sociaux. Le pouvoir central de S&#233;oul est tellement affaibli qu'il est contraint de laisser les paysans occuper toute une r&#233;gion dite lib&#233;r&#233;e. Le PC du sud d&#233;cide de s'investir dans cette r&#233;volution paysanne et il appelle &#224; nouveau les ouvriers &#224; le suivre. La plupart des ouvriers et des militants intellectuels qui vont suivre cet appel sont massacr&#233;s avant m&#234;me qu'ils aient pu rejoindre la r&#233;gion ni s'armer. Le PC du sud va quand m&#234;me prendre la direction politique de ces paysans insurg&#233;s. Il leur conseille de quitter les terres agricoles pour rejoindre les montagnes et effectivement cette gu&#233;rilla va tenir l&#224; jusqu'&#224; la guerre de Cor&#233;e en 1950, o&#249; elle fera sa jonction avec l'arm&#233;e nord cor&#233;enne. Paradoxalement c'est cela qui lui sera fatal car le r&#233;gime de Cor&#233;e du nord n'avait nullement envie de soutenir les paysans du sud et va les abandonner en cessant de les armer d&#232;s l'offensive am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1945, Mao &#233;tait l'alli&#233; de Tchang Ka&#239; Shek. Mao et Tchang Ka&#239;-shek essaient encore de s'entendre en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation japonaise trouve, en 1945, Mao &#224; la t&#234;te d'une arm&#233;e de 900.000 hommes, &#224; laquelle s'ajoute une milice de 2.200.000 hommes. (&#8230;) Le P.C.C. a jou&#233; &#224; fond la carte du front uni et de la d&#233;fense nationale. (&#8230;) Il abandonne une bonne part de son programme social, renonce &#224; la confiscation des terres des grands propri&#233;taires et se contente d'appliquer effectivement la loi qui limite le taux de la rente fonci&#232;re. (&#8230;) Pour les petits exploitants, il promulgue et fait appliquer une baisse du taux de l'int&#233;r&#234;t (fix&#233; &#224; 10% l'an) et la r&#233;duction de l'imp&#244;t qui devient progressif. (&#8230;) Le social une fois repouss&#233; &#224; l'arri&#232;re-plan et &#224; d'autres temps, l'accent est mis sur le national. Sans rel&#226;che, le P.C.C. invoque la n&#233;cessit&#233; de &#171; sauver le pays &#187;. Dans la &#171; Nouvelle D&#233;mocratie &#187; publi&#233;e en 1940, Mao se pr&#233;sente sans sourciller comme le disciple fid&#232;le et le continuateur v&#233;ritable de Sun Yat-sen. (&#8230;) L'administration locale r&#233;sistante, domin&#233;e par le P.C.C., a occup&#233; le vide, les fonctionnaires du Guomintang ayant assez souvent fui ou abandonn&#233; les positions de responsabilit&#233; au premier signe d'ins&#233;curit&#233;. (&#8230;) La meilleure alli&#233;e du P.C.C. a &#233;t&#233; l'arm&#233;e japonaise, dont les atrocit&#233;s ont rendu la position de la paysannerie si d&#233;sesp&#233;r&#233;e qu'il n'&#233;tait d'autre issue pour elle que de se mettre sous la protection de l'Arm&#233;e Rouge. A la gu&#233;rilla, aux attentats, aux sabotages, les Japonais ont r&#233;pliqu&#233; par le massacre aveugle des villageois et les destructions syst&#233;matiques. (&#8230;) Au cours de la guerre, le &#171; communisme &#187; chinois s'est transform&#233; en une simple vari&#233;t&#233; du nationalisme. Et c'est en tant que tel qu'il a conquis le pouvoir. (&#8230;) En Chine, la guerre h&#226;te la d&#233;sint&#233;gration d'un r&#233;gime faible. Elle met &#224; nu son inefficacit&#233;, rend plus aigu&#235;s ses contradictions. Chaos, incurie, ces mots reviennent constamment dans les descriptions d'observateurs neutres ou bienveillants. (&#8230;) Un g&#233;n&#233;ral am&#233;ricain d&#233;clare : &#171; Nous sommes alli&#233;s &#224; un cadavre &#187;. (&#8230;) Cons&#233;quences habituelles d'une inflation (massive et qui n'est pas combattue), sp&#233;culation et corruption fleurissent. (&#8230;) Les victimes de l'inflation furent dans un premier temps la classe moyenne des villes. A partir de l'&#233;t&#233; 1948, les privil&#233;gi&#233;s aux-m&#234;mes sont ruin&#233;s. (&#8230;) Le r&#233;gime d&#233;molit lui-m&#234;me ses assises. (&#8230;) Les communistes ne peuvent &#234;tre pires est la conviction qui s'impose peu &#224; peu &#224; l'opinion bourgeoise elle-m&#234;me. On les attend avec espoir ou avec crainte ; quoiqu'il arrive, que l'incertitude cesse. (&#8230;) Triomphe du nationalisme chinois, n&#233; de l'exc&#232;s m&#234;me de la menace : l'invasion japonaise n'aide pas seulement la nation chinoise &#224; prendre conscience d'elle-m&#234;me, elle contraint encore les Alli&#233;s, imp&#233;rialistes, &#224; reconna&#238;tre &#224; la Chine un statut d'&#233;galit&#233; jusqu'alors obstin&#233;ment refus&#233;. Am&#233;ricains et Britanniques renoncent en 1943 aux privil&#232;ges d'exterritorialit&#233;, pour lesquels le nationalisme chinois combattait depuis un si&#232;cle. (&#8230;) La Chine est consid&#233;r&#233;e comme l'un des &#171; Quatre Grands &#187;. (&#8230;) Dans les faits, le &#171; communisme &#187; chinois, c'est d'abord la revanche du nationalisme chinois. (&#8230;) Cette r&#233;volution finit comme une conqu&#234;te militaire. (&#8230;) Communistes comme Guomintang se font la course pour r&#233;cup&#233;rer les armes japonaises. (&#8230;) Le m&#233;diateur am&#233;ricain en Chine, Marshall, celui-l&#224; m&#234;me qui devait donner son nom au fameux plan, cherche inlassablement &#224; int&#233;grer effectivement les communistes chinois dans un gouvernement de coalition, &#224; l'image de ce qui se pratique en France, par exemple. S'il ne vient pas &#224; bout de l'obstination de Chiang, il r&#233;ussit du moins, d&#232;s janvier 1946, &#224; faire proclamer une tr&#234;ve et &#224; mettre sur pied &#224; P&#233;kin, un organisme triparti (nationalistes, communistes et Am&#233;ricains) charg&#233; d'aller enqu&#234;ter et d'intervenir partout o&#249; des accrochages sont signal&#233;s. (&#8230;) En d&#233;pit de ses succ&#232;s initiaux, la mission Marshall se solde par un &#233;chec total. Total et in&#233;vitable. (&#8230;) Les communistes chinois ne sont pas aid&#233;s par l'Union sovi&#233;tique. Quant aux villes, l'arm&#233;e sovi&#233;tique les a tout simplement livr&#233; aux nationalistes (de Chiang). (&#8230;) Les op&#233;rations militaires sont d'abord favorables aux Nationalistes (&#233;t&#233; 1946-printemps 1947). (&#8230;) Vers le milieu de l'ann&#233;e 1947, les communistes prennent l'initiative en Mandchourie. Ils la conserveront jusqu'&#224; la fin de la guerre. (&#8230;) 1948 est l'ann&#233;e des grandes victoires de l'arm&#233;e rouge. (&#8230;) En juin 1948, elle conquiert les grandes villes du Henan. Elle les &#233;vacue une fois qu'elle a saisi les armes. (&#8230;) En septembre 1948, la Mandchourie enti&#232;re est conquise. (&#8230;) La campagne militaire de Hua&#239;-hai a an&#233;anti en deux et cinq jours ce qui subsistait des forces nationalistes : 550.000 hommes. (&#8230;) Le 21 janvier 1949, Chiang d&#233;missionne. (&#8230;) C'est apr&#232;s la victoire que les &#171; communistes &#187; entrent dans les grandes villes : Tientsin est prise le 15 janvier, P&#233;kin le 23 janvier, Nankin le 23 avril, Shanga&#239; en mai. (&#8230;) L'Arm&#233;e Rouge n'a cess&#233; de repr&#233;senter la vraie force du P.C.C. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution &#187; mao&#239;ste est l'une de celles qui a produit le plus de mythes mensongers pour couvrir d'un voile &#171; r&#233;volutionnaire &#187; et &#171; communiste &#187; des politiques qui &#233;taient tout le contraire de cela. On a m&#234;me longtemps pr&#233;sent&#233; la Chine comme plus communiste, plus anti-imp&#233;rialiste et plus r&#233;volutionnaire que la Russie de Staline, et m&#234;me de L&#233;nine. Selon cette l&#233;gende, Mao serait arriv&#233; au pouvoir &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution paysanne. Il aurait construit un pouvoir des ouvriers et des paysans, du type sovi&#233;tique comme en octobre 1917 en Russie. Il aurait rompu avec l'imp&#233;rialisme. Il aurait aid&#233; la r&#233;volution mondiale, en restant r&#233;volutionnaire, contrairement au &#171; r&#233;visionnisme &#187; russe. La r&#233;volution culturelle marquerait le caract&#232;re de &#171; r&#233;volution permanente &#187; du r&#233;gime chinois, sa capacit&#233; &#224; s'attaquer aux id&#233;ologoqies r&#233;actionnaires et la jeunesse des id&#233;es r&#233;volutionnaires en Chine. Voil&#224; quelques uns des mensonges qui courent sur le pouvoir chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution chinoise de 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons essayer de r&#233;tablir une r&#233;alit&#233; qui n'a pas grand-chose &#224; voir avec les affirmations pr&#233;c&#233;dentes. Ce qui a donn&#233; ses forces arm&#233;es &#224; Mao, ce n'est pas la lutte des classes, ni la r&#233;volution sociale, mais la lutte de d&#233;fense nationale contre le Japon. Il a ainsi pu construire sa fameuse &#171; huiti&#232;me arm&#233;e de route &#187; int&#233;gr&#233;e &#224; l'ensemble des forces arm&#233;es chinoises, aux c&#244;t&#233;s de Tchang Ka&#239; Chek, et aux c&#244;t&#233;s des USA. C'est cette arm&#233;e, une fois la d&#233;faite japonaise acquise, qui lui a permis de prendre le pouvoir. M&#234;me s'il a eu un recrutement dans les campagnes, l'arm&#233;e de Mao est tout sauf une organisation fond&#233;e sur une lutte radicale de la paysannerie. Mao a gouvern&#233; des r&#233;gions paysannes comme un chef d'arm&#233;e qui s'entend bien avec les paysans, mais qui s'accommode avec les poss&#233;dants locaux, propri&#233;taires fonciers, banquiers, commer&#231;ants et usuriers. Dans ces zones dites lib&#233;r&#233;es, il n'appliquait pas un programme social radical, se contentait de baisser les imp&#244;ts. Il n'a pas appliqu&#233; un programme radical de distribution de terres aux paysans pauvres. Mao n'est m&#234;me pas un chef de r&#233;volte paysanne, comme la Chine en a connu dans le pass&#233;. Quant &#224; la r&#233;volution paysanne, quand elle a &#233;clat&#233; &#8211; nullement &#224; l'initiative de Mao &#8211; il a longuement h&#233;sit&#233; &#224; prendre son parti, et, m&#234;me apr&#232;s cette d&#233;cision, il a toujours refus&#233; d'armer les paysans. Y compris durant l'offensive contre le r&#233;gime de Tchang Ka&#239; Chek, il d&#233;clarait que &#171; Les paysans qui nous rejoignent peuvent nous apporter &#224; manger, pousser nos chariots, ou s'occuper des soins des bless&#233;s. En aucun cas, ils ne doivent &#234;tre arm&#233;s. &#187; En ce sens, son arm&#233;e et son appareil d'Etat sont des instruments classiques de pouvoir et non des organes r&#233;volutionnaires. Son parti est un organe politique de pouvoir et, avant m&#234;me la prise de pouvoir, un parti unique. Il n'est pas question de remettre en question cette direction dictatoriale. Mao n'a pas un seul instant envisag&#233; d'organiser les travailleurs de villes au cours de sa &#171; r&#233;volution &#187;, m&#234;me pas au moment de la prise de pouvoir dans les villes. Dans les villes, il a, par contre, pris contact avec les bourgeois, petits et grands, et les intellectuels, auxquels il donnera des places dans le pouvoir. Il a &#233;galement recycl&#233; l'essentiel du pouvoir de Tchang Ka&#239; Chek, notamment ses chefs militaires, m&#234;me ceux ralli&#233;s de la derni&#232;re seconde. Il est encore moins, malgr&#233; le titre de communiste dont il pare son parti, un dirigeant du prol&#233;tariat chinois. A partir de 1927, il avait quitt&#233; ce prol&#233;tariat et ne l'a jamais retrouv&#233;. La lettre aux militants trotskystes qu'&#233;crit Trotsky explique que, si l'arm&#233;e de Mao prend le pouvoir, elle interviendra contre le prol&#233;tariat. La politique de Mao n'est pas communiste, ne vise pas au pouvoir du prol&#233;tariat, n'a nullement renou&#233; avec Marx ni rompu d&#233;finitivement avec l'imp&#233;rialisme et le capitalisme, comme le rappelle son idylle actuelle. Le terme le plus juste sur son r&#233;gime est celui de bonapartisme bourgeois. Le bonapartisme signifie une dictature militaire qui est populaire et dont l'apparence de force provient de l'&#233;quilibre entre deux forces r&#233;elles. Ici ces forces sont, d'un c&#244;t&#233; la bourgeoisie imp&#233;rialiste et de l'autre le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique noire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Afrique aussi, contrairement &#224; une image mensong&#232;re, il y a une classe ouvri&#232;re et elle a d&#233;j&#224; tout un pass&#233; de luttes de classe. Un des mensonges les plus couramment diffus&#233;s concernant l'ind&#233;pendance de l'Afrique coloniale fran&#231;aise est qu'elle aurait &#233;t&#233; octroy&#233;e sans lutte. En fait, la lutte de classe s'y est d&#233;velopp&#233;e &#224; la fin de la guerre mondiale avec un d&#233;veloppement notamment de grandes luttes ouvri&#232;res, comme du c&#244;t&#233; colonial anglais. L'apr&#232;s-guerre a &#233;t&#233; explosive sur le continent noir comme dans le reste du monde, &#224; la mesure des souffrances subies et de la prise de conscience qu'elles entrainaient. La guerre mondiale et l'apr&#232;s-guerre n'ont fait qu'accro&#238;tre l'exploitation des peuples colonis&#233;s. Mais ils leur ont d&#233;voil&#233; les richesses de l'imp&#233;rialisme et les guerres entre imp&#233;rialismes ont montr&#233; aussi la possibilit&#233; de le battre. C'est ce qui a incit&#233; en 1944, &#224; Brazzaville, De Gaulle &#224; parler de libert&#233; des peuples d'Afrique. La r&#233;alit&#233; &#233;tait tout autre et on le voyait d&#233;j&#224; dans le contenu de ces d&#233;clarations. La conf&#233;rence de Brazzaville &#233;crivait en pr&#233;alable : &#171; Les faits de l'&#339;uvre de la civilisation accomplie par la France dans les colonies &#233;cartent toute id&#233;e d'autonomie, toute possibilit&#233; d'&#233;volution hors du bloc fran&#231;ais de l'empire. La constitution m&#234;me lointaine de self gouvernement est &#224; &#233;carter. &#187; Le programme g&#233;n&#233;ral confirme : &#171; On veut que le pouvoir politique de la France s'exerce avec pr&#233;cision et rigueur sur toutes le terres de son empire. &#187; La r&#233;alit&#233; coloniale durant et &#224; la fin de la guerre en dit encore plus long. Toute la th&#232;se de la &#171; France libre &#187; est l&#224; dedans de la droite au parti communiste. Ce dernier reproche au Mar&#233;chal P&#233;tain de &#171; ne pas s'&#234;tre oppos&#233; &#224; la p&#233;n&#233;tration japonaise en Indochine, la grande colonie fran&#231;aise de l'extr&#234;me orient (&#8230;) et de vouloir livrer la Syrie aux Allemands. &#187; N'oublions pas qu'&#224; la fin de la guerre, c'est le PCF qui poussera les r&#233;sistants &#224; s'engager dans le corps exp&#233;ditionnaire en Indochine, que c'est le ministre &#171; communiste &#187; Tillon qui commandera les forces arm&#233;es a&#233;riennes fran&#231;aises quand celles-ci bombardaient l'Alg&#233;rie &#224; S&#233;tif en 1945. La guerre n'a pas chang&#233; la nature de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais c&#244;t&#233; vichyste comme c&#244;t&#233; gaulliste. L'essentiel des colonies est vite pass&#233; c&#244;t&#233; &#171; France libre &#187; mais le colonis&#233; y est toujours un esclave dont la vie ne compte pas. Le Tchad, pass&#233; tr&#232;s rapidement dans le camp de la &#171; France libre &#187; de De Gaulle, ou camp de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain, est une colonie qui exploite et opprime affreusement ses populations. L'exploitation y est m&#234;me accrue &#224; l'apr&#232;s-guerre, reconstruction du capital fran&#231;ais oblige. Le massacre de Madagascar comme celui de S&#233;tif en Alg&#233;rie, les &#233;meutes du Maroc violemment r&#233;prim&#233;es, la r&#233;pression du Kenya comme celle du Vietnam, montrent pleinement que les imp&#233;rialismes n'&#233;taient ni plus pacifiques, ni plus d&#233;mocratiques, apr&#232;s la guerre qu'avant, malgr&#233; la n&#233;cessit&#233; apr&#232;s la guerre de reconstituer les illusions et les faux espoirs des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Apartheid d'Afrique du sud a &#233;t&#233; une politique de la bourgeoisie, sud-africaine et imp&#233;rialiste, face &#224; la lutte de classe exacerb&#233;e par la guerre. En Afrique du sud, la lutte de la classe ouvri&#232;re s'est d&#233;velopp&#233;e en pleine deuxi&#232;me guerre mondiale. En 1940 et 1941, les travailleurs ont men&#233; des gr&#232;ves dures malgr&#233; les mesures gouvernementales d&#233;clarant ill&#233;gale toute gr&#232;ve d'Africains &#171; en toute circonstance &#187;. An ao&#251;t 1943, &#224; Alexandra pr&#232;s de Johannesburg, un vaste mouvement de boycott eut lieu contre la hausse des tarifs des transports. En m&#234;me temps, la classe ouvri&#232;re prenait conscience de sa force. Le syndicat des mineurs se reconstituait. En 1946, &#233;clatait une grande gr&#232;ve spontan&#233;e des mineurs et la r&#233;pression eut un mal consid&#233;rable &#224; faire reprendre le travail. La bourgeoisie sud-africaine, consciente du danger que repr&#233;sentaient d&#233;sormais les gr&#232;ves des Africains, mit en place l'Apartheid en 1948.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 1945, la r&#233;pression coloniale fran&#231;aise fait rage en Afrique. Elle prend un tour violent &#224; Douala, au Cameroun. Dans cette ville, c'est un soul&#232;vement spontan&#233; de la classe ouvri&#232;re qui menace de d&#233;buter une v&#233;ritable insurrection anticoloniale. Elle est &#233;cras&#233;e dans le sang le 24 septembre 1945. Au d&#233;but des &#233;v&#233;nements, la gr&#232;ve des journaliers du chemin de fer pour laquelle le quartier populaire de Bou-B&#233;ri a pris fait et cause. C'est toute une population pauvre qui s'est mobilis&#233;e, arm&#233;e seulement de b&#226;tons, et a envahi le quartier de New Bell. Les Blancs r&#233;agissent &#224; l'arme &#224; feu, faisant imm&#233;diatement 80 morts et lan&#231;ant une chasse &#224; l'homme contre les militants ouvriers. Les chemins de fer sont un des hauts lieux de la classe ouvri&#232;re et, partout, ils sont le point central de la mobilisation. En 1947, a lieu &#233;galement la grande gr&#232;ve des cheminots dans toute l'Afrique fran&#231;aise, qui s'est &#233;tendue du S&#233;n&#233;gal &#224; la C&#244;te d'Ivoire. On peut &#233;galement citer la gr&#232;ve qui oppose les cheminots, et avec eux tous les travailleurs, aux Blancs arm&#233;s de Matadi &#224; L&#233;opoldville, ou encore le soul&#232;vement ouvrier au Kenya en 1947, dans le centre ferroviaire de Mombasa o&#249;, pendant onze jours, dockers et cheminots dirigent toute la classe ouvri&#232;re, domestiques compris, et font la loi dans la ville. En 1945-46, au Congo-Za&#239;re, ont lieu des mouvements de gr&#232;ve des lignes de chemins de fer accompagn&#233;s de r&#233;voltes urbaines. En 1946, c'est la gr&#232;ve de Dakar, en 1949 la gr&#232;ve des mines de charbon du Nigeria, les &#233;meutes en C&#244;te d'Ivoire en 1947 et 48. Et encore, en 1950, c'&#233;tait &#224; Nairobi qu'avait lieu la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Enfin, en 1956, en C&#244;te d'ivoire et au Nigeria, de nouveaux soul&#232;vements de la classe ouvri&#232;re r&#233;prim&#233;s f&#233;rocement, par des fusillades et des arrestations. Puis, il y a eu des mouvements nationalistes notamment &#224; Madagascar, au Cameroun ou au Congo (futur Za&#239;re). En m&#234;me temps, se d&#233;veloppait le mouvement Mau-Mau au Kenya qui prenait le tour d'une guerre civile en 1955. C'est tout le continent africain qui &#233;tait concern&#233; par la lutte d'ind&#233;pendance mais aussi par le d&#233;veloppement de la lutte et de l'organisation de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187;, Howard Zinn rapporte sur ces mouvements : &#171; Tout aussi inqui&#233;tants aux yeux du gouvernement am&#233;ricain, des mouvements ind&#233;pendantistes &#233;clataient partout &#224; travers le monde chez les peuples colonis&#233;s. Des mouvements r&#233;volutionnaires se d&#233;veloppaient en Indochine contre les Fran&#231;ais, Indochine contre les Hollandais, aux Philippines contre les Etats-Unis. En Afrique, la r&#233;bellion et le m&#233;contentement s'exprimaient au travers des gr&#232;ves. Dans &#171; Let freedom come &#187;, Basil Davidson fait &#233;tat de la plus longue gr&#232;ve de l'histoire africaine conduite par dix-neuf mille cheminots d'Afrique Occidentale fran&#231;aise en 1947 ; elle dura cent soixante jours. Le message qu'ils adress&#232;rent au gouvernement g&#233;n&#233;ral exprime assez bien le nouvel esprit militant qui les habitait : &#171; Pr&#233;parez vos prisons, sortez vos mitrailleuses et vos canons. De toute fa&#231;on, le 10 octobre &#224; minuit, si nos revendications ne sont pas accept&#233;es, nous proclamerons la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. &#187; L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, en Afrique du sud, cent mile mineurs des exploitations aurif&#232;res avaient cess&#233; le travail pour obtenir 10 shillings suppl&#233;mentaires par jour. Il s'agissait de la plus grande gr&#232;ve de toute l'histoire de l'Afrique du sud et il fallut une intervention de l'arm&#233;e pour que les mineurs reprennent le travail. En 1950, au Kenya, il y eut &#233;galement une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour protester contre les salaires de mis&#232;re. (&#8230;) En Chine, en Cor&#233;e, en Indochine, aux Philippines, il s'agissait de mouvements communistes locaux et non de complots sovi&#233;tiques. Cette vague g&#233;n&#233;ralis&#233;e de r&#233;voltes anti-imp&#233;rialistes conduisit les Etats-Unis &#224; fournir un effort gigantesque pour en venir &#224; bout (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le dirigeant, le caract&#232;re central, de la classe ouvri&#232;re dans la contestation de la domination coloniale &#224; la fin de la guerre, est &#233;vident. Et d'autant plus qu'il convient de rappeler que les &#171; &#233;lites &#187; africaines comme Houphou&#235;t Boigny ou Senghor ne sont pas du c&#244;t&#233; des gr&#233;vistes ni des &#233;meutiers. Des leaders syndicalistes apparaissent et jouent un r&#244;le dirigeant dans les luttes sociales et politiques. Par contre, les petites bourgeoisies et bourgeoisies nationales ont des leaders qui ne revendiquent g&#233;n&#233;ralement m&#234;me pas l'ind&#233;pendance et ne prennent pas la t&#234;te des luttes. L&#224; o&#249; des soul&#232;vements des masses pauvres des campagnes explosent, comme en Alg&#233;rie, &#224; Madagascar, au Kenya, ou au Congo, elles sont amen&#233;es &#224; les accompagner mais ne leur offrent aucune perspective. La radicalit&#233; des luttes sera plus due &#224; la violence de la r&#233;pression coloniale qu'&#224; la radicalit&#233; des leaders de la petite bourgeoisie. Les dirigeants staliniens sont en pleine phase &#171; d&#233;mocratique &#187;, d' &#171; alliance anti-fasciste &#187; avec leur colonialisme au nom de l'alliance de l'URSS avec l'imp&#233;rialisme. Les dirigeants petits bourgeois en restent aux espoirs suscit&#233;s par les discours de De Gaulle &#224; Brazzaville. Les petites bourgeoisies nationalistes craignent de perdre cette perspective d'&#234;tre appel&#233;es &#224; gouverner en prenant partie pour les masses populaires. Les dirigeants nationalistes sont des mod&#233;r&#233;s qui jouent le jeu &#233;lectoral. Les Partis communistes ob&#233;issent &#224; la politique de Moscou d'alliance contre-r&#233;volutionnaire avec l'imp&#233;rialisme ce qui les emp&#234;che m&#234;me d'&#234;tre anti-colonialistes. Le PCF reprend la politique de la bourgeoisie et du colonialisme fran&#231;ais, intitul&#233;e &#171; Union fran&#231;aise &#187;, qui consiste &#224; maintenir &#224; tout prix l'essentiel de son empire colonial malgr&#233; la d&#233;faite du r&#233;gime de P&#233;tain alli&#233; &#224; Hitler. Les partis communistes des colonies s'alignaient. Le Parti communiste alg&#233;rien pr&#233;tendait rester dans le cadre de l'alliance avec la France au nom de l'antifascisme, allant jusqu'&#224; traiter les &#233;meutiers de 1945 de fascistes. La Parti communiste tunisien condamnait en bloc toute agitation nationaliste. La CGT tunisienne perdait ainsi son influence sur le prol&#233;tariat tunisien au profit de l'UGTT de Ferhat Hached.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique pendant et apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ygrvGRcAjyA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ygrvGRcAjyA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique noire se r&#233;volte contre le colonialisme &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947, a lieu la grande gr&#232;ve des cheminots dans toute l'Afrique fran&#231;aise, qui s'est &#233;tendue du S&#233;n&#233;gal &#224; la C&#244;te d'Ivoire. On peut &#233;galement citer la gr&#232;ve qui oppose les cheminots, et avec eux tous les travailleurs, aux Blancs arm&#233;s de Matadi &#224; L&#233;opoldville, ou encore le soul&#232;vement ouvrier au Kenya en 1947, dans le centre ferroviaire de Mombasa o&#249;, pendant onze jours, dockers et cheminots dirigent toute la classe ouvri&#232;re, domestiques compris, et font la loi dans la ville..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article732&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de cheminots se multiplient dans toute l'Afrique : en 1945, de Matadi &#224; L&#233;opoldville, en Afrique centrale, en 1945-46 &#224; Douala (Cameroun) et en 1947 au Za&#239;re. On atteint alors le sommet de la mobilisation, avec &#224; la fois la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 11 jours au Kenya, la mobilisation de 15.000 ouvriers &#224; Mombasa, celle de 10.000 cheminots soudanais, celle des cheminots et mineurs de Gold Coast, avec une &#233;meute populaire &#224; Abidjan, en C&#244;te d'Ivoire, luttes qui se d&#233;roulent en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Cette mobilisation ouvri&#232;re dure jusque dans les ann&#233;es 1950 dans toute l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madagascar&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mars 1947, c'est l'insurrection de Madagascar. La France va mettre cinq mois &#224; l'&#233;craser, malgr&#233; la violence de la r&#233;pression. En juin et en d&#233;cembre 1946, des signes avant-coureurs de la grande r&#233;volte ont &#233;t&#233; &#233;mis. Ces premi&#232;res r&#233;voltes sont durement r&#233;prim&#233;es. Ces &#233;tincelles vont allumer un grand incendie. Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, toute la partie Est de l'&#238;le se soul&#232;ve, contre la mis&#232;re, contre les exactions des Europ&#233;ens et du pouvoir colonial. C'est une explosion spontan&#233;e. Cela se voit notamment au fait que, sans armes, l'insurrection le restera jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 1948. Les plus pauvres, les plus opprim&#233;s se mobilisent, n'ont plus peur de la r&#233;pression, ne reviendront plus en arri&#232;re. La r&#233;action coloniale est violente et d&#233;bute, d&#232;s le 4 avril, avec la proclamation de l'&#233;tat de si&#232;ge dans dix districts. Le 31 mars, c'est un camp militaire fran&#231;ais qui est attaqu&#233; par plusieurs centaines d'hommes seulement arm&#233;s de sagaies et de coupe-coupes. C'est la guerre c&#244;t&#233; fran&#231;ais : infanterie, parachutistes et aviations attaquent les civils d&#233;sarm&#233;s et font d&#233;j&#224; un carnage. Le 30 avril, un camp militaire, celui de Moramanga, est attaqu&#233;. Les r&#233;volt&#233;s lib&#232;rent cent cinquante prisonniers. Les Europ&#233;ens, survolt&#233;s, organisent une v&#233;ritable milice de tueurs et le carnage commence. Les exactions et l'arriv&#233;e de renforts militaires n'y suffisent pas. Ce n'est qu'en juillet que le colonialisme commencera &#224; pr&#233;tendre qu'il est d&#233;sormais &#224; l'offensive. Il faudra toute l'ann&#233;e 1948 au colonialisme fran&#231;ais pour en finir avec les rebelles. Le 7 d&#233;cembre 1948, Mr De Chevign&#233;, Haut commissaire de France &#224; Madagascar, d&#233;clare : &#171; Le dernier foyer rebelle a &#233;t&#233; occup&#233;. &#187; Bilan : l'&#238;le est ravag&#233;e et il y a eu bien plus que les 80.000 morts reconnus officiellement, sans compter les bless&#233;s, les personnes arr&#234;t&#233;es, les tortur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des &#233;v&#233;nements, les principales organisations malgaches comme fran&#231;aises n'ont pas pris le parti des insurg&#233;s. Le Parti communiste fran&#231;ais ne risquait pas de le faire puisqu'il participait au pouvoir colonial fran&#231;ais qui &#233;crasait la r&#233;volte. En juin 1947, au onzi&#232;me congr&#232;s du PCF &#224; Strasbourg, Maurice Thorez conclue : &#171; A Madagascar, comme dans d'autres parties de l'Union Fran&#231;aise, certaines puissances &#233;trang&#232;res ne se privent pas d'intriguer contre notre pays. &#187; L'empire colonial fran&#231;ais, hypocritement appel&#233; &#171; Union fran&#231;aise &#187;, est d&#233;fendu par le PCF. Dans les &#171; Cahiers du communisme &#187; d'avril 1945, on peut lire : &#171; A l'heure pr&#233;sente, la s&#233;paration des peuples coloniaux avec la France irait &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de ces populations. &#187; Quant &#224; Fran&#231;ois Mitterrand, il d&#233;clarait le 6 avril 1951, alors que des milliers de Malgaches pourrissaient dans les ge&#244;les de la France : &#171; Je me d&#233;clare solidaire de celui de mes pr&#233;d&#233;cesseurs sous l'autorit&#233; duquel se trouvait M de Chevign&#233; quand il &#233;tait haut commissaire. Les statistiques manquent de pr&#233;cision mais il semble que le nombre de victimes n'ait pas d&#233;pass&#233; 15.000. C'est beaucoup trop encore, mais &#224; qui la faute si ce n'est aux instigateurs et aux chefs de la r&#233;bellion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Madagascar, l'attitude des organisations de gauche ne vaut pas mieux. Le 8 avril, ils envoient &#224; Ramadier, pr&#233;sident du Conseil, le t&#233;l&#233;gramme suivant : &#171; Les comit&#233;s et groupes suivants, France combattante, Union rationaliste, CGT, Ligue des droits de l'homme, Groupes d'&#233;tudes communistes, F&#233;d&#233;ration socialiste, soucieux de traduire l'opinion de tous les Fran&#231;ais et Malgaches unis dans un sinc&#232;re d&#233;sir de construire une v&#233;ritable Union fran&#231;aise, profond&#233;ment indign&#233;s des troubles actuels, s'inclinent devant les victimes, condamnent toute la r&#233;action factieuse, approuvent les mesures prises par l'autorit&#233; civile et lui font confiance pour r&#233;tablir l'ordre dans la l&#233;galit&#233; d&#233;mocratique et poursuivre l'&#339;uvre constructive vers une v&#233;ritable union. &#187; L'opposition d&#233;mocratique malgache, elle, avait &#233;t&#233; accus&#233;e d'avoir organis&#233; la r&#233;volte, accusation totalement infond&#233;e en ce qui concerne sa direction. Les dirigeants du M.D.R.M (Mouvement d&#233;mocratique de r&#233;novation malgache) n'&#233;taient nullement politiquement de taille &#224; vouloir une insurrection contre le colonialisme fran&#231;ais. Il s'agissait tout au plus de politiciens lib&#233;raux. Mais il fallait bien que le pouvoir trouve des coupables ayant manipul&#233; les masses malgaches. D&#232;s le lendemain de l'insurrection des 29-30 mars, ses dirigeants sont arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s. Le MDRM avait d&#233;clar&#233; : &#171; Les &#233;v&#233;nements du 30 mars apparaissent comme le fait d'&#233;l&#233;ments ou de groupes isol&#233;s de la population ayant agi spontan&#233;ment sous la pression des souffrances endur&#233;es et des pers&#233;cutions subies. &#187; M de Coppet, Haut commissaire &#224; Madagascar, d&#233;clare : &#171; Le M.D.R.M est le responsable des troubles &#224; Madagascar. La preuve de la pr&#233;m&#233;ditation des crimes est &#233;tablie, c'est l&#224; un coup pr&#233;par&#233; minutieusement et de longue date. &#187; Le 26 mars, le M.D.R.M collait une affiche appelant les populations au calme. Pourtant, le 7 mai, d&#233;j&#224; 13.000 militants de ce parti sont arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s et les d&#233;put&#233;s sont inculp&#233;s de crime et d'atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'Etat. Il en r&#233;sultera dix condamnations &#224; mort et trois aux travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;, qui se rajoutent &#224; plus de cent mille morts. M&#234;me apr&#232;s l'ind&#233;pendance, la mainmise de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais se maintiendra, notamment avec la mise en place de la dictature de Tsiranana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;goire Madjarian rapporte dans &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Madagascar, &#224; l'issue de la Seconde Guerre mondiale, &#233;tait exsangue ; sa population accabl&#233;e de mis&#232;re, au bord de la r&#233;volte. Les colonialistes ne se maintenaient qu'en exer&#231;ant une r&#233;pression inou&#239;e. (&#8230;) Le spectacle de l'effondrement des forces vichystes devant les arm&#233;es britanniques en 1942 avait renforc&#233; l'id&#233;e que la France &#233;tait affaiblie et que le moment &#233;tait venu de s'organiser pour h&#226;ter la lib&#233;ration de la patrie. Des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes s'&#233;taient donn&#233;es pour objet un vaste soul&#232;vement pour restaurer la souverainet&#233; nationale. Jina et Panama, cr&#233;&#233;es la premi&#232;re en 1941, la seconde en 1943. (&#8230;) Le MDRM (Mouvement d&#233;mocratique pour la r&#233;novation malgache) (&#8230;) pensait acqu&#233;rir l'ind&#233;pendance par voie l&#233;gale et pacifique. L'ind&#233;pendance elle-m&#234;me &#233;tait con&#231;ue dans le cadre de l'Union fran&#231;aise et du maintien des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de la France. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1946, des manifestations populaires, souvent tr&#232;s violentes, se multipli&#232;rent dans diff&#233;rentes villes de l'&#238;le contre l'arbitraire colonial. (&#8230;) Le 19 mai arrivait &#224; Tananarive le nouveau haut commissaire, le socialiste de Coppet, d&#233;j&#224; en fonction avant 1940. L'envoi de ce gouverneur d'avant-guerre cristallisa le m&#233;contentement envers la m&#233;tropole coloniale. (&#8230;) De Coppet &#233;tait accueilli aux cris de &#171; Vive l'ind&#233;pendance ! &#187;. De nombreuses bagarres &#233;clataient contre les forces de police et les colons venus prot&#233;ger le cort&#232;ge officiel. Elles se transform&#232;rent rapidement en &#233;meutes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A Paris, &#224; la suite de la pression des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de la colonisation fran&#231;aise, les parlementaires &#8211; dont ceux du PCF &#8211; votaient et faisaient approuver la constitution colonialiste de la quatri&#232;me r&#233;publique. L'assimilation &#233;tait la r&#232;gle : Madagascar &#233;tait int&#233;gr&#233;e d'office, en tant que territoire d'outre-mer, dans la R&#233;publique fran&#231;aise &#171; une et indivisible &#187; ; les Malgaches &#233;taient d&#233;sormais &#171; citoyens fran&#231;ais &#187;. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fin de l'ann&#233;e 1946, de grandes gr&#232;ves dans les chemins de fer et les travaux publics paralys&#232;rent les transports pendant pr&#232;s d'une semaine. Les dockers de Majunga et Tamatave arr&#234;t&#232;rent le travail, r&#233;clamant un salaire journalier de 65 francs ; on leu accorda 18 &#224; 20 francs. D&#232;s le 18 mai 1946, les planteurs de la c&#244;te pressentaient les &#233;v&#233;nements : &#171; (&#8230;) Rien ne permet de d&#233;terminer quand d&#233;butera la r&#233;volte, ni sous quelle forme, ni quelles seront les premi&#232;res victimes. Mais elle doit logiquement &#233;clater. &#187; (cit&#233; par B&#233;nazet dans &#171; L'Afrique fran&#231;aise en danger &#187;). En janvier 1947, le pr&#233;sident du Syndicat des planteurs, Ruheman &#233;crit : &#171; Le danger est grand et peut-&#234;tre proche. En brousse, la transformation des esprits depuis moins d'un an est ahurissante. (&#8230;) Madagascar va devenir avant peu une autre Indochine. &#187; (&#8230;) Depuis la mi-46, l'administration coloniale r&#232;gne par la force et les prisons de Madagascar sont combles, les m&#233;thodes polici&#232;res utilis&#233;es sans mesure. A plusieurs milliers de kilom&#232;tres de l'&#238;le, le bombardement de Ha&#239;phong, en d&#233;cembre 1946, &#233;tait le produit de la m&#234;me r&#233;action coloniale. L'objectif politique poursuivi d&#233;passait le cadre du Vietnam. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais voulait donner un exemple de sa puissance retrouv&#233;e. Mais au bombardement de Ha&#239;phong r&#233;pondit l'insurrection de Hano&#239;. (&#8230;) Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, r&#233;plique grandiose aux provocations coloniales et d'une ampleur insoup&#231;onnable, une immense flamb&#233;e de r&#233;volte et de col&#232;re embrasait toute la partie Est de l'&#238;le, affolant la poign&#233;e d'Europ&#233;ens imbus de leur sup&#233;riorit&#233;, install&#233;s dans leur domination. A 80 kilom&#232;tres de Tananarive, le camp militaire de Moramanga, o&#249; &#233;taient entra&#238;n&#233;e la &#171; brigade fran&#231;aise d'extr&#234;me-orient &#187; &#233;tait attaqu&#233; par deux mille hommes simplement arm&#233;s de sagaies, qui tuaient une partie de la garnison, s'emparaient des armes, mettaient le feu &#224; la poudri&#232;re. A la m&#234;me heure, en diff&#233;rents points de l'&#238;le, des fermes de gros colons &#233;taient d&#233;truites, les voies ferr&#233;es et les lignes &#233;lectriques coup&#233;es dans trois districts, des bases a&#233;riennes assaillies. Plusieurs villages tombaient enti&#232;rement entre les mains des insurg&#233;s &#224; l'armement toujours rudimentaire : sagaies, haches, coupe-coupes et les seuls fusils pris dans les postes occup&#233;s. L'insurrection s'en prenait &#224; tout ce qui concernait la puissance militaire de la France et l'exploitation coloniale. Le 30, les insurg&#233;s &#233;taient ma&#238;tres d'un sixi&#232;me de l'&#238;le. Ils d&#233;ployaient partout l'ancien drapeau blanc et rouge, en appelaient &#224; la fraternit&#233; malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection rev&#234;t deux formes militaires : coups de main &#233;clair r&#233;alis&#233;s par des &#233;l&#233;ments de la petite bourgeoisie urbaine et soul&#232;vement paysan. Trois traits caract&#233;risent le soul&#232;vement : sa coordination (le d&#233;clenchement simultan&#233; des attaques la m&#234;me nuit en est la preuve) ; son absence de commandement central ; enfin sa mauvaise organisation. Il ne r&#233;ussit que dans de rares cas &#224; s'emparer des armes ; il avorte en plusieurs endroits ; il ne parvient pas &#224; s'&#233;tendre au-del&#224; de la zone conquise d&#232;s le d&#233;but. (&#8230;) Cependant, malgr&#233; les forces d&#233;ploy&#233;es, la r&#233;volte ne s'&#233;teignait pas. Nouvelles attaques de garnisons les 7, 8 et 9 avril ; le 26, insurrection &#224; Tananarive. Dans la nuit du 30 avril, les insurg&#233;s assaillent &#224; nouveau le camp militaire de Maramanga et lib&#232;rent cent cinquante prisonniers. La r&#233;action coloniale affirmait qu'il s'agissait d' &#187;un coup tr&#232;s dur port&#233; &#224; son prestige &#187;, se retournait contre la m&#233;tropole et son repr&#233;sentant de Coppet, demandant des renforts et l'emploi de tous les moyens pour an&#233;antir &#171; ces bandits &#224; abattre &#187;. Les colons s'organisaient en groupes d'autod&#233;fense et ex&#233;cutaient des otages malgaches.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but ao&#251;t, des renforts importants arrivaient dans l'&#238;le : L&#233;gion &#233;trang&#232;re, Nord-Africains et tirailleurs s&#233;n&#233;galais principalement. Suivit ce qui deviendra le sc&#233;nario classique des campagnes coloniales de la quatri&#232;me r&#233;publique : quadrillage du territoire par les paras, ratissage, terreur sur les populations, ex&#233;cutions sommaires. Les forces de r&#233;pression fusillent, pillent, incendient les villages. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression n'&#233;pargna pas le MDRM, qui en fut une des cibles privil&#233;gi&#233;es ; il faut expliquer pourquoi. Le jeu politique du Mouvement consistait &#224; conqu&#233;rir par les voies l&#233;gales trac&#233;es par la Constitution les postes administratifs et parlementaires. Dans cette voie, il avait obtenu des succ&#232;s &#8211; qui n'&#233;taient pas de nature &#224; changer son orientation : il poss&#233;dait tous les parlementaires malgaches et dominait presque toutes les assembl&#233;es locales. Le MDRM n'avait cess&#233; d'inviter les Malgaches &#224; l'ordre et au travail. Le 3 juillet 1946, avant de rejoindre le Palais-Bourbon, les d&#233;put&#233;s du Mouvement avaient adress&#233; &#224; la population de l'&#238;le un message radiodiffus&#233; : &#171; Chers compatriotes. Avant notre d&#233;part de Madagascar, notre ch&#232;re patrie, nous tenons &#224; vous adresser cet appel : restez calmes, &#233;vitez les troubles, parce que le d&#233;sordre n'engendre jamais aucun bienfait. Rien ne s'accomplira sans la tranquillit&#233; et la paix. &#187; En mars 1947, encore, le MDRM avait lanc&#233; des appels au calme ; le 30, dans une proclamation &#224; la population, ses d&#233;put&#233;s r&#233;prouvaient de la fa&#231;on la plus formelle l'insurrection, ramen&#233;e &#224; des &#171; crimes &#187;, des &#171; actes de barbarie et de violence &#187;. N&#233;anmoins, le m&#234;me jour, Radio-Tananrive attribuait au MDRM la responsabilit&#233; du soul&#232;vement. (&#8230;) D&#233;but avril 1947, 3.000 membres du MDRM &#233;taient incarc&#233;r&#233;s, interrog&#233;s, tortur&#233;s &#8211; dont les deux d&#233;put&#233;s Ravoahangy et Rab&#233;nananjara (Raseta se trouvait &#224; Paris lors de l'insurrection). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#233;tropole, les dirigeants du mouvement ouvrier ne manifestent visiblement aucune sympathie vis-&#224;-vis des insurg&#233;s, mais prononcent au contraire une condamnation sans appel. L'une des plus sanglantes intervention militaire de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais commence sous un gouvernement &#224; direction socialiste, auquel, jusqu'au 5 mai, participe largement le PCF. Ce dernier occupe, entre autres, le minist&#232;re de la D&#233;fense nationale (Fran&#231;ois Billoux). (&#8230;) Le Parti communiste, remarquait Le Monde du 18 avril, n'avait (&#8230;.) Manifest&#233; aucune opposition cat&#233;gorique &#224; l'envoi de renforts comme &#224; la r&#233;pression des &#233;meutes. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Madagascar n'arrivait plus &#224; enterrer ses morts, le chef du groupe parlementaire PCF invoquait le &#171; courant de libert&#233; &#187; que repr&#233;sentait l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, appelait &#224; l'union sacr&#233;e pour d&#233;fendre les droits de son pays &#224; opprimer d'autres peuples : &#171; Je le dis, et c'est l&#224; note sentiment profond : la France a des positions dans le monde, tous les Fran&#231;ais et j'ajoute tous les peuples associ&#233;s, nous avons int&#233;r&#234;t que la France puisse maintenir ses positions. Mais nous serions bien aveugles si nous ne tenions pas compte de ce fait important, &#224; savoir que les positions fran&#231;aises dans le monde sont terriblement convoit&#233;es. &#187; (d&#233;bat au parlement le 9 mai 1947)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; L'insurrection malgache de 1947 &#187; de Jacques Tronchon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la cause de la r&#233;volte, cete ouvrage cite Marcel de Coppet, Haut-commissaire de la R&#233;publique fran&#231;aise &#224; Madagascar au moment des &#233;v&#233;nements, organisateur de la r&#233;pression violente et barbare et nullement suspect de sympathie pour le colonis&#233; malgache r&#233;volt&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut avoir le courage de reconna&#238;tre qu'&#224; Madagascar la juste mesure a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e. (&#8230;.) Toutes les r&#233;quisitions des travailleurs, pratiqu&#233;es sur une grande &#233;chelle, souvent au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res les plus indispensables aux autochtones, n'&#233;taient pas justifi&#233;es par l'effort de guerre. Quant aux prestations, elles perdirent leur caract&#232;re d'imp&#244;t en nature, pour s'apparenter &#224; nouveau &#224; la corv&#233;e. &#187; (3 mars 1949)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Coppet explique en f&#233;vrier 1947 dans sa Conf&#233;rence des Hauts-commissaires :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand survint l'armistice (sign&#233; par P&#233;tain avec le vainqueur allemand), les Hova exploit&#232;rent au mieux la d&#233;faite fran&#231;aise : la France pouvait donc &#234;tre battue ; bien mieux, elle pouvait m&#234;me se r&#233;signer &#224; la d&#233;faite ; elle manquait &#224; la fois de force mat&#233;rielle et de force d'&#226;me. Plus n'&#233;tait besoin de la craindre. En 1943, au lendemain de la campagne anglaise (victorieuse contre les Allemands) (&#8230;) Madagascar fut plac&#233;e sous l'&#233;gide de la France combattante. La situation &#233;conomique &#233;tait alors s&#233;rieuse. On pensa pouvoir y rem&#233;dier en &#171; stimulant la production &#187;. Pour ce faire, on doubla tout simplement la dur&#233;e des prestations, on aggrava, de fa&#231;on non moins ill&#233;gale, les peines disciplinaires et on r&#233;quisitionna partout la main d'&#339;uvre pour la mettre &#224; la disposition, non seulement des services publics mais aussi des entreprises priv&#233;es. Ce fut une tr&#232;s grave erreur. La production ne s'en accrut gu&#232;re et, il faut avoir le courage de le dire, Madagascar regretta Vichy. C'est de ce moment, d'ailleurs, (en juin 1946) que date l'explosion g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'un m&#233;contentement qui devait aller en s'amplifiant. (&#8230;) La population urbaine d'enhardit. (&#8230;) Tout est pr&#233;texte au d&#233;sordre des rues : l'arriv&#233;e d'un train, une foire, un march&#233;, un enterrement. (&#8230;) Cette p&#233;riode d'agitation, au cours de laquelle des gr&#232;ves sont d&#233;clench&#233;es &#224; Tamatave et Majunga, ne s'&#233;tend pas au-del&#224; du 23 juin 1946, date de la derni&#232;re &#233;chauffour&#233;e &#224; Tananarive ou ailleurs. Pour mettre un terme &#224; toute cette agitation, j'ai simplement appliqu&#233; la loi mais je l'ai appliqu&#233;e dans toute sa rigueur (&#8230;) Certes la temp&#233;rature a baiss&#233;, mais le mal subsiste (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'historique de l'insurrection, De Coppet &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;clatement de l'insurrection, dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 mars 1947, n'est pas une r&#233;elle surprise. Plusieurs &#233;v&#233;nements survenus cette nuit-l&#224; sur diff&#233;rents points du territoire malgache, comprennent qu'ils marquent le d&#233;but du soul&#232;vement contre l'occupation fran&#231;aise. A plus forte raison, les autorit&#233;s coloniales, inform&#233;es pr&#233;cis&#233;ment de la date. D&#232;s la fin novembre 1946, celles-ci se trouvent sur le qui-vive. A plusieurs reprises, des forces de l'ordre sont s&#233;v&#232;rement molest&#233;es par la population. Le 29 novembre 1946, entre Ifanadiana et Androrangavola, le 31 janvier &#224; Marolambo, l'incident tourne &#224; l'&#233;meute. (&#8230;) Quant aux leaders du MDRM, ils multiplient depuis longtemps les mises en garde officielles pour d&#233;tourner les militants du parti de toute action violente. (&#8230;) Un t&#233;l&#233;gramme (du Bureau politique du MDRM de Madagascar du 29 mars 1947) est approuv&#233; &#224; l'unanimit&#233; : &#171; pri&#232;re de diffuser et afficher. Ordre imp&#233;ratif est donn&#233; &#224; toutes sections, &#224; tous membres du MDRM de garder calme et sang-froid absolus devant man&#339;uvres et provocations toutes natures destin&#233;es &#224; susciter des troubles au sein de la population malgache et &#224; saboter la politique pacifique du MDRM. Diffusez et accusez r&#233;ception. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier foyer de l'insurrection se d&#233;clare vers 22 heures dans le district de Manakara, plus pr&#233;cis&#233;ment dans un triangle dont les points seraient Ambila, Sahasinaka et Ampasimanjeva. Le premier objectif des insurg&#233;s est de s'attaquer aux garnisons militaires, aux postes de gendarmerie, tant pour r&#233;cup&#233;rer des armes que pour neutraliser la r&#233;action de leurs adversaires. Certains commandos prennent d'assaut les concessions europ&#233;ennes et les b&#226;timents administratifs. (&#8230;) L'insurrection est d&#233;samorc&#233;e partout o&#249; l'occupant se trouve sur le pied de guerre. A Tananarive en particulier, le coup de main est d&#233;command&#233; au dernier moment, et la circulation de plusieurs convois militaires dans les rues de la ville au soir du 29 mars a pu provoquer en partie cette ultime d&#233;fection. (&#8230;) Au matin du 30 mars, il est &#233;vident que les conjur&#233;s n'ont pas atteint leur but, celui d' &#187; un soul&#232;vement de tous, partout et &#224; la m&#234;me heure. &#187; Pourtant, cet &#233;chec initial n'emp&#234;che pas l'insurrection de s'&#233;tendre rapidement &#224; partir de ses foyers des districts de Manakara et de Moramanga. Les troupes qui ont attaqu&#233; le camp de Tristani se replient le long de la voie ferr&#233;e du M.L.A, en d&#233;vastant les concessions des colons europ&#233;ens ou malgaches francophiles. La plupart sont massacr&#233;s. (&#8230;) Au bout de quelques jours, l'insurrection a gagn&#233; l'ensemble de la c&#244;te est, puisque Mananjary, Tamatave, F&#233;n&#233;rive, Antalaha, Andapa, Sambava et Voh&#233;mar sont &#224; leur tour plus ou moins menac&#233;es. (&#8230;) Dans toutes r&#233;gions contr&#244;l&#233;es par les insurg&#233;s, un gouvernement malagasy s'organise, sous l'autorit&#233; plus ou moins directe de Victorien Razafindrabe au nord, et de Michel Radaoroson (dit Rakotozaly) au sud. (&#8230;) Jusqu'en juillet 1947, l'insurrection ne cesse de s'&#233;tendre. Il s'agit de contr&#244;ler les secteurs les plus vastes possible, et de mobiliser les populations paysannes en vue de &#171; l'attaque d&#233;cisive &#187; sur les grands centres. Des combats sont livr&#233;s jusque dans les banlieues de Tananarive, Fianarantsoa et Tamatave. L'occupant redoute tr&#232;s fortement que l'insurrection gagne l'ensemble des r&#233;gions centrales et d&#233;ferle ensuite sur les r&#233;gions occidentales. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les leaders du MRDM se d&#233;solidarisent, d&#232;s qu'ils en ont eu connaissance, du mouvement de violence inaugur&#233; sur la c&#244;te est, fid&#232;le en cela &#224; leur appel au calme du 27 mars. (&#8230;) Ils sollicitent la possibilit&#233; de faire afficher dans tout Madagascar, ou au besoin de radiodiffuser, une &#171; proclamation &#187; d&#233;savouant l'insurrection de mani&#232;re cat&#233;gorique : &#171; Nous r&#233;prouvons de la fa&#231;on la plus formelle ces actes de barbarie et de violence et nous esp&#233;rons que la justice fera jaillir toute la v&#233;rit&#233; et d&#233;terminera la responsabilit&#233; de ces crimes. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le 1er avril, la Justice a ouvert une vaste instruction judiciaire sous l'inculpation de complot contre la s&#251;ret&#233; de l'Etat et ordonn&#233; l'arrestation des militants MDRM les plus influents. Aussit&#244;t une r&#233;pression polici&#232;re implacable s'abat sur tout Madagascar : c'est &#224; la v&#233;rit&#233; tous les militants du parti qui sont traqu&#233;s quel que soit leur rang. Les inculp&#233;s sont entass&#233;s sans m&#233;nagement dans des prisons trop exigu&#235;s, quand ce n'est pas dans de v&#233;ritables camps de concentration &#171; am&#233;nag&#233;s &#187; &#224; la h&#226;te. Dans de telles conditions, la situation des d&#233;tenus est intol&#233;rable. Les s&#233;vices de toutes sortes et les tortures subies au cours des interrogatoires de l'instruction viennent ajouter &#224; leurs souffrances physiques et morales. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux pr&#233;visions initiales des autorit&#233;s fran&#231;aises, la r&#233;pression militaire de l'insurrection malgache se r&#233;v&#232;le longue et co&#251;teuse. Revenu de son optimisme du mois de juin, le g&#233;n&#233;ral Pellet &#233;crit dans un rapport en septembre 1947 : &#171; Il serait pr&#233;matur&#233; d'&#233;mettre d&#232;s maintenant une opinion sur l'avenir de la r&#233;bellion. (&#8230;) Pourtant tous les moyens sont mis en &#339;uvre pour en venir &#224; bout. La t&#234;te des chefs insurg&#233;s est mise &#224; prix. Des tribunaux d'exception se forment pour proc&#233;der &#224; des ex&#233;cutions exemplaires autour desquelles il est fait grand tapage. Des inculp&#233;s soumis &#224; la torture puis corrompus sont envoy&#233;s aupr&#232;s des insurg&#233;s comme agents de renseignement. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les districts en &#233;tat de si&#232;ge, le sort des populations civiles peut devenir dramatique. (&#8230;) Le chef de district d'Ambatondrazaka fait proc&#233;der &#224; des arrestations massives. Le 5 mai, avant l'aube, 16 otages sont transf&#233;r&#233;s &#224; la gare et enferm&#233;s dans trois wagons plomb&#233;s, affect&#233;s d'ordinaire au transport des bestiaux. (&#8230;) Vers minuit, les militaires de garde re&#231;oivent l'ordre de faire feu sur le train. (&#8230;) les 71 rescap&#233;s de cette tuerie sont transf&#233;r&#233;s &#224; la prison. (&#8230;) Ils en sont extirp&#233;s d&#233;finitivement le jeudi 8 mai dans l'apr&#232;s-midi pour &#234;tre conduits devant le peloton d'ex&#233;cution. (&#8230;) C'est &#171; l'affaire du train de Moramanga &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cameroun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des travailleurs de Douala (Cameroun) en septembre 1945 : &#233;cras&#233;e dans le sang !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cameroun, c'est la classe ouvri&#232;re qui commenc&#233; la lutte en 1955, comme on l'a rappel&#233;, &#224; Douala, &#224; Yaound&#233; et dans d'autres villes de moindre importance. C'est ce qui va amener les dirigeants nationalistes comme Ruben Nyobe, ancien syndicaliste, &#224; se radicaliser. L'organisation de Ruben, l'UPC, n'est pourtant pas si radicale. Au d&#233;but, elle se contente d'organiser des manifestations non violentes. La r&#233;pression ne va pas lui donner le choix. Pour le pouvoir fran&#231;ais, il n'est pas question d'accepter le moindre compromis, car l'UPC est &#171; communiste &#187;. En 1955, la r&#233;pression de Roland Pr&#233;, gouverneur du Cameroun, fait 5000 morts. L'UPC n'a pas choisi tout de suite la lutte arm&#233;e. Tr&#232;s clairement, Um Nyob&#233;, tout stalinien qu'il &#233;tait, ne proposait pas la r&#233;volution, ni la lutte radicale. Il ne s'en cachait pas, d&#233;clarant : &#171; Nous offrons des garanties qui prouvent non seulement notre d&#233;termination d'&#339;uvrer pour sortir le Cameroun de l'impasse, mais aussi de travailler de concert avec le gouvernement fran&#231;ais (&#8230;) &#187;. Ce qui montre le mieux les limites sociales et politiques des nationalistes de l'UPC, c'est leur volont&#233; de laisser la classe ouvri&#232;re en dehors du combat. L'UPC mobilise trois r&#233;gions : Bassa, Bamil&#233;k&#233; et la Sanaaga. Les travailleurs de Douala qui ont pourtant maintes et maintes fois montr&#233; leur combativit&#233; sont laiss&#233;s en dehors par l'UPC. Nyob&#233; a tourn&#233; le dos &#224; la classe ouvri&#232;re, d'o&#249; il vient. D&#233;sormais, il est un dirigeant de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie camerounaises. Il s'adresse &#224; eux ainsi qu'aux chefs traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kenya&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Kenya, l'affrontement, qui va &#234;tre impitoyable entre le peuple kenyan et le colonialisme anglais (rompant la pr&#233;tention de ce colonialisme d'avoir pris en compte pacifiquement le passage &#224; l'ind&#233;pendance, comme en Inde et au Ghana), sera le fait exclusif de la r&#233;volte d'un c&#244;t&#233; et des forces coloniales de l'autre. Des leaders petits bourgeois, comme Jomo Kenyatta, vont faire maintes fois des offres de services au colonialisme anglais en se pr&#233;sentant comme un autre N'Krumah, mais sans succ&#232;s. Son parti, le Kenyan African Union, est pacifiste, c'est-&#224;-dire contre la violence r&#233;volutionnaire des masses africaines &#8211; la violence du colonialisme, il n'y peut rien bien s&#251;r -. Il r&#233;clame seulement l'&#233;largissement de la participation des Africains &#224; un conseil qui n'a aucun pouvoir. Le KAU a une influence r&#233;formiste sur les syndicats qu'il entra&#238;ne dans son r&#233;formisme et la classe ouvri&#232;re ne jouera qu'un petit r&#244;le dans la lutte. C'est le colonialisme anglais qui radicalisme la situation en affirmant, contre l'&#233;vidence, que le mouvement populaire des campagnes, le Mau-Mau, serait manipul&#233; par le KAU. Ce mouvement de r&#233;volte a &#233;clat&#233; en 1952, parmi le peuple Kikuyu exasp&#233;r&#233; par les exactions des Blancs qui volent les terres, le Kenya &#233;tant consid&#233;r&#233; par les Anglais comme une colonie de peuplement comme l'Afrique du sud et les propri&#233;taires Blancs, 1% de la population, poss&#232;dent 25% des terres. Elle se traduit par des attaques physiques individuelles de colons blancs dans leurs fermes. Le colonialisme anglais le pr&#233;sente comme une lutte de sauvages barbares, et d&#233;cide, en juin 1953, de d&#233;clencher une guerre d'extermination contre l'ensemble du peuple kikuyu. C'est la chasse &#224; l'homme contre des paysans quasi compl&#232;tement d&#233;sarm&#233;s. 50.000 soldats britanniques et rhod&#233;siens r&#233;alisent l'une des plus sanglantes r&#233;pressions coloniales. Hommes, femmes et enfants sont d&#233;chiquet&#233;s par les bombardements des villages. Le pays tout entier est ratiss&#233; par l'arm&#233;e. Ceux qui r&#233;sistent sont abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Le mouvement ''Mau-Mau'' &#187; de Robert Buijtenhuij :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le premier syndicat permanent du Kenya, le &#171; Kenya Indian Labour Trade Union &#187;, fond&#233; en avril 1935 par Makhan Singh, &#233;tait une affaire enti&#232;rement indienne. Les syndicats africains brillaient &#224; cette &#233;poque par leur absence (&#8230;). Ce n'est qu'en juillet 1939 que les dockers de Mombasa ont d&#233;clench&#233; &#8211; plus ou moins spontan&#233;ment &#8211; la premi&#232;re gr&#232;ve &#171; noire &#187;. Quels faits nouveaux nous frappent dans l'activit&#233; politique du Kenya apr&#232;s la seconde guerre mondiale ? Le fait, d'abord, que le r&#233;veil politique a commenc&#233; &#224; toucher toutes les ethnies du Kenya sans exception (&#8230;) Il y a ensuite le fait que les Africains du Kenya ont trouv&#233; dans les activit&#233;s syndicales un nouveau champ de bataille. Apr&#232;s une nouvelle gr&#232;ve &#224; Mombasa en 1947, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cette fois &#224; laquelle participaient 15 000 Africains et qui a eu un succ&#232;s retentissant. Son organisateur, Chege Kibachia, a en effet fond&#233; le premier syndicat africain, la &#171; Africain Workers Federation &#187;. Consid&#233;r&#233;e avec m&#233;fiance par le gouvernement, cette organisationa &#233;t&#233; de courte dur&#233;e ; elle s'est progressivement dissoute apr&#232;s l'arrestation de son pr&#233;sident en ao&#251;t 1947. L'action de Chege Kibachia a cependant &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un mouvement syndical qui comptait en 1952, 27.588 membres en 13 syndicats ; &#224; la m&#234;me &#233;poque, il y aurait eu au Tanganika un seul syndicat avec 381 membres et en Ouganda trois organisations ouvri&#232;res avec 259 membres. Nous verrons que cette activit&#233; syndicale fait partie int&#233;grante du cadre dans lequel il convient de situer la r&#233;volte mau-mau. L'&#233;v&#233;nement qui cependant caract&#233;rise le mieux la nouvelle orientation de la vie politique (&#8230;) : le fondation du premier mouvement politique, la &#171; Kenya African Union &#187; dont l'origine remonte &#224; 1944. (&#8230;) Jomo Kenyatta, revenu au Kenya en 1946, (&#8230;) devint pr&#233;sident de cette nouvelle organisation en juin 1947. (&#8230;) C'&#233;tait d'abord un mouvement de masse qui avait en 1952 au moins 100.000 membres et dont certains meetings attiraient des foules de 20.000 &#224; 25.000 personnes. (&#8230;) Le KAU a pos&#233; d&#232;s le d&#233;but le probl&#232;me de l'Ind&#233;pendance (&#8230;). Les colons, qui suivaient avec inqui&#233;tude l'&#233;volution politique de la &#171; Gold Coast &#187;, parlaient avec horreur du &#171; Gold Coatism &#187; pour d&#233;signet toute mesure favorable aux Africains. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 25 novembre 1952, l'&#233;viction de 2.500 squatters travaillant sur les fermes de Leshaw Ward pour des raisons de s&#233;curit&#233; et par repr&#233;sailles &#224; la suite de l'assassinat du commandant Meiklejohn et de son &#233;pouse, ces mesures inspir&#233;es par la peur et exc&#233;cut&#233;es dans un climat de panique voisin de l'hyst&#233;rie, ont &#233;t&#233; d'autant plus ressenties par l'ensemble des squatters que les &#233;victions avaient &#233;t&#233; effectu&#233;es manu militari et que des m&#233;thodes particuli&#232;rement dures avaient &#233;t&#233; employ&#233;es pour briser toute tentative de r&#233;sistance ou de protestation. (&#8230;) Un exode soudain (&#8230;) a amn&#233; vers les r&#233;serves kikuyu une masse de squatters dont le nombre a &#233;t&#233; &#233;valu&#233; de 100.000 &#224; 200.000 personnes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une premi&#232;re phase qui a dur&#233; de 1948 jusqu'en 1950, le mouvement a pris naissance parmi les masses d&#233;sh&#233;rit&#233;es (&#8230;) Ce n'est que dans une deuxi&#232;me phase qui a dur&#233; du d&#233;but 1950 jusqu'&#224; la d&#233;claration de l'&#233;tat d'urgence en octobre 1952, que des &#233;volu&#233;s et des leaders nationaux ont pris le pas sur les masses populaires anonymes. Puis, apr&#232;s la d&#233;claration de l'&#233;tat d'urgence et l'arrestation de la quasi-totalit&#233; des leaders nationaux kikuyus, les masses paysannes se sont retrouv&#233;es de nouveau seules pour s'engager dans la r&#233;sistance arm&#233;e. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette arm&#233;e paysanne sans armes, sans exp&#233;rience militaire et sans cadres instruits, a malgr&#233; tout r&#233;sist&#233; durant pr&#232;s de quatre ans &#224; l'arm&#233;e moderne anglaise et, jusqu'en 1954, elle n'a pas seulement su garder ses positions, mais m&#234;me les am&#233;liorer &#224; certians &#233;gards. (&#8230;) Un facteur qui explique la dur&#233;e de la r&#233;sistance kikuyu est l'existence, &#224; Nairobi et dans les r&#233;serves, d'un r&#233;seau de soutien, remarquablement bien organis&#233;, qui a fonctionn&#233; pendant plusieurs ann&#233;es gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; active ou passive de la grande majorit&#233; du peuple kikuyu. (&#8230;) Les structures territoriales de l'arm&#233;e favorisaient les liaisons &#233;troites entre les unit&#233;s combattantes et les comit&#233;s mau-mau dans les villages ou les communes d'origine des maquisards. (&#8230;) Ces comit&#233;s mau-mau du r&#233;seau de soutien ont pu tenter s&#233;rieusement de se substituer au gouvernement colonial en cr&#233;ant une v&#233;ritable &#171; administration parall&#232;le &#187;. (&#8230;) Le r&#233;seau de soutien de Nairobi s'occupait surtout du ravitaillement des arm&#233;es de la for&#234;t en armes et en nouvelles recrues, et de la collecte des fonds n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense des membres du mouvement devant les cours de justice et &#224; l'entretien des familles des membres du mouvement d&#233;tenus ou disparus au combat. (&#8230;) Cependant, les leaders mau-mau de Nairobi n'ont jamais tent&#233; d'exploiter leur contr&#244;le sur la population africaine pour ouvrir un deuxi&#232;me ou troisi&#232;me front contre le gouvernement colonial. (&#8230;) L'exception (&#8230;) est une campagne de r&#233;sistance passive lanc&#233;e &#224; Nairobi en 1953 et qui comprenait entre autres le boycottage des autobus municipaux europ&#233;ens et des boutiques de th&#233; tenues par des Asiatiques ainsi que l'interdiction de fumer en public, de boire de la bi&#232;re europ&#233;enne et de porter des chapeaux. (&#8230;) Aucune gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et tr&#232;s peu de gr&#232;ves partielles n'ont &#233;t&#233; mentionn&#233;es par les leaders du mouvement mau-mau (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les r&#233;serves kikuyu, la politique (des Anglais) des &#171; hameaux strat&#233;giques &#187; a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre pour emp&#234;cher le contact entre les combattants mau-mau et leurs supporters dans les campagnes. (&#8230;) A partir du d&#233;but de 1954, le pays kikuyu commen&#231;a &#224; ressembler &#224; un immense camp de concentration. Toute la population concentr&#233;e dans des villages nouveaux, devait d'ailleurs construire de ses propres mains, villages fortifi&#233;s et entour&#233;s de barricades et de barbel&#233;s, dont les habitants ne pouvaient sortir qu'une heure par jour (et encore sous escorte militaire) pour se ravitailler. (&#8230;) A partir de l'&#233;t&#233; 1954, l'arm&#233;e mau-mau a &#233;t&#233; contrainte de se replier sur elle-m&#234;me. La for&#234;t devint alors sa seule dimension, son dernier sanctuaire dont elle ne sortait plus gu&#232;re. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'approchait l'ind&#233;pendance, les survivants (de l'arm&#233;e mau-mau) se sont manifest&#233;s avec une audace croissante pour devenir, &#224; la fin de 1963, un v&#233;ritable probl&#232;me pour les nouveaux responsables du pays. (&#8230;) A partir de l'&#233;t&#233; 1961, (&#8230;) la lib&#233;ration de Jomo Kenyatta &#233;tait imminente et l'ind&#233;pendance commen&#231;ait &#224; devenir une r&#233;alit&#233; relativement proche. La question des anciens combattants devenait br&#251;ante : quelle serait leur place dans le Kenya ind&#233;pendant ? (&#8230;) le nouveau gouvernement de Jomo Kenyatta n'&#233;tait pas pr&#234;t &#224; leur accorder des faveurs (propri&#233;t&#233;s des anciens colons ou postes gouvernementaux). (&#8230;) En ce qui concerne les fermes, le gouvernement n'avait nullement l'intention d'exproprier les colons blancs. (&#8230;) Le Kenya de Jomo Kenyatta n'&#233;tait ni radical ni socialiste (&#8230;) La r&#233;volte mau-mau &#233;tait une r&#233;volution nationale et une r&#233;volte sociale en m&#234;me temps, et en temps que r&#233;volte sociale elle r&#233;clamait les terres cultiv&#233;es par les colons europ&#233;ens pour le peuple africain. Pour Jomo Kenyatta, par contre, la d&#233;colonisation signifiait avant tout l'ind&#233;pendance politique et il entendait rester en bons termes avec les Anglais et les colons sur le plan &#233;conomique. (&#8230;) D&#232;s sa lib&#233;ration en 1961, Jomo Kenyatta a annonc&#233; la couleur (&#8230;) &#171; Nous n'avons pas l'intention de former un gouvernement de gangsters &#8230; Nous dissiperons les appr&#233;hensions des gens qui craignent qu'un Kenya ind&#233;pendant ne se jette sur leurs propri&#233;t&#233;s pour les confisquer. &#187; (cit&#233; par le Monde du 28 ao&#251;t 1961) (&#8230;) A l'&#233;gard de ceux qui croyaient pouvoir en toute impunit&#233; pr&#234;ter serment d'all&#233;geance &#224; des organisations clandestines de r&#233;sistance &#224; la politique lib&#233;rale officielle, Mr Kenyatta a d&#233;clar&#233; (durant l'&#233;t&#233; 1963) : &#171; Nous serons impitoyables &#224; l'&#233;gard de ceux qui fabriquent des fusils dans la brousse. &#187; l'ind&#233;pendance elle-m&#234;me n'a rien chang&#233; &#224; cet &#233;tat de choses. (&#8230;) En novembre 1963, un mois avant l'ind&#233;pendance, un appel du gouvernement kenyatta aux derniers combattants leur enjoignait de se &#171; rendre &#187; avant la c&#233;l&#233;bration officielle de l'ind&#233;pendance. (&#8230;) Le premier &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel du gouvernement Kenyatta en vue d'une capitulation fut Mwariama, qui se pr&#233;senta le 8 d&#233;cembre 1963 &#224; la r&#233;sidence de Jomo Kenyatta &#224; Gattundu. (&#8230;) Le mar&#233;chal Mwariama a &#233;t&#233; condamn&#233; en mars 1964 &#224; cinq ans et trois mois de prison pour outrage &#224; un agent de police en fonction et possession ill&#233;gale d'armes. (&#8230;) Parmi les personnalit&#233;s du nouveau r&#233;gime, on ne compte &#224; notre connaissance aucun ancien combattant de la for&#234;t et peu d'anciens d&#233;tenus (&#8230;). Sur le plan purement mat&#233;riel aussi, tr&#232;s peu de choses ont &#233;t&#233; faites pour les anciens combattants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le pays obtient finalement son ind&#233;pendance en 1963, cela ne signifiait pas effectivement une victoire pour les combattants comme le rapporte la romanci&#232;re NGugi Wa thiongo dans &#171; P&#233;tales de sang &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait &#224; la veille de l'ind&#233;pendance. Alors, vous pouviez imaginer ce que cela repr&#233;sentait pour moi d'&#233;motions, d'espoirs et de souvenirs. (&#8230;) Tout allait changer. Plus jamais, je ne verrai le Blanc se moquer de nos efforts. (&#8230;) Les usines, les plantations, tout allait &#234;tre &#224; nous. (&#8230;) Des mois et des semaines apr&#232;s, je chantais encore le chant de l'esp&#233;rance. J'ai attendu la r&#233;forme agraire et la redistribution des terres. J'ai attendu un emploi. (&#8230;) J'ai entendu dire qu'on donnait des pr&#234;ts pour permettre d'acheter les fermes des Europ&#233;ens. Je n'ai pas compris pourquoi il me faudrait acheter des terres d&#233;j&#224; pay&#233;es au prix du sang. (&#8230;) J'ai attendu. Je me suis dit : OK. Je me fais muet, je me fais sourd. Et j'ai regard&#233; les choses &#233;voluer. J'ai vu les &#233;v&#233;nements. J'ai vu la tension monter entre les Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique du nord&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;QUE SE PASSE-T-IL EN AFRIQUE DU NORD ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces temps derniers, certains journaux se sont pr&#233;occup&#233;s de la situation en Afrique du Nord. Celle-ci est tellement tragique qu'il devenait d&#233;sormais impossible &#224; la presse &#034;d&#233;mocrate&#034; de la passer plus longtemps sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il ne s'agissait pas pour ces journaux de d&#233;fendre les indig&#232;nes d'Alg&#233;rie, du Maroc ou de Tunisie, mais de faire appel &#224; la vigilance gouvernementale pour limiter les &#034;abus&#034; ; c'est &#224; cette fin aussi que le C.N.R. d&#233;cida d'envoyer en Afrique du Nord une &#034;commission d'information&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission, quoique inoffensive, a &#233;t&#233; interdite par De Gaulle. Effectivement, &#224; quoi servirait-elle ? Si dans la M&#233;tropole le C.N.R. sert de camouflage, d'ornement &#034;d&#233;mocratique&#034; &#224; la machine gouvernementale bonapartiste de De Gaulle, quel serait son r&#244;le en Afrique du Nord ? L&#224;-bas il ne s'agit nullement d'abus &#224; &#034;r&#233;former&#034;, de faire patienter les masses. Un conflit mortel oppose les colons exploiteurs et oppresseurs et les 9/10 de la population indig&#232;ne. Dans ces conditions, la commission d'enqu&#234;te du C.N.R., si elle rassurerait &#034;les esprits inquiets&#034; de la M&#233;tropole, ne ferait au contraire qu'aggraver la situation politique en Afrique du Nord si elle &#233;tait prise au s&#233;rieux par les indig&#232;nes. Car si les indig&#232;nes pensaient avoir l'appui de la &#034;d&#233;mocratie&#034; cela ne pourrait que les inciter encore plus &#224; l'action directe contre les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi seule la politique des colons est approuv&#233;e par le gouvernement : r&#233;pression colonialiste sans phrases. Ici il n'y a pas de place pour les balivernes du C.N.R. dont l'inutilit&#233; devient de plus en plus visible dans la M&#233;tropole m&#234;me, o&#249; ses &#034;Comit&#233;s&#034; (sic) ne font que &#034;sugg&#233;rer&#034; dans une situation qui appelle de plus en plus une solution radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le sort des classes laborieuses de l'Afrique du Nord ne sera pas laiss&#233; par les travailleurs de France &#224; la merci du gouvernement de De Gaulle, c'est-&#224;-dire des colons, exploiteurs f&#233;roces et fascistes. Les travailleurs savent que si les Nord-Africains sont &#233;cras&#233;s par le gouvernement fran&#231;ais pour sauver la domination des colons, ceux-ci se serviront de l'Afrique du Nord comme Franco s'est servi des Marocains du Rif : pour &#233;craser les travailleurs de la M&#233;tropole et instaurer en France m&#234;me un r&#233;gime de terreur ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation en Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quatre ans les masses indig&#232;nes d'Alg&#233;rie, de Tunisie et du Maroc sont en proie &#224; la famine et au typhus. L'Afrique du Nord n'a rien &#224; se mettre sur le dos, rien &#224; manger. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont en haillons, habill&#233;s de chiffons ou de sacs. Il ne s'agit plus pour eux de se v&#234;tir, mais simplement de ne pas choquer la d&#233;cence. Dans la plupart des familles indig&#232;nes, il n'y a qu'un mis&#233;rable v&#234;tement pour trois ou quatre personnes, v&#234;tement que chacun met &#224; tour de r&#244;le pour sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au ravitaillement, il est inexistant. Les villes o&#249; il y a une majorit&#233; europ&#233;enne connaissent les restrictions, mais sont tout de m&#234;me assur&#233;es d'un minimum vital. Mais les campagnes sont litt&#233;ralement affam&#233;es, les campagnes o&#249; vivent 95% des indig&#232;nes, c'est-&#224;-dire les 9/10 de la population totale. La base de l'alimentation indig&#232;ne est le couscous. Pour faire du couscous, il faut de la farine. Or, la ration mensuelle allou&#233;e &#224; chaque indig&#232;ne par le ravitaillement est de 3 kg d'orge ou 3 kg de bl&#233;, soit 2 kg 500 de farine pour l'orge et l kg 500 &#224; 2 kg pour le bl&#233;. Cela repr&#233;sente une moyenne de 50 g. de pain par jour. Il faut ajouter qu'ils n'ont souvent rien d'autre pour compl&#233;ter cette maigre pitance : peu de l&#233;gumes, pas de viande. On peut penser que s'ils recevaient pour toute nourriture nos 350 g de pain quotidiens, ils croiraient nager dans l'abondance, tant leur mis&#232;re est effroyable ! Avant la guerre, le minimum vital pour chaque individu &#233;tait de 20 &#224; 25 kg de farine par mois. La ration actuelle repr&#233;sente donc &#224; peine les 10% du minimum. De plus, les distributions se font l&#224;-bas d'une fa&#231;on tr&#232;s irr&#233;guli&#232;re, avec des retards de 2 &#224; 3 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il ne faut pas s'&#233;tonner si &#224; l'heure actuelle, comme on l'&#233;crit l&#224;-bas, des millions d'&#234;tres humains vivent comme des b&#234;tes, se nourrissent d'herbes et de racines. Il ne faut pas s'&#233;tonner si le typhus, &#034;maladie de carence&#034; par excellence, fait rage en Afrique du Nord. Et cela depuis quatre ans ! On estime que dans la seule Alg&#233;rie il y a eu plus de 30.000 victimes en 1940-1941. Et depuis le nombre des morts par le typhus n'a fait que s'accro&#238;tre. Tout r&#233;cemment il y a eu 33 morts en une seule nuit dans un petit village de quelques centaines d'habitants. Un village kabyle qui comprenait 1400 habitants n'en compte plus que 300, soit 1100 victimes. Et pourtant dans la masse, la Kabylie &#233;tait une des r&#233;gions les plus r&#233;sistantes aux &#233;pid&#233;mies. Mais aujourd'hui le typhus, compagnon in&#233;vitable de la famine, n'est pas localis&#233;, il est g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1942 on pouvait penser que cela &#233;tait le fruit de la politique de Vichy, qui faisait des pr&#233;l&#232;vements massifs sur l'&#233;conomie nord-africaine. Mais depuis, ce pays aurait d&#251; conna&#238;tre les bienfaits de l'intervention am&#233;ricaine, une avalanche de cotonnades et de corned-beef. Or il n'en a rien &#233;t&#233; et la situation des masses indig&#232;nes, comme en France, s'est encore aggrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela veut dire ? Sans doute il serait tr&#232;s facile aux Am&#233;ricains, avec quelques bateaux, de ravitailler les populations nord-africaines. Et les n&#233;cessit&#233;s de la guerre ne sont pas telles qu'elles rendent impossible l'organisation d'un trafic aussi r&#233;duit. Mais voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a des vis&#233;es sur l'Afrique du Nord, et comme l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'entend ni c&#233;der sa place ni composer, il fait crever l'indig&#232;ne sans l'ombre d'un regret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort tragique des peuples nord-africains est donc un aspect de la lutte imp&#233;rialiste. Mais il est d'abord l'aboutissement d'une exploitation imp&#233;rialiste conduite d'une fa&#231;on syst&#233;matique et impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, est-ce que les ressources de l'Afrique du Nord ne devraient pas lui permettre de nourrir largement toute sa population ? Sans aucun doute il y a l&#224;-bas de tout pour tous. Autrefois, avant la conqu&#234;te fran&#231;aise, l'ensemble de la population nord-africaine &#233;tait form&#233;e de petits et moyens paysans tirant de leurs terres des ressources suffisantes pour leur subsistance. Mais les colons fran&#231;ais ont expropri&#233; l'indig&#232;ne sur une large &#233;chelle et r&#233;duit les 9/10 de la population &#224; une condition prol&#233;tarienne. Elle a abouti &#224; l'extr&#234;me paup&#233;risation des masses indig&#232;nes et &#224; l'&#233;norme enrichissement des gros colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus typique est celui de l'Alg&#233;rie. En moins d'un si&#232;cle la propri&#233;t&#233; indig&#232;ne y est pass&#233;e de 16 millions d'ha &#224; 7 millions. L'Etat colonial et les gros colons se sont donc appropri&#233; 9 millions d'ha. Trois mille gros colons y poss&#232;dent pr&#232;s de 2 millions d'ha, c'est-&#224;-dire autant qu'un million et demi de propri&#233;taires indig&#232;nes. Six gros vignerons y r&#233;coltent plus de 3 millions d'hectolitres de vin. Certaines entreprises capitalistes y poss&#232;dent plus de 50.000 ha de terre. Au contraire, 70% de la paysannerie indig&#232;ne n'ont qu'une moyenne de 2 ha de mauvaises terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le r&#233;sultat le plus &#233;vident de la colonisation fran&#231;aise est la constitution d'une &#034;f&#233;odalit&#233;&#034; terrienne et &#233;conomique vivant de l'exploitation intensive des masses indig&#232;nes pr&#233;alablement expropri&#233;es et prol&#233;taris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui 99% des populations indig&#232;nes de l'Afrique du Nord sont form&#233;es d'ouvriers agricoles, de demi-fellahs et de travailleurs, qui n'ont d'autre ressource que leurs bras pour gagner le pain de leurs nombreuses familles. Il s'est donc constitu&#233; dans ce pays une abondante main-d'&#339;uvre qui a longtemps permis aux capitalistes et aux trusts coloniaux de pratiquer une politique de bas salaires : de 3 &#224; 10 frs par journ&#233;e de 12 &#224; 14 heures de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un salaire journalier de 10 frs, comment nourrir et habiller une famille de 5 personnes, alors que le quintal de bl&#233; co&#251;tait 180 frs, le m&#232;tre d'&#233;toffe 20 frs, une paire de chaussures 50 &#224; 100 frs ? Aussi bien, la plupart des indig&#232;nes se nourrissaient-ils d'orge et de glands, sans manger toujours &#224; leur faim. Ils allaient pieds-nus ou chauss&#233;s d'espadrilles et s'achetaient une gandoura par an, qu'ils portaient jusqu'&#224; usure compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc en temps normal, l'indig&#232;ne &#233;tait sous-aliment&#233; et mis&#233;rablement v&#234;tu. Il n'avait aucune r&#233;serve alimentaire ni vestimentaire. Qu'une mauvaise r&#233;colte survienne et la faim se transforme en famine et appelle le typhus. La guerre actuelle a eu ainsi pour effet d'aggraver et de g&#233;n&#233;raliser jusqu'&#224; la catastrophe un &#233;tat de choses end&#233;mique, cons&#233;quence in&#233;luctable de l'exploitation imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant il y a encore du bl&#233; dans les silos des gros colons et des grosses soci&#233;t&#233;s. Mais ils ne le livrent pas et l'administration locale qui leur est enti&#232;rement d&#233;vou&#233;e, les laisse faire. Ils pr&#233;f&#232;rent le vendre au march&#233; noir. Mais ils pr&#233;f&#232;rent voir le fellah crever de faim, dans l'espoir de le pousser &#224; la r&#233;volte, puis d'amener le gouvernement &#224; pratiquer une bonne r&#233;pression. Et &#224; la faveur de cette r&#233;pression ils esp&#232;rent faire avorter tout projet de r&#233;forme en faveur de l'indig&#232;ne et surtout obtenir un retour &#224; la politique des bas salaires, aux 5 ou 6 francs journaliers d'avant-guerre qui leur assuraient de si substantiels b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Telle est la situation de l'Afrique du Nord. Exploit&#233;e &#224; outrance par les colons et les capitalistes fran&#231;ais ma&#238;tres de l'administration, elle ne peut rena&#238;tre &#224; la vie que par l'expulsion des intrus qui absorbent toute sa substance vitale. C'est ce que veulent les indig&#232;nes : c'est-&#224;-dire l'ind&#233;pendance de l'Afrique du Nord. Il y a l&#224;-bas une haine farouche et g&#233;n&#233;rale pour l'exploiteur fran&#231;ais. Les mouvements nationalistes nord-africains ont pris une ampleur extraordinaire ; des troubles se produisent un peu partout et l'on parle m&#234;me de l'existence d'un maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, nous r&#233;pondra-t-on (et c'est un argument souvent invoqu&#233; par les chefs staliniens pour expliquer pourquoi ils ne soutiennent plus les Abd-el-Krim de l'Afrique du Nord), dans le monde capitaliste actuel l'Afrique du Nord ne peut pas &#234;tre ind&#233;pendante : si la France n'y &#233;tait pas ce serait l'Am&#233;rique ou l'Angleterre qui prendrait sa place ! Argument d'exploiteurs, de capitalistes : &#034;si ce n'est pas moi qui exploite mon ouvrier, ce sera un autre, qui sera peut-&#234;tre pire&#034;. Mais cet argument ne vaut rien. L'ind&#233;pendance de l'Afrique du Nord n'est pas un cadeau qui tomberait du ciel aux Nord-Africains. Cette ind&#233;pendance doit &#234;tre le r&#233;sultat d'une lutte acharn&#233;e men&#233;e par les peuples indig&#232;nes et les travailleurs m&#233;tropolitains contre les 200 familles. Victorieux dans cette lutte, l'appui du prol&#233;tariat mondial et des autres peuples coloniaux (qui forment l'&#233;norme majorit&#233; de la population du globe) les rendra invincibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat de France sait qu'un peuple qui en opprime un autre n'est pas un peuple libre. Il rejette enti&#232;rement la responsabilit&#233; de l'exploitation des peuples de l'Afrique du Nord sur les 200 familles. Au moment o&#249; les imp&#233;rialistes de France, d'Am&#233;rique et d'Angleterre commencent &#224; se prendre aux cheveux pour le pillage de l'Afrique du Nord, il proclame hautement le droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes jusques et y compris la s&#233;paration de la France. Les travailleurs fran&#231;ais savent maintenant qu'&#224; notre &#233;poque on ne peut plus maintenir assujetti un peuple qui veut sa libert&#233; et son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le droit de l'Afrique du Nord &#224; disposer d'elle-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une COMMISSION D'ENQUETE OUVRIERE IMPOSEE au gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;change &#233;conomique avec l'Afrique du Nord par l'expropriation des colons monopoleurs et affameurs des indig&#232;nes et de la France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs, l'exploitation des colonies maintient vos propres cha&#238;nes ; le colonialisme est une pratique capitaliste ! Sur cette question aussi rompons d&#233;lib&#233;r&#233;ment et radicalement avec le pass&#233;. Ainsi seulement l'avenir nous appartiendra !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc42_011845.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc42_011845.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES &#034;BIENFAITS&#034; DE LA COLONISATION...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(22 mars 1945)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le silence de toute la presse, en Afrique du Nord l'exploitation est plus terrible que jamais. L'action &#034;civilisatrice&#034; continue &#224; entretenir la famine, le typhus, la mis&#232;re et la d&#233;moralisation. Les capitalistes fran&#231;ais qui parlent beaucoup de pudeur et de moralit&#233;, ne vous disent pas que l&#224;-bas les femmes, faute de v&#234;tements, en sont r&#233;duites &#224; cacher leur sexe de leur main. Ils ne vous disent pas que 15 classes ont &#233;t&#233; mobilis&#233;es en Afrique du Nord, que 95% de l'effectif de certaines unit&#233;s sont tomb&#233;es pour le profit des capitalistes et que pendant ce temps leurs familles meurent de faim. Ils ne vous disent pas qu'en France m&#234;me, le gouvernement a fait incorporer de force dans des r&#233;giments de g&#233;nie tous les travailleurs nord-africains se trouvant &#224; Cherbourg et en Bretagne et qu'employ&#233;s au d&#233;minage beaucoup y ont laiss&#233; leur vie. Ils ne vous disent pas que les m&#234;mes policiers que sous l'occupation nous arr&#234;taient et nous r&#233;quisitionnaient pour les entreprises allemandes, nous livrent aux Anglo-am&#233;ricains comme &#034;collaborateurs&#034; pour faciliter sous ce pr&#233;texte notre exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement seule la classe 43 a &#233;t&#233; appel&#233;e. Cependant &#224; Paris, dans le 20&#232;me notamment, les gendarmes vont cueillir &#224; leur domicile les jeunes des classes 39-40-41 comme insoumis, sous pr&#233;texte que leur classe a &#233;t&#233; mobilis&#233;e en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie fran&#231;aise ne nous donne aucune possibilit&#233; l&#233;gale de nous d&#233;fendre. Le soi-disant repr&#233;sentant nord-africain &#224; l'Assembl&#233;e consultative, Ben Djelloul, n'est qu'un laquais du gouvernement et son unique pr&#233;occupation en ce moment si tragique pour nous c'est d'obtenir un nouveau si&#232;ge &#224; l'Assembl&#233;e consultative pour un autre larbin, Ahmed Bahloul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais ! Nous avons particip&#233; &#224; vos luttes quand le fascisme, &#224; partir de 1934, s'est dress&#233; contre vous. Contre le traitement qu'on nous inflige, nous comptons aujourd'hui sur votre solidarit&#233; &#224; vous, qui &#234;tes aussi des exploit&#233;s. Vous ne pouvez pas ne pas protester contre le traitement inf&#226;me auquel nous soumettent les capitalistes fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROUPE DE TRAVAILLEURS NORD-AFRICAINS&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; le gouvernement de Gaulle s'est d&#233;masqu&#233; comme le gouvernement des trusts affameurs, l'appel de nos camarades nord-africains ne doit pas rester vain. Car la haine terrible accumul&#233;e en Afrique du Nord serait alors utilis&#233;e par l'interm&#233;diaire de certains chefs indig&#232;nes vendus, contre vous-m&#234;mes, comme Franco a utilis&#233; les Marocains du Rif contre les travailleurs espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs nord-africains se trouvant en France sont livr&#233;s &#224; l'exploitation sans moyens de d&#233;fense et les capitalistes en profitent pour saper nos propres conditions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les dangers sont de nouveau tr&#232;s grands pour la classe ouvri&#232;re et que le fascisme rel&#232;ve la t&#234;te, l'union de tous les exploit&#233;s est indispensable &#224; notre vie et &#224; notre libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais et travailleurs coloniaux, unissons-nous contre les entreprises r&#233;actionnaires des capitalistes fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 Mars 1945 UNION COMMUNISTE (4&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/tract_032245.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/tract_032245.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alg&#233;rie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de France et d'Alg&#233;rie devant l'imp&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas &#234;tre un peuple libre&#034; (Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation g&#233;ographique de l'Alg&#233;rie, ainsi que ses ressources &#233;conomiques et militaires, lui conf&#232;rent, dans un prochain avenir, un r&#244;le de tout premier ordre. Sa situation strat&#233;gique &#8211; permettant la jonction des possessions de l'Afrique avec la m&#233;tropole &#8211; la chair &#224; canon qu'elle peut fournir et ses mati&#232;res premi&#232;res en font une pi&#232;ce ma&#238;tresse du syst&#232;me imp&#233;rialiste fran&#231;ais. Objet de conqu&#234;te, elle sera utilis&#233;e comme moyen de rapine dans le prochain carnage, tout comme en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez, et apr&#232;s lui Jouhaux, y ont entrepris r&#233;cemment des voyages de propagande. Dans le but d'y poursuivre une agitation sociale contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ? H&#233;las ! Les coryph&#233;es du &#034;Front populaire&#034; y sont all&#233;s pour &#034;resserrer l'union entre les peuples d'Alg&#233;rie et la M&#233;tropole&#034;. Apr&#232;s Daladier, parlant officiellement et ouvertement au nom de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, Thorez est parti faire &#339;uvre de dupeur, parler &#034;d&#233;mocratie&#034;, &#034;union contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, etc&#8230; Les compte-rendus de L'Humanit&#233; nous disent les nombreuses d&#233;l&#233;gations dont il re&#231;ut la visite, les cadeaux qui lui ont &#233;t&#233; offerts ; il re&#231;oit des fleurs en souriant ; des photos le montrent embrassant une indig&#232;ne, en un mot, tout se d&#233;roule selon la technique que le &#034;p&#232;re des peuples&#034; met en &#339;uvre en U.R.S.S. Pas un mot sur les revendications des travailleurs et des paysans alg&#233;riens. Il parle bien de la n&#233;cessit&#233; de s'unir &#034;contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, mais passe sous silence la lutte par des m&#233;thodes de classe contre le fascisme EN ALGERIE. Devant son auditoire, il d&#233;nonce le P.S.F. et le P.P.F. alg&#233;rien comme agents de l'&#233;tranger, mais bien s&#251;r pas comme ceux du capitalisme fran&#231;ais. La M&#233;tropole, voyez-vous, n'a que des repr&#233;sentants &#034;honn&#234;tes&#034; comme M. Thorez. Les fascistes qui s'en revendiquent, ce sont des agents camoufl&#233;s de Hitler. C'est ainsi qu'il r&#233;alise &#034;l'union fran&#231;aise&#034; ! Du moment que le P.S.F. et le P.P.F. sont des agents de Hitler, et non pas mercenaires de la m&#233;tropole, la lutte contre eux n'est plus la t&#226;che des masses travailleuses luttant contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, mais une simple t&#226;che de police. Thorez r&#233;clamera que celle-ci les emprisonne ; mais en attendant, ce sont ses propres meetings qui sont interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le important, non seulement dans la prochaine guerre, mais elle peut devenir, elle devient une place d'armes du fascisme fran&#231;ais. Les Doriot, les de La Rocque ont profit&#233; de la politique du &#034;Front populaire&#034; &#224; l'&#233;gard des masses travailleuses pour augmenter leur influence. De m&#234;me que, sous la pression de Blum, les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; espagnol ont refus&#233; d'accorder satisfaction aux Marocains &#8211; auxquels Franco a accord&#233; des droits d&#233;magogiquement, en paroles, pour pouvoir les utiliser contre les ouvriers espagnols &#8211; de m&#234;me les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; au pouvoir en France ont donn&#233; les gages exig&#233;s par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Ils ont permis un renforcement de la r&#233;pression contre les luttes surgies en Alg&#233;rie sous l'impulsion des gr&#232;ves fran&#231;aises. Lozeray ment quand il &#233;crit, dans L'Humanit&#233;, que les salaires des ouvriers indig&#232;nes ont augment&#233;. Ils ont diminu&#233; par suite de la d&#233;valuation. Le &#034;Front populaire&#034; a laiss&#233; les masses indig&#232;nes aussi d&#233;nu&#233;es de droits qu'avant 1936. Le droit d'adh&#233;sion aux organisations syndicales est tout bonnement th&#233;orique. Car celles-ci sont un moyen de d&#233;fense des ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens qui, du point de vue &#233;conomique et politique, repr&#233;sentent une couche de beaucoup sup&#233;rieure &#224; l'&#233;l&#233;ment indig&#232;ne. Ce dernier, compos&#233; de travailleurs non qualifi&#233;s, &#8211; man&#339;uvres &#224; tout faire, travailleurs agricoles, mineurs &#8211; manque d'esprit corporatif et est dans l'impossibilit&#233; de payer une cotisation qui d&#233;passe compl&#232;tement ses possibilit&#233;s. Avant de pouvoir s'organiser dans une organisation commune avec les ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens, les travailleurs indig&#232;nes doivent pr&#233;alablement conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et politique, s'&#233;lever &#224; leur niveau. Le moyen qui leur permettrait de l'atteindre, c'est une lutte autonome adapt&#233;e &#224; leur situation. Le Front populaire n'a rien apport&#233; aux masses travailleuses de l'Alg&#233;rie, il a aggrav&#233; leur situation. Voil&#224; la v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux des masses indig&#232;nes, Blum &#034;repr&#233;sentait&#034; les ouvriers fran&#231;ais ; elles ont &#233;t&#233; habilement travaill&#233;es par le P.S.F. et le P.P.F. et dress&#233;es contre les ouvriers m&#233;tropolitains, tenus &#034;responsables&#034; de cette politique. Aujourd'hui le danger est grand de voir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais s'en servir pour an&#233;antir les conqu&#234;tes politiques et sociales des ouvriers fran&#231;ais et instaurer le fascisme en France avec leur aide, comme Franco en Espagne avec celle des Marocains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du B.P. du P.C.F. prise au retour de Thorez, donne un coup de chapeau &#224; la n&#233;cessit&#233; (du point de vue de la s&#233;curit&#233; fran&#231;aise bien entendu) &#034;de faire droit aux aspirations l&#233;gitimes d'ordre &#233;conomique, social, culturel, religieux et politique qu'exposent notamment les repr&#233;sentants des populations arabes et berb&#232;res musulmanes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle est la mesure pratique envisag&#233;e ? La r&#233;solution rappelle &#034;que le projet Blum-Violette... n'est toujours pas vot&#233;&#034; ! La politique de collaboration de classe du Parti communiste fran&#231;ais, sur le plan colonial, remplace l'agitation parmi les masses exploit&#233;es et la lutte autonome de ces masses par des m&#233;thodes de classe contre l'imp&#233;rialisme, par des exhortations adress&#233;es &#224; la m&#233;tropole, c'est-&#224;-dire aux capitalistes fran&#231;ais. Le projet, en effet, n'a rien de dangereux pour la &#034;s&#233;curit&#233; fran&#231;aise&#034;. S'il r&#233;pond aux aspirations &#034;qu'exposent notamment les repr&#233;sentants&#034; (c'est-&#224;-dire les exploitants indig&#232;nes, il ne donne aucune satisfaction aux millions d'ouvriers et paysans d'Alg&#233;rie (approximativement 5.000.000). Donner des droits &#224; une infime minorit&#233; de 20.000 privil&#233;gi&#233;s indig&#232;nes, comme le pr&#233;voit le projet, c'est, en r&#233;alit&#233;, augmenter l'in&#233;galit&#233; et &#233;largir la base sociale de l'imp&#233;rialisme qui s'attacherait encore plus fortement cette mince couche et renforcerait par cons&#233;quent, sa domination : &#034;L'&#233;quilibre social recherch&#233; par l'imp&#233;rialisme consiste &#224; d&#233;placer certaines couches indig&#232;nes pour les lier &#224; l'&#233;l&#233;ment exploiteur d'une part, et d'autre part, &#224; diviser l'ensemble des masses travailleuses en deux couches distinctes&#034;. C'est ce que Thorez explique &#224; mots couverts &#224; l'adresse des dirigeants fran&#231;ais de ce pays, au meeting de Wagram, et il a l'impudence de donner l'exemple de l'U.R.S.S. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la droite de la Chambre fran&#231;aise s'oppose &#224; l'adoption de ce projet, ce n'est pas parce qu'il repr&#233;sente une concession aux masses travailleuses, mais pour ne pas d&#233;placer le poids respectif des exploiteurs indig&#232;nes par rapport aux exploiteurs alg&#233;ro-europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez &#233;crit : &#034;A l'heure actuelle, l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur du mouvement ouvrier fran&#231;ais et du mouvement ouvrier international &#8211; prol&#233;taires allemands en premier lieu &#8211; c'est de faire &#233;chec partout au fascisme hitl&#233;rien, de lui refuser partout de nouveaux moyens de puissance et de domination. L'int&#233;r&#234;t non moins &#233;vident des peuples des colonies fran&#231;aises &#8211; consid&#233;r&#233; sous l'angle de leur &#233;mancipation nationale et sociale &#8211; c'est de rester unis &#224; un peuple chez lequel subsistent encore heureusement les notions de libert&#233; et d'&#233;galit&#233; des races.&#034; Voil&#224; par quel tour de passe-passe Thorez r&#233;concilie l'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux et du prol&#233;tariat m&#233;tropolitain avec l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Le traquenard, c'est sa soi-disant croisade anti-fasciste... command&#233;e par Gamelin-Franco, qui instaurera la dictature de son &#233;tat-major militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux est de s'&#233;manciper de l'imp&#233;rialisme. En tant que ph&#233;nom&#232;ne &#233;conomique, celui-ci asservit les peuples arri&#233;r&#233;s, les surexploite et les maintient dans l'esclavage. Ses m&#233;thodes de domination &#8211; sociales, militaires, politiques &#8211; d&#233;pendent des conditions concr&#232;tes du pays exploit&#233; et non pas des formes politiques de la M&#233;tropole. G&#233;n&#233;ralement, les exploiteurs s'appuient sur l'&#233;l&#233;ment social le plus arri&#233;r&#233;, comme c'est le cas pour l'Alg&#233;rie. La domination de la &#034;d&#233;mocratique&#034; Angleterre aux Indes ou sur les peuples arabes s'appuie sur les f&#233;odaux. L'&#233;pop&#233;e sanglante que repr&#233;sentent les conqu&#234;tes coloniales de l'Angleterre et de la France en premier lieu, sont les plus noires des temps modernes. Politiquement, les masses travailleuses n'ont aucun droit, &#224; quelque imp&#233;rialisme qu'elles appartiennent. Leur pire ennemi, c'est leur propre imp&#233;rialisme, en l'occurrence l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux ouvriers fran&#231;ais, leur int&#233;r&#234;t le plus &#233;vident, le premier est celui-ci : ne pas fournir &#224; leurs propres capitalistes &#8211; fran&#231;ais &#8211; les moyens pour r&#233;primer leurs luttes. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais tire pr&#233;cis&#233;ment le plus clair de sa force de l'exploitation coloniale. Le soutien des luttes des opprim&#233;s de l'Empire fran&#231;ais contre la M&#233;tropole par les ouvriers fran&#231;ais c'est la condition m&#234;me de leur victoire : &#034;La victoire de la classe ouvri&#232;re dans les pays avanc&#233;s et la lib&#233;ration des peuples opprim&#233;s de l'imp&#233;rialisme sont impossibles sans la formation et la consolidation d'un front r&#233;volutionnaire commun&#034;. (Th&#232;ses de L&#233;nine sur la question nationale et coloniale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on examine de plus pr&#232;s le &#034;raisonnement&#034; de Thorez, on constate qu'en r&#233;alit&#233; il nie la possibilit&#233; et le droit des peuples opprim&#233;s de d&#233;terminer librement leur sort puisqu'il feint de [ligne manquante] &#8230;mination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ou domination de l'imp&#233;rialisme hitl&#233;rien. Mais le prol&#233;tariat et l'avant-garde ne doivent pas oublier la le&#231;on r&#233;cente de l'Espagne &#8211; si ch&#232;rement pay&#233;e &#8211; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour emp&#234;cher les indig&#232;nes &#8211; et surtout ceux de l'Afrique du Nord &#8211; de devenir les instruments de la r&#233;pression capitaliste contre eux, les ouvriers fran&#231;ais doivent montrer aux peuples coloniaux leur v&#233;ritable figure, c'est-&#224;-dire celle d'opprim&#233;s luttant contre l'imp&#233;rialisme et l'exploitation coloniale et non pas celle de soutien des exploiteurs. Le prol&#233;tariat fran&#231;ais doit aider tout d'abord par tous les moyens &#224; la cr&#233;ation de partis r&#233;volutionnaires dans les colonies, ayant pour t&#226;che la lutte de lib&#233;ration sociale et nationale. Ces partis doivent conserver leur autonomie vis-&#224;-vis du parti r&#233;volutionnaire de la m&#233;tropole, car ils luttent dans des conditions diff&#233;rentes &#8211; et aussi pour que la trahison des &#034;chefs&#034; m&#233;tropolitains n'entra&#238;ne pas automatiquement la subordination de ces partis &#224; l'imp&#233;rialisme &#8211; mais ils doivent rester en liaison &#233;troite avec celui-ci sur le plan de la lutte d'ensemble contre l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez pr&#233;sente toute lutte pour la lib&#233;ration sociale et nationale des colonies comme l'&#339;uvre de Hitler. Il sp&#233;cule sur les sentiments de haine que les ouvriers fran&#231;ais &#233;prouvent contre le bourreau des ouvriers allemands, pour les encha&#238;ner au char de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Chez celui-ci &#034;subsistent encore&#034;, para&#238;t-il, des notions d&#233;mocratiques, c'est-&#224;-dire qu'il trouve avantageux de se servir encore de ses laquais &#034;d&#233;mocrates&#034; &#8211; Blum, Thorez, Jouhaux &#8211; avant d'utiliser exclusivement Doriot ou de La Rocque. Antifasciste ? Non. Agent de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'imp&#233;rialisme qui est le fait dominant de notre &#233;poque, c'est lui la principale force de stagnation et de mis&#232;re, de fascisme et de guerre. En soutenant les luttes de coloniaux contre celui-ci, le prol&#233;tariat fran&#231;ais aura le plus puissant alli&#233; &#224; sa propre lutte en la personne des 60.000.000 d'esclaves de l'Empire fran&#231;ais, dont Thorez est devenu un des principaux garde-chiourme. Les Etats-Unis socialistes du Monde sauveront la civilisation de la barbarie qui la menace et jetteront les bases d'une humanit&#233; meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais (1944-47) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
de Gr&#233;goire Madjarian :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 8 mai 1945, dans toute l'Alg&#233;rie, devait &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233; l'armistice. Des c&#233;r&#233;monies officielles avaient &#233;t&#233; pr&#233;vues. Un mot d'ordre clandestin du PPA avait circul&#233; : &#171; Le jour de la victoire, manifestons pour exiger, apr&#232;s le sacrifice et la conduite h&#233;ro&#239;que des Alg&#233;riens dans l'arm&#233;e fran&#231;aise, un peu de d&#233;mocratie et de justice ! &#187; Une fraction l&#233;galiste des Amis du Manifeste, croyant &#233;viter ainsi l'intervention polici&#232;re, envoya une d&#233;l&#233;gation demander au gouverneur g&#233;n&#233;ral l'autorisation de s'exprimer. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ne sortirent pas de la r&#233;sidence g&#233;n&#233;rale : ils avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et les autorit&#233;s pr&#233;venues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'armistice, eurent lieu dans plusieurs villes des manifestations d'ampleur et de forme diverses. A B&#244;ne et Didjelli, les manifestations se joignirent au cort&#232;ge officiel et d&#233;ploy&#232;rent leurs propres banderoles. Des d&#233;fil&#233;s analogues furent organis&#233;s &#224; Batna, Biskra, Kenchela, Blida, Berrouaghia et Bel-Abb&#232;s. A Sa&#239;da, la mairie fut incendi&#233;e. A Alger, les fid&#232;les n'assist&#232;rent pas &#224; la c&#233;r&#233;monie officielle de la Grande Mosqu&#233;e. Les incidents les plus graves eurent lieu &#224; S&#233;tif et Guelma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Guelma, peu de musulmans avaient assist&#233; aux c&#233;r&#233;monies officielles : les comit&#233;s des AML organisait sa propre manifestation avec des mots d'ordre tels que &#171; Vive la d&#233;mocratie ! &#187;, &#171; A bas l'imp&#233;rialisme ! &#187;, &#171; Vive l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ! &#187;. La police tira sur la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A S&#233;tif, un cort&#232;ge de quinze mille personnes se dirigeait vers le monument aux morts afin d'y d&#233;poser une gerbe, arborant pour la premi&#232;re fois le drapeau alg&#233;rien vert et blanc. Les manifestants brandissaient des pancartes et des banderoles : &#171; D&#233;mocratie pour tous ! &#187;, &#171; Lib&#233;rez Messali ! &#187;, &#171; Lib&#233;rez nos leaders emprisonn&#233;s ! &#187;, &#171; Vive la victoire alli&#233;e ! &#187;, &#171; Vive l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ! &#187;, &#171; A bas le colonialisme ! &#187;, &#171; Pour une Constituante alg&#233;rienne souveraine ! &#187;. La police ouvrit le feu &#224; la suite d'un ordre du sous-pr&#233;fet de retirer pancartes et banderoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces manifestations furent le point de d&#233;part d'un soul&#232;vement qui s'&#233;tendit &#224; la Kabylie des Babords, se propagea dans une grande partie de la r&#233;gion du Constantinois. Des messagers allaient dans les campagnes, les villages les plus recul&#233;s, pour faire le r&#233;cit des manifestations de S&#233;tif et Guelma et de leur r&#233;pression. Les responsables locaux des AML organisaient leurs militants et dirigeaient des attaques contre les b&#226;timents de l'autorit&#233; fran&#231;aise : la mairie, la poste, la recette des contributions, la gendarmerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centres de A&#239;n-Abessa, Sill&#232;gue, le bordj Taktount Bouga (La Fayette), ainsi que Kerrata furent encercl&#233;s. Les centres de B&#233;ni Aziz (Chevreuil) assi&#233;g&#233; aux cris de &#171; Djihad ! Dkihad ! &#187; fut enti&#232;rement incendi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des groupes arm&#233;s venus des douars voisins assaillirent Guelma, le 9 mai, pour venger leurs morts, et le car de Bougie &#224; S&#233;tif fut attaqu&#233;. Le 10 mai, le village d'Aokas (commune morte d'oued Marsa), la gendarmerie de Tesara, le bordj et la poste de Fedj M'zala furent encercl&#233;s. Dans la r&#233;gion d'oued Marsa, les communications t&#233;l&#233;phoniques furent coup&#233;es, des gardes forestiers tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion des Babors, au nord de S&#233;tif, l'&#233;meute prit &#171; l'allure d'une v&#233;ritable dissidence &#187; d'apr&#232;s le rapport du g&#233;n&#233;ral de gendarmerie. Les troupes &#233;taient &#171; accueillies dans certains douars &#224; coups de fusils et m&#234;me d'armes automatiques &#187;. Des rassemblements d'hommes arm&#233;s &#233;taient signal&#233;s &#224; El Arrouche, Azzaba, oued Amizour, Smendou, Chelghoun-La&#239;d, El Milia, ouest-Z&#233;nati. Entre Tizi-Ouzou et Th&#233;nia, les fils t&#233;l&#233;phoniques furent coup&#233;s. Des d&#233;p&#244;ts d'armes clandestins furent signal&#233;s &#224; T&#233;bessa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des bruits circulaient &#224; propos d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral, bruits qui n'&#233;taient, nous le verrons plus loin, pas sans fondement. Plusieurs groupes arm&#233;s de paysans s'attaqu&#232;rent aux villages et aux centres de colonisation. Fermes, colons, repr&#233;sentants de l'ordre colonial furent les cibles de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des &#233;v&#233;nements de mai 1945 et afin de d&#233;gager leur signification, il est n&#233;cessaire de poser plusieurs questions distinctes : de quel ordre sont les facteurs qui ont d&#233;termin&#233; le soul&#232;vement du Constantinois, quelles sont les causes imm&#233;diates du d&#233;clenchement de l'insurrection, y a-t-il eu pr&#233;paration d'une insurrection, y a-t-il eu volont&#233; insurrectionnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, &#224; c&#244;t&#233; de la th&#232;se d'un complot fasciste qui fut, nous le verrons plus loin, la principale th&#232;se officielle et qui ne repose sur aucun fondement, vint s'adjoindre celle d'une r&#233;volte de la faim. Bien que la situation des musulmans, et en particulier celle des fellahs, f&#251;t dramatique, de nombreux &#233;l&#233;ments contredisent cette derni&#232;re th&#232;se. Pendant les &#233;v&#233;nements, &#171; Le Monde &#187; remarquait : &#171; Au cours de ces journ&#233;es sanglantes, ni les silos remplis de bl&#233; ni les entrep&#244;ts de denr&#233;es ne furent pill&#233;s. &#171; En 1948, B&#233;nazet &#233;crivait : &#171; Non seulement les manifestants des cort&#232;ges n'ont jamais pouss&#233; des clameurs ou arbor&#233; des pancartes contre le ravitaillement &#187; mais les silos de la r&#233;gion &#171; remplis de grains et laiss&#233;s sans protection, ne souffrirent nulle atteinte. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le d&#233;clenchement des &#233;v&#233;nements, l'analyse de Mohamed Boudiaf et le t&#233;moignage qu'il a recueilli, attribuant un r&#244;le d&#233;terminant aux provocations polici&#232;res, semblent faire le point sur cette question : &#171; L'effervescence populaire &#233;tait &#224; son comble, les autorit&#233;s coloniales, d&#233;cid&#233;es &#224; reprendre la situation en mains, cherchaient l'occasion de frapper un grand coup (..) J'ai eu plus tard l'occasion d'en parler avec le responsable du parti (le PPA) de S&#233;tif, Ma&#239;za, il n'avait aucune directive et ne savait quoi r&#233;pondre aux militants qui vinrent lui en demander apr&#232;s le d&#233;but des incidents dans la r&#233;gion. Ce sont les provocations qui ont mis le feu aux poudres. Le sc&#233;nario fut le m&#234;me un peu partout. D&#232;s que les drapeaux &#233;taient sortis, la police tirait sur le porteur. La foule r&#233;agissait. &#187; (El Jarida &#8211; novembre-d&#233;cembre 1974)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Par contre, apr&#232;s le 8 mai, des responsables du Constantinois demand&#232;rent aux dirigeants du PPA d'appeler &#224; l'insurrection g&#233;n&#233;rale pour soulager les populations de la r&#233;gion qui supportaient, seules, le poids de la r&#233;pression, mais celle-ci n'eut pas lieu, &#224; cause notamment des tergiversations de la direction du PPA. (&#8230;) Il appara&#238;t, comme l'&#233;crit Mahfoud Kaddache dans &#171; Il y a trente ans &#187;, que &#171; les &#233;v&#233;nements de S&#233;tif et Guelma furent consid&#233;r&#233;s comme le signal de la r&#233;volution, de la guerre lib&#233;ratrice. &#187; Ainsi, les heurts et les fusillades qui se produisirent dans les deux villes en question &#8211; et ce dernier &#233;l&#233;ment seul permet de comprendre l'embrasement du Constantinois &#8211; ne trouv&#232;rent un &#233;cho que parce qu'il existait une volont&#233; insurrectionnelle dans les masses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Duval, la r&#233;pression du soul&#232;vement du Constantinois fut d'une sauvagerie indescriptible. (&#8230;) dans un message &#224; l'ONU, Messali Hadj dira des &#233;v&#233;nements du Constantinois qu'ils &#171; ont co&#251;t&#233; plus de quarante mille victimes au peuple alg&#233;rien. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ces massacres furent-ils justifi&#233;s par les autorit&#233;s et accept&#233;s par l'opinion de la m&#233;tropole ? (&#8230;) la version officielle du gouvernement de l'Alg&#233;rie, version qui fut &#233;galement celle des trois partis politiques au pouvoir sous la t&#234;te gaulliste (MRP, SFIO et PCF) &#233;tait la suivante : le soul&#232;vement du Constantinois &#233;tait un &#171; complot fasciste &#187; accompli par des &#171; agents hitl&#233;riens &#187;. L'arm&#233;e n'&#233;tait d&#233;p&#234;ch&#233;e que pour &#171; poursuivre l'action patriotique de nettoyage &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mai, &#171; L'Humanit&#233; &#187; relatait les &#233;v&#233;nements du 8 en rapportant la d&#233;claration du gouvernement g&#233;n&#233;ral : &#171; Des &#233;l&#233;ments troubles d'inspiration hitl&#233;rienne se sont livr&#233;s &#224; S&#233;tif &#224; une agression arm&#233;e contre la population qui f&#234;tait la capitulation hitl&#233;rienne. La police, aid&#233;e de l'arm&#233;e, maintient l'ordre. &#187; En publiant sans r&#233;serves ces propos sous le titre : &#171; A S&#233;tif, attentat fasciste le jour de la victoire &#187;, le quotidien du PCF accr&#233;ditait la version de l'administration coloniale. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Le 12 mai,) le Comit&#233; central du PCF, prenant une position sans nuances, recommandait explicitement une r&#233;pression rapide et impitoyable. Il publiait imm&#233;diatement la r&#233;volution suivante : &#171; Il faut tout de suite ch&#226;tier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la r&#233;volte et les hommes de main qui ont dirig&#233; l'&#233;meute. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une distance de 150 kilom&#232;tres, de S&#233;tif &#224; la mer, la loi martiale fut proclam&#233;e. La troupe re&#231;ut l'ordre de tirer sans sommation. &#171; sur le burnous &#187;. Tout arabe ne portant pas le brassard r&#233;glementaire &#233;tait abattu (t&#233;moignage de Charles-Andr&#233; Julien dans &#171; L'Afrique du Nord &#187;). Les l&#233;gionnaires furent autoris&#233;s &#224; massacrer toute la population arabe de S&#233;tif et m&#234;me ailleurs, o&#249; aucune manifestation n'avait eu lieu. &lt;br class='autobr' /&gt;
A Villard, pendant deux jours, une batterie de 75 bombarda les douars environnants. A Saint-Armand, les soldats eurent pour mission de raser tous les villages se trouvant &#224; 15 kilom&#232;tres des centres de colonisation. P&#233;rigotville et Chevreuil furent enti&#232;rement d&#233;truits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aviation bombardait et mitraillait &#224; l'int&#233;rieur, tandis que les navires de guerre canonnaient des villages c&#244;tiers. D'apr&#232;s ce que reconnut le g&#233;n&#233;ral Weiss, il y eut, en quinze jours, vingt actions a&#233;riennes contre la population. Les avions d&#233;truisirent 44 mechtas (groupe de maisons pouvant aller de 50 &#224; 1000 habitants). La marine intervint devant Bougie et &#224; Djijeli. Le croiseur Dugay-Trouin, venu de B&#244;ne, fut employ&#233; au bombardement des environs de Kerrata. Le douar Tararest fut ras&#233;. Des douars entiers disparurent. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Guelma, la r&#233;action visc&#233;rale de la population europ&#233;enne, sous l'initiative du sous-pr&#233;fet, mena &#224; l'organisation d'une milice. Le comit&#233; de vigilance, qui recrutait et contr&#244;lait la milice, comportait une forte majorit&#233; de combattants de la &#171; France combattante &#187;, y compris deux responsables du Parti communiste alg&#233;rien, ainsi que le secr&#233;taire de l'Union locale de la CGT. Dans ce qui fut l'une des op&#233;rations de repr&#233;sailles les plus meurtri&#232;res de mai 1945, les miliciens massacr&#232;rent entre 500 et 700 &#171; musulmans &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical de la m&#233;tropole, par l'interm&#233;diaire de son principal repr&#233;sentant, la CGT, adopte des positions voisines du PCF (&#8230;) afin de &#171; souligner l'action courageuse et magnifique des organisations syndicales d'Alg&#233;rie pour emp&#234;cher que le mouvement ne s'&#233;tende &#224; d'autres r&#233;gions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation &#233;tait r&#233;volutionnaire en Alg&#233;rie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, en Alg&#233;rie comme sur une bonne partie de la plan&#232;te, l'inexistence de partis r&#233;volutionnaires &#233;tait aussi tr&#232;s g&#233;n&#233;rale et d&#233;truisait l'essentiel des possibilit&#233;s de la situation. La r&#233;volte a &#233;clat&#233; en 1945 en Alg&#233;rie, alors que les travailleurs et les masses populaires ne disposent d'aucune organisation favorable &#224; une r&#233;volution sociale renversant le colonialisme. Le plus important parti dans les masses populaires, alg&#233;riennes comme pied-noires, est le Parti Communiste Alg&#233;rien. Alors que le Parti Communiste Fran&#231;ais, qui participe au gouvernement, soutient le colonialisme [1] et participe [2] &#224; la r&#233;pression de la r&#233;volte, le PCA d&#233;clare : &#171; Fr&#232;res musulmans, le peuple de France lutte contre tes ennemis : le fascisme et les trusts qui oppriment l'Alg&#233;rie en m&#234;me temps qu'ils trahissent la France (&#8230;) dans cette lutte, une France nouvelle se cr&#233;e, qui n'aura rien de commun avec celle d'hier. (&#8230;) Ton int&#233;r&#234;t propre est donc d'aider cette France nouvelle &#224; se cr&#233;er, &#224; se forger, car c'est le chemin de salut pour toi. &#187; (extrait de &#171; Le PCA au service de la population d'Alg&#233;rie &#187;, rapport de Amar Ouzegane &#224; la conf&#233;rence centrale du PCA &#224; Alger le 23 septembre 1944). Il va d&#233;noncer la lutte d'ind&#233;pendance comme &#171; fasciste &#187;. Le PPA, parti nationaliste de Messali Hadj, qui avait des origines communistes (L'Etoile Nord-africaine), choisit tactiquement de jouer le jeu des &#233;lections dans le cadre colonial, comme l'avait fait l'Association du Manifeste et de la Libert&#233; de Ferhat Abbas. M&#234;me sa frange paramilitaire, l'Organisation Sp&#233;ciale, dirig&#233;e par Ben Bella et A&#239;t Ahmed, plus port&#233;e sur l'action directe comme le montrera son &#233;volution en FLN, affirme qu'il ne fallait pas faire la r&#233;volution sociale, pas de soul&#232;vement en masse, en 1945. Le rapport de l'OS en 1947 sur l'analyse des &#233;v&#233;nements de 1945 dans le Constantinois et dans toute l'Alg&#233;rie, dont voici quelques extraits, est &#233;difiant sur le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire de la petite bourgeoisie nationaliste radicale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport de l'Organisation Sp&#233;ciale (formation paramilitaire clandestine du PPA) pour le Comit&#233; Central &#233;largi de d&#233;cembre 1948 du Parti du peuple alg&#233;rien PPA-MTLD (Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques) et adopt&#233; par celui-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous nous proclamons un parti r&#233;volutionnaire. Le mot r&#233;volutionnaire est dans les propos de nos militants et de nos responsables. Notre vocabulaire est domin&#233; par des formules &#224; l'emporte-pi&#232;ce, extr&#233;mistes, magiques telles que &#171; le probl&#232;me alg&#233;rien est un probl&#232;me de force &#187;, &#171; nous sommes pour l'action, contre les discours &#187; ; en attendant, nous ne cessons de discourir. (&#8230;) Aujourd'hui que l'&#233;lectoralisme a fait faillite, le regard doit se porter r&#233;solument vers les v&#233;ritables objectifs. Notre but est de mobiliser toutes les couches de la population alg&#233;rienne, d'entra&#238;ner m&#234;me les &#171; m&#233;contents &#187;, les &#171; h&#233;sitants &#187;, m&#234;me ceux qui sont contre les &#171; in&#233;galit&#233;s choquantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des id&#233;es fumeuses, voire saugrenues, bouchent notre conscience. En parlant de soul&#232;vement, certains y voient une forme d'insurrection &#171; g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;, &#224; l'exemple de celle de 1871, &#233;tendue &#224; l'ensemble du territoire national. (&#8230;) Le but de ce rapport est de pr&#233;ciser la donn&#233;e principale de la r&#233;volution : la ou les formes de lutte que doit rev&#234;tir la lutte de lib&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelle forme prendra la lutte de lib&#233;ration ? La lutte de lib&#233;ration ne sera pas un soul&#232;vement en masse. L'id&#233;e de soul&#232;vement en masse est en effet courante. L'homme de la rue pense que le peuple alg&#233;rien peut facilement d&#233;truire le colonialisme gr&#226;ce &#224; une sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique : dix contre un. Il suffira de g&#233;n&#233;raliser &#224; l'Alg&#233;rie enti&#232;re un soul&#232;vement populaire. (&#8230;) En r&#233;alit&#233;, l'id&#233;e de &#171; soul&#232;vement en masse &#187; se fonde sur des souvenirs historiques, au niveau de l'opinion populaire. Les paysans n'oublient pas la grande insurrection de 1871. De p&#232;re en fils ils ont h&#233;rit&#233; le regret visc&#233;ral que cette insurrection fut circonscrite &#224; la Kabylie, &#224; quelques r&#233;gions de l'Alg&#233;rois et du Constantinois. Ils peuvent croire que cette insurrection aurait r&#233;ussi si elle avait &#233;clat&#233; partout. Il faut pr&#233;ciser tout de suite que cette conception n'est pas partag&#233;e par les populations de Kherrata qui ont connu le massacre de mai 1945, ni par celles de Kabylie qui depuis cette date connaissent les r&#233;pressions les plus dures. Les &#233;v&#233;nements qui ont suivi &#171; l'Ordre du 23 mai 1945 &#187; indiquent &#224; quelles aventures tragiques peuvent conduire des id&#233;es archa&#239;ques. (&#8230;) L'insurrection de 1871 a &#233;chou&#233;, moins parce qu'elle &#233;tait g&#233;ographiquement limit&#233;e qu'en raison de son caract&#232;re spontan&#233;, improvis&#233; et des conceptions militaires erron&#233;es de ses dirigeants. (&#8230;) Le soul&#232;vement en masse est une forme de lutte anachronique. La notion de sup&#233;riorit&#233; de la multitude, nous en avons fait l'exp&#233;rience, a d&#233;j&#224; bouch&#233; la conscience que devait avoir nos dirigeants des bouleversements engendr&#233;s par l'armement moderne dans l'art de se battre pour se lib&#233;rer. Aux yeux des militants qui ont &#233;prouv&#233; directement les cons&#233;quences de &#171; l'Ordre et du Contre-Ordre d'insurrection &#187;, l'histoire du &#171; cheval blanc &#187; et du drapeau vert &#187; est plus qu'une anecdote humoristique. (Note : le PPA a donn&#233; un ordre d'insurrection, puis l'a d&#233;command&#233;, mais le contrordre serait arriv&#233; trop tard en Kabylie et &#224; Sa&#239;da). (&#8230;) L'exp&#233;rience du soul&#232;vement avort&#233; du 23 mai 1945 est plus proche de nous que l'&#233;chec de la r&#233;volution de 1905, ou la d&#233;b&#226;cle des patriotes irlandais lors de l'insurrection de P&#226;ques 1916 et du terrorisme qui l'a suivit. De plus, c'est notre propre exp&#233;rience ; elle a profond&#233;ment marqu&#233; les militants qui l'ont v&#233;cue et qui en ont tir&#233; les le&#231;ons pour eux-m&#234;mes et pour le parti. En &#233;t&#233; 1945, le district de la Grande Kabylie re&#231;oit l'ordre d'abattre les candidats aux &#233;lections cantonales. Les responsables du district refusent d'ex&#233;cuter cet ordre. (&#8230;) Nous pouvons tuer et prendre le maquis, si le parti a pr&#233;vu la djihad comme &#233;tape suivante. (&#8230;) La forme de lutte individuelle conduit &#224; nous mettre en position de moindre efficacit&#233; et de moindre r&#233;sistance. (&#8230;) par contre, le terrorisme sous sa forme d&#233;fensive ou d'appoint, c'est-&#224;-dire le contre-terrorisme, peut jouer un r&#244;le dans le cadre de la guerre populaire, comme en Indochine. (&#8230;) La guerre est un instrument de la politique. Les formes du combat lib&#233;rateur doivent se mesurer &#224; l'aune de la politique. (&#8230;) La lutte de lib&#233;ration sera une v&#233;ritable guerre r&#233;volutionnaire. (&#8230;) La lutte de lib&#233;ration de l'humanit&#233; alg&#233;rienne sera donc une guerre. Elle assumera les proportions d'un conflit avec la puissance coloniale avec tout son potentiel militaire, &#233;conomique et diplomatique, donc politique. (&#8230;) Aussi la guerre r&#233;volutionnaire est la seule forme de lutte ad&#233;quate aux conditions qui pr&#233;valent dans notre pays. C'est la guerre populaire. Il importe de pr&#233;ciser que nous n'entendons pas par l&#224; les lev&#233;es en masse. Par guerre populaire, nous entendons guerre des partisans men&#233;e par les avant-gardes militairement organis&#233;es et solidement encadr&#233;es. (&#8230;) Et d'abord posons-nous la question : quels sont les principes directeurs qu'il faut r&#233;unir pour assurer la victoire de cette guerre de lib&#233;ration ? Sur quels &#233;l&#233;ments doit se baser notre strat&#233;gie pour &#234;tre victorieuse ? (&#8230;) Les principes directeurs de notre strat&#233;gie sont l'avantage du terrain, la gu&#233;rilla comme forme de guerre principale, la d&#233;fense strat&#233;gique et non l'offensive, la formation de bases strat&#233;giques (&#8230;). Le principe directeur se rapportant &#224; l'unit&#233; d'action avec le Maroc et la Tunisie se situe &#224; la charni&#232;re des probl&#232;mes de strat&#233;gie int&#233;rieure et de strat&#233;gie ext&#233;rieure. Nous pr&#233;f&#233;rons les situer &#224; cette fronti&#232;re. (&#8230;) Cependant, l'Alg&#233;rie se condamnerait &#224; perdre d'avantage, c'est-&#224;-dire tous les autres atouts, si elle faisait une condition sine qua non d'un dispositif maghr&#233;bin pr&#233;alable. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les th&#232;ses assimilationnistes sont bel et bien enterr&#233;es. M&#234;me le Parti communiste alg&#233;rien semble se soumettre devant le puissant courant qui porte nos masses vers la lib&#233;ration. Il court derri&#232;re le peuple dont il pr&#233;tend &#234;tre l'avant-garde. Il va jusqu'&#224; sacrifier comme bouc &#233;missaire, Amar Ouzegane, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral (note : il est pr&#233;sent&#233; comme responsable du soutien du PCA au massacre colonialiste fran&#231;ais de S&#233;tif et du Constantinois, d&#233;cision du PCA et du PCF, qui r&#233;sulte de la participation du PCF au gouvernement fran&#231;ais et de l'alliance contre-r&#233;volutionnaire du stalinisme et de l'imp&#233;rialisme &#224; la fin de la guerre). (&#8230;) Cependant, depuis le truquage &#233;hont&#233; des &#233;lections d'avril dernier, au vu de la r&#233;pression qui a pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi ces truquages, le peuple alg&#233;rien dans son ensemble a d&#233;couvert le caract&#232;re d&#233;risoire et vain du r&#233;formisme, bas&#233; sur la l&#233;galit&#233; coloniale. (&#8230;) le patriotisme rural a triomph&#233; dans l'opinion avec la duret&#233; qui caract&#233;rise l'oppression subie par les masses rurales : &#171; Ne nous appelez plus aux urnes, donnez nous des armes &#187;. (&#8230;) Ici apparaissent les dangereuses faiblesses de l'Organisation Sp&#233;ciale OS. Nous manquons d'armes et d'argent. (&#8230;) Le probl&#232;me de l'armement doit &#234;tre le souci majeur du parti. (&#8230;) Un appareil &#233;metteur-r&#233;cepteur nous a co&#251;t&#233; 100.000 francs, l'&#233;quivalent du budget de fonctionnement mensuel allou&#233; &#224; l'organisation. Aucun sou n'a &#233;t&#233; consacr&#233; par le parti &#224; l'achat d'armements. (&#8230;) Nous disposons aujourd'hui de trois organisations toutes structur&#233;es &#224; l'&#233;chelle nationale. Il y a le MTLD, appareil l&#233;gal et public. Il y a l'OS, organisation paramilitaire, ultra clandestine. Il y a le PPA, appareil semi clandestin ou pr&#233;tendu tel. Ces trois structures correspondent au sch&#233;ma d&#233;cid&#233; par le Congr&#232;s de 1947. (&#8230;) Dans des localit&#233;s, les responsables de l'OS sont &#224; la fois dirigeants des sections locales du MTLD, du PPA et conseillers municipaux. N'ayant pu &#234;tre remplac&#233;s &#224; leurs &#171; fonctions &#187; l&#233;gales ou semi l&#233;gales, ces responsables n'ont pas pu se conformer aux directives de l'&#233;tat-major de l'OS qui leur &#171; fait obligation de se faire oublier &#187; des autorit&#233;s &#8230; des polices et des masses. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Puisqu'on nous parle souvent de &#171; plan de s&#233;curit&#233; &#187;, il n'en existe pas d'autre que le maquis. Les militants sont aujourd'hui connus de toute fa&#231;on. Ils ne peuvent pas &#233;chapper aux coups de filet par &#171; la simple vigilance &#187;. Ils doivent pouvoir continuer leurs activit&#233;s au sein des masses en s'int&#233;grant clandestinement &#224; elles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette guerre de lib&#233;ration mettra aux prises, nous n'aurons de cesse de le rappeler, une puissance mondiale &#224; une nation d&#233;sarm&#233;e qui de surcro&#238;t a &#233;t&#233; soumise &#224; une politique de d&#233;personnalisation et d'asservissement pendant plus d'un si&#232;cle. (&#8230;) La guerre populaire de lib&#233;ration nous donne des atouts. D'abord la force morale d'une cause juste (&#8230;) Les vertus guerri&#232;res de notre peuple, le m&#233;pris du danger, la force de caract&#232;re et d'esprit, la pers&#233;v&#233;rance trouveront dans l'Islam bien exploit&#233; un &#233;l&#233;ment de mobilisation et de soutien dans les vicissitudes, les revers, le deuil et les &#171; hasards &#187; de la guerre. Ensuite, l'Alg&#233;rie c'est notre pays. Le peuple alg&#233;rien conna&#238;t ses moindres recoins. Il fait corps avec le relief. La guerre de partisans, avec ses fonctions de commandos dans les villes, ses actions de sabotage g&#233;n&#233;ralis&#233;es, nous permettra de tirer le maximum de ces atouts, c'est-&#224;-dire de durer et d'atteindre les objectifs de la d&#233;fense strat&#233;gique. (&#8230;.) Il s'agit de combler nos lacunes et de travailler en profondeur nos masses rurales. Le patriotisme r&#233;volutionnaire est dans les campagnes ; la paysannerie pauvre, la paysannerie des khammes, les petits paysans constitueront l'&#233;l&#233;ment moteur de la guerre de lib&#233;ration. Leur temp&#233;rament, l'amour patriotique qui s'aiguise dans le nif (note : sentiment de l'honneur) et la &#171; convoitise de la gloire &#171; , leur d&#233;vouement fanatique, gage de fermet&#233; et d'obstination, toutes qualit&#233;s et force d'&#226;me qui les ont rendu jadis et les rendront encore ma&#238;tres dans l'art de la gu&#233;rilla. (&#8230;) la nature m&#234;me chez nous de l'oppression coloniale de m&#234;me que la r&#233;pression sous toutes ses formes, &#233;conomique, polici&#232;re, terroriste, administrative, ont atteint des paliers exasp&#233;rants. D'o&#249; la v&#233;h&#233;mence du m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral. Aujourd'hui, la conscience r&#233;volutionnaire consiste &#224; exploiter l'impasse l&#233;galiste et les fiascos r&#233;formistes afin de familiariser les masses avec l'id&#233;e d'une v&#233;ritable guerre et faire ainsi du recours &#224; la violence non pas un geste de d&#233;sespoir, de col&#232;re et de r&#233;volte, mais un geste r&#233;volutionnaire qui doit mener &#224; la victoire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mot d'ordre &#171; La terre &#224; ceux qui la lib&#232;rent &#187; qui correspond aux aspirations de nos masses rurales aura un effet multiplicateur, c'est-&#224;-dire durablement mobilisateur. Le slogan qu&#233;mandeur &#171; La terre &#224; ceux qui la travaillent &#187; est sans effet (&#8230;) Il importe de b&#233;tonner notre implantation rurale. Il faudra tirer avantage de l'influence des notabilit&#233;s acquises au mouvement pour structurer les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous voulons trois choses : des armes ! encore des armes ! toujours des armes !&lt;br class='autobr' /&gt;
La strat&#233;gie du harc&#232;lement qui suppose des s&#233;ries de petites attaques ne peut remplir son objet sans armes individuelles, pistolets mitrailleurs, fusils mitrailleurs, mitrailleuses l&#233;g&#232;res, grenades offensives, grenades anti-chars. La strat&#233;gie de d&#233;sorganisation de l'infrastructure coloniale, de dislocation &#233;conomique et de destruction des voies de communication, suppose &#233;galement les techniques d'explosifs les plus appropri&#233;es. Il est indispensable d'avoir dans chaque r&#233;gion des stocks de guerre. (&#8230;) Malgr&#233; les sacrifices des masses et la g&#233;n&#233;rosit&#233; des militants, le parti ne pourra au mieux que se procurer les ressources de subsistance &#224; l'int&#233;rieur du pays. C'est &#224; l'ext&#233;rieur que nous devons nous approvisionner. (&#8230;) Une &#233;quipe doit &#234;tre charg&#233;e de trouver les armes et les finances qu'exige la conjoncture. (&#8230;) Certains nous consentiraient un emprunt par solidarit&#233; sentimentale, anti-coloniale ou par communion de lutte contre l'imp&#233;rialisme ; l'int&#233;r&#234;t, le calcul n'y est peut-&#234;tre pas totalement absent. Ils pourraient escompter des avantages politiques &#224; plus ou moins long terme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La proclamation de l'ind&#233;pendance du Viet Minh, la guerre de lib&#233;ration qui se d&#233;roule au Tonkin, la r&#233;sistance de l'Indon&#233;sie, les &#233;v&#233;nements de Madagascar, le revirement anglo-saxon en faveur de l'ind&#233;pendance libanaise et syrienne, autant de faits qui illustrent la puissance du ph&#233;nom&#232;ne anti-colonial. (&#8230;) Cette force &#171; &#233;mancipatrice &#187; est vitale du point de vue strictement militaire, par la dispersion de la puissance et des efforts du colonialisme et l'affaiblissement de son potentiel &#233;conomique. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nul doute que la r&#233;sistance du Maghreb sensibilisera les musulmans au plus haut point. L'Islam est un facteur mobilisateur sur le plan moral et affectif. Il peut et doit apporter une contribution d&#233;cisive dans la lutte de lib&#233;ration des peuples coloniaux. Aucun &#233;l&#233;ment constitutif de cette force vitale ne doit &#234;tre n&#233;glig&#233;, pour user et d&#233;truire la force vitale du colonialisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis quelques mois, la guerre froide s&#233;vit. L'Alg&#233;rie, le Maghreb, est dans la zone d'influence occidentale. Jamais les USA ne permettront qu'il passe du c&#244;t&#233; de l'Est. Gardons-nous d'apriorismes id&#233;ologiques et de slogans sentimentaux cr&#233;&#233;s en dehors de l'espace et du temps. L'efficience r&#233;volutionnaire commande le s&#233;reux et la prudence dans le verbe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport, r&#233;dig&#233; en 1948 par A&#239;t Ahmed et Ben Bella, dirigeants de l'OS, et adopt&#233; par Messali Hadj et le PPA, avant d'&#234;tre appliqu&#233; comme strat&#233;gie par le FLN, issu de l'OS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moyen Orient&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Iran&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Iran, d&#232;s 1944, ce sont les ouvriers qui ont donn&#233; le coup d'envoi de la lutte. D&#233;but 1944, c'est le soul&#232;vement des ouvriers d'Ispahan qui donnent l &#8216;assaut aux r&#233;serves de grains des propri&#233;taires, mouvement suivi de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans toute la ville. Mais, c'est le 14 juillet 1946 que d&#233;bute un grand mouvement des travailleurs d'Iran. La gr&#232;ve &#233;clate dans le Khouzestan, fief de l'imp&#233;rialisme britannique. Partie des travailleurs du p&#233;trole sur des revendications &#233;conomiques, elle concerne vite jusqu'&#224; 60 000 travailleurs et dure quatre jours pendant lesquels ont lieu de combats de rue. Contre les travailleurs il y aura non seulement toutes les forces coloniales et bourgeoises, l'arm&#233;e qui fait 46 morts, mais m&#234;me le parti communiste Toudeh qui cherche &#224; entreprendre une m&#233;diation pour arr&#234;ter la lutte. La centrale syndicale comme le Toudeh font tout pour que la gr&#232;ve ne s'&#233;tende pas et, en guise de remerciements, le Toudeh obtient trois postes de ministres en ao&#251;t. Ils seront renvoy&#233;s en octobre d&#232;s que la bourgeoisie aura repris des forces. Le pouvoir lance alors une attaque contre les travailleurs, licencie partout les syndicalistes, les arr&#234;te et les d&#233;porte par centaines. Le parti communiste Toudeh tout au long avait suivi la politique de Staline qui d&#233;fendait ses propres relations et ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques face &#224; la bourgeoisie iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Toudeh avait profit&#233; de l'occupation militaire russe pour constituer un gouvernement autonome en Azerba&#239;djan et au Kurdistan mais en 1946 la politique d'alliance avec les imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain est plus importante pour Staline et il les abandonne en retirant ses troupes d'Iran en 1946. Les int&#233;r&#234;ts diplomatiques du Kremlin ne co&#239;ncident pas avec les int&#233;r&#234;ts nationaux des partis communistes et encore moins avec l'int&#233;r&#234;t des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des troubles politiques et sociaux ont agit&#233; l'Egypte, la Palestine, la Transjordanie, la Syrie, l'Irak et le Liban. Si l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain ont accept&#233; de donner un Etat au peuple juif de Palestine c'est uniquement parce qu'ils se sentaient menac&#233;s par la r&#233;volte des peuples arabes &#224; cette &#233;poque. Ces pays ont connu des journ&#233;es populaires insurrectionnelles ont obtenu rapidement leur ind&#233;pendance mais gr&#226;ce &#224; l'Etat d'Isra&#235;l d'un c&#244;t&#233; et aux dirigeants nationalistes bourgeois de l'autre, ils sont parvenus &#224; polariser la r&#233;volte des peuples et des classes ouvri&#232;res sur la lutte contre Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Liban-Syrie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#232;s 1943, que la &#171; France libre &#187; de De Gaulle obtient des engagement des Anglais en Syrie et au Liban. Ceux-ci sont reconnus parties de l'Empire fran&#231;ais le 25 juillet 1941 : &#171; l'Angleterre s'engage &#224; respecter la position de la France en Syrie et au Liban. &#187; (accord De Gaulle-Litteleton)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;t&#233; 1943, les &#233;lections donnent la victoire aux nationalistes arabes et le gouvernement libanais officialise la reconnaissance de la langue arabe comme seule langue nationale, du drapeau libanais et d'une nouvelle constitution. Le D&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais au Liban, Jean Heleu, suspend la Constitution et fait arr&#234;ter le pr&#233;sident de la R&#233;publique libanaise, Bechara el Khoury et plusieurs ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation devient imm&#233;diatement insurrectionnelle en Syrie-Liban et la France n'a nullement les forces pour s'imposer. Des &#233;meutes &#233;clatent &#224; Tripoli, Sa&#239;da et Beyrouth, faisant des morts et des bless&#233;s. Le 21 novembre 1943, De Gaulle &#233;tait contraint de r&#233;tablir le gouvernement libanais dans ses fonctions et de renoncer &#224; sa tutelle. D&#232;s qu'il le pourrait, De Gaulle, qui avait maintenu les troupes fran&#231;aises sur place pour &#171; maintenir l'ordre &#187;, allait renier cette parole et obtenir pour cela le soutien des partis socialiste et communiste fran&#231;ais ! Le 6 octobre 1944, le ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Bidault, avec le soutien de la gauche et de la droite du gouvernement d'union nationale de De Gaulle, repoussait les revendications des gouvernements syriens et libanais d'un d&#233;part des troupes fran&#231;aises. Le 6 mai 1945, un nouveau contingent de l'arm&#233;e fran&#231;aise compos&#233; de &#171; S&#233;n&#233;galais &#187; d&#233;barquait en Syrie. Le 8 mai, le jour de la reddition allemande, en pleine insurrection alg&#233;rienne, avait lieu le coup de force de l'arm&#233;e fran&#231;aise en Syrie et au Liban. Le m&#234;me jour, &#224; Alep, Homs, Hama et Damas (Syrie), des insurg&#233;s s'attaquaient aux garnisons fran&#231;aises (23.000 soldats). En pleine &#171; n&#233;gociations &#187; avec les autorit&#233;s syrienne et libanaise, les renforts militaires continuaient d'arriver, susciter de nouvelles r&#233;voltes. Les &#233;meutes &#233;taient durement r&#233;prim&#233;es. Le 26, les forces fran&#231;aises canonnaient Homs et Hama, bombardaient Damas le 29, faisant 480 morts. Le PCF condamnait les &#233;meutes syro-libanaises, les attribuant &#171; &#224; des doriotistes &#187;. L'Humanit&#233; du 30 mai 1945 &#233;crit : &#171; Ces d&#233;sordres ont &#233;t&#233; organis&#233;s par des agents doriotistes du PPF en Syrie qui ne cherchent qu'&#224; nuire &#224; l'entente des peuples de France, de Syrie et du Liban. &#187; L'Humanit&#233; du 31 mai &#233;crivait : &#171; Des &#233;l&#233;ments doriotistes, agissant dans divers milieux et de divers c&#244;t&#233;s, ont jou&#233; un r&#244;le particuli&#232;rement important dans ces regrettables &#233;v&#233;nements. &#187; Les troupes sp&#233;ciales de la France en Syrie-Liban, recrut&#233;es sur place, s'av&#233;raient tr&#232;s peu sures et commen&#231;aient &#224; se mutiner et la poursuite de l'insurrection contraignaient la France &#224; les r&#233;troc&#233;der aux gouvernements syrien et libanais. Finalement incapable de se maintenir dans ces deux ex-protectorats, la France signait un accord avec l'Angleterre fin d&#233;cembre 1945 : le partage des colonies &#233;tait d&#233;cid&#233;, la France ne se maintenant qu'au Liban. En protestation contre ce partage de brigands, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait d&#233;clench&#233;e &#224; Beyrouth et &#224; Damas en janvier 1946. Devant l'explosion de la r&#233;volte populaire et ouvri&#232;re, France et Angleterre d&#233;cidaient tous deux d'&#233;vacuer le Levant : le 30 juin pour l'Angleterre et le 31 ao&#251;t pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA SYRIE ET LE LIBAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Toute cette affaire sent le p&#233;trole&#034;, s'est exclam&#233; un journaliste bourgeois &#224; propos de l'attitude de l'Angleterre dans les &#233;v&#233;nements de Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, cette affaire sent le p&#233;trole, la concurrence mortelle entre les capitalistes pour les sources de mati&#232;res premi&#232;res et les march&#233;s, cause de guerres et d'oppression des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire de Syrie est la m&#234;me que toute la vaste tuerie qui depuis 1939 ensanglante le monde pour le repartage du globe entre forbans capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Antifasciste&#034;, &#034;cause commune des alli&#233;s&#034;, autant de mensonges. La guerre capitaliste pour le repartage du monde ne se fait pas suivant une ligne de partage entre &#034;alli&#233;s&#034; et &#034;ennemis&#034; mais, par un regroupement continuel, entre TOUTES les puissances imp&#233;rialistes suivant la loi de brigands &#034;du plus fort&#034;. L'Angleterre, qui a d&#251; c&#233;der le pas d&#233;finitivement aux Etats-Unis et dans une certaine mesure se soumettre &#224; leur contr&#244;le, s'&#233;tend au d&#233;triment de la France, puissance affaiblie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle vient d'avouer qu'un conflit aigu existait entre occupants fran&#231;ais et anglais en Syrie, m&#234;me pendant la guerre contre l'Allemagne, et pour mieux souligner l'attitude de l'Angleterre, il rappelle que la guerre contre l'Allemagne n'&#233;tait pas encore finie que d&#233;j&#224; les canons anglais tiraient sur des alli&#233;s en M&#233;diterran&#233;e (affaire de Gr&#232;ce).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi s'est-il donc tu jusqu'&#224; maintenant ? C'est parce qu'il voulait tromper le peuple et essayer de lui faire croire qu'en prenant parti pour les alli&#233;s il prenait parti pour le &#034;droit&#034;, et qu'en compagnie des alli&#233;s il retrouverait la possibilit&#233; d'une vie meilleure. C'est dans ce sens que, depuis le 18 juin 1940, De Gaulle n'a cess&#233; de parler de la &#034;grandeur&#034; de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s 1940 nous avons averti les travailleurs sur la v&#233;ritable position de la bourgeoisie fran&#231;aise, affaiblie par les conflits imp&#233;rialistes sans merci : &#034;le r&#244;le r&#233;actionnaire et anti-national de la bourgeoisie, compl&#232;tement d&#233;voil&#233; par la guerre, s'exprime actuellement (novembre 1940) sans &#233;quivoque dans l'action de ses deux sauveurs : P&#233;tain et De Gaulle. Par l'un, elle se jette dans l'&#233;treinte mortelle de Hitler, par l'autre elle lutte pour la revanche, pour un nouveau Versailles dict&#233; par l'imp&#233;rialisme anglais. Mais dans un cas comme dans l'autre, son r&#244;le ne peut plus &#234;tre que celui d'ex&#233;cutant docile. Plus que jamais la domination de la bourgeoisie signifie pour la France bassesse et servilit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a d&#233;finitivement rejet&#233; la France capitaliste au r&#244;le d'une puissance de seconde zone. La &#034;grandeur&#034; dont parle De Gaulle n'est que de la poudre aux yeux. A l'aide de cette tromperie il sacrifie le plus clair de la force du pays &#224; une politique de pillage des peuples plus faibles en faveur des capitalistes fran&#231;ais Mais dans cette voie il rencontre des rivaux et des concurrents plus puissants, dont le but est &#233;galement d'an&#233;antir les plus faibles. Cette caverne de voleurs s'appelle &#034;politique internationale&#034;. Dans cette voie, les capitalistes fran&#231;ais ont provoqu&#233; la ruine du pays et le m&#232;nent &#224; de nouvelles souffrances et humiliations.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs proclamations hypocrites sur une NOUVELLE politique d'entente avec les peuples coloniaux, les actes de la bourgeoisie fran&#231;aise aboutissent infailliblement &#224; la destruction, par le fer et par le feu, des indig&#232;nes, comme en Afrique et en Syrie. Au lieu de donner &#034;un nouvel &#233;clat &#224; la France dans le monde&#034;, la bourgeoisie suscite contre elle une haine &#233;gale &#224; celle que la bourgeoisie allemande a attir&#233; sur le peuple allemand...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuation de la domination de la bourgeoisie fran&#231;aise exclut toute collaboration pacifique de la France avec d'autres peuples, avant tout avec les peuples exploit&#233;s et opprim&#233;s EN SON NOM. Car &#224; l'heure o&#249; les peuples arabes, et de toutes les colonies en g&#233;n&#233;ral, ont commenc&#233; la lutte pour secouer le joug imp&#233;rialiste, la bourgeoisie fran&#231;aise en est devenue la premi&#232;re &#034;victime&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette collaboration absolument vitale au point de vue &#233;conomique au peuple fran&#231;ais n'est plus possible que si &#224; la t&#234;te du pays arrive une classe nouvelle qui, par son pass&#233; politique, ses int&#233;r&#234;ts et son id&#233;ologie, soit la n&#233;gation m&#234;me du pass&#233;, des crimes, des int&#233;r&#234;ts et de la morale imp&#233;rialistes de la bourgeoisie : LE PROLETARIAT FRANCAIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re ferait s'&#233;crouler non seulement tout le syst&#232;me de pourriture et d'oppression capitaliste &#233;rig&#233; par la bourgeoisie en France, mais aussi porterait un coup mortel au pillage &#233;conomique dans le monde entier, PAR LE SOUTIEN DU DROIT DE TOUS LES PEUPLES A DISPOSER D'EUX-MEMES (reconnaissance &#034;sans condition&#034; de leur ind&#233;pendance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement ainsi que bas&#233;e sur l'&#233;change &#233;conomique librement consenti, la collaboration entre le peuple fran&#231;ais et les autres pays, avant tout les peuples coloniaux, prendrait un caract&#232;re pacifique et fraternel et permettrait un nouvel essor &#233;conomique. Hors de cette collaboration socialiste, le peuple fran&#231;ais marche sur les traces de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat peut donner &#224; la France &#034;un nouvel &#233;clat dans le monde&#034; en contribuant d'une fa&#231;on r&#233;solue &#224; l'&#233;tablissement des Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE DE CLASSES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/06/ldc48_061145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/06/ldc48_061145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944</title>
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		<dc:date>2025-04-15T22:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944 &lt;br class='autobr' /&gt;
VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les travailleurs grecs d'agir pr&#233;cis&#233;ment sous son commandement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les troupes du g&#233;n&#233;ral anglais Scobie et les troupes s&#233;lectionn&#233;es du gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; Papandr&#233;ou qui mitraillent, bombardent, ex&#233;cutent les travailleurs hell&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces faits d'une brutalit&#233; sans fard, les chefs ouvriers (les bureaucrates qui font carri&#232;re au nom des ouvriers) nous disent &#224; peu pr&#232;s ceci : &#034;Nos amis&#034; (Huma du 7/12) les Anglais et le gouvernement &#233;migr&#233; de Papandr&#233;ou les mitraillent et ne veulent pas s'appuyer sur le peuple ; cependant l'action de l'ELAS et de l'EAM n'a pas d'autre but que de former un gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; (c'est-&#224;-dire en union avec le m&#234;me Papandr&#233;ou et pro-alli&#233;) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude odieuse de ces pr&#233;tendus &#034;chefs&#034; sera accueillie avec m&#233;pris par les travailleurs qui ont appris quelque chose de l'exp&#233;rience d'avant-guerre et notamment de la d&#233;faite de l'Espagne rouge, vendue par les &#034;d&#233;mocrates&#034; du camp r&#233;publicain et assassin&#233;e avec la complicit&#233; de Paris et de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les &#233;v&#233;nements d'Espagne d&#233;cidaient de notre propre sort en France, les &#233;v&#233;nements de Belgique et de Gr&#232;ce nous donnent l'avertissement : &#034;c'est de toi qu'il s'agit dans cette histoire&#034;. Car tandis que Churchill, ce pionnier de l'anti-communisme d&#232;s 1919, d&#233;clare cyniquement aux Communes : &#034;Je persisterai&#034; (dans l'&#233;crasement des travailleurs grecs), les chefs social-patriotes staliniens et &#034;socialistes&#034; nous disent : ce qui se passe en Belgique et en Gr&#232;ce doit &#234;tre &#233;vit&#233; en France. Notre union nous sauvera. En France plus que jamais union !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise politique profonde qui ronge les pays d'Europe &#233;puis&#233;s par cinq ann&#233;es de guerre et qui a men&#233; aux &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce et de Belgique, a pr&#233;cis&#233;ment sa base dans cette &#034;union&#034; pr&#234;ch&#233;e par les chefs social-patriotes : union avec les Daladier de la &#034;d&#233;mocratie&#034;, union avec le camp imp&#233;rialiste alli&#233;. C'est cette union des chefs ouvriers avec De Gaulle et l'int&#233;gration de la France dans le camp imp&#233;rialiste alli&#233; qui nous pr&#233;pare pr&#233;cis&#233;ment en France des &#233;v&#233;nements semblables &#224; ceux de Gr&#232;ce et de Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, ayant &#224; peine succ&#233;d&#233; &#224; l'Etat-major allemand et aux gouvernements &#034;collaborateurs&#034; belge et grec, les alli&#233;s et les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; se sont-ils mis &#224; tirer sur le peuple ? L'Humanit&#233; du 28/11 affecte une grande surprise : &#034;c'est l&#224; une chose vraiment incroyable...&#034; Ces &#034;grands camarades&#034; et &#034;guides g&#233;niaux&#034; sont-ils donc plus na&#239;fs qu'un journaliste de province ? Bien entendu ils ne sont pas aussi b&#234;tes. S'ils affectent la surprise, c'est uniquement pour faire oublier que ce sont eux qui ont pr&#234;ch&#233; aux peuples la cause alli&#233;e et celle des gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; r&#233;fugi&#233;s &#224; Londres ou au Caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous, qui ne sommes pas de &#034;grands camarades&#034;, nous avons clairement averti les travailleurs dans &#034;Les Le&#231;ons d'Italie&#034;, le 10 octobre 1943 : &#034;Ce qui se passe dans le Sud de l'Europe depuis le 25 juillet, c'est l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent... Il doit &#234;tre maintenant clair pour tous les ouvriers que la lutte des masses, &#224; la premi&#232;re occasion favorable, pour la conqu&#234;te de la paix, du pain et de la libert&#233;, se heurtera non seulement &#224; la r&#233;sistance de l'imp&#233;rialisme allemand, mais &#233;galement &#224; l'imp&#233;rialisme alli&#233; et &#224; la bourgeoisie des diff&#233;rents pays en d&#233;pendant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la d&#233;mocratie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire les travailleurs en armes (L&#233;nine disait : une classe exploit&#233;e sans armes m&#233;rite d'&#234;tre trait&#233;e en esclave) et la domination de la bourgeoisie, de quelque &#233;tiquette qu'elle se couvre, il n'y a pas de cohabitation possible. Churchill est certainement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, bien plus il est un des chefs de la &#034;d&#233;mocratie en lutte contre le fascisme&#034;. Cependant sur la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire les travailleurs arm&#233;s pour la d&#233;fense de leurs droits, il s'exprime ainsi : &#034;la derni&#232;re chose au monde qui ait le droit de repr&#233;senter la d&#233;mocratie, c'est une foule d&#233;sordonn&#233;e, ce sont des bandes arm&#233;es d'engins meurtriers, qui pr&#233;tendent faire la loi...&#034; Papandr&#233;ou lui est non seulement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, mais aussi un &#034;socialiste&#034;. Cependant, devant les &#034;foules arm&#233;es&#034;, &#034;d&#233;mocrates&#034; et &#034;socialistes&#034; agissent de la m&#234;me fa&#231;on que les SS. La &#034;d&#233;mocratie&#034; de Churchill et le &#034;socialisme&#034; de Papandr&#233;ou ne sont que des phrases creuses qui ne peuvent pas nourrir le ventre affam&#233; des exploit&#233;s ; c'est pourquoi la possession des armes devient une question de vie et de mort pour ces derniers. C'est pourquoi aussi devant les travailleurs &#034;ne voulant plus &#234;tre trait&#233;s en esclaves&#034;, c'est-&#224;-dire en armes, TOUT &#034;DEMOCRATE&#034; SE SENT UN MUSSOLINI OU UN HITLER. Les gouvernements soi-disant d&#233;mocratiques au service de la bourgeoisie ne reculent devant rien pour briser l'&#233;lan des ouvriers, pour leur enlever les armes seule garantie de leurs droits, pour les soumettre &#224; la discipline aveugle de l'exploitation capitaliste et &#224; la discipline meurtri&#232;re de la guerre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ces v&#233;rit&#233;s fondamentales que les chefs staliniens s'&#233;vertuent &#224; cacher, car elles d&#233;masquent leur politique de trahison &#224; l'&#233;gard des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, qu'ont fait les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034; des staliniens, en Belgique et en Gr&#232;ce ? En Belgique, Pierlot dont les staliniens se sont fait les garants devant les masses en participant &#224; son premier Minist&#232;re, a men&#233; l'attaque appuy&#233; sur la &#034;d&#233;mocratie&#034; et au nom de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Les sommets d&#233;mocratiques de ce qu'on appelle la R&#233;sistance ont soutenu Pierlot et son action anti-d&#233;mocratique. La R&#233;sistance a ainsi prouv&#233; sa nature contradictoire : en bas, les masses luttant contre l'exploitation, en haut les partisans de l'imp&#233;rialisme alli&#233; faisant d&#233;vier la lutte anti-imp&#233;rialiste des masses en une lutte imp&#233;rialiste pro-alli&#233;e. Le regroupement politique de la &#034;d&#233;mocratie&#034; officielle contre les masses travailleuses s'est fait avec le m&#234;me ensemble que celui de la &#034;d&#233;mocratie&#034; du Front Populaire, de Daladier &#224; Blum, se tournant contre la classe ouvri&#232;re (1939-1940) sous pr&#233;texte de lutter contre le PC. En Gr&#232;ce m&#234;me regroupement des forces : tandis que toute la politique des staliniens consiste &#224; vouloir contraindre Papandr&#233;ou &#224; maintenir &#034;l'unit&#233; d&#233;mocratique&#034;, TOUTE LA &#034;DEMOCRATIE&#034; OFFICIELLE EST DU COTE DE LA REPRESSION, du c&#244;t&#233; gouvernemental, qui utilise les bandes fascistes arm&#233;es sous l'occupation allemande, et le g&#233;n&#233;ral Zervas, g&#233;n&#233;ral de la R&#233;sistance, commande ses troupes contre les ELAS.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens ont pr&#234;ch&#233; aux ouvriers la renonciation &#224; leurs revendications qui provoquent &#8211; r&#233;p&#232;tent-ils apr&#232;s les capitalistes &#8211; le fascisme, pour sauver au moins la d&#233;mocratie. Les travailleurs ont attendu patiemment les &#034;lib&#233;rateurs&#034; pour lesquels ils ont vers&#233; leur sang, ils ont renonc&#233; &#224; lutter pour leur propre cause, pour se contenter de la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire d'un minimum de bien-&#234;tre et de libert&#233;. Quelle a &#233;t&#233; l'&#339;uvre des &#034;lib&#233;rateurs&#034; alli&#233;s et des &#034;d&#233;mocrates&#034; au pouvoir ? Comme le disait le chef stalinien Marty lui-m&#234;me, dans les territoires &#034;lib&#233;r&#233;s&#034; &#034;nulle part, rien n'a &#233;t&#233; chang&#233; dans aucun domaine&#034;. Les instruments de r&#233;pression cr&#233;&#233;s par les gouvernements soutenus par les Allemands, sont utilis&#233;s tels quels par les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; ; si en Gr&#232;ce il s'agissait d'une n&#233;cessit&#233; pressante, en France c'est par mesure de pr&#233;voyance que De Gaulle &#034;transforme les G.M.R. (troupes de r&#233;pression de Vichy) en G.R.S. &#8211; groupes r&#233;publicains de s&#233;curit&#233; (sic).&lt;br class='autobr' /&gt;
N'avions-nous pas raison d'&#233;crire (au moment du d&#233;barquement) : &#034;...les masses ont subi dans cette guerre tous les plans des imp&#233;rialistes. Toutes les cliques politiques &#224; leur service nous ont berc&#233;s tour &#224; tour de promesses. Mais les travailleurs savent ce que deviennent ces promesses chaque fois qu'ils aident un clan bourgeois contre l'autre : DE LA MITRAILLE POUR LES OPPRIMES QUI RECLAMENT LEUR DROIT A LA VIE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'attitude des staliniens en Belgique, Le Populaire du 6/12 &#233;crit : &#034;Les communistes posent comme condition de leur appui au cabinet Pierlot qu'il n'y aura pas de bloc de puissances occidentales en Europe&#034;. Nous avons ici l'explication pourquoi les staliniens, contrairement &#224; ce qu'ils ont fait en Belgique et en Gr&#232;ce, continuent &#224; participer en France &#224; un gouvernement qui ne se distingue en rien de celui d'un Pierlot ou d'un Papandr&#233;ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons cependant que De Gaulle ne complote pas contre les masses populaires : qu'il ne se fasse pas le paravent derri&#232;re lequel se pr&#233;parent les forces de r&#233;pression capitalistes, fascistes et autres ; supposons que par l'arm&#233;e et la police, il veuille seulement maintenir &#034;l'ordre&#034;. Cependant comme les 200 familles (gr&#226;ce &#224; la politique &#034;d&#233;mocrate&#034; des staliniens) n'ont pas &#233;t&#233; expropri&#233;es, la source du fascisme reste vivante ; tous les jours nous avons la preuve, entre autres par les attentats qui se multiplient, que les bandes anti-ouvri&#232;res sont &#224; l'&#339;uvre. Et le gouvernement, m&#234;me s'il n'est pas complice de cette activit&#233;, ne peut en tout cas pas la r&#233;primer car elle est dirig&#233;e par les capitalistes, ma&#238;tres de l'administration et de tous les leviers de commande &#233;conomiques. La classe ouvri&#232;re exasp&#233;r&#233;e peut d'un jour &#224; l'autre riposter &#224; ces attaques et descendre dans la rue &#8211; comme cela a &#233;t&#233; fait par l'unanimit&#233; du prol&#233;tariat le 12 f&#233;vrier 1934, &#224; la suite du 6 f&#233;vrier. Mais dans un conflit ouvert, o&#249; les masses entreraient en lutte directement par leurs propres moyens, celles-ci seraient aux yeux du g&#233;n&#233;ral De Gaulle, d&#233;fenseur de &#034;l'ordre&#034;, une &#034;foule d&#233;sordonn&#233;e&#034; (voir Churchill) contre laquelle devraient se liguer tous les repr&#233;sentants de la bourgeoisie (en premier lieu le gouvernement et l'Etat-major alli&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme britannique, appuy&#233; sur les gouvernements collaborateurs Pierlot et Papandr&#233;ou, m&#232;ne l'attaque en Belgique et en Gr&#232;ce dans le but de s'assurer, en matant toute opposition politique dans ces pays, des positions strat&#233;giques sur le Continent (&#034;bloc occidental&#034; contre l'URSS). La &#034;neutralit&#233;&#034; am&#233;ricaine n'est que la volont&#233; de Roosevelt d'intervenir comme arbitre dans le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne s'est &#233;lev&#233; effectivement contre l'action de l'imp&#233;rialisme anglais en Gr&#232;ce. Cette action il la m&#232;ne avec l'appui des chefs travaillistes, mis&#233;rables social-patriotes qui protestent platoniquement, mais assurent Churchill de leur appui inconditionn&#233; jusqu'&#224; la victoire, c'est-&#224;-dire jusqu'au triomphe de l'imp&#233;rialisme.Cependant il n'y a aucune diff&#233;rence entre l'imp&#233;rialisme anglais et l'imp&#233;rialisme allemand ; car il n'y a pas d'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; et d'imp&#233;rialisme fasciste, il n'y a que l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire la n&#233;cessit&#233; pour les quelques vieux pays capitalistes &#224; se disputer p&#233;riodiquement leurs brigandages sur le dos des peuples. La d&#233;mocratie, en Angleterre, signifie pour les travailleurs anglais le droit de d&#233;cider toutes les quelques ann&#233;es quels repr&#233;sentants bourgeois les repr&#233;senteront et opprimeront au Parlement (Marx). Mais les soldats britanniques, malgr&#233; l'&#233;tiquette d&#233;mocratique, on le voit en Gr&#232;ce, accomplissent la t&#226;che command&#233;e par l'Etat-major de la m&#234;me fa&#231;on que les soldats allemands. Est-ce qu'ils ont eu la possibilit&#233; de protester contre la t&#226;che que leur a command&#233;e Scobie ? Non. Ils sont encha&#238;n&#233;s aussi solidement que les soldats allemands au corps des officiers et &#224; l'Etat-major imp&#233;rialiste, par la discipline militaire, c'est-&#224;-dire les Cours martiales, et l'abrutissement des casernes. Ici comme partout il faut briser les cha&#238;nes id&#233;ologiques et mat&#233;rielles qui font du soldat l'esclave du corps des officiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous arrivons ainsi &#224; la diff&#233;rence essentielle qui nous s&#233;pare nous, les internationalistes, des social-patriotes. Le 19 septembre Duclos d&#233;non&#231;ait les Trotskystes comme les agents de l'imp&#233;rialisme allemand, parce qu'ils mettaient &#034;les Anglais et les Am&#233;ricains sur le m&#234;me plan que les Boches&#034; et qu'ils bl&#226;maient &#034;les patriotes s'appliquant &#224; descendre les Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions contre l'assassinat des soldats allemands encha&#238;n&#233;s &#224; leur Etat-major. Nous &#233;tions pour une action qui devait unir les travailleurs fran&#231;ais aux travailleurs-soldats allemands, pour briser pr&#233;cis&#233;ment les cha&#238;nes mat&#233;rielles et morales qui attachaient ces derniers &#224; leur Etat-major. Les staliniens &#233;taient pour la lutte sans distinction contre l'occupant, c'est-&#224;-dire pour encha&#238;ner tous ceux qui portaient l'uniforme allemand &#224; la m&#234;me n&#233;cessit&#233; de combattre en bloc le peuple fran&#231;ais Les staliniens pr&#233;coniseraient-ils aujourd'hui en Gr&#232;ce qu'on descende tout Anglais qui combat le peuple grec ? Quant &#224; nous, nous avons expos&#233; plus haut notre conception : elle est de lutter pour l'union et la fraternisation de tous les travailleurs, quel que soit leur uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui il est prouv&#233; par les faits que les Trotskystes avaient raison d'identifier les Etats-majors de tous les pays ; l'Etat-major anglais ne diff&#232;re en rien de l'Etat-major allemand dans son attitude vis-&#224;-vis des masses travailleuses. Les Trotskystes avaient raison et les chefs staliniens sont de vulgaires calomniateurs. &#034;Les trotskystes&#034;, disaient-ils, &#034;sont des agents de la Gestapo parce qu'ils sont contre les alli&#233;s&#034;. Voil&#224; qu'aujourd'hui, le chef des alli&#233;s, Churchill, fort de l'investiture &#034;d&#233;mocratique&#034; des staliniens, proclame : &#034;Les &#233;l&#233;ments de l'ELAS (dirig&#233;s par les staliniens) qui nous combattent en Gr&#232;ce sont dirig&#233;s par des Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens sont des calomniateurs sans vergogne, mais les Trotskystes ont cent fois raison quand ils accusaient et accusent les staliniens d'&#234;tre, malgr&#233; tous les coups de pied qu'ils en re&#231;oivent, les agents vulgaires et m&#233;prisables de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre la &#034;d&#233;mocratie&#034; imp&#233;rialiste et les masses travailleuses en Belgique et surtout en Gr&#232;ce, quelles qu'en soient les p&#233;rip&#233;ties imm&#233;diates, a d&#233;j&#224; une signification r&#233;volutionnaire d&#233;cisive dans la marche de la guerre civile qui, comme la guerre, est engendr&#233;e constamment par l'imp&#233;rialisme : ce conflit d&#233;chire le voile id&#233;ologique (&#034;d&#233;mocratie contre fascisme&#034;) dont se couvrent les brigands capitalistes pour entra&#238;ner les masses sur les champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de ce conflit ne se limite pas au camp &#034;d&#233;mocratique&#034; : les travailleurs allemands verront aussi que les peuples d'Europe ne sont pas &#034;anti-boches&#034;, mais anti-imp&#233;rialistes. &#034;L'anti-bochisme n'est qu'une marchandise imp&#233;rialiste alli&#233;e&#034; : les peuples d'Europe qui ont combattu ou qui combattent l'occupation imp&#233;rialiste allemande, quelles que soient les formules impos&#233;es par leurs dirigeants, ne veulent en r&#233;alit&#233; que se d&#233;barrasser de toute exploitation, de toute oppression. &#034;L'Allemagne seule&#034;, argument supr&#234;me des dirigeants allemands pour la poursuite de la guerre, appara&#238;tra d&#232;s lors aux travailleurs allemands comme une cons&#233;quence des relations imp&#233;rialistes entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les peuples montrent qu'ils veulent lutter contre le monde imp&#233;rialiste lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire gagner la libert&#233;, le pain et la paix contre tous les exploiteurs, d&#232;s lors leur union devient, d'une possibilit&#233;, un fait d&#233;j&#224; existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'activit&#233; r&#233;volutionnaire consciente, &#224; la IV&#232;me Internationale, d'utiliser ce fait pour mener &#224; la victoire socialiste. Quelle que soit notre faiblesse, les &#233;v&#233;nements travaillent pour nous. Dans la lutte d&#233;cisive contre l'exploitation barbare et la guerre imp&#233;rialiste, nous nous renforcerons (et nous nous renfor&#231;ons d&#233;j&#224;), si nous savons exprimer dans notre politique, non pas l'h&#233;sitation devant la politique des Partis officiels, mais l'intransigeance et le radicalisme des masses les plus profondes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les masses sont cent fois plus &#224; gauche que leurs dirigeants, disait L&#233;nine. Et les travailleurs de Gr&#232;ce le prouvent effectivement, car ils n'ont pas un instant h&#233;sit&#233; &#224; combattre les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034;, quand ceux-ci ont montr&#233; leur v&#233;ritable visage.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;voiler aux masses, envers et contre tous, le v&#233;ritable visage de l'imp&#233;rialisme et de ses serviteurs social-patriotes, &#234;tre avec elles jusqu'au bout dans la lutte, voil&#224; la t&#226;che des v&#233;ritables r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A eux appartient l'avenir, dussent-ils le &#034;payer&#034; des plus grands sacrifices.&lt;br class='autobr' /&gt;
En avant avec la IV&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;CAPITULATION SANS CONDITIONS&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formule qui a tant enthousiasm&#233; les dupes de la politique imp&#233;rialiste alli&#233;e, c'est aux travailleurs et paysans grecs d'en faire les premiers l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; les journaux annon&#231;aient une offensive allemande vers la Belgique, ils annon&#231;aient &#233;galement une offensive des troupes anglaises contre... la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les essais de compromis de la part des ELAS par l'acceptation de leur d&#233;sarmement, le g&#233;n&#233;ral Scobie oppose le &#034;prestige britannique&#034;, c'est-&#224;-dire la volont&#233; esclavagiste de l'Empire, et exige la &#034;capitulation sans conditions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si aucun compromis n'intervient, les ELAS poursuivront le combat, m&#234;me sans espoir...&#034; a d&#233;clar&#233; le stalinien Prophyrog&#233;nis (Le Populaire 21/12). Avec la politique des dirigeants staliniens, union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise, il n'y a non seulement aucun espoir de victoire, mais m&#234;me pas de compromis &#034;d&#233;mocratique&#034; possible pour les travailleurs grecs. Car &#224; notre &#233;poque de capitalisme pourrissant, la &#034;d&#233;mocratie&#034; bourgeoise n'est que l'&#233;touffement de la lutte des masses par des combinaisons politiciennes, jusqu'au moment o&#249; le fascisme est suffisamment fort pour &#233;tablir la dictature ouverte de la bourgeoisie. Nous l'avons vu notamment en Espagne (1931-1939) et en France (34-1939). L'union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise trahit, au nom de l'ordre bourgeois, la lutte des masses pour leurs objectifs r&#233;els (le pain, la libert&#233;, la paix) et les voue ainsi &#224; l'inertie et &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; peine les travailleurs grecs ont-ils re&#231;u une le&#231;on de plus au sujet des d&#233;mocrates, que les chefs staliniens, hier encore membres et soutiens du gouvernement Papaandr&#233;ou, ont offert leur soutien &#224; un autre &#034;grand d&#233;mocrate&#034;, cette fois-ci non plus un socialiste, mais un pope, le m&#233;tropolite Damaskinos. Et voici ce que d&#233;clare le pope d&#233;mocrate : &#034;Cette r&#233;bellion n'est pas une r&#233;volution fond&#233;e sur une id&#233;e, mais c'est un coup de force d'une minorit&#233; d'extr&#234;me-gauche pour s'emparer du pouvoir&#034; (Le Monde, 22/12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie de la victoire des travailleurs grecs est dans l'union autour des ouvriers d'usine, de toutes les petites gens et des paysans, trahis par tous les politiciens bourgeois. Ils ne doivent pas laisser leur direction actuelle &#034;converser&#034; avec Scobie, pendant que celui-ci m&#232;ne une lutte sans merci au peuple grec, mais s'adresser directement au prol&#233;tariat anglais, &#224; tous les exploit&#233;s d'Europe et du monde : au nom de la r&#233;volution prol&#233;tarienne ils obtiendront l'appui efficace de tous les peuples qui souffrent de la guerre et ploient sous la dictature bourgeoise, &#034;d&#233;mocratique&#034; ou fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers r&#233;aliseront autour d'eux l'union de tous les exploit&#233;s seulement s'ils se montrent capables de d&#233;truire l'exploitation capitaliste d&#233;fendue non seulement par les fascistes, mais aussi par les &#034;d&#233;mocrates&#034;. Dans cette voie, seule la IV&#232;me Internationale lutte pour la &#034;capitulation sans conditions&#034; du vieux monde pourri qu'aucune &#034;d&#233;mocratie&#034; ne peut plus rajeunir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les mercenaires de la police grecque ouvrirent le feu sur la manifestation tenue le dimanche 3 d&#233;cembre &#224; Ath&#232;nes pour protester contre la d&#233;cision du gouvernement de d&#233;sarmer co&#251;te que co&#251;te les partisans, la foule &#233;tait sans armes. Mais, le soir m&#234;me, un vent r&#233;volutionnaire soufflait dans les quartiers et les faubourgs prol&#233;tariens d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ; les armes, quand elles existaient, sortaient de leurs cachettes ; d'autres &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
fabriqu&#233;es avec des moyens de fortune. On a vu ainsi le lendemain, quand la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se d&#233;clencha comme un ouragan &#224; travers tout ce pays, les dockers du Pir&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
manifester &#171; arm&#233;s de simples couteaux et de b&#226;tons, de bois et de fer &#187;. La lutte s'annon&#231;ait longue, &#226;pre, incertaine, mais le peuple l'acceptait comme n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre le 3 d&#233;cembre 1944 et le 5 janvier 1945, date &#224; laquelle la r&#233;sistance cessa dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes, les masses ont d&#233;ploy&#233; une activit&#233; r&#233;volutionnaire qui restera parmi les plus beaux exemples du mouvement prol&#233;tarien. Elles ont fait face, pendant plus d'un mois, aux forces combin&#233;es de l'imp&#233;rialisme britannique et de la r&#233;action grecque, en plein hiver, sans nourriture, sans chauffage, sans lumi&#232;re, sans m&#233;dicaments et m&#234;me sans v&#234;tements et sans souliers (rapport du m&#233;decin de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis, Max Milberg).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les usines et les maisons des quartiers populaires d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e &#233;taient devenues autant de forteresses de r&#233;sistance qui ne prenait fin que lorsque les bombes des canons,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des tanks et des avions anglais les d&#233;molissaient enti&#232;rement. Les pierres des maisons d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ont servi &#224; &#233;riger les barricades qui ont tenu en &#233;chec pendant plusieurs semaines le mouvement des forces blind&#233;es britanniques. Les combattants avaient l'appui &#171; de la plupart des quartiers ouvriers d'Ath&#232;nes &#187; est oblig&#233; d'avouer le journal conservateur anglais Daily Express du 11-12-44. &#171; Les femmes traversent les rues avec les armes cach&#233;es sous leurs jupes et des grenades cach&#233;es dans leurs paniers. Les enfants apportent la nourriture &#224; leurs parents qui combattent des toits des maisons. &#187; (Ibidem.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale eut un succ&#232;s complet tant dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes que dans le reste du pays. Les ouvriers et les paysans, pendant un mois, ont consenti &#224; tous les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant la r&#233;sistance cessa en Attique, il y avait seize mille tu&#233;s et prisonniers du c&#244;t&#233; du peuple et six mille habitations ouvri&#232;res compl&#233;tement ras&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renseignements sont encore rares sur ce que fut l'activit&#233; politique et sociale des masses pendant cette p&#233;riode. Nous savons seulement que la Milice Populaire avait d&#233;sarm&#233; et remplac&#233; partout les restes des forces r&#233;actionnaires et polici&#232;res ou autres ; que des tribunaux populaires avaient remplac&#233; les juges bourgeois ; qu'&#224; Salonique, les ouvriers contr&#244;laient le ravitaillement et le logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill donnait comme consigne au commandement britannique des forces arm&#233;es occupant la Gr&#232;ce : &#171; N'h&#233;sitez pas &#224; ouvrir le feu sur tout homme arm&#233; qui, &#224; Ath&#232;nes, s'attaque &#224; l'autorit&#233; britannique ou &#224; l'autorit&#233; grecque avec laquelle nous travaillons. N'h&#233;sitez pas &#224; agir comme si vous vous trouviez dans une ville conquise o&#249; se d&#233;veloppe une r&#233;bellion locale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s de trois ans, l'&#201;pire (sauf la c&#244;te) et la majeure partie de la Mac&#233;doine-Occidentale, ainsi que des zones de la Thessalie et de la Mac&#233;doine centrale, furent le territoire de la R&#233;publique (communiste) de Konitza, tandis que le reste de la Gr&#232;ce forma un Royaume (avec toutefois des poches de r&#233;sistance communiste dans les quartiers modestes des grandes villes). Dans les zones frontali&#232;res de la R&#233;publique de Konitza, un v&#233;ritable front se mit en place, avec bombardements (y compris a&#233;riens du c&#244;t&#233; royaliste), offensives et contre-offensives, tandis qu'attentats et r&#233;pression ensanglantaient les villes. Seules les &#238;les furent &#233;pargn&#233;es. Des dizaines de villages chang&#232;rent de mains plusieurs fois et furent finalement abandonn&#233;s par leurs habitants, somm&#233;s de choisir un camp et accus&#233;s de trahison par l'autre. Le rapport de force fut tout d'abord favorable &#224; l'ELAS, du fait de la connaissance du terrain et de l'exp&#233;rience de ses 50 000 hommes. D'autre part, les troupes royalistes &#233;taient mal form&#233;es et tr&#232;s peu motiv&#233;es &#224; combattre la r&#233;sistance communiste. Les tentatives pour reprendre le contr&#244;le des r&#233;gions du Nord se sold&#232;rent par des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang des ouvriers grecs tromp&#233;s est vers&#233; &#224; flot pour les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie grecque et ceux de la bureaucratie russe. Pour le moment, le prol&#233;tariat grec n'a pas r&#233;ussi &#224; rompre avec sa bourgeoisie, &#224; se mettre sur son terrain de classe en opposition &#224; la bourgeoisie nationale et aux imp&#233;rialismes &#233;trangers. Et c'est cette situation tragique du prol&#233;tariat, se faisant massacrer pour les int&#233;r&#234;ts de son ennemi de classe, que les trotskistes fran&#231;ais repr&#233;sentent comme la R&#233;volution prol&#233;tarienne. Il montre l'exemple &#224; tous les opprim&#233;s, etc. Naturellement quand on repr&#233;sente la trag&#233;die du prol&#233;tariat grec comme la r&#233;volution, on doit aussi la consid&#233;rer comme &#034;la premi&#232;re entr&#233;e&#034; et passer sous silence &#034;la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile&#034; commenc&#233;e par le prol&#233;tariat italien en juillet 1943. Il n'y a rien de commun entre la position de classe du prol&#233;tariat italien luttant contre la guerre imp&#233;rialiste - contre les deux occupants imp&#233;rialistes, allemands et anglais, contre l'Etat capitaliste aussi bien sous sa forme fasciste que d&#233;mocratique &#8211; et la position du prol&#233;tariat grec se faisant massacrer sur le terrain de classe du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ceb/756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ceb/756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le &#171; communisme &#187; de Maurice Thorez &#224; la &#171; lib&#233;ration &#187;</title>
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		<dc:date>2024-06-20T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le &#171; communisme &#187; de Maurice Thorez &#224; la &#171; lib&#233;ration &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Tout pour la guerre&#034;, lan&#231;ait l'autre jour Thorez, et il ajoutait comme conclusion absolument n&#233;cessaire : &#034;la s&#233;curit&#233; publique doit &#234;tre assur&#233;e par les forces r&#233;guli&#232;res de police constitu&#233;es &#224; cet effet. Les gardes civiques et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, tous les groupes arm&#233;s irr&#233;guliers, ne doivent pas &#234;tre maintenus plus longtemps&#034;. C'est la condamnation par le responsable du Parti, des groupements form&#233;s sous l'occupation et qui, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_16845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/imageyui.jpg' width=&#034;343&#034; height=&#034;512&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#171; communisme &#187; de Maurice Thorez &#224; la &#171; lib&#233;ration &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout pour la guerre&#034;, lan&#231;ait l'autre jour Thorez, et il ajoutait comme conclusion absolument n&#233;cessaire : &#034;la s&#233;curit&#233; publique doit &#234;tre assur&#233;e par les forces r&#233;guli&#232;res de police constitu&#233;es &#224; cet effet. Les gardes civiques et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, tous les groupes arm&#233;s irr&#233;guliers, ne doivent pas &#234;tre maintenus plus longtemps&#034;. C'est la condamnation par le responsable du Parti, des groupements form&#233;s sous l'occupation et qui, dans l'esprit des travailleurs, devaient pr&#233;cis&#233;ment non seulement vaincre l'occupant, mais surtout, par leur structure d&#233;mocratique, &#233;manciper le peuple des vieilles puissances d'oppression qui seules ont provoqu&#233; les malheurs qui se sont abattus sur la France depuis 1939. C'est la condamnation de ces milices dont le d&#233;sarmement, il y a quelques semaines seulement, avait &#233;t&#233; qualifi&#233; par Duclos (autre &#034;grand&#034; camarade du PC) de &#034;coup de force gouvernemental&#034;. Et cette police charg&#233;e de la &#034;s&#233;curit&#233; publique&#034; c'est toujours celle qu'&#224; plusieurs reprises l'Humanit&#233; elle-m&#234;me a d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233;e comme &#233;tant compos&#233;e pour 95% d'&#233;l&#233;ments vichyssois, c'est-&#224;-dire r&#233;actionnaires et pro-fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/01/ldc43_013045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/01/ldc43_013045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement bourgeois n'est pas contraint &#224; c&#233;der par l'action directe, il m&#232;nera la m&#234;me politique que jusqu'&#224; maintenant, celle des bas salaires, de l'inflation, du march&#233; noir, de la mobilisation, des mesures anti-d&#233;mocratiques et r&#233;actionnaires ; car cette politique lui est dict&#233;e par les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie et la d&#233;composition du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au lieu d'envisager et de pr&#233;parer cette action directe, Thorez dit (l'Humanit&#233; du 8 mai) &#034;...le peuple compte sur le gouvernement provisoire &#233;clair&#233; par le suffrage universel&#034;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez et ses pareils sont rest&#233;s les d&#233;fenseurs de la politique de collaboration avec le gouvernement et d'union avec la bourgeoisie, politique de trahison des masses laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/05/ldc47_052145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/05/ldc47_052145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttes de classe en France en f&#233;vrier 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF et le colonialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3647&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez, interview du 2 f&#233;vrier 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#171; Ce (que nous d&#233;fendons dans le programme du CNR) n'est pas notre programme, ce n'est pas le programme communiste. Nous n'avons pas &#224; exiger actuellement l'application du programme communiste, car nous sommes unis dans le CNR avec d'autres partis non communistes. Nous honorons la signature que nous avons plac&#233;e au bas du programme du CNR en mars 1944.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les revendications syndicales et, en g&#233;n&#233;ral, les revendications des masses ne doivent pas &#234;tre oppos&#233;es au probl&#232;me de la production. Pour satisfaire les revendications essentielles et imm&#233;diates des travailleurs, il faut d&#233;velopper la production et r&#233;ciproquement, pour d&#233;velopper la production, ces revendications doivent &#234;tre satisfaites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Il y a un gouvernement, et il faut qu'il y ait une arm&#233;e, et une seule. Il doit y avoir une force de police, et une seule. Dans la lutte contre l'ennemi et ses agents, contre les tra&#238;tres et les saboteurs, il appartient &#224; tous les Fran&#231;ais de faire entendre leur voix, notamment via des groupes ou mouvements de r&#233;sistance, et &#224; l'usine ou au village par l'interm&#233;diaire du Mouvement patriotique. Comit&#233;s. Mais tous les groupes arm&#233;s doivent dispara&#238;tre. De m&#234;me, les Comit&#233;s de Lib&#233;ration ne doivent pas se substituer aux administrateurs et les seuls Comit&#233;s locaux doivent &#234;tre les Comit&#233;s Patriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Non, il n'y a pas eu de tournant dans notre position. Notre ligne n'a pas vari&#233; : d&#233;jouer le complot hitl&#233;rien qui visait &#224; d&#233;truire la France et gagner la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/reference/archive/thorez/1945/interview.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/reference/archive/thorez/1945/interview.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez : &#171; Ma bataille pour reconstruire la France &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle des trusts !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai pas cach&#233; aux mineurs que, malgr&#233; les mauvaises conditions actuelles, ils devaient redoubler d'efforts pour gagner la bataille du charbon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Produire ! Produisez plus ! Permettre ainsi &#224; toutes nos industries, si durement touch&#233;es, de se redresser.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Le destin de la France d&#233;pend en grande partie de l'effort des mineurs... Il s'agit de produire pour le pays afin de poursuivre le travail de lib&#233;ration contre les entreprises de la r&#233;action et du fascisme.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai fait appel &#224; l'orgueil des mineurs, &#224; leur sentiment de classe, &#224; leur patriotisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les paresseux, les ti&#232;des ne seront jamais de bons communistes, de bons r&#233;volutionnaires...&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;, dans ce paysage de maisons de mineurs, de chemin&#233;es d'usines, de terrils, de chapelets de mines, se trouvaient la masse des mineurs, des dirigeants syndicaux, des directeurs de la Soci&#233;t&#233; nationale des mines, des &#233;lus du peuple, des cadres du Parti. Avec &#233;motion j'ai retrouv&#233; les visages chers de mes fr&#232;res au combat, et j'en ai &#233;voqu&#233; d'autres, que nous ne reverrons jamais... Quelle maturit&#233; politique et sens des responsabilit&#233;s chez ces hommes qui passent la plus grande partie de leur existence dans les entrailles de la terre pour donner de la chaleur et de la lumi&#232;re aux autres !&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai rencontr&#233; mon ancien capitaine du 3e G&#233;nie, en g&#233;nie de la vie civile aux Ponts et Chauss&#233;es . Nous avions tous deux gard&#233; d'excellents souvenirs l'un de l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appel de Waziers devait &#234;tre entendu. Et pas seulement par les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, mais par les mineurs de tous les bassins. A partir de juillet 1945, on assiste &#224; une augmentation constante de la production et de la production individuelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/reference/archive/thorez/1960/post-war.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/reference/archive/thorez/1960/post-war.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Thorez 1946 : &#034;Nous allons gagner la bataille de la production&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/reference/archive/thorez/1946/production.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/reference/archive/thorez/1946/production.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconstruire les trusts et resolidifier l'exploitation du prol&#233;tariat, voil&#224; la politique de Thorez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits du discours de Maurice Thorez &#224; Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est en 1934, que nous avons propos&#233;, lanc&#233; et fait triompher l'id&#233;e du Front populaire pour la libert&#233;. (&#8230;) Nous avons propos&#233; le Front fran&#231;ais, l'union de tous les Fran&#231;ais. (&#8230;) Les deux cent familles, les trusts (&#8230;) se mirent &#224; saboter l'&#233;conomie nationale, &#224; provoquer les gr&#232;ves comme le rappelait tout &#224; l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorit&#233; pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux gr&#232;ves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorit&#233; pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (&#8230;) La v&#233;rit&#233; sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (&#8230;) En v&#233;rit&#233;, c'est un traquenard que l'on tendait &#224; l'Union sovi&#233;tique. On pr&#233;tendait engager la guerre, une guerre o&#249; la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les arm&#233;es hitl&#233;riennes pourraient d&#233;ferler rapidement &#224; travers toute l'Union sovi&#233;tique. L'Arm&#233;e rouge avait &#233;t&#233; mise dans l'impossibilit&#233; de pr&#233;parer sa mobilisation, l'Arm&#233;e rouge &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de faire face &#224; l'agression. (&#8230;) De Londres, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle lan&#231;ait son appel, organisait les &#171; Forces fran&#231;aises libres &#187;. Nous menions la bataille de la R&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur de notre pays (&#8230;) Aujourd'hui, chers camarades, de graves p&#233;rils nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (&#8230;) Le probl&#232;me d&#233;cisif de l'heure, c'est le probl&#232;me de la production. Vous le savez d&#233;j&#224;, chers camarades, c'est ce qui m'a amen&#233; &#224; Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoy&#233; vous parler, &#224; vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (&#8230;) Je voudrais &#233;tablir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'&#233;tait &#233;lev&#233;e &#224; 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-&#224;-dire 80% de la production. (&#8230;) Il est vrai qu'il s'est produit un fl&#233;chissement &#224; partir d'avril, fl&#233;chissement dans la production et fl&#233;chissement dans le rendement. Il y a diverses causes &#224; cela : ravitaillement d&#233;fectueux, manque de v&#234;tements, et en raison d'un m&#233;contentement plus ou moins justifi&#233; contre l'insuffisance de l'&#233;puration. Il y a aussi des gr&#232;ves, tr&#232;s peu justifi&#233;es. (&#8230;) Tout cela entra&#238;ne, dans un m&#233;tier comme le m&#233;tier de mineur, une certaine d&#233;sorganisation. (&#8230;) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (&#8230;) Le prix &#224; la t&#226;che. On a accord&#233; la possibilit&#233; d'une majoration qui peut aller jusqu'&#224; 60% (&#8230;) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fix&#233;es. (&#8230;) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la m&#233;tallurgie qui viennent de renoncer &#224; leurs vacances pay&#233;es pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les m&#234;mes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant &#233;lectrique dans le jour, avaient demand&#233; et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans suppl&#233;ment de salaire pour pouvoir produire pour vous. (&#8230;) A propos de la coupe &#224; terre, pourquoi ne pas g&#233;n&#233;raliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisi&#232;me au remblai ? (&#8230;) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une fa&#231;on tr&#232;s favorable les d&#233;cisions des ing&#233;nieurs. Je pense qu'en d&#233;finitive la d&#233;cision reste &#224; l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur, autrement il n'y a pas d'autorit&#233; possible, d'exploitation possible. (&#8230;) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent &#224; l'effort insuffisant des mineurs eux-m&#234;mes, &#224; votre effort &#224; vous. (&#8230;) Il y a des causes de m&#233;contentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le d&#233;velopper et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur &#233;pur&#233; des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la gr&#232;ve ? Non. Martel a eu raison tout &#224; l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas c&#233;d&#233; au courant public de d&#233;magogie et de vaine popularit&#233;. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficult&#233;s, nous sommes faits pour surmonter les difficult&#233;s et nous les surmonterons. (&#8230;) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui pr&#233;tendent ne pas forcer &#224; la production, ne pas pousser &#224; la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix &#224; la t&#226;che. (&#8230;) Ils ne veulent pas para&#238;tre pour des macas. (&#8230;) Les macas, chers camarades, c'&#233;taient ceux qui for&#231;aient &#224; la production pour le profit du patron au d&#233;triment de leurs fr&#232;res, les ouvriers mineurs. (&#8230;) Il y a des camarades qui disent : &#171; Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. &#187; C'est une erreur, chers camarades. (&#8230;) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'int&#233;r&#234;t du pays, et c'est dans votre propre int&#233;r&#234;t. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de pr&#233;textes, &#224; ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout &#224; fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (&#8230;) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le go&#251;t de son m&#233;tier sait tr&#232;s bien que tant d'absences entra&#238;nent une d&#233;sorganisation compl&#232;te du travail. Les camarades pr&#233;sents sont les premiers &#224; en souffrir. L'absence est justifi&#233;e ou n'est pas justifi&#233;e. Au lieu de produire, on d&#233;sorganise la production, on fait tort &#224; ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une &#233;gratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journ&#233;e de malade. (&#8230;) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journ&#233;e de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la m&#234;me question s'est pos&#233;e pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficult&#233;s alimentaires. Le syndicat a r&#233;uni les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours et leur a dit : &#171; Epluchez les billets de malade et discutez avec les m&#233;decins &#187; et on leur a dit : &#171; Ces m&#233;decins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces m&#233;decins, ils donnent facilement les billets. (&#8230;) Ils poussent &#224; la d&#233;sorganisation. &#187; Il va y avoir des &#233;lections &#224; la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient pos&#233;es largement, et dire aux d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours que vous allez &#233;lire : &#171; Il faut &#234;tre intransigeant ; c'en est fini avec de telles m&#233;thodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement &#224; la paresse. &#187; Voici un autre cas. On m'a signal&#233; l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demand&#233; de partir &#224; six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (&#8230;) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilit&#233;, au nom du Comit&#233; central, au nom des d&#233;cisions du Congr&#232;s du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre gr&#232;ve, surtout lorsqu'elle &#233;clate comme la semaine derni&#232;re, aux mines de B&#233;thune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a r&#233;int&#233;gr&#233; deux, en les r&#233;trogradant d'ailleurs. (&#8230;) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les d&#233;cisions de notre propre syndicat (&#8230;) nous allons &#224; l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvri&#232;re et contre la R&#233;publique. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils d&#233;clenchent la gr&#232;ve au n&#176;2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une p&#233;riode o&#249; le pays a besoin de la moindre gaillette, &#224; l'heure o&#249; nous fermons des usines, &#224; l'heure o&#249;, dans la r&#233;gion parisienne, on arr&#234;te des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arr&#234;te les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait gr&#232;ve parce que le nez du porion ne revient pas au d&#233;l&#233;gu&#233;. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute tr&#232;s grave contre le syndicat et l'int&#233;r&#234;t des mineurs. Des sanctions ont &#233;t&#233; prises, peut-&#234;tre pas dans les formes o&#249; elles devaient l'&#234;tre contre le d&#233;l&#233;gu&#233; mineur et son suppl&#233;ant qui avaient couru les autres puits pour d&#233;clencher la gr&#232;ve. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient expos&#233;s &#224; de telles sanctions. Et, sous pr&#233;texte que l'on a sanctionn&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233; mineur, on recommence la gr&#232;ve jusqu'&#224; jeudi soir et on a eu de la peine hier &#224; faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapport&#233; la sanction prise par le commissaire r&#233;gional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (&#8230;) Chers camarades, alors on veut &#224; chaque fois faire la gr&#232;ve pour &#233;purer ou pour soutenir. On pourrait au fond en d&#233;finir le seul but : faire gr&#232;ve, pourvu qu'on ait un pr&#233;texte. (&#8230;) L'autre jour, on m'a parl&#233; d'une gr&#232;ve possible des m&#233;caniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la m&#233;canique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilit&#233; et on trouve chez les m&#233;caniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, l&#224; encore, pas par la gr&#232;ve. (&#8230;) Je voudrais que ce que nous pensons au Comit&#233; central puisse passer dans la t&#234;te,dans le c&#339;ur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus &#233;lev&#233;e de votre devoir de classe, de votre devoir de Fran&#231;ais. (&#8230;) La grande t&#226;che des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de B&#233;thune, il faut aller &#224; B&#233;thune, il faut r&#233;unir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les d&#233;l&#233;gu&#233;s mineurs &#224; reconna&#238;tre qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (&#8230;) Nous exigerons de chaque camarade le respect des d&#233;cisions du 10e Congr&#232;s du Parti et le 10e Congr&#232;s du Parti a dit : &#171; Il faut produire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PCF s'est align&#233; derri&#232;re les puissances imp&#233;rialistes soi-disant antifascistes et derri&#232;re un g&#233;n&#233;ral r&#233;actionnaire, pro-fasciste m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison de 1936 : un des &#233;l&#233;ments du pass&#233; anti-ouvrier de Thorez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1248&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1248&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges de la &#171; lib&#233;ration &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5810&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5810&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve357&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve357&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la seconde guerre mondiale, le stalinisme a sauv&#233; le capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article100&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article100&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le monde capitaliste occidental sauv&#233; du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire par Staline</title>
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		<dc:date>2024-01-27T23:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le monde occidental (des dirigeants politiques aux media et aux intellectuels) a accueilli Staline comme un sauveur, non pas pour le prot&#233;ger du nazisme mais pour le d&#233;barrasser des v&#233;ritables communistes r&#233;volutionnaires &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde occidental (traduisez l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain et ses alli&#233;s) a &#233;t&#233; le premier &#224; essayer de faire croire que le stalinisme a fait la guerre mondiale pour sauver le monde du fascisme et qu'il s'est alli&#233; aux USA, &#224; l'empire britannique et au Canada dans ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde occidental (des dirigeants politiques aux media et aux intellectuels) a accueilli Staline comme un sauveur, non pas pour le prot&#233;ger du nazisme mais pour le d&#233;barrasser des v&#233;ritables communistes r&#233;volutionnaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le monde occidental (traduisez l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain et ses alli&#233;s) a &#233;t&#233; le premier &#224; essayer de faire croire que le stalinisme a fait la guerre mondiale pour sauver le monde du fascisme et qu'il s'est alli&#233; aux USA, &#224; l'empire britannique et au Canada dans ce but. C'est le gros mensonge sur lequel s'est fond&#233;e l'apr&#232;s-deuxi&#232;me guerre mondiale et il n'en est pas sorti m&#234;me apr&#232;s avoir lanc&#233; la guerre froide. Le mensonge de Yalta couvrait le fait que la Russie s'&#233;tait alli&#233;e d'abord &#224; Hitler, qu'elle avait pactis&#233; compl&#232;tement avec lui en Pologne, et surtout qu'en politique int&#233;rieure le stalinisme ne valait pas plus cher que le fascisme&#8230; Mais, surtout, il se fondait sur l'id&#233;e la plus mensong&#232;re : que le stalinisme t&#226;chait de construire le socialisme dans le monde ! Les partis staliniens sont sortis de la guerre mondiale plus forts que jamais et cela aussi int&#233;ressait les dirigeants capitalistes, m&#234;me s'ils ne pouvaient pas avouer pourquoi : le stalinisme les sauvait du&#8230; communisme r&#233;el, du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire plus dangereux que jamais &#224; l'apr&#232;s-guerre, quand tous les crimes capitalistes de la guerre risquaient de se payer ! En fait, le monde capitaliste n'a jamais cru que le stalinisme voulait construire le socialisme et, au contraire, c'est parce que les dirigeants capitalistes ont compris sa nature aussi violemment contre-r&#233;volutionnaire que l'imp&#233;rialisme qu'ils ont pactis&#233; sans r&#233;serve avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable que les bourgeoisies occidentales n'ont utilis&#233; d'aucune mani&#232;re les accusations document&#233;es de Trotsky contre la Russie de Staline et pas m&#234;me relev&#233; l'accusation de Trotsky selon laquelle Staline a assassin&#233; L&#233;nine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/archives/article/1948/05/24/staline-a-t-il-precipite-la-mort-de-lenine_1901780_1819218.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/archives/article/1948/05/24/staline-a-t-il-precipite-la-mort-de-lenine_1901780_1819218.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on va le constater : la th&#232;se de la bourgeoisie occidentale sur Staline colle tout &#224; fait &#224; celle de Staline lui-m&#234;me puisqu'elle soutient les grossi&#232;res contre-v&#233;rit&#233;s suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Staline serait le digne successeur de L&#233;nine dont il reprendrait fid&#232;lement la politique et les m&#233;thodes, au plan national comme international&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) En particulier, la dictature du parti unique, l'&#233;crasement des minorit&#233;s au sein du parti, la dictature personnelle du chef supr&#234;me, l'&#233;crasement des nationalit&#233;s, le bureaucratisme, le &#171; socialisme dans un seul pays &#187;, les ententes dans la guerre avec les puissances imp&#233;rialistes et notamment avec l'Allemagne nazie, la situation des travailleurs de Russie, le goulag seraient le produit des d&#233;cisions, des perspectives d&#233;fendues par L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Les proc&#232;s de Moscou d&#233;montreraient que les anciens dirigeants de la r&#233;volution d'Octobre seraient presque tous des supp&#244;ts du fascisme, de l'imp&#233;rialisme, des traitres, des assassassins et des espions employant des m&#233;thodes terroristes et l'auraient eux-m&#234;mes reconnu lors des proc&#232;s de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Le combat de Trotsky n'aurait vis&#233; qu'&#224; remplacer la personne de Staline, par pure ambition personnelle et pour mener exactement la m&#234;me politique, sinon pire vis-&#224;-vis de la d&#233;mocratie et&#8230; des d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Les assassinats de masse de Staline ont &#233;t&#233; sciemment occult&#233;s dans les pays occidentaux. Les r&#233;voltes en Russie, notamment celles du goulag ont &#233;t&#233; cach&#233;es en occident. L'existence m&#234;me du goulag &#233;tait cach&#233;e ou jamais cit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Les d&#233;nonciations port&#233;es par les r&#233;volutionnaires comme Trotsky et Victor Serge ont &#233;t&#233; sciemment &#233;touff&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Les assassinats de militants trotskystes par les staliniens dans les pays occidentaux et dans le reste du monde ont &#233;t&#233; occult&#233;s, couverts, ni&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela &#233;tait faux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3446&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3446&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2018&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2018&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve114&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7137&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3415&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3415&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6768&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6768&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Voici comment les bourgeoisies occidentales ont fait l'&#233;loge de Staline qui &#233;tait parvenu &#224; tuer les bolcheviks et le bolchevisme alors que, par ses propres moyens, l'imp&#233;rialisme n'y &#233;tait pas parvenu&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, le jugement de la grande bourgeoisie est exprim&#233; ici par le Morning Post de Londres, du 20 janvier 1925 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'int&#233;r&#234;t de la civilisation Europ&#233;enne, c'est une satisfaction d'apprendre qu'enfin la victoire revient au triumvirat (Zinoviev, Kamenev, Staline), car Trotsky, avec ses qualit&#233;s diaboliques entra&#238;nant les hommes &#224; la destruction, est infiniment sup&#233;rieur &#224; la clique qui l'a remplac&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Le_monde_d%C3%A9fait_la_r%C3%A9volution_XXe_si%C3%A8/c1-BDAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=arslane+klioua+le+monde+d%C3%A9fait&amp;pg=PA3&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Le_monde_d%C3%A9fait_la_r%C3%A9volution_XXe_si%C3%A8/c1-BDAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=arslane+klioua+le+monde+d%C3%A9fait&amp;pg=PA3&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro de f&#233;vrier de la revue am&#233;ricaine de gauche &#171; The Nation &#187; de gauche, dit ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout cela met au premier plan la question suivante : qui est-ce qui repr&#233;sente la continuation du programme bolchevique en Russie, et qui am&#232;ne l'in&#233;vitable r&#233;action contre ce programme ? Le lecteur am&#233;ricain a toujours estim&#233; que L&#233;nine et Trotsky repr&#233;sentaient la m&#234;me cause ; la presse conservatrice et les hommes d'Etat de chez nous sont arriv&#233;s &#224; la m&#234;me conclusion. C'est ainsi que le &#171; Time &#187; de New York a trouv&#233; que, pour le nouvel an, le principal motif de r&#233;jouissance &#233;tait dans l'exclusion de Trotsky, prononc&#233;e par le parti communiste, affirmant tout net que &#171; l'opposition expuls&#233;e &#233;tait d'avis d'&#233;terniser les id&#233;es et le r&#233;gime qui ont s&#233;par&#233; la Russie de la civilisation occidentale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la premi&#232;re Conf&#233;rence Internationale de Gen&#232;ve o&#249; assistait une d&#233;l&#233;gation de Moscou, alors que le Thermidor stalinien se profilait d&#233;j&#224;, le repr&#233;sentant anglais, Chamberlain, le futur homme de Munich, s'&#233;criait en effet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Grande-Bretagne ne traitera pas avec l'Union Sovi&#233;tique aussi longtemps que Trotski ne sera pas fusill&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv45.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv45.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expulsion de Trotski du C.C. et du Parti russe, ainsi que plus tard sa d&#233;portation &#224; Alma Ata furent applaudies par la presse bourgeoise et les chancelleries occidentales comme un signe certain de la victoire de la fraction r&#233;actionnaire sur la fraction r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chamberlain complimenta m&#234;me les proc&#232;s de Moscou !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Winston Churchill, lui aussi, applaudissait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'ensuivit en Russie sovi&#233;tique une purge impitoyable &#8211; mais peut-&#234;tre pas inutile &#8211; des milieux politiques et militaires, ainsi qu'une s&#233;rie de proc&#232;s &#224; partir de janvier 1937, dans lesquels le procureur Vychinsky joua un r&#244;le si magistral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill, s'alliant avec Staline &#224; Yalta en 1945 et se partageant le monde avec lui et Roosevelt, affirmait : &#171; je ne crois pas me tromper en pensant du bien de Staline &#187; ou encore &#171; le diable a de bonnes r&#233;f&#233;rences &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez ! Avoir assassine le plus grand nombre de r&#233;volutionnaires et emprisonn&#233; les autres, pour Churchill, c'&#233;tait une sacr&#233;e r&#233;f&#233;rence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que Churchil se d&#233;clarait ennemi mortel de la r&#233;volution russe quand c'&#233;tait la Russie des soviets dirig&#233;e par L&#233;nine et Trotsky. Il d&#233;clarait alors que &#171; les bolcheviks sont les ennemis avou&#233;s de la civilisation mondiale existante &#187;. (discours du 3 janvier 1920)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1931 encore, il d&#233;crivait l'URSS comme une &#171; menace gigantesque pour la paix de l'Europe &#187;. &#171; Winston Churchill voit la Russie sovi&#233;tique comme une menace gigantesque pour la paix de l'Europe &#187;, &#233;crivait le &#171; New York American &#187;, 23 ao&#251;t 1931.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en est suivi presque trois ann&#233;es au cours desquelles il n'a pas r&#233;ussi &#224; offrir de commentaires substantiels sur l'Union sovi&#233;tique, une p&#233;riode pendant laquelle, cependant, il semble avoir consid&#233;rablement ajust&#233; ses points de vue. La mont&#233;e d'Hitler a bien s&#251;r &#233;t&#233; ici cruciale. En ao&#251;t 1934, le Sunday Express rapportait que Churchill avait chang&#233; d'avis &#224; l'&#233;gard de la Russie. Un article du journaliste Peter Howard avait pour titre : &#171; M. Churchill change d'avis : les croque-mitaines de Moscou sont d&#233;sormais plut&#244;t gentils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/M%C3%A9moires_de_guerre_Tome_1_1919_1941/ZsFSCwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=churchill+m%C3%A9moires+de+guerre&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/M%C3%A9moires_de_guerre_Tome_1_1919_1941/ZsFSCwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=churchill+m%C3%A9moires+de+guerre&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1930, Churchill &#233;tait parvenu &#224; la conclusion que l'URSS avait abandonn&#233; la r&#233;volution mondiale et que, agissant &#224; nouveau comme une grande puissance traditionnelle, elle partageait l'int&#233;r&#234;t de la Grande-Bretagne dans la pr&#233;servation de la paix en Europe. Cela d&#233;termina son attitude lors de la crise de Munich en 1938 et perdura jusqu'&#224; Yalta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://imperialglobalexeter-com.translate.goog/2020/09/02/i-dont-think-im-wrong-about-stalin-churchills-strategic-and-diplomatic-assumptions-at-yalta/?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://imperialglobalexeter-com.translate.goog/2020/09/02/i-dont-think-im-wrong-about-stalin-churchills-strategic-and-diplomatic-assumptions-at-yalta/?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes fran&#231;ais (dont Blum) refusaient de d&#233;noncer clairement les proc&#232;s de Moscou :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1998_num_45_2_1919&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1998_num_45_2_1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant, L&#233;on Blum devait le pouvoir &#224; l'alliance de 1936 entre socialistes et staliniens (soi-disant communistes) et le calme social (apr&#232;s la temp&#234;te des gr&#232;ves) &#224; la CGT-PCF (&#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Populaire &#187;, journal du parti socialiste de L&#233;on Blum, cite ici &#171; Le Messagero &#187; italien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'opinion italienne a suivi avec int&#233;r&#234;t le proc&#232;s du groupe Zinoviev-Kamenev, qui s'est d&#233;roul&#233; &#224; Moscou, et auquel Le Messagero consacre aujourd'hui un long article sous le titre : &#171; La mort des obs&#233;d&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en se faisant l'interpr&#232;te de la profonde piti&#233; qu'inspire l'ex&#233;cution des seize accus&#233;s condamn&#233;s &#224; la peine de mort, le journal &#233;crit que c'est le dernier acte d'une trag&#233;die entre l'utopie en conflit avec la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M. Staline, &#233;crit-il, &#233;tait dans la r&#233;alit&#233;. Ce que ses adversaires jugeaient des trahisons &#224; l'id&#233;al n'&#233;taient que des concessions, aussi in&#233;vitables que n&#233;cessaires, &#224; la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au programme abstrait de la r&#233;volution permanente du communisme, M. Staline a oppos&#233; le plan quinquennal, la cr&#233;ation d'une arm&#233;e, une &#233;conomie n'ignorant pas l'individu, une &#233;chelle de valeurs et la petite propri&#233;t&#233; ainsi qu'une politique &#233;trang&#232;re en Europe et en Asie qui reprenait la tradition nationale, et, enfin, une politique d&#233;mocratique qui interdisait les pratiques conduisant au suicide, restaurait la famille, limitait les cas de divorce et condamnait l'abandon des enfants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Messagero, tout comme L&#233;nine, son successeur Staline, dont le journal fait l'&#233;loge, connait le peuple et le comprend. Il sait lui parler et se faire entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8224018/f3.item.r=staline.zoom&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8224018/f3.item.r=staline.zoom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; anticommuniste et contre-r&#233;volutionnaire des proc&#232;s de Moscou, aucun organe de presse et aucune organisation officielle occidentale ne l'a v&#233;ritablement relat&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6243&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6243&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4693&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4693&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3160&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3160&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_15.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_15.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La presse s'indigne de la pr&#233;sence m&#234;me de Trotsky r&#233;fugi&#233; en France :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 mars 1929, &#171; Le Populaire &#187; (journal du parti socialiste) ayant &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M. Bliira a plaid&#233; pour Trotsky : il a demand&#233; qu'on l'accueillit en France, au nom des vieilles traditions. &#187;, M. E. Gascoin (Ami du Peuple du soir) r&#233;pond dans Le Figaro : &#171; La France, jusqu'ici, accueillait les victimes, mais non pas les bourreaux. &#187; Ce qui rendait, en l'esp&#232;ce, cette pr&#233;tention particuli&#232;rement r&#233;voltante, c'est qu'en signant le trait&#233; de Brest-Litovsk, Trotsky, non seulement a trahi notre pays, alli&#233; de la Russie et qui s'est en partie ruin&#233; pour elle, mais qu'en outre il a prolong&#233; la guerre et demeure ainsi directement responsable de la mort de milliers de nos soldats. Sur les boulevards de nos villes, sur les routes de nos campagnes, &#171; l'assassin e&#251;t rencontr&#233; des orphelins et des veuves qui eussent &#233;t&#233;, qui sont toujours ses victimes. Tout cela le sang sur les mains, la trahison abjecte, nos compatriotes et les meilleurs, sacrifi&#233;s &#224; l'aberration la plus folle, les injures m&#234;mes dont chaque jour le couvrent personnellement les communistes, rien n'a arr&#234;t&#233; M. Blum. Il s'agissait d'empoisonner un peu plus la France en y introduisant un ferment de corruption plus que tout autre actif, automatiquement M. Blum, l'arri&#232;re-train chaud encore du dernier coup de pied de Cachin, s'est lev&#233; et a r&#233;pondu. &#171; Pr&#233;sent &#187;. Et derri&#232;re lui c'est ici que le fait devient grave, car les r&#233;actions personnelles de &#171; l'antipatriote ne nous int&#233;ressent pas en elles-m&#234;mes derri&#232;re lui il y avait, se taisant mais complice, tout le Cartel, depuis Herriot, qui a r&#233;tabli ce foyer de pestilence qu'est l'ambassade des Soviets, jusqu'&#224; Daladier autre ventre qui, hier, d&#233;plorait ouvertement la d&#233;faite des communistes, c'est-&#224;-dire des ennemis avou&#233;s de son, pays. &#171; Soyons des d&#233;faitistes &#187;, &#233;crivait ce matin m&#234;me Maurice Thorez, dans l'Humanit&#233;. &#171; Qu'on expulse les missionnaires qui vont faisant briller partout la claire lumi&#232;re de France, qu'on accueille Trotsky, propagandiste r&#233;volutionnaire et agent de trahison, voil&#224; l'essentiel de leurs v&#339;ux, voil&#224; ce qu'ils nous imposeront demain s'ils sont nos ma&#238;tres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k295801s/texteBrut&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k295801s/texteBrut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Matin &#187; du 16 avril 1934 titre contre Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que fait, aux portes de Paris, l'homme qui a sign&#233; la trahison russe pendant la guerre et dresse, en France, la r&#233;volution contre la paix ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k578319k/f1.image.r=trotsky?rk=42918;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k578319k/f1.image.r=trotsky?rk=42918;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal Le Devoir du 17 avril 1934 rapporte l'expulsion de France de Trotsky : on verra que le journal bourgeois reprend les protestations de &#171; citoyens &#187;, qui ne sont autres que les staliniens, sur la pr&#233;sence de Trotsky en France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://collections.banq.qc.ca/jrn03/devoir/src/1934/04/17/5226335_1934-04-17.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://collections.banq.qc.ca/jrn03/devoir/src/1934/04/17/5226335_1934-04-17.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927, &#171; La Presse &#187;, journal r&#233;actionnaire, bourgeois et antis&#233;mite, prend parti pour Staline contre Trotsky, propageant les mensonges staliniens selon lesquels &#171; malgr&#233; la facilit&#233; accord&#233;e aux chefs de l'opposition (Trotsky et Zinoviev) de prednre part &#224; la discussion devant le congr&#232;s et de d&#233;fendre leur point de vue, ni Zinoviev, ni Trotsky ne daign&#232;rent le faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6027409/f3.item.r=trotsky.zoom&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6027409/f3.item.r=trotsky.zoom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 octobre 1927, ce journal violemment anticommuniste affirme que &#171; Mr Trotski, &#224; la s&#233;ance du pr&#233;sidium du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'Internationale communiste, a d&#233;clar&#233; que la discipline du parti communiste n'est pas obligatoire pour lui. &#187; !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k602698r/f3.item.r=trotsky.zoom&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k602698r/f3.item.r=trotsky.zoom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1927, &#171; Le Figaro &#187; affirme qu'&#171; il y a une parfaite impossibilit&#233; d'appliquer le socialisme int&#233;gral auquel voudrait revenir Trotsky. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constatera que Le Figaro comprend que Staline ne veut pas appliquer &#171; le socialisme int&#233;gral &#187; et que ce journal bourgeois le soutient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2953229/f3.item.r=trotsky.zoom&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2953229/f3.item.r=trotsky.zoom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Presse &#187;, torchon de la bourgeoisie d&#233;j&#224; cit&#233;, reconna&#238;t le 27 d&#233;cembre 1927 que &#171; Trotsky jouit dans les masses d'une tr&#232;s grande popularit&#233;. Dans tous les cin&#233;mas de Russie passent en ce moment des &#233;pisodes des journ&#233;es d'octobre (1917), et &#224; chaque fois que Trotsky appara&#238;t sur l'&#233;cran la salle &#233;clate en applaudissements. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k602776m/f3.item.r=trotsky.zoom&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k602776m/f3.item.r=trotsky.zoom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Le Figaro diffusera sans g&#232;ne et sans l'ombre d'une critique les mensonges &#233;normes des proc&#232;s de Moscou en 1936 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k409219n/f3.item.r=trotsky.zoom&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k409219n/f3.item.r=trotsky.zoom&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme d'extr&#234;me droite Churchill et Staline s'entendaient comme larrons en foire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/monde/royaume-uni/12-aout-1942-staline-et-churchill-faisaient-la-fete-au-kremlin_3071897.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetvinfo.fr/monde/royaume-uni/12-aout-1942-staline-et-churchill-faisaient-la-fete-au-kremlin_3071897.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Hollywood vantait le mod&#232;le stalinien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.slate.fr/story/251494/mission-a-moscou-film-hollywood-propagande-vante-merites-urss-communisme-staline&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.slate.fr/story/251494/mission-a-moscou-film-hollywood-propagande-vante-merites-urss-communisme-staline&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde occidental a soutenu la th&#232;se des proc&#232;s de moscou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1972_num_22_4_418968&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1972_num_22_4_418968&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/russe_1161-0557_2011_num_37_1_2463&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/russe_1161-0557_2011_num_37_1_2463&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse fran&#231;aise a soutenu les mensonges des proc&#232;s de Moscou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/conseils/content/les-proces-de-moscou-1936-1938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/conseils/content/les-proces-de-moscou-1936-1938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande terreur, tr&#232;s peu couverte par la presse occidentale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.retronews.fr/conflits-et-relations-internationales/long-format/2023/06/06/les-proces-de-moscou&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.retronews.fr/conflits-et-relations-internationales/long-format/2023/06/06/les-proces-de-moscou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La bataille de Stalingrad, victoire de la d&#233;mocratie contre le fascisme ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7137</link>
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		<dc:date>2023-02-03T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La bataille de Stalingrad, victoire de la d&#233;mocratie contre le fascisme ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Avant de d&#233;fendre l'Union Sovi&#233;tique contre Hitler, par la guerre, les staliniens d&#233;fendirent leurs privil&#232;ges bureaucratiques contre l'aile prol&#233;tarienne r&#233;volutionnaire &#224; l'int&#233;rieur de l'U.R.S.S. Pour d&#233;fendre leurs titres, leurs villas, leurs autos, leurs sabres &#224; poign&#233;e de diamants, les bureaucrates dirigeants n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; affaiblir dangereusement l'Union Sovi&#233;tique, en &#233;liminant les meilleurs g&#233;n&#233;raux, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La bataille de Stalingrad, victoire de la d&#233;mocratie contre le fascisme ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant de d&#233;fendre l'Union Sovi&#233;tique contre Hitler, par la guerre, les staliniens d&#233;fendirent leurs privil&#232;ges bureaucratiques contre l'aile prol&#233;tarienne r&#233;volutionnaire &#224; l'int&#233;rieur de l'U.R.S.S. Pour d&#233;fendre leurs titres, leurs villas, leurs autos, leurs sabres &#224; poign&#233;e de diamants, les bureaucrates dirigeants n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; affaiblir dangereusement l'Union Sovi&#233;tique, en &#233;liminant les meilleurs g&#233;n&#233;raux, et les trotskystes, les MEILLEURS D&#201;FENSEURS DE L'&#201;CONOMIE PLANIFI&#201;E. Affaiblissement qui conduisit, A TRAVERS LE PACTE GERMANO-SOVI&#201;TIQUE, &#224; l'invasion de 1941, et &#224; une s&#233;rie de d&#233;faites qui mirent l'U.R.S.S. jusqu'&#224; Stalingrad, &#224; deux doigts de sa perte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE DE CLASSES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc44s_030645.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc44s_030645.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille de Stalingrad est le point tournant de la deuxi&#232;me guerre mondiale et la d&#233;faite allemande est le d&#233;but d'une longue s&#233;rie. Bien des gens y ont vu une d&#233;faite du nazisme et un succ&#232;s de la d&#233;mocratie. Quelle ironie de l'Histoire ! Pr&#233;senter le stalinisme comme vainqueur d'une lutte contre la contre-r&#233;volution nazie et pour la d&#233;mocratie, il fallait le faire. D&#233;cid&#233;ment les mensonges de guerre sont aussi &#233;normes que la boucherie guerri&#232;re elle-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement, le stalinisme de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente n'&#233;tait pas un adversaire r&#233;solu du nazisme mais Staline &#233;tait un grand admirateur d'Hitler. La caste bureaucratique du Kremlin avait parfaitement pactis&#233; avec le nazisme, en particulier en Pologne. Ce n'est pas Staline qui a rompu l'alliance de l'Allemagne nazie et de la Russie stalinienne, c'est Hitler. Les dirigeants staliniens &#233;taient &#224; mille kilom&#232;tres de penser qu'Hitler pouvait les attaquer. Staline en personne avait refus&#233; de l'imaginer, m&#234;me quand ses agents l'en avertissaient. Il avait en grande partie d&#233;moli l'arm&#233;e rouge, consid&#233;rant que les plus grands g&#233;n&#233;raux &#233;taient surtout des h&#233;ritiers de l'arm&#233;e rouge de Trotsky, donc des dangers potentiels pour lui et sa caste bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la signification historique de la bataille de Stalingrad et de la victoire contre Hitler, il faut comprendre la signification de la deuxi&#232;me guerre mondiale, ses vrais buts, le sens de ses alliances. Si Staline a pu aussi ais&#233;ment remplacer l'alliance avec Hitler par celle avec l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain, ce n'est pas pour des raisons militaires mais du fait de la n&#233;cessit&#233; pour l'imp&#233;rialisme de disposer du maximum de forces contre les risques de r&#233;volution sociale mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens croient que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain &#233;tait l'adversaire direct du fascisme allemand. L&#224; encore rien de plus faux. Les trusts et les classes dirigeantes des USA et d'Angleterre ont accueilli le nazisme comme une b&#233;n&#233;diction avec aux risques de r&#233;volution sociale en Allemagne. Le choix de l'Angleterre et des USA d'entrer en guerre contre l'Allemagne n'a jamais rien eu &#224; voir avec le r&#233;gime fasciste de l'Allemagne, r&#233;gime qu'ils ont tous compl&#232;tement appuy&#233;. M&#234;me les camps de la mort nazis et le sort des juifs n'a rien &#224; voir avec les objectifs de guerre des imp&#233;rialistes anglo-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces imp&#233;rialismes aident sans condition Staline.&lt;br class='autobr' /&gt;
Winston Churchill, violent anticommuniste, &#233;crit en 1943 &#224; Staline :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon souhait le plus cher est de faire plus pour vous aider. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/stalin/works/correspondence/01/43.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/stalin/works/correspondence/01/43.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, apr&#232;s la victoire de Stalingrad, Staline &#233;crit &#224; Churchill :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Veuillez accepter mes remerciements pour les f&#233;licitations amicales pour la reddition du mar&#233;chal Paulus et la destruction des troupes ennemies encercl&#233;es &#224; Stalingrad. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'il consid&#232;re que les imp&#233;rialismes occidentaux ne sont pas pour rien dans cette victoire. Churchill parlait un peu plus haut de convois de trente navires pour envoyer armes, essence et munitions &#224; Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/stalin/works/correspondence/01/43.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/stalin/works/correspondence/01/43.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA ont envoy&#233; &#224; la Russie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	400 000 jeeps et camions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	14 000 avions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	8 000 tracteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	13 000 chars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Plus de 1,5 million de couvertures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	15 millions de paires de brodequins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	107 000 tonnes de coton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	2,7 millions de tonnes de carburant (pour les avions, les camions et les chars)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	4,5 millions de tonnes de denr&#233;es alimentaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Am&#233;ricains ont &#233;galement envoy&#233; des fusils, des munitions, des explosifs, du cuivre, de l'acier, de l'aluminium, des m&#233;dicaments, des &#233;metteurs-r&#233;cepteurs radio, des outils radar, des livres et d'autres articles encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont m&#234;me exp&#233;di&#233; en Union sovi&#233;tique toute une usine de la soci&#233;t&#233; Ford qui fabriquait des pneus pour les v&#233;hicules militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1941 &#224; 1945, les &#201;tats-Unis ont fait parvenir aux Sovi&#233;tiques des biens et des services d'une valeur totale de 11,3 milliards de dollars, l'&#233;quivalent en 2016 de 180 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://share.america.gov/fr/le-materiel-militaire-livre-par-les-etats-unis-a-lu-r-s-s-a-aide-a-vaincre-le-nazisme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://share.america.gov/fr/le-materiel-militaire-livre-par-les-etats-unis-a-lu-r-s-s-a-aide-a-vaincre-le-nazisme/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention des USA et de l'Angleterre p&#232;se par contre d'un grand poids dans la victoire militaire russe de Stalingrad qui n'est pas du coup enti&#232;rement une victoire russe. En effet, une tr&#232;s grande part des armes utilis&#233;es &#224; la fin de la bataille de Stalingrad provenait des usines anglo-am&#233;ricaines. Le peuple russe a vers&#233; son sang, convaincu non pas gr&#226;ce aux discours staliniens ni pour soutenir le r&#233;gime staliniens mais du fait des exactions extr&#234;mement violentes des troupes allemandes contre le peuple russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'aube du 22 juin 1941, Hitler lan&#231;ait 3,5 millions d'hommes, 3 500 tanks et 3 000 avions &#224; l'assaut de l'Union sovi&#233;tique. En moins d'un mois d'offensive &#233;clair, la moiti&#233; de l'Arm&#233;e rouge &#233;tait an&#233;antie ou disloqu&#233;e, et on croyait &#224; l'effondrement prochain de l'URSS...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre une sup&#233;riorit&#233; criante d'entra&#238;nement, d'&#233;quipement et de commandement, la raison de ce succ&#232;s vertigineux portait un nom : Staline. C'est lui qui &#233;tait tomb&#233; amoureux du nazisme et d'Hitler en temps que personne ! C'est lui qui, contrairement &#224; nombre de ses conseillers, s'&#233;tait persuad&#233; qu'Hitler ressentait le m&#234;me amour, et respecterait leur pacte d'alliance d'ao&#251;t 1939 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore Staline qui, par sa purge, a &#233;limin&#233; trois mar&#233;chaux, huit amiraux, 430 g&#233;n&#233;raux et les 35 000 &#224; 40 000 officiers sup&#233;rieurs russes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore Staline en personne qui a gob&#233; comme des &#339;ufs les deux lettres personnelles de Hitler qui &#171; informait &#187; son vis-&#224;-vis que les divisions allemandes n'&#233;taient l&#224; que pour se soustraire aux regards a&#233;riens anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte germano-sovi&#233;tique n'est pas qu'une aliance tactique, mais un pacte politique. Staline et Molotov manifestent ouvertement une affinit&#233; id&#233;ologique avec le Reich. Molotov n'a-t-il pas confi&#233; &#224; Rudolf Hess, le 13 novembre 1940 : &#171; L'Allemagne et l'URSS se ressemblent sur bien des points car toutes deux ont un parti et un &#201;tat de type nouveau &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette &#171; ressemblance &#187; provient essentiellement de la peur de la r&#233;volution mondiale prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky &#233;crivait en d&#233;cembre 1939 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;gime totalitaire de Hitler a surgi de la peur des classes poss&#233;dantes d'Allemagne devant une r&#233;volution socialiste. Hitler a &#233;t&#233; mandat&#233; par les poss&#233;dants pour sauver la propri&#233;t&#233; des menaces du bolchevisme, &#224; tout prix, et pour am&#233;nager une ouverture de l'Allemagne vers l'ar&#232;ne mondiale. Le r&#233;gime totalitaire de Staline a surgi de la peur de la nouvelle caste de parvenus r&#233;volutionnaires devant le peuple r&#233;volutionnaire qu'elle &#233;trangle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; N'oublions pas l'immortel discours de Molotov du 31 octobre 1939 devant le Soviet Supr&#234;me : les fauteurs de guerre fran&#231;ais et britanniques &#171; ont d&#233;clar&#233; &#224; l'Allemagne une sorte de guerre &#8220;id&#233;ologique&#8221;, qui fait penser aux guerres de religion, d'&#233;poques depuis longtemps r&#233;volues. Quoi qu'il en soit, c'est sous la banni&#232;re &#8220;id&#233;ologique&#8221; qu'a commenc&#233; [&#8230;] la guerre. On peut, soit accepter, soit rejeter l'id&#233;ologie nationale-socialiste comme tout autre syst&#232;me id&#233;ologique ; c'est une question d'opinion politique. Mais chacun devrait reconna&#238;tre qu'une id&#233;ologie ne peut se d&#233;truire par la force, ni &#234;tre &#233;limin&#233;e par la guerre. De ce fait, il est non seulement d&#233;nu&#233; de sens, mais m&#234;me criminel de mener une telle guerre dans le but de &#8220;d&#233;truire l'hitl&#233;risme&#8221;, camoufl&#233; sous le pr&#233;texte de d&#233;fense de la &#8220;d&#233;mocratie&#8221; [&#8230;] Nos relations avec l'Allemagne se sont am&#233;lior&#233;es de fa&#231;on fondamentale &#187; parce qu'elles &#171; reposent sur la base solide d'int&#233;r&#234;ts communs &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/12/lt04121939.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/12/lt04121939.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre que m&#232;ne Staline notamment &#224; Stalingrad n'est pas d'abord une guerre contre le fascisme mais, comme toute sa politique, une guerre contre la r&#233;volution sociale internationale. C'est pour cela que l'imp&#233;rialisme peut si rapidement le soutenir avec autant de moyens. C'est aussi pour cela qu'il peut lui permettre et m&#234;me lui demander d'occuper militairement la moiti&#233; de l'Europe. Comme force contre-r&#233;volutionnaire, Staline est parfaitement fiable pour les imp&#233;rialismes. M&#234;me sa phase d'alliance avec Hitler le montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres imp&#233;rialistes ont toutes &#233;t&#233; en m&#234;me temps des guerres contre la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai de la guerre de 1870 en Europe et aussi de la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calcul des imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain a &#233;t&#233; de pr&#233;senter la Russie comme le p&#244;le de la lutte antifesciste et pour le progr&#232;s dans le monde, pour d&#233;tourner les risques r&#233;volutionnaires de la fin de la guerre mondiale en livrant les forces militantes au stalinisme. Et ce calcul a &#233;t&#233; tr&#232;s payant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, la cr&#233;dibilisation du r&#233;gime stalinien par les imp&#233;rialismes occidentaux dans la victoire de Stalingrad a &#233;t&#233; jusqu'&#224; minimiser sciemment le r&#244;le dans cette victoire de l'intervention massive en armements des imp&#233;rialismes occidentaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la bataille de Stalingrad :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'est pas question de diminuer l'importance de la bataille de Stalingrad qui fut, incontestablement, le tombeau des arm&#233;es allemandes au cours de l'hiver 1942. Il faut pourtant souligner que c'est une ann&#233;e plus t&#244;t, &#224; l'entr&#233;e de l'hiver 1941, que la situation militaire a commenc&#233; &#224; se modifier c'est devant L&#233;ningrad et devant Moscou que les troupes allemandes sont arr&#234;t&#233;es &#224; l'automne de cette ann&#233;e. C'est dans les rues de Rostov et de S&#233;bastopol qu'elles ont rencontr&#233; la premi&#232;re r&#233;sistance acharn&#233;e, de maison &#224; maison, de rue &#224; rue, la lutte pied &#224; pied qui, &#224; Stalingrad, donnera aux Russes leur plus &#233;clatante victoire. C'est aussi dans cette p&#233;riode que se forment les premiers groupes de partisans, dont l'action ult&#233;rieure sera consid&#233;rable, au moins autant sur le plan moral que sur le plan strictement strat&#233;gique, ainsi que l'ont reconnu plusieurs chefs militaires allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant de la r&#233;sistance dans les cit&#233;s ouvri&#232;res, Moscou, L&#233;ningrad, Rostov, S&#233;bastopol, Henri Michel &#233;crit que &#171; des masses humaines travaill&#232;rent aux fortifications improvis&#233;es &#187;. Des correspondants de guerre aussi perm&#233;ables pourtant &#224; la propagande officielle que l'Am&#233;ricain Lesueur ont soulign&#233; la participation &#224; la d&#233;fense de d&#233;tachements, d'ouvriers arm&#233;s. Le g&#233;n&#233;ral von Blumentritt a racont&#233; comment les &#233;l&#233;ments allemands appartenant &#224; la 258&#176; division ayant r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer dans les faubourgs de Moscou y ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s par une masse humaine comprenant notamment des ouvriers arm&#233;s d'outils divers et de marteaux. Le journaliste australien Geoffroy Blunden a consacr&#233; un roman, Room on the Route, &#224; un fait confirm&#233; par de nombreux t&#233;moins : la constitution d'unit&#233;s de choc - une division de gardes du peuple - recrut&#233;es parmi le condamn&#233;s et d&#233;tenus politiques qui accept&#232;rent devant Moscou des missions de sacrifice. Schapiro, tout en constatant que la majorit&#233; de la population de Moscou, en octobre 1941, resta inerte et passive, au moins dans les premiers jours, au moment o&#249; le gouvernement avait &#233;vacue la capitale, emmenant avec lui toutes les forces de police, signale que la volont&#233; de r&#233;sister &#224; tout prix naquit dans une minorit&#233; &#171; comprenant essentiellement des jeunes gens dans les usines &#187;, une petite avant-garde ouvri&#232;re, aussi enthousiaste que celle qui avait salu&#233; le premier plan quinquennal, mais dont l'action, cette fois, se substitua &#224;, celle du parti d&#233;faillant. D&#232;s le mois d'ao&#251;t, il y a &#224; L&#233;ningrad &#8211; que Vorochilov vient d'appeler &#224; d&#233;fendre en tant que &#171; cit&#233; de la r&#233;volution d'Octobre &#187; - des milices ouvri&#232;res qui, non seulement patrouillent dans les quartiers, s'entra&#238;nent r&#233;guli&#232;rement, mais tiennent des secteurs du front. Au m&#234;me moment elles apparaissent &#224; Rostov et &#224; Moscou. C'est seulement en septembre qu'est pris officiellement le d&#233;cret pr&#233;voyant la formation militaire obligatoire de seize &#224; cinquante ans, plus d'un mois apr&#232;s que cette mesure ait &#233;t&#233; mise en pratique sans directives et, contrairement &#224; une tradition solidement &#233;tablie du r&#233;gime, sans avoir &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e par une campagne de presse et de r&#233;unions. John G. Wright souligne que c'est probablement la seule, sur une longue p&#233;riode de l'histoire de l'U.R.S.S., dont l'application n'ait pas donn&#233; l'occasion de d&#233;noncer les d&#233;fauts, ce qui renforce la th&#232;se suivant laquelle elle a correspondu &#224; une initiative spontan&#233;e, prise ind&#233;pendamment de l'appareil, qui semble avoir h&#233;sit&#233; avant de s'y r&#233;soudre et ne l'avoir sanctionn&#233;e qu'une fois le fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me processus semble s'&#234;tre d&#233;roul&#233; dans les r&#233;gions occup&#233;es par les troupes allemandes. Henri Michel &#233;crit : &#171; La d&#233;sorganisation est patente. [&#8230;] Pratiquement les populations occup&#233;es sont abandonn&#233;es &#224; elles-m&#234;mes. Des groupes se forment spontan&#233;ment, sans plan d'ensemble et sans directives. [&#8230;] Souvent l'initiative revient &#224; des sans-parti qui se d&#233;couvrent des &#226;mes de chefs &#187;. Armstrong, qui a &#233;tudi&#233; les mouvements de partisans en Ukraine, en tire la m&#234;me conclusion : les &#171; plans &#187; pr&#233;vus pour leur organisation existaient peut-&#234;tre mais n'ont pas re&#231;u un commencement d'ex&#233;cution. Les responsables du parti qui y joueront un r&#244;le seront toujours des hommes des &#233;chelons inf&#233;rieurs de l'appareil, agissant sur leur propre initiative : les membres du parti ne constitueront jamais plus de 7 % de l'effectif total des groupes. La Pravda du 16 janvier 1942 publie un compte-rendu du comit&#233; du parti d'une r&#233;gion non pr&#233;cis&#233;e, concernant les territoires reconquis sur les Allemands pendant les derni&#232;res semaines : &#171; Le comit&#233; r&#233;gional a d&#233;cid&#233; qu'il fallait avant tout rassembler les cadres des activistes et r&#233;tablir les organes du pouvoir sovi&#233;tique dans les localit&#233;s lib&#233;r&#233;es. Tous ne seront pas revenus &#224; leurs anciens postes. Parmi eux, d'autres se sont r&#233;v&#233;l&#233;s, au moment critique, avoir des &#226;mes de corrompus, de poltrons et de tra&#238;tres. [&#8230;] On a mis en avant de nouveaux cadres de bolcheviks du parti et sans-parti. &#187; L'article d&#233;montre clairement ce double ph&#233;nom&#232;ne insuffisamment mis en relief par les historiens du parti pendant la guerre : la disparition de fait du parti, m&#234;me clandestin - et non sa &#171; mise en sommeil &#187; -, pendant la conqu&#234;te allemande, la m&#233;diocre qualit&#233; des cadres de l'appareil, dont une partie a flanch&#233; sans rem&#232;de, et le souci de la direction de le reconstruire n&#233;anmoins par en haut avec la reconqu&#234;te de l'arm&#233;e rouge. A certains &#233;gards, tout se passe comme si, &#224; des degr&#233;s divers, mais partout, le parti s'&#233;tait av&#233;r&#233; n'&#234;tre, &#224; l'heure du danger, qu'une coquille vide. La r&#233;sistance r&#233;elle ne passe pas par lui, que ce soit dans les r&#233;gions menac&#233;es ou celles qui sont perdues. La Pravda du 18 janvier 1942 parle de la situation du parti &#224; Rostov : dans cette ville d'o&#249; l'arm&#233;e allemande a &#233;t&#233; chass&#233;e apr&#232;s des combats acharn&#233;s par l'arm&#233;e rouge et la population civile en armes, le parti ne compte que 5 000 membres sur une population totale de 500 000 personnes. Le 29 septembre, &#224; Moscou, Chtcherbakov, secr&#233;taire r&#233;gional et suppl&#233;ant du bureau politique, d&#233;clare devant le comit&#233; r&#233;gional qu' &#171; un certain nombre d'organisations du parti, [... ] au lieu de renforcer le travail politique de parti, l'ont affaibli. [... ] Elles ont cess&#233; de convoquer des r&#233;unions du parti, n&#233;glig&#233; l'agitation politique dans les masses &#187;. Le comit&#233; r&#233;gional votera une r&#233;solution qui fait &#171; obligation aux dirigeants du parti de la cit&#233; et de la province de venir aux r&#233;unions des ouvriers et d'y faire des rapports &#187;. D&#233;j&#224; la Pravda du 27 septembre se plaignait du manque de vigilance de certains membres du parti, qui laissaient s'exprimer en public des &#171; agents provocateurs &#187;, semant de &#171; fausses nouvelles &#187; et semant la &#171; d&#233;moralisation non seulement, dans ces premiers mois, le parti n'est pas le dirigeant de la r&#233;sistance, mais il tend &#224; s'affaiblir par rapport &#224; elle, et c'est seulement &#224; l'&#233;tape suivante, en 1942 et 1943, quand les patrons de l'appareil se seront ressaisis, qu'il profitera de l'&#233;lan populaire, &#233;largira son recrutement et contr&#244;lera effectivement, par l'interm&#233;diaire de la N.K.V.D., la majorit&#233; des groupes de partisans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_17.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_17.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que Stalingrad ait chang&#233; le cours de la Seconde Guerre mondiale, c'est peu&lt;br class='autobr' /&gt;
contestable. Que Staline en soit l'architecte, c'est en revanche tr&#232;s contestable.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il faut attribuer la victoire de Stalingrad &#224; un homme, c'est plus au mar&#233;chal&lt;br class='autobr' /&gt;
Joukov &#8212; qui en a &#233;t&#233; le principal strat&#232;ge &#8212; qu'&#224; Staline. Car pour ce qui&lt;br class='autobr' /&gt;
concerne Staline : gr&#226;ce &#224; quelles dispositions g&#233;niales, et de qui, les troupes allemandes ont-elles pu arriver jusqu'&#224; Stalingrad ? Qui a d&#233;cid&#233; que les troupes sovi&#233;tiques ne devaient pas &#234;tre mises en &#233;tat d'alerte, alors m&#234;me que l'attaque allemande &#233;tait imminente et que Staline&lt;br class='autobr' /&gt;
en avait &#233;t&#233; pr&#233;venu par une douzaine de canaux ? Qui, sinon Staline lui-m&#234;me... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n47/N_Chroniques_6_.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n47/N_Chroniques_6_.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1956, Khrouchtchev parle des &#171; cons&#233;quences d&#233;sastreuses &#187; de l'&#233;puration de 1937-1938, de la liquidation syst&#233;matique de tous les cadres sup&#233;rieurs ayant acquis une exp&#233;rience militaire sur le terrain en Espagne et en Extr&#234;me-Orient. Personne ne songe plus aujourd'hui &#224; contester que cette &#233;puration de l'arm&#233;e rouge, loin de la d&#233;barrasser de sa &#171; cinqui&#232;me colonne &#187;, avait abouti &#224;, la d&#233;capiter en la privant de ses &#233;l&#233;ments les plus capables sur le plan technique et vraisemblablement les plus d&#233;vou&#233;s sur le plan politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_17.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_17.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Khrouchtchev s'emploie &#224; d&#233;molir quand il affirme : &#171; Staline &#233;tait tr&#232;s loin de comprendre la situation r&#233;elle qui se d&#233;veloppait sur le front. C'&#233;tait naturel puisque, pendant toute la guerre patriotique, il n'a jamais visit&#233; aucun secteur du front ni aucune ville lib&#233;r&#233;e, sauf pour une br&#232;ve sortie sur la chauss&#233;e de Mojaisk pendant une p&#233;riode de stabilisation. [... ] En m&#234;me temps il se m&#234;lait des op&#233;rations et donnait des ordres qui ne tenaient pas compte de la situation r&#233;elle dans un secteur donn&#233; du front et ne pouvaient qu'aboutir &#224; de lourdes pertes en vies humaines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble pourtant que peu &#224; peu les chefs militaires les plus capables r&#233;ussissent &#224; s'imposer et &#224; imposer des conceptions plus s&#233;rieuses que celles de celui qui s'est donn&#233; le titre de &#171; commandant en chef &#187;. Au lieu des attaques frontales exig&#233;es par lui jusqu'&#224; la fin de 1941, ils parviennent &#224; &#233;laborer une tactique plus souple d'encerclement par attaque des saillants ennemis. Ce n'est probablement pas sans difficult&#233;s. En juillet, le sp&#233;cialiste des blind&#233;s, le g&#233;n&#233;ral Pavlov, est arr&#234;t&#233; et ex&#233;cut&#233; avec son &#233;tat-major : c'est lui qui paie pour la d&#233;faite et l'incapacit&#233; du r&#233;gime qui lui avait confi&#233; le front de l'ouest. Cependant, Vorochilov et Boudienny, dont l'incomp&#233;tence et l'inculture sont notoires, mais qu'une longue complicit&#233;, remontant aux temps de la guerre civile, lie &#224; Staline, restent avec Timochenko, les commandants des trois grands secteurs du front. Le moment n'est plus cependant o&#249; l'on puisse, sans danger mortel, maintenir pour les affectations et les promotions, le seul crit&#232;re bureaucratique des liens de clique et la solidarit&#233; d'appareil. Il faut des talents, des techniciens, des chefs capables. On va les chercher, jusque dans les prisons et les camps, comme le Polonais Rokossovski, ancien officier de liaison de Toukhatchevski, comme Podlas et Meretzkov ; on les prend aussi sur le front, parmi ceux qui &#233;mergent, qui montrent une capacit&#233; d'initiative jusque-l&#224; impitoyablement &#233;cart&#233;e. D&#232;s l'automne 1941, Vorochilov et Boudienny sont &#233;cart&#233;s de tout commandement effectif : plus heureux que Pavlov, ils conservent titres, honneurs et surtout la vie. A leur place sont promus de v&#233;ritables techniciens, des militaires de profession, membres du parti parce qu'ils sont officiers, et non pas le contraire, les Joukov, Vassilievski. Les promotions sont rapides et r&#233;compensent le talent et le succ&#232;s, non plus la d&#233;lation ou la man&#339;uvre d'appareil : parmi les nouveaux g&#233;n&#233;raux, il y a de jeunes hommes, Rodimtsev qui, devant Madrid, en 1937, &#233;tait capitaine, Tcherniakovski surtout, ce jeune juif, commandant en 1941, g&#233;n&#233;ral commandant d'arm&#233;e en 1944, tu&#233; en 1945, &#224; trente-neuf ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne semblable se produit dans les autres secteurs de la vie sovi&#233;tique : d'une certaine fa&#231;on, l'emprise de l'appareil d&#233;cro&#238;t et ce n'est pas un hasard si c'est Voznessenski, le seul dirigeant du parti qui soit un technicien v&#233;ritable et dont la carri&#232;re se soit d&#233;roul&#233;e en partie en dehors de l'appareil, qui est plac&#233; &#224; la t&#234;te de la machine &#233;conomique. Le p&#233;ril extr&#234;me desserre l'&#233;tau bureaucratique. Chantre de Staline, Korneitchouk, dans le Front, essaie de pr&#233;senter ces nouvelles promotions comme un m&#233;rite suppl&#233;mentaire du &#171; chef g&#233;nial &#187; qui sait au bon moment remplacer la vieille g&#233;n&#233;ration r&#233;volutionnaire par des jeunes capables, alors que c'est la dure n&#233;cessit&#233; qui les impose en r&#233;alit&#233;. Il n'est plus gu&#232;re question des tra&#238;tres et des espions &#171; trotskystes &#187; et &#171; boukhariniens &#187;, bien qu'&#224; l'occasion, on en parle, pour les lier &#224; Vlassov - qui avait &#233;t&#233; pourtant un stalinien mod&#232;le avant de servir Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des condamn&#233;s sont discr&#232;tement lib&#233;r&#233;s et m&#234;me si le ph&#233;nom&#232;ne n'a pas eu l'ampleur que lui attribue Deutscher, puisqu'il int&#233;resse surtout des sp&#233;cialistes qui n'ont vraisemblablement jamais &#233;t&#233; de v&#233;ritables opposants, le silence sur les accusations pass&#233;es repr&#233;sente une sorte de r&#233;habilitation tacite : c'est une v&#233;ritable tr&#234;ve que commandent les besoins de la d&#233;fense et l'on en viendra m&#234;me &#224; accueillir, quand cela para&#238;t n&#233;cessaire, les chefs de groupes arm&#233;s qui ont soutenu les Allemands, lorsqu'ils abandonnent la mauvaise cause et reviennent dans le camp des &#171; patriotes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une sorte d'union sacr&#233;e que Staline s'efforce de promouvoir dans la r&#233;sistance nationale, et il y r&#233;ussit. Les ouvriers sont &#224; l'avant-garde : la reconstruction des industries de guerre dans l'ouest se fait &#224; une allure record, les normes sont d&#233;pass&#233;es, dans des conditions de vie et de travail exceptionnellement dures. Les volontaires accourent des faubourgs dans toutes les villes ouvri&#232;res pour entrer dans les milices populaires ou les bataillons de travailleurs - form&#233;s en majorit&#233; de femmes - qui creusent les tranch&#233;es et construisent les lignes de d&#233;fense. Le paysan doit &#234;tre gagn&#233; &#224; la cause : de lui d&#233;pend la nourriture de l'arm&#233;e et des vIlles. Avec la perte des riches provinces agricoles de l'ouest, les prix montent en fl&#232;che. Pour stimuler la production et faire face aux besoins, le gouvernement multiplie les concessions, autorise le d&#233;veloppement des marches kolkhoziens ou la vente est libre : leur part dans le commerce de d&#233;tail passe de 15,9 % en 1939 &#224; 44,5 %, en 1942-1943, et Ernest Mandel peut caract&#233;riser ce ph&#233;nom&#232;ne comme une &#171; revanche g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la campagne sur la ville &#187;. Car si les ouvriers font d'&#233;normes sacrifices, certains kolkhoziens font d'&#233;normes b&#233;n&#233;fices. C'est pendant la guerre qu'apparaissent les kolkhoziens millionnaires : de nouveaux koulaks accaparent des terres pourtant th&#233;oriquement collectives - plus de millions d'hectares au total, apprendra-t-on apr&#232;s la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie voit ses privil&#232;ges garantis et consolid&#233;s. Les vieux titres sont remis en vigueur : les diplomates sont &#171; ambassadeurs &#187; et &#171; ministres &#187; &#224; partir de 1941. Les r&#232;gles de classement et d'avancement sont fix&#233;es ; &#224; chaque grade correspond un titre et un uniforme Il s'agit d'&#233;lever l'autorit&#233; des fonctionnaires civils et la &#171; table des grades &#187; dans l'administration judiciaire comporte une &#171; table de comparaison &#187; avec les grades militaires : Alf Edeen peut &#233;crire sans exag&#233;ration que &#171; le cycle du d&#233;veloppement russe est compl&#233;t&#233; &#187; par le r&#233;tablissement de la table des rangs de Pierre le Grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caste militaire est particuli&#232;rement favoris&#233;e. Les communiqu&#233;s et les circulaires remettent en vigueur les termes abolis en 1917 d'&#171; officiers &#187; et de &#171; soldats &#187;. Le salut en dehors du service est r&#233;tabli, m&#234;me du soldat au sous-officier ou caporal. Le commissaire politique r&#233;tabli en 1941 au moment o&#249; tout semble s'effondrer, est ensuite supprim&#233; et les membres de ce corps int&#233;gr&#233;s dans celui des officiers. En 1942, pour le 25&#176; anniversaire de la r&#233;volution, les &#233;paulettes, qui avaient &#233;t&#233; supprim&#233;es &#171; comme symbole de l'oppression de classe &#187;, sont remises en usage. Les unit&#233;s d'&#233;lite de la garde sont r&#233;tablies dans leurs anciens noms la m&#234;me ann&#233;e, avec des privil&#232;ges et des soldes sup&#233;rieures. En 1943, les &#233;coles de cadets, qui avaient disparu &#224; la r&#233;volution, sont &#233;galement r&#233;tablies : elles sont ouvertes aux enfants d'officiers, admis d&#232;s l'&#226;ge de huit neuf ans, ce qui constitue un pas vers l'h&#233;r&#233;dit&#233; des privil&#232;ges et des fonctions sociales un facteur consid&#233;rable de consolidation de la caste. Des ordres militaires anciens sont r&#233;tablis, portant le nom des grands g&#233;n&#233;raux de la Russie tsariste, Souvorov, Koutouzov. Les officiers ont droit &#224; des clubs sp&#233;ciaux. Officiers sup&#233;rieurs et officiers subalternes disposent de cercles, de mess particuliers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_17.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/broue_pbolch_17.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ennemi violent de toute d&#233;mocratie, assassin de toute organisation autonome du prol&#233;tariat, cercueil des r&#233;volutionnaires communistes, le stalinisme ne peut pas &#234;tre cr&#233;dit&#233; d'une victoire quelconque contre le fascisme, pas plus que l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie du goulag et l'imp&#233;rialisme d'Hiroshima ne luttaient nullement contre le fascisme mais contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1943-1947 : la gauche communiste (bordiguiste) n'a pas vu passer la r&#233;volution &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7123</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7123</guid>
		<dc:date>2023-01-28T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1943-1947 : la gauche communiste (bordiguiste) n'a pas vu passer la r&#233;volution &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La p&#233;riode historique actuelle est profond&#233;ment contre-r&#233;volutionnaire&#8230; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bordiga, Parti communiste international, &#171; Th&#232;ses caract&#233;ristiques du parti &#187;, d&#233;cembre 1951 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.sinistra.net/lib/bas/progco/qioi/qioiipebof.html#u22 &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon l'&#233;crit bordiguiste suivant, le plus grand m&#233;rite de la gauche communiste bordiguiste aurait &#233;t&#233; d'expliquer pourquoi une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943-1947 : la gauche communiste (bordiguiste) n'a pas vu passer la r&#233;volution &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La p&#233;riode historique actuelle est profond&#233;ment contre-r&#233;volutionnaire&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bordiga, Parti communiste international, &#171; Th&#232;ses caract&#233;ristiques du parti &#187;, d&#233;cembre 1951&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sinistra.net/lib/bas/progco/qioi/qioiipebof.html#u22&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sinistra.net/lib/bas/progco/qioi/qioiipebof.html#u22&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'&#233;crit bordiguiste suivant, le plus grand m&#233;rite de la gauche communiste bordiguiste aurait &#233;t&#233; d'expliquer pourquoi une revolution prol&#233;tarienne n'&#233;tait plus possible &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, contrairement &#224; ce qui s'&#233;tait pass&#233; &#224; la fin de la premi&#232;re guerre mondiale&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Contrairement &#224; bien des survivants du second massacre mondial, Amadeo Bordiga avait pr&#233;vu que le sch&#233;ma du premier apr&#232;s-guerre ne se r&#233;p&#232;terait pas, que la guerre imp&#233;rialiste ne se transformerait pas en guerre civile&#8230; En ce qui concerne, de fa&#231;on plus particuli&#232;re, l'issue de la seconde guerre imp&#233;rialiste, la Gauche montrait en outre que la victoire de l'Angleterre et surtout des U.S.A., gendarme de l'imp&#233;rialisme mondial, sur les pays plus faibles de l'Axe capitaliste Berlin &#8211; Tokyo &#8211; Rome avait constitu&#233; la solution la plus d&#233;favorable &#224; la reprise du mouvement prol&#233;tarien. Repoussant l'indiff&#233;rentisme pour lequel toutes les issues ont les m&#234;mes effets historiques, elle montrait que cette victoire assurerait au capitalisme mondial une stabilit&#233; qu'apr&#232;s la chute de la puissance anglaise, la victoire des &#201;tats moins solides de l'Axe aurait &#233;t&#233; incapable de lui procurer&#8230; Dans les pays vaincus, l'occupation militaire bloqua toute reprise du mouvement de classe, comme c'&#233;tait d'ailleurs son but, le capitalisme ayant, mieux que le prol&#233;tariat, tir&#233; la le&#231;on de l'histoire ant&#233;rieure. Il ne fallait donc pas se taire d'illusions sur la dur&#233;e de la vague contre-r&#233;volutionnaire&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sinistra.net/lib/bas/progco/qioi/qioiipebof.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sinistra.net/lib/bas/progco/qioi/qioiipebof.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, pour expliquer ce triomphe &#233;crasant de la contre-r&#233;volution, Bordiga &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste et ses s&#233;quences d&#233;j&#224; &#233;videntes se caract&#233;risent par l'influence pr&#233;pond&#233;rante, dans toutes les r&#233;gions du monde, m&#234;me celles soumises aux formes les plus arri&#233;r&#233;es de la soci&#233;t&#233; indig&#232;ne, non pas tant des formes &#233;conomiques capitalistes puissantes, mais de l'irr&#233;sistible politique et le contr&#244;le militaire exerc&#233; par les grandes forteresses imp&#233;rialistes du capitalisme, actuellement organis&#233;es en une gigantesque coalition qui inclut l'&#201;tat russe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-pcint-org.translate.goog/07_TP/016/016_nature-function.htm?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-pcint-org.translate.goog/07_TP/016/016_nature-function.htm?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au point qu'il en arrive &#224; affirmer que le but du parti r&#233;volutionnaire n'est pas de comprendre la r&#233;volution mais la contre-r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://libcom-org.translate.goog/article/lessons-counterrevolutions-amadeo-bordiga?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://libcom-org.translate.goog/article/lessons-counterrevolutions-amadeo-bordiga?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1951, Bordiga estime qu'aucune lutte r&#233;volutionnaire n'a &#233;t&#233; possible depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/bordiga/works/1951/charthes.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/bordiga/works/1951/charthes.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire dans un &#233;crit bordiguiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bordiga a lui aussi bien compris la d&#233;faite du prol&#233;tariat et le d&#233;veloppement orgiaque du capital apr&#232;s 1945. C'est pourquoi il &#233;crit : &#171; Nous avons dit &#224; maintes reprises que le manifeste est une apologie de la bourgeoisie, et aujourd'hui, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, et apr&#232;s la r&#233;sorption de la r&#233;volution russe, nous ajoutons qu'il faut en &#233;crire une autre.&#034; ( Il Marxismo dei cacagli , 1952) Le d&#233;veloppement du capital &#224; l'&#233;chelle mondiale augmenterait, pensait-il, le prol&#233;tariat et la crise r&#233;sultant de l'extraordinaire boum repousserait &#224; nouveau le prol&#233;tariat dans les anciennes m&#233;tropoles, l'Allemagne en particulier. Ce pays &#233;tait consid&#233;r&#233; comme le centre de la future r&#233;volution. Les diverses r&#233;cessions, ainsi que les contre-coups des r&#233;volutions anticoloniales n'ont nullement conduit &#224; la restauration de l'agitation r&#233;volutionnaire en Europe de l'Ouest et aux USA. La passivit&#233; du prol&#233;tariat semble m&#234;me &#234;tre devenue permanente au d&#233;but des ann&#233;es 60&#8230; La d&#233;faite de 1945 a signifi&#233; l'impossibilit&#233; pour le prol&#233;tariat de se substituer et de remplacer le capital dans la zone esclavagiste, et dans d'autres zones, qui se sont soulev&#233;es apr&#232;s 1945, et d'emp&#234;cher le capital de r&#233;aliser sa domination r&#233;elle sur le plan social, d'abord et avant tout. imm&#233;diatement &#224; l'Ouest, puis sur l'ensemble de la plan&#232;te (dans la mesure o&#249; c'est m&#234;me la forme sup&#233;rieure qui domine les autres). Nous avons dit que le capital ne peut y parvenir qu'en r&#233;alisant la domination de l'&#234;tre imm&#233;diat du prol&#233;tariat, le travail productif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/camatte/capcom/revolution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/camatte/capcom/revolution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Cela d&#233;montrait la justesse de la position de la Gauche italienne qui, consid&#233;rant la seconde guerre mondiale comme imp&#233;rialiste, et l'occupation des pays vaincus comme contre-r&#233;volutionnaire, pr&#233;voyait la totale impossibilit&#233; d'une reprise r&#233;volutionnaire imm&#233;diate. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sinistra.net/lib/bas/progra/vami/vamimfebif.html#u3c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sinistra.net/lib/bas/progra/vami/vamimfebif.html#u3c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une position &#233;tonnante pour un r&#233;volutionnaire, connaissant la dialectique des contraires : pas de situation contre-r&#233;volutionnaire sans situation ou menace r&#233;volutionnaire. Or, Bordiga consid&#232;re que toute la p&#233;riode est d&#233;finie comme contre-r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici les positions du courant bordiguiste en 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pcint.org/40_pdf/15_Textes_Theses/FR/1945_plateforme-pcinternazionalista.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pcint.org/40_pdf/15_Textes_Theses/FR/1945_plateforme-pcinternazionalista.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais ce sch&#233;ma est faux : &#224; la fin de la guerre d&#233;bute une vague r&#233;volutionnaire, r&#233;volution dans les camps de la mort des juifs, r&#233;volution &#224; Varsovie, r&#233;volution en 1945 au Vietnam, en Cor&#233;e, en Indon&#233;sie, en Inde, en Alg&#233;rie, &#224; Madagascar, etc&#8230; Les r&#233;volutions qui succ&#232;dent &#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale sont l&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles sont combattues et trahies par le stalinisme alli&#233; aux &#171; d&#233;mocraties &#187; capitalistes occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles qui n'ont pas eu lieu proviennent de la trahison stalinienne qui pactise avec l'imp&#233;rialisme et des bombardements alli&#233;s qui ont massivement d&#233;truit la classe ouvri&#232;re, notamment en Allemagne et au Japon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution en Cor&#233;e en 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revolution en Indon&#233;sie en 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution au Vietnam en 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menace prol&#233;tarienne au Japon et r&#233;ponse imp&#233;rialiste alli&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Asie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article63&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article63&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situation r&#233;volutionnaire en Inde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article439&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article439&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte des ghettos juifs et camps de la mort&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1264&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1264&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article827&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article827&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5647&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://information.tv5monde.com/info/seconde-guerre-mondiale-l-insurrection-du-ghetto-de-varsovie-5101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://information.tv5monde.com/info/seconde-guerre-mondiale-l-insurrection-du-ghetto-de-varsovie-5101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soul&#232;vement aussi en Italie en 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article94&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article94&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insurrection &#224; Ath&#232;nes en 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insurrection de Varsovie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Varsovie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Varsovie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insurrection de Prague&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://francais.radio.cz/le-75e-anniversaire-de-linsurrection-de-prague-sur-fond-de-crise-sanitaire-et-de-8101126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://francais.radio.cz/le-75e-anniversaire-de-linsurrection-de-prague-sur-fond-de-crise-sanitaire-et-de-8101126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Prague_(1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Prague_(1945&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insurrection aux Philippines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-strategique-2012-2-page-95.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-strategique-2012-2-page-95.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://en.wikipedia.org/wiki/Hukbalahap_Rebellion&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=https://en.wikipedia.org/wiki/Hukbalahap_Rebellion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insurrection alg&#233;rienne de 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4690&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4690&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/independances/fiche-media/Indepe01000/la-repression-par-l-armee-francaise-des-manifestations-algeriennes-du-8-mai-1945-muet.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/independances/fiche-media/Indepe01000/la-repression-par-l-armee-francaise-des-manifestations-algeriennes-du-8-mai-1945-muet.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insurrection malgache de 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France la pr&#233;tendue r&#233;sistance d&#233;tourne des potentialit&#233;s r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des travailleurs de Douala (Cameroun) en septembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de Mao emp&#234;che une r&#233;volution chinoise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique latine, le prol&#233;tariat se radicalise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article108&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux USA aussi&#8230; Il est peu connu que des gr&#232;ves &#233;clat&#232;rent aux &#201;tats-Unis pendant la Seconde guerre mondiale et que 3 millions 470 000 travailleurs firent gr&#232;ve en 1945 et 4 millions 600 000 en 1946 ! C'&#233;tait la plus grande vague de gr&#232;ves de gr&#232;ves de toute son histoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1830&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y avait aussi une mont&#233;e r&#233;volutionnaire parmi les Noirs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/archive/dunayevskaya/works/1945/negro-revolution.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/archive/dunayevskaya/works/1945/negro-revolution.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de cheminots se multiplient dans toute l'Afrique : en 1945, de Matadi &#224; L&#233;opoldville, en Afrique centrale, en 1945-46 &#224; Douala (Cameroun) et en 1947 au Za&#239;re. On atteint alors le sommet de la mobilisation, avec &#224; la fois la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 11 jours au Kenya, la mobilisation de 15.000 ouvriers &#224; Mombasa, celle de 10.000 cheminots soudanais, celle des cheminots et mineurs de Gold Coast, avec une &#233;meute populaire &#224; Abidjan, en C&#244;te d'Ivoire, luttes qui se d&#233;roulent en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Cette mobilisation ouvri&#232;re dure jusque dans les ann&#233;es 1950 dans toute l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi le stalinisme avait encore plus peur que le monde occidental imp&#233;rialiste d'une vague r&#233;volutionnaire &#224; l'apr&#232;s-guerre &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors de la troisi&#232;me conf&#233;rence de Moscou (octobre 1943), ils se mettent d'accord sur le principe d'une capitulation sans condition de l'Allemagne, ce qui exclut, bien s&#251;r, tout accord avec un gouvernement de type demi-nazi ou militaire, mais qui, sur demande du secr&#233;taire d'Etat Cordell Hull, exclut aussi toute perspective de paix avec un gouvernement socialiste qui na&#238;trait d'un soul&#232;vement populaire. Un reporter &#233;tats-unien t&#233;moigne que les n&#233;gociateurs russes partageaient ce souci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De nombreux Russes, avec lesquels l'auteur a parl&#233; franchement, discutaient les dangers d'une Allemagne communis&#233;e. Ils pensaient qu'elle pourrait &#233;ventuellement se tourner vers ; le trotskysme et pourrait ainsi provoquer des dangers pour l'Union sovi&#233;tique, - une possibilit&#233; qui doit &#234;tre &#233;vit&#233;e &#224; tout prix. &#187; (C. L. Sulzberger dans le New-York Times du 31 octobre, cit&#233; dans Pierre Brou&#233;, Le parti bolch&#233;vique, 1963)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme et l'imp&#233;rialisme alli&#233;s pour &#233;touffer la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article100&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article100&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pens&#233;e de Bordiga en 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/bordiga/works/1946/violence.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/bordiga/works/1946/violence.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/bordiga/works/1946/orientation.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/bordiga/works/1946/orientation.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la deuxi&#232;me guerre mondiale, quels &#233;taient les sentiments de la classe ouvri&#232;re dans un pays imp&#233;rialiste occidental comme l'Angleterre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au fur et &#224; mesure que la Seconde Guerre mondiale avan&#231;ait, les mentalit&#233;s commenc&#232;rent &#224; changer. Rien de tel que de demander aux travailleurs de sacrifier leur vie pour leur faire remettre en question la l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me et de la soci&#233;t&#233; pour laquelle ils le sacrifient. Les coups de marteau des &#233;v&#233;nements ont &#233;limin&#233; toute trace de patriotisme et ouvert la voie &#224; une radicalisation de masse. C'est en g&#233;n&#233;ral le cas des guerres, qui tendent &#224; s'ouvrir avec une p&#233;riode d'unit&#233; nationale mais conduisent &#224; une polarisation de classe accrue. C'est pourquoi la guerre conduit si souvent &#224; la r&#233;volution. Les travailleurs britanniques voulaient toujours vaincre le fascisme, mais ils &#233;taient de plus en plus m&#233;contents de la fa&#231;on dont leur gouvernement s'y prenait. Les patrons faisaient d'&#233;normes profits, tandis que les droits des travailleurs &#233;taient &#233;rod&#233;s ; les rations &#233;taient insuffisantes et la protection contre les raids a&#233;riens &#233;tait inf&#233;rieure aux normes. Ce changement de conscience s'est exprim&#233; politiquement tout au long de 1942 et 1943, au cours desquelles un parti lib&#233;ral de gauche appel&#233; le parti Common Wealth a pr&#233;sent&#233; des candidats aux &#233;lections partielles contre le gouvernement de coalition multipartite. Il a r&#233;ussi &#224; gagner des si&#232;ges dans les c&#339;urs conservateurs tels qu'Eddisbury, Skipton et Chelmsford, ce qui a secou&#233; les commentateurs bourgeois qui ont utilis&#233; les pages du Times et d'autres journaux pour avertir du m&#233;contentement bouillonnant des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front industriel, le nombre de gr&#232;ves en Grande-Bretagne a augment&#233; d'ann&#233;e en ann&#233;e chaque ann&#233;e de 1939 &#224; 1944, date &#224; laquelle plus de 3,7 millions de journ&#233;es de travail ont &#233;t&#233; perdues &#224; cause des gr&#232;ves - le chiffre le plus &#233;lev&#233; depuis une d&#233;cennie et celui qui ne serait pas &#233;gal&#233; pour une autre d&#233;cennie. Et ce malgr&#233; l'existence de l'ordonnance gouvernementale sur les conditions d'emploi et d'arbitrage national, connue sous le nom d'ordonnance 1305, qui a effectivement interdit les gr&#232;ves pendant la guerre et qui a &#233;t&#233; largement accept&#233;e par la direction syndicale. En 1941, des apprentis ing&#233;nieurs ont fait gr&#232;ve pour obtenir un meilleur salaire dans le Clydeside, ainsi qu'&#224; Coventry, dans le Lancashire et &#224; Londres. Ces travailleurs n'&#233;taient pas syndiqu&#233;s et avaient peu de r&#233;putation d'action militante, et pourtant ils furent les premiers &#224; d&#233;fier le gouvernement et les employeurs. En janvier 1942, une gr&#232;ve de 19 jours pour un meilleur salaire pour des conditions de travail plus dures par les mineurs de la mine Betteshanger dans le Kent s'est sold&#233;e par la poursuite de 1 050 mineurs et l'emprisonnement de trois responsables syndicaux. En r&#233;ponse, d'autres stands sont sortis en solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes et, &#224; la fin, le gouvernement a recul&#233;, lib&#233;rant les responsables syndicaux et abandonnant les poursuites. Les mineurs &#233;taient des travailleurs cl&#233;s pour l'effort de guerre qui, associ&#233; &#224; une bonne organisation et &#224; un militantisme, leur a donn&#233; le pouvoir de d&#233;fendre leur salaire et leurs conditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but de 1943, les travailleurs du chantier de r&#233;paration navale Neptune &#224; Tyneside ont fait gr&#232;ve pendant six semaines pour d&#233;fendre l'accord de &#171; atelier ferm&#233; &#187;, renfor&#231;ant les organisations de la classe ouvri&#232;re. Les ing&#233;nieurs de Barrow ont &#233;galement fait gr&#232;ve cette ann&#233;e-l&#224; au chantier Vickers Armstrong sur la question des salaires, qui n'avaient pas augment&#233; depuis 29 ans malgr&#233; les profits &#233;normes de l'entreprise gr&#226;ce &#224; la production d'armements. La gr&#232;ve de Barrow n'&#233;tait pas officielle, mais elle avait le soutien de la branche locale de l'Amalgamated Engineering Union, ce qui a effray&#233; les dirigeants syndicaux nationaux qui tentaient de maintenir une tr&#234;ve industrielle avec les patrons. Des luttes industrielles comme celle-ci tout au long de la guerre ont pouss&#233; de nombreux travailleurs &#224; critiquer, non seulement les patrons et le gouvernement, mais aussi les dirigeants du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en 1943, les ouvriers de l'usine Chrysler de Londres, reconvertie pour la production de guerre, s'unissent pour exiger un meilleur traitement au travail et une augmentation du salaire minimum, ce qu'ils obtiennent. Beaucoup de ces travailleurs &#233;taient des femmes dont les maris &#233;taient dans l'arm&#233;e. Ils ont vu leur combat, en tant que familles ouvri&#232;res, se d&#233;rouler sur deux fronts - l'un contre les nazis et l'autre contre les patrons profitant de la situation de guerre. L'un de ces ouvriers de Chrysler a d&#233;clar&#233; pendant le conflit : &#034;Si je ne me bats pas pour les conditions et les salaires ou si je les laisse s'aggraver, mon mari me tuera quand il rentrera &#224; la maison&#034;. Ces &#034;travailleurs en uniforme&#034; qui composaient l'arm&#233;e savaient clairement de quel c&#244;t&#233; ils se tenaient dans la lutte des classes. Au printemps 1943, &#224; la suite d'une gr&#232;ve des mineurs de charbon gallois, le titre du journal produit par la Huiti&#232;me Arm&#233;e, alors stationn&#233;e en Afrique du Nord, &#233;tait &#034;Le droit de gr&#232;ve fait partie de la libert&#233; pour laquelle nous luttons&#034;. Dans ce num&#233;ro du journal militaire figurait une p&#233;tition adress&#233;e au ministre de l'Int&#233;rieur sign&#233;e par 82 soldats du Royal Engineers protestant contre l'arrestation de quatre trotskystes. Malgr&#233; tous les efforts du gouvernement et de la presse bourgeoise pour dresser les gr&#233;vistes contre les soldats pendant la guerre, c'est souvent la solidarit&#233; de classe qui a triomph&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1944, 180 000 mineurs de charbon ont fait la gr&#232;ve des salaires et des conditions dans les mines. Le salaire minimum industriel &#233;tait de 6 10 &#163; par jour, mais les mineurs devaient se contenter de 5 &#163; seulement. En plus de cela, les normes de s&#233;curit&#233; avaient &#233;t&#233; tellement &#233;rod&#233;es qu'en 1944, vous &#233;tiez plus susceptible d'&#234;tre bless&#233; en tant que mineur que dans l'arm&#233;e. En r&#233;ponse &#224; la gr&#232;ve, et compte tenu de l'importance du charbon dans l'effort de guerre, le gouvernement a tent&#233; de recruter des apprentis d'autres m&#233;tiers et de les envoyer dans les mines. Cela provoqua une &#233;norme opposition et, en mars 1944, 26 000 apprentis &#233;taient en gr&#232;ve sur la Tyne, &#224; Glasgow, Huddersfield et Teesside, exigeant la fin de la conscription et la nationalisation des mines. Le niveau de col&#232;re de classe &#233;tait tel que, quelle que soit la direction prise par le gouvernement, il a &#233;t&#233; accueilli par une couche organis&#233;e et militante de travailleurs pr&#234;ts &#224; enfreindre la loi pour d&#233;fendre leur salaire et leurs conditions. Ce qui pr&#233;c&#232;de ne repr&#233;sente qu'une fraction des conflits du travail qui ont eu lieu pendant les ann&#233;es de guerre. Il a fallu quelques ann&#233;es pour que la fureur contre le profit et la mauvaise gestion de l'effort de guerre par la classe capitaliste trouve son expression dans la gr&#232;ve, et quelques ann&#233;es de plus pour que celle-ci trouve sa premi&#232;re expression politique confuse. Mais une fois en mouvement, le filet des conflits sociaux est vite devenu un torrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la guerre a r&#233;v&#233;l&#233; le tournant brutal vers la gauche que de nombreux travailleurs avaient pris pendant le conflit. Une vague r&#233;volutionnaire a balay&#233; l'Europe, The Economist &#233;crivant &#224; l'&#233;poque que &#171; l'effondrement de cet ordre nouveau a donn&#233; un grand &#233;lan r&#233;volutionnaire en Europe. Il a stimul&#233; toutes les impulsions vagues et confuses mais n&#233;anmoins radicales et socialistes des masses. En Grande-Bretagne, les effectifs syndicaux &#233;taient pass&#233;s de 6 053 000 en 1938 &#224; 7 803 000 en 1945. La croissance n'&#233;tait pas seulement num&#233;rique mais s'accompagnait d'un militantisme accru. Cela s'est refl&#233;t&#233; dans le congr&#232;s du TUC de 1944 adoptant un programme radical pour la reconstruction d'apr&#232;s-guerre, qui a ensuite &#233;t&#233; repris dans le programme &#233;lectoral du parti travailliste de 1945 qui d&#233;clarait que l'objectif principal du parti &#233;tait &#034;l'&#233;tablissement du Commonwealth socialiste&#034;. Avec un programme socialiste radical pour rompre avec la pauvret&#233;, la mis&#232;re et le ch&#244;mage des ann&#233;es de guerre, le Parti travailliste est arriv&#233; au pouvoir en 1945. La classe ouvri&#232;re nouvellement organis&#233;e et radicalis&#233;e en Grande-Bretagne a propuls&#233; le parti travailliste au pouvoir avec un nombre sans pr&#233;c&#233;dent de 393 si&#232;ges &#224; la Chambre. des Communes, et avec de grandes attentes quant aux changements fondamentaux que le Labour allait apporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les dirigeants de ce gouvernement travailliste se sont born&#233;s &#224; modifier le capitalisme plut&#244;t qu'&#224; le d&#233;raciner et &#224; le remplacer par une soci&#233;t&#233; socialiste. Ils ont gaspill&#233; l'humeur et l'&#233;nergie des masses qui auraient soutenu un gouvernement travailliste portant des coups fondamentaux au syst&#232;me capitaliste, qui a caus&#233; tant de morts et de destructions. C'est cet &#233;chec qui a jet&#233; les bases de la victoire &#233;lectorale des conservateurs en 1951. Mais bien que les dirigeants travaillistes se soient montr&#233;s r&#233;ticents &#224; enfreindre les r&#232;gles du syst&#232;me capitaliste, l'attitude des &#034;travailleurs en uniforme&#034; apr&#232;s la fin de la guerre offre un contraste et une indication de l'&#233;tat d'esprit de la classe ouvri&#232;re britannique &#224; cette &#233;poque. Les hommes de la classe ouvri&#232;re servant dans l'arm&#233;e britannique en Asie du Sud-Est n'avaient pas &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; rentrer chez eux apr&#232;s la fin de la guerre, car les imp&#233;rialistes britanniques tentaient de conserver une partie de l'influence et des atouts de l'Empire dans la r&#233;gion. Exasp&#233;r&#233;s par cela, les soldats ont estim&#233; qu'ils rataient l'enthousiasme pour le nouveau gouvernement travailliste radical de 1945, et tout ce qu'il promettait en termes de nouveaux emplois et d'enseignement sup&#233;rieur, simplement pour continuer &#224; se battre pour quelque chose en quoi ils ne croyaient pas. Le r&#233;sultat fut qu'en Malaisie, les troupes britanniques assistaient ouvertement aux rassemblements communistes. En janvier 1946, la RAF de Karachi se met en gr&#232;ve. Cela a &#233;t&#233; suivi par 4 000 soldats, dont des officiers, frappant la base a&#233;rienne de Seletar &#224; Singapour. Et 5 000 autres qui sortent de la base a&#233;rienne de Cawnpore en Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La frappe de la RAF s'est rapidement &#233;tendue au-del&#224; de l'Asie du Sud-Est &#224; travers le Moyen-Orient jusqu'&#224; l'&#201;gypte et l'Afrique du Nord, jusqu'&#224; Gibraltar. &#192; son apog&#233;e, 50 000 militaires de la RAF &#233;taient en gr&#232;ve. Face &#224; la r&#233;pression des autorit&#233;s militaires, la gr&#232;ve s'est &#233;tendue &#224; la marine lorsque le HMS Northway dans le port de Singapour a refus&#233; les commandes et que la Royal Indian Navy &#224; Mumbai s'est mutin&#233;e. En mai 1946, il s'&#233;tait propag&#233; &#224; l'arm&#233;e lorsque le r&#233;giment de parachutistes de Malaisie s'est rebell&#233; contre les ordres. Au d&#233;but, 240 soldats ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; la prison, mais le toll&#233; a &#233;t&#233; tel en Grande-Bretagne que les condamnations ont &#233;t&#233; annul&#233;es. L'humeur des soldats sur la ligne de front &#233;tait d'une telle col&#232;re et frustration qu'ils ne voyaient aucun des avantages pour lesquels ils se sont soi-disant battus, qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; enfreindre la loi militaire par des mutineries. Ce mouvement &#233;tait si puissant que les autorit&#233;s militaires britanniques ne pouvaient pas punir les soldats, mais acc&#233;daient simplement &#224; leurs demandes le plus rapidement possible gr&#226;ce &#224; une d&#233;mobilisation rapide. Non seulement ce fut une victoire pour ces hommes de la classe ouvri&#232;re qui ont particip&#233; aux mutineries, mais cela a &#233;galement port&#233; un coup &#233;norme &#224; la puissance de l'imp&#233;rialisme britannique qui avait &#233;t&#233; un fl&#233;au pour les masses d'Asie du Sud-Est pendant des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toute la lutte industrielle pendant la guerre, les dirigeants du Parti travailliste ont maintenu une coalition de guerre avec les conservateurs. C'est un ministre du Travail qui a poursuivi les gr&#233;vistes ! Pendant ce temps, les dirigeants syndicaux &#233;taient d&#233;termin&#233;s &#224; maintenir une tr&#234;ve industrielle pour maintenir la production en marche pour aider l'effort de guerre, ce qui les a conduits &#224; s'organiser contre les gr&#233;vistes. Apr&#232;s la guerre, malgr&#233; l'aspiration &#224; un changement fondamental de la soci&#233;t&#233;, le gouvernement travailliste de 1945 ne s'appuie pas sur les masses radicalis&#233;es pour rompre avec le capitalisme. Au lieu de cela, il a fini par rendre le pouvoir aux conservateurs en 1951. La mesure dans laquelle les dirigeants du mouvement ouvrier ont &#233;t&#233; d&#233;connect&#233;s de la classe ouvri&#232;re radicalis&#233;e pendant et apr&#232;s la guerre devrait &#234;tre une le&#231;on pour nous aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxist.com/world-war-ii-from-war-to-revolution.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxist.com/world-war-ii-from-war-to-revolution.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La re-cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l</title>
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		<dc:date>2022-04-27T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce qu'&#233;tait l'Isra&#235;l antique &lt;br class='autobr' /&gt;
La re-cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l &lt;br class='autobr' /&gt;
1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;claration de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Septembre 1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
Contre la Partition ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Contre la Partition ! &#8211; D&#233;claration de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (1947) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les membres du comit&#233; de l'ONU ont fait preuve de &#034;compr&#233;hension&#034; et &#034;ont fait un travail formidable en tr&#232;s peu de temps&#034;. C'est par ces mots que le repr&#233;sentant de l'Agence juive, Golda Meier, approuve la proposition de partition. La plupart (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot121" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot122" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=isra%C3%ABl+antique+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce qu'&#233;tait l'Isra&#235;l antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La re-cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1947&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre la Partition !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contre la Partition ! &#8211; D&#233;claration de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (1947)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du comit&#233; de l'ONU ont fait preuve de &#034;compr&#233;hension&#034; et &#034;ont fait un travail formidable en tr&#232;s peu de temps&#034;. C'est par ces mots que le repr&#233;sentant de l'Agence juive, Golda Meier, approuve la proposition de partition. La plupart des partis sionistes sont d'accord avec eux, avec certaines r&#233;serves concernant la &#034;forme&#034; de la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre am&#233;ricain des Affaires &#233;trang&#232;res Marshall partage &#233;galement cet avis. Il est cependant bien connu que le sort des peuples pers&#233;cut&#233;s n'est g&#233;n&#233;ralement pas la pr&#233;occupation principale du ministre am&#233;ricain des Affaires &#233;trang&#232;res. Sa r&#233;action pourrait donc susciter l'appr&#233;hension de ceux qui croyaient aux bonnes intentions du comit&#233; de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que donne la proposition de l'ONU aux Juifs ? &#192; premi&#232;re vue, tout : un quota d'immigration de 150 000 personnes et plus ; l'ind&#233;pendance politique ; environ deux tiers de la Palestine ; trois grands ports et presque tout le littoral. C'est plus que ce que les optimistes parmi les membres de l'Agence juive osaient demander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; compr&#233;hension &#187; et cette &#171; amabilit&#233; &#187; ne sont-elles pas un peu suspectes ? Pourquoi les repr&#233;sentants du Canada, de la Hollande et de la Su&#232;de, qui ont des liens &#233;troits avec les puissances anglo-saxonnes, ont-ils vot&#233; pour cette proposition ? Et pourquoi les repr&#233;sentants du Guatemala, du P&#233;rou et de l'Uruguay, dont la politique est dict&#233;e depuis Washington ont-ils vot&#233; pour ? Tous les journaux sionistes, ainsi que les semi-sionistes (les organes du Parti communiste de Palestine) ont refus&#233; de poser cette question. Et bien s&#251;r, ils n'y ont pas r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment la question d&#233;terminante. Plus important que le contenu de la proposition, ce sont les motivations de ceux qui l'ont soumise. Ne nous y trompons pas ! Derri&#232;re les pays &#171; neutres &#187;, selon l'expression de Marshall, se trouvent les puissances les plus int&#233;ress&#233;es par cette question. Les calculs &#224; l'origine de la proposition de partition sont pr&#233;cis&#233;ment les m&#234;mes que ceux qui ont conduit &#224; la partition de l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont ces calculs ? &#192; notre &#233;poque, celle des r&#233;volutions sociales et des r&#233;voltes des peuples asservis, l'imp&#233;rialisme gouverne au moyen de deux m&#233;thodes principales : une r&#233;pression impitoyable et brutale (comme en Indon&#233;sie, en Indochine et en Gr&#232;ce), ou en brisant la guerre de classe par des conflits nationaux. La seconde m&#233;thode est moins co&#251;teuse et plus s&#251;re, et permet &#224; l'imp&#233;rialisme de se cacher derri&#232;re les rideaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme a jusqu'&#224; pr&#233;sent utilis&#233; avec succ&#232;s les m&#233;thodes de divide et impera dans ce pays, en utilisant l'immigration sioniste comme facteur de division. De cette fa&#231;on, une tension nationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, qui, dans une large mesure, a dirig&#233; la col&#232;re caus&#233;e par l'imp&#233;rialisme parmi les masses arabes en Palestine et au Moyen-Orient contre les Juifs. Mais derni&#232;rement, cette m&#233;thode a cess&#233; de produire les r&#233;sultats escompt&#233;s. En d&#233;pit de la tension nationale, une classe ouvri&#232;re arabe forte et combative s'est d&#233;velopp&#233;e dans le pays. Un nouveau chapitre de l'histoire de la Palestine s'est ouvert lorsque les travailleurs arabes et juifs ont coop&#233;r&#233; dans des gr&#232;ves &#224; grande &#233;chelle, afin de forcer les exploiteurs imp&#233;rialistes &#224; faire des concessions. Et l'&#233;chec de la derni&#232;re tentative, visant &#224; forcer les habitants de la Palestine &#224; entrer dans un nouveau tourbillon de sang mutuel au moyen de provocations, a donn&#233; une nouvelle le&#231;on aux imp&#233;rialistes. Ils en ont tir&#233; les conclusions suivantes : si vous refusez de vous battre entre vous, nous vous mettrons dans une position &#233;conomique et politique qui vous forcera &#224; le faire ! Voil&#224; le v&#233;ritable contenu de la proposition de partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre la proposition de partage mat&#233;rialisera-t-elle le r&#234;ve d'ind&#233;pendance politique du peuple juif ? L'&#171; ind&#233;pendance &#187; de l'&#201;tat juif se r&#233;sumera &#224; choisir, de mani&#232;re &#171; libre &#187; et &#171; ind&#233;pendante &#187;, entre deux options : mourir de faim ou se vendre &#224; l'imp&#233;rialisme. Le commerce ext&#233;rieur - importations et exportations - reste comme auparavant sous le contr&#244;le de l'imp&#233;rialisme. Les secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie - p&#233;trole, &#233;lectricit&#233; et min&#233;raux - restent aux mains des monopoles &#233;trangers. Et les profits continueront &#224; couler dans les poches des capitalistes &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un petit &#201;tat juif au c&#339;ur du Moyen-Orient peut &#234;tre un excellent instrument entre les mains des &#201;tats imp&#233;rialistes. Isol&#233; des masses arabes, cet &#201;tat sera sans d&#233;fense et compl&#232;tement &#224; la merci des imp&#233;rialistes. Ils s'en serviront pour renforcer leurs positions, tout en faisant la le&#231;on aux &#201;tats arabes sur le &#171; danger juif &#187;, c'est-&#224;-dire la menace repr&#233;sent&#233;e par les in&#233;vitables tendances expansionnistes du petit &#201;tat juif. Et un jour, lorsque la tension sera &#224; son comble, les &#171; amis &#187; imp&#233;rialistes abandonneront l'&#201;tat juif &#224; son sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arabes recevront &#233;galement une &#171; ind&#233;pendance politique &#187;. La partition entra&#238;nera la cr&#233;ation d'un &#201;tat arabe f&#233;odal et arri&#233;r&#233;, une sorte de Transjordanie &#224; l'ouest du Jourdain. De cette fa&#231;on, ils esp&#232;rent isoler et paralyser le prol&#233;tariat arabe dans la r&#233;gion de Ha&#239;fa, un centre strat&#233;gique important avec des raffineries de p&#233;trole, ainsi que diviser et paralyser la guerre de classe de tous les travailleurs de Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il du &#171; salut des r&#233;fugi&#233;s des camps de concentration &#187; ? L'imp&#233;rialisme a cr&#233;&#233; le probl&#232;me des r&#233;fugi&#233;s des camps de concentration lorsqu'il leur a ferm&#233; les portes de tous les pays. Le sort des r&#233;fugi&#233;s est de sa responsabilit&#233;. L'imp&#233;rialisme n'est pas philanthropique. S'il envoie comme &#171; cadeau &#187; les r&#233;fugi&#233;s en Palestine, il le fera pour une seule raison : les utiliser &#224; ses propres fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition de partage, apparemment si &#171; favorable &#187; aux Juifs, contient plusieurs aspects qui sont hautement souhaitables du point de vue de l'imp&#233;rialisme : 1) Les concessions au sionisme seront utilis&#233;es comme app&#226;t afin d'obtenir l'approbation de la majorit&#233; juive ; 2) Elle comprend plusieurs provocations, telles que l'incorporation de Jaffa &#224; l'&#201;tat juif et le refus de tout port &#224; l'&#201;tat arabe, qui rendent les Arabes furieux ; 3) Ces provocations permettent &#224; la Grande-Bretagne d'appara&#238;tre comme un &#171; ami des Arabes &#187;, qui &#171; lutteront &#187; pour une deuxi&#232;me partition plus juste. Cela les aidera &#224; leur tour &#224; avaler la pilule am&#232;re. En d'autres termes, nous avons ici une division du travail pr&#233;&#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer : la proposition du comit&#233; de l'ONU n'est une solution ni pour les Juifs ni pour les Arabes ; c'est une solution purement et exclusivement pour les pays imp&#233;rialistes. Les d&#233;cideurs sionistes ont avidement saisi l'os que l'imp&#233;rialisme leur a jet&#233;. Et les critiques sionistes &#171; de gauche &#187;, au nom de la suppression du masque du jeu des imp&#233;rialistes, attaquent sans enthousiasme la proposition de partage, et demandent ... un &#201;tat juif dans toute la Palestine ! Un &#201;tat binational selon la proposition de Shomer HaTsa'ir (Jeune Garde) n'est qu'une feuille de vigne pour le droit des Juifs &#224; imposer aux Arabes - sans leur consentement et contre leur volont&#233; - l'immigration juive et les politiques sionistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il du Parti communiste de Palestine ? Il attend apparemment une solution &#171; juste &#187; de l'ONU. En tout cas, il continue &#224; semer des illusions sur l'ONU et, en ce sens, il aide &#224; cacher et &#224; mettre en &#339;uvre les programmes imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre tout cela, nous disons : Ne tombons pas dans le pi&#232;ge ! La solution du probl&#232;me juif, comme la solution des probl&#232;mes du pays, ne viendra pas &#171; d'en haut &#187;, de l'ONU ou de toute autre institution imp&#233;rialiste. Aucune &#171; lutte &#187;, aucune &#171; terreur &#187;, aucune &#171; pression &#187; morale ne fera renoncer l'imp&#233;rialisme &#224; ses int&#233;r&#234;ts vitaux dans la r&#233;gion (les actions p&#233;troli&#232;res ont donn&#233; 60% de dividendes cette ann&#233;e !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;soudre le probl&#232;me juif, pour nous lib&#233;rer du fardeau de l'imp&#233;rialisme, il n'y a qu'un seul moyen : la guerre de classe commune avec nos fr&#232;res arabes ; une guerre qui est un lien ins&#233;parable de la guerre anti-imp&#233;rialiste des masses opprim&#233;es dans tout l'Orient arabe et dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de l'imp&#233;rialisme r&#233;side dans la partition - notre force dans l'unit&#233; de classe internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ensuite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=isra%C3%AAl+palestiniens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=isra%C3%AAl+palestiniens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=u__ZQ7K3xSQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=u__ZQ7K3xSQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=7b_7IgNHClg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=7b_7IgNHClg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=taAUXOTx8Qg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=taAUXOTx8Qg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/tanvir_gondal/works/2016/00/sykes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/tanvir_gondal/works/2016/00/sykes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1949/11/palestine.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1949/11/palestine.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cliff/1998/00/cliff_19980000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cliff/1998/00/cliff_19980000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/chrhc/5192&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/chrhc/5192&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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