<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?id_rubrique=33&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>https://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-32cbc.jpg?1777600812</url>
		<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Du nouveau sur l'origine des Am&#233;rindiens</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7397</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7397</guid>
		<dc:date>2024-07-14T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du nouveau sur l'origine des Am&#233;rindiens &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a 40 ans, les chercheurs pensaient que le peuplement des Am&#233;riques avait eu lieu de fa&#231;on plut&#244;t simple. Les Hommes seraient ainsi arriv&#233;s sur le continent par le sud, au cours d'une seule vague de migration 13 000 ans plus t&#244;t. Ce qui co&#239;ncidait avec la propagation en Am&#233;rique du Nord d'outils en pierre particuliers, fabriqu&#233;s par le peuple de la culture Clovis. Toutefois, gr&#226;ce &#224; de nouvelles d&#233;couvertes arch&#233;ologiques et &#224; des techniques de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du nouveau sur l'origine des Am&#233;rindiens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a 40 ans, les chercheurs pensaient que le peuplement des Am&#233;riques avait eu lieu de fa&#231;on plut&#244;t simple. Les Hommes seraient ainsi arriv&#233;s sur le continent par le sud, au cours d'une seule vague de migration 13 000 ans plus t&#244;t. Ce qui co&#239;ncidait avec la propagation en Am&#233;rique du Nord d'outils en pierre particuliers, fabriqu&#233;s par le peuple de la culture Clovis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, gr&#226;ce &#224; de nouvelles d&#233;couvertes arch&#233;ologiques et &#224; des techniques de datation plus pr&#233;cises, nous savons d&#233;sormais que les Hommes de la culture Clovis qui fa&#231;onnaient ces outils n'&#233;taient pas les premiers Am&#233;ricains. Des fouilles arch&#233;ologiques sur plusieurs sites d'Am&#233;rique du Nord et du Sud ont permis aux chercheurs de prouver de mani&#232;re convaincante que des peuples ant&#233;rieurs &#224; cette culture &#233;taient arriv&#233;s plusieurs si&#232;cles avant l'apparition de ces outils.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude d'ADN ancien fournit des informations suppl&#233;mentaires concernant cette p&#233;riode de l'Histoire : elle a ainsi r&#233;v&#233;l&#233; la pr&#233;sence de groupes g&#233;n&#233;tiquement diff&#233;rents qui n'ont laiss&#233; derri&#232;re eux aucune trace physique unique. Toutefois, cela n'offre qu'une vision confuse et &#233;loign&#233;e de l'Histoire. Apr&#232;s tout, les premiers Am&#233;rindiens n'ont pas travers&#233; le continent en une seule fois. Il s'agissait plut&#244;t de petits groupes de chasseurs-cueilleurs qui vagabondaient &#224; travers la r&#233;gion vivant au jour le jour, ramassant de la nourriture, cherchant des abris, fabriquant des v&#234;tements et des outils et rencontrant d'autres peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il est facile de tomber dans le pi&#232;ge de la simplification &#224; outrance de ce qui &#233;tait probablement un processus extr&#234;mement complexe, en le repr&#233;sentant par des fl&#232;ches orient&#233;es vers le sud &#187;, souligne Jennifer Raff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2018/11/nouvelles-revelations-sur-lorigine-des-premiers-americains&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2018/11/nouvelles-revelations-sur-lorigine-des-premiers-americains&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sp&#233;cialistes ont dans un premier temps pens&#233;25 que l'arriv&#233;e des premiers humains en Am&#233;rique remontait &#224; 12 000 ans environ. Mais certaines donn&#233;es arch&#233;ologiques indiquent que le premier peuplement de l'Am&#233;rique aurait pu avoir lieu pendant le dernier maximum glaciaire (autour de 21 000 ans avant le pr&#233;sent), &#224; l'occasion de l'abaissement des niveaux marins. Venant de Sib&#233;rie, ils auraient travers&#233; le d&#233;troit de B&#233;ring, alors au-dessus de la ligne de rivage maritime en p&#233;riode glaciaire (voir B&#233;ringie). Apr&#232;s une p&#233;riode d'habitation en B&#233;ringie, et apr&#232;s la disparition des masses glaciaires d'Am&#233;rique du Nord, ils auraient pu continuer le peuplement du nouveau continent26. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres th&#233;ories parlent de peuples oc&#233;aniens qui auraient travers&#233; l'oc&#233;an Pacifique (th&#233;orie avanc&#233;e par Paul Rivet), ou encore de peuples europ&#233;ens (hypoth&#232;se de l'arch&#233;ologue Dennis Stanford). Une analyse ADN pourrait confirmer cette derni&#232;re hypoth&#232;se27. On[Qui ?] estime en effet qu'une peuplade pourrait &#234;tre venue d'Europe il y a 12 000 &#224; 36 000 ans ; elle correspondrait aujourd'hui &#224; un groupe tr&#232;s restreint d'autochtones : les Ojibw&#233;s, les Nuu-Chah-Nulth, les Sioux et les Yakamas. Des &#233;tudes g&#233;n&#233;tiques plus r&#233;centes contredisent cependant cette th&#232;se28,29. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Am&#233;rindiens, s'appuyant sur leur tradition orale, soutiennent que leurs anc&#234;tres ont toujours habit&#233; l&#224;30. Quoi qu'il en soit, la diversit&#233; des milieux naturels du continent a engendr&#233; des cultures tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera cependant des d&#233;couvertes qui remettent en cause le sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral de la colonisation de l'Am&#233;rique par les Am&#233;rindiens. Certains sp&#233;cialistes pensent que le peuplement du continent am&#233;ricain n'a pas une seule origine : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les ossements de la femme de Pe&#241;on (environ 13 000 ans), d&#233;couverts pr&#232;s de Mexico pr&#233;sentent aussi des caract&#233;ristiques europo&#239;des.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Des momies furent exhum&#233;es sous plusieurs m&#232;tres de d&#233;p&#244;ts de guano dans la caverne de Lovelock en 1911 par des exploitants-r&#233;colteurs. Elles &#233;taient du type europo&#239;de. Elles furent dat&#233;es d'environ 5 000 ans par l'analyse au radiocarbone 14. D'autres furent d&#233;couvertes en 1931 de m&#234;me type non loin de la caverne de Lovelock.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	250 cr&#226;nes et squelettes du site de Cerca grande, sont &#226;g&#233;s de 9 000 ans &#224; 1 000 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre question probl&#233;matique est celle de la date du peuplement. L&#224; encore, le travail des arch&#233;ologues semble repousser l'origine du peuplement &#224; des &#233;poques plus anciennes qu'on ne l'a longtemps cru : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	En 2005, dans une ancienne carri&#232;re situ&#233;e pr&#232;s du volcan Cerro Toluquilla (Puebla au Mexique), des traces humaines vieilles de 38 000 ans ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes par une &#233;quipe britannique sur une couche de cendres fossilis&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	En 2020, des chercheurs fran&#231;ais et sud-am&#233;ricains datent de 31 000 ans certains artefacts de la grotte de Chiquihuite31,32.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Sur le territoire des &#201;tats-Unis, l'homme de Folsom trouv&#233; au Nouveau-Mexique aurait 20 000 ans. En 1997, l'analyse au carbone 14 de fossiles am&#233;rindiens trouv&#233;s en Virginie les fait remonter &#224; 17 000 ans av. J.-C.[r&#233;f. n&#233;cessaire]&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Algonquins seraient apparus il y a 4 500 ans. Des traces de maisons en rondins iroquoises sont attest&#233;es pour le Xe si&#232;cle av. J.-C. En 2019, des charbons de bois et des ossements de grands mammif&#232;res accompagn&#233;s de lames de pierre et de pointes de lance, provenant du site de Cooper's Ferry (sur les rives d'une rivi&#232;re de l'ouest de l'Idaho), sont dat&#233;s &#224; environ 16 000 ans, plus d'un mill&#233;naire avant que la fonte des glaciers n'ait ouvert un corridor sans glace &#224; travers le Canada il y a environ 14 800 ans. Les premiers Pal&#233;oam&#233;ricains ont donc d&#251; venir par voie maritime, en parcourant rapidement la c&#244;te du Pacifique et en remontant les rivi&#232;res33,34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples autochtones d'Am&#233;rique d'aujourd'hui sont &#233;troitement li&#233;s aux Asiatiques de l'Est. N&#233;anmoins, les chercheurs estiment que 14 &#224; 38 % de l'ascendance am&#233;rindienne provient d'une population semblable &#224; celle qui vivait en Sib&#233;rie il y a 24 000 ans. L'&#233;tude de l'ADN d'un gar&#231;on sib&#233;rien du Pal&#233;olithique sup&#233;rieur d&#233;couvert pr&#232;s du village de Mal'ta, le long de la rivi&#232;re Belaya en Sib&#233;rie a montr&#233; que certaines parties de son g&#233;nome se retrouvent aujourd'hui chez les Eurasiens occidentaux, d'autres se retrouvent chez les Am&#233;rindiens et sont uniques aux Am&#233;rindiens aujourd'hui. L'ADN du gar&#231;on est rare ou absent en Asie centrale et en Asie de l'Est. Le sc&#233;nario le plus probable est celui d'une population telle que celle qui vivait en Sib&#233;rie il y a 24 000 ans qui s'est m&#233;lang&#233;e aux anc&#234;tres des Asiatiques de l'Est. Ainsi, les Am&#233;rindiens sont form&#233;s par la r&#233;union de deux populations - un groupe est-asiatique et des populations ouest-eurasiennes - sans que l'on sache o&#249; ce m&#233;lange a eu lieu35. Le 9 mai 2023, une nouvelle &#233;tude g&#233;n&#233;tique est publi&#233;e dans la revue Cell reports met en lumi&#232;re que les premiers arrivants &#233;taient partis de Chine lors de deux vagues distinctes, durant la p&#233;riode glaciaire et juste apr&#232;s, selon ses auteurs.La premi&#232;re a d&#233;but&#233; il y a 26 000 ans et s'est achev&#233;e il y a 19 500 ans, durant la derni&#232;re p&#233;riode glaciaire. La couverture de glace &#233;tait alors &#224; son pic, rendant probablement le climat du nord de la Chine inhospitalier. La deuxi&#232;me a commenc&#233; durant la p&#233;riode de fonte des glaces, il y a 19 000 ans, et a dur&#233; jusqu'il y a 11 500 ans36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2003/man080903.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2003/man080903.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.sfu.museum%2Fjourney%2Ffr%2F05p_secondary%2Fberingia.php#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.sfu.museum%2Fjourney%2Ffr%2F05p_secondary%2Fberingia.php#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.pubmedcentral.nih.gov%2Farticlerender.fcgi%3Fartid%3D1377656#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.pubmedcentral.nih.gov%2Farticlerender.fcgi%3Fartid%3D1377656#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://phys.org/news/2016-01-genetic-ancient-trans-atlantic-migration-professor.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://phys.org/news/2016-01-genetic-ancient-trans-atlantic-migration-professor.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jennifer A. Raff et Deborah A Bolnick, &#171; Does Mitochondrial Haplogroup X Indicate Ancient Trans-Atlantic Migration to the Americas ? A Critical Re-Evaluation &#187;, PaleoAmerica : A Journal of Early Human Migration and Dispersal, vol. 1, no 4,&#8206; 2015, p. 297&#8211;304&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1179/2055556315Z.00000000040&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1179/2055556315Z.00000000040&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://esask.uregina.ca/entry/historians_and_historiography.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://esask.uregina.ca/entry/historians_and_historiography.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/s41586-020-2509-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nature.com/articles/s41586-020-2509-0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/sciences/au-mexique-l-archeologie-fait-reculer-de-15-000-ans-la-decouverte-de-l-amerique-20200722&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/sciences/au-mexique-l-archeologie-fait-reculer-de-15-000-ans-la-decouverte-de-l-amerique-20200722&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science.org/doi/10.1126/science.365.6456.848&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science.org/doi/10.1126/science.365.6456.848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science.org/doi/10.1126/science.aax9830&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science.org/doi/10.1126/science.aax9830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/news/science-environment-25020958&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/news/science-environment-25020958&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/certains-des-premiers-humains-des-ameriques-venaient-de-chine-revele-une-etude-214643&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/certains-des-premiers-humains-des-ameriques-venaient-de-chine-revele-une-etude-214643&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Autochtones_d%27Am%C3%A9rique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Autochtones_d%27Am%C3%A9rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes g&#233;n&#233;tiques du chromosome Y montrent que les premiers Am&#233;rindiens sont venus de Sib&#233;rie centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/histoire-sciences/l-origine-des-amerindiens-4168.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/histoire-sciences/l-origine-des-amerindiens-4168.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/l-origine-beringienne-des-amerindiens-enfin-attestee-12800.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/l-origine-beringienne-des-amerindiens-enfin-attestee-12800.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de dents bouscule une th&#233;orie r&#233;pandue sur l'origine des premiers Am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/une-analyse-de-dents-bouscule-une-theorie-repandue-sur-lorigine-des-amerindiens-206702&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/une-analyse-de-dents-bouscule-une-theorie-repandue-sur-lorigine-des-amerindiens-206702&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vaste analyse g&#233;n&#233;tique a r&#233;v&#233;l&#233; aux moins deux migrations entre les Am&#233;riques, la Chine et le Japon, au cours de la derni&#232;re &#232;re glaciaire et de la p&#233;riode de fonte ayant suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233;s dans la revue Cell Reports, ces travaux ont permis de retracer l'une des lign&#233;es fondatrices du peuple am&#233;rindien &#224; travers les continents et le temps, via l'examen de s&#233;quences d'ADN mitochondrial, transmis par la m&#232;re. &#192; partir de quelque 115 000 &#233;chantillons, l'&#233;quipe a pu identifier 216 individus contemporains et 39 individus anciens qui partageaient la m&#234;me ascendance, en cartographiant ses ramifications &#224; l'aide de la datation au carbone et en comparant les mutations survenues en cours de route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://dailygeekshow.com/origine-amerindiens-adn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dailygeekshow.com/origine-amerindiens-adn/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_des_Am%C3%A9rindiens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_des_Am%C3%A9rindiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/societe/science/399828/des-geneticiens-confirment-que-les-amerindiens-venaient-d-asie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ledevoir.com/societe/science/399828/des-geneticiens-confirment-que-les-amerindiens-venaient-d-asie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;https://kateyaartam&#233;rindien.com/fr/blog/qui-sont-indiens-amerique-du-nord-n9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-indiens-amerique-seraient-partie-originaires-europe-50402/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-indiens-amerique-seraient-partie-originaires-europe-50402/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/les-amerindiens-ont-aussi-des-ancetres-europeens-28-11-2013-3356507.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/les-amerindiens-ont-aussi-des-ancetres-europeens-28-11-2013-3356507.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.scienceshumaines.com/amerindiens-une-origine-toujours-en-debat_fr_32117.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.scienceshumaines.com/amerindiens-une-origine-toujours-en-debat_fr_32117.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/16/un-squelette-vieux-de-13-000-ans-leve-le-voile-sur-l-origine-des-peuples-des-ameriques_4419689_1650684.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/16/un-squelette-vieux-de-13-000-ans-leve-le-voile-sur-l-origine-des-peuples-des-ameriques_4419689_1650684.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cdpdj.qc.ca/storage/app/media/publications/Mythes-Realites.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cdpdj.qc.ca/storage/app/media/publications/Mythes-Realites.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On ne nait pas homme, on le devient&#8230;</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7597</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7597</guid>
		<dc:date>2024-01-14T23:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On ne nait pas homme (au point de vue du sexe, par opposition &#224; femme), on le devient&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte ne discute pas de la s&#233;paration entre homme et animal, ni de &#171; la th&#233;orie du genre &#187; qui concerne les personnes d'&#226;ge mur sexuellement parlant, ni de leur sexualit&#233;, ni de l'homosexualit&#233;. Nous ne parlons ici que de l'&#233;mergence du sexe au stade f&#339;tal de l'&#234;tre humain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Simone de Beauvoir a &#233;crit qu' &#171; on ne nait pas femme, on le devient &#187; mais ce n'&#233;tait pas &#224; propos du f&#339;tus ni de la naissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On ne nait pas homme (au point de vue du sexe, par opposition &#224; femme), on le devient&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce texte ne discute pas de la s&#233;paration entre homme et animal, ni de &#171; la th&#233;orie du genre &#187; qui concerne les personnes d'&#226;ge mur sexuellement parlant, ni de leur sexualit&#233;, ni de l'homosexualit&#233;. Nous ne parlons ici que de l'&#233;mergence du sexe au stade f&#339;tal de l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone de Beauvoir a &#233;crit qu' &#171; on ne nait pas femme, on le devient &#187; mais ce n'&#233;tait pas &#224; propos du f&#339;tus ni de la naissance physiologique mais de la naissance sociale de la femme ! Cependant, cette phrase invers&#233;e devient &#171; on ne nait pas homme (sexe), on le devient &#187;, et ce pourrait bien &#234;tre la v&#233;rit&#233; scientifique parce qu'&#224; la base (le f&#339;tus commen&#231;ant &#224; se d&#233;velopper dans le ventre de la m&#232;re) nous sommes tous&#8230; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens ont l'image inverse selon laquelle on naitrait tous gar&#231;ons et qu'ensuite certains d'entre eux auraient une d&#233;viation vers une fille. Ancien Testament et Bible catholique n'ont-t-il pas affirm&#233; que la femme est &#171; tir&#233;e d'une c&#244;te de l'homme &#187; ? Ce conte biblique patriarcal sous-entend que la femme est venue apr&#232;s l'homme dans la &#171; cr&#233;ation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien que dans la formation physiologique d'un &#234;tre humain non mythique, ce soit m&#234;me l'inverse qui soit vrai : on nait femme et on devient, &#233;ventuellement, homme ensuite. Et cela n'a rien d'exeptionnel parmi les animaux, c'est la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ruffi&#233; &#233;crit ainsi dans &#171; le d&#233;terminisme du sexe &#187; (chapitre de &#171; Le sexe et la mort &#187;) : &#171; Chez les mamiff&#232;res, il y a un sexe dominant, normal, vers lequel se dirige tout f&#339;tus : le sexe f&#233;minin. Pour qu'un mammif&#232;re s'oriente vers la masculinisation, deux groupes d'hormones secr&#233;t&#233;es par les testicules et reconnues par les r&#233;cepteurs cellulaires corespondants sont n&#233;cessaires : l'un supprime les canaux de M&#252;ller et l'autre, repr&#233;sent&#233;e par les hormones masculinisantes, d&#233;termine l'apparition des caract&#232;res m&#226;les. Chez les oiseaux, c'est le contraire du cas des mammif&#232;res (le testicule doit lutter pour imposer la masculinisation) : c'est l'ovaire des oiseaux qui doit imposer la f&#233;minisation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;o Grasset &#233;crit dans &#171; Le coup de la girafe &#187; : &#171; Rappelons-nous que toutes les personnes sont des femmes lorsqu'elles sont de jeunes embryons : le sexe femmelle est le sexe &#171; de base &#187; &#224; partit duquel le sexe masculin va se diff&#233;rencier. Les premi&#232;res d&#233;charges hormonales masculines n'apparaissent qu'&#224; la huiti&#232;me semaine. Dit autrement, les hommes devront fabriquer leurs organes de m&#226;les &#224; partir de ce qui est d&#233;j&#224; disponible &#171; sur place &#187;, et qui est d&#233;j&#224; un peu f&#233;minin. Les t&#233;tons sont d&#233;j&#224; produits d&#232;s la sixi&#232;me semaine, il va falloir faire avec. Chaque attribut m&#226;le est un attribut en plus, durement acquis &#224; grandes salves des testost&#233;rones et de rafales d'androg&#232;nes. Si quelque chose de f&#233;minin reste, mais qu'il ne g&#232;ne pas et qu'il ne d&#233;favorise pas son porteur, il restera en place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens pensent que, d&#232;s le d&#233;part, on nait &#171; gar&#231;on &#187; ou on nait &#171; fille &#187; et que c'est irr&#233;versible car inscrit dans les g&#232;nes et c'est faux. En effet, c'est un &#234;tre au potentiel &#224; la fois homme et femme qui appara&#238;t dans le ventre de la femme : le f&#339;tus. Cependant, ce nouvel &#234;tre humain para&#238;t &#234;tre plut&#244;t un &#234;tre f&#233;minin &#224; potentialit&#233;s masculines que le contraire. En tout cas, il ne suffit pas de dire que &#171; c'est g&#233;n&#233;tique &#187;, ce qui signifierait que tout est dans la 23&#232;me paire de chromosomes, soit XX soit XY comme on le lit dans bien des articles des m&#233;dia. Le m&#233;canisme de mise en place de la sexualit&#233; n'est pas termin&#233; par le choix XX ou XY. Il faut encore que le g&#232;ne SRY intervienne ou pas, ce qui rend possible (mais plus rare) d'avoir une femme XY et un homme XX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on n'est ni d&#233;finitivement ni &#171; femme &#187; ni &#171; homme &#187; avant la cinqui&#232;me semaine de la grossesse. Or, les g&#232;nes, on les a d&#233;j&#224; et ils sont d&#233;finitivement inscrits et immuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des erreurs de cette conception purement g&#233;n&#233;tique des sexes est qu'elle oppose diam&#233;tralement les deux (ou XX ou XY exclusivement) alors que les deux sexes s'opposent dialectiquement et d'abord ils se composent dans le f&#339;tus puis se dissocient de mani&#232;re contradictoire. Il peut donc y avoir divergence entre le sexe g&#233;n&#233;tique et le sexe anatomique. La sexualit&#233; est donc une fonction contradictoire et non un attribut directement reli&#233; &#224; une dichotomie g&#233;n&#233;tique. Fondamentalement, vers la 8e semaine de gestation, ce sont les chromosomes sexuels qui d&#233;clenchent la diff&#233;renciation et qui, en quelque sorte, d&#233;cident si c'est la voie f&#233;minine ou masculine qui doit &#234;tre prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut y avoir des sexualit&#233;s moins clairement d&#233;finies que d'autres. Il peut y avoir des &#234;tres vivants qui sont partiellement d'un sexe et partiellement d'un autre ou d'une sexualit&#233; faible, att&#233;nu&#233;e. Ce ne sont pas des &#234;tres malform&#233;s. Ce sont des &#234;tres tout &#224; fait normaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est-il possible que des chromosomes masculins puissent ne pas donner des hommes et des chromosomes f&#233;minins ne pas donner des femmes ? Eh bien, les g&#232;nes contenus dans ces chromosomes peuvent tout &#224; fait avoir &#233;t&#233; inhib&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les g&#232;nes ne sont que l'un des trois paliers de la construction de la sexualit&#233; chez le f&#339;tus. Ces trois paliers sont le palier chromosomique, le palier hormonal et le palier organique. Les trois sont d&#233;terminants et pas un seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, le f&#339;tus est au stade dit &#171; sexuellement indiff&#233;renci&#233; &#187;. C'est durant l'embryogen&#232;se que la sexualit&#233; de l'individu va &#234;tre d&#233;termin&#233;e. Ensuite, la potentialit&#233; masculine du f&#339;tus sera activ&#233;e ou pas en fonction de la quantit&#233; des androg&#232;nes que re&#231;oit l'embryon dans le ventre de la m&#232;re. Et encore, ce n'est pas tout : c'est bien plus compliqu&#233; que cela, la sexualit&#233; d&#233;pend de nombreux m&#233;canismes complexes dont certains sont encore en train d'&#234;tre d&#233;couverts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In utero, la testost&#233;rone agit directement sur le d&#233;veloppement des organes g&#233;nitaux dans le sens d'une diff&#233;renciation masculine, de m&#234;me qu'elle semble agir sur le cerveau pour induire l'identit&#233; masculine, et ce de mani&#232;re proportionnelle au taux circulant dans le sang f&#339;tal. D'autres hormones m&#226;les peuvent agir dans le sens d'un d&#233;veloppement masculin : les androg&#232;nes surr&#233;naliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; la base, nous sommes tous des&#8230; femmes ! Eh oui ! On nait femme et parfois on devient homme. Et c'est ce qui expliquerait certains attributs f&#233;minins qui se retrouvent dans le corps des hommes comme les t&#233;tons qui n'ont pourtant aucune utilit&#233; pour un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des premi&#232;res semaines, seul le chromosome X, f&#233;minin, s'exprime, quelque soit le sexe de l'embryon. On parle alors de d&#233;veloppement indiff&#233;renci&#233;, ou asexu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'embryon est physiologiquement indiff&#233;renci&#233; jusqu'&#224; la septi&#232;me semaine de grossesse. &#192; partir de la huiti&#232;me semaine, commence la diff&#233;renciation des gonades et des organes g&#233;nitaux internes puis des organes externes au cours du troisi&#232;me mois de vie f&#339;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chromosome f&#233;minin lance alors la conception des seins. Au bout de six semaines, si un second chromosome X s'exprime, c'est une fille, si c'est le chromosome Y qui entre en jeu, c'est un gar&#231;on. Celui-ci commande l'apparition des organes masculins, g&#232;re l'arriv&#233;e de la testost&#233;rone et bloque la formation - d&#233;j&#224; avanc&#233;e - des seins. Voici pourquoi les hommes sont dot&#233;s de mamelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces t&#233;tons masculins ont-ils conserv&#233; un caract&#232;re f&#233;minin, c'est-&#224;-dire une capacit&#233; &#224; sortir du lait ? Eh bien oui ! Interrog&#233; par Science&amp;Vie, Thierry Lod&#233;, sp&#233;cialiste de la sexualit&#233; chez les humains et les animaux, remarque cependant que &#8220;si les hommes &#233;taient oblig&#233;s de nourrir leur enfant par ce moyen, ils pourraient d&#233;velopper l'activit&#233; galactophore. En t&#233;moigne la production d'une petite quantit&#233; de lait en cas de stress ou de manipulation chez certains hommes.&#034; C'est donc bel et bien un attribut f&#233;minin qui a &#233;t&#233; conserv&#233; chez l'homme parce qu'&#224; la base nous sommes tous des&#8230; femmes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res semaines du foetus, seul s'exprime le chromosome X, le chromosome f&#233;minin, y compris chez les gar&#231;ons. Pendant six semaines, le d&#233;veloppement est asexu&#233;, ou plut&#244;t indiff&#233;renci&#233;. Tout change &#224; la sixi&#232;me semaine de vie f&#339;tale. Si c'est une fille, un second chromosome X va entrer en jeu et induire la formation des organes f&#233;minins (vulve, ut&#233;rus, ovaires) et g&#233;n&#233;rer la production d'hormones f&#233;minines comme l'&#339;strog&#232;ne et la progest&#233;rone. Si c'est un gar&#231;on, c'est le chromosome Y qui d&#233;boule. Il va commander la formation des organes m&#226;les (p&#233;nis et testicules), baign&#233;s par l'arriv&#233;e de l'hormone masculine, la testost&#233;rone. Mais entre-temps, le petit embryon unisexe avait d&#233;j&#224; lanc&#233; la fabrication des t&#233;tons. Il est trop tard pour revenir en arri&#232;re. Chez le gar&#231;on ils ne bougeront plus, restant &#224; l'&#233;tat de mamelles rudimentaires, pour ainsi dire fossilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les embryons de sexe f&#233;minin, la transformation des gonades indiff&#233;renci&#233;es en ovaires a lieu entre 8 et 10 semaines de d&#233;veloppement embryonnaire. C'est la diff&#233;renciation ovarienne. Les follicules ne se formeront qu'apr&#232;s la naissance. Les ovaires produisent des &#339;strog&#232;nes. C'est cette hormone qui va maintenir les canaux de M&#252;ller, et les amener &#224; se transformer peu &#224; peu en oviductes. Les canaux de Wolff, eux, d&#233;g&#233;n&#232;rent par l'absence de testost&#233;rone et la diff&#233;renciation est favoris&#233;e par le g&#232;ne DAX1, qui inhibe les caract&#232;res masculins. Les canaux de M&#252;ller se modifient pour former, dans leur partie sup&#233;rieure, les trompes de Fallope, dans les segments moyens, deux cornes ut&#233;rines qui se souderont en un ut&#233;rus unique au 4e mois de l'embryon. Dans le segment inf&#233;rieur, les deux canaux fusionnent pour constituer le canal ut&#233;ro-vaginal et le renflement post&#233;rieur, le tubercule de M&#252;ller, constitue le col de l'ut&#233;rus alors que la cavit&#233; du vagin se forme. Chez le f&#339;tus f&#233;minin, les orifices g&#233;nital et urinaire sont distincts. Les organes g&#233;nitaux externes f&#233;minins se forment au cours du 3e mois de la vie f&#339;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la naissance, la structure de la glande mammaire est inachev&#233;e et comporte une ramification de canaux galactophores primordiaux. L'arr&#234;t du fonctionnement placentaire s'accompagne d'une suppression des &#339;strog&#232;nes maternels qui provoque de mani&#232;re transitoire, dans les deux sexes, un &#233;tat congestif des seins et une s&#233;cr&#233;tion lact&#233;e. &#192; ce stade, les glandes mammaires n'&#233;voluent plus chez le gar&#231;on. Chez la fille, elles restent au repos jusqu'&#224; la pubert&#233;, o&#249; leur &#233;volution am&#232;ne le d&#233;veloppement des seins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ruffi&#233; &#233;crit dans &#171; le d&#233;terminisme du sexe &#187; (chapitre de &#171; Le sexe et la mort &#187;) : &#171; L'intervention des chromosomes dans la sexualit&#233;, encore mal connue, est trs&#232; pr&#233;coce. Les premi&#232;res cellules destin&#233;es &#224; devenir sexuelles naisssent de l'&#233;pith&#233;lium coelonique de l'embryon et migrent de l&#224; dans un &#171; coin &#187; de l'organisme o&#249; elles donnent des glandes sexuelles ou gonades. C'est au moment pr&#233;cis o&#249; ces glandes se diff&#233;rencient qu'elles &#233;voluent vers la lign&#233;e m&#226;le ou la lign&#233;e femelle. Cette diff&#233;renciation est sous le contr&#244;le du patrimoine h&#233;r&#233;ditaire. Chez l'homme, et sans doute chez tous les mammif&#232;res, le chromosome Y doit renfermer un ou plusieurs g&#232;nes qui assurent la synth&#232;se d'une mol&#233;cule signal. Celle-ci agit comme un d&#233;clencheur du &#171; programme m&#226;le &#187; qui sera en grande partie assur&#233; par la mise en action de g&#232;nes port&#233;s par les autosomes (lesquels, en l'absence de Y, demeureraient muets mais n'en existeraient pas moins). Ces g&#232;nes autosomiques ne sont pas &#224; proprement parler sexuels, car ils ne fixent pas la nature du sexe, mais ils participent &#224; sa r&#233;alisation en ob&#233;issant aux ordres venus de Y. Ils provoquent l'apparition de tous les caract&#232;res sexuels m&#226;les tant primitifs (nature histologique des gonades qui seront soit femelles : ovules, soit m&#226;les : testicules), que primaires (organes g&#233;nitaux proprement dits) ou secondaires (traits ph&#233;notypiques caract&#233;ristiques d'un sexe, mais qui n'interviennent pas n&#233;cessairement de fa&#231;on directe dans la copulation)&#8230;. La sexualit&#233; implique une &#171; couverture hormonale &#187; complexe, dont le m&#233;canisme, que l'on pensait nagu&#232;re assez simple, est encore mal &#233;lucid&#233;&#8230; L'intervention hormonale se situe &#224; deux niveaux : celui des gonades qui, outre leur r&#244;le de fabricants de cellules sexuelles, sont aussi de v&#233;ritables glandes endocrines, celui de l'hypophyse ant&#233;rieure et des parties voisines du cerveau qui contr&#244;lent, pour ainsi dire, l'activit&#233; hortmonale des gonades. Le r&#244;le des hormones dans la diff&#233;renciation para&#238;t incontestable&#8230;. Les hormones sexuelles f&#233;minines sont les oestrog&#232;nes et la progest&#233;rone. La principale hormone sexuelle masculine est la testost&#233;rone. Chimiquement, elle pr&#233;sente une structure tr&#232;s proche des hormones femelles et d&#233;rive comme elles du cholest&#233;rol. Elle est pr&#233;sente chez la femme mais en quantit&#233; beaucoup plus faible que chez l'homme. En fait, la testost&#233;rone est un pr&#233;curseur, une pr&#233;hormone. L'hormone proprement dite est la dihydrotestost&#233;rone. La r&#233;gulation des hormones sexuelles, m&#226;les comme femelles, est sous la commande d'hormones ant&#233;-hypophysaires, dites hormones gonadothropes qui sont les m&#234;mes pour les deux sexes&#8230; L'ensemble du cycle ovarien f&#233;minin d&#233;pend d'un m&#233;canisme neuro-hormonal mettant en jeu au moins deux types de circuits complexes, l'un freinant, l'autre acc&#233;larant l'acitvit&#233; de synth&#232;se des gonades-trophines et des hormones sexuelles&#8230; On sait maintenant qu'il existe, au moins au niveau de l'hypothalamus, des structures qui commandent les conduites sexuelles homo et h&#233;t&#233;rotypiques&#8230; L'action hormonale s'exerce durant le d&#233;veloppement intra-ut&#233;rin. C'est &#224; ce moment que la gonade s'oriente vers un sexe soit m&#226;le (testicule), soit femelle (ovaire) selon l'&#233;quipement g&#233;n&#233;tique du sujet. A son tour, la gonade, qui joue aussi le r&#244;le de glande endocrine, va fixer par voie hormonale les structures hypothalamiques vers le sexe correspondant&#8230; Dans le d&#233;but de la vie embryologique, les vert&#233;br&#233;s (et m&#234;me les invert&#233;br&#233;s) sont dou&#233;s d'une double potentialit&#233; sexuelle : masculite et f&#233;minine. Aussi suffira-t-il de peu de chose pour entra&#238;ner une d&#233;viation : chaque individu passant, &#224; un moment ou &#224; un autre, par un stade physiologique, ou plus tard mental, bisexu&#233;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Epig&#233;n&#233;tique et G&#233;n&#233;tique</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5698</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5698</guid>
		<dc:date>2020-10-21T07:50:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la g&#233;n&#233;tique &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que l'&#233;pig&#233;n&#233;tique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;pig&#233;n&#233;tique, ce n'est pas le contenu mat&#233;riel des g&#232;nes et leur effet pour produire un type d'&#234;tre vivant, mais le pilotage de leur activation ou leur inactivation par du mat&#233;riel biochimique non g&#233;n&#233;tique (ni ADN, ni ARN, ni prot&#233;ines). Les ph&#233;nom&#232;nes &#233;pig&#233;n&#233;tiques peuvent donc &#234;tre d&#233;finis dans un sens restreint comme les ph&#233;nom&#232;nes de modification du patron d'expression des g&#232;nes sans modification de la s&#233;quence (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=g%C3%A9n%C3%A9tique+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que la g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que l'&#233;pig&#233;n&#233;tique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pig&#233;n&#233;tique, ce n'est pas le contenu mat&#233;riel des g&#232;nes et leur effet pour produire un type d'&#234;tre vivant, mais le pilotage de leur activation ou leur inactivation par du mat&#233;riel biochimique non g&#233;n&#233;tique (ni ADN, ni ARN, ni prot&#233;ines). Les ph&#233;nom&#232;nes &#233;pig&#233;n&#233;tiques peuvent donc &#234;tre d&#233;finis dans un sens restreint comme les ph&#233;nom&#232;nes de modification du patron d'expression des g&#232;nes sans modification de la s&#233;quence nucl&#233;otidique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disposons de 20.000 g&#232;nes dans le g&#233;nome humain et cela n'est pas suffisant &#224; expliquer toutes les diff&#233;rences de situations h&#233;r&#233;ditaires des cellules de l'&#234;tre humain et il en va de m&#234;me des autres animaux ou des plantes. C'est qu'il existe bien d'autres ph&#233;nom&#232;nes que le changement du contenu mol&#233;culaire des g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de l' &#171; &#233;pig&#233;n&#233;tique &#187;, il y a la d&#233;couverte du fait que l'h&#233;r&#233;dit&#233; n'est pas enti&#232;rement contenue dans les mol&#233;cules d'ADN, d'ARN et de prot&#233;ines. En effet, les g&#232;nes situ&#233;s dans l'ADN peuvent &#234;tre inactiv&#233;s ou activ&#233;s &#224; des moments diff&#233;rents pour des raisons qui ne sont pas inh&#233;rentes au contenu mol&#233;culaire de l'ADN ou d'autres mol&#233;cules cit&#233;s pr&#233;c&#233;demment. Un exemple : le mode d'enroulement de l'ADN autour des histones, qui sont des prot&#233;ines, peut modifier les g&#232;nes de l'ADN qui sont activ&#233;s et ceux qui sont inactiv&#233;s. Tant que les histones ne se d&#233;tachent pas de l'ADN, les g&#232;nes sont inactiv&#233;s et leur activation d&#233;pend donc du type de liens entre histones et ADN, types qui sont h&#233;r&#233;ditaires. Deuxi&#232;me exemple d'h&#233;r&#233;dit&#233; &#233;pig&#233;n&#233;tique : la m&#233;thylisation de l'ADN au niveau des cytosines. Troisi&#232;me exemple : des petits ARN dits non codants qui interviennent dans l'&#233;tat d'activation des g&#232;nes. Quatri&#232;me exemple de l'importance de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique dans le m&#233;canisme cellulaire : toutes les cellules d'un m&#234;me individu contiennent le m&#234;me ADN et pourtant elles sont sp&#233;cialis&#233;es, les unes &#233;tant neuronales, les autres musculaires ou sanguines. Ce qui les diff&#233;rencie n'est pas le contenu g&#233;n&#233;tique mais le fonctionnement &#233;pig&#233;n&#233;tique du mode d'expression de tels ou tels g&#232;nes et pas tels autres au sein de la biblioth&#232;que des g&#232;nes que repr&#233;sente l'ADN. Aucun g&#232;ne qui n'y figure pas ne peut s'exprimer. Par contre, la plupart des g&#232;nes est naturellement inactiv&#233; s'il n'est pas activ&#233; par les prot&#233;ines et encore faut-il que celles-ci puissent y acc&#233;der en fonction de la disposition de l'ADN dans l'espace et de son enveloppement par les mol&#233;cules de protection sp&#233;cialis&#233;es. Il y a des marqueurs &#233;pig&#233;n&#233;tiques (des enzymes) qui indiquent que tel ou tel g&#232;ne est activ&#233; et tel ou tel autre inactiv&#233;. Et, lors de la division cellulaire, ces propri&#233;t&#233;s sont transmises &#233;galement : l'&#233;pig&#233;n&#233;tique fait donc partie de l'h&#233;r&#233;dit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes de r&#233;gulation des g&#232;nes hom&#233;otiques interviennent dans les trois dimensions de l'espace. Expliquons l'importance de la forme des prot&#233;ines, &#233;galement en trois dimensions. En effet, les mol&#233;cules auxquelles elles peuvent se lier pour jouer le r&#244;le d'enzyme des r&#233;actions sont celles qui ont une forme volumique o&#249; la prot&#233;ine s'embo&#238;te exactement. Or, on constate que les prot&#233;ines ont une surface fractale, propri&#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e par Michelle Lewis et expos&#233;e dans un num&#233;ro du magazine am&#233;ricain &#171; Science &#187; datant de 1985. Ce ph&#233;nom&#232;ne est &#233;pig&#233;n&#233;tique c'est-&#224;-dire en surface du g&#233;n&#233;tique. Cela signifie que ce qui compte n'est pas seulement le contenu chimique des g&#232;nes mais la forme des macromol&#233;cules. On se trouve en pr&#233;sence d'une cascade d'interactions entre diff&#233;renciation et forme : une diff&#233;renciation entra&#238;ne une modification de la forme qui produit une nouvelle diff&#233;renciation, etc... C'est un contr&#244;le &#233;pig&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement. Cette interaction avec influence de la forme est une r&#233;gulation topo-biologique, comme le dit Edelman. On est tr&#232;s loin de l'id&#233;e de programmation du type ordinateur qui avait &#233;t&#233; utilis&#233;e pour repr&#233;senter l'ADN. Un programme informatique est quelque chose de fig&#233; et qui n'&#233;volue pas. Le processus est programm&#233; parce qu'il agit sous la d&#233;pendance de g&#232;nes. Pourtant il est fond&#233; sur un processus al&#233;atoire &#224; un niveau diff&#233;rent, celui des interactions cellulaires et mol&#233;culaires. Avec la diversification, le m&#234;me ADN, le m&#234;me programme g&#233;n&#233;tique peut produire des cellules diverses suivant les messages re&#231;us des autres cellules. Donc l'histoire suivie par les cellules n'est pas strictement d&#233;termin&#233;e par les g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'ADN, en tant que programme, se trouve tr&#232;s relativis&#233; au profit de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique, impliquant des interactions mol&#233;culaires et tissulaires. Cela change l'histoire des tissus, entra&#238;ne l'apparition d'une forme, d'une morphogen&#232;se en trois dimensions con&#231;ue comme brisure spontan&#233;e de sym&#233;trie. On appelle brisure de sym&#233;trie l'apparition d'une nouvelle dimension dans un ph&#233;nom&#232;ne. C'est par exemple le cas dans la segmentation du corps embryonnaire. C'est encore le cas lors de l'apparition des bras puis des doigts qui sont des brisures de sym&#233;trie. C'est ce qui explique comment dans la multiplication cellulaire apparemment identique dans toutes les directions, une orientation particuli&#232;re est donn&#233;e &#224; la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pig&#233;n&#233;tique rajoute aux habituelles mol&#233;cules g&#233;n&#233;tiques (ADN, ARN et prot&#233;ines) d'autres mol&#233;cules influentes elles aussi dans les proc&#233;dures h&#233;r&#233;ditaires : chromatine, cytosine, histones, etc, qui ne contiennent aucun &#233;l&#233;ment g&#233;n&#233;tique et qui sont d&#233;terminants pour savoir si un g&#232;ne peut ou ne peut pas &#234;tre accessible &#224; des enzymes appel&#233;s &#171; facteurs de transcription &#187; et sans lesquels les g&#232;nes ne s'expriment pas m&#234;me s'ils sont en bon &#233;tat et pr&#233;sents au bon endroit dans l'ADN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Pascal Capp &#233;crit ainsi dans &#171; Le cancer sous l'emprise du milieu &#187; : &lt;i&gt;&#171; Les changements &#233;pig&#233;n&#233;tiques ne touchent pas les s&#233;quences des g&#232;nes elles-m&#234;mes, mais leur expression, par le jeu de modifications chimiques et structurales de la chromatine, le filament ressemblant &#224; un collier de perles form&#233; par la mol&#233;cule d'ADN et les prot&#233;ines qui lui sont li&#233;es. Par exemple, des g&#232;nes suppresseurs de tumeurs ou impliqu&#233;s dans la r&#233;paration de l'ADN sont ainsi inhib&#233;s. La cellule a alors encore moins de latitude pour contr&#244;ler ses divisions ou emp&#234;cher les mutations. Dans d'autres cas, ces modifications r&#233;activeraient des g&#232;nes inactifs, ce qui contribuerait &#224; la prolif&#233;ration des cellules dans la tumeur. L'instabilit&#233; &#233;pig&#233;n&#233;tique serait aussi importante dans la canc&#233;rogen&#232;se que l'instabilit&#233; &#233;pig&#233;n&#233;tique. Toutefois, les changements &#233;pig&#233;n&#233;tiques sont transitoires et soumis &#224; des variations al&#233;atoires rapides. Cela contribue &#224; ce que les cellules tumorales pr&#233;sentent des caract&#233;ristiques variables au sein d'une m&#234;me tumeur. (&#8230;) L'&#233;quipe de Ana Soto et Carlos Sonnenschein, de l'Universit&#233; Tufts, &#224; Boston, a d&#233;couvert en 2004 qu'un agent mutag&#232;ne agissant uniquement sur le stroma, le tissu de soutien des cellules &#233;pith&#233;liales, d&#233;clenche des cancers d'origine &#233;pith&#233;liale alors que les mutations ne touchent pas directement ces cellules. Les cellules &#233;pith&#233;liales deviendraient malignes parce que les interactions des cellules du stroma et des cellules de l'&#233;pith&#233;lium sont perturb&#233;es, et non directement &#224; cause d'alt&#233;rations g&#233;n&#233;tiques. (&#8230;) Le d&#233;veloppement canc&#233;reux rel&#232;ve non seulement d'une division cellulaire anarchique mais aussi d'un processus nomm&#233; diff&#233;renciation cellulaire. En effet, au d&#233;part d'un cancer, des cellules se &#171; transforment &#187; en cellules ayant des caract&#233;ristiques de diff&#233;renciation anormales (qui varient selon les cancers et entre cellules d'une m&#234;me tumeur). La notion de diff&#233;renciation signifie qu'une cellule emprunte, en exprimant certains g&#232;nes et en r&#233;primant d'autres, un &#171; chemin &#187; qui lui donne un type particulier. Ce chemin est influenc&#233; par les &#171; signaux &#187; mol&#233;culaires que la cellule re&#231;oit de son environnement, selon une s&#233;quence temporelle pr&#233;cise. (&#8230;) La diff&#233;renciation peut &#234;tre vue comme un processus al&#233;atoire d&#233;coulant de l'expression al&#233;atoire des g&#232;nes. Selon ce mod&#232;le, les cellules souches et prog&#233;nitrices d'un tissu (non diff&#233;renci&#233;es ou seulement partiellement diff&#233;renci&#233;es) expriment al&#233;atoirement des combinaisons diff&#233;rentes de g&#232;nes. Celles qui expriment par hasard la bonne combinaison de g&#232;nes au bon endroit sont stabilis&#233;es par les interactions cellulaires, c'est-&#224;-dire maintenues sur la bonne voie de diff&#233;renciation ou dans leur &#233;tat diff&#233;renci&#233;, tandis que les autres continuent &#224; exprimer leurs g&#232;nes de fa&#231;on al&#233;atoire ou meurent.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle importance au niveau de la th&#233;orie de l'&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une conception purement g&#233;n&#233;tique de l'h&#233;r&#233;dit&#233;, tout changement d'esp&#232;ce provient n&#233;cessairement d'une modification (mutation) d'un g&#232;ne ou de plusieurs g&#232;nes en termes de contenu mol&#233;culaire du message g&#233;n&#233;tique cod&#233; en ad&#233;nine, guanine, thymine, cytosine altern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'une influence &#233;pig&#233;n&#233;tique de l'h&#233;r&#233;dit&#233; est un changement consid&#233;rable car l'&#233;pig&#233;n&#233;tique n'est pas ind&#233;pendante de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'&#233;pig&#233;n&#233;tique et la d&#233;couverte de m&#233;canismes h&#233;r&#233;ditaires de ce type sont plut&#244;t anciens, mais la d&#233;couverte de m&#233;canismes de sp&#233;ciation dus &#224; l'&#233;pig&#233;n&#233;tique est r&#233;cente. En f&#233;vrier 2012, des biologistes de l'Institut Pierre Bourgin et de l'INRA ont mis en &#233;vidence une sp&#233;ciation de la plante Arabidopsis thaliana, m&#233;canisme d'apparition d'une fronti&#232;re d'esp&#232;ce d&#251; &#224; un m&#233;canisme &#233;pig&#233;n&#233;tique : une diff&#233;rence dans l'expression des g&#232;nes et non dans leur contenu. Des chercheurs de l'INRA ont caract&#233;ris&#233;, chez la plante mod&#232;le Arabidopsis thaliana, un m&#233;canisme qui pourrait participer &#224; leur mise en place. Ils ont montr&#233; qu'une incompatibilit&#233; entre deux souches naturelles d'Arabidopsis est due &#224; l'inactivation d'un g&#232;ne par des modifications dites &#171; &#233;pig&#233;n&#233;tiques &#187;, des modifications transmissibles &#224; la descendance mais qui ne changent pas la s&#233;quence de l'ADN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats sont publi&#233;s dans la revue Current Biology du 26 janvier 2012. Chez la majorit&#233; des esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales, tous les croisements ne sont pas fertiles. Des scientifiques de l'Inra de Versailles-Grignon ont &#233;tudi&#233; la descendance du croisement entre deux souches naturelles d'Arabidopsis thaliana, Columbia (Col) et Shahdara (Sha). Certaines plantes issues de ce croisement arborent des quantit&#233;s r&#233;duites de pollen et de graines, ce qui affecte fortement leur capacit&#233; de reproduction au sein de la population. Les chercheurs ont d&#233;couvert que ceci correspond &#224; une incompatibilit&#233; entre deux r&#233;gions chromosomiques de Col et de Sha. Cette incompatibilit&#233; concerne des g&#232;nes nomm&#233;s AtFOLT, impliqu&#233;s dans le transport des folates. Chez tous les organismes, les folates interviennent dans la biosynth&#232;se des constituants des prot&#233;ines et du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique et leur absence affecte la formation des cellules reproductrices ainsi que les &#233;tapes pr&#233;coces du d&#233;veloppement embryonnaire. La nouveaut&#233; de ce m&#233;canisme r&#233;side dans sa nature &#233;pig&#233;n&#233;tique qui a la capacit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer l'apparition de cons&#233;quences d&#233;l&#233;t&#232;res dans la descendance d'un croisement. L'importance des ph&#233;nom&#232;nes &#233;pig&#233;n&#233;tiques dans l'&#233;volution commence &#224; &#234;tre reconnue, mais l'origine des variations ainsi que leur impact dans la nature restent encore &#224; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats sugg&#232;rent que des modifications &#233;pig&#233;n&#233;tiques naturelles provenant de variations structurelles peuvent jouer un r&#244;le important dans la mise en place rapide d'incompatibilit&#233;s g&#233;n&#233;tiques entre individus d'une m&#234;me esp&#232;ce. Ils contribuent probablement &#224; expliquer les mortalit&#233;s observ&#233;es lors de certaines hybridations entre vari&#233;t&#233;s ou entre esp&#232;ces et &#224; comprendre la mise en place de la s&#233;paration des esp&#232;ces. En outre, ces ph&#233;nom&#232;nes peuvent avoir des cons&#233;quences majeures dans le domaine de l'am&#233;lioration des plantes en limitant les fragments chromosomiques qui peuvent &#234;tre introduits par croisement d'une vari&#233;t&#233; dans une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait maintenant que la chromatine, structure d'empaquetage de l'ADN dans le noyau des cellules eucaryotes, dicte en grande partie l'activit&#233; du g&#233;nome, notamment au travers des nombreuses modifications dont font l'objet les histones, les prot&#233;ines au coeur m&#234;me de l'organisation de la chromatine. Par quels m&#233;canismes, diff&#233;rents &#233;tats chromatiniens sont-ils &#233;tablis, maintenus ou effac&#233;s et comment modulent-ils l'activit&#233; du g&#233;nome sont des questions majeures au centre des travaux de l'&#233;quipe anim&#233;e par Vincent Colot, qui m&#232;ne ses recherches sur l'esp&#232;ce Arabidopsis thaliana. Cette plante &#224; fleur constitue un excellent mod&#232;le pour l'&#233;tude de l'organisation et de la dynamique de la chromatine dans la mesure o&#249; son g&#233;nome est totalement s&#233;quenc&#233; et o&#249; l'on dispose de vastes collections de mutants affectant la chromatine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, les g&#233;n&#233;ticiens se sont aper&#231;us que l'environnement (l'alimentation, les conditions climatiques, le stress&#8230;) pouvait laisser des traces dans le g&#233;nome des plantes et des animaux sous forme de modifications de l'expression des g&#232;nes. Elles sont transmissibles et r&#233;versibles et elles ne s'accompagnent pas de changements dans le support g&#233;n&#233;tique, c'est-&#224;-dire au niveau de l'ADN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des chercheurs de l'Institut Max Planck (Allemagne) ont &#233;tudi&#233; ces modifications sur la plante Arabidopsis, l'arabette des Dames, couramment utilis&#233;e pour les &#233;tudes g&#233;n&#233;tiques. Ils ont fait pousser &#224; partir de plantes m&#232;res 30 g&#233;n&#233;rations de plantes et observ&#233; les modifications g&#233;n&#233;tiques et &#233;pig&#233;n&#233;tiques (les &#233;pimutations) entre chaque g&#233;n&#233;ration et entre les plantes m&#232;res et les descendants finaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces modifications les chercheurs ont &#233;tudi&#233; la m&#233;thylation, un processus dans lequel certaines bases de l'ADN peuvent &#234;tre modifi&#233;es par l'addition d'un groupement m&#233;thyle, CH3. Apr&#232;s 30 g&#233;n&#233;rations, ils ont constat&#233; 30.000 m&#233;thylations, environ 1000 fois plus que les mutations directes sur l'ADN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont donc naturellement conclu que le nombre de mutations de type m&#233;thylation est d'environ 1000 par g&#233;n&#233;ration. Mais l'&#233;tude des mutations entre chaque g&#233;n&#233;ration r&#233;v&#232;le un taux trois &#224; quatre fois sup&#233;rieur. De nombreuses m&#233;thylations ne sont donc pas stables et disparaissent apr&#232;s quelques g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour J&#246;rg Hagmann, un des auteurs de l'&#233;tude : &#171; Ces exp&#233;riences montrent que les m&#233;thylations sont souvent r&#233;versibles. Une nouvelle &#233;pimutation doit donc avoir un fort avantage &#233;volutif pour &#234;tre conserv&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pig&#233;n&#233;tique a de nombreuses diff&#233;rences avec les m&#233;canismes g&#233;n&#233;tiques : intervention de l'environnement, non fixit&#233; des caract&#232;res h&#233;r&#233;ditaires, possibilit&#233;s d'h&#233;r&#233;dit&#233; de certains caract&#232;res acquis par un individu au cours de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, les chercheurs Marcus E Pembrey et Lars Olov Bygren ont montr&#233; que les habitudes alimentaires des grands-parents pouvaient avoir des cons&#233;quences sur... leurs petits-enfants. Pour y parvenir, les deux chercheurs ont d&#233;cortiqu&#233; les registres paroissiaux de la petite ville su&#233;doise de &#214;verkalix sur plusieurs g&#233;n&#233;rations. Ils ont ainsi d&#233;couvert que les hommes qui avaient connu la famine avaient des petits-enfants moins susceptibles de d&#233;velopper des probl&#232;mes cardio-vasculaires que ceux dont les grand-p&#232;res n'avaient pas connu de p&#233;riode de famine. En d'autres termes, des modifications biologiques issues de l'environnement (ici, une situation de carence alimentaire) ont eu des r&#233;percussions biologiques sur les hommes de cette &#233;poque... lesquelles se sont ensuite transmises aux g&#233;n&#233;rations suivantes. Le tout sans passer par le biais de la mutation g&#233;n&#233;tique &#034;classique&#034;. On parle donc ici de &#034;mutation &#233;pig&#233;n&#233;tique&#034; (ou encore d'&#034;&#233;pimutation&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quoi sont caus&#233;es ces modifications h&#233;ritables d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre, si ce n'est pas via mutation g&#233;n&#233;tique ? &#034;Ces modifications sont issues de ph&#233;nom&#232;nes chimiques qui affectent la fa&#231;on dont les g&#232;nes de notre ADN s'expriment, explique Nicolas Bouch&#233; (Inra / Institut Jean-Pierre Bourgin, &#224; Versailles) au Journal de la Science. Parmi ces ph&#233;nom&#232;nes chimiques, il y a par exemple la m&#233;thylation de la cytosine. Soit la fixation d'un groupement m&#233;thyl, compos&#233; de 3 atomes d'hydrog&#232;ne et d'un atome de carbone, sur la cytosine [ndr : la cytosine est l'un des 4 &#233;l&#233;ments qui composent l'ADN]. Or, la fixation de ce groupement m&#233;thyl sur la cytosine a pour effet de diminuer, voire de stopper totalement, l'expression de cette partie de l'ADN. Comme si, au fond, cette partie de l'ADN devenait muette&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat ? Cette zone de l'ADN cesse de coder les prot&#233;ines qu'elle produisait jusqu'alors. Ce qui peut engendrer des modifications biologiques importantes chez l'&#234;tre vivant (plante, animal) qui est le si&#232;ge d'un tel ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une &#233;tude men&#233;e par des chercheurs am&#233;ricains du Salk Institute for the Biological Studies (La Jolla, Etats-Unis) sur la plante Arabidopsis thalania vient de montrer que ces mutations &#233;pig&#233;n&#233;tiques se produisent... encore plus fr&#233;quemment que les mutations g&#233;n&#233;tiques &#034;classiques&#034;. Un r&#233;sultat publi&#233; le 15 septembre 2011 par la revue Science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parvenir &#224; ce r&#233;sultat, le Pr. Joseph Ecker et son &#233;quipe ont analys&#233; l'&#233;volution de 30 g&#233;n&#233;rations successives de plantes Arabidopsis thalania, toutes issues d'un seul et m&#234;me sp&#233;cimen (donc d'un seul et m&#234;me ADN). Plus pr&#233;cis&#233;ment, pour chaque plante, les chercheurs ont scrut&#233; les zones de l'ADN o&#249; des groupements m&#233;thyl &#233;taient susceptibles de venir se fixer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat ? A chaque g&#233;n&#233;ration, l'ADN de Arabidopsis thalania a subi des mutations &#233;pig&#233;n&#233;tiques sur plusieurs centaines d'endroits diff&#233;rents de son ADN. Soit des mutations 5 fois plus nombreuses que les mutations g&#233;n&#233;tiques classiques observ&#233;es dans le m&#234;me temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mutations &#233;pig&#233;n&#233;tiques facilement r&#233;versibles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;sultat important car il sugg&#232;re que la mutation &#233;pig&#233;n&#233;tique permettrait aux plantes Arabidopsis thalania -et peut-&#234;tre aussi &#224; d'autres &#234;tres vivants, comme l'homme- de s'adapter aux modifications environnementales d'une fa&#231;on plus souple et plus r&#233;active que les mutations g&#233;n&#233;tiques classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Nicolas Bouch&#233;, &#034;c'est un tr&#232;s beau r&#233;sultat. Car il vient apporter la preuve d'une intuition que les chercheurs en &#233;pig&#233;n&#233;tique avaient depuis quelques ann&#233;es, mais qu'ils n'&#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent jamais parvenus &#224; d&#233;montrer. En effet, on sait depuis quelques ann&#233;es d&#233;j&#224; que les mutations &#233;pig&#233;n&#233;tiques sont labiles, c'est-&#224;-dire qu'elles sont facilement r&#233;versibles [ndr : lire ce compte-rendu du CNRS pour mieux comprendre cette question la laibilit&#233; des &#233;pimutations]. Cette labilit&#233; sugg&#232;rait que les &#233;pimutations surviennent plus fr&#233;quemment que les mutations g&#233;n&#233;tiques. Le r&#233;sultat de Joseph Ecker et de son &#233;quipe vient confirmer cela&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LIRE :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/le-code-epigenetique-se-transmet-101128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:6X5c38tBzCYJ:www.theses.ulaval.ca/2008/25122/25122.pdf+sp%C3%A9ciation+de+la+plante+Arabidopsis+thaliana+%C3%A9pig%C3%A9n%C3%A9tique&amp;cd=5&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;gl=fr&amp;client=firefox-a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.journaldelascience.fr/genetique/articles/des-chercheurs-levent-le-voile-sur-lun-des-mysteres-de-lepigenetique-2261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://curie.fr/fr/events/mardi/2012&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://tinyurl.com/Conference-Andras-Paldi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_paris_diderot/13min_qui_suis_je_entre_genetique_et_epigenetique_jonathan_weitzman.12437&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#233;n&#233;tique et &#233;pig&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/mnhn/voyage_au_coeur_de_nos_cellules.17660&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voyage au coeur de nos cellules&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=QAoRCwAAQBAJ&amp;pg=PT11&amp;dq=%C3%A9pig%C3%A9n%C3%A9tique&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=%C3%A9pig%C3%A9n%C3%A9tique&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;pig&#233;n&#233;tique et m&#233;moire cellulaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2136&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Seulement la g&#233;n&#233;tique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article556&#034;&gt;G&#232;nes architectes et horloges du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?q=%C3%A9pig%C3%A9n%C3%A9tique&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;client=firefox-b&amp;gfe_rd=cr&amp;ei=9QxsWO2HL4LBaMDEmMgG&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une des plus grandes r&#233;volutions du Vivant : l'&#233;mergence de la cellule eucaryote</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5135</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5135</guid>
		<dc:date>2019-08-06T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Comme les huit doigts de la main &#187; (chapitre &#171; Les grandes modalit&#233;s de l'&#233;volution &#187;) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De nombreux biologistes situent la grande division au sein de la nature, non pas entre les plantes et les animaux, ni m&#234;me entre les organismes unicellulaires et multicellulaires, mais, au sein m&#234;me des unicellulaires, entre les procaryotes et les eucaryotes. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sciences de la Terre et de l'Univers &#187;, ouvrage collectif dirig&#233; par Jean-Yves Daniel et Andr&#233; Brahic : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Comme les huit doigts de la main &#187; (chapitre &#171; Les grandes modalit&#233;s de l'&#233;volution &#187;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De nombreux biologistes situent la grande division au sein de la nature, non pas entre les plantes et les animaux, ni m&#234;me entre les organismes unicellulaires et multicellulaires, mais, au sein m&#234;me des unicellulaires, entre les procaryotes et les eucaryotes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sciences de la Terre et de l'Univers &#187;, ouvrage collectif dirig&#233; par Jean-Yves Daniel et Andr&#233; Brahic :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais comment passe-t-on d'une cellule simple, au noyau nu et diffus, &#224; une cellule eucaryotique compartiment&#233;e, &#224; vrai noyau et organites cellulaires ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/2385d8c70cc688c4a6020c9d782c9d83460c8ad83d2c9b3cec806b6474944d7a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/2385d8c70cc688c4a6020c9d782c9d83460c8ad83d2c9b3cec806b6474944d7a.jpg' width=&#034;807&#034; height=&#034;652&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une des plus grandes r&#233;volutions du Vivant : l'&#233;mergence de la cellule eucaryote&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il est certain que l'apparition de la photosynth&#232;se, de la sexualit&#233;, de la cellule &#224; noyau et des organismes pluricellulaires sont les principales r&#233;volutions du vivant. Toutes ces &#171; apparitions &#187; ont &#233;t&#233; &#233;mergentes, ce qui signifie qu'elles sont de v&#233;ritables r&#233;volutions, qui renversent l'ancien ordre &#233;tabli, qui fondent sur des bases toutes nouvelles un ordre qui n'est pas un simple bricolage sur le pr&#233;c&#233;dent. Cependant, l'&#233;mergence d'un ordre nouveau n'est en rien un ph&#233;nom&#232;ne incompr&#233;hensible pour la science ni un butin pour les mystiques de toutes sortes. L'apparition des cellules eucaryotes n'est nullement irrationnelle m&#234;me si elle est extraordinairement novatrice.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie n'est pas n&#233;e en une fois mais par toute une s&#233;rie de r&#233;volutions qui ne se sont pas d&#233;roul&#233;es r&#233;guli&#232;rement mais ont &#233;t&#233; s&#233;par&#233;es de longues p&#233;riodes historiques. Dans son ouvrage &#171; Singularit&#233;s &#187; De Duve imagine les singularit&#233;s suivantes du vivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	formation des premi&#232;res mol&#233;cules (&#233;ventuellement dans l'espace) : chimie abiotique produisant des acides amin&#233;s, les pyrophosphates et thioesters&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- production de l'ATP et autres mol&#233;cules porteuses de l'&#233;nergie des interactions du vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- formation des bases U, A, G et C, les mononucl&#233;otides NMP et leurs d&#233;riv&#233;s pyrophosphat&#233;s les NTP, qui sont les briques du futur ARN (mais aussi de l'ADN qui n'appara&#238;t que beaucoup plus tard semble-t-il) et appariement des bases. Apparition d'un protom&#233;tabolisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- apparition de l'ARN (acide ribonucl&#233;ique) que De Duve appelle &#171; &#233;v&#233;nement charni&#232;re &#187; car l'ARN est &#224; l'origine des prot&#233;ines et des m&#233;tabolismes. Mais cela ne signifie pas une seule naissance car d'embl&#233;e apparaissent de multiples ARN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- r&#233;plication et transformation de l'ARN par lui-m&#234;me. Formation des ARN auto-catalytique (l'ARNr ribosomial est la premi&#232;re mol&#233;cule catalytique, avant les enzymes), ARN messager (ARNm) et de l'ARN de transfert (ARNt). Invention de la variation en m&#234;me temps que la r&#233;plication. L'ARN est &#224; la fois porteur de la m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, d&#233;positaire r&#233;plicable et agent de cette r&#233;plication (ce qui ne sera plus vrai avec l'apparition de l'ADN avec lequel la transcription sera compl&#232;tement dissoci&#233;e de la r&#233;plication). D&#233;but du m&#233;canisme de s&#233;lection. Allongement des brins d'ARN. D&#233;veloppement des enzymes et du m&#233;tabolisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- production des prot&#233;ines par l'interaction entre diverses sortes de mol&#233;cules ARN (ARNm, ARNt et ARNr), traduction du langage nucl&#233;ique en langage prot&#233;ique, que De Duve nomme la &#171; vraie r&#233;volution &#187;, &#171; l'&#233;v&#233;nement clef par lequel l'information est entr&#233;e dans la vie &#233;mergente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- formation de la membrane cellulaire par des prot&#233;ines membranaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- naissance de la cellule vivante (son apparition est particuli&#232;rement difficile &#224; situer dans le temps) avec apparition de la croissance et de la multiplication par division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- apparition du code g&#233;n&#233;tique : langage de transcription (g&#233;n&#233;ral au vivant utilisant l'ADN) entre les bases de l'ARN (les NTP) coupl&#233;es par trois (formant un codon) et les acides amin&#233;s (un acide correspondant de fa&#231;on unique &#224; un codon). Formation de la base thymine T par m&#233;thilisation de l'uracile U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10- apparition de l'ADN (acide d&#233;soxyribonucl&#233;ique), la fameuse double h&#233;lice et du double processus de r&#233;plication (un brin r&#233;pliqu&#233; d'un seul coup et l'autre par segments reconstitu&#233;s ensuite) puis rev&#233;rification par des enzymes correcteurs. L'ordre de l'ADN est issu du d&#233;sordre et des interactions des ARN qui ne disparaissent pas ensuite mais sont int&#233;gr&#233;s au processus&#8230; Les microARN (non codants) servent &#224; r&#233;guler l'expression des g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11- naissance de l'&#234;tre procaryote (cellule sans noyau) puis eucaryote (cellule &#224; noyau par l'int&#233;gration par symbiose &#224; un procaryote d'autre procaryotes constituant mitochondries et chloroplastes). Naissent les familles de procaryotes, les bacteria et les archaea, puis les eucarya (ou eucaryotes, parmi lesquels appara&#238;tront notamment les animaux, les plantes et les &#233;ponges).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12- apparition des &#234;tres pluricellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite chronologie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; date inconnue : apparition des ARN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; date inconnue : apparition des prot&#233;ines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; date inconnue : apparition de l'ADN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3,5 milliards d'ann&#233;es : apparition de la vie cellulaire ; apparition des premiers stromatolithes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3,2 milliards d'ann&#233;es : apparition des premiers acritarches&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3 milliards d'ann&#233;es : apparition de la photosynth&#232;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,9 milliards d'ann&#233;es : accr&#233;tion des continents (premi&#232;re fois que l'on trouve de vastes zones continentales)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,7 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re cellules eurcaryotes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,45 &#224; 2,2 milliards d'ann&#233;es : &#171; grand &#233;v&#233;nement &#187; d'apparition de l'oxyg&#232;ne avec, comme cons&#233;quence, l'effondrement du m&#233;thane et la destruction massive de formes de vie pour lesquelles l'oxyg&#232;ne est un poison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,2 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re augmentation de l'&#233;nergie solaire (plus 10%)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,1 milliards d'ann&#233;es : apparition des algues rouges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2 milliards d'ann&#233;es : &#233;mergence de la sexualit&#233; des bact&#233;ries ; apparition des pluricellulaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1,56 milliards d'ann&#233;es : formation de cellules eucaryotes compl&#232;tes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modifications historiques du vivant sont des ruptures sans continuit&#233; possible, qu'il s'agisse de l'apparition de la bact&#233;rie, de l'apparition de la cellule eucaryote, de l'apparition des &#234;tres pluricellulaires, de l'apparition de la respiration &#224; oxyg&#232;ne, de l'apparition de la sexualit&#233;, de l'apparition des vert&#232;bres, du cerveau et de bien d'autres transformations fondamentales de la structure de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle &#233;mergence va surgir lorsque les cellules eucaryotes vont &#224; leur tour d&#233;couvrir l'int&#233;r&#234;t de s'associer entre elles pour former une nouvelle soci&#233;t&#233; de cellules, comme l'avaient fait les bact&#233;ries apr&#232;s 2 milliards d'ann&#233;es de t&#226;tonnement pour aboutir &#224; la cellule eucaryote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pr&#233;c&#233;demment, il fallait que se forment des cellules sp&#233;cialis&#233;es compl&#233;mentaires pour qu'au lieu d'aller vivre sa vie chacune pour soi, ces cellules vivent en communaut&#233; et collaborent pour former une autre forme de vie dont la complexit&#233; se situe &#224; un niveau encore sup&#233;rieur. Pour r&#233;ussir cet exploit, il fallait des cellules tr&#232;s sophistiqu&#233;es, eucaryotes certes, mais aussi totipotentes, c'est-&#224;-dire avec un si large champ de potentialit&#233;s qu'elles puissent chacune se d&#233;velopper diff&#233;remment selon l'environnement qui lui serait propos&#233; &#224; l'int&#233;rieur du nouvel organisme ! Il fallait aussi que se d&#233;veloppent des facteurs de coh&#233;sion, d'organisation, de synchronisation, de communication tous indispensables pour que soit viable cette forme de vie des milliards de fois plus complexe que la pr&#233;c&#233;dente. Ces facteurs vont devenir pr&#233;pond&#233;rants car la reproduction, la survie ne se fait plus au niveau de la cellule mais de l'organisme multicellulaire tout entier. Toutes les cellules ont le m&#234;me mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique, mais l'organisme se reproduit globalement gr&#226;ce &#224; ses gam&#232;tes. La s&#233;lection va jouer sur l'organisme r&#233;sultant de l'association de cellules, pas sur les cellules elles-m&#234;mes. C'est donc ces propri&#233;t&#233;s &#233;mergentes qui vont maintenant faire la diff&#233;rence et qui seront l'objet de la diversit&#233; s&#233;lective. Les cellules eucaryotes sont maintenant performantes, adaptables, totipotentes pour certaines. Ce qui va compter, c'est leur organisation, leur synchronisation, la performance de leur association pour s'adapter aux situations nouvelles et pour se multiplier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cellule eucaryote par exemple est faite de composants biochimiques vari&#233;s, comme les acides nucl&#233;iques et les prot&#233;ines, et est organis&#233;e dans des structures limit&#233;es comme le noyau de la cellule, diverses organites, une membrane de cellule et le cytosquelette. Ces structures bas&#233;es sur un flux externe de mol&#233;cules et d'&#233;nergie &#171; produisent &#187; les composants qui, &#224; leur tour, continuent de maintenir la structure contenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le minimal d'un syst&#232;me autopo&#239;&#233;tique est une cellule dont la membrane est compos&#233; d'un constituant C se d&#233;gradant en D et baignant dans un milieu riche en mol&#233;cules A. Ces mol&#233;cules A peuvent franchir la membrane et &#234;tre transform&#233;es au sein de la cellule en mol&#233;cules B pour lesquelles la membrane est imperm&#233;able. B peut s'int&#233;grer &#224; la membrane pour se transformer en C. Si le d&#233;bit d'entr&#233;e de A et sa conversion en B sont suffisamment grands devant le coefficient de d&#233;gradation de C en D alors la cellule se maintient au cours du temps. Ce mod&#232;le montre l'importance de la fronti&#232;re du syst&#232;me (ici la membrane) si celle-ci dispara&#238;t le m&#233;tabolisme et le syst&#232;me entier s'effondre. Il s'agit d'un cercle vicieux : si B s'&#233;chappe, sa concentration diminue de telle sorte que la membrane se d&#233;grade de plus en plus vite et que la perte en B augmente. Le m&#233;tabolisme et la membrane d&#233;pendent l'un de l'autre, la structure ne peut se maintenir sans le flux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Darwin et les grandes &#233;nigmes de la vie &#187; (chapitre &#171; Les cinq r&#232;gnes de la vie &#187;) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les premi&#232;res traces de vie ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes dans les roches vieilles de trois milliards d'ann&#233;es environ. Jusqu'&#224; un milliard d'ann&#233;es avant notre &#232;re, les fossiles ne r&#233;v&#232;lent que l'existence d'organismes procaryotes ; pendant deux milliards d'ann&#233;es, les matelas d'algues bleues ont &#233;t&#233; la forme de vie la plus complexe sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opinions divergent en ce qui concerne la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. W. Schopf, pal&#233;obotaniste de l'universit&#233; de Los Angeles, croit pouvoir affirmer qu'il a d&#233;couvert, en Australie, des algues eucaryotes dans les roches vieilles d'un milliard d'ann&#233;es environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres soutiennent que les micro-organismes de Schopf sont en r&#233;alit&#233; le produit de la d&#233;composition de cellules procaryotes. Si ces critiques sont exactes, les premiers organismes eucaryotes sont apparus &#224; la fin du pr&#233;cambrien, juste avant la grande &#171; explosion &#187; du cambrien, il ya 600 millions d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, la Terre a &#233;t&#233; le domaine exclusif des organismes procaryotes pendant une p&#233;riode repr&#233;sentant au moins deux tiers de l'histoire de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schpf appelle le pr&#233;cambrien, &#171; l'&#226;ge de l'algue bleue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Margulis a relanc&#233; les discussions, il y a quelques ann&#233;es, en d&#233;fendant une ancienne th&#233;orie. L'id&#233;e para&#238;t absurde au premier abord, mais on en vient rapidement &#224; l'examiner avec s&#233;rieux, et m&#234;me &#224; y adh&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Margulis, les cellules ont &#233;t&#233;, &#224; l'origine, des colonies d'organismes procaryotes. Le noyau et la mitochondrie, par exemple, &#233;taient au d&#233;part des organismes procaryotes ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que des organismes procaryotes envahissent des cellules eucaryotes et vivent en symbiose avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque toutes les cellules procaryotes ont &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me taille que les organites ; la ressemblance entre le chloroplaste de certaines cellules eucaryotes photosynth&#233;tiques et certaines algues bleues est frappante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, certaines organites poss&#232;dent leurs propres g&#232;nes, qui leur permettent de se produire ind&#233;pendamment, vestige de leur statut d'organisme &#224; part enti&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les organismes eucaryotes, les cellules sexuelles ont la moiti&#233; des chromosomes des cellules normales. Quand deux cellules sexuelles se joignent pour produire un descendant, la quantit&#233; originelle de mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique est reconstitu&#233;e. Chez les organismes procaryotes, la reproduction sexuelle est rare et inefficace. Elle se fait au hasard, et ne comporte que le transfert de quelques g&#232;nes d'une cellule donneuse &#224; une cellule receveuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reproduction asexuelle produit des copies des cellules parentales, &#224; moins qu'une mutation n'intervienne et ne fasse appara&#238;tre une variation mineure. Mais les mutations sont rares et la variabilit&#233; des esp&#232;ces asexuelles est trop limit&#233;e pour permettre l'&#233;volution. Pendant deux milliards d'ann&#233;es, les matelas d'algues sont rest&#233;s des matelas d'algues. Mais la cellule eucaryote a fait du sexe une r&#233;alit&#233;, et c'est pourquoi, moins d'un milliard d'ann&#233;es plus tard, et il y a des hommes, des cafards, des hippocampes, des hippocampes, des p&#233;tunias et des moules&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de la diversit&#233; et la multiplicit&#233; des transitions est peut-&#234;tre le reflet d'une progression inexorable en direction de choses sup&#233;rieures. Mais les &#233;l&#233;ments rassembl&#233;s par la pal&#233;ontologie d&#233;mentent cette interpr&#233;tation. Le progr&#232;s dans le d&#233;veloppement des organismes n'a pas &#233;t&#233; continu. Il ya eu, au contraire, de tr&#232;s longues p&#233;riodes de stabilit&#233; et une explosion, qui a cr&#233;&#233; le syst&#232;me dans son entier. Pendant les deux tiers, voire les cinq sixi&#232;mes de l'histoire de la vie, la Terre n'a &#233;t&#233; habit&#233;e que par les mon&#232;res, et rien ne nous permet de dire qu'il y a eu des organismes procaryotes, sup&#233;rieurs ou inf&#233;rieurs. De m&#234;me, aucune structure nouvelle n'est apparue depuis que l'explosion du cambrien a donn&#233; naissance &#224; notre biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition du syst&#232;me a occup&#233; environ 10% de l'histoire de la vie, pendant l'explosion du cambrien, il y a environ 600 millions d'ann&#233;es. J'en retiendrai deux &#233;v&#233;nements principaux : la formation de la cellule eucaryote &#8211; qui rendait la complexit&#233; possible en introduisant la variation g&#233;n&#233;tique par l'interm&#233;diaire d'une reproduction sexuelle efficace &#8211; et l'envahissement de l'espace &#233;cologique par des organismes multicellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de vie &#233;tait calme auparavant et il est redevenu depuis. Il faut consid&#233;rer la r&#233;cente apparition de la conscience comme l'&#233;v&#233;nement le plus important depuis l'explosion du cambrien, ne serait-ce qu'en raison de ses cons&#233;quences g&#233;ologiques et &#233;cologiques. Les structures nouvelles ne sont pas forc&#233;ment &#224; l'origine des &#233;v&#233;nements marquants de l'&#233;volution. Les organises eucaryotes continueront &#224; engendrer nouveaut&#233; et diversit&#233; aussi longtemps que l'une de leurs derni&#232;res productions ne se contr&#244;lera pas suffisamment pour assurer un avenir au monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Comme les huit doigts de la main &#187; (chapitre &#171; Les grandes modalit&#233;s de l'&#233;volution &#187;) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les &#233;volutionnistes, la d&#233;couverte de la g&#233;n&#233;tique mol&#233;culaire la plus fascinante et la plus inattendue a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans les ann&#233;es 1960-1970, quand &#233;tude apr&#232;s &#233;tude, on s'est aper&#231;u que, chez les organismes multicellulaires, seulement un petit pourcentage du patrimoine g&#233;n&#233;tique total consiste en g&#232;nes fonctionnels, pr&#233;sents en un seul exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande partie du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique semble &#234;tre du &#171; d&#233;chet &#187;, tout &#224; fait incapable de fournir les informations n&#233;cessaires &#224; l'&#233;dification et au fonctionnement de l'organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, de nombreux g&#232;nes pr&#233;sentent de multiples copies, et c'est un ph&#233;nom&#232;ne dont les raisons restent obscures, car elles ne sont pas li&#233;es aux fonctions n&#233;cessaires du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, il est devenu rapidement clair aux yeux des &#233;volutionnistes que la redondance (sous la forme de copies multiples), pr&#233;sent&#233;e par de nombreux g&#232;nes, &#233;tait peut-&#234;tre un facteur crucial n&#233;cessaire &#224; la complexification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposez que l'anc&#234;tre unicellulaire original commun &#224; tous les organismes complexes n'ait poss&#233;d&#233; qu'une copie par g&#232;ne, et que chaque g&#232;ne ait &#233;t&#233; responsable d'une fonction vitale. Il ne s'agit pas, en fait, d'une simple supposition ; les plus simples des organismes vivants d'aujourd'hui pr&#233;sentent effectivement de telles caract&#233;ristiques, et ils constituent les mod&#232;les des anc&#234;tres les plus anciens des organismes multicellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels &#234;tres unicellulaires fonctionnent tr&#232;s bien ; ils sont sans doute fa&#231;onn&#233;s avec pr&#233;cision par la s&#233;lection naturelle, laquelle les d&#233;barrasse de tout trait superflu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; pr&#233;sent, voici une &#233;nigme pour l'&#233;volution : ces organismes excitent peut-&#234;tre notre admiration par leur efficacit&#233;, mais comment peuvent-ils changer, dans ce sens crucial consistant &#224; ajouter de nouvelles dimensions &#224; la complexit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de leurs g&#232;nes code pour quelque chose de vital ; il ne peut se modifier que dans le sens d'une am&#233;lioration au sein de son propre domaine fonctionnel. Ce genre de syst&#232;me g&#233;n&#233;tique n'offre aucune flexibilit&#233;, aucun jeu, aucune possibilit&#233; d'ajouter quelque chose de vraiment nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;nigme a conduit les &#233;volutionnistes &#224; se rendre compte que les copies de g&#232;nes multiples pouvaient jouer un r&#244;le fondamental, en permettant l'&#233;volution de la complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les g&#232;nes pr&#233;sentent plusieurs copies, mais qu'une seule dessert les besoins fonctionnels de l'organisme, alors les autres copies sont libres d'exp&#233;rimenter, de varier, et d'acqu&#233;rir de nouvelles fonctions, gr&#226;ce &#224; des coups de chance occasionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est bel et bon, mais nous voici &#224; pr&#233;sent confront&#233;s &#224; une &#233;nigme logique : &#224; moins que nous nous m&#233;prenions compl&#232;tement sur la nature fondamentale de la causalit&#233;, il n'est pas possible de soutenir que des copies multiples viennent &#224; l'existence parce qu'elles auront un jour une utilit&#233;, c'est-&#224;-dire permettront le processus de complexification, des millions d'ann&#233;es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les copies multiples sont la cl&#233; du processus de complexification, mais leur apparition dans l'&#233;volution a d&#251; se faire pour d'autres raisons &#8211; c'est le principe &#171; des pneus aux sandales &#187; sous-tendant les changements de fonction capricieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cas est particuli&#232;rement int&#233;ressant, parce que la raison initiale de la duplication (l'&#233;quivalent de la r&#233;colte de caoutchouc pour faire des pneus) n'a sans doute pas eu, par elle-m&#234;me, grand-chose &#224; voir avec la s&#233;lection naturelle, telle qu'elle est traditionnellement con&#231;ue, c'est-&#224;-dire comme lutte entre des organismes pour le succ&#232;s reproductif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne de duplication r&#233;sulte peut-&#234;tre d'un processus de s&#233;lection &#224; un niveau inf&#233;rieur, celui des g&#232;nes, processus qui reste invisible au niveau plus &#233;lev&#233; local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#232;nes jouent aussi au jeu de la s&#233;lection naturelle dans leur univers propre, et ceux qui d&#233;veloppent la capacit&#233; de se recopier et de changer de place (les transposons ou &#171; g&#232;nes sauteurs &#187;) s'assurent un avantage &#224; ce niveau inf&#233;rieur, tout comme les organismes s'assurent le succ&#232;s, dans le monde de Darwin, en laissant davantage de descendants survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la duplication de g&#232;nes est peut-&#234;tre encourag&#233;e par le fait qu'elle ne produit aucun effet au niveau du corps, car, en restant invisible au niveau du processus darwinien local, elle peut accumuler des copies suppl&#233;mentaires &#171; non n&#233;cessaires &#187; sur les chromosomes, dans des conditions telles qu'aucune pression n&#233;gative de la part de la s&#233;lection naturelle ne s'y opposera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces copies de g&#232;nes &#171; redondantes &#187; pourront &#233;ventuellement &#234;tre &#224; la source de la complexification ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux biologistes situent la grande division au sein de la nature, non pas entre les plantes et les animaux, ni m&#234;me entre les organismes unicellulaires et multicellulaires, mais, au sein m&#234;me des unicellulaires, entre les procaryotes et les eucaryotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers, qui regroupent les bact&#233;ries et les algues cyanophyc&#233;es, sont structuralement plus simples, et n'ont pas d'organites dans leur cellule &#8211; ni noyau, ni mitochondries. Les seconds, plus complexe, ont acquis par &#233;volution cette gamme de structures internes qui, dans presque tous les examens de biologie de fin d'&#233;tudes secondaires, fait l'objet d'une in&#233;vitable question : nommez tous les organites de la cellule et d&#233;finissez leurs fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On consid&#232;re que l'accroissement de complexit&#233; repr&#233;sent&#233; par le passage des procaryotes aux eucaryotes est fondamental, en partie parce que l'on estime que l'organisation eucaryote est le facteur crucial qui a conditionn&#233; l'apparition &#233;volutive ult&#233;rieure des organismes multicellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne citer qu'un seul argument classique : l'&#233;volution darwinienne productrice de complexit&#233; a besoin d'abondantes variations dans les caract&#233;ristiques des organismes, ceci afin de fournir le mat&#233;riau n&#233;cessaire &#224; la s&#233;lection naturelle ; la plupart de ces variations se forment gr&#226;ce &#224; la reproduction sexuelle, car celle-ci assure le m&#233;lange de deux syst&#232;mes g&#233;n&#233;tiques diff&#233;rents chez chaque rejeton ; la reproduction sexuelle n&#233;cessite un m&#233;canisme pour r&#233;aliser de fa&#231;on exacte la division du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique, de telle sorte que chaque parent fournissant 50%, les 100% sont reconstitu&#233;s chez le rejeton ; la m&#233;iose, avec sa division r&#233;ductionnelle des paires de chromosomes, est l'invention biologique qui a permis la division du patrimoine g&#233;n&#233;tique de chaque parent en deux moiti&#233;s &#233;gales ; les procaryotes, d&#233;pourvus de paires de chromosomes et d'autres organites, ne peuvent r&#233;aliser une division g&#233;n&#233;tique exacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons &#224; pr&#233;sent devant la m&#234;me &#233;nigme que celle rencontr&#233;e dans le cas pr&#233;c&#233;dent : nous comprenons bien que les organismes multicellulaires avaient besoin de l'apparition &#233;volutive des organites, mais les unicellulaires eucaryotes sont apparus au moins 800 millions d'ann&#233;es avant les animaux multicellulaires - de sorte que le progr&#232;s dans la complexification repr&#233;sent&#233; par la vie multicellulaire ne peut avoir &#233;t&#233; la source de l'apparition des organites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une th&#233;orie en vogue pour expliquer l'apparition &#233;volutive de certains organites (les mitochondries et les chloroplastes), mais, h&#233;las, pas le noyau - Il n'y a, actuellement, pas de th&#233;orie satisfaisante pour celui-ci -. Elle fait appel &#224; un processus de symbiose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mitochondries et les chloroplastes ressemblent de mani&#232;re &#233;trange &#224; des organismes procaryotes complets (ils poss&#232;dent leur propre ADN et ont les m&#234;mes dimensions que les bact&#233;ries).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est presque certain qu'ils ont d&#251; commencer par &#234;tre des symbiontes au sein des cellules d'autres esp&#232;ces bact&#233;riennes, et se sont int&#233;gr&#233;s plus tard &#224; celles-ci de fa&#231;on plus &#233;troite, ce qui a donn&#233; la cellule eucaryote (de telle sorte qu'actuellement chaque cellule de notre corps a le statut &#233;volutif de ces anciennes colonies).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, on peut soutenir que les anc&#234;tres des mitochondries ont entam&#233; une vie en symbiose parce qu'ils y ont &#233;t&#233; pouss&#233;s par le processus local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bact&#233;ries ont ainsi obtenu une protection ou quelque autre avantage, et n'ont donc pas p&#233;n&#233;tr&#233; dans les cellules eucaryotes primitives afin de permettre &#224; la vie multicellulaire complexe d'appara&#238;tre par &#233;volution un milliard d'ann&#233;es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La symbiose a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e pour des raisons darwiniennes imm&#233;diates ; puis la roue a tourn&#233; et le caoutchouc de la symbiose a permis de faire les premiers pas en direction de la vie multicellulaire complexe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Sciences de la Terre et de l'Univers &#187;, ouvrage collectif dirig&#233; par Jean-Yves Daniel et Andr&#233; Brahic :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La vie sur Terre aurait donc &#233;merg&#233; il y a au moins 3,85 milliards d'ann&#233;es, moins de cent millions d'ann&#233;es apr&#232;s son refroidissement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 3 et 1,6 milliards d'ann&#233;es, les donn&#233;es deviennent claires et concernent des Procaryotes, ou Mon&#232;res (bact&#233;ries et cyanophyc&#233;es). Aussi cette p&#233;riode est-elle parfois nomm&#233;e &#171; &#232;re des mon&#232;res &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les stromatolites pr&#233;cambirens, pr&#233;sents d&#232;s &#8211; 3,4 milliards d'ann&#233;es (Zimbabwe) et abondants &#224; partir de &#8211; 2,8 milliards d'ann&#233;es (groupe de Fortescue en Australie, Afrique du Sud&#8230;), ressemblent en tout point aux formes actuelles une superposition de feuillets sub-millim&#233;triques, qui n'est pas une construction biologique, mais une structure laminaire r&#233;sultant de l'activit&#233; d'accumulation de carbonates par des feutrages de cyanophyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que ces formes anciennes soient le r&#233;sultat de l'activit&#233; de cyanobact&#233;ries, mais rien n'est s&#251;r, et certaines bact&#233;ries photosynth&#233;tiques actuelles construisent des &#233;difices analogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc rester prudent quant au r&#244;le de pourvoyeur d'oxyg&#232;ne des stromatolites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule conclusion irr&#233;futable est de dire qu'il existe vers &#8211; 3,4 milliards d'ann&#233;es des communaut&#233;s d'organismes autotrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de la cellule eucaryote est dat&#233;e d'environ 1,4 milliard d'ann&#233;es et sa distinction d'avec la cellule procaryote repose &#224; l'&#233;tat fossile essentiellement sur un crit&#232;re de taille : sont consid&#233;r&#233;es comme eucaryotes les cellules dont la taille d&#233;passe 60 microm&#232;tres. Les plus anciens documents de ce type sont des acritarches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment passe-t-on d'une cellule simple, au noyau nu et diffus, &#224; une cellule eucaryotique compartiment&#233;e, &#224; vrai noyau et organites cellulaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte d'ADN dans les mitochondries et dans les chloroplastes sugg&#232;re une certaine autonomie de ces organites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne th&#233;orie endosymbiotique ou microm&#233;risme, formul&#233;e d&#232;s 1883 par Schimper et remise &#224; l'honneur par Margulis dans les ann&#233;es 1970, para&#238;t actuellement la plus propice &#224; rendre compte de la structure complexe de la cellule eucaryote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les procaryotes il n'existe presque jamais de compartiments d&#233;limit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la cellule et l'ADN se trouve directement dans le cytoplasme par des membranes analogues &#224; celle entourant la cellule. Leur ADN est situ&#233; dans l'un des organites, le noyau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que certains organites de la cellule eucaryote disparaissent pour se reformer lors de la division cellulaire (le Golgi, le r&#233;ticulum endoplasmique&#8230;) d'autres proviennent toujours d'une division d'organites pr&#233;existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du noyau,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des mitochondries, responsables de la respiration cellulaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des plastes des v&#233;g&#233;taux o&#249; se d&#233;roule la photosynth&#232;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette particularit&#233; fait penser &#224; des bact&#233;ries se divisant par bipartition dans le cytoplasme : les mitochondries et les plastes seraient des organismes vivants, install&#233;s en symbiose dans la cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divers arguments peuvent &#234;tre avanc&#233;s pour &#233;tayer cette hypoth&#232;se :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les organites des eucaryotes sont limit&#233;s par une membrane lipidique simple sauf trois d'entre eux : le noyau, entour&#233; d'une enveloppe &#224; deux membranes perc&#233;e de pores, et les plastes et les mitochondries qui sont s&#233;par&#233;s du cytoplasme par deux membranes continues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les lipides des membranes entourant les mitochondries existent dans la membrane de certaines bact&#233;ries, mais pas ailleurs dans la cellule eucaryote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des fonctions m&#233;taboliques comme la photosynth&#232;se s'op&#232;rent de fa&#231;on quasi identique dans les cyanobact&#233;ries et les plastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le g&#233;nome des plastes et des mitochondries ressemble &#224; celui des procaryotes : il n'est pas isol&#233; au sein de l'organite et se pr&#233;sente sous la forme de plusieurs copies identiques d'une mol&#233;cule circulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La comparaison des g&#232;nes des organites avec les g&#232;nes homologues des procaryotes montre que les mitochondries descendraient toutes d'une bact&#233;rie ancestrale unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acquisition des mitochondries il y a 1,4 &#224; 2 milliards d'ann&#233;es et l'existence de respiration bact&#233;rienne ant&#233;rieure par les cellules eucaryotes marque l'acquisition de la respiration cellulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans mitochondries, la cellule eucaryote ne peut utiliser l'oxyg&#232;ne pour oxyder les glucides et produire son &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Associ&#233;es aux peroxysomes, elles ont permis &#224; la biosph&#232;re d'affronter sa premi&#232;re grande crise : le passage d'un environnement a&#233;robie. L'acquisition plus tardive des plastes, entre -1,2 et -1,4 milliards d'ann&#233;es, permettra &#224; la cellule eucaryote d'utiliser l'&#233;nergie lumineuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Prokaryota&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Etres vivants procaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Eukaryota&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Etres vivants eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cours-pharmacie.com/biologie-cellulaire/cellules-procaryotes-et-cellules-eucaryotes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eucariotes et Procaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/inria/1_2_au_c_ur_de_la_cellule_la_molecule_d_adn.24548&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des procaryotes aux eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francois-roddier.fr/?p=140&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des procaryotes aux eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/botanique-algues-surprenants-vegetaux-aquatiques-523/page/4/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cellule procaryote et cellule eucaryote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.larecherche.fr/lorigine-des-cellules-eucaryotes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'origine des cellules eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4041&#034;&gt;Qu'est-ce que la cellule vivante ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1793&#034;&gt;Le vivant, c'est la continuit&#233; ou la discontinuit&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/evolution-un-chainon-manquant-decouvert-au-fond-des-oceans_15966&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un cha&#238;non manquant entre procaryotes et eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dialectique de l'&#233;volution et du d&#233;veloppement</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5143</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5143</guid>
		<dc:date>2019-03-21T23:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La dialectique de l'&#233;volution et du d&#233;veloppement &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi parler d'une dialectique &#224; propos de l'&#233;vo-d&#233;vo ? Parce que cette dynamique oppose sans cesse la conservation et la transformation, ne cesse de construire et de d&#233;truire des formes nouvelles, refuse le changement et l'organise sans cesse, cr&#233;e et supprime la diversit&#233; en permanence&#8230; C'est &#224; la fois la dialectique de l'individu et de l'esp&#232;ce, la dialectique du rapide et du lent, la dialectique des sauts dans les &#233;chelles de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dialectique de l'&#233;volution et du d&#233;veloppement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi parler d'une dialectique &#224; propos de l'&#233;vo-d&#233;vo ? Parce que cette dynamique oppose sans cesse la conservation et la transformation, ne cesse de construire et de d&#233;truire des formes nouvelles, refuse le changement et l'organise sans cesse, cr&#233;e et supprime la diversit&#233; en permanence&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; la fois la dialectique de l'individu et de l'esp&#232;ce, la dialectique du rapide et du lent, la dialectique des sauts dans les &#233;chelles de la mati&#232;re, dialectique de l'&#233;mergence, dialectique de la forme et du contenu, dialectique des patterns (canevas) et process (m&#233;canismes), dialectique du continu et du discontinu, du r&#233;ductionnisme et du holisme, dialectique de l'anagen&#232;se et de la cladogen&#232;se, dialectique du micromonde et du marcomonde, dialectique du saltationnisme et du gradualisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evolution et d&#233;veloppement sont deux modes de transformation des &#234;tres vivants. Le premier agit sur les esp&#232;ces et le second sur les individus. Mais ils agissent n&#233;cessairement en m&#234;me temps et de mani&#232;re interactive. Il est impossible d'&#233;tudier l'un sans l'autre, de les consid&#233;rer s&#233;par&#233;ment ou ind&#233;pendamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons ici de quel type est cette interaction. Est-ce que l'une des transformations domine l'autre ? Est-ce que l'une &#233;limine l'autre ? Comment chacune peut-elle agir sur l'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'appartenance &#224; une esp&#232;ce d&#233;termine le type de d&#233;veloppement de l'individu, comment vont se former les organes, dans quel ordre, &#224; quelle place, avec quelles propri&#233;t&#233;s, en somme la morphogen&#232;se (&#233;mergence des formes de l'&#234;tre vivant individuel naissant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en m&#234;me temps, l'&#233;volution d&#233;pend du d&#233;veloppement ne serait ce que parce qu'on &#233;volue &#224; partir des formes peu d&#233;velopp&#233;es et pas des adultes d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux domaines, &#233;volution et d&#233;veloppement, ont &#233;t&#233; d'abord &#233;tudi&#233;s s&#233;par&#233;ment mais maintenant on parle plut&#244;t d'&#233;vo-d&#233;vo pour indiquer qu'ils sont ins&#233;parables, &#233;troitement imbriqu&#233;s et qu'il n'est pas souhaitable de les &#233;tudier s&#233;par&#233;ment pour comprendre le mode d'existence-transformation du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Evolution et D&#233;veloppement : la rencontre de deux logiques pour le Vivant &#187;, Conf&#233;rence de Sylvie Mazan pour l'Universit&#233; de tous les savoirs :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, la biologie mol&#233;culaire et la g&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement ont fourni, de fa&#231;on inattendue, des outils nouveaux pour comprendre l'&#233;volution des esp&#232;ces. Elles ont conduit &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle discipline, situ&#233;e &#224; l'interface entre la g&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement et les sciences de l'&#233;volution, et souvent appel&#233;e &#171; &#233;vo-d&#233;vo &#187; par les sp&#233;cialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but principal des recherches conduites dans ce domaine est de comprendre l'&#233;volution des formes au sein du monde vivant, en retra&#231;ant l'histoire &#233;volutive des g&#232;nes qui contr&#244;lent la morphogen&#232;se au cours du d&#233;veloppement embryonnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de rapprocher les sciences de l'&#233;volution et l'&#233;tude du d&#233;veloppement embryonnaire n'est pas neuve. Elle trouve ses origines d&#232;s le d&#233;but du XIXe si&#232;cle, alors que la th&#233;orie de l'&#233;volution n'est pas encore publi&#233;e. Ainsi, le grand embryologiste Karl Ernst von Baer, d&#233;couvreur de l'&#339;uf des mammif&#232;res mais &#233;galement de la notochorde, structure embryonnaire qui caract&#233;rise un grand groupe de m&#233;tazoaires incluant les vert&#233;br&#233;s, propose &#224; travers quatre grands principes, les &#171; lois de von Baer &#187;, une classification des esp&#232;ces sur la base de leurs caract&#233;ristiques embryonnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, les caract&#232;res g&#233;n&#233;raux distinguant un taxon donn&#233; apparaissent &#224; des stades pr&#233;coces du d&#233;veloppement, alors que les caract&#232;res sp&#233;cialis&#233;s d'un sous-groupe, voire d'une esp&#232;ce, se mettent en place &#224; des &#233;tapes tardives de l'embryogen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sc&#233;nario se traduit donc par des ressemblances entre embryons pr&#233;coces, et cela m&#234;me chez des esp&#232;ces phylog&#233;n&#233;tiquement tr&#232;s &#233;loign&#233;es comme l'ensemble des m&#233;tazoaires, les diff&#233;rences s'accumulant ensuite au cours du d&#233;veloppement pour aboutir &#224; des morphologies potentiellement tr&#232;s divergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette vue, l'embryon d'une esp&#232;ce donn&#233;e ne passe jamais par les stades adultes d'une esp&#232;ce consid&#233;r&#233;e comme &#171; inf&#233;rieure &#187; (cette notion de hi&#233;rarchie entre esp&#232;ces &#233;tant bien s&#251;r aujourd'hui totalement abandonn&#233;e), mais en diverge de plus en plus au cours de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de von Baer est assez proche de notre vision moderne en ce qu'elle n'implique pas de hi&#233;rarchie entre taxa au sein du monde vivant, mais plut&#244;t une divergence &#224; partir d'un &#171; type &#187; commun qui fonde l'unit&#233; du groupe. Sa faiblesse r&#233;side cependant en l'absence de m&#233;canisme expliquant cette unit&#233;, dont nous savons aujourd'hui qu'elle est li&#233;e &#224; une ascendance commune au cours de l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'id&#233;e d'une conservation pr&#233;f&#233;rentielle des m&#233;canismes mis en jeu pr&#233;cocement au cours du d&#233;veloppement reste difficile &#224; &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conception radicalement diff&#233;rente est d&#233;fendue dans la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle par un courant de pens&#233;e dont le chef de file est Ernst Haeckel. Souvent r&#233;sum&#233;e par la formule c&#233;l&#232;bre &#171; l'ontog&#233;nie r&#233;capitule la phylog&#233;nie &#187;, cette conception int&#232;gre la notion d'&#233;volution mais soutient l'id&#233;e selon laquelle ces organismes &#233;voluent par l'addition de nouveaux stades de d&#233;veloppement aux formes adultes d'esp&#232;ces &#171; inf&#233;rieures &#187;. Elle aboutit ainsi &#224; une vision hautement hi&#233;rarchis&#233;e du monde vivant qui rejoint finalement l'&#233;chelle aristot&#233;licienne des &#234;tres et une conception gradiste de l'&#233;volution, qui mod&#232;lerait les esp&#232;ces &#171; sup&#233;rieures &#187; par complexification d'esp&#232;ces &#171; inf&#233;rieures &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces vues sont aujourd'hui totalement abandonn&#233;es. En d&#233;pit de ces difficult&#233;s et des contradictions pr&#233;sentes dans ces visions du monde qui s'affrontent, l'id&#233;e d'un lien fort entre l'&#233;volution et le d&#233;veloppement embryonnaire est donc pr&#233;sente d&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Darwin l'exprime particuli&#232;rement clairement &#224; travers les deux citations suivantes, extraites de l' &#171; Origine des esp&#232;ces &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'embryologie est pour moi de loin la classe de faits la plus forte en faveur du changement des formes&#8230; La communaut&#233; de structures embryonnaires r&#233;v&#232;le la communaut&#233; de descendance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'aux ann&#233;es 1980, l'int&#233;r&#234;t pour les relations entre &#233;volution et d&#233;veloppement va conna&#238;tre une longue &#233;clipse. C'est pourtant au cours de cette p&#233;riode que se mettent en place des outils techniques et conceptuels essentiels pour l'&#233;mergence de la discipline &#171; Evolution-D&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces avanc&#233;es concernent trois domaines, bien s&#233;par&#233;s pendant la majeure partie du XXe si&#232;cle, la g&#233;n&#233;tique formelle, l'embryologie exp&#233;rimentale et la cladistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on indiscutable, l'essor r&#233;cent de la cladistique du d&#233;veloppement a jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable dans l'int&#233;r&#234;t renouvel&#233; que suscitent aujourd'hui les relations entre &#233;volution et d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caract&#233;risation dans les ann&#233;es 1980 des g&#232;nes qui contr&#244;lent la morphogen&#232;se fournit en effet une base nouvelle pour des comparaisons &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle &#233;volutive, entre taxa, mais aussi entre des esp&#232;ces relativement proches, voire entre sous-populations d'une m&#234;me esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; cette &#233;poque, les outils conceptuels n&#233;cessaires &#224; des comparaisons rigoureuses ont &#233;t&#233; mis en place, notamment sous l'impulsion de Willi Hennig. Les principes pos&#233;s par ce dernier &#8211; base strictement g&#233;n&#233;alogique pour les regroupements : principe de parcimonie &#8211; restent aujourd'hui valides, m&#234;me si les outils m&#233;thodologiques, math&#233;matiques ou probabilistes, ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre entre &#233;volution et d&#233;veloppement n'aurait pu avoir lieu sans ces outils, indispensables aux analyses et aux comparaisons de s&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les progr&#232;s r&#233;cents de la biologie mol&#233;culaire ont &#233;galement constitu&#233; un facteur important dans l'essor de la discipline &#171; Evolution-D&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, l'utilisation de l'amplification g&#233;nique (polymerase chain reaction) et la mise au point de techniques permettant de visualiser rapidement un domaine d'expression g&#233;nique chez l'embryon ouvrent la possibilit&#233; d'&#233;tudier les &#171; g&#232;nes de d&#233;veloppement &#187; chez un spectre tr&#232;s large d'esp&#232;ces, choisies pour leur int&#233;r&#234;t en termes &#233;volutifs, et non chez les seuls organismes mod&#232;les, drosophile ou n&#233;matode chez les protostomiens chez les deut&#233;rostomiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des plus grandes surprises de la g&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement a &#233;merg&#233; de la comparaison entre deux organismes dont les morphologies sont a priori fort distantes, la mouche et la souris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, il est en effet apparu que les acteurs mol&#233;culaires impliqu&#233;s dans le contr&#244;le du d&#233;veloppement embryonnaire &#8211; facteurs de transcription, voies de signalisation, prot&#233;ines de structure &#8211; sont conserv&#233;s entre insectes et vert&#233;br&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus, les g&#232;nes codant pour un grand nombre de facteurs de transcription interviennent dans des processus tr&#232;s similaires : morphogen&#232;se de l'&#339;il dans le cas des g&#232;nes &#224; hom&#233;odomaine Pax6 ; sp&#233;cification de l'identit&#233; de segments dans le cas des g&#232;nes du complexe Hox ; r&#233;gionalisation du cerveau dans le cas des g&#232;nes Otx ou Emx ; formation du c&#339;ur dans le cas du g&#232;ne Tinman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En accord avec la conservation en s&#233;quence primaire de ces prot&#233;ines, les r&#233;gions codantes sont m&#234;me souvent tr&#232;s largement interchangeables entre des esp&#232;ces tr&#232;s &#233;loign&#233;es, comme la mouche, la drosophile et la souris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, chez la drosophile, une des fa&#231;ons de mettre en &#233;vidence le r&#244;le du g&#232;ne Pax6 dans la morphogen&#232;se de l'&#339;il est d'induire artificiellement son expression dans des populations cellulaires dans lesquelles il n'est normalement pas transcrit : on obtient alors l'apparition de structures visuelles &#8211; ou simplement photor&#233;ceptrices &#8211; &#224; des localisations surprenantes comme la patte ou l'extr&#233;mit&#233; des antennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il s'av&#232;re que le m&#234;me effet est obtenu avec des s&#233;quences codantes de poulpe ou de souris !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifient ces exp&#233;riences ? Elles d&#233;montrent d'abord et avant tout que les prot&#233;ines d'insectes et de mammif&#232;res poss&#232;dent des propri&#233;t&#233;s biochimiques tr&#232;s similaires, et que les interactions mol&#233;culaires n&#233;cessaires &#224; la formation d'un organe visuel sont largement conserv&#233;es &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle &#233;volutive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les syst&#232;mes g&#233;n&#233;tiques et les processus d&#233;veloppementaux qu'ils contr&#244;lent pr&#233;sentent de telles similitudes chez les m&#233;tazoaires, comment expliquer la diversit&#233; fascinante de formes, qui est observ&#233;e au sein d'un taxon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es actuelles sugg&#232;rent de multiples m&#233;canismes, dont les contributions relatives restent &#224; &#233;valuer. Il est tout d'abord tr&#232;s clair que les territoires, ou les chronologies, d'expression des facteurs de transcription qui contr&#244;lent l'ontogen&#232;se peuvent varier de fa&#231;on substantielle m&#234;me entre esp&#232;ces proches, ce qui pourrait contribuer de mani&#232;re importante &#224; la diversit&#233; morphologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel sc&#233;nario a &#233;t&#233; remarquablement mis en &#233;vidence par l'&#233;tude d'un petit poisson pr&#233;sent pr&#232;s des c&#244;tes du Mexique, Astyanax mexicanicus. Cette esp&#232;ce compte plusieurs sous-populations vivant dans des habitats diff&#233;rents. L'une d'entre elles, qui r&#233;side dans des grottes sous-marines, donc un environnement d&#233;pourvu de lumi&#232;re, est caract&#233;ris&#233;e par une atrophie compl&#232;te des organes visuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, cette &#233;volution morphologique appara&#238;t clairement li&#233;e &#224; la perte du territoire d'expression embryonnaire d'un g&#232;ne qui code pour une prot&#233;ine de signalisation, sonic hedgehog, et il est int&#233;ressant de noter que ce changement est li&#233; non seulement &#224; une perte de fonction (vision), mais &#233;galement &#224; une augmentation en taille des m&#226;choires, susceptible de conduire &#224; un avantage s&#233;lectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple de micro&#233;volution est particuli&#232;rement int&#233;ressant en ce qu'il permet de retracer un sc&#233;nario &#233;volutif proprement dit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements au niveau des r&#233;gions codantes, et donc des prot&#233;ines cod&#233;es par les &#171; g&#232;nes de d&#233;veloppement &#187;, fournissent un autre m&#233;canisme mol&#233;culaire majeur, susceptible de modifier les programmes g&#233;n&#233;tiques de l'ontog&#233;n&#232;se au cours de l'&#233;volution, et de contribuer ainsi &#224; la diversit&#233; morphologique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu pr&#233;c&#233;demment, l'&#233;tude des relations entre &#233;volution et d&#233;veloppement repose essentiellement sur les comparaisons des m&#233;canismes g&#233;n&#233;tiques qui contr&#244;lent le d&#233;veloppement embryonnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison d'organismes tr&#232;s &#233;loign&#233;s, comme la drosophile et la souris, permettra sans doute de pr&#233;ciser entre les r&#233;seaux g&#233;n&#233;tiques anciens, d&#233;j&#224; pr&#233;sents chez le dernier anc&#234;tre desbilat&#233;riens (esp&#232;ce &#224; sym&#233;trie bilat&#233;rale)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comparaisons entre esp&#232;ces plus ou moins &#233;loign&#233;es fournissent en effet un outil privil&#233;gi&#233; pour identifier les contraintes qui s'exercent sur les s&#233;quences des g&#232;nes impliqu&#233;s dans le contr&#244;le de notre d&#233;veloppement embryonnaire, de nos processus physiologiques ou de nos comportements&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Guillaume Balavoine dans &#171; Le complexe Hox et l'&#233;volution des animaux &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les ann&#233;es 1980, plusieurs laboratoires ont &#233;lucid&#233; la nature et la fonction mol&#233;culaire des g&#232;nes hom&#233;otiques. Les g&#232;nes sont des fragments d'ADN sur le chromosome compos&#233; d'un encha&#238;nement sp&#233;cifique de nucl&#233;otides (les quatre fameuses bases A, T, G, C). Ces encha&#238;nements codent la structure d'une prot&#233;ine, laquelle peut avoir diverses fonctions (prot&#233;ines contractiles comme dans les cellules musculaires, enzymes du m&#233;tabolisme, etc.). Quand un g&#232;ne, &#224; un moment donn&#233; du d&#233;veloppement et dans des cellules donn&#233;es, est effectivement &#171; traduit &#187; dans la prot&#233;ine qu'il code, on dit que le g&#232;ne s' &#171; exprime &#187;. Les g&#232;nes hom&#233;otiques codent pour des prot&#233;ines r&#233;gulatrices de l'expression d'autres g&#232;nes, c'est-&#224;-dire que, dans les cellules o&#249; le g&#232;ne hom&#233;otique s'exprime, une prot&#233;ine hom&#233;otique est produite qui va &#224; son tour r&#233;guler positivement ou n&#233;gativement l'expression de plusieurs autres g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#232;nes hom&#233;otiques sont responsables de l'identit&#233; des segments au cours du d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire qu'ils vont aiguiller le d&#233;veloppement des cellules de ces segments vers une direction sp&#233;cifique. C'est pourquoi ces g&#232;nes ont &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s sous l'appellation de g&#232;nes &#171; s&#233;lecteurs &#187; : ils fixent la destin&#233;e des cellules embryonnaires dans lesquelles ils sont exprim&#233;s, c'est-&#224;-dire dans lesquelles la prot&#233;ine qu'ils codent est produite. On peut gr&#226;ce &#224; des m&#233;thodes mol&#233;culaires sophistiqu&#233;es mettre en &#233;vidence l'expression du g&#232;ne dans des segments sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;quen&#231;age des g&#232;nes hom&#233;otiques fut effectu&#233; dans plusieurs laboratoires, notamment celui de Walter Gehring en Suisse et celui de Thomas Kaufman aux Etats-Unis. Comme Lewis l'avait pr&#233;vu, les g&#232;nes hom&#233;otiques sont bien des g&#232;nes apparent&#233;s. Ils ont tous en commun un motif conserv&#233;, lequel code pour une partie de la prot&#233;ine que l'on a appel&#233;e l' &#171; hom&#233;odomaine &#187;. C'est gr&#226;ce &#224; cet hom&#233;odomaine que les prot&#233;ines hom&#233;otiques peuvent se fixer sur le chromosome &#224; des endroits sp&#233;cifiques et r&#233;guler d'autres g&#232;nes se trouvant &#224; proximit&#233;, les g&#232;nes &#171; effecteurs &#187; qui vont r&#233;aliser la &#171; forme &#187; finale du segment en agissant sur la diff&#233;renciation des cellules de ce segment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes men&#233;es sur la drosophile ont donc r&#233;v&#233;l&#233; des concepts enti&#232;rement nouveaux pour la biologie du d&#233;veloppement. Les g&#232;nes hom&#233;otiques ont &#233;t&#233; les premiers g&#232;nes &#171; s&#233;lecteurs &#187; &#233;tudi&#233;s en d&#233;tail, mais on sait aujourd'hui que beaucoup d'autres g&#232;nes de ce type (des centaines) existent sur les chromosomes et qu'ils r&#233;gulent de multiples aspects du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s rapidement, on s'aper&#231;ut que des g&#232;nes codant des prot&#233;ines &#224; hom&#233;odomaine tr&#232;s proches des g&#232;nes hom&#233;otiques de la drosophile &#233;taient pr&#233;sents chez la plupart des animaux, en particulier chez les vert&#233;br&#233;s. On appelle ces g&#232;nes les g&#232;nes &#171; Hox &#187; de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie &#233;tait ouverte pour une vaste entreprise d'identification des g&#232;nes par homologie qui conduisit &#224; la d&#233;couverte des complexes de g&#232;nes Hox chez l'homme et la souris. La &#171; pierre de Rosette &#187; de la biologie du d&#233;veloppement &#233;tait d&#233;couverte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ressemblance des complexes de la souris et de la drosophile est remarquable. Il y a n&#233;anmoins des diff&#233;rences importantes. D'abord, les quatre complexes semblables des mammif&#232;res sugg&#232;rent que, chez un de leurs anc&#234;tres, le complexe ancestral a &#233;t&#233; dupliqu&#233; plusieurs fois pour donner les quatre copies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les mammif&#232;res ont beaucoup plus de g&#232;nes &#171; post&#233;rieurs &#187; (exprim&#233;s dans la partie post&#233;rieure de l'embryon) que les insectes (jusqu'&#224; cinq contre un seul). Ces diff&#233;rences sugg&#232;rent que des changements assez importants se sont produits pendant l'histoire du complexe Hox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces constatations ont amen&#233; certains chercheurs &#224; se demander quelles ont &#233;t&#233; les grandes &#233;tapes de l'&#233;volution du complexe, &#224; quel moment de l'histoire de la vie ce complexe est apparu et si cette apparition est corr&#233;l&#233;e avec une &#233;tape importante de l'&#233;volution des formes vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; chasse &#187; au g&#232;ne Hox a donc &#233;t&#233; men&#233;e chez toute une s&#233;rie d'organismes. Tr&#232;s vite, il est apparu que l'histoire des g&#232;nes Hox serait propre aux animaux. En effet, aucun g&#232;ne proche du type Hox n'a &#233;t&#233; d&#233;couvert chez les plantes, chez les champignons ou chez les bact&#233;ries&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de g&#232;nes Hox chez les &#233;ponges a toujours &#233;t&#233; n&#233;gative. Chez les polypes et les m&#233;duses, un petit nombre de g&#232;nes apparent&#233;s aux g&#232;nes Hox ont &#233;t&#233; identifi&#233;s, et quelques indices qu'ils sont group&#233;s en complexe ont pu &#234;tre obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez pratiquement tous les groupes de bilat&#233;riens consid&#233;r&#233;s (vert&#233;br&#233;s, oursins, insectes, vers annel&#233;s, mollusques, etc.), un complexe Hox &#233;labor&#233; comptant huit &#224; quatorze g&#232;nes a &#233;t&#233; d&#233;couvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit se dessiner un sc&#233;nario assez clair de l'histoire du complexe Hox. Les premiers g&#232;nes Hox seraient apparus chez un anc&#234;tre des animaux &#224; tissus apr&#232;s la divergence des &#233;ponges. A l'&#233;poque o&#249; la branche des polypes et m&#233;duses s'est s&#233;par&#233;e, le complexe Hox n'aurait compt&#233; que quelques g&#232;nes (peut-&#234;tre trois). En revanche, de nombreuses duplications de g&#232;nes se seraient produites chez les anc&#234;tres des bilat&#233;riens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; par les g&#232;nes hom&#233;otiques provenait de l'id&#233;e que ces g&#232;nes &#233;taient susceptibles d'engendrer une &#233;volution par saut&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean Chaline dans &#171; Les horloges du vivant &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;veloppement d'un organisme correspond &#224; la mise en &#339;uvre de r&#232;gles de construction dirig&#233;es par des instructions cod&#233;es dans la s&#233;quence du programme g&#233;n&#233;tique de l'&#339;uf&#8230; Tout animal commence par une cellule unique, l'&#339;uf&#8230; L'&#339;uf f&#233;cond&#233; est une cellule dont la partie sup&#233;rieure est color&#233;e et la partie inf&#233;rieure, plus claire est charg&#233;e de grains alimentaires, le vitellus. On distingue une diff&#233;rence entre le d&#233;veloppement des invert&#233;br&#233;s o&#249; les divisions se font selon un mode spiral en diagonale (Protostomiens), alors que les vert&#233;br&#233;s comme la grenouille, elles, se font radiale (Deut&#233;rotomiens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf garde sa taille initiale malgr&#233; les nombreuses divisions qui l'affectent. Les deux premi&#232;res divisions segmentent l'oeuf en quatre tranches verticales formant les quatre premi&#232;res cellules. Puis la troisi&#232;me division se fait dans le sens transversal aboutissant au stade &#224; huit cellules ou blastom&#232;res. Deux nouvelles divisions verticales aboutissent &#224; seize cellules, celles du haut (p&#244;le animal) &#233;tant plus petites que celle de la base (p&#244;le v&#233;g&#233;tatif) renfermant les r&#233;serves nutritives. La division suivante aboutit &#224; une sph&#232;re pleine constituant une petite m&#251;re ; c'est le stade morula &#224; trente-deux cellules&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait depuis Haeckel que le d&#233;veloppement d'une esp&#232;ce ancestrale peut &#234;tre modifi&#233; chez ses descendants au niveau de sa dur&#233;e ou de sa vitesse par des perturbations appel&#233;es h&#233;t&#233;rochronies. Une h&#233;t&#233;rochronie correspond au d&#233;placement d'un &#233;v&#233;nement ontog&#233;nique le long de l'axe du temps &#224; une p&#233;riode ontog&#233;nique plus pr&#233;coce ou plus tardive, ou &#224; une retardation ou une acc&#233;l&#233;ration de sa vitesse de mise en place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement dans les ann&#233;es 1970, avec notamment le livre fondamental de Stephen Jay Gould &#171; Ontogeny and phylogeny &#187; (le seul de ses livres non traduit en fran&#231;ais), que la communaut&#233; scientifique a fait le point sur l'apport essentiel de l'embryogen&#232;se &#224; l'&#233;volution. Gould a montr&#233; que les alt&#233;ration de la chronologie et de la vitesse du d&#233;veloppement constituaient une m&#233;canique efficace du changement morphologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la biologie du d&#233;veloppement a pris un essor important et prometteur pour la compr&#233;hension de l'&#233;volution, comme en t&#233;moignent les ouvrages de Rudolf A. Raff et Thomas C. Kauffman &#171; Embryons, g&#232;nes et &#233;volution &#187; et de Rudolf A. Raff &#171; The Shape of Life &#187; et les travaux de nombreuses &#233;quipes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. J. Gould et B. K. Hall ont montr&#233; que les alt&#233;rations chronologiques du d&#233;veloppement constituent un processus dit &#233;pig&#233;n&#233;tique, c'est-&#224;-dire non enti&#232;rement contr&#244;l&#233; par le programme g&#233;n&#233;tique. Elles relient le d&#233;veloppement &#224; l'&#233;cologie et &#224; l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#233;t&#233;rochronies sont souvent associ&#233;es aux fluctuations des param&#232;tres climatiques par le biais de g&#232;nes thermosensibles d&#233;clenchant la production de m&#233;diateurs hormonaux dans le cas de l'hypomorphose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus une mutation intervient t&#244;t dans le d&#233;veloppement, plus ses cons&#233;quences sont importantes pour l'organisme, puisque, comme von Baer l'a montr&#233;, les caract&#232;res les plus fondamentaux apparaissent avant les caract&#232;res sp&#233;cialis&#233;s. Cela signifie sans doute qu'il doit exister une v&#233;ritable hi&#233;rarchie des s&#233;quences de g&#232;nes et de leurs expressions dont les r&#233;sultats sont refl&#233;t&#233;s par la hi&#233;rarchie de la syst&#233;matique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains g&#232;nes mut&#233;s sont des g&#232;nes de r&#233;gulation qui contr&#244;lent le d&#233;veloppement. Parmi eux se trouvent les g&#232;nes commutateurs, qui d&#233;cident des choix binaires&#8230; sur l'expression ou l'inhibition d'un processus d&#233;cidant du devenir de groupements cellulaires pr&#233;cis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Edward B. Lewis (colaur&#233;at du prix Nobel de m&#233;decine en 1994) qui, le premier, a travaill&#233; &#224; partir de 1950 sur un g&#232;ne particulier de la drosophile que l'on appelle le complexe bithorax, tandis que Thomas C. Kaufman travaillait sur un autre domaine hom&#233;otique, celui du complexe Antennapedia. Mais c'est seulement depuis les ann&#233;es 1980 que les outils mol&#233;culaires permettant d'identifier les g&#232;nes de r&#233;gulation ou hom&#233;og&#232;nes ont &#233;t&#233; mis au point. Les r&#233;sultats actuels des recherches entreprises sur le r&#244;le des g&#232;nes &#224; hom&#233;obox ou hom&#233;og&#232;nes, bien que partiels et pr&#233;liminaires, constituent une v&#233;ritable r&#233;volution de fond dans la compr&#233;hension du ph&#233;nom&#232;ne &#233;volutif. Leur avenir est extr&#234;mement prometteur et devrait permettre de r&#233;soudre des probl&#232;mes complexes jusqu'ici insolubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons tout d'abord la signification du mot hom&#233;og&#232;ne qui traduit le fait que leur mutation transforme un segment du corps d'un insecte en un autre segment ; hom&#233;o signifiant semblable. Ces g&#232;nes, d&#233;sign&#233;s tout d'abord sous le nom de g&#232;nes HOM chez les invert&#233;br&#233;s et Hox chez les vert&#233;br&#233;s, sont maintenant r&#233;unis sous le seul vocable de g&#232;nes Hox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est en effet aper&#231;u que ces g&#232;nes &#233;taient tr&#232;s semblables pour la bonne raison que les g&#232;nes Hox des vert&#233;br&#233;s proviennent de duplications des g&#232;nes HOM des invert&#233;br&#233;s. En effet, le remplacement de g&#232;nes HOM de la drosophile par des g&#232;nes Hox de souris ne perturbe pas leur d&#233;veloppement ; c'est dire qu'ils sont vraiment proches, on dit paralogues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait maintenant que les hom&#233;odomaines de la drosophile et de la souris sont presque identiques. Par exemple, l'hom&#233;odomaine Antennapedia de la drosophile ne diff&#232;re de celui du g&#232;ne HoxB6 de la souris que par 4 acides amin&#233;s sur 61&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Biologie_%C3%A9volutive_du_d%C3%A9veloppement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biologie &#233;volutive du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4004&#034;&gt;Evolution et D&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1292&#034;&gt;L'&#233;volution ne provient pas du contenu des g&#232;nes mais de leur r&#233;gulation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article556&#034;&gt;G&#232;nes architectes et horloges du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ijm.fr/103/equipes/metazoaires.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;volution et d&#233;veloppement des m&#233;tazoaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/mnhn/meduse_et_cie_evolution_et_developpement.18605&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film de l'Universit&#233; de tous les savoirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/mnhn/la_vie_de_l_embryon_de_la_fecondation_a_la_naissance.17663&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conf&#233;rence : la vie de l'embryon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/evolution_developpement_la_systematique_genetique.1290&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conf&#233;rence : &#233;volution, d&#233;veloppement, la syst&#233;matique g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4421&#034;&gt;L'intelligence dialectique du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article623&#034;&gt;Bact&#233;rie, plasmide et toxine : un exemple de la dialectique du vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034;&gt;La dialectique, c'est la vie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4380&#034;&gt;Le fonctionnement dialectique du syst&#232;me immunitaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La relativit&#233; d'&#233;chelle et le vivant</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5100</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5100</guid>
		<dc:date>2019-02-03T23:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Evolution des esp&#232;ces</dc:subject>
		<dc:subject>Relativit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La relativit&#233; d'&#233;chelle de Laurent Nottale et le vivant &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie de la relativit&#233; d'&#233;chelle de Nottale a de nombreuses applications biologiques, depuis le lin&#233;aire au non lin&#233;aire et de la m&#233;canique classique &#224; la m&#233;canique quantique. Elle explique la fractalit&#233;, l'autosimilarit&#233; aux tr&#232;s petites &#233;chelles du vivant qui implique des lois probabilistes de la physique quantique. Ces lois pourraient expliquer en outre l'origine fractale de la mise en place des morphologies de base du vivant. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot297" rel="tag"&gt;Evolution des esp&#232;ces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot298" rel="tag"&gt;Relativit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La relativit&#233; d'&#233;chelle de &lt;a href=&#034;https://luth.obspm.fr/~luthier/nottale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laurent Nottale&lt;/a&gt; et le vivant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Relativit%C3%A9_d%27%C3%A9chelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La th&#233;orie de la relativit&#233; d'&#233;chelle de Nottale&lt;/a&gt; a de nombreuses applications biologiques, depuis le lin&#233;aire au non lin&#233;aire et de la m&#233;canique classique &#224; la m&#233;canique quantique. Elle explique la fractalit&#233;, l'autosimilarit&#233; aux tr&#232;s petites &#233;chelles du vivant qui implique des lois probabilistes de la physique quantique. Ces lois pourraient expliquer en outre l'origine fractale de la mise en place des morphologies de base du vivant. Elle explique aussi que l'arbre de diversification du vivant, la macro&#233;volution, suit une loi structurelle log-p&#233;riodique d'acc&#233;l&#233;ration ou de d&#233;c&#233;l&#233;ration des sauts &#233;volutifs majeurs, qui permet d'&#233;valuer les probabilit&#233;s d'&#233;volution du syst&#232;me. Cette analyse permet de pr&#233;ciser le r&#244;le omnipr&#233;sent du hasard dans l'&#233;volution, aussi bien dans les lois de la physique quantique que dans l'histoire propre des organismes o&#249; sa pr&#233;sence est exprim&#233;e par la contingence. La relativit&#233; d'&#233;chelle ouvre de nouvelles perspectives dans l'&#233;tude de l'&#233;volution des syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://philoscience.over-blog.com/article-6216813.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.luth.obspm.fr/~luthier/nottale/arSynthese2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Relativit%C3%A9_d%27%C3%A9chelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=bPZpDQAAQBAJ&amp;pg=PA715&amp;dq=inauthor:%22Laurent+Nottale%22+relativit%C3%A9+d%27%C3%A9chelle&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjPzqqU35zeAhVFUxoKHdtkD8gQ6AEILDAB#v=onepage&amp;q=inauthor%3A%22Laurent%20Nottale%22%20relativit%C3%A9%20d'%C3%A9chelle&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=pj3BAgAAQBAJ&amp;pg=PA42&amp;dq=relativit%C3%A9+d%27%C3%A9chelle+et+%C3%A9volution+des+esp%C3%A8ces&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi9pZjA35zeAhVOYxoKHY4AAuUQ6AEIJzAA#v=onepage&amp;q=relativit%C3%A9%20d'%C3%A9chelle%20et%20%C3%A9volution%20des%20esp%C3%A8ces&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://docs.google.com/viewer?a=v&amp;q=cache:2c4BHQJ4L0AJ:aristote.biophy.jussieu.fr/~luthier/nottale/arSynthese2.pdf+&amp;hl=fr&amp;gl=fr&amp;pid=bl&amp;srcid=ADGEESiQAFAo0ZEfGTXz5fy2chZCJBR8o2WGwNJ0Tb_i2r26YNC8uJ4idEbtUMcahUlE0P9jKN-yMHKAFiGWqD4acvFw8yZBSrIhe-Jq1hyGcuuVvSVT7lE4F9YTDZHCiQsBpfx3HnkZ&amp;sig=AHIEtbQ93DaCoxJ7aP8Zd51TnroKESdCHw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire l'article de Laurent Nottale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1188&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nottale dans Mati&#232;re et r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/physique/la-relativite-dechelle-a-lepreuve-des-faits-7412.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La relativit&#233; d'&#233;chelle, la preuve des faits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://als.univ-lorraine.fr/files/conferences/Colloques/Darwin(22-11-09)/Chaline.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaline et Darwin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prions et &#233;volution</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5113</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5113</guid>
		<dc:date>2019-01-13T23:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les prions, le troisi&#232;me moteur de l'&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
Un prion est un agent pathog&#232;ne constitu&#233; d'une prot&#233;ine dont la conformation ou le repliement est anormal et qui, au contraire d'agents infectieux tels que les virus ou les bact&#233;ries, ou encore des parasites, ne dispose pas d'acide nucl&#233;ique (ADN ou ARN) comme support de l'information infectieuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la machinerie et les composants n&#233;cessaires (ARN-polym&#233;rase, ribosome, etc.) sont pr&#233;sents, il est possible de fabriquer des prot&#233;ines &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_11200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/gif/se3875740003.gif' width=&#034;440&#034; height=&#034;191&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/gif/84c4f0b0bf_16991_6656-prion1-dr.gif' width=&#034;374&#034; height=&#034;446&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/i11-08-prion.jpg' width=&#034;650&#034; height=&#034;395&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/biologie-prions-troisieme-moteur-evolution-36858/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les prions, le troisi&#232;me moteur de l'&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un prion est un agent pathog&#232;ne constitu&#233; d'une prot&#233;ine dont la conformation ou le repliement est anormal et qui, au contraire d'agents infectieux tels que les virus ou les bact&#233;ries, ou encore des parasites, ne dispose pas d'acide nucl&#233;ique (ADN ou ARN) comme support de l'information infectieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la machinerie et les composants n&#233;cessaires (ARN-polym&#233;rase, ribosome, etc.) sont pr&#233;sents, il est possible de fabriquer des prot&#233;ines &#224; partir de l'ADN conform&#233;ment au programme qu'il contient. Toutefois, &#224; composition identique, une prot&#233;ine peut poss&#233;der plus d'une fa&#231;on de se replier, soit des conformations diff&#233;rentes. &lt;br class='autobr' /&gt;
On a constat&#233; que la prot&#233;ine prion anormale favorise un type de repliement anormal. Or, de la bonne ou de la mauvaise fa&#231;on dont est repli&#233;e une prot&#233;ine d&#233;pend sa fonctionnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repliement des prot&#233;ines est indispensable au bon fonctionnement des enzymes, qui acc&#233;l&#232;rent les r&#233;actions chimiques capitales pour les organismes vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maladies &#224; prion t&#233;moignent de l'importance des diff&#233;rentes r&#232;gles de pliages des prot&#233;ines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait aussi d&#233;sormais l'importance topologique des repliements des mol&#233;cules d'ADN ou de la localisation des diff&#233;rentes mol&#233;cules dans la cellule, dans l'expression des g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADN fonctionne sur la base de ce m&#234;me type de m&#233;canisme, appel&#233; &#233;pig&#233;n&#233;tique car il est fond&#233; sur la forme des mol&#233;cules autant que sur leur contenu biochimique. Le repliement de la mol&#233;cule entra&#238;ne l'inactivation de nombreux g&#232;nes qui ne peuvent plus &#234;tre atteints par des prot&#233;ines activatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article d'Arcturius :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot prion fait appel pour la grande majorit&#233; des personnes aux mauvais souvenirs de la crise de la &#171; vache folle &#187; ou encore fait appel &#224; la maladie de Creutzfeld-Jacob. En quelques mots l'agent infectieux le moins connu &#224; ce jour et qui est source des plus grandes angoisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les angoisses sont belles est bien pr&#233;sentes parmi le personnel en charge de la ma&#238;trise du risque infectieux dans le milieu de la sant&#233; et les proc&#233;dures se maintiennent encore &#224; ce jour ( INSTRUCTION N&#176; DGS/RI3/2011/449 du 1er d&#233;cembre 2011 relative &#224; l'actualisation des recommandations visant &#224; r&#233;duire les risques de transmission d'agents transmissibles non conventionnels lors des actes invasifs.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que la revue Science et Vie dans son num&#233;ro 1138 de juillet 2012 nous lance l'article &#171; Prion pour le pire &#8230; et le meilleur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Susan Lindquist tente depuis 10 ans de faire reconna&#238;tre le prion comme mol&#233;cule utile pour la biologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre, il faut s'int&#233;resser &#224; l'histoire de la recherche sur le prion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maladies &#224; prions sont connues depuis les ann&#233;es 1920 (Hans-Gerhard Creutzfeldt (1920) et Alfons Jakob (1921)), sans &#224; l'&#233;poque en conna&#238;tre v&#233;ritablement ni l'origine, ni l'agent en cause. Ce n'est que dans les ann&#233;es 60, 70 et 80 que la prot&#233;ine se d&#233;voile petit &#224; petit, puis que les modes de transmission sont identifi&#233;s (David Haig, Tikvah Alper, Carleton Gajdusek [1972], Stanley Prusiner). Dans les ann&#233;es 90, en pleine crise de la &#171; vache-folle &#187; de 1986 en Grande Bretagne, on affine la d&#233;termination des modes de transmission (Clarence Gibbs [1993]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis on a cess&#233; d'&#233;tudier la prot&#233;ine pour am&#233;liorer le diagnostic m&#233;dical d'une part et imaginer de futurs traitements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle du prion on parle de prot&#233;ines naturellement pr&#233;sentes &#224; la surface membranaire de nos cellules. C'est l'introduction d'une prot&#233;ine de forme anormale (forme prion) dans un orgainsme qui enclenche un effet boule de neige provoquant la modification sous forme anormale des autres prot&#233;ines de la m&#234;me classe dans l'organisme contamin&#233;. La g&#233;n&#233;ralisation de l'anomalie dans l'organisme provoque des d&#233;faillances neurologiques &#224; ce jour irr&#233;versibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce une anomalie du vivant, un bug biologique ? C'est en tout cas ce que pensent beaucoup de scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas l'avis de Susan Lindquist, qui a d&#233;couvert (Nature, February 16, 2012 ) chez des dizaines de souches de levures de boulanger (parmi 700 souches sauvages) la pr&#233;sence de prot&#233;ines ayant une configuration prion. La chasse aux prions dans des souches de levures sauvages a commenc&#233; dans le laboratoire o&#249; Lindquist Jarosz, Randal Halfmann, un &#233;tudiant dipl&#244;m&#233; du MIT et r&#233;cemment un homme de l'Universit&#233; du Texas Southwestern Medical Center ont rassembl&#233; des centaines de souches sauvages venant du monde entier. Ils ont ensuite r&#233;alis&#233; une recherche cibl&#233;e sur le prion [PSI +] qui a &#233;t&#233; retrouv&#233; dans 10 souches sauvages. Les manipulations g&#233;n&#233;tiques ont confirm&#233; son statut de prion vrai sur ces souches. Ils ont ensuite observ&#233; les effets de [PSI +] sur les traits biologiques en neutralisant la conformation du prion dans ces souches puis en exposant ces derni&#232;res &#224; des contraintes naturelles, tels que l'acidit&#233; &#233;lev&#233;e et la pr&#233;sence d'agents antifongiques. Dans une souche isol&#233;e &#224; partir de vin Beaujolais, le prion a enclench&#233; l'apparition de caract&#232;res qui pourraient &#234;tre favorables ou pr&#233;judiciables, selon les conditions de l'environnement. Un autre prion bien connu, [MOT3 +] a &#233;t&#233; trouv&#233; dans six souches sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;terminer si les levures sauvages pourraient receler d'autres &#233;l&#233;ments prions inconnus, Jarosz et Halfmann ont expos&#233; toutes les cultures sauvages au m&#234;me protocole chimique qui permet d&#233;j&#224; d'obtenir des prions bien connus [PSI +] et [MOT3 +] . En tout, 255 souches ont d&#233;montr&#233; diff&#233;rents ph&#233;notypes li&#233;s &#224; des prions d&#251; aux divers stress subis par ce traitement. Les scientifiques ne s'attendaient pas &#224; obtenir cette diversit&#233; de ph&#233;notypes li&#233;s aux prions. Ils ont &#233;galement d&#233;couvert qu'environ 40 % des traits de caract&#232;re produits par des prions sauvage se seraient av&#233;r&#233;s favorables &#224; la croissance dans la douzaine de conditions environnementales test&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convaincu de l'impact des prions sur l'&#233;volution de levure, Lindquist suppose que ces prot&#233;ines changeant de forme pourraient &#234;tre &#8220;les restes des premi&#232;res apparitions de la vie&#8221; &#224; l'&#233;poque o&#249; elle &#233;tait essentiellement repr&#233;sent&#233;e par une base de prot&#233;ine plut&#244;t que d'acide nucl&#233;ique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pense aussi que les prions peuvent jouer les m&#234;me r&#244;les b&#233;n&#233;fiques chez d'autres cellule que les levure, et son laboratoire a l'intention d'investiguer des approches semblables dans la chasse aux prions dans d'autres organismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2012/125/prion.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;article source : &lt;a href=&#034;http://fbhleblog.wordpress.com/2012/06/28/les-prions-boosters-de-levolution/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fbhleblog.wordpress.com/2012/06/28/les-prions-boosters-de-levolution/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_bordeaux/self_and_non_self_in_fungi.20131&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Molecular basis of a specific case of incompatibility mechanism involving a prion protein&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Chs7ixRstQk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Prions and Protein Misfolding&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=zm-3kovWpNQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The protein folding problem : a major conundrum of science&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=G5I9_JrNuYc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Darwinian Evolution of Prions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=no6lBaD_7JA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Susan Lindquist : Lamarck redux : Prions, Hsp90...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D'Arcy Thompson, la forme et le vivant </title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4935</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4935</guid>
		<dc:date>2018-12-02T23:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D'Arcy Thompson, la forme et le vivant &lt;br class='autobr' /&gt;
de Maddalena Mazzocut-Mis &lt;br class='autobr' /&gt; Caract&#233;riser le concept de forme, c'est en souligner la complexit&#233; intrins&#232;que. D'un c&#244;t&#233;, la forme est limite, contour, visibilit&#233; d'une surface, aspect mouvant et vari&#233; ; de l'autre, c'est la mani&#232;re dont les parties s'harmonisent dans leur ensemble, coexistent et se structurent. La forme peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans son aspect sensible ou &#234;tre con&#231;ue comme id&#233;e formelle, impliquant un mod&#232;le, un dessin, un type. Quand elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D'Arcy Thompson, la forme et le vivant
&lt;p&gt;de Maddalena Mazzocut-Mis&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;riser le concept de forme, c'est en souligner la complexit&#233; intrins&#232;que. D'un c&#244;t&#233;, la forme est limite, contour, visibilit&#233; d'une surface, aspect mouvant et vari&#233; ; de l'autre, c'est la mani&#232;re dont les parties s'harmonisent dans leur ensemble, coexistent et se structurent. La forme peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans son aspect sensible ou &#234;tre con&#231;ue comme id&#233;e formelle, impliquant un mod&#232;le, un dessin, un type. Quand elle individualise un organisme vivant, la forme est con&#231;ue comme structure mobile, comme ph&#233;nom&#232;ne changeant et complexe. Cependant, la forme peut aussi &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme le r&#233;sultat de l'action de lois physico-chimiques con&#231;ues m&#233;caniquement et &#234;tre ramen&#233;e &#224; des d&#233;terminations g&#233;om&#233;triques. Inconnaissable dans sa nature intime, mais identifiable clairement comme effet d'une cause cach&#233;e, la forme est d&#233;finie comme le simple r&#233;sultat de forces. La morphologie, donc, emprunte sa m&#233;thodologie, quoique de fa&#231;on s&#233;lective, &#224; d'autres domaines de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pr&#233;c&#232;de est, en r&#233;sum&#233;, la position de D'Arcy Thompson qui, en utilisant un proc&#233;d&#233; sp&#233;cial, fournit une identification math&#233;matique et visuelle pr&#233;cise des formes du vivant. Par l'analyse des diverses formes de carapaces des crabes, qui peuvent toutes &#234;tre ramen&#233;es &#224; des d&#233;formations successives des coordonn&#233;es, initialement orthogonales, d'une seule image ; des formes du squelette des quadrup&#232;des, qui peuvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es sur la base de lois de la construction r&#233;gissant aussi la statique des ponts ; des formes cr&#226;niennes de divers animaux, D'Arcy Thompson d&#233;veloppe l'id&#233;e d'apr&#232;s laquelle la nature s'accro&#238;t, se d&#233;forme sur la base d'un mod&#232;le fort pr&#233;cis. Il existe un logos sous-jacent aux ph&#233;nom&#232;nes, qui ne peut en aucune fa&#231;on &#234;tre viol&#233;. Les formes de la nature deviennent des objets de la math&#233;matique, &#233;tudi&#233;s et visualis&#233;s avec les instruments classiques de l'analyse g&#233;om&#233;trique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La courageuse tentative de D'Arcy Thompson consiste donc &#224; ramener la vari&#233;t&#233; infinie des formes &#224; un sch&#232;me g&#233;n&#233;ral, qui soit en mesure de traduire le visible qualitatif en un invisible quantitatif. L'&#233;cart qualitatif propre au monde organique est r&#233;solu en faveur d'un monde r&#233;gi par des lois universellement valables. La diff&#233;renciation morphologique, c'est-&#224;-dire la vari&#233;t&#233; ind&#233;finie des formes, n'&#233;veille chez D'Arcy Thompson aucun sentiment d'&#233;merveillement extasi&#233;. C'est plut&#244;t la possibilit&#233; de ramener la pluralit&#233; morphologique &#224; un proc&#233;d&#233; r&#233;gi par un petit nombre de lois formalisables, qui stimule sa recherche solitaire. D'Arcy Thompson veut rapprocher le domaine qualitativement vari&#233; des formes et la science classique des quantit&#233;s mesurables, en d&#233;veloppant une recherche des instruments topologico-g&#233;om&#233;triques aptes &#224; p&#233;n&#233;trer les secrets des formes. L'application de la g&#233;om&#233;trie &#224; la description et &#224; l'analyse de la forme biologique devient avec D'Arcy Thompson - particuli&#232;rement &#224; travers la &#034;m&#233;thode des transformations&#034; - une mani&#232;re de r&#233;duire la multiplicit&#233; ph&#233;nom&#233;nologique &#224; l'intelligibilit&#233; gnos&#233;ologique du fini math&#233;matique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est donc pas un hasard s'il reprend &#224; Kant l'id&#233;e que &#034; le crit&#232;re de toute vraie science r&#233;side dans l'importance des liens qui l'unissent aux math&#233;matiques &#034;.1 D'ailleurs, continue Thompson, citant cette fois Du Bois Reymond, &#034; la chimie du futur devrait envisager toute la m&#233;canique mol&#233;culaire par le biais des math&#233;matiques, dans leur langage strict, tout comme l'astronomie de Newton et Laplace l'avait fait pour les &#233;toiles &#034;.2 Pour D'Arcy Thompson, la m&#233;thode math&#233;matico-physique et la &#034; pr&#233;cision num&#233;rique &#034; repr&#233;sentent &#034; vraiment l'&#226;me de la science &#034; et constituent &#034; le meilleur crit&#232;re, peut-&#234;tre m&#234;me le seul, de la validit&#233; d'une th&#233;orie et de la fiabilit&#233; d'une exp&#233;rience &#034;.3 D'apr&#232;s D'Arcy Thompson les lois de la physique devraient donner la possibilit&#233; d'expliquer les ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;gulation et de r&#233;g&#233;n&#233;ration qui se d&#233;roulent dans les organismes, sans recours &#224; des causes finales. Le physicien doit laisser de c&#244;t&#233; les principes du finalisme, sans pourtant m&#233;conna&#238;tre que &#034; m&#233;canisme et t&#233;l&#233;ologie sont aussi &#233;troitement imbriqu&#233;s que la cha&#238;ne et la trame d'un tissu &#034;.4&lt;br class='autobr' /&gt;
Un organisme doit &#234;tre repr&#233;sent&#233; comme une fonction, au sens math&#233;matique, des parties qui le composent, fonction reli&#233;e &#224; l'organisation spatiale et temporelle des parties, &#224; la mani&#232;re pr&#233;cise dont elles interagissent. Coh&#233;rence, efficacit&#233; m&#233;canique, r&#233;ductibilit&#233; au simple g&#233;om&#233;trique, tels sont les points fondamentaux du syst&#232;me de D'Arcy Thompson. Le probl&#232;me de la stabilit&#233; de la structure des &#234;tres vivants, probl&#232;me essentiel de la biologie, est abord&#233; sur la base de ces principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire le qualitatif au quantitatif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode &#233;labor&#233;e par D'Arcy Thompson, compatible avec le d&#233;terminisme physique, vise &#224; d&#233;velopper une th&#233;orie math&#233;matico-g&#233;om&#233;trique et m&#233;canique des formes, qui r&#233;duit des expressions diff&#233;rentes &#224; des mod&#232;les de g&#233;n&#233;ration communs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, selon D'Arcy Thompson, l'obstacle le plus grave au progr&#232;s dans l'&#233;tude de la morphogen&#232;se ne consiste pas tellement dans le r&#233;sidu irr&#233;ductible au physique de l'&#233;l&#233;ment vital, mais sans doute dans le manque de mesures quantitatives de diff&#233;renciation. N&#233;anmoins, &#034; pour tout ce qui concerne l'&#233;dification, la croissance et le fonctionnement du corps, comme pour tout ce qui est issu de la terre, la science physique doit &#234;tre, &#224; mon humble avis, notre seul ma&#238;tre et guide &#034;.5 Tout ce qu'on peut faire, dans l'attente d'une plus ample application des m&#233;thodologies math&#233;matiques et physiques, &#034; c'est d'analyser par fragments les diff&#233;rentes parties de ces ph&#233;nom&#232;nes auxquelles s'appliquent, de mani&#232;re claire et indubitable, les lois simples des forces de nature physique, m&#234;me si elle se pr&#233;sentent sous une forme peu obvie &#034;.6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'admiration infinie devant les &#034; miracles &#034; de la naissance et du d&#233;veloppement, devant l'immense vari&#233;t&#233; des formes, devant le fr&#233;missement continu de la vie, ne peut interdire le progr&#232;s de la morphologie vers l'utilisation des lois des math&#233;matiques. D'Arcy Thompson proclame ouvertement que &#034; les ph&#233;nom&#232;nes physiques auxquels nous sommes confront&#233;s n'ont pas moins de beaut&#233; et sont &#224; peine moins vari&#233;s que ceux qui suscitent notre admiration au sein du monde vivant. Les vagues de l'oc&#233;an, les vaguelettes qui viennent mourir sur le sable, la courbe harmonieuse d'une baie, la ligne des collines sur l'horizon, la forme des nuages, tous ces ph&#233;nom&#232;nes sont autant d'&#233;nigmes dans le domaine de la forme, autant de probl&#232;mes dans le domaine de la morphologie. Pour tous ces probl&#232;mes, le physicien dispose des &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires qui lui permettent de les d&#233;crypter et de les r&#233;soudre avec plus ou moins de facilit&#233; : il lui suffit de se r&#233;f&#233;rer aux ant&#233;c&#233;dents de ces ph&#233;nom&#232;nes, au sein du syst&#232;me mat&#233;riel de forces m&#233;caniques auquel ils appartiennent et d'o&#249; ils tirent leur origine &#034;.7 Rien ne fait exception &#224; la r&#232;gle The&#65533;s a&#232;i geometr&#233;i (&#034; Dieu g&#233;om&#233;trise toujours &#034;) et les probl&#232;mes de forme sont avant tout des probl&#232;mes math&#233;matiques. L'application de la g&#233;om&#233;trie &#224; la description et &#224; l'analyse de la forme fait &#034;&#233;vaporer&#034; le qualitatif en faveur d'un quantitatif qui perdure et peut &#234;tre saisi m&#234;me par l'esprit born&#233; de l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, D'Arcy Thompson est intrigu&#233; et profond&#233;ment frapp&#233; par la r&#233;gularit&#233; et par la r&#233;p&#233;tition des &#233;v&#233;nements naturels. Son but n'est pas de v&#233;rifier qu'en ce lieu et &#224; cet instant tel &#233;v&#233;nement a eu lieu, qu'en ce lieu et &#224; cet instant telle forme se dresse devant lui, mais de rechercher les conditions qui ont donn&#233; lieu &#224; cet &#233;v&#233;nement, les conditions qui ont d&#233;termin&#233; cette forme. Le probl&#232;me est de comprendre si, dans les m&#234;mes conditions, le m&#234;me &#233;v&#233;nement ou la m&#234;me forme se manifestent, ou bien comment ils varient avec les conditions. Le but de sa recherche n'est pas l'examen d'une seule donn&#233;e, d'une seule forme, c'est la r&#232;gle par laquelle ces &#233;v&#233;nements doivent se r&#233;p&#233;ter, r&#232;gle qui doit &#234;tre g&#233;n&#233;rale et universellement applicable au monde organique aussi bien qu'au monde inorganique. Pour cette raison &#034; D'Arcy Thompson fut parfois accus&#233; d'&#234;tre beaucoup trop g&#233;om&#232;tre dans sa mani&#232;re de penser, par sa d&#233;termination &#224; voir des r&#233;gularit&#233;s &#233;l&#233;mentaires l&#224; o&#249; une personne sans imagination n'en aurait pas vu : les sph&#232;res qu'il voyait n'&#233;taient pas tout &#224; fait sph&#233;riques, les polygones pas tout &#224; fait r&#233;guliers, les transformations pas tout &#224; fait orthogonales, la trab&#233;cule osseuse une repr&#233;sentation impr&#233;cise des lignes de forces &#034;.8 Cependant, d'apr&#232;s D'Arcy Thompson, la r&#233;duction du qualitatif au quantitatif quoique incompl&#232;te et jamais d&#233;finitive, n'exclut pas que la nature agisse en ing&#233;nieur et que, dans ses constructions, elle tienne toujours compte, dans ses calculs, de toutes les composantes m&#233;caniques et de toutes les forces agissant sur l'objet qu'elle est en train de fa&#231;onner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison entre l'oeuvre de la nature et le travail de l'ing&#233;nieur est un indice de l'utilisation, par D'Arcy Thompson, de la notion m&#234;me d'analogie, surtout dans le contexte de la d&#233;couverte scientifique. En effet, bien que son id&#233;al soit la pr&#233;cision num&#233;rique, on peut toutefois constater que le point de d&#233;part de sa m&#233;thodologie morphologique est l'observation ph&#233;nom&#233;nologique des analogies cach&#233;es sous le visible. La recherche structurale des causes prend l'aspect d'une recherche de principes g&#233;n&#233;raux simples, qui justifient des similitudes essentielles. En utilisant l'analogie, le sp&#233;cialiste des probl&#232;mes morphologiques peut observer si deux formes, apparemment diff&#233;rentes mais isomorphes, peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme le r&#233;sultat de transformations mutuelles. Les &#233;nigmes de la forme sont alors traduites en relations visibles entre des formes affines et deviennent compr&#233;hensibles par l'&#233;vidence imm&#233;diate de leurs rapports. D'apr&#232;s D'Arcy Thompson, il faut d&#233;velopper la recherche analogique. &#034; Depuis toujours, le nombre des chercheurs en qu&#234;te des diff&#233;rences et oppositions fondamentales entre les ph&#233;nom&#232;nes organiques et inorganiques, de ce qui s&#233;pare l'anim&#233; de l'inanim&#233;, a d&#233;pass&#233; de loin ceux dont l'attention &#233;tait plut&#244;t retenue par la recherche de principes communs ou de similitudes essentielles. &#034;9 Mais c'est bien &#224; ces derniers qu'il revient de fonder la morphologie en tant que science.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ne pas se rappeler alors les analogies existant entre la forme des squelettes de certains radiolaires et la g&#233;om&#233;trie des lames de savon, entre la t&#234;te du f&#233;mur et le m&#233;canisme d'une grue, comme entre la dent d'un castor, la d&#233;fense d'un &#233;l&#233;phant, une boucle de cheveux, un flocon de laine, la trompe d'un &#233;l&#233;phant enroul&#233;e, les anneaux des serpents, les tentacules d'une seiche, la queue d'un singe ou d'un cam&#233;l&#233;on et la spirale logarithmique... D'apr&#232;s D'Arcy Thompson, chaque syst&#232;me tend &#224; suivre des lois &#233;conomiques, ou principes &#034;d'extr&#233;malit&#233; ou d'optimalit&#233;&#034;, qui sont l'explication d'un logos, d'une &#233;conomie de la nature. Largeault &#233;crit : &#034; On est plus pr&#232;s du logos ou d'un a priori ontologique de la forme quand on sait d&#233;crire des &#234;tres physiques par des conditions d'extr&#233;malit&#233;. &#034;10&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#034; g&#233;nie g&#233;om&#233;trique de la nature &#034; - pouvons-nous dire avec Huyghe - &#034; produit le cube, le t&#233;tra&#232;dre, l'octa&#232;dre, et m&#234;me le dod&#233;ca&#232;dre et l'icosa&#232;dre, que le cristal ne pouvait produire parfaitement r&#233;guliers, du fait qu'ils impliquent alors des nombres irrationnels. &#224; nouveau, les plus savantes fantaisies math&#233;matiques semblent sortir du n&#233;ant. On peut penser que de telles variations, soumises en apparence aux rigueurs du calcul, ont propos&#233; un myst&#232;re excitant pour l'esprit scientifique. La perfection esth&#233;tique y rejoint la complexit&#233; de la structure en une double magie. [...] Plusieurs th&#232;mes g&#233;om&#233;triques de la nature inanim&#233;e se maintiennent donc dans cette vie qui s'&#233;bauche et prend son &#233;lan vers ses destin&#233;es propres. &#034;11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;om&#233;trie de l'inerte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la vision de D'Arcy Thompson, la forme du vivant ne repr&#233;sente plus un &#233;cart par rapport &#224; la forme inanim&#233;e. Toutes deux sont r&#233;gies par les m&#234;mes lois. Le vivant ne peut plus se targuer de poss&#233;der un statut sp&#233;cial, il doit &#234;tre expliqu&#233; par des lois susceptibles d'&#234;tre math&#233;matis&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, ce que nous pouvons appeler la &#034;g&#233;om&#233;trie de l'inerte&#034;, ou la g&#233;om&#233;trie du solide, peut &#234;tre appliqu&#233; &#224; la mati&#232;re quand elle est pr&#233;serv&#233;e de l'action des forces perturbatrices. &#034; Cette g&#233;om&#233;trie de l'inerte correspond dans les faits &#224; ce que con&#231;oit la pens&#233;e quand elle &#233;labore une g&#233;om&#233;trie abstraite : celle d'Euclide, formul&#233;e d&#233;j&#224; par le g&#233;nie antique, est rest&#233;e une base inamovible et comme une introduction &#224; tous les d&#233;veloppements qui sont venus s'y ajouter. C'est que la pens&#233;e ne con&#231;oit bien que l'immobile et cherche d'instinct &#224; d&#233;gager les bases fixes et permanentes derri&#232;re le flux de l'accidentel, c'est-&#224;-dire de ce qui se produit au cours du temps. Et voil&#224; la premi&#232;re cause pour laquelle elle ira d'instinct vers cette g&#233;om&#233;trie de l'inerte, qui lui para&#238;t r&#233;pondre &#224; ses voeux. La raison, mue par son penchant pour l'immuable, choisit les formes qui y sont le mieux adapt&#233;es. &#034;12&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, comme le remarquait d&#233;j&#224; Gould, on peut voir chez Thompson le continuateur d'un id&#233;al grec d&#233;j&#224; enracin&#233; dans la pens&#233;e de Pythagore et de Platon, m&#234;me s'il n'accepte &#034; ni la doctrine de Pythagore d'apr&#232;s laquelle &#034;les choses sont des nombres&#034;, ni la vision de Platon d'un royaume de nombres id&#233;aux existant au-del&#224; des corps physiques &#034;. Mais il partage &#034; leurs positions g&#233;n&#233;rales, c'est-&#224;-dire le fait que la solution des myst&#232;res du monde devrait &#234;tre recherch&#233;e dans 1'&#034;aspect g&#233;om&#233;trique du nombre&#034; ; que la simplicit&#233;, la r&#233;gularit&#233;, la sym&#233;trie, l'harmonie et la v&#233;rit&#233; sont associ&#233;es &#034;.13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simplicit&#233; et beaut&#233; math&#233;matiques semblent repr&#233;senter l'id&#233;al &#034;esth&#233;tique&#034; de D'Arcy Thompson. Le nombre, la correspondance et surtout la sym&#233;trie, que le miracle naturel continue de nous proposer, semblent &#234;tre le r&#233;sultat de l'admirable intervention d'un grand artiste. La nature s'exprime en termes math&#233;matiques et les formes sont des nombres, des structures simples, r&#233;ductibles &#224; un petit nombre de formules &#233;l&#233;mentaires. Cependant, cet &#034;id&#233;al esth&#233;tique&#034; appara&#238;t comme ce qu'il y a de plus loin de l'&#034;esth&#233;tique&#034; con&#231;ue comme th&#233;orie de la sensibilit&#233;. Le complexe, le qualitatif, la forme dans sa multiple vari&#233;t&#233;, sont compl&#232;tement effac&#233;s par D'Arcy Thompson, dans la perspective d'une rigueur math&#233;matique certes fascinante, mais qui tend n&#233;anmoins &#224; r&#233;duire au simple g&#233;om&#233;trisable cette complexit&#233; irrempla&#231;able sur laquelle l'esth&#233;tique - du moins sous plusieurs aspects - semble encore vouloir se fonder.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'Arcy Thompson ne peut m&#234;me pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#034;baconien&#034; et, de ce point de vue, paradoxalement, il est un grand &#034;innovateur&#034;. Il n'adh&#232;re pas &#224; l'id&#233;e que la connaissance ou, mieux, la science, soient une mani&#232;re de dominer le monde, la seule source et le seul instrument de la pr&#233;vision et du contr&#244;le des ph&#233;nom&#232;nes. Il ne soutient pas - selon une expression c&#233;l&#232;bre de Bachelard - que l'esprit scientifique doit se former &#034; contre &#034; la nature.14 Au contraire, il pense que le but de son travail est la connaissance et la compr&#233;hension pure et abstraite de la forme. La science doit &#234;tre de nouveau &#034;inutile&#034; du point de vue purement pratico-op&#233;ratif, et doit abandonner sa pr&#233;tention &#224; la domination du monde pour reconqu&#233;rir sa force propre d'interpr&#232;te du monde. L'approche morphologique est ainsi celle qui peut le mieux nous rapprocher de cet id&#233;al, qui se pr&#233;sente comme une simple et &#233;l&#233;gante retranscription du r&#233;el en termes g&#233;om&#233;triques ou physiques. L'&#233;tude de la forme ne stimule ni ne favorise aucune action sur le monde. L'&#233;tude de la forme est fonci&#232;rement anti-pr&#233;dictive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais m&#234;me en ce sens, Forme et croissance n'est en rien un texte de &#034;biologie grecque anachronique&#034;. Sa force, mais sa faiblesse aussi, consiste dans l'utilisation des &#034; concepts classiques pour critiquer les th&#233;ories modernes &#034;. &#034; Il exprime les tensions et les conflits propres &#224; n'importe quelle philosophie compos&#233;e de sources si disparates. &#034;15 Par sa m&#233;thodologie, D'Arcy Thompson a tent&#233; de surmonter l'ab&#238;me qui s&#233;pare les formes vivantes des transformations g&#233;om&#233;triques les plus simples, l'organique de l'inorganique, la biologie des math&#233;matiques, le quantitatif du qualitatif. Il a ainsi donn&#233; naissance &#224; un processus f&#233;cond et actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[L'ouvrage classique de D'Arcy Thompson, On Growth and Form (dont la premi&#232;re &#233;dition date de 1917) vient d'&#234;tre publi&#233; en fran&#231;ais : Forme et croissance (Seuil, 1994), dans une traduction due &#224; Dominique Teyssi&#233;, avec une pr&#233;face de Stephen J. Gould et un avant-propos d'Alain Prochiantz.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. D'Arcy W. Thompson, Forme et croissance, Seuil, 1994, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ibid., p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ibid., p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Ibid., p. 32.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ibid., p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Ibid., p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ibid., p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. P. B. Medawar, &#034; Postscript : D'Arcy Thompson and Growth and Form &#034;, dans R. D'Arcy Thompson, D'Arcy Wentworth Thompson, the Scholar-Naturalist 1860-1948, Oxford University Press, London 1958, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. D'Arcy W. Thompson, op. cit., p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Jean Largeault, Principes classiques d'interpr&#233;tation de la nature, Vrin, Paris 1988, p. 330.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Ren&#233; Huyghe, Formes et forces. De l'atome &#224; Rembrandt, Flammarion, Paris 1971, pp. 183-184.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Ibid., p. 186.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Stephen Jay Gould, &#034; D'Arcy Thompson and the Science of Form &#034;, New. Lit. Hist., 2, 1971, pp. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Gaston Bachelard, La formation de l'esprit scientifique, Vrin, Paris 1947, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Stephen Jay Gould, op. cit., p. 238.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Activation et inhibition dans le ballet dialectique du vivant : des s&#233;quences g&#233;n&#233;tiques &#171; allument &#187; ou &#171; &#233;teignent &#187; les g&#232;nes.</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5093</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5093</guid>
		<dc:date>2018-10-20T16:09:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Bostwana</dc:subject>
		<dc:subject>Finlande</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Activation et inhibition dans le ballet dialectique du vivant : des s&#233;quences g&#233;n&#233;tiques &#171; allument &#187; ou &#171; &#233;teignent &#187; les g&#232;nes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les chromosomes, faits d'ADN (acide d&#233;soxyribonucl&#233;ique), sont le support de notre patrimoine g&#233;n&#233;tique, de nos g&#232;nes, qui commandent le fonctionnement de nos organes, par le biais des prot&#233;ines. Mais les chromosomes contiennent aussi, au-del&#224; des g&#232;nes eux-m&#234;mes, d'autres &#233;l&#233;ments de l'ADN, dits &#171; ADN poubelle &#187;, parce que l'on pensait qu'ils ne servaient &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot267" rel="tag"&gt;Bostwana&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot268" rel="tag"&gt;Finlande&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_11151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/p0000001-bd697.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;415&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Activation et inhibition dans le ballet dialectique du vivant : des s&#233;quences g&#233;n&#233;tiques &#171; allument &#187; ou &#171; &#233;teignent &#187; les g&#232;nes.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les chromosomes, faits d'ADN (acide d&#233;soxyribonucl&#233;ique), sont le support de notre patrimoine g&#233;n&#233;tique, de nos g&#232;nes, qui commandent le fonctionnement de nos organes, par le biais des prot&#233;ines. Mais les chromosomes contiennent aussi, au-del&#224; des g&#232;nes eux-m&#234;mes, d'autres &#233;l&#233;ments de l'ADN, dits &#171; ADN poubelle &#187;, parce que l'on pensait qu'ils ne servaient &#224; rien. Une &#233;quipe internationale de 400 chercheurs vient de d&#233;couvrir qu'ils jouent en r&#233;alit&#233; un r&#244;le essentiel dans la r&#233;gulation de l'activit&#233; des g&#232;nes et dans certaines maladies. La grande majorit&#233; de cet &#171; ADN poubelle &#187; &#171; serait en fait une vaste table de contr&#244;le avec des millions d'interrupteurs r&#233;gulant l'activit&#233; de nos g&#232;nes. Sans ces interrupteurs, les g&#232;nes ne fonctionneraient pas et des mutations dans ces r&#233;gions pourraient induire des maladies &#187;, souligne un r&#233;sum&#233; de ces travaux publi&#233;s mercredi dans plusieurs revues scientifiques dont Nature et Science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; par l'AFP, Pierre Tambourin, le directeur g&#233;n&#233;ral du G&#233;nopole &#224; &#201;vry, a qualifi&#233; cette d&#233;couverte de tr&#232;s importante car elle montre que l'ADN non codant est essentiel &#224; la vie. &#171; C'est presque aussi important que la publication de la s&#233;quence du g&#233;nome de l'homme &#187;, estime-t-il. L'ADN humain est compos&#233; de 3,3 milliards de paires de bases. Mais seulement 2 &#224; 3 % de ce mat&#233;riel sont codants. Le reste du g&#233;nome, soit 3,25 milliards de paires de base, avait &#233;t&#233; qualifi&#233; au d&#233;part &#171; d'ADN poubelle &#187; parce qu'on l'avait jug&#233; inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le vaste projet Encode lanc&#233; en 2003 pour r&#233;aliser une gigantesque encyclop&#233;die de l'ADN, l'&#233;quipe de chercheurs vient d'identifier 4 millions d'&#171; interrupteurs &#187; g&#233;n&#233;tiques. &#171; Notre g&#233;nome est en vie gr&#226;ce &#224; ces millions d'interrupteurs qui d&#233;terminent si un g&#232;ne doit &#234;tre &#8220;allum&#233;&#8221; ou &#8220;&#233;teint&#8221; &#187;, explique Ewan Birney du Laboratoire europ&#233;en de biologie mol&#233;culaire et de bio-informatique (LEBM-IEB), coordonnateur en chef de l'analyse. &#171; Dans la plupart des cas nous savons quels g&#232;nes jouent un r&#244;le dans une maladie, mais pas quels interrupteurs sont impliqu&#233;s &#187;, indique pour sa part Iam Durham, un chercheur au LEBM-IEB, qui souligne qu'Encode fournit des &#171; pistes prometteuses pour la d&#233;couverte de m&#233;canismes cl&#233;s dans les maladies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biochimie des macromol&#233;cules est bien &#224; la base du vivant, mais la composition chimique de l'ADN, des g&#232;nes ou des prot&#233;ines n'en est pas le point essentiel. Ce qui compte, c'est le mode de fonctionnement, ce sont les relations entre g&#232;nes qui sont n&#233;cessaires pour que ces g&#232;nes s'expriment. Un g&#232;ne peut en effet tr&#232;s bien &#234;tre pr&#233;sent, mais silencieux. Il est inactif parce que d'autres cycles voisins ne sont pas encore entr&#233;s en activit&#233; et qu'ils sont n&#233;cessaires, pour lui donner le signal de d&#233;marrage. Je ne prends qu'un seul exemple : une maladie g&#233;n&#233;tique qu'un individu a contract&#233; &#224; la naissance peut ne s'exprimer qu'&#224; un certain &#226;ge. C'est d&#251; au fait que l'expression du g&#232;ne ne se r&#233;alise que lorsque d'autres cycles sont &#233;galement activ&#233;s, des cycles li&#233;s &#224; l'horloge du vieillissement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La compr&#233;hension du r&#244;le des g&#232;nes a donc &#233;t&#233; compl&#232;tement r&#233;vis&#233;e &#224; la suite de recherches r&#233;centes. Il n'y a pas longtemps, on croyait que les g&#232;nes d&#233;terminent directement l'&#234;tre vivant, chaque g&#232;ne fixant &#224; lui seul un caract&#232;re, un organe, et la composition chimique de l'ADN d&#233;terminant le type d'une cellule. Maintenant on sait que la diversification cellulaire n'est pas fond&#233;e sur un changement de l'ADN. Les nombreux types de cellules diff&#233;rentes que contient un &#234;tre vivant ont le m&#234;me ADN et ce qui les diff&#233;rencie c'est seulement l'ordre d'activation de l'ensemble des g&#232;nes. Il s'agit d'un v&#233;ritable organigramme de r&#233;actions qui s'encha&#238;nent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croyait qu'il fallait des g&#232;nes diff&#233;rents pour produire des animaux de diff&#233;rentes esp&#232;ces, qu'un singe &#233;tait un singe parce qu'il avait des g&#232;nes de singe et un ours des g&#232;nes d'ours. Sur ce plan, le clonage a chang&#233; compl&#232;tement notre point de vue. On s'est aper&#231;u qu'un g&#232;ne d'ours peut tr&#232;s bien fonctionner sur une fourmi et inversement. Si on inocule un g&#232;ne qui commande la fabrication d'un oeil de mouche &#224; une mouche drosophile, il lui pousse un oeil suppl&#233;mentaire. Mais que se passe-t-il si on inocule un g&#232;ne d'oeil de souris &#224; cette mouche drosophile ? Le premier motif d'&#233;tonnement c'est que le g&#232;ne de souris fonctionne tr&#232;s bien sur une mouche. Mais que va-t-il produire ? Est-ce un oeil de souris, un oeil de mouche ou une bizarrerie ? On pourrait se dire que cela devrait &#234;tre un oeil de souris puisque le g&#232;ne vient d'une souris ... En effet, on sait que la souris n'a pas du tout la m&#234;me structure de l'oeil que la mouche. Eh bien non, c'est un oeil tout &#224; fait normal de mouche qui va appara&#238;tre sur la drosophile ! Et l'inverse est vrai &#233;galement : si on inocule &#224; une grenouille un g&#232;ne de fourmi, il poussera un oeil de plus et ce sera un oeil de grenouille. On a montr&#233; que la commande de fabrication d'un oeil en g&#233;n&#233;ral est utilisable sur n'importe quel animal capable de faire fonctionner un oeil. On d&#233;montre ainsi que ce g&#232;ne donne seulement l'ordre &#171; fait pousser un oeil &#187; et que cet ordre est commun aux diverses esp&#232;ces vivantes, ou du moins interchangeable. Des g&#232;nes hom&#233;otiques, comme celui de l'oeil, sont ceux qui pilotent non seulement la formation d'un organe, mais tout le d&#233;veloppement embryonnaire. Nous allons voir au cours de l'expos&#233; que c'est justement sur les g&#232;nes hom&#233;otiques qu'ont &#233;t&#233; faites les d&#233;couvertes r&#233;centes les plus r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADN est bien le moteur du fonctionnement g&#233;n&#233;tique de la cellule mais c'est un moteur &#233;teint qui a besoin d'un d&#233;marreur. Cette fonction de d&#233;marrage n'est pas interne &#224; la mol&#233;cule d'ADN. Les g&#232;nes contenus dans celle-ci sont primitivement bloqu&#233;s par des interrupteurs. C'est en les inhibant que l'action des g&#232;nes est activ&#233;e. Cela permet de d&#233;cider quelles prot&#233;ines produire et quand les produire mais aussi quelle cellule vivante construire. Ce qui distingue une cellule d'un type d'une cellule d'un autre type, dans le m&#234;me &#234;tre vivant, ce n'est pas le contenu de l'ADN mais les g&#232;nes activ&#233;s ou inhib&#233;s de la biblioth&#232;que des g&#232;nes. Dans l'&#233;tude de l'interrupteur-inhibiteur, du constructeur-destructeur, on a remarqu&#233; que son action est bien plus rapide que le ph&#233;nom&#232;ne sur lequel il agit. La prot&#233;ine qui intervient dans un processus doit elle-m&#234;me &#234;tre pr&#233;alablement lib&#233;r&#233;e, ce qui fait appel &#224; un autre m&#233;canisme lib&#233;rateur, fond&#233; lui aussi sur la destruction d'une liaison pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est courant de concevoir ce qui inhibe comme un simple blocage du processus actif. C'est ce que l'on pensait autrefois dans bien des domaines, de la m&#233;canique &#224; la psychologie et &#224; la biologie. Les sciences de la nature ont montr&#233; que l'inhibition, la n&#233;gation, la contradiction, ne devaient pas &#234;tre con&#231;ues seulement n&#233;gativement mais positivement, pas seulement comme freinage ou blocage d'une action mais comme moteur de celle-ci, pas seulement destructivement mais constructivement. En effet, inhiber des m&#233;canismes c&#233;r&#233;braux de l'enfance, c'est construire des m&#233;canisme c&#233;r&#233;braux de l'adulte. Par exemple, inhiber des g&#232;nes de l'ADN, c'est mettre en action d'autres g&#232;nes que les pr&#233;c&#233;dents bloquaient. Etc.... L'inhibition est constructive non seulement sur le plan biologique, g&#233;n&#233;tique, neuronal, c&#233;r&#233;bral, mais aussi sur le plan culturel et social .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel est le premier de la poule et de l'&#339;uf ? Conna&#238;t-on la r&#233;ponse ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4987</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4987</guid>
		<dc:date>2018-08-16T22:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour faire un oeuf de poule, il faut une poule et pour faire une poule, il faut un oeuf de poule ! Alors, comment cela a-t-il commenc&#233; ? Loin d'&#234;tre une question b&#233;b&#234;te ou simpliste, c'est un vrai probl&#232;me philosophique et scientifique.Quel est le premier de la poule et de l'&#339;uf ? Conna&#238;t-on la r&#233;ponse ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le paradoxe est bien connu : pour faire une poule, il faut un &#339;uf et pour faire un &#339;uf il faut une poule et donc, on se demande, dans le cours de l'&#233;volution, si le premier &#339;uf de poule a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour faire un oeuf de poule, il faut une poule et pour faire une poule, il faut un oeuf de poule ! Alors, comment cela a-t-il commenc&#233; ? Loin d'&#234;tre une question b&#233;b&#234;te ou simpliste, c'est un vrai probl&#232;me philosophique et scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/gif/2fc2cfb389c3cde976534ec288385d17.gif' width=&#034;266&#034; height=&#034;223&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel est le premier de la poule et de l'&#339;uf ? Conna&#238;t-on la r&#233;ponse ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe est bien connu : pour faire une poule, il faut un &#339;uf et pour faire un &#339;uf il faut une poule et donc, on se demande, dans le cours de l'&#233;volution, si le premier &#339;uf de poule a pr&#233;c&#233;d&#233; ou suivi la premi&#232;re poule&#8230; Et la question semble insoluble et il faudrait qu'ils soient n&#233;s en m&#234;me temps, sans parler du poulet qui est lui aussi indispensable et n&#233;cessite encore maman poule et &#339;uf !!! Bien entendu, les cr&#233;ationnistes profitent du probl&#232;me pour en d&#233;duire qu'en tout il faut un cr&#233;ateur et les antiscientifiques pour dire que les sciences n'expliquent pas la vie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi croire que c'est la poule qui est arriv&#233;e avant l'&#339;uf ? Parce que la formation de la coquille d'&#339;uf d&#233;pend d'une prot&#233;ine (l'ovocledidine-17 ou OC-17) pr&#233;sente dans l'ovaire des poules. Pourquoi croire que c'est l'&#339;uf qui est arriv&#233; avant la poule ? Depuis les dinosaures, qui eux-m&#234;mes pondaient des &#339;ufs (et ne me demandez pas qui du dinosaure ou de l'&#339;uf est arriv&#233; en premier !), les esp&#232;ces ont &#233;volu&#233;. Par mutation, certains petits dinosaures se seraient transform&#233;s en animal proche de la poule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe est loin de concerner seulement parents poules et prog&#233;niture des poules mais toutes les esp&#232;ces vivantes. Ainsi, quel est le premier de l'embryon d'humain et de l'homme ? Il faut un embryon pour faire un homme et il faut un homme pour fabriquer un embryon&#8230; Et, effectivement, il en va de m&#234;me de toutes les esp&#232;ces vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf et l'embryon ne sont pas seuls en cause. L'&#339;uf f&#233;cond&#233; l'est tout autant. Un &#339;uf f&#233;cond&#233; n&#233;cessite la rencontre d'un male et d'une femelle adultes. Mais le male et la femelle, avant d'&#234;tre adultes, ont besoin d'avoir &#233;t&#233; des &#339;ufs f&#233;cond&#233;s. L&#224; encore, lequel est le premier est une question sans r&#233;ponse, semble-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas, comme seules &#233;tapes, l'&#339;uf et la poule. Il y a la cellule-&#339;uf, les diverses &#233;tapes de sa segmentation, la cr&#233;ation d'une aire p&#233;riph&#233;rique dite opaque, puis cr&#233;ations de zones (&#233;piblaste, hypoblaste, archent&#233;ron), puis du croissant de Kohler, puis n&#339;ud de Hansen, puis somites, plaque neurale, tube neural, c&#339;ur, cerveau, puis les membres, etc. Ce n'est pas une poule qui est cr&#233;&#233;e, c'est des centaines de cr&#233;ations diverses et successives avant de parvenir &#224; &#171; une poule &#187; ! Les &#171; destin&#233;es cellulaires &#187; se ramifient, les cellules se diversifiant. On est bien loin de l'image : cr&#233;ation de l'&#339;uf puis cr&#233;ation de la poule. Il y a &#171; cr&#233;ation &#187; avant l'&#339;uf, avant la coquille en tout cas, et avant la poule !!! Ce sont des cr&#233;ations spontan&#233;es sans cr&#233;ationnisme, sans grand myst&#232;re, sans besoin d'un cr&#233;ateur, sans &#171; paradoxe de la poule et de l'oeuf &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe de la poule et de l'oeuf concerne en fait non l'&#233;volution d'une poule ou d'un &#234;tre vivant mais l'&#233;volution des esp&#232;ces.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question pose le probl&#232;me de l'origine de la poule aussi bien que celle de l'&#339;uf de poule. Or, si toutes les poules pondent des &#339;ufs, comment ont-elles fait pour avoir des anc&#234;tres, avant les dinosaures bien entendu, qui n'en pondaient pas ? En fait, le changement global, voil&#224; le probl&#232;me. Comment des animaux vert&#233;br&#233;s peuvent-ils avoir une origine dans des anc&#234;tres invert&#233;br&#233;s ? La r&#233;ponse n'est certainement pas en disant qu'on trouve la r&#233;ponse dans l'embryon de vert&#233;br&#233; ou dans le vert&#233;br&#233; adulte ! On ne peut pas opposer les deux. Le changement n'est pas du type &#171; il &#233;tait une fois un anc&#234;tre qui n'a pas fait comme ses parents &#187; ni un &#339;uf qui n'a pas suivi ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition &#233;tablie formellement entre les expressions &#171; &#339;uf de poule &#187; et &#171; poule &#187; n'est pas conforme &#224; la r&#233;alit&#233; car la poule va l'&#234;tre au sein de l'&#339;uf. C'est encore prot&#233;g&#233;e par la coquille que la poule ou poulet va se d&#233;velopper, former ses membres, son cerveau, ses organes et devenir anomal complet. La poule est d&#233;j&#224; poule dans l'&#339;uf. Donc parler de premier de l'&#339;uf ou de la poule, c'est une opposition diam&#233;trale qui n'a pas lieu d'&#234;tre et qui nie l'histoire. Il y a toute une &#233;volution de la poule au sein de l'&#339;uf &#224; laquelle succ&#233;dera toute une &#233;volution de la poule &#224; l'ext&#233;rieur. Dans ces deux &#233;volutions, il y aura maintes transformations et donc il n'y a pas un seul &#233;tat qui s'appellerait &#171; &#339;uf &#187; auquel succ&#232;derait un seul &#233;tat qui s'appellerait &#171; poule &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, le paradoxe de l'&#339;uf de la poule, opposant deux &#226;ges du m&#234;me individu comme dans toute relation parent-enfant, appara&#238;t m&#234;me bien avant la contradiction entre ces deux &#226;ges successifs. Il appara&#238;t ainsi une relation parent-enfant d&#232;s la division cellulaire. Il appara&#238;t aussi des diff&#233;renciations entre cellules-m&#232;res et cellules filles sp&#233;cialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame se complique et s'aggrave d&#232;s qu'on va au-del&#224; des esp&#232;ces et qu'on passe &#224; la g&#233;n&#233;tique. On trouve que, dans le fonctionnement g&#233;n&#233;tique, l'ARN et les prot&#233;ines peuvent agir et se former sans l'ADN qui semble second. L'ADN pourrait &#234;tre apparu apr&#232;s les deux autres et &#234;tre produit par eux, ce qui est biologiquement possible. Cependant, quel est le premier, en effet, de l'ARN et des prot&#233;ines ? Pour se former et agir, les prot&#233;ines ont besoin de l'ARN et l'ARN besoin des prot&#233;ines. L&#224; encore, le m&#234;me emm&#234;lement inextricable des causes et des effets ! Quel est le premier est encore une question sans solution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#171; paradoxes de l'&#339;uf et de la poule &#187; les plus difficiles &#224; r&#233;soudre, il y a celui de la naissance du Vivant. Parmi &#171; les premiers &#187; qui ont initi&#233; la vie sur Terre, on compte bien entendu les macromol&#233;cules de la &#171; soupe primitive &#187; parmi les hypoth&#232;ses mais on ne peut pas ordonner leur apparition, mais qu'est-ce qui vient ensuite ? La r&#233;ponse n'est pas encore connue ! On a pens&#233; comme premier &#224; la cellule, &#224; l'enzyme, aux prot&#233;ines, aux g&#232;nes, &#224; l'ARN&#8230; Si l'ARN &#233;tait la mol&#233;cule d'origine, il aurait d&#251; se copier sans l'aide d'enzyme ni de mod&#232;le. Les cellules ne fabriquent des ARN qu'&#224; l'aide d'enzyme. Il est certes plus facile &#224; la soupe primitive de synth&#233;tiser des acides amin&#233;s (&#233;l&#233;ments de base des enzymes) que des nucl&#233;otides (&#233;l&#233;ments de base des ARN et ADN), ce qui rendrait plausible l'apparition des prot&#233;ines avant les ARN, mais cela supposerait que l'ARN ait &#233;t&#233; une maladie parasitaire, un produit accidentel du m&#233;tabolisme de l'ATP, hypoth&#232;se de Freeman Dyson. Manfred Eigen, lui, en tient pour les g&#232;nes d'abord. Leslie Orgel en tient pour les ARN d'abord. Mais comment se serait-il form&#233; sans mod&#232;le, nul ne le sait. On voit ainsi, avec ce petit tour des hypoth&#232;ses possibles, que le paradoxe a encore de beaux jours devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera que la nature non vivante n'est pas indemne. La mati&#232;re a besoin de lumi&#232;re pour exister, ne serait-ce que pour relationner. En effet, les interactions mati&#232;re-mati&#232;re passent in&#233;vitablement par la lumi&#232;re. Les physiciens diraient plus exactement que ces interactions entre fermions (mati&#232;re) n&#233;cessitent des bosons d'interaction (lumi&#232;re). Dans la formation de l'Univers, pouvez-vous concevoir quel est le premier de la mati&#232;re ou de la lumi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, en ce qui concerne mati&#232;re et lumi&#232;re, on a fini par d&#233;couvrir que les deux avaient une origine commune qui &#233;tait la mati&#232;re-lumi&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re, &#224; savoir les particules et antiparticules &#224; courte dur&#233;e de vie du vide quantique. Bien ! Une origine commune peut &#234;tre une r&#233;ponse, m&#234;me si, dans ce cas, cette origine est double puisqu'il s'agit des particules dites virtuelles et des antiparticules virtuelles. Quel est le premier des particules et des antiparticules, demanderez-vous sans doute et on en restera &#224; la m&#234;me contradiction qu'au d&#233;part !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, rassurez-vous, on a la r&#233;ponse : le virtuel &#233;ph&#233;m&#232;re du vide quantique, particules et antiparticules qui forme aussi bien la mati&#232;re que la lumi&#232;re, a une origine, le virtuel de virtuel. Et inqui&#233;tez-vous quand m&#234;me car le virtuel de virtuel a la m&#234;me origine double en particules et antiparticules de virtuel de virtuel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne prouve donc que l'on trouve une rupture dans le fonctionnement naturel contradictoire en descendant les &#233;chelles de la r&#233;alit&#233;, pas plus qu'en les remontant&#8230; Le type de fonctionnement, dialectiquement contradictoire, n'en est pas modifi&#233;. On trouve toujours des r&#233;alit&#233;s doubles, contradictoires mais unifi&#233;es, oppos&#233;es mais interp&#233;n&#233;tr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; l'&#339;uf et &#224; la poule. Ils ont une m&#234;me origine qu'est le dinosaure. Les oiseaux ont en effet eu comme anc&#234;tre les dinosaures, mais ils ont eu non seulement un anc&#234;tre dinosaure mais une naissance dans un &#339;uf issu des dinosaures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela est-il possible ? Pour le comprendre, revenons &#224; l'&#233;volution des esp&#232;ces. Le bon sens commun r&#233;p&#232;te &#224; l'envi que &#171; les chiens ne naissent pas de chats &#187;. Pourtant, les chiens et les chats ont un m&#234;me anc&#234;tre commun ! Si on examine cette bifurcation de l'&#233;volution du vivant, il faut concevoir un m&#234;me anc&#234;tre qui a pu donner naissance au chien et au chat et cela ne peut entrer dans notre cervelle, trop &#233;triqu&#233;e pour concevoir de telles horreurs de la pens&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, nous avons du mal &#224; admettre que l'abrisseau a besoin de l'arbre pour na&#238;tre et que l'arbre ne peut se d&#233;velopper bien entendu qu'&#224; partir d'un arbrisseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui sont habitu&#233;s &#224; ce que &#171; les effets suivent les causes &#187; sont g&#234;n&#233;s. Ceux qui pensent que les contraires se contentent de s'opposer, se combattre ou se d&#233;truire le sont tout autant. Ceux qui pensent que l'actuel produit l'actuel de mani&#232;re lin&#233;aire, continue, progressive, ob&#233;issant &#224; une logique formelle ne peuvent que trouver que l'on arrive l&#224; &#224; une &#233;nigme insoluble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs tout ce qui concerne l'&#233;volution des esp&#232;ces comme les lois de la mati&#232;re-lumi&#232;re ne peut que leur para&#238;tre une &#233;nigme qui n'aura jamais de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment voulez-vous concilier le fait qu'on analyse l'univers en mati&#232;re, d'un c&#244;t&#233;, et lumi&#232;re, de l'autre, (on peut aussi dire mati&#232;re et &#233;nergie, si l'on pr&#233;f&#232;re), avec des lois diff&#233;rentes (loi des fermions et loi des bosons) pour finir par expliquer que la lumi&#232;re peut se changer en mati&#232;re et la mati&#232;re se changer en lumi&#232;re !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment voulez-vous, en ce qui concerne l'&#233;volution des esp&#232;ces, affirmer que les esp&#232;ces ne sont pas interf&#233;condes pour expliquer ensuite que les changements biologiques, qui sont al&#233;atoires, ont produit un individu ayant une g&#233;n&#233;tique diff&#233;rente qui a pu se croiser avec un autre individu de l'ancienne esp&#232;ce. Et si cela n'est pas arriv&#233;, il faut alors admettre qu'en m&#234;me temps plusieurs individus ont eu, par un hasard inconcevable, la m&#234;me &#233;volution du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique al&#233;atoire et ont pu ensuite se rencontrer pour avoir une descendance !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, il est difficile de concilier les oppos&#233;s diam&#233;traux quand on a en t&#234;te une logique dans laquelle les oppos&#233;s ne peuvent coexister, ne peuvent collaborer pour fonder une r&#233;alit&#233; nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'esp&#232;ce nouvelle &#233;tait, d&#232;s le d&#233;part, incompatible avec l'esp&#232;ce ancienne, ne peut pas se croiser avec elle, alors aucune &#233;volution des esp&#232;ces ne serait possible. A moins d'en revenir &#224; la cr&#233;ation divine d'esp&#232;ce, cr&#233;&#233;es les unes apr&#232;s les autres, s&#233;par&#233;ment, ce que nos observations des fossiles comme des esp&#232;ces actuelles d&#233;mentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on constate que des mol&#233;cules du vivant d'une esp&#232;ce peuvent agir sur d'autres esp&#232;ces tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on constate que la g&#233;n&#233;tique d'une esp&#232;ce contient en potentialit&#233; bien d'autres esp&#232;ces qui pourraient appara&#238;tre si d'autres prot&#233;ines mettaient autrement en activit&#233; la mol&#233;cule d'ADN des cellules vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous consid&#233;rons bien s&#251;r que les parents et l'enfant sont des &#234;tres s&#233;par&#233;s, mais la vie ne les voit pas ainsi. Nous consid&#233;rons de la m&#234;me mani&#232;re que la lumi&#232;re et la mati&#232;re sont des choses s&#233;par&#233;es. Pourtant la mati&#232;re &#233;met de la lumi&#232;re et la mati&#232;re absorbe de la mati&#232;re, ce qui suppose que la mati&#232;re tire la lumi&#232;re de son sein et la rentre aussi dans son sein, et tout cela sans que l'on voit ni d'o&#249; elle l'a tir&#233;, ni o&#249; il a &#233;t&#233; se cacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la vision des objets s&#233;par&#233;s qui nous enseigne de fausses images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'enfant devient &#171; un individu &#187; ind&#233;pendant de ses parents, mais en termes g&#233;n&#233;tiques en est-il ainsi. N'avons-nous pas plut&#244;t toute une population d'une esp&#232;ce qui engendre des enfants et maintient ainsi son espoir d'avenir ? Peut-on parler en effet d'esp&#232;ce si on parle seulement de deux individus, un p&#232;re et une m&#232;re ? Non, c'est toute une population assez nombreuse pour laquelle la notion d'appartenance ou pas &#224; une esp&#232;ce a un sens. Et l'&#233;volution d'une esp&#232;ce n'est pas une &#233;volution d'un individu ou d'un trop petit nombre d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, me direz-vous, si on parle d'un atome qui &#233;met un photon de lumi&#232;re, o&#249; voyez-vous ces populations ? Eh bien, il faut pourtant les concevoir et ne pas imaginer ni l'atome, ni la particule, ni le photon de lumi&#232;re comme des objets individuels mais comme des &#233;manations de ph&#233;nom&#232;nes collectifs. En effet, ce sont les agitations et les structurations du vide quantiques, les fameuses particules et antiparticules virtuelles, qui s'agitent, relationnent, apparaissent et disparaissent autour des particules dites r&#233;elles de mati&#232;re et lumi&#232;re, pour concevoir les lois de celles-ci. Sans toute cette agitation, il n'y aurait pas de lois de la mati&#232;re &#224; notre &#233;chelle, celle o&#249; nous avons l'illusion de l'existence individuelle et s&#233;par&#233;e des corpuscules de la mati&#232;re et de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particule, le noyau ou l'atome de mati&#232;re, pas plus que le corpuscule de lumi&#232;re ne doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &#234;tres &#224; part, ayant une existence individuelle ind&#233;pendante du fond, le vide quantique qui les fonde en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus d'une esp&#232;ce vivante ou les mol&#233;cules du vivant ne peuvent pas davantage &#234;tre consid&#233;r&#233;s s&#233;par&#233;ment, individuellement, sous peine que leur &#233;volution devienne absolument incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les esp&#232;ces font-elles pour d&#233;velopper, &#224; partir d'un m&#234;me groupe d'une seule esp&#232;ce, plusieurs &#233;volutions g&#233;n&#233;tiquement diff&#233;rentes finissant par devenir incompatibles pour produire ensemble des descendants, ayant ainsi cess&#233; d'&#234;tre interf&#233;conds ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il suffit qu'un groupe d'une seule esp&#232;ce se scinde et vive s&#233;par&#233;ment, quelle qu'en soit la raison, qu'elle soit g&#233;ographique, sexuelle ou autre. Dans le vivant, tous les groupes ayant la m&#234;me origine mais qui cessent de se croiser vont diverger. La diversit&#233; existe dans le vivant autant que la conformit&#233;. Les individus d'une m&#234;me esp&#232;ce ont certes une tendance naturelle &#224; produire des individus de la m&#234;me esp&#232;ce. Mais ils ont en m&#234;me temps, et de mani&#232;re contradictoire dialectiquement, une tendance naturelle &#224; produire des changements qui les &#233;loignent. Ces changements sont att&#233;nu&#233;s par les croisements et accrus par l'&#233;loignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une esp&#232;ce n'est pas un &#233;tat de stagnation. C'est au contraire, une r&#233;alit&#233; dynamique sans cesse en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de faire en sorte que cette esp&#232;ce soit divis&#233;e de mani&#232;re durable pour que les potentialit&#233;s qu'elle porte s'expriment de plusieurs mani&#232;res diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a dit, la loi universelle, de la mati&#232;re inerte comme de la mati&#232;re vivante, n'est pas une relation lin&#233;aire, de cause &#224; effet, continue et progressive, entre des &#233;tats actuels, mais une relation contradictoire, r&#233;volutionnaire, entre des s&#233;ries de potentialit&#233;s d'hier et de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADN d'une esp&#232;ce a bien d'autres potentialit&#233;s que de produire l'esp&#232;ce qu'il produit actuellement. Et, dans un autre contexte, ces potentialit&#233;s, qui sont pour le moment inhib&#233;es au sein de l'ADN, peuvent parfaitement s'exprimer, menant &#224; un changement irr&#233;versible d'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout cela, depuis l'atome et la lumi&#232;re et jusqu'aux &#234;tres vivants, en passant par la g&#233;n&#233;tique, on n'a fait, sans le dire, que discuter de la nature des interactions contradictoires entre ordre et d&#233;sordre. Ainsi, apparemment, la conservation de l'ADN dans les cellules d'un individu appartenant &#224; une esp&#232;ce vivante peut nous sembler de l'ordre, un oppos&#233; diam&#233;tral au d&#233;sordre que serait le changement d'esp&#232;ce. Et c'est cela qui est archifaux ! La conservation de l'ADN est un processus qui n&#233;cessite &#224; la fois ordre et d&#233;sordre au m&#234;me titre que la mati&#232;re apparemment la plus ordonn&#233;e du cristal n&#233;cessite l'agitation qui am&#232;ne l'atome &#224; occuper une place vide au sein de la structure cristalline pour la compl&#233;ter et donner au cristal sa perfection ordonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression des g&#232;nes est un ph&#233;nom&#232;ne aussi al&#233;atoire que tous les autres processus du vivant, par exemple ceux &#224; l'int&#233;rieur de la cellule, ceux en contact avec l'ADN. Rien, &#224; aucune &#233;chelle, dans aucun domaine de la nature, n'est pilot&#233; par le seul ordre ni le seul d&#233;sordre. Chaque ordre est produit par un d&#233;sordre et inversement et nul ne peut pr&#233;tendre qu' &#171; au d&#233;part &#187;, il y ait l'ordre ou qu'il y ait le d&#233;sordre ! Les deux ne sont jamais compl&#232;tement s&#233;par&#233;s, mais, au contraire, sans cesse imbriqu&#233;s, autant que le sont la variation et la reproduction &#224; l'identique dans le vivant, ou encore autant que sont imbriqu&#233;s et ins&#233;parables la r&#233;alit&#233; corpusculaire et ondulatoire. Chercher l'origine dans un seul des deux &#233;l&#233;ments indispensables de la contradiction, c'est chercher &#224; s&#233;parer la t&#234;te et le corps d'un &#234;tre humain. On ne peut que tuer l'homme comme on tue la dynamique du r&#233;el, en s&#233;parant, par la fausse pens&#233;e, les deux &#233;l&#233;ments contradictoires n&#233;cessairement coupl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que l'individu reproduit l'ADN en conservant sa structure, mais il faudrait dire aussi que, pour la conserver, il doit la reproduire et qu'en la re-produisant, il augmente les risques et les moyens de la transformer. C'est que, dialectiquement, la conservation produit la transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez surtout pas que tout cela ne soit que des petits jeux de logique amusante, et que le paradoxe de l'&#339;uf et de la poule ne soit qu'un vulgaire syllogisme. Non ! Cette contradiction n'est pas un produit du discours mais un produit du type de lois que g&#233;n&#232;re sans cesse la r&#233;alit&#233; du monde et qu'il est indispensable d'int&#233;grer pour pr&#233;tendre comprendre le fonctionnement r&#233;el du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce et &#233;volution, conservation et transformation g&#233;n&#233;tiques, sont des &#233;l&#233;ments aussi contradictoires et ins&#233;parables que bosons et fermions, mati&#232;re et lumi&#232;re, mati&#232;re-lumi&#232;re et vide, durable et &#233;ph&#233;m&#232;re, ou corpuscule et onde, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'atome ou la particule durable ne se conservent que gr&#226;ce &#224; des transformations, qu'en changeant sans cesse. Ainsi, pour se conserver, l'atome doit &#233;mettre de la lumi&#232;re et donc changer. La particule, pour conserver ses propri&#233;t&#233;s, doit les transmettre &#224; une autre particule, qui &#233;tait virtuelle et devient ainsi r&#233;elle. Pour se conserver, l'esp&#232;ce doit changer, tout comme l'individu. La g&#233;n&#233;tique ne diff&#232;re pas des autres fonctionnements : la conservation y n&#233;cessite le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution darwinienne n'est rien d'autre qu'une dialectique de la diversification et l'antidiversification qu'est la s&#233;lection, des contraires de la vie et de mort, de l'innovation et de la lutte contre l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233; s'impose, &#224; tous les niveaux et dans tous les domaines, aux relations entre l'ordre et le d&#233;sordre. Quiconque se risque &#224; expliquer le monde par le seul ordre ou le seul d&#233;sordre, ou par les deux mais s&#233;par&#233;s et sans relation permanente entre eux, ne peut que consid&#233;rer le fonctionnement universel comme un myst&#232;re sans fin, du m&#234;me type que celui de l'&#339;uf et de la poule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait &#171; un premier &#187; de l'&#339;uf ou de la poule, la vie aurait eu, f&#251;t-ce qu'un peu, un cr&#233;ateur, et elle n'en a pas et n'en a pas besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que la Terre tourne autour du Soleil, il est &#233;galement vrai que l'observateur terrestre voit le Soleil tourner autour de la Terre et qu'aucune des deux visions n'est en soi fausse, ni en soi vraie. Il existe un mouvement d'ensemble qui est relatif. Quand on veut arr&#234;ter le mouvement du Soleil ou celui de la Terre, f&#251;t-ce pour raisonner, f&#251;t-ce par la pens&#233;e, on n'approche pas de l'explication de la r&#233;alit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus ne peut-on dire si ce sont les g&#232;nes qui produisent l'esp&#232;ce ou l'esp&#232;ce qui produit les g&#232;nes, parce que cette s&#233;paration est arbitraire et n'&#233;claire pas le fonctionnement du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que la logique formelle ne peut pas appr&#233;hender le r&#233;el, pas plus la mati&#232;re inerte que la mati&#232;re vivante, que cela signifie qu'il faudrait se livrer aux antisciences, aux mystiques, aux cr&#233;ationnismes et autres balivernes. Il n'y a pas une cr&#233;ation d'une esp&#232;ce, pas plus qu'il n'y a une cr&#233;ation de la mati&#232;re, ni une cr&#233;ation de la lumi&#232;re. Tout cela se cr&#233;e sans cesse et pas une fois pour toutes. Et cela n'est pas un myst&#232;re mais une difficult&#233; pour l'entendement humain parce que nos raisonnements ont du mal &#224; sortir d'une logique formelle qui ne correspond pas &#224; la logique dialectique du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur fondamentale de la pens&#233;e, c'est de vouloir que des cat&#233;gories fig&#233;es, non contradictoires dialectiquement donc non dynamiques puissent d&#233;crire des ph&#233;nom&#232;nes fondamentalement dynamiques et contradictoires dialectiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui veulent absolument r&#233;pondre que l'&#339;uf est ant&#233;c&#233;dent de la poule ne se contentent pas seulement des apparences, ils se contentent d'une partie de la dynamique, qui ne peut exister sans l'autre partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poule est issue de l'&#233;volution mais ce n'est pas une cat&#233;gorie &#171; poule &#187; fig&#233;e qui est issue d'une autre cat&#233;gorie fig&#233;e, f&#251;t-elle un oiseau ou un dinosaure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais il ne serait possible de sortir d'une esp&#232;ce qui correspondrait &#224; une cat&#233;gorie fig&#233;e, qu'elle en sorte au stade &#339;uf ou poule. De toutes les mani&#232;res, la poule est d&#233;j&#224; potentiellement dans l'&#339;uf et l'&#339;uf est d&#233;j&#224; potentiellement dans la poule. La procr&#233;ation ne pourrait pas se produire si l'enfant n'&#233;tait pas une potentialit&#233; de l'&#234;tre vivant. Du coup, la s&#233;paration entre &#339;uf de poule et poule future &#224; l'&#233;tat d'&#339;uf est la cr&#233;ation d'une s&#233;paration infranchissable l&#224; on sait d&#233;j&#224; que la r&#233;alit&#233; franchit la s&#233;paration. C'est celui qui &#233;tablit, en pens&#233;e, la barri&#232;re infranchissable l&#224; o&#249; la r&#233;alit&#233; ne la pr&#233;sente pas, qui a tort et d&#233;fend un point de vue purement m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc le premier de l'&#339;uf de poule ou de la poule ? Ni l'un ni l'autre, c'est l'anc&#234;tre de la poule (ce qui comprend aussi son embryon ou son &#339;uf). C'est le d&#233;roulement contradictoire de l'Histoire, avec ses changements permanents compos&#233;s de lutte permanente contre le changement, qui produit les deux, l'&#339;uf de poule et la poule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf et la poule ne sont pas l'origine et le point d'arriv&#233;e, ni le moyen et le but, ni le d&#233;but et la fin. Il n'y a pas de but, pas de d&#233;but et pas de fin. Toutes les visions cosmogoniques du monde d&#233;veloppent des m&#233;taphysiques trompeuses, qu'elles soient ou pas cr&#233;ationnistes ou mystiques, et qui ne servent nullement &#224; permettre &#224; l'homme de comprendre le monde mais &#224; l'enfermer dans des prisons id&#233;ologiques comme r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, toute pens&#233;e qui isole le corps et l'esprit de l'homme, avant de pr&#233;tendre les remettre en connexion, ne peut que nous &#233;loigner du fonctionnement r&#233;el de l'ensemble que repr&#233;sentent le corps et l'esprit construit en m&#234;me temps et non s&#233;par&#233;ment. Il est aussi faux de faire de l'esprit le but et du corps le moyen que de faire de la poule le but et de l'&#339;uf le moyen. On ne peut pas couper ainsi l'histoire en attribuer au d&#233;but du morceau cr&#233;&#233; artificiellement un r&#244;le d'origine et &#224; sa fin un r&#244;le de finalit&#233;. La fin n'est qu'un d&#233;but d'autre chose et son d&#233;but n'est que la fin d'un autre d&#233;veloppement. Aucun d&#233;veloppement historique n'existe s&#233;par&#233;ment et ne peut &#234;tre expliqu&#233; s&#233;par&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui d&#233;coupe par la pens&#233;e la dynamique peut pr&#233;tendre la reconstituer ensuite toujours par la pens&#233;e, mais le monde ne fonctionne pas ainsi. Une telle pens&#233;e ne peut pas nous &#233;clairer sur le mode r&#233;el de fonctionnement universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf f&#233;cond&#233; n'est rien d'autre qu'une cellule vivante et l'individu form&#233; n'est rien d'autre que des cellules vivantes s'organisant collectivement, c'est-&#224;-dire que les deux n'ont pas un sens qu'il faille opposer diam&#233;tralement ou penser s&#233;par&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e de la logique formelle, la pens&#233;e du bon sens, la pens&#233;e des opposition diam&#233;trales, la pens&#233;e du tiers exclus, la pens&#233;e du &#171; oui ou non &#187;, la pens&#233;e de la cause et de l'effet s&#233;par&#233;s et se succ&#233;dant, tout cela m&#232;ne &#224; tous les faux raisonnements qui emp&#234;chent aussi bien de comprendre l'esp&#232;ce que celle qui va lui succ&#233;der et comment cela est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concluons avec Diderot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si la question de la priorit&#233; de l'&#339;uf sur la poule ou de la poule sur l'&#339;uf vous embarrasse, c'est que vous supposez que les animaux ont &#233;t&#233; originairement ce qu'ils sont &#224; pr&#233;sent. Quelle folie ! On ne sait non plus ce qu&#180;ils ont &#233;t&#233; qu&#180;on ne sait ce qu&#180;ils deviendront. Le vermisseau imperceptible qui s&#180;agite dans la fange, s&#180;achemine peut-&#234;tre &#224; l&#180;&#233;tat de grand animal ; l&#180;animal &#233;norme, qui nous &#233;pouvante par sa grandeur, s&#180;achemine peut-&#234;tre &#224; l&#180;&#233;tat de vermisseau, est peut-&#234;tre une production particuli&#232;re et momentan&#233;e de cette plan&#232;te. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Diderot dans &#171; Entretien entre M. d&#180;Alembert et M. Diderot &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque fois que la nature produit des couples de contraires dialectiques, la pens&#233;e dichotomique les oppose diam&#233;tralement et cherche lequel des &#233;l&#233;ments de ce couple serait le premier. Mais, en termes d'&#233;volution des esp&#232;ces, la question est aussi absurde que dans d'autres questions. C'est comme si on demandait qui est le premier de l'homme ou de la femme. C'est ce que faisait l'Ancien Testament en pr&#233;tendant que c'&#233;tait l'homme qui &#233;tait le premier et qu'on avait fabriqu&#233; la femme avec une c&#244;te de l'homme. En termes d'&#233;volution des esp&#232;ces, comment comprendre qu'une nouvelle esp&#232;ce apparaisse par un m&#226;le (ou par une femelle), les autres &#233;taient de l'ancienne esp&#232;ce, et les esp&#232;ces diff&#233;rents n'&#233;tant pas cens&#233;es &#234;tre interf&#233;condes ! La r&#233;ponse est que les esp&#232;ces n'apparaissent pas ainsi sur des traits individuels mais sur des populations restreintes coup&#233;es du reste de l'ancienne population et qui se f&#233;condent depuis un certain temps seulement entre eux et ont donc diverg&#233; g&#233;n&#233;tiquement. Du coup, m&#226;les et femelles sont premiers en m&#234;me temps ! Il en va de m&#234;me bien entendu de l'&#339;uf de poule et de la poule qui n'ont pu qu'appara&#238;tre en m&#234;me temps, issus tous deux de leurs anc&#234;tres : &#339;uf de dinosaure et dinosaure !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4421&#034;&gt;L'intelligence dialectique du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4321&#034;&gt;Le changement d'esp&#232;ces est radical, discontinu et r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4437&#034;&gt;Evolution des esp&#232;ces et contradictions dialectiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3473&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'esp&#232;ce vivante, une cat&#233;gorie dialectiquement contradictoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2975&#034;&gt;Il y a deux sortes&#8230;. Ou la philosophie de la dichotomie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
