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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La conception mat&#233;rialiste de l'histoire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Marxisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mat&#233;rialisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque l'historien, j'entends un de ceux qui ne se sont pas priv&#233;s du don de g&#233;n&#233;ralisation, embrasse par la pens&#233;e le pass&#233; et le pr&#233;sent du genre humain, il voit se d&#233;rouler un spectacle grandiose et merveilleux. En effet, vous savez sans doute que la science moderne suppose que l'homme existe sur notre globe depuis l'ancien quaternaire, c'est-&#224;-dire depuis au moins 200.000 ans. Mais si nous faisons abstraction de ces calculs toujours hypoth&#233;tiques, si nous admettons, comme on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot319" rel="tag"&gt;Mat&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'historien, j'entends un de ceux qui ne se sont pas priv&#233;s du don de g&#233;n&#233;ralisation, embrasse par la pens&#233;e le pass&#233; et le pr&#233;sent du genre humain, il voit se d&#233;rouler un spectacle grandiose et merveilleux. En effet, vous savez sans doute que la science moderne suppose que l'homme existe sur notre globe depuis l'ancien quaternaire, c'est-&#224;-dire depuis au moins 200.000 ans. Mais si nous faisons abstraction de ces calculs toujours hypoth&#233;tiques, si nous admettons, comme on admettait dans le bon vieux temps, que l'homme a paru sur terre environ 4.000 ans avant l'&#232;re chr&#233;tienne, nous avons quelque chose comme 200 g&#233;n&#233;rations qui sont venues l'une apr&#232;s l'autre pour dispara&#238;tre comme disparaissent les feuilles dans la for&#234;t &#224; l'approche de l'automne. Chacune de ces g&#233;n&#233;rations, que dis-je, presque chaque individu faisant partie de chaque g&#233;n&#233;ration a poursuivi ses propres buts, chacun a lutt&#233; pour sa propre existence ou pour l'existence de ses proches et pourtant il y a eu un mouvement d'ensemble, il y a ce que nous appelons l'histoire du genre humain, nous rappelons &#224; notre m&#233;moire l'&#233;tat de nos anc&#234;tres, si nous nous repr&#233;sentons, par exemple, la vie des hommes de cette race qui peuplait les habitations dites lacustres, et si nous comparons cette vie a celle des Suisses de nos jours, nous apercevons une &#233;norme diff&#233;rence. La distance qui s&#233;pare l'homme de ses parents plus ou moins anthropomorphes s'est agrandie, le pouvoir de l'homme sur la nature s'est augment&#233;. Il est donc tr&#232;s naturel, je dirai plus, il est in&#233;&#173;vitable de se demander quelles ont &#233;t&#233; les causes de ce mouvement et de ce progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question, la grande question des causes du mouvement historique et du progr&#232;s du genre humain est celle qui constitue l'objet de ce qu'on appelait autrefois la philosophie de l'histoire et qu'on fe&#173;rait, me semble-t-il, mieux de d&#233;signer du nom de conception de l'histoire, c'est-&#224;-dire de l'histoire consid&#233;r&#233;e comme science, ne se contentant pas d'ap&#173;prendre comment les choses se sont pass&#233;es, mais, voulant savoir pourquoi elles se sont pass&#233;es d'une telle mani&#232;re et non pas d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toute chose, la philosophie de l'histoire a eu son histoire &#224; elle, je veux dire qu'&#224; diff&#233;&#173;rentes &#233;poques les hommes qui s'occupaient de la question du pourquoi du mouvement historique ont r&#233;pondu d'une fa&#231;on diff&#233;rente &#224; cette grande question. Chaque &#233;poque avait sa philosophie de l'histoire &#224; elle. Vous m'objecterez peut-&#234;tre que souvent &#224; une m&#234;me &#233;poque historique il n'y avait pas seulement une mais plusieurs &#233;coles de philosophie de l'histoire. J'en tombe d'accord, mais je vous prie de consid&#233;rer que les diff&#233;rentes &#233;coles philosophiques propres &#224; une p&#233;riode donn&#233;e de l'histoire ont toujours entre elles quelque chose de commun qui permet de les envisager comme diff&#233;rentes esp&#232;ces d'un m&#234;me genre, il y a naturellement aussi des survivances. Nous pouvons donc dire, pour simplifier le probl&#232;me, que chaque p&#233;riode historique a sa propre philosophie de l'his&#173;toire. Nous allons en &#233;tudier quelques-unes unes. Je commence par la philosophie ou conception th&#233;ologique de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conception th&#233;ologique de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l&#224; philosophie ou conception th&#233;ologique de l'histoire ? Cette conception est la plus primitive, elle est intimement li&#233;e aux premiers efforts faits par la pens&#233;e humaine pour se rendre compte du monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la conception la plus simple que l'homme puisse se faire de la nature, c'est d'y voir non pas des ph&#233;nom&#232;nes d&#233;pendant les uns des autres et contr&#244;l&#233;s par des lois invariables, mais des &#233;v&#233;nements produits par l'action d'une ou de plusieurs volont&#233;s semblable &#224; la sienne. Le philosophe fran&#231;ais Guyau dit dans un de ses livres, qu'un enfant en sa pr&#233;sence traitait la lune de m&#233;chante parce qu'elle ne voulait pas se montrer, cet enfant consid&#233;rait la lune comme un &#234;tre anim&#233;, et, comme cet enfant, l'homme primitif anime toute la nature. L'animisme, la premi&#232;re phase du d&#233;veloppement de la pens&#233;e religieuse, et le premier pas de la science, c'est l'explication animiste des &#233;v&#233;nements de la nature et de les concevoir comme des ph&#233;nom&#232;nes soumis &#224; des lois. Tandis qu'un enfant croit que la lune ne se montre pas parce qu'elle est m&#233;chante, un as&#173;tronome nous explique l'ensemble des conditions natu&#173;relles qui, &#224; un moment donn&#233;, nous permettent ou nous emp&#234;chent de voir tel ou tel astre. Or, tandis que dans l'explication de la nature, les progr&#232;s de la science ont &#233;t&#233; relativement rapides, la science de la soci&#233;t&#233; humaine et de son histoire n'avan&#231;ait qu'avec beaucoup plus de lenteur. On admettait, l'ex&#173;plication animiste des &#233;v&#233;nements historiques &#224; des &#233;poques o&#249; l'on se moquait d&#233;j&#224; de l'explication ani&#173;miste des ph&#233;nom&#232;nes de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des soci&#233;t&#233;s souvent tr&#232;s civilis&#233;es, on trouvait tout &#224; fait permis d'expliquer le mouvement historique de l'humanit&#233; comme la manifestation de la volont&#233; d'une ou de plusieurs divinit&#233;s. Cette expli&#173;cation de l'histoire par l'action de la divinit&#233; constitue ce que nous appelons la conception th&#233;olo&#173;gique de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous donner deux exemples de cette concep&#173;tion, je vais caract&#233;riser ici la philosophie histo&#173;rique de deux hommes c&#233;l&#232;bres : Saint Augustin, &#233;v&#234;&#173;que d'Hippone et Bossuet, &#233;v&#234;&#173;que de Meaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Augustin envisage les &#233;v&#233;nements histori&#173;ques comme soumis &#224; la Providence divine et, qui plus est, il est persuad&#233; qu'on ne peut les envisager au&#173;trement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Consid&#233;rez ce Dieu souverain et v&#233;ritable, dit-il, ce Dieu unique et tout-puissant, auteur et cr&#233;a&#173;teur de toutes les &#226;mes et de tous les corps... qui a fait de l'homme un animal raisonnable compos&#233; de corps et d'&#226;me, ce Dieu, principe de toute r&#232;gle, de toute beaut&#233;, de tout ordre qui donne &#224; tout le nom&#173;bre, le poids et la mesure, de qui d&#233;rive toute pro&#173;duction naturelle, quels qu'en soient le genre et le prix, je demande s'il est croyable que ce Dieu ait souffert que les empires de la terre, leur domination et leur servitude restassent &#233;trangers aux lois de, la Providence&#034; (Cit&#233; de Dieu, traduction Emile Saisset, livre V, chap. XI, pp. 292-293).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue g&#233;n&#233;ral, Saint Augustin ne le quitte dans aucune de ses explications historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il d'expliquer la grandeur des Romains, l' &#233;v&#234;&#173;que d'Hippone nous raconte avec beaucoup de d&#233;&#173;tails comme quoi elle entrait dans les vues de la Di&#173;vinit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Apr&#232;s que les royaumes d'Orient eurent brill&#233; sur la terre pendant une longue suite d'ann&#233;es, Dieu voulut que l'empire d'Occident, qui &#233;tait le dernier dans l'ordre des temps, devint le premier de tous par sa grandeur et son &#233;tendue, et comme il avait &#224; des&#173;sein de se servir de cet empire pour ch&#226;tier un grand nombre de nations, il le confia &#224; des hommes passionn&#233;s pour la louange et l'honneur, qui mettaient la gloire dans celle de la patrie et &#233;taient toujours pr&#234;ts &#224; se sacrifier pour son salut, triomphant ainsi de leur cupidit&#233; et de tous les autres vices par ce vice unique : l'amour de la gloire. Car, il ne faut pas se le dissimuler, l'amour de la gloire est un vi&#173;ce... etc.&#034; (p. 301).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il d'expliquer la prosp&#233;rit&#233; du premier empereur chr&#233;tien Constantin, la volont&#233; divine l&#232;ve toute difficult&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Le bon Dieu, nous dit saint Augustin, voulant emp&#234;cher ceux qui l'adorent... de se persuader qu'il est impossible d'obtenir les royaumes et les gran&#173;deurs de la terre sans la faveur toute-puissante des d&#233;mons, a voulu favoriser l'empereur Constantin, qui, loin d'avoir recours aux fausses divinit&#233;s, n'adorait que la v&#233;ritable, et de le combler de plus de biens qu'un autre n'en e&#251;t seulement os&#233; souhaiter&#034; (t. I, pp. 328-329 ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il enfin de savoir pourquoi une guerre durait plus longtemps qu'une autre, saint Augustin nous dira que Dieu l'avait voulu ainsi : &#034;De m&#234;me qu'il d&#233;pend de Dieu d'affliger ou de consoler les hommes, selon les conseils de la justice et de sa mi&#173;s&#233;ricorde, c'est lui, aussi qui r&#232;gle les temps des guerres, qui les abr&#232;ge ou les prolonge &#224; son gr&#233; &#034; (p. 323, tome I).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous le voyez, saint Augustin reste toujours fi&#173;d&#232;le &#224; son principe fondamental. Malheureusement, il ne suffit pas d'&#234;tre fid&#232;le &#224; un principe donn&#233; pour trouver la Juste explication des ph&#233;nom&#232;nes. Il faut avant tout que le philosophe de l'histoire &#233;tudie soigneusement tous les faits qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et ac&#173;compagn&#233; le ph&#233;nom&#232;ne qu'il cherche &#224; expliquer. Le principe, fondamental ne peut et ne doit jamais servir que de fil conducteur dans l'analyse de la r&#233;alit&#233; historique. Or la th&#233;orie de saint Augustin est in&#173;suffisante sous les deux rapports indiqu&#233;s. Comme m&#233;&#173;thode d'analyse de la r&#233;alit&#233; historique, elle est nulle. Et quant &#224; son principe fondamental, je vous prie d'observer ceci. Saint Augustin parle de ce qu'il appelle les lois de la providence avec tant de conviction et avec tant de d&#233;tails, qu'on se demande, en le lisant, s'il n'a pas &#233;t&#233; le confident intime de son dieu. Et le m&#234;me auteur, avec la m&#234;me conviction, avec la m&#234;me fid&#233;lit&#233; &#224; son principe fondamental, et dans le m&#234;me ouvrage, nous dit que les voies du Sei&#173;gneur sont insondables. Mais s'il en est ainsi, pour&#173;quoi entreprendre la t&#226;che n&#233;cessairement ingrate et st&#233;rile de les sonder ? Et pourquoi nous indiquer ces insondables voies comme uns explication des &#233;v&#233;ne&#173;ments de la vie humaine ? La contradiction est palpa&#173;ble, et puisqu'elle est palpable, on a beau avoir la foi fervente et in&#233;branlable, on est forc&#233; de renon&#173;cer &#224; l'interpr&#233;tation th&#233;ologique de l'histoire si l'on tient tant soit peu &#224; la logique et si l'on ne veut pas pr&#233;tendre que l'insondable, c'est-&#224;-dire l'inexplicable, explique et fait comprendre toute chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons &#224; Bossuet. Comme Saint Augustin, Bossuet, dans sa conception de l'histoire, se place au point de vue th&#233;ologique. Il est persuad&#233; que les destin&#233;es historiques des peuples, ou, comme il s'ex&#173;prime, les r&#233;volutions des empires sont r&#233;gl&#233;es par la Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Ces empires dit-il dans son Discours sur l'his&#173;toire universelle, ont une liaison n&#233;cessaire avec l'histoire du peuple de Dieu. Dieu s'est servi des Assyriens et des Babyloniens pour ch&#226;tier ce peuple, des Perses, pour le r&#233;tablir, d'Alexandre et de ses premiers successeurs, pour le prot&#233;ger d'Antochius l'Illustre et de ses successeurs, pour l'exercer ; des Romains, pour soutenir sa libert&#233; contre les rois de Syrie, qui ne songeaient qu'&#224; la d&#233;truire. Les Juifs ont dur&#233; jusqu'&#224; J&#233;sus-Christ sous la puissance des m&#234;mes Romains. Quand ils l'ont m&#233;connu et cruci&#173;fi&#233;, ces m&#234;mes Romains ont pr&#234;t&#233; leurs mains sans y penser, &#224; la vengeance divine et ont extermin&#233; ce peuple ingrat&#034; (Discours, &#233;d. Garnier fr&#232;res, p.334).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un mot, tous les peuples et tous les grands empires oui, l'un apr&#232;s l'autre apparurent sur la sc&#232;ne historique ont concouru par divers moyens au m&#234;me but : au bien de la religion chr&#233;tienne et &#224; la gloire de Dieu. Bossuet d&#233;couvre &#224; son &#233;l&#232;ve les se&#173;crets jugements de Dieu sur l'empire romain et sur Rome m&#234;me, en se basant sur la r&#233;v&#233;lation que le Saint Esprit a faite &#224; saint Jean et que celui-ci a expliqu&#233;e dans l'Apocalypse. Il parle, lui-aussi, comme si les voies du Seigneur avaient cess&#233; d'&#234;tre insondables, et, chose bien digne d'attention, le spectacle du mouvement historique ne lui inspire que le sentiment de la vanit&#233; des choses humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Ainsi, dit-il, quand vous voyez passer comme en un instant devant vos yeux, je ne dis pas les rois et les empereurs, mais ces grands empires qui ont fait trembler tout l'univers et quand vous voyez les Assy&#173;riens anciens et nouveaux, les M&#232;des, les Perses, les Grecs, les Romains, se pr&#233;senter successivement, et tomber, pour ainsi dire, les uns sur les autres, ce fracas effroyable vous fait sentir qu'il n'y a rien de solide parmi les hommes, et que l'inconstance et l'agitation est le&#171; propre partage des choses humai&#173;nes. &#187; (Discours, p. 339).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pessimisme est un des traits les plus remar&#173;quables de la philosophie historique de Bossuet. Et, tout bien consid&#233;r&#233;, il faut avouer que ce trait rend fid&#232;lement le caract&#232;re essentiel du christianisme. Le christianisme promet &#224; ses fid&#232;les de la consolation, beaucoup de consolation ! Mais comment les console-t-il ? En les d&#233;tachant des choses d'ici-bas, en les persuadant que tout est vanit&#233; sur la terre et que le bonheur n'est possible pour les humains qu'a&#173;pr&#232;s la mort. Je vous prie de retenir ce trait dans votre m&#233;moire s il vous donnera dans la suite un ter&#173;me de comparaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre trait remarquable de la philosophie historique de Bossuet, c'est que, dans l'interpr&#233;ta&#173;tion des &#233;v&#233;nements historiques, il ne se contente pas, comme Saint Augustin, d'en appeler &#224; la volont&#233; du bon Dieu, mais porte d&#233;j&#224; son attention vers ce qu'il appelle les causes particuli&#232;res des r&#233;volu&#173;tions des empires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Car ce m&#234;me dieu - dit-il - qui a fait l'en&#173;cha&#238;nement de l'univers, et qui, tout-puissant par lui-m&#234;me, a voulu aussi que le cours des choses hu&#173;maines e&#251;t sa suite et ses proportions &#187; Je veux dire que les hommes et les nations ont eu les qualit&#233;s, proportionnelles &#224; l'&#233;l&#233;vation &#224; laquelle ils &#233;taient destin&#233;s, et qu'&#224; la r&#233;serve de certains coups ex&#173;traordinaires, o&#249; Dieu voulait que sa main par&#251;t tou&#173;te seule, il n'est point arriv&#233; de grand changement qui n'ait eu ses causes dans les si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents. Et comme, dans toutes les affaires, il y a ce qui les pr&#233;pare, ce qui d&#233;termine &#224; les entreprendre, et ce qui les fait r&#233;ussir, la Vraie science de l'histoire est de remarquer dans chaque temps ces secr&#232;tes dis&#173;positions qui ont pr&#233;par&#233; les grands changements et les conjonctures importantes qui les ont fait arri&#173;ver.&#034; (Discours, pp. 339-340).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, d'apr&#232;s Bossuet, il arrive bien dans l'histoire des &#233;v&#233;nements o&#249; la main de Dieu para&#238;t toute seule, o&#249;, en d'autres termes Dieu agit d'une fa&#231;on imm&#233;diate. Ces &#233;v&#233;nements-l&#224;, ce sont, pour ainsi dire, des miracles historiques. Mais, pour la plupart des cas et dans la marche ordinaire des cho&#173;ses, les changements qui ont lieu &#224; une &#233;poque donn&#233;e ont leurs causes dans les &#233;poques pr&#233;c&#233;dentes. La t&#226;&#173;che de la vraie science est d'&#233;tudier ces causes qui n'ont rien de surnaturel, puisqu'elles ne tiennent qu'&#224; la nature des hommes et des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa conception th&#233;ologique de l'histoire, Bossuet fait donc une large place &#224; l'explication naturelle des &#233;v&#233;nements historiques. Il est vrai que cette explication naturelle est, chez lui, intimement li&#233;e &#224; l'id&#233;e th&#233;ologique ; c'est toujours le bon Dieu qui donne aux hommes et aux nations des qualit&#233;s proportionnelles &#224; l'&#233;l&#233;vation &#224; laquelle il les des&#173;tine. Mais, une fois donn&#233;es, ces qualit&#233;s agissent toutes seules, et tant qu'elles agissent, nous avons non seulement le droit mais le devoir, Bossuet le dit cat&#233;goriquement, de chercher l'explication naturelle de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie historique de Bossuet a, sur cel&#173;le de Saint Augustin, le grand avantage d'insister sur la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tudier les causes particuli&#232;res des &#233;v&#233;nements. Mais cet avantage n'est, au fond, qu'un aveu, inconscient et involontaire sans doute, de 1'impuissance et de la st&#233;rilit&#233; de la conception th&#233;ologique proprement dite, c'est &#224; dire de la m&#233;&#173;thode qui consiste &#224; expliquer les ph&#233;nom&#232;nes par l'action d'un ou de plusieurs agents surnaturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aveu, les ennemis de la th&#233;ologie en surent bien tirer parti au si&#232;cle suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus redoutable parmi ces ennemis, le pa&#173;triarche de Ferney, Voltaire, dit tr&#232;s malicieusement dans son c&#233;l&#232;bre Essai sur les m&#339;urs des Nations : &#034;Rien n'est plus digne de notre curiosit&#233; que la ma&#173;ni&#232;re dont Dieu voulut que l'Eglise s'&#233;tablit en faisant concourir les causes secondes &#224; ses d&#233;crets &#233;ternels. Laissons respectueusement ce qui est divin &#224; ceux qui en sont les d&#233;positaires, et attachons-nous uniquement &#224; l'historique .&#034; ( Essai, &#233;dition de Beuchot, t. I, p. 346 ).&lt;br class='autobr' /&gt;
La conception id&#233;aliste de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception th&#233;ologique de l'histoire est donc mise respectueusement de c&#244;t&#233;. Voltaire s'attache &#224; l'historique, il s'efforce d'expliquer les ph&#233;nom&#232;nes par leurs causes secondes, c'est-&#224;-dire naturelles. Mais en quoi consiste la science, si ce n'est dans l'explication naturelle des ph&#233;nom&#232;nes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie historique de Voltaire est un es&#173;sai d'interpr&#233;tation scientifique de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons cet essai d'un peu plus pr&#232;s. Voyons par exemple, quelles ont &#233;t&#233;, d'apr&#232;s Voltaire, les causes de la chute de l'empire romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cadence romaine a &#233;t&#233; longue et lente, mais parmi les fl&#233;aux qui ont caus&#233; la chute du colossal empire. Voltaire fait ressortir surtout les deux sui&#173;vants : 1&#176; les Barbares, 2&#176; les disputes de religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Barbares ont d&#233;truit l'empire romain. Mais pourquoi, demande Voltaire, les Romains ne les exter&#173;min&#232;rent-ils pas, comme Marius avait extermin&#233; les Cimbres ? C'est qu'il ne se trouvait point de Marius. Et pourquoi ne se trouvait-il pas de Marius ? Parce que les m&#339;urs des Romains avaient chang&#233;. La sympt&#244;&#173;me le plus &#233;clatant de ce changement dans les m&#339;urs, c'est que l'empire romain avait alors plus de moines que de soldats. &#034;Ces moines couraient en troupe de ville en ville pour soutenir ou pour d&#233;truire la consubstantialit&#233; du Verbe... &#034; (Ibid., t. I, p. 377).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Comme les descendants de Scipion &#233;taient deve&#173;nus des controversistes, comme la consid&#233;ration per&#173;sonnelle &#233;tait pass&#233;e des Hortensius et des Cic&#233;ron aux Cyrille, aux Gr&#233;goire, aux Amboise, tout fut per&#173;du et si l'on doit s'&#233;tonner de quelque chose, c'est que l'empire romain ait subsist&#233; encore un peu de temps.&#034; (Ibid., t. I, p. 377).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez bien ici quelle &#233;tait, d'apr&#232;s Vol&#173;taire, la cause principale de la chute de Rome. Cette cause, c'est le triomphe du christianisme. D'ailleurs Voltaire le dit lui-m&#234;me avec son ironie mordante : &#034;Le christianisme ouvrait le ciel, mais il perdait l'empire &#034; (Ibid., t. I, p. 337).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-il eu raison, a-t-il eu tort ? C'est ce qui ne nous regarde pas maintenant. Ce qui nous importe, c'est de nous rendre compte exactement des id&#233;es his&#173;toriques de Voltaire. L'examen critique de ces id&#233;es ne viendra qu'ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, nous voyons que, selon Voltaire, le chris&#173;tianisme a perdu l'empire romain, Humainement par&#173;lant, il est permis sans doute de demander pourquoi le christianisme a triomph&#233; de Rome ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Voltaire, le principal instrument de la Victoire des chr&#233;tiens fut Constantin, qu'il nous re&#173;pr&#233;sente conform&#233;ment &#224; la v&#233;rit&#233; historique. Mais un homme, f&#251;t-il empereur, et f&#251;t-il tr&#232;s m&#233;chant et tr&#232;s superstitieux, serait-il jamais capable d'assu&#173;rer le triomphe d'une religion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voltaire croyait que oui. Et, pour le croire, il n'&#233;tait pas le seul de son si&#232;cle. Tous les philoso&#173;phes le croyaient aussi. Comme exemple, je vous cite&#173;rai les consid&#233;rations d'un autre &#233;crivain sur l'ori&#173;gine du peuple juif et sur le christianisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conception th&#233;ologique de l'histoire con&#173;siste &#224; expliquer l'&#233;volution historique par la vo&#173;lont&#233; et l'action, directe ou indirecte, d'un ou de plusieurs agents surnaturels, la conception id&#233;aliste - dont Voltaire et ses amis &#233;taient les partisans convaincus - consiste &#224; expliquer cette m&#234;me &#233;volu&#173;tion par l'&#233;volution des m&#339;urs et des id&#233;es, ou de l'opinion, comme on s'exprimait au XVIII&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;J'entends par opinion, dit Suard, le r&#233;sultat de la masse de v&#233;rit&#233;s et d'erreurs r&#233;pandues dans une nation, r&#233;sultat qui d&#233;termine ses jugements d'estime ou de m&#233;pris, d'amour ou de haine, qui forme ses penchants et ses habitudes, ses id&#233;es et ses ver&#173;tus, en un mot, ses m&#339;urs.&#034; (Suard, M&#233;langes de Lit&#173;t&#233;rature, III, p. 400).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque c'est l'opinion qui gouverne le monde, il est &#233;vident que l'opinion est la cause fondamenta&#173;le, la cause la plus profonde, du mouvement histori&#173;que, et il n'y a pas lieu de s'&#233;tonner qu'un histo&#173;rien en appelle &#224; l'opinion comme &#224; une force qui produit en derni&#232;re instance les &#233;v&#233;nements de telle ou telle &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'opinion en g&#233;n&#233;ral explique les &#233;v&#233;ne&#173;ments historiques, il est tout naturel de chercher dans l'opinion religieuse (dans le christianisme par exemple), la cause la plus profonde de la prosp&#233;rit&#233; ou de la d&#233;cadence d'un empire (par exemple de l'em&#173;pire de Rome). Voltaire &#233;tait donc fid&#232;le &#224; la philo&#173;sophie historique de son temps en disant que le christianisme a caus&#233; la ruine de l'empire de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parmi les philosophes du XVIII&#176; si&#232;cle, il y en avait plusieurs qui sont connus comme des mat&#233;&#173;rialistes. Tels &#233;taient, par exemple, Holbach, l'au&#173;teur du c&#233;l&#232;bre Syst&#232;me de la nature , et Helv&#233;tius, l'auteur du livre non moins c&#233;l&#232;bre De l'Esprit . Il est tr&#232;s naturel de supposer qu'au moins ces philoso&#173;phes-l&#224; n'approuvaient pas la conception id&#233;aliste de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! Cette supposition, toute naturelle qu'elle paraisse, est erron&#233;e : Holbach et Helv&#233;tius, mat&#233;rialistes dans leur conception de la nature &#233;taient id&#233;alistes en ce qui concerne l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les philosophes du XVIII&#176; si&#232;cle, comme toute la &#034; s&#233;quelle des Encyclop&#233;distes &#034;, les mat&#233;ria&#173;listes de ce temps-l&#224; croyaient que l'opinion gouver&#173;ne le monde et que l'&#233;volution de l'opinion explique en derni&#232;re analyse toute l'&#233;volution historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;L'ignorance, l'erreur, le pr&#233;jug&#233;, le d&#233;faut d'exp&#233;rience, de r&#233;flexion et de pr&#233;voyance, voil&#224; les vraies sources du mal moral. Les hommes ne se nuisent &#224; eux-m&#234;mes et ne blessent leurs associ&#233;s, que parce qu'ils n'ont point d'id&#233;es de leurs vrais int&#233;r&#234;ts.&#034; (Syst&#232;me social, t. II, chap. I, p. 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre endroit du m&#234;me ouvrage, nous li&#173;sons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;L'histoire nous prouve qu'en mati&#232;re de gouver&#173;nement, les nations furent de tout temps le jouet de leur ignorance, de leur imprudence, de leur cr&#233;dulit&#233; de leurs terreurs paniques, et surtout des passions de ceux qui surent prendre de l'ascendant sur la mul&#173;titude. Semblables &#224; des malades qui s'agitent sans cesse dans leur lit, sans y trouver de position con&#173;venable, les peuples ont souvent chang&#233; la forme de leurs gouvernements mais ils n'ont jamais eu ni le pouvoir, ni la capacit&#233; de r&#233;former le fond, de re&#173;monter &#224; la vraie source de leurs maux ; ils se vi&#173;rent sans cesse ballott&#233;s par des passions aveugles.&#034; (Ibid., II, p. 27).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces citations vous montrent que, d'apr&#232;s le ma&#173;t&#233;rialiste Holbach, l'ignorance fut la cause du mal moral et politique. Si les peuples sont m&#233;chants, c'est gr&#226;ce &#224; leur ignorance, si leurs gouvernements sont absurdes, c'est parce qu'ils n'ont pas su d&#233;cou&#173;vrir les vrais principes de l'organisation sociale et politique, si les r&#233;volutions faites par les peuples n'ont pas d&#233;racin&#233; le mal moral et social, c'est par&#173;ce qu'ils n'ont pas eu assez de lumi&#232;res. Mais qu'est ce que l'ignorance ? Qu'est-ce que l'erreur ? Qu'est-ce que le pr&#233;jug&#233; ? L'ignorance, l'erreur, le pr&#233;jug&#233;, tout cela, ce n'est que de l'opinion erron&#233;e. Et si l'ignorance, l'erreur et le pr&#233;jug&#233; ont emp&#234;ch&#233; les hommes de d&#233;couvrir les vraies bases de l'organi&#173;sation politique et sociale, il est clair que c'est l'opinion erron&#233;e qui a gouvern&#233; le monde. Holbach est donc, l&#224;-dessus, du m&#234;me avis que la plupart des philosophes du XVIII&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Helv&#233;tius, je ne citerai que son opinion sur le syst&#232;me f&#233;odal. Dans une lettre &#224; Saurin sur l'Esprit des Lois de Montesquieu, il dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Mais que diable veut-il nous apprendre par son Trait&#233; des Fiefs ? Est-ce une mati&#232;re que devait chercher &#224; d&#233;brouiller un esprit sage et raisonnable ? Quelle l&#233;gislation peut r&#233;sulter de ce chaos barbare de lois que la force a &#233;tablies, que l'ignorance a respect&#233;es, et qui s'opposeront toujours &#224; un bon or&#173;dre de choses ? &#034; (&#338;uvres, III, p. 266).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre endroit, il dit &#034;Montesquieu est trop f&#233;odaliste, et le gouvernement f&#233;odal est le chef-d'&#339;uvre de l'absurdit&#233; &#034;. (&#338;uvres, III, p.314).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Helv&#233;tius trouve que le f&#233;odalisme, c'est &#224; dire tout un syst&#232;me d'institutions sociales et po&#173;litiques, &#233;tait le chef-d'&#339;uvre de l'absurdit&#233; et, par cons&#233;quent, devait son origine &#224; l'ignorance ou, en d'autres termes, &#224; une opinion erron&#233;e. C'est donc toujours l'opinion qui, en bien ou en mal, a gouvern&#233; le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit qu'il nous importait non pas de criti&#173;quer cette th&#233;orie, mais de bien la conna&#238;tre et de bien saisir sa nature. Maintenant que nous la con&#173;naissons, il nous est non seulement permis, mais n&#233;&#173;cessaire de l'analyser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, cette th&#233;orie est-elle vraie ou est-elle fausse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai, oui ou non, que les hommes qui ne comprennent pas en quoi consistent leurs int&#233;r&#234;ts ne pouvaient les servir de fa&#231;on raisonnable ? Cela est vrai sans contredit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai, oui ou non, que l'ignorance a caus&#233; beaucoup de maux &#224; l'humanit&#233; et qu'un syst&#232;me social et politique bas&#233; sur la soumission et sur l'exploi&#173;tation de l'homme par l'homme, tel que fut le f&#233;odalisme, n'est possible que dans un temps d'ignorance et de pr&#233;jug&#233;s profond&#233;ment enracin&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est bien vrai, et je ne vois pas comment on pourrait contester une v&#233;rit&#233; aussi indubitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai, est-il faux, en un mot, que l'opi&#173;nion, dans le sens d&#233;termin&#233; par Suard, a une grande influence sur la conduite des hommes ? Quiconque con&#173;na&#238;t les hommes dira que cela aussi est indubitable et indiscutable.&lt;br class='autobr' /&gt;
La force des id&#233;es &#8230; et leur origine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception id&#233;aliste de l'histoire est-elle donc bas&#233;e sur la v&#233;rit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;ponds oui et non. Et voici ce que j'entends par-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception id&#233;aliste de l'histoire est vraie dans ce sens qu'il y a du vrai en elle. Oui, il y a du vrai. L'opinion &#224; une tr&#232;s grande influence sur les hommes. Nous avons donc le droit de dire qu'elle gouverne le monde. Mais nous avons bien le droit de nous demander si cette opinion qui gouverne le monde n'est gouvern&#233;e par rien du tout ? Autrement dit, nous pouvons et nous devons nous demander si les opi&#173;nions et les sentiments des hommes sont une chose soumise au hasard. Poser cette question, c'est la r&#233;&#173;soudre aussit&#244;t dans le sens n&#233;gatif. Non, les opi&#173;nions et les sentiments des hommes ne sont point sou&#173;mis au hasard. Leur g&#233;n&#233;ration comme leur &#233;volution est soumise &#224; des lois que nous devons &#233;tudier. D&#232;s que vous admettez ceci - et le moyen de ne pas l'ad&#173;mettre ? - vous &#234;tes forc&#233;s de reconna&#238;tre que si l'opinion gouverne le monde, elle ne le gouverne pas en souverain absolu, qu'elle est gouvern&#233;e &#224; son tour et que, par cons&#233;quent, celui qui en appelle &#224; l'opi&#173;nion est loin de nous indiquer la cause fondamentale, la cause la plus profonde du mouvement historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc de la v&#233;rit&#233; dans la conception id&#233;aliste de l'histoire. Mais il n'y a pas toute la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conna&#238;tre toute la v&#233;rit&#233;, il nous faut re&#173;prendre la recherche justement l&#224; o&#249; la conception id&#233;aliste l'abandonne. Il nous faut t&#226;cher de nous rendre un compte exact des causes de la g&#233;n&#233;ration et de l'&#233;volution de l'opinion des hommes vivant en so&#173;ci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faciliter notre t&#226;che, proc&#233;dons avec m&#233;&#173;thode, et, avant tout, voyons si l'opinion, c'est &#224; dire, conform&#233;ment &#224; la d&#233;finition donn&#233;e par Suard, la masse de v&#233;rit&#233;s et d'erreurs r&#233;pandue parmi les hommes leur est inn&#233;e, si elle na&#238;t avec eux pour ne dispara&#238;tre qu'avec eux. Cela revient &#224; nous demander s'il y a des id&#233;es inn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; l'on &#233;tait fermement convain&#173;cu que les id&#233;es, au moins en partie, sont inn&#233;es. En admettant l'existence des id&#233;es inn&#233;es, on admettait en m&#234;me temps que ces id&#233;es-l&#224; constituent un fonds commun &#224; l'humanit&#233; toute enti&#232;re, un fonds qui est toujours le m&#234;me dans tous les temps et tous les cli&#173;mats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opinion, tr&#232;s r&#233;pandus autrefois, fut vic&#173;torieusement combattue par un philosophe anglais de grand m&#233;rite, John Locke. Dans son c&#233;l&#232;bre livre in&#173;titul&#233; : Essai sur l'entendement humain , John Locke a prouv&#233; qu'il n'y a point d'id&#233;es, de principes ou de nations inn&#233;es dans l'esprit de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es ou les principes des hommes leur vien&#173;nent de l'exp&#233;rience, et c'est &#233;galement vrai en ce qui concerne les principes sp&#233;culatifs, comme les principes pratiques ou principes de morale. Les prin&#173;cipes de morale, varient selon les temps et les lieux. Quand les hommes condamnent une action, c'est parce qu'elle leur est nuisible. Quand ils la louent, c'est qu'elle leur est utile. L'int&#233;r&#234;t (non pas l'int&#233;r&#234;t personnel, mais l'int&#233;r&#234;t social) d&#233;termine donc les jugements des hommes dans le domaine de la vie socia&#173;le. Telle &#233;tait la doctrine de Locke, dont tous les philosophes fran&#231;ais du XVIII&#176; si&#232;cle &#233;taient des partisans convaincus. Nous avons donc le droit de prendre cette doctrine pour point de d&#233;part de notre critique de leur conception de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe point d'id&#233;es inn&#233;es dans l'esprit des hommes ; c'est l'exp&#233;rience qui d&#233;termine les Id&#233;es sp&#233;culatives et c'est l'int&#233;r&#234;t social qui d&#233;&#173;termine les &#034;id&#233;es pratiques&#034;. Admettons ce principe et voyons quelles cons&#233;quences en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;action apr&#232;s la R&#233;volution Fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand &#233;v&#233;nement historique s&#233;pare le XVIII&#176; si&#232;cle du XIX&#176; : la R&#233;volution Fran&#231;aise, qui comme un ouragan a pass&#233; sur la France en d&#233;truisant l'an&#173;cien r&#233;gime et en balayant ses d&#233;bris. Elle a eu une profonde influence sur la vie &#233;conomique, sociale, politique et intellectuelle non seulement de la Fran&#173;ce, mais de l'Europe enti&#232;re. Elle n'a pas pu rester sans influence sur la philosophie de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle a &#233;t&#233; cette influence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! Son r&#233;sultat le plus imm&#233;diat a &#233;t&#233; un sentiment d'immense lassitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand effort fait par les gens de ce temps-l&#224; a provoqu&#233; un besoin imp&#233;rieux de repos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ce sentiment de lassitude, in&#233;vitable apr&#232;s toute grande d&#233;pense d'&#233;nergie, il y a eu aussi un certain scepticisme. Le XVIII&#176; si&#232;cle croyait fer&#173;mement au triomphe de la raison. La raison finit tou&#173;jours par avoir raison, disait Voltaire. Les &#233;v&#233;ne&#173;ments de la R&#233;volution ont bris&#233; cette foi. On a vu tant d'&#233;v&#233;nements inattendus, on a vu triompher tant de choses qui semblaient tout &#224; fait impossibles et absolument d&#233;raisonnables, on a vu tant de calculs les plus sages renvers&#233;s par la brutale logique des faits, qu'on s'est dit que la raison ne finira proba&#173;blement jamais par avoir raison. Nous avons l&#224;-dessus le pr&#233;cieux t&#233;moignage d'une femme d'esprit, qui sa&#173;vait observer ce qui se passait autour d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;La plupart des hommes, dit Mme de Sta&#235;l, &#233;pou&#173;vant&#233;s des vicissitudes effroyables, dont les &#233;v&#233;ne&#173;ments politiques nous ont offert l'exemple, ont perdu maintenant tout int&#233;r&#234;t au perfectionnement d'eux-m&#234;&#173;mes et sont trop frapp&#233;s de la puissance du hasard pour croire &#224; l'ascendant les facult&#233;s intellectuel&#173;les&#034; (De la litt&#233;rature, Pr&#233;face, p. XVIII).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;tait donc &#233;pouvant&#233; par la puissance du ha&#173;sard. Mais qu'est-ce que le hasard ? Et qu'est-ce que le hasard dans la vie des soci&#233;t&#233;s ? Il y a mati&#232;re &#224; discussion philosophique l&#224;-dedans. Mais sans entrer dans cette discussion, nous pouvons dire que trop souvent les hommes attribuent au hasard ce dont les causes leur restent inconnues. Aussi quand le hasard leur fait trop et trop longtemps sentir sa puissance, ils finissent par essayer d'expliquer et de d&#233;couvrir les causes des ph&#233;nom&#232;nes qu'ils consid&#233;raient auparavant comme fortuits. Et c'est justement ce que nous voyons dans le domaine de la science historique au commencement du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophie de l'histoire de Saint-Simon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Simon, une des t&#234;tes les plus encyclop&#233;di&#173;ques et les moins m&#233;thodiques de la premi&#232;re moiti&#233; de ce si&#232;cle, s'efforce de poser les bases d'une science sociale. La science sociale, la science de la soci&#233;t&#233; humaine, la physique sociale, comme il l'ap&#173;pelle parfois, peut et doit, selon lui, devenir une science aussi exacte que les sciences naturelles. Nous devons &#233;tudier les faits relatifs &#224; la vie pas&#173;s&#233;e de l'humanit&#233; pour d&#233;couvrir les lois de son pro&#173;gr&#232;s. Nous ne pourrons pr&#233;voir l'avenir, que lorsque nous aurons compris le pass&#233;. Et pour le comprendre, pour expliquer le pass&#233;, Saint-Simon &#233;tudie surtout l'histoire de l'Europe occidentale depuis la chute de l'empire romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit dans cette histoire, la lutte des indus&#173;triels (ou du Tiers Etat, comme on disait au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent) contre l'aristocratie. Les industriels se sont ligu&#233;s avec la royaut&#233;, et, par l'appui qu'ils ont donn&#233; aux rois, ils leur ont fourni les moyens de s'emparer du pouvoir politique, qui se trouvait aupa&#173;ravant dans les mains des seigneurs f&#233;odaux. En &#233;change de leurs services la royaut&#233; leur a donn&#233; sa protection, au moyen de laquelle ils ont pu remporter beaucoup d'importantes victoires sur leurs ennemis. Peu &#224; peu, le travail et l'organisation aidant, les industriels sont parvenus &#224; poss&#233;der une force socia&#173;le imposante, bien sup&#233;rieure &#224; celle de l'aristocra&#173;tie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution Fran&#231;aise n'&#233;tait, pour Saint-Si&#173;mon, qu'un &#233;pisode de la grande lutte, plusieurs fois s&#233;culaire, entre les industriels et les nobles. Et toutes ses propositions pratiques se r&#233;duisaient &#224; des projets, des mesures qu'il fallait, selon lui, prendre pour compl&#233;ter et consolider la victoire des industriels et la d&#233;faite des nobles. Or, la lutte des industriels contre la noblesse &#233;tait la lutte de deux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s. Et si cette lutte a, comme le dit Saint-Simon, rempli toute l'histoire de l'Europe occidentale depuis le XV&#176; si&#232;cle, nous pouvons dire que c'est la lutte des grands int&#233;r&#234;ts sociaux, qui &#233;tait la cause du mouvement historique dans la p&#233;rio&#173;de indiqu&#233;e. Nous voici donc assez loin de la concep&#173;tion historique du dix-huiti&#232;me si&#232;cle : ce n'est pas l'opinion, c'est l'int&#233;r&#234;t social ou pour mieux dire, l'int&#233;r&#234;t des grands &#233;l&#233;ments constructifs de la so&#173;ci&#233;t&#233;, 1'int&#233;r&#234;t des classes et la lutte sociale pro&#173;voqu&#233;e par l'opposition de ces int&#233;r&#234;ts, qui gouver&#173;nent le monde et qui d&#233;terminent la marche de l'his&#173;toire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses id&#233;es historiques, Saint-Simon a eu une influence d&#233;cisive sur un des plus grands historiens fran&#231;ais : Augustin Thierry. Et comme Augustin Thierry a fait une v&#233;ritable r&#233;volution dans la science his&#173;torique de son pays, il nous sera bien utile d'analy&#173;ser ses id&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les conceptions d'Augustin Thierry et de Mignet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous rappelez, je suppose, ce que je vous ai dit d'Holbach et qui concernait l'histoire du peu&#173;ple juif. Cette histoire &#233;tait, pour Holbach, l'&#339;u&#173;vre d'un seul homme. Mo&#239;se, qui a fa&#231;onn&#233; le caract&#232;&#173;re des Juifs et qui leur a donn&#233; leur constitution sociale et politique, ainsi que leur religion. Et chaque peuple, ajoutait Holbach, a eu son Mo&#239;se. La philosophie historique du -dix-huiti&#232;me si&#232;cle ne con&#173;naissait que l'individu, les grands hommes. La masse, le peuple comme tel, n'existait presque point pour elle. La philosophie historique d'Augustin Thierry est, sous ce rapport, juste le contraire de ce qu'&#233;tait celle du dix-huiti&#232;me si&#232;cle. &#034;C'est une chose bien simple, dit-il, dans ses Lettres sur l'histoire de France, que l'obstination des historiens &#224; n'at&#173;tribuer jamais aucune spontan&#233;it&#233;, aucune conception aux masses d'hommes. Si tout un peuple &#233;migre et se fait un nouveau domicile, c'est, au dire des annalis&#173;tes et des po&#232;tes, quelque h&#233;ros, qui pour son nom s'avise de fonder un empire, si des nouvel&#173;les coutumes s'&#233;tablissent, c'est quelque l&#233;gislateur qui les imagine et les impose, si une cit&#233; s'organi&#173;se, c'est quelque prince qui lui donne l'&#234;tre, et toujours le peuple et les citoyens sont de l'&#233;toffe pour la pens&#233;e d'un seul homme. &#034; (Dix ans, p. 346).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution a &#233;t&#233; l'&#339;uvre des masses populai&#173;res et cette r&#233;volution dont le souvenir &#233;tait si frais au temps de la Restauration ne permettait plus d'envisager le mouvement historique comme l'&#339;uvre d'individus plus ou moins sages et plus ou moins ver&#173;tueux. Au lieu de s'occuper des faits et gestes des grands hommes, les historiens voulaient dor&#233;navant s'occuper de 1'histoire des peuples. C'est d&#233;j&#224; tr&#232;s important et cela vaut bien la peine d'&#234;tre retenu dans la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons plus loin. Ce sont les grandes masses qui font l'histoire. Soit. Mais pourquoi la font-elles ? En d'autres termes, quand les masses agissent, dans quel but agissent-elles ? Dans le but de garantir leurs int&#233;r&#234;ts, r&#233;pond Augustin Thierry. &#034; Voulez-vous dit-il, savoir au juste qui a cr&#233;&#233; cette institution, qui a con&#231;u une entreprise sociale ? Cherchez quels sont ceux qui en ont v&#233;ritablement besoin, &#224; ceux-l&#224; doit appartenir la pens&#233;e premi&#232;re, la volont&#233; d'agir et tout au moins la plus grande part dans l'ex&#233;cu&#173;tion, is fecit cui prodest : l'axiome vaut en his&#173;toire comme en droit. &#034; (Dix ans , p. 348).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La masse agit donc dans son int&#233;r&#234;t, l'int&#233;r&#234;t est la source, le mobile de toute cr&#233;ation sociale. Il est donc facile de comprendre que lorsqu'une ins&#173;titution devient oppos&#233;e &#224; l'int&#233;r&#234;t de la masse, la masse commence une lutte contre cette institution. Et comme uns institution nuisible &#224; la masse du peuple est souvent utile &#224; la classe privil&#233;gi&#233;e, la lutte contre cette institution devient une lutte contre la classe privil&#233;gi&#233;e. La lutte de classes d'hommes et d'int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s joue un grand r&#244;le dans la philo&#173;sophie historique d'Augustin Thierry. Cette lutte a rempli, par exemple, l'histoire de l'Angleterre de&#173;puis la conqu&#234;te normande jusqu'&#224; la r&#233;volution qui renversa la dynastie des Stuarts. Dans la r&#233;volution anglaise du XVII&#176; si&#232;cle luttaient deux classes d'hommes : les vainqueurs (la noblesse), les vaincus (la masse du peuple, bourgeoisie comprise). &#034;Chaque personnage, dit notre historien, dont les a&#239;eux s'&#233;&#173;taient trouv&#233;s enr&#244;l&#233;s dans la grande arm&#233;e d'inva&#173;sion, quittait son ch&#226;teau pour aller dans le camp royal prendre le commandement que son titre lui assi&#173;gnait. Les habitants des villes et des ports se ren&#173;daient en foule au camp oppos&#233;. On pouvait dire que le cri de ralliement des deux arm&#233;es &#233;tait, d'un c&#244;t&#233; oisivet&#233; et pouvoir, de l'autre travail et libert&#233; ; car les d&#233;s&#339;uvr&#233;s, les gens qui ns voulaient d'autre occupation dans la vie que celle de jouir sans peine, de quelque caste qu'ils fussent, s'enr&#244;laient dans les troupes royales o&#249; ils allaient d&#233;fendre des in&#173;t&#233;r&#234;ts conformes aux leurs, tandis que les familles de la caste des anciens vainqueurs, que l'industrie avait gagn&#233;s, s'unissaient au parti des Communes. &#034; (Ibid., p. 543).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte des deux classes, ce n'est pas seu&#173;lement dans le domaine social et politique qu'elle d&#233;terminait le mouvement. On voit son influence dans le domaine des id&#233;es. Les opinions religieuses des Anglais du XVII&#176; si&#232;cle &#233;taient, suivant Thierry, fa&#173;&#231;onn&#233;es par leur position sociale . &#034;C'&#233;tait pour des int&#233;r&#234;ts positifs que la guerre se soutenait de part et d'autre. Le reste n'&#233;tait qu'apparence ou pr&#233;tex&#173;te. Ceux qui s'engageaient dans la cause des sujets, &#233;taient, pour la plupart, presbyt&#233;riens, c'est &#224; dire que, m&#234;me en religion, ils ne voulaient aucun joug. Ceux qui soutenaient la cause contraire &#233;taient &#233;piscopaux ou papistes, c'est &#224; dire qu'ils aimaient &#224; trouver, jusque dans les formes du culte, du pouvoir &#224; exercer, des imp&#244;ts &#224; lever sur les hommes .&#034; (Ibid., p. 54).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici encore plus loin de la philosophie historique du XVIII&#176; si&#232;cle. Au XVIII&#176; si&#232;cle, l'opi&#173;nion gouverne le monde. Ici, l'opinion, dans le domaine de la religion, est d&#233;termin&#233;e, gouvern&#233;e, par la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et notez bien que l'historien dont je viens de parler n'est pas le seul &#224; croire ainsi. Sa philoso&#173;phie historique est celle de tous les historiens re&#173;marquables du temps de la Restauration. Un contempo&#173;rain d'Augustin Thierry, Mignet se tient au m&#234;me point de vue. Dans son remarquable ouvrage De la f&#233;o&#173;dalit&#233;, il envisage l'&#233;volution sociale de la fa&#231;on suivante : &#034;Les int&#233;r&#234;ts qui dominent d&#233;cident du mouvement social. Ce mouvement arrive &#224; son but &#224; travers des oppositions, cesse quand il l'a atteint, est remplac&#233; par un autre, qui ne s'aper&#231;oit pas lorsqu'il commence, et qui ne se fait conna&#238;tre que lorsqu'il est le plus fort. Telle a &#233;t&#233; la marche de la f&#233;odalit&#233;. Elle &#233;tait dans les besoins avant d'&#234;tre dans le fait, premi&#232;re &#233;poque, et elle a &#233;t&#233; ensuite dans le fait en cessant d'&#234;tre dans les be&#173;soins, seconde &#233;poque, ce qui a fini par la faire sortir du fait .&#034; (La F&#233;odalit&#233; , pp. 77-78).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici nous nous trouvons de nouveau tr&#232;s loin de la philosophie du XVIII&#176; si&#232;cle. Helv&#233;tius reprochait &#224; Montesquieu d'&#233;tudier avec trop d'attention les lois f&#233;odales. Le syst&#232;me f&#233;odal &#233;tait pour lui le chef-d'&#339;uvre de l'absurdit&#233; et comme tel, ne valait pas la peine d'&#234;tre &#233;tudi&#233;. Mignet admet au contraire qu'il fut un temps, le Moyen-Age, o&#249; le syst&#232;me f&#233;o&#173;dal &#233;tait dans les besoins, o&#249; il &#233;tait donc utile &#224; la soci&#233;t&#233;, il dit que c'est justement cette utilit&#233; qui l'a fait na&#238;tre. Mignet r&#233;p&#232;te souvent que ce ne sont pas les hommes qui m&#232;nent les choses, mais les choses qui m&#232;nent les hommes. Et c'est de ce point de vue-l&#224; qu'il consid&#232;re les &#233;v&#233;nements dans son His&#173;toire de la R&#233;volution Fran&#231;aise. En parlant de l'As&#173;sembl&#233;e Constituante, il dit : &#034;Les classes aristo&#173;cratiques avaient les int&#233;r&#234;ts contraires &#224; ceux du parti national. Aussi la noblesse et le haut clerg&#233;, qui form&#232;rent la droite de l'Assembl&#233;e, furent en op&#173;position constante avec lui, except&#233; dans certains jours d'entra&#238;nement. Ces m&#233;contents de la r&#233;volution qui ne surent ni l'emp&#234;cher par leurs sacrifices, ni l'arr&#234;ter par leur adh&#233;sion, combattirent d'une ma&#173;ni&#232;re syst&#233;matique toutes ses r&#233;formes .&#034; (Histoire de la R&#233;v. Franc ., Vol. I, p. 105).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les groupements politiques sont d&#233;termin&#233;s par les int&#233;r&#234;ts de classes. Et ce sont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts qui donnent naissance &#224; des consid&#233;rations po&#173;litiques. Mignet nous dit que la Constitution de 1791 &#034;&#233;tait l'&#339;uvre de la classe moyenne, qui se trouvait alors la plus forte, car, comme on le sait, la force qui domine s'empare toujours des institutions&#034;. &#034;La journ&#233;e du Dix Ao&#251;t fut l'insurrection de la multitu&#173;de contre la classe moyenne et contre le tr&#244;ne constitutionnel, comme le 14 Juillet avait &#233;t&#233; l'insur&#173;rection de la classe moyenne contre les classes pri&#173;vil&#233;gi&#233;es et le pouvoir, absolu de la couronne.&#034; (Ibid., p. 210 ; p. 290).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Thierry, Mignet est le repr&#233;sentant con&#173;vaincu de la classe moyenne. Tant qu'il s'agit de ju&#173;ger l'action politique de cette classe, Mignet va jusqu'&#224; pr&#233;coniser les moyens violents, &#034;On n'ob&#173;tient le droit que par la force&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Guizot nous retrouvons les m&#234;mes tendances, les m&#234;mes sympathies et le m&#234;me point de vue. Mais, chez lui, ces tendances et ces sympathies sont plus prononc&#233;es et ce point de vue est mieux pr&#233;cis&#233;. D&#233;j&#224; dans ses Essais sur l'Histoire de France , qui paru&#173;rent en 1821, il dit avec beaucoup de clart&#233; quelle est, selon lui, la base de l'&#233;difice social. &#034;C'est par l'&#233;tude des institutions politiques que la plu&#173;part des &#233;crivains, &#233;rudits historiens ou publicistes ont cherch&#233; &#224; conna&#238;tre l'&#233;tat de la Soci&#233;t&#233;, le de&#173;gr&#233; ou le genre de sa civilisation. Il e&#251;t &#233;t&#233; plus sage d'&#233;tudier d'abord la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me pour con&#173;na&#238;tre et comprendre ses institutions politiques. Avant de devenir cause, les institutions sont effet, la soci&#233;t&#233; les produit avant d'en &#234;tre modifi&#233;e, et au lieu de chercher dans le syst&#232;me ou les formes du gouvernement quel a &#233;t&#233; l'&#233;tat du peuple, c'est l'&#233;tat du peuple qu'il faut examiner avant tout pour savoir quel a d&#251;, quel a pu &#234;tre le gouvernement &#034;. (Essais sur l'Histoire de France , 12&#176; &#233;dition, p. 73.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait trouver des textes de m&#234;me sens dans les ouvrages de Guizot , d'Armand Carrel et de Tocqueville . Aussi je crois bien avoir le droit de dire qu'au commence&#173;ment du XIX&#176; si&#232;cle, les sociologues, les historiens et les critiques nous renvoient tous &#224; l'&#233;tat social comme &#224; la base la plus profonde des ph&#233;nom&#232;nes de la soci&#233;t&#233; humaine. Nous savons ce que c'est que cet &#233;tat, c'est &#034;l'&#233;tat des personnes &#034; comme dit Guizot, c'est l'&#233;tat des pro&#173;pri&#233;t&#233;s . Mais d'o&#249; vient-il cet &#233;tat, duquel tout d&#233;pend dans la soci&#233;t&#233; ? D&#232;s que nous aurons une r&#233;ponse nette et pr&#233;cise &#224; cette question, nous pourrons nous expliquer le mouvement historique et le progr&#232;s du genre humain. Mais cette grande question, cette question des questions, les historiens la laissent sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi nous sommes devant cette contradiction : les id&#233;es, les sentiments, l'opinion sont d&#233;termin&#233;s par l'&#233;tat social, et l'&#233;tat social est d&#233;termin&#233; par l'opinion. A est la cause de B, et B est la cause de A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, en parlant de l'&#233;volution de la philosophie de l'histoire, j'ai consid&#233;r&#233; surtout la France. A l'exception de Saint Augustin et d'Holbach, tous les auteurs, dont J'ai expos&#233; devant vous les id&#233;es historiques, &#233;taient des Fran&#231;ais. Maintenant nous allons traverser la fronti&#232;re pour mettre le pied sur le sol germanique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie de l'histoire de Schelling&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne de la premi&#232;re moiti&#233; du dix-neuvi&#232;&#173;me si&#232;cle &#233;tait le pays classique de la philosophie. Fichte, Schelling, Hegel et tant d'autres, moins c&#233;&#173;l&#232;bres, mais non moins attach&#233;s &#224; la recherche de la v&#233;rit&#233;, vinrent approfondir les questions philosophi&#173;ques, cas redoutables questions qui sont si vieilles d&#233;j&#224; et qui restent pourtant toujours nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces grandes questions, la philosophie de l'histoire occupe une place des plus importantes. Il ne sera donc pas inutile de voir comment les philoso&#173;phes allemands r&#233;pondaient &#224; la question de savoir quelles sont les causes du mouvement historique et du progr&#232;s du genre humain. Mais comme nous n'avons pas assez de temps pour analyser en d&#233;tail la philosophie de l'histoire propre &#224; chacun d'eux, force nous est de nous contenter d'interroger les deux principaux : Schelling et Hegel, et encore ne pourrions-nous qu'effleurer leurs id&#233;es historiques. Ainsi, en ce qui concerne Schelling, nous ne parlerons que de sa no&#173;tion de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution historique est une suite de ph&#233;nom&#232;&#173;nes soumis &#224; des lois. Les ph&#233;nom&#232;nes soumis &#224; des lois sont des ph&#233;nom&#232;nes n&#233;cessaires. Exemple : la pluie. La pluie est un ph&#233;nom&#232;ne soumis &#224; des lois. Cela veut dire que dans des circonstances donn&#233;es, des gouttes d'eau tombent n&#233;cessairement sur la ter&#173;re. Cela se comprend tr&#232;s facilement lorsqu'il s'agit de gouttes d'eau qui n'ont ni conscience ni volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans les ph&#233;nom&#232;nes historiques, ce ne sont pas des choses inanim&#233;es, ce sont des hommes qui agissent, et les hommes sont dou&#233;s de conscience et de volont&#233;. On peut donc tr&#232;s l&#233;gitimement se deman&#173;der si la notion de la n&#233;cessit&#233; - hors de laquelle il n'y a pas de conception scientifique - des ph&#233;no&#173;m&#232;nes, en histoire comme dans la science de la natu&#173;re, n'exclut pas celle de la libert&#233; humaine. Formu&#173;l&#233;e en d'autres termes, la question se pose ainsi : Y a-t-il moyen de concilier la libre action des hommes avec la n&#233;cessit&#233; historique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier abord, il semble que non, que la n&#233;&#173;cessit&#233; exclut la libert&#233;, et vice-versa. Mais il n'en est ainsi que pour celui dont le regard s'arr&#234;te &#224; la surface des choses, &#224; l'&#233;corce des ph&#233;nom&#232;nes. En r&#233;alit&#233;, cette fameuse contradiction, cette pr&#233;tendue antinomie de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233;, n'existe pas. Loin d'exclure la libert&#233;, la n&#233;cessit&#233; en est la condition et le fondement. C'est justement ce que Schelling s'attachait &#224; prouver dans un des chapitres de son Syst&#232;me de l'id&#233;alisme transcendental .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Schelling, la libert&#233; est impossible sans la n&#233;cessit&#233;. Si en agissant, je ne puis compter que sur la libert&#233; des autres hommes, il m'est impossible de pr&#233;voir les cons&#233;quences de mes actions, puisque &#224; chaque instant, mon calcul le plus parfait pourrait &#234;tre compl&#232;tement d&#233;jou&#233; par la libert&#233; d'autrui, et par cons&#233;quent il pourrait r&#233;sulter de mes actions, tout autre chose que ce que j'avais pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma libert&#233; serait donc nulle, ma vie serait sou&#173;mise au hasard. Je ne saurais &#234;tre s&#251;r des cons&#233;quen&#173;ces de mes actions que dans les cas o&#249; je pourrais pr&#233;voir les actions de mes prochains, et pour que je puisse les pr&#233;voir, il faut qu'elles soient soumises &#224; des lois, c'est &#224; dire qu'il faut qu'elles soient d&#233;termin&#233;es, qu'elles soient n&#233;cessaires. La n&#233;cessi&#173;t&#233; des actions des autres est donc la premi&#232;re condition de la libert&#233; de mes actions. Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, en agissant de fa&#231;on n&#233;cessaire, les hommes peuvent en m&#234;me temps conserver la pleine libert&#233; de leurs actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une action n&#233;cessaire ? C'est une action qu'il est impossible &#224; un individu donn&#233; de ne pas faire dans des circonstances donn&#233;es. Et d'o&#249; vient l'impossibilit&#233; de ne pas faire cette action ? Elle vient de la nature de cet homme, fa&#231;onn&#233;e par son h&#233;r&#233;dit&#233; et par son &#233;volution ant&#233;rieure. La na&#173;ture de cet homme est telle qu'il ne peut pas ne pas agir d'une fa&#231;on donn&#233;e dans des circonstances donn&#233;es. C'est clair, n'est-ce-pas ? Eh bien ! ajoutez &#224; cela que la nature de cet homme est telle, qu'il ne peut pas ne pas avoir certaines volitions, et vous aurez concili&#233; la notion de la libert&#233; avec celle de la n&#233;cessit&#233;. Je suis libre quand je peux agir comme je veux. Et ma libre action est en m&#234;me temps n&#233;ces&#173;saire, puisque ma volition est d&#233;termin&#233;e par mon or&#173;ganisation et par les circonstances donn&#233;es. La n&#233;cessit&#233; n'exclut donc pas la libert&#233;. Ma n&#233;cessit&#233; c'est la libert&#233; m&#234;me, mais seulement consid&#233;r&#233;e d'un autre c&#244;t&#233; ou d'un autre point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir attir&#233; votre attention sur la r&#233;pon&#173;se que Schelling donnait &#224; la grande question de la n&#233;cessit&#233; et de la libert&#233;. Je passe &#224; son contemporain, son camarade et rival, Hegel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie de l'histoire de Hegel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Hegel &#233;tait, comme celle de Schelling, une philosophie id&#233;aliste. Pour lui, c'est l'Esprit ou l'Id&#233;e qui constitue le fond et comme l'&#226;me de tout ce qui existe. La mati&#232;re elle-m&#234;me n'est qu'une mani&#232;re d'&#234;tre de l'Esprit ou de l'Id&#233;e. Cela est-il possible ? La mati&#232;re ne serait-elle vraiment qu'une mani&#232;re d'&#234;tre de l'esprit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une question qui a une importance capi&#173;tale au point de vue philosophique, mais dont nous n'avons pas &#224; nous occuper maintenant. Ce qu'il nous faut, c'est &#233;tudier les id&#233;es historiques qui s'&#233;le&#173;vaient sur cette base id&#233;aliste dans le syst&#232;me de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ce grand penseur, l'histoire n'est que le d&#233;veloppement de l'Esprit universel dans le temps. La philosophie de l'histoire, c'est l'histoire consid&#233;&#173;r&#233;e avec intelligence. Elle prend les faits tels qu'ils sont, et la seule pens&#233;e qu'elle y apporte, c'est la pens&#233;e que la raison gouverne le monde. Cela vous rappelle sans doute la philosophie fran&#231;aise du dix-huiti&#232;me si&#232;cle, selon laquelle c'est l'opinion ou la raison qui gouverne le monde. Mais Hegel entendait cette pens&#233;e d'une fa&#231;on particuli&#232;re. C'est Anaxagore, dit-il dans ses Le&#231;ons sur la Philosophie de l'Histoire, qui le premier reconnut philosophiquement que la raison gouverne le monde, en entendant par-l&#224; non une Intelligence ayant conscience d'elle-m&#234;me, non un esprit comme tel, mais des lois g&#233;n&#233;rales. Le mouvement du syst&#232;me plan&#233;taire s'effectue par des lois immuables et ces lois en sont la raison, mais ni le soleil, ni les plan&#232;tes qui se meuvent selon ces lois, n'en ont conscience. La raison qui gouverne 1'histoire est donc, selon Hegel, uns raison incons&#173;ciente, ce n'est que l'ensemble des lois qui d&#233;termi&#173;ne le mouvement historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'opinion des hommes, l'opinion que les philosophes du XVIII&#176; si&#232;cle consid&#233;raient comme ressort du mouvement historique, Hegel l'envisageait pour la plupart des cas par la mani&#232;re de vivre, ou en d'autres termes, par l'&#233;tat social. Il dit par exemple dans sa Philosophie de l'Histoire, que la cause de la d&#233;ca&#173;dence de Sparte &#233;tait la diff&#233;rence extr&#234;me des for&#173;tunes. Il dit que l'Etat, comme organisation politique, doit son origine &#224; l'in&#233;galit&#233; des fortu&#173;nes et &#224; la lutte des pauvres contre les riches. Et ce n'est pas tout. Les origines de la famille sont intimement li&#233;es, selon lui, &#224; l'&#233;volution &#233;co&#173;nomique des peuples primitifs. Bref, tout id&#233;aliste qu'il f&#251;t, Hegel, comme les historiens fran&#231;ais dont il a &#233;t&#233; question plus haut, en appelle &#224; l'&#233;tat so&#173;cial comme &#224; la base la plus profonde de la vie des peuples. En cela, il n'a pas &#233;t&#233; en arri&#232;re de son temps, mais il ne l'a pas devanc&#233; non plus, il reste impuissant &#224; expliquer les origines de l'&#233;tat social puisque ce n'est rien expliquer que de dire, comme il dit, qu'&#224; une &#233;poque donn&#233;e, l'&#233;tat social d'un peuple d&#233;pend, comme son &#233;tat politique, religieux, es&#173;th&#233;tique, moral et intellectuel de l'esprit du temps. En sa qualit&#233; d'id&#233;aliste, Hegel en appelle &#224; 1'esprit comme dernier ressort du mouvement historique. Lorsqu'un peuple passe d'un degr&#233; de son &#233;volution &#224; un autre, c'est que l'Esprit Absolu (ou universel) dont ce peuple n'est que l'agent, s'&#233;l&#232;ve &#224; une phase sup&#233;rieure de son d&#233;veloppement. Comme de pareilles explications n'expliquent rien du tout, Hegel s'est trouv&#233; dans le m&#234;me cercle vicieux que les historiens et les sociologues fran&#231;ais : ils expliquaient l'&#233;tat social par l'&#233;tat des id&#233;es et l'&#233;tat des id&#233;es par l'&#233;tat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons que de tous les c&#244;t&#233;s, du c&#244;t&#233; de la philosophie comme du c&#244;t&#233; de l'histoire proprement dite et de la litt&#233;rature, l'&#233;volution de la science sociale dans ses diverses branches aboutissait au m&#234;&#173;me probl&#232;me : expliquer les origines de l'&#233;tat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ce probl&#232;me n'&#233;tait pas r&#233;solu, la science continuait &#224; tourner dans un cercle vicieux, en d&#233;&#173;clarant que B est la cause de A, et en d&#233;signant A comme la cause de B. En revanche, tout promettait de s'&#233;claircir une fois r&#233;solue la question des origines de l'&#233;tat social.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conception marxiste de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la solution de ce probl&#232;me qu'&#224; poursuivie Marx en &#233;laborant sa conception mat&#233;rialiste. Dans la pr&#233;face d'une de ses &#339;uvres : Critique de l'&#233;conomie politique , Marx raconte lui-m&#234;me comment ses &#233;tudes l'amen&#232;rent &#224; cette conception :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Mes recherches aboutirent &#224; ce r&#233;sultat : que les rapports juridiques, ainsi que les formes de l'E&#173;tat, ne peuvent s'expliquer ni par eux-m&#234;mes, ni par la soi-disant &#233;volution g&#233;n&#233;rale de l'esprit humain ; qu'ils prennent leurs racines plut&#244;t dans les condi&#173;tions d'existence mat&#233;rielles que Hegel, &#224; l'exemple des Anglais et des Fran&#231;ais du XVIII&#176; si&#232;cle, compre&#173;nait sous le nom de &#034;soci&#233;t&#233; civile&#034;. (Contribution &#224; la Critique de l'Economie Politi&#173;que, par Karl Marx, traduction fran&#231;aise par Laura Lafargue, p. 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le voyez, c'est le m&#234;me r&#233;sultat au&#173;quel nous avons vu aboutir les historiens, les socio&#173;logues et les critiques fran&#231;ais, de m&#234;me que les philosophes id&#233;alistes allemands. Mais Marx va plus loin. Il demande quelles sont les causes d&#233;terminan&#173;tes de la soci&#233;t&#233; civile, et il r&#233;pond que c'est dans l'&#233;conomie politique qu'il faut chercher l'anatomie de la soci&#233;t&#233; civile. Ainsi c'est l'&#233;tat &#233;conomique d'un peuple qui d&#233;termine son &#233;tat social, et l'&#233;tat social d'un peuple d&#233;termine &#224; son tour son &#233;tat po&#173;litique, religieux et ainsi de suite. Mais, demanderez-vous, l'&#233;tat &#233;conomique n'est pas sans cause non plus ? Sans doute, comme toutes choses ici-bas, il a sa cause &#232; lui, et cette cause, cause fondamentale de toute l'&#233;volution sociale et partant de tout mouve&#173;ment historique, c'est la lutte que l'homme m&#232;ne avec la nature pour son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux vous lire ce que Marx dit l&#224;-dessus : &#034;Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports d&#233;termin&#233;s, n&#233;ces&#173;saires, ind&#233;pendants de leur volont&#233; ; ces rapports de production correspondent &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppe&#173;ment donn&#233; de leurs forces productives mat&#233;rielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;, la base r&#233;elle, sur quoi s'&#233;l&#232;ve superstructure juridique et &#224; laquelle correspondent des formes de conscience sociale d&#233;termin&#233;es. Le mode de produc&#173;tion de la vie mat&#233;rielle conditionne le proc&#232;s de vie social, politique et intellectuel en g&#233;n&#233;ral. Ce n'est pas la conscience des homme qui d&#233;termine la r&#233;alit&#233; c'est au contraire la r&#233;alit&#233; sociale qui d&#233;termine leur conscience. A un certain stade de leur d&#233;veloppement les forces productives de la soci&#233;t&#233; entrent en contradiction avec les rapports de produc&#173;tion existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propri&#233;t&#233; &#224; l'int&#233;&#173;rieur desquels elles s'&#233;taient mues jusqu'alors. De formes &#233;volutives des forces productives qu'ils &#233;taient, ces rapports deviennent des entraves de ces forces. Alors s'ouvre une &#232;re de r&#233;volution sociale. Le changement qui s'est produit dans la base &#233;conomi&#173;que bouleverse plus ou moins lentement ou rapidement toute la colossale superstructure. Lorsqu'on consi&#173;d&#232;re de tels bouleversements, il importe de distinguer toujours entre le bouleversement mat&#233;riel des condi&#173;tions de production &#233;conomique - qu'on doit constater fid&#232;lement &#224; l'aide des sciences physiques et natu&#173;relles - et les formes juridiques, politiques, reli&#173;gieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes id&#233;ologiques sous lesquelles les hommes de&#173;viennent conscients de ce conflit et le m&#232;nent &#224; bout. De m&#234;me qu'on ne juge pas un individu sur l'i&#173;d&#233;e qu'il se fait de lui, de m&#234;me on ne peut juger une telle &#233;poque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette cons&#173;cience par les contradictions de la vie mat&#233;rielle, par le conflit qui existe entre les forces producti&#173;ves sociales et les rapports de production. Une so&#173;ci&#233;t&#233; ne dispara&#238;t jamais avant que soient d&#233;velop&#173;p&#233;es toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, et jamais de nouveaux et sup&#233;&#173;rieurs rapports de production ne se substituent &#224; elle avant que les conditions d'existence mat&#233;rielles de ces rapports aient &#233;t&#233; couv&#233;es dans le sein m&#234;me de la vieille soci&#233;t&#233;. C'est pourquoi l'humanit&#233; ne se pose jamais que les probl&#232;mes qu'elle peut r&#233;sou&#173;dre, car, &#224; regarder de plus pr&#232;s, il se trouvera toujours que le probl&#232;me lui-m&#234;me ne se pr&#233;sente que lorsque les conditions mat&#233;rielles pour le r&#233;soudre existent ou du moins sont en voie de devenir .&#034; (Ibid ., pages 4, 5, 6, 7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je comprends bien que ce langage, tout net et pr&#233;cis qu'il soit, peut para&#238;tre assez obscur. Aussi je me h&#226;te de commenter la pens&#233;e fondamentale de la conception mat&#233;rielle de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e fondamentale de Marx se r&#233;duit &#224; ceci : les rapports de production d&#233;terminent tous les au&#173;tres rapports qui existent entre les hommes dans leur vie sociale. Les rapports de production sont &#224; leur tour d&#233;termin&#233;s par l'&#233;tat des forces productives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'est-ce d'abord que les forces producti&#173;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les animaux, l'homme est forc&#233; de lutter pour son existence. Chaque lutte supposa une certaine d&#233;pense de forces. L'&#233;tat des forces d&#233;ter&#173;mine le r&#233;sultat de la lutte. Chez les animaux, ces forces d&#233;pendent de la structure m&#234;me de l'organisme : les forces d'un cheval sauvage sont bien diff&#233;rentes de celles d'un lion, et la cause de cette diff&#233;rence est dans la diff&#233;rence de l'organisation. L'organisation physique de l'homme a naturellement aussi, une influence d&#233;cisive sur sa mani&#232;re de lutter pour l'existence et sur les r&#233;sultats de cette lutte. Ainsi, par exemple, l'homme est pourvu de la main. Il est vrai que ses voisins, les quadrumanes (les singes), ont aussi des mains, mais les mains des quadrumanes sont moins parfaitement adapt&#233;es &#224; divers travaux. La main est le premier instrument dont s'est servi l'homme dans sa lutte pour l'existence, ainsi que nous le montre Darwin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main, avec le bras, est le premier instrument le premier outil dont se sert l'homme. Les muscles du bras servent de ressort qui frappe ou qui jette. Mais peu &#224; peu la machine s'ext&#233;riorise. La pierre avait d'abord servi par son poids, par sa masse. Dans la suite, cette masse est fix&#233;e &#224; un manche, et nous avons la hache, le marteau. La main, est le premier instrument de l'homme, lui sert ainsi &#224; en produire d'autres, &#224; fa&#231;onner la mati&#232;re pour lutter contre la nature, c'est &#224; dire contre le reste de la mati&#232;re ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus se perfectionne cette mati&#232;re asservie, plus se d&#233;veloppe l'usage des outils, des instruments et, plus augmente aussi la force de l'homme vis-&#224;-vis de la nature, plus augmente son pouvoir sur la natu&#173;re. On a d&#233;fini l'homme : un animal qui fait des ou&#173;tils. Cette d&#233;finition est plus profonde qu'on ne le pense d'abord. En effet, d&#232;s que l'homme a acquis la facult&#233; d'asservir et de fa&#231;onner une partie de la mati&#232;re pour lutter contre le reste de la mati&#232;&#173;re, la s&#233;lection naturelle et les autres causes analogues ont d&#251; exercer une influence bien secondaire sur les modifications corporelles de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont plus ses organes qui changent, ce sont ses outils et les choses qu'il adapte &#224; son usage avec l'aide de ses outils : ce n'est pas sa peau qui change avec le changement de climat, c'est son v&#234;tement. La transformation corporelle de l'hom&#173;me cesse (ou devient insignifiante) pour c&#233;der la place &#224; son &#233;volution technique ; et l'&#233;volution technique c'est l'&#233;volution des forces productives et l'&#233;volution des forces productives a une influence d&#233;cisive sur le groupement des hommes, sur l'&#233;tat de leur culture. La science, de nos jours, distingue plusieurs types sociaux : 1) Type chasseur ; 2) Type pasteur ; 3) Type agriculteur s&#233;dentaire ; 4) Type industriel et commercial. Chacun de ces types est caract&#233;ris&#233; par certains rapports entre les hommes, rapports qui ne d&#233;pendent pas de leur volont&#233; et qui sont d&#233;termin&#233;s par l'&#233;tat des forces productives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, prenons pour exemple les rapports de la propri&#233;t&#233;. Le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; d&#233;pend du mode de production, car la r&#233;partition et la consommation des richesses sont &#233;troitement li&#233;es &#224; la fa&#231;on de se les procurer. Chez les peuples chasseurs primi&#173;tifs, on est oblig&#233; souvent de se mettre &#224; plusieurs pour attraper le gros gibier ; ainsi, les Austra&#173;liens chassent le Kangourou par bandes de plusieurs dizaines d'individus ; les Esquimaux r&#233;unissent tou&#173;te une flottille de canots pour la p&#234;che &#224; la baleine. Les Kangourous captur&#233;s, les baleines ramen&#233;es au rivage sont consid&#233;r&#233;s comme propri&#233;t&#233; commune ; chacun en mange selon son app&#233;tit. Le territoire de chaque tribu, chez les Australiens aussi bien que chez tous les peuples chasseurs, est consid&#233;r&#233; comme propri&#233;t&#233; collective ; chacun y chasse &#224; sa guise, avec la seule obligation de ne pas empi&#233;ter sur le terrain des tribus voisines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au milieu de cette propri&#233;t&#233; commune, cer&#173;tains objets servant uniquement &#224; l'individu : ses v&#234;tements, ses armes, sont consid&#233;r&#233;s comme propri&#233;t&#233; individuelle, tandis que la tente et son mobilier sont &#224; la famille. De m&#234;me, le canot qui sert &#224; des groupes compos&#233;s de cinq &#224; six hommes, est &#224; ces per&#173;sonnes en commun. Ce qui d&#233;cide de la propri&#233;t&#233; c'est le mode de travail, le mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai taill&#233; une hache de silex de mes mains, elle est &#224; moi ; avec ma femme et mes enfants, nous avons b&#226;ti la hutte, elle est &#224; ma famille ; J'ai chass&#233; avec les gens de ma tribu, les b&#234;tes abattues sont &#224; nous en commun. Les animaux que j'ai tu&#233;s tout seul sur le territoire de la tribu sont &#224; moi, et si par hasard l'animal bless&#233; par moi est achev&#233; par un autre, il est &#224; nous deux et la peau est &#224; celui qui a donn&#233; le coup de gr&#226;ce. A cette fin, chaque fl&#232;che porte la marque du propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose vraiment remarquable : chez les Peaux-Rou&#173;ges de l'Am&#233;rique du Nord, avant l'introduction des armes &#224; feu, la chasse au bison &#233;tait jadis r&#233;glemen&#173;t&#233;e tr&#232;s rigoureusement : si plusieurs fl&#232;ches avaient p&#233;n&#233;tr&#233; dans le corps du bison, leur position r&#233;ci&#173;proque d&#233;cidait &#224; qui appartenait telle ou telle partie de l'animal abattu ; ainsi la peau &#233;tait &#224; celui dont la fl&#232;che avait p&#233;n&#233;tr&#233; le plus pr&#232;s du c&#339;ur. Mais depuis l'introduction des armes &#224; feu, comme les balles ne portent pas de marques distinctives, la r&#233;partition des bisons abattus se fait par partage &#233;gal ; ils sont donc consid&#233;r&#233;s comme propri&#233;t&#233; commune. Cet exemple montre avec &#233;vidence le lien &#233;troit qui existe entre la production et le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les rapports des hommes entre eux dans la production d&#233;cident des rapports de la propri&#233;t&#233;, de l'&#233;tat de la propri&#233;t&#233;, comme disait Guizot. Mais une fois que l'&#233;tat de la propri&#233;t&#233; est donn&#233;, il est facile de comprendre la constitution de la soci&#233;t&#233;, elle se moule sur celle de la propri&#233;t&#233;. C'est ainsi que la th&#233;orie de Marx r&#233;sout le probl&#232;me que ne pouvaient pas r&#233;soudre les historiens et les philosophes de la premi&#232;re moiti&#233; du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les sciences philosophiques selon Hegel</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8146</link>
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		<dc:date>2026-07-31T22:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Traduction sommaire de l'Encyclop&#233;die des sciences philosophiques de Hegel &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
&#167;1 &lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie manque d'un avantage dont jouissent les autres sciences. Elle ne peut pas, comme elles, fonder l'existence de ses objets sur les aveux naturels de la conscience, ni supposer que sa m&#233;thode de connaissance, soit pour commencer, soit pour continuer, soit d&#233;j&#224; accept&#233;e. Les objets de la philosophie, il est vrai, sont dans l'ensemble les m&#234;mes que ceux de la religion. Dans les deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Traduction sommaire de l'Encyclop&#233;die des sciences philosophiques de Hegel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie manque d'un avantage dont jouissent les autres sciences. Elle ne peut pas, comme elles, fonder l'existence de ses objets sur les aveux naturels de la conscience, ni supposer que sa m&#233;thode de connaissance, soit pour commencer, soit pour continuer, soit d&#233;j&#224; accept&#233;e. Les objets de la philosophie, il est vrai, sont dans l'ensemble les m&#234;mes que ceux de la religion. Dans les deux cas, l'objet est la V&#233;rit&#233;, dans ce sens supr&#234;me o&#249; Dieu et Dieu seul est la V&#233;rit&#233;. Toutes deux traitent &#233;galement des mondes finis de la Nature et de l'Esprit humain, de leurs relations mutuelles et de leur v&#233;rit&#233; en Dieu.La philosophie peut donc, et m&#234;me doit, pr&#233;sumer une certaine connaissance de ses objets, et m&#234;me un certain int&#233;r&#234;t pour eux, ne serait-ce que pour la raison suivante : avec le temps, l'esprit se fait des images g&#233;n&#233;rales des objets, bien avant d'en avoir des notions , et c'est seulement par ces images mentales, et en y recourant, que l'esprit pensant s'&#233;l&#232;ve pour conna&#238;tre et comprendre en pensant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec l'essor de cette &#233;tude r&#233;fl&#233;chie des choses, il devient bient&#244;t &#233;vident que la pens&#233;e ne se contentera de rien d'autre que de montrer la n&#233;cessit&#233; de ses faits, de d&#233;montrer l'existence de ses objets, ainsi que leur nature et leurs qualit&#233;s. Notre connaissance originelle de ces choses se r&#233;v&#232;le ainsi inad&#233;quate. Nous ne pouvons rien supposer ni rien affirmer dogmatiquement ; nous ne pouvons pas non plus accepter les assertions et les suppositions des autres. Et pourtant, nous devons faire un commencement : et un commencement, en tant que premier et non d&#233;riv&#233;, fait une supposition, ou plut&#244;t est une supposition. Il semble qu'il soit impossible de faire un commencement du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude r&#233;fl&#233;chie des choses peut servir, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, &#224; d&#233;crire la philosophie. Mais cette description est trop large. S'il est exact de dire que la pens&#233;e fait la distinction entre l'homme et les animaux inf&#233;rieurs, alors tout ce qui est humain est humain, pour la seule et simple raison qu'il est d&#251; &#224; l'op&#233;ration de la pens&#233;e.La philosophie, en revanche, est un mode de pens&#233;e particulier &#8211; un mode dans lequel la pens&#233;e devient connaissance, et la connaissance &#224; travers des notions.Aussi grande que soit l'identit&#233; et l'unit&#233; essentielle des deux modes de pens&#233;e, le mode philosophique finit par se distinguer de la pens&#233;e plus g&#233;n&#233;rale qui agit dans tout ce qui est humain, dans tout ce qui donne &#224; l'humanit&#233; son caract&#232;re distinctif. Et cette diff&#233;rence se rattache au fait queles ph&#233;nom&#232;nes de conscience strictement humains et induits par la pens&#233;e n'apparaissent pas &#224; l'origine sous la forme d'une pens&#233;e, mais sous la forme d'un sentiment, d'une perception ou d'une image mentale &#8212; tous ces aspects devant &#234;tre distingu&#233;s de la forme de pens&#233;e proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s une vieille id&#233;e pr&#233;con&#231;ue, devenue une proposition triviale, c'est la pens&#233;e qui distingue l'homme de l'animal. Si triviale que puisse para&#238;tre cette vieille croyance, elle doit, chose &#233;trange, &#234;tre rappel&#233;e &#224; l'esprit en pr&#233;sence de certaines id&#233;es pr&#233;con&#231;ues de notre temps. Ces id&#233;es voudraient &#233;loigner &#224; tel point le sentiment et la pens&#233;e qu'elles en feraient des oppos&#233;s, et les repr&#233;senteraient comme si antagonistes que le sentiment, surtout le sentiment religieux, serait contamin&#233;, perverti et m&#234;me an&#233;anti par la pens&#233;e. Elles soutiennent aussi avec insistance que la religion et la pi&#233;t&#233; naissent et reposent sur autre chose que sur la pens&#233;e. Mais ceux qui font cette distinction oublient cependant que seul l'homme est capable de religion, et que les animaux n'ont pas plus de religion que de loi et de morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui insistent sur cette s&#233;paration de la religion et de la pens&#233;e ont g&#233;n&#233;ralement devant eux ce que l'on peut appeler la pens&#233;e apr&#232;s coup . Ils entendent par l&#224; la pens&#233;e &#171; r&#233;fl&#233;chie &#187;, qui a affaire aux pens&#233;es en tant que pens&#233;es et les am&#232;ne &#224; la conscience. La n&#233;gligence &#224; percevoir et &#224; garder &#224; l'esprit cette distinction que la philosophie &#233;tablit clairement &#224; l'&#233;gard de la pens&#233;e est la source des objections et des reproches les plus grossiers contre la philosophie. L'homme &#8212; et cela pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il est de sa nature de penser &#8212; est le seul &#234;tre qui poss&#232;de la loi, la religion et la morale. Dans ces domaines de la vie humaine, la pens&#233;e, sous le couvert du sentiment, de la foi ou de l'image g&#233;n&#233;rale, n'est donc pas rest&#233;e inactive : son action et ses productions y sont pr&#233;sentes et contenues. Mais c'est une chose d'avoir de tels sentiments et de telles images g&#233;n&#233;ralis&#233;es qui ont &#233;t&#233; model&#233;s et p&#233;n&#233;tr&#233;s par la pens&#233;e, et une autre chose d'avoir des pens&#233;es &#224; leur sujet. Les pens&#233;es auxquelles donne lieu la r&#233;flexion apr&#232;s coup sur ces modes de conscience sont ce qui est compris dans la r&#233;flexion, le raisonnement g&#233;n&#233;ral et autres, aussi bien que dans la philosophie elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oubli de cette distinction entre la pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral et la pens&#233;e r&#233;flexive de la philosophie a conduit &#224; un autre malentendu, plus fr&#233;quent. On a souvent soutenu que la r&#233;flexion de ce genre &#233;tait la condition, ou m&#234;me le seul moyen, d'atteindre la conscience et la certitude de l'&#201;ternel et du Vrai. Par exemple, on a trait&#233; les preuves m&#233;taphysiques (aujourd'hui quelque peu d&#233;su&#232;tes) de l'existence de Dieu comme si la connaissance de ces preuves et la conviction de leur v&#233;rit&#233; &#233;taient le seul et essentiel moyen de produire la croyance et la conviction qu'il y a un Dieu. Une telle doctrine trouverait son &#233;quivalent si l'on disait qu'il est impossible de manger avant d'avoir acquis la connaissance des caract&#232;res chimiques, botaniques et zoologiques de nos aliments, et qu'il faut retarder la digestion jusqu'&#224; ce que l'on ait termin&#233; l'&#233;tude de l'anatomie et de la physiologie. S'il en &#233;tait ainsi, ces sciences dans leur domaine, comme la philosophie dans le sien, gagneraient beaucoup en utilit&#233; ; en fait, leur utilit&#233; s'&#233;l&#232;verait au point d'&#234;tre absolument et universellement indispensable. Ou plut&#244;t, au lieu d'&#234;tre indispensables, elles n'existeraient pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu , de quelque nature qu'il soit, qui occupe notre conscience, est ce qui constitue le caract&#232;re qualitatif de nos sentiments, perceptions, imaginations et id&#233;es, de nos buts et devoirs, de nos pens&#233;es et notions. De ce point de vue, le sentiment, la perception, etc., sont les formes prises par ces contenus. Les contenus restent un et les m&#234;mes, qu'ils soient sentis, vus, repr&#233;sent&#233;s ou voulus, et qu'ils soient simplement sentis ou ressentis avec un m&#233;lange de pens&#233;es, ou simplement pens&#233;s. Sous l'une quelconque de ces formes, ou dans le m&#233;lange de plusieurs, les contenus se confrontent &#224; la conscience ou en sont l' objet . Mais lorsqu'ils sont ainsi objets de conscience, les modes des diverses formes s'allient aux contenus, et chacune de leurs formes semble par cons&#233;quent donner naissance &#224; un objet sp&#233;cial. Ainsi, ce qui est au fond le m&#234;me peut appara&#238;tre comme un fait d'une autre sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divers modes de sentiment, de perception, de d&#233;sir et de volont&#233;, dans la mesure o&#249; nous en avons conscience , sont en g&#233;n&#233;ral appel&#233;s id&#233;es (repr&#233;sentations mentales) : et l'on peut dire en gros que la philosophie met des pens&#233;es, des cat&#233;gories ou, en langage plus pr&#233;cis, des notions ad&#233;quates &#224; la place des images g&#233;n&#233;ralis&#233;es que nous appelons ordinairement id&#233;es. De telles impressions mentales peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des m&#233;taphores de pens&#233;es et de notions. Mais avoir ces conceptions figuratives n'implique pas que nous appr&#233;cions leur signification intellectuelle, les pens&#233;es et les notions rationnelles auxquelles elles correspondent. Inversement, c'est une chose d'avoir des pens&#233;es et des notions intelligentes, et une autre chose de savoir &#224; quelles impressions, perceptions et sentiments elles correspondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette diff&#233;rence expliquera dans une certaine mesure ce que les gens appellent l'inintelligibilit&#233; de la philosophie. Leur difficult&#233; r&#233;side en partie dans une incapacit&#233; - qui en elle-m&#234;me n'est rien d'autre qu'un manque d'habitude - &#224; penser de mani&#232;re abstraite, c'est-&#224;-dire dans une incapacit&#233; &#224; saisir des pens&#233;es pures et &#224; se mouvoir en elles. Dans notre &#233;tat d'esprit ordinaire, les pens&#233;es sont rev&#234;tues et ne font qu'un avec la mati&#232;re sensible ou spirituelle du moment ; et dans la r&#233;flexion, la m&#233;ditation et le raisonnement g&#233;n&#233;ral, nous introduisons un m&#233;lange de pens&#233;es dans les sentiments, les perceptions et les images mentales. (Ainsi, dans les propositions dont le sujet est d&#251; aux sens - par exemple &#171; Cette feuille est verte &#187; - nous avons des cat&#233;gories telles que l'&#234;tre et l'individualit&#233;.) Mais c'est une tout autre chose de faire des pens&#233;es pures et simples notre objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais leur plainte selon laquelle la philosophie est inintelligible est due &#224; une autre raison : c'est un d&#233;sir impatient d'avoir devant les yeux comme image mentale ce qui est dans l'esprit comme pens&#233;e ou notion. Quand on demande aux gens d'appr&#233;hender une notion, ils se plaignent souvent de ne pas savoir ce qu'ils doivent penser. Mais le fait est que dans une notion, il n'y a rien d'autre &#224; penser que la notion elle-m&#234;me. Ce que r&#233;v&#232;le cette expression, c'est un d&#233;sir ardent d'une image qui nous est d&#233;j&#224; famili&#232;re. L'esprit, priv&#233; de l'usage de ses id&#233;es famili&#232;res, sent le sol o&#249; il se tenait autrefois fermement et chez lui lui &#234;tre enlev&#233;, et, lorsqu'il est transport&#233; dans la r&#233;gion de la pens&#233;e pure, il ne sait plus o&#249; il se trouve dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cons&#233;quence de cette faiblesse est que les auteurs, les pr&#233;dicateurs et les orateurs sont jug&#233;s plus intelligibles lorsqu'ils parlent de choses que leurs lecteurs ou leurs auditeurs connaissent d&#233;j&#224; par c&#339;ur &#8211; des choses que ces derniers connaissent et qui ne n&#233;cessitent aucune explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe doit donc tenir compte des modes de pens&#233;e populaires et des objets de la religion. En traitant des modes ordinaires de pens&#233;e, il devra tout d'abord, comme nous l'avons vu, prouver et presque &#233;veiller la n&#233;cessit&#233; de sa m&#233;thode particuli&#232;re de connaissance. En traitant des objets de la religion et de la v&#233;rit&#233; dans son ensemble, il devra montrer que la philosophie est capable de les saisir par ses propres moyens ; et si une diff&#233;rence avec les conceptions religieuses se fait jour, il devra justifier les points sur lesquels elle s'&#233;carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner au lecteur une explication pr&#233;liminaire de la distinction ainsi &#233;tablie, et pour lui faire voir en m&#234;me temps que la v&#233;ritable signification de notre conscience est conserv&#233;e, et m&#234;me pour la premi&#232;re fois mise dans sa juste lumi&#232;re, lorsqu'elle est traduite sous la forme de la pens&#233;e et de la notion de raison, il peut &#234;tre bon de rappeler une autre de ces vieilles croyances irraisonn&#233;es. Et c'est la conviction que pour parvenir &#224; la v&#233;rit&#233; d'un objet ou d'un &#233;v&#233;nement, m&#234;me des sentiments, des perceptions, des opinions et des id&#233;es mentales, nous devons le r&#233;fl&#233;chir. Or, en tout cas, r&#233;fl&#233;chir, c'est au moins transformer des sentiments, des id&#233;es ordinaires, etc. en pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature a donn&#233; &#224; chacun la facult&#233; de penser. Mais la pens&#233;e est tout ce que la philosophie pr&#233;tend &#234;tre la forme propre de son m&#233;tier. Ainsi, la conception inad&#233;quate qui ignore la distinction &#233;tablie au &#167; 3 conduit &#224; une nouvelle illusion, l'inverse de la plainte mentionn&#233;e plus haut sur l'inintelligibilit&#233; de la philosophie. En d'autres termes, cette science doit souvent subir le m&#233;pris d'entendre parler, m&#234;me par des gens qui ne s'en sont jamais occup&#233;s, comme s'ils la connaissaient parfaitement. Sans pr&#233;paration autre que celle d'une &#233;ducation ordinaire, ils n'h&#233;sitent pas, surtout sous l'influence du sentiment religieux, &#224; philosopher et &#224; critiquer la philosophie. Tout le monde convient que pour conna&#238;tre une autre science, il faut l'avoir d'abord &#233;tudi&#233;e, et que c'est seulement en vertu de cette connaissance qu'on peut pr&#233;tendre porter un jugement sur elle. Tout le monde convient que pour fabriquer une chaussure, il faut avoir appris et pratiqu&#233; le m&#233;tier de cordonnier, bien que chacun ait un mod&#232;le dans son pied et poss&#232;de dans ses mains les dons naturels pour les op&#233;rations requises. Pour la philosophie seule, semble-t-il, une telle &#233;tude, un tel soin et une telle application ne sont nullement n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision confortable de ce qui est requis pour un philosophe a r&#233;cemment &#233;t&#233; corrobor&#233;e par la th&#233;orie de la connaissance imm&#233;diate ou intuitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour la forme de la connaissance philosophique. Il n'est pas moins souhaitable, d'autre part, que la philosophie comprenne que son contenu n'est autre que l'actualit&#233; , ce noyau de v&#233;rit&#233; qui, produit et se produisant &#224; l'origine dans l'enceinte de la vie mentale, est devenu le monde , le monde int&#233;rieur et ext&#233;rieur de la conscience. Nous prenons d'abord conscience de ce contenu dans ce que nous appelons l'exp&#233;rience. Mais l'exp&#233;rience elle-m&#234;me, lorsqu'elle examine le vaste champ de l'existence int&#233;rieure et ext&#233;rieure, a assez de sens pour distinguer la simple apparence, qui est passag&#232;re et d&#233;nu&#233;e de sens, de ce qui en soi m&#233;rite vraiment le nom d'actualit&#233;. Comme c'est seulement par la forme que la philosophie se distingue des autres modes de connaissance de cette m&#234;me somme d'&#234;tre, elle doit n&#233;cessairement &#234;tre en harmonie avec l'actualit&#233; et l'exp&#233;rience. En fait, cette harmonie peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e au moins comme un moyen extrins&#232;que de v&#233;rifier la v&#233;rit&#233; d'une philosophie. De m&#234;me, on peut consid&#233;rer que le but supr&#234;me et final de la science philosophique est de r&#233;aliser, par la constatation de cette harmonie, une r&#233;conciliation de la raison consciente de soi avec la raison qui est dans le monde, en d'autres termes, avec la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pr&#233;face de ma Philosophie du droit , p. xix, on trouve les propositions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est raisonnable est r&#233;el&lt;br class='autobr' /&gt;
et&lt;br class='autobr' /&gt;
ce qui est r&#233;el est raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces simples affirmations ont donn&#233; lieu &#224; des expressions de surprise et d'hostilit&#233;, m&#234;me dans des milieux o&#249; l'on consid&#233;rerait comme une insulte l'absence de philosophie, et encore plus de religion. La religion, du moins, n'a pas besoin d'&#234;tre mise en &#233;vidence ; ses doctrines sur les gouvernements divins du monde confirment trop clairement ces propositions. Pour leur sens philosophique, nous devons pr&#233;supposer une intelligence suffisante pour savoir non seulement que Dieu est actuel, qu'il est l'actuel supr&#234;me, que lui seul est vraiment actuel ; mais aussi, en ce qui concerne la port&#233;e logique de la question, que l'existence est en partie une simple apparence et en partie seulement une r&#233;alit&#233;. Dans la vie courante, tout caprice de l'imagination, toute erreur, le mal et tout ce qui est de la nature du mal, ainsi que toute existence d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e et transitoire, quelle qu'elle soit, re&#231;oivent d'une mani&#232;re fortuite le nom d'actuel. Mais m&#234;me nos sentiments ordinaires suffisent &#224; interdire &#224; une existence fortuite (fortuite) d'obtenir le nom emphatique d'actuel ; car par fortuite nous entendons une existence qui n'a pas plus de valeur que celle d'une chose possible, qui pourrait aussi bien ne pas &#234;tre qu'&#234;tre. Quant au terme d'Actualit&#233;, ces critiques auraient d&#251; consid&#233;rer le sens dans lequel je l'emploie. Dans une Logique d&#233;taill&#233;e, j'ai trait&#233; entre autres choses de l'Actualit&#233;, et je l'ai distingu&#233;e avec pr&#233;cision non seulement du fortuit, qui, apr&#232;s tout, a une existence, mais m&#234;me des cat&#233;gories apparent&#233;es de l'existence et des autres modifications de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'actualit&#233; du rationnel s'oppose l'id&#233;e populaire selon laquelle les id&#233;es et les id&#233;aux ne sont que des chim&#232;res et la philosophie un simple syst&#232;me de fantasmes. A cette id&#233;e s'oppose aussi l'id&#233;e tr&#232;s diff&#233;rente selon laquelle les id&#233;es et les id&#233;aux sont quelque chose de bien trop excellent pour avoir une r&#233;alit&#233;, ou bien quelque chose de trop impuissant pour la procurer par eux-m&#234;mes. Ce divorce entre id&#233;e et r&#233;alit&#233; est particuli&#232;rement cher &#224; l'entendement analytique qui consid&#232;re ses propres abstractions, tout r&#234;ves qu'elles soient, comme quelque chose de vrai et de r&#233;el, et qui se vante de l'imp&#233;ratif &#171; il faut &#187;, qu'il prend un plaisir particulier &#224; prescrire m&#234;me dans le domaine de la politique. Comme si le monde avait attendu qu'il apprenne comment il devrait &#234;tre, et qu'il ne l'&#233;tait pas ! Car, si tout &#233;tait comme il devrait &#234;tre, que deviendrait la sagesse pr&#233;coce de ce &#171; il faut &#187; ? Lorsque l'entendement tourne ce &#171; il faut &#187; contre des objets ext&#233;rieurs triviaux et transitoires, contre des r&#232;gles ou des conditions sociales, qui ont tr&#232;s probablement une grande importance relative pour un certain temps et des cercles particuliers, il peut souvent avoir raison. Dans un tel cas, l'observateur intelligent peut rencontrer bien des choses qui ne satisfont pas aux exigences g&#233;n&#233;rales du droit ; car qui n'est pas assez perspicace pour voir dans son propre environnement bien des choses qui sont loin d'&#234;tre ce qu'elles devraient &#234;tre ? Mais une telle perspicacit&#233; se trompe en pensant que, lorsqu'elle examine ces objets et prononce ce qu'ils devraient &#234;tre, elle traite de questions de science philosophique. L'objet de la philosophie est l'Id&#233;e, et l'Id&#233;e n'est pas impuissante au point d'avoir simplement le droit ou l'obligation d'exister sans exister r&#233;ellement. L'objet de la philosophie est une r&#233;alit&#233; dont ces objets, les r&#232;glements et les conditions sociales, ne sont que l'ext&#233;rieur superficiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la r&#233;flexion, la r&#233;flexion sur les choses, impliquent d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale le principe (et donc le commencement) de la philosophie. Et lorsque l'esprit de r&#233;flexion rena&#238;t dans son ind&#233;pendance dans les temps modernes, apr&#232;s l'&#233;poque de la R&#233;forme luth&#233;rienne, il ne se contente pas, comme &#224; ses d&#233;buts chez les Grecs, de rester &#224; l'&#233;cart, dans un monde qui lui est propre, mais il tourne aussit&#244;t ses &#233;nergies vers la mati&#232;re apparemment illimit&#233;e du monde ph&#233;nom&#233;nal. C'est ainsi que le nom de philosophie en est venu &#224; s'appliquer &#224; toutes les branches de la connaissance qui s'occupent de d&#233;terminer la norme et l'universel dans l'oc&#233;an des individualit&#233;s empiriques, ainsi que l'&#233;l&#233;ment n&#233;cessaire, ou les lois, que l'on trouve dans le d&#233;sordre apparent des masses infinies du hasard. Il appara&#238;t ainsi que la philosophie moderne tire ses mat&#233;riaux de nos propres observations et perceptions personnelles du monde ext&#233;rieur et int&#233;rieur, de la nature aussi bien que de l'esprit et du c&#339;ur de l'homme, lorsque tous deux se trouvent en pr&#233;sence imm&#233;diate de l'observateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe de l'exp&#233;rience comporte une condition indiciblement importante : pour accepter et croire un fait, il faut &#234;tre en contact avec lui ; ou, en termes plus exacts, il faut que nous trouvions le fait uni et combin&#233; &#224; la certitude de nous-m&#234;mes. Il faut &#234;tre en contact avec le sujet que nous &#233;tudions, soit par nos sens ext&#233;rieurs, soit par notre esprit plus profond et notre conscience intime de nous-m&#234;mes. Ce principe est le m&#234;me que celui qu'on a appel&#233; de nos jours la foi, la connaissance imm&#233;diate, la r&#233;v&#233;lation dans le monde ext&#233;rieur et, surtout, dans notre propre c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sciences qui ont re&#231;u le nom de philosophie, nous les appelons sciences empiriques , parce qu'elles partent de l'exp&#233;rience. Mais les r&#233;sultats essentiels qu'elles visent et qu'elles fournissent sont des lois, des propositions g&#233;n&#233;rales, une th&#233;orie, c'est-&#224;-dire des pens&#233;es sur ce qui existe. C'est sur cette base que la physique newtonienne a &#233;t&#233; appel&#233;e philosophie naturelle. Hugo Grotius , en rassemblant et en comparant le comportement des &#201;tats les uns envers les autres tel qu'il est enregistr&#233; dans l'histoire, a r&#233;ussi, &#224; l'aide des m&#233;thodes ordinaires du raisonnement g&#233;n&#233;ral, &#224; &#233;tablir certains principes g&#233;n&#233;raux et &#224; &#233;tablir une th&#233;orie que l'on peut appeler la philosophie du droit international. En Angleterre, c'est encore la signification habituelle du terme philosophie. Newton continue d'&#234;tre c&#233;l&#233;br&#233; comme le plus grand des philosophes, et le nom est rest&#233; jusque dans les listes de prix des fabricants d'instruments. Tous les instruments, tels que le thermom&#232;tre et le barom&#232;tre, qui ne rentrent pas dans la cat&#233;gorie sp&#233;ciale des appareils magn&#233;tiques ou &#233;lectriques, sont appel&#233;s instruments philosophiques. C'est bien la pens&#233;e , et non pas un simple m&#233;lange de bois, de fer, etc., qui doit &#234;tre appel&#233;e l'instrument de la philosophie ! La science r&#233;cente de l'&#233;conomie politique, qui est connue en Allemagne sous le nom d'&#233;conomie rationnelle de l'&#201;tat ou d'&#233;conomie nationale intelligente, a particuli&#232;rement pris en Angleterre le nom de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son domaine propre, cette connaissance empirique peut d'abord donner satisfaction, mais elle se r&#233;v&#232;le insuffisante de deux mani&#232;res. En premier lieu, il y a un autre cercle d'objets qu'elle n'embrasse pas. Ce sont la Libert&#233;, l'Esprit et Dieu. Ils appartiennent &#224; un autre domaine, non pas parce qu'on peut dire qu'ils n'ont rien &#224; voir avec l'exp&#233;rience, car bien qu'ils ne soient certainement pas des exp&#233;riences sensorielles, c'est une proposition tout &#224; fait identique que de dire que tout ce qui est dans la conscience est v&#233;cu. La v&#233;ritable raison pour laquelle on les assigne &#224; un autre domaine de la connaissance est que, par leur port&#233;e et leur contenu, ces objets se montrent manifestement infinis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une vieille phrase souvent attribu&#233;e &#224; tort &#224; Aristote et cens&#233;e exprimer la teneur g&#233;n&#233;rale de sa philosophie : Nihil est in intellectu quod non fuerit in sensu : il n'y a rien dans la pens&#233;e qui n'ait &#233;t&#233; dans le sens et dans l'exp&#233;rience. Si la philosophie sp&#233;culative a refus&#233; d'admettre cette maxime, c'est seulement par malentendu. Mais elle affirmera &#224; l'inverse : Nihil est in sensu quod ! non fuerit in intellectu . Et cela peut &#234;tre pris en deux sens. Dans le sens g&#233;n&#233;ral, cela signifie que &#957;&#959;&#965;&#962; ou l'esprit (l'id&#233;e la plus profonde de &#957;&#959;&#965;&#962; dans la pens&#233;e moderne) est la cause du monde. Dans son sens sp&#233;cial (voir &#167; 2), cela affirme que le sentiment du droit, de la morale et de la religion est un sentiment (et par l&#224; une exp&#233;rience) d'une telle port&#233;e et d'un tel caract&#232;re qu'il ne peut na&#238;tre que de la pens&#233;e et reposer sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en second lieu, sous le rapport de la forme, la raison subjective d&#233;sire une satisfaction plus grande que celle que donne la connaissance empirique ; et cette forme est, au sens le plus large du terme, la n&#233;cessit&#233; (&#167; 1). La m&#233;thode de la science empirique pr&#233;sente deux d&#233;fauts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier est que le principe universel ou g&#233;n&#233;ral qu'elle contient, le genre, etc., est, de lui-m&#234;me, ind&#233;termin&#233; et vague, et par cons&#233;quent ne se rattache pas de lui-m&#234;me aux particuliers ou aux d&#233;tails. L'un est ext&#233;rieur &#224; l'autre et accidentel ; il en est de m&#234;me des faits particuliers qui sont r&#233;unis : chacun est ext&#233;rieur aux autres et accidentel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le second d&#233;faut est que les commencements sont dans tous les cas des donn&#233;es et des postulats, qui ne sont ni expliqu&#233;s ni d&#233;duits. Sur ces deux points, la forme de n&#233;cessit&#233; n'obtient pas ce qui lui est d&#251;. C'est pourquoi la r&#233;flexion, chaque fois qu'elle s'efforce de rem&#233;dier &#224; ces d&#233;fauts, devient une pens&#233;e sp&#233;culative, la pens&#233;e propre &#224; la philosophie. En tant qu'esp&#232;ce de r&#233;flexion qui, tout en ayant une certaine communaut&#233; de nature avec la r&#233;flexion d&#233;j&#224; mentionn&#233;e, en est n&#233;anmoins diff&#233;rente, la pens&#233;e philosophique poss&#232;de ainsi, outre les formes communes, quelques formes qui lui sont propres, dont la Notion peut &#234;tre prise pour le type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation de la science sp&#233;culative avec les autres sciences peut &#234;tre formul&#233;e de la mani&#232;re suivante. Elle ne n&#233;glige nullement les faits empiriques contenus dans les diverses sciences, mais les reconna&#238;t et les adopte ; elle appr&#233;cie et applique &#224; sa propre structure l'&#233;l&#233;ment universel de ces sciences, leurs lois et leurs classifications ; mais en outre, elle introduit et fait conna&#238;tre d'autres cat&#233;gories dans les cat&#233;gories de la science. La diff&#233;rence, envisag&#233;e sous cet angle, n'est qu'un changement de cat&#233;gories. La logique sp&#233;culative contient toute la logique et la m&#233;taphysique ant&#233;rieures : elle conserve les m&#234;mes formes de pens&#233;e, les m&#234;mes lois et les m&#234;mes objets, tout en les remodelant et en les &#233;largissant avec des cat&#233;gories plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer de la notion au sens sp&#233;culatif ce qu'on appelle ordinairement une notion. La phrase selon laquelle aucune notion ne peut jamais comprendre l'infini, phrase qui a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; maintes reprises jusqu'&#224; devenir axiomatique, est fond&#233;e sur cette appr&#233;ciation &#233;troite de ce que l'on entend par notions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pens&#233;e, qui se propose comme instrument de la connaissance philosophique, demande elle-m&#234;me une explication plus pouss&#233;e. Il faut comprendre en quoi elle poss&#232;de une n&#233;cessit&#233; ou une force, et quand elle pr&#233;tend &#234;tre &#224; la hauteur de la t&#226;che d'appr&#233;hender les objets absolus (Dieu, l'Esprit, la Libert&#233;), il faut justifier cette pr&#233;tention. Mais une telle explication est elle-m&#234;me une le&#231;on de philosophie et rel&#232;ve proprement de la science elle-m&#234;me. Une tentative pr&#233;liminaire pour clarifier les choses ne serait qu'antiphilosophique et consisterait en un tissu d'hypoth&#232;ses, d'affirmations et de pour et de contre inf&#233;rentiels, c'est-&#224;-dire de dogmatisme sans force, contre lequel on aurait &#233;galement le droit de faire un contre-dogmatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des principales id&#233;es de la philosophie critique est de nous demander de nous arr&#234;ter avant de nous int&#233;resser &#224; Dieu ou &#224; l'&#234;tre v&#233;ritable des choses, et de consid&#233;rer d'abord la facult&#233; de conna&#238;tre et de voir si elle est &#224; la hauteur d'un tel effort. Il faut, dit Kant, conna&#238;tre l'instrument avant d'entreprendre le travail auquel il doit &#234;tre employ&#233; ; car si l'instrument est insuffisant, tous nos efforts seront vains. La plausibilit&#233; de cette suggestion lui a valu l'approbation et l'admiration de tous ; le r&#233;sultat en a &#233;t&#233; de soustraire la connaissance &#224; l'int&#233;r&#234;t qu'elle porte &#224; ses objets et &#224; son absorption dans leur &#233;tude, pour la ramener &#224; elle-m&#234;me, et de la ramener ainsi &#224; une question de forme. Si nous ne voulons pas &#234;tre tromp&#233;s par les mots, il est facile de voir &#224; quoi cela revient. Dans le cas d'autres instruments, nous pouvons essayer de les critiquer autrement qu'en nous adressant au travail sp&#233;cial auquel ils sont destin&#233;s. Mais l'examen de la connaissance ne peut se faire que par un acte de connaissance. Examiner ce qu'on appelle cet instrument, c'est le conna&#238;tre. Mais chercher &#224; conna&#238;tre avant de savoir est aussi absurde que la sage r&#233;solution de Scholastique de ne pas s'aventurer dans l'eau avant d'avoir appris &#224; nager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reinhold a vu la confusion qui r&#233;sulte de ce style de d&#233;part et a essay&#233; de se tirer d'affaire en commen&#231;ant par une &#233;tape hypoth&#233;tique et probl&#233;matique de la philosophie. Il a suppos&#233; ainsi qu'il serait possible, personne ne sait comment, de progresser jusqu'&#224; ce que nous nous trouvions, plus loin, arriv&#233;s &#224; la v&#233;rit&#233; premi&#232;re des v&#233;rit&#233;s. Si l'on examine de pr&#232;s sa m&#233;thode, on s'aper&#231;oit qu'elle est identique &#224; une pratique tr&#232;s courante. Elle part d'un substrat de faits exp&#233;rimentaux, ou d'une hypoth&#232;se provisoire qui a &#233;t&#233; introduite dans une d&#233;finition, et se met ensuite &#224; analyser ce point de d&#233;part. Nous pouvons d&#233;celer dans l'argumentation de Reinhold une perception de la v&#233;rit&#233;, selon laquelle la marche habituelle qui proc&#232;de par hypoth&#232;ses et anticipations ne vaut pas mieux qu'un mode de proc&#233;dure hypoth&#233;tique et probl&#233;matique. Mais cette perception ne change pas le caract&#232;re de cette m&#233;thode ; elle en fait seulement ressortir les imperfections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions particuli&#232;res qui font que la philosophie existe peuvent &#234;tre d&#233;crites ainsi. L'esprit, lorsqu'il est sensible ou perceptif, trouve son objet dans quelque chose de sensible ; lorsqu'il imagine, dans une image ; lorsqu'il veut, dans un but ou une fin. Mais contrairement &#224; ces formes d'existence et de ses objets, ou peut-&#234;tre seulement en distinction avec elles, l'esprit doit aussi satisfaire les d&#233;sirs de sa vie la plus haute et la plus intime. Ce moi le plus intime, c'est la pens&#233;e. Ainsi l'esprit fait de la pens&#233;e son objet. Dans le meilleur sens du terme, il vient &#224; lui-m&#234;me ; car la pens&#233;e est son principe et son moi le plus pur. Mais tandis qu'elle est ainsi occup&#233;e, la pens&#233;e s'emm&#234;le dans des contradictions, c'est-&#224;-dire se perd dans la non-identit&#233; dure et solide de ses pens&#233;es, et ainsi, au lieu de s'atteindre elle-m&#234;me, elle est saisie et retenue dans sa contrepartie. Ce r&#233;sultat, auquel conduit la pens&#233;e honn&#234;te mais &#233;troite, la simple compr&#233;hension, est combattu par le d&#233;sir plus &#233;lev&#233; dont nous avons parl&#233;. Ce d&#233;sir exprime la pers&#233;v&#233;rance de la pens&#233;e, qui reste fid&#232;le &#224; elle-m&#234;me, m&#234;me dans cette perte consciente de son repos et de son ind&#233;pendance natifs, &#171; afin de surmonter &#187; et d'&#233;laborer en elle-m&#234;me la solution de ses propres contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des principales le&#231;ons de la logique est de voir que la pens&#233;e est dialectique par sa nature m&#234;me et que, en tant qu'entendement, elle doit tomber dans la contradiction, c'est-&#224;-dire dans la n&#233;gation d'elle-m&#234;me. Lorsque la pens&#233;e n'a plus aucun espoir de parvenir par ses propres moyens &#224; r&#233;soudre la contradiction qu'elle a elle-m&#234;me provoqu&#233;e, elle revient aux solutions de la question avec lesquelles elle avait appris &#224; se calmer sous d'autres formes et d'autres modes. Malheureusement, le recul de la pens&#233;e l'a conduite, comme Platon l'a d&#233;j&#224; remarqu&#233; de son temps, &#224; une haine tr&#232;s injustifi&#233;e de la raison (misologie) ; et elle adopte alors contre ses propres efforts cette attitude hostile dont on voit un exemple dans la doctrine selon laquelle la connaissance &#171; imm&#233;diate &#187;, comme on l'appelle, est la forme exclusive sous laquelle nous devenons conscients de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de la philosophie est d&#251; &#224; ce besoin de penser. Son point de d&#233;part est l'exp&#233;rience, qui comprend &#224; la fois notre conscience imm&#233;diate et les inductions qui en d&#233;coulent. &#201;veill&#233;e par cette excitation, la pens&#233;e se caract&#233;rise essentiellement par le fait qu'elle s'&#233;l&#232;ve au-dessus de l'&#233;tat naturel de l'esprit, au-dessus des sens et des inf&#233;rences des sens, pour devenir son &#233;l&#233;ment propre et non alt&#233;r&#233;, et qu'elle adopte d'abord une attitude distante et n&#233;gative &#224; l'&#233;gard du point d'o&#249; elle est partie. Gr&#226;ce &#224; cet &#233;tat d'antagonisme avec les ph&#233;nom&#232;nes des sens, sa premi&#232;re satisfaction se trouve en elle-m&#234;me, dans l'id&#233;e de l'essence universelle de ces ph&#233;nom&#232;nes : une id&#233;e (l'Absolu ou Dieu) plus ou moins abstraite. D'autre part, les sciences, fond&#233;es sur l'exp&#233;rience, exercent sur l'esprit une excitation qui lui permet de surmonter la forme sous laquelle se pr&#233;sentent leurs contenus vari&#233;s et d'&#233;lever ces contenus au rang de v&#233;rit&#233; n&#233;cessaire. Les faits scientifiques ont en effet l'aspect d'un vaste conglom&#233;rat, une chose se rapprochant d'une autre, comme si elles &#233;taient simplement donn&#233;es et pr&#233;sent&#233;es, c'est-&#224;-dire d&#233;pourvues de tout lien essentiel ou n&#233;cessaire. Par suite de cette excitation, la pens&#233;e est tir&#233;e de son universalit&#233; non r&#233;alis&#233;e et de sa satisfaction imaginaire ou simplement possible, et pouss&#233;e vers un d&#233;veloppement &#224; partir d'elle-m&#234;me. D'un c&#244;t&#233;, ce d&#233;veloppement signifie seulement que la pens&#233;e incorpore les contenus de la science, dans toute leur sp&#233;cialit&#233; de d&#233;tail telle qu'elle leur est soumise. De l'autre, il fait que ces contenus imitent l'action de la pens&#233;e cr&#233;atrice originelle et pr&#233;sentent l'aspect d'une &#233;volution libre d&#233;termin&#233;e par la seule logique du fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlerons plus loin, express&#233;ment et avec plus de d&#233;tails, de la relation entre &#171; imm&#233;diatet&#233; &#187; et &#171; m&#233;diation &#187; dans la conscience. Il suffit de dire ici que, bien que les deux &#171; moments &#187; ou facteurs se pr&#233;sentent comme distincts, aucun d'eux ne peut &#234;tre absent, ni exister ind&#233;pendamment de l'autre. Ainsi, la connaissance de Dieu, comme de toute r&#233;alit&#233; suprasensible, est dans son v&#233;ritable caract&#232;re une exaltation au-dessus des sensations ou des perceptions : elle implique par cons&#233;quent une attitude n&#233;gative &#224; l'&#233;gard des donn&#233;es sensorielles initiales, et dans cette mesure implique une m&#233;diation. Car m&#233;dier, c'est prendre quelque chose comme commencement et passer &#224; une chose seconde ; de sorte que l'existence de cette seconde chose d&#233;pend de ce que nous y sommes parvenus &#224; partir de quelque chose d'autre qui lui est oppos&#233;. Malgr&#233; cela, la connaissance de Dieu n'est pas une simple suite, d&#233;pendante de la phase empirique de la conscience : en fait, son ind&#233;pendance est essentiellement assur&#233;e par cette n&#233;gation et cette exaltation. Sans doute, si nous attachons une importance injuste au fait de la m&#233;diation et le pr&#233;sentons comme impliquant un &#233;tat de conditionnement, on peut dire &#8211; ce qui n'a pas beaucoup de sens &#8211; que la philosophie est fille de l'exp&#233;rience et doit son origine &#224; un fait a posteriori . (En fait, penser est toujours la n&#233;gation de ce que nous avons imm&#233;diatement devant nous.) On peut cependant dire avec autant de v&#233;rit&#233; que nous devons manger aux moyens de nourriture, tant que nous ne pouvons pas manger sans eux. Si nous adoptons cette conception, manger est certainement pr&#233;sent&#233; comme ingrat : cela d&#233;vore ce &#224; quoi il se doit. Penser, selon cette conception de son action, est tout aussi ingrat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi un aspect a priori de la pens&#233;e, o&#249;, par une m&#233;diation, non faite par quelque chose d'ext&#233;rieur, mais par une r&#233;flexion sur soi-m&#234;me, nous avons cette imm&#233;diatet&#233; qui est l'universalit&#233;, la complaisance de la pens&#233;e qui est si bien avec elle-m&#234;me qu'elle se sent indiff&#233;rente &#224; descendre dans les d&#233;tails, et par l&#224; m&#234;me &#224; d&#233;velopper sa propre nature. Il en est de m&#234;me de la religion, qui, qu'elle soit grossi&#232;re ou &#233;labor&#233;e, qu'elle soit rev&#234;tue d'une pr&#233;cision scientifique dans les d&#233;tails ou qu'elle se limite &#224; la simple foi du c&#339;ur, poss&#232;de, partout, la m&#234;me nature intense de contentement et de f&#233;licit&#233;. Mais si la pens&#233;e ne va jamais plus loin que l'universalit&#233; des Id&#233;es, comme ce fut n&#233;cessairement le cas dans les premi&#232;res philosophies (alors que les El&#233;ates n'all&#232;rent jamais au-del&#224; de l'&#202;tre, ou H&#233;raclite au-del&#224; du Devenir), elle est &#224; juste titre accus&#233;e de formalisme. M&#234;me dans une phase plus avanc&#233;e de la philosophie, nous pouvons souvent trouver une doctrine qui n'a ma&#238;tris&#233; que certaines propositions ou formules abstraites, telles que : &#171; Dans l'absolu tout est un &#187;.&#171; Sujet et objet sont identiques &#187; &#8212; et cela ne se r&#233;p&#232;te que dans les cas particuliers. Si l'on tient compte de cette premi&#232;re p&#233;riode de la pens&#233;e, de la p&#233;riode de la simple g&#233;n&#233;ralit&#233;, on peut dire sans risque de se tromper que l'exp&#233;rience est le v&#233;ritable auteur du d&#233;veloppement et du progr&#232;s de la philosophie. Car, premi&#232;rement, les sciences empiriques ne s'arr&#234;tent pas &#224; la simple observation des particularit&#233;s d'un ph&#233;nom&#232;ne. Gr&#226;ce &#224; la pens&#233;e, elles peuvent pr&#233;senter &#224; la philosophie des mat&#233;riaux pr&#233;par&#233;s pour elle, sous forme d'uniformit&#233;s g&#233;n&#233;rales, c'est-&#224;-dire de lois, et de classifications des ph&#233;nom&#232;nes. Lorsque cela est fait, les faits particuliers qu'ils contiennent sont pr&#234;ts &#224; &#234;tre re&#231;us par la philosophie. Deuxi&#232;mement, cela implique que la pens&#233;e elle-m&#234;me est oblig&#233;e de s'orienter vers ces v&#233;rit&#233;s concr&#232;tes et sp&#233;cifiques. L'accueil de ces mat&#233;riaux scientifiques dans la philosophie, maintenant que la pens&#233;e a supprim&#233; leur imm&#233;diatet&#233; et qu'elle a cess&#233; d'&#234;tre de simples donn&#233;es, constitue en m&#234;me temps un d&#233;veloppement de la pens&#233;e &#224; partir d'elle-m&#234;me. La philosophie doit donc son d&#233;veloppement aux sciences empiriques. En retour, elle conf&#232;re &#224; leur contenu ce qui leur est si vital, la libert&#233; de penser, en bref un caract&#232;re a priori . Ces contenus sont d&#233;sormais justifi&#233;s comme n&#233;cessaires et ne d&#233;pendent plus seulement de faits tels qu'ils ont &#233;t&#233; d&#233;couverts et v&#233;cus. Le fait v&#233;cu devient ainsi une illustration et une copie de l'activit&#233; originelle et enti&#232;rement autonome de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est, en termes exacts, l'origine et le d&#233;veloppement de la philosophie. Mais l'Histoire de la philosophie nous donne le m&#234;me processus d'un point de vue historique et ext&#233;rieur. Les &#233;tapes de l'&#233;volution de l'Id&#233;e semblent s'y succ&#233;der par hasard et ne pr&#233;senter qu'une s&#233;rie de principes diff&#233;rents et sans rapport entre eux, que les divers syst&#232;mes de philosophie mettent en &#339;uvre &#224; leur mani&#232;re. Mais il n'en est pas ainsi. Depuis des milliers d'ann&#233;es, le m&#234;me architecte dirige l'&#339;uvre : et cet architecte est l'unique esprit vivant dont la nature est de penser, de prendre conscience de ce qu'il est, et, en se pla&#231;ant ainsi devant lui comme objet, de s'&#233;lever en m&#234;me temps au-dessus de lui et d'atteindre ainsi un degr&#233; sup&#233;rieur de son &#234;tre. Les diff&#233;rents syst&#232;mes que pr&#233;sente l'histoire de la philosophie ne sont donc pas inconciliables avec l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire, ou bien qu'il s'agit d'une philosophie &#224; diff&#233;rents degr&#233;s de maturit&#233;, ou bien que le principe particulier qui est le fondement de chaque syst&#232;me n'est qu'une branche d'un seul et m&#234;me univers de pens&#233;e. En philosophie, la derni&#232;re naissance du temps est le r&#233;sultat de tous les syst&#232;mes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, et doit inclure leurs principes ; et donc, si, pour d'autres raisons, elle m&#233;rite le titre de philosophie, elle sera le syst&#232;me le plus complet, le plus complet et le plus ad&#233;quat de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle de tant de syst&#232;mes philosophiques si divers sugg&#232;re la n&#233;cessit&#233; de d&#233;finir plus exactement la relation entre l'universel et le particulier. Quand l'universel est r&#233;duit &#224; une simple forme et coordonn&#233; avec le particulier, comme s'il &#233;tait au m&#234;me niveau, il s'enfonce lui-m&#234;me dans un particulier. M&#234;me le bon sens dans les affaires courantes est au-dessus de l'absurdit&#233; qui consiste &#224; mettre un universel &#224; c&#244;t&#233; des particuliers. Quiconque d&#233;sire des fruits rejetterait-il les cerises, les poires et les raisins sous pr&#233;texte qu'ils sont des cerises, des poires ou des raisins et non des fruits ? Mais quand il s'agit de philosophie, l'excuse de beaucoup est que les philosophies sont si diff&#233;rentes, qu'aucune d'elles n'est la philosophie, que chacune n'est qu'une philosophie. Un tel argument est cens&#233; justifier n'importe quel m&#233;pris pour la philosophie. Et pourtant, les cerises sont aussi des fruits. Souvent aussi, un syst&#232;me dont le principe est l'universel est mis au m&#234;me niveau qu'un autre dont le principe est un particulier, et qu'il est mis au m&#234;me niveau que des th&#233;ories qui nient compl&#232;tement l'existence de la philosophie. On dit que de tels syst&#232;mes ne sont que des conceptions diff&#233;rentes de la philosophie. Avec une &#233;gale justice, la lumi&#232;re et l'obscurit&#233; pourraient &#234;tre qualifi&#233;es de diff&#233;rentes sortes de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 14&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me &#233;volution de la pens&#233;e que celle que nous voyons dans l'histoire de la philosophie se retrouve dans le Syst&#232;me de la philosophie lui-m&#234;me. Ici, au lieu d'observer le processus, comme nous le faisons dans l'histoire, de l'ext&#233;rieur, nous voyons le mouvement de la pens&#233;e clairement d&#233;fini dans son milieu natif. La pens&#233;e, qui est authentique et autonome, doit &#234;tre intrins&#232;quement concr&#232;te ; elle doit &#234;tre une Id&#233;e ; et lorsqu'elle est consid&#233;r&#233;e dans toute son universalit&#233;, elle est l'Id&#233;e, ou l'Absolu. La science de cette Id&#233;e doit former un syst&#232;me. Car la v&#233;rit&#233; est concr&#232;te ; c'est-&#224;-dire qu'en m&#234;me temps qu'elle donne un lien et un principe d'unit&#233;, elle poss&#232;de aussi une source interne de d&#233;veloppement. La v&#233;rit&#233; n'est donc possible que comme univers ou totalit&#233; de la pens&#233;e ; et la libert&#233; de l'ensemble, ainsi que la n&#233;cessit&#233; des diverses subdivisions qu'elle implique, ne sont possibles que lorsque celles-ci sont distingu&#233;es et d&#233;finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins d'&#234;tre un syst&#232;me, une philosophie n'est pas une production scientifique. La philosophie non syst&#233;matique ne peut &#234;tre cens&#233;e exprimer que les particularit&#233;s personnelles de l'esprit et ne repose sur aucun principe pour r&#233;guler son contenu. En dehors de leur interd&#233;pendance et de leur union organique, les v&#233;rit&#233;s de la philosophie sont sans valeur et doivent alors &#234;tre trait&#233;es comme des hypoth&#232;ses sans fondement ou des convictions personnelles. Pourtant, de nombreux trait&#233;s philosophiques se limitent &#224; une telle exposition des opinions et des sentiments de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme syst&#232;me est souvent mal compris. Il ne d&#233;signe pas une philosophie dont le principe est &#233;troit et doit &#234;tre distingu&#233; des autres. Au contraire, une v&#233;ritable philosophie fait de tout principe particulier un principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune des parties de la philosophie est un tout philosophique, un cercle arrondi et complet en lui-m&#234;me . Mais dans chacune de ces parties, l'Id&#233;e philosophique se trouve dans une sp&#233;cificit&#233; ou un milieu particulier. Le cercle singulier, parce qu'il est une totalit&#233; r&#233;elle, franchit les limites impos&#233;es par son milieu sp&#233;cial et donne naissance &#224; un cercle plus vaste. L'ensemble de la philosophie ressemble ainsi &#224; un cercle de cercles . L'Id&#233;e appara&#238;t dans chaque cercle singulier, mais en m&#234;me temps, l'Id&#233;e enti&#232;re est constitu&#233;e par le syst&#232;me de ces phases particuli&#232;res, et chacune est un membre n&#233;cessaire de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 16&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la forme d'une encyclop&#233;die, la science n'a pas de place pour une exposition d&#233;taill&#233;e des d&#233;tails, et doit se limiter &#224; exposer le commencement des sciences sp&#233;ciales et les notions d'importance cardinale en elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir dans quelle mesure les parties particuli&#232;res sont n&#233;cessaires pour constituer une branche particuli&#232;re de la connaissance est si ind&#233;termin&#233;e que, pour &#234;tre vraie, la partie ne doit pas &#234;tre un membre isol&#233;, mais elle doit &#234;tre elle-m&#234;me un tout organique. Le champ de la philosophie tout entier forme donc en r&#233;alit&#233; une science unique ; mais on peut aussi le consid&#233;rer comme un tout, compos&#233; de plusieurs sciences particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas confondre l'encyclop&#233;die de la philosophie avec les encyclop&#233;dies ordinaires. Une encyclop&#233;die ordinaire ne pr&#233;tend &#234;tre qu'un agr&#233;gat de sciences, r&#233;gl&#233;es par aucun principe, et telles que l'exp&#233;rience les pr&#233;sente. Elle comprend m&#234;me parfois ce qui ne porte que le nom de sciences, alors qu'elles ne sont qu'une collection de bribes d'informations. Dans un tel agr&#233;gat, les diverses branches de la connaissance doivent leur place dans l'encyclop&#233;die &#224; des raisons extrins&#232;ques, et leur unit&#233; est donc artificielle : elles sont ordonn&#233;es , mais on ne peut pas dire qu'elles forment un syst&#232;me . Pour la m&#234;me raison, d'autant plus que les mat&#233;riaux &#224; combiner ne d&#233;pendent pas non plus d'une r&#232;gle ou d'un principe, l'arrangement est au mieux une exp&#233;rience, et pr&#233;sentera toujours des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une encyclop&#233;die de la philosophie exclut trois sortes de sciences partielles. I. Elle exclut les simples agr&#233;gats de fragments d'information. La philologie, dans son aspect prima facie, appartient &#224; cette classe. II. Elle rejette les quasi-sciences, qui sont fond&#233;es sur un acte de volont&#233; arbitraire seul, comme l'h&#233;raldique. Les sciences de cette classe sont positives du d&#233;but &#224; la fin. III. Dans une autre classe de sciences, &#233;galement qualifi&#233;es de positives, mais qui ont une base rationnelle et un d&#233;but rationnel, la philosophie revendique ce constituant comme sien. Les traits positifs restent la propri&#233;t&#233; des sciences elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment positif de la derni&#232;re classe de sciences est de nature diff&#233;rente. (1) Leur commencement, bien que rationnel au fond, c&#232;de &#224; l'influence du hasard, quand il s'agit de mettre en contact leur v&#233;rit&#233; universelle avec les faits r&#233;els et les ph&#233;nom&#232;nes singuliers de l'exp&#233;rience. Dans cette r&#233;gion du hasard et du changement, la notion ad&#233;quate de science doit c&#233;der la place aux raisons ou aux fondements de l'explication. Ainsi, par exemple, dans la science de la jurisprudence ou dans le syst&#232;me des imp&#244;ts directs et indirects, il est n&#233;cessaire de fixer avec pr&#233;cision et de fa&#231;on d&#233;finitive certains points qui d&#233;passent la comp&#233;tence des lignes absolues trac&#233;es par la notion pure. Une certaine latitude de fixation est donc laiss&#233;e ; chaque point peut &#234;tre d&#233;termin&#233; d'une mani&#232;re d'apr&#232;s un principe, d'une autre mani&#232;re d'apr&#232;s un autre, et n'admet aucune certitude d&#233;finitive. De m&#234;me, l'id&#233;e de nature, lorsqu'elle est morcel&#233;e en d&#233;tails, se dissipe en contingences. L'histoire naturelle, la g&#233;ographie et la m&#233;decine butent sur des descriptions d'existences, sur des esp&#232;ces et des distinctions qui ne sont pas d&#233;termin&#233;es par la raison, mais par le jeu et les incidents fortuits. L'histoire elle-m&#234;me tombe dans la m&#234;me cat&#233;gorie. L'id&#233;e est son essence et sa nature int&#233;rieure ; (ii) Ces sciences sont positives aussi parce qu'elles ne reconnaissent pas la nature finie de ce qu'elles affirment, et qu'elles ne montrent pas comment ces cat&#233;gories et toute leur sph&#232;re passent dans un domaine sup&#233;rieur. Elles supposent que leurs affirmations poss&#232;dent une autorit&#233; irr&#233;vocable. Ici, la faute r&#233;side dans la finitude de la forme, comme dans le cas pr&#233;c&#233;dent, elle r&#233;sidait dans la mati&#232;re. ( iii ) En cons&#233;quence imm&#233;diate de cela, les sciences sont positives en raison des bases insuffisantes sur lesquelles reposent leurs conclusions : fond&#233;es comme elles le sont sur des inf&#233;rences d&#233;tach&#233;es et fortuites, sur le sentiment, la foi et l'autorit&#233;, et, en g&#233;n&#233;ral, sur les r&#233;sultats de la perception int&#233;rieure et ext&#233;rieure. Sous cette rubrique, nous devons &#233;galement classer la philosophie qui se propose de construire sur l'anthropologie, les faits de conscience, le sens int&#233;rieur ou l'exp&#233;rience ext&#233;rieure. Il peut arriver, cependant, qu'empirique soit une &#233;pith&#232;te applicable seulement &#224; la forme de l'exposition scientifique, tandis que la sagacit&#233; intuitive a class&#233; ce qui n'est que des ph&#233;nom&#232;nes, selon la s&#233;quence essentielle de la notion. Dans un tel cas, les contrastes entre les ph&#233;nom&#232;nes vari&#233;s et nombreux r&#233;unis servent &#224; &#233;liminer les circonstances ext&#233;rieures et accidentelles de leurs conditions, et l'universel appara&#238;t ainsi clairement. Guid&#233;e par une telle intuition, la physique exp&#233;rimentale pr&#233;sentera la science rationnelle de la nature &#8212; comme l'histoire pr&#233;sentera la science des affaires et des actions humaines &#8212; dans une image ext&#233;rieure qui refl&#232;te la notion philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 17&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que la philosophie, pour commencer son cheminement, ait d&#251;, comme les autres sciences, partir d'une pr&#233;supposition subjective. Les sciences postulent leurs objets respectifs, tels que l'espace, le nombre, etc., et l'on pourrait supposer que la philosophie doit aussi postuler l'existence de la pens&#233;e. Mais les deux cas ne sont pas exactement parall&#232;les. C'est par l'acte libre de la pens&#233;e qu'elle occupe un point de vue dans lequel elle est pour elle-m&#234;me, et se donne ainsi un objet de sa propre production. Et ce n'est pas tout. Le point de vue m&#234;me, qui n'est pris &#224; l'origine que sur la base de son propre t&#233;moignage, doit, au cours de la science, se transformer en un r&#233;sultat, le r&#233;sultat final dans lequel la philosophie retourne en elle-m&#234;me et atteint le point par lequel elle a commenc&#233;. De cette mani&#232;re, la philosophie pr&#233;sente l'apparence d'un cercle qui se ferme sur lui-m&#234;me et n'a pas de commencement, comme les autres sciences. Parler d'un commencement de la philosophie n'a de sens que par rapport &#224; celui qui se propose de commencer l'&#233;tude, et non par rapport &#224; la science en tant que science. On peut exprimer la m&#234;me chose ainsi. La notion de science, celle donc par laquelle nous partons, qui, par cela m&#234;me qu'elle est initiale, implique une s&#233;paration entre la pens&#233;e qui est notre objet et le sujet philosophant qui est comme ext&#233;rieur &#224; la premi&#232;re, doit &#234;tre saisie et comprise par la science elle-m&#234;me. C'est en somme l'unique but, l'unique action et le seul but de la philosophie : parvenir &#224; la notion de sa notion, et ainsi assurer son retour et sa satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toute la science, et seulement la science tout enti&#232;re, peut montrer ce qu'est l'Id&#233;e ou le syst&#232;me de la raison, il est impossible de donner d'une mani&#232;re pr&#233;liminaire une impression g&#233;n&#233;rale d'une philosophie. Une division de la philosophie en ses parties ne peut non plus &#234;tre intelligible qu'en rapport avec le syst&#232;me. Une division pr&#233;liminaire, comme la conception limit&#233;e dont elle provient, ne peut &#234;tre qu'une anticipation. Mais ici on suppose que l'Id&#233;e se r&#233;v&#232;le &#234;tre la pens&#233;e qui est compl&#232;tement identique &#224; elle-m&#234;me, et non pas identique simplement dans l'abstrait, mais aussi dans son action de se mettre en face d'elle-m&#234;me, de mani&#232;re &#224; acqu&#233;rir un &#234;tre propre, et pourtant d'&#234;tre en pleine possession d'elle-m&#234;me pendant qu'elle est dans cet autre. Ainsi la philosophie se subdivise en trois parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. La logique : science de l'Id&#233;e en et pour elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
II. La philosophie de la nature : science de l'Id&#233;e dans son alt&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
III. La philosophie de l'esprit : science de l'Id&#233;e revenue &#224; elle-m&#234;me &#224; partir de cette alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons observ&#233; au &#167; 15, les diff&#233;rences entre les diverses sciences philosophiques ne sont que des aspects ou des sp&#233;cialisations de l'Id&#233;e ou du syst&#232;me de raison unique, qui, seul, se manifeste de la m&#234;me mani&#232;re dans ces diff&#233;rents milieux. Dans la nature, rien d'autre ne devrait &#234;tre discern&#233; que l'Id&#233;e ; mais l'Id&#233;e s'est ici d&#233;pouill&#233;e de son &#234;tre propre. Dans l'esprit, l'Id&#233;e a affirm&#233; un &#234;tre qui lui est propre et est en voie de devenir absolue. Toute forme d'expression de l'Id&#233;e est en m&#234;me temps un stade passager ou fugitif ; c'est pourquoi chacune de ces subdivisions doit non seulement conna&#238;tre son contenu comme un objet qui existe pour un certain temps, mais aussi expliquer en m&#234;me temps comment ce contenu passe dans son cercle sup&#233;rieur. Repr&#233;senter la relation entre elles comme une division conduit donc &#224; une conception erron&#233;e ; car elle coordonne les diff&#233;rentes parties ou sciences les unes &#224; c&#244;t&#233; des autres, comme si elles n'avaient pas de d&#233;veloppement inn&#233;, mais &#233;taient, comme autant d'esp&#232;ces, r&#233;ellement et radicalement distinctes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II : Notion pr&#233;liminaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logique d&#233;riv&#233;e d'une &#233;tude de l'ensemble du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique est la science de l'Id&#233;e pure ; pure, c'est-&#224;-dire parce que l'Id&#233;e est dans le milieu abstrait de la Pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition, et les autres qui figurent dans ces esquisses introductives, d&#233;coulent d'un survol de l'ensemble du syst&#232;me, auquel elles font suite. La m&#234;me remarque s'applique &#224; toutes les notions pr&#233;liminaires, quelles qu'elles soient, concernant la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu d&#233;finir la logique comme la science de la pens&#233;e , de ses lois et de ses formes caract&#233;ristiques. Mais la pens&#233;e, en tant que pens&#233;e, ne constitue que le milieu g&#233;n&#233;ral, ou la circonstance qualifiante, qui rend l'Id&#233;e particuli&#232;rement logique. Si nous identifions l'Id&#233;e &#224; la pens&#233;e, il ne faut pas prendre la pens&#233;e au sens d'une m&#233;thode ou d'une forme, mais au sens de la totalit&#233; auto-d&#233;velopp&#233;e de ses lois et de ses termes particuliers. Ces lois sont l'&#339;uvre de la pens&#233;e elle-m&#234;me, et non un fait qu'elle d&#233;couvre et auquel elle doit se soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique est, sous diff&#233;rents points de vue, la science la plus difficile ou la plus facile. La logique est difficile parce qu'elle a affaire non pas &#224; des perceptions, ni, comme la g&#233;om&#233;trie, &#224; des repr&#233;sentations abstraites des sens, mais &#224; des abstractions pures ; et parce qu'elle exige une force et une facilit&#233; pour se retirer dans la pens&#233;e pure, pour s'y maintenir fermement et pour se mouvoir dans un tel &#233;l&#233;ment. La logique est facile parce que ses faits ne sont rien d'autre que notre propre pens&#233;e et ses formes ou termes familiers : et ceux-ci sont le comble de la simplicit&#233;, l'ABC de tout le reste. Ce sont aussi ceux que nous connaissons le mieux : tels que &#171; est &#187; et &#171; n'est pas &#187; ; qualit&#233; et grandeur ; &#234;tre en puissance et &#234;tre actuel ; un, plusieurs, etc. Mais une telle connaissance ne fait qu'ajouter aux difficult&#233;s de l'&#233;tude ; car si, d'un c&#244;t&#233;, nous pensons naturellement qu'il ne vaut pas la peine de nous occuper plus longtemps de choses si famili&#232;res, d'un autre c&#244;t&#233;, le probl&#232;me est de les conna&#238;tre d'une mani&#232;re nouvelle, tout &#224; fait oppos&#233;e &#224; celle par laquelle nous les connaissons d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilit&#233; de la logique est une question qui concerne son influence sur l'&#233;tudiant et l'entra&#238;nement qu'elle peut lui donner pour d'autres objectifs. Cet entra&#238;nement logique consiste dans l'exercice de la pens&#233;e que l'&#233;tudiant doit accomplir (cette science est la pens&#233;e de la pens&#233;e) et dans le fait qu'il remplit sa t&#234;te de pens&#233;es, dans leur nature naturelle et sans m&#233;lange. Il est vrai que la logique, &#233;tant la forme absolue de la v&#233;rit&#233; et un autre nom pour la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me, est quelque chose de plus que simplement utile. Cependant, si ce qui est le plus noble, le plus lib&#233;ral et le plus ind&#233;pendant est aussi le plus utile, la logique a quelque pr&#233;tention &#224; ce dernier caract&#232;re. Son utilit&#233; doit alors &#234;tre estim&#233;e &#224; un autre niveau que l'exercice de la pens&#233;e pour l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 19n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La premi&#232;re question est la suivante : quel est le but de notre science ? La r&#233;ponse la plus simple et la plus intelligible &#224; cette question est que la V&#233;rit&#233; est le but de la Logique. V&#233;rit&#233; est un mot noble, et la chose l'est encore plus. Tant que l'homme est sain de c&#339;ur et d'esprit, la recherche de la v&#233;rit&#233; doit &#233;veiller tout l'enthousiasme de sa nature. Mais vient imm&#233;diatement l'objection : sommes-nous capables de conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; ? Il semble y avoir une disproportion entre des &#234;tres finis comme nous et la v&#233;rit&#233; qui est absolue, et l'on se demande s'il existe un pont entre le fini et l'infini. Dieu est la v&#233;rit&#233; : comment le conna&#238;trons-nous ? Une telle entreprise semble &#234;tre en contradiction avec les gr&#226;ces de l'humilit&#233;. D'autres qui demandent si nous pouvons conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; ont un but diff&#233;rent. Ils veulent se justifier en vivant en se contentant de leurs objectifs mesquins et finis. Et une humilit&#233; de ce genre est une pauvre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le temps est r&#233;volu o&#249; l'on se demandait : &#171; Comment, moi, pauvre ver de terre, pourrais-je conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; ? &#187; Et &#224; sa place, on trouve la vanit&#233; et la suffisance : on pr&#233;tend, sans aucun effort de sa part, respirer l'atmosph&#232;re m&#234;me de la v&#233;rit&#233;. On a flatt&#233; les jeunes en leur faisant croire qu'ils poss&#232;dent un droit naturel de naissance &#224; la v&#233;rit&#233; morale et religieuse. Et de la m&#234;me mani&#232;re, on d&#233;clare que les plus m&#251;rs sont enfonc&#233;s, p&#233;trifi&#233;s, ossifi&#233;s dans le mensonge. La jeunesse, disent ces professeurs, voit la vive lumi&#232;re de l'aube ; mais la g&#233;n&#233;ration plus &#226;g&#233;e g&#238;t dans le bourbier et la boue du jour ordinaire. Ils admettent que les sciences sp&#233;ciales sont quelque chose qu'il faut certainement cultiver, mais simplement comme moyen de satisfaire les besoins de la vie ext&#233;rieure. Dans tout cela, ce n'est pas l'humilit&#233; qui nous emp&#234;che de conna&#238;tre et d'&#233;tudier la v&#233;rit&#233;, mais la conviction que nous en sommes d&#233;j&#224; pleinement possesseurs. Et sans aucun doute, les jeunes portent avec eux les espoirs de leurs a&#238;n&#233;s ; c'est sur eux que repose le progr&#232;s du monde et de la science. Mais ces espoirs ne sont plac&#233;s dans les jeunes qu'&#224; la condition qu'au lieu de rester tels qu'ils sont, ils entreprennent le dur travail de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette modestie dans la recherche de la v&#233;rit&#233; a encore une autre facette : c'est l'indiff&#233;rence distingu&#233;e &#224; l'&#233;gard de la v&#233;rit&#233;, telle que nous la voyons dans la conversation de Pilate avec le Christ. Pilate demandait &#171; Qu'est-ce que la v&#233;rit&#233; ? &#187; avec l'air d'un homme qui a r&#233;gl&#233; ses comptes avec tout depuis longtemps et conclu que rien n'a d'importance particuli&#232;re &#8212; il entendait &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose que Salomon quand il dit : &#171; Tout est vanit&#233; &#187;. Dans ce cas, il ne reste que l'orgueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de la v&#233;rit&#233; rencontre un obstacle suppl&#233;mentaire dans la timidit&#233;. Un esprit paresseux trouve naturel de dire : &#171; Ne croyez pas que nous voulons &#234;tre s&#233;rieux dans notre philosophie. Nous serons heureux, entre autres, d'&#233;tudier la logique, mais il faut que la logique nous laisse tels que nous &#233;tions auparavant. &#187; Les gens ont le sentiment que si la pens&#233;e d&#233;passe le champ ordinaire de nos id&#233;es et de nos impressions, elle ne peut qu'&#234;tre sur la mauvaise voie. Ils semblent se confier &#224; une mer sur laquelle les vagues de la pens&#233;e les ballotteront de-ci de-l&#224;, jusqu'&#224; ce qu'ils atteignent enfin le banc de sable de cette sc&#232;ne temporelle, aussi compl&#232;tement pauvres qu'au moment o&#249; ils l'ont quitt&#233;e. Ce qui r&#233;sulte d'une telle vision, nous le voyons dans le monde. Il est possible, dans ces limites, d'acqu&#233;rir des connaissances vari&#233;es et de nombreuses r&#233;alisations, de devenir un ma&#238;tre de la routine officielle et d'&#234;tre form&#233; &#224; des fins sp&#233;ciales. Mais c'est tout autre chose d'&#233;duquer l'esprit pour la vie sup&#233;rieure et de consacrer nos &#233;nergies &#224; son service. De nos jours, on peut esp&#233;rer qu'un d&#233;sir de quelque chose de meilleur a surgi parmi les jeunes, de sorte qu'ils ne se contenteront plus de la simple paille du savoir ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Il est universellement admis que la pens&#233;e est l'objet de la logique. Mais notre appr&#233;ciation de la pens&#233;e peut &#234;tre tr&#232;s basse ou tr&#232;s &#233;lev&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, les gens disent : &#171; Ce n'est qu'une pens&#233;e. &#187; Selon eux, la pens&#233;e est subjective , arbitraire et accidentelle, distincte de la chose elle-m&#234;me, du vrai et du r&#233;el . D'un autre c&#244;t&#233;, on peut faire une tr&#232;s haute appr&#233;ciation de la pens&#233;e, lorsque la pens&#233;e seule est consid&#233;r&#233;e comme suffisante pour atteindre la plus haute de toutes les choses, la nature de Dieu , dont les sens ne peuvent rien nous dire. Dieu est un esprit, dit-on, et doit &#234;tre ador&#233; en esprit et en v&#233;rit&#233;. Mais ce qui est simplement ressenti et sensible, nous l'admettons, n'est pas le spirituel ; son c&#339;ur des c&#339;urs est dans la pens&#233;e ; et seul l'esprit peut conna&#238;tre l'esprit. Et s'il est vrai que l'esprit peut se r&#233;duire &#224; un sentiment et &#224; des sens &#8211; comme c'est le cas en religion &#8211; le simple sentiment, en tant que mode de conscience, est une chose, et son contenu une autre. Le sentiment, en tant que sentiment, est la forme g&#233;n&#233;rale de la nature sensible que nous avons en commun avec les brutes. Cette forme, le sentiment, peut peut-&#234;tre saisir et s'approprier la v&#233;rit&#233; organique dans sa totalit&#233;, mais cette forme n'a aucune congruence r&#233;elle avec son contenu. La forme du sentiment est la forme la plus basse dans laquelle la v&#233;rit&#233; spirituelle puisse &#234;tre exprim&#233;e. Le monde des existences spirituelles, Dieu lui-m&#234;me, n'existe en v&#233;rit&#233; propre que dans la pens&#233;e et en tant que pens&#233;e. S'il en est ainsi, la pens&#233;e, loin d'&#234;tre une simple pens&#233;e, est le mode le plus &#233;lev&#233; et, en toute rigueur, le seul mode d'appr&#233;hension de l'&#233;ternel et de l'absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la pens&#233;e, comme de la science de la pens&#233;e, on peut se faire une opinion tr&#232;s haute ou tr&#232;s basse. On suppose que tout homme peut penser sans logique, comme il peut dig&#233;rer sans &#233;tudier la physiologie. S'il a &#233;tudi&#233; la logique, il pense ensuite comme il le faisait auparavant, peut-&#234;tre avec plus de m&#233;thode, mais sans gu&#232;re de changement. Si c'&#233;tait tout, et si la logique ne faisait que faire conna&#238;tre aux hommes l'action de la pens&#233;e comme facult&#233; de comparaison et de classification, elle ne produirait rien qui n'ait &#233;t&#233; fait aussi bien auparavant. Et en fait, la logique n'avait jusqu'ici aucune autre id&#233;e de son devoir que celle-l&#224;. Pourtant, il est honorable et int&#233;ressant pour l'homme d'&#234;tre bien inform&#233; sur la pens&#233;e, m&#234;me en tant que simple activit&#233; de l'esprit sujet. C'est en sachant ce qu'il est et ce qu'il fait que l'homme se distingue des brutes. Mais nous pouvons consid&#233;rer la pens&#233;e comme la plus haute, comme ce qui seul peut r&#233;ellement entrer en contact avec le supr&#234;me et le vrai. Dans ce cas, la logique en tant que science de la pens&#233;e occupe une place &#233;lev&#233;e. Si la Logique consid&#232;re la pens&#233;e dans son action et dans ses productions (et la pens&#233;e n'&#233;tant pas une &#233;nergie sans r&#233;sultat produit des pens&#233;es et la pens&#233;e particuli&#232;re requise), le th&#232;me de la Logique est en g&#233;n&#233;ral le monde suprasensible, et traiter de ce th&#232;me, c'est demeurer un moment dans ce monde. Les Math&#233;matiques s'occupent des abstractions du temps et de l'espace. Mais celles-ci sont toujours l'objet des sens, bien que le sensible soit abstrait et id&#233;alis&#233;. La Pens&#233;e fait m&#234;me ses adieux &#224; ce dernier sensible abstrait : elle affirme sa propre ind&#233;pendance native, renonce au domaine du sens externe et interne, et met de c&#244;t&#233; les int&#233;r&#234;ts et les inclinations de l'individu. Lorsque la Logique s'engage sur ce terrain, elle est une science plus &#233;lev&#233;e que nous avons l'habitude de supposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) La n&#233;cessit&#233; de comprendre la logique dans un sens plus profond que celui de la simple science de la pens&#233;e est renforc&#233;e par les int&#233;r&#234;ts de la religion et de la politique, du droit et de la morale. Autrefois, les hommes ne voulaient pas nuire en pensant : ils pensaient librement et sans crainte. Ils pensaient &#224; Dieu, &#224; la nature et &#224; l'&#201;tat ; et ils &#233;taient s&#251;rs qu'on ne pouvait obtenir la connaissance de la v&#233;rit&#233; que par la pens&#233;e, et non par les sens ou par des id&#233;es ou des opinions fortuites. Mais tandis qu'ils pensaient ainsi, les principales ordonnances de la vie commenc&#232;rent &#224; &#234;tre s&#233;rieusement affect&#233;es par leurs conclusions. La pens&#233;e privait les institutions existantes de leur force. Les constitutions devinrent victimes de la pens&#233;e ; la religion fut assaillie par la pens&#233;e ; des croyances religieuses fermes qui avaient toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme des r&#233;v&#233;lations furent min&#233;es, et dans beaucoup d'esprits la vieille foi fut boulevers&#233;e. Les philosophes grecs, par exemple, devinrent les antagonistes de l'ancienne religion et d&#233;truisirent ses croyances. Les philosophes furent donc bannis ou mis &#224; mort, comme des r&#233;volutionnaires qui avaient subverti la religion et l'&#201;tat, deux choses ins&#233;parables. En bref, la pens&#233;e s'est impos&#233;e comme une puissance dans le monde r&#233;el et a exerc&#233; une influence &#233;norme. L'affaire a fini par attirer l'attention sur l'influence de la pens&#233;e, et ses pr&#233;tentions ont &#233;t&#233; soumises &#224; un examen plus rigoureux, par lequel le monde a d&#233;clar&#233; trouver que la pens&#233;e s'arrogeait trop et &#233;tait incapable d'accomplir ce qu'elle avait entrepris. Elle n'avait pas, disait-on, appris l'&#234;tre r&#233;el de Dieu, de la Nature et de l'Esprit. Elle n'avait pas appris ce qu'&#233;tait la v&#233;rit&#233;. Ce qu'elle avait fait, c'&#233;tait renverser la religion et l'&#201;tat. Il devenait donc urgent de justifier la pens&#233;e, en se r&#233;f&#233;rant aux r&#233;sultats qu'elle avait produits : et c'est cet examen de la nature de la pens&#233;e et cette justification qui, ces derniers temps, a constitu&#233; l'un des principaux probl&#232;mes de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e consid&#233;r&#233;e comme une activit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167;20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous prenons notre premi&#232;re impression de la pens&#233;e, nous trouvons en l'examinant d'abord (a) que, dans son acception subjective habituelle, la pens&#233;e est l'une des nombreuses activit&#233;s ou facult&#233;s de l'esprit, coordonn&#233;e avec d'autres telles que la sensation, la perception, l'imagination, le d&#233;sir, la volont&#233;, etc. Le produit de cette activit&#233;, la forme ou le caract&#232;re particulier de la pens&#233;e, est l'UNIVERSEL, ou, en g&#233;n&#233;ral, l'abstrait. La pens&#233;e, consid&#233;r&#233;e comme une activit&#233; , peut donc &#234;tre d&#233;crite comme l' universel actif , et, puisque l'acte, son produit, est encore une fois l'universel, peut &#234;tre appel&#233; l'universel auto-actualisant. La pens&#233;e con&#231;ue comme sujet (agent) est un penseur, et le sujet existant comme penseur est simplement d&#233;sign&#233; par le terme &#171; je &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre le sens, la conception et la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions qui rendent compte de la pens&#233;e dans cette section et dans les suivantes ne sont pas pr&#233;sent&#233;es comme des affirmations ou des opinions de ma part sur la question. Mais dans ces chapitres pr&#233;liminaires, toute d&#233;duction ou preuve serait impossible, et les affirmations peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des preuves. En d'autres termes, tout homme, lorsqu'il pense et consid&#232;re ses pens&#233;es, d&#233;couvrira par l'exp&#233;rience de sa conscience qu'elles poss&#232;dent le caract&#232;re d'universalit&#233; aussi bien que les autres aspects de la pens&#233;e qui seront &#233;num&#233;r&#233;s plus loin. Nous supposons bien s&#251;r que ses pouvoirs d'attention et d'abstraction ont subi un entra&#238;nement pr&#233;alable, lui permettant d'observer correctement les preuves de sa conscience et de ses conceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette introduction a d&#233;j&#224; fait allusion &#224; la distinction entre Sens, Conception et Pens&#233;e. Comme cette distinction est d'une importance capitale pour comprendre la nature et les esp&#232;ces de la connaissance, il sera utile d'y attirer l'attention. Pour expliquer le Sens, la m&#233;thode la plus simple consiste certainement &#224; se r&#233;f&#233;rer &#224; sa source ext&#233;rieure, les organes des sens. Mais nommer l'organe ne sert pas beaucoup &#224; expliquer ce qu'il saisit. La v&#233;ritable distinction entre le Sens et la Pens&#233;e r&#233;side en ceci : le trait essentiel du sensible est l'individualit&#233; , et comme l'individu (qui, r&#233;duit &#224; ses termes les plus simples, est l'atome) est aussi membre d'un groupe, l'existence sensible pr&#233;sente un certain nombre d'unit&#233;s mutuellement exclusives &#8211; d'unit&#233;s, pour parler en termes plus d&#233;finis et plus abstraits, qui existent c&#244;te &#224; c&#244;te et apr&#232;s les autres. La conception ou la pens&#233;e par image fonctionne avec des mat&#233;riaux provenant de la m&#234;me source sensible. Mais ces mat&#233;riaux, une fois con&#231;us , sont express&#233;ment caract&#233;ris&#233;s comme &#233;tant en moi et donc mien ; et deuxi&#232;mement, comme universels ou simples, parce qu'ils ne se rapportent qu'&#224; soi. Le sens n'est pas la seule source de conception mat&#233;rialis&#233;e. Il y a des conceptions constitu&#233;es par des mat&#233;riaux &#233;manant de la pens&#233;e consciente, comme celles de la loi, de la morale, de la religion et m&#234;me de la pens&#233;e elle-m&#234;me, et il faut un certain effort pour d&#233;couvrir en quoi r&#233;side la diff&#233;rence entre de telles conceptions et des pens&#233;es ayant la m&#234;me port&#233;e. Car c'est une pens&#233;e dont une telle conception est le v&#233;hicule, et il ne manque pas la forme d'universalit&#233;, sans laquelle aucun contenu ne pourrait &#234;tre en moi, ni &#234;tre une conception du tout. Mais ici aussi, la particularit&#233; de la conception est, en g&#233;n&#233;ral, &#224; chercher dans l'individualisme ou l'isolement de son contenu. Il est vrai que, par exemple, la loi et les dispositions l&#233;gales n'existent pas dans un espace sensible, s'excluant mutuellement. Quant au temps, bien qu'ils apparaissent dans une certaine mesure successifs, leurs contenus eux-m&#234;mes ne sont pas con&#231;us comme affect&#233;s par le temps, ou comme transitoires et changeants en lui. Le d&#233;faut de la conception est plus profond. Ces id&#233;es, bien que poss&#233;dant implicitement l'unit&#233; organique de l'esprit, sont isol&#233;es &#231;&#224; et l&#224; sur le vaste terrain de la conception, avec sa g&#233;n&#233;ralit&#233; int&#233;rieure et abstraite. Ainsi, &#224; la d&#233;rive, chacun est simple, sans rapport entre eux : le Droit, le Devoir, Dieu. La conception dans ces circonstances se contente soit de d&#233;clarer que le Droit est le Droit, que Dieu est Dieu ; soit, &#224; un degr&#233; de culture plus &#233;lev&#233;, elle proc&#232;de &#224; l'&#233;nonciation des attributs : par exemple, Dieu est le Cr&#233;ateur du monde, omniscient, tout-puissant, etc. De cette mani&#232;re, plusieurs pr&#233;dicats isol&#233;s et simples sont li&#233;s entre eux ; mais malgr&#233; le lien fourni par leur sujet, les pr&#233;dicats ne d&#233;passent jamais la simple contigu&#239;t&#233;. En ce point, la Conception co&#239;ncide avec l'Entendement.:la seule distinction &#233;tant que ce dernier introduit des relations d'universel et de particulier , de cause &#224; effet, etc., et fournit ainsi une connexion n&#233;cessaire aux id&#233;es isol&#233;es de conception ; ce dernier les a laiss&#233;es c&#244;te &#224; c&#244;te dans ses espaces mentaux vagues, reli&#233;es seulement par un simple &#171; et &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre conception et pens&#233;e est d'une importance particuli&#232;re : on peut dire que la philosophie ne fait que transformer des conceptions en pens&#233;es, bien qu'elle op&#232;re la transformation ult&#233;rieure d'une simple pens&#233;e en notion. L'existence sensible a &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par les attributs d'individualit&#233; et d'exclusion mutuelle de ses membres. Il est bon de se rappeler que ces attributs m&#234;mes du sens sont des pens&#233;es et des termes g&#233;n&#233;raux. On montrera dans la Logique que la pens&#233;e (et l'universel) n'est pas un simple contraire du sens : elle ne laisse rien lui &#233;chapper, mais, d&#233;bordant son autre, elle est &#224; la fois cet autre et elle-m&#234;me. Or le langage est l'&#339;uvre de la pens&#233;e : et donc tout ce qui s'exprime dans le langage doit &#234;tre universel. Ce que je veux dire ou supposer est &#224; moi : cela m'appartient, &#224; cet individu particulier. Mais le langage n'exprime rien d'autre que l'universalit&#233; ; je ne peux donc pas dire ce que je veux simplement dire. Et l'indicible &#8211; le sentiment ou la sensation &#8211; loin d'&#234;tre la v&#233;rit&#233; la plus haute, est la plus insignifiante et la plus fausse. Si je dis &#171; l'individu &#187;, &#171; cet individu &#187;, &#171; ici &#187;, &#171; maintenant &#187;, tous ces termes sont universels. Tout et n'importe quoi est un individu, un &#171; ceci &#187;, et s'il est sens&#233;, il est ici et maintenant. De m&#234;me, quand je dis &#171; je &#187;, j'entends mon moi unique &#224; l'exclusion de tous les autres ; mais ce que je dis , c'est-&#224;-dire &#171; je &#187;, c'est tout simplement tout &#171; je &#187;, qui de la m&#234;me mani&#232;re exclut tous les autres de lui-m&#234;me. Dans une expression maladroite dont Kant se servait, il disait que je suis l'accompagnateur de toutes mes conceptions, aussi bien des sensations, des d&#233;sirs, des actions, etc. &#171; Je &#187; est par essence et par acte l'universel ; et cette association est une forme, bien qu'externe, de l'universalit&#233;. Tous les autres hommes ont en commun avec moi d'&#234;tre &#171; je &#187;, tout comme il est commun &#224; toutes mes sensations et &#224; toutes mes conceptions d'&#234;tre miennes. Mais &#171; je &#187;, dans l'abstrait, en tant que tel, n'est que l'acte de concentration sur soi ou de relation &#224; soi-m&#234;me, dans lequel nous faisons abstraction de toute conception et de tout sentiment, de tout &#233;tat d'esprit et de toute particularit&#233; de la nature, du talent et de l'exp&#233;rience. Dans cette mesure, &#171; je &#187; est l'existence d'une universalit&#233; enti&#232;rement abstraite , un principe de libert&#233; abstraite.C'est donc la pens&#233;e, consid&#233;r&#233;e comme sujet, qui est exprim&#233;e par le mot &#171; je &#187; ; et comme je suis &#224; la fois dans toutes mes sensations, mes conceptions et mes &#233;tats de conscience, la pens&#233;e est partout pr&#233;sente, et elle est une cat&#233;gorie qui traverse toutes ces modifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;20n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re impression que nous avons quand nous employons le terme de &#171; pens&#233;e &#187; est celle d'une activit&#233; subjective, une parmi de nombreuses facult&#233;s semblables, telles que la m&#233;moire, l'imagination et la volont&#233;. Si la pens&#233;e n'&#233;tait qu'une activit&#233; de l'esprit sujet et si elle &#233;tait trait&#233;e sous cet aspect par la logique, la logique ressemblerait aux autres sciences en ce qu'elle poss&#232;derait un objet bien d&#233;fini. Il pourrait alors sembler arbitraire de consacrer une science sp&#233;ciale &#224; la pens&#233;e, tandis que la volont&#233;, l'imagination et les autres se verraient refuser le m&#234;me privil&#232;ge. Cependant, le choix d'une facult&#233; pourrait m&#234;me, dans cette optique, &#234;tre tr&#232;s bien fond&#233; sur une certaine autorit&#233; reconnue comme appartenant &#224; la pens&#233;e et sur sa pr&#233;tention &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la vraie nature de l'homme, en quoi consiste sa distinction par rapport aux animaux. Il n'est pas non plus sans importance d'&#233;tudier la pens&#233;e m&#234;me en tant qu'&#233;nergie subjective. Une analyse d&#233;taill&#233;e de sa nature r&#233;v&#233;lerait des r&#232;gles et des lois dont la connaissance est tir&#233;e de l'exp&#233;rience. L'&#233;tude des lois de la pens&#233;e, de ce point de vue, a servi autrefois &#224; former le corps de la science logique. C'est Aristote qui en fut le fondateur. Il a r&#233;ussi &#224; attribuer &#224; la pens&#233;e ce qui lui appartient en propre. Notre pens&#233;e est extr&#234;mement concr&#232;te ; mais dans son contenu composite, il faut distinguer la partie qui appartient proprement &#224; la pens&#233;e, ou au mode abstrait de son action. Un lien spirituel subtil, consistant dans l'action de la pens&#233;e, est ce qui donne l'unit&#233; &#224; tous ces contenus, et c'est ce lien, la forme en tant que forme, qu'Aristote a not&#233; et d&#233;crit. Jusqu'&#224; nos jours, la logique d'Aristote continue d'&#234;tre le syst&#232;me re&#231;u. Elle a en effet &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e plus longuement, surtout par les travaux des scolastiques du moyen &#226;ge qui, sans y ajouter de mati&#232;re, se sont content&#233;s de peaufiner les d&#233;tails. Les modernes ont aussi laiss&#233; leur empreinte sur cette logique, en partie en omettant de nombreux points de doctrine logique dus &#224; Aristote et aux scolastiques, en partie en y ajoutant une quantit&#233; de mati&#232;re psychologique. Le but de la science est de se familiariser avec la proc&#233;dure de la pens&#233;e finie : et, si elle est adapt&#233;e &#224; son objet pr&#233;suppos&#233;, la science a le droit d'&#234;tre qualifi&#233;e de correcte. L'&#233;tude de cette logique formelle a sans aucun doute son utilit&#233;. Elle aiguise l'esprit, comme on dit, et nous apprend &#224; rassembler nos pens&#233;es et &#224; faire des abstractions, alors que dans la conscience commune nous avons affaire &#224; des conceptions sensuelles qui se croisent et se troublent les unes les autres. L'abstraction implique en outre la concentration de l'esprit sur un seul point, et induit ainsi l'habitude de pr&#234;ter attention &#224; notre moi int&#233;rieur. La connaissance des formes de la pens&#233;e finie peut &#234;tre un moyen d'entra&#238;ner l'esprit aux sciences empiriques, puisque leur m&#233;thode est r&#233;gl&#233;e par ces formes : et dans ce sens, la logique a &#233;t&#233; qualifi&#233;e d'instrumentale. Il est vrai que nous pouvons &#234;tre encore plus lib&#233;raux et dire : la logique doit &#234;tre &#233;tudi&#233;e non pour son utilit&#233;, mais pour elle-m&#234;me ; le sur-excellent ne doit pas &#234;tre recherch&#233; pour la simple utilit&#233;.En un sens, c'est tout &#224; fait vrai, mais on peut r&#233;pondre que le sur-excellent est aussi le plus utile, parce qu'il est le principe qui soutient tout et qui, ayant sa subsistance propre, peut servir de v&#233;hicule &#224; des fins particuli&#232;res qu'il favorise et assure. Ainsi, des fins particuli&#232;res, bien qu'elles n'aient pas le droit d'&#234;tre plac&#233;es en premier, sont n&#233;anmoins favoris&#233;es par la pr&#233;sence du bien supr&#234;me. La religion, par exemple, a une valeur absolue qui lui est propre ; pourtant, en m&#234;me temps, d'autres fins prosp&#232;rent et r&#233;ussissent &#224; sa suite. Comme le dit le Christ : &#171; Cherchez premi&#232;rement le royaume de Dieu, et toutes ces choses vous seront donn&#233;es par-dessus. &#187; On ne peut atteindre des fins particuli&#232;res qu'en obtenant ce qui est absolument et ce qui existe de plein droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e dans ses rapports avec les objets&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(b) La pens&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;crite comme active. Nous allons maintenant consid&#233;rer en second lieu cette action dans ses rapports avec les objets, ou comme une r&#233;flexion sur quelque chose. Dans ce cas, l'universel ou le produit de son op&#233;ration contient la valeur de la chose, c'est l'essentiel, l'int&#233;rieur et le vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au &#167; 5, on cite la vieille croyance selon laquelle la r&#233;alit&#233; d'un objet, d'une circonstance ou d'un &#233;v&#233;nement, la valeur ou l'essence intrins&#232;que, la chose dont tout d&#233;pend, n'est pas une donn&#233;e &#233;vidente de la conscience, ni ne co&#239;ncide avec la premi&#232;re apparition et impression de l'objet ; qu'au contraire, la r&#233;flexion est n&#233;cessaire pour d&#233;couvrir la constitution r&#233;elle de l' objet &#8212; et que par une telle r&#233;flexion elle sera &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les universaux appr&#233;hend&#233;s dans la r&#233;flexion&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 21n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fl&#233;chir est une le&#231;on que l'enfant doit apprendre. Une de ses premi&#232;res le&#231;ons est de joindre les adjectifs aux substantifs. Cela l'oblige &#224; faire attention et &#224; distinguer : il doit se souvenir d'une r&#232;gle et l'appliquer au cas particulier. Cette r&#232;gle n'est rien d'autre qu'un universel : et l'enfant doit voir que le particulier s'adapte &#224; cet universel. Dans la vie, nous avons des fins &#224; atteindre. Et &#224; cet &#233;gard, nous r&#233;fl&#233;chissons &#224; la meilleure fa&#231;on de les atteindre. La fin repr&#233;sente ici l'universel ou le principe directeur et nous avons des moyens et des instruments dont nous r&#233;glons l'action conform&#233;ment &#224; la fin. De la m&#234;me mani&#232;re, la r&#233;flexion est active dans les questions de conduite. R&#233;fl&#233;chir signifie ici se souvenir du droit, du devoir &#8211; l'universel qui sert de r&#232;gle fixe pour guider notre comportement dans le cas donn&#233;. Notre acte particulier doit impliquer et reconna&#238;tre la loi universelle. Nous trouvons la m&#234;me chose dans notre &#233;tude des ph&#233;nom&#232;nes naturels. Par exemple, nous observons le tonnerre et les &#233;clairs. Le ph&#233;nom&#232;ne est familier et nous le percevons souvent. Mais l'homme ne se contente pas de la simple connaissance, du fait tel qu'il appara&#238;t aux sens ; il voudrait aller au-del&#224; de la surface, savoir ce qu'il est et le comprendre. Cela l'am&#232;ne &#224; r&#233;fl&#233;chir : il cherche &#224; d&#233;couvrir la cause comme quelque chose de distinct du simple ph&#233;nom&#232;ne ; il essaie de conna&#238;tre l'int&#233;rieur dans sa distinction avec l'ext&#233;rieur. Le ph&#233;nom&#232;ne devient alors double, il se divise en int&#233;rieur et ext&#233;rieur, en force et sa manifestation, en cause et effet. Une fois de plus, nous trouvons l'int&#233;rieur ou la force identifi&#233;s &#224; l'universel et au permanent : non pas tel ou tel &#233;clair, telle ou telle plante, mais ce qui demeure le m&#234;me en eux tous. L'apparence sensible est individuelle et &#233;ph&#233;m&#232;re ; ce qui est permanent en elle se d&#233;couvre par la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature nous montre une infinit&#233; de formes et de ph&#233;nom&#232;nes particuliers. Dans cette diversit&#233;, nous sentons le besoin d'introduire l'unit&#233; : nous comparons donc et cherchons l'universel de chaque cas particulier. Les individus naissent et p&#233;rissent ; l'esp&#232;ce demeure et revient en eux tous, et son existence n'est visible que par la r&#233;flexion. Sous le m&#234;me titre tombent des lois telles que celles qui r&#232;glent le mouvement des astres. Aujourd'hui nous voyons les &#233;toiles ici, demain l&#224; ; et notre esprit trouve dans ce chaos quelque chose d'incongru, quelque chose auquel il ne peut croire, parce qu'il croit &#224; l'ordre et &#224; une loi simple, constante et universelle. Inspir&#233; par cette croyance, l'esprit a port&#233; sa r&#233;flexion sur les ph&#233;nom&#232;nes et a appris leurs lois. En d'autres termes, il a &#233;tabli que le mouvement des astres est conforme &#224; une loi universelle d'apr&#232;s laquelle tout changement de position peut &#234;tre connu et pr&#233;vu. Il en est de m&#234;me des influences qui se font sentir dans l'infinie complexit&#233; de la conduite humaine. L&#224; aussi l'homme a la croyance &#224; l'empire d'un principe g&#233;n&#233;ral. De tous ces exemples, on peut conclure que la r&#233;flexion est toujours &#224; la recherche de quelque chose de fixe et de permanent, de d&#233;fini en soi et de r&#233;gissant les particuliers. Cet universel, qui ne peut &#234;tre saisi par les sens, est consid&#233;r&#233; comme le vrai et l'essentiel. Ainsi, les devoirs et les droits sont essentiels en mati&#232;re de conduite ; et une action est vraie lorsqu'elle se conforme &#224; ces formules universelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En caract&#233;risant ainsi l'universel, nous prenons conscience de son antith&#232;se avec quelque chose d'autre. Ce quelque chose d'autre est l'imm&#233;diat, l'ext&#233;rieur et l'individuel, par opposition au m&#233;dium, &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'universel. L'universel n'existe pas ext&#233;rieurement &#224; l'&#339;il ext&#233;rieur en tant qu'universel. L'esp&#232;ce en tant qu'esp&#232;ce ne peut &#234;tre per&#231;ue : les lois des mouvements c&#233;lestes ne sont pas &#233;crites dans le ciel. L'universel ne se voit ni ne s'entend, son existence n'est que pour l'esprit. La religion nous conduit &#224; un universel qui embrasse tout le reste en lui-m&#234;me, &#224; un Absolu par lequel tout le reste est amen&#233; &#224; l'existence : et cet Absolu n'est pas un objet des sens, mais de l'esprit et de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation sujet-objet&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 22&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(c) Par l'acte de r&#233;flexion, quelque chose est modifi&#233; dans la mani&#232;re dont le fait &#233;tait pr&#233;sent&#233; &#224; l'origine dans la sensation, la perception ou la conception. Ainsi, il semble qu'une modification doit intervenir avant que la v&#233;ritable nature de l'objet puisse &#234;tre d&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la r&#233;flexion produit est un produit de notre pens&#233;e. Solon, par exemple, a tir&#233; de sa t&#234;te les lois qu'il a donn&#233;es aux Ath&#233;niens. C'est la moiti&#233; de la v&#233;rit&#233; ; mais il ne faut pas pour cela oublier que l'universel (dans le cas de Solon, les lois) est l'inverse m&#234;me de ce qui est purement subjectif, ni m&#233;conna&#238;tre qu'il est l'&#234;tre essentiel, vrai et objectif des choses. Pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; des choses, il ne suffit pas d'&#234;tre attentif, il faut faire appel &#224; nos propres facult&#233;s pour transformer ce qui est imm&#233;diatement devant nous. Or, &#224; premi&#232;re vue, cela semble une inversion de l'ordre naturel, propre &#224; contrecarrer le but m&#234;me auquel tend la connaissance. Mais la m&#233;thode n'est pas aussi irrationnelle qu'il y para&#238;t. De tout temps, on a cru que le seul moyen d'atteindre le substratum permanent &#233;tait de transmuter le ph&#233;nom&#232;ne donn&#233; au moyen de la r&#233;flexion. Dans les temps modernes, un doute a &#233;t&#233; &#233;mis pour la premi&#232;re fois sur ce point &#224; propos de la diff&#233;rence pr&#233;tendue entre les produits de notre pens&#233;e et les choses dans leur nature propre. Cette nature r&#233;elle des choses, dit-on, est tr&#232;s diff&#233;rente de ce que nous en faisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme kantien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le divorce entre la pens&#233;e et la chose est principalement l'&#339;uvre de la philosophie critique, et il va &#224; l'encontre de la conviction de tous les si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents selon laquelle leur accord &#233;tait une &#233;vidence. L'antith&#232;se entre les deux est la charni&#232;re sur laquelle tourne la philosophie moderne. Cependant, la croyance naturelle des hommes lui donne un d&#233;menti. Dans la vie courante, nous r&#233;fl&#233;chissons sans nous rappeler particuli&#232;rement que c'est ainsi que nous parvenons &#224; la v&#233;rit&#233;, et nous pensons sans h&#233;sitation, dans la ferme conviction que la pens&#233;e co&#239;ncide avec la chose. Et cette croyance est de la plus haute importance. Elle marque l'&#233;tat maladif de l'&#233;poque lorsque nous la voyons adopter la croyance d&#233;sesp&#233;r&#233;e que notre connaissance n'est que subjective et que nous ne pouvons aller au-del&#224; de cette subjectivit&#233;. Tandis que, bien comprise, la v&#233;rit&#233; est objective et devrait tellement r&#233;gler la conviction de chacun que la conviction de l'individu est consid&#233;r&#233;e comme fausse lorsqu'elle n'est pas d'accord avec cette r&#232;gle. Les opinions modernes, au contraire, accordent une grande valeur au simple fait d'&#234;tre convaincu, et soutiennent qu'&#234;tre convaincu est une bonne chose en soi, quelle que soit la charge de notre conviction &#8211; puisqu'il n'existe aucun crit&#232;re permettant de mesurer sa v&#233;racit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons dit plus haut que, selon la croyance ancienne, le droit caract&#233;ristique de l'esprit &#233;tait de conna&#238;tre la v&#233;rit&#233;. S'il en est ainsi, cela implique aussi que tout ce que nous connaissons de la nature ext&#233;rieure et int&#233;rieure, en un mot, le monde objectif, est en soi le m&#234;me que dans la pens&#233;e, et que penser, c'est faire ressortir la v&#233;rit&#233; de notre objet, quel qu'il soit. Le r&#244;le de la philosophie n'est que de faire appara&#238;tre dans la conscience explicite ce que le monde de tous les temps a cru de la pens&#233;e. La philosophie n'apporte donc rien de nouveau, et notre discussion actuelle nous a conduit &#224; une conclusion qui s'accorde avec la croyance naturelle de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pensez par vous-m&#234;me &#187; [note]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) La nature r&#233;elle de l'objet est r&#233;v&#233;l&#233;e par la r&#233;flexion ; mais il n'en est pas moins vrai que cet effort de pens&#233;e est mon acte. S'il en est ainsi, la nature r&#233;elle est un produit de mon esprit, en sa qualit&#233; de sujet pensant, engendr&#233; par moi dans ma simple universalit&#233;, recueillie par moi-m&#234;me et soustraite aux influences ext&#233;rieures, en un mot, dans ma Libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Penser par soi-m&#234;me &#187; est une expression que l'on emploie souvent comme si elle avait une signification particuli&#232;re. En fait, nul ne peut penser pour un autre, pas plus qu'il ne peut manger ou boire pour lui, et l'expression est un pl&#233;onasme. Penser, c'est en effet ipso facto &#234;tre libre, car la pens&#233;e en tant qu'action de l'universel est une relation abstraite de soi &#224; soi, o&#249;, &#233;tant chez nous-m&#234;mes et compl&#232;tement vides de notre subjectivit&#233;, notre conscience n'est, quant &#224; son contenu, que dans le fait et ses caract&#233;ristiques. Si l'on admet cela, et si l'on applique le terme d'humilit&#233; ou de modestie &#224; une attitude o&#249; notre subjectivit&#233; n'est pas autoris&#233;e &#224; intervenir par un acte ou une qualit&#233;, il est facile d'appr&#233;cier la question touchant l'humilit&#233; ou la modestie et l'orgueil de la philosophie. Car au point de vue du contenu, la pens&#233;e n'est vraie qu'&#224; mesure qu'elle s'enfonce dans les faits ; et, du point de vue de la forme, il ne s'agit pas d'un &#233;tat ou d'un acte priv&#233; ou particulier du sujet, mais plut&#244;t de cette attitude de conscience o&#249; le moi abstrait, lib&#233;r&#233; de toutes les limitations sp&#233;ciales auxquelles ses &#233;tats ou qualit&#233;s ordinaires sont soumis, se restreint &#224; cette action universelle dans laquelle il est identique &#224; tous les individus. Dans ces circonstances, la philosophie peut &#234;tre acquitt&#233;e de l'accusation d'orgueil. Et quand Aristote appelle l'esprit &#224; s'&#233;lever &#224; la dignit&#233; de cette attitude, la dignit&#233; qu'il recherche est obtenue en abandonnant toutes nos opinions et tous nos pr&#233;jug&#233;s individuels et en nous soumettant &#224; l'emprise du fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectivit&#233; de la pens&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces explications et ces pr&#233;cisions permettent de qualifier les pens&#233;es de pens&#233;es objectives , parmi lesquelles on peut &#233;galement inclure les formes qui sont plus particuli&#232;rement &#233;tudi&#233;es dans la logique commune, o&#249; elles sont g&#233;n&#233;ralement trait&#233;es comme des formes de pens&#233;e consciente seulement. La logique co&#239;ncide donc avec la m&#233;taphysique, la science des choses pos&#233;es et retenues dans des pens&#233;es , pens&#233;es reconnues capables d'exprimer la r&#233;alit&#233; essentielle des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition des rapports entre des formes telles que la notion, le jugement et le syllogisme et d'autres formes telles que la causalit&#233; est une affaire de la science elle-m&#234;me. Mais cela est &#233;vident &#224; l'avance. Si la pens&#233;e essaie de former une notion des choses, cette notion (ainsi que ses phases imm&#233;diates, le jugement et le syllogisme) ne peut &#234;tre compos&#233;e d'articles et de relations qui sont &#233;trangers et sans rapport avec les choses. La r&#233;flexion, comme nous l'avons dit plus haut, conduit &#224; l'universel des choses : cet universel est lui-m&#234;me l'un des facteurs constitutifs d'une notion. Dire que la Raison ou l'Entendement est dans le monde &#233;quivaut dans sa port&#233;e &#224; l'expression &#171; Pens&#233;e objective &#187;. Cette derni&#232;re expression a cependant l'inconv&#233;nient que la pens&#233;e se limite g&#233;n&#233;ralement &#224; exprimer ce qui appartient seulement &#224; l'esprit ou &#224; la conscience, tandis qu'objectif est un terme qui s'applique, du moins en premier lieu, seulement au non-mental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;24n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Parler de la pens&#233;e ou de la pens&#233;e objective comme du c&#339;ur et de l'&#226;me du monde, c'est peut-&#234;tre attribuer une conscience aux choses de la nature. Nous &#233;prouvons une certaine r&#233;pugnance &#224; faire de la pens&#233;e la fonction int&#233;rieure des choses, surtout quand nous parlons de la pens&#233;e comme marquant la divergence de l'homme par rapport &#224; la nature. Il serait donc n&#233;cessaire, si nous employons le terme de pens&#233;e, de parler de la nature comme du syst&#232;me de la pens&#233;e inconsciente ou, pour reprendre l'expression de Schelling, d'une intelligence p&#233;trifi&#233;e. Et pour &#233;viter toute m&#233;prise, il faudrait remplacer le terme ambigu de pens&#233;e par &#171; forme-pens&#233;e &#187; ou &#171; type de pens&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s ce qui pr&#233;c&#232;de, les principes de la logique doivent &#234;tre recherch&#233;s dans un syst&#232;me de types de pens&#233;e ou de cat&#233;gories fondamentales, dans lequel l'opposition entre subjectif et objectif, dans son sens habituel, dispara&#238;t. La signification ainsi attach&#233;e &#224; la pens&#233;e et &#224; ses formes caract&#233;ristiques peut &#234;tre illustr&#233;e par l'ancien dicton selon lequel &#171; le nous gouverne le monde &#187;, ou par notre propre expression selon laquelle &#171; la raison est dans le monde &#187;, ce qui signifie que la raison est l'&#226;me du monde qu'elle habite, son principe immanent, sa nature la plus propre et la plus int&#233;rieure, son universel. Une autre illustration est fournie par le fait que, lorsque nous parlons d'un animal d&#233;termin&#233;, nous disons qu'il est (un) animal. Or, l'animal en tant qu'animal ne peut &#234;tre montr&#233; ; on ne peut rien indiquer, sauf un animal sp&#233;cial. L'animal en tant qu'animal n'existe pas : il n'est que la nature universelle des animaux individuels, tandis que chaque animal existant est une chose d&#233;finie et particularis&#233;e plus concr&#232;tement. Mais &#234;tre un animal &#8212; la loi de genre qui est l'universel dans ce cas &#8212; est la propri&#233;t&#233; de l'animal particulier et constitue son essence d&#233;finie. Enlevez au chien son animalit&#233;, et il devient impossible de dire ce qu'il est. Toutes les choses ont une nature int&#233;rieure permanente, ainsi qu'une existence ext&#233;rieure. Elles vivent et meurent, naissent et passent ; mais leur partie essentielle et universelle est la nature ; et cela signifie bien plus que quelque chose de commun &#224; toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la pens&#233;e est la substance constitutive des choses ext&#233;rieures, elle est aussi la substance universelle de ce qui est spirituel. Dans toute perception humaine, la pens&#233;e est pr&#233;sente ; de m&#234;me, dans tous les actes de conception et de souvenir, bref, dans toute activit&#233; mentale, dans le vouloir, le d&#233;sir, etc. Toutes ces facult&#233;s ne sont que des sp&#233;cialisations suppl&#233;mentaires de la pens&#233;e. Lorsqu'elle est pr&#233;sent&#233;e sous cet angle, la pens&#233;e joue un r&#244;le diff&#233;rent de celui qu'elle joue si nous parlons d'une facult&#233; de pens&#233;e, une parmi une foule d'autres facult&#233;s, telles que la perception, la conception et la volont&#233;, avec lesquelles elle se trouve au m&#234;me niveau. Lorsqu'elle est consid&#233;r&#233;e comme le v&#233;ritable universel de tout ce que la nature et l'esprit contiennent, elle &#233;tend son champ d'action bien au-del&#224; de tout cela et devient la base de tout. De ce point de vue, la pens&#233;e, dans son sens objectif de nous,1. Passons maintenant au sens subjectif du terme. Nous disons d'abord que l'homme est un &#234;tre qui pense, mais nous disons aussi que l'homme est un &#234;tre qui per&#231;oit et qui veut. L'homme est un penseur et il est universel, mais il n'est un penseur que parce qu'il sent sa propre universalit&#233;. L'animal aussi est par implication universel, mais l'universel n'est pas ressenti consciemment par lui comme &#233;tant universel : il ne sent que l'individuel. L'animal voit un objet singulier, par exemple sa nourriture, ou un homme. Pour l'animal tout cela ne va jamais au-del&#224; d'une chose individuelle. De m&#234;me, la sensation n'a &#224; voir avec rien d'autre qu'avec des choses singuli&#232;res, comme cette douleur ou ce go&#251;t sucr&#233;. La nature ne fait pas entrer son nous dans la conscience : c'est l'homme qui se double le premier pour &#234;tre un universel pour un universel. Cela se produit d'abord quand l'homme sait qu'il est &#171; je &#187;. Par le terme &#171; je &#187;, j'entends moi-m&#234;me, une personne unique et enti&#232;rement d&#233;termin&#233;e. Et pourtant je n'exprime rien de particulier &#224; moi-m&#234;me, car tout autre est un &#171; je &#187; ou un &#171; moi &#187;, et quand je m'appelle &#171; je &#187;, bien que je veuille sans aucun doute parler de moi-m&#234;me, j'exprime un universel complet. &#171; Je &#187; est donc un simple &#234;tre-pour-soi, dans lequel tout ce qui est particulier ou marqu&#233; est renonc&#233; et enfoui hors de vue ; c'est comme le point ultime et inanalysable de la conscience. On peut dire que &#171; je &#187; et la pens&#233;e sont la m&#234;me chose, ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, &#171; je &#187; est la pens&#233;e en tant que penseur. Ce que j'ai dans ma conscience est pour moi. &#171; Je &#187; est le vide ou le r&#233;ceptacle de tout et de n'importe quoi : pour lequel tout est et qui emmagasine tout en lui-m&#234;me. Chaque homme est un monde entier de conceptions qui gisent enfouies dans la nuit du &#171; moi &#187;. Il s'ensuit que le &#171; moi &#187; est l'universel dans lequel nous laissons de c&#244;t&#233; tout ce qui est particulier, et dans lequel en m&#234;me temps tous les particuliers ont une existence latente. En d'autres termes, ce n'est pas une simple universalit&#233;, rien de plus, mais l'universalit&#233; qui renferme tout. Nous employons commun&#233;ment le mot &#171; je &#187; sans y attacher beaucoup d'importance, et il n'est objet d'&#233;tude que pour l'analyse philosophique. Dans le &#171; moi &#187;, nous avons devant nous la pens&#233;e dans sa plus pure puret&#233;. Alors que l'animal ne peut pas dire &#171; je &#187;, l'homme le peut, car il est dans sa nature de penser. Or, dans le &#171; moi &#187;, il y a une vari&#233;t&#233; de contenus, provenant &#224; la fois de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, et selon la nature de ces contenus, notre &#233;tat peut &#234;tre qualifi&#233; de perception, de conception ou de r&#233;miniscence. Mais dans tous ces contenus se trouve le &#171; je &#187;, ou bien en eux toute pens&#233;e est pr&#233;sente. L'homme pense donc toujours, m&#234;me dans ses perceptions : s'il observe quelque chose, il l'observe toujours comme un universel, il fixe un seul point qu'il met en relief, d&#233;tournant ainsi son attention des autres points, et le prend comme abstrait et universel, m&#234;me si l'universalit&#233; n'est que formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de nos conceptions ordinaires, deux choses peuvent se produire. Ou bien le contenu est model&#233; par la pens&#233;e, mais non la forme ; ou bien la forme appartient &#224; la pens&#233;e et non le contenu. En utilisant des termes tels que col&#232;re, rose, espoir, par exemple, je parle de choses que j'ai apprises par la sensation, mais j'exprime ce contenu de mani&#232;re universelle, c'est-&#224;-dire sous la forme de la pens&#233;e. J'ai laiss&#233; de c&#244;t&#233; beaucoup de choses particuli&#232;res et j'ai donn&#233; le contenu dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233; : mais le contenu reste n&#233;anmoins d&#233;riv&#233; des sens. D'un autre c&#244;t&#233;, lorsque je repr&#233;sente Dieu, le contenu est ind&#233;niablement un produit de la pure pens&#233;e, mais la forme conserve toujours les limitations sensuelles qu'elle poss&#232;de, telle que je la trouve imm&#233;diatement pr&#233;sente en moi. Dans ces images g&#233;n&#233;ralis&#233;es, le contenu n'est pas simplement sensible, comme c'est le cas lors d'une inspection visuelle ; mais soit le contenu est sensible et la forme appartient &#224; la pens&#233;e, soit vice versa. Dans le premier cas, la mati&#232;re nous est donn&#233;e et notre pens&#233;e fournit la forme ; dans le second cas, le contenu qui a sa source dans la pens&#233;e est transform&#233;, au moyen de la forme, en quelque chose de donn&#233;, qui parvient donc &#224; l'esprit de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La logique est l'&#233;tude de la pens&#233;e pure et simple, ou des formes-pens&#233;es pures. Au sens ordinaire du terme, par pens&#233;e nous nous repr&#233;sentons g&#233;n&#233;ralement quelque chose de plus que la pens&#233;e simple et sans m&#233;lange ; nous entendons une pens&#233;e dont la mati&#232;re est issue de l'exp&#233;rience. En logique, au contraire, une pens&#233;e ne comprend rien d'autre que ce qui d&#233;pend de la pens&#233;e et ce que la pens&#233;e a fait na&#238;tre. C'est dans ces conditions que les pens&#233;es sont des pens&#233;es pures. L'esprit est alors dans son &#233;l&#233;ment propre et donc libre ; car la libert&#233; signifie que l'autre chose avec laquelle vous traitez est un second moi, de sorte que vous ne quittez jamais votre propre terrain, mais que vous vous donnez la loi. Dans les impulsions ou les app&#233;tits, le d&#233;but vient de quelque chose d'autre, de quelque chose que nous sentons ext&#233;rieur. Dans ce cas, nous parlons alors de d&#233;pendance. Pour la libert&#233;, il est n&#233;cessaire que nous ne sentions aucune pr&#233;sence d'autre chose que nous-m&#234;mes. L'homme naturel, dont les mouvements ne suivent que la r&#232;gle de ses app&#233;tits, n'est pas son propre ma&#238;tre. Si volontaire qu'il soit, les &#233;l&#233;ments de sa volont&#233; et de son opinion ne lui appartiennent pas, et sa libert&#233; n'est que formelle. Mais quand nous pensons, nous renon&#231;ons &#224; notre &#234;tre &#233;go&#239;ste et particulier, nous nous enfon&#231;ons dans la chose, nous laissons la pens&#233;e suivre son cours, et si nous y ajoutons quelque chose de notre cru, nous pensons mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, d'apr&#232;s les remarques pr&#233;c&#233;dentes, nous consid&#233;rons la Logique comme le syst&#232;me des types purs de la pens&#233;e, nous trouvons que les autres sciences philosophiques, la Philosophie de la Nature et la Philosophie de l'Esprit, tiennent lieu, pour ainsi dire, de Logique appliqu&#233;e, et que la Logique est l'&#226;me qui les anime toutes deux. Leur probl&#232;me, dans ce cas, est seulement de reconna&#238;tre les formes logiques sous les formes qu'elles prennent dans la Nature et dans l'Esprit, formes qui ne sont qu'un mode particulier d'expression des formes de la pens&#233;e pure. Si nous prenons par exemple le syllogisme (non tel qu'il &#233;tait compris dans l'ancienne logique formelle, mais comme sa valeur r&#233;elle), nous trouverons qu'il exprime la loi que le particulier est le moyen terme qui fusionne ensemble les extr&#234;mes de l'universel et du singulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme syllogistique est une forme universelle de toutes choses. Tout ce qui existe est un particulier qui relie ensemble l'universel et le singulier. Mais la nature est faible et ne parvient pas &#224; montrer les formes logiques dans leur puret&#233;. On peut voir une aussi faible illustration du syllogisme dans l'aimant. Au milieu ou au point d'indiff&#233;rence d'un aimant, ses deux p&#244;les, quelle que soit leur distinction, sont r&#233;unis en un seul. La physique nous apprend aussi &#224; voir l'universel ou l'essence dans la nature : et la seule diff&#233;rence entre elle et la philosophie de la nature est que cette derni&#232;re nous pr&#233;sente &#224; l'esprit les formes ad&#233;quates de la notion dans le monde physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprendra maintenant que la logique est l'esprit qui anime toutes les sciences, et que ses cat&#233;gories constituent la hi&#233;rarchie spirituelle. Elles sont le c&#339;ur et le centre des choses, et pourtant elles sont toujours sur nos l&#232;vres, et, du moins en apparence, des objets parfaitement familiers. Mais les choses ainsi famili&#232;res sont g&#233;n&#233;ralement les plus &#233;trang&#232;res. L'&#234;tre, par exemple, est une cat&#233;gorie de la pens&#233;e pure, mais faire de &#171; est &#187; un objet d'investigation ne nous vient jamais &#224; l'esprit. L'imagination commune place l'Absolu bien loin, dans un monde au-del&#224;. L'Absolu est plut&#244;t directement devant nous, si pr&#233;sent que tant que nous pensons, nous devons, sans en avoir express&#233;ment conscience, le porter toujours avec nous et toujours l'utiliser. Le langage est le principal d&#233;positaire de ces types de pens&#233;e, et l'un des usages de l'instruction grammaticale que re&#231;oivent les enfants est de tourner inconsciemment leur attention vers les distinctions de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit g&#233;n&#233;ralement que la logique ne s'occupe que des formes et qu'elle en tire la mati&#232;re d'ailleurs. Mais ce &#171; seulement &#187;, qui suppose que les pens&#233;es logiques ne sont rien en comparaison du reste des contenus, n'est pas le mot qu'il faut employer pour parler des formes qui sont le fondement absolument r&#233;el de tout. Tout le reste est plut&#244;t un &#171; seulement &#187; en comparaison de ces pens&#233;es. Faire de ces formes abstraites un probl&#232;me suppose chez le chercheur un niveau de culture plus &#233;lev&#233; que d'ordinaire ; et les &#233;tudier en elles-m&#234;mes et pour elles-m&#234;mes signifie en outre que ces types de pens&#233;e doivent &#234;tre d&#233;duits de la pens&#233;e elle-m&#234;me et que leur v&#233;rit&#233; ou leur r&#233;alit&#233; doit &#234;tre examin&#233;e &#224; la lumi&#232;re de leurs propres lois. Nous ne les prenons pas pour des donn&#233;es ext&#233;rieures, pour les d&#233;finir ensuite ou pour d&#233;montrer leur valeur et leur autorit&#233; en les comparant &#224; la forme qu'elles prennent dans notre esprit. Si nous agissions ainsi, nous proc&#233;derions par observation et par exp&#233;rience et dirions, par exemple, que nous employons habituellement le terme &#171; force &#187; dans tel cas et tel sens. Une telle d&#233;finition serait consid&#233;r&#233;e comme correcte si elle correspondait &#224; la conception de son objet pr&#233;sente dans notre &#233;tat d'esprit ordinaire. Le d&#233;faut de cette m&#233;thode empirique est qu'une notion n'est pas d&#233;finie telle qu'elle est en elle-m&#234;me et pour elle-m&#234;me, mais en fonction de quelque chose d'assum&#233;, qui est ensuite utilis&#233; comme crit&#232;re et norme de correction. Il n'est pas n&#233;cessaire d'appliquer un tel test : il suffit de laisser les formes-pens&#233;es suivre l'impulsion de leur propre vie organique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demander si une cat&#233;gorie est vraie ou non, cela doit para&#238;tre &#233;trange &#224; l'esprit ordinaire : car une cat&#233;gorie ne devient vraie que lorsqu'elle s'applique &#224; un objet donn&#233;, et en dehors de cette application, il semblerait inutile de rechercher la v&#233;rit&#233;. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment autour de cette question que tout tourne. Il faut cependant d'abord bien comprendre ce que nous entendons par V&#233;rit&#233;. Dans la vie courante, la v&#233;rit&#233; signifie l'accord d'un objet avec notre conception de celui-ci. Nous pr&#233;supposons donc un objet auquel notre conception doit se conformer. Au sens philosophique du mot, par contre, la v&#233;rit&#233; peut &#234;tre d&#233;crite, en termes g&#233;n&#233;raux et abstraits, comme l'accord d'un contenu de pens&#233;e avec lui-m&#234;me. Cette signification est tout &#224; fait diff&#233;rente de celle donn&#233;e ci-dessus. En m&#234;me temps, la signification plus profonde et philosophique de la v&#233;rit&#233; peut &#234;tre partiellement retrac&#233;e m&#234;me dans l'usage ordinaire du langage. Ainsi, nous parlons d'un v&#233;ritable ami, c'est-&#224;-dire d'un ami dont la mani&#232;re de se comporter s'accorde avec la notion d'amiti&#233;. De la m&#234;me mani&#232;re, nous parlons d'une v&#233;ritable &#339;uvre d'art. Dans ce sens, faux signifie la m&#234;me chose que mauvais ou discordant avec lui-m&#234;me. En ce sens, un &#233;tat mauvais est un &#233;tat faux, et le mal et le mensonge consistent en la contradiction qui subsiste entre la fonction ou la notion et l'existence de l'objet. Nous pouvons nous faire une repr&#233;sentation correcte d'un tel objet mauvais, mais le sens de cette repr&#233;sentation est intrins&#232;quement faux. Nous pouvons avoir en t&#234;te de nombreuses exactitudes, qui sont en m&#234;me temps des mensonges. Dieu seul est l'harmonie parfaite de la notion et de la r&#233;alit&#233;. Toutes les choses finies renferment une fausset&#233; : elles ont une notion et une existence, mais leur existence ne r&#233;pond pas aux exigences de la notion. C'est pourquoi elles doivent p&#233;rir, et alors l'incompatibilit&#233; entre leur notion et leur existence devient manifeste.C'est dans l'esp&#232;ce que l'animal individuel a sa notion ; et l'esp&#232;ce se lib&#232;re de cette individualit&#233; par la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de la v&#233;rit&#233;, ou, comme on l'explique ici, de la coh&#233;rence, constitue le v&#233;ritable probl&#232;me de la logique. Dans notre esprit quotidien, nous ne sommes jamais troubl&#233;s par des questions sur la v&#233;rit&#233; des formes de pens&#233;e. Nous pouvons aussi exprimer le probl&#232;me de la logique en disant qu'elle examine les formes de pens&#233;e en fonction de leur capacit&#233; &#224; contenir la v&#233;rit&#233;. Et la question se r&#233;sume &#224; ceci : quelles sont les formes de l'infini et quelles sont les formes du fini ? En g&#233;n&#233;ral, on ne soup&#231;onne pas les formes finies de la pens&#233;e ; on les laisse passer sans les remettre en question. Mais c'est de la conformit&#233; &#224; des cat&#233;gories finies dans la pens&#233;e et dans l'action que na&#238;t toute tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) La v&#233;rit&#233; peut &#234;tre &#233;tablie par plusieurs m&#233;thodes, mais chacune d'elles n'est qu'une forme. La premi&#232;re de ces m&#233;thodes est l'exp&#233;rience. Mais cette m&#233;thode n'est qu'une forme, elle n'a pas de valeur intrins&#232;que. Car dans l'exp&#233;rience, tout d&#233;pend de l'esprit avec lequel nous nous appuyons sur la r&#233;alit&#233;. Un grand esprit est grand dans son exp&#233;rience, et dans le jeu bigarr&#233; des ph&#233;nom&#232;nes il per&#231;oit imm&#233;diatement le point de signification r&#233;elle. L'id&#233;e est pr&#233;sente, sous une forme r&#233;elle, et non quelque chose qui se trouve au-del&#224; de la colline et au loin. Le g&#233;nie d'un Goethe, par exemple, qui regarde la nature ou l'histoire, fait de grandes exp&#233;riences, entrevoit le principe vivant et l'exprime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une deuxi&#232;me m&#233;thode pour saisir la v&#233;rit&#233; est la r&#233;flexion, qui la d&#233;finit par des rapports intellectuels de condition et de condition. Mais dans ces deux modes, la v&#233;rit&#233; absolue n'a pas encore trouv&#233; sa forme appropri&#233;e. La m&#233;thode de connaissance la plus parfaite proc&#232;de sous la forme pure de la pens&#233;e, et l'homme est ici dans une attitude de libert&#233; totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la forme de la pens&#233;e soit la forme parfaite et qu'elle pr&#233;sente la v&#233;rit&#233; telle qu'elle est intrins&#232;quement et r&#233;ellement, c'est l&#224; le dogme g&#233;n&#233;ral de toute philosophie. Pour prouver ce dogme, il ne reste qu'&#224; d&#233;montrer que ces autres formes de connaissance sont finies. Le grand scepticisme de l'Antiquit&#233; a accompli cette t&#226;che en montrant les contradictions contenues dans chacune de ces formes. Ce scepticisme est all&#233; plus loin, il est vrai ; mais lorsqu'il s'est aventur&#233; &#224; attaquer les formes de la raison, il a commenc&#233; par insinuer sous elles quelque chose de fini sur lequel il pouvait s'appuyer. Toutes les formes de la pens&#233;e finie appara&#238;tront au cours du d&#233;veloppement logique, l'ordre dans lequel elles se pr&#233;senteront &#233;tant d&#233;termin&#233; par des lois n&#233;cessaires. Ici, dans l'introduction, on ne pouvait que les supposer, sans &#234;tre scientifique, comme quelque chose de donn&#233;. Dans la th&#233;orie de la logique elle-m&#234;me, ces formes appara&#238;tront non seulement sous leur c&#244;t&#233; n&#233;gatif, mais aussi sous leur c&#244;t&#233; positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare les diff&#233;rentes formes de recherche de la v&#233;rit&#233;, la premi&#232;re, la connaissance imm&#233;diate, para&#238;t peut-&#234;tre la plus noble, la plus noble et la plus appropri&#233;e. Elle comprend tout ce que les moralistes appellent l'innocence, ainsi que le sentiment religieux, la confiance simple, l'amour, la fid&#233;lit&#233; et la foi naturelle. Les deux autres formes, la connaissance r&#233;flexive, la connaissance philosophique, doivent laisser derri&#232;re elles cette harmonie naturelle non recherch&#233;e. Et dans la mesure o&#249; elles ont cela en commun, les m&#233;thodes qui pr&#233;tendent saisir la v&#233;rit&#233; par la pens&#233;e peuvent naturellement &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme faisant partie int&#233;grante de l'orgueil qui conduit l'homme &#224; se fier &#224; ses propres capacit&#233;s pour conna&#238;tre la v&#233;rit&#233;. Une telle position implique une rupture totale et, vue sous cet angle, pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la source de tout mal et de toute m&#233;chancet&#233;, la transgression originelle. Il semble donc que le seul moyen de se r&#233;concilier et de retrouver la paix soit de renoncer &#224; toute pr&#233;tention &#224; penser ou &#224; savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rupture de l'unit&#233; naturelle n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; l'attention des hommes, et les peuples, d&#232;s les temps les plus recul&#233;s, se sont demand&#233;s ce qui pouvait bien expliquer cette &#233;tonnante division de l'esprit contre lui-m&#234;me. Or, on ne trouve pas dans la nature une telle d&#233;sunion int&#233;rieure : les choses naturelles ne font rien de mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contes et all&#233;gories de la religion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gende mosa&#239;que de la chute de l'homme a conserv&#233; une image ancienne repr&#233;sentant l'origine et les cons&#233;quences de cette d&#233;sunion. Les incidents de la l&#233;gende forment la base d'un article essentiel du credo, la doctrine du p&#233;ch&#233; originel de l'homme et de son besoin de secours qui en r&#233;sulte. Il serait peut-&#234;tre bon, au d&#233;but de la logique, d'examiner l'histoire qui traite de l'origine et des port&#233;es de la connaissance m&#234;me que la logique doit discuter. Car, bien que la philosophie ne doive pas se laisser intimider par la religion, ou accepter la position d'une existence soumise, elle ne peut se permettre de n&#233;gliger ces conceptions populaires. Les contes et les all&#233;gories de la religion, qui jouissent depuis des milliers d'ann&#233;es de la v&#233;n&#233;ration des nations, ne doivent pas &#234;tre mis de c&#244;t&#233; comme d&#233;suets, m&#234;me aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on examine de plus pr&#232;s l'histoire de la Chute, on d&#233;couvre, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, qu'elle illustre les effets universels de la connaissance sur la vie spirituelle. Dans sa phase instinctive et naturelle, la vie spirituelle rev&#234;t le manteau de l'innocence et de la simplicit&#233; confiante ; mais l'essence m&#234;me de l'esprit implique l'absorption de cette condition imm&#233;diate dans quelque chose de plus &#233;lev&#233;. La vie spirituelle se distingue de la vie naturelle, et plus particuli&#232;rement de la vie animale, en ce qu'elle ne continue pas un simple courant de tendance, mais se divise en une autor&#233;alisation. Mais cette position de vie coup&#233;e doit &#224; son tour &#234;tre supprim&#233;e, et l'esprit doit, par son propre acte, gagner le chemin de la concorde. La concorde finale est alors spirituelle ; c'est-&#224;-dire que le principe de la restauration se trouve dans la pens&#233;e, et seulement dans la pens&#233;e. La main qui inflige la blessure est aussi la main qui la gu&#233;rit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre histoire nous raconte qu'Adam et Eve, les premiers &#234;tres humains, les types de l'humanit&#233;, furent plac&#233;s dans un jardin o&#249; poussaient un arbre de vie et un arbre de la connaissance du bien et du mal. Dieu, dit-on, leur avait interdit de manger du fruit de ce dernier arbre ; de l'arbre de vie, pour le moment, nous ne disons rien de plus. Ces paroles supposent &#233;videmment que l'homme n'est pas destin&#233; &#224; rechercher la connaissance et qu'il doit demeurer dans l'&#233;tat d'innocence. D'autres races m&#233;ditatives, on peut le remarquer, ont eu la m&#234;me croyance que l'&#233;tat primitif de l'humanit&#233; &#233;tait un &#233;tat d'innocence et d'harmonie. Or, tout cela est vrai dans une certaine mesure. La d&#233;sunion qui appara&#238;t dans toute l'humanit&#233; n'est pas un &#233;tat dans lequel il faut se reposer. Mais c'est une erreur de consid&#233;rer l'harmonie naturelle et imm&#233;diate comme l'&#233;tat correct. L'esprit n'est pas un simple instinct : au contraire, il implique essentiellement la tendance au raisonnement et &#224; la m&#233;ditation. L'innocence enfantine a sans doute quelque chose de fascinant et d'attrayant : mais seulement parce qu'elle nous rappelle ce que l'esprit doit conqu&#233;rir pour lui-m&#234;me. L'harmonie de l'enfance est un don de la nature : la seconde harmonie doit na&#238;tre du travail et de la culture de l'esprit. Aussi les paroles du Christ : &#171; Si vous ne devenez comme les petits enfants &#187;, etc., sont-elles bien loin de nous dire que nous devons toujours rester des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous trouvons encore dans le r&#233;cit de Mo&#239;se que la cause qui a pouss&#233; l'homme &#224; quitter son unit&#233; naturelle est attribu&#233;e &#224; une sollicitation ext&#233;rieure. Le serpent &#233;tait le tentateur. Mais la v&#233;rit&#233; est que le pas vers l'opposition, l'&#233;veil de la conscience, r&#233;sulte de la nature m&#234;me de l'homme ; et la m&#234;me histoire se r&#233;p&#232;te chez tous les fils d'Adam. Le serpent repr&#233;sente la ressemblance avec Dieu comme consistant dans la connaissance du bien et du mal : et c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette connaissance que participe l'homme lorsqu'il rompt avec l'unit&#233; de son &#234;tre instinctif et mange du fruit d&#233;fendu. Le premier reflet de la conscience &#233;veill&#233;e chez les hommes leur a dit qu'ils &#233;taient nus. C'est un trait na&#239;f et profond. Car le sentiment de honte t&#233;moigne de la s&#233;paration de l'homme de sa vie naturelle et sensuelle. Les b&#234;tes n'en arrivent jamais &#224; cette s&#233;paration et n'&#233;prouvent aucune honte. Et c'est dans le sentiment humain de honte que nous devons chercher l'origine spirituelle et morale du v&#234;tement, aupr&#232;s duquel le besoin purement physique est une question secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient la mal&#233;diction, comme on l'appelle, que Dieu a prononc&#233;e sur l'homme. Le point saillant de cette mal&#233;diction porte principalement sur le contraste entre l'homme et la nature. L'homme doit travailler &#224; la sueur de son front, et la femme enfante dans la douleur. Quant au travail, s'il est le r&#233;sultat de la d&#233;sunion, il est aussi la victoire sur elle. Les b&#234;tes n'ont plus qu'&#224; se procurer les mat&#233;riaux n&#233;cessaires &#224; la satisfaction de leurs besoins ; l'homme, au contraire, ne peut satisfaire ses besoins qu'en produisant et en transformant lui-m&#234;me les moyens n&#233;cessaires. Ainsi, m&#234;me dans ces choses ext&#233;rieures, l'homme a affaire &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire ne se termine pas avec l'expulsion du paradis. On nous dit encore que Dieu dit : &#171; Voici qu'Adam est devenu comme l'un de nous, pour conna&#238;tre le bien et le mal. &#187; On parle maintenant de la connaissance comme d'un &#234;tre divin, et non plus, comme auparavant, comme d'une chose mauvaise et interdite. Ces mots contiennent une r&#233;futation du discours oiseux selon lequel la philosophie ne concerne que la finitude de l'esprit. La philosophie est connaissance, et c'est par la connaissance que l'homme r&#233;alise pour la premi&#232;re fois sa vocation originelle, celle d'&#234;tre l'image de Dieu. Lorsque le r&#233;cit ajoute que Dieu a chass&#233; les hommes du jardin d'Eden pour les emp&#234;cher de manger de l'arbre de vie, cela signifie simplement que, du point de vue naturel, l'homme est certainement fini et mortel, mais infini dans la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons tous le dogme th&#233;ologique selon lequel la nature de l'homme est mauvaise, entach&#233;e de ce qu'on appelle le p&#233;ch&#233; originel. Or, tout en acceptant ce dogme, nous devons renoncer &#224; l'id&#233;e selon laquelle le p&#233;ch&#233; originel r&#233;sulterait d'un acte accidentel du premier homme. Car la notion m&#234;me d'esprit suffit &#224; montrer que l'homme est mauvais par nature, et c'est une erreur de croire qu'il puisse jamais &#234;tre autre chose. Dans la mesure o&#249; l'homme est et agit comme une cr&#233;ature de la nature, tout son comportement est ce qu'il ne devrait pas &#234;tre. Pour l'esprit, c'est un devoir d'&#234;tre libre et de se r&#233;aliser par son propre acte. La nature n'est pour l'homme que le point de d&#233;part qu'il doit transformer. La doctrine th&#233;ologique du p&#233;ch&#233; originel est une v&#233;rit&#233; profonde ; mais les Lumi&#232;res modernes pr&#233;f&#232;rent croire que l'homme est naturellement bon et qu'il agit bien tant qu'il reste fid&#232;le &#224; la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure o&#249; l'homme quitte le chemin de l'&#234;tre purement naturel marque la diff&#233;rence entre lui, agent conscient de lui-m&#234;me, et le monde naturel. Mais ce schisme, bien qu'il constitue un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire de la notion m&#234;me d'esprit, n'est pas le but final de l'homme. C'est &#224; cet &#233;tat de rupture int&#233;rieure qu'appartient toute l'action finie de la pens&#233;e et de la volont&#233;. Dans cette sph&#232;re finie, l'homme poursuit ses propres fins et tire de lui-m&#234;me la mati&#232;re de sa conduite. Tant qu'il poursuit ces buts jusqu'au bout, tant que sa connaissance et sa volont&#233; se cherchent lui-m&#234;me, son moi &#233;troit en dehors de l'universel, il est mauvais ; et son mal est d'&#234;tre subjectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble qu'il y ait l&#224; un double mal, mais en r&#233;alit&#233;, les deux sont identiques. L'homme, en tant qu'esprit, n'est pas une cr&#233;ature de la nature, et lorsqu'il se comporte comme tel et suit les d&#233;sirs de l'app&#233;tit, il veut l'&#234;tre. La m&#233;chancet&#233; naturelle de l'homme est donc diff&#233;rente de la vie naturelle des animaux. On peut d&#233;finir plus exactement la vie purement naturelle en disant que l'homme naturel en tant que tel est un individu, car la nature est en toutes choses dans les liens de l'individualisme. Ainsi, lorsque l'homme veut &#234;tre une cr&#233;ature de la nature, il veut au m&#234;me degr&#233; &#234;tre simplement un individu. Mais contre cette action impulsive et app&#233;titive, due &#224; l'individualisme de la nature, intervient aussi la loi ou le principe g&#233;n&#233;ral. Cette loi peut &#234;tre soit une force ext&#233;rieure, soit avoir la forme d'une autorit&#233; divine. Tant qu'il demeure dans son &#233;tat naturel, l'homme est esclave de la loi. Il est vrai que parmi les instincts et les affections de l'homme, il y a des inclinations sociales ou bienveillantes, l'amour, la sympathie et d'autres qui vont au-del&#224; de son isolement &#233;go&#239;ste. Mais tant que ces tendances sont instinctives, leur universalit&#233; virtuelle de port&#233;e et de signification est alt&#233;r&#233;e par la forme subjective qui laisse toujours libre cours &#224; l'&#233;go&#239;sme et &#224; l'action al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formations concr&#232;tes de la conscience&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; pens&#233;es objectives &#187; d&#233;signe la v&#233;rit&#233;, la v&#233;rit&#233; qui doit &#234;tre l' objet absolu de la philosophie et non pas seulement le but vers lequel elle tend. Mais cette expression m&#234;me ne peut manquer de sugg&#233;rer une opposition, de caract&#233;riser et d'appr&#233;cier ce qui est le motif principal de l'attitude philosophique actuelle et qui constitue le v&#233;ritable probl&#232;me de la v&#233;rit&#233; et de nos moyens de la d&#233;couvrir. Si les formes-pens&#233;es sont vici&#233;es par une antith&#232;se fixe, c'est-&#224;-dire si elles n'ont qu'un caract&#232;re fini, elles ne conviennent pas &#224; l'univers &#233;gocentrique de la v&#233;rit&#233;, et la v&#233;rit&#233; ne peut trouver dans la pens&#233;e aucun r&#233;ceptacle ad&#233;quat. Une telle pens&#233;e, qui ne peut produire que des cat&#233;gories limit&#233;es et partielles et proc&#233;der par leur moyen, est ce qu'on appelle au sens strict du mot l'entendement. La finitude de ces cat&#233;gories r&#233;side en outre dans deux points. D'abord, elles ne sont que subjectives, et l'antith&#232;se d'un objectif leur est attach&#233;e en permanence. Deuxi&#232;mement, elles ont toujours un contenu restreint et persistent ainsi en opposition les unes avec les autres et plus encore avec l' Absolu . Afin d'expliquer plus compl&#232;tement la position et la signification attribu&#233;es ici &#224; la logique, nous examinerons ensuite, en guise d'introduction, les attitudes dans lesquelles la pens&#233;e est cens&#233;e se tenir &#224; l'&#233;gard de l'objectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit , qui fut &#224; ce titre, lors de sa publication, d&#233;sign&#233;e comme la premi&#232;re partie du Syst&#232;me philosophique, j'ai suivi la m&#233;thode consistant &#224; partir de la premi&#232;re et de la plus simple phase de l'esprit, la conscience imm&#233;diate, et &#224; montrer comment ce stade s'est progressivement et n&#233;cessairement d&#233;velopp&#233; jusqu'au point de vue philosophique, la n&#233;cessit&#233; de ce point de vue &#233;tant prouv&#233;e par le processus. Mais dans ces conditions, il &#233;tait impossible de limiter la recherche &#224; la seule forme de la conscience. En effet, le stade de la connaissance philosophique est le plus riche en mati&#232;re et en organisation, et c'est pourquoi, se pr&#233;sentant &#224; nous sous la forme d'un r&#233;sultat, il pr&#233;supposait l'existence des formations concr&#232;tes de la conscience, telles que la morale individuelle et sociale, l'art et la religion. Dans le d&#233;veloppement de la conscience, qui semble &#224; premi&#232;re vue limit&#233; au seul point de vue de la forme, se trouve donc en m&#234;me temps inclus le d&#233;veloppement de la mati&#232;re ou des objets dont il est question dans les branches sp&#233;ciales de la philosophie. Mais ce dernier processus doit, pour ainsi dire, se poursuivre derri&#232;re la conscience, puisque ces faits sont le noyau essentiel qui s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; la conscience. L'expos&#233; est donc plus compliqu&#233;, car une grande partie de ce qui appartient en propre aux branches concr&#232;tes est tra&#238;n&#233;e pr&#233;matur&#233;ment dans l'introduction. L'aper&#231;u qui suit dans le pr&#233;sent ouvrage a encore plus l'inconv&#233;nient d'&#234;tre seulement historique et d&#233;ductive dans sa m&#233;thode. Mais il s'efforce surtout de montrer comment les questions que les hommes ont pos&#233;es, en dehors de l'&#233;cole, sur la nature de la connaissance, de la foi et autres questions du m&#234;me genre, questions qu'ils imaginent n'avoir aucun rapport avec la pens&#233;e abstraite, peuvent en r&#233;alit&#233; &#234;tre ramen&#233;es aux cat&#233;gories simples, qui sont d'abord &#233;claircies par la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note. &#171; Pense par toi-m&#234;me &#187; &#233;tait le slogan des Lumi&#232;res selon Kant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Premi&#232;re attitude de la pens&#233;e &#224; l'&#233;gard de l'objectivit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re de ces attitudes de pens&#233;e se manifeste dans la m&#233;thode qui ne doute pas et ne se rend pas compte de la contradiction de la pens&#233;e, ni de l'hostilit&#233; de la pens&#233;e envers elle-m&#234;me. Elle croit sans question que la r&#233;flexion est le moyen de d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; et de pr&#233;senter les objets &#224; l'esprit tels qu'ils sont r&#233;ellement. Et dans cette croyance, elle avance droit sur ses objets, prend les mat&#233;riaux fournis par les sens et la perception et les reproduit d'elle-m&#234;me comme des faits de pens&#233;e ; et alors, croyant que ce r&#233;sultat est la v&#233;rit&#233;, la m&#233;thode est satisfaite. La philosophie &#224; ses d&#233;buts, toutes les sciences, et m&#234;me l'action et le mouvement quotidiens de la conscience vivent dans cette foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mani&#232;re de penser n'a jamais reconnu l'opposition entre le subjectif et l'objectif , et rien n'emp&#234;che que ses &#233;nonc&#233;s aient un caract&#232;re v&#233;ritablement philosophique et sp&#233;culatif, bien qu'il soit tout aussi possible qu'ils ne d&#233;passent jamais les cat&#233;gories finies ou le stade o&#249; l'opposition n'est pas encore r&#233;solue. Dans la pr&#233;sente introduction, il s'agit surtout d'observer cette attitude de pens&#233;e dans sa forme extr&#234;me, et nous examinerons donc d'abord son second aspect, inf&#233;rieur, en tant que syst&#232;me philosophique. L'un des exemples les plus clairs et les plus proches de nous se trouve dans la m&#233;taphysique du pass&#233; telle qu'elle subsistait parmi nous avant la philosophie de Kant. Mais c'est seulement par rapport &#224; l'histoire de la philosophie que cette m&#233;taphysique peut &#234;tre dite appartenir au pass&#233; : la chose est toujours et partout pr&#233;sente, comme la vision que l'entendement abstrait se fait des objets de la raison. Et c'est l&#224; que r&#233;side le bien r&#233;el et imm&#233;diat, si l'on examine de plus pr&#232;s sa port&#233;e principale et son mode op&#233;ratoire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;taphysique prenait les lois et les formes de la pens&#233;e pour les lois et les formes fondamentales des choses. Elle supposait que penser une chose &#233;tait le moyen de d&#233;couvrir son moi et sa nature v&#233;ritables : et dans cette mesure elle occupait un terrain plus &#233;lev&#233; que la philosophie critique qui lui succ&#233;da. Mais en premier lieu (1) ces termes de la pens&#233;e &#233;taient coup&#233;s de leur lien, de leur solidarit&#233; ; chacun &#233;tait consid&#233;r&#233; comme valable en soi et capable de servir de pr&#233;dicat de la v&#233;rit&#233;. C'&#233;tait l'hypoth&#232;se g&#233;n&#233;rale de cette m&#233;taphysique que la connaissance de l'Absolu s'obtenait en lui attribuant des pr&#233;dicats. Elle ne recherchait pas ce que signifiaient sp&#233;cialement les termes de l'entendement ni ce qu'ils valaient, ni ne testait la m&#233;thode qui caract&#233;rise l' Absolu par l'attribution de pr&#233;dicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme exemples de tels pr&#233;dicats, on peut prendre : l'existence , dans la proposition : &#171; Dieu a une existence &#187; ; la finitude ou l'infinit&#233;, comme dans la question : &#171; Le monde est-il fini ou infini ? &#187; ; le simple et le complexe, dans la proposition : &#171; L'&#226;me est simple &#187; ou encore : &#171; La chose est une unit&#233;, un tout &#187;, etc. Personne n'a demand&#233; si de tels pr&#233;dicats avaient une v&#233;rit&#233; intrins&#232;que et ind&#233;pendante, ou si la forme propositionnelle pouvait &#234;tre une forme de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphysique du pass&#233; supposait, comme le font toujours les croyances simples, que la pens&#233;e saisit le moi m&#234;me des choses et que les choses, pour devenir ce qu'elles sont vraiment, ont besoin d'&#234;tre pens&#233;es. Car la nature et l'&#226;me humaine sont un v&#233;ritable Prot&#233;e dans leurs transformations perp&#233;tuelles ; et il vient bient&#244;t &#224; l'esprit de l'observateur que la premi&#232;re impression grossi&#232;re des choses n'est pas leur &#234;tre essentiel. C'est un point de vue tout &#224; fait contraire au r&#233;sultat auquel est arriv&#233;e la philosophie critique ; un r&#233;sultat dont on peut dire qu'elle a ordonn&#233; &#224; l'homme d'aller se nourrir de simples balles et de paille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut examiner de plus pr&#232;s la d&#233;marche de cette vieille m&#233;taphysique. En premier lieu, elle n'a jamais d&#233;pass&#233; le domaine de l'entendement analytique. Sans examen pr&#233;alable, elle a adopt&#233; les cat&#233;gories abstraites de la pens&#233;e et les a consid&#233;r&#233;es comme des pr&#233;dicats de la v&#233;rit&#233;. Mais en employant le terme de pens&#233;e, nous ne devons pas oublier la diff&#233;rence entre la pens&#233;e finie ou discursive et la pens&#233;e infinie et rationnelle. Les cat&#233;gories, telles qu'elles nous sont pr&#233;sent&#233;es &#224; premi&#232;re vue et de mani&#232;re isol&#233;e, sont des formes finies. Mais la v&#233;rit&#233; est toujours infinie et ne peut &#234;tre exprim&#233;e ou pr&#233;sent&#233;e &#224; la conscience en termes finis. L'expression &#171; pens&#233;e infinie &#187; peut susciter la surprise si nous adh&#233;rons &#224; la conception moderne selon laquelle la pens&#233;e est toujours limit&#233;e. Mais c'est, &#224; juste titre, l'essence m&#234;me de la pens&#233;e d'&#234;tre infinie. L'explication nominale de l'appellation de fini est qu'une chose a une fin, qu'elle n'existe que jusqu'&#224; un certain point, o&#249; elle entre en contact avec son autre et est limit&#233;e par lui. Le fini subsiste donc en r&#233;f&#233;rence &#224; son autre, qui est sa n&#233;gation et se pr&#233;sente comme sa limite. Or la pens&#233;e est toujours dans sa sph&#232;re propre, elle est en rapport avec elle-m&#234;me, elle est son propre objet. En ayant une pens&#233;e pour objet, je suis chez moi-m&#234;me. La puissance pensante, le &#171; je &#187;, est donc infinie, parce que, lorsqu'elle pense, elle est en rapport avec un objet qui est elle-m&#234;me. En g&#233;n&#233;ral, un objet signifie quelque chose d'autre, un n&#233;gatif qui m'est oppos&#233;. Mais dans le cas o&#249; la pens&#233;e se pense elle-m&#234;me, elle a un objet qui n'est en m&#234;me temps pas un objet : en d'autres termes, son objectivit&#233; est supprim&#233;e et transform&#233;e en id&#233;e. La pens&#233;e, en tant que pens&#233;e, n'implique donc, dans sa nature pure, aucune limite ; elle n'est finie que lorsqu'elle s'en tient &#224; des cat&#233;gories limit&#233;es, qu'elle croit ultimes. La pens&#233;e infinie ou sp&#233;culative, au contraire, tout en d&#233;finissant non moins, fait dispara&#238;tre ce d&#233;faut dans l'acte m&#234;me de limiter et de d&#233;finir. Et ainsi l'infini ne doit pas &#234;tre con&#231;u, comme le plus souvent, comme un lointain abstrait et lointain pour toujours et &#224; jamais, mais de la mani&#232;re simple indiqu&#233;e pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e de l'ancien syst&#232;me m&#233;taphysique &#233;tait finie . Tout son mode d'action &#233;tait r&#233;gl&#233; par des cat&#233;gories dont il croyait les limites fix&#233;es &#224; jamais et non sujettes &#224; aucune n&#233;gation ult&#233;rieure. Ainsi, une de ses questions &#233;tait : Dieu existe-t-il ? Cette question suppose que l'existence est un terme tout &#224; fait positif, une sorte de ne plus ultra . Nous verrons cependant plus loin que l'existence n'est nullement un terme purement positif, mais un terme trop bas pour l' Id&#233;e absolue et indigne de Dieu. Une seconde question dans ces syst&#232;mes m&#233;taphysiques &#233;tait : le monde est-il fini ou infini ? Les termes m&#234;mes de la question supposent que le fini est un contradictoire permanent de l'infini : et l'on voit bien que, lorsqu'ils sont ainsi oppos&#233;s, l'infini, qui devrait bien entendu &#234;tre le tout, n'appara&#238;t que comme un aspect unique et souffre de la restriction du fini. Mais un infini restreint n'est lui-m&#234;me qu'un fini. De la m&#234;me mani&#232;re, on se demandait si l'&#226;me &#233;tait simple ou compos&#233;e. En d'autres termes, la simplicit&#233; &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une caract&#233;ristique ultime, exprimant une v&#233;rit&#233; enti&#232;re. Loin d'&#234;tre ainsi, la simplicit&#233; est l'expression d'une demi-v&#233;rit&#233;, aussi unilat&#233;rale et abstraite que l'existence &#8211; un terme de pens&#233;e qui, comme nous le verrons plus loin, est lui-m&#234;me faux et donc incapable de contenir la v&#233;rit&#233;. Si l'&#226;me est consid&#233;r&#233;e comme simplement et abstraitement simple, elle est caract&#233;ris&#233;e d'une mani&#232;re inad&#233;quate et finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question essentielle de la m&#233;taphysique pr&#233;kantienne &#233;tait donc de savoir si l'on pouvait attribuer &#224; ses objets des pr&#233;dicats de ce genre. Or, ces pr&#233;dicats ne sont en fin de compte que des formules limit&#233;es de l'entendement qui, au lieu d'exprimer la v&#233;rit&#233;, imposent seulement une limite. Il faut remarquer que le trait principal de la m&#233;thode consiste &#224; &#171; assigner &#187; ou &#224; &#171; attribuer &#187; des pr&#233;dicats &#224; l'objet &#224; conna&#238;tre, par exemple &#224; Dieu. Or, l'attribution n'est rien d'autre qu'une r&#233;flexion ext&#233;rieure sur l'objet : les pr&#233;dicats qui permettent de d&#233;terminer l'objet sont fournis par la pens&#233;e imag&#233;e et appliqu&#233;s de mani&#232;re m&#233;canique. Or, pour que nous ayons une connaissance v&#233;ritable, l'objet doit se caract&#233;riser lui-m&#234;me et ne pas tirer ses pr&#233;dicats de l'ext&#233;rieur. M&#234;me si nous suivons la m&#233;thode de la pr&#233;dication, l'esprit ne peut s'emp&#234;cher de penser que de tels pr&#233;dicats ne suffisent pas &#224; &#233;puiser l'objet. De m&#234;me, les Orientaux ont raison d'appeler Dieu l'Un aux multiples noms ou l'Un aux myriades de noms. L'une apr&#232;s l'autre de ces cat&#233;gories finies laisse l'&#226;me insatisfaite, et le sage oriental est contraint de rechercher sans cesse de tels pr&#233;dicats. Il est vrai que les choses finies doivent &#234;tre caract&#233;ris&#233;es par des pr&#233;dicats finis, et c'est avec eux que l'entendement trouve le champ d'action qui lui convient. Lui-m&#234;me fini, il ne conna&#238;t que la nature du fini. Ainsi, lorsque j'appelle vol une action, j'ai caract&#233;ris&#233; l'action dans ses faits essentiels, et cette connaissance suffit au juge. De m&#234;me, les choses finies sont entre elles comme cause et effet, force et exercice, et lorsqu'elles sont appr&#233;hend&#233;es dans ces cat&#233;gories, elles sont connues dans leur finitude. Mais les objets de la raison ne peuvent &#234;tre d&#233;finis par ces pr&#233;dicats finis. Essayer de le faire &#233;tait le d&#233;faut de l'ancienne m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;dicats de ce genre, pris individuellement, n'ont qu'une port&#233;e limit&#233;e de signification, et personne ne peut s'emp&#234;cher de percevoir combien ils sont insuffisants et combien ils sont loin de la pl&#233;nitude de d&#233;tails que nous donne notre pens&#233;e imaginative, par exemple dans le cas de Dieu, de l'Esprit ou de la Nature. En outre, bien que le fait qu'ils soient tous des pr&#233;dicats d'un m&#234;me sujet leur conf&#232;re une certaine connexion, leurs significations diff&#233;rentes les s&#233;parent : et par cons&#233;quent chacun d'eux est introduit comme &#233;tranger par rapport aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Orientaux ont cherch&#233; &#224; rem&#233;dier au premier de ces d&#233;fauts, lorsque, par exemple, ils ont d&#233;fini Dieu en lui attribuant plusieurs noms ; mais ils ont toujours estim&#233; que le nombre des noms aurait d&#251; &#234;tre infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) En second lieu, les syst&#232;mes m&#233;taphysiques ont adopt&#233; un crit&#232;re erron&#233;. Leurs objets &#233;taient sans doute des totalit&#233;s qui appartiennent en elles-m&#234;mes &#224; la raison, c'est-&#224;-dire &#224; l'univers organis&#233; et syst&#233;matiquement d&#233;velopp&#233; de la pens&#233;e. Mais ces totalit&#233;s &#8212; Dieu, l'&#226;me, le monde &#8212; &#233;taient consid&#233;r&#233;es par le m&#233;taphysicien comme des sujets faits et pr&#234;ts &#224; servir de base &#224; une application des cat&#233;gories de l'entendement. Elles &#233;taient issues de la conception populaire. C'est pourquoi la conception populaire &#233;tait le seul canon pour d&#233;terminer si les pr&#233;dicats &#233;taient ou non ad&#233;quats et suffisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer que les conceptions communes de Dieu, de l'&#226;me, du monde, donnent &#224; la pens&#233;e une base solide et stable. Ce n'est pas le cas en r&#233;alit&#233;. Outre qu'elles ont un caract&#232;re particulier et subjectif qui leur est attach&#233;, et laissent ainsi la place &#224; une grande vari&#233;t&#233; d'interpr&#233;tations, elles exigent elles-m&#234;mes avant tout une d&#233;finition ferme et stable par la pens&#233;e. On peut le constater dans chacune de ces propositions o&#249; le pr&#233;dicat, ou en philosophie la cat&#233;gorie, est n&#233;cessaire pour indiquer quel est le sujet, ou la conception par laquelle nous partons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une phrase comme &#171; Dieu est &#233;ternel &#187;, nous partons de la conception de Dieu, sans savoir encore ce qu'il est : nous le dire, c'est l'affaire du pr&#233;dicat. Ainsi, dans les principes de la logique, o&#249; les termes qui formulent le sujet sont ceux de la pens&#233;e seulement, il n'est pas seulement superflu de faire de ces cat&#233;gories des pr&#233;dicats de propositions dont Dieu, ou, plus vaguement encore, l'Absolu, est le sujet, mais cela aurait aussi l'inconv&#233;nient de sugg&#233;rer un autre canon que celui de la nature de la pens&#233;e. En outre, la forme propositionnelle (et &#224; la proposition il serait plus juste de substituer le jugement) n'est pas propre &#224; exprimer le concret &#8212; et le vrai est toujours concret &#8212; ou le sp&#233;culatif. Tout jugement est par sa forme unilat&#233;ral et, dans cette mesure, faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;taphysique n'&#233;tait pas une pens&#233;e libre et objective. Au lieu de laisser l'objet exprimer librement et spontan&#233;ment ses propres caract&#233;ristiques, elle le supposait tout fait. Si quelqu'un veut savoir ce que signifie la libre pens&#233;e, il faut se reporter &#224; la philosophie grecque : car la scolastique, comme ces syst&#232;mes m&#233;taphysiques, en acceptait les faits et les acceptait comme un dogme issu de l'autorit&#233; de l'&#201;glise. Nous autres, modernes, avons &#233;t&#233; initi&#233;s par toute notre &#233;ducation &#224; des id&#233;es qu'il est extr&#234;mement difficile de d&#233;passer, en raison de leur port&#233;e consid&#233;rable. Mais les philosophes de l'Antiquit&#233; &#233;taient dans une situation diff&#233;rente. C'&#233;taient des hommes qui vivaient enti&#232;rement dans les perceptions des sens et qui, apr&#232;s avoir rejet&#233; la mythologie et ses fantaisies, ne pr&#233;supposaient rien d'autre que le ciel au-dessus et la terre autour. Dans ce milieu mat&#233;riel, non m&#233;taphysique, la pens&#233;e est libre et jouit de sa propre intimit&#233;, d&#233;barrass&#233;e de tout ce qui est mat&#233;riel et parfaitement &#224; l'aise. Ce sentiment que nous sommes tous &#224; nous-m&#234;mes est caract&#233;ristique de la libre pens&#233;e &#8212; de ce voyage &#224; l'air libre, o&#249; rien n'est au-dessous ou au-dessus de nous, et o&#249; nous nous tenons dans la solitude, avec nous-m&#234;mes seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) En troisi&#232;me lieu, ce syst&#232;me de m&#233;taphysique s'est transform&#233; en dogmatisme . Lorsque notre pens&#233;e ne s'&#233;tend jamais au-del&#224; de termes &#233;troits et rigides, nous sommes forc&#233;s de supposer que de deux assertions oppos&#233;es, telles que les propositions ci-dessus, l'une doit &#234;tre vraie et l'autre fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dogmatisme peut &#234;tre d&#233;crit de la mani&#232;re la plus simple comme le contraire du scepticisme. Les anciens sceptiques donnaient le nom de dogmatisme &#224; toute philosophie, quelle qu'elle soit, qui soutenait un syst&#232;me de doctrine d&#233;finie. Dans ce sens large, le scepticisme peut m&#234;me appliquer ce nom &#224; la philosophie proprement sp&#233;culative. Mais dans un sens plus &#233;troit, le dogmatisme consiste dans la t&#233;nacit&#233; qui trace une ligne dure et solide entre certains termes et d'autres qui leur sont oppos&#233;s. Nous pouvons le voir clairement dans le strict &#171; ou bien &#8212; ou bien &#187; : par exemple, le monde est fini ou bien infini ; mais il doit &#234;tre l'un des deux. Le contraire de cette rigidit&#233; est la caract&#233;ristique de toute v&#233;rit&#233; sp&#233;culative. L&#224;, aucune formule inad&#233;quate de ce genre n'est admise, et il est impossible qu'elle l'&#233;puise. Ces formules, la v&#233;rit&#233; sp&#233;culative les tient en union comme une totalit&#233;, alors que le dogmatisme les investit, dans leur isolement, d'un titre de fixit&#233; et de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive souvent en philosophie que la demi-v&#233;rit&#233; se place &#224; c&#244;t&#233; de la v&#233;rit&#233; enti&#232;re et se donne pour elle-m&#234;me la position de quelque chose de permanent. Mais le fait est que la demi-v&#233;rit&#233;, au lieu d'&#234;tre un principe fixe ou auto-subsistant, n'est qu'un &#233;l&#233;ment absolu et inclus dans le tout. La m&#233;taphysique de l'entendement est dogmatique, parce qu'elle maintient les demi-v&#233;rit&#233;s dans leur isolement ; tandis que l'id&#233;alisme de la philosophie sp&#233;culative r&#233;alise le principe de totalit&#233; et montre qu'il peut d&#233;passer les formules inad&#233;quates de la pens&#233;e abstraite. Ainsi l'id&#233;alisme dirait : l'&#226;me n'est ni seulement finie, ni seulement infinie ; elle est en r&#233;alit&#233; l'une tout autant que l'autre, et par l&#224; m&#234;me ni l'une ni l'autre. En d'autres termes, de telles formules dans leur isolement sont inadmissibles et n'entrent en consid&#233;ration que comme &#233;l&#233;ments formateurs d'une notion plus vaste. Un tel id&#233;alisme se manifeste m&#234;me dans les phases ordinaires de la conscience. Ainsi nous disons des choses sensibles qu'elles sont changeantes : c'est-&#224;-dire qu'elles le sont , mais il est &#233;galement vrai qu'elles ne le sont pas. Nous nous montrons plus obstin&#233;s &#224; traiter des cat&#233;gories de l'entendement. Ce sont des termes que nous croyons un peu plus fermes, ou m&#234;me absolument fermes et rapides. Nous les consid&#233;rons comme s&#233;par&#233;s les uns des autres par un ab&#238;me infini, de sorte que des cat&#233;gories oppos&#233;es ne peuvent jamais se rencontrer. La bataille de la raison est la lutte pour briser la rigidit&#233; &#224; laquelle l'entendement a tout r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de cette m&#233;taphysique, dans sa forme syst&#233;matique, est l'ontologie , ou la doctrine des caract&#233;ristiques abstraites de l'&#234;tre. La multitude de ces caract&#233;ristiques et les limites pos&#233;es &#224; leur applicabilit&#233; ne sont fond&#233;es sur aucun principe. Elles doivent donc &#234;tre &#233;num&#233;r&#233;es selon l'exp&#233;rience et les circonstances, et l'importance qui leur est attribu&#233;e ne repose que sur des conceptions sensuelles communes, sur des affirmations selon lesquelles des mots particuliers sont employ&#233;s dans un sens particulier, et peut-&#234;tre m&#234;me sur l'&#233;tymologie. Si l'exp&#233;rience d&#233;clare que la liste est compl&#232;te, et si l'usage du langage, par son accord, montre que l'analyse est correcte, le m&#233;taphysicien est satisfait ; et la v&#233;rit&#233; et la n&#233;cessit&#233; intrins&#232;ques et ind&#233;pendantes de ces caract&#233;ristiques ne sont jamais consid&#233;r&#233;es comme un sujet d'investigation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demander si l'&#234;tre, l'existence, la finitude, la simplicit&#233;, la complexit&#233;, etc. sont des notions intrins&#232;quement et ind&#233;pendamment vraies, doit surprendre ceux qui croient qu'une question sur la v&#233;rit&#233; ne peut concerner que des propositions (si une notion est ou n'est pas avec v&#233;rit&#233; &#224; attribuer, comme on dit, &#224; un sujet), et que la fausset&#233; r&#233;side dans la contradiction qui existe entre le sujet de nos id&#233;es et la notion qu'on doit en pr&#233;diquer. Or, comme la notion est concr&#232;te, elle et chacun de ses caract&#232;res en g&#233;n&#233;ral sont essentiellement une unit&#233; ferm&#233;e en elle-m&#234;me de caract&#232;res distincts . Si donc la v&#233;rit&#233; n'&#233;tait rien d'autre que l'absence de contradiction , il faudrait d'abord examiner pour chaque notion si elle ne contient pas, prise individuellement, cette sorte de contradiction intrins&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 34&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me branche du syst&#232;me m&#233;taphysique &#233;tait la psychologie rationnelle ou pneumatologie. Elle traitait de la nature m&#233;taphysique de l'&#226;me, c'est-&#224;-dire de l'esprit consid&#233;r&#233; comme une chose. Elle esp&#233;rait trouver l'immortalit&#233; dans une sph&#232;re domin&#233;e par les lois de la composition, du temps, du changement qualitatif et de l'augmentation ou de la diminution quantitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom de &#171; rationnelle &#187; donn&#233; &#224; cette esp&#232;ce de psychologie servait &#224; la mettre en contraste avec les modes empiriques d'observation des ph&#233;nom&#232;nes de l'&#226;me. La psychologie rationnelle envisageait l'&#226;me dans sa nature m&#233;taphysique et &#224; travers les cat&#233;gories fournies par la pens&#233;e abstraite. Les rationalistes s'effor&#231;aient de d&#233;terminer la nature int&#233;rieure de l'&#226;me telle qu'elle est en elle-m&#234;me et telle qu'elle est pour la pens&#233;e. En philosophie, on entend peu parler de l'&#226;me &#224; l'heure actuelle : le terme favori est maintenant celui d'esprit (mind). Les deux sont distincts, l'&#226;me &#233;tant en quelque sorte le terme moyen entre le corps et l'esprit, ou le lien entre les deux. L'esprit, en tant qu'&#226;me, est immerg&#233; dans la corpor&#233;it&#233;, et l'&#226;me est le principe animateur du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphysique pr&#233;kantienne, disons-nous, consid&#233;rait l'&#226;me comme une chose. &#171; Chose &#187; est un mot tr&#232;s ambigu. Par chose, nous entendons d'abord une existence imm&#233;diate, quelque chose que nous repr&#233;sentons sous une forme sensible : et dans ce sens, le terme a &#233;t&#233; appliqu&#233; &#224; l'&#226;me. D'o&#249; la question du si&#232;ge de l'&#226;me. Bien entendu, si l'&#226;me a un si&#232;ge, il est dans l'espace et envisag&#233; de mani&#232;re sensible. De m&#234;me, si l'&#226;me est consid&#233;r&#233;e comme une chose, nous pouvons nous demander si elle est simple ou compos&#233;e. La question est importante car elle porte sur l'immortalit&#233; de l'&#226;me, qui est cens&#233;e d&#233;pendre de l'absence de composition. Mais le fait est que dans la simplicit&#233; abstraite nous avons une cat&#233;gorie qui correspond aussi peu &#224; la nature de l'&#226;me que celle de la composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot sur les rapports entre la psychologie rationnelle et la psychologie empirique. La premi&#232;re, parce qu'elle s'applique &#224; appliquer la pens&#233;e &#224; la connaissance de l'esprit et m&#234;me &#224; d&#233;montrer le r&#233;sultat de cette pens&#233;e, est la plus &#233;lev&#233;e ; la psychologie empirique, quant &#224; elle, part de la perception et ne fait que raconter et d&#233;crire ce que la perception fournit. Mais si nous voulons penser l'esprit, nous ne devons pas nous embarrasser de ses ph&#233;nom&#232;nes particuliers. L'esprit est essentiellement actif au m&#234;me sens que les scolastiques disaient que Dieu est &#171; l'actualit&#233; absolue &#187;. Mais si l'esprit est actif, il doit en quelque sorte s'exprimer lui-m&#234;me. Il est donc faux de consid&#233;rer l'esprit comme un ens sans processus , comme le faisait l'ancienne m&#233;taphysique qui s&#233;parait la vie int&#233;rieure de l'esprit sans processus de sa vie ext&#233;rieure. L'esprit, entre toutes choses, doit &#234;tre consid&#233;r&#233; dans sa r&#233;alit&#233; concr&#232;te, dans son &#233;nergie, et de telle mani&#232;re que ses manifestations apparaissent comme d&#233;termin&#233;es par sa force int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me branche de la m&#233;taphysique est la cosmologie. Les sujets qu'elle aborde sont le monde, sa contingence, sa n&#233;cessit&#233;, son &#233;ternit&#233;, sa limitation dans le temps et dans l'espace, les lois (seulement formelles) de ses changements, la libert&#233; de l'homme et l'origine du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces sujets, il appliquait ce que l'on croyait &#234;tre des contrastes profonds : tels que la contingence et la n&#233;cessit&#233; ; la n&#233;cessit&#233; &#233;ternelle et interne ; la cause efficiente et finale, ou la causalit&#233; en g&#233;n&#233;ral et le dessein ; l'essence ou la substance et le ph&#233;nom&#232;ne ; la forme et la mati&#232;re ; la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233; ; le bonheur et la douleur ; le bien et le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de la cosmologie ne comprenait pas seulement la nature, mais aussi l'esprit, dans sa complexit&#233; ext&#233;rieure, dans ses ph&#233;nom&#232;nes, c'est-&#224;-dire l'existence en g&#233;n&#233;ral ou la somme des choses finies. Mais cet objet, elle ne le consid&#233;rait pas comme un tout concret, mais seulement sous certains points de vue abstraits. Ainsi, les questions que la cosmologie tentait de r&#233;soudre &#233;taient les suivantes : le hasard ou la n&#233;cessit&#233; domine-t-il dans le monde ? Le monde est-il &#233;ternel ou cr&#233;&#233; ? L'un des principaux objectifs de cette &#233;tude &#233;tait donc d'&#233;tablir ce que l'on appelait des lois cosmologiques g&#233;n&#233;rales : par exemple, que la nature n'agit pas par &#224;-coups. Et par &#224;-coups ( saltus ), on entendait une diff&#233;rence qualitative ou une alt&#233;ration qualitative qui se manifeste sans aucun moyen d&#233;terminant ant&#233;rieur ; alors qu'au contraire, un changement graduel (de quantit&#233;) n'est &#233;videmment pas sans interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'esprit tel qu'il se manifeste dans le monde, les questions que la cosmologie a principalement trait&#233;es portaient sur la libert&#233; de l'homme et sur l'origine du mal. Personne ne peut nier que ces questions soient de la plus haute importance. Mais pour y r&#233;pondre de mani&#232;re satisfaisante, il est n&#233;cessaire de ne pas pr&#233;tendre que les formules abstraites de l'entendement sont d&#233;finitives, ni de supposer que chacun des deux termes d'une antith&#232;se a une existence ind&#233;pendante ou peut &#234;tre trait&#233; isol&#233;ment comme une v&#233;rit&#233; compl&#232;te et autocentr&#233;e. Telle est cependant la position g&#233;n&#233;rale adopt&#233;e par les m&#233;taphysiciens avant Kant et qui appara&#238;t dans leurs discussions cosmologiques, qui pour cette raison n'ont pas pu atteindre leur but, &#224; savoir la compr&#233;hension des ph&#233;nom&#232;nes du monde. Observez comment ils proc&#232;dent &#224; la distinction entre la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233;, dans l'application de ces cat&#233;gories &#224; la nature et &#224; l'esprit. Ils consid&#232;rent la nature comme soumise dans son fonctionnement &#224; la n&#233;cessit&#233; ; ils tiennent l'esprit pour libre. Il y a sans doute un fondement r&#233;el &#224; cette distinction dans le noyau m&#234;me de l'esprit. Mais libert&#233; et n&#233;cessit&#233;, oppos&#233;es de fa&#231;on abstraite, ne sont applicables que dans le monde fini auquel elles appartiennent en tant que telles. Une libert&#233; qui n'implique aucune n&#233;cessit&#233;, et une simple n&#233;cessit&#233; sans libert&#233;, sont des formules abstraites et donc fausses de la pens&#233;e. La libert&#233; n'est pas une ind&#233;termination vide : essentiellement concr&#232;te et invariablement autod&#233;termin&#233;e, elle est en m&#234;me temps n&#233;cessaire. La n&#233;cessit&#233;, dans l'acception ordinaire du terme en philosophie populaire, signifie une d&#233;termination venant de l'ext&#233;rieur seulement - comme dans la m&#233;canique finie, o&#249; un corps ne se meut que lorsqu'il est frapp&#233; par un autre corps, et se meut dans la direction qui lui est communiqu&#233;e par l'impact. Il s'agit l&#224; cependant d'une n&#233;cessit&#233; purement ext&#233;rieure, non de la v&#233;ritable n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure qui est identique &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour le contraste entre le Bien et le Mal, contraste favori du monde moderne introspectif. Si nous consid&#233;rons le Mal comme poss&#233;dant une fixit&#233; propre, distincte du Bien, nous avons raison dans une certaine mesure : il y a une opposition entre les deux ; et ceux qui soutiennent le caract&#232;re apparent et relatif de cette opposition ne veulent pas dire que le Mal et le Bien dans l'Absolu ne font qu'un, ou, selon l'expression moderne, qu'une chose devient d'abord mauvaise &#224; partir de notre fa&#231;on de la consid&#233;rer. L'erreur survient lorsque nous prenons le Mal pour un positif permanent, au lieu de ce qu'il est en r&#233;alit&#233;, un n&#233;gatif qui, bien qu'il veuille s'affirmer, n'a pas de persistance r&#233;elle et n'est en fait que l'existence factice absolue de la n&#233;gativit&#233; en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 36&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me branche de la m&#233;taphysique est la th&#233;ologie naturelle ou rationnelle. La notion de Dieu, ou Dieu en tant qu'&#234;tre possible, les preuves de son existence et ses propri&#233;t&#233;s constituent l'&#233;tude de cette branche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(a) Lorsque l'entendement discute ainsi de la D&#233;it&#233;, son but principal est de trouver quels pr&#233;dicats correspondent ou non au fait que nous avons dans notre imagination comme Dieu. Et ce faisant, il suppose que le contraste entre positif et n&#233;gatif est absolu ; et donc, &#224; la longue, il ne reste rien pour la notion telle que l'entend l'entendement, sinon l'abstraction vide de l'&#202;tre ind&#233;termin&#233;, de la simple r&#233;alit&#233; ou positivit&#233;, le produit sans vie du &#171; d&#233;isme &#187; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La m&#233;thode de d&#233;monstration employ&#233;e dans la connaissance finie doit toujours conduire &#224; une inversion de l'ordre v&#233;ritable. Elle exige en effet l'&#233;nonc&#233; d'une raison objective de l'existence de Dieu, qui acquiert ainsi l'apparence d'&#234;tre d&#233;riv&#233;e d'autre chose. Cette m&#233;thode de d&#233;monstration, guid&#233;e comme elle l'est par le canon de la simple identit&#233; analytique, est embarrass&#233;e par la difficult&#233; de passer du fini &#224; l'infini. Ou bien la finitude du monde existant, qui reste un fait comme auparavant, s'attache &#224; la notion de D&#233;it&#233;, et Dieu doit &#234;tre d&#233;fini comme la substance imm&#233;diate de ce monde &#8212; ce qui est le panth&#233;isme ; ou bien il reste un objet oppos&#233; au sujet, et par l&#224; m&#234;me fini &#8212; ce qui est le dualisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Les attributs de Dieu, qui devraient &#234;tre divers et pr&#233;cis, ont, &#224; proprement parler, sombr&#233; et disparu dans la notion abstraite de pure r&#233;alit&#233;, d' &#234;tre ind&#233;termin&#233; . Mais dans notre pens&#233;e mat&#233;rielle , le monde fini continue cependant d'avoir un &#234;tre r&#233;el, Dieu &#233;tant en quelque sorte son antith&#232;se : ainsi se pr&#233;sente l'image ult&#233;rieure des diff&#233;rents rapports de Dieu avec le monde. Ceux-ci, formul&#233;s comme des propri&#233;t&#233;s, doivent d'une part, en tant que rapports &#224; des circonstances finies, poss&#233;der eux-m&#234;mes un caract&#232;re fini (nous donnant des propri&#233;t&#233;s telles que la justice, la gr&#226;ce, la puissance, la sagesse, etc.) ; d'autre part, ils doivent &#234;tre infinis. Or, &#224; ce niveau de pens&#233;e, le seul moyen, et un moyen confus, de concilier ces exigences oppos&#233;es, &#233;tait d'exalter quantitativement les propri&#233;t&#233;s, de les transformer en ind&#233;termination, en sensus eminentior. Mais c'&#233;tait un exp&#233;dient qui d&#233;truisait r&#233;ellement la propri&#233;t&#233; et ne laissait qu'un simple nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la vieille th&#233;ologie m&#233;taphysique &#233;tait de voir jusqu'o&#249; la raison seule pouvait aller dans la connaissance de Dieu. La connaissance de Dieu par la raison est certainement le plus grand probl&#232;me de la philosophie. Les premiers enseignements de la religion sont des conceptions figur&#233;es de Dieu. Ces conceptions, telles que les pr&#233;sente le Credo, nous sont transmises dans notre jeunesse. Elles sont les doctrines de notre religion, et dans la mesure o&#249; l'individu fonde sa foi sur ces doctrines et les sent vraies, il a tout ce dont il a besoin en tant que chr&#233;tien. Telle est la foi, et la science de cette foi est la th&#233;ologie. Mais tant que la th&#233;ologie ne sera pas quelque chose de plus qu'une simple &#233;num&#233;ration et compilation de ces doctrines ab extra, elle n'aura pas droit au titre de science. M&#234;me la m&#233;thode si en vogue aujourd'hui &#8211; le mode de traitement purement historique &#8211; qui rapporte par exemple ce qui a &#233;t&#233; dit par tel ou tel P&#232;re de l'&#201;glise &#8211; ne conf&#232;re pas &#224; la th&#233;ologie un caract&#232;re scientifique. Pour obtenir cela, nous devons passer &#224; la compr&#233;hension des faits par la pens&#233;e &#8211; ce qui est le travail de la philosophie. La v&#233;ritable th&#233;ologie est donc en m&#234;me temps une v&#233;ritable philosophie de la religion, comme elle le fut, pourrions-nous ajouter, au Moyen &#194;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, examinons de plus pr&#232;s cette th&#233;ologie rationnelle. C'&#233;tait une science qui s'approchait de Dieu non par la raison, mais par l'entendement, et qui, dans sa mani&#232;re de penser, employait les termes sans avoir le moindre sentiment de leurs limites et de leurs liens r&#233;ciproques. La notion de Dieu &#233;tait le sujet de discussion, et pourtant le crit&#232;re de notre connaissance provenait d'une source &#233;trang&#232;re, la conception mat&#233;rialis&#233;e de Dieu. Or, la pens&#233;e doit &#234;tre libre dans ses mouvements. Il faut sans doute se rappeler que le r&#233;sultat de la pens&#233;e ind&#233;pendante s'accorde avec le sens de la religion chr&#233;tienne, car la religion chr&#233;tienne est une r&#233;v&#233;lation de la raison. Mais cette harmonie d&#233;passait les efforts de la th&#233;ologie rationnelle. Elle se proposait de d&#233;finir la conception figur&#233;e de Dieu en termes de pens&#233;e ; mais elle aboutissait &#224; une notion de Dieu qui &#233;tait ce que nous pouvons appeler l'abstrait de la positivit&#233; ou de la r&#233;alit&#233;, &#224; l'exclusion de toute n&#233;gation. Dieu &#233;tait donc d&#233;fini comme le plus r&#233;el de tous les &#234;tres. Mais chacun peut voir que cet &#234;tre le plus r&#233;el de tous, dans lequel la n&#233;gation n'entre pas, est tout le contraire de ce qu'il devrait &#234;tre et de ce que l'entendement suppose qu'il est. Au lieu d'&#234;tre riche et pleine au-del&#224; de toute mesure, elle est con&#231;ue de mani&#232;re si &#233;troite qu'elle est au contraire extr&#234;mement pauvre et tout &#224; fait vide. C'est avec raison que le c&#339;ur aspire &#224; un corps concret de v&#233;rit&#233; ; mais sans un caract&#232;re d&#233;fini, c'est-&#224;-dire sans une n&#233;gation contenue dans la notion, il ne peut y avoir qu'une abstraction. Quand la notion de Dieu n'est appr&#233;hend&#233;e que comme celle de l'&#234;tre abstrait ou le plus r&#233;el, Dieu est, pour ainsi dire, rel&#233;gu&#233; dans un autre monde au-del&#224; : et parler d'une connaissance de lui n'aurait aucun sens. L&#224; o&#249; il n'y a pas de qualit&#233; d&#233;finie, la connaissance est impossible. La simple lumi&#232;re n'est que t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second probl&#232;me de la th&#233;ologie rationnelle &#233;tait de prouver l'existence de Dieu. Or, il faut remarquer &#224; ce propos que la d&#233;monstration, telle que l'entend l'entend, signifie la d&#233;pendance d'une v&#233;rit&#233; par rapport &#224; une autre. Dans de telles d&#233;monstrations, nous avons une pr&#233;supposition, quelque chose de ferme et de solide, d'o&#249; d&#233;coule quelque chose d'autre ; nous d&#233;montrons la d&#233;pendance d'une v&#233;rit&#233; &#224; partir d'un point de d&#233;part suppos&#233;. Si donc ce mode de d&#233;monstration s'applique &#224; l'existence de Dieu, cela ne peut signifier que l'&#234;tre de Dieu doit d&#233;pendre d'autres termes, qui constitueront alors le fondement de son &#234;tre. Il est &#233;vident que cela conduirait &#224; une certaine erreur : car Dieu doit &#234;tre simplement et uniquement le fondement de tout, et en ce sens ne d&#233;pendre d'aucun autre. Et la perception de ce danger a conduit certains &#224; dire dans les temps modernes que l'existence de Dieu n'est pas susceptible de preuve, mais doit &#234;tre saisie imm&#233;diatement ou intuitivement. Mais la raison, et m&#234;me le bon sens, donnent &#224; la d&#233;monstration un sens tout autre que celui de l'entendement. La d&#233;monstration de la raison part sans doute de quelque chose qui n'est pas Dieu. Mais, &#224; mesure qu'elle avance, elle ne laisse pas le point de d&#233;part comme un fait inexpliqu&#233;, ce qui &#233;tait le cas. Au contraire, elle montre ce point comme d&#233;riv&#233; et appel&#233; &#224; l'existence, et alors Dieu appara&#238;t comme premier, v&#233;ritablement imm&#233;diat et auto-subsistant, avec les moyens de d&#233;rivation envelopp&#233;s et absorb&#233;s en lui-m&#234;me. Ceux qui disent : &#171; Consid&#233;rez la nature, et la nature vous conduira &#224; Dieu ; vous trouverez une cause finale absolue &#187; ne veulent pas dire que Dieu est quelque chose de d&#233;riv&#233; : ils veulent dire que c'est nous qui passons d'un autre &#224; Dieu lui-m&#234;me ; et ainsi Dieu, bien que cons&#233;quence, est aussi le fondement absolu du pas initial. Le rapport des deux choses est invers&#233; ; et ce qui est venu comme cons&#233;quence &#233;tant montr&#233; comme ant&#233;c&#233;dent, l'ant&#233;c&#233;dent originel est r&#233;duit &#224; une cons&#233;quence. Il en est toujours ainsi, d'ailleurs, chaque fois que la raison d&#233;montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; la lumi&#232;re de la pr&#233;sente discussion, nous jetons un coup d'&#339;il sur la m&#233;thode m&#233;taphysique dans son ensemble, nous trouvons que sa principale caract&#233;ristique a &#233;t&#233; de faire de l'identit&#233; abstraite son principe et de chercher &#224; saisir les objets de la raison par les cat&#233;gories abstraites et finies de l'entendement. Mais cet infini de l'entendement, cette essence pure, est encore finie : elle a exclu toute la vari&#233;t&#233; des choses particuli&#232;res, qui la limitent et la nient ainsi. Au lieu de gagner une identit&#233; concr&#232;te, cette m&#233;taphysique s'est attach&#233;e &#224; une identit&#233; abstraite. Son point fort &#233;tait de percevoir que la pens&#233;e seule constitue l'essence de tout ce qui est. Elle a puis&#233; ses mat&#233;riaux chez les philosophes ant&#233;rieurs, en particulier chez les scolastiques. Dans la philosophie sp&#233;culative, l'entendement constitue sans doute un stade, mais non un stade o&#249; nous devrions nous tenir toujours. Platon n'est pas un m&#233;taphysicien de ce type imparfait, encore moins Aristote, bien que l'on croie g&#233;n&#233;ralement le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. Deuxi&#232;me attitude de la pens&#233;e &#224; l'&#233;gard de l'objectivit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
. PREMI&#200;RE. L'EMPIRISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 37&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, un double besoin commen&#231;a &#224; se faire sentir. D'une part, il fallait une mati&#232;re concr&#232;te, pour contrebalancer les th&#233;ories abstraites de l' entendement , qui ne peut, sans aide, passer de la g&#233;n&#233;ralit&#233; &#224; la sp&#233;cialisation et &#224; la d&#233;termination . D'autre part, il fallait quelque chose de fixe et de s&#251;r, de mani&#232;re &#224; exclure la possibilit&#233; de prouver n'importe quoi et n'importe quoi dans la sph&#232;re et selon la m&#233;thode des formules finies de la pens&#233;e. Telle fut la gen&#232;se de la philosophie empirique , qui abandonna la recherche de la v&#233;rit&#233; dans la pens&#233;e elle-m&#234;me, et alla la chercher dans l'exp&#233;rience , le pr&#233;sent ext&#233;rieur et int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de l'empirisme est d&#251; &#224; ce besoin de contenus concrets et d'une base solide, besoins que la m&#233;taphysique abstraite de l' entendement n'a pas su satisfaire. Or, par concr&#233;tude des contenus, on entend que nous devons conna&#238;tre les objets de la conscience comme intrins&#232;quement d&#233;termin&#233;s et comme l'unit&#233; de caract&#233;ristiques distinctes. Mais, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, ce n'est nullement le cas de la m&#233;taphysique de l'entendement, si elle se conforme &#224; son principe. Avec la simple compr&#233;hension, la pens&#233;e se limite &#224; la forme d'un universel abstrait et ne peut jamais progresser vers la particularisation de cet universel. Nous voyons ainsi les m&#233;taphysiciens s'efforcer de faire ressortir par l'instrument de la pens&#233;e ce qui &#233;tait l'essence ou l'attribut fondamental de l'&#226;me. L'&#226;me, disaient-ils, est simple. La simplicit&#233; ainsi attribu&#233;e &#224; l'&#226;me signifiait une simplicit&#233; pure et compl&#232;te, d'o&#249; la diff&#233;rence est exclue : la diff&#233;rence, ou en d'autres termes la composition, &#233;tant faite l'attribut fondamental du corps, ou de la mati&#232;re en g&#233;n&#233;ral. Il est clair que dans cette simplicit&#233; &#233;troite, nous avons affaire &#224; une cat&#233;gorie tr&#232;s superficielle, tout &#224; fait incapable d'embrasser la richesse de l'&#226;me ou de l'esprit. Lorsqu'il apparut ainsi que la pens&#233;e m&#233;taphysique abstraite &#233;tait inad&#233;quate, on sentit qu'il fallait recourir &#224; la psychologie empirique. Il en fut de m&#234;me pour la physique rationnelle. Les expressions courantes &#233;taient, par exemple, que l'espace est infini, que la nature ne fait pas de saut, etc. De toute &#233;vidence, cette phras&#233;ologie &#233;tait totalement insatisfaisante en pr&#233;sence de la pl&#233;nitude et de la vie de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une certaine mesure, cette source &#224; laquelle puise l'empirisme est commune &#224; la m&#233;taphysique. C'est dans nos conceptions mat&#233;rialis&#233;es, c'est-&#224;-dire dans des faits qui &#233;manent en premier lieu de l'exp&#233;rience, que la m&#233;taphysique trouve aussi la garantie de la justesse de ses d&#233;finitions (y compris ses hypoth&#232;ses initiales et son corps de doctrine plus d&#233;taill&#233;). Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, il faut remarquer que la sensation isol&#233;e n'est pas la m&#234;me chose que l'exp&#233;rience, et que l'&#233;cole empirique &#233;l&#232;ve les faits compris sous le terme de sensation, de sentiment et de perception au rang d'id&#233;es g&#233;n&#233;rales, de propositions ou de lois. Elle le fait cependant &#224; la r&#233;serve que ces principes g&#233;n&#233;raux (tels que la force) n'ont pas d'autre port&#233;e ni de validit&#233; propre que celle qui est tir&#233;e de l'impression sensible, et qu'aucun lien ne doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l&#233;gitime, sauf ce qui peut &#234;tre d&#233;montr&#233; dans les ph&#233;nom&#232;nes. Et du c&#244;t&#233; subjectif, la connaissance empirique a son fondement stable dans le fait que dans une sensation la conscience est directement pr&#233;sente et certaine d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empirisme est fond&#233; sur le grand principe selon lequel tout ce qui est vrai doit &#234;tre dans le monde r&#233;el et pr&#233;sent &#224; la sensation. Ce principe contredit ce &#171; devrait &#234;tre &#187; sur la base duquel la &#171; r&#233;flexion &#187; est suffisamment vaine pour m&#233;priser le pr&#233;sent r&#233;el et pour d&#233;signer une sc&#232;ne au-del&#224; de la sc&#232;ne, qui n'a lieu et n'existe que dans l'entendement de ceux qui en parlent. Tout comme l'empirisme, la philosophie (&#167; 7) ne reconna&#238;t que ce qui est, et n'a rien &#224; voir avec ce qui devrait simplement &#234;tre et ce qui est ainsi reconnu comme n'existant pas. Du c&#244;t&#233; subjectif, il convient &#233;galement de noter le pr&#233;cieux principe de libert&#233; qui est impliqu&#233; dans l'empirisme. Car la principale le&#231;on de l'empirisme est que l'homme doit voir par lui-m&#234;me et sentir qu'il est pr&#233;sent dans chaque fait de connaissance qu'il doit accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empirisme, pouss&#233; jusqu'&#224; ses cons&#233;quences l&#233;gitimes, se limitant dans ses faits &#224; la sph&#232;re finie, nie le suprasensible en g&#233;n&#233;ral, ou du moins toute connaissance de celui-ci qui en d&#233;finirait la nature ; il ne laisse &#224; la pens&#233;e d'autre pouvoir que l'abstraction, l'universalit&#233; et l'identit&#233; formelles. Mais il y a une erreur fondamentale dans tout empirisme scientifique. Il emploie les cat&#233;gories m&#233;taphysiques de la mati&#232;re, de la force, celles de l'un, du multiple, de la g&#233;n&#233;ralit&#233;, de l'infini, etc., suivant les indications que lui donnent ces cat&#233;gories, il en tire des conclusions, et ce faisant, il pr&#233;suppose et applique la forme syllogistique . Et tout en ignorant qu'il contient de la m&#233;taphysique dans son usage, il utilise ces cat&#233;gories et leurs combinaisons dans un style tout &#224; fait irr&#233;fl&#233;chi et acritique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empirisme nous a fait dire : &#171; Cessez de vagabonder dans des abstractions vides, gardez les yeux ouverts, saisissez l'homme et la nature tels qu'ils sont ici devant vous, profitez du moment pr&#233;sent. &#187; Personne ne peut nier qu'il y ait une bonne part de v&#233;rit&#233; dans ces paroles. Le monde quotidien, ce qui est ici et maintenant, &#233;tait un bon &#233;change contre l'autre monde futile, contre les mirages et les chim&#232;res de l'entendement abstrait. Et ainsi fut acquis un principe infini, cette base solide qui manquait tant &#224; la vieille m&#233;taphysique. Les principes finis sont le maximum que l'entendement puisse saisir, et ceux-ci &#233;tant essentiellement instables et chancelants, la structure qu'ils soutenaient doit s'effondrer avec fracas. L'instinct de la raison a toujours &#233;t&#233; de trouver un principe infini. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le moment n'&#233;tait pas venu de le trouver dans la pens&#233;e. C'est pourquoi cet instinct s'est empar&#233; du pr&#233;sent, de l'Ici, de l'Ceci, o&#249; il y a sans doute une forme infinie implicite, mais pas dans l'existence r&#233;elle de cette forme. Le monde ext&#233;rieur est la v&#233;rit&#233;, il faudrait seulement le conna&#238;tre : car la v&#233;rit&#233; est actuelle et doit exister. Le principe infini, la v&#233;rit&#233; &#233;gocentrique, est donc dans le monde pour que la raison la d&#233;couvre : bien qu'elle existe sous une forme individuelle et sensible, et non dans sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, cette &#233;cole fait de la perception sensible la forme sous laquelle le fait doit &#234;tre appr&#233;hend&#233;, et c'est l&#224; le d&#233;faut de l'empirisme. La perception sensible en tant que telle est toujours individuelle , toujours transitoire : non pas que le processus de connaissance s'arr&#234;te &#224; la sensation, mais il va au contraire jusqu'&#224; d&#233;couvrir l' &#233;l&#233;ment universel et permanent de l'individu appr&#233;hend&#233; par les sens. C'est le processus qui conduit de la simple perception &#224; l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour former des exp&#233;riences, l'empirisme fait un usage particulier de la forme de l'analyse . Dans l'impression des sens, nous avons un concret de plusieurs &#233;l&#233;ments dont nous sommes cens&#233;s &#233;plucher les diff&#233;rents attributs un &#224; un, comme la peau d'un oignon. En d&#233;membrant ainsi la chose, on comprend que nous d&#233;sint&#233;grons et d&#233;composons ces attributs qui se sont coalis&#233;s, et que nous n'y ajoutons rien d'autre que notre propre acte de d&#233;sint&#233;gration. Or l'analyse est le processus qui m&#232;ne de l' imm&#233;diatet&#233; de la sensation &#224; la pens&#233;e : les attributs que l'objet analys&#233; contient en union acqui&#232;rent la forme de l'universalit&#233; en &#233;tant s&#233;par&#233;s. L'empirisme se trompe donc s'il suppose que, tout en analysant les objets, il les laisse tels qu'ils &#233;taient : il transforme en r&#233;alit&#233; le concret en quelque chose d'abstrait. Et par suite de ce changement, l'&#234;tre vivant est tu&#233; : la vie ne peut exister que dans le concret et l'un. Non que nous puissions nous passer de cette division, si notre intention est de comprendre. L'esprit lui-m&#234;me est une division inh&#233;rente. L'erreur consiste &#224; oublier qu'il ne s'agit l&#224; que de la moiti&#233; du processus et que l'essentiel est la r&#233;union de ce qui a &#233;t&#233; s&#233;par&#233;. Et c'est l&#224; o&#249; l'analyse ne d&#233;passe jamais le stade de la partition que les mots du po&#232;te sont vrais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encheiresin Naturae n'a pas la chimie, mais il a&lt;br class='autobr' /&gt;
sa propre main, et il n'a rien &#224; voir&lt;br class='autobr' /&gt;
avec la Theile dans sa main,&lt;br class='autobr' /&gt;
il le dirige dans sa bande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse part du concret, et la possession de ce mat&#233;riel lui donne un avantage consid&#233;rable sur la pens&#233;e abstraite de l'ancienne m&#233;taphysique. Elle &#233;tablit les diff&#233;rences entre les choses, ce qui est tr&#232;s important ; mais ces diff&#233;rences ne sont en fin de compte que des attributs abstraits, c'est-&#224;-dire des pens&#233;es. Ces pens&#233;es, suppose-t-on, contiennent l'essence r&#233;elle des objets ; et ainsi, nous voyons r&#233;appara&#238;tre l'axiome de la m&#233;taphysique d'autrefois, selon lequel la v&#233;rit&#233; des choses r&#233;side dans la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparons maintenant la th&#233;orie empirique &#224; la m&#233;taphysique quant &#224; leurs contenus respectifs. Nous voyons que cette derni&#232;re, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, prend pour th&#232;me les objets universels de la raison, &#224; savoir Dieu, l'&#226;me et le monde ; et ces th&#232;mes, accept&#233;s d'apr&#232;s la conception populaire, c'&#233;tait le probl&#232;me de la philosophie de les r&#233;duire sous forme de pens&#233;es. Un autre exemple de la m&#234;me m&#233;thode est la philosophie scolastique, dont le th&#232;me pr&#233;suppos&#233; a &#233;t&#233; form&#233; par les dogmes de l'&#201;glise chr&#233;tienne ; elle a cherch&#233; &#224; en fixer le sens et &#224; leur donner un ordre syst&#233;matique par la pens&#233;e. Les faits sur lesquels se fonde l'empirisme sont d'une nature enti&#232;rement diff&#233;rente. Ce sont les faits sensibles de la nature et les faits de l'esprit fini. En d'autres termes, l'empirisme traite d'une mati&#232;re finie , et les anciens m&#233;taphysiciens avaient un infini, bien que, ajoutons-le, ils aient fini ce contenu infini par la forme finie de l'entendement. La m&#234;me finitude de forme se retrouve dans l'empirisme, mais ici les faits sont &#233;galement finis. Dans cette mesure, les deux modes de philosophie ont la m&#234;me m&#233;thode ; tous deux proc&#232;dent &#224; partir de donn&#233;es ou d'hypoth&#232;ses qu'ils acceptent comme ultimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, l'empirisme trouve la v&#233;rit&#233; dans le monde ext&#233;rieur et, m&#234;me s'il admet l'existence d'un monde suprasensible, il consid&#232;re que la connaissance de ce monde est impossible et nous enferme dans le domaine de la perception sensible. Cette doctrine, appliqu&#233;e syst&#233;matiquement, produit ce qu'on a appel&#233; plus tard le mat&#233;rialisme . Ce mat&#233;rialisme consid&#232;re la mati&#232;re , en tant que mati&#232;re, comme le v&#233;ritable monde objectif. Mais avec la mati&#232;re, nous sommes d'embl&#233;e introduits dans une abstraction qui, en tant que telle, ne peut &#234;tre per&#231;ue, et l'on peut soutenir qu'il n'y a pas de mati&#232;re, parce que, telle qu'elle existe, elle est toujours quelque chose de d&#233;fini et de concret. Pourtant, l'abstraction que nous appelons mati&#232;re est cens&#233;e &#234;tre &#224; la base de tout le monde sensible et exprime le monde sensible dans ses termes les plus simples comme une individualisation compl&#232;te, et donc un amas de points qui s'excluent mutuellement. Aussi longtemps que cette sph&#232;re sensible n'est et n'est pour l'empirisme qu'une simple donn&#233;e , nous avons une doctrine de servitude : car nous devenons libres lorsque nous ne sommes pas en face d'un monde absolument &#233;tranger, mais que nous d&#233;pendons d'un fait que nous sommes nous-m&#234;mes. D'ailleurs, conform&#233;ment au point de vue empirique, la raison et la d&#233;raison ne peuvent &#234;tre que subjectives : en d'autres termes, nous devons prendre ce qui est donn&#233; tel qu'il est, et nous n'avons pas le droit de nous demander si et dans quelle mesure il est rationnel par nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de ce principe, on a observ&#233; avec raison que dans ce que nous appelons l'exp&#233;rience, par opposition &#224; la simple perception unique de faits isol&#233;s, il y a deux &#233;l&#233;ments. L'un est la mati&#232;re, infinie dans sa multiplicit&#233;, et telle qu'elle se pr&#233;sente, un simple ensemble de singuliers ; l'autre est la forme, les caract&#232;res de l'universalit&#233; et de la n&#233;cessit&#233;. La simple exp&#233;rience offre sans doute de nombreux cas, peut-&#234;tre innombrables, de perceptions semblables ; mais, apr&#232;s tout, aucune multitude, si grande soit-elle, ne peut &#234;tre la m&#234;me chose que l'universalit&#233;. De m&#234;me, la simple exp&#233;rience permet de percevoir des changements successifs et des objets juxtapos&#233;s ; mais elle ne pr&#233;sente aucun lien n&#233;cessaire. Si donc la perception doit maintenir sa pr&#233;tention &#224; &#234;tre la seule base de ce que les hommes tiennent pour la v&#233;rit&#233;, l'universalit&#233; et la n&#233;cessit&#233; apparaissent comme quelque chose d'ill&#233;gitime : elles deviennent un accident de notre esprit, une simple habitude, dont le contenu pourrait &#234;tre constitu&#233; autrement qu'il ne l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un corollaire important de cette th&#233;orie que, dans ce mode de traitement empirique, les principes et les lois juridiques et &#233;thiques, ainsi que les v&#233;rit&#233;s de la religion, sont pr&#233;sent&#233;s comme l'&#339;uvre du hasard et d&#233;pouill&#233;s de leur caract&#232;re objectif et de leur v&#233;rit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme de Hume , qui a conduit &#224; cette conclusion, doit &#234;tre clairement distingu&#233; du scepticisme grec . Hume admet la v&#233;rit&#233; de l'&#233;l&#233;ment empirique, du sentiment et de la sensation, et se met &#224; contester les principes et les lois universels, parce qu'ils ne sont pas garantis par la perception sensible. Le scepticisme antique &#233;tait si loin de faire du sentiment et de la sensation le canon de la v&#233;rit&#233; qu'il s'est tourn&#233; en premier lieu contre les enseignements des sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sur le scepticisme moderne compar&#233; &#224; l'ancien, voir Schelling et Hegel's Critical Journal of Philosophy )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. Deuxi&#232;me attitude de la pens&#233;e &#224; l'&#233;gard de l'objectivit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
DEUX. LA PHILOSOPHIE CRITIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'empirisme , la philosophie critique part du principe que l'exp&#233;rience constitue le seul fondement des connaissances ; elle ne les consid&#232;re cependant pas comme des v&#233;rit&#233;s, mais seulement comme des connaissances de ph&#233;nom&#232;nes .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie critique part &#224; l'origine de la distinction des &#233;l&#233;ments pr&#233;sent&#233;s dans l'analyse de l'exp&#233;rience, &#224; savoir la mati&#232;re sensible et ses relations universelles. Prenant en compte la critique de Hume sur cette distinction , telle qu'expos&#233;e dans la section pr&#233;c&#233;dente , &#224; savoir que la sensation n'appr&#233;hende pas explicitement plus qu'un individu ou plus qu'un simple &#233;v&#233;nement, elle insiste en m&#234;me temps sur le fait que l'universalit&#233; et la n&#233;cessit&#233; sont consid&#233;r&#233;es comme remplissant une fonction &#233;galement essentielle dans la constitution de ce qu'on appelle l'exp&#233;rience. Cet &#233;l&#233;ment, ne provenant pas des faits empiriques en tant que tels, doit appartenir &#224; la spontan&#233;it&#233; de la pens&#233;e ; en d'autres termes, il est a priori . Les Cat&#233;gories ou Notions de l' Entendement constituent l' objectivit&#233; des connaissances exp&#233;rientielles. Dans tous les cas, elles impliquent une r&#233;f&#233;rence connective, et par cons&#233;quent, par leur moyen sont form&#233;s des jugements synth&#233;tiques a priori , c'est-&#224;-dire des connexions primaires et non d&#233;riv&#233;es d' oppos&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme de Hume ne nie pas que les caract&#232;res d' universalit&#233; et de n&#233;cessit&#233; se trouvent dans la connaissance. Et m&#234;me chez Kant , ce fait reste apr&#232;s tout une pr&#233;supposition ; on peut dire, pour employer la phras&#233;ologie ordinaire des sciences, que Kant n'a fait que proposer une autre explication de ce fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 41&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie critique s'attache &#224; v&#233;rifier la valeur des cat&#233;gories employ&#233;es en m&#233;taphysique, ainsi que dans les autres sciences et dans la conception ordinaire. Mais elle ne s'int&#233;resse pas au contenu de ces cat&#233;gories, ni &#224; la relation exacte qu'elles entretiennent entre elles ; elle les consid&#232;re simplement comme affect&#233;es par le contraste entre le subjectif et l'objectif. Le contraste, tel que nous devons l'entendre ici, porte sur la distinction (voir &#167; pr&#233;c&#233;dent) des deux &#233;l&#233;ments de l'exp&#233;rience. Le nom d'objectivit&#233; est ici donn&#233; &#224; l'&#233;l&#233;ment d'universalit&#233; et de n&#233;cessit&#233;, c'est-&#224;-dire aux cat&#233;gories elles-m&#234;mes, ou &#224; ce qu'on appelle le constituant a priori . La philosophie critique a cependant &#233;largi le contraste de telle mani&#232;re que la subjectivit&#233; en vient &#224; embrasser l' ensemble de l'exp&#233;rience, y compris les deux &#233;l&#233;ments pr&#233;cit&#233;s ; et il ne reste de l'autre c&#244;t&#233; que la &#171; chose en soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes sp&#233;ciales de l' &#233;l&#233;ment a priori , c'est-&#224;-dire de la pens&#233;e, qui, malgr&#233; son objectivit&#233;, est consid&#233;r&#233;e comme un acte purement subjectif , se pr&#233;sentent comme suit dans un ordre syst&#233;matique qui, on peut le remarquer, est uniquement fond&#233; sur des bases psychologiques et historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Un pas tr&#232;s important a &#233;t&#233; franchi, sans aucun doute, lorsque les termes de la vieille m&#233;taphysique ont &#233;t&#233; examin&#233;s. Le simple penseur a poursuivi son chemin sans m&#233;fiance dans les cat&#233;gories qui s'offraient d'elles-m&#234;mes. Il ne lui est jamais venu &#224; l'id&#233;e de se demander dans quelle mesure ces cat&#233;gories avaient une valeur et une autorit&#233; propres. Si, comme on l'a dit, il est caract&#233;ristique de la libre pens&#233;e de ne laisser passer aucune hypoth&#232;se sans la remettre en question, les anciens m&#233;taphysiciens n'&#233;taient pas des libres penseurs. Ils acceptaient leurs cat&#233;gories telles qu'elles &#233;taient, sans plus de peine, comme une donn&#233;e a priori , non encore v&#233;rifi&#233;e par la r&#233;flexion. La philosophie critique a invers&#233; cette tendance. Kant s'est charg&#233; d'examiner dans quelle mesure les formes de pens&#233;e &#233;taient capables de conduire &#224; la connaissance de la v&#233;rit&#233;. Il a notamment exig&#233; une critique de la facult&#233; de connaissance comme pr&#233;alable &#224; son exercice. C'est une exigence l&#233;gitime, si elle signifie que les formes de pens&#233;e elles-m&#234;mes doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme un objet d'investigation. Malheureusement, on s'insinue bient&#244;t dans l'id&#233;e erron&#233;e selon laquelle on sait d&#233;j&#224; avant de savoir, l'erreur de ne pas entrer dans l'eau avant d'avoir appris &#224; nager . Il est vrai que les formes de pens&#233;e doivent &#234;tre soumises &#224; un examen avant d'&#234;tre utilis&#233;es : mais qu'est-ce que cet examen, sinon ipso facto une connaissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc de combiner dans notre d&#233;marche d'investigation l'action des formes de pens&#233;e avec leur critique . Les formes de pens&#233;e doivent &#234;tre &#233;tudi&#233;es dans leur nature essentielle et dans leur d&#233;veloppement complet : elles sont &#224; la fois l'objet de la recherche et l'action de cet objet. Elles s'examinent donc elles-m&#234;mes : dans leur propre action, elles doivent d&#233;terminer leurs limites et signaler leurs d&#233;fauts. C'est cette action de la pens&#233;e que nous consid&#233;rerons plus loin sp&#233;cialement sous le nom de dialectique , et dont il suffit de remarquer d'embl&#233;e qu'au lieu de s'exercer sur les cat&#233;gories du dehors, elle est immanente &#224; leur propre action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons donc formuler ainsi le premier point de la philosophie de Kant : la pens&#233;e doit elle-m&#234;me examiner sa propre capacit&#233; de connaissance. Aujourd'hui, les hommes ont d&#233;pass&#233; Kant et sa philosophie : tout le monde veut aller plus loin. Mais il y a deux fa&#231;ons d'aller plus loin : en arri&#232;re et en avant. La lumi&#232;re de la critique montre bient&#244;t que beaucoup de nos essais modernes de philosophie ne sont que de simples r&#233;p&#233;titions de la vieille m&#233;thode m&#233;taphysique, une pens&#233;e sans fin et sans critique dans un sillon d&#233;termin&#233; par la tendance naturelle de l'esprit de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) L'examen des cat&#233;gories par Kant souffre du grave d&#233;faut de les consid&#233;rer non pas de mani&#232;re absolue et pour elles-m&#234;mes, mais pour voir si elles sont subjectives ou objectives. Dans le langage de la vie courante, nous entendons par objectif ce qui existe en dehors de nous et nous parvient de l'ext&#233;rieur par la sensation. Ce que Kant a fait, c'est nier que les cat&#233;gories, telles que la cause et l'effet , soient, dans ce sens du mot, objectives, ou donn&#233;es dans la sensation, et soutenir au contraire qu'elles appartiennent &#224; notre propre pens&#233;e elle-m&#234;me, &#224; la spontan&#233;it&#233; de la pens&#233;e. Dans cette mesure donc, elles sont subjectives. Et pourtant, malgr&#233; cela, Kant donne le nom d'objectif &#224; ce qui est pens&#233;, &#224; l'universel et au n&#233;cessaire, tandis qu'il qualifie de subjectif tout ce qui est simplement ressenti. Cette disposition semble inverser l'emploi du mot mentionn&#233; en premier lieu et a valu &#224; Kant d'&#234;tre accus&#233; de confusion de langage. Mais l'accusation est injuste si l'on consid&#232;re plus &#233;troitement les faits. Le vulgaire croit que les objets de perception qui lui sont pr&#233;sent&#233;s, tels qu'un animal ou une &#233;toile isol&#233;e, sont des existences ind&#233;pendantes et permanentes, par rapport auxquelles les pens&#233;es sont sans substance et d&#233;pendent d'autre chose. En fait, les perceptions des sens sont le caract&#232;re proprement d&#233;pendant et secondaire, tandis que les pens&#233;es sont r&#233;ellement ind&#233;pendantes et primaires. C'est pourquoi Kant a donn&#233; le titre d'objectif au facteur intellectuel, &#224; l'universel et au n&#233;cessaire : et il avait parfaitement raison de le faire. Nos sensations , d'autre part, sont subjectives ; car les sensations manquent de stabilit&#233; dans leur nature propre, et ne sont pas moins fugaces et &#233;vanescentes que la pens&#233;e n'est permanente et auto-subsistante. Aujourd'hui, la ligne de distinction sp&#233;ciale &#233;tablie par Kant entre le subjectif et l'objectif est adopt&#233;e par la phras&#233;ologie du monde cultiv&#233;. Ainsi, la critique d'une &#339;uvre d'art devrait, dit-on, &#234;tre non pas subjective, mais objective &#8211; en d'autres termes, au lieu de partir du sentiment ou de l'humeur particuli&#232;re et accidentelle du moment, elle devrait garder en vue les points de vue g&#233;n&#233;raux que les lois de l'art &#233;tablissent. Dans la m&#234;me acception, nous pouvons distinguer dans toute d&#233;marche scientifique l'int&#233;r&#234;t objectif et l'int&#233;r&#234;t subjectif de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objectivit&#233; de la pens&#233;e, au sens de Kant, est elle aussi, dans une certaine mesure, subjective. Les pens&#233;es, selon Kant, bien que des cat&#233;gories universelles et n&#233;cessaires, ne sont que nos pens&#233;es, s&#233;par&#233;es par un ab&#238;me infranchissable de la chose, telle qu'elle existe en dehors de notre connaissance. Mais la v&#233;ritable objectivit&#233; de la pens&#233;e signifie que les pens&#233;es, loin d'&#234;tre simplement n&#244;tres, doivent en m&#234;me temps &#234;tre l'essence r&#233;elle des choses et de tout ce qui est pour nous un objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectif et subjectif sont des expressions courantes, dont l'emploi peut facilement conduire &#224; la confusion. Jusqu'ici, nous avons montr&#233; trois significations de l'objectivit&#233;. Premi&#232;rement, elle signifie ce qui a une existence ext&#233;rieure, &#224; la diff&#233;rence de ce qui est subjectif, ce qui est seulement suppos&#233;, r&#234;v&#233;, etc. Deuxi&#232;mement, elle a le sens que Kant lui donne d'universel et de n&#233;cessaire, par opposition &#224; l'&#233;l&#233;ment particulier, subjectif et occasionnel qui appartient &#224; nos sensations. Troisi&#232;mement, comme nous venons de l'expliquer, elle signifie l'essence de la chose existante, appr&#233;hend&#233;e par la pens&#233;e, par opposition &#224; ce qui n'est que notre pens&#233;e, et qui par cons&#233;quent est encore s&#233;par&#233; de la chose elle-m&#234;me, telle qu'elle existe dans une essence ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 42&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) La facult&#233; th&#233;orique . La connaissance en tant que connaissance. Le fondement sp&#233;cifique des cat&#233;gories, selon le syst&#232;me critique, r&#233;side dans l'identit&#233; premi&#232;re du &#171; je &#187; dans la pens&#233;e, ce que Kant appelle &#171; l'unit&#233; transcendantale de la conscience de soi &#187;. Les impressions du sentiment et de la perception sont, si nous consid&#233;rons leur contenu, une multiplicit&#233; ou un m&#233;lange d'&#233;l&#233;ments ; et cette multiplicit&#233; est &#233;galement manifeste dans leur forme. Car le sens se caract&#233;rise par une exclusion mutuelle de ses membres ; et cela sous deux aspects, &#224; savoir l'espace et le temps, qui, &#233;tant les formes, c'est-&#224;-dire le type universel de la perception, sont eux-m&#234;mes a priori . Mais cet ensemble, que donnent la sensation et la perception, doit &#234;tre r&#233;duit &#224; une identit&#233; ou &#224; une synth&#232;se premi&#232;re. Pour cela, le &#171; je &#187; le met en rapport avec lui-m&#234;me et l'unit l&#224; dans une conscience que Kant appelle &#171; pure aperception &#187;. Les modes sp&#233;cifiques par lesquels le moi se rapporte &#224; lui-m&#234;me la multiplicit&#233; du sens sont les purs concepts de l'entendement, les Cat&#233;gories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant, on le sait, ne s'est pas donn&#233; beaucoup de peine pour d&#233;couvrir les cat&#233;gories. Le &#171; je &#187;, l'unit&#233; de la conscience de soi, &#233;tant tout &#224; fait abstrait et compl&#232;tement ind&#233;termin&#233; , la question se pose de savoir comment parvenir aux formes sp&#233;cialis&#233;es du &#171; je &#187;, les cat&#233;gories ? Heureusement, la logique commune nous offre une classification empirique des esp&#232;ces de jugement . Or, juger, c'est penser &#224; un objet d&#233;termin&#233;. C'est pourquoi les divers modes de jugement, tels qu'ils sont &#233;num&#233;r&#233;s sous nos yeux, nous fournissent les diverses cat&#233;gories de la pens&#233;e. C'est &#224; la philosophie de Fichte que revient le grand m&#233;rite d'avoir attir&#233; l'attention sur la n&#233;cessit&#233; de montrer la n&#233;cessit&#233; de ces cat&#233;gories et d'en donner une v&#233;ritable d&#233;duction . Fichte aurait d&#251; produire au moins un effet sur la m&#233;thode de la logique. On aurait pu s'attendre &#224; ce que les lois g&#233;n&#233;rales de la pens&#233;e, qui sont le fonds de commerce habituel des logiciens, ou la classification des notions, des jugements et des syllogismes, ne soient plus tir&#233;es de la simple observation et donc trait&#233;es seulement empiriquement, mais d&#233;duites de la pens&#233;e elle-m&#234;me. Si la pens&#233;e doit &#234;tre capable de prouver quoi que ce soit, si la logique doit insister sur la n&#233;cessit&#233; des preuves, et si elle se propose d'enseigner la th&#233;orie de la d&#233;monstration, son premier soin doit &#234;tre de donner raison de son propre sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Kant soutient donc que les cat&#233;gories ont leur source dans le &#171; Moi &#187; et que le &#171; Moi &#187; fournit par cons&#233;quent les caract&#232;res d'universalit&#233; et de n&#233;cessit&#233;. Si nous observons ce que nous avons devant nous, nous pouvons le d&#233;crire d'abord comme un ensemble ou une diversit&#233; : et dans les cat&#233;gories nous trouvons les points simples ou les unit&#233;s vers lesquels cet ensemble est amen&#233; &#224; converger. Le monde sensible est une sc&#232;ne d'exclusion mutuelle : son &#234;tre est hors de lui-m&#234;me. C'est l&#224; le caract&#232;re fondamental du sensible. &#171; Maintenant &#187; n'a de sens que par rapport &#224; un avant et un apr&#232;s. De m&#234;me, le rouge ne subsiste que par opposition au jaune et au bleu. Or, cet autre chose est hors du sensible ; celui-ci n'est qu'en tant qu'il n'est pas l'autre, et seulement en tant qu'il est. Mais la pens&#233;e, ou le &#171; Moi &#187;, occupe une position tout &#224; fait oppos&#233;e au sensible, avec ses exclusions mutuelles et son &#234;tre hors de lui-m&#234;me. Le &#171; Je &#187; est l'identit&#233; premi&#232;re, un avec lui-m&#234;me et tout &#224; fait chez lui en lui-m&#234;me. Le mot &#171; je &#187; exprime le simple fait de faire agir sur soi-m&#234;me : et tout ce qui est plac&#233; dans cette unit&#233; ou ce foyer est affect&#233; par elle et transform&#233; en elle. Le &#171; je &#187; est comme le creuset et le feu qui consument la pluralit&#233; l&#226;che du sens et la r&#233;duisent &#224; l'unit&#233;. C'est le processus que Kant appelle aperception pure, par opposition &#224; l'aperception commune, pour laquelle la pluralit&#233; qu'elle re&#231;oit est encore une pluralit&#233; ; alors que l'aperception pure est plut&#244;t un acte par lequel le &#171; je &#187; fait &#171; mienne &#187; les mat&#233;riaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception a au moins le m&#233;rite de rendre juste la nature de toute conscience. La tendance de tous les efforts de l'homme est de comprendre le monde, de se l'approprier et de le soumettre &#224; lui-m&#234;me : et pour cela, il faut que la r&#233;alit&#233; positive du monde soit comme &#233;cras&#233;e et broy&#233;e, c'est-&#224;-dire id&#233;alis&#233;e. Il faut en m&#234;me temps remarquer que ce n'est pas le simple acte de notre conscience personnelle qui introduit une unit&#233; absolue dans la diversit&#233; des sens. Cette identit&#233; est plut&#244;t elle-m&#234;me l'absolu. L'absolu est en quelque sorte assez bon pour laisser les choses individuelles jouir d'elles-m&#234;mes et les ram&#232;ne &#224; l'unit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Des expressions comme &#171; unit&#233; transcendantale de la conscience de soi &#187; ont une apparence laide et sugg&#232;rent un monstre &#224; l'arri&#232;re-plan : mais leur signification n'est pas aussi absconse qu'il y para&#238;t. La signification du transcendantal chez Kant peut &#234;tre comprise par la mani&#232;re dont il le distingue du transcendantal. On peut dire que le transcendant est ce qui d&#233;passe les cat&#233;gories de l'entendement : un sens dans lequel le terme est employ&#233; pour la premi&#232;re fois en math&#233;matiques. Ainsi, en g&#233;om&#233;trie, on vous demande de concevoir la circonf&#233;rence d'un cercle comme form&#233;e d'un nombre infini de lignes droites infiniment petites. En d'autres termes, des caract&#233;ristiques que l'entendement tient pour totalement diff&#233;rentes, la ligne droite et la courbe, sont express&#233;ment investies d'identit&#233;. Un autre transcendant du m&#234;me genre est la conscience de soi qui est identique &#224; elle-m&#234;me et infinie en elle-m&#234;me, par opposition &#224; la conscience ordinaire qui tire sa forme et son ton de mat&#233;riaux finis. Cette unit&#233; de la conscience de soi, Kant l'appelle cependant transcendantale seulement ; et il voulait dire par l&#224; que l'unit&#233; n'&#233;tait que dans nos esprits et ne s'attachait pas aux objets en dehors de notre connaissance d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Consid&#233;rer les cat&#233;gories comme seulement subjectives, c'est-&#224;-dire comme une partie de nous-m&#234;mes, doit para&#238;tre tr&#232;s &#233;trange &#224; l'esprit naturel ; et il y a sans doute quelque chose de bizarre dans cela. Il est tout &#224; fait vrai cependant que les cat&#233;gories ne sont pas contenues dans la sensation telle qu'elle nous est donn&#233;e. Lorsque, par exemple, nous regardons un morceau de sucre, nous trouvons qu'il est dur, blanc, sucr&#233;, etc. Nous disons que toutes ces propri&#233;t&#233;s sont r&#233;unies dans un seul objet. Or, c'est cette unit&#233; qui ne se trouve pas dans la sensation. La m&#234;me chose se produit si nous concevons deux &#233;v&#233;nements comme &#233;tant en relation de cause &#224; effet. Les sens ne nous informent que de deux &#233;v&#233;nements distincts qui se succ&#232;dent dans le temps. Mais que l'un soit cause, l'autre effet &#8212; en d'autres termes, le lien causal entre les deux &#8212; n'est pas per&#231;u par les sens ; cela n'est &#233;vident que pour la pens&#233;e. Pourtant, bien que les cat&#233;gories, telles que l'unit&#233;, ou la cause et l'effet, soient strictement la propri&#233;t&#233; de la pens&#233;e, il ne s'ensuit nullement qu'elles doivent &#234;tre simplement les n&#244;tres et non pas aussi les caract&#233;ristiques des objets. Kant les limite cependant au sujet-esprit, et sa philosophie peut &#234;tre qualifi&#233;e d'id&#233;alisme subjectif : car il soutient que la forme et la mati&#232;re de la connaissance sont toutes deux fournies par l'Ego - ou sujet connaissant - la forme par notre intellectuel, la mati&#232;re par notre ego sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au contenu de cet id&#233;alisme subjectif , il n'y a pas lieu d'en dire un mot. On pourrait peut-&#234;tre imaginer &#224; premi&#232;re vue que les objets perdraient leur r&#233;alit&#233; lorsque leur unit&#233; serait transf&#233;r&#233;e au sujet. Mais ni nous ni les objets n'aurions rien &#224; gagner du simple fait qu'ils poss&#232;dent l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel n'est pas de savoir si les choses existent, mais ce qu'elles sont et si leur contenu est vrai ou non. Il ne sert &#224; rien de dire que les choses existent. Ce qui existe cesse d'exister quand le temps passe. On pourrait aussi pr&#233;tendre que l'id&#233;alisme subjectif a tendance &#224; favoriser l'orgueil. Mais si le monde d'un homme est la somme de ses perceptions sensibles, il n'a aucune raison de se vanter d'un tel monde. Laissant donc de c&#244;t&#233; comme sans importance cette distinction entre subjectif et objectif, nous nous int&#233;ressons principalement &#224; savoir ce qu'est une chose, c'est-&#224;-dire son contenu, qui n'est pas plus objectif qu'il n'est subjectif. Si la simple existence suffit &#224; cr&#233;er l'objectivit&#233;, m&#234;me un crime est objectif : mais c'est une existence qui est au fond nulle, comme cela appara&#238;t clairement lorsque vient le jour du ch&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 43&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories peuvent &#234;tre envisag&#233;es sous deux aspects. D'une part, c'est par leur instrumentalit&#233; que la simple perception des sens s'&#233;l&#232;ve &#224; l'objectivit&#233; et &#224; l'exp&#233;rience. D'autre part, ces notions ne sont que des unit&#233;s dans notre conscience : elles sont par cons&#233;quent conditionn&#233;es par la mati&#232;re qui leur est donn&#233;e, et n'ayant rien en elles-m&#234;mes, elles ne peuvent &#234;tre appliqu&#233;es que dans le cadre de l'exp&#233;rience. Mais l'autre constituant de l'exp&#233;rience, les impressions du sentiment et de la perception, n'est pas moins subjectif que les cat&#233;gories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'affirmer que les cat&#233;gories prises en elles-m&#234;mes sont vides, car elles ont un contenu, du moins dans la marque et la signification particuli&#232;res qu'elles poss&#232;dent. Bien entendu, le contenu des cat&#233;gories n'est pas perceptible par les sens, ni dans le temps et l'espace : mais c'est plut&#244;t un m&#233;rite qu'un d&#233;faut. On peut observer qu'un aper&#231;u de cette signification du contenu affecte notre pens&#233;e ordinaire. On dit par exemple qu'un livre ou un discours contient beaucoup de choses, qu'il est plein de contenu en proportion du plus grand nombre de pens&#233;es et de r&#233;sultats g&#233;n&#233;raux qu'on y trouve ; au contraire, on ne devrait jamais dire qu'un livre, par exemple un roman, contient beaucoup de choses parce qu'il contient un grand nombre d'incidents, de situations, etc. M&#234;me la voix populaire reconna&#238;t ainsi qu'il faut quelque chose de plus que les faits des sens pour qu'une &#339;uvre soit pleine de mati&#232;re. Et quel est ce besoin suppl&#233;mentaire sinon des pens&#233;es, ou en premier lieu des cat&#233;gories ? Il n'est pas tout &#224; fait faux de dire que les cat&#233;gories sont vides en elles-m&#234;mes, si l'on entend par l&#224; qu'elles et l'id&#233;e logique dont elles sont les membres ne constituent pas la philosophie tout enti&#232;re, mais conduisent n&#233;cessairement, par un progr&#232;s convenable, aux v&#233;ritables domaines de la nature et de l'esprit. Mais il ne faut pas se m&#233;prendre sur ce progr&#232;s. L'id&#233;e logique n'acquiert pas pour autant un contenu qui lui est &#233;tranger &#224; l'origine, mais se sp&#233;cialise et se d&#233;veloppe par son action propre dans la nature et l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 44&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que les cat&#233;gories ne sont pas des termes appropri&#233;s pour exprimer l'Absolu &#8211; l'Absolu n'&#233;tant pas donn&#233; dans la perception &#8211; et l'Entendement, ou la connaissance au moyen des cat&#233;gories, est par cons&#233;quent incapable de conna&#238;tre les Choses-en-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chose en soi (et sous le mot &#171; chose &#187; on comprend m&#234;me l'Esprit et Dieu) exprime l'objet quand on laisse de c&#244;t&#233; tout ce que la conscience en fait, tous ses aspects &#233;motionnels et toutes les pens&#233;es sp&#233;cifiques &#224; son &#233;gard. Il est facile de voir ce qui reste : une abstraction compl&#232;te, un vide total, seulement d&#233;crit encore comme un &#171; autre monde &#187;, le n&#233;gatif de toute image, de tout sentiment et de toute pens&#233;e d&#233;finie. Il n'est pas besoin d'&#234;tre tr&#232;s p&#233;n&#233;trant pour voir que ce caput mortuum n'est encore qu'un produit de la pens&#233;e, tel qu'il en r&#233;sulte quand la pens&#233;e est pouss&#233;e jusqu'&#224; l'abstraction pure : qu'il est l'&#339;uvre du &#171; moi &#187; vide, qui fait de cette identit&#233; vide un objet . Le caract&#232;re n&#233;gatif que re&#231;oit cette identit&#233; abstraite en tant qu'objet est &#233;galement compt&#233; parmi les cat&#233;gories de Kant, et n'est pas moins familier que l'identit&#233; vide susmentionn&#233;e. On ne peut donc que s'&#233;tonner de la remarque perp&#233;tuelle selon laquelle nous ne connaissons pas la Chose en soi. Au contraire, il n'y a rien que nous puissions conna&#238;tre aussi facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 45&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la Raison , facult&#233; de l'Inconditionn&#233;, qui d&#233;couvre la nature conditionn&#233;e de la connaissance contenue dans l'exp&#233;rience. Ce qu'on appelle ainsi l'objet de la Raison, l' Infini ou l'Inconditionn&#233;, n'est rien d'autre que l'identit&#233; &#224; soi-m&#234;me, ou l'identit&#233; premi&#232;re de l'&#171; Ego &#187; dans la pens&#233;e (mentionn&#233;e au &#167; 42). La Raison elle-m&#234;me est le nom donn&#233; &#224; l'&#171; Ego &#187; abstrait ou &#224; la pens&#233;e, qui fait de cette pure identit&#233; son but ou son objet (cf. note du &#167; pr&#233;c&#233;dent). Or cette identit&#233;, n'ayant aucun attribut d&#233;fini, ne peut recevoir aucune lumi&#232;re des v&#233;rit&#233;s de l'exp&#233;rience, parce que celles-ci se r&#233;f&#232;rent toujours &#224; des faits d&#233;finis. Tel est le genre d'Inconditionn&#233; que l'on suppose &#234;tre la v&#233;rit&#233; absolue de la Raison, ce qu'on appelle l' Id&#233;e ; tandis que les connaissances de l'exp&#233;rience sont r&#233;duites au niveau de la fausset&#233; et d&#233;clar&#233;es apparences .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant fut le premier &#224; marquer clairement la distinction entre la Raison et l'Entendement. L'objet de la premi&#232;re, selon lui, &#233;tait l'infini et l'inconditionn&#233;, celui de la seconde le fini et le conditionn&#233;. Kant rendit un service pr&#233;cieux en affirmant le caract&#232;re fini des connaissances de l'entendement fond&#233;es uniquement sur l'exp&#233;rience et en attribuant &#224; leur contenu le nom d'apparence. Mais son erreur fut de s'arr&#234;ter au point de vue purement n&#233;gatif et de limiter l'inconditionnalit&#233; de la Raison &#224; une identit&#233; abstraite sans aucune nuance de distinction. C'est d&#233;grader la Raison en une chose finie et conditionn&#233;e que de l'identifier &#224; un simple d&#233;passement du domaine fini et conditionn&#233; de l'entendement. L'infini r&#233;el, loin d'&#234;tre une simple transcendance du fini, implique toujours l'absorption du fini dans sa propre nature plus compl&#232;te. De la m&#234;me mani&#232;re, Kant rendit &#224; l'Id&#233;e sa dignit&#233; propre : la justifiant pour la Raison, comme une chose distincte des d&#233;terminations analytiques abstraites ou des conceptions purement sensibles qui s'attribuent habituellement le nom d'id&#233;es. Mais en ce qui concerne l'Id&#233;e &#233;galement, il n'a jamais d&#233;pass&#233; son aspect n&#233;gatif, celui de ce qui devrait &#234;tre mais n'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e selon laquelle les objets de la conscience imm&#233;diate , qui constituent le corps de l'exp&#233;rience, ne sont que de simples apparences (ph&#233;nom&#232;nes) est un autre r&#233;sultat important de la philosophie kantienne. Le sens commun, ce m&#233;lange de sens et d'entendement, croit que les objets dont il a connaissance sont ind&#233;pendants et autonomes ; et lorsqu'il devient &#233;vident qu'ils tendent vers l'autre et se limitent l'un l'autre, l'interd&#233;pendance de l'un par rapport &#224; l'autre est consid&#233;r&#233;e comme quelque chose d'&#233;tranger &#224; eux et &#224; leur v&#233;ritable nature. C'est tout le contraire qui est vrai. Les choses imm&#233;diatement connues ne sont que de simples apparences &#8211; en d'autres termes, le fondement de leur &#234;tre ne r&#233;side pas en elles-m&#234;mes mais dans quelque chose d'autre. Mais vient alors l'&#233;tape importante qui consiste &#224; d&#233;finir ce quelque chose d'autre. Selon Kant, les choses que nous connaissons ne sont pour nous que des apparences, et nous ne pouvons jamais conna&#238;tre leur nature essentielle , qui appartient &#224; un autre monde que nous ne pouvons approcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits ordinaires ont sans doute critiqu&#233; cet id&#233;alisme subjectif, qui r&#233;duit les faits de la conscience &#224; un monde purement personnel, cr&#233;&#233; par nous seuls. En effet, la v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la suivante : les choses dont nous avons une conscience directe sont de simples ph&#233;nom&#232;nes, non seulement pour nous, mais par leur nature m&#234;me ; et le v&#233;ritable et propre cas de ces choses, si finies soient-elles, est de fonder leur existence non pas sur elles-m&#234;mes, mais sur l'Id&#233;e divine universelle. Cette conception des choses est, il est vrai, aussi id&#233;aliste que celle de Kant ; mais, par opposition &#224; l'id&#233;alisme subjectif de la philosophie critique, elle devrait &#234;tre appel&#233;e id&#233;alisme absolu. Cependant, l'id&#233;alisme absolu, bien qu'il soit tr&#232;s en avance sur le r&#233;alisme vulgaire , n'est en aucune fa&#231;on limit&#233; &#224; la philosophie. Il est &#224; la base de toute religion ; car la religion aussi croit que le monde r&#233;el que nous voyons, la somme totale de l'existence, est cr&#233;&#233; et gouvern&#233; par Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 46&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne suffit pas de signaler l'existence de l'objet de la Raison. La curiosit&#233; nous pousse &#224; rechercher la connaissance de cette identit&#233;, de cette chose-en-soi vide. Or, la connaissance signifie une connaissance de l'objet telle qu'elle permette d'appr&#233;hender son objet sp&#233;cifique et particulier. Mais cet objet implique une interconnexion complexe dans l'objet lui-m&#234;me et fournit un fondement de connexion avec de nombreux autres objets. Dans le cas pr&#233;sent, pour exprimer la nature des traits de l'Infini ou de la Chose-en-soi, la Raison n'aurait rien d'autre que les cat&#233;gories : et dans tout effort pour les employer ainsi, la Raison devient sur&#233;levante ou &#171; transcendante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici commence la seconde &#233;tape de la Critique de la Raison, qui, en tant qu'&#339;uvre ind&#233;pendante, a plus de valeur que la premi&#232;re. La premi&#232;re partie, comme nous l'avons expliqu&#233; plus haut, enseigne que les cat&#233;gories naissent de l'unit&#233; de la conscience de soi, que toute connaissance obtenue par leur moyen n'a rien d'objectif et que l'objectivit&#233; m&#234;me qu'elles revendiquent n'est que subjective. Dans cette mesure, la Critique kantienne pr&#233;sente ce type &#171; commun &#187; d'id&#233;alisme connu sous le nom d'id&#233;alisme subjectif. Elle ne pose aucune question sur le sens ou la port&#233;e des cat&#233;gories, mais consid&#232;re simplement la forme abstraite de la subjectivit&#233; et de l'objectivit&#233;, et cela m&#234;me d'une mani&#232;re si partielle que le premier aspect, celui de la subjectivit&#233;, est retenu comme terme final et purement affirmatif de la pens&#233;e. Dans la seconde partie, cependant, lorsque Kant examine l' application , comme on dit, que la Raison fait des cat&#233;gories pour conna&#238;tre ses objets, le contenu des cat&#233;gories, du moins sous certains points de vue, entre en discussion ; ou, du moins, l'occasion s'est pr&#233;sent&#233;e de discuter la question. Il vaut la peine de voir &#224; quelle d&#233;cision Kant parvient au sujet de la m&#233;taphysique, comme on appelle cette application des cat&#233;gories &#224; l'inconditionn&#233;. Nous exposerons ici bri&#232;vement et critiquerons sa m&#233;thode de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 47&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[a] La premi&#232;re des entit&#233;s inconditionn&#233;es que Kant examine est l' &#226;me (voir ci-dessus, &#167; 34). &#171; Dans ma conscience &#187;, dit-il, &#171; je trouve toujours que (1) je suis le sujet d&#233;terminant ; (2) je suis singulier ou abstraitement simple ; (3) je suis identique, ou un et le m&#234;me, dans toute la vari&#233;t&#233; de ce dont j'ai conscience ; (4) je me distingue en tant que pensant de toutes les choses ext&#233;rieures &#224; moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la m&#233;thode de l'ancienne m&#233;taphysique, comme le dit Kant &#224; juste titre, consistait &#224; substituer &#224; ces &#233;nonc&#233;s de l'exp&#233;rience les cat&#233;gories ou termes m&#233;taphysiques correspondants. Ainsi naissent ces quatre propositions nouvelles : a) l'&#226;me est une substance ; b) elle est une substance simple ; c) elle est num&#233;riquement identique aux diverses p&#233;riodes de l'existence ; d) elle est en relation avec l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant discute cette traduction et attire l'attention sur le paralogisme ou l'erreur consistant &#224; confondre une sorte de v&#233;rit&#233; avec une autre. Il souligne que les attributs empiriques ont ici &#233;t&#233; remplac&#233;s par des cat&#233;gories et montre que nous ne sommes pas autoris&#233;s &#224; raisonner des premi&#232;res aux secondes, ni &#224; mettre ces derni&#232;res &#224; la place des premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette critique ne fait &#233;videmment que r&#233;p&#233;ter l'observation de Hume (&#167; 39) selon laquelle les cat&#233;gories dans leur ensemble &#8211; les id&#233;es d'universalit&#233; et de n&#233;cessit&#233; &#8211; sont enti&#232;rement absentes de la sensation ; et que le fait empirique diff&#232;re, tant dans sa forme que dans son contenu, de sa formulation intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le fait purement empirique devait constituer les titres de la pens&#233;e, alors sans doute serait-il indispensable de pouvoir identifier pr&#233;cis&#233;ment l'&#171; id&#233;e &#187; dans l'&#171; impression &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour d&#233;montrer, dans sa critique de la psychologie m&#233;taphysique, que l'&#226;me ne peut &#234;tre d&#233;crite comme substantielle, simple, identique &#224; elle-m&#234;me, et comme conservant son ind&#233;pendance dans ses rapports avec le monde mat&#233;riel, Kant part d'un seul argument : les divers attributs de l'&#226;me que la conscience nous fait ressentir dans l'exp&#233;rience ne sont pas exactement les m&#234;mes attributs que ceux qui r&#233;sultent de l'action de la pens&#233;e sur elle. Or, nous avons vu plus haut que, selon Kant, toute connaissance, m&#234;me l'exp&#233;rience, consiste &#224; penser nos impressions, c'est-&#224;-dire &#224; transformer en cat&#233;gories intellectuelles les attributs qui appartiennent principalement &#224; la sensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des r&#233;sultats positifs de la critique kantienne est sans aucun doute qu'elle a lib&#233;r&#233; la philosophie de l'esprit de la &#171; chose-&#226;me &#187;, des cat&#233;gories et, par cons&#233;quent, des questions sur la simplicit&#233;, la complexit&#233;, la mat&#233;rialit&#233;, etc. de l'&#226;me. Mais m&#234;me pour le sens commun des hommes ordinaires, le point de vue v&#233;ritable, celui qui fait le mieux ressortir l'inadmissibilit&#233; de ces formes, n'est pas qu'elles sont des pens&#233;es, mais que des pens&#233;es de ce genre ne peuvent pas et ne retiennent pas la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la pens&#233;e et le ph&#233;nom&#232;ne ne correspondent pas parfaitement, nous sommes au moins libres de choisir lequel des deux sera tenu pour d&#233;faillant. L'id&#233;alisme kantien, lorsqu'il touche au monde de la Raison, rejette la faute sur les pens&#233;es, affirmant que les pens&#233;es sont d&#233;fectueuses, car elles ne sont pas exactement adapt&#233;es aux sensations et &#224; un mode d'esprit enti&#232;rement limit&#233; au domaine de la sensation, dans lequel, en tant que tel, il n'y a aucune trace de la pr&#233;sence de ces pens&#233;es. Mais quant au contenu r&#233;el de la pens&#233;e, aucune question n'est soulev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 47n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paralogismes sont une esp&#232;ce de syllogismes mal fond&#233;s, dont le vice particulier consiste &#224; employer un seul et m&#234;me mot dans deux pr&#233;misses avec un sens diff&#233;rent. Selon Kant, la m&#233;thode adopt&#233;e par la psychologie rationnelle des anciens m&#233;taphysiciens, lorsqu'ils supposaient que les qualit&#233;s de l'&#226;me ph&#233;nom&#233;nale, telles qu'elles sont donn&#233;es dans l'exp&#233;rience, faisaient partie de sa propre essence r&#233;elle, se fondait sur un tel paralogisme. On ne peut pas non plus nier que des pr&#233;dicats tels que simplicit&#233;, permanence, etc., ne soient pas applicables &#224; l'&#226;me. Mais leur inaptitude ne tient pas au motif avanc&#233; par Kant, selon lequel la Raison, en les appliquant, d&#233;passerait les limites qui lui sont assign&#233;es. La vraie raison est que ce style de termes abstraits ne convient pas &#224; l'&#226;me, qui est bien plus qu'une simple chose simple ou immuable. Ainsi, par exemple, si l'&#226;me est une simple identit&#233;, elle est en m&#234;me temps active et &#233;tablit des distinctions dans sa propre nature. Mais tout ce qui est simplement ou abstraitement simple est aussi en tant que tel une simple chose morte. Dans sa pol&#233;mique contre la m&#233;taphysique du pass&#233;, Kant a &#233;cart&#233; ces pr&#233;dicats de l'&#226;me ou de l'esprit. Il a bien fait ; mais lorsqu'il en est venu &#224; exposer ses raisons, son &#233;chec est &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 48&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[b] Le second objet inconditionn&#233; est le monde (&#167; 35). Dans sa tentative de comprendre la nature inconditionn&#233;e du monde, la raison tombe dans ce qu'on appelle des antinomies . En d'autres termes, elle soutient deux propositions oppos&#233;es sur le m&#234;me objet, et de telle mani&#232;re que chacune d'elles doit &#234;tre soutenue avec une &#233;gale n&#233;cessit&#233;. Il s'ensuit que le corps de fait cosmique, dont les &#233;nonc&#233;s sp&#233;cifiques se contredisent, ne peut &#234;tre une r&#233;alit&#233; auto-subsistante, mais seulement une apparence. L'explication propos&#233;e par Kant all&#232;gue que la contradiction n'affecte pas l'objet dans son essence propre, mais s'attache seulement &#224; la Raison qui cherche &#224; le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, on a sugg&#233;r&#233; que la contradiction est occasionn&#233;e par le sujet lui-m&#234;me ou par la qualit&#233; intrins&#232;que des cat&#233;gories. Et proposer l'id&#233;e que la contradiction introduite dans le monde de la Raison par les cat&#233;gories de l'Entendement est in&#233;vitable et essentielle, c'&#233;tait faire l'un des pas les plus importants dans le progr&#232;s de la philosophie moderne. Mais plus la question ainsi soulev&#233;e &#233;tait importante, plus la solution &#233;tait triviale. Son seul motif &#233;tait un exc&#232;s de tendresse pour les choses du monde. La tache de la contradiction, semble-t-il, ne pouvait pas &#234;tre autoris&#233;e &#224; g&#226;cher l'essence du monde ; mais il ne pouvait y avoir aucune objection &#224; l'attacher &#224; la Raison pensante, &#224; l'essence de l'esprit. Personne ne se sentira probablement dispos&#233; &#224; nier que le monde ph&#233;nom&#233;nal pr&#233;sente des contradictions &#224; l'esprit observateur ; par &#171; ph&#233;nom&#233;nal &#187;, on entend le monde tel qu'il se pr&#233;sente aux sens et &#224; l'entendement, &#224; l'esprit subjectif. Mais si l'on compare l'essence du monde &#224; l'essence de l'esprit, il para&#238;t &#233;trange d'entendre avec quelle assurance et quelle tranquillit&#233; certains ont avanc&#233;, et d'autres ont r&#233;p&#233;t&#233;, ce modeste dogme selon lequel la pens&#233;e ou la raison, et non le monde, est le si&#232;ge de la contradiction. On ne peut &#233;chapper &#224; l'argumentation que l'on fait valoir que la raison ne tombe en contradiction qu'en appliquant les cat&#233;gories. Car cette application des cat&#233;gories est consid&#233;r&#233;e comme n&#233;cessaire, et la raison n'est pas cens&#233;e &#234;tre dot&#233;e d'autres formes que les cat&#233;gories pour la connaissance. Or, la connaissance est une pens&#233;e d&#233;terminante et d&#233;termin&#233;e : de sorte que si la raison n'est qu'une pens&#233;e vide et ind&#233;termin&#233;e, elle ne pense rien. Et si, en fin de compte, la raison se r&#233;duit &#224; une simple identit&#233; sans diversit&#233; (voir le &#167; suivant), elle finira aussi par obtenir une heureuse d&#233;livrance de la contradiction au prix d'un l&#233;ger sacrifice de toutes ses facettes et de tous ses contenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi noter que l'une des raisons pour lesquelles Kant n'a &#233;num&#233;r&#233; que quatre antinomies fut son incapacit&#233; &#224; &#233;tudier plus &#224; fond l'antinomie . Ces quatre antinomies ont retenu son attention, car, comme on peut le voir dans sa discussion des soi-disant paralogismes de la raison, il a pris pour base de son argumentation la liste des cat&#233;gories. Utilisant ce qui est devenu par la suite une mode favorite, il a simplement plac&#233; l'objet sous une rubrique par ailleurs toute pr&#234;te, au lieu de d&#233;duire ses caract&#233;ristiques de sa notion. J'ai signal&#233; d'autres lacunes dans le traitement des antinomies, &#224; l'occasion, dans ma Science de la logique . Il suffira ici de dire que les antinomies ne se limitent pas aux quatre objets sp&#233;ciaux tir&#233;s de la cosmologie : elles apparaissent dans tous les objets de toute sorte, dans toutes les conceptions, notions et id&#233;es. En &#234;tre conscient et conna&#238;tre les objets dans cette propri&#233;t&#233; qui leur est propre est un &#233;l&#233;ment essentiel d'une th&#233;orie philosophique. Car la propri&#233;t&#233; ainsi indiqu&#233;e est ce que nous d&#233;crirons plus loin comme l' influence dialectique en logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes de la philosophie m&#233;taphysique ont donn&#233; naissance &#224; la croyance que, lorsque la connaissance tombe dans les contradictions, c'est une simple aberration accidentelle, due &#224; une erreur subjective d'argumentation ou de d&#233;duction. Selon Kant, cependant, la pens&#233;e a une tendance naturelle &#224; aboutir &#224; des contradictions ou &#224; des antinomies, chaque fois qu'elle cherche &#224; saisir l'infini. Nous avons &#233;voqu&#233; dans la derni&#232;re partie du paragraphe ci-dessus l'importance philosophique des antinomies de la raison et montr&#233; comment la reconnaissance de leur existence a largement contribu&#233; &#224; se d&#233;barrasser du dogmatisme rigide de la m&#233;taphysique de l'entendement et &#224; attirer l'attention sur le mouvement dialectique de la pens&#233;e. Mais ici aussi, comme nous devons l'ajouter, Kant n'est jamais all&#233; au-del&#224; du r&#233;sultat n&#233;gatif que la chose en soi est inconnaissable, et n'a jamais p&#233;n&#233;tr&#233; jusqu'&#224; la d&#233;couverte de ce que les antinomies signifient r&#233;ellement et positivement. La signification vraie et positive des antinomies est la suivante : toute chose r&#233;elle implique une coexistence d'&#233;l&#233;ments oppos&#233;s. Par cons&#233;quent, conna&#238;tre, ou, en d'autres termes, comprendre un objet, c'est en avoir conscience comme d'une unit&#233; concr&#232;te de d&#233;terminations oppos&#233;es. La m&#233;taphysique ancienne, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, lorsqu'elle &#233;tudiait les objets dont elle cherchait une connaissance m&#233;taphysique, proc&#233;dait en appliquant les cat&#233;gories abstraitement et &#224; l'exclusion de leurs contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant, au contraire, a essay&#233; de prouver que les affirmations issues de cette m&#233;thode pouvaient &#234;tre contredites par d'autres affirmations de m&#234;me port&#233;e et de m&#234;me n&#233;cessit&#233;. Dans l'&#233;num&#233;ration de ces antinomies, il a limit&#233; son champ d'action &#224; la cosmologie de l'ancien syst&#232;me m&#233;taphysique et a distingu&#233; dans sa discussion quatre antinomies, dont le nombre repose sur la liste des cat&#233;gories. La premi&#232;re antinomie porte sur la question de savoir si nous devons ou non penser que le monde est limit&#233; dans l'espace et le temps. La deuxi&#232;me antinomie nous aborde le dilemme suivant : la mati&#232;re doit &#234;tre con&#231;ue soit comme infiniment divisible, soit comme constitu&#233;e d'atomes. La troisi&#232;me antinomie porte sur l'antith&#232;se de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233;, dans la mesure o&#249; elle est comprise dans la question de savoir si tout dans le monde doit &#234;tre suppos&#233; soumis &#224; la condition de causalit&#233;, ou si nous pouvons aussi supposer des &#234;tres libres, c'est-&#224;-dire des points initiaux absolus d'action, dans le monde. Enfin, la quatri&#232;me antinomie est le dilemme suivant : ou bien le monde dans son ensemble a une cause, ou bien il n'a pas de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode suivie par Kant pour discuter ces antinomies est la suivante. Il met en opposition les deux propositions impliqu&#233;es dans le dilemme, comme th&#232;se et antith&#232;se, et cherche &#224; prouver l'une et l'autre, c'est-&#224;-dire qu'il essaie de montrer qu'elles d&#233;coulent in&#233;vitablement de la r&#233;flexion sur la question. Il proteste particuli&#232;rement contre l'accusation d'&#234;tre un plaideur sp&#233;cial et de fonder son raisonnement sur des illusions. Mais, &#224; vrai dire, les arguments que Kant propose pour sa th&#232;se et son antith&#232;se ne sont que de simples simulacres de d&#233;monstration. La chose &#224; prouver est invariablement impliqu&#233;e dans l'hypoth&#232;se &#224; partir de laquelle il part, et le caract&#232;re sp&#233;cieux de ses preuves n'est d&#251; qu'&#224; son mode de proc&#233;dure prolixe et apagogique. Pourtant, ce fut, et c'est encore, un grand exploit pour la philosophie critique d'exposer ces antinomies : car de cette mani&#232;re elle a donn&#233; une expression (au d&#233;but certainement subjective et inexpliqu&#233;e) &#224; l'unit&#233; r&#233;elle de ces cat&#233;gories que l'entendement maintient constamment s&#233;par&#233;es. La premi&#232;re des antinomies cosmologiques, par exemple, implique la reconnaissance de la doctrine selon laquelle l'espace et le temps pr&#233;sentent un aspect discret aussi bien que continu : alors que l'ancienne m&#233;taphysique, mettant l'accent exclusivement sur la continuit&#233;, avait &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; consid&#233;rer le monde comme illimit&#233; dans l'espace et le temps. Il est tout &#224; fait exact de dire que nous pouvons aller au-del&#224; de tout espace d&#233;fini et de tout temps d&#233;fini : mais il n'est pas moins exact de dire que l'espace et le temps ne sont r&#233;els et actuels que lorsqu'ils sont d&#233;finis ou sp&#233;cialis&#233;s en &#171; ici &#187; et &#171; maintenant &#187; &#8212; une sp&#233;cialisation qui est impliqu&#233;e dans la notion m&#234;me d'eux. Les m&#234;mes observations s'appliquent aux autres antinomies. Prenons par exemple l'antinomie de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233;. L'essentiel de cette antinomie est que la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233; telles que les comprennent les penseurs abstraits ne sont pas ind&#233;pendamment r&#233;elles, comme ces penseurs le supposent, mais simplement des facteurs id&#233;aux (des moments) de la vraie libert&#233; et de la vraie n&#233;cessit&#233;, et qu'abstraire et isoler l'une ou l'autre conception revient &#224; la rendre fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 49&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[c] Le troisi&#232;me objet de la Raison est Dieu (&#167; 36) : lui aussi doit &#234;tre connu et d&#233;fini par la pens&#233;e. Mais, en comparaison d'une identit&#233; sans m&#233;lange, tout terme d&#233;finissant en tant que tel ne semble &#224; l'entendement qu'une limite et une n&#233;gation : toute r&#233;alit&#233; doit donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme illimit&#233;e, c'est-&#224;-dire ind&#233;finie. Ainsi, Dieu, lorsqu'il est d&#233;fini comme la somme de toutes les r&#233;alit&#233;s, le plus r&#233;el des &#234;tres, devient un simple abstrait . Et le seul terme sous lequel le plus r&#233;el des &#234;tres r&#233;els puisse &#234;tre d&#233;fini est celui de l'&#202;tre lui-m&#234;me, le comble de l'abstraction. Ce sont deux &#233;l&#233;ments, l'identit&#233; abstraite d'une part, dont il est ici question comme la notion ; et l'&#202;tre d'autre part, que la Raison cherche &#224; unifier. Et leur union est l' Id&#233;al de la Raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 50&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser cette unification, deux voies ou deux formes sont admissibles. Ou bien on peut commencer par l'&#202;tre et aller jusqu'&#224; l' abstraction de la Pens&#233;e ; ou bien le mouvement peut commencer par l'abstraction et aboutir &#224; l'&#202;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partirons d'abord de l'Etre. Or l'Etre, dans son aspect naturel, se pr&#233;sente &#224; la vue comme un Etre d'une infinie vari&#233;t&#233;, un Monde dans toute sa pl&#233;nitude. Et ce monde peut &#234;tre consid&#233;r&#233; de deux mani&#232;res : d'abord comme une collection d'innombrables faits sans rapport entre eux ; ensuite comme une collection d'innombrables faits en relation mutuelle, t&#233;moignant d'un dessein. Le premier aspect est soulign&#233; dans la preuve cosmologique, le second dans les preuves de la th&#233;ologie naturelle. Supposons maintenant que cette pl&#233;nitude de l'Etre passe sous l'action de la pens&#233;e. Elle est alors d&#233;barrass&#233;e de son isolement et de son incoh&#233;rence, et consid&#233;r&#233;e comme un Etre universel et absolument n&#233;cessaire, qui se d&#233;termine lui-m&#234;me et agit selon des buts ou des lois g&#233;n&#233;rales. Et cet Etre n&#233;cessaire et autod&#233;termin&#233;, diff&#233;rent de l'Etre du commencement, est Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale critique de Kant &#224; l'&#233;gard de ce processus est de le consid&#233;rer comme une syllogisation, c'est-&#224;-dire comme une transition. Les perceptions, et cet ensemble de perceptions que nous appelons le monde, ne pr&#233;sentent en l'&#233;tat aucune trace de cette universalit&#233; qu'elles re&#231;oivent ensuite de l'acte purificateur de la pens&#233;e. La conception empirique du monde ne donne donc aucune garantie &#224; l'id&#233;e d'universalit&#233;. Et ainsi toute tentative de la part de la pens&#233;e de s'&#233;lever de la conception empirique du monde &#224; Dieu est contrari&#233;e par l'argument de Hume (comme dans les paralogismes, &#167; 47), selon lequel nous n'avons pas le droit de penser les sensations, c'est-&#224;-dire d'en tirer l'universalit&#233; et la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est essentiellement un penseur : c'est pourquoi le bon sens, tout comme la philosophie, ne veulent pas renoncer &#224; leur droit de s'&#233;lever jusqu'&#224; Dieu &#224; partir de la vision empirique du monde. La seule base sur laquelle cette &#233;l&#233;vation est possible est l'&#233;tude r&#233;fl&#233;chie du monde, et non pas la simple attitude sensuelle, animale, de celui-ci. La pens&#233;e, et la pens&#233;e seule, a des yeux pour l'essence, la substance, la puissance universelle et le dessein ultime du monde. Et ce que les hommes appellent les preuves de l'existence de Dieu sont, bien comprises, des moyens de d&#233;crire et d'analyser le cours naturel de l'esprit, le cours de la pens&#233;e pensant les donn&#233;es des sens. L'&#233;l&#233;vation de la pens&#233;e au-del&#224; du monde des sens, son passage du fini &#224; l'infini, le saut dans le suprasensible qu'elle fait lorsqu'elle rompt la cha&#238;ne des sens, toute cette transition est pens&#233;e et rien que pens&#233;e. Dites qu'il ne doit pas y avoir de passage de ce genre, et vous dites qu'il ne doit pas y avoir de pens&#233;e. Et en v&#233;rit&#233;, les animaux ne font pas de telles transitions. Ils ne vont jamais au-del&#224; de la sensation et de la perception des sens, et par cons&#233;quent ils n'ont pas de religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral comme en particulier, il y a deux remarques &#224; faire sur la critique de cette exaltation de la pens&#233;e. La premi&#232;re remarque concerne la question de la forme. Lorsque l'exaltation se manifeste dans un processus syllogistique, sous la forme de ce que nous appelons les preuves de l'existence de Dieu, ces raisonnements ne peuvent que partir d'une sorte de th&#233;orie du monde, qui en fait un agr&#233;gat soit de faits contingents, soit de causes finales et de relations impliquant un dessein. Le penseur purement syllogistique peut consid&#233;rer ce point de d&#233;part comme une base solide et supposer qu'il reste toujours dans la m&#234;me lumi&#232;re empirique, laiss&#233; &#224; la fin tel qu'il &#233;tait au d&#233;but. Dans ce cas, la port&#233;e du commencement sur la conclusion &#224; laquelle il conduit a un aspect purement affirmatif, comme si nous ne faisions que raisonner d'une chose qui est et continue d' &#234;tre &#224; une autre chose qui est de la m&#234;me mani&#232;re. Mais la grande erreur est de restreindre nos notions de la nature de la pens&#233;e &#224; sa seule forme dans l'entendement. Penser le monde ph&#233;nom&#233;nal, c'est plut&#244;t remodeler sa forme et le transmuter en un monde universel. Ainsi, l'action de la pens&#233;e a aussi un effet n&#233;gatif sur sa base : et la mati&#232;re de la sensation, lorsqu'elle re&#231;oit le sceau de l'universalit&#233;, perd aussit&#244;t sa forme premi&#232;re et ph&#233;nom&#233;nale. Par l'enl&#232;vement et la n&#233;gation de l'enveloppe, le noyau au sein de la perception sensible est mis en lumi&#232;re (&#167;&#167; 13 et 23). Et c'est parce qu'elles n'expriment pas avec suffisamment d'importance les traits n&#233;gatifs impliqu&#233;s dans l'exaltation de l'esprit du monde &#224; Dieu que les preuves m&#233;taphysiques de l'existence d'un Dieu sont des interpr&#233;tations et des descriptions d&#233;fectueuses du processus. Si le monde n'est qu'une somme d'incidents, il s'ensuit qu'il est aussi d&#233;cidu et ph&#233;nom&#233;nal, in esse et posse null. Cette ascension de l'esprit signifie que l'&#234;tre que poss&#232;de le monde n'est qu'une apparence, pas un &#234;tre r&#233;el, pas une v&#233;rit&#233; absolue ; Cela signifie que, au-del&#224; de cette apparence, la v&#233;rit&#233; demeure en Dieu, de sorte que l'&#234;tre v&#233;ritable est un autre nom de Dieu. Le processus d'exaltation pourrait ainsi appara&#238;tre comme une transition et impliquer un moyen, mais il n'en est pas moins vrai que toute trace de transition et de moyen est absorb&#233;e ; car le monde, qui aurait pu sembler &#234;tre le moyen pour arriver &#224; Dieu, est expliqu&#233; comme une nullit&#233;. Si l'&#234;tre du monde n'est pas annul&#233;, le point d'appui de l'exaltation est perdu. De cette fa&#231;on, le moyen apparent dispara&#238;t, et le processus de d&#233;rivation est annul&#233; dans l'acte m&#234;me par lequel il proc&#232;de. C'est l'aspect affirmatif de cette relation, comme suppos&#233;e subsister entre deux choses, dont l'une est l'une et l'autre.Jacobi a en vue l'autre, comme il le fait surtout lorsqu'il s'attaque aux d&#233;monstrations de l'entendement. Il les bl&#226;me &#224; juste titre de chercher des conditions (c'est-&#224;-dire le monde) pour l'inconditionn&#233;, et il remarque que l'Infini ou Dieu doit, selon cette m&#233;thode, &#234;tre pr&#233;sent&#233; comme d&#233;pendant et d&#233;riv&#233;. Mais cette &#233;l&#233;vation, telle qu'elle se produit dans l'esprit, sert &#224; corriger cette apparence : en fait, elle n'a d'autre sens que de corriger cette apparence. Jacobi, cependant, n'a pas su reconna&#238;tre la nature authentique de la pens&#233;e essentielle, par laquelle elle annule la m&#233;diation dans l'acte m&#234;me de m&#233;diation ; et par cons&#233;quent, son objection, bien qu'elle soit contre l'entendement simplement &#171; r&#233;flexif &#187;, est fausse lorsqu'elle s'applique &#224; la pens&#233;e dans son ensemble, et en particulier &#224; la pens&#233;e raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ce que nous entendons par n&#233;gligence du facteur n&#233;gatif dans la pens&#233;e, nous pouvons nous r&#233;f&#233;rer, &#224; titre d'illustration, aux accusations de panth&#233;isme et d'ath&#233;isme port&#233;es contre les doctrines de Spinoza . La substance absolue de Spinoza est certainement en de&#231;&#224; de l'esprit absolu, et il est juste et appropri&#233; d'exiger que Dieu soit d&#233;fini comme esprit absolu. Mais lorsque la d&#233;finition de Spinoza est cens&#233;e identifier le monde &#224; Dieu, et confondre Dieu avec la nature et le monde fini, cela implique que le monde fini poss&#232;de une actualit&#233; authentique et une r&#233;alit&#233; affirmative. Si cette hypoth&#232;se est admise, bien s&#251;r, une union de Dieu avec le monde rend Dieu compl&#232;tement fini et le d&#233;grade &#224; la simple masse finie et adventive de l'existence. Mais il y a deux objections &#224; noter. En premier lieu, Spinoza ne d&#233;finit pas Dieu comme l'unit&#233; de Dieu avec le monde, mais comme l'union de la pens&#233;e avec l'&#233;tendue, c'est-&#224;-dire avec le monde mat&#233;riel. Deuxi&#232;mement, m&#234;me si nous acceptons cette affirmation populaire maladroite concernant cette unit&#233;, il n'en demeure pas moins vrai que le syst&#232;me de Spinoza n'&#233;tait pas l'ath&#233;isme mais l'acosmisme, d&#233;finissant le monde comme une apparence d&#233;pourvue de v&#233;ritable r&#233;alit&#233;. Une philosophie qui affirme que Dieu et Dieu seul existe ne doit pas &#234;tre stigmatis&#233;e comme ath&#233;e, alors que m&#234;me les nations qui adorent le singe, la vache ou les images de pierre et d'airain sont cr&#233;dit&#233;es d'une certaine religion. Mais dans l'&#233;tat actuel des choses, l'imagination des hommes ordinaires &#233;prouve une r&#233;ticence v&#233;h&#233;mente &#224; abandonner sa conviction la plus ch&#232;re, que cet agr&#233;gat de finitude, qu'elle appelle un monde, a une r&#233;alit&#233; r&#233;elle ; et soutenir qu'il n'y a pas de monde est une fa&#231;on de penser qu'ils sont pr&#234;ts &#224; croire impossible, ou du moins beaucoup moins possible que d'envisager l'id&#233;e qu'il n'y a pas de Dieu. La nature humaine, ce qui n'est pas &#224; son honneur, est plus dispos&#233;e &#224; croire qu'un syst&#232;me nie Dieu, qu'il nie le monde. Une n&#233;gation de Dieu semble tellement plus intelligible qu'une n&#233;gation du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde remarque porte sur la critique des propositions mat&#233;rielles auxquelles conduit en premier lieu cette &#233;l&#233;vation de la pens&#233;e. Si ces propositions ont pour pr&#233;dicat des termes tels que substance du monde, son essence n&#233;cessaire, cause qui le r&#232;gle et le dirige selon un dessein, elles sont certainement inad&#233;quates pour exprimer ce que Dieu entend ou doit entendre. Pourtant, &#224; part l'astuce qui consiste &#224; adopter une conception populaire pr&#233;liminaire de Dieu et &#224; critiquer un r&#233;sultat selon cette norme suppos&#233;e, il est certain que ces caract&#233;ristiques ont une grande valeur et sont des facteurs n&#233;cessaires de l'id&#233;e de Dieu. Mais si nous voulons ainsi amener devant la pens&#233;e l'id&#233;e authentique de Dieu et donner sa vraie valeur et son expression &#224; la v&#233;rit&#233; centrale, nous devons nous garder de partir d'un niveau de faits subordonn&#233;. Parler des choses &#171; purement contingentes &#187; du monde est une description tr&#232;s inad&#233;quate des pr&#233;misses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures organiques et les preuves qu'elles fournissent de l'adaptation mutuelle appartiennent &#224; un domaine sup&#233;rieur, celui de la nature anim&#233;e. Mais m&#234;me sans tenir compte des imperfections que l'&#233;tude de la nature anim&#233;e et des autres aspects t&#233;l&#233;ologiques des choses existantes peut contracter &#224; cause de la petitesse des causes finales et des exemples pu&#233;rils de ces causes et de leurs cons&#233;quences, la nature simplement anim&#233;e est, au mieux, incapable de fournir la mati&#232;re n&#233;cessaire &#224; une expression v&#233;ridique de l'id&#233;e de Dieu. Dieu est plus que la vie : il est Esprit. Et donc, si la pens&#233;e de l'Absolu prend un point de d&#233;part pour son ascension et d&#233;sire prendre le point de d&#233;part le plus proche, le plus vrai et le plus ad&#233;quat, se trouvera dans la nature de l'esprit seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 51&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre voie d'unification par laquelle on peut r&#233;aliser l'id&#233;al de la Raison, c'est de partir de l' abstrait de la Pens&#233;e et de chercher &#224; la caract&#233;riser : pour cela, il n'y a que l'Etre qui soit disponible. C'est la m&#233;thode de la preuve ontologique. L'opposition, pr&#233;sent&#233;e ici d'un point de vue purement subjectif, se situe entre la Pens&#233;e et l'Etre ; tandis que dans la premi&#232;re voie de jonction, l'Etre est commun aux deux c&#244;t&#233;s de l'antith&#232;se, et le contraste n'est qu'entre son individualisation et son universalit&#233;. L'entendement r&#233;pond &#224; cette seconde voie par une objection implicitement identique &#224; celle qu'il a faite &#224; la premi&#232;re. Il nie que l'empirique implique l'universel ; il nie donc que l'universel implique la sp&#233;cialisation, qui dans ce cas est l'Etre. En d'autres termes, il dit : l'Etre ne peut &#234;tre d&#233;duit de la notion par aucune analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil et l'acceptation uniform&#233;ment favorables qui ont accompagn&#233; la critique de la preuve ontologique par Kant sont sans doute dus &#224; l'illustration qu'il a utilis&#233;e. Pour expliquer la diff&#233;rence entre la pens&#233;e et l'&#234;tre, il prend l'exemple de cent souverains, qui, pour ce qui est de la notion, sont la m&#234;me centaine, qu'ils soient r&#233;els ou seulement possibles, bien que la diff&#233;rence des deux cas soit tr&#232;s sensible dans leur effet sur la bourse d'un homme. Rien n'est plus &#233;vident que tout ce que nous pensons ou concevons seulement n'est pas pour cela actuel ; que la repr&#233;sentation mentale, et m&#234;me la compr&#233;hension notionnelle, sont toujours en de&#231;&#224; de l'&#234;tre. Pourtant, on ne peut pas injustement qualifier de barbarie dans le langage, le fait de donner le nom de notion &#224; des choses comme cent souverains. Et, en laissant cette erreur de c&#244;t&#233;, ceux qui opposent perp&#233;tuellement &#224; l'Id&#233;e philosophique la diff&#233;rence entre l'&#202;tre et la Pens&#233;e auraient pu admettre que les philosophes n'ignoraient pas enti&#232;rement ce fait. Peut-il y avoir une proposition plus banale que celle-l&#224; ? Mais enfin, il est bon de se rappeler, quand nous parlons de Dieu, que nous avons affaire &#224; un objet d'une autre nature que cent souverains, et diff&#233;rent de toute notion particuli&#232;re, repr&#233;sentation ou autre nom. C'est en effet cela et cela seul qui caract&#233;rise toute chose finie : son &#234;tre dans le temps et dans l'espace est en d&#233;saccord avec sa notion. Dieu, au contraire, doit express&#233;ment &#234;tre ce qui ne peut &#234;tre que &#171; pens&#233; comme existant &#187; ; sa notion implique l'&#234;tre. C'est cette unit&#233; de la notion et de l'&#234;tre qui constitue la notion de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'&#233;tait tout cela, nous n'aurions qu'une expression formelle de la nature divine, qui ne d&#233;passerait pas r&#233;ellement la simple &#233;nonciation de la nature de la notion elle-m&#234;me. Et que la notion, dans ses termes les plus abstraits, renferme l'&#234;tre, c'est &#233;vident. Car la notion, quelle que soit par ailleurs sa d&#233;termination, est au moins un renvoi sur elle-m&#234;me, qui r&#233;sulte de la suppression de l'interm&#233;diaire, et qui est donc imm&#233;diat. Et qu'est-ce que ce renvoi &#224; soi, sinon l'&#234;tre ? Il serait certes &#233;trange que la notion, le plus intime de l'esprit, si m&#234;me l'&#171; Ego &#187;, ou surtout la totalit&#233; concr&#232;te que nous appelons Dieu, ne f&#251;t pas assez riche pour contenir une cat&#233;gorie aussi pauvre que l'&#234;tre, la plus pauvre et la plus abstraite de toutes. Car, si l'on consid&#232;re la pens&#233;e qu'elle contient, rien ne peut &#234;tre plus insignifiant que l'&#234;tre. Et pourtant il peut y avoir quelque chose de plus insignifiant encore que l'&#234;tre, ce qui &#224; premi&#232;re vue est peut-&#234;tre suppos&#233; &#234;tre , une existence ext&#233;rieure et sensible, comme celle du papier qui est devant moi. Mais personne ne propose ici de parler de l'existence sensible d'une chose limit&#233;e et p&#233;rissable. En outre, la petite restriction de la Critique selon laquelle &#171; la pens&#233;e et l'&#234;tre sont diff&#233;rents &#187; ne peut que g&#234;ner le cheminement de l'esprit humain de la pens&#233;e de Dieu &#224; la certitude qu'il est : elle ne peut pas l'enlever. C'est ce processus de transition, qui d&#233;pend de l'indissociabilit&#233; absolue de la pens&#233;e de Dieu et de son &#234;tre, qui a &#233;t&#233; justifi&#233; par la th&#233;orie de la foi ou de la connaissance imm&#233;diate &#8212; dont nous parlerons plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 52&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, la pens&#233;e, &#224; son plus haut degr&#233;, doit aller au-del&#224; pour avoir une certaine d&#233;termination ; et bien qu'on l'appelle constamment Raison, elle est une pens&#233;e purement abstraite. Et le r&#233;sultat de tout cela est que la Raison ne fournit rien au-del&#224; de l'unit&#233; formelle n&#233;cessaire pour simplifier et syst&#233;matiser les exp&#233;riences ; elle est un canon , non un organon , de la v&#233;rit&#233;, et ne peut fournir qu'une critique de la connaissance, non une doctrine de l'infini. Dans son analyse finale, cette critique se r&#233;sume dans l'affirmation que, &#224; proprement parler, la pens&#233;e n'est que l'unit&#233; ind&#233;termin&#233;e et l'action de cette unit&#233; ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant a sans aucun doute consid&#233;r&#233; la raison comme la facult&#233; de l'inconditionn&#233;. Mais si elle se r&#233;duit &#224; une identit&#233; abstraite, elle renonce implicitement &#224; son inconditionnalit&#233; et n'est en r&#233;alit&#233; qu'un entendement vide. Car la raison n'est inconditionn&#233;e que dans la mesure o&#249; son caract&#232;re et sa qualit&#233; ne sont pas dus &#224; un contenu &#233;tranger et &#233;tranger, seulement dans la mesure o&#249; elle se caract&#233;rise elle-m&#234;me et est ainsi ma&#238;tresse de son contenu. Kant explique cependant express&#233;ment que l'action de la raison consiste uniquement &#224; appliquer les cat&#233;gories pour syst&#233;matiser la mati&#232;re donn&#233;e par la perception, c'est-&#224;-dire &#224; la placer dans un ordre ext&#233;rieur, sous la conduite du principe de non-contradiction .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 53&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(b) Kant entend par Raison pratique une volont&#233; pensante, c'est-&#224;-dire une volont&#233; qui se d&#233;termine elle-m&#234;me selon des principes universels. Sa fonction est de donner des lois objectives et imp&#233;ratives de la libert&#233;, c'est-&#224;-dire des lois qui &#233;noncent ce qui doit arriver. La pr&#233;tention &#224; consid&#233;rer la pens&#233;e comme une activit&#233; qui se fait sentir objectivement, c'est-&#224;-dire comme une v&#233;ritable Raison, est justifi&#233;e par la possibilit&#233; suppos&#233;e de prouver la libert&#233; pratique par l'exp&#233;rience, c'est-&#224;-dire de la montrer dans le ph&#233;nom&#232;ne de la conscience de soi. Cette exp&#233;rience dans la conscience se heurte imm&#233;diatement &#224; tout ce que le n&#233;cessitariste produit &#224; partir d'une exp&#233;rience contraire, en particulier &#224; l'induction sceptique (utilis&#233;e entre autres par Hume) &#224; partir de la diversit&#233; infinie de ce que les hommes consid&#232;rent comme juste et comme devoir, c'est-&#224;-dire &#224; partir de la diversit&#233; apparente de ces pr&#233;tendues lois objectives de la libert&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 54&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc la loi que la raison pratique doit embrasser et &#224; laquelle elle doit ob&#233;ir, et qui doit servir de crit&#232;re dans son acte d'autod&#233;termination ? Il n'y a pas d'autre r&#232;gle que la m&#234;me identit&#233; abstraite d'entendement que pr&#233;c&#233;demment : il ne doit y avoir aucune contradiction dans l'acte d'autod&#233;termination. C'est pourquoi la raison pratique ne se d&#233;barrasse jamais du formalisme qui est pr&#233;sent&#233; comme le point culminant de la raison th&#233;orique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette Raison pratique ne limite pas le principe universel du Bien &#224; sa propre r&#233;gulation int&#233;rieure : elle devient pratique , au vrai sens du mot, lorsqu'elle exige que le Bien se manifeste dans le monde avec une objectivit&#233; ext&#233;rieure, et qu'elle exige que la pens&#233;e soit objective en tout et non pas seulement subjective. Nous parlerons plus loin de ce postulat de la Raison pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant a express&#233;ment d&#233;fendu la libre d&#233;termination de soi-m&#234;me, que le sp&#233;culatif refusait au sp&#233;culateur, en invoquant la raison pratique. Beaucoup d'esprits ont trouv&#233; ce c&#244;t&#233; particulier de la philosophie kantienne bienvenu, et cela pour de bonnes raisons. Pour bien appr&#233;cier ce que nous devons &#224; Kant en la mati&#232;re, il faut se repr&#233;senter la forme de la philosophie pratique, et en particulier de la &#171; philosophie morale &#187;, qui pr&#233;valait &#224; son &#233;poque. On peut la d&#233;crire en g&#233;n&#233;ral comme un syst&#232;me eud&#233;moniste qui, lorsqu'on lui demandait quelle devait &#234;tre la fin principale de l'homme, r&#233;pondait le bonheur. Et par bonheur, l'eud&#233;monisme entendait la satisfaction des app&#233;tits, des d&#233;sirs et des besoins priv&#233;s de l'homme, &#233;levant ainsi le contingent et le particulier au rang de principe de la volont&#233; et de son actualisation. A cet eud&#233;monisme, qui &#233;tait d&#233;pourvu de stabilit&#233; et de coh&#233;rence, et qui laissait la &#171; porte et le portail &#187; largement ouverts &#224; tous les caprices, Kant opposa la raison pratique, et souligna ainsi la n&#233;cessit&#233; d'un principe de volont&#233; qui devait &#234;tre universel et imposer &#224; tous la m&#234;me obligation. La raison th&#233;orique, comme nous l'avons montr&#233; dans les paragraphes pr&#233;c&#233;dents, est identifi&#233;e par Kant &#224; la facult&#233; n&#233;gative de l'infini ; et comme elle n'a pas de contenu positif propre, elle se limite &#224; la fonction de d&#233;couvrir la finitude de la connaissance exp&#233;rimentale. Au contraire, il a express&#233;ment accord&#233; &#224; la raison pratique une infinit&#233; positive, en attribuant &#224; la volont&#233; le pouvoir de se modifier elle-m&#234;me selon des modes universels, c'est-&#224;-dire par la pens&#233;e. La volont&#233; poss&#232;de sans aucun doute un tel pouvoir ; et il est bon de se rappeler que l'homme n'est libre qu'autant qu'il le poss&#232;de et s'en sert dans sa conduite. Mais la reconnaissance de l'existence de ce pouvoir ne suffit pas et ne sert pas &#224; nous dire quel est le contenu de la volont&#233; ou de la raison pratique. Par cons&#233;quent, dire qu'un homme doit faire du bien le contenu de sa volont&#233; pose la question de savoir quel est ce contenu et quels sont les moyens de d&#233;terminer ce qu'est le bien. On ne r&#233;sout pas la difficult&#233; par le principe selon lequel la volont&#233; doit &#234;tre coh&#233;rente avec elle-m&#234;me, ni par le pr&#233;cepte d'accomplir le devoir pour l'amour du devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 55&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(c) Kant conf&#232;re &#224; la facult&#233; de jugement r&#233;flexif la fonction d'un entendement intuitif. En d'autres termes, alors que les particularit&#233;s apparaissaient jusqu'ici, en ce qui concerne l'identit&#233; universelle ou abstraite, fortuites et impossibles &#224; d&#233;duire d'elle, l'entendement intuitif saisit les particularit&#233;s comme model&#233;es et form&#233;es par l'universel lui-m&#234;me. L'exp&#233;rience pr&#233;sente de telles particularit&#233;s universalis&#233;es dans les produits de l'art et de la nature organique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait capital de la Critique du jugement de Kant est qu'il y donne une repr&#233;sentation et un nom, sinon m&#234;me une expression intellectuelle, &#224; l'Id&#233;e. Une telle repr&#233;sentation, comme une compr&#233;hension intuitive ou une adaptation int&#233;rieure, sugg&#232;re un universel qui est en m&#234;me temps appr&#233;hend&#233; comme une unit&#233; essentiellement concr&#232;te. C'est dans ces seuls apercus que la philosophie kantienne s'&#233;l&#232;ve &#224; la hauteur sp&#233;culative. Schiller et d'autres ont trouv&#233; dans l'id&#233;e de beaut&#233; artistique, o&#249; la pens&#233;e et la conception sensible se sont d&#233;velopp&#233;es ensemble pour ne faire qu'une, un moyen d'&#233;chapper &#224; la compr&#233;hension abstraite et s&#233;paratiste. D'autres ont trouv&#233; le m&#234;me soulagement dans la perception et la conscience de la vie et des &#234;tres vivants, que cette vie soit naturelle ou intellectuelle. L'&#339;uvre d'art, tout comme l'individu vivant, a, il faut le reconna&#238;tre, un contenu limit&#233;. Mais dans l'harmonie postul&#233;e de la nature (ou de la n&#233;cessit&#233;) et dans la libre finalit&#233; du monde con&#231;u comme r&#233;alis&#233;, Kant nous a pr&#233;sent&#233; l'Id&#233;e, qui comprend m&#234;me son contenu. Or, ce qu'on peut appeler la paresse de la pens&#233;e, lorsqu'elle s'occupe de l'Id&#233;e supr&#234;me, trouve dans le &#171; devoir &#234;tre &#187; un moyen trop facile de s'&#233;vader : au lieu de la r&#233;alisation effective de la fin ultime, elle s'attache avec acharnement &#224; la disjonction de la notion et de la r&#233;alit&#233;. Or, si la pens&#233;e ne veut pas penser l'id&#233;al r&#233;alis&#233;, les sens et l'intuition peuvent au moins le voir dans la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente des organismes vivants et du beau dans l'art. Et par cons&#233;quent, les remarques de Kant sur ces objets &#233;taient bien propres &#224; conduire l'esprit &#224; saisir et &#224; penser l'Id&#233;e concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 56&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ainsi amen&#233;s &#224; concevoir entre l'universel de l'entendement et le particulier de la perception un rapport diff&#233;rent de celui sur lequel se fonde la th&#233;orie de la Raison th&#233;orique et pratique. Mais, s'il en est ainsi, il ne s'accompagne pas de la reconnaissance que le premier est le rapport v&#233;ritable et la v&#233;rit&#233; m&#234;me. Au lieu de cela, l'unit&#233; (de l'universel avec le particulier) n'est accept&#233;e que telle qu'elle existe dans les ph&#233;nom&#232;nes finis et n'est invoqu&#233;e que comme un fait d'exp&#233;rience. Une telle exp&#233;rience, d'abord personnelle seulement, peut provenir de deux sources. Elle peut provenir du G&#233;nie, la facult&#233; qui produit des &#171; id&#233;es esth&#233;tiques &#187;, c'est-&#224;-dire des pens&#233;es-images de l'imagination libre qui servent une id&#233;e et sugg&#232;rent des pens&#233;es, bien que leur contenu ne soit pas exprim&#233; sous une forme notionnelle et n'admette m&#234;me pas une telle expression. Elle peut aussi &#234;tre due au Go&#251;t, le sentiment de congruence entre le libre jeu de l'intuition ou de l'imagination et l'uniformit&#233; de l'entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 57&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe par lequel la facult&#233; de jugement r&#233;flexive r&#232;gle et ordonne les produits de la nature anim&#233;e est d&#233;crit comme la Fin ou la cause finale, la notion en action, l'universel &#224; la fois d&#233;terminant et d&#233;termin&#233; en lui-m&#234;me. En m&#234;me temps, Kant prend soin d'&#233;carter la conception d'une adaptation externe ou finie, dans laquelle la Fin n'est qu'une forme adventice des moyens et de la mati&#232;re dans laquelle elle se r&#233;alise. Dans l'organisme vivant, au contraire, la cause finale est un principe modelant et une &#233;nergie immanente &#224; la mati&#232;re, et chaque membre est &#224; son tour un moyen aussi bien qu'une fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 58&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle Id&#233;e transforme &#233;videmment radicalement le rapport que l'entendement &#233;tablit entre les moyens et les fins, entre la subjectivit&#233; et l'objectivit&#233;. Et pourtant, face &#224; cette unification, la Fin ou le dessein est ensuite expliqu&#233; comme une cause qui existe et agit subjectivement, c'est-&#224;-dire comme notre seule id&#233;e : et la t&#233;l&#233;ologie est donc expliqu&#233;e comme un principe de critique purement personnel &#224; notre entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que la philosophie critique eut &#233;tabli que la raison ne peut conna&#238;tre que les ph&#233;nom&#232;nes, la nature anim&#233;e aurait encore eu le choix entre deux modes de pens&#233;e &#233;galement subjectifs. M&#234;me selon l'explication de Kant lui-m&#234;me, il aurait &#233;t&#233; n&#233;cessaire d'admettre, dans le cas des productions naturelles, une connaissance qui ne se limite pas aux cat&#233;gories de qualit&#233;, de cause et d'effet, de composition, de constituants, etc. Le principe d'adaptation ou de dessein int&#233;rieur, s'il avait &#233;t&#233; respect&#233; et mis en pratique dans une application scientifique, aurait conduit &#224; une m&#233;thode d'observation de la nature diff&#233;rente et plus &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 59&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous adoptons ce principe, l'Id&#233;e, une fois toutes les limitations enlev&#233;es, se pr&#233;senterait ainsi : l'universalit&#233; fa&#231;onn&#233;e par la Raison, et d&#233;crite comme la fin absolue et finale ou le Bien, se r&#233;aliserait dans le monde, et se r&#233;aliserait de plus au moyen d'une troisi&#232;me chose, la puissance qui propose cette fin en m&#234;me temps qu'elle la r&#233;alise, c'est-&#224;-dire Dieu. Ainsi, en Lui, qui est la v&#233;rit&#233; absolue, ces oppositions entre l'universel et l'individuel, le subjectif et l'objectif, se r&#233;solvent et s'expliquent comme n'&#233;tant ni auto-subsistantes ni vraies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 60&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le bien, qui est ainsi pr&#233;sent&#233; comme la cause finale du monde, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;crit comme notre bien, comme la loi morale de notre raison pratique. Cela &#233;tant, l'unit&#233; dont il s'agit ne va pas plus loin que de mettre l'&#233;tat du monde et le cours de ses &#233;v&#233;nements en harmonie avec nos normes morales. D'ailleurs, m&#234;me avec cette limitation, la cause finale, le bien, est une abstraction vague, et la m&#234;me vague s'attache &#224; ce qui doit &#234;tre le devoir. Mais cette harmonie se heurte en outre &#224; la renaissance et &#224; la r&#233;affirmation de l'antith&#232;se qu'elle avait annul&#233;e par son propre principe. L'harmonie est alors d&#233;crite comme purement subjective, quelque chose qui ne devrait &#234;tre que quelque chose, et qui en m&#234;me temps n'est pas un simple article de foi, poss&#233;dant une certitude subjective, mais sans v&#233;rit&#233;, sans cette objectivit&#233; qui est propre &#224; l'Id&#233;e. Cette contradiction peut sembler dissimul&#233;e en ajournant la r&#233;alisation de l'Id&#233;e &#224; un avenir, &#224; un temps o&#249; l'Id&#233;e sera aussi. Mais une condition sensible comme le temps est l'inverse d'une r&#233;conciliation de la discordance, et c'est l&#224; une condition de la nature des choses. et une progression infinie qui est l'image correspondante adopt&#233;e par l'entendement ne fait, &#224; premi&#232;re vue, que r&#233;p&#233;ter et rejouer la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut encore faire une remarque g&#233;n&#233;rale sur le r&#233;sultat auquel la philosophie critique a abouti quant &#224; la nature de la connaissance, r&#233;sultat qui est devenu l'une des &#171; idoles &#187; ou des croyances axiomatiques courantes de notre &#233;poque. Dans tout syst&#232;me dualiste, et en particulier dans celui de Kant, le d&#233;faut fondamental se manifeste dans l'incoh&#233;rence qui consiste &#224; unifier &#224; un moment donn&#233; ce qui, un moment auparavant, avait &#233;t&#233; expliqu&#233; comme ind&#233;pendant et par cons&#233;quent incapable de s'unifier. Et alors, au moment m&#234;me o&#249; l'on pr&#233;tend que l'unification est la v&#233;rit&#233;, nous en arrivons soudain &#224; la doctrine selon laquelle les deux &#233;l&#233;ments, qui, dans leur v&#233;ritable &#233;tat d'unification, se sont vu refuser toute existence ind&#233;pendante, ne sont vrais et actuels que dans leur &#233;tat de s&#233;paration. Philosophier de ce genre n'a pas le peu de p&#233;n&#233;tration n&#233;cessaire pour d&#233;couvrir que ce m&#233;lange ne fait que mettre en &#233;vidence &#224; quel point chacun des deux termes est insatisfaisant. Et il &#233;choue simplement parce qu'il est incapable de rapprocher deux pens&#233;es. (Et, pour la forme, il n'y en a jamais plus de deux.) C'est une contradiction totale que de dire, d'une part, que l'entendement ne conna&#238;t que les ph&#233;nom&#232;nes, et, d'autre part, d'affirmer le caract&#232;re absolu de cette connaissance par des affirmations telles que : &#171; La connaissance ne peut aller plus loin &#187; ; &#171; Voil&#224; la limite naturelle et absolue de la connaissance humaine. &#187; Mais &#171; naturel &#187; n'est pas le bon mot ici. Les choses de la nature ne sont limit&#233;es et ne sont naturelles que dans la mesure o&#249; elles ne connaissent pas leur limite universelle, ou dans la mesure o&#249; leur mode ou leur qualit&#233; est une limite de notre point de vue, et non du leur. Personne ne sait, ni m&#234;me ne sent, qu'une chose est une limite ou un d&#233;faut, tant qu'il n'est pas en m&#234;me temps au-dessus et au-del&#224;. Les &#234;tres vivants, par exemple, poss&#232;dent le privil&#232;ge de la douleur, qui est refus&#233; &#224; l'inanim&#233; : m&#234;me chez les &#234;tres vivants, un mode ou une qualit&#233; unique passe au sentiment d'un n&#233;gatif. Car les &#234;tres vivants en tant que tels poss&#232;dent en eux une vitalit&#233; universelle, qui d&#233;passe et inclut le mode unique ; et ainsi, en se maintenant dans la n&#233;gation d'eux-m&#234;mes, ils sentent que la contradiction existe en eux. Mais la contradiction n'est en eux qu'autant qu'un seul et m&#234;me sujet renferme &#224; la fois l'universalit&#233; de leur sens de la vie et le mode individuel qui est en n&#233;gation avec elle. Cette illustration montrera comment une limite ou une imperfection dans la connaissance n'est appel&#233;e limite ou imperfection que lorsqu'elle est compar&#233;e &#224; l'id&#233;e actuellement pr&#233;sente de l'universel, d'un total et d'un parfait. Une tr&#232;s petite consid&#233;ration pourrait montrer qu'appeler une chose finie ou limit&#233;e prouve implicitement la pr&#233;sence m&#234;me de l'infini et de l'illimit&#233;, et que notre connaissance d'une limite ne peut exister que lorsque l'illimit&#233; est en de&#231;&#224; de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de la conception kantienne de la connaissance nous am&#232;ne &#224; une seconde remarque. La philosophie de Kant ne pouvait avoir aucune influence sur la m&#233;thode des sciences. Elle laisse les cat&#233;gories et la m&#233;thode de la connaissance ordinaire absolument intactes. Il peut arriver que, dans les premi&#232;res parties d'un ouvrage scientifique de cette &#233;poque, nous trouvions des propositions emprunt&#233;es &#224; la philosophie kantienne ; mais le cours du trait&#233; montre clairement que ces propositions n'&#233;taient qu'un ornement superflu, et que les quelques premi&#232;res pages auraient pu &#234;tre omises sans produire le moindre changement dans le contenu empirique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons ensuite comparer Kant &#224; la m&#233;taphysique de l'&#233;cole empirique. L'empirisme naturel, bien qu'il insiste sans conteste sur la perception sensible, admet n&#233;anmoins un monde suprasensible ou une r&#233;alit&#233; spirituelle, quelle que soit sa structure et sa constitution, et qu'elle d&#233;rive de l'intellect, de l'imagination, etc. En ce qui concerne la forme, les faits de ce monde suprasensible reposent sur l'autorit&#233; de l'esprit, de la m&#234;me mani&#232;re que les autres faits compris dans la connaissance empirique reposent sur l'autorit&#233; de la perception ext&#233;rieure. Mais lorsque l'empirisme devient r&#233;fl&#233;chi et logiquement coh&#233;rent, il tourne ses armes contre ce dualisme dans l'esp&#232;ce de fait ultime et la plus &#233;lev&#233;e ; il nie l'ind&#233;pendance du principe pensant et d'un monde spirituel qui se d&#233;veloppe dans la pens&#233;e. Le mat&#233;rialisme ou naturalisme est donc le syst&#232;me coh&#233;rent et complet de l'empirisme. En opposition directe &#224; un tel empirisme, Kant affirme le principe de la pens&#233;e et de la libert&#233;, et se rattache &#224; la premi&#232;re forme de doctrine empirique mentionn&#233;e, dont il ne s'est jamais &#233;cart&#233; des principes g&#233;n&#233;raux. Il y a aussi un dualisme dans sa philosophie. D'un c&#244;t&#233; se trouve le monde de la sensation et de l'entendement qui r&#233;fl&#233;chit sur lui. Ce monde, il est vrai, il le pr&#233;sente comme un monde d'apparences. Mais ce n'est l&#224; qu'un titre ou une description formelle ; car la source, les faits et les modes d'observation demeurent tout &#224; fait les m&#234;mes que dans l'empirisme. De l'autre c&#244;t&#233;, et ind&#233;pendamment, se trouve une pens&#233;e qui se comprend elle-m&#234;me, le principe de libert&#233;, que Kant a en commun avec la m&#233;taphysique ordinaire et r&#233;volue, mais vid&#233;e de tout ce qu'elle contenait, et sans qu'il puisse y infuser rien de nouveau. Car, dans la doctrine critique, la pens&#233;e, ou, comme on l'appelle l&#224;, la Raison, est d&#233;pouill&#233;e de toute forme sp&#233;cifique et ainsi priv&#233;e de toute autorit&#233;. Le principal effet de la philosophie kantienne a &#233;t&#233; de raviver la conscience de la Raison, ou l'int&#233;riorit&#233; absolue de la pens&#233;e. Son abstraction a en effet emp&#234;ch&#233; cette int&#233;riorit&#233; de se d&#233;velopper en quelque chose, ou de donner naissance &#224; des formes sp&#233;ciales, qu'il s'agisse de principes cognitifs ou de lois morales ; mais n&#233;anmoins elle refusa absolument d'accepter ou de tol&#233;rer quoi que ce soit qui poss&#233;d&#226;t le caract&#232;re d'une ext&#233;riorit&#233;. D&#233;sormais le principe de l'ind&#233;pendance de la Raison, ou de son autosubsistance absolue, est &#233;rig&#233; en principe g&#233;n&#233;ral de la philosophie, en m&#234;me temps qu'une conclusion acquise d'avance de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La philosophie critique a un grand m&#233;rite n&#233;gatif. Elle a fait comprendre que les cat&#233;gories de l'entendement ont une port&#233;e limit&#233;e et que tout processus cognitif confin&#233; dans leur cadre ne peut atteindre la v&#233;rit&#233;. Mais Kant n'a vu que la moiti&#233; de la v&#233;rit&#233;. Il a expliqu&#233; la nature finie des cat&#233;gories en disant qu'elles n'&#233;taient que subjectives, valables que pour notre pens&#233;e, dont la chose en soi &#233;tait s&#233;par&#233;e par un gouffre infranchissable. En fait, ce n'est pas parce qu'elles sont subjectives que les cat&#233;gories sont finies : elles sont finies par leur nature m&#234;me, et c'est par elles-m&#234;mes qu'il est n&#233;cessaire de montrer leur finitude. Kant cependant soutient que ce que nous pensons est faux, parce que c'est nous qui le pensons. Une autre lacune du syst&#232;me est qu'il ne donne qu'une description historique de la pens&#233;e et une simple &#233;num&#233;ration des facteurs de la conscience. L'&#233;num&#233;ration est dans l'ensemble correcte, mais pas un mot n'aborde la n&#233;cessit&#233; de ce qui est ainsi rassembl&#233; empiriquement. Les observations faites sur les diff&#233;rents stades de la conscience aboutissent &#224; la constatation sommaire que le contenu de tout ce que nous connaissons n'est qu'une apparence. Et comme il est vrai au moins que toute pens&#233;e finie s'int&#233;resse aux apparences, jusqu'ici la conclusion est justifi&#233;e. Mais ce stade de &#171; l'apparence &#187; &#8212; le monde ph&#233;nom&#233;nal &#8212; n'est pas le terme de la pens&#233;e : il existe une autre r&#233;gion, plus &#233;lev&#233;e. Mais cette r&#233;gion &#233;tait pour la philosophie kantienne un &#171; autre monde &#187; inaccessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Le syst&#232;me kantien n'a pos&#233; que formellement le principe de la spontan&#233;it&#233; et de l'autod&#233;termination de la pens&#233;e. Kant n'a jamais approfondi la mani&#232;re et l'&#233;tendue de cette autod&#233;termination de la pens&#233;e. C'est Fichte qui a le premier remarqu&#233; cette lacune et qui, apr&#232;s avoir signal&#233; l'absence d'une d&#233;duction pour les cat&#233;gories, a essay&#233; d'y suppl&#233;er r&#233;ellement. Chez Fichte, le &#171; moi &#187; est le point de d&#233;part du d&#233;veloppement philosophique et le r&#233;sultat de son action est cens&#233; &#234;tre visible dans les cat&#233;gories. Mais chez Fichte, le &#171; moi &#187; n'est pas r&#233;ellement pr&#233;sent&#233; comme une &#233;nergie libre et spontan&#233;e ; il est cens&#233; recevoir sa premi&#232;re excitation par un choc ou une impulsion venant du dehors. On suppose que le &#171; moi &#187; r&#233;agira contre ce choc et que c'est seulement par cette r&#233;action qu'il prendra conscience de lui-m&#234;me. En attendant, la nature de l'impulsion reste &#233;trang&#232;re &#224; notre entendement et le &#171; moi &#187;, toujours confront&#233; &#224; quelque chose d'autre, est charg&#233; d'une condition. Fichte n'a donc jamais d&#233;pass&#233; la conclusion de Kant, selon laquelle seul le fini est connaissable, tandis que l'infini d&#233;passe le champ de la pens&#233;e. Ce que Kant appelle la chose en soi, Fichte l'appelle l'impulsion du dehors, cette abstraction de quelque chose d'autre que le &#171; moi &#187;, qui ne peut &#234;tre d&#233;crit ou d&#233;fini autrement que par le n&#233;gatif ou le non-Ego en g&#233;n&#233;ral. Le &#171; je &#187; est ainsi consid&#233;r&#233; comme &#233;tant en relation essentielle avec le non-moi, par lequel son acte d'autod&#233;termination s'&#233;veille d'abord. Et de cette mani&#232;re, le &#171; je &#187; n'est que l'acte continu de se lib&#233;rer de cette impulsion, sans jamais acqu&#233;rir une v&#233;ritable libert&#233;, car avec la cessation de l'impulsion, le &#171; je &#187;, dont l'&#234;tre est son action, cesserait aussi d'&#234;tre. Et le contenu produit par l'action du &#171; je &#187; ne diff&#232;re en rien du contenu ordinaire de l'exp&#233;rience, si ce n'est par cette remarque suppl&#233;mentaire que ce contenu n'est qu'apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Attitude de la pens&#233;e face &#224; l'objectivit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONNAISSANCE IMM&#201;DIATE OU INTUITIVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 61&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit la philosophie critique , la pens&#233;e est subjective et son mode ultime et invincible est l'universalit&#233; abstraite ou l'identit&#233; formelle . La pens&#233;e est ainsi oppos&#233;e &#224; la V&#233;rit&#233;, qui n'est pas une abstraction , mais une universalit&#233; concr&#232;te. Dans ce mode de pens&#233;e supr&#234;me, qui s'appelle Raison , les Cat&#233;gories sont laiss&#233;es de c&#244;t&#233;. La th&#233;orie extr&#234;me oppos&#233;e consid&#232;re la pens&#233;e comme un acte du seul particulier et, pour cette raison, la d&#233;clare incapable d'appr&#233;hender la V&#233;rit&#233; . C'est la th&#233;orie intuitive .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 62&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon cette th&#233;orie, la pens&#233;e, op&#233;ration priv&#233;e et particuli&#232;re, a toute sa port&#233;e et tout son produit dans les Cat&#233;gories. Mais ces Cat&#233;gories, telles qu'elles sont appr&#233;hend&#233;es par l'entendement, sont des v&#233;hicules limit&#233;s de la pens&#233;e, des formes du conditionn&#233;, du d&#233;pendant et du d&#233;riv&#233;. Une pens&#233;e limit&#233;e &#224; ces modes n'a aucun sens de l'Infini et du Vrai, et ne peut franchir le gouffre qui la s&#233;pare d'eux. (Cette restriction se rapporte aux preuves de l'existence de Dieu.) Ces modes ou cat&#233;gories inad&#233;quats sont aussi appel&#233;s notions : et avoir une notion d'un objet ne peut donc signifier, dans ce langage, que le saisir sous la forme d'&#234;tre conditionn&#233; et d&#233;riv&#233;. Par cons&#233;quent, si l'objet en question est le Vrai, l' Infini , l'Inconditionn&#233;, nous le transformons par nos notions en quelque chose de fini et de conditionn&#233; ; ainsi, au lieu d'appr&#233;hender la v&#233;rit&#233; par la pens&#233;e, nous l'avons pervertie en fausset&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le seul argument simple avanc&#233; en faveur de la th&#232;se selon laquelle la connaissance de Dieu et de la v&#233;rit&#233; doit &#234;tre imm&#233;diate ou intuitive. A une &#233;poque ant&#233;rieure, toutes les sortes de conceptions anthropomorphiques, comme on les appelle, &#233;taient bannies de Dieu, comme &#233;tant finies et par cons&#233;quent indignes de l'infini ; et de cette fa&#231;on, Dieu avait &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; un &#234;tre assez vide. Mais &#224; cette &#233;poque, les formes-pens&#233;es n'&#233;taient en g&#233;n&#233;ral pas consid&#233;r&#233;es comme relevant de l'anthropomorphisme. On croyait plut&#244;t que la pens&#233;e enlevait la finitude aux conceptions de l' Absolu , ce qui concordait avec la conviction de tous les temps mentionn&#233;e plus haut, selon laquelle la r&#233;flexion est la seule voie vers la v&#233;rit&#233;. Mais maintenant, enfin, les formes-pens&#233;es elles-m&#234;mes sont qualifi&#233;es d'anthropomorphiques, et la pens&#233;e elle-m&#234;me est d&#233;crite comme une simple facult&#233; d'Unitisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacobi a formul&#233; cette accusation de la mani&#232;re la plus claire dans le septi&#232;me suppl&#233;ment &#224; ses Lettres sur Spinoza , empruntant son argumentation aux &#339;uvres de Spinoza lui-m&#234;me et l'utilisant comme arme contre la connaissance en g&#233;n&#233;ral. Dans son attaque, la connaissance est consid&#233;r&#233;e comme signifiant la connaissance du fini seulement, un processus de pens&#233;e d'une condition d'une s&#233;rie &#224; une autre, chacune d'elles &#233;tant &#224; la fois conditionnelle et conditionn&#233;e. Selon une telle opinion, expliquer et obtenir la notion de quelque chose revient &#224; montrer qu'elle d&#233;rive de quelque chose d'autre. Tout ce que cette connaissance embrasse, par cons&#233;quent, est partiel, d&#233;pendant et fini, tandis que l'infini ou le vrai, c'est-&#224;-dire Dieu, se trouve en dehors de l'interconnexion m&#233;canique dans laquelle la connaissance est cens&#233;e &#234;tre confin&#233;e. Il est important d'observer que, tandis que Kant fait consister la nature finie des Cat&#233;gories principalement dans la circonstance formelle qu'elles sont subjectives, Jacobi discute les Cat&#233;gories dans leur caract&#232;re propre et d&#233;clare qu'elles sont finies dans leur signification m&#234;me. Ce que Jacobi avait surtout sous les yeux, lorsqu'il d&#233;crivait ainsi la science, c'&#233;taient les brillants succ&#232;s des sciences physiques ou &#171; exactes &#187; dans la d&#233;termination des forces et des lois naturelles. Ce n'est certainement pas sur le terrain fini occup&#233; par ces sciences que nous pouvons nous attendre &#224; rencontrer la pr&#233;sence int&#233;rieure de l'infini. Lalande avait raison lorsqu'il disait qu'il avait balay&#233; tout le ciel avec sa lunette et n'avait vu aucun Dieu (voir &#167; 60n ). Dans le domaine de la science physique, l'universel, qui est le r&#233;sultat final de l'analyse, n'est que l'agr&#233;gat ind&#233;termin&#233; &#8212; du fini ext&#233;rieur &#8212; en un mot, la Mati&#232;re : et Jacobi a bien vu qu'il n'y avait pas d'autre issue possible que de passer d'une clause explicative ou d'une loi &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 63&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout ce temps, la doctrine selon laquelle la v&#233;rit&#233; existe pour l'esprit a &#233;t&#233; si fortement soutenue par Jacobi que seule la Raison est d&#233;clar&#233;e &#234;tre ce par quoi l'homme vit. Cette Raison est la connaissance de Dieu. Mais, &#233;tant donn&#233; que la connaissance d&#233;riv&#233;e est limit&#233;e &#224; l'&#233;tendue des faits finis, la Raison est une connaissance d&#233;riv&#233;e, ou la Foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connaissance, foi, pens&#233;e, intuition sont les cat&#233;gories que nous rencontrons dans cette ligne de r&#233;flexion. Ces termes, que tout le monde suppose familiers, sont trop souvent utilis&#233;s de mani&#232;re arbitraire, sous la seule direction des conceptions et des distinctions de la psychologie, sans qu'on en examine la nature et la notion, ce qui est apr&#232;s tout la question principale. Ainsi, nous trouvons souvent la connaissance oppos&#233;e &#224; la foi, et en m&#234;me temps expliqu&#233;e comme une connaissance sous-d&#233;rivative ou intuitive &#8212; de sorte qu'elle doit &#234;tre au moins une sorte de connaissance. Et, en outre, c'est incontestablement un fait d'exp&#233;rience, premi&#232;rement, que ce que nous croyons est dans notre conscience &#8212; ce qui implique que nous le savons ; et deuxi&#232;mement, que cette croyance est une certitude dans notre conscience &#8212; ce qui implique que nous le savons.De plus, et surtout, nous trouvons la pens&#233;e oppos&#233;e &#224; la connaissance et &#224; la foi imm&#233;diates, et en particulier &#224; l'intuition. Mais si l'on qualifie cette intuition d'intellectuelle, il faut en r&#233;alit&#233; entendre l'intuition qui pense, &#224; moins que, dans une question sur la nature de Dieu, nous ne voulions interpr&#233;ter l'intellect comme d&#233;signant des images et des repr&#233;sentations de l'imagination. Le mot foi ou croyance, dans le dialecte de ce syst&#232;me, en vient &#224; &#234;tre employ&#233; m&#234;me en r&#233;f&#233;rence &#224; des objets communs qui sont pr&#233;sents aux sens. Nous croyons, dit Jacobi, que nous avons un corps &#8212; nous croyons &#224; l'existence des choses des sens. Mais si nous parlons de la foi dans le Vrai et l'&#201;ternel, et que nous disons que Dieu nous est donn&#233; et r&#233;v&#233;l&#233; dans la connaissance ou l'intuition imm&#233;diate, nous ne nous int&#233;ressons pas aux choses des sens, mais &#224; des objets qui sont propres &#224; notre esprit pensant, &#224; des v&#233;rit&#233;s d'une signification universelle inh&#233;rente. Et quand il s'agit du &#171; moi &#187; individuel, c'est-&#224;-dire de la personnalit&#233;, et non pas du &#171; moi &#187; de l'exp&#233;rience ou d'une personne priv&#233;e, il s'agit surtout de la personnalit&#233; de Dieu, c'est de la personnalit&#233; pure, d'une personnalit&#233; universelle par sa nature. Une telle personnalit&#233; est une pens&#233;e et ne rel&#232;ve que de la pens&#233;e. Bien plus. L'intuition pure et simple est tout &#224; fait la m&#234;me chose que la pens&#233;e pure et simple. L'intuition et la croyance d&#233;signent en premier lieu les conceptions d&#233;finies que nous attachons &#224; ces mots dans l'usage que nous en faisons habituellement ; et dans cette mesure, elles diff&#232;rent de la pens&#233;e sur certains points que presque tout le monde peut comprendre. Mais ici, elles sont prises dans un sens plus &#233;lev&#233; et doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme signifiant une croyance en Dieu ou une intuition intellectuelle de Dieu ; en bref, nous devons mettre de c&#244;t&#233; tout ce qui distingue sp&#233;cialement la pens&#233;e d'une part de la croyance et de l'intuition d'autre part. Il est impossible &#224; quiconque de dire en quoi la croyance et l'intuition, lorsqu'elles sont transf&#233;r&#233;es &#224; ces r&#233;gions sup&#233;rieures, diff&#232;rent de la pens&#233;e. Et cependant, telles sont les distinctions st&#233;riles des mots avec lesquelles les hommes s'imaginent affirmer une v&#233;rit&#233; importante ; alors m&#234;me que les formules qu'ils soutiennent sont identiques &#224; celles qu'ils attaquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme de foi a l'avantage particulier de sugg&#233;rer la foi de la religion chr&#233;tienne ; il semble inclure la foi chr&#233;tienne, ou peut-&#234;tre m&#234;me co&#239;ncider avec elle ; et ainsi la philosophie de la foi a un aspect tout &#224; fait orthodoxe et chr&#233;tien, en vertu duquel elle se permet d'&#233;noncer ses dicta arbitraires avec plus de pr&#233;tention et d'autorit&#233;. Mais il ne faut pas se laisser tromper par l'apparence que procure subrepticement une similitude purement verbale. Les deux choses sont radicalement diff&#233;rentes. D'abord, la foi chr&#233;tienne comporte en elle une autorit&#233; de l'&#201;glise ; mais la foi de la philosophie de Jacobi n'a d'autre autorit&#233; que celle d'une r&#233;v&#233;lation personnelle. Deuxi&#232;mement, la foi chr&#233;tienne est un abondant corps de v&#233;rit&#233; objective, un syst&#232;me de connaissances et de doctrines. La port&#233;e de la foi philosophique est si ind&#233;finie que, tout en laissant une place &#224; la foi du chr&#233;tien, elle admet &#233;galement la croyance en la divinit&#233; du Dala&#239;-Lama, du b&#339;uf ou du singe, r&#233;duisant ainsi la D&#233;it&#233; &#224; ses termes les plus simples, &#224; un &#171; &#202;tre supr&#234;me &#187;. La foi elle-m&#234;me, prise dans ce sens pr&#233;tendument philosophique, n'est rien d'autre que l'abstrait sans substance de la connaissance imm&#233;diate, une cat&#233;gorie purement formelle applicable &#224; des faits tr&#232;s diff&#233;rents ; et elle ne doit jamais &#234;tre confondue ou identifi&#233;e avec la pl&#233;nitude spirituelle de la foi chr&#233;tienne, que nous consid&#233;rions cette foi dans le c&#339;ur du croyant et la pr&#233;sence du Saint-Esprit, ou dans le syst&#232;me de doctrine th&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce qu'on appelle ici la foi ou la connaissance imm&#233;diate, il faut aussi identifier l'inspiration, les r&#233;v&#233;lations du c&#339;ur, les v&#233;rit&#233;s implant&#233;es en l'homme par la nature, et aussi, en particulier, la saine raison ou le bon sens, comme on l'appelle. Toutes ces formes s'accordent &#224; adopter comme principe directeur l'imm&#233;diatet&#233;, ou la mani&#232;re &#233;vidente par laquelle un fait ou un ensemble de v&#233;rit&#233;s se pr&#233;sente &#224; la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 64&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette connaissance imm&#233;diate consiste &#224; savoir que l'Infini, l'&#201;ternel, le Dieu qui est dans notre Id&#233;e, est r&#233;ellement : ou bien elle affirme que dans notre conscience est imm&#233;diatement et ins&#233;parablement li&#233;e &#224; cette id&#233;e la certitude de son &#234;tre actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes ne songeraient pas &#224; contester ces maximes de la connaissance imm&#233;diate. Ils pourraient plut&#244;t trouver mati&#232;re &#224; se f&#233;liciter de ce que ces anciennes doctrines, qui expriment comme elles le font la teneur g&#233;n&#233;rale de l'enseignement philosophique, soient devenues, m&#234;me de cette mani&#232;re non philosophique, dans une certaine mesure des convictions universelles de l'&#233;poque. Ce qui est vraiment &#233;tonnant, c'est que l'on puisse supposer que ces principes &#233;taient oppos&#233;s &#224; la philosophie, &#224; savoir que tout ce qui est tenu pour vrai est immanent &#224; l'esprit et qu'il existe une v&#233;rit&#233; pour l'esprit (&#167; 63). D'un point de vue formel, il y a un int&#233;r&#234;t particulier &#224; la maxime selon laquelle l'&#234;tre de Dieu est imm&#233;diatement et ins&#233;parablement li&#233; &#224; la pens&#233;e de Dieu, que l'objectivit&#233; est li&#233;e &#224; la subjectivit&#233; que la pens&#233;e pr&#233;sente &#224; l'origine. Non contente de cela, la philosophie de la connaissance imm&#233;diate va jusqu'&#224; affirmer, dans sa conception unilat&#233;rale, que l'attribut d'existence, m&#234;me dans la perception, est aussi ins&#233;parablement li&#233; &#224; la conception que nous avons de notre propre corps et des choses ext&#233;rieures qu'&#224; la pens&#233;e de Dieu. Or, c'est l'effort de la philosophie de prouver cette unit&#233;, de montrer qu'elle est dans la nature m&#234;me de la pens&#233;e et de la subjectivit&#233; d'&#234;tre ins&#233;parable de l'&#234;tre et de l'objectivit&#233;. Dans ces conditions donc, quelle que soit l'appr&#233;ciation que l'on puisse porter sur le caract&#232;re de ces preuves, la philosophie doit en tout cas se r&#233;jouir de voir d&#233;montr&#233; et soutenu que ses maximes sont des faits de conscience, et donc en harmonie avec l'exp&#233;rience. La diff&#233;rence entre la philosophie et les affirmations de la connaissance imm&#233;diate r&#233;side plut&#244;t dans l'attitude exclusive que la connaissance imm&#233;diate adopte lorsqu'elle s'oppose &#224; la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant c'est comme une v&#233;rit&#233; &#233;vidente ou imm&#233;diate que le cogito ergo sum de Descartes , la maxime sur laquelle on peut dire que tout l'int&#233;r&#234;t de la philosophie moderne est bas&#233;, a &#233;t&#233; &#233;nonc&#233; pour la premi&#232;re fois par son auteur. Celui qui appelle cela un syllogisme ne doit pas en savoir plus sur un syllogisme sinon que le mot &#171; ergo &#187; [&#171; donc &#187;] y appara&#238;t. O&#249; chercher le moyen terme ? Et un moyen terme est un point beaucoup plus essentiel d'un syllogisme que le mot &#171; ergo &#187;. Si nous essayons de justifier le nom en appelant la combinaison d'id&#233;es chez Descartes un syllogisme &#171; imm&#233;diat &#187;, cette vari&#233;t&#233; superflue de syllogisme n'est qu'un simple nom pour une synth&#232;se absolument imm&#233;diate de termes distincts de la pens&#233;e. Cela &#233;tant, la synth&#232;se de l'&#234;tre avec nos id&#233;es, telle qu'elle est &#233;nonc&#233;e dans la maxime de la connaissance imm&#233;diate , n'a ni plus ni moins droit au titre de syllogisme que l' axiome de Descartes. J'emprunte &#224; la Dissertation sur la philosophie cart&#233;sienne de Hotho (publi&#233;e en 1826) la citation dans laquelle Descartes lui-m&#234;me d&#233;clare distinctement que la maxime cogito, ergo sum n'est pas un syllogisme. Les passages sont Respons. ad II Object. ; De Methodo iv ; Ep. i. 118. Du premier passage, je cite les mots les plus imm&#233;diatement pertinents. Descartes dit : &#171; Que nous soyons des &#234;tres pensants est prima quaedam notio quae ex nullo syllogismo concluditur &#187; (une certaine notion premi&#232;re, qui ne se d&#233;duit d'aucun syllogisme) ; et continue : &#171; neque cum quis dicit : Ego cogito, ergo sum sive existo, existentiam ex cogitatione per syllogismum deducit &#187; (et quand on dit : je pense, donc je suis ou j'existe, on ne d&#233;duit pas l'existence de la pens&#233;e au moyen d'un syllogisme). Descartes savait ce que cela impliquait dans un syllogisme, et il ajoute donc que, pour que la maxime puisse &#234;tre d&#233;duite par syllogisme, il faudrait y ajouter la pr&#233;misse majeure : &#171; Illud omne quod cogitate, est sive existit &#187; (Tout ce qui pense, est ou existe). Bien entendu, remarque-t-il, cette pr&#233;misse majeure elle-m&#234;me doit &#234;tre d&#233;duite de l'&#233;nonc&#233; primitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage de Descartes sur la maxime que le &#171; je &#187; qui pense doit aussi &#234;tre en m&#234;me temps, son affirmation que cette connexion est donn&#233;e et impliqu&#233;e dans la simple perception de la conscience, que cette connexion est la premi&#232;re absolue, le principe, la plus certaine et la plus &#233;vidente de toutes choses, de sorte qu'aucun scepticisme ne peut &#234;tre con&#231;u assez monstrueux pour ne pas l'admettre, tout ce langage est si vivant et si distinct, que les d&#233;clarations modernes de Jacobi et d'autres sur cette connexion imm&#233;diate ne peuvent passer que pour des r&#233;p&#233;titions inutiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 65&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie dont nous parlons n'est pas satisfaite lorsqu'elle a montr&#233; que la connaissance m&#233;diate prise s&#233;par&#233;ment est un v&#233;hicule ad&#233;quat de la v&#233;rit&#233;. Sa doctrine distinctive est que seule la connaissance imm&#233;diate, &#224; l'exclusion totale de la m&#233;diation, peut avoir un contenu qui soit vrai. Cette exclusivit&#233; suffit &#224; montrer que la th&#233;orie est une rechute dans l' entendement m&#233;taphysique , avec ses mots d'ordre &#171; ou bien-ou bien &#187;. Et donc en r&#233;alit&#233; une rechute dans l'habitude de la m&#233;diation ext&#233;rieure, dont l'essentiel consiste &#224; s'accrocher &#224; ces cat&#233;gories &#233;troites et unilat&#233;rales du fini, dont elle s'imaginait &#224; tort avoir d&#233;finitivement abandonn&#233;. Mais ce point, nous ne l'examinerons pas en d&#233;tail ici. Une connaissance exclusivement imm&#233;diate est affirm&#233;e comme un fait seulement, et dans la pr&#233;sente introduction nous ne pouvons l'&#233;tudier que de ce point de vue ext&#233;rieur. La signification r&#233;elle d'une telle connaissance sera expliqu&#233;e lorsque nous en arriverons &#224; la question logique de l'opposition entre le m&#233;diate et l'imm&#233;diat. Mais il est caract&#233;ristique de la th&#233;orie qui nous occupe de ne pas examiner la nature du fait, c'est-&#224;-dire sa notion, mais de ne pas examiner la nature du fait, c'est-&#224;-dire sa notion. car un tel examen serait lui-m&#234;me un pas vers la m&#233;diation et m&#234;me vers la connaissance. La v&#233;ritable discussion sur le terrain logique doit donc &#234;tre diff&#233;r&#233;e jusqu'&#224; ce que nous arrivions au domaine propre de la logique elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de la deuxi&#232;me partie de la Logique, la Doctrine de l'&#202;tre Essentiel , est une discussion de l'unit&#233; intrins&#232;que et auto-affirmative de l'imm&#233;diatet&#233; et de la m&#233;diation .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 66&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas lieu d'aller plus loin : la connaissance imm&#233;diate doit &#234;tre accept&#233;e comme un fait . Dans ces conditions, l'examen se dirige vers le champ de l'exp&#233;rience , vers un ph&#233;nom&#232;ne psychologique . S'il en est ainsi, il nous suffit de constater, comme l'exp&#233;rience la plus courante, que des v&#233;rit&#233;s dont nous savons bien qu'elles r&#233;sultent de trains de pens&#233;es compliqu&#233;s et hautement m&#233;diatis&#233;s se pr&#233;sentent imm&#233;diatement et sans effort &#224; l'esprit de tout homme familiaris&#233; avec le sujet. Le math&#233;maticien, comme quiconque ma&#238;trise une science particuli&#232;re, affronte tout probl&#232;me avec des solutions toutes faites qui pr&#233;supposent les analyses les plus compliqu&#233;es ; et tout homme instruit a un certain nombre de vues g&#233;n&#233;rales et de maximes qu'il peut rassembler sans difficult&#233;, mais qui ne peuvent provenir que d'une r&#233;flexion fr&#233;quente et d'une longue exp&#233;rience. La facilit&#233; avec laquelle nous acqu&#233;rons une sorte de connaissance, d'art ou d'expertise technique consiste &#224; avoir la connaissance particuli&#232;re ou le genre d'action pr&#233;sent &#224; notre esprit dans tout cas qui se produit, pourrait-on dire, imm&#233;diatement dans nos membres m&#234;mes, dans une activit&#233; sortante. Dans tous ces cas, l'imm&#233;diatet&#233; de la connaissance est si loin d'exclure la m&#233;diation, que les deux choses sont li&#233;es &#8211; la connaissance imm&#233;diate &#233;tant en r&#233;alit&#233; le produit et le r&#233;sultat de la connaissance m&#233;diatis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas moins &#233;vident que l'existence imm&#233;diate est li&#233;e &#224; sa m&#233;diation. La semence et les parents sont des existences imm&#233;diates et initiales par rapport &#224; la prog&#233;niture qu'ils engendrent. Mais la semence et les parents, bien qu'ils existent et soient par cons&#233;quent imm&#233;diats, sont n&#233;anmoins engendr&#233;s &#224; leur tour ; et l'enfant, sans pr&#233;judice de la m&#233;diation de son existence, est imm&#233;diat parce qu'il est. Le fait que je sois &#224; Berlin, ma pr&#233;sence imm&#233;diate ici, est m&#233;diatis&#233;e par le fait que j'ai fait le voyage jusqu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 67&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut observer une chose &#224; propos de la connaissance imm&#233;diate de Dieu, des principes juridiques et &#233;thiques (y compris sous le terme de connaissance imm&#233;diate ce que l'on appelle instinct, id&#233;es implant&#233;es ou inn&#233;es, sens commun, raison naturelle, ou toute autre forme que nous donnons, en bref, &#224; la spontan&#233;it&#233; originelle). C'est une question d'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale que l'&#233;ducation ou le d&#233;veloppement sont n&#233;cessaires pour faire &#233;merger dans la conscience ce qui y est contenu. Il en &#233;tait de m&#234;me pour la r&#233;miniscence platonicienne ; et le rite chr&#233;tien du bapt&#234;me, bien qu'il soit un sacrement, implique l'obligation suppl&#233;mentaire d'une &#233;ducation chr&#233;tienne. Bref, la religion et la morale, si elles soient foi ou connaissance imm&#233;diate, sont toujours conditionn&#233;es de tous c&#244;t&#233;s par le processus m&#233;diateur que l'on appelle d&#233;veloppement, &#233;ducation, formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la doctrine des id&#233;es inn&#233;es, tout comme ses adversaires, ont toujours &#233;t&#233; coupables de la m&#234;me exclusivit&#233; et de la m&#234;me &#233;troitesse que celle que nous avons relev&#233;e ici. Ils ont trac&#233; une ligne de d&#233;marcation nette entre l'union essentielle et imm&#233;diate (comme on peut la d&#233;crire) de certains principes universels avec l'&#226;me, et une autre union qui doit &#234;tre r&#233;alis&#233;e de fa&#231;on ext&#233;rieure et par le canal d' objets et de conceptions donn&#233;s . Une objection, emprunt&#233;e &#224; l'exp&#233;rience, a &#233;t&#233; soulev&#233;e contre la doctrine des id&#233;es inn&#233;es. Tous les hommes, a-t-on dit, doivent avoir ces id&#233;es ; ils doivent avoir, par exemple, la maxime de contradiction pr&#233;sente dans l'esprit &#8211; ils doivent en &#234;tre conscients ; car cette maxime et d'autres semblables ont &#233;t&#233; incluses dans la classe des id&#233;es inn&#233;es. L'objection peut &#234;tre imput&#233;e &#224; une conception erron&#233;e ; car les principes en question, bien qu'inn&#233;s, n'ont pas besoin pour autant d'avoir la forme d'id&#233;es ou de conceptions de quelque chose dont nous sommes conscients. Cependant, l'objection contredit compl&#232;tement la th&#233;orie grossi&#232;re de la connaissance imm&#233;diate, qui maintient express&#233;ment ses formules en tant qu'elles sont dans la conscience. Un autre point m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233;. On peut supposer que l'&#233;cole intuitive admette que le cas sp&#233;cial de la foi religieuse implique un compl&#233;ment par une &#233;ducation et un d&#233;veloppement chr&#233;tiens ou religieux. Dans ce cas, elle agit de fa&#231;on capricieuse lorsqu'elle veut ignorer cette admission en parlant de la foi, ou elle trahit une insouciance de ne pas savoir que, une fois admise la n&#233;cessit&#233; de l'&#233;ducation, la m&#233;diation est d&#233;clar&#233;e indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;miniscence des id&#233;es dont parle Platon revient &#224; dire que les id&#233;es existent implicitement dans l'homme, au lieu d'&#234;tre, comme le pr&#233;tendent les sophistes, une importation &#233;trang&#232;re dans son esprit. Mais concevoir la connaissance comme r&#233;miniscence n'emp&#234;che pas, ni ne rejette comme inutile, le d&#233;veloppement de ce qui est implicitement dans l'homme ; d&#233;veloppement qui est un autre mot pour la m&#233;diation. Il en va de m&#234;me des id&#233;es inn&#233;es que nous trouvons chez Descartes et les philosophes &#233;cossais. Ces id&#233;es ne sont que potentielles au premier chef, et doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme une sorte de simple capacit&#233; chez l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 68&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de ces exp&#233;riences, l'appel se porte sur quelque chose qui se r&#233;v&#232;le li&#233; &#224; la conscience imm&#233;diate. M&#234;me si cette combinaison est d'abord consid&#233;r&#233;e comme une connexion externe et empirique, le fait qu'elle soit constante montre, m&#234;me pour l'observation empirique, qu'elle est essentielle et ins&#233;parable. Mais, de plus, si cette conscience imm&#233;diate, telle qu'elle se manifeste dans l'exp&#233;rience, est prise s&#233;par&#233;ment, dans la mesure o&#249; elle est une conscience de Dieu et de la nature divine, l'&#233;tat d'esprit qu'elle implique est g&#233;n&#233;ralement d&#233;crit comme une exaltation au-dessus du fini, au-dessus des sens, au-dessus des d&#233;sirs et des affections instinctifs du c&#339;ur naturel ; exaltation qui se prolonge et se termine par la foi en Dieu et en un ordre divin. Il est donc &#233;vident que, bien que la foi puisse &#234;tre une connaissance et une certitude imm&#233;diates, elle implique &#233;galement l'interposition de ce processus comme son ant&#233;c&#233;dent et sa condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; observ&#233; que les pr&#233;tendues preuves de l'existence de Dieu, qui partent de l'existence finie, expriment cette exaltation. Dans cette optique, elles ne sont pas des inventions d'une r&#233;flexion trop subtile, mais le canal n&#233;cessaire et naturel par lequel court le mouvement de l'esprit ; il se peut cependant que, dans leur forme ordinaire, ces preuves n'aient pas leur expression correcte et ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 69&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le passage ( &#167; 64 ) de l'Id&#233;e subjective &#224; l'&#234;tre qui constitue le sujet principal de la doctrine de la connaissance imm&#233;diate. On y affirme qu'il existe entre notre Id&#233;e et l'&#234;tre une relation premi&#232;re et &#233;vidente. Or, ce point central de transition, ind&#233;pendamment de toute relation qui se manifeste dans l'exp&#233;rience, implique clairement une m&#233;diation. Et cette m&#233;diation n'est pas d'un genre imparfait ou irr&#233;el, dans la mesure o&#249; elle se produit avec et &#224; travers quelque chose d'ext&#233;rieur, mais une m&#233;diation qui comprend &#224; la fois l'ant&#233;c&#233;dent et la conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 70&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car cette th&#233;orie affirme que la v&#233;rit&#233; ne r&#233;side ni dans l'Id&#233;e en tant que pens&#233;e purement subjective, ni dans le simple &#234;tre en soi, que le simple &#234;tre en soi , un &#234;tre qui n'appartient pas &#224; l'Id&#233;e, est l'&#234;tre sensible et fini du monde. Or tout cela ne fait qu'affirmer, sans d&#233;monstration, que l'Id&#233;e n'a de v&#233;rit&#233; que par l'&#234;tre, et que l'&#234;tre n'a de v&#233;rit&#233; que par l'Id&#233;e. La maxime de la connaissance imm&#233;diate rejette une imm&#233;diatet&#233; ind&#233;finie et vide (et telle est l'&#234;tre abstrait, ou l'unit&#233; pure prise en soi), et affirme &#224; sa place l'unit&#233; de l'Id&#233;e avec l'&#234;tre. Et elle agit avec raison. Mais il serait stupide de ne pas voir que l'unit&#233; de termes ou de modes distincts n'est pas simplement une unit&#233; purement imm&#233;diate, c'est-&#224;-dire une unit&#233; vide et ind&#233;termin&#233;e, mais que &#8212; avec la m&#234;me insistance &#8212; l'un des termes est montr&#233; comme n'ayant de v&#233;rit&#233; que par l'interm&#233;diaire de l'autre &#8212; ou, si l'on pr&#233;f&#232;re l'expression, que l'un des termes n'est m&#233;diatis&#233; &#224; la v&#233;rit&#233; que par l'interm&#233;diaire de l'autre. Que la qualit&#233; de m&#233;diation soit impliqu&#233;e dans l'imm&#233;diatet&#233; m&#234;me de l'intuition est ainsi d&#233;montr&#233; comme un fait contre lequel l'entendement, conform&#233;ment &#224; la maxime fondamentale de la connaissance imm&#233;diate selon laquelle l'&#233;vidence de la conscience est infaillible, ne peut rien objecter. Seul l'entendement abstrait ordinaire consid&#232;re les termes de m&#233;diation et d'imm&#233;diatet&#233;, chacun en soi de mani&#232;re absolue, comme repr&#233;sentant une ligne de distinction inflexible, et se charge ainsi de la t&#226;che d&#233;sesp&#233;r&#233;e de les concilier. La difficult&#233;, comme nous l'avons montr&#233;, n'existe pas dans le fait, et elle dispara&#238;t dans la notion sp&#233;culative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 71&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unicit&#233; de l'&#233;cole intuitive a certaines caract&#233;ristiques que nous allons maintenant souligner dans leurs traits principaux, apr&#232;s avoir expos&#233; le principe fondamental. Le premier de ces corollaires est le suivant : comme le crit&#232;re de la v&#233;rit&#233; ne r&#233;side pas dans la nature du contenu, mais dans le simple fait de la conscience, toute pr&#233;tendue v&#233;rit&#233; n'a d'autre base que la certitude subjective et l'affirmation que nous d&#233;couvrons un certain fait dans notre conscience. Ce que je d&#233;couvre dans ma conscience est ainsi exag&#233;r&#233; et transform&#233; en un fait de la conscience de tous, et m&#234;me pr&#233;sent&#233; comme la nature m&#234;me de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les pr&#233;tendues preuves de l'existence de Dieu , il y avait le consensus gentium , auquel on fait appel d&#232;s Cic&#233;ron. Le consensus gentium est une autorit&#233; de poids, et le passage est facile et naturel de la constatation qu'un certain fait se trouve dans la conscience de chacun &#224; la conclusion qu'il est un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire de la nature m&#234;me de la conscience. Dans cette cat&#233;gorie d'accord g&#233;n&#233;ral se trouvait latente la perception profonde, qui n'&#233;chappe pas &#224; l'esprit le moins cultiv&#233;, que la conscience de l'individu est en m&#234;me temps particuli&#232;re et accidentelle. Mais si l'on n'examine pas la nature m&#234;me de cette conscience, en la d&#233;pouillant de ses &#233;l&#233;ments particuliers et accidentels, et si l'on ne d&#233;couvre pas, par l'op&#233;ration p&#233;nible de la r&#233;flexion, l'universel dans son int&#233;gralit&#233; et sa puret&#233;, ce n'est qu'un accord unanime sur un point donn&#233; qui peut autoriser une pr&#233;somption d&#233;cente que ce point fait partie de la nature m&#234;me de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si la pens&#233;e s'obstine &#224; reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; de ce qui est pr&#233;sent&#233; comme un fait g&#233;n&#233;ral, le consensus gentium ne suffit certainement pas. Pourtant, m&#234;me en admettant que l'universalit&#233; du fait constitue une preuve satisfaisante, il s'est av&#233;r&#233; impossible d'&#233;tablir la croyance en Dieu sur un tel argument, car l'exp&#233;rience montre qu'il existe des individus et des nations qui n'ont pas une telle foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour juger dans quelle mesure l'exp&#233;rience nous montre des cas plus ou moins nombreux d'ath&#233;isme ou de croyance en Dieu, il importe de savoir si la simple conception g&#233;n&#233;rale de la divinit&#233; suffit ou s'il faut une connaissance plus pr&#233;cise de Dieu. Le monde chr&#233;tien refuserait certainement le titre de Dieu aux idoles des Hindous et des Chinois, aux f&#233;tiches des Africains et m&#234;me aux dieux de la Gr&#232;ce. S'il en &#233;tait ainsi, celui qui croit &#224; ces idoles ne serait pas un croyant en Dieu. Si l'on pr&#233;tendait, au contraire, qu'une telle croyance aux idoles implique une sorte de croyance en Dieu, comme l'esp&#232;ce implique le genre, alors l'idol&#226;trie ne serait pas simplement une croyance en une idole, mais une croyance en Dieu. Les Ath&#233;niens &#233;taient d'un avis oppos&#233;. Les po&#232;tes et les philosophes qui expliquaient que Zeus &#233;tait un nuage et soutenaient qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, &#233;taient trait&#233;s d'ath&#233;es &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger de ces questions r&#233;side dans le fait de consid&#233;rer ce que l'esprit peut faire d'un objet, et non ce qu'est r&#233;ellement et explicitement cet objet. Si nous oublions de faire cette distinction, les perceptions les plus communes des sens humains seront de nature religieuse : car chaque perception de ce genre, et en fait chaque acte de l'esprit, contient implicitement le principe qui, une fois purifi&#233; et d&#233;velopp&#233;, s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; la religion. Mais &#234;tre capable de religion est une chose, l'avoir en est une autre. Et la religion, pourtant implicite, n'est qu'une capacit&#233; ou une possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans les temps modernes, les voyageurs ont rencontr&#233; des tribus (comme les capitaines Ross et Parry ont rencontr&#233; les Esquimaux) qui, nous disent-ils, n'ont m&#234;me pas ce petit minimum de religion que poss&#232;dent les sorciers africains, les go&#232;tes d'H&#233;rodote. D'autre part, un Anglais qui passa les premiers mois du dernier Jubil&#233; &#224; Rome, dit, dans son r&#233;cit des Romains modernes, que les gens du commun sont des bigots, tandis que ceux qui savent lire et &#233;crire sont des ath&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation d'ath&#233;isme est rarement entendue de nos jours : principalement parce que les faits et les exigences de la religion sont r&#233;duits au minimum. (Voir &#167; 73.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a rien de plus court et de plus commode que d'affirmer simplement que nous d&#233;couvrons un fait dans notre conscience et que nous sommes certains qu'il est vrai ; et de d&#233;clarer que cette certitude, au lieu de provenir uniquement de notre constitution mentale particuli&#232;re, appartient &#224; la nature m&#234;me de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 72&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second corollaire qui r&#233;sulte de la consid&#233;ration de l'imm&#233;diatet&#233; de la conscience comme crit&#232;re de v&#233;rit&#233;, c'est que toute superstition ou idol&#226;trie est reconnue comme v&#233;rit&#233; et que l'on pr&#233;pare l'apologie de tout contenu de la volont&#233;, si mauvais et immoral soit-il. C'est parce qu'il y croit, et non par le raisonnement et le syllogisme de ce qu'on appelle la connaissance m&#233;diate, que l'Hindou trouve Dieu dans la vache, le singe, le brahmane ou le lama. Mais les d&#233;sirs et les affections naturels portent et d&#233;posent spontan&#233;ment leurs int&#233;r&#234;ts dans la conscience, o&#249; aussi les buts immoraux s'installent naturellement : le caract&#232;re bon ou mauvais exprimerait ainsi l' &#234;tre d&#233;fini de la volont&#233;, qui serait connu, et cela le plus imm&#233;diatement, dans les int&#233;r&#234;ts et les buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 73&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement et enfin, la conscience imm&#233;diate de Dieu ne va pas plus loin que de nous dire qu'il est : nous dire ce qu'il est serait un acte de connaissance, impliquant une m&#233;diation. Ainsi, Dieu en tant qu'objet de la religion est express&#233;ment r&#233;duit &#224; l'ind&#233;termin&#233; suprasensible, &#224; Dieu en g&#233;n&#233;ral : et la signification de la religion est r&#233;duite au minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il &#233;tait vraiment n&#233;cessaire de reconqu&#233;rir et de garantir la simple croyance qu'il existe un Dieu, ou m&#234;me de le cr&#233;er, nous pourrions bien nous &#233;tonner de la pauvret&#233; de l'&#233;poque qui peut voir un gain dans la plus petite pitance de conscience religieuse, et qui dans son &#233;glise est tomb&#233;e si bas qu'elle se prosterne sur l'autel qui se dressait autrefois &#224; Ath&#232;nes, d&#233;di&#233; au &#171; Dieu inconnu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 74&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous reste &#224; indiquer bri&#232;vement la nature g&#233;n&#233;rale de la forme d'imm&#233;diatet&#233;. En effet, c'est l'unilat&#233;ralit&#233; essentielle de la cat&#233;gorie qui rend unilat&#233;ral et donc fini tout ce qui lui est soumis. D'une part, elle ne fait de l'universel qu'une abstraction ext&#233;rieure aux particuliers, et de Dieu un &#234;tre sans qualit&#233; d&#233;termin&#233;e. Or, Dieu ne peut &#234;tre appel&#233; esprit que lorsqu'on sait qu'il est &#224; la fois le commencement et la fin, ainsi que le milieu, dans le processus de m&#233;diation. Sans cette union des &#233;l&#233;ments, il n'est ni concret, ni vivant, ni esprit. Ainsi, la connaissance de Dieu comme esprit implique n&#233;cessairement une m&#233;diation. D'autre part, la forme d'imm&#233;diatet&#233; conf&#232;re au particulier le caract&#232;re d'un &#234;tre ind&#233;pendant ou autocentr&#233;. Mais de tels pr&#233;dicats contredisent l'essence m&#234;me du particulier, qui doit &#234;tre rapport&#233; &#224; quelque chose d'autre en dehors. Ils conf&#232;rent ainsi au fini le caract&#232;re d'un absolu. Mais la forme de l'imm&#233;diatet&#233; est en outre tout &#224; fait abstraite : elle n'a pas de pr&#233;f&#233;rence pour un contenu plut&#244;t que pour un autre, mais elle est &#233;galement susceptible de tous : elle peut aussi bien sanctionner l'idol&#226;trie et l'immoralit&#233; que l'inverse. C'est seulement quand nous discernons que le contenu &#8212; le particulier &#8212; n'est pas auto-subsistant, mais qu'il d&#233;rive de quelque chose d'autre, que sa finitude et sa fausset&#233; se r&#233;v&#232;lent sous leur v&#233;ritable jour. Un tel discernement, o&#249; le contenu que nous discernons porte en lui le fondement de sa nature d&#233;pendante, est une connaissance qui implique une m&#233;diation. Le seul contenu qui puisse &#234;tre tenu pour vrai est celui qui n'est pas m&#233;diatis&#233; par quelque chose d'autre, qui n'est pas limit&#233; par d'autres choses ; ou, autrement dit, il est m&#233;diatis&#233; par lui-m&#234;me, o&#249; la m&#233;diation et la r&#233;f&#233;rence imm&#233;diate &#224; soi co&#239;ncident. L'entendement qui se croit lib&#233;r&#233; de la connaissance finie, l'identit&#233; des m&#233;taphysiciens analytiques et des vieux &#171; rationalistes &#187;, reprend brusquement comme principe et crit&#232;re de v&#233;rit&#233; cette imm&#233;diatet&#233; qui, en tant que r&#233;f&#233;rence abstraite &#224; soi, est la m&#234;me chose que l'identit&#233; abstraite. La pens&#233;e abstraite (la forme scientifique utilis&#233;e par la m&#233;taphysique &#171; r&#233;flexive &#187;) et l'intuition abstraite (la forme utilis&#233;e par la connaissance imm&#233;diate) sont une seule et m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition st&#233;r&#233;otyp&#233;e entre la forme de l'imm&#233;diatet&#233; et celle de la m&#233;diation donne &#224; la premi&#232;re une demi-mesure et une insuffisance qui affectent tout contenu qui lui est soumis. L'imm&#233;diatet&#233; signifie en somme une r&#233;f&#233;rence abstraite &#224; soi, c'est-&#224;-dire une identit&#233; abstraite ou une universalit&#233; abstraite. Par cons&#233;quent, l'universel essentiel et r&#233;el, pris dans sa seule imm&#233;diatet&#233;, n'est qu'un universel abstrait ; et de ce point de vue, Dieu est con&#231;u comme un &#234;tre enti&#232;rement d&#233;pourvu de qualit&#233; d&#233;termin&#233;e. Appeler Dieu esprit n'est alors qu'une phrase : car la conscience et la conscience de soi qu'implique l'esprit sont impossibles sans une distinction de lui-m&#234;me et d'autre chose, c'est-&#224;-dire sans m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 75&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous &#233;tait impossible de critiquer cette troisi&#232;me attitude que la pens&#233;e a &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; prendre &#224; l'&#233;gard de la v&#233;rit&#233; objective, autrement que ce qui est naturellement indiqu&#233; et admis dans la doctrine elle-m&#234;me. La th&#233;orie affirme que la connaissance imm&#233;diate est un fait. Il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; qu'il est faux en effet de dire qu'il y a une connaissance imm&#233;diate, une connaissance sans m&#233;diation, soit par autre chose, soit en elle-m&#234;me. Il a &#233;t&#233; &#233;galement d&#233;montr&#233; qu'il est faux en effet de dire que la pens&#233;e ne progresse que par des cat&#233;gories finies et conditionn&#233;es, qui sont toujours m&#233;diatis&#233;es par autre chose, et d'oublier que dans l'acte m&#234;me de m&#233;diation, la m&#233;diation elle-m&#234;me s'&#233;vanouit. Et pour montrer qu'il y a en fait une connaissance qui ne progresse ni par imm&#233;diatet&#233; pure, ni par m&#233;diation pure, nous pouvons citer l'exemple de la logique et de toute la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 76&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons les maximes de la connaissance imm&#233;diate en relation avec la m&#233;taphysique acritique du pass&#233; dont nous sommes partis, nous constaterons par cette comparaison le caract&#232;re r&#233;actionnaire de l'&#233;cole de Jacobi. Sa doctrine est un retour au point de d&#233;part moderne de cette m&#233;taphysique dans la philosophie cart&#233;sienne. Jacobi et Descartes soutiennent tous deux les trois points suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La simple ins&#233;parabilit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre du penseur. Cogito, ergo sum est la m&#234;me doctrine que celle selon laquelle l'&#234;tre, la r&#233;alit&#233; et l'existence du &#171; Moi &#187; me sont imm&#233;diatement r&#233;v&#233;l&#233;s dans la conscience. (Descartes, en effet, prend soin de pr&#233;ciser que par pens&#233;e il entend la conscience en g&#233;n&#233;ral. Princip. Phil. i . 9.) Cette ins&#233;parabilit&#233; est la connaissance absolument premi&#232;re et la plus certaine, non m&#233;diatis&#233;e ou d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) L'ins&#233;parabilit&#233; de l'existence de la conception de Dieu : la premi&#232;re est n&#233;cessairement impliqu&#233;e dans la seconde, ou la conception ne peut jamais &#234;tre sans l'attribut de l'existence, qui est ainsi n&#233;cessaire et &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descartes, Principes Phil. I, 15 : &#171; Le lecteur sera plus dispos&#233; &#224; croire qu'il existe un &#234;tre supr&#234;mement parfait, s'il remarque que, pour rien d'autre, on ne trouve en lui une id&#233;e dans laquelle il remarque que l'existence n&#233;cessaire est contenue de la m&#234;me mani&#232;re. Il verra que cette id&#233;e pr&#233;sente une nature vraie et immuable, nature qui ne peut pas ne pas exister, puisque l'existence n&#233;cessaire est contenue en elle. &#187; Une remarque qui suit imm&#233;diatement et qui ressemble &#224; une m&#233;diation ou &#224; une d&#233;monstration ne porte pas r&#233;ellement atteinte au principe originel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Spinoza, nous rencontrons la m&#234;me affirmation que l'essence ou la conception abstraite de Dieu implique l'existence. La premi&#232;re des d&#233;finitions de Spinoza, celle de la Causa sui , explique qu'elle est &#171; ce dont l'essence enveloppe l'existence, ou ce dont la nature ne peut &#234;tre con&#231;ue que comme existant &#187;. L'ins&#233;parabilit&#233; de la notion d'avec l'&#234;tre est le point principal et l'hypoth&#232;se fondamentale de son syst&#232;me. Mais quelle notion est ainsi ins&#233;parable de l'&#234;tre ? Non pas la notion des choses finies, car elles sont ainsi constitu&#233;es pour avoir une existence contingente et une existence cr&#233;&#233;e. La onzi&#232;me proposition de Spinoza, qui suit avec une preuve que Dieu existe n&#233;cessairement, et la vingti&#232;me, qui montre que l'existence de Dieu et son essence sont une seule et m&#234;me chose, sont vraiment superflues, et la preuve est plus dans la forme que dans la r&#233;alit&#233;. Dire que Dieu est la Substance, la seule Substance, et que, comme la Substance est Causa sui , Dieu existe donc n&#233;cessairement, c'est simplement dire que Dieu est ce dont la notion et l'&#234;tre sont ins&#233;parables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) La conscience imm&#233;diate de l'existence des choses ext&#233;rieures. On n'entend par l&#224; rien d'autre que la conscience sensible. Avoir une telle connaissance est la plus l&#233;g&#232;re de toutes les connaissances, et la seule chose qui vaille la peine d'&#234;tre connue, c'est que cette connaissance imm&#233;diate de l'existence des choses ext&#233;rieures est une erreur et une illusion, que le monde sensible en tant que tel est absolument d&#233;pourvu de v&#233;rit&#233;, que l'existence de ces choses ext&#233;rieures est accidentelle et passe comme une apparence, et que leur nature m&#234;me est de n'avoir qu'une existence s&#233;parable de leur essence et de leur notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 77&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe cependant une distinction entre les deux points de vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La philosophie cart&#233;sienne, &#224; partir de ces postulats non prouv&#233;s, qu'elle tient pour ind&#233;montrables, s'est &#233;tendue &#224; des d&#233;tails de plus en plus &#233;tendus de la connaissance, et a ainsi donn&#233; naissance aux sciences des temps modernes. La th&#233;orie moderne (de Jacobi), au contraire (&#167; 62), est arriv&#233;e &#224; une conclusion intrins&#232;quement tr&#232;s importante, &#224; savoir que la connaissance, proc&#233;dant comme elle doit le faire par des m&#233;diations finies, ne peut conna&#238;tre que le fini et n'incarner jamais la v&#233;rit&#233; ; et elle voudrait que la conscience de Dieu n'aille pas plus loin que la croyance tr&#232;s abstraite que nous avons mentionn&#233;e ci-dessus, que Dieu existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anselme dit au contraire : &#171; Il me semble que c'est de la n&#233;gligence que de ne pas s'efforcer de comprendre ce que nous croyons, une fois confirm&#233;s dans la foi. &#187; [ Tractat. Cur Deus Homo ? ] Ces paroles d'Anselme, en rapport avec les v&#233;rit&#233;s concr&#232;tes de la doctrine chr&#233;tienne, posent un probl&#232;me de recherche bien plus difficile que celui que pose la foi moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La doctrine moderne, d'une part, ne change rien &#224; la m&#233;thode cart&#233;sienne de la connaissance scientifique habituelle et conduit sur le m&#234;me plan les sciences exp&#233;rimentales et finies qui en sont issues. Mais, d'autre part, quand il s'agit de la science qui a pour objet l'infini, elle abandonne cette m&#233;thode et, comme elle n'en conna&#238;t pas d'autre, elle rejette toutes les m&#233;thodes. Elle s'abandonne aux fantaisies et aux assertions les plus folles, &#224; une pr&#233;tention morale et &#224; une arrogance sentimentale, ou &#224; un dogmatisme t&#233;m&#233;raire et &#224; un d&#233;sir d'argumentation qui s'expriment le plus bruyamment contre la philosophie et les doctrines philosophiques. La philosophie, bien entendu, ne tol&#232;re pas les assertions ou les pr&#233;tentions pures et dures et freine le libre jeu de la bascule argumentative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 78&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc rejeter l'opposition entre une imm&#233;diatet&#233; ind&#233;pendante dans les contenus ou les faits de la conscience et une m&#233;diation &#233;galement ind&#233;pendante, suppos&#233;e incompatible avec la premi&#232;re. L'incompatibilit&#233; n'est qu'une simple supposition, une assertion arbitraire. De m&#234;me, toutes les autres suppositions et postulats doivent &#234;tre abandonn&#233;s &#224; l'entr&#233;e de la philosophie, qu'ils soient issus de l'intellect ou de l'imagination. Car la philosophie est la science dans laquelle toute proposition de ce genre doit d'abord &#234;tre examin&#233;e et son sens et ses oppositions doivent &#234;tre d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme, &#233;rig&#233; en science n&#233;gative et appliqu&#233; syst&#233;matiquement &#224; toutes les formes de connaissance, pourrait sembler une introduction appropri&#233;e, car il montrerait la nullit&#233; de telles hypoth&#232;ses. Mais une introduction sceptique serait non seulement une d&#233;marche ingrate, mais aussi inutile ; et cela parce que la dialectique , comme nous le montrerons bient&#244;t, est elle-m&#234;me un &#233;l&#233;ment essentiel de la science affirmative .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme, d'ailleurs, ne pouvait saisir que les formes finies telles que l'exp&#233;rience les lui sugg&#233;rait, en les prenant pour donn&#233;es, au lieu de les d&#233;duire scientifiquement. Exiger un tel scepticisme, c'est exiger que la science soit pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un doute universel, ou d'une absence totale de pr&#233;supposition. A proprement parler, dans la r&#233;solution qui veut la pens&#233;e pure , cette exigence est accomplie par la libert&#233; qui, faisant abstraction de tout, saisit son abstraction pure, la simplicit&#233; de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. Logique d&#233;finie et divis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 79&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de la forme, la doctrine logique a trois c&#244;t&#233;s : [a] le c&#244;t&#233; abstrait, ou celui de l'entendement ; [b] le c&#244;t&#233; dialectique, ou celui de la raison n&#233;gative ; [c] le c&#244;t&#233; sp&#233;culatif, ou celui de la raison positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois aspects ne constituent pas trois parties de la logique, mais sont des stades ou des &#171; moments &#187; de toute entit&#233; logique, c'est-&#224;-dire de toute notion et de toute v&#233;rit&#233; quelles qu'elles soient. On peut les placer tous sous le premier stade, celui de la compr&#233;hension, et les maintenir ainsi isol&#233;s les uns des autres ; mais ce serait en donner une conception inad&#233;quate. L'&#233;nonc&#233; des lignes de partage et des aspects caract&#233;ristiques de la logique n'est ici qu'historique et anticipatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 80&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[a] La pens&#233;e, en tant qu'entendement , s'en tient &#224; la fixit&#233; des caract&#232;res et &#224; leur distinction les uns des autres : elle traite chaque abstrait limit&#233; comme ayant une subsistance et un &#234;tre qui lui sont propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'usage que nous faisons du terme de pens&#233;e et m&#234;me de notion, nous n'avons souvent devant les yeux que l'op&#233;ration de l'entendement. Et sans doute la pens&#233;e est avant tout un exercice de l'entendement ; seulement elle va plus loin, et la notion n'est pas seulement une fonction de l'entendement. L'acte de l'entendement peut &#234;tre d&#233;crit en g&#233;n&#233;ral comme l'acte d'investir son objet de la forme de l'universalit&#233;. Mais cet universel est un universel abstrait, c'est-&#224;-dire que son opposition au particulier est si rigoureusement maintenue qu'il est en m&#234;me temps r&#233;duit au caract&#232;re de particulier. Dans cette attitude s&#233;paratrice et abstraite envers ses objets, l'entendement est l'inverse de la perception et de la sensation imm&#233;diates, qui, en tant que telles, restent compl&#232;tement dans leur sph&#232;re d'action native dans le concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; cette opposition de l'entendement &#224; la sensation ou au sentiment que nous devons expliquer les critiques fr&#233;quentes adress&#233;es &#224; la pens&#233;e, qui serait dure et &#233;troite et conduirait, si elle &#233;tait d&#233;velopp&#233;e de mani&#232;re coh&#233;rente, &#224; des r&#233;sultats ruineux et pernicieux. La r&#233;ponse &#224; ces accusations, dans la mesure o&#249; elles sont justifi&#233;es par les faits, est qu'elles ne touchent pas &#224; la pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral, certainement pas &#224; la pens&#233;e de la Raison, mais seulement &#224; l'exercice de l'entendement. Il faut cependant ajouter que le m&#233;rite et les droits de l'entendement seul doivent &#234;tre reconnus sans h&#233;sitation. Et ce m&#233;rite r&#233;side dans le fait qu'en dehors de l'entendement, il n'y a ni fixit&#233; ni exactitude dans le domaine de la th&#233;orie ou de la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en th&#233;orie, la connaissance commence par appr&#233;hender les objets existants dans leurs diff&#233;rences sp&#233;cifiques. Dans l'&#233;tude de la nature, par exemple, nous distinguons les mati&#232;res, les forces, les genres, etc., et nous st&#233;r&#233;otypons chacun dans son isolement. La pens&#233;e agit ici dans sa capacit&#233; analytique, o&#249; son canon est l'identit&#233;, une simple r&#233;f&#233;rence de chaque attribut &#224; lui-m&#234;me. C'est sous la conduite de la m&#234;me identit&#233; que le processus de la connaissance s'effectue d'une v&#233;rit&#233; scientifique &#224; une autre. Ainsi, par exemple, en math&#233;matiques, la grandeur est le trait qui, &#224; l'exclusion de tout autre, d&#233;termine notre progression. Ainsi, en g&#233;om&#233;trie, nous comparons une figure &#224; une autre, de mani&#232;re &#224; faire ressortir leur identit&#233;. De m&#234;me, dans d'autres domaines de la connaissance, comme la jurisprudence, la progression est avant tout r&#233;gl&#233;e par l'identit&#233;. Dans ce domaine, nous argumentons d'une loi ou d'un pr&#233;c&#233;dent sp&#233;cifique &#224; un autre : et qu'est-ce que cela, sinon proc&#233;der sur la base du principe d'identit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la compr&#233;hension est aussi indispensable dans la pratique que dans la th&#233;orie. Le caract&#232;re est essentiel dans la conduite, et un homme de caract&#232;re est un homme compr&#233;hensif, qui, dans cette capacit&#233;, a des objectifs pr&#233;cis en vue et les poursuit sans d&#233;vier. L'homme qui veut faire quelque chose de grand doit apprendre, comme le dit Goethe, &#224; se limiter. L'homme qui, au contraire, veut tout faire, ne fait en r&#233;alit&#233; rien et &#233;choue. Il y a une foule de choses int&#233;ressantes dans le monde : la po&#233;sie espagnole, la chimie, la politique et la musique sont toutes tr&#232;s int&#233;ressantes, et si quelqu'un s'y int&#233;resse, nous n'avons pas &#224; lui trouver &#224; redire. Mais pour qu'une personne dans une situation donn&#233;e puisse accomplir quelque chose, elle doit s'en tenir &#224; un point pr&#233;cis et ne pas disperser ses forces dans plusieurs directions. Dans toute profession aussi, l'important est de la poursuivre avec compr&#233;hension. Ainsi, le juge doit s'en tenir &#224; la loi et rendre son verdict en accord avec elle, sans se laisser d&#233;courager par aucun motif ou un autre, sans se permettre d'excuses et sans regarder &#224; gauche ou &#224; droite. La compr&#233;hension, elle aussi, est toujours un &#233;l&#233;ment d'une formation approfondie. L'intellect exerc&#233; ne se contente pas d'impressions troubles et ind&#233;finies, mais saisit les objets dans leur caract&#232;re fixe ; tandis que l'homme inculte h&#233;site, et il lui faut souvent beaucoup de peine pour s'entendre avec lui sur la question en discussion et pour l'amener &#224; fixer son regard sur le point pr&#233;cis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; expliqu&#233; que le principe logique en g&#233;n&#233;ral, loin d'&#234;tre une simple action subjective de notre esprit, est plut&#244;t l'universel m&#234;me, qui en tant que tel est aussi objectif. Cette doctrine est illustr&#233;e par le cas de l'entendement, la premi&#232;re forme des v&#233;rit&#233;s logiques. L'entendement dans ce sens plus large correspond &#224; ce que nous appelons la bont&#233; de Dieu, dans la mesure o&#249; cela signifie que les choses finies existent et subsistent. Dans la nature, par exemple, nous reconnaissons la bont&#233; de Dieu dans le fait que les diverses classes ou esp&#232;ces d'animaux et de plantes sont pourvues de tout ce dont elles ont besoin pour leur conservation et leur bien-&#234;tre. L'homme n'est pas non plus except&#233;, car, &#224; la fois en tant qu'individu et en tant que nation, il poss&#232;de en partie, dans les circonstances donn&#233;es du climat, de la qualit&#233; et des produits du sol, et en partie dans ses parties naturelles ou ses talents, tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; son entretien et &#224; son d&#233;veloppement. Sous cette forme, l'entendement est visible dans tous les domaines du monde objectif ; et aucun objet de ce monde ne peut jamais &#234;tre enti&#232;rement parfait s'il ne donne pas pleinement satisfaction aux canons de l'entendement. Un &#201;tat, par exemple, est imparfait tant qu'il n'est pas parvenu &#224; une nette diff&#233;renciation des ordres et des vocations, et tant que les fonctions de la politique et du gouvernement, qui sont diff&#233;rentes en principe, ne se sont pas dot&#233;es d'organes sp&#233;ciaux, de m&#234;me que nous voyons, par exemple, l'organisme animal d&#233;velopp&#233; pourvu d'organes s&#233;par&#233;s pour les fonctions de sensation, de mouvement, de digestion, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion qui pr&#233;c&#232;de peut servir &#224; montrer que la compr&#233;hension est indispensable m&#234;me dans les domaines et les r&#233;gions d'action que l'imagination populaire consid&#232;re comme les plus &#233;loign&#233;s d'elle, et que plus la compr&#233;hension y est absente, plus l'imperfection en r&#233;sulte. Cela est particuli&#232;rement vrai pour l'art, la religion et la philosophie. Dans l'art, par exemple, la compr&#233;hension est visible l&#224; o&#249; les formes de beaut&#233;, qui diff&#232;rent en principe, sont maintenues distinctes et expos&#233;es dans leur puret&#233;. Il en va de m&#234;me pour les &#339;uvres d'art isol&#233;es. Il fait partie de la beaut&#233; et de la perfection d'un po&#232;me dramatique que les caract&#232;res des diff&#233;rents personnages soient fid&#232;lement et fid&#232;lement pr&#233;serv&#233;s, et que les diff&#233;rents objectifs et int&#233;r&#234;ts en jeu soient clairement et r&#233;solument expos&#233;s. Ou encore, prenons le domaine de la religion. La sup&#233;riorit&#233; de la mythologie grecque sur la mythologie nordique (en dehors d'autres diff&#233;rences de sujet et de conception) consiste principalement en ceci : dans la premi&#232;re, les dieux individuels sont fa&#231;onn&#233;s sous des formes aux contours nets comme ceux d'une sculpture, tandis que dans la seconde, les figures se fondent vaguement et vaguement les unes dans les autres. Enfin vient la philosophie. Il n'y a pas lieu de faire une remarque particuli&#232;re, apr&#232;s ce qui vient d'&#234;tre dit, sur le fait que la philosophie ne peut jamais se passer de l'entendement. Sa premi&#232;re exigence est que chaque pens&#233;e soit saisie dans toute sa pr&#233;cision, et que rien ne reste vague et ind&#233;fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ajoute g&#233;n&#233;ralement que l'entendement ne doit pas aller trop loin. Ce qui est vrai dans la mesure o&#249; l'entendement n'est pas un ultime, mais au contraire fini, et constitu&#233; de telle mani&#232;re que lorsqu'il est pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me, il tourne &#224; son contraire. La mode de la jeunesse est de se pr&#233;cipiter dans les abstractions, mais l'homme qui a appris &#224; conna&#238;tre la vie &#233;vite le &#171; ou bien &#8211; ou bien &#187; abstrait et s'en tient au concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 81&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[b] Au stade dialectique, ces caract&#233;risations ou formules finies se remplacent elles-m&#234;mes et passent dans leurs oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Mais lorsque le principe dialectique est employ&#233; par l'entendement s&#233;par&#233;ment et ind&#233;pendamment &#8212; notamment comme on le voit dans son application aux th&#233;ories philosophiques &#8212; la dialectique devient scepticisme ; dans lequel le r&#233;sultat qui d&#233;coule de son action est pr&#233;sent&#233; comme une simple n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) On a coutume de consid&#233;rer la dialectique comme un art fortuit qui, par pure imprudence, introduit la confusion et une simple apparence de contradiction dans des notions d&#233;termin&#233;es. Et dans cette optique, l'apparence est le n&#233;ant, tandis que la vraie r&#233;alit&#233; est cens&#233;e appartenir aux dicta originels de l'entendement. Souvent, en effet, la dialectique n'est rien d'autre qu'un basculement subjectif d'arguments pour et contre , o&#249; l'absence de pens&#233;e s&#233;rieuse est masqu&#233;e par la subtilit&#233; qui donne naissance &#224; de tels arguments. Mais dans son caract&#232;re v&#233;ritable et propre, la dialectique est la nature et l'essence m&#234;mes de tout ce qui est pr&#233;diqu&#233; par la simple compr&#233;hension - la loi des choses et du fini dans son ensemble. La dialectique est diff&#233;rente de la &#171; r&#233;flexion &#187;. En premier lieu, la r&#233;flexion est ce mouvement au-del&#224; du pr&#233;dicat isol&#233; d'une chose qui lui donne une certaine r&#233;f&#233;rence et fait ressortir sa relativit&#233;, tout en lui laissant par ailleurs sa validit&#233; isol&#233;e. Mais par dialectique, on entend la tendance int&#233;rieure vers l'ext&#233;rieur, par laquelle l'unilat&#233;ralit&#233; et la limitation des pr&#233;dicats de l'entendement sont vues sous leur v&#233;ritable jour et montr&#233;es comme leur n&#233;gation. Car &#234;tre fini, c'est se supprimer soi-m&#234;me et se mettre de c&#244;t&#233;. Ainsi compris, le principe dialectique constitue la vie et l'&#226;me du progr&#232;s scientifique, la dynamique qui seule donne au corps de la science un lien immanent et une n&#233;cessit&#233; ; en un mot, il appara&#238;t comme constituant l'&#233;l&#233;vation r&#233;elle et vraie, par opposition &#224; l'externe, au-dessus du fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...La logique d&#233;finie et divis&#233;e plus en d&#233;tail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note sur le &#167; 81&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de la plus haute importance de bien comprendre et de comprendre la nature de la dialectique . Partout o&#249; il y a du mouvement, partout o&#249; il y a de la vie, partout o&#249; quelque chose se produit dans le monde r&#233;el, la dialectique est &#224; l'&#339;uvre. Elle est aussi l'&#226;me de toute connaissance v&#233;ritablement scientifique. Dans la fa&#231;on populaire de voir les choses, le refus de se laisser enfermer dans les enseignements abstraits de la compr&#233;hension appara&#238;t comme une &#233;quit&#233; qui, selon le proverbe : &#171; Vivre et laisser vivre &#187;, exige que chacun ait son tour ; nous admettons l'un, mais nous admettons aussi l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si nous regardons de plus pr&#232;s, nous voyons que les limitations du fini ne viennent pas seulement de l'ext&#233;rieur ; que sa propre nature est la cause de son abrogation et que, par son propre acte, il passe dans son homologue. Nous disons, par exemple, que l'homme est mortel et nous semblons penser que la cause de sa mort ne r&#233;side que dans des circonstances ext&#233;rieures ; de sorte que si cette fa&#231;on de voir &#233;tait correcte, l'homme aurait deux propri&#233;t&#233;s sp&#233;ciales, la vitalit&#233; et &#8211; aussi &#8211; la mortalit&#233;. Mais la v&#233;ritable vision des choses est que la vie en tant que vie implique le germe de la mort, et que le fini, &#233;tant radicalement contradictoire avec lui-m&#234;me, implique sa propre suppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas non plus confondre la dialectique avec la simple sophistique . L'essence de la sophistique consiste &#224; donner autorit&#233; &#224; un principe partiel et abstrait, isol&#233;ment, en fonction de l'int&#233;r&#234;t et de la situation particuli&#232;re de l'individu &#224; un moment donn&#233;. Par exemple, le souci de mon existence et le fait que je poss&#232;de les moyens d'existence sont un motif essentiel de conduite, mais si je mets exclusivement l'accent sur cette consid&#233;ration ou ce motif de mon bien-&#234;tre et en tire la conclusion que je peux voler ou trahir mon pays, nous sommes dans un cas de sophistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, il est essentiel que je sois subjectivement libre, c'est-&#224;-dire que j'aie une id&#233;e claire de ce que je fais et la conviction que c'est bien. Mais si je plaide sur ce seul principe, je tombe dans la sophistique, qui renverserait tous les principes de la morale. La dialectique est tout &#224; fait diff&#233;rente de cette sorte de plaidoirie partisane ; son but est d'&#233;tudier les choses dans leur &#234;tre et leur mouvement propres et de d&#233;montrer ainsi la finitude des cat&#233;gories partielles de l'entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter que la dialectique n'est pas une nouveaut&#233; en philosophie. Platon est consid&#233;r&#233; par les anciens comme l'inventeur de la dialectique, et ce nom lui vient du fait que la philosophie platonicienne a donn&#233; &#224; la dialectique la forme scientifique libre, et donc objective. Socrate, comme on peut s'y attendre d'apr&#232;s le caract&#232;re g&#233;n&#233;ral de sa philosophie, a l'&#233;l&#233;ment dialectique sous une forme essentiellement subjective, celle de l'ironie. Il utilisait la dialectique d'abord contre la conscience ordinaire, puis surtout contre les sophistes. Dans ses conversations, il simulait le d&#233;sir d'une connaissance plus claire du sujet en discussion, et apr&#232;s avoir pos&#233; toutes sortes de questions dans ce but, il amenait ses interlocuteurs &#224; des propos contraires &#224; ceux que leurs premi&#232;res impressions avaient jug&#233;s corrects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, par exemple, les sophistes pr&#233;tendaient &#234;tre des ma&#238;tres, Socrate, par une s&#233;rie de questions, for&#231;ait le sophiste Protagoras &#224; avouer que toute connaissance n'est que souvenir. Dans ses dialogues plus strictement scientifiques, Platon emploie la m&#233;thode dialectique pour montrer la finitude de tous les termes fixes et fermes de l'entendement. Ainsi, dans le Parm&#233;nide, il d&#233;duit le multiple de l'unique. C'est dans ce grand style que Platon traite la dialectique. Dans les temps modernes, c'est Kant , plus que tout autre, qui ressuscita le nom de dialectique et lui rendit sa place d'honneur. Il le fit, comme nous l'avons vu, en &#233;laborant les antinomies de la raison. Le probl&#232;me de ces antinomies n'est pas un simple travail subjectif oscillant entre un ensemble de fondements et un autre ; il sert en r&#233;alit&#233; &#224; montrer que toute proposition abstraite de l'entendement, prise exactement telle qu'elle est donn&#233;e, tourne naturellement vers son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si r&#233;ticente que soit l'entendement &#224; admettre l'action de la dialectique, il ne faut pas supposer que la reconnaissance de son existence soit r&#233;serv&#233;e au philosophe. Il serait plus juste de dire que la dialectique exprime une loi qui se fait sentir dans tous les autres degr&#233;s de conscience et dans l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale. Tout ce qui nous entoure peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un exemple de dialectique. Nous savons que tout ce qui est fini , au lieu d'&#234;tre stable et ultime, est plut&#244;t changeant et transitoire ; et c'est exactement ce que nous entendons par cette dialectique du fini, par laquelle le fini, en tant qu'implicitement autre que ce qu'il est, est forc&#233; de d&#233;passer son &#234;tre imm&#233;diat ou naturel pour se transformer soudainement en son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; identifi&#233; (&#167; 80) l'entendement avec ce qu'implique l'id&#233;e populaire de la bont&#233; de Dieu ; nous pouvons maintenant remarquer que la dialectique, dans la m&#234;me signification objective, r&#233;pond par son principe &#224; l'id&#233;e de sa puissance. Toutes choses, disons-nous, c'est-&#224;-dire le monde fini en tant que tel, sont condamn&#233;es ; en disant cela, nous avons une vision de la dialectique comme puissance universelle et irr&#233;sistible devant laquelle rien ne peut r&#233;sister, si s&#251;r et si stable qu'il se croie. La cat&#233;gorie de puissance n'&#233;puise pas, il est vrai, la profondeur de la nature divine de la notion de Dieu ; mais elle forme certainement un &#233;l&#233;ment vital de toute conscience religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre cette objectivit&#233; g&#233;n&#233;rale de la dialectique, nous trouvons des traces de sa pr&#233;sence dans chacune des provinces et des phases particuli&#232;res du monde naturel et spirituel. Prenons comme exemple le mouvement des corps c&#233;lestes. A cet instant, la plan&#232;te se trouve &#224; tel endroit, mais implicitement, c'est la possibilit&#233; d'&#234;tre &#224; un autre endroit ; et cette possibilit&#233; d'&#234;tre autrement, la plan&#232;te la fait na&#238;tre en se d&#233;pla&#231;ant. De m&#234;me, les &#233;l&#233;ments &#171; physiques &#187; se r&#233;v&#232;lent dialectiques. Le processus de l'action m&#233;t&#233;orologique est la manifestation de leur dialectique. C'est la m&#234;me dynamique qui est &#224; la base de tout processus naturel et qui, pour ainsi dire, force la nature &#224; sortir d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer la pr&#233;sence de la dialectique dans le monde spirituel, sp&#233;cialement dans les domaines du droit et de la morale, il suffit de rappeler comment l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale nous montre l'extr&#234;me d'un &#233;tat ou d'une action qui se transforme brusquement en son contraire : dialectique que l'on retrouve sous bien des aspects dans les proverbes courants. Le summum jus summa injuria , qui signifie que pousser un droit abstrait &#224; son extr&#233;mit&#233;, c'est commettre une injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie politique, comme chacun sait, l'extr&#234;me anarchie et l'extr&#234;me despotisme se succ&#232;dent naturellement. La dialectique dans le domaine de l'&#233;thique individuelle se manifeste dans les adages bien connus : &#171; L'orgueil pr&#233;c&#232;de la chute &#187; ; &#171; Trop d'esprit se trompe &#187;. M&#234;me le sentiment, aussi bien corporel que mental, a sa dialectique. Chacun sait comment les extr&#234;mes de la douleur et du plaisir se rencontrent : le c&#339;ur d&#233;bordant de joie cherche son soulagement dans les larmes, et la m&#233;lancolie la plus profonde trahit parfois sa pr&#233;sence par un sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note sur le &#167; 81&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Scepticisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une simple doctrine du doute. Il serait plus juste de dire que le sceptique n'a aucun doute sur son point, qui est le n&#233;ant de toute existence finie. Celui qui ne fait que douter s'accroche encore &#224; l'espoir que son doute peut &#234;tre r&#233;solu et que l'une ou l'autre des opinions d&#233;finies entre lesquelles il h&#233;site se r&#233;v&#233;lera solide et vraie. Le scepticisme proprement dit est tout autre chose : c'est un d&#233;sespoir complet &#224; l'&#233;gard de tout ce que l'entendement consid&#232;re comme stable, et le sentiment qu'il fait na&#238;tre est un sentiment de calme ininterrompu et de repos int&#233;rieur. Tel est du moins le noble scepticisme de l'Antiquit&#233;, surtout tel qu'il se manifeste dans les &#233;crits de Sextus Empiricus, lorsqu'il fut syst&#233;matis&#233; dans les derniers temps de Rome comme un compl&#233;ment aux syst&#232;mes dogmatiques des sto&#239;ciens et des &#233;picuriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre genre, et &#224; distinguer strictement de celui-ci, est le scepticisme moderne, d&#233;j&#224; mentionn&#233; (&#167; 39), qui a pr&#233;c&#233;d&#233; en partie la philosophie critique et en est en partie issu. Ce scepticisme post&#233;rieur consistait uniquement &#224; nier la v&#233;rit&#233; et la certitude du suprasensible, et &#224; indiquer que nous devons nous en tenir aux faits des sens et des sensations imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle encore aujourd'hui du scepticisme comme de l'ennemi irr&#233;sistible de toute connaissance positive et donc de la philosophie, dans la mesure o&#249; celle-ci s'occupe de connaissance positive. Mais ces affirmations sont erron&#233;es. Seule la pens&#233;e finie de l'entendement abstrait doit craindre le scepticisme, car elle ne peut lui r&#233;sister. La philosophie inclut le principe sceptique comme une fonction subordonn&#233;e qui lui est propre, sous la forme de la dialectique. Mais, contrairement au simple scepticisme, la philosophie ne se contente pas du r&#233;sultat purement n&#233;gatif de la dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sceptique se m&#233;prend sur la valeur de son r&#233;sultat lorsqu'il le consid&#232;re comme une simple n&#233;gation. Car le n&#233;gatif qui se pr&#233;sente comme r&#233;sultat de la dialectique est, parce qu'il est un r&#233;sultat, en m&#234;me temps positif : il contient ce dont il r&#233;sulte, absorb&#233; en lui-m&#234;me et int&#233;gr&#233; &#224; sa propre nature. Or, ainsi con&#231;u, le stade dialectique pr&#233;sente les traits qui caract&#233;risent le troisi&#232;me degr&#233; de la v&#233;rit&#233; logique, la forme sp&#233;culative ou forme de la raison positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 82&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[c] Le stade sp&#233;culatif, ou stade de la Raison positive, appr&#233;hende l'unit&#233; des termes (propositions) dans leur opposition - l'affirmative, qui est impliqu&#233;e dans leur d&#233;sint&#233;gration et dans leur transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le r&#233;sultat de la dialectique est positif, parce qu'il a un contenu d&#233;fini, ou parce que son r&#233;sultat n'est pas un rien vide et abstrait, mais la n&#233;gation de certaines propositions sp&#233;cifiques qui sont contenues dans le r&#233;sultat - pour la raison m&#234;me qu'il est un r&#233;sultant et non un rien imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Il s'ensuit que le r&#233;sultat &#171; raisonnable &#187;, bien qu'il ne soit qu'une pens&#233;e et une abstraction, n'en est pas moins un r&#233;sultat concret, puisqu'il n'est pas une simple unit&#233; formelle, mais une unit&#233; de propositions distinctes. Les abstractions nues ou les pens&#233;es formelles ne sont donc pas l'affaire de la philosophie, qui n'a affaire qu'&#224; des pens&#233;es concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) La logique de la simple compr&#233;hension est impliqu&#233;e dans la logique sp&#233;culative et peut en &#234;tre extraite &#224; volont&#233; par le simple fait d'omettre l'&#233;l&#233;ment dialectique et &#171; raisonnable &#187;. Lorsque cela est fait, elle devient ce qu'est la logique commune, une collection descriptive de formes-pens&#233;es et de r&#232;gles diverses qui, bien que finies, sont consid&#233;r&#233;es comme quelque chose d'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons seulement ce qu'il contient, et non comment il le contient, le v&#233;ritable monde de la raison, loin d'&#234;tre la propri&#233;t&#233; exclusive de la philosophie, est le droit de tout &#234;tre humain, quel que soit son degr&#233; de culture ou de d&#233;veloppement mental ; ce qui justifierait le titre antique d'&#234;tre rationnel de l'homme. Le mode g&#233;n&#233;ral par lequel l'exp&#233;rience nous fait d'abord prendre conscience de l'ordre raisonnable des choses est la croyance accept&#233;e et irraisonn&#233;e ; et le caract&#232;re du rationnel, comme nous l'avons d&#233;j&#224; not&#233; (&#167; 45), est d'&#234;tre inconditionn&#233;, autonome et donc autod&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, l'homme prend conscience de l'ordre raisonnable des choses surtout lorsqu'il conna&#238;t Dieu et sait qu'il est enti&#232;rement d&#233;termin&#233; par lui-m&#234;me. De m&#234;me, la conscience qu'un citoyen a de son pays et de ses lois est une perception du monde rationnel, tant qu'il les consid&#232;re comme des pouvoirs inconditionn&#233;s et &#233;galement universels, auxquels il doit soumettre sa volont&#233; individuelle. Et dans le m&#234;me sens, la connaissance et la volont&#233; de l'enfant sont rationnelles, lorsqu'il conna&#238;t la volont&#233; de ses parents et la veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour transformer ces r&#233;alit&#233;s rationnelles (bien s&#251;r positivement rationnelles) en principes sp&#233;culatifs, il suffit de les penser . L'expression &#171; sp&#233;culation &#187; dans la vie courante est souvent employ&#233;e dans un sens tr&#232;s vague et en m&#234;me temps secondaire, comme lorsqu'on parle de sp&#233;culation matrimoniale ou commerciale. Par l&#224;, nous entendons seulement deux choses : premi&#232;rement, que ce qui constitue l'objet de cette sp&#233;culation doit &#234;tre d&#233;pass&#233; et laiss&#233; derri&#232;re nous ; deuxi&#232;mement, que l'objet de cette sp&#233;culation, bien qu'il ne soit en premier lieu que subjectif, ne doit pas le rester, mais &#234;tre r&#233;alis&#233; ou traduit en objectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous avons dit plus haut au sujet de l'Id&#233;e peut s'appliquer &#224; l'usage courant du terme de sp&#233;culation ; et nous pouvons ajouter que les gens qui se classent parmi les lettr&#233;s parlent express&#233;ment de la sp&#233;culation, m&#234;me comme s'il s'agissait d'une chose purement subjective. Une certaine th&#233;orie de certaines conditions et circonstances de la nature ou de l'esprit peut &#234;tre, disent ces gens, tr&#232;s belle et tr&#232;s juste comme mati&#232;re de sp&#233;culation, mais elle contredit l'exp&#233;rience et rien de pareil n'est admissible dans la r&#233;alit&#233;. A cela il faut r&#233;pondre que le sp&#233;culatif n'est, dans sa v&#233;ritable signification, ni pr&#233;liminaire ni m&#234;me d&#233;finitivement, quelque chose de purement subjectif ; qu'au contraire, il s'&#233;l&#232;ve express&#233;ment au-dessus des oppositions telles que celle du subjectif et de l'objectif, que l'entendement ne peut surmonter, et, les absorbant en lui-m&#234;me, il fait preuve de sa nature concr&#232;te et universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proposition unilat&#233;rale ne peut donc jamais exprimer une v&#233;rit&#233; sp&#233;culative. Si nous disons, par exemple, que l'absolu est l'unit&#233; du subjectif et de l'objectif, nous avons sans doute raison, mais nous sommes unilat&#233;ralistes dans la mesure o&#249; nous &#233;non&#231;ons seulement l'unit&#233; et mettons l'accent sur elle, oubliant qu'en r&#233;alit&#233; le subjectif et l'objectif ne sont pas seulement identiques, mais aussi distincts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi remarquer que la v&#233;rit&#233; sp&#233;culative a &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me signification que ce qu'on appelait autrefois mysticisme, en rapport particulier avec l'exp&#233;rience et les doctrines religieuses. Le terme mysticisme est aujourd'hui utilis&#233; en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale pour d&#233;signer ce qui est myst&#233;rieux et incompr&#233;hensible ; et &#224; mesure que la culture g&#233;n&#233;rale et la fa&#231;on de penser varient, l'&#233;pith&#232;te est appliqu&#233;e par une classe pour d&#233;signer le r&#233;el et le vrai, par une autre pour nommer tout ce qui touche &#224; la superstition et &#224; la tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remarquons tout d'abord que le mysticisme n'est myst&#233;rieux que pour l'entendement, qui est r&#233;gi par le principe d'identit&#233; abstraite ; tandis que le mysticisme, en tant que synonyme de sp&#233;culatif, est l'unit&#233; concr&#232;te de propositions que l'entendement n'admet que s&#233;par&#233;es et oppos&#233;es. Et si ceux qui reconnaissent le mysticisme comme la v&#233;rit&#233; supr&#234;me se contentent de le laisser dans son myst&#232;re originel, leur conduite ne fait que prouver que pour eux aussi, comme pour leurs adversaires, penser signifie identification abstraite, et que par cons&#233;quent, &#224; leur avis, la v&#233;rit&#233; ne peut &#234;tre conquise qu'en renon&#231;ant &#224; la pens&#233;e, ou, comme on le dit souvent, en capturant la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme nous l'avons vu, la pens&#233;e abstraite de l'entendement est si loin d'&#234;tre d&#233;finitive ou stable qu'elle a une tendance perp&#233;tuelle &#224; se dissoudre elle-m&#234;me et &#224; basculer dans son contraire. La raison, au contraire, consiste simplement &#224; embrasser en elle ces contraires comme des &#233;l&#233;ments insubstantiels. Ainsi, le monde de la raison peut &#234;tre &#233;galement qualifi&#233; de mystique, non pas parce que la pens&#233;e ne peut &#224; la fois l'atteindre et le comprendre, mais simplement parce qu'il se situe au-del&#224; du champ de l'entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subdivision de la logique&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167;83&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique est subdivis&#233;e en trois parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. La doctrine de l'&#234;tre .&lt;br class='autobr' /&gt;
II. La doctrine de l'essence .&lt;br class='autobr' /&gt;
III. La doctrine de la notion et de l'id&#233;e .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire la th&#233;orie de la pens&#233;e en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. son imm&#233;diatet&#233; , la notion implicite et en germe,&lt;br class='autobr' /&gt;
II. sa r&#233;flexion et sa m&#233;diation , l'&#234;tre-pour-soi et la manifestation de la notion,&lt;br class='autobr' /&gt;
III. son retour en soi, et son maintien d&#233;velopp&#233; par soi-m&#234;me - la notion en et pour soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division de la logique que nous venons de donner, ainsi que toute la discussion pr&#233;c&#233;dente sur la nature de la pens&#233;e, sont anticipatoires ; et sa justification ou sa preuve ne peut r&#233;sulter que d'une &#233;tude d&#233;taill&#233;e de la pens&#233;e elle-m&#234;me. Car prouver en philosophie signifie montrer comment le sujet par lui-m&#234;me et &#224; partir de lui-m&#234;me se fait ce qu'il est. La relation dans laquelle ces trois degr&#233;s principaux de la pens&#233;e, ou de l'Id&#233;e logique, se trouvent les uns par rapport aux autres doit &#234;tre con&#231;ue de la mani&#232;re suivante. La v&#233;rit&#233; ne vient qu'avec la notion ; ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, la notion est la v&#233;rit&#233; de l'&#234;tre et de l'essence, qui, maintenues s&#233;par&#233;ment dans leur isolement, ne peuvent que &#234;tre fausses, la premi&#232;re parce qu'elle est exclusivement imm&#233;diate, la seconde parce qu'elle est exclusivement m&#233;diate. Pourquoi alors, pourrait-on demander, commencer par le faux et non pas imm&#233;diatement par le vrai ? A quoi nous r&#233;pondons que la v&#233;rit&#233;, pour m&#233;riter ce nom, doit authentifier sa propre v&#233;rit&#233; : cette authentification, ici dans le domaine de la logique, est donn&#233;e lorsque la notion se d&#233;montre comme &#233;tant ce qui est m&#233;diatis&#233; par et avec elle-m&#234;me, et donc en m&#234;me temps comme &#233;tant vraiment imm&#233;diate. Cette relation entre les trois stades de l'Id&#233;e logique appara&#238;t sous une forme r&#233;elle et concr&#232;te ainsi : Dieu, qui est la v&#233;rit&#233;, n'est connu de nous dans sa v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire comme esprit absolu, que dans la mesure o&#249; nous reconnaissons en m&#234;me temps que le monde qu'il a cr&#233;&#233;, la nature et l'esprit fini, sont, dans leur diff&#233;rence avec Dieu, faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. &#202;TRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 84&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre n'est que la notion implicite : ses formes particuli&#232;res ont le pr&#233;dicat &#171; est &#187; ; quand on les distingue, elles sont chacune une &#171; autre &#187; ; et la forme que prend en elles la dialectique, c'est-&#224;-dire leur sp&#233;cialisation ult&#233;rieure, passe &#224; une autre. Cette d&#233;termination ult&#233;rieure, ou sp&#233;cialisation, est &#224; la fois une mise en avant et par l&#224; un d&#233;gagement de la notion implicite dans l'&#234;tre ; et en m&#234;me temps le retrait de l'&#234;tre vers l'int&#233;rieur, son enfoncement plus profond en lui-m&#234;me. Ainsi l'explicitation de la notion dans la sph&#232;re de l'&#234;tre fait deux choses : elle fait ressortir la totalit&#233; de l'&#234;tre, et elle abolit l' imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre, ou la forme de l'&#234;tre en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 85&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#202;tre lui-m&#234;me et les sous-cat&#233;gories sp&#233;ciales qui en d&#233;coulent, ainsi que celles de la logique en g&#233;n&#233;ral, peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des d&#233;finitions de l' Absolu , ou des d&#233;finitions m&#233;taphysiques de Dieu : du moins la premi&#232;re et la troisi&#232;me cat&#233;gorie de chaque triade peuvent l'&#234;tre : la premi&#232;re, o&#249; la forme-pens&#233;e de la triade est formul&#233;e dans sa simplicit&#233;, et la troisi&#232;me, &#233;tant le retour de la diff&#233;renciation &#224; une simple auto-r&#233;f&#233;rence. Car une d&#233;finition m&#233;taphysique de Dieu est l'expression de sa nature dans les pens&#233;es en tant que telles : et la logique embrasse toutes les pens&#233;es tant qu'elles persistent dans la forme-pens&#233;e. La seconde sous-cat&#233;gorie de chaque triade, o&#249; le degr&#233; de la pens&#233;e est dans sa diff&#233;renciation, donne, d'autre part, une d&#233;finition du fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection &#224; la forme de la d&#233;finition est qu'elle implique quelque chose dans l'esprit sur lequel ces pr&#233;dicats peuvent se fixer. Ainsi, m&#234;me l'Absolu (bien qu'il pr&#233;tende exprimer Dieu dans le style et le caract&#232;re de la pens&#233;e), en comparaison de son pr&#233;dicat (qui exprime r&#233;ellement et distinctement dans la pens&#233;e ce que le sujet n'exprime pas), n'est encore qu'une pens&#233;e inchoative, le sujet ind&#233;termin&#233; des pr&#233;dicats &#224; venir. La pens&#233;e, qui est ici la seule question importante, n'est contenue que dans le pr&#233;dicat : et par cons&#233;quent la forme propositionnelle, comme ledit sujet, c'est-&#224;-dire l'Absolu, n'est qu'une pure superfluit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quantit&#233;, qualit&#233; et mesure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune des trois sph&#232;res de l'id&#233;e logique se r&#233;v&#232;le &#234;tre un ensemble syst&#233;matique de termes de pens&#233;e et une phase de l'Absolu. Tel est le cas de l'&#202;tre, qui contient les trois degr&#233;s de qualit&#233;, de quantit&#233; et de mesure .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; est d'abord le caract&#232;re identique &#224; l'&#234;tre : si identique qu'une chose cesse d'&#234;tre ce qu'elle est, si elle perd sa qualit&#233;. La quantit&#233;, au contraire, est le caract&#232;re ext&#233;rieur &#224; l'&#234;tre, et n'affecte en rien l'&#234;tre. Ainsi, par exemple, une maison reste ce qu'elle est, qu'elle soit plus grande ou plus petite ; et le rouge reste rouge, qu'il soit plus clair ou plus fonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure, troisi&#232;me degr&#233; de l'&#234;tre, qui est l'unit&#233; des deux premiers, est une quantit&#233; qualitative. Toutes les choses ont leur mesure : c'est-&#224;-dire que les termes quantitatifs de leur existence, qu'elles soient telles ou telles, n'ont pas d'importance dans certaines limites ; mais lorsque ces limites sont d&#233;pass&#233;es d'un plus ou d'un moins suppl&#233;mentaire, les choses cessent d'&#234;tre ce qu'elles &#233;taient. De la mesure d&#233;coule le passage &#224; la seconde subdivision de l'id&#233;e, l'Essence .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois formes de l'&#234;tre dont il est question ici, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles sont les premi&#232;res, sont aussi les plus pauvres, c'est-&#224;-dire les plus abstraites . La conscience imm&#233;diate (sensible), dans la mesure o&#249; elle comporte en m&#234;me temps un &#233;l&#233;ment intellectuel, est surtout restreinte aux cat&#233;gories abstraites de qualit&#233; et de quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience sensible est, dans l'estimation ordinaire, la plus concr&#232;te et par cons&#233;quent aussi la plus riche ; mais cela n'est vrai que pour ce qui est des mat&#233;riaux, tandis que, par rapport &#224; la pens&#233;e qu'elle contient, elle est r&#233;ellement la plus pauvre et la plus abstraite.&lt;br class='autobr' /&gt;
A. QUALIT&#201;&lt;br class='autobr' /&gt;
(a) &#202;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre pur&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 86&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#202;tre pur fait le commencement : parce qu'il est d'un c&#244;t&#233; pure pens&#233;e , et de l'autre imm&#233;diatet&#233; m&#234;me, simple et ind&#233;termin&#233;e ; et le premier commencement ne peut &#234;tre m&#233;diatis&#233; par rien, ni &#234;tre davantage d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les doutes et les avertissements que l'on pourrait formuler contre le fait de commencer la science par un &#234;tre abstrait et vide dispara&#238;tront si l'on ne per&#231;oit que ce qu'implique naturellement un commencement. On peut d&#233;finir l'&#234;tre par &#171; je = je &#187;, par &#171; indiff&#233;rence absolue &#187; ou par &#171; identit&#233; &#187;, etc. Lorsqu'il est n&#233;cessaire de commencer soit par ce qui est absolument certain, c'est-&#224;-dire par la certitude de soi-m&#234;me, soit par une d&#233;finition ou une intuition de la v&#233;rit&#233; absolue , ces formes et d'autres de ce genre peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme devant &#234;tre les premi&#232;res. Mais chacune de ces formes contient une m&#233;diation et ne peut donc &#234;tre la premi&#232;re v&#233;ritable : car toute m&#233;diation implique un progr&#232;s effectu&#233; d'une premi&#232;re &#224; une seconde et proc&#233;dant de quelque chose de diff&#233;rent. Si je = je, ou m&#234;me l'intuition intellectuelle, ne signifient en r&#233;alit&#233; rien de plus que la premi&#232;re, ils sont dans cette simple imm&#233;diatet&#233; identiques &#224; l'&#234;tre ; tandis qu'inversement, l'&#234;tre pur, s'il n'est plus abstrait mais qu'il contient en lui une m&#233;diation, est pure pens&#233;e ou intuition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous &#233;non&#231;ons l'Etre comme un pr&#233;dicat de l'Absolu, nous obtenons la premi&#232;re d&#233;finition de ce dernier. L'Absolu est l'Etre. C'est (dans la pens&#233;e) la d&#233;finition absolument initiale, la plus abstraite et la plus restreinte. C'est la d&#233;finition donn&#233;e par les El&#233;ates , mais c'est en m&#234;me temps la d&#233;finition bien connue de Dieu comme somme de toutes les r&#233;alit&#233;s. Cela signifie, en bref, que nous devons mettre de c&#244;t&#233; cette limitation qui est dans chaque r&#233;alit&#233;, de sorte que Dieu ne soit que le r&#233;el dans toute r&#233;alit&#233; , le superlativement r&#233;el. Ou, si nous rejetons la r&#233;alit&#233;, comme impliquant une r&#233;flexion, nous obtenons une affirmation plus imm&#233;diate ou irr&#233;fl&#233;chie de la m&#234;me chose, lorsque Jacobi dit que le Dieu de Spinoza est le principium de l'&#234;tre dans toute existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Quand la pens&#233;e doit commencer , nous n'avons rien d'autre que la pens&#233;e dans sa plus pure ind&#233;termination : car nous ne pouvons d&#233;terminer que s'il y a &#224; la fois l'un et l'autre : et au commencement il n'y en a pas encore d'autre. L'ind&#233;termin&#233;, tel que nous l'avons, est le vide avec lequel nous commen&#231;ons, non pas une absence de traits atteinte par l'abstraction, non pas l'&#233;limination de tout caract&#232;re, mais l'absence de traits originelle qui pr&#233;c&#232;de tout caract&#232;re d&#233;fini et qui est le tout premier de tous. Et c'est cela que nous appelons l'&#202;tre. Il ne doit pas &#234;tre senti, ou per&#231;u par les sens, ou repr&#233;sent&#233; par l'imagination : il n'est que et simplement pens&#233;, et en tant que tel il constitue le commencement. L'essence est &#233;galement ind&#233;termin&#233;e, mais dans un autre sens : elle a travers&#233; le processus de m&#233;diation et contient implicitement la d&#233;termination qu'elle a absorb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Dans l' histoire de la philosophie, les diff&#233;rentes &#233;tapes de l'Id&#233;e logique prennent la forme de syst&#232;mes successifs, chacun fond&#233; sur une d&#233;finition particuli&#232;re de l'Absolu. De m&#234;me que l'Id&#233;e logique se d&#233;ploie dans un processus allant de l'abstrait au concret, de m&#234;me dans l'histoire de la philosophie, les syst&#232;mes les plus anciens sont les plus abstraits et donc en m&#234;me temps les plus pauvres. La relation entre les syst&#232;mes philosophiques ant&#233;rieurs et post&#233;rieurs ressemble beaucoup &#224; la relation entre les &#233;tapes correspondantes de l' Id&#233;e logique : en d'autres termes, les premiers sont conserv&#233;s dans les derniers, mais subordonn&#233;s et submerg&#233;s. Tel est le v&#233;ritable sens d'un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s mal compris dans l'histoire de la philosophie : la r&#233;futation d'un syst&#232;me par un autre , d'un syst&#232;me ant&#233;rieur par un syst&#232;me post&#233;rieur. Le plus souvent, la r&#233;futation est prise dans un sens purement n&#233;gatif, signifiant que le syst&#232;me r&#233;fut&#233; a cess&#233; de compter pour quelque chose, a &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233; et est fini. S'il en &#233;tait ainsi, l'histoire de la philosophie serait, de toutes les &#233;tudes, la plus triste, car elle montre la r&#233;futation de tous les syst&#232;mes que le temps a fait na&#238;tre. Or, bien qu'il soit admis que toute philosophie a &#233;t&#233; r&#233;fut&#233;e, il faut affirmer au m&#234;me degr&#233; qu'aucune philosophie n'a &#233;t&#233; r&#233;fut&#233;e, et m&#234;me qu'aucune ne peut l'&#234;tre. Et cela pour deux raisons. En effet, toute philosophie digne de ce nom incarne toujours l'Id&#233;e ; et en second lieu, tout syst&#232;me repr&#233;sente un facteur particulier ou un stade particulier dans l'&#233;volution de l'Id&#233;e. La r&#233;futation d'une philosophie signifie donc seulement que ses barri&#232;res sont franchies et que son principe particulier est r&#233;duit &#224; un facteur dans le principe plus complet qui suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'histoire de la philosophie, dans son sens v&#233;ritable, ne traite pas d'un pass&#233;, mais d'un pr&#233;sent &#233;ternel et v&#233;ritable ; et, dans ses r&#233;sultats, elle ressemble non pas &#224; un mus&#233;e des aberrations de l'intellect humain, mais &#224; un panth&#233;on de figures divines. Ces figures de dieux sont les diff&#233;rentes &#233;tapes de l'Id&#233;e, telles qu'elles se pr&#233;sentent l'une apr&#232;s l'autre dans le d&#233;veloppement dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appartient &#224; l' historien de la philosophie de montrer plus pr&#233;cis&#233;ment dans quelle mesure l' &#233;volution graduelle de son th&#232;me co&#239;ncide avec le d&#233;veloppement dialectique de l'Id&#233;e logique pure ou s'en &#233;carte. Il suffit de dire ici que la logique commence l&#224; o&#249; commence l' histoire proprement dite de la philosophie. La philosophie a commenc&#233; dans l' &#233;cole &#233;l&#233;atique , surtout avec Parm&#233;nide. Parm&#233;nide, qui con&#231;oit l'absolu comme l'&#202;tre, dit que &#171; l'&#202;tre seul est et le Rien n'est pas &#187;. Tel &#233;tait le v&#233;ritable point de d&#233;part de la philosophie, qui est toujours la connaissance par la pens&#233;e : et ici, pour la premi&#232;re fois, nous trouvons la pens&#233;e pure saisie et transform&#233;e en objet &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes ont pens&#233; d&#232;s le commencement (c'est seulement ainsi qu'ils se sont distingu&#233;s des animaux). Mais il a fallu des milliers d'ann&#233;es pour qu'ils parviennent &#224; saisir la pens&#233;e dans sa puret&#233; et &#224; la voir dans ce qu'elle a de v&#233;ritablement objectif. Les El&#233;ates sont c&#233;l&#233;br&#233;s comme des penseurs audacieux. Mais cette admiration nominale est souvent accompagn&#233;e de la remarque qu'ils ont d&#233;pass&#233; les bornes, en faisant de l'Etre seul la v&#233;rit&#233;, et en niant la v&#233;rit&#233; de tout autre objet de la conscience. Il faut aller plus loin que l'Etre, il est vrai ; et pourtant il est absurde de parler des autres contenus de notre conscience comme d'une sorte d'ext&#233;rieur et d'&#224; c&#244;t&#233; de l'Etre, ou de dire qu'il y a d'autres choses, en plus de l'Etre. La v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la suivante : l'Etre, en tant qu'Etre, n'est rien de fixe ni d'ultime : il c&#232;de &#224; la dialectique et s'enfonce dans son contraire, qui, pris aussi imm&#233;diatement, est le N&#233;ant. Apr&#232;s tout, l'Etre est la pure Pens&#233;e ; Quoi que vous puissiez faire d'autre avec quoi vous commencez (le Je = Je, l'indiff&#233;rence absolue ou Dieu lui-m&#234;me), vous commencez avec une figure de conception mat&#233;rialis&#233;e, non avec un produit de la pens&#233;e ; et que, dans la mesure o&#249; son contenu de pens&#233;e est concern&#233;, un tel commencement n'est que l'&#202;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 87&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce simple &#202;tre, en tant qu'il est simple abstraction, est donc l'absolument n&#233;gatif : qui, sous un aspect &#233;galement imm&#233;diat, n'est que le N&#233;ant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) De l&#224; est tir&#233;e la seconde d&#233;finition de l'Absolu : l'Absolu est le N&#233;ant. En fait, cette d&#233;finition est implicite lorsqu'on dit que la chose en soi est l'ind&#233;termin&#233;, absolument sans forme et donc sans contenu , ou lorsqu'on dit que Dieu n'est que l'&#202;tre supr&#234;me et rien de plus ; car c'est en r&#233;alit&#233; d&#233;clarer qu'il est la m&#234;me n&#233;gativit&#233; que ci-dessus. Le N&#233;ant dont les bouddhistes font le principe universel, ainsi que le but et la finalit&#233; de toute chose, est la m&#234;me abstraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Si l'opposition dans la pens&#233;e s'&#233;nonce dans cette imm&#233;diatet&#233; comme l'&#202;tre et le N&#233;ant, le choc de sa nullit&#233; est trop grand pour ne pas stimuler la tentative de fixer l'&#202;tre et de le garantir contre le passage au N&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce but, la r&#233;flexion a recours au moyen de d&#233;couvrir un pr&#233;dicat fixe de l'Etre, pour le distinguer du N&#233;ant. Ainsi, nous trouvons l'Etre identifi&#233; &#224; ce qui persiste au milieu de tous les changements, &#224; la mati&#232;re susceptible d'innombrables d&#233;terminations, ou m&#234;me, sans r&#233;flexion, &#224; une existence unique, &#224; un objet quelconque des sens ou de l'esprit. Mais toute caract&#233;risation additionnelle et plus concr&#232;te fait perdre &#224; l'Etre l'int&#233;grit&#233; et la simplicit&#233; qu'il avait au d&#233;part. C'est seulement dans et en vertu de cette simple g&#233;n&#233;ralit&#233; qu'il est Rien, quelque chose d'inexprimable, dont la distinction avec le N&#233;ant n'est qu'une simple intention ou signification .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de comprendre que ces commencements ne sont que des abstractions vides, aussi vides l'une que l'autre. L'instinct qui nous pousse &#224; attacher une importance d&#233;termin&#233;e &#224; l'&#202;tre , ou aux deux, est la n&#233;cessit&#233; m&#234;me qui conduit au mouvement en avant de l'&#202;tre et du N&#233;ant, et leur donne une signification vraie ou concr&#232;te . Ce progr&#232;s est la d&#233;duction logique et le mouvement de la pens&#233;e qui se manifestent dans la suite. La r&#233;flexion qui trouve une connotation plus profonde &#224; l'&#202;tre et au N&#233;ant n'est rien d'autre que la pens&#233;e logique, &#224; travers laquelle cette connotation se d&#233;veloppe, non pas, cependant, d'une mani&#232;re accidentelle, mais d'une mani&#232;re n&#233;cessaire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute signification dans laquelle ils apparaissent ensuite n'est donc qu'une sp&#233;cification plus pr&#233;cise et une d&#233;finition plus vraie de l'Absolu. Et lorsque cela est fait, l'&#202;tre et le N&#233;ant purement abstraits sont remplac&#233;s par un concret dans lequel ces deux &#233;l&#233;ments forment une partie organique. La forme supr&#234;me du N&#233;ant en tant que principe s&#233;par&#233; serait la Libert&#233; : mais la Libert&#233; est la n&#233;gativit&#233; &#224; ce stade o&#249; elle s'enfonce, absorb&#233;e par elle-m&#234;me, dans une intensit&#233; supr&#234;me, et est elle-m&#234;me une affirmation, et m&#234;me une affirmation absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre l'&#202;tre et le N&#233;ant n'est d'abord qu'implicite et non encore r&#233;ellement &#233;tablie : il faut seulement les distinguer. Une distinction implique bien entendu deux choses, et que l'une d'elles poss&#232;de un attribut qui ne se trouve pas dans l'autre. Or, l'&#202;tre est une absence absolue d'attributs, et donc le N&#233;ant. La distinction entre les deux n'est donc qu'intentionnelle ; c'est une distinction tout &#224; fait nominale, qui n'est en m&#234;me temps pas une distinction. Dans tous les autres cas de diff&#233;rence, il y a un point commun qui comprend les deux choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons par exemple que nous parlions de deux esp&#232;ces diff&#233;rentes : le genre forme un terrain commun entre les deux. Mais dans le cas de l'&#234;tre et du n&#233;ant, la distinction est sans fondement : il ne peut donc y avoir de distinction, les deux d&#233;terminations &#233;tant la m&#234;me absence de fond. Si l'on r&#233;pond que l'&#234;tre et le n&#233;ant sont tous deux des pens&#233;es, de sorte que la pens&#233;e peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un terrain commun, l'objecteur oublie que l'&#234;tre n'est pas une pens&#233;e particuli&#232;re ou d&#233;finie, et que par cons&#233;quent, &#233;tant tout &#224; fait ind&#233;termin&#233;, il est une pens&#233;e qui ne se distingue pas du n&#233;ant. Il est aussi naturel que nous nous repr&#233;sentions l'&#234;tre comme une richesse absolue, et le n&#233;ant comme une pauvret&#233; absolue. Mais si, en consid&#233;rant le monde entier, nous pouvons seulement dire que tout est et rien de plus, nous n&#233;gligeons toute particularit&#233; et, au lieu de la pl&#233;nitude absolue, nous avons le vide absolu. La m&#234;me critique s'applique &#224; ceux qui d&#233;finissent Dieu comme un &#234;tre pur, et non comme un &#234;tre pur. une d&#233;finition qui n'est pas meilleure du tout que celle des bouddhistes, qui consid&#232;rent Dieu comme n&#233;ant et qui, de ce principe, tirent la conclusion suppl&#233;mentaire que l'auto-annihilation est le moyen par lequel l'homme devient Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 88&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;ant, s'il est ainsi imm&#233;diat et &#233;gal &#224; lui-m&#234;me , est aussi r&#233;ciproquement le m&#234;me que l'&#234;tre. La v&#233;rit&#233; de l'&#234;tre et du n&#233;ant est donc l'unit&#233; des deux : et cette unit&#233; est le devenir .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La proposition selon laquelle l'&#202;tre et le Rien sont la m&#234;me chose para&#238;t si paradoxale &#224; l'imagination ou &#224; l'entendement qu'elle est peut-&#234;tre prise pour une plaisanterie. Et c'est en effet une des choses les plus difficiles que la pens&#233;e puisse s'attendre &#224; faire : car l'&#202;tre et le Rien pr&#233;sentent le contraste fondamental dans toute son imm&#233;diatet&#233;, c'est-&#224;-dire sans que l'un des termes soit investi d'un attribut qui impliquerait sa connexion avec l'autre. Cet attribut, cependant, comme le paragraphe ci-dessus le montre, est implicite en eux &#8211; l'attribut qui est exactement le m&#234;me dans les deux. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la d&#233;duction de leur unit&#233; est compl&#232;tement analytique : en fait, tout le progr&#232;s de la philosophie dans chaque cas, s'il s'agit d'un progr&#232;s m&#233;thodique, c'est-&#224;-dire n&#233;cessaire, ne fait qu'expliciter ce qui est implicite dans une notion. Il est cependant aussi juste de dire que l'&#202;tre et le Rien sont tout &#224; fait diff&#233;rents que d'affirmer leur unit&#233;. L'un n'est pas ce qu'est l'autre. Mais comme la distinction n'a pas encore pris de forme d&#233;finie (l'&#202;tre et le N&#233;ant sont encore l'imm&#233;diat), elle est, au sens o&#249; ils l'ont, quelque chose d'indicible, que nous voulons simplement dire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Il n'est pas n&#233;cessaire de faire de grandes d&#233;penses d'esprit pour se moquer de la maxime selon laquelle l'&#202;tre et le Rien sont la m&#234;me chose, ou plut&#244;t pour produire des absurdit&#233;s qui, affirme-t-on &#224; tort, sont les cons&#233;quences et les illustrations de cette maxime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#234;tre et le n&#233;ant sont identiques, disent ces objecteurs, il s'ensuit que cela ne fait aucune diff&#233;rence que ma maison, ma propri&#233;t&#233;, l'air que je respire, cette ville, le soleil, la loi, l'esprit, Dieu soient ou ne soient pas. Or, dans certains de ces cas, les objecteurs invoquent des fins priv&#233;es, l'utilit&#233; d'une chose pour moi, et se demandent ensuite si cela m'est &#233;gal que la chose existe ou non. D'ailleurs, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'enseignement de la philosophie qui lib&#232;re l'homme de la multitude infinie de fins et d'intentions finies, en le rendant si insensible &#224; elles que leur existence ou leur non-existence lui est indiff&#233;rente. Mais il ne faut jamais oublier que, si l'on mentionne une chose substantielle, on cr&#233;e par l&#224; un lien avec d'autres existences et d'autres fins qui, par hypoth&#232;se, valent la peine d'&#234;tre : et c'est de cette hypoth&#232;se que d&#233;pend la question de savoir si l'&#234;tre et le non-&#234;tre d'un sujet d&#233;termin&#233; sont la m&#234;me chose ou non. Une distinction substantielle se substitue alors secr&#232;tement &#224; la distinction vide de l'&#234;tre et du n&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres cas, ce sont des existences pratiquement absolues, des id&#233;es et des buts vitaux qui sont plac&#233;s sous la simple cat&#233;gorie d'&#234;tre ou de non-&#234;tre. Mais il n'y a rien d'autre &#224; dire de ces objets concrets que de dire qu'ils sont ou ne sont pas. Des abstractions st&#233;riles, comme l'&#234;tre et le n&#233;ant, cat&#233;gories initiales qui sont pour cette raison les plus rares que l'on puisse trouver, ne suffisent absolument pas &#224; rendre compte de la nature de ces objets. La v&#233;rit&#233; substantielle est quelque chose de bien au-dessus de ces abstractions et de leurs oppositions. Et chaque fois qu'une existence concr&#232;te est d&#233;guis&#233;e sous le nom d'&#234;tre et de non-&#234;tre, l'esprit vide commet l'erreur habituelle de parler et d'avoir en t&#234;te une image d'autre chose que ce dont il s'agit : et ici il s'agit d'&#234;tre et de n&#233;ant abstraits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) On dira peut-&#234;tre que personne ne peut se faire une id&#233;e de l'unit&#233; de l'&#202;tre et du N&#233;ant. Quant &#224; cela, la notion de l'unit&#233; est &#233;nonc&#233;e dans la section pr&#233;c&#233;dente, et c'est tout : saisissez-la, et vous aurez compris cette unit&#233;. Ce que l'objecteur entend r&#233;ellement par compr&#233;hension &#8211; par notion &#8211; est plus que ce que son langage implique proprement : il lui faut un &#233;tat d'esprit plus riche et plus complexe, une conception imag&#233;e qui propose la notion comme un cas concret et plus familier aux op&#233;rations ordinaires de la pens&#233;e. Et tant que l'incompr&#233;hensibilit&#233; signifie seulement le manque d'habitude &#224; l'effort n&#233;cessaire pour saisir une pens&#233;e abstraite, libre de tout m&#233;lange sensible, et pour saisir une v&#233;rit&#233; sp&#233;culative, la r&#233;ponse &#224; la critique est que la connaissance philosophique est sans doute distincte en nature du mode de connaissance le mieux connu dans la vie courante, aussi bien que de celui qui r&#232;gne dans les autres sciences. Mais si n'avoir aucune notion signifie simplement que nous ne pouvons pas nous repr&#233;senter en imagination l'unit&#233; de l'&#202;tre et du N&#233;ant, la d&#233;claration est loin d'&#234;tre vraie ; Car chacun a mille fa&#231;ons de se repr&#233;senter cette unit&#233;. Dire que nous n'en avons pas, c'est simplement vouloir dire que nous ne reconnaissons pas la notion en question dans aucune de ces images et que nous ne nous rendons pas compte qu'elles en sont l'exemple. L'exemple le plus &#233;vident est le devenir. Chacun a une id&#233;e mentale du devenir et admet m&#234;me qu'il s'agit d' une id&#233;e unique ; il admettra en outre que, lorsqu'on l'analyse, il renferme l'attribut d'&#234;tre et aussi ce qui est le contraire de l'&#234;tre, &#224; savoir le n&#233;ant ; et que ces deux attributs sont indivisibles dans une seule id&#233;e : de sorte que le devenir est l'unit&#233; de l'&#234;tre et du n&#233;ant. Un autre exemple assez &#233;vident est le commencement. Dans son commencement, la chose n'est pas encore, mais elle est plus que rien, car son &#234;tre est d&#233;j&#224; au commencement. Le commencement est lui-m&#234;me un cas de devenir ; seul le premier terme est employ&#233; en vue d'un d&#233;veloppement ult&#233;rieur. Si l'on adoptait la logique &#224; la m&#233;thode la plus ordinaire des sciences, on pourrait partir de la repr&#233;sentation d'un Commencement comme pens&#233; abstraitement, ou du Commencement comme tel, et ensuite analyser cette repr&#233;sentation ; et peut-&#234;tre les gens admettraient-ils plus volontiers, &#224; la suite de cette analyse, que l'&#202;tre et le N&#233;ant se pr&#233;sentent comme indivisibles dans l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Il reste &#224; noter que des expressions telles que &#171; l'&#202;tre et le Rien sont la m&#234;me chose &#187; ou &#171; l'unit&#233; de l'&#202;tre et du Rien &#187; &#8212; comme toutes les autres unit&#233;s de ce genre, celle du sujet et de l'objet, et d'autres encore &#8212; donnent lieu &#224; des objections raisonnables. Elles d&#233;forment les faits, en donnant une importance exclusive &#224; l'unit&#233;, et en laissant la diff&#233;rence qui existe indubitablement en elle (parce que c'est l'&#202;tre et le Rien, par exemple, dont l'unit&#233; est d&#233;clar&#233;e) sans aucune mention ou remarque expresse. Il semble donc que la diversit&#233; ait &#233;t&#233; ind&#251;ment &#233;cart&#233;e et n&#233;glig&#233;e. Le fait est qu'aucun principe sp&#233;culatif ne peut &#234;tre correctement exprim&#233; par une telle forme propositionnelle, car l'unit&#233; doit &#234;tre con&#231;ue dans la diversit&#233;, qui est en m&#234;me temps pr&#233;sente et explicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devenir &#187; est la v&#233;ritable expression de la r&#233;sultante de &#171; &#234;tre &#187; et de &#171; ne pas &#234;tre &#187; ; c'est l'unit&#233; des deux ; mais ce n'est pas seulement l'unit&#233;, c'est aussi l'inqui&#233;tude inh&#233;rente, l'unit&#233; qui n'est pas une simple r&#233;f&#233;rence &#224; soi et donc sans mouvement, mais qui, par la diversit&#233; de l'&#202;tre et du Rien qui est en elle, est en guerre en elle-m&#234;me. L'&#202;tre d&#233;termin&#233;, au contraire, est cette unit&#233;, ou le Devenir sous cette forme d'unit&#233; : donc tout ce qui &#171; est l&#224; et ainsi &#187; est unilat&#233;ral et fini. L'opposition entre les deux facteurs semble avoir disparu ; elle n'est qu'impliqu&#233;e dans l'unit&#233;, elle n'y est pas explicitement pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) La maxime du devenir, selon laquelle l'&#234;tre est le passage au n&#233;ant et le n&#233;ant le passage &#224; l'&#234;tre, est contredite par la maxime du panth&#233;isme, doctrine de l'&#233;ternit&#233; de la mati&#232;re, selon laquelle du n&#233;ant ne vient rien et que quelque chose ne peut na&#238;tre que de quelque chose. Les anciens voyaient clairement que la maxime : &#171; Du n&#233;ant ne vient rien, de quelque chose quelque chose &#187; abolit en r&#233;alit&#233; le devenir : car ce dont il vient et ce qu'il devient sont une seule et m&#234;me chose. Ainsi expliqu&#233;e, la proposition est la maxime de l'identit&#233; abstraite telle que la soutient l'entendement. Il ne peut donc que para&#238;tre &#233;trange d'entendre de nos jours enseigner tranquillement des maximes telles que &#171; Du n&#233;ant ne vient rien, de quelque chose na&#238;t quelque chose &#187;, sans que le professeur se rende compte le moins du monde qu'elles sont la base du panth&#233;isme, et m&#234;me sans savoir que les anciens ont &#233;puis&#233; tout ce qu'il y a &#224; dire &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devenir est la premi&#232;re pens&#233;e concr&#232;te, et par cons&#233;quent la premi&#232;re notion, tandis que l'&#202;tre et le N&#233;ant sont des abstractions vides. La notion d'&#202;tre dont nous parlons parfois doit donc signifier le devenir, et non le simple point de l'&#202;tre, qui est le N&#233;ant vide, pas plus que le N&#233;ant, qui est l'&#202;tre vide. Dans l'&#202;tre donc nous avons le Rien, et dans le Rien l'&#202;tre ; mais cet &#202;tre qui ne se perd pas dans le N&#233;ant est le devenir. Il ne faut pas non plus omettre cette distinction, tout en soulignant l'unit&#233; du devenir ; sans cette distinction nous reviendrions &#224; l'&#202;tre abstrait. Le devenir n'est que l'&#233;nonc&#233; explicite de ce qu'est l'&#202;tre dans sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent dire que la pens&#233;e s'oppose &#224; l'&#234;tre. Or, face &#224; une telle affirmation, il faut d'abord se demander ce qu'on entend par &#234;tre. Si nous entendons l'&#234;tre tel qu'il est d&#233;fini par la r&#233;flexion, nous ne pouvons en dire que ce qui est absolument identique et affirmatif. Et si nous consid&#233;rons ensuite la pens&#233;e, il ne nous &#233;chappe pas que la pens&#233;e est aussi au moins ce qui est absolument identique &#224; elle-m&#234;me. L'&#234;tre comme la pens&#233;e ont donc tous deux le m&#234;me attribut. Cette identit&#233; de l'&#234;tre et de la pens&#233;e ne doit cependant pas &#234;tre prise dans un sens concret, comme si nous pouvions dire qu'une pierre, dans la mesure o&#249; elle a de l'&#234;tre, est la m&#234;me chose qu'un homme pensant. Une chose concr&#232;te est toujours tr&#232;s diff&#233;rente de la cat&#233;gorie abstraite en tant que telle. Et dans le cas de l'&#234;tre, nous ne parlons de rien de concret, car l'&#234;tre est le tout abstrait. Jusque-l&#224; donc, la question de l' &#234;tre de Dieu &#8212; un &#234;tre qui est en lui-m&#234;me concret au-dessus de toute mesure &#8212; n'a que peu d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que premier terme concret de la pens&#233;e, le Devenir est le premier v&#233;hicule ad&#233;quat de la v&#233;rit&#233;. Dans l'histoire de la philosophie, ce stade de l'Id&#233;e logique trouve son analogue dans le syst&#232;me d' H&#233;raclite .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand H&#233;raclite dit &#171; Tout coule &#187;, il &#233;nonce le devenir comme le trait fondamental de toute existence, alors que les El&#233;ates, comme nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233;, ne voyaient que la v&#233;rit&#233; dans l'&#234;tre, l'&#234;tre rigide et sans processus. Jetant un coup d'&#339;il au principe des El&#233;ates, H&#233;raclite poursuit en disant : &#171; L'&#234;tre n'est rien d'autre que le non-&#234;tre &#187; ; une affirmation qui exprime la n&#233;gativit&#233; de l'&#234;tre abstrait et son identit&#233; avec le non-&#234;tre, telle qu'elle est explicit&#233;e dans le devenir ; les deux abstractions &#233;tant &#233;galement intenables. On peut consid&#233;rer cela comme un exemple de la r&#233;futation r&#233;elle d'un syst&#232;me par un autre. R&#233;futer une philosophie , c'est montrer le mouvement dialectique dans son principe, et ainsi la r&#233;duire &#224; un membre constitutif d'une forme concr&#232;te sup&#233;rieure de l'Id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le devenir, pris dans son meilleur sens, est un terme extr&#234;mement pauvre : il a besoin de s'approfondir et de prendre du poids. Nous trouvons une telle force approfondie dans la vie, par exemple. La vie est un devenir, mais cela ne suffit pas &#224; &#233;puiser la notion de vie. Une forme encore plus &#233;lev&#233;e se trouve dans l'esprit. Ici aussi se trouve le devenir, mais plus riche et plus intense que le simple devenir logique. Les &#233;l&#233;ments dont l'unit&#233; constitue l'esprit ne sont pas les simples abstractions de l'&#234;tre et du n&#233;ant, mais le syst&#232;me de l'id&#233;e logique et de la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
(b) &#202;tre d&#233;termin&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 89&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Devenir, l'&#202;tre qui est un avec le N&#233;ant et le N&#233;ant qui est un avec l'&#202;tre ne sont que des facteurs &#233;vanouissants ; ils sont et ils ne sont pas. Ainsi, par sa contradiction inh&#233;rente, le Devenir s'effondre dans l'unit&#233; dans laquelle les deux &#233;l&#233;ments sont absorb&#233;s. Ce r&#233;sultat est donc l'&#202;tre d&#233;termin&#233; (&#202;tre l&#224; et ainsi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier exemple, il faut se rappeler une fois pour toutes que la seule fa&#231;on d'assurer une croissance et un progr&#232;s dans la connaissance est de s'en tenir fermement &#224; la v&#233;rit&#233; des r&#233;sultats. Il n'y a absolument rien dans lequel nous ne puissions ni ne devions signaler des contradictions ou des attributs oppos&#233;s ; et l'abstraction faite par la compr&#233;hension signifie donc une insistance forc&#233;e sur un seul aspect et un effort r&#233;el pour obscurcir et supprimer toute conscience de l'autre attribut qui est impliqu&#233;. Chaque fois qu'une telle contradiction est d&#233;couverte dans un objet ou une notion, la conclusion habituelle est donc : cet objet n'est donc rien .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Z&#233;non , qui le premier a montr&#233; la contradiction inh&#233;rente au mouvement, a conclu qu'il n'y a pas de mouvement ; et les anciens, qui ont reconnu l'origine et la mort, les deux esp&#232;ces du devenir, comme des cat&#233;gories fausses, ont employ&#233; l'expression que l'Un ou l'Absolu ne na&#238;t ni ne p&#233;rit. Une telle dialectique ne consid&#232;re que le c&#244;t&#233; n&#233;gatif de son r&#233;sultat, et ne voit pas ce qui est en m&#234;me temps r&#233;ellement pr&#233;sent, le r&#233;sultat d&#233;fini, dans le cas pr&#233;sent un pur n&#233;ant, mais un n&#233;ant qui renferme l'&#234;tre, et, de m&#234;me, un &#234;tre qui renferme le n&#233;ant. L'&#234;tre d&#233;termin&#233; est donc (1) l'unit&#233; de l'&#234;tre et du n&#233;ant, dans laquelle nous nous d&#233;barrassons de l'imm&#233;diatet&#233; de ces d&#233;terminations, et leur contradiction dispara&#238;t dans leur connexion mutuelle, unit&#233; dans laquelle ils ne sont que des &#233;l&#233;ments constitutifs. Et (2) puisque le r&#233;sultat est l'abolition de la contradiction, elle vient sous la forme d'une simple unit&#233; avec elle-m&#234;me : c'est-&#224;-dire qu'elle est aussi l'&#202;tre avec la n&#233;gation ou la d&#233;terminit&#233; : elle est le Devenir express&#233;ment mis sous la forme d'un de ses &#233;l&#233;ments, &#224; savoir l'&#202;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me notre conception ordinaire du devenir implique que quelque chose en d&#233;coule et que le devenir a donc un r&#233;sultat. Mais cette conception soul&#232;ve la question : comment le devenir ne reste-t-il pas un simple devenir, mais a-t-il un r&#233;sultat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question d&#233;coule de ce que le devenir a d&#233;j&#224; montr&#233;. Le devenir contient toujours l'&#234;tre et le n&#233;ant, de telle mani&#232;re que ces deux &#233;l&#233;ments se transforment sans cesse l'un en l'autre et s'annulent r&#233;ciproquement. Ainsi le devenir se tient devant nous dans une inqui&#233;tude totale, mais il ne peut se maintenir dans cette inqui&#233;tude abstraite : car puisque l'&#234;tre et le n&#233;ant disparaissent dans le devenir (et c'est l&#224; la notion m&#234;me du devenir), celui-ci doit aussi dispara&#238;tre. Le devenir est comme un feu qui s'&#233;teint en lui-m&#234;me lorsqu'il consume sa mati&#232;re. Le r&#233;sultat de ce processus n'est cependant pas un n&#233;ant vide, mais un &#234;tre identique &#224; la n&#233;gation, ce que nous appelons l'&#234;tre d&#233;termin&#233; (&#234;tre alors et l&#224;) : ce qui signifie &#233;videmment avant tout qu'il est devenu .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qualit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 90&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[a] L'&#202;tre d&#233;termin&#233; est un &#202;tre dot&#233; d'un caract&#232;re ou d'un mode &#8212; qui est simplement ; et ce caract&#232;re imm&#233;diat est la Qualit&#233; . Et en tant que refl&#233;t&#233; en lui-m&#234;me dans son caract&#232;re ou son mode, l'&#202;tre d&#233;termin&#233; est un quelque chose, en tant qu'existant. Les cat&#233;gories qui r&#233;sultent d'une analyse plus approfondie de l'&#202;tre d&#233;termin&#233; ne doivent &#234;tre mentionn&#233;es que bri&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; peut &#234;tre d&#233;crite comme le mode d&#233;termin&#233;, imm&#233;diat et identique &#224; l'&#234;tre, par opposition &#224; la quantit&#233; (&#224; venir ult&#233;rieurement), qui, bien qu'&#233;tant un mode de l'&#234;tre, n'est plus imm&#233;diatement identique &#224; l'&#234;tre, mais un mode indiff&#233;rent et ext&#233;rieur &#224; lui. Une chose est ce qu'elle est en vertu de sa qualit&#233;, et perdant sa qualit&#233; elle cesse d'&#234;tre ce qu'elle est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233;, en outre, n'est qu'une cat&#233;gorie du fini, et c'est pour cette raison qu'elle a sa place dans la nature , et non dans le monde de l'esprit. Ainsi, par exemple, dans la nature , ce qu'on appelle les corps &#233;l&#233;mentaires, l'oxyg&#232;ne, l'azote, etc., doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des qualit&#233;s existantes. Mais dans le domaine de l'esprit, la qualit&#233; n'appara&#238;t que d'une mani&#232;re subordonn&#233;e, et non comme si sa qualit&#233; pouvait &#233;puiser un aspect particulier de l'esprit. Si, par exemple, nous consid&#233;rons l'esprit subjectif, qui constitue l'objet de la psychologie, nous pouvons d&#233;crire ce qu'on appelle le caract&#232;re (moral et mental) comme &#233;tant, dans le langage logique, identique &#224; la qualit&#233;. Cela ne signifie cependant pas que le caract&#232;re soit un mode d'&#234;tre qui impr&#232;gne l'&#226;me et lui soit imm&#233;diatement identique, comme c'est le cas dans le monde naturel pour les corps &#233;l&#233;mentaires mentionn&#233;s plus haut. Cependant, une manifestation plus distincte de la qualit&#233; en tant que telle, m&#234;me dans l'esprit, se trouve dans le cas d'&#233;tats d'abrutissement ou de morbidit&#233;, en particulier dans les &#233;tats de passion et lorsque la passion atteint le d&#233;r&#232;glement. L'&#233;tat d'esprit d'une personne d&#233;rang&#233;e, constitu&#233; d'une masse de jalousie, de peur, etc., peut &#234;tre convenablement d&#233;crit comme une Qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alit&#233;, &#202;tre-pour-autrui et &#202;tre-pour-soi&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 91&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Qualit&#233;, en tant que d&#233;terminisme qui est , en contraste avec la N&#233;gation qui est impliqu&#233;e en elle mais qui s'en distingue, est la R&#233;alit&#233; . La N&#233;gation n'est plus un n&#233;ant abstrait, mais, en tant qu'&#234;tre d&#233;termin&#233; et quelque chose, elle n'est qu'une forme de cet &#234;tre &#8212; elle est en tant qu'Autre. Puisque cette alt&#233;rit&#233;, bien que d&#233;termination de la Qualit&#233; elle-m&#234;me, en est d'abord distincte, la Qualit&#233; est l'&#202;tre-pour-un-autre &#8212; une expansion du simple point de l'&#202;tre d&#233;termin&#233;, ou du Quelque chose. L'&#202;tre comme tel de la Qualit&#233;, en contraste avec cette r&#233;f&#233;rence &#224; quelque chose d'autre, est l'&#202;tre-pour-soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de toute d&#233;termination est la n&#233;gation. L'observateur irr&#233;fl&#233;chi suppose que les choses d&#233;termin&#233;es ne sont que positives et les place sous la forme de l'&#234;tre. Mais l'&#234;tre n'est pas la fin de l'affaire : c'est, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, un vide et une instabilit&#233; complets. Cependant, si l'on confond ainsi l'&#234;tre abstrait avec l'&#234;tre modifi&#233; et d&#233;termin&#233;, on comprend que, bien que l'&#234;tre d&#233;termin&#233; contienne un &#233;l&#233;ment de n&#233;gation, cet &#233;l&#233;ment est d'abord comme envelopp&#233;, et ne vient au premier plan et ne re&#231;oit son d&#251; que dans l'&#234;tre-pour-soi. Si nous consid&#233;rons ensuite l'&#234;tre d&#233;termin&#233; comme une d&#233;termination qui est , nous obtenons ainsi ce qu'on appelle la R&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons par exemple de la r&#233;alit&#233; d'un projet ou d'un but, ce qui signifie qu'ils ne sont plus int&#233;rieurs et subjectifs, mais qu'ils sont pass&#233;s &#224; l'&#234;tre-l&#224;-et-alors. Dans le m&#234;me sens, le corps peut &#234;tre appel&#233; la r&#233;alit&#233; de l'&#226;me, la loi la r&#233;alit&#233; de la libert&#233;, et le monde tout entier la r&#233;alit&#233; de l'id&#233;e divine. Le mot &#171; r&#233;alit&#233; &#187; est cependant employ&#233; dans une autre acception pour signifier que quelque chose se comporte conform&#233;ment &#224; sa caract&#233;ristique ou &#224; sa notion essentielle. Par exemple, nous utilisons l'expression : ceci est une occupation r&#233;elle ; ceci est un homme r&#233;el. Ici, le terme ne signifie pas seulement une existence ext&#233;rieure et imm&#233;diate, mais plut&#244;t qu'une existence quelconque s'accorde avec sa notion. En ce sens, ajoutons-nous, la r&#233;alit&#233; n'est pas distincte de l'id&#233;alit&#233; que nous allons d'abord conna&#238;tre sous la forme de l'&#202;tre-pour-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 92&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[b] L'&#234;tre, s'il &#233;tait tenu &#224; l'&#233;cart de son mode d&#233;termin&#233;, comme c'est le cas dans l'&#234;tre par soi (l'&#234;tre implicite), ne serait que l'abstraction vacante de l'&#234;tre. Dans l'&#234;tre (d&#233;termin&#233; ici et maintenant), la d&#233;termination est une avec l'&#234;tre ; mais en m&#234;me temps, lorsqu'elle est explicitement faite n&#233;gation, elle est une limite , une barri&#232;re. L'alt&#233;rit&#233; n'est donc pas quelque chose d'indiff&#233;rent et d'ext&#233;rieur &#224; lui, mais une fonction qui lui est propre. Elle est en quelque sorte, par sa qualit&#233;, d'abord finie , ensuite modifiable ; de sorte que la finitude et la variabilit&#233; appartiennent &#224; son &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#234;tre-l&#224;-et-alors, la n&#233;gation est encore directement une avec l'&#234;tre, et cette n&#233;gation est ce que nous appelons une limite. Une chose n'est ce qu'elle est que dans et par sa limite. Nous ne pouvons donc pas consid&#233;rer la limite comme seulement ext&#233;rieure &#224; l'&#234;tre qui est l&#224;-bas. Elle traverse au contraire toute cette existence. La conception de la limite comme une simple caract&#233;ristique ext&#233;rieure de l'&#234;tre-l&#224;-et-alors provient d'une confusion entre limite quantitative et limite qualitative. Nous parlons ici avant tout de la limite qualitative. Si nous observons par exemple un terrain de trois hectares, cette circonstance est sa limite quantitative. Mais le terrain peut aussi &#234;tre une prairie, et non un bois ou un &#233;tang. C'est l&#224; sa limite qualitative. L'homme, s'il veut &#234;tre actuel, doit &#234;tre l&#224;-bas et alors, et pour cela il doit se fixer une limite. Les hommes qui sont trop exigeants envers le fini n'atteignent jamais l'actualit&#233;, mais s'attardent dans l'abstraction et leur lumi&#232;re s'&#233;teint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous regardons de plus pr&#232;s ce qu'implique une limite, nous voyons qu'elle renferme en elle-m&#234;me une contradiction, et qu'elle manifeste ainsi sa nature dialectique. D'un c&#244;t&#233;, la limite fait la r&#233;alit&#233; d'une chose ; de l'autre, elle en est la n&#233;gation. Mais, de nouveau, la limite, en tant que n&#233;gation de quelque chose, n'est pas un rien abstrait, mais un rien qui est &#8212; ce que nous appelons un &#171; autre &#187;. &#201;tant donn&#233; quelque chose, un autre surgit pour nous : nous savons qu'il n'y a pas seulement quelque chose, mais aussi un autre. De plus, l'autre n'est pas d'une nature telle que nous puissions penser quelque chose en dehors de lui ; un quelque chose est implicitement l'autre de lui-m&#234;me, et le quelque chose voit sa limite devenir objective pour lui dans l'autre. Si nous demandons maintenant quelle est la diff&#233;rence entre quelque chose et un autre, il se trouve qu'ils sont identiques : cette identit&#233; est exprim&#233;e en latin par le couple aliad-aliud . L'autre, en tant qu'oppos&#233; au quelque chose, est lui-m&#234;me un quelque chose, et nous disons donc quelque autre, ou quelque chose d'autre ; et ainsi, d'autre part, le premier quelque chose, oppos&#233; &#224; l'autre, qui est aussi d&#233;fini comme quelque chose, est lui-m&#234;me un autre. Quand nous disons &#171; autre chose &#187;, notre premi&#232;re impression est que quelque chose pris s&#233;par&#233;ment n'est que quelque chose, et que la qualit&#233; d'&#234;tre autre ne lui est attach&#233;e que par des consid&#233;rations ext&#233;rieures. Ainsi nous supposons que la lune, &#233;tant autre chose que le soleil, pourrait tr&#232;s bien exister sans le soleil. Mais en r&#233;alit&#233; la lune, en tant que quelque chose, a son autre implicite en elle. Platon dit : Dieu a fait le monde de la nature de l'&#171; un &#187; et de l'&#171; autre &#187; ( ton eterou ) ; les ayant r&#233;unis, il en a form&#233; un troisi&#232;me, qui est de la nature de l'&#171; un &#187; et de l'&#171; autre &#187;. Dans ces mots, nous avons en termes g&#233;n&#233;raux une d&#233;claration de la nature du fini, qui, en tant que quelque chose, ne rencontre pas la nature de l'autre comme s'il n'avait aucune affinit&#233; avec elle, mais, &#233;tant implicitement l'autre de lui-m&#234;me, subit ainsi une alt&#233;ration. L'alt&#233;ration manifeste ainsi la contradiction inh&#233;rente &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; et qui le force &#224; sortir de ses propres limites. Pour la conception mat&#233;rialis&#233;e, l'existence a le caract&#232;re de quelque chose de purement positif et demeurant tranquillement dans ses propres limites ; bien que nous sachions aussi, il est vrai, que tout ce qui est fini (comme l'existence) est sujet au changement. Une telle variabilit&#233; de l'existence est pour l'&#339;il superficiel une simple possibilit&#233;, dont la r&#233;alisation n'est pas une cons&#233;quence de sa nature propre.Mais le fait est que la mutabilit&#233; r&#233;side dans la notion d'existence, et le changement n'est que la manifestation de ce qu'il est implicitement. Les vivants meurent, simplement parce qu'en tant que vivants ils portent en eux le germe de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 93&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose devient un autre ; cet autre est lui-m&#234;me quelque chose ; donc il devient &#233;galement un autre, et ainsi &#224; l'infini .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 94&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet infini est l'infini faux ou n&#233;gatif : il n'est que la n&#233;gation d'un fini : mais le fini se rel&#232;ve toujours tel qu'il &#233;tait, et il n'est jamais &#233;limin&#233; ni absorb&#233;. En d'autres termes, cet infini n'exprime que l' &#233;limination qui doit &#234;tre faite du fini. La progression vers l'infini ne va jamais plus loin que l'&#233;nonc&#233; de la contradiction qui existe dans le fini, &#224; savoir qu'il est un peu aussi bien qu'un peu autre chose. Elle &#233;tablit par une it&#233;ration sans fin l'alternance de ces deux termes, dont chacun appelle l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous laissons se s&#233;parer quelque chose et quelque chose, les &#233;l&#233;ments de l'&#234;tre d&#233;termin&#233;, il en r&#233;sulte que quelque chose devient autre, et cet autre est lui-m&#234;me quelque chose, qui alors change comme tel, et ainsi de suite &#224; l'infini. Ce r&#233;sultat para&#238;t &#224; la r&#233;flexion superficielle quelque chose de tr&#232;s grand, le plus grand possible. Mais une telle progression vers l'infini n'est pas le v&#233;ritable infini. Celui-ci consiste &#224; &#234;tre &#224; l'aise avec soi-m&#234;me dans son autre, ou, si l'on &#233;nonce cela comme un processus, &#224; se retrouver dans son autre. Il faut beaucoup comprendre correctement la notion d'infini et ne pas s'arr&#234;ter &#224; l'infini erron&#233; d'une progression sans fin. Quand on parle par exemple du temps et de l'espace comme infinis, c'est d'abord &#224; la progression infinie que nos pens&#233;es s'attachent. Nous disons : tant&#244;t, tant&#244;t, et nous allons sans cesse en avant et en arri&#232;re au-del&#224; de cette limite. Il en est de m&#234;me de l'espace, dont l'infinit&#233; a fait l'objet de d&#233;clamations st&#233;riles chez les astronomes dou&#233;s pour l'&#233;dification. En essayant de contempler un tel infini, notre pens&#233;e, nous dit-on g&#233;n&#233;ralement, doit s'&#233;puiser. Il est vrai que nous devons abandonner cette contemplation sans fin, non pas parce que l'occupation est trop sublime, mais parce qu'elle est trop ennuyeuse. Il est ennuyeux de s'&#233;tendre sur la contemplation de cette progression infinie, car la m&#234;me chose se r&#233;p&#232;te sans cesse. Nous posons une limite, puis nous la d&#233;passons, puis nous avons une autre limite, et ainsi de suite &#224; l'infini. Tout cela n'est qu'une alternance superficielle, qui ne quitte jamais la r&#233;gion du fini. Supposer qu'en sortant et en p&#233;n&#233;trant dans cet infini nous nous lib&#233;rons du fini, c'est en v&#233;rit&#233; rechercher la lib&#233;ration qui vient par la fuite. Mais l'homme qui fuit n'est pas encore libre : en fuyant, il est encore conditionn&#233; par ce qu'il fuit. Si l'on dit aussi que l'infini est inaccessible, la d&#233;claration est vraie, mais seulement parce qu'&#224; l'id&#233;e d'infinit&#233; a &#233;t&#233; attach&#233;e la circonstance d'&#234;tre simplement et uniquement n&#233;gative. La philosophie n'a rien &#224; voir avec des choses aussi vides et d'un autre monde. Ce &#224; quoi la philosophie a affaire, c'est toujours quelque chose de concret et de pr&#233;sent au sens le plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie a sans doute &#233;t&#233; quelquefois charg&#233;e de r&#233;pondre &#224; la question de savoir comment l'infini se r&#233;sout &#224; sortir de lui-m&#234;me. Cette question, qui repose sur l'hypoth&#232;se d'une opposition rigide entre le fini et l'infini, peut &#234;tre r&#233;solue en disant que cette opposition est fausse et qu'en r&#233;alit&#233; l'infini sort &#233;ternellement de lui-m&#234;me et pourtant ne sort pas de lui-m&#234;me. Si nous disons en outre que l'infini est le non-fini, nous avons en r&#233;alit&#233; exprim&#233; virtuellement la v&#233;rit&#233; : car, comme le fini lui-m&#234;me est le premier n&#233;gatif, le non-fini est le n&#233;gatif de cette n&#233;gation, la n&#233;gation qui est identique &#224; elle-m&#234;me et donc en m&#234;me temps une affirmation vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infini de la r&#233;flexion dont il est ici question n'est qu'une tentative pour atteindre l'infini v&#233;ritable, un mis&#233;rable ni-un-ni-un-autre. C'est en g&#233;n&#233;ral le point de vue qui a &#233;t&#233; mis en avant ces derniers temps en Allemagne. Le fini, nous dit cette th&#233;orie, doit &#234;tre absorb&#233; ; l'infini ne doit pas &#234;tre seulement n&#233;gatif, mais aussi positif. Ce &#171; devoir &#234;tre &#187; trahit l'incapacit&#233; de r&#233;aliser r&#233;ellement une pr&#233;tention qui est en m&#234;me temps reconnue comme juste. Ce stade n'a jamais &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; par les syst&#232;mes de Kant et de Fichte, en ce qui concerne la morale. Le plus haut point auquel nous conduit cette voie n'est que le postulat d'une approximation sans fin de la loi de la Raison, postulat qui a &#233;t&#233; fait un argument en faveur de l'immortalit&#233; de l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 95&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[c] Ce que nous avons maintenant en r&#233;alit&#233;, c'est que quelque chose devient un autre, et que l'autre devient g&#233;n&#233;ralement un autre. Ainsi, par rapport &#224; un autre, quelque chose est virtuellement un autre contre lui ; et comme ce qui passe dans est tout &#224; fait la m&#234;me chose que ce qui passe, puisque tous deux ont un seul et m&#234;me attribut, &#224; savoir &#234;tre un autre, il s'ensuit que quelque chose, dans son passage dans un autre, ne fait que se joindre &#224; lui-m&#234;me. &#202;tre ainsi en relation avec soi-m&#234;me dans le passage et dans l'autre, c'est l'Infini v&#233;ritable. Ou bien, sous un aspect n&#233;gatif : ce qui est chang&#233; est l'autre, il devient l'autre de l'autre. Ainsi l'&#234;tre, mais comme n&#233;gation de la n&#233;gation, est r&#233;tabli : il est maintenant l'&#234;tre-pour-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dualisme, en opposant le fini &#224; l'infini, ne remarque pas cette simple circonstance que l'infini n'est que l'un des deux et se r&#233;duit &#224; un particulier dont le fini forme l'autre particulier. Un tel infini, qui n'est qu'un particulier, est contigu au fini qui lui fait une limite et une barri&#232;re : il n'est pas ce qu'il devrait &#234;tre, c'est-&#224;-dire l'infini, mais il est seulement fini. Dans de telles circonstances, o&#249; le fini est d'un c&#244;t&#233; et l'infini de l'autre, ce monde-ci comme fini et l'autre comme infini, une &#233;gale dignit&#233; de permanence et d'ind&#233;pendance est attribu&#233;e au fini et &#224; l'infini. L'&#234;tre du fini devient un &#234;tre absolu, et par ce dualisme il acquiert ind&#233;pendance et stabilit&#233;. Touch&#233;, pour ainsi dire, par l'infini, il serait an&#233;anti. Mais il ne doit pas &#234;tre touch&#233; par l'infini. Il doit y avoir un ab&#238;me, un gouffre infranchissable entre les deux, l'infini demeurant de l'autre c&#244;t&#233; et le fini de l'autre c&#244;t&#233;. Ceux qui attribuent au fini cette inflexibilit&#233; par rapport &#224; l'infini ne sont pas, comme ils le croient, bien au-dessus de la m&#233;taphysique : ils sont encore au niveau de la m&#233;taphysique la plus ordinaire de l'entendement. Car il se passe ici la m&#234;me chose que dans la progression infinie. On admet d'abord que le fini n'a pas d'actualit&#233; propre, pas d'&#234;tre absolu, pas de racine et de d&#233;veloppement propres, mais qu'il n'est qu'un &#234;tre passager. Mais on oublie aussit&#244;t cela ; le fini, devenu simple pendant de l'infini, enti&#232;rement s&#233;par&#233; de lui et sauv&#233; de l'an&#233;antissement, est con&#231;u comme persistant dans son ind&#233;pendance. Tandis que la pens&#233;e s'imagine ainsi &#233;lev&#233;e &#224; l'infini, elle rencontre le sort oppos&#233; : elle arrive &#224; un infini qui n'est qu'un fini, et le fini qu'elle a laiss&#233; derri&#232;re elle doit toujours &#234;tre conserv&#233; et transform&#233; en absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cet examen (avec lequel il serait bon de comparer le Phil&#232;be de Platon ), qui tend &#224; montrer la nullit&#233; de la distinction que fait l'entendement entre le fini et l'infini, on peut tomber dans l'affirmation que l'infini et le fini sont donc un, et que l'infini v&#233;ritable, la v&#233;rit&#233;, doit &#234;tre d&#233;fini et &#233;nonc&#233; comme l'unit&#233; du fini et de l'infini. Une telle affirmation serait juste dans une certaine mesure ; mais elle est aussi sujette &#224; perversion et &#224; fausset&#233; que l'unit&#233; de l'&#202;tre et du Rien que nous avons d&#233;j&#224; signal&#233;e. D'ailleurs, on peut tr&#232;s justement lui reprocher de r&#233;duire l'infini &#224; la finitude et de faire un infini fini. Car, en ce qui concerne l'expression, le fini semble laiss&#233; &#224; sa place ; il n'est pas express&#233;ment dit qu'il doit &#234;tre absorb&#233;. Si nous r&#233;fl&#233;chissons que le fini, identifi&#233; &#224; l'infini, ne peut certainement pas rester ce qu'il &#233;tait en dehors de cette unit&#233;, et qu'il subira au moins un changement dans ses caract&#233;ristiques (comme un alcali, combin&#233; &#224; un acide, perd certaines de ses propri&#233;t&#233;s), nous devons voir que le m&#234;me sort attend l'infini, qui, en tant que n&#233;gatif, verra de son c&#244;t&#233; son tranchant s'effacer, pour ainsi dire, de l'autre c&#244;t&#233;. Et c'est ce qui se passe r&#233;ellement avec l'infini abstrait unilat&#233;ral de l'entendement. Mais l'infini v&#233;ritable n'est pas seulement dans la position de l'acide unilat&#233;ral, et ne se perd donc pas. La n&#233;gation de la n&#233;gation n'est pas une neutralisation : l'infini est l'affirmatif, et c'est seulement le fini qui est absorb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Etre-pour-soi entre la cat&#233;gorie de l'Id&#233;alit&#233;. L'Etre-l&#224;-et-alors, saisi d'abord dans son &#234;tre ou son affirmation, a une r&#233;alit&#233; (&#167; 91) ; et ainsi la finitude elle-m&#234;me est d'abord dans la cat&#233;gorie de la r&#233;alit&#233;. Mais la v&#233;rit&#233; du fini est plut&#244;t son id&#233;alit&#233;. De m&#234;me, l'infini de l'entendement, qui est coordonn&#233; avec le fini, n'est lui-m&#234;me qu'un des deux finis, non une v&#233;rit&#233; totale, mais un &#233;l&#233;ment non substantiel. Cette id&#233;alit&#233; du fini est la maxime principale de la philosophie ; et c'est pourquoi toute philosophie authentique est id&#233;alisme. Mais tout d&#233;pend de ne pas prendre pour infini ce qui, dans les termes m&#234;mes de sa caract&#233;risation, est en m&#234;me temps fait particulier et fini. C'est pourquoi nous avons accord&#233; une plus grande attention &#224; cette distinction. La notion fondamentale de la philosophie, l'infini v&#233;ritable, en d&#233;pend. Cette distinction est &#233;claircie par les r&#233;flexions simples et pour cette raison insignifiantes en apparence, mais incontestables, contenues dans le premier paragraphe de cette section.&lt;br class='autobr' /&gt;
(c) &#202;tre-pour-soi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 96&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[a] L'&#234;tre-pour-soi, comme r&#233;f&#233;rence &#224; soi-m&#234;me, est l'imm&#233;diatet&#233;, et comme r&#233;f&#233;rence du n&#233;gatif &#224; soi-m&#234;me, est un auto-subsistant, l'Un. Cette unit&#233;, &#233;tant sans distinction en elle-m&#234;me, exclut ainsi l'autre d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre pour soi, &#234;tre un, est une Qualit&#233; achev&#233;e, et comme telle contient l'&#202;tre abstrait et l'&#202;tre modifi&#233; comme &#233;l&#233;ments non substantiels. En tant qu'&#202;tre simple, l'Un est simple autor&#233;f&#233;rence ; en tant qu'&#202;tre modifi&#233;, il est d&#233;termin&#233; : mais la d&#233;termination n'est pas ici une d&#233;termination finie &#8212; quelque chose qui se distingue d'une autre &#8212; mais infinie, parce qu'elle contient une distinction absorb&#233;e et annul&#233;e en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus &#233;vident de l'&#234;tre-pour-soi se trouve dans le &#171; je &#187;. Nous nous connaissons comme des &#234;tres, distincts d'abord des autres &#234;tres et ayant certains rapports avec eux. Mais nous connaissons aussi cette expansion de l'existence (dans ces rapports) r&#233;duite, pour ainsi dire, &#224; un point sous la forme simple de l'&#234;tre-pour-soi. Quand nous disons &#171; je &#187;, nous exprimons cette r&#233;f&#233;rence &#224; soi qui est infinie et en m&#234;me temps n&#233;gative. On peut dire que l'homme se distingue du monde animal et par l&#224; m&#234;me de notre nature tout enti&#232;re, en se connaissant lui-m&#234;me comme &#171; je &#187; : ce qui revient &#224; dire que les choses naturelles n'atteignent jamais le libre &#234;tre-pour-soi, mais, limit&#233;es &#224; l'&#234;tre-l&#224;-et-alors, elles sont toujours et seulement &#234;tre pour un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre-pour-soi peut &#234;tre qualifi&#233; d'id&#233;alit&#233;, de m&#234;me que l'&#234;tre-l&#224;-et-alors a &#233;t&#233; qualifi&#233; de r&#233;alit&#233;. On dit qu'&#224; c&#244;t&#233; de la r&#233;alit&#233; il y a aussi une id&#233;alit&#233;. Ainsi les deux cat&#233;gories sont mises sur un pied d'&#233;galit&#233; et parall&#232;les. A proprement parler, l'id&#233;alit&#233; n'est pas quelque chose en dehors et &#224; c&#244;t&#233; de la r&#233;alit&#233; : la notion d'id&#233;alit&#233; consiste simplement en ce qu'elle est la v&#233;rit&#233; de la r&#233;alit&#233;. C'est-&#224;-dire que lorsque la r&#233;alit&#233; est explicitement pos&#233;e comme ce qu'elle est implicitement, elle appara&#238;t imm&#233;diatement comme id&#233;alit&#233;. L'id&#233;alit&#233; n'a donc pas re&#231;u sa juste valeur, si l'on admet que la r&#233;alit&#233; n'est pas tout en tout, mais qu'il faut reconna&#238;tre une id&#233;alit&#233; en dehors d'elle. Une telle id&#233;alit&#233;, ext&#233;rieure &#224; la r&#233;alit&#233; ou m&#234;me au-del&#224;, ne serait qu'un nom vide de sens. L'id&#233;alit&#233; n'a de sens que lorsqu'elle est l'id&#233;alit&#233; de quelque chose : mais ce quelque chose n'est pas un simple ceci ou cela ind&#233;fini, mais une existence caract&#233;ris&#233;e comme r&#233;alit&#233;, qui, si elle est maintenue isol&#233;e, ne poss&#232;de aucune v&#233;rit&#233;. La distinction entre la nature et l'esprit n'est pas mal comprise, quand la premi&#232;re est ramen&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233;, et la seconde si solide et si compl&#232;te qu'elle subsiste m&#234;me sans l'esprit : c'est dans l'esprit qu'elle atteint en quelque sorte son but et sa v&#233;rit&#233;. De m&#234;me, l'esprit, de son c&#244;t&#233;, n'est pas seulement un monde au-del&#224; de la nature et rien de plus : il n'est r&#233;ellement et de fa&#231;on parfaitement &#233;vidente qu'il est esprit que lorsqu'il renferme la nature absorb&#233;e en elle-m&#234;me. A ce propos, il faut remarquer le double sens du mot allemand aufheben (mettre de c&#244;t&#233;, mettre de c&#244;t&#233;). Nous entendons par l&#224; : 1) effacer, ou annuler : ainsi disons-nous qu'une loi ou un r&#232;glement est mis de c&#244;t&#233; ; 2) conserver, ou pr&#233;server : c'est dans ce sens que nous l'utilisons quand nous disons : quelque chose est bien mis de c&#244;t&#233;. Ce double emploi du langage, qui donne au m&#234;me mot un sens positif et un sens n&#233;gatif, n'est pas un hasard et ne donne pas lieu de reprocher au langage d'&#234;tre source de confusion. Il faut plut&#244;t y reconna&#238;tre l'esprit sp&#233;culatif de notre langage qui s'&#233;l&#232;ve au-dessus du simple &#171; ou bien ou bien &#187; de l'entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 97&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[b] Le rapport du n&#233;gatif &#224; lui-m&#234;me est un rapport n&#233;gatif, et donc une distinction de l'Un par rapport &#224; lui-m&#234;me, la r&#233;pulsion de l'Un ; c'est-&#224;-dire qu'il produit plusieurs Uns. En ce qui concerne l'imm&#233;diatet&#233; des existants par eux-m&#234;mes, ces Plusieurs sont : et la r&#233;pulsion de chacun d'eux devient dans cette mesure leur r&#233;pulsion les uns contre les autres en tant qu'unit&#233;s existantes &#8212; en d'autres termes, leur exclusion r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que nous parlons de l'Un, le Multiple nous vient g&#233;n&#233;ralement &#224; l'esprit en m&#234;me temps. D'o&#249; vient donc le Multiple ? La conscience qui se repr&#233;sente le Multiple comme une donn&#233;e premi&#232;re et qui consid&#232;re l'Un comme un seul parmi le Multiple ne peut r&#233;pondre &#224; cette question. Mais la notion philosophique enseigne au contraire que l'Un forme la pr&#233;supposition du Multiple : et dans la pens&#233;e de l'Un il est implicite qu'il se fait explicitement Multiple. L'unit&#233; auto-existante n'est pas, comme l'&#202;tre, d&#233;pourvue de toute r&#233;f&#233;rence connective : elle est une r&#233;f&#233;rence, comme l'&#233;tait l'&#202;tre-l&#224;-et-alors, non pas cependant une r&#233;f&#233;rence qui se relie quelque peu &#224; un autre, mais en tant qu'unit&#233; de l'un et de l'autre, elle est une connexion avec elle-m&#234;me, et cette connexion, notons-le, est une connexion n&#233;gative. Par l&#224; l'Un manifeste une incompatibilit&#233; totale avec lui-m&#234;me, une r&#233;pulsion envers lui-m&#234;me : et ce qui se fait explicitement &#234;tre, c'est le Multiple. Nous pouvons d&#233;signer ce c&#244;t&#233; du processus de l'&#202;tre-pour-soi par le terme figur&#233; de R&#233;pulsion. R&#233;pulsion est un terme employ&#233; &#224; l'origine dans l'&#233;tude de la mati&#232;re, pour signifier que la mati&#232;re, en tant que Nombreux, dans chacun de ces nombreux &#233;l&#233;ments, se comporte comme exclusive de tous les autres. Il serait cependant erron&#233; de consid&#233;rer le processus de r&#233;pulsion comme si l'Un &#233;tait le r&#233;pulsif et le Nombreux le repouss&#233;. L'Un, comme nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233;, n'est qu'une auto-exclusion et une mise en sc&#232;ne explicite de lui-m&#234;me comme le Nombreux. Cependant, chacun des Nombreux est lui-m&#234;me un Un, et en vertu de son comportement, cette r&#233;pulsion totale se transforme d'un seul coup en son contraire : l'Attraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attraction et r&#233;pulsion&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 98&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[c] Mais les multiples sont uns comme les autres : chacun est Un, ou m&#234;me l'un des multiples ; ils sont par cons&#233;quent un et le m&#234;me. Ou bien, quand nous &#233;tudions tout ce que recouvre la r&#233;pulsion , nous voyons qu'en tant qu'attitude n&#233;gative de multiples Uns les uns envers les autres, elle est tout aussi essentiellement une relation de connexion entre eux ; et comme ceux auxquels l'Un est li&#233; dans son acte de r&#233;pulsion sont des Uns, il est en eux mis en relation avec lui-m&#234;me. La r&#233;pulsion a donc un droit &#233;gal &#224; &#234;tre appel&#233;e Attraction ; et l'Un exclusif, ou l'&#202;tre-pour-soi, se supprime lui-m&#234;me. Le caract&#232;re qualitatif, qui dans l'Un ou l'unit&#233; a atteint le point extr&#234;me de sa caract&#233;risation, est ainsi pass&#233; dans la d&#233;terminit&#233; (qualit&#233;) supprim&#233;e, c'est-&#224;-dire dans l'&#202;tre comme Quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie des Atomistes est la doctrine dans laquelle l'Absolu est formul&#233; comme Etre-pour-soi, comme Un et plusieurs. Et c'est la r&#233;pulsion, qui se manifeste dans la notion de l'Un, qui est suppos&#233;e &#234;tre la force fondamentale de ces atomes. Mais au lieu de l'attraction, c'est le hasard, c'est-&#224;-dire la simple inintelligence, qui est cens&#233;e les r&#233;unir. Tant que l'Un est fix&#233; comme un, il est certainement impossible de consid&#233;rer sa rencontre avec les autres comme autre chose qu'ext&#233;rieure et m&#233;canique. Le Vide, qui est suppos&#233; comme le principe compl&#233;mentaire des atomes, n'est que r&#233;pulsion et rien d'autre, pr&#233;sent&#233; sous l'image du n&#233;ant existant entre les atomes. L'atomisme moderne &#8212; et la physique est toujours en principe atomiste &#8212; a abandonn&#233; les atomes au point de fonder sa foi sur les mol&#233;cules ou les particules. Ce faisant, la science s'est rapproch&#233;e de la conception sensible, au prix de perdre la pr&#233;cision de la pens&#233;e. Mettre une force attractive &#224; c&#244;t&#233; d'une force r&#233;pulsive, comme l'ont fait les modernes, donne certainement de la pl&#233;nitude au contraste ; et la d&#233;couverte de cette force naturelle, comme on l'appelle, a &#233;t&#233; une source de beaucoup d'orgueil. Mais l'implication mutuelle des deux, qui fait ce qu'elles ont de vrai et de concret, devrait &#234;tre arrach&#233;e &#224; l'obscurit&#233; et &#224; la confusion o&#249; elles &#233;taient laiss&#233;es m&#234;me dans les Rudiments m&#233;taphysiques de la science naturelle de Kant. Dans les temps modernes, l'importance de la th&#233;orie atomique est encore plus &#233;vidente dans la science politique que dans la science physique. Selon elle, la volont&#233; des individus en tant que telle est le principe cr&#233;ateur de l'&#201;tat ; la force d'attraction, ce sont les besoins et les inclinations particuli&#232;res des individus ; et l'Universel, ou l'&#201;tat lui-m&#234;me, est le lien ext&#233;rieur d'un pacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La philosophie atomique constitue une &#233;tape essentielle dans l'&#233;volution historique de l'Id&#233;e. Le principe de ce syst&#232;me peut &#234;tre d&#233;crit comme l'&#202;tre-pour-soi sous la forme du Multiple. Aujourd'hui, les naturalistes soucieux d'&#233;viter la m&#233;taphysique se tournent vers l'atomisme. Mais il n'est pas possible d'&#233;chapper &#224; la m&#233;taphysique et de cesser de ramener la nature &#224; des termes de pens&#233;e en se jetant dans les bras de l'atomisme. L'atome, en fait, est lui-m&#234;me une pens&#233;e ; et par cons&#233;quent la th&#233;orie qui consid&#232;re la mati&#232;re comme constitu&#233;e d'atomes est une th&#233;orie m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Newton a express&#233;ment mis en garde les physiciens contre la m&#233;taphysique , il est vrai, mais il faut le dire, il n'a en aucune fa&#231;on tenu compte de son propre avertissement. Les seuls qui soient de v&#233;ritables physiciens sont les animaux : eux seuls ne pensent pas, alors que l'homme est un &#234;tre pensant et un m&#233;taphysicien n&#233;. La v&#233;ritable question n'est pas de savoir si nous appliquerons la m&#233;taphysique, mais si notre m&#233;taphysique est de la bonne sorte, c'est-&#224;-dire si, au lieu de l'Id&#233;e logique concr&#232;te, nous n'adoptons pas des formes de pens&#233;e unilat&#233;rales, rigidement fix&#233;es par l'entendement, et si nous n'en faisons pas la base de notre travail th&#233;orique aussi bien que pratique. C'est sur ce terrain que l'on peut objecter &#224; la philosophie atomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens atomistes consid&#233;raient le monde comme un tout, comme le font souvent leurs successeurs aujourd'hui. Le hasard leur a assign&#233; la t&#226;che de rassembler les atomes qui flottent dans le vide. Mais, apr&#232;s tout, le lien qui unit les multiples atomes les uns aux autres n'est en aucun cas un simple hasard : comme nous l'avons d&#233;j&#224; fait remarquer, ce lien est fond&#233; sur leur nature m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Kant que nous devons la th&#233;orie achev&#233;e de la mati&#232;re comme unit&#233; de la r&#233;pulsion et de l'attraction. Cette th&#233;orie est correcte dans la mesure o&#249; elle reconna&#238;t l'attraction comme l'autre des deux &#233;l&#233;ments impliqu&#233;s dans la notion d'&#234;tre-pour-soi : un &#233;l&#233;ment non moins essentiel que la r&#233;pulsion pour constituer la mati&#232;re. Cependant, cette construction dynamique de la mati&#232;re, comme on l'appelle, a le d&#233;faut de tenir pour acquis, au lieu de les d&#233;duire, l'attraction et la r&#233;pulsion. Si elles avaient &#233;t&#233; d&#233;duites, nous aurions alors vu le comment et le pourquoi d'une unit&#233; qui est simplement affirm&#233;e. Kant ... [insiste sur le fait que] la mati&#232;re doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme consistant uniquement dans leur unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les physiciens allemands ont accept&#233; pendant un certain temps cette pure dynamique. Mais malgr&#233; cela, la plupart de ces physiciens modernes ont trouv&#233; plus commode de revenir au point de vue atomique et, malgr&#233; les avertissements de K&#228;stner, l'un d'eux, ont commenc&#233; &#224; consid&#233;rer la mati&#232;re comme constitu&#233;e de particules infinit&#233;simales, appel&#233;es &#171; atomes &#187;, lesquelles doivent ensuite &#234;tre mises en relation les unes avec les autres par le jeu de forces qui leur sont attach&#233;es, attractives, r&#233;pulsives ou autres. Cela aussi est de la m&#233;taphysique, et une m&#233;taphysique contre laquelle, en raison de son absence totale d'intelligence, il y aurait suffisamment de raisons de se garder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quantit&#233; et qualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La transition de la qualit&#233; &#224; la quantit&#233;, indiqu&#233;e dans le paragraphe qui nous occupe, ne se rencontre pas dans notre fa&#231;on de penser ordinaire, qui consid&#232;re que chacune de ces cat&#233;gories existe ind&#233;pendamment l'une de l'autre. Nous avons l'habitude de dire que les choses ne sont pas seulement d&#233;finies qualitativement, mais aussi quantitativement ; mais d'o&#249; viennent ces cat&#233;gories et comment elles sont li&#233;es les unes aux autres, ce ne sont l&#224; que des questions que nous examinerons plus en d&#233;tail. Le fait est que la quantit&#233; signifie simplement la qualit&#233; remplac&#233;e et absorb&#233;e : et c'est par la dialectique de la qualit&#233; examin&#233;e ici que s'effectue ce remplacement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, nous avons eu l'&#202;tre : comme v&#233;rit&#233; de l'&#202;tre, est venu le Devenir, qui a form&#233; le passage vers l'&#202;tre d&#233;termin&#233; ; et nous avons d&#233;couvert que la v&#233;rit&#233; de cela &#233;tait l'Alt&#233;ration. Et dans son r&#233;sultat, l'Alt&#233;ration s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#234;tre l'&#202;tre-pour-soi ; enfin, dans les deux c&#244;t&#233;s du processus, la R&#233;pulsion et l'Attraction, on a clairement vu que la R&#233;pulsion et l'Attraction s'annulaient elles-m&#234;mes, et par l&#224; m&#234;me annulaient la Qualit&#233; dans la totalit&#233; de ses stades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette qualit&#233; d&#233;pass&#233;e et absorb&#233;e n'est ni un n&#233;ant abstrait, ni un &#234;tre tout aussi abstrait et sans traits distinctifs : elle n'est qu'un &#234;tre indiff&#233;rent &#224; la d&#233;termination ou au caract&#232;re. Cet aspect de l'&#234;tre est aussi ce qui appara&#238;t comme quantit&#233; dans nos conceptions ordinaires. Nous observons les choses, tout d'abord en ayant en vue leur qualit&#233;, que nous consid&#233;rons comme le caract&#232;re identique &#224; l'&#234;tre de la chose. Si nous consid&#233;rons ensuite leur quantit&#233;, nous obtenons la conception d'un caract&#232;re ou d'un mode indiff&#233;rent et ext&#233;rieur, de telle sorte qu'une chose reste ce qu'elle est, bien que sa quantit&#233; soit modifi&#233;e et que la chose devienne plus ou moins grande.&lt;br class='autobr' /&gt;
B. QUANTIT&#201;&lt;br class='autobr' /&gt;
C. MESURE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 107&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure est le quantum qualitatif, en premier lieu en tant qu'imm&#233;diat &#8212; un quantum auquel un &#234;tre d&#233;termin&#233; ou une qualit&#233; est attach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure, o&#249; qualit&#233; et quantit&#233; ne font qu'un, est donc la perfection de l'&#202;tre. L'&#202;tre, tel que nous le saisissons d'abord, est quelque chose de compl&#232;tement abstrait et sans caract&#232;re ; mais c'est l'essence m&#234;me de l'&#202;tre de se caract&#233;riser lui-m&#234;me, et sa caract&#233;risation compl&#232;te est atteinte dans la mesure. La mesure, comme les autres stades de l'&#202;tre, peut servir de d&#233;finition de l'Absolu ; Dieu, a-t-on dit, est la mesure de toutes choses. C'est cette id&#233;e qui constitue la note de fond de nombreux hymnes h&#233;breux anciens, dans lesquels la glorification de Dieu tend principalement &#224; montrer qu'il a assign&#233; &#224; chaque chose ses limites : &#224; la mer et &#224; la terre ferme, aux rivi&#232;res et aux montagnes, ainsi qu'aux diff&#233;rentes esp&#232;ces de plantes et d'animaux. Dans le sens religieux des Grecs, la divinit&#233; de la mesure, en particulier en ce qui concerne l'&#233;thique sociale, &#233;tait repr&#233;sent&#233;e par N&#233;m&#233;sis. Cette conception implique une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale selon laquelle tous les &#234;tres humains, les richesses, les honneurs et le pouvoir, ainsi que la joie et la douleur, ont leur mesure d&#233;finie, dont la transgression entra&#238;ne la ruine et la destruction. Dans le monde des objets aussi, il y a la mesure. Nous voyons en premier lieu des &#234;tres dans la nature dont la mesure constitue la structure essentielle. C'est le cas, par exemple, du syst&#232;me solaire, que l'on peut d&#233;crire comme le royaume des mesures libres. Lorsque nous passons ensuite &#224; l'&#233;tude de la nature inorganique, la mesure passe pour ainsi dire &#224; l'arri&#232;re-plan ; du moins, nous trouvons souvent que les caract&#233;ristiques quantitatives et qualitatives sont indiff&#233;rentes les unes aux autres. Ainsi, la qualit&#233; d'un rocher ou d'une rivi&#232;re n'est pas li&#233;e &#224; une grandeur d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me ces objets, lorsqu'on les examine de pr&#232;s, ne sont pas tout &#224; fait d&#233;mesur&#233;s : l'eau d'une rivi&#232;re et les constituants isol&#233;s d'une roche, lorsqu'on les analyse chimiquement, se r&#233;v&#232;lent &#234;tre des qualit&#233;s conditionn&#233;es par les rapports quantitatifs entre les mati&#232;res qu'ils contiennent. Dans la nature organique, cependant, la mesure s'&#233;l&#232;ve de nouveau jusqu'&#224; la perception imm&#233;diate. Les diff&#233;rentes esp&#232;ces de plantes et d'animaux, dans leur ensemble comme dans leurs parties, ont une certaine mesure ; il convient cependant de remarquer que les formes les plus imparfaites, celles qui s'&#233;loignent le moins de la nature inorganique, se distinguent en partie des formes sup&#233;rieures par la plus grande ind&#233;termination de leur mesure. Ainsi, parmi les fossiles, nous trouvons des ammonites discernables seulement au microscope, et d'autres aussi grosses qu'une roue de charrette. La m&#234;me impr&#233;cision de mesure appara&#238;t chez plusieurs plantes qui se trouvent &#224; un niveau de d&#233;veloppement organique peu &#233;lev&#233;, par exemple les foug&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 108&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; la qualit&#233; et la quantit&#233; ne sont qu'imm&#233;diatement unies , dans cette mesure leur diff&#233;rence se pr&#233;sente d'une mani&#232;re &#233;galement imm&#233;diate. Deux cas sont alors possibles. Ou bien le quantum ou la mesure sp&#233;cifique est un quantum nu, et l'&#234;tre d&#233;fini (l&#224; et alors) est susceptible d'une augmentation ou d'une diminution, sans que la mesure (qui est dans cette mesure une r&#232;gle ) soit pour autant compl&#232;tement &#233;cart&#233;e. Ou bien la modification du quantum est aussi une modification de la qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; entre quantit&#233; et qualit&#233;, qui se trouve dans la mesure, n'est d'abord qu'implicite et n'est pas encore explicitement r&#233;alis&#233;e. En d'autres termes, ces deux cat&#233;gories, qui s'unissent dans la mesure, revendiquent chacune une autorit&#233; ind&#233;pendante. D'une part, les caract&#232;res quantitatifs de l'existence peuvent &#234;tre modifi&#233;s sans que sa qualit&#233; en soit affect&#233;e. D'autre part, cette augmentation et cette diminution, si insignifiantes soient-elles, ont leur limite, au-del&#224; de laquelle la qualit&#233; subit un changement. Ainsi, la temp&#233;rature de l'eau est, en premier lieu, un point sans cons&#233;quence pour sa liquidit&#233; ; cependant, avec l'augmentation ou la diminution de la temp&#233;rature de l'eau liquide, il arrive un point o&#249; cet &#233;tat de coh&#233;sion subit un changement qualitatif, et l'eau se transforme en vapeur ou en glace. Un changement quantitatif se produit, apparemment sans autre signification ; mais il y a quelque chose qui se cache derri&#232;re, et un changement de quantit&#233; apparemment innocent agit comme une sorte de pi&#232;ge pour saisir la qualit&#233;. L'antinomie de la mesure que cela implique a &#233;t&#233; illustr&#233;e sous plus d'un aspect chez les Grecs. On a demand&#233;, par exemple, si un seul grain de bl&#233; fait un tas de bl&#233;, ou si un seul poil de la queue du cheval fait une queue chauve. Au premier abord, sans doute, en consid&#233;rant la nature de la quantit&#233; comme un caract&#232;re indiff&#233;rent et ext&#233;rieur de l'&#234;tre, nous sommes dispos&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions par la n&#233;gative. Et pourtant, il faut bien l'admettre, cette augmentation et cette diminution indiff&#233;rentes ont leur limite : on arrive enfin &#224; un point o&#249; un seul grain de bl&#233; suppl&#233;mentaire fait un tas de bl&#233;, et la queue chauve se produit si l'on continue &#224; arracher des poils isol&#233;s. Ces exemples trouvent un parall&#232;le dans l'histoire du paysan qui, tandis que son &#226;ne marchait gaiement, ajoutait once apr&#232;s once &#224; sa charge, jusqu'&#224; ce qu'il finisse par s'effondrer sous le fardeau insupportable. Ce serait une erreur de traiter ces exemples comme des futilit&#233;s p&#233;dantesques ; ils concernent en r&#233;alit&#233; des pens&#233;es, dont la connaissance est d'une grande importance dans la vie pratique, surtout dans la morale. Ainsi, en mati&#232;re de d&#233;penses, il existe une certaine latitude dans laquelle un plus ou un moins n'a pas d'importance ; mais lorsque la mesure impos&#233;e par les circonstances particuli&#232;res du cas sp&#233;cial est d&#233;pass&#233;e d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, la nature qualitative de la mesure (comme dans les exemples ci-dessus de la diff&#233;rence de temp&#233;rature de l'eau) se fait sentir, et une conduite qui, un instant auparavant, &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une bonne &#233;conomie, se transforme en avarice ou en prodigalit&#233;. Les m&#234;mes principes peuvent &#234;tre appliqu&#233;s en politique, lorsque la constitution d'un &#201;tat doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme ind&#233;pendante, tout autant que comme d&#233;pendante, de l'&#233;tendue de son territoire, du nombre de ses habitants et d'autres points quantitatifs du m&#234;me genre. Si nous consid&#233;rons, par exemple, un &#201;tat ayant un territoire de dix mille milles carr&#233;s et une population de quatre millions d'habitants, nous devrions, sans h&#233;siter,Il faut admettre que quelques milles carr&#233;s de terre ou quelques milliers d'habitants de plus ou de moins ne sauraient exercer aucune influence essentielle sur le caract&#232;re de sa constitution. Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, il ne faut pas oublier que, par l'accroissement ou la diminution continue d'un &#201;tat, on arrive enfin &#224; un point o&#249;, ind&#233;pendamment de toutes autres circonstances, ce seul changement quantitatif entra&#238;ne n&#233;cessairement un changement dans la qualit&#233; de la constitution. La constitution d'un petit canton suisse ne convient pas &#224; un grand royaume ; de m&#234;me la constitution de la r&#233;publique romaine ne convenait pas lorsqu'elle &#233;tait transf&#233;r&#233;e aux petites villes imp&#233;riales de Germanie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 109&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, lorsque la mesure, par sa nature quantitative, d&#233;passe son caract&#232;re qualitatif, nous rencontrons ce qui est d'abord une absence de mesure, le sans mesure. Mais comme le second rapport quantitatif, qui est sans mesure par rapport au premier, n'en est pas moins qualitatif, le sans mesure est aussi une mesure. Ces deux passages, de la qualit&#233; au quantum, et de ce dernier &#224; la qualit&#233;, peuvent &#234;tre repr&#233;sent&#233;s sous l'image d'une progression infinie, comme l'auto-abrogation et la restauration de la mesure dans le sans mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quantit&#233;, comme nous l'avons vu, n'est pas seulement susceptible de variation, c'est-&#224;-dire d'augmentation ou de diminution : elle tend naturellement et n&#233;cessairement &#224; se d&#233;passer elle-m&#234;me. Cette tendance se maintient m&#234;me dans la mesure. Mais si la quantit&#233; pr&#233;sente dans la mesure d&#233;passe une certaine limite, la qualit&#233; qui lui correspond est &#233;galement suspendue. Ce n'est cependant pas une n&#233;gation de la qualit&#233; tout &#224; fait, mais seulement de cette qualit&#233; d&#233;termin&#233;e, dont la place est aussit&#244;t prise par une autre. Ce processus de mesure, qui appara&#238;t alternativement comme un simple changement de quantit&#233;, puis comme une r&#233;version soudaine de la quantit&#233; en qualit&#233;, peut &#234;tre envisag&#233; sous la figure d'une ligne nodale (nou&#233;e). Nous trouvons de telles lignes dans la nature sous des formes diverses. Nous avons d&#233;j&#224; fait allusion aux &#233;tats d'agr&#233;gation qualitativement diff&#233;rents que pr&#233;sente l'eau lorsque la temp&#233;rature augmente ou diminue. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se pr&#233;sente dans les diff&#233;rents degr&#233;s d'oxydation des m&#233;taux. La diff&#233;rence des notes de musique peut m&#234;me &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un exemple de ce qui se produit dans le processus de mesure, la r&#233;version de ce qui est d'abord purement quantitatif en une modification qualitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 110&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe ici, c'est que l'imm&#233;diatet&#233; qui s'attache encore &#224; la mesure en tant que telle est &#233;cart&#233;e. Dans la mesure, la qualit&#233; et la quantit&#233; elles-m&#234;mes sont d'abord imm&#233;diates, et la mesure n'est que leur identit&#233; &#171; relative &#187;. Mais la mesure se montre absorb&#233;e et d&#233;pass&#233;e dans l'incommensurable : pourtant l'incommensurable, bien qu'il soit la n&#233;gation de la mesure, est lui-m&#234;me une unit&#233; de quantit&#233; et de qualit&#233;. Ainsi, dans l'incommensurable, la mesure ne se rencontre encore qu'avec elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 111&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu des facteurs plus abstraits, l'&#202;tre et le N&#233;ant, l'un et l'autre, etc., l'Infini, qui est l'affirmation comme n&#233;gation de la n&#233;gation, trouve maintenant ses facteurs dans la qualit&#233; et la quantit&#233;. Celles-ci ( a ) ont d'abord pass&#233; de la qualit&#233; &#224; la quantit&#233; (&#167; 98), et la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; (&#167; 105), et se pr&#233;sentent ainsi toutes deux comme des n&#233;gations. ( b ) Mais dans leur unit&#233;, c'est-&#224;-dire dans leur mesure, elles sont originairement distinctes, et l'une n'est que par l'interm&#233;diaire de l'autre. Et ( g ) apr&#232;s que l'imm&#233;diatet&#233; de cette unit&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e s'annuler elle-m&#234;me, l'unit&#233; est explicitement pos&#233;e comme ce qu'elle est implicitement, simple rapport &#224; soi, qui contient en elle l'&#234;tre et toutes ses formes absorb&#233;es. L'&#202;tre ou l'imm&#233;diatet&#233;, qui par sa n&#233;gation est une m&#233;diation avec soi et une r&#233;f&#233;rence &#224; soi, qui par cons&#233;quent est aussi une m&#233;diation qui s'annule en r&#233;f&#233;rence &#224; soi, ou l'imm&#233;diatet&#233;, est l'Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de mesure, au lieu d'&#234;tre seulement l'infini erron&#233; d'une progression sans fin, sous la forme d'un retour toujours renaissant de la qualit&#233; &#224; la quantit&#233; et de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233;, est aussi un v&#233;ritable infini de co&#239;ncidence avec soi-m&#234;me dans l'autre. Dans la mesure, qualit&#233; et quantit&#233; se font face originellement, comme l'une et l'autre. Mais la qualit&#233; est implicitement quantit&#233; et inversement la quantit&#233; est implicitement qualit&#233;. Dans le processus de mesure, donc, ces deux choses passent l'une dans l'autre : chacune d'elles devient ce qu'elle &#233;tait d&#233;j&#224; implicitement : et nous obtenons ainsi l'&#202;tre mis en suspens et absorb&#233;, avec ses diverses caract&#233;ristiques ni&#233;es. Un tel &#202;tre est l'Essence. La mesure est implicitement l'Essence ; et son processus consiste &#224; r&#233;aliser implicitement ce qu'elle est. La conscience ordinaire con&#231;oit les choses comme &#233;tant, et les &#233;tudie en qualit&#233;, quantit&#233; et mesure. Mais ces caract&#233;ristiques imm&#233;diates se r&#233;v&#232;lent bient&#244;t non fixes mais transitoires ; et l'Essence est le r&#233;sultat de leur dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de l'Essence, une cat&#233;gorie ne passe pas dans une autre , mais renvoie simplement &#224; une autre. Dans l'Etre, la forme de r&#233;f&#233;rence est due uniquement &#224; notre r&#233;flexion sur ce qui se passe : mais c'est la caract&#233;ristique sp&#233;ciale et propre de l'Essence. Dans le domaine de l'Etre, quand quelque chose devient autre, le quelque chose a disparu. Il n'en est pas de m&#234;me dans l'Essence : il n'y a pas d'autre v&#233;ritable, mais seulement diversit&#233;, r&#233;f&#233;rence de l'un &#224; son autre. Le passage de l'Essence n'est donc pas en m&#234;me temps un passage : car dans le passage du diff&#233;rent au diff&#233;rent, le diff&#233;rent ne dispara&#238;t pas : les diff&#233;rents termes restent dans leur rapport. Quand nous parlons d'Etre et de N&#233;ant, l'Etre est ind&#233;pendant, le N&#233;ant aussi. Il en est autrement du Positif et du N&#233;gatif . Sans doute, ceux-ci poss&#232;dent la caract&#233;ristique d'Etre et de N&#233;ant. Mais le Positif en lui-m&#234;me n'a pas de sens ; il est tout entier en rapport avec le n&#233;gatif. Et il en est de m&#234;me du n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de l'Etre, la r&#233;f&#233;rence d'un terme &#224; un autre n'est qu'implicite ; dans l'Essence, au contraire, elle est explicite. Et c'est l&#224; en g&#233;n&#233;ral la distinction entre les formes de l'Etre et de l'Essence : dans l'Etre tout est imm&#233;diat , dans l'Essence tout est relatif .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. ESSENCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 112&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes de l'Essence ne sont que de simples couples de corr&#233;latifs, et pourtant ils ne se refl&#232;tent pas absolument en eux-m&#234;mes : c'est pourquoi, dans l'Essence, l'unit&#233; r&#233;elle de la notion n'est pas encore r&#233;alis&#233;e, mais seulement postul&#233;e par r&#233;flexion. L'Essence, qui est l'Etre entrant en m&#233;diation avec lui-m&#234;me par la n&#233;gativit&#233; de lui-m&#234;me, n'est relation &#224; soi-m&#234;me que dans la mesure o&#249; elle est relation &#224; un Autre, cet Autre se pr&#233;sentant cependant d'abord non pas comme quelque chose qui est , mais comme postul&#233; et hypoth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#202;tre n'a pas disparu : mais, premi&#232;rement, l'Essence, en tant que simple rapport &#224; soi-m&#234;me, est l'&#202;tre, et deuxi&#232;mement, en ce qui concerne son caract&#232;re unilat&#233;ral d' imm&#233;diatet&#233; , l'&#202;tre est d&#233;pos&#233; &#224; un simple n&#233;gatif, &#224; une lumi&#232;re apparente ou r&#233;fl&#233;chie &#8211; l'Essence est donc l'&#202;tre r&#233;fl&#233;chissant ainsi la lumi&#232;re en lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Absolu est l'Essence. C'est la m&#234;me d&#233;finition que la pr&#233;c&#233;dente, selon laquelle l'Absolu est l'Etre, en tant que l'Etre est aussi simple rapport &#224; soi-m&#234;me. Mais elle est en m&#234;me temps plus &#233;lev&#233;e, car l'Essence est l'Etre entr&#233; en soi-m&#234;me : c'est-&#224;-dire que le simple rapport &#224; soi (dans l'Etre) est express&#233;ment pos&#233; comme n&#233;gation du n&#233;gatif, c'est-&#224;-dire comme auto-m&#233;diation immanente. Malheureusement, quand l'Absolu est d&#233;fini comme l'Essence, la n&#233;gativit&#233; que cela implique est souvent interpr&#233;t&#233;e comme signifiant seulement le retrait de tous les pr&#233;dicats d&#233;termin&#233;s. Cette action n&#233;gative de retrait ou d'abstraction tombe ainsi en dehors de l'Essence &#8211; qui est ainsi laiss&#233;e comme un simple r&#233;sultat en dehors de ses pr&#233;misses &#8211; le caput mortuum de l'abstraction. Mais comme cette n&#233;gativit&#233;, au lieu d'&#234;tre ext&#233;rieure &#224; l'Etre, est sa propre dialectique, la v&#233;rit&#233; de ce dernier, &#224; savoir l'Essence, sera l'Etre en tant que retir&#233; en lui-m&#234;me &#8211; l'Etre immanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion , ou lumi&#232;re projet&#233;e en elle-m&#234;me, constitue la distinction entre l'Essence et l'&#202;tre imm&#233;diat, et est la caract&#233;ristique particuli&#232;re de l'Essence elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute mention de l'Essence implique que nous la distinguons de l'Etre : celui-ci est imm&#233;diat et, compar&#233; &#224; l'Essence, nous le consid&#233;rons comme une simple apparence. Mais cette apparence n'est pas un n&#233;ant absolu ni un rien du tout, mais un Etre d&#233;pass&#233; et mis de c&#244;t&#233;. Le point de vue donn&#233; par l'Essence est, en g&#233;n&#233;ral, le point de vue de la &#171; R&#233;flexion &#187; . Ce mot &#171; Le terme &#171; r&#233;flexion &#187; s'applique &#224; l'origine au fait qu'un rayon lumineux qui frappe en ligne droite la surface d'un miroir est renvoy&#233; par celui-ci. Dans ce ph&#233;nom&#232;ne, nous avons deux choses : d'abord un fait imm&#233;diat qui est, et ensuite la phase d&#233;l&#233;gu&#233;e, d&#233;riv&#233;e ou transmise de ce fait. Quelque chose de ce genre se produit lorsque nous r&#233;fl&#233;chissons ou pensons &#224; un objet : car ici nous voulons conna&#238;tre l'objet, non pas dans son imm&#233;diatet&#233;, mais comme d&#233;riv&#233; ou m&#233;diatis&#233;.Le probl&#232;me ou le but de la philosophie est souvent repr&#233;sent&#233; comme la recherche de l'essence des choses : une expression qui signifie seulement que les choses, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;es dans leur imm&#233;diatet&#233;, doivent &#234;tre montr&#233;es comme &#233;tant m&#233;diatis&#233;es par, ou fond&#233;es sur, quelque chose d'autre. L'&#234;tre imm&#233;diat des choses est ainsi con&#231;u sous l'image d'une &#233;corce ou d'un rideau derri&#232;re lequel l'Essence est cach&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout, dit-on, a une essence, c'est-&#224;-dire que les choses ne sont pas ce qu'elles se montrent imm&#233;diatement. Il y a bien plus &#224; faire que de passer d'une qualit&#233; &#224; une autre, et de passer du qualitatif au quantitatif, et vice versa : il y a une permanence dans les choses, et cette permanence est en premier lieu leur essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les autres significations et emplois de la cat&#233;gorie d'essence, nous pouvons remarquer que dans le verbe auxiliaire allemand sein (&#234;tre), le pass&#233; est exprim&#233; par le terme pour essence (wesen ) : nous d&#233;signons l'&#234;tre pass&#233; par gewesen . Cette anomalie de langage implique dans une certaine mesure une perception correcte de la relation entre l'&#234;tre et l'essence. Nous pouvons certainement consid&#233;rer l'essence comme l'&#234;tre pass&#233;, tout en nous rappelant cependant que le pass&#233; n'est pas enti&#232;rement ni&#233;, mais seulement mis de c&#244;t&#233; et donc en m&#234;me temps pr&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dire que C&#233;sar &#233;tait en Gaule, c'est nier seulement l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#233;v&#233;nement, mais pas son s&#233;jour en Gaule dans son ensemble. Ce s&#233;jour est pr&#233;cis&#233;ment ce qui constitue la port&#233;e de la proposition, dans laquelle il est cependant pr&#233;sent&#233; comme termin&#233; et disparu. Wesen dans la vie ordinaire ne signifie souvent qu'un ensemble ou un agr&#233;gat : Zeitungswesen (la presse), Postwesen (la poste), Steuerwesen (le revenu). Tout ce que ces termes signifient, c'est que les choses en question ne doivent pas &#234;tre prises individuellement, dans leur imm&#233;diatet&#233;, mais comme un complexe, et peut-&#234;tre aussi, en plus, dans leurs diverses port&#233;es. Cet usage du terme n'est pas tr&#232;s diff&#233;rent dans ses implications du n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle aussi d'essences finies, comme l'homme. Mais le terme m&#234;me d'essence implique que nous avons fait un pas au-del&#224; de la finitude, et le titre appliqu&#233; &#224; l'homme est jusqu'ici inexact. On ajoute souvent qu'il y a une essence supr&#234;me (l'&#202;tre) : par l&#224; on entend Dieu. On peut faire deux remarques &#224; ce sujet. En premier lieu, l'expression &#171; il y a &#187; ne sugg&#232;re qu'un fini : par exemple, quand nous disons qu'il y a tant de plan&#232;tes, ou qu'il y a des plantes de telle constitution et des plantes de telle autre constitution, nous parlons alors de quelque chose qui a d'autres choses au-del&#224; et &#224; c&#244;t&#233; de lui. Mais Dieu, l'absolument infini, n'est pas quelque chose qui soit en dehors de Dieu et &#224; c&#244;t&#233; duquel il y ait d'autres essences. Tout ce qui est en dehors de Dieu, s'il est s&#233;par&#233; de lui, n'a aucune essentialit&#233; : dans son isolement, il devient une simple apparence, sans support ni essence propre. Mais, en second lieu, c'est une mauvaise fa&#231;on de parler que d'appeler Dieu l' essence supr&#234;me ou supr&#234;me. La cat&#233;gorie de quantit&#233; que l'expression emploie a sa place propre dans le cadre du fini. Quand nous appelons une montagne la plus haute de la terre, nous avons la vision d'autres hautes montagnes &#224; c&#244;t&#233; d'elle. Il en est de m&#234;me quand nous appelons quelqu'un le plus riche ou le plus savant de son pays. Mais Dieu, loin d'&#234;tre un Etre, m&#234;me le plus &#233;lev&#233;, est l' Etre. Cette d&#233;finition, bien qu'une telle repr&#233;sentation de Dieu soit une &#233;tape importante et n&#233;cessaire dans la croissance de la conscience religieuse, n'&#233;puise en aucune fa&#231;on la profondeur de l'id&#233;e chr&#233;tienne ordinaire de Dieu. Si nous consid&#233;rons Dieu comme l'Essence seulement, et rien de plus, nous ne le connaissons que comme la Puissance universelle et irr&#233;sistible, en d'autres termes, comme le Seigneur. Or, la crainte du Seigneur est sans doute le commencement, mais seulement le commencement, de la sagesse. Consid&#233;rer Dieu sous cet angle, comme le Seigneur, et le Seigneur seul, est particuli&#232;rement caract&#233;ristique du juda&#239;sme et aussi du mahom&#233;tisme. Le d&#233;faut de ces religions r&#233;side dans leur faible reconnaissance du fini, que ce soit en tant que choses naturelles ou en tant que phases finies de l'esprit, c'est le propre des religions pa&#239;ennes et (comme elles le sont aussi pour cette raison) polyth&#233;istes de maintenir intact. Une autre affirmation assez courante est que Dieu, en tant qu'&#202;tre supr&#234;me, ne peut &#234;tre connu. Telle est la position adopt&#233;e par les &#171; Lumi&#232;res &#187; modernes et l'entendement abstrait, qui se contentent de dire qu'il y a un &#234;tre supr&#234;me, et laissent l&#224; le sujet. Parler ainsi et consid&#233;rer Dieu simplement comme l'&#202;tre supr&#234;me de l'autre monde implique que nous regardions le monde qui nous est pr&#233;sent&#233; dans son imm&#233;diatet&#233; comme quelque chose de permanent et de positif, et que nous oublions que l'&#202;tre v&#233;ritable n'est que le d&#233;passement de tout ce qui est imm&#233;diat. Si Dieu est l'&#202;tre suprasensible abstrait, en dehors duquel se trouvent donc toute diff&#233;rence et tout caract&#232;re sp&#233;cifique, il n'est qu'un simple nom, un simple caput mortuum.de la compr&#233;hension abstraite. La v&#233;ritable connaissance de Dieu commence lorsque nous savons que les choses, telles qu'elles sont imm&#233;diatement, n'ont pas de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne d'autres sujets que Dieu, la cat&#233;gorie d'Essence est souvent sujette &#224; un usage abstrait, par lequel, dans l'&#233;tude d'une chose, son Essence est consid&#233;r&#233;e comme quelque chose qui n'est pas affect&#233; par son incarnation ph&#233;nom&#233;nale d&#233;finie et qui subsiste ind&#233;pendamment de celle-ci. Ainsi, nous disons, par exemple, des hommes que l'important n'est pas ce qu'ils font ou comment ils se comportent, mais ce qu'ils sont. Cela est exact, si cela signifie que la conduite d'un homme doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e, non pas dans son imm&#233;diatet&#233;, mais seulement telle qu'elle est expliqu&#233;e par son moi int&#233;rieur et comme une r&#233;v&#233;lation de ce moi int&#233;rieur. Il faut n&#233;anmoins se rappeler que le seul moyen par lequel l'Essence et le moi int&#233;rieur peuvent &#234;tre v&#233;rifi&#233;s est leur apparition dans la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure ; alors que l'appel que les hommes font &#224; la vie essentielle, en tant que distincte des faits mat&#233;riels de la conduite, est g&#233;n&#233;ralement motiv&#233; par le d&#233;sir d'affirmer leur propre subjectivit&#233; et d'&#233;chapper &#224; un jugement absolu et objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 113&lt;br class='autobr' /&gt;
Identit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-relation dans l'Essence est la forme de l'Identit&#233; ou de la r&#233;flexion en soi, qui a ici pris la place de l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#202;tre. Elles sont toutes deux la m&#234;me abstraction : l'auto-relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inintelligence des sens, qui consiste &#224; prendre pour &#202;tre tout ce qui est limit&#233; et fini, se transforme en obstination de l'entendement, qui consid&#232;re le fini comme identique &#224; lui-m&#234;me , et non comme intrins&#232;quement contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inessentiel&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 114&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette identit&#233;, telle qu'elle descend de l'Etre, appara&#238;t d'abord charg&#233;e seulement des caract&#232;res de l'Etre et rapport&#233;e &#224; l'Etre comme &#224; quelque chose d'ext&#233;rieur. Cet Etre ext&#233;rieur, pris s&#233;par&#233;ment de l'Etre v&#233;ritable (de l'Essence), est appel&#233; l' Inessentiel . Mais c'est une erreur. Parce que l'Essence est l'Etre-en-soi, elle n'est essentielle que dans la mesure o&#249; elle a en elle-m&#234;me son n&#233;gatif, c'est-&#224;-dire sa r&#233;f&#233;rence &#224; un autre, ou sa m&#233;diation. Par cons&#233;quent, elle a l'Inessentiel comme son propre semblant (reflet) en elle-m&#234;me. Mais dans le semblant ou la m&#233;diation, il y a distinction : et puisque ce qui est distingu&#233; (en tant que distingu&#233; de l'identit&#233; d'o&#249; il surgit et dans laquelle il n'est pas, ou r&#233;side en tant qu'apparent) re&#231;oit lui-m&#234;me la forme de l'identit&#233;, l' apparence n'est pas encore sur le mode de l'Etre, ou de l'imm&#233;diatet&#233; &#224; soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sph&#232;re de l'Essence se r&#233;v&#232;le ainsi &#234;tre une combinaison encore imparfaite d'imm&#233;diatet&#233; et de m&#233;diation. En elle, chaque terme est express&#233;ment investi du caract&#232;re d'auto-relation, alors qu'en m&#234;me temps on est contraint de le d&#233;passer. Elle a l'Etre - l'Etre r&#233;fl&#233;chi, un &#234;tre dans lequel un autre appara&#238;t et qui appara&#238;t dans un autre. C'est donc aussi la sph&#232;re dans laquelle la contradiction , encore implicite dans la sph&#232;re de l'Etre, s'explicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cette notion unique est le principe commun qui sous-tend toute la logique, on retrouve dans le d&#233;veloppement de l'Essence les m&#234;mes attributs ou termes que dans le d&#233;veloppement de l'Etre, mais sous une forme r&#233;flexive. Au lieu de l'Etre et du N&#233;ant, nous avons maintenant les formes du Positif et du N&#233;gatif ; le premier d'abord comme Identit&#233; correspondant &#224; l'Etre pur et sans contraste, le second se d&#233;veloppant (se manifestant en lui-m&#234;me) comme Diff&#233;rence . De m&#234;me, nous avons l'Etre repr&#233;sent&#233; par le Fondement de l'Etre d&#233;termin&#233; : qui se manifeste, lorsqu'il est r&#233;fl&#233;chi sur le Fondement, comme Existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de l'essence est la branche la plus difficile de la logique. Elle comprend les cat&#233;gories de la m&#233;taphysique et des sciences en g&#233;n&#233;ral. Ce sont les produits de l'entendement r&#233;fl&#233;chi qui, tout en admettant que les diff&#233;rences ont un fondement propre et en affirmant express&#233;ment en m&#234;me temps leur relativit&#233; , combine n&#233;anmoins les deux &#233;nonc&#233;s, c&#244;te &#224; c&#244;te ou l'un apr&#232;s l'autre, par un &#171; aussi &#187;, sans r&#233;unir ces pens&#233;es en une seule, ni les unifier dans la notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du&lt;br class='autobr' /&gt;
terrain de r&#233;flexion &#8211; L'existence &#8211; La chose&lt;br class='autobr' /&gt;
A. L'ESSENCE COMME BASE DE L'EXISTENCE&lt;br class='autobr' /&gt;
(a) Le principe pur ou les cat&#233;gories de la r&#233;flexion&lt;br class='autobr' /&gt;
[a] Identit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 115&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Essence s'illumine en elle-m&#234;me ou n'est qu'un simple reflet : elle n'est donc qu'une relation &#224; soi, non pas comme imm&#233;diate mais comme r&#233;fl&#233;chie. Et cette relation r&#233;flexe est l'identit&#233; &#224; soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette identit&#233; devient une identit&#233; de forme seulement, ou de l'entendement, si on la tient fermement et fermement &#224; l'&#233;cart de la diff&#233;rence. Ou plut&#244;t, l'abstraction est l'imposition de cette identit&#233; de forme , la transformation de quelque chose d'intrins&#232;quement concret en cette forme de simplicit&#233; &#233;l&#233;mentaire. Et cela peut se faire de deux mani&#232;res. Ou bien on peut n&#233;gliger une partie des multiples traits qui se trouvent dans la chose concr&#232;te (par ce qu'on appelle l'analyse ) et n'en choisir qu'un seul ; ou bien, n&#233;gligeant leur vari&#233;t&#233;, on peut concentrer le caract&#232;re multiple en un seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous associons l'Identit&#233; &#224; l' Absolu , en faisant de l'Absolu le sujet d'une proposition, nous obtenons : L'Absolu est ce qui est identique &#224; lui-m&#234;me. Aussi vraie que soit cette proposition, il est douteux qu'elle soit entendue dans sa v&#233;rit&#233; : et c'est pourquoi elle est au moins imparfaite dans l'expression. Car on ne sait pas si elle signifie l'Identit&#233; abstraite de l'entendement - abstraite, c'est-&#224;-dire parce qu'elle est en contraste avec les autres caract&#233;ristiques de l'Essence - ou l'Identit&#233; qui est intrins&#232;quement concr&#232;te . Dans ce dernier cas, comme on le verra, la v&#233;ritable identit&#233; se d&#233;couvre d'abord dans le Fondement, et, avec une v&#233;rit&#233; plus &#233;lev&#233;e, dans la Notion. M&#234;me le mot Absolu est souvent utilis&#233; pour signifier plus qu'abstrait. L'espace absolu et le temps absolu, par exemple, sont une autre fa&#231;on de dire l'espace abstrait et le temps abstrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on prend les principes de l'Essence comme principes essentiels de la pens&#233;e, ils deviennent des pr&#233;dicats d'un sujet pr&#233;suppos&#233; qui, parce qu'ils sont essentiels, est &#171; tout &#187;. Les propositions qui en r&#233;sultent ont &#233;t&#233; formul&#233;es comme des lois universelles de la pens&#233;e. Ainsi la premi&#232;re d'entre elles, la maxime d'Identit&#233;, se lit : Tout est identique &#224; soi-m&#234;me, A = A ; et n&#233;gativement, A ne peut &#234;tre en m&#234;me temps A et Non-A . Cette maxime, au lieu d'&#234;tre une v&#233;ritable loi de la pens&#233;e, n'est rien d'autre que la loi de l'entendement abstrait. La forme propositionnelle elle-m&#234;me la contredit : car une proposition promet toujours une distinction entre sujet et pr&#233;dicat, tandis que la proposition actuelle ne remplit pas ce que sa forme exige. Mais la loi est particuli&#232;rement &#233;cart&#233;e par les lois suivantes, dites lois de la pens&#233;e , qui font des lois de son contraire. On affirme que la maxime d'Identit&#233;, bien qu'elle ne puisse &#234;tre prouv&#233;e, r&#232;gle la marche de toute conscience, et que l'exp&#233;rience montre qu'elle est accept&#233;e d&#232;s que ses termes sont saisis. &#192; cette pr&#233;tendue exp&#233;rience des livres de logique peut s'opposer l'exp&#233;rience universelle qu'aucun esprit ne pense, ne forme de conceptions, ne parle conform&#233;ment &#224; cette loi, et qu'aucune existence, de quelque nature que ce soit, ne s'y conforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nonc&#233;s du genre de cette pr&#233;tendue loi (une plan&#232;te est une plan&#232;te, le magn&#233;tisme est le magn&#233;tisme, l'esprit est l'esprit) sont, &#224; juste titre, r&#233;put&#233;s absurdes. C'est certainement une question d'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale. La logique qui propose s&#233;rieusement de telles lois et le monde scolastique dans lequel elles sont seules valables ont depuis longtemps &#233;t&#233; discr&#233;dit&#233;s par le bon sens pratique aussi bien que par la philosophie de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; est d'abord la r&#233;p&#233;tition de ce que nous avions auparavant comme Etre, mais comme devenu , par d&#233;passement de son caract&#232;re d'imm&#233;diatet&#233;. C'est donc l'Etre comme Id&#233;alit&#233;. Il importe de bien comprendre le vrai sens de l'Identit&#233; ; et, pour cela, il faut surtout se garder de la prendre pour une identit&#233; abstraite, &#224; l'exclusion de toute Diff&#233;rence. C'est la pierre de touche qui distingue toute mauvaise philosophie de ce qui m&#233;rite seul le nom de philosophie. L'identit&#233; dans sa v&#233;rit&#233;, comme Id&#233;alit&#233; de ce qui est imm&#233;diatement, est une cat&#233;gorie &#233;lev&#233;e pour nos modes d'esprit religieux aussi bien que pour toutes les autres formes de pens&#233;e et d'activit&#233; mentale. La vraie connaissance de Dieu, pourrait-on dire, commence lorsque nous le connaissons comme identit&#233; - comme identit&#233; absolue. Conna&#238;tre tant de choses, c'est voir toute la puissance et toute la gloire du monde s'effondrer en pr&#233;sence de Dieu, et subsister seulement comme le reflet de sa puissance et de sa gloire. De m&#234;me, l'identit&#233;, en tant que conscience de soi, est ce qui distingue l'homme de la nature, et particuli&#232;rement des animaux qui ne parviennent jamais &#224; se comprendre eux-m&#234;mes comme &#171; moi &#187;, c'est-&#224;-dire comme une unit&#233; pure et autonome. De m&#234;me, en ce qui concerne la pens&#233;e, il ne faut pas confondre la v&#233;ritable identit&#233;, qui contient l'&#234;tre et ses caract&#233;ristiques id&#233;alement transfigur&#233;es en elle, avec une identit&#233; abstraite, une identit&#233; de forme nue. Toutes les accusations d'&#233;troitesse, de duret&#233;, d'absurdit&#233;, que l'on adresse si souvent &#224; la pens&#233;e du point de vue du sentiment et de la perception imm&#233;diate, reposent sur la supposition perverse que la pens&#233;e n'agit que comme une facult&#233; d'identification abstraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique formelle elle-m&#234;me confirme cette hypoth&#232;se en &#233;non&#231;ant la loi supr&#234;me de la pens&#233;e (appel&#233;e ainsi) dont nous avons parl&#233; plus haut. Si la pens&#233;e n'&#233;tait rien de plus qu'une identit&#233; abstraite, nous ne pourrions que reconna&#238;tre qu'elle est une entreprise des plus futiles et des plus fastidieuses. Sans doute la notion, et l'id&#233;e aussi, sont identiques &#224; elles-m&#234;mes : mais identiques seulement dans la mesure o&#249; elles impliquent en m&#234;me temps une distinction.&lt;br class='autobr' /&gt;
[b] Diff&#233;rence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 116&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence n'est qu'identit&#233; et reflet en elle-m&#234;me, seulement en tant qu'elle est n&#233;gativit&#233; en rapport avec elle-m&#234;me, et par l&#224; m&#234;me r&#233;pulsion envers elle-m&#234;me. Elle contient donc essentiellement la caract&#233;ristique de la diff&#233;rence .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autre-&#234;tre n'est plus ici qualitatif, prenant la forme du caract&#232;re ou de la limite. Il est d&#233;sormais dans l'essence, dans l'essence auto-relativiste, et donc la n&#233;gation est en m&#234;me temps une relation &#8211; est, en bref, Distinction, Relativit&#233;, M&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demander &#171; comment l'identit&#233; devient-elle diff&#233;rente &#187; suppose que l'identit&#233;, en tant que simple identit&#233; abstraite, est quelque chose d'elle-m&#234;me, et la diff&#233;rence quelque chose d'autre, &#233;galement ind&#233;pendant. Cette supposition rend impossible la r&#233;ponse &#224; cette question. Si l'on consid&#232;re l'identit&#233; comme diff&#233;rente de la diff&#233;rence, on n'a alors que diff&#233;rence ; et par cons&#233;quent, on ne peut pas d&#233;montrer le progr&#232;s vers la diff&#233;rence, car celui qui demande le comment du progr&#232;s implique par l&#224; que pour lui le point de d&#233;part n'existe pas. La question pos&#233;e alors n'a &#233;videmment aucun sens, et celui qui la pose peut se voir demander ce qu'il entend par identit&#233; ; on verrait alors qu'il n'y attache aucune id&#233;e du tout, et que l'identit&#233; est pour lui un nom vide. Comme nous l'avons vu, l'identit&#233; est d'ailleurs indubitablement une n&#233;gation, non pas un n&#233;ant abstrait et vide, mais la n&#233;gation de l'&#234;tre et de ses caract&#233;ristiques. De ce fait, l'identit&#233; est en m&#234;me temps un rapport &#224; soi-m&#234;me, et qui plus est un rapport &#224; soi-m&#234;me n&#233;gatif ; en d'autres termes, elle &#233;tablit une distinction entre elle et elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diversit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 117&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence est d'abord (1) une diff&#233;rence imm&#233;diate, c'est-&#224;-dire la diversit&#233; ou la vari&#233;t&#233;. Dans la diversit&#233;, les diff&#233;rentes choses sont chacune individuellement ce qu'elles sont, et ne sont pas affect&#233;es par la relation dans laquelle elles se trouvent les unes par rapport aux autres. Cette relation leur est donc ext&#233;rieure. En cons&#233;quence, les diverses choses &#233;tant ainsi indiff&#233;rentes &#224; la diff&#233;rence qui existe entre elles, elle tombe en dehors d'elles dans une troisi&#232;me chose, l'agent de la comparaison. Cette diff&#233;rence ext&#233;rieure, en tant qu'identit&#233; des objets en rapport, est la ressemblance ; en tant que non-identit&#233; de ces objets, elle est la dissemblance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart que l'entendement permet de s&#233;parer ces caract&#233;ristiques est si grand que, bien que la comparaison ait un seul et m&#234;me substrat pour la ressemblance et la dissemblance, qui sont expliqu&#233;es comme &#233;tant des aspects et des points de vue diff&#233;rents en elle, la ressemblance en elle-m&#234;me est le premier des &#233;l&#233;ments seuls, &#224; savoir l'identit&#233;, et la dissemblance en elle-m&#234;me est la diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233;, comme l'identit&#233;, s'est transform&#233;e en maxime : &#171; Tout est divers ou diff&#233;rent &#187; ou &#171; Il n'y a pas deux choses compl&#232;tement semblables l'une &#224; l'autre &#187;. Ici, tout est plac&#233; sous un pr&#233;dicat, qui est l'inverse de l'identit&#233; qui lui est attribu&#233;e dans la premi&#232;re maxime : et donc sous une loi qui contredit la premi&#232;re. Il y a cependant une explication. Comme la diversit&#233; est suppos&#233;e due uniquement &#224; des circonstances ext&#233;rieures, toute chose prise en soi est cens&#233;e et comprise comme &#233;tant toujours identique &#224; elle-m&#234;me, de sorte que la seconde loi n'a pas besoin d'interf&#233;rer avec la premi&#232;re. Mais, dans ce cas, la vari&#233;t&#233; n'appartient pas &#224; la chose ou au tout en question : elle ne constitue aucune caract&#233;ristique intrins&#232;que du sujet : et la seconde maxime, sous cette apparence, ne peut pas du tout &#234;tre &#233;nonc&#233;e. Si, au contraire, la chose elle-m&#234;me est, comme le dit la maxime, diverse, elle doit l'&#234;tre en vertu de son caract&#232;re propre : mais dans ce cas, c'est la diff&#233;rence sp&#233;cifique, et non la vari&#233;t&#233; en tant que telle, qui est vis&#233;e. Et c'est le sens de la maxime de Leibniz .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'intelligence se met &#224; &#233;tudier l'identit&#233;, elle l'a d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;e et elle ne consid&#232;re la diff&#233;rence que sous la forme de la simple vari&#233;t&#233;. Si nous suivons la loi dite de l'identit&#233; et disons : la mer est la mer, l'air est l'air, la lune est la lune, ces objets ne se rapportent pas les uns aux autres. Ce n'est donc pas l'identit&#233; qui est en jeu, mais la diff&#233;rence. Mais nous ne nous arr&#234;tons pas l&#224;, nous ne consid&#233;rons pas les choses simplement comme diff&#233;rentes. Nous les comparons les unes aux autres et d&#233;couvrons alors les traits de ressemblance et de dissemblance. Le travail des sciences finies consiste en grande partie dans l'application de ces cat&#233;gories, et l'expression &#171; traitement scientifique &#187; ne signifie g&#233;n&#233;ralement rien de plus que la m&#233;thode qui a pour but la comparaison des objets examin&#233;s. Cette m&#233;thode a sans aucun doute conduit &#224; des r&#233;sultats importants ; nous pouvons notamment mentionner les grands progr&#232;s des temps modernes dans le domaine de l'anatomie compar&#233;e et de la linguistique compar&#233;e. Mais il serait exag&#233;r&#233; de supposer que la m&#233;thode comparative puisse &#234;tre utilis&#233;e avec le m&#234;me succ&#232;s dans toutes les branches de la connaissance. Et il faut le souligner, la simple comparaison ne saurait jamais satisfaire en d&#233;finitive aux exigences de la science. Ses r&#233;sultats sont certes indispensables, mais ils ne constituent encore que des pr&#233;liminaires &#224; une connaissance v&#233;ritablement intelligente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la fonction de la comparaison est de r&#233;duire les diff&#233;rences existantes &#224; l'identit&#233;, la science qui remplit le mieux ce but est la math&#233;matique. La raison en est que la diff&#233;rence quantitative n'est que la diff&#233;rence tout &#224; fait ext&#233;rieure. Ainsi, en g&#233;om&#233;trie, un triangle et un quadrilat&#232;re, figures qualitativement diff&#233;rentes, voient cette diff&#233;rence qualitative s'effacer par abstraction et sont &#233;galis&#233;es l'une &#224; l'autre en grandeur. Il r&#233;sulte de ce qui a &#233;t&#233; dit pr&#233;c&#233;demment sur la simple identit&#233; de l'entendement que, comme on l'a &#233;galement fait remarquer (p. 99), ni la philosophie ni les sciences empiriques n'ont &#224; envier cette sup&#233;riorit&#233; des math&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On raconte que lorsque Leibniz exposait la maxime de la vari&#233;t&#233; , les cavaliers et les dames de la cour, se promenant dans le jardin, s'efforc&#232;rent de d&#233;couvrir deux feuilles indiscernables l'une de l'autre, afin de r&#233;futer la loi &#233;nonc&#233;e par le philosophe. Leur artifice &#233;tait sans conteste une m&#233;thode commode pour traiter de la m&#233;taphysique, et qui n'a pas cess&#233; d'&#234;tre &#224; la mode. N&#233;anmoins, en ce qui concerne le principe de Leibniz, il faut entendre par diff&#233;rence non pas seulement une diversit&#233; ext&#233;rieure et indiff&#233;rente, mais une diff&#233;rence essentielle. La nature m&#234;me des choses implique donc qu'elles doivent &#234;tre diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ressemblance et dissemblance&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 118&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ressemblance n'est qu'une identit&#233; de choses qui ne sont pas identiques, qui ne sont pas identiques entre elles ; et la dissemblance est une relation de choses semblables. Les deux ne se trouvent donc pas sur des aspects ou des points de vue diff&#233;rents de la chose, sans aucune affinit&#233; mutuelle, mais l'une jette la lumi&#232;re sur l'autre. La vari&#233;t&#233; devient ainsi une diff&#233;rence r&#233;flexive ou une diff&#233;rence (distinction) implicite et essentielle, une diff&#233;rence d&#233;termin&#233;e ou sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rence et identit&#233; dans les sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les choses simplement diff&#233;rentes se montrent indiff&#233;rentes l'une &#224; l'autre, la ressemblance et la dissemblance, au contraire, sont deux caract&#232;res qui sont en relation compl&#232;tement r&#233;ciproque. Ce passage de la simple vari&#233;t&#233; &#224; l'opposition se manifeste dans nos actes de pens&#233;e ordinaires lorsque nous admettons que la comparaison n'a de sens que dans l'hypoth&#232;se d'une diff&#233;rence existante, et que, d'autre part, nous ne pouvons distinguer que dans l'hypoth&#232;se d'une similitude existante. Par cons&#233;quent, si le probl&#232;me est de d&#233;couvrir une diff&#233;rence, nous n'attribuons pas une grande habilet&#233; &#224; l'homme qui ne distingue que les objets dont la diff&#233;rence est palpable, par exemple une plume et un chameau ; et de m&#234;me, cela n'implique pas une facult&#233; de comparaison tr&#232;s avanc&#233;e lorsque les objets compar&#233;s, par exemple un h&#234;tre et un ch&#234;ne, un temple et une &#233;glise, sont proches parents. En bref, dans le cas de diff&#233;rence, nous aimons voir l'identit&#233;, et dans le cas d'identit&#233;, nous aimons voir la diff&#233;rence. Dans le domaine des sciences empiriques, cependant, l'une de ces deux cat&#233;gories est souvent admise &#224; faire dispara&#238;tre l'autre de la vue et de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me scientifique consiste tant&#244;t &#224; r&#233;duire &#224; l'identit&#233; les diff&#233;rences existantes, tant&#244;t &#224; d&#233;couvrir de nouvelles diff&#233;rences, avec la m&#234;me partialit&#233;. C'est ce que nous voyons surtout dans la science physique. Le probl&#232;me consiste, d'abord, &#224; rechercher sans cesse de nouveaux &#171; &#233;l&#233;ments &#187;, de nouvelles forces, de nouveaux genres et de nouvelles esp&#232;ces. Ou bien, dans une autre direction, &#224; d&#233;montrer que tous les corps jusqu'ici consid&#233;r&#233;s comme simples sont compos&#233;s : et les physiciens et les chimistes modernes sourient des anciens qui se contentaient de quatre &#233;l&#233;ments, et ceux-ci n'&#233;taient pas simples. D'autre part, et d'un autre c&#244;t&#233;, la question principale est celle de l'identit&#233; pure et simple. Ainsi, l'&#233;lectricit&#233; et l'affinit&#233; chimique sont consid&#233;r&#233;es comme une seule et m&#234;me chose, et m&#234;me les processus organiques de digestion et d'assimilation sont consid&#233;r&#233;s comme une simple op&#233;ration chimique. La philosophie moderne a souvent &#233;t&#233; surnomm&#233;e la philosophie de l'identit&#233; . Mais, comme on l'a d&#233;j&#224; remarqu&#233; (p. 103, note), c'est pr&#233;cis&#233;ment la philosophie, et en particulier la logique sp&#233;culative, qui met &#224; nu le n&#233;ant de l'identit&#233; abstraite, indiff&#233;renci&#233;e, connue de l'entendement : bien qu'elle exhorte aussi sans aucun doute ses disciples &#224; ne pas s'en tenir &#224; la simple diversit&#233;, mais &#224; rechercher l'int&#233;rieur de toute existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 119&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence implicite est la diff&#233;rence essentielle, le positif et le n&#233;gatif : et cela se passe ainsi. Le positif est l'identique rapport &#224; soi-m&#234;me de telle mani&#232;re qu'il n'est pas le n&#233;gatif, et le n&#233;gatif est le diff&#233;rent par lui-m&#234;me de telle mani&#232;re qu'il n'est pas le positif. Ainsi l'un a une existence propre dans la mesure o&#249; il n'est pas l'autre. L'un se rend visible dans l'autre et n'est qu'autant que cet autre est. La diff&#233;rence essentielle est donc l'opposition , selon laquelle le diff&#233;rent n'est confront&#233; &#224; aucun autre, mais &#224; son autre. C'est-&#224;-dire que l'un et l'autre (positif et n&#233;gatif) ne sont marqu&#233;s d'une caract&#233;ristique propre que dans leur rapport &#224; l'autre : l'un ne se refl&#232;te en lui-m&#234;me que comme il se refl&#232;te dans l'autre. Et ainsi de l'autre. L'un et l'autre sont ainsi l'autre propre de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence implicite ou essentielle donne la maxime : &#171; Tout est essentiellement distinct &#187; ; ou, comme on l'a dit aussi : &#171; De deux pr&#233;dicats oppos&#233;s, un seul peut &#234;tre assign&#233; &#224; quelque chose, et il n'y en a pas de troisi&#232;me possible &#187;. Cette maxime du contraste ou de l'opposition contredit de la mani&#232;re la plus expresse la maxime de l'identit&#233; : l'une dit qu'une chose ne doit &#234;tre qu'une relation &#224; elle-m&#234;me, l'autre dit qu'elle doit &#234;tre un oppos&#233;, une relation &#224; son autre. L'inintelligence native de l'abstraction se trahit en mettant en regard deux maximes contraires comme celles-ci, comme des lois, sans m&#234;me les comparer. La maxime du tiers exclu est la maxime de l'entendement d&#233;fini, qui voudrait &#233;viter la contradiction, mais qui, ce faisant, y tombe. A doit &#234;tre ou +A ou -A, dit-elle. Elle d&#233;clare virtuellement dans ces mots un troisi&#232;me A qui n'est ni + ni -, et qui en m&#234;me temps est pourtant investi des caract&#232;res + et -.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si + W signifie 6 milles &#224; l'ouest et -W signifie 6 milles &#224; l'est, et si + et - s'annulent, les 6 milles de chemin ou d'espace restent ce qu'ils &#233;taient avec et sans le contraste. M&#234;me le simple plus et le moins du nombre ou de la direction abstraite ont, si l'on veut, z&#233;ro pour troisi&#232;me : mais il ne faut pas nier que le contraste vide que l'entendement institue entre le plus et le moins n'est pas sans valeur dans des abstractions telles que le nombre, la direction, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la doctrine des concepts contradictoires, une notion est, par exemple, bleue (car dans cette doctrine, m&#234;me l'image sensible g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'une couleur est appel&#233;e notion) et l'autre non bleue. Cette autre ne serait alors pas une affirmative, par exemple jaune, mais serait simplement maintenue au niveau du n&#233;gatif abstrait. Que le n&#233;gatif dans sa propre nature soit tout autant positif (voir le &#167; suivant) est impliqu&#233; dans le fait de dire que ce qui est oppos&#233; &#224; un autre est son autre. L'inanit&#233; de l'opposition entre ce que l'on appelle des notions contradictoires est pleinement d&#233;montr&#233;e dans ce que nous pouvons appeler la formule grandiose d'une loi g&#233;n&#233;rale, selon laquelle tout a l'un et non l'autre de tous les pr&#233;dicats qui sont en telle opposition. De cette fa&#231;on, l'esprit est ou blanc ou non blanc, jaune ou non jaune, etc., &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a oubli&#233; que l'Identit&#233; et l'Opposition sont elles-m&#234;mes oppos&#233;es, et la maxime d' Opposition a m&#234;me &#233;t&#233; prise pour celle d'Identit&#233;, sous la forme du principe de Contradiction . Une notion qui ne poss&#232;de ni l'une ni l'autre de deux caract&#233;ristiques mutuellement contradictoires, par exemple un cercle quadrangulaire, est tenue pour logiquement fausse. Or, bien qu'un cercle &#224; angles multiples et un arc rectiligne ne contredisent pas moins cette maxime, les g&#233;om&#232;tres n'h&#233;sitent jamais &#224; traiter le cercle comme un polygone &#224; c&#244;t&#233;s rectilignes. Mais tout ce qui ressemble &#224; un cercle (c'est-&#224;-dire son simple caract&#232;re ou sa d&#233;finition nominale) n'est toujours pas une notion. Dans la notion de cercle, le centre et la circonf&#233;rence sont &#233;galement essentiels ; les deux caract&#233;ristiques lui appartiennent ; et pourtant le centre et la circonf&#233;rence sont oppos&#233;s et contradictoires l'un &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de polarit&#233;, si dominante en physique, contient implicitement la d&#233;finition la plus correcte de l'opposition. Mais la physique, dans sa th&#233;orie des lois de la pens&#233;e, adh&#232;re &#224; la logique ordinaire ; elle pourrait donc bien &#234;tre horrifi&#233;e si jamais elle devait &#233;laborer la notion de polarit&#233; et parvenir aux pens&#233;es qu'elle implique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Avec le positif, nous revenons &#224; l'identit&#233;, mais dans sa v&#233;rit&#233; sup&#233;rieure en tant qu'auto-relation identique, et en m&#234;me temps avec la remarque qu'elle n'est pas le n&#233;gatif. Le n&#233;gatif en soi est le m&#234;me que la diff&#233;rence elle-m&#234;me. L'identique en tant que tel est avant tout ce qui n'est pas encore caract&#233;ris&#233; : le positif, au contraire, est ce qui est identique &#224; soi-m&#234;me , mais avec la marque de l'antith&#232;se &#224; un autre. Et le n&#233;gatif est la diff&#233;rence en tant que telle, caract&#233;ris&#233;e comme n'&#233;tant pas l'identit&#233;. C'est la diff&#233;rence de la diff&#233;rence en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le positif et le n&#233;gatif sont cens&#233;s exprimer une diff&#233;rence absolue. Mais les deux sont au fond les m&#234;mes : le nom de l'un pourrait &#234;tre transf&#233;r&#233; &#224; l'autre. Ainsi, par exemple, les dettes et les actifs ne sont pas deux esp&#232;ces particuli&#232;res de biens auto-subsistants. Ce qui est n&#233;gatif pour le d&#233;biteur est positif pour le cr&#233;ancier. Un chemin vers l'est est aussi un chemin vers l'ouest. Le positif et le n&#233;gatif sont donc intrins&#232;quement conditionn&#233;s l'un par l'autre et ne sont que l'un par rapport &#224; l'autre. Le p&#244;le nord de l'aimant ne peut &#234;tre sans le p&#244;le sud, et vice versa. Si nous coupons un aimant en deux, nous n'avons pas un p&#244;le nord dans un morceau et un p&#244;le sud dans l'autre. De m&#234;me, en &#233;lectricit&#233;, le positif et le n&#233;gatif ne sont pas deux fluides divers et ind&#233;pendants. Dans l'opposition, le diff&#233;rent n'est pas confront&#233; &#224; un autre, mais &#224; son autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous consid&#233;rons g&#233;n&#233;ralement les choses comme ind&#233;pendantes les unes des autres. Ainsi disons-nous : je suis un homme, et autour de moi il y a de l'air, de l'eau, des animaux et toutes sortes de choses. Tout est ainsi mis en dehors de tout autre chose. Mais le but de la philosophie est de bannir l'indiff&#233;rence et de constater la n&#233;cessit&#233; des choses. Par l&#224;, on voit l'autre se dresser contre l' autre. Ainsi, par exemple, la nature inorganique ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e simplement comme autre chose que la nature organique, mais comme son contraire n&#233;cessaire. Les deux sont en rapport essentiel l'une avec l'autre, et l'une des deux n'est qu'autant qu'elle exclut l'autre de la nature et se rapporte ainsi &#224; elle. De m&#234;me, la nature n'est pas sans esprit, ni l'esprit sans nature. Un pas important est franchi lorsque nous cessons de dire en pensant : bien entendu, il est aussi possible qu'il y ait autre chose. Pendant que nous parlons, nous sommes encore entach&#233;s de contingence : et toute vraie pens&#233;e, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, est une pens&#233;e de la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la physique moderne, l'opposition, observ&#233;e pour la premi&#232;re fois dans le magn&#233;tisme sous la forme de polarit&#233;, est aujourd'hui consid&#233;r&#233;e comme une loi universelle qui s'&#233;tend &#224; toute la nature. Ce serait un v&#233;ritable progr&#232;s scientifique si l'on prenait soin en m&#234;me temps de ne pas laisser la simple vari&#233;t&#233; devenir sans explication une cat&#233;gorie valable, &#224; c&#244;t&#233; de l'opposition. Ainsi, tant&#244;t les couleurs sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant en opposition polaire les unes avec les autres, et appel&#233;es couleurs compl&#233;mentaires ; tant&#244;t elles sont consid&#233;r&#233;es dans leur diff&#233;rence indiff&#233;rente et purement quantitative de rouge, jaune, vert, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Au lieu de parler selon la maxime du &#171; tiers exclu &#187; (qui est la maxime de l'entendement abstrait), nous devrions plut&#244;t dire : tout est oppos&#233;. Ni dans le ciel ni sur la terre, ni dans le monde de l'esprit ni dans celui de la nature, il n'existe nulle part un &#171; ou bien &#187; aussi abstrait que celui que soutient l'entendement. Tout ce qui existe est concret, avec en lui-m&#234;me une diff&#233;rence et une opposition. La finitude des choses r&#233;sidera alors dans le manque de correspondance entre leur &#234;tre imm&#233;diat et ce qu'elles sont essentiellement. Ainsi, dans la nature inorganique, l'acide est implicitement en m&#234;me temps la base : en d'autres termes, son seul &#234;tre consiste dans sa relation &#224; son autre. Par cons&#233;quent, l'acide n'est pas non plus quelque chose qui persiste tranquillement dans le contraste : il s'efforce toujours de r&#233;aliser ce qu'il est en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction est le principe moteur m&#234;me du monde : et il est ridicule de dire que la contradiction est impensable. La seule chose correcte dans cette affirmation est que la contradiction n'est pas la fin de l'affaire, mais s'annule elle-m&#234;me. Mais la contradiction, une fois annul&#233;e, ne laisse pas subsister l'identit&#233; abstraite ; car celle-ci n'est elle-m&#234;me qu'un c&#244;t&#233; de la contrari&#233;t&#233;. Le r&#233;sultat imm&#233;diat de l'opposition (lorsqu'elle est r&#233;alis&#233;e comme contradiction) est le Fondement, qui contient l'identit&#233; aussi bien que la diff&#233;rence remplac&#233;e et d&#233;pos&#233;e en &#233;l&#233;ments dans la notion plus compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 120&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction a donc deux formes. Le positif est le diff&#233;rent, qui est entendu comme ind&#233;pendant, et qui pourtant n'est pas indiff&#233;rent &#224; son rapport &#224; l'autre. Le n&#233;gatif doit &#234;tre, non moins ind&#233;pendamment, n&#233;gatif, se rapportant &#224; lui-m&#234;me, subsistant &#224; lui-m&#234;me, et pourtant, en m&#234;me temps que n&#233;gatif, il doit avoir en tout point son rapport &#224; lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire son positif, seulement dans l'autre. Le positif et le n&#233;gatif sont donc tous deux une contradiction explicite ; tous deux sont en puissance le m&#234;me. Tous deux le sont aussi en r&#233;alit&#233;, car l'un est l'abrogation de l'autre et de lui-m&#234;me. Ainsi ils tombent &#224; terre . Ou bien, comme on le voit, la diff&#233;rence essentielle, en tant que diff&#233;rence, n'est que la diff&#233;rence de lui par rapport &#224; lui-m&#234;me, et contient ainsi l'identique : de sorte que la diff&#233;rence essentielle et actuelle comprend aussi bien l'identit&#233; que l'&#234;tre lui-m&#234;me. En tant que diff&#233;rence se rapportant &#224; lui-m&#234;me, elle est &#233;galement virtuellement &#233;nonc&#233;e comme l' identique &#224; soi-m&#234;me . Et l'oppos&#233; est en g&#233;n&#233;ral ce qui comprend l'un et son autre, lui-m&#234;me et son contraire. L'immanence de l'essence ainsi d&#233;finie est le Fond.&lt;br class='autobr' /&gt;
[c] Le sol&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 121&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fondement est l' unit&#233; de l'identit&#233; et de la diff&#233;rence, la v&#233;rit&#233; de ce que la diff&#233;rence et l'identit&#233; ont fini par &#234;tre &#8211; la r&#233;flexion sur soi, qui est &#233;galement une r&#233;flexion sur l'autre, et vice-versa. C'est l'essence exprim&#233;e explicitement comme une totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maxime du Fond est la suivante : &#171; Chaque chose a son Fond suffisant &#187;, c'est-&#224;-dire que la v&#233;ritable essentialit&#233; d'une chose n'est pas de la pr&#233;dire comme identique &#224; elle-m&#234;me, ou comme diff&#233;rente (diverse), ou simplement positive, ou simplement n&#233;gative, mais comme ayant son &#234;tre dans un autre, qui, &#233;tant le m&#234;me &#224; lui-m&#234;me, est son essence. Et dans cette mesure, l'essence n'est pas une r&#233;flexion abstraite sur soi, mais sur un autre. Le Fond est l'essence dans sa propre int&#233;riorit&#233; ; l'essence est intrins&#232;quement un Fond ; et elle n'est un Fond que lorsqu'elle est le Fond de quelque chose, d'un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se garder, quand on dit que le fondement est l'unit&#233; de l'identit&#233; et de la diff&#233;rence, d'entendre par cette unit&#233; une identit&#233; abstraite. Autrement, on ne ferait que changer le nom, tout en continuant &#224; croire que l'identit&#233; (de l'entendement) d&#233;j&#224; vue est fausse. Pour &#233;viter cette m&#233;prise, on peut dire que le fondement, outre qu'il est l'unit&#233;, est aussi la diff&#233;rence de l'identit&#233; et de la diff&#233;rence. Dans ce cas, dans le fondement qui promettait d'abord de remplacer la contradiction, une nouvelle contradiction semble surgir. C'est pourtant une contradiction qui, loin de persister tranquillement en elle-m&#234;me, en est plut&#244;t l'expulsion hors d'elle-m&#234;me. Le fondement n'est fondement que dans la mesure o&#249; il fournit un fondement ; mais le r&#233;sultat qui en r&#233;sulte ainsi n'est que lui-m&#234;me. C'est l&#224; son formalisme. Le fondement et ce qui est fond&#233; sont un seul et m&#234;me contenu : la diff&#233;rence entre les deux est la simple diff&#233;rence de forme qui s&#233;pare la simple relation &#224; soi-m&#234;me, d'une part, de la m&#233;diation ou de la d&#233;rivation, d'autre part. La recherche des fondements des choses s'inscrit dans le point de vue adopt&#233; par la r&#233;flexion, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit (&#167; 112n). Nous voulons voir la chose comme double, d'abord dans son imm&#233;diatet&#233;, et ensuite dans son fondement, l&#224; o&#249; elle n'est plus imm&#233;diate. C'est l&#224; le sens &#233;vident de la loi de la base suffisante : les choses doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es essentiellement comme m&#233;diatis&#233;es. La mani&#232;re dont la logique formelle &#233;tablit cette loi donne un mauvais exemple aux autres sciences. La logique formelle demande &#224; ces sciences de ne pas accepter leur objet tel qu'il est imm&#233;diatement donn&#233; ; et pourtant elle-m&#234;me pose une loi de la pens&#233;e sans la d&#233;duire, c'est-&#224;-dire sans montrer sa m&#233;diation. Avec la m&#234;me justice que le logicien soutient que notre facult&#233; de penser est constitu&#233;e de telle sorte que nous devons demander le fondement de toute chose, le physicien pourrait-il r&#233;pondre, lorsqu'on lui demanderait pourquoi un homme qui tombe dans l'eau se noie, que l'homme se trouve constitu&#233; de telle sorte qu'il ne peut pas vivre sous l'eau, et qu'il ne peut pas vivre sous l'eau. ou le juriste, lorsqu'on lui demande pourquoi un criminel est puni, r&#233;pond que la soci&#233;t&#233; civile est constitu&#233;e de telle mani&#232;re que les crimes ne peuvent rester impunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la logique est dispens&#233;e de donner un fondement &#224; la loi de la base suffisante, elle pourrait au moins expliquer ce qu'il faut entendre par une base. L'explication courante, qui d&#233;crit la base comme ce qui a une cons&#233;quence, semble &#224; premi&#232;re vue plus claire et plus intelligible que la d&#233;finition pr&#233;c&#233;dente en termes logiques. Mais si vous demandez quelle est la cons&#233;quence, on vous r&#233;pond que c'est ce qui a une base ; et il devient &#233;vident que l'explication n'est intelligible que parce qu'elle suppose ce qui, dans notre cas, a &#233;t&#233; atteint comme la fin d'un mouvement ant&#233;rieur de la pens&#233;e. Et c'est l&#224; le v&#233;ritable r&#244;le de la logique : montrer que ces pens&#233;es, qui, telles qu'elles sont habituellement employ&#233;es, flottent simplement devant la conscience sans &#234;tre comprises ni d&#233;montr&#233;es, sont en r&#233;alit&#233; des degr&#233;s dans l'autod&#233;termination de la pens&#233;e. Ce n'est en aucun cas qu'elles sont comprises et d&#233;montr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie courante, et il en est de m&#234;me dans les sciences finies, cette forme r&#233;flexive est souvent employ&#233;e comme une clef pour d&#233;couvrir le secret de la condition r&#233;elle des objets d'investigation. Tant que nous nous occupons de ce que l'on peut appeler les besoins domestiques de la connaissance, rien ne peut &#234;tre oppos&#233; &#224; cette m&#233;thode d'&#233;tude. Mais elle ne peut jamais donner de satisfaction d&#233;finitive, ni en th&#233;orie ni en pratique. Et la raison pour laquelle elle &#233;choue est que le fondement n'a pas encore de contenu propre d&#233;fini ; de sorte que consid&#233;rer quelque chose comme reposant sur un fondement ne fait que donner la diff&#233;rence formelle de m&#233;diation au lieu d'imm&#233;diatet&#233;. Nous voyons un ph&#233;nom&#232;ne &#233;lectrique, par exemple, et nous demandons son fondement (ou sa raison) : on nous dit que l'&#233;lectricit&#233; est le fondement de ce ph&#233;nom&#232;ne. Qu'est-ce que cela sinon le m&#234;me contenu que nous avions imm&#233;diatement devant nous, mais traduit sous la forme de l'int&#233;riorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif n'est pas seulement une simple identit&#233;, mais aussi une diff&#233;rence : il est donc possible d'invoquer des motifs divers pour une m&#234;me somme de faits. Cette diversit&#233; de motifs, suivant la logique de la diff&#233;rence, aboutit &#224; l'opposition des motifs pour et contre . Dans toute action, comme un vol, il y a un ensemble de faits dans lequel on peut distinguer plusieurs aspects. Le vol a viol&#233; les droits de propri&#233;t&#233; ; il a donn&#233; au voleur n&#233;cessiteux les moyens de satisfaire ses besoins ; il est possible aussi que l'homme &#224; qui le vol a &#233;t&#233; fait ait abus&#233; de son bien. La violation de propri&#233;t&#233; est incontestablement le point de vue d&#233;cisif devant lequel les autres doivent c&#233;der ; mais la simple loi du motif ne peut r&#233;soudre cette question. En effet, la loi est g&#233;n&#233;ralement interpr&#233;t&#233;e comme parlant d'un motif suffisant, et non d'un motif quelconque ; et l'on pourrait donc supposer, dans l'action en question, que, bien que d'autres points de vue que la violation de propri&#233;t&#233; puissent &#234;tre retenus comme motifs, ils ne seraient pas des motifs suffisants. Mais ici se pr&#233;sente un dilemme. Si nous employons l'expression &#171; raison suffisante &#187;, l'&#233;pith&#232;te est soit inutile, soit de nature &#224; nous faire d&#233;passer la simple cat&#233;gorie de raison. Le pr&#233;dicat est inutile et tautologique s'il ne fait &#233;tat que de la possibilit&#233; de donner une raison ou une raison : car une raison n'est une raison que dans la mesure o&#249; elle poss&#232;de cette possibilit&#233;. Si un soldat fuit la bataille pour sauver sa vie, sa conduite est certainement une violation du devoir ; mais on ne peut pas dire que la raison qui l'a conduit &#224; agir ainsi &#233;tait insuffisante, sinon il serait rest&#233; &#224; son poste. Il faut encore dire ceci : d'un c&#244;t&#233;, n'importe quelle raison suffit ; de l'autre, aucune raison ne suffit comme simple raison, car, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, elle est encore d&#233;pourvue d'un contenu objectivement et intrins&#232;quement d&#233;termin&#233;, et n'est donc pas auto-active et productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contenu ainsi d&#233;termin&#233; objectivement et intrins&#232;quement, et donc agissant par lui-m&#234;me, nous appara&#238;tra d&#233;sormais sous le nom de notion : et c'est la notion que Leibniz avait en vue lorsqu'il parlait de la base suffisante et pr&#233;conisait l'&#233;tude des choses sous son point de vue. Ses remarques &#233;taient d'abord dirig&#233;es contre cette m&#233;thode purement m&#233;canique de concevoir les choses, si en vogue aujourd'hui encore, m&#233;thode qu'il d&#233;clare &#224; juste titre insuffisante. Nous pouvons voir un exemple de cette th&#233;orie m&#233;canique de l'investigation lorsque le processus organique de la circulation du sang est ramen&#233; &#224; la simple contraction du c&#339;ur ; ou lorsque certaines th&#233;ories du droit p&#233;nal expliquent que le but de la punition r&#233;side dans le fait de dissuader les gens de commettre un crime, de rendre le criminel inoffensif, ou dans d'autres raisons &#233;trang&#232;res du m&#234;me genre. Il serait injuste envers Leibniz de supposer qu'il se soit content&#233; d'une loi aussi pauvre que la base formelle. La m&#233;thode d'investigation qu'il a inaugur&#233;e est l'inverse m&#234;me d'un formalisme qui se contente de simples bases, l&#224; o&#249; l'on cherche une connaissance compl&#232;te et concr&#232;te. Des consid&#233;rations dans ce sens ont conduit Leibniz &#224; opposer causae efficientes et causae finales , et &#224; insister sur la place des causes finales comme conception &#224; laquelle doivent aboutir les efficientes. Si l'on adopte cette distinction, la lumi&#232;re, la chaleur et l'humidit&#233; seraient les causae efficientes , et non la causa finalis de la croissance des plantes ; la cause finalis est la notion m&#234;me de la plante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sophistes se contentent de simples fondements, surtout en mati&#232;re de droit et de morale. La sophistique, telle que nous la concevons habituellement, est une m&#233;thode d'investigation qui vise &#224; d&#233;former ce qui est juste et vrai, et &#224; pr&#233;senter les choses sous un faux jour. Telle n'est cependant pas la tendance propre ou premi&#232;re de la sophistique : son point de vue n'est autre que celui du raisonnement. Les sophistes sont apparus &#224; une &#233;poque o&#249; les Grecs commen&#231;aient &#224; se m&#233;contenter de la simple autorit&#233; et de la tradition et ressentaient le besoin d'une justification intellectuelle de ce qu'ils devaient accepter comme obligatoire. Les sophistes ont satisfait &#224; ce desideratum en enseignant &#224; leurs compatriotes &#224; rechercher les diff&#233;rents points de vue sous lesquels les choses peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es : ces points de vue sont les m&#234;mes que les fondements. Mais le fondement, comme nous l'avons vu, n'a pas de principes essentiels et objectifs qui lui soient propres, et il est aussi facile de d&#233;couvrir les fondements de ce qui est mauvais et immoral que de ce qui est moral et juste. Il appartient donc &#224; l'observateur de d&#233;cider quels points doivent avoir le plus de poids. La d&#233;cision dans de telles circonstances est dict&#233;e par ses opinions et ses sentiments personnels. Ainsi, le fondement objectif de ce qui aurait d&#251; &#234;tre une obligation absolue et essentielle, accept&#233;e par tous, a &#233;t&#233; sap&#233; : et la sophistique, par cette action destructrice, s'est m&#233;rit&#233;e &#224; juste titre la mauvaise r&#233;putation mentionn&#233;e plus haut. Socrate, comme nous le savons tous, a affront&#233; les sophistes sur tous les points, non pas en r&#233;affirmant simplement l'autorit&#233; et la tradition contre leurs argumentations, mais en montrant dialectiquement combien les simples fondements &#233;taient intenables, et en justifiant les obligations de justice et de bont&#233; en r&#233;tablissant l'universel ou la notion de volont&#233;. De nos jours, une telle m&#233;thode d'argumentation n'est pas tout &#224; fait d&#233;mod&#233;e. Et ce n'est pas seulement le cas dans la discussion de questions profanes. On la retrouve m&#234;me dans les sermons, comme ceux o&#249; sont expos&#233;s tous les motifs possibles de gratitude envers Dieu. Socrate et Platon n'auraient pas h&#233;sit&#233; &#224; appliquer le nom de sophistique &#224; de telles plaidoiries. Car la sophistique n'a rien &#224; voir avec ce qu'on enseigne : il se peut bien que ce soit vrai. La sophistique consiste dans la circonstance formelle de l'enseigner par des arguments qui sont aussi bien utilisables pour l'attaque que pour la d&#233;fense. Dans une &#233;poque aussi riche en r&#233;flexions et aussi consacr&#233;e au raisonnement que la n&#244;tre, il faut &#234;tre bien pauvre celui qui ne peut pas avancer un bon argument pour tout, m&#234;me pour ce qui est le pire et le plus d&#233;prav&#233;. Tout ce qui s'est corrompu dans le monde a eu un bon argument pour se corrompre. Un appel aux arguments fait d'abord penser &#224; battre en retraite ; mais lorsque l'exp&#233;rience lui a appris le v&#233;ritable &#233;tat des choses, il se ferme les oreilles et refuse de se laisser abuser davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Existence&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 122&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence, telle qu'elle appara&#238;t au premier abord, a pour caract&#233;ristique principale la manifestation en elle-m&#234;me et l'interm&#233;diation en elle-m&#234;me. Mais lorsqu'elle a achev&#233; le cercle de l'interm&#233;diation, son unit&#233; avec elle-m&#234;me est explicitement pos&#233;e comme l'auto-annulation de la diff&#233;rence, et donc de l'interm&#233;diation. Nous revenons donc une fois de plus &#224; l'imm&#233;diatet&#233; ou &#224; l'&#234;tre - mais &#224; l'&#234;tre en tant qu'il est interm&#233;di&#233; par l'annulation de l'interm&#233;diation. Et cet &#234;tre est l'existence .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement n'est pas encore d&#233;termin&#233; par des principes objectifs qui lui sont propres, il n'est pas non plus une fin ou une cause finale : il n'est donc ni actif, ni productif. Une existence ne proc&#232;de que du fondement. Le fondement d&#233;termin&#233; est donc une affaire formelle : c'est-&#224;-dire que n'importe quel point peut convenir, pourvu qu'il soit express&#233;ment pos&#233; comme relation &#224; soi-m&#234;me, comme affirmation, en corr&#233;lation avec l'existence imm&#233;diate qui en d&#233;pend. Si c'est un fondement, c'est un bon fondement : car le terme &#171; bon &#187; est employ&#233; abstraitement comme &#233;quivalent &#224; affirmatif ; et tout point (ou trait) est bon qui peut d'une mani&#232;re ou d'une autre &#234;tre &#233;nonc&#233; comme manifestement affirmatif. Il arrive donc qu'un fondement puisse &#234;tre trouv&#233; et invoqu&#233; pour tout : et un bon fondement (par exemple un bon motif d'action) peut effectuer quelque chose ou non, il peut avoir une cons&#233;quence ou non. Il devient un motif (au sens strict) et effectue quelque chose, par exemple par sa r&#233;ception dans une volont&#233; ; c'est l&#224; et l&#224; seulement qu'il devient actif et devient une cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
(b) Existence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 123&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence est l'unit&#233; imm&#233;diate de la r&#233;flexion en soi et de la r&#233;flexion en autrui. Il en r&#233;sulte que l'existence est la multitude ind&#233;finie d'existants r&#233;fl&#233;chis en eux-m&#234;mes, qui en m&#234;me temps s'&#233;clairent &#233;galement les uns les autres, qui sont en somme corr&#233;latifs et forment un monde de d&#233;pendance r&#233;ciproque et d'interconnexion infinie entre les bases et les cons&#233;quences. Les bases sont elles-m&#234;mes des existences, et les existants sont de m&#234;me, sous bien des aspects, des bases aussi bien que des cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; existence &#187; (qui d&#233;rive de existere ) sugg&#232;re le fait d'avoir proc&#233;d&#233; de quelque chose. L'existence est l'&#234;tre qui a proc&#233;d&#233; du fondement et qui a r&#233;tabli son existence en annulant son interm&#233;diaire. L'essence, en tant qu'&#234;tre mis de c&#244;t&#233; et absorb&#233;, s'est pr&#233;sent&#233;e originellement devant nous comme resplendissante ou se manifestant en soi, et les cat&#233;gories de ce reflet sont l'identit&#233;, la diff&#233;rence et le fondement. Ce dernier est l'unit&#233; de l'identit&#233; et de la diff&#233;rence ; et parce qu'il les unifie, il doit en m&#234;me temps se distinguer de lui-m&#234;me. Mais ce qui se distingue ainsi du fondement n'est pas une simple diff&#233;rence, tout comme le fondement lui-m&#234;me est une identit&#233; abstraite. Le fondement op&#232;re sa propre suspension : et lorsqu'il est suspendu, le r&#233;sultat de sa n&#233;gation est l'existence. Issue du fondement, l'existence contient en elle le fondement ; le fondement ne reste pas, pour ainsi dire, derri&#232;re l'existence, mais, par sa nature m&#234;me, se d&#233;passe et se traduit en existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se manifeste m&#234;me dans notre fa&#231;on de penser ordinaire, lorsque nous consid&#233;rons le fondement d'une chose, non comme quelque chose d'abstraitement int&#233;rieur, mais comme un existant lui-m&#234;me. Par exemple, l'&#233;clair qui a mis le feu &#224; une maison serait consid&#233;r&#233; comme le fondement de l'incendie ; ou les m&#339;urs et les conditions de vie d'une nation seraient consid&#233;r&#233;es comme le fondement de sa constitution. Tel est en effet l'aspect ordinaire sous lequel le monde existant appara&#238;t originellement &#224; la r&#233;flexion &#8211; une foule ind&#233;finie d'existants qui, se r&#233;fl&#233;chissant simultan&#233;ment sur eux-m&#234;mes et les uns sur les autres, sont en relation r&#233;ciproque comme fondement et cons&#233;quence. Dans ce jeu bigarr&#233; du monde, si l'on peut ainsi appeler la somme des existants, on ne trouve nulle part de base solide : tout porte un aspect de relativit&#233;, conditionn&#233; par et conditionnant quelque chose d'autre. L'entendement r&#233;fl&#233;chi se donne pour t&#226;che de d&#233;couvrir et de suivre ces connexions qui s'&#233;tendent dans toutes les directions : mais la question touchant un dessein ultime reste jusqu'ici sans r&#233;ponse, et donc le d&#233;sir de la raison vers la connaissance passe avec le d&#233;veloppement ult&#233;rieur de l'Id&#233;e logique au-del&#224; de cette position de simple relativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose en soi&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 124&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion sur un autre de l'existant est cependant ins&#233;parable de la r&#233;flexion sur soi : le fondement est leur unit&#233;, d'o&#249; l'existence est issue. L'existant inclut donc la relativit&#233;, et a de son c&#244;t&#233; ses multiples interconnexions avec d'autres existants : il se r&#233;fl&#233;chit sur lui-m&#234;me comme son fondement. L'existant ainsi d&#233;crit est une Chose .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; chose en soi &#187; (ou chose abstraite), si c&#233;l&#232;bre dans la philosophie de Kant , se montre ici dans sa gen&#232;se . Elle appara&#238;t comme la r&#233;flexion abstraite sur soi, &#224; laquelle on s'attache tant, &#224; l'exclusion de la r&#233;flexion dans les autres choses et de toute pr&#233;dication de diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose en soi est donc le substrat vide de ces pr&#233;dicats de relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si conna&#238;tre signifie comprendre un objet dans son caract&#232;re concret, alors la chose en soi, qui n'est rien d'autre que la chose tout &#224; fait abstraite et ind&#233;termin&#233;e en g&#233;n&#233;ral, doit certainement &#234;tre aussi inconnaissable qu'on le pr&#233;tend. Mais avec autant de raison que nous parlons de la chose en soi, nous pourrions parler de la qualit&#233; en soi ou de la quantit&#233; en soi, et de n'importe quelle autre cat&#233;gorie. L'expression servirait alors &#224; signifier que ces cat&#233;gories sont prises dans leur imm&#233;diatet&#233; abstraite, ind&#233;pendamment de leur d&#233;veloppement et de leur caract&#232;re int&#233;rieur. Ce n'est donc qu'un caprice de l'entendement que d'attacher le qualificatif &#171; en soi &#187; &#224; la seule chose . Mais cet &#171; en soi &#187; s'applique aussi bien aux faits du monde mental qu'au monde naturel : comme nous parlons de l'&#233;lectricit&#233; ou d'une plante en soi, ainsi nous parlons de l'homme ou de l'&#201;tat en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cet &#171; en soi &#187; dans ces objets, nous devons entendre ce qu'ils sont au sens strict et propre. Cet usage est sujet aux m&#234;mes critiques que l'expression &#171; chose en soi &#187;. Car si nous nous en tenons au simple &#171; en soi &#187; d'un objet, nous l'appr&#233;hendons non pas dans sa v&#233;rit&#233;, mais sous la forme inad&#233;quate d'une simple abstraction. Ainsi, l'homme, en lui-m&#234;me, est l'enfant. Et ce que l'enfant doit faire, c'est sortir de cet &#171; en soi &#187; abstrait et non d&#233;velopp&#233; et devenir &#171; pour lui-m&#234;me &#187; ce qu'il n'est d'abord que &#171; en soi &#187; : un &#234;tre libre et raisonnable. De m&#234;me, l'&#201;tat en soi est l'&#201;tat encore immature et patriarcal, o&#249; les diverses fonctions politiques, latentes dans la notion d'&#201;tat, n'ont pas re&#231;u la pleine constitution logique qu'exige la logique des principes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me sens, le germe peut &#234;tre appel&#233; la plante en soi. Ces exemples peuvent montrer l'erreur qui consiste &#224; supposer que la &#171; chose en soi &#187; des choses est quelque chose d'inaccessible &#224; notre connaissance. Toutes les choses sont originellement en soi, mais ce n'est pas la fin de l'affaire. De m&#234;me que le germe, en tant que plante en soi, signifie l'auto-d&#233;veloppement, de m&#234;me la chose en g&#233;n&#233;ral d&#233;passe son en-soi (la r&#233;flexion abstraite sur soi) pour se manifester plus loin comme une r&#233;flexion sur d'autres choses. C'est en ce sens qu'elle a des propri&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
(c) La Chose&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propri&#233;t&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 125&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[a] La chose est la totalit&#233;, le d&#233;veloppement dans l'unit&#233; explicite des cat&#233;gories du fondement et de l'existence. Du c&#244;t&#233; de l'un de ses facteurs, &#224; savoir la r&#233;flexion sur d'autres choses, elle a en elle les diff&#233;rences en vertu desquelles elle est une chose caract&#233;ris&#233;e et concr&#232;te. Ces caract&#232;res sont diff&#233;rents les uns des autres ; ils ont leur r&#233;flexion en soi non pas de leur propre c&#244;t&#233;, mais du c&#244;t&#233; de la chose. Ce sont des propri&#233;t&#233;s de la chose : et leur relation &#224; la chose est exprim&#233;e par le mot &#171; avoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que terme de relation, &#171; avoir &#187; remplace &#171; &#234;tre &#187;. Il est vrai que quelque chose a aussi des qualit&#233;s de son c&#244;t&#233; : mais ce transfert de &#171; l'avoir &#187; dans la sph&#232;re de l'&#234;tre est inexact, car le caract&#232;re comme qualit&#233; est directement un avec le quelque chose, et le quelque chose cesse d'&#234;tre quand il perd sa qualit&#233;. Mais la chose est r&#233;flexion-en-soi : car elle est une identit&#233; qui est aussi distincte de la diff&#233;rence, c'est-&#224;-dire de ses attributs. Dans de nombreuses langues, &#171; avoir &#187; est employ&#233; pour d&#233;signer le temps pass&#233;. Et avec raison : car le pass&#233; est un &#234;tre absorb&#233;, ou suspendu, et l'esprit est son reflet-en-soi ; dans l'esprit seulement il continue &#224; subsister, mais l'esprit distinguant de lui-m&#234;me cet &#234;tre en lui qui a &#233;t&#233; absorb&#233; ou suspendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la chose, tous les caract&#232;res de la r&#233;flexion se retrouvent comme existants. Ainsi, dans son aspect initial, comme chose par soi, la chose est la m&#234;me ou identique. Mais l'identit&#233;, comme on l'a montr&#233;, ne se trouve pas sans diff&#233;rence : ainsi les propri&#233;t&#233;s que poss&#232;de la chose sont la diff&#233;rence existante sous la forme de la diversit&#233;. Dans le cas de la diversit&#233; de la vari&#233;t&#233;, chaque membre diff&#233;rent manifestait une indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de tous les autres, et ils n'avaient entre eux aucun autre rapport que celui qui leur &#233;tait donn&#233; par une comparaison ext&#233;rieure &#224; eux. Mais maintenant, dans la chose, nous avons un lien qui maintient les diverses propri&#233;t&#233;s en union. Il ne faut pas non plus confondre propri&#233;t&#233; et qualit&#233;. Sans doute, disons-nous aussi qu'une chose a des qualit&#233;s. Mais la phras&#233;ologie est d&#233;plac&#233;e : &#171; avoir &#187; fait allusion &#224; une ind&#233;pendance, &#233;trang&#232;re au &#171; quelque chose &#187;, qui est pourtant directement identique &#224; sa qualit&#233;. Elle n'est en quelque sorte ce qu'elle est que par sa qualit&#233; : tandis que, bien que la chose n'existe en effet qu'en tant qu'elle a ses propri&#233;t&#233;s, elle n'est pas confin&#233;e dans telle ou telle propri&#233;t&#233; d&#233;finie, et peut donc la perdre, sans cesser d'&#234;tre ce qu'elle est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 126&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[b] Mais m&#234;me dans le fond, la r&#233;flexion sur quelque chose d'autre est directement convertible en r&#233;flexion sur soi. Et donc les propri&#233;t&#233;s ne sont pas seulement diff&#233;rentes les unes des autres ; elles sont aussi identiques &#224; elles-m&#234;mes, ind&#233;pendantes et lib&#233;r&#233;es de leur attachement &#224; la chose. Pourtant, comme elles sont les caract&#232;res de la chose distingu&#233;s les uns des autres (comme r&#233;fl&#233;chis en soi), elles ne sont pas elles-m&#234;mes des choses, si les choses sont concr&#232;tes ; mais seulement des existences r&#233;fl&#233;chies en elles-m&#234;mes comme caract&#232;res abstraits. Elles sont ce qu'on appelle des Mati&#232;res .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne donne pas non plus le nom de choses &#224; des mati&#232;res telles que les mati&#232;res magn&#233;tiques et &#233;lectriques. Ce sont des qualit&#233;s propres, un &#202;tre r&#233;fl&#233;chi, Un avec leur &#202;tre, c'est le caract&#232;re qui a atteint l'imm&#233;diatet&#233;, l'existence : ce sont des &#171; entit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lever les propri&#233;t&#233;s d'une chose &#224; la position ind&#233;pendante des mati&#232;res ou des mat&#233;riaux qui la composent, c'est proc&#233;der d'apr&#232;s la notion de chose, et c'est pour cette raison que l'exp&#233;rience le fait aussi. Cependant, la pens&#233;e et l'exp&#233;rience s'opposent &#224; ce que l'on conclue du fait que certaines propri&#233;t&#233;s d'une chose, telles que la couleur ou l'odeur, peuvent &#234;tre repr&#233;sent&#233;es comme des mati&#232;res colorantes ou odorantes particuli&#232;res, que nous sommes alors au bout de l'enqu&#234;te et qu'il ne faut rien de plus pour p&#233;n&#233;trer le v&#233;ritable secret des choses que de les d&#233;sint&#233;grer en leurs mati&#232;res composantes. Cette d&#233;sint&#233;gration en mati&#232;res ind&#233;pendantes est proprement limit&#233;e &#224; la nature inorganique. Le chimiste a donc raison lorsqu'il analyse, par exemple, le sel commun ou le gypse en ses &#233;l&#233;ments et d&#233;couvre que le premier est compos&#233; d'acide muriatique et de soude, le second d'acide sulfurique et de calcium. De m&#234;me, le g&#233;ologue a raison de consid&#233;rer le granite comme un compos&#233; de quartz, de feldspath et de mica. Ces mati&#232;res qui composent la chose sont elles-m&#234;mes en partie des choses, qui peuvent &#234;tre ramen&#233;es de cette fa&#231;on &#224; des mati&#232;res plus abstraites. L'acide sulfurique, par exemple, est un compos&#233; de soufre et d'oxyg&#232;ne. De telles mati&#232;res ou corps peuvent en fait &#234;tre pr&#233;sent&#233;s comme subsistant par eux-m&#234;mes ; mais nous trouvons fr&#233;quemment d'autres propri&#233;t&#233;s des choses, qui manquent enti&#232;rement de cette autosubsistance, consid&#233;r&#233;es aussi comme des mati&#232;res particuli&#232;res. Ainsi, nous entendons parler des mati&#232;res caloriques, &#233;lectriques ou magn&#233;tiques. De telles mati&#232;res sont au mieux des inventions de l'entendement. Et nous voyons ici le proc&#233;d&#233; habituel de la r&#233;flexion abstraite de l'entendement. Adoptant capricieusement des cat&#233;gories particuli&#232;res, dont la valeur d&#233;pend enti&#232;rement de leur place dans l'&#233;volution graduelle de l'id&#233;e logique, elle les emploie dans les pr&#233;tendus int&#233;r&#234;ts de l'explication, mais en face d'une perception et d'une exp&#233;rience claires et sans pr&#233;jug&#233;s, de mani&#232;re &#224; faire remonter &#224; elles tout objet &#233;tudi&#233;. Et ce n'est pas tout. La th&#233;orie, qui fait consister les choses en mati&#232;res ind&#233;pendantes, est souvent appliqu&#233;e dans un domaine o&#249; elle n'a ni sens ni force. Car m&#234;me dans les limites de la nature, partout o&#249; il y a de la vie organique, cette cat&#233;gorie est &#233;videmment insuffisante. On peut dire qu'un animal est compos&#233; d'os, de muscles, de nerfs, etc. ; mais nous employons ici &#233;videmment le mot &#171; consister &#187; dans un sens tout diff&#233;rent de celui que nous avons employ&#233; lorsque nous avons parl&#233; du morceau de granit comme &#233;tant compos&#233; des &#233;l&#233;ments ci-dessus mentionn&#233;s. Les &#233;l&#233;ments du granit sont tout &#224; fait indiff&#233;rents &#224; leur combinaison : ils pourraient tout aussi bien subsister sans elle. Les diff&#233;rentes parties et les diff&#233;rents membres d'un corps organique, au contraire, ne subsistent que dans leur union : ils cessent d'exister comme tels lorsqu'ils sont s&#233;par&#233;s les uns des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 127&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la mati&#232;re est la simple r&#233;flexion abstraite ou ind&#233;termin&#233;e dans quelque chose d'autre, ou r&#233;flexion en soi en m&#234;me temps que d&#233;termin&#233;e ; c'est donc la chose qui est alors la subsistance de la chose. Par ce moyen, la chose a de la part des mati&#232;res sa r&#233;flexion en soi (inverse du &#167; 125) ; elle ne subsiste pas de sa part, mais consiste en les mati&#232;res, et n'est qu'une association superficielle entre elles, une combinaison ext&#233;rieure de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formulaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 128&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[c] La mati&#232;re , &#233;tant l'unit&#233; imm&#233;diate de l'existence avec elle-m&#234;me, est &#233;galement indiff&#233;rente &#224; l'&#233;gard du caract&#232;re sp&#233;cifique. C'est pourquoi les nombreuses mati&#232;res diverses se fondent en une seule mati&#232;re, ou en une existence sous la caract&#233;ristique r&#233;fl&#233;chissante de l'identit&#233;. En opposition &#224; cette mati&#232;re unique, ces propri&#233;t&#233;s distinctes et leur relation ext&#233;rieure qu'elles entretiennent les unes avec les autres dans la chose, constituent la forme - la cat&#233;gorie r&#233;fl&#233;chissante de la diff&#233;rence, mais une diff&#233;rence qui existe et qui est une totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Mati&#232;re sans traits distinctifs est aussi la m&#234;me que l'&#233;tait la Chose en soi : seulement cette derni&#232;re est intrins&#232;quement tout &#224; fait abstraite, tandis que la premi&#232;re implique essentiellement une relation &#224; quelque chose d'autre, et en premier lieu &#224; la Forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses mati&#232;res qui composent une chose sont en puissance les unes aux autres. Ainsi nous obtenons une mati&#232;re en g&#233;n&#233;ral, &#224; laquelle la diff&#233;rence est express&#233;ment attach&#233;e ext&#233;rieurement et comme forme pure. Cette th&#233;orie qui consid&#232;re que toutes les choses ont une seule et m&#234;me mati&#232;re au fond et ne diff&#232;rent ext&#233;rieurement que par la forme, est tr&#232;s en vogue dans l'entendement r&#233;fl&#233;chi. La mati&#232;re est alors consid&#233;r&#233;e comme ind&#233;termin&#233;e par nature, mais susceptible de toute d&#233;termination ; en m&#234;me temps elle est parfaitement permanente et demeure la m&#234;me au milieu de tous les changements et de toutes les alt&#233;rations. Et dans les choses finies au moins cette indiff&#233;rence de la mati&#232;re &#224; l'&#233;gard de toute forme d&#233;termin&#233;e se manifeste certainement. Par exemple, il importe peu &#224; un bloc de marbre qu'il re&#231;oive la forme de telle ou telle statue ou m&#234;me celle d'un pilier. Il faut cependant remarquer qu'un bloc de marbre ne peut ignorer la forme que relativement, c'est-&#224;-dire par rapport au sculpteur : il n'est en aucun cas purement informe. Le min&#233;ralogiste consid&#232;re donc le marbre, relativement informe, comme une formation rocheuse particuli&#232;re, diff&#233;rente d'autres formations tout aussi particuli&#232;res, telles que le gr&#232;s ou le porphyre. C'est pourquoi nous disons que c'est une abstraction de l'entendement qui isole la mati&#232;re dans une certaine informe naturelle. Car &#224; proprement parler, la pens&#233;e de la mati&#232;re comprend partout le principe de la forme, et par cons&#233;quent aucune mati&#232;re informe n'appara&#238;t nulle part, m&#234;me dans l'exp&#233;rience, comme existante. Pourtant, la conception de la mati&#232;re comme originelle et pr&#233;existante, et comme naturellement informe, est tr&#232;s ancienne ; elle nous rencontre d&#233;j&#224; chez les Grecs, d'abord sous la forme mythique du Chaos, qui est cens&#233; repr&#233;senter le substrat informe du monde existant. Une telle conception doit n&#233;cessairement tendre &#224; faire de Dieu non pas le Cr&#233;ateur du monde, mais un simple fa&#231;onneur du monde ou un d&#233;miurge. Une compr&#233;hension plus approfondie de la nature r&#233;v&#232;le que Dieu a cr&#233;&#233; le monde &#224; partir de rien. Et cela nous apprend deux choses. D'une part, elle &#233;nonce que la mati&#232;re en tant que telle n'a pas de subsistance ind&#233;pendante, et d'autre part que la forme ne survient pas du dehors sur la mati&#232;re, mais qu'en tant que totalit&#233; elle renferme en elle-m&#234;me le principe de la mati&#232;re. Cette forme libre et infinie se pr&#233;sentera d&#233;sormais &#224; nous comme notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 129&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la Chose subit une rupture en Mati&#232;re et Forme. Chacune d'elles est la totalit&#233; de la chos&#233;it&#233; et subsiste pour elle-m&#234;me. Mais la Mati&#232;re, qui est cens&#233;e &#234;tre l'existence positive et ind&#233;termin&#233;e, contient en tant qu'existence la r&#233;flexion sur une autre, tout autant qu'elle contient l'&#234;tre clos sur lui-m&#234;me. Par cons&#233;quent, en tant qu'unissant ces caract&#232;res, elle est elle-m&#234;me la totalit&#233; de la Forme. Mais la Forme, &#233;tant un tout complet de caract&#232;res, implique ipso facto la r&#233;flexion sur soi ; en d'autres termes, en tant que Forme qui se rapporte &#224; elle-m&#234;me, elle a la fonction m&#234;me attribu&#233;e &#224; la Mati&#232;re. Les deux sont au fond la m&#234;me chose. Investissez-les de cette unit&#233;, et vous aurez le rapport de la Mati&#232;re et de la Forme, qui ne sont pas moins distinctes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie des &#171; mati&#232;res &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 130&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chose, &#233;tant cette totalit&#233;, est une contradiction. Du c&#244;t&#233; de son unit&#233; n&#233;gative, elle est Forme dans laquelle la Mati&#232;re est d&#233;termin&#233;e et d&#233;pos&#233;e au rang des propri&#233;t&#233;s (&#167; 125). En m&#234;me temps, elle est constitu&#233;e de Mati&#232;res qui, dans la r&#233;flexion-de-la-chose-en-soi, sont aussi ind&#233;pendantes qu'elles sont en m&#234;me temps ni&#233;es. Ainsi la chose est l'existence essentielle, en sorte qu'elle est une existence qui se suspend ou s'absorbe en elle-m&#234;me. En d'autres termes, la chose est une Apparence ou un Ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gation des diverses mati&#232;res, qui est affirm&#233;e dans la chose non moins que leur existence ind&#233;pendante, se pr&#233;sente en physique sous la forme de porosit&#233; . Chacune des diverses mati&#232;res (mati&#232;re color&#233;e, mati&#232;re odorante et, si l'on en croit certains, m&#234;me la mati&#232;re sonore &#8211; sans exclure la mati&#232;re calorique, &#233;lectrique, etc.) est &#233;galement ni&#233;e : et dans cette n&#233;gation de leurs pores, ou comme p&#233;n&#233;trant entre eux, nous trouvons les nombreuses autres mati&#232;res ind&#233;pendantes, qui, &#233;tant &#233;galement poreuses, font place &#224; leur tour &#224; l'existence des autres. Les pores ne sont pas des faits empiriques ; ce sont des inventions de l'entendement, qui s'en sert pour repr&#233;senter l'&#233;l&#233;ment de n&#233;gation dans les mati&#232;res ind&#233;pendantes. L'&#233;laboration ult&#233;rieure des contradictions est masqu&#233;e par l'imbroglio n&#233;buleux dans lequel toutes les mati&#232;res sont ind&#233;pendantes et toutes non moins ni&#233;es les unes dans les autres. Si les facult&#233;s ou les activit&#233;s sont pareillement hypostas&#233;es dans l'esprit, leur unit&#233; vivante se transforme &#233;galement en l'imbroglio d'une action de l'une sur les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pores (je n'entends pas ici les pores d'un corps organique, comme ceux du bois ou de la peau, mais ceux des mati&#232;res dites &#171; colorantes &#187;, caloriques, m&#233;talliques, cristallines, etc.) ne peuvent &#234;tre v&#233;rifi&#233;s par l'observation. De m&#234;me, la mati&#232;re elle-m&#234;me, et d'ailleurs la forme, qui est s&#233;par&#233;e de la mati&#232;re, que ce soit la chose en tant que compos&#233;e de mati&#232;res ou la conception selon laquelle la chose elle-m&#234;me subsiste et n'a que des propri&#233;t&#233;s, tout cela est le produit de l'entendement r&#233;fl&#233;chi qui, tout en observant et en pr&#233;tendant n'enregistrer que ce qu'il observe, cr&#233;e plut&#244;t une m&#233;taphysique h&#233;riss&#233;e de contradictions dont il n'a pas conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. APPARENCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monde de l'apparence &#8212; Contenu et forme &#8212; Relation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 131&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' Essence doit appara&#238;tre ou briller. Son &#233;clat ou son reflet en elle est sa suspension et sa traduction dans l'imm&#233;diatet&#233;, qui, en tant que r&#233;flexion en soi, est mati&#232;re ou subsistance, est aussi forme, r&#233;flexion sur quelque chose d'autre, une subsistance qui se met &#224; part. Montrer ou briller est la caract&#233;ristique par laquelle l'essence se distingue de l'&#202;tre , par laquelle elle est essence, c'est-&#224;-dire la nature.et c'est cette manifestation qui, lorsqu'elle se d&#233;veloppe, se montre et est l'Apparence. L'essence n'est donc pas quelque chose au-del&#224; ou derri&#232;re l'apparence, mais &#8212; pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est l'essence qui existe &#8212; l'existence est Apparence (Rayonnage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence exprim&#233;e explicitement dans sa contradiction est l'apparence. Mais l'apparence (le fait de se montrer) ne doit pas &#234;tre confondue avec une simple apparence (le fait de briller). L'apparence est la v&#233;rit&#233; prochaine de l'&#234;tre ou de l'imm&#233;diatet&#233;. L'imm&#233;diat, au lieu d'&#234;tre, comme nous le supposons, quelque chose d'ind&#233;pendant, reposant sur lui-m&#234;me, n'est qu'une simple apparence, et comme tel il se r&#233;sume ou se r&#233;sume sous la simplicit&#233; de l'essence immanente. L'essence est, en premier lieu, la somme de l'apparence elle-m&#234;me, rayonnant en elle-m&#234;me (int&#233;rieurement) ; mais, loin de demeurer dans cette int&#233;riorit&#233;, elle vient comme un fondement vers l'existence ; et cette existence, fond&#233;e non pas en elle-m&#234;me, mais sur quelque chose d'autre, n'est qu'apparence. Dans notre imagination, nous combinons ordinairement avec le terme d'apparence ou de ph&#233;nom&#232;ne la conception d'un ensemble ind&#233;fini de choses existantes, dont l'&#234;tre est purement relatif et qui, par cons&#233;quent, ne reposent pas sur un fondement propre, mais ne sont consid&#233;r&#233;es que comme des &#233;tapes passag&#232;res. Mais cette conception implique tout autant que l'essence ne se tient pas derri&#232;re ou au-del&#224; de l'apparence. Elle est plut&#244;t, pourrions-nous dire, la bont&#233; infinie qui laisse libre cours &#224; sa propre apparence dans l'imm&#233;diatet&#233; et lui accorde gracieusement la joie d'exister. L'apparence ainsi cr&#233;&#233;e ne se tient pas sur ses pieds et n'a pas son &#234;tre en elle-m&#234;me mais dans quelque chose d'autre. Dieu qui est l'essence, lorsqu'il pr&#234;te existence aux &#233;tapes passag&#232;res de sa propre apparence en lui-m&#234;me, peut &#234;tre d&#233;crit comme la bont&#233; qui cr&#233;e le monde ; mais il est aussi la puissance au-dessus de lui, et la justice qui manifeste le caract&#232;re purement ph&#233;nom&#233;nal du contenu de ce monde existant, chaque fois qu'il essaie d'exister en toute ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparence est &#224; tous &#233;gards un degr&#233; tr&#232;s important de l'id&#233;e logique. On peut dire que la philosophie se distingue de la conscience ordinaire en ce qu'elle voit le caract&#232;re purement ph&#233;nom&#233;nal de ce que cette derni&#232;re suppose avoir un &#234;tre auto-subsistant. Cependant, il faut bien saisir la signification de l'apparence, sinon des erreurs surgiront. Dire que quelque chose n'est qu'une simple apparence peut &#234;tre mal interpr&#233;t&#233; comme signifiant que, par rapport &#224; ce qui est purement ph&#233;nom&#233;nal, il y a plus de v&#233;rit&#233; dans l'imm&#233;diat, dans ce qui est . Or, en fait, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparence est sup&#233;rieure &#224; l'&#234;tre, elle est une cat&#233;gorie plus riche parce qu'elle r&#233;unit les deux &#233;l&#233;ments de la r&#233;flexion sur soi et de la r&#233;flexion sur autrui, tandis que l'&#234;tre (ou l'imm&#233;diatet&#233;) n'est encore qu'une absence de relation et ne repose apparemment que sur lui-m&#234;me. Pourtant, dire que quelque chose n'est qu'une apparence sugg&#232;re un v&#233;ritable d&#233;faut, qui consiste en ce que l'apparence est toujours divis&#233;e contre elle-m&#234;me et sans stabilit&#233; intrins&#232;que. Au-del&#224; et au-dessus de la simple apparence vient en premier lieu l'Actualit&#233; , le troisi&#232;me degr&#233; de l'Essence, dont nous parlerons plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire de la philosophie moderne, Kant a le m&#233;rite d'avoir le premier r&#233;habilit&#233; cette distinction entre le mode de pens&#233;e commun et le mode de pens&#233;e philosophique. Il s'est cependant arr&#234;t&#233; &#224; mi-chemin lorsqu'il a attach&#233; &#224; l'Apparence une signification subjective seulement et a plac&#233; l'essence abstraite immobile en dehors d'elle comme la chose en soi hors de port&#233;e de notre connaissance .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il est de la nature m&#234;me du monde des objets imm&#233;diats d'&#234;tre seulement apparence. Sachant qu'il en est ainsi, nous connaissons en m&#234;me temps l'essence qui, loin de rester derri&#232;re ou au-del&#224; de l'apparence, manifeste plut&#244;t sa propre essentialit&#233; en d&#233;posant le monde &#224; une simple apparence. On ne peut gu&#232;re contester &#224; l'homme ordinaire qui, dans son d&#233;sir de totalit&#233;, ne peut accepter la doctrine de l'id&#233;alisme subjectif , que nous ne nous int&#233;ressons qu'aux ph&#233;nom&#232;nes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ordinaire, dans son d&#233;sir de sauver l' objectivit&#233; de la connaissance, peut tout naturellement revenir &#224; l'imm&#233;diatet&#233; abstraite et soutenir que cette imm&#233;diatet&#233; est vraie et actuelle. Dans un petit ouvrage publi&#233; sous le titre Rapport clair comme le jour au grand public sur la nature propre de la philosophie la plus r&#233;cente : tentative pour forcer le lecteur &#224; comprendre , Fichte examine l'opposition entre l'id&#233;alisme subjectif et la conscience imm&#233;diate sous une forme populaire, sous la forme d'un dialogue entre l'auteur et le lecteur, et s'efforce de prouver que la vision de l'id&#233;aliste subjectif est juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dialogue, le lecteur se plaint &#224; l'auteur de ne pas s'&#234;tre mis du tout &#224; la place de l'id&#233;aliste et de ne pouvoir se consoler en pensant que les choses qui l'entourent ne sont pas des choses r&#233;elles mais de simples apparences. On ne peut gu&#232;re reprocher au lecteur de se sentir enferm&#233; dans un cercle infranchissable de conceptions purement subjectives. Mais, en dehors de cette conception subjective de l'apparence, nous avons toutes les raisons de nous r&#233;jouir que les choses qui nous entourent soient des apparences et non des existences stables et ind&#233;pendantes ; car dans ce cas, nous mourrions bient&#244;t de faim, tant corporellement que mentalement.&lt;br class='autobr' /&gt;
(a) Le monde des apparences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 132&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparent ou le ph&#233;nom&#233;nal existe de telle mani&#232;re que sa subsistance est ipso facto suspendue et n'est qu'un stade de la forme elle-m&#234;me. La forme embrasse en elle la mati&#232;re ou la subsistance comme une de ses caract&#233;ristiques. De cette mani&#232;re, le ph&#233;nom&#233;nal a son fondement dans cette forme comme son essence, sa r&#233;flexion en soi en contraste avec son imm&#233;diatet&#233;, mais, ce faisant, il ne l'a que sous un autre aspect de la forme. Ce fondement n'est pas moins ph&#233;nom&#233;nal que lui-m&#234;me, et le ph&#233;nom&#232;ne passe donc &#224; une m&#233;diation sans fin de la subsistance au moyen de la forme, et donc &#233;galement par la non-subsistance. Cette m&#233;diation sans fin est en m&#234;me temps une unit&#233; de relation &#224; soi-m&#234;me ; et l'existence se d&#233;veloppe en une totalit&#233;, en un monde de ph&#233;nom&#232;nes &#8212; de finitude r&#233;fl&#233;chie.&lt;br class='autobr' /&gt;
(b) Contenu et forme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 133&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors les uns des autres, comme le sont les ph&#233;nom&#232;nes de ce monde ph&#233;nom&#233;nal, ils forment une totalit&#233; et sont enti&#232;rement contenus dans leur relation &#224; eux-m&#234;mes. De cette fa&#231;on, la relation &#224; eux-m&#234;mes du ph&#233;nom&#232;ne est compl&#232;tement sp&#233;cifi&#233;e, il a la forme en lui-m&#234;me et, parce qu'il est dans cette identit&#233;, il l'a comme subsistance essentielle. Il en r&#233;sulte que la forme est le contenu et que dans sa phase se trouve la loi du ph&#233;nom&#232;ne . Lorsque la forme, au contraire, ne se refl&#232;te pas dans le soi, elle &#233;quivaut au n&#233;gatif du ph&#233;nom&#232;ne, &#224; ce qui n'est pas ind&#233;pendant et changeant : et cette sorte de forme est la forme indiff&#233;rente ou ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point essentiel &#224; retenir &#224; propos de l'opposition de la forme et du contenu est que le contenu n'est pas sans forme, mais qu'il a la forme en lui-m&#234;me, tout autant que la forme lui est ext&#233;rieure. Il y a donc un d&#233;doublement de la forme. Tant&#244;t elle se refl&#232;te en elle-m&#234;me, et alors elle est identique au contenu. Tant&#244;t elle ne se refl&#232;te pas en elle-m&#234;me, et alors elle est une existence ext&#233;rieure qui n'affecte en rien le contenu. Nous sommes ici en pr&#233;sence, implicitement, de la corr&#233;lation absolue du contenu et de la forme, c'est-&#224;-dire de leur r&#233;pulsion r&#233;ciproque, de sorte que le contenu n'est rien d'autre que la r&#233;pulsion de la forme en contenu, et la forme rien d'autre que la r&#233;pulsion du contenu en forme. Cette r&#233;pulsion mutuelle est l'une des lois les plus importantes de la pens&#233;e. Mais elle n'est pas explicitement mise en &#233;vidence avant les Relations de substance et de causalit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme et le contenu sont deux termes fr&#233;quemment employ&#233;s par l'entendement r&#233;fl&#233;chi, surtout lorsqu'il a l'habitude de consid&#233;rer le contenu comme essentiel et ind&#233;pendant, la forme au contraire comme inessentielle et d&#233;pendante. Il faut remarquer en revanche que tous deux sont en fait &#233;galement essentiels ; et que, s'il est aussi rare de trouver un contenu informe qu'une mati&#232;re informe , les deux (contenu et mati&#232;re) se distinguent par le fait que la mati&#232;re, bien que implicitement non d&#233;pourvue de forme, manifeste n&#233;anmoins dans son existence un m&#233;pris de la forme, tandis que le contenu, en tant que tel, n'est ce qu'il est que parce que la forme m&#251;rie y est incluse. Pourtant, la forme souffre toujours de l'ext&#233;riorit&#233;. Dans un livre, par exemple, elle n'a certainement aucun rapport avec le contenu, qu'il soit &#233;crit ou imprim&#233;, reli&#233; en papier ou en cuir. Cela n'implique cependant pas le moins du monde que, mis &#224; part une forme indiff&#233;rente et ext&#233;rieure, le contenu du livre soit lui-m&#234;me informe. Il y a sans doute assez de livres qui, m&#234;me par leur contenu, peuvent &#234;tre qualifi&#233;s d'informes. Mais l'absence de forme est ici la m&#234;me chose que la mauvaise forme, et signifie le d&#233;faut de la forme appropri&#233;e, et non l'absence de toute forme. Cette forme appropri&#233;e est si loin d'&#234;tre indiff&#233;rente au contenu qu'elle est plut&#244;t le contenu lui-m&#234;me. Une &#339;uvre d'art qui manque de la forme appropri&#233;e n'est pour cette raison m&#234;me pas une &#339;uvre d'art v&#233;ritable et c'est une mauvaise fa&#231;on d'excuser un artiste que de dire que le contenu de ses &#339;uvres est bon et m&#234;me excellent, bien qu'elles manquent de la forme appropri&#233;e. Les v&#233;ritables &#339;uvres d'art sont celles o&#249; le contenu et la forme pr&#233;sentent une identit&#233; parfaite. Le contenu de l'Iliade, pourrait-on dire, est la guerre de Troie, et surtout la col&#232;re d'Achille. En cela nous avons tout, et pourtant tr&#232;s peu apr&#232;s tout ; car l'Iliade est devenue une Iliade par la forme po&#233;tique dans laquelle ce contenu est model&#233;. On peut &#233;galement dire que le contenu de Rom&#233;o et Juliette est la ruine de deux amants &#224; cause de la discorde entre leurs familles : mais il faut quelque chose de plus pour rendre la trag&#233;die immortelle de Shakespeare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le rapport entre la forme et le contenu dans le domaine scientifique, il faut rappeler la diff&#233;rence qui existe entre la philosophie et les autres sciences. Celles-ci sont finies , parce que leur mode de pens&#233;e, en tant qu'acte purement formel, tire son contenu de l'ext&#233;rieur. Leur contenu n'est donc pas connu comme fa&#231;onn&#233; de l'int&#233;rieur par les pens&#233;es qui le fondent, et la forme et le contenu ne se p&#233;n&#232;trent pas compl&#232;tement. Cette s&#233;paration dispara&#238;t en philosophie et justifie ainsi son titre de connaissance infinie. Pourtant, la pens&#233;e philosophique elle-m&#234;me est souvent consid&#233;r&#233;e comme un acte purement formel ; et il est particuli&#232;rement &#233;vident que la logique, qui ne traite que de pens&#233;es en tant que pens&#233;es, n'est que formelle. Et si le contenu ne signifie rien de plus que ce qui est palpable et &#233;vident pour les sens, toute philosophie et en particulier la logique doivent &#234;tre reconnues d'embl&#233;e comme d&#233;pourvues de contenu, c'est-&#224;-dire de contenu perceptible par les sens. Cependant, m&#234;me les formes ordinaires de pens&#233;e et l'usage commun du langage ne limitent en rien l'appellation de contenu &#224; ce qui est per&#231;u par les sens, ou &#224; ce qui a un &#234;tre dans le lieu et dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre sans contenu, comme chacun sait, n'est pas un livre aux pages vides, mais un livre dont le contenu vaut mieux que rien. Une analyse plus approfondie nous am&#232;nera &#224; constater que par ce qu'on appelle contenu, un esprit cultiv&#233; n'entend rien d'autre que la pr&#233;sence et la puissance de la pens&#233;e. Mais c'est admettre que les pens&#233;es ne sont pas des formes vides sans affinit&#233; avec leur contenu, et que dans d'autres domaines comme dans l'art, la v&#233;rit&#233; et la valeur du contenu d&#233;pendent essentiellement de ce que le contenu se montre identique &#224; la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 134&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'existence imm&#233;diate est un caract&#232;re de la subsistance elle-m&#234;me aussi bien que de la forme : elle est par cons&#233;quent ext&#233;rieure au caract&#232;re du contenu ; mais cette ext&#233;riorit&#233; que le contenu poss&#232;de par le facteur de sa subsistance lui est &#233;galement essentielle. Ainsi formul&#233; explicitement, le ph&#233;nom&#232;ne est relativit&#233; ou corr&#233;lation : une seule et m&#234;me chose, &#224; savoir le contenu ou la forme d&#233;velopp&#233;e, est consid&#233;r&#233;e comme l'ext&#233;riorit&#233; et l'antith&#232;se d'existences ind&#233;pendantes et comme leur r&#233;duction &#224; un rapport d'identit&#233; dans lequel seule l'identification fait que les deux choses distingu&#233;es sont ce qu'elles sont.&lt;br class='autobr' /&gt;
(c) Relation ou corr&#233;lation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 135&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[a] La relation imm&#233;diate est celle du Tout et des Parties . Le contenu est le Tout et consiste en les parties (la forme), sa contrepartie. Les parties sont diverses les unes des autres. Ce sont elles qui poss&#232;dent un &#234;tre ind&#233;pendant. Mais elles ne sont parties que lorsqu'elles sont identifi&#233;es par leur relation les unes aux autres ; ou, dans la mesure o&#249; elles constituent le Tout, lorsqu'elles sont prises ensemble. Mais cet &#171; ensemble &#187; est la contrepartie et la n&#233;gation de la partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corr&#233;lation essentielle est la phase sp&#233;cifique et absolument universelle dans laquelle les choses apparaissent. Tout ce qui existe est en corr&#233;lation, et cette corr&#233;lation est la v&#233;ritable nature de toute existence. L'&#234;tre ainsi existant n'a pas d'&#234;tre propre, mais seulement dans quelque chose d'autre : mais dans cet autre il est rapport &#224; soi-m&#234;me ; et la corr&#233;lation est l'unit&#233; du rapport &#224; soi-m&#234;me et du rapport aux autres. Le rapport du tout et des parties est faux dans la mesure o&#249; la notion et la r&#233;alit&#233; du rapport ne sont pas en harmonie. La notion du tout doit contenir des parties ; mais si le tout est pris et fait ce que sa notion implique, c'est-&#224;-dire s'il est divis&#233;, il cesse aussit&#244;t d'&#234;tre un tout. Il y a sans doute des choses qui correspondent &#224; ce rapport ; mais c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'elles sont des existences basses et fausses. Il faut cependant se rappeler ce que signifie &#171; faux &#187;. Quand il appara&#238;t dans une discussion philosophique, le terme &#171; faux &#187; ne signifie pas que la chose &#224; laquelle il s'applique est inexistante. Un mauvais &#233;tat ou un corps malade peuvent tout de m&#234;me exister ; mais ces choses sont fausses, parce que leur notion et leur r&#233;alit&#233; sont en d&#233;saccord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation du tout et des parties, en tant que relation imm&#233;diate, est facile &#224; comprendre et c'est pourquoi elle est souvent satisfaisante quand il s'agit de relations plus profondes. Les membres et les organes d'un corps organique, par exemple, ne sont pas de simples parties de celui-ci : ce n'est que dans leur unit&#233; qu'ils sont ce qu'ils sont, et ils sont incontestablement affect&#233;s par cette unit&#233;, comme ils l'affectent &#224; leur tour. Ces membres et ces organes ne deviennent de simples parties que lorsqu'ils passent entre les mains d'un anatomiste, dont l'occupation, rappelons-le, ne se limite pas au corps vivant, mais au cadavre. Non que cette analyse soit ill&#233;gitime : nous voulons seulement dire que la relation externe et m&#233;canique du tout et des parties ne nous suffit pas si nous voulons &#233;tudier la vie organique dans sa v&#233;rit&#233;. Et s'il en est ainsi dans la vie organique, il en est bien davantage ainsi lorsque nous appliquons cette relation &#224; l'esprit et aux formations du monde spirituel. Les psychologues ne parlent pas express&#233;ment de parties de l'&#226;me ou de l'esprit, mais la mani&#232;re dont l'entendement analytique traite ce sujet est en grande partie fond&#233;e sur l'analogie de cette relation finie. C'est du moins le cas lorsque les diff&#233;rentes formes d'activit&#233; mentale sont &#233;num&#233;r&#233;es et d&#233;crites simplement dans leur isolement les unes apr&#232;s les autres, sous le nom de facult&#233;s et de pouvoirs dits sp&#233;ciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force et son expression&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 136&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[b] L'un et le m&#234;me de cette corr&#233;lation (le rapport &#224; soi qui s'y trouve) est donc imm&#233;diatement un rapport &#224; soi n&#233;gatif. La corr&#233;lation est en bref le processus m&#233;diateur par lequel l'un et le m&#234;me est d'abord indiff&#233;rent &#224; la diff&#233;rence, et ensuite le rapport &#224; soi n&#233;gatif qui se repousse comme r&#233;flexion-en-soi &#224; la diff&#233;rence et s'investit (comme r&#233;flexion-en-autre chose) d'existence, tandis qu'il ram&#232;ne inversement ce reflet-en-autre &#224; la relation &#224; soi et &#224; l'indiff&#233;rence. C'est ainsi que se produit la corr&#233;lation de la force et de son expression ( &#196;u&#223;erung ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre le tout et la partie est la relation imm&#233;diate et donc inintelligente (m&#233;canique) &#8212; une r&#233;pulsion de l'identit&#233; &#224; soi-m&#234;me dans la simple vari&#233;t&#233; . Ainsi, nous passons du tout aux parties, et des parties au tout : dans l'un, nous oublions son opposition &#224; l'autre, tandis que chacun pour son propre compte, tant&#244;t le tout, tant&#244;t les parties, est consid&#233;r&#233; comme une existence ind&#233;pendante. En d'autres termes, lorsque l'on d&#233;clare que les parties subsistent dans le tout, et que le tout est constitu&#233; des parties, nous avons l'un des membres de la relation &#224; diff&#233;rents moments consid&#233;r&#233; comme subsistant en permanence, tandis que l'autre est non essentiel. Dans sa forme superficielle, le lien m&#233;canique consiste en ce que les parties sont ind&#233;pendantes les unes des autres et du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette relation peut &#234;tre adopt&#233;e pour la progression &#224; l'infini, dans le cas de la divisibilit&#233; de la mati&#232;re : et alors elle devient une alternance inintelligente avec les deux c&#244;t&#233;s. Une chose est prise &#224; un moment donn&#233; comme un tout : puis on passe &#224; la sp&#233;cification des parties : cette sp&#233;cification est oubli&#233;e, et ce qui &#233;tait une partie est consid&#233;r&#233; comme un tout ; alors la sp&#233;cification de la partie revient, et ainsi de suite &#224; jamais. Mais si l'on prend cet infini comme le n&#233;gatif qu'il est, c'est l'&#233;l&#233;ment n&#233;gatif en rapport avec lui-m&#234;me dans la corr&#233;lation &#8212; la Force, le tout identique &#224; lui-m&#234;me , ou l'immanence &#8212; qui pourtant d&#233;passe cette immanence et s'exprime ; et inversement l'expression qui s'&#233;vanouit et retourne &#224; la Force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette infinit&#233;, la force est aussi finie : car le contenu, ou l'un et le m&#234;me de la force et de son produit, n'est d'abord cette identit&#233; que pour l'observateur : les deux c&#244;t&#233;s du rapport ne sont pas encore, chacun pour son compte, l'identit&#233; concr&#232;te de ce m&#234;me et unique, pas encore la totalit&#233;. Ils sont donc diff&#233;rents l'un pour l'autre, et le rapport est fini. La force exige donc une sollicitation ext&#233;rieure : elle agit en aveugle ; et &#224; cause de cette imperfection de la forme, le contenu est aussi limit&#233; et accidentel. Il n'est pas encore v&#233;ritablement identique &#224; la forme : il n'est pas encore comme notion et comme fin, c'est-&#224;-dire qu'il n'est pas intrins&#232;quement et effectivement d&#233;termin&#233;. Cette diff&#233;rence est tr&#232;s vitale, mais difficile &#224; saisir : elle prendra une formulation plus claire quand nous arriverons au Dessein. Si on la n&#233;glige, elle conduit &#224; la confusion de concevoir Dieu comme Force, confusion dont souffre particuli&#232;rement le Dieu de Herder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la nature de la force elle-m&#234;me est inconnue et que l'on ne saisit que sa manifestation. Mais, en premier lieu, on peut r&#233;pondre que chaque article de la signification de la force est le m&#234;me que ce qui est sp&#233;cifi&#233; dans l'expression, et l'explication d'un ph&#233;nom&#232;ne par une force n'est qu'une simple tautologie. Ce qui est cens&#233; rester inconnu n'est donc en r&#233;alit&#233; que la forme vide de la r&#233;flexion sur soi, par laquelle seule la force se distingue de l'expression, et cette forme aussi est quelque chose de familier. C'est une forme qui n'ajoute rien au contenu et &#224; la loi, qui doivent &#234;tre d&#233;couverts &#224; partir du seul ph&#233;nom&#232;ne. Une autre assurance est toujours donn&#233;e : parler de forces n'implique aucune th&#233;orie sur leur nature ; et cela &#233;tant, on ne voit pas pourquoi la forme de force a &#233;t&#233; introduite dans les sciences. En second lieu, la nature de la force est indubitablement inconnue : nous n'avons toujours aucune n&#233;cessit&#233; de lier et de relier son contenu en lui-m&#234;me, comme nous n'avons aucune n&#233;cessit&#233; dans le contenu, en tant qu'il est express&#233;ment limit&#233; et qu'il doit donc son caract&#232;re &#224; quelque chose d'ext&#233;rieur &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Compar&#233; au rapport imm&#233;diat du tout et des parties, le rapport entre la force et son action peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme infini. En lui se r&#233;alise l'identit&#233; des deux parties qui, dans le premier rapport, n'existait que pour l'observateur. Le tout, bien que nous puissions voir qu'il est compos&#233; de parties, cesse d'&#234;tre un tout quand il est divis&#233; ; tandis que la force ne se montre force que lorsqu'elle s'exerce et, dans son exercice, ne revient qu'&#224; elle-m&#234;me. L'exercice n'est que force une fois de plus. Pourtant, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, ce rapport m&#234;me appara&#238;t fini, et fini en vertu de cette m&#233;diation : de m&#234;me, inversement, le rapport du tout et des parties est &#233;videmment fini en vertu de son imm&#233;diatet&#233;. La premi&#232;re et la plus simple preuve de la finitude du rapport m&#233;diatis&#233; de la force et de son exercice est que chaque force est conditionn&#233;e et a besoin d'autre chose qu'elle-m&#234;me pour subsister. Par exemple, le fer est un v&#233;hicule sp&#233;cial de la force magn&#233;tique, comme on le sait, dont les autres propri&#233;t&#233;s, telles que sa couleur, son poids sp&#233;cifique ou sa relation aux acides, sont ind&#233;pendantes de cette connexion avec le magn&#233;tisme. On observe la m&#234;me chose pour toutes les autres forces, qui, d'un bout &#224; l'autre, se trouvent conditionn&#233;es et transmises par autre chose qu'elles-m&#234;mes. Une autre preuve de la nature finie de la force est qu'elle a besoin d'&#234;tre sollicit&#233;e avant de pouvoir se manifester. Ce par quoi la force est sollicit&#233;e est elle-m&#234;me une autre expression de la force, qui ne peut se manifester sans sollicitation similaire. Cela nous conduit soit &#224; une r&#233;p&#233;tition de la progression infinie, soit &#224; une r&#233;ciprocit&#233; de sollicitation et d'&#234;tre sollicit&#233;. Dans les deux cas, nous n'avons pas de commencement absolu du mouvement. La force n'est pas encore, comme la cause finale, intrins&#232;quement autod&#233;termin&#233;e : le contenu lui est donn&#233; comme d&#233;termin&#233;, et la force, lorsqu'elle s'exerce, est, selon l'expression, aveugle dans son fonctionnement. Cette expression implique la distinction entre la manifestation abstraite de la force et l'action t&#233;l&#233;ologique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) L'affirmation souvent r&#233;p&#233;t&#233;e, que c'est l'exercice de la force et non la force elle-m&#234;me qui est susceptible d'&#234;tre connu, doit &#234;tre rejet&#233;e comme sans fondement. L'essence m&#234;me de la force est de se manifester, et ainsi, dans la totalit&#233; de la manifestation, con&#231;ue comme une loi, nous d&#233;couvrons en m&#234;me temps la force elle-m&#234;me. Et cependant, cette affirmation que la force en elle-m&#234;me est inconnaissable trahit un pressentiment bien fond&#233; que ce rapport est fini. Les diverses manifestations d'une force nous apparaissent d'abord sous une multiplicit&#233; ind&#233;finie, et dans leur isolement, semblent accidentelles ; mais, en r&#233;duisant cette multiplicit&#233; &#224; son unit&#233; int&#233;rieure, que nous appelons force, nous voyons que ce qui est apparemment contingent est n&#233;cessaire, en reconnaissant la loi qui la r&#233;git. Mais les diff&#233;rentes forces elles-m&#234;mes sont &#224; nouveau une multiplicit&#233;, et dans leur simple juxtaposition, elles semblent contingentes. C'est pourquoi, en physique empirique, nous parlons des forces de gravit&#233;, de magn&#233;tisme, d'&#233;lectricit&#233;, etc., et en psychologie des forces de m&#233;moire, d'imagination, de volont&#233; et de toutes les autres facult&#233;s. Cette multiplicit&#233; suscite &#224; nouveau le d&#233;sir de conna&#238;tre ces diff&#233;rentes forces comme un tout unique, d&#233;sir qui ne serait pas apais&#233; m&#234;me si l'on ramenait les diff&#233;rentes forces &#224; une force primaire commune. Une telle force primaire ne serait en r&#233;alit&#233; qu'une abstraction vide, sans plus de contenu que la chose abstraite en soi. De plus, la corr&#233;lation entre force et manifestation est essentiellement une corr&#233;lation m&#233;diatis&#233;e (de d&#233;pendance r&#233;ciproque ), et il faut donc contredire la notion de force pour la consid&#233;rer comme primaire ou reposant sur elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le cas de la nature de la force. Bien que nous puissions accepter de consid&#233;rer le monde comme une manifestation des forces divines, nous devrions objecter &#224; ce que Dieu lui-m&#234;me soit consid&#233;r&#233; comme une simple force. Car la force est apr&#232;s tout une cat&#233;gorie subordonn&#233;e et finie. Lors de la pr&#233;tendue renaissance des sciences, lorsque des mesures furent prises pour relier les ph&#233;nom&#232;nes individuels de la nature aux forces sous-jacentes, l'&#201;glise qualifia cette entreprise d'impie. L'argument de l'&#201;glise &#233;tait le suivant : si ce sont les forces de la gravitation, de la v&#233;g&#233;tation, etc., qui provoquent les mouvements des corps c&#233;lestes, la croissance des plantes, etc., il ne reste plus rien pour la providence divine, et Dieu se r&#233;duit au niveau d'un observateur tranquille, observant ce jeu de forces. Les sp&#233;cialistes de la nature, il est vrai, et Newton plus que d'autres, lorsqu'ils employ&#232;rent la cat&#233;gorie r&#233;flexive de la force pour expliquer les ph&#233;nom&#232;nes naturels, ont express&#233;ment plaid&#233; que l'honneur de Dieu, en tant que Cr&#233;ateur et Gouverneur du monde, ne serait pas ainsi port&#233; atteinte. Mais le r&#233;sultat logique de cette explication par les forces est que l'entendement inf&#233;rentiel proc&#232;de &#224; fixer chacune de ces forces et &#224; les maintenir dans leur finitude comme ultime. Et, en contraste avec ce monde d&#233;-infinitis&#233; de forces et de mati&#232;res ind&#233;pendantes, les seuls termes dans lesquels il est encore possible de d&#233;crire Dieu le pr&#233;senteront dans l'infinit&#233; abstraite d'un &#202;tre supr&#234;me inconnaissable dans un autre monde lointain. Telle est pr&#233;cis&#233;ment la position du mat&#233;rialisme et de la &#171; libre pens&#233;e &#187; moderne, dont la th&#233;ologie ignore ce qu'est Dieu et se limite au simple fait queDans cette dispute, l'Eglise et l'esprit religieux ont donc, dans une certaine mesure, raison. Les formes finies de l'entendement ne remplissent certes pas les conditions d'une connaissance de la nature ou des formations du monde de l'esprit telles qu'elles sont r&#233;ellement. Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, il est impossible de n&#233;gliger le droit formel qui, en premier lieu, donne aux sciences empiriques le droit de revendiquer le droit de la pens&#233;e &#224; conna&#238;tre le monde existant dans toute la particularit&#233; de son contenu, et de chercher quelque chose de plus que la simple affirmation d'une foi abstraite selon laquelle Dieu a cr&#233;&#233; et gouverne le monde. Lorsque notre conscience religieuse, s'appuyant sur l'autorit&#233; de l'Eglise, nous enseigne que Dieu a cr&#233;&#233; le monde par sa volont&#233; toute-puissante, qu'il guide les astres dans leur course et accorde &#224; toutes ses cr&#233;atures leur existence et leur bien-&#234;tre, la question du pourquoi reste sans r&#233;ponse. Or, c'est la r&#233;ponse &#224; cette question qui constitue la t&#226;che commune de la science empirique et de la philosophie. Lorsque la religion refuse de reconna&#238;tre ce probl&#232;me, ou le droit de le poser, et invoque l'imp&#233;n&#233;trable v&#233;rit&#233; des d&#233;crets de Dieu, elle adopte le m&#234;me terrain agnostique que celui de la simple Lumi&#232;re. Un tel appel n'est rien de plus qu'un dogmatisme arbitraire, qui contrevient au commandement expr&#232;s du christianisme de conna&#238;tre Dieu en esprit et en v&#233;rit&#233;, et qui est motiv&#233; par une humilit&#233; qui n'est pas chr&#233;tienne, mais qui na&#238;t d'une bigoterie ostentatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 137&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force est un tout qui, dans son rapport &#224; soi-m&#234;me, est un rapport n&#233;gatif &#224; soi-m&#234;me ; et comme tel tout, elle se repousse sans cesse d'elle-m&#234;me et se met en avant. Mais comme cette r&#233;flexion dans un autre (qui correspond &#224; la distinction des parties du tout) est &#233;galement une r&#233;flexion dans soi-m&#234;me, cette &#233;mission est le moyen par lequel la force qui retourne &#224; elle-m&#234;me est comme force. L'acte m&#234;me d'&#233;mission met donc en suspens la diversit&#233; des deux c&#244;t&#233;s qui se trouve dans cette corr&#233;lation, et &#233;nonce express&#233;ment l'identit&#233; qui constitue virtuellement leur contenu. La v&#233;rit&#233; de la force et de la parole est donc cette relation dans laquelle les deux c&#244;t&#233;s ne se distinguent que comme ext&#233;rieur et int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 138&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[c] L' int&#233;rieur est le fondement, quand il se pr&#233;sente comme la simple forme d'un c&#244;t&#233; de l'apparence et de la corr&#233;lation &#8212; la forme vide de la r&#233;flexion en soi. En contrepartie se trouve l' ext&#233;rieur &#8212; l'existence &#8212; aussi comme forme de l'autre c&#244;t&#233; de la corr&#233;lation, avec la caract&#233;ristique vide de la r&#233;flexion en quelque chose d'autre. Mais l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur sont identifi&#233;s : et leur identit&#233; est l'identit&#233; port&#233;e &#224; la pl&#233;nitude dans le contenu, cette unit&#233; de la r&#233;flexion en soi et de la r&#233;flexion en autrui qui a &#233;t&#233; forc&#233;e d'appara&#238;tre dans le mouvement de la force. Tous deux sont la m&#234;me identit&#233; unique, et cette unit&#233; en fait le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 139&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu donc, l'ext&#233;rieur est le m&#234;me contenu que l'int&#233;rieur. Ce qui est &#224; l'int&#233;rieur se trouve aussi &#224; l'ext&#233;rieur, et vice versa. L'apparence ne montre rien qui ne soit dans l'essence, et dans l'essence il n'y a rien que ce qui est manifest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 140&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, comme termes formels, sont aussi r&#233;ciproquement oppos&#233;s, et cela de fa&#231;on absolue. L'un est l'abstraction de l'identit&#233; avec le moi, l'autre la simple multiplicit&#233; ou r&#233;alit&#233;. Mais en tant que stades d'une m&#234;me forme, ils sont essentiellement identiques, de sorte que tout ce qui est d'abord explicitement plac&#233; dans une seule abstraction, est aussi clairement et &#224; un certain stade dans l'autre. Par cons&#233;quent, ce qui n'est qu'int&#233;rieur n'est aussi qu'ext&#233;rieur : et ce qui n'est qu'ext&#233;rieur n'est d'abord qu'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une erreur de r&#233;flexion courante que de consid&#233;rer l'essence comme &#233;tant seulement l'int&#233;rieur. Si l'on prend les choses ainsi, cette mani&#232;re de voir est purement ext&#233;rieure, et cette sorte d'essence est une abstraction ext&#233;rieure vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ins Innere der Natur&lt;br class='autobr' /&gt;
Dringt kein erschaffner Geist,&lt;br class='autobr' /&gt;
Zu gl&#252;cklich wenn er nur&lt;br class='autobr' /&gt;
De &#228;ussere Schaale weisst.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait mieux fallu dire que si l'on d&#233;crit l'essence de la nature comme la partie int&#233;rieure, celui qui la d&#233;crit ainsi ne conna&#238;t que son enveloppe ext&#233;rieure. Dans l'&#234;tre en tant que tout, ou m&#234;me dans la simple perception sensible, la notion n'est d'abord qu'une chose int&#233;rieure, et pour cette raison m&#234;me, elle est quelque chose d'ext&#233;rieur &#224; l'&#234;tre, une pens&#233;e et un &#234;tre subjectifs, d&#233;pourvus de v&#233;rit&#233;. Dans la nature comme dans l'esprit, tant que la notion, le dessein ou la loi sont d'abord la capacit&#233; int&#233;rieure, de simples possibilit&#233;s, ils ne sont d'abord qu'une nature ext&#233;rieure, inorganique, la connaissance d'une tierce personne, d'une force &#233;trang&#232;re, etc. Tel un homme est ext&#233;rieurement, c'est-&#224;-dire dans ses actions (non, bien entendu, dans son apparence purement corporelle), tel il est int&#233;rieurement ; et si sa vertu, sa moralit&#233;, etc. ne sont qu'int&#233;rieurement siennes, c'est-&#224;-dire si elles n'existent que dans ses intentions et ses sentiments, et si ses actes ext&#233;rieurs ne sont pas identiques &#224; eux, une moiti&#233; de lui est aussi creuse et vide que l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre l'Ext&#233;rieur et l'Int&#233;rieur unit les deux relations qui la pr&#233;c&#232;dent et, en m&#234;me temps, met en suspens la simple relativit&#233; et la ph&#233;nom&#233;nalit&#233; en g&#233;n&#233;ral. Pourtant, tant que la compr&#233;hension maintient l'Int&#233;rieur et l'Ext&#233;rieur fix&#233;s dans leur s&#233;paration, ils sont des formes vides, l'un aussi nul que l'autre. Non seulement dans l'&#233;tude de la nature, mais aussi dans celle du monde spirituel, il faut beaucoup appr&#233;cier la relation entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, et surtout &#233;viter l'id&#233;e fausse selon laquelle le premier est le seul point essentiel autour duquel tout tourne, tandis que le second est inessentiel et trivial. Nous commettons cette erreur lorsque, comme on le fait souvent, la diff&#233;rence entre la nature et l'esprit est ramen&#233;e &#224; la diff&#233;rence abstraite entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur. Quant &#224; la nature, elle est certainement ext&#233;rieure dans le grossier, non seulement &#224; l'esprit, mais m&#234;me &#224; lui-m&#234;me. Mais l'appeler ext&#233;rieure &#171; dans le grossier &#187; ne signifie pas qu'il s'agit d'une ext&#233;riorit&#233; abstraite, car une telle chose n'existe pas. Cela signifie plut&#244;t que l'id&#233;e qui forme le contenu commun de la nature et de l'esprit se trouve dans la nature seulement comme ext&#233;rieure et, pour cette raison m&#234;me, seulement int&#233;rieure. L'entendement abstrait, avec son &#171; ou bien ou bien &#187;, peut lutter contre cette conception de la nature. On la retrouve n&#233;anmoins de toute &#233;vidence dans nos autres modes de conscience, en particulier dans la religion. La religion nous enseigne que la nature, tout comme le monde spirituel, est une r&#233;v&#233;lation de Dieu ; mais avec cette distinction que, si la nature n'arrive jamais jusqu'&#224; &#234;tre consciente de son essence divine, cette conscience est le probl&#232;me expr&#232;s de l'esprit, qui, en la mati&#232;re, est encore fini. Ceux qui consid&#232;rent l'essence de la nature comme une simple int&#233;riorit&#233;, et par cons&#233;quent inaccessible &#224; nous, adoptent la m&#234;me ligne de conduite que cette ancienne croyance qui consid&#233;rait Dieu comme envieux et jaloux, croyance que Platon et Aristote ont d&#233;j&#224; prononc&#233;e. Tout ce que Dieu est, il le communique et le r&#233;v&#232;le ; et il le fait d'abord dans et par la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout objet est en effet d&#233;fectueux et imparfait lorsqu'il n'est qu'int&#233;rieur et donc en m&#234;me temps qu'ext&#233;rieur, ou (ce qui revient au m&#234;me) lorsqu'il n'est qu'ext&#233;rieur et donc qu'int&#233;rieur. Par exemple, un enfant, pris grossi&#232;rement en tant qu'&#234;tre humain, est sans doute un &#234;tre raisonnable ; mais la raison de l'enfant en tant qu'enfant est d'abord purement int&#233;rieure, sous la forme de ses capacit&#233;s naturelles ou de sa vocation, etc. Cette pure int&#233;riorit&#233; a en m&#234;me temps pour l'enfant la forme purement ext&#233;rieure, sous la forme de la volont&#233; de ses parents, des connaissances de ses ma&#238;tres et de tout le monde de la raison qui l'entoure. L'&#233;ducation et l'instruction d'un enfant visent &#224; le rendre r&#233;ellement et pour lui-m&#234;me ce qu'il n'est d'abord que virtuellement et donc pour les autres, c'est-&#224;-dire pour ses amis adultes. La raison, qui n'existe d'abord chez l'enfant que comme une possibilit&#233; int&#233;rieure, se r&#233;alise par l'&#233;ducation ; et inversement, l'enfant prend conscience par ce moyen que la bont&#233;, la religion et la science, qu'il avait d'abord consid&#233;r&#233;es comme une autorit&#233; ext&#233;rieure, sont sa propre nature. Il en est de m&#234;me pour l'enfant, qui, contrairement &#224; sa v&#233;ritable destin&#233;e, reste dans l'esclavage de l'homme naturel, son intelligence et sa volont&#233;. Ainsi, le criminel voit dans la peine qu'il doit subir un acte de violence ext&#233;rieure, alors qu'en r&#233;alit&#233; la peine n'est que la manifestation de sa propre volont&#233; criminelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui vient d'&#234;tre dit nous apprend ce qu'il faut penser d'un homme qui, lorsqu'on le bl&#226;me pour ses d&#233;fauts, ou peut-&#234;tre pour ses actes r&#233;pr&#233;hensibles, fait appel aux intentions et aux sentiments (profess&#233;s) excellents de son moi int&#233;rieur qu'il distingue de ces d&#233;fauts. Il peut certainement y avoir des cas particuliers o&#249; la malveillance des circonstances ext&#233;rieures contrecarre des projets bien intentionn&#233;s et perturbe l'ex&#233;cution des plans les mieux con&#231;us. Mais en g&#233;n&#233;ral, m&#234;me dans ce cas, l'unit&#233; essentielle entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur est maintenue. Nous sommes donc fond&#233;s &#224; dire qu'un homme est ce qu'il fait ; et la vanit&#233; mensong&#232;re qui se console avec le sentiment de l'excellence int&#233;rieure peut &#234;tre confront&#233;e aux paroles de l'&#201;vangile : &#171; C'est &#224; leurs fruits que vous les reconna&#238;trez. &#187; Cette grande maxime s'applique avant tout au point de vue moral et religieux, mais elle est &#233;galement valable en ce qui concerne les performances artistiques et scientifiques. L'&#339;il per&#231;ant d'un ma&#238;tre qui aper&#231;oit chez son &#233;l&#232;ve des signes &#233;vidents de talent, peut le conduire &#224; affirmer qu'il a en lui un Rapha&#235;l ou un Mozart, et le r&#233;sultat montrera &#224; quel point cette opinion est fond&#233;e. Mais si un peintre ou un po&#232;te se flatte de penser que sa t&#234;te est pleine de hautes id&#233;es, sa consolation est bien mince ; et s'il veut &#234;tre jug&#233; non sur ses &#339;uvres r&#233;elles mais sur ses projets, nous pouvons sans risque rejeter ses pr&#233;tentions comme sans fondement et sans intention. Mais le cas inverse se pr&#233;sente aussi. En jugeant des hommes qui ont accompli quelque chose de grand et de bon, nous faisons souvent une fausse distinction entre ce qui est int&#233;rieur et ce qui est ext&#233;rieur. Tout ce qu'ils ont accompli, disons-nous, n'est qu'ext&#233;rieur ; int&#233;rieurement, ils agissaient pour un motif tout autre, par exemple pour satisfaire leur vanit&#233; ou une autre passion indigne. C'est l'esprit d'envie. Incapable de faire de grandes actions par elle-m&#234;me, l'envie s'efforce de d&#233;pr&#233;cier la grandeur et de la ramener &#224; son niveau. Rappelons-nous plut&#244;t la belle expression de Goethe : il n'y a pas d'autre rem&#232;de que l'amour contre les grandes sup&#233;riorit&#233;s des autres. On peut chercher &#224; &#244;ter aux grandes actions des hommes leur grandeur en insinuant l'hypocrisie ; mais s'il est possible que les hommes dissimulent et d&#233;guisent beaucoup de choses, ils ne peuvent cacher tout leur &#234;tre int&#233;rieur, qui se trahit infailliblement dans le decursus vitae. Il est vrai, m&#234;me ici, qu'un homme n'est rien d'autre que la suite de ses actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire que l'on appelle &#171; pragmatique &#187; a souvent p&#233;ch&#233; dans les temps modernes en traitant les grands personnages historiques, et en d&#233;figurant et en ternissant la v&#233;ritable conception que l'on s'en fait par cette s&#233;paration fallacieuse de l'ext&#233;rieur et de l'int&#233;rieur. Non content de raconter sans fard les grands actes accomplis par les h&#233;ros de l'histoire du monde et de reconna&#238;tre que leur &#234;tre int&#233;rieur correspond &#224; la port&#233;e de leurs actes, l'historien pragmatique se croit justifi&#233; et m&#234;me oblig&#233; de rechercher les pr&#233;tendus motifs secrets qui se cachent derri&#232;re les faits r&#233;v&#233;l&#233;s. L'historien, dans ce cas, est cens&#233; &#233;crire avec plus de profondeur &#224; mesure qu'il r&#233;ussit &#224; arracher l'aur&#233;ole de tout ce qui a &#233;t&#233; tenu jusqu'ici pour grand et glorieux, et &#224; le rabaisser, en ce qui concerne son origine et sa signification propre, au niveau de la vulgaire m&#233;diocrit&#233;. Pour faciliter ces recherches pragmatiques en histoire, on recommande habituellement l'&#233;tude de la psychologie, qui est cens&#233;e nous faire conna&#238;tre les v&#233;ritables mobiles des actions humaines. Or, la psychologie dont il s'agit n'est que cette petite connaissance des hommes qui d&#233;tourne son regard de l'essentiel et du permanent de la nature humaine pour fixer son regard sur les traits accidentels et particuliers qui se manifestent dans les instincts et les passions isol&#233;s. Une psychologie pragmatique devrait au moins laisser &#224; l'historien qui &#233;tudie les mobiles des grandes actions le choix entre les int&#233;r&#234;ts &#171; substantiels &#187; du patriotisme, de la justice, de la v&#233;rit&#233; religieuse, etc., d'une part, et les int&#233;r&#234;ts subjectifs et &#171; formels &#187; de la vanit&#233;, de l'ambition, de l'avarice, etc., d'autre part. Ce sont ces derniers, cependant, que le pragmatiste doit consid&#233;rer comme r&#233;ellement efficaces, sinon l'hypoth&#232;se d'une opposition entre l'int&#233;rieur (la disposition de l'agent) et l'ext&#233;rieur (le sens de l'action) tomberait &#224; l'eau. Mais l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur ont en r&#233;alit&#233; le m&#234;me contenu, et c'est ce qui est le plus important. et la doctrine juste est l'exact oppos&#233; de cette juridicit&#233; p&#233;dante. Si les h&#233;ros de l'histoire n'avaient &#233;t&#233; mus que par des int&#233;r&#234;ts subjectifs et formels, ils n'auraient jamais accompli ce qu'ils ont accompli. Et si nous tenons compte de l'unit&#233; entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, nous devons reconna&#238;tre que les grands hommes ont voulu ce qu'ils ont fait et ont fait ce qu'ils ont voulu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 141&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abstractions vides, par lesquelles le contenu unique et identique se prolonge n&#233;cessairement dans les deux corr&#233;latifs, se suspendent dans la transition imm&#233;diate de l'un dans l'autre. Le contenu lui-m&#234;me n'est rien d'autre que leur identit&#233; (&#167; 138) : et ces abstractions sont l'apparence de l'essence, pos&#233;e comme apparence. Par la manifestation de la force, l'int&#233;rieur est mis &#224; l'existence : mais cette mise &#224; l'existence est la m&#233;diation par des abstractions vides. En soi, le processus interm&#233;diaire s'&#233;vanouit dans l'imm&#233;diatet&#233;, dans laquelle l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur sont absolument identiques et leur diff&#233;rence n'est distinctement que suppos&#233;e et impos&#233;e. Cette identit&#233; est l'Actualit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. ACTUALIT&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Substantialit&#233; - Causalit&#233; - R&#233;ciprocit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 142&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; est l'unit&#233; devenue imm&#233;diate de l'essence avec l'existence , ou de l'int&#233;rieur avec l'ext&#233;rieur. L'&#233;nonc&#233; de l'actuel est l'actuel lui-m&#234;me : de sorte que dans cet &#233;nonc&#233; il reste tout aussi essentiel, et n'est essentiel qu'autant qu'il est existence ext&#233;rieure imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; rencontr&#233; l'&#202;tre et l'Existence comme formes de l'imm&#233;diat. L'&#202;tre est en g&#233;n&#233;ral imm&#233;diatet&#233; non r&#233;fl&#233;chie et transition vers un autre. L'Existence est unit&#233; imm&#233;diate de l'&#202;tre et de la r&#233;flexion : d'o&#249; l'apparence ; elle vient du sol et tombe au sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette unit&#233; est pos&#233;e explicitement et les deux c&#244;t&#233;s de la relation sont identifi&#233;s. L'actuel est donc exempt de transition et son ext&#233;riorit&#233; est son &#233;nergie. Dans cette &#233;nergie, il se refl&#232;te en lui-m&#234;me : son existence n'est que la manifestation de lui-m&#234;me, non d'un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Existe mais n'est pas r&#233;el&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; et la pens&#233;e (ou l'id&#233;e) sont souvent oppos&#233;es de fa&#231;on absurde. Combien de fois entendons-nous des gens dire que, bien qu'aucune objection ne puisse &#234;tre oppos&#233;e &#224; la v&#233;rit&#233; et &#224; la justesse d'une certaine pens&#233;e, il n'y a rien de tel &#224; voir dans la r&#233;alit&#233; , ou qu'elle ne peut &#234;tre r&#233;ellement mise en pratique ! Ceux qui emploient un tel langage ne font que prouver qu'ils n'ont pas bien saisi la nature de la pens&#233;e ou de l'actualit&#233;. La pens&#233;e dans un tel cas est, d'une part, le synonyme d'une conception subjective , d'un plan, d'une intention ou autre chose du m&#234;me genre, tout comme l'actualit&#233; est, d'autre part, synonyme d'existence ext&#233;rieure et sensible. Tout cela est tr&#232;s bien dans la vie courante, o&#249; l'on tol&#232;re une grande laxit&#233; dans les cat&#233;gories et les noms qui leur sont donn&#233;s ; et il peut bien s&#251;r arriver que, par exemple, le plan ou la soi-disant id&#233;e d'une certaine m&#233;thode de pens&#233;e soit consid&#233;r&#233; comme tel.L'imp&#244;t est bon et recommandable dans l'abstrait, mais rien de tel ne se trouve dans la r&#233;alit&#233;, et ne pourrait &#234;tre appliqu&#233; dans les conditions donn&#233;es. Mais lorsque l'entendement abstrait s'empare de ces cat&#233;gories et exag&#232;re la distinction qu'elles impliquent jusqu'&#224; en faire une ligne de contraste nette et ferme, lorsqu'il nous dit que dans ce monde r&#233;el nous devons nous d&#233;barrasser des id&#233;es, il est n&#233;cessaire de protester &#233;nergiquement contre ces doctrines, au nom de la science et de la saine raison. Car d'une part, les id&#233;es ne sont pas confin&#233;es &#224; notre t&#234;te, et l'id&#233;e, dans son ensemble, n'est pas si faible qu'elle laisse &#224; notre volont&#233; la question de son actualisation ou de sa non-actualisation. L'id&#233;e est plut&#244;t l'absolument actif aussi bien que l'actuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;el est r&#233;el&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la r&#233;alit&#233; n'est pas aussi mauvaise et irrationnelle que le pensent les r&#233;formateurs aveugles, maladroits et confus. La r&#233;alit&#233;, en tant que distincte de la simple apparence et pr&#233;sentant avant tout une unit&#233; de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, est si loin d'&#234;tre en contradiction avec la raison qu'elle est plut&#244;t parfaitement raisonnable, et tout ce qui n'est pas raisonnable doit pour cette raison m&#234;me cesser d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme r&#233;el. On peut retrouver la m&#234;me opinion dans les usages du langage cultiv&#233;, qui refuse de donner le nom de r&#233;alit&#233;.un vrai po&#232;te ou un vrai homme d'&#201;tat &#224; un po&#232;te ou &#224; un homme d'&#201;tat qui ne peut rien faire de vraiment m&#233;ritoire ou de raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conception vulgaire de la r&#233;alit&#233;, qui prend pour ce qui est palpable et imm&#233;diatement &#233;vident pour les sens, il faut chercher la cause d'un pr&#233;jug&#233; r&#233;pandu sur la relation de la philosophie d' Aristote &#224; celle de Platon. L'opinion populaire fait la diff&#233;rence suivante : tandis que Platon reconna&#238;t l'id&#233;e et seulement l'id&#233;e comme v&#233;rit&#233;, Aristote, rejetant l'id&#233;e, s'en tient &#224; la r&#233;alit&#233;, et doit pour cela &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le fondateur et le chef de l'empirisme. On peut remarquer &#224; ce propos que ce n'est pas la r&#233;alit&#233; vulgaire de ce qui est imm&#233;diatement &#224; port&#233;e de main, mais l'id&#233;e comme r&#233;alit&#233;. O&#249; donc se situe la controverse d'Aristote contre Platon ? Cela r&#233;side en ceci : Aristote appelle l'id&#233;e platonicienne une simple dynamis , et &#233;tablit, en opposition &#224; Platon, que l'id&#233;e, que tous deux reconnaissent &#233;galement comme la seule v&#233;rit&#233;, doit &#234;tre essentiellement consid&#233;r&#233;e comme une energeia , en d'autres termes, comme l'int&#233;rieur qui est tout &#224; fait au premier plan, ou comme l'unit&#233; de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, ou comme l'actualit&#233;, au sens emphatique donn&#233; ici au mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est concr&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 143&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cat&#233;gorie concr&#232;te comme l'Actualit&#233; inclut les caract&#233;ristiques pr&#233;cit&#233;es et leur diff&#233;rence, et en est donc aussi le d&#233;veloppement, de telle mani&#232;re que, comme elle les poss&#232;de, elles sont en m&#234;me temps clairement comprises comme une d&#233;monstration, &#224; assumer ou &#224; imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[a] Envisag&#233;e comme identit&#233; en g&#233;n&#233;ral, l'Actualit&#233; est avant tout Possibilit&#233; &#8211; la r&#233;flexion en soi qui, par opposition &#224; l'unit&#233; concr&#232;te de l'actuel, est prise et transform&#233;e en une essentialit&#233; abstraite et inessentielle. La possibilit&#233; est ce qui est essentiel &#224; la r&#233;alit&#233;, mais de telle mani&#232;re qu'elle n'est en m&#234;me temps qu'une possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement la port&#233;e de la possibilit&#233; qui a incit&#233; Kant &#224; la consid&#233;rer, avec la n&#233;cessit&#233; et l'actualit&#233;, comme des modalit&#233;s, &#171; car ces cat&#233;gories n'augmentent en rien la notion comme objet, mais expriment seulement sa relation avec la facult&#233; de conna&#238;tre &#187;. En effet, la possibilit&#233; est en r&#233;alit&#233; la simple abstraction de la r&#233;flexion sur soi, ce qu'on appelait autrefois l'int&#233;rieur, seulement qu'on entend aujourd'hui par l&#224; l'int&#233;rieur ext&#233;rieur, tir&#233; de la r&#233;alit&#233; et ayant l'&#234;tre d'une simple supposition, et qu'on ne la suppose donc que comme une simple modalit&#233;, une abstraction qui est courte et qui, en termes plus concrets, n'appartient qu'&#224; la pens&#233;e subjective. Il en est autrement de l'actualit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; . Elles ne sont rien d'autre qu'une simple esp&#232;ce et un mode pour autre chose : en fait, c'est tout le contraire. Si on les suppose, c'est comme le concret, mais pas seulement comme des suppositions, mais comme un tout intrins&#232;quement complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; &#233;tant d'abord la simple forme de l'identit&#233; avec soi-m&#234;me (par rapport au concret actuel), la r&#232;gle qui s'applique &#224; elle est simplement qu'une chose ne doit pas &#234;tre contradictoire avec elle-m&#234;me. Ainsi tout est possible, car un acte d'abstraction peut donner &#224; tout contenu cette forme d'identit&#233;. Mais tout est aussi impossible que possible. Dans tout contenu - qui est et doit &#234;tre concret - la particularit&#233; de sa nature peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une contrari&#233;t&#233; sp&#233;cialis&#233;e et par l&#224; m&#234;me comme une contradiction. Rien n'est donc plus d&#233;nu&#233; de sens que de parler de cette possibilit&#233; et de cette impossibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En philosophie en particulier, il ne faut jamais dire que &#171; c'est possible &#187;, ou &#171; il y a encore une autre possibilit&#233; &#187;, ou, pour adopter une autre phras&#233;ologie, &#171; c'est concevable &#187;. La m&#234;me consid&#233;ration devrait mettre en garde l'historien contre l'emploi d'une cat&#233;gorie dont on a maintenant expliqu&#233; qu'elle &#233;tait fausse en soi : mais la subtilit&#233; de l'entendement vide trouve son plaisir principal dans l'ing&#233;niosit&#233; fantastique de sugg&#233;rer des possibilit&#233;s et des tas de possibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possible et r&#233;el&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre pens&#233;e-image est d'abord dispos&#233;e &#224; voir dans la possibilit&#233; la cat&#233;gorie la plus riche et la plus large, et dans la r&#233;alit&#233; la cat&#233;gorie la plus pauvre et la plus &#233;troite. Tout est possible, dit-on, mais tout ce qui est possible n'est pas pour autant actuel. En r&#233;alit&#233;, si nous les consid&#233;rons comme des pens&#233;es, l'actualit&#233; est d'autant plus large que c'est la pens&#233;e concr&#232;te qui renferme la possibilit&#233; comme un &#233;l&#233;ment abstrait. Et cette sup&#233;riorit&#233; s'exprime dans une certaine mesure dans notre fa&#231;on de penser ordinaire, lorsque nous parlons du possible, par opposition &#224; l'actuel, comme &#233;tant seulement possible. On dit souvent que la possibilit&#233; consiste dans le fait qu'une chose est pensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Penser &#187; signifie seulement concevoir un contenu sous la forme d'une identit&#233; abstraite. Or, tout contenu peut &#234;tre plac&#233; sous cette forme, puisqu'il n'est rien demand&#233; d'autre que de le s&#233;parer de la relation dans laquelle il se trouve. Par cons&#233;quent, tout contenu, si absurde et insens&#233; soit-il, peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme possible. Il est possible que la lune tombe sur la terre cette nuit, car la lune est un corps s&#233;par&#233; de la terre et peut aussi bien tomber sur elle qu'une pierre lanc&#233;e en l'air. Dans ce langage sur les possibilit&#233;s, c'est principalement la loi de la raison suffisante qui est manipul&#233;e dans le style d&#233;j&#224; expliqu&#233;. Tout, dit-on, est possible, pourvu que l'on puisse &#233;tablir une base. Moins un homme est instruit, ou en d'autres termes, moins il conna&#238;t la connexion sp&#233;cifique des objets sur lesquels il dirige ses observations, plus grande est sa tendance &#224; se lancer dans toutes sortes de possibilit&#233;s vides. On trouve un exemple de cette habitude dans la sph&#232;re politique chez le politicien de cabaret. Dans la vie pratique aussi, il n'est pas rare de voir la mauvaise volont&#233; et la paresse se glisser derri&#232;re la cat&#233;gorie du possible pour &#233;chapper &#224; des obligations d&#233;termin&#233;es. On peut y appliquer les m&#234;mes remarques que celles qui ont &#233;t&#233; faites &#224; propos de la loi de la raison suffisante. Les hommes raisonnables et pratiques refusent de se laisser imposer par le possible, pour la simple raison que c'est seulement possible. Ils s'en tiennent &#224; l'actuel (sans entendre par ce mot simplement ce qui est imm&#233;diatement pr&#233;sent et pr&#233;sent). De nombreux proverbes de la vie courante expriment le m&#234;me m&#233;pris pour ce qui est abstraitement possible. &#171; Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en effet autant de raisons de consid&#233;rer tout comme impossible que comme possible : car tout contenu (un contenu est toujours concret) comporte non seulement des propri&#233;t&#233;s diverses, mais m&#234;me oppos&#233;es. Rien n'est plus impossible, par exemple, que le fait que je sois : car &#171; je &#187; est en m&#234;me temps simple rapport &#224; soi-m&#234;me et, comme il est indubitable, rapport &#224; quelque chose d'autre. On peut constater la m&#234;me chose dans tous les autres faits du monde naturel ou spirituel. La mati&#232;re, peut-on dire, est impossible : car elle est l'unit&#233; de l'attraction et de la r&#233;pulsion. Il en est de m&#234;me de la vie, de la loi, de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, c'est l'entendement vide qui hante ces formes vides : et le r&#244;le de la philosophie en la mati&#232;re est de montrer combien elles sont nulles et d&#233;nu&#233;es de sens.Qu'une chose soit possible ou impossible d&#233;pend enti&#232;rement de l'objet, c'est-&#224;-dire de la somme totale des &#233;l&#233;ments en acte qui, &#224; mesure qu'elle se d&#233;voile, se r&#233;v&#232;le &#234;tre la n&#233;cessit&#233; .&lt;br class='autobr' /&gt;
&#174;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 144&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[b] Contingence (accidents). Mais l'Actuel, dans sa distinction avec la possibilit&#233; (qui est r&#233;flexion-en-soi), n'est que le concret ext&#233;rieur, l'imm&#233;diat non essentiel. En d'autres termes, dans la mesure o&#249; l'actuel est d'abord la simple unit&#233; simplement imm&#233;diate de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, il est &#233;videmment fait ext&#233;rieur non essentiel, et donc en m&#234;me temps simplement int&#233;rieur, abstraction de la r&#233;flexion-en-soi. C'est pourquoi il est lui-m&#234;me caract&#233;ris&#233; comme un simple possible. Lorsqu'il est ainsi &#233;valu&#233; au titre d'une simple possibilit&#233;, l'actuel est un Contingent ou un Accidentel, et, inversement, la possibilit&#233; est un simple Accident lui-m&#234;me ou un Hasard .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; et &#233;ventualit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 145&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; et la contingence sont les deux facteurs de l'Actualit&#233;, l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, consid&#233;r&#233;s comme de simples formes qui constituent l'ext&#233;riorit&#233; de l'actuel. Elles ont leur r&#233;flexion en soi sur le corps du fait actuel, ou contenu, avec sa d&#233;finition intrins&#232;que qui donne la base essentielle de leur caract&#233;risation. La finitude du contingent et du possible r&#233;side donc, comme nous le voyons maintenant, dans la distinction entre la d&#233;termination de la forme et le contenu : et, par cons&#233;quent, c'est du contenu seul que d&#233;pend la question de savoir si quelque chose est contingent et possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libre volont&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la possibilit&#233; est le simple int&#233;rieur de l'actualit&#233;, elle est par l&#224; m&#234;me une simple actualit&#233; ext&#233;rieure , c'est-&#224;-dire une contingence. Le contingent, en gros, est ce qui a pour fondement son &#234;tre non pas en soi, mais en quelque chose d'autre. C'est sous cet aspect que l'actualit&#233; se pr&#233;sente d'abord &#224; la conscience, et que l'on confond souvent avec l'actualit&#233; elle-m&#234;me. Mais le contingent n'est qu'un c&#244;t&#233; de l'actuel, celui de la r&#233;flexion sur quelque chose d'autre. Il est l'actuel dans la signification de quelque chose de simplement possible. C'est pourquoi nous consid&#233;rons le contingent comme ce qui peut &#234;tre ou ne pas &#234;tre, ce qui peut &#234;tre d'une mani&#232;re ou d'une autre, dont l'&#234;tre ou le non-&#234;tre, et dont l'&#234;tre de telle ou telle mani&#232;re ou d'une autre ne d&#233;pend pas de lui-m&#234;me, mais de quelque chose d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surmonter cette contingence est, en gros, le probl&#232;me de la science d'une part ; de m&#234;me que dans le domaine de la pratique , de l'autre, le but de l'action est de s'&#233;lever au-dessus de la contingence de la volont&#233; ou du caprice. Il est pourtant arriv&#233; souvent, surtout dans les temps modernes, que la contingence ait &#233;t&#233; exag&#233;r&#233;ment &#233;lev&#233;e et qu'on lui ait attach&#233;, tant dans la nature que dans le monde de l'esprit, une valeur &#224; laquelle elle n'a aucun droit. Souvent, la nature , pour prendre la premi&#232;re, a &#233;t&#233; admir&#233;e surtout pour la richesse et la vari&#233;t&#233; de ses structures. Mais, &#224; part ce qu'elle contient de l' Id&#233;e , cette richesse ne satisfait aucun des int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs de la Raison, et sa grande vari&#233;t&#233; de structures, organiques et inorganiques, ne nous offre que le spectacle d'une contingence se perdant dans le vague. En tout cas, la sc&#232;ne en damier pr&#233;sent&#233;e par les diff&#233;rentes vari&#233;t&#233;s d'animaux et de plantes, conditionn&#233;e comme elle l'est par des circonstances ext&#233;rieures - les changements complexes de configuration et de regroupement des nuages, etc. - ne devrait pas &#234;tre class&#233;e plus haut que la m&#234;mefantaisies fortuites de l'esprit qui s'abandonne &#224; ses propres caprices.L'&#233;merveillement avec lequel de tels ph&#233;nom&#232;nes sont accueillis est un &#233;tat d'esprit des plus abstraits, &#224; partir duquel on devrait progresser vers une vision plus approfondie de l'harmonie int&#233;rieure et de l'uniformit&#233; de la nature .&lt;br class='autobr' /&gt;
&#174;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est particuli&#232;rement important de bien &#233;valuer la contingence de la volont&#233; . La libert&#233; de la volont&#233; est une expression qui signifie souvent le libre choix, ou la volont&#233; sous forme de contingence. La libert&#233; de choix, ou la capacit&#233; de se d&#233;terminer dans un sens ou dans un autre, est sans aucun doute un &#233;l&#233;ment essentiel de la volont&#233; (qui est libre dans sa notion m&#234;me) ; mais au lieu d'&#234;tre la libert&#233; elle-m&#234;me, elle n'est en premier lieu qu'une libert&#233; formelle. La volont&#233; v&#233;ritablement libre, qui comprend le libre choix comme suspendu, a conscience que son contenu est intrins&#232;quement ferme et stable, et sait en m&#234;me temps qu'il lui appartient enti&#232;rement. Au contraire, une volont&#233; qui reste sur la voie de l'option, m&#234;me si elle d&#233;cide en faveur de ce qui est juste et vrai, est toujours hant&#233;e par l'id&#233;e qu'elle aurait pu, si elle l'avait voulu, d&#233;cider en faveur de la voie inverse. A y regarder de plus pr&#232;s, le libre choix appara&#238;t comme une contradiction, dans la mesure o&#249; sa forme et son contenu sont en opposition. La mati&#232;re du choix est donn&#233;e et connue comme un contenu qui ne d&#233;pend pas de la volont&#233; elle-m&#234;me, mais de circonstances ext&#233;rieures. Par rapport &#224; un tel contenu donn&#233;, la libert&#233; ne r&#233;side que dans la forme du choix, laquelle, n'&#233;tant qu'une libert&#233; de forme, ne peut par cons&#233;quent &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une libert&#233; que par supposition. A l'analyse finale, on verra que la m&#234;me ext&#233;riorit&#233; des circonstances sur laquelle se fonde le contenu que la volont&#233; trouve &#224; sa port&#233;e peut seule expliquer que la volont&#233; se prononce pour l'une et non pour l'autre des deux alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la contingence, comme on l'a montr&#233;, ne soit qu'un aspect de l'actualit&#233; tout enti&#232;re, et qu'il ne faille donc pas la confondre avec l'actualit&#233; tout enti&#232;re, et donc avec l'actualit&#233; elle-m&#234;me, elle n'a pas moins que les autres formes de l'id&#233;e sa fonction dans le monde des objets. Cela se voit d'abord dans la nature. A la surface de la nature, pour ainsi dire, le hasard s'&#233;tend sans entrave, et il faut simplement reconna&#238;tre la contingence, sans la pr&#233;tention parfois erron&#233;e attribu&#233;e &#224; la philosophie, en cherchant &#224; la trouver dans un &#171; ne peut &#234;tre que comme cela et non autrement &#187;. La contingence n'est pas moins visible dans le monde de l'esprit. La volont&#233;, comme nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233;, inclut la contingence sous la forme d'option ou de libre choix, mais seulement comme un &#233;l&#233;ment &#233;vanouissant et abrog&#233;. En ce qui concerne l'esprit et ses &#339;uvres, comme dans le cas de la nature, il faut se garder de se laisser tromper par une recherche bien intentionn&#233;e de la connaissance rationnelle , au point de vouloir d&#233;montrer la n&#233;cessit&#233; de ph&#233;nom&#232;nes marqu&#233;s par une contingence d&#233;termin&#233;e, ou, comme on dit, de les interpr&#233;ter a priori . Ainsi, dans le langage (bien qu'il soit en quelque sorte le corps de la pens&#233;e), le hasard joue toujours incontestablement un r&#244;le d&#233;cisif ; et il en est de m&#234;me pour les cr&#233;ations de la loi, de l'art, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la science, et surtout de la philosophie, consiste sans aucun doute &#224; mettre en &#233;vidence la n&#233;cessit&#233; cach&#233;e sous l'apparence de la contingence. Cela ne signifie pas pour autant que le contingent rel&#232;ve uniquement de notre conception subjective et doive &#234;tre purement et simplement mis de c&#244;t&#233; si nous voulons parvenir &#224; la v&#233;rit&#233;. Toutes les recherches scientifiques qui poursuivent exclusivement cette tendance s'exposent &#224; l'accusation de pure jonglerie et de pr&#233;cisionnisme excessif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article&lt;br class='autobr' /&gt;
146&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A y regarder de plus pr&#232;s, voici ce que signifie le c&#244;t&#233; ext&#233;rieur de l'actualit&#233;. La contingence, qui est l'actualit&#233; dans son imm&#233;diatet&#233;, n'est l'identique &#224; soi-m&#234;me qu'en tant que supposition, qui n'est pas plus t&#244;t faite qu'elle est r&#233;voqu&#233;e et laisse subsister une ext&#233;riorit&#233; existante. Ainsi, la contingence ext&#233;rieure est quelque chose de pr&#233;suppos&#233;, dont l'existence imm&#233;diate est en m&#234;me temps une possibilit&#233;, et a vocation &#224; &#234;tre suspendue, &#224; &#234;tre la possibilit&#233; d'autre chose. Or cette possibilit&#233; est la Condition .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contingent, en tant qu'actualit&#233; imm&#233;diate, est en m&#234;me temps la possibilit&#233; d'autre chose, non plus la possibilit&#233; abstraite que nous avions au d&#233;but, mais la possibilit&#233; qui est . Et une possibilit&#233; existante est une condition. Par condition d'une chose, nous entendons d'abord une existence, en bref un imm&#233;diat, et ensuite la vocation de cet imm&#233;diat &#224; &#234;tre suspendu et &#224; servir &#224; l'actualisation d'autre chose. L'actualit&#233; imm&#233;diate n'est en g&#233;n&#233;ral jamais comme telle ce qu'elle devrait &#234;tre ; c'est une actualit&#233; finie avec un d&#233;faut inh&#233;rent, et sa vocation est d'&#234;tre consomm&#233;e. Mais l'autre aspect de l'actualit&#233; est son essentialit&#233;. C'est d'abord l'int&#233;rieur qui, en tant que simple possibilit&#233;, n'est pas moins destin&#233; &#224; &#234;tre suspendu. La possibilit&#233; ainsi suspendue est l'&#233;mergence d'une nouvelle actualit&#233;, dont l'actualit&#233; imm&#233;diate premi&#232;re &#233;tait la pr&#233;supposition. Nous voyons ici l'alternance impliqu&#233;e dans la notion d'une condition. Les conditions d'une chose semblent &#224; premi&#232;re vue n'impliquer aucune partialit&#233;. Mais en r&#233;alit&#233;, une telle actualit&#233; imm&#233;diate renferme en elle le germe d'autre chose. Cette autre chose n'est d'abord qu'une possibilit&#233;, mais la forme de possibilit&#233; est bient&#244;t suspendue et traduite en actualit&#233;. Cette nouvelle actualit&#233; qui en r&#233;sulte est l'int&#233;rieur m&#234;me de l'actualit&#233; imm&#233;diate qui l'&#233;puise. Ainsi na&#238;t une toute autre forme des choses, et pourtant elle n'est pas une autre : car l'actualit&#233; premi&#232;re n'est que pos&#233;e comme ce qu'elle &#233;tait en essence. Les conditions sacrifi&#233;es, qui tombent &#224; terre et s'&#233;puisent, ne font que s'unir &#224; elles-m&#234;mes dans l'autre actualit&#233;. Tel est en g&#233;n&#233;ral le processus de l'actualit&#233;. L'actualit&#233; n'est pas un simple cas d'&#234;tre imm&#233;diat, mais, en tant qu'&#234;tre essentiel, une suspension de sa propre imm&#233;diatet&#233; et par l&#224; m&#234;me une m&#233;diation de soi-m&#234;me avec soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; r&#233;elle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 147&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[c] Lorsque cette ext&#233;riorit&#233; (de l'actualit&#233;) se d&#233;veloppe ainsi en un cercle des deux cat&#233;gories de possibilit&#233; et d'actualit&#233; imm&#233;diate, montrant l'interm&#233;diation de l'une par l'autre, elle est ce qu'on appelle la Possibilit&#233; R&#233;elle . En tant que tel cercle, elle est en outre la totalit&#233;, et donc le contenu, le fait ou l'affaire r&#233;el dans sa d&#233;finition globale. De m&#234;me, si nous consid&#233;rons la distinction entre les deux caract&#233;ristiques dans cette unit&#233;, elle r&#233;alise la totalit&#233; concr&#232;te de la forme, l'auto-traduction imm&#233;diate de l'int&#233;rieur vers l'ext&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur vers l'int&#233;rieur. Ce mouvement autonome de la forme est l'Activit&#233; , qui met en &#339;uvre le fait ou l'affaire comme un fondement r&#233;el qui est auto-suspendu &#224; l'actualit&#233;, et met en &#339;uvre l'actualit&#233; contingente, les conditions, c'est-&#224;-dire qu'elle est leur r&#233;flexion en soi et leur auto-suspension &#224; une autre actualit&#233; du fait r&#233;el. Si toutes les conditions sont r&#233;unies, le fait (l'&#233;v&#233;nement) doit &#234;tre actuel ; et le fait lui-m&#234;me est une des conditions : n'&#233;tant d'abord qu'int&#233;rieur, il n'est en fait lui-m&#234;me que pr&#233;suppos&#233;.L'actualit&#233; d&#233;velopp&#233;e, comme l'alternance co&#239;ncidente de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, l'alternance de leurs mouvements oppos&#233;s combin&#233;s en un seul mouvement, est la N&#233;cessit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;finie, &#224; juste titre, comme l'union de la possibilit&#233; et de l'actualit&#233;. Cette fa&#231;on de s'exprimer donne cependant une description superficielle et donc inintelligible de la notion tr&#232;s difficile de n&#233;cessit&#233;. Elle est difficile parce qu'elle est la notion elle-m&#234;me, seulement parce que ses stades ou facteurs sont encore des actualit&#233;s, qui ne doivent pourtant &#234;tre consid&#233;r&#233;es que comme des formes, en voie d'effondrement et transitoires. Dans les deux paragraphes suivants, il convient donc de donner une exposition plus d&#233;taill&#233;e des facteurs qui constituent la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessit&#233; aveugle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on dit qu'une chose est n&#233;cessaire, la premi&#232;re question que nous posons est : pourquoi ? Tout ce qui est n&#233;cessaire nous est donc pr&#233;sent&#233; comme quelque chose qui r&#233;sulte d'une supposition, qui r&#233;sulte de certains ant&#233;c&#233;dents. Mais si nous nous en tenons &#224; la simple d&#233;rivation &#224; partir d'ant&#233;c&#233;dents, nous n'avons pas une id&#233;e compl&#232;te de ce que signifie la n&#233;cessit&#233;. Ce qui est simplement d&#233;riv&#233; est ce qu'il est, non par lui-m&#234;me, mais par quelque chose d'autre : et de ce fait, il est lui aussi simplement contingent. Ce qui est n&#233;cessaire, au contraire, il faudrait que nous soyons ce qu'il est par lui-m&#234;me : et ainsi, bien que d&#233;riv&#233;, il doit contenir en lui-m&#234;me l'ant&#233;c&#233;dent dont il d&#233;rive comme un &#233;l&#233;ment &#233;vanouissant. C'est pourquoi nous disons de ce qui est n&#233;cessaire : &#171; il est &#187;. Nous le tenons donc pour une simple relation &#224; soi-m&#234;me, dans laquelle toute d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard d'autre chose est supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la n&#233;cessit&#233; est aveugle. Si cela signifie que dans le processus de la n&#233;cessit&#233;, la fin ou la cause finale n'est pas pr&#233;sente explicitement et ouvertement, cette affirmation est juste. Le processus de la n&#233;cessit&#233; commence par l'existence de circonstances &#233;parses qui ne semblent avoir aucun rapport entre elles et aucune relation entre elles. Ces circonstances sont une r&#233;alit&#233; imm&#233;diate qui s'effondre et de cette n&#233;gation na&#238;t une r&#233;alit&#233; nouvelle. Nous avons ici un contenu qui se double formellement, une fois comme contenu du fait final r&#233;alis&#233;, une fois comme contenu des circonstances &#233;parses qui apparaissent comme positives et se font d'abord sentir sous ce caract&#232;re. Ce dernier contenu est en lui-m&#234;me nul et se transforme en cons&#233;quence en son n&#233;gatif , devenant ainsi le contenu du fait r&#233;alis&#233;. Les circonstances imm&#233;diates tombent &#224; terre comme conditions, mais restent en m&#234;me temps comme contenu de la r&#233;alit&#233; ultime. De telles circonstances et conditions est r&#233;sult&#233;, comme nous le disons, tout autre chose, et c'est pourquoi nous appelons ce processus de la n&#233;cessit&#233; aveugle. Si, au contraire, nous consid&#233;rons l'action t&#233;l&#233;ologique, nous avons dans la fin de l'action un contenu d&#233;j&#224; connu d'avance. Cette activit&#233; n'est donc pas aveugle mais voyante. Dire que le monde est gouvern&#233; par la Providence implique que le dessein, en tant que ce qui a &#233;t&#233; absolument pr&#233;d&#233;termin&#233;, est le principe actif, de sorte que le r&#233;sultat correspond &#224; ce qui a &#233;t&#233; connu et voulu d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie qui consid&#232;re le monde comme d&#233;termin&#233; par la n&#233;cessit&#233; et la croyance en une providence divine ne sont pas des points de vue qui s'excluent mutuellement. Nous verrons plus loin que le principe intellectuel qui sous-tend l'id&#233;e de la providence divine est la notion. Mais la notion est la v&#233;rit&#233; de la n&#233;cessit&#233;, qu'elle contient en elle-m&#234;me en suspension, de m&#234;me que, r&#233;ciproquement, la n&#233;cessit&#233; est la notion implicite.La n&#233;cessit&#233; n'est aveugle qu'aussi longtemps qu'elle n'est pas comprise . Rien n'est donc plus faux que l'accusation de fatalisme aveugle port&#233;e contre la philosophie de l'histoire, quand elle se donne pour probl&#232;me de comprendre la n&#233;cessit&#233; de tout &#233;v&#233;nement. La philosophie de l'histoire bien comprise prend le rang d'une Th&#233;odic&#233;e ; et ceux qui croient honorer la divine Providence en excluant la n&#233;cessit&#233; de son champ d'application la d&#233;gradent en r&#233;alit&#233; par cette exclusivit&#233; jusqu'&#224; un caprice aveugle et irrationnel. Dans le langage simple de l'esprit religieux qui parle des d&#233;crets &#233;ternels et immuables de Dieu, on sous-entend une reconnaissance expresse que la n&#233;cessit&#233; fait partie de l'essence de Dieu. Dans sa diff&#233;rence avec Dieu, l'homme, avec son opinion et sa volont&#233; particuli&#232;res, suit l'appel du caprice et de l'arbitraire, et se trouve ainsi souvent dans une situation de d&#233;lire.Ses actes se r&#233;v&#232;lent tout autres que ce qu'il avait voulu et voulu . Mais Dieu sait ce qu'il veut, cela n'est d&#233;termin&#233; dans sa volont&#233; &#233;ternelle ni par hasard, ni du dedans ni du dehors, et ce qu'il veut, il l'accomplit aussi, irr&#233;sistiblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; nous donne un point de vue qui influe consid&#233;rablement sur nos sentiments et notre comportement. Lorsque nous consid&#233;rons les &#233;v&#233;nements comme n&#233;cessaires, notre situation semble &#224; premi&#232;re vue d&#233;pourvue de toute libert&#233;. Dans la croyance des anciens, comme nous le savons, la n&#233;cessit&#233; figurait comme le destin. Le point de vue moderne, au contraire, est celui de la consolation. Et la consolation signifie que si nous renon&#231;ons &#224; nos objectifs et &#224; nos int&#233;r&#234;ts, nous le faisons uniquement dans l'espoir d'obtenir une compensation. Le destin, au contraire, ne laisse aucune place &#224; la consolation. Mais un examen attentif du sentiment antique &#224; l'&#233;gard du destin ne r&#233;v&#232;le en aucun cas un sentiment d'asservissement &#224; son pouvoir. Au contraire, c'est le contraire. Cela appara&#238;t clairement si nous nous rappelons que le sentiment d'asservissement na&#238;t de l'incapacit&#233; &#224; surmonter l'antith&#232;se et de la vision de ce qui est et de ce qui arrive comme contradictoire avec ce qui devrait &#234;tre et arriver. Dans l'esprit antique, le sentiment &#233;tait plut&#244;t du genre suivant : parce qu'une chose est telle, elle est, et telle qu'elle est, telle doit &#234;tre. Ici, il n'y a pas de contraste, et par cons&#233;quent pas de sentiment de servitude, pas de douleur, pas de tristesse. Il est vrai, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, que cette attitude envers le destin est d&#233;nu&#233;e de consolation. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, c'est une disposition d'esprit qui n'a pas besoin de consolation tant que la subjectivit&#233; personnelle n'a pas acquis sa signification infinie. C'est sur ce point qu'il faut insister particuli&#232;rement en comparant le sentiment antique avec celui du monde moderne et chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par subjectivit&#233; , nous ne pouvons entendre en premier lieu que la subjectivit&#233; naturelle et finie, avec son contenu contingent et arbitraire d'int&#233;r&#234;ts et d'inclinations priv&#233;es, bref tout ce que nous appelons personne par opposition &#224; chose, en prenant le mot chose au sens emphatique (nous employons l'expression (correcte) selon laquelle il s'agit de choses et non de personnes). Dans ce sens de subjectivit&#233;, nous ne pouvons nous emp&#234;cher d'admirer la r&#233;signation tranquille des anciens &#224; la destin&#233;e, et de sentir que c'est l&#224; une disposition d'esprit bien plus &#233;lev&#233;e et plus noble que celle des modernes, qui poursuivent obstin&#233;ment leurs buts subjectifs et, lorsqu'ils se trouvent contraints de renoncer &#224; l'espoir de les atteindre, se consolent en esp&#233;rant une r&#233;compense sous une autre forme. Mais le terme de subjectivit&#233; ne doit pas se limiter &#224; la seule forme mauvaise et finie de subjectivit&#233;, qui s'oppose &#224; la chose (au fait). Dans sa v&#233;rit&#233;, la subjectivit&#233; est immanente au fait, et en tant que subjectivit&#233;, la v&#233;rit&#233; m&#234;me du fait est donc infinie. Dans ce sens, la doctrine de la consolation acquiert une signification plus nouvelle et plus &#233;lev&#233;e. C'est dans ce sens que la religion chr&#233;tienne doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la religion de la consolation, et m&#234;me de la consolation absolue. Le christianisme, nous le savons, enseigne que Dieu veut que tous les hommes soient sauv&#233;s. Cette doctrine d&#233;clare que la subjectivit&#233; a une valeur infinie. Et la force consolatrice du christianisme r&#233;side pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que Dieu lui-m&#234;me y est connu comme la subjectivit&#233; absolue, de sorte que, dans la mesure o&#249; la subjectivit&#233; comporte un &#233;l&#233;ment de particularit&#233;, notre personnalit&#233; particuli&#232;re est &#233;galement reconnue non seulement comme quelque chose &#224; annuler purement et simplement, mais en m&#234;me temps comme quelque chose &#224; pr&#233;server. Les dieux du monde antique &#233;taient, il est vrai, consid&#233;r&#233;s eux aussi comme des personnes ; mais la personnalit&#233; d'un Zeus et d'un Apollon n'est pas une personnalit&#233; r&#233;elle : elle n'est qu'une figure dans l'esprit. En d'autres termes, ces dieux ne sont que de simples personnifications qui, &#233;tant telles, ne se connaissent pas elles-m&#234;mes et sont seulement connues. On trouve une preuve de ce d&#233;faut et de cette impuissance des anciens dieux dans les croyances religieuses de l'Antiquit&#233;. Dans les croyances antiques, non seulement les hommes, mais aussi les dieux &#233;taient repr&#233;sent&#233;s comme soumis &#224; la destin&#233;e, destin&#233;e que nous devons concevoir comme une n&#233;cessit&#233; non d&#233;voil&#233;e, et donc comme quelque chose de totalement impersonnel, d&#233;sint&#233;ress&#233; et aveugle. D'autre part, le Dieu chr&#233;tien n'est pas seulement un Dieu connu, mais aussi un Dieu qui se conna&#238;t lui-m&#234;me ; il est une personnalit&#233; qui n'est pas seulement figur&#233;e dans notre esprit, mais qui est absolument r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une discussion plus approfondie des points &#233;voqu&#233;s ici, il faut se reporter &#224; la Philosophie de la religion. Mais nous pouvons noter en passant combien il est important pour tout homme de faire face &#224; tout ce qui lui arrive avec l'esprit du vieux proverbe qui d&#233;crit chaque homme comme l'architecte de sa propre fortune. Cela signifie que l'homme n'a que lui-m&#234;me l'usufruit de tout. L'autre fa&#231;on de proc&#233;der serait de rejeter la faute de tout ce que nous subissons sur les autres, sur des circonstances d&#233;favorables, etc. Et c'est l&#224; un nouvel exemple du langage de l'absence de libert&#233;, et en m&#234;me temps de la source du m&#233;contentement. Si l'homme voyait, au contraire, que tout ce qui lui arrive n'est que le r&#233;sultat de lui-m&#234;me et qu'il ne porte que sa propre faute, il serait libre et, dans tout ce qui lui arrive, aurait la conscience de n'avoir subi aucun tort. Un homme qui vit en d&#233;saccord avec lui-m&#234;me et avec son sort commet beaucoup de perversit&#233;s et de mauvaises choses, uniquement parce qu'il croit &#224; tort qu'il est l&#233;s&#233; par les autres. Il ne fait aucun doute que le hasard joue aussi un r&#244;le important dans ce qui nous arrive. Mais le hasard a sa racine dans l'homme &#171; naturel &#187;. Mais tant que l'homme a conscience d'&#234;tre libre, l'harmonie de son &#226;me et la paix de son esprit ne sont pas d&#233;truites par les d&#233;sagr&#233;ments qui lui arrivent. C'est donc leur conception de la n&#233;cessit&#233; qui est &#224; la base du m&#233;contentement des hommes et qui d&#233;termine ainsi leur destin&#233;e elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de n&#233;cessit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 148&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les trois &#233;l&#233;ments du processus de n&#233;cessit&#233;, la Condition, le Fait et l'Activit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. La condition est [a] ce qui est pr&#233;suppos&#233; ou pr&#233;-&#233;nonc&#233;, c'est-&#224;-dire non seulement ce qui est suppos&#233; ou &#233;nonc&#233;, et donc seulement corr&#233;latif au fait, mais aussi ant&#233;rieur, et donc ind&#233;pendant, circonstance contingente et ext&#233;rieure qui existe sans &#233;gard au fait. Cependant, tout en &#233;tant ainsi contingent, ce terme pr&#233;suppos&#233; ou pr&#233;-&#233;nonc&#233;, par rapport au fait qui est la totalit&#233;, est un cercle complet de conditions. [b] Les conditions sont passives et servent de mat&#233;riaux au fait, dans le contenu duquel elles entrent ainsi. Elles sont &#233;galement intrins&#232;quement conformes &#224; ce contenu, et contiennent d&#233;j&#224; toute sa caract&#233;ristique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Le fait est aussi [a] quelque chose de pr&#233;suppos&#233; ou d'ant&#233;rioris&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il n'est d'abord et comme suppos&#233; qu'int&#233;rieur et possible, et aussi, &#233;tant ant&#233;rieur, comme contenu ind&#233;pendant de lui-m&#234;me. [b] En usant les conditions, il re&#231;oit son existence ext&#233;rieure, la r&#233;alisation des articles de son contenu, qui correspondent r&#233;ciproquement aux conditions, de sorte que, tout en se pr&#233;sentant comme faits &#224; partir de celles-ci, il proc&#232;de aussi d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. L'activit&#233; a de m&#234;me [a] une existence propre et ind&#233;pendante (comme homme, comme caract&#232;re), et en m&#234;me temps elle n'est possible que l&#224; o&#249; existent les conditions et le fait. [b] C'est le mouvement qui traduit les conditions en fait, et celui-ci en celui-l&#224; comme c&#244;t&#233; de l'existence, ou plut&#244;t le mouvement qui d&#233;duit le fait des conditions dans lesquelles il est potentiellement pr&#233;sent, et qui donne l'existence au fait en abolissant l'existence poss&#233;d&#233;e par les conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; ces trois &#233;l&#233;ments se pr&#233;sentent les uns aux autres sous la forme d'existences ind&#233;pendantes, ce processus a l'aspect d'une n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure. La n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure a un contenu limit&#233; pour son fait. Car le fait est ce tout, dans sa phase d'unit&#233;. Mais comme dans sa forme ce tout est ext&#233;rieur &#224; lui-m&#234;me, il s'ext&#233;riorise lui-m&#234;me dans son propre moi et dans son contenu, et cette ext&#233;riorit&#233;, attach&#233;e au fait, est une limite de son contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cercle des circonstances&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 149&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; est donc en puissance l'essence unique, identique &#224; elle-m&#234;me, mais non pleine de contenu, dont les diff&#233;rences prennent la forme de r&#233;alit&#233;s ind&#233;pendantes dans la lumi&#232;re r&#233;fl&#233;chie. Cette m&#234;me chose est en m&#234;me temps, comme forme absolue, l'activit&#233; qui r&#233;duit &#224; la d&#233;pendance et m&#233;diatise &#224; l'imm&#233;diatet&#233;. Tout ce qui est n&#233;cessaire est par un autre, qui se d&#233;compose en un fondement m&#233;diateur (le fait et l'activit&#233;) et une actualit&#233; imm&#233;diate, ou circonstance accidentelle, qui est en m&#234;me temps une condition. Le n&#233;cessaire, &#233;tant par un autre, n'est pas en soi et pour soi : hypoth&#233;tique, il est un simple r&#233;sultat d'une supposition. Mais cette m&#233;diation est tout aussi imm&#233;diate que l'abrogation de soi-m&#234;me. Le fondement et la condition contingente sont traduits en imm&#233;diatet&#233;, par laquelle cette d&#233;pendance est maintenant &#233;lev&#233;e &#224; l'actualit&#233;, et le fait s'est ferm&#233; avec lui-m&#234;me. Dans ce retour &#224; soi, le n&#233;cessaire est simplement et positivement , comme actualit&#233; inconditionn&#233;e. Le n&#233;cessaire est ainsi, m&#233;diatis&#233; par un cercle de circonstances : il est ainsi, parce que les circonstances sont ainsi, et en m&#234;me temps il est ainsi, sans m&#233;diation : il est ainsi, parce qu'il est.&lt;br class='autobr' /&gt;
(a) La relation de substantialit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 150&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;cessaire est en soi une corr&#233;lation absolue d'&#233;l&#233;ments, c'est-&#224;-dire le processus d&#233;velopp&#233; (dans les paragraphes pr&#233;c&#233;dents), dans lequel la corr&#233;lation se suspend aussi &#224; l'identit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa forme imm&#233;diate, c'est le rapport de la substance et de l'accident. L'identit&#233; absolue de ce rapport est la substance en tant que telle, qui, en tant que n&#233;cessit&#233;, donne le n&#233;gatif &#224; cette forme d'int&#233;riorit&#233; et se rev&#234;t ainsi d'actualit&#233;, mais qui donne aussi le n&#233;gatif &#224; cette chose ext&#233;rieure. Dans cette n&#233;gativit&#233;, l'actuel, en tant qu'imm&#233;diat, n'est qu'un accident qui, par cette simple possibilit&#233;, passe dans une autre actualit&#233;. Ce passage est l'identit&#233; de la substance, consid&#233;r&#233;e comme activit&#233; formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 151 du R&#232;glement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance est donc la totalit&#233; des accidents , se r&#233;v&#233;lant en eux comme leur n&#233;gativit&#233; absolue (c'est-&#224;-dire comme puissance absolue) et en m&#234;me temps comme la richesse de tout contenu. Mais ce contenu n'est rien d'autre que cette r&#233;v&#233;lation m&#234;me, car le caract&#232;re (se refl&#233;tant en lui-m&#234;me pour faire du contenu) n'est qu'un stade passager de la forme qui passe dans la puissance de la substance. La substantialit&#233; est l'activit&#233; formelle absolue et la puissance de la n&#233;cessit&#233; : tout contenu n'est qu'un &#233;l&#233;ment &#233;vanouissant qui n'appartient qu'&#224; cette position o&#249; se produit une r&#233;pulsion absolue de la forme et du contenu l'un dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire de la philosophie, nous rencontrons la substance comme principe du syst&#232;me de Spinoza . Depuis l'&#233;poque de Spinoza, la signification et la valeur de cette philosophie tant vant&#233;e et non moins d&#233;cri&#233;e ont suscit&#233; de nombreux malentendus et de nombreuses discussions. L'ath&#233;isme et, en outre, le panth&#233;isme du syst&#232;me ont constitu&#233; le motif d'accusation le plus courant. Ces cris naissent de la conception spinoziste de Dieu comme substance, et substance seulement.Ce que nous devons penser de cette accusation r&#233;sulte en premier lieu de la place que prend la substance dans le syst&#232;me de l'id&#233;e logique. Bien qu'elle soit un stade essentiel dans l'&#233;volution de l'id&#233;e , la substance n'est pas la m&#234;me chose que l'id&#233;e absolue, mais l'id&#233;e sous la forme encore limit&#233;e de la n&#233;cessit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que Dieu est la n&#233;cessit&#233;, ou, comme on peut le dire aussi, qu'il est la Chose absolue ; mais il n'en est pas moins la Personne absolue. Mais qu'il soit la Personne absolue, c'est un point que la philosophie de Spinoza n'a jamais atteint ; et de ce c&#244;t&#233;, elle est en de&#231;&#224; de la v&#233;ritable notion de Dieu qui forme le contenu de la conscience religieuse du christianisme. Spinoza &#233;tait juif de descendance ; et c'est en g&#233;n&#233;ral la mani&#232;re orientale de voir les choses, selon laquelle la nature du monde fini semble fragile et transitoire, qui a trouv&#233; son expression intellectuelle dans son syst&#232;me. Cette conception orientale de l'unit&#233; de la substance donne certainement la base de tout d&#233;veloppement ult&#233;rieur r&#233;el. Mais elle n'est pas l'id&#233;e finale. Elle est marqu&#233;e par l'absence du principe du monde occidental, le principe d'individualit&#233;, qui est apparu pour la premi&#232;re fois sous une forme philosophique, en m&#234;me temps que Spinoza, dans la Monadologie de Leibniz .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, nous revenons au pr&#233;tendu ath&#233;isme de Spinoza. Cette accusation se r&#233;v&#232;le sans fondement si nous nous rappelons que son syst&#232;me, au lieu de nier Dieu, reconna&#238;t plut&#244;t que lui seul existe r&#233;ellement. On ne peut pas non plus soutenir que le Dieu de Spinoza, bien qu'il soit d&#233;crit comme le seul vrai, n'est pas le vrai Dieu, et donc ne vaut pas Dieu. Si cette accusation &#233;tait juste, elle prouverait seulement que tous les autres syst&#232;mes, o&#249; la sp&#233;culation n'a pas d&#233;pass&#233; un stade subalterne de l'id&#233;e &#8212; les Juifs et les musulmans qui ne connaissent Dieu que comme Seigneur &#8212; et m&#234;me les nombreux chr&#233;tiens pour qui Dieu n'est que l'&#234;tre le plus &#233;lev&#233;, l'inconnaissable et le transcendant, sont tout aussi ath&#233;es que Spinoza. Le pr&#233;tendu ath&#233;isme de Spinoza n'est qu'une exag&#233;ration du fait qu'il prive le principe de diff&#233;rence ou de finitude de ce qui lui est d&#251;. C'est pourquoi son syst&#232;me, qui soutient qu'il n'y a pas de monde &#224; proprement parler, en tout cas que le monde n'a pas d'&#234;tre positif, devrait plut&#244;t &#234;tre appel&#233; acosmisme. Ces consid&#233;rations montreront aussi ce qu'il faut dire de l'accusation de panth&#233;isme. Si le panth&#233;isme signifie, comme c'est souvent le cas, la doctrine qui consid&#232;re les choses finies dans leur finitude et dans leur complexe comme Dieu, nous devons absoudre le syst&#232;me de Spinoza du crime de panth&#233;isme. Car dans ce syst&#232;me, les choses finies et le monde dans son ensemble sont d&#233;ni&#233;s de toute v&#233;rit&#233;. D'autre part, la philosophie qui est l'acosmisme est pour cette raison certainement panth&#233;iste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;faut que l'on reconna&#238;t au contenu se r&#233;v&#232;le en m&#234;me temps &#234;tre un d&#233;faut de forme. Spinoza place la substance &#224; la t&#234;te de son syst&#232;me et la d&#233;finit comme l'unit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#233;tendue, sans montrer comment il arrive &#224; cette distinction ni comment il la ram&#232;ne &#224; l'unit&#233; de la substance. La suite du traitement du sujet se d&#233;roule selon ce qu'on appelle la m&#233;thode math&#233;matique. On pose d'abord des d&#233;finitions et des axiomes, puis une s&#233;rie de th&#233;or&#232;mes, qui sont d&#233;montr&#233;s par une r&#233;duction analytique &#224; ces postulats non prouv&#233;s. Bien que le syst&#232;me de Spinoza, et m&#234;me ceux qui rejettent compl&#232;tement son contenu et ses r&#233;sultats, soient lou&#233;s pour la stricte s&#233;quence de sa m&#233;thode, un tel &#233;loge sans r&#233;serve de la forme est aussi peu justifi&#233; qu'un rejet sans r&#233;serve du contenu. Le d&#233;faut du contenu est que la forme ne lui est pas connue comme immanente et ne s'en approche donc que comme une forme ext&#233;rieure et subjective. Telle que Spinoza l'admet intuitivement sans m&#233;diation pr&#233;alable de la dialectique, la Substance, en tant que puissance n&#233;gative universelle, est comme un ab&#238;me t&#233;n&#233;breux et informe qui engloutit tout contenu d&#233;fini comme radicalement nul, et ne produit rien d'elle-m&#234;me qui ait une subsistance positive propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 152&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au stade o&#249; la substance, en tant que puissance absolue, est la puissance qui se rapporte &#224; elle-m&#234;me (elle-m&#234;me une possibilit&#233; purement int&#233;rieure), qui se d&#233;termine ainsi &#224; l'accidentalit&#233; &#8212; puissance dont se distingue l'ext&#233;riorit&#233; qu'elle cr&#233;e ainsi &#8212; la n&#233;cessit&#233; est une corr&#233;lation proprement dite, de m&#234;me que dans la premi&#232;re forme de n&#233;cessit&#233; elle est substance. C'est la corr&#233;lation de la Causalit&#233; .&lt;br class='autobr' /&gt;
(b) La relation de causalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 153&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance est cause , dans la mesure o&#249; elle se r&#233;fl&#233;chit en soi contre son passage dans l'accidentalit&#233; et se pr&#233;sente ainsi comme le fait premier , mais elle n'en suspend pas moins cette r&#233;flexion en soi (sa simple possibilit&#233;), se pose comme le n&#233;gatif d'elle-m&#234;me, et produit ainsi un effet , une actualit&#233; qui, bien que jusqu'ici suppos&#233;e seulement comme une s&#233;quence, est en m&#234;me temps n&#233;cessaire par le processus qui l'effectue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que fait premier, la cause est qualifi&#233;e d'ind&#233;pendance absolue et de subsistance maintenue en face de l'effet ; mais dans la n&#233;cessit&#233;, dont l'identit&#233; constitue cette primaut&#233; m&#234;me, elle passe tout enti&#232;re dans l'effet. Dans la mesure o&#249; nous pouvons parler d'un contenu d&#233;termin&#233;, il n'y a pas de contenu qui ne soit dans la cause. Cette identit&#233; est en effet le contenu absolu lui-m&#234;me ; mais elle n'en est pas moins aussi la caract&#233;ristique formelle. La primaut&#233; de la cause est suspendue dans l'effet, dans lequel la cause se fait &#234;tre d&#233;pendante. Mais la cause ne dispara&#238;t pas pour autant et ne laisse que l'effet &#234;tre actuel. Car cette d&#233;pendance est &#233;galement suspendue directement, et est plut&#244;t le reflet de la cause en elle-m&#234;me, sa primaut&#233; ; en un mot, c'est dans l'effet que la cause devient d'abord actuelle et cause. La cause est donc dans sa pleine v&#233;rit&#233; causa sui . Jacobi, s'en tenant &#224; la conception partielle de la m&#233;diation (dans ses Lettres sur Spinoza ), a trait&#233; la causa sui (et l' effectus sui est le m&#234;me), qui est la v&#233;rit&#233; absolue de la cause, comme un simple formalisme. Il a aussi fait la remarque que Dieu doit &#234;tre d&#233;fini non comme le fondement des choses, mais essentiellement comme cause. Une consid&#233;ration plus approfondie de la nature de la cause aurait montr&#233; que Jacobi n'obtenait pas par ce moyen ce qu'il voulait. M&#234;me dans la cause finie et sa conception, nous pouvons voir cette identit&#233; entre cause et effet du point de vue du contenu. La pluie (la cause) et l'humide (l'effet) sont la m&#234;me eau existante. Du point de vue de la forme, la cause (la pluie) se dissipe ou se perd dans l'effet (l'humide) : mais dans ce cas, le r&#233;sultat ne peut plus &#234;tre d&#233;crit comme un effet ; car sans la cause il n'est rien, et il ne nous resterait que l'humide sans rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'acception commune de la relation causale, la cause est finie dans la mesure o&#249; son contenu l'est (comme c'est le cas pour la substance finie) et dans la mesure o&#249; la cause et l'effet sont con&#231;us comme deux existences ind&#233;pendantes, ce qu'ils ne sont cependant que si nous laissons de c&#244;t&#233; la relation causale. Dans le domaine fini, nous ne nous &#233;loignons jamais de la diff&#233;rence des caract&#233;ristiques formelles dans leur relation ; c'est pourquoi nous renversons la situation et d&#233;finissons la cause aussi comme quelque chose de d&#233;pendant ou comme un effet. Celle-ci a &#224; son tour une autre cause, et ainsi se d&#233;veloppe un progr&#232;s des effets aux causes &#224; l'infini . Il y a aussi un progr&#232;s descendant : l'effet, consid&#233;r&#233; dans son identit&#233; avec la cause, est lui-m&#234;me d&#233;fini comme une cause, et en m&#234;me temps comme une autre cause, qui a &#224; son tour d'autres effets, et ainsi de suite &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement se dresse contre l'id&#233;e de substance, mais il est aussi prompt &#224; utiliser la relation de cause &#224; effet. Chaque fois qu'il se propose de consid&#233;rer comme n&#233;cessaire une somme de faits, c'est surtout &#224; la relation de causalit&#233; que l'entendement r&#233;fl&#233;chi s'efforce de la ramener. Or, bien que cette relation appartienne sans aucun doute &#224; la n&#233;cessit&#233;, elle ne constitue qu'un aspect du processus de cette cat&#233;gorie. Ce processus exige &#233;galement la suspension de la m&#233;diation impliqu&#233;e par la causalit&#233; et son exposition comme simple auto-relation. Si nous nous en tenons &#224; la causalit&#233; en tant que telle, nous ne l'avons pas dans sa v&#233;rit&#233;. Une telle causalit&#233; est simplement finie, et sa finitude consiste &#224; ne pas assimiler la distinction entre cause et effet. Mais ces deux termes, s'ils sont distincts, sont aussi identiques. M&#234;me dans la conscience ordinaire, cette identit&#233; peut se trouver. Nous disons qu'une cause est cause seulement lorsqu'elle a un effet, et vice versa. La cause et l'effet sont donc tous deux un seul et m&#234;me contenu : et la diff&#233;rence entre eux est principalement que l'un pose et l'autre pose. Mais cette diff&#233;rence formelle se suspend encore, parce que la cause n'est pas seulement cause d'autre chose, mais aussi cause d'elle-m&#234;me, tandis que l'effet n'est pas seulement effet d'autre chose, mais aussi effet de lui-m&#234;me. C'est donc en cela que consiste la finitude des choses. Tandis que la cause et l'effet sont identiques dans leur mouvement, les deux formes se pr&#233;sentent s&#233;par&#233;es, de sorte que, bien que la cause soit aussi effet, et l'effet aussi cause, la cause n'est pas effet dans le m&#234;me rapport qu'elle est effet. Cela donne encore le progr&#232;s infini, sous la forme d'une s&#233;rie infinie de causes, qui se manifeste en m&#234;me temps qu'une s&#233;rie infinie d'effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Action et r&#233;action&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 154&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet diff&#232;re de la cause. L'effet en tant que tel a une existence d&#233;pendante de la seconde. Mais cette d&#233;pendance est aussi r&#233;flexion sur soi et imm&#233;diatet&#233; : et l'action de la cause, en tant qu'elle constitue l'effet, est en m&#234;me temps la pr&#233;constitution de l'effet, tant que l'effet est s&#233;par&#233; de la cause. Il existe d&#233;j&#224; une autre substance sur laquelle l'effet a lieu. En tant qu'imm&#233;diate, cette substance n'est pas une n&#233;gativit&#233; auto-r&#233;f&#233;renc&#233;e et active, mais passive. Mais elle est une substance, et donc elle est aussi active : elle suspend donc l'imm&#233;diatet&#233; avec laquelle elle a &#233;t&#233; initialement propos&#233;e et l'effet qui y a &#233;t&#233; mis : elle r&#233;agit, c'est-&#224;-dire suspend l'activit&#233; de la premi&#232;re substance. Mais cette premi&#232;re substance aussi met de c&#244;t&#233; de la m&#234;me mani&#232;re sa propre imm&#233;diatet&#233; ou l'effet qui y est mis ; elle suspend ainsi l'activit&#233; de l'autre substance et r&#233;agit. De cette mani&#232;re, la causalit&#233; passe dans le rapport d' action et de r&#233;action , ou de r&#233;ciprocit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;ciprocit&#233; , bien que la causalit&#233; ne soit pas encore rev&#234;tue de sa v&#233;ritable caract&#233;ristique, le mouvement rectiligne des causes aux effets et des effets aux causes se courbe et revient en lui-m&#234;me, et ainsi le progr&#232;s &#224; l'infini des causes et des effets est, en tant que progr&#232;s, r&#233;ellement et v&#233;ritablement suspendu. Cette courbure, qui transforme le progr&#232;s infini en un rapport ferm&#233; sur lui-m&#234;me, refl&#232;te ici comme toujours clairement que dans la r&#233;p&#233;tition d&#233;nu&#233;e de sens ci-dessus, il n'y a qu'une seule et m&#234;me chose, &#224; savoir une cause et une autre, et leur liaison l'une avec l'autre. La r&#233;ciprocit&#233;, qui est le d&#233;veloppement de ce rapport, ne distingue elle-m&#234;me que tour &#224; tour, non pas des causes, mais des facteurs de causalit&#233;, dans chacun desquels, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils sont ins&#233;parables (en vertu du principe de l'identit&#233; selon lequel la cause est cause dans l'effet et vice versa), l'autre facteur est &#233;galement suppos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(c) R&#233;ciprocit&#233;, ou action et r&#233;action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 155&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#232;res qui, dans l'action r&#233;ciproque, sont distincts, sont en puissance les m&#234;mes. L'un des deux c&#244;t&#233;s est cause, il est premier, actif, passif, etc., tout comme l'autre. De m&#234;me, la pr&#233;supposition d'un autre c&#244;t&#233; et l'action qui s'exerce sur lui, la primaut&#233; imm&#233;diate et la d&#233;pendance produite par l'alternance, sont une seule et m&#234;me chose des deux c&#244;t&#233;s. La cause suppos&#233;e premi&#232;re est, en raison de son imm&#233;diatet&#233;, passive, d&#233;pendante et effet. La distinction des causes dites deux est donc nulle : et &#224; proprement parler, il n'y a qu'une seule cause qui, tout en se suspendant (comme substance) dans son effet, ne s'&#233;l&#232;ve aussi dans cette op&#233;ration qu'&#224; une existence ind&#233;pendante comme cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 156&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette unit&#233; de la double cause est aussi [b] actuelle. Toute cette alternance est proprement la cause en acte de se constituer et dans cette constitution r&#233;side son &#234;tre. La nullit&#233; des distinctions n'est pas seulement potentielle, ou un reflet de la n&#244;tre (&#167; 155). L'action r&#233;ciproque signifie seulement que chaque caract&#233;ristique que nous imposons doit aussi &#234;tre suspendue et invers&#233;e en son contraire, et que de cette fa&#231;on la nullit&#233; essentielle des &#171; moments &#187; est explicitement &#233;nonc&#233;e. Un effet est introduit dans la primaut&#233; ; en d'autres termes, la primaut&#233; est abolie : l'action d'une cause devient r&#233;action et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action r&#233;ciproque r&#233;alise la relation causale dans son d&#233;veloppement complet. C'est donc dans cette relation que la r&#233;flexion se r&#233;fugie ordinairement quand grandit la conviction que les choses ne peuvent plus &#234;tre &#233;tudi&#233;es d'une mani&#232;re satisfaisante au point de vue causal, &#224; cause du progr&#232;s infini dont nous avons d&#233;j&#224; parl&#233;. Ainsi, dans la recherche historique, on peut se demander, sous une premi&#232;re forme, si le caract&#232;re et les m&#339;urs d'une nation sont la cause de sa constitution et de ses lois, ou s'ils n'en sont pas plut&#244;t l'effet. Puis, comme deuxi&#232;me degr&#233;, le caract&#232;re et les m&#339;urs d'une part, la constitution et les lois d'autre part, sont con&#231;us selon le principe de r&#233;ciprocit&#233; : et dans ce cas, la cause, dans le m&#234;me rapport qu'elle est cause, sera en m&#234;me temps un effet, et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me chose se produit dans l'&#233;tude de la nature, et en particulier des organismes vivants. On y voit les organes et les fonctions sexuelles se trouver dans une relation de r&#233;ciprocit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ciprocit&#233; est sans aucun doute la v&#233;rit&#233; prochaine de la relation de cause &#224; effet et se situe pour ainsi dire au seuil de la notion ; mais &#224; ce titre, si nous voulons une id&#233;e parfaitement globale, nous ne devons pas nous contenter d'appliquer cette relation. Si nous nous en tenons &#224; l'&#233;tude d'un contenu donn&#233; sous l'angle de la r&#233;ciprocit&#233;, nous adoptons une attitude qui laisse les choses compl&#232;tement incompr&#233;hensibles. Nous nous retrouvons avec un fait sec et l'appel &#224; la m&#233;diation, qui est le motif principal de l'application de la relation de causalit&#233;, reste sans r&#233;ponse. Et si nous examinons de plus pr&#232;s l'insatisfaction ressentie dans l'application de la relation de r&#233;ciprocit&#233;, nous verrons qu'elle consiste dans le fait que cette relation, au lieu d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un &#233;quivalent de la notion, doit d'abord &#234;tre connue et comprise dans sa nature propre. Et pour comprendre la relation d'action, nous ne devons pas laisser les deux parties se reposer dans leur &#233;tat de simples faits donn&#233;s, mais les reconna&#238;tre, comme cela a &#233;t&#233; montr&#233; dans les deux paragraphes pr&#233;c&#233;dents, pour des facteurs d'un troisi&#232;me et sup&#233;rieur, qui est la notion et rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sans doute vrai, dans un certain sens, de consid&#233;rer les m&#339;urs des Spartiates comme la cause de leur constitution et inversement comme la cause de leurs m&#339;urs. Mais comme nous n'avons compris ni les m&#339;urs ni la constitution de la nation, le r&#233;sultat de telles r&#233;flexions ne peut jamais &#234;tre d&#233;finitif ni satisfaisant. Le point satisfaisant ne sera atteint que lorsque ces deux aspects particuliers de la vie et de l'histoire spartiates, ainsi que tous les autres, seront reconnus comme fond&#233;s sur cette notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 157&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pure r&#233;ciprocit&#233; avec soi-m&#234;me est donc la N&#233;cessit&#233; d&#233;voil&#233;e ou r&#233;alis&#233;e. Le lien de la n&#233;cessit&#233; en tant que n&#233;cessit&#233; est identit&#233;, en tant qu'elle est encore int&#233;rieure et cach&#233;e, parce qu'elle est identit&#233; des choses consid&#233;r&#233;es comme actuelles, bien que leur autosubsistance soit n&#233;cessairement une n&#233;cessit&#233;. La circulation de la substance par la causalit&#233; et la r&#233;ciprocit&#233; ne fait donc qu'exprimer ou affirmer express&#233;ment que l'autosubsistance est l'infini rapport n&#233;gatif &#224; soi-m&#234;me &#8212; un rapport n&#233;gatif en g&#233;n&#233;ral, car en lui l'acte de distinguer et d'interm&#233;dier devient une primaut&#233; des choses actuelles ind&#233;pendantes les unes des autres &#8212; et l'infini rapport &#224; soi-m&#234;me , parce que leur ind&#233;pendance ne r&#233;side que dans leur identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libert&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 158&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; de la n&#233;cessit&#233; est donc la Libert&#233; : et la v&#233;rit&#233; de la substance est la Notion - une ind&#233;pendance qui, bien que se r&#233;pulsant elle-m&#234;me en &#233;l&#233;ments ind&#233;pendants distincts, est pourtant dans cette r&#233;pulsion identique &#224; elle-m&#234;me, et dans le mouvement de r&#233;ciprocit&#233; toujours chez elle et en contact seulement avec elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libert&#233; et n&#233;cessit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; est souvent qualifi&#233;e de dure, et &#224; juste titre, si l'on s'en tient &#224; la n&#233;cessit&#233; en tant que telle, c'est-&#224;-dire &#224; sa forme imm&#233;diate. Il s'agit ici d'abord d'un &#233;tat ou d'un fait, en g&#233;n&#233;ral, qui poss&#232;de une existence ind&#233;pendante ; et la n&#233;cessit&#233; implique avant tout qu'un autre fait tombe sur un tel fait, qui l'abaisse. C'est l&#224; ce qu'il y a de dur et de triste dans la n&#233;cessit&#233; imm&#233;diate ou abstraite. L'identit&#233; des deux choses, que la n&#233;cessit&#233; pr&#233;sente comme li&#233;es l'une &#224; l'autre et donc priv&#233;es de leur ind&#233;pendance, n'est d'abord qu'int&#233;rieure, et n'a donc aucune existence pour ceux qui sont sous le joug de la n&#233;cessit&#233;. La libert&#233; aussi, de ce point de vue, n'est qu'abstraite, et ne se conserve qu'en renon&#231;ant &#224; tout ce que nous sommes et &#224; tout ce que nous avons imm&#233;diatement. Mais, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, le processus de la n&#233;cessit&#233; est dirig&#233; de telle mani&#232;re qu'il surmonte l'ext&#233;riorit&#233; rigide qu'il avait d'abord et r&#233;v&#232;le sa nature int&#233;rieure. Il appara&#238;t alors que les membres, li&#233;s entre eux, ne sont pas r&#233;ellement &#233;trangers les uns aux autres, mais seulement des &#233;l&#233;ments d'un tout, chacun d'eux &#233;tant, dans sa connexion avec l'autre, comme chez lui et se combinant avec lui-m&#234;me. De cette fa&#231;on, la n&#233;cessit&#233; se transfigure en libert&#233;, non pas la libert&#233; qui consiste en une n&#233;gation abstraite, mais la libert&#233; concr&#232;te et positive. De l&#224; nous pouvons apprendre quelle erreur c'est que de consid&#233;rer la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233; comme s'excluant mutuellement. La n&#233;cessit&#233;, en effet, en tant que n&#233;cessit&#233;, est loin d'&#234;tre la libert&#233; : cependant la libert&#233; pr&#233;suppose la n&#233;cessit&#233; et la contient comme un &#233;l&#233;ment insubstantiel en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme de bien sait que la teneur de sa conduite est essentiellement obligatoire et n&#233;cessaire. Mais cette conscience est si loin de r&#233;duire sa libert&#233; que, sans elle, la libert&#233; r&#233;elle et raisonnable ne pourrait &#234;tre distingu&#233;e du choix arbitraire, libert&#233; qui n'a aucune r&#233;alit&#233; et n'est que potentielle. Un criminel, lorsqu'il est puni, peut consid&#233;rer sa peine comme une restriction de sa libert&#233;. En r&#233;alit&#233;, la peine n'est pas une contrainte &#233;trang&#232;re &#224; laquelle il est soumis, mais la manifestation de son propre acte. En bref, l'homme est le plus ind&#233;pendant lorsqu'il se sait d&#233;termin&#233; par l'id&#233;e absolue. C'est cette phase de l'esprit et de la conduite que Spinoza a appel&#233; Amor intellectualis Dei .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;159&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la Notion est la v&#233;rit&#233; de l'&#202;tre et de l'Essence, dans la mesure o&#249; le rayonnement ou l'apparat de l'auto-r&#233;flexion est lui-m&#234;me en m&#234;me temps imm&#233;diatet&#233; ind&#233;pendante, et cet &#234;tre d'une actualit&#233; diff&#233;rente n'est imm&#233;diatement qu'un rayonnement ou un apparat sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion s'est pr&#233;sent&#233;e comme v&#233;rit&#233; de l'&#234;tre et comme base de la r&#233;gression de l'un et de l'autre. Inversement, elle s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de l'&#234;tre comme base. Le premier aspect de la progression peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une concentration de l'&#234;tre dans sa profondeur, r&#233;v&#233;lant ainsi sa nature int&#233;rieure ; le second aspect comme une &#233;mergence du plus parfait &#224; partir du moins parfait. Si l'on consid&#232;re ce d&#233;veloppement uniquement sous ce dernier aspect, il porte pr&#233;judice &#224; la m&#233;thode philosophique. Le sens particulier que rev&#234;tent ici ces pens&#233;es superficielles sur le plus imparfait et le plus parfait est de marquer la distinction entre l'&#234;tre, en tant qu'unit&#233; imm&#233;diate avec lui-m&#234;me, et la notion, en tant que libre m&#233;diation avec elle-m&#234;me. Puisque l'&#234;tre a montr&#233; qu'il est un &#233;l&#233;ment de la notion, celle-ci s'est ainsi pr&#233;sent&#233;e comme la v&#233;rit&#233; de l'&#234;tre. En tant que reflet de l'&#234;tre en lui-m&#234;me et en tant qu'absorption de la m&#233;diation, la notion est la pr&#233;supposition de l'imm&#233;diat, pr&#233;supposition qui est identique au retour &#224; soi ; et dans cette identit&#233; r&#233;sident la libert&#233; et la notion. Si donc l'&#233;l&#233;ment partiel est appel&#233; imparfait, alors la notion, ou le parfait, est certainement un d&#233;veloppement de l'imparfait, car sa nature m&#234;me est de suspendre ainsi sa pr&#233;supposition. En m&#234;me temps, c'est la notion seule qui, en se supposant elle-m&#234;me, fait sa pr&#233;supposition, comme on l'a montr&#233; dans la causalit&#233; en g&#233;n&#233;ral et dans l'action r&#233;ciproque en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en ce qui concerne l'&#234;tre et l'essence, la notion se d&#233;finit comme l'essence ramen&#233;e &#224; la simple imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre, l'&#233;clat ou la manifestation de l'essence ayant par l&#224; m&#234;me actualit&#233;, et son actualit&#233; &#233;tant en m&#234;me temps une libre illumination ou manifestation en elle-m&#234;me. De cette mani&#232;re, la notion a l'&#234;tre comme simple rapport &#224; elle-m&#234;me, ou comme imm&#233;diatet&#233; de son unit&#233; immanente. L'&#234;tre est une cat&#233;gorie si pauvre qu'elle est la moindre chose qu'on puisse montrer dans la notion. Le passage de la n&#233;cessit&#233; &#224; la libert&#233;, ou de l'actualit&#233; &#224; la notion, est le plus dur, parce qu'il propose que l'actualit&#233; ind&#233;pendante soit pens&#233;e comme ayant toute sa substantialit&#233; dans le d&#233;passement et l'identit&#233; avec l'autre actualit&#233; ind&#233;pendante. La notion aussi est extr&#234;mement dure, parce qu'elle est elle-m&#234;me pr&#233;cis&#233;ment cette identit&#233;. Mais la substance r&#233;elle en tant que telle, la cause, qui dans son exclusivit&#233; r&#233;siste &#224; toute invasion, est ipso facto soumise &#224; la n&#233;cessit&#233; ou au destin de passer &#224; la d&#233;pendance : et c'est plut&#244;t dans cette soumission que r&#233;side la principale duret&#233;. Penser la n&#233;cessit&#233;, au contraire, tend plut&#244;t &#224; fondre cette duret&#233;. Car penser signifie que, dans l'autre, on se retrouve soi-m&#234;me. Cela signifie une lib&#233;ration qui n'est pas une fuite de l'abstraction, mais consiste en ce que l'actuel s'avoit non pas comme autre chose, mais comme son &#234;tre et sa cr&#233;ation propres, dans l'autre actualit&#233; &#224; laquelle il est li&#233; par la force de la n&#233;cessit&#233;. En tant qu'existant sous une forme individuelle, cette lib&#233;ration s'appelle Moi ; en tant que d&#233;velopp&#233;e dans sa totalit&#233;, elle est Esprit libre ; en tant que sentiment, elle est Amour ; en tant que jouissance, elle est B&#233;atitude. La grande vision de la substance chez Spinoza n'est qu'une lib&#233;ration potentielle de l'exclusivit&#233; finie et de l'&#233;go&#239;sme ; mais la notion elle-m&#234;me r&#233;alise pour elle-m&#234;me &#224; la fois la puissance de la n&#233;cessit&#233; et la libert&#233; actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, comme maintenant, la notion est appel&#233;e v&#233;rit&#233; de l'Etre et de l'Essence, il faut s'attendre &#224; ce qu'on nous demande pourquoi nous ne commen&#231;ons pas par la notion. La r&#233;ponse est que, lorsque notre but est la connaissance par la pens&#233;e, nous ne pouvons pas commencer par la v&#233;rit&#233;, car la v&#233;rit&#233;, lorsqu'elle constitue le commencement, doit reposer sur une simple assertion. La v&#233;rit&#233;, lorsqu'elle est pens&#233;e, doit en tant que telle se v&#233;rifier elle-m&#234;me par la pens&#233;e. Si la notion &#233;tait plac&#233;e &#224; la t&#234;te de la logique et d&#233;finie, tout &#224; fait correctement quant au contenu, comme l'unit&#233; de l'Etre et de l'Essence, la question suivante se poserait : que devons-nous penser sous les termes d'Etre et d'Essence, et comment ces termes en viennent-ils &#224; &#234;tre englob&#233;s dans l'unit&#233; de la notion ? Mais si nous r&#233;pondions &#224; ces questions, alors notre d&#233;part par la notion ne serait que nominal. Le v&#233;ritable d&#233;part se ferait avec l'&#202;tre, comme nous l'avons fait ici : avec cette diff&#233;rence que les caract&#233;ristiques de l'&#202;tre aussi bien que celles de l'Essence devraient &#234;tre accept&#233;es sans critique &#224; partir de la conception figurative, alors que nous avons observ&#233; l'&#202;tre et l'Essence dans leur propre d&#233;veloppement dialectique et appris comment ils se perdent dans l'unit&#233; de la notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX Le concept&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 160&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Notion est le principe de la libert&#233;, la puissance de la substance r&#233;alis&#233;e en elle-m&#234;me. C'est un tout syst&#233;matique, dans lequel chacune de ses fonctions constitutives est la totalit&#233; m&#234;me de la Notion, et est indissolublement un avec elle. Ainsi, dans son identit&#233; propre, elle a une d&#233;termination originale et compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion se situe dans la position de l'id&#233;alisme absolu . La philosophie est une connaissance par notions, car elle voit que ce qui, &#224; d'autres degr&#233;s de conscience, est tenu pour ayant l'&#234;tre et &#233;tant naturellement ou imm&#233;diatement ind&#233;pendant, n'est qu'un stade constitutif de l'Id&#233;e. Dans la logique de l'entendement, la notion est g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme une simple forme de pens&#233;e et trait&#233;e comme une conception g&#233;n&#233;rale. C'est &#224; cette conception inf&#233;rieure de la notion que se r&#233;f&#232;re l'affirmation, si souvent avanc&#233;e au nom du c&#339;ur et du sentiment, selon laquelle les notions en tant que telles sont quelque chose de mort, de vide et d'abstrait. Le cas est en r&#233;alit&#233; tout &#224; fait inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion est au contraire le principe de toute vie, et poss&#232;de ainsi en m&#234;me temps un caract&#232;re de concr&#233;tude absolue . Qu'il en soit ainsi r&#233;sulte de tout le mouvement logique jusqu'ici, et il n'est pas n&#233;cessaire de le d&#233;montrer ici. L'opposition entre la forme et le contenu , dont on se sert ainsi pour critiquer la notion lorsqu'on la pr&#233;tend purement formelle, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e, dialectiquement ou par elle-m&#234;me, comme toutes les autres oppositions soutenues par la r&#233;flexion. La notion, en somme, est ce qui contient toutes les cat&#233;gories ant&#233;rieures de la pens&#233;e qui se sont fondues en elle. C'est bien une forme, mais une forme infinie et cr&#233;atrice qui renferme, mais d&#233;gage en m&#234;me temps d'elle-m&#234;me, la pl&#233;nitude de tout contenu. De m&#234;me la notion peut, si l'on veut, &#234;tre appel&#233;e abstraite, si le nom concret est restreint aux faits concrets des sens ou de la perception imm&#233;diate. Car la notion n'est pas palpable au toucher, et quand nous nous y attaquons, l'ou&#239;e et la vue doivent nous faire d&#233;faut. Et pourtant, comme nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233;, la notion est un vrai concret ; parce qu'il implique l'&#202;tre et l'Essence, et la richesse totale de ces deux sph&#232;res avec elles, fusionn&#233;es dans l'unit&#233; de la pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, comme nous l'avons dit plus haut, les diff&#233;rentes &#233;tapes de l'id&#233;e logique doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme une s&#233;rie de d&#233;finitions de l'Absolu , la d&#233;finition qui en r&#233;sulte pour nous est que l'Absolu est la Notion. Cela n&#233;cessite cependant une appr&#233;ciation plus &#233;lev&#233;e de la notion que celle que l'on trouve dans la logique conceptualiste formelle, o&#249; la notion n'est qu'une simple forme de notre pens&#233;e subjective, sans contenu original propre. Mais si la logique sp&#233;culative attache ainsi au terme notion un sens si diff&#233;rent de celui qu'on lui donne habituellement, on peut se demander pourquoi le m&#234;me mot est employ&#233; dans deux acceptions contraires, donnant ainsi lieu &#224; confusion et &#224; malentendu. La r&#233;ponse est que, si grand que soit l'intervalle entre la notion sp&#233;culative et la notion de logique formelle , un examen plus approfondi montre que le sens profond n'est pas aussi &#233;tranger aux usages g&#233;n&#233;raux du langage qu'il le semble &#224; premi&#232;re vue. Nous parlons de la d&#233;duction d'un contenu de la notion, par exemple des dispositions sp&#233;cifiques du droit de propri&#233;t&#233; de la notion de propri&#233;t&#233; ; et ainsi nous parlons de nouveau de faire remonter ces d&#233;tails mat&#233;riels &#224; la notion. Nous reconnaissons ainsi que la notion n'est pas une simple forme sans contenu propre : car si elle l'&#233;tait, il n'y aurait dans un cas rien &#224; d&#233;duire d'une telle forme, et dans l'autre cas, ramener un corps de fait donn&#233; &#224; la forme vide de la notion ne ferait que d&#233;rober au fait son caract&#232;re sp&#233;cifique, sans le faire comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement&lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 161&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement en avant de la notion n'est plus ni un passage ni une r&#233;flexion sur quelque chose d'autre, mais un d&#233;veloppement . Car dans la notion, les &#233;l&#233;ments distingu&#233;s sont sans plus de c&#233;r&#233;monie d&#233;clar&#233;s identiques entre eux et avec le tout, et le caract&#232;re sp&#233;cifique de chacun est un &#234;tre libre de la notion enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage &#224; autre chose est le processus dialectique dans le domaine de l'&#234;tre : la r&#233;flexion (mettre en lumi&#232;re autre chose), dans le domaine de l'essence . Le mouvement de la notion est le d&#233;veloppement : par lequel n'est explicit&#233; que ce qui est d&#233;j&#224; implicitement pr&#233;sent. Dans le monde de la nature, c'est la vie organique qui correspond au degr&#233; de la notion. Ainsi, par exemple, la plante se d&#233;veloppe &#224; partir de son germe. Le germe englobe virtuellement la plante enti&#232;re, mais ne le fait qu'id&#233;alement ou en pens&#233;e : et ce serait donc une erreur de consid&#233;rer le d&#233;veloppement de la racine, de la tige, des feuilles et des autres diff&#233;rentes parties de la plante comme signifiant qu'elles sont r&#233;ellement pr&#233;sentes, mais sous une forme tr&#232;s infime, dans le germe. C'est ce qu'on appelle l'hypoth&#232;se de la &#171; bo&#238;te dans la bo&#238;te &#187;, th&#233;orie qui commet l'erreur de supposer une existence r&#233;elle de ce qui se trouve d'abord seulement comme un postulat de la pens&#233;e achev&#233;e. La v&#233;rit&#233; de l'hypoth&#232;se, d'autre part, r&#233;side dans le fait qu'elle per&#231;oit que dans le processus de d&#233;veloppement la notion reste en elle-m&#234;me et ne donne lieu qu'&#224; des modifications de forme, sans rien ajouter au contenu. C'est cette nature de la notion, cette manifestation d'elle-m&#234;me dans son processus de d&#233;veloppement en tant que soi-m&#234;me, qui est principalement en vue chez ceux qui parlent d'id&#233;es inn&#233;es ou qui, comme Platon, d&#233;crivent tout apprentissage comme une simple r&#233;miniscence. Bien entendu, cela ne signifie pas que tout ce qui est incorpor&#233; dans un esprit, apr&#232;s que cet esprit a &#233;t&#233; form&#233; par des instructions, &#233;tait pr&#233;sent dans cet esprit auparavant, sous sa forme d&#233;finitivement d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de la notion est en quelque sorte &#224; consid&#233;rer comme un simple plan : l'Autre qu'il suscite n'est pas en r&#233;alit&#233; un Autre. Ou, comme l'exprime l'enseignement du christianisme : Dieu n'a pas seulement cr&#233;&#233; un Monde qui se pr&#233;sente &#224; lui comme un Autre ; il a aussi de toute &#233;ternit&#233; engendr&#233; un Fils dans lequel lui, Esprit, se sent chez lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 162&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine de la notion est divis&#233;e en trois parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La premi&#232;re est la doctrine de la notion subjective ou formelle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La seconde est la doctrine de la notion investie du caract&#232;re d'imm&#233;diatet&#233;, ou d' Objectivit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) La troisi&#232;me est la doctrine de l' Id&#233;e , du sujet-objet , de l'unit&#233; de la notion et de l'objectivit&#233;, de la v&#233;rit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Logique commune ne traite que des questions qui nous sont pr&#233;sent&#233;es ici comme une partie de la troisi&#232;me partie de l'ensemble du syst&#232;me, avec les pr&#233;tendues lois de la pens&#233;e que nous avons d&#233;j&#224; rencontr&#233;es ; et dans la Logique appliqu&#233;e, elle ajoute quelques &#233;l&#233;ments sur la connaissance. Elle y ajoute des &#233;l&#233;ments psychologiques, m&#233;taphysiques et empiriques de toutes sortes , qui ont &#233;t&#233; introduits parce que, en fin de compte, ces formes de pens&#233;e ne pouvaient pas &#234;tre amen&#233;es &#224; faire tout ce qu'on attendait d'elles. Mais avec ces ajouts, la science a perdu son unit&#233; de but. Il y a encore une circonstance contraire &#224; la Logique commune : ces formes, qui appartiennent au moins au domaine propre de la Logique, sont cens&#233;es &#234;tre des cat&#233;gories de la pens&#233;e consciente seulement, de la pens&#233;e aussi sous la forme de l'entendement, et non de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories logiques pr&#233;c&#233;dentes, celles de l'Etre et de l'Essence, ne sont pas, il est vrai, de simples modes ou entit&#233;s logiques : il est prouv&#233; qu'elles sont des notions dans leur transition ou leur &#233;l&#233;ment dialectique, et dans leur retour &#224; elles-m&#234;mes et &#224; la totalit&#233;. Mais ce ne sont que des notions sous une forme modifi&#233;e (cf. &#167;&#167; 84 et 112 ), des notions rudimentaires ou, ce qui revient au m&#234;me, des notions pour nous. Le terme antith&#233;tique dans lequel chaque cat&#233;gorie passe, ou dans lequel elle brille, produisant ainsi une corr&#233;lation, n'est pas caract&#233;ris&#233; comme particulier. Le troisi&#232;me, dans lequel elles retournent &#224; l'unit&#233;, n'est pas caract&#233;ris&#233; comme sujet ou individu ; il n'est pas non plus explicitement d&#233;clar&#233; que la cat&#233;gorie est identique dans son antith&#232;se, c'est-&#224;-dire que sa libert&#233; n'est pas express&#233;ment affirm&#233;e : et tout cela parce que la cat&#233;gorie n'est pas l'universalit&#233;. Ce qui passe g&#233;n&#233;ralement sous le nom de notion est un mode de compr&#233;hension, ou m&#234;me une simple repr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale, et donc, en bref, un mode fini de pens&#233;e (cf. &#167; 62 ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de la notion est g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme une science de la forme seulement, et elle ne traite que de la forme de la notion, du jugement et du syllogisme en tant que forme, sans toucher le moins du monde &#224; la question de savoir si quelque chose est vrai. La r&#233;ponse &#224; cette question ne d&#233;pend que du contenu. Si les formes logiques de la notion &#233;taient r&#233;ellement des r&#233;ceptacles morts et inertes de conceptions et de pens&#233;es, sans se soucier de ce qu'elles contiennent, la connaissance de ces formes serait une vaine curiosit&#233; dont la v&#233;rit&#233; pourrait se passer. Au contraire, elles sont r&#233;ellement, en tant que formes de la notion, l'esprit vital du monde actuel . Ce qui est vrai du monde actuel n'est vrai que par ces formes, par elles et en elles. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, la v&#233;rit&#233; de ces formes n'a jamais &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e ni examin&#233;e pour elles-m&#234;mes, pas plus que leur n&#233;cessaire interconnexion&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
A. LA NOTION SUBJECTIVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement de la notion subjective&lt;br class='autobr' /&gt;
Notion - Jugement - Syllogisme&lt;br class='autobr' /&gt;
(a) La notion en tant que notion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 163&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Notion en tant que Notion contient les trois &#171; moments &#187; ou parties fonctionnelles suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La premi&#232;re est l'universalit&#233; &#8212; ce qui signifie qu'elle est en libre &#233;galit&#233; avec elle-m&#234;me dans son caract&#232;re sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) La seconde est la Particularit&#233; , c'est-&#224;-dire le caract&#232;re sp&#233;cifique dans lequel l'universel continue sereinement &#233;gal &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) La troisi&#232;me est l'individualit&#233; &#8212; c'est-&#224;-dire la r&#233;flexion en soi des caract&#232;res sp&#233;cifiques de l'universalit&#233; et de la particularit&#233; ; cette unit&#233; n&#233;gative du soi a une d&#233;termination compl&#232;te et originale, sans aucune perte de son identit&#233; propre ou de son universalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individuel et l'actuel sont la m&#234;me chose : seul le premier est issu de la notion et se pr&#233;sente ainsi express&#233;ment comme une identit&#233; n&#233;gative avec lui-m&#234;me en tant qu'universel. L'actuel, parce qu'il n'est d'abord qu'une unit&#233; potentielle ou imm&#233;diate d'essence ou d'existence, peut avoir un effet ; mais l'individualit&#233; de la notion est la source m&#234;me de l'effectivit&#233;, effective non plus comme la cause, avec l'apparence d'effectuer autre chose, mais effective par elle-m&#234;me. Mais l'individualit&#233; ne doit pas &#234;tre entendue comme l'individuel imm&#233;diat ou naturel, comme quand nous parlons de choses individuelles ou d'hommes individuels : car cette forme particuli&#232;re de l'individualit&#233; n'appara&#238;t qu'au moment du jugement. Chaque fonction et chaque &#171; moment &#187; de la notion sont eux-m&#234;mes la notion enti&#232;re ( &#167; 160 ) ; mais l'individuel ou le sujet est la notion express&#233;ment pos&#233;e comme totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La notion est g&#233;n&#233;ralement associ&#233;e dans notre esprit &#224; une g&#233;n&#233;ralit&#233; abstraite, et c'est pourquoi on la qualifie souvent de conception g&#233;n&#233;rale. C'est pourquoi nous parlons des notions de couleur, de plante, d'animal, etc. On suppose qu'elles sont obtenues en n&#233;gligeant les traits particuliers qui distinguent les diff&#233;rentes couleurs, plantes et animaux les uns des autres, et en conservant ceux qui leur sont communs. C'est l&#224; l'aspect de la notion qui est familier &#224; l'entendement ; et le sentiment a raison de stigmatiser des notions creuses et vides comme de simples fant&#244;mes et ombres. Mais l'universel de la notion n'est pas une simple somme de traits communs &#224; plusieurs choses, confront&#233;s &#224; un particulier qui jouit d'une existence propre. Il se particularise ou se sp&#233;cifie lui-m&#234;me, et se trouve parfaitement &#224; l'aise dans son antith&#232;se. Pour le bien de la connaissance et de notre conduite pratique, il est de la plus haute importance que l'universel r&#233;el ne soit pas confondu avec ce qui est simplement commun. Toutes les accusations que les partisans du sentiment portent contre la pens&#233;e, et sp&#233;cialement contre la pens&#233;e philosophique, et l'affirmation r&#233;it&#233;r&#233;e qu'il est dangereux de pousser la pens&#233;e jusqu'&#224; ce qu'ils appellent des trop grandes extr&#233;mit&#233;s, proviennent de la confusion de ces deux choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universel dans son sens v&#233;ritable et global est une pens&#233;e qui, comme on le sait, a mis des milliers d'ann&#233;es &#224; p&#233;n&#233;trer dans la conscience des hommes. Cette pens&#233;e n'a &#233;t&#233; pleinement reconnue qu'&#224; l'&#233;poque du christianisme. Les Grecs, si avanc&#233;s sous d'autres rapports, ne connaissaient ni Dieu ni m&#234;me l'homme dans leur v&#233;ritable universalit&#233;. Les dieux des Grecs n'&#233;taient que des puissances particuli&#232;res de l'esprit ; et le Dieu universel, le Dieu de toutes les nations, &#233;tait pour les Ath&#233;niens un Dieu encore cach&#233;. Ils croyaient de la m&#234;me mani&#232;re qu'un ab&#238;me absolu les s&#233;parait des barbares. L'homme en tant qu'homme n'&#233;tait pas alors reconnu comme ayant une valeur infinie et des droits infinis. On s'est demand&#233; pourquoi l'esclavage a disparu de l'Europe moderne. On a invoqu&#233; une circonstance particuli&#232;re apr&#232;s l'autre pour expliquer ce ph&#233;nom&#232;ne. Mais la v&#233;ritable raison pour laquelle il n'y a plus d'esclaves dans l'Europe chr&#233;tienne se trouve dans le principe m&#234;me du christianisme, la religion de la libert&#233; absolue. C'est seulement dans la chr&#233;tient&#233; que l'homme est respect&#233; en tant qu'homme, dans son infinit&#233; et son universalit&#233;. Ce qui manque &#224; l'esclave, c'est la reconnaissance qu'il est une personne : et le principe de la personnalit&#233; est l'universalit&#233;. Le ma&#238;tre ne consid&#232;re pas son esclave comme une personne, mais comme un &#234;tre sans &#233;go&#239;sme. L'esclave n'est pas lui-m&#234;me consid&#233;r&#233; comme un &#171; je &#187; &#8212; son &#171; je &#187; est son ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction, dont il a &#233;t&#233; question plus haut, entre ce qui est simplement commun et ce qui est v&#233;ritablement universel, est exprim&#233;e de fa&#231;on frappante par Rousseau dans son c&#233;l&#232;bre Contrat social , lorsqu'il dit que les lois d'un &#201;tat doivent na&#238;tre de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale , mais qu'elles ne doivent pas pour autant &#234;tre la volont&#233; de tous . Rousseau aurait apport&#233; une contribution plus solide &#224; la th&#233;orie de l'&#201;tat s'il avait toujours gard&#233; cette distinction &#224; l'esprit. La volont&#233; g&#233;n&#233;rale est la notion de la volont&#233;, et les lois sont les clauses sp&#233;ciales de cette volont&#233; et fond&#233;es sur la notion de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Nous ajoutons une remarque sur l'origine et la formation des notions, comme le dit habituellement la Logique de l'entendement. Ce n'est pas nous qui forgeons les notions. La notion n'est pas du tout quelque chose qui a son origine. Sans doute la notion n'est pas un simple &#234;tre, ni l'imm&#233;diat : elle implique une m&#233;diation , mais la m&#233;diation r&#233;side en elle-m&#234;me. En d'autres termes, la notion est ce qui est m&#233;diatis&#233; par elle-m&#234;me et avec elle-m&#234;me. C'est une erreur de croire que les objets qui forment le contenu de nos id&#233;es mentales viennent en premier et que notre action subjective intervient ensuite et, par l'op&#233;ration d'abstraction mentionn&#233;e ci-dessus et en colliguant les points communs que poss&#232;dent les objets, forme des notions de ces objets. Au contraire, la notion est la premi&#232;re v&#233;ritable ; et les choses sont ce qu'elles sont par l'action de la notion, immanente en elles et se r&#233;v&#233;lant en elles. Dans le langage religieux, nous exprimons cela en disant que Dieu a cr&#233;&#233; le monde &#224; partir de rien. En d'autres termes, le monde et les choses finies sont issus de la pl&#233;nitude des pens&#233;es divines et des d&#233;crets divins. Ainsi la religion reconna&#238;t la pens&#233;e et (plus exactement) la notion comme la forme infinie, ou l'activit&#233; cr&#233;atrice libre, qui peut se r&#233;aliser sans l'aide d'une mati&#232;re qui existe en dehors d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 164&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion est concr&#232;te &#224; l'extr&#234;me, car l'unit&#233; n&#233;gative avec elle-m&#234;me, en tant que caract&#233;risation pure et enti&#232;re, qui est l'individualit&#233;, est pr&#233;cis&#233;ment ce qui constitue son auto-relation, son universalit&#233;. Les fonctions ou &#171; moments &#187; de la notion sont dans cette mesure indissolubles. Les cat&#233;gories de la &#171; r&#233;flexion &#187; sont cens&#233;es &#234;tre appr&#233;hend&#233;es s&#233;par&#233;ment et accept&#233;es s&#233;par&#233;ment comme courantes, &#224; part leurs contraires. Mais dans la notion, o&#249; leur identit&#233; est express&#233;ment assum&#233;e, chacune de ses fonctions ne peut &#234;tre imm&#233;diatement appr&#233;hend&#233;e qu'&#224; partir et avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universalit&#233;, la particularit&#233; et l'individualit&#233; sont, prises dans l'abstrait, identiques &#224; l'identit&#233;, &#224; la diff&#233;rence et au fondement. Mais l'universel est l'identique &#224; soi-m&#234;me, avec la r&#233;serve expresse qu'il contient &#224; la fois le particulier et l'individuel. De m&#234;me, le particulier est le caract&#232;re diff&#233;rent ou sp&#233;cifique, mais avec la r&#233;serve qu'il est en lui-m&#234;me universel et qu'il est en tant qu'individu. De m&#234;me, l'individuel doit &#234;tre compris comme un sujet ou substrat, qui renferme en lui-m&#234;me le genre et l'esp&#232;ce et poss&#232;de une existence substantielle. Telle est l'ins&#233;parabilit&#233; explicite ou r&#233;alis&#233;e des fonctions de la notion dans leur diff&#233;rence ( &#167; 160 ) &#8212; ce qu'on peut appeler la clart&#233; de la notion, dans laquelle chaque distinction ne cause ni obscurit&#233; ni interruption, mais est tout aussi transparente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne reproche pas plus souvent &#224; la notion que d'&#234;tre abstraite . Certes, elle est abstraite, si par abstrait elle signifie que le milieu dans lequel elle existe est la pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral et non la chose sensible dans sa concr&#233;tude empirique. Elle est abstraite aussi parce que la notion est en de&#231;&#224; de l'id&#233;e. Dans cette mesure, la notion subjective est encore formelle. Cela ne veut pas dire cependant qu'elle doive avoir ou recevoir un contenu autre que le sien. Elle est elle-m&#234;me la forme absolue, et donc tout caract&#232;re sp&#233;cifique, mais tel que ce caract&#232;re l'est dans sa v&#233;rit&#233;. Bien qu'elle soit abstraite, elle est donc le concret, le concret tout entier, le sujet en tant que tel. Le concret absolu, c'est l'esprit (voir la fin du &#167; 159 ) &#8212; la notion, lorsqu'elle existe comme notion, se distingue de son objectivit&#233;, qui, malgr&#233; cette distinction, reste la sienne propre. Tout le reste du concret, si riche soit-il, n'est pas aussi intens&#233;ment identique &#224; lui-m&#234;me et n'est donc pas aussi concret de sa part &#8212; surtout ce que l'on suppose commun&#233;ment &#234;tre concret, mais n'est qu'un amas maintenu en place par une influence ext&#233;rieure. Ce qu'on appelle notions, et en fait des notions sp&#233;cifiques, telles que l'homme, la maison, l'animal, etc., ne sont que des d&#233;notations et des repr&#233;sentations abstraites. Ces abstractions ne retiennent de toutes les fonctions de la notion que celle d'universalit&#233; ; elles laissent de c&#244;t&#233; la particularit&#233; et l'individualit&#233; et n'ont aucun d&#233;veloppement dans ces directions. Ce faisant, elles passent tout simplement &#224; c&#244;t&#233; de la notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 165&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;l&#233;ment d'individualit&#233; qui diff&#233;rencie d'abord explicitement les &#233;l&#233;ments de la notion. L'individualit&#233; est la r&#233;flexion n&#233;gative de la notion en elle-m&#234;me, et c'est ainsi d'abord sa libre diff&#233;renciation comme premi&#232;re n&#233;gation, par laquelle le caract&#232;re sp&#233;cifique de la notion est r&#233;alis&#233;, mais sous la forme de particularit&#233;. C'est-&#224;-dire que les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments ne sont d'abord qualifi&#233;s que comme les divers &#233;l&#233;ments de la notion, et, deuxi&#232;mement, leur identit&#233; n'est pas moins explicitement affirm&#233;e, l'un &#233;tant dit &#234;tre l'autre. Cette particularit&#233; r&#233;alis&#233;e de la notion est le jugement .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classification ordinaire des notions , claires, distinctes et ad&#233;quates, ne fait pas partie de la notion ; elle appartient &#224; la psychologie. En fait, les notions sont ici synonymes de repr&#233;sentations mentales ; une notion claire est une repr&#233;sentation simple et abstraite ; une notion distincte est celle o&#249;, en plus de la simplicit&#233;, il y a une &#171; marque &#187; ou un caract&#232;re soulign&#233; comme signe pour la connaissance subjective. Il n'y a pas de marque plus frappante du formalisme et de la d&#233;cadence de la logique que la cat&#233;gorie favorite de la &#171; marque &#187;. La notion ad&#233;quate se rapproche davantage de la notion proprement dite, ou m&#234;me de l'Id&#233;e : mais apr&#232;s tout, elle n'exprime que la circonstance formelle qu'une notion ou une repr&#233;sentation s'accorde avec son objet, c'est-&#224;-dire avec une chose ext&#233;rieure. La division en notions dites subordonn&#233;es et coordonn&#233;es implique une distinction m&#233;canique entre l'universel et le particulier qui ne permet qu'une simple corr&#233;lation entre eux dans une comparaison externe. De m&#234;me, l'&#233;num&#233;ration des notions contraires et contradictoires, affirmatives et n&#233;gatives, etc., n'est qu'un glanage al&#233;atoire de formes logiques qui appartiennent en propre &#224; la sph&#232;re de l'Etre ou de l'Essence (o&#249; elles ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; examin&#233;es) et qui n'ont rien &#224; voir avec le caract&#232;re notionnel sp&#233;cifique en tant que tel. Les v&#233;ritables distinctions de la notion, universelle, particuli&#232;re et individuelle, peuvent aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des esp&#232;ces de la notion, mais seulement si elles sont s&#233;par&#233;es les unes des autres par une r&#233;flexion ext&#233;rieure. La diff&#233;renciation et la sp&#233;cification immanentes de la notion apparaissent dans le jugement : car juger, c'est sp&#233;cifier la notion.&lt;br class='autobr' /&gt;
(b) Le jugement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 166&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jugement est la notion dans sa particularit&#233;, comme une connexion qui est aussi une distinction de ses fonctions, qui sont pos&#233;es comme ind&#233;pendantes et pourtant comme identiques &#224; elles-m&#234;mes et non pas entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re impression que l'on a du Jugement est l'ind&#233;pendance des deux extr&#234;mes, le sujet et le pr&#233;dicat. Le premier est pour nous une chose ou un terme en soi , et le pr&#233;dicat un terme g&#233;n&#233;ral ext&#233;rieur au sujet en question et quelque part dans notre t&#234;te. Il s'agit ensuite de combiner le second avec le premier, et de former ainsi un Jugement. La copule &#171; est &#187; &#233;nonce cependant le pr&#233;dicat du sujet, et ainsi la subsomption subjective externe est &#224; nouveau mise en suspens, et le Jugement est consid&#233;r&#233; comme une d&#233;termination de l'objet lui-m&#234;me. Le sens &#233;tymologique du Jugement ( Urtheil ) en allemand est plus profond, comme s'il d&#233;clarait l'unit&#233; de la notion comme premi&#232;re, et sa distinction comme la partition originelle. Et c'est bien ce qu'est r&#233;ellement le Jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses termes abstraits, un jugement peut &#234;tre exprim&#233; par la proposition : &#171; L'individuel est l'universel &#187;. Ce sont les termes sous lesquels le sujet et le pr&#233;dicat se confrontent d'abord, lorsque les fonctions de la notion sont prises dans leur caract&#232;re imm&#233;diat ou leur premi&#232;re abstraction. (Des propositions telles que &#171; Le particulier est l'universel &#187; et &#171; L'individuel est le particulier &#187; appartiennent &#224; la sp&#233;cialisation ult&#233;rieure du jugement.) Il y a un &#233;trange manque d'observation dans les livres de logique que dans aucun d'eux le fait n'est &#233;nonc&#233; que dans chaque jugement il y a encore une affirmation faite comme &#171; L'individuel est l'universel &#187; ou encore plus pr&#233;cis&#233;ment &#171; Le sujet est le pr&#233;dicat &#187; (par exemple Dieu est esprit absolu). Il y a sans doute aussi une distinction entre des termes comme &#171; individuel &#187; et &#171; universel &#187;, &#171; sujet &#187; et &#171; pr&#233;dicat &#187; : mais c'est n&#233;anmoins un fait universel que chaque jugement les &#233;nonce comme identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La copule &#171; est &#187; d&#233;coule de la nature de la notion, qui est d'&#234;tre identique &#224; elle-m&#234;me, m&#234;me en se s&#233;parant de ce qui lui est propre. L'individuel et l'universel sont ses constituants, et par cons&#233;quent des caract&#232;res qui ne peuvent &#234;tre isol&#233;s. Les cat&#233;gories ant&#233;rieures (de la r&#233;flexion) dans leurs corr&#233;lations se r&#233;f&#232;rent aussi les unes aux autres : mais leur interconnexion n'est que &#171; avoir &#187; et non &#171; &#234;tre &#187;, c'est-&#224;-dire que ce n'est pas l'identit&#233; qui se r&#233;alise comme identit&#233; ou universalit&#233;. Dans le jugement, on voit donc pour la premi&#232;re fois la v&#233;ritable particularit&#233; de la notion : elle est la sp&#233;cialit&#233; ou la distinction de celle-ci, sans pour autant perdre l'universalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jugements sont g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;s comme des combinaisons de notions et, de plus, de notions h&#233;t&#233;rog&#232;nes. Cette th&#233;orie du jugement est correcte dans la mesure o&#249; elle implique que c'est la notion qui constitue la pr&#233;supposition du jugement et qui, dans le jugement, appara&#238;t sous la forme de diff&#233;rence. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, il est faux de parler de notions de nature diff&#233;rente. La notion, bien que concr&#232;te, est n&#233;anmoins une notion par essence, et les fonctions qu'elle contient ne sont pas des esp&#232;ces diff&#233;rentes de la notion. Il est &#233;galement faux de parler d'une combinaison des deux parties du jugement, si nous entendons par le terme de combinaison l'existence ind&#233;pendante des membres qui se combinent en dehors de la combinaison. La m&#234;me conception ext&#233;rieure de leur nature appara&#238;t avec plus de force lorsque les jugements sont d&#233;crits comme produits par l'attribution d'un pr&#233;dicat au sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage consid&#232;re le sujet comme existant par lui-m&#234;me &#224; l'ext&#233;rieur, et le pr&#233;dicat comme se trouvant quelque part dans notre t&#234;te. Mais une telle conception de la relation entre sujet et pr&#233;dicat est imm&#233;diatement contredite par la copule &#171; est &#187;. En disant &#171; cette rose est rouge &#187; ou &#171; ce tableau est beau &#187;, nous d&#233;clarons que ce n'est pas nous qui, de l'ext&#233;rieur, attribuons la beaut&#233; au tableau ou la rougeur &#224; la rose, mais que ces caract&#233;ristiques sont propres &#224; ces objets. Un autre d&#233;faut de la mani&#232;re dont la logique formelle con&#231;oit le jugement est qu'elle le fait appara&#238;tre comme quelque chose de simplement contingent, et qu'elle n'offre aucune preuve du passage de la notion au jugement. Car la notion ne reste pas immobile, comme le suppose l'entendement. Elle est plut&#244;t une forme infinie, d'une activit&#233; sans limite, comme le punctum saliens de toute vitalit&#233;, et par l&#224; m&#234;me auto-diff&#233;renciante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rupture de la notion dans la diff&#233;rence de ses fonctions constitutives &#8212; rupture impos&#233;e par l'acte natif de la notion &#8212; est le jugement. Un jugement signifie donc la particularisation de la notion. Sans doute la notion est implicitement le particulier. Mais dans la notion comme notion le particulier n'est pas encore explicite, et reste encore en unit&#233; transparente avec l'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple, comme nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233; ( &#167; 160n ), le germe d'une plante contient ses &#233;l&#233;ments particuliers, tels que racines, branches, feuilles, etc. : mais ces d&#233;tails n'existent d'abord que potentiellement et ne se r&#233;alisent qu'au moment o&#249; le germe se d&#233;voile. Cette r&#233;v&#233;lation est en quelque sorte le jugement de la plante. Cette illustration peut aussi servir &#224; montrer que ni la notion ni le jugement ne se trouvent simplement dans notre t&#234;te, ni ne sont simplement formul&#233;s par nous. La notion est le c&#339;ur m&#234;me des choses et les rend ce qu'elles sont. Former une notion d'un objet signifie donc prendre conscience de sa notion : et lorsque nous proc&#233;dons &#224; une critique ou &#224; un jugement de l'objet, nous n'accomplissons pas un acte subjectif et nous nous contentons d'attribuer tel ou tel pr&#233;dicat &#224; l'objet. Nous observons, au contraire, l'objet dans le caract&#232;re sp&#233;cifique impos&#233; par sa notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 167&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement est g&#233;n&#233;ralement pris dans un sens subjectif, comme une op&#233;ration et une forme qui se produisent simplement dans la pens&#233;e consciente. Cette distinction n'existe cependant pas dans le sens purement universel selon lequel toutes choses sont un jugement. C'est-&#224;-dire que ce sont des individus qui sont en eux-m&#234;mes une universalit&#233; ou une nature int&#233;rieure, un universel qui est individualis&#233;. Leur universalit&#233; et leur individualit&#233; sont distinctes, mais l'une est en m&#234;me temps identique &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation du jugement, selon laquelle il est suppos&#233; purement subjectif, comme si nous attribuions un pr&#233;dicat &#224; un sujet, est contredite par l'expression r&#233;solument objective du jugement. La rose est rouge, l'or est un m&#233;tal. Ce n'est pas par nous que quelque chose leur est d'abord attribu&#233;. Mais un jugement se distingue d'une proposition. Celle-ci contient une affirmation sur le sujet, qui ne lui est pas li&#233;e dans un rapport universel, mais exprime une action particuli&#232;re, un &#233;tat, etc. Ainsi, &#171; C&#233;sar est n&#233; &#224; Rome en telle ann&#233;e, a fait la guerre en Gaule pendant dix ans, a franchi le Rubicon, etc. &#187;, sont des propositions, mais non des jugements. Il est &#233;galement absurde de pr&#233;tendre que des affirmations telles que &#171; J'ai bien dormi cette nuit &#187; ou &#171; Pr&#233;sentez les armes ! &#187; puissent prendre la forme d'un jugement. &#171; Une voiture passe &#187; ne devrait &#234;tre un jugement, et au mieux subjectif, que s'il &#233;tait douteux que l'objet qui passe soit une voiture ou que ce soit elle et non plut&#244;t le point d'observation qui soit en mouvement : bref, seulement si l'on d&#233;sirait pr&#233;ciser une conception qui manquait encore de sp&#233;cification appropri&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 168&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement est une expression de la finitude. Les choses, de son point de vue, sont dites finies, parce qu'elles sont un jugement, parce que leur &#234;tre d&#233;fini et leur nature universelle (leur corps et leur &#226;me), bien qu'unis en effet (sinon les choses ne seraient rien), sont n&#233;anmoins des &#233;l&#233;ments de la constitution qui sont d&#233;j&#224; diff&#233;rents et aussi en tout cas s&#233;parables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 169&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes abstraits du jugement &#171; l'individuel est l'universel &#187; pr&#233;sentent le sujet (comme &#233;tant n&#233;gativement li&#233; &#224; lui-m&#234;me) comme ce qui est imm&#233;diatement concret, tandis que le pr&#233;dicat est ce qui est abstrait, ind&#233;termin&#233;, en un mot, l'universel. Mais les deux &#233;l&#233;ments sont li&#233;s entre eux par un &#171; est &#187; : ainsi le pr&#233;dicat (dans son universalit&#233;) doit aussi contenir la sp&#233;cialit&#233; du sujet, doit, en un mot, avoir une particularit&#233; : ainsi se r&#233;alise l'identit&#233; entre sujet et pr&#233;dicat ; laquelle, n'&#233;tant ainsi pas affect&#233;e par cette diff&#233;rence de forme, est le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pr&#233;dicat qui donne d'abord au sujet, qui jusqu'alors n'&#233;tait en soi qu'une simple repr&#233;sentation mentale ou un nom vide, son caract&#232;re et son contenu sp&#233;cifiques. Dans des jugements tels que &#171; Dieu est la plus r&#233;elle de toutes les choses &#187; ou &#171; L'Absolu est l'identique &#224; lui-m&#234;me &#187;, Dieu et l'Absolu ne sont que des noms ; ce qu'ils sont, nous l'apprenons seulement dans le pr&#233;dicat. Ce que le sujet peut &#234;tre par ailleurs, en tant que chose concr&#232;te, n'a rien &#224; voir avec ce jugement. ( Cf. &#167; 31. )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;finir le sujet comme ce dont on dit quelque chose et le pr&#233;dicat comme ce qu'on en dit est une simple bagatelle. Cela ne nous renseigne pas sur la distinction entre les deux. Du point de vue de la pens&#233;e, le sujet est d'abord l'individuel et le pr&#233;dicat l'universel. A mesure que le jugement se d&#233;veloppe, le sujet cesse d'&#234;tre simplement l'individuel imm&#233;diat et le pr&#233;dicat simplement l'universel abstrait : le premier acquiert les significations suppl&#233;mentaires de particulier et d'universel, le second celles de particulier et d'individuel. Ainsi, bien que les m&#234;mes noms soient donn&#233;s aux deux termes du jugement, leur signification passe par une s&#233;rie de changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 170&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons maintenant plus en d&#233;tail dans la sp&#233;cialit&#233; du sujet et du pr&#233;dicat. Le sujet comme auto-relation n&#233;gative (&#167;&#167; 163, 166) est le substrat stable dans lequel le pr&#233;dicat a sa subsistance et o&#249; il est id&#233;alement pr&#233;sent. Le pr&#233;dicat, comme on dit, est inh&#233;rent au sujet. De plus, comme le sujet est en g&#233;n&#233;ral et imm&#233;diatement concret, la connotation sp&#233;cifique du pr&#233;dicat n'est qu'un des nombreux caract&#232;res du sujet. Ainsi le sujet est plus ample et plus large que le pr&#233;dicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, le pr&#233;dicat en tant qu'universel est auto-subsistant, et indiff&#233;rent que ce sujet le soit ou non. Le pr&#233;dicat d&#233;borde le sujet, le subsume sous lui-m&#234;me : et par cons&#233;quent, de son c&#244;t&#233;, il est plus large que le sujet. Le contenu sp&#233;cifique du pr&#233;dicat ( &#167; 19 ) constitue &#224; lui seul l'identit&#233; des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jugement (suite) - Le Syllogisme&lt;br class='autobr' /&gt;
Transition vers l'objet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 193&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; r&#233;alisation &#187; de la Notion &#8212; r&#233;alisation o&#249; l'universel est cette totalit&#233; une repli&#233;e sur elle-m&#234;me (dont les diff&#233;rents membres ne sont pas moins le tout, et qui s'est donn&#233; un caract&#232;re d'unit&#233; &#171; imm&#233;diate &#187; en fusionnant la m&#233;diation ) &#8212; cette r&#233;alisation de la Notion est l' Objet .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage du sujet , de la notion en g&#233;n&#233;ral, et sp&#233;cialement du syllogisme, &#224; l'objet, peut para&#238;tre &#233;trange &#224; premi&#232;re vue , surtout si nous ne consid&#233;rons que le syllogisme de l'entendement et si nous supposons que la syllogisation n'est qu'un acte de conscience, ... si notre conception habituelle de ce qu'on appelle un &#171; objet &#187; correspond approximativement &#224; l'objet tel qu'il est d&#233;crit ici. Par &#171; objet &#187;, on entend commun&#233;ment non pas un &#234;tre abstrait, ou simplement une chose existante, ou une quelconque sorte d'actualit&#233;, mais quelque chose d'ind&#233;pendant, de concret et d'auto-complet , cette compl&#233;tude &#233;tant la totalit&#233; de la notion. Que l'objet soit aussi un objet pour nous et qu'il soit ext&#233;rieur &#224; quelque chose d'autre, on le verra plus pr&#233;cis&#233;ment quand il se mettra en contraste avec le subjectif. A pr&#233;sent, en tant que ce dans quoi la notion est pass&#233;e par sa m&#233;diation, il n'est qu'un objet imm&#233;diat et rien de plus, de m&#234;me que la notion ne peut &#234;tre d&#233;crite comme subjective avant le contraste ult&#233;rieur avec l'objectivit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'Objet en g&#233;n&#233;ral est l'unique total, en lui-m&#234;me encore ind&#233;termin&#233;, le Monde Objectif dans son ensemble, Dieu, l'Objet Absolu. Mais l'objet a aussi une diff&#233;rence qui lui est attach&#233;e : il se d&#233;compose en morceaux, ind&#233;finis dans leur multiplicit&#233; (constituant un monde objectif) ; et chacune de ces parties individualis&#233;es est aussi un objet, une existence intrins&#232;quement concr&#232;te, compl&#232;te et ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectivit&#233; a &#233;t&#233; compar&#233;e &#224; l'&#234;tre, &#224; l'existence et &#224; la r&#233;alit&#233; ; de m&#234;me, le passage &#224; l'existence et &#224; la r&#233;alit&#233; (non &#224; l'&#234;tre, car c'est l'imm&#233;diat, premier et tout &#224; fait abstrait) peut &#234;tre compar&#233; au passage &#224; l'objectivit&#233;. Le fondement d'o&#249; proc&#232;de l'existence et la corr&#233;lation r&#233;flexive qui se fond dans la r&#233;alit&#233; ne sont rien d'autre que la notion encore imparfaitement r&#233;alis&#233;e. Ils n'en sont que des aspects abstraits : le fondement &#233;tant son unit&#233; purement n&#233;e de l'essence, et la corr&#233;lation seulement la connexion de c&#244;t&#233;s r&#233;els qui sont cens&#233;s n'avoir qu'un &#234;tre auto-r&#233;fl&#233;chi. La notion est l'unit&#233; des deux ; et l'objet n'est pas une simple unit&#233; semblable &#224; l'essence, mais une unit&#233; intrins&#232;quement universelle, qui contient non seulement des distinctions r&#233;elles, mais les contient en elle-m&#234;me comme des totalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que toutes ces transitions ont un but autre que celui de montrer simplement la connexion indissoluble entre la notion ou la pens&#233;e et l'&#234;tre. On a souvent remarqu&#233; que l'&#234;tre n'est rien d'autre qu'une simple relation &#224; soi-m&#234;me, et cette petite cat&#233;gorie est certainement impliqu&#233;e dans la notion, ou m&#234;me dans la pens&#233;e. Mais le but de ces transitions n'est pas d'accepter des caract&#233;ristiques ou des cat&#233;gories comme seulement implicites - faute qui g&#226;che m&#234;me l'argument ontologique de l'existence de Dieu, quand on affirme que l'&#234;tre est une r&#233;alit&#233; parmi d'autres. Ce que fait une telle transition, c'est de prendre la notion, telle qu'elle devrait &#234;tre caract&#233;ris&#233;e en soi , comme une notion avec laquelle cette abstraction lointaine de l'&#234;tre, ou m&#234;me de l'objectivit&#233;, n'a encore rien &#224; voir, et de consid&#233;rer son caract&#232;re sp&#233;cifique en tant que caract&#232;re notionnel seulement, pour voir quand et si elle passe dans une forme qui est diff&#233;rente du caract&#232;re tel qu'il appartient &#224; la notion et tel qu'il appara&#238;t en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'objet, produit de cette transition, est mis en rapport avec la notion qui, en ce qui concerne sa forme sp&#233;ciale, s'est &#233;vanouie en lui, on peut donner une expression correcte du r&#233;sultat en disant que la notion (ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, la subjectivit&#233;) et l'objet sont implicitement la m&#234;me chose. Mais il est &#233;galement correct de dire qu'ils sont diff&#233;rents. En bref, les deux modes d'expression sont &#233;galement corrects et incorrects. Le v&#233;ritable &#233;tat des choses ne peut &#234;tre pr&#233;sent&#233; par aucune expression de ce genre. L'implicite est une abstraction, plus partielle encore et plus inad&#233;quate que la notion elle-m&#234;me, dont l'insuffisance est en somme suspendue &#224; l'objet avec son insuffisance oppos&#233;e. Par cons&#233;quent, cette implicitation doit aussi, par sa n&#233;gation, se donner le caract&#232;re d'explicite. Comme dans tous les cas, l'identit&#233; sp&#233;culative n'est pas la trivialit&#233; mentionn&#233;e plus haut d'une identit&#233; implicite du sujet et de l'objet. Cela a &#233;t&#233; dit assez souvent. On ne saurait pourtant trop le r&#233;p&#233;ter, si l'on voulait vraiment mettre un terme &#224; l'id&#233;e re&#231;ue, vici&#233;e et purement malveillante, &#224; l'&#233;gard de cette identit&#233; &#8211; dont on ne peut pourtant raisonnablement attendre rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re cette unit&#233; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, et si l'on ne s'oppose pas &#224; la forme unilat&#233;rale de son implication, on la trouve comme la pr&#233;supposition bien connue de la preuve ontologique de l'existence de Dieu. Elle y appara&#238;t comme la perfection supr&#234;me. Anselme, chez qui appara&#238;t pour la premi&#232;re fois la suggestion notable de cette preuve, s'est sans doute limit&#233; &#224; la question de savoir si un certain contenu se trouvait uniquement dans notre pens&#233;e. Voici en quelques mots ce qu'il dit : &#171; Certes, ce qui ne peut &#234;tre pens&#233; de plus grand que ce qui est, ne peut &#234;tre dans l'intellect seul. Car m&#234;me s'il est dans l'intellect seul, on peut aussi le penser comme existant en fait : et cela est plus grand. Si donc ce qui ne peut &#234;tre pens&#233; de plus grand que ce qui est, se trouve dans l'intellect seul, alors ce qui est plus grand que tout ce qui est pensable, peut &#234;tre d&#233;pass&#233; par la pens&#233;e. Mais cela est certainement impossible. &#187; Cette m&#234;me unit&#233; a re&#231;u une expression plus objective chez Descartes, Spinoza et d'autres, tandis que la th&#233;orie de la certitude imm&#233;diate ou de la foi la pr&#233;sente, au contraire, sous un aspect quelque peu subjectif comme Anselme. Ces intuitionnistes soutiennent que dans notre conscience l'attribut d'&#234;tre est indissolublement associ&#233; &#224; la conception de Dieu. La th&#233;orie de la foi place m&#234;me la conception des choses ext&#233;rieures finies sous le m&#234;me lien indissociable entre la conscience et l'&#234;tre de ces choses, en supposant que la perception les pr&#233;sente conjointes &#224; l'attribut d'existence : et en disant cela, elle a sans doute raison. Il serait cependant tout &#224; fait absurde de supposer que l'association dans la conscience entre l'existence et notre conception des choses finies soit de la m&#234;me nature que l'association entre l'existence et la conception de Dieu. Agir ainsi serait oublier que les choses finies sont changeantes et transitoires, c'est-&#224;-dire que l'existence leur est associ&#233;e pour un temps, mais que cette association n'est ni &#233;ternelle ni ins&#233;parable. En employant la phras&#233;ologie des cat&#233;gories qui nous occupent, nous pouvons dire que dire qu'une chose est finie signifie que son existence objective n'est pas en harmonie avec la pens&#233;e qu'on en a, avec sa vocation universelle, son genre et sa fin. Anselme, par cons&#233;quent, n&#233;gligeant toute conjonction de ce genre qui se produit dans les choses finies, a d&#233;clar&#233; avec raison que seul est parfait celui qui existe non seulement sur un mode subjectif, mais aussi sur un mode objectif. Il ne sert &#224; rien de faire des discours contre la preuve ontologique, comme on l'appelle, et contre la d&#233;finition qu'Anselme donne ainsi du parfait. L'argument est latent dans tout esprit non sophistiqu&#233;, et il revient dans toute philosophie, m&#234;me contre son gr&#233; et &#224; son insu - comme on peut le voir dans la th&#233;orie de la croyance imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable d&#233;faut de l'argumentation d'Anselme est celui qu'on peut imputer &#224; Descartes et &#224; Spinoza, ainsi qu'&#224; la th&#233;orie de la connaissance imm&#233;diate. Il est le suivant : cette unit&#233; qui est &#233;nonc&#233;e comme la perfection supr&#234;me ou, peut-&#234;tre subjectivement, comme la vraie connaissance, est pr&#233;suppos&#233;e, c'est-&#224;-dire qu'elle n'est admise qu'en puissance. Cette identit&#233;, si abstraite qu'elle paraisse ainsi, entre les deux cat&#233;gories peut &#234;tre &#224; la fois contrari&#233;e et contrari&#233;e par leur diversit&#233; ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment la r&#233;ponse donn&#233;e &#224; Anselme il y a longtemps. En bref, la conception et l'existence du fini sont oppos&#233;es &#224; l'infini ; car, comme nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233;, le fini poss&#232;de une objectivit&#233; telle qu'elle est &#224; la fois incompatible avec la fin ou le but, son essence et sa notion, et diff&#233;rente de celle-ci. Ou bien le fini est une conception telle et d'une telle mani&#232;re subjective qu'elle n'implique pas l'existence. On ne peut surmonter cette objection et cette antith&#232;se qu'en montrant que le fini est faux et que ces cat&#233;gories, dans leur s&#233;paration, sont inad&#233;quates et nulles. Leur identit&#233; appara&#238;t ainsi comme une identit&#233; dans laquelle ils passent spontan&#233;ment et dans laquelle ils se r&#233;concilient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doctrine du concept&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant-propos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1277&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partie de la Logique, qui contient la Doctrine de la Notion et constitue la troisi&#232;me partie de l'ensemble, est &#233;galement publi&#233;e sous le titre particulier de Syst&#232;me de Logique Subjective, pour la commodit&#233; des amis de cette science qui sont habitu&#233;s &#224; s'int&#233;resser davantage aux questions trait&#233;es ici et comprises dans le domaine de la logique commun&#233;ment appel&#233;e, qu'aux autres sujets logiques trait&#233;s dans les deux premi&#232;res parties. Pour ces premi&#232;res parties, je pourrais r&#233;clamer l'indulgence des critiques impartiales en raison du peu d'&#233;tudes pr&#233;liminaires dans ce domaine qui auraient pu me fournir un appui, un mat&#233;riau et un fil conducteur. Pour la pr&#233;sente partie, je peux r&#233;clamer leur indulgence plut&#244;t pour la raison oppos&#233;e : car la Logique de la Notion, une mati&#232;re toute pr&#234;te et solidifi&#233;e, on peut dire ossifi&#233;e, est d&#233;j&#224; &#224; port&#233;e de main, et le probl&#232;me est de rendre cette mati&#232;re fluide et de rallumer la spontan&#233;it&#233; de la Notion dans cette mati&#232;re morte. Si la construction d'une nouvelle ville dans un terrain vague s'accompagne de difficult&#233;s, les mat&#233;riaux ne manquent pas ; mais l'abondance des mat&#233;riaux pr&#233;sente d'autant plus d'obstacles d'un autre genre lorsqu'il s'agit de remodeler une ville ancienne, solidement b&#226;tie, et maintenue en possession et en occupation continue. Il faut, entre autres choses, se r&#233;soudre &#224; ne faire aucun usage de beaucoup de mat&#233;riaux jusqu'ici hautement estim&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1278&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, on peut invoquer la grandeur du sujet pour justifier l'ex&#233;cution imparfaite. Car quel sujet de connaissance peut-il avoir de plus sublime que la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me ? Mais on peut se demander si ce n'est pas justement ce sujet qui m&#233;rite une excuse, si l'on se rappelle le sens dans lequel Pilate posa la question : Qu'est-ce que la v&#233;rit&#233; ? Selon les mots du po&#232;te : &#171; Avec l'air d'un courtisan, l'aveugle mais souriant condamne la cause de l'&#226;me sinc&#232;re. &#187; La question de Pilate porte en elle le sens, qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#233;l&#233;ment des bonnes mani&#232;res, et rappelle en m&#234;me temps que le but de la recherche de la v&#233;rit&#233; est, comme chacun le sait, quelque chose d'abandonn&#233; et de mis de c&#244;t&#233; depuis longtemps, et que m&#234;me les philosophes et les logiciens professionnels reconnaissent que la v&#233;rit&#233; est inaccessible. Mais si la question que la religion pose sur la valeur des choses, des id&#233;es et des actes, question qui a le m&#234;me sens dans sa port&#233;e, fait &#224; nouveau valoir ses droits de nos jours, la philosophie doit esp&#233;rer qu'elle ne sera plus si &#233;trange si elle aussi, dans son domaine imm&#233;diat, affirme &#224; nouveau son v&#233;ritable but et, apr&#232;s avoir rechut&#233; dans la mani&#232;re et la m&#233;thode des autres sciences et leur renonciation &#224; la pr&#233;tention &#224; la v&#233;rit&#233;, s'efforce de s'&#233;lever &#224; nouveau vers ce but. Il n'est pas permis, &#224; proprement parler, de pr&#233;senter des excuses &#224; cet &#233;gard ; mais quant &#224; l'ex&#233;cution, je puis m'excuser en invoquant le fait que mes fonctions officielles et d'autres circonstances personnelles ne m'ont permis que de travailler pendant des heures dispers&#233;es &#224; une science qui exige et m&#233;rite un effort sans distraction et sans partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuremberg, 21 juillet 1816&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion en g&#233;n&#233;ral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1279&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas plus dire d'embl&#233;e quelle est la nature de la notion que celle de n'importe quel autre objet. Il semblerait peut-&#234;tre que pour dire la notion d'un objet, il faille pr&#233;supposer l'&#233;l&#233;ment logique, et que par cons&#233;quent celui-ci ne puisse avoir autre chose pour pr&#233;supposation ni &#234;tre d&#233;duit, de m&#234;me qu'en g&#233;om&#233;trie les propositions logiques appliqu&#233;es &#224; la grandeur et employ&#233;es dans cette science sont pos&#233;es sous forme d' axiomes , de d&#233;terminations de la connaissance qui n'ont pas &#233;t&#233; et ne peuvent &#234;tre d&#233;duites . Or, s'il est vrai que la notion doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e non seulement comme une pr&#233;supposition subjective, mais comme le fondement absolu , elle ne peut l'&#234;tre qu'autant qu'elle s'est faite elle-m&#234;me fondement. L'imm&#233;diatet&#233; abstraite est sans doute une premi&#232;re ; mais en tant qu'elle est abstraite, elle est au contraire m&#233;diatis&#233;e, et donc, pour qu'elle soit saisie dans sa v&#233;rit&#233;, il faut d'abord chercher son fondement. Ce fondement, bien qu'imm&#233;diat, doit donc s'&#234;tre fait imm&#233;diat par la suppression de la m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1280&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous cet aspect, la Notion doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e en premier lieu simplement comme la troisi&#232;me de l' &#234;tre et de l'essence , de l' imm&#233;diat et de la r&#233;flexion . L'&#234;tre et l'essence sont jusqu'ici les moments de son devenir ; mais c'est leur fondement et leur v&#233;rit&#233; comme identit&#233; dans laquelle ils sont plong&#233;s et contenus. Ils y sont contenus parce qu'elle est leur r&#233;sultat , mais non plus comme &#234;tre et essence . Cette d&#233;termination, ils ne la poss&#232;dent qu'autant qu'ils ne se sont pas retir&#233;s dans cette leur unit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1281&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique objective , qui traite de l'&#234;tre et de l'essence, constitue donc proprement l' exposition g&#233;n&#233;tique de la Notion . Plus pr&#233;cis&#233;ment, la substance est d&#233;j&#224; essence r&#233;elle , ou essence en tant qu'elle est unie &#224; l'&#234;tre et entr&#233;e dans l'actualit&#233;. Par cons&#233;quent, la Notion a pour pr&#233;suppos&#233; imm&#233;diat la substance ; ce qui est implicite dans la substance se manifeste dans la Notion. Ainsi le mouvement dialectique de la substance par la causalit&#233; et la r&#233;ciprocit&#233; est la gen&#232;se imm&#233;diate de la Notion , l'exposition du processus de son devenir . Mais la signification de son devenir, comme de tout devenir, est qu'il est le reflet du transitoire dans son fondement et que l' autre d'abord apparentdans lequel la premi&#232;re est pass&#233;e constitue sa v&#233;rit&#233; .Ainsi la Notion est la v&#233;rit&#233; de la substance ; et puisque la substance a la n&#233;cessit&#233; pour mode sp&#233;cifique de relation, la libert&#233; se r&#233;v&#232;le comme la v&#233;rit&#233; de la n&#233;cessit&#233; et comme le mode de relation propre &#224; la Notion .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1282&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination progressive de la substance, n&#233;cessit&#233;e par sa nature propre, est la position de ce qui est en soi et pour soi. Or, la Notion est cette unit&#233; absolue de l'&#234;tre et de la r&#233;flexion, dans laquelle l'&#234;tre n'est en soi et pour soi qu'autant qu'il n'est pas moins r&#233;flexion ou positivit&#233; , et la positivit&#233; n'est pas moins &#234;tre qu'en soi et pour soi . Ce r&#233;sultat abstrait est mis en lumi&#232;re par l'exposition de sa gen&#232;se concr&#232;te ; cette exposition contient la nature de la Notion dont elle a d&#251; pr&#233;c&#233;der le traitement. Les moments principaux de cette exposition (qui a &#233;t&#233; donn&#233;e en d&#233;tail dans le deuxi&#232;me livre de la Logique objective) ne peuvent donc &#234;tre ici que bri&#232;vement r&#233;sum&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1283&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance est l' absolu , l'actualit&#233; qui est en soi et pour soi, en soi comme simple identit&#233; de possibilit&#233; et d'actualit&#233;, essence absolue contenant en elle toute actualit&#233; et toute possibilit&#233; ; et pour soi, cette identit&#233; &#233;tant puissance absolue ou n&#233;gativit&#233; purement auto-r&#233;f&#233;renc&#233;e . Le mouvement de substantialit&#233; pos&#233; par ces moments consiste en les &#233;tapes suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1284&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La substance, comme puissance absolue ou n&#233;gativit&#233; auto-r&#233;f&#233;rente, se diff&#233;rencie en un rapport dans lequel ce qui n'&#233;tait au d&#233;but que de simples moments, sont des substances et des pr&#233;suppos&#233;s originels. Leur rapport sp&#233;cifique est celui d'une substance passive , de l'imm&#233;diatet&#233; originelle de la simple int&#233;riorit&#233; ou en-soi qui, impuissante &#224; se poser, n'est qu'une position originelle , et d'une substance active, la n&#233;gativit&#233; auto-r&#233;f&#233;rente qui, comme telle, s'est pos&#233;e sous la forme d'un autre et se rapporte &#224; cet autre. Cet autre n'est que la substance passive que la substance active, par sa propre puissance originelle, s'est pr&#233;suppos&#233;e comme condition. Cette pr&#233;suppos&#233; doit &#234;tre entendue en ce sens que le mouvement de la substance elle-m&#234;me se pr&#233;sente d'abord sous la forme d'un des moments de sa notion, l' en-soi , et que la d&#233;termination d'une des substances en rapport est aussi la d&#233;termination de ce rapport lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1285&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'autre moment est l'&#234;tre-pour-soi , c'est-&#224;-dire que la puissance se pose comme n&#233;gativit&#233; auto-r&#233;f&#233;rente , supprimant ainsi ce qui &#233;tait suppos&#233; . La substance active est la cause ; elle agit , c'est-&#224;-dire qu'elle pose maintenant , alors qu'auparavant elle ne faisait que supposer ; de sorte que (a) &#224; la puissance s'ajoute maintenant l' illusion de la puissance, &#224; la positivit&#233; l' illusion de la positivit&#233;. Ce qui &#233;tait originel dans la pr&#233;supposition devient dans la causalit&#233;, par le rapport &#224; un autre , ce qu'il est en soi ; la cause produit un effet, et cela aussi dans une autre substance ; elle est maintenant puissance par rapport &#224; un autre et appara&#238;t ainsi comme cause, mais elle n'est cause qu'en vertu de cette apparition . (b) L'effet entre dans la substance passive, ce qui fait qu'il appara&#238;t maintenant aussi comme positivit&#233; , mais il n'est substance passive qu'en tant que telle positivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1286&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Mais il y a encore plus que cette apparence , &#224; savoir : a) la cause agit sur la substance passive et change sa d&#233;termination ; mais c'est l&#224; la positivit&#233;, il n'y a rien d'autre &#224; changer en elle ; mais l'autre d&#233;termination qu'elle re&#231;oit est la causalit&#233; ; la substance passive devient donc cause, puissance et activit&#233; ; b) l'effet est pos&#233; en elle par la cause ; mais ce qui est pos&#233; par la cause, c'est la cause elle-m&#234;me qui, en agissant, est identique &#224; elle-m&#234;me ; c'est elle qui se met &#224; la place de la substance passive. De m&#234;me, &#224; l'&#233;gard de la substance active, a) l'action est la traduction de la cause en effet, en l'autre de la cause, en positivit&#233; ; et b) la cause se r&#233;v&#232;le dans l'effet comme ce qu'elle est ; l'effet est identique &#224; la cause, n'est pas un autre ; ainsi la cause en agissant r&#233;v&#232;le l'&#234;tre pos&#233; comme ce qu'est essentiellement la cause. Chacun des deux c&#244;t&#233;s devient donc, dans son rapport identique et n&#233;gatif &#224; l'autre, l' oppos&#233; de lui-m&#234;me, de sorte que l'autre, et donc chacun aussi, reste identique &#224; lui-m&#234;me . Mais le rapport identique et le rapport n&#233;gatif sont tous deux un et le m&#234;me ; la substance n'est identique &#224; elle-m&#234;me que dans son oppos&#233;, et c'est l&#224; l'identit&#233; absolue des substances pos&#233;es comme dualit&#233;. La substance active, par l'acte de se poser comme oppos&#233; &#224; elle-m&#234;me, acte qui est en m&#234;me temps la suppression de son alt&#233;rit&#233; pr&#233;suppos&#233;e , de la substance passive, se manifeste comme cause ou substantialit&#233; originaire. Inversement, par l'acte d'agir, l'&#234;tre pos&#233; se manifeste comme pos&#233;, le n&#233;gatif comme n&#233;gatif, et donc la substance passive comme n&#233;gativit&#233; auto-r&#233;f&#233;renc&#233;e , la cause rencontrant dans cet autre simplement et uniquement son propre soi. Par cette pose donc, l' originativit&#233; pr&#233;suppos&#233;e ou implicite devient explicite ou pour soi ; mais cet &#234;tre qui est en et pour soi n'est tel qu'autant que cette pose est &#233;galement une suppression de ce qui &#233;tait pr&#233;suppos&#233; ; En d'autres termes, la substance absolue est retourn&#233;e &#224; elle-m&#234;me et n'est devenue absolue que par et dans sa positivit&#233; . Cette r&#233;ciprocit&#233; est donc l'apparence qui se supprime &#224; nouveau, la r&#233;v&#233;lation que l' &#234;tre illusoire de la causalit&#233; dans lequel la cause appara&#238;t comme cause, est un &#234;tre illusoire . Cette r&#233;flexion infinie en soi, &#224; savoir que l'&#234;tre n'est en soi et pour soi que dans la mesure o&#249; il est pos&#233;, est la consommation de la substance.. Mais cette consommation n'est plus la substance elle-m&#234;me, mais quelque chose de plus &#233;lev&#233;, la Notion , le sujet . Le passage du rapport de substantialit&#233; se fait par sa propre n&#233;cessit&#233; immanente et n'est rien d'autre que la manifestation de lui-m&#234;me, que la Notion est sa v&#233;rit&#233;, et que la libert&#233; est la v&#233;rit&#233; de la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1287&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; dans le deuxi&#232;me livre de la Logique objective que la philosophie qui adopte le point de vue de la substance et s'arr&#234;te l&#224; est le syst&#232;me de Spinoza. J'y ai aussi indiqu&#233; le d&#233;faut de ce syst&#232;me quant &#224; la forme et &#224; la mati&#232;re. Mais la r&#233;futation du syst&#232;me est une autre affaire. A propos de la r&#233;futation d'un syst&#232;me philosophique, j'ai aussi fait ailleurs l'observation g&#233;n&#233;rale queIl faut se d&#233;barrasser de l'id&#233;e erron&#233;e selon laquelle le syst&#232;me serait enti&#232;rement faux , comme si le syst&#232;me vrai ne s'opposait qu'au faux. Le contexte m&#234;me dans lequel le syst&#232;me de Spinoza est mentionn&#233; ici fournit le point de vue v&#233;ritable du syst&#232;me et la question de savoir s'il est vrai ou faux. Le rapport de substance r&#233;sulte de la nature de l'essence ; ce rapport et son exposition comme totalit&#233; d&#233;velopp&#233;e dans un syst&#232;me sont donc un point de vue n&#233;cessaire adopt&#233; par l'absolu. Un tel point de vue ne doit donc pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une opinion, une mani&#232;re subjective et arbitraire de penser d'un individu, comme une aberration de la sp&#233;culation ; au contraire, la pens&#233;e sp&#233;culative se trouve n&#233;cessairement dans ce point de vue au cours de son d&#233;veloppement et dans cette mesure le syst&#232;me est parfaitement vrai ; mais ce n'est pas le point de vue le plus &#233;lev&#233; . Cela ne signifie pas pour autant que le syst&#232;me puisse &#234;tre consid&#233;r&#233; comme faux , comme devant &#234;tre r&#233;fut&#233; et susceptible d'&#234;tre r&#233;fut&#233; ; au contraire, la seule chose qu'il puisse consid&#233;rer comme fausse est sa pr&#233;tention &#224; &#234;tre le point de vue le plus &#233;lev&#233;. Le syst&#232;me v&#233;ritable ne peut donc pas avoir avec lui le rapport d'&#234;tre simplement oppos&#233; &#224; lui ; car s'il en &#233;tait ainsi, le syst&#232;me, en tant que contraire, serait lui-m&#234;me unilat&#233;ral. Au contraire, le syst&#232;me v&#233;ritable, en tant que sup&#233;rieur, doit contenir en lui-m&#234;me le syst&#232;me subordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1288&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la r&#233;futation ne doit pas venir de l'ext&#233;rieur, c'est-&#224;-dire qu'elle ne doit pas provenir d'hypoth&#232;ses ext&#233;rieures au syst&#232;me en question et incompatibles avec lui. Le syst&#232;me doit seulement refuser de reconna&#238;tre ces hypoth&#232;ses ; le d&#233;faut n'est un d&#233;faut que pour celui qui part des exigences et des demandes fond&#233;es sur ces hypoth&#232;ses .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on a dit que pour quiconque ne suppose pas comme un fait &#233;tabli la libert&#233; et l'autosubsistance du sujet conscient de lui-m&#234;me, il ne peut y avoir de r&#233;futation du spinozisme. D'ailleurs, un point de vue aussi &#233;lev&#233; et aussi riche en soi que le rapport de substance, loin d'ignorer ces pr&#233;suppos&#233;s, les contient m&#234;me : un des attributs de la substance de Spinoza est la pens&#233;e. Au contraire, le spinozisme sait r&#233;soudre et assimiler les d&#233;terminations dans lesquelles ces pr&#233;suppos&#233;s lui sont en conflit, de sorte qu'elles apparaissent dans le syst&#232;me, mais dans les modifications qui lui sont propres. Le nerf de la r&#233;futation ext&#233;rieure consiste donc uniquement &#224; s'accrocher obstin&#233;ment aux antith&#232;ses de ces pr&#233;suppos&#233;s, par exemple &#224; l'autosubsistance absolue de l'individu pensant contre la forme de la pens&#233;e pos&#233;e dans la substance absolue comme identique &#224; l'&#233;tendue. La v&#233;ritable r&#233;futation doit p&#233;n&#233;trer le bastion de l'adversaire et le rencontrer sur son propre terrain ; on ne tire aucun avantage de l'attaquer ailleurs et de le vaincre l&#224; o&#249; il n'est pas. La seule r&#233;futation possible du spinozisme consiste donc d'abord &#224; reconna&#238;tre son point de vue comme essentiel et n&#233;cessaire, et ensuite &#224; &#233;lever ce point de vue au point sup&#233;rieur par sa propre dialectique immanente. Le rapport de la substance, consid&#233;r&#233; simplement et uniquement dans sa nature intrins&#232;que, conduit &#224; son contraire, &#224; la Notion. L'expos&#233; de la substance (contenu dans le dernier livre) qui conduit &#224; la Notion est donc la seule et v&#233;ritable r&#233;futation du spinozisme. C'est le d&#233;voilement de la substance, et c'est l&#224; la gen&#232;se de la Notion, dont les principaux moments ont &#233;t&#233; r&#233;unis plus haut. L' unit&#233; de la substance est son rapport de n&#233;cessit&#233; ; mais cette unit&#233; n'est qu'une n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure ; en se posant par le moment de la n&#233;gativit&#233; absolue, elle devient une identit&#233; manifest&#233;e ou pos&#233;e, et par l&#224; la libert&#233; qui est l'identit&#233; de la Notion. La Notion, la totalit&#233; r&#233;sultant du rapport r&#233;ciproque, est l'unit&#233; des deux substances qui se trouvent dans ce rapport ; mais dans cette unit&#233; elles sont maintenant libres, car elles ne poss&#232;dent plus leur identit&#233; comme quelque chose d'aveugle, c'est-&#224;-dire comme quelque chose de simplement int&#233;rieur ; au contraire, les substances ont maintenant essentiellement le statut d'un &#234;tre illusoire, d'&#234;tre des moments de r&#233;flexion, par lesquels chacune n'est pas moins imm&#233;diatement unie &#224; son autre ou &#224; sa positivit&#233; et chacunecontient sa position en lui-m&#234;me, et par cons&#233;quent est pos&#233; dans son autre comme simplement et uniquement identique &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1289&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la Notion, nous sommes donc entr&#233;s dans le domaine de la libert&#233;. La libert&#233; appartient &#224; la Notion, parce que l'identit&#233; qui, en tant que d&#233;termin&#233;e de fa&#231;on absolue, constitue la n&#233;cessit&#233; de la substance, est maintenant elle aussi abolie ou est une positivit&#233;, et cette positivit&#233; en tant qu'auto-reli&#233;e n'est que cette identit&#233;. L'opacit&#233; mutuelle des substances en relation causale a disparu et est devenue une clart&#233; auto-transparente, car l'originalit&#233; de leur auto-subsistance est pass&#233;e &#224; une positivit&#233; ; la substance originelle est originale en ce qu'elle n'est que la cause d'elle-m&#234;me, et c'est l&#224; une substance &#233;lev&#233;e &#224; la libert&#233; de la Notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1290&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous donne d'embl&#233;e une d&#233;termination plus pr&#233;cise de la notion m&#233;diatement. Parce que l'&#234;tre en soi et pour soi est imm&#233;diatement une positivit&#233;, la notion dans son simple rapport &#224; soi-m&#234;me est une d&#233;termination absolue qui, cependant, en tant que purement li&#233;e &#224; soi-m&#234;me, n'est pas moins imm&#233;diatement une identit&#233; simple. Mais ce rapport &#224; soi de la d&#233;termination comme union de soi avec soi-m&#234;me est &#233;galement la n&#233;gation de la d&#233;termination, et la notion comme cette &#233;galit&#233; avec soi-m&#234;me est l' universel. Mais cette identit&#233; a &#233;galement la d&#233;termination de la n&#233;gativit&#233; ; c'est la n&#233;gation ou la d&#233;termination qui est li&#233;e &#224; soi-m&#234;me ; ainsi la notion est l' individuel. Chacun d'eux, l'universel et l'individuel, est la totalit&#233;, chacun contient en soi la d&#233;termination de l'autre et donc ces totalit&#233;s sont une et une seulement, de m&#234;me que cette unit&#233; est la diff&#233;renciation d'elle-m&#234;me dans la libre illusion de cette dualit&#233; - d'une dualit&#233; qui, dans la diff&#233;rence de l'individuel et de l'universel, appara&#238;t comme une opposition compl&#232;te, mais une opposition si enti&#232;rement illusoire qu'en pensant et en &#233;non&#231;ant l'un, l'autre aussi est imm&#233;diatement pens&#233; et &#233;nonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1291&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pr&#233;c&#232;de doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme la Notion de la Notion . Il peut sembler qu'elle diff&#232;re de ce qu'on entend ailleurs par &#171; notion &#187; et dans ce cas, on pourrait nous demander d'indiquer comment ce que nous avons trouv&#233; ici comme &#233;tant la Notion est contenu dans d'autres conceptions ou explications. D'une part, cependant, il ne peut &#234;tre question d'une confirmation bas&#233;e sur l' autorit&#233; de l'entendement ordinaire du terme ; dans la science de la Notion, son contenu et son caract&#232;re ne peuvent &#234;tre garantis que par la d&#233;duction immanente qui contient sa gen&#232;se et qui se trouve d&#233;j&#224; derri&#232;re nous. D'autre part, la Notion telle qu'elle est d&#233;duite ici doit,On peut certes reconna&#238;tre en principe ce qu'on pr&#233;sente ailleurs comme le concept de la Notion. Mais il n'est pas si facile de d&#233;couvrir ce que d'autres ont dit de la nature de la Notion. Car, dans l'ensemble, ils ne s'occupent pas du tout de la question, pr&#233;supposant que quiconque emploie ce mot sait automatiquement ce qu'il signifie. On aurait pu se sentir d'autant plus soulag&#233; derni&#232;rement de la n&#233;cessit&#233; de s'occuper de la Notion que, de m&#234;me qu'il fut un temps de mode de dire tout le mal de l'imagination, puis de la m&#233;moire, de m&#234;me il est devenu depuis quelque temps en philosophie une habitude, qui existe encore dans une certaine mesure, de calomnier de toute sorte la Notion, ce qui est supr&#234;me dans la pens&#233;e, tandis que l'incompr&#233;hensible et l'incompr&#233;hension sont au contraire consid&#233;r&#233;s comme le sommet de la science et de la morale. Je me bornerai ici &#224; une remarque qui pourra aider &#224; saisir les notions ici d&#233;velopp&#233;es et &#224; mieux s'y rep&#233;rer. L'id&#233;e, lorsqu'elle s'est d&#233;velopp&#233;e en une existence concr&#232;te et libre, n'est autre que le Je ou la pure conscience de soi. Il est vrai que j'ai des id&#233;es, c'est-&#224;-dire des id&#233;es d&#233;termin&#233;es ; mais le Je est l'id&#233;e pure elle-m&#234;me qui, en tant qu'id&#233;e, est venue &#224; l'existence. Quand donc il est question des d&#233;terminations fondamentales qui constituent la nature du Je, nous pouvons supposer qu'il s'agit de quelque chose de familier, c'est-&#224;-dire d'un lieu commun de notre pens&#233;e ordinaire. Mais le Je est d'abord cette pure unit&#233; qui se rapporte &#224; elle-m&#234;me, et il n'est pas ainsi imm&#233;diatement, mais seulement en faisant abstraction de toute d&#233;termination et de tout contenu et en se retirant dans la libert&#233; de l'&#233;galit&#233; sans restriction avec elle-m&#234;me. En tant que telle, elle est l'universalit&#233; ; une unit&#233; qui n'est unit&#233; avec elle-m&#234;me que par son attitude n&#233;gative , qui appara&#238;t comme un processus d'abstraction et qui contient par cons&#233;quent toute d&#233;termination dissoute en elle. Deuxi&#232;mement , le Moi, en tant que n&#233;gativit&#233; li&#233;e &#224; soi, n'est pas moins imm&#233;diatement individualit&#233; ou absolument d&#233;termin&#233;, s'opposant &#224; tout ce qui est autre et l'excluant &#8212; personnalit&#233; individuelle. Cette universalit&#233; absolue , qui est aussi imm&#233;diatement individualisation absolue et &#234;tre absolument d&#233;termin&#233;, qui est une pure positivit&#233; et qui n'est cet &#234;tre absolument d&#233;termin&#233; que par son unit&#233; avec la positivit&#233;, voil&#224; ce qui constitue la nature du Moi &#8212; aussi bien que de la Notion ; ni l'un ni l'autre ne peuvent &#234;tre v&#233;ritablement compris si les deux moments indiqu&#233;s ne sont pas saisis en m&#234;me temps dans leur abstraction et aussi dans leur parfaite unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1292&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle au sens ordinaire de l' entendement que poss&#232;de le Je , on entend par l&#224; une facult&#233; ou une propri&#233;t&#233; qui se trouve dans le m&#234;me rapport au Je que la propri&#233;t&#233; d'une chose se trouve dans le m&#234;me rapport &#224; la chose elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire dans un substrat ind&#233;termin&#233; qui n'est pas le fondement v&#233;ritable et le d&#233;terminant de sa propri&#233;t&#233;. Selon cette conception, je poss&#232;de des notions et la Notion, de m&#234;me que je poss&#232;de aussi un manteau, une couleur et d'autres propri&#233;t&#233;s ext&#233;rieures .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1293&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant a d&#233;pass&#233; ce rapport ext&#233;rieur de l'entendement, comme facult&#233; de notions et de la notion elle-m&#234;me, au moi. C'est une des id&#233;es les plus profondes et les plus vraies que l'on puisse trouver dans la Critique de la raison pure que l'unit&#233; qui constitue la nature de la notion soit reconnue comme l' unit&#233; synth&#233;tique originelle de l'aperception , comme unit&#233; du je pense ou de la conscience de soi. Cette proposition constitue ce qu'on appelle la d&#233;duction transcendentale des cat&#233;gories ; mais elle a toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme l'une des parties les plus difficiles de la philosophie kantienne, sans doute pour la seule raison qu'elle exige que nous allions au-del&#224; de la simple repr&#233;sentation du rapport dans lequel le moi se trouve &#224; l' entendement , ou les notions &#224; une chose et &#224; ses propri&#233;t&#233;s et accidents, et que nous allions jusqu'&#224; la pens&#233;e de ce rapport. Un objet , dit Kant, est ce dans la notion duquel la diversit&#233; d'une intuition donn&#233;e est unifi&#233;e . Mais toute unification des repr&#233;sentations exige l' unit&#233; de la conscience dans la synth&#232;se de celles-ci. C'est donc cette unit&#233; de conscience qui seule constitue la liaison des repr&#233;sentations avec l'objet et par l&#224; leur validit&#233; objective , et sur laquelle repose m&#234;me la possibilit&#233; de l'entendement . Kant distingue cette unit&#233; de l' unit&#233; subjective de la conscience, de l'unit&#233; de repr&#233;sentation par laquelle je prends conscience d'une pluralit&#233; comme simultan&#233;e ou successive , ceci d&#233;pendant de conditions empiriques.D'autre part, les principes de la d&#233;termination objective des notions ne peuvent &#234;tre d&#233;duits que du principe de l' unit&#233; transcendantale de l'aperception . Par les cat&#233;gories qui sont ces d&#233;terminations objectives, la diversit&#233; des repr&#233;sentations donn&#233;es est d&#233;termin&#233;e de telle sorte qu'elle est amen&#233;e dans l' unit&#233; de la conscience .Selon cette exposition, l'unit&#233; de la notion est celle par laquelle quelque chose n'est pas un simple mode de sentiment , une intuition , ou m&#234;me une simple repr&#233;sentation , mais est un objet , et cette unit&#233; objective est l'unit&#233; de l'ego avec lui-m&#234;me.En fait, la compr&#233;hension d'un objet ne consiste en rien d'autre que le fait que le moi le fasse sien , le p&#233;n&#232;tre et le fasse entrer dans sa forme propre , c'est-&#224;-dire dans l' universalit&#233; qui est imm&#233;diatement une d&#233;termination , ou dans une d&#233;termination qui est imm&#233;diatement une universalit&#233;. Tel qu'il est pressenti ou m&#234;me dans la conception ordinaire, l'objet est encore quelque chose d'ext&#233;rieur et d'&#233;tranger . Lorsqu'il est compris, l'&#234;tre-en-et-pour-soi qu'il poss&#232;de dans l'intuition et la pens&#233;e imag&#233;e se transforme en une positivit&#233; ; le je en pensant qu'il le p&#233;n&#232;tre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1294&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est seulement en tant qu'il est dans la pens&#233;e que l'objet est vraiment en soi et pour soi ; dans l'intuition ou la conception ordinaire, il n'est qu'une apparence . La pens&#233;e supprime l' imm&#233;diatet&#233; &#224; laquelle l'objet nous fait face d'abord et transforme ainsi l'objet en une positivit&#233; ; mais cette positivit&#233; est son &#234;tre-en-soi-et-pour-soi , ou son objectivit&#233; .L'objet a donc son objectivit&#233; dans la Notion , et c'est l&#224; l' unit&#233; de la conscience de soi dans laquelle il a &#233;t&#233; re&#231;u ; par cons&#233;quent son objectivit&#233;, ou la Notion, n'est elle-m&#234;me autre que la nature de la conscience de soi, n'a d'autres moments ni d'autres d&#233;terminations que le Je lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1295&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, un principe cardinal de la philosophie kantienne nous autorise &#224; nous r&#233;f&#233;rer &#224; la nature du Je pour savoir ce qu'est la Notion . Mais, inversement, il est n&#233;cessaire pour cela d'avoir saisi la Notion du Je telle qu'elle a &#233;t&#233; expos&#233;e plus haut. Si nous nous en tenons &#224; la simple repr&#233;sentation du Je telle qu'elle flotte devant notre conscience ordinaire, alors le Je n'est que la simple chose , appel&#233;e aussi &#226;me , dans laquelle la Notion est inh&#233;rente comme possession ou propri&#233;t&#233;. Cette repr&#233;sentation qui ne cherche &#224; comprendre ni le Je ni la Notion ne peut servir &#224; faciliter ou &#224; rapprocher la compr&#233;hension de la Notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1296&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expos&#233; kantien cit&#233; plus haut contient deux autres traits qui concernent la Notion et qui n&#233;cessitent quelques observations suppl&#233;mentaires. En premier lieu, le stade de l'entendement est cens&#233; &#234;tre pr&#233;c&#233;d&#233; par les stades du sentiment et de l'intuition , et c'est une proposition essentielle de la philosophie transcendantale kantienne que sans intuition les notions sont vides et ne valent que comme relations de la diversit&#233; donn&#233;e par l'intuition. En second lieu, la Notion a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e &#234;tre l' &#233;l&#233;ment objectif de la connaissance, et comme telle, la v&#233;rit&#233; . Mais d'un autre c&#244;t&#233;, la Notion est consid&#233;r&#233;e comme quelque chose de purement subjectif dont on ne peut extraire la r&#233;alit&#233; , ce qui doit &#234;tre compris comme objectivit&#233;, puisque la r&#233;alit&#233; est oppos&#233;e &#224; la subjectivit&#233; ; et, en g&#233;n&#233;ral, la Notion et l'&#233;l&#233;ment logique sont d&#233;clar&#233;s comme quelque chose de purement formel qui, puisqu'il fait abstraction du contenu, ne contient pas de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1297&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, en ce qui concerne le rapport de l'entendement ou de la notion aux degr&#233;s qu'il suppose , la forme de ces degr&#233;s est d&#233;termin&#233;e par la science particuli&#232;re consid&#233;r&#233;e. Dans notre science, la logique pure , ces degr&#233;s sont l'&#234;tre et l'essence . En psychologie, les degr&#233;s ant&#233;rieurs sont le sentiment et l'intuition , puis l'id&#233;ation en g&#233;n&#233;ral. Dans la ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit, qui est la doctrine de la conscience, l'ascension vers l'entendement se fait par les degr&#233;s de la conscience sensible , puis de la perception . Kant ne suppose que le sentiment et l'intuition. &#192; quel point cette &#233;chelle de degr&#233;s est incompl&#232;te, on le voit par le fait qu'il ajoute lui-m&#234;me en appendice &#224; la logique transcendantale ou doctrine de l'entendement un trait&#233; sur les concepts de r&#233;flexion, sph&#232;re situ&#233;e entre l'intuition et l' entendement ou l'&#234;tre et la notion .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1298&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne ces stades, il faut d'abord remarquer que les formes d'intuition, d'id&#233;ation, etc., appartiennent &#224; l' esprit conscient de lui-m&#234;me, qui, en tant que tel, n'entre pas dans le champ de la logique. Il est vrai que les pures d&#233;terminations de l'&#234;tre, de l'essence et de la notion constituent le plan de base et la structure int&#233;rieure simple des formes de l'esprit ; l'esprit en tant qu'intuition et aussi en tant que conscience sensible est dans la forme de l'&#234;tre imm&#233;diat ; de m&#234;me l'esprit en tant qu'id&#233;ation et perception est pass&#233; de l'&#234;tre au stade de l'essence ou de la r&#233;flexion. Mais ces formes concr&#232;tes int&#233;ressent aussi peu la logique que les formes concr&#232;tes que prennent les cat&#233;gories logiques de la nature, qui seraient l'espace et le temps, puis l'espace et le temps remplis d'eux-m&#234;mes par un contenu de nature inorganique , et enfin la nature organique .&#174;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1299&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, ici aussi, la Notion ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'acte de l'entendement conscient de soi, ni comme l' entendement subjectif , mais comme la Notion dans son caract&#232;re absolu propre, qui constitue un stade de la nature aussi bien que de l' esprit . La vie, ou la nature organique, est le stade de la nature o&#249; la Notion appara&#238;t , mais comme aveugle, comme inconsciente d'elle-m&#234;me et comme irr&#233;fl&#233;chie ; la Notion consciente de soi et pensante appartient uniquement &#224; l'esprit. Mais la forme logique de la Notion est ind&#233;pendante de ses formes non spirituelles, et aussi de ses formes spirituelles. La pr&#233;monition n&#233;cessaire &#224; ce sujet a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; donn&#233;e dans l'Introduction. C'est un point qui ne doit pas attendre d'&#234;tre &#233;tabli dans la logique elle-m&#234;me, mais doit &#234;tre &#233;clairci avant que cette science ne soit commenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1300&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, quelles que soient les formes des stades qui pr&#233;c&#232;dent la Notion, nous en arrivons en second lieu au rapport dans lequel la Notion est pens&#233;e &#224; ces formes . La conception de ce rapport, aussi bien dans la psychologie ordinaire que dans la philosophie transcendentale kantienne, est que la mati&#232;re empirique , la diversit&#233; de l'intuition et de la repr&#233;sentation, existe d'abord pour son propre compte , puis que l'entendement s'en approche , y apporte l'unit&#233; et l'&#233;l&#232;ve par abstraction &#224; la forme de l'universalit&#233; . L'entendement est ainsi une forme intrins&#232;quement vide qui, d'une part, obtient une r&#233;alit&#233; par le contenu donn&#233; en question et, d'autre part, fait abstraction de ce contenu, c'est-&#224;-dire le laisse tomber comme quelque chose d'inutile, mais d'inutile seulement pour la Notion. Dans ces deux actions, la Notion n'est pas le facteur ind&#233;pendant, l'&#233;l&#233;ment essentiel et vrai de la mati&#232;re donn&#233;e ant&#233;rieure ; au contraire, c'est la mati&#232;re qui est consid&#233;r&#233;e comme la r&#233;alit&#233; absolue, qui ne peut &#234;tre extraite de la Notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1301&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien admettre que la notion en tant que telle n'est pas encore achev&#233;e, mais doit s'&#233;lever jusqu'&#224; l' id&#233;e qui seule est l'unit&#233; de la notion et de la r&#233;alit&#233;, et il faut montrer plus loin que cela est le r&#233;sultat spontan&#233; de la nature m&#234;me de la notion . En effet, la r&#233;alit&#233; que la notion se donne &#224; elle-m&#234;me ne doit pas &#234;tre re&#231;ue par elle comme quelque chose d'ext&#233;rieur, mais doit, conform&#233;ment aux exigences de la science, &#234;tre d&#233;duite de la notion elle-m&#234;me. Mais la v&#233;rit&#233; est que ce n'est pas la mati&#232;re donn&#233;e par l'intuition et la repr&#233;sentation qui doit &#234;tre justifi&#233;e comme le r&#233;el par opposition &#224; la notion. On dit souvent : &#171; Ce n'est qu'une notion &#187;, en opposant la notion non seulement &#224; l'id&#233;e, mais &#224; la r&#233;alit&#233; sensible, spatiale et temporelle, palpable, comme quelque chose de plus excellent que la notion ; et alors l' abstrait est tenu pour moins important que le concret, parce qu'il manque tellement de ce genre de mat&#233;riau. Dans cette optique, abstraire signifie choisir dans l'objet concret, pour nos besoins subjectifs, telle ou telle marque, sans pour autant diminuer la valeur et le statut des nombreuses autres propri&#233;t&#233;s et caract&#233;ristiques laiss&#233;es de c&#244;t&#233; ; au contraire, celles-ci, en tant que r&#233;elles , conservent leur validit&#233; tout &#224; fait intacte, seulement elles sont laiss&#233;es l&#224;, de l'autre c&#244;t&#233; ; ainsi, c'est seulement l' incapacit&#233; de l'entendement &#224; assimiler une telle richesse qui le contraint &#224; se contenter de l'abstraction appauvrie. Or, consid&#233;rer la mati&#232;re donn&#233;e de l'intuition et la diversit&#233; de la repr&#233;sentation comme le r&#233;el , par opposition &#224; la pens&#233;e , &#224; la notion, est une opinion dont l'abandon n'est pas seulement une condition de la philosophie, mais est d&#233;j&#224; pr&#233;suppos&#233; par la religion ; &#034;En effet, comment la religion peut-elle &#234;tre n&#233;cessaire, comment la religion peut-elle avoir un sens, si les ph&#233;nom&#232;nes passagers et superficiels du monde des choses sensibles sont encore tenus pour la v&#233;rit&#233; ? Mais la philosophie donne une id&#233;e raisonn&#233;e de l'&#233;tat v&#233;ritable des choses en ce qui concerne la r&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible ; elle admet les stades du sentiment et de l'intuition comme pr&#233;alables &#224; l'entendement, en tant qu'ils sont des conditions de sa gen&#232;se, mais seulement en ce sens qu'elle est conditionn&#233;e par leur r&#233;alit&#233; .La pens&#233;e abstraite ne doit donc pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une simple mise de c&#244;t&#233; de la mati&#232;re sensible, dont la r&#233;alit&#233; n'est pas pour autant alt&#233;r&#233;e ; elle est plut&#244;t la suppression et la r&#233;duction de cette mati&#232;re en tant que simple apparence ph&#233;nom&#233;nale &#224; l' essentiel , qui ne se manifeste que dans la Notion . &#174;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1302&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, si ce qui est repris dans la Notion &#224; partir du ph&#233;nom&#232;ne concret doit servir seulement de marque ou de signe , il peut certainement s'agir de n'importe quelle d&#233;termination particuli&#232;re sensible al&#233;atoire de l'objet, choisie parmi les autres sur la base d'un int&#233;r&#234;t ext&#233;rieur al&#233;atoire et de m&#234;me nature que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1303&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un malentendu capital qui pr&#233;vaut : celui de consid&#233;rer comme v&#233;rit&#233; le principe naturel ou le commencement qui constitue le point de d&#233;part de l' &#233;volution naturelle ou de l' histoire de l'individu en devenir, et comme premier dans la notion . Or, dans l'ordre de la nature, l'intuition ou l'&#234;tre sont incontestablement premiers ou sont la condition de la notion, mais ils ne sont pas pour autant absolument inconditionn&#233;s ; au contraire, leur r&#233;alit&#233; est supprim&#233;e dans la notion et avec elle aussi l'illusion qu'ils avaient d'&#234;tre la r&#233;alit&#233; conditionnelle. Lorsqu'il s'agit non pas de v&#233;rit&#233; mais simplement d' histoire , comme dans la pens&#233;e picturale et ph&#233;nom&#233;nale, il n'est pas n&#233;cessaire de dire plus loin que nous commen&#231;ons par des sentiments et des intuitions et que de leur multiplicit&#233; l'entendement extrait une universalit&#233; ou une abstraction et a naturellement besoin pour cela du substrat de sentiments et d'intuitions qui, dans ce processus d'abstraction, reste pour &#234;tre repr&#233;sent&#233; dans la m&#234;me r&#233;alit&#233; compl&#232;te avec laquelle il s'est pr&#233;sent&#233; au d&#233;part.Mais la philosophie n'est pas cens&#233;e &#234;tre un r&#233;cit d'&#233;v&#233;nements, mais une connaissance de ce qui est vrai en eux et, en outre, sur la base de cette connaissance, comprendre ce qui, dans le r&#233;cit, appara&#238;t comme un simple &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1304&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conception superficielle de ce qu'est la notion laisse toute diversit&#233; en dehors de la notion et n'attribue &#224; celle-ci que la forme de l'universalit&#233; abstraite ou de l'identit&#233; vide de la r&#233;flexion, on peut imm&#233;diatement faire appel &#224; ce fait que, ind&#233;pendamment de la conception que nous avons ici expos&#233;e, l'&#233;nonc&#233; ou la d&#233;finition d'une notion comprend express&#233;ment non seulement le genre, qui est lui-m&#234;me &#224; proprement parler plus qu'une universalit&#233; purement abstraite, mais aussi la d&#233;termination sp&#233;cifique. Si l'on veut seulement r&#233;fl&#233;chir attentivement &#224; la signification de ce fait, on verra que la diff&#233;renciation doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un moment &#233;galement essentiel de la notion. Kant a introduit cette consid&#233;ration par la pens&#233;e extr&#234;mement importante qu'il existe des jugements synth&#233;tiques a priori. Cette synth&#232;se originelle de l'aperception est l'un des principes les plus profonds du d&#233;veloppement sp&#233;culatif ; elle contient le d&#233;but d'une v&#233;ritable compr&#233;hension de la nature de la notion et s'oppose compl&#232;tement &#224; cette identit&#233; vide ou &#224; cette universalit&#233; abstraite qui n'est pas en elle-m&#234;me une synth&#232;se. Le d&#233;veloppement ult&#233;rieur, cependant, ne tient pas la promesse du d&#233;but. L'expression m&#234;me de synth&#232;se &#233;voque ais&#233;ment la conception d'une unit&#233; ext&#233;rieure et d'une simple combinaison d'entit&#233;s intrins&#232;quement s&#233;par&#233;es. Mais la philosophie kantienne n'a pas d&#233;pass&#233; le r&#233;flexe psychologique de la Notion et en est revenue &#224; l'affirmation selon laquelle la Notion est conditionn&#233;e en permanence par une multiplicit&#233; d' intuitions. Elle a d&#233;clar&#233; que la connaissance et l'exp&#233;rience intellectuelles sont un contenu ph&#233;nom&#233;nal , non pas parce que les cat&#233;gories elles-m&#234;mes sont seulement finies, mais, en vertu d'un id&#233;alisme psychologique, parce qu'elles ne sont que des d&#233;terminations issues de la conscience de soi. C'est aussi dans cette optique que la Notion sans la multiplicit&#233; de l'intuition est d&#233;clar&#233;e vide et d&#233;pourvue de contenu, bien qu'elle soit une synth&#232;se a priori ; en tant que telle, elle contient certainement en elle-m&#234;me la d&#233;termination et la diff&#233;rence. De plus, comme la d&#233;termination est celle de la Notion et donc la d&#233;termination absolue, l'individualit&#233;, la Notion est le fondement et la source de toute d&#233;termination et de toute multiplicit&#233; finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1305&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position purement formelle de la Notion en tant qu'entendement est pleinement confirm&#233;e par l'expos&#233; kantien de ce qu'est la raison. Dans la raison, le stade le plus &#233;lev&#233; de la pens&#233;e, on aurait d&#251; s'attendre &#224; ce que la Notion perde le conditionnement dans lequel elle appara&#238;t encore au stade de l'entendement et atteigne la v&#233;rit&#233; parfaite. Mais cette attente est d&#233;&#231;ue. Car Kant d&#233;finit le rapport de la raison aux cat&#233;gories comme purement dialectique et, en effet, il prend le r&#233;sultat de cette dialectique comme le n&#233;ant infini , rien que cela et rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1306&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'unit&#233; infinie de la raison est elle aussi encore priv&#233;e de la synth&#232;se, et avec elle du commencement mentionn&#233; plus haut d'une Notion sp&#233;culative, vraiment infinie ; la raison devient l' unit&#233; famili&#232;re, toute formelle, simplement r&#233;gulatrice de l'emploi syst&#233;matique de l'entendement .On d&#233;clare abusif le fait de consid&#233;rer la logique, qui n'est qu'un canon de jugement , comme un organon de production d' id&#233;es objectives . Les notions de la raison, dans lesquelles nous ne pouvions pas ne pas pressentir une puissance sup&#233;rieure et une signification plus profonde, n'ont plus le caract&#232;re constitutif des cat&#233;gories, ce ne sont que des id&#233;es ; nous sommes bien libres de les utiliser, mais par ces entit&#233;s intelligibles dans lesquelles toute v&#233;rit&#233; devrait &#234;tre pleinement r&#233;v&#233;l&#233;e, nous ne devons entendre que des hypoth&#232;ses , et leur attribuer une v&#233;rit&#233; absolue serait le comble du caprice et de la t&#233;m&#233;rit&#233;, car elles n'apparaissent dans aucune exp&#233;rience . Aurait-on jamais pens&#233; que la philosophie refuserait la v&#233;rit&#233; aux entit&#233;s intelligibles parce qu'elles manquent de la mati&#232;re spatiale et temporelle du monde sensible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1307&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela se rattache directement la question du point de vue sous lequel il faut consid&#233;rer la notion et le caract&#232;re de la logique en g&#233;n&#233;ral, question sur laquelle la philosophie kantienne soutient la m&#234;me opinion que celle qui est commun&#233;ment admise : c'est-&#224;-dire dans quel rapport la notion et la science de la notion se situent-elles par rapport &#224; la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me ? Nous avons d&#233;j&#224; cit&#233; la d&#233;duction kantienne des cat&#233;gories selon laquelle, selon elle, l'objet, en tant que ce dans quoi la diversit&#233; de l'intuition est unifi&#233;e , n'est cette unit&#233; que par l'unit&#233; de la conscience de soi . Ici donc, lal'objectivit&#233; de la pens&#233;e est sp&#233;cifiquement &#233;nonc&#233;e,une identit&#233; de la Notion et de la chose , qui est la v&#233;rit&#233; . De m&#234;me, on admet commun&#233;ment que lorsque la pens&#233;e s'approprie un objet donn&#233;, celui-ci subit par l&#224; une alt&#233;ration et se change de quelque chose de sensible en quelque chose de pens&#233; ; et cependant que non seulement la nature essentielle de l'objet n'est pas affect&#233;e par cette alt&#233;ration, mais que c'est seulement dans sa Notion qu'il est dans sa v&#233;rit&#233;, tandis que dans l'imm&#233;diatet&#233; o&#249; il est donn&#233; il n'est qu'apparence et contingence ; que la connaissance qui comprend vraiment l'objet est la connaissance de lui tel qu'il est en et pour lui-m&#234;me , et que la Notion est son objectivit&#233; m&#234;me.&#174;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1308&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, on soutient &#233;galement que nous ne pouvons pas conna&#238;tre les choses telles qu'elles sont en elles-m&#234;mes et que la v&#233;rit&#233; est inaccessible aux facult&#233;s cognitives de la raison ; que la v&#233;rit&#233; pr&#233;cit&#233;e qui consiste dans l'unit&#233; de l'objet et de la notion n'est en fin de compte que l'apparence, et cette fois encore, parce que le contenu n'est que la diversit&#233; de l'intuition. Nous avons d&#233;j&#224; fait remarquer &#224; ce propos que c'est pr&#233;cis&#233;ment dans la notion que cette diversit&#233;, en tant qu'elle appartient &#224; l'intuition par opposition &#224; la notion, est supprim&#233;e et que par elle l'objet est r&#233;duit &#224; sa nature essentielle non contingente. Celle-ci entre dans la sph&#232;re de l'apparence et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que l'apparence n'est pas d&#233;pourvue d'&#234;tre essentiel, mais qu'elle est une manifestation de l'essence. Or, la manifestation compl&#232;tement lib&#233;r&#233;e de l'essence est la notion .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1309&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propositions que nous rappelons ici au lecteur ne sont pas des assertions dogmatiques, car elles sont le r&#233;sultat de l'&#233;volution immanente de l'essence . Le point de vue actuel auquel cette &#233;volution a conduit est que la forme de l' absolu qui est sup&#233;rieure &#224; l'&#234;tre et &#224; l'essence est la Notion . Consid&#233;r&#233;e sous cet angle, la Notion a subjugu&#233; l'&#234;tre et l'essence, qui comprennent aussi, &#224; d'autres points de d&#233;part, le sentiment, l'intuition et la repr&#233;sentation, et qui &#233;taient apparus comme ses conditions pr&#233;alables, et s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#234;tre leur fondement inconditionnel . Reste maintenant le second aspect auquel est consacr&#233; ce troisi&#232;me livre de la Logique , &#224; savoir l'exposition de la mani&#232;re dont la Notion construit en elle et &#224; partir d'elle-m&#234;me la r&#233;alit&#233; qui s'est &#233;vanouie en elle. On a donc admis sans d&#233;tour que la connaissance qui s'arr&#234;te &#224; la Notion en tant que telle est encore incompl&#232;te et n'est parvenue jusqu'ici qu'&#224; la v&#233;rit&#233; abstraite . Mais son incompl&#233;tude ne r&#233;side pas dans le manque de cette r&#233;alit&#233; pr&#233;sum&#233;e donn&#233;e par le sentiment et l'intuition, mais dans le fait que la Notion ne s'est pas encore donn&#233;e une r&#233;alit&#233; propre , une r&#233;alit&#233; produite par ses propres moyens. L'absoluit&#233; d&#233;montr&#233;e de la Notion par rapport &#224; la mati&#232;re de l'exp&#233;rience et, plus exactement, aux cat&#233;gories et aux concepts de la r&#233;flexion, consiste en ceci que cette mati&#232;re, telle qu'elle appara&#238;t en dehors et avant la Notion, n'a pas de v&#233;rit&#233; ; elle n'a cette v&#233;rit&#233; que dans son id&#233;alit&#233; ou son identit&#233; avec la Notion. La d&#233;rivation du r&#233;el &#224; partir d'elle, si nous voulons l'appeler d&#233;rivation, consiste en premier lieu essentiellement en ceci que la Notion, dans son abstraction formelle, se r&#233;v&#232;le incompl&#232;te et passe par sa propre dialectique immanente dans la r&#233;alit&#233; ; mais elle ne retombe pas sur une r&#233;alit&#233; toute faite qui lui fait face et ne se r&#233;fugie pas dans quelque chose qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre l'&#233;l&#233;ment inessentiel de l'Apparence parce qu'ayant cherch&#233; autour d'elle quelque chose de meilleur, elle ne l'a pas trouv&#233; ; au contraire, elle produit la r&#233;alit&#233; par ses propres moyens.On restera toujours &#233;tonn&#233; de voir comment la philosophie kantienne a reconnu le rapport de la pens&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; sensible, au-del&#224; duquel elle ne s'est pas avanc&#233;e, comme seulement un rapport relatif de simple apparence, et a parfaitement reconnu et &#233;nonc&#233; une unit&#233; sup&#233;rieure des deux dans l'Id&#233;e en g&#233;n&#233;ral et, par exemple, dans l'Id&#233;e d'un entendement intuitif, et pourtant s'est arr&#234;t&#233;e net &#224; ce rapport relatif et &#224; l'affirmation que la Notion est et reste compl&#232;tement s&#233;par&#233;e de la r&#233;alit&#233;, affirmant ainsi comme v&#233;rit&#233; ce qu'elle d&#233;clarait &#234;tre une connaissance finie, et d&#233;non&#231;ant comme une extravagance injustifi&#233;e et un produit de la pens&#233;e ce qu'elle reconnaissait comme v&#233;rit&#233; et dont elle &#233;tablissait la notion sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1310&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; que c'est principalement la logique et non la science en g&#233;n&#233;ral dont nous nous occupons ici de la relation &#224; la v&#233;rit&#233;, il faut en outre admettre que la logique en tant que La science formelle ne peut et ne doit pas contenir cette r&#233;alit&#233; qui est le contenu des autres parties de la philosophie, &#224; savoir les sciences philosophiques de la nature et de l'esprit. Ces sciences concr&#232;tes se pr&#233;sentent certes sous une forme d'Id&#233;e plus r&#233;elle que la logique ; mais ce n'est pas en revenant &#224; la r&#233;alit&#233; abandonn&#233;e par la conscience qui s'est &#233;lev&#233;e au-dessus de son mode d'apparence au niveau de la science, ni en revenant &#224; l'emploi de formes telles que les cat&#233;gories et les concepts de r&#233;flexion, dont la logique a d&#233;montr&#233; la finitude et la fausset&#233;.La logique, au contraire, montre l'&#233;l&#233;vation de l' Id&#233;e &#224; un niveau d'o&#249; elle devient cr&#233;atrice de la nature et passe &#224; la forme d'une imm&#233;diatet&#233; concr&#232;te dont la Notion, cependant, brise de nouveau cette forme pour se r&#233;aliser comme esprit concret . A l'oppos&#233; de ces sciences concr&#232;tes (bien que celles-ci aient et conservent comme principe formateur int&#233;rieur cet &#233;l&#233;ment logique, ou la Notion, qui leur avait servi d'arch&#233;type), la logique est bien entendu une science formelle ; mais elle est la science de la forme absolue qui est en elle-m&#234;me une totalit&#233; et contient l' Id&#233;e pure de la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me . Cette forme absolue a en elle-m&#234;me son contenu ou sa r&#233;alit&#233; ; la Notion, n'&#233;tant pas une identit&#233; triviale et vide, poss&#232;de dans son moment de n&#233;gativit&#233; ou de d&#233;termination absolue les d&#233;terminations diff&#233;renci&#233;es ; le contenu est simplement et uniquement ces d&#233;terminations de la forme absolue et rien d'autre qu'un contenu pos&#233; par la forme absolue elle-m&#234;me et par cons&#233;quent aussi ad&#233;quat &#224; elle.C'est pourquoi cette forme est d'une nature tout autre que celle que l'on donne ordinairement &#224; la forme logique. Elle est d&#233;j&#224; v&#233;rit&#233; en elle-m&#234;me , puisque ce contenu est ad&#233;quat &#224; sa forme, ou la r&#233;alit&#233; &#224; sa Notion ; et elle est pure v&#233;rit&#233; parce que les d&#233;terminations du contenu n'ont pas encore la forme d'une alt&#233;rit&#233; absolue ou d'une imm&#233;diatet&#233; absolue.Lorsque Kant, &#224; propos de la logique, en vient &#224; discuter la vieille et c&#233;l&#232;bre question : qu'est-ce que la v&#233;rit&#233; ? il pr&#233;sente d'abord au lecteur comme une trivialit&#233; l'explication du terme comme accord de la connaissance avec son objet, d&#233;finition d'une grande valeur, voire d'une valeur supr&#234;me. Si nous nous souvenons de cette d&#233;finition en relation avec l'affirmation fondamentale de l'id&#233;alisme transcendantal, selon laquelleSi la raison, en tant que cognitive, est incapable d'appr&#233;hender les choses en soi , que la r&#233;alit&#233; se trouve absolument en dehors de la Notion, alors il est &#233;vident qu'une telle raison qui est incapable de se mettre en accord avec son objet, les choses en soi, et les choses en soi qui ne sont pas en accord avec la Notion de la raison, la Notion qui ne s'accorde pas avec la r&#233;alit&#233;, et une r&#233;alit&#233; qui ne s'accorde pas avec la Notion, sont des conceptions fausses . Si Kant avait consid&#233;r&#233; l'id&#233;e d'un entendement intuitif &#224; la lumi&#232;re de la d&#233;finition ci-dessus de la v&#233;rit&#233;, il aurait trait&#233; l'id&#233;e qui exprime l'accord requis, non pas comme une invention de la pens&#233;e, mais plut&#244;t comme la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1311&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que nous avons besoin de savoir, dit Kant, c'est un crit&#232;re universel et s&#251;r de toute connaissance quelle qu'elle soit ; ce crit&#232;re serait valable pour toutes les connaissances sans distinction d'objets ; mais comme avec un tel crit&#232;re on ferait abstraction de tout contenu de la connaissance ( rapport &#224; son objet) et que la v&#233;rit&#233; concerne pr&#233;cis&#233;ment ce contenu, il serait tout &#224; fait impossible et absurde de demander une marque de la v&#233;rit&#233; de ce contenu des connaissances. &#187; Ici, la conception habituelle de la fonction formelle de la logique est exprim&#233;e de mani&#232;re tr&#232;s nette et l'argumentation pr&#233;sent&#233;e a un air tr&#232;s convaincant. Mais il faut d'abord remarquer qu'il arrive habituellement &#224; un tel raisonnement formel qu'il oublie dans son discours le point m&#234;me sur lequel il a fond&#233; son argumentation et dont il parle. On pr&#233;tend qu'il serait absurde de demander le crit&#232;re de la v&#233;rit&#233; du contenu de la connaissance ; mais selon la d&#233;finition, ce n'est pas le contenu qui constitue la v&#233;rit&#233;, mais l'accord du contenu avec la Notion. Un contenu tel qu'il est ici question, sans la Notion , est quelque chose sans notion, et par cons&#233;quent sans &#234;tre essentiel ; certes, nous ne pouvons pas demander le crit&#232;re de la v&#233;rit&#233; d'un tel contenu, mais pour la raison tout &#224; fait oppos&#233;e ; non pas, c'est-&#224;-dire, parce que le contenu, en tant que chose sans notion, n'est pas l'accord requis, mais simplement parce qu'il ne peut &#234;tre rien de plus qu'une simple opinion sans v&#233;rit&#233;.Laissons de c&#244;t&#233; le contenu qui cause ici la confusion, la confusion dans laquelle tombe le formalisme chaque fois qu'il se propose d'expliquer quelque chose et qui lui fait dire le contraire de ce qu'il entend, et arr&#234;tons-nous &#224; la vision abstraite selon laquelle la logique n'est que formelle et, en fait, fait abstraction de tout contenu ; nous avons alors une connaissance unilat&#233;rale qui ne doit contenir aucun objet, une forme vide, vierge, qui n'est donc plus un accord pour un objet.L'accord requiert essentiellement deux termes, alors qu'il est v&#233;rit&#233;. Dans la synth&#232;se a priori de la Notion, Kant poss&#233;dait un principe sup&#233;rieur dans lequel une dualit&#233; dans une unit&#233; pouvait &#234;tre connue, donc une connaissance de ce qui est requis pour la v&#233;rit&#233; ; mais la mati&#232;re sensible, la multiplicit&#233; de l'intuition, &#233;tait trop forte pour lui et il ne pouvait s'en &#233;loigner pour consid&#233;rer la Notion et les cat&#233;gories en et pour elles-m&#234;mes et pour elles-m&#234;mes , et pour une m&#233;thode sp&#233;culative de philosopher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1312&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique &#233;tant la science de la forme absolue, cette science formelle, pour &#234;tre vraie , doit poss&#233;der en elle-m&#234;me un contenu ad&#233;quat &#224; sa forme ; et ce d'autant plus que l'&#233;l&#233;ment formel de la logique est la forme pure, et donc la v&#233;rit&#233; de la logique doit &#234;tre la forme pure.la pure v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me.Il faut donc consid&#233;rer cette science formelle comme poss&#233;dant des d&#233;terminations et un contenu plus riches, et comme ayant une influence sur le concret infiniment plus puissante qu'on ne le suppose habituellement . Les lois de la logique en elles-m&#234;mes (sans compter les ajouts h&#233;t&#233;rog&#232;nes de la logique appliqu&#233;e et du reste du mat&#233;riel psychologique et anthropologique) se limitent ordinairement, en dehors de la loi de contradiction, &#224; quelques maigres propositions concernant la transformation des jugements et les formes des syllogismes. M&#234;me ici, les formes qui se pr&#233;sentent &#224; nous, ainsi que leurs modifications ult&#233;rieures, ne sont que reprises en quelque sorte historiquement, et ne sont pas soumises &#224; la critique pour d&#233;terminer si elles sont vraies en elles-m&#234;mes et pour elles-m&#234;mes . Ainsi, par exemple, la forme du jugement positif est accept&#233;e comme quelque chose de parfaitement correct en soi, la question de savoir si un tel jugement est vrai ne d&#233;pendant que de son contenu. Que cette forme soit en elle-m&#234;me une forme de v&#233;rit&#233;, que la proposition qu'elle &#233;nonce, l' individuelle , soit un universel , ne soit pas intrins&#232;quement dialectique, c'est une question que personne ne songe &#224; examiner.On admet imm&#233;diatement que ce jugement est de lui-m&#234;me susceptible de contenir la v&#233;rit&#233;, et que la proposition &#233;nonc&#233;e par tout jugement positif est vraie, bien qu'il soit imm&#233;diatement &#233;vident qu'il lui manque ce que requiert la d&#233;finition de la v&#233;rit&#233;, &#224; savoir la concordance de la notion et de son objet. Si l'on prend pour notion le pr&#233;dicat, qui est ici l'universel, et pour objet le sujet, qui est l'individuel, alors l'un ne s'accorde pas avec l'autre. Mais si l' universel abstrait qu'est le pr&#233;dicat ne suffit pas &#224; constituer une notion, car une notion implique certainement quelque chose de plus, et si un tel sujet n'est pas encore beaucoup plus qu'un sujet grammatical, comment le jugement pourrait-il contenir la v&#233;rit&#233;, puisque ou bien sa notion et son objet ne s'accordent pas, ou bien il lui manque &#224; la fois la notion et l'objet ? Au contraire, il est impossible et absurde de vouloir saisir la v&#233;rit&#233; sous des formes telles que le jugement positif et le jugement en g&#233;n&#233;ral. De m&#234;me que la philosophie kantienne n'a pas consid&#233;r&#233; les cat&#233;gories en elles-m&#234;mes et pour elles-m&#234;mes, mais les a d&#233;clar&#233;es d&#233;terminations finies incapables de contenir la v&#233;rit&#233;, sous le faux pr&#233;texte qu'elles sont des formes subjectives de la conscience de soi, encore moins a-t-elle soumis &#224; la critique les formes de la Notion qui sont le contenu de la logique ordinaire ; au contraire, elle en a adopt&#233; une partie, &#224; savoir les fonctions du jugement, pour la d&#233;termination des cat&#233;gories et les a accept&#233;es comme des pr&#233;suppositions valables.M&#234;me si nous ne devions voir dans les formes logiques que des fonctions formelles de la pens&#233;e, elles m&#233;riteraient pour cela m&#234;me d'&#234;tre examin&#233;es pour voir dans quelle mesure, par elles-m&#234;mes, elles correspondent &#224; la v&#233;rit&#233; . Une logique qui ne s'acquitte pas de cette t&#226;che peut tout au plus pr&#233;tendre &#224; la valeur d'une histoire naturelle descriptive des ph&#233;nom&#232;nes de la pens&#233;e tels qu'ils se produisent. C'est un m&#233;rite infini d'Aristote, qui doit nous remplir de la plus haute admiration pour les pouvoirs de ce g&#233;nie, d'avoir &#233;t&#233; le premier &#224; entreprendre cette description. Il faut cependant aller plus loin et v&#233;rifier &#224; la fois la connexion syst&#233;matique de ces formes et leur valeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Division&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1313&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen pr&#233;c&#233;dent de la Notion montre qu'elle est l'unit&#233; de l'&#234;tre et de l'essence. L'essence est la premi&#232;re n&#233;gation de l'&#234;tre, qui est ainsi devenu &#234;tre illusoire ; la Notion est la seconde n&#233;gation ou la n&#233;gation de cette n&#233;gation, et est donc &#224; nouveau l'&#234;tre , mais l'&#234;tre qui est r&#233;tabli comme m&#233;diation et n&#233;gativit&#233; infinies de l'&#234;tre en lui-m&#234;me. Par cons&#233;quent, l'&#234;tre et l'essence dans la Notion n'ont plus la m&#234;me d&#233;termination qu'ils avaient en tant qu'&#234;tre et essence, et ne sont pas non plus simplement dans une unit&#233; telle que chacun ait un &#234;tre illusoire dans l'autre. La Notion ne se diff&#233;rencie donc pas en ces d&#233;terminations. Elle est la v&#233;rit&#233; du rapport de substance dans lequel l'&#234;tre et l'essence r&#233;alisent l'un par l'autre l'accomplissement de leur autosubsistance et de leur d&#233;termination. La v&#233;rit&#233; de la substantialit&#233; s'est av&#233;r&#233;e &#234;tre l' identit&#233; substantielle qui n'est pas moins une positionnalit&#233; et qui n'est qu'en tant que telle une identit&#233; substantielle. La positionnalit&#233; est un &#234;tre et une diff&#233;renciation d&#233;termin&#233;s ; par cons&#233;quent, dans la Notion, l'&#234;tre-en-et-pour-soi a atteint une r&#233;alit&#233; vraie et ad&#233;quate, car la positivit&#233; est elle-m&#234;me l'&#234;tre-en-et-pour-soi. Cette positivit&#233; constitue la diff&#233;rence de la Notion en elle-m&#234;me ; parce que la positivit&#233; est imm&#233;diatement l'&#234;tre-en-et-pour-soi, les diff&#233;rents moments de la Notion sont eux-m&#234;mes la Notion enti&#232;re, universelle dans leur d&#233;terminit&#233; et identique &#224; leur n&#233;gation .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1314&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc la notion m&#234;me de la notion. Mais elle n'est encore que sa notion, ou bien cette notion n'est elle- m&#234;me que la notion. Parce qu'elle est &#224; la fois &#234;tre-en-et-pour-soi et aussi positivit&#233;, ou substance absolue qui manifeste la n&#233;cessit&#233; des substances distinctes comme identit&#233;, cette identit&#233; doit elle-m&#234;me poser ce qu'elle est. Les moments du mouvement du rapport de substantialit&#233; par lesquels la notion est venue &#224; l'existence et la r&#233;alit&#233; ainsi manifest&#233;e ne sont encore qu'en transition dans la notion ; cette r&#233;alit&#233; n'a pas encore la d&#233;termination d'&#234;tre la d&#233;termination propre de la notion, auto-&#233;volu&#233;e ; elle est tomb&#233;e dans la sph&#232;re de la n&#233;cessit&#233; ; mais la d&#233;termination propre de la notion ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat de sa libre d&#233;termination, d'un &#234;tre d&#233;termin&#233; dans lequel la notion est identique &#224; elle-m&#234;me, ses moments &#233;tant aussi des notions et pos&#233;s par la notion elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1315&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but donc la Notion n'est qu'en elle-m&#234;me ou implicitement la v&#233;rit&#233; ; parce qu'elle n'est que quelque chose d'int&#233;rieur, elle n'est &#233;galement qu'ext&#233;rieure .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est d'abord un simple imm&#233;diat et, sous cette forme, ses moments ont la forme de d&#233;terminations imm&#233;diates et fixes. Elle appara&#238;t comme la notion d&#233;termin&#233;e, comme la sph&#232;re de la simple compr&#233;hension. Comme cette forme d'imm&#233;diatet&#233; est encore inad&#233;quate &#224; la nature de la notion, car celle-ci est libre, n'&#233;tant en rapport qu'avec elle-m&#234;me, elle est une forme ext&#233;rieure dans laquelle la notion ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un &#234;tre-en-et-pour-soi, mais seulement comme quelque chose de pos&#233; ou de subjectif . La notion sous la forme d'imm&#233;diatet&#233; constitue le point de vue pour lequel la notion est une pens&#233;e subjective, une r&#233;flexion ext&#233;rieure &#224; l'objet. Ce stade constitue donc la subjectivit&#233;, ou la notion formelle. Son ext&#233;riorit&#233; se manifeste dans l' &#234;tre fixe de ses d&#233;terminations, dont chacune appara&#238;t ind&#233;pendamment comme quelque chose d'isol&#233;, de qualitatif, qui n'est reli&#233; qu'ext&#233;rieurement &#224; son autre. Mais l' identit&#233; de la Notion, qui est pr&#233;cis&#233;ment leur essence int&#233;rieure ou subjective , les met dialectiquement en mouvement, de sorte que leur s&#233;paration dispara&#238;t et avec elle la s&#233;paration de la Notion d'avec l'objet, et qu'&#233;merge comme leur v&#233;rit&#233; la totalit&#233; qui est la Notion objective .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1316&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la notion dans son objectivit&#233; est le sujet en soi et pour soi. Par sa d&#233;termination n&#233;cessaire et progressive, la notion formelle se fait son sujet et se lib&#232;re ainsi du rapport de subjectivit&#233; et d'ext&#233;riorit&#233; &#224; l'objet. Ou, inversement, l'objectivit&#233; est la notion r&#233;elle qui a &#233;merg&#233; de son int&#233;riorit&#233; et est pass&#233;e &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233;. Dans cette identit&#233; avec l'objet, la notion a donc un &#234;tre d&#233;termin&#233; libre qui lui est propre. Mais cette libert&#233; n'est encore qu'une libert&#233; imm&#233;diate, pas encore n&#233;gative . En tant qu'une avec l'objet, la notion est immerg&#233;e en lui ; ses moments distincts sont des existences objectives dans lesquelles elle n'est elle-m&#234;me que l' int&#233;rieur. En tant qu'&#226;me de la r&#233;alit&#233; objective, elle doit se donner la forme de subjectivit&#233; qui lui appartenait imm&#233;diatement en tant que notion formelle, mais elle doit se donner la forme de subjectivit&#233; qui lui appartenait imm&#233;diatement en tant que notion formelle. ainsi, sous la forme de la Notion libre, forme qui lui manquait encore dans l'objectivit&#233;, elle s'oppose &#224; cette objectivit&#233; et fait ainsi de l'identit&#233; avec elle qu'elle poss&#232;de en et pour elle-m&#234;me comme Notion objective , une identit&#233; pos&#233;e &#233;galement .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1317&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette r&#233;alisation o&#249; elle a la forme de la libert&#233; m&#234;me dans son objectivit&#233;, la Notion ad&#233;quate est l' Id&#233;e. La Raison, qui est la sph&#232;re de l'Id&#233;e, est la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par elle-m&#234;me dans laquelle la Notion poss&#232;de la r&#233;alisation qui lui est enti&#232;rement ad&#233;quate et est libre, dans la mesure o&#249; elle conna&#238;t son monde objectif dans sa subjectivit&#233; et sa subjectivit&#233; dans son monde objectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Citations de Hegel sur la dialectique</title>
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		<dc:date>2026-07-23T22:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Citations de Hegel sur la dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Hegel : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est l'un des pr&#233;jug&#233;s fondamentaux de la logique jusqu'alors en vigueur et de la repr&#233;sentation habituelle que la contradiction ne serait pas une d&#233;termination aussi essentielle et immanente que l'identit&#233; ; pourtant, s'il &#233;tait question d'ordre hi&#233;rarchique et que les deux d&#233;terminations &#233;taient &#224; maintenir fermement comme des d&#233;terminations s&#233;par&#233;es, la contradiction serait &#224; prendre pour le plus profond et le plus essentiel, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_17798 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/maxresdefault-32.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/maxresdefault-32.jpg' width=&#034;1280&#034; height=&#034;720&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/png/hr_56600100030101_1_watermarked_medium_size.png' width=&#034;262&#034; height=&#034;417&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citations de Hegel sur la dialectique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Hegel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est l'un des pr&#233;jug&#233;s fondamentaux de la logique jusqu'alors en vigueur et de la repr&#233;sentation habituelle que la contradiction ne serait pas une d&#233;termination aussi essentielle et immanente que l'identit&#233; ; pourtant, s'il &#233;tait question d'ordre hi&#233;rarchique et que les deux d&#233;terminations &#233;taient &#224; maintenir fermement comme des d&#233;terminations s&#233;par&#233;es, la contradiction serait &#224; prendre pour le plus profond et le plus essentiel, car, face &#224; elle, l'identit&#233; est seulement la d&#233;termination de l'imm&#233;diat simple, de l'&#234;tre mort, tandis que la contradiction est la racine de tout mouvement et de toute vitalit&#233; ; c'est seulement dans la mesure o&#249; quelque chose a dans soi-m&#234;me une contradiction qu'il se meut, a une tendance et une activit&#233;. (...) Quelque chose est donc vivant seulement dans la mesure o&#249; il contient dans soi la contradiction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Science de la Logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La repr&#233;sentation ordinaire contient donc partout la contradiction, mais n'en atteint pas la conscience ; elle demeure r&#233;flexion externe qui passe de l'&#233;galit&#233; &#224; l'in&#233;galit&#233;, ou du rapport n&#233;gatif &#224; la r&#233;flexion de la diff&#233;rence en elle-m&#234;me. Elle oppose de fa&#231;on externe ces deux d&#233;terminations (...) mais ne poss&#232;de pas le passage de l'une en l'autre qui est l'essentiel et soutient la contradiction. (...) La repr&#233;sentation ordinaire saisit la diff&#233;rence et la contradiction, mais pas la transition de l'un &#224; l'autre, or c'est cela le plus important. (...) C'est seulement sur le sommet de la contradiction que les diversit&#233;s deviennent mobiles les unes par rapport aux autres et vivantes, et acqui&#232;rent cette n&#233;gativit&#233; qui est la pulsation interne du mouvement spontan&#233; et de la vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Doctrine de l'Essence &#187; (1813)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le sentiment que la nature est contradictoire avec la vie existante est le besoin que cette contradiction soit d&#233;pass&#233;e ; et elle l'est quand la vie existante a perdu sa puissance et toute sa dignit&#233;, quand elle est devenue purement n&#233;gative. Tous les ph&#233;nom&#232;nes de notre temps montrent que la satisfaction ne se trouve plus dans la vie traditionnelle ; cette vie se bornait &#224; dominer sa propri&#233;t&#233; d'une fa&#231;on ordonn&#233;e, &#224; contempler et jouir de son petit monde compl&#232;tement subordonn&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La constitution de l'Allemagne &#187; (1802)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre &#233;poque est une p&#233;riode de naissance et de transition. L'esprit de l'homme a rompu avec l'ancien ordre de choses qui pr&#233;valait jusqu'ici et avec les anciennes mani&#232;res de penser, et il est dans son esprit de les laisser tous sombrer dans les profondeurs du pass&#233; et d'entreprendre sa propre transformation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face &#224; la &#171; Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit &#187; (1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui se meut, c'est la contradiction. (...) C'est uniquement parce que le concret se suicide qu'il est ce qui se meut. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face &#224; la &#171; Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit &#187; (1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule chose n&#233;cessaire pour obtenir la progression scientifique (...) c'est la connaissance de cette proposition logique : le n&#233;gatif est &#233;galement positif ; autrement dit, ce qui se contredit ne se r&#233;sout pas en z&#233;ro, en n&#233;ant abstrait, mais essentiellement en la n&#233;gation de son contenu particulier ; autrement dit encore, une telle n&#233;gation n'est pas compl&#232;te n&#233;gation, mais n&#233;gation de la chose d&#233;termin&#233;e (...) le r&#233;sultant, la n&#233;gation, &#233;tant n&#233;gation d&#233;termin&#233;e, a un contenu. (...) Elle s'est enrichie de sa n&#233;gation, (...) elle est l'unit&#233; d'elle-m&#234;me et de son oppos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Science de la Logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dialectique est ici entendue comme la saisie des contraires dans leur unit&#233; ou du positif dans le n&#233;gatif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Science de la logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La raison est n&#233;gative et dialectique, parce qu'elle r&#233;sout en n&#233;ant les d&#233;terminations de l'entendement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Science de la logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous appelons dialectique le mouvement sup&#233;rieur de la raison dans lequel des termes totalement distincts se fondent spontan&#233;ment les uns dans les autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science de la logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fait m&#234;me que quelque chose soit d&#233;termin&#233; comme une limitation implique que la limitation est d&#233;j&#224; transcend&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Science de la Logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une simple exp&#233;rience de r&#233;flexion nous fera comprendre que si l'on d&#233;finit quelque chose comme positif et que l'on avance sur cette base, le positif se transforme alors secr&#232;tement en n&#233;gatif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science de la logique &#187; (1813)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout est intrins&#232;quement contradictoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science de la logique &#187; (1813)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dialectique a souvent &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme un art, comme si elle reposait sur un talent subjectif et n'appartenait pas &#224; l'objectivit&#233; du Concept. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Science de la logique &#187; (1816)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous appelons dialectique le mouvement sup&#233;rieur de la raison dans lequel des termes totalement distincts se fondent spontan&#233;ment les uns dans les autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science de la logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit donc de combiner dans notre d&#233;marche d'investigation l'action des formes de pens&#233;e avec leur critique. Les formes de pens&#233;e doivent &#234;tre &#233;tudi&#233;es dans leur nature essentielle et dans leur d&#233;veloppement complet : elles sont &#224; la fois l'objet de la recherche et l'action de cet objet. Elles s'examinent donc elles-m&#234;mes : dans leur propre action, elles doivent d&#233;terminer leurs limites et signaler leurs d&#233;fauts. C'est cette action de la pens&#233;e que nous consid&#233;rerons plus loin sp&#233;cialement sous le nom de dialectique, et dont il suffit de remarquer d'embl&#233;e qu'au lieu de s'exercer sur les cat&#233;gories du dehors, elle est immanente &#224; leur propre action.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'examen des cat&#233;gories par Kant souffre du grave d&#233;faut de les consid&#233;rer non pas de mani&#232;re absolue et pour elles-m&#234;mes, mais pour voir si elles sont subjectives ou objectives. Dans le langage de la vie courante, nous entendons par objectif ce qui existe en dehors de nous et nous parvient de l'ext&#233;rieur par la sensation. Ce que Kant a fait, c'est nier que les cat&#233;gories, telles que la cause et l'effet , soient, dans ce sens du mot, objectives, ou donn&#233;es dans la sensation, et soutenir au contraire qu'elles appartiennent &#224; notre propre pens&#233;e elle-m&#234;me, &#224; la spontan&#233;it&#233; de la pens&#233;e. Dans cette mesure donc, elles sont subjectives. Et pourtant, malgr&#233; cela, Kant donne le nom d'objectif &#224; ce qui est pens&#233;, &#224; l'universel et au n&#233;cessaire, tandis qu'il qualifie de subjectif tout ce qui est simplement ressenti. Cette disposition semble inverser l'emploi du mot mentionn&#233; en premier lieu et a valu &#224; Kant d'&#234;tre accus&#233; de confusion de langage. Mais l'accusation est injuste si l'on consid&#232;re plus &#233;troitement les faits. Le vulgaire croit que les objets de perception qui lui sont pr&#233;sent&#233;s, tels qu'un animal ou une &#233;toile isol&#233;e, sont des existences ind&#233;pendantes et permanentes, par rapport auxquelles les pens&#233;es sont sans substance et d&#233;pendent d'autre chose. En fait, les perceptions des sens sont le caract&#232;re proprement d&#233;pendant et secondaire, tandis que les pens&#233;es sont r&#233;ellement ind&#233;pendantes et primaires. C'est pourquoi Kant a donn&#233; le titre d'objectif au facteur intellectuel, &#224; l'universel et au n&#233;cessaire : et il avait parfaitement raison de le faire. Nos sensations, d'autre part, sont subjectives ; car les sensations manquent de stabilit&#233; dans leur nature propre, et ne sont pas moins fugaces et &#233;vanescentes que la pens&#233;e n'est permanente et auto-subsistante. Aujourd'hui, la ligne de distinction sp&#233;ciale &#233;tablie par Kant entre le subjectif et l'objectif est adopt&#233;e par la phras&#233;ologie du monde cultiv&#233;. Ainsi, la critique d'une &#339;uvre d'art devrait, dit-on, &#234;tre non pas subjective, mais objective &#8211; en d'autres termes, au lieu de partir du sentiment ou de l'humeur particuli&#232;re et accidentelle du moment, elle devrait garder en vue les points de vue g&#233;n&#233;raux que les lois de l'art &#233;tablissent. Dans la m&#234;me acception, nous pouvons distinguer dans toute d&#233;marche scientifique l'int&#233;r&#234;t objectif et l'int&#233;r&#234;t subjectif de la recherche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'objectivit&#233; de la pens&#233;e, au sens de Kant, est elle aussi, dans une certaine mesure, subjective. Les pens&#233;es, selon Kant, bien que des cat&#233;gories universelles et n&#233;cessaires, ne sont que nos pens&#233;es, s&#233;par&#233;es par un ab&#238;me infranchissable de la chose, telle qu'elle existe en dehors de notre connaissance. Mais la v&#233;ritable objectivit&#233; de la pens&#233;e signifie que les pens&#233;es, loin d'&#234;tre simplement n&#244;tres, doivent en m&#234;me temps &#234;tre l'essence r&#233;elle des choses et de tout ce qui est pour nous un objet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Encyclop&#233;die des Sciences philosophiques &#187; (1817)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si les premi&#232;res d&#233;terminations r&#233;flexives : l'identit&#233;, la diff&#233;rence et l'opposition, sont &#233;tablies comme principes, alors on devrait &#224; plus forte raison concevoir et &#233;tablir comme principe... la contradiction, dont le principe doit &#234;tre &#233;nonc&#233; ainsi : toutes les choses sont contradictoires en soi. (...) C'est pourtant un des principaux pr&#233;jug&#233;s de la logique traditionnelle et de la repr&#233;sentation ordinaire que la contradiction ne serait pas une d&#233;termination aussi essentielle et immanente que l'identit&#233;. Mais s'il &#233;tait question de hi&#233;rarchie et s'il &#233;tait possible de consid&#233;rer ces deux d&#233;terminations comme isol&#233;es l'une de l'autre, c'est plut&#244;t la contradiction qu'il faudrait tenir pour la d&#233;termination la plus profonde et la plus essentielle. Vis-&#224;-vis d'elle l'identit&#233; n'est que la d&#233;termination du simple imm&#233;diat, de l'&#234;tre mort, tandis que la contradiction est la racine de tout mouvement et de toute vitalit&#233; ; c'est seulement dans la mesure o&#249; elle renferme une contradiction qu'une chose est capable de mouvement, d'&#233;lan, d'activit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La contradiction est ordinairement ce qu'on &#233;carte en premier lieu des choses, de l'&#234;tre et du vrai en g&#233;n&#233;ral ; on dit notamment qu'&#034;il n'y arien de contradictoire&#034;. D'autre part, on rel&#232;gue la contradiction dans la r&#233;flexion subjective, en disant que c'est elle qui la pose dans ses rapports et comparaisons.... Qu'il s'agisse de la r&#233;alit&#233; ou de la r&#233;flexion pensante, la contradiction est consid&#233;r&#233;e comme un simple accident, pour ne pas dire comme une anomalie ou un paroxysme morbide et passager.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) Mais c'est un fait d'exp&#233;rience courante qu'il y a une foule de choses contradictoires, d'institutions contradictoires, etc, dont la contradiction n'existe pas seulement dans la r&#233;flexion ext&#233;rieure, mais r&#233;side dans les choses m&#234;mes. Elle ne doit pas non plus &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une simple anomalie qui appara&#238;t &#231;a ou l&#224;, mais elle est le n&#233;gatif dans sa d&#233;termination essentielle, le principe de tout mouvement spontan&#233;, lequel n'est pas autre chose que la manifestation de la contradiction. Le mouvement sensible ext&#233;rieur lui-m&#234;me est son existence imm&#233;diate. Une chose se meut non seulement en tant qu'elle se trouve &#224; un moment donn&#233; ici et au moment suivant ailleurs, mais aussi en tant qu'elle est et en m&#234;me temps n'est pas dans la m&#234;me place. On doit reconna&#238;tre avec les anciens dialecticiens les contradictions qu'ils ont montr&#233;es dans le mouvement ; cependant il ne s'ensuit pas que le mouvement n'existe pas, mais plut&#244;t que le mouvement est la contradiction m&#234;me existant empiriquement. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Une chose n'est donc vivante que pour autant qu'elle renferme une contradiction et poss&#232;de la force de la saisir et de la soutenir. Mais, lorsqu'un existant est incapable, dans sa d&#233;termination positive, de passer &#224; la d&#233;termination n&#233;gative et de les conserver l'une dans l'autre, autrement dit lorsqu'il est incapable de supporter &#224; l'int&#233;rieur de lui-m&#234;me la contradiction, il n'est pas une unit&#233; vivante, ... mais s'effondre et succombe &#224; la contradiction. (...) Il r&#233;sulte de l'examen de la nature de la contradiction que lorsqu'on dit d'une chose qu'elle renferme une contradiction, on ne signifie pas par l&#224; qu'elle est endommag&#233;e, d&#233;fectueuse ou fautive. Toute d&#233;termination, tout concret, tout concept constituent essentiellement une unit&#233; des moments diff&#233;rents et diff&#233;renciables, qui deviennent contradictoires par la diff&#233;rence d&#233;termin&#233;e essentielle qui les s&#233;pare.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Science de la Logique &#187; (1832)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le vrai et le faux appartiennent &#224; ces id&#233;es d&#233;termin&#233;es qui sont consid&#233;r&#233;es statiquement comme des essences s&#233;par&#233;es, isol&#233;es et fix&#233;es, sans aucun &#233;l&#233;ment commun. Contre cette conception du vrai et du faux, il faut affirmer que la v&#233;rit&#233; n'est pas une monnaie qui porte une emprunte toute faite et qu'on n'a plus qu'&#224; empocher. Il n'y a pas un faux tout fait pas plus qu'un mal. (...) La substance est essentiellement le n&#233;gatif, en partie parce qu'elle implique une distinction et d&#233;termination du contenu, en partie parce qu'elle est un processus de diff&#233;renciation simple (...) Pour le sens commun, l'opposition du vrai et du faux est quelque chose de fixe ; d'habitude, il attend que l'on approuve ou bien que l'on rejette en bloc un syst&#232;me philosophique existant ; et dans une explication sur un tel syst&#232;me il n'admet que l'une ou l'autre des deux attitudes. Il ne con&#231;oit pas la diff&#233;rence des syst&#232;mes philosophiques comme le d&#233;veloppement progressif de la v&#233;rit&#233; ; pour lui diversit&#233; veut dire uniquement contradiction. Le bourgeon dispara&#238;t dans l'&#233;closion de la fleur et l'on pourrait dire que celui-l&#224; est r&#233;fut&#233; par celle-ci ; de m&#234;me le fruit d&#233;clare que la fleur est une fausse existence de la plante, il se substitue &#224; la fleur en tant que v&#233;rit&#233; de la plante. Non seulement ces formes se distinguent, mais encore elles se supplantent comme incompatibles. Cependant leur nature mouvante fait d'elles des moments de l'unit&#233; organique, en qui non seulement elles ne sont pas en conflit, mais o&#249; l'une est aussi n&#233;cessaire que l'autre ; et cette &#233;gale n&#233;cessit&#233; fait la vie de l'ensemble. (...) L'esprit doit reconnaitre dans la forme de ce qui semble se combattre et se contredire des moments mutuellement n&#233;cessaires. (...) le fond de la chose n'est pas &#233;puis&#233; dans sa fin, mais dans tout son accomplissement. le &#034;r&#233;sultat&#034; n'est pas le tout concret ; il ne l'est qu'avec le processus dont il est le terme. La fin prise ind&#233;pendamment du reste est l'universel mort, tout comme la tendance n'est qu'un simple effort, encore priv&#233; de r&#233;alisation ; et le r&#233;sultat nu est le cadavre que la tendance a laiss&#233; derri&#232;re elle. (...) Le ph&#233;nom&#232;ne est un processus d'av&#232;nement et de disparition, qui lui-m&#234;me n'advient ni ne dispara&#238;t, mais est en soi et constitue l'actualit&#233; et le mouvement de la v&#233;rit&#233; vivante. (...) Je nomme dialectique le principe moteur du concept (...) Consid&#233;rer quelque chose rationnellement veut dire non pas apporter du dehors une raison &#224; l'objet et l'&#233;laborer. L'objet par lui-m&#234;me est rationnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit &#187; (1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dialectique interne de la soci&#233;t&#233; civile la pousse &#224; d&#233;passer ses propres limites&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Philosophie du droit &#187; (1821)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voit aussi peu de choses dans la lumi&#232;re pure que dans l'obscurit&#233; pure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science de la logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a rien, rien au ciel, ni dans la nature, ni dans l'esprit, ni ailleurs, qui ne contienne &#233;galement &#224; la fois l'imm&#233;diatet&#233; et la m&#233;diation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science de la logique &#187; (1812)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout est intrins&#232;quement contradictoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science de la logique &#187; (1813)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le probl&#232;me de la science, et surtout de la philosophie, consiste &#224; faire surgir la n&#233;cessit&#233; cach&#233;e sous l'apparence de la contingence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La petite Logique &#187; (1830)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons toutes les raisons de nous r&#233;jouir que les choses qui nous entourent soient des apparences et non des existences stables et ind&#233;pendantes ; car dans ce cas, nous mourrions bient&#244;t de faim, tant corporellement que mentalement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La petite Logique &#187; (1830)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques autres citations de Hegel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Science de la logique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Toute chose est contradictoire en soi.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il faut rendre justice &#224; l'aspect n&#233;gatif ... On doit reconna&#238;tre la contradiction pr&#233;sente dans l'existence (...).&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La contradiction est la racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La raison ne peut penser et agir dans le monde que parce que le monde n'est pas un pur chaos.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Que la dialectique soit une loi constitutive de la pens&#233;e, et que, comme entendement, la pens&#233;e se nie et se contredise elle-m&#234;me, c'est l&#224; un des points essentiels de la logique.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On dit que la nature ignore les bonds (...) or le changement n'est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif et consiste dans quelque chose de nouveau, d'autre, dans la rupture de la forme ancienne de l'&#234;tre.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La nature ne fait pas de sauts&#034; dit-on ; et l'opinion ordinaire, quand il s'agit de comprendre l'av&#232;nement ou la disparition, s'imagine, comme nous l'avons vu, les comprendre en se les repr&#233;sentant comme un av&#232;nement ou une disparition graduels. Mais il s'est d&#233;j&#224; manifest&#233; que les changements de l'&#234;tre ne sont pas le passage d'une quantit&#233; &#224; une autre quantit&#233;, mais le passage du qualitatif au quantitatif et inversement, la transition en un autre qui est une interruption du graduel et un changement qualitatif par rapport &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; ant&#233;rieur. L'eau refroidie ne devient pas peu &#224; peu dure, de fa&#231;on &#224; se g&#233;lifier et &#224; durcir peu &#224; peu jusqu'&#224; la consistance de la glace, mais devient dure d'un seul coup ; ayant d&#233;j&#224; atteint la temp&#233;rature de la glace, elle peut encore conserver son &#233;tat liquide si elle demeure immobile, mais &#224; la moindre secousse elle passe alors &#224; l'&#233;tat solide. (...) De la m&#234;me fa&#231;on, des Etats, &#224; cause de leur diff&#233;rence de grandeur, tout autre facteur &#233;tant &#233;gal, acqui&#232;rent un caract&#232;re qualitatif diff&#233;rent. Les lois et la constitution deviennent autres quand l'&#233;tendue de l'Etat et le nombre de citoyens s'agrandissent. Il y a une mesure quantitative de l'Etat au del&#224; de laquelle il s'&#233;croule int&#233;rieurement sous la m&#234;me constitution qui, avant son extension, faisait son bonheur et sa force.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour le sens commun, l'opposition du vrai et du faux est quelque chose de fixe ; d'habitude il attend que l'on approuve ou bien que l'on rejette en bloc un syst&#232;me philosophique existant ; et dans une explication sur un tel syst&#232;me il n'admet que l'une ou l'autre de ces attitudes. Il ne con&#231;oit pas la diff&#233;rence des syst&#232;mes philosophiques comme le d&#233;veloppement progressif de la v&#233;rit&#233; ; pour lui diversit&#233; veut dire uniquement contradiction. Le bourgeon dispara&#238;t dans l'&#233;closion de la fleur et l'on pourrait dire que celui-l&#224; est r&#233;fut&#233; par celle-ci ; de m&#234;me le fruit d&#233;clare que la fleur est une fausse existence de la plante, il se substitue &#224; la fleur en tant que v&#233;rit&#233; de la plante. Non seulement ces formes se distinguent, mais encore elles se supplantent comme incompatibles. Cependant leur nature mouvante fait d'elles des moments de l'unit&#233; organique, en qui non seulement elles ne sont pas en conflit, mais o&#249; l'une est aussi n&#233;cessaire que l'autre ; et cette &#233;gale n&#233;cessit&#233; fait la vie de l'ensemble. (...) Le fonds de la chose n'est pas &#233;puis&#233; dans la fin, mais dans tout son accomplissement. Le &#034;r&#233;sultat&#034; atteint n'est pas le tout concret ; il ne l'est qu'avec le processus dont il est le terme. La fin prise ind&#233;pendamment du reste est l'universel mort, tout comme la tendance n'est qu'un simple effort, encore priv&#233; de r&#233;alisation ; et le r&#233;sultat nu est le cadavre que la tendance a laiss&#233; derri&#232;re elle. (...) Saisir la chose, c'est l'exposer dans son d&#233;veloppement. (...) Le ph&#233;nom&#232;ne est un processus d'av&#232;nement et de disparition, qui lui-m&#234;me n'advient ni ne dispara&#238;t, mais est en soi et constitue l'actualit&#233; et le mouvement de la v&#233;rit&#233; vivante.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Si la mort sort de la vie, la vie en revanche sort de la mort.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il n'est, d'ailleurs, pas difficile de voir que notre temps est un temps de la naissance et du passage &#224; une nouvelle p&#233;riode. (&#8230;) De m&#234;me que, chez l'enfant, apr&#232;s une longue nutrition silencieuse, la premi&#232;re respiration interrompt un tel devenir graduel de la progression de simple accroissement, - c'est l&#224; un saut qualitatif -, (&#8230;) de m&#234;me se d&#233;sint&#232;gre fragment apr&#232;s fragment l'&#233;difice du monde pr&#233;c&#233;dent, tandis que le vacillement de celui-ci n'est indiqu&#233; que par des sympt&#244;mes isol&#233;s (&#8230;) l'insouciance, l'ennui qui viennent op&#233;rer des fissures dans ce qui subsiste, le pressentiment ind&#233;termin&#233; de quelque chose d'inconnu, sont des signes avant-coureur que ce quelque chose d'autre est en pr&#233;paration. Cet effritement, progressant peu &#224; peu, qui n'alt&#233;rait pas la physionomie du tout, est interrompu par l'explosion du jour qui, tel un &#233;clair, installe d'un coup la configuration d'un monde nouveau. (&#8230;) La substance vivante est (&#8230;) la n&#233;gativit&#233; simple en sa puret&#233;, par la m&#234;me scission en deux de ce qui est simple (&#8230;) le devenir lui-m&#234;me (&#8230;) le s&#233;rieux, la douleur, la patience et le travail du n&#233;gatif (&#8230;) et, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, l'auto-mouvement de la forme.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Lorsqu'on rencontre, dans un objet ou dans une notion, la contradiction (et il n'y a pas d'objet o&#249; l'on ne puisse trouver une contradiction, c'est-&#224;-dire deux d&#233;terminations oppos&#233;es et n&#233;cessaires, un objet sans contradiction n'&#233;tant que pure abstraction de l'entendement qui maintient avec une sorte de violence l'une des deux d&#233;terminations et s'efforce d'&#233;loigner et de d&#233;rober &#224; la conscience la d&#233;termination oppos&#233;e que contient la premi&#232;re), lorsqu'on rencontre, disons-nous, la contradiction, l'on a l'habitude de conclure qu'elle donne pour r&#233;sultat le n&#233;ant. (&#8230;) Ici, c'est le n&#233;ant, mais le n&#233;ant qui contient l'&#234;tre, et r&#233;ciproquement, c'est l'&#234;tre, mais l'&#234;tre qui contient le n&#233;ant.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La seule chose n&#233;cessaire pour obtenir la progression scientifique, et vers la compr&#233;hension de laquelle il faut essentiellement s'efforcer, c'est la connaissance de cette proposition logique : le n&#233;gatif est &#233;galement positif, autrement dit, ce qui se contredit ne se r&#233;sout pas en z&#233;ro, en n&#233;ant abstrait, mais essentiellement en la n&#233;gation de son contenu particulier ; autrement dit encore, une telle n&#233;gation n'est pas compl&#232;te n&#233;gation, mais n&#233;gation de la chose d&#233;termin&#233;e. (&#8230;) Le r&#233;sultant, la n&#233;gation, &#233;tant n&#233;gation d&#233;termin&#233;e, a un contenu. Elle est un concept nouveau, mais plus haut, plus riche que le pr&#233;c&#233;dent, car elle s'est enrichie de sa n&#233;gation, autrement dit de son oppos&#233; (&#8230;) elle est l'unit&#233; d'elle-m&#234;me et de son oppos&#233;.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Ce qui se meut, c'est la contradiction. (...) C'est uniquement parce que le concret se suicide qu'il est ce qui se meut.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce qui existe avec, en soi, sa propre limite, comme contradiction de soi-m&#234;me, qui le pousse et le fait sortir de lui-m&#234;me, est fini.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La dialectique est ... l'&#226;me de la recherche scientifique, et constitue l'unique principe &#224; l'aide duquel le contenu de la science se voit conf&#233;rer une liaison et une n&#233;cessit&#233; immanentes. S'&#233;carter des d&#233;terminations rationnelles abstraites semble &#224; la conscience commune une suggestion du simple bon sens, conform&#233;ment &#224; la maxime &#034;vis et laisse vivre les autres&#034;, tout &#233;tant repr&#233;sent&#233; comme &#233;galement bon. Mais le fond de la chose consiste en ce que le fini n'est pas seulement limit&#233; du dehors, mais doit &#234;tre d&#233;truit et transform&#233; en son contraire, en vertu de sa propre nature interne.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous trouvons dans l'&#233;cole des &#233;l&#233;ates (voir notamment Z&#233;non) le commencement de la dialectique, c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment de pur mouvement du penser au travers de concepts ; et par l&#224; l'opposition entre le penser et le ph&#233;nom&#232;ne sensible ; dans l'essence de l'objet nous trouvons la contradiction qu'elle a en elle-m&#234;me (la dialectique &#224; proprement-parler).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chaque philosophie est la philosophie de son &#233;poque, elle est un maillon dans toute la cha&#238;ne du d&#233;veloppement spirituel ; elle ne peut donc satisfaire que les int&#233;r&#234;ts de son temps. (...) C'est pourquoi il ne peut y avoir de nos jours des platoniciens, des aristot&#233;liciens, des sto&#239;ciens, des &#233;picuriens. Les ressusciter signifierait vouloir ramener &#224; un degr&#233; ant&#233;rieur... On peut regarder un tel retour en arri&#232;re ... comme le refuge de l'impuissance incapable de faire face &#224; la riche mati&#232;re du d&#233;veloppement qui exige d'&#234;tre ma&#238;tris&#233;e par la pens&#233;e et saisie en profondeur - impuissance qui cherche son salut dans la fuite et dans l'indigence.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sciences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Non seulement la philosophie ne peut &#234;tre qu'en accord avec l'exp&#233;rience naturelle, mais la naissance et la formation de la science philosophique ont la science empirique pour pr&#233;supposition et pour condition.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce qui faisait du concept &#171; l'objet &#187; dans l'&#233;l&#233;ment de l'&#234;tre, c'&#233;tait sa division en masses, substances s&#233;par&#233;es, mais l'objet devenant concept il n'y a rien de subsistant en lui : la n&#233;gativit&#233; a transperc&#233; tous ses moments.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La quantit&#233; pos&#233;e avec une d&#233;terminabilit&#233; essentielle qui exclut toutes les autres, c'est le quantum, ou quantit&#233; limit&#233;e. (...) Le nombre est une pens&#233;e, mais il est la pens&#233;e en tant qu'&#234;tre qui est ext&#233;rieur &#224; lui-m&#234;me. Comme pens&#233;e, il n'entre pas dans l'ordre des choses qui tombent sous l'intuition.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il est assur&#233;ment bien vrai que le carr&#233; de l'hypot&#233;nuse d'un triangle rectangle est &#233;gal &#224; la somme des carr&#233;s des deux autres c&#244;t&#233;s. Mais la nature d'une v&#233;rit&#233; de ce genre est diff&#233;rente de celle des v&#233;rit&#233;s philosophiques (des v&#233;rit&#233;s historiques). (&#8230;) Le vrai et le faux font partie de ces notions d&#233;termin&#233;es qu'en l'absence de mouvement on prend pour des essences propres (...) Il faut &#224; l'encontre de cela affirmer que la v&#233;rit&#233; n'est pas une monnaie frapp&#233;e qui peut &#234;tre fournie toute faite et qu'on peut empocher comme &#231;a. Il n'y a pas plus de faux qu'il n'y a un mal.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'&#233;volution n'est pas une simple &#233;closion sans peine et sans lutte, comme celle de la vie organique, mais le travail dur et forc&#233; sur soi-m&#234;me.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Parler de points de l'espace, comme s'ils constituaient l'&#233;l&#233;ment positif de l'espace, est irrecevable (...) La n&#233;gativit&#233; se rapporte &#224; l'espace en tant que point de l'espace et d&#233;veloppe en lui ses d&#233;terminations en tant que ligne et surface est pourtant dans le domaine de l'&#234;tre ext&#233;rieur &#224; lui-m&#234;me, et pose ses d&#233;terminations dans la n&#233;gativit&#233;, mais en m&#234;me temps dans la sph&#232;re de l'&#234;tre ext&#233;rieur &#224; soi, y apparaissant comme indiff&#233;renci&#233; vis-&#224;-vis de la juxtaposition tranquille de l'espace et de l'&#234;tre.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La notion d'espace comme vide, parfaite abstraction ext&#233;rieure &#224; la mati&#232;re, est d&#233;j&#224; une contradiction. Le passage du point &#224; la ligne, comme de la ligne &#224; l'espace, est une autre contradiction. La pr&#233;sence de l'avion dans l'espace (vide) est une premi&#232;re n&#233;gation. l'existence d'une trajectoire sur laquelle circule l'avion est une deuxi&#232;me n&#233;gation de l'espace. Le fait que la ligne ne soit pas faite des points, ni le plan de lignes, r&#233;sulte de leurs concepts, car la ligne est le point en dehors de lui-m&#234;me relativement &#224; l'espace lui-m&#234;me, et se suspendant lui-m&#234;me comme l'avion est port&#233; par une ligne situ&#233;e en dehors de lui : sa trajectoire.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le temps lui aussi n'est que pure n&#233;gativit&#233;. Il existe parce que tout est &#233;ph&#233;m&#232;re, tout doit dispara&#238;tre, changer. Cependant, comme concept, le temps n'est pas en soi pure n&#233;gativit&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est par la m&#233;diation du travail que la conscience vient &#224; soi-m&#234;me.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce qui &#233;l&#232;ve l'homme par rapport &#224; l'animal, c'est la conscience qu'il a d'&#234;tre un animal... Du fait qu'il sait qu'il est un animal, il cesse de l'&#234;tre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'homme se constitue pour soi par son activit&#233; pratique, parce qu'il est pouss&#233; &#224; se trouver lui-m&#234;me, &#224; se reconna&#238;tre lui-m&#234;me dans ce qui lui est donn&#233; imm&#233;diatement, dans ce qui s'offre &#224; lui ext&#233;rieurement. Il y parvient en changeant les choses ext&#233;rieures, qu'il marque du sceau de son int&#233;riorit&#233; et dans lesquelles il ne retrouve que ses propres d&#233;terminations. Un homme agit ainsi, de par sa libert&#233; de sujet, pour &#244;ter au monde ext&#233;rieur son caract&#232;re farouchement &#233;tranger et pour ne jouir des choses que parce qu'il y retrouve une forme ext&#233;rieure de sa propre r&#233;alit&#233;. Ce besoin de modifier les choses ext&#233;rieures est d&#233;j&#224; inscrit dans les premiers penchants de l'enfant : le petit gar&#231;on qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qui se forment dans l'eau, admire en fait une oeuvre o&#249; il b&#233;n&#233;ficie du spectacle de sa propre activit&#233;. Ce besoin rev&#234;t des formes multiples, jusqu'&#224; ce qu'il arrive &#224; cette mani&#232;re de se manifester soi-m&#234;me dans les choses ext&#233;rieures, que l'on trouve dans l'&#339;uvre artistique. Mais les choses artistiques ne sont pas les seules que l'homme traite ainsi ; il en use pareillement avec lui-m&#234;me, avec son propre corps, qu'il change volontairement, au lieu de le laisser dans l'&#233;tat o&#249; il se trouve. L&#224; est le motif de toutes les parures, de toutes les &#233;l&#233;gances, fussent-elles barbares, contraires au go&#251;t, enlaidissantes, voire dangereuses. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cette conscience de lui m&#234;me, l'homme l'acquiert de deux mani&#232;res : th&#233;oriquement, en prenant conscience de ce qu'il est int&#233;rieurement, de tous les mouvements de son &#226;me, de toutes les nuances de ses sentiments, en cherchant &#224; se repr&#233;senter &#224; lui-m&#234;me, tel qu'il se d&#233;couvre par la pens&#233;e, et &#224; se reconna&#238;tre dans cette repr&#233;sentation qu'il offre &#224; ses propres yeux. Mais l'homme est &#233;galement engag&#233; dans des rapports pratiques avec le monde ext&#233;rieur, et de ces rapports na&#238;t &#233;galement le besoin de transformer ce monde, comme lui m&#234;me, dans la mesure o&#249; il en fait partir, en lui imprimant son cachet personnel. Et il le fait pour encore se reconna&#238;tre lui-m&#234;me dans la forme des choses, pour jouir de lui-m&#234;me comme d'une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure. On saisit d&#233;j&#224; cette tendance dans les premi&#232;res impulsions de l'enfant : il veut voir des choses dont il soit lui-m&#234;me l'auteur, et s'il lance des pierres dans l'eau, c'est pour voir ces cercles qui se forment et qui sont son &#339;uvre dans laquelle il retrouve comme un reflet de lui-m&#234;me. Ceci s'observe dans de multiples occasions et sous les formes les plus diverses, jusqu'&#224; cette sorte de reproduction de soi-m&#234;me qu'est une oeuvre d'art.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est seulement chez l'homme et dans l'esprit humain que cette opposition prend la forme d'un monde d&#233;doubl&#233;, de deux mondes s&#233;par&#233;s : d'une part le monde vrai et &#233;ternel des d&#233;terminations autonomes, d'autre part la nature, les penchants naturels, le monde des sentiments, des instincts, des int&#233;r&#234;ts subjectifs, personnels. Nous voyons, d'une part, l'homme emprisonn&#233; dans la vulgaire r&#233;alit&#233; et la temporalit&#233; terrestre, accabl&#233; par les besoins et les tristes n&#233;cessit&#233;s de la vie, encha&#238;n&#233; &#224; la mati&#232;re, courant apr&#232;s des fins et des jouissances sensibles, domin&#233; et entra&#238;n&#233; par des penchants naturels et des passions ; d'autre part, nous le voyons s'&#233;lever jusqu'&#224; des id&#233;es &#233;ternelles, vers le royaume de la pens&#233;e et de la libert&#233;, nous le voyons plier sa volont&#233; &#224; des lois et d&#233;terminations g&#233;n&#233;rales, d&#233;pouiller le monde de sa r&#233;alit&#233; vivante et florissante pour le r&#233;soudre en abstractions, l'esprit n'affirmant son droit et sa libert&#233; qu'en traitant sans piti&#233; la nature, comme s'il voulait se venger des mis&#232;res et des violences qu'elle lui avait fait subir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Notre savoir habituel ne se repr&#233;sente que l'objet qu'il sait ; il ne se repr&#233;sente pas en m&#234;me temps lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire le savoir m&#234;me. Or le tout qui est donn&#233; dans le savoir ne se r&#233;duit pas &#224; l'objet ; il contient aussi le Je qui sait, et la relation r&#233;ciproque entre moi et l'objet : la conscience.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de l'&#234;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;De quoi doit &#234;tre fait le commencement de la science ? De la compr&#233;hension de la nature du conna&#238;tre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Philosophie et science sont deux termes ins&#233;parables : car le propre de la pens&#233;e philosophique est de ne pas consid&#233;rer les choses par leur c&#244;t&#233; ext&#233;rieur et superficiel, mais dans leurs caract&#232;res essentiels et n&#233;cessaires.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La connaissance, c'est l'approche sans fin vers l'objet, par la pens&#233;e. Il faut comprendre le &#034;reflet&#034; de la nature dans la pens&#233;e humaine non pas d'une fa&#231;on &#034;morte&#034;, &#034;abstraite&#034;, non pas sans mouvement, non pas sans contradictions, mais dans un processus sans fin de mouvement, de naissance de contradictions et de leur r&#233;solution.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le concept de l'objet se supprime dans l'objet effectivement r&#233;el, ou la premi&#232;re repr&#233;sentation imm&#233;diate se supprime dans l'exp&#233;rience ; ainsi la certitude se trouve perdue dans la v&#233;rit&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il n'y a rien dans le ciel, ni dans la nature ni dans l'esprit, qui ne renferme tout autant l'imm&#233;diatet&#233; que la m&#233;diation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dire que nous ne connaissons rien de la chose en soi semble d'une grande sagesse. La chose en soi signifie la chose d&#233;pourvue de relation avec les autres. L'abstraction priv&#233;e de la d&#233;termination par rapport aux autres est vide, d&#233;pourvue de v&#233;rit&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La loi ne va pas au-del&#224; du ph&#233;nom&#232;ne. Au contraire, le royaume des lois est l'image &#034;calme&#034; du monde existant ou &#233;mergeant.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La terminologie de Hegel - Glossaires</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8232</link>
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		<dc:date>2026-06-20T22:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La terminologie de Hegel &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire num&#233;ro 11&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La terminologie de Hegel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/glossary/terms/i/d.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/hegel/help/introduc.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/subject/philosophy/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://hansenlove.over-blog.com/article-23008043.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.scribd.com/document/233529759/Le-Vocabulaire-de-Hegel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/hegel/li_gloss.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/hegel/works/hl/hlconten.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/hegel/help/mean.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/hegel/works/sl/slsubjec.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7113&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3737&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glossaire num&#233;ro 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le BAC de Philosophie en France, c'est Nietzsche !</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8833</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8833</guid>
		<dc:date>2026-06-15T22:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le texte de Nietzsche au programme du BAC de Philo en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Expliquer le texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les m&#233;thodes scientifiques sont une conqu&#234;te de la recherche pour le moins aussi consid&#233;rable que n'importe quel autre r&#233;sultat : c'est en effet sur la compr&#233;hension de la m&#233;thode que repose l'esprit scientifique, et tous les r&#233;sultats des sciences ne pourraient, si ces m&#233;thodes venaient &#224; se perdre, emp&#234;cher un nouveau triomphe de la superstition et de l'absurdit&#233;. Les gens cultiv&#233;s ont beau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le texte de Nietzsche au programme du BAC de Philo en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquer le texte suivant :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les m&#233;thodes scientifiques sont une conqu&#234;te de la recherche pour le moins aussi consid&#233;rable que n'importe quel autre r&#233;sultat : c'est en effet sur la compr&#233;hension de la m&#233;thode que repose l'esprit scientifique, et tous les r&#233;sultats des sciences ne pourraient, si ces m&#233;thodes venaient &#224; se perdre, emp&#234;cher un nouveau triomphe de la superstition et de l'absurdit&#233;. Les gens cultiv&#233;s ont beau apprendre autant qu'ils veulent des r&#233;sultats de la science, on s'aper&#231;oit toujours &#224; leur conversation, et particuli&#232;rement aux hypoth&#232;ses qu'ils y proposent, que l'esprit scientifique leur fait d&#233;faut. Ils n'ont pas cette d&#233;fiance instinctive contre les &#233;carts de la pens&#233;e, qui, &#224; la suite d'un long exercice, a pris racine dans l'esprit de tout homme de science. Il leur suffit de trouver sur un sujet une hypoth&#232;se quelconque, ils sont alors tout feu tout flamme pour elle et croient qu'ainsi tout est dit. Avoir une opinion signifie par l&#224; m&#234;me chez eux : en devenir aussit&#244;t fanatique et finalement la prendre &#224; c&#339;ur comme une conviction. Ils s'&#233;chauffent, &#224; propos d'une chose inexpliqu&#233;e, pour la premi&#232;re id&#233;e qui leur passe en t&#234;te et qui ressemble &#224; une explication. D'o&#249; r&#233;sultent continuellement, notamment dans le domaine de la politique, les plus f&#226;cheuses cons&#233;quences. C'est pourquoi chacun devrait de nos jours avoir appris &#224; conna&#238;tre au moins une science &#224; fond ; alors il saura toujours ce que c'est qu'une m&#233;thode et combien est n&#233;cessaire la plus extr&#234;me prudence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Friedrich NIETZSCHE, Humain, trop humain (1878)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, un tel texte peut sembler tr&#232;s raisonnable et intelligent. Mais le propos de Nietzsche ne s'en tient pas l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons quelques extraits significatifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord donnons la suite de l'extrait de Nietzsche du BAC que l'on n'a pas donn&#233; aux candidats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est particuli&#232;rement aux femmes qu'il faut donner ce conseil ; car elles sont maintenant incurablement victimes de toutes les hypoth&#232;ses, surtout si celles-ci donnent l'impression de l'ing&#233;nieux, du s&#233;duisant, du vivifiant, du fortifiant. Plus on observe avec exactitude, plus on s'aper&#231;oit que la grande majorit&#233; des gens cultiv&#233;s demande encore au penseur des convictions et rien que des convictions, et qu'une petite minorit&#233; seulement veut une certitude. Ceux-l&#224; d&#233;sirent &#234;tre fortement entra&#238;n&#233;s, pour acqu&#233;rir eux-m&#234;mes par l&#224; un surcro&#238;t de force ; ceux-ci, le petit nombre, ont cet int&#233;r&#234;t pour les choses m&#234;mes qui fait abstraction des avantages personnels, m&#234;me dudit surcro&#238;t de force. C'est sur la premi&#232;re classe, de beaucoup pr&#233;dominante, que l'on compte partout o&#249; le penseur se prend et se donne pour un g&#233;nie, partant se consid&#232;re int&#233;rieurement comme un &#234;tre sup&#233;rieur, qui a droit &#224; l'autorit&#233;. En tant que le g&#233;nie de toute esp&#232;ce entretient le feu des convictions et &#233;veille de la d&#233;fiance envers l'id&#233;e prudente et modeste de la science, il est un ennemi de la v&#233;rit&#233;, quand m&#234;me il se croirait au plus haut point parmi ses amants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, il est vrai, une toute autre esp&#232;ce de g&#233;nie, celui de la justice ; et je ne puis absolument me r&#233;soudre &#224; l'estimer inf&#233;rieur &#224; quelque g&#233;nie que ce soit, philosophique, politique ou artistique. Il consiste &#224; se d&#233;tourner, avec une cordiale r&#233;pugnance, de tout ce qui aveugle et &#233;gare le jugement sur les choses ; il est par cons&#233;quent un ennemi des convictions, car il veut donner &#224; chaque objet, vif ou mort, r&#233;el ou imaginaire, ce qui lui revient &#8212; et pour cela il lui faut en avoir une connaissance nette ; il met donc chaque objet dans le meilleur jour et en fait le tour avec des yeux attentifs. Finalement, il donne m&#234;me &#224; son ennemie, la myope &#171; conviction &#187; (comme l'appellent les hommes : &#8212; chez les femmes, elle se nomme &#171; foi &#187;) ce qui revient &#224; la conviction &#8212; pour l'amour de la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/IX&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/IX&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;pris de Nietzsche contre les femmes n'a pas &#233;t&#233; cit&#233; par les examinateurs du BAC. Tiens, tiens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous admirez Nietzsche ? Pourtant, c'est un des sommets &#171; intellectuels &#187; du m&#233;pris et de la haine des femmes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnons quelques citations de l'ouvrage qui a &#233;t&#233; choisi pour le BAC : &#034;Humain, trop humain&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Civilisation et caste. &#8212; Une civilisation sup&#233;rieure ne peut na&#238;tre que l&#224; o&#249; il y a deux castes distinctes de la soci&#233;t&#233; ; celle des travailleurs et celle des oisifs, capables d'un loisir v&#233;ritable ; ou en termes plus forts, la caste du travail forc&#233; et la caste du travail libre. Le point de vue de la division du bonheur n'est pas essentiel, quand il s'agit de la production d'une civilisation sup&#233;rieure ; mais en tout cas la caste des oisifs est la plus capable de souffrances, la plus souffrante, son contentement de l'existence est moindre, son devoir plus grand. Que s'il se produit un &#233;change entre les deux castes, de sorte que les familles les plus basses, les moins intelligentes, tombent de la caste sup&#233;rieure dans l'inf&#233;rieure et qu'au rebours les hommes les plus libres de celle-ci r&#233;clament l'acc&#232;s &#224; la caste sup&#233;rieure : un &#233;tat se trouve atteint au-dessus duquel on ne voit plus que la mer ouverte des v&#339;ux illimit&#233;s. &#8212; Ainsi nous parle la voix expirante des temps antiques ; mais o&#249; y a-t-il maintenant des oreilles pour l'entendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le sang. &#8212; Ce que les hommes et les femmes ont par le sang d'avantage sur les autres et ce qui leur donne un droit indiscutable &#224; une estime plus haute, ce sont deux arts que l'h&#233;r&#233;dit&#233; a de plus en plus accrus : l'art de savoir commander, et l'art de l'ob&#233;issance fi&#232;re. &#8212; Or il se produit, partout o&#249; le commandement constitue une besogne journali&#232;re (comme dans le monde du grand n&#233;goce et de la grande industrie) quelque chose de pareil &#224; ces races &#171; par le sang &#187;, mais il leur manque la noble attitude dans l'ob&#233;issance, qui chez celles-l&#224; est un legs des conditions f&#233;odales et qui dans notre climat de civilisation ne doit plus s'accro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre. &#8212; Au d&#233;savantage de la guerre on peut dire : elle rend le vainqueur brute, le vaincu m&#233;chant. En faveur de la guerre : elle introduit la barbarie dans les deux cons&#233;quences susdites, et par l&#224; ram&#232;ne &#224; la nature : elle est pour la civilisation un sommeil ou un hivernage, l'homme en sort plus fort pour le bien et pour le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propri&#233;t&#233; et justice. &#8212; Quand les socialistes prouvent que le partage de la propri&#233;t&#233; dans l'humanit&#233; actuelle est la cons&#233;quence d'innombrables injustices et violences, et qu'ils d&#233;clinent in summa toute obligation envers une chose dont le fondement est si injuste : ils ne consid&#232;rent qu'un fait isol&#233;. Tout le pass&#233; de l'ancienne civilisation est fond&#233; sur la violence, l'esclavage, la tromperie, l'erreur ; mais nous ne pouvons pas nous-m&#234;mes, h&#233;ritiers que nous sommes de toutes ces circonstances, et concr&#233;tions de tout ce pass&#233;, l'an&#233;antir par d&#233;cret, et nous n'avons pas le droit d'en supprimer un seul morceau. Les sentiments d'injustice sont &#233;galement dans les &#226;mes des non-poss&#233;dants, ils ne sont pas meilleurs que les poss&#233;dants et n'ont pas un privil&#232;ge moral, car ils ont eu quelque part des anc&#234;tres poss&#233;dants. Ce n'est pas de nouveaux partages par la violence, mais de transformations graduelles des id&#233;es qu'on a besoin ; il faut que chez tous la justice devienne plus forte, l'instinct de violence plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits dangereux parmi les r&#233;volutionnaires. &#8212; Qu'on distingue ceux qui r&#234;vent un bouleversement de la soci&#233;t&#233; en gens qui veulent atteindre quelque chose pour eux-m&#234;mes et en gens qui le veulent pour leurs enfants et petits-enfants. Les derniers sont les plus dangereux ; car ils ont la foi et la bonne conscience du d&#233;sint&#233;ressement. Les autres peuvent &#234;tre assouvis : pour cela la soci&#233;t&#233; dominante a toujours assez de ressources et d'habilet&#233;. Le p&#233;ril commence aussit&#244;t que le but devient impersonnel ; les r&#233;volutionnaires par int&#233;r&#234;t impersonnel peuvent consid&#233;rer tous les d&#233;fenseurs de l'&#233;tat de choses existant comme &#233;go&#239;stes et par l&#224; se sentir sup&#233;rieurs &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Importance politique de la paternit&#233;. &#8212; Quand l'homme n'a pas de fils, il n'a pas un droit int&#233;gral &#224; d&#233;lib&#233;rer sur les besoins d'un &#201;tat particulier. Il faut qu'on y ait, comme les autres, hasard&#233; ce qu'on a de plus cher : cela seul attache solidement &#224; l'&#201;tat ; il faut que l'on consid&#232;re le bonheur de sa post&#233;rit&#233;, partant qu'on ait avant tout une post&#233;rit&#233;, pour prendre &#224; toutes les institutions et &#224; leur changement une part &#233;quitable et naturelle. Le d&#233;veloppement de la morale sup&#233;rieure d&#233;pend de ce que chacun ait des fils ; cela l'affranchit de l'&#233;go&#239;sme, ou plus justement, cela &#233;tend son &#233;go&#239;sme dans la dur&#233;e et fait qu'il poursuit avec z&#232;le des fins qui vont au del&#224; de son existence individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fiert&#233; des a&#239;eux. &#8212; On peut &#224; juste titre &#234;tre fier d'une lign&#233;e ininterrompue d'a&#239;eux bons de p&#232;re en fils, &#8212; mais non pas de la lign&#233;e m&#234;me ; car chacun en a tout autant. La descendance d'a&#239;eux bons fait la vraie noblesse de naissance ; une seule solution de continuit&#233; dans cette cha&#238;ne, un seul anc&#234;tre m&#233;chant, supprime cette noblesse. On doit demander &#224; quiconque parle de sa noblesse : N'as-tu parmi tes anc&#234;tres aucun homme violent, avide, extravagant, m&#233;chant, cruel ? S'il peut en toute science et conscience r&#233;pondre : Non, qu'on recherche son amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esclaves et ouvriers. &#8212; Le fait que nous attachons plus de prix &#224; une satisfaction de vanit&#233; qu'&#224; tout autre avantage (s&#233;curit&#233;, abri, plaisirs de toute esp&#232;ce) se montre &#224; un degr&#233; ridicule en ceci, que chacun (abstraction faite de raisons politiques) souhaite l'abolition de l'esclavage et repousse avec horreur l'id&#233;e de mettre des hommes dans cet &#233;tat : cependant que chacun doit se dire que les esclaves ont &#224; tous &#233;gards une existence plus s&#251;re et plus heureuse que l'ouvrier moderne, que le travail servile est peu de chose par rapport au travail de l'ouvrier. On proteste au nom de la &#171; dignit&#233; humaine &#187; : mais c'est-&#224;-dire, pour parler simplement, cette brave vanit&#233;, qui regarde comme le sort le plus dur de n'&#234;tre pas sur un pied d'&#233;galit&#233;, d'&#234;tre publiquement compt&#233; pour inf&#233;rieur. &#8212; Le cynique pense autrement &#224; ce sujet, parce qu'il m&#233;prise l'honneur ; &#8212; et c'est ainsi que Diog&#232;ne fut un temps esclave et pr&#233;cepteur domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon utopie. &#8212; Dans un meilleur ordre de soci&#233;t&#233;, le travail p&#233;nible et la peine de la vie seront attribu&#233;s &#224; celui qui en souffrira le moins, partant au plus stupide, et ainsi de suite par degr&#233;s jusqu'&#224; celui qui est le plus accessible aux esp&#232;ces les plus raffin&#233;es de la souffrance et qui, par cons&#233;quent, m&#234;me dans l'all&#233;gement le plus grand de la vie, souffre encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illusion dans la th&#233;orie de la r&#233;volution. &#8212; Il y a des r&#234;veurs politiques et sociaux qui d&#233;pensent du feu et de l'&#233;loquence &#224; r&#233;clamer un bouleversement de tous les ordres, dans la croyance qu'aussit&#244;t le plus superbe temple d'une belle humanit&#233; s'&#233;l&#232;verait, pour ainsi dire, de lui-m&#234;me. Dans ces r&#234;ves dangereux persiste un &#233;cho de la superstition de Rousseau, qui croit &#224; une bont&#233; de l'humaine nature merveilleuse, originelle, mais pour ainsi dire enterr&#233;e et met au compte des institutions de civilisation, dans la soci&#233;t&#233;, l'&#201;tat, l'&#233;ducation, toute la responsabilit&#233; de cet enterrement. Malheureusement on sait par des exp&#233;riences historiques que tout bouleversement de ce genre ressuscite &#224; nouveau les &#233;nergies les plus sauvages, caract&#232;res les plus effroyables et les plus effr&#233;n&#233;s des &#226;ges recul&#233;s : que par cons&#233;quent un bouleversement peut, bien &#234;tre une source de force dans une humanit&#233; devenue inerte, mais jamais ordonnateur, architecte, artiste, perfecteur de la nature humaine. &#8212; Ce n'est pas la nature de Voltaire, avec sa mod&#233;ration, son penchant &#224; arranger, &#224; purifier, &#224; modifier, mais les folies et les demi-mensonges passionn&#233;s de Rousseau qui ont &#233;veill&#233; l'esprit optimiste de la R&#233;volution, contre lequel je m'&#233;crie : &#171; &#201;crasez l'inf&#226;me ! &#187; Par lui l'esprit de lumi&#232;res et d'&#233;volution progressive a &#233;t&#233; banni pour longtemps : &#8212; voyons &#8212; chacun &#224; part soi, &#8212; s'il est possible de le rappeler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;surrection de l'esprit. &#8212; Dans la maladie politique, un peuple se rajeunit d'ordinaire lui-m&#234;me et retrouve son esprit qu'il perdait peu &#224; peu dans la recherche et la conqu&#234;te du pouvoir. La civilisation n'est redevable &#224; rien plus qu'aux temps politiquement faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps heureux. &#8212; Un si&#232;cle heureux est absolument impossible par la raison que les hommes ne veulent que le souhaiter, mais ne veulent pas l'avoir, et tout individu, lorsque lui viennent d'heureux jours, apprend formellement &#224; demander au ciel le trouble et la mis&#232;re. Le destin des hommes est dispos&#233; pour d'heureux moments &#8212; toute vie en a de tels &#8212; mais non pour des &#233;poques heureuses. N&#233;anmoins, ces &#233;poques restent comme l'&#171; au-del&#224; des monts &#187; dans l'imagination des hommes, comme un legs des anc&#234;tres ; car on a sans doute, depuis des temps recul&#233;s, emprunt&#233; cette conception du si&#232;cle heureux &#224; cet &#233;tat o&#249; l'homme, apr&#232;s la tension violente de la chasse et de la guerre, s'abandonne au repos, &#233;tend ses membres, et entend bruire autour de lui les ailes du sommeil. C'est par un raisonnement faux que l'homme, conform&#233;ment &#224; cette vieille habitude, s'imagine que, maintenant encore, apr&#232;s des p&#233;riodes enti&#232;res de d&#233;tresse et de peine, il peut go&#251;ter, &#224; un degr&#233; et dans un temps proportionnels, cet &#233;tat de bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme au point de vue de ses moyens d'action. &#8212; Le socialisme est le fantastique fr&#232;re cadet du despotisme presque d&#233;funt, dont il veut recueillir l'h&#233;ritage ; ses efforts sont donc, au sens le plus profond, r&#233;actionnaires. Car il d&#233;sire une pl&#233;nitude de puissance de l'&#201;tat telle que le despotisme seul l'a jamais eue, m&#234;me il d&#233;passe tout ce que montre le pass&#233;, parce qu'il travaille &#224; l'an&#233;antissement formel de l'individu : c'est que celui-ci lui appara&#238;t comme un luxe injustifiable de la nature, qui doit &#234;tre par lui corrig&#233; en un organe utile de la communaut&#233;. Par suite de cette parent&#233;, il se montre toujours dans le voisinage de tous les d&#233;ploiements excessifs de puissance, comme le vieux socialiste type Platon &#224; la cour du tyran de Sicile ; il souhaite (il exige &#224; l'occasion) le despotisme c&#233;sarien de ce si&#232;cle, parce que, comme j'ai dit, il voudrait en &#234;tre l'h&#233;ritier. Mais cet h&#233;ritage m&#234;me ne suffirait pas &#224; ses fins, il lui faut l'asservissement complet de tous les citoyens &#224; l'&#201;tat absolu, tel qu'il n'en a jamais exist&#233; de pareil ; et comme il n'a plus le moindre droit de compter sur la vieille pi&#233;t&#233; religieuse envers l'&#201;tat, qu'au contraire il doit, bon gr&#233; mal gr&#233;, travailler constamment &#224; sa suppression &#8212; puisqu'en effet il travaille &#224; la suppression de tous les &#201;tats existants, &#8212; il ne peut avoir d'espoir d'une existence future que pour de courtes p&#233;riodes, &#231;&#224; et l&#224;, gr&#226;ce au plus extr&#234;me terrorisme. C'est pourquoi il se pr&#233;pare silencieusement &#224; la domination par la terreur et enfonce aux masses &#224; demi cultiv&#233;es, comme un clou dans la t&#234;te, le mot de &#171; Justice &#187;, afin de leur enlever toute intelligence (apr&#232;s que cette intelligence a d&#233;j&#224; bien souffert de la demi-culture) et de leur procurer, pour le vilain jeu qu'elles auront &#224; jouer, une bonne conscience. &#8212; Le socialisme peut servir &#224; enseigner de fa&#231;on brutale et frappante le danger de toutes les accumulations de puissance dans l'&#201;tat, et en ce sens insinuer une m&#233;fiance contre l'&#201;tat m&#234;me. Quand sa rude voix se m&#234;lera au cri de guerre : &#171; Le plus d'&#201;tat possible &#187;, ce cri en d&#233;viendra d'abord. plus bruyant que jamais : mais bient&#244;t &#233;clatera avec non moins de force le cri oppos&#233; : &#171; Le moins d'&#201;tat possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme europ&#233;en et la destruction des nations. &#8212; Le commerce et l'industrie, l'&#233;change des livres et des lettres, la communaut&#233; de toute la haute culture, le rapide changement de lieu et de pays, la vie nomade qui est actuellement celle de tous les gens qui ne poss&#232;dent pas de la terre, &#8212; toutes ces conditions entra&#238;nent n&#233;cessairement un affaiblissement et enfin une destruction des nations, au moins des nations europ&#233;ennes : si bien qu'il doit na&#238;tre d'elles, par suite de croisements continuels, une race m&#234;l&#233;e, celle des hommes europ&#233;ens. &#192; cette fin s'oppose actuellement, sciemment ou non, l'exclusivisme des nations par la production des inimiti&#233;s nationales, mais la marche de ce m&#233;lange n'en avance pas moins lentement, malgr&#233; tous les courants contraires momentan&#233;s : ce nationalisme artificiel est au reste aussi dangereux que l'a &#233;t&#233; le catholicisme artificiel, car il est par essence un &#233;tat de contrainte, un &#233;tat de si&#232;ge forc&#233;, impos&#233; par un petit nombre au grand nombre, et a besoin de ruse, de mensonge et de violence pour se maintenir en cr&#233;dit. Ce n'est pas l'int&#233;r&#234;t du grand nombre (des peuples), comme on aime &#224; le dire, mais avant tout l'int&#233;r&#234;t de certaines dynasties princi&#232;res, puis celui de certaines classes du commerce et de la soci&#233;t&#233;, qui m&#232;ne &#224; ce nationalisme ; une fois qu'on a reconnu ce fait, on ne doit pas craindre de se donner seulement pour bon Europ&#233;en et de travailler par le fait &#224; la fusion des nations ; &#224; quoi les Allemands peuvent contribuer par leur vieille qualit&#233; &#233;prouv&#233;e, d'&#234;tre interpr&#232;tes et interm&#233;diaires des peuples. &#8212; En passant : tout le probl&#232;me des Juifs n'existe que dans les limites des &#201;tats nationaux, en ce sens que l&#224;, leur activit&#233; et leur intelligence sup&#233;rieure, le capital d'esprit et de volont&#233; qu'ils ont longuement amass&#233; de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration &#224; l'&#233;cole du malheur, doit arriver &#224; pr&#233;dominer g&#233;n&#233;ralement dans une mesure qui &#233;veille l'envie et la haine, si bien que dans presque toutes les nations d'&#224; pr&#233;sent &#8212; et cela d'autant plus qu'elles se donnent plus des airs de nationalisme &#8212; se propage cette impertinence de la presse qui consiste &#224; mener les Juifs &#224; l'abattoir comme les boucs &#233;missaires de tous les maux possibles publics et priv&#233;s. D&#232;s qu'il n'est plus question de conserver ou d'&#233;tablir des nations, mais de produire et d'&#233;lever une race m&#234;l&#233;e d'Europ&#233;ens aussi forte que possible, le Juif est un ingr&#233;dient aussi utile et aussi d&#233;sirable qu'aucun autre reste national. Toute nation, tout homme a des traits d&#233;plaisants, m&#234;me dangereux : c'est barbarie de vouloir que le Juif fasse une exception. Il se peut m&#234;me que ces traits pr&#233;sentent chez lui un degr&#233; particulier de danger et d'horreur ; et peut-&#234;tre le jeune boursicotier juif est-il en somme l'invention la plus r&#233;pugnante de la race humaine. Malgr&#233; tout, je voudrais, savoir combien, dans une r&#233;capitulation totale, on doit pardonner &#224; un peuple qui, non sans notre faute &#224; tous, a parmi tous les peuples eu l'histoire la plus p&#233;nible, et &#224; qui l'on doit l'homme le plus digne d'amour (le Christ), le sage le plus int&#232;gre (Spinoza), le livre le plus puissant et la loi morale la plus influente du monde. En outre : aux temps les plus sombres du moyen-&#226;ge, quand le rideau des nuages asiatiques pesait lourdement sur l'Europe, ce furent des libres-penseurs, des savants, des m&#233;decins juifs qui maintinrent le drapeau des lumi&#232;res et de l'ind&#233;pendance d'esprit sous la contrainte personnelle la plus dure, et qui d&#233;fendirent l'Europe contre l'Asie ; c'est &#224; leurs efforts que nous devons en grande partie qu'une explication du monde plus naturelle, plus raisonnable, et en tout cas affranchie du mythe, ait enfin pu ressaisir l&#224; victoire, et que la cha&#238;ne de la civilisation, qui nous rattache maintenant aux lumi&#232;res de l'antiquit&#233; gr&#233;co-romaine, soit rest&#233;e ininterrompue. Si le christianisme a tout fait pour orientaliser l'Occident, c'est le juda&#239;sme qui a surtout contribu&#233; &#224; l'occidentaliser de nouveau : ce qui revient &#224; dire en un certain sens, &#224; rendre la mission et l'histoire de l'Europe une continuation de l'histoire grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre indispensable. &#8212; C'est une vaine id&#233;e d'utopistes et de belles &#226;mes que d'attendre beaucoup encore (ou m&#234;me : beaucoup seulement alors) de l'humanit&#233;, quand elle aura d&#233;sappris de faire la guerre. En attendant, nous ne connaissons pas d'autre moyen qui puisse rendre aux peuples fatigu&#233;s cette rude &#233;nergie du champ de bataille, cette profonde haine impersonnelle, ce sang-froid dans le meurtre uni &#224; une bonne conscience, cette ardeur commune organisatrice dans l'an&#233;antissement de l'ennemi, cette fi&#232;re indiff&#233;rence aux grandes pertes, &#224; sa propre vie et &#224; celle des gens qu'on aime, cet &#233;branlement sourd des &#226;mes comparable aux tremblements de terre, avec autant de force et de s&#251;ret&#233; que ne fait n'importe quelle grande guerre ; les ruisseaux et les torrents qui se font jour alors, roulant il est vrai dans leur cours des pierres et des fanges de toute sorte et ruinant les pr&#233;s des cultures un peu d&#233;licates, remettent ensuite en mouvement, dans des circonstances favorables, les rouages des ateliers de l'esprit, qui se reprennent &#224; tourner avec une force nouvelle. La civilisation ne peut absolument pas se passer des passions, des vices et des m&#233;chancet&#233;s. &#8212; Lorsque les Romains parvenus &#224; l'Empire furent un peu las des guerres, ils essay&#232;rent de retirer de nouvelles forces des battues &#224; la b&#234;te fauve, des combats de gladiateurs et des pers&#233;cutions contre les chr&#233;tiens. Les Anglais d'aujourd'hui, qui semblent en somme avoir aussi renonc&#233; &#224; la guerre, prennent un autre moyen de recr&#233;er ces forces qui d&#233;croissent : ces p&#233;rilleux voyages de d&#233;couvertes, ces travers&#233;es, ces ascensions, entrepris, &#224; ce qu'on dit, pour des buts scientifiques, en r&#233;alit&#233; pour rapporter chez eux des aventures, des dangers de toute nature, un suppl&#233;ment de force. On inventera sous diverses formes de pareils substituts de la guerre, mais peut-&#234;tre feront-ils voir de plus en plus qu'une humanit&#233; d'une culture aussi &#233;lev&#233;e et par l&#224; m&#234;me aussi fatigu&#233;e que l'est aujourd'hui l'Europe, a besoin non seulement des guerres, mais des plus terribles &#8212; partant de retours momentan&#233;s &#224; la barbarie &#8212; pour ne pas d&#233;penser en moyens de civilisation sa civilisation et son existence m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La richesse, origine d'une noblesse de race. &#8212; La richesse produit n&#233;cessairement une aristocratie de race, car elle met en &#233;tat de choisir les femmes les plus belles, de payer les meilleurs ma&#238;tres, elle procure &#224; l'homme la propret&#233;, le temps d'exercer son corps et surtout la possibilit&#233; d'&#233;viter le travail corporel abrutissant. En ce sens, elle cr&#233;e toutes les conditions n&#233;cessaires pour faire qu'en quelques g&#233;n&#233;rations les hommes se comportent, et m&#234;me se conduisent noblement et vertueusement : la libert&#233; plus grande de conscience, l'absence des mesquineries mis&#233;rables, de l'abaissement devant ceux qui procurent le pain, de l'&#233;pargne sou &#224; sou. &#8212; Pr&#233;cis&#233;ment ces avantages n&#233;gatifs sont la plus riche dot de bonheur pour un jeune homme ; un homme tr&#232;s pauvre se ruine d'ordinaire par sa noblesse de pens&#233;e, il ne professe pas et n'acquiert rien, sa race n'est pas viable. &#8212; Mais il faut l&#224;-dessus consid&#233;rer que la richesse exerce presque les m&#234;mes effets, qu'un homme puisse d&#233;penser trois cents &#233;cus ou trente mille par an : il n'y a d&#232;s lors plus de progression r&#233;elle des circonstances favorables. Seulement, avoir moins, mendier dans son enfance et s'humilier, c'est chose terrible : quoique pour des gens qui cherchent le bonheur dans l'&#233;clat des cours, dans la subordination aux hommes puissants et influents ou qui veulent devenir des princes de l'&#201;glise, cela puisse &#234;tre le bon point de d&#233;part. &#8212; (On y apprend &#224; se courber pour p&#233;n&#233;trer dans les sentiers souterrains de la faveur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relation avec le Moi sup&#233;rieur. &#8212; Tout homme a son bon jour, o&#249; il trouve son Moi sup&#233;rieur ; et la v&#233;ritable humanit&#233; veut qu'on n'appr&#233;cie chacun que d'apr&#232;s cet &#233;tat et non d'apr&#232;s les jours ouvrables de d&#233;pendance et de servilit&#233;. On doit, par exemple, juger et honorer un peintre d'apr&#232;s la vision la plus haute qu'il a &#233;t&#233; capable d'avoir et de rendre. Mais les hommes eux-m&#234;mes ont des relations tr&#232;s diverses avec ce Moi sup&#233;rieur et sont souvent leurs propres com&#233;diens, en ce sens qu'ils recommencent toujours &#224; imiter dans la suite ce qu'ils sont dans ces moments. Beaucoup vivent dans la frayeur et l'humilit&#233; devant leur id&#233;al et voudraient le renier : ils ont peur de leur Moi sup&#233;rieur, parce que, quand il parle, il parle arrogamment. En outre il jouit de la libert&#233; myst&#233;rieuse de venir et de partir comme il veut ; c'est pourquoi on l'appelle souvent un don des dieux, tandis qu'en r&#233;alit&#233; c'est tout le reste qui est un don des dieux (du hasard) : mais lui est de l'homme m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Fin des citations de &#034;Humain, trop humain&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/VIII&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/VIII&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D'o&#249; il d&#233;coule non une pens&#233;e scientifique mais une pens&#233;e ultra-r&#233;actionnaire, raciste, &#233;litiste, violente, anti-humaniste, anti-sociale et anti-socialiste, contre-r&#233;volutionnaire. Comme les etxes suivants le d&#233;montrent !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nietzsche critique, on l'a compris, l'id&#233;e que les id&#233;es libertaires, r&#233;volutionnaires, r&#233;publicaines, socialistes, voire anarchistes affaiblissent l'Homme et que pour y rem&#233;dier, il faut qu'une &#233;lite r&#233;siste et s'extirpe des codes &#233;tablis sous cette influence n&#233;faste, se d&#233;barrasse de toute morale et ne craigne pas de faire table rase des sentiments &#171; trop humains &#187;. Ne regardez pas du c&#244;t&#233; d'Hitler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1100&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1100&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5599&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5599&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1261&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3586&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Spinoza et Marx</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7660</link>
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		<dc:date>2026-04-22T22:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Spinoza et Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
par Charles Bonnier &lt;br class='autobr' /&gt;
I &lt;br class='autobr' /&gt;
La Th&#233;orie des Classes &lt;br class='autobr' /&gt; Concludimus itaque in potestate uniuscujusque hominis non esse ratione semper uti et in summo humanae libertatis fastigio esse, et tamen unumquemque semper, quantum in se est, conari suum esse conservare. (Nous concluons donc qu'il n'est pas au pouvoir de chaque homme de toujours user de la raison, et qu'elle est le summum de la libert&#233; humaine, et pourtant chacun essaie toujours, autant qu'il est en lui-m&#234;me, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Spinoza et Marx&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;par Charles Bonnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Th&#233;orie des Classes&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Concludimus itaque in potestate uniuscujusque hominis non esse ratione semper uti et in summo humanae libertatis fastigio esse, et tamen unumquemque semper, quantum in se est, conari suum esse conservare.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(Nous concluons donc qu'il n'est pas au pouvoir de chaque homme de toujours user de la raison, et qu'elle est le summum de la libert&#233; humaine, et pourtant chacun essaie toujours, autant qu'il est en lui-m&#234;me, de pr&#233;server son propre &#234;tre.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza montre que la raison d'&#234;tre est le principe m&#234;me de toute existence, de tout organisme physique ou social. L'autre raison n'est qu'une vision sup&#233;rieure, g&#233;n&#233;rale, donn&#233;e &#224; quelques &#234;tres, une facult&#233; de comprendre momentan&#233;ment &#224; c&#244;t&#233; de leur raison d'exister celle que d'autres cr&#233;atures poss&#232;dent au m&#234;me titre qu'eux. Au fond la raison n'est que l'extension de la raison d'&#234;tre. Par suite elle se d&#233;termine &#224; elle-m&#234;me sa limite par le nombre de raisons d'&#234;tre qu'elle a embrass&#233;es. Mais il faut toujours qu'elle s'appuie sur sa base in&#233;branlable, sa raison d'&#234;tre. Si elle l'abandonnait, ne f&#251;t ce qu'un moment, l'&#234;tre perdrait non seulement l'&#233;quilibre mais toute relation avec les autres &#234;tres. On a pu se figurer, id&#233;e ch&#232;re aux professeurs de philosophie : &#171; L'esprit, une fois en possession de la v&#233;rit&#233;, ne relevant plus ni du prince (ou du roi d'Italie ?), si de la soci&#233;t&#233;, ni de l'humanit&#233; ; la v&#233;rit&#233; elle m&#234;me devenant avec son ordonnance et son encha&#238;nement le milieu imm&#233;diat de l'esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un milieu est soumis &#224; la notion et &#224; la mesure d'espace. Peut-on se figurer &#8212; hors d'une chaire de facult&#233; &#8211; une v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire une conception qui n'est que la mesure ad&#233;quate couvrant certains faits, imposant tout d'un coup son ordonnance et son encha&#238;nement aux objets, qui au contraire la forment, comme une couverture s'adapte &#224; la forme des objets couverts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx reprochait d&#233;j&#224; &#224; Proudhon &#171; de cr&#233;er un id&#233;al de justice, de justice &#233;ternelle et de le tirer des rapports l&#233;gaux r&#233;pondant &#224; la production des marchandises&#8230;. puis, par un proc&#232;s contraire, voulant modeler la v&#233;ritable production des marchandises et le droit r&#233;el qui en r&#233;sulte sur cet id&#233;al. Que penserait-on d'un chimiste qui, au lieu d'&#233;tudier les v&#233;ritables lois des transformations de la mati&#232;re&#8230;. voudrait remodeler ces transformations sur les id&#233;es &#233;ternelles de la &#171; naturalit&#233; &#187; et de l' &#171; affinit&#233; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Proudhon a &#233;t&#233; encore surpass&#233;, &#171; Il nous plaira &#187; dit son successeur direct, &#171; &#224; travers l'&#233;volution &#224; demi m&#233;canique des formes &#233;conomiques et sociales, de faire sentir toujours cette haute dignit&#233; de l'esprit libre, affranchi de l'humanit&#233; elle-m&#234;me par l'&#233;ternel univers. &#187; Il faudrait pour que l'esprit p&#251;t &#234;tre affranchi de l'humanit&#233; qu'il s'aflranch&#238;t de lui-m&#234;me, puisqu'il fait partie de l'humanit&#233;, puisqu'il est le produit d'une raison d'&#234;tre. Bien plus, en admettant m&#234;me cette proposition &#233;norme, est-ce que l'&#233;ternel univers ne le r&#233;duirait pas &#224; une autre sorte d'esclavage ? Spinoza qui a, plus que tout autre philosophe, mesur&#233; l'univers qu'il a r&#233;duit &#224; des formules de force, reconna&#238;t qu'&#224; la base de tout est cette nature individuelle, qui ne poss&#232;de qu'une raison d'&#234;tre. Quand elle en est consciente, c'est-&#224;-dire lorsque les &#171; passions &#187; ne dominent pas en elle l'action, elle peut alors comprendre les affinit&#233;s qu'elle a avec les autres raisons d'&#234;tre et se construire ainsi une raison g&#233;n&#233;rale. A plus forte raison dans une soci&#233;t&#233;. Un individu na&#238;t et se d&#233;veloppe dans un milieu qui favorise ou contrarie sa nature ; les chocs ou les impulsions qu'il subit l'aident&#224; comprendre sa propre nature, c'est &#224; dire sa raison d'&#234;tre. Il la reconna&#238;tra d'autant plus facilement que le milieu sera plus favorable &#224; son &#233;panouissement. S'il appartient aujourd'hui &#224; la vari&#233;t&#233; dite bourgeoise, il se d&#233;veloppera sans contrainte, car il trouvera dans le syst&#232;me de la production, dans les lois sociales, un encouragement et une aide. Si au contraire une mauvaise &#233;toile l'a fait na&#238;tre dans la sous-classe du prol&#233;tariat, ou bien il dispara&#238;tra, domin&#233; ou entrain&#233; par des forces plus puissantes que la sienne ; il mourra de mis&#232;re ; ou bien il d&#233;couvrira que d'autres &#234;tres souffrent les m&#234;mes peines que lui, d'autres raisons d'&#234;tre que la sienne sont opprim&#233;es. Alors la souffrance, l'adversit&#233; formeront des &#234;tres durs &#224; la lutte, et ce qui devait &#233;craser l'&#234;tre le perfectionnera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu les circonstances elles-m&#234;mes se mettront de son c&#244;t&#233;, car le milieu social sera de plus en plus influenc&#233; par cet &#233;l&#233;ment compact, nouveau, dont il n'aura pu se d&#233;barrasser ; l'existence d'un &#233;l&#233;ment r&#233;fractaire modifiera le milieu, et celui-ci s'y adaptera. Il faut remarquer que, m&#234;me dans les moments les plus durs &#224; la sous-classe du prol&#233;tariat, le capital et la classe hourgeois ont d&#251; conserver forc&#233;ment les &#233;l&#233;ments r&#233;sistants qui leur &#233;taient utiles, et c'est ainsi que, suivant la parole de Marx, le Capital a d&#233;velopp&#233; l'&#233;l&#233;ment qui le d&#233;truira &#8212; sa n&#233;gation &#8212; le Prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par la destruction de la petite industrie et du travail domestique, le Capital an&#233;antit les derniers refuges de la masse et ainsi la soupape de s&#251;ret&#233; de toute la combinaison sociale du proc&#232;s de production ; il intensifie les contradictions et les antagonismes de ses formes capitalistes, et en m&#234;me temps, les &#233;l&#233;ments formateurs d'une nouvelle et les &#171; moments &#187; d'agonie de l'ancienne soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe en un mot chez la plupart des hommes une impuissance naturelle &#224; discerner la force qui les r&#233;git, c'est-&#224;-dire leur raison d'&#234;tre et &#224; plus forte raison celle qui d&#233;termine les autres hommes. Lorsqu'un Corn&#233;ly par exemple, dit : &#171; je ne connais pas de classes ; il est absurde d'en parler &#187;, il ne fait qu'exprimer l'opinion c'est-&#224;-dire l'ignorance g&#233;n&#233;rale. On ne conna&#238;t pas son d&#233;terminant mais on pr&#233;tend savoir parfaitement ce que sont &#171; la justice, la v&#233;rit&#233;, telle ou telle forme de gouvernement, voiles qui ont &#233;t&#233; mis devant le temple du Capital par les fripons pour duper les imb&#233;ciles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une forme de gouvernement, qu'on l'appelle aristocratie, absolutisme ou d&#233;mocratie ; ce n'est que l'apparence qui cache la r&#233;alit&#233; sociale. Jamais une classe ne dira quelle est sa raison d'&#234;tre ; elle mettra en avant son pr&#233;texte d'exister. La monarchie repr&#233;sentera une forte bureaucratie centralis&#233;e de privil&#233;gi&#233;s dont l'expression sera un roi ; l'aristocratie sera la classe m&#234;me des privil&#233;gi&#233;s au pouvoir, avec un coll&#232;gue (duc ou doge) pour chef nominal ; la r&#233;publique enfin sera une classe sans chef, repr&#233;sent&#233;e sucessivement par ses diverses fractions. Voil&#224; la raison d'&#234;tre de ces trois formes ; le pr&#233;texte pour la royaut&#233; sera le droit divin ; pour la noblesse le privil&#232;ge de la race ; pour la r&#233;publique les droits de l'homme et du citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces classes ne subsistera une minute apr&#232;s le divorce du pr&#233;texte et de la raison d'&#234;tre. &#171; Les hommes, dit Spinoza, sont men&#233;s plut&#244;t par le d&#233;sir aveugle que par la raison ; et ce d&#233;sir, c'est leur puissance naturelle, leur raison d'&#234;tre [1] &#187;. Ici le mot passion est pris dans son sens &#233;tymologique de passivit&#233; ; en politique les passions troublent le d&#233;veloppement des diff&#233;rentes raisons d'&#234;tre et obscur cissent, comme dans une Affaire r&#233;cente, par des conceptions &#233;trang&#232;res les int&#233;r&#234;ts des diff&#233;rentes classes, les faisant agir &#224; rebours de leurs v&#233;ritables besoins ; les partis politiques souffrent de ces crises et sont longtemps &#224; s'en remettre. Il faut compter avec ces passions mais ne s'en laisser jamais influencer ; tout au plus les diriger pour le plus grand mal de la classe ennemie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce droit, Spinoza entend la compr&#233;hension m&#234;me des lois de la nature et d'une nature ; et il le limite par la puissance m&#234;me (c'est-&#224;-dire la force) de l'individu ; et l'homme qui agit suivant les lois de sa propre nature agit selon le droit supr&#234;me de la nature [2]. L'homme, et par suite la classe n'existent en politique que comme puissance, et la constatation de cette puissance n'est faite que par l'affirmation de sa nature. Le voile, c'est-&#224;-dire le pr&#233;texte, est mis non seulement pour cacher la v&#233;ritable raison d'&#234;tre d'une classe aux autres classes, mais aussi pour la faire oublier aux membres de cette classe et les faire agir ainsi plus librement, sans avoir besoin d'&#234;tre hypocrites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres formes de gouvernements sont toutes tomb&#233;es aujourd'hui ; la forme r&#233;publicaine (et par l&#224; on entend aussi bien royaut&#233; constitutionnelle que pr&#233;sidence) a surv&#233;cu. C'est elle qui a &#171; uni &#187; ou qui a &#171; divis&#233; le moins &#187; suivant le fameux mot de Thiers, les diff&#233;rentes fractions de la classe bourgeoise ; c'est le pr&#233;texte qui couvre leurs app&#233;tits et leur soif de pouvoir ; c'est aussi celui qui masque le mieux le Capital tout en lui permettant son plus libre d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, de ce coup d'&#339;il critique qui perce tous les voiles, avait d&#233;couvert le fourbe et l'erreur. &#171; Le capitaliste [3], &#233;crit-il, n'est pas capitaliste parce qu'il est directeur industriel, mais il devient directeur industriel parce qu'il est capitaliste &#187; et plus loin. &#171; Cette croyance b&#233;n&#233;vole au g&#233;nie d'invention, que manifeste le capitaliste isol&#233; dans la division du travail, s'est r&#233;fugi&#233;e dans la cervelle de professeurs allemands&#8230; le plus ou moins d'emploi de la division du travail d&#233;pend de la longueur de la bourse, et non de la grandeur du g&#233;nie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, c'est la possession du capital qui est la raison d'&#234;tre ; les aptitudes commerciales ne sont que le pr&#233;texte. Il en est de m&#244;me de l'Etat bourgeois par excellence, de la R&#233;publique. Les Capitalistes s'en sont empar&#233;s, non parce qu'ils &#233;taient partisans des id&#233;es vulgaires qu'entra&#238;n&#233; ce mot, mais parce que le Capital exigeait cette forme sp&#233;ciale, qui le d&#233;barrasse des entraves apport&#233;es par le restant des classes privil&#233;gi&#233;es. Aux &#201;tats-Unis o&#249; les voiles et les pr&#233;textes ont disparu, la classe capitaliste, repr&#233;sent&#233;e par les rois de l'Argent, du Fer, du P&#233;trole, etc., gouverne sans contrainte et presque sans hypocrisie, Bryan, le candidat d&#233;mocrate malheureux &#224; la pr&#233;sidence, le disait dans sa derni&#232;re campagne : &#171; Les Rouages du Gouvernement sont employ&#233;s pour favoriser les int&#233;r&#234;ts de ceux qui sont en position de s'assurer des faveurs du gouvernement &#187;. Voil&#224; ce qui est la raison d'&#234;tre de la R&#233;publique am&#233;ricaine ; le pr&#233;texte ce sont les fameuses maximes de Jefferson : &#171; droits &#233;gaux &#224; tous, privil&#232;ges sp&#233;ciaux &#224; aucun &#187; et de Lincoln &#171; gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple &#187; [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raison d'&#234;tre et Patriotisme de Classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Peccat ego civitas, quando es agit, vel fieri patitur, qune causa esse possuat ipsius ruinae : atque tam eamdem eo sensu peccare dicimus, quo Philosophi vel Medici peccare dicuni, et hoc sensu dicere possumus civitatem peccare, quando contra Rationis diclamen aliquid agit. &#187; (Tract. Poli. Ch. IV).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Que la ville p&#233;che, lorsqu'elle agit ou permet que cela se fasse, afin qu'elle soit la cause de sa propre chute : et nous disons qu'elle p&#232;che dans le m&#234;me sens dans lequel on dit que les philosophes ou les docteurs p&#233;chent, et en ce sens, nous pouvons dire que la ville p&#232;che lorsqu'elle fait quelque chose de contraire aux pr&#233;ceptes de la Raison.)&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une cit&#233;, une patrie sont des cadres mobiles renfermant des individus qui peuvent, par d&#233;finition, y &#234;tre contenus. Ce sont les mouvements d'expansion ou de r&#233;traction de ces individus qui cr&#233;ent l'individualit&#233; m&#234;me du cadre qui &#224; son tour r&#233;agit sur les existences qu'il contient et les remod&#232;le. Il s'&#233;tablit ainsi un rapport entre le contenant et le contenu, qu'il s'agisse de l'eau dans un vase ou de citoyens dans une cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza, n&#233; dans un si&#232;cle o&#249; la th&#233;ologie dominait les Esprits, ne f&#251;t-ce que par ses formules, a qualifi&#233; de p&#233;ch&#233; le plus grand crime que puisse commettre un individu ou une cit&#233; : c'est-&#224;-dire d'&#234;tre la cause de sa propre ruine. Ce terme de p&#233;ch&#233; peut &#234;tre remplac&#233;, dans un sens plus moderne, par celui de d&#233;s&#233;quilibre. P&#233;cher contre la raison d'&#234;tre signifie &#171; suicide &#187; (felo de se, comme dit la loi anglaise), car cette raison est la base m&#234;me de l'existence. Il serait int&#233;ressant d'examiner combien les grands mots de patriotisme, d'orgueil national, n'ont &#233;t&#233; employ&#233;s que pour cacher cette supr&#234;me raison, celle qu'on n'invoque jamais et &#224; laquelle on pense toujours, la raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on suppose une nation, telle qu'elle est constitu&#233;e aujourd'hui en p&#233;riode industrielle, comme aurait dit Fourier. Sa raison d'&#234;tre est son industrie, et c'est par cons&#233;quent le mot qu'on ne prononcera jamais mais qui d&#233;terminera cependant toutes les actions de ce groupe d'individus. Une classe se formera, produit du d&#233;veloppement de l'industrie et agira &#224; son tour pour le plus grand bien de cette industrie. Si cette classe devait se d&#233;velopper math&#233;matiquement, sans obstacle, on pourrait calculer exactement le moment o&#249; elle serait ad&#233;quate &#224; l'industrie m&#234;me qu'elle incarne, mais il n'en est presque jamais ainsi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres classes en effet existent &#224; c&#244;t&#233; d'elle ; les unes, incarnations de puissances et d'&#233;l&#233;ments du pass&#233;, formant un poids mort que la classe bourgeoise doit tra&#238;ner et qui paralysent son mouvement ascensionnel ; et encore ces classes pourraient s'&#233;liminer graduellement, mais l'industrie pour son d&#233;veloppement m&#234;me a besoin du travail d'une autre classe qu'elle exploite et pourtant d&#233;veloppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc les &#233;l&#233;ments que la bourgeoisie moderne entra&#238;ne dans son orbite ; le Clerg&#233;,- la Noblesse ne peuvent que retarder sa marche, et m&#234;me dans certaines occasions elles lui servent de d&#233;rivatif, comme les app&#226;ts qu'on jette aux loups en Russie pour retarder leur poursuite, d'o&#249; l'excellence du cl&#233;ricalisme par exemple, que la bourgeoisie subventionne par le Concordat en France, pour l'avoir toujours sous la main, afin de le jeter en p&#226;ture aux lutteurs du Prol&#233;tariat. Le patriotisme et la raison d'&#234;tre de la bourgeoisie , c'est l'industrie, c'est le commerce. La partie bourgeoise est r&#233;gie par les besoins du commerce ; la guerre patrio- tique par excellence est aujourd'hui la guerre commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que les socialistes ne cessent de r&#233;p&#233;ter, mais &#8212; remarquons-le bien &#8212; sans jamais bl&#226;mer la bourgeoisie d'accomplir sa mission historique. Il est m&#234;me curieux que le seul argument qui serait inattaquable, les journaux aux gages de la bourgeoisie ne l'emploient jamais. Si l'Angleterre avait r&#233;pondu aux nations du Continent : &#171; j'attaque les r&#233;publiques du sud de l'Afrique parce que c'est une question de vie ou de mort pour mon commerce que l'extraction d'un &#233;l&#233;ment &#233;tranger et r&#233;fractaire &#187;, qu'auraient pu r&#233;pondre les autres nations qui agissent exactement de m&#234;me chaque fois que leur raison d'&#234;tre commerciale est menac&#233;e ou contrari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on n'invoque jamais cet argument de la raison d'&#234;tre, c'est qu'il est le dernier. C'est le voile d'Isis ; si on le soul&#232;ve et cela arrive fatalement un jour ou l'autre, on ne trouve plus rien, car cet argument ou ce voile &#233;tait l'existence m&#244;me de la classe. C'est pourquoi on lui a superpos&#233; d'autres arguments artificiels qu'on appelle patriotisme, civilisation, religion, pour arr&#234;ter les curieux, les violateurs de temples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe n'a jamais eu &#224; r&#233;pondre &#224; l'heure critique que ceci &#171; je d&#233;fends mon existence parce que je ne puis me suicider. &#187; C'est l&#224; le p&#233;ch&#233; impardonnable dont parle Spinoza. Mais la r&#233;plique de la part de l'agresseur est simple : &#171; En d&#233;truisant l'&#234;tre, je supprime la raison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; tout le milieu &#233;conomique favorise l'rav&#232;nement d'une classe, il n'est m&#234;me pas besoin pour elle de justification, except&#233; celle que donne Spinoza : &#171; Tantum juris habet quantum potentia valet. &#187; Le machinisme de la grande industrie ne s'est pas justifi&#233; lorsqu'il a d&#233;truit la manufacture ; il a exist&#233; tout simplement, c'&#233;tait toute la raison qu'il avait &#224; donner. De m&#234;me le prol&#233;tariat, au moment o&#249; il saisira le pouvoir trouvera les esprits tellement transform&#233;s par l'&#233;volution &#233;conomique qu'il n'aura qu'&#224; donner acte de sa mission historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; moment &#187; troublant est celui que nous traversons, car les deux classes, comme deux chevaux dans une course, se trouvent &#224; la m&#234;me distance du but ; ils se balancent. Aussit&#244;t que le prol&#233;tariat aura d&#233;pass&#233;, ne fut-ce que d'une t&#234;te, la classe bourgeoise mont&#233;e par son jockey, le capital, l'opinion publique h&#233;sitante jusque-l&#224; penchera de tout son poids en sa faveur et les paris seront pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en attendant ce moment, la Bourgeoisie qui sent son avantage &#224; &#234;tre adapt&#233;e &#224; son milieu, reproche au Prol&#233;tariat de vouloir &#171; le &#187; d&#233;truire ; elle l'accuse de vouloir supprimer la patrie qu'elle pr&#233;tend repr&#233;senter. D'o&#249; l'accusation de &#171; sans patrie &#187; que l'on jetait jadis &#224; la bourgeoisie et qu'elle relance aujourd'hui au Prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle peut et doit &#234;tre la r&#233;ponse de ce dernier, simplement la suivante : [&#171; ] comme classe je ne puis admettre que les &#233;l&#233;ments qui favorisent ma raison d'&#234;tre ; il serait vain de vouloir m'enthousiasmer pour les obstacles qui entravent ma marche en avant. La patrie telle que vous, Bourgeois, la concevez, dans sa forme &#233;troite et protectionniste, m'emp&#234;che de m'unir aux prol&#233;tariats des autres pays, qui souffrent et luttent comme moi pour le r&#233;sultat que je cherche &#224; obtenir. Les entraves au d&#233;veloppement international ne me sont oppos&#233;s que dans l'int&#233;r&#234;t d'une patrie qui ne repr&#233;sente ni mes besoins ni mes aspirations. Je combats donc tout ce qui r&#233;tr&#233;cit la patrie &#224; laquelle j'appartiens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la r&#233;ponse que, comme classe isol&#233;e, le prol&#233;tariat peut faire &#224; la bourgeoisie. Mais en m&#234;me temps il a conscience et pressentiment du r&#244;le qu'il est appel&#233; uu jour &#224; jouer, et que Marx a r&#233;sum&#233; ainsi : &#171; suppression du mode de production capitaliste et suppression des classes [ &#187;]. ll sait que sa raison d'&#234;tre,dans son plein &#233;panouissement, sera la destruction des classes et l'union de l'humanit&#233; en un tout harmonique : l'Internationale. Il faut donc qu'il conserve et d&#233;veloppe tout ce qui, dans la patrie actuelle, favorise son d&#233;veloppement, et ces &#233;l&#233;meats auxiliaires il les transportera un jour pour les remettre au d&#233;p&#244;t commun de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme classe destructive des classes, le Prol&#233;tariat doit &#234;tre patriote, mais patriote d'une patrie qui se transformera, en s'y adaptant, en soci&#233;t&#233; communiste. Cette op&#233;ration, Spinoza la d&#233;finit ainsi : Lorsque nous disons que quiconque peut disposer comme il veut un &#233;l&#233;ment qui lui appartient de droit, cette puissance doit &#234;tre d&#233;finie non seulement par la puissance de l'agent, mais encore par l'aptitude de ce patient m&#234;me [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il donne ainsi les deux mesures de la patrie que poss&#232;de toute raison d'&#234;tre, qu'elle appartienne &#224; un individu ou &#224; une classe. La puissance et la patience de l'esprit d&#233;termine l'attaque, l'agression ; la classe prol&#233;- tarienne par exemple s'&#233;tend par son organisation, par la conqu&#234;te qu'elle a faite des municipalit&#233;s, de si&#232;ges de d&#233;put&#233;s et par les quelques lois protectrices du travail qu'elle a arrach&#233;es au pouvoir ennemi. Voil&#224; la puissance, c'est-&#224;-dire le droit qu'elle poss&#232;de ; partout o&#249; elle peut exercer cette puissance, partout est sa patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce territoire qui envahit une classe destin&#233;e au triomphe en mesure m&#234;me les progr&#232;s par son aptitude &#224; lui c&#233;der. C'est lui qui d&#233;finit la classe ; et la patrie du prol&#233;tariat peut se mesurer par les conqu&#234;tes qu'il a faites et qu'il fait tous les jours. Il arrache &#224; la bourgeoisie tout ce qui peut &#234;tre utile &#224; son d&#233;veloppement &#224; lui. Ce ne sera pourtant que lorsque la patrie (c'est-&#224;-dire la terre conquise) du prol&#233;tariat sera plus grande que la part r&#233;serv&#233;e &#224; la bourgeoisie que l'on pourra parler de patriotisme prol&#233;tarien. D'ailleurs le prol&#233;tariat n'a-t-il pas un exemple dans l'histoire du pass&#233; ? Ce ne fut que lorsque les gens du Thiers eurent accapar&#233;, par la confiscation et l'incendie, la propri&#233;t&#233; territoriale de la noblesse et du clerg&#233;, qu'ils purent avec raison se nommer &#171; Patriotes &#187;. En r&#233;alit&#233;, ce fut d&#232;s ce moment qu'ils eurent quelque chose &#224; d&#233;fendre contre les anciens propri&#233;taires, qui, eux, n'avaient plus de raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant le prol&#233;tariat fonde l'Internationale, mais qu'on le remarque bien, l'Internationale pour la lutte, l'Internationale de l'organisation ouvri&#232;re et socialiste. Il faut bien distinguer en effet entre l'Internationale des travailleurs qui existe aujourd'hui et qui fonctionne, et dont le but est la suppression du mode de production capitaliste, et l'Internationale humaine qui n'existera qu'apr&#232;s la suppression des classes. En ce sens Pottier avait raison d'&#233;crire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Levons-nous, et demain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sera le genre humain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contemplation et l'action ne font qu'un en poli tique, o&#249; toute id&#233;e devient acte et tout acte se transforme en id&#233;e par r&#233;percussion. Mais, avant ce stage, avant que l'on ne poss&#232;de ce que Balzac appelle quelque part &#171; une t&#234;te m&#233;tallique &#187;, ne consid&#233;rant plus que les effets &#224; produire ; avant ce temps, une passion vous a lanc&#233; dans la politique et c'est votre raison d'&#234;tre qui a pr&#233;domin&#233; en vous et vous a pouss&#233; &#224; reconna&#238;tre la raison d'&#234;tre d'une classe et d'un parti. Ceci a &#233;t&#233; plut&#244;t l'effet d'une impulsion ; c'est &#224; ce moment que les sentiments du juste et de l'injuste (formes id&#233;ales pour vos besoins essentiels d' &#171; &#234;tre &#187;) peuvent vous d&#233;terminer : ce sont vos &#171; propri&#233;t&#233;s &#187;, comme le dit Spinoza [5]. Mais, aussit&#244;t le choix fait &#8212; et en politique il n'y a qu'un choix, comme il n'y a qu'un acte pour un homme, pour un parti, pour une classe, &#8212; il faut revenir &#224; la conception de Spinoza ; ne plus se consid&#233;rer que comme une force en lutte avec d'autres forces ; juger celles-ci, t&#226;cher de les comprendre, et ne les b&#233;nir ni les maudire. C'est leur &#234;tre, leur &#171; natura naturata &#187; qui pourrait m&#233;riter ces passions ; leur &#171; raison d'&#234;tre &#187; n'est qu'un sujet &#224; calcul et &#224; dosage. C'est cette intelligence, si rare en politique, qui permettait &#224; Marx, comme l'a dit Engels, de doser, d'appr&#233;cier les &#233;v&#233;nements qui se passaient sous ses yeux et d'en discerner les lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui le rend l'&#233;gal de ces deux g&#233;ants de la pens&#233;e politique ; Spinoza et Machiavel. Ces deux grands penseurs et leur doctrine sont loin d'avoir fourni toute leur part &#224; l'activit&#233; humaine ; Machiavel [6] n'a &#233;t&#233; que le conseiller des princes pendant tout le 16&#176; si&#232;cle ; quant &#224; Spinoza son trait&#233; politique, apr&#232;s avoir fait horreur au si&#232;cle pendant lequel il avait &#233;t&#233; &#233;crit, a paru retomber dans l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant l'un comme l'autre, ils ont &#233;tabli la loi supr&#234;me des forces humaines en conflit ; ils ont fix&#233; la science de la pens&#233;e active contr&#244;lant les forces et les faisant mouvoir. Marx, bien par del&#224; Hegel et la philo- sophie allemande, a &#233;t&#233; retrouver ses parrains comme on disait au moyen-&#226;ge, ceux qui lui fournirent ses armes les meilleures et lui donn&#232;rent la tactique que lui seul pouvait appliquer. Pendant ce temps que faisaient les intellectuels et les Docteurs ? Qu'est-ce d'abord qu'&#234;tre intellectuel ? N'est-ce pas avoir l'habitude d'un milieu pr&#233;par&#233;, d'instruments et de renseignements tout faits ? Aussi bien dans un laboratoire que dans une archive, la somme d'&#233;nergie cr&#233;atrice est minime, car on n'y fait que se laisser aller &#224; une impulsion d&#233;j&#224; imprim&#233;e. C'est une erreur de croire que l'habitude, l'entra&#238;nement de la science, produisent les grands savants. Ceux-ci sont les cr&#233;ateurs de leur propre milieu, de leurs propres instruments, de leur propre m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc distinguer entre l'habitude de la pens&#233;e toute faite, de la m&#233;thode toute pr&#234;te et l'acte de cr&#233;ation intellectuelle. Lorsqu'un grand savant meurt, l'impulsion qu'il a donn&#233;e, l'&#233;nergie qui se d&#233;gage de son &#339;uvre, transportent encore pendant quelque temps ses disciples imm&#233;diats. Mais bient&#244;t le poids mort, le &#171; dead weight &#187;, le poids de la mati&#232;re inorganique, intransformable, s'accumule sur les &#171; intellectuels &#187; et leur &#244;te jusqu'&#224; la volont&#233; de trouver ou d'inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, vouloir transporter la science, l'intellectualit&#233; plut&#244;t, sur le terrain de l'action politique, serait justement livrer le maniement des choses &#224; des manchots. Qu'on se figure Renan dans une assembl&#233;e ; d'ailleurs il n'en est pas besoin ; on a vu son ami Berthelot &#224; l'&#339;uvre. Claude Bernard a &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233; par Paul Bert, et tutti quanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet la r&#233;flexion (ici dans le sens litt&#233;ral du mot) tue l'action et surtout cette facult&#233; de recul imm&#233;diat et de jugement actif, qui permet &#224; un Marx de &#171; saisir &#187; un ph&#233;nom&#232;ne dans son proc&#232;s m&#234;me et de l'objectiver, le reliant &#224; une s&#233;rie de ph&#233;nom&#232;nes connexes, au moment m&#234;me o&#249; il appara&#238;t. Un intellectuel de marque serait incapable de cette &#171; sagacit&#233; &#187;, si nous entendons par ce mot une &#171; sagesse qui agit &#187;. Dans l'industrie plut&#244;t, chez les &#171; pratiquants &#187;, qui ne sont pourtant pas &#233;loign&#233;s de la vision scientifique, peut-&#234;tre trouverait-on ce que la science peut donner de plus &#233;nergique et de plus actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intellectuel n'est donc qu'un reliquat, un poids mort. Lorsqu'on jouit ainsi du travail des autres, lorsqu'il a suffi simplement de s'adapter aux d&#233;couvertes, tout en &#233;tant incapable de les d&#233;velopper, l'on m&#233;rite le beau nom de savant distingu&#233;. C'est une des grandes joies de notre &#233;poque que cet accolement d'une &#233;pith&#232;te de salon &#224; l'une des plus hautes qualit&#233;s de l'intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quemment, si le savant distingu&#233; ne devient pas vulgarisateur, sa mission, son message, comme on dit en Angleterre, est de parler &#224; la foule, et il gagne alors en popularit&#233; ce qu'il perd en s&#233;rieux. D'o&#249; cette farce qu'on appelle &#171; la Conf&#233;rence &#187; populaire, Association philotechnique ou Universit&#233;. Il s'agit d'&#233;tablir cette &#233;chelle de Jacob qui permettra aux simples et aux ignorants de ce monde de monter jusqu'&#224; l'empyr&#233;e de la science. Et l'on n'oublie qu'une chose c'est que les conf&#233;renciers n'ont &#171; rien &#187; &#224; transmettre ; le savant pourrait &#234;tre compris du peuple ; l'adaptateur, jamais. En effet, il y a plus d'&#233;nergie et par cons&#233;quent plus de potentialit&#233; de science chez un ouvrier qui travaille &#224; se rendre ma&#238;tre de son outil, chez un contre-ma&#238;tre qui introduit un perfectionnemenf dans une machine que chez tous les savants de salon et d'antichambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de la science m&#234;me est en eux ; et ils sont les &#233;gaux du vrai savant, parce qu'ils n'ont pas l'accumulation, le poids mort des r&#233;sultats inutilis&#233;s &#224; s'assimiler ; parce qu'ils poss&#232;dent l'&#233;lan, le ressort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re ce qu'on appelle souvent avec m&#233;pris un &#171; autodidacte &#187;, un homme qui a fait son instruction lui-m&#234;me dans ces ann&#233;es pr&#233;cieuses dont parle Balzac, entre vingt et trente ans, on verra que comme &#171; qualit&#233; &#187; son &#233;nergie est sup&#233;rieure, non seulement &#224; celle du savant amateur, mais souvent m&#234;me &#224; celle du savant v&#233;ritable. En effet, il n'a pas &#224; &#171; d&#233;sapprendre, ni &#224; d&#233;blayer &#187; ; il a v&#233;cu en apprenant, c'est-&#224;-dire qu'il a pris de la science ce qu'il lui fallait juste pour son d&#233;veloppement &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le savant a fait tout ce qu'il doit m&#234;me pour la soci&#233;t&#233;, lorsqu'il a expos&#233; sa m&#233;thode et donn&#233; &#224; sa d&#233;couverte sa propre g&#233;n&#233;alogie, pour permettre de la rattacher aux autres. Le peuple &#8212; c'est &#224; dire les autodidactes &#8212; saura bien sans le secours des Universit&#233;s populaires retrouver dans la marchandise-science ce qui est applicable imm&#233;diatement. En un mot, les intellectuels sont les gardiens du palais qui veillent au dehors &#224; ce qu'on n'y entre pas, mais vous distribuent l'adresse des magasins du bon march&#233; et de la vulgarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Bonnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1], [2] et [5] citations en latin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] p. 331 (ou 391 ?). Capital I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] p. 367. [(]Note 75).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir la r&#233;volution sociale &#224; Florence, o&#249; l'id&#233;e de classe est saisie sur le fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hegel, Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8025</link>
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		<dc:date>2025-12-05T23:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hegel &lt;br class='autobr' /&gt; Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit &lt;br class='autobr' /&gt;
(1807) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce volume repr&#233;sente les connaissances &#233;mergentes. La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit est destin&#233;e &#224; remplacer les explications psychologiques ou les discussions abstraites sur les fondements de la connaissance. Il examine la pr&#233;paration &#224; la science d'un point de vue qui en fait une science nouvelle, int&#233;ressante et premi&#232;re de la philosophie. Il inclut les diverses formes de l'esprit comme &#233;tapes sur le chemin par lequel il devient connaissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Hegel
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce volume repr&#233;sente les connaissances &#233;mergentes. La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit est destin&#233;e &#224; remplacer les explications psychologiques ou les discussions abstraites sur les fondements de la connaissance. Il examine la pr&#233;paration &#224; la science d'un point de vue qui en fait une science nouvelle, int&#233;ressante et premi&#232;re de la philosophie. Il inclut les diverses formes de l'esprit comme &#233;tapes sur le chemin par lequel il devient connaissance pure ou esprit absolu. C'est pourquoi, dans les divisions principales de cette science, qui se divisent en plusieurs, on consid&#232;re la conscience, la conscience de soi, la raison observatrice et agissante, l'esprit lui-m&#234;me, comme esprit moral, instruit et moral, et enfin comme religieux sous ses diff&#233;rentes formes. . La richesse des ph&#233;nom&#232;nes de l'esprit, qui apparaissent &#224; premi&#232;re vue comme du chaos, est ramen&#233;e dans un ordre scientifique qui les pr&#233;sente selon leur n&#233;cessit&#233;, dans lequel les imparfaits se dissolvent et passent aux plus &#233;lev&#233;s, qui sont leur prochaine v&#233;rit&#233;. Ils trouvent la v&#233;rit&#233; ultime d'abord dans la religion, puis dans la science, comme r&#233;sultat de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : il ne s'agit nullement d'une vraie traduction mais nous voulons juste donner un avant-go&#251;t du texte de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une explication, comme il est d'usage de pr&#233;c&#233;der une &#339;uvre dans une pr&#233;face - sur le but que l'auteur a en t&#234;te, ainsi que sur les raisons et la relation dans laquelle il croit qu'elle se situe par rapport &#224; d'autres traitements ant&#233;rieurs ou simultan&#233;s. du m&#234;me sujet &#8211; semble non seulement superflu dans un texte philosophique, mais aussi inappropri&#233; et inappropri&#233; compte tenu de la nature de la question. Parce que comment et ce qu'il serait appropri&#233; de dire sur la philosophie dans une pr&#233;face - par exemple une d&#233;claration historique de la tendance et du point de vue, le contenu g&#233;n&#233;ral et les r&#233;sultats, une connexion de d&#233;clarations et d'assurances sur la v&#233;rit&#233; - ne peut pas &#234;tre pour la mani&#232;re dont la v&#233;rit&#233; philosophique doit &#234;tre pr&#233;sent&#233;e. &#8211;De plus, parce que la philosophie est essentiellement dans l'&#233;l&#233;ment d'universalit&#233;, qui inclut le particulier, il semble qu'en elle plus que dans d'autres sciences, la chose elle-m&#234;me et m&#234;me son essence parfaite &#233;taient exprim&#233;es dans le but ou seraient les r&#233;sultats ultimes, par rapport auxquels l'ex&#233;cution est en r&#233;alit&#233; la chose qui n'est pas essentielle. Dans l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, en revanche, de ce qu'est l'anatomie, par exemple la connaissance des parties du corps selon leur existence non vivante, on est convaincu qu'on ne poss&#232;de pas encore la chose elle-m&#234;me, le contenu de cette science, mais s'efforce &#233;galement d'obtenir le particulier. &#8211; De plus, avec un tel agr&#233;gat de connaissances qui ne porte pas &#224; juste titre le nom de science, une conversation sur le but et des g&#233;n&#233;ralit&#233;s similaires n'est pas diff&#233;rente de la mani&#232;re historique et sans concept dont nous parlons du contenu lui-m&#234;me, de ces nerfs, muscles, etc. devient. En philosophie, par contre, l'in&#233;galit&#233; surviendrait selon laquelle une telle voie serait utilis&#233;e et pourtant elle se montrerait par elle-m&#234;me incapable de saisir la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, en d&#233;terminant le rapport qu'une &#339;uvre philosophique croit entretenir avec d'autres efforts sur le m&#234;me sujet, on attire un int&#233;r&#234;t &#233;tranger et on obscurcit ce qui est important dans la connaissance de la v&#233;rit&#233;. Aussi ferme que soit l'opinion sur l'opposition entre la v&#233;rit&#233; et la fausset&#233;, elle tend aussi &#224; s'attendre soit &#224; un accord, soit &#224; une opposition &#224; un syst&#232;me philosophique existant, et dans l'explication d'un tel syst&#232;me, elle ne voit que l'un ou l'autre. Elle ne comprend pas tant la diversit&#233; des syst&#232;mes philosophiques comme le d&#233;veloppement progressif de la v&#233;rit&#233;, mais elle ne voit que la contradiction dans la diversit&#233;. Le bourgeon dispara&#238;t quand la fleur &#233;clate, et on pourrait dire que le bourgeon est r&#233;fut&#233; par la fleur, et de la m&#234;me mani&#232;re, &#224; travers le fruit, la fleur est d&#233;clar&#233;e comme une fausse existence de la plante, et comme sa v&#233;rit&#233;, la fleur prend la place de la fleur. Ces formes sont non seulement diff&#233;rentes, mais elles se r&#233;priment aussi comme &#233;tant incompatibles les unes avec les autres. Mais leur nature fluide en fait en m&#234;me temps des moments d'unit&#233; organique dans lesquels non seulement ils ne s'opposent pas les uns aux autres, mais l'un est aussi n&#233;cessaire que l'autre, et c'est cette m&#234;me n&#233;cessit&#233; qui constitue la vie de l'ensemble. Mais la contradiction contre un syst&#232;me philosophique ne se comprend pas d'une part de cette mani&#232;re, et d'autre part la conscience compr&#233;hensive ne sait g&#233;n&#233;ralement pas comment la lib&#233;rer de son caract&#232;re unilat&#233;ral ou la maintenir libre, et sous la forme des contradictions et apparemment contradictoires moments de reconnaissance mutuellement n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande de telles explications et leur satisfaction semblent peut-&#234;tre &#234;tre le principal probl&#232;me. En quoi l'int&#233;rieur d'un &#233;crit philosophique pourrait-il s'exprimer plus que dans ses buts et ses r&#233;sultats, et de quelle mani&#232;re peut-on les conna&#238;tre plus clairement que par leur diff&#233;rence avec ce que l'&#233;poque produit autrement dans le m&#234;me domaine ? Mais si une telle action doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e plus que le simple d&#233;but de la cognition, si elle est destin&#233;e &#224; une cognition r&#233;elle, alors elle est en fait &#224; compter parmi les inventions visant &#224; contourner la mati&#232;re elle-m&#234;me et &#224; combiner les deux, l'apparence de s&#233;rieux. et des efforts pour cela, et la v&#233;ritable &#233;conomie de celui-ci. &#8211; Car la chose ne s'&#233;puise pas dans son but , mais dans son ex&#233;cution , et le r&#233;sultat n'est pas non plus le tout r&#233;el , mais plut&#244;t lui-m&#234;me avec son devenir ; la fin en soi est l'universel non vivant, tout comme la tendance est la simple activit&#233; &#224; laquelle manque encore sa r&#233;alit&#233;, et le r&#233;sultat nu est le cadavre qu'elle a laiss&#233; derri&#232;re elle. &#8211; De la m&#234;me mani&#232;re, la diff&#233;rence est plut&#244;t la limite de la chose ; c'est l&#224; o&#249; la chose finit, ou c'est ce qu'elle n'est pas. De tels efforts visant un objectif ou des r&#233;sultats, ainsi que les diff&#233;rences et les jugements des uns et des autres, sont donc un travail plus facile qu'il n'y para&#238;t peut-&#234;tre. Parce qu'au lieu de s'occuper de la mati&#232;re, une telle action est toujours au-del&#224; d'elle, au lieu de s'y habiter et de s'y oublier, une telle connaissance s'&#233;tend toujours &#224; un autre, et reste avec elle-m&#234;me plut&#244;t que avec la mati&#232;re qu'elle est et s'abandonne &#224; elle. &#8211; Le plus simple est de juger ce qui a de la substance et de la solidit&#233;, le plus difficile est de le saisir, le plus difficile est de produire une repr&#233;sentation de ce qui combine les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'&#233;ducation et l'&#233;laboration de l'imm&#233;diatet&#233; de la vie substantielle devront toujours se faire par l'acquisition de la connaissance des principes g&#233;n&#233;raux et des points de vue, pour ensuite se frayer un chemin jusqu'&#224; l'id&#233;e de la mati&#232;re en g&#233;n&#233;ral, et non moins le soutenir ou le r&#233;futer avec des raisons, comprendre l'abondance concr&#232;te et riche selon des certitudes et &#234;tre capable de donner une information appropri&#233;e et un jugement s&#233;rieux &#224; son sujet. Mais ce d&#233;but d'&#233;ducation c&#233;dera d'abord la place au s&#233;rieux d'une vie accomplie, qui conduit &#224; l'exp&#233;rience de la chose elle-m&#234;me, et si &#224; cela s'ajoute aussi le fait que le s&#233;rieux du concept s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; sa profondeur, alors une telle connaissance et le jugement sera dans la conversation. Gardez la conversation &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; existe ne peut &#234;tre que son syst&#232;me scientifique. Mon objectif est d'aider la philosophie &#224; se rapprocher de la forme de la science, dans le but de pouvoir se d&#233;barrasser de son nom d' amour de la connaissance et d'&#234;tre une v&#233;ritable connaissance . La n&#233;cessit&#233; interne selon laquelle la connaissance est science r&#233;side dans sa nature, et l'explication satisfaisante de celle-ci est uniquement la pr&#233;sentation de la philosophie elle-m&#234;me. La n&#233;cessit&#233; externe, cependant, dans la mesure o&#249; elle est g&#233;n&#233;rale, ind&#233;pendamment de la contingence de la personne et des raisons individuelles. La mani&#232;re dont il est saisi est la m&#234;me que celle avec laquelle le temps int&#233;rieur pr&#233;sente l'existence de ses moments sous forme de temps. Montrer qu'il est temps que la philosophie devienne une science serait donc la seule v&#233;ritable justification des exp&#233;riences qui ont ce but, parce qu'elles en d&#233;montrent la n&#233;cessit&#233;, oui, parce qu'elles le r&#233;aliseraient en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pla&#231;ant la vraie forme de la v&#233;rit&#233; dans la science - ou, ce qui revient au m&#234;me, en affirmant que la v&#233;rit&#233; a l'&#233;l&#233;ment de son existence dans le seul concept&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'apparition d'une telle exigence est comprise dans son contexte g&#233;n&#233;ral et consid&#233;r&#233;e au niveau o&#249; se situe actuellement l'esprit conscient de soi, alors elle a d&#233;pass&#233; la vie substantielle qu'il menait autrement dans l'&#233;l&#233;ment de pens&#233;e - au-del&#224; de cette imm&#233;diatet&#233; de la pens&#233;e. sa croyance, sur la satisfaction et la s&#233;curit&#233; de la certitude que poss&#233;dait la conscience de sa r&#233;conciliation avec l'&#234;tre et sa pr&#233;sence g&#233;n&#233;rale, interne et externe. Il est non seulement all&#233; au-del&#224; de cela, &#224; l'autre extr&#234;me du reflet insubstantiel de lui-m&#234;me en lui-m&#234;me, mais aussi au-del&#224; de cela. Non seulement sa vie essentielle est perdue pour lui, mais il est aussi conscient de cette perte et de la finitude qui en est le contenu. Se d&#233;tournant des conducteurs qui lui reprochent d'avoir tort, les reconnaissant et les bl&#226;mant, il exige d&#233;sormais de la philosophie non pas tant la connaissance de ce qu'il est , mais seulement, &#224; travers la philosophie, l'obtention de cette physicalit&#233; et de cette solidit&#233; de l'&#234;tre. Pour r&#233;pondre &#224; ce besoin, il ne faut pas tant ouvrir l'enfermement de la substance et l'&#233;lever &#224; la conscience de soi - pas tant ramener sa conscience chaotique &#224; l'ordre imagin&#233; et &#224; la simplicit&#233; du concept, mais plut&#244;t &#233;pancher les sp&#233;cialit&#233;s. de la pens&#233;e, supprimer le concept distinctif et cela Pour cr&#233;er un sentiment d'&#234;tre, et non pour fournir &#224; la fois un aper&#231;u et une &#233;dification . Le beau, le saint, l'&#233;ternel, la religion et l'amour sont l'app&#226;t n&#233;cessaire pour &#233;veiller le d&#233;sir de mordre, non pas le concept, mais l'extase, non la n&#233;cessit&#233; froidement progressive de la chose, mais l'enthousiasme fermentant devrait &#234;tre l'attitude. et la propagation continue de la richesse de la substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exigence correspond &#224; l'effort acharn&#233;, presque z&#233;l&#233; et irritable, pour sortir les gens de leur immersion dans le sensuel, le commun et l'individuel et pour lever leur regard vers les &#233;toiles ; comme s'ils, oubliant compl&#232;tement le divin, se tenaient avec la poussi&#232;re et l'eau, comme le ver, sur le point de se rassasier. Autrement, ils auraient dot&#233; le ciel d'une immense richesse de pens&#233;es et d'images. De tout cela, la signification r&#233;sidait dans le fil de lumi&#232;re par lequel il &#233;tait li&#233; au ciel ; Sur lui, au lieu de rester dans cette pr&#233;sence, le regard glissait au-del&#224;, jusqu'&#224; l'&#234;tre divin, vers une pr&#233;sence, si l'on peut dire, surnaturelle. L'&#339;il de l'esprit devait &#234;tre obligatoirement dirig&#233; vers les choses terrestres et s'y tenir fermement ; et il a fallu beaucoup de temps pour exploiter la clart&#233; que seul le surnaturel avait dans l'ennui et la confusion dans lesquels se trouvait le sens de ce monde, et pour rendre int&#233;ressante et valable l'attention au pr&#233;sent en tant que tel, ce qu'on appelait l'exp&#233;rience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette frugalit&#233; dans la r&#233;ception ou cette frugalit&#233; dans le don ne convient pas &#224; la science. Celui qui cherche seulement l'&#233;dification, celui qui veut envelopper de brume sa diversit&#233; terrestre d'existence et de pens&#233;e et aspire &#224; la jouissance ind&#233;finie de cette divinit&#233; ind&#233;finie, peut voir o&#249; il trouve cela ; Il trouvera facilement le moyen de s'extasier sur quelque chose et ainsi de se propager. Mais la philosophie doit se garder de chercher &#224; &#234;tre &#233;difiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette frugalit&#233;, qui renonce &#224; la science, doit encore moins pr&#233;tendre que cet enthousiasme et cette morosit&#233; sont quelque chose de plus &#233;lev&#233; que la science. Cette parole proph&#233;tique veut &#224; peu pr&#232;s rester au centre et en profondeur, regarde avec m&#233;pris la d&#233;termination (le Horos ) et se tient volontairement &#224; l'&#233;cart du concept et de la n&#233;cessit&#233;, plut&#244;t que de la r&#233;flexion qui ne r&#233;side que dans le fini. Mais tout comme il y a une largeur vide, il y a aussi une profondeur vide, comme une extension de la substance qui se d&#233;verse dans une diversit&#233; finie, sans pouvoir la maintenir ensemble - ainsi c'est une intensit&#233; sans contenu, qui se pr&#233;sente comme une pure force. sans expansion, la m&#234;me chose est la superficialit&#233;. La puissance de l'esprit est aussi grande que son expression, sa profondeur aussi profonde qu'il ose s'&#233;tendre et se perdre dans son interpr&#233;tation. &#8211; En m&#234;me temps, si cette connaissance non conceptuelle et substantielle pr&#233;tend avoir enfonc&#233; l'individualit&#233; de soi dans l'&#234;tre et philosopher de mani&#232;re vraie et sainte, elle cache que, au lieu d'&#234;tre consacr&#233;e &#224; Dieu, elle Il le fait simplement en m&#233;prisant la mesure et la d&#233;termination, tant&#244;t en elle-m&#234;me en raison du caract&#232;re accidentel du contenu, tant&#244;t en autorisant son propre arbitraire. &#8211; En s'abandonnant au ferment effr&#233;n&#233; de la substance, ils croient, en enveloppant la conscience d'eux-m&#234;mes et en renon&#231;ant &#224; leur entendement, qu'ils sont les siens , &#224; qui Dieu donne la sagesse dans leur sommeil ; Ce qu'ils con&#231;oivent et mettent au monde dans leur sommeil sont donc aussi des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos, il n'est pas difficile de comprendre que notre &#233;poque est une p&#233;riode de naissance et de transition vers une nouvelle p&#233;riode. L'esprit a rompu avec le monde ant&#233;rieur de son existence et de son imagination et est en train de l'enfoncer dans le pass&#233; et de le transformer. Il est vrai qu'il n'est jamais au repos, mais plut&#244;t en mouvement toujours progressif. Mais tout comme chez un enfant, apr&#232;s une longue p&#233;riode de nourriture silencieuse, le premier souffle interrompt cette progression simplement croissante - un saut qualitatif - et l'enfant na&#238;t, de m&#234;me l'esprit en d&#233;veloppement m&#251;rit lentement et silencieusement vers la nouvelle forme, lib&#233;rant une particule de la structure de son pr&#233;c&#233;dent Monde apr&#232;s monde, leur oscillation n'est indiqu&#233;e que par des sympt&#244;mes individuels ; l'insouciance et l'ennui qui traversent l'existant, la vague pr&#233;monition d'un inconnu annoncent que quelque chose d'autre est sur le point de se produire. Cet effritement progressif, qui n'a pas modifi&#233; la physionomie de l'ensemble, est interrompu par l'&#233;mergence qui, en un &#233;clair, cr&#233;e d'un seul coup la structure du nouveau monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette nouveaut&#233; n'a pas de r&#233;alit&#233; plus compl&#232;te que l'enfant qui vient de na&#238;tre ; et cela est essentiel &#224; ne pas ignorer. La premi&#232;re apparition est son imm&#233;diatet&#233; ou son concept. De m&#234;me qu'un &#233;difice n'est pas termin&#233; lorsque ses fondations sont pos&#233;es, la conception d'ensemble r&#233;alis&#233;e n'est pas l'ensemble lui-m&#234;me o&#249; l'on aimerait voir un ch&#234;ne dans la force de son tronc et dans l'&#233;tendue de ses branches et de ses masses. de son feuillage, nous ne sommes pas satisfaits si on nous montre un gland &#224; ce stade. La science, couronnement d'un monde de l'esprit, n'est donc pas compl&#232;te &#224; ses d&#233;buts. Le d&#233;but d'un nouvel esprit est le produit d'une r&#233;volution g&#233;n&#233;ralis&#233;e des diverses formes d'&#233;ducation, prix d'un chemin multiple et d'efforts tout aussi nombreux. C'est le tout repli&#233; sur lui-m&#234;me face &#224; la succession et &#224; son expansion, le simple concept qui en est devenu. Mais la r&#233;alit&#233; de cet ensemble simple est que ces formations devenues moments se d&#233;veloppent et redonnent forme, mais dans leur nouvel &#233;l&#233;ment, dans le sens qu'ils sont devenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque, d'une part, la premi&#232;re apparition du monde nouveau n'est que l'ensemble voil&#233; dans sa simplicit&#233; ou son fondement g&#233;n&#233;ral, la richesse de l'existence ant&#233;rieure est encore pr&#233;sente &#224; la conscience dans la m&#233;moire. Ce qui manque dans la forme nouvellement apparue, c'est la diffusion et la sp&#233;cificit&#233; du contenu ; Mais il manque encore plus le d&#233;veloppement de la forme par laquelle les diff&#233;rences sont d&#233;termin&#233;es avec certitude et ordonn&#233;es dans leurs relations fixes. Sans cette formation, la science manque d'intelligibilit&#233; g&#233;n&#233;rale et appara&#238;t comme la possession &#233;sot&#233;rique de quelques individus ; &#8211; une possession &#233;sot&#233;rique : car elle n'est pr&#233;sente que dans son concept ou son int&#233;rieur ; de certains individus : parce que leur apparence non d&#233;velopp&#233;e rend leur existence individuelle. Seul ce qui est compl&#232;tement d&#233;termin&#233; est &#224; la fois exot&#233;rique, compr&#233;hensible et susceptible d'&#234;tre appris et propri&#233;t&#233; de tous. La forme intelligente de la science est le chemin qui y m&#232;ne qui est offert &#224; tous et rendu identique pour tous, et arriver &#224; la connaissance rationnelle &#224; travers la compr&#233;hension est la juste exigence de la conscience qui rejoint la science ; car l'entendement, c'est la pens&#233;e, le pur ego en g&#233;n&#233;ral ; et l'intelligent est ce qui est d&#233;j&#224; connu et ce qui est commun &#224; la science et &#224; la conscience non scientifique, par lequel celle-ci peut entrer directement dans celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, qui n'en est qu'&#224; ses d&#233;buts et qui n'a encore atteint ni l'int&#233;gralit&#233; des d&#233;tails ni la perfection de la forme, est critiquable &#224; ce sujet. Mais si cela devait affecter leur essence, il serait tout aussi injuste qu'inadmissible de ne pas vouloir reconna&#238;tre les exigences de cette formation. Cette opposition semble &#234;tre le point principal sur lequel travaille actuellement l'enseignement scientifique et qu'il ne comprend pas encore pleinement. Une partie insiste sur la richesse du mat&#233;riel et la compr&#233;hensibilit&#233;, l'autre les rejette au moins et insiste sur la rationalit&#233; et la divinit&#233; imm&#233;diates. M&#234;me si cette partie est r&#233;duite au silence, soit par la seule force de la v&#233;rit&#233;, soit par l'imp&#233;tuosit&#233; de l'autre, et si elle se sent d&#233;pass&#233;e par rapport &#224; la cause du probl&#232;me, elle n'est donc pas satisfaite par rapport &#224; ces exigences, car elles sont juste, mais non accompli. Son silence n'est d&#251; qu'&#224; moiti&#233; &#224; la victoire et &#224; moiti&#233; &#224; l'ennui et &#224; l'indiff&#233;rence, qui sont g&#233;n&#233;ralement le r&#233;sultat d'attentes constamment excit&#233;es et de l'incapacit&#233; &#224; tenir ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le contenu, les autres se font parfois assez facilement pour avoir une large port&#233;e. Ils attirent sur leur sol beaucoup de mati&#232;re, &#224; savoir ce qui est d&#233;j&#224; connu et ordonn&#233;, et en s'occupant principalement des bizarreries et des curiosit&#233;s, ils semblent d'autant plus avoir d'autant plus le reste, dont la connaissance &#224; sa mani&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; termin&#233;e, avoir , en m&#234;me temps, de contr&#244;ler ce qui n'est pas encore r&#233;glement&#233; et de tout soumettre ainsi &#224; l'id&#233;e absolue, qui semble ainsi avoir &#233;t&#233; reconnue en tout et s'est d&#233;velopp&#233;e en une science largement r&#233;pandue. Mais si nous regardons de plus pr&#232;s cette expansion, elle ne semble pas s'&#234;tre produite parce qu'une seule et m&#234;me chose s'est form&#233;e diff&#233;remment, mais plut&#244;t comme la r&#233;p&#233;tition informe de l'une et du m&#234;me, qui ne s'applique qu'ext&#233;rieurement &#224; l'objet. mat&#233;riau diff&#233;rent et pr&#233;sente une apparence ennuyeuse qui pr&#233;serve la diversit&#233;. L'id&#233;e, qui est probablement vraie en elle-m&#234;me, ne reste qu'&#224; son d&#233;but si le d&#233;veloppement ne consiste qu'en une telle r&#233;p&#233;tition de la m&#234;me formule. La forme unique et immobile dirig&#233;e par le sujet connaissant autour de ce qui est l&#224;, la mati&#232;re immerg&#233;e dans cet &#233;l&#233;ment reposant de l'ext&#233;rieur, ce n'est rien d'autre que des id&#233;es arbitraires sur le contenu, l'accomplissement de ce qui est requis, &#224; savoir la richesse qui na&#238;t d'elle-m&#234;me et d'elle-m&#234;me. diff&#233;rence de forme autod&#233;termin&#233;e. Il s'agit plut&#244;t d'un formalisme monochromatique qui diff&#233;rencie le mat&#233;riau uniquement parce qu'il est d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; et connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, il revendique cette monotonie et cette universalit&#233; abstraite comme &#233;tant l'absolu ; Il affirme que son insuffisance est une incapacit&#233; &#224; s'emparer du point de vue absolu et &#224; s'y accrocher. Si autrement la possibilit&#233; vide d'imaginer quelque chose d'une mani&#232;re diff&#233;rente &#233;tait suffisante pour r&#233;futer une id&#233;e, et que la m&#234;me simple possibilit&#233;, l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, avait aussi toute la valeur positive de la connaissance r&#233;elle, alors nous voyons ici l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la m&#234;me mani&#232;re. Toute valeur est attribu&#233;e &#224; cette forme d'irr&#233;alit&#233;, et la dissolution de ce qui est diff&#233;renci&#233; et d&#233;termin&#233;, ou plut&#244;t son rejet dans l'ab&#238;me du vide, qui n'est ni d&#233;velopp&#233; ni auto-justifi&#233;, est consid&#233;r&#233;e comme une mani&#232;re sp&#233;culative de voir la r&#233;alit&#233;. il. En consid&#233;rant toute existence telle qu'elle est dans l'absolu , rien d'autre n'existe ici, si ce n'est que l'on dit qu'on en a maintenant parl&#233; comme quelque chose dans l'absolu, le A = A, mais de telles choses n'existent pas, mais en cela tout est un. Opposer cette connaissance unique , selon laquelle dans l'absolu tout est &#233;gal, &#224; la connaissance qui distingue et accomplit ou cherche et exige l'accomplissement - ou faire passer son absolu pour la nuit, dans laquelle, comme on dit, toutes les vaches sont noires, c'est la na&#239;vet&#233; du vide Connaissance. &#8211; Le formalisme que la philosophie moderne a condamn&#233; et injuri&#233;, et qui s'est r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en elle, ne dispara&#238;tra pas de la science, m&#234;me si son insuffisance est connue et ressentie, tant que la connaissance de la r&#233;alit&#233; absolue n'aura pas &#233;t&#233; pleinement comprise sur sa nature. &#8211; Compte tenu du fait que l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, lorsqu'elle pr&#233;c&#232;de ce qui est une tentative de son ex&#233;cution, permet de mieux comprendre cette derni&#232;re, il est utile d'en indiquer ici le caract&#232;re approximatif, dans le but &#224; la fois de en donnant &#224; cette occasion quelques formes supprim&#233;es, dont l'habitude est un obstacle &#224; la connaissance philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ma perspicacit&#233;, qui doit se justifier par la repr&#233;sentation du syst&#232;me, tout d&#233;pend de la compr&#233;hension et de l'expression de la v&#233;rit&#233; non pas en tant que substance , mais tout autant en tant que sujet . En m&#234;me temps, il convient de noter que la physicalit&#233; englobe autant le g&#233;n&#233;ral ou l'imm&#233;diatet&#233; de la connaissance que ce qui est l'&#234;tre ou l'imm&#233;diatet&#233; de la connaissance. &#8211; Si la conception de Dieu comme substance unique a scandalis&#233; l'&#233;poque dans laquelle cette d&#233;termination s'exprimait, la raison en &#233;tait en partie l'instinct selon lequel la conscience de soi &#233;tait seulement perdue en elle, non pr&#233;serv&#233;e, mais en partie c'est le contraire, c'est-&#224;-dire que La pens&#233;e en tant que pens&#233;e s'accroche &#224; l' universalit&#233; , &#224; la m&#234;me simplicit&#233; ou &#224; la physicalit&#233; indiff&#233;renci&#233;e et immobile, et troisi&#232;mement, lorsque la pens&#233;e unit l'&#234;tre de la substance en tant que telle et l'imm&#233;diatet&#233; ou la vision en tant que pens&#233;e. Une fois saisi, cela d&#233;pend encore de la question de savoir si cette perception intellectuelle ne retombe pas dans une simplicit&#233; paresseuse et ne pr&#233;sente pas la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me de mani&#232;re irr&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance vivante est en outre l'&#234;tre, qui est en v&#233;rit&#233; sujet , ou, ce qui revient au m&#234;me, qui est en v&#233;rit&#233; r&#233;el, seulement dans la mesure o&#249; il est le mouvement de se poser, ou la m&#233;diation du devenir autre avec soi. En tant que sujet, c'est la n&#233;gativit&#233; pure et simple , pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela la division du simple, ou le d&#233;doublement oppos&#233;, qui est &#224; son tour la n&#233;gation de cette diff&#233;rence indiff&#233;rente et de son opposition ; seule la restauration de l'&#233;galit&#233; ou du reflet dans l'alt&#233;rit&#233; en soi - et non une unit&#233; originelle en tant que telle, ou une unit&#233; imm&#233;diate en tant que telle, est la v&#233;rit&#233;. C'est le devenir de lui-m&#234;me, le cercle, qui pr&#233;suppose sa fin pour but et l'a pour d&#233;but, et n'est r&#233;el que par son ex&#233;cution et sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de Dieu et la connaissance divine peuvent tr&#232;s bien s'exprimer comme un amour jouant avec lui-m&#234;me ; Cette id&#233;e sombre dans l'&#233;dification et m&#234;me dans la fadeur si le s&#233;rieux, la douleur, la patience et le travail du n&#233;gatif y manquent. En elle-m&#234;me, cette vie est l'&#233;galit&#233; et l'unit&#233; sans nuages &#8203;&#8203;avec elle-m&#234;me, ce qui ne se soucie pas s&#233;rieusement d'&#234;tre diff&#233;rent et d'ali&#233;ner, ni de surmonter cette ali&#233;nation. Mais cet en-soi est l'universalit&#233; abstraite dans laquelle sa nature, &#233;tant pour elle-m&#234;me , et donc le mouvement propre de la forme en g&#233;n&#233;ral, est n&#233;glig&#233;e. Si l'on affirme que la forme est &#233;gale &#224; l'essence, c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison un malentendu que de penser que la connaissance peut se contenter de l'en-soi ou de l'essence, mais qu'elle peut &#233;pargner la forme ; &#8211; que le principe absolu ou la vision absolue rend inutile la mise en &#339;uvre du premier ou le d&#233;veloppement de l'autre. Pr&#233;cis&#233;ment parce que la forme est aussi essentielle &#224; l'&#234;tre qu'&#224; lui-m&#234;me, elle ne doit pas &#234;tre saisie et exprim&#233;e simplement comme un &#234;tre, c'est-&#224;-dire comme une substance imm&#233;diate, ou comme une pure intuition personnelle du divin, mais simplement comme une substance imm&#233;diate. autant qu'une forme et dans toute la richesse de la forme d&#233;velopp&#233;e ; Ce n'est qu'alors qu'il est saisi et exprim&#233; comme quelque chose de r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; est le tout. Mais le tout n'est que l'&#234;tre qui se compl&#232;te par son d&#233;veloppement. Il faut dire de l'Absolu qu'il est essentiellement un r&#233;sultat , qu'il n'est qu'en fin de compte ce qu'il est r&#233;ellement ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que r&#233;side sa nature, &#234;tre quelque chose de r&#233;el, un sujet, ou devenir soi. Aussi contradictoire qu'il puisse para&#238;tre que l'absolu doive &#234;tre compris essentiellement comme un r&#233;sultat, un peu de r&#233;flexion corrige cette apparence de contradiction. Le Commencement, le Principe ou l'Absolu, tel qu'il est exprim&#233; d'abord et imm&#233;diatement, n'est que le g&#233;n&#233;ral. De m&#234;me que lorsque je dis : tous les animaux, ce mot ne peut s'appliquer &#224; la zoologie, il est &#233;galement frappant que les mots du divin, de l'absolu, de l'&#233;ternel, etc. n'expriment pas ce qu'ils contiennent ; &#8211; et seuls de tels mots expriment r&#233;ellement l'intuition comme imm&#233;diate. Ce qui est plus qu'un tel mot, le passage m&#234;me &#224; une phrase, est un devenir autre qu'il faut reprendre, est une m&#233;diation. Mais c'est ce qui est horrifi&#233;, comme si en en faisant plus que cela, on aurait dit que ce n'&#233;tait pas quelque chose d'absolu et qu'on n'abandonnerait pas du tout la connaissance absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette horreur vient en r&#233;alit&#233; d'une m&#233;connaissance de la nature de la m&#233;diation et de la connaissance absolue elle-m&#234;me, car la m&#233;diation n'est rien d'autre que l'identit&#233; en mouvement, ou bien le reflet en soi, le moment du Moi existant en soi, la pure N&#233;gativit&#233;. ou simplement devenir . Le Je, ou le devenir en g&#233;n&#233;ral, cette m&#233;diation, par souci de simplicit&#233;, est pr&#233;cis&#233;ment l'imm&#233;diatet&#233; naissante et l'imm&#233;diat lui-m&#234;me - C'est donc une m&#233;connaissance de la raison si la r&#233;flexion est exclue de la v&#233;rit&#233; et n'est pas comprise comme un moment positif. de l'absolu. C'est elle qui fait de la v&#233;rit&#233; un r&#233;sultat, mais qui abolit aussi cette opposition &#224; son devenir, parce que ce devenir est tout aussi simple et donc non diff&#233;rent de la forme de la v&#233;rit&#233;, qui se r&#233;v&#232;le simple dans le r&#233;sultat ; C'est plut&#244;t ce retour &#224; la simplicit&#233;. &#8211; Bien que l'embryon soit humain en soi , il ne l'est pas en soi ; Pour lui, ce n'est qu'en tant que raison instruite qui s'est faite ce qu'elle est en elle-m&#234;me . C'est leur r&#233;alit&#233;. Mais ce r&#233;sultat est lui-m&#234;me une simple imm&#233;diatet&#233;, car c'est une libert&#233; consciente qui repose en elle-m&#234;me et qui n'a pas pouss&#233; l'opposition de c&#244;t&#233; et ne l'y a pas laiss&#233;e, mais qui s'est r&#233;concili&#233;e avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est dit peut aussi &#234;tre exprim&#233; de telle mani&#232;re que la raison soit l' action intentionnelle . L'&#233;l&#233;vation de la nature suppos&#233;e au-dessus d'une pens&#233;e mal comprise et, tout d'abord, le bannissement de la finalit&#233; externe ont discr&#233;dit&#233; la forme du but en g&#233;n&#233;ral. Cependant, tout comme Aristote d&#233;finit la nature comme une action intentionnelle, le but est l'imm&#233;diat, le repos, qui est lui-m&#234;me en mouvement ou sujet. Son pouvoir abstrait de bouger est l'&#234;tre pour soi ou la pure n&#233;gativit&#233;. Le r&#233;sultat est le m&#234;me que le d&#233;but uniquement parce que le d&#233;but est le but ; &#8211; ou bien le r&#233;el n'est identique &#224; son concept que parce que l'imm&#233;diat a pour finalit&#233; le soi ou la pure r&#233;alit&#233; en soi. Le but accompli ou la r&#233;alit&#233; existante est le mouvement et le devenir d&#233;ploy&#233; ; Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette inqui&#233;tude qui est le moi ; et il est &#233;gal &#224; l'imm&#233;diatet&#233; et &#224; la simplicit&#233; du d&#233;but parce qu'il est le r&#233;sultat, ce qui est revenu &#224; lui-m&#234;me - mais ce qui est revenu &#224; lui-m&#234;me est pr&#233;cis&#233;ment le soi, et le soi est la m&#234;met&#233; et la simplicit&#233; autor&#233;f&#233;rentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; de pr&#233;senter l'absolu comme sujet faisait appel aux phrases : Dieu est l'&#233;ternel, ou l'ordre moral du monde, ou l'amour, etc. Dans de telles phrases, la v&#233;rit&#233; n'est pos&#233;e que comme sujet, mais non comme mouvement de l'absolu. soi-m&#234;me - auto-r&#233;flexif. Cela commence dans une phrase comme celle-ci par le mot : Dieu . Ceci en soi est un son insens&#233;, un simple nom ; seul le pr&#233;dicat dit ce qu'il est , son accomplissement et son sens ; Le d&#233;but vide ne devient une v&#233;ritable connaissance qu'&#224; cette fin. A cet &#233;gard, on ne voit pas pourquoi on ne parle pas de l'ordre &#233;ternel, moral du monde, etc., ou, comme le faisaient les anciens, de concepts purs, d'&#234;tre, d'un, etc., de ce qu'est le sens, seul, sans ajouter le Loud d&#233;nu&#233; de sens. Mais ce mot signifie que ce qui est pos&#233; n'est pas un &#234;tre, ni une essence, ni un universel en g&#233;n&#233;ral, mais plut&#244;t quelque chose qui se refl&#232;te en soi, un sujet. Mais en m&#234;me temps, cela n'est qu'une anticipation. Le sujet est suppos&#233; &#234;tre un point fixe auquel les pr&#233;dicats sont attach&#233;s comme support, par un mouvement qui appartient &#224; celui qui le conna&#238;t et n'est pas consid&#233;r&#233; comme appartenant au point lui-m&#234;me ; Mais &#224; travers eux seul le contenu serait repr&#233;sent&#233; comme sujet. Compte tenu de la nature de ce mouvement, il ne peut lui appartenir ; mais selon l'hypoth&#232;se de ce point, elle ne peut avoir aucune autre nature, elle ne peut &#234;tre qu'externe. Cette anticipation selon laquelle l'Absolu est le sujet n'est donc pas seulement la r&#233;alit&#233; de ce concept, mais la rend m&#234;me impossible, car la premi&#232;re le fixe comme un point stationnaire, tandis que la seconde est un mouvement de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nombreuses conclusions qui d&#233;coulent de ce qui a &#233;t&#233; dit, on peut souligner le fait que la connaissance n'est que r&#233;elle et peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e comme une science ou comme un syst&#232;me . En outre, un soi-disant principe ou principe de philosophie, s'il est vrai, est &#233;galement faux simplement parce qu'il s'agit d'un principe ou d'un principe. &#8211; Il est donc facile de le r&#233;futer. La r&#233;futation consiste &#224; montrer son d&#233;faut ; Mais elle est d&#233;fectueuse parce qu'elle n'est que le g&#233;n&#233;ral ou le principe, le commencement. Si la r&#233;futation est compl&#232;te, alors elle a &#233;t&#233; prise et d&#233;velopp&#233;e de l'int&#233;rieur de lui-m&#234;me - et non provoqu&#233;e par des assurances et des id&#233;es oppos&#233;es venant de l'ext&#233;rieur. Il serait donc bien son d&#233;veloppement et donc le compl&#233;ment de sa d&#233;ficience s'il ne m&#233;connait pas de reconna&#238;tre qu'il ne pr&#234;te attention qu'&#224; son c&#244;t&#233; n&#233;gatif et ne prend pas &#233;galement conscience de sa progression et de ses cons&#233;quences quant &#224; son c&#244;t&#233; positif . &#8211; La mise en &#339;uvre positive r&#233;elle du d&#233;but est en m&#234;me temps, &#224; l'inverse, tout autant une attitude n&#233;gative &#224; son &#233;gard, &#224; savoir contre sa forme unilat&#233;rale d'&#234;tre direct ou de finalit&#233; . Elle peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e tout autant comme une r&#233;futation de ce qui constitue la base du syst&#232;me, mais mieux comme une d&#233;monstration que la base ou le principe du syst&#232;me n'en est en fait que le d&#233;but .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la v&#233;rit&#233; n'est r&#233;elle qu'en tant que syst&#232;me, ou que la substance est essentiellement un sujet, s'exprime dans l'id&#233;e qui exprime l'absolu comme esprit - le concept le plus sublime et qui appartient aux temps modernes et &#224; leur religion. Le spirituel seul est le r&#233;el ; c'est l'essence ou l'&#234;tre-en-soi - ce qui se comporte ou se d&#233;termine, l' alt&#233;rit&#233; et l'&#234;tre-pour-soi - et ce qui reste en soi dans cette d&#233;termination ou son &#234;tre-hors-soi ; &#8211; ou c'est en soi . &#8211; Mais cet &#234;tre-en-et-pour-soi n'est que pour nous ou en soi , ou bien c'est la substance spirituelle . Cela doit &#233;galement &#234;tre le cas pour soi-m&#234;me &#8211; la connaissance du spirituel et la connaissance de soi-m&#234;me en tant qu'esprit ; c'est-&#224;-dire qu'il doit &#234;tre lui-m&#234;me en tant qu'objet , mais aussi directement en tant qu'objet m&#233;diatis&#233; , c'est-&#224;-dire suspendu et r&#233;fl&#233;chi. Il n'est pour nous que dans la mesure o&#249; son contenu spirituel est g&#233;n&#233;r&#233; par lui-m&#234;me ; Mais dans la mesure o&#249; il est aussi pour soi, pour soi, cette auto-cr&#233;ation, le concept pur, est en m&#234;me temps l'&#233;l&#233;ment objectif dans lequel il a son existence ; et c'est ainsi qu'il est un objet qui se refl&#232;te en lui-m&#234;me dans son existence. &#8211; L'esprit qui se sait esprit est la science . C'est sa r&#233;alit&#233; et le royaume qu'il se construit dans son propre &#233;l&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pure connaissance de soi dans l'alt&#233;rit&#233; absolue, cet &#233;ther en tant que tel , est la base de la science ou de la connaissance en g&#233;n&#233;ral . Le d&#233;but de la philosophie pr&#233;suppose ou exige que la conscience se situe dans cet &#233;l&#233;ment. Mais cet &#233;l&#233;ment lui-m&#234;me n'a sa perfection et sa transparence que par le mouvement de son devenir. C'est la spiritualit&#233; pure, ou l'universel, qui a le mode de la simple imm&#233;diatet&#233;. Parce que c'est l'imm&#233;diatet&#233; de l'esprit, parce que la substance de l'esprit en g&#233;n&#233;ral, c'est l' essence transfigur&#233;e , le reflet, qui est lui-m&#234;me simple ou l'imm&#233;diatet&#233;, l'&#234;tre, qui est le reflet en soi. La science, de son c&#244;t&#233;, exige que la conscience de soi s'&#233;l&#232;ve dans cet &#233;ther afin de pouvoir vivre avec et en lui. A l'inverse, l'individu a le droit d'exiger que la science lui fournisse l'&#233;chelle menant au moins &#224; ce point de vue. Son droit repose sur son ind&#233;pendance absolue, qu'il sait poss&#233;der dans toute forme de sa connaissance, car sous toute forme, qu'elle soit reconnue ou non par la science, et que le contenu soit celui qu'elle veut, elle a ou a le droit absolu. former en m&#234;me temps une certitude imm&#233;diate de soi ; et, si l'on pr&#233;f&#233;rait cette expression, avec elle &#233;tant inconditionn&#233; . Si le point de vue de la conscience, la connaissance des choses objectives par opposition &#224; elle-m&#234;me et d'elle-m&#234;me par rapport &#224; elles, est consid&#233;r&#233; par la science comme autre chose - celui dans lequel elle se trouve avec elle-m&#234;me, plut&#244;t que comme la perte de l'esprit - alors pour lui , d'autre part, l'&#233;l&#233;ment science est une distance surnaturelle dans laquelle il ne se poss&#232;de plus. Chacune de ces deux parties appara&#238;t comme l'inverse de la v&#233;rit&#233; par rapport &#224; l'autre. Le fait que la conscience naturelle se confie directement &#224; la science est une tentative qu'elle fait, ne sachant pas par quoi elle est attir&#233;e, de la bouleverser ; La contrainte d'accepter cette position inhabituelle et de s'y d&#233;placer est une force si mal pr&#233;par&#233;e qu'elle semble inutile et qu'il est oblig&#233; de s'infliger. &#8211; La science est ce qu'elle veut en soi, par rapport &#224; la conscience de soi imm&#233;diate elle se pr&#233;sente comme quelque chose d'invers&#233; par rapport &#224; elle, ou bien parce que la conscience de soi imm&#233;diate est le principe de r&#233;alit&#233;, elle la soutient en &#233;tant hors d'elle en soi d'irr&#233;alit&#233;. Il lui faut donc unir cet &#233;l&#233;ment &#224; lui-m&#234;me, ou plut&#244;t montrer cela et comment il lui appartient. Faute de r&#233;alit&#233;, il n'y a que l' en-soi , le but , qui est encore une chose int&#233;rieure., non pas comme esprit, seulement comme substance spirituelle. Il doit s'exprimer et devenir pour lui-m&#234;me ; cela ne signifie rien d'autre que : il doit poser la conscience de soi comme ne faisant qu'un avec lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce devenir de la science en g&#233;n&#233;ral , ou de la connaissance , est ce que repr&#233;sente cette ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit , comme la premi&#232;re partie de son syst&#232;me. La connaissance telle qu'elle est au d&#233;part, ou l' esprit imm&#233;diat, est l'insens&#233;, ou la conscience sensible . Pour devenir une connaissance r&#233;elle ou pour produire l'&#233;l&#233;ment de science qui est son concept pur, il lui faut parcourir un long chemin. &#8211; Ce devenir, tel qu'il s'institue dans son contenu et les formes qui y apparaissent, appara&#238;t comme autre chose que l'orientation de la conscience non scientifique vers la science ; aussi autre chose que le fondement de la science ; - en tout cas, comme l'enthousiasme qui part d'embl&#233;e, comme d'un coup de pistolet, avec une connaissance absolue, et qui se termine d&#233;j&#224; avec d'autres points de vue par le fait qu'il d&#233;clare n'y pr&#234;ter aucune attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la t&#226;che consistant &#224; conduire l'individu &#224; la connaissance d'un point de vue non instruit devait &#234;tre comprise dans son sens g&#233;n&#233;ral et consid&#233;rer l'individu en g&#233;n&#233;ral, l'esprit du monde, dans son &#233;ducation. &#8211; En ce qui concerne la relation entre les deux, chaque moment de l'individu en g&#233;n&#233;ral montre comment il acquiert sa propre forme et conception concr&#232;te. Mais l'individu particulier est l'esprit incomplet, une figure concr&#232;te dont toute l'existence est d&#233;termin&#233;e par une sp&#233;cificit&#233; et dans laquelle les autres n'existent que sous des traits mixtes. Dans l'esprit qui est plus haut qu'un autre, l'existence concr&#232;te inf&#233;rieure est tomb&#233;e &#224; un moment inaper&#231;u ; ce qui &#233;tait auparavant la chose elle-m&#234;me n'est plus qu'une trace ; sa forme est envelopp&#233;e et est devenue une simple ombre. L'individu, dont la substance est l'esprit sup&#233;rieur, traverse ce pass&#233; de la m&#234;me mani&#232;re qu'il exerce une science sup&#233;rieure, traverse la connaissance pr&#233;paratoire qu'il a longtemps d&#233;tenue pour se rendre pr&#233;sent son contenu ; il en &#233;voque le souvenir sans s'y int&#233;resser ni s'y attarder. De cette mani&#232;re, chaque individu passe &#233;galement par les &#233;tapes &#233;ducatives de l'esprit g&#233;n&#233;ral, mais comme des formes d&#233;j&#224; abandonn&#233;es par l'esprit, comme des &#233;tapes d'un chemin trac&#233; et pav&#233; ; comment, en ce qui concerne la connaissance, nous voyons ce qui occupait l'esprit m&#251;r des hommes dans les premiers &#226;ges, r&#233;duit &#224; la connaissance, aux exercices et m&#234;me aux jeux de l'enfance, et dans le progr&#232;s p&#233;dagogique nous reconna&#238;trons l'histoire de l'&#233;ducation du monde, trac&#233;e comme dans une silhouette. Cette existence pass&#233;e est d&#233;j&#224; propri&#233;t&#233; acquise de l'esprit g&#233;n&#233;ral, qui constitue la substance de l'individu ou sa nature inorganique. &#8211; De ce point de vue, la formation de l'individu consiste dans le fait qu'il acquiert ce qui est disponible, consomme sa nature inorganique et en prend possession pour lui-m&#234;me. Mais cela n'est pas diff&#233;rent du fait que l'esprit ou la substance g&#233;n&#233;rale se donne sa propre conscience, ou son devenir et son reflet en lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science pr&#233;sente ce mouvement formateur dans ses d&#233;tails et sa n&#233;cessit&#233;, ainsi que dans sa forme, ce qui est d&#233;j&#224; entr&#233; dans le moment et la propri&#233;t&#233; de l'esprit. Le but est la compr&#233;hension par l'esprit de ce qu'est la connaissance. L'impatience exige l'impossible, &#224; savoir l'atteinte du but sans moyens. D'une part, la longueur de ce chemin doit &#234;tre support&#233;e, car chaque instant est n&#233;cessaire, - d'autre part, il faut s'attarder sur chacun , car chacun est lui-m&#234;me une forme individuelle et enti&#232;re et n'est consid&#233;r&#233; que de mani&#232;re absolue, dans la mesure o&#249; car sa d&#233;termination dans son ensemble ou concr&#232;tement, ou l'ensemble dans la particularit&#233; de cette disposition est consid&#233;r&#233;e. &#8211; Parce que la substance de l'individu, parce que l'esprit du monde a eu la patience de parcourir ces formes au cours d'une longue p&#233;riode de temps et d'assumer l'&#233;norme travail de l'histoire du monde, et parce qu'il ne pouvait pas prendre conscience de lui-m&#234;me par d'autres moyens. , cela peut en effet. L'individu ne peut pas comprendre sa substance avec moins. En attendant, il lui faut moins d'efforts parce que cela a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en lui-m&#234;me - le contenu est d&#233;j&#224; la r&#233;alit&#233; effac&#233;e en possibilit&#233; et l'imm&#233;diatet&#233; conquise. D&#233;j&#224; pens&#233;e , elle est la propri&#233;t&#233; de l'individualit&#233; ; Il ne faut plus convertir l'existence en &#234;tre -en-soi , mais seulement convertir l'en-soi en forme d' &#234;tre-pour-soi .dont la nature m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;termin&#233;e plus en d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;pargne &#224; l'individu ce mouvement, c'est l'abolition de l'existence ; Mais ce qui reste, c'est l' imagination et la connaissance des formes. L'existence ramen&#233;e &#224; la substance n'est transf&#233;r&#233;e directement dans l'&#233;l&#233;ment du soi qu'&#224; travers cette premi&#232;re n&#233;gation ; Elle a donc encore le m&#234;me caract&#232;re d'imm&#233;diatet&#233; incompr&#233;hensible ou d'indiff&#233;rence impassible que l'existence elle-m&#234;me, ou bien elle n'a fait que passer dans l' imagination . &#8211; En m&#234;me temps, c'est quelque chose de connu , quelque chose que l'esprit a assimil&#233;, dans lequel ne r&#233;side plus son activit&#233; et donc son int&#233;r&#234;t. Si l'activit&#233; qui concerne l'existence est la m&#233;diation imm&#233;diate ou existante, et donc le seul mouvement de l'esprit particulier qui ne se comprend pas, alors la connaissance, en revanche, est dirig&#233;e contre l'id&#233;e qui en est n&#233;e, contre cette connaissance, c'est l'action du moi g&#233;n&#233;ral et l'int&#233;r&#234;t de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le connu en g&#233;n&#233;ral n'est pas connu parce qu'il est connu . C'est la forme la plus courante d'auto-tromperie, ainsi que de tromperie d'autrui, de supposer que quelque chose est connu en le connaissant et de l'accepter de la m&#234;me mani&#232;re ; Avec tous ces &#233;changes, une telle connaissance ne vient pas facilement sans savoir ce qui lui arrive. Le sujet et l'objet, etc., Dieu, la nature, l'entendement, la sensualit&#233;, etc. sont pris comme base comme connu et comme quelque chose de valable et constituent des points fixes &#224; la fois de d&#233;part et de retour. Le mouvement va et vient entre eux, qui restent immobiles, et donc uniquement &#224; leur surface. Comprendre et tester consiste donc aussi &#224; voir si chacun retrouve dans son imagination ce qu'il a dit, si cela lui semble tel et si cela lui est connu ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyser une id&#233;e, comme on le faisait habituellement, n'&#233;tait rien d'autre que d'abolir la forme sous laquelle elle &#233;tait connue . D&#233;manteler une id&#233;e en ses &#233;l&#233;ments originels, c'est remonter &#224; ses moments, qui au moins n'ont pas la forme de l'id&#233;e existante, mais constituent plut&#244;t la propri&#233;t&#233; imm&#233;diate du soi. Cette analyse ne porte que sur des id&#233;es qui sont elles-m&#234;mes des d&#233;terminations connues, fixes et reposantes. Mais un moment essentiel est cette chose divorc&#233;e et irr&#233;elle elle-m&#234;me ; car c'est seulement parce que le concret se s&#233;pare et devient irr&#233;el qu'il se meut. L'activit&#233; de s&#233;paration est le pouvoir et l'&#339;uvre de l' esprit , le plus merveilleux et le plus grand, ou plut&#244;t le pouvoir absolu. Le cercle, qui reste ferm&#233; sur lui-m&#234;me et tient ses moments comme une substance, est la relation imm&#233;diate et donc peu surprenante. Mais le fait que l'accidentel, s&#233;par&#233; de son &#233;tendue en tant que tel, ce qui n'est li&#233; et r&#233;el que dans sa relation avec d'autres choses, acquiert sa propre existence et sa libert&#233; s&#233;par&#233;e est la formidable puissance du n&#233;gatif ; c'est l'&#233;nergie de la pens&#233;e, du soi pur. La mort, si nous voulons appeler cela irr&#233;alit&#233;, est la chose la plus terrible, et retenir les morts requiert la plus grande force. La beaut&#233; faible d&#233;teste l'esprit parce qu'il exige d'elle ce dont elle n'est pas capable. Mais la vie de l'esprit n'est pas la vie qui fuit la mort et se garde pure de la d&#233;vastation, mais plut&#244;t celle qui la supporte et s'y maintient. Il n'obtient sa v&#233;rit&#233; qu'en se retrouvant dans une tourmente totale. Il n'est pas cette puissance comme le positif, qui d&#233;tourne le regard du n&#233;gatif, comme lorsque nous disons de quelque chose que ceci n'est rien ou mal, et maintenant, ayant fini avec cela, passons de cela &#224; autre chose ; mais il n'est ce pouvoir qu'en regardant le n&#233;gatif en face et en s'y attardant. Cette permanence est le pouvoir magique qui le transforme en existence. &#8211; Il en est de m&#234;me de ce qu'on appelait plus haut le sujet, qui, en donnant existence &#224; la d&#233;termination dans son &#233;l&#233;ment, annule l'imm&#233;diatet&#233; abstraite, c'est-&#224;-dire qui n'existe qu'en g&#233;n&#233;ral , et est donc la v&#233;ritable substance, &#234;tre ou imm&#233;diatet&#233;, qui n'est pas la m&#233;diation qui a hors d'elle-m&#234;me, mais qui est elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que ce qui est pr&#233;sent&#233; devient la propri&#233;t&#233; de la pure conscience de soi, cette &#233;l&#233;vation &#224; l'universalit&#233; en g&#233;n&#233;ral, n'est qu'un aspect , pas encore l'&#233;ducation compl&#232;te. &#8211; Le type d'&#233;tude des temps anciens diff&#232;re de celui des temps modernes en ce sens qu'il s'agissait du d&#233;veloppement r&#233;el de la conscience naturelle. En testant particuli&#232;rement chaque aspect de son existence et en philosophant sur tout ce qui se passait, il s'est transform&#233; en une communaut&#233; tout &#224; fait active. Dans les temps modernes, cependant, l'individu trouve la forme abstraite pr&#233;par&#233;e ; l'effort pour s'en emparer et se l'approprier est plus une pouss&#233;e en avant de la cr&#233;ation int&#233;rieure et tronqu&#233;e du g&#233;n&#233;ral qu'une &#233;mergence de celui-ci du concret et de la diversit&#233; de l'existence. Le travail ne consiste plus tant &#224; purifier l'individu de la voie sensuelle imm&#233;diate et &#224; en faire une pens&#233;e et une substance pensante, mais bien au contraire &#224; r&#233;aliser et inspirer l'universel en abolissant les pens&#233;es fixes, d&#233;termin&#233;es. Mais il est bien plus difficile d'amener des pens&#233;es fixes &#224; la fluidit&#233; que l'existence sensuelle. La raison est celle indiqu&#233;e pr&#233;c&#233;demment ; ces d&#233;terminations ont le moi, le pouvoir de la r&#233;alit&#233; n&#233;gative ou pure comme substance et &#233;l&#233;ment de leur existence ; Les d&#233;terminations sensibles, au contraire, ne sont que l'imm&#233;diatet&#233; abstraite et impuissante ou l'&#234;tre en tant que tel. Les pens&#233;es deviennent fluides lorsque la pens&#233;e pure, cette imm&#233;diatet&#233; int&#233;rieure , se reconna&#238;t comme un moment ou lorsque la pure certitude d'elle-m&#234;me s'abstient d'elle-m&#234;me ; - ne se laisse pas de c&#244;t&#233;, le met de c&#244;t&#233;, mais abandonne le fixe de son auto-position, &#224; la fois le fixe du pur concret, qui est le soi par opposition au contenu diff&#233;renci&#233;, - comme le fixe des choses diff&#233;renci&#233;es, qui sont dans l'&#233;l&#233;ment de la Pens&#233;e pure postul&#233; pour participer &#224; cette inconditionnalit&#233; du Je. Par ce mouvement, les pens&#233;es pures deviennent des concepts et sont ce qu'elles sont r&#233;ellement, des mouvements personnels, des cercles, quelle est leur substance, des &#234;tres spirituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement des entit&#233;s pures constitue la nature de la science en g&#233;n&#233;ral. Consid&#233;r&#233;e comme la connexion de son contenu, elle en est la n&#233;cessit&#233; et l'extension &#224; l'ensemble organique. Le chemin par lequel le concept de connaissance est atteint devient &#233;galement par lui un devenir n&#233;cessaire et complet, de sorte que cette pr&#233;paration cesse d'&#234;tre une philosophie accidentelle bas&#233;e sur tels et tels objets, relations et pens&#233;es de la conscience imparfaite, comme la co&#239;ncidence. apporte avec lui, relie ou cherche &#224; &#233;tablir la v&#233;rit&#233; &#224; travers un va-et-vient de raisonnement, de conclusion et de conclusion &#224; partir de certaines pens&#233;es ; Au contraire, &#224; travers le mouvement du concept, cette voie englobera la mondanit&#233; totale de la conscience dans sa n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle repr&#233;sentation constitue aussi la premi&#232;re partie de la science car l'existence de l'esprit n'est d'abord rien d'autre que l'imm&#233;diat ou le commencement, mais le commencement n'est pas encore son retour &#224; soi. L' &#233;l&#233;ment de l'existence imm&#233;diate est donc la d&#233;termination, par laquelle cette partie de la science diff&#232;re des autres. &#8211; L'&#233;nonc&#233; de cette diff&#233;rence conduit &#224; la discussion de quelques id&#233;es fixes qui tendent &#224; surgir ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence imm&#233;diate de l'esprit, de la conscience , a les deux moments de connaissance et d'objectivit&#233; n&#233;gatifs &#224; la connaissance. Au fur et &#224; mesure que l'esprit se d&#233;veloppe dans cet &#233;l&#233;ment et interpr&#232;te ses moments, cette opposition se pr&#233;sente &#224; eux et ils apparaissent tous comme des formes de conscience. La science de cette voie est la science de l' exp&#233;rience qu'a la conscience ; la substance est consid&#233;r&#233;e comme elle et son mouvement est son objet. La conscience ne conna&#238;t et ne comprend rien sauf ce qui est dans son exp&#233;rience ; car ce qui s'y trouve n'est que la substance spirituelle, et m&#234;me en tant qu'objet en soi. Mais l'esprit devient objet, parce qu'il est ce mouvement de devenir autre chose , c'est-&#224;-dire objet de soi , et d'abolir cette alt&#233;rit&#233;. Et l'exp&#233;rience s'appelle pr&#233;cis&#233;ment ce mouvement dans lequel l'imm&#233;diat, l'inexp&#233;riment&#233;, c'est-&#224;-dire l'abstrait, qu'il vienne de l'&#234;tre sensuel ou de la simple pens&#233;e, s'ali&#232;ne, puis revient &#224; lui-m&#234;me de cette ali&#233;nation, et ce seulement maintenant. dans sa r&#233;alit&#233; et sa v&#233;rit&#233; est repr&#233;sent&#233;e ainsi que la propri&#233;t&#233; de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; qui s'op&#232;re dans la conscience entre le moi et la substance qui est son objet est leur diff&#233;rence, la n&#233;gative en g&#233;n&#233;ral. Cela peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le d&#233;faut des deux, mais c'est leur &#226;me ou ce qui les anime ; c'est pourquoi certains anciens comprenaient le vide comme la chose en mouvement, en ce sens qu'ils comprenaient la chose en mouvement comme le n&#233;gatif , mais pas encore comme le soi. &#8211; Si ce n&#233;gatif appara&#238;t d'abord comme l'in&#233;galit&#233; du moi par rapport &#224; l'objet, alors c'est tout autant l'in&#233;galit&#233; de la substance par rapport &#224; elle-m&#234;me, ce qui se passe en dehors d'elle, semble &#234;tre une activit&#233; contre elle, est son propre fait, et il se r&#233;v&#232;le &#234;tre essentiellement le sujet &#224; &#234;tre. En le montrant parfaitement, l'esprit a rendu son existence &#233;gale &#224; son essence ; c'est un objet en soi tel qu'il est, et l'&#233;l&#233;ment abstrait de l'imm&#233;diatet&#233; et de la s&#233;paration entre connaissance et v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; surmont&#233;. L'&#234;tre est absolument m&#233;diatis&#233; ; &#8211; c'est un contenu substantiel, qui est aussi directement la propri&#233;t&#233; du moi, &#233;go&#239;ste ou du concept. Ceci conclut la ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit. Ce qu'il s'y pr&#233;pare, c'est l'&#233;l&#233;ment de connaissance. En cela, les moments d'esprit se d&#233;ploient sous forme de simplicit&#233; , qui sait que son objet est elle-m&#234;me. Ils ne s'effondrent plus dans l'opposition de l'&#234;tre et du savoir, mais restent dans la simplicit&#233; du savoir, sont la v&#233;rit&#233; sous forme de v&#233;rit&#233;, et leur diff&#233;rence n'est qu'une diff&#233;rence de contenu. Son mouvement, qui s'organise en un tout dans cet &#233;l&#233;ment, est la logique ou la philosophie sp&#233;culative .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque ce syst&#232;me d'exp&#233;rience de l'esprit ne concerne que son apparence , la progression depuis celui-ci jusqu'&#224; la science de la v&#233;rit&#233; , qui est sous forme de v&#233;rit&#233; , semble &#234;tre simplement n&#233;gative, et on pourrait souhaiter &#234;tre &#233;pargn&#233; par le n&#233;gatif comme le faux et le faux faux . Les id&#233;es &#224; ce sujet emp&#234;chent avant tout l'acc&#232;s &#224; la v&#233;rit&#233;. Cela donne lieu &#224; parler d'une connaissance math&#233;matique, qui consid&#232;re la connaissance non philosophique comme l'id&#233;al que la philosophie devrait s'efforcer d'atteindre, mais qui a jusqu'&#224; pr&#233;sent s'efforc&#233; en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai et le faux appartiennent aux pens&#233;es sp&#233;cifiques qui s'appliquent immobiles &#224; leur propre &#234;tre, l'une l&#224;-bas et l'autre l&#224;-bas, isol&#233;es et fix&#233;es sans communion avec l'autre. D'un autre c&#244;t&#233;, il faut affirmer que la v&#233;rit&#233; n'est pas une pi&#232;ce de monnaie frapp&#233;e qui peut &#234;tre remise et collect&#233;e. Il n'y a toujours pas de mal, tout comme il n'y a pas de mal. Le mal et le faux ne sont pas aussi mauvais que le diable, parce qu'en tant que diable, ils sont m&#234;me faits un sujet sp&#233;cial ; En tant que faux et mal, ils ne sont que des g&#233;n&#233;ralit&#233;s , mais ils ont n&#233;anmoins leur essence propre les uns par rapport aux autres. &#8211; Le faux, parce que c'est de lui seul dont il s'agit ici, serait l'autre, le n&#233;gatif de la substance, qui est le vrai comme contenu de la connaissance. Mais la substance elle-m&#234;me est essentiellement n&#233;gative, en partie comme distinction et d&#233;termination du contenu, en partie comme simple distinction, c'est-&#224;-dire comme soi et connaissance en g&#233;n&#233;ral. Vous pouvez probablement vous tromper. Quelque chose est mal connu, ce qui signifie que la connaissance est en disparit&#233; avec sa substance. C'est justement cette in&#233;galit&#233; qui fait la distinction en g&#233;n&#233;ral, qui est le moment essentiel. Cette distinction conduit bien &#224; leur &#233;galit&#233;, et cette &#233;galit&#233; devenue est la v&#233;rit&#233;. Mais ce n'est pas aussi vrai que si l'in&#233;galit&#233; avait &#233;t&#233; rejet&#233;e, comme les scories du m&#233;tal pur, ni m&#234;me si l'outil reste &#233;loign&#233; du r&#233;cipient fini, mais l'in&#233;galit&#233; est comme le n&#233;gatif, comme le soi en v&#233;rit&#233; tel lui-m&#234;me. est toujours directement pr&#233;sent. Cependant, on ne peut pas dire que le mensonge soit un moment ou m&#234;me une composante de la v&#233;rit&#233;. Qu'il y ait quelque chose de vrai dans tout ce qui est faux - dans cette expression les deux s'appliquent, comme l'huile et l'eau, qui ne sont li&#233;es de mani&#232;re immiscible qu'&#224; l'ext&#233;rieur. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour le sens de d&#233;signer le moment d' alt&#233;rit&#233; totale que leurs expressions n'ont plus besoin d'&#234;tre utilis&#233;es l&#224; o&#249; leur alt&#233;rit&#233; est &#233;limin&#233;e. De m&#234;me que l'expression de l' unit&#233; du sujet et de l'objet, du fini et de l'infini, de l'&#234;tre et de la pens&#233;e, etc., a la g&#234;ne que l'objet et le sujet, etc. signifient ce qu'ils sont en dehors de leur unit&#233; , de m&#234;me dans l'unit&#233; ils ne sont pas signifi&#233;s comme c'est ce que dit leur expression, tout comme le mensonge n'est que le mensonge un moment de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dogmatisme de la mani&#232;re de penser dans la connaissance et dans l'&#233;tude de la philosophie n'est rien d'autre que l'opinion selon laquelle la v&#233;rit&#233; consiste en une proposition qui a un r&#233;sultat fixe ou qui est connue directement. Une belle r&#233;ponse devrait &#234;tre donn&#233;e &#224; de telles questions : quand C&#233;sar est n&#233;, combien de toises un stade comptait-il et ce que c'&#233;tait, etc., de m&#234;me qu'il est certainement vrai que le carr&#233; de l'hypot&#233;nuse est &#233;gal &#224; la somme des carr&#233;s de les deux c&#244;t&#233;s restants du rectangulaire sont triangulaires. Mais la nature de cette pr&#233;tendue v&#233;rit&#233; est diff&#233;rente de la nature des v&#233;rit&#233;s philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les v&#233;rit&#233;s historiques , pour les &#233;voquer bri&#232;vement, dans la mesure o&#249; l'on en consid&#232;re les aspects purement historiques, on admet facilement qu'elles concernent l'existence individuelle, un contenu dans sa contingence et son arbitraire, des d&#233;terminations de celle-ci qui ne sont pas n&#233;cessaires. &#8211; Mais m&#234;me des v&#233;rit&#233;s aussi nues que celle cit&#233;e en exemple ne sont pas sans mouvement de conscience de soi. Pour en conna&#238;tre un, il faut comparer beaucoup de choses, les rechercher &#233;galement dans des livres ou, de quelque mani&#232;re que ce soit, les examiner ; M&#234;me d'un point de vue direct, seule la connaissance de l'objet et de ses raisons est consid&#233;r&#233;e comme quelque chose qui a une vraie valeur, m&#234;me si en r&#233;alit&#233; seul le simple r&#233;sultat devrait &#234;tre ce qui doit &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les v&#233;rit&#233;s math&#233;matiques , on consid&#233;rerait encore moins un g&#233;om&#232;tre qui conna&#238;trait par c&#339;ur les th&#233;or&#232;mes d'Euclide sans leurs preuves, sans, comme on pourrait le dire en contraste, les conna&#238;tre de fond en comble . De m&#234;me, la connaissance qu'on acquerrait en mesurant de nombreux triangles rectangles que leurs c&#244;t&#233;s ont la relation connue les uns par rapport aux autres serait consid&#233;r&#233;e comme insatisfaisante. Cependant, m&#234;me dans la cognition math&#233;matique, l' essentialit&#233; de la preuve n'a pas encore le sens et la nature d'&#234;tre un moment du r&#233;sultat lui-m&#234;me, mais en cela elle est termin&#233;e et dispara&#238;t. En cons&#233;quence, le th&#233;or&#232;me est consid&#233;r&#233; comme vrai . Mais cette circonstance suppl&#233;mentaire n'affecte pas son contenu, mais seulement son rapport au sujet ; Le mouvement de la preuve math&#233;matique n'appartient pas &#224; ce qui est l'objet, mais est une action ext&#233;rieure &#224; la chose . Ainsi, la nature du triangle rectangle ne se d&#233;compose pas comme elle est repr&#233;sent&#233;e dans la construction n&#233;cessaire. la preuve du th&#233;or&#232;me exprime sa relation, est n&#233;cessaire ; toute la production du r&#233;sultat est un processus et un moyen de connaissance. &#8211; M&#234;me dans la cognition philosophique, le devenir du Dasein en tant que Dasein est diff&#233;rent du devenir de l' essence ou de la nature int&#233;rieure de la chose. Mais la cognition philosophique contient les deux, puisque la cognition math&#233;matique, en revanche, ne repr&#233;sente que le devenir du Dasein , c'est-&#224;-dire l' &#234;tre de la nature de la chose dans la cognition en tant que telle. D'un autre c&#244;t&#233;, cela unit &#233;galement ces deux mouvements sp&#233;ciaux. L'apparition ou le devenir int&#233;rieur de la substance est une transition indivise vers l'ext&#233;rieur ou vers l'existence, &#233;tant pour autre chose ; et inversement, le devenir du Dasein est le repli dans l'essence. Le mouvement est le double processus et devenir du tout de telle sorte que chacun pose l'autre en m&#234;me temps et chacun en a donc les deux vues comme deux vues ; ensemble, ils forment le tout en se dissolvant et en les transformant en ses moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cognition math&#233;matique, la perspicacit&#233; est une action ext&#233;rieure &#224; la mati&#232;re ; il s'ensuit que la r&#233;alit&#233; est ainsi modifi&#233;e. Les moyens, construction et preuve, contiennent donc des propositions vraies ; mais il faut aussi dire que le contenu est faux. Dans l'exemple ci-dessus, le triangle est d&#233;chir&#233; et ses parties sont transform&#233;es en d'autres figures cr&#233;&#233;es par la construction. Ce n'est qu'&#224; la fin que le triangle est restaur&#233;, ce qui est en fait ce &#224; quoi nous avons affaire, qui a &#233;t&#233; perdu de vue au fur et &#224; mesure de notre progression et n'est apparu que par morceaux appartenant &#224; d'autres ensembles. &#8211; Ici aussi, nous voyons appara&#238;tre la n&#233;gativit&#233; du contenu, qu'on pourrait tout aussi bien qualifier de fausset&#233; du contenu que de disparition des pens&#233;es fermement intentionn&#233;es dans le mouvement du concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ficience r&#233;elle de cette cognition concerne &#224; la fois la cognition elle-m&#234;me et son mat&#233;riel en g&#233;n&#233;ral. &#8211; En ce qui concerne la cognition, la n&#233;cessit&#233; de construire n'est pas initialement reconnue. Cela ne d&#233;coule pas du concept du th&#233;or&#232;me, mais est command&#233;, et il faut ob&#233;ir aveugl&#233;ment &#224; cette r&#232;gle pour tracer pr&#233;cis&#233;ment ces lignes, dont on pourrait tracer d'autres infinies, sans rien savoir d'autre que d'avoir de bonne foi que cela sera utile &#224; apporter la preuve. Cette opportunit&#233; se manifeste aussi apr&#232;s coup, ce qui n'est qu'ext&#233;rieur puisqu'elle ne se manifeste qu'apr&#232;s coup, quand la preuve est donn&#233;e. &#8211; De m&#234;me, celui-ci prend un chemin qui commence quelque part, on ne sait pas encore quel rapport cela va avoir avec le r&#233;sultat qui est cens&#233; en sortir. Sa progression reprend ces d&#233;terminations et ces relations et en laisse d'autres derri&#232;re elle, sans qu'on voie imm&#233;diatement pourquoi ; un but ext&#233;rieur r&#233;git ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve de cette connaissance d&#233;fectueuse, dont les math&#233;matiques sont fi&#232;res et dont elles se vantent aussi contre la philosophie, repose uniquement sur la pauvret&#233; de son objectif et sur la d&#233;fectuosit&#233; de son mat&#233;riel , et est donc d'une sorte que la philosophie doit m&#233;priser. &#8211; Son objectif ou son concept est la taille . Il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'une relation non essentielle et sans concept. Le mouvement de la connaissance se produit donc en surface, ne touche pas la chose elle-m&#234;me, l'essence ou le concept, et n'est donc pas compr&#233;hension. &#8211; La mati&#232;re dont les math&#233;matiques fournissent le joyeux tr&#233;sor des v&#233;rit&#233;s est l'espace et l' un . L'espace est l'existence dans laquelle le concept inscrit ses diff&#233;rences, comme dans un &#233;l&#233;ment vide et mort o&#249; elles sont &#233;galement immobiles et sans vie. Le r&#233;el n'est pas une entit&#233; spatiale telle qu'on le consid&#232;re en math&#233;matiques ; Ni la perception sensorielle concr&#232;te ni la philosophie ne s'int&#233;ressent &#224; une irr&#233;alit&#233; telle que les choses math&#233;matiques. Dans un tel &#233;l&#233;ment irr&#233;el, il n'y a que des v&#233;rit&#233;s irr&#233;elles, c'est-&#224;-dire des propositions fixes et mortes ; Vous pouvez vous arr&#234;ter &#224; n'importe lequel d'entre eux ; le suivant recommence tout seul, sans que le premier lui-m&#234;me passe &#224; l'autre et sans qu'une connexion n&#233;cessaire soit ainsi cr&#233;&#233;e par la nature m&#234;me de la chose. &#8211; Aussi, pour le bien de ce principe et de cet &#233;l&#233;ment &#8211; &#8203;&#8203;&#8203;&#8203;et c'est la formalit&#233; de la preuve math&#233;matique &#8211; la connaissance continue sur la ligne de l'&#233;galit&#233; . Car les morts, parce qu'ils ne se d&#233;placent pas eux-m&#234;mes, n'aboutissent pas &#224; des diff&#233;rences essentielles, non &#224; une opposition ou &#224; une in&#233;galit&#233; essentielle, et donc non &#224; la transition du contraire &#224; l'oppos&#233;, non &#224; un mouvement qualitatif, immanent, non autonome. . Car c'est la taille, la diff&#233;rence insignifiante, que seules les math&#233;matiques consid&#232;rent. Elle fait abstraction du fait que c'est le concept qui divise l'espace en ses dimensions et d&#233;termine les connexions &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'int&#233;rieur de celles-ci ; Par exemple, il ne prend pas en compte la relation entre la ligne et la surface ; et l&#224; o&#249; il compare le diam&#232;tre du cercle avec la p&#233;riph&#233;rie, il rencontre son incommensurabilit&#233;, c'est-&#224;-dire un rapport de concept, un infini qui &#233;chappe &#224; sa d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques immanentes, dites pures, n'opposent pas le temps en tant que temps &#224; l'espace en tant que deuxi&#232;me mat&#233;riau de leur consid&#233;ration. La th&#233;orie appliqu&#233;e en traite certes, comme du mouvement et d'autres choses r&#233;elles, mais elle tire de l'exp&#233;rience les propositions synth&#233;tiques, c'est-&#224;-dire les propositions de ses relations, qui sont d&#233;termin&#233;es par son concept, et n'applique ses formules qu'&#224; ces pr&#233;suppos&#233;s. Le fait que les soi-disant preuves de propositions telles que celle de l'&#233;quilibre du levier, la relation de l'espace et du temps dans le mouvement de chute, etc., qu'elles donnent souvent, soient donn&#233;es et accept&#233;es comme preuves n'est en soi qu'un la preuve de l'importance de cela. Le besoin de preuve pour la cognition vient du fait que, lorsqu'elle ne l'a plus, elle en respecte aussi l'apparence vide et en tire satisfaction. Une critique de ces preuves serait aussi &#233;trange qu'instructive, en partie pour nettoyer les math&#233;matiques de ce faux pl&#226;tre et en partie pour montrer leurs limites, et donc la n&#233;cessit&#233; d'un autre type de connaissance. &#8211; En ce qui concerne le temps , dont on pourrait penser qu'il constituerait la mati&#232;re de l'autre partie des math&#233;matiques pures comme contrepartie contre l'espace, c'est le concept existant lui-m&#234;me. Le principe de taille , de diff&#233;rence sans concept, et le principe d' &#233;galit&#233;. , d'unit&#233; abstraite et inanim&#233;e, est incapable de faire face &#224; ce pur trouble de la vie et &#224; cette distinction absolue. Cette n&#233;gativit&#233; n'est donc paralys&#233;e que comme l' une , la deuxi&#232;me substance de cette connaissance, qui, par une action ext&#233;rieure, r&#233;duit la chose en mouvement &#224; une substance pour avoir maintenant en elle un contenu indiff&#233;rent, ext&#233;rieur et inanim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, au contraire, ne consid&#232;re pas la d&#233;termination non essentielle , mais elle en tant qu'essentielle ; Son &#233;l&#233;ment et son contenu ne sont pas l'abstrait ou l'irr&#233;el, mais l' existence r&#233;elle , auto-posante et vivante en soi, dans son concept. C'est le processus qui cr&#233;e et traverse ses moments, et tout ce mouvement constitue le positif et sa v&#233;rit&#233;. Cela inclut donc aussi le n&#233;gatif, ce qu'on appellerait le faux s'il pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme quelque chose dont il faut faire abstraction. Ce qui dispara&#238;t doit plut&#244;t &#234;tre consid&#233;r&#233; comme essentiel, non pas dans la d&#233;finition de quelque chose de solide qui serait coup&#233; de la v&#233;rit&#233; et laiss&#233; en dehors d'elle, on ne sait o&#249;, et la v&#233;rit&#233; ne doit pas non plus &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le repos positif mort. de l'autre c&#244;t&#233;. L'apparence est la naissance et la disparition, qui elle-m&#234;me ne surgit ni ne dispara&#238;t, mais est en soi et constitue la r&#233;alit&#233; et le mouvement de la vie de v&#233;rit&#233;. La v&#233;rit&#233; est la fr&#233;n&#233;sie bacchanale, dans laquelle aucun membre ne s'enivre, et parce que chacun se dissout aussi aussit&#244;t qu'il se s&#233;pare, c'est aussi le repos transparent et simple. Dans le jugement de ce mouvement, les formes individuelles de l'esprit, comme les pens&#233;es sp&#233;cifiques, n'existent pas, mais elles sont des moments positifs n&#233;cessaires tout autant que n&#233;gatifs et disparaissants. &#8211; Dans l' ensemble du mouvement, compris comme repos, ce qui en lui diff&#232;re et donne une existence particuli&#232;re est conserv&#233; comme quelque chose qui se souvient , dont l'existence est la connaissance de soi, tout comme celle-ci est aussi l'existence imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la m&#233;thode de ce mouvement ou de la science, il peut para&#238;tre n&#233;cessaire de pr&#233;ciser plusieurs choses &#224; l'avance. Mais son concept r&#233;side d&#233;j&#224; dans ce qui est dit, et sa repr&#233;sentation m&#234;me appartient &#224; la logique, ou plut&#244;t est la logique elle-m&#234;me, car la m&#233;thode n'est autre que la structure du tout dans sa pure essence. Cependant, d'apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; dit jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous devons &#234;tre conscients que le syst&#232;me d'id&#233;es relatif &#224; la m&#233;thode philosophique appartient &#233;galement &#224; une culture perdue. &#8211; Si cela devait &#234;tre dit d'une mani&#232;re prestigieuse ou r&#233;volutionnaire, dont je sais que je m'&#233;loigne, alors il faudrait garder &#224; l'esprit que l'&#233;tat scientifique dont d&#233;rivent les math&#233;matiques &#8211; explications, classifications, axiomes, s&#233;ries de th&#233;or&#232;mes, leurs preuves, leurs principes et leurs conclusions et conclusions - l'opinion elle-m&#234;me est pour le moins d&#233;pass&#233;e . M&#234;me si son inaptitude n'est pas clairement reconnue, on n'en fait plus ou peu d'usage, et si on ne le d&#233;sapprouve pas, on ne l'aime pas. Et nous devons avoir le pr&#233;jug&#233; pour l'excellent afin qu'il puisse &#234;tre utilis&#233; et populaire. Mais il n'est pas difficile de voir que la mani&#232;re de faire une affirmation, de la justifier et de r&#233;futer l'oppos&#233; avec des raisons n'est pas la forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; peut appara&#238;tre. La v&#233;rit&#233; est son mouvement &#224; l'int&#233;rieur d'elle-m&#234;me, mais cette m&#233;thode est la connaissance ext&#233;rieure &#224; la substance. C'est pourquoi cela est propre aux math&#233;matiques, qui, comme nous l'avons not&#233;, ont une relation sans concept entre la taille et son principe et son espace mort, ainsi qu'une relation &#233;galement morte avec son mat&#233;riau, et doit lui &#234;tre laiss&#233;e. Elle peut aussi rester de mani&#232;re plus libre, c'est-&#224;-dire plus m&#234;l&#233;e d'arbitraire et de co&#239;ncidence, dans la vie commune, dans une conversation ou un enseignement historique, plus de curiosit&#233; que de connaissance, si approximative soit une pr&#233;face. Dans la vie commune, la conscience a pour contenu la connaissance, les exp&#233;riences, les concr&#233;tions sensuelles, mais aussi les pens&#233;es, les principes et g&#233;n&#233;ralement tout ce qui est consid&#233;r&#233; comme pr&#233;sent ou comme un &#234;tre ou un &#234;tre fixe et au repos. Il continue en partie ainsi, en partie il interrompt la connexion &#224; cause du libre arbitraire d'un tel contenu et se comporte comme une d&#233;termination et une gestion externe de celui-ci. Cela le ram&#232;ne &#224; quelque chose de certain, m&#234;me s'il ne s'agit que du sentiment du moment, et la conviction est satisfaite lorsqu'elle a atteint un point de repos connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la n&#233;cessit&#233; du concept bannit le cours l&#226;che de la conversation raisonn&#233;e ainsi que le cours plus rigide du faste scientifique, alors on a d&#233;j&#224; rappel&#233; plus haut que sa place ne devrait pas &#234;tre remplac&#233;e par le manque de m&#233;thode de punition, l'enthousiasme et l'arbitraire. du discours proph&#233;tique, qui concerne non seulement cette science, mais la science en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi peu - apr&#232;s que la triplicit&#233; kantienne , qui n'a &#233;t&#233; red&#233;couverte que par l'instinct, est encore morte, pas encore comprise, a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e &#224; son sens absolu, de sorte que la vraie forme dans son vrai contenu a &#233;t&#233; en m&#234;me temps &#233;tablie et le concept de science est apparu - l'utilisation de cette forme pour quelque chose Pour la garder scientifique, &#224; travers lequel nous la voyons r&#233;duite &#224; un sch&#233;ma sans vie, &#224; une apparence r&#233;elle, et l'organisation scientifique r&#233;duite &#224; une table. - Ce formalisme, dont on a d&#233;j&#224; parl&#233; plus haut en g&#233;n&#233;ral et dont nous voulons pr&#233;ciser ici la mani&#232;re plus en d&#233;tail, pense avoir compris et exprim&#233; la nature et la vie d'une figure lorsqu'il pr&#233;dique une d&#233;termination du sch&#233;ma comme pr&#233;dicat. - que ce soit la subjectivit&#233; ou l'objectivit&#233;, ou le magn&#233;tisme, l'&#233;lectricit&#233; et ainsi de suite, la contraction ou l'expansion, l'est ou l'ouest et ainsi de suite, qui peuvent &#234;tre multipli&#233;es &#224; l'infini, car de cette mani&#232;re toute d&#233;termination ou forme dans le sont &#224; nouveau utilis&#233;s par d'autres comme forme ou moment du sch&#233;ma et chacun peut avec gratitude rendre le m&#234;me service &#224; l'autre ; &#8211; un cercle de r&#233;ciprocit&#233;, dans lequel on ne d&#233;couvre pas ce qu'est la chose elle-m&#234;me, ni ce qu'est l'une ni l'autre. Dans certains cas, les d&#233;terminations sensuelles sont reprises de la perception commune, qui sont bien entendu cens&#233;es signifier autre chose que ce qu'elles disent ; dans d'autres cas, ce qui est significatif en soi, les d&#233;terminations pures de la pens&#233;e, telles que sujet, objet, la substance, la cause, le g&#233;n&#233;ral, etc. sont pris en compte utilis&#233;s aussi indistinctement et sans esprit critique que dans la vie commune et comme les forces et les faiblesses, l'expansion et la contraction ; de sorte que cette m&#233;taphysique est aussi peu scientifique que ces id&#233;es sens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de la vie int&#233;rieure et du mouvement propre de son existence, une d&#233;termination aussi simple s'exprime maintenant par l'intuition, c'est-&#224;-dire ici par la connaissance sensorielle, selon une analogie superficielle et cette application externe et vide de la formule est appel&#233;e construction . &#8211; Il en va de m&#234;me pour un tel formalisme que pour tout autre. Comme il faudrait &#234;tre ennuyeux pour celui qui n'aurait pas appris en un quart d'heure la th&#233;orie selon laquelle il existe des maladies asth&#233;niques, sth&#233;niques et indirectement asth&#233;niques et autant de projets de gu&#233;rison, et qui ne l'aurait pas appris, puisque cet enseignement &#233;tait suffisant jusqu'&#224; r&#233;cemment, d'un v&#233;t&#233;ran pourrait-il se transformer en docteur th&#233;oricien en si peu de temps ? Quand le formalisme philosophique naturel enseigne que l'esprit est &#233;lectricit&#233; ou que l'animal est azote, ou m&#234;me le m&#234;mele sud ou le nord et ainsi de suite, ou le repr&#233;senter, aussi simplement qu'il est exprim&#233; ici, ou m&#234;me concoct&#233; avec plus de terminologie, alors peut-&#234;tre sur une telle puissance qui rassemble ce qui semble lointain, et sur la puissance dont souffre le sensuel au repos cette connexion, et qui lui donne ainsi l'apparence d'un concept, mais l'essentiel est qu'elle &#233;vite la n&#233;cessit&#233; d'exprimer le concept lui-m&#234;me ou le sens de l'id&#233;e sensorielle - la personne inexp&#233;riment&#233;e peut en &#234;tre &#233;tonn&#233;e, v&#233;n&#233;rez en lui un g&#233;nie profond ; ainsi que dans la gaiet&#233; de telles d&#233;terminations, puisqu'elles remplacent le concept abstrait par quelque chose de vivant et le rendent plus agr&#233;able, se r&#233;jouissent et se souhaitent du bonheur dans la camaraderie d'&#226;me punie avec des actions si merveilleuses. L'habilet&#233; d'une telle sagesse s'apprend d&#232;s qu'il est facile de l'exercer ; sa r&#233;p&#233;tition, lorsqu'elle est connue, devient aussi insupportable que la r&#233;p&#233;tition d'un tour de passe-passe reconnu. L'instrument de ce formalisme uniforme n'est pas plus difficile &#224; manier qu'une palette de peintre, qui ne contiendrait que deux couleurs, comme le rouge et le vert, pour colorer une surface avec celle-l&#224; s'il fallait une pi&#232;ce historique, avec celle-l&#224; s'il s'agissait d'une pi&#232;ce historique. il fallait un paysage. &#8211; Il serait difficile de d&#233;cider ce qui est le plus grand, le confort avec lequel tout au ciel, sur terre et sous la terre est peint avec une telle peinture, ou la vanit&#233; de l'excellence de ce rem&#232;de universel ; l'un soutient l'autre. Ce que cette m&#233;thode consistant &#224; coller les quelques dispositions du sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral &#224; tout ce qui est c&#233;leste et terrestre, &#224; toutes les formes naturelles et spirituelles et &#224; tout classer ainsi, produit n'est rien de moins qu'un rapport limpide sur l'organisme de l'univers, &#224; savoir un tableau. qui ressemble &#224; un squelette avec des morceaux de papier coll&#233;s ou aux rang&#233;es de bo&#238;tes de conserve ferm&#233;es avec leurs &#233;tiquettes coll&#233;es dans un magasin d'&#233;pices, qui sont si clairement l'une et l'autre dans d'autres, et comme l&#224;-bas la chair et le sang ont &#233;t&#233; retir&#233;s des os, mais ici la chose non vivante est cach&#233;e dans les bo&#238;tes, l'essence vivante de la chose a &#233;galement &#233;t&#233; laiss&#233;e de c&#244;t&#233; ou cach&#233;e. &#8211; Que cette mani&#232;re se perfectionne en m&#234;me temps en une peinture absolue monochromatique, en ce sens que, honteuse des diff&#233;rences du sch&#233;ma, elle l'enfonce dans le vide de l'absolu comme appartenant &#224; la r&#233;flexion, de sorte que l'identit&#233; pure, la blancheur sans forme , est &#233;tabli, est d&#233;j&#224; mentionn&#233; ci-dessus et a &#233;t&#233; remarqu&#233;. Cette m&#234;me coloration du sch&#232;me et ses d&#233;terminations inanim&#233;es et cette identit&#233; absolue, et le passage de l'une &#224; l'autre, sont l'une &#233;gale &#224; l'intellect mort l'autre, et &#233;gale &#224; la connaissance ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non seulement l'homme excellent ne peut &#233;chapper au sort d'&#234;tre priv&#233; de vie et d'esprit et, ainsi viol&#233;, de voir sa peau envelopp&#233;e dans une connaissance sans vie et sa vanit&#233;. Au contraire, le pouvoir qu'il exerce sur les esprits, sinon sur les esprits, peut encore &#234;tre reconnu dans ce destin lui-m&#234;me, ainsi que dans le d&#233;veloppement de l'universalit&#233; et de la d&#233;finition de la forme en laquelle consiste sa perfection, et qui seule permet que cette g&#233;n&#233;ralit&#233; est utilis&#233;e pour la superficialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science ne peut s'organiser qu'&#224; travers la vie propre du concept ; En lui se trouve la d&#233;termination qui est coll&#233;e ext&#233;rieurement &#224; l'existence &#224; partir du sch&#233;ma, l'&#226;me auto-motrice du contenu accompli. Le mouvement des &#234;tres est, d'une part, devenir quelque chose d'autre et ainsi devenir son contenu immanent ; d'autre part, il reprend en lui ce d&#233;veloppement ou cette existence, c'est-&#224;-dire se fait un moment et se simplifie en une d&#233;termination. Dans ce mouvement, la n&#233;gativit&#233; est la distinction et la position de l'existence ; dans ce retour en soi, c'est le devenir d' une simplicit&#233; d&#233;termin&#233;e . Ainsi, le contenu ne montre pas sa d&#233;termination re&#231;ue et attach&#233;e &#224; un autre, mais il se la donne et se positionne par rapport &#224; lui-m&#234;me pour devenir un moment et un lieu dans l'ensemble. L'esprit tabulaire garde pour lui la n&#233;cessit&#233; et le concept du contenu, ce qui constitue le concret, la r&#233;alit&#233; et le mouvement vivant de la chose qu'il classe, ou plut&#244;t il ne garde pas cela pour lui, mais ne le conna&#238;t pas ; car s'il avait cette perspicacit&#233;, il le montrerait probablement. Il n'en conna&#238;t m&#234;me pas la n&#233;cessit&#233; ; sinon il s'abstiendrait de sch&#233;matiser, ou du moins n'en serait pas plus familier qu'avec une pr&#233;sentation de contenus ; Il affiche uniquement le contenu, mais ne fournit pas le contenu lui-m&#234;me. &#8211; Si la d&#233;termination, m&#234;me quelque chose comme le magn&#233;tisme, est concr&#232;te ou r&#233;elle en elle-m&#234;me, alors elle a sombr&#233; dans quelque chose de mort, puisqu'elle ne fait qu'attribuer une autre existence et non pas comme la vie immanente de cette existence, ou comme elle est en elle, a sa vie native. et une autoproduction et une repr&#233;sentation particuli&#232;res, est reconnue. L'accord formel laisse ce point principal &#224; d'autres. &#8211; Au lieu d'approfondir le contenu immanent de la chose, il n&#233;glige toujours le tout et se place au-dessus de l'existence individuelle dont il parle, c'est-&#224;-dire qu'il ne la voit pas du tout. Mais la connaissance scientifique exige plut&#244;t de s'abandonner &#224; la vie de l'objet, ou, ce qui revient au m&#234;me, d'en avoir devant soi la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure et de l'exprimer. En s'immergeant dans son sujet, il oublie cette vue d'ensemble qui n'est que le reflet de la connaissance du contenu vers lui-m&#234;me. Mais immerg&#233; dans la mati&#232;re et s'&#233;loignant dans son mouvement, il revient en lui-m&#234;me, mais pas avant que l'accomplissement ou le contenu ne se replie sur lui-m&#234;me, ne se simplifie en une d&#233;termination, ne se r&#233;duit &#224; un c&#244;t&#233; d'une existence et ne passe dans sa v&#233;rit&#233; sup&#233;rieure. Ainsi, l'ensemble simple et repli&#233; sur lui-m&#234;me &#233;merge de la richesse dans laquelle son reflet semblait perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, comme indiqu&#233; ci-dessus, la substance elle-m&#234;me est le sujet, tout contenu est son propre reflet en lui-m&#234;me. L'existence ou la substance d'une existence est l'identit&#233; de soi ; car son in&#233;galit&#233; avec lui-m&#234;me serait sa dissolution. Mais l'identit&#233; de soi est une pure abstraction ; mais c'est r&#233;fl&#233;chir . Quand je dis qualit&#233; , je dis simple pr&#233;cision ; par la qualit&#233;, une existence se distingue d'une autre, ou est une existence ; il est pour soi, ou bien il existe par cette simplicit&#233; avec lui-m&#234;me. Mais c'est essentiellement l' id&#233;e . &#8211; Cela signifie qu'&#234;tre, c'est penser ; C'est cette vision qui manque g&#233;n&#233;ralement au discours ordinaire et sans concept sur l'identit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre. - Parce que l'existence du Dasein est identit&#233; &#224; soi ou pure abstraction, c'est l'abstraction de soi &#224; soi, ou c'est lui-m&#234;me son in&#233;galit&#233; avec soi et sa dissolution, - sa propre int&#233;riorit&#233; et repli sur soi, - son devenir. &#8211; En raison de cette nature des &#234;tres et dans la mesure o&#249; les &#234;tres ont cette nature de connaissance, ce n'est pas l'activit&#233; qui traite le contenu comme quelque chose d'&#233;tranger, ni le reflet en soi hors du contenu ; La science n'est pas cet id&#233;alisme qui a remplac&#233; le dogmatisme assertif comme dogmatisme assurant ou le dogmatisme de la certitude de soi - mais parce que la connaissance voit le contenu rentrer dans son int&#233;riorit&#233;, son activit&#233; s'y plonge &#224; la fois, car elle est le soi immanent du contenu, comme en m&#234;me temps retourn&#233; &#224; lui-m&#234;me, car il est pure identit&#233;-soi dans l'alt&#233;rit&#233; ; c'est donc la ruse qui, apparemment s'abstenant de l'activit&#233;, voit la d&#233;termination et sa vie concr&#232;te, pr&#233;cis&#233;ment en ce qu'elle pense poursuivre son auto-conservation et son int&#233;r&#234;t particulier, comme quelque chose de perverti, qui se dissout et devient le moment du tout. faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le sens de l' entendement a &#233;t&#233; donn&#233; ci-dessus en termes de conscience de soi de la substance, alors ce qui a &#233;t&#233; dit ici montre clairement son sens en termes de sa d&#233;termination en tant qu'&#234;tre. &#8211; L'existence est qualit&#233;, d&#233;termination m&#234;me ou certaine simplicit&#233;, certaine pens&#233;e ; c'est l'esprit de l'existence. Cela signifie que c'est Nus qu'Anaxagore a reconnu pour la premi&#232;re fois comme l'&#234;tre. Ceux apr&#232;s lui comprirent plus clairement la nature de l'existence en tant qu'Eidos ou Id&#233;e ; c'est-&#224;-dire une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233;, genre . Le terme Art semble &#234;tre trop mesquin et trop peu pour les id&#233;es, pour le beau, le saint et l'&#233;ternel qui s&#233;vissent &#224; cette &#233;poque. Mais en fait l'id&#233;e n'exprime ni plus ni moins que l'art. Mais on voit maintenant souvent une expression qui d&#233;signe d&#233;finitivement un concept, d&#233;daign&#233; et pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; un autre, ne serait-ce que parce qu'il appartient &#224; une langue &#233;trang&#232;re, le terme est envelopp&#233; de brouillard et est envelopp&#233; de brouillard. donc plus &#233;difiant. &#8211; Pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que l'existence est d&#233;termin&#233;e comme esp&#232;ce, c'est une simple pens&#233;e ; le nus , la simplicit&#233;, est la substance. En raison de sa simplicit&#233; ou de son identit&#233;, il appara&#238;t solide et permanent. Mais cette identit&#233;-m&#234;me est aussi de la n&#233;gativit&#233; ; En cons&#233;quence, cette existence solide se dissout. Au d&#233;but, la d&#233;termination semble &#234;tre due au fait qu'elle se rapporte &#224; Andr&#233;s , et que son mouvement lui est fait par une force &#233;trang&#232;re ; mais le fait qu'il ait lui-m&#234;me son alt&#233;rit&#233; et qu'il soit un mouvement personnel est contenu dans la simplicit&#233; m&#234;me de la pens&#233;e elle-m&#234;me ; car c'est l&#224; la pens&#233;e autonome et distinctive, et notre propre int&#233;riorit&#233;, le concept pur . La compr&#233;hension est donc un devenir, et en tant que devenir, elle est rationalit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette nature de ce qui est, dans son &#234;tre, dans son concept d'&#234;tre, que la n&#233;cessit&#233; logique existe ; lui seul est le rationnel et le rythme du tout organique, il est tout autant la connaissance du contenu que le contenu est concept et essence - ou lui seul est le sp&#233;culatif . &#8211; La forme concr&#232;te, se mouvant elle-m&#234;me, se fait simple d&#233;termination, s'&#233;levant ainsi &#224; une forme logique et &#233;tant dans son essentialit&#233; ; Leur existence concr&#232;te n'est que ce mouvement et est imm&#233;diatement existence logique. Il n'est donc pas n&#233;cessaire d'appliquer superficiellement un formalisme au contenu concret ; Le premier lui-m&#234;me est la transition vers celui-ci, mais celui-ci cesse d'&#234;tre ce formalisme externe parce que la forme est le devenir natif du contenu concret lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nature de la m&#233;thode scientifique, &#233;tant en partie indissociable du contenu et en partie d&#233;terminant son propre rythme, a, comme nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;, sa propre repr&#233;sentation dans la philosophie sp&#233;culative. &#8211; Ce qui est dit ici exprime le concept, mais ne peut s'appliquer qu'&#224; une assurance anticip&#233;e. Sa v&#233;rit&#233; ne r&#233;side pas dans cet expos&#233; partiellement narratif ; et est donc tout aussi peu r&#233;fut&#233;e lorsqu'on affirme que tel n'est pas le cas, mais plut&#244;t qu'il en est ainsi et cela, lorsque des id&#233;es famili&#232;res sont &#233;voqu&#233;es et racont&#233;es comme des v&#233;rit&#233;s &#233;tablies et connues, ou m&#234;me comme quelque chose de nouveau du sanctuaire. de la vision divine int&#233;rieure servie et assur&#233;e. &#8211;Une telle r&#233;ception est g&#233;n&#233;ralement la premi&#232;re r&#233;action d'un savoir auquel quelque chose &#233;tait inconnu, de s'opposer &#224; lui, afin de sauvegarder sa libert&#233; et sa propre vision, sa propre autorit&#233; contre celle des autres, car sous cette forme ce qui a &#233;t&#233; enregistr&#233; pour la premi&#232;re fois appara&#238;t - &#233;galement pour pr&#233;server les apparences et &#233;liminer l'esp&#232;ce de honte qui est cens&#233;e r&#233;sider dans le fait que quelque chose a &#233;t&#233; appris, tout comme dans l'acceptation applaudissante de l'inconnu, la r&#233;action du m&#234;me genre consiste dans ce qui, dans un autre domaine c'est le discours ultra-r&#233;volutionnaire et l'action &#233;tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est important lorsqu'on &#233;tudie les sciences , c'est d' entreprendre l'effort du concept. Cela requiert une attention particuli&#232;re &#224; lui en tant que tel, aux d&#233;terminations simples, par exemple, de l'&#234;tre-en-soi , de l'&#234;tre-pour-soi , de l'identit&#233;-soi , etc. car ce sont des mouvements personnels si purs qu'on pourrait les appeler &#226;mes, si leur terme ne d&#233;signait pas quelque chose de plus &#233;lev&#233; que ceux-l&#224;. L'interruption des id&#233;es par le concept est tout aussi g&#234;nante pour l'habitude de courir sur les id&#233;es que pour la pens&#233;e formelle, qui argumente dans des pens&#233;es irr&#233;elles. Cette habitude peut &#234;tre appel&#233;e une fa&#231;on mat&#233;rielle de penser, une conscience accidentelle qui est seulement immerg&#233;e dans la mati&#232;re, et qui a donc du mal &#224; se sortir simultan&#233;ment de la mati&#232;re et &#224; &#234;tre avec elle-m&#234;me. L'autre, le raisonnement, est l'absence de contenu et de vanit&#233; ; On attend de lui qu'il fasse l'effort d'abandonner cette libert&#233; et, au lieu d'&#234;tre le principe arbitrairement mouvant du contenu, d'y enfoncer cette libert&#233;, de le laisser se mouvoir &#224; travers sa propre nature, c'est-&#224;-dire &#224; travers le moi comme son propre , et cela pour regarder le mouvement. S'abstenir de s'impliquer dans le rythme immanent des concepts, ne pas y interf&#233;rer par l'arbitraire et la sagesse autrement acquise - cette abstinence est en elle-m&#234;me un moment essentiel d'attention au concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le comportement de raisonnement, il faut rendre plus visibles les deux c&#244;t&#233;s sur lesquels la pens&#233;e compr&#233;hensive s'oppose. &#8211; Dans certains cas, il se comporte n&#233;gativement envers le contenu per&#231;u et sait le r&#233;futer et le d&#233;truire. Que ce ne soit pas le cas, cette intuition est purement n&#233;gative , c'est la chose ultime qui ne se d&#233;passe pas vers un nouveau contenu, mais pour avoir &#224; nouveau un contenu, il faut faire quelque chose de diff&#233;rent de quelque part. C'est le reflet du moi vide, la vanit&#233; de sa connaissance. &#8211; Mais cette vanit&#233; n'exprime pas seulement que ce contenu est vain, mais aussi que cette intuition elle-m&#234;me est vaine ; parce que c'est le n&#233;gatif qui ne voit pas le positif en lui-m&#234;me. Parce que cette r&#233;flexion ne prend pas elle-m&#234;me en contenu sa n&#233;gativit&#233;, elle n'est pas du tout dans la mati&#232;re, mais toujours au-del&#224; ; Il imagine donc que l'affirmation du vide va toujours plus loin qu'une vision p&#233;n&#233;trante. D'autre part, comme nous l'avons montr&#233; plus haut, dans la pens&#233;e compr&#233;hensive, le n&#233;gatif appartient au contenu lui-m&#234;me et est le positif &#224; la fois en tant que mouvement et d&#233;termination immanents et en tant que tout de celui-ci . Con&#231;u en cons&#233;quence, c'est le n&#233;gatif d&#233;termin&#233; qui vient de ce mouvement, et donc aussi un contenu positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#233;tant donn&#233; qu'une telle pens&#233;e a un contenu, qu'il s'agisse d'id&#233;es, de pens&#233;es ou d'un m&#233;lange des deux, elle a un autre aspect qui la rend difficile &#224; comprendre. Sa nature &#233;trange est &#233;troitement li&#233;e &#224; la nature mentionn&#233;e ci-dessus de l'id&#233;e elle-m&#234;me, ou plut&#244;t l'exprime telle qu'elle appara&#238;t comme le mouvement qu'est l'appr&#233;hension pensante. &#8211; De m&#234;me que dans son comportement n&#233;gatif, dont nous venons de parler, la pens&#233;e raisonnante elle-m&#234;me est le soi auquel renvoie le contenu, de m&#234;me dans sa cognition positive le soi est un sujet imagin&#233; auquel le contenu se r&#233;f&#232;re comme accident et pr&#233;dicat. Ce sujet constitue le socle auquel il se rattache et sur lequel se d&#233;roule le mouvement. La situation est diff&#233;rente dans la pens&#233;e conceptuelle. Puisque le concept est le moi m&#234;me de l'objet, qui se pr&#233;sente comme son devenir , il n'est pas un sujet au repos qui porte les accidents sans bouger, mais plut&#244;t le concept qui bouge et reprend en lui ses d&#233;terminations. Dans ce mouvement, ce sujet au repos lui-m&#234;me p&#233;rit ; Elle entre dans les diff&#233;rences et le contenu et constitue plut&#244;t la d&#233;termination, c'est-&#224;-dire le contenu diff&#233;renci&#233; ainsi que le mouvement de celui-ci, au lieu de lui &#234;tre oppos&#233;. Le fondement solide du raisonnement sur le sujet au repos fluctue donc, et seul ce mouvement lui-m&#234;me devient objet. Le sujet qui accomplit son contenu cesse de le d&#233;passer et ne peut avoir d'autres pr&#233;dicats ou accidents. &#192; l'inverse, la distraction du contenu est li&#233;e au soi ; ce n'est pas l'universel qui viendrait &#224; plusieurs personnes libres du sujet. Le contenu n'est donc plus un pr&#233;dicat du sujet, mais est la substance, l'essence et le concept de ce dont nous parlons. La pens&#233;e imaginative, puisque sa nature est de continuer avec les accidents ou les pr&#233;dicats, et &#224; juste titre, parce qu'ils ne sont que des pr&#233;dicats et des accidents, de les d&#233;passer, devient la substance, car ce qui dans la phrase a lui-m&#234;me la forme d'un pr&#233;dicat est frein&#233; dans sa progression. Pour l'imaginer ainsi, il subit une contre-attaque. Partant du sujet, comme s'il restait au fond, elle constate que, puisque le pr&#233;dicat est plut&#244;t la substance, le sujet passe au pr&#233;dicat et est par l&#224; aboli ; et depuis que ce qui appara&#238;t comme un pr&#233;dicat est devenu une masse enti&#232;re et ind&#233;pendante, la pens&#233;e ne peut plus errer librement, mais est retenue par cette lourdeur. &#8211; Sinon le sujet passe en premier comme objectifsoi fixe pris comme base ; A partir de l&#224; se poursuit le mouvement n&#233;cessaire vers la diversit&#233; des d&#233;terminations ou pr&#233;dicats ; Ici, le Je connaissant lui-m&#234;me prend la place de ce sujet et constitue le lien entre les pr&#233;dicats et le sujet qui les d&#233;tient. Mais puisque ce premier sujet entre dans les d&#233;terminations elles-m&#234;mes et est leur &#226;me, le deuxi&#232;me sujet, &#224; savoir le sujet connaissant, trouve, toujours dans le pr&#233;dicat, ce dont il en a d&#233;j&#224; fini et au-del&#224; duquel il veut retourner en lui-m&#234;me, et de ce fait D&#233;placer le pr&#233;dicat pour pouvoir &#234;tre le faire, plut&#244;t que de raisonner sur la question de savoir si tel ou tel pr&#233;dicat doit lui &#234;tre attach&#233;, a plus &#224; voir avec le soi du contenu, et ne devrait pas &#234;tre pour lui-m&#234;me, mais avec il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formellement, ce qui a &#233;t&#233; dit peut &#234;tre exprim&#233; de telle mani&#232;re que la nature du jugement ou de la phrase en g&#233;n&#233;ral, qui inclut la diff&#233;rence entre sujet et pr&#233;dicat, est d&#233;truite par la phrase sp&#233;culative, et la phrase identique, que la premi&#232;re devient, contrecarre ce dernier contient des conditions. &#8211; Ce conflit entre la forme d'une phrase en g&#233;n&#233;ral et l'unit&#233; du concept qui la d&#233;truit est semblable &#224; celui qui s'op&#232;re dans le rythme entre la m&#233;trique et l'accent. Le rythme r&#233;sulte du centre flottant et de l'union des deux. Ainsi, dans la phrase philosophique &#233;galement, l'identit&#233; du sujet et du pr&#233;dicat ne doit pas d&#233;truire la diff&#233;rence entre eux, exprim&#233;e par la forme de la phrase, mais plut&#244;t leur unit&#233; doit &#233;merger comme une harmonie. La forme de la phrase est l'apparition du sens particulier ou de l'accent qui distingue son accomplissement ; Mais le fait que le pr&#233;dicat exprime la substance et que le sujet lui-m&#234;me tombe dans le g&#233;n&#233;ral est l' unit&#233; dans laquelle cet accent s'efface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ce qui a &#233;t&#233; dit par des exemples, dans la phrase : Dieu est l'&#234;tre , le pr&#233;dicat est l'&#234;tre ; il a un sens substantiel dans lequel le sujet se dissout. Ici, l'&#234;tre ne doit pas &#234;tre un pr&#233;dicat, mais plut&#244;t l'essence ; Du coup, Dieu semble cesser d'&#234;tre ce qu'il est par la position de la proposition, &#224; savoir le sujet fixe. &#8211; La pens&#233;e, au lieu de progresser dans le passage du sujet au pr&#233;dicat, se sent plut&#244;t inhib&#233;e parce que le sujet est perdu et est renvoy&#233;e &#224; la pens&#233;e du sujet parce qu'elle lui manque ; ou bien il trouve, puisque le pr&#233;dicat lui-m&#234;me s'exprime comme sujet, comme &#234;tre, comme essence qui &#233;puise la nature du sujet, le sujet aussi directement dans le pr&#233;dicat ; et maintenant, au lieu de se voir attribuer la place libre du raisonnement &#224; l'int&#233;rieur du pr&#233;dicat, il est encore absorb&#233; par le contenu, ou du moins il y a une demande d'y &#234;tre absorb&#233;. &#8211; Alors m&#234;me si l'on dit : le r&#233;el est l' universel , le r&#233;el dispara&#238;t comme sujet, dans son pr&#233;dicat. Le g&#233;n&#233;ral ne doit pas seulement avoir le sens du pr&#233;dicat, pour que la phrase dise que le r&#233;el est g&#233;n&#233;ral, mais le g&#233;n&#233;ral doit exprimer l'essence du r&#233;el. &#8211; La pens&#233;e perd donc une grande partie du solide fondement objectif qu'elle avait dans le sujet lorsqu'elle y est renvoy&#233;e dans le pr&#233;dicat, et dans le pr&#233;dicat elle ne retourne pas en elle-m&#234;me, mais dans le sujet du contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaintes concernant l'incompr&#233;hensibilit&#233; des &#233;crits philosophiques reposent en grande partie sur cette inhibition inhabituelle, alors que les autres conditions d'&#233;ducation permettant de les comprendre sont pr&#233;sentes chez l'individu. Nous voyons dans ce qui vient d'&#234;tre dit le fondement de l'accusation tr&#232;s pr&#233;cise qui est souvent port&#233;e contre eux, qu'il faut lire plusieurs fois plusieurs choses avant de pouvoir les comprendre - une accusation qui est cens&#233;e contenir quelque chose d'inconvenant et de d&#233;finitif, de sorte que si elle est fond&#233;e, aucune autre objection n'est admise. &#8211; Ce qui pr&#233;c&#232;de montre clairement ce que cela signifie. La phrase philosophique, parce qu'elle est une phrase, donne lieu &#224; l'opinion sur la relation habituelle entre sujet et pr&#233;dicat et sur le comportement habituel de la connaissance. Ce comportement et son opinion d&#233;truisent son contenu philosophique ; l'opinion apprend qu'elle est signifi&#233;e diff&#233;remment de ce qu'elle voulait dire, et cette correction de son opinion oblige la connaissance &#224; revenir &#224; la phrase et &#224; la formuler maintenant diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une difficult&#233; qu'il convient d'&#233;viter est le m&#233;lange du mode sp&#233;culatif et du mode raisonnement, quand tant&#244;t ce que dit le sujet a le sens de son concept, mais tant&#244;t seulement le sens de son pr&#233;dicat ou de son accident. &#8211; Une voie perturbe l'autre, et seule cette exposition philosophique atteindrait la plasticit&#233; si elle excluait strictement le type de relation habituelle entre les parties d'une phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la pens&#233;e non sp&#233;culative a aussi son droit, qui est valable mais non observ&#233; &#224; la mani&#232;re de la proposition sp&#233;culative. Le fait que la forme de la phrase soit abolie ne doit pas n&#233;cessairement se produire de mani&#232;re imm&#233;diate , ni &#224; travers le simple contenu de la phrase. Il faut plut&#244;t exprimer ce mouvement contraire ; Non seulement cette inhibition int&#233;rieure doit &#234;tre repr&#233;sent&#233;e , mais aussi le repli du concept sur lui-m&#234;me . Ce mouvement, qui constitue ce que la preuve devrait autrement r&#233;aliser, est le mouvement dialectique de la proposition elle-m&#234;me. Lui seul est le v&#233;ritable sp&#233;culatif, et seule son expression est la repr&#233;sentation sp&#233;culative. En tant que proposition, le sp&#233;culatif n'est que l' inhibition int&#233;rieure et le retour inexistant de l'&#234;tre en lui-m&#234;me. Nous nous retrouvons donc souvent rel&#233;gu&#233;s &#224; cette perception int&#233;rieure par les expos&#233;s philosophiques, et nous nous &#233;pargnons ainsi la pr&#233;sentation du mouvement dialectique de la phrase que nous r&#233;clamions. &#8211; La phrase est destin&#233;e &#224; exprimer ce qu'est la v&#233;rit&#233;, mais elle est essentiellement le sujet ; en tant que tel, il ne s'agit que du mouvement dialectique, de cette marche auto-g&#233;n&#233;ratrice, aller et retour. &#8211; Dans le cas d'autres cognitions, l'&#233;vidence constitue ce c&#244;t&#233; de l'int&#233;riorit&#233; exprim&#233;e. Mais apr&#232;s que la dialectique a &#233;t&#233; s&#233;par&#233;e de la preuve, le concept de preuve philosophique a &#233;t&#233; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut rappeler ici que le mouvement dialectique a aussi des propositions comme parties ou &#233;l&#233;ments ; La difficult&#233; signal&#233;e semble donc toujours revenir et &#234;tre une difficult&#233; de la chose elle-m&#234;me. &#8211; Ceci est similaire &#224; ce qui se passe avec la preuve ordinaire, dans la mesure o&#249; les raisons qu'elle utilise n&#233;cessitent elles-m&#234;mes une justification, et ainsi de suite &#224; l'infini. Mais cette forme de justification et de conditionnement appartient &#224; cette preuve dont le mouvement dialectique est diff&#233;rent, et donc &#224; la connaissance ext&#233;rieure. En ce qui le concerne lui-m&#234;me, son &#233;l&#233;ment est le concept pur ; il a donc un contenu qui est de part en part un sujet. Il n'existe donc pas de tel contenu qui agirait comme sujet sous-jacent et qui aurait sa signification de pr&#233;dicat ; la phrase est imm&#233;diatement une forme vide. &#8211; En dehors du moi sensuellement vu ou imagin&#233;, c'est avant tout le nom en tant que nom qui d&#233;signe le sujet pur, le sujet vide et sans concept. Pour cette raison, il peut &#234;tre utile, par exemple, d'&#233;viter le nom Dieu , car ce mot n'est pas imm&#233;diatement un concept, mais le nom m&#234;me, le reste solide du sujet sous-jacent. D'autre part puisque, par exemple, l'&#234;tre, ou l'un, l'individu, le sujet lui-m&#234;me, etc., d&#233;signent directement des concepts. &#8211; M&#234;me si des v&#233;rit&#233;s sp&#233;culatives sont dites sur ce sujet, leur contenu manque encore du concept immanent parce qu'il n'existe qu'en tant que sujet au repos et, de ce fait, elles prennent facilement la forme d'une simple &#233;dification. &#8211; De ce point de vue, l'obstacle qui r&#233;side dans l'habitude de comprendre le pr&#233;dicat sp&#233;culatif selon la forme de la phrase, et non comme concept et essence, peut &#234;tre accru et r&#233;duit par la faute de la pr&#233;sentation philosophique elle-m&#234;me. La repr&#233;sentation, fid&#232;le &#224; la compr&#233;hension de la nature du sp&#233;culatif, doit conserver la forme dialectique et ne rien inclure dans la mesure o&#249; elle est comprise et est le concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; le comportement raisonn&#233; entrave l'&#233;tude de la philosophie, c'est l'imagination non raisonnante de v&#233;rit&#233;s &#233;tablies, &#224; laquelle le propri&#233;taire ne pense pas devoir revenir, mais les prend plut&#244;t comme base et croit pouvoir les exprimer, comme ainsi que les juger et les d&#233;noncer &#224; travers eux. De ce point de vue, il est particuli&#232;rement n&#233;cessaire que l'on revienne s&#233;rieusement &#224; la philosophie. De toutes les sciences, arts, comp&#233;tences et m&#233;tiers, la conviction est que pour les poss&#233;der, de multiples efforts pour les apprendre et les pratiquer sont n&#233;cessaires. En ce qui concerne la philosophie, en revanche, le pr&#233;jug&#233; semble actuellement pr&#233;valoir selon lequel, m&#234;me si tout le monde a des yeux et des doigts et re&#231;oit du cuir et des outils, il est donc incapable de fabriquer des chaussures, mais que chacun est capable de philosopher directement et de juger que la philosophie comprend, parce qu'il a l'&#233;tendard de sa raison naturelle pour le faire - comme s'il n'avait pas aussi l'&#233;tendard d'une chaussure &#224; son pied. &#8211; Il semble que le manque de connaissances et d'&#233;tudes soit la raison de la possession de la philosophie et qu'elle finisse l&#224; o&#249; commence l'autre. On consid&#232;re souvent qu'il s'agit d'une connaissance formelle d&#233;pourvue de contenu, et l'on ne comprend pas tr&#232;s bien que toute v&#233;rit&#233; dans une connaissance ou une science en termes de contenu ne peut m&#233;riter ce nom que si elle a &#233;t&#233; produite par la philosophie ; que les autres sciences, qu'elles essayent autant qu'elles le veulent de raisonner sans philosophie, ne peuvent avoir en elles la vie, l'esprit, la v&#233;rit&#233; sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la philosophie proprement dite, nous voyons le long chemin de l'&#233;ducation, le mouvement riche et profond par lequel l'esprit acc&#232;de &#224; la connaissance, comme la r&#233;v&#233;lation directe du sens divin et commun, qui ne diff&#232;re ni des autres connaissances ni de la connaissance actuelle. Qui a essay&#233; et s'est form&#233; &#224; la philosophie, se voit imm&#233;diatement comme un parfait &#233;quivalent et un aussi bon substitut que, par exemple, la chicor&#233;e est vant&#233;e comme substitut du caf&#233;. Il n'est pas agr&#233;able de constater que l'ignorance et la brutalit&#233; informe et insipide elle-m&#234;me, incapable de concentrer sa pens&#233;e sur une proposition abstraite, encore moins sur l'encha&#238;nement de plusieurs, d&#233;truisent tant&#244;t la libert&#233; et la tol&#233;rance de pens&#233;e, tant&#244;t le g&#233;nie &#224; assurer. Cette derni&#232;re, comme c'est le cas aujourd'hui en philosophie, &#233;tait autrefois &#233;galement r&#233;pandue en po&#233;sie ; mais au lieu de po&#233;sie, si la production de ce g&#233;nie avait un sens, elle produisait de la prose triviale ou, si elle allait au-del&#224;, des discours fous. Ainsi maintenant, une philosophie naturelle, qui se consid&#232;re trop bonne pour le concept et, par manquement, pour la pens&#233;e contemplative et po&#233;tique, met sur le march&#233; des combinaisons arbitraires d'un imaginaire qui n'est d&#233;sorganis&#233; que par la pens&#233;e - des structures qui ne sont ni poisson ni chair, ni la po&#233;sie ni la philosophie ne le sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, coulant dans le lit tranquille du sens commun, la philosophie naturelle pr&#233;sente une rh&#233;torique de v&#233;rit&#233;s insignifiantes. Si l'on lui reproche l'insignifiance de cela, il assure en revanche que le sens et l'accomplissement sont pr&#233;sents dans son c&#339;ur, et doivent l'&#234;tre aussi chez les autres, puisqu'en g&#233;n&#233;ral c'est avec l'innocence du c&#339;ur et de la puret&#233; de la conscience et choses ultimes similaires Avoir dit signifie contre lequel il n'y a aucune objection et rien de plus ne peut &#234;tre exig&#233;. Mais il fallait veiller &#224; ce que le meilleur ne reste pas &#224; l'int&#233;rieur, mais soit mis en lumi&#232;re depuis ce puits. On a pu depuis longtemps s'&#233;pargner la peine de pr&#233;senter des v&#233;rit&#233;s ultimes de ce genre, parce qu'on les trouve depuis longtemps dans le cat&#233;chisme, dans les proverbes du peuple, etc. &#8211; Il n'est pas difficile de saisir de telles v&#233;rit&#233;s en raison de leur ind&#233;termination ou de leur caract&#232;re tordu, et de signaler souvent en soi le contraire direct de leur conscience. En essayant de sortir de la confusion qui se cr&#233;e en lui, il tombera dans de nouvelles confusions et arrivera probablement &#224; la conclusion que ceci et cela sont d&#233;cid&#233;ment du sophisme - un slogan du bon sens contre la Raison instruite, comme le expression r&#234;veuse, l'ignorance de la philosophie l'a constat&#233; une fois pour toutes. - En s'appuyant sur le ressenti, son oracle int&#233;rieur, il en a fini contre celui qui n'est pas d'accord ; Il doit expliquer qu'il n'a plus rien &#224; dire &#224; quiconque ne trouve pas et ne ressent pas la m&#234;me chose en lui-m&#234;me - en d'autres termes, il pi&#233;tine les racines de l'humanit&#233;. Car la nature de ceux-ci est de faire pression pour obtenir un accord avec les autres et leur existence uniquement dans la communaut&#233; de conscience qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. L'anti-humain, l'animal, consiste &#224; rester coinc&#233; dans les sentiments et &#224; ne pouvoir communiquer qu'&#224; travers eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on demandait une voie royale vers la science, on ne pourrait en donner de plus commode que celle de s'appuyer sur le bon sens et, pour progresser avec le temps et la philosophie, des revues d'&#233;crits philosophiques, par exemple les pr&#233;faces et la premi&#232;re il faut lire les paragraphes de celui-ci, car ceux-ci donnent les principes g&#233;n&#233;raux dont tout d&#233;pend, et cela, en plus de la note historique, aussi l'&#233;valuation, qui, parce qu'il s'agit d'une &#233;valuation, va au-del&#224; de ce qui est &#233;valu&#233;. Ce chemin commun se d&#233;roule en robe de chambre, mais en robe de grand pr&#234;tre, l'exaltation de l'&#233;ternel, du saint, de l'infini l'accompagne - un chemin qui est lui-m&#234;me l'&#234;tre imm&#233;diat au centre, le g&#233;nie des id&#233;es profondes et originales et des &#233;clairs &#233;lev&#233;s. de pens&#233;e. Cependant, de m&#234;me qu'une telle profondeur ne r&#233;v&#232;le pas encore la source de l'&#234;tre, de m&#234;me ces fus&#233;es ne sont pas encore l'Empyr&#233;e. Les v&#233;ritables pens&#233;es et connaissances scientifiques ne peuvent &#234;tre acquises que gr&#226;ce au travail du concept. Lui seul peut produire l'universalit&#233; de la connaissance, qui n'est ni l'ind&#233;termination et la pauvret&#233; communes de l'entendement humain commun, mais plut&#244;t une connaissance instruite et compl&#232;te - ni l'extraordinaire g&#233;n&#233;ralit&#233; des dispositions de la raison, qui est corrompue par l'indolence et l'orgueil de l'esprit. le g&#233;nie, mais plut&#244;t celui de sa forme native, la v&#233;rit&#233; d&#233;velopp&#233;e, qui est susceptible d'&#234;tre la propri&#233;t&#233; de toute raison consciente d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque je place ce par quoi la science existe dans le mouvement propre du concept, la consid&#233;ration selon laquelle les aspects mentionn&#233;s ci-dessus et d'autres aspects externes des id&#233;es de notre temps sur la nature et la forme de la v&#233;rit&#233; s'en &#233;cartent, voire sont compl&#232;tement contraires &#224; cela semble &#234;tre une tentative de pr&#233;senter le syst&#232;me scientifique de telle mani&#232;re qu'il ne promet pas un accueil favorable. En attendant, je peux consid&#233;rer que, si, par exemple, l'excellence de la philosophie de Platon est parfois plac&#233;e dans ses mythes scientifiquement sans valeur, il y eut aussi des &#233;poques, qu'on appelle m&#234;me des &#233;poques d'enthousiasme, o&#249; la philosophie aristot&#233;licienne &#233;tait respect&#233;e pour sa profondeur sp&#233;culative. et le Parm&#233;nide de Platon, sans doute la plus grande &#339;uvre d'art de la dialectique antique , &#233;tait consid&#233;r&#233; comme la v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation et l'expression positive de la vie divine , et m&#234;me avec beaucoup d'obscurit&#233; sur ce que c'est. l'extase , cette extase incomprise ne devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre rien d'autre que le pur concept - qu'en outre, l'excellence de la philosophie de notre temps met elle-m&#234;me sa valeur dans la science, et m&#234;me si d'autres la prennent diff&#233;remment, elle ne s'affirme que par elle dans la pratique. Je peux donc &#233;galement esp&#233;rer que cette tentative visant &#224; justifier la science par rapport au concept et &#224; la pr&#233;senter dans son &#233;l&#233;ment propre trouvera son chemin dans la v&#233;rit&#233; int&#233;rieure de la question. Nous devons &#234;tre convaincus que la v&#233;rit&#233; a la nature de p&#233;n&#233;trer quand son heure est venue, et qu'elle n'appara&#238;t que lorsqu'elle est venue, et donc n'appara&#238;t jamais trop t&#244;t ni ne trouve un public immature ; aussi que l'individu a besoin de cet effet pour se prouver dans ce qui est encore sa cause unique et pour &#233;prouver la conviction, qui n'appartient qu'au particulier, comme quelque chose de g&#233;n&#233;ral. Ici, cependant, le public doit souvent &#234;tre distingu&#233; de ceux qui en sont les repr&#233;sentants et les orateurs. Le premier se comporte diff&#233;remment du second &#224; bien des &#233;gards, m&#234;me dans des directions oppos&#233;es. S'il assume avec bonhomie le fait qu'il n'aime pas une &#339;uvre philosophique, alors, eux, s&#251;rs de leur comp&#233;tence, rejettent toute la faute sur l'&#233;crivain. L'effet de celui-ci est plus silencieux que les actions de ces morts lorsqu'ils enterrent leurs morts. Si la compr&#233;hension g&#233;n&#233;rale est maintenant plus instruite, si votre curiosit&#233; est plus alerte et si votre jugement est d&#233;termin&#233; plus rapidement, de sorte que les pieds de ceux qui vous m&#232;neront &#224; l'ext&#233;rieur sont d&#233;j&#224; &#224; la porte, alors ce que l'on peut souvent en distinguer, c'est le processus plus lent. l'effet, c'est-&#224;-dire l'attention, qui a &#233;t&#233; renforc&#233;e par des assurances impressionnantes, ainsi que la correction du bl&#226;me jetable et le fait de donner &#224; une partie un co-monde seulement apr&#232;s un certain temps, tandis qu'une autre n'a plus de post&#233;rit&#233; apr&#232;s cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, d'ailleurs, &#224; une &#233;poque o&#249; la g&#233;n&#233;ralit&#233; de l'esprit est devenue beaucoup plus forte et o&#249; l'individualit&#233;, comme elle devrait l'&#234;tre, est devenue beaucoup plus indiff&#233;rente, la partie qui est dans l'&#339;uvre enti&#232;re tient &#233;galement &#224; sa L'ampleur et la richesse d&#233;velopp&#233;es et les exigences de l'esprit incombant &#224; l'activit&#233; de l'individu ne peuvent &#234;tre que minimes, alors, comme l'exige la nature de la science, l'individu doit d'autant plus s'oublier lui-m&#234;me et devenir et faire ce qu'il peut. mais il doit aussi faire moins avec lui &#234;tre exig&#233;, tout comme il peut attendre moins de lui-m&#234;me et exiger pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une id&#233;e naturelle qu'avant que la philosophie n'aborde le sujet lui-m&#234;me, &#224; savoir la connaissance r&#233;elle de ce qui est dans la v&#233;rit&#233;, il faut d'abord se mettre d'accord sur la connaissance comme l'outil par lequel on prend possession de l'absolu, ou est consid&#233;r&#233; comme le moyen par lequel on le voit. L'inqui&#233;tude semble l&#233;gitime, en partie parce qu'il existe diff&#233;rents types de connaissances, et que l'une d'elles est plus capable que l'autre d'atteindre ce but final, et donc par un mauvais choix entre elles, - en partie aussi parce que la connaissance est une facult&#233; d'un certain sans une d&#233;termination plus pr&#233;cise de sa nature et de ses limites, les nuages &#8203;&#8203;de l'erreur sont saisis au lieu du ciel de la v&#233;rit&#233;. Cette pr&#233;occupation doit m&#234;me se transformer en conviction que tout le d&#233;but de l'acquisition de ce qui est en soi par la connaissance pour la conscience est absurde dans son concept, et qu'il existe une fronti&#232;re qui les s&#233;pare absolument entre la connaissance et la chute Absolue. Car si la connaissance est l'outil pour prendre le contr&#244;le de l'&#234;tre absolu, on remarque imm&#233;diatement que l'application d'un outil &#224; une chose ne la laisse pas telle qu'elle est en elle-m&#234;me, mais op&#232;re avec elle une formation et un changement. Ou si la connaissance n'est pas un outil de notre activit&#233;, mais plut&#244;t un m&#233;dium passif par lequel la lumi&#232;re de la v&#233;rit&#233; nous parvient, alors nous la recevons non pas telle qu'elle est en elle-m&#234;me, mais telle qu'elle est &#224; travers et dans ce m&#233;dium. Dans les deux cas, on utilise un moyen qui produit directement le contraire de sa fin ; ou plut&#244;t, ce qui est absurde, c'est que nous utilisions n'importe quel moyen. Il semble bien que ce probl&#232;me puisse &#234;tre r&#233;solu en connaissant le fonctionnement de l' outil , car il permet de soustraire du r&#233;sultat la part qui appartient &#224; l'outil dans l'id&#233;e que l'on re&#231;oit de l'Absolu &#224; travers lui, et ainsi de suite. pur. En fait, cette am&#233;lioration &#224; elle seule ne ferait que nous ramener l&#224; o&#249; nous en &#233;tions auparavant. Si nous retirons d'une chose form&#233;e ce que l'outil lui a fait, alors la chose - ici l'Absolu - est tout aussi importante pour nous qu'elle l'&#233;tait avant cet effort inutile. Si l'absolu devait &#234;tre rapproch&#233; de nous par l'interm&#233;diaire de l'outil sans rien y changer, comme par exemple le b&#226;ton de chaux de l'oiseau, alors il serait probablement victime de cette astuce s'il n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; avec nous en soi et ne voulait pas &#234;tre l&#224; pour se moquer ; Car une astuce dans ce cas serait de reconna&#238;tre que, par ses multiples efforts, l'expression fait quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent que simplement produire une relation imm&#233;diate et donc sans effort. Ou si le test de reconnaissance que nous, en tant que m&#233;dium,imaginez, nous enseigne la loi de sa r&#233;fraction, il ne sert &#224; rien non plus de la soustraire au r&#233;sultat ; car ce n'est pas l'&#233;clatement du rayon, mais le rayon lui-m&#234;me, par lequel la v&#233;rit&#233; nous touche, qui est la connaissance, et si celle-ci &#233;tait soustraite, seule la direction pure ou le lieu vide nous aurait &#233;t&#233; indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, si la peur de tomber dans l'erreur suscite une m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de la science, qui se met &#224; l'&#339;uvre sans r&#233;serve et sait r&#233;ellement, alors on ne voit pas pourquoi on ne devrait pas, &#224; l'inverse, se m&#233;fier de cette m&#233;fiance et s'inqui&#233;ter de La peur de se tromper est d&#233;j&#224; l'erreur elle-m&#234;me. En fait, elle pr&#233;suppose quelque chose, &#224; savoir certaines choses, comme v&#233;rit&#233;, et fonde ses pr&#233;occupations et ses cons&#233;quences sur cela, qui doit elle-m&#234;me &#234;tre v&#233;rifi&#233;e au pr&#233;alable pour voir si c'est la v&#233;rit&#233;. Cela pr&#233;suppose des id&#233;es sur la connaissance en tant qu'outil et support , ainsi qu'une diff&#233;rence entre nous et cette connaissance ; Mais avant tout, le fait que l'absolu soit d'un c&#244;t&#233; et la connaissance de l'autre, en soi et s&#233;par&#233;e de l'absolu, est quelque chose de r&#233;el, ou par l&#224; la connaissance qui, &#233;tant en dehors de l'absolu, est aussi en dehors de l'absolu. la v&#233;rit&#233; est, mais soyez vrai ; une hypoth&#232;se selon laquelle ce qu'on appelle la peur de l'erreur se r&#233;v&#232;le plut&#244;t &#234;tre une peur de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cons&#233;quence vient de ce que seul l'absolu est vrai, ou que seul le vrai est absolu. Elle peut &#234;tre rejet&#233;e &#224; cause de la diff&#233;rence qu'une connaissance qui ne conna&#238;t pas, comme le veut la science, l'absolu, mais qui est &#233;galement vraie ; et la connaissance en g&#233;n&#233;ral, si elle est incapable de saisir la m&#234;me chose, mais est n&#233;anmoins capable d'autres v&#233;rit&#233;s. Mais nous pouvons maintenant voir que de tels va-et-vient &#233;quivaut &#224; une distinction trouble entre une v&#233;rit&#233; absolue et une autre v&#233;rit&#233;, et que l'absolu, la connaissance, etc., sont des mots qui pr&#233;supposent un sens qui doit d'abord &#234;tre atteint pour pouvoir pour r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'utiliser des id&#233;es et des paroles aussi inutiles pour s'emparer de la connaissance comme d'un outil, de l'absolu, ou comme d'un moyen par lequel nous voyons la v&#233;rit&#233;, etc. - conditions dans lesquelles toutes ces id&#233;es de connaissance de l'absolu et d'absolu qui est s&#233;par&#233; de la connaissance - au lieu des excuses que l'incapacit&#233; de la science cr&#233;e &#224; partir du pr&#233;suppos&#233; de telles conditions afin de se lib&#233;rer de l'effort de la science et en m&#234;me temps de se faire une r&#233;putation d'un effort s&#233;rieux et z&#233;l&#233;, et au lieu de lutter pour trouver des r&#233;ponses &#224; tout cela, elles pourraient &#234;tre carr&#233;ment rejet&#233;es comme des id&#233;es accidentelles et arbitraires, et l'utilisation associ&#233;e de mots comme l'absolu, le savoir, aussi l'objectif et le subjectif, et d'innombrables autres , dont la signification est suppos&#233;e &#234;tre de notori&#233;t&#233; publique, peut m&#234;me &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une fraude. Car pr&#233;tendre, en partie que sa signification est g&#233;n&#233;ralement connue, en partie aussi qu'on a son propre concept, semble plut&#244;t sauver l'essentiel, &#224; savoir donner ce concept. D'un autre c&#244;t&#233;, il serait plus juste d'&#233;viter la peine de pr&#234;ter attention &#224; de telles id&#233;es et &#224; de tels dictons, qui visent &#224; conjurer la science elle-m&#234;me, car ils ne constituent qu'une vaine apparence de la connaissance, qui dispara&#238;t imm&#233;diatement devant l'homme. la science &#233;merge. Mais la science, telle qu'elle appara&#238;t, est elle-m&#234;me un ph&#233;nom&#232;ne ; leur apparition n'a pas encore &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e et &#233;largie dans leur v&#233;rit&#233;. Il n'est pas pertinent ici d'imaginer qu'il s'agit de l'apparence parce qu'elle appara&#238;t &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose d'autre , ou d'appeler cette autre fausse connaissance son apparence. Mais la science doit se lib&#233;rer de cette illusion ; et elle ne peut le faire qu'en se retournant contre lui. Car elle ne peut pas simplement rejeter une connaissance qui n'est pas vraie en tant que vision commune des choses, et affirmer qu'il s'agit d'un type de connaissance compl&#232;tement diff&#233;rent et que cette connaissance n'est rien du tout pour elle ; ni compter sur la punition de quelqu'un de meilleur en lui-m&#234;me. Par cette assurance, elle d&#233;clara que son &#234;tre &#233;tait sa force ; mais la fausse connaissance pr&#233;tend aussi qu'elle existe et assure que la science n'est rien pour elle ; unMais l'assurance s&#232;che est consid&#233;r&#233;e comme tout aussi diff&#233;rente. Encore moins peut-il faire appel &#224; la meilleure connaissance qui existe dans la connaissance non vraie et qui elle-m&#234;me en est le pointeur ; car d'une part cela ferait aussi appel &#224; un &#234;tre ; mais d'autre part, sur lui-m&#234;me, plut&#244;t que sur la mani&#232;re dont il est dans la connaissance non vraie, c'est-&#224;-dire sur une mauvaise mani&#232;re d'&#234;tre, et sur son apparence plut&#244;t que sur ce qu'il est en soi. Pour cette raison, la pr&#233;sentation des connaissances qui apparaissent doit &#234;tre effectu&#233;e ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que cette repr&#233;sentation n'a pour objet que la connaissance apparente, elle n'appara&#238;t pas elle-m&#234;me comme la science libre &#233;voluant sous sa forme particuli&#232;re, mais de ce point de vue, elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le chemin de la conscience naturelle qui p&#233;n&#232;tre vers la vraie connaissance. &#224; prendre ; ou comme le chemin de l'&#226;me, qui parcourt la s&#233;rie de ses formations comme des stations qui lui sont fix&#233;es par sa nature, de sorte qu'elle se purifie en esprit en atteignant la connaissance de ce qu'elle est en elle-m&#234;me par l'exp&#233;rience compl&#232;te d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience naturelle s'av&#233;rera n'&#234;tre qu'un concept de connaissance, ou non une v&#233;ritable connaissance. Mais comme il se consid&#232;re directement comme connaissance r&#233;elle, ce chemin a pour lui une signification n&#233;gative, et pour lui il s'apparente plut&#244;t &#224; une perte de soi, qui est la r&#233;alisation du concept ; parce que de cette fa&#231;on, il perd sa v&#233;rit&#233;. On peut donc y voir la voie du doute , ou plus exactement la voie du d&#233;sespoir ; Ce qu'on entend habituellement par doute ne se produit pas en lui, un &#233;branlement de telle ou telle v&#233;rit&#233; suppos&#233;e, suivi d'une disparition propre du doute et d'un retour &#224; cette v&#233;rit&#233;, de sorte qu'&#224; la fin l'affaire est prise comme avant. C'est plut&#244;t la vision consciente du caract&#232;re mensonger de la connaissance qui appara&#238;t, pour laquelle la chose la plus r&#233;elle est ce qui n'est en v&#233;rit&#233; que le concept non r&#233;alis&#233;. Ce scepticisme auto-r&#233;alisateur n'est donc pas ce pour quoi le z&#232;le s&#233;rieux pour la v&#233;rit&#233; et la science imagine s'&#234;tre pr&#233;par&#233; et &#233;quip&#233; ; &#224; savoir avec l' intention , en science, de ne pas s'abandonner aux id&#233;es des autres sur l'autorit&#233;, mais de tout examiner soi-m&#234;me et de suivre uniquement ses propres convictions, ou mieux encore, de tout produire soi-m&#234;me et de consid&#233;rer uniquement ses propres actions comme vraies.La s&#233;rie de formations que traverse la conscience sur ce chemin est plut&#244;t l'histoire d&#233;taill&#233;e de la formation de la conscience elle-m&#234;me en science. Cette intention pr&#233;sente l'&#233;ducation de la mani&#232;re simple de l'intention comme &#233;tant imm&#233;diatement faite et r&#233;alis&#233;e ; Mais cette voie est la v&#233;ritable mise en &#339;uvre de ce mensonge. Cependant, suivre ses propres convictions, c'est bien plus que s'abandonner &#224; l'autorit&#233; ; Mais en inversant une croyance fond&#233;e sur l'autorit&#233; en une croyance fond&#233;e sur sa propre conviction, le contenu de la croyance n'est pas n&#233;cessairement modifi&#233; et l'erreur est remplac&#233;e par la v&#233;rit&#233;. La seule diff&#233;rence entre &#234;tre coinc&#233; dans un syst&#232;me d'opinion et de pr&#233;jug&#233;s fond&#233;s sur l'autorit&#233; d'autrui ou sur sa propre conviction est la vanit&#233; qui accompagne cette derni&#232;re voie. D'un autre c&#244;t&#233;, le scepticisme, qui se concentre sur l'ensemble de la conscience apparente, rend d'abord l'esprit apte &#224; examiner ce qu'est la v&#233;rit&#233; en provoquant le d&#233;sespoir face aux id&#233;es, pens&#233;es et opinions dites naturelles, qu'il est indiff&#233;rent d'appeler ses propres id&#233;es. propre ou celui des autres, et dont la conscience qui s'appr&#234;te &#224; examiner est encore remplie et afflig&#233;e, mais est donc en r&#233;alit&#233; incapable de ce qu'elle veut entreprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#233;tude des formes de conscience irr&#233;elle r&#233;sultera de la n&#233;cessit&#233; m&#234;me de progression et de connexion. Pour rendre cela compr&#233;hensible, on peut g&#233;n&#233;ralement noter d'avance que la repr&#233;sentation de la conscience non-vraie dans son mensonge n'est pas un mouvement purement n&#233;gatif . La conscience naturelle a g&#233;n&#233;ralement une vision unilat&#233;rale de la chose ; et une connaissance qui fait de cette unilat&#233;ralit&#233; son essence est l'une des formes de la conscience inachev&#233;e, qui tombe dans le cours m&#234;me du chemin et s'y pr&#233;sentera. C'est notamment le scepticisme qui voit toujours le n&#233;ant pur dans le r&#233;sultat et fait abstraction du fait que ce n&#233;ant est bien le n&#233;ant de ce dont il r&#233;sulte . Mais le n&#233;ant, pris comme le n&#233;ant de ce dont il vient, est bien le v&#233;ritable r&#233;sultat ; Il est donc lui-m&#234;me sp&#233;cifique et poss&#232;de un contenu. Le scepticisme, qui aboutit &#224; l'abstraction du n&#233;ant ou du vide, ne peut pas aller plus loin, mais doit attendre de voir si et quoi quelque chose de nouveau se pr&#233;sente &#224; lui pour le jeter dans le m&#234;me ab&#238;me vide. D'autre part, puisque le r&#233;sultat est compris tel qu'il est r&#233;ellement, comme une certaine n&#233;gation, une nouvelle forme appara&#238;t imm&#233;diatement et la transition s'effectue dans la n&#233;gation, de sorte que la progression &#224; travers la s&#233;rie compl&#232;te des formes se produit automatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le but est tout aussi n&#233;cessaire &#224; la connaissance que la s&#233;rie de progressions ; C'est l&#224; o&#249; il n'a plus besoin de se d&#233;passer, o&#249; il se trouve, et le concept correspond &#224; l'objet, l'objet au concept. Les progr&#232;s vers cet objectif sont donc imparables et la satisfaction ne peut &#234;tre trouv&#233;e dans aucune station pr&#233;c&#233;dente. Ce qui se limite &#224; une vie naturelle ne peut &#224; lui seul d&#233;passer son existence imm&#233;diate ; mais il est pouss&#233; au-del&#224; de lui par autre chose, et cet arrachement est sa mort. Mais la conscience est son concept pour soi , d&#233;passant ainsi directement le limit&#233; et, puisque ce limit&#233; lui appartient, au-del&#224; d'elle-m&#234;me ; Chez l'individu, l'au-del&#224; s'offre &#224; lui en m&#234;me temps, m&#234;me s'il n'est, comme dans la perception spatiale, qu'&#224; c&#244;t&#233; du limit&#233;. La conscience laisse donc cette violence g&#226;cher sa satisfaction limit&#233;e envers elle-m&#234;me. Lorsqu'elle ressent cette violence, la peur de la v&#233;rit&#233; peut tr&#232;s bien reculer et s'efforcer de pr&#233;server ce qui est menac&#233; de perte. Mais elle ne trouve pas la paix ; c'est qu'elle veut rester debout dans une indolence irr&#233;fl&#233;chie ; la pens&#233;e atrophie l'&#233;tourderie, et son inqui&#233;tude trouble l'indolence ; ou qu'elle s'impose comme sensibilit&#233;, qui assure que tout est bon &#224; sa mani&#232;re ; Cette assurance souffre aussi de la violence de la raison, qui ne consid&#232;re pas quelque chose comme bon pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'agit d'une esp&#232;ce. Ou bien la peur de la v&#233;rit&#233; peut se cacher d'elle-m&#234;me et des autres derri&#232;re l'apparence, comme si c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le z&#232;le ardent pour la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me qui lui rendait si difficile, voire impossible, la recherche d'une autre v&#233;rit&#233; que la seule que la vanit&#233; continue de faire. se d&#233;tourne de l'&#234;tre plut&#244;t que de toutes les pens&#233;es que l'on a de soi-m&#234;me ou des autres ; Cette vanit&#233;, qui sait d&#233;jouer toute v&#233;rit&#233;, en revient en elle-m&#234;me, et se repa&#238;t de son propre entendement, qui sait toujours dissoudre toutes les pens&#233;es et ne trouver que le moi sec au lieu de tout contenu, est une satisfaction laiss&#233;e &#224; soi. il le doit lui-m&#234;me, car il fuit l'universel et ne recherche que l'&#234;tre pour soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que cela a &#233;t&#233; dit provisoirement et en g&#233;n&#233;ral sur la mani&#232;re et la n&#233;cessit&#233; de la progression, il peut &#234;tre utile de rappeler quelque chose sur la m&#233;thode d'ex&#233;cution . Cette pr&#233;sentation comme rapport de la science &#224; la connaissance qui appara&#238;t , et pr&#233;sent&#233;e comme une enqu&#234;te et un test de la r&#233;alit&#233; de la connaissance , ne semble pas pouvoir avoir lieu sans un pr&#233;alable comme base . Car le test consiste dans l'application d'une norme suppos&#233;e, et dans l'&#233;galit&#233; ou l'in&#233;galit&#233; qui en r&#233;sulte de ce qui est test&#233;, avec elle la d&#233;cision quant &#224; savoir si c'est bien ou mal ; et l'&#233;talon en g&#233;n&#233;ral, et de m&#234;me la science si c'&#233;tait l'&#233;talon, est suppos&#233; comme l' essence ou comme l'en-soi . Mais ici, l&#224; o&#249; la science appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, ni elle-m&#234;me ni quoi qu'elle soit ne s'est justifi&#233;e comme essence ou comme en-soi ; et sans cela, il semble qu'aucun examen ne puisse avoir lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction et son &#233;limination appara&#238;tront plus clairement si nous nous rappelons d'abord les d&#233;terminations abstraites de la connaissance et de la v&#233;rit&#233; telles qu'elles se produisent dans la conscience. Cela distingue quelque chose de lui-m&#234;me, auquel il se r&#233;f&#232;re &#233;galement ; ou, comme on l'exprime, c'est quelque chose pour la m&#234;me chose ; et le c&#244;t&#233; sp&#233;cifique de ce rapport , ou de l' &#234;tre de quelque chose pour une conscience, c'est la connaissance. Mais on distingue l'&#234;tre-en-soi de cet &#234;tre pour un autre ; ce qui rel&#232;ve de la connaissance s'en distingue aussi, et se pose comme &#233;tant en dehors de cette relation ; le c&#244;t&#233; de cet en-soi s'appelle v&#233;rit&#233; . Ce qu'il y a r&#233;ellement dans ces d&#233;terminations ne nous importe pas ici, car puisque la connaissance apparaissante est notre objet, ses d&#233;terminations sont d'abord reprises telles qu'elles se pr&#233;sentent imm&#233;diatement ; et la mani&#232;re dont ils ont &#233;t&#233; appr&#233;hend&#233;s est la fa&#231;on dont ils se pr&#233;sentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous examinons maintenant la v&#233;rit&#233; de la connaissance, il semble que nous examinions ce qu'elle est en soi . Dans cette enqu&#234;te seule, c'est notre objet, c'est pour nous ; et l' en-soi qui en r&#233;sulterait serait plut&#244;t son &#234;tre pour nous ; ce que nous pr&#233;tendrions &#234;tre son essence, non pas sa v&#233;rit&#233;, mais seulement notre connaissance de lui. L'essence ou la norme tomberait en nous, et ce qui serait compar&#233; &#224; elle et ce qui devait &#234;tre d&#233;cid&#233; par cette comparaison ne devrait pas n&#233;cessairement la reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la nature de l'objet que nous examinons d&#233;passe cette s&#233;paration ou cette apparence de s&#233;paration et de pr&#233;suppos&#233;. La conscience &#233;tablit elle-m&#234;me son standard, et l'investigation sera ainsi une comparaison d'elle-m&#234;me avec elle-m&#234;me ; car la distinction qui vient d'&#234;tre faite rel&#232;ve de cela. En lui, il y a une chose pour une autre, ou en g&#233;n&#233;ral il y a en lui la d&#233;termination du moment de la connaissance ; En m&#234;me temps, cet autre n'est pas seulement pour lui , mais aussi en dehors de cette relation ou en soi : l'instant de v&#233;rit&#233;. Nous avons donc la norme qu'elle &#233;tablit pour mesurer sa connaissance par rapport &#224; ce que la conscience d&#233;clare en elle-m&#234;me comme &#233;tant l' en-soi ou la v&#233;rit&#233; . Si l'on appelle connaissance le concept , l'essence ou la v&#233;rit&#233; , ou l'&#234;tre ou l' objet , alors le test consiste &#224; voir si le concept correspond &#224; l'objet. Mais si l'on appelle l'essence ou l'en-soi de l'objet le concept et, d'autre part, comprenons l' objet comme un objet , c'est-&#224;-dire tel qu'il est pour un autre , alors le test consiste &#224; voir si l'objet correspond &#224; son concept. . On peut clairement voir que les deux sont identiques ; Mais l'essentiel est de constater ceci pour toute l'enqu&#234;te, que ces deux moments, concept et objet, &#234;tre-pour-un-autre et &#234;tre-en-soi , tombent dans le savoir que nous enqu&#234;tons, et avec lui nous n'avons pas besoin de apporter des normes avec nous et appliquer nos id&#233;es et nos r&#233;flexions &#224; l'enqu&#234;te ; en les omettant, nous parvenons &#224; consid&#233;rer la chose telle qu'elle est en soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non seulement l'un de nos ingr&#233;dients devient superflu parce que le concept et l'objet, la norme et ce qui doit &#234;tre test&#233;, sont pr&#233;sents dans la conscience elle-m&#234;me, mais nous sommes &#233;galement soulag&#233;s de la peine de comparer les deux et de l' essai proprement dit , de sorte que , &#224; mesure que la conscience s'examine, de ce c&#244;t&#233; aussi nous n'avons que de pure observation. Car la conscience est, d'une part, conscience de l'objet, et, d'autre part, conscience de lui-m&#234;me ; Conscience de ce qui est vrai pour lui et conscience de sa connaissance de celui-ci. Puisque tous deux visent la m&#234;me chose , c'est eux-m&#234;mes leur comparaison ; Il lui importe que sa connaissance de l'objet lui corresponde ou non. Certes, l'objet appara&#238;t seulement tel qu'il sait qu'il est ; Il semble, pour ainsi dire, ne pas pouvoir comprendre &#224; quoi il ressemble, non pas pour la m&#234;me chose , mais ce qu'il est en lui-m&#234;me , et donc ne pas pouvoir tester ses connaissances contre lui. Juste dans le fait qu'elle conna&#238;t un objet, il y a d&#233;j&#224; la diff&#233;rence que pour elle quelque chose est l' en-soi , mais qu'un autre moment est la connaissance ou l'&#234;tre de l'objet pour la conscience. Le test repose sur cette distinction, qui existe. Si les deux ne correspondent pas dans cette comparaison, alors la conscience semble devoir changer sa connaissance pour l'adapter &#224; l'objet, mais en changeant la connaissance, l'objet lui-m&#234;me change en r&#233;alit&#233; ; car la connaissance existante &#233;tait essentiellement une connaissance de l'objet ; Avec la connaissance, il devient aussi une personne diff&#233;rente, parce qu'il appartenait essentiellement &#224; cette connaissance. Il prend ainsi conscience que ce qui &#233;tait auparavant pour lui l' en-soi n'est pas en soi, ou qu'il n'&#233;tait en soi que pour lui . Puisqu'il ne trouve pas que la connaissance de son objet lui corresponde, l'objet lui-m&#234;me ne peut pas non plus durer ; ou le niveau du test change lorsque celui dont il devrait &#234;tre le niveau &#233;choue au test ; et le test n'est pas seulement un test de connaissances mais aussi de niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement dialectique que la conscience exerce sur elle-m&#234;me, tant sur sa connaissance que sur son objet, dans la mesure o&#249; le nouvel objet v&#233;ritable na&#238;t d' elle , est en r&#233;alit&#233; ce qu'on appelle l'exp&#233;rience . &#192; cet &#233;gard, il y a un moment du processus qui vient d'&#234;tre &#233;voqu&#233; qui m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233; plus en d&#233;tail, ce qui apportera un nouvel &#233;clairage sur le c&#244;t&#233; scientifique de la pr&#233;sentation suivante. La conscience sait quelque chose , cet objet est l'essence ou l' en-soi ; mais c'est aussi l' en-soi de la conscience ; Cela cr&#233;e l'ambigu&#239;t&#233; de cette v&#233;rit&#233;. On voit que la conscience a d&#233;sormais deux objets, le premier l' en-soi , le second l'&#234;tre -pour-soi de cet en-soi . Cette derni&#232;re appara&#238;t d'abord comme n'&#233;tant que le reflet de la conscience en elle-m&#234;me, une repr&#233;sentation, non pas d'un objet, mais seulement de sa connaissance du premier. Mais comme nous l'avons montr&#233; pr&#233;c&#233;demment, le premier objet change pour lui ; il cesse d'&#234;tre l'en-soi et devient celui qui n'est l' en-soi que pour lui ; Mais alors voici ce qu'il en est : l'&#234;tre-pour-il est cet en-soi , la v&#233;rit&#233;, mais cela veut dire que ceci est l' essence , ou son objet . Ce nouvel objet contient la nullit&#233; du premier ; c'est l'exp&#233;rience faite &#224; son sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un moment dans cette repr&#233;sentation du d&#233;roulement de l'exp&#233;rience qui ne semble pas correspondre &#224; ce que l'on entend habituellement par exp&#233;rience. Le passage du premier objet et la connaissance de celui-ci &#224; l'autre objet sur lequel on dit que l'exp&#233;rience s'est faite s'est &#233;nonc&#233; de telle mani&#232;re que la connaissance du premier objet, ou la pour -la-conscience du premier in- lui-m&#234;me, qui devrait devenir le deuxi&#232;me objet lui-m&#234;me. D'un autre c&#244;t&#233;, il semble que nous &#233;prouvions le mensonge de notre premier concept avec un autre objet que nous trouvons par hasard et ext&#233;rieurement, de sorte que seule la compr&#233;hension pure de ce qui est en et pour soi tombe en nous. Dans cette perspective, cependant, le nouvel objet se r&#233;v&#232;le &#234;tre le r&#233;sultat d'un renversement de la conscience elle-m&#234;me. Cette consid&#233;ration de la mati&#232;re est notre ingr&#233;dient, &#224; travers lequel la s&#233;rie d'exp&#233;riences de conscience s'&#233;l&#232;ve au niveau d'un processus scientifique. ce n'est pas pour la conscience que nous avons du respect. Mais il s'agit en r&#233;alit&#233; de la m&#234;me circonstance qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e plus haut &#224; propos du rapport de cette repr&#233;sentation au scepticisme, &#224; savoir que le r&#233;sultat qui na&#238;t toujours d'une connaissance qui n'est pas vraie ne doit pas converger vers un n&#233;ant vide mais doit n&#233;cessairement &#234;tre compris comme tel. le n&#233;ant de ce dont il est le r&#233;sultat ; un r&#233;sultat qui contient ce que la connaissance ant&#233;rieure contient de vrai. Cela se pr&#233;sente ici de telle mani&#232;re que, &#224; mesure que ce qui est apparu d'abord comme objet s'enfonce &#224; la conscience dans sa connaissance, et que l' en-soi devient un &#234;tre-pour-la-conscience de l' en-soi , c'est l&#224; l'essence m&#234;me de l'objet. un nouvel objet, avec lequel appara&#238;t &#233;galement une nouvelle forme de conscience, qui est essentiellement diff&#233;rente de la pr&#233;c&#233;dente. C'est cette circonstance qui guide la n&#233;cessit&#233; de toute la s&#233;quence des formes de conscience. Seule cette n&#233;cessit&#233; elle-m&#234;me, ou l' &#233;mergence du nouvel objet, qui se pr&#233;sente &#224; la conscience sans savoir comment cela se produit, est ce qui se passe pour nous dans son dos, pour ainsi dire. Il en r&#233;sulte qu'un moment d'&#234;tre en soi ou pour nous entre dans son mouvement , qui ne se pr&#233;sente pas &#224; la conscience impliqu&#233;e dans l'exp&#233;rience elle-m&#234;me ; Mais le contenu de ce qui surgit pour nous est pour lui , et nous n'en comprenons que l'aspect formel, ou sa pure &#233;mergence ; pour elle, cette chose cr&#233;&#233;e n'est qu'un objet, pour nousen m&#234;me temps que le mouvement et le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de cette n&#233;cessit&#233;, ce chemin vers la science lui-m&#234;me est d&#233;j&#224; la science , et selon son contenu, la science de l' exp&#233;rience de la conscience .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience que la conscience fait d'elle-m&#234;me ne peut, dans son concept, comprendre rien de moins que tout son syst&#232;me, ou tout le domaine de la v&#233;rit&#233; de l'esprit, de sorte que ses moments se pr&#233;sentent dans cette d&#233;termination particuli&#232;re, non abstraite, les purs sont des moments, mais tels qu'ils le sont pour la conscience, ou tels que la conscience elle-m&#234;me appara&#238;t dans sa relation avec eux, les moments du tout &#233;tant des formes de conscience . &#192; mesure qu'il avance vers sa v&#233;ritable existence, il atteindra un point o&#249; il perdra son apparence d'&#234;tre afflig&#233; de quelque chose d'&#233;trange qui n'est qu'&#224; lui et comme quelque chose d'autre, ou o&#249; l'apparence deviendra comme l'essence, sa repr&#233;sentation co&#239;ncidera ainsi avec cela. point m&#234;me de la science actuelle de l'esprit, et enfin, en saisissant cette essence m&#234;me, il d&#233;signera la nature m&#234;me de la connaissance absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude sensuelle ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou le ceci et le sens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance qui est premi&#232;re ou imm&#233;diate notre objet ne peut &#234;tre autre que celle qui est elle-m&#234;me connaissance imm&#233;diate, connaissance de l' imm&#233;diat ou de l'&#234;tre . Nous devons nous comporter de la m&#234;me mani&#232;re directe ou r&#233;ceptive , c'est-&#224;-dire ne rien changer &#224; ce qui se pr&#233;sente et emp&#234;cher la compr&#233;hension de l'appr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu concret de la certitude sensorielle la fait appara&#238;tre imm&#233;diatement comme la connaissance la plus riche , voire d'une richesse infinie, pour laquelle nous sommes tout aussi susceptibles d'&#234;tre dehors dans l'espace et le temps dans lesquels elle se propage que si nous en faisions partie. prenez de cette pl&#233;nitude et entrez -y par la division , aucune limite ne peut &#234;tre trouv&#233;e. Elle para&#238;t aussi &#234;tre la plus vraie ; car elle n'a encore rien laiss&#233; de c&#244;t&#233; de l'objet, mais l'a plut&#244;t devant elle dans toute sa compl&#233;tude. Mais cette certitude se pr&#233;sente en r&#233;alit&#233; comme la v&#233;rit&#233; la plus abstraite et la plus pauvre . Elle ne dit cela que de ce qu'elle sait : c'est ; et sa v&#233;rit&#233; ne contient que l' &#234;tre de la chose ; La conscience, elle, n'est dans cette certitude que comme un pur ego ; ou bien je n'y suis qu'aussi pur ceci , et l'objet n'est aussi qu'aussi pur ceci . Moi, celui-ci , je ne suis pas certain de cette question parce que moi, en tant que conscience, je me suis d&#233;velopp&#233; et j'ai d&#233;plac&#233; mes pens&#233;es de diff&#233;rentes mani&#232;res. Ni parce que la chose dont je suis certain a un rapport riche avec elle-m&#234;me, ou un comportement multiple &#224; modifier, selon de nombreuses propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes. Ni l'un ni l'autre ne concerne la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible ; ni moi ni la chose n'ont le sens d'une m&#233;diation diverse ; Je n'ai pas le sens d'une conception ou d'une pens&#233;e diverse, ni la chose le sens de qualit&#233;s diverses ; mais le probl&#232;me est que ; et elle l' est , juste parce qu'elle l' est ; c'est , c'est l'essence de la connaissance sensorielle, et cet &#234;tre pur ou cette simple imm&#233;diatet&#233; constitue sa v&#233;rit&#233; . De m&#234;me, la certitude en tant que relation est une relation imm&#233;diate et pure ; La conscience est moi , rien de plus, un pur Ceci ; l' individu conna&#238;t cela purement, ou l'individu .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; bien y regarder, bien d'autres choses sont en jeu dans l' &#234;tre pur qui constitue l'essence de cette certitude et qu'elle exprime comme sa v&#233;rit&#233;. Une v&#233;ritable certitude sensorielle n'est pas seulement cette pure imm&#233;diatet&#233;, mais un exemple de celle-ci. Parmi les innombrables diff&#233;rences qui se produisent, nous trouvons partout la diff&#233;rence principale, &#224; savoir que les deux d&#233;j&#224; mentionn&#233;s ceux-ci , a ceci en tant que moi et a ceci en tant qu'objet , tombent imm&#233;diatement hors de l'&#234;tre pur. Si l'on r&#233;fl&#233;chit &#224; cette diff&#233;rence, il appara&#238;t que ni l'un ni l'autre ne sont seulement imm&#233;diats , dans la certitude sensorielle, mais en m&#234;me temps m&#233;diatis&#233;s ; J'ai la certitude par autre chose, &#224; savoir la chose ; et ceci est aussi en certitude par un autre, &#224; savoir par moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement nous qui faisons cette diff&#233;rence entre essence et exemple, entre imm&#233;diatet&#233; et m&#233;diation, mais nous la trouvons dans la certitude sensorielle elle-m&#234;me ; et il doit &#234;tre re&#231;u sous la forme sous laquelle il est en elle, non sous la forme que nous venons de d&#233;finir. Il y a une chose qui y est pos&#233;e comme l'&#234;tre simple et imm&#233;diat, ou comme l'essence, l'objet ; mais l'autre, comme inessentiel et m&#233;diatis&#233;, qui n'est pas en soi mais &#224; travers un autre, moi, une connaissance qui ne conna&#238;t l'objet que parce qu'il existe, et qui peut &#234;tre ou ne pas &#234;tre. Mais l'objet est la v&#233;rit&#233; et l'essence ; c'est le cas , que cela soit connu ou non ; il reste, m&#234;me s'il n'est pas connu ; Mais la connaissance n'existe pas si l'objet n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc consid&#233;rer l'objet s'il est bien, au sens m&#234;me de certitude, comme l'&#234;tre pour lequel il se pr&#233;sente par lui ; si ce concept d'&#234;tre correspond &#224; la fa&#231;on dont il existe en elle. En fin de compte, nous n'avons pas besoin de r&#233;fl&#233;chir sur lui et de penser &#224; ce qu'il veut vraiment &#234;tre, mais seulement de le regarder tel que le porte la certitude sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous devez donc vous demander : qu'est-ce que c'est ? Si nous le prenons sous la double forme de son &#234;tre, comme le maintenant et comme l' ici , la dialectique qu'il porte en elle recevra une forme aussi compr&#233;hensible qu'elle l'est elle-m&#234;me. A la question : Qu'est-ce que le maintenant ? Alors r&#233;pondons, par exemple : C'est maintenant la nuit . Pour tester la v&#233;racit&#233; de cette certitude sensorielle, une simple exp&#233;rience suffit. Nous &#233;crivons cette v&#233;rit&#233; ; une v&#233;rit&#233; ne peut pas &#234;tre perdue en l'&#233;crivant ; cela ne signifie pas non plus que nous les gardons. Si nous regardons &#224; nouveau la v&#233;rit&#233; &#233;crite cet apr&#232;s-midi , nous devrons dire qu'elle est devenue obsol&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintenant, qui est la nuit, est pr&#233;serv&#233; , c'est-&#224;-dire qu'il est trait&#233; comme ce qu'il est donn&#233; d'&#234;tre, comme un &#234;tre ; mais il s'av&#232;re plut&#244;t que c'est une chose inexistante. Le Maintenant lui-m&#234;me se maintient, mais comme quelque chose qui n'est pas la nuit ; de la m&#234;me mani&#232;re, il se maintient par rapport au jour qu'il est maintenant, comme quelque chose qui n'est pas non plus le jour ; ou comme n&#233;gatif du tout. Ce moment auto-pr&#233;serv&#233; n'est donc pas imm&#233;diat mais m&#233;diatis&#233; ; car il est d&#233;termin&#233; comme quelque chose de permanent et d'auto-entretenu en ce sens que les autres choses, &#224; savoir le jour et la nuit, n'existent pas. Pourtant il est toujours aussi simple qu'avant, Maintenant , et dans cette simplicit&#233; il est indiff&#233;rent &#224; ce qui se joue encore avec lui ; De m&#234;me que la nuit et le jour ne sont pas son &#234;tre, ils sont aussi le jour et la nuit ; il n'est nullement affect&#233; par son alt&#233;rit&#233;. Une chose si simple, qui par n&#233;gation n'est ni ceci ni cela, n'est pas ceci , et est &#233;galement indiff&#233;rente au fait d'&#234;tre ceci ou cela, nous l'appelons un universel ; L'universel est donc bien la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exprimons aussi le sensible comme un universel ; ce que nous disons, c'est : Ceci , c'est-&#224;-dire le ceci g&#233;n&#233;ral ; ou : c'est ; c'est-&#224;-dire &#234;tre en g&#233;n&#233;ral . Bien entendu, nous n'imaginons pas le g&#233;n&#233;ral ceci, ni l'&#234;tre en g&#233;n&#233;ral , mais nous exprimons le g&#233;n&#233;ral ; ou bien nous ne parlons tout simplement pas comme nous l' entendons dans cette certitude sensorielle . Mais le langage, comme nous le voyons, est ce qu'il y a de plus v&#233;ridique ; Nous y r&#233;futons nous-m&#234;mes directement notre opinion , et puisque l'universel est la v&#233;rit&#233; de la certitude sensuelle, et que le langage ne fait qu'exprimer cette v&#233;rit&#233;, il n'est pas du tout possible que nous puissions jamais dire d'un &#234;tre sensuel ce que nous voulons dire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera le m&#234;me cas avec l'autre forme de ceci, avec le here . Par exemple, voici l' arbre . Je me retourne et cette v&#233;rit&#233; a disparu et s'est transform&#233;e en le contraire : ceci n'est pas un arbre , mais plut&#244;t une maison . L' ici lui-m&#234;me ne dispara&#238;t pas ; elle est plut&#244;t permanente dans la disparition de la maison, de l'arbre, etc., et est indiff&#233;rente au fait d'&#234;tre une maison ou un arbre. Cela se manifeste &#224; nouveau comme une simplicit&#233; m&#233;diatis&#233;e ou comme une g&#233;n&#233;ralit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette certitude sensuelle, en ce qu'elle prouve que l'universel en soi est la v&#233;rit&#233; de son objet, reste donc l'&#234;tre pur comme son essence, mais non pas comme une essence imm&#233;diate, mais &#224; laquelle la n&#233;gation et la m&#233;diation sont essentielles ; non pas comme ce que nous entendons par &#234;tre , mais &#234;tre avec la d&#233;termination qu'il s'agit d'une abstraction ou d'un purement universel, et notre opinion , pour laquelle le vrai de la certitude sensible n'est pas l'universel, reste uniquement vide ou indiff&#233;rente au pr&#233;sent et il reste encore ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare la relation dans laquelle le savoir et l' objet sont apparus d'abord avec la relation dans laquelle ils apparaissent dans ce r&#233;sultat, la situation est invers&#233;e. L'objet qui &#233;tait cens&#233; &#234;tre l'essentiel est maintenant l'inessentiel de la certitude sensible, parce que l'universel qu'il est devenu n'est plus tel qu'il devrait lui &#234;tre essentiel, mais est maintenant &#224; l'oppos&#233;, c'est-&#224;-dire pr&#233;sent dans la connaissance qui &#233;tait auparavant l'inessentiel. Sa v&#233;rit&#233; est dans l'objet comme mon objet, ou dans le mien , c'est parce que je le connais. La certitude sensuelle est ainsi chass&#233;e de l'objet, mais n'est pas pour autant abolie, mais est seulement repouss&#233;e dans le moi ; c'est voir ce que l'exp&#233;rience nous montre de leur r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance de sa v&#233;rit&#233; r&#233;side d&#233;sormais dans le Je , dans l'imm&#233;diatet&#233; de ma vision, de mon audition , etc. ; La disparition des individus Maintenant et Ici, dont nous parlons, est emp&#234;ch&#233;e par le fait que je m'accroche &#224; eux. Aujourd'hui c'est jour parce que je le vois ; C'est un arbre , juste pour cette raison. Mais la certitude sensorielle &#233;prouve dans ce rapport la m&#234;me dialectique que dans le pr&#233;c&#233;dent. Moi, ceci , je vois l'arbre et je revendique l'arbre comme ici ; Mais un autre voit la maison et pr&#233;tend que ce n'est pas un arbre, mais plut&#244;t une maison. Les deux v&#233;rit&#233;s ont la m&#234;me authentification, &#224; savoir l'imm&#233;diatet&#233; de la vue, et la certitude et l'assurance des deux dans leur connaissance ; mais l'un dispara&#238;t dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne dispara&#238;t pas ici, c'est moi , en tant que g&#233;n&#233;ral , dont la vision n'est ni une vision de l'arbre ni de cette maison, mais une simple vision, qui se traduit par la n&#233;gation de cette maison et ainsi de suite, tout aussi simple et indiff&#233;rente &#224; qu'y a-t-il d'autre qui joue contre la maison, qui est l'arbre. Je n'est que des choses g&#233;n&#233;rales, comme maintenant , ici ou ceci en g&#233;n&#233;ral ; Je veux dire un seul je , mais aussi peu que je puisse dire ce que j'entends par Maintenant, Ici, tout aussi peu &#224; propos de moi. En disant : ceci ici, maintenant, ou un seul , je dis : tous ceux-l&#224;, tous ici, maintenant, seuls ; De m&#234;me, quand je dis : moi, ce moi individuel, je dis en g&#233;n&#233;ral : tout moi ; tout le monde est ce que je dis : moi, cet individu je. Si cette exigence est pr&#233;sent&#233;e &#224; la science comme une pierre d'essai sur laquelle elle ne peut tout simplement pas s'appuyer pour d&#233;duire, construire, trouver a priori ce qu'on appelle cette personne, oucette chose dit de quelle chose ou de quoi je parle ; mais il est impossible de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La certitude sensuelle exp&#233;rimente donc que son essence n'est ni dans l'objet ni dans le Je, et que l'imm&#233;diatet&#233; n'est ni l'imm&#233;diatet&#233; de l'un ni de l'autre, car ce que je veux dire dans les deux est plut&#244;t inessentiel, et l'objet et moi sont des g&#233;n&#233;raux dans lesquels le maintenant, l'ici et le moi dont je parle ne reste pas ou n'est pas . De cette mani&#232;re, nous arrivons &#224; poser la totalit&#233; de la certitude sensorielle elle-m&#234;me comme son essence , et non plus seulement un moment de celle-ci, comme cela s'est produit dans les deux cas o&#249; d'abord l'objet oppos&#233; au moi, puis le moi, &#233;tait cens&#233; en &#234;tre son essence. r&#233;alit&#233;. C'est donc seulement la certitude sensorielle elle-m&#234;me tout enti&#232;re qui la retient comme imm&#233;diatet&#233; et exclut ainsi d'elle-m&#234;me toute l'opposition qui a eu lieu dans la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pure imm&#233;diatet&#233; implique donc l'alt&#233;rit&#233; de l'ici comme arbre, qui se fond dans un ici qui n'est pas un arbre, l'alt&#233;rit&#233; du maintenant comme jour, qui se fond dans un maintenant qui est nuit, ou un autre soi pour lequel autre chose est un objet, rien de plus. Sa v&#233;rit&#233; se maintient comme une relation coh&#233;rente qui ne fait aucune distinction entre le moi et l'objet en termes d'essentialit&#233; et de non-essentialit&#233;, et dans laquelle aucune diff&#233;rence ne peut p&#233;n&#233;trer. Moi, celui-l&#224;, je maintiens donc cet ici comme un arbre et je ne me retourne pas pour que cet ici devienne pour moi un non-arbre ; Je ne fais pas non plus attention au fait qu'un autre je consid&#232;re cet ici comme un non-arbre, ou que moi-m&#234;me, une autre fois, je consid&#232;re l'ici comme un non-arbre, le pr&#233;sent comme un non-jour, mais je suis un pur regard. ; Pour moi, je m'en tiens au fait que maintenant c'est le jour, ou que voici l'arbre ; Ne comparez pas l'ici et le maintenant, mais tenez-vous-en &#224; une relation imm&#233;diate : le pr&#233;sent est le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque cette certitude ne veut plus appara&#238;tre, si nous attirons notre attention sur un maintenant qui est nuit ou sur un ego pour qui c'est nuit, nous y intervenons et nous laissons montrer le maintenant revendiqu&#233;. Il faut se laisser montrer , car la v&#233;rit&#233; de cette relation imm&#233;diate est la v&#233;rit&#233; de ce je, qui se limite &#224; un maintenant ou &#224; un ici . Si nous devions examiner plus tard cette v&#233;rit&#233; ou nous en &#233;loigner , elle n'aurait aucun sens, car nous abolirions l'imm&#233;diatet&#233; qui lui est essentielle. Il faut donc entrer dans le m&#234;me point du temps ou de l'espace, se le montrer, c'est-&#224;-dire se laisser transformer en ce Je qui est celui qui sait avec certitude. Voyons donc quel est le caract&#232;re imm&#233;diat qui nous est montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintenant est affich&#233; ; &#231;a maintenant . Maintenant ; il a d&#233;j&#224; cess&#233; d'&#234;tre en &#233;tant montr&#233; ; Le maintenant , c'est -&#224;-dire , est diff&#233;rent de celui montr&#233;, et nous voyons que le maintenant est pr&#233;cis&#233;ment cela, en ce sens qu'il n'est plus. Le pr&#233;sent, tel qu'il nous est montr&#233;, est un pass&#233; ; et c'est sa v&#233;rit&#233; ; il n'a pas la v&#233;rit&#233; d'&#234;tre. C'est donc vrai que c'est arriv&#233;. Mais ce qui a &#233;t&#233; n'est en r&#233;alit&#233; pas un &#234;tre ; ce n'est pas le cas , et &#234;tre c'&#233;tait faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans cette d&#233;monstration, nous ne voyons qu'un mouvement et son d&#233;roulement suivant : 1) Je montre le maintenant, il est affirm&#233; comme le vrai ; Mais je le montre comme quelque chose qui a &#233;t&#233;, ou quelque chose qui a &#233;t&#233; aboli, j'abolis la premi&#232;re v&#233;rit&#233;, et 2) j'affirme maintenant comme la seconde v&#233;rit&#233; qu'elle &#233;tait , a &#233;t&#233; abolie. 3) Mais ce qui &#233;tait n'est pas ; J'abolis avoir &#233;t&#233; ou avoir &#233;t&#233; an&#233;anti, la seconde v&#233;rit&#233;, niant ainsi la n&#233;gation du maintenant, et reviens ainsi &#224; la premi&#232;re affirmation : que maintenant est. Le Maintenant et la manifestation du Maintenant sont ainsi constitu&#233;s de telle mani&#232;re que ni le Maintenant ni la manifestation du Maintenant ne sont une chose simple et imm&#233;diate, mais plut&#244;t un mouvement qui comporte divers moments ; Ceci est pos&#233;, mais plut&#244;t autre chose est pos&#233;, ou ceci est aboli : et cette alt&#233;rit&#233; ou abolition de la premi&#232;re est elle-m&#234;me &#224; nouveau abolie , et ainsi revient au premier. Mais ce premier r&#233;fl&#233;chi n'est pas exactement le m&#234;me que ce qu'il &#233;tait d'abord, &#224; savoir un imm&#233;diat ; mais c'est quelque chose qui se refl&#232;te en soi , ou simple , qui reste ce qu'il est en &#233;tant diff&#233;rent ; un Maintenant, qui est absolument plusieurs Maintenant ; et c'est le vrai Maintenant ; le Maintenant comme un simple jour qui comporte de nombreux Maintenant, des heures ; un tel maintenant, une heure, &#233;quivaut &#224; autant de minutes, et ce maintenant repr&#233;sente &#233;galement plusieurs maintenant, et ainsi de suite. &#8211; Montrer est en soi le mouvement qui exprime ce qu'est r&#233;ellement le pr&#233;sent ; &#224; savoir un r&#233;sultat, ou une multiplicit&#233; de maintenant r&#233;sum&#233;s ; et montrer, c'est exp&#233;rimenter ce qui est d&#233;sormais universel .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' ici montr&#233; auquel je m'accroche est aussi ceci ici, qui en fait n'est pas cela ici, mais est un devant et un derri&#232;re, un haut et un bas, une droite et une gauche. Le dessus lui-m&#234;me est aussi cette alt&#233;rit&#233; multiple en haut, en bas, etc. L'ici qui devrait &#234;tre montr&#233; dispara&#238;t dans d'autres ici, mais ceux-ci disparaissent aussi ; Ce qui est montr&#233;, tenu et demeure est un ceci n&#233;gatif , ce qui n'est ainsi que parce que les ici sont pris comme ils le devraient, mais en cela ils s'annulent ; c'est un teint simple parmi tant d'autres ici. Ce qui est ici signifi&#233; serait le point important ; mais ce n'est pas le cas, mais plut&#244;t, en le montrant comme &#233;tant, la d&#233;monstration se r&#233;v&#232;le non pas comme une connaissance imm&#233;diate, mais comme un mouvement depuis l'ici pr&#233;vu &#224; travers de nombreux ici vers l'ici g&#233;n&#233;ral, qui, comme le jour, est une simple multiplicit&#233;. du Maintenant, une multiplicit&#233; si simple qui est ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devient clair que la dialectique de la certitude sensorielle n'est rien d'autre que la simple histoire de son mouvement ou de son exp&#233;rience, et que la certitude sensorielle elle-m&#234;me n'est rien d'autre que cette histoire. La conscience naturelle va donc toujours vers ce r&#233;sultat, ce qui est vrai &#224; son propos, et en fait l'exp&#233;rience ; mais il l'oublie encore et encore et recommence le mouvement. Il est donc &#233;tonnant que, contre cette exp&#233;rience, comme exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale, comme affirmation philosophique et m&#234;me par suite du scepticisme, on affirme que la r&#233;alit&#233; ou l'&#234;tre des choses ext&#233;rieures comme celles-ci , ou sensuelles, a une v&#233;rit&#233; absolue. pour la conscience ; En m&#234;me temps, une telle affirmation ne sait pas ce qu'elle dit, ne sait pas qu'elle dit le contraire de ce qu'elle veut dire. La v&#233;rit&#233; du sensoriel pour la conscience devrait &#234;tre l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale ; mais c'est plut&#244;t le contraire qui est l'exp&#233;rience commune ; Chaque conscience elle-m&#234;me annule une v&#233;rit&#233; telle que, par exemple : ceci est un arbre , ou ceci est midi , et dit le contraire : ceci n'est pas un arbre, mais une maison ; et si en cela la premi&#232;re assertion qui annule est encore une assertion semblable d'un ceci sensible, elle l'annule imm&#233;diatement de la m&#234;me mani&#232;re ; et dans tous les sens, la certitude n'&#233;prouvera en v&#233;rit&#233; que ce que nous avons vu, &#224; savoir qu'il s'agit d'une exp&#233;rience universelle , &#224; l'oppos&#233; de ce que cette pr&#233;tention nous assure d'&#234;tre une exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale. &#8211; Avec cet appel &#224; l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale, il peut &#234;tre permis d'anticiper la consid&#233;ration de la pratique. &#192; cet &#233;gard, on peut dire que ceux qui affirment la v&#233;rit&#233; et la certitude de la r&#233;alit&#233; des objets sensibles se r&#233;f&#232;rent &#224; l'&#233;cole de sagesse la plus basse, &#224; savoir aux anciens myst&#232;res d'&#201;leusiens de C&#233;r&#232;s et de Bacchus, et au myst&#232;re de la consommation des objets sensibles. apprendre &#224; manger du pain et &#224; boire du vin ; car celui qui est initi&#233; &#224; ces myst&#232;res en vient non seulement &#224; douter de l'existence des choses sensibles, mais encore &#224; en d&#233;sesp&#233;rer ; et en eux, il accomplit lui-m&#234;me en partie leur vanit&#233;, et en partie il les voit s'accomplir. Les animaux ne sont pas non plus exclus de cette sagesse, mais s'y r&#233;v&#232;lent plut&#244;t les plus profond&#233;ment initi&#233;s, car ils ne s'arr&#234;tent pas aux choses sensibles comme existant en eux-m&#234;mes, mais d&#233;sesp&#232;rent de cette r&#233;alit&#233; et dans la certitude totale de son n&#233;ant, ils aspirent &#224; mangez-les et consommez-les facilement ; et toute la nature c&#233;l&#232;bre ces myst&#232;res manifestes, qui lui apprennent quelle est la v&#233;rit&#233; des choses sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, selon des remarques pr&#233;c&#233;dentes, ceux qui font eux-m&#234;mes de telles affirmations disent aussi exactement le contraire de ce qu'ils veulent dire ; un ph&#233;nom&#232;ne qui est peut-&#234;tre le plus susceptible de nous faire r&#233;fl&#233;chir sur la nature de la certitude sensible. Ils parlent de l'existence d' objets ext&#233;rieurs , qui peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;s encore plus pr&#233;cis&#233;ment comme des choses r&#233;elles , absolument individuelles, tout &#224; fait personnelles, individuelles , dont chacune n'a plus son &#233;gale absolue ; cette existence a une certitude et une v&#233;rit&#233; absolues. Vous voulez dire ce morceau de papier sur lequel j'&#233;cris ceci , ou plut&#244;t je l'ai &#233;crit ; mais ils ne disent pas ce qu'ils veulent dire. S'ils voulaient vraiment dire ce qu'ils pensent &#224; ce morceau de papier, et s'ils voulaient le dire , alors cela est impossible parce que le sens sensoriel de ce qui est signifi&#233; est inaccessible &#224; partir du langage qui appartient &#224; la conscience, qui est universelle en elle-m&#234;me . Par cons&#233;quent, sous la tentative r&#233;elle de le dire, cela moisirait ; Ceux qui ont commenc&#233; sa description ne pourraient pas la compl&#233;ter, mais devraient la laisser &#224; d'autres qui finiraient par admettre eux-m&#234;mes parler d'une chose qui n'existe pas . Vous parlez donc probablement de ce morceau de papier, qui est compl&#232;tement diff&#233;rent de celui ci-dessus ; mais ils parlent de choses r&#233;elles, d'objets ext&#233;rieurs ou sensibles, d'&#234;tres absolument individuels , etc., c'est-&#224;-dire qu'ils n'en parlent qu'en termes g&#233;n&#233;raux ; Par cons&#233;quent, ce qu'on appelle l'indicible n'est rien d'autre que le faux, le d&#233;raisonnable, simplement le sous-entendu. &#8211; Si on ne dit rien d'autre de quelque chose que de dire qu'il s'agit d'une chose r&#233;elle , d'un objet ext&#233;rieur , alors cela s'exprime seulement comme le plus universel, et donc son &#233;galit&#233; avec tout, plut&#244;t que sa diff&#233;rence. Si je dis une seule chose , je le dis plut&#244;t comme une chose tout &#224; fait g&#233;n&#233;rale , car elles sont toutes une seule chose ; et de m&#234;me, cette chose est tout ce qu'on veut. Plus pr&#233;cis&#233;ment, comme ce morceau de papier , tout et chaque morceau de papier est ce morceau de papier, et je n'ai jamais dit que la chose g&#233;n&#233;rale. Mais je veux aider le discours, qui a le caract&#232;re divin de pervertir imm&#233;diatement l'opinion, de la transformer en autre chose, et ainsi de ne pas permettre qu'elle soit prononc&#233;e du tout , en montrant ce morceau de papier, alors j'exp&#233;rimente ce qu'est r&#233;ellement la v&#233;rit&#233; de la certitude sensorielle ; Je le montre comme un ici , qui est un ici d'autres ici, ou en soi une simple combinaison de plusieurs ici , c'est-&#224;-dire un g&#233;n&#233;ral ; je l'accepte donc tel qu'il est r&#233;ellement, et au lieu de conna&#238;tre quelque chose d'imm&#233;diat, je per&#231;ois .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; II&lt;br class='autobr' /&gt;
La perception ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou la chose, et la tromperie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La certitude imm&#233;diate ne prend pas ce qui est vrai, parce que sa v&#233;rit&#233; est l'universel, mais elle veut prendre ce que c'est . La perception, au contraire, prend ce qui est son &#234;tre comme un universel. De m&#234;me que l'universalit&#233; est son principe en g&#233;n&#233;ral, les moments qui en diff&#232;rent imm&#233;diatement le sont &#233;galement, I est g&#233;n&#233;ral et l'objet est g&#233;n&#233;ral. Ce principe est apparu pour nous , et notre r&#233;ception de la perception n'est donc plus une r&#233;ception apparente, comme celle de la certitude sensorielle, mais une r&#233;ception n&#233;cessaire. Dans l'&#233;mergence du principe, les deux moments, qui ne ressortent que par leur apparence , sont devenus en m&#234;me temps ; l'un est le mouvement de pointer, l'autre le m&#234;me mouvement, mais comme une chose simple ; que la perception , que l' objet . L'objet est essentiellement le m&#234;me que le mouvement : c'est le d&#233;roulement et la diff&#233;renciation des instants, c'est la combinaison de ceux-ci. Pour nous ou en soi, le g&#233;n&#233;ral comme principe est l' essence de la perception ; et contre cette abstraction, les deux distinguaient, le percevant et le per&#231;u, l' inessentiel . Mais en fait, parce que tous deux sont eux-m&#234;mes l'universel ou l'essence, ils sont tous deux essentiels ; Mais comme ils se rapportent les uns aux autres comme des oppos&#233;s, un seul peut &#234;tre l'&#233;l&#233;ment essentiel de la relation ; et la diff&#233;rence entre l'essentiel et l'inessentiel doit &#234;tre r&#233;partie entre eux. Celui qui est d&#233;termin&#233; comme simple, l'objet, est l'essence, qu'il soit per&#231;u ou non ; Mais la perception en tant que mouvement est une chose impermanente, qui peut &#234;tre ou non, et qui n'est pas essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet objet doit maintenant &#234;tre d&#233;termin&#233; plus en d&#233;tail et cette d&#233;termination doit &#234;tre bri&#232;vement d&#233;velopp&#233;e &#224; partir des r&#233;sultats qui en d&#233;coulent ; le d&#233;veloppement plus d&#233;taill&#233; n'a pas sa place ici. Puisque son principe, l'universel, est m&#233;diatis&#233; dans sa simplicit&#233; , il doit l'exprimer en lui-m&#234;me comme sa nature ; Il se r&#233;v&#232;le ainsi &#234;tre une chose dot&#233;e de nombreuses propri&#233;t&#233;s . La richesse de la connaissance sensorielle appartient &#224; la perception, non &#224; la certitude imm&#233;diate, dont elle n'&#233;tait qu'un accessoire, car seule celle-ci a dans son essence la n&#233;gation , la diff&#233;rence ou la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ceci est donc pos&#233; comme non cela , ou comme annul&#233; ; et donc non pas rien, mais un certain rien, ou un rien de contenu , &#224; savoir ceci . Il en r&#233;sulte que le sensible lui-m&#234;me est toujours pr&#233;sent, mais non pas, comme il devrait l'&#234;tre dans une certitude imm&#233;diate, comme individu vis&#233;, mais comme un universel, ou comme ce qui se d&#233;terminera comme propri&#233;t&#233; . L' annulation repr&#233;sente son v&#233;ritable double sens, que nous avons vu en n&#233;gatif ; c'est une n&#233;gation et une pr&#233;servation &#224; la fois ; Le n&#233;ant, comme n&#233;ant de ceci , conserve l'imm&#233;diatet&#233;, et est lui-m&#234;me sensuel, mais imm&#233;diatit&#233; g&#233;n&#233;rale. &#8211; Mais l'&#234;tre est universel en ce qu'il a en lui la m&#233;diation ou le n&#233;gatif ; en exprimant cela &#224; travers son imm&#233;diatet&#233; , c'est une propri&#233;t&#233; distincte et d&#233;finie . Cela signifie que plusieurs de ces propri&#233;t&#233;s sont pos&#233;es en m&#234;me temps, chacune &#233;tant n&#233;gative les unes des autres. Parce qu'elles s'expriment dans la simplicit&#233; du g&#233;n&#233;ral, ces d&#233;terminations , qui ne deviennent en r&#233;alit&#233; propri&#233;t&#233;s que par une d&#233;termination ult&#233;rieure, se r&#233;f&#232;rent &#224; elles-m&#234;mes , sont indiff&#233;rentes les unes aux autres, chacune en soi, libre l'une de l'autre. Mais la simple et m&#234;me universalit&#233; elle-m&#234;me se distingue &#224; nouveau de ces d&#233;terminants et est libre ; Il est pur relatif &#224; lui-m&#234;me, ou au milieu dans lequel ces d&#233;terminations existent toutes, et se p&#233;n&#232;trent donc comme une simple unit&#233; , mais sans se toucher ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment par leur participation &#224; cette g&#233;n&#233;ralit&#233; qu'ils sont indiff&#233;rents &#224; eux-m&#234;mes. &#8211; Ce milieu g&#233;n&#233;ral abstrait, que l' on peut appeler la chose en g&#233;n&#233;ral ou l' &#234;tre pur , n'est rien d'autre que l' ici et maintenant , comme il s'est av&#233;r&#233; l'&#234;tre, &#224; savoir comme une simple combinaison de plusieurs, mais les plusieurs sont eux-m&#234;mes simples en leur d&#233;termination g&#233;n&#233;rale . Ce sel est ici simple, et en m&#234;me temps multiple ; il est blanc, et aussi pointu, aussi de forme cubique, aussi d'un certain poids, et ainsi de suite. Toutes ces nombreuses fonctionnalit&#233;s sont regroup&#233;es ici, dans lequel ils se p&#233;n&#232;trent ; aucun n'a ici un diff&#233;rent de l'autre, mais chacun est partout, dans le m&#234;me o&#249; est l'autre ; et en m&#234;me temps, sans &#234;tre s&#233;par&#233;s par des ici diff&#233;rents, ils ne s'influencent pas dans cette interp&#233;n&#233;tration ; Le blanc n'affecte ni ne change le cubique, le di&#232;se non plus, etc., mais comme chacun est lui-m&#234;me une simple r&#233;f&#233;rence &#224; lui-m&#234;me , il laisse les autres calmes et ne se rapporte &#224; eux qu'&#224; travers l'indiff&#233;rence aussi . C'est donc l&#224; aussi le pur universel lui-m&#234;me, ou le m&#233;dium, la chose qui le r&#233;sume .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette relation n&#233;e, le caract&#232;re de l'universalit&#233; positive est seulement observ&#233; et d&#233;velopp&#233; ; Mais il y a un autre aspect qui doit &#233;galement &#234;tre pris en compte. Autrement dit, si les nombreuses propri&#233;t&#233;s d&#233;termin&#233;es &#233;taient absolument indiff&#233;rentes et ne se rapportaient qu'&#224; elles-m&#234;mes, alors elles ne seraient pas d&#233;termin&#233;es ; car ils ne le sont que dans la mesure o&#249; ils diff&#232;rent les uns des autres et se rapportent aux autres comme oppos&#233;s . Mais apr&#232;s cette opposition, ils ne peuvent &#234;tre ensemble dans la simple unit&#233; de leur milieu, qui leur est tout aussi essentielle que la n&#233;gation ; La distinction entre eux, dans la mesure o&#249; elle n'est pas indiff&#233;rente, mais exclusive et nie autre chose, &#233;chappe &#224; ce simple m&#233;dium ; et ce n'est donc pas seulement une unit&#233; aussi indiff&#233;rente, mais aussi une unit&#233; exclusive . &#8211; L'un est le moment de la n&#233;gation , car il se r&#233;f&#232;re &#224; lui-m&#234;me de mani&#232;re simple et exclut les autres ; et par quoi la chose en tant que chose est d&#233;termin&#233;e. Ce dont il s'agit dans la propri&#233;t&#233;, c'est la n&#233;gation comme d&#233;termination , qui fait imm&#233;diatement un avec l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre, qui par cette unit&#233; avec la n&#233;gation est l'universalit&#233; ; mais comme un il est car il est lib&#233;r&#233; de cette unit&#233; avec son contraire et est en et pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces moments communs, la chose s'accomplit comme v&#233;rit&#233; de perception, dans la mesure o&#249; il faut ici la d&#233;velopper. C'est a) l'universalit&#233; passive indiff&#233;rente, l' aussi de nombreuses propri&#233;t&#233;s, ou plut&#244;t mati&#232;res, b) la n&#233;gation aussi bien que simple ; ou l' Un , l'exclusion des propri&#233;t&#233;s oppos&#233;es, et c) les propri&#233;t&#233;s multiples elles-m&#234;mes, la relation des deux premiers moments ; la n&#233;gation telle qu'elle se rapporte &#224; l'&#233;l&#233;ment indiff&#233;rent et s'y d&#233;ploie comme un ensemble de diff&#233;rences ; le point de l'individualit&#233; au milieu de l'existence rayonnant dans la multiplicit&#233;. Puisque ces diff&#233;rences appartiennent au milieu indiff&#233;rent, elles sont elles-m&#234;mes g&#233;n&#233;rales, ne se rapportent qu'&#224; elles-m&#234;mes et ne s'influencent pas les unes les autres ; Mais dans la mesure o&#249; ils appartiennent &#224; l'unit&#233; n&#233;gative, ils sont en m&#234;me temps exclusifs ; mais ce rapport oppos&#233; a n&#233;cessairement des propri&#233;t&#233;s qui leur sont &#233;galement &#233;loign&#233;es . L'universalit&#233; sensible, ou l' unit&#233; imm&#233;diate de l'&#234;tre et du n&#233;gatif, n'est une propri&#233;t&#233; que dans la mesure o&#249; l'une et l'universalit&#233; pure se d&#233;veloppent &#224; partir d'elle et se distinguent l'une de l'autre, et les relient entre elles ; C'est ce rapport aux moments purs essentiels qui compl&#232;te la chose .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que se constitue la chose de la perception ; et la conscience est d&#233;termin&#233;e comme percevant dans la mesure o&#249; cette chose est son objet ; il lui suffit de le prendre et de se comporter comme une pure appr&#233;hension ; ce qui en d&#233;coule est la v&#233;rit&#233;. S'il devait faire quelque chose m&#234;me dans cette prise, il changerait la v&#233;rit&#233; par une telle addition ou soustraction. Puisque l'objet est le vrai et l'universel, &#233;gal &#224; lui-m&#234;me, mais que la conscience elle-m&#234;me est changeante et inessentielle, il peut arriver qu'elle comprenne mal l'objet et se trompe. Celui qui per&#231;oit est conscient de la possibilit&#233; de tromperie ; car dans l'universalit&#233; qui est le principe, l'alt&#233;rit&#233; elle-m&#234;me lui est imm&#233;diate, mais comme quelque chose de nul et non avenu. Son crit&#232;re de v&#233;rit&#233; est donc l'identit&#233; de soi , et son comportement doit &#234;tre compris comme &#233;tant identique &#224; soi. Puisqu'en m&#234;me temps la chose diff&#233;rente est pour lui, c'est un rapport des diff&#233;rents moments de son appr&#233;hension les uns aux autres ; Mais si une in&#233;galit&#233; appara&#238;t dans cette comparaison, ce n'est pas une contrev&#233;rit&#233; de l'objet, car il est le m&#234;me que lui-m&#234;me, mais de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant quelle exp&#233;rience la conscience a dans sa perception r&#233;elle. Pour nous, elle est d&#233;j&#224; contenue dans le d&#233;veloppement de l'objet et le comportement de la conscience &#224; son &#233;gard ; et ne sera que le d&#233;veloppement des contradictions qui y sont pr&#233;sentes. &#8211; L'objet que je prends se pr&#233;sente comme purement un ; Je prends aussi conscience de sa qualit&#233; g&#233;n&#233;rale , mais qui par l&#224; m&#234;me d&#233;passe l'individuel. L'&#234;tre premier de l'&#234;tre objectif en tant qu'un n'&#233;tait donc pas son &#234;tre v&#233;ritable ; puisqu'il est la v&#233;rit&#233;, le mensonge tombe en moi, et la compr&#233;hension n'&#233;tait pas correcte. Par souci d' universalit&#233; de la propri&#233;t&#233; , je dois plut&#244;t consid&#233;rer l'&#234;tre objectif comme une communaut&#233; en g&#233;n&#233;ral. Je per&#231;ois maintenant davantage la propri&#233;t&#233; comme une certaine propri&#233;t&#233; , oppos&#233;e &#224; autre chose et l'excluant. Donc, en fait, je n'ai pas bien compris l'objectif lorsque je l'ai d&#233;fini comme communaut&#233; avec d'autres ou comme continuit&#233;, et plut&#244;t, pour le bien de la d&#233;termination de la propri&#233;t&#233;, je dois s&#233;parer la continuit&#233; et la poser comme exclusive. Dans le s&#233;par&#233;, je trouve beaucoup de ces propri&#233;t&#233;s qui ne s'influencent pas les unes les autres, mais qui sont indiff&#233;rentes les unes aux autres ; Je n'ai donc pas vraiment per&#231;u l'objet lorsque je l'ai compris comme quelque chose d'exclusif , mais plut&#244;t, comme la continuit&#233; en g&#233;n&#233;ral, c'est maintenant un milieu g&#233;n&#233;ral, commun dans lequel de nombreuses propri&#233;t&#233;s sont comme des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sensuelles , chacune en soi, et comme certaines. l'un exclut les autres. La chose simple et vraie que je per&#231;ois n'est pas un milieu g&#233;n&#233;ral, mais la propri&#233;t&#233; individuelle en elle-m&#234;me, qui n'est ni une propri&#233;t&#233; ni un &#234;tre sp&#233;cifique ; car il n'est plus maintenant ni l'un ni en relation avec les autres. Mais ce n'est qu'une propri&#233;t&#233; de l'un et n'est d&#233;termin&#233; que par rapport aux autres. En tant que pure r&#233;f&#233;rence &#224; soi, il ne reste qu'un &#234;tre sensuel en g&#233;n&#233;ral, puisqu'il n'a plus en lui le caract&#232;re de n&#233;gativit&#233; ; et la conscience, pour laquelle il existe d&#233;sormais un &#234;tre sensible, n'est qu'une opinion , c'est-&#224;-dire qu'elle a compl&#232;tement quitt&#233; la perception et s'est repli&#233;e sur elle-m&#234;me. Seul l'&#234;tre sensuel et le sens lui-m&#234;me passent dans la perception ; Je suis renvoy&#233; au d&#233;but et ramen&#233; dans le m&#234;me cycle qui s'annule &#224; chaque instant et dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience y repasse n&#233;cessairement, mais en m&#234;me temps pas de la m&#234;me mani&#232;re que la premi&#232;re fois. Il a exp&#233;riment&#233; par la perception que le r&#233;sultat et la v&#233;rit&#233; en sont sa dissolution, ou le reflet en lui-m&#234;me de la v&#233;rit&#233;. Il a ainsi &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; pour la conscience comment sa perception est essentiellement constitu&#233;e, &#224; savoir non pas une simple appr&#233;hension pure, mais dans sa appr&#233;hension, elle se refl&#232;te simultan&#233;ment en elle-m&#234;me &#224; partir de la v&#233;rit&#233; . Ce retour de la conscience en elle-m&#234;me, qui interf&#232;re directement avec l'appr&#233;hension pure - parce qu'elle s'est r&#233;v&#233;l&#233;e essentielle &#224; la perception - change la v&#233;rit&#233;. En m&#234;me temps, la conscience reconna&#238;t ce c&#244;t&#233; comme sien et le prend sur elle, pr&#233;servant ainsi le v&#233;ritable objet pur. &#8211; Comme cela s'est produit avec la certitude sensorielle, il y a maintenant l'aspect de la perception selon lequel la conscience est repouss&#233;e en elle-m&#234;me, mais au d&#233;but pas dans le sens o&#249; c'&#233;tait le cas pour cette derni&#232;re ; comme si la v&#233;rit&#233; de la perception y tombait, mais au contraire, elle reconna&#238;t que le mensonge qui s'y produit tombe en elle. Mais gr&#226;ce &#224; cette connaissance, il est en m&#234;me temps capable de l'abolir ; Il distingue sa conception du vrai du mensonge de sa perception, la corrige, et dans la mesure o&#249; il op&#232;re lui-m&#234;me cette correction, la v&#233;rit&#233; comme la v&#233;rit&#233; de la perception rel&#232;ve du m&#234;me . Le comportement de la conscience qu'il convient maintenant d'examiner est tel qu'elle ne se contente plus de percevoir, mais qu'elle est &#233;galement consciente de son reflet en elle-m&#234;me et le s&#233;pare de la simple conception elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, je prends d'abord conscience de la chose comme &#233;tant une et je dois m'y accrocher dans cette v&#233;ritable d&#233;termination ; Si quelque chose de contradictoire se produit dans le mouvement de la perception, cela peut &#234;tre reconnu comme &#233;tant mon reflet. Diverses propri&#233;t&#233;s apparaissent &#233;galement dans la perception, qui semblent &#234;tre des propri&#233;t&#233;s de la chose ; la chose seule est une, et de cette diff&#233;rence par laquelle elle cesse d'&#234;tre une, nous avons conscience qu'elle tombe en nous. Donc cette chose n'est en r&#233;alit&#233; que blanche, port&#233;e &#224; nos yeux, pointue aussi , &#224; notre langue, aussi cubique &#224; notre ressenti, et ainsi de suite. Nous ne prenons pas la diff&#233;rence compl&#232;te de ces c&#244;t&#233;s de la chose, mais de nous-m&#234;mes ; Ils s'effondrent dans nos yeux, qui sont compl&#232;tement diff&#233;rents de la langue, et ainsi de suite. Nous sommes donc le milieu g&#233;n&#233;ral dans lequel de tels moments sont isol&#233;s et autonomes. En consid&#233;rant la d&#233;termination d'&#234;tre un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral comme notre r&#233;flexion, nous obtenons l'identit&#233; et la v&#233;rit&#233; de la chose, &#233;tant une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents c&#244;t&#233;s qu'absorbe la conscience sont cependant d&#233;termin&#233;s , chacun &#233;tant consid&#233;r&#233; individuellement comme &#233;tant dans le milieu g&#233;n&#233;ral ; le blanc n'est qu'en opposition au noir, et ainsi de suite, et la chose est une pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle s'oppose aux autres. Mais il n'exclut pas les autres par lui-m&#234;me, dans la mesure o&#249; il est un ; car &#234;tre un est la r&#233;f&#233;rence g&#233;n&#233;rale &#224; soi-m&#234;me, et parce qu'il est un, il est plut&#244;t &#233;gal &#224; tous ; mais par certitude . Les choses elles-m&#234;mes sont d&#233;termin&#233;es en elles-m&#234;mes ; ils ont des caract&#233;ristiques qui les diff&#233;rencient des autres. Puisque la propri&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; propre de la chose , ou une certitude sur elle-m&#234;me, elle poss&#232;de plusieurs propri&#233;t&#233;s. Car d'abord la chose est la v&#233;rit&#233;, elle est en soi ; et ce qui est en lui est en lui comme son propre &#234;tre, non pour le bien des autres ; ainsi, deuxi&#232;mement, les qualit&#233;s particuli&#232;res ne sont pas seulement pour d'autres choses, et pour d'autres choses, mais en lui-m&#234;me ; Mais ce sont en lui des propri&#233;t&#233;s certaines seulement en ce qu'il y en a plusieurs qui diff&#232;rent les unes des autres ; et troisi&#232;mement, &#233;tant ainsi dans la chosit&#233;, ils sont en eux-m&#234;mes et indiff&#233;rents les uns aux autres. Donc, en v&#233;rit&#233;, c'est la chose elle-m&#234;me, qui est blanche, et aussi cubique, aussi pointue, et ainsi de suite, ou bien la chose est l' aussi , ou le milieu g&#233;n&#233;ral , dans lequel les nombreuses propri&#233;t&#233;s existent ind&#233;pendamment les unes des autres, sans se toucher ni se toucher. s'annulant mutuellement ; et ainsi pris, cela est consid&#233;r&#233; comme la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perception, la conscience est simultan&#233;ment consciente qu'elle r&#233;fl&#233;chit &#233;galement sur elle-m&#234;me et que dans la perception se produit &#233;galement le moment oppos&#233; au moment . Mais ce moment est l'unit&#233; de la chose avec elle-m&#234;me, qui exclut la diff&#233;rence d'elle-m&#234;me. C'est donc elle qui doit prendre sur elle la conscience ; car la chose elle-m&#234;me est l' existence de nombreuses propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes et ind&#233;pendantes . On dit donc de la chose qu'elle est blanche, aussi cubique, et aussi pointue, etc. Mais en tant qu'elle est blanche, elle n'est pas cubique, et en tant qu'elle est cubique et aussi blanche, elle n'est pas pointue, etc. La mise en un de ces propri&#233;t&#233;s n'appartient qu'&#224; la conscience, qui ne doit donc pas les laisser s'effondrer en un seul dans la chose. Il am&#232;ne l' Insuffisamment &#224; la fin , par quoi il les s&#233;pare et la chose comme l'Aussi. En r&#233;alit&#233;, l'unit&#233; n'est assum&#233;e par la conscience que de telle mani&#232;re que ce qu'on appelait une propri&#233;t&#233; se pr&#233;sente comme une mati&#232;re libre . De cette mani&#232;re, la chose est &#233;galement &#233;lev&#233;e au rang de vrai , dans la mesure o&#249; elle devient un ensemble de mati&#232;re et, au lieu d'&#234;tre une, elle devient une simple surface enfermante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur ce que la conscience a pris auparavant et ce qu'elle prend maintenant ; ce qu'il attribuait auparavant &#224; la chose et lui l'attribue maintenant, il en r&#233;sulte qu'il fait tour &#224; tour lui-m&#234;me et la chose dans les deux, un pur sans pluralit&#233;, ainsi qu'une mati&#232;re &#233;galement dissoute en mati&#232;re ind&#233;pendante . La conscience d&#233;couvre donc &#224; travers cette comparaison que non seulement sa r&#233;ception de la v&#233;rit&#233; a en elle la diff&#233;rence de l'appr&#233;hension et du retour en soi , mais plut&#244;t que la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me, la chose, se montre de cette double mani&#232;re. L'exp&#233;rience ici est que la chose se pr&#233;sente &#224; la conscience consciente d'une certaine mani&#232;re , mais en m&#234;me temps se refl&#232;te dans la mani&#232;re dont elle se pr&#233;sente ou a en elle-m&#234;me une v&#233;rit&#233; oppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience est donc aussi issue de cette deuxi&#232;me mani&#232;re de se comporter dans la perception, &#224; savoir prendre la chose comme v&#233;rit&#233; &#233;gale &#224; elle-m&#234;me, mais pour l'in&#233;gal, pour ce qui remonte en soi &#224; partir de la m&#234;met&#233;, et l'objet pour elle est maintenant tout ce mouvement, qui &#233;tait auparavant distribu&#233; &#224; l'objet et &#224; la conscience. La chose est une , r&#233;fl&#233;chie en elle-m&#234;me ; c'est pour soi ; mais c'est aussi pour un autre ; &#224; savoir, c'est quelque chose de diff&#233;rent pour lui-m&#234;me que pour les autres. La chose est donc un &#234;tre double , diff&#233;rent pour elle-m&#234;me et aussi pour un autre ; mais c'en est un aussi ; mais l'unit&#233; contredit cette diversit&#233; ; La conscience devrait alors reprendre cette fusion en une seule et garder les choses &#224; l'&#233;cart. Il faudrait donc dire que la chose, en tant qu'elle est pour soi, n'est pas pour autrui. Seule la chose elle-m&#234;me est une, comme la conscience en a fait l'exp&#233;rience ; la chose se refl&#232;te essentiellement en elle-m&#234;me. Le aussi , ou la diff&#233;rence indiff&#233;rente, rel&#232;ve de la chose au m&#234;me titre que l' un ; mais comme les deux sont diff&#233;rents, non pas dans la m&#234;me chose, mais dans des choses diff&#233;rentes ; La contradiction qui existe dans l'&#234;tre objectif en g&#233;n&#233;ral se r&#233;partit entre deux objets. La chose est donc en soi &#233;gale &#224; elle-m&#234;me ; mais cette unit&#233; avec soi est troubl&#233;e par d'autres choses ; Ainsi l'unit&#233; de la chose est pr&#233;serv&#233;e, et en m&#234;me temps l'alt&#233;rit&#233; en dehors d'elle, ainsi qu'en dehors de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la contradiction de l'&#234;tre objectif se r&#233;partit entre diff&#233;rentes choses, la diff&#233;rence se situera n&#233;anmoins dans la chose individuelle s&#233;par&#233;e elle-m&#234;me. Les diff&#233;rentes choses sont donc pos&#233;es pour elles-m&#234;mes ; et le conflit entre eux est si mutuel que chacun n'est pas diff&#233;rent de lui-m&#234;me, mais seulement de l'autre. Mais chacun est ici d&#233;fini comme quelque chose de diff&#233;rent et pr&#233;sente une diff&#233;rence essentielle par rapport aux autres ; mais en m&#234;me temps ce n'est pas tant qu'elle soit une opposition en soi, mais plut&#244;t c'est en soi une simple d&#233;termination qui constitue son caract&#232;re essentiel qui la distingue des autres. En effet, puisque la diff&#233;rence est en lui, la m&#234;me est n&#233;cessaire en lui comme une diff&#233;rence r&#233;elle de nature multiple. Simplement parce que la d&#233;termination constitue l' essence de la chose, par laquelle elle diff&#232;re des autres et est pour elle-m&#234;me, cette autre nature diverse est l' inessentiel . La chose, dans son unit&#233;, en a le double aspect , mais avec une valeur in&#233;gale ; par quoi cet &#234;tre en opposition ne devient pas l'opposition r&#233;elle de la chose elle-m&#234;me, mais dans la mesure o&#249; celui-ci s'oppose par sa diff&#233;rence absolue , il l'a contre une autre chose en dehors de lui. Mais l'autre diversit&#233; est bien n&#233;cessaire dans la chose, de sorte qu'elle ne peut rester en dehors d'elle, mais elle ne lui est pas essentielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;terminit&#233;, qui constitue le caract&#232;re essentiel de la chose et la distingue de toutes les autres, est maintenant d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re que la chose s'oppose par l&#224; m&#234;me aux autres, mais est destin&#233;e &#224; s'y maintenir. Mais c'est une chose, ou une chose qui existe pour elle-m&#234;me, seulement dans la mesure o&#249; elle n'est pas dans cette relation avec les autres ; parce que dans cette relation s'&#233;tablit le lien avec autre chose ; et la connexion avec les autres est la cessation de l'&#234;tre pour soi. Par son caract&#232;re absolu et son opposition, il se rapporte aux autres , et seul ce comportement est essentiel ; Mais la relation est la n&#233;gation de son ind&#233;pendance, et la chose p&#233;rit plut&#244;t &#224; cause de sa propri&#233;t&#233; essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'&#233;prouver pour la conscience que la chose p&#233;rit pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de la d&#233;termination qui constitue son essence et son &#234;tre pour soi peut &#234;tre bri&#232;vement envisag&#233;e dans ce concept simple. La chose est pos&#233;e comme &#234;tre-pour-soi , ou comme n&#233;gation absolue de toute alt&#233;rit&#233; ; d'o&#249; la n&#233;gation absolue, qui ne renvoie qu'&#224; elle-m&#234;me ; mais la n&#233;gation qui se r&#233;f&#232;re &#224; soi est l'abolition de soi , ou avoir son essence dans un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la d&#233;finition de l'objet telle qu'elle est apparue ne contient rien d'autre ; Il doit avoir une qualit&#233; essentielle, qui constitue son simple &#234;tre-pour-soi, mais avec cette simplicit&#233; il doit aussi avoir en lui la diff&#233;rence, qui, bien que n&#233;cessaire , ne doit pas constituer la d&#233;termination essentielle . Mais c'est une distinction qui r&#233;side uniquement dans les mots ; L' inessentiel , qui serait en m&#234;me temps n&#233;cessaire , s'annule, ou est ce qu'on vient d'appeler la n&#233;gation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ultime &#224; cet &#233;gard , qui s&#233;parait l'&#234;tre-pour-soi et l'&#234;tre-pour-autrui, s'effondre ; L'objet est plut&#244;t, sous un seul et m&#234;me rapport, le contraire de lui-m&#234;me, pour lui-m&#234;me en tant qu'il est pour autre chose , et pour autre chose en tant qu'il est pour soi . Il est pour lui-m&#234;me , refl&#233;t&#233; en lui-m&#234;me, un ; mais cet &#234;tre -pour-soi , r&#233;fl&#233;chi en soi, est dans l'unit&#233; avec son contraire, l'&#234;tre-pour-autrui , et donc seulement pos&#233; comme quelque chose de suspendu ; ou bien cet &#234;tre pour soi est tout aussi inessentiel que ce qui seul devrait &#234;tre l'inessentiel, &#224; savoir le rapport &#224; autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet est ainsi aboli dans ses d&#233;terminations pures ou dans les d&#233;terminations qui &#233;taient cens&#233;es constituer son essence, de m&#234;me qu'il est devenu sublation dans son &#234;tre sensible. D'&#234;tre sensuel, il devient universel ; mais cet universel, puisqu'il vient du sensible , est essentiellement conditionn&#233; par lui , et n'est donc pas du tout vraiment le m&#234;me, mais plut&#244;t un universel affect&#233; par un contraire , qui tombe donc dans les extr&#234;mes de l'individualit&#233; et de l'universalit&#233;, l'unicit&#233;. des propri&#233;t&#233;s et m&#234;me la mati&#232;re libre se s&#233;pare. Ces d&#233;terminants purs semblent exprimer l' essence elle-m&#234;me, mais ils ne sont qu'un &#234;tre pour soi , qui se charge d' &#234;tre pour autrui ; Mais comme les deux sont essentiellement dans une unit&#233; , l'universalit&#233; absolue inconditionnelle est maintenant pr&#233;sente, et la conscience n'entre v&#233;ritablement dans le domaine de la compr&#233;hension qu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individualit&#233; sensuelle dispara&#238;t dans le mouvement dialectique de la certitude imm&#233;diate et devient universelle, mais seulement un universel sensuel . L'opinion a disparu, et la perception prend l'objet tel qu'il est en soi , ou comme un g&#233;n&#233;ral en g&#233;n&#233;ral ; L'individualit&#233; surgit donc en elle, comme une v&#233;ritable individualit&#233;, comme l'&#234;tre en soi de l' un , ou comme se refl&#233;tant en soi. Mais elle est encore un &#234;tre pour soi conditionn&#233; , &#224; c&#244;t&#233; duquel un autre &#234;tre pour soi. , l'universalit&#233; qui s'oppose &#224; l'individu et est conditionn&#233;e par lui se produit ; mais ces deux extr&#234;mes contradictoires ne sont pas seulement c&#244;te &#224; c&#244;te, mais dans une unit&#233;, ou, ce qui est la m&#234;me chose, le point commun des deux, l'&#234;tre pour soi est charg&#233; du contraire en g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire en m&#234;me temps ce n'est pas un pour-soi . Le sophisme de la perception cherche &#224; sauver ces moments de leur contradiction et &#224; s'y accrocher par la distinction des consid&#233;rations , par le aussi et dans ce sens , et enfin &#224; saisir la v&#233;rit&#233; par la distinction entre l' inessentiel et un &#234;tre oppos&#233; . &#224; cela. Cependant, ces moyens d'information, au lieu d'emp&#234;cher la tromperie dans la perception, s'av&#232;rent invalides, et la v&#233;rit&#233; qui doit &#234;tre obtenue &#224; travers cette logique de perception s'av&#232;re &#234;tre le contraire sous un seul et m&#234;me rapport, et donc ses &#202;tres ont la g&#233;n&#233;ralit&#233; indiff&#233;renci&#233;e et ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces abstractions vides de l'individualit&#233; et de la g&#233;n&#233;ralit&#233; qui lui est oppos&#233;e , ainsi que de l' essence qui est li&#233;e &#224; quelque chose d'inessentiel, une chose inessentielle et en m&#234;me temps n&#233;cessaire, sont les puissances dont le jeu est la perception, souvent dite commune. sens ; Celui qui se prend pour une conscience r&#233;elle et solide n'est dans la perception que le jeu de ces abstractions ; En g&#233;n&#233;ral, il est toujours le plus pauvre l&#224; o&#249; il pense &#234;tre le plus riche. Parce qu'il est bouscul&#233; par ces &#234;tres vains, jet&#233; dans les bras de l'un par l'autre et par ses sophismes essayant tour &#224; tour de s'accrocher &#224; une chose puis &#224; l'exact oppos&#233; et de l'affirmer, il s'oppose &#224; la v&#233;rit&#233;, il pense cette philosophie ne doit le faire qu'avec les choses de la pens&#233;e . En fait, il y est aussi pour quelque chose et le reconna&#238;t pour les &#234;tres purs, pour les &#233;l&#233;ments et puissances absolues ; mais en m&#234;me temps il les reconna&#238;t dans leur d&#233;termination et en est donc ma&#238;tre, tandis que cet entendement percevant les prend pour v&#233;rit&#233; et se transmet d'une erreur &#224; une autre. Lui-m&#234;me ne se rend pas compte que ce sont des &#234;tres si simples qui r&#232;gnent en lui, mais il pense qu'il a toujours affaire &#224; un mat&#233;riau et &#224; un contenu tout &#224; fait solides, tout comme la certitude sensuelle ne sait pas que l'abstraction vide de l'&#202;tre pur est leur essence ; mais en fait, ce sont ceux sur lesquels il parcourt toute la mati&#232;re et tout son contenu ; ils en sont la coh&#233;sion et la domination, et seulement ce qu'est pour la conscience le sensible comme essence , ce qui d&#233;termine ses rapports avec elle, et &#224; travers lequel s'effectue le mouvement de la perception et sa v&#233;rit&#233;. Ce parcours, une d&#233;termination constamment altern&#233;e de ce qui est vrai et l'abolition de cette d&#233;termination, constitue en r&#233;alit&#233; la vie et l'activit&#233; quotidiennes et constantes de celui qui per&#231;oit et de la conscience qui pense &#233;voluer dans la v&#233;rit&#233;. Elle progresse inexorablement vers le r&#233;sultat de la m&#234;me abolition de toutes ces entit&#233;s ou d&#233;terminations essentielles, mais &#224; chaque instant elle n'a conscience que de cette sp&#233;cificit&#233; unique comme v&#233;rit&#233;, puis &#224; nouveau du contraire. Il sent certainement leur absence ; Afin de les sauver du danger imminent, il recourt au sophisme et affirme maintenant comme vrai ce qu'il pr&#233;tendait lui-m&#234;me &#234;tre faux. Ce que la nature de ces &#234;tres faux veut r&#233;ellement pousser cette compr&#233;hension &#224; faire, les pens&#233;es de cette g&#233;n&#233;ralit&#233; et de cette particularit&#233; , de l' aussi et de l'un , de cela.L'essentialit&#233; , qui est n&#233;cessairement li&#233;e &#224; une inessentialit&#233; , et &#224; une inessentialit&#233; , pourtant n&#233;cessaire, - rassemblant les pens&#233;es de ces non-essences et les abolissant ainsi, il y r&#233;siste par les supports de l' insuffisant et des consid&#233;rations diverses , ou &#224; travers cela, assumer une pens&#233;e afin de garder l'autre s&#233;par&#233;e et comme la vraie. Mais la nature de ces abstractions les rassemble en elle-m&#234;me ; le sens commun est la proie de ceux qui le font tourner en rond. En cela, il veut leur donner la v&#233;rit&#233; en assumant parfois le mensonge, mais parfois aussi en qualifiant la tromperie de semblant de choses peu fiables et en s&#233;parant l'essentiel de quelque chose qui leur est n&#233;cessaire et pourtant ne devrait pas &#234;tre essentiel, et cela comme leur v&#233;rit&#233; S'il s'accroche &#224; cela, il ne re&#231;oit pas leur v&#233;rit&#233;, mais il se livre au mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; III&lt;br class='autobr' /&gt;
Force et compr&#233;hension,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'apparence et le monde surnaturel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la dialectique de la certitude sensorielle, la conscience a perdu l'ou&#239;e, la vue, etc., et, en tant que perception, elle est parvenue &#224; des pens&#233;es qu'elle ne fait que rassembler d'une mani&#232;re inconditionnellement g&#233;n&#233;rale. Cet inconditionn&#233; lui-m&#234;me ne serait rien d'autre que l' extr&#234;me unilat&#233;ral de l'&#234;tre pour soi , s'il &#233;tait pris comme un &#234;tre calme et simple, car ainsi le monstre l'affronterait ; mais par rapport &#224; cela, elle serait elle-m&#234;me sans importance, et la conscience ne serait pas sortie de l'illusion de la perception ; mais il a &#233;merg&#233; comme quelque chose qui est revenu &#224; lui-m&#234;me &#224; partir d'un &#234;tre pour soi aussi conditionn&#233;. &#8211; Cet universel inconditionn&#233;, qui est d&#233;sormais le v&#233;ritable objet de la conscience, existe toujours comme son objet ; il n'a pas encore saisi son concept en tant que concept . Il existe une distinction essentielle entre les deux ; Dans la conscience, l'objet est revenu &#224; lui-m&#234;me de sa relation &#224; un autre et est ainsi devenu un concept en soi ; mais la conscience n'est pas encore le concept pour elle-m&#234;me, et c'est pourquoi elle ne se reconna&#238;t pas dans cet objet r&#233;fl&#233;chi. Pour nous, cet objet est devenu tel par le mouvement de la conscience qu'il s'entrem&#234;le dans son devenir, et le reflet des deux c&#244;t&#233;s est le m&#234;me, ou un seul . Mais parce que la conscience dans ce mouvement n'avait pour contenu que l'&#234;tre objectif, et non la conscience en tant que telle, il faut donner au r&#233;sultat une signification objective, et la conscience se retire encore de ce qui est devenu, de sorte que la m&#234;me chose lui appara&#238;t. en tant que chose objective, l'essence est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement a ainsi &#233;limin&#233; son propre mensonge et le mensonge de l'objet ; et ce que cela lui a donn&#233;, c'est le concept de v&#233;rit&#233; ; comme une v&#233;rit&#233; qui existe en soi , qui n'est pas encore un concept, ou &#224; laquelle manque l' &#234;tre pour soi de la conscience, et que l'entendement laisse exister sans en avoir conscience. Cela d&#233;termine son essence pour lui-m&#234;me ; de sorte que la conscience ne participe pas &#224; sa libre r&#233;alisation, mais seulement l'observe et la comprend purement. Encore faut-il prendre sa place en premier et &#234;tre le concept qui forme ce qui est contenu dans le r&#233;sultat ; C'est seulement &#224; travers cet objet d&#233;velopp&#233;, qui se pr&#233;sente &#224; la conscience comme une chose existante, qu'il devient une conscience compr&#233;hensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat fut l'universalit&#233; inconditionnelle, initialement dans le sens n&#233;gatif et abstrait, que la conscience niait ses concepts unilat&#233;raux et les faisait abstraction, c'est-&#224;-dire les abandonnait. Mais le r&#233;sultat en lui-m&#234;me a le sens positif que l'unit&#233; de l'&#234;tre-pour-soi et de l'&#234;tre-pour-autrui , ou le contraire absolu, est directement pos&#233;e comme une m&#234;me essence. Au d&#233;but, cela semble concerner uniquement la forme des moments les uns par rapport aux autres ; mais l'&#234;tre pour soi et l'&#234;tre pour autrui sont tout autant le contenu lui-m&#234;me, car l'opposition dans sa v&#233;rit&#233; ne peut avoir d'autre nature que celle qui a abouti au r&#233;sultat, &#224; savoir le contenu consid&#233;r&#233; comme vrai dans la perception en fait seulement. appartient &#224; la forme et se dissout dans son unit&#233;. Ce contenu est &#224; la fois g&#233;n&#233;ral ; Il ne peut y avoir aucun autre contenu qui, de par sa nature particuli&#232;re, &#233;viterait de revenir &#224; cette universalit&#233; inconditionnelle. Un tel contenu serait une certaine mani&#232;re d'&#234;tre pour soi et de se rapporter aux autres. &#202;tre seul et se rapporter aux autres en g&#233;n&#233;ral constitue sa nature et son essence , dont la v&#233;rit&#233; est qu'elle est inconditionnellement universelle ; et le r&#233;sultat est absolument g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parce qu'il s'agit d'un objet inconditionnellement g&#233;n&#233;ral pour la conscience, la diff&#233;rence de forme et de contenu en &#233;merge, et dans la forme du contenu, les moments ont l'apparence dans laquelle ils se sont pr&#233;sent&#233;s pour la premi&#232;re fois, d'une part le milieu g&#233;n&#233;ral de nombreux &#233;l&#233;ments existants. questions, et d'autre part, d'&#234;tre une r&#233;flexion sur soi dans laquelle leur ind&#233;pendance est d&#233;truite. La premi&#232;re est la dissolution de l'ind&#233;pendance de la chose, ou passivit&#233;, qui est &#234;tre pour autrui, mais celle-ci est &#234;tre pour soi. On voit comment ces moments se pr&#233;sentent dans l'universalit&#233; inconditionnelle qui est leur essence. Tout d'abord, il est clair que parce qu'ils ne sont que cela, ils ne sont plus du tout s&#233;par&#233;s, mais sont essentiellement des c&#244;t&#233;s qui s'annulent eux-m&#234;mes, et seule la transition entre eux est plac&#233;e l'une dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instant unique appara&#238;t donc comme l'&#234;tre qui s'est mis &#224; l'&#233;cart, comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral ou comme l'existence d'une mati&#232;re ind&#233;pendante. Mais l' ind&#233;pendance de ces mat&#233;riaux n'est autre que ce m&#233;dium ; ou bien ce g&#233;n&#233;ral est tout entier la multiplicit&#233; de g&#233;n&#233;raux si diff&#233;rents. L'universel est en soi dans une unit&#233; indivise avec cette multiplicit&#233;, mais cela signifie que ces mati&#232;res sont, l'une l&#224; o&#249; est l'autre, elles se p&#233;n&#232;trent - mais sans se toucher, car &#224; l'inverse les nombreuses choses diff&#233;rentes sont tout aussi ind&#233;pendantes. Cela &#233;tablit &#233;galement leur porosit&#233; pure ou leur suspension. Cette sublation encore, ou la r&#233;duction de cette diff&#233;rence au pur &#234;tre pour soi, n'est autre que le m&#233;dium lui-m&#234;me et c'est l' ind&#233;pendance des diff&#233;rences. Ou bien ceux qui sont pos&#233;s ind&#233;pendamment passent directement dans leur unit&#233;, et leur unit&#233; passe directement dans le d&#233;veloppement, et celui-ci repasse dans la r&#233;duction. Mais ce mouvement est ce qu'on appelle la force ; son unique moment, &#224; savoir sa diffusion de mati&#232;re ind&#233;pendante dans son &#234;tre, en est l' expression ; Mais elle, en tant que disparition, est la force qui a &#233;t&#233; refoul&#233;e de son expression , ou la force r&#233;elle . Mais d'abord, la force qui a &#233;t&#233; refoul&#233;e en elle-m&#234;me doit s'exprimer ; et deuxi&#232;mement, dans l'expression, elle est tout autant une force existant en soi qu'une expression dans cet &#234;tre en soi. &#8211;Puisque nous conservons ainsi les deux moments dans leur unit&#233; imm&#233;diate, l'entendement auquel appartient le concept de force est en r&#233;alit&#233; le concept qui porte les moments diff&#233;renci&#233;s comme diff&#233;renci&#233;s ; car en eux-m&#234;mes, ils ne seront pas distingu&#233;s ; La diff&#233;rence r&#233;side uniquement dans la pens&#233;e. &#8211; Ou bien, dans ce qui pr&#233;c&#232;de, seul le concept de force a &#233;t&#233; pos&#233;, et non sa r&#233;alit&#233;. En fait, la force est l'universel inconditionnel qui, quoi qu'il soit pour autrui , est aussi en soi ; ou qui a la diff&#233;rence - parce qu'il n'est rien d'autre qu'&#234;tre -pour-un autre - en soi. Pour que la force soit dans sa v&#233;rit&#233;, il faut la laisser compl&#232;tement libre de pens&#233;e et la poser comme la substance de ces diff&#233;rences, c'est- &#224;-dire d'abord comme cette force enti&#232;re restant essentiellement en et par elle-m&#234;me , et ensuite ses diff&#233;rences comme substantielles . ou comme des moments qui existent en eux-m&#234;mes. La force en tant que telle, ou comme quelque chose refoul&#233; en elle-m&#234;me, est ici une force exclusive en soi, pour laquelle le d&#233;veloppement de la mati&#232;re est un autre &#234;tre existant , et ainsi se pr&#233;sentent deux c&#244;t&#233;s diff&#233;rents et ind&#233;pendants. Mais la force est aussi le tout, ou elle reste ce qu'elle est selon son concept, &#224; savoir que ces diff&#233;rences restent de pures formes, des instants superficiels qui disparaissent. En m&#234;me temps, les diff&#233;rences entre la force actuelle refoul&#233;e en elle-m&#234;me et le d&#233;veloppement de la mati&#232;re ind&#233;pendante n'existeraient pas du tout si elles n'existaient pas , ou bien la force n'existerait pas si elle n'existait pas de cette mani&#232;re oppos&#233;e ; Mais le fait qu'il existe de cette mani&#232;re oppos&#233;e ne signifie rien d'autre que le fait que les deux moments sont eux-m&#234;mes ind&#233;pendants en m&#234;me temps . &#8211; C'est ce mouvement des deux moments qui deviennent sans cesse ind&#233;pendants et &#224; nouveau leur annulation qu'il faut consid&#233;rer. &#8211; Il est g&#233;n&#233;ralement clair que ce mouvement n'est rien d'autre que le mouvement de percevoir, dans lequel les deux c&#244;t&#233;s, le percevant et le per&#231;u en m&#234;me temps, sont un et indiff&#233;renci&#233;s comme l' appr&#233;hension de la v&#233;rit&#233;, mais en m&#234;me temps chaque c&#244;t&#233; se refl&#232;te en lui-m&#234;meou est pour lui-m&#234;me. Ici, ces deux c&#244;t&#233;s sont des moments de pouvoir ; Ils sont dans une unit&#233; d'autant que cette unit&#233;, qui appara&#238;t comme le milieu par rapport aux extr&#234;mes qui existent pour elle-m&#234;me, se d&#233;compose toujours pr&#233;cis&#233;ment en ces extr&#234;mes, qui n'existent qu'&#224; travers eux. &#8211; Le mouvement, qui se pr&#233;sentait auparavant comme l'auto-annihilation de concepts contradictoires, a ici la forme objective , et est un mouvement de force, par lequel l'universel inconditionnel appara&#238;t comme non-objectif ou comme l'int&#233;rieur des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force, telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e en &#233;tant pr&#233;sent&#233;e comme telle , ou telle qu'elle se refl&#232;te en elle-m&#234;me , est une face de son concept ; mais comme un extr&#234;me justifi&#233;, &#224; savoir celui pos&#233; sous la d&#233;termination de l'un. Cela en exclut l' existence de la mati&#232;re d&#233;ploy&#233;e et de quelque chose d'autre qu'elle. Puisqu'il faut qu'il soit lui-m&#234;me cette existence , ou qu'il s'exprime , son &#233;nonc&#233; se pr&#233;sente de telle mani&#232;re que cet autre le rejoint et l'associe. Mais en fait, en ce qu'il s'exprime n&#233;cessairement , il a en soi ce qui &#233;tait pos&#233; comme un autre &#234;tre. Il faut retenir qu'il est vu comme un , et son &#234;tre d'exprimer comme autre chose ce qui lui a &#233;t&#233; ajout&#233; du dehors. a &#233;t&#233; plac&#233; dessus ; Il est plut&#244;t lui-m&#234;me le support g&#233;n&#233;ral de l'existence des moments en tant que mati&#232;re ; ou bien elle s'est exprim&#233;e , et ce que devrait &#234;tre l'autre solennit&#233;, elle l'est plut&#244;t. Il existe donc d&#233;sormais en tant que support de la mati&#232;re d&#233;ploy&#233;e. Mais elle a &#233;galement essentiellement la forme d'une sublation de la mati&#232;re existante, ou en est essentiellement une ; Cette unit&#233; est maintenant , puisqu'elle est pos&#233;e comme milieu de la mati&#232;re, quelque chose d'autre qu'elle-m&#234;me , et elle a cette essence en dehors d'elle-m&#234;me. Mais comme il doit n&#233;cessairement &#234;tre quelque chose qu'il n'a pas encore &#233;t&#233; pos&#233;, cela en am&#232;ne d'autres et l'invite &#224; r&#233;fl&#233;chir en lui-m&#234;me, ou annule son expression. Mais en fait, c'est lui-m&#234;me cet &#234;tre-refl&#233;t&#233; en soi, ou cette suspension de l'expression ; l'unit&#233; dispara&#238;t telle qu'elle est apparue, c'est-&#224;-dire comme une autre ; C'est lui-m&#234;me , c'est une force refoul&#233;e en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui appara&#238;t comme autre chose et l'appelle en soi &#224; la fois pour s'exprimer et pour revenir &#224; soi, c'est, comme on le voit imm&#233;diatement, la force elle-m&#234;me ; car l'autre se montre comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral aussi bien qu'un seul ; et de sorte que chacune de ces figures n'appara&#238;t que comme un instant fuyant. La force n'est pas encore du tout sortie de son concept parce que quelque chose est pour elle et elle est pour autre chose. Mais deux forces sont pr&#233;sentes en m&#234;me temps ; Le concept des deux est le m&#234;me, mais il est pass&#233; de son unit&#233; &#224; la dualit&#233;. Au lieu que l'opposition ne reste qu'un instant, elle semble avoir &#233;chapp&#233; &#224; la r&#232;gle de l'unit&#233; en se divisant en forces compl&#232;tement ind&#233;pendantes . Ce que signifie cette ind&#233;pendance doit &#234;tre examin&#233; plus en d&#233;tail. Tout d'abord, la deuxi&#232;me force appara&#238;t comme la force sollicitante, c'est-&#224;-dire comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral dans son contenu, contre ce qui est d&#233;termin&#233; &#224; &#234;tre sollicit&#233; ; Mais puisque cette alternance essentielle de ces deux moments et elle-m&#234;me est force, elle n'est en fait aussi qu'un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral en ce sens qu'elle est cens&#233;e le faire , et de m&#234;me qu'elle n'est qu'une unit&#233; n&#233;gative, ou quelque chose qui est cens&#233; rendre le force, parce qu'elle est cens&#233;e le faire, devient . Cela transforme aussi cette diff&#233;rence qui s'est produite entre les deux, selon laquelle l'un doit &#234;tre le pr&#233;vu et l'autre le requis , en un m&#234;me &#233;change de certitudes l'une contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu des deux forces consiste dans cette d&#233;termination oppos&#233;e des deux, leur &#234;tre l'une pour l'autre dans cette d&#233;termination, et la confusion absolue et imm&#233;diate des d&#233;terminations - transition par laquelle ces d&#233;terminations seules sont dans lesquelles les forces semblent appara&#238;tre ind&#233;pendamment . Par exemple, ce qui est demand&#233; est pos&#233; comme m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, et ce qui est demand&#233; est pos&#233; comme force refoul&#233;e ; mais l'un n'est lui-m&#234;me m&#233;dium g&#233;n&#233;ral que parce que l'autre est une force refoul&#233;e ; ou plut&#244;t, c'est la chose sollicitatrice pour cela, et en fait le m&#233;dium. Le premier n'a sa d&#233;termination que par l'autre, et n'est sollicitant que dans la mesure o&#249; il est sollicit&#233; par l'autre pour &#234;tre sollicitable ; et il perd tout aussi imm&#233;diatement la sp&#233;cificit&#233; qui lui &#233;tait donn&#233;e ; car cela passe &#224; l'autre, ou plut&#244;t est d&#233;j&#224; pass&#233; au m&#234;me ; la force &#233;trang&#232;re qui solennelle appara&#238;t comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, mais seulement parce qu'elle a &#233;t&#233; solennelle par lui ; Mais cela signifie qu'il le d&#233;finit ainsi et qu'il est lui-m&#234;me essentiellement un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral ; Elle pose ce qu'on entend ainsi parce que cette autre d&#233;termination lui est essentielle , c'est-&#224;-dire parce qu'elle est plut&#244;t elle-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter la compr&#233;hension du concept de ce mouvement, on peut &#233;galement souligner que les diff&#233;rences elles-m&#234;mes se manifestent dans une double diff&#233;rence, d'abord comme diff&#233;rences de contenu , en ce sens qu'un extr&#234;me est une force r&#233;fl&#233;chie en soi, tandis que l'autre est une force r&#233;fl&#233;chie en soi. milieu de mati&#232;re ; l' autre fois sous forme de diff&#233;rences de forme , en ce sens que l'une est ce qui est requis, l'autre est ce qui est requis, celle-ci est active, celle-ci est passive. Selon la diff&#233;rence de contenu, ils se diff&#233;rencient en g&#233;n&#233;ral, ou pour nous ; Mais selon la diff&#233;rence de forme, ils sont ind&#233;pendants, s&#233;par&#233;s et oppos&#233;s dans leurs relations. Le fait que les extr&#234;mes de ces deux c&#244;t&#233;s ne sont rien en eux-m&#234;mes , mais plut&#244;t que ces c&#244;t&#233;s, dans lesquels devrait consister leur essence diff&#233;renci&#233;e, ne sont que des moments de fuite, une transition imm&#233;diate de chacun vers l'oppos&#233;, cela appara&#238;t &#224; la conscience dans la perception. du mouvement de la force. Mais pour nous, comme nous l'avons mentionn&#233; plus haut, les diff&#233;rences en elles-m&#234;mes disparaissaient en tant que diff&#233;rences de contenu et de forme , et du c&#244;t&#233; de la forme, la chose active, suppos&#233;e ou &#234;tre pour soi, &#233;tait essentiellement la m&#234;me que celle-l&#224;. du c&#244;t&#233; de la forme, le contenu comme force refoul&#233;e en lui-m&#234;me ; le passif, le sollicit&#233; ou l'&#234;tre pour autrui est, du c&#244;t&#233; de la forme, la m&#234;me chose qui se pr&#233;sentait du c&#244;t&#233; du contenu comme le m&#233;dium g&#233;n&#233;ral de bien des mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que le concept de force devient r&#233;el &#224; travers le d&#233;doublement en deux forces , et comment il le devient. Ces deux forces existent comme des &#234;tres en elles-m&#234;mes ; mais leur existence est un tel mouvement les uns contre les autres que leur &#234;tre est plut&#244;t un &#234;tre pur pos&#233; par autre chose , c'est-&#224;-dire que leur &#234;tre a plut&#244;t le pur sens de disparition . Ce ne sont pas des extr&#234;mes qui gardaient quelque chose de solide pour eux et ne faisaient que mettre une propri&#233;t&#233; ext&#233;rieure au milieu et en contact les uns avec les autres ; mais ce qu'ils sont, ils ne sont que dans ce centre et ce contact. Il y a l&#224; imm&#233;diatement autant le refoul&#233; en soi ou le pour soi de la force que l'expression, la sollicitation aussi bien que l'&#234;tre-sollicit&#233; ; Ces moments ne sont pas ici r&#233;partis en deux extr&#234;mes ind&#233;pendants, qui n'offrent qu'un point oppos&#233; l'un &#224; l'autre, mais leur essence est la suivante absolument, l'un seulement par l'autre, et ce que chacun est par l'autre n'est plus directement, dans que c'est &#231;a. En fait, ils n'ont aucune substance propre qu'ils transportent et re&#231;oivent. Le concept de force se maintient plut&#244;t comme l'essence de sa r&#233;alit&#233; ; La force comme r&#233;elle n'est absolument que dans l' expression , qui en m&#234;me temps n'est rien d'autre qu'une auto-annulation. Cette force r&#233;elle , imagin&#233;e comme libre de son expression et existant par elle-m&#234;me, est la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me, mais cette d&#233;termination n'est en fait, comme il s'est av&#233;r&#233;, elle-m&#234;me qu'un moment d' expression . La v&#233;rit&#233; du pouvoir n'en reste donc que l' id&#233;e ; et sans se retenir, les moments de leur r&#233;alit&#233;, leurs substances et leur mouvement s'effondrent en une unit&#233; indiff&#233;renci&#233;e, qui n'est pas la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me, car celle-ci elle-m&#234;me n'est qu'un tel moment, mais cette unit&#233; est son concept, en tant que concept. . La prise de conscience du pouvoir est en m&#234;me temps la perte de la r&#233;alit&#233; ; Au contraire, elle est devenue quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent, &#224; savoir cette universalit&#233; , que l'entendement reconna&#238;t d'abord ou imm&#233;diatement comme son essence, et qui se r&#233;v&#232;le aussi comme son essence dans sa pr&#233;tendue r&#233;alit&#233;, dans les substances r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; nous consid&#233;rons le premier universel comme le concept de l'entendement, dans lequel la force n'est pas encore en soi, le second est d&#233;sormais son essence telle qu'elle se pr&#233;sente en et pour soi . Ou, inversement, si l'on consid&#232;re le premier universel comme l' imm&#233;diat , qui devrait &#234;tre un objet r&#233;el pour la conscience, alors ce second est d&#233;termin&#233; comme le n&#233;gatif de la force objective sensible ; c'est lui tel qu'il est dans sa v&#233;ritable essence seulement comme objet de l'entendement ; La premi&#232;re serait la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me ou comme substance ; Mais ce second est l' int&#233;rieur des choses, en tant qu'int&#233;rieur , ce qui est le m&#234;me que le concept en tant que concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette v&#233;ritable essence des choses s'est maintenant d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re qu'elle n'est pas directe pour la conscience, mais plut&#244;t que la conscience a une relation indirecte avec ce qui est &#224; l'int&#233;rieur et que, &#224; mesure que la compr&#233;hension voit &#224; travers ce centre du jeu des forces le v&#233;ritable arri&#232;re-plan des choses . Le milieu, qui relie les deux extr&#234;mes, l'esprit et l'int&#233;rieur, est l' &#234;tre d&#233;velopp&#233; du pouvoir, qui est d&#233;sormais une disparition pour l'esprit lui-m&#234;me . C'est pourquoi cela s'appelle l'apparence ; car nous appelons apparence apparence , qui est elle-m&#234;me un non-&#234;tre . Mais il ne s'agit pas seulement d'une apparence, mais d'une apparence, d'un tout d'apparence. Cet ensemble ou g&#233;n&#233;ral est ce qui constitue l' int&#233;rieur , le jeu des forces , comme son reflet en soi. En elle, pour la conscience, les &#234;tres de perception se posent de mani&#232;re objective tels qu'ils sont en eux-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire comme . Des instants se transformant directement en contraire sans repos et sans &#234;tre, l'un imm&#233;diatement en g&#233;n&#233;ral, l'essentiel directement en inessentiel et vice versa. Ce jeu de forces est donc le n&#233;gatif d&#233;velopp&#233;, mais sa v&#233;rit&#233; est le positif, &#224; savoir l' universel , l' objet qui existe en soi . &#8211; L' &#234;tre du m&#234;me pour la conscience est m&#233;diatis&#233; par le mouvement de l'apparition , dans lequel l' &#234;tre de la perception et l'objectif sensuel n'ont qu'une signification n&#233;gative, la conscience se refl&#232;te donc en elle-m&#234;me comme dans la v&#233;rit&#233;, mais en tant que conscience cette v&#233;rit&#233; redevient objective. int&#233;rieur , et distingue ce reflet des choses de son reflet en lui-m&#234;me ; tout comme pour lui le mouvement m&#233;diateur reste objectif. Cet int&#233;rieur est donc pour lui un extr&#234;me ; mais pour lui elle est v&#233;rit&#233; parce qu'en elle, comme dans l' en-soi, elle a simultan&#233;ment la certitude d'elle-m&#234;me ou le moment de son &#234;tre-pour-soi ; mais elle n'en a pas encore conscience, car l' &#234;tre pour soi que devrait avoir l'&#234;tre int&#233;rieur de soi ne serait rien d'autre que le mouvement n&#233;gatif, mais c'est encore le ph&#233;nom&#232;ne objectif de disparition pour la conscience, pas encore son &#234;tre propre . pour soi-m&#234;me ; L'int&#233;rieur est donc certes pour lui un concept, mais il ne conna&#238;t pas encore la nature du concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette v&#233;rit&#233; int&#233;rieure , en tant qu'absolument universelle , qui a &#233;t&#233; purifi&#233;e de l' opposition du g&#233;n&#233;ral et de l'individuel et qui est devenue pour l'entendement seulement au-dessus du monde sensible en tant que monde apparaissant, s'ouvre d&#233;sormais un monde suprasensible en tant que monde vrai , et au dessus de la disparition de ce monde , du permanent Au - del&#224; ; un en-soi, qui est l'apparence premi&#232;re et donc elle-m&#234;me imparfaite de la raison, ou seulement l'&#233;l&#233;ment pur en quoi la v&#233;rit&#233; a son essence .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sujet est maintenant l'inf&#233;rence, qui a &#224; ses extr&#233;mit&#233;s l'int&#233;rieur des choses et l'entendement, et en son centre l'apparence ; Mais le mouvement de cette conclusion donne une d&#233;termination plus pouss&#233;e de ce que la compr&#233;hension voit &#224; travers le milieu int&#233;rieur et de l'exp&#233;rience qu'elle a de cette relation d'&#234;tre connect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde int&#233;rieur est encore un pur au-del&#224; pour la conscience, parce qu'elle ne s'y trouve pas encore ; il est vide , car il n'est que le n&#233;ant de l'apparence et positivement le simple universel. Cette mani&#232;re d'&#234;tre au-dedans s'accorde imm&#233;diatement avec ceux qui disent que l'int&#233;rieur des choses ne peut &#234;tre connu ; mais il faudrait comprendre la raison diff&#233;remment. Il n'y a bien s&#251;r aucune connaissance de cet int&#233;rieur, tel qu'il est directement ici, mais non pas parce que la raison est trop myope, ou limit&#233;e, ou peu importe comment vous voulez l'appeler ; On ne sait rien ici encore, car nous n'avons pas encore approfondi ce sujet ; mais pour la simple nature de la chose elle-m&#234;me, &#224; savoir parce que rien n'est reconnu dans le vide , ni exprim&#233; de l'autre c&#244;t&#233;, parce qu'il est d&#233;termin&#233; comme au-del&#224; de la conscience. - Le r&#233;sultat est bien entendu le m&#234;me lorsqu'un aveugle entre dans la richesse du monde suprasensible - s'il en poss&#232;de une, il est d&#233;sormais son propre contenu, ou la conscience elle-m&#234;me est ce contenu - et lorsqu'un voyant entre dans les pures t&#233;n&#232;bres, ou si tu veux, se place dans la pure lumi&#232;re, si ce n'est que cela ; L'homme voyant voit aussi peu dans sa pure lumi&#232;re que dans ses pures t&#233;n&#232;bres, et tout autant que l'aveugle voit dans la pl&#233;nitude des richesses qui se trouvent devant lui. S'il n'y avait rien de plus &#224; l'int&#233;rieur et s'il n'y &#233;tait connect&#233; que par l'apparence, alors il n'y aurait plus qu'&#224; s'en tenir &#224; l'apparence, c'est-&#224;-dire &#224; prendre pour vrai quelque chose dont nous savons qu'il n'est pas vrai ; ou avec ce qui est dans le vide, qui n'est devenu que le vide des choses objectives, mais qui, comme vide en soi , doit aussi &#234;tre pris comme conscience du vide de toutes les relations spirituelles et des diff&#233;rences de conscience - de sorte que dans ce vide si compl&#232;tement , qu'on appelle aussi le sacr&#233; , mais qui est quelque chose qui le remplit de r&#234;ves, d'apparences que la conscience se cr&#233;e ; Il devrait supporter d'&#234;tre si mal trait&#233;, car il ne m&#233;riterait aucune am&#233;lioration, car la r&#234;verie elle-m&#234;me vaut encore mieux que son vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le monde int&#233;rieur ou l'au-del&#224; suprasensible est n&#233; ; il vient de l'apparence, et il en est la m&#233;diation ; ou bien l'apparence est son essence , et m&#234;me son accomplissement. Le suprasensible est le sensible et le per&#231;u pos&#233; tel qu'il est r&#233;ellement ; Mais la v&#233;rit&#233; de ce qui est sensible et per&#231;u doit &#234;tre une apparence . Le suprasensible est donc l' apparence comme apparence . &#8211; Si l'on pense que le suprasensible est le monde sensible, ou le monde tel qu'il est pour la certitude et la perception sensorielle imm&#233;diate , alors c'est une compr&#233;hension erron&#233;e ; car l'apparence n'est pas le monde de la connaissance et de la perception sensuelles comme existant, mais plut&#244;t comme suspendu ou en v&#233;rit&#233; pos&#233; comme interne . On dit habituellement que le suprasensible n'est pas l'apparence ; Cependant, le terme apparence ne d&#233;signe pas l'apparence, mais plut&#244;t le monde sensible , en tant que r&#233;alit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement, qui est notre objet, se trouve exactement dans cette position o&#249; le monde int&#233;rieur ne lui est devenu connu que comme le g&#233;n&#233;ral, non encore r&#233;alis&#233; en soi ; Le jeu des forces n'a que cette signification n&#233;gative, non pas en soi et seulement cette signification positive, la chose m&#233;diatrice , mais &#233;tant en dehors de lui. Mais sa relation &#224; l'&#234;tre int&#233;rieur par m&#233;diation est son mouvement par lequel elle s'accomplira pour lui. &#8211; L'imm&#233;diat pour lui est le jeu des forces ; mais pour lui la v&#233;rit&#233; est le simple int&#233;rieur ; Le mouvement de la force n'est donc vrai que comme chose simple . Mais nous avons vu par ce jeu de forces qu'elle a cette nature, que la force qui est associ&#233;e &#224; une autre force est aussi soucieuse de cette autre force, qui elle-m&#234;me ne devient sociable que par elle. Ici aussi, il n'y a que le changement imm&#233;diat ou l'&#233;change absolu de la d&#233;termination , qui constitue le seul contenu de ce qui se passe ; &#234;tre soit un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, soit une entit&#233; n&#233;gative. Dans son apparence d&#233;termin&#233;e, il cesse imm&#233;diatement d'&#234;tre ce qu'il appara&#238;t ; Par son apparence sp&#233;cifique, il &#233;voque l'autre c&#244;t&#233; qui s'exprime &#224; travers celui-ci ; c'est-&#224;-dire que c'est imm&#233;diatement ce que devrait &#234;tre le premier. Ces deux faces, le rapport de l'obligation et le rapport du contenu sp&#233;cifique oppos&#233;, sont chacun une perversion et une confusion absolues. Mais ces deux rapports sont eux-m&#234;mes une seule et m&#234;me chose, et la diff&#233;rence de forme , &#233;tant ce qui est demand&#233; et ce qui est voulu, est la m&#234;me que la diff&#233;rence de contenu , ce qui est voulu comme tel, &#224; savoir le m&#233;dium passif ; le sociable, en revanche, est l'unit&#233; active, n&#233;gative ou l'un. De ce fait, toute diff&#233;rence entre les forces sp&#233;ciales qui devraient &#234;tre pr&#233;sentes dans ce mouvement dispara&#238;t les unes des autres ; car ils reposaient sur ces seules diff&#233;rences ; et la diff&#233;rence des puissances co&#239;ncide aussi avec ces deux-l&#224; seulement en une. Ce n'est donc ni le pouvoir, ni la sollicitation et l'&#234;tre sollicit&#233;, ni la d&#233;termination d'&#234;tre un m&#233;dium existant et une unit&#233; r&#233;fl&#233;chie, ni individuellement quelque chose en soi, ni des contraires diff&#233;rents ; mais ce qui est dans ce changement absolu, c'est seulement la diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale ou en tant que diff&#233;rence dans laquelle les nombreux oppos&#233;s ont &#233;t&#233; r&#233;duits. Cette diff&#233;rence en g&#233;n&#233;ralVoil&#224; donc ce qu'il y a de simple dans le jeu de force lui-m&#234;me , et ce qu'il y a de vrai ; il est la loi de la force .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparence absolument changeante devient la simple diff&#233;rence par son rapport &#224; la simplicit&#233; de l'int&#233;rieur ou de l'entendement. L'int&#233;rieur n'est d'abord que ce qui est universel en soi ; Mais ce g&#233;n&#233;ral, simple en soi , est essentiellement aussi absolu que la diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale ; car c'est le r&#233;sultat du changement lui-m&#234;me, ou le changement est son essence ; mais le changement, tel qu'il est pos&#233; int&#233;rieurement et r&#233;ellement, y est incorpor&#233; comme une diff&#233;rence &#233;galement absolument g&#233;n&#233;rale, apais&#233;e et constante. Or la n&#233;gation est un moment essentiel de l'universel, et elle ou la m&#233;diation dans le g&#233;n&#233;ral est une diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale . Elle s'exprime dans la loi , comme l' image constante du ph&#233;nom&#232;ne instable. Le monde suprasensible est ici un royaume tranquille de lois , bien qu'au-del&#224; du monde per&#231;u, car celui-ci ne repr&#233;sente la loi qu'&#224; travers un changement constant, mais tout aussi pr&#233;sent en elle et dans son image directe et silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce domaine des lois est bien la v&#233;rit&#233; de l'entendement, qui a son contenu dans les diff&#233;rences qui sont dans la loi ; Mais en m&#234;me temps, elle n'en est que la premi&#232;re v&#233;rit&#233; et ne compl&#232;te pas l'apparence. La loi est pr&#233;sente en elle, mais elle n'est pas toute sa pr&#233;sence ; sa r&#233;alit&#233; est en constante &#233;volution dans des circonstances en constante &#233;volution. Cela laisse &#224; l'apparence elle-m&#234;me un c&#244;t&#233; qui n'est pas interne ; ou bien il n'est pas encore pos&#233; comme une apparence , comme un &#234;tre pour soi suspendu . Ce d&#233;faut de la loi doit aussi &#234;tre &#233;vident en lui-m&#234;me. Ce qui semble manquer, c'est qu'elle ait bien la diff&#233;rence elle-m&#234;me, mais de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale et ind&#233;termin&#233;e. Mais dans la mesure o&#249; elle n'est pas la loi en g&#233;n&#233;ral, mais une loi, elle contient en elle une certitude ; et il y a donc un nombre ind&#233;fini de lois. Mais cette multiplicit&#233; est elle-m&#234;me un d&#233;faut ; &#224; savoir, cela contredit le principe de l'entendement selon lequel, en tant que conscience de l'int&#233;rieur simple, l' unit&#233; intrins&#232;quement g&#233;n&#233;rale est la v&#233;rit&#233;. Il doit plut&#244;t laisser les nombreuses lois se fondre en une seule . Comment, par exemple, la loi selon laquelle la pierre tombe et la loi selon laquelle les sph&#232;res c&#233;lestes se d&#233;placent ont &#233;t&#233; comprises comme une seule loi. Mais avec cet effondrement, les lois perdent leur certitude ; la loi devient de plus en plus superficielle, et en fait ce n'est pas l'unit&#233; de ces lois sp&#233;cifiques qui a &#233;t&#233; trouv&#233;e, mais plut&#244;t une loi qui omet leur d&#233;termination ; comment la loi unique , qui unit les lois de la chute des corps sur terre et du mouvement c&#233;leste, ne les exprime pas en fait toutes deux. L'unification de toutes les lois dans l' attraction g&#233;n&#233;rale n'exprime aucun contenu autre que le simple concept de la loi elle-m&#234;me , qui y est pos&#233;e comme &#233;tant . L'attraction g&#233;n&#233;rale dit seulement ceci, que tout a une diff&#233;rence constante par rapport aux autres choses . L'entendement pense avoir trouv&#233; une loi g&#233;n&#233;rale qui exprime la r&#233;alit&#233; g&#233;n&#233;rale comme telle ; mais en fait il n'a trouv&#233; que le concept m&#234;me de la loi ; mais de telle mani&#232;re qu'en m&#234;me temps il dit que toute r&#233;alit&#233; est intrins&#232;quement licite. L'expression de l'attraction g&#233;n&#233;rale rev&#234;t donc une grande importance dans la mesure o&#249; elle contraste avec l'attraction irr&#233;fl&#233;chie.L'imagination , &#224; laquelle tout se pr&#233;sente sous forme de hasard, et pour laquelle la d&#233;termination a la forme d'ind&#233;pendance sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attrait g&#233;n&#233;ral, ou le concept pur de la loi, s'oppose donc aux lois sp&#233;cifiques. Dans la mesure o&#249; ce concept pur est consid&#233;r&#233; comme l'essence ou comme le v&#233;ritable int&#233;rieur, la d&#233;termination de la loi sp&#233;cifique elle-m&#234;me appartient encore &#224; l'apparence ou plut&#244;t &#224; l'&#234;tre sensuel. Mais le concept pur du droit d&#233;passe non seulement le droit, qui, m&#234;me sp&#233;cifique , s'oppose aux autres droits sp&#233;cifiques, mais il d&#233;passe aussi le droit en tant que tel. La d&#233;termination dont nous parlions n'est en r&#233;alit&#233; qu'un instant de fuite qui ne peut plus appara&#238;tre ici comme une entit&#233; ; car seule la loi existe comme v&#233;rit&#233; ; mais le concept de droit est retourn&#233; contre le droit lui-m&#234;me. Dans le droit, la diff&#233;rence elle-m&#234;me est directement saisie et incorpor&#233;e &#224; l'universel, et avec elle l' existence des moments dont elle exprime la relation comme des entit&#233;s indiff&#233;rentes qui existent en elles-m&#234;mes. Mais ces parties de la diff&#233;rence dans le droit sont en m&#234;me temps elles-m&#234;mes des aspects pr&#233;cis ; Le concept pur de la loi comme attraction g&#233;n&#233;rale doit &#234;tre compris dans son vrai sens de telle sorte qu'en lui, en tant que chose absolument simple , les diff&#233;rences qui existent dans la loi comme telle retournent &#224; l'int&#233;rieur comme une simple unit&#233; ; c'est la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi se pr&#233;sente donc de mani&#232;re double, d'une part comme une loi dans laquelle les diff&#233;rences s'expriment comme des moments ind&#233;pendants ; l'autre fois sous la forme d' un simple retour en soi, que l'on peut encore appeler force , mais de telle sorte qu'il ne s'agit pas de la force refoul&#233;e, mais de la force en g&#233;n&#233;ral ou comme concept de force, abstraction qui montre les diff&#233;rences entre lui, ce qui attire et ce qui est attir&#233;, s'attirent en lui-m&#234;me. Par exemple, l'&#233;lectricit&#233; simple est une force ; Mais l'expression de la diff&#233;rence rel&#232;ve de la loi ; cette diff&#233;rence est l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative. Dans le mouvement de chute, la force est la chose simple, la gravit&#233; , qui a pour loi que les grandeurs des diff&#233;rents moments du mouvement, le temps qui s'est &#233;coul&#233; et l' espace qui s'est &#233;coul&#233; , se rapportent les uns aux autres comme racines et carr&#233;s. L'&#233;lectricit&#233; elle-m&#234;me n'est pas la diff&#233;rence en elle-m&#234;me ni, dans son essence, la double nature de l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative ; C'est pourquoi les gens ont tendance &#224; dire qu'il a la loi d'&#234;tre ainsi , mais aussi qu'il a la propri&#233;t&#233; de s'exprimer de cette mani&#232;re. Cette propri&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; essentielle et unique de ce pouvoir, ou elle lui est n&#233;cessaire . Mais n&#233;cessit&#233; est ici un mot vide de sens ; la force doit doubler parce qu'elle le doit . Bien entendu, si l'on pose l'&#233;lectricit&#233; positive , l'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative est &#233;galement n&#233;cessaire en soi ; car le positif n'existe qu'en relation avec un n&#233;gatif , ou le positif lui-m&#234;me est la diff&#233;rence d'avec lui-m&#234;me, tout comme le n&#233;gatif. Mais le fait que l'&#233;lectricit&#233; en tant que telle se divise de cette mani&#232;re n'est pas en soi n&#233;cessaire ; en tant que simple force, elle est indiff&#233;rente &#224; sa loi d' &#234;tre, tant positive que n&#233;gative ; et si nous appelons cela leur concept et cela leur &#234;tre, alors leur concept est indiff&#233;rent &#224; leur &#234;tre ; elle n'a que cette qualit&#233; ; c'est-&#224;-dire que cela n'est pas n&#233;cessaire en soi . &#8211; Cette indiff&#233;rence prend une forme diff&#233;rente lorsqu'on dit que cela fait partie de la d&#233;finition de l'&#233;lectricit&#233; d'&#234;tre positive et n&#233;gative, ou que c'est simplement son concept et son essence . Alors leur &#234;tre signifierait leur existencedu tout ; Mais la n&#233;cessit&#233; de leur existence ne r&#233;side pas dans cette d&#233;finition ; c'est soit parce qu'on le trouve , c'est-&#224;-dire qu'il n'est pas du tout n&#233;cessaire ; ou bien leur existence est due &#224; d'autres forces, c'est-&#224;-dire que leur n&#233;cessit&#233; est ext&#233;rieure. Mais en pla&#231;ant la n&#233;cessit&#233; dans la d&#233;termination de l'&#234;tre par autre chose , on retombe dans la multiplicit&#233; des lois d&#233;termin&#233;es que l'on vient de quitter pour consid&#233;rer la loi comme une loi ; C'est seulement &#224; cela que l'on peut comparer son concept en tant que concept ou sa n&#233;cessit&#233;, qui, sous toutes ces formes, ne s'est r&#233;v&#233;l&#233;e que comme un mot vide de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indiff&#233;rence de la loi et de la force, ou du concept et de l'&#234;tre, est pr&#233;sente d'une autre mani&#232;re que celle indiqu&#233;e. Dans la loi du mouvement, par exemple, il faut que le mouvement soit divis&#233; en temps et en espace , ou alors aussi en distance et vitesse. Puisque le mouvement n'est que le rapport de ces moments, lui, l'universel, est ici divis&#233; en lui-m&#234;me ; mais maintenant ces parties, temps et espace, ou distance et vitesse, n'expriment pas en elles cette origine d' une seule ; ils sont indiff&#233;rents les uns aux autres, l'espace est imagin&#233; sans temps, le temps sans espace et la distance au moins sans vitesse - de m&#234;me que leurs quantit&#233;s sont indiff&#233;rentes les unes aux autres ; en ce sens qu'ils ne se comportent pas comme des choses positives et n&#233;gatives , et ne sont donc pas li&#233;s les uns aux autres &#224; travers leur essence . La n&#233;cessit&#233; de la division est certainement pr&#233;sente ici ; mais pas les parties en tant que telles les unes pour les autres. C'est pourquoi la premi&#232;re elle-m&#234;me n'est qu'une fausse et fausse n&#233;cessit&#233; ; Le mouvement lui-m&#234;me n'est pas imagin&#233; comme un &#234;tre simple ou pur ; mais d&#233;j&#224; aussi divis&#233; ; Le temps et l'espace sont leurs parties ind&#233;pendantes ou des &#234;tres en eux-m&#234;mes , ou la distance et la vitesse sont des modes d'&#234;tre ou d'imaginer, dont l'un peut bien exister sans l'autre, et le mouvement n'est donc que leur relation superficielle , non leur essence. Imagin&#233;e comme un &#234;tre simple ou comme une force, il s'agit probablement de la gravit&#233; , qui ne contient cependant pas du tout ces diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence dans les deux cas n'est pas une diff&#233;rence en soi ; Ou bien l'universel, la force, est indiff&#233;rent &#224; la division qui est dans la loi, ou bien les diff&#233;rences, parties de la loi, sont indiff&#233;rentes les unes aux autres. Mais l'entendement a le concept de cette diff&#233;rence en lui-m&#234;me , pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que la loi est, d'une part, l'interne, quelque chose qui existe en soi , mais en m&#234;me temps est quelque chose de diff&#233;rent en lui ; Le fait que cette diff&#233;rence soit une diff&#233;rence int&#233;rieure est d&#251; au fait que la loi est une simple force, ou en tant que concept de celle-ci, c'est-&#224;-dire une diff&#233;rence du concept . Mais cette diff&#233;rence int&#233;rieure ne vient qu'&#224; l'esprit ; et n'a pas encore r&#233;gl&#233; la question elle-m&#234;me . C'est donc seulement sa propre n&#233;cessit&#233; que l'entendement exprime ; une diff&#233;rence qu'il fait seulement de telle mani&#232;re qu'il exprime en m&#234;me temps que la diff&#233;rence n'est pas une diff&#233;rence de la chose elle-m&#234;me . Cette n&#233;cessit&#233;, qui ne r&#233;side que dans la parole, est la narration des instants qui composent son cercle ; Ils sont certes diff&#233;renci&#233;s, mais en m&#234;me temps leur diff&#233;rence s'exprime, non pas une diff&#233;rence dans la chose elle-m&#234;me, et est donc elle-m&#234;me imm&#233;diatement annul&#233;e ; ce mouvement s'appelle expliquer . Ainsi est prononc&#233;e une loi , d'o&#249; se distingue ce qui est intrins&#232;quement universel, ou la raison, comme la force ; Mais de cette diff&#233;rence, on dit qu'il n'y a pas de diff&#233;rence, mais que la raison est exactement la m&#234;me que celle de la loi. L'apparition individuelle de la foudre, par exemple, est comprise comme un g&#233;n&#233;ral, et ce g&#233;n&#233;ral s'exprime comme la loi de l'&#233;lectricit&#233; : l'explication r&#233;sume alors la loi dans la force , comme l'essence de la loi. Cette force est alors telle que lorsqu'elle s'exprime, des &#233;lectricit&#233;s oppos&#233;es surgissent, qui disparaissent ensuite l'une dans l'autre, c'est-&#224;-dire que la force est exactement la m&#234;me que la loi ; on dit que les deux ne sont pas du tout diff&#233;renci&#233;s. Les diff&#233;rences sont la pure expression g&#233;n&#233;rale ou loi, et la pure force ; mais tous deux ont le m&#234;me contenu, la m&#234;me nature ; La diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence de contenu, c'est-&#224;-dire de chose, est &#233;galement reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement tautologique, il s'av&#232;re que l'entendement persiste dans l'unit&#233; calme de son objet, et que le mouvement ne tombe qu'en lui-m&#234;me, non dans l'objet ; C'est une explication qui non seulement n'explique rien, mais qui est si claire que, tout en essayant de dire quelque chose de diff&#233;rent de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, elle ne dit en r&#233;alit&#233; rien, mais ne fait que r&#233;p&#233;ter la m&#234;me chose. Ce mouvement ne cr&#233;e rien de nouveau sur la chose elle-m&#234;me, mais il entre plut&#244;t en consid&#233;ration comme un mouvement de l'entendement. Mais nous y reconnaissons maintenant ce qui manquait &#224; la loi, &#224; savoir le changement absolu lui-m&#234;me, car ce mouvement , si nous y regardons de plus pr&#232;s, est directement oppos&#233; &#224; lui-m&#234;me. Il fait une diff&#233;rence qui n'est pas seulement pour nous . une diff&#233;rence , mais qu'elle annule elle-m&#234;me comme diff&#233;rence. C'est le m&#234;me changement qui s'est pr&#233;sent&#233; comme un jeu de forces ; Il y avait chez lui la diff&#233;rence entre le solennel et le solennel, entre la force qui s'exprime et la force qui est refoul&#233;e en elle-m&#234;me ; Mais il s'agissait de diff&#233;rences qui n'existaient pas r&#233;ellement et qui ont donc imm&#233;diatement disparu. Ce n'est pas seulement la simple unit&#233; qui est pr&#233;sente, de sorte qu'aucune diff&#233;rence ne s'&#233;tablirait, mais c'est ce mouvement dans lequel une diff&#233;rence est effectivement faite mais , parce qu'elle n'est pas une diff&#233;rence, est &#224; nouveau abolie . &#8211; Avec l'explication, le changement et le changement, qui auparavant n'&#233;taient visibles qu'&#224; l'ext&#233;rieur de l'int&#233;rieur, ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans le suprasensible lui-m&#234;me ; Mais notre conscience est pass&#233;e de l'int&#233;rieur en tant qu'objet &#224; l'autre c&#244;t&#233;, dans la compr&#233;hension , et elle porte le changement en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement n'est pas encore un changement de la chose elle-m&#234;me, mais se pr&#233;sente plut&#244;t comme un pur changement car le contenu des moments de changement reste le m&#234;me. Mais comme le concept, en tant que concept de l'entendement, est le m&#234;me que l' int&#233;rieur des choses, ce changement devient pour lui une loi de l'int&#233;rieur . Il apprend donc que c'est la loi de l'apparence elle-m&#234;me qui fait appara&#238;tre des diff&#233;rences qui ne sont pas des diff&#233;rences ; ou que la chose du m&#234;me nom se repousse d'elle-m&#234;me ; et aussi que les diff&#233;rences ne sont que celles qui ne sont pas r&#233;ellement et qu'elles s'annulent ; ou que les noms oppos&#233;s s'attirent . &#8211; Une deuxi&#232;me loi , dont le contenu s'oppose &#224; ce qu'on appelait auparavant loi, &#224; savoir les diff&#233;rences constantes, constantes ; car cette nouvelle expression exprime plut&#244;t le devenir in&#233;gal du m&#234;me et le devenir &#233;gal de l'in&#233;gal . Le terme requiert de l'irr&#233;flexion pour rapprocher les deux lois et prendre conscience de leur opposition. &#8211; La seconde est bien s&#251;r aussi une loi, ou un soi-m&#234;me int&#233;rieur, mais plut&#244;t un m&#234;me-m&#234;me d'in&#233;galit&#233;, une constance d'impermanence. &#8211; Cette loi est n&#233;e du jeu des forces comme cette transcendance absolue, et comme un pur changement ; l' &#233;ponyme , la force, se d&#233;compose en une opposition qui appara&#238;t d'abord comme une diff&#233;rence ind&#233;pendante, mais qui s'av&#232;re en fait n'en &#234;tre pas une ; car c'est la m&#234;me chose qui se repousse de soi, et cette substance repouss&#233;e s'attire donc essentiellement, parce que c'est la m&#234;me chose ; La diff&#233;rence faite, puisqu'il n'en est pas un, s'annule &#224; nouveau. Elle se pr&#233;sente ici comme une diff&#233;rence dans la chose elle-m&#234;me , ou comme une diff&#233;rence absolue, et cette diff&#233;rence dans la chose n'est donc rien d'autre que la chose du m&#234;me nom qui s'est repouss&#233;e d'elle-m&#234;me et n'oppose donc qu'une opposition qui est pas un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce principe, le premier suprasensible, le royaume calme des lois, l'image imm&#233;diate du monde per&#231;u, se renverse en son contraire ; La loi &#233;tait g&#233;n&#233;ralement ce qui restait le m&#234;me , comme ses diff&#233;rences ; Mais il est d&#233;sormais clair que les deux sont en r&#233;alit&#233; &#224; l'oppos&#233; d'eux-m&#234;mes ; Au contraire, ce qui est semblable &#224; soi se repousse de lui-m&#234;me, et ce qui est diff&#233;rent de soi se pose plut&#244;t comme semblable &#224; soi. En fait, c'est seulement avec cette d&#233;termination que la diff&#233;rence est interne , ou diff&#233;rence en soi , en ce sens que le m&#234;me est in&#233;gal et que l'in&#233;gal est &#233;gal. &#8211; Ce deuxi&#232;me monde suprasensible est en ce sens le monde &#224; l'envers ; c'est-&#224;-dire qu'il y a d&#233;j&#224; un c&#244;t&#233; du premier monde suprasensible qui est invers&#233; par rapport &#224; ce premier . L'int&#233;rieur est ainsi compl&#233;t&#233; en apparence. Car le premier monde suprasensible n'&#233;tait que l' &#233;l&#233;vation imm&#233;diate du monde per&#231;u dans l'&#233;l&#233;ment g&#233;n&#233;ral ; Elle avait en cela sa contrepartie n&#233;cessaire, qui gardait encore pour elle le principe du changement et du changement ; Le premier royaume de lois en manquait, mais il le maintient comme un monde invers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la loi de ce monde invers&#233;, ce qui est comme le premier est diff&#233;rent de lui-m&#234;me, et ce qui lui est diff&#233;rent est &#233;galement diff&#233;rent de lui-m&#234;me , ou devient semblable &#224; lui-m&#234;me . &#192; certains moments, cela arrivera de telle mani&#232;re que ce qui &#233;tait doux dans la loi de la premi&#232;re est aigre dans ce mal en soi ; ce qui est noir dans celui-l&#224;, blanc dans celui-l&#224;. Ce qui, dans la premi&#232;re loi de l'aimant, est le p&#244;le nord, est dans son autre en-soi suprasensible (c'est-&#224;-dire dans la terre) le p&#244;le sud ; Mais qu'est-ce que le p&#244;le Sud, c'est le p&#244;le Nord ici. De m&#234;me que ce qui est un p&#244;le oxyg&#232;ne dans la premi&#232;re loi de l'&#233;lectricit&#233; devient un p&#244;le hydrog&#232;ne dans son autre nature suprasensible ; et vice versa, ce qui est l&#224; le p&#244;le hydrog&#232;ne devient ici le p&#244;le oxyg&#232;ne. Dans un autre domaine, selon le droit imm&#233;diat, la vengeance contre l'ennemi est la plus haute satisfaction de l'individualit&#233; l&#233;s&#233;e. Mais cette loi , de me montrer comme un &#234;tre contre lui &#224; celui qui ne me traite pas comme un &#234;tre-soi, et plut&#244;t de l'abolir en tant qu'&#234;tre, est renvers&#233;e par le principe de l'autre monde en l'oppos&#233; , la restauration. de moi en tant qu'&#234;tre &#224; travers l'abolition de l'&#234;tre &#233;tranger dans l'autodestruction. Or, si cette perversion, qui est repr&#233;sent&#233;e dans la punition du crime, est &#233;rig&#233;e en loi , alors elle aussi n'est que la loi d'un monde, qui a en face d'elle un monde perverti et suprasensible , dans lequel ce qui est m&#233;pris&#233; dans l'autre, en honorer ce qui est honor&#233; dans le premier vient au m&#233;pris. Le ch&#226;timent qui souille et d&#233;truit l'homme selon la loi du premier se transforme dans son monde &#224; l'envers en le pardon qui pr&#233;serve son essence et lui rend l'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu superficiellement, ce monde invers&#233; est tellement &#224; l'oppos&#233; du premier qu'il le tient hors de lui, et rejette le premier comme une r&#233;alit&#233; invers&#233;e, l' une &#233;tant l' apparence , l' autre l' en-soi , l' une &#233;tant ce qu'elle est. pour un autre , l' autre par opposition &#224; ce qu'il est pour soi ; de sorte que, pour reprendre les exemples pr&#233;c&#233;dents, ce qui a un go&#251;t sucr&#233; serait effectivement , ou int&#233;rieurement , aigre dans la chose, ou ce qui est dans l'aimant r&#233;el de l'apparence, le p&#244;le nord, serait, dans l' &#234;tre interne ou essentiel, le p&#244;le sud. ; Ce qui appara&#238;t sur l'&#233;lectricit&#233; apparaissant comme un p&#244;le d'oxyg&#232;ne serait sur le p&#244;le d'hydrog&#232;ne qui n'appara&#238;t pas. Ou encore, un acte qui est un crime en apparence devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre bon &#224; l'int&#233;rieur (un mauvais acte peut avoir une bonne intention) ; La punition n'est qu'une punition en apparence , mais en elle-m&#234;me ou dans un autre monde, elle peut &#234;tre un b&#233;n&#233;fice pour le criminel. Mais de tels contrastes entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur, entre apparence et suprasensible, comme entre deux r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes, ne sont plus pr&#233;sents ici. Les diff&#233;rences repouss&#233;es ne se redistribuent pas &#224; deux de ces substances qui les porteraient et leur donneraient une existence s&#233;par&#233;e ; par quoi la compr&#233;hension int&#233;rieure reviendrait &#224; sa position ant&#233;rieure. Un c&#244;t&#233; ou substance serait encore le monde de la perception, dans lequel l'une des deux lois op&#232;re son essence, et en face serait un monde int&#233;rieur, exactement un monde sensoriel comme le premier, mais dans l' imagination ; Il ne pouvait pas &#234;tre montr&#233; comme un monde sensuel, ni vu, entendu, go&#251;t&#233;, et pourtant il serait imagin&#233; comme un tel monde sensuel. Mais en fait, si l'un pos&#233; est quelque chose de per&#231;u, et que son en-soi , comme son inversion, est aussi quelque chose d'imagin&#233; sensuellement , alors l'aigre, qui serait l'en-soi de la chose douce , est une chose aussi r&#233;elle que &#231;a, une chose aigre ; le noir, qui serait l'en-soi du blanc, est le vrai noir ; le p&#244;le nord, qui est l'en-soi du p&#244;le sud, est le p&#244;le nord pr&#233;sent sur le m&#234;me aimant ; le p&#244;le oxyg&#232;ne, qui est l'en-soi du p&#244;le hydrog&#232;ne, le p&#244;le oxyg&#232;ne existant de la m&#234;me colonne. Mais le vrai crime a sa perversion , etil est en soi comme possibilit&#233; dans l'intention comme telle, mais non dans une bonne ; car la v&#233;rit&#233; de l'intention n'est que l'acte lui-m&#234;me. Mais le crime, selon son contenu, a son reflet en lui-m&#234;me ou son inversion dans la peine r&#233;elle ; c'est la r&#233;conciliation du droit avec la r&#233;alit&#233; qui l'oppose dans le crime. Enfin, la punition r&#233;elle a sa fausse r&#233;alit&#233; en ce sens qu'elle est une telle r&#233;alisation de la loi, par laquelle l'activit&#233; qu'elle a comme punition s'annule , et ce qui est actif redevient une loi calme et valable, et le mouvement de l'individualit&#233; contre elle, et la sienne contre elle s'&#233;teint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'id&#233;e d'inversion, qui constitue l'essence d'un c&#244;t&#233; du monde suprasensible, doit &#234;tre supprim&#233;e l'id&#233;e sensuelle de la fixation des diff&#233;rences dans un &#233;l&#233;ment diff&#233;rent de l'existence, et ce concept absolu de diff&#233;rence, comme un diff&#233;rence, repousse ce qui porte le m&#234;me nom pour repr&#233;senter et comprendre l'&#233;galit&#233; de l'in&#233;gal comme de l'in&#233;gal. C'est le pur changement, ou l'opposition en soi, la contradiction de la pens&#233;e . Car dans la diff&#233;rence, qui est interne, le contraire n'est pas seulement l'un de deux &#8211; sinon il serait un &#234;tre et non un contraire ; mais il est le contraire d'un contraire, ou l'autre est directement pr&#233;sent en soi. J'ai probablement mis le contraire ici et l'autre l&#224; , dont c'est le contraire ; c'est-&#224;-dire le contraire d'un c&#244;t&#233;, en soi sans l'autre. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que j'ai ici le contraire en soi , qu'il est le contraire de lui-m&#234;me, ou qu'il a en fait l'autre directement en soi - Ainsi, le monde suprasensible, qui n'est pas le bon, a en m&#234;me temps empi&#233;t&#233; sur l'autre. sur eux, et eux sur eux-m&#234;mes ; c'est le mauvais pour soi, c'est-&#224;-dire le mauvais pour soi ; c'est lui-m&#234;me et ses oppos&#233;s dans une seule unit&#233;. C'est seulement ainsi qu'elle est la diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence int&#233;rieure , ou diff&#233;rence en soi , ou est comme l'infini .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers l'infini, nous voyons la loi de la n&#233;cessit&#233; achev&#233;e en elle-m&#234;me et tous les moments d'apparition absorb&#233;s dans l'int&#233;rieur. La simplicit&#233; de la loi est l'infini, qu'on appelle, selon ce qui en r&#233;sulte, &#945;) c'est quelque chose qui est le m&#234;me que soi , mais qui est la diff&#233;rence en soi ; ou bien c'est quelque chose du m&#234;me nom qui se rejette ou se divise. Ce qu'on appelait la force simple se d&#233;double et est la loi par son infinit&#233;. &#946;) Le divis&#233;, qui constitue les parties pr&#233;sent&#233;es dans la loi , se pr&#233;sente comme existant ; et vus sans le concept de diff&#233;rence interne, l'espace et le temps, ou la distance et la vitesse, qui apparaissent comme des moments de gravit&#233;, sont &#224; la fois indiff&#233;rents et inutiles les uns aux autres et &#224; la gravit&#233; elle-m&#234;me, tout comme cette simple gravit&#233; lui est compar&#233;e, ou simple l'&#233;lectricit&#233; s'oppose au positif et au n&#233;gatif. &#947; ;) Mais &#224; travers le concept de diff&#233;rence interne, cet espace et ce temps in&#233;gaux et indiff&#233;rents, etc. est une diff&#233;rence , qui n'est pas une diff&#233;rence , ou seulement une diff&#233;rence du m&#234;me nom , et son essence est l'unit&#233; ; ils s'inspirent l'un contre l'autre comme positifs et n&#233;gatifs, et leur &#234;tre est plut&#244;t ceci, de se poser comme non-&#234;tre et de l'abolir dans l'unit&#233;. Tous deux existent comme distincts, ils sont en eux-m&#234;mes , ils sont en eux-m&#234;mes comme oppos&#233;s , c'est-&#224;-dire &#224; l'oppos&#233; d'eux-m&#234;mes, ils ont leur autre en eux et ne sont qu'une unit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet infini simple ou concept absolu doit &#234;tre appel&#233; la simple essence de la vie, l'&#226;me du monde, le sang commun, qui est omnipr&#233;sent, ni obscurci ni interrompu par aucune diff&#233;rence, mais qui est plut&#244;t lui-m&#234;me toutes les diff&#233;rences, ainsi que leur subordination, c'est-&#224;-dire qu'elle palpite en elle-m&#234;me sans bouger, tremble en elle-m&#234;me sans s'inqui&#233;ter. Il est identique &#224; lui-m&#234;me , car les diff&#233;rences sont tautologiques, ce sont des diff&#233;rences qui ne le sont pas. Ce m&#234;me &#234;tre ne se rapporte donc qu'&#224; lui-m&#234;me ; &#224; soi-m&#234;me , alors c'est autre chose vers lequel la relation est dirig&#233;e, et se rapporter &#224; soi-m&#234;me est plut&#244;t la division , ou pr&#233;cis&#233;ment que l'identit&#233; de soi est la diff&#233;rence int&#233;rieure. Ces divisions sont donc en elles-m&#234;mes , chacune le contraire d'un autre , donc l' autre s'y exprime d&#233;j&#224; en m&#234;me temps ; ou bien il n'est pas le contraire d'un autre mais seulement le pur contraire , alors en soi il est le contraire de soi ; ou bien ce n'est pas du tout un contraire, mais pur en soi, un &#234;tre pur et identique qui n'a aucune diff&#233;rence en soi, alors nous n'avons pas besoin de poser la question, et encore moins de consid&#233;rer le tourment d'une telle question pour la philosophie, ou m&#234;me pour qu'il en fasse partie, consid&#233;rez-le sans r&#233;ponse - comment la diff&#233;rence ou l'alt&#233;rit&#233; vient de cet &#234;tre pur, comment en sort ; car la division a d&#233;j&#224; eu lieu, la diff&#233;rence a &#233;t&#233; exclue du m&#234;me et plac&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de lui ; Ce qui devrait &#234;tre le m&#234;me que soi est donc d&#233;j&#224; un des divis&#233;s, bien plus que l'essence absolue. Ce qui est &#233;gal &#224; soi se divise , c'est pourquoi cela signifie &#233;galement qu'il se dissout comme quelque chose de d&#233;j&#224; divis&#233;, il se dissout comme alt&#233;rit&#233;. L' unit&#233; , dont on dit habituellement que la diff&#233;rence ne peut en sortir, n'est en fait elle-m&#234;me que l' unique moment de la division ; c'est l'abstraction de la simplicit&#233;, qui s'oppose &#224; la diff&#233;rence. Mais comme c'est l'abstraction, seulement l'un des contraires, on a d&#233;j&#224; dit que c'est la division ; car si l'unit&#233; est un n&#233;gatif , un oppos&#233; , alors elle est pos&#233;e comme ce qui contient l'opposition. Les diff&#233;rences entre se diviser et devenir le m&#234;me que soi ne sont donc que ce mouvement d'auto-abolition. ; car puisque la m&#234;me chose, qui doit d'abord se diviser en deux ou devenir son contraire, est une abstraction ou d&#233;j&#224; quelque chose de divis&#233;, sa division est par l&#224; une abolition de ce qu'elle est et donc l'abolition de sa division. Devenir identique &#224; soi-m&#234;me est aussi une division ; Ce qui devient &#233;gal &#224; lui-m&#234;me se trouve ainsi confront&#233; &#224; la division ; Autrement dit, il se met de c&#244;t&#233; , ou plut&#244;t il se divise .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infinit&#233; ou cette inqui&#233;tude absolue du pur mouvement de soi, selon laquelle ce qui est d&#233;termin&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre, par exemple comme &#233;tant, est plut&#244;t le contraire de cette d&#233;termination, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; l'&#226;me de tout ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;, mais n'existe qu'en il appara&#238;t d'abord librement comme une explication ; et parce qu'elle est finalement un objet pour la conscience telle qu'elle est , alors la conscience est la conscience de soi . Expliquer l' esprit ne d&#233;crit initialement que ce qu'est la conscience de soi. Il abolit les diff&#233;rences qui existent dans la loi, d&#233;j&#224; devenues pures mais encore indiff&#233;rentes, et les &#233;tablit dans une unit&#233;, une force. Mais ce devenir &#233;gal est tout aussi directement une division, parce qu'il ne fait qu'abolir les diff&#233;rences et &#233;tablit par l&#224; l'unit&#233; du pouvoir en faisant une nouvelle diff&#233;rence, de loi et de pouvoir, qui en m&#234;me temps n'est pas une diff&#233;rence ; Et outre que cette diff&#233;rence n'est pas non plus une diff&#233;rence, il va lui-m&#234;me abolir cette diff&#233;rence en donnant &#224; la force la m&#234;me nature que la loi. &#8211; Mais ce mouvement ou n&#233;cessit&#233; est encore la n&#233;cessit&#233; et le mouvement de l'entendement, ou bien il n'est pas en tant que tel son objet , mais il a en lui l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative, la distance, la vitesse, l'attraction et mille autres choses comme objets qui ont le contenu des moments de mouvement. Il y a tellement d'autosatisfaction &#224; expliquer pr&#233;cis&#233;ment parce que, en l'exprimant de cette fa&#231;on, la conscience est en monologue direct avec elle-m&#234;me, ne jouissant que d'elle-m&#234;me, m&#234;me si elle semble faire autre chose, mais en r&#233;alit&#233; ne fait que jouer avec elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la loi oppos&#233;e comme renversement de la premi&#232;re loi, ou dans la diff&#233;rence interne, l'infini lui-m&#234;me devient l'objet de l'entendement, mais comme tel il le manque encore en ignorant la diff&#233;rence en soi, l'auto-repoussant du m&#234;me nom, et les in&#233;gaux qui s'attirent, r&#233;partis &#224; nouveau en deux mondes, ou en deux &#233;l&#233;ments substantiels ; Le mouvement tel qu'il est dans l'exp&#233;rience est ici pour lui un &#233;v&#233;nement, et le m&#234;me et le diff&#233;rent sont des pr&#233;dicats dont l'essence est un substrat qui existe. La m&#234;me chose qui est pour lui un objet dans une coquille sensuelle est pour nous dans sa forme essentielle, comme un pur concept. Cette appr&#233;hension de la diff&#233;rence telle qu'elle est r&#233;ellement , ou l'appr&#233;hension de l'infini comme tel, est pour nous , ou en soi . L'expos&#233; de leur concept appartient &#224; la science ; Mais la conscience, telle qu'elle l'a directement , appara&#238;t &#224; nouveau comme sa propre forme ou une nouvelle forme de conscience, qui ne reconna&#238;t pas son essence dans la pr&#233;c&#233;dente, mais la voit comme quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent. &#8211; Puisque ce concept d'infini est son objet, il a conscience de la diff&#233;rence comme quelque chose d'imm&#233;diat et &#233;galement sublim&#233; ; c'est pour soi , c'est distinguer l'indiff&#233;renci&#233; , ou la conscience de soi . Je me diff&#233;rencie de moi-m&#234;me , et il m'appara&#238;t imm&#233;diatement que ce qui est diff&#233;renci&#233; ne l'est pas . Moi, l'&#233;ponyme, je m'&#233;loigne de moi-m&#234;me ; mais cette chose diff&#233;rente, sans &#233;gal, n'est imm&#233;diatement, parce qu'elle est diff&#233;renci&#233;e, aucune diff&#233;rence pour moi. La conscience d'autrui, d'un objet en g&#233;n&#233;ral, est elle-m&#234;me n&#233;cessairement conscience de soi , se refl&#233;tant en elle-m&#234;me, conscience de soi, dans son alt&#233;rit&#233;. La progression n&#233;cessaire depuis les formes de conscience ant&#233;rieures, dans lesquelles leur v&#233;rit&#233; &#233;tait une chose, quelque chose d'autre qu'elles-m&#234;mes, exprime le fait que non seulement la conscience des choses n'est possible que pour une conscience de soi, mais que cela seul est la v&#233;rit&#233; de ces formes sont. Mais cette v&#233;rit&#233; n'existe que pour nous, pas encore pour la conscience. Mais la conscience de soi n'est devenue que quelque chose pour elle-m&#234;me , pas encore comme une unit&#233; avec la conscience en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons qu'&#224; l'int&#233;rieur du ph&#233;nom&#232;ne, l'entendement n'est en r&#233;alit&#233; pas quelque chose de diff&#233;rent du ph&#233;nom&#232;ne lui-m&#234;me, mais non pas comme un jeu de forces, mais &#233;prouve la m&#234;me chose dans ses moments absolument universels et leur mouvement, et en fait seulement &#233;prouve lui-m&#234;me m&#234;me nom indiff&#233;renci&#233; , qui se repousse, se pose comme un int&#233;rieur diff&#233;renci&#233;, mais pour lequel l' indiff&#233;rence des deux est tout aussi imm&#233;diate , conscience de soi . Il s'av&#232;re que derri&#232;re ce qu'on appelle le rideau, qui est cens&#233; couvrir l'int&#233;rieur, rien ne peut &#234;tre vu &#224; moins que nous ne passions nous-m&#234;mes derri&#232;re lui, et que nous soyons vus avec lui tout autant qu'il y a quelque chose qui peut &#234;tre vu derri&#232;re lui. Mais en m&#234;me temps, il s'av&#232;re que cela ne peut se faire sans toutes les circonstances ; car cette connaissance, qui est la v&#233;rit&#233; de l'id&#233;e de l'apparence et de son int&#233;rieur, n'est elle-m&#234;me que le r&#233;sultat d'un mouvement circonstanciel, par lequel disparaissent les modes de conscience, d'opinion, de perception et de compr&#233;hension ; et il s'av&#233;rera &#233;galement que la reconnaissance de ce que la conscience conna&#238;t en se connaissant elle-m&#234;me n&#233;cessite d'autres circonstances, dont l'explication est la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; IV&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de la certitude de soi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les modes de certitude pr&#233;c&#233;dents, la v&#233;rit&#233; est autre chose qu'elle-m&#234;me pour la conscience. Mais le concept de cette v&#233;rit&#233; dispara&#238;t dans l'exp&#233;rience de celle-ci ; de m&#234;me que l'objet &#233;tait directement en soi , l'&#234;tre de la certitude sensuelle, la chose concr&#232;te de la perception, la puissance de l'entendement, de m&#234;me il ne se r&#233;v&#232;le pas &#234;tre dans la v&#233;rit&#233;, mais cet en-soi appara&#238;t comme une mani&#232;re par laquelle il ne fait que c'est pour un autre ; le concept en est &#233;limin&#233; dans l'objet r&#233;el, ou dans la premi&#232;re id&#233;e imm&#233;diate de l'exp&#233;rience, et la certitude se perd dans la v&#233;rit&#233;. Mais maintenant est n&#233; ce qui n'&#233;tait pas n&#233; dans ces conditions ant&#233;rieures, &#224; savoir une certitude qui est &#233;gale &#224; sa v&#233;rit&#233;, car la certitude est elle-m&#234;me son objet, et la conscience est elle-m&#234;me la v&#233;rit&#233;. Il y a aussi une alt&#233;rit&#233; l&#224;-dedans ; La conscience fait une distinction, mais qui est en m&#234;me temps quelque chose qui n'est pas diff&#233;renci&#233; pour elle. Si nous appelons concept le mouvement de la connaissance, mais l' objet , la connaissance comme unit&#233; calme, ou comme ego, nous voyons que l'objet correspond au concept non seulement pour nous, mais pour la connaissance elle-m&#234;me. &#8211; Ou bien, d'une autre mani&#232;re, le concept s'appelle ce qu'est l'objet en soi , mais l'objet est ce qu'il est comme objet ou pour autrui, si &#233;clairant que l'&#234;tre en soi et l'&#234;tre pour un &#234;tre sont diff&#233;rents. la m&#234;me chose ; car l' en-soi est conscience ; mais c'est aussi ce pour quoi un autre (l' en-soi ) existe ; et c'est pour lui que l'en-soi de l'objet et l'&#234;tre du m&#234;me pour un autre sont le m&#234;me ; Je est le contenu de la relation et la relation elle-m&#234;me ; Il est lui-m&#234;me contre un autre, et en m&#234;me temps il s'&#233;tend sur cet autre, qui pour lui n'est aussi que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la conscience de soi, nous sommes maintenant entr&#233;s dans le domaine natif de la v&#233;rit&#233;. On peut voir comment appara&#238;t pour la premi&#232;re fois la forme de conscience de soi. Si l'on regarde cette nouvelle forme de connaissance, la connaissance de soi, par rapport &#224; ce qui la pr&#233;c&#233;dait, la connaissance d'autrui, alors celle-ci a bel et bien disparu ; mais en m&#234;me temps ses instants ont &#233;t&#233; conserv&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re ; et la perte est qu'ils sont pr&#233;sents ici tels qu'ils sont en eux-m&#234;mes. L' &#234;tre de l'opinion, l' individualit&#233; et la g&#233;n&#233;ralit&#233; de la perception qui lui sont oppos&#233;es , ainsi que l'int&#233;rieur vide de l'entendement, ne sont plus comme des &#234;tres, mais comme des moments de conscience de soi, c'est-&#224;-dire comme des abstractions ou des diff&#233;rences, qui sont en m&#234;me temps nuls et non avenus pour la conscience elle-m&#234;me, ou aucune diff&#233;rence et sont des &#234;tres purement en voie de disparition. Ainsi, seul le facteur principal lui-m&#234;me semble avoir &#233;t&#233; perdu, &#224; savoir la simple existence ind&#233;pendante de la conscience. Mais en r&#233;alit&#233;, la conscience de soi est le reflet de l'&#234;tre du monde sensible et per&#231;u, et essentiellement le retour de l'alt&#233;rit&#233; . En tant que conscience de soi, c'est le mouvement ; mais comme il ne se distingue que comme lui-m&#234;me, la diff&#233;rence s'abolit aussit&#244;t pour lui comme alt&#233;rit&#233; ; la diff&#233;rence n'est pas, et ce n'est que la tautologie immobile du : je suis je ; Puisque la diff&#233;rence n'a pas aussi la forme de l'&#234;tre , elle n'est pas conscience de soi. C'est ici pour lui l'alt&#233;rit&#233;, comme &#234;tre , ou comme moment diff&#233;renci&#233; ; mais pour elle c'est aussi l'unit&#233; de soi avec cette diff&#233;rence, comme second moment diff&#233;renci&#233;. D&#232;s ce premier instant, la conscience de soi en tant que conscience est pr&#233;serv&#233;e , et pour elle toute l'expansion du monde sensible est pr&#233;serv&#233;e ; mais en m&#234;me temps seulement en ce qui concerne le deuxi&#232;me moment, l'unit&#233; de la conscience de soi avec elle-m&#234;me ; et c'est donc pour lui une existence, qui n'est pourtant qu'une apparence ou une diff&#233;rence, qui en elle-m&#234;me n'a pas d'&#234;tre. Mais ce contraste entre son apparence et sa v&#233;rit&#233; n'a pour essence que la v&#233;rit&#233;, &#224; savoir l'unit&#233; de la conscience de soi avec elle-m&#234;me ; cela doit lui devenir essentiel ; c'est-&#224;-dire que c'est le d&#233;sir en g&#233;n&#233;ral. En tant que conscience de soi, la conscience a d&#233;sormais un double objet, l'un, l'imm&#233;diat, l'objet de la certitude sensorielle et de la perception, maiscar il est d&#233;sign&#233; par le caract&#232;re du n&#233;gatif , et le second, &#224; savoir lui-m&#234;me , qui est la v&#233;ritable essence et n'est initialement pr&#233;sent qu'&#224; l'oppos&#233; de la premi&#232;re. La conscience de soi se pr&#233;sente ici comme le mouvement dans lequel cette opposition s'abolit et devient &#233;gale &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet, qui est le n&#233;gatif de la conscience de soi, s'est &#224; son tour, pour nous ou en soi, tout aussi repli&#233; en soi que la conscience d'autre part. Par cette r&#233;flexion, il est devenu vie en lui-m&#234;me . Ce qui distingue la conscience de soi comme &#233;tant d'elle-m&#234;me, dans la mesure o&#249; elle est pos&#233;e comme &#233;tant, n'a pas seulement en elle le mode de certitude et de perception sensorielles, mais se refl&#232;te en elle-m&#234;me, et l'objet du d&#233;sir imm&#233;diat est un &#234;tre vivant . Car l' en-soi , ou le r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral du rapport de l'entendement &#224; l'int&#233;rieur des choses, est la distinction de ce qui ne peut &#234;tre distingu&#233;, ou l'unit&#233; de ce qui est diff&#233;renci&#233;. Mais cette unit&#233;, comme nous l'avons vu, est tout autant un rejet d'elle-m&#234;me, et ce concept se scinde en opposition entre conscience de soi et vie ; dont l'unit&#233; est l'unit&#233; infinie des diff&#233;rences ; Mais ce n'est que cette unit&#233; elle-m&#234;me, de sorte qu'elle n'est pas en m&#234;me temps pour elle-m&#234;me . Tout comme la conscience est ind&#233;pendante, son objet est tout aussi ind&#233;pendant. La conscience de soi, qui est absolument pour elle-m&#234;me et d&#233;crit directement son objet avec le caract&#232;re du n&#233;gatif, ou qui est initialement d&#233;sir , fera donc plut&#244;t l'exp&#233;rience de son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination de la vie, telle qu'elle r&#233;sulte du concept ou du r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral avec lequel nous entrons dans cette sph&#232;re, suffit &#224; la d&#233;crire sans qu'il soit n&#233;cessaire de d&#233;velopper davantage sa nature ; leur cercle se d&#233;cide dans les instants suivants. L' essence est l'infini comme suspension de toutes les diff&#233;rences, le pur mouvement de rotation des axes, le calme de soi comme infini absolument agit&#233; ; l' ind&#233;pendance elle-m&#234;me, dans laquelle se dissolvent les diff&#233;rences du mouvement ; la simple essence du temps, qui, dans cette identit&#233;, a la forme solide de l'espace. Mais les diff&#233;rences dans ce simple milieu g&#233;n&#233;ral sont tout autant des diff&#233;rences ; car ce fluide g&#233;n&#233;ral n'a sa nature n&#233;gative que parce qu'il en est une annulation ; mais il ne peut abolir les diff&#233;rences si elles n'existent pas. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce fluide, comme l'ind&#233;pendance elle-m&#234;me, qui existe , ou la substance de celle-ci, dans laquelle ils sont en tant que membres distincts et parties qui existent pour eux-m&#234;mes . L'&#234;tre n'a plus le sens de l' abstraction de l'&#234;tre , ni sa pure essence, l' abstraction de l'universalit&#233; ; mais leur &#234;tre est pr&#233;cis&#233;ment cette simple substance liquide du mouvement pur en soi. La diff&#233;rence entre ces membres les uns des autres , mais comme diff&#233;rence, ne consiste dans aucune autre d&#233;termination que la d&#233;termination des moments de l'infini ou du mouvement pur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres ind&#233;pendants sont pour eux-m&#234;mes ; Mais cet &#234;tre pour soi est aussi directement son reflet dans l'unit&#233; que cette unit&#233; est la division en formes ind&#233;pendantes. L'unit&#233; est divis&#233;e parce qu'elle est unit&#233; absolument n&#233;gative ou infinie ; et parce qu'elle est l' existence , la diff&#233;rence aussi n'a d'ind&#233;pendance qu'en elle . Cette ind&#233;pendance de la figure appara&#238;t comme une certaine chose, pour autre chose , parce qu'elle est quelque chose de divis&#233; ; et l' abolition de la division se fait par autre chose. Mais il s'agit tout autant d'elle-m&#234;me ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment ce fluide qui est la substance des formes ind&#233;pendantes ; mais cette substance est infinie ; La forme est donc, dans son existence m&#234;me, la division ou l'abolition de son &#234;tre-pour-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous distinguons plus &#233;troitement les moments contenus ici, nous voyons que nous avons d'abord l' existence des formes ind&#233;pendantes, ou la suppression de ce qu'est la distinction en soi, &#224; savoir ne pas &#234;tre en soi et ne pas avoir d'existence. . Mais le deuxi&#232;me moment est la soumission de cette existence &#224; l'infinit&#233; de la diff&#233;rence. Il y a d'abord la forme existante ; Comme substance existant pour elle-m&#234;me , ou infinie dans sa d&#233;termination, elle appara&#238;t contre la substance g&#233;n&#233;rale , nie cette fluidit&#233; et cette continuit&#233; avec elle et s'affirme comme non dissoute dans ce g&#233;n&#233;ral, mais plut&#244;t comme s&#233;par&#233;e de celle-ci, sa nature inorganique, et &#234;tre consomm&#233; en conservant le m&#234;me. La vie dans le milieu fluide g&#233;n&#233;ral, un d&#233;roulement calme des figures, devient mouvement, ou la vie comme processus . Le fluide g&#233;n&#233;ral simple est l' en-soi , et la diff&#233;rence des formes est l' autre . Mais ce fluide lui-m&#234;me devient l'Autre par cette diff&#233;rence ; car il s'agit maintenant de la diff&#233;rence , qui est en et pour soi, et donc du mouvement infini par lequel se consume ce milieu calme, la vie comme &#234;tre vivant . &#8211; Mais cette perversion est encore une perversion en soi ; ce qui se consomme, c'est l'&#234;tre ; L'individualit&#233;, qui se maintient aux d&#233;pens du g&#233;n&#233;ral et se donne le sentiment d'unit&#233; avec elle-m&#234;me, &#233;limine pr&#233;cis&#233;ment par l&#224; son opposition &#224; l'autre, par laquelle elle est pour elle-m&#234;me ; l' unit&#233; avec soi qu'elle se donne, c'est pr&#233;cis&#233;ment la fluidit&#233; des diff&#233;rences, ou la dissolution g&#233;n&#233;rale . Mais inversement, l'abolition de l'existence individuelle est aussi sa cr&#233;ation. Car puisque l' essence de la forme individuelle, la vie g&#233;n&#233;rale et ce qui existe en soi est en soi une substance simple, en pla&#231;ant l' autre en soi, elle &#233;l&#232;ve sa simplicit&#233;., ou son essence, c'est-&#224;-dire qu'il la divise, et cette division du fluide aveugle est pr&#233;cis&#233;ment la position de l'individualit&#233;. La simple substance de la vie est donc la division d'elle-m&#234;me en formes, et en m&#234;me temps la r&#233;solution de ces diff&#233;rences existantes ; et la r&#233;solution de la division est tout autant une division ou une division. Cela signifie que les deux aspects qui ont &#233;t&#233; diff&#233;renci&#233;s dans l'ensemble du mouvement, &#224; savoir la conception et le processus de la vie, qui sont expliqu&#233;s calmement dans le milieu g&#233;n&#233;ral de l'ind&#233;pendance, se fondent l'un dans l'autre ; cette derni&#232;re est tout autant une cr&#233;ation qu'une abolition de la forme ; et la premi&#232;re, la formation, est tout autant une sublation qu'une structure. L'&#233;l&#233;ment liquide lui-m&#234;me n'est que l' abstraction de l'essence, ou bien il n'est r&#233;el que comme forme ; et le fait qu'il soit divis&#233; est encore une fois une division de ce qui est divis&#233;, ou une dissolution de celui-ci. Ce cycle tout entier constitue la vie, ni ce qui s'exprime d'abord, la continuit&#233; imm&#233;diate et la solidit&#233; de son essence, ni la forme existante et ce qui est discret en soi, ni le processus pur de celle-ci, ni m&#234;me la simple synth&#232;se de ces moments, mais le un tout qui d&#233;veloppe et dissout son d&#233;veloppement et se maintient simplement dans ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant de la premi&#232;re unit&#233; imm&#233;diate et en passant par les moments de formation et de processus jusqu'&#224; l'unit&#233; de ces deux moments, et en revenant ainsi &#224; la premi&#232;re substance simple, cette unit&#233; r&#233;fl&#233;chie est diff&#233;rente de la premi&#232;re. Contrairement &#224; cet &#234;tre imm&#233;diat , ou exprim&#233; comme &#234;tre , ce second est l' &#234;tre g&#233;n&#233;ral , qui a tous ces moments comme suspendus en lui. C'est l' esp&#232;ce simple qui n'existe pas dans le mouvement m&#234;me de la vie comme cette chose simple ; mais dans ce r&#233;sultat la vie d&#233;signe autre chose que ce qu'elle est, &#224; savoir la conscience pour laquelle elle est comme cette unit&#233;, ou comme esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette autre vie, pour laquelle l' esp&#232;ce en tant que telle et qui est une esp&#232;ce pour elle-m&#234;me, la conscience de soi, n'est d'abord qu'elle-m&#234;me comme cet &#234;tre simple, et a elle-m&#234;me comme objet le pur moi ; Dans son exp&#233;rience, qu'il s'agit maintenant d'examiner, cet objet abstrait va s'enrichir et recevoir le d&#233;veloppement que nous avons vu dans la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Je simple est ce genre ou l'universel simple pour lequel les diff&#233;rences ne sont nulles, uniquement parce qu'il est l'&#234;tre n&#233;gatif des moments ind&#233;pendants form&#233;s ; et la conscience de soi n'est certaine d'elle-m&#234;me que par l'abolition de cet autre qui se pr&#233;sente &#224; elle comme une vie ind&#233;pendante ; c'est le d&#233;sir . Certaine du n&#233;ant de cet autre, elle se l'impose comme sa v&#233;rit&#233;, annihile l'objet ind&#233;pendant et se donne ainsi la certitude de soi, comme certitude vraie , comme quelque chose qui est devenu &#224; soi de mani&#232;re objective .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans cette satisfaction il &#233;prouve l'ind&#233;pendance de son objet. Le d&#233;sir et la certitude de soi r&#233;alis&#233;s dans sa satisfaction sont conditionn&#233;s par lui, car c'est par l'abolition de cet autre ; Pour que ce soit une abolition, il faut que ce soit autre chose. La conscience de soi est donc incapable de l'abolir par sa relation n&#233;gative ; Au contraire, il le cr&#233;e &#224; nouveau, tout comme le d&#233;sir. C'est en effet autre chose que la conscience de soi, l'essence du d&#233;sir ; et gr&#226;ce &#224; cette exp&#233;rience, cette v&#233;rit&#233; lui est devenue claire. Mais en m&#234;me temps, elle est tout aussi absolue en soi, et cela seulement par l'abolition de l'objet, et elle doit en &#234;tre la satisfaction, parce qu'elle est la v&#233;rit&#233;. Au nom de l'ind&#233;pendance de l'objet, la satisfaction ne peut &#234;tre obtenue que si l'objet lui-m&#234;me effectue la n&#233;gation sur lui ; et il doit r&#233;aliser cette n&#233;gation de lui-m&#234;me, car il est en lui le n&#233;gatif, et doit &#234;tre ce qu'il est pour l'autre. Parce qu'elle est la n&#233;gation de soi et qu'elle est en m&#234;me temps ind&#233;pendante, elle est conscience. Dans la vie, qui est objet du d&#233;sir, la n&#233;gation est soit dans un autre , &#224; savoir dans le d&#233;sir, soit comme d&#233;termination contre une autre forme indiff&#233;rente, soit comme sa nature g&#233;n&#233;rale inorganique . Mais cette nature g&#233;n&#233;rale ind&#233;pendante, dans laquelle la n&#233;gation est absolue, est l'esp&#232;ce en tant que telle, ou comme conscience de soi. La conscience de soi ne trouve sa satisfaction que dans une autre conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; ces trois moments que le concept de conscience de soi est complet ; a) le moi pur et indiff&#233;renci&#233; est son premier objet imm&#233;diat. b) Mais cette imm&#233;diatet&#233; est elle-m&#234;me m&#233;diation absolue ; elle n'existe que comme abolition de l'objet ind&#233;pendant, ou elle est d&#233;sir. La satisfaction du d&#233;sir est en effet le reflet de la conscience de soi en soi, ou la certitude devenue v&#233;rit&#233;. c) Mais la v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la double r&#233;flexion, le d&#233;doublement de la conscience de soi. C'est un objet pour la conscience qui pose son alt&#233;rit&#233; ou sa diff&#233;rence comme insignifiante et est ind&#233;pendant &#224; cet &#233;gard. La seule forme vivante diff&#233;renci&#233;e abolit bien son ind&#233;pendance dans le processus m&#234;me de la vie, mais avec sa diff&#233;rence elle cesse d'&#234;tre ce qu'elle est ; Mais l'objet de la conscience de soi est tout aussi ind&#233;pendant dans cette n&#233;gativit&#233; de lui-m&#234;me ; et ainsi c'est lui-m&#234;me une esp&#232;ce, un fluide g&#233;n&#233;ral dans la particularit&#233; de sa s&#233;paration ; il vit la conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une conscience de soi pour une conscience de soi . Ce n'est que gr&#226;ce &#224; cela qu'il est r&#233;ellement possible ; car c'est seulement en cela qu'il devient l'unit&#233; de lui-m&#234;me dans son alt&#233;rit&#233; ; Je , qui est l'objet de son concept, n'est en fait pas un objet ; Mais l'objet du d&#233;sir n'est ind&#233;pendant que parce qu'il est la substance g&#233;n&#233;rale indestructible, l'&#234;tre liquide et &#233;gal &#224; lui-m&#234;me. Puisque la conscience de soi est l'objet, elle est autant moi que l'objet. &#8211; Cela signifie que le concept d'esprit est d&#233;j&#224; &#224; notre disposition. Ce qui devient plus loin pour la conscience, c'est l'exp&#233;rience, qui est l'esprit, cette substance absolue, qui est l'unit&#233; du m&#234;me dans la compl&#232;te libert&#233; et ind&#233;pendance de son contraire, &#224; savoir les diff&#233;rentes consciences de soi qui existent pour elles-m&#234;mes ; Moi , qui est nous , et nous , qui est moi. La conscience n'a son tournant que dans la conscience de soi, en tant que concept de l'esprit, o&#249; elle sort de la lueur color&#233;e du monde sensoriel et de la nuit vide de l'au-del&#224; suprasensoriel pour entrer dans le jour spirituel du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une&lt;br class='autobr' /&gt;
ind&#233;pendance et une non-ind&#233;pendance&lt;br class='autobr' /&gt;
de la conscience de soi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Domination et servitude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi est en et pour soi , en ce sens qu'elle est pour un autre en et pour soi ; c'est-&#224;-dire qu'il est seulement reconnu comme quelque chose. Le concept de cette unit&#233; dans son d&#233;doublement, de l'infini qui se r&#233;alise dans la conscience de soi, est un enchev&#234;trement multiforme et ambigu, de sorte que ses moments sont en partie tenus exactement &#224; part, en partie dans cette distinction comme non diff&#233;renci&#233;s ou toujours pris en compte. leur sens oppos&#233; et doivent &#234;tre reconnus. L'ambigu&#239;t&#233; de ce qui est diff&#233;renci&#233; r&#233;side dans la nature de la conscience de soi, qui est infinie ou directement oppos&#233;e &#224; la d&#233;termination dans laquelle elle est pos&#233;e. La d&#233;construction du concept de cette unit&#233; spirituelle dans son d&#233;doublement nous pr&#233;sente le mouvement de reconnaissance .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience de soi, c'est une conscience de soi diff&#233;rente ; il est devenu hors de lui . Cela a un double sens : premi&#232;rement , il s'est perdu, parce qu'il se retrouve comme un autre &#234;tre ; Deuxi&#232;mement , elle a ainsi aboli l'autre, parce qu'elle ne voit pas l'autre comme un &#234;tre, mais elle -m&#234;me dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette alt&#233;rit&#233; doit &#234;tre abolie ; c'est l'abolition du premier double sens, et donc lui-m&#234;me d'un deuxi&#232;me double sens ; Premi&#232;rement , il doit viser &#224; abolir l' autre &#234;tre ind&#233;pendant pour devenir ainsi s&#251;r de lui-m&#234;me en tant qu'&#234;tre ; Deuxi&#232;mement , il s'agit de s'abolir soi-m&#234;me , car cet autre, c'est soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette abolition ambigu&#235; de son alt&#233;rit&#233; ambigu&#235; est aussi un retour ambigu en soi ; car d'abord, en l'abolissant, il se retrouve ; car il redevient le m&#234;me par l'abolition de son alt&#233;rit&#233; ; Mais en deuxi&#232;me lieu , elle lui rend de la m&#234;me mani&#232;re l'autre conscience de soi, parce qu'elle &#233;tait elle-m&#234;me dans l'autre, elle annule cet &#234;tre dans l'autre et lib&#232;re ainsi &#224; nouveau l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce mouvement de la conscience de soi par rapport &#224; une autre conscience de soi a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; ainsi, comme l'action de l'une ; mais cette action de l'un elle-m&#234;me a le double sens d' &#234;tre tout autant son action que celle de l'autre ; car l'autre est tout aussi ind&#233;pendant, autonome, et il n'y a rien en lui qui ne vienne par lui-m&#234;me. La premi&#232;re n'a pas devant elle l'objet puisqu'il n'existe initialement que pour le d&#233;sir, mais plut&#244;t un objet qui existe ind&#233;pendamment et sur lequel elle ne peut donc rien faire pour elle-m&#234;me, &#224; moins qu'elle ne se fasse &#224; elle-m&#234;me ce qu'elle lui fait. Le mouvement est donc simplement le double des deux consciences de soi. Chacun voit les autres faire la m&#234;me chose que lui ; Chaque moi fait ce qu'il exige de l'autre ; et ne fait donc ce qu'il fait que dans la mesure o&#249; l'autre fait de m&#234;me ; une action unilat&#233;rale serait inutile ; car ce qui est cens&#233; arriver ne peut se produire que par les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action est donc ambigu&#235; non seulement en ce qu'elle est une action contre elle- m&#234;me aussi bien que contre l'autre , mais aussi en ce sens qu'elle est l'action de l'un aussi bien que de l'autre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement, nous voyons se r&#233;p&#233;ter, mais dans la conscience, le processus qui se pr&#233;sentait comme un jeu de forces. Ce qui &#233;tait pour nous dans celui-l&#224; est ici pour les extr&#234;mes eux-m&#234;mes. Le milieu est la conscience de soi qui se d&#233;compose en extr&#234;mes, et chaque extr&#234;me est cet &#233;change de sa d&#233;termination et sa transition absolue vers le contraire. Mais en tant que conscience, elle vient certainement hors d'elle-m&#234;me , mais en &#233;tant hors d'elle-m&#234;me, elle est en m&#234;me temps retenue en elle-m&#234;me, pour elle-m&#234;me , et son ext&#233;rieur d'elle-m&#234;me est pour elle . C'est pour cela qu'elle est imm&#233;diatement une autre conscience et ne l'est pas ; et aussi que cet autre n'est que pour soi, en ce qu'il s'abolit comme &#233;tant pour soi, et n'est pour soi que dans l'&#234;tre pour soi d'autrui. Chacun est pour l'autre le milieu par lequel chacun communique et s'unit &#224; lui-m&#234;me, et chaque &#234;tre est un &#234;tre imm&#233;diat pour lui-m&#234;me et pour l'autre, qui en m&#234;me temps ne l'est pour lui-m&#234;me que par cette m&#233;diation. Ils se reconnaissent comme se reconnaissant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concept pur de reconnaissance, le d&#233;doublement de la conscience de soi dans son unit&#233;, doit maintenant &#234;tre consid&#233;r&#233; pour voir comment son processus appara&#238;t pour la conscience de soi. Il repr&#233;sentera d'abord le c&#244;t&#233; de l' in&#233;galit&#233; des deux, ou l'&#233;mergence du milieu dans les extr&#234;mes, qui, en tant qu'extr&#234;mes, sont oppos&#233;s l'un &#224; l'autre, et l'un n'est que quelque chose de reconnu, l'autre seulement quelque chose de reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi est avant tout simplement un &#234;tre pour soi, &#233;quivalent &#224; soi en excluant tout le reste d'elle-m&#234;me ; Pour lui, son essence et son objet absolu, c'est moi ; et dans cette imm&#233;diatet&#233; , ou dans cet &#234;tre de son &#234;tre-pour-soi, il est individuel . Ce qui est autre est d&#233;crit comme un objet non essentiel ayant un caract&#232;re n&#233;gatif. Mais l'autre est aussi la conscience de soi ; un individu appara&#238;t &#224; un individu. Ils apparaissent si directement les uns aux autres &#224; la mani&#232;re des objets communs ; figures ind&#233;pendantes , consciences immerg&#233;es dans l' &#234;tre de la vie - car ici l'objet existant s'est d&#233;termin&#233; comme vie - qui repr&#233;sentent l'une pour l'autre le mouvement d'abstraction absolue, pour annihiler tout &#234;tre imm&#233;diat, et n'&#234;tre que l'&#234;tre purement n&#233;gatif de soi-m&#234;me. consciences &#233;gales non accomplies, ou ne se sont pas encore pr&#233;sent&#233;es &#234;tre pour soi , c'est-&#224;-dire comme conscience de soi . Chacun est certain de lui-m&#234;me, mais pas de l'autre, et donc sa propre certitude n'a pas encore de v&#233;rit&#233; en elle-m&#234;me ; car sa v&#233;rit&#233; serait seulement que son propre &#234;tre pour soi se pr&#233;sente &#224; lui comme un objet ind&#233;pendant, ou, ce qui revient au m&#234;me, que l'objet se pr&#233;sente comme cette pure certitude de lui-m&#234;me. Mais cela n'est pas possible selon le concept de reconnaissance, sauf que comme l'autre pour lui, ainsi lui pour l'autre, chacun en soi &#224; travers ses propres actions, et encore &#224; travers les actions de l'autre, cette pure abstraction du for- lui-m&#234;me- a accompli le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la repr&#233;sentation de la conscience de soi comme pure abstraction de la conscience de soi consiste &#224; se montrer comme une pure n&#233;gation de sa forme objective, ou &#224; montrer qu'elle n'est li&#233;e &#224; aucune existence particuli&#232;re , pas du tout &#224; l'individualit&#233; g&#233;n&#233;rale de l'existence. , ne pas &#234;tre li&#233; &#224; la vie . Cette repr&#233;sentation est la double action ; Faire l'autre, et faire par soi-m&#234;me. Dans la mesure o&#249; c'est le faire de l'autre , chacun va &#224; la mort de l'autre. Mais la deuxi&#232;me chose, faire par soi-m&#234;me , est &#233;galement pr&#233;sente ici ; parce que cela implique de risquer sa propre vie. La relation entre les deux consciences de soi est d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re qu'elles font leurs preuves et se prouvent l'une l'autre &#224; travers la lutte &#224; mort . &#8211; Ils doivent se lancer dans ce combat parce qu'ils doivent &#233;lever la certitude d'eux-m&#234;mes, d'&#234;tre pour eux-m&#234;mes , &#224; la v&#233;rit&#233; sur les autres et sur eux-m&#234;mes. Et c'est seulement par l'attachement &#224; la vie que s'&#233;tablit la libert&#233;, par laquelle il est prouv&#233; que la conscience de soi ne se limite pas &#224; l'&#234;tre , ni &#224; la mani&#232;re imm&#233;diate dont elle appara&#238;t, ni &#224; l'immersion dans la propagation de la vie - le essence, mais plut&#244;t qu'il n'y a rien en elle qui ne soit pour elle un moment de disparition, qu'elle n'est qu'un pur &#234;tre pour soi . L'individu qui n'a pas os&#233; vivre peut certainement &#234;tre reconnu comme une personne ; mais elle n'a pas atteint la v&#233;rit&#233; de cette reconnaissance en tant que conscience de soi ind&#233;pendante. De m&#234;me chacun doit risquer la mort de l'autre comme il risque sa vie ; car l'autre ne lui importe pas plus que lui-m&#234;me ; son &#234;tre se pr&#233;sente &#224; lui comme autre chose, il est hors de lui ; il faut qu'elle abolisse son &#234;tre hors d'elle-m&#234;me ; l'autre est une conscience multiplement consciente d'elle-m&#234;me et existante ; il doit consid&#233;rer son alt&#233;rit&#233; comme un pur &#234;tre pour soi ou comme une n&#233;gation absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette preuve par la mort annihile aussi la v&#233;rit&#233; qui devait en &#233;merger, ainsi que la certitude d'elle-m&#234;me en g&#233;n&#233;ral ; car de m&#234;me que la vie est la position naturelle de la conscience, ind&#233;pendance sans n&#233;gativit&#233; absolue, de m&#234;me elle en est la n&#233;gation naturelle , n&#233;gation sans ind&#233;pendance, qui reste donc sans le sens requis de reconnaissance. Par la mort, il devint certain que tous deux risquaient leur vie et la m&#233;prisaient en eux-m&#234;mes et chez l'autre ; mais pas pour ceux qui ont men&#233; cette bataille. Ils &#233;l&#232;vent leur conscience dans cet &#234;tre &#233;tranger qu'est l'existence naturelle, ou bien ils s'&#233;l&#232;vent et s'&#233;l&#232;vent comme des extr&#234;mes qui veulent &#234;tre pour eux-m&#234;mes . Mais le moment essentiel de la d&#233;composition en extr&#234;mes de d&#233;terminations oppos&#233;es dispara&#238;t du jeu du changement ; et le milieu s'effondre en une unit&#233; morte, qui se d&#233;compose en extr&#234;mes morts, simplement existants et non oppos&#233;s ; et les deux ne se donnent pas et ne se re&#231;oivent pas l'un de l'autre par la conscience, mais se laissent seulement libres comme des choses, indiff&#233;rents. Leur acte est une n&#233;gation abstraite, non la n&#233;gation de la conscience, qui abolit de telle sorte qu'elle pr&#233;serve et pr&#233;serve ce qui a &#233;t&#233; aboli , et survit ainsi &#224; son abolition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette exp&#233;rience, il devient clair pour la conscience de soi que la vie lui est aussi essentielle que la pure conscience de soi. Dans la conscience de soi imm&#233;diate, le Je simple est l'objet absolu, qui est cependant la m&#233;diation absolue pour nous ou en soi, et dont l'ind&#233;pendance existante est le moment essentiel. La dissolution de cette unit&#233; simple est le r&#233;sultat de la premi&#232;re exp&#233;rience ; &#192; travers elle, une pure conscience de soi est pos&#233;e, et une conscience qui n'est pas pure pour elle-m&#234;me, mais pour un autre, c'est-&#224;-dire comme &#233;tant une conscience ou une conscience sous forme de chose . Les deux moments sont essentiels ; - puisqu'ils sont initialement in&#233;gaux et oppos&#233;s, et que leur reflet dans l'unit&#233; n'a pas encore surgi, ils existent comme deux formes de conscience oppos&#233;es ; l'un est l'ind&#233;pendant, dont l'essence est l'&#234;tre pour soi, l'autre le d&#233;pendant, dont l'essence est la vie ou l'&#234;tre pour autrui ; c'est le ma&#238;tre , c'est le serviteur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur est la conscience qui existe pour elle-m&#234;me , mais non plus seulement le concept de celle-ci, mais la conscience qui existe pour elle-m&#234;me, qui est m&#233;diatis&#233;e par une autre conscience avec elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; travers celle dont l'essence est qu'elle est avec l'&#234;tre ind&#233;pendant ou le la chose est synth&#233;tis&#233;e en g&#233;n&#233;ral. Le Seigneur se r&#233;f&#232;re &#224; ces deux moments, &#224; une chose comme telle, objet du d&#233;sir, et &#224; la conscience dont la chose est l'essence ; et en ce que a) en tant que concept de conscience de soi, il est une relation directe d' &#234;tre pour soi , mais b) maintenant en m&#234;me temps comme m&#233;diation, ou comme &#234;tre pour soi qui n'est que pour soi &#224; travers un autre, alors il se rapporte a) directement aux deux, et b) indirectement l'un &#224; l'autre &#224; travers l'autre. Le ma&#238;tre entretient des relations indirectes avec le serviteur &#224; travers son existence ind&#233;pendante ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cela que le serviteur est tenu ; C'est sa cha&#238;ne dont il n'a pas pu faire abstraction dans le combat et s'est donc montr&#233; d&#233;pendant de son ind&#233;pendance dans la chose. Mais le Seigneur est le pouvoir sur cet &#234;tre, parce qu'il a prouv&#233; dans la bataille qu'il ne le voit que comme une chose n&#233;gative ; Puisqu'il est le pouvoir sur lui, mais que cet &#234;tre est le pouvoir sur l'autre, alors dans cette conclusion il a cet autre sous lui. De m&#234;me, le ma&#238;tre se r&#233;f&#232;re &#224; la chose indirectement &#224; travers le serviteur ; Le serviteur, comme la conscience de soi en g&#233;n&#233;ral, se rapporte &#233;galement n&#233;gativement &#224; la chose et l'annule ; mais en m&#234;me temps, il est ind&#233;pendant pour lui et il ne peut donc pas y faire face jusqu'&#224; le d&#233;truire en le niant, ou bien il se contente de le traiter . Pour le Seigneur, au contraire, par cette m&#233;diation, la relation directe en devient la pure n&#233;gation, ou la jouissance ; Ce que le d&#233;sir n'a pas r&#233;ussi, il parvient &#224; le g&#233;rer et &#224; se satisfaire avec plaisir. Le d&#233;sir n'y est pas parvenu &#224; cause de l'ind&#233;pendance de la chose ; Mais le ma&#238;tre, qui a ins&#233;r&#233; le serviteur entre elle et lui, ne fait que s'unir &#224; la nature d&#233;pendante de la chose et en jouir purement ; mais il laisse l'aspect de l'ind&#233;pendance au domestique qui y travaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux moments, la reconnaissance du Seigneur se fait &#224; travers une conscience diff&#233;rente ; car cela s'&#233;tablit en eux comme quelque chose d'inessentiel, tant&#244;t dans le traitement de la chose, tant&#244;t dans la d&#233;pendance d'une existence particuli&#232;re ; Dans les deux cas, il ne peut devenir ma&#238;tre de l'&#234;tre et atteindre la n&#233;gation absolue. Il y a donc ici ce moment de reconnaissance o&#249; l'autre conscience s'abolit en tant qu'&#234;tre pour soi, et fait ainsi elle-m&#234;me ce que la premi&#232;re fait contre elle. De m&#234;me l'autre moment, que cette action du second est l'action propre du premier ; car ce que fait le serviteur est en r&#233;alit&#233; l'&#339;uvre du ma&#238;tre ; &#224; cela il n'y a que l'&#234;tre pour soi, l'essence ; Il est la pure puissance n&#233;gative pour laquelle la chose n'est rien, et donc la pure action essentielle dans ce rapport ; Le serviteur, cependant, ne fait pas un acte pur, mais plut&#244;t inessentiel. Mais le moment de la reconnaissance effective manque : ce que le ma&#238;tre fait contre l'autre, il le fait aussi contre lui-m&#234;me, et ce que le serviteur fait contre lui-m&#234;me, il le fait aussi. contre l'autre. Cela a abouti &#224; une reconnaissance unilat&#233;rale et in&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Seigneur, la conscience non essentielle est l'objet qui constitue la v&#233;rit&#233; de la certitude de lui-m&#234;me. Mais il est clair que cet objet ne correspond pas &#224; son concept, mais plut&#244;t que dans ce que le Seigneur lui-m&#234;me a accompli, il est devenu quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent d'une conscience ind&#233;pendante. Pour lui, il ne s'agit pas d'une telle chose, mais plut&#244;t d'une question de d&#233;pendance ; Il n'est donc pas certain de l'&#234;tre-pour-soi , comme la v&#233;rit&#233;, mais sa v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la conscience non essentielle et l'action non essentielle de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; de la conscience ind&#233;pendante est donc la conscience servile . Cela appara&#238;t d'abord en dehors de soi et non comme la v&#233;rit&#233; de la conscience de soi. Mais de m&#234;me que la domination a montr&#233; que son essence est le contraire de ce qu'elle veut &#234;tre, de m&#234;me l'esclavage, dans son ex&#233;cution, deviendra le contraire de ce qu'il est imm&#233;diatement ; Elle rentrera en elle-m&#234;me comme une conscience refoul&#233;e en elle-m&#234;me et se tournera vers une v&#233;ritable ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons seulement vu ce qu'est l'esclavage par rapport &#224; la domination. Mais il s'agit d'une conscience de soi, et ce qu'elle est en soi doit maintenant &#234;tre consid&#233;r&#233;. Tout d'abord, pour le bondage, le ma&#238;tre est l'essence ; Ainsi, la conscience ind&#233;pendante qui existe pour elle-m&#234;me est pour elle la v&#233;rit&#233; , qui cependant n'est pas encore en elle pour elle . Seulement, elle a effectivement en elle cette v&#233;rit&#233; de pure n&#233;gativit&#233; et d'&#234;tre pour soi ; parce qu'elle a exp&#233;riment&#233; cette essence en elle . Cette conscience n'avait pas peur de ceci ou de cela, ni de tel ou tel moment, mais plut&#244;t de son &#234;tre tout entier ; car il a ressenti la peur de la mort, du Seigneur absolu. Il se dissolvait int&#233;rieurement, tremblait en lui-m&#234;me et tout ce qui &#233;tait fix&#233; en lui tremblait. Mais ce pur mouvement g&#233;n&#233;ral, la fluidit&#233; absolue de toute existence, est la simple essence de la conscience de soi, la n&#233;gativit&#233; absolue, le pur &#234;tre pour soi qui est pr&#233;sent dans cette conscience. Ce moment de pur &#234;tre pour soi est aussi pour lui , car dans le Seigneur il est son objet . D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement de cette dissolution g&#233;n&#233;rale en g&#233;n&#233;ral , mais elle l'accomplit effectivement dans le service ; &#192; chaque instant , il abolit son attachement &#224; l'existence naturelle et s'en &#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le sentiment de pouvoir absolu en g&#233;n&#233;ral et dans le service individuel n'est que la dissolution en soi , et bien que la crainte du Seigneur soit le commencement de la sagesse, la conscience en elle est pour elle-m&#234;me et non pour elle-m&#234;me . Mais &#224; travers le travail, il revient &#224; lui-m&#234;me. Au moment qui correspond au d&#233;sir dans la conscience du Seigneur, le c&#244;t&#233; non essentiel du rapport &#224; la chose semble &#234;tre tomb&#233; du c&#244;t&#233; de la conscience servante, dans la mesure o&#249; la chose conserve son ind&#233;pendance. Le d&#233;sir s'est r&#233;serv&#233; la pure n&#233;gation de l'objet et par l&#224; m&#234;me le sentiment pur de soi. Mais cette satisfaction n'est elle-m&#234;me qu'une disparition, car il lui manque le c&#244;t&#233; objectif ou l'existence . Le travail, en revanche, est d&#233;sir inhib&#233; , disparition arr&#234;t&#233;e , ou il se forme . Le rapport n&#233;gatif &#224; l'objet devient sa forme et permanent ; parce que l'objet a une ind&#233;pendance pour le travailleur. Ce centre n&#233;gatif ou l' action formatrice est en m&#234;me temps l'individualit&#233; ou le pur &#234;tre pour soi de la conscience, qui entre d&#233;sormais dans l'&#233;l&#233;ment de demeurer dans l'&#339;uvre en dehors d'elle ; Gr&#226;ce &#224; cela, la conscience active parvient &#224; la perception d'un &#234;tre ind&#233;pendant, comme elle-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la formation n'a pas seulement ce sens positif, que la conscience servante devient un &#234;tre comme un pur &#234;tre pour soi ; mais aussi le n&#233;gatif, contre son premier instant, la peur. Car dans la formation de la chose, sa propre n&#233;gativit&#233;, son &#234;tre pour soi, ne devient son objet que parce qu'elle annule la forme oppos&#233;e existante . Mais ce n&#233;gatif objectif est pr&#233;cis&#233;ment l'&#234;tre &#233;tranger devant lequel il tremblait. Mais maintenant, il d&#233;truit ce n&#233;gatif &#233;tranger, se pla&#231;ant comme tel dans l'&#233;l&#233;ment du maintien ; et devient ainsi pour soi , un &#234;tre pour soi . Dans le Seigneur, &#234;tre-pour-soi est autre chose pour lui ou seulement pour lui-m&#234;me ; dans la peur il y a l'&#234;tre pour soi ; En se formant, l'&#234;tre pour soi devient sien pour lui, et il prend conscience qu'il est lui-m&#234;me en et pour soi. Parce que la forme est mise &#224; l'ext&#233;rieur , elle ne devient pas autre chose qu'elle ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui est son pur &#234;tre pour soi, qui en lui devient v&#233;rit&#233; pour lui. C'est par cette red&#233;couverte de son sens propre , notamment dans le travail, o&#249; il ne semblait &#234;tre qu'un sens &#233;tranger . &#8211; Les deux moments de peur et de service en g&#233;n&#233;ral, ainsi que d'&#233;ducation, sont n&#233;cessaires &#224; cette r&#233;flexion, et en m&#234;me temps tous deux de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale. Sans la discipline du service et de l'ob&#233;issance, la peur reste confin&#233;e au formel et ne s'&#233;tend pas au-del&#224; de la r&#233;alit&#233; consciente de l'existence. Sans formation, la peur reste int&#233;rieure et silencieuse, et la conscience ne devient pas pour elle-m&#234;me. Si la conscience se forme sans la premi&#232;re peur absolue, alors elle n'est qu'un vain sentiment en soi ; car sa forme ou n&#233;gativit&#233; n'est pas la n&#233;gativit&#233; elle-m&#234;me ; et sa formation ne peut donc pas lui donner la conscience d'elle-m&#234;me comme essence. S'il n'a pas endur&#233; une peur absolue, mais seulement une certaine peur, alors la nature n&#233;gative lui est rest&#233;e ext&#233;rieure ; sa substance n'en a pas &#233;t&#233; compl&#232;tement infect&#233;e. Puisque tous les accomplissements de sa conscience naturelle ne sont pas devenus instables, il appartient encore &#224; un &#234;tre d&#233;termin&#233; ; le propre sens de chacun est l'ent&#234;tement , une libert&#233; qui reste encore dans l'esclavage. De m&#234;me que la forme pure ne peut pas devenir pour lui une essence, de m&#234;me elle l'est peu, consid&#233;r&#233;e comme une diffusion sur l'individu, une formation g&#233;n&#233;rale, un concept absolu, mais une comp&#233;tence qui n'est puissante que sur certaines choses, et non sur le pouvoir g&#233;n&#233;ral. et l'objectif entier &#233;tant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&lt;br class='autobr' /&gt;
libert&#233; de conscience de soi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sto&#239;cisme, scepticisme&lt;br class='autobr' /&gt;
et conscience malheureuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience de soi ind&#233;pendante, d'une part, seule la pure abstraction du moi est son essence, et d'autre part, &#224; mesure qu'elle se d&#233;veloppe et se donne des diff&#233;rences, cette distinction ne devient pas un &#234;tre objectif en soi ; Cette conscience de soi ne devient donc pas un ego v&#233;ritablement diff&#233;rent dans sa simplicit&#233; ou qui reste le m&#234;me dans cette distinction absolue. La conscience, au contraire, refoul&#233;e en elle-m&#234;me, devient l'objet dans la formation comme forme des choses form&#233;es, et dans le Seigneur elle voit en m&#234;me temps l'&#234;tre pour soi comme conscience. Mais pour la conscience servante en tant que telle, ces deux moments &#8211; lui-m&#234;me en tant qu'objet ind&#233;pendant, et cet objet en tant que conscience, et donc son propre &#234;tre &#8211; s'effondrent. Mais puisque pour nous ou en soi la forme et l' &#234;tre pour soi sont les m&#234;mes, et que dans le concept de conscience ind&#233;pendante l' &#234;tre en soi est la conscience, alors le c&#244;t&#233; de l' &#234;tre en soi ou de la chose est la m&#234;me chose. c'est ce qui a re&#231;u une forme dans le travail, aucune autre substance que la conscience, et une nouvelle forme de conscience de soi est devenue pour nous ; une conscience qui, en tant qu'infini, ou pur mouvement de conscience, est l'essence ; qui pense , ou est la conscience de soi libre. Car non pas comme un Je abstrait , mais comme un Je, qui a en m&#234;me temps le sens d' &#234;tre en soi , d'&#234;tre un objet pour lui-m&#234;me, ou de se rapporter &#224; l'&#234;tre objectif de telle mani&#232;re qu'il a le sens d' &#234;tre. Le pour-soi de la conscience, pour lequel il existe, s'appelle penser . &#8211; Dans la pens&#233;e, l'objet ne se d&#233;place pas en id&#233;es ou en formes, mais en concepts , c'est-&#224;-dire en un &#234;tre en soi diff&#233;renci&#233;, qui n'est pas imm&#233;diatement distinct de lui-m&#234;me pour la conscience. Ce qui est imagin&#233;, form&#233;, &#233;tant , en tant que tel, a la forme d'&#234;tre autre chose que la conscience ; Mais un concept est en m&#234;me temps un &#234;tre - et cette diff&#233;rence, en tant qu'il est en soi, est son contenu d&#233;termin&#233; - mais du fait que ce contenu est en m&#234;me temps un &#234;tre compris, il reste directement conscient de son unit&#233;. avec cet &#234;tre d&#233;termin&#233; et diff&#233;renci&#233; ; ce n'est pas comme dans le cas de l'id&#233;e, o&#249; il faut encore se rappeler particuli&#232;rement que telle est son id&#233;e ; mais le concept est directement mon concept . je penseJe suis libre parce que je ne suis pas dans un autre, mais je reste simplement avec moi-m&#234;me, et l'objet qui est mon &#234;tre est mon &#234;tre-pour-moi dans une unit&#233; indivise ; et mon mouvement dans les concepts est un mouvement en moi-m&#234;me. - Mais dans cette d&#233;termination de cette forme de conscience de soi il est essentiel de constater qu'il s'agit de la conscience pensante en g&#233;n&#233;ral ou de son objet, unit&#233; imm&#233;diate de l'&#234;tre-en-soi et de l'&#234;tre - pour-soi est le sien . La conscience du m&#234;me nom, qui se repousse d'elle-m&#234;me, devient un &#233;l&#233;ment qui existe en elle-m&#234;me ; mais cet &#233;l&#233;ment n'existe que comme &#234;tre g&#233;n&#233;ral en g&#233;n&#233;ral, non comme cet &#234;tre objectif dans le d&#233;veloppement et le mouvement de son &#234;tre divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, cette libert&#233; de conscience de soi, apparue comme un ph&#233;nom&#232;ne conscient dans l'histoire de l'esprit, &#233;tait appel&#233;e sto&#239;cisme . Son principe est que la conscience est un &#234;tre pensant et que quelque chose n'a d'essence pour elle, ou n'est vrai et bon pour elle, que lorsque la conscience se comporte comme un &#234;tre pensant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tendue multiple et diff&#233;rente, l'isolement et la complexit&#233; de la vie sont l'objet contre lequel op&#232;rent le d&#233;sir et le travail. Cette activit&#233; multiple s'est maintenant r&#233;duite &#224; la simple distinction qui est dans le pur mouvement de la pens&#233;e. Ce n'est pas la diff&#233;rence qui se pr&#233;sente comme une chose sp&#233;cifique , ou comme la conscience d'une existence naturelle sp&#233;cifique , comme un sentiment, ou comme un d&#233;sir et un but pour celle-ci , qu'elle soit pos&#233;e par sa propre conscience ou par celle de quelqu'un d'autre . , qui a plus d'essence, mais seulement cette Diff&#233;rence qui est une diff&#233;rence imagin&#233;e ou qui n'est pas imm&#233;diatement diff&#233;rente de Moi. Cette conscience est donc n&#233;gative envers le rapport entre domination et servitude ; Son action n'est pas d'avoir sa v&#233;rit&#233; dans la r&#232;gle chez le serviteur, ni comme un esclave sa v&#233;rit&#233; dans la volont&#233; du ma&#238;tre et dans son service, mais d'&#234;tre libre, comme sur le tr&#244;ne, dans les cha&#238;nes, en toute d&#233;pendance de son existence individuelle, et d'entretenir l'absence de vie, qui se retire constamment du mouvement de l'existence, du travail comme de la souffrance, dans la simple essence de la pens&#233;e . L'ent&#234;tement est la libert&#233; qui s'attache &#224; un individu et s'inscrit dans l'esclavage, mais le sto&#239;cisme est la libert&#233; qui en d&#233;coule toujours directement et renvoie &#224; la pure universalit&#233; de la pens&#233;e ; en tant que forme g&#233;n&#233;rale de l'esprit du monde, elle ne pouvait appara&#238;tre qu'&#224; l'&#233;poque de la peur et de la servitude g&#233;n&#233;rales, mais aussi d'une &#233;ducation g&#233;n&#233;rale qui avait accru la capacit&#233; de former jusqu'&#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'essence de cette conscience de soi n'est ni quelque chose d'autre qu'elle, ni la pure abstraction du Je, mais le Moi, qui a l'alt&#233;rit&#233; en lui, mais comme une diff&#233;rence imagin&#233;e, de sorte que dans son alt&#233;rit&#233;, il est imm&#233;diatement revenu &#224; lui-m&#234;me ; donc son essence n'est en m&#234;me temps qu'un &#234;tre abstrait . La libert&#233; de la conscience de soi est indiff&#233;rente &#224; l'existence naturelle et l'a donc lib&#233;r&#233;e tout aussi librement , et la r&#233;flexion est double . La libert&#233; de pens&#233;e n'a pour v&#233;rit&#233; que la pens&#233;e pure , qui est sans l'accomplissement de la vie ; et n'est donc que le concept de libert&#233;, et non la libert&#233; vivante elle-m&#234;me ; car pour elle, la seule pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral est l'essence, la forme en tant que telle, qui s'est &#233;loign&#233;e de l'ind&#233;pendance des choses et s'est repli&#233;e sur elle-m&#234;me. Mais puisque l'individualit&#233; doit se pr&#233;senter comme vivante comme agissante, ou que comme pensant doit appr&#233;hender le monde vivant comme un syst&#232;me de pens&#233;e, alors dans la pens&#233;e elle-m&#234;me il doit y avoir un contenu de ce qui est bon pour cette expansion , et de ce qui est vrai pour cette expansion. cette expansion ; de sorte que dans ce qui est pour la conscience, il n'y aurait d'autre ingr&#233;dient que le concept, qui est l'essence. Mais de m&#234;me qu'il se s&#233;pare ici comme abstraction de la diversit&#233; des choses, il n'a pas de contenu en soi , mais un contenu donn&#233; . La conscience d&#233;truit le contenu en tant qu'&#234;tre &#233;tranger en le pensant ; mais le concept est un concept d&#233;termin&#233;, et cette d&#233;termination est ce qu'il a d'&#233;trange. Le sto&#239;cisme &#233;tait donc embarrass&#233; lorsqu'on l' interrogeait sur le crit&#232;re de v&#233;rit&#233; en g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire en fait sur le contenu de la pens&#233;e elle-m&#234;me . Lorsqu'il lui demandait ce qui &#233;tait bon et vrai, il r&#233;pondait encore une fois &#224; la pens&#233;e creuse elle-m&#234;me ; La v&#233;rit&#233; et le bien devraient consister en la rationalit&#233;. Mais cette identit&#233; de pens&#233;e n'est que la forme pure dans laquelle rien n'est d&#233;termin&#233; ; Les mots g&#233;n&#233;raux sur la v&#233;rit&#233; et le bien, la sagesse et la vertu, avec lesquels il doit s'arr&#234;ter, sont g&#233;n&#233;ralement &#233;difiants, mais comme ils ne peuvent pas r&#233;ellement &#233;largir le contenu, ils deviennent vite ennuyeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience pensante telle qu'elle s'est d&#233;termin&#233;e elle-m&#234;me, comme libert&#233; abstraite, n'est donc que la n&#233;gation inachev&#233;e de l'alt&#233;rit&#233; ; S'&#233;tant seulement retir&#233; de l'existence en soi , il ne s'est pas accompli en elle comme une n&#233;gation absolue de celle-ci. Pour lui, le contenu est seulement consid&#233;r&#233; comme une pens&#233;e, mais aussi comme une certaine pens&#233;e , et en m&#234;me temps la d&#233;termination comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme est la r&#233;alisation de ce dont le sto&#239;cisme n'est que le concept - et l'exp&#233;rience r&#233;elle, qui est la libert&#233; de pens&#233;e ; Elle est intrins&#232;quement n&#233;gative et doit se pr&#233;senter comme telle. Avec le reflet de la conscience de soi dans les simples pens&#233;es d'elle-m&#234;me, l'existence ind&#233;pendante ou la d&#233;termination durable est en r&#233;alit&#233; tomb&#233;e de l'infini ; Dans le scepticisme, la conscience prend d&#233;sormais conscience de l'insignifiance totale et de la non-ind&#233;pendance de cet autre ; La pens&#233;e devient la pens&#233;e compl&#232;te qui d&#233;truit l'existence du monde aux d&#233;terminations multiples , et la n&#233;gativit&#233; de la libre conscience de soi devient une v&#233;ritable n&#233;gativit&#233; dans cette forme diversifi&#233;e de la vie. &#8211;Il est clair que de m&#234;me que le sto&#239;cisme correspond au concept de conscience ind&#233;pendante , apparue comme un rapport de domination et de servitude, de m&#234;me le scepticisme correspond &#224; la prise de conscience de celle-ci, comme direction n&#233;gative vers l'alt&#233;rit&#233;, le d&#233;sir et le travail. Mais si le d&#233;sir et le travail ne pouvaient r&#233;aliser la n&#233;gation de la conscience de soi, alors cette orientation pol&#233;mique contre l'ind&#233;pendance multiple des choses r&#233;ussirait parce que, en tant que conscience de soi libre et parachev&#233;e d'avance, elle se retourne contre elle ; plus sp&#233;cifique, parce qu'il a la pens&#233;e , ou l'infini, en soi, et en cela les ind&#233;pendances selon leur diff&#233;rence ne sont que comme des quantit&#233;s &#233;vanouissantes. Les diff&#233;rences, qui dans la pens&#233;e pure de soi ne sont que l'abstraction des diff&#233;rences, deviennent ici toutes les diff&#233;rences, et tout &#234;tre diff&#233;renci&#233; devient une diff&#233;rence de conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui d&#233;termine les actions du scepticisme en g&#233;n&#233;ral et ses modalit&#233;s . Il montre le mouvement dialectique qui est certitude sensorielle, perception et compr&#233;hension ; tout comme la non-existence de ce qui compte comme d&#233;termin&#233; dans la relation entre gouverner et servir, et de ce qui est consid&#233;r&#233; comme certain par la pens&#233;e abstraite elle-m&#234;me . En m&#234;me temps , cette relation contient une certaine mani&#232;re dans laquelle les lois morales sont &#233;galement pr&#233;sentes en tant que commandements du gouvernement ; Mais les d&#233;terminations dans la pens&#233;e abstraite sont des concepts scientifiques dans lesquels la pens&#233;e sans contenu s'&#233;tend et, d'une mani&#232;re qui n'est en r&#233;alit&#233; qu'externe, le concept est attach&#233; &#224; son &#234;tre ind&#233;pendant, qui constitue son contenu, et n'a que certains concepts comme valables, qu'ils soient aussi de pures abstractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique comme mouvement n&#233;gatif, parce qu'elle est imm&#233;diate , appara&#238;t d'abord &#224; la conscience comme quelque chose &#224; quoi elle s'abandonne et qui ne vient pas par elle-m&#234;me. Le scepticisme , en revanche, est un moment de conscience de soi, qui ne laisse pas dispara&#238;tre ce qui est vrai et r&#233;el sans savoir comment, mais qui, dans la certitude de sa libert&#233;, laisse dispara&#238;tre cette autre chose pour ceux qui se donnent vraiment ; non seulement l'objectif en tant que tel, mais son propre comportement &#224; son &#233;gard, dans lequel il est consid&#233;r&#233; comme objectif et affirm&#233;, et donc aussi sa perception , ainsi que sa fixation de ce qu'il risque de perdre, le sophisme et sa v&#233;rit&#233; ext&#233;rieure . cela est certain et &#233;tabli ; par laquelle la n&#233;gation consciente de soi lui permet d'obtenir la certitude de sa libert&#233; , d'en faire l'exp&#233;rience et de l' &#233;lever ainsi &#224; la v&#233;rit&#233; . Ce qui dispara&#238;t, c'est le d&#233;fini, ou la diff&#233;rence, qui, quelles que soient ses origines et ses origines, s'impose comme plus fixe et plus immuable. Il n'a rien de permanent et doit dispara&#238;tre de la pens&#233;e, car ce qui est diff&#233;rent, c'est pr&#233;cis&#233;ment cela, n'&#233;tant pas en soi , mais n'ayant son essence que dans un autre ; Mais la pens&#233;e est la compr&#233;hension de cette nature de la diff&#233;renciation ; c'est l'&#234;tre n&#233;gatif en tant qu'&#234;tre simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi sceptique exp&#233;rimente donc sa propre libert&#233; dans le changement de tout ce qui veut s'&#233;tablir pour elle, comme donn&#233; et maintenu par elle-m&#234;me ; C'est cette ataraxie de penser par soi-m&#234;me, la certitude immuable et vraie de soi-m&#234;me . Il ne surgit pas d'un &#233;tranger dont les multiples &#233;volutions se seraient effondr&#233;es sur lui-m&#234;me, du coup ayant derri&#232;re lui son devenir ; mais la conscience elle-m&#234;me est le trouble dialectique absolu , ce m&#233;lange d'id&#233;es sensuelles et pens&#233;es dont les diff&#233;rences s'effondrent et dont l'&#233;galit&#233; se dissout &#224; nouveau - parce qu'elle est elle-m&#234;me la d&#233;termination contre l' in&#233;gal . Mais cette conscience, au lieu d'&#234;tre une m&#234;me conscience, n'est en r&#233;alit&#233; qu'une confusion tout &#224; fait accidentelle, le vertige d'un d&#233;sordre toujours g&#233;n&#233;rateur. C'est cela pour vous ; car elle entretient et produit elle-m&#234;me cette &#233;mouvante confusion. Il reconna&#238;t donc &#233;galement qu'il s'agit d'une conscience individuelle compl&#232;tement accidentelle - une conscience empirique , qui est guid&#233;e par ce qui n'a pas de r&#233;alit&#233; pour elle, qui ob&#233;it &#224; ce qui n'est pas pour elle un &#234;tre, qui fait et am&#232;ne &#224; la r&#233;alit&#233; ce que n'a aucune v&#233;rit&#233; pour lui. Mais de m&#234;me qu'il se consid&#232;re ainsi comme une vie individuelle, accidentelle et en fait animale, et comme une conscience de soi perdue , au contraire, il se constitue aussi comme une m&#234;me chose g&#233;n&#233;rale ; car c'est la n&#233;gativit&#233; de toute individualit&#233; et de toute diff&#233;rence. De cette identit&#233;, ou plut&#244;t en soi, il retombe dans ce hasard et cette confusion, car c'est pr&#233;cis&#233;ment cette n&#233;gativit&#233; mouvante qui ne concerne que les individus et tra&#238;ne avec les choses al&#233;atoires. Cette conscience est donc ce va-et-vient inconscient d'un aller-retour d'un extr&#234;me de la m&#234;me conscience de soi &#224; l'autre de la conscience accidentelle, confuse et d&#233;routante. Il ne r&#233;unit pas lui-m&#234;me ces deux pens&#233;es ; Tant&#244;t il reconna&#238;t sa libert&#233; comme une &#233;l&#233;vation au-dessus de toute confusion et de toute contingence de l'existence, tant&#244;t il se reconna&#238;t retombant dans l'insignifiance et y flottant. Il permet que le contenu non essentiel disparaisse dans sa pens&#233;e, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment en cela qu'il est la conscience de quelque chose de non essentiel ; elle exprime la disparition absolue , mais l' expression est, et cette conscience est la disparition prononc&#233;e ; il exprime le n&#233;ant de voir, d'entendre, etc., et il voit, entend, etc., lui-m&#234;me ; elle exprime la nullit&#233; des &#234;tres moraux et en fait les puissances de son action. Ses actions et ses paroles se contredisent toujours, et il porte &#233;galement avec lui la double conscience contradictoire de l'immuabilit&#233; et de l'&#233;galit&#233;, et du hasard et de l'in&#233;galit&#233; complets. Mais il met de c&#244;t&#233; cette contradiction en lui-m&#234;me ; et se comporte &#224; son &#233;gard comme dans son mouvement purement n&#233;gatif en g&#233;n&#233;ral. Si on lui montre l'&#233;galit&#233; , elle montre l'in&#233;galit&#233; ; et comme ce qu'elle vient d'exprimer lui est maintenant pr&#233;sent&#233;, elle se met &#224; d&#233;montrer l' &#233;galit&#233; ; Son discours est en fait une querelle entre des gar&#231;ons t&#234;tus, dont l'un dit A quand l'autre dit B, et encore B quand l'autre dit A, et qui, en se contredisant , ach&#232;tent la joie de rester en contradiction les uns avec les autres .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le scepticisme, la conscience se vit en r&#233;alit&#233; comme une conscience contradictoire ; De cette exp&#233;rience &#233;merge une forme nouvelle , r&#233;unissant les deux id&#233;es que le scepticisme maintient &#224; part. L'inconscience du scepticisme sur lui-m&#234;me doit dispara&#238;tre car c'est en fait une conscience qui a en elle ces deux voies. Cette nouvelle forme est ainsi celle qui est pour elle-m&#234;me la double conscience d'elle-m&#234;me comme celui qui se lib&#232;re, immuable et identique, et d'elle-m&#234;me comme celui qui se confond et se pervertit absolument - et la conscience de cette contradiction. &#8211; Dans le sto&#239;cisme, la conscience de soi est la simple libert&#233; de soi ; Dans le scepticisme, il se r&#233;alise, d&#233;truit l'autre c&#244;t&#233; de l'existence d&#233;termin&#233;e, mais se double plut&#244;t et est d&#233;sormais double. De ce fait, le d&#233;doublement, qui &#233;tait auparavant r&#233;parti entre deux individus, le ma&#238;tre et le serviteur, est redevenu un ; Le d&#233;doublement de la conscience de soi en soi, qui est essentiel dans le concept d'esprit, est ici pr&#233;sent, mais pas encore son unit&#233;, etla conscience malheureuse est la conscience d'elle-m&#234;me comme &#234;tre d&#233;doubl&#233; seulement contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience malheureuse et divis&#233;e en elle-m&#234;me doit donc, parce que cette contradiction de son essence est une conscience d'elle-m&#234;me, dans laquelle une conscience a toujours aussi l'autre, et donc directement de chacune, dans la mesure o&#249; elle pense &#234;tre parvenue &#224; la victoire et paix de l'unit&#233;, en soit &#224; nouveau expuls&#233;. Mais son v&#233;ritable retour en lui-m&#234;me, ou sa r&#233;conciliation avec lui-m&#234;me, repr&#233;sentera le concept de l'esprit qui a pris vie et est venu &#224; l'existence, parce qu'il a d&#233;j&#224; ceci en lui : en tant que conscience indivise, il est double ; C'est lui-m&#234;me le regard d'une conscience de soi dans une autre, et il est lui-m&#234;me les deux, et l'unit&#233; des deux est aussi son essence, mais ce n'est pas encore cette essence elle-m&#234;me , pas encore l'unit&#233; des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il n'est d'abord que l' unit&#233; imm&#233;diate des deux, mais que pour lui les deux ne sont pas identiques mais oppos&#233;s, l'un, c'est-&#224;-dire le simple, l'immuable, est pour lui l' essence ; mais l'autre, le multiple changeant, comme l' inessentiel . Les deux sont des &#234;tres &#233;trangers l'un &#224; l'autre ; Lui-m&#234;me, parce qu'il est la conscience de cette contradiction, se place du c&#244;t&#233; de la conscience changeante et est lui-m&#234;me l'inessentiel ; mais en tant que conscience de l'immuabilit&#233;, ou de l'&#234;tre simple, elle doit en m&#234;me temps tendre &#224; se lib&#233;rer de l'inessentiel, c'est-&#224;-dire &#224; se lib&#233;rer de soi. Car bien qu'en soi seul le changeant et l'immuable lui soient &#233;trangers, il est lui-m&#234;me une conscience simple et donc immuable, consciente de cela comme de son essence, mais de telle mani&#232;re qu'elle n'est pas elle-m&#234;me cette essence. La position qu'elle leur donne ne peut donc pas &#234;tre une indiff&#233;rence entre eux l'un envers l'autre, c'est-&#224;-dire pas une indiff&#233;rence de soi envers l'immuable ; mais il est directement lui-m&#234;me l'un et l'autre, et pour lui c'est le rapport des deux comme rapport de l'essence au non-&#234;tre, de sorte que ce dernier doit &#234;tre aboli, mais comme les deux lui sont &#233;galement essentiels et contradictoires, il est seulement le mouvement contradictoire dans lequel le contraire ne vient pas s'arr&#234;ter dans son contraire, mais seulement se recr&#233;e en lui comme contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un combat contre un ennemi contre lequel la victoire est plut&#244;t une d&#233;faite, et en avoir remport&#233; une est plut&#244;t une perte dans son contraire. La conscience de la vie, de son existence et de ses actions, n'est que la douleur de cette existence et de ces actions, car en elle elle n'a que la conscience de son contraire comme essence et de son propre n&#233;ant. Il s'agit d'une &#233;l&#233;vation de ceci &#224; l'immuable. Mais cette &#233;l&#233;vation est elle-m&#234;me cette conscience ; Elle est donc directement la conscience du contraire, c'est-&#224;-dire de soi-m&#234;me en tant qu'individu. L'immuable qui vient &#224; la conscience est, pour cette raison m&#234;me, simultan&#233;ment touch&#233; par l'individu et seulement pr&#233;sent avec lui ; Au lieu de voir cela se d&#233;truire dans la conscience de l'immuable, cela ne fait toujours qu'&#233;merger d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce mouvement il &#233;prouve cette &#233;mergence de l'individualit&#233; dans l' immuable , et de l'immuable dans l'individualit&#233; . Pour lui, il devient l'individualit&#233; en g&#233;n&#233;ral dans l' &#234;tre immuable, et en m&#234;me temps son individualit&#233; en lui. Car la v&#233;rit&#233; de ce mouvement est pr&#233;cis&#233;ment l' unit&#233; de cette double conscience. Mais pour lui , cette unit&#233; devient d'abord une unit&#233; dans laquelle la diff&#233;rence entre les deux reste le facteur dominant. Cela signifie qu'il existe une triple mani&#232;re par laquelle l'individu est li&#233; &#224; l'immuable ; une fois qu'il r&#233;appara&#238;t lui-m&#234;me par opposition &#224; l'&#234;tre immuable ; et elle est renvoy&#233;e au d&#233;but de la lutte, qui reste l'&#233;l&#233;ment de toute la relation. Mais &#224; d'autres moments , ce qui est immuable en soi a pour lui l' individualit&#233; ; de sorte qu'elle est la forme de l'immuable, &#224; laquelle passe tout le mode d'existence. La troisi&#232;me fois, il se retrouve comme cet individu dans l'immuable. La premi&#232;re chose immuable pour lui, c'est seulement l' &#234;tre &#233;tranger qui condamne l'individu ; Troisi&#232;mement , puisque l' autre est une forme d' individualit&#233; comme lui, il devient esprit, a la joie de se retrouver en lui et prend conscience de se r&#233;concilier avec son individualit&#233; avec l'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se pr&#233;sente ici comme le mode et la relation de l'immuable appara&#238;t comme l' exp&#233;rience que la conscience de soi divis&#233;e fait de son malheur. Cette exp&#233;rience n'est pas son mouvement unilat&#233;ral , car elle est elle-m&#234;me une conscience immuable, mais en m&#234;me temps une conscience individuelle, et le mouvement est aussi le mouvement de la conscience immuable, qui appara&#238;t en elle tout autant que l'autre. ; car il traverse ces moments, d'abord &#233;tant immuable pour l'individu en g&#233;n&#233;ral, puis l'individu s'opposant &#224; l'autre individu, et enfin ne faisant qu'un avec lui. Mais cette consid&#233;ration, dans la mesure o&#249; elle nous appartient, est ici inopportune, car jusqu'ici nous n'avons vu l'immuabilit&#233; que comme l'immuabilit&#233; de la conscience, qui n'est donc pas la vraie, mais qui est encore lourde d'une contradiction, non de l'immuable dans et pour lui-m&#234;me ; On ne sait donc pas comment cela va se comporter. Ce qui ressort ici, c'est simplement que ces d&#233;terminations indiqu&#233;es de l'immuable apparaissent &#224; la conscience, qui est ici notre objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, la conscience immuable, dans sa formation elle-m&#234;me, conserve le caract&#232;re et la base d'&#234;tre divis&#233;e et d'&#234;tre pour elle-m&#234;me par rapport &#224; la conscience individuelle. C'est donc un &#233;v&#233;nement g&#233;n&#233;ral que l'immuable re&#231;oive la forme de l'individualit&#233; ; de m&#234;me qu'il se trouve seulement en face d'elle , et a donc cette relation &#224; travers la nature ; Le fait qu'elle se retrouve finalement en lui lui para&#238;t avoir &#233;t&#233; provoqu&#233; en partie par lui-m&#234;me, ou parce qu'elle est elle-m&#234;me individuelle ; mais une partie de cette unit&#233; comme appartenant &#224; l'immuable, selon son origine et en tant qu'il est ; et l'opposition demeure dans cette unit&#233; elle-m&#234;me. En effet, par la formation de l'immuable, le moment de l'au-del&#224; est non seulement rest&#233;, mais s'est plut&#244;t renforc&#233; ; car si d'une part elle semble s'&#234;tre rapproch&#233;e de lui &#224; travers la forme de la r&#233;alit&#233; individuelle, d'autre part elle se pr&#233;sente d&#233;sormais &#224; lui comme une r&#233;alit&#233; opaque, sensorielle , avec toute la fragilit&#233; d'une r&#233;alit&#233; ; L'espoir de ne faire qu'un avec lui doit rester espoir, c'est-&#224;-dire sans r&#233;alisation ni pr&#233;sence, car ce qui s'interpose entre lui et la r&#233;alisation est pr&#233;cis&#233;ment la contingence absolue ou l'indiff&#233;rence immuable qui r&#233;side dans la formation elle-m&#234;me, base de l'esp&#233;rance. De par la nature de l' existant , de par la r&#233;alit&#233; qui l'a attir&#233;, il arrive n&#233;cessairement qu'il ait disparu dans le temps, et qu'il soit dans l'espace et lointain, et qu'il reste simplement lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au d&#233;but le simple concept de conscience divis&#233;e &#233;tait d&#233;termin&#233; de telle mani&#232;re qu'il visait &#224; s'abolir en tant qu'individu et &#224; devenir une conscience immuable, alors son effort a maintenant cette d&#233;termination qu'il abolit plut&#244;t sa relation avec la conscience pure et informe . , immuable, et il n'y a que le rapport &#224; l' immuable form&#233; . Car l' unit&#233; de l'individu avec l'immuable est d&#233;sormais son essence et son objet , tout comme dans le concept seul l'immuable abstrait et sans forme &#233;tait l'objet essentiel ; et la relation de cette division absolue du concept est maintenant celle dont il doit se d&#233;tourner. Mais le rapport initialement ext&#233;rieur au form&#233;, immuable comme r&#233;alit&#233; &#233;trang&#232;re, doit l'&#233;lever &#224; l'unit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement dans lequel la conscience non essentielle s'efforce d'atteindre cette unit&#233; est lui-m&#234;me le triple , selon la triple relation qu'elle aura avec sa formation au-del&#224; ; une fois comme pure conscience ; l'autre fois en tant qu'&#234;tre individuel , qui se comporte comme un d&#233;sir et s'oppose &#224; la r&#233;alit&#233; ; et troisi&#232;mement, comme conscience de son &#234;tre-pour-soi . &#8211; On voit maintenant comment ces trois modes d'&#234;tre sont pr&#233;sents et d&#233;termin&#233;s dans cette relation g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc d'abord, en le consid&#233;rant comme pure conscience , l'immuable form&#233;, en tant qu'il est pour la conscience pure, para&#238;t pos&#233; tel qu'il est en et pour soi. Mais comme nous l'avons d&#233;j&#224; rappel&#233;, ce qu'il est en lui-m&#234;me n'a pas encore vu le jour. Le fait qu'il soit dans la conscience tel qu'il est en lui-m&#234;me devrait probablement venir de lui plut&#244;t que de la conscience ; Mais sa pr&#233;sence ici n'est pr&#233;sente que d'un c&#244;t&#233; &#224; travers la conscience, et pour cette raison m&#234;me, elle n'est ni parfaite ni vraie, mais reste charg&#233;e d'imperfection ou de contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien que la conscience malheureuse n'ait pas cette pr&#233;sence, elle est en m&#234;me temps au-del&#224; de la pens&#233;e pure, dans la mesure o&#249; celle-ci est la pens&#233;e abstraite du sto&#239;cisme, qui d&#233;tourne le regard de l' individu en g&#233;n&#233;ral , et la seule pens&#233;e agit&#233;e du scepticisme - en fait seul l'individu en tant que Contradiction inconsciente et son mouvement incessant &#8211; existe ; Elle va au-del&#224; de l'une et de l'autre, elle rapproche et maintient ensemble la pens&#233;e pure et l'individualit&#233;, mais n'a pas encore &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e au niveau de pens&#233;e pour lequel l'individualit&#233; de la conscience se r&#233;concilie avec la pens&#233;e pure elle-m&#234;me. C'est plut&#244;t dans ce milieu que la pens&#233;e abstraite touche l'individualit&#233; de la conscience en tant qu'individualit&#233;. C'est ce toucher lui-m&#234;me ; c'est l'unit&#233; de la pens&#233;e pure et de l'individualit&#233; ; C'est aussi pour elle cette individualit&#233; pensante, ou pens&#233;e pure, et l'immuable lui-m&#234;me est essentiel comme individualit&#233;. Mais ce n'est pas pour elle que cet objet, l'immuable, qui a essentiellement la forme de l'individualit&#233;, soit lui-m&#234;me , lui-m&#234;me, qui est l'individualit&#233; de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent , de cette premi&#232;re mani&#232;re, selon laquelle nous la consid&#233;rons comme pure conscience , elle se rapporte &#224; son objet, non pas &#224; la pens&#233;e, mais en ce sens qu'elle est elle-m&#234;me un pur individu pensant en soi et que son objet est pr&#233;cis&#233;ment cela, mais pas la relation les uns avec les autres. est en soi une pure pens&#233;e, elle vise , pour ainsi dire, uniquement &#224; penser et est une d&#233;votion . Sa pens&#233;e comme telle reste le sifflement informe d'un tintement de cloches ou d'une brume chaude, une pens&#233;e musicale qui n'atteint pas le concept, qui serait le seul mode objectif immanent. Il sera l'objet de ce sentiment int&#233;rieur infini et pur ; mais il entre de telle mani&#232;re qu'il n'entre pas comme quelqu'un qui a compris, et donc comme un &#233;tranger. Il en r&#233;sulte le mouvement int&#233;rieur de l' esprit pur , qui se ressent , mais comme la division, douloureusement ; le mouvement d'un d&#233;sir infini , qui a la certitude que son essence est un esprit si pur, une pens&#233;e pure , qui se pense en tant qu'individu ; qu'il est reconnu et reconnu par cet objet pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il se pense comme un individu. Mais en m&#234;me temps, cet &#234;tre est l'au -del&#224; inaccessible , qui s'&#233;chappe lorsqu'on le saisit, ou plut&#244;t qui s'est d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233;. Il s'est d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233; ; car d'une part, c'est la pens&#233;e immuable elle-m&#234;me en tant qu'individu, et la conscience s'atteint donc directement en elle, elle-m&#234;me , mais comme le contraire de l'immuable ; Au lieu de saisir l'&#234;tre, il ne fait que ressentir et est retomb&#233; sur lui-m&#234;me ; Puisqu'il ne peut s'emp&#234;cher de r&#233;aliser ceci, au lieu de cela, au lieu d'en avoir saisi l'essence, il n'en a saisi que l'insignifiance. Tout comme, d'une part, lorsqu'il s'efforce de se r&#233;aliser dans son essence, il ne saisit que sa propre r&#233;alit&#233; s&#233;par&#233;e, d'un autre c&#244;t&#233;, il ne peut saisir l'autre en tant qu'individu ou en tant que chose r&#233;elle . Partout o&#249; on le cherche, on ne le trouve pas, car il est cens&#233; exister un au-del&#224; , un au-del&#224; introuvable. Lorsqu'on le recherche en tant qu'individu, il ne s'agit pas d'une individualit&#233; g&#233;n&#233;rale et imagin&#233;e , ni d'un concept, mais plut&#244;t d'un individu en tant qu'objet ou de quelque chose de r&#233;el. ; objet de certitude sensorielle imm&#233;diate ; et donc un seul qui a disparu. Seul le tombeau de sa vie peut donc devenir pr&#233;sent &#224; la conscience . Mais parce que cela est en soi une r&#233;alit&#233; et qu'il est contre nature d'accorder une possession permanente ; Alors cette pr&#233;sence du tombeau n'est aussi que le combat d'un effort qui doit &#234;tre perdu. Ce n'est que lorsqu'il aura constat&#233; que la tombe de son &#234;tre r&#233;el immuable n'a pas de r&#233;alit&#233; , que l' individu disparu en tant que disparu n'est pas l'individu v&#233;ritable, qu'il renoncera &#224; rechercher l'individu immuable comme r&#233;el ou &#224; le conserver comme disparu, et seulement c'est ainsi qu'il est capable de trouver le particulier comme vrai ou comme g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant tout, le retour de l'esprit en lui-m&#234;me doit &#234;tre envisag&#233; de telle mani&#232;re qu'il ait une r&#233;alit&#233; en tant qu'individu . C'est l' esprit pur qui, pour nous ou en lui-m&#234;me , s'est trouv&#233; et se satisfait en lui-m&#234;me, car m&#234;me si l' essence se s&#233;pare d'elle-m&#234;me dans ses sentiments, ce sentiment est lui-m&#234;me un sentiment, il a l'objet de son propre sentiment pur. , et c'est lui-m&#234;me ; Il en ressort donc comme un sentiment de soi ou quelque chose de r&#233;el qui existe pour lui-m&#234;me. Dans ce retour en soi, sa seconde relation est devenue pour nous, celle du d&#233;sir et du travail, qui donne &#224; la conscience la certitude int&#233;rieure d'elle-m&#234;me qu'elle a acquise pour nous en abolissant et en jouissant de l'&#234;tre &#233;tranger, &#224; savoir le m&#234;me sous la forme de l'&#234;tre &#233;tranger. ind&#233;pendant Choses prouv&#233;es. Mais la conscience malheureuse ne se trouve que d&#233;sirer et travailler ; Il ne lui est pas possible de se retrouver de cette mani&#232;re, sur la base de sa certitude int&#233;rieure, et son sentiment d'&#234;tre est ce sentiment de soi. Puisqu'il ne l'a pas pour lui , son &#234;tre int&#233;rieur reste encore la certitude bris&#233;e de lui-m&#234;me ; L'&#233;preuve qu'il subirait par le travail et le plaisir est donc tout aussi bris&#233;e ; ou plut&#244;t il lui faut d&#233;truire cette preuve pour lui-m&#234;me, afin qu'il y trouve la preuve, mais seulement la preuve, de ce qu'il est pour lui-m&#234;me, &#224; savoir sa division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; contre laquelle se tournent le d&#233;sir et le travail n'est plus quelque chose qui est en soi vide &#224; cette conscience , quelque chose qui ne peut &#234;tre qu'aboli et consomm&#233; par elle, mais plut&#244;t quelque chose comme elle est elle-m&#234;me, une r&#233;alit&#233; bris&#233;e en deux , qui n'est qu'une chose. , d'une part, en soi vide, mais d'autre part c'est aussi un monde sacr&#233; ; C'est la forme de l'immuable, parce qu'elle a conserv&#233; l'individualit&#233; en soi, et parce qu'en tant qu'immuable elle est universelle, son individualit&#233; a le sens de toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conscience &#233;tait une conscience ind&#233;pendante pour elle-m&#234;me et que la r&#233;alit&#233; en elle-m&#234;me &#233;tait vide pour elle, elle parviendrait au sentiment de son ind&#233;pendance dans le travail et la jouissance, car elle serait elle-m&#234;me celle qui abolit la r&#233;alit&#233;. Justement parce que telle est la forme de l'immuable, elle n'est pas capable de l'abolir par elle-m&#234;me. Bien au contraire, alors qu'il parvient &#224; l'an&#233;antissement de la r&#233;alit&#233; et de la jouissance, cela se produit essentiellement pour lui par le fait que l'immuable lui-m&#234;me abandonne sa forme et s'en remet &#224; lui pour la jouissance . &#8211; La conscience, quant &#224; elle, appara&#238;t ici aussi comme quelque chose de r&#233;el, mais aussi comme int&#233;rieurement bris&#233;, et cette division se pr&#233;sente dans son travail et sa jouissance, en rapport au r&#233;el ou &#234;tre-pour-soi et en &#234;tre - en- soi &#224; casser. Ce rapport &#224; la r&#233;alit&#233; est le changement ou le faire , l'&#234;tre-pour-soi, qui appartient &#224; la conscience individuelle en tant que telle. Mais c'est aussi en soi ; ce c&#244;t&#233; appartient &#224; l'immuable au-del&#224; ; ce sont les capacit&#233;s et les pouvoirs, don &#233;tranger, qui laisse l'immuable &#224; la conscience pour l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses actions, la conscience est d'abord dans le rapport entre deux extr&#234;mes ; Il se trouve d'un c&#244;t&#233; en tant que ce monde actif et en face de la r&#233;alit&#233; passive, tous deux en relation l'un avec l'autre, mais aussi tous deux revenus &#224; l'immuable et s'accrochant &#224; eux-m&#234;mes. Des deux c&#244;t&#233;s donc, une seule surface se s&#233;pare de l'autre, qui entre dans le jeu du mouvement contre l'autre. &#8211; L'extr&#234;me de la r&#233;alit&#233; est annul&#233; par l'extr&#234;me actif ; mais elle ne peut &#234;tre abolie de sa part que parce que sa nature immuable s'abolit, se repousse d'elle-m&#234;me et abandonne &#224; l'activit&#233; ce qui a &#233;t&#233; repouss&#233;. La force active appara&#238;t comme la puissance dans laquelle la r&#233;alit&#233; se dissout ; Mais pour cette conscience, pour qui l' en-soi ou l'essence est autre chose qu'elle-m&#234;me, cette puissance telle qu'elle appara&#238;t dans l'activit&#233; est l'au-del&#224; d'elle-m&#234;me, au lieu de revenir de son action en elle-m&#234;me, et &#224; elle-m&#234;me apr&#232;s s'&#234;tre prouv&#233;e. , il refl&#232;te plut&#244;t ce mouvement de retour de l'action vers l'autre extr&#234;me, qui est ici repr&#233;sent&#233; comme une chose purement g&#233;n&#233;rale, comme le pouvoir absolu d'o&#249; &#233;manait le mouvement dans toutes les directions, et qui est l'essence &#224; la fois des extr&#234;mes en d&#233;composition et de son premier s'est produit que le changement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la conscience immuable renonce &#224; sa forme et l'abandonne , tandis que la conscience individuelle rend gr&#226;ce , c'est-&#224;-dire que la satisfaction de la conscience de son ind&#233;pendance se nie et assigne l'essence de l'action d'elle-m&#234;me &#224; l'au-del&#224;, &#224; travers ces deux moments d' autosuffisance mutuelle Cependant, en abandonnant les deux parties, cela cr&#233;e une unit&#233; de conscience avec l'immuable. Mais en m&#234;me temps cette unit&#233; est affect&#233;e par la s&#233;paration, &#224; nouveau bris&#233;e, et l'opposition entre le g&#233;n&#233;ral et l'individu en &#233;merge &#224; nouveau. Car la conscience renonce &#224; appara&#238;tre pour satisfaire son propre sentiment ; mais en obtient la r&#233;elle satisfaction ; car c'&#233;tait d&#233;sir, travail et plaisir ; en tant que conscience, il a voulu, fait et appr&#233;ci&#233; . De m&#234;me, sa gratitude , dans laquelle elle reconna&#238;t l'autre extr&#234;me comme l'essence et s'annule, est elle-m&#234;me sa propre action, qui l'emporte sur l'action de l'autre extr&#234;me et s'oppose par une action &#233;gale &#224; la bonne action qui se r&#233;v&#232;le ; Mais quand le premier lui laisse sa surface , il rend aussi gr&#226;ce , et en renon&#231;ant &#224; son action, c'est-&#224;-dire &#224; son essence , il fait en r&#233;alit&#233; plus que l'autre, qui ne fait que rejeter d'elle-m&#234;me une surface. L'ensemble du mouvement se refl&#232;te non seulement dans le d&#233;sir, le travail et le plaisir r&#233;els, mais m&#234;me dans la gratitude, dans laquelle le contraire semble se produire, &#224; l' extr&#234;me de l'individualit&#233; . La conscience se sent comme cet individu et ne se laisse pas tromper par l'apparence de son renoncement, car la v&#233;rit&#233; est qu'elle ne s'est pas abandonn&#233;e ; Ce qui s'est produit n'est qu'une double r&#233;flexion entre les deux extr&#234;mes, et le r&#233;sultat est la division r&#233;p&#233;t&#233;e en la conscience oppos&#233;e de l' immuable et en la conscience oppos&#233;e de la volont&#233;, de l'accomplissement, de la jouissance et du renoncement &#224; soi-m&#234;me ou &#224; l' individu. qui existe pour soi en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'est produite la troisi&#232;me relation du mouvement de cette conscience , qui &#233;merge de la seconde comme celle qui s'est en v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e ind&#233;pendante par sa volont&#233; et son accomplissement. &#192; premi&#232;re vue, il s'agissait uniquement du concept de conscience r&#233;elle, ou de l' esprit int&#233;rieur , qui n'est pas encore r&#233;el dans l'action et le plaisir ; la seconde est cette r&#233;alisation, en tant que faire et jouir ext&#233;rieurs ; mais en revenant de l&#224;, c'est une conscience qui s'&#233;prouve elle-m&#234;me comme une conscience r&#233;elle et active , ou qu'il est vrai d'&#234;tre en elle-m&#234;me et pour elle-m&#234;me . Mais l'ennemi se retrouve d&#233;sormais sous sa propre forme. Dans la bataille de l'esprit, la conscience individuelle n'existe que comme un moment musical et abstrait ; Dans le travail et le plaisir, en tant que r&#233;alisation de cet &#234;tre insubstantiel, il peut imm&#233;diatement s'oublier , et l' individualit&#233; consciente dans cette r&#233;alit&#233; est &#233;cras&#233;e par une reconnaissance reconnaissante. Mais cette d&#233;faite est en r&#233;alit&#233; un retour de la conscience en elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire en elle-m&#234;me comme r&#233;alit&#233; qui lui est fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce troisi&#232;me rapport, dans lequel cette vraie r&#233;alit&#233; est l' unique extr&#234;me, est le rapport de celle-ci &#224; l'essence g&#233;n&#233;rale, comme au n&#233;ant ; et l'&#233;volution de cette relation reste &#224; consid&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le rapport oppos&#233; de la conscience, dans lequel sa r&#233;alit&#233; n'est imm&#233;diatement rien , alors son action r&#233;elle devient une action de rien, sa jouissance le sentiment de son malheur. Par l&#224;, l'action et la jouissance perdent tout contenu et sens g&#233;n&#233;raux , car cela leur donnerait un &#234;tre en et pour soi, et toutes deux se replient dans l'individualit&#233; vers laquelle est dirig&#233;e la conscience de les abolir. La conscience est consciente d'elle-m&#234;me en tant que v&#233;ritable individu dans les fonctions animales. Celles-ci, au lieu d'&#234;tre faites de mani&#232;re impartiale, comme quelque chose qui est en soi vide et ne peut acqu&#233;rir aucune importance ou essence pour l'esprit, puisque ce sont celles dans lesquelles l'ennemi se montre sous sa forme particuli&#232;re, elles font plut&#244;t l'objet de graves critiques. effort, et deviennent les plus importants. Mais &#224; mesure que cet ennemi se cr&#233;e dans sa d&#233;faite, la conscience, en se fixant sur lui, au lieu de s'en lib&#233;rer, s'attarde toujours sur lui et se voit toujours contamin&#233;e, en m&#234;me temps ce contenu de son effort, au lieu de quelque chose d'essentiel. , le plus bas, au lieu d'un. En g&#233;n&#233;ral, c'est la chose la plus individuelle, on ne voit donc qu'une personnalit&#233; limit&#233;e &#224; elle-m&#234;me et &#224; ses petites actions, et maussade, aussi malheureuse que pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous deux, le sentiment de son malheur et la pauvret&#233; de ses actions, sont aussi li&#233;s &#224; la conscience de son unit&#233; avec l'immuable. Car la tentative d'an&#233;antissement imm&#233;diat de son &#234;tre r&#233;el est m&#233;diatis&#233;e par la pens&#233;e de l'immuable et se produit dans cette relation . La relation indirecte constitue l'essence du mouvement n&#233;gatif dans lequel elle s'adresse &#224; son individualit&#233;, mais qui est aussi positive comme relation en soi et produira pour elle-m&#234;me son unit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport indirect est ici une conclusion dans laquelle l'individu, qui se fixe d'abord par opposition &#224; l' en-soi, n'est rejoint &#224; cet autre extr&#234;me que par un troisi&#232;me. Par ce milieu se trouve l'extr&#234;me de la conscience immuable pour la conscience non essentielle, dans laquelle en m&#234;me temps cela signifie qu'elle est aussi pour l'autre seulement par ce milieu, et ce milieu est celui qui pr&#233;sente les deux extr&#234;mes l'un &#224; l'autre et est le serviteur mutuel de l'un, chacun est l'un avec l'autre. Ce centre est lui-m&#234;me un &#234;tre conscient, car c'est une activit&#233; qui m&#233;diatise la conscience en tant que telle ; Le contenu de cette action est la destruction que la conscience op&#232;re avec son individualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lui, celui-ci se lib&#232;re donc du faire et du jouir comme siens ; Il repousse l'essence de sa volont&#233; hors de lui-m&#234;me comme un extr&#234;me qui existe pour lui-m&#234;me et rejette l'individualit&#233; et la libert&#233; de d&#233;cision, et donc la culpabilit&#233; de ses actions, sur le milieu ou le serviteur. Ce m&#233;diateur, comme en relation directe avec l'&#234;tre immuable, donne ses conseils sur ce qui est juste. L'action, en tant qu'observance de la d&#233;cision d'autrui, cesse d'&#234;tre la sienne du point de vue du faire ou de la volont&#233; . Mais il reste encore son c&#244;t&#233; objectif &#224; la conscience non essentielle, &#224; savoir le fruit de son travail et de sa jouissance . Alors il rejette cela aussi d'elle-m&#234;me, et renonce, ainsi qu'&#224; sa volont&#233;, &#224; sa r&#233;alit&#233; pr&#233;serv&#233;e dans le travail et la jouissance ; sur lui, en partie comme sur la v&#233;rit&#233; acquise de son ind&#233;pendance consciente - en se d&#233;pla&#231;ant, en imaginant et en disant quelque chose de compl&#232;tement &#233;tranger et d&#233;nu&#233; de sens pour lui ; en partie comme propri&#233;t&#233; ext&#233;rieure - en renon&#231;ant &#224; une partie de la propri&#233;t&#233; acquise par le travail ; en partie &#224; cause du plaisir qu'il en a eu - en le refusant compl&#232;tement &#224; lui-m&#234;me dans le je&#251;ne et le ch&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers ces moments d'abandon de sa propre d&#233;cision, puis de propri&#233;t&#233; et de jouissance, et enfin le moment positif de faire une affaire incomprise, on enl&#232;ve v&#233;ritablement et compl&#232;tement la conscience de la libert&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure, de la r&#233;alit&#233; comme son &#234;tre pour soi. ; Il a la certitude qu'il s'est v&#233;ritablement d&#233;pouill&#233; de son ego et a fait de sa conscience de soi imm&#233;diate une chose , un &#234;tre objectif. &#8211; Elle ne pouvait prouver son renoncement qu'&#224; travers ce sacrifice r&#233;el ; car ce n'est qu'en lui que dispara&#238;t la tromperie qui r&#233;side dans la reconnaissance int&#233;rieure de la gratitude par le c&#339;ur, l'esprit et la bouche, une reconnaissance qui repousse en effet toute la puissance de l'&#234;tre pour soi et l'attribue &#224; un don d'en haut, mais en Dans ce processus de d&#233;pouillement, l' individualit&#233; externe se refl&#232;te dans la possession &#224; laquelle elle ne renonce pas, mais l' individualit&#233; interne est dans la conscience de la d&#233;cision qu'elle a prise elle-m&#234;me, et dans celle-ci. Conscience du contenu d&#233;termin&#233; par lui, qu'il n'a pas &#233;chang&#233; contre un contenu &#233;tranger qui le remplit sans signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le sacrifice v&#233;ritablement accompli , de m&#234;me que la conscience a aboli l' action comme sienne, elle a aussi abandonn&#233; son malheur . Le fait que ce l&#226;cher prise en soi est pourtant une action de l'autre extr&#234;me de la conclusion, qui est l' essence qui existe en soi . Mais en m&#234;me temps, ce sacrifice de l'extr&#234;me non essentiel n'&#233;tait pas une action unilat&#233;rale, mais contenait en lui les actions de l'autre. Car l'abandon de sa propre volont&#233; n'est que d'une part n&#233;gatif, en termes de concept ou en soi , mais en m&#234;me temps positif, &#224; savoir le fait de poser la volont&#233; comme celle d'autrui , et d&#233;termine la volont&#233; comme non individuelle, mais universel. Pour cette conscience, ce sens positif de la volont&#233; individuelle pos&#233;e n&#233;gativement est la volont&#233; de l'autre extr&#234;me, qui, parce qu'elle est autre chose pour elle, ne lui vient pas par elle-m&#234;me, mais par le troisi&#232;me, le m&#233;diateur comme conseil. Donc, pour lui, sa volont&#233; devient la volont&#233; g&#233;n&#233;rale qui existe en soi , mais elle n'est pas elle-m&#234;me cela en soi ; Pour lui, l'abandon de soi en tant qu'individu n'est pas, en th&#233;orie, le positif de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale. De m&#234;me, son abandon de la possession et de la jouissance n'a que la m&#234;me signification n&#233;gative, et l'universel que cela devient pour lui n'est pas de sa faute . Cette unit&#233; de l'objectif et de l'&#234;tre pour soi, qui est dans le concept de faire, et qui devient donc conscience comme essence et objet - de m&#234;me qu'elle n'est pas pour lui le concept de son faire, de m&#234;me elle n'est pas non plus pour lui, qu'il est pour lui un objet , directement et par lui-m&#234;me, mais il permet au serviteur m&#233;diateur d'exprimer cette certitude, encore bris&#233;e, que ce n'est qu'en soi que son malheur &#233;tait mauvais, &#224; savoir se satisfaire de lui-m&#234;me dans ses actions. Faire ou jouir bienheureux ; Sa mauvaise action est aussi mauvaise en soi , &#224; savoir l'action absolue, selon laquelle l'action n'est qu'une action en g&#233;n&#233;ral comme l'action de l'individu. Mais pour lui, l'action et son action r&#233;elle restent pauvres, et sa jouissance reste la douleur, et la suppression de celle-ci dans le sens positif est un au-del&#224; . Mais dans cet objet, dans lequel son faire et son &#234;tre sont pour lui comme cette conscience individuelle , &#234;tre et faire en soi , il a l'id&#233;e de raison.devenir, la certitude de la conscience, dans son individualit&#233;, d'&#234;tre absolue en elle-m&#234;me , ou dans toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude et v&#233;rit&#233; de la raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience se replie sur elle-m&#234;me dans la pens&#233;e qu'elle a compris que la conscience individuelle est en elle-m&#234;me un &#234;tre absolu. Pour la conscience malheureuse, l'&#234;tre en soi est l' au-del&#224; de soi, mais son mouvement a accompli cela sur elle, l'individu dans son d&#233;veloppement complet, ou l'individu, qui est la conscience r&#233;elle , comme le n&#233;gatif de soi, c'est-&#224;-dire comme cela. avoir fix&#233; des extr&#234;mes objectifs , ou avoir lutt&#233; contre son &#234;tre-pour-soi pour en faire un &#234;tre ; En cela, il est aussi devenu son unit&#233; avec cet universel, qui pour nous, puisque l'individu aboli est l'universel, n'en sort plus ; et puisque la conscience se maintient dans cette n&#233;gativit&#233;, son essence r&#233;side en elle comme telle. Sa v&#233;rit&#233; est celle qui appara&#238;t dans la conclusion o&#249; les extr&#234;mes apparaissent absolument s&#233;par&#233;s, comme le milieu, qui exprime &#224; la conscience immuable que l'individu a renonc&#233; &#224; lui-m&#234;me, et &#224; l'individu que l'immuable n'est plus pour lui un extr&#234;me, mais est r&#233;concili&#233; avec lui. Ce centre est l'unit&#233; qui conna&#238;t et se rapporte directement aux deux, ainsi qu'&#224; la conscience de son unit&#233;, qu'il exprime &#224; la conscience et donc &#224; elle-m&#234;me , la certitude d'&#234;tre toute v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la conscience de soi est raison, sa relation jusqu'ici n&#233;gative &#224; l'alt&#233;rit&#233; se transforme en relation positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de son ind&#233;pendance et de sa libert&#233;, afin de se sauver et de se pr&#233;server aux d&#233;pens du monde ou de sa propre r&#233;alit&#233;, qui lui apparaissaient toutes deux comme le n&#233;gatif de son &#234;tre. Mais comme la raison, assur&#233;e d'elle-m&#234;me, elle a re&#231;u la paix contre eux et peut les supporter ; car il est certain de lui-m&#234;me en tant que r&#233;alit&#233; ; ou que toute r&#233;alit&#233; n'est rien d'autre qu'elle ; sa pens&#233;e est elle-m&#234;me imm&#233;diatement r&#233;alit&#233; ; il s'y rapporte donc comme id&#233;alisme. C'est pour lui qu'il se per&#231;oit comme si le monde lui convenait seulement maintenant ; avant cela, il ne les comprend pas ; il les d&#233;sire et les manipule ; s'en retire en soi et le d&#233;truit pour lui-m&#234;me et pour lui-m&#234;me comme conscience, comme conscience de lui comme essence, ainsi que comme conscience de son n&#233;ant. C'est seulement ainsi, apr&#232;s que le tombeau de sa v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; perdu, que l'an&#233;antissement de sa r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me a &#233;t&#233; d&#233;truite et que l'individualit&#233; de la conscience est en elle-m&#234;me une essence absolue pour elle, qu'elle la d&#233;couvre comme son nouveau monde r&#233;el, qui, en restant, il y a int&#233;r&#234;t, comme auparavant seulement &#224; leur disparition ; car leur existence devient pour lui sa propre v&#233;rit&#233; et sa pr&#233;sence ; il est certain qu'il suffit de s'y exp&#233;rimenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est la certitude de la conscience que toute r&#233;alit&#233; est : c'est ainsi que l'id&#233;alisme exprime son concept. De m&#234;me que la conscience, qui appara&#238;t comme raison, a en elle cette certitude, l'id&#233;alisme l' exprime aussi directement : je suis moi, dans le sens o&#249; je, qui est mon objet, n'est pas le m&#234;me que dans la conscience de soi en g&#233;n&#233;ral, ni comment dans la libre conscience de soi, il n'y a qu'un objet vide en g&#233;n&#233;ral, ici seulement un objet qui se retire des autres qui comptent encore &#224; ses c&#244;t&#233;s , mais un objet avec la conscience de la non-existence de tout autre, le seul objet, toute r&#233;alit&#233;. et le pr&#233;sent est. Mais la conscience de soi n'est pas seulement la r&#233;alit&#233; en elle-m&#234;me , mais aussi en elle-m&#234;me , uniquement par le fait qu'elle devient cette r&#233;alit&#233; , ou plut&#244;t se r&#233;v&#232;le telle . Cela se manifeste dans la mani&#232;re dont d'abord dans le mouvement dialectique de penser, de percevoir et de comprendre l'alt&#233;rit&#233; comme en soi , puis dans le mouvement &#224; travers l'ind&#233;pendance de la conscience dans la domination et la servitude, &#224; travers la pens&#233;e de la libert&#233;, la lib&#233;ration sceptique et la lutte pour la lib&#233;ration absolue de la conscience divis&#233;e, l'alt&#233;rit&#233;, dans la mesure o&#249; elle n'est que pour elle , dispara&#238;t pour elle-m&#234;me . Deux faces apparaissaient l'une apr&#232;s l'autre, l'une dans laquelle l'essence ou la v&#233;rit&#233; avait la d&#233;termination d' &#234;tre pour la conscience , l'autre dans laquelle elle n'existait que pour la conscience . Mais tous deux se r&#233;duisaient &#224; une v&#233;rit&#233; : ce qui est , ou ce qui est en soi , n'est que dans la mesure o&#249; il est pour la conscience, et ce qui est pour elle est aussi en soi . La conscience, qui est cette v&#233;rit&#233;, a ce chemin derri&#232;re elle et l'a oubli&#233;, apparaissant directement comme raison, ou cette raison qui appara&#238;t imm&#233;diatement n'appara&#238;t que comme la certitude de cette v&#233;rit&#233;. De cette fa&#231;on, il assure seulement que toute r&#233;alit&#233; existe, mais il ne le comprend pas lui-m&#234;me ; car ce chemin oubli&#233; est la compr&#233;hension de cette affirmation directement exprim&#233;e. Et de la m&#234;me mani&#232;re, cette affirmation, lorsqu'il l'entend sous cette forme pure - parce qu'il la fait probablement lui-m&#234;me sous une forme concr&#232;te - est incompr&#233;hensible pour celui qui ne l'a pas faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme, qui ne repr&#233;sente pas ce chemin mais commence par cette affirmation, est donc aussi une pure assurance , qui ne se comprend ni ne peut se faire comprendre aux autres. Il exprime une certitude imm&#233;diate , qui est contr&#233;e par d'autres certitudes imm&#233;diates qui se sont perdues sur ce seul chemin. Par cons&#233;quent, outre l' assurance de cette certitude, les assurances de ces autres certitudes ont &#233;galement des droits &#233;gaux . La raison fait appel &#224; la conscience de soi de chaque conscience : je suis moi ; mon objet et mon essence, c'est moi ; et personne ne lui refusera cette v&#233;rit&#233;. Mais en se basant sur cet appel, il consacre la v&#233;rit&#233; de l'autre certitude, &#224; savoir : c'est diff&#233;rent pour moi ; Quelque chose d'autre que moi est pour moi un objet et une essence, ou parce que je suis un objet et une essence pour moi-m&#234;me, je ne le suis que lorsque je me retire de l'autre en g&#233;n&#233;ral et que je me tiens &#224; ses c&#244;t&#233;s comme une r&#233;alit&#233;. &#8211; Ce n'est que lorsque la raison appara&#238;t comme le reflet de cette certitude oppos&#233;e que son affirmation d'elle-m&#234;me appara&#238;t non seulement comme certitude et assurance, mais comme v&#233;rit&#233; ; et non pas aux c&#244;t&#233;s des autres, mais comme le seul . L' occurrence imm&#233;diate est l'abstraction de son existence , dont l'essence et l'en-soi est le concept absolu, c'est-&#224;-dire le mouvement de son devenir . &#8211; La conscience d&#233;terminera sa relation &#224; l'alt&#233;rit&#233; ou &#224; son objet de diff&#233;rentes mani&#232;res, selon le niveau de l'esprit du monde qui devient conscient. La fa&#231;on dont il se trouve et se d&#233;termine imm&#233;diatement et &#224; chaque fois son objet , ou ce qu'il est pour lui-m&#234;me , d&#233;pend de ce qu'il est d&#233;j&#224; devenu ou de ce qu'il est d&#233;j&#224; en lui-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est la certitude d'&#234;tre toute la r&#233;alit&#233; . Mais cet en-soi ou cette r&#233;alit&#233; est encore tout &#224; fait g&#233;n&#233;ral, la pure abstraction de la r&#233;alit&#233;. C'est la premi&#232;re positivit&#233; , qui est conscience de soi en soi, pour soi , et je ne suis donc que la pure essence des &#234;tres, ou la simple cat&#233;gorie . La cat&#233;gorie , qui autrement avait le sens d'&#234;tre l'essence des &#234;tres, ind&#233;termin&#233;e des &#234;tres en g&#233;n&#233;ral ou des &#234;tres par rapport &#224; la conscience, n'est plus l'essence ou simple unit&#233; des &#234;tres que comme r&#233;alit&#233; pensante ; ou bien c'est que la conscience de soi et l'&#234;tre sont la m&#234;me essence ; la m&#234;me chose, non pas en comparaison, mais en soi. Seul un mauvais id&#233;alisme unilat&#233;ral permet &#224; cette unit&#233; de r&#233;appara&#238;tre comme conscience d'un c&#244;t&#233; et d'appara&#238;tre en opposition avec elle . &#8211;Mais cette cat&#233;gorie ou simple unit&#233; de la conscience de soi et de l'&#234;tre a la diff&#233;rence en elle-m&#234;me ; car son essence est pr&#233;cis&#233;ment d'&#234;tre directement &#233;gal &#224; soi en &#233;tant diff&#233;rent ou en diff&#233;rence absolue. La diff&#233;rence est donc : mais compl&#232;tement transparent, et comme une diff&#233;rence qui en m&#234;me temps n'est pas une diff&#233;rence. Il appara&#238;t comme une multitude de cat&#233;gories. En ce sens que l'id&#233;alisme exprime la simple unit&#233; de la conscience de soi comme toute r&#233;alit&#233;, et en fait directement une essence , sans l'avoir compris comme un &#234;tre absolument n&#233;gatif - seul celui-ci a en soi la n&#233;gation, la d&#233;termination ou la diff&#233;rence - il en est ainsi. Plus incompr&#233;hensible encore que la premi&#232;re est cette seconde, celle de la cat&#233;gorie des diff&#233;rences ou des esp&#232;ces . Cette assurance en g&#233;n&#233;ral, ainsi que l'assurance d'un nombre d&#233;termin&#233; de ses esp&#232;ces, est une nouvelle assurance, ce qui signifie en soi qu'il n'est plus n&#233;cessaire de l'accepter comme assurance. Parce que la diff&#233;rence commence dans l'ego pur, dans la compr&#233;hension pure elle-m&#234;me, cela signifie que l'imm&#233;diatet&#233; , l'assurance et la d&#233;couverte sont abandonn&#233;es ici et que la compr&#233;hension commence. Mais reprendre la multitude des cat&#233;gories d'une mani&#232;re ou d'une autre comme une d&#233;couverte, par exemple &#224; partir des jugements, et les supporter de cette mani&#232;re, c'est en r&#233;alit&#233; &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une honte pour la science ; Comment l'entendement pourrait-il d&#233;montrer une n&#233;cessit&#233; s'il ne peut le faire en lui-m&#234;me, la pure n&#233;cessit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'essence pure des choses, ainsi que leur diff&#233;rence, appartiennent &#224; la raison, on ne pourrait en r&#233;alit&#233; plus parler de choses du tout , c'est-&#224;-dire de choses qui, pour la conscience, ne seraient que le n&#233;gatif d'elles-m&#234;mes. Car les cat&#233;gories multiples sont des esp&#232;ces de la cat&#233;gorie pure, ce qui signifie qu'elle en est encore le genre ou l'essence , et non leur opposition. Mais ils sont d&#233;j&#224; l'ambigu&#239;t&#233;, qui a en m&#234;me temps la diversit&#233; d'&#234;tre diff&#233;rente de la cat&#233;gorie pure . Par cette multiplicit&#233;, ils la contredisent en r&#233;alit&#233;, et l'unit&#233; pure doit en elle-m&#234;me l'annuler, se constituant ainsi comme unit&#233; n&#233;gative des diff&#233;rences. Mais en tant qu'unit&#233; n&#233;gative , elle exclut les diff&#233;rences en tant que telles, ainsi que cette premi&#232;re unit&#233; pure imm&#233;diate en tant que telle, et elle est l'individualit&#233; ; une nouvelle cat&#233;gorie, qui est la conscience d'exclusion, c'est-&#224;-dire qu'un Autre est pour elle. L'individu est son passage de son concept &#224; une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure ; le sch&#233;ma pur , qui est tout autant conscience qu'individualit&#233; et exclusif, pointant vers autre chose. Mais ces autres choses dans cette cat&#233;gorie ne sont que les autres premi&#232;res cat&#233;gories , &#224; savoir la pure essence et la pure diff&#233;rence ; et en lui, c'est-&#224;-dire dans la position de l'autre, ou dans cet autre lui-m&#234;me, la conscience est aussi elle-m&#234;me. Chacun de ces diff&#233;rents moments en d&#233;signe un autre ; mais en m&#234;me temps il n'y a pas d'alt&#233;rit&#233; en eux. La cat&#233;gorie pure fait r&#233;f&#233;rence aux esp&#232;ces qui passent dans la cat&#233;gorie n&#233;gative, ou particularit&#233; ; mais la seconde renvoie &#224; la premi&#232;re ; C'est elle-m&#234;me la conscience pure, qui demeure en chaque soi cette claire unit&#233; avec elle-m&#234;me, mais une unit&#233; qui est aussi dirig&#233;e vers quelque chose d'autre, qui, en m&#234;me temps qu'elle existe, a disparu, et en m&#234;me temps qu'elle a disparu, elle a aussi &#233;t&#233; recr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons ici la conscience pure pos&#233;e d'une double mani&#232;re, d'abord comme le va-et-vient incessant , qui traverse tous ses instants, o&#249; l'alt&#233;rit&#233; flotte devant nous, qui s'&#233;limine dans l'appr&#233;hension ; d'autres fois plut&#244;t que l' unit&#233; sereine certaine de sa v&#233;rit&#233; . Pour cette unit&#233; ce mouvement est l' autre ; mais pour ce mouvement il y a cette unit&#233; calme ; et la conscience et l'objet alternent dans ces d&#233;terminations mutuelles. La conscience est donc un va-et-vient de recherche, et son objet est le pur en soi et l'essence ; &#224; d'autres moments, c'est la cat&#233;gorie simple, et l'objet est le mouvement des diff&#233;rences. Mais la conscience en tant qu'&#234;tre est tout ce processus lui-m&#234;me, passant d'elle-m&#234;me comme simple cat&#233;gorie &#224; l'individu et &#224; l'objet, et regardant ce processus dans ce processus, l'abolissant comme un autre, se l' appropriant , et s'appropriant elle-m&#234;me comme cette certitude, toute r&#233;alit&#233;, &#224; la fois pour l'exprimer elle-m&#234;me comme son objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa premi&#232;re d&#233;claration n'est que ce mot vide et abstrait selon lequel tout lui appartient . Car la certitude d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233; n'est que la pure cat&#233;gorie. Cette premi&#232;re raison, qui se reconna&#238;t dans l'objet, s'exprime par un id&#233;alisme vide, qui ne con&#231;oit la raison que telle qu'elle est initialement, et dans le fait qu'elle montre cette pure mine de conscience dans tout &#234;tre et exprime les choses comme des sensations ou des id&#233;es semble ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme une r&#233;alit&#233; compl&#232;te. Ce doit donc &#234;tre en m&#234;me temps un empirisme absolu, car pour l' accomplissement de la mine vide , c'est-&#224;-dire pour la diff&#233;rence et tout son d&#233;veloppement et sa formation, sa raison a besoin d'une impulsion ext&#233;rieure, dans laquelle r&#233;side la diversit&#233; du sentiment ou de l'imagination. . Cet id&#233;alisme devient donc une ambigu&#239;t&#233; tout aussi contradictoire que le scepticisme, seulement que l'un s'exprime n&#233;gativement, l'autre exprime positivement, mais aussi peu ses pens&#233;es contradictoires de conscience pure que toute r&#233;alit&#233;, et &#233;galement d'impulsion &#233;trang&#232;re ou de sentiment sensuel. et l'imagination, comme de la m&#234;me r&#233;alit&#233;, mais au contraire se jette encore et encore de l'un &#224; l'autre et est entr&#233;e dans le mauvais, &#224; savoir dans l'infini sensoriel. Puisque la raison est toute r&#233;alit&#233; au sens de la mienne abstraite , et que l' autre lui est un &#233;tranger indiff&#233;rent , la connaissance de la raison d'autrui est pos&#233;e en elle, qui appara&#238;t comme mienne, la perception et l' entendement qui comprend ce qui est signifi&#233; et per&#231;u . En m&#234;me temps, une telle connaissance n'est pas une vraie connaissance, affirm&#233;e par le concept m&#234;me de cet id&#233;alisme, car seule l'unit&#233; de l'aperception est la v&#233;rit&#233; de la connaissance. La raison pure de cet id&#233;alisme est donc renvoy&#233;e par elle-m&#234;me vers le savoir qui n'est pas un savoir pour parvenir &#224; cet autre qui lui est essentiel , c'est-&#224;-dire l' en-soi , mais qu'elle n'a pas en soi. de v&#233;rit&#233; ; De cette fa&#231;on, elle se condamne avec connaissance et volont&#233; &#224; une connaissance fausse et ne peut renoncer &#224; penser et &#224; percevoir, qui n'ont pas de v&#233;rit&#233; pour elle-m&#234;me. Il est en contradiction directe d'affirmer un d&#233;doublement absolument oppos&#233; comme l'essence, l' unit&#233; de l'aperception et aussi la chose , qui, m&#234;me s'il s'agit d'un &#233;lan &#233;tranger , ou d'une essence empirique , ou d' une sensualit&#233; , ou d'une chose en soiest appel&#233;, dans son concept la m&#234;me chose reste &#233;trang&#232;re &#224; cette unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet id&#233;alisme est dans cette contradiction parce qu'il affirme le concept abstrait de la raison comme la v&#233;rit&#233; ; c'est pourquoi la r&#233;alit&#233; surgit imm&#233;diatement autant que la r&#233;alit&#233;, qui n'est plut&#244;t pas la r&#233;alit&#233; de la raison, alors que la raison devrait en m&#234;me temps &#234;tre toute r&#233;alit&#233; ; Cela reste une recherche agit&#233;e, qui, dans la recherche elle-m&#234;me, d&#233;clare la satisfaction de trouver absolument impossible. &#8211; Mais la vraie raison n'est pas si incoh&#233;rente ; mais seulement la certitude d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233;, dans ce concept il est conscient de lui-m&#234;me comme une certitude , qu'en tant que Je, il n'est pas encore la r&#233;alit&#233; en v&#233;rit&#233;, et est pouss&#233; &#224; &#233;lever sa certitude au rang de v&#233;rit&#233; et &#224; accomplir la mienne vide .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une&lt;br class='autobr' /&gt;
raison observationnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons maintenant cette conscience, dans laquelle &#234;tre a le sens d' &#234;tre , entrer &#224; nouveau dans la pens&#233;e et la perception, mais non pas comme dans la certitude d' un autre , mais avec la certitude d'&#234;tre cet autre lui-m&#234;me. Auparavant, il lui &#233;tait seulement possible de percevoir et d'exp&#233;rimenter certaines choses ; ici, il repr&#233;sente les observations et l'exp&#233;rience elle-m&#234;me. L'opinion et la perception, qui &#233;taient auparavant suspendues pour nous, sont maintenant suspendues par la conscience pour elles-m&#234;mes ; la raison vise &#224; conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; ; trouver comme concept ce qui est une chose &#224; penser et &#224; percevoir, c'est-&#224;-dire n'avoir dans la chosit&#233; que la conscience d'elle-m&#234;me. La raison a donc d&#233;sormais un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans le monde car elle est la certitude d'y &#234;tre pr&#233;sente ou que le pr&#233;sent est rationnel. Il cherche son autre, sachant qu'il n'a rien d'autre que lui-m&#234;me ; il ne cherche que son propre infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne se soup&#231;onnant d'abord que dans la r&#233;alit&#233;, ou ne la connaissant que comme sienne , elle passe en ce sens &#224; la possession g&#233;n&#233;rale de la propri&#233;t&#233; qui lui est assur&#233;e, et plante le signe de sa souverainet&#233; sur toutes les hauteurs et dans toutes les profondeurs. Mais cette mine superficielle n'est pas leur int&#233;r&#234;t ultime ; La joie de cette possession g&#233;n&#233;rale se trouve dans sa propri&#233;t&#233; par l'autre &#233;tranger que la raison abstraite n'a pas en elle-m&#234;me. La raison se per&#231;oit comme un &#234;tre plus profond, parce que le Je pur est et doit exiger que la diff&#233;rence, l' &#234;tre diversifi&#233; lui devienne comme le sien, qu'elle se per&#231;oive comme r&#233;alit&#233; et se trouve pr&#233;sente comme forme et chose. Mais si la raison fouille dans tous les entrailles des choses et ouvre toutes leurs veines pour en sortir, alors elle n'atteindra pas ce bonheur, mais doit d'abord s'&#234;tre perfectionn&#233;e pour pouvoir ensuite en &#233;prouver la perfection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience observe ; Autrement dit, la raison veut se trouver et se poss&#233;der comme un objet existant, comme une mani&#232;re r&#233;elle et sensuellement pr&#233;sente . La conscience de cette observation veut dire et dit qu'elle ne veut pas &#233;prouver elle-m&#234;me , mais au contraire l'essence des choses en tant que choses . Si cette conscience veut dire et dit cela, c'est parce qu'elle est la raison , mais la raison en tant que telle n'est pas encore pour elle un objet. Si la raison savait qu'elle est la m&#234;me essence des choses et d'elle-m&#234;me, et qu'elle ne peut &#234;tre pr&#233;sente dans la conscience que sous sa forme propre, elle descendrait plut&#244;t dans sa propre profondeur et la chercherait l&#224;-dedans que dans les choses. S'il l'avait trouv&#233; l&#224;-dedans, il serait alors renvoy&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; pour en regarder l'expression sensuelle, mais il la prendrait imm&#233;diatement essentiellement comme un concept . La raison, telle qu'elle appara&#238;t directement comme la certitude de la conscience d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233;, prend sa r&#233;alit&#233; dans le sens de l' imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre , et aussi l'unit&#233; du moi avec cet &#234;tre objectif dans le sens d'une unit&#233; imm&#233;diate dans laquelle elle est la moments d'&#234;tre et je n'ai pas encore &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s et r&#233;unis, ou qu'elle n'a pas encore reconnu. Elle aborde donc les choses comme une conscience observatrice, estimant qu'elle les per&#231;oit v&#233;ritablement comme des choses sensuelles, oppos&#233;es &#224; l'ego ; mais leurs actions r&#233;elles contredisent cette opinion ; car il reconna&#238;t les choses, il transforme leur sensualit&#233; en concepts , c'est-&#224;-dire en un &#234;tre qui est en m&#234;me temps moi, pensant ainsi en une pens&#233;e existante, ou l'&#234;tre en un &#234;tre pens&#233;, et affirme en fait que les choses n'ont de v&#233;rit&#233; que comme notions. Pour cette conscience observatrice, cela devient seulement ce que sont les choses , mais pour nous ce qu'elles sont elles-m&#234;mes ; Mais le r&#233;sultat de son mouvement sera de devenir pour lui-m&#234;me ce qu'il est en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action de la raison observatrice doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans les moments de son mouvement, car elle prend en compte la nature, l'esprit et enfin la relation entre les deux en tant qu'&#234;tre sensuel et se cherche elle-m&#234;me comme r&#233;alit&#233; vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude et v&#233;rit&#233; de la raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une raison observationnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Observation de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la conscience irr&#233;fl&#233;chie d&#233;clare l'observation et l'exp&#233;rience comme la source de la v&#233;rit&#233;, ses paroles peuvent sembler comme s'il s'agissait uniquement de go&#251;ter, de sentir, de sentir, d'entendre et de voir ; Dans le z&#232;le avec lequel il recommande de go&#251;ter, de sentir, etc., il oublie de dire qu'il a en fait d&#233;j&#224; d&#233;termin&#233; l'objet de ce sentiment tout aussi essentiellement, et que cette d&#233;termination lui est au moins aussi importante que ce sentiment. Il admettra aussi imm&#233;diatement qu'il ne se pr&#233;occupe pas seulement de la perception et, par exemple, n'acceptera pas la perception que ce canif se trouve &#224; c&#244;t&#233; de cette tabati&#232;re comme une observation. Ce qui est per&#231;u doit au moins avoir une signification g&#233;n&#233;rale et non sensorielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce g&#233;n&#233;ral n'est que ce qui reste le m&#234;me ; son mouvement n'est que la r&#233;p&#233;tition uniforme de la m&#234;me action. La conscience, qui ne trouve dans l'objet que l'universalit&#233; ou le sens abstrait , doit prendre sur elle le mouvement r&#233;el de l'objet ; Puisqu'il n'est pas encore son esprit, c'est du moins sa m&#233;moire, qui exprime d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale ce qui n'est pr&#233;sent dans la r&#233;alit&#233; que d'une mani&#232;re particuli&#232;re. Cet &#233;loignement superficiel de l'individuel, et cette forme &#233;galement superficielle de l'universalit&#233;, o&#249; le sensible ne fait qu'&#234;tre absorb&#233; sans &#234;tre devenu universel en soi, la description des choses n'a pas de mouvement dans l'objet lui-m&#234;me ; Au contraire, ce n'est que dans la description. Le sujet tel que d&#233;crit a donc perdu tout int&#233;r&#234;t ; Si l'une est d&#233;crite, il faut en entreprendre une autre et toujours la chercher, pour que la description ne s'&#233;puise pas. S'il n'est plus si facile de trouver de nouvelles choses enti&#232;res , il faut alors revenir &#224; celles d&#233;j&#224; trouv&#233;es, les diviser davantage, les d&#233;monter et y d&#233;couvrir de nouveaux aspects de la chose. Cet instinct agit&#233; et agit&#233; ne peut jamais manquer de mati&#232;re ; Trouver une nouvelle esp&#232;ce distingu&#233;e, voire une nouvelle plan&#232;te, qui, bien qu'individuelle, ait le caract&#232;re d'un universel, ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; que par les plus chanceux. Mais les limites de ce qui se distingue comme l'&#233;l&#233;phant, le ch&#234;ne, l'or , ce qui est genre et esp&#232;ce , passe par de nombreuses &#233;tapes jusqu'&#224; la sp&#233;cialisation infinie des animaux et des plantes chaotiques, des esp&#232;ces de montagne ou des m&#233;taux qui ne peuvent &#234;tre que repr&#233;sent&#233;s. par la force et l'art, la Terre, etc. Dans ce domaine d'ind&#233;termination du g&#233;n&#233;ral, o&#249; la particularit&#233; se rapproche &#224; nouveau de l'isolement et y descend ici et l&#224; compl&#232;tement, s'ouvre une r&#233;serve in&#233;puisable d'observation et de description. Mais ici, o&#249; s'ouvre &#224; lui un champ indubitable, &#224; la limite de l'universel, au lieu d'une richesse incommensurable, il ne peut avoir trouv&#233; que les limites de la nature et de ses propres actions ; Il ne peut plus savoir si ce qui semble &#234;tre en soi n'est pas un accident ; Ce qui porte la marque d'une structure confuse ou immature, faible, &#224; peine en train de se d&#233;velopper en raison d'une ind&#233;termination &#233;l&#233;mentaire, ne peut m&#234;me pas pr&#233;tendre &#234;tre d&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette recherche et cette description semblent porter uniquement sur des choses, alors nous ne voyons pas qu'elles se poursuivent par la perception sensorielle , mais plut&#244;t ce par quoi les choses sont reconnues est plus important pour lui que le reste des propri&#233;t&#233;s sensorielles que la chose elle-m&#234;me ne peut pas. se passer, mais dont la conscience se passe. Par cette distinction entre l' essentiel et le non essentiel, le concept s'&#233;l&#232;ve au-dessus de la distraction sensuelle, et la cognition explique qu'il est au moins aussi essentiel &#224; lui-m&#234;me qu'&#224; l'action. Avec cette double essentialit&#233;, il devient incertain si ce qui est essentiel et n&#233;cessaire &#224; la cognition l'est aussi dans les choses . D'une part, les caract&#233;ristiques sont uniquement destin&#233;es &#224; servir de moyen de reconnaissance des choses, donc de les distinguer les unes des autres ; Mais d'autre part, ce n'est pas le caract&#232;re inessentiel des choses qui est reconnu, mais plut&#244;t ce par quoi elles rompent avec la continuit&#233; g&#233;n&#233;rale de l'&#234;tre en g&#233;n&#233;ral, se s&#233;parent des autres et sont pour elles-m&#234;mes . Les caract&#233;ristiques ne doivent pas seulement avoir un rapport essentiel avec la connaissance, mais aussi avec les d&#233;terminations essentielles des choses, et le syst&#232;me artificiel doit correspondre au syst&#232;me de la nature elle-m&#234;me et ne faire que l'exprimer. Cela est n&#233;cessaire du point de vue du concept de raison, et l'instinct de la raison - car il ne se comporte comme tel que dans cette observation - a &#233;galement r&#233;alis&#233; cette unit&#233; dans ses syst&#232;mes, o&#249; ses objets eux-m&#234;mes sont tels qu'ils ont une essentialit&#233; ou un pour-avoir. soi-m&#234;me en eux, et ne sont pas seulement un accident de ce moment ou de ceci ici . Les traits distinctifs des animaux, par exemple, proviennent de leurs griffes et de leurs dents ; car en fait, ce n'est pas seulement la connaissance qui distingue un animal d'un autre ; mais l'animal s'excr&#233;te ainsi ; gr&#226;ce &#224; ces armes, il se maintient pour lui-m&#234;me et s&#233;par&#233; du g&#233;n&#233;ral. La plante, en revanche, ne vient pas &#224; &#234;tre pour elle-m&#234;me , mais touche seulement la limite de l'individualit&#233; ; &#192; cette fronti&#232;re, o&#249; elle appara&#238;t comme une division en genres, elle a donc &#233;t&#233; accept&#233;e et diff&#233;renci&#233;e. Mais ce qui est plus bas ne peut plus se distinguer d'autre chose, mais se perd en entrant en opposition. &#202;tre au repos et &#234;tre proportionn&#233;entre en conflit les uns avec les autres, la chose est un peu diff&#233;rente chez celui-ci que chez celui-l&#224;, puisque, d'autre part, l'individu est cette mani&#232;re de se maintenir par rapport &#224; l'autre. Mais ce qui ne peut pas faire cela et devient chimiquement quelque chose de diff&#233;rent de ce qu'il est empiriquement , confond la connaissance et l'entra&#238;ne dans le m&#234;me d&#233;bat quant &#224; savoir si elle doit rester d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, puisque la chose elle-m&#234;me n'est pas quelque chose de constant, et ils tombent. &#224; part sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de tels syst&#232;mes d'auto-constance g&#233;n&#233;rale, cela signifie qu'il s'agit tout autant de l'auto-constance de la cognition que des choses elles-m&#234;mes. Mais cet &#233;ventail de d&#233;terminations constantes , dont chacune d&#233;crit calmement la s&#233;rie de sa progression et dispose d'un espace pour s'exprimer, se fond essentiellement dans son contraire, dans la confusion de ces d&#233;terminations ; car le caract&#232;re, la d&#233;termination g&#233;n&#233;rale, est l'unit&#233; du contraire, du d&#233;termin&#233; et de l'universel en soi ; Il faut donc qu'elle diverge dans cette opposition. Si, d'une part, la d&#233;termination conquiert l'universel dans lequel elle a son essence, alors, d'autre part, celui-ci maintient aussi sa domination sur lui, pousse la d&#233;termination jusqu'&#224; ses limites, m&#233;langeant ainsi ses diff&#233;rences et ses essentiels. L'observation, qui les a tenus bien s&#233;par&#233;s et qu'on croyait avoir quelque chose de solide, voit les autres franchir un principe, se former des transitions et des confusions, et en cela se relier ce qu'elle croyait d'abord &#234;tre absolument s&#233;par&#233;, et s&#233;parer ce qu'elle a ajout&#233; ; de sorte que cette adh&#233;sion &#224; l'&#234;tre calme et constant doit se voir ici, surtout dans ses d&#233;terminations les plus g&#233;n&#233;rales, par exemple quelles sont les caract&#233;ristiques essentielles de l'animal, de la plante, avec des instances qui lui enl&#232;vent toute d&#233;termination, l'universalit&#233;. vers lequel il s'est &#233;lev&#233;, faites-le taire et remettez-le &#224; une observation et une description insens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette observation, qui se borne au simple ou &#224; la distraction sensuelle par le g&#233;n&#233;ral, trouve dans son objet la confusion de son principe , car le sp&#233;cifique doit, par sa nature, se perdre dans son contraire ; La raison doit plut&#244;t s'&#233;loigner de la d&#233;termination inerte , qui avait l'air de demeurer, pour l'observer telle qu'elle est r&#233;ellement, c'est-&#224;-dire se rapporter &#224; son contraire . Ce qu'on appelle les caract&#232;res essentiels sont des d&#233;terminations au repos qui, dans la mesure o&#249; elles s'expriment et sont comprises comme simples , ne repr&#233;sentent pas ce qui constitue leur nature, &#224; savoir les moments de disparition du mouvement de retrait. Alors que l'instinct rationnel cherche maintenant la d&#233;termination de sa nature, non pas &#233;tant essentiellement en soi, mais passant dans le contraire, il cherche la loi et le concept de celle-ci ; Certes, selon eux, en tant que r&#233;alit&#233; existante , celle-ci dispara&#238;tra effectivement de lui, et les aspects de la loi deviendront de purs moments ou abstractions, de sorte que la loi surgira dans la nature du concept, qui annihile l'existence indiff&#233;rente de la r&#233;alit&#233; sensible. lui-m&#234;me l'a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience observatrice, la v&#233;rit&#233; de la loi est dans l'exp&#233;rience , comme dans la mani&#232;re dont l'&#234;tre sensible est pour elle ; pas en soi. Mais si la loi n'a pas sa v&#233;rit&#233; dans le concept, alors c'est quelque chose d'accidentel, ce n'est pas une n&#233;cessit&#233;, ou en fait ce n'est pas une loi. Mais le fait qu'il soit essentiel en tant que concept non seulement ne contredit pas le fait qu'il existe pour l'observation, mais au contraire, il a une existence n&#233;cessaire et est destin&#233; &#224; l'observation. Le g&#233;n&#233;ral, au sens de g&#233;n&#233;ralit&#233; de la raison , est aussi g&#233;n&#233;ral dans le sens qu'il en a, qu'il se pr&#233;sente &#224; la conscience comme le pr&#233;sent et l'actuel, ou que le concept se pr&#233;sente &#224; la mani&#232;re d'une chose et d'un &#234;tre sensuel. ; &#8211; mais sans perdre sa nature et tomber dans une existence indolente ou une succession indiff&#233;rente. Ce qui est g&#233;n&#233;ralement valable l'est &#233;galement ; Ce qui est cens&#233; &#234;tre est en r&#233;alit&#233; , et ce qui est cens&#233; &#234;tre sans &#234;tre n'a pas de v&#233;rit&#233;. L'instinct de la raison, quant &#224; lui, s'y accroche &#224; juste titre et ne se laisse pas influencer par les choses de la pens&#233;e qui sont seulement cens&#233;es &#234;tre et comme avoir une v&#233;rit&#233;, m&#234;me si elles ne sont rencontr&#233;es dans aucune exp&#233;rience - simplement aussi peu par les hypoth&#232;ses que par toutes d'autres invisibilit&#233;s d'un perp&#233;tuel devraient confondre ; car la raison est pr&#233;cis&#233;ment cette certitude d'avoir la r&#233;alit&#233;, et ce qui n'est pas un &#234;tre-soi pour la conscience, c'est-&#224;-dire ce qui n'appara&#238;t pas, n'est rien du tout pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la v&#233;rit&#233; de la loi est essentiellement la r&#233;alit&#233; devient pour cette conscience, qui reste dans son observation, une opposition au concept, et &#224; ce qui est universel en soi, ou &#224; quelque chose comme sa loi, n'est pas un &#234;tre de raison. pour lui ; il pense qu'il contient quelque chose d'&#233;tranger . Mais il r&#233;fute lui-m&#234;me cette opinion par l'acte par lequel il ne prend pas lui-m&#234;me son universalit&#233; en ce sens que toutes les choses sensibles individuelles doivent lui avoir montr&#233; l'apparence de la loi pour pouvoir en affirmer la v&#233;rit&#233;. Le fait que les pierres, ramass&#233;es sur la terre et rel&#226;ch&#233;es, tombent ne n&#233;cessite pas que cette exp&#233;rience soit faite avec toutes les pierres ; On peut bien dire que cela a d&#251; au moins avoir &#233;t&#233; tent&#233; avec un tr&#232;s grand nombre de personnes, d'o&#249; les autres peuvent alors &#234;tre d&#233;duites avec la plus grande probabilit&#233;, ou en toute justice , par analogie . Mais non seulement l'analogie ne rend pas pleinement justice, mais, en raison de sa nature, elle se r&#233;fute si souvent que, &#224; en juger par l'analogie elle-m&#234;me, celle-ci ne permet de tirer aucune conclusion. La probabilit&#233; &#224; laquelle se r&#233;duirait le r&#233;sultat perd toute distinction entre probabilit&#233; inf&#233;rieure et probabilit&#233; sup&#233;rieure par rapport &#224; la v&#233;rit&#233; ; Qu'il soit aussi grand qu'il veut, ce n'est rien compar&#233; &#224; la v&#233;rit&#233;. Mais l'instinct de la raison suppose en r&#233;alit&#233; que de telles lois sont la v&#233;rit&#233; , et ce n'est que par rapport &#224; leur n&#233;cessit&#233;, qu'il ne reconna&#238;t pas, qu'il tombe dans cette distinction et r&#233;duit la v&#233;rit&#233; de la chose elle-m&#234;me &#224; la probabilit&#233;, afin d'&#233;viter la voie imparfaite. , dans lequel la v&#233;rit&#233; est pr&#233;sente pour la conscience qui n'a pas encore atteint l'aper&#231;u du concept pur ; car l'universalit&#233; n'existe que comme universalit&#233; simple et imm&#233;diate . Mais en m&#234;me temps, pour eux, la loi a la v&#233;rit&#233; pour conscience ; Le fait que la pierre tombe est vrai pour lui parce que la pierre est lourde pour lui , c'est-&#224;-dire parce que dans son poids elle a en elle le rapport essentiel avec la terre , qui s'exprime comme une chute. Ainsi, dans l'exp&#233;rience, il a l'&#234;tre de la loi, mais aussi la m&#234;me chose en tant que concept , et il ne lui est fid&#232;le qu'en raison des deux circonstances r&#233;unies ; Elle compte comme loi parce qu'elle se pr&#233;sente en apparence et est en m&#234;me temps un concept en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la loi est en m&#234;me temps un concept en soi , l'instinct rationnel de cette conscience se propose n&#233;cessairement de purifier la loi et ses &#233;l&#233;ments en concepts, mais sans savoir qu'il le veut . Il fait des exp&#233;riences sur la loi. Lorsque la loi appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, elle se pr&#233;sente impure, envelopp&#233;e par l'&#234;tre sensuel individuel, le concept qui constitue sa nature enfoui dans la mati&#232;re empirique. Dans ses tentatives, l'instinct rationnel vise &#224; d&#233;couvrir ce qui se passe dans telle ou telle circonstance. Cela semble seulement plonger davantage la loi dans l'&#234;tre sensuel ; mais cela s'y perd en r&#233;alit&#233;. Cette recherche a le sens intrins&#232;que de retrouver les conditions pures du droit ; ce qui ne veut rien dire d'autre, m&#234;me si la conscience qui s'exprime ainsi devait penser qu'elle dit autre chose que d'&#233;lever la loi enti&#232;rement &#224; la forme du concept et d'effacer tout lien de ses moments avec l'&#234;tre d&#233;termin&#233; . L'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative, par exemple, qui appara&#238;t initialement comme &#233;lectricit&#233; de r&#233;sine et positive comme &#233;lectricit&#233; de verre , perd compl&#232;tement ce sens au fil des exp&#233;riences et devient de l'&#233;lectricit&#233; purement positive et n&#233;gative , dont chacune n'appartient plus &#224; un type particulier de chose ; et il n'est plus possible de dire qu'il y a des corps qui sont &#233;lectriques positivement et d'autres qui sont &#233;lectriques n&#233;gativement. Le rapport entre acide et base et leur mouvement l'un par rapport &#224; l'autre constitue &#233;galement une loi dans laquelle ces oppos&#233;s apparaissent comme des corps. Mais ces choses s&#233;par&#233;es n'ont aucune r&#233;alit&#233; ; la violence qui les d&#233;chire ne peut pas les emp&#234;cher de r&#233;int&#233;grer imm&#233;diatement un proc&#232;s ; parce qu'ils ne sont que cette relation. Ils ne peuvent pas rester seuls comme une dent ou une griffe et &#234;tre signal&#233;s ainsi. Le fait que telle soit leur essence, passer directement en produit neutre, fait de leur &#234;tre quelque chose d'aboli en soi, ou quelque chose de g&#233;n&#233;ral, et l'acide et la base n'ont de v&#233;rit&#233; que comme &#233;tant g&#233;n&#233;rales . Ainsi, tout comme le verre et la r&#233;sine peuvent &#234;tre &#233;lectriques &#224; la fois positivement et n&#233;gativement, l'acide et la base ne sont pas li&#233;s en tant que propri&#233;t&#233;s &#224; telle ou telle r&#233;alit&#233; , mais chaque chose n'est que relative.acide ou basique ; Ce qui semble &#234;tre une base ou un acide d&#233;fini prend le sens oppos&#233; &#224; un autre dans ce qu'on appelle la synsomatie. &#8211; Le r&#233;sultat des exp&#233;riences abolit ainsi les moments ou enthousiasmes comme propri&#233;t&#233;s de certaines choses et lib&#232;re les pr&#233;dicats de leurs sujets. Ces pr&#233;dicats, tels qu'ils sont r&#233;ellement, ne se trouvent que comme des pr&#233;dicats g&#233;n&#233;raux ; Pour cette ind&#233;pendance, on leur donne le nom de mati&#232;re , qui n'est ni corps ni propri&#233;t&#233;s, et on se garde bien d'appeler oxyg&#232;ne, etc., &#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative, chaleur, etc., corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re , en revanche, n'est pas une chose existante , mais plut&#244;t un &#234;tre en tant qu'universel ou sous la forme d'un concept. La raison, qui est encore instinct, fait cette juste distinction sans se rendre compte qu'en appliquant la loi &#224; tout &#234;tre sensible, elle abolit son &#234;tre purement sensuel, et, en concevant ses moments comme mati&#232;re , s'approprie leur essence devenue g&#233;n&#233;rale. et dans cette expression s'exprime comme un sensuel insensible, comme un &#234;tre d&#233;sincarn&#233; et pourtant objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit maintenant quelle tournure prend pour lui son r&#233;sultat et quelle forme nouvelle son observation prend avec lui. Comme v&#233;rit&#233; de cette conscience &#233;prouvante, nous voyons la loi pure, qui se lib&#232;re de l'&#234;tre sensuel, nous la voyons comme un concept pr&#233;sent dans l'&#234;tre sensuel, mais qui se d&#233;place en lui de mani&#232;re ind&#233;pendante et non li&#233;e, et qui y est immerg&#233;, libre de lui. et un concept simple . Celui-ci, qui est en v&#233;rit&#233; le r&#233;sultat et l'essence , appara&#238;t maintenant &#224; cette conscience elle-m&#234;me, mais comme un objet , pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il n'est pas le r&#233;sultat pour elle et sans rapport avec le mouvement pr&#233;c&#233;dent, comme un type particulier d'objet, et son relation avec cela comme un autre type d'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel objet, qui contient le processus dans la simplicit&#233; du concept, est l' organique . C'est cette fluidit&#233; absolue dans laquelle se dissout la d&#233;termination par laquelle elle n'existerait que pour autrui . Si la chose inorganique a la d&#233;termination comme partie de son essence, et donc seulement avec une autre chose, elle constitue la compl&#233;tude des moments du concept, et se perd donc dans le mouvement ; D'autre part, toutes les d&#233;terminations de l'&#234;tre organique, par lesquelles il s'ouvre aux autres choses, sont li&#233;es sous la simple unit&#233; organique ; personne n'appara&#238;t comme essentiel qui se rapporte librement &#224; autre chose ; et l'organique se maintient donc dans sa relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspects de la loi que l'instinct rationnel observe ici sont, comme il ressort de cette d&#233;termination, avant tout la nature organique et la nature inorganique dans leurs relations r&#233;ciproques. Pour l'organique, cette derni&#232;re est pr&#233;cis&#233;ment la libert&#233; des d&#233;terminations non li&#233;es , &#224; l'oppos&#233; de son simple concept , dans lequel la nature individuelle est simultan&#233;ment dissoute et de la continuit&#233; de laquelle elle se s&#233;pare simultan&#233;ment et est pour elle-m&#234;me . L'air, l'eau, la terre, les zones et le climat sont des &#233;l&#233;ments g&#233;n&#233;raux qui constituent l'essence ind&#233;finie et simple des individualit&#233;s et dans lesquels ils se refl&#232;tent en m&#234;me temps en eux-m&#234;mes. Ni l'individualit&#233; n'est absolue en elle-m&#234;me ni &#233;l&#233;mentaire, mais dans la libert&#233; ind&#233;pendante dans laquelle elles se pr&#233;sentent l'une envers l'autre pour l'observation, elles se comportent en m&#234;me temps comme des relations essentielles , mais de telle mani&#232;re que l'ind&#233;pendance et l'indiff&#233;rence de l'une et de l'autre l'un envers l'autre est la chose dominante et ne passe que partiellement &#224; l'abstraction. Ici donc, la loi existe comme rapport d'un &#233;l&#233;ment &#224; la formation de l'organique, qui tant&#244;t a l'&#234;tre &#233;l&#233;mentaire par rapport &#224; lui-m&#234;me, tant&#244;t le repr&#233;sente dans son reflet organique. Mais de telles lois , selon lesquelles les animaux qui appartiennent &#224; l'air sont de la nature des oiseaux, qui sont de la nature des oiseaux, qui sont de la nature des poissons, les animaux nordiques ont une fourrure &#233;paisse, etc., montrent imm&#233;diatement une pauvret&#233; que la diversit&#233; organique ne fait pas. correspond. De plus, le fait que la libert&#233; organique sache priver ces d&#233;terminations de leurs formes et offre n&#233;cessairement des exceptions &#224; de telles lois ou r&#232;gles, comme on voudrait les appeler, reste une d&#233;termination tellement superficielle chez ceux qui en rel&#232;vent l'expression de sa n&#233;cessit&#233;. ne peut en &#234;tre autrement, et ne l'am&#232;ne pas au-del&#224; de la grande influence ; de sorte qu'on ne sait pas ce qui appartient r&#233;ellement &#224; cette influence et ce qui n'en fait pas partie. De telles relations entre l'organique et l'&#233;l&#233;mentaire ne peuvent en fait pas &#234;tre appel&#233;es lois , car en partie, comme nous nous en souvenons, une telle relation n'&#233;puise pas la port&#233;e de l'organique en termes de contenu, mais en partie les moments de la relation eux-m&#234;mes restent indiff&#233;rents &#224; les uns les autres et n'expriment aucun besoin. Dans le concept d'acide r&#233;side le concept de base, tout comme dans le concept de positif il y a l'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative ; Mais tout autant l'&#233;paisse fourrure du nord, ou la structure des poissons avec l'eau, la structure des oiseaux avec l'air.peut &#234;tre rencontr&#233; , le concept du nord ne contient pas le concept de cheveux &#233;pais, la mer ne contient pas le concept de structure des poissons, l'air ne contient pas le concept de structure des oiseaux. En raison de cette libert&#233; des deux c&#244;t&#233;s l'un envers l'autre, il existe aussi des animaux terrestres qui pr&#233;sentent les caract&#232;res essentiels d'un oiseau, d'un poisson, etc. La n&#233;cessit&#233;, parce qu'elle ne peut &#234;tre comprise comme quelque chose d'int&#233;rieur &#224; l'&#234;tre, cesse &#233;galement d'avoir une existence sensuelle et ne peuvent plus &#234;tre observ&#233;s dans la r&#233;alit&#233;, mais en ont &#233;merg&#233;. Ne se trouvant pas dans l'&#234;tre r&#233;el lui-m&#234;me, c'est ce qu'on appelle une relation t&#233;l&#233;ologique, une relation qui est ext&#233;rieure &#224; la relation et qui est donc plut&#244;t &#224; l'oppos&#233; d'une loi. C'est la pens&#233;e compl&#232;tement lib&#233;r&#233;e de la nature n&#233;cessaire, qui la quitte et se d&#233;place d'elle-m&#234;me au-dessus d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la relation mentionn&#233;e pr&#233;c&#233;demment entre la nature organique et la nature &#233;l&#233;mentaire n'exprime pas son essence, alors elle est contenue dans le concept de finalit&#233; . Pour cette conscience observatrice, ce n'est pas l' essence propre de l'organique, mais cela se situe en dehors de lui et n'est alors que cette relation t&#233;l&#233;ologique externe. Mais comme l'organique a &#233;t&#233; pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;, il est en fait le v&#233;ritable but lui-m&#234;me ; car en ce qu'elle se maintient par rapport aux autres choses , elle est pr&#233;cis&#233;ment cet &#234;tre naturel dans lequel la nature se refl&#232;te dans le concept et les moments d'une cause et d'un effet, d'un actif et d'un souffrant, s&#233;par&#233;s par n&#233;cessit&#233;, en un seul. pris ensemble ; de sorte que quelque chose n'appara&#238;t pas ici simplement par n&#233;cessit&#233; ; mais, parce qu'il est rentr&#233; en lui-m&#234;me, le dernier ou le r&#233;sultat est tout autant le premier , qui commence le mouvement et est le but qu'il r&#233;alise. L'organique ne produit pas quelque chose, mais se maintient seulement , ou bien ce qui est produit est d&#233;j&#224; l&#224; au moment o&#249; il est produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;termination est &#224; discuter plus en d&#233;tail telle qu'elle est en elle-m&#234;me et telle qu'elle est pour l'instinct rationnel afin de voir comment il s'y retrouve mais ne se reconna&#238;t pas dans ce qu'il trouve. Le concept de but auquel s'&#233;l&#232;ve la raison observatrice, en tant que concept conscient , est donc pr&#233;sent tout autant que quelque chose de r&#233;el ; et ce n'est pas seulement une relation ext&#233;rieure de celui-ci, mais son essence . Ce r&#233;el, qui est lui-m&#234;me une fin, se rapporte convenablement &#224; autre chose, c'est-&#224;-dire que son rapport est contingent, d'apr&#232;s ce que l'un et l'autre sont imm&#233;diats ; Tous deux sont imm&#233;diatement ind&#233;pendants et indiff&#233;rents l'un &#224; l'autre. Mais l'essence de leur relation est diff&#233;rente de ce qu'ils semblent &#234;tre, et leurs actions ont une signification diff&#233;rente de celle qu'elles ont imm&#233;diatement pour la perception sensorielle ; La n&#233;cessit&#233; est cach&#233;e dans ce qui arrive et ne se montre qu'&#224; la fin , mais de telle sorte que cette fin m&#234;me montre qu'elle fut aussi la premi&#232;re. Mais la fin montre cette priorit&#233; d'elle-m&#234;me dans la mesure o&#249; rien ne sort du changement apport&#233; par l'action autre que ce qui &#233;tait d&#233;j&#224;. Ou bien, si l'on part du premier, alors &#224; la fin ou dans le r&#233;sultat de ses actions, il ne fait que revenir &#224; lui-m&#234;me ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment ainsi qu'il se r&#233;v&#232;le &#234;tre quelque chose qui a atteint sa fin, c'est-&#224;-dire qu'il est d&#233;j&#224; revenu &#224; soi d'abord, ou qu'il est en et pour soi . Ce qu'il r&#233;alise par le mouvement de ses actions, c'est lui-m&#234;me ; et le fait qu'il ne s'atteigne qu'&#224; lui-m&#234;me est son sentiment de soi . La diff&#233;rence entre ce qu'elle est et ce qu'elle recherche est bien pr&#233;sente, mais ce n'est que l' apparence d'une diff&#233;rence , et cela signifie qu'elle est un concept en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la conscience de soi est &#233;galement con&#231;ue pour se distinguer d'elle-m&#234;me de telle mani&#232;re qu'en m&#234;me temps aucune diff&#233;rence n'apparaisse. Ainsi, en observant la nature organique, il ne trouve rien d'autre que cet &#234;tre ; il se trouve comme chose, comme vie , mais il fait n&#233;anmoins une distinction entre ce qu'il est lui-m&#234;me et ce qu'il a trouv&#233;, qui pourtant n'est pas. De m&#234;me que l'instinct de l'animal cherche de la nourriture et la consomme, mais ne produit rien d'autre que lui-m&#234;me, de m&#234;me l'instinct de la raison ne trouve que lui-m&#234;me dans sa recherche. L'animal finit par se sentir soi-m&#234;me. L'instinct rationnel, au contraire, est en m&#234;me temps conscience de soi ; mais parce qu'il n'est qu'instinct, il se place d'un c&#244;t&#233; par rapport &#224; la conscience et a en elle son contraire. Sa satisfaction est donc divis&#233;e par ceci : il se trouve, &#224; savoir le but , et aussi ce but en tant que chose . Mais le but lui incombe d'abord en dehors de la chose qui se pr&#233;sente comme but. Deuxi&#232;mement, cette fin en tant que fin est en m&#234;me temps objective , et donc elle ne lui vient pas en elle-m&#234;me en tant que conscience, mais dans une autre compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on y regarde de plus pr&#232;s, cette d&#233;termination r&#233;side aussi dans le concept de la chose, qu'elle est une fin en soi . C'est-&#224;-dire qu'il se conserve ; c'est-&#224;-dire qu'en m&#234;me temps il est dans sa nature de dissimuler la n&#233;cessit&#233; et de la pr&#233;senter sous la forme d' une relation accidentelle ; car sa libert&#233; ou son &#234;tre-pour-soi est pr&#233;cis&#233;ment cela, se comporter comme quelque chose d'indiff&#233;rent &#224; ce qui est n&#233;cessaire ; Il se pr&#233;sente donc comme quelque chose dont le concept &#233;chappe &#224; son &#234;tre. De la m&#234;me mani&#232;re, la raison a la n&#233;cessit&#233; de consid&#233;rer son propre concept comme &#233;tant ext&#233;rieur &#224; elle-m&#234;me, comme une chose , comme quelque chose qui lui est indiff&#233;rent, et qui est par l&#224; mutuellement indiff&#233;rent &#224; elle et &#224; son concept . Comme instinct, il reste aussi dans cet &#234;tre ou indiff&#233;rence , et la chose qui exprime le concept reste autre que ce concept, le concept autre que la chose. Ainsi, pour eux, la chose organique n'est qu'une fin en soi, de telle sorte que la n&#233;cessit&#233;, qui se pr&#233;sente comme cach&#233;e dans son action, en ce sens que l'auteur s'y comporte comme un &#234;tre indiff&#233;rent &#224; elle-m&#234;me, tombe en dehors de l'organique lui-m&#234;me. &#8211; Mais comme l'organique, comme fin en soi, ne peut se comporter autrement que comme tel, cela aussi appara&#238;t et est pr&#233;sent aux sens, qu'il est une fin en soi, et il s'observe ainsi. L'organique se pr&#233;sente comme quelque chose qui se soutient et revient et revient &#224; lui-m&#234;me . Mais dans cet &#234;tre, cette conscience observatrice ne reconna&#238;t pas le concept de but, ni le fait que le concept de but n'existe pas ailleurs dans une compr&#233;hension, mais existe ici et est en tant que chose. Cela fait une diff&#233;rence entre la notion de but et entre &#234;tre pour soi et se maintenir, ce qui n'est ni l'un ni l'autre. Le fait qu'il ne soit pas un n'est pas pour lui, mais plut&#244;t une action qui semble accidentelle et indiff&#233;rente &#224; ce qui en r&#233;sulte, et &#224; l'unit&#233; qui lie les deux ensemble - cette action et ce but s'effondrent pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conception, ce qui appartient &#224; l'organique lui-m&#234;me, c'est l'action qui se situe entre son premier et son dernier, dans la mesure o&#249; elle poss&#232;de en elle le caract&#232;re d'individualit&#233;. Mais l'action, dans la mesure o&#249; elle a le caract&#232;re d'universalit&#233; et o&#249; le faire est assimil&#233; &#224; ce qui en est produit, l'action intentionnelle en tant que telle, n'en ferait pas partie. Cette action individuelle qui n'est qu'un moyen rel&#232;ve, par son individualit&#233;, de la d&#233;termination d'une n&#233;cessit&#233; tout &#224; fait individuelle ou accidentelle. Ce que fait l'organique pour se pr&#233;server en tant qu'individu ou en tant qu'esp&#232;ce est donc totalement ill&#233;gal en termes de contenu imm&#233;diat, car l'universel et le concept en &#233;chappent. Son action serait donc une activit&#233; vide de sens, sans contenu en soi ; Ce ne serait m&#234;me pas l'efficacit&#233; d'une machine, car elle a un but et son efficacit&#233; a donc un certain contenu. Ainsi d&#233;sert&#233;e de l'universel, elle serait l'activit&#233; d'un seul &#234;tre comme &#233;tant , c'est-&#224;-dire non r&#233;fl&#233;chie simultan&#233;ment en soi, comme celle d'un acide ou d'une base ; une efficacit&#233; qui ne saurait se s&#233;parer de son existence imm&#233;diate, ni y renoncer, qui se perd dans le rapport &#224; son contraire, mais qui pourrait encore se pr&#233;server. Mais l'&#234;tre, dont l'effectivit&#233; est celle consid&#233;r&#233;e ici, se pose comme une chose qui se maintient dans son rapport &#224; son contraire ; l'activit&#233; comme telle n'est rien d'autre que la forme pure et insubstantielle de son &#234;tre-pour-soi, et sa substance, qui n'est pas seulement un &#234;tre d&#233;termin&#233; mais l'universel, sa finalit&#233; n'en sort pas ; C'est une activit&#233; qui retourne en elle-m&#234;me et n'est pas dirig&#233;e vers elle-m&#234;me par quelque chose d'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette unit&#233; de l'universalit&#233; et de l'activit&#233; n'est pas pour cette conscience observatrice , parce que cette unit&#233; est essentiellement le mouvement int&#233;rieur de l'organique et ne peut &#234;tre comprise que comme un concept ; Mais l'observation cherche les moments sous forme d'&#234;tre et de rester ; et parce que le tout organique est essentiellement ceci, qu'il ne contient pas les moments et ne peut s'y trouver, la conscience, selon elle, transforme le contraire en celui qui lui convient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#234;tre organique surgit pour lui comme un rapport entre deux moments existants et fixes - une opposition dont les deux faces semblent lui &#234;tre donn&#233;es d'une part dans l'observation, et d'autre part, en termes de leur contenu exprime l'opposition du concept organique de finalit&#233; et de r&#233;alit&#233; ; mais parce que le concept en tant que tel en a &#233;t&#233; effac&#233;, d'une mani&#232;re sombre et superficielle, o&#249; la pens&#233;e a sombr&#233; dans la repr&#233;sentation. Ainsi nous voyons le premier compris grossi&#232;rement sous l' interne , l'autre sous l' externe , et leur relation produit la loi selon laquelle l'externe est l'expression de l'interne .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde de plus pr&#232;s cet int&#233;rieur avec son contraire et ses relations l'un avec l'autre, il appara&#238;t que, tout d'abord, les deux faces de la loi ne se lisent plus comme dans les lois ant&#233;rieures, dans lesquelles elles apparaissaient chacune comme des choses ind&#233;pendantes comme un corps sp&#233;cial, ni pour l'autre de la m&#234;me mani&#232;re que l'universel devrait avoir son existence ailleurs en dehors des &#234;tres . Au contraire, l'&#234;tre organique est fondamental, indivis, en tant que contenu de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, et le m&#234;me pour les deux ; L'opposition n'est donc que purement formelle, dont les faces r&#233;elles ont pour essence le m&#234;me en-soi , mais en m&#234;me temps, puisque l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur sont aussi une r&#233;alit&#233; oppos&#233;e et un &#234;tre diff&#233;rent &#224; observer , ils semblent chacun avoir leur propre contenu. Ce contenu particulier, puisqu'il s'agit de la m&#234;me substance ou unit&#233; organique, ne peut en fait en &#234;tre qu'une forme diff&#233;rente ; et cela est indiqu&#233; par la conscience observatrice dans la mesure o&#249; l'ext&#233;rieur n'est qu'une expression de l'int&#233;rieur. &#8211; Nous avons vu les m&#234;mes d&#233;terminations de la relation, &#224; savoir l'ind&#233;pendance indiff&#233;rente des diff&#233;rents, et en cela leur unit&#233;, dans laquelle ils disparaissent, dans la notion de finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut maintenant voir quelle forme l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur ont dans son &#234;tre. L'int&#233;rieur comme tel doit avoir un &#234;tre ext&#233;rieur et une forme tout autant que l'ext&#233;rieur comme tel, car il est un objet ou lui-m&#234;me pos&#233; comme &#233;tant et pr&#233;sent &#224; l'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance organique comme interne est l' &#226;me simple , le pur concept de finalit&#233; ou d' universel , qui dans sa division reste tout aussi liquide g&#233;n&#233;ral, et appara&#238;t donc dans son &#234;tre comme le faire ou le mouvement de la r&#233;alit&#233; en voie de disparition ; puisque, d'autre part, l' externe existe , &#224; l'oppos&#233; de l'interne existant, dans l' &#234;tre au repos de l'organique. La loi en tant que relation entre cet int&#233;rieur et cet ext&#233;rieur exprime ici son contenu, d'une part dans la repr&#233;sentation de moments g&#233;n&#233;raux ou d'entit&#233;s simples , et d'autre part dans la repr&#233;sentation de l'entit&#233; ou de la forme r&#233;alis&#233;e . Ces premi&#232;res propri&#233;t&#233;s organiques simples , pour les appeler ainsi, sont la sensibilit&#233;, l'irritabilit&#233; et la reproduction . Ces propri&#233;t&#233;s, du moins les deux premi&#232;res, ne semblent pas concerner l'organisme en g&#233;n&#233;ral, mais seulement l'animal. Le v&#233;g&#233;tatif n'exprime en r&#233;alit&#233; que le concept simple de l'organisme, qui ne d&#233;veloppe pas ses moments ; C'est pourquoi, &#224; leur &#233;gard, dans la mesure o&#249; ils sont destin&#233;s &#224; l'observation, il faut s'en tenir &#224; celui qui repr&#233;sente leur existence d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour eux, ils d&#233;coulent directement de la notion de fin en soi. Car la sensibilit&#233; en g&#233;n&#233;ral exprime le simple concept de r&#233;flexion organique en elle-m&#234;me, ou sa fluidit&#233; g&#233;n&#233;rale ; l' irritabilit&#233; mais l'&#233;lasticit&#233; organique pour se comporter de mani&#232;re r&#233;active dans la r&#233;flexion , et la prise de conscience oppos&#233;e au premier &#234;tre-en-soi calme , dans lequel cet &#234;tre-pour-soi abstrait est un &#234;tre pour les autres . Mais la reproduction est l'action de cet organisme tout entier r&#233;fl&#233;chie en lui-m&#234;me, son activit&#233; comme fin en soi ou comme esp&#232;ce , dans laquelle l'individu se repousse de lui-m&#234;me, soit en r&#233;p&#233;tant ses parties organiques, soit en produisant l'individu tout entier. Prise au sens d' autoconservation en g&#233;n&#233;ral, la reproduction exprime le concept formel de l'organique ou de la sensibilit&#233; ; mais c'est en r&#233;alit&#233; le concept organique r&#233;el, ou le tout , qui revient &#224; lui-m&#234;me en tant qu'individu, soit par la production de parties individuelles de lui-m&#234;me, soit en tant qu'esp&#232;ce par la production d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' autre signification de ces &#233;l&#233;ments organiques, &#224; savoir comme externes , est la mani&#232;re dont ils se forment , dans laquelle ils existent comme r&#233;els , mais en m&#234;me temps aussi comme parties g&#233;n&#233;rales ou syst&#232;mes organiques ; La sensibilit&#233; comme syst&#232;me nerveux, l'irritabilit&#233; comme syst&#232;me musculaire, la reproduction comme visc&#232;res de la pr&#233;servation de l'individu et de l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois particuli&#232;res de l'organique concernent donc une relation des moments organiques dans leur double sens, d'une part faisant partie de la formation organique , d'autre part &#233;tant une d&#233;termination fluide g&#233;n&#233;rale qui traverse tous ces syst&#232;mes. Dans l'expression d'une telle loi, par exemple, une certaine sensibilit&#233; en tant que moment de l' organisme tout entier aurait son expression dans un syst&#232;me nerveux sp&#233;cifiquement form&#233;, ou elle serait &#233;galement li&#233;e &#224; une certaine reproduction des parties organiques de l'individu ou reproduction de l'ensemble, etc. &#8211; Les deux faces d'une telle loi peuvent &#234;tre observ&#233;es . Selon son concept, l' ext&#233;rieur est l' &#234;tre pour autrui ; La sensibilit&#233;, par exemple, a sa forme directement r&#233;alis&#233;e dans le syst&#232;me sensible ; et en tant que propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, elle est &#233;galement objective dans ses expressions . Le c&#244;t&#233; appel&#233; int&#233;rieur a son propre c&#244;t&#233; ext&#233;rieur, qui est diff&#233;rent de ce qu'on appelle dans son ensemble l' ext&#233;rieur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait certes observer les deux faces d'une loi organique, mais non les lois de leurs relations ; et l'observation n'est pas suffisante parce que, en tant qu'observation , elle serait trop myope et ne devrait pas proc&#233;der de mani&#232;re empirique, mais devrait &#234;tre bas&#233;e sur l'id&#233;e ; car de telles lois, si elles &#233;taient quelque chose de r&#233;el, devraient effectivement exister et donc &#234;tre observables ; mais parce que l'id&#233;e de lois de ce genre s'av&#232;re n'avoir aucune v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation qui s'est produite pour une loi &#233;tait que la propri&#233;t&#233; organique g&#233;n&#233;rale d'un syst&#232;me organique s'&#233;tait transform&#233;e en une chose et avait son empreinte form&#233;e sur elle, de sorte que les deux &#233;taient le m&#234;me &#234;tre, pr&#233;sent comme un moment g&#233;n&#233;ral &#224; un moment donn&#233;, et comme un moment g&#233;n&#233;ral. une chose &#224; une autre. Mais en outre, le c&#244;t&#233; de l'int&#233;rieur est en soi une relation entre plusieurs c&#244;t&#233;s, et l'id&#233;e d'une loi, en tant que relation d'activit&#233;s ou de propri&#233;t&#233;s organiques g&#233;n&#233;rales les unes avec les autres, s'impose d'abord. La question de savoir si une telle chose est possible doit &#234;tre d&#233;cid&#233;e par la nature d'une telle propri&#233;t&#233;. Cependant, comme fluide g&#233;n&#233;ral, elle n'est pas quelque chose qui se limite selon la mani&#232;re d'une chose et qui est contenu dans la diff&#233;rence d'une existence qui devrait en constituer la forme, mais la sensibilit&#233; d&#233;passe le syst&#232;me nerveux et &#224; travers tous les autres syst&#232;mes de le tout dans l'organisme - c'est en partie un moment g&#233;n&#233;ral qui est essentiellement indivis et ins&#233;parable de la r&#233;action ou de l'irritabilit&#233; et de la reproduction. Parce qu'en tant que reflet en lui-m&#234;me, il y r&#233;agit. Seul se refl&#233;ter en soi est passivit&#233;, ou &#234;tre mort, non une sensibilit&#233;, tout aussi peu que l'action, qui est la m&#234;me chose qu'une r&#233;action, sans se refl&#233;ter en soi est irritabilit&#233;. Le reflet dans l'action ou la r&#233;action, et l'action ou la r&#233;action dans le reflet, est pr&#233;cis&#233;ment ce dont l'unit&#233; constitue l'organique, unit&#233; qui est synonyme de reproduction organique. Il s'ensuit que dans chaque aspect de la r&#233;alit&#233;, il doit y avoir la m&#234;me grandeur de sensibilit&#233; - si l'on consid&#232;re d'abord le rapport entre celle-ci et l'irritabilit&#233; - que l'irritabilit&#233;, et qu'un ph&#233;nom&#232;ne organique est compris et d&#233;termin&#233; tout autant selon l'un que l'autre. selon l'autre, ou comme vous le souhaitez, cela peut &#234;tre expliqu&#233;. Ce qu'une personne consid&#232;re comme une sensibilit&#233; &#233;lev&#233;e, une autre peut tout aussi bien la consid&#233;rer comme une irritabilit&#233; &#233;lev&#233;e et une irritabilit&#233; du m&#234;me niveau . Lorsqu'ils sont appel&#233;s facteurs , et cela n'est pas cens&#233; &#234;tre un mot d&#233;nu&#233; de sens, cela signifie qu'ils sont des moments du concept, c'est-&#224;-dire que l'objet r&#233;el, dont l'essence constitue ce concept, les contient de la m&#234;me mani&#232;re, et si l'un est d&#233;termin&#233; comme &#233;tant tr&#232;s sensible, tandis que l'autre est d&#233;termin&#233; comme &#233;tant tout aussi irritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils sont distingu&#233;s, comme cela est n&#233;cessaire, alors ils le sont dans leur concept, et leur opposition est qualitative . Mais en plus de ces v&#233;ritables diff&#233;rences, elles semblent &#233;galement existantes et diff&#233;rentes pour l'id&#233;e de la fa&#231;on dont elles pourraient &#234;tre des aspects du droit, elles apparaissent donc dans une diff&#233;rence quantitative . Leur opposition qualitative particuli&#232;re appara&#238;t ainsi en termes de taille , et des lois du genre apparaissent selon lesquelles, par exemple, la sensibilit&#233; et l'irritabilit&#233; sont en proportion inverse de leur taille, de sorte que lorsque l'une augmente, l'autre diminue ; ou plut&#244;t, on tient compte de la taille elle-m&#234;me, du fait que la taille de quelque chose augmente &#224; mesure que sa petitesse diminue. &#8211; Mais si on donne &#224; cette loi un certain contenu, par exemple de telle sorte que la taille d'un trou augmente &#224; mesure que diminue ce qui constitue son accomplissement , alors cette relation inverse peut aussi &#234;tre transform&#233;e en relation droite et exprim&#233;e de telle sorte que la la taille du trou en proportions droites de la quantit&#233; retir&#233;e augmente ; - une phrase tautologique , elle peut &#234;tre exprim&#233;e comme une relation directe ou inverse, ce qui dans son expression particuli&#232;re signifie seulement qu'une quantit&#233; augmente &#224; mesure que cette quantit&#233; augmente. La mani&#232;re dont le trou et ce qui le remplit et qui est &#244;t&#233; sont qualitativement oppos&#233;s, mais comment son r&#233;el et sa taille d&#233;termin&#233;e sont une seule et m&#234;me chose dans les deux cas, et de m&#234;me que l'augmentation de la taille et la diminution de la petitesse sont les m&#234;mes, et leur une opposition d&#233;nu&#233;e de sens se transforme en une tautologie, les moments organiques sont &#233;galement indissociables dans leur r&#233;alit&#233; et dans leur grandeur, qui en est la grandeur ; l'un ne fait que diminuer avec l'autre et ne fait qu'augmenter avec lui, car l'un n'a de sens que dans la mesure o&#249; l'autre est pr&#233;sent - ou plut&#244;t il est indiff&#233;rent de consid&#233;rer un ph&#233;nom&#232;ne organique comme irritabilit&#233; ou comme sensibilit&#233;, m&#234;me en g&#233;n&#233;ral, et m&#234;me si leur ampleur est discut&#233;. Peu importe combien il est indiff&#233;rent d'exprimer l'augmentation d'un trou comme une augmentation de son vide ou comme une augmentation de la pl&#233;nitude qui en a &#233;t&#233; retir&#233;e. Ou bien un nombre, par exemple trois , reste de la m&#234;me taille, je peux le prendre positif ou n&#233;gatif ; et si j'augmente le trois &#224; quatre, le positif et le n&#233;gatif deviennent quatre - tout comme le p&#244;le sud d'un aimant est aussi fort que son p&#244;le nord, ou une &#233;lectricit&#233; positive ou un acide est aussi fort que son p&#244;le n&#233;gatif ou son p&#244;le nord. comme cette base, sur quoi elle agit. &#8211; Quelque chose d'aussi grand que ces trois-l&#224;, ou un aimant, etc., est une existence organique ; c'est ce qui est augment&#233; et diminu&#233;, et quand il augmente, les deux facteurs qui le composent sont augment&#233;s, dans la mesure o&#249;les deux p&#244;les de l'aimant, ou comme les deux &#233;lectricit&#233;s, lorsqu'un aimant, etc. est renforc&#233;, augmentent. &#8211; Le fait que les deux soient tout aussi peu diff&#233;rents en termes d' intension et d'extension , que l'un ne puisse pas diminuer en extension mais augmenter en intensit&#233;, tandis que l'autre, &#224; l'inverse, devrait diminuer son intensification mais augmenter en extension, rel&#232;ve de la m&#234;me notion de opposition vide de sens ; l'intension r&#233;elle est aussi grande que l'extension, et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il est clair, ce qui se passe en r&#233;alit&#233; dans cette l&#233;gislation, c'est que l'irritabilit&#233; et la sensibilit&#233; constituent d'abord l'opposition organique d&#233;finitive ; Mais ce contenu se perd, et l'opposition s'op&#232;re dans les formalit&#233;s de l'augmentation et de la diminution de taille, ou des diff&#233;rentes intensions et extensions - opposition qui ne concerne plus la nature de la sensibilit&#233; et de l'irritabilit&#233; et ne les exprime plus. Par cons&#233;quent, ce jeu vide de lois n'est pas li&#233; aux moments organiques, mais peut &#234;tre r&#233;alis&#233; n'importe o&#249; avec n'importe quoi, et repose g&#233;n&#233;ralement sur l'ignorance de la nature logique de ces contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, au lieu de la sensibilit&#233; et de l'irritabilit&#233;, c'est finalement la reproduction qui est mise en rapport avec l'une ou l'autre, alors la raison de cette l&#233;gislation dispara&#238;t &#233;galement ; car la reproduction ne s'oppose pas &#224; ces moments comme ils le sont les uns aux autres ; et puisque cette l&#233;gislation est bas&#233;e sur elle, l'apparence de sa r&#233;alisation dispara&#238;t &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gislation que nous venons d'examiner contient les diff&#233;rences de l'organisme dans la signification des moments de son concept et devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre une l&#233;gislation a priori. Mais l'id&#233;e qu'ils ont la signification des choses existantes r&#233;side essentiellement en elle-m&#234;me , et la conscience qui se contente d'observer doit de toute fa&#231;on s'en tenir &#224; leur existence. La r&#233;alit&#233; organique comporte n&#233;cessairement en elle une telle opposition qu'exprime son concept, et qu'on peut d&#233;finir comme irritabilit&#233; et sensibilit&#233; d&#232;s lors qu'elles apparaissent toutes deux diff&#233;rentes de la reproduction. &#8211; L' ext&#233;riorit&#233; dans laquelle les moments du concept organique sont ici consid&#233;r&#233;s est l' ext&#233;riorit&#233; propre et imm&#233;diate de l'int&#233;rieur, et non l' ext&#233;rieur , qui est l'ext&#233;rieur dans son ensemble et sa forme , et avec lequel l'int&#233;rieur doit ensuite &#234;tre consid&#233;r&#233; en relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'opposition des moments est comprise telle qu'elle existe, alors la sensibilit&#233;, l'irritabilit&#233; et la reproduction se r&#233;duisent &#224; des propri&#233;t&#233;s communes qui sont des g&#233;n&#233;ralit&#233;s aussi indiff&#233;rentes les unes aux autres que la densit&#233;, la couleur, la duret&#233;, etc. En ce sens, on peut certainement observer qu'un &#234;tre organique est plus sensible, ou plus irritable, ou a un plus grand pouvoir reproductif qu'un autre - tout comme la sensibilit&#233;, etc., d'une personne est de nature diff&#233;rente de celle d'une autre, et l'une est diff&#233;rent envers certains stimuli se comporte diff&#233;remment d'un autre, de m&#234;me que le cheval se comporte diff&#233;remment envers l'avoine et envers le foin, et le chien encore diff&#233;remment envers les deux, etc., de m&#234;me qu'on peut observer qu'un corps est plus dur qu'un autre, et ainsi de suite. &#8211; Mais ces propri&#233;t&#233;s sensuelles, duret&#233;, couleur, etc., ainsi que les ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;ceptivit&#233; &#224; l'avoine, d'irritabilit&#233; aux fardeaux, ou encore le nombre et la mani&#232;re de donner naissance aux petits, lorsqu'ils sont apparent&#233;s et compar&#233;s les uns aux autres, contredisent essentiellement une loi. . Car la d&#233;termination de leur &#234;tre sensuel consiste pr&#233;cis&#233;ment &#224; exister dans une totale indiff&#233;rence les uns envers les autres, et &#224; repr&#233;senter la libert&#233; de la nature lib&#233;r&#233;e du concept plut&#244;t que l'unit&#233; d'une relation, plut&#244;t son jeu d&#233;raisonnable sur l'&#233;chelle de la grandeur accidentelle. entre les moments du concept que ceux-ci eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' autre c&#244;t&#233;, selon lequel les moments simples du concept organique sont compar&#233;s aux moments de conception , donnerait d'abord la loi actuelle, qui exprimerait le v&#233;ritable ext&#233;rieur comme une empreinte de l' int&#233;rieur . &#8211; Parce que ces moments simples sont des propri&#233;t&#233;s fluides p&#233;n&#233;trantes, ils n'ont pas une expression r&#233;elle aussi s&#233;par&#233;e dans la chose organique que ce qu'on appelle un syst&#232;me unique de forme. Ou si l'id&#233;e abstraite de l'organisme ne s'exprime v&#233;ritablement que dans ces trois moments parce qu'ils ne sont pas quelque chose de statique, mais seulement des moments de concept et de mouvement, alors en tant que forme, elle n'est pas impliqu&#233;e dans trois syst&#232;mes sp&#233;cifiques comme l'anatomie d&#233;mont&#233;e. Dans la mesure o&#249; de tels syst&#232;mes doivent &#234;tre trouv&#233;s dans leur r&#233;alit&#233; et l&#233;gitim&#233;s par cette d&#233;couverte, il faut &#233;galement rappeler que l'anatomie n'en poss&#232;de pas seulement trois, mais bien d'autres. &#8211; Ensuite, &#224; part cela, le syst&#232;me sensible doit signifier quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent de ce qu'on appelle le syst&#232;me nerveux , le syst&#232;me irritable quelque chose de diff&#233;rent du syst&#232;me musculaire , le syst&#232;me reproducteur quelque chose de diff&#233;rent des visc&#232;res de la reproduction. Dans les syst&#232;mes de formes en tant que tels, l'organisme est con&#231;u selon le c&#244;t&#233; abstrait de l'existence morte ; ses moments ainsi captur&#233;s appartiennent &#224; l'anatomie et au cadavre, non &#224; la connaissance et &#224; l'organisme vivant. Au contraire, en tant que telles, elles ont cess&#233; d'&#234;tre , parce qu'elles cessent d'&#234;tre des processus. Puisque l' &#234;tre de l'organisme est essentiellement universalit&#233; ou r&#233;flexion en soi, l' &#234;tre de son tout, comme ses moments, ne peut exister dans un syst&#232;me anatomique, mais plut&#244;t l'expression r&#233;elle et son externalit&#233; n'est pr&#233;sente que comme un mouvement qui traverse les diff&#233;rents parties de la conception, et dans lequel ce qui est arrach&#233; et fix&#233; en tant que syst&#232;me individuel se pr&#233;sente essentiellement comme un moment fluide, de sorte que non pas la r&#233;alit&#233; telle que l'anatomie la trouve puisse &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme sa r&#233;alit&#233;, mais seulement comme un processus, dans dans lequel les parties anatomiques seules ont un sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit donc que ni les moments de l' int&#233;rieur organique, pris isol&#233;ment, ne sont capables de fournir les aspects d'une loi de l'&#234;tre ; en ce qu'ils s'expriment dans une telle loi d'une existence distincte les unes des autres, et que chacun ne devrait pas pouvoir &#234;tre appel&#233; de la m&#234;me mani&#232;re &#224; la place de l'autre ; ni que, plac&#233;es d'un c&#244;t&#233;, elles ont de l'autre leur r&#233;alisation dans un syst&#232;me fixe ; car celui-ci n'est pas plus quelque chose qui ait une v&#233;rit&#233; organique, pas plus qu'il n'est l'expression de ces moments de l'int&#233;rieur. L'essence de l'organique, puisqu'il est en soi le g&#233;n&#233;ral, est plut&#244;t que ses moments dans la r&#233;alit&#233; sont tout aussi g&#233;n&#233;raux, c'est-&#224;-dire comme des processus continus, mais non pour donner une image du g&#233;n&#233;ral dans une chose isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, l' id&#233;e d'une loi se perd dans l'organique. Le droit veut comprendre et exprimer l'opposition comme des camps au repos, et en eux la d&#233;termination qui est leur relation les uns aux autres. L' int&#233;rieur , auquel appartient l'universalit&#233; apparaissante, et l' ext&#233;rieur , auquel appartiennent les parties de la forme au repos, devraient constituer les c&#244;t&#233;s correspondants de la loi, mais lorsqu'ils sont ainsi s&#233;par&#233;s, ils perdent leur signification organique ; et l'id&#233;e de la loi repose sur ce fait m&#234;me que ses deux faces ont une existence ind&#233;pendante et ind&#233;pendante, et la relation leur est distribu&#233;e comme une double d&#233;termination correspondante. Bien plut&#244;t, chaque face de l'organique est cela en soi, une simple universalit&#233; dans laquelle se dissolvent toutes les d&#233;terminations, et est le mouvement de cette dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de la diff&#233;rence entre cette l&#233;gislation et les formes ant&#233;rieures &#233;clairera compl&#232;tement sa nature. &#8211; Si l'on revient sur le mouvement de la perception et de l'entendement qui r&#233;fl&#233;chit sur lui-m&#234;me et d&#233;termine ainsi son objet, alors il n'a pas &#224; l'esprit le rapport entre ces d&#233;terminations abstraites, le g&#233;n&#233;ral et l'individuel, l'essentiel et l'ext&#233;rieur, dans son objet lui-m&#234;me, mais il est lui-m&#234;me le passage, auquel ce passage ne devient pas objectif. Ici, au contraire, il y a l'unit&#233; organique, c'est-&#224;-dire la relation de ces oppos&#233;s, et cette relation est une pure transition, elle-m&#234;me l' objet . Ce passage dans sa simplicit&#233; est imm&#233;diatement universalit&#233; , et comme il entre dans la diff&#233;rence dont la loi est cens&#233;e exprimer le rapport, ses moments sont comme des objets g&#233;n&#233;raux de cette conscience, et la loi est que l' externe est l'expression de l' interne . Ici, l'entendement a saisi l'id&#233;e de la loi elle-m&#234;me, puisqu'auparavant elle ne cherchait que les lois en g&#233;n&#233;ral, et les moments de celles-ci existaient devant elle comme un contenu sp&#233;cifique, et non comme leurs pens&#233;es. &#8211; En ce qui concerne le contenu, il ne s'agit pas ici d'obtenir des lois qui ne soient qu'une calme absorption de diff&#233;rences purement existantes dans la forme de la g&#233;n&#233;ralit&#233;, mais plut&#244;t des lois qui refl&#232;tent directement le trouble du concept dans ces diff&#233;rences, et donc &#224; en m&#234;me temps il y a la n&#233;cessit&#233; de la relation des pages. Simplement parce que l'objet, l'unit&#233; organique, la sublation infinie ou la n&#233;gation absolue de l'&#234;tre est directement uni &#224; l'&#234;tre calme, et que les moments sont essentiellement une pure transition , aucun aspect existant n'appara&#238;t comme requis par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, l'entendement doit adh&#233;rer &#224; l'autre moment de la relation organique ; c'est-&#224;-dire le reflet de l'existence organique en soi. Mais cet &#234;tre se refl&#232;te si compl&#232;tement en lui-m&#234;me qu'il ne lui reste aucune d&#233;termination sur quoi que ce soit d'autre. L'&#234;tre sensible imm&#233;diat ne fait imm&#233;diatement qu'un avec la d&#233;termination en tant que telle et exprime donc en elle une diff&#233;rence qualitative ; comme le bleu contre le rouge, l'acide contre l'alcalin, etc. Mais l'&#234;tre organique qui est revenu &#224; lui-m&#234;me est compl&#232;tement indiff&#233;rent aux autres choses, son existence est la simple universalit&#233;, et refuse &#224; l'observation toute diff&#233;rence sensuelle durable, ou ce qui revient au m&#234;me montre son d&#233;termination essentielle uniquement comme changement de d&#233;terminations existantes. La mani&#232;re dont la diff&#233;rence s'exprime comme &#234;tre est pr&#233;cis&#233;ment qu'elle est indiff&#233;rente , c'est-&#224;-dire comme quantit&#233; . Mais ici le concept a &#233;t&#233; effac&#233; et la n&#233;cessit&#233; a disparu. &#8211; Mais le contenu et l'accomplissement de cet &#234;tre indiff&#233;rent, le changement des d&#233;terminations sensorielles, pris ensemble dans la simplicit&#233; d'une d&#233;termination organique, exprime alors en m&#234;me temps le fait qu'il n'a pas cette - la qualit&#233; imm&#233;diate - d&#233;termination, et le qualitatif rel&#232;ve uniquement de cette Taille comme nous l'avons vu plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, que l'objectif, con&#231;u comme d&#233;termination organique, poss&#232;de d&#233;j&#224; le concept en lui-m&#234;me et se distingue ainsi de ce qui est destin&#233; &#224; l'entendement, qui se comporte comme un pur percevant dans la compr&#233;hension du contenu de ses lois, c'est le cas. remonte enti&#232;rement au principe et &#224; la mani&#232;re de comprendre simplement percevoir, parce que ce qui est appr&#233;hend&#233; est utilis&#233; pour des moments d'une loi ; car ainsi il acquiert la forme d'une d&#233;termination fixe, la forme d'une propri&#233;t&#233; imm&#233;diate ou d'un ph&#233;nom&#232;ne au repos, est en outre inclus dans la d&#233;termination de la grandeur, et la nature du concept est supprim&#233;e. &#8211; L'&#233;change d'une chose simplement per&#231;ue contre quelque chose qui se refl&#232;te en soi, d'une d&#233;termination purement sensuelle contre une d&#233;termination organique, perd &#224; nouveau sa valeur, notamment parce que l'entendement n'a pas encore aboli l'&#233;tablissement de lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire la comparaison avec cet &#233;change en utilisant quelques exemples, ce qui est perceptuellement un animal avec des muscles forts est vu comme un organisme animal de grande irritabilit&#233;, ou ce qui est perceptuellement un &#233;tat de grande faiblesse est vu comme un &#233;tat de haute sensibilit&#233;. ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, comme une affection anormale, &#224; savoir une exponentiation de celle-ci (expressions qui mettent le sensuel, au lieu du concept, en latin - et mauvais en plus) traduire). Le fait que l'animal ait des muscles forts peut &#233;galement &#234;tre exprim&#233; par l'esprit en disant que l'animal a une grande force musculaire &#8211; comme une grande faiblesse comme peu de force . La d&#233;termination par irritabilit&#233; a, avant la d&#233;termination comme force , que celle-ci exprime le reflet ind&#233;termin&#233; en elle-m&#234;me, tandis que celle-ci exprime le d&#233;termin&#233;, car la puissance particuli&#232;re du muscle est pr&#233;cis&#233;ment l'irritabilit&#233; - et avant la d&#233;termination comme muscles forts , cela comme d&#233;j&#224; dans la force la r&#233;flexion y est contenue en m&#234;me temps. Tout comme la faiblesse ou la faible force, la passivit&#233; organique s'exprime d&#233;finitivement &#224; travers la sensibilit&#233; . Mais cette sensibilit&#233; prise seule et fixe, et encore li&#233;e &#224; la d&#233;termination des grandeurs , et comme une sensibilit&#233; plus ou moins grande oppos&#233;e &#224; une plus ou moins irritabilit&#233;, chacune est tout &#224; fait r&#233;duite &#224; l'&#233;l&#233;ment sensuel et &#224; la forme commune d'une qualit&#233; et de son La relation n'est pas le concept, mais au contraire la quantit&#233; dans laquelle tombe d&#233;sormais le contraire et devient une diff&#233;rence irr&#233;fl&#233;chie. Si c'est l'expression ind&#233;finie du pouvoir , de la force et de la faiblessea &#233;t&#233; supprim&#233;e, ce qui surgit maintenant est une d&#233;rive &#233;galement vide et ind&#233;finie dans les oppos&#233;s d'une sensibilit&#233; sup&#233;rieure et inf&#233;rieure, une irritabilit&#233; dans leur mont&#233;e et leur descente l'une vers l'autre et contre l'autre. Tout comme la force et la faiblesse sont des d&#233;terminations compl&#232;tement sensuelles et irr&#233;fl&#233;chies, la sensibilit&#233; plus ou moins grande, l'irritabilit&#233;, est le ph&#233;nom&#232;ne sensuel inconsid&#233;r&#233;ment compris et tout aussi exprim&#233;. Le concept n'a pas remplac&#233; ces expressions sans concept, mais la force et la faiblesse ont &#233;t&#233; combl&#233;es par une d&#233;termination qui, prise isol&#233;ment, se fonde sur le concept et l'a pour contenu, mais perd compl&#232;tement cette origine et ce caract&#232;re. &#8211; Par la forme de simplicit&#233; et d'imm&#233;diatet&#233; dans laquelle ce contenu se fait du c&#244;t&#233; d'une loi, et par la grandeur qui constitue l'&#233;l&#233;ment de diff&#233;rence entre de telles d&#233;terminations, l'&#234;tre qui existe originellement et qui se pose comme concept conserve le mode de sensoriel. perception, et reste tellement &#233;loign&#233; de la connaissance qu'il est d&#233;termin&#233; par la force et la faiblesse de la force, ou par les propri&#233;t&#233;s sensorielles imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; consid&#233;rer maintenant ce qu'est l' ext&#233;rieur de l'organique, et comment l'opposition de son int&#233;rieur et de son ext&#233;rieur est d&#233;termin&#233;e par lui ; tout comme l' int&#233;rieur de l'ensemble a d'abord &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; par rapport &#224; son propre ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' ext&#233;rieur , consid&#233;r&#233; pour lui-m&#234;me, est la formation en g&#233;n&#233;ral, le syst&#232;me de vie structur&#233; en &#233;l&#233;ment d' &#234;tre , et en m&#234;me temps essentiellement l'&#234;tre de l'&#234;tre organique pour un autre - l'&#234;tre objectif dans son &#234;tre pour soi . &#8211; Cet autre appara&#238;t d'abord comme sa nature externe, inorganique. En consid&#233;rant ces deux choses par rapport &#224; une loi, comme nous l'avons vu plus haut, la nature inorganique ne peut constituer le versant d'une loi contre l'&#234;tre organique, parce que celui-ci est &#224; la fois absolument en soi et a avec lui un rapport g&#233;n&#233;ral et libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la relation entre ces deux aspects est d&#233;termin&#233;e plus &#233;troitement par la forme organique elle-m&#234;me : d'un c&#244;t&#233;, elle se retourne contre la nature inorganique, et de l'autre, elle se refl&#232;te pour elle-m&#234;me et en elle-m&#234;me. L' &#234;tre organique r&#233;el est le centre qui relie l' &#234;tre-pour-soi de la vie avec l' ext&#233;riorit&#233; en g&#233;n&#233;ral ou l' &#234;tre-en-soi . &#8211; Mais l'extr&#234;me de l'&#234;tre-pour-soi, c'est l'int&#233;rieur comme infini, qui reprend en soi les moments de la forme elle-m&#234;me &#224; partir de leur existence et du lien avec l'ext&#233;rieur, le sans contenu, qui donne son contenu &#224; la forme, et cela lui appara&#238;t comme son processus. Dans cet extr&#234;me, en tant que simple n&#233;gativit&#233; ou pure individualit&#233; , l'organique a sa libert&#233; absolue, par laquelle il est indiff&#233;rent et prot&#233;g&#233; contre l'&#234;tre pour autrui et contre la d&#233;termination des moments de la forme. Cette libert&#233; est en m&#234;me temps libert&#233; des moments eux-m&#234;mes, c'est leur possibilit&#233; d'appara&#238;tre et d'&#234;tre compris comme existants , et comme pour les choses ext&#233;rieures, ils sont aussi lib&#233;r&#233;s et indiff&#233;rents les uns aux autres, parce que la simplicit&#233; de cette libert&#233; est l'&#234;tre ou son substance simple. Ce concept de libert&#233; pure est une seule et m&#234;me vie, la forme ou l'&#234;tre d'autres choses pouvant errer dans des jeux aussi divers que vari&#233;s ; Le type de moulins qu'il entra&#238;ne ne fait aucune diff&#233;rence pour ce courant de vie. &#8211; Tout d'abord, il convient de noter que ce concept ne doit pas &#234;tre compris ici, comme auparavant lorsqu'on consid&#232;re l'int&#233;rieur lui-m&#234;me, dans sa forme de processus ou le d&#233;veloppement de ses moments, mais dans sa forme d' int&#233;rieur simple , qui repr&#233;sente le c&#244;t&#233; purement g&#233;n&#233;ral contre le r&#233;el constitue les &#234;tres vivants, ou comme &#233;l&#233;ment d' existence des membres existants de la figure ; car c'est ce que nous regardons ici, et c'est l&#224; l'essence de la vie comme simplicit&#233; de l'existence. Alors l' &#234;tre pour autre chose ou la d&#233;termination de la formation r&#233;elle est inclus dans cette simple universalit&#233;, qui est son essence, une d&#233;termination g&#233;n&#233;rale non sensible &#233;galement simple, et ne peut &#234;tre que ce qui s'exprime comme un nombre . C'est le centre de la figure qui relie la vie ind&#233;finie au r&#233;el, simple comme la premi&#232;re et d&#233;termin&#233; comme la seconde. Et &#231;a, l' int&#233;rieur, en tant que nombre, devrait exprimer &#224; sa mani&#232;re l'ext&#233;rieur comme la r&#233;alit&#233; multiforme, le mode de vie, la couleur, etc., en g&#233;n&#233;ral comme toute la multitude de diff&#233;rences qui se d&#233;veloppent dans l'apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux faces du tout organique - l'une le dedans , l'autre le dehors , de sorte que chacune a un dedans et un dehors - compar&#233;es selon leur dedans mutuel, le dedans du premier &#233;tait le concept, comme l'inqui&#233;tude de l' abstraction ; Mais la seconde poss&#232;de, en plus de la sienne propre, l'universalit&#233; reposante, et en elle aussi la d&#233;termination reposante, le nombre. Donc, si le premier, parce que le concept y d&#233;veloppe ses aspects, promettait trompeusement des lois par l'apparence de la n&#233;cessit&#233; du rapport, le second y renonce aussit&#244;t, puisque le nombre se r&#233;v&#232;le &#234;tre la d&#233;termination d'un c&#244;t&#233; de ses lois. Car le nombre est pr&#233;cis&#233;ment la d&#233;termination compl&#232;tement au repos, morte et indiff&#233;rente, dans laquelle tout mouvement et toute relation a expir&#233; et qui a bris&#233; le pont vers les pulsions vivantes, le mode de vie et l'autre existence sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette consid&#233;ration de la forme de l'organique en tant que tel et de l'int&#233;rieur comme simple int&#233;rieur de la forme n'est en fait plus une consid&#233;ration de l'organique. Car les deux c&#244;t&#233;s qui devraient &#234;tre li&#233;s ne sont que plac&#233;s indiff&#233;remment l'un par rapport &#224; l'autre, et par l&#224; la r&#233;flexion en soi, qui constitue l'essence de l'organique, est abolie. Au contraire, la tentative de comparaison de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur est ici transf&#233;r&#233;e &#224; la nature inorganique ; Le concept infini n'est ici que l' essence qui est cach&#233;e &#224; l'int&#233;rieur ou qui tombe dans la conscience de soi &#224; l'ext&#233;rieur, et qui n'a plus sa pr&#233;sence objective, comme dans l'organique. Cette relation entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur doit donc encore &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans sa sph&#232;re r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est cet int&#233;rieur de la figure comme simple d&#233;tail d'une chose inorganique, la gravit&#233; sp&#233;cifique . Il peut &#234;tre observ&#233; comme un &#234;tre simple aussi bien que la d&#233;termination du nombre, dont il est seul capable, ou peut &#234;tre effectivement trouv&#233; par comparaison d'observations, et il semble ainsi donner un c&#244;t&#233; de la loi. La forme, la couleur, la duret&#233;, la t&#233;nacit&#233; et un nombre incalculable d'autres propri&#233;t&#233;s constitueraient ensemble le c&#244;t&#233; ext&#233;rieur et devraient exprimer la d&#233;termination de l'int&#233;rieur, le nombre, pour que l'un ait sa contrepartie dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la n&#233;gativit&#233; n'est pas con&#231;ue ici comme un mouvement du processus, mais comme une unit&#233; apais&#233;e ou simplement un &#234;tre pour soi , elle appara&#238;t plut&#244;t comme ce par quoi la chose r&#233;siste au processus et se maintient en elle-m&#234;me et comme indiff&#233;rente &#224; lui. Mais parce que ce simple &#234;tre pour soi est une calme indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard des autres choses, la gravit&#233; sp&#233;cifique appara&#238;t comme une propri&#233;t&#233; parmi d'autres ; et avec cela cesse toute relation n&#233;cessaire avec cette multiplicit&#233;, ou toute r&#233;gularit&#233;. &#8211; La densit&#233;, comme ce simple int&#233;rieur, n'a pas la diff&#233;rence en soi , ou bien elle n'a que l'insignifiante ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment leur pure simplicit&#233; qui &#233;limine toutes les distinctions essentielles. Il faudrait donc que cette diff&#233;rence insignifiante, la grandeur , ait son image oppos&#233;e ou l' autre de l'autre c&#244;t&#233;, qui est la multiplicit&#233; des propri&#233;t&#233;s , en ce sens qu'elle est donc d'abord une diff&#233;rence. Si cette multiplicit&#233; elle-m&#234;me se r&#233;sume dans la simplicit&#233; de l'opposition et se d&#233;finit comme coh&#233;sion , de sorte que celui-ci est l'&#234;tre pour soi dans l'autre , tout comme la gravit&#233; sp&#233;cifique est l' &#234;tre pour soi pur , alors cette coh&#233;sion est d'abord cette pure d&#233;termination pos&#233;e dans le concept versus cette d&#233;termination, et la mani&#232;re de donner la loi serait celle qui a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e plus haut dans le rapport de la sensibilit&#233; &#224; l'irritabilit&#233;. &#8211; Ensuite, en tant que concept d'&#234;tre-pour-soi dans l'alt&#233;rit&#233;, c'est seulement l' abstraction du c&#244;t&#233; qui s'oppose &#224; la gravit&#233; sp&#233;cifique et comme telle n'existe pas. Car l'&#234;tre-pour-soi dans l'alt&#233;rit&#233; est le processus dans lequel l'&#234;tre-pour-soi inorganique devrait s'exprimer comme une auto-pr&#233;servation qui le prot&#233;gerait de l'&#233;mergence du processus comme moment d'un produit. Mais cela est exactement contre sa nature, qui n'a pas de but ni d'universalit&#233; en soi. Son processus n'est plut&#244;t que le comportement sp&#233;cifique, la mani&#232;re dont son &#234;tre-pour-soi, sa gravit&#233; sp&#233;cifique, s'annule .. Ce comportement d&#233;termin&#233; dans lequel sa coh&#233;sion consisterait en son v&#233;ritable concept, mais lui-m&#234;me et la grandeur d&#233;finie de sa gravit&#233; sp&#233;cifique sont des concepts compl&#232;tement indiff&#233;rents les uns aux autres. Si le type de comportement &#233;tait compl&#232;tement ignor&#233; et limit&#233; &#224; l'id&#233;e de taille, alors on pourrait penser &#224; cette d&#233;termination, selon laquelle le poids sp&#233;cifique le plus &#233;lev&#233;, en tant qu'&#234;tre en soi sup&#233;rieur, serait plus r&#233;sistant &#224; l'entr&#233;e dans le processus. que cela plus bas. Mais &#224; l'inverse, la libert&#233; d'&#234;tre pour soi ne se prouve que dans la facilit&#233; de s'impliquer dans tout et de se maintenir dans cette diversit&#233;. Cette intensit&#233; sans extension des relations est une abstraction sans contenu, car l'extension constitue l' existence de l'intensit&#233;. Mais l'autoconservation de l'inorganique dans sa relation, comme nous le rappelons, sort de sa nature, puisqu'il n'a pas en soi le principe du mouvement, ou parce que son &#234;tre n'est pas une n&#233;gativit&#233; et un concept absolus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en revanche, cet autre c&#244;t&#233; de l'inorganique est consid&#233;r&#233; non pas comme un processus, mais comme un &#234;tre au repos, alors c'est la coh&#233;sion commune, une simple qualit&#233; sensuelle mise de c&#244;t&#233; contre le moment lib&#233;r&#233; de l'alt&#233;rit&#233; , qui se trouve &#224; part dans de nombreuses propri&#233;t&#233;s indiff&#233;rentes, et sous celles-ci elles-m&#234;mes, comment se produit la gravit&#233; sp&#233;cifique ; L'ensemble des propri&#233;t&#233;s ensemble constitue alors l'autre c&#244;t&#233;. Mais dans celui-ci, comme dans les autres, le nombre est la seule d&#233;terminit&#233; qui non seulement n'exprime pas un rapport et une transition de ces propri&#233;t&#233;s les unes aux autres, mais qui est essentiellement ceci, non pas pour avoir un rapport n&#233;cessaire, mais pour repr&#233;senter la destruction de toute r&#233;gularit&#233;, parce qu'elle est l'expression d'une certitude comme non essentielle . De sorte qu'une s&#233;rie de corps qui exprime la diff&#233;rence comme une diff&#233;rence num&#233;rique de leur densit&#233; ne correspond en aucune fa&#231;on &#224; une s&#233;rie de diff&#233;rences dans les autres propri&#233;t&#233;s, m&#234;me si, pour faciliter les choses, on n'en utilise qu'un seul ou plusieurs. ils sont pris. En fait, seul leur groupe dans son ensemble pourrait constituer l'autre c&#244;t&#233; de ce parall&#232;le. Afin de l'organiser en lui-m&#234;me et de le combiner en un tout, les d&#233;terminations de taille de ces nombreuses propri&#233;t&#233;s sont disponibles pour l'observation d'une part, mais d'autre part leurs diff&#233;rences apparaissent comme qualitatives. Ce qui devrait maintenant &#234;tre d&#233;sign&#233; comme positif ou n&#233;gatif dans cet tas et s'annulerait, en g&#233;n&#233;ral la figuration int&#233;rieure et l'expos&#233; de la formule, qui serait tr&#232;s composite, appartenaient au concept qui se trouve l&#224; comme existant dans le la mani&#232;re dont les propri&#233;t&#233;s existent pour &#234;tre incluses est exclue ; Dans cet &#234;tre, ni l'un ni l'autre ne montre le caract&#232;re d'un n&#233;gatif par rapport &#224; l'autre, mais l'un est aussi bon que l'autre, et n'indique pas non plus sa place dans l'arrangement du tout. - Dans une s&#233;rie qui se poursuit en diff&#233;rences parall&#232;les - le rapport peut &#234;tre compris comme croissant des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois, ou seulement d'un c&#244;t&#233; et d&#233;croissant de l'autre - il ne s'agit que de la derni&#232;re expression simple de cet ensemble r&#233;sum&#233; , qui devrait constituer un c&#244;t&#233; de la loi contre la gravit&#233; sp&#233;cifique ; mais ce c&#244;t&#233;-l&#224;, comme r&#233;sultat existant, n'est rien de diff&#233;rent de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233;, &#224; savoir des propri&#233;t&#233;s individuelles, comme la coh&#233;sion commune, &#224; c&#244;t&#233; desquelles les autres, y compris la densit&#233;, sont pr&#233;sentes indiff&#233;remment, et les unes avec les autres avec le m&#234;me droit, c'est-&#224;-dire avec la m&#234;me injustice. peut &#234;tre &#233;lu pour repr&#233;senter l'ensemble de l'autre camp ; l'un comme l'autre ne repr&#233;senterait que l'essence, en allemand : imaginer , mais pas &#234;tre la chose elle-m&#234;me. De sorte que la tentative de trouver des s&#233;ries de corps qui s'&#233;tendent le long du simple parall&#232;le de deux c&#244;t&#233;s et expriment la nature essentielle des corps selon une loi de ces c&#244;t&#233;s, doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une pens&#233;e qui a sa t&#226;che et le moyen par lequel il faut l'effectuer, il ne le sait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre l'ext&#233;rieur et l'int&#233;rieur sous la forme cens&#233;e se pr&#233;senter &#224; l'observation a &#233;t&#233; imm&#233;diatement transf&#233;r&#233;e dans la sph&#232;re de l'inorganique ; La d&#233;termination qui le dessine ici peut maintenant &#234;tre pr&#233;cis&#233;e plus en d&#233;tail, et de l&#224; surgit une autre forme et une autre relation de cette relation. Dans le cas de l'organique, ce qui semble offrir la possibilit&#233; d'une telle comparaison de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur avec l'inorganique dispara&#238;t. L'int&#233;rieur inorganique est un int&#233;rieur simple qui se pr&#233;sente &#224; la perception comme une propri&#233;t&#233; existante ; Sa d&#233;termination est donc essentiellement la taille, et en tant que propri&#233;t&#233; existante, elle appara&#238;t indiff&#233;rente aux propri&#233;t&#233;s externes ou aux nombreuses autres propri&#233;t&#233;s sensorielles. Cependant, l'&#234;tre pour soi du vivant organique ne se tient pas du c&#244;t&#233; de son apparence ext&#233;rieure, mais poss&#232;de plut&#244;t le principe d' alt&#233;rit&#233; en lui-m&#234;me si l'on d&#233;finit l'&#234;tre pour soi comme une relation simple et auto-pr&#233;serv&#233;e. pour lui-m&#234;me , c'est comme &#231;a. Son alt&#233;rit&#233; est la simple n&#233;gativit&#233; , et l'unit&#233; organique est l'unit&#233; du m&#234;me auto-r&#233;f&#233;rencement et de la pure n&#233;gativit&#233;. En tant qu'unit&#233;, cette unit&#233; est l'int&#233;rieur de l'organique ; C'est en soi g&#233;n&#233;ral, ou c'est un genre . Mais la libert&#233; de l'esp&#232;ce par rapport &#224; sa r&#233;alit&#233; est diff&#233;rente de la libert&#233; de la gravit&#233; sp&#233;cifique par rapport &#224; la forme. Celui de ces derniers est une libert&#233; existante , ou qu'elle se tient &#224; l'&#233;cart comme une propri&#233;t&#233; particuli&#232;re. Mais parce qu'elle est libert&#233; existante , elle n'est aussi qu'une d&#233;termination qui appartient essentiellement &#224; cette forme, ou par laquelle elle est un &#234;tre d&#233;termin&#233; en tant qu'&#234;tre . Mais la libert&#233; de l'esp&#232;ce est g&#233;n&#233;rale et indiff&#233;rente &#224; cette forme ou &#224; sa r&#233;alit&#233;. La d&#233;termination qui appartient &#224; l' &#234;tre pour soi de l'inorganique comme tel rel&#232;ve donc de l'&#234;tre pour soi organique ; comment, dans l'inorganique, il ne rel&#232;ve que de l' &#234;tre de l'inorganique ; M&#234;me si elle n'est pr&#233;sente en cela en m&#234;me temps que comme propri&#233;t&#233; , la dignit&#233; de l' essence lui appartient toujours parce que, comme simple n&#233;gatif, elle s'oppose au Dasein comme &#233;tant pour autre chose ; et ce simple n&#233;gatif est, dans sa d&#233;termination individuelle ultime, un nombre. Mais l'organique est une individualit&#233;, qui elle-m&#234;me est pure n&#233;gativit&#233; et donc d&#233;termination fixe du nombre, indiff&#233;rente &#224; l'&#234;tre.vient, d&#233;truit en lui-m&#234;me. Dans la mesure o&#249; il contient le moment d'&#234;tre indiff&#233;rent et, en lui, le nombre, il ne peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233; que comme un jeu sur lui, mais non comme l'essence de sa vivacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la n&#233;gativit&#233; pure, principe du processus, ne tombe pas en dehors de l'organique, et ne l'a donc pas comme d&#233;termination dans son essence , mais que l'individualit&#233; elle-m&#234;me est universelle en soi, alors cette pure individualit&#233; n'est pas en elle. d&#233;velopp&#233; en lui comme abstrait ou g&#233;n&#233;ral et r&#233;el. Cette expression se produit plut&#244;t en dehors de cette g&#233;n&#233;ralit&#233;, qui retombe dans l'int&#233;riorit&#233; , et entre la r&#233;alit&#233; ou la forme, c'est-&#224;-dire l'individualit&#233; en d&#233;veloppement, et entre le g&#233;n&#233;ral organique, ou le genre, le g&#233;n&#233;ral d&#233;termin&#233; , l' esp&#232;ce . L'existence &#224; laquelle parvient la n&#233;gativit&#233; du g&#233;n&#233;ral ou du genre n'est que le mouvement d&#233;velopp&#233; d'un processus qui parcourt les parties de la forme existante . Si l'esp&#232;ce avait en elle les parties diff&#233;renci&#233;es comme une simplicit&#233; reposante, et si sa simple n&#233;gativit&#233; en tant que telle &#233;tait en m&#234;me temps un mouvement, qui parcourait des parties &#233;galement simples qui leur sont imm&#233;diatement g&#233;n&#233;rales et qui, comme telles, &#233;taient ici r&#233;elles, alors l'esp&#232;ce organique serait la conscience. Mais telle qu'elle est, la d&#233;termination simple , en tant que d&#233;termination de l'esp&#232;ce, y est pr&#233;sente d'une mani&#232;re d&#233;pourvue d'esprit ; C'est de l&#224; que commence la r&#233;alit&#233;, ou ce qui entre dans la r&#233;alit&#233;, ce n'est pas l'esp&#232;ce en tant que telle, c'est-&#224;-dire pas du tout la pens&#233;e. Celle-ci, en tant qu'entit&#233; v&#233;ritablement organique, n'est repr&#233;sent&#233;e que par un seul repr&#233;sentant. Mais ce nombre, qui semble d&#233;signer le passage de l'esp&#232;ce &#224; la forme individuelle et donner &#224; l'observation les deux faces de la n&#233;cessit&#233;, tant&#244;t comme simple d&#233;termination, tant&#244;t comme forme d&#233;velopp&#233;e n&#233;e de la diversit&#233;, cela d&#233;note plut&#244;t l'indiff&#233;rence et la libert&#233; du g&#233;n&#233;ral et de l'individu l'un envers l'autre, que l'esp&#232;ce abandonne &#224; la diff&#233;rence insubstantielle de taille, mais elle-m&#234;me, en tant qu'&#234;tre vivant, se r&#233;v&#232;le tout aussi libre de cette diff&#233;rence. La v&#233;ritable universalit&#233;, telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e, n'est ici qu'une essence int&#233;rieure ; en tant que d&#233;termination de l' esp&#232;ce, elle est une universalit&#233; formelle, et contrairement &#224; cela, cette v&#233;ritable universalit&#233; prend le parti de l'individualit&#233;, qui est donc une entit&#233; vivante et, par son int&#233;rieur, outrepasse sa d&#233;termination en tant qu'esp&#232;ce . Mais cette individualit&#233; n'est pas en m&#234;me temps un individu g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire dans lequel l'universalit&#233; aurait aussi une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, mais celle-ci &#233;chappe au vivant organiquement. Mais cet individu en g&#233;n&#233;ral , l'aime directementl'individu des formations naturelles n'est pas la conscience elle-m&#234;me ; Son existence en tant qu'individu vivant et organique ne devrait pas n&#233;cessairement lui &#233;chapper si telle &#233;tait la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons donc une conclusion dans laquelle l'un des extr&#234;mes est la vie g&#233;n&#233;rale en tant que g&#233;n&#233;ral ou en tant qu'esp&#232;ce, mais l'autre extr&#234;me est la m&#234;me en tant qu'individu ou en tant qu'individu g&#233;n&#233;ral ; Mais le milieu est compos&#233; des deux, l'un semble s'y envoyer comme une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233; ou comme une esp&#232;ce , et l'autre comme un particulier actuel ou individuel . &#8211; Et puisque cette conclusion appartient au c&#244;t&#233; de la formation , elle inclut &#233;galement ce que l'on appelle la nature inorganique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la vie g&#233;n&#233;rale, en tant qu'essence simple de l'esp&#232;ce , d&#233;veloppe les diff&#233;rences du concept de son c&#244;t&#233; et doit les repr&#233;senter comme une s&#233;rie de d&#233;terminations simples, il s'agit d'un syst&#232;me de diff&#233;rences indiff&#233;remment pos&#233;es, ou d'une s&#233;rie de nombres . Si auparavant l'organique dans la forme de l'individu s'opposait &#224; cette diff&#233;rence insubstantielle, qui n'exprime ni ne contient sa nature vivante - et si c'est exactement cela qu'il faut dire de l'inorganique apr&#232;s que toute son existence s'est d&#233;velopp&#233;e dans la multitude de ses propri&#233;t&#233;s C'est ainsi que c'est d&#233;sormais l'individu en g&#233;n&#233;ral qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233; non seulement comme libre de toute division de l'esp&#232;ce, mais aussi comme sa puissance. Le genre, qui est divis&#233; en esp&#232;ces selon la d&#233;termination g&#233;n&#233;rale du nombre, ou qui peut prendre comme base de division des d&#233;terminations individuelles de son existence, par exemple la figure, la couleur, etc., subit la violence de la part du genre. l'individu g&#233;n&#233;ral, la terre , dans cette affaire tranquille , qui, comme la n&#233;gativit&#233; g&#233;n&#233;rale, les diff&#233;rences telles qu'elles les ont en elle-m&#234;me et dont la nature, &#224; cause de la substance &#224; laquelle elles appartiennent, est diff&#233;rente de la nature de celles-ci, s'oppose &#224; la syst&#233;matisation. du genre pourrait. Cette activit&#233; de l'esp&#232;ce devient une affaire tr&#232;s limit&#233;e, qu'elle n'est autoris&#233;e &#224; exercer qu'au sein de ces &#233;l&#233;ments puissants, et qui est partout interrompue, incompl&#232;te et frein&#233;e par leur violence effr&#233;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que seule la raison, comme la vie en g&#233;n&#233;ral, peut devenir l'observation de l'existence form&#233;e , qui, cependant, dans sa diff&#233;renciation, n'a pas r&#233;ellement d'ordre ni de structure raisonnable en elle-m&#234;me et n'est pas un syst&#232;me de formes fond&#233; en soi. &#8211; Si, &#224; la fin de la formation organique, le milieu dans lequel tombent l'esp&#232;ce et sa r&#233;alit&#233; en tant qu'individualit&#233; unique, avait en lui-m&#234;me les extr&#234;mes de l'universalit&#233; int&#233;rieure et de l'individualit&#233; g&#233;n&#233;rale, alors ce milieu aurait l'expression et la nature de le mouvement de sa r&#233;alit&#233; a une g&#233;n&#233;ralit&#233; et est un d&#233;veloppement auto-syst&#233;matis&#233;. Ainsi la conscience , entre l'esprit g&#233;n&#233;ral et entre son individualit&#233; ou la conscience sensorielle, a en son centre le syst&#232;me des formations de conscience, comme vie de l'esprit qui s'organise en un tout - le syst&#232;me qui est ici consid&#233;r&#233; et qui est monde. l'histoire a une existence objective. Mais la nature organique n'a pas d'histoire ; Elle tombe de sa vie universelle, directement dans l'individualit&#233; de l'existence, et les moments de simple d&#233;termination et de vivacit&#233; individuelle unis dans cette r&#233;alit&#233; ne produisent le devenir que comme le mouvement accidentel dans lequel chacun est actif dans sa propre partie et ce Tout est pr&#233;serv&#233;. mais cette activit&#233; n'est limit&#233;e qu'&#224; son point en soi, parce que le tout n'y est pas pr&#233;sent, et celui-ci n'est pas pr&#233;sent en lui parce qu'il n'est pas ici comme un tout pour soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le fait que la raison qui observe la nature organique ne parvient qu'&#224; l'intuition d'elle-m&#234;me comme vie g&#233;n&#233;rale, elle ne peut examiner son d&#233;veloppement et sa r&#233;alisation que selon des syst&#232;mes tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement diff&#233;renci&#233;s, dont la d&#233;termination, leur essence, ne sont pas dans le organique en tant que tel, mais r&#233;side dans l'individu g&#233;n&#233;ral ; et parmi ces diff&#233;rences de la terre selon les classements que tente l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque dans sa r&#233;alit&#233; l' universalit&#233; de la vie organique se laisse tomber directement dans l'extr&#234;me de l'individualit&#233; sans la v&#233;ritable m&#233;diation qui existe pour elle-m&#234;me , la conscience observatrice n'a devant elle que l'opinion ; et si la raison peut avoir le vain int&#233;r&#234;t d'observer cette opinion, elle se borne &#224; d&#233;crire et &#224; raconter les opinions et les id&#233;es de la nature. Cette libert&#233; d'opinion insens&#233;e pr&#233;sentera en effet partout des d&#233;buts de lois, des traces de n&#233;cessit&#233;, des allusions &#224; l'ordre et &#224; la s&#233;quence, des rapports dr&#244;les et apparents. Mais dans la relation entre l'organique et les diff&#233;rences existantes de l'inorganique, des &#233;l&#233;ments, des zones et des climats, l'observation n'a pas une grande influence en termes de loi et de n&#233;cessit&#233; . Ainsi de l'autre c&#244;t&#233;, o&#249; l'individualit&#233; n'a pas le sens de la terre, mais de l' unit&#233; immanente &#224; la vie organique , mais celle-ci avec le g&#233;n&#233;ral en unit&#233; imm&#233;diate constitue l'esp&#232;ce, mais dont l'unit&#233; simple n'est donc d&#233;termin&#233;e que comme un nombre. , et laisse donc libre l'apparence qualitative - l'observation ne peut aller au-del&#224; des remarques polies, des relations int&#233;ressantes et des accommodements amicaux au concept . Mais les remarques aimables ne sont pas une connaissance de n&#233;cessit&#233; , les relations int&#233;ressantes restent avec l' int&#233;r&#234;t , mais l'int&#233;r&#234;t n'est plus que l'opinion de la raison ; et la bont&#233; de l'individu, avec laquelle elle fait allusion &#224; un concept, est une bont&#233; enfantine, qui est pu&#233;rile si elle veut ou doit compter pour quelque chose en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap6.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap6.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap7.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap7.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap8.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap8.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach</title>
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		<dc:date>2025-11-17T23:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach &lt;br class='autobr' /&gt;
Histoire de la philosophie moderne de Bacon de Verulam &#224; Benedikt Spinoza &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;thode des sciences naturelles &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire de la philosophie moderne de Bacon de Verulam &#224; Benedikt Spinoza&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de l'exp&#233;rience que superficiellement, sans suivre un chemin ou un plan sp&#233;cifique. Par exemple, le travail acharn&#233; des chimistes a permis de r&#233;aliser de nombreuses d&#233;couvertes, mais uniquement par hasard et involontairement, ou uniquement gr&#226;ce &#224; certains changements exp&#233;rimentaux, et non &#224; la suite d'une m&#233;thode ou d'une th&#233;orie particuli&#232;re. Mais une exp&#233;rience qui n'est guid&#233;e par aucune m&#233;thode particuli&#232;re et qui est laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me n'est qu'un t&#226;tonnement aveugle. (lc, A. 73, 70, 108, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens aussi bien que l'entendement ne suffisent pas &#224; eux seuls &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la connaissance ; Ils n&#233;cessitent certains outils, c'est-&#224;-dire un certain encadrement et des r&#232;gles directrices, une certaine instruction et m&#233;thode juridiques. Parce que le sens de lui-m&#234;me est faible et trompeur, m&#234;me les outils n'augmentent pas son pouvoir de mani&#232;re significative, d'o&#249; toute v&#233;ritable connaissance exp&#233;rientielle de la nature, qui n'est pas une interpr&#233;tation arbitraire de la nature selon des opinions pr&#233;suppos&#233;es (pas d'anticipation), mais une connaissance fid&#232;le. La traduction (interpr&#233;tation) de la nature ne se produit que par une attention particuli&#232;re et pr&#233;cise &#224; tous les cas et par l'application d'exp&#233;riences habiles, o&#249; le sens juge seulement l'exp&#233;rience, mais l'exp&#233;rience juge la chose elle-m&#234;me. Mais l'entendement, livr&#233; &#224; lui-m&#234;me et non guid&#233; par une m&#233;thode particuli&#232;re, vole droit du sensible au suprasensible, du particulier au g&#233;n&#233;ral, pour s'en r&#233;galer et s'en contenter, car il se fatigue vite. de l'exp&#233;rience. (lc, A. 50, 37&#8250;19, 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la main nue ne r&#233;alise pas grand-chose sans instruments, de m&#234;me l'esprit livr&#233; &#224; lui-m&#234;me ; c'est pourquoi, comme eux, il a besoin d'instruments. Ce n'est que gr&#226;ce &#224; l'art que l' esprit devient &#233;gal aux choses. (lc, A. 2 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet instrument d'instruments, cet organe intellectuel, cette m&#233;thode qui seule &#233;l&#232;ve l'exp&#233;rience au rang d'art d'exp&#233;rimentation s&#251;r et r&#233;ussi, c'est l'induction , dont d&#233;pend seule le salut des sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'induction, qui seule garantit un avenir heureux aux sciences, se distingue nettement de l'induction qui a &#233;t&#233; jusqu'ici la norme, car elle vole du sensible et du particulier jusqu'aux axiomes les plus g&#233;n&#233;raux, les &#233;rige imm&#233;diatement en v&#233;rit&#233;s in&#233;branlables. des propositions et les fait ensuite aux principes dont elle d&#233;rive les propositions m&#233;dianes ou particuli&#232;res ; Au contraire, la nouvelle induction, jusqu'alors in&#233;dite mais seulement vraie, n'arrive aux propositions les plus g&#233;n&#233;rales qu'&#224; la toute fin, ne s'&#233;levant du sensible et du particulier jusqu'&#224; elles que graduellement, dans une &#233;tape ininterrompue. (&#171; NON &#187;, I, A. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'induction, qui n'est d'ailleurs pas seulement la m&#233;thode des sciences naturelles, mais de toutes les sciences, n'a &#233;t&#233; utilis&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent que pour d&#233;couvrir les principes, mais les propositions interm&#233;diaires et inf&#233;rieures en ont ensuite &#233;t&#233; d&#233;riv&#233;es au moyen du syllogisme. Mais il est &#233;vident qu'au moins dans le domaine des sciences naturelles, dont les objets sont mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;s, les propositions sous-jacentes ne peuvent pas &#234;tre d&#233;riv&#233;es de mani&#232;re s&#251;re et correcte &#224; travers le syllogisme, car dans le syllogisme les propositions sont r&#233;duites aux principes par des propositions m&#233;dianes. mais pr&#233;cis&#233;ment cette m&#233;thode de preuve ou d'invention n'a son application que dans les sciences populaires comme l'&#233;thique et la politique. L'induction doit donc &#234;tre utilis&#233;e pour d&#233;couvrir des propositions g&#233;n&#233;rales aussi bien que sp&#233;ciales. (lc, A. 127 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les inductions plus anciennes et plus r&#233;centes aient en commun de commencer toutes deux par le particulier et de se terminer par le g&#233;n&#233;ral, elles diff&#232;rent essentiellement en ce que la premi&#232;re ne parcourt le champ de l'exp&#233;rience qu'&#224; la h&#226;te, tandis que la seconde s'attarde avec la circonspection et le calme appropri&#233;s. elle, qui pose d'embl&#233;e des propositions g&#233;n&#233;rales st&#233;riles, mais qui ne s'&#233;l&#232;ve que progressivement jusqu'au vraiment g&#233;n&#233;ral et rend ainsi la science f&#233;conde, car seuls les axiomes, qui sont soustraits au particulier dans les &#233;tapes appropri&#233;es et avec le n&#233;cessaire la circonspection d&#233;couvre &#224; nouveau quelque chose de sp&#233;cial, nous conduit &#224; de nouvelles inventions et rend ainsi la science fructueuse et productive. (&#171; NON &#187;, I, A. 22, 24, 104)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable induction est donc compl&#232;tement diff&#233;rente de celle utilis&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Parce que l'induction pr&#233;c&#233;dente, dont la proc&#233;dure consiste en une simple liste d'exemples, est quelque chose d'enfantine, ne demande que ses conclusions, doit craindre une r&#233;futation de ses conclusions par toute autorit&#233; contradictoire et fonde ses affirmations sur bien trop peu de cas qu'il ne convient, et m&#234;me parmi ceux-ci seulement selon ceux qui se pr&#233;sentent, selon les cas tr&#232;s communs et ordinaires. La v&#233;ritable induction, en revanche, diss&#232;que et s&#233;pare la nature par des exclusions et des &#233;liminations appropri&#233;es et ne tire des conclusions sur les d&#233;terminations affirmatives d'une chose que lorsqu'elle a rassembl&#233; et examin&#233; un nombre suffisant d'instances n&#233;gatives et en a exclu toutes les d&#233;terminations qui ne le font pas. appartiennent essentiellement &#224; la chose. (lc, A. 105, 69 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, lc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu et peut-&#234;tre aussi les esprits ont le pouvoir de reconna&#238;tre les choses telles qu'elles sont au premier coup d'&#339;il, par simple affirmation, mais cela n'est accord&#233; aux humains que par diff&#233;renciation pr&#233;alable et exclusion des cas n&#233;gatifs pour d&#233;terminer les d&#233;terminations affirmatives d'une chose. La nature doit donc &#234;tre formellement anatomis&#233;e et diss&#233;qu&#233;e, non pas bien s&#251;r au moyen du feu de la nature, mais par le feu divin de l'esprit. La t&#226;che de la v&#233;ritable induction est donc de permettre au oui de suivre le non, &#224; l'affirmation de suivre la n&#233;gation, et de d&#233;terminer positivement une chose seulement lorsqu'elle s'en est s&#233;par&#233;e et a rejet&#233; toutes les d&#233;terminations qui ne lui appartiennent pas. (&#171; NON &#187;, II, A. 15, 16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si un objet concret, par exemple la chaleur, doit &#234;tre &#233;tudi&#233; et son essence d&#233;couverte, alors, selon les lois de la v&#233;ritable induction, cette enqu&#234;te doit &#234;tre men&#233;e comme suit. Il faut d'abord dresser une liste de toutes les choses qui, quelle que soit la mati&#232;re diff&#233;rente dont elles sont faites, ont en commun la qualit&#233; de la chaleur, c'est-&#224;-dire chaudes ou du moins susceptibles de chauffer, comme les rayons du soleil. le soleil, surtout en &#233;t&#233; et &#224; midi, les rayons r&#233;fl&#233;chis et condens&#233;s du soleil, les m&#233;t&#233;ores enflamm&#233;s, les &#233;clairs enflamm&#233;s, les liquides chauff&#233;s, bref, tous les corps solides et liquides, denses et minces (comme l'air lui-m&#234;me ), qui ont &#233;t&#233; approch&#233;s &#224; un moment donn&#233; par le feu, etc. (&#171; NON &#187;, II, A. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut alors &#233;num&#233;rer les exemples contraires, les exemples n&#233;gatifs, c'est-&#224;-dire non seulement les choses qui n'ont pas la nature de chaleur, mais qui, par ailleurs, ont le plus de similitude avec les choses qui ont la nature de chaleur 39 , telles que comme : les rayons de la lune, les &#233;toiles et les com&#232;tes, qui n'ont aucune chaleur pour le sentiment, mais aussi &#224; cause des restrictions ou limitations particuli&#232;res des instances affirmatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite comparer les mat&#233;riaux chauds ou thermor&#233;sistants et noter la diff&#233;rence de leurs degr&#233;s de chaleur, en partant progressivement des mat&#233;riaux qui n'ont absolument aucun degr&#233; sp&#233;cifique de chaleur pour le toucher, seulement la possibilit&#233; de chaleur ou de r&#233;ceptivit&#233; &#224; la sensation. eux, jusqu'aux mat&#233;riaux qui sont r&#233;ellement ou semblent chauds. (lc, A. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient l'acte le plus important, par lequel commence r&#233;ellement l'affaire de l'induction, l'acte d'exclure toutes les d&#233;terminations qui n'appartiennent pas &#224; l'essence de la chaleur, par exemple la d&#233;termination de la c&#233;leste, parce qu'elles n'appartiennent pas seulement &#224; l'essence de la chaleur. les corps c&#233;lestes, mais aussi le feu commun, terrestre [52] , la d&#233;termination de la minceur, car m&#234;me la mati&#232;re la plus dense, comme le m&#233;tal, peut &#234;tre chaude, la d&#233;termination de la locomotion locale, etc. (lc, A. 18 et 20 ) . Ce n'est qu'apr&#232;s ces n&#233;gations que survient finalement la v&#233;ritable induction &#224; la position, &#224; la d&#233;termination affirmative de l'essence de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, autant la v&#233;ritable induction diff&#232;re de celle qui a &#233;t&#233; habituelle jusqu'ici, elle diff&#232;re &#233;galement de la m&#233;thode de l'empirisme . Car l'empirisme ne d&#233;passe pas le particulier ; il ne fait que progresser d'exp&#233;rience en exp&#233;rience, d'exp&#233;riences en exp&#233;riences nouvelles ; L'induction, quant &#224; elle, extrait les causes et les propositions g&#233;n&#233;rales des exp&#233;riences et des exp&#233;riences, puis d&#233;rive de nouvelles exp&#233;riences et exp&#233;riences &#224; partir de ces causes et propositions ou principes g&#233;n&#233;raux. L'induction ne reste donc pas &#224; un niveau, elle monte toujours en mont&#233;e, en descente, jusqu'aux propositions g&#233;n&#233;rales, jusqu'aux exp&#233;riences. (lc, I, A. 117, 103, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187;Spes est una in inductione vera.&#171; &#187;NON&#171; , I, A. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une remarque de r&#233;primande &#224; propos de la m&#233;thode de B ici dans la premi&#232;re &#233;dition ainsi qu'&#224; la fin du &#167; 11. Je l'ai supprim&#233;e, cependant, apr&#232;s avoir relu le &#034;Nouvel Organe&#034; et d'autres &#233;crits de B, j'&#233;tais convaincu de son inexactitude. et la superficialit&#233;. On a remarqu&#233; que B. &#171; nous abandonne au hasard et, au lieu de raccourcir les longs chemins de l'exp&#233;rience, les &#233;tend jusqu'&#224; l'inutile &#187;. Cependant, l'exp&#233;rience est un voyage lent ; Mais la &#171; contractio inquisitionis &#187; est elle-m&#234;me un moment de la m&#233;thode de B. L'int&#233;gralit&#233; du deuxi&#232;me livre du &#187;Nov. Org.&#171; traite des pr&#233;rogatives des instances, c'est-&#224;-dire de celles qui raccourcissent l'induction et mettent le doigt sur la t&#234;te. La seule chose qu'on pourrait reprocher &#224; B. &#224; cet &#233;gard, c'est qu'il ne met pas &#224; profit le talent et le g&#233;nie, comme si cela pouvait &#234;tre remplac&#233; par une m&#233;thode ou m&#234;me rendu superflu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La vie de Franz Bacon de Verulam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franz Bacon, fils de Nicolaus Bacon, grand gardien des sceaux d'Angleterre, est n&#233; &#224; Londres le 22 janvier 1561. M&#234;me dans sa plus tendre jeunesse, il a trahi son esprit. Au cours de la 12&#232;me ann&#233;e de sa vie, il fr&#233;quenta l'Universit&#233; de Cambridge et, d&#232;s la 16&#232;me ann&#233;e, il commen&#231;a &#224; voir les lacunes de la philosophie scolastique qui &#233;tait encore g&#233;n&#233;ralement dominante &#224; l'&#233;poque. La m&#234;me ann&#233;e, il se rend &#224; Paris avec l'ambassadeur d'Angleterre aupr&#232;s de la cour de France pour se former &#224; la fonction publique. Durant son s&#233;jour l&#224;-bas, il &#233;crit, alors &#226;g&#233; de 19 ans, ou du moins r&#233;dige ses &#171; Observations sur l'&#233;tat de l'Europe &#187; . Cependant, la mort inattendue de son p&#232;re l'oblige &#224; retourner en Angleterre et &#224; se consacrer &#224; l'&#233;tude du droit national pour subvenir &#224; ses besoins. Il se rendit donc au Collegium Grays-Inn, o&#249; il poursuivit ses &#233;tudes avec beaucoup de diligence et de brillants succ&#232;s, mais sans oublier la philosophie ; C'est plut&#244;t l&#224;, d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de ses &#233;tudes de droit, qu'il &#233;labore un projet de r&#233;forme universelle des sciences. Il acquit rapidement une si excellente r&#233;putation en tant que juriste que la reine Elizabeth le nomma son conseiller pour les affaires juridiques extraordinaires et lui donna par la suite le droit &#224; un poste dans la Chambre &#201;toile. Mais il n'alla pas plus loin sous Elizabeth - apparemment une cons&#233;quence de sa relation amicale avec le comte Robert d'Essex ; Car gr&#226;ce &#224; cela, il fit de son adversaire son cousin Robert Cecil Burleigh, qui &#233;tait d&#233;j&#224; jaloux de lui en raison de ses talents et qui jouait un r&#244;le influent &#224; la cour et &#233;tait l'ennemi le plus f&#233;roce du comte d'Essex et de ses amis. 17 Bacon fut accus&#233; d' ingratitude par ses contemporains et par sa post&#233;rit&#233; du fait que lorsque ce m&#234;me comte d'Essex fut jug&#233; comme criminel d'&#201;tat, il prit en charge la conduite du proc&#232;s en tant qu'avocat de la reine et, comme la plus grande indignation l'avait fait Le peuple s'est exprim&#233; sur l'ex&#233;cution de ce malheureux comte et, en outre, il s'est soumis &#224; l'ordre du gouvernement de justifier sa d&#233;marche dans cette affaire aux yeux du peuple, m&#234;me s'il avait &#233;t&#233; auparavant son ami de confiance et qu'il avait &#233;t&#233; expuls&#233; de lui. soutenu de la mani&#232;re la plus noble. 18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des circonstances plus heureuses commenc&#232;rent pour Bacon apr&#232;s la mort d'&#201;lisabeth sous le r&#232;gne du roi Jacques Ier d'Angleterre, qui le promut successivement aux plus hautes fonctions. Il avait &#233;galement am&#233;lior&#233; sa situation financi&#232;re gr&#226;ce au mariage. Malgr&#233; les nombreuses affaires complexes et importantes dont Bacon &#233;tait responsable sous James, en raison de sa position &#233;lev&#233;e dans l'&#201;tat, il travaillait en m&#234;me temps sans rel&#226;che pour r&#233;aliser son grand plan de r&#233;forme g&#233;n&#233;rale de la science. Le premier &#233;chantillon de son grand ouvrage &#171; De Dignitate et Augmentis Scientiarum &#187; parut en 1605 sous le titre : &#171; Les deux Livres de Franc. Bacon de la comp&#233;tence et de l'avancement de l'apprentissage divin et humain&#034;, ouvrage qu'il traduisit plus tard en latin avec l'aide de quelques amis, l'&#233;largit consid&#233;rablement, le divisa en 9 livres et le fit imprimer sous cette nouvelle forme environ deux ou trois ans avant sa mort ; En 1607 son ouvrage : &#034;Cogitata et Visa&#034; , apparemment la base ou plut&#244;t la premi&#232;re &#233;bauche de son &#034;Novum Organum&#034; , en 1610 son trait&#233; &#034;De la Sagesse des Antients ( De Sapientia Veterum )&#034;, qui contenait d'ing&#233;nieuses interpr&#233;tations de divers sujets de la mythologie grecque contient la plus importante de ses &#339;uvres, le &#034;Novum Organum&#034; en 1620 . [27] En 1617, Bacon devint Lord Seal Keeper, en 1619 Grand Chancelier, peu apr&#232;s Baron de Verulam, et en 1620 il fut &#233;lev&#233; au rang de vicomte sous le titre de vicomte de St. Albans. Cependant, en r&#233;ponse &#224; ces brillantes r&#233;compenses, il subit une humiliation honteuse. Il a &#233;t&#233; accus&#233; au Parlement d'abus de fonction, notamment de corruption - un d&#233;lit qu'on ne peut d'ailleurs pas d&#233;duire et qu'on doit d&#233;duire d'un faible d&#233;sir de profit, mais seulement d'une certaine faiblesse de caract&#232;re, d'une douceur et d'une indulgence excessives. 19 B. lui-m&#234;me confessait humblement ses fautes et se soumettait enti&#232;rement &#224; la mis&#233;ricorde et &#224; la compassion de ses juges. Mais cette humilit&#233; n'a pas &#233;mu ses juges, comme il l'esp&#233;rait. Il fut d&#233;clar&#233; d&#233;shonor&#233;, condamn&#233; &#224; une amende de 40 000 &#163; et emprisonn&#233; dans la Tour. Le roi a imm&#233;diatement remis sa peine de prison et son amende et a finalement annul&#233; la totalit&#233; de la peine ; mais maintenant B. s'&#233;loigna de la sc&#232;ne politique et s'occupa d&#233;sormais dans une retraite tranquille uniquement de la science et de l'&#233;criture, non sans regretter d'avoir consacr&#233; tout le temps qu'il avait consacr&#233; &#224; la vie de cour et d'&#201;tat aux activit&#233;s les plus nobles. s'engager dans les sciences. 20 Il d&#233;c&#232;de le 9 avril 1626.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie a &#233;t&#233; d&#233;crite par Rawley, Mallet, Stephens . Parmi ses nombreux &#233;crits diff&#233;rents, seuls seront mentionn&#233;s ici en relation avec l'histoire de la philosophie [28] son &#8203;&#8203;&#034;Sylva Sylvarum sive Historia Naturalis&#034; , &#034;Parmenidis, Telesii et Democriti Philosophia&#034; et son &#034;Historia Vitae et Mortis&#034; , son &#034; Historia Ventorum&#034;, ses &#034;Sermones fideles&#034; (contenu politique et &#233;thique), il existe plusieurs recueils et &#233;ditions, un en 4 volumes in folio, qui fut publi&#233; &#224; Londres en 1730, un plus complet qui y fut publi&#233; en 1740 ; D'autres &#233;ditions moins compl&#232;tes parurent : &#224; Francfort en 1665, &#224; Leipzig en 1694.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mallet , &#034;Histoire de F. Bacon&#034;, Traduction de l'Anglois, &#224; la Haye 1742, p 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. Mallet , p. 39-43.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparez les informations d&#233;taill&#233;es sur cette triste histoire dans la biographie de Franciscus Bacon dans &#171; Collection de biographies remarquables, principalement traduites de la biographie britannique &#187;, D. Siegmund Jac. Baumgarten 1754, IT, pp. 420-445.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; C'est ainsi que Bacon passa du Poste &#233;clatant, qu'il occupe, &#224; l'Ombre de la Retraite et de l'Etude, d&#233;plorant souvent, que l'Ambition et la fausse Gloire du Monde l'eussent d&#233;tourn&#233; si longtemps. &#034;Temps de l'Occupation la plus noble et la plus utile, &#224; laquelle peut s'appliquer un Etre raisonnable.&#034; 126.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;R&#233;flexion sur la vie et le caract&#232;re de Bacon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de pouvoir appr&#233;cier correctement la vie et le caract&#232;re de Bacon, tant du c&#244;t&#233; de la lumi&#232;re que du c&#244;t&#233; de l'ombre, et de comprendre ses erreurs, qui &#233;taient inexplicables compte tenu de son caract&#232;re ind&#233;niablement noble, il faut reconna&#238;tre qu'il a commis une erreur primordiale et que cette erreur primordiale l'erreur &#233;tait la cause de sa d&#233;tection d'erreur morale. Cette erreur fondamentale dans son cas consistait dans le fait qu'il voulait et &#233;coutait effectivement la voix flatteuse de la sir&#232;ne de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure ainsi que la voix divine de la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure, la voix de son g&#233;nie, de son talent, qu'il se consacrait au se sentait appel&#233; &#224; l'&#233;tude de la nature et de la philosophie, ne s'y consacra pas exclusivement, mais poursuivit &#233;galement ce qu'on appelle des &#233;tudes de subsistance et, en outre, des &#233;tudes qui le jet&#232;rent dans la brillante carri&#232;re de la vie de cour et d'&#201;tat, mais un cela l'a &#233;loign&#233; de la science, de sorte qu'il s'est ainsi fragment&#233;, l'unit&#233; de son esprit &#233;tant d&#233;truite avec elle. Bacon lui-m&#234;me dit de lui-m&#234;me : &#171; Me ipsum autem ad veritatis contemplationes quam ad alia magis fabrefactum deprehendi, ut qui mentem et ad rerum similitudinem (quod maximum est) agnoscendum satis mobi lem, et ad diff&#233;reniarum subtilitates observandas satis fixam et intentam haberem, qui et quaerendi desiderium et dubitandi patientiam et meditandi voluptatem et asserendi cunctationem et resipiscendi facilitem [29] et disponendi sollicitudinem tenerem, quique nec novitatem affectarem, nec antiquitatem admirarer et omnem imposturam odissem. Quare naturam meam cum veritate quandam familiaritatem et cognationem habere judicavi. &#187; 21 Dans une lettre &#224; Thomas Bodley, il admet lui-m&#234;me qu'il n'a aucune inclination pour les affaires d'&#201;tat et qu'il ne peut pas s'en occuper sans &#234;tre d&#233;pass&#233;. Dans une lettre au roi Jacob , qu'il &#233;crivit apr&#232;s sa chute, il lui demanda de lui verser sa pension afin qu'il ne soit pas oblig&#233; d'&#233;tudier pour vivre, lui qui ne voulait vivre que pour &#233;tudier .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galil&#233;e , contemporain de B., a v&#233;cu presque tout le temps dans ses derni&#232;res ann&#233;es &#171; loin de l'agitation de la ville de Florence, soit dans les domaines de ses amis, soit dans l'un des domaines voisins de D. Belloguardo ou D. Arcetri, o&#249; il vivait &#233;galement, pr&#233;f&#233;rait rester car il lui semblait que la ville &#233;tait pour ainsi dire une prison pour les esprits sp&#233;culatifs, tandis que la vie libre &#224; la campagne &#233;tait un livre de la nature qui &#233;tait toujours sous les yeux de tous ceux qui le voulaient. lisez-le et &#233;tudiez-le avec les yeux de leur compr&#233;hension. 22 Spinoza a dit : &#171; Nos eatus tantummodo agimus , quatenus intelligimus &#187; [30] et non seulement sa vie, mais celle de tous les penseurs ont confirm&#233; la v&#233;rit&#233; de cette phrase. Leibniz dit quelque part : &#171; Nous sommes faits pour penser . Le vrai penseur, le v&#233;ritable scientifique, ne sert que l'humanit&#233;, tout en servant en m&#234;me temps la v&#233;rit&#233; ; il consid&#232;re la connaissance comme le bien le plus &#233;lev&#233;, quelque chose de vraiment utile ; leur promotion est son but pratique dans la vie ; Il consid&#232;re donc chaque heure qu'il ne consacre pas au service du savoir comme une perte de vie. Alors comment B., avec son penchant r&#233;solu pour l'&#233;tude de la nature et de la science en g&#233;n&#233;ral, qui ne prosp&#232;re que dans l'enfermement et l'&#233;limination de toutes pr&#233;occupations disparates, pourrait-il se lancer dans une voie qui lui est compl&#232;tement oppos&#233;e, dans la voie de la vie &#233;tatique ? Et quelle en fut la cons&#233;quence in&#233;vitable ? Aussi habile et habile homme d'&#201;tat qu'il f&#251;t, ce qui &#233;tait normal compte tenu de ses excellents talents, il &#233;tait pour ainsi dire hors de lui-m&#234;me dans la vie de l'&#201;tat, non dans son essence ; Son esprit, qui n'avait besoin que de science, ne trouvait aucune satisfaction dans cette activit&#233; politique ; Dans cette sph&#232;re, il n'avait n&#233;cessairement ni centre, ni support, ni caract&#232;re solide, car l&#224; o&#249; quelqu'un n'a pas son essence, il n'a pas non plus son centre de gravit&#233; et son centre et donc vacille et se balance d'avant en arri&#232;re ; Il n'&#233;tait pas pr&#233;sent dans cette sph&#232;re avec son &#226;me, ni avec tout son &#234;tre, avec tout son sang-froid ,23 et il devait donc &#234;tre dans cette contradiction, dans une sph&#232;re qui n'&#233;tait pas vraiment la sienne, qui contredisait la v&#233;ritable pulsion de son intelligence. , fait aussi des faux pas qui sont m&#234;me sa morale [31]Des &#234;tres qui &#233;taient manifestement de nature noble se contredisaient. Quand quelqu'un se sent r&#233;ellement appel&#233; &#224; &#234;tre productif, non pas dans un domaine particulier de la connaissance, mais dans la science en g&#233;n&#233;ral, pour y r&#233;aliser de grandes et &#233;ternelles choses, quand il &#233;labore des projets aussi vastes et universels que B., quand il s'efforce de trouver de nouveaux principes et, en outre, pour promouvoir et promouvoir une connaissance qui n&#233;cessite une expansion infinie en largeur et en ampleur, s'il a en lui la volont&#233; de faire de la science elle-m&#234;me le but et le but de sa vie, alors la science est son &#226;me, son centre, son centre scientifique. activit&#233; le domaine qui lui est assign&#233; ; En dehors de cela, il est hors de lui-m&#234;me, perdu et &#233;tranger, et s'il se laisse s&#233;duire par des stimuli et des motivations externes pour entrer dans un &#233;l&#233;ment oppos&#233; et s&#233;par&#233; de la science, alors il a la premi&#232;re et vraie raison de le faire. ses derni&#232;res Erreurs et faux pas, il a commis un p&#233;ch&#233; contre le Saint-Esprit, car il l'a, sinon priv&#233; de la facult&#233; spirituelle que seule poss&#232;de &#224; juste titre, du moins en a diminu&#233; la part, il a commis l'adult&#232;re en sacrifiant son amour ; qu'il ne devrait se consacrer qu'&#224; son &#233;pouse l&#233;gitime, la science, gaspill&#233;e dans le monde. La chute ignominieuse de B &#233;tait donc juste, voire m&#234;me n&#233;cessaire, car par cette chute il a expi&#233; sa premi&#232;re disgr&#226;ce, son apostasie par rapport &#224; la v&#233;ritable vocation de son intelligence, et il est revenu &#224; sa nature originelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si B. a prouv&#233; que les savants peuvent aussi &#234;tre de grands hommes d'&#201;tat, il a aussi prouv&#233; en m&#234;me temps, du moins de lui-m&#234;me, que la science est jalouse au plus haut point, qu'elle n'accorde la faveur ultime qu'&#224; ceux qui s'y consacrent. indivisement, que le savant, s'il se fixe au moins une t&#226;che telle que celle que B. s'est fix&#233;e, ne peut rien appliquer aux affaires du monde sans perturber ainsi le caract&#232;re domestique de son activit&#233; scientifique . 24 Si B. n'avait pas fragment&#233; sa vie, s'il avait consacr&#233; toute sa vie au service de la science &#224; l'instar d'autres grands savants, il ne se serait pas arr&#234;t&#233; &#224; un simple mot d'ordre, &#224; un noble aper&#231;u de la grande structure de la science. la science, sans en &#233;laborer aucune partie ; Ainsi, il aurait approfondi des sujets particuliers et, avec la masse de connaissances, d'exp&#233;riences et d'observations dont il disposait, et avec ses excellentes capacit&#233;s mentales, il aurait obtenu certains r&#233;sultats et trouv&#233; certaines lois naturelles comme Galil&#233;e et Cartesius ; Il prouverait alors l'universalit&#233; de son esprit, non pas dans la simple &#233;laboration de plans, mais aussi dans la p&#233;n&#233;tration et la ma&#238;trise du particulier, dans l'&#233;l&#233;vation du particulier au g&#233;n&#233;ral, dans laquelle le v&#233;ritable esprit universel se manifeste, et non il a parcouru tant de sujets avec tant d'insouciance, en bref, apr&#232;s avoir accompli infiniment plus que ce qu'il avait r&#233;ellement accompli. 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si B. avait un v&#233;ritable penchant pour la vie sp&#233;culative, comment a-t-il pu se lancer dans la vie politique et commettre une telle contradiction ? Uniquement parce qu'il y avait un dualisme dans son essence, dans son esprit ou principe spirituel m&#233;taphysique. Bien que, comme nous le montrerons, B. &#233;tait loin d'&#234;tre l'empiriste qu'il est devenu plus tard, bien qu'il ait le sens et la capacit&#233; de la pens&#233;e m&#233;taphysique et de sa simplicit&#233; et qu'il ait m&#234;me produit de profondes pens&#233;es m&#233;taphysiques, m&#234;me si [33 ] L' empirisme n'est pas la chose , mais seulement les moyens n&#233;cessaires, non l'essence, mais seulement un moment, en m&#234;me temps l'esprit du mat&#233;rialisme, tel qu'il s'est d&#233;velopp&#233; plus tard, est celui qui se d&#233;verse dans la sensualit&#233; et n'est dirig&#233; que vers l'ext&#233;rieur. L' imagination , est d&#233;j&#224; contenu en lui et en son principe spirituel. Afin de se justifier devant sa propre conscience, B. peut invoquer tout ce qu'il veut comme motif de sa candidature &#224; une fonction publique, m&#234;me le but pieux de la pastorale, qu'il aurait cru pouvoir atteindre au mieux dans une position &#233;lev&#233;e dans l'&#201;tat. &#201;tat ; Ce n'est que l'esprit du mat&#233;rialisme, sortant de lui-m&#234;me et arrach&#233; de lui-m&#234;me, aveugl&#233; par la splendeur de la grandeur du monde, qui ne lui a pas permis, du moins au d&#233;but, de reprendre conscience de son v&#233;ritable objectif, qui l'a attir&#233;. de la simplicit&#233; m&#233;taphysique de la vie scientifique et dans la brillante richesse des images de la vie d'&#201;tat. Il n'y avait donc qu'un dualisme dans son &#234;tre spirituel - un dualisme qui s'exprimait &#233;galement dans le fait que, alors qu'il avait et fondait une vision purement ind&#233;pendante et ind&#233;pendante de la physique, la physique, qui d'ailleurs selon lui n'&#233;tait qu'une partie, devait maquillage, a compl&#232;tement arrach&#233; &#224; la th&#233;ologie toutes les relations qui mettaient la physique en relation avec la religion, mais par pi&#233;t&#233;, il a toujours mis en parall&#232;le ses pens&#233;es purement physiques dans le go&#251;t de son &#233;poque et des suivantes avec les paroles de la Bible et ainsi de suite &#224; leur sujet. Si une dame du monde &#224; l'esprit terrestre r&#233;pandait dans son c&#339;ur une aur&#233;ole sur sa physique 26 , c'&#233;tait, dis-je, seulement ce dualisme m&#233;taphysique ou [34] spirituel qui cr&#233;ait le dualisme de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impetus Philosophici : &#171; De interpr&#233;tation naturae Prooemium &#187;, coll. 744, &#233;d. 1665. Tout ce d&#233;bat est important pour le pr&#233;sent sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie de Galil&#233;e dans &#034;Acta Philosophorum&#034;, T. III, 15e pi&#232;ce, 1724, et &#034;Lettres philosophiques &#224; Mad... etc.&#034; de Charle Pougens , Lettre sur Galil&#233;e .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; S'il r&#233;clamait une promotion dans la vie civile ou tentait d'y parvenir, ce n'&#233;tait que dans l'intention d'obtenir les moyens de perfectionner et de r&#233;aliser son enseignement. Parce que m&#234;me les actions les plus magnifiques de sa vie ne devaient que l'aider &#224; y parvenir. En un mot, l'introduction de cette nouvelle fa&#231;on de recevoir la sagesse fut son inclination dominante et la grande source de ses actions tout au long de sa vie. Cela l'a incit&#233; &#224; rechercher rapidement du service ; cela le r&#233;confortait lorsque de tels efforts &#233;chouaient ; A mesure qu'il atteignait le plus haut degr&#233; de sa grandeur, cela l'occupait de la mani&#232;re la plus agr&#233;able dans ses moments d'oisivet&#233;. &#034; &#034; Biogr. Britan.&#171; dans la collection de Baumgarten , p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Peter Heylyn dit &#224; juste titre : &#171; Il &#233;tait dommage qu'il ne soit pas soutenu par un salaire gratuit et qu'il vive &#224; l'&#233;cart de toutes les affaires, tant &#224; la cour qu'au tribunal, et qu'il re&#231;oive suffisamment de moyens et d'aide dans son projet pour continuer. &#171; L.c., p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. a accompli ce qu'il voulait accomplir et il en a accompli suffisamment. Il voulait seulement donner le plan du b&#226;timent &#224; construire ; Il a laiss&#233; la construction elle-m&#234;me &#224; d'autres. Il savait que ce qu'il voulait ne pouvait pas &#234;tre r&#233;alis&#233; par une seule personne, mais seulement par d'innombrables personnes, non pas &#224; son &#233;poque, mais seulement au cours des si&#232;cles &#224; venir. Il fait donc toujours appel &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul passage pour prouver cette contradiction. Dans le royaume de la nature, dit-il (ou de l'homme ou de la science, car c'en est un), on ne peut entrer, comme dans le royaume des cieux, qu'en tant qu'enfant. Comme cette comparaison para&#238;t pieuse ! Mais m&#234;me si on l'analyse un peu, cela montre exactement le contraire. N'est-ce pas la propri&#233;t&#233; exclusive du royaume des cieux, qui n'appartient qu'&#224; lui et le distingue de tout autre royaume, qu'on ne puisse y entrer qu'en tant qu'enfant ? Puis-je alors m'approcher et me consacrer aux choses sensuelles et naturelles communes avec le m&#234;me &#233;tat d'esprit, avec la m&#234;me disposition, avec lesquels je me consacre &#224; Dieu ? Qu'ai-je pour lui avec lequel je puisse l'honorer et le v&#233;n&#233;rer, si je ne r&#233;serve pas le meilleur de moi, l'esprit d'enfant, &#224; lui seul et le lui donne exclusivement ? Est-ce que je ne prends pas au royaume des cieux exactement ce que je donne au royaume terrestre ? Mais ce n'est pas le lieu d'entrer dans les d&#233;tails. N&#233;anmoins, l'auteur de l'ouvrage &#034;Le Christianisme de Fran&#231;ois Bacon etc.&#034; &#224; Paris An VII, 2 volumes, y voit un signe particulier de la pi&#233;t&#233; de B qu'il cite si souvent des versets bibliques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La signification philosophique de Bacon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] La position essentielle et l'importance de Bacon dans l'histoire de la science moderne sont g&#233;n&#233;ralement qu'il a examin&#233; l'exp&#233;rience , qui n'&#233;tait auparavant qu'une question de hasard, sans le soutien d'en haut, des plus hautes autorit&#233;s de l'histoire et de la pens&#233;e, qui ne d&#233;pendait que de la particularit&#233; accidentelle et l'inclination des individus devinrent une n&#233;cessit&#233; indispensable, une affaire de philosophie, le principe m&#234;me de la science. Mais sa signification est plus pr&#233;cise : il a fond&#233; la science naturelle sur l'exp&#233;rience, rempla&#231;ant ainsi la vision fantastique ou scolastique de la nature par une vision objective et purement physique de la nature. Car bien que B. ait englob&#233; tout le domaine de la science avec un esprit encyclop&#233;dique qui a pass&#233; en revue la masse totale de toutes les connaissances disponibles &#224; son &#233;poque et l'a organis&#233; &#224; sa mani&#232;re ing&#233;nieuse et, avec d'excellentes instructions, [35] a enrichi certaines pens&#233;es et remarques qui ont enrichi les domaines encore peu d&#233;velopp&#233;s de la connaissance, a d&#233;couvert des branches particuli&#232;res des sciences et a encourag&#233; et stimul&#233; les esprits dans leur culture, m&#234;me s'il a donn&#233; aux sciences naturelles une place particuli&#232;re dans l'ensemble des sciences, il s'est toujours tenu sur le vaste terrain des sciences, qu'il a couvert avec l'aper&#231;u d'un Le commandant a repris et observ&#233; le centre de ses pens&#233;es et de ses efforts uniquement dans le sens des sciences naturelles , mais le but, l'objet et l'int&#233;r&#234;t essentiels de son esprit &#233;taient tir&#233;s de l'exp&#233;rience de la source de la nature. elle-m&#234;me, et non par une source &#233;trang&#232;re. Il s'agit d&#233;sormais d'une science logique, th&#233;ologique ou math&#233;matique, une science naturelle obscurcie par des ingr&#233;dients. La signification historique de B est que, contrairement aux &#233;poques ant&#233;rieures, lorsque l'esprit, concentr&#233; sur des objets suprasensibles et th&#233;ologiques, n'avait aucun int&#233;r&#234;t pur pour la nature et que son &#233;tude &#233;tait donc n&#233;glig&#233;e et d&#233;form&#233;e, il s'agissait d'une activit&#233; particuli&#232;re, secondaire. l'occupation a fait des sciences naturelles fond&#233;es sur l'exp&#233;rience l'&#233;tude de toutes les &#233;tudes, le principe lui-m&#234;me, la m&#232;re des sciences. 28 Quelle que soit la port&#233;e de ses exp&#233;riences et suggestions, de ses observations et de ses connaissances dans le domaine des sciences naturelles, ce n'est encore que son essence, qu'il a donn&#233; une m&#233;thode , un organon, une logique d'exp&#233;rience, une certaine instruction pour assurer et r&#233;ussir. exp&#233;rience, pour &#233;lever l'exp&#233;rience aveugle et le t&#226;tonnement dans le domaine du particulier &#224; un art de l'exp&#233;rimentation bas&#233; sur des lois et des r&#232;gles logiques et donc, pour ainsi dire, &#224; un art auparavant maladroit[36] ont tent&#233; de donner les outils de l'exp&#233;rience &#224; une humanit&#233; maladroite et non entra&#238;n&#233;e. &#192; strictement parler, on ne peut donc pas parler du contenu de Bacon &#224; cet &#233;gard ; toutes les exp&#233;riences et d&#233;couvertes physiques des temps modernes pourraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme son contenu, m&#234;me s'il n'y avait aucune indication sp&#233;cifique de celui-ci ; son essence r&#233;side uniquement dans la m&#233;thode, dans la mani&#232;re de voir et de traiter la nature, dans la r&#233;f&#233;rence &#224; l'exp&#233;rience. Cependant, B. n'&#233;tait donc rien de moins qu'un empiriste au sens habituel du terme, sans parler d'un empiriste n&#233;gatif contre le plus profond, contre la philosophie. Il a imm&#233;diatement d&#233;sign&#233;, et &#224; juste titre, l'exp&#233;rience, qui est selon lui le lien le plus intime entre la pens&#233;e et la perception sensorielle, comme la seule source de connaissance dans le domaine de la nature , qu'il a imm&#233;diatement provoqu&#233;e et qui ne visait initialement que l'empirisme et, &#233;tant donn&#233; la nature distraite de sa vie et de sa nature, il ne pouvait pas avoir le loisir d'&#233;lever les perceptions sensorielles et les exp&#233;riences individuelles au rang de connaissance, alors l'empirisme n'&#233;tait pour lui qu'un moyen, pas une fin , seulement le d&#233;but , mais plut&#244;t le r&#233;sultat . ne devrait &#234;tre que de la philosophie ou du savoir philosophique ; Ainsi, il a d&#233;termin&#233; comme but et objet des sciences naturelles la connaissance des &#171; formes &#233;ternelles et immuables des choses &#187; et a donc domin&#233; ce qu'il consid&#233;rait comme l'objet des sciences naturelles et, dans la mani&#232;re dont il l'a d&#233;termin&#233;, c'&#233;tait une pens&#233;e v&#233;ritablement philosophique. , qui bien s&#251;r ne restait en lui qu'une pens&#233;e pr&#233;sent&#233;e et non men&#233;e &#224; ex&#233;cution et &#224; r&#233;alisation. Selon lui, l'objet et le but de la connaissance et de l'exp&#233;rience est la connaissance des formes des choses. Mais selon lui la forme d'une chose est le g&#233;n&#233;ral, le genre, l'id&#233;e d'une chose n'est pas une id&#233;e vide et vague, un g&#233;n&#233;ral mauvais et formel, un genre ind&#233;fini et abstrait, mais un tel g&#233;n&#233;ral qui, comme il le dit, la fons emanationis, la natura naturans, le principe des d&#233;terminations particuli&#232;res d' une chose, la source d'o&#249; naissent sa vraie diff&#233;rence, ses propri&#233;t&#233;s, le principe cognitif du particulier est, en un mot, un principe universel. , une id&#233;e qui est &#224; la fois mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;e , non pas au-dessus et en dehors de la nature, mais immanente &#224; la nature. Par exemple, selon B. le concept, l' id&#233;e , le genre de chaleur est le mouvement ; Mais la d&#233;termination ou la diff&#233;rence qui fait la chaleur du mouvement est qu'il s'agit d'un mouvement expansif , &#224; la diff&#233;rence des autres types de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. &#233;tait donc lib&#233;r&#233; de ce scolesticisme , de ce sophisme de l'empirisme, qui fouille toujours du particulier dans le particulier, ne faisant sans cesse que distinguer, subtiliser et pr&#233;ciser dans l'infini, nous &#233;garer, faire de la nature un labyrinthe sans issue. Ne voyons pas la for&#234;t &#224; cause des arbres. Car de m&#234;me que selon lui seul le g&#233;n&#233;ral est le v&#233;ritable universel, qui est tellement d&#233;termin&#233;, diff&#233;renci&#233; et mat&#233;rialis&#233; en lui-m&#234;me qu'il contient le principe cognitif du particulier et de l'individuel, de m&#234;me pour lui seul le particulier est le vrai particulier, qui donne la lumi&#232;re. et la connaissance, qui m&#232;ne de la multiplicit&#233; &#224; la simplicit&#233;, de la diversit&#233; &#224; l'unit&#233;, &#224; travers et &#224; partir de laquelle l'universel peut &#234;tre connu ou d&#233;couvert. Selon lui, la mati&#232;re du particulier ne devrait pas &#234;tre un simple tas de sable extr&#234;mement grand dans lequel, si nous voulons grimper, nous nous enfon&#231;ons de plus en plus profond&#233;ment sans atteindre un point de vue plus &#233;lev&#233; et plus ferme, et les grains individuels de il sort toujours d'un type de pierre sp&#233;cial, de sorte que nos yeux d&#233;bordent des reflets chatoyants de cette diversit&#233; et nous perdons notre capacit&#233; de voir, mais plut&#244;t une montagne sur laquelle les diff&#233;rents types de pierres de la nature sont entass&#233;s en grand, des masses de couches solides et coh&#233;rentes et nous servent de base solide pour obtenir une vue d'ensemble libre et philosophique de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait donc loin de B. d'affirmer, de la mani&#232;re dogmatique et sceptique populaire qui fait de l'incapacit&#233; ou de l'incapacit&#233; une qualit&#233; positive de l'homme, que l'homme ne conna&#238;t pas la nature ; Au contraire, il a la conscience tr&#232;s pr&#233;cise que le fait que nous puissions ou non en savoir quelque chose de r&#233;el d&#233;pend uniquement de la m&#233;thode , de la mani&#232;re de notre processus intellectuel. 30 C'est pourquoi son esprit ne se contente pas de l'enveloppe de la nature, il en d&#233;sire encore plus, il exige que la science naturelle ne se limite pas &#224; la surface des ph&#233;nom&#232;nes, mais qu'elle s'efforce d'en reconna&#238;tre les causes et m&#234;me les causes. les causes. 31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison pour laquelle B. &#233;tait g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233; uniquement comme un empiriste et &#233;tait devenu leur saint patron par les empiristes simples, voire anti-philosophiques, &#233;tait que les id&#233;es sp&#233;culatives profondes que l'on peut trouver dans ses &#233;crits n'&#233;taient pas prises en compte lors de leur &#233;valuation et n'a eu aucune influence. D'ailleurs, la raison en r&#233;side dans B. lui-m&#234;me, &#224; savoir dans le fait qu'il a tellement mal compris et m&#233;pris&#233; la m&#233;taphysique et la philosophie des Grecs et l'empirisme, bien qu'il n'en fasse que le milieu, voire le &#233;tage le plus bas du b&#226;timent des sciences, L'&#233;tage sup&#233;rieur, d'o&#249; seule une vue sur la nature est donn&#233;e, admet la philosophie [39] d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de l'exp&#233;rience , mais en a n&#233;anmoins fait son salon et son bureau, en restant avec elle, mais principalement dans le fait que son esprit n'&#233;tait ni un esprit v&#233;ritablement sp&#233;culatif philosophiquement et math&#233;matiquement, mais que son esprit &#233;tait un esprit sensuel, purement physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. &#233;tait donc avant tout destin&#233; et appel&#233; &#224; r&#233;veiller l'&#233;tude de la physique, dans la mesure o&#249; il s'agit de physique et non seulement de &#171; math&#233;matiques appliqu&#233;es &#187; ; Pr&#233;cis&#233;ment en raison de sa relation int&#233;rieure avec l'essence de la sensualit&#233;, son esprit &#233;tait un esprit orient&#233; vers la sp&#233;cificit&#233; et la diff&#233;rence, la qualit&#233; des choses , qui cherchait &#224; saisir les choses dans leur &#234;tre et leur vie sp&#233;cifiques et qualitatifs. Le concept qui le domine et le d&#233;termine est celui de qualit&#233; ; C'est pourquoi il met autant l'accent sur l'exp&#233;rience, la souligne avec tant d'urgence. Car la qualit&#233; dans la nature n'est que l'objet de la sensation sensuelle, de l'exp&#233;rience ; elle ne devient qu'indirectement l'objet de la pens&#233;e ; Mais dans sa nature particuli&#232;re, il n'est toujours que l'objet d'une sensation et d'une perception sensorielle imm&#233;diate. C'est pourquoi B. n'accorde aux math&#233;matiques qu'une position subordonn&#233;e dans la physique et s'exprime ainsi &#224; ce sujet : &#187;Quantitas (quae subjectum est Mathematicae) materiae applicata veluti dosis Naturae est, et plurimorum effectuum in rebus naturalibus causativa, ideoque inter Formas essentiales numeranda est. Illud int&#233;rim verum est, quantitatem inter formas naturales (quales nos eas intelligimus) omnium maxime esse abstractam et a materia separabilem , quod ipsum in causa fuit, cur et diligentius exculta et acrius inquisita ab hominibus fuerit, quam aliae quaecunque formae , quae omnes in materia magis sunt immersae ... Nescio quo fato fiat, ut Mathematica et Logica, quae ancillarum loco erga Physicam se gerere debebant, [40] nihilominus certitudinem suam prae ea jactantes dominatum contra exercee praesumant. , c. 6) C'est pourquoi B. est unique &#224; cet &#233;gard. Car le concept qui domine Hobbes, Cartesius et d'autres naturalistes de son &#233;poque et plus tard dans leur vision de la nature est celui de quantit&#233; ; pour eux, la nature n'est qu'un objet en termes de d&#233;terminabilit&#233; math&#233;matique. B., au contraire, met l'accent sur la forme de la qualit&#233; ; la nature n'est pour lui qu'un objet sous cette forme ; C'est pourquoi il dit &#233;galement que m&#234;me la premi&#232;re question doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e en relation avec le mouvement et la qualit&#233; . C'est pourquoi il ne s'int&#233;resse aux objets de l'astronomie qu'en tant qu'objets physiques, puisqu'il souhaite que l'accent soit mis sur leurs propri&#233;t&#233;s physiques. &#187; Neque enim calculos aut praedictiones tantum meditamur, sed Philosophiam, eam scilicet, quae de Superiorum Corporum non motu solummodo, ejusque periodis, sedsubstantia quoque et omnimoda qualitate , potestate atque influxu intellectum humanum informare secundum rationes naturales atque indubitatas possit, atque rursus in motu ipso invenire, atque explicare, non quid phaenomenis sit consentaneum, sed quid in Natura penitus repertum atque actu et re ipsa verum sit. Itaque plurimum et Praesidii ad contemplationem coelestium in Physicis ratiobus collocamus.&#034; [41] (&#034;Descript. Glob. Intell.&#034;, cap. V) C'est pourquoi il dit aussi de lui-m&#234;me qu'il cherche &#224; rechercher en particulier les passiones ou l'app&#233;tit materiae. . 33 (&#171; Nov. Org. &#187;, II, Aph. 48)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. s'exprime donc avec la plus grande violence contre Paracelse. Il dit de lui, par exemple, qu'il n'a pas cach&#233; la lumi&#232;re de la nature, dont il abuse si souvent du saint nom, mais qu'il l'a &#233;teinte, qu'il n'est pas seulement un d&#233;serteur mais un tra&#238;tre &#224; l'exp&#233;rience. Cependant, il mentionne la trinit&#233; de ses principes &#8211; une remarque certainement int&#233;ressante pour les Trinitaires sp&#233;culatifs ! &#8211; un &#171; commentum haud ita prorsus inutile et rebus aliqua ex parte finitimum. &#187; S. Imp. Philos., &#171; De Interpret. Nat. Envoy&#233;.&#8221;, c. II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. appelle m&#234;me les sciences naturelles la m&#232;re des autres. Bien que, comme la philosophie de Dieu, de la nature et de l'homme, il pr&#233;suppose une science g&#233;n&#233;rale, la philosophia prima, dont la premi&#232;re partie est cens&#233;e traiter des principes communs aux diverses sciences, il constate n&#233;anmoins imm&#233;diatement que dans l'autre partie de la philosophia prima, qui traite du conditionibus adventitiis rerum, par exemple l'&#233;galit&#233; et l'in&#233;galit&#233;, ces objets ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s logiquement mais physiquement . &#187;De Augm. Scientifique.&#171; , III, ch. 1, et V, ch. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparer par exemple &#187;nov. Org., moi, Aph. 95.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple &#187;nov. Org.&#8221;, Aph. 37. &#187;Illi enim nihil sciri posse, affirmer simplement ; Nos non multum sciri posse in natura ea , quae nunc in usu est, via .&#034; et &#034;De Augm. Scientifique.&#171; , III, ch. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : &#171; Recte ponitur : Vere scire esse per causas scire &#187;. Org., II, Aph. 2. &#8211; &#171; Satis scimus nullum de rebus raris aut notabilibus judicium fieri posse, multo minus res novas in lucem protrahi, absque vulgarium rerum causis et causarum causis rite examinatis et repertis etc. &#187; 109. - Contre la fa&#231;on dont les empiristes et encyclop&#233;distes fran&#231;ais comprenaient B., ce point est particuli&#232;rement soulign&#233; par Le Sage et De Luc , cf., dont le &#171; Pr&#233;cis de laphilosophie de Bacon etc. &#224; Paris 1802, T. I, p.60 etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe dit &#224; juste titre (&#224; propos de la th&#233;orie des couleurs) : &#171; L'insensibilit&#233; (Bs) aux m&#233;rites des pr&#233;d&#233;cesseurs, &#224; la dignit&#233; de l'Antiquit&#233;, est extr&#234;mement d&#233;sagr&#233;able. Car comment peut-on &#233;couter avec sang-froid lorsqu'il compare les &#339;uvres d'Aristote et de Platon &#224; des tables lumineuses qui, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles ne sont pas constitu&#233;es d'une masse solide et substantielle, peuvent facilement nous &#234;tre apport&#233;es par le courant du temps ? &#187; d'ailleurs, B. s'int&#233;resse surtout &#224; Platon et surtout &#224; Aristote ; Il rend pleinement justice aux philosophes plus anciens qui fondaient la nature sur des principes mat&#233;riels et sensuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces passions et d&#233;sirs de la mati&#232;re, B. n'entend ici rien d'autre que les ph&#233;nom&#232;nes d'expansion, de contraction, d'attraction, etc., qui ont lieu sur les corps c&#233;lestes aussi bien que sur la terre, c'est-&#224;-dire qu'ils sont des propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;rales de la mati&#232;re sur lesquelles la diff&#233;rence de localisation n'a aucune influence.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re des sciences &#224; ce jour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Les sciences ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent dans un &#233;tat des plus tristes et des plus pitoyables. Ce n'est pas &#233;tonnant ; nos sciences sont d'origine grecque ; car les ajouts des &#233;crivains romains, arabes ou modernes sont peu nombreux et peu importants et du moins, quelle que soit leur nature, ont pour base les inventions des Grecs. La sagesse grecque ne manque pas de paroles, mais elle manque d'&#339;uvres. 34 (&#171; NON &#187;, I, A. 71) [42] La science &#233;tait encore dans leur enfance ; C'est pourquoi les Grecs sont aussi bavards que des enfants, mais aussi immatures et incapables de g&#233;n&#233;rer. La preuve en est que la philosophie des Grecs et les sciences qui en d&#233;rivent, au cours de tant de si&#232;cles, n'ont gu&#232;re produit une seule &#339;uvre ou une seule exp&#233;rience qui ait apport&#233; un b&#233;n&#233;fice r&#233;el &#224; la vie humaine et qui puisse &#234;tre d&#233;riv&#233;e de leurs dogmes et de leurs principes. sp&#233;culations. 35 Mais une philosophie qui ne produit aucune &#339;uvre est vaine. Car comme la foi, la philosophie doit aussi &#234;tre jug&#233;e et valoris&#233;e uniquement par ses &#339;uvres. (lc, A. 71, 73 et Praefatio)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences, dans leur &#233;tat actuel, ont donc une ressemblance vraiment frappante avec cette fabuleuse Scylla, vierge de visage mais transform&#233;e en monstres aboyants dans son corps. Lorsqu'on les regarde de face, c'est-&#224;-dire dans leurs propositions g&#233;n&#233;rales, elles ont certes une apparence belle et s&#233;duisante, mais quand on en vient aux propositions particuli&#232;res, sp&#233;ciales, qui forment, pour ainsi dire, les organes g&#233;n&#233;rateurs de la science, on trouve qu'ils naissent finalement dans de simples disputes verbales et se terminent comme le corps de Scylla dans des chiens qui aboient. (lc, pr&#233;f.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences &#233;taient donc une chose morte &#224; une &#233;poque, elles restaient immobiles comme des statues, toujours debout &#224; la m&#234;me place, et elles ne faisaient pas de progr&#232;s significatifs, significatifs. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme nos sciences ne sont que des compilations de choses d&#233;j&#224; invent&#233;es il y a longtemps, sans instructions pour de nouvelles inventions, et donc totalement inutiles pour l'invention de nouveaux [43] &#339;uvres ou arts, notre logique actuelle ne nous aide en rien &#224; inventer. les nouvelles connaissances et sciences, oui, elles servent plus &#224; renforcer l'erreur qu'&#224; d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233;, elles sont donc plus nuisibles qu'utiles ; (lc, I, A. 11, 8, 12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syllogisme est constitu&#233; de phrases, la phrase est constitu&#233;e de mots, mais les mots sont des signes des concepts. Si les concepts sont des abstractions confuses et h&#226;tives des choses, alors les conclusions et conclusions qui en d&#233;coulent ne servent &#224; rien. Mais il n'y a aucune raison valable dans nos concepts logiques et physiques ; ils sont tous imaginaires et mal d&#233;finis. (lc, A. 14, 15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous n'avons pas eu une v&#233;ritable philosophie naturelle pure, qui est la m&#232;re de toutes les sciences. Au contraire, elle a toujours &#233;t&#233; falsifi&#233;e et corrompue, notamment par la logique &#224; l'&#233;cole d'Aristote, par la th&#233;ologie naturelle &#224; l'&#233;cole de Platon, &#224; la deuxi&#232;me &#233;cole de Platon, celle de Proclus et d'autres, par les math&#233;matiques, celle de la philosophie naturelle ne devrait &#234;tre que d&#233;cider ou limiter, mais pas commencer et cr&#233;er. 36 (lc, A. 96, u. II, A. 8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois pour toutes, je dois noter ici qu'en traduisant chaque passage, je ne suis pas seulement celui-ci, mais d'autres passages similaires que l'on peut trouver chez B., et que dans chaque passage d'un &#233;crivain, je traduis l'&#233;crivain dans sa totalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dicton fran&#231;ais : &#171; Il veut apprendre &#224; sa m&#232;re &#224; faire des enfants &#187; correspond parfaitement &#224; B., qui parle de la science grecque ici et ailleurs. Car m&#234;me le fait qu'il soit et parle contre elle, il ne le doit qu'&#224; elle, il ne le doit qu'&#224; l'esprit dont est n&#233;e la philosophie grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Per Mathematicam, le texte dit, quae Philosophiam naturalem terminare, non generare aut proereare debet. Br&#252;ck dans sa traduction du &#187;Nov. Org., Leipzig 1830, le traduit ainsi : &#171; par les math&#233;matiques, qui peuvent d&#233;terminer mais ne peuvent rien &#233;tablir de nouveau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison g&#233;n&#233;rale et essentielle pour laquelle les sciences n'ont pas pu se d&#233;velopper jusqu'&#224; nos jours n'est qu'une seule, &#224; savoir celle-ci : elles se sont arrach&#233;es &#224; leurs racines, &#224; la nature et &#224; l'exp&#233;rience, parce que ce qui a pour base la nature grandit et prosp&#232;re. , mais ce qui ne repose que sur des opinions subit de nombreux changements, mais n'a aucun mouvement progressiste. (&#171; NON &#187;, I, A. 74)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les causes particuli&#232;res du triste &#233;tat actuel des sciences, en particulier de la philosophie naturelle, [44] leur m&#232;re, sont diverses, entre autres les suivantes : le vieux pr&#233;jug&#233; bien enracin&#233; selon lequel l'esprit humain perd une partie de sa dignit&#233; s'il se consacre &#224; j'exp&#233;rimente et je m'occupe beaucoup et avec persistance de choses sp&#233;ciales, sensuelles, immerg&#233;es dans la mati&#232;re ; superstition et z&#232;le religieux aveugle et d&#233;raisonnable , qui a toujours &#233;t&#233; l'adversaire le plus aga&#231;ant et le plus irr&#233;conciliable de la philosophie naturelle, qui, m&#234;me parmi les Grecs, accusait d'irr&#233;ligieux ceux qui, aux oreilles encore inconnues des gens, tiraient les &#233;clairs et le tonnerre de causes naturelles , et chez certains p&#232;res de l'&#201;glise, ceux qui d&#233;non&#231;aient l'h&#233;r&#233;sie, qui prouvaient que la terre &#233;tait ronde et qu'il y avait donc n&#233;cessairement des antipodes ; la pr&#233;occupation exclusive de morale et de politique , qui &#233;tait la n&#244;tre chez les Romains, et de th&#233;ologie , qui, depuis les temps chr&#233;tiens, n'a occup&#233; que les esprits les plus excellents ; le probl&#232;me que la philosophie naturelle n'a pas encore trouv&#233; une personne libre et enti&#232;re , m&#234;me parmi les hommes qui se sont consacr&#233;s &#224; son &#233;tude , surtout &#224; l'&#233;poque moderne o&#249; la philosophie naturelle a finalement &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e et trait&#233;e uniquement comme un pont, comme un point de transition vers d'autres sujets ; la grande autorit&#233; donn&#233;e &#224; certains philosophes, et la v&#233;n&#233;ration de l'antiquit&#233; , qui d&#233;coulait d'une vision compl&#232;tement erron&#233;e du monde ; Parce que le temps, le plus jeune en termes d'&#226;ge du monde, qui seul fournit la mesure correcte et objective pour estimer l'&#226;ge de l'humanit&#233;, ils consid&#233;raient comme l'antiquit&#233;, tandis que notre &#233;poque, qui est la plus ancienne en termes d'&#226;ge du monde, et qui m&#233;rite donc la priorit&#233; sur les &#226;ges plus jeunes en raison de leur plus grande maturit&#233; et de leur plus grande quantit&#233; de connaissances et d'exp&#233;riences que les plus jeunes ; Enfin, un certain d&#233;couragement et un certain d&#233;sespoir devant la possibilit&#233; de surmonter les nombreuses et grandes difficult&#233;s de l'&#233;tude de la nature, un d&#233;sespoir qui s'emparait m&#234;me des hommes les plus s&#233;rieux et les plus prudents, qui leur faisait croire que les sciences avaient leurs flux et reflux. de temps en temps, &#224; certains moments, ils montent, &#224; d'autres moments, ils descendent, mais &#224; un certain moment, ils finissent par s'arr&#234;ter compl&#232;tement. (lc, A. 79-92) [45]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de l'exp&#233;rience que superficiellement, sans suivre un chemin ou un plan sp&#233;cifique. Par exemple, le travail acharn&#233; des chimistes a permis de r&#233;aliser de nombreuses d&#233;couvertes, mais uniquement par hasard et involontairement, ou uniquement gr&#226;ce &#224; certains changements exp&#233;rimentaux, et non &#224; la suite d'une m&#233;thode ou d'une th&#233;orie particuli&#232;re. Mais une exp&#233;rience qui n'est guid&#233;e par aucune m&#233;thode particuli&#232;re et qui est laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me n'est qu'un t&#226;tonnement aveugle. (lc, A. 73, 70, 108, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens aussi bien que l'entendement ne suffisent pas &#224; eux seuls &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la connaissance ; Ils n&#233;cessitent certains outils, c'est-&#224;-dire un certain encadrement et des r&#232;gles directrices, une certaine instruction et m&#233;thode juridiques. Parce que le sens de lui-m&#234;me est faible et trompeur, m&#234;me les outils n'augmentent pas son pouvoir de mani&#232;re significative, d'o&#249; toute v&#233;ritable connaissance exp&#233;rientielle de la nature, qui n'est pas une interpr&#233;tation arbitraire de la nature selon des opinions pr&#233;suppos&#233;es (pas d'anticipation), mais une connaissance fid&#232;le. La traduction (interpr&#233;tation) de la nature ne se produit que par une attention particuli&#232;re et pr&#233;cise &#224; tous les cas et par l'application d'exp&#233;riences habiles, o&#249; le sens ne juge que l'exp&#233;rience, mais l'exp&#233;rience juge la chose elle-m&#234;me. Mais l'entendement, livr&#233; &#224; lui-m&#234;me et non guid&#233; par une m&#233;thode particuli&#232;re, s'envole tout droit du sensible au suprasensible, du particulier au g&#233;n&#233;ral, pour s'en r&#233;galer et s'en contenter, car il se fatigue vite. de l'exp&#233;rience. (lc, A. 50, 37&#8250;19, 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la main nue ne r&#233;alise pas grand-chose sans instruments, de m&#234;me l'esprit livr&#233; &#224; lui-m&#234;me ; c'est pourquoi, comme eux, il a besoin d'instruments. Ce n'est que gr&#226;ce &#224; l'art que l' esprit devient &#233;gal aux choses. (lc, A. 2 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet instrument d'instruments, cet organe intellectuel, cette m&#233;thode qui seule &#233;l&#232;ve l'exp&#233;rience au rang d'un art d'exp&#233;rimentation s&#251;r et r&#233;ussi, c'est l'induction , dont d&#233;pend seule le salut des sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'induction, qui seule garantit un avenir heureux aux sciences, se distingue nettement de l'induction qui a &#233;t&#233; jusqu'ici la norme, car elle vole du sensible et du particulier jusqu'aux axiomes les plus g&#233;n&#233;raux, les &#233;rige imm&#233;diatement en v&#233;rit&#233;s in&#233;branlables. des propositions et les fait ensuite aux principes dont elle d&#233;rive les propositions m&#233;dianes ou particuli&#232;res ; Au contraire, la nouvelle induction, jusqu'alors in&#233;dite mais seulement vraie, n'arrive aux propositions les plus g&#233;n&#233;rales qu'&#224; la toute fin, ne s'&#233;levant du sensible et du particulier jusqu'&#224; elles que graduellement, dans une &#233;tape ininterrompue. (&#171; NON &#187;, I, A. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'induction, qui n'est d'ailleurs pas seulement la m&#233;thode des sciences naturelles, mais de toutes les sciences, n'a &#233;t&#233; utilis&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent que pour d&#233;couvrir les principes, mais les propositions interm&#233;diaires et inf&#233;rieures en ont ensuite &#233;t&#233; d&#233;riv&#233;es au moyen du syllogisme. Mais il est &#233;vident qu'au moins dans le domaine des sciences naturelles, dont les objets sont mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;s, les propositions sous-jacentes ne peuvent pas &#234;tre d&#233;riv&#233;es de mani&#232;re s&#251;re et correcte &#224; travers le syllogisme, car dans le syllogisme les propositions sont r&#233;duites aux principes par des propositions m&#233;dianes. mais pr&#233;cis&#233;ment cette m&#233;thode de preuve ou d'invention n'a son application que dans les sciences populaires comme l'&#233;thique et la politique. L'induction doit donc &#234;tre utilis&#233;e pour d&#233;couvrir des propositions g&#233;n&#233;rales aussi bien que sp&#233;ciales. (lc, A. 127 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les inductions plus anciennes et plus r&#233;centes aient en commun de commencer toutes deux par le particulier et de se terminer par le g&#233;n&#233;ral, elles diff&#232;rent essentiellement en ce que la premi&#232;re ne parcourt le champ de l'exp&#233;rience qu'&#224; la h&#226;te, tandis que la seconde, avec la circonspection et le calme appropri&#233;s, s'attarde sur elle. qui &#233;tablit d&#232;s le d&#233;but des propositions g&#233;n&#233;rales st&#233;riles, mais qui ne s'&#233;l&#232;ve que progressivement jusqu'au v&#233;ritablement g&#233;n&#233;ral et rend ainsi la science f&#233;conde, car seuls les axiomes, qui sont soustraits du particulier dans les &#233;tapes appropri&#233;es et avec la circonspection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable induction est donc compl&#232;tement diff&#233;rente de celle utilis&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Parce que l'induction pr&#233;c&#233;dente, dont la proc&#233;dure consiste en une simple liste d'exemples, est quelque chose d'enfantine, ne demande que ses conclusions, doit craindre une r&#233;futation de ses conclusions par toute autorit&#233; contradictoire et fonde ses affirmations sur bien trop peu de cas qu'il ne convient, et m&#234;me parmi ceux-ci seulement selon ceux qui se pr&#233;sentent, selon les cas tr&#232;s communs et ordinaires. La v&#233;ritable induction, en revanche, diss&#232;que et s&#233;pare la nature par des exclusions et des &#233;liminations appropri&#233;es et ne tire des conclusions sur les d&#233;terminations affirmatives d'une chose que lorsqu'elle a rassembl&#233; et examin&#233; un nombre suffisant d'instances n&#233;gatives et en a exclu toutes les d&#233;terminations qui ne le font pas. appartiennent essentiellement &#224; la chose. (lc, A. 105, 69 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, lc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu et peut-&#234;tre aussi les esprits ont le pouvoir de reconna&#238;tre les choses telles qu'elles sont au premier coup d'&#339;il, par simple affirmation, mais cela n'est accord&#233; aux humains que par diff&#233;renciation pr&#233;alable et exclusion des cas n&#233;gatifs pour d&#233;terminer les d&#233;terminations affirmatives d'une chose. La nature doit donc &#234;tre formellement anatomis&#233;e et diss&#233;qu&#233;e, non pas bien s&#251;r au moyen du feu de la nature, mais par le feu divin de l'esprit. La t&#226;che de la v&#233;ritable induction est donc de permettre au oui de suivre le non, &#224; l'affirmation de suivre la n&#233;gation, et de d&#233;terminer positivement une chose seulement lorsqu'elle s'en est s&#233;par&#233;e et a rejet&#233; toutes les d&#233;terminations qui ne lui appartiennent pas. (&#171; NON &#187;, II, A. 15, 16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si un objet concret, par exemple la chaleur, doit &#234;tre &#233;tudi&#233; et son essence d&#233;couverte, alors, selon les lois de la v&#233;ritable induction, cette enqu&#234;te doit &#234;tre men&#233;e comme suit. Il faut d'abord dresser une liste de toutes les choses qui, quelle que soit la mati&#232;re diff&#233;rente dont elles sont faites, ont en commun la qualit&#233; de la chaleur, c'est-&#224;-dire chaudes ou du moins susceptibles de chauffer, comme les rayons du soleil. le soleil, surtout en &#233;t&#233; et &#224; midi, les rayons r&#233;fl&#233;chis et condens&#233;s du soleil, les m&#233;t&#233;ores enflamm&#233;s, les &#233;clairs enflamm&#233;s, les liquides &#233;chauff&#233;s, bref, tous les corps solides et liquides, denses et minces (comme l'air lui-m&#234;me ), qui ont &#233;t&#233; approch&#233;s &#224; un moment donn&#233; par le feu, etc. (&#171; NON &#187;, II, A. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite &#233;num&#233;rer les exemples oppos&#233;s, les exemples n&#233;gatifs, c'est-&#224;-dire non seulement les choses qui n'ont pas la nature de chaleur, mais qui, d'ailleurs, sont les plus &#233;troitement li&#233;es aux choses qui ont la nature de chaleur , telles que comme : les rayons de la lune, les &#233;toiles et les com&#232;tes, qui n'ont aucune chaleur pour le sentiment, mais aussi &#224; cause des restrictions ou limitations particuli&#232;res des instances affirmatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite comparer les mat&#233;riaux chauds ou thermor&#233;sistants et noter la diff&#233;rence de leurs degr&#233;s de chaleur, en partant progressivement des mat&#233;riaux qui n'ont absolument aucun degr&#233; de chaleur sp&#233;cifique pour le toucher, seulement la possibilit&#233; de chaleur ou de r&#233;ceptivit&#233; &#224; la sensation. eux, jusqu'aux mat&#233;riaux qui sont r&#233;ellement ou semblent chauds. (lc, A. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient l'acte le plus important, par lequel commence r&#233;ellement l'affaire de l'induction, l'acte d'exclure toutes les d&#233;terminations qui n'appartiennent pas &#224; l'essence de la chaleur, par exemple la d&#233;termination de la c&#233;leste, parce qu'elles n'appartiennent pas seulement &#224; l'essence de la chaleur. les corps c&#233;lestes, mais aussi le feu commun, terrestre [52] , la d&#233;termination de la minceur, car m&#234;me la mati&#232;re la plus dense, comme le m&#233;tal, peut &#234;tre chaude, la d&#233;termination de la locomotion locale, etc. (lc, A. 18 et 20 ) . Ce n'est qu'apr&#232;s ces n&#233;gations que survient finalement la v&#233;ritable induction &#224; la position, &#224; la d&#233;termination affirmative de l'essence de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant , autant la v&#233;ritable induction diff&#232;re de la m&#233;thode habituelle, autant elle diff&#232;re &#233;galement de la m&#233;thode empirique . Car l'empirisme ne d&#233;passe pas le particulier ; il ne fait que progresser d'exp&#233;rience en exp&#233;rience, d'exp&#233;riences en exp&#233;riences nouvelles ; L'induction, quant &#224; elle, extrait les causes et les propositions g&#233;n&#233;rales des exp&#233;riences et des exp&#233;riences, puis d&#233;rive de nouvelles exp&#233;riences et exp&#233;riences &#224; partir de ces causes et propositions ou principes g&#233;n&#233;raux. L'induction ne reste donc pas &#224; un niveau, elle monte toujours en mont&#233;e, en descente, jusqu'aux propositions g&#233;n&#233;rales, jusqu'aux exp&#233;riences. (lc, I, A. 117, 103, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187;Spes est una in inductione vera.&#171; &#187;NON&#171; , I, A. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une remarque de r&#233;primande &#224; propos de la m&#233;thode de B ici dans la premi&#232;re &#233;dition ainsi qu'&#224; la fin du &#167; 11. Je l'ai supprim&#233;e, cependant, apr&#232;s avoir relu le &#034;Nouvel Organe&#034; et d'autres &#233;crits de B, j'&#233;tais convaincu de son inexactitude. et la superficialit&#233;. On a remarqu&#233; que B. &#171; nous abandonne au hasard et, au lieu de raccourcir les longs chemins de l'exp&#233;rience, les &#233;tend jusqu'&#224; l'inutile &#187;. Cependant, l'exp&#233;rience est un voyage lent ; Mais la &#171; contractio inquisitionis &#187; est elle-m&#234;me un moment de la m&#233;thode de B. L'int&#233;gralit&#233; du deuxi&#232;me livre du &#187;Nov. Org.&#171; traite des pr&#233;rogatives des instances, c'est-&#224;-dire de celles qui raccourcissent l'induction et mettent le doigt sur la t&#234;te. La seule chose qu'on pourrait reprocher &#224; B. &#224; cet &#233;gard, c'est qu'il ne fasse pas preuve de talent et d'ing&#233;niosit&#233;, comme si cela pouvait &#234;tre remplac&#233; par une m&#233;thode, voire rendu superflu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'objet des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir ou la pratique humaine a pour fin ou objet de conf&#233;rer &#224; tout corps donn&#233; [une] ou plusieurs propri&#233;t&#233;s nouvelles ; Mais la connaissance humaine a pour but ou objet la connaissance de la forme ou de la v&#233;ritable diff&#233;rence ou de la nature g&#233;n&#233;ratrice ou de la source d'&#233;manation d'une nature ou qualit&#233; simple donn&#233;e. (lc, II, A.1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;t&#233;s essentielles de la forme sont, tout d'abord, qu'avec son existence l'existence de la qualit&#233; ou de la nature dont elle est la forme est pos&#233;e sans &#233;quivoque, qu'elle est donc constamment l&#224; lorsque cette qualit&#233; est l&#224;, et vice-versa. inversement, cela, par son absence, implique aussi l'absence de qualit&#233;, et est donc syst&#233;matiquement absent lorsque celle-ci manque ; deuxi&#232;mement, qu'il tire une qualit&#233; d'une autre qualit&#233; plus g&#233;n&#233;rale qu'elle (que la forme elle-m&#234;me). La forme d'une chose ou d'une qualit&#233; se trouve donc, sans exception, dans tous les cas individuels o&#249; la chose ou la qualit&#233; se trouve, sinon ce ne serait pas la forme, bien que la forme apparaisse plus clairement dans certains cas, &#224; savoir dans ceux de o&#249; il est moins limit&#233;, diff&#233;r&#233; et inhib&#233; par d'autres caract&#233;ristiques. Par cons&#233;quent, dans toute la gamme des instances dans lesquelles la forme appara&#238;t, il ne peut y avoir une instance contradictoire ; elle est affirm&#233;e par chacun sans distinction. (lc, A. 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de l'essence de la forme est la forme de la chaleur . A travers tous les cas individuels, c'est-&#224;-dire dans toutes les choses et substances, aussi diff&#233;rentes soient-elles, dans lesquelles la chaleur appara&#238;t et s'exprime, il appara&#238;t que sa forme n'est &#233;videmment rien d'autre qu'une limitation ou une d&#233;termination sp&#233;ciale du mouvement . Le mouvement se situe donc par rapport &#224; la chaleur dans le rapport des esp&#232;ces, non comme si la chaleur produisait le mouvement ou le mouvement la chaleur (bien que cela soit aussi en partie exact), mais de telle mani&#232;re que la chaleur elle-m&#234;me ou l' essence m&#234;me de la chaleur n'est rien d'autre qu'un mouvement limit&#233; par certaines diff&#233;rences , de sorte qu'elle est un certain type de mouvement . Mais ces diff&#233;rences tiennent avant tout &#224; la d&#233;termination selon laquelle la chaleur est un mouvement expansif par lequel le corps cherche &#224; se donner une plus grande expansion ; deuxi&#232;mement, la d&#233;termination, modification de la premi&#232;re, que la chaleur, bien que mouvement expansif, tend en m&#234;me temps vers le haut ; troisi&#232;mement, que la chaleur n'est pas un mouvement en expansion uniforme de la masse enti&#232;re, mais seulement des parties plus petites et int&#233;rieures d'un corps et en m&#234;me temps un mouvement qui est toujours inhib&#233; et repouss&#233;, donc la chaleur est une alternance constante, car elle &#233;taient vacillants, constamment tremblants et avan&#231;ant et stimul&#233;s par le recul, qui est la cause [54] de la violence et de la fureur du feu et de la chaleur ; quatri&#232;mement, la d&#233;termination que ce mouvement p&#233;n&#233;trant et irritant n'est pas un mouvement lent, mais un mouvement violent qui traverse m&#234;me les parties les plus petites, sinon les plus petites et les plus fines du corps. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme n'est donc pas une id&#233;e abstraite ou immat&#233;rielle ou mal d&#233;termin&#233;e. Les formes ne sont rien d'autre que les lois et les d&#233;terminations de l'activit&#233; ou de la r&#233;alit&#233; naturelle pure, qui r&#233;v&#232;lent la nature particuli&#232;re de certaines qualit&#233;s, telles que la chaleur, la lumi&#232;re, la gravit&#233;, dans toutes les choses qui y sont susceptibles, si diff&#233;rentes qu'elles puissent &#234;tre d&#233;termin&#233;es et d&#233;termin&#233;es. constituer de mani&#232;re identique. La forme de la chaleur et sa loi sont donc les m&#234;mes. La forme d'une chose est l'essence m&#234;me d'une chose, n'est rien d'autre qu'elle-m&#234;me ; La mati&#232;re et la forme ne diff&#232;rent pas diff&#233;remment de l'apparence et de l'existence, externe et interne, subjective et objective. (lc, A. 17, 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les formes paraissent quelque peu abstraites parce qu'elles sont des unit&#233;s, combinant des choses diff&#233;rentes et les pla&#231;ant dans un seul et m&#234;me genre ou cat&#233;gorie, comme la chaleur des corps c&#233;lestes et terrestres, on remarque seulement qu'il est certain que dans la nature les diverses choses sont reli&#233;es en une unit&#233; commune par certaines formes ou lois et que l'&#233;mancipation de la puissance humaine du cours commun de la nature ainsi que l'expansion et l'augmentation de la puissance inventive humaine d&#233;pendent uniquement de la connaissance de ces unit&#233;s ou formes. (lc, A. 17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet le plus essentiel de la philosophie naturelle doit donc &#234;tre l'unit&#233; partout, car tout ce qui unifie la nature nous pr&#233;pare &#224; la connaissance des formes. M&#234;me les exemples de la nature qui sont compl&#232;tement isol&#233;s et semblent n'avoir rien de commun avec d'autres choses de la m&#234;me esp&#232;ce, comme l'aimant parmi les pierres, le mercure parmi les m&#233;taux, l'&#233;l&#233;phant parmi les animaux &#224; quatre pattes, ce que nous avons &#224; faire pour nous servir &#224; unifier la nature afin de retrouver les genres ou les qualit&#233;s g&#233;n&#233;rales [55] qui ne peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;es qu'ult&#233;rieurement par de vraies diff&#233;rences. Il faut continuer &#224; rechercher sans rel&#226;che jusqu'&#224; ce que l'on ait trouv&#233; une loi ou une forme g&#233;n&#233;rale d&#233;finie &#224; laquelle les propri&#233;t&#233;s sp&#233;ciales de choses aussi &#233;tranges, qui peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des miracles de la nature, peuvent &#234;tre r&#233;duites, toutes inhabituelles ou uniques en leur genre. Les ph&#233;nom&#232;nes d&#233;pendent d'une forme g&#233;n&#233;rale et reconnaissent ainsi que le miracle r&#233;side uniquement dans les diff&#233;rences sp&#233;cifiques de cette forme, uniquement dans le degr&#233; et la rare co&#239;ncidence d'autres d&#233;terminations, mais non dans le type ou l'essence elle-m&#234;me. Pour la m&#234;me raison, il ne faut pas cesser de rechercher les anomalies et autres aberrations similaires de la nature jusqu'&#224; ce que les causes de ces d&#233;viations aient &#233;t&#233; trouv&#233;es. (lc, A. 26, 28, 29)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'entendement humain doit faire particuli&#232;rement attention &#224; ne pas s'arr&#234;ter &#224; des unit&#233;s ou &#224; des formes particuli&#232;res, subordonn&#233;es, limit&#233;es et n&#233;gliger la recherche d'une plus grande unit&#233;, en supposant que la nature &#233;tait d&#233;j&#224; une depuis la racine, pour ainsi dire. Ce qui est divis&#233; et divers et une unit&#233; de nature plus &#233;lev&#233;e et plus compl&#232;te n'est qu'une simple subtilit&#233;, une pure abstraction. (lc, A. 26)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie naturelle doit donc prouver l'unit&#233; de choses qui &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;es comme compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;nes, montrer cette pr&#233;tendue dissemblance non pas comme une diff&#233;rence essentielle et substantielle, mais seulement comme une modification d'une qualit&#233; commune et par cette r&#233;duction de la diff&#233;rence et de la particularit&#233; &#224; unit&#233; pour retirer, pour ainsi dire, les quimasques dans le corps concret particulier et la rendent m&#233;connaissable. Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, la chaleur du soleil, la chaleur des animaux et la chaleur du feu &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;es comme des esp&#232;ces essentiellement diff&#233;rentes, dans l'opinion que seule la chaleur c&#233;leste et animale produisait et entretenait la vie, tandis que la chaleur du feu n'a fait que provoquer la destruction et provoquer la destruction. L'exp&#233;rience m&#234;me selon laquelle une vigne produit des raisins m&#251;rs m&#234;me dans une maison o&#249; le feu est constamment entretenu prouve que la chaleur du feu a aussi le m&#234;me effet que la chaleur du soleil . La philosophie naturelle doit donc rejeter sa pr&#233;tendue diversit&#233; essentielle et reconna&#238;tre ses modes de fonctionnement ou ses propri&#233;t&#233;s, bien que tr&#232;s significativement diff&#233;rents, uniquement comme des d&#233;terminations ou des modifications sp&#233;ciales d'une seule et m&#234;me nature ou essence. (lc, A. 35)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie naturelle ne peut donc pas rejeter m&#234;me de simples analogies comme de simples absurdit&#233;s ; au contraire, elle doit les rechercher, car ce sont les niveaux les plus bas de la connaissance de l'unit&#233; de la nature. Une telle analogie, et non absurde, est, par exemple, que l'homme est une plante invers&#233;e ; Car chez la plante, la racine, comme la t&#234;te, est en bas, mais les parties de la graine sont au-dessus ; chez l'homme, la t&#234;te, comme la racine des nerfs et des fonctions vitales, est au-dessus, mais la graine est au-dessus. les organes sont en dessous. (lc, A. 27)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'objet essentiel de la philosophie naturelle est et reste la connaissance des formes. Parce que celui qui l'a reconnu comprend l'unit&#233; de la nature m&#234;me dans les mat&#233;riaux les plus divers. Seuls ceux qui la trouvent sont donc en possession de la v&#233;ritable vision de la nature et ont le pouvoir de l'influencer librement et sans restriction et de produire des &#339;uvres qui ne seraient jamais produites par les changements changeants de la nature, ni par la diligence minutieuse de l'empirisme, ni par le hasard lui-m&#234;me. et ce qui ne serait m&#234;me jamais venu &#224; l'esprit d'un &#234;tre humain. (LC, A. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque reconna&#238;t les formes g&#233;n&#233;rales et essentielles de la mati&#232;re est pour ainsi dire omniscient, car &#224; travers elles il sait ce qui peut &#234;tre, et donc aussi essentiellement ce qui &#233;tait, ce qui est et ce qui sera. (&#171; Descript. Globi Intell. &#187;, c. 5)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La classification des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rang le plus &#233;lev&#233; dans le domaine des sciences naturelles n'appartient donc qu'&#224; la science qui a pour objet d'investigation les v&#233;ritables diff&#233;rences ou d&#233;terminations, c'est-&#224;-dire les formes &#233;ternelles et immuables dans leur esp&#232;ce [57] et qui est donc aussi appel&#233;e m&#233;taphysique 40 . Les sciences qui lui sont subordonn&#233;es sont la physique et l'histoire naturelle . Mais la physique se situe une fois de plus au-dessus de l'histoire naturelle et constitue, avec la m&#233;taphysique, la philosophie naturelle th&#233;orique ; car, de m&#234;me que les sciences en g&#233;n&#233;ral sont divis&#233;es en histoire ou exp&#233;rience et philosophie, les sciences naturelles sont &#233;galement divis&#233;es en histoire naturelle et philosophie naturelle . (&#171; De Augm. Sc. &#187;, II, c. I)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'histoire naturelle comporte trois parties. Dans la premi&#232;re, il s'agit de la nature &#224; l'&#233;tat de libert&#233;, c'est-&#224;-dire de toutes ses productions dans leur d&#233;veloppement paisible, libre et l&#233;gal ; dans le second, sur les aberrations de la nature, c'est-&#224;-dire les monstruosit&#233;s et autres ph&#233;nom&#232;nes anormaux dans lesquels elle est pouss&#233;e hors de son cours l&#233;gitime par la m&#233;chancet&#233; et l'arrogance d'une mati&#232;re obstin&#233;e et d'autres obstacles violents ; dans le troisi&#232;me, de la nature dans un &#233;tat de servitude , dans lequel l'activit&#233; humaine ou l'art la place, qui peut fondamentalement remodeler, transformer et &#233;branler la nature jusqu'&#224; son noyau, la for&#231;ant, comme un Prot&#233;e, &#224; faire tout ce qu'elle aurait autrement fait. omis. (lc, II, c. 2 ; &#171; Descript. Gl. Int. &#187;, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'art n'est pas seulement un ajout superficiel &#224; la nature ; il n'a pas simplement pour but et sens de r&#233;aliser ses desseins, de corriger ses erreurs ou de la lib&#233;rer de toute inhibition dans son activit&#233;. Les produits de l'art ou de l'empirisme (par exemple l'agriculture, la chimie, la cuisine ou la teinture, etc.) ne diff&#232;rent pas des produits de la nature par leur forme ou leur essence, mais seulement par le producteur, la cause externe et effective ; car l'homme ne peut rien faire d'autre &#224; propos de la nature que de rapprocher les corps les uns des autres ou de les &#233;loigner les uns des autres, [58] il n'a donc en son pouvoir que le mouvement venant de la nature , tout le reste est accompli par la nature elle-m&#234;me du dedans avec son propre pouvoir. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire naturelle doit d&#233;sormais &#234;tre trait&#233;e dans un tout autre esprit qu'auparavant, &#224; savoir uniquement en relation avec la philosophie , mais non plus pour elle-m&#234;me et pour elle-m&#234;me ; car l'histoire naturelle n'a d'autre but que de fournir des fournitures et du mat&#233;riel &#224; la philosophie ; tous les courants de l'empirisme doivent se jeter dans l'oc&#233;an de la philosophie. Il n'est donc plus n&#233;cessaire de d&#233;ployer autant d'efforts inutiles en histoire naturelle, comme c'&#233;tait le cas auparavant, pour d&#233;crire et pr&#233;ciser avec pr&#233;cision la diversit&#233; des choses, les diff&#233;rences entre les esp&#232;ces animales, v&#233;g&#233;tales et fossiles. Car de telles diff&#233;rences insignifiantes ne sont pour la plupart que des jeux, comme des pitreries de la nature, et leur description procure du plaisir et parfois un certain b&#233;n&#233;fice, mais ne favorise pas la connaissance et la science. Il faut donc plut&#244;t s'efforcer de rechercher les similitudes et les rapports communs des choses tant dans leur essence enti&#232;re que dans leurs parties particuli&#232;res. Car seuls ceux-ci apportent l'unit&#233; &#224; la nature et posent ainsi les bases de la science . (&#171; NON &#187;, II, A. 27 ; &#171; Parasceve ad Hist. Nat. &#187;, A. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Mais la philosophie naturelle comporte deux parties principales, &#224; savoir une partie th&#233;orique et une partie pratique . (&#171; De Augm. Sc. &#187;, III, c. 3) a) La partie th&#233;orique de la philosophie naturelle est divis&#233;e en deux parties, &#224; savoir la m&#233;taphysique et la physique . La physique a pour t&#226;che l'&#233;tude de la mati&#232;re et de la cause externe efficace, et son objet est donc les causes changeantes et impermanentes, qui sont aussi diverses et diff&#233;rentes que la mati&#232;re qui est l'objet de leurs effets, comme le feu dans l'int&#233;rieur. dans un cas, la mati&#232;re est la cause de son durcissement, dans un autre elle est la cause de sa fluidit&#233;. La physique a donc pour objet ce qui est compl&#232;tement immerg&#233; dans la mati&#232;re et ce qui est changeant, tandis que la m&#233;taphysique , en tant que science des formes et des causes ultimes, a ce qui est plus abstrait et permanent . La physique pr&#233;suppose seulement l'existence, le mouvement et la n&#233;cessit&#233; dans la nature, mais la m&#233;taphysique pr&#233;suppose aussi l'esprit et les id&#233;es . (lc, ch. 4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re et la plus importante partie de la m&#233;taphysique a pour objet les lois ou formes des qualit&#233;s simples (telles que la chaleur, le froid, la densit&#233;, la gravit&#233;, etc.) et leurs mouvements et processus par lesquels elles se transforment en corps concrets, c'est-&#224;-dire les formes qui, malgr&#233; leur petit nombre, constituent encore la base et l'essence des propri&#233;t&#233;s et des d&#233;terminations de tous les corps concrets . A cet &#233;gard, la m&#233;taphysique a les m&#234;mes objets que la physique, mais elle ne les consid&#232;re que comme des causes externes et changeantes ou seulement comme la causa efficiens, qui est le simple v&#233;hicule de la forme. (&#171; NON &#187;, II, A. 9, 7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphysique, en tant que science de la forme, est la plus excellente de toutes les sciences ; car la t&#226;che des sciences, qui est de mettre un terme &#224; la vieille plainte sur la bri&#232;vet&#233; de la vie et l'ennui de l'art en raccourcissant les longs d&#233;tours de l'exp&#233;rience, ne peut &#234;tre r&#233;solue au mieux que par les sciences, c'est-&#224;-dire en reliant les propositions particuli&#232;res et en propositions g&#233;n&#233;rales ou genres, qui englobent tout le domaine de tous les &#234;tres individuels, quelle que soit la diversit&#233; de leur mati&#232;re. C'est donc une excellente id&#233;e de Platon et de Parm&#233;nide (m&#234;me s'il ne s'agissait pour eux que de simples sp&#233;culations) que tout s'&#233;l&#232;ve progressivement vers l'unit&#233; . C'est pourquoi la m&#233;taphysique est la science la plus merveilleuse , parce qu'elle charge le moins l'esprit humain de la multitude de choses , parce qu'elle ne s'int&#233;resse principalement qu'aux formes simples des choses, qui, si peu nombreuses soient-elles, examinent n&#233;anmoins &#224; travers diff&#233;rents degr&#233;s et mani&#232;res leur connexion. les uns avec les autres &#233;tablit toute la diversit&#233; des corps concrets . (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de la m&#233;taphysique a pour objet les buts ou causes ultimes de la nature. La recherche des buts n'a pas sa place dans la physique, bien qu'elle ait &#233;t&#233; incluse jusqu'&#224; pr&#233;sent dans son domaine, mais malheureusement seulement &#224; son plus grand inconv&#233;nient, car elle a emp&#234;ch&#233; les gens d'&#233;tudier les causes r&#233;elles et v&#233;ritablement physiques. C'est pourquoi la philosophie naturelle de D&#233;mocrite et d'autres, qui n'a pas fond&#233; la construction de la nature sur les id&#233;es de Dieu et de l'Esprit, la construction de l'univers &#224; partir d'innombrables pr&#233;ludes et tentatives de la nature, et les causes des choses particuli&#232;res non &#224; partir de fins, mais elle d&#233;rive seulement de la mati&#232;re et du cours de la n&#233;cessit&#233;, bien plus profond&#233;ment que la philosophie naturelle de Platon ou d'Aristote. La t&#233;l&#233;ologie est st&#233;rile et ne donne naissance &#224; rien, comme une vierge consacr&#233;e &#224; Dieu. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La philosophie naturelle pratique comporte &#233;galement deux parties, &#224; savoir la m&#233;canique et la magie . La premi&#232;re est produite par la physique comme science des causes externes effectives et mat&#233;rielles, la seconde par la m&#233;taphysique comme science des causes vraies et des formes g&#233;n&#233;rales. Car la magie est la science ou l'art qui tire des effets ou des exp&#233;riences &#233;tonnants de la connaissance des formes cach&#233;es et, par l'approche appropri&#233;e des forces actives vers les objets r&#233;ceptifs, met en lumi&#232;re les grandes actions de la nature, un art qui, comme tant d'autres, d'autres manquent encore et sont compl&#232;tement diff&#233;rents de ce qu'on appelait auparavant la magie. D'ailleurs, la magie ancienne ne doit en aucun cas &#234;tre rejet&#233;e aussi facilement, mais plut&#244;t examin&#233;e de pr&#232;s et soigneusement pour voir si, parmi les nombreux superstitieux, mensonges et t&#233;moins de contes de f&#233;es, quelque chose comme l'enchantement, l'augmentation et le renforcement du pouvoir de l'imagination n'existe pas. La sympathie pour les choses m&#234;me lointaines, l'influence magique des esprits sur les esprits et des corps sur les corps, a sa base dans les forces r&#233;elles de la nature. (&#171; NON &#187;, II, A. 31 ; &#171; Hist. Nat. &#187;, Cent. X)&lt;br class='autobr' /&gt;
40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Inquisitio formarum (seu verarum differentiarum, 'Aug. Sc.', III, c. 4) quae sunt (ratione certe et sua lege) aeternae et immobiles, constitue &#034;NO&#034;, II, A. 9.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses pr&#233;liminaires sur la r&#233;forme de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Vorl%C3%A4ufige+Thesen+zur+Reform+der+Philosophie?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Vorl%C3%A4ufige+Thesen+zur+Reform+der+Philosophie?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Principes de la philosophie du futur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Grunds%C3%A4tze+der+Philosophie+der+Zukunft?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Grunds%C3%A4tze+der+Philosophie+der+Zukunft?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les sciences naturelles et la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ludwig--feuerbach-de.translate.goog/natur_rev.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ludwig--feuerbach-de.translate.goog/natur_rev.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Read in english&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/reference/archive/feuerbach/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/reference/archive/feuerbach/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que Marx/Engels pensaient des th&#232;ses de Feuerbach&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses sur Feuerbach&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;AD Feuerbach&lt;br class='autobr' /&gt;
I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal d&#233;faut, jusqu'ici, du mat&#233;rialisme de tous les philosophes &#8211; y compris celui de Feuerbach est que l'objet, la r&#233;alit&#233;, le monde sensible n'y sont saisis que sous la forme d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activit&#233; humaine concr&#232;te, en tant que pratique, de fa&#231;on non subjective. C'est ce qui explique pourquoi l'aspect actif fut d&#233;velopp&#233; par l'id&#233;alisme, en opposition au mat&#233;rialisme, &#8212; mais seulement abstraitement, car l'id&#233;alisme ne conna&#238;t naturellement pas l'activit&#233; r&#233;elle, concr&#232;te, comme telle. Feuerbach veut des objets concrets, r&#233;ellement distincts des objets de la pens&#233;e ; mais il ne consid&#232;re pas l'activit&#233; humaine elle-m&#234;me en tant qu'activit&#233; objective. C'est pourquoi dans l'Essence du christianisme, il ne consid&#232;re comme authentiquement humaine que l'activit&#233; th&#233;orique, tandis que la pratique n'est saisie et fix&#233;e par lui que dans sa manifestation juive sordide. C'est pourquoi il ne comprend pas l'importance de l'activit&#233; &#034;r&#233;volutionnaire&#034;, de l'activit&#233; &#034;pratique-critique&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir s'il y a lieu de reconna&#238;tre &#224; la pens&#233;e humaine une v&#233;rit&#233; objective n'est pas une question th&#233;orique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire la r&#233;alit&#233;, et la puissance de sa pens&#233;e, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la r&#233;alit&#233; ou l'irr&#233;alit&#233; d'une pens&#233;e qui s'isole de la pratique, est purement scolastique.&lt;br class='autobr' /&gt;
III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine mat&#233;rialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l'&#233;ducation, que, par cons&#233;quent, des hommes transform&#233;s soient des produits d'autres circonstances et d'une &#233;ducation modifi&#233;e [1], oublie que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les hommes qui transforment les circonstances et que l'&#233;ducateur a lui-m&#234;me besoin d'&#234;tre &#233;duqu&#233;. C'est pourquoi elle tend in&#233;vitablement &#224; diviser la soci&#233;t&#233; en deux parties dont l'une est au-dessus de la soci&#233;t&#233; (par exemple chez Robert Owen [2]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La co&#239;ncidence du changement des circonstances et de l'activit&#233; humaine ou auto-changement ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e et comprise rationnellement qu'en tant que pratique r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach part du fait que la religion rend l'homme &#233;tranger &#224; lui-m&#234;me et d&#233;double le monde en un monde religieux, objet de repr&#233;sentation [3], et un monde temporel [4]. Son travail consiste &#224; r&#233;soudre le monde religieux en sa base temporelle. Il ne voit pas que, ce travail une fois accompli, le principal reste encore &#224; faire [5]. Le fait, notamment, que la base temporelle se d&#233;tache d'elle-m&#234;me, et se fixe dans les nuages, constituant ainsi un royaume autonome, ne peut s'expliquer pr&#233;cis&#233;ment que par le d&#233;chirement et la contradiction internes de cette base temporelle. Il faut donc d'abord comprendre celle-ci dans sa contradiction [6] pour la r&#233;volutionner ensuite pratiquement en supprimant la contradiction. Donc, une fois qu'on a d&#233;couvert, par exemple, que la famille terrestre est le secret de la famille c&#233;leste, c'est la premi&#232;re d&#233;sormais dont il faut faire la critique th&#233;orique et qu'il faut r&#233;volutionner dans la pratique [7].&lt;br class='autobr' /&gt;
V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, que ne satisfait pas la pens&#233;e abstraite, en appelle &#224; l'intuition sensible ; mais il ne consid&#232;re pas le monde sensible en tant qu'activit&#233; pratique concr&#232;te de l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
VI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach r&#233;sout l'essence religieuse en l'essence humaine. Mais l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inh&#233;rente &#224; l'individu isol&#233;. Dans sa r&#233;alit&#233;, elle est l'ensemble des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, qui n'entreprend pas la critique de cet &#234;tre r&#233;el, est par cons&#233;quent oblig&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De faire abstraction du cours de l'histoire et de faire de l'esprit religieux une chose immuable, existant pour elle-m&#234;me, en supposant l'existence d'un individu humain abstrait, isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De consid&#233;rer, par cons&#233;quent, l'&#234;tre humain [8] uniquement en tant que &#034;genre&#034;, en tant qu'universalit&#233; interne, muette, liant d'une fa&#231;on purement naturelle les nombreux individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Feuerbach ne voit pas que l'&#034;esprit religieux&#034; est lui-m&#234;me un produit social et que l'individu abstrait qu'il analyse appartient en r&#233;alit&#233; [9] &#224; une forme sociale d&#233;termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
VIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute [10] vie sociale est essentiellement pratique. Tous les myst&#232;res qui d&#233;tournent la th&#233;orie vers le mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine et dans la compr&#233;hension de cette pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
IX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat le plus avanc&#233; auquel atteint le mat&#233;rialisme intuitif, c'est-&#224;-dire le mat&#233;rialisme qui ne con&#231;oit pas l'activit&#233; des sens comme activit&#233; pratique, est la fa&#231;on de voir des individus isol&#233;s et de la soci&#233;t&#233; bourgeoise [11].&lt;br class='autobr' /&gt;
X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'ancien mat&#233;rialisme est la soci&#233;t&#233; &#034;bourgeoise&#034;. Le point de vue du nouveau mat&#233;rialisme, c'est la soci&#233;t&#233; humaine, ou l'humanit&#233; socialis&#233;e [12].&lt;br class='autobr' /&gt;
XI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes n'ont fait qu'interpr&#233;ter le monde de diff&#233;rentes mani&#232;res, ce qui importe [13] c'est de le transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le manuscrit de Marx indique ici seulement : &#8220;la doctrine mat&#233;rialiste de la modification des circonstances et de l'&#233;ducation, oublie...&#8221; Engels a explicit&#233; la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Parenth&#232;se ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Cette pr&#233;cision est ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Engels dit &#8220;r&#233;el&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Phrase ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le texte de Marx met les deux op&#233;rations sur le m&#234;me plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Marx &#233;crit : &#8220;c'est la premi&#232;re qu'il faut an&#233;antir sur le plan de la th&#233;orie et de la pratique.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Adjectif ajout&#233; par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#8220;en r&#233;alit&#233;&#8221;, est ajout&#233; par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Engels dit simplement &#8220;la vie&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Variante d'Engels : &#8220;la fa&#231;on de voir des individus isol&#233;s dans la &#8220;soci&#233;t&#233; bourgeoise&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Dans ce paragraphe, c'est Engels qui souligne humaine et met entre guillemets bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Engels a ajout&#233; : &#8220;mais...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'individu pour Marx/Engels</title>
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		<dc:date>2025-07-25T22:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans Introduction &#224; la critique de l'&#233;conomie politique : &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Production &lt;br class='autobr' /&gt;
a) L'objet de cette &#233;tude est tout d'abord la production mat&#233;rielle. Des individus produi&#173;sant en soci&#233;t&#233; - donc une production d'individus socialement d&#233;termin&#233;e, tel est naturelle&#173;ment le point de d&#233;part. Le chasseur et le p&#234;cheur individuels et isol&#233;s, par lesquels commen&#173;cent Smith et Ricardo, font partie des plates fictions du XVIII&#176; si&#232;cle. Robinsonades qui n'expriment nullement, comme se l'imaginent certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans Introduction &#224; la critique de l'&#233;conomie politique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) L'objet de cette &#233;tude est tout d'abord la production mat&#233;rielle. Des individus produi&#173;sant en soci&#233;t&#233; - donc une production d'individus socialement d&#233;termin&#233;e, tel est naturelle&#173;ment le point de d&#233;part. Le chasseur et le p&#234;cheur individuels et isol&#233;s, par lesquels commen&#173;cent Smith et Ricardo, font partie des plates fictions du XVIII&#176; si&#232;cle. Robinsonades qui n'expriment nullement, comme se l'imaginent certains historiens de la civilisation, une simple r&#233;action contre des exc&#232;s de raffinement et un retour &#224; un &#233;tat de nature mal compris. De m&#234;me, le contrat social de Rousseau qui, entre des sujets ind&#233;pendants par nature, &#233;tablit des relations et des liens au moyen d'un pacte, ne repose pas davantage sur un tel naturalisme. Ce n'est qu'apparence, apparence d'ordre purement esth&#233;tique dans les petites et grandes robinso&#173;nades. Il s'agit, en r&#233;alit&#233;, d'une anticipation de la &#171; soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187; qui se pr&#233;parait depuis le XVI&#176; si&#232;cle et qui, au XVIII&#176; marchait &#224; pas de g&#233;ant vers sa maturit&#233;. Dans cette soci&#233;t&#233; o&#249; r&#232;gne la libre concurrence, l'individu appara&#238;t d&#233;tach&#233; des liens naturels, etc., qui font de lui &#224; des &#233;poques historiques ant&#233;rieures un &#233;l&#233;ment d'un conglom&#233;rat humain d&#233;termin&#233; et d&#233;limit&#233;. Pour les proph&#232;tes du XVIII&#176; si&#232;cle, - Smith et Ricardo se situent encore compl&#232;tement sur leurs positions, - cet individu du XVIII&#176; si&#232;cle - produit, d'une part, de la d&#233;composition des formes de soci&#233;t&#233; f&#233;odales, d'autre part, des forces de production nouvelles qui se sont d&#233;velopp&#233;es depuis le XVI&#176; si&#232;cle - appara&#238;t comme un id&#233;al qui aurait exist&#233; dans le pass&#233;. Ils voient en lui non un aboutissement historique, mais le point de d&#233;part de l'histoire, parce qu'ils consid&#232;rent cet individu comme quelque chose de naturel, conforme &#224; leur conception de la nature humaine, non comme un produit de l'histoire, mais comme une donn&#233;e de la nature. Cette illusion a &#233;t&#233; jusqu'&#224; maintenant partag&#233;e par toute &#233;poque nou&#173;velle. Steuart, qui, &#224; plus d'un &#233;gard, s'oppose au XVIII&#176; si&#232;cle et, en sa qualit&#233; d'aristo&#173;crate, se tient davantage sur le terrain historique, a &#233;chapp&#233; &#224; cette illusion na&#239;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on remonte dans le cours de l'histoire, plus l'individu &#8211; et par suite l'individu produc&#173;teur, lui aussi, - appara&#238;t dans un &#233;tat de d&#233;pendance, membre d'un ensemble plus grand : cet &#233;tat se manifeste tout d'abord de fa&#231;on tout &#224; fait naturelle dans la famille et dans la famille &#233;largie jusqu'&#224; former la tribu ; puis dans les diff&#233;rentes formes de communaut&#233;s, issues de l'opposition et de la fusion des tribus. Ce n'est qu'au XVIII&#176; si&#232;cle, dans la &#171; soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187;, que les diff&#233;rentes formes de l'ensemble social se pr&#233;sentent &#224; l'individu com&#173;me un simple moyen de r&#233;aliser ses buts particuliers, comme une n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure. Mais l'&#233;poque qui engendre ce point de vue, celui de l'individu isol&#233;, est pr&#233;cis&#233;ment celle o&#249; les rapports sociaux (rev&#234;tant de ce point de vue un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral) ont atteint le plus grand d&#233;veloppement qu'ils aient connu. L'homme est, au sens le plus litt&#233;ral, un [...] [1], non seule&#173;ment un animal sociable, mais un animal qui ne peut s'isoler que dans la soci&#233;t&#233;. La production r&#233;alis&#233;e en dehors de la soci&#233;t&#233; par l'individu isol&#233; - fait exceptionnel qui peut bien arriver &#224; un civilis&#233; transport&#233; par hasard dans un lieu d&#233;sert et qui poss&#232;de d&#233;j&#224; en puissance les forces propres &#224; la soci&#233;t&#233; - est chose aussi absurde que le serait le d&#233;veloppe&#173;ment du langage sans la pr&#233;sence d'individus vivant et parlant ensemble. Inutile de s'y arr&#234;ter plus longtemps. Il n'y aurait aucune raison d'aborder ce point si cette niaiserie, qui avait un sens et une raison d'&#234;tre chez les gens du XVIII&#176; si&#232;cle, n'avait &#233;t&#233; r&#233;introduite tr&#232;s s&#233;rieuse&#173;ment par Bastiat, Carey, Proudhon etc., en pleine &#233;conomie politique moderne. Pour Proudhon entre autres, il est naturellement bien commode de faire de la mythologie pour donner une explication historico-philosophique d'un rapport &#233;conomique dont il ignore l'ori&#173;gine historique : l'id&#233;e de ce rapport serait venue un beau jour toute pr&#234;te &#224; l'esprit d'Adam ou de Prom&#233;th&#233;e, qui l'ont alors introduite dans le monde, etc... Rien de plus fastidieux et de plus plat que le locus communis [lieu commun] en proie au d&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;TERNISATION DES RAPPORTS DE PRODUCTION HISTORIQUES. PRODUCTION ET DISTRIBUTION EN G&#201;N&#201;RAL. PROPRI&#201;T&#201;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc nous parlons de production, c'est toujours de la production &#224; un stade d&#233;ter&#173;mi&#173;n&#233; du d&#233;veloppement social qu'il s'agit - de la production d'individus vivant en soci&#233;t&#233;. Aussi pourrait-il sembler que, pour parler de la production en g&#233;n&#233;ral, il faille, soit suivre le proc&#232;s historique de son d&#233;veloppement dans ses diff&#233;rentes phases, soit d&#233;clarer de prime abord que l'on s'occupe d'une &#233;poque historique d&#233;termin&#233;e, par exemple de la production bourgeoise moderne, qui est, en fait, notre v&#233;ritable sujet. Mais toutes les &#233;poques de la production ont certains caract&#232;res communs, certaines d&#233;terminations communes. La production en g&#233;n&#233;ral est une abstraction, mais une abstraction rationnelle, dans la mesure o&#249;, soulignant et pr&#233;cisant bien les traits communs, elle nous &#233;vite la r&#233;p&#233;tition. Cepen&#173;dant, ce caract&#232;re g&#233;n&#233;ral, ou ces traits communs, que permet de d&#233;gager la comparaison, forment eux-m&#234;mes un ensemble tr&#232;s complexe dont les &#233;l&#233;ments divergent pour rev&#234;tir des d&#233;termi&#173;nations diff&#233;rentes. Certains de ces caract&#232;res appartiennent &#224; toutes les &#233;poques, d'autres sont communs &#224; quelques-unes seulement. [Certaines] de ces d&#233;terminations appara&#238;tront communes &#224; l'&#233;poque la plus moderne comme &#224; la plus ancienne. Sans elles, on ne peut concevoir aucune production. Mais, s'il est vrai que les langues les plus &#233;volu&#233;es ont en commun avec les moins &#233;volu&#233;es certaines lois et d&#233;terminations, ce qui constitue leur &#233;volution, c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui les diff&#233;rencie de ces caract&#232;res g&#233;n&#233;raux et communs ; aussi faut-il bien distinguer les d&#233;terminations qui valent pour la production en g&#233;n&#233;ral, afin que l'unit&#233; - qui d&#233;coule d&#233;j&#224; du fait que le sujet, l'humanit&#233;, et l'objet, la nature, sont identi&#173;ques - ne fasse pas oublier la diff&#233;rence essentielle. C'est de cet oubli que d&#233;coule, par exemple, toute la sagesse des &#233;conomistes modernes qui pr&#233;tendent prouver l'&#233;ternit&#233; et l'harmonie des rapports sociaux existant actuellement. Par exemple, pas de production possible sans un instrument de production, cet instrument ne serait-il que la main. Pas de production possible sans travail pass&#233; accumul&#233;, ce travail ne serait-il que l'habilet&#233; que l'exe&#173;r&#173;cice r&#233;p&#233;t&#233; a d&#233;velopp&#233;e et fix&#233;e dans la main du sauvage. Entre autres choses, le capital est, lui aussi, un instrument de production, c'est, lui aussi, du travail pass&#233;, objectiv&#233;. Donc le capital est un rapport naturel universel et &#233;ternel ; oui, mais &#224; condition de n&#233;gliger pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;l&#233;ment sp&#233;cifique, ce qui seul transforme en capital l'&#171; instrument de produc&#173;tion &#187;, le &#171; travail accumul&#233; &#187;. Toute l'histoire des rapports de production appara&#238;t ainsi, par exemple chez Carey, comme une falsification provoqu&#233;e par la malveillance des gouverne&#173;ments. S'il n'y a pas de production en g&#233;n&#233;ral, il n'y a pas non plus de production g&#233;n&#233;rale. La production est toujours une branche particuli&#232;re de la production - par exemple l'agriculture, l'&#233;levage du b&#233;tail, la manufacture, etc., ou bien elle constitue un tout. Mais l'&#233;conomie politique n'est pas la technologie. Il faudra expliquer ailleurs (plus tard) le rapport entre les d&#233;terminations g&#233;n&#233;rales de la production &#224; un stade social donn&#233; et les formes particuli&#232;res de la production. Enfin la production n'est pas non plus uniquement une production particuli&#232;re, elle appara&#238;t toujours sous la forme d'un certain corps social d'un sujet social, qui exerce son activit&#233; dans un ensemble plus ou moins grand et riche de branches de la production. Il n'y a pas encore lieu non plus d'&#233;tudier ici le rapport existant entre l'expos&#233; scientifique et le mouvement r&#233;el. Production en g&#233;n&#233;ral. Branches particuli&#232;res de la production. Production consid&#233;r&#233;e dans sa totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de mode en &#233;conomie politique de faire pr&#233;c&#233;der toute &#233;tude d'une partie g&#233;n&#233;rale, - celle, pr&#233;cis&#233;ment, qui figure sous le titre de Production (cf., par exemple, J. Stuart Mill), - dans laquelle on traite des conditions g&#233;n&#233;rales de toute production. Cette partie g&#233;n&#233;rale comprend ou est cens&#233;e comprendre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'&#233;tude des conditions sans lesquelles la production n'est pas possible, et qui se borne donc en fait &#224; la mention des facteurs essentiels communs &#224; toute production. Mais, en r&#233;alit&#233;, cela se r&#233;duit, comme nous le verrons, &#224; quelques d&#233;terminations tr&#232;s simples rab&#226;ch&#233;es en plates tautologies ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'&#233;tude des conditions qui favorisent plus ou moins le d&#233;veloppement de la produc&#173;tion, comme, par exemple, l'&#233;tat social progressif ou stagnant d'Adam Smith. Pour donner un caract&#232;re scientifique &#224; ce qui, chez lui, a sa valeur comme aper&#231;u, il faudrait &#233;tudier les p&#233;riodes de divers degr&#233;s de productivit&#233; au cours du d&#233;veloppement de diff&#233;rents peuples - &#233;tude qui d&#233;passe les limites proprement dites de notre sujet, mais qui, dans la mesure o&#249; elle y entre, doit &#234;tre expos&#233;e dans la partie expliquant la concurrence, l'accumu&#173;lation, etc. Sous sa forme g&#233;n&#233;rale, la conclusion aboutit &#224; cette g&#233;n&#233;ralit&#233; qu'un peuple industriel est &#224; l'apog&#233;e de sa production au moment m&#234;me o&#249;, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il atteint son apog&#233;e historique. Et, de fait, un peuple est &#224; son apog&#233;e industrielle tant que ce n'est pas encore le profit, mais la recherche du gain qui est pour lui l'essentiel. Sup&#233;riorit&#233;, en ce sens, des Yankees sur les Anglais. Ou bien, aussi, on aboutit &#224; ceci, que certaines races, certaines dispositions, certains climats, certaines conditions naturelles, comme la situation au bord de la mer, la fertilit&#233; du sol, etc., sont plus favorables que d'autres &#224; la production. Ce qui donne de nouveau cette tautologie : la richesse se cr&#233;e d'autant plus facilement que ses &#233;l&#233;ments subjectifs et objectifs existent &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans cette partie g&#233;n&#233;rale, ce n'est pas de tout cela qu'il s'agit en r&#233;alit&#233; pour les &#233;conomistes. Il s'agit bien plut&#244;t, comme le montre l'exemple de Mill, de repr&#233;senter la production, &#224; la diff&#233;rence de la distribution, etc., comme enclose dans des lois naturelles, &#233;ternelles, ind&#233;pendantes de l'histoire, et &#224; cette occasion de glisser en sous-main cette id&#233;e que les rapports bourgeois sont des lois naturelles immuables de la soci&#233;t&#233; con&#231;ue in abstracto [dans l'abstrait]. Tel est le but auquel tend plus ou moins consciemment tout ce proc&#233;d&#233;. Dans la distribution, au contraire, les hommes se seraient permis d'agir en fait avec beaucoup d'arbitraire. Abstraction faite de cette disjonction brutale de la production et la distribution et de la rupture de leur rapport r&#233;el, on peut d&#232;s l'abord voir au moins ceci clairement : si diverse que puisse &#234;tre la distribution aux diff&#233;rents stades de la soci&#233;t&#233;, il doit &#234;tre possible, tout aussi bien que pour la production, de d&#233;gager des caract&#232;res communs, et possible aussi d'effacer ou de supprimer toutes les diff&#233;rences historiques pour &#233;noncer des lois s'appliquant &#224; l'homme en g&#233;n&#233;ral. Par exemple, l'esclave, le serf, le travailleur salari&#233; re&#231;oivent tous une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de nourriture qui leur permet de subsister en tant qu'esclave, serf, salari&#233;. Qu'ils vivent du tribut, de l'imp&#244;t, de la rente fonci&#232;re, de l'aum&#244;ne ou de la d&#238;me, le conqu&#233;rant, le fonctionnaire, le propri&#233;taire foncier, le moine ou le l&#233;vite re&#231;oivent tous une quote-part de la production sociale qui est fix&#233;e suivant d'autres lois que celle des esclaves, etc. Les deux principaux points que tous les &#233;conomistes placent sous cette rubrique sont : 1&#176; propri&#233;t&#233; ; 2&#176; garantie de cette derni&#232;re par la justice, la police, etc. On peut r&#233;pondre &#224; cela tr&#232;s bri&#232;vement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point : Toute production est appropriation de la nature par l'individu dans le cadre et par l'interm&#233;diaire d'une forme de soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e. En ce sens, c'est une tautologie de dire que la propri&#233;t&#233; (appropriation) est une condition de la production. Mais il est ridicule de partir de l&#224; pour passer d'un saut &#224; une forme d&#233;termin&#233;e de la propri&#233;t&#233;, par exemple &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. (Ce qui, de plus, suppose &#233;galement comme condition une forme oppos&#233;e, la non-propri&#233;t&#233;.)L'histoire nous montre bien plut&#244;t dans la propri&#233;t&#233; commune (par exemple chez les Indiens, les Slaves, les anciens Celtes, etc.) la forme primitive, forme qui, sous l'aspect de propri&#233;t&#233; communale, jouera longtemps encore un r&#244;le important. Quant &#224; savoir si la richesse se d&#233;veloppe mieux sous l'une ou l'autre forme de propri&#233;t&#233;, il n'en est encore nullement question ici. Mais, dire qu'il ne puisse &#234;tre question d'aucune production, ni par cons&#233;quent d'aucune soci&#233;t&#233; o&#249; n'existe aucune forme de propri&#233;t&#233;, est pure tautologie. Une appropriation qui ne s'approprie rien est une contradictio in subjecto [une contradiction dans les termes].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le deuxi&#232;me point : Mise en s&#251;ret&#233; des biens acquis, etc. Si l'on r&#233;duit ces banalit&#233;s &#224; leur contenu r&#233;el, elles expriment beaucoup plus que ne s'en doutent ceux qui les pr&#234;chent. A savoir que toute forme de production engendre ses propres rapports juridiques, sa propre forme de gouvernement, etc. C'est manquer de finesse et de perspicacit&#233; que d'&#233;tablir entre des choses formant un tout organique des rapports contingents, que d'&#233;tablir seulement entre elles un lien de la r&#233;flexion. C'est ainsi que les &#233;conomistes bourgeois ont le sentiment vague que la production est plus facile avec la police moderne qu'&#224; l'&#233;poque par exemple du &#171; droit du plus fort &#187;. Ils oublient seulement que le &#171; droit du plus fort &#187; est &#233;galement un droit, et qui survit sous une autre forme dans leur &#171; &#201;tat juridique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les conditions sociales r&#233;pondant &#224; un stade d&#233;termin&#233; de la production sont seulement en voie de formation ou, au contraire, quand elles sont d&#233;j&#224; en voie de disparition, des perturbations se produisent naturellement dans la production, bien qu'elles soient d'un degr&#233; et d'un effet variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer : tous les stades de la production ont des d&#233;terminations communes auxquelles la pens&#233;e pr&#234;te un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral ; mais les pr&#233;tendues conditions g&#233;n&#233;rales de toute production ne sont rien d'autre que ces facteurs abstraits, qui ne r&#233;pondent &#224; aucun stade historique r&#233;el de la production. II. Rapport g&#233;n&#233;ral entre la production et la distribution, l'&#233;change, la consommation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de nous engager plus avant dans l'analyse de la production, il est n&#233;cessaire d'examiner les diff&#233;rentes rubriques dont l'accompagnent les &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'id&#233;e telle qu'elle se pr&#233;sente d'elle-m&#234;me : dans la production, les membres de la soci&#233;t&#233; adaptent (produisent, fa&#231;onnent) les produits de la nature conform&#233;ment &#224; des besoins humains ; la distribution d&#233;termine la proportion dans laquelle l'individu participe &#224; la r&#233;partition de ces produits ; l'&#233;change lui procure les produits particuliers en lesquels il veut convertir la quote-part qui lui est d&#233;volue par la distribution ; dans la consommation enfin les produits deviennent objets de jouissance, d'appropriation individuelle. La production cr&#233;e les objets qui r&#233;pondent aux besoins ; la distribution les r&#233;partit suivant des lois sociales ; l'&#233;chan&#173;ge r&#233;partit de nouveau ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;parti, mais selon les besoins individuels ; dans la consommation enfin, le produit s'&#233;vade de ce mouvement social, il devient directement objet et serviteur du besoin individuel, qu'il satisfait dans la jouissance. La production appara&#238;t ainsi comme le point de d&#233;part, la consommation comme le point final, la distribution et l'&#233;change comme le moyen terme, lequel a, &#224; son tour, un double caract&#232;re, la distribution &#233;tant le moment ayant pour origine la soci&#233;t&#233; et l'&#233;change le moment ayant l'individu pour origine. Dans la production la personne s'objective et dans la personne [2] se subjectivise la chose ; dans la distribution c'est la soci&#233;t&#233;, sous forme de d&#233;terminations g&#233;n&#233;rales domi&#173;nantes, qui fait office d'interm&#233;diaire entre la production et la consommation ; dans l'&#233;change, le passage de l'une &#224; l'autre est assur&#233; par la d&#233;termination contingente de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution d&#233;termine la proportion (la quantit&#233;) des produits qui &#233;choient &#224; l'individu ; l'&#233;change d&#233;termine les produits que chaque individu r&#233;clame en tant que part qui lui a &#233;t&#233; assign&#233;e par la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Production, distribution, &#233;change, consommation forment ainsi [suivant la doctrine des &#233;conomistes [3]]un syllogisme dans les r&#232;gles ; la production constitue le g&#233;n&#233;ral, la distribu&#173;tion et l'&#233;change le particulier, la consommation le singulier, &#224; quoi aboutit l'ensemble. Sans doute, c'est bien l&#224; un encha&#238;nement, mais fort superficiel. La production est d&#233;termin&#233;e par des lois naturelles g&#233;n&#233;rales ; la distribution par la contingence sociale, et celle-ci peut, par suite, exercer sur la production une action plus ou moins stimulante ; l'&#233;change se situe entre les deux comme un mouvement social de caract&#232;re formel, et l'acte final de la consommation, con&#231;u non seulement comme abou&#173;tis&#173;se&#173;ment, mais comme but final, est, &#224; vrai dire, en dehors de l'&#233;conomie, sauf dans la mesure o&#249; il r&#233;agit &#224; son tour sur le point de d&#233;part, o&#249; il ouvre &#224; nouveau tout le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adversaires des &#233;conomistes - adversaires de l'int&#233;rieur ou du dehors, - qui leur reprochent de dissocier d'une fa&#231;on barbare des choses formant un tout, se placent ou bien sur le m&#234;me terrain qu'eux, ou bien au-dessous d'eux. Rien de plus banal que le reproche fait aux &#233;conomistes de consid&#233;rer la production trop exclusivement comme une fin en soi et all&#233;guant que la distribution a tout autant d'importance. Ce reproche repose pr&#233;cis&#233;ment sur la conception &#233;conomique suivant laquelle la distribution existe en tant que sph&#232;re autonome, ind&#233;pendante, &#224; c&#244;t&#233; de la production. Ou bien [on leur reproche] de ne pas consid&#233;rer dans leur unit&#233; ces diff&#233;rentes phases. Comme si cette dissociation n'&#233;tait pas pass&#233;e de la r&#233;alit&#233; dans les livres, mais au contraire des livres dans la r&#233;alit&#233;, et comme s'il s'agissait ici d'un &#233;quilibre dialectique de concepts et non pas de la conception [4] des rapports r&#233;els ! a) La production est aussi consommation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Double caract&#232;re de la consommation, subjectif et objectif : d'une part, l'individu qui d&#233;ve&#173;&#173;lop&#173;pe ses facult&#233;s en produisant les d&#233;pense &#233;galement, les consomme dans l'acte de la produc&#173;tion, tout comme la procr&#233;ation naturelle est consommation des forces vitales. Deuxi&#232;mement : consommation des moyens de production que l'on emploie, qui s'usent, et qui se dissolvent en partie (comme par exemple lors de la combustion) dans les &#233;l&#233;ments de l'univers. De m&#234;me pour la mati&#232;re premi&#232;re, qui ne conserve pas sa forme et sa constitution naturelles, mais qui se trouve consomm&#233;e. L'acte de production est donc lui-m&#234;me dans tous ses moments un acte de consommation &#233;galement. Les &#233;conomistes, du reste, l'admettent. La production consid&#233;r&#233;e comme imm&#233;diatement identique &#224; la consommation et la consomma&#173;tion comme co&#239;ncidant de fa&#231;on imm&#233;diate avec la production, c'est ce qu'ils appellent la consommation productive. Cette identit&#233; de la production et de la consommation revient &#224; la proposition de Spinoza : Determinatio est negatio [Toute d&#233;termination est n&#233;gation].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;termination de la consommation productive n'est pr&#233;cis&#233;ment &#233;tablie que pour distinguer la consommation qui s'identifie &#224; la production, de la consommation propre&#173;ment dite, qui est plut&#244;t con&#231;ue comme antith&#232;se destructrice de la production. Consid&#233;rons donc la consommation proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation est de mani&#232;re imm&#233;diate &#233;galement production, de m&#234;me que dans la nature la consommation des &#233;l&#233;ments et des substances chimiques est production de la plante. Il est &#233;vident que dans l'alimen&#173;tation, par exemple, qui est une forme particuli&#232;re de la consommation, l'homme produit son propre corps. Mais cela vaut &#233;galement pour tout autre genre de consommation qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, contribue par quelque c&#244;t&#233; &#224; la production de l'homme. Production consommatrice. Mais, objecte l'&#233;conomie, cette produc&#173;tion qui s'identifie &#224; la consommation est une deuxi&#232;me production, issue de la destruction du premier produit. Dans la premi&#232;re le producteur s'objectivait ; dans la seconde, au contraire, c'est l'objet qu'il a cr&#233;&#233; qui se person&#173;nifie. Ainsi, cette production consommatrice - bien qu'elle constitue une unit&#233; imm&#233;diate de la production et de la consommation - est essen&#173;tiel&#173;le&#173;&#173;ment diff&#233;rente de la production propre&#173;ment dite. L'unit&#233; imm&#233;diate, dans laquelle la produc&#173;tion co&#239;ncide avec la consommation et la consommation avec la production, laisse subsis&#173;ter leur dualit&#233; fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production est donc imm&#233;diatement consommation, la consommation imm&#233;diatement production. Chacune est imm&#233;diatement son contraire. Mais il s'op&#232;re en m&#234;me temps un mouvement m&#233;diateur entre les deux termes. La production est m&#233;diatrice de la consom&#173;mation, dont elle cr&#233;e les &#233;l&#233;ments mat&#233;riels et qui, sans elle, n'aurait point d'objet. Mais la consommation est aussi m&#233;diatrice de la production en procurant aux produits le sujet pour lequel ils sont des produits. Le produit ne conna&#238;t son ultime accomplissement que dans la consommation. Un chemin de fer sur lequel on ne roule pas, qui donc ne s'use pas, n'est pas consomm&#233;, n'est un chemin de fer que dans le domaine de la possibilit&#233; [...] et non dans celui de la r&#233;alit&#233;. Sans production, pas de consommation ; mais, sans consommation, pas de production non plus, car la production serait alors sans but. La consommation produit la production doublement. 1&#186; C'est dans la consommation seulement que le produit devient r&#233;ellement produit. Par exemple, un v&#234;tement ne devient v&#233;ritablement v&#234;tement que par le fait qu'il est port&#233; ; une maison qui n'est pas habit&#233;e n'est pas, en fait, une v&#233;ritable maison ; le produit donc, &#224; la diff&#233;rence du simple objet naturel, ne s'affirme comme produit, ne devient produit que dans la consommation. C'est la consommation seulement qui, en absor&#173;bant le produit, lui donne la derni&#232;re touche (finishing stroke) ; carla production n'est pas produit en tant qu'activit&#233; objectiv&#233;e, mais seulement en tant qu'objet pour le sujet agissant [la consommation produit la production] [5]. 2&#186; La consommation cr&#233;e le besoin d'une nouvelle production, par cons&#233;quent la raison id&#233;ale, le mobile interne de la production, qui en est la condition pr&#233;alable. La consommation cr&#233;e le mobile de la production ; elle cr&#233;e aussi l'objet qui agit dans la production en d&#233;terminant sa fin. S'il est clair que la production offre, sous sa forme mat&#233;rielle, l'objet de la consommation, il est donc tout aussi clair que la consommation pose id&#233;alement l'objet de la production, sous forme d'image int&#233;rieure, de besoin, de mobile et de fin. Elle cr&#233;e les objets de la production sous une forme encore subjective. Sans besoin, pas de production. Mais la consommation reproduit le besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce double caract&#232;re correspond du c&#244;t&#233; de la production : 1&#186; Elle fournit &#224; la consom&#173;ma&#173;tion sa mati&#232;re, son objet. Une consommation sans objet n'est pas une consommation ; &#224; cet &#233;gard donc la production cr&#233;e, produit la consommation. 2&#186; Mais ce n'est pas seulement l'objet que la production procure &#224; la consommation. Elle lui donne aussi son aspect d&#233;termin&#233;, son caract&#232;re, son fini (finish). Tout comme la consommation donnait la derni&#232;re touche au produit en tant que produit, la production le donne &#224; la consommation. D'abord l'objet n'est pas un objet en g&#233;n&#233;ral, mais un objet d&#233;termin&#233;, qui doit &#234;tre consomm&#233; d'une fa&#231;on d&#233;termin&#233;e, &#224; laquelle la production elle-m&#234;me doit servir [6] d'interm&#233;diaire. La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mang&#233;e avec fourchette et couteau, est une autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents. Ce n'est pas seulement l'objet de la consommation, mais aussi le mode de consommation qui est donc produit par la production, et ceci non seulement d'une mani&#232;re objective, mais aussi subjective. La production cr&#233;e donc le consommateur. 3&#186; La production ne fournit donc pas seulement un objet mat&#233;riel au besoin, elle fournit aussi un besoin &#224; l'objet mat&#233;riel. Quand la consommation se d&#233;gage de sa grossi&#232;ret&#233; primitive et perd son caract&#232;re imm&#233;diat - et le fait m&#234;me de s'y attarder serait encore le r&#233;sultat d'une production rest&#233;e &#224; un stade de grossi&#232;ret&#233; primitive -, elle a elle-m&#234;me, en tant qu'instinct, l'objet pour m&#233;diateur. Le besoin qu'elle &#233;prouve de cet objet est cr&#233;&#233; par la perception de celui-ci. L'objet d'art - comme tout autre produit - cr&#233;e un public apte &#224; comprendre l'art et &#224; jouir de la beaut&#233;. La production ne produit donc pas seulement un objet pour le sujet, mais aussi un sujet pour l'objet. La production produit donc la consommation 1&#186; en lui fournissant la mati&#232;re ; 2&#186; en d&#233;terminant le mode de consommation ; 3&#186; en faisant na&#238;tre chez le consom&#173;ma&#173;teur le besoin de produits pos&#233;s d'abord simplement par elle sous forme d'objets. Elle pro&#173;duit donc l'objet de la consommation, le mode de consommation, l'instinct de la consom&#173;mation. De m&#234;me la consommation engendre l'aptitude du producteur en le sollicitant sous la forme d'un besoin d&#233;terminant le but de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; entre la consommation et la production appara&#238;t donc sous un triple aspect :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Identit&#233; imm&#233;diate. La production est consommation ; la consommation est produc&#173;tion. Production consommatrice. Consommation productive. Toutes deux sont appel&#233;es consommation productive par les &#233;cono&#173;mis&#173;tes. Mais ils font encore une diff&#233;rence. La premi&#232;re prend la forme de reproduction ; la seconde, de consommation productive. Toutes les recherches sur la premi&#232;re sont l'&#233;tude du travail productif ou improductif ; les recherches sur la seconde sont celle de la consommation productive ou improductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Chacune appara&#238;t comme le moyen de l'autre ; elle est m&#233;di&#233;e par l'autre ; ce qui s'expri&#173;me par leur interd&#233;pendance, mouvement qui les rapporte l'une &#224; l'autre et les fait appara&#238;tre comme indispensables r&#233;ciproquement, bien qu'elles restent cependant ext&#233;rieures l'une &#224; l'autre. La production cr&#233;e la mati&#232;re de la consommation en tant qu'objet ext&#233;rieur ; la consommation cr&#233;e pour la production le besoin en tant qu'objet interne, en tant que but. Sans production, pas de consommation ; sans consommation, pas de production. Ceci figure dans l'&#233;conomie politique sous de nombreuses formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La production n'est pas seulement imm&#233;diatement consommation, ni la consommation imm&#233;diatement production ; la production n'est pas non plus seulement moyen pour la consommation, ni la consommation but pour la production, en ce sens que chacune d'elles fournit &#224; l'autre son objet, la production l'objet ext&#233;rieur de la consommation, la consom&#173;ma&#173;tion l'objet figur&#233; de la production. En fait, chacune d'elles n'est pas seulement imm&#233;diate&#173;ment l'autre, ni seulement m&#233;diatrice de l'autre, mais chacune d'elles, en se r&#233;alisant, cr&#233;e l'autre ; se cr&#233;e sous la forme de l'autre. C'est la consommation qui accomplit pleinement l'acte de la production en donnant au produit son caract&#232;re achev&#233; de produit, en le dissolvant en consommant la forme objective ind&#233;pendante qu'il rev&#234;t, en &#233;levant &#224; la dext&#233;rit&#233;, par le besoin de la r&#233;p&#233;tition, l'aptitude d&#233;velopp&#233;e dans le premier acte de la production ; elle n'est donc pas seulement l'acte final par lequel le produit devient v&#233;ritablement produit, mais celui par lequel le producteur devient &#233;galement v&#233;ritablement producteur. D'autre part, la production produit la consommation en cr&#233;ant le mode d&#233;termin&#233; de la consommation, et ensuite en faisant na&#238;tre l'app&#233;tit de la consommation, la facult&#233; de consommation, sous forme de besoin. Cette derni&#232;re identit&#233;, que nous avons pr&#233;cis&#233;e au paragraphe 3, est com&#173;men&#173;t&#233;e en &#233;conomie politique sous des formes multiples, &#224; propos des rapports entre l'offre et la demande, les objets et les besoins, les besoins cr&#233;&#233;s par la soci&#233;t&#233; et les besoins naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus simple alors, pour un h&#233;g&#233;lien, que de poser la production et la consomma&#173;tion comme identiques. Et cela n'a pas &#233;t&#233; seulement le fait d'hommes de lettres socialistes, mais de prosa&#239;ques &#233;conomistes m&#234;me ; par exemple de Say, sous la forme suivante : quand on consid&#232;re un peuple, ou bien l'humanit&#233; in abstracto, on voit que sa production est sa consommation. Storch a montr&#233; l'erreur de Say : un peuple, par exemple, ne consomme pas purement et simplement sa production, mais cr&#233;e aussi des moyens de production, etc., du capital fixe, etc. Consid&#233;rer la soci&#233;t&#233; comme un sujet unique, c'est au surplus la consid&#233;rer d'un point de vue faux - sp&#233;culatif. Chez un sujet, production et con&#173;som&#173;ma&#173;tion apparaissent comme des moments d'un m&#234;me acte. L'important ici est seulement de souligner ceci : que l'on consid&#232;re la production et la consommation comme des activit&#233;s d'un sujet ou de nom&#173;breux individus [7], elles apparaissent en tout cas comme les moments d'un proc&#232;s dans lequel la production est le v&#233;ritable point de d&#233;part et par suite aussi le facteur qui l'emporte. La consommation en tant que n&#233;cessit&#233;, que besoin, est elle-m&#234;me un facteur interne de l'activit&#233; productive ; maiscette derni&#232;re est le point de d&#233;part de la r&#233;alisa&#173;tion et par suite aussi son facteur pr&#233;dominant, l'acte dans lequel tout le proc&#232;s se d&#233;roule &#224; nouveau. L'individu produit un objet et fait retour en soi-m&#234;me par la consommation de ce dernier, mais il le fait en tant qu'individu productif et qui se reproduit lui-m&#234;me. La consom&#173;ma&#173;tion appara&#238;t ainsi comme moment de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans la soci&#233;t&#233;, le rapport entre le producteur et le produit, d&#232;s que ce dernier est achev&#233;, est un rapport ext&#233;rieur,- et le retour du produit au sujet d&#233;pend des relations de celui-ci avec d'autres individus. Il n'en devient pas imm&#233;diatement possesseur. Aussi bien, l'appropriation imm&#233;diate du produit n'est-elle pas la fin que se propose le producteur quand il produit dans la soci&#233;t&#233;. Entre le producteur et les produits intervient la distribution, qui par des lois sociales d&#233;termine la part qui lui revient dans la masse des produits et se place ainsi entre la production et la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors, la distribution constitue-t-elle une sph&#232;re autonome &#224; c&#244;t&#233; et en dehors de la production ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Distribution et production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe n&#233;cessairement tout d'abord, quand on consid&#232;re les trait&#233;s ordinaires d'&#233;conomie politique, c'est que toutes les cat&#233;gories y sont pos&#233;es sous une double forme. Par exemple, dans la distribution figurent : rente fonci&#232;re, salaire, int&#233;r&#234;t et profit, tandis que dans la production terre, travail, capital figurent comme agents de la production. Or, en ce qui concerne le capital, il appara&#238;t clairement d&#232;s l'abord qu'il est pos&#233; sous deux formes : 1&#176; comme agent de production ; 2&#176; comme source de revenus : comme formes de distribution d&#233;termin&#233;es et d&#233;terminantes. Par suite, int&#233;r&#234;t et profit figurent aussi en tant que tels dans la production, dans la mesure o&#249; ils sont des formes sous lesquelles le capital augmente, s'accro&#238;t, donc des facteurs de sa production m&#234;me. Int&#233;r&#234;t et profit, en tant que formes de distribution, supposent le capital consid&#233;r&#233; comme agent de la production. Ce sont des modes de distribution qui ont pour postulat le capital comme agent de la production. Ce sont &#233;galement des modes de reproduction du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le salaire est le travail salari&#233;, que les &#233;conomistes consid&#232;rent sous une autre rubrique : le caract&#232;re d&#233;termin&#233; d'agent de production que poss&#232;de ici le travail appara&#238;t l&#224; comme d&#233;termination de la distribution. Si le travail n'&#233;tait pas d&#233;fini comme travail salari&#233;, le mode suivant lequel il participe &#224; la r&#233;partition des produits n'appara&#238;trait pas sous la forme de salaire : c'est le cas par exemple dans l'esclavage. Enfin la rente fonci&#232;re, pour prendre tout de suite la forme la plus d&#233;velopp&#233;e de la distribution, par laquelle la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re participe &#224; la r&#233;partition des produits, suppose la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re (&#224; vrai dire la grande agriculture) comme agent de production, et non tout simplement la terre, pas plus que le salaire ne suppose le travail tout court. Les rapports et les modes de distribution apparais&#173;sent donc simplement comme l'envers des agents de production. Un individu qui participe &#224; la production sous la forme du travail salari&#233; participe sous la forme du salaire &#224; la r&#233;partition des produits, r&#233;sultats de la production. La structure de la distribution est enti&#232;rement d&#233;termin&#233;e par la structure de la production. La distribution est elle-m&#234;me un produit de la production non seulement en ce qui concerne l'objet, le r&#233;sultat de la production seul pouvant &#234;tre distribu&#233;, mais aussi en ce qui concerne la forme, le mode pr&#233;cis de participation &#224; la production d&#233;terminant les formes particuli&#232;res de la distribution, c'est-&#224;-dire d&#233;terminant sous quelle forme le producteur participera &#224; la distribution. Il est absolu&#173;ment illusoire de placer la terre dans la production, la rente fonci&#232;re dans la distribution, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;conomistes comme Ricardo, auxquels on a le plus reproch&#233; de n'avoir en vue que la production, ont par suite d&#233;fini la distribution comme l'objet exclusif de l'&#233;conomie politique, parce qu'instinctivement ils voyaient dans les formes de distribution l'expression la plus nette des rapports fixes des agents de production dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; l'individu isol&#233;, la distribution appara&#238;t naturellement comme une loi sociale qui conditionne sa position &#224; l'int&#233;rieur de la production dans le cadre de laquelle il produit, et qui pr&#233;c&#232;de donc la production. De par son origine, l'individu n'a pas de capital, pas de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. D&#232;s sa naissance, il est r&#233;duit au travail salari&#233; par la distribution sociale. Mais le fait m&#234;me qu'il y soit r&#233;duit r&#233;sulte de l'existence du capital, de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re comme agents de production ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re des soci&#233;t&#233;s enti&#232;res, la distribution, &#224; un autre point de vue encore, semble pr&#233;c&#233;der la production et la d&#233;terminer ; pour ainsi dire comme un fait pr&#233;&#173;&#233;cono&#173;mique. Un peuple conqu&#233;rant partage le pays entre les conqu&#233;rants et impose ainsi une certaine r&#233;partition et une certaine forme de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re : Il d&#233;termine donc la production. Ou bien il fait des peuples conquis des esclaves et fait ainsi du travail servile la base de la production. Ou bien un peuple, par la r&#233;volution, brise la grande propri&#233;t&#233; et la morcelle ; il donne donc ainsi par cette nouvelle distribution un nouveau caract&#232;re &#224; la production. Ou bien enfin la l&#233;gislation perp&#233;tue la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re dans certaines familles, ou fait du travail un privil&#232;ge h&#233;r&#233;ditaire et lui imprime ainsi un caract&#232;re de caste. Dans tous ces cas, et tous sont historiques, la distribution ne semble pas &#234;tre organis&#233;e et d&#233;termin&#233;e par la production, mais inversement la production semble l'&#234;tre par la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa conception la plus banale, la distribution appara&#238;t comme distribution des produits, et ainsi comme plus &#233;loign&#233;e de la production et pour ainsi dire ind&#233;pendante de celle-ci. Mais, avant d'&#234;tre distribution des produits, elle est : 1&#176; distribution des instruments de production, et 2&#176;, ce qui est une autre d&#233;termination du m&#234;me rapport, distribution des membres de la soci&#233;t&#233; entre les diff&#233;rents genres de production. (Subordination des individus &#224; des rapports de production d&#233;termin&#233;s.) La distribution des produits n'est manifestement que le r&#233;sultat de cette distribution, qui est incluse dans le proc&#232;s de production lui-m&#234;me et d&#233;termine la structure de la production. Consid&#233;rer la production sans tenir compte de cette distribution, qui est incluse en elle, c'est manifestement abstraction vide, alors qu'au contraire la distribution des produits est impliqu&#233;e par cette distribution, qui constitue &#224; l'origine un facteur m&#234;me de la production. Ricardo, &#224; qui il importait de concevoir la production moderne dans sa structure sociale d&#233;termin&#233;e et qui est l'&#233;conomiste de la production par excellence [8], affirme pour cette raison que ce n'estpas la production, mais la distribution qui constitue le sujet v&#233;ritable de l'&#233;conomie politique moderne. D'o&#249; l'absurdit&#233; des &#233;conomistes qui traitent de la production comme d'une v&#233;rit&#233; &#233;ternelle, tandis qu'ils rel&#232;guent l'histoire dans le domaine de la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir quel rapport s'&#233;tablit entre la distribution et la production qu'elle d&#233;termine rel&#232;ve manifestement de la production m&#234;me. Si l'on pr&#233;tendait qu'alors, du fait que la production a n&#233;cessairement son point de d&#233;part dans une certaine distribution des instruments de production, la distribution, au moins dans ce sens, pr&#233;c&#232;de la production, en constitue la condition pr&#233;alable, on pourrait r&#233;pondre &#224; cela que la production a effectivement ses propres conditions et pr&#233;misses, qui en constituent des facteurs. Ces derniers peuvent appara&#238;tre tout au d&#233;but comme des donn&#233;es naturelles. Le proc&#232;s m&#234;me de la production transforme ces donn&#233;es naturelles en donn&#233;es historiques et, s'ils apparaissent pour une p&#233;riode comme des pr&#233;misses naturelles de la production, ils en ont &#233;t&#233; pour une autre p&#233;riode le r&#233;sultat historique. Dans le cadre m&#234;me de la production, ils sont constamment modifi&#233;s. Par exemple, le machinisme a modifi&#233; aussi bien la distribution des instruments de production que celle des produits. La grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re moderne elle-m&#234;me est le r&#233;sultat aussi bien du commerce moderne et de l'industrie moderne que de l'application de cette derni&#232;re &#224; l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les, questions soulev&#233;es plus haut se ram&#232;nent toutes en derni&#232;re instance &#224; celle de savoir comment des conditions historiques g&#233;n&#233;rales interviennent dans la production et quel est le rapport de celle-ci avec le mouvement historique en g&#233;n&#233;ral. La question rel&#232;ve manifestement de la discussion et de l'analyse de la production elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, sous la forme triviale o&#249; elles ont &#233;t&#233; soulev&#233;es plus haut, on peut les r&#233;gler &#233;galement d'un mot. Dans toutes les conqu&#234;tes, il y a trois possibilit&#233;s. Le peuple conqu&#233;rant impose au peuple conquis son propre mode de production (par exemple les Anglais en Irlande dans ce si&#232;cle, en partie dans l'Inde) ; ou bien il laisse subsister l'ancien mode de production et se contente de pr&#233;lever un tribut (par exemple les Turcs et les Romains) ; ou bien il se produit une action r&#233;ciproque qui donne naissance &#224; quelque chose de nouveau, &#224; une synth&#232;se (en partie dans les conqu&#234;tes germaniques). Dans tous les cas, le mode de production, soit celui du peuple conqu&#233;rant ou celui du peuple conquis, ou encore celui qui provient de la fusion des deux pr&#233;c&#233;dents, est d&#233;terminant pour la distribution nouvelle qui appara&#238;t. Bien que celle-ci se pr&#233;sente comme condition pr&#233;alable de la nouvelle p&#233;riode de production, elle est ainsi elle-m&#234;me &#224; son tour un produit de la production, non seulement de la production historique en g&#233;n&#233;ral, mais de telle ou telle production historique d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mongols, par leurs d&#233;vastations en Russie par exemple, agissaient conform&#233;ment &#224; leur mode de production fond&#233; sur le p&#226;turage, qui exigeait comme condition essentielle de grands espaces inhabit&#233;s. Les barbares germaniques, dont le mode de production traditionnel comportait la culture par les serfs et la vie isol&#233;e &#224; la campagne, purent d'autant plus facile&#173;ment soumettre les provinces romaines &#224; ces conditions, que la concentration de la propri&#233;t&#233; terrienne qui s'y &#233;tait op&#233;r&#233;e avait d&#233;j&#224; compl&#232;tement boulevers&#233; l'ancien r&#233;gime de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une image traditionnelle que dans certaines p&#233;riodes on n'aurait v&#233;cu que de pillage. Mais, pour pouvoir piller, il faut qu'il existe quelque chose &#224; piller, donc une production. Et le mode de pillage est lui-m&#234;me &#224; son tour d&#233;termin&#233; par le mode de production. Une stock-jobbing nation [nation de sp&#233;culateurs en Bourse] par exemple ne peut pas &#234;tre pill&#233;e comme une nation de vachers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la personne de l'esclave, l'instrument de production est directement ravi. Mais alors la production du pays, au profit duquel il est ravi, doit &#234;tre organis&#233;e de telle sorte qu'elle permette le travail d'esclave, ou (comme dans l'Am&#233;rique du Sud, etc.) il faut que l'on cr&#233;e un mode de production conforme &#224; l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lois peuvent perp&#233;tuer dans certaines familles un instrument de production, par exemple la terre. Ces lois ne prennent une importance &#233;conomique que lorsque la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re est en harmonie avec la production sociale, comme en Angleterre par exemple. En France, on a pratiqu&#233; la petite culture malgr&#233; l'existence de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, aussi cette derni&#232;re fut-elle d&#233;truite par la R&#233;volution. Mais qu'advient-il si l'on pr&#233;tend perp&#233;tuer par des lois le morcellement par exemple. Malgr&#233; ces lois, la propri&#233;t&#233; se concentre de nouveau. Il y a lieu de d&#233;terminer &#224; part quelle influence les lois exercent sur le maintien des rapports de distribution et par suite quelle est leur influence sur la production. c) &#201;change et production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circulation elle-m&#234;me n'est qu'un moment d&#233;termin&#233; de l'&#233;change ou encore l'&#233;change consid&#233;r&#233; dans sa totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; l'&#233;change n'est qu'un facteur servant d'interm&#233;diaire entre la produc&#173;tion et la distribution qu'elle d&#233;termine ainsi que la consommation ; dans la mesure d'autre part o&#249; cette derni&#232;re appara&#238;t elle-m&#234;me comme un facteur de la production, l'&#233;change est manifestement aussi inclus dans cette derni&#232;re en tant que moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il est &#233;vident que l'&#233;change d'activit&#233;s et de capacit&#233;s qui s'effectue dans la production elle-m&#234;me en fait directement partie et en est un &#233;l&#233;ment essentiel. Deuxi&#232;me&#173;ment, cela est vrai de l'&#233;change des produits pour autant que cet &#233;change est l'instrument qui sert &#224; fournir le produit achev&#233; destin&#233; &#224; la consommation imm&#233;diate. Dans cette mesure, l'&#233;change lui-m&#234;me est un acte inclus dans la production. Troisi&#232;mement, l'&#233;change (exchange) entre marchands (dealers) est, de par son organisation, &#224; la fois d&#233;termin&#233; enti&#232;&#173;re&#173;ment par la production et lui-m&#234;me activit&#233; productive. L'&#233;change n'appara&#238;t comme ind&#233;pendant &#224; c&#244;t&#233; de la production, comme indiff&#233;rent vis-&#224;-vis d'elle, que dans le dernier stade, o&#249; le produit est &#233;chang&#233; imm&#233;diatement pour &#234;tre consomm&#233;. Mais, 1&#176; il n'y a pas d'&#233;change sans division du travail, que celle-ci soit naturelle ou m&#234;me d&#233;j&#224; un r&#233;sultat historique ; 2&#176; l'&#233;change priv&#233; suppose la production priv&#233;e ; 3&#176; l'intensit&#233; de l'&#233;change comme son extension et son mode sont d&#233;termin&#233;s par le d&#233;veloppement et la structure de la production. Par exemple, l'&#233;change entre la ville et la campagne ; l'&#233;change &#224; la campagne, &#224; la ville, etc. Dans tous ces moments, l'&#233;change appara&#238;t donc comme directement compris dans la production, ou d&#233;termin&#233; par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat auquel nous arrivons n'est pas que la production, la distribution, l'&#233;change, la consommation sont identiques, mais qu'ils sont tous des &#233;l&#233;ments d'une totalit&#233;, des diff&#233;renciations &#224; l'int&#233;rieur d'une unit&#233;. La production d&#233;borde aussi bien son propre cadre dans sa d&#233;termination antith&#233;tique d'elle-m&#234;me que les autres moments. C'est &#224; partir d'elle que recommence sans cesse le proc&#232;s. Il va de soi qu'&#233;change et consommation ne peuvent &#234;tre ce qui l'emporte. Il en est de m&#234;me de la distribution en tant que distribution des produits. Mais, en tant que distribution des agents de production, elle est elle-m&#234;me un moment de la production. Une production d&#233;termin&#233;e d&#233;termine donc une consommation, une distribution, un &#233;change d&#233;termin&#233;s, elle r&#232;gle &#233;galement les rapports r&#233;ciproques d&#233;termin&#233;s de ces diff&#233;rents moments. A vrai dire, la production, elle aussi, sous sa forme exclusive, est, de son c&#244;t&#233;, d&#233;termin&#233;e par les autres facteurs. Par exemple quand le march&#233;, c'est-&#224;-dire la sph&#232;re de l'&#233;change, s'&#233;tend, le volume de la production s'accro&#238;t et il s'op&#232;re en elle une division plus profonde. Une transformation de la distribution entra&#238;ne une transformation de la production ; c'est le cas, par exemple, quand il y a concentration du capital, ou r&#233;partition diff&#233;rente de la population &#224; la ville et &#224; la campagne, etc. Enfin les besoins inh&#233;rents &#224; la consommation d&#233;terminent la production. Il y a action r&#233;ciproque entre les diff&#233;rents moments. C'est le cas pour n'importe quelle totalit&#233; organique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. La m&#233;thode de l'&#233;conomie politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous consid&#233;rons un pays donn&#233; au point de vue de l'&#233;conomie politique, nous commen&#231;ons par &#233;tudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa r&#233;partition dans les villes, &#224; la campagne, au bord de la mer, les diff&#233;rentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que ce soit la bonne m&#233;thode de commencer par le r&#233;el et le concret, qui constituent la condition pr&#233;alable effective, donc en &#233;conomie politique, par exemple, la population qui est la base et le sujet de l'acte social de production tout entier. Cependant, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit que c'est l&#224; une erreur. La population est une abstraction si l'on n&#233;glige par exemple les classes dont elle se compose. Ces classes sont &#224; leur tour un mot creux si l'on ignore les &#233;l&#233;ments sur lesquels elles reposent, par exemple le travail salari&#233;, le capital etc. Ceux-ci supposent l'&#233;change, la division du travail, les prix, etc. Le capital, par exemple, n'est rien sans le travail salari&#233;, sans la valeur, l'argent, le prix, etc. Si donc on commen&#231;ait ainsi par la population, on aurait une repr&#233;sentation chaotique du tout et, par une d&#233;termination plus pr&#233;cise, par l'analyse, on aboutirait &#224; des concepts de plus en plus simples ; du concret figur&#233; ou passerait &#224; des abstractions de plus en plus minces, jusqu'&#224; ce que l'on soit arriv&#233; aux d&#233;terminations les plus simples. Partant de l&#224;, il faudrait refaire le chemin &#224; rebours jusqu'&#224; ce qu'enfin on arrive de nouveau &#224; la population, mais celle-ci ne serait pas, cette fois, la repr&#233;sentation chaotique d'un tout, mais une riche totalit&#233; de d&#233;termi&#173;na&#173;tions et de rapports nombreux. La premi&#232;re voie est celle qu'a prise tr&#232;s historiquement l'&#233;conomie politique &#224; sa naissance. Les &#233;conomistes du XVII&#176; si&#232;cle, par exemple, commen&#173;cent toujours par une totalit&#233; vivante : population, nation, &#201;tat, plusieurs &#201;tats ; mais ils finissent toujours par d&#233;gager par l'analyse quelques rapports g&#233;n&#233;raux abstraits d&#233;terminants tels que la division du travail, l'argent, la valeur, etc. D&#232;s que ces facteurs isol&#233;s ont &#233;t&#233; plus ou moins fix&#233;s et abstraits, les syst&#232;mes &#233;conomiques ont commenc&#233;, qui partent des notions simples telles que travail, division du travail, besoin, valeur d'&#233;change, pour s'&#233;lever jusqu'&#224; l'&#201;tat, les &#233;changes entre nations et le march&#233; mondial. Cette derni&#232;re m&#233;thode est manifeste&#173;ment la m&#233;thode scientifique correcte. Le concret est concret parce qu'il est la synth&#232;se de multiples d&#233;terminations, donc unit&#233; de la diversit&#233;. C'est pourquoi il appara&#238;t dans la pens&#233;e comme proc&#232;s de synth&#232;se, comme r&#233;sultat, non comme point de d&#233;part, bien qu'il soit le v&#233;ritable point de d&#233;part et par suite &#233;galement le point de d&#233;part de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. La premi&#232;re d&#233;marche a r&#233;duit la pl&#233;nitude de la repr&#233;sentation &#224; une d&#233;termination abstraite ; avec la seconde, les d&#233;terminations abstraites conduisent &#224; la repro&#173;duc&#173;tion du concret par la voie de la pens&#233;e. C'est pourquoi Hegel est tomb&#233; dans l'illusion de concevoir le r&#233;el comme le r&#233;sultat de la pens&#233;e, qui se concentre en elle-m&#234;me, s'approfon&#173;dit en elle-m&#234;me, se meut par elle-m&#234;me, alors que la m&#233;thode qui consiste &#224; s'&#233;lever de l'abstrait au concret n'est pour la pens&#233;e que la mani&#232;re de s'approprier le concret, de le reproduire sous la forme d'un concret pens&#233;. Mais ce n'est nullement l&#224; le proc&#232;s de la gen&#232;se du concret lui-m&#234;me. Par exemple, la cat&#233;gorie &#233;conomique la plus simple, mettons la valeur d'&#233;change, suppose la population, une population produisant dans des conditions d&#233;termin&#233;es ; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'&#201;tat, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous forme de relation unilat&#233;rale et abstraite d'un tout concret, vivant, d&#233;j&#224; donn&#233;. Comme cat&#233;gorie, par contre, la valeur d'&#233;change m&#232;ne une existence ant&#233;diluvienne. Pour la conscience - et la conscience philosophique est ainsi faite que pour elle la pens&#233;e qui con&#231;oit constitue l'homme r&#233;el et, par suite, le monde n'appara&#238;t comme r&#233;el qu'une fois con&#231;u - pour la conscience, donc, le mouvement des cat&#233;gories appara&#238;t comme l'acte de production r&#233;el - qui re&#231;oit une simple impulsion du dehors et on le regrette - dont le r&#233;sultat est le monde ; et ceci (mais c'est encore l&#224; une tautologie) est exact dans la mesure o&#249; la totalit&#233; concr&#232;te en tant que totalit&#233; pens&#233;e, en tant que repr&#233;sentation mentale du concret, est en fait un produit de la pens&#233;e, de la conception ; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-m&#234;me, qui penserait en dehors et au-dessus de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation, mais un produit de l'&#233;laboration de concepts &#224; partir de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. Le tout, tel qu'il appara&#238;t dans l'esprit comme une totalit&#233; pens&#233;e, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule fa&#231;on qu'il lui soit possible, d'une fa&#231;on qui diff&#232;re de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Apr&#232;s comme avant, le sujet r&#233;el subsiste dans son ind&#233;pendance en dehors de l'esprit ; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activit&#233; purement sp&#233;culative, purement th&#233;orique. Par cons&#233;quent, dans l'emploi de la m&#233;thode th&#233;orique aussi, il faut que le sujet, la soci&#233;t&#233;, reste constamment pr&#233;sent &#224; l'esprit comme donn&#233;e premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces cat&#233;gories simples n'ont-elles pas aussi une existence ind&#233;pendante, de caract&#232;re historique ou naturel, ant&#233;rieure &#224; celle des cat&#233;gories plus concr&#232;tes ? &#199;a d&#233;pend [9]. Hegel, par exemple, a raison de commencer la philosophie du droit par la possession, celle-ci constituant le rapport juridique le plus simple du sujet. Mais il n'existe pas de possession avant que n'existe la famille, ou les rapports entre ma&#238;tres et esclaves, qui sont des rapports beaucoup plus concrets. Par contre, il serait juste de dire qu'il existe des familles, des communaut&#233;s de tribus, qui ne sont encore qu'au stade de la possession, et non &#224; celui de la propri&#233;t&#233;. Par rapport &#224; la propri&#233;t&#233;, la cat&#233;gorie la plus simple appara&#238;t donc comme le rapport de communaut&#233;s simples de familles ou de tribus. Dans la soci&#233;t&#233; parvenue &#224; un stade sup&#233;rieur, elle appara&#238;t comme le rapport plus simple d'une organisation plus d&#233;velop&#173;p&#233;e. Mais on pr&#233;suppose toujours le substrat concret qui s'exprime par un rapport de posses&#173;sion. On peut se repr&#233;senter un sauvage isol&#233; qui poss&#232;de. Mais la possession ne constitue pas alors un rapport juridique. Il n'est pas exact qu'historiquement la possession &#233;volue jusqu'&#224; la forme familiale. Elle suppose au contraire toujours l'existence de cette &#171; cat&#233;gorie juridique plus concr&#232;te &#187;. Cependant il n'en demeurerait pas moins que les cat&#233;gories simples sont l'expression de rapports dans lesquels le concret non encore d&#233;velopp&#233; a pu s'&#234;tre r&#233;alis&#233; sans avoir encore pos&#233; la relation ou le rapport plus complexe qui trouve son expression mentale dans la cat&#233;gorie plus concr&#232;te ; tandis que le concret plus d&#233;velopp&#233; laisse subsister cette m&#234;me cat&#233;gorie comme un rapport subordonn&#233;. L'argent peut exister et a exist&#233; historiquement avant que n'exist&#226;t le capital, que n'existassent les banques, que n'exist&#226;t le travail salari&#233;, etc. A cet &#233;gard, on peut donc dire que la cat&#233;gorie plus simple peut exprimer des rapports dominants d'un tout moins d&#233;velopp&#233; ou, au contraire, des rapports subordonn&#233;s d'un tout plus d&#233;velopp&#233; qui existaient d&#233;j&#224; historiquement avant que le tout ne se d&#233;velopp&#226;t dans le sens qui trouve son expression dans une cat&#233;gorie plus concr&#232;te. Dans cette mesure, la marche de la pens&#233;e abstraite, qui s'&#233;l&#232;ve du plus simple au plus complexe, correspondrait au processus historique r&#233;el. D'autre part, on peut dire qu'il y a des formes de soci&#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es, mais qui historiquement manquent assez de maturit&#233;, dans lesquelles on trouve les formes les plus &#233;lev&#233;es de l'&#233;conomie, comme par exemple la coop&#233;ration, une division du travail d&#233;velopp&#233;e, etc., sans qu'existe aucune sorte de monnaie, par exemple le P&#233;rou. Chez les Slaves aussi, l'argent et l'&#233;change qui le conditionne n'apparaissent pas ou peu &#224; l'int&#233;rieur de chaque communaut&#233;, mais ils apparais&#173;sent &#224; leurs fronti&#232;res, dans leur trafic avec d'autres communaut&#233;s. C'est d'ailleurs une erreur que de placer l'&#233;change au centre des communaut&#233;s, d'en faire l'&#233;l&#233;ment qui les constitue &#224; l'origine. Au d&#233;but, il appara&#238;t au contraire dans les relations des diverses communaut&#233;s entre elles, bien plut&#244;t que dans les relations des membres &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me communaut&#233;. De plus, quoique l'argent apparaisse tr&#232;s t&#244;t et joue un r&#244;le multiple, il est dans l'antiquit&#233;, en tant qu'&#233;l&#233;ment dominant, l'apanage de nations d&#233;termin&#233;es unilat&#233;ralement, de nations commer&#231;antes. Et m&#234;me dans l'antiquit&#233; la plus cultiv&#233;e, chez les Grecs et les Romains, il n'atteint son complet d&#233;veloppement, postulat de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, que dans la p&#233;riode de leur dissolution. Donc cette cat&#233;gorie pourtant toute simple n'appara&#238;t historiquement avec toute sa vigueur que dans les &#201;tats les plus d&#233;velopp&#233;s de la soci&#233;t&#233;. Elle ne se fraie nullement un chemin &#224; travers tous les rapports &#233;conomiques. Dans l'Empire romain, par exemple, &#224; l'&#233;poque de son plus grand d&#233;veloppement, l'imp&#244;t en nature et les prestations en nature demeur&#232;rent le fondement. Le syst&#232;me mon&#233;taire &#224; proprement parler n'y &#233;tait compl&#232;tement d&#233;velopp&#233; que dans l'arm&#233;e. Il ne s'est jamais saisi non plus de la totalit&#233; du travail. Ainsi, bien qu'historiquement la cat&#233;gorie la plus simple puisse avoir exist&#233; avant la plus concr&#232;te, elle peut appartenir dans son complet d&#233;veloppement - en compr&#233;hen&#173;sion et en extension - pr&#233;cis&#233;ment &#224; une forme de soci&#233;t&#233; complexe [10], alors que la cat&#233;gorie plus concr&#232;te se trouvait plus compl&#232;tement d&#233;velopp&#233;e dans une forme de soci&#233;t&#233; qui, elle, l'&#233;tait moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail semble &#234;tre une cat&#233;gorie toute simple. L'id&#233;e du travail dans cette universalit&#233; - comme travail en g&#233;n&#233;ral - est, elle aussi, des plus anciennes. Cependant, con&#231;u du point de vue &#233;conomique sous cette forme simple, le &#171; travail &#187; est une cat&#233;gorie tout aussi moderne que les rapports qui engendrent cette abstraction simple. Le syst&#232;me mon&#233;taire, par exemple, place encore d'une fa&#231;on tout &#224; fait objective, comme une chose en dehors de soi, la richesse dans l'argent. Par rapport &#224; ce point de vue, ce fut un grand progr&#232;s quand le syst&#232;me manu&#173;fac&#173;turier ou commercial transposa la source de la richesse de l'objet &#224; l'activit&#233; subjective le travail commercial et manufacturier -, tout en ne concevant encore cette activit&#233; elle-m&#234;me que sous la forme limit&#233;e de productrice d'argent. En face de ce syst&#232;me, le syst&#232;me des physiocrates pose une forme d&#233;termin&#233;e du travail - l'agriculture - comme la forme de travail cr&#233;atrice de richesse et pose l'objet lui-m&#234;me non plus sous la forme d&#233;guis&#233;e de l'argent, mais comme produit en tant que tel, comme r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral du travail. Ce produit, en raison du caract&#232;re limit&#233; de l'activit&#233;, reste encore un produit d&#233;termin&#233; par la nature - produit de l'agriculture, produit de la terre par excellence [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;norme progr&#232;s fut fait par Adam Smith quand il rejeta toute d&#233;termination particuli&#232;re de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse pour ne consid&#233;rer que le travail tout court, c'est-&#224;-dire ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole, mais toutes ces formes de travail dans leur caract&#232;re commun. Avec la g&#233;n&#233;ralit&#233; abstraite de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse appara&#238;t alors &#233;galement la g&#233;n&#233;ralit&#233; de l'objet dans la d&#233;ter&#173;mi&#173;nation de richesse, le produit consid&#233;r&#233; absolument, ou encore le travail en g&#233;n&#233;ral, mais en tant que travail pass&#233;, objectiv&#233; dans un objet. L'exemple d'Adam Smith, qui retombe lui-m&#234;me de temps &#224; autre dans le syst&#232;me des physiocrates, montre combien &#233;tait difficile et important le passage &#224; cette conception nouvelle. Il pourrait alors sembler que l'on e&#251;t par l&#224; simplement trouv&#233; l'expression abstraite de la relation la plus simple et la plus ancienne qui s'&#233;tablit - dans quelque forme de soci&#233;t&#233; que ce soit - entre les hommes consid&#233;r&#233;s en tant que producteurs. C'est juste en un sens. Dans l'autre, non. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un genre d&#233;termin&#233; de travail pr&#233;suppose l'existence d'une totalit&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;e de genres de travaux r&#233;els dont aucun n'est plus absolument pr&#233;dominant. Ainsi, les abstractions les plus g&#233;n&#233;rales ne prennent somme toute naissance qu'avec le d&#233;veloppement concret le plus riche, o&#249; un caract&#232;re appara&#238;t comme commun &#224; beaucoup, comme commun &#224; tous. On cesse alors de pouvoir le penser sous une forme particuli&#232;re seulement. D'autre part, cette abstraction du travail en g&#233;n&#233;ral n'est pas seulement le r&#233;sultat dans la pens&#233;e d'une totalit&#233; concr&#232;te de travaux. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de tel travail d&#233;termin&#233; correspond &#224; une forme de soci&#233;t&#233; dans laquelle les individus passent avec facilit&#233; d'un travail &#224; l'autre et dans laquelle le genre pr&#233;cis de travail est pour eux fortuit, donc indiff&#233;rent. L&#224; le travail est devenu non seulement sur le plan des cat&#233;gories, mais dans la r&#233;alit&#233; m&#234;me, un moyen de cr&#233;er la richesse en g&#233;n&#233;ral et a cess&#233;, en tant que d&#233;termination, de ne faire qu'un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet &#233;tat de choses a atteint son plus haut degr&#233; de d&#233;veloppement dans la forme d'existence la plus moderne des soci&#233;t&#233;s bourgeoises, aux &#201;tats-Unis. C'est donc l&#224; seulement que l'abstraction de la cat&#233;gorie &#171; travail &#187;, &#171; travail en g&#233;n&#233;ral &#187;, travail &#171; sans phrase &#187; [12], point de d&#233;part de l'&#233;conomie moderne, devient v&#233;rit&#233; pratique. Ainsi l'abstraction la plus simple, que l'&#233;conomie politique moderne place au premier rang et qui exprime un rapport tr&#232;s ancien et valable pour toutes les formes de soci&#233;t&#233;, n'appara&#238;t pourtant sous cette forme abstraite comme v&#233;rit&#233; pratique qu'en tant que cat&#233;gorie de la soci&#233;t&#233; la plus moderne. On pourrait dire que cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'une forme d&#233;termin&#233;e de travail, qui se pr&#233;sente aux &#201;tats-Unis comme produit historique, appara&#238;t chez les Russes par exemple comme une disposition naturelle. Mais, d'une part, quelle sacr&#233;e diff&#233;rence entre des barbares qui ont des disposi&#173;tions naturelles &#224; se laisser employer &#224; tous les travaux et des civilis&#233;s qui s'y emploient eux-m&#234;mes. Et, d'autre part, chez les Russes, &#224; cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un travail d&#233;termin&#233; correspond dans la pratique leur assujettissement traditionnel &#224; un travail bien d&#233;termin&#233;, auquel ne peuvent les arracher que des influences ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple du travail montre d'une fa&#231;on frappante que m&#234;me les cat&#233;gories les plus abstraites, bien que valables - pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de leur nature abstraite - pour toutes les &#233;poques, n'en sont pas moins sous la forme d&#233;termin&#233;e de cette abstraction m&#234;me le produit de conditions historiques et ne restent pleinement valables que pour ces conditions et dans le cadre de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; bourgeoise est l'organisation historique de la production la plus d&#233;velopp&#233;e et la plus vari&#233;e qui soit. De ce fait, les cat&#233;gories qui expriment les rapports de cette soci&#233;t&#233; et qui permettent d'en comprendre la structure permettent en m&#234;me temps de se rendre compte de la structure et des rapports de production de toutes les formes de soci&#233;t&#233; disparues avec les d&#233;bris et les &#233;l&#233;ments desquelles elle s'est &#233;difi&#233;e, dont certains vestiges, partiellement non encore d&#233;pass&#233;s, continuent &#224; subsister en elle, et dont certains simples signes, en se d&#233;velop&#173;pant, ont pris toute leur signification, etc. L'anatomie de l'homme est la clef de l'anatomie du singe. Dans les esp&#232;ces animales inf&#233;rieures, on ne peut comprendre les signes annonciateurs d'une forme sup&#233;rieure que lorsque la forme sup&#233;rieure est elle-m&#234;me d&#233;j&#224; connue. Ainsi l'&#233;conomie bourgeoise nous donne la clef de l'&#233;conomie antique, etc. Mais nullement &#224; la mani&#232;re des &#233;conomistes qui effacent toutes les diff&#233;rences historiques et voient dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; celles de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. On peut comprendre le tribut, la d&#238;me, etc., quand on conna&#238;t la rente fonci&#232;re. Mais il ne faut pas les identifier. Comme, de plus, la soci&#233;t&#233; bourgeoise n'est elle-m&#234;me qu'une forme antith&#233;tique du d&#233;veloppement historique, il est des rapports appartenant &#224; des formes de soci&#233;t&#233; ant&#233;rieures que l'on pourra ne rencon&#173;trer en elle que tout &#224; fait &#233;tiol&#233;s, ou m&#234;me travestis. Par exemple, la propri&#233;t&#233; communale. Si donc il est vrai que les cat&#233;gories de l'&#233;conomie bourgeoise poss&#232;dent une certaine v&#233;rit&#233; valable pour toutes les autres formes de soci&#233;t&#233;, cela ne peut &#234;tre admis que cum grano, salis [avec un grain de sel]. Elles peuvent receler ces formes d&#233;velopp&#233;es, &#233;tiol&#233;es, caricatur&#233;es, etc., mais toujours avec une diff&#233;rence essentielle. Ce que l'on appelle d&#233;veloppement histori&#173;que repose somme toute sur le fait que la derni&#232;re forme consid&#232;re les formes pass&#233;es comme des &#233;tapes menant &#224; son propre degr&#233; de d&#233;veloppement, et, comme elle est rarement capable, et ceci seulement dans des conditions bien d&#233;termin&#233;es, de faire sa propre critique - il n'est naturellement pas question ici des p&#233;riodes historiques qui se consid&#232;rent elles-m&#234;mes comme des &#233;poques de d&#233;cadence - elle les con&#231;oit toujours sous un aspect unilat&#233;ral. La religion chr&#233;tienne n'a &#233;t&#233; capable d'aider &#224; comprendre objectivement les mythologies ant&#233;rieures qu'apr&#232;s avoir achev&#233; jusqu'&#224; un certain degr&#233;, pour ainsi dire [...] [virtuellement], sa propre critique. De m&#234;me l'&#233;conomie politique bourgeoise ne parvint &#224; comprendre les soci&#233;t&#233;s f&#233;odales, antiques, orientales que du jour o&#249; eut commenc&#233; l'autocri&#173;ti&#173;que de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Pour autant que l'&#233;conomie politique bourgeoise, cr&#233;ant une nouvelle mythologie, ne s'est pas purement et simplement identifi&#233;e au pass&#233;, sa critique des soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures, en particulier de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale, contre laquelle elle avait encore &#224; lutter directement, a ressembl&#233; &#224; la critique du paganisme par le christianisme, ou encore &#224; celle du catholicisme par le protestantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que dans toute science historique ou sociale en g&#233;n&#233;ral, il ne faut jamais oublier, &#224; propos de la marche des cat&#233;gories &#233;conomiques, que le sujet, ici la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, est donn&#233;, aussi bien dans la r&#233;alit&#233; que dans le cerveau, que les cat&#233;go&#173;ries expriment donc des formes d'existence, des conditions d'existence d&#233;termin&#233;es, souvent de simples aspects particuliers de cette soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e, de ce sujet, et que par cons&#233;quent cette soci&#233;t&#233; ne commence nullement &#224; exister, du point de vue scientifique aussi, &#224; partir du moment seulement o&#249; il est question d'elle en tant que telle. C'est une r&#232;gle &#224; retenir, car elle fournit des indications d&#233;cisives pour le choix du plan &#224; adopter. Rien ne semble plus naturel, par exemple, que de commencer par la rente fonci&#232;re, par la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, &#233;tant donn&#233; qu'elle est li&#233;e &#224; la terre, source de toute production et de toute existence, et par elle &#224; la premi&#232;re forme de production de toute soci&#233;t&#233; parvenue &#224; une certaine stabilit&#233; - &#224; l'agri&#173;culture. Or rien ne serait plus erron&#233;. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233;, c'est une produc&#173;tion d&#233;termin&#233;e et les rapports engendr&#233;s par elle qui assignent &#224; toutes les autres productions et aux rapports engendr&#233;s par celles-ci leur rang et leur importance. C'est comme un &#233;clairage g&#233;n&#233;ral o&#249; sont plong&#233;es toutes les couleurs et qui en modifie les tonalit&#233;s particuli&#232;res. C'est comme un &#233;ther particulier qui d&#233;termine le poids sp&#233;cifique de toutes les formes d'existence qui y font saillie. Voici, par exemple, des peuples de bergers. (De simples peuples de chasseurs et de p&#234;cheurs sont en de&#231;&#224; du point o&#249; commence le v&#233;ritable d&#233;veloppement.) Chez eux appara&#238;t une certaine forme d'agriculture, une forme sporadique. C'est ce qui d&#233;termine chez eux la forme de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. C'est une propri&#233;t&#233; collective et elle conserve plus ou moins cette forme selon que ces peuples restent plus ou moins attach&#233;s &#224; leur tradition : exemple, la propri&#233;t&#233; communale des Slaves. Chez les peuples &#224; agriculture solidement implant&#233;e - cette implanta&#173;tion constitue d&#233;j&#224; une &#233;tape importante - o&#249; pr&#233;domine cette forme de culture, comme dans les soci&#233;t&#233;s antiques et f&#233;odales, l'industrie elle-m&#234;me, ainsi que son organisation et les formes de propri&#233;t&#233; qui lui correspondent, a plus ou moins le caract&#232;re de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Ou bien l'industrie d&#233;pend compl&#232;tement de l'agriculture, comme chez les anciens Romains, ou bien, comme au moyen &#226;ge, elle imite &#224; la ville et dans ses rapports l'organisation rurale. Le capital lui-m&#234;me au moyen &#226;ge - dans la mesure o&#249; il ne s'agit pas purement de capital mon&#233;taire - a, sous la forme d'outillage de m&#233;tier traditionnel, etc., ce caract&#232;re de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, c'est l'inverse. L'agricul&#173;ture devient de plus en plus une simple branche de l'industrie et elle est enti&#232;rement domin&#233;e par le capital. Il en est de m&#234;me de la rente fonci&#232;re. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; o&#249; domine la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, le rapport avec la nature reste pr&#233;pond&#233;rant. Dans celles o&#249; domine le capital, c'est l'&#233;l&#233;ment social cr&#233;&#233; au cours de l'histoire qui pr&#233;vaut. On ne peut comprendre la rente fonci&#232;re sans le capital. Mais on peut comprendre le capital sans la rente fonci&#232;re. Le capital est la force &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise qui domine tout. Il constitue n&#233;cessairement le point de d&#233;part comme le point final et doit &#234;tre expliqu&#233; avant la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Apr&#232;s les avoir &#233;tudi&#233;s chacun en particulier, il faut examiner leur rapport r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc impossible et erron&#233; de ranger les cat&#233;gories &#233;conomiques dans l'ordre o&#249; elles ont &#233;t&#233; historiquement d&#233;terminantes. Leur ordre est au contraire d&#233;termin&#233; par les relations qui existent entre elles dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne et il est pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'inverse de ce qui semble &#234;tre leur ordre naturel ou correspondre &#224; leur ordre de succession au cours de l'&#233;volution historique. Il ne s'agit pas de la relation qui s'&#233;tablit historiquement entre les rapports &#233;conomiques dans la succession des diff&#233;rentes formes de soci&#233;t&#233;. Encore moins de leur ordre de succession &#171; dans l'id&#233;e &#187; (Proudhon) (conception n&#233;buleuse du mouvement historique). Il s'agit de leur hi&#233;rarchie dans le cadre de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat de puret&#233; (d&#233;termination abstraite) dans lequel apparurent dans le monde antique les peuples commer&#231;ants - Ph&#233;niciens, Carthaginois - est d&#233;termin&#233; par la pr&#233;dominance m&#234;me des peuples agriculteurs. Le capital en tant que capital commercial ou capital mon&#233;&#173;taire appara&#238;t pr&#233;cis&#233;ment sous cette forme abstraite l&#224; o&#249; le capital n'est pas encore l'&#233;l&#233;ment dominant des soci&#233;t&#233;s. Les Lombards, les Juifs occupent la m&#234;me position &#224; l'&#233;gard des soci&#233;t&#233;s du moyen &#226;ge pratiquant l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de la place diff&#233;rente qu'occupent ces m&#234;mes cat&#233;gories &#224; diff&#233;rents stades de la soci&#233;t&#233; : une des derni&#232;res formes de la soci&#233;t&#233; bourgeoise : les joint stock-companies [soci&#233;t&#233;s par actions]. Mais elles apparaissent aussi &#224; ses d&#233;buts dans les grandes compagnies de commerce privil&#233;gi&#233;es et jouissant d'un monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de richesse nationale lui-m&#234;me s'insinue chez les &#233;conomistes du XVIII&#176; si&#232;cle - l'id&#233;e subsiste encore en partie chez ceux du XVIII&#176; - sous cette forme ; la richesse est cr&#233;&#233;e pour l'&#201;tat seulement, mais la puissance de celui-ci se mesure &#224; cette richesse. C'&#233;tait l&#224; la forme encore inconsciemment hypocrite qui annonce l'id&#233;e faisant de la richesse elle-m&#234;me et de sa production le but final des &#201;tats modernes, consid&#233;r&#233;s alors uniquement comme moyens de produire la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan &#224; adopter doit manifestement &#234;tre le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. les d&#233;terminations abstraites g&#233;n&#233;rales, convenant donc plus ou moins &#224; toutes les formes de soci&#233;t&#233;, mais dans le sens expos&#233; plus haut ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. les cat&#233;gories constituant la structure interne de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et sur lesquelles reposent les classes fondamentales. Capital, travail salari&#233;, propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Leurs rapports r&#233;ciproques. Ville et campagne. Les trois grandes classes sociales. L'&#233;change entre celles-ci. Circulation. Cr&#233;dit (priv&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Concentration de la soci&#233;t&#233; bourgeoise sous la forme de l'&#201;tat. Consid&#233;r&#233; dans sa relation avec lui-m&#234;me. Les classes &#171; improductives &#187;. Imp&#244;ts. Dette publique. Cr&#233;dit public. La population. Les colonies. &#201;migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Rapports internationaux de production. Division internationale du travail. &#201;change international. Exportation et importation. Cours des changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le march&#233; mondial et les crises. IV. Production. Moyens de production et rapports de production. Rapports de production et rapports de circulation. Formes de l'&#201;tat et de la conscience par rapport aux conditions de production et de circulation. Rapports juridiques. Rapports familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota bene, en ce qui concerne des points &#224; mentionner ici et a ne pas oublier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La guerre d&#233;velopp&#233;e ant&#233;rieurement &#224; la paix : montrer comment par la guerre et dans les arm&#233;es, etc., certains rapports &#233;conomiques, comme le travail salari&#233;, le machinisme, etc., se sont d&#233;velopp&#233;s plus t&#244;t qu'&#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. De m&#234;me le rapport entre la force productive et les rapports de circulation particuli&#232;rement manifeste dans l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Rapport entre l'histoire id&#233;aliste telle qu'on l'a &#233;crite jusqu'ici et l'histoire r&#233;elle. En particulier celles qui se disent histoires de la civilisation, et qui sont toutes histoires de la religion et des &#201;tats [13]. (A cette occasion, on peut aussi parler des diff&#233;rents genres d'histoire &#233;crite jusqu'&#224; maintenant. L'histoire dite objective. La subjective (morale, etc.). La philosophique [14].)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ph&#233;nom&#232;nes secondaires et tertiaires. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, rapports de production d&#233;riv&#233;s, transf&#233;r&#233;s, non originaux. Ici entr&#233;e en jeu de rapports internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Reproches au sujet du mat&#233;rialisme de cette conception. Rapport avec le mat&#233;rialisme naturaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dialectique des concepts force productive (moyens de production) et rapports de production, dialectique dont les limites sont &#224; d&#233;terminer et qui ne supprime pas la diff&#233;rence r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le rapport in&#233;gal entre le d&#233;veloppement de la production mat&#233;rielle et celui de la production artistique par exemple. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ne pas prendre l'id&#233;e de progr&#232;s sous la forme abstraite habituelle. Art moderne, etc. [15]. Cette disproportion est loin d'&#234;tre aussi importante, ni aussi difficile &#224; saisir que celle qui se produit &#224; l'int&#233;rieur des rapports sociaux pratiques. Par exemple, de la culture. Rapport des &#201;tats-Unis avec l'Europe [16]. Mais la vraie difficult&#233; &#224; discuter ici est celle-ci : comment les rapports de production, en prenant la forme de rapports juridiques, suivent un d&#233;veloppement in&#233;gal. Ainsi, par exemple, le rapport entre le droit priv&#233; romain (pour le droit criminel et le droit public c'est moins le cas) et la production moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Cette conception appara&#238;t comme un d&#233;veloppement n&#233;cessaire. Mais justification du hasard. Comment [17]. (La libert&#233; notamment aussi.) (Influence des moyens de communication. L'histoire universelle n'a pas toujours exist&#233; ; l'histoire consid&#233;r&#233;e comme histoire universelle est un r&#233;sultat [18].)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Le point de d&#233;part naturellement dans les d&#233;terminations naturelles ; subjectivement et objectivement. Tribus, races, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Pour l'art, on sait que certaines &#233;poques de floraison artistique ne sont nullement en rapport avec le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;, ni par cons&#233;quent avec celui de sa base mat&#233;rielle, qui est pour ainsi dire l'ossature de son organisation. Par exemple les Grecs compar&#233;s aux modernes, ou encore Shakespeare. Pour certaines formes de l'art, l'&#233;pop&#233;e par exemple, il est m&#234;me reconnu qu'elles ne peuvent jamais &#234;tre produites dans la forme classique o&#249; elles font &#233;poque, d&#232;s que la production artistique appara&#238;t en tant que telle ; que donc, dans le domaine de l'art lui-m&#234;me, certaines de ses cr&#233;ations importantes ne sont possibles qu'&#224; un stade inf&#233;rieur du d&#233;veloppement artistique. Si cela est vrai du rapport des diff&#233;rents genres artistiques &#224; l'int&#233;rieur du domaine de l'art lui-m&#234;me, Il est d&#233;j&#224; moins surprenant que cela soit &#233;galement vrai du rapport du domaine artistique tout entier au d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;. La difficult&#233; ne r&#233;side que dans la mani&#232;re g&#233;n&#233;rale de saisir ces contradictions. D&#232;s qu'elles sont sp&#233;cifi&#233;es, elles sont par l&#224; m&#234;me expliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, le rapport de l'art grec d'abord, puis de l'art de Shakespeare avec notre temps. On sait que la mythologie grecque n'a pas &#233;t&#233; seulement l'arsenal de l'art grec, mais la terre m&#234;me qui l'a nourri. La fa&#231;on de voir la nature et les rapports sociaux qui inspire l'imagination grecque et constitue de ce fait le fondement de [la mythologie [19]] grecque est-elle compatible avec les Selfactors [machines &#224; filer automatiques], les chemins de fer, les locomotives et le t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique ? Qu'est-ce que Vulcain aupr&#232;s de Roberts and Co, Jupiter aupr&#232;s du paratonnerre et Herm&#232;s aupr&#232;s du Cr&#233;dit mobilier ? Toute mythologie ma&#238;trise, domine les forces de la nature dans le domaine de l'imagination et par l'imagination et leur donne forme : elle dispara&#238;t donc quand ces forces sont domin&#233;es r&#233;ellement. Que devient Fama &#224; c&#244;t&#233; de Printing-house square [20] ? L'art grec suppose la mythologie grecque, c'est-&#224;-dire l'&#233;laboration artistique mais inconsciente de la nature et des formes sociales elles-m&#234;mes par l'imagination populaire. Ce sont l&#224; ses mat&#233;riaux. Ce qui ne veut pas dire n'importe quelle mythologie, c'est-&#224;-dire n'importe quelle &#233;laboration artistique inconsciente de la nature (ce mot sous-entendant ici tout ce qui est objectif, donc y compris la soci&#233;t&#233;). Jamais la mythologie &#233;gyptienne n'aurait pu fournir un terrain favorable &#224; l'&#233;closion de l'art grec. Mais il faut en tout cas une mythologie. Donc en aucun cas une soci&#233;t&#233; arriv&#233;e &#224; un stade de d&#233;veloppement excluant tout rapport mythologique avec la nature, tout rapport g&#233;n&#233;rateur de mythes, exigeant donc de l'artiste une imagination ind&#233;pendante de la mythologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, Achille est-il compatible avec la poudre et le plomb ? Ou, somme toute, l'Iliade avec la presse ou encore mieux la machine &#224; imprimer ? Est-ce que le chant, le po&#232;me &#233;pique, la Muse ne disparaissent pas n&#233;cessairement devant la barre du typographe, est-ce que ne s'&#233;vanouissent pas les conditions n&#233;cessaires de la po&#233;sie &#233;pique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la difficult&#233; n'est pas de comprendre que l'art grec et l'&#233;pop&#233;e sont li&#233;s &#224; certaines formes du d&#233;veloppement social. La difficult&#233; r&#233;side dans le fait qu'ils nous procurent encore une jouissance esth&#233;tique et qu'ils ont encore pour nous, &#224; certains &#233;gards, la valeur de normes et de mod&#232;les inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme ne peut redevenir enfant, sous peine de tomber dans la pu&#233;rilit&#233;. Mais ne prend-il pas plaisir &#224; la na&#239;vet&#233; de l'enfant et, ayant acc&#233;d&#233; &#224; un niveau sup&#233;rieur, ne doit-il pas aspirer lui-m&#234;me &#224; reproduire sa v&#233;rit&#233; ? Dans la nature enfantine, chaque &#233;poque ne voit-elle pas revivre son propre caract&#232;re dans sa v&#233;rit&#233; naturelle ? Pourquoi l'enfance historique de l'humanit&#233;, l&#224; o&#249; elle a atteint son plus bel &#233;panouissement, pourquoi ce stade de d&#233;veloppement r&#233;volu &#224; jamais n'exercerait-il pas un charme &#233;ternel ? Il est des enfants mal &#233;lev&#233;s et des enfants qui prennent des airs de grandes personnes. Nombre de peuples de l'antiquit&#233; appartiennent &#224; cette cat&#233;gorie. Les Grecs &#233;taient des enfants normaux. Le charme qu'exerce sur nous leur art n'est pas en contradiction avec le caract&#232;re primitif de la soci&#233;t&#233; o&#249; il a grandi. Il en est bien plut&#244;t le produit et il est au contraire indissolublement li&#233; au fait que les conditions sociales insuffisamment m&#251;res o&#249; cet art est n&#233;, et o&#249; seulement il pouvait na&#238;tre, ne pourront jamais revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Animal politique. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Dans la version Kautsky : dans la consommation. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Addition de Kautsky &#224; l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Kautsky a lu tel Aufl&#245;sung (analyse) au lieu de Aufjassung (Conception). (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Cette phrase n'existe pas dans l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans le texte de Kautsky : sert. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Dans le texte de Kautsky : d'individus isol&#233;s. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. Dans le texte de Kautsky : grade nur kombinierten gesellschaftsformen (pr&#233;cis&#233;ment &#224; des formes de soci&#233;t&#233; complexes seulement) au lieu de : grade einer kombinierten Gesellschaftsform. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Chez Kautsky ; l'ancienne histoire de la religion et des &#201;tats. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les parenth&#232;ses dans l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Toute la ponctuation de ce passage, pleine d'erreurs dans le premier d&#233;chiffrage, est r&#233;tablie tel d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Parenth&#232;ses d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Dans l'original, le mot est sant&#233;. Nous reprenons le mot &#171; mythologie &#187; donn&#233; dans l'&#233;dition de Moscou (1939) et qui nous parait plus satisfaisant que le mot &#171; art &#187; de l'&#233;dition Kautsky. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Imprimerie du Times. (N. R.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#034;L'Id&#233;ologie Allemande&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critique de la philosophie allemande moderne selon ses repr&#233;sentants Feuerbach, B. Bauer et Stirner, et du socialisme allemand selon ses divers proph&#232;tes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Feuerbach r&#233;sout l'essence religieuse en l'essence humaine. Mais l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inh&#233;rente &#224; l'individu isol&#233;. Dans sa r&#233;alit&#233;, elle est l'ensemble des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, qui n'entreprend pas la critique de cet &#234;tre r&#233;el, est par cons&#233;quent oblig&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De faire abstraction du cours de l'histoire et de faire de l'esprit religieux une chose immuable, existant pour elle-m&#234;me, en supposant l'existence d'un individu humain abstrait, isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De consid&#233;rer, par cons&#233;quent, l'&#234;tre humain [8] uniquement en tant que &#034;genre&#034;, en tant qu'universalit&#233; interne, muette, liant d'une fa&#231;on purement naturelle les nombreux individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Feuerbach ne voit pas que l'&#034;esprit religieux&#034; est lui-m&#234;me un produit social et que l'individu abstrait qu'il analyse appartient en r&#233;alit&#233; [9] &#224; une forme sociale d&#233;termin&#233;e....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Individualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition premi&#232;re de toute histoire humaine est naturellement l'existence d'&#234;tres humains vivants. Le premier acte historique de ces individus, par lequel ils se distinguent des animaux, n'est pas qu'ils pensent, mais qu'ils se mettent &#224; produire leurs moyens d'existence. Le premier &#233;tat de fait &#224; constater est donc la complexion corporelle de ces individus et les rapports qu'elle leur cr&#233;e avec le reste de la nature. Nous ne pouvons naturellement pas faire ici une &#233;tude approfondie de la constitution physique de l'homme elle-m&#234;me, ni des conditions naturelles que les hommes ont trouv&#233;es toutes pr&#234;tes, conditions g&#233;ologiques, orographiques, hydrographiques, climatiques et autres. Or cet &#233;tat de choses ne conditionne pas seulement l'organisation qui &#233;mane de la nature ; l'organisation primitive des hommes, leurs diff&#233;rences de race notamment ; il conditionne &#233;galement tout leur d&#233;veloppement ou non d&#233;veloppement ult&#233;rieur jusqu'&#224; l'&#233;poque actuelle. Toute histoire doit partir de ces bases naturelles et de leur modification par l'action des hommes au cours de l'histoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont les hommes produisent leurs moyens d'existence, d&#233;pend d'abord de la nature des moyens d'existence d&#233;j&#224; donn&#233;s et qu'il leur faut reproduire. Il ne faut pas consid&#233;rer ce mode de production de ce seul point de vue, &#224; savoir qu'il est la reproduction de l'existence physique des individus. Il repr&#233;sente au contraire d&#233;j&#224; un mode d&#233;termin&#233; de l'activit&#233; de ces individus, une fa&#231;on d&#233;termin&#233;e de manifester leur vie, un mode de vie d&#233;termin&#233;. La fa&#231;on dont les individus manifestent leur vie refl&#232;te tr&#232;s exactement ce qu'ils sont. Ce qu'ils sont co&#239;ncide donc avec leur production, aussi bien avec ce qu'ils produisent qu'avec la fa&#231;on dont ils le produisent. Ce que sont les individus d&#233;pend donc des conditions mat&#233;rielles de leur production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette production n'appara&#238;t qu'avec l'accroissement de la population. Elle-m&#234;me pr&#233;suppose pour sa part des relations des individus entre eux. La forme de ces relations est &#224; son tour conditionn&#233;e par la production...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, du fait de la division du travail &#224; l'int&#233;rieur des diff&#233;rentes branches, on voit se d&#233;velopper &#224; leur tour diff&#233;rentes subdivisions parmi les individus coop&#233;rant &#224; des travaux d&#233;termin&#233;s. La position de ces subdivisions particuli&#232;res les unes par rapport aux autres est conditionn&#233;e par le mode d'exploitation du travail agricole, industriel et commercial (patriarcat, esclavage, ordres et classes). Les m&#234;mes rapports apparaissent quand les &#233;changes sont plus d&#233;velopp&#233;s dans les relations des diverses nations entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critique : &#171; les humains se cr&#233;ent &#224; partir de rien &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin qu'il soit vrai que &#171; &#224; partir de rien &#187; je me fasse, par exemple, un &#171; orateur [public] &#187;, le rien qui fonde ici est un quelque chose de tr&#232;s multiple, l'individu r&#233;el, ses organes de parole, une sc&#232;ne d&#233;finie du d&#233;veloppement physique, une langue et des dialectes existants, des oreilles capables d'entendre et un environnement humain &#224; partir duquel il est possible d'entendre quelque chose, etc., etc. Par cons&#233;quent, dans le d&#233;veloppement d'une propri&#233;t&#233;, quelque chose est cr&#233;&#233; par quelque chose &#224; partir de quelque chose, et ne vient nullement, comme dans la Logique de Hegel, de rien, par rien &#224; rien. [E. I. Env. 2 de Hegel]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individualisme dans une perspective de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le bourgeois born&#233; dit aux communistes : en abolissant la propri&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire mon existence de capitaliste, de propri&#233;taire terrien, de propri&#233;taire d'usine, et votre existence d'ouvrier, vous avez aboli mon individualit&#233; et la v&#244;tre ; en m'emp&#234;chant de vous exploiter, vous les ouvriers, pour engranger mon profit, mon int&#233;r&#234;t ou ma rente, vous m'emp&#234;chez d'exister en tant qu'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc le bourgeois dit aux communistes : en abolissant mon existence de bourgeois , vous abolissez mon existence d'individu ; quand ainsi il s'identifie comme bourgeois &#224; lui-m&#234;me comme individu, il faut au moins reconna&#238;tre sa franchise et son impudeur. Pour le bourgeois c'est effectivement le cas, il ne se croit individu qu'en tant qu'il est bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand les th&#233;oriciens de la bourgeoisie s'avancent et donnent une expression g&#233;n&#233;rale &#224; cette affirmation, quand ils assimilent la propri&#233;t&#233; du bourgeois &#224; l'individualit&#233; en th&#233;orie aussi et veulent donner une justification logique &#224; cette &#233;quation, alors ce non-sens commence &#224; devenir solennel et sacr&#233;. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport des int&#233;r&#234;ts individuels aux int&#233;r&#234;ts de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Sancho demande :] Comment se fait-il que les int&#233;r&#234;ts personnels se d&#233;veloppent toujours, contre la volont&#233; des individus, en int&#233;r&#234;ts de classe, en int&#233;r&#234;ts communs qui acqui&#232;rent une existence ind&#233;pendante par rapport aux personnes individuelles, et dans leur ind&#233;pendance prennent la forme d' int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux ? Comment se fait-il qu'en tant que tels ils entrent en contradiction avec les individus r&#233;els et dans cette contradiction, par laquelle ils sont d&#233;finis comme int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux , ils peuvent &#234;tre con&#231;us par la conscience comme id&#233;al et m&#234;me en tant qu'int&#233;r&#234;ts religieux et saints ? Comment se fait-il que dans ce processus o&#249; les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s acqui&#232;rent une existence ind&#233;pendante en tant qu'int&#233;r&#234;ts de classe, le comportement personnel de l'individu est forc&#233;ment objectiv&#233; [sich versachlichen], ali&#233;n&#233; [sich entfremden], et existe en m&#234;me temps comme un pouvoir ind&#233;pendant de lui et sans lui, cr&#233;&#233; par les relations sexuelles, et transform&#233; en relations sociales, en une s&#233;rie de pouvoirs qui d&#233;terminent et subordonnent l'individu, dans lesquels, par cons&#233;quent, apparaissent dans l'imagination comme des pouvoirs &#171; saints &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Sancho avait compris que dans le cadre de modes de production d&#233;finis , qui, bien entendu, ne d&#233;pendent pas de la volont&#233;, des forces pratiques &#233;trang&#232;res, ind&#233;pendantes non seulement d'individus isol&#233;s, mais m&#234;me de tous ensemble, viennent toujours &#224; se tenir au-dessus des gens &#8212; alors il pourrait &#234;tre assez indiff&#233;rent &#224; savoir si ce fait est conserv&#233; sous la forme religieuse ou d&#233;form&#233; dans la fantaisie de l'&#233;go&#239;ste, au-dessus duquel tout est plac&#233; dans l'imagination, de telle mani&#232;re qu'il ne place rien au-dessus de lui-m&#234;me. Sancho serait alors descendu du domaine de la sp&#233;culation dans le domaine de la r&#233;alit&#233;, de ce que les gens imaginent &#224; ce qu'ils sont r&#233;ellement, de ce qu'ils imaginent &#224; comment ils agissent et sont tenus d'agir dans des circonstances d&#233;finies. Ce qui lui semble un produit de la pens&#233;e, il aurait compris &#234;tre un produit de la vie . Il ne serait pas alors arriv&#233; &#224; l'absurdit&#233; digne de lui - d'expliquer la division entre les int&#233;r&#234;ts personnels et g&#233;n&#233;raux en disant que les gens imaginent cette division aussi d'une mani&#232;re religieuse et se semblent &#234;tre tels et tels, ce qui n'est pourtant que un autre mot pour &#034;imaginer&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incidemment, m&#234;me sous la forme banale et petite-bourgeoise allemande dans laquelle Sancho per&#231;oit la contradiction des int&#233;r&#234;ts personnels et g&#233;n&#233;raux, il devrait se rendre compte que les individus sont toujours partis d'eux-m&#234;mes, et ne pouvaient pas faire autrement, et que donc les deux aspects qu'il a not&#233;s sont aspects du d&#233;veloppement personnel des individus ; tous deux sont &#233;galement engendr&#233;s par les conditions empiriques dans lesquelles vivent les individus, tous deux ne sont que l'expression d' un seul et m&#234;me d&#233;veloppement personnel des personnes et ne sont donc qu'en apparence en contradiction l'un avec l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de la volont&#233; dans les d&#233;sirs d'un individu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un d&#233;sir devienne fixe ou non, c'est-&#224;-dire qu'il obtienne [un pouvoir exclusif sur nous] - ce qui n'exclut [pas] [de nouveaux progr&#232;s] - d&#233;pend de la question de savoir si les circonstances mat&#233;rielles, les &#034;mauvaises&#034; conditions mondaines permettent la satisfaction normale de ce d&#233;sir et, d'autre part, le d&#233;veloppement d'un ensemble de d&#233;sirs. Ce dernier d&#233;pend, &#224; son tour, de savoir si nous vivons dans des circonstances qui permettent une activit&#233; globale et ainsi le plein d&#233;veloppement de toutes nos potentialit&#233;s. Des conditions r&#233;elles, et de la possibilit&#233; de d&#233;veloppement qu'elles donnent &#224; chaque individu, d&#233;pend aussi de savoir si les pens&#233;es se fixent ou non &#8212; tout comme, par exemple, les id&#233;es fixes des philosophes allemands, ces &#171; victimes de la soci&#233;t&#233; &#187;, qui nous font piti&#233; . pour qui nous avons piti&#233;], sont ins&#233;parables des conditions allemandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avare n'est pas un propri&#233;taire, mais un serviteur, et il ne peut rien faire pour lui-m&#234;me sans le faire en m&#234;me temps pour son ma&#238;tre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne peut rien faire sans le faire &#224; la fois pour l'un ou l'autre de ses besoins et pour l'organe de ce besoin &#8212; pour Stirner cela signifie que ce besoin et son organe sont rendus ma&#238;tres de lui. , tout comme plus t&#244;t il a fait les moyens pour satisfaire un besoin en un ma&#238;tre sur lui. Stirner ne peut pas manger sans manger en m&#234;me temps pour le bien de son estomac. Si les conditions du monde l'emp&#234;chent de satisfaire son estomac, alors son estomac devient ma&#238;tre sur lui, le d&#233;sir de manger devient un d&#233;sir fixe, et la pens&#233;e de manger devient une id&#233;e fixe - ce qui lui donne en m&#234;me temps un exemple de la influence des conditions du monde et fixant ses d&#233;sirs et ses id&#233;es. La &#171; r&#233;volte &#187; de Sancho contre la fixation des d&#233;sirs et des pens&#233;es se r&#233;duit ainsi &#224; une impuissante injonction morale sur la ma&#238;trise de soi et fournit une nouvelle preuve qu'il ne fait qu'exprimer id&#233;ologiquement haut les sentiments les plus triviaux du petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Les deux paragraphes suivants sont barr&#233;s dans le manuscrit (des crochets sont utilis&#233;s pour les mots illisibles)] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'ils s'attaquent &#224; la base mat&#233;rielle sur laquelle reposait la fixit&#233; jusque-l&#224; in&#233;vitable des d&#233;sirs et des id&#233;es, les communistes sont le seul peuple par l'activit&#233; historique duquel la liqu&#233;faction des d&#233;sirs et des id&#233;es fixes est en fait r&#233;alis&#233;e et cesse d'&#234;tre une injonction morale impuissante, comme jusqu'&#224; pr&#233;sent chez tous les moralistes &#171; jusqu'&#224; &#187; Stirner. L'organisation communiste a un double effet sur les d&#233;sirs produits chez l'individu par les relations actuelles ; certains de ces d&#233;sirs &#8212; &#224; savoir les d&#233;sirs qui existent sous toutes les relations, et ne changent de forme et de direction que sous diff&#233;rentes relations sociales &#8212; sont simplement modifi&#233;s par le syst&#232;me social communiste, car ils ont la possibilit&#233; de se d&#233;velopper normalement ; mais d'autres - &#224; savoir ceux qui proviennent uniquement d'une soci&#233;t&#233; particuli&#232;re,dans des conditions particuli&#232;res de [production] et de relations sexuelles &#8212; sont totalement priv&#233;s de leurs conditions d'existence. Lequel [des d&#233;sirs] sera simplement chang&#233; et [qui sera &#233;limin&#233;] dans une [soci&#233;t&#233;] communiste ne peut [se produire que de mani&#232;re pratique], en [changeant les conditions r&#233;elles], r&#233;elles [de production et de relations.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;sir est d&#233;j&#224; par sa simple existence quelque chose de &#171; fixe &#187;, et il ne peut arriver qu'&#224; saint Max et &#224; ses semblables de ne pas permettre &#224; son instinct sexuel, par exemple, de se &#171; fixer &#187; ; c'est cela d&#233;j&#224; et ne cessera de se fixer qu'&#224; la suite de la castration ou de l'impuissance. Chaque besoin, qui est &#224; la base d'un &#034;d&#233;sir&#034;, est aussi quelque chose de &#034;fixe&#034;, et tant qu'il essaie, saint Max ne peut abolir cette &#034;fixit&#233;&#034; et par exemple s'arranger pour se lib&#233;rer de la n&#233;cessit&#233; de manger dans le &#034;fixe&#034;. p&#233;riodes. Les communistes n'ont nullement l'intention d'abolir la fixit&#233; de leurs d&#233;sirs et de leurs besoins, intention que Stirner, plong&#233; dans son monde de fantaisie, leur attribue ainsi qu'&#224; tous les autres hommes ;ils ne cherchent qu'&#224; r&#233;aliser une organisation de la production et des relations qui rende possible la satisfaction normale de tous les besoins, c'est-&#224;-dire une satisfaction qui n'est limit&#233;e que par les besoins eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Individualit&#233; dans la pens&#233;e et le d&#233;sir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne d&#233;pend pas de la conscience , mais de l' &#234;tre ; pas sur la pens&#233;e, mais sur la vie ; cela d&#233;pend du d&#233;veloppement empirique de l'individu et de la manifestation de la vie, qui &#224; son tour d&#233;pend des conditions existant dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les circonstances dans lesquelles vit l'individu ne lui permettent que le d&#233;veloppement unilat&#233;ral d'une qualit&#233; aux d&#233;pens de toutes les autres, [si] elles lui donnent le mat&#233;riel et le temps pour d&#233;velopper uniquement cette qualit&#233; unique, alors cet individu atteint seulement un d&#233;veloppement unilat&#233;ral et paralys&#233;. Aucune pr&#233;dication morale ne sert ici. Et la mani&#232;re dont se d&#233;veloppe cette qualit&#233; &#233;minemment privil&#233;gi&#233;e d&#233;pend encore, d'une part, du mat&#233;riel disponible pour son d&#233;veloppement et, d'autre part, du degr&#233; et de la mani&#232;re dont les autres qualit&#233;s sont supprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment parce que la pens&#233;e, par exemple, est la pens&#233;e d'un individu particulier, d&#233;fini, elle reste sa pens&#233;e d&#233;finie, d&#233;termin&#233;e par son individualit&#233; dans les conditions o&#249; il vit. L'individu pensant n'a donc pas besoin de recourir &#224; une r&#233;flexion prolong&#233;e sur la pens&#233;e en tant que telle pour d&#233;clarer que sa pens&#233;e est sa propre pens&#233;e, sa propri&#233;t&#233; ; d&#232;s le d&#233;but, c'est sa propre pens&#233;e particuli&#232;rement d&#233;termin&#233;e et c'est pr&#233;cis&#233;ment sa particularit&#233; qui [dans le cas de saint] Sancho [s'est av&#233;r&#233;e] l'&#171; oppos&#233; &#187; de celle-ci, la particularit&#233; qui est particuli&#232;re &#171; en tant que telle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un individu, par exemple, dont la vie embrasse un large cercle d'activit&#233;s vari&#233;es et de relations pratiques avec le monde, et qui, par cons&#233;quent, m&#232;ne une vie plurielle, la pens&#233;e a le m&#234;me caract&#232;re d'universalit&#233; que toute autre manifestation de sa vie. Par cons&#233;quent, elle ne se fixe pas sous la forme d'une pens&#233;e abstraite et n'a pas besoin d'astuces compliqu&#233;es de r&#233;flexion lorsque l'individu passe de la pens&#233;e &#224; une autre manifestation de la vie. Elle est toujours d'embl&#233;e un facteur de la vie totale de l'individu, qui dispara&#238;t et se reproduit au fur et &#224; mesure des besoins .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un ma&#238;tre d'&#233;cole ou d'un auteur paroissial berlinois, cependant, dont l'activit&#233; se limite au travail ardu d'une part et au plaisir de la pens&#233;e d'autre part, dont le monde s'&#233;tend des [les petites limites de leur ville], dont les relations avec ce monde sont r&#233;duits au minimum par sa pitoyable position dans la vie, lorsqu'un tel individu &#233;prouve le besoin de penser, il est en effet in&#233;vitable que sa pens&#233;e devienne aussi abstraite que lui-m&#234;me et que sa vie, et que cette pens&#233;e se confronte &#224; lui, qui est tout &#224; fait incapable de r&#233;sistance, sous la forme d'un pouvoir fixe, dont l'activit&#233; offre &#224; l'individu la possibilit&#233; d'une &#233;vasion momentan&#233;e de son &#034;mauvais monde&#034;, d'un plaisir momentan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un tel individu, les quelques d&#233;sirs restants, qui d&#233;coulent non pas tant des relations avec un monde que de la constitution du corps humain, ne se sont exprim&#233;s que par r&#233;percussion , c'est-&#224;-dire qu'ils assument leur d&#233;veloppement &#233;troit de la m&#234;me mani&#232;re unilat&#233;rale et caract&#232;re grossier comme le fait sa pens&#233;e, ils n'apparaissent que par intervalles, stimul&#233;s par le d&#233;veloppement excessif du d&#233;sir pr&#233;dominant (fortifi&#233; par des causes physiques imm&#233;diates, par exemple, les spasmes [de l'estomac]) et se manifestent de mani&#232;re turbulente et forc&#233;e, avec la suppression la plus brutale du le d&#233;sir ordinaire [naturel] [&#8212; cela conduit &#224; davantage] de domination sur [la pens&#233;e.] Naturellement, la [pens&#233;e r&#233;fl&#233;chie et sp&#233;cul&#233;e sur] du ma&#238;tre d'&#233;cole est empirique [le fait dans une &#233;cole] de fa&#231;on magistrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit &#234;tre la vocation de tous les &#234;tres humains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saint Sancho, la vocation a une double forme ; d'abord comme vocation que d'autres choisissent pour moi - dont nous avons d&#233;j&#224; eu des exemples plus haut dans le cas des journaux pleins de politique et des prisons que notre Saint a prises pour des maisons de correction morale. Apr&#232;s la vocation appara&#238;t aussi comme une vocation &#224; laquelle l'individu lui-m&#234;me croit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le moi est s&#233;par&#233; de toutes ses conditions empiriques de vie, de son activit&#233;, des conditions de son existence, s'il est s&#233;par&#233; du monde qui le fonde et de son propre corps, alors, bien s&#251;r, il n'a pas d'autre vocation et pas d'autre d&#233;signation que celle de repr&#233;senter l'&#234;tre humain de la proposition logique et d'aider saint Sancho &#224; arriver aux &#233;quations donn&#233;es ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde r&#233;el, en revanche, o&#249; les individus ont des besoins, ils ont donc d&#233;j&#224; une vocation et une t&#226;che ; et au d&#233;part il est encore indiff&#233;rent qu'ils en fassent aussi leur vocation dans leur imagination. Il est clair, cependant, que parce que les individus poss&#232;dent une conscience, ils se font une id&#233;e de cette vocation que leur a donn&#233;e leur existence empirique et, ainsi, fournissent &#224; saint Sanche l'occasion de saisir le mot vocation, l'expression de leurs conditions de vie r&#233;elles, et de faire abstraction de ces conditions de vie elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;taire, par exemple, qui comme tout &#234;tre humain a vocation &#224; satisfaire ses besoins et qui n'est pas en mesure de satisfaire m&#234;me les besoins qu'il a en commun avec tous les &#234;tres humains, le prol&#233;taire que la n&#233;cessit&#233; de travailler 14 heures jour s'abaisse au niveau de la b&#234;te de somme, que la concurrence abaisse &#224; une simple chose, un article de commerce, qui de sa position de simple force productive, la seule position qui lui reste, est &#233;vinc&#233;e par d'autres producteurs plus puissants. forces &#8212; ce prol&#233;taire est, ne serait-ce que pour ces raisons, confront&#233; &#224; la t&#226;che r&#233;elle de r&#233;volutionner ses conditions. Il peut, bien s&#251;r, imaginer que c'est sa &#171; vocation &#187;, il peut aussi, s'il aime faire de la propagande, exprimer sa &#171; vocation &#187; en disant que faire ceci ou cela est la vocation humaine du prol&#233;taire,d'autant plus que sa position ne lui permet m&#234;me pas de satisfaire les besoins d&#233;coulant directement de sa nature humaine. Saint Sancho ne se pr&#233;occupe pas de la r&#233;alit&#233; qui sous-tend cette id&#233;e, avec le nom pratique de ce prol&#233;taire &#8212; il s'accroche au mot &#171; vocation &#187; et d&#233;clare que c'est le saint, et le prol&#233;taire &#234;tre un serviteur du saint &#8212; le moyen le plus simple de se consid&#233;rer comme sup&#233;rieur et de &#171; proc&#233;der plus loin &#187;.aller plus loin&#034;.aller plus loin&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Particuli&#232;rement dans les relations qui ont exist&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, quand une classe r&#233;gnait toujours, quand les conditions de vie d'un individu co&#239;ncidaient toujours avec les conditions de vie d'une classe, quand, par cons&#233;quent, la t&#226;che pratique de chaque classe nouvellement &#233;mergente devait n&#233;cessairement appara&#238;tre. &#224; chacun de ses membres comme une t&#226;che universelle , et lorsque chaque classe ne pouvait r&#233;ellement renverser son pr&#233;d&#233;cesseur qu'en lib&#233;rant les individus de toutes les classes de certaines cha&#238;nes qui les avaient jusque-l&#224; entrav&#233;s - dans ces circonstances, il &#233;tait essentiel que la t&#226;che des membres individuels de une classe luttant pour la domination devrait &#234;tre d&#233;crite comme une t&#226;che humaine universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, quand par exemple le bourgeois dit au prol&#233;taire que sa t&#226;che humaine, au prol&#233;taire, est de travailler 14 heures par jour, le prol&#233;taire a tout &#224; fait raison de r&#233;pondre dans le m&#234;me langage qu'au contraire sa t&#226;che est de renverser l'ensemble syst&#232;me bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vocation, d&#233;signation, t&#226;che, id&#233;al &#187; sont soit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'id&#233;e des t&#226;ches r&#233;volutionnaires impos&#233;es &#224; une classe opprim&#233;e par les conditions mat&#233;rielles ; ou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. De simples paraphrases id&#233;alistes, ou encore l'expression consciente des modes d'activit&#233; des individus qui, en raison de la division du travail, ont assum&#233; une existence ind&#233;pendante en tant que professions diverses ; ou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'expression consciente de la n&#233;cessit&#233; qui se pr&#233;sente &#224; chaque instant aux individus, aux classes et aux nations d'affirmer leur position par une activit&#233; bien d&#233;finie ; ou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les conditions d'existence de la classe dominante (telles que d&#233;termin&#233;es par le d&#233;veloppement pr&#233;c&#233;dent de la production), id&#233;alement exprim&#233;es en droit, morale, etc., auxquelles [conditions] les id&#233;ologues de cette classe ont plus ou moins consciemment donn&#233; une sorte de ind&#233;pendance ; ils peuvent &#234;tre con&#231;us par des individus distincts de cette classe comme une vocation, etc. . Il est &#224; noter ici, comme en g&#233;n&#233;ral chez les id&#233;ologues, qu'ils mettent in&#233;vitablement une chose &#224; l'envers et consid&#232;rent leur id&#233;ologie &#224; la fois comme la force cr&#233;atrice et comme la finalit&#233; de toutes les relations sociales, alors qu'elle n'est qu'une expression et un sympt&#244;me de celles-ci. rapports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de la volont&#233; individuelle dans la fondation de l'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire actuelle, ces th&#233;oriciens qui consid&#233;raient le pouvoir comme la base du droit &#233;taient en contradiction directe avec ceux qui consid&#233;raient la volont&#233; comme la base du droit... Si le pouvoir est pris comme base du droit, comme Hobbes, etc., le font, alors le droit, la loi, etc., ne sont que le sympt&#244;me, l'expression d' autres relations sur lesquelles repose le pouvoir d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie mat&#233;rielle des individus, qui ne d&#233;pend nullement de leur seule &#171; volont&#233; &#187;, de leur mode de production et de leur forme de relations, qui se d&#233;terminent mutuellement &#8212; c'est la base r&#233;elle de l'&#201;tat et le resta &#224; tous les stades o&#249; la division du travail et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e sont encore n&#233;cessaires, tout &#224; fait ind&#233;pendamment de la volont&#233; des individus. Ces relations r&#233;elles ne sont nullement cr&#233;&#233;es par le pouvoir d'&#201;tat ; au contraire, ils sont la puissance qui le cr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus qui gouvernent dans ces conditions &#8212; abstraction faite du fait que leur pouvoir doit rev&#234;tir la forme de l' &#201;tat &#8212; doivent donner &#224; leur volont&#233;, qui est d&#233;termin&#233;e par ces conditions d&#233;finies, une expression universelle comme volont&#233; de l'&#201;tat, comme loi, une expression dont le contenu est toujours d&#233;termin&#233; par les relations de cette classe, comme le droit civil et p&#233;nal le d&#233;montre de la mani&#232;re la plus claire possible. De m&#234;me que le poids de leur corps ne d&#233;pend pas de leur volont&#233; id&#233;aliste ou de leur d&#233;cision arbitraire, de m&#234;me le fait qu'ils imposent leur propre volont&#233; sous forme de loi, et en m&#234;me temps pour la rendre ind&#233;pendante de l'arbitraire personnel de chacun d'entre eux ne d&#233;pend pas de sa volont&#233; id&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur r&#232;gle personnelle doit en m&#234;me temps prendre la forme d'une r&#232;gle moyenne. Leur pouvoir personnel est fond&#233; sur des conditions de vie qui, au fur et &#224; mesure qu'elles se d&#233;veloppent, sont communes &#224; de nombreux individus, et dont ils, en tant qu'individus dominants, doivent maintenir contre les autres et, en m&#234;me temps, maintenir qu'ils tiennent bon pour Tout le monde. L'expression de cette volont&#233;, qui est d&#233;termin&#233;e par leurs int&#233;r&#234;ts communs, est la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que des individus ind&#233;pendants les uns des autres s'affirment eux-m&#234;mes et affirment leur propre volont&#233;, et parce que, sur cette base, leur attitude les uns envers les autres est forc&#233;ment &#233;go&#239;ste, que l'abn&#233;gation est rendue n&#233;cessaire en droit et en droit, l'abn&#233;gation en le cas exceptionnel, en auto-affirmation de leurs int&#233;r&#234;ts dans le cas moyen (que, donc, non pas eux , mais seulement &#171; l'&#233;go&#239;ste en accord avec lui-m&#234;me &#187; consid&#232;re comme une abn&#233;gation). Il en est de m&#234;me des classes gouvern&#233;es, dont la volont&#233; joue un r&#244;le tout aussi minime dans la d&#233;termination de l'existence de la loi et de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, tant que les forces productives seront encore insuffisamment d&#233;velopp&#233;es pour rendre la concurrence superflue, et par cons&#233;quent susciteraient toujours la concurrence, tant les classes gouvern&#233;es voudraient &#234;tre impossibles si elles avaient la &#171; volont&#233; &#034; abolir la concurrence et avec elle l'&#201;tat et la loi. Incidemment aussi, ce n'est que dans l'imagination des id&#233;ologues que cette &#171; volont&#233; &#187; surgit avant que les relations ne soient suffisamment d&#233;velopp&#233;es pour rendre possible l'&#233;mergence d'une telle volont&#233;. Une fois que les relations se sont suffisamment d&#233;velopp&#233;es pour la produire, l'id&#233;ologue peut imaginer cette volont&#233; comme purement arbitraire et donc concevable &#224; tout moment et en toutes circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le droit, le crime, c'est-&#224;-dire la lutte de l'individu isol&#233; contre les rapports dominants, n'est pas le r&#233;sultat d'un pur arbitraire. Au contraire, elle d&#233;pend des m&#234;mes conditions que cette domination. Les m&#234;mes visionnaires qui voient dans le droit et la loi la domination de quelque g&#233;n&#233;ral existant ind&#233;pendamment verront dans le crime la simple violation du droit et de l'ensemble. L'&#201;tat n'existe donc pas en raison de la volont&#233; dominante, mais l'&#201;tat, qui na&#238;t du mode de vie mat&#233;riel des individus, a aussi la forme d'une volont&#233; dominante. Si cette derni&#232;re perd sa domination, cela signifie que non seulement la volont&#233; a chang&#233; mais aussi l'existence mat&#233;rielle et la vie des individus, et c'est seulement pour cette raison que leur volont&#233; a chang&#233;. Il est possible que des droits et des lois soient &#171; h&#233;rit&#233;s &#187;, mais dans ce cas ils ne sont plus dominants, mais nominaux,dont des exemples frappants sont fournis par l'histoire du droit romain antique et du droit anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu plus haut comment une th&#233;orie et une histoire de la pens&#233;e pure pouvaient na&#238;tre chez des philosophes tenant &#224; la s&#233;paration des id&#233;es des individus et des relations empiriques qui servent de base &#224; ces id&#233;es. De la m&#234;me mani&#232;re, l&#224; aussi on peut s&#233;parer le droit de sa base r&#233;elle, par quoi on obtient une &#171; volont&#233; dominante &#187; qui &#224; diff&#233;rentes &#233;poques subit diverses modifications et a sa propre histoire ind&#233;pendante dans ses cr&#233;ations, les lois. De ce fait, l'histoire politique et civile se confond id&#233;ologiquement dans une histoire de la domination des lois successives... L'examen le plus superficiel de la l&#233;gislation, par exemple pour les lois et pour tous les pays, montre jusqu'o&#249; sont all&#233;s les gouvernants lorsqu'ils s'imaginaient qu'ils pourrait r&#233;aliser quelque chose par le seul moyen de sa &#171; volont&#233; dominante &#187;, c'est-&#224;-dire simplement en exer&#231;ant sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus et leurs relations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ce qui constitue l'avantage d'un individu en tant que tel sur les autres individus, est de nos jours en m&#234;me temps un produit de la soci&#233;t&#233; et dans sa r&#233;alisation est tenu de s'affirmer comme privil&#232;ge, comme nous l'avons d&#233;j&#224; montr&#233; Sancho &#224; propos de la concurrence . De plus, l'individu en tant que tel, consid&#233;r&#233; par lui-m&#234;me, est subordonn&#233; &#224; la division du travail, qui le rend unilat&#233;ral, paralyse et d&#233;termine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus ont toujours et en toutes circonstances &#034;proc&#233;d&#233; d'eux-m&#234;mes &#034;, mais puisqu'ils n'&#233;taient pas uniques au sens de n'avoir besoin d'aucune connexion les uns avec les autres, et que leurs besoins , par cons&#233;quent leur nature, et la mani&#232;re de satisfaire leurs besoins, les reliaient entre eux (rapports entre les sexes, &#233;change, division du travail), ils devaient entrer en relation les uns avec les autres. De plus, puisqu'ils sont entr&#233;s en rapport les uns avec les autres non pas en tant qu'ego purs, mais en tant qu'individus &#224; un stade d&#233;fini de d&#233;veloppement de leurs forces productives et de leurs besoins, et puisque ces rapports, &#224; leur tour, d&#233;terminaient la production et les besoins, il &#233;tait donc pr&#233;cis&#233;ment le comportement personnel et individuel des individus, leur comportement les uns envers les autres en tant qu'individus, qui a cr&#233;&#233; les relations existantes et les reproduit quotidiennement &#224; nouveau. Ils entraient en relation les uns avec les autres tels qu'ils &#233;taient, ils proc&#233;daient &#171; d'eux-m&#234;mes &#187;, tels qu'ils &#233;taient, ind&#233;pendamment de leur &#171; vision de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; vision de la vie &#187; &#8212; m&#234;me celle d&#233;form&#233;e des philosophes [id&#233;alistes] &#8212; ne pouvait, bien entendu, &#234;tre d&#233;termin&#233;e que par leur vie r&#233;elle. Il s'ensuit certainement que le d&#233;veloppement d'un individu est d&#233;termin&#233; par le d&#233;veloppement de tous les autres avec lesquels il est directement ou indirectement associ&#233;, et que les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations d'individus entrant en relation les uns avec les autres sont li&#233;es les unes aux autres, que les l'existence des derni&#232;res g&#233;n&#233;rations est d&#233;termin&#233;e par celle de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, et que ces derni&#232;res h&#233;ritent des forces productives et des formes de relations accumul&#233;es par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, leurs propres relations mutuelles &#233;tant ainsi d&#233;termin&#233;es. En bref,il est clair qu'il y a d&#233;veloppement et que l'histoire de l'individu ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e de l'histoire des individus pr&#233;c&#233;dents ou contemporains, mais est d&#233;termin&#233;e par cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation de la relation individuelle en son contraire, une relation purement mat&#233;rielle, la distinction de l'individualit&#233; et de la fortune par les individus eux-m&#234;mes est un processus historique, comme nous l'avons d&#233;j&#224; montr&#233; ( Chapitre 1, Partie IV, &#167; 6 ), et &#224; diff&#233;rentes &#233;tapes de d&#233;veloppement, elle prend des formes diff&#233;rentes, toujours plus nettes et plus universelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque actuelle, la domination des relations mat&#233;rielles sur les individus et la suppression de l'individualit&#233; par des circonstances fortuites ont pris sa forme la plus aigu&#235; et la plus universelle, fixant ainsi aux individus existants une t&#226;che bien d&#233;finie. Elle leur a assign&#233; la t&#226;che de remplacer la domination des circonstances et du hasard sur les individus par la domination des individus sur le hasard et les circonstances. Il n'a pas, comme Sancho l'imagine, mis en avant l'exigence que &#171; je me d&#233;veloppe moi-m&#234;me &#187;, ce que tout individu a fait jusqu'&#224; pr&#233;sent sans les bons conseils de Sancho ; elle a au contraire appel&#233; &#224; s'affranchir d'un mode de d&#233;veloppement bien d&#233;fini. Cette t&#226;che, dict&#233;e par les relations actuelles, co&#239;ncide avec la t&#226;che d'organiser la soci&#233;t&#233; &#224; la mani&#232;re communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; plus haut que l'abolition d'un &#233;tat de choses dans lequel les relations deviennent ind&#233;pendantes des individus, o&#249; l'individualit&#233; est subordonn&#233;e au hasard et les relations personnelles des individus sont subordonn&#233;es aux relations g&#233;n&#233;rales de classe, etc. des affaires est d&#233;termin&#233; en derni&#232;re analyse par l'abolition de la division du travail. Nous avons &#233;galement montr&#233; que l'abolition de la division du travail est d&#233;termin&#233;e par le d&#233;veloppement des relations et des forces productives &#224; un tel degr&#233; d'universalit&#233; que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la division du travail en deviennent les entraves. Nous avons en outre montr&#233; que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ne peut &#234;tre abolie qu'&#224; la condition d'un d&#233;veloppement global des individus,pr&#233;cis&#233;ment parce que la forme existante des relations sexuelles et les forces productives existantes sont toutes englobantes et que seuls les individus qui se d&#233;veloppent de mani&#232;re globale peuvent se les approprier, c'est-&#224;-dire les transformer en manifestations libres de leur vie. Nous avons montr&#233; qu'&#224; l'heure actuelle les individus doit abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, parce que les forces productives et les formes de relations se sont tellement d&#233;velopp&#233;es que, sous la domination de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, elles sont devenues des forces destructrices, et parce que la contradiction entre les classes a atteint son extr&#234;me limite. Enfin, nous avons montr&#233; que l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e dans la division du travail est elle-m&#234;me l'association des individus sur la base cr&#233;&#233;e par les forces productives modernes et les relations du monde. [Voir le chapitre un]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la soci&#233;t&#233; communiste, la seule soci&#233;t&#233; dans laquelle le d&#233;veloppement authentique et libre des individus cesse d'&#234;tre une simple phrase, ce d&#233;veloppement est d&#233;termin&#233; pr&#233;cis&#233;ment par le lien des individus, lien qui consiste en partie dans les pr&#233;requis &#233;conomiques et en partie dans la n&#233;cessaire solidarit&#233; de le libre d&#233;veloppement de tous, et enfin le caract&#232;re universel de l'activit&#233; des individus sur la base des forces productives existantes. Il s'agit donc ici d'individus &#224; un stade historique d&#233;termin&#233; de leur d&#233;veloppement et nullement d'individus choisis au hasard, m&#234;me en faisant abstraction de l'indispensable r&#233;volution communiste, qui est elle-m&#234;me une condition g&#233;n&#233;rale de leur libre d&#233;veloppement. La conscience des individus de leurs relations mutuelles sera, bien s&#251;r, &#233;galement compl&#232;tement chang&#233;e, et,par cons&#233;quent, ne sera plus le &#034;principal de l'amour&#034; ou d&#233;votion que ce sera l'&#233;go&#239;sme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Le Capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manufacture proprement dite ne soumet pas seulement le travailleur aux ordres et &#224; la discipline du capital, mais &#233;tablit encore une gradation hi&#233;rarchique parmi les ouvriers eux-m&#234;mes. Si, en g&#233;n&#233;ral, la coop&#233;ration simple n'affecte gu&#232;re le mode de travail individuel, la manufacture le r&#233;volutionne de fond en comble et attaque &#224; sa racine la force de travail. Elle estropie le travailleur, elle fait de lui quelque chose de monstrueux en activant le d&#233;veloppement factice de sa dext&#233;rit&#233; de d&#233;tail, en sacrifiant tout un monde de dispositions et d'instincts producteurs, de m&#234;me que dans les Etats de la Plata, on immole un taureau pour sa peau et son suif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement le travail qui est divis&#233;, subdivis&#233; et r&#233;parti entre divers individus, c'est l'individu lui-m&#234;me qui est morcel&#233; et m&#233;tamorphos&#233; en ressort automatique d'une op&#233;ration exclusive, de sorte que l'on trouve r&#233;alis&#233;e la fable absurde de Menennius Agrippa, repr&#233;sentant un homme comme fragment de son propre corps....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la manufacture l'enrichissement du travailleur collectif, et par suite du capital, en forces productives sociales a pour condition l'appauvrissement du travailleur en forces productives individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ignorance est la m&#232;re de l'industrie aussi bien que de la superstition. La r&#233;flexion et l'imagination sont sujettes &#224; s'&#233;garer ; mais l'habitude de mouvoir le pied ou la main ne d&#233;pend ni de l'une, ni de l'autre. Aussi pourrait on dire, que la perfection, &#224; l'&#233;gard des manufactures, consiste &#224; pouvoir se passer de l'esprit, de mani&#232;re que, sans effort de t&#234;te, l'atelier puisse &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une machine dont les parties sont des hommes. &#187; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme la p&#233;riode manufacturi&#232;re pousse beaucoup plus loin cette division sociale en m&#234;me temps que par la division qui lui est propre elle attaque l'individu &#224; la racine m&#234;me de sa vie, c'est elle qui la premi&#232;re fournit l'id&#233;e et la mati&#232;re d'une pathologie industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Subdiviser un homme, c'est l'ex&#233;cuter, s'il a m&#233;rit&#233; une sentence de mort ; c'est l'assassiner s'il ne la m&#233;rite pas. La subdivision du travail est l'assassinat d'un peuple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5561&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5561&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5559&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5559&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philosophie m&#233;di&#233;vale</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7121</link>
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		<dc:date>2025-05-20T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen Age</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187; Marx-Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym &lt;br class='autobr' /&gt;
1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot262" rel="tag"&gt;Moyen Age&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx-Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es g&#233;n&#233;rales ind&#233;pendamment de celle des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie m&#233;di&#233;vale&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les plus grands penseurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bo&#232;ce (480 - 524 ou 525)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Kindi (Ab&#251; Y&#251;suf Ya'q&#251;b ibn Ish&#226;q al-Kind&#238;) (vers 801 - 873)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Scot Erig&#232;ne (810 - 870)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Rhazes (Ab&#251; Bakr ibn Zakariyy&#226; al-R&#226;z&#238;) (865 - 923)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Farabi (Ab&#251; Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Tarh&#226;n ibn Azwalag al-F&#226;r&#226;b&#238;) (870 - 950)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Abu-l-Ala al-Maari (973-1057)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Avicenne (Ab&#251; 'Ali al-Husayn ibn 'Abdallah ibn S&#238;n&#226;) (980 - 1037)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Anselme de Cantorb&#233;ry (1033 - 1109)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Ghazali (Ab&#251; H&#226;mid Muhammad ibn Muhammad ibn Tawus Ahmad al-T&#251;s&#238; al-Shaf'&#238;) (1058-1111)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Martianus Capella (Ve si&#232;cle)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pseudo-Denys l'Ar&#233;opagite (Ve s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roscelin de Compi&#232;gne (1050 - 1120)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume de Champeaux (1070 - 1121)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Pierre Ab&#233;lard (1079 - 1142)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	H&#233;lo&#239;se (abbesse) (1092 &#8211; 1164)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Tufayl (Ab&#251; Bakr Muhammad ibn Tufayl) (1100 - 1185)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Averro&#232;s (Ab&#251; al-Walid Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ruchd) (1126 - 1198)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ma&#239;monide (Mosheh ben Maym&#251;n) (1135 - 1204)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Albert le Grand (1193 ou 1206 - 1280)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roger Bacon (1214 - 1294)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bonaventure (1221 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Thomas d'Aquin (1225 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Siger de Brabant (1240 - 1281)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Duns Scot (vers 1266 - 1308)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume d'Occam (vers 1285 - 1349 ou 1350)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Buridan (vers 1300 - 1358)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Khaldun (Abu Zayd 'abd Al-Rahman ibn Muhammad ibn Khald&#251;n) (1332 - 1395)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Nicole Oresme (vers 1323 - 1382)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3287&#034;&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/search?query=Philosophie+m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/anselme.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/abelard.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/thomas.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/ockham.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.menestrel.fr/?-Auteurs-medievaux-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Texte 8 -&gt; https://www.cairn.info/revue-annales-2009-1-page-143.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/annuaire-cdf/11949&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/1974-v1-n2-philoso1319/203017ar.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1910_num_17_67_2755&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale_preface.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/panaccio_claude/philo_medievale/philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/philo_au_moyen_age/philo_au_moyen_age_avant_propos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Portail:Philosophie/Liste_des_philosophes_par_ann%C3%A9e_de_naissance#Moyen_%C3%82ge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Medieval_literature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 17&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_writers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 18&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_philosophers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 19&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6178&#034;&gt;Texte 20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6465&#034;&gt;Texte 21&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3349&#034;&gt;Conclusion : la sortie du moyen &#226;ge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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