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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Spinoza et Marx</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Spinoza et Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
par Charles Bonnier &lt;br class='autobr' /&gt;
I &lt;br class='autobr' /&gt;
La Th&#233;orie des Classes &lt;br class='autobr' /&gt; Concludimus itaque in potestate uniuscujusque hominis non esse ratione semper uti et in summo humanae libertatis fastigio esse, et tamen unumquemque semper, quantum in se est, conari suum esse conservare. (Nous concluons donc qu'il n'est pas au pouvoir de chaque homme de toujours user de la raison, et qu'elle est le summum de la libert&#233; humaine, et pourtant chacun essaie toujours, autant qu'il est en lui-m&#234;me, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Spinoza et Marx&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;par Charles Bonnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Th&#233;orie des Classes&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Concludimus itaque in potestate uniuscujusque hominis non esse ratione semper uti et in summo humanae libertatis fastigio esse, et tamen unumquemque semper, quantum in se est, conari suum esse conservare.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(Nous concluons donc qu'il n'est pas au pouvoir de chaque homme de toujours user de la raison, et qu'elle est le summum de la libert&#233; humaine, et pourtant chacun essaie toujours, autant qu'il est en lui-m&#234;me, de pr&#233;server son propre &#234;tre.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza montre que la raison d'&#234;tre est le principe m&#234;me de toute existence, de tout organisme physique ou social. L'autre raison n'est qu'une vision sup&#233;rieure, g&#233;n&#233;rale, donn&#233;e &#224; quelques &#234;tres, une facult&#233; de comprendre momentan&#233;ment &#224; c&#244;t&#233; de leur raison d'exister celle que d'autres cr&#233;atures poss&#232;dent au m&#234;me titre qu'eux. Au fond la raison n'est que l'extension de la raison d'&#234;tre. Par suite elle se d&#233;termine &#224; elle-m&#234;me sa limite par le nombre de raisons d'&#234;tre qu'elle a embrass&#233;es. Mais il faut toujours qu'elle s'appuie sur sa base in&#233;branlable, sa raison d'&#234;tre. Si elle l'abandonnait, ne f&#251;t ce qu'un moment, l'&#234;tre perdrait non seulement l'&#233;quilibre mais toute relation avec les autres &#234;tres. On a pu se figurer, id&#233;e ch&#232;re aux professeurs de philosophie : &#171; L'esprit, une fois en possession de la v&#233;rit&#233;, ne relevant plus ni du prince (ou du roi d'Italie ?), si de la soci&#233;t&#233;, ni de l'humanit&#233; ; la v&#233;rit&#233; elle m&#234;me devenant avec son ordonnance et son encha&#238;nement le milieu imm&#233;diat de l'esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un milieu est soumis &#224; la notion et &#224; la mesure d'espace. Peut-on se figurer &#8212; hors d'une chaire de facult&#233; &#8211; une v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire une conception qui n'est que la mesure ad&#233;quate couvrant certains faits, imposant tout d'un coup son ordonnance et son encha&#238;nement aux objets, qui au contraire la forment, comme une couverture s'adapte &#224; la forme des objets couverts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx reprochait d&#233;j&#224; &#224; Proudhon &#171; de cr&#233;er un id&#233;al de justice, de justice &#233;ternelle et de le tirer des rapports l&#233;gaux r&#233;pondant &#224; la production des marchandises&#8230;. puis, par un proc&#232;s contraire, voulant modeler la v&#233;ritable production des marchandises et le droit r&#233;el qui en r&#233;sulte sur cet id&#233;al. Que penserait-on d'un chimiste qui, au lieu d'&#233;tudier les v&#233;ritables lois des transformations de la mati&#232;re&#8230;. voudrait remodeler ces transformations sur les id&#233;es &#233;ternelles de la &#171; naturalit&#233; &#187; et de l' &#171; affinit&#233; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Proudhon a &#233;t&#233; encore surpass&#233;, &#171; Il nous plaira &#187; dit son successeur direct, &#171; &#224; travers l'&#233;volution &#224; demi m&#233;canique des formes &#233;conomiques et sociales, de faire sentir toujours cette haute dignit&#233; de l'esprit libre, affranchi de l'humanit&#233; elle-m&#234;me par l'&#233;ternel univers. &#187; Il faudrait pour que l'esprit p&#251;t &#234;tre affranchi de l'humanit&#233; qu'il s'aflranch&#238;t de lui-m&#234;me, puisqu'il fait partie de l'humanit&#233;, puisqu'il est le produit d'une raison d'&#234;tre. Bien plus, en admettant m&#234;me cette proposition &#233;norme, est-ce que l'&#233;ternel univers ne le r&#233;duirait pas &#224; une autre sorte d'esclavage ? Spinoza qui a, plus que tout autre philosophe, mesur&#233; l'univers qu'il a r&#233;duit &#224; des formules de force, reconna&#238;t qu'&#224; la base de tout est cette nature individuelle, qui ne poss&#232;de qu'une raison d'&#234;tre. Quand elle en est consciente, c'est-&#224;-dire lorsque les &#171; passions &#187; ne dominent pas en elle l'action, elle peut alors comprendre les affinit&#233;s qu'elle a avec les autres raisons d'&#234;tre et se construire ainsi une raison g&#233;n&#233;rale. A plus forte raison dans une soci&#233;t&#233;. Un individu na&#238;t et se d&#233;veloppe dans un milieu qui favorise ou contrarie sa nature ; les chocs ou les impulsions qu'il subit l'aident&#224; comprendre sa propre nature, c'est &#224; dire sa raison d'&#234;tre. Il la reconna&#238;tra d'autant plus facilement que le milieu sera plus favorable &#224; son &#233;panouissement. S'il appartient aujourd'hui &#224; la vari&#233;t&#233; dite bourgeoise, il se d&#233;veloppera sans contrainte, car il trouvera dans le syst&#232;me de la production, dans les lois sociales, un encouragement et une aide. Si au contraire une mauvaise &#233;toile l'a fait na&#238;tre dans la sous-classe du prol&#233;tariat, ou bien il dispara&#238;tra, domin&#233; ou entrain&#233; par des forces plus puissantes que la sienne ; il mourra de mis&#232;re ; ou bien il d&#233;couvrira que d'autres &#234;tres souffrent les m&#234;mes peines que lui, d'autres raisons d'&#234;tre que la sienne sont opprim&#233;es. Alors la souffrance, l'adversit&#233; formeront des &#234;tres durs &#224; la lutte, et ce qui devait &#233;craser l'&#234;tre le perfectionnera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu les circonstances elles-m&#234;mes se mettront de son c&#244;t&#233;, car le milieu social sera de plus en plus influenc&#233; par cet &#233;l&#233;ment compact, nouveau, dont il n'aura pu se d&#233;barrasser ; l'existence d'un &#233;l&#233;ment r&#233;fractaire modifiera le milieu, et celui-ci s'y adaptera. Il faut remarquer que, m&#234;me dans les moments les plus durs &#224; la sous-classe du prol&#233;tariat, le capital et la classe hourgeois ont d&#251; conserver forc&#233;ment les &#233;l&#233;ments r&#233;sistants qui leur &#233;taient utiles, et c'est ainsi que, suivant la parole de Marx, le Capital a d&#233;velopp&#233; l'&#233;l&#233;ment qui le d&#233;truira &#8212; sa n&#233;gation &#8212; le Prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par la destruction de la petite industrie et du travail domestique, le Capital an&#233;antit les derniers refuges de la masse et ainsi la soupape de s&#251;ret&#233; de toute la combinaison sociale du proc&#232;s de production ; il intensifie les contradictions et les antagonismes de ses formes capitalistes, et en m&#234;me temps, les &#233;l&#233;ments formateurs d'une nouvelle et les &#171; moments &#187; d'agonie de l'ancienne soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe en un mot chez la plupart des hommes une impuissance naturelle &#224; discerner la force qui les r&#233;git, c'est-&#224;-dire leur raison d'&#234;tre et &#224; plus forte raison celle qui d&#233;termine les autres hommes. Lorsqu'un Corn&#233;ly par exemple, dit : &#171; je ne connais pas de classes ; il est absurde d'en parler &#187;, il ne fait qu'exprimer l'opinion c'est-&#224;-dire l'ignorance g&#233;n&#233;rale. On ne conna&#238;t pas son d&#233;terminant mais on pr&#233;tend savoir parfaitement ce que sont &#171; la justice, la v&#233;rit&#233;, telle ou telle forme de gouvernement, voiles qui ont &#233;t&#233; mis devant le temple du Capital par les fripons pour duper les imb&#233;ciles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une forme de gouvernement, qu'on l'appelle aristocratie, absolutisme ou d&#233;mocratie ; ce n'est que l'apparence qui cache la r&#233;alit&#233; sociale. Jamais une classe ne dira quelle est sa raison d'&#234;tre ; elle mettra en avant son pr&#233;texte d'exister. La monarchie repr&#233;sentera une forte bureaucratie centralis&#233;e de privil&#233;gi&#233;s dont l'expression sera un roi ; l'aristocratie sera la classe m&#234;me des privil&#233;gi&#233;s au pouvoir, avec un coll&#232;gue (duc ou doge) pour chef nominal ; la r&#233;publique enfin sera une classe sans chef, repr&#233;sent&#233;e sucessivement par ses diverses fractions. Voil&#224; la raison d'&#234;tre de ces trois formes ; le pr&#233;texte pour la royaut&#233; sera le droit divin ; pour la noblesse le privil&#232;ge de la race ; pour la r&#233;publique les droits de l'homme et du citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces classes ne subsistera une minute apr&#232;s le divorce du pr&#233;texte et de la raison d'&#234;tre. &#171; Les hommes, dit Spinoza, sont men&#233;s plut&#244;t par le d&#233;sir aveugle que par la raison ; et ce d&#233;sir, c'est leur puissance naturelle, leur raison d'&#234;tre [1] &#187;. Ici le mot passion est pris dans son sens &#233;tymologique de passivit&#233; ; en politique les passions troublent le d&#233;veloppement des diff&#233;rentes raisons d'&#234;tre et obscur cissent, comme dans une Affaire r&#233;cente, par des conceptions &#233;trang&#232;res les int&#233;r&#234;ts des diff&#233;rentes classes, les faisant agir &#224; rebours de leurs v&#233;ritables besoins ; les partis politiques souffrent de ces crises et sont longtemps &#224; s'en remettre. Il faut compter avec ces passions mais ne s'en laisser jamais influencer ; tout au plus les diriger pour le plus grand mal de la classe ennemie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce droit, Spinoza entend la compr&#233;hension m&#234;me des lois de la nature et d'une nature ; et il le limite par la puissance m&#234;me (c'est-&#224;-dire la force) de l'individu ; et l'homme qui agit suivant les lois de sa propre nature agit selon le droit supr&#234;me de la nature [2]. L'homme, et par suite la classe n'existent en politique que comme puissance, et la constatation de cette puissance n'est faite que par l'affirmation de sa nature. Le voile, c'est-&#224;-dire le pr&#233;texte, est mis non seulement pour cacher la v&#233;ritable raison d'&#234;tre d'une classe aux autres classes, mais aussi pour la faire oublier aux membres de cette classe et les faire agir ainsi plus librement, sans avoir besoin d'&#234;tre hypocrites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres formes de gouvernements sont toutes tomb&#233;es aujourd'hui ; la forme r&#233;publicaine (et par l&#224; on entend aussi bien royaut&#233; constitutionnelle que pr&#233;sidence) a surv&#233;cu. C'est elle qui a &#171; uni &#187; ou qui a &#171; divis&#233; le moins &#187; suivant le fameux mot de Thiers, les diff&#233;rentes fractions de la classe bourgeoise ; c'est le pr&#233;texte qui couvre leurs app&#233;tits et leur soif de pouvoir ; c'est aussi celui qui masque le mieux le Capital tout en lui permettant son plus libre d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, de ce coup d'&#339;il critique qui perce tous les voiles, avait d&#233;couvert le fourbe et l'erreur. &#171; Le capitaliste [3], &#233;crit-il, n'est pas capitaliste parce qu'il est directeur industriel, mais il devient directeur industriel parce qu'il est capitaliste &#187; et plus loin. &#171; Cette croyance b&#233;n&#233;vole au g&#233;nie d'invention, que manifeste le capitaliste isol&#233; dans la division du travail, s'est r&#233;fugi&#233;e dans la cervelle de professeurs allemands&#8230; le plus ou moins d'emploi de la division du travail d&#233;pend de la longueur de la bourse, et non de la grandeur du g&#233;nie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, c'est la possession du capital qui est la raison d'&#234;tre ; les aptitudes commerciales ne sont que le pr&#233;texte. Il en est de m&#244;me de l'Etat bourgeois par excellence, de la R&#233;publique. Les Capitalistes s'en sont empar&#233;s, non parce qu'ils &#233;taient partisans des id&#233;es vulgaires qu'entra&#238;n&#233; ce mot, mais parce que le Capital exigeait cette forme sp&#233;ciale, qui le d&#233;barrasse des entraves apport&#233;es par le restant des classes privil&#233;gi&#233;es. Aux &#201;tats-Unis o&#249; les voiles et les pr&#233;textes ont disparu, la classe capitaliste, repr&#233;sent&#233;e par les rois de l'Argent, du Fer, du P&#233;trole, etc., gouverne sans contrainte et presque sans hypocrisie, Bryan, le candidat d&#233;mocrate malheureux &#224; la pr&#233;sidence, le disait dans sa derni&#232;re campagne : &#171; Les Rouages du Gouvernement sont employ&#233;s pour favoriser les int&#233;r&#234;ts de ceux qui sont en position de s'assurer des faveurs du gouvernement &#187;. Voil&#224; ce qui est la raison d'&#234;tre de la R&#233;publique am&#233;ricaine ; le pr&#233;texte ce sont les fameuses maximes de Jefferson : &#171; droits &#233;gaux &#224; tous, privil&#232;ges sp&#233;ciaux &#224; aucun &#187; et de Lincoln &#171; gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple &#187; [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raison d'&#234;tre et Patriotisme de Classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Peccat ego civitas, quando es agit, vel fieri patitur, qune causa esse possuat ipsius ruinae : atque tam eamdem eo sensu peccare dicimus, quo Philosophi vel Medici peccare dicuni, et hoc sensu dicere possumus civitatem peccare, quando contra Rationis diclamen aliquid agit. &#187; (Tract. Poli. Ch. IV).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Que la ville p&#233;che, lorsqu'elle agit ou permet que cela se fasse, afin qu'elle soit la cause de sa propre chute : et nous disons qu'elle p&#232;che dans le m&#234;me sens dans lequel on dit que les philosophes ou les docteurs p&#233;chent, et en ce sens, nous pouvons dire que la ville p&#232;che lorsqu'elle fait quelque chose de contraire aux pr&#233;ceptes de la Raison.)&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une cit&#233;, une patrie sont des cadres mobiles renfermant des individus qui peuvent, par d&#233;finition, y &#234;tre contenus. Ce sont les mouvements d'expansion ou de r&#233;traction de ces individus qui cr&#233;ent l'individualit&#233; m&#234;me du cadre qui &#224; son tour r&#233;agit sur les existences qu'il contient et les remod&#232;le. Il s'&#233;tablit ainsi un rapport entre le contenant et le contenu, qu'il s'agisse de l'eau dans un vase ou de citoyens dans une cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza, n&#233; dans un si&#232;cle o&#249; la th&#233;ologie dominait les Esprits, ne f&#251;t-ce que par ses formules, a qualifi&#233; de p&#233;ch&#233; le plus grand crime que puisse commettre un individu ou une cit&#233; : c'est-&#224;-dire d'&#234;tre la cause de sa propre ruine. Ce terme de p&#233;ch&#233; peut &#234;tre remplac&#233;, dans un sens plus moderne, par celui de d&#233;s&#233;quilibre. P&#233;cher contre la raison d'&#234;tre signifie &#171; suicide &#187; (felo de se, comme dit la loi anglaise), car cette raison est la base m&#234;me de l'existence. Il serait int&#233;ressant d'examiner combien les grands mots de patriotisme, d'orgueil national, n'ont &#233;t&#233; employ&#233;s que pour cacher cette supr&#234;me raison, celle qu'on n'invoque jamais et &#224; laquelle on pense toujours, la raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on suppose une nation, telle qu'elle est constitu&#233;e aujourd'hui en p&#233;riode industrielle, comme aurait dit Fourier. Sa raison d'&#234;tre est son industrie, et c'est par cons&#233;quent le mot qu'on ne prononcera jamais mais qui d&#233;terminera cependant toutes les actions de ce groupe d'individus. Une classe se formera, produit du d&#233;veloppement de l'industrie et agira &#224; son tour pour le plus grand bien de cette industrie. Si cette classe devait se d&#233;velopper math&#233;matiquement, sans obstacle, on pourrait calculer exactement le moment o&#249; elle serait ad&#233;quate &#224; l'industrie m&#234;me qu'elle incarne, mais il n'en est presque jamais ainsi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres classes en effet existent &#224; c&#244;t&#233; d'elle ; les unes, incarnations de puissances et d'&#233;l&#233;ments du pass&#233;, formant un poids mort que la classe bourgeoise doit tra&#238;ner et qui paralysent son mouvement ascensionnel ; et encore ces classes pourraient s'&#233;liminer graduellement, mais l'industrie pour son d&#233;veloppement m&#234;me a besoin du travail d'une autre classe qu'elle exploite et pourtant d&#233;veloppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc les &#233;l&#233;ments que la bourgeoisie moderne entra&#238;ne dans son orbite ; le Clerg&#233;,- la Noblesse ne peuvent que retarder sa marche, et m&#234;me dans certaines occasions elles lui servent de d&#233;rivatif, comme les app&#226;ts qu'on jette aux loups en Russie pour retarder leur poursuite, d'o&#249; l'excellence du cl&#233;ricalisme par exemple, que la bourgeoisie subventionne par le Concordat en France, pour l'avoir toujours sous la main, afin de le jeter en p&#226;ture aux lutteurs du Prol&#233;tariat. Le patriotisme et la raison d'&#234;tre de la bourgeoisie , c'est l'industrie, c'est le commerce. La partie bourgeoise est r&#233;gie par les besoins du commerce ; la guerre patrio- tique par excellence est aujourd'hui la guerre commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que les socialistes ne cessent de r&#233;p&#233;ter, mais &#8212; remarquons-le bien &#8212; sans jamais bl&#226;mer la bourgeoisie d'accomplir sa mission historique. Il est m&#234;me curieux que le seul argument qui serait inattaquable, les journaux aux gages de la bourgeoisie ne l'emploient jamais. Si l'Angleterre avait r&#233;pondu aux nations du Continent : &#171; j'attaque les r&#233;publiques du sud de l'Afrique parce que c'est une question de vie ou de mort pour mon commerce que l'extraction d'un &#233;l&#233;ment &#233;tranger et r&#233;fractaire &#187;, qu'auraient pu r&#233;pondre les autres nations qui agissent exactement de m&#234;me chaque fois que leur raison d'&#234;tre commerciale est menac&#233;e ou contrari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on n'invoque jamais cet argument de la raison d'&#234;tre, c'est qu'il est le dernier. C'est le voile d'Isis ; si on le soul&#232;ve et cela arrive fatalement un jour ou l'autre, on ne trouve plus rien, car cet argument ou ce voile &#233;tait l'existence m&#244;me de la classe. C'est pourquoi on lui a superpos&#233; d'autres arguments artificiels qu'on appelle patriotisme, civilisation, religion, pour arr&#234;ter les curieux, les violateurs de temples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe n'a jamais eu &#224; r&#233;pondre &#224; l'heure critique que ceci &#171; je d&#233;fends mon existence parce que je ne puis me suicider. &#187; C'est l&#224; le p&#233;ch&#233; impardonnable dont parle Spinoza. Mais la r&#233;plique de la part de l'agresseur est simple : &#171; En d&#233;truisant l'&#234;tre, je supprime la raison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; tout le milieu &#233;conomique favorise l'rav&#232;nement d'une classe, il n'est m&#234;me pas besoin pour elle de justification, except&#233; celle que donne Spinoza : &#171; Tantum juris habet quantum potentia valet. &#187; Le machinisme de la grande industrie ne s'est pas justifi&#233; lorsqu'il a d&#233;truit la manufacture ; il a exist&#233; tout simplement, c'&#233;tait toute la raison qu'il avait &#224; donner. De m&#234;me le prol&#233;tariat, au moment o&#249; il saisira le pouvoir trouvera les esprits tellement transform&#233;s par l'&#233;volution &#233;conomique qu'il n'aura qu'&#224; donner acte de sa mission historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; moment &#187; troublant est celui que nous traversons, car les deux classes, comme deux chevaux dans une course, se trouvent &#224; la m&#234;me distance du but ; ils se balancent. Aussit&#244;t que le prol&#233;tariat aura d&#233;pass&#233;, ne fut-ce que d'une t&#234;te, la classe bourgeoise mont&#233;e par son jockey, le capital, l'opinion publique h&#233;sitante jusque-l&#224; penchera de tout son poids en sa faveur et les paris seront pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en attendant ce moment, la Bourgeoisie qui sent son avantage &#224; &#234;tre adapt&#233;e &#224; son milieu, reproche au Prol&#233;tariat de vouloir &#171; le &#187; d&#233;truire ; elle l'accuse de vouloir supprimer la patrie qu'elle pr&#233;tend repr&#233;senter. D'o&#249; l'accusation de &#171; sans patrie &#187; que l'on jetait jadis &#224; la bourgeoisie et qu'elle relance aujourd'hui au Prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle peut et doit &#234;tre la r&#233;ponse de ce dernier, simplement la suivante : [&#171; ] comme classe je ne puis admettre que les &#233;l&#233;ments qui favorisent ma raison d'&#234;tre ; il serait vain de vouloir m'enthousiasmer pour les obstacles qui entravent ma marche en avant. La patrie telle que vous, Bourgeois, la concevez, dans sa forme &#233;troite et protectionniste, m'emp&#234;che de m'unir aux prol&#233;tariats des autres pays, qui souffrent et luttent comme moi pour le r&#233;sultat que je cherche &#224; obtenir. Les entraves au d&#233;veloppement international ne me sont oppos&#233;s que dans l'int&#233;r&#234;t d'une patrie qui ne repr&#233;sente ni mes besoins ni mes aspirations. Je combats donc tout ce qui r&#233;tr&#233;cit la patrie &#224; laquelle j'appartiens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la r&#233;ponse que, comme classe isol&#233;e, le prol&#233;tariat peut faire &#224; la bourgeoisie. Mais en m&#234;me temps il a conscience et pressentiment du r&#244;le qu'il est appel&#233; uu jour &#224; jouer, et que Marx a r&#233;sum&#233; ainsi : &#171; suppression du mode de production capitaliste et suppression des classes [ &#187;]. ll sait que sa raison d'&#234;tre,dans son plein &#233;panouissement, sera la destruction des classes et l'union de l'humanit&#233; en un tout harmonique : l'Internationale. Il faut donc qu'il conserve et d&#233;veloppe tout ce qui, dans la patrie actuelle, favorise son d&#233;veloppement, et ces &#233;l&#233;meats auxiliaires il les transportera un jour pour les remettre au d&#233;p&#244;t commun de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme classe destructive des classes, le Prol&#233;tariat doit &#234;tre patriote, mais patriote d'une patrie qui se transformera, en s'y adaptant, en soci&#233;t&#233; communiste. Cette op&#233;ration, Spinoza la d&#233;finit ainsi : Lorsque nous disons que quiconque peut disposer comme il veut un &#233;l&#233;ment qui lui appartient de droit, cette puissance doit &#234;tre d&#233;finie non seulement par la puissance de l'agent, mais encore par l'aptitude de ce patient m&#234;me [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il donne ainsi les deux mesures de la patrie que poss&#232;de toute raison d'&#234;tre, qu'elle appartienne &#224; un individu ou &#224; une classe. La puissance et la patience de l'esprit d&#233;termine l'attaque, l'agression ; la classe prol&#233;- tarienne par exemple s'&#233;tend par son organisation, par la conqu&#234;te qu'elle a faite des municipalit&#233;s, de si&#232;ges de d&#233;put&#233;s et par les quelques lois protectrices du travail qu'elle a arrach&#233;es au pouvoir ennemi. Voil&#224; la puissance, c'est-&#224;-dire le droit qu'elle poss&#232;de ; partout o&#249; elle peut exercer cette puissance, partout est sa patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce territoire qui envahit une classe destin&#233;e au triomphe en mesure m&#234;me les progr&#232;s par son aptitude &#224; lui c&#233;der. C'est lui qui d&#233;finit la classe ; et la patrie du prol&#233;tariat peut se mesurer par les conqu&#234;tes qu'il a faites et qu'il fait tous les jours. Il arrache &#224; la bourgeoisie tout ce qui peut &#234;tre utile &#224; son d&#233;veloppement &#224; lui. Ce ne sera pourtant que lorsque la patrie (c'est-&#224;-dire la terre conquise) du prol&#233;tariat sera plus grande que la part r&#233;serv&#233;e &#224; la bourgeoisie que l'on pourra parler de patriotisme prol&#233;tarien. D'ailleurs le prol&#233;tariat n'a-t-il pas un exemple dans l'histoire du pass&#233; ? Ce ne fut que lorsque les gens du Thiers eurent accapar&#233;, par la confiscation et l'incendie, la propri&#233;t&#233; territoriale de la noblesse et du clerg&#233;, qu'ils purent avec raison se nommer &#171; Patriotes &#187;. En r&#233;alit&#233;, ce fut d&#232;s ce moment qu'ils eurent quelque chose &#224; d&#233;fendre contre les anciens propri&#233;taires, qui, eux, n'avaient plus de raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant le prol&#233;tariat fonde l'Internationale, mais qu'on le remarque bien, l'Internationale pour la lutte, l'Internationale de l'organisation ouvri&#232;re et socialiste. Il faut bien distinguer en effet entre l'Internationale des travailleurs qui existe aujourd'hui et qui fonctionne, et dont le but est la suppression du mode de production capitaliste, et l'Internationale humaine qui n'existera qu'apr&#232;s la suppression des classes. En ce sens Pottier avait raison d'&#233;crire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Levons-nous, et demain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sera le genre humain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contemplation et l'action ne font qu'un en poli tique, o&#249; toute id&#233;e devient acte et tout acte se transforme en id&#233;e par r&#233;percussion. Mais, avant ce stage, avant que l'on ne poss&#232;de ce que Balzac appelle quelque part &#171; une t&#234;te m&#233;tallique &#187;, ne consid&#233;rant plus que les effets &#224; produire ; avant ce temps, une passion vous a lanc&#233; dans la politique et c'est votre raison d'&#234;tre qui a pr&#233;domin&#233; en vous et vous a pouss&#233; &#224; reconna&#238;tre la raison d'&#234;tre d'une classe et d'un parti. Ceci a &#233;t&#233; plut&#244;t l'effet d'une impulsion ; c'est &#224; ce moment que les sentiments du juste et de l'injuste (formes id&#233;ales pour vos besoins essentiels d' &#171; &#234;tre &#187;) peuvent vous d&#233;terminer : ce sont vos &#171; propri&#233;t&#233;s &#187;, comme le dit Spinoza [5]. Mais, aussit&#244;t le choix fait &#8212; et en politique il n'y a qu'un choix, comme il n'y a qu'un acte pour un homme, pour un parti, pour une classe, &#8212; il faut revenir &#224; la conception de Spinoza ; ne plus se consid&#233;rer que comme une force en lutte avec d'autres forces ; juger celles-ci, t&#226;cher de les comprendre, et ne les b&#233;nir ni les maudire. C'est leur &#234;tre, leur &#171; natura naturata &#187; qui pourrait m&#233;riter ces passions ; leur &#171; raison d'&#234;tre &#187; n'est qu'un sujet &#224; calcul et &#224; dosage. C'est cette intelligence, si rare en politique, qui permettait &#224; Marx, comme l'a dit Engels, de doser, d'appr&#233;cier les &#233;v&#233;nements qui se passaient sous ses yeux et d'en discerner les lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui le rend l'&#233;gal de ces deux g&#233;ants de la pens&#233;e politique ; Spinoza et Machiavel. Ces deux grands penseurs et leur doctrine sont loin d'avoir fourni toute leur part &#224; l'activit&#233; humaine ; Machiavel [6] n'a &#233;t&#233; que le conseiller des princes pendant tout le 16&#176; si&#232;cle ; quant &#224; Spinoza son trait&#233; politique, apr&#232;s avoir fait horreur au si&#232;cle pendant lequel il avait &#233;t&#233; &#233;crit, a paru retomber dans l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant l'un comme l'autre, ils ont &#233;tabli la loi supr&#234;me des forces humaines en conflit ; ils ont fix&#233; la science de la pens&#233;e active contr&#244;lant les forces et les faisant mouvoir. Marx, bien par del&#224; Hegel et la philo- sophie allemande, a &#233;t&#233; retrouver ses parrains comme on disait au moyen-&#226;ge, ceux qui lui fournirent ses armes les meilleures et lui donn&#232;rent la tactique que lui seul pouvait appliquer. Pendant ce temps que faisaient les intellectuels et les Docteurs ? Qu'est-ce d'abord qu'&#234;tre intellectuel ? N'est-ce pas avoir l'habitude d'un milieu pr&#233;par&#233;, d'instruments et de renseignements tout faits ? Aussi bien dans un laboratoire que dans une archive, la somme d'&#233;nergie cr&#233;atrice est minime, car on n'y fait que se laisser aller &#224; une impulsion d&#233;j&#224; imprim&#233;e. C'est une erreur de croire que l'habitude, l'entra&#238;nement de la science, produisent les grands savants. Ceux-ci sont les cr&#233;ateurs de leur propre milieu, de leurs propres instruments, de leur propre m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc distinguer entre l'habitude de la pens&#233;e toute faite, de la m&#233;thode toute pr&#234;te et l'acte de cr&#233;ation intellectuelle. Lorsqu'un grand savant meurt, l'impulsion qu'il a donn&#233;e, l'&#233;nergie qui se d&#233;gage de son &#339;uvre, transportent encore pendant quelque temps ses disciples imm&#233;diats. Mais bient&#244;t le poids mort, le &#171; dead weight &#187;, le poids de la mati&#232;re inorganique, intransformable, s'accumule sur les &#171; intellectuels &#187; et leur &#244;te jusqu'&#224; la volont&#233; de trouver ou d'inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, vouloir transporter la science, l'intellectualit&#233; plut&#244;t, sur le terrain de l'action politique, serait justement livrer le maniement des choses &#224; des manchots. Qu'on se figure Renan dans une assembl&#233;e ; d'ailleurs il n'en est pas besoin ; on a vu son ami Berthelot &#224; l'&#339;uvre. Claude Bernard a &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233; par Paul Bert, et tutti quanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet la r&#233;flexion (ici dans le sens litt&#233;ral du mot) tue l'action et surtout cette facult&#233; de recul imm&#233;diat et de jugement actif, qui permet &#224; un Marx de &#171; saisir &#187; un ph&#233;nom&#232;ne dans son proc&#232;s m&#234;me et de l'objectiver, le reliant &#224; une s&#233;rie de ph&#233;nom&#232;nes connexes, au moment m&#234;me o&#249; il appara&#238;t. Un intellectuel de marque serait incapable de cette &#171; sagacit&#233; &#187;, si nous entendons par ce mot une &#171; sagesse qui agit &#187;. Dans l'industrie plut&#244;t, chez les &#171; pratiquants &#187;, qui ne sont pourtant pas &#233;loign&#233;s de la vision scientifique, peut-&#234;tre trouverait-on ce que la science peut donner de plus &#233;nergique et de plus actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intellectuel n'est donc qu'un reliquat, un poids mort. Lorsqu'on jouit ainsi du travail des autres, lorsqu'il a suffi simplement de s'adapter aux d&#233;couvertes, tout en &#233;tant incapable de les d&#233;velopper, l'on m&#233;rite le beau nom de savant distingu&#233;. C'est une des grandes joies de notre &#233;poque que cet accolement d'une &#233;pith&#232;te de salon &#224; l'une des plus hautes qualit&#233;s de l'intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quemment, si le savant distingu&#233; ne devient pas vulgarisateur, sa mission, son message, comme on dit en Angleterre, est de parler &#224; la foule, et il gagne alors en popularit&#233; ce qu'il perd en s&#233;rieux. D'o&#249; cette farce qu'on appelle &#171; la Conf&#233;rence &#187; populaire, Association philotechnique ou Universit&#233;. Il s'agit d'&#233;tablir cette &#233;chelle de Jacob qui permettra aux simples et aux ignorants de ce monde de monter jusqu'&#224; l'empyr&#233;e de la science. Et l'on n'oublie qu'une chose c'est que les conf&#233;renciers n'ont &#171; rien &#187; &#224; transmettre ; le savant pourrait &#234;tre compris du peuple ; l'adaptateur, jamais. En effet, il y a plus d'&#233;nergie et par cons&#233;quent plus de potentialit&#233; de science chez un ouvrier qui travaille &#224; se rendre ma&#238;tre de son outil, chez un contre-ma&#238;tre qui introduit un perfectionnemenf dans une machine que chez tous les savants de salon et d'antichambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de la science m&#234;me est en eux ; et ils sont les &#233;gaux du vrai savant, parce qu'ils n'ont pas l'accumulation, le poids mort des r&#233;sultats inutilis&#233;s &#224; s'assimiler ; parce qu'ils poss&#232;dent l'&#233;lan, le ressort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re ce qu'on appelle souvent avec m&#233;pris un &#171; autodidacte &#187;, un homme qui a fait son instruction lui-m&#234;me dans ces ann&#233;es pr&#233;cieuses dont parle Balzac, entre vingt et trente ans, on verra que comme &#171; qualit&#233; &#187; son &#233;nergie est sup&#233;rieure, non seulement &#224; celle du savant amateur, mais souvent m&#234;me &#224; celle du savant v&#233;ritable. En effet, il n'a pas &#224; &#171; d&#233;sapprendre, ni &#224; d&#233;blayer &#187; ; il a v&#233;cu en apprenant, c'est-&#224;-dire qu'il a pris de la science ce qu'il lui fallait juste pour son d&#233;veloppement &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le savant a fait tout ce qu'il doit m&#234;me pour la soci&#233;t&#233;, lorsqu'il a expos&#233; sa m&#233;thode et donn&#233; &#224; sa d&#233;couverte sa propre g&#233;n&#233;alogie, pour permettre de la rattacher aux autres. Le peuple &#8212; c'est &#224; dire les autodidactes &#8212; saura bien sans le secours des Universit&#233;s populaires retrouver dans la marchandise-science ce qui est applicable imm&#233;diatement. En un mot, les intellectuels sont les gardiens du palais qui veillent au dehors &#224; ce qu'on n'y entre pas, mais vous distribuent l'adresse des magasins du bon march&#233; et de la vulgarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Bonnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1], [2] et [5] citations en latin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] p. 331 (ou 391 ?). Capital I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] p. 367. [(]Note 75).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir la r&#233;volution sociale &#224; Florence, o&#249; l'id&#233;e de classe est saisie sur le fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hegel, Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8025</link>
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		<dc:date>2025-12-05T23:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hegel &lt;br class='autobr' /&gt; Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit &lt;br class='autobr' /&gt;
(1807) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce volume repr&#233;sente les connaissances &#233;mergentes. La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit est destin&#233;e &#224; remplacer les explications psychologiques ou les discussions abstraites sur les fondements de la connaissance. Il examine la pr&#233;paration &#224; la science d'un point de vue qui en fait une science nouvelle, int&#233;ressante et premi&#232;re de la philosophie. Il inclut les diverses formes de l'esprit comme &#233;tapes sur le chemin par lequel il devient connaissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Hegel
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce volume repr&#233;sente les connaissances &#233;mergentes. La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit est destin&#233;e &#224; remplacer les explications psychologiques ou les discussions abstraites sur les fondements de la connaissance. Il examine la pr&#233;paration &#224; la science d'un point de vue qui en fait une science nouvelle, int&#233;ressante et premi&#232;re de la philosophie. Il inclut les diverses formes de l'esprit comme &#233;tapes sur le chemin par lequel il devient connaissance pure ou esprit absolu. C'est pourquoi, dans les divisions principales de cette science, qui se divisent en plusieurs, on consid&#232;re la conscience, la conscience de soi, la raison observatrice et agissante, l'esprit lui-m&#234;me, comme esprit moral, instruit et moral, et enfin comme religieux sous ses diff&#233;rentes formes. . La richesse des ph&#233;nom&#232;nes de l'esprit, qui apparaissent &#224; premi&#232;re vue comme du chaos, est ramen&#233;e dans un ordre scientifique qui les pr&#233;sente selon leur n&#233;cessit&#233;, dans lequel les imparfaits se dissolvent et passent aux plus &#233;lev&#233;s, qui sont leur prochaine v&#233;rit&#233;. Ils trouvent la v&#233;rit&#233; ultime d'abord dans la religion, puis dans la science, comme r&#233;sultat de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : il ne s'agit nullement d'une vraie traduction mais nous voulons juste donner un avant-go&#251;t du texte de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une explication, comme il est d'usage de pr&#233;c&#233;der une &#339;uvre dans une pr&#233;face - sur le but que l'auteur a en t&#234;te, ainsi que sur les raisons et la relation dans laquelle il croit qu'elle se situe par rapport &#224; d'autres traitements ant&#233;rieurs ou simultan&#233;s. du m&#234;me sujet &#8211; semble non seulement superflu dans un texte philosophique, mais aussi inappropri&#233; et inappropri&#233; compte tenu de la nature de la question. Parce que comment et ce qu'il serait appropri&#233; de dire sur la philosophie dans une pr&#233;face - par exemple une d&#233;claration historique de la tendance et du point de vue, le contenu g&#233;n&#233;ral et les r&#233;sultats, une connexion de d&#233;clarations et d'assurances sur la v&#233;rit&#233; - ne peut pas &#234;tre pour la mani&#232;re dont la v&#233;rit&#233; philosophique doit &#234;tre pr&#233;sent&#233;e. &#8211;De plus, parce que la philosophie est essentiellement dans l'&#233;l&#233;ment d'universalit&#233;, qui inclut le particulier, il semble qu'en elle plus que dans d'autres sciences, la chose elle-m&#234;me et m&#234;me son essence parfaite &#233;taient exprim&#233;es dans le but ou seraient les r&#233;sultats ultimes, par rapport auxquels l'ex&#233;cution est en r&#233;alit&#233; la chose qui n'est pas essentielle. Dans l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, en revanche, de ce qu'est l'anatomie, par exemple la connaissance des parties du corps selon leur existence non vivante, on est convaincu qu'on ne poss&#232;de pas encore la chose elle-m&#234;me, le contenu de cette science, mais s'efforce &#233;galement d'obtenir le particulier. &#8211; De plus, avec un tel agr&#233;gat de connaissances qui ne porte pas &#224; juste titre le nom de science, une conversation sur le but et des g&#233;n&#233;ralit&#233;s similaires n'est pas diff&#233;rente de la mani&#232;re historique et sans concept dont nous parlons du contenu lui-m&#234;me, de ces nerfs, muscles, etc. devient. En philosophie, par contre, l'in&#233;galit&#233; surviendrait selon laquelle une telle voie serait utilis&#233;e et pourtant elle se montrerait par elle-m&#234;me incapable de saisir la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, en d&#233;terminant le rapport qu'une &#339;uvre philosophique croit entretenir avec d'autres efforts sur le m&#234;me sujet, on attire un int&#233;r&#234;t &#233;tranger et on obscurcit ce qui est important dans la connaissance de la v&#233;rit&#233;. Aussi ferme que soit l'opinion sur l'opposition entre la v&#233;rit&#233; et la fausset&#233;, elle tend aussi &#224; s'attendre soit &#224; un accord, soit &#224; une opposition &#224; un syst&#232;me philosophique existant, et dans l'explication d'un tel syst&#232;me, elle ne voit que l'un ou l'autre. Elle ne comprend pas tant la diversit&#233; des syst&#232;mes philosophiques comme le d&#233;veloppement progressif de la v&#233;rit&#233;, mais elle ne voit que la contradiction dans la diversit&#233;. Le bourgeon dispara&#238;t quand la fleur &#233;clate, et on pourrait dire que le bourgeon est r&#233;fut&#233; par la fleur, et de la m&#234;me mani&#232;re, &#224; travers le fruit, la fleur est d&#233;clar&#233;e comme une fausse existence de la plante, et comme sa v&#233;rit&#233;, la fleur prend la place de la fleur. Ces formes sont non seulement diff&#233;rentes, mais elles se r&#233;priment aussi comme &#233;tant incompatibles les unes avec les autres. Mais leur nature fluide en fait en m&#234;me temps des moments d'unit&#233; organique dans lesquels non seulement ils ne s'opposent pas les uns aux autres, mais l'un est aussi n&#233;cessaire que l'autre, et c'est cette m&#234;me n&#233;cessit&#233; qui constitue la vie de l'ensemble. Mais la contradiction contre un syst&#232;me philosophique ne se comprend pas d'une part de cette mani&#232;re, et d'autre part la conscience compr&#233;hensive ne sait g&#233;n&#233;ralement pas comment la lib&#233;rer de son caract&#232;re unilat&#233;ral ou la maintenir libre, et sous la forme des contradictions et apparemment contradictoires moments de reconnaissance mutuellement n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande de telles explications et leur satisfaction semblent peut-&#234;tre &#234;tre le principal probl&#232;me. En quoi l'int&#233;rieur d'un &#233;crit philosophique pourrait-il s'exprimer plus que dans ses buts et ses r&#233;sultats, et de quelle mani&#232;re peut-on les conna&#238;tre plus clairement que par leur diff&#233;rence avec ce que l'&#233;poque produit autrement dans le m&#234;me domaine ? Mais si une telle action doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e plus que le simple d&#233;but de la cognition, si elle est destin&#233;e &#224; une cognition r&#233;elle, alors elle est en fait &#224; compter parmi les inventions visant &#224; contourner la mati&#232;re elle-m&#234;me et &#224; combiner les deux, l'apparence de s&#233;rieux. et des efforts pour cela, et la v&#233;ritable &#233;conomie de celui-ci. &#8211; Car la chose ne s'&#233;puise pas dans son but , mais dans son ex&#233;cution , et le r&#233;sultat n'est pas non plus le tout r&#233;el , mais plut&#244;t lui-m&#234;me avec son devenir ; la fin en soi est l'universel non vivant, tout comme la tendance est la simple activit&#233; &#224; laquelle manque encore sa r&#233;alit&#233;, et le r&#233;sultat nu est le cadavre qu'elle a laiss&#233; derri&#232;re elle. &#8211; De la m&#234;me mani&#232;re, la diff&#233;rence est plut&#244;t la limite de la chose ; c'est l&#224; o&#249; la chose finit, ou c'est ce qu'elle n'est pas. De tels efforts visant un objectif ou des r&#233;sultats, ainsi que les diff&#233;rences et les jugements des uns et des autres, sont donc un travail plus facile qu'il n'y para&#238;t peut-&#234;tre. Parce qu'au lieu de s'occuper de la mati&#232;re, une telle action est toujours au-del&#224; d'elle, au lieu de s'y habiter et de s'y oublier, une telle connaissance s'&#233;tend toujours &#224; un autre, et reste avec elle-m&#234;me plut&#244;t que avec la mati&#232;re qu'elle est et s'abandonne &#224; elle. &#8211; Le plus simple est de juger ce qui a de la substance et de la solidit&#233;, le plus difficile est de le saisir, le plus difficile est de produire une repr&#233;sentation de ce qui combine les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'&#233;ducation et l'&#233;laboration de l'imm&#233;diatet&#233; de la vie substantielle devront toujours se faire par l'acquisition de la connaissance des principes g&#233;n&#233;raux et des points de vue, pour ensuite se frayer un chemin jusqu'&#224; l'id&#233;e de la mati&#232;re en g&#233;n&#233;ral, et non moins le soutenir ou le r&#233;futer avec des raisons, comprendre l'abondance concr&#232;te et riche selon des certitudes et &#234;tre capable de donner une information appropri&#233;e et un jugement s&#233;rieux &#224; son sujet. Mais ce d&#233;but d'&#233;ducation c&#233;dera d'abord la place au s&#233;rieux d'une vie accomplie, qui conduit &#224; l'exp&#233;rience de la chose elle-m&#234;me, et si &#224; cela s'ajoute aussi le fait que le s&#233;rieux du concept s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; sa profondeur, alors une telle connaissance et le jugement sera dans la conversation. Gardez la conversation &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; existe ne peut &#234;tre que son syst&#232;me scientifique. Mon objectif est d'aider la philosophie &#224; se rapprocher de la forme de la science, dans le but de pouvoir se d&#233;barrasser de son nom d' amour de la connaissance et d'&#234;tre une v&#233;ritable connaissance . La n&#233;cessit&#233; interne selon laquelle la connaissance est science r&#233;side dans sa nature, et l'explication satisfaisante de celle-ci est uniquement la pr&#233;sentation de la philosophie elle-m&#234;me. La n&#233;cessit&#233; externe, cependant, dans la mesure o&#249; elle est g&#233;n&#233;rale, ind&#233;pendamment de la contingence de la personne et des raisons individuelles. La mani&#232;re dont il est saisi est la m&#234;me que celle avec laquelle le temps int&#233;rieur pr&#233;sente l'existence de ses moments sous forme de temps. Montrer qu'il est temps que la philosophie devienne une science serait donc la seule v&#233;ritable justification des exp&#233;riences qui ont ce but, parce qu'elles en d&#233;montrent la n&#233;cessit&#233;, oui, parce qu'elles le r&#233;aliseraient en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pla&#231;ant la vraie forme de la v&#233;rit&#233; dans la science - ou, ce qui revient au m&#234;me, en affirmant que la v&#233;rit&#233; a l'&#233;l&#233;ment de son existence dans le seul concept&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'apparition d'une telle exigence est comprise dans son contexte g&#233;n&#233;ral et consid&#233;r&#233;e au niveau o&#249; se situe actuellement l'esprit conscient de soi, alors elle a d&#233;pass&#233; la vie substantielle qu'il menait autrement dans l'&#233;l&#233;ment de pens&#233;e - au-del&#224; de cette imm&#233;diatet&#233; de la pens&#233;e. sa croyance, sur la satisfaction et la s&#233;curit&#233; de la certitude que poss&#233;dait la conscience de sa r&#233;conciliation avec l'&#234;tre et sa pr&#233;sence g&#233;n&#233;rale, interne et externe. Il est non seulement all&#233; au-del&#224; de cela, &#224; l'autre extr&#234;me du reflet insubstantiel de lui-m&#234;me en lui-m&#234;me, mais aussi au-del&#224; de cela. Non seulement sa vie essentielle est perdue pour lui, mais il est aussi conscient de cette perte et de la finitude qui en est le contenu. Se d&#233;tournant des conducteurs qui lui reprochent d'avoir tort, les reconnaissant et les bl&#226;mant, il exige d&#233;sormais de la philosophie non pas tant la connaissance de ce qu'il est , mais seulement, &#224; travers la philosophie, l'obtention de cette physicalit&#233; et de cette solidit&#233; de l'&#234;tre. Pour r&#233;pondre &#224; ce besoin, il ne faut pas tant ouvrir l'enfermement de la substance et l'&#233;lever &#224; la conscience de soi - pas tant ramener sa conscience chaotique &#224; l'ordre imagin&#233; et &#224; la simplicit&#233; du concept, mais plut&#244;t &#233;pancher les sp&#233;cialit&#233;s. de la pens&#233;e, supprimer le concept distinctif et cela Pour cr&#233;er un sentiment d'&#234;tre, et non pour fournir &#224; la fois un aper&#231;u et une &#233;dification . Le beau, le saint, l'&#233;ternel, la religion et l'amour sont l'app&#226;t n&#233;cessaire pour &#233;veiller le d&#233;sir de mordre, non pas le concept, mais l'extase, non la n&#233;cessit&#233; froidement progressive de la chose, mais l'enthousiasme fermentant devrait &#234;tre l'attitude. et la propagation continue de la richesse de la substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exigence correspond &#224; l'effort acharn&#233;, presque z&#233;l&#233; et irritable, pour sortir les gens de leur immersion dans le sensuel, le commun et l'individuel et pour lever leur regard vers les &#233;toiles ; comme s'ils, oubliant compl&#232;tement le divin, se tenaient avec la poussi&#232;re et l'eau, comme le ver, sur le point de se rassasier. Autrement, ils auraient dot&#233; le ciel d'une immense richesse de pens&#233;es et d'images. De tout cela, la signification r&#233;sidait dans le fil de lumi&#232;re par lequel il &#233;tait li&#233; au ciel ; Sur lui, au lieu de rester dans cette pr&#233;sence, le regard glissait au-del&#224;, jusqu'&#224; l'&#234;tre divin, vers une pr&#233;sence, si l'on peut dire, surnaturelle. L'&#339;il de l'esprit devait &#234;tre obligatoirement dirig&#233; vers les choses terrestres et s'y tenir fermement ; et il a fallu beaucoup de temps pour exploiter la clart&#233; que seul le surnaturel avait dans l'ennui et la confusion dans lesquels se trouvait le sens de ce monde, et pour rendre int&#233;ressante et valable l'attention au pr&#233;sent en tant que tel, ce qu'on appelait l'exp&#233;rience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette frugalit&#233; dans la r&#233;ception ou cette frugalit&#233; dans le don ne convient pas &#224; la science. Celui qui cherche seulement l'&#233;dification, celui qui veut envelopper de brume sa diversit&#233; terrestre d'existence et de pens&#233;e et aspire &#224; la jouissance ind&#233;finie de cette divinit&#233; ind&#233;finie, peut voir o&#249; il trouve cela ; Il trouvera facilement le moyen de s'extasier sur quelque chose et ainsi de se propager. Mais la philosophie doit se garder de chercher &#224; &#234;tre &#233;difiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette frugalit&#233;, qui renonce &#224; la science, doit encore moins pr&#233;tendre que cet enthousiasme et cette morosit&#233; sont quelque chose de plus &#233;lev&#233; que la science. Cette parole proph&#233;tique veut &#224; peu pr&#232;s rester au centre et en profondeur, regarde avec m&#233;pris la d&#233;termination (le Horos ) et se tient volontairement &#224; l'&#233;cart du concept et de la n&#233;cessit&#233;, plut&#244;t que de la r&#233;flexion qui ne r&#233;side que dans le fini. Mais tout comme il y a une largeur vide, il y a aussi une profondeur vide, comme une extension de la substance qui se d&#233;verse dans une diversit&#233; finie, sans pouvoir la maintenir ensemble - ainsi c'est une intensit&#233; sans contenu, qui se pr&#233;sente comme une pure force. sans expansion, la m&#234;me chose est la superficialit&#233;. La puissance de l'esprit est aussi grande que son expression, sa profondeur aussi profonde qu'il ose s'&#233;tendre et se perdre dans son interpr&#233;tation. &#8211; En m&#234;me temps, si cette connaissance non conceptuelle et substantielle pr&#233;tend avoir enfonc&#233; l'individualit&#233; de soi dans l'&#234;tre et philosopher de mani&#232;re vraie et sainte, elle cache que, au lieu d'&#234;tre consacr&#233;e &#224; Dieu, elle Il le fait simplement en m&#233;prisant la mesure et la d&#233;termination, tant&#244;t en elle-m&#234;me en raison du caract&#232;re accidentel du contenu, tant&#244;t en autorisant son propre arbitraire. &#8211; En s'abandonnant au ferment effr&#233;n&#233; de la substance, ils croient, en enveloppant la conscience d'eux-m&#234;mes et en renon&#231;ant &#224; leur entendement, qu'ils sont les siens , &#224; qui Dieu donne la sagesse dans leur sommeil ; Ce qu'ils con&#231;oivent et mettent au monde dans leur sommeil sont donc aussi des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos, il n'est pas difficile de comprendre que notre &#233;poque est une p&#233;riode de naissance et de transition vers une nouvelle p&#233;riode. L'esprit a rompu avec le monde ant&#233;rieur de son existence et de son imagination et est en train de l'enfoncer dans le pass&#233; et de le transformer. Il est vrai qu'il n'est jamais au repos, mais plut&#244;t en mouvement toujours progressif. Mais tout comme chez un enfant, apr&#232;s une longue p&#233;riode de nourriture silencieuse, le premier souffle interrompt cette progression simplement croissante - un saut qualitatif - et l'enfant na&#238;t, de m&#234;me l'esprit en d&#233;veloppement m&#251;rit lentement et silencieusement vers la nouvelle forme, lib&#233;rant une particule de la structure de son pr&#233;c&#233;dent Monde apr&#232;s monde, leur oscillation n'est indiqu&#233;e que par des sympt&#244;mes individuels ; l'insouciance et l'ennui qui traversent l'existant, la vague pr&#233;monition d'un inconnu annoncent que quelque chose d'autre est sur le point de se produire. Cet effritement progressif, qui n'a pas modifi&#233; la physionomie de l'ensemble, est interrompu par l'&#233;mergence qui, en un &#233;clair, cr&#233;e d'un seul coup la structure du nouveau monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette nouveaut&#233; n'a pas de r&#233;alit&#233; plus compl&#232;te que l'enfant qui vient de na&#238;tre ; et cela est essentiel &#224; ne pas ignorer. La premi&#232;re apparition est son imm&#233;diatet&#233; ou son concept. De m&#234;me qu'un &#233;difice n'est pas termin&#233; lorsque ses fondations sont pos&#233;es, la conception d'ensemble r&#233;alis&#233;e n'est pas l'ensemble lui-m&#234;me o&#249; l'on aimerait voir un ch&#234;ne dans la force de son tronc et dans l'&#233;tendue de ses branches et de ses masses. de son feuillage, nous ne sommes pas satisfaits si on nous montre un gland &#224; ce stade. La science, couronnement d'un monde de l'esprit, n'est donc pas compl&#232;te &#224; ses d&#233;buts. Le d&#233;but d'un nouvel esprit est le produit d'une r&#233;volution g&#233;n&#233;ralis&#233;e des diverses formes d'&#233;ducation, prix d'un chemin multiple et d'efforts tout aussi nombreux. C'est le tout repli&#233; sur lui-m&#234;me face &#224; la succession et &#224; son expansion, le simple concept qui en est devenu. Mais la r&#233;alit&#233; de cet ensemble simple est que ces formations devenues moments se d&#233;veloppent et redonnent forme, mais dans leur nouvel &#233;l&#233;ment, dans le sens qu'ils sont devenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque, d'une part, la premi&#232;re apparition du monde nouveau n'est que l'ensemble voil&#233; dans sa simplicit&#233; ou son fondement g&#233;n&#233;ral, la richesse de l'existence ant&#233;rieure est encore pr&#233;sente &#224; la conscience dans la m&#233;moire. Ce qui manque dans la forme nouvellement apparue, c'est la diffusion et la sp&#233;cificit&#233; du contenu ; Mais il manque encore plus le d&#233;veloppement de la forme par laquelle les diff&#233;rences sont d&#233;termin&#233;es avec certitude et ordonn&#233;es dans leurs relations fixes. Sans cette formation, la science manque d'intelligibilit&#233; g&#233;n&#233;rale et appara&#238;t comme la possession &#233;sot&#233;rique de quelques individus ; &#8211; une possession &#233;sot&#233;rique : car elle n'est pr&#233;sente que dans son concept ou son int&#233;rieur ; de certains individus : parce que leur apparence non d&#233;velopp&#233;e rend leur existence individuelle. Seul ce qui est compl&#232;tement d&#233;termin&#233; est &#224; la fois exot&#233;rique, compr&#233;hensible et susceptible d'&#234;tre appris et propri&#233;t&#233; de tous. La forme intelligente de la science est le chemin qui y m&#232;ne qui est offert &#224; tous et rendu identique pour tous, et arriver &#224; la connaissance rationnelle &#224; travers la compr&#233;hension est la juste exigence de la conscience qui rejoint la science ; car l'entendement, c'est la pens&#233;e, le pur ego en g&#233;n&#233;ral ; et l'intelligent est ce qui est d&#233;j&#224; connu et ce qui est commun &#224; la science et &#224; la conscience non scientifique, par lequel celle-ci peut entrer directement dans celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, qui n'en est qu'&#224; ses d&#233;buts et qui n'a encore atteint ni l'int&#233;gralit&#233; des d&#233;tails ni la perfection de la forme, est critiquable &#224; ce sujet. Mais si cela devait affecter leur essence, il serait tout aussi injuste qu'inadmissible de ne pas vouloir reconna&#238;tre les exigences de cette formation. Cette opposition semble &#234;tre le point principal sur lequel travaille actuellement l'enseignement scientifique et qu'il ne comprend pas encore pleinement. Une partie insiste sur la richesse du mat&#233;riel et la compr&#233;hensibilit&#233;, l'autre les rejette au moins et insiste sur la rationalit&#233; et la divinit&#233; imm&#233;diates. M&#234;me si cette partie est r&#233;duite au silence, soit par la seule force de la v&#233;rit&#233;, soit par l'imp&#233;tuosit&#233; de l'autre, et si elle se sent d&#233;pass&#233;e par rapport &#224; la cause du probl&#232;me, elle n'est donc pas satisfaite par rapport &#224; ces exigences, car elles sont juste, mais non accompli. Son silence n'est d&#251; qu'&#224; moiti&#233; &#224; la victoire et &#224; moiti&#233; &#224; l'ennui et &#224; l'indiff&#233;rence, qui sont g&#233;n&#233;ralement le r&#233;sultat d'attentes constamment excit&#233;es et de l'incapacit&#233; &#224; tenir ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le contenu, les autres se font parfois assez facilement pour avoir une large port&#233;e. Ils attirent sur leur sol beaucoup de mati&#232;re, &#224; savoir ce qui est d&#233;j&#224; connu et ordonn&#233;, et en s'occupant principalement des bizarreries et des curiosit&#233;s, ils semblent d'autant plus avoir d'autant plus le reste, dont la connaissance &#224; sa mani&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; termin&#233;e, avoir , en m&#234;me temps, de contr&#244;ler ce qui n'est pas encore r&#233;glement&#233; et de tout soumettre ainsi &#224; l'id&#233;e absolue, qui semble ainsi avoir &#233;t&#233; reconnue en tout et s'est d&#233;velopp&#233;e en une science largement r&#233;pandue. Mais si nous regardons de plus pr&#232;s cette expansion, elle ne semble pas s'&#234;tre produite parce qu'une seule et m&#234;me chose s'est form&#233;e diff&#233;remment, mais plut&#244;t comme la r&#233;p&#233;tition informe de l'une et du m&#234;me, qui ne s'applique qu'ext&#233;rieurement &#224; l'objet. mat&#233;riau diff&#233;rent et pr&#233;sente une apparence ennuyeuse qui pr&#233;serve la diversit&#233;. L'id&#233;e, qui est probablement vraie en elle-m&#234;me, ne reste qu'&#224; son d&#233;but si le d&#233;veloppement ne consiste qu'en une telle r&#233;p&#233;tition de la m&#234;me formule. La forme unique et immobile dirig&#233;e par le sujet connaissant autour de ce qui est l&#224;, la mati&#232;re immerg&#233;e dans cet &#233;l&#233;ment reposant de l'ext&#233;rieur, ce n'est rien d'autre que des id&#233;es arbitraires sur le contenu, l'accomplissement de ce qui est requis, &#224; savoir la richesse qui na&#238;t d'elle-m&#234;me et d'elle-m&#234;me. diff&#233;rence de forme autod&#233;termin&#233;e. Il s'agit plut&#244;t d'un formalisme monochromatique qui diff&#233;rencie le mat&#233;riau uniquement parce qu'il est d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; et connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, il revendique cette monotonie et cette universalit&#233; abstraite comme &#233;tant l'absolu ; Il affirme que son insuffisance est une incapacit&#233; &#224; s'emparer du point de vue absolu et &#224; s'y accrocher. Si autrement la possibilit&#233; vide d'imaginer quelque chose d'une mani&#232;re diff&#233;rente &#233;tait suffisante pour r&#233;futer une id&#233;e, et que la m&#234;me simple possibilit&#233;, l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, avait aussi toute la valeur positive de la connaissance r&#233;elle, alors nous voyons ici l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la m&#234;me mani&#232;re. Toute valeur est attribu&#233;e &#224; cette forme d'irr&#233;alit&#233;, et la dissolution de ce qui est diff&#233;renci&#233; et d&#233;termin&#233;, ou plut&#244;t son rejet dans l'ab&#238;me du vide, qui n'est ni d&#233;velopp&#233; ni auto-justifi&#233;, est consid&#233;r&#233;e comme une mani&#232;re sp&#233;culative de voir la r&#233;alit&#233;. il. En consid&#233;rant toute existence telle qu'elle est dans l'absolu , rien d'autre n'existe ici, si ce n'est que l'on dit qu'on en a maintenant parl&#233; comme quelque chose dans l'absolu, le A = A, mais de telles choses n'existent pas, mais en cela tout est un. Opposer cette connaissance unique , selon laquelle dans l'absolu tout est &#233;gal, &#224; la connaissance qui distingue et accomplit ou cherche et exige l'accomplissement - ou faire passer son absolu pour la nuit, dans laquelle, comme on dit, toutes les vaches sont noires, c'est la na&#239;vet&#233; du vide Connaissance. &#8211; Le formalisme que la philosophie moderne a condamn&#233; et injuri&#233;, et qui s'est r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en elle, ne dispara&#238;tra pas de la science, m&#234;me si son insuffisance est connue et ressentie, tant que la connaissance de la r&#233;alit&#233; absolue n'aura pas &#233;t&#233; pleinement comprise sur sa nature. &#8211; Compte tenu du fait que l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, lorsqu'elle pr&#233;c&#232;de ce qui est une tentative de son ex&#233;cution, permet de mieux comprendre cette derni&#232;re, il est utile d'en indiquer ici le caract&#232;re approximatif, dans le but &#224; la fois de en donnant &#224; cette occasion quelques formes supprim&#233;es, dont l'habitude est un obstacle &#224; la connaissance philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ma perspicacit&#233;, qui doit se justifier par la repr&#233;sentation du syst&#232;me, tout d&#233;pend de la compr&#233;hension et de l'expression de la v&#233;rit&#233; non pas en tant que substance , mais tout autant en tant que sujet . En m&#234;me temps, il convient de noter que la physicalit&#233; englobe autant le g&#233;n&#233;ral ou l'imm&#233;diatet&#233; de la connaissance que ce qui est l'&#234;tre ou l'imm&#233;diatet&#233; de la connaissance. &#8211; Si la conception de Dieu comme substance unique a scandalis&#233; l'&#233;poque dans laquelle cette d&#233;termination s'exprimait, la raison en &#233;tait en partie l'instinct selon lequel la conscience de soi &#233;tait seulement perdue en elle, non pr&#233;serv&#233;e, mais en partie c'est le contraire, c'est-&#224;-dire que La pens&#233;e en tant que pens&#233;e s'accroche &#224; l' universalit&#233; , &#224; la m&#234;me simplicit&#233; ou &#224; la physicalit&#233; indiff&#233;renci&#233;e et immobile, et troisi&#232;mement, lorsque la pens&#233;e unit l'&#234;tre de la substance en tant que telle et l'imm&#233;diatet&#233; ou la vision en tant que pens&#233;e. Une fois saisi, cela d&#233;pend encore de la question de savoir si cette perception intellectuelle ne retombe pas dans une simplicit&#233; paresseuse et ne pr&#233;sente pas la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me de mani&#232;re irr&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance vivante est en outre l'&#234;tre, qui est en v&#233;rit&#233; sujet , ou, ce qui revient au m&#234;me, qui est en v&#233;rit&#233; r&#233;el, seulement dans la mesure o&#249; il est le mouvement de se poser, ou la m&#233;diation du devenir autre avec soi. En tant que sujet, c'est la n&#233;gativit&#233; pure et simple , pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela la division du simple, ou le d&#233;doublement oppos&#233;, qui est &#224; son tour la n&#233;gation de cette diff&#233;rence indiff&#233;rente et de son opposition ; seule la restauration de l'&#233;galit&#233; ou du reflet dans l'alt&#233;rit&#233; en soi - et non une unit&#233; originelle en tant que telle, ou une unit&#233; imm&#233;diate en tant que telle, est la v&#233;rit&#233;. C'est le devenir de lui-m&#234;me, le cercle, qui pr&#233;suppose sa fin pour but et l'a pour d&#233;but, et n'est r&#233;el que par son ex&#233;cution et sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de Dieu et la connaissance divine peuvent tr&#232;s bien s'exprimer comme un amour jouant avec lui-m&#234;me ; Cette id&#233;e sombre dans l'&#233;dification et m&#234;me dans la fadeur si le s&#233;rieux, la douleur, la patience et le travail du n&#233;gatif y manquent. En elle-m&#234;me, cette vie est l'&#233;galit&#233; et l'unit&#233; sans nuages &#8203;&#8203;avec elle-m&#234;me, ce qui ne se soucie pas s&#233;rieusement d'&#234;tre diff&#233;rent et d'ali&#233;ner, ni de surmonter cette ali&#233;nation. Mais cet en-soi est l'universalit&#233; abstraite dans laquelle sa nature, &#233;tant pour elle-m&#234;me , et donc le mouvement propre de la forme en g&#233;n&#233;ral, est n&#233;glig&#233;e. Si l'on affirme que la forme est &#233;gale &#224; l'essence, c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison un malentendu que de penser que la connaissance peut se contenter de l'en-soi ou de l'essence, mais qu'elle peut &#233;pargner la forme ; &#8211; que le principe absolu ou la vision absolue rend inutile la mise en &#339;uvre du premier ou le d&#233;veloppement de l'autre. Pr&#233;cis&#233;ment parce que la forme est aussi essentielle &#224; l'&#234;tre qu'&#224; lui-m&#234;me, elle ne doit pas &#234;tre saisie et exprim&#233;e simplement comme un &#234;tre, c'est-&#224;-dire comme une substance imm&#233;diate, ou comme une pure intuition personnelle du divin, mais simplement comme une substance imm&#233;diate. autant qu'une forme et dans toute la richesse de la forme d&#233;velopp&#233;e ; Ce n'est qu'alors qu'il est saisi et exprim&#233; comme quelque chose de r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; est le tout. Mais le tout n'est que l'&#234;tre qui se compl&#232;te par son d&#233;veloppement. Il faut dire de l'Absolu qu'il est essentiellement un r&#233;sultat , qu'il n'est qu'en fin de compte ce qu'il est r&#233;ellement ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que r&#233;side sa nature, &#234;tre quelque chose de r&#233;el, un sujet, ou devenir soi. Aussi contradictoire qu'il puisse para&#238;tre que l'absolu doive &#234;tre compris essentiellement comme un r&#233;sultat, un peu de r&#233;flexion corrige cette apparence de contradiction. Le Commencement, le Principe ou l'Absolu, tel qu'il est exprim&#233; d'abord et imm&#233;diatement, n'est que le g&#233;n&#233;ral. De m&#234;me que lorsque je dis : tous les animaux, ce mot ne peut s'appliquer &#224; la zoologie, il est &#233;galement frappant que les mots du divin, de l'absolu, de l'&#233;ternel, etc. n'expriment pas ce qu'ils contiennent ; &#8211; et seuls de tels mots expriment r&#233;ellement l'intuition comme imm&#233;diate. Ce qui est plus qu'un tel mot, le passage m&#234;me &#224; une phrase, est un devenir autre qu'il faut reprendre, est une m&#233;diation. Mais c'est ce qui est horrifi&#233;, comme si en en faisant plus que cela, on aurait dit que ce n'&#233;tait pas quelque chose d'absolu et qu'on n'abandonnerait pas du tout la connaissance absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette horreur vient en r&#233;alit&#233; d'une m&#233;connaissance de la nature de la m&#233;diation et de la connaissance absolue elle-m&#234;me, car la m&#233;diation n'est rien d'autre que l'identit&#233; en mouvement, ou bien le reflet en soi, le moment du Moi existant en soi, la pure N&#233;gativit&#233;. ou simplement devenir . Le Je, ou le devenir en g&#233;n&#233;ral, cette m&#233;diation, par souci de simplicit&#233;, est pr&#233;cis&#233;ment l'imm&#233;diatet&#233; naissante et l'imm&#233;diat lui-m&#234;me - C'est donc une m&#233;connaissance de la raison si la r&#233;flexion est exclue de la v&#233;rit&#233; et n'est pas comprise comme un moment positif. de l'absolu. C'est elle qui fait de la v&#233;rit&#233; un r&#233;sultat, mais qui abolit aussi cette opposition &#224; son devenir, parce que ce devenir est tout aussi simple et donc non diff&#233;rent de la forme de la v&#233;rit&#233;, qui se r&#233;v&#232;le simple dans le r&#233;sultat ; C'est plut&#244;t ce retour &#224; la simplicit&#233;. &#8211; Bien que l'embryon soit humain en soi , il ne l'est pas en soi ; Pour lui, ce n'est qu'en tant que raison instruite qui s'est faite ce qu'elle est en elle-m&#234;me . C'est leur r&#233;alit&#233;. Mais ce r&#233;sultat est lui-m&#234;me une simple imm&#233;diatet&#233;, car c'est une libert&#233; consciente qui repose en elle-m&#234;me et qui n'a pas pouss&#233; l'opposition de c&#244;t&#233; et ne l'y a pas laiss&#233;e, mais qui s'est r&#233;concili&#233;e avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est dit peut aussi &#234;tre exprim&#233; de telle mani&#232;re que la raison soit l' action intentionnelle . L'&#233;l&#233;vation de la nature suppos&#233;e au-dessus d'une pens&#233;e mal comprise et, tout d'abord, le bannissement de la finalit&#233; externe ont discr&#233;dit&#233; la forme du but en g&#233;n&#233;ral. Cependant, tout comme Aristote d&#233;finit la nature comme une action intentionnelle, le but est l'imm&#233;diat, le repos, qui est lui-m&#234;me en mouvement ou sujet. Son pouvoir abstrait de bouger est l'&#234;tre pour soi ou la pure n&#233;gativit&#233;. Le r&#233;sultat est le m&#234;me que le d&#233;but uniquement parce que le d&#233;but est le but ; &#8211; ou bien le r&#233;el n'est identique &#224; son concept que parce que l'imm&#233;diat a pour finalit&#233; le soi ou la pure r&#233;alit&#233; en soi. Le but accompli ou la r&#233;alit&#233; existante est le mouvement et le devenir d&#233;ploy&#233; ; Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette inqui&#233;tude qui est le moi ; et il est &#233;gal &#224; l'imm&#233;diatet&#233; et &#224; la simplicit&#233; du d&#233;but parce qu'il est le r&#233;sultat, ce qui est revenu &#224; lui-m&#234;me - mais ce qui est revenu &#224; lui-m&#234;me est pr&#233;cis&#233;ment le soi, et le soi est la m&#234;met&#233; et la simplicit&#233; autor&#233;f&#233;rentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; de pr&#233;senter l'absolu comme sujet faisait appel aux phrases : Dieu est l'&#233;ternel, ou l'ordre moral du monde, ou l'amour, etc. Dans de telles phrases, la v&#233;rit&#233; n'est pos&#233;e que comme sujet, mais non comme mouvement de l'absolu. soi-m&#234;me - auto-r&#233;flexif. Cela commence dans une phrase comme celle-ci par le mot : Dieu . Ceci en soi est un son insens&#233;, un simple nom ; seul le pr&#233;dicat dit ce qu'il est , son accomplissement et son sens ; Le d&#233;but vide ne devient une v&#233;ritable connaissance qu'&#224; cette fin. A cet &#233;gard, on ne voit pas pourquoi on ne parle pas de l'ordre &#233;ternel, moral du monde, etc., ou, comme le faisaient les anciens, de concepts purs, d'&#234;tre, d'un, etc., de ce qu'est le sens, seul, sans ajouter le Loud d&#233;nu&#233; de sens. Mais ce mot signifie que ce qui est pos&#233; n'est pas un &#234;tre, ni une essence, ni un universel en g&#233;n&#233;ral, mais plut&#244;t quelque chose qui se refl&#232;te en soi, un sujet. Mais en m&#234;me temps, cela n'est qu'une anticipation. Le sujet est suppos&#233; &#234;tre un point fixe auquel les pr&#233;dicats sont attach&#233;s comme support, par un mouvement qui appartient &#224; celui qui le conna&#238;t et n'est pas consid&#233;r&#233; comme appartenant au point lui-m&#234;me ; Mais &#224; travers eux seul le contenu serait repr&#233;sent&#233; comme sujet. Compte tenu de la nature de ce mouvement, il ne peut lui appartenir ; mais selon l'hypoth&#232;se de ce point, elle ne peut avoir aucune autre nature, elle ne peut &#234;tre qu'externe. Cette anticipation selon laquelle l'Absolu est le sujet n'est donc pas seulement la r&#233;alit&#233; de ce concept, mais la rend m&#234;me impossible, car la premi&#232;re le fixe comme un point stationnaire, tandis que la seconde est un mouvement de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nombreuses conclusions qui d&#233;coulent de ce qui a &#233;t&#233; dit, on peut souligner le fait que la connaissance n'est que r&#233;elle et peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e comme une science ou comme un syst&#232;me . En outre, un soi-disant principe ou principe de philosophie, s'il est vrai, est &#233;galement faux simplement parce qu'il s'agit d'un principe ou d'un principe. &#8211; Il est donc facile de le r&#233;futer. La r&#233;futation consiste &#224; montrer son d&#233;faut ; Mais elle est d&#233;fectueuse parce qu'elle n'est que le g&#233;n&#233;ral ou le principe, le commencement. Si la r&#233;futation est compl&#232;te, alors elle a &#233;t&#233; prise et d&#233;velopp&#233;e de l'int&#233;rieur de lui-m&#234;me - et non provoqu&#233;e par des assurances et des id&#233;es oppos&#233;es venant de l'ext&#233;rieur. Il serait donc bien son d&#233;veloppement et donc le compl&#233;ment de sa d&#233;ficience s'il ne m&#233;connait pas de reconna&#238;tre qu'il ne pr&#234;te attention qu'&#224; son c&#244;t&#233; n&#233;gatif et ne prend pas &#233;galement conscience de sa progression et de ses cons&#233;quences quant &#224; son c&#244;t&#233; positif . &#8211; La mise en &#339;uvre positive r&#233;elle du d&#233;but est en m&#234;me temps, &#224; l'inverse, tout autant une attitude n&#233;gative &#224; son &#233;gard, &#224; savoir contre sa forme unilat&#233;rale d'&#234;tre direct ou de finalit&#233; . Elle peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e tout autant comme une r&#233;futation de ce qui constitue la base du syst&#232;me, mais mieux comme une d&#233;monstration que la base ou le principe du syst&#232;me n'en est en fait que le d&#233;but .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la v&#233;rit&#233; n'est r&#233;elle qu'en tant que syst&#232;me, ou que la substance est essentiellement un sujet, s'exprime dans l'id&#233;e qui exprime l'absolu comme esprit - le concept le plus sublime et qui appartient aux temps modernes et &#224; leur religion. Le spirituel seul est le r&#233;el ; c'est l'essence ou l'&#234;tre-en-soi - ce qui se comporte ou se d&#233;termine, l' alt&#233;rit&#233; et l'&#234;tre-pour-soi - et ce qui reste en soi dans cette d&#233;termination ou son &#234;tre-hors-soi ; &#8211; ou c'est en soi . &#8211; Mais cet &#234;tre-en-et-pour-soi n'est que pour nous ou en soi , ou bien c'est la substance spirituelle . Cela doit &#233;galement &#234;tre le cas pour soi-m&#234;me &#8211; la connaissance du spirituel et la connaissance de soi-m&#234;me en tant qu'esprit ; c'est-&#224;-dire qu'il doit &#234;tre lui-m&#234;me en tant qu'objet , mais aussi directement en tant qu'objet m&#233;diatis&#233; , c'est-&#224;-dire suspendu et r&#233;fl&#233;chi. Il n'est pour nous que dans la mesure o&#249; son contenu spirituel est g&#233;n&#233;r&#233; par lui-m&#234;me ; Mais dans la mesure o&#249; il est aussi pour soi, pour soi, cette auto-cr&#233;ation, le concept pur, est en m&#234;me temps l'&#233;l&#233;ment objectif dans lequel il a son existence ; et c'est ainsi qu'il est un objet qui se refl&#232;te en lui-m&#234;me dans son existence. &#8211; L'esprit qui se sait esprit est la science . C'est sa r&#233;alit&#233; et le royaume qu'il se construit dans son propre &#233;l&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pure connaissance de soi dans l'alt&#233;rit&#233; absolue, cet &#233;ther en tant que tel , est la base de la science ou de la connaissance en g&#233;n&#233;ral . Le d&#233;but de la philosophie pr&#233;suppose ou exige que la conscience se situe dans cet &#233;l&#233;ment. Mais cet &#233;l&#233;ment lui-m&#234;me n'a sa perfection et sa transparence que par le mouvement de son devenir. C'est la spiritualit&#233; pure, ou l'universel, qui a le mode de la simple imm&#233;diatet&#233;. Parce que c'est l'imm&#233;diatet&#233; de l'esprit, parce que la substance de l'esprit en g&#233;n&#233;ral, c'est l' essence transfigur&#233;e , le reflet, qui est lui-m&#234;me simple ou l'imm&#233;diatet&#233;, l'&#234;tre, qui est le reflet en soi. La science, de son c&#244;t&#233;, exige que la conscience de soi s'&#233;l&#232;ve dans cet &#233;ther afin de pouvoir vivre avec et en lui. A l'inverse, l'individu a le droit d'exiger que la science lui fournisse l'&#233;chelle menant au moins &#224; ce point de vue. Son droit repose sur son ind&#233;pendance absolue, qu'il sait poss&#233;der dans toute forme de sa connaissance, car sous toute forme, qu'elle soit reconnue ou non par la science, et que le contenu soit celui qu'elle veut, elle a ou a le droit absolu. former en m&#234;me temps une certitude imm&#233;diate de soi ; et, si l'on pr&#233;f&#233;rait cette expression, avec elle &#233;tant inconditionn&#233; . Si le point de vue de la conscience, la connaissance des choses objectives par opposition &#224; elle-m&#234;me et d'elle-m&#234;me par rapport &#224; elles, est consid&#233;r&#233; par la science comme autre chose - celui dans lequel elle se trouve avec elle-m&#234;me, plut&#244;t que comme la perte de l'esprit - alors pour lui , d'autre part, l'&#233;l&#233;ment science est une distance surnaturelle dans laquelle il ne se poss&#232;de plus. Chacune de ces deux parties appara&#238;t comme l'inverse de la v&#233;rit&#233; par rapport &#224; l'autre. Le fait que la conscience naturelle se confie directement &#224; la science est une tentative qu'elle fait, ne sachant pas par quoi elle est attir&#233;e, de la bouleverser ; La contrainte d'accepter cette position inhabituelle et de s'y d&#233;placer est une force si mal pr&#233;par&#233;e qu'elle semble inutile et qu'il est oblig&#233; de s'infliger. &#8211; La science est ce qu'elle veut en soi, par rapport &#224; la conscience de soi imm&#233;diate elle se pr&#233;sente comme quelque chose d'invers&#233; par rapport &#224; elle, ou bien parce que la conscience de soi imm&#233;diate est le principe de r&#233;alit&#233;, elle la soutient en &#233;tant hors d'elle en soi d'irr&#233;alit&#233;. Il lui faut donc unir cet &#233;l&#233;ment &#224; lui-m&#234;me, ou plut&#244;t montrer cela et comment il lui appartient. Faute de r&#233;alit&#233;, il n'y a que l' en-soi , le but , qui est encore une chose int&#233;rieure., non pas comme esprit, seulement comme substance spirituelle. Il doit s'exprimer et devenir pour lui-m&#234;me ; cela ne signifie rien d'autre que : il doit poser la conscience de soi comme ne faisant qu'un avec lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce devenir de la science en g&#233;n&#233;ral , ou de la connaissance , est ce que repr&#233;sente cette ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit , comme la premi&#232;re partie de son syst&#232;me. La connaissance telle qu'elle est au d&#233;part, ou l' esprit imm&#233;diat, est l'insens&#233;, ou la conscience sensible . Pour devenir une connaissance r&#233;elle ou pour produire l'&#233;l&#233;ment de science qui est son concept pur, il lui faut parcourir un long chemin. &#8211; Ce devenir, tel qu'il s'institue dans son contenu et les formes qui y apparaissent, appara&#238;t comme autre chose que l'orientation de la conscience non scientifique vers la science ; aussi autre chose que le fondement de la science ; - en tout cas, comme l'enthousiasme qui part d'embl&#233;e, comme d'un coup de pistolet, avec une connaissance absolue, et qui se termine d&#233;j&#224; avec d'autres points de vue par le fait qu'il d&#233;clare n'y pr&#234;ter aucune attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la t&#226;che consistant &#224; conduire l'individu &#224; la connaissance d'un point de vue non instruit devait &#234;tre comprise dans son sens g&#233;n&#233;ral et consid&#233;rer l'individu en g&#233;n&#233;ral, l'esprit du monde, dans son &#233;ducation. &#8211; En ce qui concerne la relation entre les deux, chaque moment de l'individu en g&#233;n&#233;ral montre comment il acquiert sa propre forme et conception concr&#232;te. Mais l'individu particulier est l'esprit incomplet, une figure concr&#232;te dont toute l'existence est d&#233;termin&#233;e par une sp&#233;cificit&#233; et dans laquelle les autres n'existent que sous des traits mixtes. Dans l'esprit qui est plus haut qu'un autre, l'existence concr&#232;te inf&#233;rieure est tomb&#233;e &#224; un moment inaper&#231;u ; ce qui &#233;tait auparavant la chose elle-m&#234;me n'est plus qu'une trace ; sa forme est envelopp&#233;e et est devenue une simple ombre. L'individu, dont la substance est l'esprit sup&#233;rieur, traverse ce pass&#233; de la m&#234;me mani&#232;re qu'il exerce une science sup&#233;rieure, traverse la connaissance pr&#233;paratoire qu'il a longtemps d&#233;tenue pour se rendre pr&#233;sent son contenu ; il en &#233;voque le souvenir sans s'y int&#233;resser ni s'y attarder. De cette mani&#232;re, chaque individu passe &#233;galement par les &#233;tapes &#233;ducatives de l'esprit g&#233;n&#233;ral, mais comme des formes d&#233;j&#224; abandonn&#233;es par l'esprit, comme des &#233;tapes d'un chemin trac&#233; et pav&#233; ; comment, en ce qui concerne la connaissance, nous voyons ce qui occupait l'esprit m&#251;r des hommes dans les premiers &#226;ges, r&#233;duit &#224; la connaissance, aux exercices et m&#234;me aux jeux de l'enfance, et dans le progr&#232;s p&#233;dagogique nous reconna&#238;trons l'histoire de l'&#233;ducation du monde, trac&#233;e comme dans une silhouette. Cette existence pass&#233;e est d&#233;j&#224; propri&#233;t&#233; acquise de l'esprit g&#233;n&#233;ral, qui constitue la substance de l'individu ou sa nature inorganique. &#8211; De ce point de vue, la formation de l'individu consiste dans le fait qu'il acquiert ce qui est disponible, consomme sa nature inorganique et en prend possession pour lui-m&#234;me. Mais cela n'est pas diff&#233;rent du fait que l'esprit ou la substance g&#233;n&#233;rale se donne sa propre conscience, ou son devenir et son reflet en lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science pr&#233;sente ce mouvement formateur dans ses d&#233;tails et sa n&#233;cessit&#233;, ainsi que dans sa forme, ce qui est d&#233;j&#224; entr&#233; dans le moment et la propri&#233;t&#233; de l'esprit. Le but est la compr&#233;hension par l'esprit de ce qu'est la connaissance. L'impatience exige l'impossible, &#224; savoir l'atteinte du but sans moyens. D'une part, la longueur de ce chemin doit &#234;tre support&#233;e, car chaque instant est n&#233;cessaire, - d'autre part, il faut s'attarder sur chacun , car chacun est lui-m&#234;me une forme individuelle et enti&#232;re et n'est consid&#233;r&#233; que de mani&#232;re absolue, dans la mesure o&#249; car sa d&#233;termination dans son ensemble ou concr&#232;tement, ou l'ensemble dans la particularit&#233; de cette disposition est consid&#233;r&#233;e. &#8211; Parce que la substance de l'individu, parce que l'esprit du monde a eu la patience de parcourir ces formes au cours d'une longue p&#233;riode de temps et d'assumer l'&#233;norme travail de l'histoire du monde, et parce qu'il ne pouvait pas prendre conscience de lui-m&#234;me par d'autres moyens. , cela peut en effet. L'individu ne peut pas comprendre sa substance avec moins. En attendant, il lui faut moins d'efforts parce que cela a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en lui-m&#234;me - le contenu est d&#233;j&#224; la r&#233;alit&#233; effac&#233;e en possibilit&#233; et l'imm&#233;diatet&#233; conquise. D&#233;j&#224; pens&#233;e , elle est la propri&#233;t&#233; de l'individualit&#233; ; Il ne faut plus convertir l'existence en &#234;tre -en-soi , mais seulement convertir l'en-soi en forme d' &#234;tre-pour-soi .dont la nature m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;termin&#233;e plus en d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;pargne &#224; l'individu ce mouvement, c'est l'abolition de l'existence ; Mais ce qui reste, c'est l' imagination et la connaissance des formes. L'existence ramen&#233;e &#224; la substance n'est transf&#233;r&#233;e directement dans l'&#233;l&#233;ment du soi qu'&#224; travers cette premi&#232;re n&#233;gation ; Elle a donc encore le m&#234;me caract&#232;re d'imm&#233;diatet&#233; incompr&#233;hensible ou d'indiff&#233;rence impassible que l'existence elle-m&#234;me, ou bien elle n'a fait que passer dans l' imagination . &#8211; En m&#234;me temps, c'est quelque chose de connu , quelque chose que l'esprit a assimil&#233;, dans lequel ne r&#233;side plus son activit&#233; et donc son int&#233;r&#234;t. Si l'activit&#233; qui concerne l'existence est la m&#233;diation imm&#233;diate ou existante, et donc le seul mouvement de l'esprit particulier qui ne se comprend pas, alors la connaissance, en revanche, est dirig&#233;e contre l'id&#233;e qui en est n&#233;e, contre cette connaissance, c'est l'action du moi g&#233;n&#233;ral et l'int&#233;r&#234;t de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le connu en g&#233;n&#233;ral n'est pas connu parce qu'il est connu . C'est la forme la plus courante d'auto-tromperie, ainsi que de tromperie d'autrui, de supposer que quelque chose est connu en le connaissant et de l'accepter de la m&#234;me mani&#232;re ; Avec tous ces &#233;changes, une telle connaissance ne vient pas facilement sans savoir ce qui lui arrive. Le sujet et l'objet, etc., Dieu, la nature, l'entendement, la sensualit&#233;, etc. sont pris comme base comme connu et comme quelque chose de valable et constituent des points fixes &#224; la fois de d&#233;part et de retour. Le mouvement va et vient entre eux, qui restent immobiles, et donc uniquement &#224; leur surface. Comprendre et tester consiste donc aussi &#224; voir si chacun retrouve dans son imagination ce qu'il a dit, si cela lui semble tel et si cela lui est connu ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyser une id&#233;e, comme on le faisait habituellement, n'&#233;tait rien d'autre que d'abolir la forme sous laquelle elle &#233;tait connue . D&#233;manteler une id&#233;e en ses &#233;l&#233;ments originels, c'est remonter &#224; ses moments, qui au moins n'ont pas la forme de l'id&#233;e existante, mais constituent plut&#244;t la propri&#233;t&#233; imm&#233;diate du soi. Cette analyse ne porte que sur des id&#233;es qui sont elles-m&#234;mes des d&#233;terminations connues, fixes et reposantes. Mais un moment essentiel est cette chose divorc&#233;e et irr&#233;elle elle-m&#234;me ; car c'est seulement parce que le concret se s&#233;pare et devient irr&#233;el qu'il se meut. L'activit&#233; de s&#233;paration est le pouvoir et l'&#339;uvre de l' esprit , le plus merveilleux et le plus grand, ou plut&#244;t le pouvoir absolu. Le cercle, qui reste ferm&#233; sur lui-m&#234;me et tient ses moments comme une substance, est la relation imm&#233;diate et donc peu surprenante. Mais le fait que l'accidentel, s&#233;par&#233; de son &#233;tendue en tant que tel, ce qui n'est li&#233; et r&#233;el que dans sa relation avec d'autres choses, acquiert sa propre existence et sa libert&#233; s&#233;par&#233;e est la formidable puissance du n&#233;gatif ; c'est l'&#233;nergie de la pens&#233;e, du soi pur. La mort, si nous voulons appeler cela irr&#233;alit&#233;, est la chose la plus terrible, et retenir les morts requiert la plus grande force. La beaut&#233; faible d&#233;teste l'esprit parce qu'il exige d'elle ce dont elle n'est pas capable. Mais la vie de l'esprit n'est pas la vie qui fuit la mort et se garde pure de la d&#233;vastation, mais plut&#244;t celle qui la supporte et s'y maintient. Il n'obtient sa v&#233;rit&#233; qu'en se retrouvant dans une tourmente totale. Il n'est pas cette puissance comme le positif, qui d&#233;tourne le regard du n&#233;gatif, comme lorsque nous disons de quelque chose que ceci n'est rien ou mal, et maintenant, ayant fini avec cela, passons de cela &#224; autre chose ; mais il n'est ce pouvoir qu'en regardant le n&#233;gatif en face et en s'y attardant. Cette permanence est le pouvoir magique qui le transforme en existence. &#8211; Il en est de m&#234;me de ce qu'on appelait plus haut le sujet, qui, en donnant existence &#224; la d&#233;termination dans son &#233;l&#233;ment, annule l'imm&#233;diatet&#233; abstraite, c'est-&#224;-dire qui n'existe qu'en g&#233;n&#233;ral , et est donc la v&#233;ritable substance, &#234;tre ou imm&#233;diatet&#233;, qui n'est pas la m&#233;diation qui a hors d'elle-m&#234;me, mais qui est elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que ce qui est pr&#233;sent&#233; devient la propri&#233;t&#233; de la pure conscience de soi, cette &#233;l&#233;vation &#224; l'universalit&#233; en g&#233;n&#233;ral, n'est qu'un aspect , pas encore l'&#233;ducation compl&#232;te. &#8211; Le type d'&#233;tude des temps anciens diff&#232;re de celui des temps modernes en ce sens qu'il s'agissait du d&#233;veloppement r&#233;el de la conscience naturelle. En testant particuli&#232;rement chaque aspect de son existence et en philosophant sur tout ce qui se passait, il s'est transform&#233; en une communaut&#233; tout &#224; fait active. Dans les temps modernes, cependant, l'individu trouve la forme abstraite pr&#233;par&#233;e ; l'effort pour s'en emparer et se l'approprier est plus une pouss&#233;e en avant de la cr&#233;ation int&#233;rieure et tronqu&#233;e du g&#233;n&#233;ral qu'une &#233;mergence de celui-ci du concret et de la diversit&#233; de l'existence. Le travail ne consiste plus tant &#224; purifier l'individu de la voie sensuelle imm&#233;diate et &#224; en faire une pens&#233;e et une substance pensante, mais bien au contraire &#224; r&#233;aliser et inspirer l'universel en abolissant les pens&#233;es fixes, d&#233;termin&#233;es. Mais il est bien plus difficile d'amener des pens&#233;es fixes &#224; la fluidit&#233; que l'existence sensuelle. La raison est celle indiqu&#233;e pr&#233;c&#233;demment ; ces d&#233;terminations ont le moi, le pouvoir de la r&#233;alit&#233; n&#233;gative ou pure comme substance et &#233;l&#233;ment de leur existence ; Les d&#233;terminations sensibles, au contraire, ne sont que l'imm&#233;diatet&#233; abstraite et impuissante ou l'&#234;tre en tant que tel. Les pens&#233;es deviennent fluides lorsque la pens&#233;e pure, cette imm&#233;diatet&#233; int&#233;rieure , se reconna&#238;t comme un moment ou lorsque la pure certitude d'elle-m&#234;me s'abstient d'elle-m&#234;me ; - ne se laisse pas de c&#244;t&#233;, le met de c&#244;t&#233;, mais abandonne le fixe de son auto-position, &#224; la fois le fixe du pur concret, qui est le soi par opposition au contenu diff&#233;renci&#233;, - comme le fixe des choses diff&#233;renci&#233;es, qui sont dans l'&#233;l&#233;ment de la Pens&#233;e pure postul&#233; pour participer &#224; cette inconditionnalit&#233; du Je. Par ce mouvement, les pens&#233;es pures deviennent des concepts et sont ce qu'elles sont r&#233;ellement, des mouvements personnels, des cercles, quelle est leur substance, des &#234;tres spirituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement des entit&#233;s pures constitue la nature de la science en g&#233;n&#233;ral. Consid&#233;r&#233;e comme la connexion de son contenu, elle en est la n&#233;cessit&#233; et l'extension &#224; l'ensemble organique. Le chemin par lequel le concept de connaissance est atteint devient &#233;galement par lui un devenir n&#233;cessaire et complet, de sorte que cette pr&#233;paration cesse d'&#234;tre une philosophie accidentelle bas&#233;e sur tels et tels objets, relations et pens&#233;es de la conscience imparfaite, comme la co&#239;ncidence. apporte avec lui, relie ou cherche &#224; &#233;tablir la v&#233;rit&#233; &#224; travers un va-et-vient de raisonnement, de conclusion et de conclusion &#224; partir de certaines pens&#233;es ; Au contraire, &#224; travers le mouvement du concept, cette voie englobera la mondanit&#233; totale de la conscience dans sa n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle repr&#233;sentation constitue aussi la premi&#232;re partie de la science car l'existence de l'esprit n'est d'abord rien d'autre que l'imm&#233;diat ou le commencement, mais le commencement n'est pas encore son retour &#224; soi. L' &#233;l&#233;ment de l'existence imm&#233;diate est donc la d&#233;termination, par laquelle cette partie de la science diff&#232;re des autres. &#8211; L'&#233;nonc&#233; de cette diff&#233;rence conduit &#224; la discussion de quelques id&#233;es fixes qui tendent &#224; surgir ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence imm&#233;diate de l'esprit, de la conscience , a les deux moments de connaissance et d'objectivit&#233; n&#233;gatifs &#224; la connaissance. Au fur et &#224; mesure que l'esprit se d&#233;veloppe dans cet &#233;l&#233;ment et interpr&#232;te ses moments, cette opposition se pr&#233;sente &#224; eux et ils apparaissent tous comme des formes de conscience. La science de cette voie est la science de l' exp&#233;rience qu'a la conscience ; la substance est consid&#233;r&#233;e comme elle et son mouvement est son objet. La conscience ne conna&#238;t et ne comprend rien sauf ce qui est dans son exp&#233;rience ; car ce qui s'y trouve n'est que la substance spirituelle, et m&#234;me en tant qu'objet en soi. Mais l'esprit devient objet, parce qu'il est ce mouvement de devenir autre chose , c'est-&#224;-dire objet de soi , et d'abolir cette alt&#233;rit&#233;. Et l'exp&#233;rience s'appelle pr&#233;cis&#233;ment ce mouvement dans lequel l'imm&#233;diat, l'inexp&#233;riment&#233;, c'est-&#224;-dire l'abstrait, qu'il vienne de l'&#234;tre sensuel ou de la simple pens&#233;e, s'ali&#232;ne, puis revient &#224; lui-m&#234;me de cette ali&#233;nation, et ce seulement maintenant. dans sa r&#233;alit&#233; et sa v&#233;rit&#233; est repr&#233;sent&#233;e ainsi que la propri&#233;t&#233; de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; qui s'op&#232;re dans la conscience entre le moi et la substance qui est son objet est leur diff&#233;rence, la n&#233;gative en g&#233;n&#233;ral. Cela peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le d&#233;faut des deux, mais c'est leur &#226;me ou ce qui les anime ; c'est pourquoi certains anciens comprenaient le vide comme la chose en mouvement, en ce sens qu'ils comprenaient la chose en mouvement comme le n&#233;gatif , mais pas encore comme le soi. &#8211; Si ce n&#233;gatif appara&#238;t d'abord comme l'in&#233;galit&#233; du moi par rapport &#224; l'objet, alors c'est tout autant l'in&#233;galit&#233; de la substance par rapport &#224; elle-m&#234;me, ce qui se passe en dehors d'elle, semble &#234;tre une activit&#233; contre elle, est son propre fait, et il se r&#233;v&#232;le &#234;tre essentiellement le sujet &#224; &#234;tre. En le montrant parfaitement, l'esprit a rendu son existence &#233;gale &#224; son essence ; c'est un objet en soi tel qu'il est, et l'&#233;l&#233;ment abstrait de l'imm&#233;diatet&#233; et de la s&#233;paration entre connaissance et v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; surmont&#233;. L'&#234;tre est absolument m&#233;diatis&#233; ; &#8211; c'est un contenu substantiel, qui est aussi directement la propri&#233;t&#233; du moi, &#233;go&#239;ste ou du concept. Ceci conclut la ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit. Ce qu'il s'y pr&#233;pare, c'est l'&#233;l&#233;ment de connaissance. En cela, les moments d'esprit se d&#233;ploient sous forme de simplicit&#233; , qui sait que son objet est elle-m&#234;me. Ils ne s'effondrent plus dans l'opposition de l'&#234;tre et du savoir, mais restent dans la simplicit&#233; du savoir, sont la v&#233;rit&#233; sous forme de v&#233;rit&#233;, et leur diff&#233;rence n'est qu'une diff&#233;rence de contenu. Son mouvement, qui s'organise en un tout dans cet &#233;l&#233;ment, est la logique ou la philosophie sp&#233;culative .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque ce syst&#232;me d'exp&#233;rience de l'esprit ne concerne que son apparence , la progression depuis celui-ci jusqu'&#224; la science de la v&#233;rit&#233; , qui est sous forme de v&#233;rit&#233; , semble &#234;tre simplement n&#233;gative, et on pourrait souhaiter &#234;tre &#233;pargn&#233; par le n&#233;gatif comme le faux et le faux faux . Les id&#233;es &#224; ce sujet emp&#234;chent avant tout l'acc&#232;s &#224; la v&#233;rit&#233;. Cela donne lieu &#224; parler d'une connaissance math&#233;matique, qui consid&#232;re la connaissance non philosophique comme l'id&#233;al que la philosophie devrait s'efforcer d'atteindre, mais qui a jusqu'&#224; pr&#233;sent s'efforc&#233; en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai et le faux appartiennent aux pens&#233;es sp&#233;cifiques qui s'appliquent immobiles &#224; leur propre &#234;tre, l'une l&#224;-bas et l'autre l&#224;-bas, isol&#233;es et fix&#233;es sans communion avec l'autre. D'un autre c&#244;t&#233;, il faut affirmer que la v&#233;rit&#233; n'est pas une pi&#232;ce de monnaie frapp&#233;e qui peut &#234;tre remise et collect&#233;e. Il n'y a toujours pas de mal, tout comme il n'y a pas de mal. Le mal et le faux ne sont pas aussi mauvais que le diable, parce qu'en tant que diable, ils sont m&#234;me faits un sujet sp&#233;cial ; En tant que faux et mal, ils ne sont que des g&#233;n&#233;ralit&#233;s , mais ils ont n&#233;anmoins leur essence propre les uns par rapport aux autres. &#8211; Le faux, parce que c'est de lui seul dont il s'agit ici, serait l'autre, le n&#233;gatif de la substance, qui est le vrai comme contenu de la connaissance. Mais la substance elle-m&#234;me est essentiellement n&#233;gative, en partie comme distinction et d&#233;termination du contenu, en partie comme simple distinction, c'est-&#224;-dire comme soi et connaissance en g&#233;n&#233;ral. Vous pouvez probablement vous tromper. Quelque chose est mal connu, ce qui signifie que la connaissance est en disparit&#233; avec sa substance. C'est justement cette in&#233;galit&#233; qui fait la distinction en g&#233;n&#233;ral, qui est le moment essentiel. Cette distinction conduit bien &#224; leur &#233;galit&#233;, et cette &#233;galit&#233; devenue est la v&#233;rit&#233;. Mais ce n'est pas aussi vrai que si l'in&#233;galit&#233; avait &#233;t&#233; rejet&#233;e, comme les scories du m&#233;tal pur, ni m&#234;me si l'outil reste &#233;loign&#233; du r&#233;cipient fini, mais l'in&#233;galit&#233; est comme le n&#233;gatif, comme le soi en v&#233;rit&#233; tel lui-m&#234;me. est toujours directement pr&#233;sent. Cependant, on ne peut pas dire que le mensonge soit un moment ou m&#234;me une composante de la v&#233;rit&#233;. Qu'il y ait quelque chose de vrai dans tout ce qui est faux - dans cette expression les deux s'appliquent, comme l'huile et l'eau, qui ne sont li&#233;es de mani&#232;re immiscible qu'&#224; l'ext&#233;rieur. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour le sens de d&#233;signer le moment d' alt&#233;rit&#233; totale que leurs expressions n'ont plus besoin d'&#234;tre utilis&#233;es l&#224; o&#249; leur alt&#233;rit&#233; est &#233;limin&#233;e. De m&#234;me que l'expression de l' unit&#233; du sujet et de l'objet, du fini et de l'infini, de l'&#234;tre et de la pens&#233;e, etc., a la g&#234;ne que l'objet et le sujet, etc. signifient ce qu'ils sont en dehors de leur unit&#233; , de m&#234;me dans l'unit&#233; ils ne sont pas signifi&#233;s comme c'est ce que dit leur expression, tout comme le mensonge n'est que le mensonge un moment de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dogmatisme de la mani&#232;re de penser dans la connaissance et dans l'&#233;tude de la philosophie n'est rien d'autre que l'opinion selon laquelle la v&#233;rit&#233; consiste en une proposition qui a un r&#233;sultat fixe ou qui est connue directement. Une belle r&#233;ponse devrait &#234;tre donn&#233;e &#224; de telles questions : quand C&#233;sar est n&#233;, combien de toises un stade comptait-il et ce que c'&#233;tait, etc., de m&#234;me qu'il est certainement vrai que le carr&#233; de l'hypot&#233;nuse est &#233;gal &#224; la somme des carr&#233;s de les deux c&#244;t&#233;s restants du rectangulaire sont triangulaires. Mais la nature de cette pr&#233;tendue v&#233;rit&#233; est diff&#233;rente de la nature des v&#233;rit&#233;s philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les v&#233;rit&#233;s historiques , pour les &#233;voquer bri&#232;vement, dans la mesure o&#249; l'on en consid&#232;re les aspects purement historiques, on admet facilement qu'elles concernent l'existence individuelle, un contenu dans sa contingence et son arbitraire, des d&#233;terminations de celle-ci qui ne sont pas n&#233;cessaires. &#8211; Mais m&#234;me des v&#233;rit&#233;s aussi nues que celle cit&#233;e en exemple ne sont pas sans mouvement de conscience de soi. Pour en conna&#238;tre un, il faut comparer beaucoup de choses, les rechercher &#233;galement dans des livres ou, de quelque mani&#232;re que ce soit, les examiner ; M&#234;me d'un point de vue direct, seule la connaissance de l'objet et de ses raisons est consid&#233;r&#233;e comme quelque chose qui a une vraie valeur, m&#234;me si en r&#233;alit&#233; seul le simple r&#233;sultat devrait &#234;tre ce qui doit &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les v&#233;rit&#233;s math&#233;matiques , on consid&#233;rerait encore moins un g&#233;om&#232;tre qui conna&#238;trait par c&#339;ur les th&#233;or&#232;mes d'Euclide sans leurs preuves, sans, comme on pourrait le dire en contraste, les conna&#238;tre de fond en comble . De m&#234;me, la connaissance qu'on acquerrait en mesurant de nombreux triangles rectangles que leurs c&#244;t&#233;s ont la relation connue les uns par rapport aux autres serait consid&#233;r&#233;e comme insatisfaisante. Cependant, m&#234;me dans la cognition math&#233;matique, l' essentialit&#233; de la preuve n'a pas encore le sens et la nature d'&#234;tre un moment du r&#233;sultat lui-m&#234;me, mais en cela elle est termin&#233;e et dispara&#238;t. En cons&#233;quence, le th&#233;or&#232;me est consid&#233;r&#233; comme vrai . Mais cette circonstance suppl&#233;mentaire n'affecte pas son contenu, mais seulement son rapport au sujet ; Le mouvement de la preuve math&#233;matique n'appartient pas &#224; ce qui est l'objet, mais est une action ext&#233;rieure &#224; la chose . Ainsi, la nature du triangle rectangle ne se d&#233;compose pas comme elle est repr&#233;sent&#233;e dans la construction n&#233;cessaire. la preuve du th&#233;or&#232;me exprime sa relation, est n&#233;cessaire ; toute la production du r&#233;sultat est un processus et un moyen de connaissance. &#8211; M&#234;me dans la cognition philosophique, le devenir du Dasein en tant que Dasein est diff&#233;rent du devenir de l' essence ou de la nature int&#233;rieure de la chose. Mais la cognition philosophique contient les deux, puisque la cognition math&#233;matique, en revanche, ne repr&#233;sente que le devenir du Dasein , c'est-&#224;-dire l' &#234;tre de la nature de la chose dans la cognition en tant que telle. D'un autre c&#244;t&#233;, cela unit &#233;galement ces deux mouvements sp&#233;ciaux. L'apparition ou le devenir int&#233;rieur de la substance est une transition indivise vers l'ext&#233;rieur ou vers l'existence, &#233;tant pour autre chose ; et inversement, le devenir du Dasein est le repli dans l'essence. Le mouvement est le double processus et devenir du tout de telle sorte que chacun pose l'autre en m&#234;me temps et chacun en a donc les deux vues comme deux vues ; ensemble, ils forment le tout en se dissolvant et en les transformant en ses moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cognition math&#233;matique, la perspicacit&#233; est une action ext&#233;rieure &#224; la mati&#232;re ; il s'ensuit que la r&#233;alit&#233; est ainsi modifi&#233;e. Les moyens, construction et preuve, contiennent donc des propositions vraies ; mais il faut aussi dire que le contenu est faux. Dans l'exemple ci-dessus, le triangle est d&#233;chir&#233; et ses parties sont transform&#233;es en d'autres figures cr&#233;&#233;es par la construction. Ce n'est qu'&#224; la fin que le triangle est restaur&#233;, ce qui est en fait ce &#224; quoi nous avons affaire, qui a &#233;t&#233; perdu de vue au fur et &#224; mesure de notre progression et n'est apparu que par morceaux appartenant &#224; d'autres ensembles. &#8211; Ici aussi, nous voyons appara&#238;tre la n&#233;gativit&#233; du contenu, qu'on pourrait tout aussi bien qualifier de fausset&#233; du contenu que de disparition des pens&#233;es fermement intentionn&#233;es dans le mouvement du concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ficience r&#233;elle de cette cognition concerne &#224; la fois la cognition elle-m&#234;me et son mat&#233;riel en g&#233;n&#233;ral. &#8211; En ce qui concerne la cognition, la n&#233;cessit&#233; de construire n'est pas initialement reconnue. Cela ne d&#233;coule pas du concept du th&#233;or&#232;me, mais est command&#233;, et il faut ob&#233;ir aveugl&#233;ment &#224; cette r&#232;gle pour tracer pr&#233;cis&#233;ment ces lignes, dont on pourrait tracer d'autres infinies, sans rien savoir d'autre que d'avoir de bonne foi que cela sera utile &#224; apporter la preuve. Cette opportunit&#233; se manifeste aussi apr&#232;s coup, ce qui n'est qu'ext&#233;rieur puisqu'elle ne se manifeste qu'apr&#232;s coup, quand la preuve est donn&#233;e. &#8211; De m&#234;me, celui-ci prend un chemin qui commence quelque part, on ne sait pas encore quel rapport cela va avoir avec le r&#233;sultat qui est cens&#233; en sortir. Sa progression reprend ces d&#233;terminations et ces relations et en laisse d'autres derri&#232;re elle, sans qu'on voie imm&#233;diatement pourquoi ; un but ext&#233;rieur r&#233;git ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve de cette connaissance d&#233;fectueuse, dont les math&#233;matiques sont fi&#232;res et dont elles se vantent aussi contre la philosophie, repose uniquement sur la pauvret&#233; de son objectif et sur la d&#233;fectuosit&#233; de son mat&#233;riel , et est donc d'une sorte que la philosophie doit m&#233;priser. &#8211; Son objectif ou son concept est la taille . Il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'une relation non essentielle et sans concept. Le mouvement de la connaissance se produit donc en surface, ne touche pas la chose elle-m&#234;me, l'essence ou le concept, et n'est donc pas compr&#233;hension. &#8211; La mati&#232;re dont les math&#233;matiques fournissent le joyeux tr&#233;sor des v&#233;rit&#233;s est l'espace et l' un . L'espace est l'existence dans laquelle le concept inscrit ses diff&#233;rences, comme dans un &#233;l&#233;ment vide et mort o&#249; elles sont &#233;galement immobiles et sans vie. Le r&#233;el n'est pas une entit&#233; spatiale telle qu'on le consid&#232;re en math&#233;matiques ; Ni la perception sensorielle concr&#232;te ni la philosophie ne s'int&#233;ressent &#224; une irr&#233;alit&#233; telle que les choses math&#233;matiques. Dans un tel &#233;l&#233;ment irr&#233;el, il n'y a que des v&#233;rit&#233;s irr&#233;elles, c'est-&#224;-dire des propositions fixes et mortes ; Vous pouvez vous arr&#234;ter &#224; n'importe lequel d'entre eux ; le suivant recommence tout seul, sans que le premier lui-m&#234;me passe &#224; l'autre et sans qu'une connexion n&#233;cessaire soit ainsi cr&#233;&#233;e par la nature m&#234;me de la chose. &#8211; Aussi, pour le bien de ce principe et de cet &#233;l&#233;ment &#8211; &#8203;&#8203;&#8203;&#8203;et c'est la formalit&#233; de la preuve math&#233;matique &#8211; la connaissance continue sur la ligne de l'&#233;galit&#233; . Car les morts, parce qu'ils ne se d&#233;placent pas eux-m&#234;mes, n'aboutissent pas &#224; des diff&#233;rences essentielles, non &#224; une opposition ou &#224; une in&#233;galit&#233; essentielle, et donc non &#224; la transition du contraire &#224; l'oppos&#233;, non &#224; un mouvement qualitatif, immanent, non autonome. . Car c'est la taille, la diff&#233;rence insignifiante, que seules les math&#233;matiques consid&#232;rent. Elle fait abstraction du fait que c'est le concept qui divise l'espace en ses dimensions et d&#233;termine les connexions &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'int&#233;rieur de celles-ci ; Par exemple, il ne prend pas en compte la relation entre la ligne et la surface ; et l&#224; o&#249; il compare le diam&#232;tre du cercle avec la p&#233;riph&#233;rie, il rencontre son incommensurabilit&#233;, c'est-&#224;-dire un rapport de concept, un infini qui &#233;chappe &#224; sa d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques immanentes, dites pures, n'opposent pas le temps en tant que temps &#224; l'espace en tant que deuxi&#232;me mat&#233;riau de leur consid&#233;ration. La th&#233;orie appliqu&#233;e en traite certes, comme du mouvement et d'autres choses r&#233;elles, mais elle tire de l'exp&#233;rience les propositions synth&#233;tiques, c'est-&#224;-dire les propositions de ses relations, qui sont d&#233;termin&#233;es par son concept, et n'applique ses formules qu'&#224; ces pr&#233;suppos&#233;s. Le fait que les soi-disant preuves de propositions telles que celle de l'&#233;quilibre du levier, la relation de l'espace et du temps dans le mouvement de chute, etc., qu'elles donnent souvent, soient donn&#233;es et accept&#233;es comme preuves n'est en soi qu'un la preuve de l'importance de cela. Le besoin de preuve pour la cognition vient du fait que, lorsqu'elle ne l'a plus, elle en respecte aussi l'apparence vide et en tire satisfaction. Une critique de ces preuves serait aussi &#233;trange qu'instructive, en partie pour nettoyer les math&#233;matiques de ce faux pl&#226;tre et en partie pour montrer leurs limites, et donc la n&#233;cessit&#233; d'un autre type de connaissance. &#8211; En ce qui concerne le temps , dont on pourrait penser qu'il constituerait la mati&#232;re de l'autre partie des math&#233;matiques pures comme contrepartie contre l'espace, c'est le concept existant lui-m&#234;me. Le principe de taille , de diff&#233;rence sans concept, et le principe d' &#233;galit&#233;. , d'unit&#233; abstraite et inanim&#233;e, est incapable de faire face &#224; ce pur trouble de la vie et &#224; cette distinction absolue. Cette n&#233;gativit&#233; n'est donc paralys&#233;e que comme l' une , la deuxi&#232;me substance de cette connaissance, qui, par une action ext&#233;rieure, r&#233;duit la chose en mouvement &#224; une substance pour avoir maintenant en elle un contenu indiff&#233;rent, ext&#233;rieur et inanim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, au contraire, ne consid&#232;re pas la d&#233;termination non essentielle , mais elle en tant qu'essentielle ; Son &#233;l&#233;ment et son contenu ne sont pas l'abstrait ou l'irr&#233;el, mais l' existence r&#233;elle , auto-posante et vivante en soi, dans son concept. C'est le processus qui cr&#233;e et traverse ses moments, et tout ce mouvement constitue le positif et sa v&#233;rit&#233;. Cela inclut donc aussi le n&#233;gatif, ce qu'on appellerait le faux s'il pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme quelque chose dont il faut faire abstraction. Ce qui dispara&#238;t doit plut&#244;t &#234;tre consid&#233;r&#233; comme essentiel, non pas dans la d&#233;finition de quelque chose de solide qui serait coup&#233; de la v&#233;rit&#233; et laiss&#233; en dehors d'elle, on ne sait o&#249;, et la v&#233;rit&#233; ne doit pas non plus &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le repos positif mort. de l'autre c&#244;t&#233;. L'apparence est la naissance et la disparition, qui elle-m&#234;me ne surgit ni ne dispara&#238;t, mais est en soi et constitue la r&#233;alit&#233; et le mouvement de la vie de v&#233;rit&#233;. La v&#233;rit&#233; est la fr&#233;n&#233;sie bacchanale, dans laquelle aucun membre ne s'enivre, et parce que chacun se dissout aussi aussit&#244;t qu'il se s&#233;pare, c'est aussi le repos transparent et simple. Dans le jugement de ce mouvement, les formes individuelles de l'esprit, comme les pens&#233;es sp&#233;cifiques, n'existent pas, mais elles sont des moments positifs n&#233;cessaires tout autant que n&#233;gatifs et disparaissants. &#8211; Dans l' ensemble du mouvement, compris comme repos, ce qui en lui diff&#232;re et donne une existence particuli&#232;re est conserv&#233; comme quelque chose qui se souvient , dont l'existence est la connaissance de soi, tout comme celle-ci est aussi l'existence imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la m&#233;thode de ce mouvement ou de la science, il peut para&#238;tre n&#233;cessaire de pr&#233;ciser plusieurs choses &#224; l'avance. Mais son concept r&#233;side d&#233;j&#224; dans ce qui est dit, et sa repr&#233;sentation m&#234;me appartient &#224; la logique, ou plut&#244;t est la logique elle-m&#234;me, car la m&#233;thode n'est autre que la structure du tout dans sa pure essence. Cependant, d'apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; dit jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous devons &#234;tre conscients que le syst&#232;me d'id&#233;es relatif &#224; la m&#233;thode philosophique appartient &#233;galement &#224; une culture perdue. &#8211; Si cela devait &#234;tre dit d'une mani&#232;re prestigieuse ou r&#233;volutionnaire, dont je sais que je m'&#233;loigne, alors il faudrait garder &#224; l'esprit que l'&#233;tat scientifique dont d&#233;rivent les math&#233;matiques &#8211; explications, classifications, axiomes, s&#233;ries de th&#233;or&#232;mes, leurs preuves, leurs principes et leurs conclusions et conclusions - l'opinion elle-m&#234;me est pour le moins d&#233;pass&#233;e . M&#234;me si son inaptitude n'est pas clairement reconnue, on n'en fait plus ou peu d'usage, et si on ne le d&#233;sapprouve pas, on ne l'aime pas. Et nous devons avoir le pr&#233;jug&#233; pour l'excellent afin qu'il puisse &#234;tre utilis&#233; et populaire. Mais il n'est pas difficile de voir que la mani&#232;re de faire une affirmation, de la justifier et de r&#233;futer l'oppos&#233; avec des raisons n'est pas la forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; peut appara&#238;tre. La v&#233;rit&#233; est son mouvement &#224; l'int&#233;rieur d'elle-m&#234;me, mais cette m&#233;thode est la connaissance ext&#233;rieure &#224; la substance. C'est pourquoi cela est propre aux math&#233;matiques, qui, comme nous l'avons not&#233;, ont une relation sans concept entre la taille et son principe et son espace mort, ainsi qu'une relation &#233;galement morte avec son mat&#233;riau, et doit lui &#234;tre laiss&#233;e. Elle peut aussi rester de mani&#232;re plus libre, c'est-&#224;-dire plus m&#234;l&#233;e d'arbitraire et de co&#239;ncidence, dans la vie commune, dans une conversation ou un enseignement historique, plus de curiosit&#233; que de connaissance, si approximative soit une pr&#233;face. Dans la vie commune, la conscience a pour contenu la connaissance, les exp&#233;riences, les concr&#233;tions sensuelles, mais aussi les pens&#233;es, les principes et g&#233;n&#233;ralement tout ce qui est consid&#233;r&#233; comme pr&#233;sent ou comme un &#234;tre ou un &#234;tre fixe et au repos. Il continue en partie ainsi, en partie il interrompt la connexion &#224; cause du libre arbitraire d'un tel contenu et se comporte comme une d&#233;termination et une gestion externe de celui-ci. Cela le ram&#232;ne &#224; quelque chose de certain, m&#234;me s'il ne s'agit que du sentiment du moment, et la conviction est satisfaite lorsqu'elle a atteint un point de repos connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la n&#233;cessit&#233; du concept bannit le cours l&#226;che de la conversation raisonn&#233;e ainsi que le cours plus rigide du faste scientifique, alors on a d&#233;j&#224; rappel&#233; plus haut que sa place ne devrait pas &#234;tre remplac&#233;e par le manque de m&#233;thode de punition, l'enthousiasme et l'arbitraire. du discours proph&#233;tique, qui concerne non seulement cette science, mais la science en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi peu - apr&#232;s que la triplicit&#233; kantienne , qui n'a &#233;t&#233; red&#233;couverte que par l'instinct, est encore morte, pas encore comprise, a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e &#224; son sens absolu, de sorte que la vraie forme dans son vrai contenu a &#233;t&#233; en m&#234;me temps &#233;tablie et le concept de science est apparu - l'utilisation de cette forme pour quelque chose Pour la garder scientifique, &#224; travers lequel nous la voyons r&#233;duite &#224; un sch&#233;ma sans vie, &#224; une apparence r&#233;elle, et l'organisation scientifique r&#233;duite &#224; une table. - Ce formalisme, dont on a d&#233;j&#224; parl&#233; plus haut en g&#233;n&#233;ral et dont nous voulons pr&#233;ciser ici la mani&#232;re plus en d&#233;tail, pense avoir compris et exprim&#233; la nature et la vie d'une figure lorsqu'il pr&#233;dique une d&#233;termination du sch&#233;ma comme pr&#233;dicat. - que ce soit la subjectivit&#233; ou l'objectivit&#233;, ou le magn&#233;tisme, l'&#233;lectricit&#233; et ainsi de suite, la contraction ou l'expansion, l'est ou l'ouest et ainsi de suite, qui peuvent &#234;tre multipli&#233;es &#224; l'infini, car de cette mani&#232;re toute d&#233;termination ou forme dans le sont &#224; nouveau utilis&#233;s par d'autres comme forme ou moment du sch&#233;ma et chacun peut avec gratitude rendre le m&#234;me service &#224; l'autre ; &#8211; un cercle de r&#233;ciprocit&#233;, dans lequel on ne d&#233;couvre pas ce qu'est la chose elle-m&#234;me, ni ce qu'est l'une ni l'autre. Dans certains cas, les d&#233;terminations sensuelles sont reprises de la perception commune, qui sont bien entendu cens&#233;es signifier autre chose que ce qu'elles disent ; dans d'autres cas, ce qui est significatif en soi, les d&#233;terminations pures de la pens&#233;e, telles que sujet, objet, la substance, la cause, le g&#233;n&#233;ral, etc. sont pris en compte utilis&#233;s aussi indistinctement et sans esprit critique que dans la vie commune et comme les forces et les faiblesses, l'expansion et la contraction ; de sorte que cette m&#233;taphysique est aussi peu scientifique que ces id&#233;es sens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de la vie int&#233;rieure et du mouvement propre de son existence, une d&#233;termination aussi simple s'exprime maintenant par l'intuition, c'est-&#224;-dire ici par la connaissance sensorielle, selon une analogie superficielle et cette application externe et vide de la formule est appel&#233;e construction . &#8211; Il en va de m&#234;me pour un tel formalisme que pour tout autre. Comme il faudrait &#234;tre ennuyeux pour celui qui n'aurait pas appris en un quart d'heure la th&#233;orie selon laquelle il existe des maladies asth&#233;niques, sth&#233;niques et indirectement asth&#233;niques et autant de projets de gu&#233;rison, et qui ne l'aurait pas appris, puisque cet enseignement &#233;tait suffisant jusqu'&#224; r&#233;cemment, d'un v&#233;t&#233;ran pourrait-il se transformer en docteur th&#233;oricien en si peu de temps ? Quand le formalisme philosophique naturel enseigne que l'esprit est &#233;lectricit&#233; ou que l'animal est azote, ou m&#234;me le m&#234;mele sud ou le nord et ainsi de suite, ou le repr&#233;senter, aussi simplement qu'il est exprim&#233; ici, ou m&#234;me concoct&#233; avec plus de terminologie, alors peut-&#234;tre sur une telle puissance qui rassemble ce qui semble lointain, et sur la puissance dont souffre le sensuel au repos cette connexion, et qui lui donne ainsi l'apparence d'un concept, mais l'essentiel est qu'elle &#233;vite la n&#233;cessit&#233; d'exprimer le concept lui-m&#234;me ou le sens de l'id&#233;e sensorielle - la personne inexp&#233;riment&#233;e peut en &#234;tre &#233;tonn&#233;e, v&#233;n&#233;rez en lui un g&#233;nie profond ; ainsi que dans la gaiet&#233; de telles d&#233;terminations, puisqu'elles remplacent le concept abstrait par quelque chose de vivant et le rendent plus agr&#233;able, se r&#233;jouissent et se souhaitent du bonheur dans la camaraderie d'&#226;me punie avec des actions si merveilleuses. L'habilet&#233; d'une telle sagesse s'apprend d&#232;s qu'il est facile de l'exercer ; sa r&#233;p&#233;tition, lorsqu'elle est connue, devient aussi insupportable que la r&#233;p&#233;tition d'un tour de passe-passe reconnu. L'instrument de ce formalisme uniforme n'est pas plus difficile &#224; manier qu'une palette de peintre, qui ne contiendrait que deux couleurs, comme le rouge et le vert, pour colorer une surface avec celle-l&#224; s'il fallait une pi&#232;ce historique, avec celle-l&#224; s'il s'agissait d'une pi&#232;ce historique. il fallait un paysage. &#8211; Il serait difficile de d&#233;cider ce qui est le plus grand, le confort avec lequel tout au ciel, sur terre et sous la terre est peint avec une telle peinture, ou la vanit&#233; de l'excellence de ce rem&#232;de universel ; l'un soutient l'autre. Ce que cette m&#233;thode consistant &#224; coller les quelques dispositions du sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral &#224; tout ce qui est c&#233;leste et terrestre, &#224; toutes les formes naturelles et spirituelles et &#224; tout classer ainsi, produit n'est rien de moins qu'un rapport limpide sur l'organisme de l'univers, &#224; savoir un tableau. qui ressemble &#224; un squelette avec des morceaux de papier coll&#233;s ou aux rang&#233;es de bo&#238;tes de conserve ferm&#233;es avec leurs &#233;tiquettes coll&#233;es dans un magasin d'&#233;pices, qui sont si clairement l'une et l'autre dans d'autres, et comme l&#224;-bas la chair et le sang ont &#233;t&#233; retir&#233;s des os, mais ici la chose non vivante est cach&#233;e dans les bo&#238;tes, l'essence vivante de la chose a &#233;galement &#233;t&#233; laiss&#233;e de c&#244;t&#233; ou cach&#233;e. &#8211; Que cette mani&#232;re se perfectionne en m&#234;me temps en une peinture absolue monochromatique, en ce sens que, honteuse des diff&#233;rences du sch&#233;ma, elle l'enfonce dans le vide de l'absolu comme appartenant &#224; la r&#233;flexion, de sorte que l'identit&#233; pure, la blancheur sans forme , est &#233;tabli, est d&#233;j&#224; mentionn&#233; ci-dessus et a &#233;t&#233; remarqu&#233;. Cette m&#234;me coloration du sch&#232;me et ses d&#233;terminations inanim&#233;es et cette identit&#233; absolue, et le passage de l'une &#224; l'autre, sont l'une &#233;gale &#224; l'intellect mort l'autre, et &#233;gale &#224; la connaissance ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non seulement l'homme excellent ne peut &#233;chapper au sort d'&#234;tre priv&#233; de vie et d'esprit et, ainsi viol&#233;, de voir sa peau envelopp&#233;e dans une connaissance sans vie et sa vanit&#233;. Au contraire, le pouvoir qu'il exerce sur les esprits, sinon sur les esprits, peut encore &#234;tre reconnu dans ce destin lui-m&#234;me, ainsi que dans le d&#233;veloppement de l'universalit&#233; et de la d&#233;finition de la forme en laquelle consiste sa perfection, et qui seule permet que cette g&#233;n&#233;ralit&#233; est utilis&#233;e pour la superficialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science ne peut s'organiser qu'&#224; travers la vie propre du concept ; En lui se trouve la d&#233;termination qui est coll&#233;e ext&#233;rieurement &#224; l'existence &#224; partir du sch&#233;ma, l'&#226;me auto-motrice du contenu accompli. Le mouvement des &#234;tres est, d'une part, devenir quelque chose d'autre et ainsi devenir son contenu immanent ; d'autre part, il reprend en lui ce d&#233;veloppement ou cette existence, c'est-&#224;-dire se fait un moment et se simplifie en une d&#233;termination. Dans ce mouvement, la n&#233;gativit&#233; est la distinction et la position de l'existence ; dans ce retour en soi, c'est le devenir d' une simplicit&#233; d&#233;termin&#233;e . Ainsi, le contenu ne montre pas sa d&#233;termination re&#231;ue et attach&#233;e &#224; un autre, mais il se la donne et se positionne par rapport &#224; lui-m&#234;me pour devenir un moment et un lieu dans l'ensemble. L'esprit tabulaire garde pour lui la n&#233;cessit&#233; et le concept du contenu, ce qui constitue le concret, la r&#233;alit&#233; et le mouvement vivant de la chose qu'il classe, ou plut&#244;t il ne garde pas cela pour lui, mais ne le conna&#238;t pas ; car s'il avait cette perspicacit&#233;, il le montrerait probablement. Il n'en conna&#238;t m&#234;me pas la n&#233;cessit&#233; ; sinon il s'abstiendrait de sch&#233;matiser, ou du moins n'en serait pas plus familier qu'avec une pr&#233;sentation de contenus ; Il affiche uniquement le contenu, mais ne fournit pas le contenu lui-m&#234;me. &#8211; Si la d&#233;termination, m&#234;me quelque chose comme le magn&#233;tisme, est concr&#232;te ou r&#233;elle en elle-m&#234;me, alors elle a sombr&#233; dans quelque chose de mort, puisqu'elle ne fait qu'attribuer une autre existence et non pas comme la vie immanente de cette existence, ou comme elle est en elle, a sa vie native. et une autoproduction et une repr&#233;sentation particuli&#232;res, est reconnue. L'accord formel laisse ce point principal &#224; d'autres. &#8211; Au lieu d'approfondir le contenu immanent de la chose, il n&#233;glige toujours le tout et se place au-dessus de l'existence individuelle dont il parle, c'est-&#224;-dire qu'il ne la voit pas du tout. Mais la connaissance scientifique exige plut&#244;t de s'abandonner &#224; la vie de l'objet, ou, ce qui revient au m&#234;me, d'en avoir devant soi la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure et de l'exprimer. En s'immergeant dans son sujet, il oublie cette vue d'ensemble qui n'est que le reflet de la connaissance du contenu vers lui-m&#234;me. Mais immerg&#233; dans la mati&#232;re et s'&#233;loignant dans son mouvement, il revient en lui-m&#234;me, mais pas avant que l'accomplissement ou le contenu ne se replie sur lui-m&#234;me, ne se simplifie en une d&#233;termination, ne se r&#233;duit &#224; un c&#244;t&#233; d'une existence et ne passe dans sa v&#233;rit&#233; sup&#233;rieure. Ainsi, l'ensemble simple et repli&#233; sur lui-m&#234;me &#233;merge de la richesse dans laquelle son reflet semblait perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, comme indiqu&#233; ci-dessus, la substance elle-m&#234;me est le sujet, tout contenu est son propre reflet en lui-m&#234;me. L'existence ou la substance d'une existence est l'identit&#233; de soi ; car son in&#233;galit&#233; avec lui-m&#234;me serait sa dissolution. Mais l'identit&#233; de soi est une pure abstraction ; mais c'est r&#233;fl&#233;chir . Quand je dis qualit&#233; , je dis simple pr&#233;cision ; par la qualit&#233;, une existence se distingue d'une autre, ou est une existence ; il est pour soi, ou bien il existe par cette simplicit&#233; avec lui-m&#234;me. Mais c'est essentiellement l' id&#233;e . &#8211; Cela signifie qu'&#234;tre, c'est penser ; C'est cette vision qui manque g&#233;n&#233;ralement au discours ordinaire et sans concept sur l'identit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre. - Parce que l'existence du Dasein est identit&#233; &#224; soi ou pure abstraction, c'est l'abstraction de soi &#224; soi, ou c'est lui-m&#234;me son in&#233;galit&#233; avec soi et sa dissolution, - sa propre int&#233;riorit&#233; et repli sur soi, - son devenir. &#8211; En raison de cette nature des &#234;tres et dans la mesure o&#249; les &#234;tres ont cette nature de connaissance, ce n'est pas l'activit&#233; qui traite le contenu comme quelque chose d'&#233;tranger, ni le reflet en soi hors du contenu ; La science n'est pas cet id&#233;alisme qui a remplac&#233; le dogmatisme assertif comme dogmatisme assurant ou le dogmatisme de la certitude de soi - mais parce que la connaissance voit le contenu rentrer dans son int&#233;riorit&#233;, son activit&#233; s'y plonge &#224; la fois, car elle est le soi immanent du contenu, comme en m&#234;me temps retourn&#233; &#224; lui-m&#234;me, car il est pure identit&#233;-soi dans l'alt&#233;rit&#233; ; c'est donc la ruse qui, apparemment s'abstenant de l'activit&#233;, voit la d&#233;termination et sa vie concr&#232;te, pr&#233;cis&#233;ment en ce qu'elle pense poursuivre son auto-conservation et son int&#233;r&#234;t particulier, comme quelque chose de perverti, qui se dissout et devient le moment du tout. faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le sens de l' entendement a &#233;t&#233; donn&#233; ci-dessus en termes de conscience de soi de la substance, alors ce qui a &#233;t&#233; dit ici montre clairement son sens en termes de sa d&#233;termination en tant qu'&#234;tre. &#8211; L'existence est qualit&#233;, d&#233;termination m&#234;me ou certaine simplicit&#233;, certaine pens&#233;e ; c'est l'esprit de l'existence. Cela signifie que c'est Nus qu'Anaxagore a reconnu pour la premi&#232;re fois comme l'&#234;tre. Ceux apr&#232;s lui comprirent plus clairement la nature de l'existence en tant qu'Eidos ou Id&#233;e ; c'est-&#224;-dire une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233;, genre . Le terme Art semble &#234;tre trop mesquin et trop peu pour les id&#233;es, pour le beau, le saint et l'&#233;ternel qui s&#233;vissent &#224; cette &#233;poque. Mais en fait l'id&#233;e n'exprime ni plus ni moins que l'art. Mais on voit maintenant souvent une expression qui d&#233;signe d&#233;finitivement un concept, d&#233;daign&#233; et pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; un autre, ne serait-ce que parce qu'il appartient &#224; une langue &#233;trang&#232;re, le terme est envelopp&#233; de brouillard et est envelopp&#233; de brouillard. donc plus &#233;difiant. &#8211; Pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que l'existence est d&#233;termin&#233;e comme esp&#232;ce, c'est une simple pens&#233;e ; le nus , la simplicit&#233;, est la substance. En raison de sa simplicit&#233; ou de son identit&#233;, il appara&#238;t solide et permanent. Mais cette identit&#233;-m&#234;me est aussi de la n&#233;gativit&#233; ; En cons&#233;quence, cette existence solide se dissout. Au d&#233;but, la d&#233;termination semble &#234;tre due au fait qu'elle se rapporte &#224; Andr&#233;s , et que son mouvement lui est fait par une force &#233;trang&#232;re ; mais le fait qu'il ait lui-m&#234;me son alt&#233;rit&#233; et qu'il soit un mouvement personnel est contenu dans la simplicit&#233; m&#234;me de la pens&#233;e elle-m&#234;me ; car c'est l&#224; la pens&#233;e autonome et distinctive, et notre propre int&#233;riorit&#233;, le concept pur . La compr&#233;hension est donc un devenir, et en tant que devenir, elle est rationalit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette nature de ce qui est, dans son &#234;tre, dans son concept d'&#234;tre, que la n&#233;cessit&#233; logique existe ; lui seul est le rationnel et le rythme du tout organique, il est tout autant la connaissance du contenu que le contenu est concept et essence - ou lui seul est le sp&#233;culatif . &#8211; La forme concr&#232;te, se mouvant elle-m&#234;me, se fait simple d&#233;termination, s'&#233;levant ainsi &#224; une forme logique et &#233;tant dans son essentialit&#233; ; Leur existence concr&#232;te n'est que ce mouvement et est imm&#233;diatement existence logique. Il n'est donc pas n&#233;cessaire d'appliquer superficiellement un formalisme au contenu concret ; Le premier lui-m&#234;me est la transition vers celui-ci, mais celui-ci cesse d'&#234;tre ce formalisme externe parce que la forme est le devenir natif du contenu concret lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nature de la m&#233;thode scientifique, &#233;tant en partie indissociable du contenu et en partie d&#233;terminant son propre rythme, a, comme nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;, sa propre repr&#233;sentation dans la philosophie sp&#233;culative. &#8211; Ce qui est dit ici exprime le concept, mais ne peut s'appliquer qu'&#224; une assurance anticip&#233;e. Sa v&#233;rit&#233; ne r&#233;side pas dans cet expos&#233; partiellement narratif ; et est donc tout aussi peu r&#233;fut&#233;e lorsqu'on affirme que tel n'est pas le cas, mais plut&#244;t qu'il en est ainsi et cela, lorsque des id&#233;es famili&#232;res sont &#233;voqu&#233;es et racont&#233;es comme des v&#233;rit&#233;s &#233;tablies et connues, ou m&#234;me comme quelque chose de nouveau du sanctuaire. de la vision divine int&#233;rieure servie et assur&#233;e. &#8211;Une telle r&#233;ception est g&#233;n&#233;ralement la premi&#232;re r&#233;action d'un savoir auquel quelque chose &#233;tait inconnu, de s'opposer &#224; lui, afin de sauvegarder sa libert&#233; et sa propre vision, sa propre autorit&#233; contre celle des autres, car sous cette forme ce qui a &#233;t&#233; enregistr&#233; pour la premi&#232;re fois appara&#238;t - &#233;galement pour pr&#233;server les apparences et &#233;liminer l'esp&#232;ce de honte qui est cens&#233;e r&#233;sider dans le fait que quelque chose a &#233;t&#233; appris, tout comme dans l'acceptation applaudissante de l'inconnu, la r&#233;action du m&#234;me genre consiste dans ce qui, dans un autre domaine c'est le discours ultra-r&#233;volutionnaire et l'action &#233;tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est important lorsqu'on &#233;tudie les sciences , c'est d' entreprendre l'effort du concept. Cela requiert une attention particuli&#232;re &#224; lui en tant que tel, aux d&#233;terminations simples, par exemple, de l'&#234;tre-en-soi , de l'&#234;tre-pour-soi , de l'identit&#233;-soi , etc. car ce sont des mouvements personnels si purs qu'on pourrait les appeler &#226;mes, si leur terme ne d&#233;signait pas quelque chose de plus &#233;lev&#233; que ceux-l&#224;. L'interruption des id&#233;es par le concept est tout aussi g&#234;nante pour l'habitude de courir sur les id&#233;es que pour la pens&#233;e formelle, qui argumente dans des pens&#233;es irr&#233;elles. Cette habitude peut &#234;tre appel&#233;e une fa&#231;on mat&#233;rielle de penser, une conscience accidentelle qui est seulement immerg&#233;e dans la mati&#232;re, et qui a donc du mal &#224; se sortir simultan&#233;ment de la mati&#232;re et &#224; &#234;tre avec elle-m&#234;me. L'autre, le raisonnement, est l'absence de contenu et de vanit&#233; ; On attend de lui qu'il fasse l'effort d'abandonner cette libert&#233; et, au lieu d'&#234;tre le principe arbitrairement mouvant du contenu, d'y enfoncer cette libert&#233;, de le laisser se mouvoir &#224; travers sa propre nature, c'est-&#224;-dire &#224; travers le moi comme son propre , et cela pour regarder le mouvement. S'abstenir de s'impliquer dans le rythme immanent des concepts, ne pas y interf&#233;rer par l'arbitraire et la sagesse autrement acquise - cette abstinence est en elle-m&#234;me un moment essentiel d'attention au concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le comportement de raisonnement, il faut rendre plus visibles les deux c&#244;t&#233;s sur lesquels la pens&#233;e compr&#233;hensive s'oppose. &#8211; Dans certains cas, il se comporte n&#233;gativement envers le contenu per&#231;u et sait le r&#233;futer et le d&#233;truire. Que ce ne soit pas le cas, cette intuition est purement n&#233;gative , c'est la chose ultime qui ne se d&#233;passe pas vers un nouveau contenu, mais pour avoir &#224; nouveau un contenu, il faut faire quelque chose de diff&#233;rent de quelque part. C'est le reflet du moi vide, la vanit&#233; de sa connaissance. &#8211; Mais cette vanit&#233; n'exprime pas seulement que ce contenu est vain, mais aussi que cette intuition elle-m&#234;me est vaine ; parce que c'est le n&#233;gatif qui ne voit pas le positif en lui-m&#234;me. Parce que cette r&#233;flexion ne prend pas elle-m&#234;me en contenu sa n&#233;gativit&#233;, elle n'est pas du tout dans la mati&#232;re, mais toujours au-del&#224; ; Il imagine donc que l'affirmation du vide va toujours plus loin qu'une vision p&#233;n&#233;trante. D'autre part, comme nous l'avons montr&#233; plus haut, dans la pens&#233;e compr&#233;hensive, le n&#233;gatif appartient au contenu lui-m&#234;me et est le positif &#224; la fois en tant que mouvement et d&#233;termination immanents et en tant que tout de celui-ci . Con&#231;u en cons&#233;quence, c'est le n&#233;gatif d&#233;termin&#233; qui vient de ce mouvement, et donc aussi un contenu positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#233;tant donn&#233; qu'une telle pens&#233;e a un contenu, qu'il s'agisse d'id&#233;es, de pens&#233;es ou d'un m&#233;lange des deux, elle a un autre aspect qui la rend difficile &#224; comprendre. Sa nature &#233;trange est &#233;troitement li&#233;e &#224; la nature mentionn&#233;e ci-dessus de l'id&#233;e elle-m&#234;me, ou plut&#244;t l'exprime telle qu'elle appara&#238;t comme le mouvement qu'est l'appr&#233;hension pensante. &#8211; De m&#234;me que dans son comportement n&#233;gatif, dont nous venons de parler, la pens&#233;e raisonnante elle-m&#234;me est le soi auquel renvoie le contenu, de m&#234;me dans sa cognition positive le soi est un sujet imagin&#233; auquel le contenu se r&#233;f&#232;re comme accident et pr&#233;dicat. Ce sujet constitue le socle auquel il se rattache et sur lequel se d&#233;roule le mouvement. La situation est diff&#233;rente dans la pens&#233;e conceptuelle. Puisque le concept est le moi m&#234;me de l'objet, qui se pr&#233;sente comme son devenir , il n'est pas un sujet au repos qui porte les accidents sans bouger, mais plut&#244;t le concept qui bouge et reprend en lui ses d&#233;terminations. Dans ce mouvement, ce sujet au repos lui-m&#234;me p&#233;rit ; Elle entre dans les diff&#233;rences et le contenu et constitue plut&#244;t la d&#233;termination, c'est-&#224;-dire le contenu diff&#233;renci&#233; ainsi que le mouvement de celui-ci, au lieu de lui &#234;tre oppos&#233;. Le fondement solide du raisonnement sur le sujet au repos fluctue donc, et seul ce mouvement lui-m&#234;me devient objet. Le sujet qui accomplit son contenu cesse de le d&#233;passer et ne peut avoir d'autres pr&#233;dicats ou accidents. &#192; l'inverse, la distraction du contenu est li&#233;e au soi ; ce n'est pas l'universel qui viendrait &#224; plusieurs personnes libres du sujet. Le contenu n'est donc plus un pr&#233;dicat du sujet, mais est la substance, l'essence et le concept de ce dont nous parlons. La pens&#233;e imaginative, puisque sa nature est de continuer avec les accidents ou les pr&#233;dicats, et &#224; juste titre, parce qu'ils ne sont que des pr&#233;dicats et des accidents, de les d&#233;passer, devient la substance, car ce qui dans la phrase a lui-m&#234;me la forme d'un pr&#233;dicat est frein&#233; dans sa progression. Pour l'imaginer ainsi, il subit une contre-attaque. Partant du sujet, comme s'il restait au fond, elle constate que, puisque le pr&#233;dicat est plut&#244;t la substance, le sujet passe au pr&#233;dicat et est par l&#224; aboli ; et depuis que ce qui appara&#238;t comme un pr&#233;dicat est devenu une masse enti&#232;re et ind&#233;pendante, la pens&#233;e ne peut plus errer librement, mais est retenue par cette lourdeur. &#8211; Sinon le sujet passe en premier comme objectifsoi fixe pris comme base ; A partir de l&#224; se poursuit le mouvement n&#233;cessaire vers la diversit&#233; des d&#233;terminations ou pr&#233;dicats ; Ici, le Je connaissant lui-m&#234;me prend la place de ce sujet et constitue le lien entre les pr&#233;dicats et le sujet qui les d&#233;tient. Mais puisque ce premier sujet entre dans les d&#233;terminations elles-m&#234;mes et est leur &#226;me, le deuxi&#232;me sujet, &#224; savoir le sujet connaissant, trouve, toujours dans le pr&#233;dicat, ce dont il en a d&#233;j&#224; fini et au-del&#224; duquel il veut retourner en lui-m&#234;me, et de ce fait D&#233;placer le pr&#233;dicat pour pouvoir &#234;tre le faire, plut&#244;t que de raisonner sur la question de savoir si tel ou tel pr&#233;dicat doit lui &#234;tre attach&#233;, a plus &#224; voir avec le soi du contenu, et ne devrait pas &#234;tre pour lui-m&#234;me, mais avec il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formellement, ce qui a &#233;t&#233; dit peut &#234;tre exprim&#233; de telle mani&#232;re que la nature du jugement ou de la phrase en g&#233;n&#233;ral, qui inclut la diff&#233;rence entre sujet et pr&#233;dicat, est d&#233;truite par la phrase sp&#233;culative, et la phrase identique, que la premi&#232;re devient, contrecarre ce dernier contient des conditions. &#8211; Ce conflit entre la forme d'une phrase en g&#233;n&#233;ral et l'unit&#233; du concept qui la d&#233;truit est semblable &#224; celui qui s'op&#232;re dans le rythme entre la m&#233;trique et l'accent. Le rythme r&#233;sulte du centre flottant et de l'union des deux. Ainsi, dans la phrase philosophique &#233;galement, l'identit&#233; du sujet et du pr&#233;dicat ne doit pas d&#233;truire la diff&#233;rence entre eux, exprim&#233;e par la forme de la phrase, mais plut&#244;t leur unit&#233; doit &#233;merger comme une harmonie. La forme de la phrase est l'apparition du sens particulier ou de l'accent qui distingue son accomplissement ; Mais le fait que le pr&#233;dicat exprime la substance et que le sujet lui-m&#234;me tombe dans le g&#233;n&#233;ral est l' unit&#233; dans laquelle cet accent s'efface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ce qui a &#233;t&#233; dit par des exemples, dans la phrase : Dieu est l'&#234;tre , le pr&#233;dicat est l'&#234;tre ; il a un sens substantiel dans lequel le sujet se dissout. Ici, l'&#234;tre ne doit pas &#234;tre un pr&#233;dicat, mais plut&#244;t l'essence ; Du coup, Dieu semble cesser d'&#234;tre ce qu'il est par la position de la proposition, &#224; savoir le sujet fixe. &#8211; La pens&#233;e, au lieu de progresser dans le passage du sujet au pr&#233;dicat, se sent plut&#244;t inhib&#233;e parce que le sujet est perdu et est renvoy&#233;e &#224; la pens&#233;e du sujet parce qu'elle lui manque ; ou bien il trouve, puisque le pr&#233;dicat lui-m&#234;me s'exprime comme sujet, comme &#234;tre, comme essence qui &#233;puise la nature du sujet, le sujet aussi directement dans le pr&#233;dicat ; et maintenant, au lieu de se voir attribuer la place libre du raisonnement &#224; l'int&#233;rieur du pr&#233;dicat, il est encore absorb&#233; par le contenu, ou du moins il y a une demande d'y &#234;tre absorb&#233;. &#8211; Alors m&#234;me si l'on dit : le r&#233;el est l' universel , le r&#233;el dispara&#238;t comme sujet, dans son pr&#233;dicat. Le g&#233;n&#233;ral ne doit pas seulement avoir le sens du pr&#233;dicat, pour que la phrase dise que le r&#233;el est g&#233;n&#233;ral, mais le g&#233;n&#233;ral doit exprimer l'essence du r&#233;el. &#8211; La pens&#233;e perd donc une grande partie du solide fondement objectif qu'elle avait dans le sujet lorsqu'elle y est renvoy&#233;e dans le pr&#233;dicat, et dans le pr&#233;dicat elle ne retourne pas en elle-m&#234;me, mais dans le sujet du contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaintes concernant l'incompr&#233;hensibilit&#233; des &#233;crits philosophiques reposent en grande partie sur cette inhibition inhabituelle, alors que les autres conditions d'&#233;ducation permettant de les comprendre sont pr&#233;sentes chez l'individu. Nous voyons dans ce qui vient d'&#234;tre dit le fondement de l'accusation tr&#232;s pr&#233;cise qui est souvent port&#233;e contre eux, qu'il faut lire plusieurs fois plusieurs choses avant de pouvoir les comprendre - une accusation qui est cens&#233;e contenir quelque chose d'inconvenant et de d&#233;finitif, de sorte que si elle est fond&#233;e, aucune autre objection n'est admise. &#8211; Ce qui pr&#233;c&#232;de montre clairement ce que cela signifie. La phrase philosophique, parce qu'elle est une phrase, donne lieu &#224; l'opinion sur la relation habituelle entre sujet et pr&#233;dicat et sur le comportement habituel de la connaissance. Ce comportement et son opinion d&#233;truisent son contenu philosophique ; l'opinion apprend qu'elle est signifi&#233;e diff&#233;remment de ce qu'elle voulait dire, et cette correction de son opinion oblige la connaissance &#224; revenir &#224; la phrase et &#224; la formuler maintenant diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une difficult&#233; qu'il convient d'&#233;viter est le m&#233;lange du mode sp&#233;culatif et du mode raisonnement, quand tant&#244;t ce que dit le sujet a le sens de son concept, mais tant&#244;t seulement le sens de son pr&#233;dicat ou de son accident. &#8211; Une voie perturbe l'autre, et seule cette exposition philosophique atteindrait la plasticit&#233; si elle excluait strictement le type de relation habituelle entre les parties d'une phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la pens&#233;e non sp&#233;culative a aussi son droit, qui est valable mais non observ&#233; &#224; la mani&#232;re de la proposition sp&#233;culative. Le fait que la forme de la phrase soit abolie ne doit pas n&#233;cessairement se produire de mani&#232;re imm&#233;diate , ni &#224; travers le simple contenu de la phrase. Il faut plut&#244;t exprimer ce mouvement contraire ; Non seulement cette inhibition int&#233;rieure doit &#234;tre repr&#233;sent&#233;e , mais aussi le repli du concept sur lui-m&#234;me . Ce mouvement, qui constitue ce que la preuve devrait autrement r&#233;aliser, est le mouvement dialectique de la proposition elle-m&#234;me. Lui seul est le v&#233;ritable sp&#233;culatif, et seule son expression est la repr&#233;sentation sp&#233;culative. En tant que proposition, le sp&#233;culatif n'est que l' inhibition int&#233;rieure et le retour inexistant de l'&#234;tre en lui-m&#234;me. Nous nous retrouvons donc souvent rel&#233;gu&#233;s &#224; cette perception int&#233;rieure par les expos&#233;s philosophiques, et nous nous &#233;pargnons ainsi la pr&#233;sentation du mouvement dialectique de la phrase que nous r&#233;clamions. &#8211; La phrase est destin&#233;e &#224; exprimer ce qu'est la v&#233;rit&#233;, mais elle est essentiellement le sujet ; en tant que tel, il ne s'agit que du mouvement dialectique, de cette marche auto-g&#233;n&#233;ratrice, aller et retour. &#8211; Dans le cas d'autres cognitions, l'&#233;vidence constitue ce c&#244;t&#233; de l'int&#233;riorit&#233; exprim&#233;e. Mais apr&#232;s que la dialectique a &#233;t&#233; s&#233;par&#233;e de la preuve, le concept de preuve philosophique a &#233;t&#233; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut rappeler ici que le mouvement dialectique a aussi des propositions comme parties ou &#233;l&#233;ments ; La difficult&#233; signal&#233;e semble donc toujours revenir et &#234;tre une difficult&#233; de la chose elle-m&#234;me. &#8211; Ceci est similaire &#224; ce qui se passe avec la preuve ordinaire, dans la mesure o&#249; les raisons qu'elle utilise n&#233;cessitent elles-m&#234;mes une justification, et ainsi de suite &#224; l'infini. Mais cette forme de justification et de conditionnement appartient &#224; cette preuve dont le mouvement dialectique est diff&#233;rent, et donc &#224; la connaissance ext&#233;rieure. En ce qui le concerne lui-m&#234;me, son &#233;l&#233;ment est le concept pur ; il a donc un contenu qui est de part en part un sujet. Il n'existe donc pas de tel contenu qui agirait comme sujet sous-jacent et qui aurait sa signification de pr&#233;dicat ; la phrase est imm&#233;diatement une forme vide. &#8211; En dehors du moi sensuellement vu ou imagin&#233;, c'est avant tout le nom en tant que nom qui d&#233;signe le sujet pur, le sujet vide et sans concept. Pour cette raison, il peut &#234;tre utile, par exemple, d'&#233;viter le nom Dieu , car ce mot n'est pas imm&#233;diatement un concept, mais le nom m&#234;me, le reste solide du sujet sous-jacent. D'autre part puisque, par exemple, l'&#234;tre, ou l'un, l'individu, le sujet lui-m&#234;me, etc., d&#233;signent directement des concepts. &#8211; M&#234;me si des v&#233;rit&#233;s sp&#233;culatives sont dites sur ce sujet, leur contenu manque encore du concept immanent parce qu'il n'existe qu'en tant que sujet au repos et, de ce fait, elles prennent facilement la forme d'une simple &#233;dification. &#8211; De ce point de vue, l'obstacle qui r&#233;side dans l'habitude de comprendre le pr&#233;dicat sp&#233;culatif selon la forme de la phrase, et non comme concept et essence, peut &#234;tre accru et r&#233;duit par la faute de la pr&#233;sentation philosophique elle-m&#234;me. La repr&#233;sentation, fid&#232;le &#224; la compr&#233;hension de la nature du sp&#233;culatif, doit conserver la forme dialectique et ne rien inclure dans la mesure o&#249; elle est comprise et est le concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; le comportement raisonn&#233; entrave l'&#233;tude de la philosophie, c'est l'imagination non raisonnante de v&#233;rit&#233;s &#233;tablies, &#224; laquelle le propri&#233;taire ne pense pas devoir revenir, mais les prend plut&#244;t comme base et croit pouvoir les exprimer, comme ainsi que les juger et les d&#233;noncer &#224; travers eux. De ce point de vue, il est particuli&#232;rement n&#233;cessaire que l'on revienne s&#233;rieusement &#224; la philosophie. De toutes les sciences, arts, comp&#233;tences et m&#233;tiers, la conviction est que pour les poss&#233;der, de multiples efforts pour les apprendre et les pratiquer sont n&#233;cessaires. En ce qui concerne la philosophie, en revanche, le pr&#233;jug&#233; semble actuellement pr&#233;valoir selon lequel, m&#234;me si tout le monde a des yeux et des doigts et re&#231;oit du cuir et des outils, il est donc incapable de fabriquer des chaussures, mais que chacun est capable de philosopher directement et de juger que la philosophie comprend, parce qu'il a l'&#233;tendard de sa raison naturelle pour le faire - comme s'il n'avait pas aussi l'&#233;tendard d'une chaussure &#224; son pied. &#8211; Il semble que le manque de connaissances et d'&#233;tudes soit la raison de la possession de la philosophie et qu'elle finisse l&#224; o&#249; commence l'autre. On consid&#232;re souvent qu'il s'agit d'une connaissance formelle d&#233;pourvue de contenu, et l'on ne comprend pas tr&#232;s bien que toute v&#233;rit&#233; dans une connaissance ou une science en termes de contenu ne peut m&#233;riter ce nom que si elle a &#233;t&#233; produite par la philosophie ; que les autres sciences, qu'elles essayent autant qu'elles le veulent de raisonner sans philosophie, ne peuvent avoir en elles la vie, l'esprit, la v&#233;rit&#233; sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la philosophie proprement dite, nous voyons le long chemin de l'&#233;ducation, le mouvement riche et profond par lequel l'esprit acc&#232;de &#224; la connaissance, comme la r&#233;v&#233;lation directe du sens divin et commun, qui ne diff&#232;re ni des autres connaissances ni de la connaissance actuelle. Qui a essay&#233; et s'est form&#233; &#224; la philosophie, se voit imm&#233;diatement comme un parfait &#233;quivalent et un aussi bon substitut que, par exemple, la chicor&#233;e est vant&#233;e comme substitut du caf&#233;. Il n'est pas agr&#233;able de constater que l'ignorance et la brutalit&#233; informe et insipide elle-m&#234;me, incapable de concentrer sa pens&#233;e sur une proposition abstraite, encore moins sur l'encha&#238;nement de plusieurs, d&#233;truisent tant&#244;t la libert&#233; et la tol&#233;rance de pens&#233;e, tant&#244;t le g&#233;nie &#224; assurer. Cette derni&#232;re, comme c'est le cas aujourd'hui en philosophie, &#233;tait autrefois &#233;galement r&#233;pandue en po&#233;sie ; mais au lieu de po&#233;sie, si la production de ce g&#233;nie avait un sens, elle produisait de la prose triviale ou, si elle allait au-del&#224;, des discours fous. Ainsi maintenant, une philosophie naturelle, qui se consid&#232;re trop bonne pour le concept et, par manquement, pour la pens&#233;e contemplative et po&#233;tique, met sur le march&#233; des combinaisons arbitraires d'un imaginaire qui n'est d&#233;sorganis&#233; que par la pens&#233;e - des structures qui ne sont ni poisson ni chair, ni la po&#233;sie ni la philosophie ne le sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, coulant dans le lit tranquille du sens commun, la philosophie naturelle pr&#233;sente une rh&#233;torique de v&#233;rit&#233;s insignifiantes. Si l'on lui reproche l'insignifiance de cela, il assure en revanche que le sens et l'accomplissement sont pr&#233;sents dans son c&#339;ur, et doivent l'&#234;tre aussi chez les autres, puisqu'en g&#233;n&#233;ral c'est avec l'innocence du c&#339;ur et de la puret&#233; de la conscience et choses ultimes similaires Avoir dit signifie contre lequel il n'y a aucune objection et rien de plus ne peut &#234;tre exig&#233;. Mais il fallait veiller &#224; ce que le meilleur ne reste pas &#224; l'int&#233;rieur, mais soit mis en lumi&#232;re depuis ce puits. On a pu depuis longtemps s'&#233;pargner la peine de pr&#233;senter des v&#233;rit&#233;s ultimes de ce genre, parce qu'on les trouve depuis longtemps dans le cat&#233;chisme, dans les proverbes du peuple, etc. &#8211; Il n'est pas difficile de saisir de telles v&#233;rit&#233;s en raison de leur ind&#233;termination ou de leur caract&#232;re tordu, et de signaler souvent en soi le contraire direct de leur conscience. En essayant de sortir de la confusion qui se cr&#233;e en lui, il tombera dans de nouvelles confusions et arrivera probablement &#224; la conclusion que ceci et cela sont d&#233;cid&#233;ment du sophisme - un slogan du bon sens contre la Raison instruite, comme le expression r&#234;veuse, l'ignorance de la philosophie l'a constat&#233; une fois pour toutes. - En s'appuyant sur le ressenti, son oracle int&#233;rieur, il en a fini contre celui qui n'est pas d'accord ; Il doit expliquer qu'il n'a plus rien &#224; dire &#224; quiconque ne trouve pas et ne ressent pas la m&#234;me chose en lui-m&#234;me - en d'autres termes, il pi&#233;tine les racines de l'humanit&#233;. Car la nature de ceux-ci est de faire pression pour obtenir un accord avec les autres et leur existence uniquement dans la communaut&#233; de conscience qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. L'anti-humain, l'animal, consiste &#224; rester coinc&#233; dans les sentiments et &#224; ne pouvoir communiquer qu'&#224; travers eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on demandait une voie royale vers la science, on ne pourrait en donner de plus commode que celle de s'appuyer sur le bon sens et, pour progresser avec le temps et la philosophie, des revues d'&#233;crits philosophiques, par exemple les pr&#233;faces et la premi&#232;re il faut lire les paragraphes de celui-ci, car ceux-ci donnent les principes g&#233;n&#233;raux dont tout d&#233;pend, et cela, en plus de la note historique, aussi l'&#233;valuation, qui, parce qu'il s'agit d'une &#233;valuation, va au-del&#224; de ce qui est &#233;valu&#233;. Ce chemin commun se d&#233;roule en robe de chambre, mais en robe de grand pr&#234;tre, l'exaltation de l'&#233;ternel, du saint, de l'infini l'accompagne - un chemin qui est lui-m&#234;me l'&#234;tre imm&#233;diat au centre, le g&#233;nie des id&#233;es profondes et originales et des &#233;clairs &#233;lev&#233;s. de pens&#233;e. Cependant, de m&#234;me qu'une telle profondeur ne r&#233;v&#232;le pas encore la source de l'&#234;tre, de m&#234;me ces fus&#233;es ne sont pas encore l'Empyr&#233;e. Les v&#233;ritables pens&#233;es et connaissances scientifiques ne peuvent &#234;tre acquises que gr&#226;ce au travail du concept. Lui seul peut produire l'universalit&#233; de la connaissance, qui n'est ni l'ind&#233;termination et la pauvret&#233; communes de l'entendement humain commun, mais plut&#244;t une connaissance instruite et compl&#232;te - ni l'extraordinaire g&#233;n&#233;ralit&#233; des dispositions de la raison, qui est corrompue par l'indolence et l'orgueil de l'esprit. le g&#233;nie, mais plut&#244;t celui de sa forme native, la v&#233;rit&#233; d&#233;velopp&#233;e, qui est susceptible d'&#234;tre la propri&#233;t&#233; de toute raison consciente d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque je place ce par quoi la science existe dans le mouvement propre du concept, la consid&#233;ration selon laquelle les aspects mentionn&#233;s ci-dessus et d'autres aspects externes des id&#233;es de notre temps sur la nature et la forme de la v&#233;rit&#233; s'en &#233;cartent, voire sont compl&#232;tement contraires &#224; cela semble &#234;tre une tentative de pr&#233;senter le syst&#232;me scientifique de telle mani&#232;re qu'il ne promet pas un accueil favorable. En attendant, je peux consid&#233;rer que, si, par exemple, l'excellence de la philosophie de Platon est parfois plac&#233;e dans ses mythes scientifiquement sans valeur, il y eut aussi des &#233;poques, qu'on appelle m&#234;me des &#233;poques d'enthousiasme, o&#249; la philosophie aristot&#233;licienne &#233;tait respect&#233;e pour sa profondeur sp&#233;culative. et le Parm&#233;nide de Platon, sans doute la plus grande &#339;uvre d'art de la dialectique antique , &#233;tait consid&#233;r&#233; comme la v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation et l'expression positive de la vie divine , et m&#234;me avec beaucoup d'obscurit&#233; sur ce que c'est. l'extase , cette extase incomprise ne devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre rien d'autre que le pur concept - qu'en outre, l'excellence de la philosophie de notre temps met elle-m&#234;me sa valeur dans la science, et m&#234;me si d'autres la prennent diff&#233;remment, elle ne s'affirme que par elle dans la pratique. Je peux donc &#233;galement esp&#233;rer que cette tentative visant &#224; justifier la science par rapport au concept et &#224; la pr&#233;senter dans son &#233;l&#233;ment propre trouvera son chemin dans la v&#233;rit&#233; int&#233;rieure de la question. Nous devons &#234;tre convaincus que la v&#233;rit&#233; a la nature de p&#233;n&#233;trer quand son heure est venue, et qu'elle n'appara&#238;t que lorsqu'elle est venue, et donc n'appara&#238;t jamais trop t&#244;t ni ne trouve un public immature ; aussi que l'individu a besoin de cet effet pour se prouver dans ce qui est encore sa cause unique et pour &#233;prouver la conviction, qui n'appartient qu'au particulier, comme quelque chose de g&#233;n&#233;ral. Ici, cependant, le public doit souvent &#234;tre distingu&#233; de ceux qui en sont les repr&#233;sentants et les orateurs. Le premier se comporte diff&#233;remment du second &#224; bien des &#233;gards, m&#234;me dans des directions oppos&#233;es. S'il assume avec bonhomie le fait qu'il n'aime pas une &#339;uvre philosophique, alors, eux, s&#251;rs de leur comp&#233;tence, rejettent toute la faute sur l'&#233;crivain. L'effet de celui-ci est plus silencieux que les actions de ces morts lorsqu'ils enterrent leurs morts. Si la compr&#233;hension g&#233;n&#233;rale est maintenant plus instruite, si votre curiosit&#233; est plus alerte et si votre jugement est d&#233;termin&#233; plus rapidement, de sorte que les pieds de ceux qui vous m&#232;neront &#224; l'ext&#233;rieur sont d&#233;j&#224; &#224; la porte, alors ce que l'on peut souvent en distinguer, c'est le processus plus lent. l'effet, c'est-&#224;-dire l'attention, qui a &#233;t&#233; renforc&#233;e par des assurances impressionnantes, ainsi que la correction du bl&#226;me jetable et le fait de donner &#224; une partie un co-monde seulement apr&#232;s un certain temps, tandis qu'une autre n'a plus de post&#233;rit&#233; apr&#232;s cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, d'ailleurs, &#224; une &#233;poque o&#249; la g&#233;n&#233;ralit&#233; de l'esprit est devenue beaucoup plus forte et o&#249; l'individualit&#233;, comme elle devrait l'&#234;tre, est devenue beaucoup plus indiff&#233;rente, la partie qui est dans l'&#339;uvre enti&#232;re tient &#233;galement &#224; sa L'ampleur et la richesse d&#233;velopp&#233;es et les exigences de l'esprit incombant &#224; l'activit&#233; de l'individu ne peuvent &#234;tre que minimes, alors, comme l'exige la nature de la science, l'individu doit d'autant plus s'oublier lui-m&#234;me et devenir et faire ce qu'il peut. mais il doit aussi faire moins avec lui &#234;tre exig&#233;, tout comme il peut attendre moins de lui-m&#234;me et exiger pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une id&#233;e naturelle qu'avant que la philosophie n'aborde le sujet lui-m&#234;me, &#224; savoir la connaissance r&#233;elle de ce qui est dans la v&#233;rit&#233;, il faut d'abord se mettre d'accord sur la connaissance comme l'outil par lequel on prend possession de l'absolu, ou est consid&#233;r&#233; comme le moyen par lequel on le voit. L'inqui&#233;tude semble l&#233;gitime, en partie parce qu'il existe diff&#233;rents types de connaissances, et que l'une d'elles est plus capable que l'autre d'atteindre ce but final, et donc par un mauvais choix entre elles, - en partie aussi parce que la connaissance est une facult&#233; d'un certain sans une d&#233;termination plus pr&#233;cise de sa nature et de ses limites, les nuages &#8203;&#8203;de l'erreur sont saisis au lieu du ciel de la v&#233;rit&#233;. Cette pr&#233;occupation doit m&#234;me se transformer en conviction que tout le d&#233;but de l'acquisition de ce qui est en soi par la connaissance pour la conscience est absurde dans son concept, et qu'il existe une fronti&#232;re qui les s&#233;pare absolument entre la connaissance et la chute Absolue. Car si la connaissance est l'outil pour prendre le contr&#244;le de l'&#234;tre absolu, on remarque imm&#233;diatement que l'application d'un outil &#224; une chose ne la laisse pas telle qu'elle est en elle-m&#234;me, mais op&#232;re avec elle une formation et un changement. Ou si la connaissance n'est pas un outil de notre activit&#233;, mais plut&#244;t un m&#233;dium passif par lequel la lumi&#232;re de la v&#233;rit&#233; nous parvient, alors nous la recevons non pas telle qu'elle est en elle-m&#234;me, mais telle qu'elle est &#224; travers et dans ce m&#233;dium. Dans les deux cas, on utilise un moyen qui produit directement le contraire de sa fin ; ou plut&#244;t, ce qui est absurde, c'est que nous utilisions n'importe quel moyen. Il semble bien que ce probl&#232;me puisse &#234;tre r&#233;solu en connaissant le fonctionnement de l' outil , car il permet de soustraire du r&#233;sultat la part qui appartient &#224; l'outil dans l'id&#233;e que l'on re&#231;oit de l'Absolu &#224; travers lui, et ainsi de suite. pur. En fait, cette am&#233;lioration &#224; elle seule ne ferait que nous ramener l&#224; o&#249; nous en &#233;tions auparavant. Si nous retirons d'une chose form&#233;e ce que l'outil lui a fait, alors la chose - ici l'Absolu - est tout aussi importante pour nous qu'elle l'&#233;tait avant cet effort inutile. Si l'absolu devait &#234;tre rapproch&#233; de nous par l'interm&#233;diaire de l'outil sans rien y changer, comme par exemple le b&#226;ton de chaux de l'oiseau, alors il serait probablement victime de cette astuce s'il n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; avec nous en soi et ne voulait pas &#234;tre l&#224; pour se moquer ; Car une astuce dans ce cas serait de reconna&#238;tre que, par ses multiples efforts, l'expression fait quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent que simplement produire une relation imm&#233;diate et donc sans effort. Ou si le test de reconnaissance que nous, en tant que m&#233;dium,imaginez, nous enseigne la loi de sa r&#233;fraction, il ne sert &#224; rien non plus de la soustraire au r&#233;sultat ; car ce n'est pas l'&#233;clatement du rayon, mais le rayon lui-m&#234;me, par lequel la v&#233;rit&#233; nous touche, qui est la connaissance, et si celle-ci &#233;tait soustraite, seule la direction pure ou le lieu vide nous aurait &#233;t&#233; indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, si la peur de tomber dans l'erreur suscite une m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de la science, qui se met &#224; l'&#339;uvre sans r&#233;serve et sait r&#233;ellement, alors on ne voit pas pourquoi on ne devrait pas, &#224; l'inverse, se m&#233;fier de cette m&#233;fiance et s'inqui&#233;ter de La peur de se tromper est d&#233;j&#224; l'erreur elle-m&#234;me. En fait, elle pr&#233;suppose quelque chose, &#224; savoir certaines choses, comme v&#233;rit&#233;, et fonde ses pr&#233;occupations et ses cons&#233;quences sur cela, qui doit elle-m&#234;me &#234;tre v&#233;rifi&#233;e au pr&#233;alable pour voir si c'est la v&#233;rit&#233;. Cela pr&#233;suppose des id&#233;es sur la connaissance en tant qu'outil et support , ainsi qu'une diff&#233;rence entre nous et cette connaissance ; Mais avant tout, le fait que l'absolu soit d'un c&#244;t&#233; et la connaissance de l'autre, en soi et s&#233;par&#233;e de l'absolu, est quelque chose de r&#233;el, ou par l&#224; la connaissance qui, &#233;tant en dehors de l'absolu, est aussi en dehors de l'absolu. la v&#233;rit&#233; est, mais soyez vrai ; une hypoth&#232;se selon laquelle ce qu'on appelle la peur de l'erreur se r&#233;v&#232;le plut&#244;t &#234;tre une peur de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cons&#233;quence vient de ce que seul l'absolu est vrai, ou que seul le vrai est absolu. Elle peut &#234;tre rejet&#233;e &#224; cause de la diff&#233;rence qu'une connaissance qui ne conna&#238;t pas, comme le veut la science, l'absolu, mais qui est &#233;galement vraie ; et la connaissance en g&#233;n&#233;ral, si elle est incapable de saisir la m&#234;me chose, mais est n&#233;anmoins capable d'autres v&#233;rit&#233;s. Mais nous pouvons maintenant voir que de tels va-et-vient &#233;quivaut &#224; une distinction trouble entre une v&#233;rit&#233; absolue et une autre v&#233;rit&#233;, et que l'absolu, la connaissance, etc., sont des mots qui pr&#233;supposent un sens qui doit d'abord &#234;tre atteint pour pouvoir pour r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'utiliser des id&#233;es et des paroles aussi inutiles pour s'emparer de la connaissance comme d'un outil, de l'absolu, ou comme d'un moyen par lequel nous voyons la v&#233;rit&#233;, etc. - conditions dans lesquelles toutes ces id&#233;es de connaissance de l'absolu et d'absolu qui est s&#233;par&#233; de la connaissance - au lieu des excuses que l'incapacit&#233; de la science cr&#233;e &#224; partir du pr&#233;suppos&#233; de telles conditions afin de se lib&#233;rer de l'effort de la science et en m&#234;me temps de se faire une r&#233;putation d'un effort s&#233;rieux et z&#233;l&#233;, et au lieu de lutter pour trouver des r&#233;ponses &#224; tout cela, elles pourraient &#234;tre carr&#233;ment rejet&#233;es comme des id&#233;es accidentelles et arbitraires, et l'utilisation associ&#233;e de mots comme l'absolu, le savoir, aussi l'objectif et le subjectif, et d'innombrables autres , dont la signification est suppos&#233;e &#234;tre de notori&#233;t&#233; publique, peut m&#234;me &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une fraude. Car pr&#233;tendre, en partie que sa signification est g&#233;n&#233;ralement connue, en partie aussi qu'on a son propre concept, semble plut&#244;t sauver l'essentiel, &#224; savoir donner ce concept. D'un autre c&#244;t&#233;, il serait plus juste d'&#233;viter la peine de pr&#234;ter attention &#224; de telles id&#233;es et &#224; de tels dictons, qui visent &#224; conjurer la science elle-m&#234;me, car ils ne constituent qu'une vaine apparence de la connaissance, qui dispara&#238;t imm&#233;diatement devant l'homme. la science &#233;merge. Mais la science, telle qu'elle appara&#238;t, est elle-m&#234;me un ph&#233;nom&#232;ne ; leur apparition n'a pas encore &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e et &#233;largie dans leur v&#233;rit&#233;. Il n'est pas pertinent ici d'imaginer qu'il s'agit de l'apparence parce qu'elle appara&#238;t &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose d'autre , ou d'appeler cette autre fausse connaissance son apparence. Mais la science doit se lib&#233;rer de cette illusion ; et elle ne peut le faire qu'en se retournant contre lui. Car elle ne peut pas simplement rejeter une connaissance qui n'est pas vraie en tant que vision commune des choses, et affirmer qu'il s'agit d'un type de connaissance compl&#232;tement diff&#233;rent et que cette connaissance n'est rien du tout pour elle ; ni compter sur la punition de quelqu'un de meilleur en lui-m&#234;me. Par cette assurance, elle d&#233;clara que son &#234;tre &#233;tait sa force ; mais la fausse connaissance pr&#233;tend aussi qu'elle existe et assure que la science n'est rien pour elle ; unMais l'assurance s&#232;che est consid&#233;r&#233;e comme tout aussi diff&#233;rente. Encore moins peut-il faire appel &#224; la meilleure connaissance qui existe dans la connaissance non vraie et qui elle-m&#234;me en est le pointeur ; car d'une part cela ferait aussi appel &#224; un &#234;tre ; mais d'autre part, sur lui-m&#234;me, plut&#244;t que sur la mani&#232;re dont il est dans la connaissance non vraie, c'est-&#224;-dire sur une mauvaise mani&#232;re d'&#234;tre, et sur son apparence plut&#244;t que sur ce qu'il est en soi. Pour cette raison, la pr&#233;sentation des connaissances qui apparaissent doit &#234;tre effectu&#233;e ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que cette repr&#233;sentation n'a pour objet que la connaissance apparente, elle n'appara&#238;t pas elle-m&#234;me comme la science libre &#233;voluant sous sa forme particuli&#232;re, mais de ce point de vue, elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le chemin de la conscience naturelle qui p&#233;n&#232;tre vers la vraie connaissance. &#224; prendre ; ou comme le chemin de l'&#226;me, qui parcourt la s&#233;rie de ses formations comme des stations qui lui sont fix&#233;es par sa nature, de sorte qu'elle se purifie en esprit en atteignant la connaissance de ce qu'elle est en elle-m&#234;me par l'exp&#233;rience compl&#232;te d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience naturelle s'av&#233;rera n'&#234;tre qu'un concept de connaissance, ou non une v&#233;ritable connaissance. Mais comme il se consid&#232;re directement comme connaissance r&#233;elle, ce chemin a pour lui une signification n&#233;gative, et pour lui il s'apparente plut&#244;t &#224; une perte de soi, qui est la r&#233;alisation du concept ; parce que de cette fa&#231;on, il perd sa v&#233;rit&#233;. On peut donc y voir la voie du doute , ou plus exactement la voie du d&#233;sespoir ; Ce qu'on entend habituellement par doute ne se produit pas en lui, un &#233;branlement de telle ou telle v&#233;rit&#233; suppos&#233;e, suivi d'une disparition propre du doute et d'un retour &#224; cette v&#233;rit&#233;, de sorte qu'&#224; la fin l'affaire est prise comme avant. C'est plut&#244;t la vision consciente du caract&#232;re mensonger de la connaissance qui appara&#238;t, pour laquelle la chose la plus r&#233;elle est ce qui n'est en v&#233;rit&#233; que le concept non r&#233;alis&#233;. Ce scepticisme auto-r&#233;alisateur n'est donc pas ce pour quoi le z&#232;le s&#233;rieux pour la v&#233;rit&#233; et la science imagine s'&#234;tre pr&#233;par&#233; et &#233;quip&#233; ; &#224; savoir avec l' intention , en science, de ne pas s'abandonner aux id&#233;es des autres sur l'autorit&#233;, mais de tout examiner soi-m&#234;me et de suivre uniquement ses propres convictions, ou mieux encore, de tout produire soi-m&#234;me et de consid&#233;rer uniquement ses propres actions comme vraies.La s&#233;rie de formations que traverse la conscience sur ce chemin est plut&#244;t l'histoire d&#233;taill&#233;e de la formation de la conscience elle-m&#234;me en science. Cette intention pr&#233;sente l'&#233;ducation de la mani&#232;re simple de l'intention comme &#233;tant imm&#233;diatement faite et r&#233;alis&#233;e ; Mais cette voie est la v&#233;ritable mise en &#339;uvre de ce mensonge. Cependant, suivre ses propres convictions, c'est bien plus que s'abandonner &#224; l'autorit&#233; ; Mais en inversant une croyance fond&#233;e sur l'autorit&#233; en une croyance fond&#233;e sur sa propre conviction, le contenu de la croyance n'est pas n&#233;cessairement modifi&#233; et l'erreur est remplac&#233;e par la v&#233;rit&#233;. La seule diff&#233;rence entre &#234;tre coinc&#233; dans un syst&#232;me d'opinion et de pr&#233;jug&#233;s fond&#233;s sur l'autorit&#233; d'autrui ou sur sa propre conviction est la vanit&#233; qui accompagne cette derni&#232;re voie. D'un autre c&#244;t&#233;, le scepticisme, qui se concentre sur l'ensemble de la conscience apparente, rend d'abord l'esprit apte &#224; examiner ce qu'est la v&#233;rit&#233; en provoquant le d&#233;sespoir face aux id&#233;es, pens&#233;es et opinions dites naturelles, qu'il est indiff&#233;rent d'appeler ses propres id&#233;es. propre ou celui des autres, et dont la conscience qui s'appr&#234;te &#224; examiner est encore remplie et afflig&#233;e, mais est donc en r&#233;alit&#233; incapable de ce qu'elle veut entreprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#233;tude des formes de conscience irr&#233;elle r&#233;sultera de la n&#233;cessit&#233; m&#234;me de progression et de connexion. Pour rendre cela compr&#233;hensible, on peut g&#233;n&#233;ralement noter d'avance que la repr&#233;sentation de la conscience non-vraie dans son mensonge n'est pas un mouvement purement n&#233;gatif . La conscience naturelle a g&#233;n&#233;ralement une vision unilat&#233;rale de la chose ; et une connaissance qui fait de cette unilat&#233;ralit&#233; son essence est l'une des formes de la conscience inachev&#233;e, qui tombe dans le cours m&#234;me du chemin et s'y pr&#233;sentera. C'est notamment le scepticisme qui voit toujours le n&#233;ant pur dans le r&#233;sultat et fait abstraction du fait que ce n&#233;ant est bien le n&#233;ant de ce dont il r&#233;sulte . Mais le n&#233;ant, pris comme le n&#233;ant de ce dont il vient, est bien le v&#233;ritable r&#233;sultat ; Il est donc lui-m&#234;me sp&#233;cifique et poss&#232;de un contenu. Le scepticisme, qui aboutit &#224; l'abstraction du n&#233;ant ou du vide, ne peut pas aller plus loin, mais doit attendre de voir si et quoi quelque chose de nouveau se pr&#233;sente &#224; lui pour le jeter dans le m&#234;me ab&#238;me vide. D'autre part, puisque le r&#233;sultat est compris tel qu'il est r&#233;ellement, comme une certaine n&#233;gation, une nouvelle forme appara&#238;t imm&#233;diatement et la transition s'effectue dans la n&#233;gation, de sorte que la progression &#224; travers la s&#233;rie compl&#232;te des formes se produit automatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le but est tout aussi n&#233;cessaire &#224; la connaissance que la s&#233;rie de progressions ; C'est l&#224; o&#249; il n'a plus besoin de se d&#233;passer, o&#249; il se trouve, et le concept correspond &#224; l'objet, l'objet au concept. Les progr&#232;s vers cet objectif sont donc imparables et la satisfaction ne peut &#234;tre trouv&#233;e dans aucune station pr&#233;c&#233;dente. Ce qui se limite &#224; une vie naturelle ne peut &#224; lui seul d&#233;passer son existence imm&#233;diate ; mais il est pouss&#233; au-del&#224; de lui par autre chose, et cet arrachement est sa mort. Mais la conscience est son concept pour soi , d&#233;passant ainsi directement le limit&#233; et, puisque ce limit&#233; lui appartient, au-del&#224; d'elle-m&#234;me ; Chez l'individu, l'au-del&#224; s'offre &#224; lui en m&#234;me temps, m&#234;me s'il n'est, comme dans la perception spatiale, qu'&#224; c&#244;t&#233; du limit&#233;. La conscience laisse donc cette violence g&#226;cher sa satisfaction limit&#233;e envers elle-m&#234;me. Lorsqu'elle ressent cette violence, la peur de la v&#233;rit&#233; peut tr&#232;s bien reculer et s'efforcer de pr&#233;server ce qui est menac&#233; de perte. Mais elle ne trouve pas la paix ; c'est qu'elle veut rester debout dans une indolence irr&#233;fl&#233;chie ; la pens&#233;e atrophie l'&#233;tourderie, et son inqui&#233;tude trouble l'indolence ; ou qu'elle s'impose comme sensibilit&#233;, qui assure que tout est bon &#224; sa mani&#232;re ; Cette assurance souffre aussi de la violence de la raison, qui ne consid&#232;re pas quelque chose comme bon pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'agit d'une esp&#232;ce. Ou bien la peur de la v&#233;rit&#233; peut se cacher d'elle-m&#234;me et des autres derri&#232;re l'apparence, comme si c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le z&#232;le ardent pour la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me qui lui rendait si difficile, voire impossible, la recherche d'une autre v&#233;rit&#233; que la seule que la vanit&#233; continue de faire. se d&#233;tourne de l'&#234;tre plut&#244;t que de toutes les pens&#233;es que l'on a de soi-m&#234;me ou des autres ; Cette vanit&#233;, qui sait d&#233;jouer toute v&#233;rit&#233;, en revient en elle-m&#234;me, et se repa&#238;t de son propre entendement, qui sait toujours dissoudre toutes les pens&#233;es et ne trouver que le moi sec au lieu de tout contenu, est une satisfaction laiss&#233;e &#224; soi. il le doit lui-m&#234;me, car il fuit l'universel et ne recherche que l'&#234;tre pour soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que cela a &#233;t&#233; dit provisoirement et en g&#233;n&#233;ral sur la mani&#232;re et la n&#233;cessit&#233; de la progression, il peut &#234;tre utile de rappeler quelque chose sur la m&#233;thode d'ex&#233;cution . Cette pr&#233;sentation comme rapport de la science &#224; la connaissance qui appara&#238;t , et pr&#233;sent&#233;e comme une enqu&#234;te et un test de la r&#233;alit&#233; de la connaissance , ne semble pas pouvoir avoir lieu sans un pr&#233;alable comme base . Car le test consiste dans l'application d'une norme suppos&#233;e, et dans l'&#233;galit&#233; ou l'in&#233;galit&#233; qui en r&#233;sulte de ce qui est test&#233;, avec elle la d&#233;cision quant &#224; savoir si c'est bien ou mal ; et l'&#233;talon en g&#233;n&#233;ral, et de m&#234;me la science si c'&#233;tait l'&#233;talon, est suppos&#233; comme l' essence ou comme l'en-soi . Mais ici, l&#224; o&#249; la science appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, ni elle-m&#234;me ni quoi qu'elle soit ne s'est justifi&#233;e comme essence ou comme en-soi ; et sans cela, il semble qu'aucun examen ne puisse avoir lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction et son &#233;limination appara&#238;tront plus clairement si nous nous rappelons d'abord les d&#233;terminations abstraites de la connaissance et de la v&#233;rit&#233; telles qu'elles se produisent dans la conscience. Cela distingue quelque chose de lui-m&#234;me, auquel il se r&#233;f&#232;re &#233;galement ; ou, comme on l'exprime, c'est quelque chose pour la m&#234;me chose ; et le c&#244;t&#233; sp&#233;cifique de ce rapport , ou de l' &#234;tre de quelque chose pour une conscience, c'est la connaissance. Mais on distingue l'&#234;tre-en-soi de cet &#234;tre pour un autre ; ce qui rel&#232;ve de la connaissance s'en distingue aussi, et se pose comme &#233;tant en dehors de cette relation ; le c&#244;t&#233; de cet en-soi s'appelle v&#233;rit&#233; . Ce qu'il y a r&#233;ellement dans ces d&#233;terminations ne nous importe pas ici, car puisque la connaissance apparaissante est notre objet, ses d&#233;terminations sont d'abord reprises telles qu'elles se pr&#233;sentent imm&#233;diatement ; et la mani&#232;re dont ils ont &#233;t&#233; appr&#233;hend&#233;s est la fa&#231;on dont ils se pr&#233;sentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous examinons maintenant la v&#233;rit&#233; de la connaissance, il semble que nous examinions ce qu'elle est en soi . Dans cette enqu&#234;te seule, c'est notre objet, c'est pour nous ; et l' en-soi qui en r&#233;sulterait serait plut&#244;t son &#234;tre pour nous ; ce que nous pr&#233;tendrions &#234;tre son essence, non pas sa v&#233;rit&#233;, mais seulement notre connaissance de lui. L'essence ou la norme tomberait en nous, et ce qui serait compar&#233; &#224; elle et ce qui devait &#234;tre d&#233;cid&#233; par cette comparaison ne devrait pas n&#233;cessairement la reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la nature de l'objet que nous examinons d&#233;passe cette s&#233;paration ou cette apparence de s&#233;paration et de pr&#233;suppos&#233;. La conscience &#233;tablit elle-m&#234;me son standard, et l'investigation sera ainsi une comparaison d'elle-m&#234;me avec elle-m&#234;me ; car la distinction qui vient d'&#234;tre faite rel&#232;ve de cela. En lui, il y a une chose pour une autre, ou en g&#233;n&#233;ral il y a en lui la d&#233;termination du moment de la connaissance ; En m&#234;me temps, cet autre n'est pas seulement pour lui , mais aussi en dehors de cette relation ou en soi : l'instant de v&#233;rit&#233;. Nous avons donc la norme qu'elle &#233;tablit pour mesurer sa connaissance par rapport &#224; ce que la conscience d&#233;clare en elle-m&#234;me comme &#233;tant l' en-soi ou la v&#233;rit&#233; . Si l'on appelle connaissance le concept , l'essence ou la v&#233;rit&#233; , ou l'&#234;tre ou l' objet , alors le test consiste &#224; voir si le concept correspond &#224; l'objet. Mais si l'on appelle l'essence ou l'en-soi de l'objet le concept et, d'autre part, comprenons l' objet comme un objet , c'est-&#224;-dire tel qu'il est pour un autre , alors le test consiste &#224; voir si l'objet correspond &#224; son concept. . On peut clairement voir que les deux sont identiques ; Mais l'essentiel est de constater ceci pour toute l'enqu&#234;te, que ces deux moments, concept et objet, &#234;tre-pour-un-autre et &#234;tre-en-soi , tombent dans le savoir que nous enqu&#234;tons, et avec lui nous n'avons pas besoin de apporter des normes avec nous et appliquer nos id&#233;es et nos r&#233;flexions &#224; l'enqu&#234;te ; en les omettant, nous parvenons &#224; consid&#233;rer la chose telle qu'elle est en soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non seulement l'un de nos ingr&#233;dients devient superflu parce que le concept et l'objet, la norme et ce qui doit &#234;tre test&#233;, sont pr&#233;sents dans la conscience elle-m&#234;me, mais nous sommes &#233;galement soulag&#233;s de la peine de comparer les deux et de l' essai proprement dit , de sorte que , &#224; mesure que la conscience s'examine, de ce c&#244;t&#233; aussi nous n'avons que de pure observation. Car la conscience est, d'une part, conscience de l'objet, et, d'autre part, conscience de lui-m&#234;me ; Conscience de ce qui est vrai pour lui et conscience de sa connaissance de celui-ci. Puisque tous deux visent la m&#234;me chose , c'est eux-m&#234;mes leur comparaison ; Il lui importe que sa connaissance de l'objet lui corresponde ou non. Certes, l'objet appara&#238;t seulement tel qu'il sait qu'il est ; Il semble, pour ainsi dire, ne pas pouvoir comprendre &#224; quoi il ressemble, non pas pour la m&#234;me chose , mais ce qu'il est en lui-m&#234;me , et donc ne pas pouvoir tester ses connaissances contre lui. Juste dans le fait qu'elle conna&#238;t un objet, il y a d&#233;j&#224; la diff&#233;rence que pour elle quelque chose est l' en-soi , mais qu'un autre moment est la connaissance ou l'&#234;tre de l'objet pour la conscience. Le test repose sur cette distinction, qui existe. Si les deux ne correspondent pas dans cette comparaison, alors la conscience semble devoir changer sa connaissance pour l'adapter &#224; l'objet, mais en changeant la connaissance, l'objet lui-m&#234;me change en r&#233;alit&#233; ; car la connaissance existante &#233;tait essentiellement une connaissance de l'objet ; Avec la connaissance, il devient aussi une personne diff&#233;rente, parce qu'il appartenait essentiellement &#224; cette connaissance. Il prend ainsi conscience que ce qui &#233;tait auparavant pour lui l' en-soi n'est pas en soi, ou qu'il n'&#233;tait en soi que pour lui . Puisqu'il ne trouve pas que la connaissance de son objet lui corresponde, l'objet lui-m&#234;me ne peut pas non plus durer ; ou le niveau du test change lorsque celui dont il devrait &#234;tre le niveau &#233;choue au test ; et le test n'est pas seulement un test de connaissances mais aussi de niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement dialectique que la conscience exerce sur elle-m&#234;me, tant sur sa connaissance que sur son objet, dans la mesure o&#249; le nouvel objet v&#233;ritable na&#238;t d' elle , est en r&#233;alit&#233; ce qu'on appelle l'exp&#233;rience . &#192; cet &#233;gard, il y a un moment du processus qui vient d'&#234;tre &#233;voqu&#233; qui m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233; plus en d&#233;tail, ce qui apportera un nouvel &#233;clairage sur le c&#244;t&#233; scientifique de la pr&#233;sentation suivante. La conscience sait quelque chose , cet objet est l'essence ou l' en-soi ; mais c'est aussi l' en-soi de la conscience ; Cela cr&#233;e l'ambigu&#239;t&#233; de cette v&#233;rit&#233;. On voit que la conscience a d&#233;sormais deux objets, le premier l' en-soi , le second l'&#234;tre -pour-soi de cet en-soi . Cette derni&#232;re appara&#238;t d'abord comme n'&#233;tant que le reflet de la conscience en elle-m&#234;me, une repr&#233;sentation, non pas d'un objet, mais seulement de sa connaissance du premier. Mais comme nous l'avons montr&#233; pr&#233;c&#233;demment, le premier objet change pour lui ; il cesse d'&#234;tre l'en-soi et devient celui qui n'est l' en-soi que pour lui ; Mais alors voici ce qu'il en est : l'&#234;tre-pour-il est cet en-soi , la v&#233;rit&#233;, mais cela veut dire que ceci est l' essence , ou son objet . Ce nouvel objet contient la nullit&#233; du premier ; c'est l'exp&#233;rience faite &#224; son sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un moment dans cette repr&#233;sentation du d&#233;roulement de l'exp&#233;rience qui ne semble pas correspondre &#224; ce que l'on entend habituellement par exp&#233;rience. Le passage du premier objet et la connaissance de celui-ci &#224; l'autre objet sur lequel on dit que l'exp&#233;rience s'est faite s'est &#233;nonc&#233; de telle mani&#232;re que la connaissance du premier objet, ou la pour -la-conscience du premier in- lui-m&#234;me, qui devrait devenir le deuxi&#232;me objet lui-m&#234;me. D'un autre c&#244;t&#233;, il semble que nous &#233;prouvions le mensonge de notre premier concept avec un autre objet que nous trouvons par hasard et ext&#233;rieurement, de sorte que seule la compr&#233;hension pure de ce qui est en et pour soi tombe en nous. Dans cette perspective, cependant, le nouvel objet se r&#233;v&#232;le &#234;tre le r&#233;sultat d'un renversement de la conscience elle-m&#234;me. Cette consid&#233;ration de la mati&#232;re est notre ingr&#233;dient, &#224; travers lequel la s&#233;rie d'exp&#233;riences de conscience s'&#233;l&#232;ve au niveau d'un processus scientifique. ce n'est pas pour la conscience que nous avons du respect. Mais il s'agit en r&#233;alit&#233; de la m&#234;me circonstance qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e plus haut &#224; propos du rapport de cette repr&#233;sentation au scepticisme, &#224; savoir que le r&#233;sultat qui na&#238;t toujours d'une connaissance qui n'est pas vraie ne doit pas converger vers un n&#233;ant vide mais doit n&#233;cessairement &#234;tre compris comme tel. le n&#233;ant de ce dont il est le r&#233;sultat ; un r&#233;sultat qui contient ce que la connaissance ant&#233;rieure contient de vrai. Cela se pr&#233;sente ici de telle mani&#232;re que, &#224; mesure que ce qui est apparu d'abord comme objet s'enfonce &#224; la conscience dans sa connaissance, et que l' en-soi devient un &#234;tre-pour-la-conscience de l' en-soi , c'est l&#224; l'essence m&#234;me de l'objet. un nouvel objet, avec lequel appara&#238;t &#233;galement une nouvelle forme de conscience, qui est essentiellement diff&#233;rente de la pr&#233;c&#233;dente. C'est cette circonstance qui guide la n&#233;cessit&#233; de toute la s&#233;quence des formes de conscience. Seule cette n&#233;cessit&#233; elle-m&#234;me, ou l' &#233;mergence du nouvel objet, qui se pr&#233;sente &#224; la conscience sans savoir comment cela se produit, est ce qui se passe pour nous dans son dos, pour ainsi dire. Il en r&#233;sulte qu'un moment d'&#234;tre en soi ou pour nous entre dans son mouvement , qui ne se pr&#233;sente pas &#224; la conscience impliqu&#233;e dans l'exp&#233;rience elle-m&#234;me ; Mais le contenu de ce qui surgit pour nous est pour lui , et nous n'en comprenons que l'aspect formel, ou sa pure &#233;mergence ; pour elle, cette chose cr&#233;&#233;e n'est qu'un objet, pour nousen m&#234;me temps que le mouvement et le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de cette n&#233;cessit&#233;, ce chemin vers la science lui-m&#234;me est d&#233;j&#224; la science , et selon son contenu, la science de l' exp&#233;rience de la conscience .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience que la conscience fait d'elle-m&#234;me ne peut, dans son concept, comprendre rien de moins que tout son syst&#232;me, ou tout le domaine de la v&#233;rit&#233; de l'esprit, de sorte que ses moments se pr&#233;sentent dans cette d&#233;termination particuli&#232;re, non abstraite, les purs sont des moments, mais tels qu'ils le sont pour la conscience, ou tels que la conscience elle-m&#234;me appara&#238;t dans sa relation avec eux, les moments du tout &#233;tant des formes de conscience . &#192; mesure qu'il avance vers sa v&#233;ritable existence, il atteindra un point o&#249; il perdra son apparence d'&#234;tre afflig&#233; de quelque chose d'&#233;trange qui n'est qu'&#224; lui et comme quelque chose d'autre, ou o&#249; l'apparence deviendra comme l'essence, sa repr&#233;sentation co&#239;ncidera ainsi avec cela. point m&#234;me de la science actuelle de l'esprit, et enfin, en saisissant cette essence m&#234;me, il d&#233;signera la nature m&#234;me de la connaissance absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude sensuelle ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou le ceci et le sens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance qui est premi&#232;re ou imm&#233;diate notre objet ne peut &#234;tre autre que celle qui est elle-m&#234;me connaissance imm&#233;diate, connaissance de l' imm&#233;diat ou de l'&#234;tre . Nous devons nous comporter de la m&#234;me mani&#232;re directe ou r&#233;ceptive , c'est-&#224;-dire ne rien changer &#224; ce qui se pr&#233;sente et emp&#234;cher la compr&#233;hension de l'appr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu concret de la certitude sensorielle la fait appara&#238;tre imm&#233;diatement comme la connaissance la plus riche , voire d'une richesse infinie, pour laquelle nous sommes tout aussi susceptibles d'&#234;tre dehors dans l'espace et le temps dans lesquels elle se propage que si nous en faisions partie. prenez de cette pl&#233;nitude et entrez -y par la division , aucune limite ne peut &#234;tre trouv&#233;e. Elle para&#238;t aussi &#234;tre la plus vraie ; car elle n'a encore rien laiss&#233; de c&#244;t&#233; de l'objet, mais l'a plut&#244;t devant elle dans toute sa compl&#233;tude. Mais cette certitude se pr&#233;sente en r&#233;alit&#233; comme la v&#233;rit&#233; la plus abstraite et la plus pauvre . Elle ne dit cela que de ce qu'elle sait : c'est ; et sa v&#233;rit&#233; ne contient que l' &#234;tre de la chose ; La conscience, elle, n'est dans cette certitude que comme un pur ego ; ou bien je n'y suis qu'aussi pur ceci , et l'objet n'est aussi qu'aussi pur ceci . Moi, celui-ci , je ne suis pas certain de cette question parce que moi, en tant que conscience, je me suis d&#233;velopp&#233; et j'ai d&#233;plac&#233; mes pens&#233;es de diff&#233;rentes mani&#232;res. Ni parce que la chose dont je suis certain a un rapport riche avec elle-m&#234;me, ou un comportement multiple &#224; modifier, selon de nombreuses propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes. Ni l'un ni l'autre ne concerne la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible ; ni moi ni la chose n'ont le sens d'une m&#233;diation diverse ; Je n'ai pas le sens d'une conception ou d'une pens&#233;e diverse, ni la chose le sens de qualit&#233;s diverses ; mais le probl&#232;me est que ; et elle l' est , juste parce qu'elle l' est ; c'est , c'est l'essence de la connaissance sensorielle, et cet &#234;tre pur ou cette simple imm&#233;diatet&#233; constitue sa v&#233;rit&#233; . De m&#234;me, la certitude en tant que relation est une relation imm&#233;diate et pure ; La conscience est moi , rien de plus, un pur Ceci ; l' individu conna&#238;t cela purement, ou l'individu .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; bien y regarder, bien d'autres choses sont en jeu dans l' &#234;tre pur qui constitue l'essence de cette certitude et qu'elle exprime comme sa v&#233;rit&#233;. Une v&#233;ritable certitude sensorielle n'est pas seulement cette pure imm&#233;diatet&#233;, mais un exemple de celle-ci. Parmi les innombrables diff&#233;rences qui se produisent, nous trouvons partout la diff&#233;rence principale, &#224; savoir que les deux d&#233;j&#224; mentionn&#233;s ceux-ci , a ceci en tant que moi et a ceci en tant qu'objet , tombent imm&#233;diatement hors de l'&#234;tre pur. Si l'on r&#233;fl&#233;chit &#224; cette diff&#233;rence, il appara&#238;t que ni l'un ni l'autre ne sont seulement imm&#233;diats , dans la certitude sensorielle, mais en m&#234;me temps m&#233;diatis&#233;s ; J'ai la certitude par autre chose, &#224; savoir la chose ; et ceci est aussi en certitude par un autre, &#224; savoir par moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement nous qui faisons cette diff&#233;rence entre essence et exemple, entre imm&#233;diatet&#233; et m&#233;diation, mais nous la trouvons dans la certitude sensorielle elle-m&#234;me ; et il doit &#234;tre re&#231;u sous la forme sous laquelle il est en elle, non sous la forme que nous venons de d&#233;finir. Il y a une chose qui y est pos&#233;e comme l'&#234;tre simple et imm&#233;diat, ou comme l'essence, l'objet ; mais l'autre, comme inessentiel et m&#233;diatis&#233;, qui n'est pas en soi mais &#224; travers un autre, moi, une connaissance qui ne conna&#238;t l'objet que parce qu'il existe, et qui peut &#234;tre ou ne pas &#234;tre. Mais l'objet est la v&#233;rit&#233; et l'essence ; c'est le cas , que cela soit connu ou non ; il reste, m&#234;me s'il n'est pas connu ; Mais la connaissance n'existe pas si l'objet n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc consid&#233;rer l'objet s'il est bien, au sens m&#234;me de certitude, comme l'&#234;tre pour lequel il se pr&#233;sente par lui ; si ce concept d'&#234;tre correspond &#224; la fa&#231;on dont il existe en elle. En fin de compte, nous n'avons pas besoin de r&#233;fl&#233;chir sur lui et de penser &#224; ce qu'il veut vraiment &#234;tre, mais seulement de le regarder tel que le porte la certitude sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous devez donc vous demander : qu'est-ce que c'est ? Si nous le prenons sous la double forme de son &#234;tre, comme le maintenant et comme l' ici , la dialectique qu'il porte en elle recevra une forme aussi compr&#233;hensible qu'elle l'est elle-m&#234;me. A la question : Qu'est-ce que le maintenant ? Alors r&#233;pondons, par exemple : C'est maintenant la nuit . Pour tester la v&#233;racit&#233; de cette certitude sensorielle, une simple exp&#233;rience suffit. Nous &#233;crivons cette v&#233;rit&#233; ; une v&#233;rit&#233; ne peut pas &#234;tre perdue en l'&#233;crivant ; cela ne signifie pas non plus que nous les gardons. Si nous regardons &#224; nouveau la v&#233;rit&#233; &#233;crite cet apr&#232;s-midi , nous devrons dire qu'elle est devenue obsol&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintenant, qui est la nuit, est pr&#233;serv&#233; , c'est-&#224;-dire qu'il est trait&#233; comme ce qu'il est donn&#233; d'&#234;tre, comme un &#234;tre ; mais il s'av&#232;re plut&#244;t que c'est une chose inexistante. Le Maintenant lui-m&#234;me se maintient, mais comme quelque chose qui n'est pas la nuit ; de la m&#234;me mani&#232;re, il se maintient par rapport au jour qu'il est maintenant, comme quelque chose qui n'est pas non plus le jour ; ou comme n&#233;gatif du tout. Ce moment auto-pr&#233;serv&#233; n'est donc pas imm&#233;diat mais m&#233;diatis&#233; ; car il est d&#233;termin&#233; comme quelque chose de permanent et d'auto-entretenu en ce sens que les autres choses, &#224; savoir le jour et la nuit, n'existent pas. Pourtant il est toujours aussi simple qu'avant, Maintenant , et dans cette simplicit&#233; il est indiff&#233;rent &#224; ce qui se joue encore avec lui ; De m&#234;me que la nuit et le jour ne sont pas son &#234;tre, ils sont aussi le jour et la nuit ; il n'est nullement affect&#233; par son alt&#233;rit&#233;. Une chose si simple, qui par n&#233;gation n'est ni ceci ni cela, n'est pas ceci , et est &#233;galement indiff&#233;rente au fait d'&#234;tre ceci ou cela, nous l'appelons un universel ; L'universel est donc bien la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exprimons aussi le sensible comme un universel ; ce que nous disons, c'est : Ceci , c'est-&#224;-dire le ceci g&#233;n&#233;ral ; ou : c'est ; c'est-&#224;-dire &#234;tre en g&#233;n&#233;ral . Bien entendu, nous n'imaginons pas le g&#233;n&#233;ral ceci, ni l'&#234;tre en g&#233;n&#233;ral , mais nous exprimons le g&#233;n&#233;ral ; ou bien nous ne parlons tout simplement pas comme nous l' entendons dans cette certitude sensorielle . Mais le langage, comme nous le voyons, est ce qu'il y a de plus v&#233;ridique ; Nous y r&#233;futons nous-m&#234;mes directement notre opinion , et puisque l'universel est la v&#233;rit&#233; de la certitude sensuelle, et que le langage ne fait qu'exprimer cette v&#233;rit&#233;, il n'est pas du tout possible que nous puissions jamais dire d'un &#234;tre sensuel ce que nous voulons dire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera le m&#234;me cas avec l'autre forme de ceci, avec le here . Par exemple, voici l' arbre . Je me retourne et cette v&#233;rit&#233; a disparu et s'est transform&#233;e en le contraire : ceci n'est pas un arbre , mais plut&#244;t une maison . L' ici lui-m&#234;me ne dispara&#238;t pas ; elle est plut&#244;t permanente dans la disparition de la maison, de l'arbre, etc., et est indiff&#233;rente au fait d'&#234;tre une maison ou un arbre. Cela se manifeste &#224; nouveau comme une simplicit&#233; m&#233;diatis&#233;e ou comme une g&#233;n&#233;ralit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette certitude sensuelle, en ce qu'elle prouve que l'universel en soi est la v&#233;rit&#233; de son objet, reste donc l'&#234;tre pur comme son essence, mais non pas comme une essence imm&#233;diate, mais &#224; laquelle la n&#233;gation et la m&#233;diation sont essentielles ; non pas comme ce que nous entendons par &#234;tre , mais &#234;tre avec la d&#233;termination qu'il s'agit d'une abstraction ou d'un purement universel, et notre opinion , pour laquelle le vrai de la certitude sensible n'est pas l'universel, reste uniquement vide ou indiff&#233;rente au pr&#233;sent et il reste encore ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare la relation dans laquelle le savoir et l' objet sont apparus d'abord avec la relation dans laquelle ils apparaissent dans ce r&#233;sultat, la situation est invers&#233;e. L'objet qui &#233;tait cens&#233; &#234;tre l'essentiel est maintenant l'inessentiel de la certitude sensible, parce que l'universel qu'il est devenu n'est plus tel qu'il devrait lui &#234;tre essentiel, mais est maintenant &#224; l'oppos&#233;, c'est-&#224;-dire pr&#233;sent dans la connaissance qui &#233;tait auparavant l'inessentiel. Sa v&#233;rit&#233; est dans l'objet comme mon objet, ou dans le mien , c'est parce que je le connais. La certitude sensuelle est ainsi chass&#233;e de l'objet, mais n'est pas pour autant abolie, mais est seulement repouss&#233;e dans le moi ; c'est voir ce que l'exp&#233;rience nous montre de leur r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance de sa v&#233;rit&#233; r&#233;side d&#233;sormais dans le Je , dans l'imm&#233;diatet&#233; de ma vision, de mon audition , etc. ; La disparition des individus Maintenant et Ici, dont nous parlons, est emp&#234;ch&#233;e par le fait que je m'accroche &#224; eux. Aujourd'hui c'est jour parce que je le vois ; C'est un arbre , juste pour cette raison. Mais la certitude sensorielle &#233;prouve dans ce rapport la m&#234;me dialectique que dans le pr&#233;c&#233;dent. Moi, ceci , je vois l'arbre et je revendique l'arbre comme ici ; Mais un autre voit la maison et pr&#233;tend que ce n'est pas un arbre, mais plut&#244;t une maison. Les deux v&#233;rit&#233;s ont la m&#234;me authentification, &#224; savoir l'imm&#233;diatet&#233; de la vue, et la certitude et l'assurance des deux dans leur connaissance ; mais l'un dispara&#238;t dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne dispara&#238;t pas ici, c'est moi , en tant que g&#233;n&#233;ral , dont la vision n'est ni une vision de l'arbre ni de cette maison, mais une simple vision, qui se traduit par la n&#233;gation de cette maison et ainsi de suite, tout aussi simple et indiff&#233;rente &#224; qu'y a-t-il d'autre qui joue contre la maison, qui est l'arbre. Je n'est que des choses g&#233;n&#233;rales, comme maintenant , ici ou ceci en g&#233;n&#233;ral ; Je veux dire un seul je , mais aussi peu que je puisse dire ce que j'entends par Maintenant, Ici, tout aussi peu &#224; propos de moi. En disant : ceci ici, maintenant, ou un seul , je dis : tous ceux-l&#224;, tous ici, maintenant, seuls ; De m&#234;me, quand je dis : moi, ce moi individuel, je dis en g&#233;n&#233;ral : tout moi ; tout le monde est ce que je dis : moi, cet individu je. Si cette exigence est pr&#233;sent&#233;e &#224; la science comme une pierre d'essai sur laquelle elle ne peut tout simplement pas s'appuyer pour d&#233;duire, construire, trouver a priori ce qu'on appelle cette personne, oucette chose dit de quelle chose ou de quoi je parle ; mais il est impossible de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La certitude sensuelle exp&#233;rimente donc que son essence n'est ni dans l'objet ni dans le Je, et que l'imm&#233;diatet&#233; n'est ni l'imm&#233;diatet&#233; de l'un ni de l'autre, car ce que je veux dire dans les deux est plut&#244;t inessentiel, et l'objet et moi sont des g&#233;n&#233;raux dans lesquels le maintenant, l'ici et le moi dont je parle ne reste pas ou n'est pas . De cette mani&#232;re, nous arrivons &#224; poser la totalit&#233; de la certitude sensorielle elle-m&#234;me comme son essence , et non plus seulement un moment de celle-ci, comme cela s'est produit dans les deux cas o&#249; d'abord l'objet oppos&#233; au moi, puis le moi, &#233;tait cens&#233; en &#234;tre son essence. r&#233;alit&#233;. C'est donc seulement la certitude sensorielle elle-m&#234;me tout enti&#232;re qui la retient comme imm&#233;diatet&#233; et exclut ainsi d'elle-m&#234;me toute l'opposition qui a eu lieu dans la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pure imm&#233;diatet&#233; implique donc l'alt&#233;rit&#233; de l'ici comme arbre, qui se fond dans un ici qui n'est pas un arbre, l'alt&#233;rit&#233; du maintenant comme jour, qui se fond dans un maintenant qui est nuit, ou un autre soi pour lequel autre chose est un objet, rien de plus. Sa v&#233;rit&#233; se maintient comme une relation coh&#233;rente qui ne fait aucune distinction entre le moi et l'objet en termes d'essentialit&#233; et de non-essentialit&#233;, et dans laquelle aucune diff&#233;rence ne peut p&#233;n&#233;trer. Moi, celui-l&#224;, je maintiens donc cet ici comme un arbre et je ne me retourne pas pour que cet ici devienne pour moi un non-arbre ; Je ne fais pas non plus attention au fait qu'un autre je consid&#232;re cet ici comme un non-arbre, ou que moi-m&#234;me, une autre fois, je consid&#232;re l'ici comme un non-arbre, le pr&#233;sent comme un non-jour, mais je suis un pur regard. ; Pour moi, je m'en tiens au fait que maintenant c'est le jour, ou que voici l'arbre ; Ne comparez pas l'ici et le maintenant, mais tenez-vous-en &#224; une relation imm&#233;diate : le pr&#233;sent est le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque cette certitude ne veut plus appara&#238;tre, si nous attirons notre attention sur un maintenant qui est nuit ou sur un ego pour qui c'est nuit, nous y intervenons et nous laissons montrer le maintenant revendiqu&#233;. Il faut se laisser montrer , car la v&#233;rit&#233; de cette relation imm&#233;diate est la v&#233;rit&#233; de ce je, qui se limite &#224; un maintenant ou &#224; un ici . Si nous devions examiner plus tard cette v&#233;rit&#233; ou nous en &#233;loigner , elle n'aurait aucun sens, car nous abolirions l'imm&#233;diatet&#233; qui lui est essentielle. Il faut donc entrer dans le m&#234;me point du temps ou de l'espace, se le montrer, c'est-&#224;-dire se laisser transformer en ce Je qui est celui qui sait avec certitude. Voyons donc quel est le caract&#232;re imm&#233;diat qui nous est montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintenant est affich&#233; ; &#231;a maintenant . Maintenant ; il a d&#233;j&#224; cess&#233; d'&#234;tre en &#233;tant montr&#233; ; Le maintenant , c'est -&#224;-dire , est diff&#233;rent de celui montr&#233;, et nous voyons que le maintenant est pr&#233;cis&#233;ment cela, en ce sens qu'il n'est plus. Le pr&#233;sent, tel qu'il nous est montr&#233;, est un pass&#233; ; et c'est sa v&#233;rit&#233; ; il n'a pas la v&#233;rit&#233; d'&#234;tre. C'est donc vrai que c'est arriv&#233;. Mais ce qui a &#233;t&#233; n'est en r&#233;alit&#233; pas un &#234;tre ; ce n'est pas le cas , et &#234;tre c'&#233;tait faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans cette d&#233;monstration, nous ne voyons qu'un mouvement et son d&#233;roulement suivant : 1) Je montre le maintenant, il est affirm&#233; comme le vrai ; Mais je le montre comme quelque chose qui a &#233;t&#233;, ou quelque chose qui a &#233;t&#233; aboli, j'abolis la premi&#232;re v&#233;rit&#233;, et 2) j'affirme maintenant comme la seconde v&#233;rit&#233; qu'elle &#233;tait , a &#233;t&#233; abolie. 3) Mais ce qui &#233;tait n'est pas ; J'abolis avoir &#233;t&#233; ou avoir &#233;t&#233; an&#233;anti, la seconde v&#233;rit&#233;, niant ainsi la n&#233;gation du maintenant, et reviens ainsi &#224; la premi&#232;re affirmation : que maintenant est. Le Maintenant et la manifestation du Maintenant sont ainsi constitu&#233;s de telle mani&#232;re que ni le Maintenant ni la manifestation du Maintenant ne sont une chose simple et imm&#233;diate, mais plut&#244;t un mouvement qui comporte divers moments ; Ceci est pos&#233;, mais plut&#244;t autre chose est pos&#233;, ou ceci est aboli : et cette alt&#233;rit&#233; ou abolition de la premi&#232;re est elle-m&#234;me &#224; nouveau abolie , et ainsi revient au premier. Mais ce premier r&#233;fl&#233;chi n'est pas exactement le m&#234;me que ce qu'il &#233;tait d'abord, &#224; savoir un imm&#233;diat ; mais c'est quelque chose qui se refl&#232;te en soi , ou simple , qui reste ce qu'il est en &#233;tant diff&#233;rent ; un Maintenant, qui est absolument plusieurs Maintenant ; et c'est le vrai Maintenant ; le Maintenant comme un simple jour qui comporte de nombreux Maintenant, des heures ; un tel maintenant, une heure, &#233;quivaut &#224; autant de minutes, et ce maintenant repr&#233;sente &#233;galement plusieurs maintenant, et ainsi de suite. &#8211; Montrer est en soi le mouvement qui exprime ce qu'est r&#233;ellement le pr&#233;sent ; &#224; savoir un r&#233;sultat, ou une multiplicit&#233; de maintenant r&#233;sum&#233;s ; et montrer, c'est exp&#233;rimenter ce qui est d&#233;sormais universel .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' ici montr&#233; auquel je m'accroche est aussi ceci ici, qui en fait n'est pas cela ici, mais est un devant et un derri&#232;re, un haut et un bas, une droite et une gauche. Le dessus lui-m&#234;me est aussi cette alt&#233;rit&#233; multiple en haut, en bas, etc. L'ici qui devrait &#234;tre montr&#233; dispara&#238;t dans d'autres ici, mais ceux-ci disparaissent aussi ; Ce qui est montr&#233;, tenu et demeure est un ceci n&#233;gatif , ce qui n'est ainsi que parce que les ici sont pris comme ils le devraient, mais en cela ils s'annulent ; c'est un teint simple parmi tant d'autres ici. Ce qui est ici signifi&#233; serait le point important ; mais ce n'est pas le cas, mais plut&#244;t, en le montrant comme &#233;tant, la d&#233;monstration se r&#233;v&#232;le non pas comme une connaissance imm&#233;diate, mais comme un mouvement depuis l'ici pr&#233;vu &#224; travers de nombreux ici vers l'ici g&#233;n&#233;ral, qui, comme le jour, est une simple multiplicit&#233;. du Maintenant, une multiplicit&#233; si simple qui est ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devient clair que la dialectique de la certitude sensorielle n'est rien d'autre que la simple histoire de son mouvement ou de son exp&#233;rience, et que la certitude sensorielle elle-m&#234;me n'est rien d'autre que cette histoire. La conscience naturelle va donc toujours vers ce r&#233;sultat, ce qui est vrai &#224; son propos, et en fait l'exp&#233;rience ; mais il l'oublie encore et encore et recommence le mouvement. Il est donc &#233;tonnant que, contre cette exp&#233;rience, comme exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale, comme affirmation philosophique et m&#234;me par suite du scepticisme, on affirme que la r&#233;alit&#233; ou l'&#234;tre des choses ext&#233;rieures comme celles-ci , ou sensuelles, a une v&#233;rit&#233; absolue. pour la conscience ; En m&#234;me temps, une telle affirmation ne sait pas ce qu'elle dit, ne sait pas qu'elle dit le contraire de ce qu'elle veut dire. La v&#233;rit&#233; du sensoriel pour la conscience devrait &#234;tre l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale ; mais c'est plut&#244;t le contraire qui est l'exp&#233;rience commune ; Chaque conscience elle-m&#234;me annule une v&#233;rit&#233; telle que, par exemple : ceci est un arbre , ou ceci est midi , et dit le contraire : ceci n'est pas un arbre, mais une maison ; et si en cela la premi&#232;re assertion qui annule est encore une assertion semblable d'un ceci sensible, elle l'annule imm&#233;diatement de la m&#234;me mani&#232;re ; et dans tous les sens, la certitude n'&#233;prouvera en v&#233;rit&#233; que ce que nous avons vu, &#224; savoir qu'il s'agit d'une exp&#233;rience universelle , &#224; l'oppos&#233; de ce que cette pr&#233;tention nous assure d'&#234;tre une exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale. &#8211; Avec cet appel &#224; l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale, il peut &#234;tre permis d'anticiper la consid&#233;ration de la pratique. &#192; cet &#233;gard, on peut dire que ceux qui affirment la v&#233;rit&#233; et la certitude de la r&#233;alit&#233; des objets sensibles se r&#233;f&#232;rent &#224; l'&#233;cole de sagesse la plus basse, &#224; savoir aux anciens myst&#232;res d'&#201;leusiens de C&#233;r&#232;s et de Bacchus, et au myst&#232;re de la consommation des objets sensibles. apprendre &#224; manger du pain et &#224; boire du vin ; car celui qui est initi&#233; &#224; ces myst&#232;res en vient non seulement &#224; douter de l'existence des choses sensibles, mais encore &#224; en d&#233;sesp&#233;rer ; et en eux, il accomplit lui-m&#234;me en partie leur vanit&#233;, et en partie il les voit s'accomplir. Les animaux ne sont pas non plus exclus de cette sagesse, mais s'y r&#233;v&#232;lent plut&#244;t les plus profond&#233;ment initi&#233;s, car ils ne s'arr&#234;tent pas aux choses sensibles comme existant en eux-m&#234;mes, mais d&#233;sesp&#232;rent de cette r&#233;alit&#233; et dans la certitude totale de son n&#233;ant, ils aspirent &#224; mangez-les et consommez-les facilement ; et toute la nature c&#233;l&#232;bre ces myst&#232;res manifestes, qui lui apprennent quelle est la v&#233;rit&#233; des choses sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, selon des remarques pr&#233;c&#233;dentes, ceux qui font eux-m&#234;mes de telles affirmations disent aussi exactement le contraire de ce qu'ils veulent dire ; un ph&#233;nom&#232;ne qui est peut-&#234;tre le plus susceptible de nous faire r&#233;fl&#233;chir sur la nature de la certitude sensible. Ils parlent de l'existence d' objets ext&#233;rieurs , qui peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;s encore plus pr&#233;cis&#233;ment comme des choses r&#233;elles , absolument individuelles, tout &#224; fait personnelles, individuelles , dont chacune n'a plus son &#233;gale absolue ; cette existence a une certitude et une v&#233;rit&#233; absolues. Vous voulez dire ce morceau de papier sur lequel j'&#233;cris ceci , ou plut&#244;t je l'ai &#233;crit ; mais ils ne disent pas ce qu'ils veulent dire. S'ils voulaient vraiment dire ce qu'ils pensent &#224; ce morceau de papier, et s'ils voulaient le dire , alors cela est impossible parce que le sens sensoriel de ce qui est signifi&#233; est inaccessible &#224; partir du langage qui appartient &#224; la conscience, qui est universelle en elle-m&#234;me . Par cons&#233;quent, sous la tentative r&#233;elle de le dire, cela moisirait ; Ceux qui ont commenc&#233; sa description ne pourraient pas la compl&#233;ter, mais devraient la laisser &#224; d'autres qui finiraient par admettre eux-m&#234;mes parler d'une chose qui n'existe pas . Vous parlez donc probablement de ce morceau de papier, qui est compl&#232;tement diff&#233;rent de celui ci-dessus ; mais ils parlent de choses r&#233;elles, d'objets ext&#233;rieurs ou sensibles, d'&#234;tres absolument individuels , etc., c'est-&#224;-dire qu'ils n'en parlent qu'en termes g&#233;n&#233;raux ; Par cons&#233;quent, ce qu'on appelle l'indicible n'est rien d'autre que le faux, le d&#233;raisonnable, simplement le sous-entendu. &#8211; Si on ne dit rien d'autre de quelque chose que de dire qu'il s'agit d'une chose r&#233;elle , d'un objet ext&#233;rieur , alors cela s'exprime seulement comme le plus universel, et donc son &#233;galit&#233; avec tout, plut&#244;t que sa diff&#233;rence. Si je dis une seule chose , je le dis plut&#244;t comme une chose tout &#224; fait g&#233;n&#233;rale , car elles sont toutes une seule chose ; et de m&#234;me, cette chose est tout ce qu'on veut. Plus pr&#233;cis&#233;ment, comme ce morceau de papier , tout et chaque morceau de papier est ce morceau de papier, et je n'ai jamais dit que la chose g&#233;n&#233;rale. Mais je veux aider le discours, qui a le caract&#232;re divin de pervertir imm&#233;diatement l'opinion, de la transformer en autre chose, et ainsi de ne pas permettre qu'elle soit prononc&#233;e du tout , en montrant ce morceau de papier, alors j'exp&#233;rimente ce qu'est r&#233;ellement la v&#233;rit&#233; de la certitude sensorielle ; Je le montre comme un ici , qui est un ici d'autres ici, ou en soi une simple combinaison de plusieurs ici , c'est-&#224;-dire un g&#233;n&#233;ral ; je l'accepte donc tel qu'il est r&#233;ellement, et au lieu de conna&#238;tre quelque chose d'imm&#233;diat, je per&#231;ois .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; II&lt;br class='autobr' /&gt;
La perception ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou la chose, et la tromperie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La certitude imm&#233;diate ne prend pas ce qui est vrai, parce que sa v&#233;rit&#233; est l'universel, mais elle veut prendre ce que c'est . La perception, au contraire, prend ce qui est son &#234;tre comme un universel. De m&#234;me que l'universalit&#233; est son principe en g&#233;n&#233;ral, les moments qui en diff&#232;rent imm&#233;diatement le sont &#233;galement, I est g&#233;n&#233;ral et l'objet est g&#233;n&#233;ral. Ce principe est apparu pour nous , et notre r&#233;ception de la perception n'est donc plus une r&#233;ception apparente, comme celle de la certitude sensorielle, mais une r&#233;ception n&#233;cessaire. Dans l'&#233;mergence du principe, les deux moments, qui ne ressortent que par leur apparence , sont devenus en m&#234;me temps ; l'un est le mouvement de pointer, l'autre le m&#234;me mouvement, mais comme une chose simple ; que la perception , que l' objet . L'objet est essentiellement le m&#234;me que le mouvement : c'est le d&#233;roulement et la diff&#233;renciation des instants, c'est la combinaison de ceux-ci. Pour nous ou en soi, le g&#233;n&#233;ral comme principe est l' essence de la perception ; et contre cette abstraction, les deux distinguaient, le percevant et le per&#231;u, l' inessentiel . Mais en fait, parce que tous deux sont eux-m&#234;mes l'universel ou l'essence, ils sont tous deux essentiels ; Mais comme ils se rapportent les uns aux autres comme des oppos&#233;s, un seul peut &#234;tre l'&#233;l&#233;ment essentiel de la relation ; et la diff&#233;rence entre l'essentiel et l'inessentiel doit &#234;tre r&#233;partie entre eux. Celui qui est d&#233;termin&#233; comme simple, l'objet, est l'essence, qu'il soit per&#231;u ou non ; Mais la perception en tant que mouvement est une chose impermanente, qui peut &#234;tre ou non, et qui n'est pas essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet objet doit maintenant &#234;tre d&#233;termin&#233; plus en d&#233;tail et cette d&#233;termination doit &#234;tre bri&#232;vement d&#233;velopp&#233;e &#224; partir des r&#233;sultats qui en d&#233;coulent ; le d&#233;veloppement plus d&#233;taill&#233; n'a pas sa place ici. Puisque son principe, l'universel, est m&#233;diatis&#233; dans sa simplicit&#233; , il doit l'exprimer en lui-m&#234;me comme sa nature ; Il se r&#233;v&#232;le ainsi &#234;tre une chose dot&#233;e de nombreuses propri&#233;t&#233;s . La richesse de la connaissance sensorielle appartient &#224; la perception, non &#224; la certitude imm&#233;diate, dont elle n'&#233;tait qu'un accessoire, car seule celle-ci a dans son essence la n&#233;gation , la diff&#233;rence ou la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ceci est donc pos&#233; comme non cela , ou comme annul&#233; ; et donc non pas rien, mais un certain rien, ou un rien de contenu , &#224; savoir ceci . Il en r&#233;sulte que le sensible lui-m&#234;me est toujours pr&#233;sent, mais non pas, comme il devrait l'&#234;tre dans une certitude imm&#233;diate, comme individu vis&#233;, mais comme un universel, ou comme ce qui se d&#233;terminera comme propri&#233;t&#233; . L' annulation repr&#233;sente son v&#233;ritable double sens, que nous avons vu en n&#233;gatif ; c'est une n&#233;gation et une pr&#233;servation &#224; la fois ; Le n&#233;ant, comme n&#233;ant de ceci , conserve l'imm&#233;diatet&#233;, et est lui-m&#234;me sensuel, mais imm&#233;diatit&#233; g&#233;n&#233;rale. &#8211; Mais l'&#234;tre est universel en ce qu'il a en lui la m&#233;diation ou le n&#233;gatif ; en exprimant cela &#224; travers son imm&#233;diatet&#233; , c'est une propri&#233;t&#233; distincte et d&#233;finie . Cela signifie que plusieurs de ces propri&#233;t&#233;s sont pos&#233;es en m&#234;me temps, chacune &#233;tant n&#233;gative les unes des autres. Parce qu'elles s'expriment dans la simplicit&#233; du g&#233;n&#233;ral, ces d&#233;terminations , qui ne deviennent en r&#233;alit&#233; propri&#233;t&#233;s que par une d&#233;termination ult&#233;rieure, se r&#233;f&#232;rent &#224; elles-m&#234;mes , sont indiff&#233;rentes les unes aux autres, chacune en soi, libre l'une de l'autre. Mais la simple et m&#234;me universalit&#233; elle-m&#234;me se distingue &#224; nouveau de ces d&#233;terminants et est libre ; Il est pur relatif &#224; lui-m&#234;me, ou au milieu dans lequel ces d&#233;terminations existent toutes, et se p&#233;n&#232;trent donc comme une simple unit&#233; , mais sans se toucher ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment par leur participation &#224; cette g&#233;n&#233;ralit&#233; qu'ils sont indiff&#233;rents &#224; eux-m&#234;mes. &#8211; Ce milieu g&#233;n&#233;ral abstrait, que l' on peut appeler la chose en g&#233;n&#233;ral ou l' &#234;tre pur , n'est rien d'autre que l' ici et maintenant , comme il s'est av&#233;r&#233; l'&#234;tre, &#224; savoir comme une simple combinaison de plusieurs, mais les plusieurs sont eux-m&#234;mes simples en leur d&#233;termination g&#233;n&#233;rale . Ce sel est ici simple, et en m&#234;me temps multiple ; il est blanc, et aussi pointu, aussi de forme cubique, aussi d'un certain poids, et ainsi de suite. Toutes ces nombreuses fonctionnalit&#233;s sont regroup&#233;es ici, dans lequel ils se p&#233;n&#232;trent ; aucun n'a ici un diff&#233;rent de l'autre, mais chacun est partout, dans le m&#234;me o&#249; est l'autre ; et en m&#234;me temps, sans &#234;tre s&#233;par&#233;s par des ici diff&#233;rents, ils ne s'influencent pas dans cette interp&#233;n&#233;tration ; Le blanc n'affecte ni ne change le cubique, le di&#232;se non plus, etc., mais comme chacun est lui-m&#234;me une simple r&#233;f&#233;rence &#224; lui-m&#234;me , il laisse les autres calmes et ne se rapporte &#224; eux qu'&#224; travers l'indiff&#233;rence aussi . C'est donc l&#224; aussi le pur universel lui-m&#234;me, ou le m&#233;dium, la chose qui le r&#233;sume .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette relation n&#233;e, le caract&#232;re de l'universalit&#233; positive est seulement observ&#233; et d&#233;velopp&#233; ; Mais il y a un autre aspect qui doit &#233;galement &#234;tre pris en compte. Autrement dit, si les nombreuses propri&#233;t&#233;s d&#233;termin&#233;es &#233;taient absolument indiff&#233;rentes et ne se rapportaient qu'&#224; elles-m&#234;mes, alors elles ne seraient pas d&#233;termin&#233;es ; car ils ne le sont que dans la mesure o&#249; ils diff&#232;rent les uns des autres et se rapportent aux autres comme oppos&#233;s . Mais apr&#232;s cette opposition, ils ne peuvent &#234;tre ensemble dans la simple unit&#233; de leur milieu, qui leur est tout aussi essentielle que la n&#233;gation ; La distinction entre eux, dans la mesure o&#249; elle n'est pas indiff&#233;rente, mais exclusive et nie autre chose, &#233;chappe &#224; ce simple m&#233;dium ; et ce n'est donc pas seulement une unit&#233; aussi indiff&#233;rente, mais aussi une unit&#233; exclusive . &#8211; L'un est le moment de la n&#233;gation , car il se r&#233;f&#232;re &#224; lui-m&#234;me de mani&#232;re simple et exclut les autres ; et par quoi la chose en tant que chose est d&#233;termin&#233;e. Ce dont il s'agit dans la propri&#233;t&#233;, c'est la n&#233;gation comme d&#233;termination , qui fait imm&#233;diatement un avec l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre, qui par cette unit&#233; avec la n&#233;gation est l'universalit&#233; ; mais comme un il est car il est lib&#233;r&#233; de cette unit&#233; avec son contraire et est en et pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces moments communs, la chose s'accomplit comme v&#233;rit&#233; de perception, dans la mesure o&#249; il faut ici la d&#233;velopper. C'est a) l'universalit&#233; passive indiff&#233;rente, l' aussi de nombreuses propri&#233;t&#233;s, ou plut&#244;t mati&#232;res, b) la n&#233;gation aussi bien que simple ; ou l' Un , l'exclusion des propri&#233;t&#233;s oppos&#233;es, et c) les propri&#233;t&#233;s multiples elles-m&#234;mes, la relation des deux premiers moments ; la n&#233;gation telle qu'elle se rapporte &#224; l'&#233;l&#233;ment indiff&#233;rent et s'y d&#233;ploie comme un ensemble de diff&#233;rences ; le point de l'individualit&#233; au milieu de l'existence rayonnant dans la multiplicit&#233;. Puisque ces diff&#233;rences appartiennent au milieu indiff&#233;rent, elles sont elles-m&#234;mes g&#233;n&#233;rales, ne se rapportent qu'&#224; elles-m&#234;mes et ne s'influencent pas les unes les autres ; Mais dans la mesure o&#249; ils appartiennent &#224; l'unit&#233; n&#233;gative, ils sont en m&#234;me temps exclusifs ; mais ce rapport oppos&#233; a n&#233;cessairement des propri&#233;t&#233;s qui leur sont &#233;galement &#233;loign&#233;es . L'universalit&#233; sensible, ou l' unit&#233; imm&#233;diate de l'&#234;tre et du n&#233;gatif, n'est une propri&#233;t&#233; que dans la mesure o&#249; l'une et l'universalit&#233; pure se d&#233;veloppent &#224; partir d'elle et se distinguent l'une de l'autre, et les relient entre elles ; C'est ce rapport aux moments purs essentiels qui compl&#232;te la chose .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que se constitue la chose de la perception ; et la conscience est d&#233;termin&#233;e comme percevant dans la mesure o&#249; cette chose est son objet ; il lui suffit de le prendre et de se comporter comme une pure appr&#233;hension ; ce qui en d&#233;coule est la v&#233;rit&#233;. S'il devait faire quelque chose m&#234;me dans cette prise, il changerait la v&#233;rit&#233; par une telle addition ou soustraction. Puisque l'objet est le vrai et l'universel, &#233;gal &#224; lui-m&#234;me, mais que la conscience elle-m&#234;me est changeante et inessentielle, il peut arriver qu'elle comprenne mal l'objet et se trompe. Celui qui per&#231;oit est conscient de la possibilit&#233; de tromperie ; car dans l'universalit&#233; qui est le principe, l'alt&#233;rit&#233; elle-m&#234;me lui est imm&#233;diate, mais comme quelque chose de nul et non avenu. Son crit&#232;re de v&#233;rit&#233; est donc l'identit&#233; de soi , et son comportement doit &#234;tre compris comme &#233;tant identique &#224; soi. Puisqu'en m&#234;me temps la chose diff&#233;rente est pour lui, c'est un rapport des diff&#233;rents moments de son appr&#233;hension les uns aux autres ; Mais si une in&#233;galit&#233; appara&#238;t dans cette comparaison, ce n'est pas une contrev&#233;rit&#233; de l'objet, car il est le m&#234;me que lui-m&#234;me, mais de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant quelle exp&#233;rience la conscience a dans sa perception r&#233;elle. Pour nous, elle est d&#233;j&#224; contenue dans le d&#233;veloppement de l'objet et le comportement de la conscience &#224; son &#233;gard ; et ne sera que le d&#233;veloppement des contradictions qui y sont pr&#233;sentes. &#8211; L'objet que je prends se pr&#233;sente comme purement un ; Je prends aussi conscience de sa qualit&#233; g&#233;n&#233;rale , mais qui par l&#224; m&#234;me d&#233;passe l'individuel. L'&#234;tre premier de l'&#234;tre objectif en tant qu'un n'&#233;tait donc pas son &#234;tre v&#233;ritable ; puisqu'il est la v&#233;rit&#233;, le mensonge tombe en moi, et la compr&#233;hension n'&#233;tait pas correcte. Par souci d' universalit&#233; de la propri&#233;t&#233; , je dois plut&#244;t consid&#233;rer l'&#234;tre objectif comme une communaut&#233; en g&#233;n&#233;ral. Je per&#231;ois maintenant davantage la propri&#233;t&#233; comme une certaine propri&#233;t&#233; , oppos&#233;e &#224; autre chose et l'excluant. Donc, en fait, je n'ai pas bien compris l'objectif lorsque je l'ai d&#233;fini comme communaut&#233; avec d'autres ou comme continuit&#233;, et plut&#244;t, pour le bien de la d&#233;termination de la propri&#233;t&#233;, je dois s&#233;parer la continuit&#233; et la poser comme exclusive. Dans le s&#233;par&#233;, je trouve beaucoup de ces propri&#233;t&#233;s qui ne s'influencent pas les unes les autres, mais qui sont indiff&#233;rentes les unes aux autres ; Je n'ai donc pas vraiment per&#231;u l'objet lorsque je l'ai compris comme quelque chose d'exclusif , mais plut&#244;t, comme la continuit&#233; en g&#233;n&#233;ral, c'est maintenant un milieu g&#233;n&#233;ral, commun dans lequel de nombreuses propri&#233;t&#233;s sont comme des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sensuelles , chacune en soi, et comme certaines. l'un exclut les autres. La chose simple et vraie que je per&#231;ois n'est pas un milieu g&#233;n&#233;ral, mais la propri&#233;t&#233; individuelle en elle-m&#234;me, qui n'est ni une propri&#233;t&#233; ni un &#234;tre sp&#233;cifique ; car il n'est plus maintenant ni l'un ni en relation avec les autres. Mais ce n'est qu'une propri&#233;t&#233; de l'un et n'est d&#233;termin&#233; que par rapport aux autres. En tant que pure r&#233;f&#233;rence &#224; soi, il ne reste qu'un &#234;tre sensuel en g&#233;n&#233;ral, puisqu'il n'a plus en lui le caract&#232;re de n&#233;gativit&#233; ; et la conscience, pour laquelle il existe d&#233;sormais un &#234;tre sensible, n'est qu'une opinion , c'est-&#224;-dire qu'elle a compl&#232;tement quitt&#233; la perception et s'est repli&#233;e sur elle-m&#234;me. Seul l'&#234;tre sensuel et le sens lui-m&#234;me passent dans la perception ; Je suis renvoy&#233; au d&#233;but et ramen&#233; dans le m&#234;me cycle qui s'annule &#224; chaque instant et dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience y repasse n&#233;cessairement, mais en m&#234;me temps pas de la m&#234;me mani&#232;re que la premi&#232;re fois. Il a exp&#233;riment&#233; par la perception que le r&#233;sultat et la v&#233;rit&#233; en sont sa dissolution, ou le reflet en lui-m&#234;me de la v&#233;rit&#233;. Il a ainsi &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; pour la conscience comment sa perception est essentiellement constitu&#233;e, &#224; savoir non pas une simple appr&#233;hension pure, mais dans sa appr&#233;hension, elle se refl&#232;te simultan&#233;ment en elle-m&#234;me &#224; partir de la v&#233;rit&#233; . Ce retour de la conscience en elle-m&#234;me, qui interf&#232;re directement avec l'appr&#233;hension pure - parce qu'elle s'est r&#233;v&#233;l&#233;e essentielle &#224; la perception - change la v&#233;rit&#233;. En m&#234;me temps, la conscience reconna&#238;t ce c&#244;t&#233; comme sien et le prend sur elle, pr&#233;servant ainsi le v&#233;ritable objet pur. &#8211; Comme cela s'est produit avec la certitude sensorielle, il y a maintenant l'aspect de la perception selon lequel la conscience est repouss&#233;e en elle-m&#234;me, mais au d&#233;but pas dans le sens o&#249; c'&#233;tait le cas pour cette derni&#232;re ; comme si la v&#233;rit&#233; de la perception y tombait, mais au contraire, elle reconna&#238;t que le mensonge qui s'y produit tombe en elle. Mais gr&#226;ce &#224; cette connaissance, il est en m&#234;me temps capable de l'abolir ; Il distingue sa conception du vrai du mensonge de sa perception, la corrige, et dans la mesure o&#249; il op&#232;re lui-m&#234;me cette correction, la v&#233;rit&#233; comme la v&#233;rit&#233; de la perception rel&#232;ve du m&#234;me . Le comportement de la conscience qu'il convient maintenant d'examiner est tel qu'elle ne se contente plus de percevoir, mais qu'elle est &#233;galement consciente de son reflet en elle-m&#234;me et le s&#233;pare de la simple conception elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, je prends d'abord conscience de la chose comme &#233;tant une et je dois m'y accrocher dans cette v&#233;ritable d&#233;termination ; Si quelque chose de contradictoire se produit dans le mouvement de la perception, cela peut &#234;tre reconnu comme &#233;tant mon reflet. Diverses propri&#233;t&#233;s apparaissent &#233;galement dans la perception, qui semblent &#234;tre des propri&#233;t&#233;s de la chose ; la chose seule est une, et de cette diff&#233;rence par laquelle elle cesse d'&#234;tre une, nous avons conscience qu'elle tombe en nous. Donc cette chose n'est en r&#233;alit&#233; que blanche, port&#233;e &#224; nos yeux, pointue aussi , &#224; notre langue, aussi cubique &#224; notre ressenti, et ainsi de suite. Nous ne prenons pas la diff&#233;rence compl&#232;te de ces c&#244;t&#233;s de la chose, mais de nous-m&#234;mes ; Ils s'effondrent dans nos yeux, qui sont compl&#232;tement diff&#233;rents de la langue, et ainsi de suite. Nous sommes donc le milieu g&#233;n&#233;ral dans lequel de tels moments sont isol&#233;s et autonomes. En consid&#233;rant la d&#233;termination d'&#234;tre un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral comme notre r&#233;flexion, nous obtenons l'identit&#233; et la v&#233;rit&#233; de la chose, &#233;tant une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents c&#244;t&#233;s qu'absorbe la conscience sont cependant d&#233;termin&#233;s , chacun &#233;tant consid&#233;r&#233; individuellement comme &#233;tant dans le milieu g&#233;n&#233;ral ; le blanc n'est qu'en opposition au noir, et ainsi de suite, et la chose est une pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle s'oppose aux autres. Mais il n'exclut pas les autres par lui-m&#234;me, dans la mesure o&#249; il est un ; car &#234;tre un est la r&#233;f&#233;rence g&#233;n&#233;rale &#224; soi-m&#234;me, et parce qu'il est un, il est plut&#244;t &#233;gal &#224; tous ; mais par certitude . Les choses elles-m&#234;mes sont d&#233;termin&#233;es en elles-m&#234;mes ; ils ont des caract&#233;ristiques qui les diff&#233;rencient des autres. Puisque la propri&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; propre de la chose , ou une certitude sur elle-m&#234;me, elle poss&#232;de plusieurs propri&#233;t&#233;s. Car d'abord la chose est la v&#233;rit&#233;, elle est en soi ; et ce qui est en lui est en lui comme son propre &#234;tre, non pour le bien des autres ; ainsi, deuxi&#232;mement, les qualit&#233;s particuli&#232;res ne sont pas seulement pour d'autres choses, et pour d'autres choses, mais en lui-m&#234;me ; Mais ce sont en lui des propri&#233;t&#233;s certaines seulement en ce qu'il y en a plusieurs qui diff&#232;rent les unes des autres ; et troisi&#232;mement, &#233;tant ainsi dans la chosit&#233;, ils sont en eux-m&#234;mes et indiff&#233;rents les uns aux autres. Donc, en v&#233;rit&#233;, c'est la chose elle-m&#234;me, qui est blanche, et aussi cubique, aussi pointue, et ainsi de suite, ou bien la chose est l' aussi , ou le milieu g&#233;n&#233;ral , dans lequel les nombreuses propri&#233;t&#233;s existent ind&#233;pendamment les unes des autres, sans se toucher ni se toucher. s'annulant mutuellement ; et ainsi pris, cela est consid&#233;r&#233; comme la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perception, la conscience est simultan&#233;ment consciente qu'elle r&#233;fl&#233;chit &#233;galement sur elle-m&#234;me et que dans la perception se produit &#233;galement le moment oppos&#233; au moment . Mais ce moment est l'unit&#233; de la chose avec elle-m&#234;me, qui exclut la diff&#233;rence d'elle-m&#234;me. C'est donc elle qui doit prendre sur elle la conscience ; car la chose elle-m&#234;me est l' existence de nombreuses propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes et ind&#233;pendantes . On dit donc de la chose qu'elle est blanche, aussi cubique, et aussi pointue, etc. Mais en tant qu'elle est blanche, elle n'est pas cubique, et en tant qu'elle est cubique et aussi blanche, elle n'est pas pointue, etc. La mise en un de ces propri&#233;t&#233;s n'appartient qu'&#224; la conscience, qui ne doit donc pas les laisser s'effondrer en un seul dans la chose. Il am&#232;ne l' Insuffisamment &#224; la fin , par quoi il les s&#233;pare et la chose comme l'Aussi. En r&#233;alit&#233;, l'unit&#233; n'est assum&#233;e par la conscience que de telle mani&#232;re que ce qu'on appelait une propri&#233;t&#233; se pr&#233;sente comme une mati&#232;re libre . De cette mani&#232;re, la chose est &#233;galement &#233;lev&#233;e au rang de vrai , dans la mesure o&#249; elle devient un ensemble de mati&#232;re et, au lieu d'&#234;tre une, elle devient une simple surface enfermante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur ce que la conscience a pris auparavant et ce qu'elle prend maintenant ; ce qu'il attribuait auparavant &#224; la chose et lui l'attribue maintenant, il en r&#233;sulte qu'il fait tour &#224; tour lui-m&#234;me et la chose dans les deux, un pur sans pluralit&#233;, ainsi qu'une mati&#232;re &#233;galement dissoute en mati&#232;re ind&#233;pendante . La conscience d&#233;couvre donc &#224; travers cette comparaison que non seulement sa r&#233;ception de la v&#233;rit&#233; a en elle la diff&#233;rence de l'appr&#233;hension et du retour en soi , mais plut&#244;t que la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me, la chose, se montre de cette double mani&#232;re. L'exp&#233;rience ici est que la chose se pr&#233;sente &#224; la conscience consciente d'une certaine mani&#232;re , mais en m&#234;me temps se refl&#232;te dans la mani&#232;re dont elle se pr&#233;sente ou a en elle-m&#234;me une v&#233;rit&#233; oppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience est donc aussi issue de cette deuxi&#232;me mani&#232;re de se comporter dans la perception, &#224; savoir prendre la chose comme v&#233;rit&#233; &#233;gale &#224; elle-m&#234;me, mais pour l'in&#233;gal, pour ce qui remonte en soi &#224; partir de la m&#234;met&#233;, et l'objet pour elle est maintenant tout ce mouvement, qui &#233;tait auparavant distribu&#233; &#224; l'objet et &#224; la conscience. La chose est une , r&#233;fl&#233;chie en elle-m&#234;me ; c'est pour soi ; mais c'est aussi pour un autre ; &#224; savoir, c'est quelque chose de diff&#233;rent pour lui-m&#234;me que pour les autres. La chose est donc un &#234;tre double , diff&#233;rent pour elle-m&#234;me et aussi pour un autre ; mais c'en est un aussi ; mais l'unit&#233; contredit cette diversit&#233; ; La conscience devrait alors reprendre cette fusion en une seule et garder les choses &#224; l'&#233;cart. Il faudrait donc dire que la chose, en tant qu'elle est pour soi, n'est pas pour autrui. Seule la chose elle-m&#234;me est une, comme la conscience en a fait l'exp&#233;rience ; la chose se refl&#232;te essentiellement en elle-m&#234;me. Le aussi , ou la diff&#233;rence indiff&#233;rente, rel&#232;ve de la chose au m&#234;me titre que l' un ; mais comme les deux sont diff&#233;rents, non pas dans la m&#234;me chose, mais dans des choses diff&#233;rentes ; La contradiction qui existe dans l'&#234;tre objectif en g&#233;n&#233;ral se r&#233;partit entre deux objets. La chose est donc en soi &#233;gale &#224; elle-m&#234;me ; mais cette unit&#233; avec soi est troubl&#233;e par d'autres choses ; Ainsi l'unit&#233; de la chose est pr&#233;serv&#233;e, et en m&#234;me temps l'alt&#233;rit&#233; en dehors d'elle, ainsi qu'en dehors de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la contradiction de l'&#234;tre objectif se r&#233;partit entre diff&#233;rentes choses, la diff&#233;rence se situera n&#233;anmoins dans la chose individuelle s&#233;par&#233;e elle-m&#234;me. Les diff&#233;rentes choses sont donc pos&#233;es pour elles-m&#234;mes ; et le conflit entre eux est si mutuel que chacun n'est pas diff&#233;rent de lui-m&#234;me, mais seulement de l'autre. Mais chacun est ici d&#233;fini comme quelque chose de diff&#233;rent et pr&#233;sente une diff&#233;rence essentielle par rapport aux autres ; mais en m&#234;me temps ce n'est pas tant qu'elle soit une opposition en soi, mais plut&#244;t c'est en soi une simple d&#233;termination qui constitue son caract&#232;re essentiel qui la distingue des autres. En effet, puisque la diff&#233;rence est en lui, la m&#234;me est n&#233;cessaire en lui comme une diff&#233;rence r&#233;elle de nature multiple. Simplement parce que la d&#233;termination constitue l' essence de la chose, par laquelle elle diff&#232;re des autres et est pour elle-m&#234;me, cette autre nature diverse est l' inessentiel . La chose, dans son unit&#233;, en a le double aspect , mais avec une valeur in&#233;gale ; par quoi cet &#234;tre en opposition ne devient pas l'opposition r&#233;elle de la chose elle-m&#234;me, mais dans la mesure o&#249; celui-ci s'oppose par sa diff&#233;rence absolue , il l'a contre une autre chose en dehors de lui. Mais l'autre diversit&#233; est bien n&#233;cessaire dans la chose, de sorte qu'elle ne peut rester en dehors d'elle, mais elle ne lui est pas essentielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;terminit&#233;, qui constitue le caract&#232;re essentiel de la chose et la distingue de toutes les autres, est maintenant d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re que la chose s'oppose par l&#224; m&#234;me aux autres, mais est destin&#233;e &#224; s'y maintenir. Mais c'est une chose, ou une chose qui existe pour elle-m&#234;me, seulement dans la mesure o&#249; elle n'est pas dans cette relation avec les autres ; parce que dans cette relation s'&#233;tablit le lien avec autre chose ; et la connexion avec les autres est la cessation de l'&#234;tre pour soi. Par son caract&#232;re absolu et son opposition, il se rapporte aux autres , et seul ce comportement est essentiel ; Mais la relation est la n&#233;gation de son ind&#233;pendance, et la chose p&#233;rit plut&#244;t &#224; cause de sa propri&#233;t&#233; essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'&#233;prouver pour la conscience que la chose p&#233;rit pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de la d&#233;termination qui constitue son essence et son &#234;tre pour soi peut &#234;tre bri&#232;vement envisag&#233;e dans ce concept simple. La chose est pos&#233;e comme &#234;tre-pour-soi , ou comme n&#233;gation absolue de toute alt&#233;rit&#233; ; d'o&#249; la n&#233;gation absolue, qui ne renvoie qu'&#224; elle-m&#234;me ; mais la n&#233;gation qui se r&#233;f&#232;re &#224; soi est l'abolition de soi , ou avoir son essence dans un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la d&#233;finition de l'objet telle qu'elle est apparue ne contient rien d'autre ; Il doit avoir une qualit&#233; essentielle, qui constitue son simple &#234;tre-pour-soi, mais avec cette simplicit&#233; il doit aussi avoir en lui la diff&#233;rence, qui, bien que n&#233;cessaire , ne doit pas constituer la d&#233;termination essentielle . Mais c'est une distinction qui r&#233;side uniquement dans les mots ; L' inessentiel , qui serait en m&#234;me temps n&#233;cessaire , s'annule, ou est ce qu'on vient d'appeler la n&#233;gation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ultime &#224; cet &#233;gard , qui s&#233;parait l'&#234;tre-pour-soi et l'&#234;tre-pour-autrui, s'effondre ; L'objet est plut&#244;t, sous un seul et m&#234;me rapport, le contraire de lui-m&#234;me, pour lui-m&#234;me en tant qu'il est pour autre chose , et pour autre chose en tant qu'il est pour soi . Il est pour lui-m&#234;me , refl&#233;t&#233; en lui-m&#234;me, un ; mais cet &#234;tre -pour-soi , r&#233;fl&#233;chi en soi, est dans l'unit&#233; avec son contraire, l'&#234;tre-pour-autrui , et donc seulement pos&#233; comme quelque chose de suspendu ; ou bien cet &#234;tre pour soi est tout aussi inessentiel que ce qui seul devrait &#234;tre l'inessentiel, &#224; savoir le rapport &#224; autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet est ainsi aboli dans ses d&#233;terminations pures ou dans les d&#233;terminations qui &#233;taient cens&#233;es constituer son essence, de m&#234;me qu'il est devenu sublation dans son &#234;tre sensible. D'&#234;tre sensuel, il devient universel ; mais cet universel, puisqu'il vient du sensible , est essentiellement conditionn&#233; par lui , et n'est donc pas du tout vraiment le m&#234;me, mais plut&#244;t un universel affect&#233; par un contraire , qui tombe donc dans les extr&#234;mes de l'individualit&#233; et de l'universalit&#233;, l'unicit&#233;. des propri&#233;t&#233;s et m&#234;me la mati&#232;re libre se s&#233;pare. Ces d&#233;terminants purs semblent exprimer l' essence elle-m&#234;me, mais ils ne sont qu'un &#234;tre pour soi , qui se charge d' &#234;tre pour autrui ; Mais comme les deux sont essentiellement dans une unit&#233; , l'universalit&#233; absolue inconditionnelle est maintenant pr&#233;sente, et la conscience n'entre v&#233;ritablement dans le domaine de la compr&#233;hension qu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individualit&#233; sensuelle dispara&#238;t dans le mouvement dialectique de la certitude imm&#233;diate et devient universelle, mais seulement un universel sensuel . L'opinion a disparu, et la perception prend l'objet tel qu'il est en soi , ou comme un g&#233;n&#233;ral en g&#233;n&#233;ral ; L'individualit&#233; surgit donc en elle, comme une v&#233;ritable individualit&#233;, comme l'&#234;tre en soi de l' un , ou comme se refl&#233;tant en soi. Mais elle est encore un &#234;tre pour soi conditionn&#233; , &#224; c&#244;t&#233; duquel un autre &#234;tre pour soi. , l'universalit&#233; qui s'oppose &#224; l'individu et est conditionn&#233;e par lui se produit ; mais ces deux extr&#234;mes contradictoires ne sont pas seulement c&#244;te &#224; c&#244;te, mais dans une unit&#233;, ou, ce qui est la m&#234;me chose, le point commun des deux, l'&#234;tre pour soi est charg&#233; du contraire en g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire en m&#234;me temps ce n'est pas un pour-soi . Le sophisme de la perception cherche &#224; sauver ces moments de leur contradiction et &#224; s'y accrocher par la distinction des consid&#233;rations , par le aussi et dans ce sens , et enfin &#224; saisir la v&#233;rit&#233; par la distinction entre l' inessentiel et un &#234;tre oppos&#233; . &#224; cela. Cependant, ces moyens d'information, au lieu d'emp&#234;cher la tromperie dans la perception, s'av&#232;rent invalides, et la v&#233;rit&#233; qui doit &#234;tre obtenue &#224; travers cette logique de perception s'av&#232;re &#234;tre le contraire sous un seul et m&#234;me rapport, et donc ses &#202;tres ont la g&#233;n&#233;ralit&#233; indiff&#233;renci&#233;e et ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces abstractions vides de l'individualit&#233; et de la g&#233;n&#233;ralit&#233; qui lui est oppos&#233;e , ainsi que de l' essence qui est li&#233;e &#224; quelque chose d'inessentiel, une chose inessentielle et en m&#234;me temps n&#233;cessaire, sont les puissances dont le jeu est la perception, souvent dite commune. sens ; Celui qui se prend pour une conscience r&#233;elle et solide n'est dans la perception que le jeu de ces abstractions ; En g&#233;n&#233;ral, il est toujours le plus pauvre l&#224; o&#249; il pense &#234;tre le plus riche. Parce qu'il est bouscul&#233; par ces &#234;tres vains, jet&#233; dans les bras de l'un par l'autre et par ses sophismes essayant tour &#224; tour de s'accrocher &#224; une chose puis &#224; l'exact oppos&#233; et de l'affirmer, il s'oppose &#224; la v&#233;rit&#233;, il pense cette philosophie ne doit le faire qu'avec les choses de la pens&#233;e . En fait, il y est aussi pour quelque chose et le reconna&#238;t pour les &#234;tres purs, pour les &#233;l&#233;ments et puissances absolues ; mais en m&#234;me temps il les reconna&#238;t dans leur d&#233;termination et en est donc ma&#238;tre, tandis que cet entendement percevant les prend pour v&#233;rit&#233; et se transmet d'une erreur &#224; une autre. Lui-m&#234;me ne se rend pas compte que ce sont des &#234;tres si simples qui r&#232;gnent en lui, mais il pense qu'il a toujours affaire &#224; un mat&#233;riau et &#224; un contenu tout &#224; fait solides, tout comme la certitude sensuelle ne sait pas que l'abstraction vide de l'&#202;tre pur est leur essence ; mais en fait, ce sont ceux sur lesquels il parcourt toute la mati&#232;re et tout son contenu ; ils en sont la coh&#233;sion et la domination, et seulement ce qu'est pour la conscience le sensible comme essence , ce qui d&#233;termine ses rapports avec elle, et &#224; travers lequel s'effectue le mouvement de la perception et sa v&#233;rit&#233;. Ce parcours, une d&#233;termination constamment altern&#233;e de ce qui est vrai et l'abolition de cette d&#233;termination, constitue en r&#233;alit&#233; la vie et l'activit&#233; quotidiennes et constantes de celui qui per&#231;oit et de la conscience qui pense &#233;voluer dans la v&#233;rit&#233;. Elle progresse inexorablement vers le r&#233;sultat de la m&#234;me abolition de toutes ces entit&#233;s ou d&#233;terminations essentielles, mais &#224; chaque instant elle n'a conscience que de cette sp&#233;cificit&#233; unique comme v&#233;rit&#233;, puis &#224; nouveau du contraire. Il sent certainement leur absence ; Afin de les sauver du danger imminent, il recourt au sophisme et affirme maintenant comme vrai ce qu'il pr&#233;tendait lui-m&#234;me &#234;tre faux. Ce que la nature de ces &#234;tres faux veut r&#233;ellement pousser cette compr&#233;hension &#224; faire, les pens&#233;es de cette g&#233;n&#233;ralit&#233; et de cette particularit&#233; , de l' aussi et de l'un , de cela.L'essentialit&#233; , qui est n&#233;cessairement li&#233;e &#224; une inessentialit&#233; , et &#224; une inessentialit&#233; , pourtant n&#233;cessaire, - rassemblant les pens&#233;es de ces non-essences et les abolissant ainsi, il y r&#233;siste par les supports de l' insuffisant et des consid&#233;rations diverses , ou &#224; travers cela, assumer une pens&#233;e afin de garder l'autre s&#233;par&#233;e et comme la vraie. Mais la nature de ces abstractions les rassemble en elle-m&#234;me ; le sens commun est la proie de ceux qui le font tourner en rond. En cela, il veut leur donner la v&#233;rit&#233; en assumant parfois le mensonge, mais parfois aussi en qualifiant la tromperie de semblant de choses peu fiables et en s&#233;parant l'essentiel de quelque chose qui leur est n&#233;cessaire et pourtant ne devrait pas &#234;tre essentiel, et cela comme leur v&#233;rit&#233; S'il s'accroche &#224; cela, il ne re&#231;oit pas leur v&#233;rit&#233;, mais il se livre au mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; III&lt;br class='autobr' /&gt;
Force et compr&#233;hension,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'apparence et le monde surnaturel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la dialectique de la certitude sensorielle, la conscience a perdu l'ou&#239;e, la vue, etc., et, en tant que perception, elle est parvenue &#224; des pens&#233;es qu'elle ne fait que rassembler d'une mani&#232;re inconditionnellement g&#233;n&#233;rale. Cet inconditionn&#233; lui-m&#234;me ne serait rien d'autre que l' extr&#234;me unilat&#233;ral de l'&#234;tre pour soi , s'il &#233;tait pris comme un &#234;tre calme et simple, car ainsi le monstre l'affronterait ; mais par rapport &#224; cela, elle serait elle-m&#234;me sans importance, et la conscience ne serait pas sortie de l'illusion de la perception ; mais il a &#233;merg&#233; comme quelque chose qui est revenu &#224; lui-m&#234;me &#224; partir d'un &#234;tre pour soi aussi conditionn&#233;. &#8211; Cet universel inconditionn&#233;, qui est d&#233;sormais le v&#233;ritable objet de la conscience, existe toujours comme son objet ; il n'a pas encore saisi son concept en tant que concept . Il existe une distinction essentielle entre les deux ; Dans la conscience, l'objet est revenu &#224; lui-m&#234;me de sa relation &#224; un autre et est ainsi devenu un concept en soi ; mais la conscience n'est pas encore le concept pour elle-m&#234;me, et c'est pourquoi elle ne se reconna&#238;t pas dans cet objet r&#233;fl&#233;chi. Pour nous, cet objet est devenu tel par le mouvement de la conscience qu'il s'entrem&#234;le dans son devenir, et le reflet des deux c&#244;t&#233;s est le m&#234;me, ou un seul . Mais parce que la conscience dans ce mouvement n'avait pour contenu que l'&#234;tre objectif, et non la conscience en tant que telle, il faut donner au r&#233;sultat une signification objective, et la conscience se retire encore de ce qui est devenu, de sorte que la m&#234;me chose lui appara&#238;t. en tant que chose objective, l'essence est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement a ainsi &#233;limin&#233; son propre mensonge et le mensonge de l'objet ; et ce que cela lui a donn&#233;, c'est le concept de v&#233;rit&#233; ; comme une v&#233;rit&#233; qui existe en soi , qui n'est pas encore un concept, ou &#224; laquelle manque l' &#234;tre pour soi de la conscience, et que l'entendement laisse exister sans en avoir conscience. Cela d&#233;termine son essence pour lui-m&#234;me ; de sorte que la conscience ne participe pas &#224; sa libre r&#233;alisation, mais seulement l'observe et la comprend purement. Encore faut-il prendre sa place en premier et &#234;tre le concept qui forme ce qui est contenu dans le r&#233;sultat ; C'est seulement &#224; travers cet objet d&#233;velopp&#233;, qui se pr&#233;sente &#224; la conscience comme une chose existante, qu'il devient une conscience compr&#233;hensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat fut l'universalit&#233; inconditionnelle, initialement dans le sens n&#233;gatif et abstrait, que la conscience niait ses concepts unilat&#233;raux et les faisait abstraction, c'est-&#224;-dire les abandonnait. Mais le r&#233;sultat en lui-m&#234;me a le sens positif que l'unit&#233; de l'&#234;tre-pour-soi et de l'&#234;tre-pour-autrui , ou le contraire absolu, est directement pos&#233;e comme une m&#234;me essence. Au d&#233;but, cela semble concerner uniquement la forme des moments les uns par rapport aux autres ; mais l'&#234;tre pour soi et l'&#234;tre pour autrui sont tout autant le contenu lui-m&#234;me, car l'opposition dans sa v&#233;rit&#233; ne peut avoir d'autre nature que celle qui a abouti au r&#233;sultat, &#224; savoir le contenu consid&#233;r&#233; comme vrai dans la perception en fait seulement. appartient &#224; la forme et se dissout dans son unit&#233;. Ce contenu est &#224; la fois g&#233;n&#233;ral ; Il ne peut y avoir aucun autre contenu qui, de par sa nature particuli&#232;re, &#233;viterait de revenir &#224; cette universalit&#233; inconditionnelle. Un tel contenu serait une certaine mani&#232;re d'&#234;tre pour soi et de se rapporter aux autres. &#202;tre seul et se rapporter aux autres en g&#233;n&#233;ral constitue sa nature et son essence , dont la v&#233;rit&#233; est qu'elle est inconditionnellement universelle ; et le r&#233;sultat est absolument g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parce qu'il s'agit d'un objet inconditionnellement g&#233;n&#233;ral pour la conscience, la diff&#233;rence de forme et de contenu en &#233;merge, et dans la forme du contenu, les moments ont l'apparence dans laquelle ils se sont pr&#233;sent&#233;s pour la premi&#232;re fois, d'une part le milieu g&#233;n&#233;ral de nombreux &#233;l&#233;ments existants. questions, et d'autre part, d'&#234;tre une r&#233;flexion sur soi dans laquelle leur ind&#233;pendance est d&#233;truite. La premi&#232;re est la dissolution de l'ind&#233;pendance de la chose, ou passivit&#233;, qui est &#234;tre pour autrui, mais celle-ci est &#234;tre pour soi. On voit comment ces moments se pr&#233;sentent dans l'universalit&#233; inconditionnelle qui est leur essence. Tout d'abord, il est clair que parce qu'ils ne sont que cela, ils ne sont plus du tout s&#233;par&#233;s, mais sont essentiellement des c&#244;t&#233;s qui s'annulent eux-m&#234;mes, et seule la transition entre eux est plac&#233;e l'une dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instant unique appara&#238;t donc comme l'&#234;tre qui s'est mis &#224; l'&#233;cart, comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral ou comme l'existence d'une mati&#232;re ind&#233;pendante. Mais l' ind&#233;pendance de ces mat&#233;riaux n'est autre que ce m&#233;dium ; ou bien ce g&#233;n&#233;ral est tout entier la multiplicit&#233; de g&#233;n&#233;raux si diff&#233;rents. L'universel est en soi dans une unit&#233; indivise avec cette multiplicit&#233;, mais cela signifie que ces mati&#232;res sont, l'une l&#224; o&#249; est l'autre, elles se p&#233;n&#232;trent - mais sans se toucher, car &#224; l'inverse les nombreuses choses diff&#233;rentes sont tout aussi ind&#233;pendantes. Cela &#233;tablit &#233;galement leur porosit&#233; pure ou leur suspension. Cette sublation encore, ou la r&#233;duction de cette diff&#233;rence au pur &#234;tre pour soi, n'est autre que le m&#233;dium lui-m&#234;me et c'est l' ind&#233;pendance des diff&#233;rences. Ou bien ceux qui sont pos&#233;s ind&#233;pendamment passent directement dans leur unit&#233;, et leur unit&#233; passe directement dans le d&#233;veloppement, et celui-ci repasse dans la r&#233;duction. Mais ce mouvement est ce qu'on appelle la force ; son unique moment, &#224; savoir sa diffusion de mati&#232;re ind&#233;pendante dans son &#234;tre, en est l' expression ; Mais elle, en tant que disparition, est la force qui a &#233;t&#233; refoul&#233;e de son expression , ou la force r&#233;elle . Mais d'abord, la force qui a &#233;t&#233; refoul&#233;e en elle-m&#234;me doit s'exprimer ; et deuxi&#232;mement, dans l'expression, elle est tout autant une force existant en soi qu'une expression dans cet &#234;tre en soi. &#8211;Puisque nous conservons ainsi les deux moments dans leur unit&#233; imm&#233;diate, l'entendement auquel appartient le concept de force est en r&#233;alit&#233; le concept qui porte les moments diff&#233;renci&#233;s comme diff&#233;renci&#233;s ; car en eux-m&#234;mes, ils ne seront pas distingu&#233;s ; La diff&#233;rence r&#233;side uniquement dans la pens&#233;e. &#8211; Ou bien, dans ce qui pr&#233;c&#232;de, seul le concept de force a &#233;t&#233; pos&#233;, et non sa r&#233;alit&#233;. En fait, la force est l'universel inconditionnel qui, quoi qu'il soit pour autrui , est aussi en soi ; ou qui a la diff&#233;rence - parce qu'il n'est rien d'autre qu'&#234;tre -pour-un autre - en soi. Pour que la force soit dans sa v&#233;rit&#233;, il faut la laisser compl&#232;tement libre de pens&#233;e et la poser comme la substance de ces diff&#233;rences, c'est- &#224;-dire d'abord comme cette force enti&#232;re restant essentiellement en et par elle-m&#234;me , et ensuite ses diff&#233;rences comme substantielles . ou comme des moments qui existent en eux-m&#234;mes. La force en tant que telle, ou comme quelque chose refoul&#233; en elle-m&#234;me, est ici une force exclusive en soi, pour laquelle le d&#233;veloppement de la mati&#232;re est un autre &#234;tre existant , et ainsi se pr&#233;sentent deux c&#244;t&#233;s diff&#233;rents et ind&#233;pendants. Mais la force est aussi le tout, ou elle reste ce qu'elle est selon son concept, &#224; savoir que ces diff&#233;rences restent de pures formes, des instants superficiels qui disparaissent. En m&#234;me temps, les diff&#233;rences entre la force actuelle refoul&#233;e en elle-m&#234;me et le d&#233;veloppement de la mati&#232;re ind&#233;pendante n'existeraient pas du tout si elles n'existaient pas , ou bien la force n'existerait pas si elle n'existait pas de cette mani&#232;re oppos&#233;e ; Mais le fait qu'il existe de cette mani&#232;re oppos&#233;e ne signifie rien d'autre que le fait que les deux moments sont eux-m&#234;mes ind&#233;pendants en m&#234;me temps . &#8211; C'est ce mouvement des deux moments qui deviennent sans cesse ind&#233;pendants et &#224; nouveau leur annulation qu'il faut consid&#233;rer. &#8211; Il est g&#233;n&#233;ralement clair que ce mouvement n'est rien d'autre que le mouvement de percevoir, dans lequel les deux c&#244;t&#233;s, le percevant et le per&#231;u en m&#234;me temps, sont un et indiff&#233;renci&#233;s comme l' appr&#233;hension de la v&#233;rit&#233;, mais en m&#234;me temps chaque c&#244;t&#233; se refl&#232;te en lui-m&#234;meou est pour lui-m&#234;me. Ici, ces deux c&#244;t&#233;s sont des moments de pouvoir ; Ils sont dans une unit&#233; d'autant que cette unit&#233;, qui appara&#238;t comme le milieu par rapport aux extr&#234;mes qui existent pour elle-m&#234;me, se d&#233;compose toujours pr&#233;cis&#233;ment en ces extr&#234;mes, qui n'existent qu'&#224; travers eux. &#8211; Le mouvement, qui se pr&#233;sentait auparavant comme l'auto-annihilation de concepts contradictoires, a ici la forme objective , et est un mouvement de force, par lequel l'universel inconditionnel appara&#238;t comme non-objectif ou comme l'int&#233;rieur des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force, telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e en &#233;tant pr&#233;sent&#233;e comme telle , ou telle qu'elle se refl&#232;te en elle-m&#234;me , est une face de son concept ; mais comme un extr&#234;me justifi&#233;, &#224; savoir celui pos&#233; sous la d&#233;termination de l'un. Cela en exclut l' existence de la mati&#232;re d&#233;ploy&#233;e et de quelque chose d'autre qu'elle. Puisqu'il faut qu'il soit lui-m&#234;me cette existence , ou qu'il s'exprime , son &#233;nonc&#233; se pr&#233;sente de telle mani&#232;re que cet autre le rejoint et l'associe. Mais en fait, en ce qu'il s'exprime n&#233;cessairement , il a en soi ce qui &#233;tait pos&#233; comme un autre &#234;tre. Il faut retenir qu'il est vu comme un , et son &#234;tre d'exprimer comme autre chose ce qui lui a &#233;t&#233; ajout&#233; du dehors. a &#233;t&#233; plac&#233; dessus ; Il est plut&#244;t lui-m&#234;me le support g&#233;n&#233;ral de l'existence des moments en tant que mati&#232;re ; ou bien elle s'est exprim&#233;e , et ce que devrait &#234;tre l'autre solennit&#233;, elle l'est plut&#244;t. Il existe donc d&#233;sormais en tant que support de la mati&#232;re d&#233;ploy&#233;e. Mais elle a &#233;galement essentiellement la forme d'une sublation de la mati&#232;re existante, ou en est essentiellement une ; Cette unit&#233; est maintenant , puisqu'elle est pos&#233;e comme milieu de la mati&#232;re, quelque chose d'autre qu'elle-m&#234;me , et elle a cette essence en dehors d'elle-m&#234;me. Mais comme il doit n&#233;cessairement &#234;tre quelque chose qu'il n'a pas encore &#233;t&#233; pos&#233;, cela en am&#232;ne d'autres et l'invite &#224; r&#233;fl&#233;chir en lui-m&#234;me, ou annule son expression. Mais en fait, c'est lui-m&#234;me cet &#234;tre-refl&#233;t&#233; en soi, ou cette suspension de l'expression ; l'unit&#233; dispara&#238;t telle qu'elle est apparue, c'est-&#224;-dire comme une autre ; C'est lui-m&#234;me , c'est une force refoul&#233;e en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui appara&#238;t comme autre chose et l'appelle en soi &#224; la fois pour s'exprimer et pour revenir &#224; soi, c'est, comme on le voit imm&#233;diatement, la force elle-m&#234;me ; car l'autre se montre comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral aussi bien qu'un seul ; et de sorte que chacune de ces figures n'appara&#238;t que comme un instant fuyant. La force n'est pas encore du tout sortie de son concept parce que quelque chose est pour elle et elle est pour autre chose. Mais deux forces sont pr&#233;sentes en m&#234;me temps ; Le concept des deux est le m&#234;me, mais il est pass&#233; de son unit&#233; &#224; la dualit&#233;. Au lieu que l'opposition ne reste qu'un instant, elle semble avoir &#233;chapp&#233; &#224; la r&#232;gle de l'unit&#233; en se divisant en forces compl&#232;tement ind&#233;pendantes . Ce que signifie cette ind&#233;pendance doit &#234;tre examin&#233; plus en d&#233;tail. Tout d'abord, la deuxi&#232;me force appara&#238;t comme la force sollicitante, c'est-&#224;-dire comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral dans son contenu, contre ce qui est d&#233;termin&#233; &#224; &#234;tre sollicit&#233; ; Mais puisque cette alternance essentielle de ces deux moments et elle-m&#234;me est force, elle n'est en fait aussi qu'un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral en ce sens qu'elle est cens&#233;e le faire , et de m&#234;me qu'elle n'est qu'une unit&#233; n&#233;gative, ou quelque chose qui est cens&#233; rendre le force, parce qu'elle est cens&#233;e le faire, devient . Cela transforme aussi cette diff&#233;rence qui s'est produite entre les deux, selon laquelle l'un doit &#234;tre le pr&#233;vu et l'autre le requis , en un m&#234;me &#233;change de certitudes l'une contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu des deux forces consiste dans cette d&#233;termination oppos&#233;e des deux, leur &#234;tre l'une pour l'autre dans cette d&#233;termination, et la confusion absolue et imm&#233;diate des d&#233;terminations - transition par laquelle ces d&#233;terminations seules sont dans lesquelles les forces semblent appara&#238;tre ind&#233;pendamment . Par exemple, ce qui est demand&#233; est pos&#233; comme m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, et ce qui est demand&#233; est pos&#233; comme force refoul&#233;e ; mais l'un n'est lui-m&#234;me m&#233;dium g&#233;n&#233;ral que parce que l'autre est une force refoul&#233;e ; ou plut&#244;t, c'est la chose sollicitatrice pour cela, et en fait le m&#233;dium. Le premier n'a sa d&#233;termination que par l'autre, et n'est sollicitant que dans la mesure o&#249; il est sollicit&#233; par l'autre pour &#234;tre sollicitable ; et il perd tout aussi imm&#233;diatement la sp&#233;cificit&#233; qui lui &#233;tait donn&#233;e ; car cela passe &#224; l'autre, ou plut&#244;t est d&#233;j&#224; pass&#233; au m&#234;me ; la force &#233;trang&#232;re qui solennelle appara&#238;t comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, mais seulement parce qu'elle a &#233;t&#233; solennelle par lui ; Mais cela signifie qu'il le d&#233;finit ainsi et qu'il est lui-m&#234;me essentiellement un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral ; Elle pose ce qu'on entend ainsi parce que cette autre d&#233;termination lui est essentielle , c'est-&#224;-dire parce qu'elle est plut&#244;t elle-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter la compr&#233;hension du concept de ce mouvement, on peut &#233;galement souligner que les diff&#233;rences elles-m&#234;mes se manifestent dans une double diff&#233;rence, d'abord comme diff&#233;rences de contenu , en ce sens qu'un extr&#234;me est une force r&#233;fl&#233;chie en soi, tandis que l'autre est une force r&#233;fl&#233;chie en soi. milieu de mati&#232;re ; l' autre fois sous forme de diff&#233;rences de forme , en ce sens que l'une est ce qui est requis, l'autre est ce qui est requis, celle-ci est active, celle-ci est passive. Selon la diff&#233;rence de contenu, ils se diff&#233;rencient en g&#233;n&#233;ral, ou pour nous ; Mais selon la diff&#233;rence de forme, ils sont ind&#233;pendants, s&#233;par&#233;s et oppos&#233;s dans leurs relations. Le fait que les extr&#234;mes de ces deux c&#244;t&#233;s ne sont rien en eux-m&#234;mes , mais plut&#244;t que ces c&#244;t&#233;s, dans lesquels devrait consister leur essence diff&#233;renci&#233;e, ne sont que des moments de fuite, une transition imm&#233;diate de chacun vers l'oppos&#233;, cela appara&#238;t &#224; la conscience dans la perception. du mouvement de la force. Mais pour nous, comme nous l'avons mentionn&#233; plus haut, les diff&#233;rences en elles-m&#234;mes disparaissaient en tant que diff&#233;rences de contenu et de forme , et du c&#244;t&#233; de la forme, la chose active, suppos&#233;e ou &#234;tre pour soi, &#233;tait essentiellement la m&#234;me que celle-l&#224;. du c&#244;t&#233; de la forme, le contenu comme force refoul&#233;e en lui-m&#234;me ; le passif, le sollicit&#233; ou l'&#234;tre pour autrui est, du c&#244;t&#233; de la forme, la m&#234;me chose qui se pr&#233;sentait du c&#244;t&#233; du contenu comme le m&#233;dium g&#233;n&#233;ral de bien des mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que le concept de force devient r&#233;el &#224; travers le d&#233;doublement en deux forces , et comment il le devient. Ces deux forces existent comme des &#234;tres en elles-m&#234;mes ; mais leur existence est un tel mouvement les uns contre les autres que leur &#234;tre est plut&#244;t un &#234;tre pur pos&#233; par autre chose , c'est-&#224;-dire que leur &#234;tre a plut&#244;t le pur sens de disparition . Ce ne sont pas des extr&#234;mes qui gardaient quelque chose de solide pour eux et ne faisaient que mettre une propri&#233;t&#233; ext&#233;rieure au milieu et en contact les uns avec les autres ; mais ce qu'ils sont, ils ne sont que dans ce centre et ce contact. Il y a l&#224; imm&#233;diatement autant le refoul&#233; en soi ou le pour soi de la force que l'expression, la sollicitation aussi bien que l'&#234;tre-sollicit&#233; ; Ces moments ne sont pas ici r&#233;partis en deux extr&#234;mes ind&#233;pendants, qui n'offrent qu'un point oppos&#233; l'un &#224; l'autre, mais leur essence est la suivante absolument, l'un seulement par l'autre, et ce que chacun est par l'autre n'est plus directement, dans que c'est &#231;a. En fait, ils n'ont aucune substance propre qu'ils transportent et re&#231;oivent. Le concept de force se maintient plut&#244;t comme l'essence de sa r&#233;alit&#233; ; La force comme r&#233;elle n'est absolument que dans l' expression , qui en m&#234;me temps n'est rien d'autre qu'une auto-annulation. Cette force r&#233;elle , imagin&#233;e comme libre de son expression et existant par elle-m&#234;me, est la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me, mais cette d&#233;termination n'est en fait, comme il s'est av&#233;r&#233;, elle-m&#234;me qu'un moment d' expression . La v&#233;rit&#233; du pouvoir n'en reste donc que l' id&#233;e ; et sans se retenir, les moments de leur r&#233;alit&#233;, leurs substances et leur mouvement s'effondrent en une unit&#233; indiff&#233;renci&#233;e, qui n'est pas la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me, car celle-ci elle-m&#234;me n'est qu'un tel moment, mais cette unit&#233; est son concept, en tant que concept. . La prise de conscience du pouvoir est en m&#234;me temps la perte de la r&#233;alit&#233; ; Au contraire, elle est devenue quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent, &#224; savoir cette universalit&#233; , que l'entendement reconna&#238;t d'abord ou imm&#233;diatement comme son essence, et qui se r&#233;v&#232;le aussi comme son essence dans sa pr&#233;tendue r&#233;alit&#233;, dans les substances r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; nous consid&#233;rons le premier universel comme le concept de l'entendement, dans lequel la force n'est pas encore en soi, le second est d&#233;sormais son essence telle qu'elle se pr&#233;sente en et pour soi . Ou, inversement, si l'on consid&#232;re le premier universel comme l' imm&#233;diat , qui devrait &#234;tre un objet r&#233;el pour la conscience, alors ce second est d&#233;termin&#233; comme le n&#233;gatif de la force objective sensible ; c'est lui tel qu'il est dans sa v&#233;ritable essence seulement comme objet de l'entendement ; La premi&#232;re serait la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me ou comme substance ; Mais ce second est l' int&#233;rieur des choses, en tant qu'int&#233;rieur , ce qui est le m&#234;me que le concept en tant que concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette v&#233;ritable essence des choses s'est maintenant d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re qu'elle n'est pas directe pour la conscience, mais plut&#244;t que la conscience a une relation indirecte avec ce qui est &#224; l'int&#233;rieur et que, &#224; mesure que la compr&#233;hension voit &#224; travers ce centre du jeu des forces le v&#233;ritable arri&#232;re-plan des choses . Le milieu, qui relie les deux extr&#234;mes, l'esprit et l'int&#233;rieur, est l' &#234;tre d&#233;velopp&#233; du pouvoir, qui est d&#233;sormais une disparition pour l'esprit lui-m&#234;me . C'est pourquoi cela s'appelle l'apparence ; car nous appelons apparence apparence , qui est elle-m&#234;me un non-&#234;tre . Mais il ne s'agit pas seulement d'une apparence, mais d'une apparence, d'un tout d'apparence. Cet ensemble ou g&#233;n&#233;ral est ce qui constitue l' int&#233;rieur , le jeu des forces , comme son reflet en soi. En elle, pour la conscience, les &#234;tres de perception se posent de mani&#232;re objective tels qu'ils sont en eux-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire comme . Des instants se transformant directement en contraire sans repos et sans &#234;tre, l'un imm&#233;diatement en g&#233;n&#233;ral, l'essentiel directement en inessentiel et vice versa. Ce jeu de forces est donc le n&#233;gatif d&#233;velopp&#233;, mais sa v&#233;rit&#233; est le positif, &#224; savoir l' universel , l' objet qui existe en soi . &#8211; L' &#234;tre du m&#234;me pour la conscience est m&#233;diatis&#233; par le mouvement de l'apparition , dans lequel l' &#234;tre de la perception et l'objectif sensuel n'ont qu'une signification n&#233;gative, la conscience se refl&#232;te donc en elle-m&#234;me comme dans la v&#233;rit&#233;, mais en tant que conscience cette v&#233;rit&#233; redevient objective. int&#233;rieur , et distingue ce reflet des choses de son reflet en lui-m&#234;me ; tout comme pour lui le mouvement m&#233;diateur reste objectif. Cet int&#233;rieur est donc pour lui un extr&#234;me ; mais pour lui elle est v&#233;rit&#233; parce qu'en elle, comme dans l' en-soi, elle a simultan&#233;ment la certitude d'elle-m&#234;me ou le moment de son &#234;tre-pour-soi ; mais elle n'en a pas encore conscience, car l' &#234;tre pour soi que devrait avoir l'&#234;tre int&#233;rieur de soi ne serait rien d'autre que le mouvement n&#233;gatif, mais c'est encore le ph&#233;nom&#232;ne objectif de disparition pour la conscience, pas encore son &#234;tre propre . pour soi-m&#234;me ; L'int&#233;rieur est donc certes pour lui un concept, mais il ne conna&#238;t pas encore la nature du concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette v&#233;rit&#233; int&#233;rieure , en tant qu'absolument universelle , qui a &#233;t&#233; purifi&#233;e de l' opposition du g&#233;n&#233;ral et de l'individuel et qui est devenue pour l'entendement seulement au-dessus du monde sensible en tant que monde apparaissant, s'ouvre d&#233;sormais un monde suprasensible en tant que monde vrai , et au dessus de la disparition de ce monde , du permanent Au - del&#224; ; un en-soi, qui est l'apparence premi&#232;re et donc elle-m&#234;me imparfaite de la raison, ou seulement l'&#233;l&#233;ment pur en quoi la v&#233;rit&#233; a son essence .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sujet est maintenant l'inf&#233;rence, qui a &#224; ses extr&#233;mit&#233;s l'int&#233;rieur des choses et l'entendement, et en son centre l'apparence ; Mais le mouvement de cette conclusion donne une d&#233;termination plus pouss&#233;e de ce que la compr&#233;hension voit &#224; travers le milieu int&#233;rieur et de l'exp&#233;rience qu'elle a de cette relation d'&#234;tre connect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde int&#233;rieur est encore un pur au-del&#224; pour la conscience, parce qu'elle ne s'y trouve pas encore ; il est vide , car il n'est que le n&#233;ant de l'apparence et positivement le simple universel. Cette mani&#232;re d'&#234;tre au-dedans s'accorde imm&#233;diatement avec ceux qui disent que l'int&#233;rieur des choses ne peut &#234;tre connu ; mais il faudrait comprendre la raison diff&#233;remment. Il n'y a bien s&#251;r aucune connaissance de cet int&#233;rieur, tel qu'il est directement ici, mais non pas parce que la raison est trop myope, ou limit&#233;e, ou peu importe comment vous voulez l'appeler ; On ne sait rien ici encore, car nous n'avons pas encore approfondi ce sujet ; mais pour la simple nature de la chose elle-m&#234;me, &#224; savoir parce que rien n'est reconnu dans le vide , ni exprim&#233; de l'autre c&#244;t&#233;, parce qu'il est d&#233;termin&#233; comme au-del&#224; de la conscience. - Le r&#233;sultat est bien entendu le m&#234;me lorsqu'un aveugle entre dans la richesse du monde suprasensible - s'il en poss&#232;de une, il est d&#233;sormais son propre contenu, ou la conscience elle-m&#234;me est ce contenu - et lorsqu'un voyant entre dans les pures t&#233;n&#232;bres, ou si tu veux, se place dans la pure lumi&#232;re, si ce n'est que cela ; L'homme voyant voit aussi peu dans sa pure lumi&#232;re que dans ses pures t&#233;n&#232;bres, et tout autant que l'aveugle voit dans la pl&#233;nitude des richesses qui se trouvent devant lui. S'il n'y avait rien de plus &#224; l'int&#233;rieur et s'il n'y &#233;tait connect&#233; que par l'apparence, alors il n'y aurait plus qu'&#224; s'en tenir &#224; l'apparence, c'est-&#224;-dire &#224; prendre pour vrai quelque chose dont nous savons qu'il n'est pas vrai ; ou avec ce qui est dans le vide, qui n'est devenu que le vide des choses objectives, mais qui, comme vide en soi , doit aussi &#234;tre pris comme conscience du vide de toutes les relations spirituelles et des diff&#233;rences de conscience - de sorte que dans ce vide si compl&#232;tement , qu'on appelle aussi le sacr&#233; , mais qui est quelque chose qui le remplit de r&#234;ves, d'apparences que la conscience se cr&#233;e ; Il devrait supporter d'&#234;tre si mal trait&#233;, car il ne m&#233;riterait aucune am&#233;lioration, car la r&#234;verie elle-m&#234;me vaut encore mieux que son vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le monde int&#233;rieur ou l'au-del&#224; suprasensible est n&#233; ; il vient de l'apparence, et il en est la m&#233;diation ; ou bien l'apparence est son essence , et m&#234;me son accomplissement. Le suprasensible est le sensible et le per&#231;u pos&#233; tel qu'il est r&#233;ellement ; Mais la v&#233;rit&#233; de ce qui est sensible et per&#231;u doit &#234;tre une apparence . Le suprasensible est donc l' apparence comme apparence . &#8211; Si l'on pense que le suprasensible est le monde sensible, ou le monde tel qu'il est pour la certitude et la perception sensorielle imm&#233;diate , alors c'est une compr&#233;hension erron&#233;e ; car l'apparence n'est pas le monde de la connaissance et de la perception sensuelles comme existant, mais plut&#244;t comme suspendu ou en v&#233;rit&#233; pos&#233; comme interne . On dit habituellement que le suprasensible n'est pas l'apparence ; Cependant, le terme apparence ne d&#233;signe pas l'apparence, mais plut&#244;t le monde sensible , en tant que r&#233;alit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement, qui est notre objet, se trouve exactement dans cette position o&#249; le monde int&#233;rieur ne lui est devenu connu que comme le g&#233;n&#233;ral, non encore r&#233;alis&#233; en soi ; Le jeu des forces n'a que cette signification n&#233;gative, non pas en soi et seulement cette signification positive, la chose m&#233;diatrice , mais &#233;tant en dehors de lui. Mais sa relation &#224; l'&#234;tre int&#233;rieur par m&#233;diation est son mouvement par lequel elle s'accomplira pour lui. &#8211; L'imm&#233;diat pour lui est le jeu des forces ; mais pour lui la v&#233;rit&#233; est le simple int&#233;rieur ; Le mouvement de la force n'est donc vrai que comme chose simple . Mais nous avons vu par ce jeu de forces qu'elle a cette nature, que la force qui est associ&#233;e &#224; une autre force est aussi soucieuse de cette autre force, qui elle-m&#234;me ne devient sociable que par elle. Ici aussi, il n'y a que le changement imm&#233;diat ou l'&#233;change absolu de la d&#233;termination , qui constitue le seul contenu de ce qui se passe ; &#234;tre soit un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, soit une entit&#233; n&#233;gative. Dans son apparence d&#233;termin&#233;e, il cesse imm&#233;diatement d'&#234;tre ce qu'il appara&#238;t ; Par son apparence sp&#233;cifique, il &#233;voque l'autre c&#244;t&#233; qui s'exprime &#224; travers celui-ci ; c'est-&#224;-dire que c'est imm&#233;diatement ce que devrait &#234;tre le premier. Ces deux faces, le rapport de l'obligation et le rapport du contenu sp&#233;cifique oppos&#233;, sont chacun une perversion et une confusion absolues. Mais ces deux rapports sont eux-m&#234;mes une seule et m&#234;me chose, et la diff&#233;rence de forme , &#233;tant ce qui est demand&#233; et ce qui est voulu, est la m&#234;me que la diff&#233;rence de contenu , ce qui est voulu comme tel, &#224; savoir le m&#233;dium passif ; le sociable, en revanche, est l'unit&#233; active, n&#233;gative ou l'un. De ce fait, toute diff&#233;rence entre les forces sp&#233;ciales qui devraient &#234;tre pr&#233;sentes dans ce mouvement dispara&#238;t les unes des autres ; car ils reposaient sur ces seules diff&#233;rences ; et la diff&#233;rence des puissances co&#239;ncide aussi avec ces deux-l&#224; seulement en une. Ce n'est donc ni le pouvoir, ni la sollicitation et l'&#234;tre sollicit&#233;, ni la d&#233;termination d'&#234;tre un m&#233;dium existant et une unit&#233; r&#233;fl&#233;chie, ni individuellement quelque chose en soi, ni des contraires diff&#233;rents ; mais ce qui est dans ce changement absolu, c'est seulement la diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale ou en tant que diff&#233;rence dans laquelle les nombreux oppos&#233;s ont &#233;t&#233; r&#233;duits. Cette diff&#233;rence en g&#233;n&#233;ralVoil&#224; donc ce qu'il y a de simple dans le jeu de force lui-m&#234;me , et ce qu'il y a de vrai ; il est la loi de la force .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparence absolument changeante devient la simple diff&#233;rence par son rapport &#224; la simplicit&#233; de l'int&#233;rieur ou de l'entendement. L'int&#233;rieur n'est d'abord que ce qui est universel en soi ; Mais ce g&#233;n&#233;ral, simple en soi , est essentiellement aussi absolu que la diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale ; car c'est le r&#233;sultat du changement lui-m&#234;me, ou le changement est son essence ; mais le changement, tel qu'il est pos&#233; int&#233;rieurement et r&#233;ellement, y est incorpor&#233; comme une diff&#233;rence &#233;galement absolument g&#233;n&#233;rale, apais&#233;e et constante. Or la n&#233;gation est un moment essentiel de l'universel, et elle ou la m&#233;diation dans le g&#233;n&#233;ral est une diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale . Elle s'exprime dans la loi , comme l' image constante du ph&#233;nom&#232;ne instable. Le monde suprasensible est ici un royaume tranquille de lois , bien qu'au-del&#224; du monde per&#231;u, car celui-ci ne repr&#233;sente la loi qu'&#224; travers un changement constant, mais tout aussi pr&#233;sent en elle et dans son image directe et silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce domaine des lois est bien la v&#233;rit&#233; de l'entendement, qui a son contenu dans les diff&#233;rences qui sont dans la loi ; Mais en m&#234;me temps, elle n'en est que la premi&#232;re v&#233;rit&#233; et ne compl&#232;te pas l'apparence. La loi est pr&#233;sente en elle, mais elle n'est pas toute sa pr&#233;sence ; sa r&#233;alit&#233; est en constante &#233;volution dans des circonstances en constante &#233;volution. Cela laisse &#224; l'apparence elle-m&#234;me un c&#244;t&#233; qui n'est pas interne ; ou bien il n'est pas encore pos&#233; comme une apparence , comme un &#234;tre pour soi suspendu . Ce d&#233;faut de la loi doit aussi &#234;tre &#233;vident en lui-m&#234;me. Ce qui semble manquer, c'est qu'elle ait bien la diff&#233;rence elle-m&#234;me, mais de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale et ind&#233;termin&#233;e. Mais dans la mesure o&#249; elle n'est pas la loi en g&#233;n&#233;ral, mais une loi, elle contient en elle une certitude ; et il y a donc un nombre ind&#233;fini de lois. Mais cette multiplicit&#233; est elle-m&#234;me un d&#233;faut ; &#224; savoir, cela contredit le principe de l'entendement selon lequel, en tant que conscience de l'int&#233;rieur simple, l' unit&#233; intrins&#232;quement g&#233;n&#233;rale est la v&#233;rit&#233;. Il doit plut&#244;t laisser les nombreuses lois se fondre en une seule . Comment, par exemple, la loi selon laquelle la pierre tombe et la loi selon laquelle les sph&#232;res c&#233;lestes se d&#233;placent ont &#233;t&#233; comprises comme une seule loi. Mais avec cet effondrement, les lois perdent leur certitude ; la loi devient de plus en plus superficielle, et en fait ce n'est pas l'unit&#233; de ces lois sp&#233;cifiques qui a &#233;t&#233; trouv&#233;e, mais plut&#244;t une loi qui omet leur d&#233;termination ; comment la loi unique , qui unit les lois de la chute des corps sur terre et du mouvement c&#233;leste, ne les exprime pas en fait toutes deux. L'unification de toutes les lois dans l' attraction g&#233;n&#233;rale n'exprime aucun contenu autre que le simple concept de la loi elle-m&#234;me , qui y est pos&#233;e comme &#233;tant . L'attraction g&#233;n&#233;rale dit seulement ceci, que tout a une diff&#233;rence constante par rapport aux autres choses . L'entendement pense avoir trouv&#233; une loi g&#233;n&#233;rale qui exprime la r&#233;alit&#233; g&#233;n&#233;rale comme telle ; mais en fait il n'a trouv&#233; que le concept m&#234;me de la loi ; mais de telle mani&#232;re qu'en m&#234;me temps il dit que toute r&#233;alit&#233; est intrins&#232;quement licite. L'expression de l'attraction g&#233;n&#233;rale rev&#234;t donc une grande importance dans la mesure o&#249; elle contraste avec l'attraction irr&#233;fl&#233;chie.L'imagination , &#224; laquelle tout se pr&#233;sente sous forme de hasard, et pour laquelle la d&#233;termination a la forme d'ind&#233;pendance sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attrait g&#233;n&#233;ral, ou le concept pur de la loi, s'oppose donc aux lois sp&#233;cifiques. Dans la mesure o&#249; ce concept pur est consid&#233;r&#233; comme l'essence ou comme le v&#233;ritable int&#233;rieur, la d&#233;termination de la loi sp&#233;cifique elle-m&#234;me appartient encore &#224; l'apparence ou plut&#244;t &#224; l'&#234;tre sensuel. Mais le concept pur du droit d&#233;passe non seulement le droit, qui, m&#234;me sp&#233;cifique , s'oppose aux autres droits sp&#233;cifiques, mais il d&#233;passe aussi le droit en tant que tel. La d&#233;termination dont nous parlions n'est en r&#233;alit&#233; qu'un instant de fuite qui ne peut plus appara&#238;tre ici comme une entit&#233; ; car seule la loi existe comme v&#233;rit&#233; ; mais le concept de droit est retourn&#233; contre le droit lui-m&#234;me. Dans le droit, la diff&#233;rence elle-m&#234;me est directement saisie et incorpor&#233;e &#224; l'universel, et avec elle l' existence des moments dont elle exprime la relation comme des entit&#233;s indiff&#233;rentes qui existent en elles-m&#234;mes. Mais ces parties de la diff&#233;rence dans le droit sont en m&#234;me temps elles-m&#234;mes des aspects pr&#233;cis ; Le concept pur de la loi comme attraction g&#233;n&#233;rale doit &#234;tre compris dans son vrai sens de telle sorte qu'en lui, en tant que chose absolument simple , les diff&#233;rences qui existent dans la loi comme telle retournent &#224; l'int&#233;rieur comme une simple unit&#233; ; c'est la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi se pr&#233;sente donc de mani&#232;re double, d'une part comme une loi dans laquelle les diff&#233;rences s'expriment comme des moments ind&#233;pendants ; l'autre fois sous la forme d' un simple retour en soi, que l'on peut encore appeler force , mais de telle sorte qu'il ne s'agit pas de la force refoul&#233;e, mais de la force en g&#233;n&#233;ral ou comme concept de force, abstraction qui montre les diff&#233;rences entre lui, ce qui attire et ce qui est attir&#233;, s'attirent en lui-m&#234;me. Par exemple, l'&#233;lectricit&#233; simple est une force ; Mais l'expression de la diff&#233;rence rel&#232;ve de la loi ; cette diff&#233;rence est l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative. Dans le mouvement de chute, la force est la chose simple, la gravit&#233; , qui a pour loi que les grandeurs des diff&#233;rents moments du mouvement, le temps qui s'est &#233;coul&#233; et l' espace qui s'est &#233;coul&#233; , se rapportent les uns aux autres comme racines et carr&#233;s. L'&#233;lectricit&#233; elle-m&#234;me n'est pas la diff&#233;rence en elle-m&#234;me ni, dans son essence, la double nature de l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative ; C'est pourquoi les gens ont tendance &#224; dire qu'il a la loi d'&#234;tre ainsi , mais aussi qu'il a la propri&#233;t&#233; de s'exprimer de cette mani&#232;re. Cette propri&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; essentielle et unique de ce pouvoir, ou elle lui est n&#233;cessaire . Mais n&#233;cessit&#233; est ici un mot vide de sens ; la force doit doubler parce qu'elle le doit . Bien entendu, si l'on pose l'&#233;lectricit&#233; positive , l'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative est &#233;galement n&#233;cessaire en soi ; car le positif n'existe qu'en relation avec un n&#233;gatif , ou le positif lui-m&#234;me est la diff&#233;rence d'avec lui-m&#234;me, tout comme le n&#233;gatif. Mais le fait que l'&#233;lectricit&#233; en tant que telle se divise de cette mani&#232;re n'est pas en soi n&#233;cessaire ; en tant que simple force, elle est indiff&#233;rente &#224; sa loi d' &#234;tre, tant positive que n&#233;gative ; et si nous appelons cela leur concept et cela leur &#234;tre, alors leur concept est indiff&#233;rent &#224; leur &#234;tre ; elle n'a que cette qualit&#233; ; c'est-&#224;-dire que cela n'est pas n&#233;cessaire en soi . &#8211; Cette indiff&#233;rence prend une forme diff&#233;rente lorsqu'on dit que cela fait partie de la d&#233;finition de l'&#233;lectricit&#233; d'&#234;tre positive et n&#233;gative, ou que c'est simplement son concept et son essence . Alors leur &#234;tre signifierait leur existencedu tout ; Mais la n&#233;cessit&#233; de leur existence ne r&#233;side pas dans cette d&#233;finition ; c'est soit parce qu'on le trouve , c'est-&#224;-dire qu'il n'est pas du tout n&#233;cessaire ; ou bien leur existence est due &#224; d'autres forces, c'est-&#224;-dire que leur n&#233;cessit&#233; est ext&#233;rieure. Mais en pla&#231;ant la n&#233;cessit&#233; dans la d&#233;termination de l'&#234;tre par autre chose , on retombe dans la multiplicit&#233; des lois d&#233;termin&#233;es que l'on vient de quitter pour consid&#233;rer la loi comme une loi ; C'est seulement &#224; cela que l'on peut comparer son concept en tant que concept ou sa n&#233;cessit&#233;, qui, sous toutes ces formes, ne s'est r&#233;v&#233;l&#233;e que comme un mot vide de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indiff&#233;rence de la loi et de la force, ou du concept et de l'&#234;tre, est pr&#233;sente d'une autre mani&#232;re que celle indiqu&#233;e. Dans la loi du mouvement, par exemple, il faut que le mouvement soit divis&#233; en temps et en espace , ou alors aussi en distance et vitesse. Puisque le mouvement n'est que le rapport de ces moments, lui, l'universel, est ici divis&#233; en lui-m&#234;me ; mais maintenant ces parties, temps et espace, ou distance et vitesse, n'expriment pas en elles cette origine d' une seule ; ils sont indiff&#233;rents les uns aux autres, l'espace est imagin&#233; sans temps, le temps sans espace et la distance au moins sans vitesse - de m&#234;me que leurs quantit&#233;s sont indiff&#233;rentes les unes aux autres ; en ce sens qu'ils ne se comportent pas comme des choses positives et n&#233;gatives , et ne sont donc pas li&#233;s les uns aux autres &#224; travers leur essence . La n&#233;cessit&#233; de la division est certainement pr&#233;sente ici ; mais pas les parties en tant que telles les unes pour les autres. C'est pourquoi la premi&#232;re elle-m&#234;me n'est qu'une fausse et fausse n&#233;cessit&#233; ; Le mouvement lui-m&#234;me n'est pas imagin&#233; comme un &#234;tre simple ou pur ; mais d&#233;j&#224; aussi divis&#233; ; Le temps et l'espace sont leurs parties ind&#233;pendantes ou des &#234;tres en eux-m&#234;mes , ou la distance et la vitesse sont des modes d'&#234;tre ou d'imaginer, dont l'un peut bien exister sans l'autre, et le mouvement n'est donc que leur relation superficielle , non leur essence. Imagin&#233;e comme un &#234;tre simple ou comme une force, il s'agit probablement de la gravit&#233; , qui ne contient cependant pas du tout ces diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence dans les deux cas n'est pas une diff&#233;rence en soi ; Ou bien l'universel, la force, est indiff&#233;rent &#224; la division qui est dans la loi, ou bien les diff&#233;rences, parties de la loi, sont indiff&#233;rentes les unes aux autres. Mais l'entendement a le concept de cette diff&#233;rence en lui-m&#234;me , pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que la loi est, d'une part, l'interne, quelque chose qui existe en soi , mais en m&#234;me temps est quelque chose de diff&#233;rent en lui ; Le fait que cette diff&#233;rence soit une diff&#233;rence int&#233;rieure est d&#251; au fait que la loi est une simple force, ou en tant que concept de celle-ci, c'est-&#224;-dire une diff&#233;rence du concept . Mais cette diff&#233;rence int&#233;rieure ne vient qu'&#224; l'esprit ; et n'a pas encore r&#233;gl&#233; la question elle-m&#234;me . C'est donc seulement sa propre n&#233;cessit&#233; que l'entendement exprime ; une diff&#233;rence qu'il fait seulement de telle mani&#232;re qu'il exprime en m&#234;me temps que la diff&#233;rence n'est pas une diff&#233;rence de la chose elle-m&#234;me . Cette n&#233;cessit&#233;, qui ne r&#233;side que dans la parole, est la narration des instants qui composent son cercle ; Ils sont certes diff&#233;renci&#233;s, mais en m&#234;me temps leur diff&#233;rence s'exprime, non pas une diff&#233;rence dans la chose elle-m&#234;me, et est donc elle-m&#234;me imm&#233;diatement annul&#233;e ; ce mouvement s'appelle expliquer . Ainsi est prononc&#233;e une loi , d'o&#249; se distingue ce qui est intrins&#232;quement universel, ou la raison, comme la force ; Mais de cette diff&#233;rence, on dit qu'il n'y a pas de diff&#233;rence, mais que la raison est exactement la m&#234;me que celle de la loi. L'apparition individuelle de la foudre, par exemple, est comprise comme un g&#233;n&#233;ral, et ce g&#233;n&#233;ral s'exprime comme la loi de l'&#233;lectricit&#233; : l'explication r&#233;sume alors la loi dans la force , comme l'essence de la loi. Cette force est alors telle que lorsqu'elle s'exprime, des &#233;lectricit&#233;s oppos&#233;es surgissent, qui disparaissent ensuite l'une dans l'autre, c'est-&#224;-dire que la force est exactement la m&#234;me que la loi ; on dit que les deux ne sont pas du tout diff&#233;renci&#233;s. Les diff&#233;rences sont la pure expression g&#233;n&#233;rale ou loi, et la pure force ; mais tous deux ont le m&#234;me contenu, la m&#234;me nature ; La diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence de contenu, c'est-&#224;-dire de chose, est &#233;galement reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement tautologique, il s'av&#232;re que l'entendement persiste dans l'unit&#233; calme de son objet, et que le mouvement ne tombe qu'en lui-m&#234;me, non dans l'objet ; C'est une explication qui non seulement n'explique rien, mais qui est si claire que, tout en essayant de dire quelque chose de diff&#233;rent de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, elle ne dit en r&#233;alit&#233; rien, mais ne fait que r&#233;p&#233;ter la m&#234;me chose. Ce mouvement ne cr&#233;e rien de nouveau sur la chose elle-m&#234;me, mais il entre plut&#244;t en consid&#233;ration comme un mouvement de l'entendement. Mais nous y reconnaissons maintenant ce qui manquait &#224; la loi, &#224; savoir le changement absolu lui-m&#234;me, car ce mouvement , si nous y regardons de plus pr&#232;s, est directement oppos&#233; &#224; lui-m&#234;me. Il fait une diff&#233;rence qui n'est pas seulement pour nous . une diff&#233;rence , mais qu'elle annule elle-m&#234;me comme diff&#233;rence. C'est le m&#234;me changement qui s'est pr&#233;sent&#233; comme un jeu de forces ; Il y avait chez lui la diff&#233;rence entre le solennel et le solennel, entre la force qui s'exprime et la force qui est refoul&#233;e en elle-m&#234;me ; Mais il s'agissait de diff&#233;rences qui n'existaient pas r&#233;ellement et qui ont donc imm&#233;diatement disparu. Ce n'est pas seulement la simple unit&#233; qui est pr&#233;sente, de sorte qu'aucune diff&#233;rence ne s'&#233;tablirait, mais c'est ce mouvement dans lequel une diff&#233;rence est effectivement faite mais , parce qu'elle n'est pas une diff&#233;rence, est &#224; nouveau abolie . &#8211; Avec l'explication, le changement et le changement, qui auparavant n'&#233;taient visibles qu'&#224; l'ext&#233;rieur de l'int&#233;rieur, ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans le suprasensible lui-m&#234;me ; Mais notre conscience est pass&#233;e de l'int&#233;rieur en tant qu'objet &#224; l'autre c&#244;t&#233;, dans la compr&#233;hension , et elle porte le changement en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement n'est pas encore un changement de la chose elle-m&#234;me, mais se pr&#233;sente plut&#244;t comme un pur changement car le contenu des moments de changement reste le m&#234;me. Mais comme le concept, en tant que concept de l'entendement, est le m&#234;me que l' int&#233;rieur des choses, ce changement devient pour lui une loi de l'int&#233;rieur . Il apprend donc que c'est la loi de l'apparence elle-m&#234;me qui fait appara&#238;tre des diff&#233;rences qui ne sont pas des diff&#233;rences ; ou que la chose du m&#234;me nom se repousse d'elle-m&#234;me ; et aussi que les diff&#233;rences ne sont que celles qui ne sont pas r&#233;ellement et qu'elles s'annulent ; ou que les noms oppos&#233;s s'attirent . &#8211; Une deuxi&#232;me loi , dont le contenu s'oppose &#224; ce qu'on appelait auparavant loi, &#224; savoir les diff&#233;rences constantes, constantes ; car cette nouvelle expression exprime plut&#244;t le devenir in&#233;gal du m&#234;me et le devenir &#233;gal de l'in&#233;gal . Le terme requiert de l'irr&#233;flexion pour rapprocher les deux lois et prendre conscience de leur opposition. &#8211; La seconde est bien s&#251;r aussi une loi, ou un soi-m&#234;me int&#233;rieur, mais plut&#244;t un m&#234;me-m&#234;me d'in&#233;galit&#233;, une constance d'impermanence. &#8211; Cette loi est n&#233;e du jeu des forces comme cette transcendance absolue, et comme un pur changement ; l' &#233;ponyme , la force, se d&#233;compose en une opposition qui appara&#238;t d'abord comme une diff&#233;rence ind&#233;pendante, mais qui s'av&#232;re en fait n'en &#234;tre pas une ; car c'est la m&#234;me chose qui se repousse de soi, et cette substance repouss&#233;e s'attire donc essentiellement, parce que c'est la m&#234;me chose ; La diff&#233;rence faite, puisqu'il n'en est pas un, s'annule &#224; nouveau. Elle se pr&#233;sente ici comme une diff&#233;rence dans la chose elle-m&#234;me , ou comme une diff&#233;rence absolue, et cette diff&#233;rence dans la chose n'est donc rien d'autre que la chose du m&#234;me nom qui s'est repouss&#233;e d'elle-m&#234;me et n'oppose donc qu'une opposition qui est pas un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce principe, le premier suprasensible, le royaume calme des lois, l'image imm&#233;diate du monde per&#231;u, se renverse en son contraire ; La loi &#233;tait g&#233;n&#233;ralement ce qui restait le m&#234;me , comme ses diff&#233;rences ; Mais il est d&#233;sormais clair que les deux sont en r&#233;alit&#233; &#224; l'oppos&#233; d'eux-m&#234;mes ; Au contraire, ce qui est semblable &#224; soi se repousse de lui-m&#234;me, et ce qui est diff&#233;rent de soi se pose plut&#244;t comme semblable &#224; soi. En fait, c'est seulement avec cette d&#233;termination que la diff&#233;rence est interne , ou diff&#233;rence en soi , en ce sens que le m&#234;me est in&#233;gal et que l'in&#233;gal est &#233;gal. &#8211; Ce deuxi&#232;me monde suprasensible est en ce sens le monde &#224; l'envers ; c'est-&#224;-dire qu'il y a d&#233;j&#224; un c&#244;t&#233; du premier monde suprasensible qui est invers&#233; par rapport &#224; ce premier . L'int&#233;rieur est ainsi compl&#233;t&#233; en apparence. Car le premier monde suprasensible n'&#233;tait que l' &#233;l&#233;vation imm&#233;diate du monde per&#231;u dans l'&#233;l&#233;ment g&#233;n&#233;ral ; Elle avait en cela sa contrepartie n&#233;cessaire, qui gardait encore pour elle le principe du changement et du changement ; Le premier royaume de lois en manquait, mais il le maintient comme un monde invers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la loi de ce monde invers&#233;, ce qui est comme le premier est diff&#233;rent de lui-m&#234;me, et ce qui lui est diff&#233;rent est &#233;galement diff&#233;rent de lui-m&#234;me , ou devient semblable &#224; lui-m&#234;me . &#192; certains moments, cela arrivera de telle mani&#232;re que ce qui &#233;tait doux dans la loi de la premi&#232;re est aigre dans ce mal en soi ; ce qui est noir dans celui-l&#224;, blanc dans celui-l&#224;. Ce qui, dans la premi&#232;re loi de l'aimant, est le p&#244;le nord, est dans son autre en-soi suprasensible (c'est-&#224;-dire dans la terre) le p&#244;le sud ; Mais qu'est-ce que le p&#244;le Sud, c'est le p&#244;le Nord ici. De m&#234;me que ce qui est un p&#244;le oxyg&#232;ne dans la premi&#232;re loi de l'&#233;lectricit&#233; devient un p&#244;le hydrog&#232;ne dans son autre nature suprasensible ; et vice versa, ce qui est l&#224; le p&#244;le hydrog&#232;ne devient ici le p&#244;le oxyg&#232;ne. Dans un autre domaine, selon le droit imm&#233;diat, la vengeance contre l'ennemi est la plus haute satisfaction de l'individualit&#233; l&#233;s&#233;e. Mais cette loi , de me montrer comme un &#234;tre contre lui &#224; celui qui ne me traite pas comme un &#234;tre-soi, et plut&#244;t de l'abolir en tant qu'&#234;tre, est renvers&#233;e par le principe de l'autre monde en l'oppos&#233; , la restauration. de moi en tant qu'&#234;tre &#224; travers l'abolition de l'&#234;tre &#233;tranger dans l'autodestruction. Or, si cette perversion, qui est repr&#233;sent&#233;e dans la punition du crime, est &#233;rig&#233;e en loi , alors elle aussi n'est que la loi d'un monde, qui a en face d'elle un monde perverti et suprasensible , dans lequel ce qui est m&#233;pris&#233; dans l'autre, en honorer ce qui est honor&#233; dans le premier vient au m&#233;pris. Le ch&#226;timent qui souille et d&#233;truit l'homme selon la loi du premier se transforme dans son monde &#224; l'envers en le pardon qui pr&#233;serve son essence et lui rend l'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu superficiellement, ce monde invers&#233; est tellement &#224; l'oppos&#233; du premier qu'il le tient hors de lui, et rejette le premier comme une r&#233;alit&#233; invers&#233;e, l' une &#233;tant l' apparence , l' autre l' en-soi , l' une &#233;tant ce qu'elle est. pour un autre , l' autre par opposition &#224; ce qu'il est pour soi ; de sorte que, pour reprendre les exemples pr&#233;c&#233;dents, ce qui a un go&#251;t sucr&#233; serait effectivement , ou int&#233;rieurement , aigre dans la chose, ou ce qui est dans l'aimant r&#233;el de l'apparence, le p&#244;le nord, serait, dans l' &#234;tre interne ou essentiel, le p&#244;le sud. ; Ce qui appara&#238;t sur l'&#233;lectricit&#233; apparaissant comme un p&#244;le d'oxyg&#232;ne serait sur le p&#244;le d'hydrog&#232;ne qui n'appara&#238;t pas. Ou encore, un acte qui est un crime en apparence devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre bon &#224; l'int&#233;rieur (un mauvais acte peut avoir une bonne intention) ; La punition n'est qu'une punition en apparence , mais en elle-m&#234;me ou dans un autre monde, elle peut &#234;tre un b&#233;n&#233;fice pour le criminel. Mais de tels contrastes entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur, entre apparence et suprasensible, comme entre deux r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes, ne sont plus pr&#233;sents ici. Les diff&#233;rences repouss&#233;es ne se redistribuent pas &#224; deux de ces substances qui les porteraient et leur donneraient une existence s&#233;par&#233;e ; par quoi la compr&#233;hension int&#233;rieure reviendrait &#224; sa position ant&#233;rieure. Un c&#244;t&#233; ou substance serait encore le monde de la perception, dans lequel l'une des deux lois op&#232;re son essence, et en face serait un monde int&#233;rieur, exactement un monde sensoriel comme le premier, mais dans l' imagination ; Il ne pouvait pas &#234;tre montr&#233; comme un monde sensuel, ni vu, entendu, go&#251;t&#233;, et pourtant il serait imagin&#233; comme un tel monde sensuel. Mais en fait, si l'un pos&#233; est quelque chose de per&#231;u, et que son en-soi , comme son inversion, est aussi quelque chose d'imagin&#233; sensuellement , alors l'aigre, qui serait l'en-soi de la chose douce , est une chose aussi r&#233;elle que &#231;a, une chose aigre ; le noir, qui serait l'en-soi du blanc, est le vrai noir ; le p&#244;le nord, qui est l'en-soi du p&#244;le sud, est le p&#244;le nord pr&#233;sent sur le m&#234;me aimant ; le p&#244;le oxyg&#232;ne, qui est l'en-soi du p&#244;le hydrog&#232;ne, le p&#244;le oxyg&#232;ne existant de la m&#234;me colonne. Mais le vrai crime a sa perversion , etil est en soi comme possibilit&#233; dans l'intention comme telle, mais non dans une bonne ; car la v&#233;rit&#233; de l'intention n'est que l'acte lui-m&#234;me. Mais le crime, selon son contenu, a son reflet en lui-m&#234;me ou son inversion dans la peine r&#233;elle ; c'est la r&#233;conciliation du droit avec la r&#233;alit&#233; qui l'oppose dans le crime. Enfin, la punition r&#233;elle a sa fausse r&#233;alit&#233; en ce sens qu'elle est une telle r&#233;alisation de la loi, par laquelle l'activit&#233; qu'elle a comme punition s'annule , et ce qui est actif redevient une loi calme et valable, et le mouvement de l'individualit&#233; contre elle, et la sienne contre elle s'&#233;teint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'id&#233;e d'inversion, qui constitue l'essence d'un c&#244;t&#233; du monde suprasensible, doit &#234;tre supprim&#233;e l'id&#233;e sensuelle de la fixation des diff&#233;rences dans un &#233;l&#233;ment diff&#233;rent de l'existence, et ce concept absolu de diff&#233;rence, comme un diff&#233;rence, repousse ce qui porte le m&#234;me nom pour repr&#233;senter et comprendre l'&#233;galit&#233; de l'in&#233;gal comme de l'in&#233;gal. C'est le pur changement, ou l'opposition en soi, la contradiction de la pens&#233;e . Car dans la diff&#233;rence, qui est interne, le contraire n'est pas seulement l'un de deux &#8211; sinon il serait un &#234;tre et non un contraire ; mais il est le contraire d'un contraire, ou l'autre est directement pr&#233;sent en soi. J'ai probablement mis le contraire ici et l'autre l&#224; , dont c'est le contraire ; c'est-&#224;-dire le contraire d'un c&#244;t&#233;, en soi sans l'autre. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que j'ai ici le contraire en soi , qu'il est le contraire de lui-m&#234;me, ou qu'il a en fait l'autre directement en soi - Ainsi, le monde suprasensible, qui n'est pas le bon, a en m&#234;me temps empi&#233;t&#233; sur l'autre. sur eux, et eux sur eux-m&#234;mes ; c'est le mauvais pour soi, c'est-&#224;-dire le mauvais pour soi ; c'est lui-m&#234;me et ses oppos&#233;s dans une seule unit&#233;. C'est seulement ainsi qu'elle est la diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence int&#233;rieure , ou diff&#233;rence en soi , ou est comme l'infini .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers l'infini, nous voyons la loi de la n&#233;cessit&#233; achev&#233;e en elle-m&#234;me et tous les moments d'apparition absorb&#233;s dans l'int&#233;rieur. La simplicit&#233; de la loi est l'infini, qu'on appelle, selon ce qui en r&#233;sulte, &#945;) c'est quelque chose qui est le m&#234;me que soi , mais qui est la diff&#233;rence en soi ; ou bien c'est quelque chose du m&#234;me nom qui se rejette ou se divise. Ce qu'on appelait la force simple se d&#233;double et est la loi par son infinit&#233;. &#946;) Le divis&#233;, qui constitue les parties pr&#233;sent&#233;es dans la loi , se pr&#233;sente comme existant ; et vus sans le concept de diff&#233;rence interne, l'espace et le temps, ou la distance et la vitesse, qui apparaissent comme des moments de gravit&#233;, sont &#224; la fois indiff&#233;rents et inutiles les uns aux autres et &#224; la gravit&#233; elle-m&#234;me, tout comme cette simple gravit&#233; lui est compar&#233;e, ou simple l'&#233;lectricit&#233; s'oppose au positif et au n&#233;gatif. &#947; ;) Mais &#224; travers le concept de diff&#233;rence interne, cet espace et ce temps in&#233;gaux et indiff&#233;rents, etc. est une diff&#233;rence , qui n'est pas une diff&#233;rence , ou seulement une diff&#233;rence du m&#234;me nom , et son essence est l'unit&#233; ; ils s'inspirent l'un contre l'autre comme positifs et n&#233;gatifs, et leur &#234;tre est plut&#244;t ceci, de se poser comme non-&#234;tre et de l'abolir dans l'unit&#233;. Tous deux existent comme distincts, ils sont en eux-m&#234;mes , ils sont en eux-m&#234;mes comme oppos&#233;s , c'est-&#224;-dire &#224; l'oppos&#233; d'eux-m&#234;mes, ils ont leur autre en eux et ne sont qu'une unit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet infini simple ou concept absolu doit &#234;tre appel&#233; la simple essence de la vie, l'&#226;me du monde, le sang commun, qui est omnipr&#233;sent, ni obscurci ni interrompu par aucune diff&#233;rence, mais qui est plut&#244;t lui-m&#234;me toutes les diff&#233;rences, ainsi que leur subordination, c'est-&#224;-dire qu'elle palpite en elle-m&#234;me sans bouger, tremble en elle-m&#234;me sans s'inqui&#233;ter. Il est identique &#224; lui-m&#234;me , car les diff&#233;rences sont tautologiques, ce sont des diff&#233;rences qui ne le sont pas. Ce m&#234;me &#234;tre ne se rapporte donc qu'&#224; lui-m&#234;me ; &#224; soi-m&#234;me , alors c'est autre chose vers lequel la relation est dirig&#233;e, et se rapporter &#224; soi-m&#234;me est plut&#244;t la division , ou pr&#233;cis&#233;ment que l'identit&#233; de soi est la diff&#233;rence int&#233;rieure. Ces divisions sont donc en elles-m&#234;mes , chacune le contraire d'un autre , donc l' autre s'y exprime d&#233;j&#224; en m&#234;me temps ; ou bien il n'est pas le contraire d'un autre mais seulement le pur contraire , alors en soi il est le contraire de soi ; ou bien ce n'est pas du tout un contraire, mais pur en soi, un &#234;tre pur et identique qui n'a aucune diff&#233;rence en soi, alors nous n'avons pas besoin de poser la question, et encore moins de consid&#233;rer le tourment d'une telle question pour la philosophie, ou m&#234;me pour qu'il en fasse partie, consid&#233;rez-le sans r&#233;ponse - comment la diff&#233;rence ou l'alt&#233;rit&#233; vient de cet &#234;tre pur, comment en sort ; car la division a d&#233;j&#224; eu lieu, la diff&#233;rence a &#233;t&#233; exclue du m&#234;me et plac&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de lui ; Ce qui devrait &#234;tre le m&#234;me que soi est donc d&#233;j&#224; un des divis&#233;s, bien plus que l'essence absolue. Ce qui est &#233;gal &#224; soi se divise , c'est pourquoi cela signifie &#233;galement qu'il se dissout comme quelque chose de d&#233;j&#224; divis&#233;, il se dissout comme alt&#233;rit&#233;. L' unit&#233; , dont on dit habituellement que la diff&#233;rence ne peut en sortir, n'est en fait elle-m&#234;me que l' unique moment de la division ; c'est l'abstraction de la simplicit&#233;, qui s'oppose &#224; la diff&#233;rence. Mais comme c'est l'abstraction, seulement l'un des contraires, on a d&#233;j&#224; dit que c'est la division ; car si l'unit&#233; est un n&#233;gatif , un oppos&#233; , alors elle est pos&#233;e comme ce qui contient l'opposition. Les diff&#233;rences entre se diviser et devenir le m&#234;me que soi ne sont donc que ce mouvement d'auto-abolition. ; car puisque la m&#234;me chose, qui doit d'abord se diviser en deux ou devenir son contraire, est une abstraction ou d&#233;j&#224; quelque chose de divis&#233;, sa division est par l&#224; une abolition de ce qu'elle est et donc l'abolition de sa division. Devenir identique &#224; soi-m&#234;me est aussi une division ; Ce qui devient &#233;gal &#224; lui-m&#234;me se trouve ainsi confront&#233; &#224; la division ; Autrement dit, il se met de c&#244;t&#233; , ou plut&#244;t il se divise .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infinit&#233; ou cette inqui&#233;tude absolue du pur mouvement de soi, selon laquelle ce qui est d&#233;termin&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre, par exemple comme &#233;tant, est plut&#244;t le contraire de cette d&#233;termination, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; l'&#226;me de tout ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;, mais n'existe qu'en il appara&#238;t d'abord librement comme une explication ; et parce qu'elle est finalement un objet pour la conscience telle qu'elle est , alors la conscience est la conscience de soi . Expliquer l' esprit ne d&#233;crit initialement que ce qu'est la conscience de soi. Il abolit les diff&#233;rences qui existent dans la loi, d&#233;j&#224; devenues pures mais encore indiff&#233;rentes, et les &#233;tablit dans une unit&#233;, une force. Mais ce devenir &#233;gal est tout aussi directement une division, parce qu'il ne fait qu'abolir les diff&#233;rences et &#233;tablit par l&#224; l'unit&#233; du pouvoir en faisant une nouvelle diff&#233;rence, de loi et de pouvoir, qui en m&#234;me temps n'est pas une diff&#233;rence ; Et outre que cette diff&#233;rence n'est pas non plus une diff&#233;rence, il va lui-m&#234;me abolir cette diff&#233;rence en donnant &#224; la force la m&#234;me nature que la loi. &#8211; Mais ce mouvement ou n&#233;cessit&#233; est encore la n&#233;cessit&#233; et le mouvement de l'entendement, ou bien il n'est pas en tant que tel son objet , mais il a en lui l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative, la distance, la vitesse, l'attraction et mille autres choses comme objets qui ont le contenu des moments de mouvement. Il y a tellement d'autosatisfaction &#224; expliquer pr&#233;cis&#233;ment parce que, en l'exprimant de cette fa&#231;on, la conscience est en monologue direct avec elle-m&#234;me, ne jouissant que d'elle-m&#234;me, m&#234;me si elle semble faire autre chose, mais en r&#233;alit&#233; ne fait que jouer avec elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la loi oppos&#233;e comme renversement de la premi&#232;re loi, ou dans la diff&#233;rence interne, l'infini lui-m&#234;me devient l'objet de l'entendement, mais comme tel il le manque encore en ignorant la diff&#233;rence en soi, l'auto-repoussant du m&#234;me nom, et les in&#233;gaux qui s'attirent, r&#233;partis &#224; nouveau en deux mondes, ou en deux &#233;l&#233;ments substantiels ; Le mouvement tel qu'il est dans l'exp&#233;rience est ici pour lui un &#233;v&#233;nement, et le m&#234;me et le diff&#233;rent sont des pr&#233;dicats dont l'essence est un substrat qui existe. La m&#234;me chose qui est pour lui un objet dans une coquille sensuelle est pour nous dans sa forme essentielle, comme un pur concept. Cette appr&#233;hension de la diff&#233;rence telle qu'elle est r&#233;ellement , ou l'appr&#233;hension de l'infini comme tel, est pour nous , ou en soi . L'expos&#233; de leur concept appartient &#224; la science ; Mais la conscience, telle qu'elle l'a directement , appara&#238;t &#224; nouveau comme sa propre forme ou une nouvelle forme de conscience, qui ne reconna&#238;t pas son essence dans la pr&#233;c&#233;dente, mais la voit comme quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent. &#8211; Puisque ce concept d'infini est son objet, il a conscience de la diff&#233;rence comme quelque chose d'imm&#233;diat et &#233;galement sublim&#233; ; c'est pour soi , c'est distinguer l'indiff&#233;renci&#233; , ou la conscience de soi . Je me diff&#233;rencie de moi-m&#234;me , et il m'appara&#238;t imm&#233;diatement que ce qui est diff&#233;renci&#233; ne l'est pas . Moi, l'&#233;ponyme, je m'&#233;loigne de moi-m&#234;me ; mais cette chose diff&#233;rente, sans &#233;gal, n'est imm&#233;diatement, parce qu'elle est diff&#233;renci&#233;e, aucune diff&#233;rence pour moi. La conscience d'autrui, d'un objet en g&#233;n&#233;ral, est elle-m&#234;me n&#233;cessairement conscience de soi , se refl&#233;tant en elle-m&#234;me, conscience de soi, dans son alt&#233;rit&#233;. La progression n&#233;cessaire depuis les formes de conscience ant&#233;rieures, dans lesquelles leur v&#233;rit&#233; &#233;tait une chose, quelque chose d'autre qu'elles-m&#234;mes, exprime le fait que non seulement la conscience des choses n'est possible que pour une conscience de soi, mais que cela seul est la v&#233;rit&#233; de ces formes sont. Mais cette v&#233;rit&#233; n'existe que pour nous, pas encore pour la conscience. Mais la conscience de soi n'est devenue que quelque chose pour elle-m&#234;me , pas encore comme une unit&#233; avec la conscience en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons qu'&#224; l'int&#233;rieur du ph&#233;nom&#232;ne, l'entendement n'est en r&#233;alit&#233; pas quelque chose de diff&#233;rent du ph&#233;nom&#232;ne lui-m&#234;me, mais non pas comme un jeu de forces, mais &#233;prouve la m&#234;me chose dans ses moments absolument universels et leur mouvement, et en fait seulement &#233;prouve lui-m&#234;me m&#234;me nom indiff&#233;renci&#233; , qui se repousse, se pose comme un int&#233;rieur diff&#233;renci&#233;, mais pour lequel l' indiff&#233;rence des deux est tout aussi imm&#233;diate , conscience de soi . Il s'av&#232;re que derri&#232;re ce qu'on appelle le rideau, qui est cens&#233; couvrir l'int&#233;rieur, rien ne peut &#234;tre vu &#224; moins que nous ne passions nous-m&#234;mes derri&#232;re lui, et que nous soyons vus avec lui tout autant qu'il y a quelque chose qui peut &#234;tre vu derri&#232;re lui. Mais en m&#234;me temps, il s'av&#232;re que cela ne peut se faire sans toutes les circonstances ; car cette connaissance, qui est la v&#233;rit&#233; de l'id&#233;e de l'apparence et de son int&#233;rieur, n'est elle-m&#234;me que le r&#233;sultat d'un mouvement circonstanciel, par lequel disparaissent les modes de conscience, d'opinion, de perception et de compr&#233;hension ; et il s'av&#233;rera &#233;galement que la reconnaissance de ce que la conscience conna&#238;t en se connaissant elle-m&#234;me n&#233;cessite d'autres circonstances, dont l'explication est la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; IV&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de la certitude de soi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les modes de certitude pr&#233;c&#233;dents, la v&#233;rit&#233; est autre chose qu'elle-m&#234;me pour la conscience. Mais le concept de cette v&#233;rit&#233; dispara&#238;t dans l'exp&#233;rience de celle-ci ; de m&#234;me que l'objet &#233;tait directement en soi , l'&#234;tre de la certitude sensuelle, la chose concr&#232;te de la perception, la puissance de l'entendement, de m&#234;me il ne se r&#233;v&#232;le pas &#234;tre dans la v&#233;rit&#233;, mais cet en-soi appara&#238;t comme une mani&#232;re par laquelle il ne fait que c'est pour un autre ; le concept en est &#233;limin&#233; dans l'objet r&#233;el, ou dans la premi&#232;re id&#233;e imm&#233;diate de l'exp&#233;rience, et la certitude se perd dans la v&#233;rit&#233;. Mais maintenant est n&#233; ce qui n'&#233;tait pas n&#233; dans ces conditions ant&#233;rieures, &#224; savoir une certitude qui est &#233;gale &#224; sa v&#233;rit&#233;, car la certitude est elle-m&#234;me son objet, et la conscience est elle-m&#234;me la v&#233;rit&#233;. Il y a aussi une alt&#233;rit&#233; l&#224;-dedans ; La conscience fait une distinction, mais qui est en m&#234;me temps quelque chose qui n'est pas diff&#233;renci&#233; pour elle. Si nous appelons concept le mouvement de la connaissance, mais l' objet , la connaissance comme unit&#233; calme, ou comme ego, nous voyons que l'objet correspond au concept non seulement pour nous, mais pour la connaissance elle-m&#234;me. &#8211; Ou bien, d'une autre mani&#232;re, le concept s'appelle ce qu'est l'objet en soi , mais l'objet est ce qu'il est comme objet ou pour autrui, si &#233;clairant que l'&#234;tre en soi et l'&#234;tre pour un &#234;tre sont diff&#233;rents. la m&#234;me chose ; car l' en-soi est conscience ; mais c'est aussi ce pour quoi un autre (l' en-soi ) existe ; et c'est pour lui que l'en-soi de l'objet et l'&#234;tre du m&#234;me pour un autre sont le m&#234;me ; Je est le contenu de la relation et la relation elle-m&#234;me ; Il est lui-m&#234;me contre un autre, et en m&#234;me temps il s'&#233;tend sur cet autre, qui pour lui n'est aussi que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la conscience de soi, nous sommes maintenant entr&#233;s dans le domaine natif de la v&#233;rit&#233;. On peut voir comment appara&#238;t pour la premi&#232;re fois la forme de conscience de soi. Si l'on regarde cette nouvelle forme de connaissance, la connaissance de soi, par rapport &#224; ce qui la pr&#233;c&#233;dait, la connaissance d'autrui, alors celle-ci a bel et bien disparu ; mais en m&#234;me temps ses instants ont &#233;t&#233; conserv&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re ; et la perte est qu'ils sont pr&#233;sents ici tels qu'ils sont en eux-m&#234;mes. L' &#234;tre de l'opinion, l' individualit&#233; et la g&#233;n&#233;ralit&#233; de la perception qui lui sont oppos&#233;es , ainsi que l'int&#233;rieur vide de l'entendement, ne sont plus comme des &#234;tres, mais comme des moments de conscience de soi, c'est-&#224;-dire comme des abstractions ou des diff&#233;rences, qui sont en m&#234;me temps nuls et non avenus pour la conscience elle-m&#234;me, ou aucune diff&#233;rence et sont des &#234;tres purement en voie de disparition. Ainsi, seul le facteur principal lui-m&#234;me semble avoir &#233;t&#233; perdu, &#224; savoir la simple existence ind&#233;pendante de la conscience. Mais en r&#233;alit&#233;, la conscience de soi est le reflet de l'&#234;tre du monde sensible et per&#231;u, et essentiellement le retour de l'alt&#233;rit&#233; . En tant que conscience de soi, c'est le mouvement ; mais comme il ne se distingue que comme lui-m&#234;me, la diff&#233;rence s'abolit aussit&#244;t pour lui comme alt&#233;rit&#233; ; la diff&#233;rence n'est pas, et ce n'est que la tautologie immobile du : je suis je ; Puisque la diff&#233;rence n'a pas aussi la forme de l'&#234;tre , elle n'est pas conscience de soi. C'est ici pour lui l'alt&#233;rit&#233;, comme &#234;tre , ou comme moment diff&#233;renci&#233; ; mais pour elle c'est aussi l'unit&#233; de soi avec cette diff&#233;rence, comme second moment diff&#233;renci&#233;. D&#232;s ce premier instant, la conscience de soi en tant que conscience est pr&#233;serv&#233;e , et pour elle toute l'expansion du monde sensible est pr&#233;serv&#233;e ; mais en m&#234;me temps seulement en ce qui concerne le deuxi&#232;me moment, l'unit&#233; de la conscience de soi avec elle-m&#234;me ; et c'est donc pour lui une existence, qui n'est pourtant qu'une apparence ou une diff&#233;rence, qui en elle-m&#234;me n'a pas d'&#234;tre. Mais ce contraste entre son apparence et sa v&#233;rit&#233; n'a pour essence que la v&#233;rit&#233;, &#224; savoir l'unit&#233; de la conscience de soi avec elle-m&#234;me ; cela doit lui devenir essentiel ; c'est-&#224;-dire que c'est le d&#233;sir en g&#233;n&#233;ral. En tant que conscience de soi, la conscience a d&#233;sormais un double objet, l'un, l'imm&#233;diat, l'objet de la certitude sensorielle et de la perception, maiscar il est d&#233;sign&#233; par le caract&#232;re du n&#233;gatif , et le second, &#224; savoir lui-m&#234;me , qui est la v&#233;ritable essence et n'est initialement pr&#233;sent qu'&#224; l'oppos&#233; de la premi&#232;re. La conscience de soi se pr&#233;sente ici comme le mouvement dans lequel cette opposition s'abolit et devient &#233;gale &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet, qui est le n&#233;gatif de la conscience de soi, s'est &#224; son tour, pour nous ou en soi, tout aussi repli&#233; en soi que la conscience d'autre part. Par cette r&#233;flexion, il est devenu vie en lui-m&#234;me . Ce qui distingue la conscience de soi comme &#233;tant d'elle-m&#234;me, dans la mesure o&#249; elle est pos&#233;e comme &#233;tant, n'a pas seulement en elle le mode de certitude et de perception sensorielles, mais se refl&#232;te en elle-m&#234;me, et l'objet du d&#233;sir imm&#233;diat est un &#234;tre vivant . Car l' en-soi , ou le r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral du rapport de l'entendement &#224; l'int&#233;rieur des choses, est la distinction de ce qui ne peut &#234;tre distingu&#233;, ou l'unit&#233; de ce qui est diff&#233;renci&#233;. Mais cette unit&#233;, comme nous l'avons vu, est tout autant un rejet d'elle-m&#234;me, et ce concept se scinde en opposition entre conscience de soi et vie ; dont l'unit&#233; est l'unit&#233; infinie des diff&#233;rences ; Mais ce n'est que cette unit&#233; elle-m&#234;me, de sorte qu'elle n'est pas en m&#234;me temps pour elle-m&#234;me . Tout comme la conscience est ind&#233;pendante, son objet est tout aussi ind&#233;pendant. La conscience de soi, qui est absolument pour elle-m&#234;me et d&#233;crit directement son objet avec le caract&#232;re du n&#233;gatif, ou qui est initialement d&#233;sir , fera donc plut&#244;t l'exp&#233;rience de son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination de la vie, telle qu'elle r&#233;sulte du concept ou du r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral avec lequel nous entrons dans cette sph&#232;re, suffit &#224; la d&#233;crire sans qu'il soit n&#233;cessaire de d&#233;velopper davantage sa nature ; leur cercle se d&#233;cide dans les instants suivants. L' essence est l'infini comme suspension de toutes les diff&#233;rences, le pur mouvement de rotation des axes, le calme de soi comme infini absolument agit&#233; ; l' ind&#233;pendance elle-m&#234;me, dans laquelle se dissolvent les diff&#233;rences du mouvement ; la simple essence du temps, qui, dans cette identit&#233;, a la forme solide de l'espace. Mais les diff&#233;rences dans ce simple milieu g&#233;n&#233;ral sont tout autant des diff&#233;rences ; car ce fluide g&#233;n&#233;ral n'a sa nature n&#233;gative que parce qu'il en est une annulation ; mais il ne peut abolir les diff&#233;rences si elles n'existent pas. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce fluide, comme l'ind&#233;pendance elle-m&#234;me, qui existe , ou la substance de celle-ci, dans laquelle ils sont en tant que membres distincts et parties qui existent pour eux-m&#234;mes . L'&#234;tre n'a plus le sens de l' abstraction de l'&#234;tre , ni sa pure essence, l' abstraction de l'universalit&#233; ; mais leur &#234;tre est pr&#233;cis&#233;ment cette simple substance liquide du mouvement pur en soi. La diff&#233;rence entre ces membres les uns des autres , mais comme diff&#233;rence, ne consiste dans aucune autre d&#233;termination que la d&#233;termination des moments de l'infini ou du mouvement pur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres ind&#233;pendants sont pour eux-m&#234;mes ; Mais cet &#234;tre pour soi est aussi directement son reflet dans l'unit&#233; que cette unit&#233; est la division en formes ind&#233;pendantes. L'unit&#233; est divis&#233;e parce qu'elle est unit&#233; absolument n&#233;gative ou infinie ; et parce qu'elle est l' existence , la diff&#233;rence aussi n'a d'ind&#233;pendance qu'en elle . Cette ind&#233;pendance de la figure appara&#238;t comme une certaine chose, pour autre chose , parce qu'elle est quelque chose de divis&#233; ; et l' abolition de la division se fait par autre chose. Mais il s'agit tout autant d'elle-m&#234;me ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment ce fluide qui est la substance des formes ind&#233;pendantes ; mais cette substance est infinie ; La forme est donc, dans son existence m&#234;me, la division ou l'abolition de son &#234;tre-pour-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous distinguons plus &#233;troitement les moments contenus ici, nous voyons que nous avons d'abord l' existence des formes ind&#233;pendantes, ou la suppression de ce qu'est la distinction en soi, &#224; savoir ne pas &#234;tre en soi et ne pas avoir d'existence. . Mais le deuxi&#232;me moment est la soumission de cette existence &#224; l'infinit&#233; de la diff&#233;rence. Il y a d'abord la forme existante ; Comme substance existant pour elle-m&#234;me , ou infinie dans sa d&#233;termination, elle appara&#238;t contre la substance g&#233;n&#233;rale , nie cette fluidit&#233; et cette continuit&#233; avec elle et s'affirme comme non dissoute dans ce g&#233;n&#233;ral, mais plut&#244;t comme s&#233;par&#233;e de celle-ci, sa nature inorganique, et &#234;tre consomm&#233; en conservant le m&#234;me. La vie dans le milieu fluide g&#233;n&#233;ral, un d&#233;roulement calme des figures, devient mouvement, ou la vie comme processus . Le fluide g&#233;n&#233;ral simple est l' en-soi , et la diff&#233;rence des formes est l' autre . Mais ce fluide lui-m&#234;me devient l'Autre par cette diff&#233;rence ; car il s'agit maintenant de la diff&#233;rence , qui est en et pour soi, et donc du mouvement infini par lequel se consume ce milieu calme, la vie comme &#234;tre vivant . &#8211; Mais cette perversion est encore une perversion en soi ; ce qui se consomme, c'est l'&#234;tre ; L'individualit&#233;, qui se maintient aux d&#233;pens du g&#233;n&#233;ral et se donne le sentiment d'unit&#233; avec elle-m&#234;me, &#233;limine pr&#233;cis&#233;ment par l&#224; son opposition &#224; l'autre, par laquelle elle est pour elle-m&#234;me ; l' unit&#233; avec soi qu'elle se donne, c'est pr&#233;cis&#233;ment la fluidit&#233; des diff&#233;rences, ou la dissolution g&#233;n&#233;rale . Mais inversement, l'abolition de l'existence individuelle est aussi sa cr&#233;ation. Car puisque l' essence de la forme individuelle, la vie g&#233;n&#233;rale et ce qui existe en soi est en soi une substance simple, en pla&#231;ant l' autre en soi, elle &#233;l&#232;ve sa simplicit&#233;., ou son essence, c'est-&#224;-dire qu'il la divise, et cette division du fluide aveugle est pr&#233;cis&#233;ment la position de l'individualit&#233;. La simple substance de la vie est donc la division d'elle-m&#234;me en formes, et en m&#234;me temps la r&#233;solution de ces diff&#233;rences existantes ; et la r&#233;solution de la division est tout autant une division ou une division. Cela signifie que les deux aspects qui ont &#233;t&#233; diff&#233;renci&#233;s dans l'ensemble du mouvement, &#224; savoir la conception et le processus de la vie, qui sont expliqu&#233;s calmement dans le milieu g&#233;n&#233;ral de l'ind&#233;pendance, se fondent l'un dans l'autre ; cette derni&#232;re est tout autant une cr&#233;ation qu'une abolition de la forme ; et la premi&#232;re, la formation, est tout autant une sublation qu'une structure. L'&#233;l&#233;ment liquide lui-m&#234;me n'est que l' abstraction de l'essence, ou bien il n'est r&#233;el que comme forme ; et le fait qu'il soit divis&#233; est encore une fois une division de ce qui est divis&#233;, ou une dissolution de celui-ci. Ce cycle tout entier constitue la vie, ni ce qui s'exprime d'abord, la continuit&#233; imm&#233;diate et la solidit&#233; de son essence, ni la forme existante et ce qui est discret en soi, ni le processus pur de celle-ci, ni m&#234;me la simple synth&#232;se de ces moments, mais le un tout qui d&#233;veloppe et dissout son d&#233;veloppement et se maintient simplement dans ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant de la premi&#232;re unit&#233; imm&#233;diate et en passant par les moments de formation et de processus jusqu'&#224; l'unit&#233; de ces deux moments, et en revenant ainsi &#224; la premi&#232;re substance simple, cette unit&#233; r&#233;fl&#233;chie est diff&#233;rente de la premi&#232;re. Contrairement &#224; cet &#234;tre imm&#233;diat , ou exprim&#233; comme &#234;tre , ce second est l' &#234;tre g&#233;n&#233;ral , qui a tous ces moments comme suspendus en lui. C'est l' esp&#232;ce simple qui n'existe pas dans le mouvement m&#234;me de la vie comme cette chose simple ; mais dans ce r&#233;sultat la vie d&#233;signe autre chose que ce qu'elle est, &#224; savoir la conscience pour laquelle elle est comme cette unit&#233;, ou comme esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette autre vie, pour laquelle l' esp&#232;ce en tant que telle et qui est une esp&#232;ce pour elle-m&#234;me, la conscience de soi, n'est d'abord qu'elle-m&#234;me comme cet &#234;tre simple, et a elle-m&#234;me comme objet le pur moi ; Dans son exp&#233;rience, qu'il s'agit maintenant d'examiner, cet objet abstrait va s'enrichir et recevoir le d&#233;veloppement que nous avons vu dans la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Je simple est ce genre ou l'universel simple pour lequel les diff&#233;rences ne sont nulles, uniquement parce qu'il est l'&#234;tre n&#233;gatif des moments ind&#233;pendants form&#233;s ; et la conscience de soi n'est certaine d'elle-m&#234;me que par l'abolition de cet autre qui se pr&#233;sente &#224; elle comme une vie ind&#233;pendante ; c'est le d&#233;sir . Certaine du n&#233;ant de cet autre, elle se l'impose comme sa v&#233;rit&#233;, annihile l'objet ind&#233;pendant et se donne ainsi la certitude de soi, comme certitude vraie , comme quelque chose qui est devenu &#224; soi de mani&#232;re objective .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans cette satisfaction il &#233;prouve l'ind&#233;pendance de son objet. Le d&#233;sir et la certitude de soi r&#233;alis&#233;s dans sa satisfaction sont conditionn&#233;s par lui, car c'est par l'abolition de cet autre ; Pour que ce soit une abolition, il faut que ce soit autre chose. La conscience de soi est donc incapable de l'abolir par sa relation n&#233;gative ; Au contraire, il le cr&#233;e &#224; nouveau, tout comme le d&#233;sir. C'est en effet autre chose que la conscience de soi, l'essence du d&#233;sir ; et gr&#226;ce &#224; cette exp&#233;rience, cette v&#233;rit&#233; lui est devenue claire. Mais en m&#234;me temps, elle est tout aussi absolue en soi, et cela seulement par l'abolition de l'objet, et elle doit en &#234;tre la satisfaction, parce qu'elle est la v&#233;rit&#233;. Au nom de l'ind&#233;pendance de l'objet, la satisfaction ne peut &#234;tre obtenue que si l'objet lui-m&#234;me effectue la n&#233;gation sur lui ; et il doit r&#233;aliser cette n&#233;gation de lui-m&#234;me, car il est en lui le n&#233;gatif, et doit &#234;tre ce qu'il est pour l'autre. Parce qu'elle est la n&#233;gation de soi et qu'elle est en m&#234;me temps ind&#233;pendante, elle est conscience. Dans la vie, qui est objet du d&#233;sir, la n&#233;gation est soit dans un autre , &#224; savoir dans le d&#233;sir, soit comme d&#233;termination contre une autre forme indiff&#233;rente, soit comme sa nature g&#233;n&#233;rale inorganique . Mais cette nature g&#233;n&#233;rale ind&#233;pendante, dans laquelle la n&#233;gation est absolue, est l'esp&#232;ce en tant que telle, ou comme conscience de soi. La conscience de soi ne trouve sa satisfaction que dans une autre conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; ces trois moments que le concept de conscience de soi est complet ; a) le moi pur et indiff&#233;renci&#233; est son premier objet imm&#233;diat. b) Mais cette imm&#233;diatet&#233; est elle-m&#234;me m&#233;diation absolue ; elle n'existe que comme abolition de l'objet ind&#233;pendant, ou elle est d&#233;sir. La satisfaction du d&#233;sir est en effet le reflet de la conscience de soi en soi, ou la certitude devenue v&#233;rit&#233;. c) Mais la v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la double r&#233;flexion, le d&#233;doublement de la conscience de soi. C'est un objet pour la conscience qui pose son alt&#233;rit&#233; ou sa diff&#233;rence comme insignifiante et est ind&#233;pendant &#224; cet &#233;gard. La seule forme vivante diff&#233;renci&#233;e abolit bien son ind&#233;pendance dans le processus m&#234;me de la vie, mais avec sa diff&#233;rence elle cesse d'&#234;tre ce qu'elle est ; Mais l'objet de la conscience de soi est tout aussi ind&#233;pendant dans cette n&#233;gativit&#233; de lui-m&#234;me ; et ainsi c'est lui-m&#234;me une esp&#232;ce, un fluide g&#233;n&#233;ral dans la particularit&#233; de sa s&#233;paration ; il vit la conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une conscience de soi pour une conscience de soi . Ce n'est que gr&#226;ce &#224; cela qu'il est r&#233;ellement possible ; car c'est seulement en cela qu'il devient l'unit&#233; de lui-m&#234;me dans son alt&#233;rit&#233; ; Je , qui est l'objet de son concept, n'est en fait pas un objet ; Mais l'objet du d&#233;sir n'est ind&#233;pendant que parce qu'il est la substance g&#233;n&#233;rale indestructible, l'&#234;tre liquide et &#233;gal &#224; lui-m&#234;me. Puisque la conscience de soi est l'objet, elle est autant moi que l'objet. &#8211; Cela signifie que le concept d'esprit est d&#233;j&#224; &#224; notre disposition. Ce qui devient plus loin pour la conscience, c'est l'exp&#233;rience, qui est l'esprit, cette substance absolue, qui est l'unit&#233; du m&#234;me dans la compl&#232;te libert&#233; et ind&#233;pendance de son contraire, &#224; savoir les diff&#233;rentes consciences de soi qui existent pour elles-m&#234;mes ; Moi , qui est nous , et nous , qui est moi. La conscience n'a son tournant que dans la conscience de soi, en tant que concept de l'esprit, o&#249; elle sort de la lueur color&#233;e du monde sensoriel et de la nuit vide de l'au-del&#224; suprasensoriel pour entrer dans le jour spirituel du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une&lt;br class='autobr' /&gt;
ind&#233;pendance et une non-ind&#233;pendance&lt;br class='autobr' /&gt;
de la conscience de soi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Domination et servitude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi est en et pour soi , en ce sens qu'elle est pour un autre en et pour soi ; c'est-&#224;-dire qu'il est seulement reconnu comme quelque chose. Le concept de cette unit&#233; dans son d&#233;doublement, de l'infini qui se r&#233;alise dans la conscience de soi, est un enchev&#234;trement multiforme et ambigu, de sorte que ses moments sont en partie tenus exactement &#224; part, en partie dans cette distinction comme non diff&#233;renci&#233;s ou toujours pris en compte. leur sens oppos&#233; et doivent &#234;tre reconnus. L'ambigu&#239;t&#233; de ce qui est diff&#233;renci&#233; r&#233;side dans la nature de la conscience de soi, qui est infinie ou directement oppos&#233;e &#224; la d&#233;termination dans laquelle elle est pos&#233;e. La d&#233;construction du concept de cette unit&#233; spirituelle dans son d&#233;doublement nous pr&#233;sente le mouvement de reconnaissance .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience de soi, c'est une conscience de soi diff&#233;rente ; il est devenu hors de lui . Cela a un double sens : premi&#232;rement , il s'est perdu, parce qu'il se retrouve comme un autre &#234;tre ; Deuxi&#232;mement , elle a ainsi aboli l'autre, parce qu'elle ne voit pas l'autre comme un &#234;tre, mais elle -m&#234;me dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette alt&#233;rit&#233; doit &#234;tre abolie ; c'est l'abolition du premier double sens, et donc lui-m&#234;me d'un deuxi&#232;me double sens ; Premi&#232;rement , il doit viser &#224; abolir l' autre &#234;tre ind&#233;pendant pour devenir ainsi s&#251;r de lui-m&#234;me en tant qu'&#234;tre ; Deuxi&#232;mement , il s'agit de s'abolir soi-m&#234;me , car cet autre, c'est soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette abolition ambigu&#235; de son alt&#233;rit&#233; ambigu&#235; est aussi un retour ambigu en soi ; car d'abord, en l'abolissant, il se retrouve ; car il redevient le m&#234;me par l'abolition de son alt&#233;rit&#233; ; Mais en deuxi&#232;me lieu , elle lui rend de la m&#234;me mani&#232;re l'autre conscience de soi, parce qu'elle &#233;tait elle-m&#234;me dans l'autre, elle annule cet &#234;tre dans l'autre et lib&#232;re ainsi &#224; nouveau l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce mouvement de la conscience de soi par rapport &#224; une autre conscience de soi a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; ainsi, comme l'action de l'une ; mais cette action de l'un elle-m&#234;me a le double sens d' &#234;tre tout autant son action que celle de l'autre ; car l'autre est tout aussi ind&#233;pendant, autonome, et il n'y a rien en lui qui ne vienne par lui-m&#234;me. La premi&#232;re n'a pas devant elle l'objet puisqu'il n'existe initialement que pour le d&#233;sir, mais plut&#244;t un objet qui existe ind&#233;pendamment et sur lequel elle ne peut donc rien faire pour elle-m&#234;me, &#224; moins qu'elle ne se fasse &#224; elle-m&#234;me ce qu'elle lui fait. Le mouvement est donc simplement le double des deux consciences de soi. Chacun voit les autres faire la m&#234;me chose que lui ; Chaque moi fait ce qu'il exige de l'autre ; et ne fait donc ce qu'il fait que dans la mesure o&#249; l'autre fait de m&#234;me ; une action unilat&#233;rale serait inutile ; car ce qui est cens&#233; arriver ne peut se produire que par les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action est donc ambigu&#235; non seulement en ce qu'elle est une action contre elle- m&#234;me aussi bien que contre l'autre , mais aussi en ce sens qu'elle est l'action de l'un aussi bien que de l'autre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement, nous voyons se r&#233;p&#233;ter, mais dans la conscience, le processus qui se pr&#233;sentait comme un jeu de forces. Ce qui &#233;tait pour nous dans celui-l&#224; est ici pour les extr&#234;mes eux-m&#234;mes. Le milieu est la conscience de soi qui se d&#233;compose en extr&#234;mes, et chaque extr&#234;me est cet &#233;change de sa d&#233;termination et sa transition absolue vers le contraire. Mais en tant que conscience, elle vient certainement hors d'elle-m&#234;me , mais en &#233;tant hors d'elle-m&#234;me, elle est en m&#234;me temps retenue en elle-m&#234;me, pour elle-m&#234;me , et son ext&#233;rieur d'elle-m&#234;me est pour elle . C'est pour cela qu'elle est imm&#233;diatement une autre conscience et ne l'est pas ; et aussi que cet autre n'est que pour soi, en ce qu'il s'abolit comme &#233;tant pour soi, et n'est pour soi que dans l'&#234;tre pour soi d'autrui. Chacun est pour l'autre le milieu par lequel chacun communique et s'unit &#224; lui-m&#234;me, et chaque &#234;tre est un &#234;tre imm&#233;diat pour lui-m&#234;me et pour l'autre, qui en m&#234;me temps ne l'est pour lui-m&#234;me que par cette m&#233;diation. Ils se reconnaissent comme se reconnaissant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concept pur de reconnaissance, le d&#233;doublement de la conscience de soi dans son unit&#233;, doit maintenant &#234;tre consid&#233;r&#233; pour voir comment son processus appara&#238;t pour la conscience de soi. Il repr&#233;sentera d'abord le c&#244;t&#233; de l' in&#233;galit&#233; des deux, ou l'&#233;mergence du milieu dans les extr&#234;mes, qui, en tant qu'extr&#234;mes, sont oppos&#233;s l'un &#224; l'autre, et l'un n'est que quelque chose de reconnu, l'autre seulement quelque chose de reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi est avant tout simplement un &#234;tre pour soi, &#233;quivalent &#224; soi en excluant tout le reste d'elle-m&#234;me ; Pour lui, son essence et son objet absolu, c'est moi ; et dans cette imm&#233;diatet&#233; , ou dans cet &#234;tre de son &#234;tre-pour-soi, il est individuel . Ce qui est autre est d&#233;crit comme un objet non essentiel ayant un caract&#232;re n&#233;gatif. Mais l'autre est aussi la conscience de soi ; un individu appara&#238;t &#224; un individu. Ils apparaissent si directement les uns aux autres &#224; la mani&#232;re des objets communs ; figures ind&#233;pendantes , consciences immerg&#233;es dans l' &#234;tre de la vie - car ici l'objet existant s'est d&#233;termin&#233; comme vie - qui repr&#233;sentent l'une pour l'autre le mouvement d'abstraction absolue, pour annihiler tout &#234;tre imm&#233;diat, et n'&#234;tre que l'&#234;tre purement n&#233;gatif de soi-m&#234;me. consciences &#233;gales non accomplies, ou ne se sont pas encore pr&#233;sent&#233;es &#234;tre pour soi , c'est-&#224;-dire comme conscience de soi . Chacun est certain de lui-m&#234;me, mais pas de l'autre, et donc sa propre certitude n'a pas encore de v&#233;rit&#233; en elle-m&#234;me ; car sa v&#233;rit&#233; serait seulement que son propre &#234;tre pour soi se pr&#233;sente &#224; lui comme un objet ind&#233;pendant, ou, ce qui revient au m&#234;me, que l'objet se pr&#233;sente comme cette pure certitude de lui-m&#234;me. Mais cela n'est pas possible selon le concept de reconnaissance, sauf que comme l'autre pour lui, ainsi lui pour l'autre, chacun en soi &#224; travers ses propres actions, et encore &#224; travers les actions de l'autre, cette pure abstraction du for- lui-m&#234;me- a accompli le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la repr&#233;sentation de la conscience de soi comme pure abstraction de la conscience de soi consiste &#224; se montrer comme une pure n&#233;gation de sa forme objective, ou &#224; montrer qu'elle n'est li&#233;e &#224; aucune existence particuli&#232;re , pas du tout &#224; l'individualit&#233; g&#233;n&#233;rale de l'existence. , ne pas &#234;tre li&#233; &#224; la vie . Cette repr&#233;sentation est la double action ; Faire l'autre, et faire par soi-m&#234;me. Dans la mesure o&#249; c'est le faire de l'autre , chacun va &#224; la mort de l'autre. Mais la deuxi&#232;me chose, faire par soi-m&#234;me , est &#233;galement pr&#233;sente ici ; parce que cela implique de risquer sa propre vie. La relation entre les deux consciences de soi est d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re qu'elles font leurs preuves et se prouvent l'une l'autre &#224; travers la lutte &#224; mort . &#8211; Ils doivent se lancer dans ce combat parce qu'ils doivent &#233;lever la certitude d'eux-m&#234;mes, d'&#234;tre pour eux-m&#234;mes , &#224; la v&#233;rit&#233; sur les autres et sur eux-m&#234;mes. Et c'est seulement par l'attachement &#224; la vie que s'&#233;tablit la libert&#233;, par laquelle il est prouv&#233; que la conscience de soi ne se limite pas &#224; l'&#234;tre , ni &#224; la mani&#232;re imm&#233;diate dont elle appara&#238;t, ni &#224; l'immersion dans la propagation de la vie - le essence, mais plut&#244;t qu'il n'y a rien en elle qui ne soit pour elle un moment de disparition, qu'elle n'est qu'un pur &#234;tre pour soi . L'individu qui n'a pas os&#233; vivre peut certainement &#234;tre reconnu comme une personne ; mais elle n'a pas atteint la v&#233;rit&#233; de cette reconnaissance en tant que conscience de soi ind&#233;pendante. De m&#234;me chacun doit risquer la mort de l'autre comme il risque sa vie ; car l'autre ne lui importe pas plus que lui-m&#234;me ; son &#234;tre se pr&#233;sente &#224; lui comme autre chose, il est hors de lui ; il faut qu'elle abolisse son &#234;tre hors d'elle-m&#234;me ; l'autre est une conscience multiplement consciente d'elle-m&#234;me et existante ; il doit consid&#233;rer son alt&#233;rit&#233; comme un pur &#234;tre pour soi ou comme une n&#233;gation absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette preuve par la mort annihile aussi la v&#233;rit&#233; qui devait en &#233;merger, ainsi que la certitude d'elle-m&#234;me en g&#233;n&#233;ral ; car de m&#234;me que la vie est la position naturelle de la conscience, ind&#233;pendance sans n&#233;gativit&#233; absolue, de m&#234;me elle en est la n&#233;gation naturelle , n&#233;gation sans ind&#233;pendance, qui reste donc sans le sens requis de reconnaissance. Par la mort, il devint certain que tous deux risquaient leur vie et la m&#233;prisaient en eux-m&#234;mes et chez l'autre ; mais pas pour ceux qui ont men&#233; cette bataille. Ils &#233;l&#232;vent leur conscience dans cet &#234;tre &#233;tranger qu'est l'existence naturelle, ou bien ils s'&#233;l&#232;vent et s'&#233;l&#232;vent comme des extr&#234;mes qui veulent &#234;tre pour eux-m&#234;mes . Mais le moment essentiel de la d&#233;composition en extr&#234;mes de d&#233;terminations oppos&#233;es dispara&#238;t du jeu du changement ; et le milieu s'effondre en une unit&#233; morte, qui se d&#233;compose en extr&#234;mes morts, simplement existants et non oppos&#233;s ; et les deux ne se donnent pas et ne se re&#231;oivent pas l'un de l'autre par la conscience, mais se laissent seulement libres comme des choses, indiff&#233;rents. Leur acte est une n&#233;gation abstraite, non la n&#233;gation de la conscience, qui abolit de telle sorte qu'elle pr&#233;serve et pr&#233;serve ce qui a &#233;t&#233; aboli , et survit ainsi &#224; son abolition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette exp&#233;rience, il devient clair pour la conscience de soi que la vie lui est aussi essentielle que la pure conscience de soi. Dans la conscience de soi imm&#233;diate, le Je simple est l'objet absolu, qui est cependant la m&#233;diation absolue pour nous ou en soi, et dont l'ind&#233;pendance existante est le moment essentiel. La dissolution de cette unit&#233; simple est le r&#233;sultat de la premi&#232;re exp&#233;rience ; &#192; travers elle, une pure conscience de soi est pos&#233;e, et une conscience qui n'est pas pure pour elle-m&#234;me, mais pour un autre, c'est-&#224;-dire comme &#233;tant une conscience ou une conscience sous forme de chose . Les deux moments sont essentiels ; - puisqu'ils sont initialement in&#233;gaux et oppos&#233;s, et que leur reflet dans l'unit&#233; n'a pas encore surgi, ils existent comme deux formes de conscience oppos&#233;es ; l'un est l'ind&#233;pendant, dont l'essence est l'&#234;tre pour soi, l'autre le d&#233;pendant, dont l'essence est la vie ou l'&#234;tre pour autrui ; c'est le ma&#238;tre , c'est le serviteur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur est la conscience qui existe pour elle-m&#234;me , mais non plus seulement le concept de celle-ci, mais la conscience qui existe pour elle-m&#234;me, qui est m&#233;diatis&#233;e par une autre conscience avec elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; travers celle dont l'essence est qu'elle est avec l'&#234;tre ind&#233;pendant ou le la chose est synth&#233;tis&#233;e en g&#233;n&#233;ral. Le Seigneur se r&#233;f&#232;re &#224; ces deux moments, &#224; une chose comme telle, objet du d&#233;sir, et &#224; la conscience dont la chose est l'essence ; et en ce que a) en tant que concept de conscience de soi, il est une relation directe d' &#234;tre pour soi , mais b) maintenant en m&#234;me temps comme m&#233;diation, ou comme &#234;tre pour soi qui n'est que pour soi &#224; travers un autre, alors il se rapporte a) directement aux deux, et b) indirectement l'un &#224; l'autre &#224; travers l'autre. Le ma&#238;tre entretient des relations indirectes avec le serviteur &#224; travers son existence ind&#233;pendante ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cela que le serviteur est tenu ; C'est sa cha&#238;ne dont il n'a pas pu faire abstraction dans le combat et s'est donc montr&#233; d&#233;pendant de son ind&#233;pendance dans la chose. Mais le Seigneur est le pouvoir sur cet &#234;tre, parce qu'il a prouv&#233; dans la bataille qu'il ne le voit que comme une chose n&#233;gative ; Puisqu'il est le pouvoir sur lui, mais que cet &#234;tre est le pouvoir sur l'autre, alors dans cette conclusion il a cet autre sous lui. De m&#234;me, le ma&#238;tre se r&#233;f&#232;re &#224; la chose indirectement &#224; travers le serviteur ; Le serviteur, comme la conscience de soi en g&#233;n&#233;ral, se rapporte &#233;galement n&#233;gativement &#224; la chose et l'annule ; mais en m&#234;me temps, il est ind&#233;pendant pour lui et il ne peut donc pas y faire face jusqu'&#224; le d&#233;truire en le niant, ou bien il se contente de le traiter . Pour le Seigneur, au contraire, par cette m&#233;diation, la relation directe en devient la pure n&#233;gation, ou la jouissance ; Ce que le d&#233;sir n'a pas r&#233;ussi, il parvient &#224; le g&#233;rer et &#224; se satisfaire avec plaisir. Le d&#233;sir n'y est pas parvenu &#224; cause de l'ind&#233;pendance de la chose ; Mais le ma&#238;tre, qui a ins&#233;r&#233; le serviteur entre elle et lui, ne fait que s'unir &#224; la nature d&#233;pendante de la chose et en jouir purement ; mais il laisse l'aspect de l'ind&#233;pendance au domestique qui y travaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux moments, la reconnaissance du Seigneur se fait &#224; travers une conscience diff&#233;rente ; car cela s'&#233;tablit en eux comme quelque chose d'inessentiel, tant&#244;t dans le traitement de la chose, tant&#244;t dans la d&#233;pendance d'une existence particuli&#232;re ; Dans les deux cas, il ne peut devenir ma&#238;tre de l'&#234;tre et atteindre la n&#233;gation absolue. Il y a donc ici ce moment de reconnaissance o&#249; l'autre conscience s'abolit en tant qu'&#234;tre pour soi, et fait ainsi elle-m&#234;me ce que la premi&#232;re fait contre elle. De m&#234;me l'autre moment, que cette action du second est l'action propre du premier ; car ce que fait le serviteur est en r&#233;alit&#233; l'&#339;uvre du ma&#238;tre ; &#224; cela il n'y a que l'&#234;tre pour soi, l'essence ; Il est la pure puissance n&#233;gative pour laquelle la chose n'est rien, et donc la pure action essentielle dans ce rapport ; Le serviteur, cependant, ne fait pas un acte pur, mais plut&#244;t inessentiel. Mais le moment de la reconnaissance effective manque : ce que le ma&#238;tre fait contre l'autre, il le fait aussi contre lui-m&#234;me, et ce que le serviteur fait contre lui-m&#234;me, il le fait aussi. contre l'autre. Cela a abouti &#224; une reconnaissance unilat&#233;rale et in&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Seigneur, la conscience non essentielle est l'objet qui constitue la v&#233;rit&#233; de la certitude de lui-m&#234;me. Mais il est clair que cet objet ne correspond pas &#224; son concept, mais plut&#244;t que dans ce que le Seigneur lui-m&#234;me a accompli, il est devenu quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent d'une conscience ind&#233;pendante. Pour lui, il ne s'agit pas d'une telle chose, mais plut&#244;t d'une question de d&#233;pendance ; Il n'est donc pas certain de l'&#234;tre-pour-soi , comme la v&#233;rit&#233;, mais sa v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la conscience non essentielle et l'action non essentielle de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; de la conscience ind&#233;pendante est donc la conscience servile . Cela appara&#238;t d'abord en dehors de soi et non comme la v&#233;rit&#233; de la conscience de soi. Mais de m&#234;me que la domination a montr&#233; que son essence est le contraire de ce qu'elle veut &#234;tre, de m&#234;me l'esclavage, dans son ex&#233;cution, deviendra le contraire de ce qu'il est imm&#233;diatement ; Elle rentrera en elle-m&#234;me comme une conscience refoul&#233;e en elle-m&#234;me et se tournera vers une v&#233;ritable ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons seulement vu ce qu'est l'esclavage par rapport &#224; la domination. Mais il s'agit d'une conscience de soi, et ce qu'elle est en soi doit maintenant &#234;tre consid&#233;r&#233;. Tout d'abord, pour le bondage, le ma&#238;tre est l'essence ; Ainsi, la conscience ind&#233;pendante qui existe pour elle-m&#234;me est pour elle la v&#233;rit&#233; , qui cependant n'est pas encore en elle pour elle . Seulement, elle a effectivement en elle cette v&#233;rit&#233; de pure n&#233;gativit&#233; et d'&#234;tre pour soi ; parce qu'elle a exp&#233;riment&#233; cette essence en elle . Cette conscience n'avait pas peur de ceci ou de cela, ni de tel ou tel moment, mais plut&#244;t de son &#234;tre tout entier ; car il a ressenti la peur de la mort, du Seigneur absolu. Il se dissolvait int&#233;rieurement, tremblait en lui-m&#234;me et tout ce qui &#233;tait fix&#233; en lui tremblait. Mais ce pur mouvement g&#233;n&#233;ral, la fluidit&#233; absolue de toute existence, est la simple essence de la conscience de soi, la n&#233;gativit&#233; absolue, le pur &#234;tre pour soi qui est pr&#233;sent dans cette conscience. Ce moment de pur &#234;tre pour soi est aussi pour lui , car dans le Seigneur il est son objet . D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement de cette dissolution g&#233;n&#233;rale en g&#233;n&#233;ral , mais elle l'accomplit effectivement dans le service ; &#192; chaque instant , il abolit son attachement &#224; l'existence naturelle et s'en &#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le sentiment de pouvoir absolu en g&#233;n&#233;ral et dans le service individuel n'est que la dissolution en soi , et bien que la crainte du Seigneur soit le commencement de la sagesse, la conscience en elle est pour elle-m&#234;me et non pour elle-m&#234;me . Mais &#224; travers le travail, il revient &#224; lui-m&#234;me. Au moment qui correspond au d&#233;sir dans la conscience du Seigneur, le c&#244;t&#233; non essentiel du rapport &#224; la chose semble &#234;tre tomb&#233; du c&#244;t&#233; de la conscience servante, dans la mesure o&#249; la chose conserve son ind&#233;pendance. Le d&#233;sir s'est r&#233;serv&#233; la pure n&#233;gation de l'objet et par l&#224; m&#234;me le sentiment pur de soi. Mais cette satisfaction n'est elle-m&#234;me qu'une disparition, car il lui manque le c&#244;t&#233; objectif ou l'existence . Le travail, en revanche, est d&#233;sir inhib&#233; , disparition arr&#234;t&#233;e , ou il se forme . Le rapport n&#233;gatif &#224; l'objet devient sa forme et permanent ; parce que l'objet a une ind&#233;pendance pour le travailleur. Ce centre n&#233;gatif ou l' action formatrice est en m&#234;me temps l'individualit&#233; ou le pur &#234;tre pour soi de la conscience, qui entre d&#233;sormais dans l'&#233;l&#233;ment de demeurer dans l'&#339;uvre en dehors d'elle ; Gr&#226;ce &#224; cela, la conscience active parvient &#224; la perception d'un &#234;tre ind&#233;pendant, comme elle-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la formation n'a pas seulement ce sens positif, que la conscience servante devient un &#234;tre comme un pur &#234;tre pour soi ; mais aussi le n&#233;gatif, contre son premier instant, la peur. Car dans la formation de la chose, sa propre n&#233;gativit&#233;, son &#234;tre pour soi, ne devient son objet que parce qu'elle annule la forme oppos&#233;e existante . Mais ce n&#233;gatif objectif est pr&#233;cis&#233;ment l'&#234;tre &#233;tranger devant lequel il tremblait. Mais maintenant, il d&#233;truit ce n&#233;gatif &#233;tranger, se pla&#231;ant comme tel dans l'&#233;l&#233;ment du maintien ; et devient ainsi pour soi , un &#234;tre pour soi . Dans le Seigneur, &#234;tre-pour-soi est autre chose pour lui ou seulement pour lui-m&#234;me ; dans la peur il y a l'&#234;tre pour soi ; En se formant, l'&#234;tre pour soi devient sien pour lui, et il prend conscience qu'il est lui-m&#234;me en et pour soi. Parce que la forme est mise &#224; l'ext&#233;rieur , elle ne devient pas autre chose qu'elle ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui est son pur &#234;tre pour soi, qui en lui devient v&#233;rit&#233; pour lui. C'est par cette red&#233;couverte de son sens propre , notamment dans le travail, o&#249; il ne semblait &#234;tre qu'un sens &#233;tranger . &#8211; Les deux moments de peur et de service en g&#233;n&#233;ral, ainsi que d'&#233;ducation, sont n&#233;cessaires &#224; cette r&#233;flexion, et en m&#234;me temps tous deux de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale. Sans la discipline du service et de l'ob&#233;issance, la peur reste confin&#233;e au formel et ne s'&#233;tend pas au-del&#224; de la r&#233;alit&#233; consciente de l'existence. Sans formation, la peur reste int&#233;rieure et silencieuse, et la conscience ne devient pas pour elle-m&#234;me. Si la conscience se forme sans la premi&#232;re peur absolue, alors elle n'est qu'un vain sentiment en soi ; car sa forme ou n&#233;gativit&#233; n'est pas la n&#233;gativit&#233; elle-m&#234;me ; et sa formation ne peut donc pas lui donner la conscience d'elle-m&#234;me comme essence. S'il n'a pas endur&#233; une peur absolue, mais seulement une certaine peur, alors la nature n&#233;gative lui est rest&#233;e ext&#233;rieure ; sa substance n'en a pas &#233;t&#233; compl&#232;tement infect&#233;e. Puisque tous les accomplissements de sa conscience naturelle ne sont pas devenus instables, il appartient encore &#224; un &#234;tre d&#233;termin&#233; ; le propre sens de chacun est l'ent&#234;tement , une libert&#233; qui reste encore dans l'esclavage. De m&#234;me que la forme pure ne peut pas devenir pour lui une essence, de m&#234;me elle l'est peu, consid&#233;r&#233;e comme une diffusion sur l'individu, une formation g&#233;n&#233;rale, un concept absolu, mais une comp&#233;tence qui n'est puissante que sur certaines choses, et non sur le pouvoir g&#233;n&#233;ral. et l'objectif entier &#233;tant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&lt;br class='autobr' /&gt;
libert&#233; de conscience de soi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sto&#239;cisme, scepticisme&lt;br class='autobr' /&gt;
et conscience malheureuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience de soi ind&#233;pendante, d'une part, seule la pure abstraction du moi est son essence, et d'autre part, &#224; mesure qu'elle se d&#233;veloppe et se donne des diff&#233;rences, cette distinction ne devient pas un &#234;tre objectif en soi ; Cette conscience de soi ne devient donc pas un ego v&#233;ritablement diff&#233;rent dans sa simplicit&#233; ou qui reste le m&#234;me dans cette distinction absolue. La conscience, au contraire, refoul&#233;e en elle-m&#234;me, devient l'objet dans la formation comme forme des choses form&#233;es, et dans le Seigneur elle voit en m&#234;me temps l'&#234;tre pour soi comme conscience. Mais pour la conscience servante en tant que telle, ces deux moments &#8211; lui-m&#234;me en tant qu'objet ind&#233;pendant, et cet objet en tant que conscience, et donc son propre &#234;tre &#8211; s'effondrent. Mais puisque pour nous ou en soi la forme et l' &#234;tre pour soi sont les m&#234;mes, et que dans le concept de conscience ind&#233;pendante l' &#234;tre en soi est la conscience, alors le c&#244;t&#233; de l' &#234;tre en soi ou de la chose est la m&#234;me chose. c'est ce qui a re&#231;u une forme dans le travail, aucune autre substance que la conscience, et une nouvelle forme de conscience de soi est devenue pour nous ; une conscience qui, en tant qu'infini, ou pur mouvement de conscience, est l'essence ; qui pense , ou est la conscience de soi libre. Car non pas comme un Je abstrait , mais comme un Je, qui a en m&#234;me temps le sens d' &#234;tre en soi , d'&#234;tre un objet pour lui-m&#234;me, ou de se rapporter &#224; l'&#234;tre objectif de telle mani&#232;re qu'il a le sens d' &#234;tre. Le pour-soi de la conscience, pour lequel il existe, s'appelle penser . &#8211; Dans la pens&#233;e, l'objet ne se d&#233;place pas en id&#233;es ou en formes, mais en concepts , c'est-&#224;-dire en un &#234;tre en soi diff&#233;renci&#233;, qui n'est pas imm&#233;diatement distinct de lui-m&#234;me pour la conscience. Ce qui est imagin&#233;, form&#233;, &#233;tant , en tant que tel, a la forme d'&#234;tre autre chose que la conscience ; Mais un concept est en m&#234;me temps un &#234;tre - et cette diff&#233;rence, en tant qu'il est en soi, est son contenu d&#233;termin&#233; - mais du fait que ce contenu est en m&#234;me temps un &#234;tre compris, il reste directement conscient de son unit&#233;. avec cet &#234;tre d&#233;termin&#233; et diff&#233;renci&#233; ; ce n'est pas comme dans le cas de l'id&#233;e, o&#249; il faut encore se rappeler particuli&#232;rement que telle est son id&#233;e ; mais le concept est directement mon concept . je penseJe suis libre parce que je ne suis pas dans un autre, mais je reste simplement avec moi-m&#234;me, et l'objet qui est mon &#234;tre est mon &#234;tre-pour-moi dans une unit&#233; indivise ; et mon mouvement dans les concepts est un mouvement en moi-m&#234;me. - Mais dans cette d&#233;termination de cette forme de conscience de soi il est essentiel de constater qu'il s'agit de la conscience pensante en g&#233;n&#233;ral ou de son objet, unit&#233; imm&#233;diate de l'&#234;tre-en-soi et de l'&#234;tre - pour-soi est le sien . La conscience du m&#234;me nom, qui se repousse d'elle-m&#234;me, devient un &#233;l&#233;ment qui existe en elle-m&#234;me ; mais cet &#233;l&#233;ment n'existe que comme &#234;tre g&#233;n&#233;ral en g&#233;n&#233;ral, non comme cet &#234;tre objectif dans le d&#233;veloppement et le mouvement de son &#234;tre divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, cette libert&#233; de conscience de soi, apparue comme un ph&#233;nom&#232;ne conscient dans l'histoire de l'esprit, &#233;tait appel&#233;e sto&#239;cisme . Son principe est que la conscience est un &#234;tre pensant et que quelque chose n'a d'essence pour elle, ou n'est vrai et bon pour elle, que lorsque la conscience se comporte comme un &#234;tre pensant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tendue multiple et diff&#233;rente, l'isolement et la complexit&#233; de la vie sont l'objet contre lequel op&#232;rent le d&#233;sir et le travail. Cette activit&#233; multiple s'est maintenant r&#233;duite &#224; la simple distinction qui est dans le pur mouvement de la pens&#233;e. Ce n'est pas la diff&#233;rence qui se pr&#233;sente comme une chose sp&#233;cifique , ou comme la conscience d'une existence naturelle sp&#233;cifique , comme un sentiment, ou comme un d&#233;sir et un but pour celle-ci , qu'elle soit pos&#233;e par sa propre conscience ou par celle de quelqu'un d'autre . , qui a plus d'essence, mais seulement cette Diff&#233;rence qui est une diff&#233;rence imagin&#233;e ou qui n'est pas imm&#233;diatement diff&#233;rente de Moi. Cette conscience est donc n&#233;gative envers le rapport entre domination et servitude ; Son action n'est pas d'avoir sa v&#233;rit&#233; dans la r&#232;gle chez le serviteur, ni comme un esclave sa v&#233;rit&#233; dans la volont&#233; du ma&#238;tre et dans son service, mais d'&#234;tre libre, comme sur le tr&#244;ne, dans les cha&#238;nes, en toute d&#233;pendance de son existence individuelle, et d'entretenir l'absence de vie, qui se retire constamment du mouvement de l'existence, du travail comme de la souffrance, dans la simple essence de la pens&#233;e . L'ent&#234;tement est la libert&#233; qui s'attache &#224; un individu et s'inscrit dans l'esclavage, mais le sto&#239;cisme est la libert&#233; qui en d&#233;coule toujours directement et renvoie &#224; la pure universalit&#233; de la pens&#233;e ; en tant que forme g&#233;n&#233;rale de l'esprit du monde, elle ne pouvait appara&#238;tre qu'&#224; l'&#233;poque de la peur et de la servitude g&#233;n&#233;rales, mais aussi d'une &#233;ducation g&#233;n&#233;rale qui avait accru la capacit&#233; de former jusqu'&#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'essence de cette conscience de soi n'est ni quelque chose d'autre qu'elle, ni la pure abstraction du Je, mais le Moi, qui a l'alt&#233;rit&#233; en lui, mais comme une diff&#233;rence imagin&#233;e, de sorte que dans son alt&#233;rit&#233;, il est imm&#233;diatement revenu &#224; lui-m&#234;me ; donc son essence n'est en m&#234;me temps qu'un &#234;tre abstrait . La libert&#233; de la conscience de soi est indiff&#233;rente &#224; l'existence naturelle et l'a donc lib&#233;r&#233;e tout aussi librement , et la r&#233;flexion est double . La libert&#233; de pens&#233;e n'a pour v&#233;rit&#233; que la pens&#233;e pure , qui est sans l'accomplissement de la vie ; et n'est donc que le concept de libert&#233;, et non la libert&#233; vivante elle-m&#234;me ; car pour elle, la seule pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral est l'essence, la forme en tant que telle, qui s'est &#233;loign&#233;e de l'ind&#233;pendance des choses et s'est repli&#233;e sur elle-m&#234;me. Mais puisque l'individualit&#233; doit se pr&#233;senter comme vivante comme agissante, ou que comme pensant doit appr&#233;hender le monde vivant comme un syst&#232;me de pens&#233;e, alors dans la pens&#233;e elle-m&#234;me il doit y avoir un contenu de ce qui est bon pour cette expansion , et de ce qui est vrai pour cette expansion. cette expansion ; de sorte que dans ce qui est pour la conscience, il n'y aurait d'autre ingr&#233;dient que le concept, qui est l'essence. Mais de m&#234;me qu'il se s&#233;pare ici comme abstraction de la diversit&#233; des choses, il n'a pas de contenu en soi , mais un contenu donn&#233; . La conscience d&#233;truit le contenu en tant qu'&#234;tre &#233;tranger en le pensant ; mais le concept est un concept d&#233;termin&#233;, et cette d&#233;termination est ce qu'il a d'&#233;trange. Le sto&#239;cisme &#233;tait donc embarrass&#233; lorsqu'on l' interrogeait sur le crit&#232;re de v&#233;rit&#233; en g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire en fait sur le contenu de la pens&#233;e elle-m&#234;me . Lorsqu'il lui demandait ce qui &#233;tait bon et vrai, il r&#233;pondait encore une fois &#224; la pens&#233;e creuse elle-m&#234;me ; La v&#233;rit&#233; et le bien devraient consister en la rationalit&#233;. Mais cette identit&#233; de pens&#233;e n'est que la forme pure dans laquelle rien n'est d&#233;termin&#233; ; Les mots g&#233;n&#233;raux sur la v&#233;rit&#233; et le bien, la sagesse et la vertu, avec lesquels il doit s'arr&#234;ter, sont g&#233;n&#233;ralement &#233;difiants, mais comme ils ne peuvent pas r&#233;ellement &#233;largir le contenu, ils deviennent vite ennuyeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience pensante telle qu'elle s'est d&#233;termin&#233;e elle-m&#234;me, comme libert&#233; abstraite, n'est donc que la n&#233;gation inachev&#233;e de l'alt&#233;rit&#233; ; S'&#233;tant seulement retir&#233; de l'existence en soi , il ne s'est pas accompli en elle comme une n&#233;gation absolue de celle-ci. Pour lui, le contenu est seulement consid&#233;r&#233; comme une pens&#233;e, mais aussi comme une certaine pens&#233;e , et en m&#234;me temps la d&#233;termination comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme est la r&#233;alisation de ce dont le sto&#239;cisme n'est que le concept - et l'exp&#233;rience r&#233;elle, qui est la libert&#233; de pens&#233;e ; Elle est intrins&#232;quement n&#233;gative et doit se pr&#233;senter comme telle. Avec le reflet de la conscience de soi dans les simples pens&#233;es d'elle-m&#234;me, l'existence ind&#233;pendante ou la d&#233;termination durable est en r&#233;alit&#233; tomb&#233;e de l'infini ; Dans le scepticisme, la conscience prend d&#233;sormais conscience de l'insignifiance totale et de la non-ind&#233;pendance de cet autre ; La pens&#233;e devient la pens&#233;e compl&#232;te qui d&#233;truit l'existence du monde aux d&#233;terminations multiples , et la n&#233;gativit&#233; de la libre conscience de soi devient une v&#233;ritable n&#233;gativit&#233; dans cette forme diversifi&#233;e de la vie. &#8211;Il est clair que de m&#234;me que le sto&#239;cisme correspond au concept de conscience ind&#233;pendante , apparue comme un rapport de domination et de servitude, de m&#234;me le scepticisme correspond &#224; la prise de conscience de celle-ci, comme direction n&#233;gative vers l'alt&#233;rit&#233;, le d&#233;sir et le travail. Mais si le d&#233;sir et le travail ne pouvaient r&#233;aliser la n&#233;gation de la conscience de soi, alors cette orientation pol&#233;mique contre l'ind&#233;pendance multiple des choses r&#233;ussirait parce que, en tant que conscience de soi libre et parachev&#233;e d'avance, elle se retourne contre elle ; plus sp&#233;cifique, parce qu'il a la pens&#233;e , ou l'infini, en soi, et en cela les ind&#233;pendances selon leur diff&#233;rence ne sont que comme des quantit&#233;s &#233;vanouissantes. Les diff&#233;rences, qui dans la pens&#233;e pure de soi ne sont que l'abstraction des diff&#233;rences, deviennent ici toutes les diff&#233;rences, et tout &#234;tre diff&#233;renci&#233; devient une diff&#233;rence de conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui d&#233;termine les actions du scepticisme en g&#233;n&#233;ral et ses modalit&#233;s . Il montre le mouvement dialectique qui est certitude sensorielle, perception et compr&#233;hension ; tout comme la non-existence de ce qui compte comme d&#233;termin&#233; dans la relation entre gouverner et servir, et de ce qui est consid&#233;r&#233; comme certain par la pens&#233;e abstraite elle-m&#234;me . En m&#234;me temps , cette relation contient une certaine mani&#232;re dans laquelle les lois morales sont &#233;galement pr&#233;sentes en tant que commandements du gouvernement ; Mais les d&#233;terminations dans la pens&#233;e abstraite sont des concepts scientifiques dans lesquels la pens&#233;e sans contenu s'&#233;tend et, d'une mani&#232;re qui n'est en r&#233;alit&#233; qu'externe, le concept est attach&#233; &#224; son &#234;tre ind&#233;pendant, qui constitue son contenu, et n'a que certains concepts comme valables, qu'ils soient aussi de pures abstractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique comme mouvement n&#233;gatif, parce qu'elle est imm&#233;diate , appara&#238;t d'abord &#224; la conscience comme quelque chose &#224; quoi elle s'abandonne et qui ne vient pas par elle-m&#234;me. Le scepticisme , en revanche, est un moment de conscience de soi, qui ne laisse pas dispara&#238;tre ce qui est vrai et r&#233;el sans savoir comment, mais qui, dans la certitude de sa libert&#233;, laisse dispara&#238;tre cette autre chose pour ceux qui se donnent vraiment ; non seulement l'objectif en tant que tel, mais son propre comportement &#224; son &#233;gard, dans lequel il est consid&#233;r&#233; comme objectif et affirm&#233;, et donc aussi sa perception , ainsi que sa fixation de ce qu'il risque de perdre, le sophisme et sa v&#233;rit&#233; ext&#233;rieure . cela est certain et &#233;tabli ; par laquelle la n&#233;gation consciente de soi lui permet d'obtenir la certitude de sa libert&#233; , d'en faire l'exp&#233;rience et de l' &#233;lever ainsi &#224; la v&#233;rit&#233; . Ce qui dispara&#238;t, c'est le d&#233;fini, ou la diff&#233;rence, qui, quelles que soient ses origines et ses origines, s'impose comme plus fixe et plus immuable. Il n'a rien de permanent et doit dispara&#238;tre de la pens&#233;e, car ce qui est diff&#233;rent, c'est pr&#233;cis&#233;ment cela, n'&#233;tant pas en soi , mais n'ayant son essence que dans un autre ; Mais la pens&#233;e est la compr&#233;hension de cette nature de la diff&#233;renciation ; c'est l'&#234;tre n&#233;gatif en tant qu'&#234;tre simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi sceptique exp&#233;rimente donc sa propre libert&#233; dans le changement de tout ce qui veut s'&#233;tablir pour elle, comme donn&#233; et maintenu par elle-m&#234;me ; C'est cette ataraxie de penser par soi-m&#234;me, la certitude immuable et vraie de soi-m&#234;me . Il ne surgit pas d'un &#233;tranger dont les multiples &#233;volutions se seraient effondr&#233;es sur lui-m&#234;me, du coup ayant derri&#232;re lui son devenir ; mais la conscience elle-m&#234;me est le trouble dialectique absolu , ce m&#233;lange d'id&#233;es sensuelles et pens&#233;es dont les diff&#233;rences s'effondrent et dont l'&#233;galit&#233; se dissout &#224; nouveau - parce qu'elle est elle-m&#234;me la d&#233;termination contre l' in&#233;gal . Mais cette conscience, au lieu d'&#234;tre une m&#234;me conscience, n'est en r&#233;alit&#233; qu'une confusion tout &#224; fait accidentelle, le vertige d'un d&#233;sordre toujours g&#233;n&#233;rateur. C'est cela pour vous ; car elle entretient et produit elle-m&#234;me cette &#233;mouvante confusion. Il reconna&#238;t donc &#233;galement qu'il s'agit d'une conscience individuelle compl&#232;tement accidentelle - une conscience empirique , qui est guid&#233;e par ce qui n'a pas de r&#233;alit&#233; pour elle, qui ob&#233;it &#224; ce qui n'est pas pour elle un &#234;tre, qui fait et am&#232;ne &#224; la r&#233;alit&#233; ce que n'a aucune v&#233;rit&#233; pour lui. Mais de m&#234;me qu'il se consid&#232;re ainsi comme une vie individuelle, accidentelle et en fait animale, et comme une conscience de soi perdue , au contraire, il se constitue aussi comme une m&#234;me chose g&#233;n&#233;rale ; car c'est la n&#233;gativit&#233; de toute individualit&#233; et de toute diff&#233;rence. De cette identit&#233;, ou plut&#244;t en soi, il retombe dans ce hasard et cette confusion, car c'est pr&#233;cis&#233;ment cette n&#233;gativit&#233; mouvante qui ne concerne que les individus et tra&#238;ne avec les choses al&#233;atoires. Cette conscience est donc ce va-et-vient inconscient d'un aller-retour d'un extr&#234;me de la m&#234;me conscience de soi &#224; l'autre de la conscience accidentelle, confuse et d&#233;routante. Il ne r&#233;unit pas lui-m&#234;me ces deux pens&#233;es ; Tant&#244;t il reconna&#238;t sa libert&#233; comme une &#233;l&#233;vation au-dessus de toute confusion et de toute contingence de l'existence, tant&#244;t il se reconna&#238;t retombant dans l'insignifiance et y flottant. Il permet que le contenu non essentiel disparaisse dans sa pens&#233;e, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment en cela qu'il est la conscience de quelque chose de non essentiel ; elle exprime la disparition absolue , mais l' expression est, et cette conscience est la disparition prononc&#233;e ; il exprime le n&#233;ant de voir, d'entendre, etc., et il voit, entend, etc., lui-m&#234;me ; elle exprime la nullit&#233; des &#234;tres moraux et en fait les puissances de son action. Ses actions et ses paroles se contredisent toujours, et il porte &#233;galement avec lui la double conscience contradictoire de l'immuabilit&#233; et de l'&#233;galit&#233;, et du hasard et de l'in&#233;galit&#233; complets. Mais il met de c&#244;t&#233; cette contradiction en lui-m&#234;me ; et se comporte &#224; son &#233;gard comme dans son mouvement purement n&#233;gatif en g&#233;n&#233;ral. Si on lui montre l'&#233;galit&#233; , elle montre l'in&#233;galit&#233; ; et comme ce qu'elle vient d'exprimer lui est maintenant pr&#233;sent&#233;, elle se met &#224; d&#233;montrer l' &#233;galit&#233; ; Son discours est en fait une querelle entre des gar&#231;ons t&#234;tus, dont l'un dit A quand l'autre dit B, et encore B quand l'autre dit A, et qui, en se contredisant , ach&#232;tent la joie de rester en contradiction les uns avec les autres .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le scepticisme, la conscience se vit en r&#233;alit&#233; comme une conscience contradictoire ; De cette exp&#233;rience &#233;merge une forme nouvelle , r&#233;unissant les deux id&#233;es que le scepticisme maintient &#224; part. L'inconscience du scepticisme sur lui-m&#234;me doit dispara&#238;tre car c'est en fait une conscience qui a en elle ces deux voies. Cette nouvelle forme est ainsi celle qui est pour elle-m&#234;me la double conscience d'elle-m&#234;me comme celui qui se lib&#232;re, immuable et identique, et d'elle-m&#234;me comme celui qui se confond et se pervertit absolument - et la conscience de cette contradiction. &#8211; Dans le sto&#239;cisme, la conscience de soi est la simple libert&#233; de soi ; Dans le scepticisme, il se r&#233;alise, d&#233;truit l'autre c&#244;t&#233; de l'existence d&#233;termin&#233;e, mais se double plut&#244;t et est d&#233;sormais double. De ce fait, le d&#233;doublement, qui &#233;tait auparavant r&#233;parti entre deux individus, le ma&#238;tre et le serviteur, est redevenu un ; Le d&#233;doublement de la conscience de soi en soi, qui est essentiel dans le concept d'esprit, est ici pr&#233;sent, mais pas encore son unit&#233;, etla conscience malheureuse est la conscience d'elle-m&#234;me comme &#234;tre d&#233;doubl&#233; seulement contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience malheureuse et divis&#233;e en elle-m&#234;me doit donc, parce que cette contradiction de son essence est une conscience d'elle-m&#234;me, dans laquelle une conscience a toujours aussi l'autre, et donc directement de chacune, dans la mesure o&#249; elle pense &#234;tre parvenue &#224; la victoire et paix de l'unit&#233;, en soit &#224; nouveau expuls&#233;. Mais son v&#233;ritable retour en lui-m&#234;me, ou sa r&#233;conciliation avec lui-m&#234;me, repr&#233;sentera le concept de l'esprit qui a pris vie et est venu &#224; l'existence, parce qu'il a d&#233;j&#224; ceci en lui : en tant que conscience indivise, il est double ; C'est lui-m&#234;me le regard d'une conscience de soi dans une autre, et il est lui-m&#234;me les deux, et l'unit&#233; des deux est aussi son essence, mais ce n'est pas encore cette essence elle-m&#234;me , pas encore l'unit&#233; des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il n'est d'abord que l' unit&#233; imm&#233;diate des deux, mais que pour lui les deux ne sont pas identiques mais oppos&#233;s, l'un, c'est-&#224;-dire le simple, l'immuable, est pour lui l' essence ; mais l'autre, le multiple changeant, comme l' inessentiel . Les deux sont des &#234;tres &#233;trangers l'un &#224; l'autre ; Lui-m&#234;me, parce qu'il est la conscience de cette contradiction, se place du c&#244;t&#233; de la conscience changeante et est lui-m&#234;me l'inessentiel ; mais en tant que conscience de l'immuabilit&#233;, ou de l'&#234;tre simple, elle doit en m&#234;me temps tendre &#224; se lib&#233;rer de l'inessentiel, c'est-&#224;-dire &#224; se lib&#233;rer de soi. Car bien qu'en soi seul le changeant et l'immuable lui soient &#233;trangers, il est lui-m&#234;me une conscience simple et donc immuable, consciente de cela comme de son essence, mais de telle mani&#232;re qu'elle n'est pas elle-m&#234;me cette essence. La position qu'elle leur donne ne peut donc pas &#234;tre une indiff&#233;rence entre eux l'un envers l'autre, c'est-&#224;-dire pas une indiff&#233;rence de soi envers l'immuable ; mais il est directement lui-m&#234;me l'un et l'autre, et pour lui c'est le rapport des deux comme rapport de l'essence au non-&#234;tre, de sorte que ce dernier doit &#234;tre aboli, mais comme les deux lui sont &#233;galement essentiels et contradictoires, il est seulement le mouvement contradictoire dans lequel le contraire ne vient pas s'arr&#234;ter dans son contraire, mais seulement se recr&#233;e en lui comme contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un combat contre un ennemi contre lequel la victoire est plut&#244;t une d&#233;faite, et en avoir remport&#233; une est plut&#244;t une perte dans son contraire. La conscience de la vie, de son existence et de ses actions, n'est que la douleur de cette existence et de ces actions, car en elle elle n'a que la conscience de son contraire comme essence et de son propre n&#233;ant. Il s'agit d'une &#233;l&#233;vation de ceci &#224; l'immuable. Mais cette &#233;l&#233;vation est elle-m&#234;me cette conscience ; Elle est donc directement la conscience du contraire, c'est-&#224;-dire de soi-m&#234;me en tant qu'individu. L'immuable qui vient &#224; la conscience est, pour cette raison m&#234;me, simultan&#233;ment touch&#233; par l'individu et seulement pr&#233;sent avec lui ; Au lieu de voir cela se d&#233;truire dans la conscience de l'immuable, cela ne fait toujours qu'&#233;merger d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce mouvement il &#233;prouve cette &#233;mergence de l'individualit&#233; dans l' immuable , et de l'immuable dans l'individualit&#233; . Pour lui, il devient l'individualit&#233; en g&#233;n&#233;ral dans l' &#234;tre immuable, et en m&#234;me temps son individualit&#233; en lui. Car la v&#233;rit&#233; de ce mouvement est pr&#233;cis&#233;ment l' unit&#233; de cette double conscience. Mais pour lui , cette unit&#233; devient d'abord une unit&#233; dans laquelle la diff&#233;rence entre les deux reste le facteur dominant. Cela signifie qu'il existe une triple mani&#232;re par laquelle l'individu est li&#233; &#224; l'immuable ; une fois qu'il r&#233;appara&#238;t lui-m&#234;me par opposition &#224; l'&#234;tre immuable ; et elle est renvoy&#233;e au d&#233;but de la lutte, qui reste l'&#233;l&#233;ment de toute la relation. Mais &#224; d'autres moments , ce qui est immuable en soi a pour lui l' individualit&#233; ; de sorte qu'elle est la forme de l'immuable, &#224; laquelle passe tout le mode d'existence. La troisi&#232;me fois, il se retrouve comme cet individu dans l'immuable. La premi&#232;re chose immuable pour lui, c'est seulement l' &#234;tre &#233;tranger qui condamne l'individu ; Troisi&#232;mement , puisque l' autre est une forme d' individualit&#233; comme lui, il devient esprit, a la joie de se retrouver en lui et prend conscience de se r&#233;concilier avec son individualit&#233; avec l'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se pr&#233;sente ici comme le mode et la relation de l'immuable appara&#238;t comme l' exp&#233;rience que la conscience de soi divis&#233;e fait de son malheur. Cette exp&#233;rience n'est pas son mouvement unilat&#233;ral , car elle est elle-m&#234;me une conscience immuable, mais en m&#234;me temps une conscience individuelle, et le mouvement est aussi le mouvement de la conscience immuable, qui appara&#238;t en elle tout autant que l'autre. ; car il traverse ces moments, d'abord &#233;tant immuable pour l'individu en g&#233;n&#233;ral, puis l'individu s'opposant &#224; l'autre individu, et enfin ne faisant qu'un avec lui. Mais cette consid&#233;ration, dans la mesure o&#249; elle nous appartient, est ici inopportune, car jusqu'ici nous n'avons vu l'immuabilit&#233; que comme l'immuabilit&#233; de la conscience, qui n'est donc pas la vraie, mais qui est encore lourde d'une contradiction, non de l'immuable dans et pour lui-m&#234;me ; On ne sait donc pas comment cela va se comporter. Ce qui ressort ici, c'est simplement que ces d&#233;terminations indiqu&#233;es de l'immuable apparaissent &#224; la conscience, qui est ici notre objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, la conscience immuable, dans sa formation elle-m&#234;me, conserve le caract&#232;re et la base d'&#234;tre divis&#233;e et d'&#234;tre pour elle-m&#234;me par rapport &#224; la conscience individuelle. C'est donc un &#233;v&#233;nement g&#233;n&#233;ral que l'immuable re&#231;oive la forme de l'individualit&#233; ; de m&#234;me qu'il se trouve seulement en face d'elle , et a donc cette relation &#224; travers la nature ; Le fait qu'elle se retrouve finalement en lui lui para&#238;t avoir &#233;t&#233; provoqu&#233; en partie par lui-m&#234;me, ou parce qu'elle est elle-m&#234;me individuelle ; mais une partie de cette unit&#233; comme appartenant &#224; l'immuable, selon son origine et en tant qu'il est ; et l'opposition demeure dans cette unit&#233; elle-m&#234;me. En effet, par la formation de l'immuable, le moment de l'au-del&#224; est non seulement rest&#233;, mais s'est plut&#244;t renforc&#233; ; car si d'une part elle semble s'&#234;tre rapproch&#233;e de lui &#224; travers la forme de la r&#233;alit&#233; individuelle, d'autre part elle se pr&#233;sente d&#233;sormais &#224; lui comme une r&#233;alit&#233; opaque, sensorielle , avec toute la fragilit&#233; d'une r&#233;alit&#233; ; L'espoir de ne faire qu'un avec lui doit rester espoir, c'est-&#224;-dire sans r&#233;alisation ni pr&#233;sence, car ce qui s'interpose entre lui et la r&#233;alisation est pr&#233;cis&#233;ment la contingence absolue ou l'indiff&#233;rence immuable qui r&#233;side dans la formation elle-m&#234;me, base de l'esp&#233;rance. De par la nature de l' existant , de par la r&#233;alit&#233; qui l'a attir&#233;, il arrive n&#233;cessairement qu'il ait disparu dans le temps, et qu'il soit dans l'espace et lointain, et qu'il reste simplement lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au d&#233;but le simple concept de conscience divis&#233;e &#233;tait d&#233;termin&#233; de telle mani&#232;re qu'il visait &#224; s'abolir en tant qu'individu et &#224; devenir une conscience immuable, alors son effort a maintenant cette d&#233;termination qu'il abolit plut&#244;t sa relation avec la conscience pure et informe . , immuable, et il n'y a que le rapport &#224; l' immuable form&#233; . Car l' unit&#233; de l'individu avec l'immuable est d&#233;sormais son essence et son objet , tout comme dans le concept seul l'immuable abstrait et sans forme &#233;tait l'objet essentiel ; et la relation de cette division absolue du concept est maintenant celle dont il doit se d&#233;tourner. Mais le rapport initialement ext&#233;rieur au form&#233;, immuable comme r&#233;alit&#233; &#233;trang&#232;re, doit l'&#233;lever &#224; l'unit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement dans lequel la conscience non essentielle s'efforce d'atteindre cette unit&#233; est lui-m&#234;me le triple , selon la triple relation qu'elle aura avec sa formation au-del&#224; ; une fois comme pure conscience ; l'autre fois en tant qu'&#234;tre individuel , qui se comporte comme un d&#233;sir et s'oppose &#224; la r&#233;alit&#233; ; et troisi&#232;mement, comme conscience de son &#234;tre-pour-soi . &#8211; On voit maintenant comment ces trois modes d'&#234;tre sont pr&#233;sents et d&#233;termin&#233;s dans cette relation g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc d'abord, en le consid&#233;rant comme pure conscience , l'immuable form&#233;, en tant qu'il est pour la conscience pure, para&#238;t pos&#233; tel qu'il est en et pour soi. Mais comme nous l'avons d&#233;j&#224; rappel&#233;, ce qu'il est en lui-m&#234;me n'a pas encore vu le jour. Le fait qu'il soit dans la conscience tel qu'il est en lui-m&#234;me devrait probablement venir de lui plut&#244;t que de la conscience ; Mais sa pr&#233;sence ici n'est pr&#233;sente que d'un c&#244;t&#233; &#224; travers la conscience, et pour cette raison m&#234;me, elle n'est ni parfaite ni vraie, mais reste charg&#233;e d'imperfection ou de contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien que la conscience malheureuse n'ait pas cette pr&#233;sence, elle est en m&#234;me temps au-del&#224; de la pens&#233;e pure, dans la mesure o&#249; celle-ci est la pens&#233;e abstraite du sto&#239;cisme, qui d&#233;tourne le regard de l' individu en g&#233;n&#233;ral , et la seule pens&#233;e agit&#233;e du scepticisme - en fait seul l'individu en tant que Contradiction inconsciente et son mouvement incessant &#8211; existe ; Elle va au-del&#224; de l'une et de l'autre, elle rapproche et maintient ensemble la pens&#233;e pure et l'individualit&#233;, mais n'a pas encore &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e au niveau de pens&#233;e pour lequel l'individualit&#233; de la conscience se r&#233;concilie avec la pens&#233;e pure elle-m&#234;me. C'est plut&#244;t dans ce milieu que la pens&#233;e abstraite touche l'individualit&#233; de la conscience en tant qu'individualit&#233;. C'est ce toucher lui-m&#234;me ; c'est l'unit&#233; de la pens&#233;e pure et de l'individualit&#233; ; C'est aussi pour elle cette individualit&#233; pensante, ou pens&#233;e pure, et l'immuable lui-m&#234;me est essentiel comme individualit&#233;. Mais ce n'est pas pour elle que cet objet, l'immuable, qui a essentiellement la forme de l'individualit&#233;, soit lui-m&#234;me , lui-m&#234;me, qui est l'individualit&#233; de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent , de cette premi&#232;re mani&#232;re, selon laquelle nous la consid&#233;rons comme pure conscience , elle se rapporte &#224; son objet, non pas &#224; la pens&#233;e, mais en ce sens qu'elle est elle-m&#234;me un pur individu pensant en soi et que son objet est pr&#233;cis&#233;ment cela, mais pas la relation les uns avec les autres. est en soi une pure pens&#233;e, elle vise , pour ainsi dire, uniquement &#224; penser et est une d&#233;votion . Sa pens&#233;e comme telle reste le sifflement informe d'un tintement de cloches ou d'une brume chaude, une pens&#233;e musicale qui n'atteint pas le concept, qui serait le seul mode objectif immanent. Il sera l'objet de ce sentiment int&#233;rieur infini et pur ; mais il entre de telle mani&#232;re qu'il n'entre pas comme quelqu'un qui a compris, et donc comme un &#233;tranger. Il en r&#233;sulte le mouvement int&#233;rieur de l' esprit pur , qui se ressent , mais comme la division, douloureusement ; le mouvement d'un d&#233;sir infini , qui a la certitude que son essence est un esprit si pur, une pens&#233;e pure , qui se pense en tant qu'individu ; qu'il est reconnu et reconnu par cet objet pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il se pense comme un individu. Mais en m&#234;me temps, cet &#234;tre est l'au -del&#224; inaccessible , qui s'&#233;chappe lorsqu'on le saisit, ou plut&#244;t qui s'est d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233;. Il s'est d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233; ; car d'une part, c'est la pens&#233;e immuable elle-m&#234;me en tant qu'individu, et la conscience s'atteint donc directement en elle, elle-m&#234;me , mais comme le contraire de l'immuable ; Au lieu de saisir l'&#234;tre, il ne fait que ressentir et est retomb&#233; sur lui-m&#234;me ; Puisqu'il ne peut s'emp&#234;cher de r&#233;aliser ceci, au lieu de cela, au lieu d'en avoir saisi l'essence, il n'en a saisi que l'insignifiance. Tout comme, d'une part, lorsqu'il s'efforce de se r&#233;aliser dans son essence, il ne saisit que sa propre r&#233;alit&#233; s&#233;par&#233;e, d'un autre c&#244;t&#233;, il ne peut saisir l'autre en tant qu'individu ou en tant que chose r&#233;elle . Partout o&#249; on le cherche, on ne le trouve pas, car il est cens&#233; exister un au-del&#224; , un au-del&#224; introuvable. Lorsqu'on le recherche en tant qu'individu, il ne s'agit pas d'une individualit&#233; g&#233;n&#233;rale et imagin&#233;e , ni d'un concept, mais plut&#244;t d'un individu en tant qu'objet ou de quelque chose de r&#233;el. ; objet de certitude sensorielle imm&#233;diate ; et donc un seul qui a disparu. Seul le tombeau de sa vie peut donc devenir pr&#233;sent &#224; la conscience . Mais parce que cela est en soi une r&#233;alit&#233; et qu'il est contre nature d'accorder une possession permanente ; Alors cette pr&#233;sence du tombeau n'est aussi que le combat d'un effort qui doit &#234;tre perdu. Ce n'est que lorsqu'il aura constat&#233; que la tombe de son &#234;tre r&#233;el immuable n'a pas de r&#233;alit&#233; , que l' individu disparu en tant que disparu n'est pas l'individu v&#233;ritable, qu'il renoncera &#224; rechercher l'individu immuable comme r&#233;el ou &#224; le conserver comme disparu, et seulement c'est ainsi qu'il est capable de trouver le particulier comme vrai ou comme g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant tout, le retour de l'esprit en lui-m&#234;me doit &#234;tre envisag&#233; de telle mani&#232;re qu'il ait une r&#233;alit&#233; en tant qu'individu . C'est l' esprit pur qui, pour nous ou en lui-m&#234;me , s'est trouv&#233; et se satisfait en lui-m&#234;me, car m&#234;me si l' essence se s&#233;pare d'elle-m&#234;me dans ses sentiments, ce sentiment est lui-m&#234;me un sentiment, il a l'objet de son propre sentiment pur. , et c'est lui-m&#234;me ; Il en ressort donc comme un sentiment de soi ou quelque chose de r&#233;el qui existe pour lui-m&#234;me. Dans ce retour en soi, sa seconde relation est devenue pour nous, celle du d&#233;sir et du travail, qui donne &#224; la conscience la certitude int&#233;rieure d'elle-m&#234;me qu'elle a acquise pour nous en abolissant et en jouissant de l'&#234;tre &#233;tranger, &#224; savoir le m&#234;me sous la forme de l'&#234;tre &#233;tranger. ind&#233;pendant Choses prouv&#233;es. Mais la conscience malheureuse ne se trouve que d&#233;sirer et travailler ; Il ne lui est pas possible de se retrouver de cette mani&#232;re, sur la base de sa certitude int&#233;rieure, et son sentiment d'&#234;tre est ce sentiment de soi. Puisqu'il ne l'a pas pour lui , son &#234;tre int&#233;rieur reste encore la certitude bris&#233;e de lui-m&#234;me ; L'&#233;preuve qu'il subirait par le travail et le plaisir est donc tout aussi bris&#233;e ; ou plut&#244;t il lui faut d&#233;truire cette preuve pour lui-m&#234;me, afin qu'il y trouve la preuve, mais seulement la preuve, de ce qu'il est pour lui-m&#234;me, &#224; savoir sa division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; contre laquelle se tournent le d&#233;sir et le travail n'est plus quelque chose qui est en soi vide &#224; cette conscience , quelque chose qui ne peut &#234;tre qu'aboli et consomm&#233; par elle, mais plut&#244;t quelque chose comme elle est elle-m&#234;me, une r&#233;alit&#233; bris&#233;e en deux , qui n'est qu'une chose. , d'une part, en soi vide, mais d'autre part c'est aussi un monde sacr&#233; ; C'est la forme de l'immuable, parce qu'elle a conserv&#233; l'individualit&#233; en soi, et parce qu'en tant qu'immuable elle est universelle, son individualit&#233; a le sens de toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conscience &#233;tait une conscience ind&#233;pendante pour elle-m&#234;me et que la r&#233;alit&#233; en elle-m&#234;me &#233;tait vide pour elle, elle parviendrait au sentiment de son ind&#233;pendance dans le travail et la jouissance, car elle serait elle-m&#234;me celle qui abolit la r&#233;alit&#233;. Justement parce que telle est la forme de l'immuable, elle n'est pas capable de l'abolir par elle-m&#234;me. Bien au contraire, alors qu'il parvient &#224; l'an&#233;antissement de la r&#233;alit&#233; et de la jouissance, cela se produit essentiellement pour lui par le fait que l'immuable lui-m&#234;me abandonne sa forme et s'en remet &#224; lui pour la jouissance . &#8211; La conscience, quant &#224; elle, appara&#238;t ici aussi comme quelque chose de r&#233;el, mais aussi comme int&#233;rieurement bris&#233;, et cette division se pr&#233;sente dans son travail et sa jouissance, en rapport au r&#233;el ou &#234;tre-pour-soi et en &#234;tre - en- soi &#224; casser. Ce rapport &#224; la r&#233;alit&#233; est le changement ou le faire , l'&#234;tre-pour-soi, qui appartient &#224; la conscience individuelle en tant que telle. Mais c'est aussi en soi ; ce c&#244;t&#233; appartient &#224; l'immuable au-del&#224; ; ce sont les capacit&#233;s et les pouvoirs, don &#233;tranger, qui laisse l'immuable &#224; la conscience pour l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses actions, la conscience est d'abord dans le rapport entre deux extr&#234;mes ; Il se trouve d'un c&#244;t&#233; en tant que ce monde actif et en face de la r&#233;alit&#233; passive, tous deux en relation l'un avec l'autre, mais aussi tous deux revenus &#224; l'immuable et s'accrochant &#224; eux-m&#234;mes. Des deux c&#244;t&#233;s donc, une seule surface se s&#233;pare de l'autre, qui entre dans le jeu du mouvement contre l'autre. &#8211; L'extr&#234;me de la r&#233;alit&#233; est annul&#233; par l'extr&#234;me actif ; mais elle ne peut &#234;tre abolie de sa part que parce que sa nature immuable s'abolit, se repousse d'elle-m&#234;me et abandonne &#224; l'activit&#233; ce qui a &#233;t&#233; repouss&#233;. La force active appara&#238;t comme la puissance dans laquelle la r&#233;alit&#233; se dissout ; Mais pour cette conscience, pour qui l' en-soi ou l'essence est autre chose qu'elle-m&#234;me, cette puissance telle qu'elle appara&#238;t dans l'activit&#233; est l'au-del&#224; d'elle-m&#234;me, au lieu de revenir de son action en elle-m&#234;me, et &#224; elle-m&#234;me apr&#232;s s'&#234;tre prouv&#233;e. , il refl&#232;te plut&#244;t ce mouvement de retour de l'action vers l'autre extr&#234;me, qui est ici repr&#233;sent&#233; comme une chose purement g&#233;n&#233;rale, comme le pouvoir absolu d'o&#249; &#233;manait le mouvement dans toutes les directions, et qui est l'essence &#224; la fois des extr&#234;mes en d&#233;composition et de son premier s'est produit que le changement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la conscience immuable renonce &#224; sa forme et l'abandonne , tandis que la conscience individuelle rend gr&#226;ce , c'est-&#224;-dire que la satisfaction de la conscience de son ind&#233;pendance se nie et assigne l'essence de l'action d'elle-m&#234;me &#224; l'au-del&#224;, &#224; travers ces deux moments d' autosuffisance mutuelle Cependant, en abandonnant les deux parties, cela cr&#233;e une unit&#233; de conscience avec l'immuable. Mais en m&#234;me temps cette unit&#233; est affect&#233;e par la s&#233;paration, &#224; nouveau bris&#233;e, et l'opposition entre le g&#233;n&#233;ral et l'individu en &#233;merge &#224; nouveau. Car la conscience renonce &#224; appara&#238;tre pour satisfaire son propre sentiment ; mais en obtient la r&#233;elle satisfaction ; car c'&#233;tait d&#233;sir, travail et plaisir ; en tant que conscience, il a voulu, fait et appr&#233;ci&#233; . De m&#234;me, sa gratitude , dans laquelle elle reconna&#238;t l'autre extr&#234;me comme l'essence et s'annule, est elle-m&#234;me sa propre action, qui l'emporte sur l'action de l'autre extr&#234;me et s'oppose par une action &#233;gale &#224; la bonne action qui se r&#233;v&#232;le ; Mais quand le premier lui laisse sa surface , il rend aussi gr&#226;ce , et en renon&#231;ant &#224; son action, c'est-&#224;-dire &#224; son essence , il fait en r&#233;alit&#233; plus que l'autre, qui ne fait que rejeter d'elle-m&#234;me une surface. L'ensemble du mouvement se refl&#232;te non seulement dans le d&#233;sir, le travail et le plaisir r&#233;els, mais m&#234;me dans la gratitude, dans laquelle le contraire semble se produire, &#224; l' extr&#234;me de l'individualit&#233; . La conscience se sent comme cet individu et ne se laisse pas tromper par l'apparence de son renoncement, car la v&#233;rit&#233; est qu'elle ne s'est pas abandonn&#233;e ; Ce qui s'est produit n'est qu'une double r&#233;flexion entre les deux extr&#234;mes, et le r&#233;sultat est la division r&#233;p&#233;t&#233;e en la conscience oppos&#233;e de l' immuable et en la conscience oppos&#233;e de la volont&#233;, de l'accomplissement, de la jouissance et du renoncement &#224; soi-m&#234;me ou &#224; l' individu. qui existe pour soi en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'est produite la troisi&#232;me relation du mouvement de cette conscience , qui &#233;merge de la seconde comme celle qui s'est en v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e ind&#233;pendante par sa volont&#233; et son accomplissement. &#192; premi&#232;re vue, il s'agissait uniquement du concept de conscience r&#233;elle, ou de l' esprit int&#233;rieur , qui n'est pas encore r&#233;el dans l'action et le plaisir ; la seconde est cette r&#233;alisation, en tant que faire et jouir ext&#233;rieurs ; mais en revenant de l&#224;, c'est une conscience qui s'&#233;prouve elle-m&#234;me comme une conscience r&#233;elle et active , ou qu'il est vrai d'&#234;tre en elle-m&#234;me et pour elle-m&#234;me . Mais l'ennemi se retrouve d&#233;sormais sous sa propre forme. Dans la bataille de l'esprit, la conscience individuelle n'existe que comme un moment musical et abstrait ; Dans le travail et le plaisir, en tant que r&#233;alisation de cet &#234;tre insubstantiel, il peut imm&#233;diatement s'oublier , et l' individualit&#233; consciente dans cette r&#233;alit&#233; est &#233;cras&#233;e par une reconnaissance reconnaissante. Mais cette d&#233;faite est en r&#233;alit&#233; un retour de la conscience en elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire en elle-m&#234;me comme r&#233;alit&#233; qui lui est fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce troisi&#232;me rapport, dans lequel cette vraie r&#233;alit&#233; est l' unique extr&#234;me, est le rapport de celle-ci &#224; l'essence g&#233;n&#233;rale, comme au n&#233;ant ; et l'&#233;volution de cette relation reste &#224; consid&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le rapport oppos&#233; de la conscience, dans lequel sa r&#233;alit&#233; n'est imm&#233;diatement rien , alors son action r&#233;elle devient une action de rien, sa jouissance le sentiment de son malheur. Par l&#224;, l'action et la jouissance perdent tout contenu et sens g&#233;n&#233;raux , car cela leur donnerait un &#234;tre en et pour soi, et toutes deux se replient dans l'individualit&#233; vers laquelle est dirig&#233;e la conscience de les abolir. La conscience est consciente d'elle-m&#234;me en tant que v&#233;ritable individu dans les fonctions animales. Celles-ci, au lieu d'&#234;tre faites de mani&#232;re impartiale, comme quelque chose qui est en soi vide et ne peut acqu&#233;rir aucune importance ou essence pour l'esprit, puisque ce sont celles dans lesquelles l'ennemi se montre sous sa forme particuli&#232;re, elles font plut&#244;t l'objet de graves critiques. effort, et deviennent les plus importants. Mais &#224; mesure que cet ennemi se cr&#233;e dans sa d&#233;faite, la conscience, en se fixant sur lui, au lieu de s'en lib&#233;rer, s'attarde toujours sur lui et se voit toujours contamin&#233;e, en m&#234;me temps ce contenu de son effort, au lieu de quelque chose d'essentiel. , le plus bas, au lieu d'un. En g&#233;n&#233;ral, c'est la chose la plus individuelle, on ne voit donc qu'une personnalit&#233; limit&#233;e &#224; elle-m&#234;me et &#224; ses petites actions, et maussade, aussi malheureuse que pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous deux, le sentiment de son malheur et la pauvret&#233; de ses actions, sont aussi li&#233;s &#224; la conscience de son unit&#233; avec l'immuable. Car la tentative d'an&#233;antissement imm&#233;diat de son &#234;tre r&#233;el est m&#233;diatis&#233;e par la pens&#233;e de l'immuable et se produit dans cette relation . La relation indirecte constitue l'essence du mouvement n&#233;gatif dans lequel elle s'adresse &#224; son individualit&#233;, mais qui est aussi positive comme relation en soi et produira pour elle-m&#234;me son unit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport indirect est ici une conclusion dans laquelle l'individu, qui se fixe d'abord par opposition &#224; l' en-soi, n'est rejoint &#224; cet autre extr&#234;me que par un troisi&#232;me. Par ce milieu se trouve l'extr&#234;me de la conscience immuable pour la conscience non essentielle, dans laquelle en m&#234;me temps cela signifie qu'elle est aussi pour l'autre seulement par ce milieu, et ce milieu est celui qui pr&#233;sente les deux extr&#234;mes l'un &#224; l'autre et est le serviteur mutuel de l'un, chacun est l'un avec l'autre. Ce centre est lui-m&#234;me un &#234;tre conscient, car c'est une activit&#233; qui m&#233;diatise la conscience en tant que telle ; Le contenu de cette action est la destruction que la conscience op&#232;re avec son individualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lui, celui-ci se lib&#232;re donc du faire et du jouir comme siens ; Il repousse l'essence de sa volont&#233; hors de lui-m&#234;me comme un extr&#234;me qui existe pour lui-m&#234;me et rejette l'individualit&#233; et la libert&#233; de d&#233;cision, et donc la culpabilit&#233; de ses actions, sur le milieu ou le serviteur. Ce m&#233;diateur, comme en relation directe avec l'&#234;tre immuable, donne ses conseils sur ce qui est juste. L'action, en tant qu'observance de la d&#233;cision d'autrui, cesse d'&#234;tre la sienne du point de vue du faire ou de la volont&#233; . Mais il reste encore son c&#244;t&#233; objectif &#224; la conscience non essentielle, &#224; savoir le fruit de son travail et de sa jouissance . Alors il rejette cela aussi d'elle-m&#234;me, et renonce, ainsi qu'&#224; sa volont&#233;, &#224; sa r&#233;alit&#233; pr&#233;serv&#233;e dans le travail et la jouissance ; sur lui, en partie comme sur la v&#233;rit&#233; acquise de son ind&#233;pendance consciente - en se d&#233;pla&#231;ant, en imaginant et en disant quelque chose de compl&#232;tement &#233;tranger et d&#233;nu&#233; de sens pour lui ; en partie comme propri&#233;t&#233; ext&#233;rieure - en renon&#231;ant &#224; une partie de la propri&#233;t&#233; acquise par le travail ; en partie &#224; cause du plaisir qu'il en a eu - en le refusant compl&#232;tement &#224; lui-m&#234;me dans le je&#251;ne et le ch&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers ces moments d'abandon de sa propre d&#233;cision, puis de propri&#233;t&#233; et de jouissance, et enfin le moment positif de faire une affaire incomprise, on enl&#232;ve v&#233;ritablement et compl&#232;tement la conscience de la libert&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure, de la r&#233;alit&#233; comme son &#234;tre pour soi. ; Il a la certitude qu'il s'est v&#233;ritablement d&#233;pouill&#233; de son ego et a fait de sa conscience de soi imm&#233;diate une chose , un &#234;tre objectif. &#8211; Elle ne pouvait prouver son renoncement qu'&#224; travers ce sacrifice r&#233;el ; car ce n'est qu'en lui que dispara&#238;t la tromperie qui r&#233;side dans la reconnaissance int&#233;rieure de la gratitude par le c&#339;ur, l'esprit et la bouche, une reconnaissance qui repousse en effet toute la puissance de l'&#234;tre pour soi et l'attribue &#224; un don d'en haut, mais en Dans ce processus de d&#233;pouillement, l' individualit&#233; externe se refl&#232;te dans la possession &#224; laquelle elle ne renonce pas, mais l' individualit&#233; interne est dans la conscience de la d&#233;cision qu'elle a prise elle-m&#234;me, et dans celle-ci. Conscience du contenu d&#233;termin&#233; par lui, qu'il n'a pas &#233;chang&#233; contre un contenu &#233;tranger qui le remplit sans signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le sacrifice v&#233;ritablement accompli , de m&#234;me que la conscience a aboli l' action comme sienne, elle a aussi abandonn&#233; son malheur . Le fait que ce l&#226;cher prise en soi est pourtant une action de l'autre extr&#234;me de la conclusion, qui est l' essence qui existe en soi . Mais en m&#234;me temps, ce sacrifice de l'extr&#234;me non essentiel n'&#233;tait pas une action unilat&#233;rale, mais contenait en lui les actions de l'autre. Car l'abandon de sa propre volont&#233; n'est que d'une part n&#233;gatif, en termes de concept ou en soi , mais en m&#234;me temps positif, &#224; savoir le fait de poser la volont&#233; comme celle d'autrui , et d&#233;termine la volont&#233; comme non individuelle, mais universel. Pour cette conscience, ce sens positif de la volont&#233; individuelle pos&#233;e n&#233;gativement est la volont&#233; de l'autre extr&#234;me, qui, parce qu'elle est autre chose pour elle, ne lui vient pas par elle-m&#234;me, mais par le troisi&#232;me, le m&#233;diateur comme conseil. Donc, pour lui, sa volont&#233; devient la volont&#233; g&#233;n&#233;rale qui existe en soi , mais elle n'est pas elle-m&#234;me cela en soi ; Pour lui, l'abandon de soi en tant qu'individu n'est pas, en th&#233;orie, le positif de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale. De m&#234;me, son abandon de la possession et de la jouissance n'a que la m&#234;me signification n&#233;gative, et l'universel que cela devient pour lui n'est pas de sa faute . Cette unit&#233; de l'objectif et de l'&#234;tre pour soi, qui est dans le concept de faire, et qui devient donc conscience comme essence et objet - de m&#234;me qu'elle n'est pas pour lui le concept de son faire, de m&#234;me elle n'est pas non plus pour lui, qu'il est pour lui un objet , directement et par lui-m&#234;me, mais il permet au serviteur m&#233;diateur d'exprimer cette certitude, encore bris&#233;e, que ce n'est qu'en soi que son malheur &#233;tait mauvais, &#224; savoir se satisfaire de lui-m&#234;me dans ses actions. Faire ou jouir bienheureux ; Sa mauvaise action est aussi mauvaise en soi , &#224; savoir l'action absolue, selon laquelle l'action n'est qu'une action en g&#233;n&#233;ral comme l'action de l'individu. Mais pour lui, l'action et son action r&#233;elle restent pauvres, et sa jouissance reste la douleur, et la suppression de celle-ci dans le sens positif est un au-del&#224; . Mais dans cet objet, dans lequel son faire et son &#234;tre sont pour lui comme cette conscience individuelle , &#234;tre et faire en soi , il a l'id&#233;e de raison.devenir, la certitude de la conscience, dans son individualit&#233;, d'&#234;tre absolue en elle-m&#234;me , ou dans toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude et v&#233;rit&#233; de la raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience se replie sur elle-m&#234;me dans la pens&#233;e qu'elle a compris que la conscience individuelle est en elle-m&#234;me un &#234;tre absolu. Pour la conscience malheureuse, l'&#234;tre en soi est l' au-del&#224; de soi, mais son mouvement a accompli cela sur elle, l'individu dans son d&#233;veloppement complet, ou l'individu, qui est la conscience r&#233;elle , comme le n&#233;gatif de soi, c'est-&#224;-dire comme cela. avoir fix&#233; des extr&#234;mes objectifs , ou avoir lutt&#233; contre son &#234;tre-pour-soi pour en faire un &#234;tre ; En cela, il est aussi devenu son unit&#233; avec cet universel, qui pour nous, puisque l'individu aboli est l'universel, n'en sort plus ; et puisque la conscience se maintient dans cette n&#233;gativit&#233;, son essence r&#233;side en elle comme telle. Sa v&#233;rit&#233; est celle qui appara&#238;t dans la conclusion o&#249; les extr&#234;mes apparaissent absolument s&#233;par&#233;s, comme le milieu, qui exprime &#224; la conscience immuable que l'individu a renonc&#233; &#224; lui-m&#234;me, et &#224; l'individu que l'immuable n'est plus pour lui un extr&#234;me, mais est r&#233;concili&#233; avec lui. Ce centre est l'unit&#233; qui conna&#238;t et se rapporte directement aux deux, ainsi qu'&#224; la conscience de son unit&#233;, qu'il exprime &#224; la conscience et donc &#224; elle-m&#234;me , la certitude d'&#234;tre toute v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la conscience de soi est raison, sa relation jusqu'ici n&#233;gative &#224; l'alt&#233;rit&#233; se transforme en relation positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de son ind&#233;pendance et de sa libert&#233;, afin de se sauver et de se pr&#233;server aux d&#233;pens du monde ou de sa propre r&#233;alit&#233;, qui lui apparaissaient toutes deux comme le n&#233;gatif de son &#234;tre. Mais comme la raison, assur&#233;e d'elle-m&#234;me, elle a re&#231;u la paix contre eux et peut les supporter ; car il est certain de lui-m&#234;me en tant que r&#233;alit&#233; ; ou que toute r&#233;alit&#233; n'est rien d'autre qu'elle ; sa pens&#233;e est elle-m&#234;me imm&#233;diatement r&#233;alit&#233; ; il s'y rapporte donc comme id&#233;alisme. C'est pour lui qu'il se per&#231;oit comme si le monde lui convenait seulement maintenant ; avant cela, il ne les comprend pas ; il les d&#233;sire et les manipule ; s'en retire en soi et le d&#233;truit pour lui-m&#234;me et pour lui-m&#234;me comme conscience, comme conscience de lui comme essence, ainsi que comme conscience de son n&#233;ant. C'est seulement ainsi, apr&#232;s que le tombeau de sa v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; perdu, que l'an&#233;antissement de sa r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me a &#233;t&#233; d&#233;truite et que l'individualit&#233; de la conscience est en elle-m&#234;me une essence absolue pour elle, qu'elle la d&#233;couvre comme son nouveau monde r&#233;el, qui, en restant, il y a int&#233;r&#234;t, comme auparavant seulement &#224; leur disparition ; car leur existence devient pour lui sa propre v&#233;rit&#233; et sa pr&#233;sence ; il est certain qu'il suffit de s'y exp&#233;rimenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est la certitude de la conscience que toute r&#233;alit&#233; est : c'est ainsi que l'id&#233;alisme exprime son concept. De m&#234;me que la conscience, qui appara&#238;t comme raison, a en elle cette certitude, l'id&#233;alisme l' exprime aussi directement : je suis moi, dans le sens o&#249; je, qui est mon objet, n'est pas le m&#234;me que dans la conscience de soi en g&#233;n&#233;ral, ni comment dans la libre conscience de soi, il n'y a qu'un objet vide en g&#233;n&#233;ral, ici seulement un objet qui se retire des autres qui comptent encore &#224; ses c&#244;t&#233;s , mais un objet avec la conscience de la non-existence de tout autre, le seul objet, toute r&#233;alit&#233;. et le pr&#233;sent est. Mais la conscience de soi n'est pas seulement la r&#233;alit&#233; en elle-m&#234;me , mais aussi en elle-m&#234;me , uniquement par le fait qu'elle devient cette r&#233;alit&#233; , ou plut&#244;t se r&#233;v&#232;le telle . Cela se manifeste dans la mani&#232;re dont d'abord dans le mouvement dialectique de penser, de percevoir et de comprendre l'alt&#233;rit&#233; comme en soi , puis dans le mouvement &#224; travers l'ind&#233;pendance de la conscience dans la domination et la servitude, &#224; travers la pens&#233;e de la libert&#233;, la lib&#233;ration sceptique et la lutte pour la lib&#233;ration absolue de la conscience divis&#233;e, l'alt&#233;rit&#233;, dans la mesure o&#249; elle n'est que pour elle , dispara&#238;t pour elle-m&#234;me . Deux faces apparaissaient l'une apr&#232;s l'autre, l'une dans laquelle l'essence ou la v&#233;rit&#233; avait la d&#233;termination d' &#234;tre pour la conscience , l'autre dans laquelle elle n'existait que pour la conscience . Mais tous deux se r&#233;duisaient &#224; une v&#233;rit&#233; : ce qui est , ou ce qui est en soi , n'est que dans la mesure o&#249; il est pour la conscience, et ce qui est pour elle est aussi en soi . La conscience, qui est cette v&#233;rit&#233;, a ce chemin derri&#232;re elle et l'a oubli&#233;, apparaissant directement comme raison, ou cette raison qui appara&#238;t imm&#233;diatement n'appara&#238;t que comme la certitude de cette v&#233;rit&#233;. De cette fa&#231;on, il assure seulement que toute r&#233;alit&#233; existe, mais il ne le comprend pas lui-m&#234;me ; car ce chemin oubli&#233; est la compr&#233;hension de cette affirmation directement exprim&#233;e. Et de la m&#234;me mani&#232;re, cette affirmation, lorsqu'il l'entend sous cette forme pure - parce qu'il la fait probablement lui-m&#234;me sous une forme concr&#232;te - est incompr&#233;hensible pour celui qui ne l'a pas faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme, qui ne repr&#233;sente pas ce chemin mais commence par cette affirmation, est donc aussi une pure assurance , qui ne se comprend ni ne peut se faire comprendre aux autres. Il exprime une certitude imm&#233;diate , qui est contr&#233;e par d'autres certitudes imm&#233;diates qui se sont perdues sur ce seul chemin. Par cons&#233;quent, outre l' assurance de cette certitude, les assurances de ces autres certitudes ont &#233;galement des droits &#233;gaux . La raison fait appel &#224; la conscience de soi de chaque conscience : je suis moi ; mon objet et mon essence, c'est moi ; et personne ne lui refusera cette v&#233;rit&#233;. Mais en se basant sur cet appel, il consacre la v&#233;rit&#233; de l'autre certitude, &#224; savoir : c'est diff&#233;rent pour moi ; Quelque chose d'autre que moi est pour moi un objet et une essence, ou parce que je suis un objet et une essence pour moi-m&#234;me, je ne le suis que lorsque je me retire de l'autre en g&#233;n&#233;ral et que je me tiens &#224; ses c&#244;t&#233;s comme une r&#233;alit&#233;. &#8211; Ce n'est que lorsque la raison appara&#238;t comme le reflet de cette certitude oppos&#233;e que son affirmation d'elle-m&#234;me appara&#238;t non seulement comme certitude et assurance, mais comme v&#233;rit&#233; ; et non pas aux c&#244;t&#233;s des autres, mais comme le seul . L' occurrence imm&#233;diate est l'abstraction de son existence , dont l'essence et l'en-soi est le concept absolu, c'est-&#224;-dire le mouvement de son devenir . &#8211; La conscience d&#233;terminera sa relation &#224; l'alt&#233;rit&#233; ou &#224; son objet de diff&#233;rentes mani&#232;res, selon le niveau de l'esprit du monde qui devient conscient. La fa&#231;on dont il se trouve et se d&#233;termine imm&#233;diatement et &#224; chaque fois son objet , ou ce qu'il est pour lui-m&#234;me , d&#233;pend de ce qu'il est d&#233;j&#224; devenu ou de ce qu'il est d&#233;j&#224; en lui-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est la certitude d'&#234;tre toute la r&#233;alit&#233; . Mais cet en-soi ou cette r&#233;alit&#233; est encore tout &#224; fait g&#233;n&#233;ral, la pure abstraction de la r&#233;alit&#233;. C'est la premi&#232;re positivit&#233; , qui est conscience de soi en soi, pour soi , et je ne suis donc que la pure essence des &#234;tres, ou la simple cat&#233;gorie . La cat&#233;gorie , qui autrement avait le sens d'&#234;tre l'essence des &#234;tres, ind&#233;termin&#233;e des &#234;tres en g&#233;n&#233;ral ou des &#234;tres par rapport &#224; la conscience, n'est plus l'essence ou simple unit&#233; des &#234;tres que comme r&#233;alit&#233; pensante ; ou bien c'est que la conscience de soi et l'&#234;tre sont la m&#234;me essence ; la m&#234;me chose, non pas en comparaison, mais en soi. Seul un mauvais id&#233;alisme unilat&#233;ral permet &#224; cette unit&#233; de r&#233;appara&#238;tre comme conscience d'un c&#244;t&#233; et d'appara&#238;tre en opposition avec elle . &#8211;Mais cette cat&#233;gorie ou simple unit&#233; de la conscience de soi et de l'&#234;tre a la diff&#233;rence en elle-m&#234;me ; car son essence est pr&#233;cis&#233;ment d'&#234;tre directement &#233;gal &#224; soi en &#233;tant diff&#233;rent ou en diff&#233;rence absolue. La diff&#233;rence est donc : mais compl&#232;tement transparent, et comme une diff&#233;rence qui en m&#234;me temps n'est pas une diff&#233;rence. Il appara&#238;t comme une multitude de cat&#233;gories. En ce sens que l'id&#233;alisme exprime la simple unit&#233; de la conscience de soi comme toute r&#233;alit&#233;, et en fait directement une essence , sans l'avoir compris comme un &#234;tre absolument n&#233;gatif - seul celui-ci a en soi la n&#233;gation, la d&#233;termination ou la diff&#233;rence - il en est ainsi. Plus incompr&#233;hensible encore que la premi&#232;re est cette seconde, celle de la cat&#233;gorie des diff&#233;rences ou des esp&#232;ces . Cette assurance en g&#233;n&#233;ral, ainsi que l'assurance d'un nombre d&#233;termin&#233; de ses esp&#232;ces, est une nouvelle assurance, ce qui signifie en soi qu'il n'est plus n&#233;cessaire de l'accepter comme assurance. Parce que la diff&#233;rence commence dans l'ego pur, dans la compr&#233;hension pure elle-m&#234;me, cela signifie que l'imm&#233;diatet&#233; , l'assurance et la d&#233;couverte sont abandonn&#233;es ici et que la compr&#233;hension commence. Mais reprendre la multitude des cat&#233;gories d'une mani&#232;re ou d'une autre comme une d&#233;couverte, par exemple &#224; partir des jugements, et les supporter de cette mani&#232;re, c'est en r&#233;alit&#233; &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une honte pour la science ; Comment l'entendement pourrait-il d&#233;montrer une n&#233;cessit&#233; s'il ne peut le faire en lui-m&#234;me, la pure n&#233;cessit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'essence pure des choses, ainsi que leur diff&#233;rence, appartiennent &#224; la raison, on ne pourrait en r&#233;alit&#233; plus parler de choses du tout , c'est-&#224;-dire de choses qui, pour la conscience, ne seraient que le n&#233;gatif d'elles-m&#234;mes. Car les cat&#233;gories multiples sont des esp&#232;ces de la cat&#233;gorie pure, ce qui signifie qu'elle en est encore le genre ou l'essence , et non leur opposition. Mais ils sont d&#233;j&#224; l'ambigu&#239;t&#233;, qui a en m&#234;me temps la diversit&#233; d'&#234;tre diff&#233;rente de la cat&#233;gorie pure . Par cette multiplicit&#233;, ils la contredisent en r&#233;alit&#233;, et l'unit&#233; pure doit en elle-m&#234;me l'annuler, se constituant ainsi comme unit&#233; n&#233;gative des diff&#233;rences. Mais en tant qu'unit&#233; n&#233;gative , elle exclut les diff&#233;rences en tant que telles, ainsi que cette premi&#232;re unit&#233; pure imm&#233;diate en tant que telle, et elle est l'individualit&#233; ; une nouvelle cat&#233;gorie, qui est la conscience d'exclusion, c'est-&#224;-dire qu'un Autre est pour elle. L'individu est son passage de son concept &#224; une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure ; le sch&#233;ma pur , qui est tout autant conscience qu'individualit&#233; et exclusif, pointant vers autre chose. Mais ces autres choses dans cette cat&#233;gorie ne sont que les autres premi&#232;res cat&#233;gories , &#224; savoir la pure essence et la pure diff&#233;rence ; et en lui, c'est-&#224;-dire dans la position de l'autre, ou dans cet autre lui-m&#234;me, la conscience est aussi elle-m&#234;me. Chacun de ces diff&#233;rents moments en d&#233;signe un autre ; mais en m&#234;me temps il n'y a pas d'alt&#233;rit&#233; en eux. La cat&#233;gorie pure fait r&#233;f&#233;rence aux esp&#232;ces qui passent dans la cat&#233;gorie n&#233;gative, ou particularit&#233; ; mais la seconde renvoie &#224; la premi&#232;re ; C'est elle-m&#234;me la conscience pure, qui demeure en chaque soi cette claire unit&#233; avec elle-m&#234;me, mais une unit&#233; qui est aussi dirig&#233;e vers quelque chose d'autre, qui, en m&#234;me temps qu'elle existe, a disparu, et en m&#234;me temps qu'elle a disparu, elle a aussi &#233;t&#233; recr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons ici la conscience pure pos&#233;e d'une double mani&#232;re, d'abord comme le va-et-vient incessant , qui traverse tous ses instants, o&#249; l'alt&#233;rit&#233; flotte devant nous, qui s'&#233;limine dans l'appr&#233;hension ; d'autres fois plut&#244;t que l' unit&#233; sereine certaine de sa v&#233;rit&#233; . Pour cette unit&#233; ce mouvement est l' autre ; mais pour ce mouvement il y a cette unit&#233; calme ; et la conscience et l'objet alternent dans ces d&#233;terminations mutuelles. La conscience est donc un va-et-vient de recherche, et son objet est le pur en soi et l'essence ; &#224; d'autres moments, c'est la cat&#233;gorie simple, et l'objet est le mouvement des diff&#233;rences. Mais la conscience en tant qu'&#234;tre est tout ce processus lui-m&#234;me, passant d'elle-m&#234;me comme simple cat&#233;gorie &#224; l'individu et &#224; l'objet, et regardant ce processus dans ce processus, l'abolissant comme un autre, se l' appropriant , et s'appropriant elle-m&#234;me comme cette certitude, toute r&#233;alit&#233;, &#224; la fois pour l'exprimer elle-m&#234;me comme son objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa premi&#232;re d&#233;claration n'est que ce mot vide et abstrait selon lequel tout lui appartient . Car la certitude d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233; n'est que la pure cat&#233;gorie. Cette premi&#232;re raison, qui se reconna&#238;t dans l'objet, s'exprime par un id&#233;alisme vide, qui ne con&#231;oit la raison que telle qu'elle est initialement, et dans le fait qu'elle montre cette pure mine de conscience dans tout &#234;tre et exprime les choses comme des sensations ou des id&#233;es semble ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme une r&#233;alit&#233; compl&#232;te. Ce doit donc &#234;tre en m&#234;me temps un empirisme absolu, car pour l' accomplissement de la mine vide , c'est-&#224;-dire pour la diff&#233;rence et tout son d&#233;veloppement et sa formation, sa raison a besoin d'une impulsion ext&#233;rieure, dans laquelle r&#233;side la diversit&#233; du sentiment ou de l'imagination. . Cet id&#233;alisme devient donc une ambigu&#239;t&#233; tout aussi contradictoire que le scepticisme, seulement que l'un s'exprime n&#233;gativement, l'autre exprime positivement, mais aussi peu ses pens&#233;es contradictoires de conscience pure que toute r&#233;alit&#233;, et &#233;galement d'impulsion &#233;trang&#232;re ou de sentiment sensuel. et l'imagination, comme de la m&#234;me r&#233;alit&#233;, mais au contraire se jette encore et encore de l'un &#224; l'autre et est entr&#233;e dans le mauvais, &#224; savoir dans l'infini sensoriel. Puisque la raison est toute r&#233;alit&#233; au sens de la mienne abstraite , et que l' autre lui est un &#233;tranger indiff&#233;rent , la connaissance de la raison d'autrui est pos&#233;e en elle, qui appara&#238;t comme mienne, la perception et l' entendement qui comprend ce qui est signifi&#233; et per&#231;u . En m&#234;me temps, une telle connaissance n'est pas une vraie connaissance, affirm&#233;e par le concept m&#234;me de cet id&#233;alisme, car seule l'unit&#233; de l'aperception est la v&#233;rit&#233; de la connaissance. La raison pure de cet id&#233;alisme est donc renvoy&#233;e par elle-m&#234;me vers le savoir qui n'est pas un savoir pour parvenir &#224; cet autre qui lui est essentiel , c'est-&#224;-dire l' en-soi , mais qu'elle n'a pas en soi. de v&#233;rit&#233; ; De cette fa&#231;on, elle se condamne avec connaissance et volont&#233; &#224; une connaissance fausse et ne peut renoncer &#224; penser et &#224; percevoir, qui n'ont pas de v&#233;rit&#233; pour elle-m&#234;me. Il est en contradiction directe d'affirmer un d&#233;doublement absolument oppos&#233; comme l'essence, l' unit&#233; de l'aperception et aussi la chose , qui, m&#234;me s'il s'agit d'un &#233;lan &#233;tranger , ou d'une essence empirique , ou d' une sensualit&#233; , ou d'une chose en soiest appel&#233;, dans son concept la m&#234;me chose reste &#233;trang&#232;re &#224; cette unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet id&#233;alisme est dans cette contradiction parce qu'il affirme le concept abstrait de la raison comme la v&#233;rit&#233; ; c'est pourquoi la r&#233;alit&#233; surgit imm&#233;diatement autant que la r&#233;alit&#233;, qui n'est plut&#244;t pas la r&#233;alit&#233; de la raison, alors que la raison devrait en m&#234;me temps &#234;tre toute r&#233;alit&#233; ; Cela reste une recherche agit&#233;e, qui, dans la recherche elle-m&#234;me, d&#233;clare la satisfaction de trouver absolument impossible. &#8211; Mais la vraie raison n'est pas si incoh&#233;rente ; mais seulement la certitude d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233;, dans ce concept il est conscient de lui-m&#234;me comme une certitude , qu'en tant que Je, il n'est pas encore la r&#233;alit&#233; en v&#233;rit&#233;, et est pouss&#233; &#224; &#233;lever sa certitude au rang de v&#233;rit&#233; et &#224; accomplir la mienne vide .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une&lt;br class='autobr' /&gt;
raison observationnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons maintenant cette conscience, dans laquelle &#234;tre a le sens d' &#234;tre , entrer &#224; nouveau dans la pens&#233;e et la perception, mais non pas comme dans la certitude d' un autre , mais avec la certitude d'&#234;tre cet autre lui-m&#234;me. Auparavant, il lui &#233;tait seulement possible de percevoir et d'exp&#233;rimenter certaines choses ; ici, il repr&#233;sente les observations et l'exp&#233;rience elle-m&#234;me. L'opinion et la perception, qui &#233;taient auparavant suspendues pour nous, sont maintenant suspendues par la conscience pour elles-m&#234;mes ; la raison vise &#224; conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; ; trouver comme concept ce qui est une chose &#224; penser et &#224; percevoir, c'est-&#224;-dire n'avoir dans la chosit&#233; que la conscience d'elle-m&#234;me. La raison a donc d&#233;sormais un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans le monde car elle est la certitude d'y &#234;tre pr&#233;sente ou que le pr&#233;sent est rationnel. Il cherche son autre, sachant qu'il n'a rien d'autre que lui-m&#234;me ; il ne cherche que son propre infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne se soup&#231;onnant d'abord que dans la r&#233;alit&#233;, ou ne la connaissant que comme sienne , elle passe en ce sens &#224; la possession g&#233;n&#233;rale de la propri&#233;t&#233; qui lui est assur&#233;e, et plante le signe de sa souverainet&#233; sur toutes les hauteurs et dans toutes les profondeurs. Mais cette mine superficielle n'est pas leur int&#233;r&#234;t ultime ; La joie de cette possession g&#233;n&#233;rale se trouve dans sa propri&#233;t&#233; par l'autre &#233;tranger que la raison abstraite n'a pas en elle-m&#234;me. La raison se per&#231;oit comme un &#234;tre plus profond, parce que le Je pur est et doit exiger que la diff&#233;rence, l' &#234;tre diversifi&#233; lui devienne comme le sien, qu'elle se per&#231;oive comme r&#233;alit&#233; et se trouve pr&#233;sente comme forme et chose. Mais si la raison fouille dans tous les entrailles des choses et ouvre toutes leurs veines pour en sortir, alors elle n'atteindra pas ce bonheur, mais doit d'abord s'&#234;tre perfectionn&#233;e pour pouvoir ensuite en &#233;prouver la perfection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience observe ; Autrement dit, la raison veut se trouver et se poss&#233;der comme un objet existant, comme une mani&#232;re r&#233;elle et sensuellement pr&#233;sente . La conscience de cette observation veut dire et dit qu'elle ne veut pas &#233;prouver elle-m&#234;me , mais au contraire l'essence des choses en tant que choses . Si cette conscience veut dire et dit cela, c'est parce qu'elle est la raison , mais la raison en tant que telle n'est pas encore pour elle un objet. Si la raison savait qu'elle est la m&#234;me essence des choses et d'elle-m&#234;me, et qu'elle ne peut &#234;tre pr&#233;sente dans la conscience que sous sa forme propre, elle descendrait plut&#244;t dans sa propre profondeur et la chercherait l&#224;-dedans que dans les choses. S'il l'avait trouv&#233; l&#224;-dedans, il serait alors renvoy&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; pour en regarder l'expression sensuelle, mais il la prendrait imm&#233;diatement essentiellement comme un concept . La raison, telle qu'elle appara&#238;t directement comme la certitude de la conscience d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233;, prend sa r&#233;alit&#233; dans le sens de l' imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre , et aussi l'unit&#233; du moi avec cet &#234;tre objectif dans le sens d'une unit&#233; imm&#233;diate dans laquelle elle est la moments d'&#234;tre et je n'ai pas encore &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s et r&#233;unis, ou qu'elle n'a pas encore reconnu. Elle aborde donc les choses comme une conscience observatrice, estimant qu'elle les per&#231;oit v&#233;ritablement comme des choses sensuelles, oppos&#233;es &#224; l'ego ; mais leurs actions r&#233;elles contredisent cette opinion ; car il reconna&#238;t les choses, il transforme leur sensualit&#233; en concepts , c'est-&#224;-dire en un &#234;tre qui est en m&#234;me temps moi, pensant ainsi en une pens&#233;e existante, ou l'&#234;tre en un &#234;tre pens&#233;, et affirme en fait que les choses n'ont de v&#233;rit&#233; que comme notions. Pour cette conscience observatrice, cela devient seulement ce que sont les choses , mais pour nous ce qu'elles sont elles-m&#234;mes ; Mais le r&#233;sultat de son mouvement sera de devenir pour lui-m&#234;me ce qu'il est en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action de la raison observatrice doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans les moments de son mouvement, car elle prend en compte la nature, l'esprit et enfin la relation entre les deux en tant qu'&#234;tre sensuel et se cherche elle-m&#234;me comme r&#233;alit&#233; vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude et v&#233;rit&#233; de la raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une raison observationnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Observation de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la conscience irr&#233;fl&#233;chie d&#233;clare l'observation et l'exp&#233;rience comme la source de la v&#233;rit&#233;, ses paroles peuvent sembler comme s'il s'agissait uniquement de go&#251;ter, de sentir, de sentir, d'entendre et de voir ; Dans le z&#232;le avec lequel il recommande de go&#251;ter, de sentir, etc., il oublie de dire qu'il a en fait d&#233;j&#224; d&#233;termin&#233; l'objet de ce sentiment tout aussi essentiellement, et que cette d&#233;termination lui est au moins aussi importante que ce sentiment. Il admettra aussi imm&#233;diatement qu'il ne se pr&#233;occupe pas seulement de la perception et, par exemple, n'acceptera pas la perception que ce canif se trouve &#224; c&#244;t&#233; de cette tabati&#232;re comme une observation. Ce qui est per&#231;u doit au moins avoir une signification g&#233;n&#233;rale et non sensorielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce g&#233;n&#233;ral n'est que ce qui reste le m&#234;me ; son mouvement n'est que la r&#233;p&#233;tition uniforme de la m&#234;me action. La conscience, qui ne trouve dans l'objet que l'universalit&#233; ou le sens abstrait , doit prendre sur elle le mouvement r&#233;el de l'objet ; Puisqu'il n'est pas encore son esprit, c'est du moins sa m&#233;moire, qui exprime d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale ce qui n'est pr&#233;sent dans la r&#233;alit&#233; que d'une mani&#232;re particuli&#232;re. Cet &#233;loignement superficiel de l'individuel, et cette forme &#233;galement superficielle de l'universalit&#233;, o&#249; le sensible ne fait qu'&#234;tre absorb&#233; sans &#234;tre devenu universel en soi, la description des choses n'a pas de mouvement dans l'objet lui-m&#234;me ; Au contraire, ce n'est que dans la description. Le sujet tel que d&#233;crit a donc perdu tout int&#233;r&#234;t ; Si l'une est d&#233;crite, il faut en entreprendre une autre et toujours la chercher, pour que la description ne s'&#233;puise pas. S'il n'est plus si facile de trouver de nouvelles choses enti&#232;res , il faut alors revenir &#224; celles d&#233;j&#224; trouv&#233;es, les diviser davantage, les d&#233;monter et y d&#233;couvrir de nouveaux aspects de la chose. Cet instinct agit&#233; et agit&#233; ne peut jamais manquer de mati&#232;re ; Trouver une nouvelle esp&#232;ce distingu&#233;e, voire une nouvelle plan&#232;te, qui, bien qu'individuelle, ait le caract&#232;re d'un universel, ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; que par les plus chanceux. Mais les limites de ce qui se distingue comme l'&#233;l&#233;phant, le ch&#234;ne, l'or , ce qui est genre et esp&#232;ce , passe par de nombreuses &#233;tapes jusqu'&#224; la sp&#233;cialisation infinie des animaux et des plantes chaotiques, des esp&#232;ces de montagne ou des m&#233;taux qui ne peuvent &#234;tre que repr&#233;sent&#233;s. par la force et l'art, la Terre, etc. Dans ce domaine d'ind&#233;termination du g&#233;n&#233;ral, o&#249; la particularit&#233; se rapproche &#224; nouveau de l'isolement et y descend ici et l&#224; compl&#232;tement, s'ouvre une r&#233;serve in&#233;puisable d'observation et de description. Mais ici, o&#249; s'ouvre &#224; lui un champ indubitable, &#224; la limite de l'universel, au lieu d'une richesse incommensurable, il ne peut avoir trouv&#233; que les limites de la nature et de ses propres actions ; Il ne peut plus savoir si ce qui semble &#234;tre en soi n'est pas un accident ; Ce qui porte la marque d'une structure confuse ou immature, faible, &#224; peine en train de se d&#233;velopper en raison d'une ind&#233;termination &#233;l&#233;mentaire, ne peut m&#234;me pas pr&#233;tendre &#234;tre d&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette recherche et cette description semblent porter uniquement sur des choses, alors nous ne voyons pas qu'elles se poursuivent par la perception sensorielle , mais plut&#244;t ce par quoi les choses sont reconnues est plus important pour lui que le reste des propri&#233;t&#233;s sensorielles que la chose elle-m&#234;me ne peut pas. se passer, mais dont la conscience se passe. Par cette distinction entre l' essentiel et le non essentiel, le concept s'&#233;l&#232;ve au-dessus de la distraction sensuelle, et la cognition explique qu'il est au moins aussi essentiel &#224; lui-m&#234;me qu'&#224; l'action. Avec cette double essentialit&#233;, il devient incertain si ce qui est essentiel et n&#233;cessaire &#224; la cognition l'est aussi dans les choses . D'une part, les caract&#233;ristiques sont uniquement destin&#233;es &#224; servir de moyen de reconnaissance des choses, donc de les distinguer les unes des autres ; Mais d'autre part, ce n'est pas le caract&#232;re inessentiel des choses qui est reconnu, mais plut&#244;t ce par quoi elles rompent avec la continuit&#233; g&#233;n&#233;rale de l'&#234;tre en g&#233;n&#233;ral, se s&#233;parent des autres et sont pour elles-m&#234;mes . Les caract&#233;ristiques ne doivent pas seulement avoir un rapport essentiel avec la connaissance, mais aussi avec les d&#233;terminations essentielles des choses, et le syst&#232;me artificiel doit correspondre au syst&#232;me de la nature elle-m&#234;me et ne faire que l'exprimer. Cela est n&#233;cessaire du point de vue du concept de raison, et l'instinct de la raison - car il ne se comporte comme tel que dans cette observation - a &#233;galement r&#233;alis&#233; cette unit&#233; dans ses syst&#232;mes, o&#249; ses objets eux-m&#234;mes sont tels qu'ils ont une essentialit&#233; ou un pour-avoir. soi-m&#234;me en eux, et ne sont pas seulement un accident de ce moment ou de ceci ici . Les traits distinctifs des animaux, par exemple, proviennent de leurs griffes et de leurs dents ; car en fait, ce n'est pas seulement la connaissance qui distingue un animal d'un autre ; mais l'animal s'excr&#233;te ainsi ; gr&#226;ce &#224; ces armes, il se maintient pour lui-m&#234;me et s&#233;par&#233; du g&#233;n&#233;ral. La plante, en revanche, ne vient pas &#224; &#234;tre pour elle-m&#234;me , mais touche seulement la limite de l'individualit&#233; ; &#192; cette fronti&#232;re, o&#249; elle appara&#238;t comme une division en genres, elle a donc &#233;t&#233; accept&#233;e et diff&#233;renci&#233;e. Mais ce qui est plus bas ne peut plus se distinguer d'autre chose, mais se perd en entrant en opposition. &#202;tre au repos et &#234;tre proportionn&#233;entre en conflit les uns avec les autres, la chose est un peu diff&#233;rente chez celui-ci que chez celui-l&#224;, puisque, d'autre part, l'individu est cette mani&#232;re de se maintenir par rapport &#224; l'autre. Mais ce qui ne peut pas faire cela et devient chimiquement quelque chose de diff&#233;rent de ce qu'il est empiriquement , confond la connaissance et l'entra&#238;ne dans le m&#234;me d&#233;bat quant &#224; savoir si elle doit rester d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, puisque la chose elle-m&#234;me n'est pas quelque chose de constant, et ils tombent. &#224; part sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de tels syst&#232;mes d'auto-constance g&#233;n&#233;rale, cela signifie qu'il s'agit tout autant de l'auto-constance de la cognition que des choses elles-m&#234;mes. Mais cet &#233;ventail de d&#233;terminations constantes , dont chacune d&#233;crit calmement la s&#233;rie de sa progression et dispose d'un espace pour s'exprimer, se fond essentiellement dans son contraire, dans la confusion de ces d&#233;terminations ; car le caract&#232;re, la d&#233;termination g&#233;n&#233;rale, est l'unit&#233; du contraire, du d&#233;termin&#233; et de l'universel en soi ; Il faut donc qu'elle diverge dans cette opposition. Si, d'une part, la d&#233;termination conquiert l'universel dans lequel elle a son essence, alors, d'autre part, celui-ci maintient aussi sa domination sur lui, pousse la d&#233;termination jusqu'&#224; ses limites, m&#233;langeant ainsi ses diff&#233;rences et ses essentiels. L'observation, qui les a tenus bien s&#233;par&#233;s et qu'on croyait avoir quelque chose de solide, voit les autres franchir un principe, se former des transitions et des confusions, et en cela se relier ce qu'elle croyait d'abord &#234;tre absolument s&#233;par&#233;, et s&#233;parer ce qu'elle a ajout&#233; ; de sorte que cette adh&#233;sion &#224; l'&#234;tre calme et constant doit se voir ici, surtout dans ses d&#233;terminations les plus g&#233;n&#233;rales, par exemple quelles sont les caract&#233;ristiques essentielles de l'animal, de la plante, avec des instances qui lui enl&#232;vent toute d&#233;termination, l'universalit&#233;. vers lequel il s'est &#233;lev&#233;, faites-le taire et remettez-le &#224; une observation et une description insens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette observation, qui se borne au simple ou &#224; la distraction sensuelle par le g&#233;n&#233;ral, trouve dans son objet la confusion de son principe , car le sp&#233;cifique doit, par sa nature, se perdre dans son contraire ; La raison doit plut&#244;t s'&#233;loigner de la d&#233;termination inerte , qui avait l'air de demeurer, pour l'observer telle qu'elle est r&#233;ellement, c'est-&#224;-dire se rapporter &#224; son contraire . Ce qu'on appelle les caract&#232;res essentiels sont des d&#233;terminations au repos qui, dans la mesure o&#249; elles s'expriment et sont comprises comme simples , ne repr&#233;sentent pas ce qui constitue leur nature, &#224; savoir les moments de disparition du mouvement de retrait. Alors que l'instinct rationnel cherche maintenant la d&#233;termination de sa nature, non pas &#233;tant essentiellement en soi, mais passant dans le contraire, il cherche la loi et le concept de celle-ci ; Certes, selon eux, en tant que r&#233;alit&#233; existante , celle-ci dispara&#238;tra effectivement de lui, et les aspects de la loi deviendront de purs moments ou abstractions, de sorte que la loi surgira dans la nature du concept, qui annihile l'existence indiff&#233;rente de la r&#233;alit&#233; sensible. lui-m&#234;me l'a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience observatrice, la v&#233;rit&#233; de la loi est dans l'exp&#233;rience , comme dans la mani&#232;re dont l'&#234;tre sensible est pour elle ; pas en soi. Mais si la loi n'a pas sa v&#233;rit&#233; dans le concept, alors c'est quelque chose d'accidentel, ce n'est pas une n&#233;cessit&#233;, ou en fait ce n'est pas une loi. Mais le fait qu'il soit essentiel en tant que concept non seulement ne contredit pas le fait qu'il existe pour l'observation, mais au contraire, il a une existence n&#233;cessaire et est destin&#233; &#224; l'observation. Le g&#233;n&#233;ral, au sens de g&#233;n&#233;ralit&#233; de la raison , est aussi g&#233;n&#233;ral dans le sens qu'il en a, qu'il se pr&#233;sente &#224; la conscience comme le pr&#233;sent et l'actuel, ou que le concept se pr&#233;sente &#224; la mani&#232;re d'une chose et d'un &#234;tre sensuel. ; &#8211; mais sans perdre sa nature et tomber dans une existence indolente ou une succession indiff&#233;rente. Ce qui est g&#233;n&#233;ralement valable l'est &#233;galement ; Ce qui est cens&#233; &#234;tre est en r&#233;alit&#233; , et ce qui est cens&#233; &#234;tre sans &#234;tre n'a pas de v&#233;rit&#233;. L'instinct de la raison, quant &#224; lui, s'y accroche &#224; juste titre et ne se laisse pas influencer par les choses de la pens&#233;e qui sont seulement cens&#233;es &#234;tre et comme avoir une v&#233;rit&#233;, m&#234;me si elles ne sont rencontr&#233;es dans aucune exp&#233;rience - simplement aussi peu par les hypoth&#232;ses que par toutes d'autres invisibilit&#233;s d'un perp&#233;tuel devraient confondre ; car la raison est pr&#233;cis&#233;ment cette certitude d'avoir la r&#233;alit&#233;, et ce qui n'est pas un &#234;tre-soi pour la conscience, c'est-&#224;-dire ce qui n'appara&#238;t pas, n'est rien du tout pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la v&#233;rit&#233; de la loi est essentiellement la r&#233;alit&#233; devient pour cette conscience, qui reste dans son observation, une opposition au concept, et &#224; ce qui est universel en soi, ou &#224; quelque chose comme sa loi, n'est pas un &#234;tre de raison. pour lui ; il pense qu'il contient quelque chose d'&#233;tranger . Mais il r&#233;fute lui-m&#234;me cette opinion par l'acte par lequel il ne prend pas lui-m&#234;me son universalit&#233; en ce sens que toutes les choses sensibles individuelles doivent lui avoir montr&#233; l'apparence de la loi pour pouvoir en affirmer la v&#233;rit&#233;. Le fait que les pierres, ramass&#233;es sur la terre et rel&#226;ch&#233;es, tombent ne n&#233;cessite pas que cette exp&#233;rience soit faite avec toutes les pierres ; On peut bien dire que cela a d&#251; au moins avoir &#233;t&#233; tent&#233; avec un tr&#232;s grand nombre de personnes, d'o&#249; les autres peuvent alors &#234;tre d&#233;duites avec la plus grande probabilit&#233;, ou en toute justice , par analogie . Mais non seulement l'analogie ne rend pas pleinement justice, mais, en raison de sa nature, elle se r&#233;fute si souvent que, &#224; en juger par l'analogie elle-m&#234;me, celle-ci ne permet de tirer aucune conclusion. La probabilit&#233; &#224; laquelle se r&#233;duirait le r&#233;sultat perd toute distinction entre probabilit&#233; inf&#233;rieure et probabilit&#233; sup&#233;rieure par rapport &#224; la v&#233;rit&#233; ; Qu'il soit aussi grand qu'il veut, ce n'est rien compar&#233; &#224; la v&#233;rit&#233;. Mais l'instinct de la raison suppose en r&#233;alit&#233; que de telles lois sont la v&#233;rit&#233; , et ce n'est que par rapport &#224; leur n&#233;cessit&#233;, qu'il ne reconna&#238;t pas, qu'il tombe dans cette distinction et r&#233;duit la v&#233;rit&#233; de la chose elle-m&#234;me &#224; la probabilit&#233;, afin d'&#233;viter la voie imparfaite. , dans lequel la v&#233;rit&#233; est pr&#233;sente pour la conscience qui n'a pas encore atteint l'aper&#231;u du concept pur ; car l'universalit&#233; n'existe que comme universalit&#233; simple et imm&#233;diate . Mais en m&#234;me temps, pour eux, la loi a la v&#233;rit&#233; pour conscience ; Le fait que la pierre tombe est vrai pour lui parce que la pierre est lourde pour lui , c'est-&#224;-dire parce que dans son poids elle a en elle le rapport essentiel avec la terre , qui s'exprime comme une chute. Ainsi, dans l'exp&#233;rience, il a l'&#234;tre de la loi, mais aussi la m&#234;me chose en tant que concept , et il ne lui est fid&#232;le qu'en raison des deux circonstances r&#233;unies ; Elle compte comme loi parce qu'elle se pr&#233;sente en apparence et est en m&#234;me temps un concept en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la loi est en m&#234;me temps un concept en soi , l'instinct rationnel de cette conscience se propose n&#233;cessairement de purifier la loi et ses &#233;l&#233;ments en concepts, mais sans savoir qu'il le veut . Il fait des exp&#233;riences sur la loi. Lorsque la loi appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, elle se pr&#233;sente impure, envelopp&#233;e par l'&#234;tre sensuel individuel, le concept qui constitue sa nature enfoui dans la mati&#232;re empirique. Dans ses tentatives, l'instinct rationnel vise &#224; d&#233;couvrir ce qui se passe dans telle ou telle circonstance. Cela semble seulement plonger davantage la loi dans l'&#234;tre sensuel ; mais cela s'y perd en r&#233;alit&#233;. Cette recherche a le sens intrins&#232;que de retrouver les conditions pures du droit ; ce qui ne veut rien dire d'autre, m&#234;me si la conscience qui s'exprime ainsi devait penser qu'elle dit autre chose que d'&#233;lever la loi enti&#232;rement &#224; la forme du concept et d'effacer tout lien de ses moments avec l'&#234;tre d&#233;termin&#233; . L'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative, par exemple, qui appara&#238;t initialement comme &#233;lectricit&#233; de r&#233;sine et positive comme &#233;lectricit&#233; de verre , perd compl&#232;tement ce sens au fil des exp&#233;riences et devient de l'&#233;lectricit&#233; purement positive et n&#233;gative , dont chacune n'appartient plus &#224; un type particulier de chose ; et il n'est plus possible de dire qu'il y a des corps qui sont &#233;lectriques positivement et d'autres qui sont &#233;lectriques n&#233;gativement. Le rapport entre acide et base et leur mouvement l'un par rapport &#224; l'autre constitue &#233;galement une loi dans laquelle ces oppos&#233;s apparaissent comme des corps. Mais ces choses s&#233;par&#233;es n'ont aucune r&#233;alit&#233; ; la violence qui les d&#233;chire ne peut pas les emp&#234;cher de r&#233;int&#233;grer imm&#233;diatement un proc&#232;s ; parce qu'ils ne sont que cette relation. Ils ne peuvent pas rester seuls comme une dent ou une griffe et &#234;tre signal&#233;s ainsi. Le fait que telle soit leur essence, passer directement en produit neutre, fait de leur &#234;tre quelque chose d'aboli en soi, ou quelque chose de g&#233;n&#233;ral, et l'acide et la base n'ont de v&#233;rit&#233; que comme &#233;tant g&#233;n&#233;rales . Ainsi, tout comme le verre et la r&#233;sine peuvent &#234;tre &#233;lectriques &#224; la fois positivement et n&#233;gativement, l'acide et la base ne sont pas li&#233;s en tant que propri&#233;t&#233;s &#224; telle ou telle r&#233;alit&#233; , mais chaque chose n'est que relative.acide ou basique ; Ce qui semble &#234;tre une base ou un acide d&#233;fini prend le sens oppos&#233; &#224; un autre dans ce qu'on appelle la synsomatie. &#8211; Le r&#233;sultat des exp&#233;riences abolit ainsi les moments ou enthousiasmes comme propri&#233;t&#233;s de certaines choses et lib&#232;re les pr&#233;dicats de leurs sujets. Ces pr&#233;dicats, tels qu'ils sont r&#233;ellement, ne se trouvent que comme des pr&#233;dicats g&#233;n&#233;raux ; Pour cette ind&#233;pendance, on leur donne le nom de mati&#232;re , qui n'est ni corps ni propri&#233;t&#233;s, et on se garde bien d'appeler oxyg&#232;ne, etc., &#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative, chaleur, etc., corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re , en revanche, n'est pas une chose existante , mais plut&#244;t un &#234;tre en tant qu'universel ou sous la forme d'un concept. La raison, qui est encore instinct, fait cette juste distinction sans se rendre compte qu'en appliquant la loi &#224; tout &#234;tre sensible, elle abolit son &#234;tre purement sensuel, et, en concevant ses moments comme mati&#232;re , s'approprie leur essence devenue g&#233;n&#233;rale. et dans cette expression s'exprime comme un sensuel insensible, comme un &#234;tre d&#233;sincarn&#233; et pourtant objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit maintenant quelle tournure prend pour lui son r&#233;sultat et quelle forme nouvelle son observation prend avec lui. Comme v&#233;rit&#233; de cette conscience &#233;prouvante, nous voyons la loi pure, qui se lib&#232;re de l'&#234;tre sensuel, nous la voyons comme un concept pr&#233;sent dans l'&#234;tre sensuel, mais qui se d&#233;place en lui de mani&#232;re ind&#233;pendante et non li&#233;e, et qui y est immerg&#233;, libre de lui. et un concept simple . Celui-ci, qui est en v&#233;rit&#233; le r&#233;sultat et l'essence , appara&#238;t maintenant &#224; cette conscience elle-m&#234;me, mais comme un objet , pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il n'est pas le r&#233;sultat pour elle et sans rapport avec le mouvement pr&#233;c&#233;dent, comme un type particulier d'objet, et son relation avec cela comme un autre type d'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel objet, qui contient le processus dans la simplicit&#233; du concept, est l' organique . C'est cette fluidit&#233; absolue dans laquelle se dissout la d&#233;termination par laquelle elle n'existerait que pour autrui . Si la chose inorganique a la d&#233;termination comme partie de son essence, et donc seulement avec une autre chose, elle constitue la compl&#233;tude des moments du concept, et se perd donc dans le mouvement ; D'autre part, toutes les d&#233;terminations de l'&#234;tre organique, par lesquelles il s'ouvre aux autres choses, sont li&#233;es sous la simple unit&#233; organique ; personne n'appara&#238;t comme essentiel qui se rapporte librement &#224; autre chose ; et l'organique se maintient donc dans sa relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspects de la loi que l'instinct rationnel observe ici sont, comme il ressort de cette d&#233;termination, avant tout la nature organique et la nature inorganique dans leurs relations r&#233;ciproques. Pour l'organique, cette derni&#232;re est pr&#233;cis&#233;ment la libert&#233; des d&#233;terminations non li&#233;es , &#224; l'oppos&#233; de son simple concept , dans lequel la nature individuelle est simultan&#233;ment dissoute et de la continuit&#233; de laquelle elle se s&#233;pare simultan&#233;ment et est pour elle-m&#234;me . L'air, l'eau, la terre, les zones et le climat sont des &#233;l&#233;ments g&#233;n&#233;raux qui constituent l'essence ind&#233;finie et simple des individualit&#233;s et dans lesquels ils se refl&#232;tent en m&#234;me temps en eux-m&#234;mes. Ni l'individualit&#233; n'est absolue en elle-m&#234;me ni &#233;l&#233;mentaire, mais dans la libert&#233; ind&#233;pendante dans laquelle elles se pr&#233;sentent l'une envers l'autre pour l'observation, elles se comportent en m&#234;me temps comme des relations essentielles , mais de telle mani&#232;re que l'ind&#233;pendance et l'indiff&#233;rence de l'une et de l'autre l'un envers l'autre est la chose dominante et ne passe que partiellement &#224; l'abstraction. Ici donc, la loi existe comme rapport d'un &#233;l&#233;ment &#224; la formation de l'organique, qui tant&#244;t a l'&#234;tre &#233;l&#233;mentaire par rapport &#224; lui-m&#234;me, tant&#244;t le repr&#233;sente dans son reflet organique. Mais de telles lois , selon lesquelles les animaux qui appartiennent &#224; l'air sont de la nature des oiseaux, qui sont de la nature des oiseaux, qui sont de la nature des poissons, les animaux nordiques ont une fourrure &#233;paisse, etc., montrent imm&#233;diatement une pauvret&#233; que la diversit&#233; organique ne fait pas. correspond. De plus, le fait que la libert&#233; organique sache priver ces d&#233;terminations de leurs formes et offre n&#233;cessairement des exceptions &#224; de telles lois ou r&#232;gles, comme on voudrait les appeler, reste une d&#233;termination tellement superficielle chez ceux qui en rel&#232;vent l'expression de sa n&#233;cessit&#233;. ne peut en &#234;tre autrement, et ne l'am&#232;ne pas au-del&#224; de la grande influence ; de sorte qu'on ne sait pas ce qui appartient r&#233;ellement &#224; cette influence et ce qui n'en fait pas partie. De telles relations entre l'organique et l'&#233;l&#233;mentaire ne peuvent en fait pas &#234;tre appel&#233;es lois , car en partie, comme nous nous en souvenons, une telle relation n'&#233;puise pas la port&#233;e de l'organique en termes de contenu, mais en partie les moments de la relation eux-m&#234;mes restent indiff&#233;rents &#224; les uns les autres et n'expriment aucun besoin. Dans le concept d'acide r&#233;side le concept de base, tout comme dans le concept de positif il y a l'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative ; Mais tout autant l'&#233;paisse fourrure du nord, ou la structure des poissons avec l'eau, la structure des oiseaux avec l'air.peut &#234;tre rencontr&#233; , le concept du nord ne contient pas le concept de cheveux &#233;pais, la mer ne contient pas le concept de structure des poissons, l'air ne contient pas le concept de structure des oiseaux. En raison de cette libert&#233; des deux c&#244;t&#233;s l'un envers l'autre, il existe aussi des animaux terrestres qui pr&#233;sentent les caract&#232;res essentiels d'un oiseau, d'un poisson, etc. La n&#233;cessit&#233;, parce qu'elle ne peut &#234;tre comprise comme quelque chose d'int&#233;rieur &#224; l'&#234;tre, cesse &#233;galement d'avoir une existence sensuelle et ne peuvent plus &#234;tre observ&#233;s dans la r&#233;alit&#233;, mais en ont &#233;merg&#233;. Ne se trouvant pas dans l'&#234;tre r&#233;el lui-m&#234;me, c'est ce qu'on appelle une relation t&#233;l&#233;ologique, une relation qui est ext&#233;rieure &#224; la relation et qui est donc plut&#244;t &#224; l'oppos&#233; d'une loi. C'est la pens&#233;e compl&#232;tement lib&#233;r&#233;e de la nature n&#233;cessaire, qui la quitte et se d&#233;place d'elle-m&#234;me au-dessus d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la relation mentionn&#233;e pr&#233;c&#233;demment entre la nature organique et la nature &#233;l&#233;mentaire n'exprime pas son essence, alors elle est contenue dans le concept de finalit&#233; . Pour cette conscience observatrice, ce n'est pas l' essence propre de l'organique, mais cela se situe en dehors de lui et n'est alors que cette relation t&#233;l&#233;ologique externe. Mais comme l'organique a &#233;t&#233; pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;, il est en fait le v&#233;ritable but lui-m&#234;me ; car en ce qu'elle se maintient par rapport aux autres choses , elle est pr&#233;cis&#233;ment cet &#234;tre naturel dans lequel la nature se refl&#232;te dans le concept et les moments d'une cause et d'un effet, d'un actif et d'un souffrant, s&#233;par&#233;s par n&#233;cessit&#233;, en un seul. pris ensemble ; de sorte que quelque chose n'appara&#238;t pas ici simplement par n&#233;cessit&#233; ; mais, parce qu'il est rentr&#233; en lui-m&#234;me, le dernier ou le r&#233;sultat est tout autant le premier , qui commence le mouvement et est le but qu'il r&#233;alise. L'organique ne produit pas quelque chose, mais se maintient seulement , ou bien ce qui est produit est d&#233;j&#224; l&#224; au moment o&#249; il est produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;termination est &#224; discuter plus en d&#233;tail telle qu'elle est en elle-m&#234;me et telle qu'elle est pour l'instinct rationnel afin de voir comment il s'y retrouve mais ne se reconna&#238;t pas dans ce qu'il trouve. Le concept de but auquel s'&#233;l&#232;ve la raison observatrice, en tant que concept conscient , est donc pr&#233;sent tout autant que quelque chose de r&#233;el ; et ce n'est pas seulement une relation ext&#233;rieure de celui-ci, mais son essence . Ce r&#233;el, qui est lui-m&#234;me une fin, se rapporte convenablement &#224; autre chose, c'est-&#224;-dire que son rapport est contingent, d'apr&#232;s ce que l'un et l'autre sont imm&#233;diats ; Tous deux sont imm&#233;diatement ind&#233;pendants et indiff&#233;rents l'un &#224; l'autre. Mais l'essence de leur relation est diff&#233;rente de ce qu'ils semblent &#234;tre, et leurs actions ont une signification diff&#233;rente de celle qu'elles ont imm&#233;diatement pour la perception sensorielle ; La n&#233;cessit&#233; est cach&#233;e dans ce qui arrive et ne se montre qu'&#224; la fin , mais de telle sorte que cette fin m&#234;me montre qu'elle fut aussi la premi&#232;re. Mais la fin montre cette priorit&#233; d'elle-m&#234;me dans la mesure o&#249; rien ne sort du changement apport&#233; par l'action autre que ce qui &#233;tait d&#233;j&#224;. Ou bien, si l'on part du premier, alors &#224; la fin ou dans le r&#233;sultat de ses actions, il ne fait que revenir &#224; lui-m&#234;me ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment ainsi qu'il se r&#233;v&#232;le &#234;tre quelque chose qui a atteint sa fin, c'est-&#224;-dire qu'il est d&#233;j&#224; revenu &#224; soi d'abord, ou qu'il est en et pour soi . Ce qu'il r&#233;alise par le mouvement de ses actions, c'est lui-m&#234;me ; et le fait qu'il ne s'atteigne qu'&#224; lui-m&#234;me est son sentiment de soi . La diff&#233;rence entre ce qu'elle est et ce qu'elle recherche est bien pr&#233;sente, mais ce n'est que l' apparence d'une diff&#233;rence , et cela signifie qu'elle est un concept en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la conscience de soi est &#233;galement con&#231;ue pour se distinguer d'elle-m&#234;me de telle mani&#232;re qu'en m&#234;me temps aucune diff&#233;rence n'apparaisse. Ainsi, en observant la nature organique, il ne trouve rien d'autre que cet &#234;tre ; il se trouve comme chose, comme vie , mais il fait n&#233;anmoins une distinction entre ce qu'il est lui-m&#234;me et ce qu'il a trouv&#233;, qui pourtant n'est pas. De m&#234;me que l'instinct de l'animal cherche de la nourriture et la consomme, mais ne produit rien d'autre que lui-m&#234;me, de m&#234;me l'instinct de la raison ne trouve que lui-m&#234;me dans sa recherche. L'animal finit par se sentir soi-m&#234;me. L'instinct rationnel, au contraire, est en m&#234;me temps conscience de soi ; mais parce qu'il n'est qu'instinct, il se place d'un c&#244;t&#233; par rapport &#224; la conscience et a en elle son contraire. Sa satisfaction est donc divis&#233;e par ceci : il se trouve, &#224; savoir le but , et aussi ce but en tant que chose . Mais le but lui incombe d'abord en dehors de la chose qui se pr&#233;sente comme but. Deuxi&#232;mement, cette fin en tant que fin est en m&#234;me temps objective , et donc elle ne lui vient pas en elle-m&#234;me en tant que conscience, mais dans une autre compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on y regarde de plus pr&#232;s, cette d&#233;termination r&#233;side aussi dans le concept de la chose, qu'elle est une fin en soi . C'est-&#224;-dire qu'il se conserve ; c'est-&#224;-dire qu'en m&#234;me temps il est dans sa nature de dissimuler la n&#233;cessit&#233; et de la pr&#233;senter sous la forme d' une relation accidentelle ; car sa libert&#233; ou son &#234;tre-pour-soi est pr&#233;cis&#233;ment cela, se comporter comme quelque chose d'indiff&#233;rent &#224; ce qui est n&#233;cessaire ; Il se pr&#233;sente donc comme quelque chose dont le concept &#233;chappe &#224; son &#234;tre. De la m&#234;me mani&#232;re, la raison a la n&#233;cessit&#233; de consid&#233;rer son propre concept comme &#233;tant ext&#233;rieur &#224; elle-m&#234;me, comme une chose , comme quelque chose qui lui est indiff&#233;rent, et qui est par l&#224; mutuellement indiff&#233;rent &#224; elle et &#224; son concept . Comme instinct, il reste aussi dans cet &#234;tre ou indiff&#233;rence , et la chose qui exprime le concept reste autre que ce concept, le concept autre que la chose. Ainsi, pour eux, la chose organique n'est qu'une fin en soi, de telle sorte que la n&#233;cessit&#233;, qui se pr&#233;sente comme cach&#233;e dans son action, en ce sens que l'auteur s'y comporte comme un &#234;tre indiff&#233;rent &#224; elle-m&#234;me, tombe en dehors de l'organique lui-m&#234;me. &#8211; Mais comme l'organique, comme fin en soi, ne peut se comporter autrement que comme tel, cela aussi appara&#238;t et est pr&#233;sent aux sens, qu'il est une fin en soi, et il s'observe ainsi. L'organique se pr&#233;sente comme quelque chose qui se soutient et revient et revient &#224; lui-m&#234;me . Mais dans cet &#234;tre, cette conscience observatrice ne reconna&#238;t pas le concept de but, ni le fait que le concept de but n'existe pas ailleurs dans une compr&#233;hension, mais existe ici et est en tant que chose. Cela fait une diff&#233;rence entre la notion de but et entre &#234;tre pour soi et se maintenir, ce qui n'est ni l'un ni l'autre. Le fait qu'il ne soit pas un n'est pas pour lui, mais plut&#244;t une action qui semble accidentelle et indiff&#233;rente &#224; ce qui en r&#233;sulte, et &#224; l'unit&#233; qui lie les deux ensemble - cette action et ce but s'effondrent pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conception, ce qui appartient &#224; l'organique lui-m&#234;me, c'est l'action qui se situe entre son premier et son dernier, dans la mesure o&#249; elle poss&#232;de en elle le caract&#232;re d'individualit&#233;. Mais l'action, dans la mesure o&#249; elle a le caract&#232;re d'universalit&#233; et o&#249; le faire est assimil&#233; &#224; ce qui en est produit, l'action intentionnelle en tant que telle, n'en ferait pas partie. Cette action individuelle qui n'est qu'un moyen rel&#232;ve, par son individualit&#233;, de la d&#233;termination d'une n&#233;cessit&#233; tout &#224; fait individuelle ou accidentelle. Ce que fait l'organique pour se pr&#233;server en tant qu'individu ou en tant qu'esp&#232;ce est donc totalement ill&#233;gal en termes de contenu imm&#233;diat, car l'universel et le concept en &#233;chappent. Son action serait donc une activit&#233; vide de sens, sans contenu en soi ; Ce ne serait m&#234;me pas l'efficacit&#233; d'une machine, car elle a un but et son efficacit&#233; a donc un certain contenu. Ainsi d&#233;sert&#233;e de l'universel, elle serait l'activit&#233; d'un seul &#234;tre comme &#233;tant , c'est-&#224;-dire non r&#233;fl&#233;chie simultan&#233;ment en soi, comme celle d'un acide ou d'une base ; une efficacit&#233; qui ne saurait se s&#233;parer de son existence imm&#233;diate, ni y renoncer, qui se perd dans le rapport &#224; son contraire, mais qui pourrait encore se pr&#233;server. Mais l'&#234;tre, dont l'effectivit&#233; est celle consid&#233;r&#233;e ici, se pose comme une chose qui se maintient dans son rapport &#224; son contraire ; l'activit&#233; comme telle n'est rien d'autre que la forme pure et insubstantielle de son &#234;tre-pour-soi, et sa substance, qui n'est pas seulement un &#234;tre d&#233;termin&#233; mais l'universel, sa finalit&#233; n'en sort pas ; C'est une activit&#233; qui retourne en elle-m&#234;me et n'est pas dirig&#233;e vers elle-m&#234;me par quelque chose d'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette unit&#233; de l'universalit&#233; et de l'activit&#233; n'est pas pour cette conscience observatrice , parce que cette unit&#233; est essentiellement le mouvement int&#233;rieur de l'organique et ne peut &#234;tre comprise que comme un concept ; Mais l'observation cherche les moments sous forme d'&#234;tre et de rester ; et parce que le tout organique est essentiellement ceci, qu'il ne contient pas les moments et ne peut s'y trouver, la conscience, selon elle, transforme le contraire en celui qui lui convient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#234;tre organique surgit pour lui comme un rapport entre deux moments existants et fixes - une opposition dont les deux faces semblent lui &#234;tre donn&#233;es d'une part dans l'observation, et d'autre part, en termes de leur contenu exprime l'opposition du concept organique de finalit&#233; et de r&#233;alit&#233; ; mais parce que le concept en tant que tel en a &#233;t&#233; effac&#233;, d'une mani&#232;re sombre et superficielle, o&#249; la pens&#233;e a sombr&#233; dans la repr&#233;sentation. Ainsi nous voyons le premier compris grossi&#232;rement sous l' interne , l'autre sous l' externe , et leur relation produit la loi selon laquelle l'externe est l'expression de l'interne .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde de plus pr&#232;s cet int&#233;rieur avec son contraire et ses relations l'un avec l'autre, il appara&#238;t que, tout d'abord, les deux faces de la loi ne se lisent plus comme dans les lois ant&#233;rieures, dans lesquelles elles apparaissaient chacune comme des choses ind&#233;pendantes comme un corps sp&#233;cial, ni pour l'autre de la m&#234;me mani&#232;re que l'universel devrait avoir son existence ailleurs en dehors des &#234;tres . Au contraire, l'&#234;tre organique est fondamental, indivis, en tant que contenu de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, et le m&#234;me pour les deux ; L'opposition n'est donc que purement formelle, dont les faces r&#233;elles ont pour essence le m&#234;me en-soi , mais en m&#234;me temps, puisque l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur sont aussi une r&#233;alit&#233; oppos&#233;e et un &#234;tre diff&#233;rent &#224; observer , ils semblent chacun avoir leur propre contenu. Ce contenu particulier, puisqu'il s'agit de la m&#234;me substance ou unit&#233; organique, ne peut en fait en &#234;tre qu'une forme diff&#233;rente ; et cela est indiqu&#233; par la conscience observatrice dans la mesure o&#249; l'ext&#233;rieur n'est qu'une expression de l'int&#233;rieur. &#8211; Nous avons vu les m&#234;mes d&#233;terminations de la relation, &#224; savoir l'ind&#233;pendance indiff&#233;rente des diff&#233;rents, et en cela leur unit&#233;, dans laquelle ils disparaissent, dans la notion de finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut maintenant voir quelle forme l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur ont dans son &#234;tre. L'int&#233;rieur comme tel doit avoir un &#234;tre ext&#233;rieur et une forme tout autant que l'ext&#233;rieur comme tel, car il est un objet ou lui-m&#234;me pos&#233; comme &#233;tant et pr&#233;sent &#224; l'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance organique comme interne est l' &#226;me simple , le pur concept de finalit&#233; ou d' universel , qui dans sa division reste tout aussi liquide g&#233;n&#233;ral, et appara&#238;t donc dans son &#234;tre comme le faire ou le mouvement de la r&#233;alit&#233; en voie de disparition ; puisque, d'autre part, l' externe existe , &#224; l'oppos&#233; de l'interne existant, dans l' &#234;tre au repos de l'organique. La loi en tant que relation entre cet int&#233;rieur et cet ext&#233;rieur exprime ici son contenu, d'une part dans la repr&#233;sentation de moments g&#233;n&#233;raux ou d'entit&#233;s simples , et d'autre part dans la repr&#233;sentation de l'entit&#233; ou de la forme r&#233;alis&#233;e . Ces premi&#232;res propri&#233;t&#233;s organiques simples , pour les appeler ainsi, sont la sensibilit&#233;, l'irritabilit&#233; et la reproduction . Ces propri&#233;t&#233;s, du moins les deux premi&#232;res, ne semblent pas concerner l'organisme en g&#233;n&#233;ral, mais seulement l'animal. Le v&#233;g&#233;tatif n'exprime en r&#233;alit&#233; que le concept simple de l'organisme, qui ne d&#233;veloppe pas ses moments ; C'est pourquoi, &#224; leur &#233;gard, dans la mesure o&#249; ils sont destin&#233;s &#224; l'observation, il faut s'en tenir &#224; celui qui repr&#233;sente leur existence d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour eux, ils d&#233;coulent directement de la notion de fin en soi. Car la sensibilit&#233; en g&#233;n&#233;ral exprime le simple concept de r&#233;flexion organique en elle-m&#234;me, ou sa fluidit&#233; g&#233;n&#233;rale ; l' irritabilit&#233; mais l'&#233;lasticit&#233; organique pour se comporter de mani&#232;re r&#233;active dans la r&#233;flexion , et la prise de conscience oppos&#233;e au premier &#234;tre-en-soi calme , dans lequel cet &#234;tre-pour-soi abstrait est un &#234;tre pour les autres . Mais la reproduction est l'action de cet organisme tout entier r&#233;fl&#233;chie en lui-m&#234;me, son activit&#233; comme fin en soi ou comme esp&#232;ce , dans laquelle l'individu se repousse de lui-m&#234;me, soit en r&#233;p&#233;tant ses parties organiques, soit en produisant l'individu tout entier. Prise au sens d' autoconservation en g&#233;n&#233;ral, la reproduction exprime le concept formel de l'organique ou de la sensibilit&#233; ; mais c'est en r&#233;alit&#233; le concept organique r&#233;el, ou le tout , qui revient &#224; lui-m&#234;me en tant qu'individu, soit par la production de parties individuelles de lui-m&#234;me, soit en tant qu'esp&#232;ce par la production d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' autre signification de ces &#233;l&#233;ments organiques, &#224; savoir comme externes , est la mani&#232;re dont ils se forment , dans laquelle ils existent comme r&#233;els , mais en m&#234;me temps aussi comme parties g&#233;n&#233;rales ou syst&#232;mes organiques ; La sensibilit&#233; comme syst&#232;me nerveux, l'irritabilit&#233; comme syst&#232;me musculaire, la reproduction comme visc&#232;res de la pr&#233;servation de l'individu et de l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois particuli&#232;res de l'organique concernent donc une relation des moments organiques dans leur double sens, d'une part faisant partie de la formation organique , d'autre part &#233;tant une d&#233;termination fluide g&#233;n&#233;rale qui traverse tous ces syst&#232;mes. Dans l'expression d'une telle loi, par exemple, une certaine sensibilit&#233; en tant que moment de l' organisme tout entier aurait son expression dans un syst&#232;me nerveux sp&#233;cifiquement form&#233;, ou elle serait &#233;galement li&#233;e &#224; une certaine reproduction des parties organiques de l'individu ou reproduction de l'ensemble, etc. &#8211; Les deux faces d'une telle loi peuvent &#234;tre observ&#233;es . Selon son concept, l' ext&#233;rieur est l' &#234;tre pour autrui ; La sensibilit&#233;, par exemple, a sa forme directement r&#233;alis&#233;e dans le syst&#232;me sensible ; et en tant que propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, elle est &#233;galement objective dans ses expressions . Le c&#244;t&#233; appel&#233; int&#233;rieur a son propre c&#244;t&#233; ext&#233;rieur, qui est diff&#233;rent de ce qu'on appelle dans son ensemble l' ext&#233;rieur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait certes observer les deux faces d'une loi organique, mais non les lois de leurs relations ; et l'observation n'est pas suffisante parce que, en tant qu'observation , elle serait trop myope et ne devrait pas proc&#233;der de mani&#232;re empirique, mais devrait &#234;tre bas&#233;e sur l'id&#233;e ; car de telles lois, si elles &#233;taient quelque chose de r&#233;el, devraient effectivement exister et donc &#234;tre observables ; mais parce que l'id&#233;e de lois de ce genre s'av&#232;re n'avoir aucune v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation qui s'est produite pour une loi &#233;tait que la propri&#233;t&#233; organique g&#233;n&#233;rale d'un syst&#232;me organique s'&#233;tait transform&#233;e en une chose et avait son empreinte form&#233;e sur elle, de sorte que les deux &#233;taient le m&#234;me &#234;tre, pr&#233;sent comme un moment g&#233;n&#233;ral &#224; un moment donn&#233;, et comme un moment g&#233;n&#233;ral. une chose &#224; une autre. Mais en outre, le c&#244;t&#233; de l'int&#233;rieur est en soi une relation entre plusieurs c&#244;t&#233;s, et l'id&#233;e d'une loi, en tant que relation d'activit&#233;s ou de propri&#233;t&#233;s organiques g&#233;n&#233;rales les unes avec les autres, s'impose d'abord. La question de savoir si une telle chose est possible doit &#234;tre d&#233;cid&#233;e par la nature d'une telle propri&#233;t&#233;. Cependant, comme fluide g&#233;n&#233;ral, elle n'est pas quelque chose qui se limite selon la mani&#232;re d'une chose et qui est contenu dans la diff&#233;rence d'une existence qui devrait en constituer la forme, mais la sensibilit&#233; d&#233;passe le syst&#232;me nerveux et &#224; travers tous les autres syst&#232;mes de le tout dans l'organisme - c'est en partie un moment g&#233;n&#233;ral qui est essentiellement indivis et ins&#233;parable de la r&#233;action ou de l'irritabilit&#233; et de la reproduction. Parce qu'en tant que reflet en lui-m&#234;me, il y r&#233;agit. Seul se refl&#233;ter en soi est passivit&#233;, ou &#234;tre mort, non une sensibilit&#233;, tout aussi peu que l'action, qui est la m&#234;me chose qu'une r&#233;action, sans se refl&#233;ter en soi est irritabilit&#233;. Le reflet dans l'action ou la r&#233;action, et l'action ou la r&#233;action dans le reflet, est pr&#233;cis&#233;ment ce dont l'unit&#233; constitue l'organique, unit&#233; qui est synonyme de reproduction organique. Il s'ensuit que dans chaque aspect de la r&#233;alit&#233;, il doit y avoir la m&#234;me grandeur de sensibilit&#233; - si l'on consid&#232;re d'abord le rapport entre celle-ci et l'irritabilit&#233; - que l'irritabilit&#233;, et qu'un ph&#233;nom&#232;ne organique est compris et d&#233;termin&#233; tout autant selon l'un que l'autre. selon l'autre, ou comme vous le souhaitez, cela peut &#234;tre expliqu&#233;. Ce qu'une personne consid&#232;re comme une sensibilit&#233; &#233;lev&#233;e, une autre peut tout aussi bien la consid&#233;rer comme une irritabilit&#233; &#233;lev&#233;e et une irritabilit&#233; du m&#234;me niveau . Lorsqu'ils sont appel&#233;s facteurs , et cela n'est pas cens&#233; &#234;tre un mot d&#233;nu&#233; de sens, cela signifie qu'ils sont des moments du concept, c'est-&#224;-dire que l'objet r&#233;el, dont l'essence constitue ce concept, les contient de la m&#234;me mani&#232;re, et si l'un est d&#233;termin&#233; comme &#233;tant tr&#232;s sensible, tandis que l'autre est d&#233;termin&#233; comme &#233;tant tout aussi irritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils sont distingu&#233;s, comme cela est n&#233;cessaire, alors ils le sont dans leur concept, et leur opposition est qualitative . Mais en plus de ces v&#233;ritables diff&#233;rences, elles semblent &#233;galement existantes et diff&#233;rentes pour l'id&#233;e de la fa&#231;on dont elles pourraient &#234;tre des aspects du droit, elles apparaissent donc dans une diff&#233;rence quantitative . Leur opposition qualitative particuli&#232;re appara&#238;t ainsi en termes de taille , et des lois du genre apparaissent selon lesquelles, par exemple, la sensibilit&#233; et l'irritabilit&#233; sont en proportion inverse de leur taille, de sorte que lorsque l'une augmente, l'autre diminue ; ou plut&#244;t, on tient compte de la taille elle-m&#234;me, du fait que la taille de quelque chose augmente &#224; mesure que sa petitesse diminue. &#8211; Mais si on donne &#224; cette loi un certain contenu, par exemple de telle sorte que la taille d'un trou augmente &#224; mesure que diminue ce qui constitue son accomplissement , alors cette relation inverse peut aussi &#234;tre transform&#233;e en relation droite et exprim&#233;e de telle sorte que la la taille du trou en proportions droites de la quantit&#233; retir&#233;e augmente ; - une phrase tautologique , elle peut &#234;tre exprim&#233;e comme une relation directe ou inverse, ce qui dans son expression particuli&#232;re signifie seulement qu'une quantit&#233; augmente &#224; mesure que cette quantit&#233; augmente. La mani&#232;re dont le trou et ce qui le remplit et qui est &#244;t&#233; sont qualitativement oppos&#233;s, mais comment son r&#233;el et sa taille d&#233;termin&#233;e sont une seule et m&#234;me chose dans les deux cas, et de m&#234;me que l'augmentation de la taille et la diminution de la petitesse sont les m&#234;mes, et leur une opposition d&#233;nu&#233;e de sens se transforme en une tautologie, les moments organiques sont &#233;galement indissociables dans leur r&#233;alit&#233; et dans leur grandeur, qui en est la grandeur ; l'un ne fait que diminuer avec l'autre et ne fait qu'augmenter avec lui, car l'un n'a de sens que dans la mesure o&#249; l'autre est pr&#233;sent - ou plut&#244;t il est indiff&#233;rent de consid&#233;rer un ph&#233;nom&#232;ne organique comme irritabilit&#233; ou comme sensibilit&#233;, m&#234;me en g&#233;n&#233;ral, et m&#234;me si leur ampleur est discut&#233;. Peu importe combien il est indiff&#233;rent d'exprimer l'augmentation d'un trou comme une augmentation de son vide ou comme une augmentation de la pl&#233;nitude qui en a &#233;t&#233; retir&#233;e. Ou bien un nombre, par exemple trois , reste de la m&#234;me taille, je peux le prendre positif ou n&#233;gatif ; et si j'augmente le trois &#224; quatre, le positif et le n&#233;gatif deviennent quatre - tout comme le p&#244;le sud d'un aimant est aussi fort que son p&#244;le nord, ou une &#233;lectricit&#233; positive ou un acide est aussi fort que son p&#244;le n&#233;gatif ou son p&#244;le nord. comme cette base, sur quoi elle agit. &#8211; Quelque chose d'aussi grand que ces trois-l&#224;, ou un aimant, etc., est une existence organique ; c'est ce qui est augment&#233; et diminu&#233;, et quand il augmente, les deux facteurs qui le composent sont augment&#233;s, dans la mesure o&#249;les deux p&#244;les de l'aimant, ou comme les deux &#233;lectricit&#233;s, lorsqu'un aimant, etc. est renforc&#233;, augmentent. &#8211; Le fait que les deux soient tout aussi peu diff&#233;rents en termes d' intension et d'extension , que l'un ne puisse pas diminuer en extension mais augmenter en intensit&#233;, tandis que l'autre, &#224; l'inverse, devrait diminuer son intensification mais augmenter en extension, rel&#232;ve de la m&#234;me notion de opposition vide de sens ; l'intension r&#233;elle est aussi grande que l'extension, et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il est clair, ce qui se passe en r&#233;alit&#233; dans cette l&#233;gislation, c'est que l'irritabilit&#233; et la sensibilit&#233; constituent d'abord l'opposition organique d&#233;finitive ; Mais ce contenu se perd, et l'opposition s'op&#232;re dans les formalit&#233;s de l'augmentation et de la diminution de taille, ou des diff&#233;rentes intensions et extensions - opposition qui ne concerne plus la nature de la sensibilit&#233; et de l'irritabilit&#233; et ne les exprime plus. Par cons&#233;quent, ce jeu vide de lois n'est pas li&#233; aux moments organiques, mais peut &#234;tre r&#233;alis&#233; n'importe o&#249; avec n'importe quoi, et repose g&#233;n&#233;ralement sur l'ignorance de la nature logique de ces contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, au lieu de la sensibilit&#233; et de l'irritabilit&#233;, c'est finalement la reproduction qui est mise en rapport avec l'une ou l'autre, alors la raison de cette l&#233;gislation dispara&#238;t &#233;galement ; car la reproduction ne s'oppose pas &#224; ces moments comme ils le sont les uns aux autres ; et puisque cette l&#233;gislation est bas&#233;e sur elle, l'apparence de sa r&#233;alisation dispara&#238;t &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gislation que nous venons d'examiner contient les diff&#233;rences de l'organisme dans la signification des moments de son concept et devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre une l&#233;gislation a priori. Mais l'id&#233;e qu'ils ont la signification des choses existantes r&#233;side essentiellement en elle-m&#234;me , et la conscience qui se contente d'observer doit de toute fa&#231;on s'en tenir &#224; leur existence. La r&#233;alit&#233; organique comporte n&#233;cessairement en elle une telle opposition qu'exprime son concept, et qu'on peut d&#233;finir comme irritabilit&#233; et sensibilit&#233; d&#232;s lors qu'elles apparaissent toutes deux diff&#233;rentes de la reproduction. &#8211; L' ext&#233;riorit&#233; dans laquelle les moments du concept organique sont ici consid&#233;r&#233;s est l' ext&#233;riorit&#233; propre et imm&#233;diate de l'int&#233;rieur, et non l' ext&#233;rieur , qui est l'ext&#233;rieur dans son ensemble et sa forme , et avec lequel l'int&#233;rieur doit ensuite &#234;tre consid&#233;r&#233; en relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'opposition des moments est comprise telle qu'elle existe, alors la sensibilit&#233;, l'irritabilit&#233; et la reproduction se r&#233;duisent &#224; des propri&#233;t&#233;s communes qui sont des g&#233;n&#233;ralit&#233;s aussi indiff&#233;rentes les unes aux autres que la densit&#233;, la couleur, la duret&#233;, etc. En ce sens, on peut certainement observer qu'un &#234;tre organique est plus sensible, ou plus irritable, ou a un plus grand pouvoir reproductif qu'un autre - tout comme la sensibilit&#233;, etc., d'une personne est de nature diff&#233;rente de celle d'une autre, et l'une est diff&#233;rent envers certains stimuli se comporte diff&#233;remment d'un autre, de m&#234;me que le cheval se comporte diff&#233;remment envers l'avoine et envers le foin, et le chien encore diff&#233;remment envers les deux, etc., de m&#234;me qu'on peut observer qu'un corps est plus dur qu'un autre, et ainsi de suite. &#8211; Mais ces propri&#233;t&#233;s sensuelles, duret&#233;, couleur, etc., ainsi que les ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;ceptivit&#233; &#224; l'avoine, d'irritabilit&#233; aux fardeaux, ou encore le nombre et la mani&#232;re de donner naissance aux petits, lorsqu'ils sont apparent&#233;s et compar&#233;s les uns aux autres, contredisent essentiellement une loi. . Car la d&#233;termination de leur &#234;tre sensuel consiste pr&#233;cis&#233;ment &#224; exister dans une totale indiff&#233;rence les uns envers les autres, et &#224; repr&#233;senter la libert&#233; de la nature lib&#233;r&#233;e du concept plut&#244;t que l'unit&#233; d'une relation, plut&#244;t son jeu d&#233;raisonnable sur l'&#233;chelle de la grandeur accidentelle. entre les moments du concept que ceux-ci eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' autre c&#244;t&#233;, selon lequel les moments simples du concept organique sont compar&#233;s aux moments de conception , donnerait d'abord la loi actuelle, qui exprimerait le v&#233;ritable ext&#233;rieur comme une empreinte de l' int&#233;rieur . &#8211; Parce que ces moments simples sont des propri&#233;t&#233;s fluides p&#233;n&#233;trantes, ils n'ont pas une expression r&#233;elle aussi s&#233;par&#233;e dans la chose organique que ce qu'on appelle un syst&#232;me unique de forme. Ou si l'id&#233;e abstraite de l'organisme ne s'exprime v&#233;ritablement que dans ces trois moments parce qu'ils ne sont pas quelque chose de statique, mais seulement des moments de concept et de mouvement, alors en tant que forme, elle n'est pas impliqu&#233;e dans trois syst&#232;mes sp&#233;cifiques comme l'anatomie d&#233;mont&#233;e. Dans la mesure o&#249; de tels syst&#232;mes doivent &#234;tre trouv&#233;s dans leur r&#233;alit&#233; et l&#233;gitim&#233;s par cette d&#233;couverte, il faut &#233;galement rappeler que l'anatomie n'en poss&#232;de pas seulement trois, mais bien d'autres. &#8211; Ensuite, &#224; part cela, le syst&#232;me sensible doit signifier quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent de ce qu'on appelle le syst&#232;me nerveux , le syst&#232;me irritable quelque chose de diff&#233;rent du syst&#232;me musculaire , le syst&#232;me reproducteur quelque chose de diff&#233;rent des visc&#232;res de la reproduction. Dans les syst&#232;mes de formes en tant que tels, l'organisme est con&#231;u selon le c&#244;t&#233; abstrait de l'existence morte ; ses moments ainsi captur&#233;s appartiennent &#224; l'anatomie et au cadavre, non &#224; la connaissance et &#224; l'organisme vivant. Au contraire, en tant que telles, elles ont cess&#233; d'&#234;tre , parce qu'elles cessent d'&#234;tre des processus. Puisque l' &#234;tre de l'organisme est essentiellement universalit&#233; ou r&#233;flexion en soi, l' &#234;tre de son tout, comme ses moments, ne peut exister dans un syst&#232;me anatomique, mais plut&#244;t l'expression r&#233;elle et son externalit&#233; n'est pr&#233;sente que comme un mouvement qui traverse les diff&#233;rents parties de la conception, et dans lequel ce qui est arrach&#233; et fix&#233; en tant que syst&#232;me individuel se pr&#233;sente essentiellement comme un moment fluide, de sorte que non pas la r&#233;alit&#233; telle que l'anatomie la trouve puisse &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme sa r&#233;alit&#233;, mais seulement comme un processus, dans dans lequel les parties anatomiques seules ont un sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit donc que ni les moments de l' int&#233;rieur organique, pris isol&#233;ment, ne sont capables de fournir les aspects d'une loi de l'&#234;tre ; en ce qu'ils s'expriment dans une telle loi d'une existence distincte les unes des autres, et que chacun ne devrait pas pouvoir &#234;tre appel&#233; de la m&#234;me mani&#232;re &#224; la place de l'autre ; ni que, plac&#233;es d'un c&#244;t&#233;, elles ont de l'autre leur r&#233;alisation dans un syst&#232;me fixe ; car celui-ci n'est pas plus quelque chose qui ait une v&#233;rit&#233; organique, pas plus qu'il n'est l'expression de ces moments de l'int&#233;rieur. L'essence de l'organique, puisqu'il est en soi le g&#233;n&#233;ral, est plut&#244;t que ses moments dans la r&#233;alit&#233; sont tout aussi g&#233;n&#233;raux, c'est-&#224;-dire comme des processus continus, mais non pour donner une image du g&#233;n&#233;ral dans une chose isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, l' id&#233;e d'une loi se perd dans l'organique. Le droit veut comprendre et exprimer l'opposition comme des camps au repos, et en eux la d&#233;termination qui est leur relation les uns aux autres. L' int&#233;rieur , auquel appartient l'universalit&#233; apparaissante, et l' ext&#233;rieur , auquel appartiennent les parties de la forme au repos, devraient constituer les c&#244;t&#233;s correspondants de la loi, mais lorsqu'ils sont ainsi s&#233;par&#233;s, ils perdent leur signification organique ; et l'id&#233;e de la loi repose sur ce fait m&#234;me que ses deux faces ont une existence ind&#233;pendante et ind&#233;pendante, et la relation leur est distribu&#233;e comme une double d&#233;termination correspondante. Bien plut&#244;t, chaque face de l'organique est cela en soi, une simple universalit&#233; dans laquelle se dissolvent toutes les d&#233;terminations, et est le mouvement de cette dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de la diff&#233;rence entre cette l&#233;gislation et les formes ant&#233;rieures &#233;clairera compl&#232;tement sa nature. &#8211; Si l'on revient sur le mouvement de la perception et de l'entendement qui r&#233;fl&#233;chit sur lui-m&#234;me et d&#233;termine ainsi son objet, alors il n'a pas &#224; l'esprit le rapport entre ces d&#233;terminations abstraites, le g&#233;n&#233;ral et l'individuel, l'essentiel et l'ext&#233;rieur, dans son objet lui-m&#234;me, mais il est lui-m&#234;me le passage, auquel ce passage ne devient pas objectif. Ici, au contraire, il y a l'unit&#233; organique, c'est-&#224;-dire la relation de ces oppos&#233;s, et cette relation est une pure transition, elle-m&#234;me l' objet . Ce passage dans sa simplicit&#233; est imm&#233;diatement universalit&#233; , et comme il entre dans la diff&#233;rence dont la loi est cens&#233;e exprimer le rapport, ses moments sont comme des objets g&#233;n&#233;raux de cette conscience, et la loi est que l' externe est l'expression de l' interne . Ici, l'entendement a saisi l'id&#233;e de la loi elle-m&#234;me, puisqu'auparavant elle ne cherchait que les lois en g&#233;n&#233;ral, et les moments de celles-ci existaient devant elle comme un contenu sp&#233;cifique, et non comme leurs pens&#233;es. &#8211; En ce qui concerne le contenu, il ne s'agit pas ici d'obtenir des lois qui ne soient qu'une calme absorption de diff&#233;rences purement existantes dans la forme de la g&#233;n&#233;ralit&#233;, mais plut&#244;t des lois qui refl&#232;tent directement le trouble du concept dans ces diff&#233;rences, et donc &#224; en m&#234;me temps il y a la n&#233;cessit&#233; de la relation des pages. Simplement parce que l'objet, l'unit&#233; organique, la sublation infinie ou la n&#233;gation absolue de l'&#234;tre est directement uni &#224; l'&#234;tre calme, et que les moments sont essentiellement une pure transition , aucun aspect existant n'appara&#238;t comme requis par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, l'entendement doit adh&#233;rer &#224; l'autre moment de la relation organique ; c'est-&#224;-dire le reflet de l'existence organique en soi. Mais cet &#234;tre se refl&#232;te si compl&#232;tement en lui-m&#234;me qu'il ne lui reste aucune d&#233;termination sur quoi que ce soit d'autre. L'&#234;tre sensible imm&#233;diat ne fait imm&#233;diatement qu'un avec la d&#233;termination en tant que telle et exprime donc en elle une diff&#233;rence qualitative ; comme le bleu contre le rouge, l'acide contre l'alcalin, etc. Mais l'&#234;tre organique qui est revenu &#224; lui-m&#234;me est compl&#232;tement indiff&#233;rent aux autres choses, son existence est la simple universalit&#233;, et refuse &#224; l'observation toute diff&#233;rence sensuelle durable, ou ce qui revient au m&#234;me montre son d&#233;termination essentielle uniquement comme changement de d&#233;terminations existantes. La mani&#232;re dont la diff&#233;rence s'exprime comme &#234;tre est pr&#233;cis&#233;ment qu'elle est indiff&#233;rente , c'est-&#224;-dire comme quantit&#233; . Mais ici le concept a &#233;t&#233; effac&#233; et la n&#233;cessit&#233; a disparu. &#8211; Mais le contenu et l'accomplissement de cet &#234;tre indiff&#233;rent, le changement des d&#233;terminations sensorielles, pris ensemble dans la simplicit&#233; d'une d&#233;termination organique, exprime alors en m&#234;me temps le fait qu'il n'a pas cette - la qualit&#233; imm&#233;diate - d&#233;termination, et le qualitatif rel&#232;ve uniquement de cette Taille comme nous l'avons vu plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, que l'objectif, con&#231;u comme d&#233;termination organique, poss&#232;de d&#233;j&#224; le concept en lui-m&#234;me et se distingue ainsi de ce qui est destin&#233; &#224; l'entendement, qui se comporte comme un pur percevant dans la compr&#233;hension du contenu de ses lois, c'est le cas. remonte enti&#232;rement au principe et &#224; la mani&#232;re de comprendre simplement percevoir, parce que ce qui est appr&#233;hend&#233; est utilis&#233; pour des moments d'une loi ; car ainsi il acquiert la forme d'une d&#233;termination fixe, la forme d'une propri&#233;t&#233; imm&#233;diate ou d'un ph&#233;nom&#232;ne au repos, est en outre inclus dans la d&#233;termination de la grandeur, et la nature du concept est supprim&#233;e. &#8211; L'&#233;change d'une chose simplement per&#231;ue contre quelque chose qui se refl&#232;te en soi, d'une d&#233;termination purement sensuelle contre une d&#233;termination organique, perd &#224; nouveau sa valeur, notamment parce que l'entendement n'a pas encore aboli l'&#233;tablissement de lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire la comparaison avec cet &#233;change en utilisant quelques exemples, ce qui est perceptuellement un animal avec des muscles forts est vu comme un organisme animal de grande irritabilit&#233;, ou ce qui est perceptuellement un &#233;tat de grande faiblesse est vu comme un &#233;tat de haute sensibilit&#233;. ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, comme une affection anormale, &#224; savoir une exponentiation de celle-ci (expressions qui mettent le sensuel, au lieu du concept, en latin - et mauvais en plus) traduire). Le fait que l'animal ait des muscles forts peut &#233;galement &#234;tre exprim&#233; par l'esprit en disant que l'animal a une grande force musculaire &#8211; comme une grande faiblesse comme peu de force . La d&#233;termination par irritabilit&#233; a, avant la d&#233;termination comme force , que celle-ci exprime le reflet ind&#233;termin&#233; en elle-m&#234;me, tandis que celle-ci exprime le d&#233;termin&#233;, car la puissance particuli&#232;re du muscle est pr&#233;cis&#233;ment l'irritabilit&#233; - et avant la d&#233;termination comme muscles forts , cela comme d&#233;j&#224; dans la force la r&#233;flexion y est contenue en m&#234;me temps. Tout comme la faiblesse ou la faible force, la passivit&#233; organique s'exprime d&#233;finitivement &#224; travers la sensibilit&#233; . Mais cette sensibilit&#233; prise seule et fixe, et encore li&#233;e &#224; la d&#233;termination des grandeurs , et comme une sensibilit&#233; plus ou moins grande oppos&#233;e &#224; une plus ou moins irritabilit&#233;, chacune est tout &#224; fait r&#233;duite &#224; l'&#233;l&#233;ment sensuel et &#224; la forme commune d'une qualit&#233; et de son La relation n'est pas le concept, mais au contraire la quantit&#233; dans laquelle tombe d&#233;sormais le contraire et devient une diff&#233;rence irr&#233;fl&#233;chie. Si c'est l'expression ind&#233;finie du pouvoir , de la force et de la faiblessea &#233;t&#233; supprim&#233;e, ce qui surgit maintenant est une d&#233;rive &#233;galement vide et ind&#233;finie dans les oppos&#233;s d'une sensibilit&#233; sup&#233;rieure et inf&#233;rieure, une irritabilit&#233; dans leur mont&#233;e et leur descente l'une vers l'autre et contre l'autre. Tout comme la force et la faiblesse sont des d&#233;terminations compl&#232;tement sensuelles et irr&#233;fl&#233;chies, la sensibilit&#233; plus ou moins grande, l'irritabilit&#233;, est le ph&#233;nom&#232;ne sensuel inconsid&#233;r&#233;ment compris et tout aussi exprim&#233;. Le concept n'a pas remplac&#233; ces expressions sans concept, mais la force et la faiblesse ont &#233;t&#233; combl&#233;es par une d&#233;termination qui, prise isol&#233;ment, se fonde sur le concept et l'a pour contenu, mais perd compl&#232;tement cette origine et ce caract&#232;re. &#8211; Par la forme de simplicit&#233; et d'imm&#233;diatet&#233; dans laquelle ce contenu se fait du c&#244;t&#233; d'une loi, et par la grandeur qui constitue l'&#233;l&#233;ment de diff&#233;rence entre de telles d&#233;terminations, l'&#234;tre qui existe originellement et qui se pose comme concept conserve le mode de sensoriel. perception, et reste tellement &#233;loign&#233; de la connaissance qu'il est d&#233;termin&#233; par la force et la faiblesse de la force, ou par les propri&#233;t&#233;s sensorielles imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; consid&#233;rer maintenant ce qu'est l' ext&#233;rieur de l'organique, et comment l'opposition de son int&#233;rieur et de son ext&#233;rieur est d&#233;termin&#233;e par lui ; tout comme l' int&#233;rieur de l'ensemble a d'abord &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; par rapport &#224; son propre ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' ext&#233;rieur , consid&#233;r&#233; pour lui-m&#234;me, est la formation en g&#233;n&#233;ral, le syst&#232;me de vie structur&#233; en &#233;l&#233;ment d' &#234;tre , et en m&#234;me temps essentiellement l'&#234;tre de l'&#234;tre organique pour un autre - l'&#234;tre objectif dans son &#234;tre pour soi . &#8211; Cet autre appara&#238;t d'abord comme sa nature externe, inorganique. En consid&#233;rant ces deux choses par rapport &#224; une loi, comme nous l'avons vu plus haut, la nature inorganique ne peut constituer le versant d'une loi contre l'&#234;tre organique, parce que celui-ci est &#224; la fois absolument en soi et a avec lui un rapport g&#233;n&#233;ral et libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la relation entre ces deux aspects est d&#233;termin&#233;e plus &#233;troitement par la forme organique elle-m&#234;me : d'un c&#244;t&#233;, elle se retourne contre la nature inorganique, et de l'autre, elle se refl&#232;te pour elle-m&#234;me et en elle-m&#234;me. L' &#234;tre organique r&#233;el est le centre qui relie l' &#234;tre-pour-soi de la vie avec l' ext&#233;riorit&#233; en g&#233;n&#233;ral ou l' &#234;tre-en-soi . &#8211; Mais l'extr&#234;me de l'&#234;tre-pour-soi, c'est l'int&#233;rieur comme infini, qui reprend en soi les moments de la forme elle-m&#234;me &#224; partir de leur existence et du lien avec l'ext&#233;rieur, le sans contenu, qui donne son contenu &#224; la forme, et cela lui appara&#238;t comme son processus. Dans cet extr&#234;me, en tant que simple n&#233;gativit&#233; ou pure individualit&#233; , l'organique a sa libert&#233; absolue, par laquelle il est indiff&#233;rent et prot&#233;g&#233; contre l'&#234;tre pour autrui et contre la d&#233;termination des moments de la forme. Cette libert&#233; est en m&#234;me temps libert&#233; des moments eux-m&#234;mes, c'est leur possibilit&#233; d'appara&#238;tre et d'&#234;tre compris comme existants , et comme pour les choses ext&#233;rieures, ils sont aussi lib&#233;r&#233;s et indiff&#233;rents les uns aux autres, parce que la simplicit&#233; de cette libert&#233; est l'&#234;tre ou son substance simple. Ce concept de libert&#233; pure est une seule et m&#234;me vie, la forme ou l'&#234;tre d'autres choses pouvant errer dans des jeux aussi divers que vari&#233;s ; Le type de moulins qu'il entra&#238;ne ne fait aucune diff&#233;rence pour ce courant de vie. &#8211; Tout d'abord, il convient de noter que ce concept ne doit pas &#234;tre compris ici, comme auparavant lorsqu'on consid&#232;re l'int&#233;rieur lui-m&#234;me, dans sa forme de processus ou le d&#233;veloppement de ses moments, mais dans sa forme d' int&#233;rieur simple , qui repr&#233;sente le c&#244;t&#233; purement g&#233;n&#233;ral contre le r&#233;el constitue les &#234;tres vivants, ou comme &#233;l&#233;ment d' existence des membres existants de la figure ; car c'est ce que nous regardons ici, et c'est l&#224; l'essence de la vie comme simplicit&#233; de l'existence. Alors l' &#234;tre pour autre chose ou la d&#233;termination de la formation r&#233;elle est inclus dans cette simple universalit&#233;, qui est son essence, une d&#233;termination g&#233;n&#233;rale non sensible &#233;galement simple, et ne peut &#234;tre que ce qui s'exprime comme un nombre . C'est le centre de la figure qui relie la vie ind&#233;finie au r&#233;el, simple comme la premi&#232;re et d&#233;termin&#233; comme la seconde. Et &#231;a, l' int&#233;rieur, en tant que nombre, devrait exprimer &#224; sa mani&#232;re l'ext&#233;rieur comme la r&#233;alit&#233; multiforme, le mode de vie, la couleur, etc., en g&#233;n&#233;ral comme toute la multitude de diff&#233;rences qui se d&#233;veloppent dans l'apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux faces du tout organique - l'une le dedans , l'autre le dehors , de sorte que chacune a un dedans et un dehors - compar&#233;es selon leur dedans mutuel, le dedans du premier &#233;tait le concept, comme l'inqui&#233;tude de l' abstraction ; Mais la seconde poss&#232;de, en plus de la sienne propre, l'universalit&#233; reposante, et en elle aussi la d&#233;termination reposante, le nombre. Donc, si le premier, parce que le concept y d&#233;veloppe ses aspects, promettait trompeusement des lois par l'apparence de la n&#233;cessit&#233; du rapport, le second y renonce aussit&#244;t, puisque le nombre se r&#233;v&#232;le &#234;tre la d&#233;termination d'un c&#244;t&#233; de ses lois. Car le nombre est pr&#233;cis&#233;ment la d&#233;termination compl&#232;tement au repos, morte et indiff&#233;rente, dans laquelle tout mouvement et toute relation a expir&#233; et qui a bris&#233; le pont vers les pulsions vivantes, le mode de vie et l'autre existence sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette consid&#233;ration de la forme de l'organique en tant que tel et de l'int&#233;rieur comme simple int&#233;rieur de la forme n'est en fait plus une consid&#233;ration de l'organique. Car les deux c&#244;t&#233;s qui devraient &#234;tre li&#233;s ne sont que plac&#233;s indiff&#233;remment l'un par rapport &#224; l'autre, et par l&#224; la r&#233;flexion en soi, qui constitue l'essence de l'organique, est abolie. Au contraire, la tentative de comparaison de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur est ici transf&#233;r&#233;e &#224; la nature inorganique ; Le concept infini n'est ici que l' essence qui est cach&#233;e &#224; l'int&#233;rieur ou qui tombe dans la conscience de soi &#224; l'ext&#233;rieur, et qui n'a plus sa pr&#233;sence objective, comme dans l'organique. Cette relation entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur doit donc encore &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans sa sph&#232;re r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est cet int&#233;rieur de la figure comme simple d&#233;tail d'une chose inorganique, la gravit&#233; sp&#233;cifique . Il peut &#234;tre observ&#233; comme un &#234;tre simple aussi bien que la d&#233;termination du nombre, dont il est seul capable, ou peut &#234;tre effectivement trouv&#233; par comparaison d'observations, et il semble ainsi donner un c&#244;t&#233; de la loi. La forme, la couleur, la duret&#233;, la t&#233;nacit&#233; et un nombre incalculable d'autres propri&#233;t&#233;s constitueraient ensemble le c&#244;t&#233; ext&#233;rieur et devraient exprimer la d&#233;termination de l'int&#233;rieur, le nombre, pour que l'un ait sa contrepartie dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la n&#233;gativit&#233; n'est pas con&#231;ue ici comme un mouvement du processus, mais comme une unit&#233; apais&#233;e ou simplement un &#234;tre pour soi , elle appara&#238;t plut&#244;t comme ce par quoi la chose r&#233;siste au processus et se maintient en elle-m&#234;me et comme indiff&#233;rente &#224; lui. Mais parce que ce simple &#234;tre pour soi est une calme indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard des autres choses, la gravit&#233; sp&#233;cifique appara&#238;t comme une propri&#233;t&#233; parmi d'autres ; et avec cela cesse toute relation n&#233;cessaire avec cette multiplicit&#233;, ou toute r&#233;gularit&#233;. &#8211; La densit&#233;, comme ce simple int&#233;rieur, n'a pas la diff&#233;rence en soi , ou bien elle n'a que l'insignifiante ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment leur pure simplicit&#233; qui &#233;limine toutes les distinctions essentielles. Il faudrait donc que cette diff&#233;rence insignifiante, la grandeur , ait son image oppos&#233;e ou l' autre de l'autre c&#244;t&#233;, qui est la multiplicit&#233; des propri&#233;t&#233;s , en ce sens qu'elle est donc d'abord une diff&#233;rence. Si cette multiplicit&#233; elle-m&#234;me se r&#233;sume dans la simplicit&#233; de l'opposition et se d&#233;finit comme coh&#233;sion , de sorte que celui-ci est l'&#234;tre pour soi dans l'autre , tout comme la gravit&#233; sp&#233;cifique est l' &#234;tre pour soi pur , alors cette coh&#233;sion est d'abord cette pure d&#233;termination pos&#233;e dans le concept versus cette d&#233;termination, et la mani&#232;re de donner la loi serait celle qui a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e plus haut dans le rapport de la sensibilit&#233; &#224; l'irritabilit&#233;. &#8211; Ensuite, en tant que concept d'&#234;tre-pour-soi dans l'alt&#233;rit&#233;, c'est seulement l' abstraction du c&#244;t&#233; qui s'oppose &#224; la gravit&#233; sp&#233;cifique et comme telle n'existe pas. Car l'&#234;tre-pour-soi dans l'alt&#233;rit&#233; est le processus dans lequel l'&#234;tre-pour-soi inorganique devrait s'exprimer comme une auto-pr&#233;servation qui le prot&#233;gerait de l'&#233;mergence du processus comme moment d'un produit. Mais cela est exactement contre sa nature, qui n'a pas de but ni d'universalit&#233; en soi. Son processus n'est plut&#244;t que le comportement sp&#233;cifique, la mani&#232;re dont son &#234;tre-pour-soi, sa gravit&#233; sp&#233;cifique, s'annule .. Ce comportement d&#233;termin&#233; dans lequel sa coh&#233;sion consisterait en son v&#233;ritable concept, mais lui-m&#234;me et la grandeur d&#233;finie de sa gravit&#233; sp&#233;cifique sont des concepts compl&#232;tement indiff&#233;rents les uns aux autres. Si le type de comportement &#233;tait compl&#232;tement ignor&#233; et limit&#233; &#224; l'id&#233;e de taille, alors on pourrait penser &#224; cette d&#233;termination, selon laquelle le poids sp&#233;cifique le plus &#233;lev&#233;, en tant qu'&#234;tre en soi sup&#233;rieur, serait plus r&#233;sistant &#224; l'entr&#233;e dans le processus. que cela plus bas. Mais &#224; l'inverse, la libert&#233; d'&#234;tre pour soi ne se prouve que dans la facilit&#233; de s'impliquer dans tout et de se maintenir dans cette diversit&#233;. Cette intensit&#233; sans extension des relations est une abstraction sans contenu, car l'extension constitue l' existence de l'intensit&#233;. Mais l'autoconservation de l'inorganique dans sa relation, comme nous le rappelons, sort de sa nature, puisqu'il n'a pas en soi le principe du mouvement, ou parce que son &#234;tre n'est pas une n&#233;gativit&#233; et un concept absolus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en revanche, cet autre c&#244;t&#233; de l'inorganique est consid&#233;r&#233; non pas comme un processus, mais comme un &#234;tre au repos, alors c'est la coh&#233;sion commune, une simple qualit&#233; sensuelle mise de c&#244;t&#233; contre le moment lib&#233;r&#233; de l'alt&#233;rit&#233; , qui se trouve &#224; part dans de nombreuses propri&#233;t&#233;s indiff&#233;rentes, et sous celles-ci elles-m&#234;mes, comment se produit la gravit&#233; sp&#233;cifique ; L'ensemble des propri&#233;t&#233;s ensemble constitue alors l'autre c&#244;t&#233;. Mais dans celui-ci, comme dans les autres, le nombre est la seule d&#233;terminit&#233; qui non seulement n'exprime pas un rapport et une transition de ces propri&#233;t&#233;s les unes aux autres, mais qui est essentiellement ceci, non pas pour avoir un rapport n&#233;cessaire, mais pour repr&#233;senter la destruction de toute r&#233;gularit&#233;, parce qu'elle est l'expression d'une certitude comme non essentielle . De sorte qu'une s&#233;rie de corps qui exprime la diff&#233;rence comme une diff&#233;rence num&#233;rique de leur densit&#233; ne correspond en aucune fa&#231;on &#224; une s&#233;rie de diff&#233;rences dans les autres propri&#233;t&#233;s, m&#234;me si, pour faciliter les choses, on n'en utilise qu'un seul ou plusieurs. ils sont pris. En fait, seul leur groupe dans son ensemble pourrait constituer l'autre c&#244;t&#233; de ce parall&#232;le. Afin de l'organiser en lui-m&#234;me et de le combiner en un tout, les d&#233;terminations de taille de ces nombreuses propri&#233;t&#233;s sont disponibles pour l'observation d'une part, mais d'autre part leurs diff&#233;rences apparaissent comme qualitatives. Ce qui devrait maintenant &#234;tre d&#233;sign&#233; comme positif ou n&#233;gatif dans cet tas et s'annulerait, en g&#233;n&#233;ral la figuration int&#233;rieure et l'expos&#233; de la formule, qui serait tr&#232;s composite, appartenaient au concept qui se trouve l&#224; comme existant dans le la mani&#232;re dont les propri&#233;t&#233;s existent pour &#234;tre incluses est exclue ; Dans cet &#234;tre, ni l'un ni l'autre ne montre le caract&#232;re d'un n&#233;gatif par rapport &#224; l'autre, mais l'un est aussi bon que l'autre, et n'indique pas non plus sa place dans l'arrangement du tout. - Dans une s&#233;rie qui se poursuit en diff&#233;rences parall&#232;les - le rapport peut &#234;tre compris comme croissant des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois, ou seulement d'un c&#244;t&#233; et d&#233;croissant de l'autre - il ne s'agit que de la derni&#232;re expression simple de cet ensemble r&#233;sum&#233; , qui devrait constituer un c&#244;t&#233; de la loi contre la gravit&#233; sp&#233;cifique ; mais ce c&#244;t&#233;-l&#224;, comme r&#233;sultat existant, n'est rien de diff&#233;rent de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233;, &#224; savoir des propri&#233;t&#233;s individuelles, comme la coh&#233;sion commune, &#224; c&#244;t&#233; desquelles les autres, y compris la densit&#233;, sont pr&#233;sentes indiff&#233;remment, et les unes avec les autres avec le m&#234;me droit, c'est-&#224;-dire avec la m&#234;me injustice. peut &#234;tre &#233;lu pour repr&#233;senter l'ensemble de l'autre camp ; l'un comme l'autre ne repr&#233;senterait que l'essence, en allemand : imaginer , mais pas &#234;tre la chose elle-m&#234;me. De sorte que la tentative de trouver des s&#233;ries de corps qui s'&#233;tendent le long du simple parall&#232;le de deux c&#244;t&#233;s et expriment la nature essentielle des corps selon une loi de ces c&#244;t&#233;s, doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une pens&#233;e qui a sa t&#226;che et le moyen par lequel il faut l'effectuer, il ne le sait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre l'ext&#233;rieur et l'int&#233;rieur sous la forme cens&#233;e se pr&#233;senter &#224; l'observation a &#233;t&#233; imm&#233;diatement transf&#233;r&#233;e dans la sph&#232;re de l'inorganique ; La d&#233;termination qui le dessine ici peut maintenant &#234;tre pr&#233;cis&#233;e plus en d&#233;tail, et de l&#224; surgit une autre forme et une autre relation de cette relation. Dans le cas de l'organique, ce qui semble offrir la possibilit&#233; d'une telle comparaison de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur avec l'inorganique dispara&#238;t. L'int&#233;rieur inorganique est un int&#233;rieur simple qui se pr&#233;sente &#224; la perception comme une propri&#233;t&#233; existante ; Sa d&#233;termination est donc essentiellement la taille, et en tant que propri&#233;t&#233; existante, elle appara&#238;t indiff&#233;rente aux propri&#233;t&#233;s externes ou aux nombreuses autres propri&#233;t&#233;s sensorielles. Cependant, l'&#234;tre pour soi du vivant organique ne se tient pas du c&#244;t&#233; de son apparence ext&#233;rieure, mais poss&#232;de plut&#244;t le principe d' alt&#233;rit&#233; en lui-m&#234;me si l'on d&#233;finit l'&#234;tre pour soi comme une relation simple et auto-pr&#233;serv&#233;e. pour lui-m&#234;me , c'est comme &#231;a. Son alt&#233;rit&#233; est la simple n&#233;gativit&#233; , et l'unit&#233; organique est l'unit&#233; du m&#234;me auto-r&#233;f&#233;rencement et de la pure n&#233;gativit&#233;. En tant qu'unit&#233;, cette unit&#233; est l'int&#233;rieur de l'organique ; C'est en soi g&#233;n&#233;ral, ou c'est un genre . Mais la libert&#233; de l'esp&#232;ce par rapport &#224; sa r&#233;alit&#233; est diff&#233;rente de la libert&#233; de la gravit&#233; sp&#233;cifique par rapport &#224; la forme. Celui de ces derniers est une libert&#233; existante , ou qu'elle se tient &#224; l'&#233;cart comme une propri&#233;t&#233; particuli&#232;re. Mais parce qu'elle est libert&#233; existante , elle n'est aussi qu'une d&#233;termination qui appartient essentiellement &#224; cette forme, ou par laquelle elle est un &#234;tre d&#233;termin&#233; en tant qu'&#234;tre . Mais la libert&#233; de l'esp&#232;ce est g&#233;n&#233;rale et indiff&#233;rente &#224; cette forme ou &#224; sa r&#233;alit&#233;. La d&#233;termination qui appartient &#224; l' &#234;tre pour soi de l'inorganique comme tel rel&#232;ve donc de l'&#234;tre pour soi organique ; comment, dans l'inorganique, il ne rel&#232;ve que de l' &#234;tre de l'inorganique ; M&#234;me si elle n'est pr&#233;sente en cela en m&#234;me temps que comme propri&#233;t&#233; , la dignit&#233; de l' essence lui appartient toujours parce que, comme simple n&#233;gatif, elle s'oppose au Dasein comme &#233;tant pour autre chose ; et ce simple n&#233;gatif est, dans sa d&#233;termination individuelle ultime, un nombre. Mais l'organique est une individualit&#233;, qui elle-m&#234;me est pure n&#233;gativit&#233; et donc d&#233;termination fixe du nombre, indiff&#233;rente &#224; l'&#234;tre.vient, d&#233;truit en lui-m&#234;me. Dans la mesure o&#249; il contient le moment d'&#234;tre indiff&#233;rent et, en lui, le nombre, il ne peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233; que comme un jeu sur lui, mais non comme l'essence de sa vivacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la n&#233;gativit&#233; pure, principe du processus, ne tombe pas en dehors de l'organique, et ne l'a donc pas comme d&#233;termination dans son essence , mais que l'individualit&#233; elle-m&#234;me est universelle en soi, alors cette pure individualit&#233; n'est pas en elle. d&#233;velopp&#233; en lui comme abstrait ou g&#233;n&#233;ral et r&#233;el. Cette expression se produit plut&#244;t en dehors de cette g&#233;n&#233;ralit&#233;, qui retombe dans l'int&#233;riorit&#233; , et entre la r&#233;alit&#233; ou la forme, c'est-&#224;-dire l'individualit&#233; en d&#233;veloppement, et entre le g&#233;n&#233;ral organique, ou le genre, le g&#233;n&#233;ral d&#233;termin&#233; , l' esp&#232;ce . L'existence &#224; laquelle parvient la n&#233;gativit&#233; du g&#233;n&#233;ral ou du genre n'est que le mouvement d&#233;velopp&#233; d'un processus qui parcourt les parties de la forme existante . Si l'esp&#232;ce avait en elle les parties diff&#233;renci&#233;es comme une simplicit&#233; reposante, et si sa simple n&#233;gativit&#233; en tant que telle &#233;tait en m&#234;me temps un mouvement, qui parcourait des parties &#233;galement simples qui leur sont imm&#233;diatement g&#233;n&#233;rales et qui, comme telles, &#233;taient ici r&#233;elles, alors l'esp&#232;ce organique serait la conscience. Mais telle qu'elle est, la d&#233;termination simple , en tant que d&#233;termination de l'esp&#232;ce, y est pr&#233;sente d'une mani&#232;re d&#233;pourvue d'esprit ; C'est de l&#224; que commence la r&#233;alit&#233;, ou ce qui entre dans la r&#233;alit&#233;, ce n'est pas l'esp&#232;ce en tant que telle, c'est-&#224;-dire pas du tout la pens&#233;e. Celle-ci, en tant qu'entit&#233; v&#233;ritablement organique, n'est repr&#233;sent&#233;e que par un seul repr&#233;sentant. Mais ce nombre, qui semble d&#233;signer le passage de l'esp&#232;ce &#224; la forme individuelle et donner &#224; l'observation les deux faces de la n&#233;cessit&#233;, tant&#244;t comme simple d&#233;termination, tant&#244;t comme forme d&#233;velopp&#233;e n&#233;e de la diversit&#233;, cela d&#233;note plut&#244;t l'indiff&#233;rence et la libert&#233; du g&#233;n&#233;ral et de l'individu l'un envers l'autre, que l'esp&#232;ce abandonne &#224; la diff&#233;rence insubstantielle de taille, mais elle-m&#234;me, en tant qu'&#234;tre vivant, se r&#233;v&#232;le tout aussi libre de cette diff&#233;rence. La v&#233;ritable universalit&#233;, telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e, n'est ici qu'une essence int&#233;rieure ; en tant que d&#233;termination de l' esp&#232;ce, elle est une universalit&#233; formelle, et contrairement &#224; cela, cette v&#233;ritable universalit&#233; prend le parti de l'individualit&#233;, qui est donc une entit&#233; vivante et, par son int&#233;rieur, outrepasse sa d&#233;termination en tant qu'esp&#232;ce . Mais cette individualit&#233; n'est pas en m&#234;me temps un individu g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire dans lequel l'universalit&#233; aurait aussi une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, mais celle-ci &#233;chappe au vivant organiquement. Mais cet individu en g&#233;n&#233;ral , l'aime directementl'individu des formations naturelles n'est pas la conscience elle-m&#234;me ; Son existence en tant qu'individu vivant et organique ne devrait pas n&#233;cessairement lui &#233;chapper si telle &#233;tait la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons donc une conclusion dans laquelle l'un des extr&#234;mes est la vie g&#233;n&#233;rale en tant que g&#233;n&#233;ral ou en tant qu'esp&#232;ce, mais l'autre extr&#234;me est la m&#234;me en tant qu'individu ou en tant qu'individu g&#233;n&#233;ral ; Mais le milieu est compos&#233; des deux, l'un semble s'y envoyer comme une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233; ou comme une esp&#232;ce , et l'autre comme un particulier actuel ou individuel . &#8211; Et puisque cette conclusion appartient au c&#244;t&#233; de la formation , elle inclut &#233;galement ce que l'on appelle la nature inorganique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la vie g&#233;n&#233;rale, en tant qu'essence simple de l'esp&#232;ce , d&#233;veloppe les diff&#233;rences du concept de son c&#244;t&#233; et doit les repr&#233;senter comme une s&#233;rie de d&#233;terminations simples, il s'agit d'un syst&#232;me de diff&#233;rences indiff&#233;remment pos&#233;es, ou d'une s&#233;rie de nombres . Si auparavant l'organique dans la forme de l'individu s'opposait &#224; cette diff&#233;rence insubstantielle, qui n'exprime ni ne contient sa nature vivante - et si c'est exactement cela qu'il faut dire de l'inorganique apr&#232;s que toute son existence s'est d&#233;velopp&#233;e dans la multitude de ses propri&#233;t&#233;s C'est ainsi que c'est d&#233;sormais l'individu en g&#233;n&#233;ral qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233; non seulement comme libre de toute division de l'esp&#232;ce, mais aussi comme sa puissance. Le genre, qui est divis&#233; en esp&#232;ces selon la d&#233;termination g&#233;n&#233;rale du nombre, ou qui peut prendre comme base de division des d&#233;terminations individuelles de son existence, par exemple la figure, la couleur, etc., subit la violence de la part du genre. l'individu g&#233;n&#233;ral, la terre , dans cette affaire tranquille , qui, comme la n&#233;gativit&#233; g&#233;n&#233;rale, les diff&#233;rences telles qu'elles les ont en elle-m&#234;me et dont la nature, &#224; cause de la substance &#224; laquelle elles appartiennent, est diff&#233;rente de la nature de celles-ci, s'oppose &#224; la syst&#233;matisation. du genre pourrait. Cette activit&#233; de l'esp&#232;ce devient une affaire tr&#232;s limit&#233;e, qu'elle n'est autoris&#233;e &#224; exercer qu'au sein de ces &#233;l&#233;ments puissants, et qui est partout interrompue, incompl&#232;te et frein&#233;e par leur violence effr&#233;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que seule la raison, comme la vie en g&#233;n&#233;ral, peut devenir l'observation de l'existence form&#233;e , qui, cependant, dans sa diff&#233;renciation, n'a pas r&#233;ellement d'ordre ni de structure raisonnable en elle-m&#234;me et n'est pas un syst&#232;me de formes fond&#233; en soi. &#8211; Si, &#224; la fin de la formation organique, le milieu dans lequel tombent l'esp&#232;ce et sa r&#233;alit&#233; en tant qu'individualit&#233; unique, avait en lui-m&#234;me les extr&#234;mes de l'universalit&#233; int&#233;rieure et de l'individualit&#233; g&#233;n&#233;rale, alors ce milieu aurait l'expression et la nature de le mouvement de sa r&#233;alit&#233; a une g&#233;n&#233;ralit&#233; et est un d&#233;veloppement auto-syst&#233;matis&#233;. Ainsi la conscience , entre l'esprit g&#233;n&#233;ral et entre son individualit&#233; ou la conscience sensorielle, a en son centre le syst&#232;me des formations de conscience, comme vie de l'esprit qui s'organise en un tout - le syst&#232;me qui est ici consid&#233;r&#233; et qui est monde. l'histoire a une existence objective. Mais la nature organique n'a pas d'histoire ; Elle tombe de sa vie universelle, directement dans l'individualit&#233; de l'existence, et les moments de simple d&#233;termination et de vivacit&#233; individuelle unis dans cette r&#233;alit&#233; ne produisent le devenir que comme le mouvement accidentel dans lequel chacun est actif dans sa propre partie et ce Tout est pr&#233;serv&#233;. mais cette activit&#233; n'est limit&#233;e qu'&#224; son point en soi, parce que le tout n'y est pas pr&#233;sent, et celui-ci n'est pas pr&#233;sent en lui parce qu'il n'est pas ici comme un tout pour soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le fait que la raison qui observe la nature organique ne parvient qu'&#224; l'intuition d'elle-m&#234;me comme vie g&#233;n&#233;rale, elle ne peut examiner son d&#233;veloppement et sa r&#233;alisation que selon des syst&#232;mes tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement diff&#233;renci&#233;s, dont la d&#233;termination, leur essence, ne sont pas dans le organique en tant que tel, mais r&#233;side dans l'individu g&#233;n&#233;ral ; et parmi ces diff&#233;rences de la terre selon les classements que tente l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque dans sa r&#233;alit&#233; l' universalit&#233; de la vie organique se laisse tomber directement dans l'extr&#234;me de l'individualit&#233; sans la v&#233;ritable m&#233;diation qui existe pour elle-m&#234;me , la conscience observatrice n'a devant elle que l'opinion ; et si la raison peut avoir le vain int&#233;r&#234;t d'observer cette opinion, elle se borne &#224; d&#233;crire et &#224; raconter les opinions et les id&#233;es de la nature. Cette libert&#233; d'opinion insens&#233;e pr&#233;sentera en effet partout des d&#233;buts de lois, des traces de n&#233;cessit&#233;, des allusions &#224; l'ordre et &#224; la s&#233;quence, des rapports dr&#244;les et apparents. Mais dans la relation entre l'organique et les diff&#233;rences existantes de l'inorganique, des &#233;l&#233;ments, des zones et des climats, l'observation n'a pas une grande influence en termes de loi et de n&#233;cessit&#233; . Ainsi de l'autre c&#244;t&#233;, o&#249; l'individualit&#233; n'a pas le sens de la terre, mais de l' unit&#233; immanente &#224; la vie organique , mais celle-ci avec le g&#233;n&#233;ral en unit&#233; imm&#233;diate constitue l'esp&#232;ce, mais dont l'unit&#233; simple n'est donc d&#233;termin&#233;e que comme un nombre. , et laisse donc libre l'apparence qualitative - l'observation ne peut aller au-del&#224; des remarques polies, des relations int&#233;ressantes et des accommodements amicaux au concept . Mais les remarques aimables ne sont pas une connaissance de n&#233;cessit&#233; , les relations int&#233;ressantes restent avec l' int&#233;r&#234;t , mais l'int&#233;r&#234;t n'est plus que l'opinion de la raison ; et la bont&#233; de l'individu, avec laquelle elle fait allusion &#224; un concept, est une bont&#233; enfantine, qui est pu&#233;rile si elle veut ou doit compter pour quelque chose en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap6.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap6.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap7.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap7.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap8.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap8.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach</title>
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		<dc:date>2025-11-17T23:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach &lt;br class='autobr' /&gt;
Histoire de la philosophie moderne de Bacon de Verulam &#224; Benedikt Spinoza &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;thode des sciences naturelles &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire de la philosophie moderne de Bacon de Verulam &#224; Benedikt Spinoza&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de l'exp&#233;rience que superficiellement, sans suivre un chemin ou un plan sp&#233;cifique. Par exemple, le travail acharn&#233; des chimistes a permis de r&#233;aliser de nombreuses d&#233;couvertes, mais uniquement par hasard et involontairement, ou uniquement gr&#226;ce &#224; certains changements exp&#233;rimentaux, et non &#224; la suite d'une m&#233;thode ou d'une th&#233;orie particuli&#232;re. Mais une exp&#233;rience qui n'est guid&#233;e par aucune m&#233;thode particuli&#232;re et qui est laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me n'est qu'un t&#226;tonnement aveugle. (lc, A. 73, 70, 108, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens aussi bien que l'entendement ne suffisent pas &#224; eux seuls &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la connaissance ; Ils n&#233;cessitent certains outils, c'est-&#224;-dire un certain encadrement et des r&#232;gles directrices, une certaine instruction et m&#233;thode juridiques. Parce que le sens de lui-m&#234;me est faible et trompeur, m&#234;me les outils n'augmentent pas son pouvoir de mani&#232;re significative, d'o&#249; toute v&#233;ritable connaissance exp&#233;rientielle de la nature, qui n'est pas une interpr&#233;tation arbitraire de la nature selon des opinions pr&#233;suppos&#233;es (pas d'anticipation), mais une connaissance fid&#232;le. La traduction (interpr&#233;tation) de la nature ne se produit que par une attention particuli&#232;re et pr&#233;cise &#224; tous les cas et par l'application d'exp&#233;riences habiles, o&#249; le sens juge seulement l'exp&#233;rience, mais l'exp&#233;rience juge la chose elle-m&#234;me. Mais l'entendement, livr&#233; &#224; lui-m&#234;me et non guid&#233; par une m&#233;thode particuli&#232;re, vole droit du sensible au suprasensible, du particulier au g&#233;n&#233;ral, pour s'en r&#233;galer et s'en contenter, car il se fatigue vite. de l'exp&#233;rience. (lc, A. 50, 37&#8250;19, 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la main nue ne r&#233;alise pas grand-chose sans instruments, de m&#234;me l'esprit livr&#233; &#224; lui-m&#234;me ; c'est pourquoi, comme eux, il a besoin d'instruments. Ce n'est que gr&#226;ce &#224; l'art que l' esprit devient &#233;gal aux choses. (lc, A. 2 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet instrument d'instruments, cet organe intellectuel, cette m&#233;thode qui seule &#233;l&#232;ve l'exp&#233;rience au rang d'art d'exp&#233;rimentation s&#251;r et r&#233;ussi, c'est l'induction , dont d&#233;pend seule le salut des sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'induction, qui seule garantit un avenir heureux aux sciences, se distingue nettement de l'induction qui a &#233;t&#233; jusqu'ici la norme, car elle vole du sensible et du particulier jusqu'aux axiomes les plus g&#233;n&#233;raux, les &#233;rige imm&#233;diatement en v&#233;rit&#233;s in&#233;branlables. des propositions et les fait ensuite aux principes dont elle d&#233;rive les propositions m&#233;dianes ou particuli&#232;res ; Au contraire, la nouvelle induction, jusqu'alors in&#233;dite mais seulement vraie, n'arrive aux propositions les plus g&#233;n&#233;rales qu'&#224; la toute fin, ne s'&#233;levant du sensible et du particulier jusqu'&#224; elles que graduellement, dans une &#233;tape ininterrompue. (&#171; NON &#187;, I, A. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'induction, qui n'est d'ailleurs pas seulement la m&#233;thode des sciences naturelles, mais de toutes les sciences, n'a &#233;t&#233; utilis&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent que pour d&#233;couvrir les principes, mais les propositions interm&#233;diaires et inf&#233;rieures en ont ensuite &#233;t&#233; d&#233;riv&#233;es au moyen du syllogisme. Mais il est &#233;vident qu'au moins dans le domaine des sciences naturelles, dont les objets sont mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;s, les propositions sous-jacentes ne peuvent pas &#234;tre d&#233;riv&#233;es de mani&#232;re s&#251;re et correcte &#224; travers le syllogisme, car dans le syllogisme les propositions sont r&#233;duites aux principes par des propositions m&#233;dianes. mais pr&#233;cis&#233;ment cette m&#233;thode de preuve ou d'invention n'a son application que dans les sciences populaires comme l'&#233;thique et la politique. L'induction doit donc &#234;tre utilis&#233;e pour d&#233;couvrir des propositions g&#233;n&#233;rales aussi bien que sp&#233;ciales. (lc, A. 127 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les inductions plus anciennes et plus r&#233;centes aient en commun de commencer toutes deux par le particulier et de se terminer par le g&#233;n&#233;ral, elles diff&#232;rent essentiellement en ce que la premi&#232;re ne parcourt le champ de l'exp&#233;rience qu'&#224; la h&#226;te, tandis que la seconde s'attarde avec la circonspection et le calme appropri&#233;s. elle, qui pose d'embl&#233;e des propositions g&#233;n&#233;rales st&#233;riles, mais qui ne s'&#233;l&#232;ve que progressivement jusqu'au vraiment g&#233;n&#233;ral et rend ainsi la science f&#233;conde, car seuls les axiomes, qui sont soustraits au particulier dans les &#233;tapes appropri&#233;es et avec le n&#233;cessaire la circonspection d&#233;couvre &#224; nouveau quelque chose de sp&#233;cial, nous conduit &#224; de nouvelles inventions et rend ainsi la science fructueuse et productive. (&#171; NON &#187;, I, A. 22, 24, 104)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable induction est donc compl&#232;tement diff&#233;rente de celle utilis&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Parce que l'induction pr&#233;c&#233;dente, dont la proc&#233;dure consiste en une simple liste d'exemples, est quelque chose d'enfantine, ne demande que ses conclusions, doit craindre une r&#233;futation de ses conclusions par toute autorit&#233; contradictoire et fonde ses affirmations sur bien trop peu de cas qu'il ne convient, et m&#234;me parmi ceux-ci seulement selon ceux qui se pr&#233;sentent, selon les cas tr&#232;s communs et ordinaires. La v&#233;ritable induction, en revanche, diss&#232;que et s&#233;pare la nature par des exclusions et des &#233;liminations appropri&#233;es et ne tire des conclusions sur les d&#233;terminations affirmatives d'une chose que lorsqu'elle a rassembl&#233; et examin&#233; un nombre suffisant d'instances n&#233;gatives et en a exclu toutes les d&#233;terminations qui ne le font pas. appartiennent essentiellement &#224; la chose. (lc, A. 105, 69 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, lc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu et peut-&#234;tre aussi les esprits ont le pouvoir de reconna&#238;tre les choses telles qu'elles sont au premier coup d'&#339;il, par simple affirmation, mais cela n'est accord&#233; aux humains que par diff&#233;renciation pr&#233;alable et exclusion des cas n&#233;gatifs pour d&#233;terminer les d&#233;terminations affirmatives d'une chose. La nature doit donc &#234;tre formellement anatomis&#233;e et diss&#233;qu&#233;e, non pas bien s&#251;r au moyen du feu de la nature, mais par le feu divin de l'esprit. La t&#226;che de la v&#233;ritable induction est donc de permettre au oui de suivre le non, &#224; l'affirmation de suivre la n&#233;gation, et de d&#233;terminer positivement une chose seulement lorsqu'elle s'en est s&#233;par&#233;e et a rejet&#233; toutes les d&#233;terminations qui ne lui appartiennent pas. (&#171; NON &#187;, II, A. 15, 16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si un objet concret, par exemple la chaleur, doit &#234;tre &#233;tudi&#233; et son essence d&#233;couverte, alors, selon les lois de la v&#233;ritable induction, cette enqu&#234;te doit &#234;tre men&#233;e comme suit. Il faut d'abord dresser une liste de toutes les choses qui, quelle que soit la mati&#232;re diff&#233;rente dont elles sont faites, ont en commun la qualit&#233; de la chaleur, c'est-&#224;-dire chaudes ou du moins susceptibles de chauffer, comme les rayons du soleil. le soleil, surtout en &#233;t&#233; et &#224; midi, les rayons r&#233;fl&#233;chis et condens&#233;s du soleil, les m&#233;t&#233;ores enflamm&#233;s, les &#233;clairs enflamm&#233;s, les liquides chauff&#233;s, bref, tous les corps solides et liquides, denses et minces (comme l'air lui-m&#234;me ), qui ont &#233;t&#233; approch&#233;s &#224; un moment donn&#233; par le feu, etc. (&#171; NON &#187;, II, A. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut alors &#233;num&#233;rer les exemples contraires, les exemples n&#233;gatifs, c'est-&#224;-dire non seulement les choses qui n'ont pas la nature de chaleur, mais qui, par ailleurs, ont le plus de similitude avec les choses qui ont la nature de chaleur 39 , telles que comme : les rayons de la lune, les &#233;toiles et les com&#232;tes, qui n'ont aucune chaleur pour le sentiment, mais aussi &#224; cause des restrictions ou limitations particuli&#232;res des instances affirmatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite comparer les mat&#233;riaux chauds ou thermor&#233;sistants et noter la diff&#233;rence de leurs degr&#233;s de chaleur, en partant progressivement des mat&#233;riaux qui n'ont absolument aucun degr&#233; sp&#233;cifique de chaleur pour le toucher, seulement la possibilit&#233; de chaleur ou de r&#233;ceptivit&#233; &#224; la sensation. eux, jusqu'aux mat&#233;riaux qui sont r&#233;ellement ou semblent chauds. (lc, A. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient l'acte le plus important, par lequel commence r&#233;ellement l'affaire de l'induction, l'acte d'exclure toutes les d&#233;terminations qui n'appartiennent pas &#224; l'essence de la chaleur, par exemple la d&#233;termination de la c&#233;leste, parce qu'elles n'appartiennent pas seulement &#224; l'essence de la chaleur. les corps c&#233;lestes, mais aussi le feu commun, terrestre [52] , la d&#233;termination de la minceur, car m&#234;me la mati&#232;re la plus dense, comme le m&#233;tal, peut &#234;tre chaude, la d&#233;termination de la locomotion locale, etc. (lc, A. 18 et 20 ) . Ce n'est qu'apr&#232;s ces n&#233;gations que survient finalement la v&#233;ritable induction &#224; la position, &#224; la d&#233;termination affirmative de l'essence de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, autant la v&#233;ritable induction diff&#232;re de celle qui a &#233;t&#233; habituelle jusqu'ici, elle diff&#232;re &#233;galement de la m&#233;thode de l'empirisme . Car l'empirisme ne d&#233;passe pas le particulier ; il ne fait que progresser d'exp&#233;rience en exp&#233;rience, d'exp&#233;riences en exp&#233;riences nouvelles ; L'induction, quant &#224; elle, extrait les causes et les propositions g&#233;n&#233;rales des exp&#233;riences et des exp&#233;riences, puis d&#233;rive de nouvelles exp&#233;riences et exp&#233;riences &#224; partir de ces causes et propositions ou principes g&#233;n&#233;raux. L'induction ne reste donc pas &#224; un niveau, elle monte toujours en mont&#233;e, en descente, jusqu'aux propositions g&#233;n&#233;rales, jusqu'aux exp&#233;riences. (lc, I, A. 117, 103, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187;Spes est una in inductione vera.&#171; &#187;NON&#171; , I, A. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une remarque de r&#233;primande &#224; propos de la m&#233;thode de B ici dans la premi&#232;re &#233;dition ainsi qu'&#224; la fin du &#167; 11. Je l'ai supprim&#233;e, cependant, apr&#232;s avoir relu le &#034;Nouvel Organe&#034; et d'autres &#233;crits de B, j'&#233;tais convaincu de son inexactitude. et la superficialit&#233;. On a remarqu&#233; que B. &#171; nous abandonne au hasard et, au lieu de raccourcir les longs chemins de l'exp&#233;rience, les &#233;tend jusqu'&#224; l'inutile &#187;. Cependant, l'exp&#233;rience est un voyage lent ; Mais la &#171; contractio inquisitionis &#187; est elle-m&#234;me un moment de la m&#233;thode de B. L'int&#233;gralit&#233; du deuxi&#232;me livre du &#187;Nov. Org.&#171; traite des pr&#233;rogatives des instances, c'est-&#224;-dire de celles qui raccourcissent l'induction et mettent le doigt sur la t&#234;te. La seule chose qu'on pourrait reprocher &#224; B. &#224; cet &#233;gard, c'est qu'il ne met pas &#224; profit le talent et le g&#233;nie, comme si cela pouvait &#234;tre remplac&#233; par une m&#233;thode ou m&#234;me rendu superflu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La vie de Franz Bacon de Verulam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franz Bacon, fils de Nicolaus Bacon, grand gardien des sceaux d'Angleterre, est n&#233; &#224; Londres le 22 janvier 1561. M&#234;me dans sa plus tendre jeunesse, il a trahi son esprit. Au cours de la 12&#232;me ann&#233;e de sa vie, il fr&#233;quenta l'Universit&#233; de Cambridge et, d&#232;s la 16&#232;me ann&#233;e, il commen&#231;a &#224; voir les lacunes de la philosophie scolastique qui &#233;tait encore g&#233;n&#233;ralement dominante &#224; l'&#233;poque. La m&#234;me ann&#233;e, il se rend &#224; Paris avec l'ambassadeur d'Angleterre aupr&#232;s de la cour de France pour se former &#224; la fonction publique. Durant son s&#233;jour l&#224;-bas, il &#233;crit, alors &#226;g&#233; de 19 ans, ou du moins r&#233;dige ses &#171; Observations sur l'&#233;tat de l'Europe &#187; . Cependant, la mort inattendue de son p&#232;re l'oblige &#224; retourner en Angleterre et &#224; se consacrer &#224; l'&#233;tude du droit national pour subvenir &#224; ses besoins. Il se rendit donc au Collegium Grays-Inn, o&#249; il poursuivit ses &#233;tudes avec beaucoup de diligence et de brillants succ&#232;s, mais sans oublier la philosophie ; C'est plut&#244;t l&#224;, d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de ses &#233;tudes de droit, qu'il &#233;labore un projet de r&#233;forme universelle des sciences. Il acquit rapidement une si excellente r&#233;putation en tant que juriste que la reine Elizabeth le nomma son conseiller pour les affaires juridiques extraordinaires et lui donna par la suite le droit &#224; un poste dans la Chambre &#201;toile. Mais il n'alla pas plus loin sous Elizabeth - apparemment une cons&#233;quence de sa relation amicale avec le comte Robert d'Essex ; Car gr&#226;ce &#224; cela, il fit de son adversaire son cousin Robert Cecil Burleigh, qui &#233;tait d&#233;j&#224; jaloux de lui en raison de ses talents et qui jouait un r&#244;le influent &#224; la cour et &#233;tait l'ennemi le plus f&#233;roce du comte d'Essex et de ses amis. 17 Bacon fut accus&#233; d' ingratitude par ses contemporains et par sa post&#233;rit&#233; du fait que lorsque ce m&#234;me comte d'Essex fut jug&#233; comme criminel d'&#201;tat, il prit en charge la conduite du proc&#232;s en tant qu'avocat de la reine et, comme la plus grande indignation l'avait fait Le peuple s'est exprim&#233; sur l'ex&#233;cution de ce malheureux comte et, en outre, il s'est soumis &#224; l'ordre du gouvernement de justifier sa d&#233;marche dans cette affaire aux yeux du peuple, m&#234;me s'il avait &#233;t&#233; auparavant son ami de confiance et qu'il avait &#233;t&#233; expuls&#233; de lui. soutenu de la mani&#232;re la plus noble. 18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des circonstances plus heureuses commenc&#232;rent pour Bacon apr&#232;s la mort d'&#201;lisabeth sous le r&#232;gne du roi Jacques Ier d'Angleterre, qui le promut successivement aux plus hautes fonctions. Il avait &#233;galement am&#233;lior&#233; sa situation financi&#232;re gr&#226;ce au mariage. Malgr&#233; les nombreuses affaires complexes et importantes dont Bacon &#233;tait responsable sous James, en raison de sa position &#233;lev&#233;e dans l'&#201;tat, il travaillait en m&#234;me temps sans rel&#226;che pour r&#233;aliser son grand plan de r&#233;forme g&#233;n&#233;rale de la science. Le premier &#233;chantillon de son grand ouvrage &#171; De Dignitate et Augmentis Scientiarum &#187; parut en 1605 sous le titre : &#171; Les deux Livres de Franc. Bacon de la comp&#233;tence et de l'avancement de l'apprentissage divin et humain&#034;, ouvrage qu'il traduisit plus tard en latin avec l'aide de quelques amis, l'&#233;largit consid&#233;rablement, le divisa en 9 livres et le fit imprimer sous cette nouvelle forme environ deux ou trois ans avant sa mort ; En 1607 son ouvrage : &#034;Cogitata et Visa&#034; , apparemment la base ou plut&#244;t la premi&#232;re &#233;bauche de son &#034;Novum Organum&#034; , en 1610 son trait&#233; &#034;De la Sagesse des Antients ( De Sapientia Veterum )&#034;, qui contenait d'ing&#233;nieuses interpr&#233;tations de divers sujets de la mythologie grecque contient la plus importante de ses &#339;uvres, le &#034;Novum Organum&#034; en 1620 . [27] En 1617, Bacon devint Lord Seal Keeper, en 1619 Grand Chancelier, peu apr&#232;s Baron de Verulam, et en 1620 il fut &#233;lev&#233; au rang de vicomte sous le titre de vicomte de St. Albans. Cependant, en r&#233;ponse &#224; ces brillantes r&#233;compenses, il subit une humiliation honteuse. Il a &#233;t&#233; accus&#233; au Parlement d'abus de fonction, notamment de corruption - un d&#233;lit qu'on ne peut d'ailleurs pas d&#233;duire et qu'on doit d&#233;duire d'un faible d&#233;sir de profit, mais seulement d'une certaine faiblesse de caract&#232;re, d'une douceur et d'une indulgence excessives. 19 B. lui-m&#234;me confessait humblement ses fautes et se soumettait enti&#232;rement &#224; la mis&#233;ricorde et &#224; la compassion de ses juges. Mais cette humilit&#233; n'a pas &#233;mu ses juges, comme il l'esp&#233;rait. Il fut d&#233;clar&#233; d&#233;shonor&#233;, condamn&#233; &#224; une amende de 40 000 &#163; et emprisonn&#233; dans la Tour. Le roi a imm&#233;diatement remis sa peine de prison et son amende et a finalement annul&#233; la totalit&#233; de la peine ; mais maintenant B. s'&#233;loigna de la sc&#232;ne politique et s'occupa d&#233;sormais dans une retraite tranquille uniquement de la science et de l'&#233;criture, non sans regretter d'avoir consacr&#233; tout le temps qu'il avait consacr&#233; &#224; la vie de cour et d'&#201;tat aux activit&#233;s les plus nobles. s'engager dans les sciences. 20 Il d&#233;c&#232;de le 9 avril 1626.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie a &#233;t&#233; d&#233;crite par Rawley, Mallet, Stephens . Parmi ses nombreux &#233;crits diff&#233;rents, seuls seront mentionn&#233;s ici en relation avec l'histoire de la philosophie [28] son &#8203;&#8203;&#034;Sylva Sylvarum sive Historia Naturalis&#034; , &#034;Parmenidis, Telesii et Democriti Philosophia&#034; et son &#034;Historia Vitae et Mortis&#034; , son &#034; Historia Ventorum&#034;, ses &#034;Sermones fideles&#034; (contenu politique et &#233;thique), il existe plusieurs recueils et &#233;ditions, un en 4 volumes in folio, qui fut publi&#233; &#224; Londres en 1730, un plus complet qui y fut publi&#233; en 1740 ; D'autres &#233;ditions moins compl&#232;tes parurent : &#224; Francfort en 1665, &#224; Leipzig en 1694.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mallet , &#034;Histoire de F. Bacon&#034;, Traduction de l'Anglois, &#224; la Haye 1742, p 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. Mallet , p. 39-43.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparez les informations d&#233;taill&#233;es sur cette triste histoire dans la biographie de Franciscus Bacon dans &#171; Collection de biographies remarquables, principalement traduites de la biographie britannique &#187;, D. Siegmund Jac. Baumgarten 1754, IT, pp. 420-445.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; C'est ainsi que Bacon passa du Poste &#233;clatant, qu'il occupe, &#224; l'Ombre de la Retraite et de l'Etude, d&#233;plorant souvent, que l'Ambition et la fausse Gloire du Monde l'eussent d&#233;tourn&#233; si longtemps. &#034;Temps de l'Occupation la plus noble et la plus utile, &#224; laquelle peut s'appliquer un Etre raisonnable.&#034; 126.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;R&#233;flexion sur la vie et le caract&#232;re de Bacon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de pouvoir appr&#233;cier correctement la vie et le caract&#232;re de Bacon, tant du c&#244;t&#233; de la lumi&#232;re que du c&#244;t&#233; de l'ombre, et de comprendre ses erreurs, qui &#233;taient inexplicables compte tenu de son caract&#232;re ind&#233;niablement noble, il faut reconna&#238;tre qu'il a commis une erreur primordiale et que cette erreur primordiale l'erreur &#233;tait la cause de sa d&#233;tection d'erreur morale. Cette erreur fondamentale dans son cas consistait dans le fait qu'il voulait et &#233;coutait effectivement la voix flatteuse de la sir&#232;ne de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure ainsi que la voix divine de la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure, la voix de son g&#233;nie, de son talent, qu'il se consacrait au se sentait appel&#233; &#224; l'&#233;tude de la nature et de la philosophie, ne s'y consacra pas exclusivement, mais poursuivit &#233;galement ce qu'on appelle des &#233;tudes de subsistance et, en outre, des &#233;tudes qui le jet&#232;rent dans la brillante carri&#232;re de la vie de cour et d'&#201;tat, mais un cela l'a &#233;loign&#233; de la science, de sorte qu'il s'est ainsi fragment&#233;, l'unit&#233; de son esprit &#233;tant d&#233;truite avec elle. Bacon lui-m&#234;me dit de lui-m&#234;me : &#171; Me ipsum autem ad veritatis contemplationes quam ad alia magis fabrefactum deprehendi, ut qui mentem et ad rerum similitudinem (quod maximum est) agnoscendum satis mobi lem, et ad diff&#233;reniarum subtilitates observandas satis fixam et intentam haberem, qui et quaerendi desiderium et dubitandi patientiam et meditandi voluptatem et asserendi cunctationem et resipiscendi facilitem [29] et disponendi sollicitudinem tenerem, quique nec novitatem affectarem, nec antiquitatem admirarer et omnem imposturam odissem. Quare naturam meam cum veritate quandam familiaritatem et cognationem habere judicavi. &#187; 21 Dans une lettre &#224; Thomas Bodley, il admet lui-m&#234;me qu'il n'a aucune inclination pour les affaires d'&#201;tat et qu'il ne peut pas s'en occuper sans &#234;tre d&#233;pass&#233;. Dans une lettre au roi Jacob , qu'il &#233;crivit apr&#232;s sa chute, il lui demanda de lui verser sa pension afin qu'il ne soit pas oblig&#233; d'&#233;tudier pour vivre, lui qui ne voulait vivre que pour &#233;tudier .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galil&#233;e , contemporain de B., a v&#233;cu presque tout le temps dans ses derni&#232;res ann&#233;es &#171; loin de l'agitation de la ville de Florence, soit dans les domaines de ses amis, soit dans l'un des domaines voisins de D. Belloguardo ou D. Arcetri, o&#249; il vivait &#233;galement, pr&#233;f&#233;rait rester car il lui semblait que la ville &#233;tait pour ainsi dire une prison pour les esprits sp&#233;culatifs, tandis que la vie libre &#224; la campagne &#233;tait un livre de la nature qui &#233;tait toujours sous les yeux de tous ceux qui le voulaient. lisez-le et &#233;tudiez-le avec les yeux de leur compr&#233;hension. 22 Spinoza a dit : &#171; Nos eatus tantummodo agimus , quatenus intelligimus &#187; [30] et non seulement sa vie, mais celle de tous les penseurs ont confirm&#233; la v&#233;rit&#233; de cette phrase. Leibniz dit quelque part : &#171; Nous sommes faits pour penser . Le vrai penseur, le v&#233;ritable scientifique, ne sert que l'humanit&#233;, tout en servant en m&#234;me temps la v&#233;rit&#233; ; il consid&#232;re la connaissance comme le bien le plus &#233;lev&#233;, quelque chose de vraiment utile ; leur promotion est son but pratique dans la vie ; Il consid&#232;re donc chaque heure qu'il ne consacre pas au service du savoir comme une perte de vie. Alors comment B., avec son penchant r&#233;solu pour l'&#233;tude de la nature et de la science en g&#233;n&#233;ral, qui ne prosp&#232;re que dans l'enfermement et l'&#233;limination de toutes pr&#233;occupations disparates, pourrait-il se lancer dans une voie qui lui est compl&#232;tement oppos&#233;e, dans la voie de la vie &#233;tatique ? Et quelle en fut la cons&#233;quence in&#233;vitable ? Aussi habile et habile homme d'&#201;tat qu'il f&#251;t, ce qui &#233;tait normal compte tenu de ses excellents talents, il &#233;tait pour ainsi dire hors de lui-m&#234;me dans la vie de l'&#201;tat, non dans son essence ; Son esprit, qui n'avait besoin que de science, ne trouvait aucune satisfaction dans cette activit&#233; politique ; Dans cette sph&#232;re, il n'avait n&#233;cessairement ni centre, ni support, ni caract&#232;re solide, car l&#224; o&#249; quelqu'un n'a pas son essence, il n'a pas non plus son centre de gravit&#233; et son centre et donc vacille et se balance d'avant en arri&#232;re ; Il n'&#233;tait pas pr&#233;sent dans cette sph&#232;re avec son &#226;me, ni avec tout son &#234;tre, avec tout son sang-froid ,23 et il devait donc &#234;tre dans cette contradiction, dans une sph&#232;re qui n'&#233;tait pas vraiment la sienne, qui contredisait la v&#233;ritable pulsion de son intelligence. , fait aussi des faux pas qui sont m&#234;me sa morale [31]Des &#234;tres qui &#233;taient manifestement de nature noble se contredisaient. Quand quelqu'un se sent r&#233;ellement appel&#233; &#224; &#234;tre productif, non pas dans un domaine particulier de la connaissance, mais dans la science en g&#233;n&#233;ral, pour y r&#233;aliser de grandes et &#233;ternelles choses, quand il &#233;labore des projets aussi vastes et universels que B., quand il s'efforce de trouver de nouveaux principes et, en outre, pour promouvoir et promouvoir une connaissance qui n&#233;cessite une expansion infinie en largeur et en ampleur, s'il a en lui la volont&#233; de faire de la science elle-m&#234;me le but et le but de sa vie, alors la science est son &#226;me, son centre, son centre scientifique. activit&#233; le domaine qui lui est assign&#233; ; En dehors de cela, il est hors de lui-m&#234;me, perdu et &#233;tranger, et s'il se laisse s&#233;duire par des stimuli et des motivations externes pour entrer dans un &#233;l&#233;ment oppos&#233; et s&#233;par&#233; de la science, alors il a la premi&#232;re et vraie raison de le faire. ses derni&#232;res Erreurs et faux pas, il a commis un p&#233;ch&#233; contre le Saint-Esprit, car il l'a, sinon priv&#233; de la facult&#233; spirituelle que seule poss&#232;de &#224; juste titre, du moins en a diminu&#233; la part, il a commis l'adult&#232;re en sacrifiant son amour ; qu'il ne devrait se consacrer qu'&#224; son &#233;pouse l&#233;gitime, la science, gaspill&#233;e dans le monde. La chute ignominieuse de B &#233;tait donc juste, voire m&#234;me n&#233;cessaire, car par cette chute il a expi&#233; sa premi&#232;re disgr&#226;ce, son apostasie par rapport &#224; la v&#233;ritable vocation de son intelligence, et il est revenu &#224; sa nature originelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si B. a prouv&#233; que les savants peuvent aussi &#234;tre de grands hommes d'&#201;tat, il a aussi prouv&#233; en m&#234;me temps, du moins de lui-m&#234;me, que la science est jalouse au plus haut point, qu'elle n'accorde la faveur ultime qu'&#224; ceux qui s'y consacrent. indivisement, que le savant, s'il se fixe au moins une t&#226;che telle que celle que B. s'est fix&#233;e, ne peut rien appliquer aux affaires du monde sans perturber ainsi le caract&#232;re domestique de son activit&#233; scientifique . 24 Si B. n'avait pas fragment&#233; sa vie, s'il avait consacr&#233; toute sa vie au service de la science &#224; l'instar d'autres grands savants, il ne se serait pas arr&#234;t&#233; &#224; un simple mot d'ordre, &#224; un noble aper&#231;u de la grande structure de la science. la science, sans en &#233;laborer aucune partie ; Ainsi, il aurait approfondi des sujets particuliers et, avec la masse de connaissances, d'exp&#233;riences et d'observations dont il disposait, et avec ses excellentes capacit&#233;s mentales, il aurait obtenu certains r&#233;sultats et trouv&#233; certaines lois naturelles comme Galil&#233;e et Cartesius ; Il prouverait alors l'universalit&#233; de son esprit, non pas dans la simple &#233;laboration de plans, mais aussi dans la p&#233;n&#233;tration et la ma&#238;trise du particulier, dans l'&#233;l&#233;vation du particulier au g&#233;n&#233;ral, dans laquelle le v&#233;ritable esprit universel se manifeste, et non il a parcouru tant de sujets avec tant d'insouciance, en bref, apr&#232;s avoir accompli infiniment plus que ce qu'il avait r&#233;ellement accompli. 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si B. avait un v&#233;ritable penchant pour la vie sp&#233;culative, comment a-t-il pu se lancer dans la vie politique et commettre une telle contradiction ? Uniquement parce qu'il y avait un dualisme dans son essence, dans son esprit ou principe spirituel m&#233;taphysique. Bien que, comme nous le montrerons, B. &#233;tait loin d'&#234;tre l'empiriste qu'il est devenu plus tard, bien qu'il ait le sens et la capacit&#233; de la pens&#233;e m&#233;taphysique et de sa simplicit&#233; et qu'il ait m&#234;me produit de profondes pens&#233;es m&#233;taphysiques, m&#234;me si [33 ] L' empirisme n'est pas la chose , mais seulement les moyens n&#233;cessaires, non l'essence, mais seulement un moment, en m&#234;me temps l'esprit du mat&#233;rialisme, tel qu'il s'est d&#233;velopp&#233; plus tard, est celui qui se d&#233;verse dans la sensualit&#233; et n'est dirig&#233; que vers l'ext&#233;rieur. L' imagination , est d&#233;j&#224; contenu en lui et en son principe spirituel. Afin de se justifier devant sa propre conscience, B. peut invoquer tout ce qu'il veut comme motif de sa candidature &#224; une fonction publique, m&#234;me le but pieux de la pastorale, qu'il aurait cru pouvoir atteindre au mieux dans une position &#233;lev&#233;e dans l'&#201;tat. &#201;tat ; Ce n'est que l'esprit du mat&#233;rialisme, sortant de lui-m&#234;me et arrach&#233; de lui-m&#234;me, aveugl&#233; par la splendeur de la grandeur du monde, qui ne lui a pas permis, du moins au d&#233;but, de reprendre conscience de son v&#233;ritable objectif, qui l'a attir&#233;. de la simplicit&#233; m&#233;taphysique de la vie scientifique et dans la brillante richesse des images de la vie d'&#201;tat. Il n'y avait donc qu'un dualisme dans son &#234;tre spirituel - un dualisme qui s'exprimait &#233;galement dans le fait que, alors qu'il avait et fondait une vision purement ind&#233;pendante et ind&#233;pendante de la physique, la physique, qui d'ailleurs selon lui n'&#233;tait qu'une partie, devait maquillage, a compl&#232;tement arrach&#233; &#224; la th&#233;ologie toutes les relations qui mettaient la physique en relation avec la religion, mais par pi&#233;t&#233;, il a toujours mis en parall&#232;le ses pens&#233;es purement physiques dans le go&#251;t de son &#233;poque et des suivantes avec les paroles de la Bible et ainsi de suite &#224; leur sujet. Si une dame du monde &#224; l'esprit terrestre r&#233;pandait dans son c&#339;ur une aur&#233;ole sur sa physique 26 , c'&#233;tait, dis-je, seulement ce dualisme m&#233;taphysique ou [34] spirituel qui cr&#233;ait le dualisme de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impetus Philosophici : &#171; De interpr&#233;tation naturae Prooemium &#187;, coll. 744, &#233;d. 1665. Tout ce d&#233;bat est important pour le pr&#233;sent sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie de Galil&#233;e dans &#034;Acta Philosophorum&#034;, T. III, 15e pi&#232;ce, 1724, et &#034;Lettres philosophiques &#224; Mad... etc.&#034; de Charle Pougens , Lettre sur Galil&#233;e .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; S'il r&#233;clamait une promotion dans la vie civile ou tentait d'y parvenir, ce n'&#233;tait que dans l'intention d'obtenir les moyens de perfectionner et de r&#233;aliser son enseignement. Parce que m&#234;me les actions les plus magnifiques de sa vie ne devaient que l'aider &#224; y parvenir. En un mot, l'introduction de cette nouvelle fa&#231;on de recevoir la sagesse fut son inclination dominante et la grande source de ses actions tout au long de sa vie. Cela l'a incit&#233; &#224; rechercher rapidement du service ; cela le r&#233;confortait lorsque de tels efforts &#233;chouaient ; A mesure qu'il atteignait le plus haut degr&#233; de sa grandeur, cela l'occupait de la mani&#232;re la plus agr&#233;able dans ses moments d'oisivet&#233;. &#034; &#034; Biogr. Britan.&#171; dans la collection de Baumgarten , p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Peter Heylyn dit &#224; juste titre : &#171; Il &#233;tait dommage qu'il ne soit pas soutenu par un salaire gratuit et qu'il vive &#224; l'&#233;cart de toutes les affaires, tant &#224; la cour qu'au tribunal, et qu'il re&#231;oive suffisamment de moyens et d'aide dans son projet pour continuer. &#171; L.c., p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. a accompli ce qu'il voulait accomplir et il en a accompli suffisamment. Il voulait seulement donner le plan du b&#226;timent &#224; construire ; Il a laiss&#233; la construction elle-m&#234;me &#224; d'autres. Il savait que ce qu'il voulait ne pouvait pas &#234;tre r&#233;alis&#233; par une seule personne, mais seulement par d'innombrables personnes, non pas &#224; son &#233;poque, mais seulement au cours des si&#232;cles &#224; venir. Il fait donc toujours appel &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul passage pour prouver cette contradiction. Dans le royaume de la nature, dit-il (ou de l'homme ou de la science, car c'en est un), on ne peut entrer, comme dans le royaume des cieux, qu'en tant qu'enfant. Comme cette comparaison para&#238;t pieuse ! Mais m&#234;me si on l'analyse un peu, cela montre exactement le contraire. N'est-ce pas la propri&#233;t&#233; exclusive du royaume des cieux, qui n'appartient qu'&#224; lui et le distingue de tout autre royaume, qu'on ne puisse y entrer qu'en tant qu'enfant ? Puis-je alors m'approcher et me consacrer aux choses sensuelles et naturelles communes avec le m&#234;me &#233;tat d'esprit, avec la m&#234;me disposition, avec lesquels je me consacre &#224; Dieu ? Qu'ai-je pour lui avec lequel je puisse l'honorer et le v&#233;n&#233;rer, si je ne r&#233;serve pas le meilleur de moi, l'esprit d'enfant, &#224; lui seul et le lui donne exclusivement ? Est-ce que je ne prends pas au royaume des cieux exactement ce que je donne au royaume terrestre ? Mais ce n'est pas le lieu d'entrer dans les d&#233;tails. N&#233;anmoins, l'auteur de l'ouvrage &#034;Le Christianisme de Fran&#231;ois Bacon etc.&#034; &#224; Paris An VII, 2 volumes, y voit un signe particulier de la pi&#233;t&#233; de B qu'il cite si souvent des versets bibliques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La signification philosophique de Bacon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] La position essentielle et l'importance de Bacon dans l'histoire de la science moderne sont g&#233;n&#233;ralement qu'il a examin&#233; l'exp&#233;rience , qui n'&#233;tait auparavant qu'une question de hasard, sans le soutien d'en haut, des plus hautes autorit&#233;s de l'histoire et de la pens&#233;e, qui ne d&#233;pendait que de la particularit&#233; accidentelle et l'inclination des individus devinrent une n&#233;cessit&#233; indispensable, une affaire de philosophie, le principe m&#234;me de la science. Mais sa signification est plus pr&#233;cise : il a fond&#233; la science naturelle sur l'exp&#233;rience, rempla&#231;ant ainsi la vision fantastique ou scolastique de la nature par une vision objective et purement physique de la nature. Car bien que B. ait englob&#233; tout le domaine de la science avec un esprit encyclop&#233;dique qui a pass&#233; en revue la masse totale de toutes les connaissances disponibles &#224; son &#233;poque et l'a organis&#233; &#224; sa mani&#232;re ing&#233;nieuse et, avec d'excellentes instructions, [35] a enrichi certaines pens&#233;es et remarques qui ont enrichi les domaines encore peu d&#233;velopp&#233;s de la connaissance, a d&#233;couvert des branches particuli&#232;res des sciences et a encourag&#233; et stimul&#233; les esprits dans leur culture, m&#234;me s'il a donn&#233; aux sciences naturelles une place particuli&#232;re dans l'ensemble des sciences, il s'est toujours tenu sur le vaste terrain des sciences, qu'il a couvert avec l'aper&#231;u d'un Le commandant a repris et observ&#233; le centre de ses pens&#233;es et de ses efforts uniquement dans le sens des sciences naturelles , mais le but, l'objet et l'int&#233;r&#234;t essentiels de son esprit &#233;taient tir&#233;s de l'exp&#233;rience de la source de la nature. elle-m&#234;me, et non par une source &#233;trang&#232;re. Il s'agit d&#233;sormais d'une science logique, th&#233;ologique ou math&#233;matique, une science naturelle obscurcie par des ingr&#233;dients. La signification historique de B est que, contrairement aux &#233;poques ant&#233;rieures, lorsque l'esprit, concentr&#233; sur des objets suprasensibles et th&#233;ologiques, n'avait aucun int&#233;r&#234;t pur pour la nature et que son &#233;tude &#233;tait donc n&#233;glig&#233;e et d&#233;form&#233;e, il s'agissait d'une activit&#233; particuli&#232;re, secondaire. l'occupation a fait des sciences naturelles fond&#233;es sur l'exp&#233;rience l'&#233;tude de toutes les &#233;tudes, le principe lui-m&#234;me, la m&#232;re des sciences. 28 Quelle que soit la port&#233;e de ses exp&#233;riences et suggestions, de ses observations et de ses connaissances dans le domaine des sciences naturelles, ce n'est encore que son essence, qu'il a donn&#233; une m&#233;thode , un organon, une logique d'exp&#233;rience, une certaine instruction pour assurer et r&#233;ussir. exp&#233;rience, pour &#233;lever l'exp&#233;rience aveugle et le t&#226;tonnement dans le domaine du particulier &#224; un art de l'exp&#233;rimentation bas&#233; sur des lois et des r&#232;gles logiques et donc, pour ainsi dire, &#224; un art auparavant maladroit[36] ont tent&#233; de donner les outils de l'exp&#233;rience &#224; une humanit&#233; maladroite et non entra&#238;n&#233;e. &#192; strictement parler, on ne peut donc pas parler du contenu de Bacon &#224; cet &#233;gard ; toutes les exp&#233;riences et d&#233;couvertes physiques des temps modernes pourraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme son contenu, m&#234;me s'il n'y avait aucune indication sp&#233;cifique de celui-ci ; son essence r&#233;side uniquement dans la m&#233;thode, dans la mani&#232;re de voir et de traiter la nature, dans la r&#233;f&#233;rence &#224; l'exp&#233;rience. Cependant, B. n'&#233;tait donc rien de moins qu'un empiriste au sens habituel du terme, sans parler d'un empiriste n&#233;gatif contre le plus profond, contre la philosophie. Il a imm&#233;diatement d&#233;sign&#233;, et &#224; juste titre, l'exp&#233;rience, qui est selon lui le lien le plus intime entre la pens&#233;e et la perception sensorielle, comme la seule source de connaissance dans le domaine de la nature , qu'il a imm&#233;diatement provoqu&#233;e et qui ne visait initialement que l'empirisme et, &#233;tant donn&#233; la nature distraite de sa vie et de sa nature, il ne pouvait pas avoir le loisir d'&#233;lever les perceptions sensorielles et les exp&#233;riences individuelles au rang de connaissance, alors l'empirisme n'&#233;tait pour lui qu'un moyen, pas une fin , seulement le d&#233;but , mais plut&#244;t le r&#233;sultat . ne devrait &#234;tre que de la philosophie ou du savoir philosophique ; Ainsi, il a d&#233;termin&#233; comme but et objet des sciences naturelles la connaissance des &#171; formes &#233;ternelles et immuables des choses &#187; et a donc domin&#233; ce qu'il consid&#233;rait comme l'objet des sciences naturelles et, dans la mani&#232;re dont il l'a d&#233;termin&#233;, c'&#233;tait une pens&#233;e v&#233;ritablement philosophique. , qui bien s&#251;r ne restait en lui qu'une pens&#233;e pr&#233;sent&#233;e et non men&#233;e &#224; ex&#233;cution et &#224; r&#233;alisation. Selon lui, l'objet et le but de la connaissance et de l'exp&#233;rience est la connaissance des formes des choses. Mais selon lui la forme d'une chose est le g&#233;n&#233;ral, le genre, l'id&#233;e d'une chose n'est pas une id&#233;e vide et vague, un g&#233;n&#233;ral mauvais et formel, un genre ind&#233;fini et abstrait, mais un tel g&#233;n&#233;ral qui, comme il le dit, la fons emanationis, la natura naturans, le principe des d&#233;terminations particuli&#232;res d' une chose, la source d'o&#249; naissent sa vraie diff&#233;rence, ses propri&#233;t&#233;s, le principe cognitif du particulier est, en un mot, un principe universel. , une id&#233;e qui est &#224; la fois mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;e , non pas au-dessus et en dehors de la nature, mais immanente &#224; la nature. Par exemple, selon B. le concept, l' id&#233;e , le genre de chaleur est le mouvement ; Mais la d&#233;termination ou la diff&#233;rence qui fait la chaleur du mouvement est qu'il s'agit d'un mouvement expansif , &#224; la diff&#233;rence des autres types de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. &#233;tait donc lib&#233;r&#233; de ce scolesticisme , de ce sophisme de l'empirisme, qui fouille toujours du particulier dans le particulier, ne faisant sans cesse que distinguer, subtiliser et pr&#233;ciser dans l'infini, nous &#233;garer, faire de la nature un labyrinthe sans issue. Ne voyons pas la for&#234;t &#224; cause des arbres. Car de m&#234;me que selon lui seul le g&#233;n&#233;ral est le v&#233;ritable universel, qui est tellement d&#233;termin&#233;, diff&#233;renci&#233; et mat&#233;rialis&#233; en lui-m&#234;me qu'il contient le principe cognitif du particulier et de l'individuel, de m&#234;me pour lui seul le particulier est le vrai particulier, qui donne la lumi&#232;re. et la connaissance, qui m&#232;ne de la multiplicit&#233; &#224; la simplicit&#233;, de la diversit&#233; &#224; l'unit&#233;, &#224; travers et &#224; partir de laquelle l'universel peut &#234;tre connu ou d&#233;couvert. Selon lui, la mati&#232;re du particulier ne devrait pas &#234;tre un simple tas de sable extr&#234;mement grand dans lequel, si nous voulons grimper, nous nous enfon&#231;ons de plus en plus profond&#233;ment sans atteindre un point de vue plus &#233;lev&#233; et plus ferme, et les grains individuels de il sort toujours d'un type de pierre sp&#233;cial, de sorte que nos yeux d&#233;bordent des reflets chatoyants de cette diversit&#233; et nous perdons notre capacit&#233; de voir, mais plut&#244;t une montagne sur laquelle les diff&#233;rents types de pierres de la nature sont entass&#233;s en grand, des masses de couches solides et coh&#233;rentes et nous servent de base solide pour obtenir une vue d'ensemble libre et philosophique de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait donc loin de B. d'affirmer, de la mani&#232;re dogmatique et sceptique populaire qui fait de l'incapacit&#233; ou de l'incapacit&#233; une qualit&#233; positive de l'homme, que l'homme ne conna&#238;t pas la nature ; Au contraire, il a la conscience tr&#232;s pr&#233;cise que le fait que nous puissions ou non en savoir quelque chose de r&#233;el d&#233;pend uniquement de la m&#233;thode , de la mani&#232;re de notre processus intellectuel. 30 C'est pourquoi son esprit ne se contente pas de l'enveloppe de la nature, il en d&#233;sire encore plus, il exige que la science naturelle ne se limite pas &#224; la surface des ph&#233;nom&#232;nes, mais qu'elle s'efforce d'en reconna&#238;tre les causes et m&#234;me les causes. les causes. 31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison pour laquelle B. &#233;tait g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233; uniquement comme un empiriste et &#233;tait devenu leur saint patron par les empiristes simples, voire anti-philosophiques, &#233;tait que les id&#233;es sp&#233;culatives profondes que l'on peut trouver dans ses &#233;crits n'&#233;taient pas prises en compte lors de leur &#233;valuation et n'a eu aucune influence. D'ailleurs, la raison en r&#233;side dans B. lui-m&#234;me, &#224; savoir dans le fait qu'il a tellement mal compris et m&#233;pris&#233; la m&#233;taphysique et la philosophie des Grecs et l'empirisme, bien qu'il n'en fasse que le milieu, voire le &#233;tage le plus bas du b&#226;timent des sciences, L'&#233;tage sup&#233;rieur, d'o&#249; seule une vue sur la nature est donn&#233;e, admet la philosophie [39] d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de l'exp&#233;rience , mais en a n&#233;anmoins fait son salon et son bureau, en restant avec elle, mais principalement dans le fait que son esprit n'&#233;tait ni un esprit v&#233;ritablement sp&#233;culatif philosophiquement et math&#233;matiquement, mais que son esprit &#233;tait un esprit sensuel, purement physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. &#233;tait donc avant tout destin&#233; et appel&#233; &#224; r&#233;veiller l'&#233;tude de la physique, dans la mesure o&#249; il s'agit de physique et non seulement de &#171; math&#233;matiques appliqu&#233;es &#187; ; Pr&#233;cis&#233;ment en raison de sa relation int&#233;rieure avec l'essence de la sensualit&#233;, son esprit &#233;tait un esprit orient&#233; vers la sp&#233;cificit&#233; et la diff&#233;rence, la qualit&#233; des choses , qui cherchait &#224; saisir les choses dans leur &#234;tre et leur vie sp&#233;cifiques et qualitatifs. Le concept qui le domine et le d&#233;termine est celui de qualit&#233; ; C'est pourquoi il met autant l'accent sur l'exp&#233;rience, la souligne avec tant d'urgence. Car la qualit&#233; dans la nature n'est que l'objet de la sensation sensuelle, de l'exp&#233;rience ; elle ne devient qu'indirectement l'objet de la pens&#233;e ; Mais dans sa nature particuli&#232;re, il n'est toujours que l'objet d'une sensation et d'une perception sensorielle imm&#233;diate. C'est pourquoi B. n'accorde aux math&#233;matiques qu'une position subordonn&#233;e dans la physique et s'exprime ainsi &#224; ce sujet : &#187;Quantitas (quae subjectum est Mathematicae) materiae applicata veluti dosis Naturae est, et plurimorum effectuum in rebus naturalibus causativa, ideoque inter Formas essentiales numeranda est. Illud int&#233;rim verum est, quantitatem inter formas naturales (quales nos eas intelligimus) omnium maxime esse abstractam et a materia separabilem , quod ipsum in causa fuit, cur et diligentius exculta et acrius inquisita ab hominibus fuerit, quam aliae quaecunque formae , quae omnes in materia magis sunt immersae ... Nescio quo fato fiat, ut Mathematica et Logica, quae ancillarum loco erga Physicam se gerere debebant, [40] nihilominus certitudinem suam prae ea jactantes dominatum contra exercee praesumant. , c. 6) C'est pourquoi B. est unique &#224; cet &#233;gard. Car le concept qui domine Hobbes, Cartesius et d'autres naturalistes de son &#233;poque et plus tard dans leur vision de la nature est celui de quantit&#233; ; pour eux, la nature n'est qu'un objet en termes de d&#233;terminabilit&#233; math&#233;matique. B., au contraire, met l'accent sur la forme de la qualit&#233; ; la nature n'est pour lui qu'un objet sous cette forme ; C'est pourquoi il dit &#233;galement que m&#234;me la premi&#232;re question doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e en relation avec le mouvement et la qualit&#233; . C'est pourquoi il ne s'int&#233;resse aux objets de l'astronomie qu'en tant qu'objets physiques, puisqu'il souhaite que l'accent soit mis sur leurs propri&#233;t&#233;s physiques. &#187; Neque enim calculos aut praedictiones tantum meditamur, sed Philosophiam, eam scilicet, quae de Superiorum Corporum non motu solummodo, ejusque periodis, sedsubstantia quoque et omnimoda qualitate , potestate atque influxu intellectum humanum informare secundum rationes naturales atque indubitatas possit, atque rursus in motu ipso invenire, atque explicare, non quid phaenomenis sit consentaneum, sed quid in Natura penitus repertum atque actu et re ipsa verum sit. Itaque plurimum et Praesidii ad contemplationem coelestium in Physicis ratiobus collocamus.&#034; [41] (&#034;Descript. Glob. Intell.&#034;, cap. V) C'est pourquoi il dit aussi de lui-m&#234;me qu'il cherche &#224; rechercher en particulier les passiones ou l'app&#233;tit materiae. . 33 (&#171; Nov. Org. &#187;, II, Aph. 48)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. s'exprime donc avec la plus grande violence contre Paracelse. Il dit de lui, par exemple, qu'il n'a pas cach&#233; la lumi&#232;re de la nature, dont il abuse si souvent du saint nom, mais qu'il l'a &#233;teinte, qu'il n'est pas seulement un d&#233;serteur mais un tra&#238;tre &#224; l'exp&#233;rience. Cependant, il mentionne la trinit&#233; de ses principes &#8211; une remarque certainement int&#233;ressante pour les Trinitaires sp&#233;culatifs ! &#8211; un &#171; commentum haud ita prorsus inutile et rebus aliqua ex parte finitimum. &#187; S. Imp. Philos., &#171; De Interpret. Nat. Envoy&#233;.&#8221;, c. II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. appelle m&#234;me les sciences naturelles la m&#232;re des autres. Bien que, comme la philosophie de Dieu, de la nature et de l'homme, il pr&#233;suppose une science g&#233;n&#233;rale, la philosophia prima, dont la premi&#232;re partie est cens&#233;e traiter des principes communs aux diverses sciences, il constate n&#233;anmoins imm&#233;diatement que dans l'autre partie de la philosophia prima, qui traite du conditionibus adventitiis rerum, par exemple l'&#233;galit&#233; et l'in&#233;galit&#233;, ces objets ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s logiquement mais physiquement . &#187;De Augm. Scientifique.&#171; , III, ch. 1, et V, ch. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparer par exemple &#187;nov. Org., moi, Aph. 95.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple &#187;nov. Org.&#8221;, Aph. 37. &#187;Illi enim nihil sciri posse, affirmer simplement ; Nos non multum sciri posse in natura ea , quae nunc in usu est, via .&#034; et &#034;De Augm. Scientifique.&#171; , III, ch. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : &#171; Recte ponitur : Vere scire esse per causas scire &#187;. Org., II, Aph. 2. &#8211; &#171; Satis scimus nullum de rebus raris aut notabilibus judicium fieri posse, multo minus res novas in lucem protrahi, absque vulgarium rerum causis et causarum causis rite examinatis et repertis etc. &#187; 109. - Contre la fa&#231;on dont les empiristes et encyclop&#233;distes fran&#231;ais comprenaient B., ce point est particuli&#232;rement soulign&#233; par Le Sage et De Luc , cf., dont le &#171; Pr&#233;cis de laphilosophie de Bacon etc. &#224; Paris 1802, T. I, p.60 etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe dit &#224; juste titre (&#224; propos de la th&#233;orie des couleurs) : &#171; L'insensibilit&#233; (Bs) aux m&#233;rites des pr&#233;d&#233;cesseurs, &#224; la dignit&#233; de l'Antiquit&#233;, est extr&#234;mement d&#233;sagr&#233;able. Car comment peut-on &#233;couter avec sang-froid lorsqu'il compare les &#339;uvres d'Aristote et de Platon &#224; des tables lumineuses qui, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles ne sont pas constitu&#233;es d'une masse solide et substantielle, peuvent facilement nous &#234;tre apport&#233;es par le courant du temps ? &#187; d'ailleurs, B. s'int&#233;resse surtout &#224; Platon et surtout &#224; Aristote ; Il rend pleinement justice aux philosophes plus anciens qui fondaient la nature sur des principes mat&#233;riels et sensuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces passions et d&#233;sirs de la mati&#232;re, B. n'entend ici rien d'autre que les ph&#233;nom&#232;nes d'expansion, de contraction, d'attraction, etc., qui ont lieu sur les corps c&#233;lestes aussi bien que sur la terre, c'est-&#224;-dire qu'ils sont des propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;rales de la mati&#232;re sur lesquelles la diff&#233;rence de localisation n'a aucune influence.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re des sciences &#224; ce jour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Les sciences ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent dans un &#233;tat des plus tristes et des plus pitoyables. Ce n'est pas &#233;tonnant ; nos sciences sont d'origine grecque ; car les ajouts des &#233;crivains romains, arabes ou modernes sont peu nombreux et peu importants et du moins, quelle que soit leur nature, ont pour base les inventions des Grecs. La sagesse grecque ne manque pas de paroles, mais elle manque d'&#339;uvres. 34 (&#171; NON &#187;, I, A. 71) [42] La science &#233;tait encore dans leur enfance ; C'est pourquoi les Grecs sont aussi bavards que des enfants, mais aussi immatures et incapables de g&#233;n&#233;rer. La preuve en est que la philosophie des Grecs et les sciences qui en d&#233;rivent, au cours de tant de si&#232;cles, n'ont gu&#232;re produit une seule &#339;uvre ou une seule exp&#233;rience qui ait apport&#233; un b&#233;n&#233;fice r&#233;el &#224; la vie humaine et qui puisse &#234;tre d&#233;riv&#233;e de leurs dogmes et de leurs principes. sp&#233;culations. 35 Mais une philosophie qui ne produit aucune &#339;uvre est vaine. Car comme la foi, la philosophie doit aussi &#234;tre jug&#233;e et valoris&#233;e uniquement par ses &#339;uvres. (lc, A. 71, 73 et Praefatio)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences, dans leur &#233;tat actuel, ont donc une ressemblance vraiment frappante avec cette fabuleuse Scylla, vierge de visage mais transform&#233;e en monstres aboyants dans son corps. Lorsqu'on les regarde de face, c'est-&#224;-dire dans leurs propositions g&#233;n&#233;rales, elles ont certes une apparence belle et s&#233;duisante, mais quand on en vient aux propositions particuli&#232;res, sp&#233;ciales, qui forment, pour ainsi dire, les organes g&#233;n&#233;rateurs de la science, on trouve qu'ils naissent finalement dans de simples disputes verbales et se terminent comme le corps de Scylla dans des chiens qui aboient. (lc, pr&#233;f.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences &#233;taient donc une chose morte &#224; une &#233;poque, elles restaient immobiles comme des statues, toujours debout &#224; la m&#234;me place, et elles ne faisaient pas de progr&#232;s significatifs, significatifs. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme nos sciences ne sont que des compilations de choses d&#233;j&#224; invent&#233;es il y a longtemps, sans instructions pour de nouvelles inventions, et donc totalement inutiles pour l'invention de nouveaux [43] &#339;uvres ou arts, notre logique actuelle ne nous aide en rien &#224; inventer. les nouvelles connaissances et sciences, oui, elles servent plus &#224; renforcer l'erreur qu'&#224; d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233;, elles sont donc plus nuisibles qu'utiles ; (lc, I, A. 11, 8, 12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syllogisme est constitu&#233; de phrases, la phrase est constitu&#233;e de mots, mais les mots sont des signes des concepts. Si les concepts sont des abstractions confuses et h&#226;tives des choses, alors les conclusions et conclusions qui en d&#233;coulent ne servent &#224; rien. Mais il n'y a aucune raison valable dans nos concepts logiques et physiques ; ils sont tous imaginaires et mal d&#233;finis. (lc, A. 14, 15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous n'avons pas eu une v&#233;ritable philosophie naturelle pure, qui est la m&#232;re de toutes les sciences. Au contraire, elle a toujours &#233;t&#233; falsifi&#233;e et corrompue, notamment par la logique &#224; l'&#233;cole d'Aristote, par la th&#233;ologie naturelle &#224; l'&#233;cole de Platon, &#224; la deuxi&#232;me &#233;cole de Platon, celle de Proclus et d'autres, par les math&#233;matiques, celle de la philosophie naturelle ne devrait &#234;tre que d&#233;cider ou limiter, mais pas commencer et cr&#233;er. 36 (lc, A. 96, u. II, A. 8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois pour toutes, je dois noter ici qu'en traduisant chaque passage, je ne suis pas seulement celui-ci, mais d'autres passages similaires que l'on peut trouver chez B., et que dans chaque passage d'un &#233;crivain, je traduis l'&#233;crivain dans sa totalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dicton fran&#231;ais : &#171; Il veut apprendre &#224; sa m&#232;re &#224; faire des enfants &#187; correspond parfaitement &#224; B., qui parle de la science grecque ici et ailleurs. Car m&#234;me le fait qu'il soit et parle contre elle, il ne le doit qu'&#224; elle, il ne le doit qu'&#224; l'esprit dont est n&#233;e la philosophie grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Per Mathematicam, le texte dit, quae Philosophiam naturalem terminare, non generare aut proereare debet. Br&#252;ck dans sa traduction du &#187;Nov. Org., Leipzig 1830, le traduit ainsi : &#171; par les math&#233;matiques, qui peuvent d&#233;terminer mais ne peuvent rien &#233;tablir de nouveau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison g&#233;n&#233;rale et essentielle pour laquelle les sciences n'ont pas pu se d&#233;velopper jusqu'&#224; nos jours n'est qu'une seule, &#224; savoir celle-ci : elles se sont arrach&#233;es &#224; leurs racines, &#224; la nature et &#224; l'exp&#233;rience, parce que ce qui a pour base la nature grandit et prosp&#232;re. , mais ce qui ne repose que sur des opinions subit de nombreux changements, mais n'a aucun mouvement progressiste. (&#171; NON &#187;, I, A. 74)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les causes particuli&#232;res du triste &#233;tat actuel des sciences, en particulier de la philosophie naturelle, [44] leur m&#232;re, sont diverses, entre autres les suivantes : le vieux pr&#233;jug&#233; bien enracin&#233; selon lequel l'esprit humain perd une partie de sa dignit&#233; s'il se consacre &#224; j'exp&#233;rimente et je m'occupe beaucoup et avec persistance de choses sp&#233;ciales, sensuelles, immerg&#233;es dans la mati&#232;re ; superstition et z&#232;le religieux aveugle et d&#233;raisonnable , qui a toujours &#233;t&#233; l'adversaire le plus aga&#231;ant et le plus irr&#233;conciliable de la philosophie naturelle, qui, m&#234;me parmi les Grecs, accusait d'irr&#233;ligieux ceux qui, aux oreilles encore inconnues des gens, tiraient les &#233;clairs et le tonnerre de causes naturelles , et chez certains p&#232;res de l'&#201;glise, ceux qui d&#233;non&#231;aient l'h&#233;r&#233;sie, qui prouvaient que la terre &#233;tait ronde et qu'il y avait donc n&#233;cessairement des antipodes ; la pr&#233;occupation exclusive de morale et de politique , qui &#233;tait la n&#244;tre chez les Romains, et de th&#233;ologie , qui, depuis les temps chr&#233;tiens, n'a occup&#233; que les esprits les plus excellents ; le probl&#232;me que la philosophie naturelle n'a pas encore trouv&#233; une personne libre et enti&#232;re , m&#234;me parmi les hommes qui se sont consacr&#233;s &#224; son &#233;tude , surtout &#224; l'&#233;poque moderne o&#249; la philosophie naturelle a finalement &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e et trait&#233;e uniquement comme un pont, comme un point de transition vers d'autres sujets ; la grande autorit&#233; donn&#233;e &#224; certains philosophes, et la v&#233;n&#233;ration de l'antiquit&#233; , qui d&#233;coulait d'une vision compl&#232;tement erron&#233;e du monde ; Parce que le temps, le plus jeune en termes d'&#226;ge du monde, qui seul fournit la mesure correcte et objective pour estimer l'&#226;ge de l'humanit&#233;, ils consid&#233;raient comme l'antiquit&#233;, tandis que notre &#233;poque, qui est la plus ancienne en termes d'&#226;ge du monde, et qui m&#233;rite donc la priorit&#233; sur les &#226;ges plus jeunes en raison de leur plus grande maturit&#233; et de leur plus grande quantit&#233; de connaissances et d'exp&#233;riences que les plus jeunes ; Enfin, un certain d&#233;couragement et un certain d&#233;sespoir devant la possibilit&#233; de surmonter les nombreuses et grandes difficult&#233;s de l'&#233;tude de la nature, un d&#233;sespoir qui s'emparait m&#234;me des hommes les plus s&#233;rieux et les plus prudents, qui leur faisait croire que les sciences avaient leurs flux et reflux. de temps en temps, &#224; certains moments, ils montent, &#224; d'autres moments, ils descendent, mais &#224; un certain moment, ils finissent par s'arr&#234;ter compl&#232;tement. (lc, A. 79-92) [45]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de l'exp&#233;rience que superficiellement, sans suivre un chemin ou un plan sp&#233;cifique. Par exemple, le travail acharn&#233; des chimistes a permis de r&#233;aliser de nombreuses d&#233;couvertes, mais uniquement par hasard et involontairement, ou uniquement gr&#226;ce &#224; certains changements exp&#233;rimentaux, et non &#224; la suite d'une m&#233;thode ou d'une th&#233;orie particuli&#232;re. Mais une exp&#233;rience qui n'est guid&#233;e par aucune m&#233;thode particuli&#232;re et qui est laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me n'est qu'un t&#226;tonnement aveugle. (lc, A. 73, 70, 108, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens aussi bien que l'entendement ne suffisent pas &#224; eux seuls &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la connaissance ; Ils n&#233;cessitent certains outils, c'est-&#224;-dire un certain encadrement et des r&#232;gles directrices, une certaine instruction et m&#233;thode juridiques. Parce que le sens de lui-m&#234;me est faible et trompeur, m&#234;me les outils n'augmentent pas son pouvoir de mani&#232;re significative, d'o&#249; toute v&#233;ritable connaissance exp&#233;rientielle de la nature, qui n'est pas une interpr&#233;tation arbitraire de la nature selon des opinions pr&#233;suppos&#233;es (pas d'anticipation), mais une connaissance fid&#232;le. La traduction (interpr&#233;tation) de la nature ne se produit que par une attention particuli&#232;re et pr&#233;cise &#224; tous les cas et par l'application d'exp&#233;riences habiles, o&#249; le sens ne juge que l'exp&#233;rience, mais l'exp&#233;rience juge la chose elle-m&#234;me. Mais l'entendement, livr&#233; &#224; lui-m&#234;me et non guid&#233; par une m&#233;thode particuli&#232;re, s'envole tout droit du sensible au suprasensible, du particulier au g&#233;n&#233;ral, pour s'en r&#233;galer et s'en contenter, car il se fatigue vite. de l'exp&#233;rience. (lc, A. 50, 37&#8250;19, 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la main nue ne r&#233;alise pas grand-chose sans instruments, de m&#234;me l'esprit livr&#233; &#224; lui-m&#234;me ; c'est pourquoi, comme eux, il a besoin d'instruments. Ce n'est que gr&#226;ce &#224; l'art que l' esprit devient &#233;gal aux choses. (lc, A. 2 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet instrument d'instruments, cet organe intellectuel, cette m&#233;thode qui seule &#233;l&#232;ve l'exp&#233;rience au rang d'un art d'exp&#233;rimentation s&#251;r et r&#233;ussi, c'est l'induction , dont d&#233;pend seule le salut des sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'induction, qui seule garantit un avenir heureux aux sciences, se distingue nettement de l'induction qui a &#233;t&#233; jusqu'ici la norme, car elle vole du sensible et du particulier jusqu'aux axiomes les plus g&#233;n&#233;raux, les &#233;rige imm&#233;diatement en v&#233;rit&#233;s in&#233;branlables. des propositions et les fait ensuite aux principes dont elle d&#233;rive les propositions m&#233;dianes ou particuli&#232;res ; Au contraire, la nouvelle induction, jusqu'alors in&#233;dite mais seulement vraie, n'arrive aux propositions les plus g&#233;n&#233;rales qu'&#224; la toute fin, ne s'&#233;levant du sensible et du particulier jusqu'&#224; elles que graduellement, dans une &#233;tape ininterrompue. (&#171; NON &#187;, I, A. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'induction, qui n'est d'ailleurs pas seulement la m&#233;thode des sciences naturelles, mais de toutes les sciences, n'a &#233;t&#233; utilis&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent que pour d&#233;couvrir les principes, mais les propositions interm&#233;diaires et inf&#233;rieures en ont ensuite &#233;t&#233; d&#233;riv&#233;es au moyen du syllogisme. Mais il est &#233;vident qu'au moins dans le domaine des sciences naturelles, dont les objets sont mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;s, les propositions sous-jacentes ne peuvent pas &#234;tre d&#233;riv&#233;es de mani&#232;re s&#251;re et correcte &#224; travers le syllogisme, car dans le syllogisme les propositions sont r&#233;duites aux principes par des propositions m&#233;dianes. mais pr&#233;cis&#233;ment cette m&#233;thode de preuve ou d'invention n'a son application que dans les sciences populaires comme l'&#233;thique et la politique. L'induction doit donc &#234;tre utilis&#233;e pour d&#233;couvrir des propositions g&#233;n&#233;rales aussi bien que sp&#233;ciales. (lc, A. 127 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les inductions plus anciennes et plus r&#233;centes aient en commun de commencer toutes deux par le particulier et de se terminer par le g&#233;n&#233;ral, elles diff&#232;rent essentiellement en ce que la premi&#232;re ne parcourt le champ de l'exp&#233;rience qu'&#224; la h&#226;te, tandis que la seconde, avec la circonspection et le calme appropri&#233;s, s'attarde sur elle. qui &#233;tablit d&#232;s le d&#233;but des propositions g&#233;n&#233;rales st&#233;riles, mais qui ne s'&#233;l&#232;ve que progressivement jusqu'au v&#233;ritablement g&#233;n&#233;ral et rend ainsi la science f&#233;conde, car seuls les axiomes, qui sont soustraits du particulier dans les &#233;tapes appropri&#233;es et avec la circonspection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable induction est donc compl&#232;tement diff&#233;rente de celle utilis&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Parce que l'induction pr&#233;c&#233;dente, dont la proc&#233;dure consiste en une simple liste d'exemples, est quelque chose d'enfantine, ne demande que ses conclusions, doit craindre une r&#233;futation de ses conclusions par toute autorit&#233; contradictoire et fonde ses affirmations sur bien trop peu de cas qu'il ne convient, et m&#234;me parmi ceux-ci seulement selon ceux qui se pr&#233;sentent, selon les cas tr&#232;s communs et ordinaires. La v&#233;ritable induction, en revanche, diss&#232;que et s&#233;pare la nature par des exclusions et des &#233;liminations appropri&#233;es et ne tire des conclusions sur les d&#233;terminations affirmatives d'une chose que lorsqu'elle a rassembl&#233; et examin&#233; un nombre suffisant d'instances n&#233;gatives et en a exclu toutes les d&#233;terminations qui ne le font pas. appartiennent essentiellement &#224; la chose. (lc, A. 105, 69 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, lc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu et peut-&#234;tre aussi les esprits ont le pouvoir de reconna&#238;tre les choses telles qu'elles sont au premier coup d'&#339;il, par simple affirmation, mais cela n'est accord&#233; aux humains que par diff&#233;renciation pr&#233;alable et exclusion des cas n&#233;gatifs pour d&#233;terminer les d&#233;terminations affirmatives d'une chose. La nature doit donc &#234;tre formellement anatomis&#233;e et diss&#233;qu&#233;e, non pas bien s&#251;r au moyen du feu de la nature, mais par le feu divin de l'esprit. La t&#226;che de la v&#233;ritable induction est donc de permettre au oui de suivre le non, &#224; l'affirmation de suivre la n&#233;gation, et de d&#233;terminer positivement une chose seulement lorsqu'elle s'en est s&#233;par&#233;e et a rejet&#233; toutes les d&#233;terminations qui ne lui appartiennent pas. (&#171; NON &#187;, II, A. 15, 16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si un objet concret, par exemple la chaleur, doit &#234;tre &#233;tudi&#233; et son essence d&#233;couverte, alors, selon les lois de la v&#233;ritable induction, cette enqu&#234;te doit &#234;tre men&#233;e comme suit. Il faut d'abord dresser une liste de toutes les choses qui, quelle que soit la mati&#232;re diff&#233;rente dont elles sont faites, ont en commun la qualit&#233; de la chaleur, c'est-&#224;-dire chaudes ou du moins susceptibles de chauffer, comme les rayons du soleil. le soleil, surtout en &#233;t&#233; et &#224; midi, les rayons r&#233;fl&#233;chis et condens&#233;s du soleil, les m&#233;t&#233;ores enflamm&#233;s, les &#233;clairs enflamm&#233;s, les liquides &#233;chauff&#233;s, bref, tous les corps solides et liquides, denses et minces (comme l'air lui-m&#234;me ), qui ont &#233;t&#233; approch&#233;s &#224; un moment donn&#233; par le feu, etc. (&#171; NON &#187;, II, A. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite &#233;num&#233;rer les exemples oppos&#233;s, les exemples n&#233;gatifs, c'est-&#224;-dire non seulement les choses qui n'ont pas la nature de chaleur, mais qui, d'ailleurs, sont les plus &#233;troitement li&#233;es aux choses qui ont la nature de chaleur , telles que comme : les rayons de la lune, les &#233;toiles et les com&#232;tes, qui n'ont aucune chaleur pour le sentiment, mais aussi &#224; cause des restrictions ou limitations particuli&#232;res des instances affirmatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite comparer les mat&#233;riaux chauds ou thermor&#233;sistants et noter la diff&#233;rence de leurs degr&#233;s de chaleur, en partant progressivement des mat&#233;riaux qui n'ont absolument aucun degr&#233; de chaleur sp&#233;cifique pour le toucher, seulement la possibilit&#233; de chaleur ou de r&#233;ceptivit&#233; &#224; la sensation. eux, jusqu'aux mat&#233;riaux qui sont r&#233;ellement ou semblent chauds. (lc, A. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient l'acte le plus important, par lequel commence r&#233;ellement l'affaire de l'induction, l'acte d'exclure toutes les d&#233;terminations qui n'appartiennent pas &#224; l'essence de la chaleur, par exemple la d&#233;termination de la c&#233;leste, parce qu'elles n'appartiennent pas seulement &#224; l'essence de la chaleur. les corps c&#233;lestes, mais aussi le feu commun, terrestre [52] , la d&#233;termination de la minceur, car m&#234;me la mati&#232;re la plus dense, comme le m&#233;tal, peut &#234;tre chaude, la d&#233;termination de la locomotion locale, etc. (lc, A. 18 et 20 ) . Ce n'est qu'apr&#232;s ces n&#233;gations que survient finalement la v&#233;ritable induction &#224; la position, &#224; la d&#233;termination affirmative de l'essence de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant , autant la v&#233;ritable induction diff&#232;re de la m&#233;thode habituelle, autant elle diff&#232;re &#233;galement de la m&#233;thode empirique . Car l'empirisme ne d&#233;passe pas le particulier ; il ne fait que progresser d'exp&#233;rience en exp&#233;rience, d'exp&#233;riences en exp&#233;riences nouvelles ; L'induction, quant &#224; elle, extrait les causes et les propositions g&#233;n&#233;rales des exp&#233;riences et des exp&#233;riences, puis d&#233;rive de nouvelles exp&#233;riences et exp&#233;riences &#224; partir de ces causes et propositions ou principes g&#233;n&#233;raux. L'induction ne reste donc pas &#224; un niveau, elle monte toujours en mont&#233;e, en descente, jusqu'aux propositions g&#233;n&#233;rales, jusqu'aux exp&#233;riences. (lc, I, A. 117, 103, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187;Spes est una in inductione vera.&#171; &#187;NON&#171; , I, A. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une remarque de r&#233;primande &#224; propos de la m&#233;thode de B ici dans la premi&#232;re &#233;dition ainsi qu'&#224; la fin du &#167; 11. Je l'ai supprim&#233;e, cependant, apr&#232;s avoir relu le &#034;Nouvel Organe&#034; et d'autres &#233;crits de B, j'&#233;tais convaincu de son inexactitude. et la superficialit&#233;. On a remarqu&#233; que B. &#171; nous abandonne au hasard et, au lieu de raccourcir les longs chemins de l'exp&#233;rience, les &#233;tend jusqu'&#224; l'inutile &#187;. Cependant, l'exp&#233;rience est un voyage lent ; Mais la &#171; contractio inquisitionis &#187; est elle-m&#234;me un moment de la m&#233;thode de B. L'int&#233;gralit&#233; du deuxi&#232;me livre du &#187;Nov. Org.&#171; traite des pr&#233;rogatives des instances, c'est-&#224;-dire de celles qui raccourcissent l'induction et mettent le doigt sur la t&#234;te. La seule chose qu'on pourrait reprocher &#224; B. &#224; cet &#233;gard, c'est qu'il ne fasse pas preuve de talent et d'ing&#233;niosit&#233;, comme si cela pouvait &#234;tre remplac&#233; par une m&#233;thode, voire rendu superflu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'objet des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir ou la pratique humaine a pour fin ou objet de conf&#233;rer &#224; tout corps donn&#233; [une] ou plusieurs propri&#233;t&#233;s nouvelles ; Mais la connaissance humaine a pour but ou objet la connaissance de la forme ou de la v&#233;ritable diff&#233;rence ou de la nature g&#233;n&#233;ratrice ou de la source d'&#233;manation d'une nature ou qualit&#233; simple donn&#233;e. (lc, II, A.1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;t&#233;s essentielles de la forme sont, tout d'abord, qu'avec son existence l'existence de la qualit&#233; ou de la nature dont elle est la forme est pos&#233;e sans &#233;quivoque, qu'elle est donc constamment l&#224; lorsque cette qualit&#233; est l&#224;, et vice-versa. inversement, cela, par son absence, implique aussi l'absence de qualit&#233;, et est donc syst&#233;matiquement absent lorsque celle-ci manque ; deuxi&#232;mement, qu'il tire une qualit&#233; d'une autre qualit&#233; plus g&#233;n&#233;rale qu'elle (que la forme elle-m&#234;me). La forme d'une chose ou d'une qualit&#233; se trouve donc, sans exception, dans tous les cas individuels o&#249; la chose ou la qualit&#233; se trouve, sinon ce ne serait pas la forme, bien que la forme apparaisse plus clairement dans certains cas, &#224; savoir dans ceux de o&#249; il est moins limit&#233;, diff&#233;r&#233; et inhib&#233; par d'autres caract&#233;ristiques. Par cons&#233;quent, dans toute la gamme des instances dans lesquelles la forme appara&#238;t, il ne peut y avoir une instance contradictoire ; elle est affirm&#233;e par chacun sans distinction. (lc, A. 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de l'essence de la forme est la forme de la chaleur . A travers tous les cas individuels, c'est-&#224;-dire dans toutes les choses et substances, aussi diff&#233;rentes soient-elles, dans lesquelles la chaleur appara&#238;t et s'exprime, il appara&#238;t que sa forme n'est &#233;videmment rien d'autre qu'une limitation ou une d&#233;termination sp&#233;ciale du mouvement . Le mouvement se situe donc par rapport &#224; la chaleur dans le rapport des esp&#232;ces, non comme si la chaleur produisait le mouvement ou le mouvement la chaleur (bien que cela soit aussi en partie exact), mais de telle mani&#232;re que la chaleur elle-m&#234;me ou l' essence m&#234;me de la chaleur n'est rien d'autre qu'un mouvement limit&#233; par certaines diff&#233;rences , de sorte qu'elle est un certain type de mouvement . Mais ces diff&#233;rences tiennent avant tout &#224; la d&#233;termination selon laquelle la chaleur est un mouvement expansif par lequel le corps cherche &#224; se donner une plus grande expansion ; deuxi&#232;mement, la d&#233;termination, modification de la premi&#232;re, que la chaleur, bien que mouvement expansif, tend en m&#234;me temps vers le haut ; troisi&#232;mement, que la chaleur n'est pas un mouvement en expansion uniforme de la masse enti&#232;re, mais seulement des parties plus petites et int&#233;rieures d'un corps et en m&#234;me temps un mouvement qui est toujours inhib&#233; et repouss&#233;, donc la chaleur est une alternance constante, car elle &#233;taient vacillants, constamment tremblants et avan&#231;ant et stimul&#233;s par le recul, qui est la cause [54] de la violence et de la fureur du feu et de la chaleur ; quatri&#232;mement, la d&#233;termination que ce mouvement p&#233;n&#233;trant et irritant n'est pas un mouvement lent, mais un mouvement violent qui traverse m&#234;me les parties les plus petites, sinon les plus petites et les plus fines du corps. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme n'est donc pas une id&#233;e abstraite ou immat&#233;rielle ou mal d&#233;termin&#233;e. Les formes ne sont rien d'autre que les lois et les d&#233;terminations de l'activit&#233; ou de la r&#233;alit&#233; naturelle pure, qui r&#233;v&#232;lent la nature particuli&#232;re de certaines qualit&#233;s, telles que la chaleur, la lumi&#232;re, la gravit&#233;, dans toutes les choses qui y sont susceptibles, si diff&#233;rentes qu'elles puissent &#234;tre d&#233;termin&#233;es et d&#233;termin&#233;es. constituer de mani&#232;re identique. La forme de la chaleur et sa loi sont donc les m&#234;mes. La forme d'une chose est l'essence m&#234;me d'une chose, n'est rien d'autre qu'elle-m&#234;me ; La mati&#232;re et la forme ne diff&#232;rent pas diff&#233;remment de l'apparence et de l'existence, externe et interne, subjective et objective. (lc, A. 17, 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les formes paraissent quelque peu abstraites parce qu'elles sont des unit&#233;s, combinant des choses diff&#233;rentes et les pla&#231;ant dans un seul et m&#234;me genre ou cat&#233;gorie, comme la chaleur des corps c&#233;lestes et terrestres, on remarque seulement qu'il est certain que dans la nature les diverses choses sont reli&#233;es en une unit&#233; commune par certaines formes ou lois et que l'&#233;mancipation de la puissance humaine du cours commun de la nature ainsi que l'expansion et l'augmentation de la puissance inventive humaine d&#233;pendent uniquement de la connaissance de ces unit&#233;s ou formes. (lc, A. 17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet le plus essentiel de la philosophie naturelle doit donc &#234;tre l'unit&#233; partout, car tout ce qui unifie la nature nous pr&#233;pare &#224; la connaissance des formes. M&#234;me les exemples de la nature qui sont compl&#232;tement isol&#233;s et semblent n'avoir rien de commun avec d'autres choses de la m&#234;me esp&#232;ce, comme l'aimant parmi les pierres, le mercure parmi les m&#233;taux, l'&#233;l&#233;phant parmi les animaux &#224; quatre pattes, ce que nous avons &#224; faire pour nous servir &#224; unifier la nature afin de retrouver les genres ou les qualit&#233;s g&#233;n&#233;rales [55] qui ne peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;es qu'ult&#233;rieurement par de vraies diff&#233;rences. Il faut continuer &#224; rechercher sans rel&#226;che jusqu'&#224; ce que l'on ait trouv&#233; une loi ou une forme g&#233;n&#233;rale d&#233;finie &#224; laquelle les propri&#233;t&#233;s sp&#233;ciales de choses aussi &#233;tranges, qui peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des miracles de la nature, peuvent &#234;tre r&#233;duites, toutes inhabituelles ou uniques en leur genre. Les ph&#233;nom&#232;nes d&#233;pendent d'une forme g&#233;n&#233;rale et reconnaissent ainsi que le miracle r&#233;side uniquement dans les diff&#233;rences sp&#233;cifiques de cette forme, uniquement dans le degr&#233; et la rare co&#239;ncidence d'autres d&#233;terminations, mais non dans le type ou l'essence elle-m&#234;me. Pour la m&#234;me raison, il ne faut pas cesser de rechercher les anomalies et autres aberrations similaires de la nature jusqu'&#224; ce que les causes de ces d&#233;viations aient &#233;t&#233; trouv&#233;es. (lc, A. 26, 28, 29)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'entendement humain doit faire particuli&#232;rement attention &#224; ne pas s'arr&#234;ter &#224; des unit&#233;s ou &#224; des formes particuli&#232;res, subordonn&#233;es, limit&#233;es et n&#233;gliger la recherche d'une plus grande unit&#233;, en supposant que la nature &#233;tait d&#233;j&#224; une depuis la racine, pour ainsi dire. Ce qui est divis&#233; et divers et une unit&#233; de nature plus &#233;lev&#233;e et plus compl&#232;te n'est qu'une simple subtilit&#233;, une pure abstraction. (lc, A. 26)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie naturelle doit donc prouver l'unit&#233; de choses qui &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;es comme compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;nes, montrer cette pr&#233;tendue dissemblance non pas comme une diff&#233;rence essentielle et substantielle, mais seulement comme une modification d'une qualit&#233; commune et par cette r&#233;duction de la diff&#233;rence et de la particularit&#233; &#224; unit&#233; pour retirer, pour ainsi dire, les quimasques dans le corps concret particulier et la rendent m&#233;connaissable. Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, la chaleur du soleil, la chaleur des animaux et la chaleur du feu &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;es comme des esp&#232;ces essentiellement diff&#233;rentes, dans l'opinion que seule la chaleur c&#233;leste et animale produisait et entretenait la vie, tandis que la chaleur du feu n'a fait que provoquer la destruction et provoquer la destruction. L'exp&#233;rience m&#234;me selon laquelle une vigne produit des raisins m&#251;rs m&#234;me dans une maison o&#249; le feu est constamment entretenu prouve que la chaleur du feu a aussi le m&#234;me effet que la chaleur du soleil . La philosophie naturelle doit donc rejeter sa pr&#233;tendue diversit&#233; essentielle et reconna&#238;tre ses modes de fonctionnement ou ses propri&#233;t&#233;s, bien que tr&#232;s significativement diff&#233;rents, uniquement comme des d&#233;terminations ou des modifications sp&#233;ciales d'une seule et m&#234;me nature ou essence. (lc, A. 35)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie naturelle ne peut donc pas rejeter m&#234;me de simples analogies comme de simples absurdit&#233;s ; au contraire, elle doit les rechercher, car ce sont les niveaux les plus bas de la connaissance de l'unit&#233; de la nature. Une telle analogie, et non absurde, est, par exemple, que l'homme est une plante invers&#233;e ; Car chez la plante, la racine, comme la t&#234;te, est en bas, mais les parties de la graine sont au-dessus ; chez l'homme, la t&#234;te, comme la racine des nerfs et des fonctions vitales, est au-dessus, mais la graine est au-dessus. les organes sont en dessous. (lc, A. 27)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'objet essentiel de la philosophie naturelle est et reste la connaissance des formes. Parce que celui qui l'a reconnu comprend l'unit&#233; de la nature m&#234;me dans les mat&#233;riaux les plus divers. Seuls ceux qui la trouvent sont donc en possession de la v&#233;ritable vision de la nature et ont le pouvoir de l'influencer librement et sans restriction et de produire des &#339;uvres qui ne seraient jamais produites par les changements changeants de la nature, ni par la diligence minutieuse de l'empirisme, ni par le hasard lui-m&#234;me. et ce qui ne serait m&#234;me jamais venu &#224; l'esprit d'un &#234;tre humain. (LC, A. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque reconna&#238;t les formes g&#233;n&#233;rales et essentielles de la mati&#232;re est pour ainsi dire omniscient, car &#224; travers elles il sait ce qui peut &#234;tre, et donc aussi essentiellement ce qui &#233;tait, ce qui est et ce qui sera. (&#171; Descript. Globi Intell. &#187;, c. 5)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La classification des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rang le plus &#233;lev&#233; dans le domaine des sciences naturelles n'appartient donc qu'&#224; la science qui a pour objet d'investigation les v&#233;ritables diff&#233;rences ou d&#233;terminations, c'est-&#224;-dire les formes &#233;ternelles et immuables dans leur esp&#232;ce [57] et qui est donc aussi appel&#233;e m&#233;taphysique 40 . Les sciences qui lui sont subordonn&#233;es sont la physique et l'histoire naturelle . Mais la physique se situe une fois de plus au-dessus de l'histoire naturelle et constitue, avec la m&#233;taphysique, la philosophie naturelle th&#233;orique ; car, de m&#234;me que les sciences en g&#233;n&#233;ral sont divis&#233;es en histoire ou exp&#233;rience et philosophie, les sciences naturelles sont &#233;galement divis&#233;es en histoire naturelle et philosophie naturelle . (&#171; De Augm. Sc. &#187;, II, c. I)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'histoire naturelle comporte trois parties. Dans la premi&#232;re, il s'agit de la nature &#224; l'&#233;tat de libert&#233;, c'est-&#224;-dire de toutes ses productions dans leur d&#233;veloppement paisible, libre et l&#233;gal ; dans le second, sur les aberrations de la nature, c'est-&#224;-dire les monstruosit&#233;s et autres ph&#233;nom&#232;nes anormaux dans lesquels elle est pouss&#233;e hors de son cours l&#233;gitime par la m&#233;chancet&#233; et l'arrogance d'une mati&#232;re obstin&#233;e et d'autres obstacles violents ; dans le troisi&#232;me, de la nature dans un &#233;tat de servitude , dans lequel l'activit&#233; humaine ou l'art la place, qui peut fondamentalement remodeler, transformer et &#233;branler la nature jusqu'&#224; son noyau, la for&#231;ant, comme un Prot&#233;e, &#224; faire tout ce qu'elle aurait autrement fait. omis. (lc, II, c. 2 ; &#171; Descript. Gl. Int. &#187;, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'art n'est pas seulement un ajout superficiel &#224; la nature ; il n'a pas simplement pour but et sens de r&#233;aliser ses desseins, de corriger ses erreurs ou de la lib&#233;rer de toute inhibition dans son activit&#233;. Les produits de l'art ou de l'empirisme (par exemple l'agriculture, la chimie, la cuisine ou la teinture, etc.) ne diff&#232;rent pas des produits de la nature par leur forme ou leur essence, mais seulement par le producteur, la cause externe et effective ; car l'homme ne peut rien faire d'autre &#224; propos de la nature que de rapprocher les corps les uns des autres ou de les &#233;loigner les uns des autres, [58] il n'a donc en son pouvoir que le mouvement venant de la nature , tout le reste est accompli par la nature elle-m&#234;me du dedans avec son propre pouvoir. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire naturelle doit d&#233;sormais &#234;tre trait&#233;e dans un tout autre esprit qu'auparavant, &#224; savoir uniquement en relation avec la philosophie , mais non plus pour elle-m&#234;me et pour elle-m&#234;me ; car l'histoire naturelle n'a d'autre but que de fournir des fournitures et du mat&#233;riel &#224; la philosophie ; tous les courants de l'empirisme doivent se jeter dans l'oc&#233;an de la philosophie. Il n'est donc plus n&#233;cessaire de d&#233;ployer autant d'efforts inutiles en histoire naturelle, comme c'&#233;tait le cas auparavant, pour d&#233;crire et pr&#233;ciser avec pr&#233;cision la diversit&#233; des choses, les diff&#233;rences entre les esp&#232;ces animales, v&#233;g&#233;tales et fossiles. Car de telles diff&#233;rences insignifiantes ne sont pour la plupart que des jeux, comme des pitreries de la nature, et leur description procure du plaisir et parfois un certain b&#233;n&#233;fice, mais ne favorise pas la connaissance et la science. Il faut donc plut&#244;t s'efforcer de rechercher les similitudes et les rapports communs des choses tant dans leur essence enti&#232;re que dans leurs parties particuli&#232;res. Car seuls ceux-ci apportent l'unit&#233; &#224; la nature et posent ainsi les bases de la science . (&#171; NON &#187;, II, A. 27 ; &#171; Parasceve ad Hist. Nat. &#187;, A. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Mais la philosophie naturelle comporte deux parties principales, &#224; savoir une partie th&#233;orique et une partie pratique . (&#171; De Augm. Sc. &#187;, III, c. 3) a) La partie th&#233;orique de la philosophie naturelle est divis&#233;e en deux parties, &#224; savoir la m&#233;taphysique et la physique . La physique a pour t&#226;che l'&#233;tude de la mati&#232;re et de la cause externe efficace, et son objet est donc les causes changeantes et impermanentes, qui sont aussi diverses et diff&#233;rentes que la mati&#232;re qui est l'objet de leurs effets, comme le feu dans l'int&#233;rieur. dans un cas, la mati&#232;re est la cause de son durcissement, dans un autre elle est la cause de sa fluidit&#233;. La physique a donc pour objet ce qui est compl&#232;tement immerg&#233; dans la mati&#232;re et ce qui est changeant, tandis que la m&#233;taphysique , en tant que science des formes et des causes ultimes, a ce qui est plus abstrait et permanent . La physique pr&#233;suppose seulement l'existence, le mouvement et la n&#233;cessit&#233; dans la nature, mais la m&#233;taphysique pr&#233;suppose aussi l'esprit et les id&#233;es . (lc, ch. 4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re et la plus importante partie de la m&#233;taphysique a pour objet les lois ou formes des qualit&#233;s simples (telles que la chaleur, le froid, la densit&#233;, la gravit&#233;, etc.) et leurs mouvements et processus par lesquels elles se transforment en corps concrets, c'est-&#224;-dire les formes qui, malgr&#233; leur petit nombre, constituent encore la base et l'essence des propri&#233;t&#233;s et des d&#233;terminations de tous les corps concrets . A cet &#233;gard, la m&#233;taphysique a les m&#234;mes objets que la physique, mais elle ne les consid&#232;re que comme des causes externes et changeantes ou seulement comme la causa efficiens, qui est le simple v&#233;hicule de la forme. (&#171; NON &#187;, II, A. 9, 7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphysique, en tant que science de la forme, est la plus excellente de toutes les sciences ; car la t&#226;che des sciences, qui est de mettre un terme &#224; la vieille plainte sur la bri&#232;vet&#233; de la vie et l'ennui de l'art en raccourcissant les longs d&#233;tours de l'exp&#233;rience, ne peut &#234;tre r&#233;solue au mieux que par les sciences, c'est-&#224;-dire en reliant les propositions particuli&#232;res et en propositions g&#233;n&#233;rales ou genres, qui englobent tout le domaine de tous les &#234;tres individuels, quelle que soit la diversit&#233; de leur mati&#232;re. C'est donc une excellente id&#233;e de Platon et de Parm&#233;nide (m&#234;me s'il ne s'agissait pour eux que de simples sp&#233;culations) que tout s'&#233;l&#232;ve progressivement vers l'unit&#233; . C'est pourquoi la m&#233;taphysique est la science la plus merveilleuse , parce qu'elle charge le moins l'esprit humain de la multitude de choses , parce qu'elle ne s'int&#233;resse principalement qu'aux formes simples des choses, qui, si peu nombreuses soient-elles, examinent n&#233;anmoins &#224; travers diff&#233;rents degr&#233;s et mani&#232;res leur connexion. les uns avec les autres &#233;tablit toute la diversit&#233; des corps concrets . (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de la m&#233;taphysique a pour objet les buts ou causes ultimes de la nature. La recherche des buts n'a pas sa place dans la physique, bien qu'elle ait &#233;t&#233; incluse jusqu'&#224; pr&#233;sent dans son domaine, mais malheureusement seulement &#224; son plus grand inconv&#233;nient, car elle a emp&#234;ch&#233; les gens d'&#233;tudier les causes r&#233;elles et v&#233;ritablement physiques. C'est pourquoi la philosophie naturelle de D&#233;mocrite et d'autres, qui n'a pas fond&#233; la construction de la nature sur les id&#233;es de Dieu et de l'Esprit, la construction de l'univers &#224; partir d'innombrables pr&#233;ludes et tentatives de la nature, et les causes des choses particuli&#232;res non &#224; partir de fins, mais elle d&#233;rive seulement de la mati&#232;re et du cours de la n&#233;cessit&#233;, bien plus profond&#233;ment que la philosophie naturelle de Platon ou d'Aristote. La t&#233;l&#233;ologie est st&#233;rile et ne donne naissance &#224; rien, comme une vierge consacr&#233;e &#224; Dieu. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La philosophie naturelle pratique comporte &#233;galement deux parties, &#224; savoir la m&#233;canique et la magie . La premi&#232;re est produite par la physique comme science des causes externes effectives et mat&#233;rielles, la seconde par la m&#233;taphysique comme science des causes vraies et des formes g&#233;n&#233;rales. Car la magie est la science ou l'art qui tire des effets ou des exp&#233;riences &#233;tonnants de la connaissance des formes cach&#233;es et, par l'approche appropri&#233;e des forces actives vers les objets r&#233;ceptifs, met en lumi&#232;re les grandes actions de la nature, un art qui, comme tant d'autres, d'autres manquent encore et sont compl&#232;tement diff&#233;rents de ce qu'on appelait auparavant la magie. D'ailleurs, la magie ancienne ne doit en aucun cas &#234;tre rejet&#233;e aussi facilement, mais plut&#244;t examin&#233;e de pr&#232;s et soigneusement pour voir si, parmi les nombreux superstitieux, mensonges et t&#233;moins de contes de f&#233;es, quelque chose comme l'enchantement, l'augmentation et le renforcement du pouvoir de l'imagination n'existe pas. La sympathie pour les choses m&#234;me lointaines, l'influence magique des esprits sur les esprits et des corps sur les corps, a sa base dans les forces r&#233;elles de la nature. (&#171; NON &#187;, II, A. 31 ; &#171; Hist. Nat. &#187;, Cent. X)&lt;br class='autobr' /&gt;
40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Inquisitio formarum (seu verarum differentiarum, 'Aug. Sc.', III, c. 4) quae sunt (ratione certe et sua lege) aeternae et immobiles, constitue &#034;NO&#034;, II, A. 9.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses pr&#233;liminaires sur la r&#233;forme de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Vorl%C3%A4ufige+Thesen+zur+Reform+der+Philosophie?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Vorl%C3%A4ufige+Thesen+zur+Reform+der+Philosophie?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Principes de la philosophie du futur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Grunds%C3%A4tze+der+Philosophie+der+Zukunft?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Grunds%C3%A4tze+der+Philosophie+der+Zukunft?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les sciences naturelles et la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ludwig--feuerbach-de.translate.goog/natur_rev.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ludwig--feuerbach-de.translate.goog/natur_rev.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Read in english&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/reference/archive/feuerbach/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/reference/archive/feuerbach/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que Marx/Engels pensaient des th&#232;ses de Feuerbach&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses sur Feuerbach&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;AD Feuerbach&lt;br class='autobr' /&gt;
I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal d&#233;faut, jusqu'ici, du mat&#233;rialisme de tous les philosophes &#8211; y compris celui de Feuerbach est que l'objet, la r&#233;alit&#233;, le monde sensible n'y sont saisis que sous la forme d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activit&#233; humaine concr&#232;te, en tant que pratique, de fa&#231;on non subjective. C'est ce qui explique pourquoi l'aspect actif fut d&#233;velopp&#233; par l'id&#233;alisme, en opposition au mat&#233;rialisme, &#8212; mais seulement abstraitement, car l'id&#233;alisme ne conna&#238;t naturellement pas l'activit&#233; r&#233;elle, concr&#232;te, comme telle. Feuerbach veut des objets concrets, r&#233;ellement distincts des objets de la pens&#233;e ; mais il ne consid&#232;re pas l'activit&#233; humaine elle-m&#234;me en tant qu'activit&#233; objective. C'est pourquoi dans l'Essence du christianisme, il ne consid&#232;re comme authentiquement humaine que l'activit&#233; th&#233;orique, tandis que la pratique n'est saisie et fix&#233;e par lui que dans sa manifestation juive sordide. C'est pourquoi il ne comprend pas l'importance de l'activit&#233; &#034;r&#233;volutionnaire&#034;, de l'activit&#233; &#034;pratique-critique&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir s'il y a lieu de reconna&#238;tre &#224; la pens&#233;e humaine une v&#233;rit&#233; objective n'est pas une question th&#233;orique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire la r&#233;alit&#233;, et la puissance de sa pens&#233;e, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la r&#233;alit&#233; ou l'irr&#233;alit&#233; d'une pens&#233;e qui s'isole de la pratique, est purement scolastique.&lt;br class='autobr' /&gt;
III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine mat&#233;rialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l'&#233;ducation, que, par cons&#233;quent, des hommes transform&#233;s soient des produits d'autres circonstances et d'une &#233;ducation modifi&#233;e [1], oublie que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les hommes qui transforment les circonstances et que l'&#233;ducateur a lui-m&#234;me besoin d'&#234;tre &#233;duqu&#233;. C'est pourquoi elle tend in&#233;vitablement &#224; diviser la soci&#233;t&#233; en deux parties dont l'une est au-dessus de la soci&#233;t&#233; (par exemple chez Robert Owen [2]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La co&#239;ncidence du changement des circonstances et de l'activit&#233; humaine ou auto-changement ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e et comprise rationnellement qu'en tant que pratique r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach part du fait que la religion rend l'homme &#233;tranger &#224; lui-m&#234;me et d&#233;double le monde en un monde religieux, objet de repr&#233;sentation [3], et un monde temporel [4]. Son travail consiste &#224; r&#233;soudre le monde religieux en sa base temporelle. Il ne voit pas que, ce travail une fois accompli, le principal reste encore &#224; faire [5]. Le fait, notamment, que la base temporelle se d&#233;tache d'elle-m&#234;me, et se fixe dans les nuages, constituant ainsi un royaume autonome, ne peut s'expliquer pr&#233;cis&#233;ment que par le d&#233;chirement et la contradiction internes de cette base temporelle. Il faut donc d'abord comprendre celle-ci dans sa contradiction [6] pour la r&#233;volutionner ensuite pratiquement en supprimant la contradiction. Donc, une fois qu'on a d&#233;couvert, par exemple, que la famille terrestre est le secret de la famille c&#233;leste, c'est la premi&#232;re d&#233;sormais dont il faut faire la critique th&#233;orique et qu'il faut r&#233;volutionner dans la pratique [7].&lt;br class='autobr' /&gt;
V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, que ne satisfait pas la pens&#233;e abstraite, en appelle &#224; l'intuition sensible ; mais il ne consid&#232;re pas le monde sensible en tant qu'activit&#233; pratique concr&#232;te de l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
VI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach r&#233;sout l'essence religieuse en l'essence humaine. Mais l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inh&#233;rente &#224; l'individu isol&#233;. Dans sa r&#233;alit&#233;, elle est l'ensemble des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, qui n'entreprend pas la critique de cet &#234;tre r&#233;el, est par cons&#233;quent oblig&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De faire abstraction du cours de l'histoire et de faire de l'esprit religieux une chose immuable, existant pour elle-m&#234;me, en supposant l'existence d'un individu humain abstrait, isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De consid&#233;rer, par cons&#233;quent, l'&#234;tre humain [8] uniquement en tant que &#034;genre&#034;, en tant qu'universalit&#233; interne, muette, liant d'une fa&#231;on purement naturelle les nombreux individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Feuerbach ne voit pas que l'&#034;esprit religieux&#034; est lui-m&#234;me un produit social et que l'individu abstrait qu'il analyse appartient en r&#233;alit&#233; [9] &#224; une forme sociale d&#233;termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
VIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute [10] vie sociale est essentiellement pratique. Tous les myst&#232;res qui d&#233;tournent la th&#233;orie vers le mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine et dans la compr&#233;hension de cette pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
IX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat le plus avanc&#233; auquel atteint le mat&#233;rialisme intuitif, c'est-&#224;-dire le mat&#233;rialisme qui ne con&#231;oit pas l'activit&#233; des sens comme activit&#233; pratique, est la fa&#231;on de voir des individus isol&#233;s et de la soci&#233;t&#233; bourgeoise [11].&lt;br class='autobr' /&gt;
X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'ancien mat&#233;rialisme est la soci&#233;t&#233; &#034;bourgeoise&#034;. Le point de vue du nouveau mat&#233;rialisme, c'est la soci&#233;t&#233; humaine, ou l'humanit&#233; socialis&#233;e [12].&lt;br class='autobr' /&gt;
XI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes n'ont fait qu'interpr&#233;ter le monde de diff&#233;rentes mani&#232;res, ce qui importe [13] c'est de le transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le manuscrit de Marx indique ici seulement : &#8220;la doctrine mat&#233;rialiste de la modification des circonstances et de l'&#233;ducation, oublie...&#8221; Engels a explicit&#233; la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Parenth&#232;se ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Cette pr&#233;cision est ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Engels dit &#8220;r&#233;el&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Phrase ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le texte de Marx met les deux op&#233;rations sur le m&#234;me plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Marx &#233;crit : &#8220;c'est la premi&#232;re qu'il faut an&#233;antir sur le plan de la th&#233;orie et de la pratique.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Adjectif ajout&#233; par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#8220;en r&#233;alit&#233;&#8221;, est ajout&#233; par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Engels dit simplement &#8220;la vie&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Variante d'Engels : &#8220;la fa&#231;on de voir des individus isol&#233;s dans la &#8220;soci&#233;t&#233; bourgeoise&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Dans ce paragraphe, c'est Engels qui souligne humaine et met entre guillemets bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Engels a ajout&#233; : &#8220;mais...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'individu pour Marx/Engels</title>
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		<dc:date>2025-07-25T22:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans Introduction &#224; la critique de l'&#233;conomie politique : &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Production &lt;br class='autobr' /&gt;
a) L'objet de cette &#233;tude est tout d'abord la production mat&#233;rielle. Des individus produi&#173;sant en soci&#233;t&#233; - donc une production d'individus socialement d&#233;termin&#233;e, tel est naturelle&#173;ment le point de d&#233;part. Le chasseur et le p&#234;cheur individuels et isol&#233;s, par lesquels commen&#173;cent Smith et Ricardo, font partie des plates fictions du XVIII&#176; si&#232;cle. Robinsonades qui n'expriment nullement, comme se l'imaginent certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans Introduction &#224; la critique de l'&#233;conomie politique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) L'objet de cette &#233;tude est tout d'abord la production mat&#233;rielle. Des individus produi&#173;sant en soci&#233;t&#233; - donc une production d'individus socialement d&#233;termin&#233;e, tel est naturelle&#173;ment le point de d&#233;part. Le chasseur et le p&#234;cheur individuels et isol&#233;s, par lesquels commen&#173;cent Smith et Ricardo, font partie des plates fictions du XVIII&#176; si&#232;cle. Robinsonades qui n'expriment nullement, comme se l'imaginent certains historiens de la civilisation, une simple r&#233;action contre des exc&#232;s de raffinement et un retour &#224; un &#233;tat de nature mal compris. De m&#234;me, le contrat social de Rousseau qui, entre des sujets ind&#233;pendants par nature, &#233;tablit des relations et des liens au moyen d'un pacte, ne repose pas davantage sur un tel naturalisme. Ce n'est qu'apparence, apparence d'ordre purement esth&#233;tique dans les petites et grandes robinso&#173;nades. Il s'agit, en r&#233;alit&#233;, d'une anticipation de la &#171; soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187; qui se pr&#233;parait depuis le XVI&#176; si&#232;cle et qui, au XVIII&#176; marchait &#224; pas de g&#233;ant vers sa maturit&#233;. Dans cette soci&#233;t&#233; o&#249; r&#232;gne la libre concurrence, l'individu appara&#238;t d&#233;tach&#233; des liens naturels, etc., qui font de lui &#224; des &#233;poques historiques ant&#233;rieures un &#233;l&#233;ment d'un conglom&#233;rat humain d&#233;termin&#233; et d&#233;limit&#233;. Pour les proph&#232;tes du XVIII&#176; si&#232;cle, - Smith et Ricardo se situent encore compl&#232;tement sur leurs positions, - cet individu du XVIII&#176; si&#232;cle - produit, d'une part, de la d&#233;composition des formes de soci&#233;t&#233; f&#233;odales, d'autre part, des forces de production nouvelles qui se sont d&#233;velopp&#233;es depuis le XVI&#176; si&#232;cle - appara&#238;t comme un id&#233;al qui aurait exist&#233; dans le pass&#233;. Ils voient en lui non un aboutissement historique, mais le point de d&#233;part de l'histoire, parce qu'ils consid&#232;rent cet individu comme quelque chose de naturel, conforme &#224; leur conception de la nature humaine, non comme un produit de l'histoire, mais comme une donn&#233;e de la nature. Cette illusion a &#233;t&#233; jusqu'&#224; maintenant partag&#233;e par toute &#233;poque nou&#173;velle. Steuart, qui, &#224; plus d'un &#233;gard, s'oppose au XVIII&#176; si&#232;cle et, en sa qualit&#233; d'aristo&#173;crate, se tient davantage sur le terrain historique, a &#233;chapp&#233; &#224; cette illusion na&#239;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on remonte dans le cours de l'histoire, plus l'individu &#8211; et par suite l'individu produc&#173;teur, lui aussi, - appara&#238;t dans un &#233;tat de d&#233;pendance, membre d'un ensemble plus grand : cet &#233;tat se manifeste tout d'abord de fa&#231;on tout &#224; fait naturelle dans la famille et dans la famille &#233;largie jusqu'&#224; former la tribu ; puis dans les diff&#233;rentes formes de communaut&#233;s, issues de l'opposition et de la fusion des tribus. Ce n'est qu'au XVIII&#176; si&#232;cle, dans la &#171; soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187;, que les diff&#233;rentes formes de l'ensemble social se pr&#233;sentent &#224; l'individu com&#173;me un simple moyen de r&#233;aliser ses buts particuliers, comme une n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure. Mais l'&#233;poque qui engendre ce point de vue, celui de l'individu isol&#233;, est pr&#233;cis&#233;ment celle o&#249; les rapports sociaux (rev&#234;tant de ce point de vue un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral) ont atteint le plus grand d&#233;veloppement qu'ils aient connu. L'homme est, au sens le plus litt&#233;ral, un [...] [1], non seule&#173;ment un animal sociable, mais un animal qui ne peut s'isoler que dans la soci&#233;t&#233;. La production r&#233;alis&#233;e en dehors de la soci&#233;t&#233; par l'individu isol&#233; - fait exceptionnel qui peut bien arriver &#224; un civilis&#233; transport&#233; par hasard dans un lieu d&#233;sert et qui poss&#232;de d&#233;j&#224; en puissance les forces propres &#224; la soci&#233;t&#233; - est chose aussi absurde que le serait le d&#233;veloppe&#173;ment du langage sans la pr&#233;sence d'individus vivant et parlant ensemble. Inutile de s'y arr&#234;ter plus longtemps. Il n'y aurait aucune raison d'aborder ce point si cette niaiserie, qui avait un sens et une raison d'&#234;tre chez les gens du XVIII&#176; si&#232;cle, n'avait &#233;t&#233; r&#233;introduite tr&#232;s s&#233;rieuse&#173;ment par Bastiat, Carey, Proudhon etc., en pleine &#233;conomie politique moderne. Pour Proudhon entre autres, il est naturellement bien commode de faire de la mythologie pour donner une explication historico-philosophique d'un rapport &#233;conomique dont il ignore l'ori&#173;gine historique : l'id&#233;e de ce rapport serait venue un beau jour toute pr&#234;te &#224; l'esprit d'Adam ou de Prom&#233;th&#233;e, qui l'ont alors introduite dans le monde, etc... Rien de plus fastidieux et de plus plat que le locus communis [lieu commun] en proie au d&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;TERNISATION DES RAPPORTS DE PRODUCTION HISTORIQUES. PRODUCTION ET DISTRIBUTION EN G&#201;N&#201;RAL. PROPRI&#201;T&#201;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc nous parlons de production, c'est toujours de la production &#224; un stade d&#233;ter&#173;mi&#173;n&#233; du d&#233;veloppement social qu'il s'agit - de la production d'individus vivant en soci&#233;t&#233;. Aussi pourrait-il sembler que, pour parler de la production en g&#233;n&#233;ral, il faille, soit suivre le proc&#232;s historique de son d&#233;veloppement dans ses diff&#233;rentes phases, soit d&#233;clarer de prime abord que l'on s'occupe d'une &#233;poque historique d&#233;termin&#233;e, par exemple de la production bourgeoise moderne, qui est, en fait, notre v&#233;ritable sujet. Mais toutes les &#233;poques de la production ont certains caract&#232;res communs, certaines d&#233;terminations communes. La production en g&#233;n&#233;ral est une abstraction, mais une abstraction rationnelle, dans la mesure o&#249;, soulignant et pr&#233;cisant bien les traits communs, elle nous &#233;vite la r&#233;p&#233;tition. Cepen&#173;dant, ce caract&#232;re g&#233;n&#233;ral, ou ces traits communs, que permet de d&#233;gager la comparaison, forment eux-m&#234;mes un ensemble tr&#232;s complexe dont les &#233;l&#233;ments divergent pour rev&#234;tir des d&#233;termi&#173;nations diff&#233;rentes. Certains de ces caract&#232;res appartiennent &#224; toutes les &#233;poques, d'autres sont communs &#224; quelques-unes seulement. [Certaines] de ces d&#233;terminations appara&#238;tront communes &#224; l'&#233;poque la plus moderne comme &#224; la plus ancienne. Sans elles, on ne peut concevoir aucune production. Mais, s'il est vrai que les langues les plus &#233;volu&#233;es ont en commun avec les moins &#233;volu&#233;es certaines lois et d&#233;terminations, ce qui constitue leur &#233;volution, c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui les diff&#233;rencie de ces caract&#232;res g&#233;n&#233;raux et communs ; aussi faut-il bien distinguer les d&#233;terminations qui valent pour la production en g&#233;n&#233;ral, afin que l'unit&#233; - qui d&#233;coule d&#233;j&#224; du fait que le sujet, l'humanit&#233;, et l'objet, la nature, sont identi&#173;ques - ne fasse pas oublier la diff&#233;rence essentielle. C'est de cet oubli que d&#233;coule, par exemple, toute la sagesse des &#233;conomistes modernes qui pr&#233;tendent prouver l'&#233;ternit&#233; et l'harmonie des rapports sociaux existant actuellement. Par exemple, pas de production possible sans un instrument de production, cet instrument ne serait-il que la main. Pas de production possible sans travail pass&#233; accumul&#233;, ce travail ne serait-il que l'habilet&#233; que l'exe&#173;r&#173;cice r&#233;p&#233;t&#233; a d&#233;velopp&#233;e et fix&#233;e dans la main du sauvage. Entre autres choses, le capital est, lui aussi, un instrument de production, c'est, lui aussi, du travail pass&#233;, objectiv&#233;. Donc le capital est un rapport naturel universel et &#233;ternel ; oui, mais &#224; condition de n&#233;gliger pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;l&#233;ment sp&#233;cifique, ce qui seul transforme en capital l'&#171; instrument de produc&#173;tion &#187;, le &#171; travail accumul&#233; &#187;. Toute l'histoire des rapports de production appara&#238;t ainsi, par exemple chez Carey, comme une falsification provoqu&#233;e par la malveillance des gouverne&#173;ments. S'il n'y a pas de production en g&#233;n&#233;ral, il n'y a pas non plus de production g&#233;n&#233;rale. La production est toujours une branche particuli&#232;re de la production - par exemple l'agriculture, l'&#233;levage du b&#233;tail, la manufacture, etc., ou bien elle constitue un tout. Mais l'&#233;conomie politique n'est pas la technologie. Il faudra expliquer ailleurs (plus tard) le rapport entre les d&#233;terminations g&#233;n&#233;rales de la production &#224; un stade social donn&#233; et les formes particuli&#232;res de la production. Enfin la production n'est pas non plus uniquement une production particuli&#232;re, elle appara&#238;t toujours sous la forme d'un certain corps social d'un sujet social, qui exerce son activit&#233; dans un ensemble plus ou moins grand et riche de branches de la production. Il n'y a pas encore lieu non plus d'&#233;tudier ici le rapport existant entre l'expos&#233; scientifique et le mouvement r&#233;el. Production en g&#233;n&#233;ral. Branches particuli&#232;res de la production. Production consid&#233;r&#233;e dans sa totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de mode en &#233;conomie politique de faire pr&#233;c&#233;der toute &#233;tude d'une partie g&#233;n&#233;rale, - celle, pr&#233;cis&#233;ment, qui figure sous le titre de Production (cf., par exemple, J. Stuart Mill), - dans laquelle on traite des conditions g&#233;n&#233;rales de toute production. Cette partie g&#233;n&#233;rale comprend ou est cens&#233;e comprendre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'&#233;tude des conditions sans lesquelles la production n'est pas possible, et qui se borne donc en fait &#224; la mention des facteurs essentiels communs &#224; toute production. Mais, en r&#233;alit&#233;, cela se r&#233;duit, comme nous le verrons, &#224; quelques d&#233;terminations tr&#232;s simples rab&#226;ch&#233;es en plates tautologies ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'&#233;tude des conditions qui favorisent plus ou moins le d&#233;veloppement de la produc&#173;tion, comme, par exemple, l'&#233;tat social progressif ou stagnant d'Adam Smith. Pour donner un caract&#232;re scientifique &#224; ce qui, chez lui, a sa valeur comme aper&#231;u, il faudrait &#233;tudier les p&#233;riodes de divers degr&#233;s de productivit&#233; au cours du d&#233;veloppement de diff&#233;rents peuples - &#233;tude qui d&#233;passe les limites proprement dites de notre sujet, mais qui, dans la mesure o&#249; elle y entre, doit &#234;tre expos&#233;e dans la partie expliquant la concurrence, l'accumu&#173;lation, etc. Sous sa forme g&#233;n&#233;rale, la conclusion aboutit &#224; cette g&#233;n&#233;ralit&#233; qu'un peuple industriel est &#224; l'apog&#233;e de sa production au moment m&#234;me o&#249;, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il atteint son apog&#233;e historique. Et, de fait, un peuple est &#224; son apog&#233;e industrielle tant que ce n'est pas encore le profit, mais la recherche du gain qui est pour lui l'essentiel. Sup&#233;riorit&#233;, en ce sens, des Yankees sur les Anglais. Ou bien, aussi, on aboutit &#224; ceci, que certaines races, certaines dispositions, certains climats, certaines conditions naturelles, comme la situation au bord de la mer, la fertilit&#233; du sol, etc., sont plus favorables que d'autres &#224; la production. Ce qui donne de nouveau cette tautologie : la richesse se cr&#233;e d'autant plus facilement que ses &#233;l&#233;ments subjectifs et objectifs existent &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans cette partie g&#233;n&#233;rale, ce n'est pas de tout cela qu'il s'agit en r&#233;alit&#233; pour les &#233;conomistes. Il s'agit bien plut&#244;t, comme le montre l'exemple de Mill, de repr&#233;senter la production, &#224; la diff&#233;rence de la distribution, etc., comme enclose dans des lois naturelles, &#233;ternelles, ind&#233;pendantes de l'histoire, et &#224; cette occasion de glisser en sous-main cette id&#233;e que les rapports bourgeois sont des lois naturelles immuables de la soci&#233;t&#233; con&#231;ue in abstracto [dans l'abstrait]. Tel est le but auquel tend plus ou moins consciemment tout ce proc&#233;d&#233;. Dans la distribution, au contraire, les hommes se seraient permis d'agir en fait avec beaucoup d'arbitraire. Abstraction faite de cette disjonction brutale de la production et la distribution et de la rupture de leur rapport r&#233;el, on peut d&#232;s l'abord voir au moins ceci clairement : si diverse que puisse &#234;tre la distribution aux diff&#233;rents stades de la soci&#233;t&#233;, il doit &#234;tre possible, tout aussi bien que pour la production, de d&#233;gager des caract&#232;res communs, et possible aussi d'effacer ou de supprimer toutes les diff&#233;rences historiques pour &#233;noncer des lois s'appliquant &#224; l'homme en g&#233;n&#233;ral. Par exemple, l'esclave, le serf, le travailleur salari&#233; re&#231;oivent tous une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de nourriture qui leur permet de subsister en tant qu'esclave, serf, salari&#233;. Qu'ils vivent du tribut, de l'imp&#244;t, de la rente fonci&#232;re, de l'aum&#244;ne ou de la d&#238;me, le conqu&#233;rant, le fonctionnaire, le propri&#233;taire foncier, le moine ou le l&#233;vite re&#231;oivent tous une quote-part de la production sociale qui est fix&#233;e suivant d'autres lois que celle des esclaves, etc. Les deux principaux points que tous les &#233;conomistes placent sous cette rubrique sont : 1&#176; propri&#233;t&#233; ; 2&#176; garantie de cette derni&#232;re par la justice, la police, etc. On peut r&#233;pondre &#224; cela tr&#232;s bri&#232;vement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point : Toute production est appropriation de la nature par l'individu dans le cadre et par l'interm&#233;diaire d'une forme de soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e. En ce sens, c'est une tautologie de dire que la propri&#233;t&#233; (appropriation) est une condition de la production. Mais il est ridicule de partir de l&#224; pour passer d'un saut &#224; une forme d&#233;termin&#233;e de la propri&#233;t&#233;, par exemple &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. (Ce qui, de plus, suppose &#233;galement comme condition une forme oppos&#233;e, la non-propri&#233;t&#233;.)L'histoire nous montre bien plut&#244;t dans la propri&#233;t&#233; commune (par exemple chez les Indiens, les Slaves, les anciens Celtes, etc.) la forme primitive, forme qui, sous l'aspect de propri&#233;t&#233; communale, jouera longtemps encore un r&#244;le important. Quant &#224; savoir si la richesse se d&#233;veloppe mieux sous l'une ou l'autre forme de propri&#233;t&#233;, il n'en est encore nullement question ici. Mais, dire qu'il ne puisse &#234;tre question d'aucune production, ni par cons&#233;quent d'aucune soci&#233;t&#233; o&#249; n'existe aucune forme de propri&#233;t&#233;, est pure tautologie. Une appropriation qui ne s'approprie rien est une contradictio in subjecto [une contradiction dans les termes].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le deuxi&#232;me point : Mise en s&#251;ret&#233; des biens acquis, etc. Si l'on r&#233;duit ces banalit&#233;s &#224; leur contenu r&#233;el, elles expriment beaucoup plus que ne s'en doutent ceux qui les pr&#234;chent. A savoir que toute forme de production engendre ses propres rapports juridiques, sa propre forme de gouvernement, etc. C'est manquer de finesse et de perspicacit&#233; que d'&#233;tablir entre des choses formant un tout organique des rapports contingents, que d'&#233;tablir seulement entre elles un lien de la r&#233;flexion. C'est ainsi que les &#233;conomistes bourgeois ont le sentiment vague que la production est plus facile avec la police moderne qu'&#224; l'&#233;poque par exemple du &#171; droit du plus fort &#187;. Ils oublient seulement que le &#171; droit du plus fort &#187; est &#233;galement un droit, et qui survit sous une autre forme dans leur &#171; &#201;tat juridique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les conditions sociales r&#233;pondant &#224; un stade d&#233;termin&#233; de la production sont seulement en voie de formation ou, au contraire, quand elles sont d&#233;j&#224; en voie de disparition, des perturbations se produisent naturellement dans la production, bien qu'elles soient d'un degr&#233; et d'un effet variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer : tous les stades de la production ont des d&#233;terminations communes auxquelles la pens&#233;e pr&#234;te un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral ; mais les pr&#233;tendues conditions g&#233;n&#233;rales de toute production ne sont rien d'autre que ces facteurs abstraits, qui ne r&#233;pondent &#224; aucun stade historique r&#233;el de la production. II. Rapport g&#233;n&#233;ral entre la production et la distribution, l'&#233;change, la consommation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de nous engager plus avant dans l'analyse de la production, il est n&#233;cessaire d'examiner les diff&#233;rentes rubriques dont l'accompagnent les &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'id&#233;e telle qu'elle se pr&#233;sente d'elle-m&#234;me : dans la production, les membres de la soci&#233;t&#233; adaptent (produisent, fa&#231;onnent) les produits de la nature conform&#233;ment &#224; des besoins humains ; la distribution d&#233;termine la proportion dans laquelle l'individu participe &#224; la r&#233;partition de ces produits ; l'&#233;change lui procure les produits particuliers en lesquels il veut convertir la quote-part qui lui est d&#233;volue par la distribution ; dans la consommation enfin les produits deviennent objets de jouissance, d'appropriation individuelle. La production cr&#233;e les objets qui r&#233;pondent aux besoins ; la distribution les r&#233;partit suivant des lois sociales ; l'&#233;chan&#173;ge r&#233;partit de nouveau ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;parti, mais selon les besoins individuels ; dans la consommation enfin, le produit s'&#233;vade de ce mouvement social, il devient directement objet et serviteur du besoin individuel, qu'il satisfait dans la jouissance. La production appara&#238;t ainsi comme le point de d&#233;part, la consommation comme le point final, la distribution et l'&#233;change comme le moyen terme, lequel a, &#224; son tour, un double caract&#232;re, la distribution &#233;tant le moment ayant pour origine la soci&#233;t&#233; et l'&#233;change le moment ayant l'individu pour origine. Dans la production la personne s'objective et dans la personne [2] se subjectivise la chose ; dans la distribution c'est la soci&#233;t&#233;, sous forme de d&#233;terminations g&#233;n&#233;rales domi&#173;nantes, qui fait office d'interm&#233;diaire entre la production et la consommation ; dans l'&#233;change, le passage de l'une &#224; l'autre est assur&#233; par la d&#233;termination contingente de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution d&#233;termine la proportion (la quantit&#233;) des produits qui &#233;choient &#224; l'individu ; l'&#233;change d&#233;termine les produits que chaque individu r&#233;clame en tant que part qui lui a &#233;t&#233; assign&#233;e par la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Production, distribution, &#233;change, consommation forment ainsi [suivant la doctrine des &#233;conomistes [3]]un syllogisme dans les r&#232;gles ; la production constitue le g&#233;n&#233;ral, la distribu&#173;tion et l'&#233;change le particulier, la consommation le singulier, &#224; quoi aboutit l'ensemble. Sans doute, c'est bien l&#224; un encha&#238;nement, mais fort superficiel. La production est d&#233;termin&#233;e par des lois naturelles g&#233;n&#233;rales ; la distribution par la contingence sociale, et celle-ci peut, par suite, exercer sur la production une action plus ou moins stimulante ; l'&#233;change se situe entre les deux comme un mouvement social de caract&#232;re formel, et l'acte final de la consommation, con&#231;u non seulement comme abou&#173;tis&#173;se&#173;ment, mais comme but final, est, &#224; vrai dire, en dehors de l'&#233;conomie, sauf dans la mesure o&#249; il r&#233;agit &#224; son tour sur le point de d&#233;part, o&#249; il ouvre &#224; nouveau tout le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adversaires des &#233;conomistes - adversaires de l'int&#233;rieur ou du dehors, - qui leur reprochent de dissocier d'une fa&#231;on barbare des choses formant un tout, se placent ou bien sur le m&#234;me terrain qu'eux, ou bien au-dessous d'eux. Rien de plus banal que le reproche fait aux &#233;conomistes de consid&#233;rer la production trop exclusivement comme une fin en soi et all&#233;guant que la distribution a tout autant d'importance. Ce reproche repose pr&#233;cis&#233;ment sur la conception &#233;conomique suivant laquelle la distribution existe en tant que sph&#232;re autonome, ind&#233;pendante, &#224; c&#244;t&#233; de la production. Ou bien [on leur reproche] de ne pas consid&#233;rer dans leur unit&#233; ces diff&#233;rentes phases. Comme si cette dissociation n'&#233;tait pas pass&#233;e de la r&#233;alit&#233; dans les livres, mais au contraire des livres dans la r&#233;alit&#233;, et comme s'il s'agissait ici d'un &#233;quilibre dialectique de concepts et non pas de la conception [4] des rapports r&#233;els ! a) La production est aussi consommation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Double caract&#232;re de la consommation, subjectif et objectif : d'une part, l'individu qui d&#233;ve&#173;&#173;lop&#173;pe ses facult&#233;s en produisant les d&#233;pense &#233;galement, les consomme dans l'acte de la produc&#173;tion, tout comme la procr&#233;ation naturelle est consommation des forces vitales. Deuxi&#232;mement : consommation des moyens de production que l'on emploie, qui s'usent, et qui se dissolvent en partie (comme par exemple lors de la combustion) dans les &#233;l&#233;ments de l'univers. De m&#234;me pour la mati&#232;re premi&#232;re, qui ne conserve pas sa forme et sa constitution naturelles, mais qui se trouve consomm&#233;e. L'acte de production est donc lui-m&#234;me dans tous ses moments un acte de consommation &#233;galement. Les &#233;conomistes, du reste, l'admettent. La production consid&#233;r&#233;e comme imm&#233;diatement identique &#224; la consommation et la consomma&#173;tion comme co&#239;ncidant de fa&#231;on imm&#233;diate avec la production, c'est ce qu'ils appellent la consommation productive. Cette identit&#233; de la production et de la consommation revient &#224; la proposition de Spinoza : Determinatio est negatio [Toute d&#233;termination est n&#233;gation].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;termination de la consommation productive n'est pr&#233;cis&#233;ment &#233;tablie que pour distinguer la consommation qui s'identifie &#224; la production, de la consommation propre&#173;ment dite, qui est plut&#244;t con&#231;ue comme antith&#232;se destructrice de la production. Consid&#233;rons donc la consommation proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation est de mani&#232;re imm&#233;diate &#233;galement production, de m&#234;me que dans la nature la consommation des &#233;l&#233;ments et des substances chimiques est production de la plante. Il est &#233;vident que dans l'alimen&#173;tation, par exemple, qui est une forme particuli&#232;re de la consommation, l'homme produit son propre corps. Mais cela vaut &#233;galement pour tout autre genre de consommation qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, contribue par quelque c&#244;t&#233; &#224; la production de l'homme. Production consommatrice. Mais, objecte l'&#233;conomie, cette produc&#173;tion qui s'identifie &#224; la consommation est une deuxi&#232;me production, issue de la destruction du premier produit. Dans la premi&#232;re le producteur s'objectivait ; dans la seconde, au contraire, c'est l'objet qu'il a cr&#233;&#233; qui se person&#173;nifie. Ainsi, cette production consommatrice - bien qu'elle constitue une unit&#233; imm&#233;diate de la production et de la consommation - est essen&#173;tiel&#173;le&#173;&#173;ment diff&#233;rente de la production propre&#173;ment dite. L'unit&#233; imm&#233;diate, dans laquelle la produc&#173;tion co&#239;ncide avec la consommation et la consommation avec la production, laisse subsis&#173;ter leur dualit&#233; fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production est donc imm&#233;diatement consommation, la consommation imm&#233;diatement production. Chacune est imm&#233;diatement son contraire. Mais il s'op&#232;re en m&#234;me temps un mouvement m&#233;diateur entre les deux termes. La production est m&#233;diatrice de la consom&#173;mation, dont elle cr&#233;e les &#233;l&#233;ments mat&#233;riels et qui, sans elle, n'aurait point d'objet. Mais la consommation est aussi m&#233;diatrice de la production en procurant aux produits le sujet pour lequel ils sont des produits. Le produit ne conna&#238;t son ultime accomplissement que dans la consommation. Un chemin de fer sur lequel on ne roule pas, qui donc ne s'use pas, n'est pas consomm&#233;, n'est un chemin de fer que dans le domaine de la possibilit&#233; [...] et non dans celui de la r&#233;alit&#233;. Sans production, pas de consommation ; mais, sans consommation, pas de production non plus, car la production serait alors sans but. La consommation produit la production doublement. 1&#186; C'est dans la consommation seulement que le produit devient r&#233;ellement produit. Par exemple, un v&#234;tement ne devient v&#233;ritablement v&#234;tement que par le fait qu'il est port&#233; ; une maison qui n'est pas habit&#233;e n'est pas, en fait, une v&#233;ritable maison ; le produit donc, &#224; la diff&#233;rence du simple objet naturel, ne s'affirme comme produit, ne devient produit que dans la consommation. C'est la consommation seulement qui, en absor&#173;bant le produit, lui donne la derni&#232;re touche (finishing stroke) ; carla production n'est pas produit en tant qu'activit&#233; objectiv&#233;e, mais seulement en tant qu'objet pour le sujet agissant [la consommation produit la production] [5]. 2&#186; La consommation cr&#233;e le besoin d'une nouvelle production, par cons&#233;quent la raison id&#233;ale, le mobile interne de la production, qui en est la condition pr&#233;alable. La consommation cr&#233;e le mobile de la production ; elle cr&#233;e aussi l'objet qui agit dans la production en d&#233;terminant sa fin. S'il est clair que la production offre, sous sa forme mat&#233;rielle, l'objet de la consommation, il est donc tout aussi clair que la consommation pose id&#233;alement l'objet de la production, sous forme d'image int&#233;rieure, de besoin, de mobile et de fin. Elle cr&#233;e les objets de la production sous une forme encore subjective. Sans besoin, pas de production. Mais la consommation reproduit le besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce double caract&#232;re correspond du c&#244;t&#233; de la production : 1&#186; Elle fournit &#224; la consom&#173;ma&#173;tion sa mati&#232;re, son objet. Une consommation sans objet n'est pas une consommation ; &#224; cet &#233;gard donc la production cr&#233;e, produit la consommation. 2&#186; Mais ce n'est pas seulement l'objet que la production procure &#224; la consommation. Elle lui donne aussi son aspect d&#233;termin&#233;, son caract&#232;re, son fini (finish). Tout comme la consommation donnait la derni&#232;re touche au produit en tant que produit, la production le donne &#224; la consommation. D'abord l'objet n'est pas un objet en g&#233;n&#233;ral, mais un objet d&#233;termin&#233;, qui doit &#234;tre consomm&#233; d'une fa&#231;on d&#233;termin&#233;e, &#224; laquelle la production elle-m&#234;me doit servir [6] d'interm&#233;diaire. La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mang&#233;e avec fourchette et couteau, est une autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents. Ce n'est pas seulement l'objet de la consommation, mais aussi le mode de consommation qui est donc produit par la production, et ceci non seulement d'une mani&#232;re objective, mais aussi subjective. La production cr&#233;e donc le consommateur. 3&#186; La production ne fournit donc pas seulement un objet mat&#233;riel au besoin, elle fournit aussi un besoin &#224; l'objet mat&#233;riel. Quand la consommation se d&#233;gage de sa grossi&#232;ret&#233; primitive et perd son caract&#232;re imm&#233;diat - et le fait m&#234;me de s'y attarder serait encore le r&#233;sultat d'une production rest&#233;e &#224; un stade de grossi&#232;ret&#233; primitive -, elle a elle-m&#234;me, en tant qu'instinct, l'objet pour m&#233;diateur. Le besoin qu'elle &#233;prouve de cet objet est cr&#233;&#233; par la perception de celui-ci. L'objet d'art - comme tout autre produit - cr&#233;e un public apte &#224; comprendre l'art et &#224; jouir de la beaut&#233;. La production ne produit donc pas seulement un objet pour le sujet, mais aussi un sujet pour l'objet. La production produit donc la consommation 1&#186; en lui fournissant la mati&#232;re ; 2&#186; en d&#233;terminant le mode de consommation ; 3&#186; en faisant na&#238;tre chez le consom&#173;ma&#173;teur le besoin de produits pos&#233;s d'abord simplement par elle sous forme d'objets. Elle pro&#173;duit donc l'objet de la consommation, le mode de consommation, l'instinct de la consom&#173;mation. De m&#234;me la consommation engendre l'aptitude du producteur en le sollicitant sous la forme d'un besoin d&#233;terminant le but de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; entre la consommation et la production appara&#238;t donc sous un triple aspect :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Identit&#233; imm&#233;diate. La production est consommation ; la consommation est produc&#173;tion. Production consommatrice. Consommation productive. Toutes deux sont appel&#233;es consommation productive par les &#233;cono&#173;mis&#173;tes. Mais ils font encore une diff&#233;rence. La premi&#232;re prend la forme de reproduction ; la seconde, de consommation productive. Toutes les recherches sur la premi&#232;re sont l'&#233;tude du travail productif ou improductif ; les recherches sur la seconde sont celle de la consommation productive ou improductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Chacune appara&#238;t comme le moyen de l'autre ; elle est m&#233;di&#233;e par l'autre ; ce qui s'expri&#173;me par leur interd&#233;pendance, mouvement qui les rapporte l'une &#224; l'autre et les fait appara&#238;tre comme indispensables r&#233;ciproquement, bien qu'elles restent cependant ext&#233;rieures l'une &#224; l'autre. La production cr&#233;e la mati&#232;re de la consommation en tant qu'objet ext&#233;rieur ; la consommation cr&#233;e pour la production le besoin en tant qu'objet interne, en tant que but. Sans production, pas de consommation ; sans consommation, pas de production. Ceci figure dans l'&#233;conomie politique sous de nombreuses formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La production n'est pas seulement imm&#233;diatement consommation, ni la consommation imm&#233;diatement production ; la production n'est pas non plus seulement moyen pour la consommation, ni la consommation but pour la production, en ce sens que chacune d'elles fournit &#224; l'autre son objet, la production l'objet ext&#233;rieur de la consommation, la consom&#173;ma&#173;tion l'objet figur&#233; de la production. En fait, chacune d'elles n'est pas seulement imm&#233;diate&#173;ment l'autre, ni seulement m&#233;diatrice de l'autre, mais chacune d'elles, en se r&#233;alisant, cr&#233;e l'autre ; se cr&#233;e sous la forme de l'autre. C'est la consommation qui accomplit pleinement l'acte de la production en donnant au produit son caract&#232;re achev&#233; de produit, en le dissolvant en consommant la forme objective ind&#233;pendante qu'il rev&#234;t, en &#233;levant &#224; la dext&#233;rit&#233;, par le besoin de la r&#233;p&#233;tition, l'aptitude d&#233;velopp&#233;e dans le premier acte de la production ; elle n'est donc pas seulement l'acte final par lequel le produit devient v&#233;ritablement produit, mais celui par lequel le producteur devient &#233;galement v&#233;ritablement producteur. D'autre part, la production produit la consommation en cr&#233;ant le mode d&#233;termin&#233; de la consommation, et ensuite en faisant na&#238;tre l'app&#233;tit de la consommation, la facult&#233; de consommation, sous forme de besoin. Cette derni&#232;re identit&#233;, que nous avons pr&#233;cis&#233;e au paragraphe 3, est com&#173;men&#173;t&#233;e en &#233;conomie politique sous des formes multiples, &#224; propos des rapports entre l'offre et la demande, les objets et les besoins, les besoins cr&#233;&#233;s par la soci&#233;t&#233; et les besoins naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus simple alors, pour un h&#233;g&#233;lien, que de poser la production et la consomma&#173;tion comme identiques. Et cela n'a pas &#233;t&#233; seulement le fait d'hommes de lettres socialistes, mais de prosa&#239;ques &#233;conomistes m&#234;me ; par exemple de Say, sous la forme suivante : quand on consid&#232;re un peuple, ou bien l'humanit&#233; in abstracto, on voit que sa production est sa consommation. Storch a montr&#233; l'erreur de Say : un peuple, par exemple, ne consomme pas purement et simplement sa production, mais cr&#233;e aussi des moyens de production, etc., du capital fixe, etc. Consid&#233;rer la soci&#233;t&#233; comme un sujet unique, c'est au surplus la consid&#233;rer d'un point de vue faux - sp&#233;culatif. Chez un sujet, production et con&#173;som&#173;ma&#173;tion apparaissent comme des moments d'un m&#234;me acte. L'important ici est seulement de souligner ceci : que l'on consid&#232;re la production et la consommation comme des activit&#233;s d'un sujet ou de nom&#173;breux individus [7], elles apparaissent en tout cas comme les moments d'un proc&#232;s dans lequel la production est le v&#233;ritable point de d&#233;part et par suite aussi le facteur qui l'emporte. La consommation en tant que n&#233;cessit&#233;, que besoin, est elle-m&#234;me un facteur interne de l'activit&#233; productive ; maiscette derni&#232;re est le point de d&#233;part de la r&#233;alisa&#173;tion et par suite aussi son facteur pr&#233;dominant, l'acte dans lequel tout le proc&#232;s se d&#233;roule &#224; nouveau. L'individu produit un objet et fait retour en soi-m&#234;me par la consommation de ce dernier, mais il le fait en tant qu'individu productif et qui se reproduit lui-m&#234;me. La consom&#173;ma&#173;tion appara&#238;t ainsi comme moment de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans la soci&#233;t&#233;, le rapport entre le producteur et le produit, d&#232;s que ce dernier est achev&#233;, est un rapport ext&#233;rieur,- et le retour du produit au sujet d&#233;pend des relations de celui-ci avec d'autres individus. Il n'en devient pas imm&#233;diatement possesseur. Aussi bien, l'appropriation imm&#233;diate du produit n'est-elle pas la fin que se propose le producteur quand il produit dans la soci&#233;t&#233;. Entre le producteur et les produits intervient la distribution, qui par des lois sociales d&#233;termine la part qui lui revient dans la masse des produits et se place ainsi entre la production et la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors, la distribution constitue-t-elle une sph&#232;re autonome &#224; c&#244;t&#233; et en dehors de la production ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Distribution et production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe n&#233;cessairement tout d'abord, quand on consid&#232;re les trait&#233;s ordinaires d'&#233;conomie politique, c'est que toutes les cat&#233;gories y sont pos&#233;es sous une double forme. Par exemple, dans la distribution figurent : rente fonci&#232;re, salaire, int&#233;r&#234;t et profit, tandis que dans la production terre, travail, capital figurent comme agents de la production. Or, en ce qui concerne le capital, il appara&#238;t clairement d&#232;s l'abord qu'il est pos&#233; sous deux formes : 1&#176; comme agent de production ; 2&#176; comme source de revenus : comme formes de distribution d&#233;termin&#233;es et d&#233;terminantes. Par suite, int&#233;r&#234;t et profit figurent aussi en tant que tels dans la production, dans la mesure o&#249; ils sont des formes sous lesquelles le capital augmente, s'accro&#238;t, donc des facteurs de sa production m&#234;me. Int&#233;r&#234;t et profit, en tant que formes de distribution, supposent le capital consid&#233;r&#233; comme agent de la production. Ce sont des modes de distribution qui ont pour postulat le capital comme agent de la production. Ce sont &#233;galement des modes de reproduction du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le salaire est le travail salari&#233;, que les &#233;conomistes consid&#232;rent sous une autre rubrique : le caract&#232;re d&#233;termin&#233; d'agent de production que poss&#232;de ici le travail appara&#238;t l&#224; comme d&#233;termination de la distribution. Si le travail n'&#233;tait pas d&#233;fini comme travail salari&#233;, le mode suivant lequel il participe &#224; la r&#233;partition des produits n'appara&#238;trait pas sous la forme de salaire : c'est le cas par exemple dans l'esclavage. Enfin la rente fonci&#232;re, pour prendre tout de suite la forme la plus d&#233;velopp&#233;e de la distribution, par laquelle la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re participe &#224; la r&#233;partition des produits, suppose la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re (&#224; vrai dire la grande agriculture) comme agent de production, et non tout simplement la terre, pas plus que le salaire ne suppose le travail tout court. Les rapports et les modes de distribution apparais&#173;sent donc simplement comme l'envers des agents de production. Un individu qui participe &#224; la production sous la forme du travail salari&#233; participe sous la forme du salaire &#224; la r&#233;partition des produits, r&#233;sultats de la production. La structure de la distribution est enti&#232;rement d&#233;termin&#233;e par la structure de la production. La distribution est elle-m&#234;me un produit de la production non seulement en ce qui concerne l'objet, le r&#233;sultat de la production seul pouvant &#234;tre distribu&#233;, mais aussi en ce qui concerne la forme, le mode pr&#233;cis de participation &#224; la production d&#233;terminant les formes particuli&#232;res de la distribution, c'est-&#224;-dire d&#233;terminant sous quelle forme le producteur participera &#224; la distribution. Il est absolu&#173;ment illusoire de placer la terre dans la production, la rente fonci&#232;re dans la distribution, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;conomistes comme Ricardo, auxquels on a le plus reproch&#233; de n'avoir en vue que la production, ont par suite d&#233;fini la distribution comme l'objet exclusif de l'&#233;conomie politique, parce qu'instinctivement ils voyaient dans les formes de distribution l'expression la plus nette des rapports fixes des agents de production dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; l'individu isol&#233;, la distribution appara&#238;t naturellement comme une loi sociale qui conditionne sa position &#224; l'int&#233;rieur de la production dans le cadre de laquelle il produit, et qui pr&#233;c&#232;de donc la production. De par son origine, l'individu n'a pas de capital, pas de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. D&#232;s sa naissance, il est r&#233;duit au travail salari&#233; par la distribution sociale. Mais le fait m&#234;me qu'il y soit r&#233;duit r&#233;sulte de l'existence du capital, de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re comme agents de production ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re des soci&#233;t&#233;s enti&#232;res, la distribution, &#224; un autre point de vue encore, semble pr&#233;c&#233;der la production et la d&#233;terminer ; pour ainsi dire comme un fait pr&#233;&#173;&#233;cono&#173;mique. Un peuple conqu&#233;rant partage le pays entre les conqu&#233;rants et impose ainsi une certaine r&#233;partition et une certaine forme de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re : Il d&#233;termine donc la production. Ou bien il fait des peuples conquis des esclaves et fait ainsi du travail servile la base de la production. Ou bien un peuple, par la r&#233;volution, brise la grande propri&#233;t&#233; et la morcelle ; il donne donc ainsi par cette nouvelle distribution un nouveau caract&#232;re &#224; la production. Ou bien enfin la l&#233;gislation perp&#233;tue la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re dans certaines familles, ou fait du travail un privil&#232;ge h&#233;r&#233;ditaire et lui imprime ainsi un caract&#232;re de caste. Dans tous ces cas, et tous sont historiques, la distribution ne semble pas &#234;tre organis&#233;e et d&#233;termin&#233;e par la production, mais inversement la production semble l'&#234;tre par la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa conception la plus banale, la distribution appara&#238;t comme distribution des produits, et ainsi comme plus &#233;loign&#233;e de la production et pour ainsi dire ind&#233;pendante de celle-ci. Mais, avant d'&#234;tre distribution des produits, elle est : 1&#176; distribution des instruments de production, et 2&#176;, ce qui est une autre d&#233;termination du m&#234;me rapport, distribution des membres de la soci&#233;t&#233; entre les diff&#233;rents genres de production. (Subordination des individus &#224; des rapports de production d&#233;termin&#233;s.) La distribution des produits n'est manifestement que le r&#233;sultat de cette distribution, qui est incluse dans le proc&#232;s de production lui-m&#234;me et d&#233;termine la structure de la production. Consid&#233;rer la production sans tenir compte de cette distribution, qui est incluse en elle, c'est manifestement abstraction vide, alors qu'au contraire la distribution des produits est impliqu&#233;e par cette distribution, qui constitue &#224; l'origine un facteur m&#234;me de la production. Ricardo, &#224; qui il importait de concevoir la production moderne dans sa structure sociale d&#233;termin&#233;e et qui est l'&#233;conomiste de la production par excellence [8], affirme pour cette raison que ce n'estpas la production, mais la distribution qui constitue le sujet v&#233;ritable de l'&#233;conomie politique moderne. D'o&#249; l'absurdit&#233; des &#233;conomistes qui traitent de la production comme d'une v&#233;rit&#233; &#233;ternelle, tandis qu'ils rel&#232;guent l'histoire dans le domaine de la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir quel rapport s'&#233;tablit entre la distribution et la production qu'elle d&#233;termine rel&#232;ve manifestement de la production m&#234;me. Si l'on pr&#233;tendait qu'alors, du fait que la production a n&#233;cessairement son point de d&#233;part dans une certaine distribution des instruments de production, la distribution, au moins dans ce sens, pr&#233;c&#232;de la production, en constitue la condition pr&#233;alable, on pourrait r&#233;pondre &#224; cela que la production a effectivement ses propres conditions et pr&#233;misses, qui en constituent des facteurs. Ces derniers peuvent appara&#238;tre tout au d&#233;but comme des donn&#233;es naturelles. Le proc&#232;s m&#234;me de la production transforme ces donn&#233;es naturelles en donn&#233;es historiques et, s'ils apparaissent pour une p&#233;riode comme des pr&#233;misses naturelles de la production, ils en ont &#233;t&#233; pour une autre p&#233;riode le r&#233;sultat historique. Dans le cadre m&#234;me de la production, ils sont constamment modifi&#233;s. Par exemple, le machinisme a modifi&#233; aussi bien la distribution des instruments de production que celle des produits. La grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re moderne elle-m&#234;me est le r&#233;sultat aussi bien du commerce moderne et de l'industrie moderne que de l'application de cette derni&#232;re &#224; l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les, questions soulev&#233;es plus haut se ram&#232;nent toutes en derni&#232;re instance &#224; celle de savoir comment des conditions historiques g&#233;n&#233;rales interviennent dans la production et quel est le rapport de celle-ci avec le mouvement historique en g&#233;n&#233;ral. La question rel&#232;ve manifestement de la discussion et de l'analyse de la production elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, sous la forme triviale o&#249; elles ont &#233;t&#233; soulev&#233;es plus haut, on peut les r&#233;gler &#233;galement d'un mot. Dans toutes les conqu&#234;tes, il y a trois possibilit&#233;s. Le peuple conqu&#233;rant impose au peuple conquis son propre mode de production (par exemple les Anglais en Irlande dans ce si&#232;cle, en partie dans l'Inde) ; ou bien il laisse subsister l'ancien mode de production et se contente de pr&#233;lever un tribut (par exemple les Turcs et les Romains) ; ou bien il se produit une action r&#233;ciproque qui donne naissance &#224; quelque chose de nouveau, &#224; une synth&#232;se (en partie dans les conqu&#234;tes germaniques). Dans tous les cas, le mode de production, soit celui du peuple conqu&#233;rant ou celui du peuple conquis, ou encore celui qui provient de la fusion des deux pr&#233;c&#233;dents, est d&#233;terminant pour la distribution nouvelle qui appara&#238;t. Bien que celle-ci se pr&#233;sente comme condition pr&#233;alable de la nouvelle p&#233;riode de production, elle est ainsi elle-m&#234;me &#224; son tour un produit de la production, non seulement de la production historique en g&#233;n&#233;ral, mais de telle ou telle production historique d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mongols, par leurs d&#233;vastations en Russie par exemple, agissaient conform&#233;ment &#224; leur mode de production fond&#233; sur le p&#226;turage, qui exigeait comme condition essentielle de grands espaces inhabit&#233;s. Les barbares germaniques, dont le mode de production traditionnel comportait la culture par les serfs et la vie isol&#233;e &#224; la campagne, purent d'autant plus facile&#173;ment soumettre les provinces romaines &#224; ces conditions, que la concentration de la propri&#233;t&#233; terrienne qui s'y &#233;tait op&#233;r&#233;e avait d&#233;j&#224; compl&#232;tement boulevers&#233; l'ancien r&#233;gime de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une image traditionnelle que dans certaines p&#233;riodes on n'aurait v&#233;cu que de pillage. Mais, pour pouvoir piller, il faut qu'il existe quelque chose &#224; piller, donc une production. Et le mode de pillage est lui-m&#234;me &#224; son tour d&#233;termin&#233; par le mode de production. Une stock-jobbing nation [nation de sp&#233;culateurs en Bourse] par exemple ne peut pas &#234;tre pill&#233;e comme une nation de vachers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la personne de l'esclave, l'instrument de production est directement ravi. Mais alors la production du pays, au profit duquel il est ravi, doit &#234;tre organis&#233;e de telle sorte qu'elle permette le travail d'esclave, ou (comme dans l'Am&#233;rique du Sud, etc.) il faut que l'on cr&#233;e un mode de production conforme &#224; l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lois peuvent perp&#233;tuer dans certaines familles un instrument de production, par exemple la terre. Ces lois ne prennent une importance &#233;conomique que lorsque la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re est en harmonie avec la production sociale, comme en Angleterre par exemple. En France, on a pratiqu&#233; la petite culture malgr&#233; l'existence de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, aussi cette derni&#232;re fut-elle d&#233;truite par la R&#233;volution. Mais qu'advient-il si l'on pr&#233;tend perp&#233;tuer par des lois le morcellement par exemple. Malgr&#233; ces lois, la propri&#233;t&#233; se concentre de nouveau. Il y a lieu de d&#233;terminer &#224; part quelle influence les lois exercent sur le maintien des rapports de distribution et par suite quelle est leur influence sur la production. c) &#201;change et production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circulation elle-m&#234;me n'est qu'un moment d&#233;termin&#233; de l'&#233;change ou encore l'&#233;change consid&#233;r&#233; dans sa totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; l'&#233;change n'est qu'un facteur servant d'interm&#233;diaire entre la produc&#173;tion et la distribution qu'elle d&#233;termine ainsi que la consommation ; dans la mesure d'autre part o&#249; cette derni&#232;re appara&#238;t elle-m&#234;me comme un facteur de la production, l'&#233;change est manifestement aussi inclus dans cette derni&#232;re en tant que moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il est &#233;vident que l'&#233;change d'activit&#233;s et de capacit&#233;s qui s'effectue dans la production elle-m&#234;me en fait directement partie et en est un &#233;l&#233;ment essentiel. Deuxi&#232;me&#173;ment, cela est vrai de l'&#233;change des produits pour autant que cet &#233;change est l'instrument qui sert &#224; fournir le produit achev&#233; destin&#233; &#224; la consommation imm&#233;diate. Dans cette mesure, l'&#233;change lui-m&#234;me est un acte inclus dans la production. Troisi&#232;mement, l'&#233;change (exchange) entre marchands (dealers) est, de par son organisation, &#224; la fois d&#233;termin&#233; enti&#232;&#173;re&#173;ment par la production et lui-m&#234;me activit&#233; productive. L'&#233;change n'appara&#238;t comme ind&#233;pendant &#224; c&#244;t&#233; de la production, comme indiff&#233;rent vis-&#224;-vis d'elle, que dans le dernier stade, o&#249; le produit est &#233;chang&#233; imm&#233;diatement pour &#234;tre consomm&#233;. Mais, 1&#176; il n'y a pas d'&#233;change sans division du travail, que celle-ci soit naturelle ou m&#234;me d&#233;j&#224; un r&#233;sultat historique ; 2&#176; l'&#233;change priv&#233; suppose la production priv&#233;e ; 3&#176; l'intensit&#233; de l'&#233;change comme son extension et son mode sont d&#233;termin&#233;s par le d&#233;veloppement et la structure de la production. Par exemple, l'&#233;change entre la ville et la campagne ; l'&#233;change &#224; la campagne, &#224; la ville, etc. Dans tous ces moments, l'&#233;change appara&#238;t donc comme directement compris dans la production, ou d&#233;termin&#233; par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat auquel nous arrivons n'est pas que la production, la distribution, l'&#233;change, la consommation sont identiques, mais qu'ils sont tous des &#233;l&#233;ments d'une totalit&#233;, des diff&#233;renciations &#224; l'int&#233;rieur d'une unit&#233;. La production d&#233;borde aussi bien son propre cadre dans sa d&#233;termination antith&#233;tique d'elle-m&#234;me que les autres moments. C'est &#224; partir d'elle que recommence sans cesse le proc&#232;s. Il va de soi qu'&#233;change et consommation ne peuvent &#234;tre ce qui l'emporte. Il en est de m&#234;me de la distribution en tant que distribution des produits. Mais, en tant que distribution des agents de production, elle est elle-m&#234;me un moment de la production. Une production d&#233;termin&#233;e d&#233;termine donc une consommation, une distribution, un &#233;change d&#233;termin&#233;s, elle r&#232;gle &#233;galement les rapports r&#233;ciproques d&#233;termin&#233;s de ces diff&#233;rents moments. A vrai dire, la production, elle aussi, sous sa forme exclusive, est, de son c&#244;t&#233;, d&#233;termin&#233;e par les autres facteurs. Par exemple quand le march&#233;, c'est-&#224;-dire la sph&#232;re de l'&#233;change, s'&#233;tend, le volume de la production s'accro&#238;t et il s'op&#232;re en elle une division plus profonde. Une transformation de la distribution entra&#238;ne une transformation de la production ; c'est le cas, par exemple, quand il y a concentration du capital, ou r&#233;partition diff&#233;rente de la population &#224; la ville et &#224; la campagne, etc. Enfin les besoins inh&#233;rents &#224; la consommation d&#233;terminent la production. Il y a action r&#233;ciproque entre les diff&#233;rents moments. C'est le cas pour n'importe quelle totalit&#233; organique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. La m&#233;thode de l'&#233;conomie politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous consid&#233;rons un pays donn&#233; au point de vue de l'&#233;conomie politique, nous commen&#231;ons par &#233;tudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa r&#233;partition dans les villes, &#224; la campagne, au bord de la mer, les diff&#233;rentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que ce soit la bonne m&#233;thode de commencer par le r&#233;el et le concret, qui constituent la condition pr&#233;alable effective, donc en &#233;conomie politique, par exemple, la population qui est la base et le sujet de l'acte social de production tout entier. Cependant, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit que c'est l&#224; une erreur. La population est une abstraction si l'on n&#233;glige par exemple les classes dont elle se compose. Ces classes sont &#224; leur tour un mot creux si l'on ignore les &#233;l&#233;ments sur lesquels elles reposent, par exemple le travail salari&#233;, le capital etc. Ceux-ci supposent l'&#233;change, la division du travail, les prix, etc. Le capital, par exemple, n'est rien sans le travail salari&#233;, sans la valeur, l'argent, le prix, etc. Si donc on commen&#231;ait ainsi par la population, on aurait une repr&#233;sentation chaotique du tout et, par une d&#233;termination plus pr&#233;cise, par l'analyse, on aboutirait &#224; des concepts de plus en plus simples ; du concret figur&#233; ou passerait &#224; des abstractions de plus en plus minces, jusqu'&#224; ce que l'on soit arriv&#233; aux d&#233;terminations les plus simples. Partant de l&#224;, il faudrait refaire le chemin &#224; rebours jusqu'&#224; ce qu'enfin on arrive de nouveau &#224; la population, mais celle-ci ne serait pas, cette fois, la repr&#233;sentation chaotique d'un tout, mais une riche totalit&#233; de d&#233;termi&#173;na&#173;tions et de rapports nombreux. La premi&#232;re voie est celle qu'a prise tr&#232;s historiquement l'&#233;conomie politique &#224; sa naissance. Les &#233;conomistes du XVII&#176; si&#232;cle, par exemple, commen&#173;cent toujours par une totalit&#233; vivante : population, nation, &#201;tat, plusieurs &#201;tats ; mais ils finissent toujours par d&#233;gager par l'analyse quelques rapports g&#233;n&#233;raux abstraits d&#233;terminants tels que la division du travail, l'argent, la valeur, etc. D&#232;s que ces facteurs isol&#233;s ont &#233;t&#233; plus ou moins fix&#233;s et abstraits, les syst&#232;mes &#233;conomiques ont commenc&#233;, qui partent des notions simples telles que travail, division du travail, besoin, valeur d'&#233;change, pour s'&#233;lever jusqu'&#224; l'&#201;tat, les &#233;changes entre nations et le march&#233; mondial. Cette derni&#232;re m&#233;thode est manifeste&#173;ment la m&#233;thode scientifique correcte. Le concret est concret parce qu'il est la synth&#232;se de multiples d&#233;terminations, donc unit&#233; de la diversit&#233;. C'est pourquoi il appara&#238;t dans la pens&#233;e comme proc&#232;s de synth&#232;se, comme r&#233;sultat, non comme point de d&#233;part, bien qu'il soit le v&#233;ritable point de d&#233;part et par suite &#233;galement le point de d&#233;part de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. La premi&#232;re d&#233;marche a r&#233;duit la pl&#233;nitude de la repr&#233;sentation &#224; une d&#233;termination abstraite ; avec la seconde, les d&#233;terminations abstraites conduisent &#224; la repro&#173;duc&#173;tion du concret par la voie de la pens&#233;e. C'est pourquoi Hegel est tomb&#233; dans l'illusion de concevoir le r&#233;el comme le r&#233;sultat de la pens&#233;e, qui se concentre en elle-m&#234;me, s'approfon&#173;dit en elle-m&#234;me, se meut par elle-m&#234;me, alors que la m&#233;thode qui consiste &#224; s'&#233;lever de l'abstrait au concret n'est pour la pens&#233;e que la mani&#232;re de s'approprier le concret, de le reproduire sous la forme d'un concret pens&#233;. Mais ce n'est nullement l&#224; le proc&#232;s de la gen&#232;se du concret lui-m&#234;me. Par exemple, la cat&#233;gorie &#233;conomique la plus simple, mettons la valeur d'&#233;change, suppose la population, une population produisant dans des conditions d&#233;termin&#233;es ; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'&#201;tat, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous forme de relation unilat&#233;rale et abstraite d'un tout concret, vivant, d&#233;j&#224; donn&#233;. Comme cat&#233;gorie, par contre, la valeur d'&#233;change m&#232;ne une existence ant&#233;diluvienne. Pour la conscience - et la conscience philosophique est ainsi faite que pour elle la pens&#233;e qui con&#231;oit constitue l'homme r&#233;el et, par suite, le monde n'appara&#238;t comme r&#233;el qu'une fois con&#231;u - pour la conscience, donc, le mouvement des cat&#233;gories appara&#238;t comme l'acte de production r&#233;el - qui re&#231;oit une simple impulsion du dehors et on le regrette - dont le r&#233;sultat est le monde ; et ceci (mais c'est encore l&#224; une tautologie) est exact dans la mesure o&#249; la totalit&#233; concr&#232;te en tant que totalit&#233; pens&#233;e, en tant que repr&#233;sentation mentale du concret, est en fait un produit de la pens&#233;e, de la conception ; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-m&#234;me, qui penserait en dehors et au-dessus de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation, mais un produit de l'&#233;laboration de concepts &#224; partir de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. Le tout, tel qu'il appara&#238;t dans l'esprit comme une totalit&#233; pens&#233;e, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule fa&#231;on qu'il lui soit possible, d'une fa&#231;on qui diff&#232;re de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Apr&#232;s comme avant, le sujet r&#233;el subsiste dans son ind&#233;pendance en dehors de l'esprit ; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activit&#233; purement sp&#233;culative, purement th&#233;orique. Par cons&#233;quent, dans l'emploi de la m&#233;thode th&#233;orique aussi, il faut que le sujet, la soci&#233;t&#233;, reste constamment pr&#233;sent &#224; l'esprit comme donn&#233;e premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces cat&#233;gories simples n'ont-elles pas aussi une existence ind&#233;pendante, de caract&#232;re historique ou naturel, ant&#233;rieure &#224; celle des cat&#233;gories plus concr&#232;tes ? &#199;a d&#233;pend [9]. Hegel, par exemple, a raison de commencer la philosophie du droit par la possession, celle-ci constituant le rapport juridique le plus simple du sujet. Mais il n'existe pas de possession avant que n'existe la famille, ou les rapports entre ma&#238;tres et esclaves, qui sont des rapports beaucoup plus concrets. Par contre, il serait juste de dire qu'il existe des familles, des communaut&#233;s de tribus, qui ne sont encore qu'au stade de la possession, et non &#224; celui de la propri&#233;t&#233;. Par rapport &#224; la propri&#233;t&#233;, la cat&#233;gorie la plus simple appara&#238;t donc comme le rapport de communaut&#233;s simples de familles ou de tribus. Dans la soci&#233;t&#233; parvenue &#224; un stade sup&#233;rieur, elle appara&#238;t comme le rapport plus simple d'une organisation plus d&#233;velop&#173;p&#233;e. Mais on pr&#233;suppose toujours le substrat concret qui s'exprime par un rapport de posses&#173;sion. On peut se repr&#233;senter un sauvage isol&#233; qui poss&#232;de. Mais la possession ne constitue pas alors un rapport juridique. Il n'est pas exact qu'historiquement la possession &#233;volue jusqu'&#224; la forme familiale. Elle suppose au contraire toujours l'existence de cette &#171; cat&#233;gorie juridique plus concr&#232;te &#187;. Cependant il n'en demeurerait pas moins que les cat&#233;gories simples sont l'expression de rapports dans lesquels le concret non encore d&#233;velopp&#233; a pu s'&#234;tre r&#233;alis&#233; sans avoir encore pos&#233; la relation ou le rapport plus complexe qui trouve son expression mentale dans la cat&#233;gorie plus concr&#232;te ; tandis que le concret plus d&#233;velopp&#233; laisse subsister cette m&#234;me cat&#233;gorie comme un rapport subordonn&#233;. L'argent peut exister et a exist&#233; historiquement avant que n'exist&#226;t le capital, que n'existassent les banques, que n'exist&#226;t le travail salari&#233;, etc. A cet &#233;gard, on peut donc dire que la cat&#233;gorie plus simple peut exprimer des rapports dominants d'un tout moins d&#233;velopp&#233; ou, au contraire, des rapports subordonn&#233;s d'un tout plus d&#233;velopp&#233; qui existaient d&#233;j&#224; historiquement avant que le tout ne se d&#233;velopp&#226;t dans le sens qui trouve son expression dans une cat&#233;gorie plus concr&#232;te. Dans cette mesure, la marche de la pens&#233;e abstraite, qui s'&#233;l&#232;ve du plus simple au plus complexe, correspondrait au processus historique r&#233;el. D'autre part, on peut dire qu'il y a des formes de soci&#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es, mais qui historiquement manquent assez de maturit&#233;, dans lesquelles on trouve les formes les plus &#233;lev&#233;es de l'&#233;conomie, comme par exemple la coop&#233;ration, une division du travail d&#233;velopp&#233;e, etc., sans qu'existe aucune sorte de monnaie, par exemple le P&#233;rou. Chez les Slaves aussi, l'argent et l'&#233;change qui le conditionne n'apparaissent pas ou peu &#224; l'int&#233;rieur de chaque communaut&#233;, mais ils apparais&#173;sent &#224; leurs fronti&#232;res, dans leur trafic avec d'autres communaut&#233;s. C'est d'ailleurs une erreur que de placer l'&#233;change au centre des communaut&#233;s, d'en faire l'&#233;l&#233;ment qui les constitue &#224; l'origine. Au d&#233;but, il appara&#238;t au contraire dans les relations des diverses communaut&#233;s entre elles, bien plut&#244;t que dans les relations des membres &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me communaut&#233;. De plus, quoique l'argent apparaisse tr&#232;s t&#244;t et joue un r&#244;le multiple, il est dans l'antiquit&#233;, en tant qu'&#233;l&#233;ment dominant, l'apanage de nations d&#233;termin&#233;es unilat&#233;ralement, de nations commer&#231;antes. Et m&#234;me dans l'antiquit&#233; la plus cultiv&#233;e, chez les Grecs et les Romains, il n'atteint son complet d&#233;veloppement, postulat de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, que dans la p&#233;riode de leur dissolution. Donc cette cat&#233;gorie pourtant toute simple n'appara&#238;t historiquement avec toute sa vigueur que dans les &#201;tats les plus d&#233;velopp&#233;s de la soci&#233;t&#233;. Elle ne se fraie nullement un chemin &#224; travers tous les rapports &#233;conomiques. Dans l'Empire romain, par exemple, &#224; l'&#233;poque de son plus grand d&#233;veloppement, l'imp&#244;t en nature et les prestations en nature demeur&#232;rent le fondement. Le syst&#232;me mon&#233;taire &#224; proprement parler n'y &#233;tait compl&#232;tement d&#233;velopp&#233; que dans l'arm&#233;e. Il ne s'est jamais saisi non plus de la totalit&#233; du travail. Ainsi, bien qu'historiquement la cat&#233;gorie la plus simple puisse avoir exist&#233; avant la plus concr&#232;te, elle peut appartenir dans son complet d&#233;veloppement - en compr&#233;hen&#173;sion et en extension - pr&#233;cis&#233;ment &#224; une forme de soci&#233;t&#233; complexe [10], alors que la cat&#233;gorie plus concr&#232;te se trouvait plus compl&#232;tement d&#233;velopp&#233;e dans une forme de soci&#233;t&#233; qui, elle, l'&#233;tait moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail semble &#234;tre une cat&#233;gorie toute simple. L'id&#233;e du travail dans cette universalit&#233; - comme travail en g&#233;n&#233;ral - est, elle aussi, des plus anciennes. Cependant, con&#231;u du point de vue &#233;conomique sous cette forme simple, le &#171; travail &#187; est une cat&#233;gorie tout aussi moderne que les rapports qui engendrent cette abstraction simple. Le syst&#232;me mon&#233;taire, par exemple, place encore d'une fa&#231;on tout &#224; fait objective, comme une chose en dehors de soi, la richesse dans l'argent. Par rapport &#224; ce point de vue, ce fut un grand progr&#232;s quand le syst&#232;me manu&#173;fac&#173;turier ou commercial transposa la source de la richesse de l'objet &#224; l'activit&#233; subjective le travail commercial et manufacturier -, tout en ne concevant encore cette activit&#233; elle-m&#234;me que sous la forme limit&#233;e de productrice d'argent. En face de ce syst&#232;me, le syst&#232;me des physiocrates pose une forme d&#233;termin&#233;e du travail - l'agriculture - comme la forme de travail cr&#233;atrice de richesse et pose l'objet lui-m&#234;me non plus sous la forme d&#233;guis&#233;e de l'argent, mais comme produit en tant que tel, comme r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral du travail. Ce produit, en raison du caract&#232;re limit&#233; de l'activit&#233;, reste encore un produit d&#233;termin&#233; par la nature - produit de l'agriculture, produit de la terre par excellence [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;norme progr&#232;s fut fait par Adam Smith quand il rejeta toute d&#233;termination particuli&#232;re de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse pour ne consid&#233;rer que le travail tout court, c'est-&#224;-dire ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole, mais toutes ces formes de travail dans leur caract&#232;re commun. Avec la g&#233;n&#233;ralit&#233; abstraite de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse appara&#238;t alors &#233;galement la g&#233;n&#233;ralit&#233; de l'objet dans la d&#233;ter&#173;mi&#173;nation de richesse, le produit consid&#233;r&#233; absolument, ou encore le travail en g&#233;n&#233;ral, mais en tant que travail pass&#233;, objectiv&#233; dans un objet. L'exemple d'Adam Smith, qui retombe lui-m&#234;me de temps &#224; autre dans le syst&#232;me des physiocrates, montre combien &#233;tait difficile et important le passage &#224; cette conception nouvelle. Il pourrait alors sembler que l'on e&#251;t par l&#224; simplement trouv&#233; l'expression abstraite de la relation la plus simple et la plus ancienne qui s'&#233;tablit - dans quelque forme de soci&#233;t&#233; que ce soit - entre les hommes consid&#233;r&#233;s en tant que producteurs. C'est juste en un sens. Dans l'autre, non. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un genre d&#233;termin&#233; de travail pr&#233;suppose l'existence d'une totalit&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;e de genres de travaux r&#233;els dont aucun n'est plus absolument pr&#233;dominant. Ainsi, les abstractions les plus g&#233;n&#233;rales ne prennent somme toute naissance qu'avec le d&#233;veloppement concret le plus riche, o&#249; un caract&#232;re appara&#238;t comme commun &#224; beaucoup, comme commun &#224; tous. On cesse alors de pouvoir le penser sous une forme particuli&#232;re seulement. D'autre part, cette abstraction du travail en g&#233;n&#233;ral n'est pas seulement le r&#233;sultat dans la pens&#233;e d'une totalit&#233; concr&#232;te de travaux. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de tel travail d&#233;termin&#233; correspond &#224; une forme de soci&#233;t&#233; dans laquelle les individus passent avec facilit&#233; d'un travail &#224; l'autre et dans laquelle le genre pr&#233;cis de travail est pour eux fortuit, donc indiff&#233;rent. L&#224; le travail est devenu non seulement sur le plan des cat&#233;gories, mais dans la r&#233;alit&#233; m&#234;me, un moyen de cr&#233;er la richesse en g&#233;n&#233;ral et a cess&#233;, en tant que d&#233;termination, de ne faire qu'un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet &#233;tat de choses a atteint son plus haut degr&#233; de d&#233;veloppement dans la forme d'existence la plus moderne des soci&#233;t&#233;s bourgeoises, aux &#201;tats-Unis. C'est donc l&#224; seulement que l'abstraction de la cat&#233;gorie &#171; travail &#187;, &#171; travail en g&#233;n&#233;ral &#187;, travail &#171; sans phrase &#187; [12], point de d&#233;part de l'&#233;conomie moderne, devient v&#233;rit&#233; pratique. Ainsi l'abstraction la plus simple, que l'&#233;conomie politique moderne place au premier rang et qui exprime un rapport tr&#232;s ancien et valable pour toutes les formes de soci&#233;t&#233;, n'appara&#238;t pourtant sous cette forme abstraite comme v&#233;rit&#233; pratique qu'en tant que cat&#233;gorie de la soci&#233;t&#233; la plus moderne. On pourrait dire que cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'une forme d&#233;termin&#233;e de travail, qui se pr&#233;sente aux &#201;tats-Unis comme produit historique, appara&#238;t chez les Russes par exemple comme une disposition naturelle. Mais, d'une part, quelle sacr&#233;e diff&#233;rence entre des barbares qui ont des disposi&#173;tions naturelles &#224; se laisser employer &#224; tous les travaux et des civilis&#233;s qui s'y emploient eux-m&#234;mes. Et, d'autre part, chez les Russes, &#224; cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un travail d&#233;termin&#233; correspond dans la pratique leur assujettissement traditionnel &#224; un travail bien d&#233;termin&#233;, auquel ne peuvent les arracher que des influences ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple du travail montre d'une fa&#231;on frappante que m&#234;me les cat&#233;gories les plus abstraites, bien que valables - pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de leur nature abstraite - pour toutes les &#233;poques, n'en sont pas moins sous la forme d&#233;termin&#233;e de cette abstraction m&#234;me le produit de conditions historiques et ne restent pleinement valables que pour ces conditions et dans le cadre de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; bourgeoise est l'organisation historique de la production la plus d&#233;velopp&#233;e et la plus vari&#233;e qui soit. De ce fait, les cat&#233;gories qui expriment les rapports de cette soci&#233;t&#233; et qui permettent d'en comprendre la structure permettent en m&#234;me temps de se rendre compte de la structure et des rapports de production de toutes les formes de soci&#233;t&#233; disparues avec les d&#233;bris et les &#233;l&#233;ments desquelles elle s'est &#233;difi&#233;e, dont certains vestiges, partiellement non encore d&#233;pass&#233;s, continuent &#224; subsister en elle, et dont certains simples signes, en se d&#233;velop&#173;pant, ont pris toute leur signification, etc. L'anatomie de l'homme est la clef de l'anatomie du singe. Dans les esp&#232;ces animales inf&#233;rieures, on ne peut comprendre les signes annonciateurs d'une forme sup&#233;rieure que lorsque la forme sup&#233;rieure est elle-m&#234;me d&#233;j&#224; connue. Ainsi l'&#233;conomie bourgeoise nous donne la clef de l'&#233;conomie antique, etc. Mais nullement &#224; la mani&#232;re des &#233;conomistes qui effacent toutes les diff&#233;rences historiques et voient dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; celles de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. On peut comprendre le tribut, la d&#238;me, etc., quand on conna&#238;t la rente fonci&#232;re. Mais il ne faut pas les identifier. Comme, de plus, la soci&#233;t&#233; bourgeoise n'est elle-m&#234;me qu'une forme antith&#233;tique du d&#233;veloppement historique, il est des rapports appartenant &#224; des formes de soci&#233;t&#233; ant&#233;rieures que l'on pourra ne rencon&#173;trer en elle que tout &#224; fait &#233;tiol&#233;s, ou m&#234;me travestis. Par exemple, la propri&#233;t&#233; communale. Si donc il est vrai que les cat&#233;gories de l'&#233;conomie bourgeoise poss&#232;dent une certaine v&#233;rit&#233; valable pour toutes les autres formes de soci&#233;t&#233;, cela ne peut &#234;tre admis que cum grano, salis [avec un grain de sel]. Elles peuvent receler ces formes d&#233;velopp&#233;es, &#233;tiol&#233;es, caricatur&#233;es, etc., mais toujours avec une diff&#233;rence essentielle. Ce que l'on appelle d&#233;veloppement histori&#173;que repose somme toute sur le fait que la derni&#232;re forme consid&#232;re les formes pass&#233;es comme des &#233;tapes menant &#224; son propre degr&#233; de d&#233;veloppement, et, comme elle est rarement capable, et ceci seulement dans des conditions bien d&#233;termin&#233;es, de faire sa propre critique - il n'est naturellement pas question ici des p&#233;riodes historiques qui se consid&#232;rent elles-m&#234;mes comme des &#233;poques de d&#233;cadence - elle les con&#231;oit toujours sous un aspect unilat&#233;ral. La religion chr&#233;tienne n'a &#233;t&#233; capable d'aider &#224; comprendre objectivement les mythologies ant&#233;rieures qu'apr&#232;s avoir achev&#233; jusqu'&#224; un certain degr&#233;, pour ainsi dire [...] [virtuellement], sa propre critique. De m&#234;me l'&#233;conomie politique bourgeoise ne parvint &#224; comprendre les soci&#233;t&#233;s f&#233;odales, antiques, orientales que du jour o&#249; eut commenc&#233; l'autocri&#173;ti&#173;que de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Pour autant que l'&#233;conomie politique bourgeoise, cr&#233;ant une nouvelle mythologie, ne s'est pas purement et simplement identifi&#233;e au pass&#233;, sa critique des soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures, en particulier de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale, contre laquelle elle avait encore &#224; lutter directement, a ressembl&#233; &#224; la critique du paganisme par le christianisme, ou encore &#224; celle du catholicisme par le protestantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que dans toute science historique ou sociale en g&#233;n&#233;ral, il ne faut jamais oublier, &#224; propos de la marche des cat&#233;gories &#233;conomiques, que le sujet, ici la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, est donn&#233;, aussi bien dans la r&#233;alit&#233; que dans le cerveau, que les cat&#233;go&#173;ries expriment donc des formes d'existence, des conditions d'existence d&#233;termin&#233;es, souvent de simples aspects particuliers de cette soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e, de ce sujet, et que par cons&#233;quent cette soci&#233;t&#233; ne commence nullement &#224; exister, du point de vue scientifique aussi, &#224; partir du moment seulement o&#249; il est question d'elle en tant que telle. C'est une r&#232;gle &#224; retenir, car elle fournit des indications d&#233;cisives pour le choix du plan &#224; adopter. Rien ne semble plus naturel, par exemple, que de commencer par la rente fonci&#232;re, par la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, &#233;tant donn&#233; qu'elle est li&#233;e &#224; la terre, source de toute production et de toute existence, et par elle &#224; la premi&#232;re forme de production de toute soci&#233;t&#233; parvenue &#224; une certaine stabilit&#233; - &#224; l'agri&#173;culture. Or rien ne serait plus erron&#233;. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233;, c'est une produc&#173;tion d&#233;termin&#233;e et les rapports engendr&#233;s par elle qui assignent &#224; toutes les autres productions et aux rapports engendr&#233;s par celles-ci leur rang et leur importance. C'est comme un &#233;clairage g&#233;n&#233;ral o&#249; sont plong&#233;es toutes les couleurs et qui en modifie les tonalit&#233;s particuli&#232;res. C'est comme un &#233;ther particulier qui d&#233;termine le poids sp&#233;cifique de toutes les formes d'existence qui y font saillie. Voici, par exemple, des peuples de bergers. (De simples peuples de chasseurs et de p&#234;cheurs sont en de&#231;&#224; du point o&#249; commence le v&#233;ritable d&#233;veloppement.) Chez eux appara&#238;t une certaine forme d'agriculture, une forme sporadique. C'est ce qui d&#233;termine chez eux la forme de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. C'est une propri&#233;t&#233; collective et elle conserve plus ou moins cette forme selon que ces peuples restent plus ou moins attach&#233;s &#224; leur tradition : exemple, la propri&#233;t&#233; communale des Slaves. Chez les peuples &#224; agriculture solidement implant&#233;e - cette implanta&#173;tion constitue d&#233;j&#224; une &#233;tape importante - o&#249; pr&#233;domine cette forme de culture, comme dans les soci&#233;t&#233;s antiques et f&#233;odales, l'industrie elle-m&#234;me, ainsi que son organisation et les formes de propri&#233;t&#233; qui lui correspondent, a plus ou moins le caract&#232;re de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Ou bien l'industrie d&#233;pend compl&#232;tement de l'agriculture, comme chez les anciens Romains, ou bien, comme au moyen &#226;ge, elle imite &#224; la ville et dans ses rapports l'organisation rurale. Le capital lui-m&#234;me au moyen &#226;ge - dans la mesure o&#249; il ne s'agit pas purement de capital mon&#233;taire - a, sous la forme d'outillage de m&#233;tier traditionnel, etc., ce caract&#232;re de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, c'est l'inverse. L'agricul&#173;ture devient de plus en plus une simple branche de l'industrie et elle est enti&#232;rement domin&#233;e par le capital. Il en est de m&#234;me de la rente fonci&#232;re. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; o&#249; domine la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, le rapport avec la nature reste pr&#233;pond&#233;rant. Dans celles o&#249; domine le capital, c'est l'&#233;l&#233;ment social cr&#233;&#233; au cours de l'histoire qui pr&#233;vaut. On ne peut comprendre la rente fonci&#232;re sans le capital. Mais on peut comprendre le capital sans la rente fonci&#232;re. Le capital est la force &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise qui domine tout. Il constitue n&#233;cessairement le point de d&#233;part comme le point final et doit &#234;tre expliqu&#233; avant la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Apr&#232;s les avoir &#233;tudi&#233;s chacun en particulier, il faut examiner leur rapport r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc impossible et erron&#233; de ranger les cat&#233;gories &#233;conomiques dans l'ordre o&#249; elles ont &#233;t&#233; historiquement d&#233;terminantes. Leur ordre est au contraire d&#233;termin&#233; par les relations qui existent entre elles dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne et il est pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'inverse de ce qui semble &#234;tre leur ordre naturel ou correspondre &#224; leur ordre de succession au cours de l'&#233;volution historique. Il ne s'agit pas de la relation qui s'&#233;tablit historiquement entre les rapports &#233;conomiques dans la succession des diff&#233;rentes formes de soci&#233;t&#233;. Encore moins de leur ordre de succession &#171; dans l'id&#233;e &#187; (Proudhon) (conception n&#233;buleuse du mouvement historique). Il s'agit de leur hi&#233;rarchie dans le cadre de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat de puret&#233; (d&#233;termination abstraite) dans lequel apparurent dans le monde antique les peuples commer&#231;ants - Ph&#233;niciens, Carthaginois - est d&#233;termin&#233; par la pr&#233;dominance m&#234;me des peuples agriculteurs. Le capital en tant que capital commercial ou capital mon&#233;&#173;taire appara&#238;t pr&#233;cis&#233;ment sous cette forme abstraite l&#224; o&#249; le capital n'est pas encore l'&#233;l&#233;ment dominant des soci&#233;t&#233;s. Les Lombards, les Juifs occupent la m&#234;me position &#224; l'&#233;gard des soci&#233;t&#233;s du moyen &#226;ge pratiquant l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de la place diff&#233;rente qu'occupent ces m&#234;mes cat&#233;gories &#224; diff&#233;rents stades de la soci&#233;t&#233; : une des derni&#232;res formes de la soci&#233;t&#233; bourgeoise : les joint stock-companies [soci&#233;t&#233;s par actions]. Mais elles apparaissent aussi &#224; ses d&#233;buts dans les grandes compagnies de commerce privil&#233;gi&#233;es et jouissant d'un monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de richesse nationale lui-m&#234;me s'insinue chez les &#233;conomistes du XVIII&#176; si&#232;cle - l'id&#233;e subsiste encore en partie chez ceux du XVIII&#176; - sous cette forme ; la richesse est cr&#233;&#233;e pour l'&#201;tat seulement, mais la puissance de celui-ci se mesure &#224; cette richesse. C'&#233;tait l&#224; la forme encore inconsciemment hypocrite qui annonce l'id&#233;e faisant de la richesse elle-m&#234;me et de sa production le but final des &#201;tats modernes, consid&#233;r&#233;s alors uniquement comme moyens de produire la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan &#224; adopter doit manifestement &#234;tre le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. les d&#233;terminations abstraites g&#233;n&#233;rales, convenant donc plus ou moins &#224; toutes les formes de soci&#233;t&#233;, mais dans le sens expos&#233; plus haut ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. les cat&#233;gories constituant la structure interne de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et sur lesquelles reposent les classes fondamentales. Capital, travail salari&#233;, propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Leurs rapports r&#233;ciproques. Ville et campagne. Les trois grandes classes sociales. L'&#233;change entre celles-ci. Circulation. Cr&#233;dit (priv&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Concentration de la soci&#233;t&#233; bourgeoise sous la forme de l'&#201;tat. Consid&#233;r&#233; dans sa relation avec lui-m&#234;me. Les classes &#171; improductives &#187;. Imp&#244;ts. Dette publique. Cr&#233;dit public. La population. Les colonies. &#201;migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Rapports internationaux de production. Division internationale du travail. &#201;change international. Exportation et importation. Cours des changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le march&#233; mondial et les crises. IV. Production. Moyens de production et rapports de production. Rapports de production et rapports de circulation. Formes de l'&#201;tat et de la conscience par rapport aux conditions de production et de circulation. Rapports juridiques. Rapports familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota bene, en ce qui concerne des points &#224; mentionner ici et a ne pas oublier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La guerre d&#233;velopp&#233;e ant&#233;rieurement &#224; la paix : montrer comment par la guerre et dans les arm&#233;es, etc., certains rapports &#233;conomiques, comme le travail salari&#233;, le machinisme, etc., se sont d&#233;velopp&#233;s plus t&#244;t qu'&#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. De m&#234;me le rapport entre la force productive et les rapports de circulation particuli&#232;rement manifeste dans l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Rapport entre l'histoire id&#233;aliste telle qu'on l'a &#233;crite jusqu'ici et l'histoire r&#233;elle. En particulier celles qui se disent histoires de la civilisation, et qui sont toutes histoires de la religion et des &#201;tats [13]. (A cette occasion, on peut aussi parler des diff&#233;rents genres d'histoire &#233;crite jusqu'&#224; maintenant. L'histoire dite objective. La subjective (morale, etc.). La philosophique [14].)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ph&#233;nom&#232;nes secondaires et tertiaires. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, rapports de production d&#233;riv&#233;s, transf&#233;r&#233;s, non originaux. Ici entr&#233;e en jeu de rapports internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Reproches au sujet du mat&#233;rialisme de cette conception. Rapport avec le mat&#233;rialisme naturaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dialectique des concepts force productive (moyens de production) et rapports de production, dialectique dont les limites sont &#224; d&#233;terminer et qui ne supprime pas la diff&#233;rence r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le rapport in&#233;gal entre le d&#233;veloppement de la production mat&#233;rielle et celui de la production artistique par exemple. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ne pas prendre l'id&#233;e de progr&#232;s sous la forme abstraite habituelle. Art moderne, etc. [15]. Cette disproportion est loin d'&#234;tre aussi importante, ni aussi difficile &#224; saisir que celle qui se produit &#224; l'int&#233;rieur des rapports sociaux pratiques. Par exemple, de la culture. Rapport des &#201;tats-Unis avec l'Europe [16]. Mais la vraie difficult&#233; &#224; discuter ici est celle-ci : comment les rapports de production, en prenant la forme de rapports juridiques, suivent un d&#233;veloppement in&#233;gal. Ainsi, par exemple, le rapport entre le droit priv&#233; romain (pour le droit criminel et le droit public c'est moins le cas) et la production moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Cette conception appara&#238;t comme un d&#233;veloppement n&#233;cessaire. Mais justification du hasard. Comment [17]. (La libert&#233; notamment aussi.) (Influence des moyens de communication. L'histoire universelle n'a pas toujours exist&#233; ; l'histoire consid&#233;r&#233;e comme histoire universelle est un r&#233;sultat [18].)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Le point de d&#233;part naturellement dans les d&#233;terminations naturelles ; subjectivement et objectivement. Tribus, races, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Pour l'art, on sait que certaines &#233;poques de floraison artistique ne sont nullement en rapport avec le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;, ni par cons&#233;quent avec celui de sa base mat&#233;rielle, qui est pour ainsi dire l'ossature de son organisation. Par exemple les Grecs compar&#233;s aux modernes, ou encore Shakespeare. Pour certaines formes de l'art, l'&#233;pop&#233;e par exemple, il est m&#234;me reconnu qu'elles ne peuvent jamais &#234;tre produites dans la forme classique o&#249; elles font &#233;poque, d&#232;s que la production artistique appara&#238;t en tant que telle ; que donc, dans le domaine de l'art lui-m&#234;me, certaines de ses cr&#233;ations importantes ne sont possibles qu'&#224; un stade inf&#233;rieur du d&#233;veloppement artistique. Si cela est vrai du rapport des diff&#233;rents genres artistiques &#224; l'int&#233;rieur du domaine de l'art lui-m&#234;me, Il est d&#233;j&#224; moins surprenant que cela soit &#233;galement vrai du rapport du domaine artistique tout entier au d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;. La difficult&#233; ne r&#233;side que dans la mani&#232;re g&#233;n&#233;rale de saisir ces contradictions. D&#232;s qu'elles sont sp&#233;cifi&#233;es, elles sont par l&#224; m&#234;me expliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, le rapport de l'art grec d'abord, puis de l'art de Shakespeare avec notre temps. On sait que la mythologie grecque n'a pas &#233;t&#233; seulement l'arsenal de l'art grec, mais la terre m&#234;me qui l'a nourri. La fa&#231;on de voir la nature et les rapports sociaux qui inspire l'imagination grecque et constitue de ce fait le fondement de [la mythologie [19]] grecque est-elle compatible avec les Selfactors [machines &#224; filer automatiques], les chemins de fer, les locomotives et le t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique ? Qu'est-ce que Vulcain aupr&#232;s de Roberts and Co, Jupiter aupr&#232;s du paratonnerre et Herm&#232;s aupr&#232;s du Cr&#233;dit mobilier ? Toute mythologie ma&#238;trise, domine les forces de la nature dans le domaine de l'imagination et par l'imagination et leur donne forme : elle dispara&#238;t donc quand ces forces sont domin&#233;es r&#233;ellement. Que devient Fama &#224; c&#244;t&#233; de Printing-house square [20] ? L'art grec suppose la mythologie grecque, c'est-&#224;-dire l'&#233;laboration artistique mais inconsciente de la nature et des formes sociales elles-m&#234;mes par l'imagination populaire. Ce sont l&#224; ses mat&#233;riaux. Ce qui ne veut pas dire n'importe quelle mythologie, c'est-&#224;-dire n'importe quelle &#233;laboration artistique inconsciente de la nature (ce mot sous-entendant ici tout ce qui est objectif, donc y compris la soci&#233;t&#233;). Jamais la mythologie &#233;gyptienne n'aurait pu fournir un terrain favorable &#224; l'&#233;closion de l'art grec. Mais il faut en tout cas une mythologie. Donc en aucun cas une soci&#233;t&#233; arriv&#233;e &#224; un stade de d&#233;veloppement excluant tout rapport mythologique avec la nature, tout rapport g&#233;n&#233;rateur de mythes, exigeant donc de l'artiste une imagination ind&#233;pendante de la mythologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, Achille est-il compatible avec la poudre et le plomb ? Ou, somme toute, l'Iliade avec la presse ou encore mieux la machine &#224; imprimer ? Est-ce que le chant, le po&#232;me &#233;pique, la Muse ne disparaissent pas n&#233;cessairement devant la barre du typographe, est-ce que ne s'&#233;vanouissent pas les conditions n&#233;cessaires de la po&#233;sie &#233;pique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la difficult&#233; n'est pas de comprendre que l'art grec et l'&#233;pop&#233;e sont li&#233;s &#224; certaines formes du d&#233;veloppement social. La difficult&#233; r&#233;side dans le fait qu'ils nous procurent encore une jouissance esth&#233;tique et qu'ils ont encore pour nous, &#224; certains &#233;gards, la valeur de normes et de mod&#232;les inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme ne peut redevenir enfant, sous peine de tomber dans la pu&#233;rilit&#233;. Mais ne prend-il pas plaisir &#224; la na&#239;vet&#233; de l'enfant et, ayant acc&#233;d&#233; &#224; un niveau sup&#233;rieur, ne doit-il pas aspirer lui-m&#234;me &#224; reproduire sa v&#233;rit&#233; ? Dans la nature enfantine, chaque &#233;poque ne voit-elle pas revivre son propre caract&#232;re dans sa v&#233;rit&#233; naturelle ? Pourquoi l'enfance historique de l'humanit&#233;, l&#224; o&#249; elle a atteint son plus bel &#233;panouissement, pourquoi ce stade de d&#233;veloppement r&#233;volu &#224; jamais n'exercerait-il pas un charme &#233;ternel ? Il est des enfants mal &#233;lev&#233;s et des enfants qui prennent des airs de grandes personnes. Nombre de peuples de l'antiquit&#233; appartiennent &#224; cette cat&#233;gorie. Les Grecs &#233;taient des enfants normaux. Le charme qu'exerce sur nous leur art n'est pas en contradiction avec le caract&#232;re primitif de la soci&#233;t&#233; o&#249; il a grandi. Il en est bien plut&#244;t le produit et il est au contraire indissolublement li&#233; au fait que les conditions sociales insuffisamment m&#251;res o&#249; cet art est n&#233;, et o&#249; seulement il pouvait na&#238;tre, ne pourront jamais revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Animal politique. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Dans la version Kautsky : dans la consommation. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Addition de Kautsky &#224; l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Kautsky a lu tel Aufl&#245;sung (analyse) au lieu de Aufjassung (Conception). (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Cette phrase n'existe pas dans l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans le texte de Kautsky : sert. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Dans le texte de Kautsky : d'individus isol&#233;s. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. Dans le texte de Kautsky : grade nur kombinierten gesellschaftsformen (pr&#233;cis&#233;ment &#224; des formes de soci&#233;t&#233; complexes seulement) au lieu de : grade einer kombinierten Gesellschaftsform. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Chez Kautsky ; l'ancienne histoire de la religion et des &#201;tats. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les parenth&#232;ses dans l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Toute la ponctuation de ce passage, pleine d'erreurs dans le premier d&#233;chiffrage, est r&#233;tablie tel d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Parenth&#232;ses d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Dans l'original, le mot est sant&#233;. Nous reprenons le mot &#171; mythologie &#187; donn&#233; dans l'&#233;dition de Moscou (1939) et qui nous parait plus satisfaisant que le mot &#171; art &#187; de l'&#233;dition Kautsky. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Imprimerie du Times. (N. R.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#034;L'Id&#233;ologie Allemande&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critique de la philosophie allemande moderne selon ses repr&#233;sentants Feuerbach, B. Bauer et Stirner, et du socialisme allemand selon ses divers proph&#232;tes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Feuerbach r&#233;sout l'essence religieuse en l'essence humaine. Mais l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inh&#233;rente &#224; l'individu isol&#233;. Dans sa r&#233;alit&#233;, elle est l'ensemble des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, qui n'entreprend pas la critique de cet &#234;tre r&#233;el, est par cons&#233;quent oblig&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De faire abstraction du cours de l'histoire et de faire de l'esprit religieux une chose immuable, existant pour elle-m&#234;me, en supposant l'existence d'un individu humain abstrait, isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De consid&#233;rer, par cons&#233;quent, l'&#234;tre humain [8] uniquement en tant que &#034;genre&#034;, en tant qu'universalit&#233; interne, muette, liant d'une fa&#231;on purement naturelle les nombreux individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Feuerbach ne voit pas que l'&#034;esprit religieux&#034; est lui-m&#234;me un produit social et que l'individu abstrait qu'il analyse appartient en r&#233;alit&#233; [9] &#224; une forme sociale d&#233;termin&#233;e....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Individualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition premi&#232;re de toute histoire humaine est naturellement l'existence d'&#234;tres humains vivants. Le premier acte historique de ces individus, par lequel ils se distinguent des animaux, n'est pas qu'ils pensent, mais qu'ils se mettent &#224; produire leurs moyens d'existence. Le premier &#233;tat de fait &#224; constater est donc la complexion corporelle de ces individus et les rapports qu'elle leur cr&#233;e avec le reste de la nature. Nous ne pouvons naturellement pas faire ici une &#233;tude approfondie de la constitution physique de l'homme elle-m&#234;me, ni des conditions naturelles que les hommes ont trouv&#233;es toutes pr&#234;tes, conditions g&#233;ologiques, orographiques, hydrographiques, climatiques et autres. Or cet &#233;tat de choses ne conditionne pas seulement l'organisation qui &#233;mane de la nature ; l'organisation primitive des hommes, leurs diff&#233;rences de race notamment ; il conditionne &#233;galement tout leur d&#233;veloppement ou non d&#233;veloppement ult&#233;rieur jusqu'&#224; l'&#233;poque actuelle. Toute histoire doit partir de ces bases naturelles et de leur modification par l'action des hommes au cours de l'histoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont les hommes produisent leurs moyens d'existence, d&#233;pend d'abord de la nature des moyens d'existence d&#233;j&#224; donn&#233;s et qu'il leur faut reproduire. Il ne faut pas consid&#233;rer ce mode de production de ce seul point de vue, &#224; savoir qu'il est la reproduction de l'existence physique des individus. Il repr&#233;sente au contraire d&#233;j&#224; un mode d&#233;termin&#233; de l'activit&#233; de ces individus, une fa&#231;on d&#233;termin&#233;e de manifester leur vie, un mode de vie d&#233;termin&#233;. La fa&#231;on dont les individus manifestent leur vie refl&#232;te tr&#232;s exactement ce qu'ils sont. Ce qu'ils sont co&#239;ncide donc avec leur production, aussi bien avec ce qu'ils produisent qu'avec la fa&#231;on dont ils le produisent. Ce que sont les individus d&#233;pend donc des conditions mat&#233;rielles de leur production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette production n'appara&#238;t qu'avec l'accroissement de la population. Elle-m&#234;me pr&#233;suppose pour sa part des relations des individus entre eux. La forme de ces relations est &#224; son tour conditionn&#233;e par la production...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, du fait de la division du travail &#224; l'int&#233;rieur des diff&#233;rentes branches, on voit se d&#233;velopper &#224; leur tour diff&#233;rentes subdivisions parmi les individus coop&#233;rant &#224; des travaux d&#233;termin&#233;s. La position de ces subdivisions particuli&#232;res les unes par rapport aux autres est conditionn&#233;e par le mode d'exploitation du travail agricole, industriel et commercial (patriarcat, esclavage, ordres et classes). Les m&#234;mes rapports apparaissent quand les &#233;changes sont plus d&#233;velopp&#233;s dans les relations des diverses nations entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critique : &#171; les humains se cr&#233;ent &#224; partir de rien &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin qu'il soit vrai que &#171; &#224; partir de rien &#187; je me fasse, par exemple, un &#171; orateur [public] &#187;, le rien qui fonde ici est un quelque chose de tr&#232;s multiple, l'individu r&#233;el, ses organes de parole, une sc&#232;ne d&#233;finie du d&#233;veloppement physique, une langue et des dialectes existants, des oreilles capables d'entendre et un environnement humain &#224; partir duquel il est possible d'entendre quelque chose, etc., etc. Par cons&#233;quent, dans le d&#233;veloppement d'une propri&#233;t&#233;, quelque chose est cr&#233;&#233; par quelque chose &#224; partir de quelque chose, et ne vient nullement, comme dans la Logique de Hegel, de rien, par rien &#224; rien. [E. I. Env. 2 de Hegel]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individualisme dans une perspective de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le bourgeois born&#233; dit aux communistes : en abolissant la propri&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire mon existence de capitaliste, de propri&#233;taire terrien, de propri&#233;taire d'usine, et votre existence d'ouvrier, vous avez aboli mon individualit&#233; et la v&#244;tre ; en m'emp&#234;chant de vous exploiter, vous les ouvriers, pour engranger mon profit, mon int&#233;r&#234;t ou ma rente, vous m'emp&#234;chez d'exister en tant qu'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc le bourgeois dit aux communistes : en abolissant mon existence de bourgeois , vous abolissez mon existence d'individu ; quand ainsi il s'identifie comme bourgeois &#224; lui-m&#234;me comme individu, il faut au moins reconna&#238;tre sa franchise et son impudeur. Pour le bourgeois c'est effectivement le cas, il ne se croit individu qu'en tant qu'il est bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand les th&#233;oriciens de la bourgeoisie s'avancent et donnent une expression g&#233;n&#233;rale &#224; cette affirmation, quand ils assimilent la propri&#233;t&#233; du bourgeois &#224; l'individualit&#233; en th&#233;orie aussi et veulent donner une justification logique &#224; cette &#233;quation, alors ce non-sens commence &#224; devenir solennel et sacr&#233;. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport des int&#233;r&#234;ts individuels aux int&#233;r&#234;ts de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Sancho demande :] Comment se fait-il que les int&#233;r&#234;ts personnels se d&#233;veloppent toujours, contre la volont&#233; des individus, en int&#233;r&#234;ts de classe, en int&#233;r&#234;ts communs qui acqui&#232;rent une existence ind&#233;pendante par rapport aux personnes individuelles, et dans leur ind&#233;pendance prennent la forme d' int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux ? Comment se fait-il qu'en tant que tels ils entrent en contradiction avec les individus r&#233;els et dans cette contradiction, par laquelle ils sont d&#233;finis comme int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux , ils peuvent &#234;tre con&#231;us par la conscience comme id&#233;al et m&#234;me en tant qu'int&#233;r&#234;ts religieux et saints ? Comment se fait-il que dans ce processus o&#249; les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s acqui&#232;rent une existence ind&#233;pendante en tant qu'int&#233;r&#234;ts de classe, le comportement personnel de l'individu est forc&#233;ment objectiv&#233; [sich versachlichen], ali&#233;n&#233; [sich entfremden], et existe en m&#234;me temps comme un pouvoir ind&#233;pendant de lui et sans lui, cr&#233;&#233; par les relations sexuelles, et transform&#233; en relations sociales, en une s&#233;rie de pouvoirs qui d&#233;terminent et subordonnent l'individu, dans lesquels, par cons&#233;quent, apparaissent dans l'imagination comme des pouvoirs &#171; saints &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Sancho avait compris que dans le cadre de modes de production d&#233;finis , qui, bien entendu, ne d&#233;pendent pas de la volont&#233;, des forces pratiques &#233;trang&#232;res, ind&#233;pendantes non seulement d'individus isol&#233;s, mais m&#234;me de tous ensemble, viennent toujours &#224; se tenir au-dessus des gens &#8212; alors il pourrait &#234;tre assez indiff&#233;rent &#224; savoir si ce fait est conserv&#233; sous la forme religieuse ou d&#233;form&#233; dans la fantaisie de l'&#233;go&#239;ste, au-dessus duquel tout est plac&#233; dans l'imagination, de telle mani&#232;re qu'il ne place rien au-dessus de lui-m&#234;me. Sancho serait alors descendu du domaine de la sp&#233;culation dans le domaine de la r&#233;alit&#233;, de ce que les gens imaginent &#224; ce qu'ils sont r&#233;ellement, de ce qu'ils imaginent &#224; comment ils agissent et sont tenus d'agir dans des circonstances d&#233;finies. Ce qui lui semble un produit de la pens&#233;e, il aurait compris &#234;tre un produit de la vie . Il ne serait pas alors arriv&#233; &#224; l'absurdit&#233; digne de lui - d'expliquer la division entre les int&#233;r&#234;ts personnels et g&#233;n&#233;raux en disant que les gens imaginent cette division aussi d'une mani&#232;re religieuse et se semblent &#234;tre tels et tels, ce qui n'est pourtant que un autre mot pour &#034;imaginer&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incidemment, m&#234;me sous la forme banale et petite-bourgeoise allemande dans laquelle Sancho per&#231;oit la contradiction des int&#233;r&#234;ts personnels et g&#233;n&#233;raux, il devrait se rendre compte que les individus sont toujours partis d'eux-m&#234;mes, et ne pouvaient pas faire autrement, et que donc les deux aspects qu'il a not&#233;s sont aspects du d&#233;veloppement personnel des individus ; tous deux sont &#233;galement engendr&#233;s par les conditions empiriques dans lesquelles vivent les individus, tous deux ne sont que l'expression d' un seul et m&#234;me d&#233;veloppement personnel des personnes et ne sont donc qu'en apparence en contradiction l'un avec l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de la volont&#233; dans les d&#233;sirs d'un individu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un d&#233;sir devienne fixe ou non, c'est-&#224;-dire qu'il obtienne [un pouvoir exclusif sur nous] - ce qui n'exclut [pas] [de nouveaux progr&#232;s] - d&#233;pend de la question de savoir si les circonstances mat&#233;rielles, les &#034;mauvaises&#034; conditions mondaines permettent la satisfaction normale de ce d&#233;sir et, d'autre part, le d&#233;veloppement d'un ensemble de d&#233;sirs. Ce dernier d&#233;pend, &#224; son tour, de savoir si nous vivons dans des circonstances qui permettent une activit&#233; globale et ainsi le plein d&#233;veloppement de toutes nos potentialit&#233;s. Des conditions r&#233;elles, et de la possibilit&#233; de d&#233;veloppement qu'elles donnent &#224; chaque individu, d&#233;pend aussi de savoir si les pens&#233;es se fixent ou non &#8212; tout comme, par exemple, les id&#233;es fixes des philosophes allemands, ces &#171; victimes de la soci&#233;t&#233; &#187;, qui nous font piti&#233; . pour qui nous avons piti&#233;], sont ins&#233;parables des conditions allemandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avare n'est pas un propri&#233;taire, mais un serviteur, et il ne peut rien faire pour lui-m&#234;me sans le faire en m&#234;me temps pour son ma&#238;tre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne peut rien faire sans le faire &#224; la fois pour l'un ou l'autre de ses besoins et pour l'organe de ce besoin &#8212; pour Stirner cela signifie que ce besoin et son organe sont rendus ma&#238;tres de lui. , tout comme plus t&#244;t il a fait les moyens pour satisfaire un besoin en un ma&#238;tre sur lui. Stirner ne peut pas manger sans manger en m&#234;me temps pour le bien de son estomac. Si les conditions du monde l'emp&#234;chent de satisfaire son estomac, alors son estomac devient ma&#238;tre sur lui, le d&#233;sir de manger devient un d&#233;sir fixe, et la pens&#233;e de manger devient une id&#233;e fixe - ce qui lui donne en m&#234;me temps un exemple de la influence des conditions du monde et fixant ses d&#233;sirs et ses id&#233;es. La &#171; r&#233;volte &#187; de Sancho contre la fixation des d&#233;sirs et des pens&#233;es se r&#233;duit ainsi &#224; une impuissante injonction morale sur la ma&#238;trise de soi et fournit une nouvelle preuve qu'il ne fait qu'exprimer id&#233;ologiquement haut les sentiments les plus triviaux du petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Les deux paragraphes suivants sont barr&#233;s dans le manuscrit (des crochets sont utilis&#233;s pour les mots illisibles)] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'ils s'attaquent &#224; la base mat&#233;rielle sur laquelle reposait la fixit&#233; jusque-l&#224; in&#233;vitable des d&#233;sirs et des id&#233;es, les communistes sont le seul peuple par l'activit&#233; historique duquel la liqu&#233;faction des d&#233;sirs et des id&#233;es fixes est en fait r&#233;alis&#233;e et cesse d'&#234;tre une injonction morale impuissante, comme jusqu'&#224; pr&#233;sent chez tous les moralistes &#171; jusqu'&#224; &#187; Stirner. L'organisation communiste a un double effet sur les d&#233;sirs produits chez l'individu par les relations actuelles ; certains de ces d&#233;sirs &#8212; &#224; savoir les d&#233;sirs qui existent sous toutes les relations, et ne changent de forme et de direction que sous diff&#233;rentes relations sociales &#8212; sont simplement modifi&#233;s par le syst&#232;me social communiste, car ils ont la possibilit&#233; de se d&#233;velopper normalement ; mais d'autres - &#224; savoir ceux qui proviennent uniquement d'une soci&#233;t&#233; particuli&#232;re,dans des conditions particuli&#232;res de [production] et de relations sexuelles &#8212; sont totalement priv&#233;s de leurs conditions d'existence. Lequel [des d&#233;sirs] sera simplement chang&#233; et [qui sera &#233;limin&#233;] dans une [soci&#233;t&#233;] communiste ne peut [se produire que de mani&#232;re pratique], en [changeant les conditions r&#233;elles], r&#233;elles [de production et de relations.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;sir est d&#233;j&#224; par sa simple existence quelque chose de &#171; fixe &#187;, et il ne peut arriver qu'&#224; saint Max et &#224; ses semblables de ne pas permettre &#224; son instinct sexuel, par exemple, de se &#171; fixer &#187; ; c'est cela d&#233;j&#224; et ne cessera de se fixer qu'&#224; la suite de la castration ou de l'impuissance. Chaque besoin, qui est &#224; la base d'un &#034;d&#233;sir&#034;, est aussi quelque chose de &#034;fixe&#034;, et tant qu'il essaie, saint Max ne peut abolir cette &#034;fixit&#233;&#034; et par exemple s'arranger pour se lib&#233;rer de la n&#233;cessit&#233; de manger dans le &#034;fixe&#034;. p&#233;riodes. Les communistes n'ont nullement l'intention d'abolir la fixit&#233; de leurs d&#233;sirs et de leurs besoins, intention que Stirner, plong&#233; dans son monde de fantaisie, leur attribue ainsi qu'&#224; tous les autres hommes ;ils ne cherchent qu'&#224; r&#233;aliser une organisation de la production et des relations qui rende possible la satisfaction normale de tous les besoins, c'est-&#224;-dire une satisfaction qui n'est limit&#233;e que par les besoins eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Individualit&#233; dans la pens&#233;e et le d&#233;sir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne d&#233;pend pas de la conscience , mais de l' &#234;tre ; pas sur la pens&#233;e, mais sur la vie ; cela d&#233;pend du d&#233;veloppement empirique de l'individu et de la manifestation de la vie, qui &#224; son tour d&#233;pend des conditions existant dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les circonstances dans lesquelles vit l'individu ne lui permettent que le d&#233;veloppement unilat&#233;ral d'une qualit&#233; aux d&#233;pens de toutes les autres, [si] elles lui donnent le mat&#233;riel et le temps pour d&#233;velopper uniquement cette qualit&#233; unique, alors cet individu atteint seulement un d&#233;veloppement unilat&#233;ral et paralys&#233;. Aucune pr&#233;dication morale ne sert ici. Et la mani&#232;re dont se d&#233;veloppe cette qualit&#233; &#233;minemment privil&#233;gi&#233;e d&#233;pend encore, d'une part, du mat&#233;riel disponible pour son d&#233;veloppement et, d'autre part, du degr&#233; et de la mani&#232;re dont les autres qualit&#233;s sont supprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment parce que la pens&#233;e, par exemple, est la pens&#233;e d'un individu particulier, d&#233;fini, elle reste sa pens&#233;e d&#233;finie, d&#233;termin&#233;e par son individualit&#233; dans les conditions o&#249; il vit. L'individu pensant n'a donc pas besoin de recourir &#224; une r&#233;flexion prolong&#233;e sur la pens&#233;e en tant que telle pour d&#233;clarer que sa pens&#233;e est sa propre pens&#233;e, sa propri&#233;t&#233; ; d&#232;s le d&#233;but, c'est sa propre pens&#233;e particuli&#232;rement d&#233;termin&#233;e et c'est pr&#233;cis&#233;ment sa particularit&#233; qui [dans le cas de saint] Sancho [s'est av&#233;r&#233;e] l'&#171; oppos&#233; &#187; de celle-ci, la particularit&#233; qui est particuli&#232;re &#171; en tant que telle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un individu, par exemple, dont la vie embrasse un large cercle d'activit&#233;s vari&#233;es et de relations pratiques avec le monde, et qui, par cons&#233;quent, m&#232;ne une vie plurielle, la pens&#233;e a le m&#234;me caract&#232;re d'universalit&#233; que toute autre manifestation de sa vie. Par cons&#233;quent, elle ne se fixe pas sous la forme d'une pens&#233;e abstraite et n'a pas besoin d'astuces compliqu&#233;es de r&#233;flexion lorsque l'individu passe de la pens&#233;e &#224; une autre manifestation de la vie. Elle est toujours d'embl&#233;e un facteur de la vie totale de l'individu, qui dispara&#238;t et se reproduit au fur et &#224; mesure des besoins .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un ma&#238;tre d'&#233;cole ou d'un auteur paroissial berlinois, cependant, dont l'activit&#233; se limite au travail ardu d'une part et au plaisir de la pens&#233;e d'autre part, dont le monde s'&#233;tend des [les petites limites de leur ville], dont les relations avec ce monde sont r&#233;duits au minimum par sa pitoyable position dans la vie, lorsqu'un tel individu &#233;prouve le besoin de penser, il est en effet in&#233;vitable que sa pens&#233;e devienne aussi abstraite que lui-m&#234;me et que sa vie, et que cette pens&#233;e se confronte &#224; lui, qui est tout &#224; fait incapable de r&#233;sistance, sous la forme d'un pouvoir fixe, dont l'activit&#233; offre &#224; l'individu la possibilit&#233; d'une &#233;vasion momentan&#233;e de son &#034;mauvais monde&#034;, d'un plaisir momentan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un tel individu, les quelques d&#233;sirs restants, qui d&#233;coulent non pas tant des relations avec un monde que de la constitution du corps humain, ne se sont exprim&#233;s que par r&#233;percussion , c'est-&#224;-dire qu'ils assument leur d&#233;veloppement &#233;troit de la m&#234;me mani&#232;re unilat&#233;rale et caract&#232;re grossier comme le fait sa pens&#233;e, ils n'apparaissent que par intervalles, stimul&#233;s par le d&#233;veloppement excessif du d&#233;sir pr&#233;dominant (fortifi&#233; par des causes physiques imm&#233;diates, par exemple, les spasmes [de l'estomac]) et se manifestent de mani&#232;re turbulente et forc&#233;e, avec la suppression la plus brutale du le d&#233;sir ordinaire [naturel] [&#8212; cela conduit &#224; davantage] de domination sur [la pens&#233;e.] Naturellement, la [pens&#233;e r&#233;fl&#233;chie et sp&#233;cul&#233;e sur] du ma&#238;tre d'&#233;cole est empirique [le fait dans une &#233;cole] de fa&#231;on magistrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit &#234;tre la vocation de tous les &#234;tres humains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saint Sancho, la vocation a une double forme ; d'abord comme vocation que d'autres choisissent pour moi - dont nous avons d&#233;j&#224; eu des exemples plus haut dans le cas des journaux pleins de politique et des prisons que notre Saint a prises pour des maisons de correction morale. Apr&#232;s la vocation appara&#238;t aussi comme une vocation &#224; laquelle l'individu lui-m&#234;me croit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le moi est s&#233;par&#233; de toutes ses conditions empiriques de vie, de son activit&#233;, des conditions de son existence, s'il est s&#233;par&#233; du monde qui le fonde et de son propre corps, alors, bien s&#251;r, il n'a pas d'autre vocation et pas d'autre d&#233;signation que celle de repr&#233;senter l'&#234;tre humain de la proposition logique et d'aider saint Sancho &#224; arriver aux &#233;quations donn&#233;es ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde r&#233;el, en revanche, o&#249; les individus ont des besoins, ils ont donc d&#233;j&#224; une vocation et une t&#226;che ; et au d&#233;part il est encore indiff&#233;rent qu'ils en fassent aussi leur vocation dans leur imagination. Il est clair, cependant, que parce que les individus poss&#232;dent une conscience, ils se font une id&#233;e de cette vocation que leur a donn&#233;e leur existence empirique et, ainsi, fournissent &#224; saint Sanche l'occasion de saisir le mot vocation, l'expression de leurs conditions de vie r&#233;elles, et de faire abstraction de ces conditions de vie elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;taire, par exemple, qui comme tout &#234;tre humain a vocation &#224; satisfaire ses besoins et qui n'est pas en mesure de satisfaire m&#234;me les besoins qu'il a en commun avec tous les &#234;tres humains, le prol&#233;taire que la n&#233;cessit&#233; de travailler 14 heures jour s'abaisse au niveau de la b&#234;te de somme, que la concurrence abaisse &#224; une simple chose, un article de commerce, qui de sa position de simple force productive, la seule position qui lui reste, est &#233;vinc&#233;e par d'autres producteurs plus puissants. forces &#8212; ce prol&#233;taire est, ne serait-ce que pour ces raisons, confront&#233; &#224; la t&#226;che r&#233;elle de r&#233;volutionner ses conditions. Il peut, bien s&#251;r, imaginer que c'est sa &#171; vocation &#187;, il peut aussi, s'il aime faire de la propagande, exprimer sa &#171; vocation &#187; en disant que faire ceci ou cela est la vocation humaine du prol&#233;taire,d'autant plus que sa position ne lui permet m&#234;me pas de satisfaire les besoins d&#233;coulant directement de sa nature humaine. Saint Sancho ne se pr&#233;occupe pas de la r&#233;alit&#233; qui sous-tend cette id&#233;e, avec le nom pratique de ce prol&#233;taire &#8212; il s'accroche au mot &#171; vocation &#187; et d&#233;clare que c'est le saint, et le prol&#233;taire &#234;tre un serviteur du saint &#8212; le moyen le plus simple de se consid&#233;rer comme sup&#233;rieur et de &#171; proc&#233;der plus loin &#187;.aller plus loin&#034;.aller plus loin&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Particuli&#232;rement dans les relations qui ont exist&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, quand une classe r&#233;gnait toujours, quand les conditions de vie d'un individu co&#239;ncidaient toujours avec les conditions de vie d'une classe, quand, par cons&#233;quent, la t&#226;che pratique de chaque classe nouvellement &#233;mergente devait n&#233;cessairement appara&#238;tre. &#224; chacun de ses membres comme une t&#226;che universelle , et lorsque chaque classe ne pouvait r&#233;ellement renverser son pr&#233;d&#233;cesseur qu'en lib&#233;rant les individus de toutes les classes de certaines cha&#238;nes qui les avaient jusque-l&#224; entrav&#233;s - dans ces circonstances, il &#233;tait essentiel que la t&#226;che des membres individuels de une classe luttant pour la domination devrait &#234;tre d&#233;crite comme une t&#226;che humaine universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, quand par exemple le bourgeois dit au prol&#233;taire que sa t&#226;che humaine, au prol&#233;taire, est de travailler 14 heures par jour, le prol&#233;taire a tout &#224; fait raison de r&#233;pondre dans le m&#234;me langage qu'au contraire sa t&#226;che est de renverser l'ensemble syst&#232;me bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vocation, d&#233;signation, t&#226;che, id&#233;al &#187; sont soit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'id&#233;e des t&#226;ches r&#233;volutionnaires impos&#233;es &#224; une classe opprim&#233;e par les conditions mat&#233;rielles ; ou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. De simples paraphrases id&#233;alistes, ou encore l'expression consciente des modes d'activit&#233; des individus qui, en raison de la division du travail, ont assum&#233; une existence ind&#233;pendante en tant que professions diverses ; ou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'expression consciente de la n&#233;cessit&#233; qui se pr&#233;sente &#224; chaque instant aux individus, aux classes et aux nations d'affirmer leur position par une activit&#233; bien d&#233;finie ; ou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les conditions d'existence de la classe dominante (telles que d&#233;termin&#233;es par le d&#233;veloppement pr&#233;c&#233;dent de la production), id&#233;alement exprim&#233;es en droit, morale, etc., auxquelles [conditions] les id&#233;ologues de cette classe ont plus ou moins consciemment donn&#233; une sorte de ind&#233;pendance ; ils peuvent &#234;tre con&#231;us par des individus distincts de cette classe comme une vocation, etc. . Il est &#224; noter ici, comme en g&#233;n&#233;ral chez les id&#233;ologues, qu'ils mettent in&#233;vitablement une chose &#224; l'envers et consid&#232;rent leur id&#233;ologie &#224; la fois comme la force cr&#233;atrice et comme la finalit&#233; de toutes les relations sociales, alors qu'elle n'est qu'une expression et un sympt&#244;me de celles-ci. rapports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de la volont&#233; individuelle dans la fondation de l'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire actuelle, ces th&#233;oriciens qui consid&#233;raient le pouvoir comme la base du droit &#233;taient en contradiction directe avec ceux qui consid&#233;raient la volont&#233; comme la base du droit... Si le pouvoir est pris comme base du droit, comme Hobbes, etc., le font, alors le droit, la loi, etc., ne sont que le sympt&#244;me, l'expression d' autres relations sur lesquelles repose le pouvoir d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie mat&#233;rielle des individus, qui ne d&#233;pend nullement de leur seule &#171; volont&#233; &#187;, de leur mode de production et de leur forme de relations, qui se d&#233;terminent mutuellement &#8212; c'est la base r&#233;elle de l'&#201;tat et le resta &#224; tous les stades o&#249; la division du travail et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e sont encore n&#233;cessaires, tout &#224; fait ind&#233;pendamment de la volont&#233; des individus. Ces relations r&#233;elles ne sont nullement cr&#233;&#233;es par le pouvoir d'&#201;tat ; au contraire, ils sont la puissance qui le cr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus qui gouvernent dans ces conditions &#8212; abstraction faite du fait que leur pouvoir doit rev&#234;tir la forme de l' &#201;tat &#8212; doivent donner &#224; leur volont&#233;, qui est d&#233;termin&#233;e par ces conditions d&#233;finies, une expression universelle comme volont&#233; de l'&#201;tat, comme loi, une expression dont le contenu est toujours d&#233;termin&#233; par les relations de cette classe, comme le droit civil et p&#233;nal le d&#233;montre de la mani&#232;re la plus claire possible. De m&#234;me que le poids de leur corps ne d&#233;pend pas de leur volont&#233; id&#233;aliste ou de leur d&#233;cision arbitraire, de m&#234;me le fait qu'ils imposent leur propre volont&#233; sous forme de loi, et en m&#234;me temps pour la rendre ind&#233;pendante de l'arbitraire personnel de chacun d'entre eux ne d&#233;pend pas de sa volont&#233; id&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur r&#232;gle personnelle doit en m&#234;me temps prendre la forme d'une r&#232;gle moyenne. Leur pouvoir personnel est fond&#233; sur des conditions de vie qui, au fur et &#224; mesure qu'elles se d&#233;veloppent, sont communes &#224; de nombreux individus, et dont ils, en tant qu'individus dominants, doivent maintenir contre les autres et, en m&#234;me temps, maintenir qu'ils tiennent bon pour Tout le monde. L'expression de cette volont&#233;, qui est d&#233;termin&#233;e par leurs int&#233;r&#234;ts communs, est la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que des individus ind&#233;pendants les uns des autres s'affirment eux-m&#234;mes et affirment leur propre volont&#233;, et parce que, sur cette base, leur attitude les uns envers les autres est forc&#233;ment &#233;go&#239;ste, que l'abn&#233;gation est rendue n&#233;cessaire en droit et en droit, l'abn&#233;gation en le cas exceptionnel, en auto-affirmation de leurs int&#233;r&#234;ts dans le cas moyen (que, donc, non pas eux , mais seulement &#171; l'&#233;go&#239;ste en accord avec lui-m&#234;me &#187; consid&#232;re comme une abn&#233;gation). Il en est de m&#234;me des classes gouvern&#233;es, dont la volont&#233; joue un r&#244;le tout aussi minime dans la d&#233;termination de l'existence de la loi et de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, tant que les forces productives seront encore insuffisamment d&#233;velopp&#233;es pour rendre la concurrence superflue, et par cons&#233;quent susciteraient toujours la concurrence, tant les classes gouvern&#233;es voudraient &#234;tre impossibles si elles avaient la &#171; volont&#233; &#034; abolir la concurrence et avec elle l'&#201;tat et la loi. Incidemment aussi, ce n'est que dans l'imagination des id&#233;ologues que cette &#171; volont&#233; &#187; surgit avant que les relations ne soient suffisamment d&#233;velopp&#233;es pour rendre possible l'&#233;mergence d'une telle volont&#233;. Une fois que les relations se sont suffisamment d&#233;velopp&#233;es pour la produire, l'id&#233;ologue peut imaginer cette volont&#233; comme purement arbitraire et donc concevable &#224; tout moment et en toutes circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le droit, le crime, c'est-&#224;-dire la lutte de l'individu isol&#233; contre les rapports dominants, n'est pas le r&#233;sultat d'un pur arbitraire. Au contraire, elle d&#233;pend des m&#234;mes conditions que cette domination. Les m&#234;mes visionnaires qui voient dans le droit et la loi la domination de quelque g&#233;n&#233;ral existant ind&#233;pendamment verront dans le crime la simple violation du droit et de l'ensemble. L'&#201;tat n'existe donc pas en raison de la volont&#233; dominante, mais l'&#201;tat, qui na&#238;t du mode de vie mat&#233;riel des individus, a aussi la forme d'une volont&#233; dominante. Si cette derni&#232;re perd sa domination, cela signifie que non seulement la volont&#233; a chang&#233; mais aussi l'existence mat&#233;rielle et la vie des individus, et c'est seulement pour cette raison que leur volont&#233; a chang&#233;. Il est possible que des droits et des lois soient &#171; h&#233;rit&#233;s &#187;, mais dans ce cas ils ne sont plus dominants, mais nominaux,dont des exemples frappants sont fournis par l'histoire du droit romain antique et du droit anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu plus haut comment une th&#233;orie et une histoire de la pens&#233;e pure pouvaient na&#238;tre chez des philosophes tenant &#224; la s&#233;paration des id&#233;es des individus et des relations empiriques qui servent de base &#224; ces id&#233;es. De la m&#234;me mani&#232;re, l&#224; aussi on peut s&#233;parer le droit de sa base r&#233;elle, par quoi on obtient une &#171; volont&#233; dominante &#187; qui &#224; diff&#233;rentes &#233;poques subit diverses modifications et a sa propre histoire ind&#233;pendante dans ses cr&#233;ations, les lois. De ce fait, l'histoire politique et civile se confond id&#233;ologiquement dans une histoire de la domination des lois successives... L'examen le plus superficiel de la l&#233;gislation, par exemple pour les lois et pour tous les pays, montre jusqu'o&#249; sont all&#233;s les gouvernants lorsqu'ils s'imaginaient qu'ils pourrait r&#233;aliser quelque chose par le seul moyen de sa &#171; volont&#233; dominante &#187;, c'est-&#224;-dire simplement en exer&#231;ant sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus et leurs relations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ce qui constitue l'avantage d'un individu en tant que tel sur les autres individus, est de nos jours en m&#234;me temps un produit de la soci&#233;t&#233; et dans sa r&#233;alisation est tenu de s'affirmer comme privil&#232;ge, comme nous l'avons d&#233;j&#224; montr&#233; Sancho &#224; propos de la concurrence . De plus, l'individu en tant que tel, consid&#233;r&#233; par lui-m&#234;me, est subordonn&#233; &#224; la division du travail, qui le rend unilat&#233;ral, paralyse et d&#233;termine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus ont toujours et en toutes circonstances &#034;proc&#233;d&#233; d'eux-m&#234;mes &#034;, mais puisqu'ils n'&#233;taient pas uniques au sens de n'avoir besoin d'aucune connexion les uns avec les autres, et que leurs besoins , par cons&#233;quent leur nature, et la mani&#232;re de satisfaire leurs besoins, les reliaient entre eux (rapports entre les sexes, &#233;change, division du travail), ils devaient entrer en relation les uns avec les autres. De plus, puisqu'ils sont entr&#233;s en rapport les uns avec les autres non pas en tant qu'ego purs, mais en tant qu'individus &#224; un stade d&#233;fini de d&#233;veloppement de leurs forces productives et de leurs besoins, et puisque ces rapports, &#224; leur tour, d&#233;terminaient la production et les besoins, il &#233;tait donc pr&#233;cis&#233;ment le comportement personnel et individuel des individus, leur comportement les uns envers les autres en tant qu'individus, qui a cr&#233;&#233; les relations existantes et les reproduit quotidiennement &#224; nouveau. Ils entraient en relation les uns avec les autres tels qu'ils &#233;taient, ils proc&#233;daient &#171; d'eux-m&#234;mes &#187;, tels qu'ils &#233;taient, ind&#233;pendamment de leur &#171; vision de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; vision de la vie &#187; &#8212; m&#234;me celle d&#233;form&#233;e des philosophes [id&#233;alistes] &#8212; ne pouvait, bien entendu, &#234;tre d&#233;termin&#233;e que par leur vie r&#233;elle. Il s'ensuit certainement que le d&#233;veloppement d'un individu est d&#233;termin&#233; par le d&#233;veloppement de tous les autres avec lesquels il est directement ou indirectement associ&#233;, et que les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations d'individus entrant en relation les uns avec les autres sont li&#233;es les unes aux autres, que les l'existence des derni&#232;res g&#233;n&#233;rations est d&#233;termin&#233;e par celle de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, et que ces derni&#232;res h&#233;ritent des forces productives et des formes de relations accumul&#233;es par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, leurs propres relations mutuelles &#233;tant ainsi d&#233;termin&#233;es. En bref,il est clair qu'il y a d&#233;veloppement et que l'histoire de l'individu ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e de l'histoire des individus pr&#233;c&#233;dents ou contemporains, mais est d&#233;termin&#233;e par cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation de la relation individuelle en son contraire, une relation purement mat&#233;rielle, la distinction de l'individualit&#233; et de la fortune par les individus eux-m&#234;mes est un processus historique, comme nous l'avons d&#233;j&#224; montr&#233; ( Chapitre 1, Partie IV, &#167; 6 ), et &#224; diff&#233;rentes &#233;tapes de d&#233;veloppement, elle prend des formes diff&#233;rentes, toujours plus nettes et plus universelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque actuelle, la domination des relations mat&#233;rielles sur les individus et la suppression de l'individualit&#233; par des circonstances fortuites ont pris sa forme la plus aigu&#235; et la plus universelle, fixant ainsi aux individus existants une t&#226;che bien d&#233;finie. Elle leur a assign&#233; la t&#226;che de remplacer la domination des circonstances et du hasard sur les individus par la domination des individus sur le hasard et les circonstances. Il n'a pas, comme Sancho l'imagine, mis en avant l'exigence que &#171; je me d&#233;veloppe moi-m&#234;me &#187;, ce que tout individu a fait jusqu'&#224; pr&#233;sent sans les bons conseils de Sancho ; elle a au contraire appel&#233; &#224; s'affranchir d'un mode de d&#233;veloppement bien d&#233;fini. Cette t&#226;che, dict&#233;e par les relations actuelles, co&#239;ncide avec la t&#226;che d'organiser la soci&#233;t&#233; &#224; la mani&#232;re communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; plus haut que l'abolition d'un &#233;tat de choses dans lequel les relations deviennent ind&#233;pendantes des individus, o&#249; l'individualit&#233; est subordonn&#233;e au hasard et les relations personnelles des individus sont subordonn&#233;es aux relations g&#233;n&#233;rales de classe, etc. des affaires est d&#233;termin&#233; en derni&#232;re analyse par l'abolition de la division du travail. Nous avons &#233;galement montr&#233; que l'abolition de la division du travail est d&#233;termin&#233;e par le d&#233;veloppement des relations et des forces productives &#224; un tel degr&#233; d'universalit&#233; que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la division du travail en deviennent les entraves. Nous avons en outre montr&#233; que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ne peut &#234;tre abolie qu'&#224; la condition d'un d&#233;veloppement global des individus,pr&#233;cis&#233;ment parce que la forme existante des relations sexuelles et les forces productives existantes sont toutes englobantes et que seuls les individus qui se d&#233;veloppent de mani&#232;re globale peuvent se les approprier, c'est-&#224;-dire les transformer en manifestations libres de leur vie. Nous avons montr&#233; qu'&#224; l'heure actuelle les individus doit abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, parce que les forces productives et les formes de relations se sont tellement d&#233;velopp&#233;es que, sous la domination de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, elles sont devenues des forces destructrices, et parce que la contradiction entre les classes a atteint son extr&#234;me limite. Enfin, nous avons montr&#233; que l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e dans la division du travail est elle-m&#234;me l'association des individus sur la base cr&#233;&#233;e par les forces productives modernes et les relations du monde. [Voir le chapitre un]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la soci&#233;t&#233; communiste, la seule soci&#233;t&#233; dans laquelle le d&#233;veloppement authentique et libre des individus cesse d'&#234;tre une simple phrase, ce d&#233;veloppement est d&#233;termin&#233; pr&#233;cis&#233;ment par le lien des individus, lien qui consiste en partie dans les pr&#233;requis &#233;conomiques et en partie dans la n&#233;cessaire solidarit&#233; de le libre d&#233;veloppement de tous, et enfin le caract&#232;re universel de l'activit&#233; des individus sur la base des forces productives existantes. Il s'agit donc ici d'individus &#224; un stade historique d&#233;termin&#233; de leur d&#233;veloppement et nullement d'individus choisis au hasard, m&#234;me en faisant abstraction de l'indispensable r&#233;volution communiste, qui est elle-m&#234;me une condition g&#233;n&#233;rale de leur libre d&#233;veloppement. La conscience des individus de leurs relations mutuelles sera, bien s&#251;r, &#233;galement compl&#232;tement chang&#233;e, et,par cons&#233;quent, ne sera plus le &#034;principal de l'amour&#034; ou d&#233;votion que ce sera l'&#233;go&#239;sme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Le Capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manufacture proprement dite ne soumet pas seulement le travailleur aux ordres et &#224; la discipline du capital, mais &#233;tablit encore une gradation hi&#233;rarchique parmi les ouvriers eux-m&#234;mes. Si, en g&#233;n&#233;ral, la coop&#233;ration simple n'affecte gu&#232;re le mode de travail individuel, la manufacture le r&#233;volutionne de fond en comble et attaque &#224; sa racine la force de travail. Elle estropie le travailleur, elle fait de lui quelque chose de monstrueux en activant le d&#233;veloppement factice de sa dext&#233;rit&#233; de d&#233;tail, en sacrifiant tout un monde de dispositions et d'instincts producteurs, de m&#234;me que dans les Etats de la Plata, on immole un taureau pour sa peau et son suif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement le travail qui est divis&#233;, subdivis&#233; et r&#233;parti entre divers individus, c'est l'individu lui-m&#234;me qui est morcel&#233; et m&#233;tamorphos&#233; en ressort automatique d'une op&#233;ration exclusive, de sorte que l'on trouve r&#233;alis&#233;e la fable absurde de Menennius Agrippa, repr&#233;sentant un homme comme fragment de son propre corps....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la manufacture l'enrichissement du travailleur collectif, et par suite du capital, en forces productives sociales a pour condition l'appauvrissement du travailleur en forces productives individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ignorance est la m&#232;re de l'industrie aussi bien que de la superstition. La r&#233;flexion et l'imagination sont sujettes &#224; s'&#233;garer ; mais l'habitude de mouvoir le pied ou la main ne d&#233;pend ni de l'une, ni de l'autre. Aussi pourrait on dire, que la perfection, &#224; l'&#233;gard des manufactures, consiste &#224; pouvoir se passer de l'esprit, de mani&#232;re que, sans effort de t&#234;te, l'atelier puisse &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une machine dont les parties sont des hommes. &#187; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme la p&#233;riode manufacturi&#232;re pousse beaucoup plus loin cette division sociale en m&#234;me temps que par la division qui lui est propre elle attaque l'individu &#224; la racine m&#234;me de sa vie, c'est elle qui la premi&#232;re fournit l'id&#233;e et la mati&#232;re d'une pathologie industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Subdiviser un homme, c'est l'ex&#233;cuter, s'il a m&#233;rit&#233; une sentence de mort ; c'est l'assassiner s'il ne la m&#233;rite pas. La subdivision du travail est l'assassinat d'un peuple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5068&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5561&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5561&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5559&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5559&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philosophie m&#233;di&#233;vale</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7121</link>
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		<dc:date>2025-05-20T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen Age</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187; Marx-Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym &lt;br class='autobr' /&gt;
1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot262" rel="tag"&gt;Moyen Age&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx-Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es g&#233;n&#233;rales ind&#233;pendamment de celle des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie m&#233;di&#233;vale&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les plus grands penseurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bo&#232;ce (480 - 524 ou 525)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Kindi (Ab&#251; Y&#251;suf Ya'q&#251;b ibn Ish&#226;q al-Kind&#238;) (vers 801 - 873)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Scot Erig&#232;ne (810 - 870)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Rhazes (Ab&#251; Bakr ibn Zakariyy&#226; al-R&#226;z&#238;) (865 - 923)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Farabi (Ab&#251; Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Tarh&#226;n ibn Azwalag al-F&#226;r&#226;b&#238;) (870 - 950)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Abu-l-Ala al-Maari (973-1057)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Avicenne (Ab&#251; 'Ali al-Husayn ibn 'Abdallah ibn S&#238;n&#226;) (980 - 1037)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Anselme de Cantorb&#233;ry (1033 - 1109)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Ghazali (Ab&#251; H&#226;mid Muhammad ibn Muhammad ibn Tawus Ahmad al-T&#251;s&#238; al-Shaf'&#238;) (1058-1111)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Martianus Capella (Ve si&#232;cle)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pseudo-Denys l'Ar&#233;opagite (Ve s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roscelin de Compi&#232;gne (1050 - 1120)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume de Champeaux (1070 - 1121)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Pierre Ab&#233;lard (1079 - 1142)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	H&#233;lo&#239;se (abbesse) (1092 &#8211; 1164)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Tufayl (Ab&#251; Bakr Muhammad ibn Tufayl) (1100 - 1185)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Averro&#232;s (Ab&#251; al-Walid Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ruchd) (1126 - 1198)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ma&#239;monide (Mosheh ben Maym&#251;n) (1135 - 1204)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Albert le Grand (1193 ou 1206 - 1280)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roger Bacon (1214 - 1294)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bonaventure (1221 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Thomas d'Aquin (1225 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Siger de Brabant (1240 - 1281)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Duns Scot (vers 1266 - 1308)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume d'Occam (vers 1285 - 1349 ou 1350)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Buridan (vers 1300 - 1358)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Khaldun (Abu Zayd 'abd Al-Rahman ibn Muhammad ibn Khald&#251;n) (1332 - 1395)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Nicole Oresme (vers 1323 - 1382)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3287&#034;&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/search?query=Philosophie+m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/anselme.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/abelard.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/thomas.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/ockham.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.menestrel.fr/?-Auteurs-medievaux-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Texte 8 -&gt; https://www.cairn.info/revue-annales-2009-1-page-143.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/annuaire-cdf/11949&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/1974-v1-n2-philoso1319/203017ar.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1910_num_17_67_2755&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale_preface.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/panaccio_claude/philo_medievale/philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/philo_au_moyen_age/philo_au_moyen_age_avant_propos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Portail:Philosophie/Liste_des_philosophes_par_ann%C3%A9e_de_naissance#Moyen_%C3%82ge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Medieval_literature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 17&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_writers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 18&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_philosophers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 19&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6178&#034;&gt;Texte 20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6465&#034;&gt;Texte 21&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3349&#034;&gt;Conclusion : la sortie du moyen &#226;ge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Histoire de la philosophie de Socrate, par Diderot dans l'Encyclop&#233;die</title>
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		<dc:date>2025-04-18T22:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Socrate</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Diderot</dc:subject>

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&lt;p&gt;Histoire de la philosophie de Socrate, par Diderot dans l'Encyclop&#233;die &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me du monde &amp; les ph&#233;nomenes de la nature avoient &#233;t&#233;, jusqu'&#224; Socrate, l'objet de la m&#233;ditation des philosophes. Ils avoient n&#233;glig&#233; l'&#233;tude de la morale. Ils croyoient que les principes nous en &#233;toient intimement connus, &amp; qu'il &#233;toit inutile d'entretenir de la distinction du bien &amp; du mal, celui dont la conscience &#233;toit muette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute leur sagesse se r&#233;duisoit &#224; quelques sentences que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire de la philosophie de Socrate, par Diderot dans l'Encyclop&#233;die&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me du monde &amp; les ph&#233;nomenes de la nature avoient &#233;t&#233;, jusqu'&#224; Socrate, l'objet de la m&#233;ditation des philosophes. Ils avoient n&#233;glig&#233; l'&#233;tude de la morale. Ils croyoient que les principes nous en &#233;toient intimement connus, &amp; qu'il &#233;toit inutile d'entretenir de la distinction du bien &amp; du mal, celui dont la conscience &#233;toit muette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute leur sagesse se r&#233;duisoit &#224; quelques sentences que l'exp&#233;rience journaliere leur avoit dict&#233;es, &amp; qu'ils d&#233;bitoient dans l'occasion. Le seul Arch&#233;la&#252;s avoit entam&#233; dans son &#233;cole la question des m&#339;urs, mais sa m&#233;thode &#233;toit sans solidit&#233;, &amp; ses le&#231;ons furent sans succ&#232;s. Socrate son disciple, n&#233; avec une grande ame, un grand jugement, un esprit port&#233; aux choses importantes, &amp; d'une utilit&#233; g&#233;n&#233;rale &amp; premiere, vit qu'il falloit travailler par rendre les hommes bons, avant que de commencer &#224; les rendre savans ; que tandis qu'on avoit les yeux attach&#233;s aux astres, on ignoroit ce qui se passoit &#224; ses pi&#233;s ; qu'&#224; force d'habiter le ciel, on &#233;toit devenu &#233;tranger dans sa propre maison ; que l'entendement se perfectionnoit peut-&#234;tre, mais qu'on abandonnoit &#224; elle-m&#234;me la volont&#233; ; que le tems se perdoit en sp&#233;culations frivoles ; que l'homme vieillissoit, sans s'&#234;tre interrog&#233; sur le vrai bonheur de la vie, &amp; il ramena sur la terre la philosophie &#233;gar&#233;e dans les r&#233;gions du soleil. Il parla de l'ame, des passions, des vices, des vertus, de la beaut&#233; &amp; de la laideur morales, de la soci&#233;t&#233;, &amp; des autres objets qui ont une liaison imm&#233;diate avec nos actions &amp; notre f&#233;licit&#233;. Il montra une extr&#233;me libert&#233; dans sa fa&#231;on de penser. Il n'y eut aucune sorte d'int&#233;r&#234;t ou de terreurs qui ret&#238;nt la v&#233;rit&#233; dans sa bouche. Il n'&#233;couta que l'exp&#233;rience, la r&#233;flexion, &amp; la loi de l'honn&#234;te ; &amp; il m&#233;rita, parmi ceux qui l'avoient pr&#233;c&#233;d&#233;, le titre de philosophe par excellence, titre que ceux qui lui succ&#233;derent ne lui ravirent point. Il tira nos anc&#234;tres de l'ombre &amp; de la poussiere, &amp; il en fit des citoyens, des hommes d'&#233;tat. Ce projet ne pouvoit s'ex&#233;cuter sans p&#233;ril, parmi des brigands int&#233;resses &#224; perp&#233;tuer le vice, l'ignorance &amp; les pr&#233;jug&#233;s. Socrate le savoit ; mais qui est-ce qui &#233;toit capable d'intimider celui qui avoit plac&#233; ses esp&#233;rances au-del&#224; de ce monde, &amp; pour qui la vie n'&#233;toit qu'un lieu incommode qui le retenoit dans une prison, loin de sa v&#233;ritable patrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon &amp; Platon, ses disciples, ses amis, les t&#233;moins &amp; les imitateurs de sa vertu, ont &#233;crit son histoire ; X&#233;nophon avec cette simplicit&#233; &amp; cette candeur qui lui &#233;toient propres, Platon avec plus de faste &amp; un attachement moins scrupuleux &#224; la v&#233;rit&#233;. Un jour que Socrate entendoit r&#233;citer un des dialogues de celui-ci ; c'&#233;toit, je crois, celui qu'il a intitul&#233; le lysis : &#244; dieux, s'&#233;cria l'homme de bien, les beaux mensonges que le jeune homme a dit de moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristoxene, D&#233;m&#233;trius de Phalere, Panetius, Calisthene, &amp; d'autres s'&#233;toient aussi occup&#233;s des actions, des discours, des m&#339;urs, du caractere, &amp; de la vie de ce philosophe, mais leurs ouvrages ne nous sont pas parvenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ath&#233;nien Socrate naquit dans le village d'Alop&#233;, dans la soixante &amp; dix-septieme olympiade, la quatrieme ann&#233;e, &amp; le sixieme de thargelion, jour qui fut dans la suite marqu&#233; plus d'une fois par d'heureux &#233;v&#233;nemens, mais qu'aucun ne rendit plus m&#233;morable que sa naissance. Sophronisque son pere, &#233;toit statuaire, &amp; Phinarete sa mere, &#233;toit sage-femme. Sophronisque qui s'apper&#231;ut bien-t&#244;t que les dieux ne lui avoient pas donn&#233; un enfant ordinaire, alla les consulter sur son &#233;ducation. L'oracle lui r&#233;pondit, laisse-le faire, &amp; sacrifie &#224; Jupiter &amp; aux muses. Le bon homme oublia le conseil de l'oracle, &amp; mit le ciseau &#224; la main de son fils. Socrate, apr&#232;s la mort de son pere, fut oblig&#233; de renoncer &#224; son go&#251;t, &amp; d'exercer par indigence une profession &#224; laquelle il ne se sentoit point appell&#233; ; mais entra&#238;n&#233; &#224; la m&#233;ditation, le ciseau lui tomboit souvent des mains, &amp; il passoit les journ&#233;es appuy&#233; sur le marbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Criton, homme opulent &amp; philosophe, touch&#233; de ses talens, de sa candeur &amp; de sa misere, le prit en amiti&#233;, lui fournit les choses n&#233;cessaires &#224; la vie, lui donna des ma&#238;tres, &amp; lui confia l'&#233;ducation de ses enfans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate entendit Anaxagoras, &#233;tudia sous Arch&#233;la&#252;s, qui le ch&#233;rit, apprit la musique de Damon, se forma &#224; l'art oratoire aupr&#232;s du sophiste Prodicus, &#224; la po&#233;sie sur les conseils d'Evenus, &#224; la g&#233;om&#233;trie avec Th&#233;odore, &amp; se perfectionna par le commerce de Diotime &amp; d'Aspasie, deux femmes dont le m&#233;rite s'est fait distinguer chez la nation du monde ancien la plus polie, dans son siecle le plus c&#233;lebre &amp; le plus &#233;clair&#233;, &amp; au milieu des hommes du premier g&#233;nie. Il ne voyagea point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne crut point que sa profession de philosophe le dispens&#226;t des devoirs p&#233;rilleux du citoyen. Il quitta ses amis, sa solitude, ses livres, pour prendre les armes, &amp; il servit pendant trois ans dans la guerre cruelle d'Ath&#232;nes &amp; de Lac&#233;d&#233;mone ; il assista au siege de Potid&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'Alcibiade, o&#249; personne, au jugement de celui-ci, ne se montra ni plus patient dans la fatigue, la soif &amp; la faim, ni plus serein. Il marchoit les pi&#233;s nuds sur la glace ; il se pr&#233;cipita au milieu des ennemis, &amp; couvrit la retraite d'Alcibiade, qui avoit &#233;t&#233; bless&#233;, &amp; qui seroit mort dans la m&#234;l&#233;e. Il ne se contenta pas de sauver la vie &#224; son ami ; apr&#232;s l'action, il lui fit adjuger le prix de bravoure, qui lui avoit &#233;t&#233; d&#233;cern&#233;. Il lui arriva plusieurs fois dans cette campagne de passer deux jours entiers de suite immobile &#224; son poste, &amp; absorb&#233; dans la m&#233;ditation. Les Ath&#233;niens furent malheureux au siege de Delium : X&#233;nophon renvers&#233; de son cheval y auroit perdu la vie, si Socrate, qui combattoit &#224; pi&#233;, ne l'e&#251;t pris sur ses &#233;paules, &amp; ne l'e&#251;t port&#233; hors de l'atteinte de l'ennemi. Il marcha sous ce fardeau non comme un homme qui fuit, mais comme un homme qui compte ses pas &amp; qui mesure le terrein. Il avoit le visage tourn&#233; &#224; l'ennemi, &amp; on lui remarquoit tant d'intr&#233;pidit&#233;, qu'on n'osa ni l'attaquer ni le suivre. Averti par son d&#233;mon, ou le pressentiment secret de sa prudence, il d&#233;livra dans une autre circonstance Alcibiade &amp; Loch&#232;s d'un danger dont les suites devinrent funestes &#224; plusieurs. Il ne se comporta pas avec moins d'honneur au siege d'Amphipolis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption avoit gagn&#233; toutes les parties de l'administration des affaires publiques ; les Ath&#233;niens g&#233;missoient sous la tyrannie ; Socrate ne voyoit &#224; entrer dans la magistrature que des p&#233;rils &#224; courir, sans aucun bien &#224; faire : mais il fallut sacrifier sa r&#233;pugnance au v&#339;u de sa tribu, &amp; paro&#238;tre au s&#233;nat. Il &#233;toit alors d'un &#226;ge assez avanc&#233; ; il porta dans ce nouvel &#233;tat sa justice &amp; sa fermet&#233; accoutum&#233;es. Les tyrans ne lui en imposerent point ; il ne cessa de leur reprocher leurs vexations &amp; leurs crimes ; il brava leur puissance : falloit-il souscrire au jugement de quelque innocent qu'ils avoient condamn&#233;, il disoit je ne sais pas &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fut pas moins admirable dans sa vie priv&#233;e ; jamais homme ne fut n&#233; plus sobre ni plus chaste : ni les chaleurs de l'&#233;t&#233;, ni les froids rigoureux de l'hiver, ne suspendirent ses exercices. Il n'agissoit point sans avoir invoqu&#233; le ciel. Il ne nuisit pas m&#234;me &#224; ses ennemis. On le trouva toujours pr&#234;t &#224; servir. Il ne s'en tenoit pas au bien, il se proposoit le mieux en tout. Personne n'eut le jugement des circonstances &amp; des choses plus s&#251;r &amp; plus sain. Il n'y avoit rien dans sa conduite dont il ne p&#251;t &amp; ne se compl&#251;t &#224; rendre raison. Il avoit l'&#339;il ouvert sur ses amis ; il les reprenoit parce qu'ils lui &#233;toient chers ; il les encourageoit &#224; la vertu par son exemple, par ses discours ; &amp; il fut pendant toute sa vie le modele d'un homme tr&#232;s-accompli &amp; tr&#232;s-heureux. Si l'emploi de ses momens nous &#233;toit plus connu, peut-&#234;tre nous d&#233;montreroit-il mieux qu'aucun raisonnement, que pour notre bonheur dans ce monde, nous n'avons rien de mieux &#224; faire que de pratiquer la vertu ; these importante qui comprend toute la morale, &amp; qui n'a point encore &#233;t&#233; prouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;parer les ravages que la peste avoit faits, les Ath&#233;niens permirent aux citoyens de prendre deux femmes ; il en joignit une seconde par commis&#233;ration pour sa misere, &#224; celle qu'il s'&#233;toit auparavant choisie par inclination. L'une &#233;toit fille d'Aristide, &amp; s'appelloit Mirtus, &amp; l'autre &#233;toit n&#233;e d'un citoyen obscur, &amp; s'appelloit Xantippe. Les humeurs capricieuses de celle-ci donnerent un long exercice &#224; la philosophie de son &#233;poux. Quand je la pris, disoit Socrate &#224; Antisthene, je connus qu'il n'y auroit personne avec qui je ne pusse vivre si je pouvois la supporter ; je voulois avoir dans ma maison quelqu'un qui me rappell&#226;t sans cesse l'indulgence que je dois &#224; tous les hommes, &amp; que j'en attens pour moi. Et &#224; Lamprocle son fils : Vous vous plaignez de votre mere ! &amp; elle vous a con&#231;u, port&#233; dans son sein, alait&#233;, soign&#233;, nourri, instruit, &#233;lev&#233; ? A combien de p&#233;rils ne l'avez-vous pas expos&#233;e ? combien de chagrins, de soucis, de soins, de travail, de peines ne lui avez-vous pas co&#251;t&#233; ?&#8230; Il est vrai, elle a fait &amp; souffert &amp; plus peut-&#234;tre encore que vous ne dites ; mais elle est si dure, si f&#233;roce&#8230; Lequel des deux, mon fils, vous paro&#238;t le plus difficile &#224; supporter, ou de la f&#233;rocit&#233; d'une b&#234;te, ou de la f&#233;rocit&#233; d'une mere ?&#8230; Celle d'une mere&#8230; D'une mere ! la v&#244;tre vous a-t-elle frapp&#233;, mordu, d&#233;chir&#233; ? en avez-vous rien &#233;prouv&#233; de ce que les b&#234;tes f&#233;roces font assez commun&#233;ment aux hommes ?&#8230; Non ; mais elle tient des propos qu'on ne dig&#233;reroit de personne, y all&#226;t-il de la vie&#8230; J'en conviens ; mais &#234;tes-vous en reste avec elle ? &amp; y a-t-il quelqu'un au monde qui vous e&#251;t pardonn&#233; les mauvais discours que vous avez tenus, les actions mauvaises, ridicules ou folles que vous avez commises, &amp; tout ce qu'il a fallu qu'elle endur&#226;t de vous la nuit, le jour, &#224; chaque instant depuis que vous &#234;tes n&#233;, jusqu'&#224; l'&#226;ge que vous avez ? Qui est-ce qui vous e&#251;t soign&#233; dans vos infirmit&#233;s comme elle ? Qui est ce qui e&#251;t trembl&#233; pour vos jours comme elle ? Il arrive &#224; votre mere de parler mal ; mais elle ne met elle-m&#234;me aucune valeur a ce qu'elle dit : dans sa colere m&#234;me vous avez son c&#339;ur : elle vous souhaite le bien. Mon fils, l'injustice est de votre c&#244;t&#233;. Croyez-vous qu'elle ne f&#251;t pas d&#233;sol&#233;e du moindre accident qui vous arriveroit ?&#8230; Je le crois&#8230; Qu'elle ne se r&#233;duis&#238;t pas &#224; la misere pour vous en tirer ?&#8230; Je le crois&#8230; Qu'elle ne s'arrach&#226;t pas le pain de la bouche pour vous le donner ?&#8230; Je le crois&#8230; Qu'elle ne sacrifi&#226;t pas sa vie pour la v&#244;tre ?&#8230; Je le crois&#8230; Que c'est pour vous &amp; non pour elle qu'elle s'adresse sans cesse aux dieux ?&#8230; Que c'est pour moi&#8230; Et vous la trouvez dure, f&#233;roce, &amp; vous vous en plaignez. Ah, mon fils, ce n'est pas votre mere qui est mauvaise, c'est vous ! je vous le r&#233;pete, l'injustice est de votre c&#244;t&#233;&#8230; Quel homme ! quel citoyen ! quel magistrat ! quel &#233;poux ! quel pere ! Moins Xantippe m&#233;ritoit cet apologue, plus il faut admirer Socrate. Ah, Socrate, je te ressemble peu ; mais du-moins tu me fais pleurer d'admiration &amp; de joie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate ne se croyoit point sur la terre pour lui seul &amp; pour les siens ; il vouloit &#234;tre utile &#224; tous, s'il le pouvoit, mais sur-tout aux jeunes gens, en qui il esp&#233;roit trouver moins d'obstacles au bien. Il leur &#244;toit leurs pr&#233;jug&#233;s. Il leur faisoit aimer la v&#233;rit&#233;. Il leur inspiroit le go&#251;t de la vertu. Il fr&#233;quentoit les lieux de leurs amusemens. Il alloit les chercher. On le voyoit sans cesse au milieu d'eux, dans les rues, dans les places publiques, dans les jardins, aux bains, aux gymnases, &#224; la promenade. Il parloit devant tout le monde ; s'approchoit &amp; l'&#233;coutoit qui vouloit. Il faisoit un usage &#233;tonnant de l'ironie &amp; de l'induction ; de l'ironie, qui d&#233;voiloit sans effort le ridicule des opinions ; de l'induction, qui de questions &#233;loign&#233;es en questions &#233;loign&#233;es, vous conduisoit imperceptiblement &#224; l'aveu de la chose m&#234;me qu'on nioit. Ajoutez &#224; cela le charme d'une &#233;locution pure, simple, facile, enjou&#233;e ; la finesse des id&#233;es, les graces, la l&#233;geret&#233; &amp; la d&#233;licatesse particuliere &#224; sa nation, une modestie surprenante, l'attention scrupuleuse &#224; ne point offenser, &#224; ne point avilir, &#224; ne point humilier, &#224; ne point contrister. On se faisoit honneur &#224; tout moment de son esprit. &#171; J'imite ma mere, disoit-il, elle n'&#233;toit pas f&#233;conde ; mais elle avoit l'art de soulager les femmes f&#233;condes, &amp; d'amener &#224; la lumiere le fruit qu'elles renfermoient dans leurs seins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sophistes n'eurent point un fl&#233;au plus redoutable. Ses jeunes auditeurs se firent insensiblement &#224; sa m&#233;thode, &amp; bien-t&#244;t ils exercerent le talent de l'ironie &amp; de l'induction d'une maniere tr&#232;s-incommode pour les faux orateurs, les mauvais po&#235;tes, les pr&#233;tendus philosophes, les grands injustes &amp; orgueilleux. Il n'y eut aucune sorte de folie &#233;pargn&#233;e, ni celles des pr&#234;tres, ni celles des artistes, ni celles des magistrats. La chaleur d'une jeunesse enthousiaste &amp; fol&#226;tre suscita des haines de tous c&#244;t&#233;s &#224; celui qui l'instruisoit. Ces haines s'accrurent &amp; se multiplierent. Socrate les m&#233;prisa ; peu inquiet d'&#234;tre ha&#239;, jou&#233;, calomni&#233;, pourvu qu'il f&#251;t innocent. Cependant il en devint la victime. Sa philosophie n'&#233;toit pas une affaire d'ostentation &amp; de parade, mais de courage &amp; de pratique. Apollon disoit de lui : &#171; Sophocle est sage, Euripide est plus sage que Sophocle ; mais Socrate est le plus sage de tous les hommes &#187;. Les sophistes se vantoient de savoir tout ; Socrate, de ne savoir qu'une chose, c'est qu'il ne savoit rien. Il se m&#233;nageoit ainsi l'avantage de les interroger, de les embarrasser &amp; de les confondre de la maniere la plus s&#251;re &amp; la plus honteuse pour eux. D'ailleurs cet homme d'une prudence &amp; d'une exp&#233;rience consomm&#233;e, qui avoit tant &#233;cout&#233;, tant lu, tant m&#233;dit&#233;, s'&#233;toit ais&#233;ment apper&#231;u que la v&#233;rit&#233; est comme un fil qui part d'une extr&#233;mit&#233; des t&#233;nebres &amp; se perd de l'autre dans les t&#233;nebres ; &amp; que dans toute question, la lumiere s'accroit par degr&#233;s jusqu'&#224; un certain terme plac&#233; sur la longueur du fil d&#233;li&#233;, au-del&#224; duquel elle s'affoiblit peu &#224; peu &amp; s'&#233;teint. Le philosophe est celui qui sait s'arr&#234;ter juste ; le sophiste imprudent marche toujours, &amp; s'&#233;gare lui-m&#234;me &amp; les autres : toute sa dialectique se resout en incertitudes. C'est une le&#231;on que Socrate donnoit sans cesse aux sophistes de son tems, &amp; dont ils ne profiterent point. Ils s'&#233;loignoient de lui m&#233;contens sans savoir pourquoi. Ils n'avoient qu'&#224; revenir sur la question qu'ils avoient agit&#233;e avec lui, &amp; ils se seroient apper&#231;us qu'ils s'&#233;toient laiss&#233;s entra&#238;ner au-del&#224; du point indivisible &amp; lumineux, terme de notre foible raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'accusa d'impi&#233;t&#233; ; &amp; il faut avouer que sa religion n'&#233;toit pas celle de son pays. Il m&#233;prisa les dieux &amp; les superstitions de la Grece. Il eut en piti&#233; leurs mysteres. Il s'&#233;toit &#233;lev&#233; par la seule force de son g&#233;nie &#224; la connoissance de l'unit&#233; de la divinit&#233;, &amp; il eut le courage de r&#233;veler cette dangereuse v&#233;rit&#233; &#224; ses disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir plac&#233; son bonheur pr&#233;sent &amp; &#224; venir dans la pratique de la vertu, &amp; la pratique de la vertu dans l'observation des lois naturelles &amp; politiques, rien ne fut capable de l'en &#233;carter. Les &#233;v&#233;nemens les plus f&#226;cheux, loin d'&#233;tonner son courage, n'alt&#233;rerent pas m&#234;me sa s&#233;r&#233;nit&#233;. Il arracha au suplice les dix juges que les tyrans avoient condamn&#233;s. Il ne voulut point se sauver de la prison. Il apprit en souriant l'arr&#234;t de sa mort. Sa vie est pleine de ces traits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m&#233;prisa les injures. Le m&#233;pris &amp; le pardon de l'injure qui sont des vertus du chr&#233;tien, sont la vengeance du philosophe. Il garda la temp&#233;rance la plus rigoureuse, rapportant l'usage des choses que la nature nous a destin&#233;es &#224; la conservation &amp; non &#224; la volupt&#233;. Il disoit que moins l'homme a de besoins, plus sa condition est voisine de celle des dieux ; il &#233;toit pauvre, &amp; jamais sa femme ne put le d&#233;terminer &#224; recevoir les pr&#233;sens d'Alcibiade &amp; des hommes puissans dont il &#233;toit honor&#233;. Il regardoit la justice comme la premiere des vertus. Sa bienfaisance, semblable &#224; celle de l'Etre supr&#232;me, &#233;toit sans exception. Il d&#233;testoit la flatterie. Il aimoit la beaut&#233; dans les hommes &amp; dans les femmes, mais il n'en fut point l'esclave : c'&#233;toit un go&#251;t innocent &amp; honn&#234;te, qu'Aristophane m&#234;me, ce vil instrument de ses ennemis, n'osa pas lui reprocher. Que penserons-nous de la facilit&#233; &amp; de la complaisance avec laquelle quelques hommes parmi les anciens &amp; parmi les modernes ont re&#231;u &amp; r&#233;p&#233;t&#233; contre la puret&#233; de ses m&#339;urs ? une calomnie que nous rougirions de nommer ; c'est qu'eux-m&#234;mes &#233;toient envieux ou corrompus. Serons-nous &#233;tonn&#233;s qu'il y ait e&#251; de ces ames infernales ? Peut-&#234;tre, si nous ignorions ce qu'un int&#233;r&#234;t violent &amp; secret inspire, voyez ce que nous dirons de son d&#233;mon &#224; l'article Th&#233;osophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate ne tint point &#233;cole, &amp; n'&#233;crivit point. Nous ne savons de sa doctrine que ce que ses disciples nous en ont transmis. C'est dans ces sources que nous avons puis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentimens de Socrate sur la divinit&#233;. Il disoit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Dieu a d&#233;rob&#233; sa nature &#224; notre entendement, il a manifest&#233; son existence, sa sagesse, sa puissance &amp; sa bont&#233; dans ses ouvrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'auteur du monde, &amp; le monde est la complexion de tout ce qu'il y a de bon &amp; de beau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous sentions toute l'harmonie qui regne dans l'univers, nous ne pourrions jamais regarder le hasard comme la cause de tant d'effets encha&#238;n&#233;s partout, selon les lois de la sagesse la plus surprenante, &amp; pour la plus grande utilit&#233; possible. Si une intelligence supr&#232;me n'a pas concouru &#224; la disposition, a la propagation &amp; &#224; la conservation g&#233;n&#233;rale des &#234;tres, &amp; n'y veille pas sans cesse, comment arrive-t-il qu'aucun d&#233;sordre ne s'introduit dans une machine aussi compos&#233;e, aussi vaste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu pr&#233;side &#224; tout : il voit tout en un instant ; notre pens&#233;e qui s'&#233;lance d'un vol instantan&#233; de la terre aux cieux ; notre &#339;il qui n'a qu'&#224; s'ouvrir pour appercevoir les corps plac&#233;s &#224; la plus grande distance, ne sont que de foibles images de la c&#233;l&#233;rit&#233; de son entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un seul acte il est pr&#233;sent &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois ne sont point des hommes, mais de Dieu. C'est lui proprement qui en condamne les infracteurs, par la voix des juges qui ne sont que ses organes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentimens de Socrate sur les esprits. Ce philosophe remplissoit l'intervalle de l'homme &#224; Dieu d'intelligences moyennes qu'il regardoit comme les g&#233;nies tut&#233;laires des nations : il permetroit qu'on les honor&#226;t : il les regardoit comme les auteurs de la divination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentimens de Socrate sur l'ame. Il la croyoit pr&#233;existante au corps, &amp; dou&#233;e de la connoissance des id&#233;es &#233;ternelles. Cette connoissance qui s'assoupissoit en elle par son union avec le corps, se r&#233;veilloit avec le tems, &amp; l'usage de la raison &amp; des sens. Apprendre, c'&#233;toit se ressouvenir ; mourir, c'&#233;toit retourner &#224; son premier &#233;tat de f&#233;licit&#233; pour les bons, de ch&#226;timent pour les m&#233;chans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principes de la Philosophie morale de Socrate. Il disoit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'un bien, c'est la science ; qu'un mal, c'est l'ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les richesses &amp; l'orgueil de la naissance sont les sources principales des maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sagesse est la sant&#233; de l'ame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui conno&#238;t le bien &amp; qui fait le mal est un insens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est plus utile &amp; plus doux que la pratique de la vertu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme sage ne croira point savoir ce qu'il ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice &amp; le bonheur sont une m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui distingua le premier l'utile du juste, fut un homme d&#233;testable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sagesse est la beaut&#233; de l'ame, le vice en est la laideur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La beaut&#233; du corps annonce la beaut&#233; de l'ame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est d'une belle vie comme d'un beau tableau, il faut que toutes les parties en soient belles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie heureuse &amp; tranquille est pour celui qui peut s'examiner sans honte ; rien ne le trouble, parce qu'il ne se reproche aucun crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'homme s'&#233;tudie lui-m&#234;me, &amp; qu'il se connoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui se connoit &#233;chappera &#224; bien des maux, qui attendent celui qui s'ignore ; il concevra d'abord qu'il ne sait rien, &amp; il cherchera &#224; s'instruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir bien commenc&#233;, ce n'est pas n'avoir rien fait ; mais c'est avoir fait peu de chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'une sagesse, la vertu est une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure maniere d'honorer les dieux, c'est de faire ce qu'ils ordonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut demander aux dieux en g&#233;n&#233;ral ce qui nous est bon ; sp&#233;cifier quelque chose dans sa priere, c'est pr&#233;tendre &#224; une connoissance qui leur est reserv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut adorer les dieux de son pays, &amp; regler son offrande sur ses facult&#233;s ; les dieux regardent plus &#224; la puret&#233; de nos c&#339;urs, qu'&#224; la richesse de nos sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois sont du ciel ; ce qui est selon la loi, est juste sur la terre, &amp; l&#233;gitim&#233; dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui prouve l'origine c&#233;leste des lois, telles que d'adorer les dieux, d'honorer ses parens, d'aimer son bienfaiteur, c'est que le ch&#226;timent est n&#233;cessairement attach&#233; &#224; leur infraction ; cette liaison n&#233;cessaire de la loi, avec la peine de l'infraction, ne peut &#234;tre de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avoir pour un pere trop s&#233;vere, la m&#234;me ob&#233;issance qu'on a pour une loi trop dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atrocit&#233; de l'ingratitude est proportionn&#233;e &#224; l'importance du bienfait ; nous devons &#224; nos parens le plus important des biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant ingrat n'obtiendra ni la faveur du ciel, ni l'estime des hommes ; quel retour attendrai-je, moi, &#233;tranger, de celui qui manque aux personnes &#224; qui il doit le plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui vend aux autres sa sagesse pour de l'argent, se prostitue comme celui qui vend sa beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les richesses sont entre les mains de l'homme, sans la raison, comme sous lui un cheval fougueux, sans frein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les richesses de l'avare ressemblent &#224; la lumiere du soleil, qui ne recr&#233;e personne apr&#232;s son coucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appelle avare celui qui amasse des richesses par des moyens vils, &amp; qui ne veut point d'indigens pour amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La richesse du prodigue ne sert qu'aux adulateurs &amp; aux prostitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a point de fonds qui rende autant qu'un ami sincere &amp; vertueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a point d'amiti&#233; vraie, entre un m&#233;chant &amp; un m&#233;chant, ni entre un m&#233;chant &amp; un bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On obtiendra l'amiti&#233; d'un homme, en cultivant en soi les qualit&#233;s qu'il estime en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a point de vertus qui ne puisse se perfectionner &amp; s'accro&#238;tre, par la reflexion &amp; l'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est ni la richesse, ni la naissance, ni les dignit&#233;s, ni les titres, qui font la bont&#233; de l'homme ; elle est dans ses mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incendie s'accroit par le vent, &amp; l'amour par le commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrogance consiste &#224; tout dire, &amp; &#224; ne vouloir rien entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se familiariser avec la peine, afin de la recevoir quand elle viendra, comme si on l'avoit attendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut point redouter la mort, c'est un assoupissement ou un voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne reste rien de nous apr&#232;s la mort, c'est plut&#244;t encore un avantage, qu'un inconv&#233;nient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vaut mieux mourir honorablement, que vivre deshonor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se soustraire &#224; l'incontinence, par la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on est sobre, plus on approche de la condition des dieux, qui n'ont besoin de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas n&#233;gliger la sant&#233; du corps, celle de l'ame en d&#233;pend trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tranquillit&#233; est le plus grand des biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de trop : c'est l'&#233;loge d'un jeune homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes vivent pour manger, les bons mangent pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre sage dans la haute prosp&#233;rit&#233;, c'est savoir marcher sur la glace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen le plus s&#251;r d'&#234;tre consid&#233;r&#233;, c'est de ne pas affecter de se montrer aussi bon que l'on est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes un homme de bien, on aura autant de confiance en votre parole, qu'au serment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tournez le dos au calomniateur &amp; au m&#233;disant, c'est quelque perversit&#233; qui le fait agir ou parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principes de Socrate, sur la prudence domestique. Il disoit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui saura gouverner sa maison, tirera parti de tout, m&#234;me de ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;fiez-vous de l'indolence, de la paresse, de la n&#233;gligence ; evitez le luxe ; regardez l'agriculture comme la ressource la plus importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des occupations sordides auxquelles il faut se refuser, elles avilissent l'ame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas laisser ignorer &#224; sa femme ce qu'il lui importe de savoir, pour votre bonheur &amp; pour le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout doit &#234;tre commun entre les &#233;poux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme veillera aux choses du dehors, la femme &#224; celles du dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas sans raison que la nature a attach&#233; plus fortement les meres aux enfans, que les peres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principes de la prudence politique de Socrate. Les vrais souverains, ce ne sont point ceux qui ont le sceptre en main, soit qu'ils le tiennent ou de la naissance, ou du hasard, ou de la violence, ou du consentement des peuples ; mais ceux qui savent commander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monarque est celui qui commande &#224; ceux qui se sont soumis librement &#224; son ob&#233;issance ; le tyran, celui qui contraint d'ob&#233;ir : l'un fait ex&#233;cuter la loi, l'autre, sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon citoyen contribuera autant qu'il est en lui, &#224; rendre la republique florissante pendant la paix, &amp; victorieuse pendant la guerre ; il invitera le peuple &#224; la concorde, s'il se souleve ; d&#233;put&#233; chez un ennemi, il tentera toutes les voies honn&#234;tes de conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi n'a point &#233;t&#233; faite pour les bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville la mieux gard&#233;e, est celle qui renferme le plus d'honn&#234;tes gens : la mieux polic&#233;e, celle o&#249; les magistrats agissent de concert : celle qu'il faut pr&#233;f&#233;rer &#224; toutes, o&#249; la vertu a des r&#233;compenses assur&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habitez celle o&#249; vous n'ob&#233;irez qu'aux lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce seroit ici le lieu de parler des accusations qu'on intenta contre lui, de son apologie, &amp; de sa mort ; mais ces choses sont &#233;crites en tant d'endroits. Qui est-ce qui ignore qu'il fut le martyr de l'unit&#233; de Dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Socrate, ses disciples se jetterent sur sa robe &amp; la d&#233;chirerent. Je veux dire qu'ils se livrerent &#224; diff&#233;rentes parties de la philosophie, &amp; qu'ils fonderent une multitude de sectes diverses, oppos&#233;es les unes aux autres, qu'il faut regarder comme autant de familles divis&#233;es, quoiqu'elles avouassent toutes la m&#234;me souche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns s'&#233;toient approch&#233;s de Socrate, pour se disposer par la connoissance de la v&#233;rit&#233;, l'&#233;tude des m&#339;urs, l'amour de la vertu, &#224; remplir dignement les premiers emplois de la r&#233;publique auxquels ils &#233;toient destin&#233;s : tel fut X&#233;nophon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, parmi lesquels on peut nommer Criton, lui avoient confi&#233; l'&#233;ducation de leurs enfans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en eut qui ne vinrent l'entendre que dans le dessein de se rendre meilleurs ; c'est ce qui arriva &#224; Diodore, &#224; Euthyd&#232;me, &#224; Euthere, &#224; Aristarque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critias &amp; Alcibiade lui furent attach&#233;s d'amiti&#233;. Il enseigna l'art oratoire &#224; Lysias. Il forma les po&#235;tes Ev&#233;nus &amp; Euripide. On croit m&#234;me qu'il concourut avec ce dernier dans la composition des trag&#233;dies qui portent son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son disciple Aristippe fonda la secte cyr&#233;na&#239;que, Ph&#233;don l'&#233;liaque, Euclide la m&#233;garique, Platon l'acad&#233;mique, Anthist&#232;ne la cynique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon, Eschine, Criton, Simon &amp; Ceb&#232;s, se contenterent de l'honneur de l'avoir eu pour ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon naquit dans la quatre vingt-deuxieme olympiade. Socrate l'ayant rencontr&#233; dans une rue, comme il passoit, mis son b&#226;ton en travers, l'arr&#234;ta, &amp; lui demanda o&#249; se vendoient les choses n&#233;cessaires &#224; la vie. La beaut&#233; de X&#233;nophon l'avoit frapp&#233;. Ce jeune homme fit &#224; sa question une r&#233;ponse s&#233;rieuse, selon son caractere. Socrate l'interrogeant une seconde fois, lui demanda s'il ne sauroit point o&#249; les hommes apprenoient &#224; devenir bons. X&#233;nophon d&#233;clarant son embarras par son silence &amp; son maintien, Socrate lui dit : suivez moi, &amp; vous le saurez. Ce fut ainsi que X&#233;nophon devint son disciple. Ce n'est pas ici le lieu d'&#233;crire l'histoire de X&#233;nophon. Nous avons de lui la cyrop&#233;die, une apologie de Socrate, quatre livres des dits &amp; des faits m&#233;morables de ce philosophe, un banquet, un livre de l'&#233;conomie, un dialogue sur la tyrannie, l'&#233;loge d'Ag&#233;silas &amp; la comparaison des r&#233;publiques d'Ath&#232;nes &amp; de Lac&#233;d&#233;mone, ouvrages &#233;crits avec une grande douceur de style, de la v&#233;rit&#233;, de la gravit&#233; &amp; de la simplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maniere dont Eschine s'offrit &#224; Socrate est d'une na&#239;vet&#233; charmante. Il &#233;toit pauvre : je n'ai rien, dit-il au philosophe dont il venoit prendre les le&#231;ons, qui soit digne de vous &#234;tre offert ; &amp; c'est-l&#224; ce qui me fait sentir ma pauvret&#233;. Je n'ai que moi : voyez si vous me voulez. Quels que soient les pr&#233;sens que les autres vous aient faits, ils ont retenu par-devers eux plus qu'ils ne vous ont donn&#233;. Quant au mien, vous ne l'aurez pas plut&#244;t accept&#233; qu'il ne me restera plus rien. Vous m'offrez beaucoup, lui r&#233;pondit Socrate, &#224; moins que vous ne vous estimiez peu. Mais venez, je vous accepte. Je t&#226;cherai que vous vous estimiez davantage, &amp; de vous rendre &#224; vous-m&#234;me meilleur que je ne vous aurai re&#231;u. Socrate n'eut point d'auditeur plus assidu ni de disciple plus z&#233;l&#233;. Son sort le conduisit &#224; la cour de Denis le tyran, qui en fit d'abord peu de cas. Son indigence fut une tache qui le suivit par-tout. Il &#233;crivit quelques dialogues &#224; la maniere de Socrate. Cet ouvrage arr&#234;ta les yeux sur lui. Platon &amp; Aristippe rougirent du m&#233;pris qu'ils avoient affect&#233; pour cet homme. Ils le recommanderent &#224; Denis, qui le traita mieux. Il revint dans Ath&#232;nes, o&#249; il trouva deux &#233;coles florissantes &#233;tablies. Platon enseignoit dans l'une, Aristippe dans l'autre. Il n'osa pas se montrer publiquement au milieu de ces deux philosophes. Il s'en tint &#224; donner des le&#231;ons particulieres. Lorsqu'il se fut assur&#233; du pain, par cette ressource, il se livra au barreau, o&#249; il eut du succ&#232;s. M&#233;nedeme lui reprochoit de s'&#234;tre appropri&#233; des dialogues que Socrate avoit &#233;crits, &amp; que Xantippe lui avoit confi&#233;s. Ce reproche fait beaucoup d'honneur &#224; Eschine. Il avoit bien singulierement saisi le caractere de son ma&#238;tre, puisque M&#233;nedeme &amp; Aristippe s'y trompoient. On remarque en effet, dans les dialogues qui nous restent d'Eschine, la simplicit&#233;, l'expression, les maximes, les comparaisons &amp; toute la morale de Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'ajouterons rien &#224; ce que nous avons dit de Criton, sinon qu'il ne quitta point Socrate pendant le tems de sa prison ; qu'il veilla &#224; ce que les choses n&#233;cessaires ne lui manquassent pas ; que Socrate offens&#233; de l'abus qu'on faisoit de la facilit&#233; de son caractere pour le tourmenter, lui conseilla de chercher quelque homme turbulent, m&#233;chant, violent, qui f&#238;t t&#234;te &#224; ses ennemis, &amp; que ce conseil lui r&#233;ussit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon &#233;toit un corroyeur dont Socrate fr&#233;quentoit quelquefois la maison. L&#224;, comme par-tout ailleurs, il parloit des vices, des vertus, du bon, du beau, du d&#233;cent, de l'honn&#234;te, &amp; le corroyeur l'&#233;coutoit ; &amp; le soir, lorsqu'il avoit quitt&#233; son ouvrage, il jettoit sur le papier les principales choses qu'il avoit entendues. Pericl&#232;s fit cas de cet homme, il chercha &#224; se l'attacher par les promesses les plus flatteuses : mais Simon lui r&#233;pondit qu'il ne vendoit point sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceb&#232;s &#233;crivit trois dialogues, dont il ne nous reste que le dernier, connu sous le nom du tableau. C'est un petit roman sur les go&#251;ts, les penchans, les pr&#233;jug&#233;s, les m&#339;urs des hommes, compos&#233; d'apr&#232;s une peinture qu'on voyoit dans le temple de Saturne. On y suppose les principes suivans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ames ont pr&#233;exist&#233; aux corps. Un sort heureux ou malheureux les attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont un d&#233;mon qui les inspire, dont la voix se fait entendre &#224; elles, &amp; qui les avertit de ce qu'elles ont &#224; faire &amp; &#224; &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles apportent avec elles un penchant inn&#233; &#224; l'imposture, &#224; l'erreur, &#224; l'ignorance &amp; au vice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce penchant n'a pas la m&#234;me force en toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il promet &#224; tous les hommes le bonheur ; mais il les trompe &amp; les perd. Il y a une condition vraie, &amp; une condition fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie, l'art oratoire, la musique, la dialectique, l'arithm&#233;tique, la g&#233;ometrie &amp; l'astrologie, sont de l'&#233;rudition fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connoissance des devoirs &amp; la pratique des vertus, sont la seule &#233;rudition vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l'&#233;rudition vraie que nous &#233;chappons dans ce monde &#224; la peine, &amp; que nous nous pr&#233;parons la f&#233;licit&#233; dans l'autre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette f&#233;licit&#233; n'arrivera qu'&#224; ceux qui auront bien v&#233;cu, ou qui auront expi&#233; leurs fautes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce s&#233;jour de d&#233;lices qu'ils contempleront la folie &amp; la misere des hommes. Mais ce spectacle ne troublera point leur jouissance. Ils ne peuvent plus souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;chans, au sortir de cette vie, trouveront le d&#233;sespoir. Ils en seront saisis, &amp; ils erreront ; jouets continuels des passions auxquelles ils se seront livr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est point la richesse, mais l'&#233;rudition vraie qui rend l'homme heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut ni se fier &#224; la fortune, ni trop estimer ses pr&#233;sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui croit savoir ce qu'il ignore, est dans une erreur qui l'emp&#234;che de s'instruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On met encore du nombre des disciples de Socrate, Timon le Misantrope. Cet homme crut qu'il fuyoit la soci&#233;t&#233; de ses semblables, parce qu'ils &#233;toient m&#233;chans ; il se trompoit, c'est que lui-m&#234;me n'&#233;toit pas bon. Je n'en veux pas d'autre preuve, que la joie cruelle que lui causerent les applaudissemens que les Ath&#233;niens prodiguoient &#224; Alcibiade ; &amp; la raison qu'il en donna, le pressentiment du mal que ce jeune homme leur feroit un jour. Je ne hais pas les hommes, disoit-il, mais les b&#234;tes f&#233;roces qui portent ce nom ; &amp; qu'&#233;tois-tu toi-m&#234;me, entre ces b&#234;tre f&#233;roces, sinon la plus intraitable ce toutes ? Quel jugement porter de celui qui se sauve d'une ville, o&#249; Socrate vivoit, &amp; o&#249; il y avoit une foule de gens de bien ; sinon qu'il &#233;toit plus frapp&#233; de la laideur du vice, que touch&#233; des charmes de la vertu ? Ce caractere est mauvais. Quel spectacle plus grand &amp; plus doux que celui d'un homme juste, grand, vertueux, au-dessus de toutes les terreurs &amp; de toutes les s&#233;ductions ! Les dieux s'inclinent du haut de leur demeure bienheureuse, pour le voir marcher sur la terre ; &amp; le triste &amp; m&#233;lancolique Timon d&#233;tourne ses regards farouches, lui tourne le dos, &amp; va, le c&#339;ur rempli d'orgueil, d'envie &amp; de fiel, s'enfoncer dans une for&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Leibniz et sa philosophie &#224; l'&#233;preuve de la physique quantique</title>
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		<dc:date>2025-03-08T23:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le syst&#232;me de Leibniz et la physique quantique &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant-propos &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord nous devons pr&#233;ciser notre motivation premi&#232;re, qui est celle d'atteindre une compr&#233;hension la plus compl&#232;te possible de la r&#233;alit&#233;. Il n'est donc pas juste de consid&#233;rer ni le syst&#232;me de Leibniz ni la physique quantique ni m&#234;me la simple addition des deux sujets comme l'objet premier de notre &#233;tude. Bien plus, ces sujets sont consid&#233;r&#233;s comme de simples moyens. Si Leibniz doit occuper une place centrale c'est &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le syst&#232;me de Leibniz et la physique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant-propos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord nous devons pr&#233;ciser notre motivation premi&#232;re, qui est celle d'atteindre une compr&#233;hension la plus compl&#232;te possible de la r&#233;alit&#233;. Il n'est donc pas juste de consid&#233;rer ni le syst&#232;me de Leibniz ni la physique quantique ni m&#234;me la simple addition des deux sujets comme l'objet premier de notre &#233;tude. Bien plus, ces sujets sont consid&#233;r&#233;s comme de simples moyens. Si Leibniz doit occuper une place centrale c'est &#224; cause de la perspicacit&#233; et de la clairvoyance que nous avons cru d&#233;celer dans son syst&#232;me. Mais il ne suffit pas qu'un syst&#232;me soit attrayant pour qu'il participe pr&#233;cis&#233;ment &#224; nos fins. En effet devons-nous &#233;tablir clairement comment le syst&#232;me de Leibniz peut nous aider dans notre progression vers une connaissance plus intime du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair &#224; premi&#232;re vue que Leibniz fut anim&#233;, dans son oeuvre, d'un objectif sensiblement similaire. Si son syst&#232;me poss&#232;de un pendant pratique et moral, il est subordonn&#233; &#224; la m&#233;taphysique comme l'action d&#233;rive de la connaissance. Contrairement &#224; Descartes qui vise bien plus &#224; &#233;tablir les limites et les modalit&#233;s de la connaissance humaine, ou &#224; Spinoza qui propose un syst&#232;me essentiellement dirig&#233; vers un principe pratique et une finalit&#233; humaine, Leibniz recherche quand &#224; lui &#224; rendre derni&#232;rement raison du monde et de Dieu. Nous pas que tout soit accessible &#224; l'humain, Leibniz ne fait que convenir au principe de raison suffisante, qui veut que de toute chose on puisse rendre raison, et au principe de continuit&#233; d'o&#249; r&#233;sulte qu'entre tous les &#234;tres il n'y a qu'une diff&#233;rence de degr&#233;s, bien qu'entre l'humain et Dieu la diff&#233;rence soit infinie. De m&#234;me c'est un &#233;l&#233;ment essentiel chez Leibniz que l'on ne puisse jamais acc&#233;der &#224; la raison derni&#232;re d'un particulier existant, notre entendement fini &#233;tant incapable de saisir la s&#233;rie infinie qui en rend raison, mais ce n'est pas ce qu'il recherche. Pour Leibniz tout est li&#233; par un ordre et c'est cet ordre, dont les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles sont dans un certain sens les composantes, qu'il recherche et qu'il juge accessible &#224; notre compr&#233;hension totale (connaissance ad&#233;quate). Aussi la th&#233;orie leibnizienne de la substance nous la d&#233;voilera comme un miroir de tout l'univers qui, de par son imperfection, ne peut en saisir distinctement toutes les parties mais n&#233;anmoins contient int&#233;rieurement les principes du monde et de sa cr&#233;ation, principes que la m&#233;taphysique est charg&#233;e d'&#233;tudier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien cet esprit de Leibniz, que toute perception est un point de vue non pas vrai ou faux mais plus ou moins distinct et que le distinct est organisation du confus, qu'on retrouve dans sa vie m&#234;me. Leibniz s'int&#233;ressera &#224; la science comme &#224; la th&#233;ologie, &#224; la philosophie comme au droit, aux math&#233;matiques comme &#224; l'histoire... Alors qu'une connaissance a priori est bien plus parfaite, il est n&#233;cessaire, de par notre imperfection, qu'une connaissance a posteriori lui soit suppl&#233;&#233;e afin de constituer une science quelconque. Si Leibniz recherchera bien une caract&#233;ristique universelle qui permette une analyse et une connaissance a priori dans les domaines aussi bien m&#233;taphysique que moral, ce n'est pas une table rase pour une philosophie nouvelle que Leibniz tente. Bien plus est-il un conciliateur parce que selon lui &#171; il convient de conjuguer les deux philosophies, et commencer la nouvelle o&#249; finit l'ancienne &#187; (Lettre &#224; Coring). Leibniz d&#233;fend donc Aristote face &#224; la r&#233;forme excessive des cart&#233;siens et le m&#233;canisme moderne contre l'aristot&#233;lisme conservateur. Il voit dans tous les courants philosophiques non pas des erreurs mais des visions qui ont un certain niveau de confusion mais qui peuvent concourir &#224; une vision plus distinct. Pour son &#233;clectisme et pour sa volont&#233; de ne rien rejeter mais de tout int&#233;grer, la d&#233;marche de Leibniz nous semble plus &#224; m&#234;me d'embrasser l'ensemble du monde et de Dieu, des possibles et des existants, du particulier et de l&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;universel, et par cons&#233;quent de participer davantage &#224; notre entreprise de compr&#233;hension de la structure du r&#233;el. C'est &#233;galement sur la liaison d'une connaissance spirituelle et intrins&#232;que du monde et d'une connaissance scientifique et extrins&#232;que, que Leibniz se montre un grand conciliateur. Il se trouve en effet &#224; une &#233;poque charni&#232;re, la philosophie nouvelle des cart&#233;siens et autres m&#233;canistes veut se substituer compl&#232;tement &#224; l'ancienne et &#224; l'obscurantisme dont sont tax&#233;s les formes ant&#233;rieures de compr&#233;hension du monde sensible. De la m&#234;me mani&#232;re que Descartes se refusait &#224; la th&#233;ologie car ce n'est pas l'affaire du scientifique, Newton &#233;lude certaines questions d'ordre m&#233;taphysique, ce qui ne l'emp&#234;che pas de construire un syst&#232;me efficace (plus efficace m&#234;me que celui de Leibniz) pour &#233;tablir les lois et pr&#233;dire les &#233;v&#232;nements du monde des ph&#233;nom&#232;nes. Une rupture s'op&#232;re entre science et m&#233;taphysique, ce qui fait craindre &#224; certains que cette nouvelle m&#233;canique nuise &#224; la pi&#233;t&#233;. En lame de fond on assiste au le glissement des sciences naturelles vers une science des ph&#233;nom&#232;nes et non des existences fondamentales. Et c'est tout cela que Leibniz veut sauver, il veut r&#233;concilier la science avec la pi&#233;t&#233; et la m&#233;taphysique tout en admettant l'efficacit&#233; d'une m&#233;canique pure. Celle-ci permet de saisir les lois de l'action des corps mais il faut la d&#233;passer pour rendre raison de ces lois elle-m&#234;me aussi bien que de cette m&#233;canique. Encore une fois ce n'est pas une opposition qui doit avoir lieu mais une synth&#232;se. Ainsi Leibniz tentera de comprendre et d'interpr&#233;ter m&#233;taphysiquement ses propres d&#233;couvertes physiques comme math&#233;matiques mais aussi s'attachera-t-il &#224; v&#233;rifier, &#224; l'aune de l'exp&#233;rience, ses conclusions m&#233;taphysiques et ses raisonnements a priori. C'est cette intimit&#233;, entre sciences empiriques et m&#233;taphysique, que tente de maintenir Leibniz et dont nous nous sommes consid&#233;rablement &#233;cart&#233;s. En effet, si les dix-septi&#232;me et dix-huiti&#232;me si&#232;cles furent des si&#232;cles de g&#233;nies, d'hommes vers&#233;s dans de nombreux et vari&#233;s domaines philosophiques et scientifiques, les vingti&#232;me et vingt-et-uni&#232;me si&#232;cles sont des si&#232;cles de sp&#233;cialistes, &#224; l'image d'une r&#233;partition &#233;conomique des t&#226;ches. De nos jours les philosophes/scientifiques ou les scientifiques/philosophes font figure d'exception. Et ce divorce entre ces deux mani&#232;res compl&#233;mentaires de comprendre le monde est &#224; notre avis un frein pour l'appr&#233;hension du r&#233;el. La physique quantique est la seule branche de la physique qui peut pr&#233;senter des aspects assez r&#233;volutionnaires et bouleversants pour nourrir un r&#233;el et nouveau d&#233;bat d'ordre philosophique car il s'agit d'un des seuls domaines de la science moderne qui pose de r&#233;elles questions ontologiques. Percer les secrets de la mati&#232;re est souvent le but qu'on lui assigne, quant ce n'est pas tout simplement d&#233;voiler l'essence des choses. Pourtant certains, dans une optique positiviste, r&#233;duisent son rayon d'action aux seules modalit&#233;s op&#233;ratoires pour tendre &#224; limiter son r&#244;le &#224; la pr&#233;vision des &#233;v&#232;nements microscopiques. Nous devrons donc analyser ces diff&#233;rents points de vue pour tenter de d&#233;gager dans quelle mesure la physique quantique peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une description de la r&#233;alit&#233;. Aussi il nous faudra analyser son objet afin de d&#233;terminer s'il s'agit de la simple mati&#232;re, de l'ensemble de la r&#233;alit&#233; ou peut-&#234;tre seulement des modalit&#233;s de nos processus cognitifs. La th&#233;orie de la Relativit&#233; peut &#233;galement susciter de tr&#232;s int&#233;ressantes r&#233;flexions ontologiques et &#233;pist&#233;mologiques mais elle n'a en commun avec la th&#233;orie quantique ni son objet ni ses sch&#232;mes conceptuels et ne n&#233;cessite donc pas d'&#234;tre trait&#233;e en m&#234;me temps. Ces deux aspects fort bouleversants de la physique moderne sont par ailleurs compl&#232;tement ind&#233;pendants l'un de l'autre, c'est-&#224;-dire qu'il est aussi bien possible de les traiter compl&#232;tement s&#233;par&#233;ment que associ&#233;s sans que cela ne pose le moindre probl&#232;me th&#233;orique ou exp&#233;rimental. De plus, les probl&#233;matiques que soul&#232;ve la Relativit&#233; sont bien davantage ma&#238;tris&#233;es et b&#233;n&#233;ficient d'un assez solide consensus quand &#224; leur interpr&#233;tation. Celle-ci sera tout de m&#234;me &#233;voqu&#233;e &#224; quelques endroits de notre &#233;tude, car elle participera au d&#233;bat, sans que son analyse compl&#232;te ne soit n&#233;cessaire. Pour le moment il nous est ais&#233; de d&#233;gager, par un rapide survol de la th&#233;orie quantique, que son efficacit&#233; pr&#233;visionnelle, associ&#233;e aux pol&#233;miques ontologiques et &#233;pist&#233;mologiques dont elle est l'objet, nous permet de supposer que son &#233;tude devrait grandement participer &#224; notre dessein. La rupture que l'on &#233;voque souvent entre la th&#233;orie quantique et la physique classique, de m&#234;me que les nombreux concepts philosophiques in&#233;dits auxquels elle est li&#233;e, peuvent nous laisser &#224; penser que la microphysique est en mesure de r&#233;concilier la science avec la qu&#234;te de la nature des existences fondamentales, et de restaurer la jonction entre science et m&#233;taphysique que tentait de sauvegarder Leibniz. Du moins il s'agit du dessein avouer de plusieurs des plus grands g&#233;nies de la physique moderne ayant particip&#233; &#224; l'&#233;laboration de la th&#233;orie quantique. A l'oppos&#233; on trouve de nombreux physiciens qui on pu voir dans cette nouvelle physique la preuve de l'in&#233;luctable &#233;chec de toute entreprise th&#233;orique visant &#224; d&#233;crire le r&#233;el ontologiquement. Ce dernier point de vue nous sera tout de m&#234;me d'une grande utilit&#233; car soit nous nous approprierons certains de ces arguments pour limiter notre perspective d'une compr&#233;hension exacte du r&#233;el soit nous devrons clairement expliquer comment ces arguments ne suffisent pas &#224; restreindre le champs de notre &#233;tude. Enfin, comme ultime raison qui nous am&#232;ne &#224; nous int&#233;resser &#224; la physique quantique, on peut rappeler comment Leibniz appuie en partie la validit&#233; de son syst&#232;me sur l'ad&#233;quation qu'il pr&#233;sente avec les donn&#233;es fournies par les sciences naturelles et, puisque la physique a consid&#233;rablement mut&#233;e depuis le dix-huiti&#232;me si&#232;cle, il nous semble n&#233;cessaire de soumettre son syst&#232;me au crible de ces nouvelles donn&#233;es. Mais avant tout il nous faut entreprendre d'un c&#244;t&#233; un expos&#233; du syst&#232;me de Leibniz et de l'autre celui de la probl&#233;matique quantique pour avoir en main tous les &#233;l&#233;ments permettant une telle confrontation. Ni l'un ni l'autre, ni m&#234;me leur synth&#232;se, en tant que simples points de vue, ne peuvent constituer, selon les principes que nous nous sommes fix&#233;s, une description globale et d&#233;finitive de la r&#233;alit&#233;, mais cette synth&#232;se que nous rechercherons dans un troisi&#232;me temps devrait constituer, par l&#224; m&#234;me, un meilleur point de vue et par cons&#233;quent nous rapprocher de notre objectif. 1. Expos&#233; du syst&#232;me leibnizien 1.1. Introduction Avant d'entreprendre ici un tel expos&#233;, nous devons mettre en garde le lecteur de ne pas se m&#233;prendre en pensant que cet expos&#233; est une fin en soi. L'objectif que nous nous sommes fix&#233; n'est ni l'exhaustivit&#233;, que nous jugeons inaccessible &#224; nos capacit&#233;s et &#224; la taille retenue pour notre &#233;tude, ni la fid&#233;lit&#233; chronologique, car ce n'est pas un travail historique que nous envisageons. Si un tel expos&#233; est ici propos&#233;, c'est qu'il est un moyen &#224; une fin que nous nous sommes propos&#233;e. Il nous permettra de mettre en question par la suite certains aspects de la pens&#233;e leibnizienne, d'envisager sa saisie ind&#233;pendamment de son contexte pour enfin avoir &#224; notre disposition les outils n&#233;cessaires &#224; une meilleure compr&#233;hension du r&#233;el. Ce n'est donc pas fortuit si certaines parties de la pens&#233;e de Leibniz pourront para&#238;tre plus d&#233;velopp&#233;es &#224; proportion de leur place dans l'oeuvre m&#234;me de l'auteur. Bien que ce soit un m&#233;rite du syst&#232;me leibnizien que tous ses th&#232;mes s'entre-r&#233;pondent comme les monades entre elles dans l'harmonie pr&#233;&#233;tablie, le d&#233;veloppement qu'en a fait Leibniz n'est pas exempt de consid&#233;rations pratiques (ce qui ne les emp&#234;che pas d'&#234;tre louables). Ainsi la place qu'il accordera au probl&#232;me de la connaissance, et notamment des id&#233;es inn&#233;es, dans les Nouveaux Essais tient au souci de s'opposer &#224; Locke pour le r&#233;concilier avec Descartes, le premier fondant son empirisme sur la critique de la th&#233;orie erron&#233;e des connaissances inn&#233;es du second. La Th&#233;odic&#233;e t&#233;moignera pour sa part de la volont&#233; de Leibniz de participer &#224; la r&#233;unification religieuse, sur fond de schisme et de monter de l'ath&#233;isme, et &#224; la conciliation de la providence et de la libert&#233; ainsi que de la raison et de la foi, terrains sur lesquels Bayle d&#233;clarait alors forfait. Donc, pr&#233;cis&#233;ment parce que notre entreprise n'est pas historique, nous ne respecteront pas exactement les proportions en vigueur entre les diff&#233;rentes parties de l'oeuvre de Leibniz. Par contre il sera de notre devoir de n'en omettre aucune et de maintenir leur interd&#233;pendance naturelle car c'est un des piliers d'un tel syst&#232;me que tout y soit li&#233; harmonieusement. Bien que de tailles plus r&#233;duites, les Discours de m&#233;taphysique, Syst&#232;me nouveau de la nature et de la communication des substances et Monadologie constitueront, dans cette optique, des sources beaucoup plus pr&#233;cieuses en tant qu'expos&#233;s globaux que Leibniz fit de son syst&#232;me. Nous ne respecterons pas non plus exactement la chronologie du d&#233;veloppement de l'oeuvre de Leibniz car, si ce dernier se fixa assez t&#244;t sur l'essentiel de sa doctrine, son exposition fut soumis aussi bien &#224; des contraintes historiques que, l&#224; encore, &#224; des imp&#233;ratifs pratiques. Mais le syst&#232;me proprement dit n'est pas lui-m&#234;me exempte de chronologie, et c'est celle-ci que nous allons tenter de suivre. Si cette chronologie n'est pas sans analogie avec celle de l'exposition historique de l'oeuvre, elle rend plus compte de la m&#233;thode que de la vie de Leibniz. A la mani&#232;re d'une monade, un syst&#232;me tend &#224; une plus grande perfection en tentant de rendre mieux compte des choses et, conform&#233;ment au principe de continuit&#233;, ce n'est pas par sauts que Leibniz construit un syst&#232;me de plus en plus pertinent mais par une progression r&#233;gl&#233;e. Chaque &#233;tape de la progression est comme un point de vue diff&#233;rent du m&#234;me univers, et toutes ces &#233;tapes, correctement organis&#233;es et mises en harmonie doivent concourir &#224; un point de vue plus distinct, &#224; une perception plus parfaite de l'univers. Cependant Leibniz ne part pas pour cela d'un seul point de vue, il dispose de deux points de d&#233;part principaux qui devront eux aussi se fondre dans une meilleure vision. Ainsi, c'est par deux cheminements compl&#233;mentaires que le philosophe doit acc&#233;der &#224; l'essence des choses, les donn&#233;es a posteriori devant s'accorder avec les d&#233;ductions a priori. Le premier cheminement peut-&#234;tre dit extrins&#232;que et correspond &#224; la vision physique que Leibniz a lorsqu'il regarde le monde d'un oeil ext&#233;rieur et qu'il endosse ses attributs de scientifique empirique. Le second est une vision intrins&#232;que, plus profonde, o&#249; Leibniz part de l'&#226;me, des notions essentielles et des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles pour en d&#233;duire, en m&#233;taphysicien rigoureux, tout ce qu'il en est possible. Ces deux cheminements constitueront donc les deux premi&#232;res parties de notre exposition, car il nous faut, pour rendre justice au syst&#232;me, montrer les diff&#233;rentes mani&#232;res de le prouver. Mais leur ordre d'exposition ne devra pas laisser penser &#224; un quelconque ordre chronologique correspondant &#224; l'histoire de la pens&#233;e leibnizienne, il s'agit d'un ordre formel qui n'est en vigueur que pour la clart&#233; de notre expos&#233; car Leibniz empruntera de mani&#232;re combin&#233;e et altern&#233;e ces deux voies dans sa progression. Comme nous venons de le dire, ces deux optiques, pour que le syst&#232;me conserve sa coh&#233;rence, doivent cependant se dissoudre dans une exposition finale du syst&#232;me qui doit, seule, exprimer l'univers avec un maximum de perfection, bien que, de la m&#234;me mani&#232;re qu'on rend compte d'une perception par la perception ant&#233;rieure, les deux cheminements soient n&#233;cessaires pour rendre raison du syst&#232;me dans son entier. Cette vision plus globale sera l'objet de notre troisi&#232;me et derni&#232;re partie et se r&#233;v&#233;lera la plus n&#233;cessaire et la plus fructueuse pour la suite de notre &#233;tude. 1.2. Cheminement extrins&#232;que C'est parce que l'esprit a coutume de comprendre le r&#233;el en commen&#231;ant par une saisie de l'ext&#233;rieur pour ensuite tenter une approche plus profonde que nous commen&#231;ons notre exposition par le cheminement extrins&#232;que de Leibniz. Mais, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, il ne s'agit pas de l'ordre chronologiquement suivi par l'auteur&#160;; c'est pourquoi ce cheminement, s'il a une logique interne qui tient a induire des v&#233;rit&#233;s de fait &#224; partir de raisonnement a posteriori, ne sera pas exempt de recours &#224; la m&#233;taphysique et aux v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires. Car il est essentiel, pour Leibniz du moins, afin d'acc&#233;der &#224; une connaissance rigoureuse et empirique, de poser des principes qui devront quand &#224; eux avoir une source a priori. De plus le cheminement qui nous occupe ici se d&#233;finit bien davantage par son point de d&#233;part, une vision ext&#233;rieure du monde o&#249; le sujet est abstrait dans une consid&#233;ration qui tend &#224; l'objectivit&#233;, que par une m&#233;thode sp&#233;cifique. Ce cheminement extrins&#232;que commencera par l'exposition de la critique leibnizienne des physiques concurrentes qui sont en vogue au dix-septi&#232;me si&#232;cle, exposition qui demandera un rapide rappel de ces m&#234;mes th&#233;ories physiques. S'ensuivra l'&#233;tude de la physique proprement leibnizienne qui d&#233;crira aussi bien les points sur les quelles Leibniz est m&#233;caniste, les points de m&#233;canique o&#249; il apporte quelques corrections et enfin les points o&#249; il s'inscrit davantage en faux contre le m&#233;canisme. Enfin nous analyserons le cas particulier du statut de l'&#226;me en physique, probl&#232;me qui sera mis en relation avec celui de la vie en g&#233;n&#233;ral&#160;; sur ces questions nous pourrons alors voir l'originalit&#233; de Leibniz aussi bien que la sup&#233;riorit&#233; de ses solutions. 1.2.1. Critique de la m&#233;canique cart&#233;sienne et de l'atomisme R&#233;volution m&#233;caniste Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; partisan de la scolastique d&#233;s sa jeunesse apr&#232;s une pr&#233;coce lecture des Anciens, Leibniz adh&#232;re rapidement au courant m&#233;caniste qui a tant de succ&#232;s au dix-septi&#232;me si&#232;cle et dont Descartes deviendra rapidement la figure embl&#233;matique. Il s'en explique&#160;ainsi dans le Syst&#232;me nouveau de la nature : &#171;&#160;j'avais p&#233;n&#233;tr&#233; bien avant dans le pays des scolastiques, lorsque les Math&#233;matiques et les Auteurs modernes m'en firent sortir encore bien jeune&#160;&#187;. C'est une nouvelle mani&#232;re d'&#233;tudier la nature, une nouvelle physique qui se forme avec notamment Galil&#233;e, un des premiers partisans d'un mod&#232;le math&#233;matique concernant la pr&#233;diction des ph&#233;nom&#232;nes, et Bacon, qui pr&#244;nera une m&#233;thode essentiellement exp&#233;rimentale et inductive doubl&#233;e d'un certain m&#233;canisme. Et ce sont bien les scolastiques et Aristote qui souffrent le plus de critiques au cours de cette r&#233;volution, r&#233;volution qui conduira &#224; terme &#224; bannir les formes et les facult&#233;s qu'utilisaient les scolastiques pour expliquer les ph&#233;nom&#232;nes. Qualit&#233;s occultes, notions inintelligibles s'il en est, qui expliquent tout acte par sa puissance correspondante, et Descartes fera voir leur st&#233;rilit&#233; pour toute science v&#233;ritable. Le syst&#232;me de Descartes fait tous les corps durs et ne suppose qu'une mati&#232;re, la masse &#233;tendue&#160;; de m&#234;me le vide y est impossible et donc l'&#233;tendue est partout. On assiste alors &#224; une g&#233;n&#233;ralisation de la m&#233;thode math&#233;matique qui suppose une raison quantitative derri&#232;re tout ph&#233;nom&#232;ne qualitatif. Pour Descartes tout ph&#233;nom&#232;ne est en r&#233;alit&#233; un mouvement d'une partie d'&#233;tendue, toute modification apparemment qualitative d'un corps correspond en r&#233;alit&#233; &#224; un mouvement de parties invisibles &#224; l'oeil nu. Le corps, alors, peut &#234;tre d&#233;nu&#233; de toute facult&#233; et r&#233;duit &#224; une portion d'&#233;tendue d&#233;limit&#233;e par une figure. Il est &#233;tabli alors, comme principe de l'action des corps, pour refuser ainsi toute forme de cr&#233;ation aux objets du monde cr&#233;&#233;, la loi de la conservation du mouvement dans le monde. Les sept lois des chocs, que Descartes forme pour pr&#233;ciser cette loi, n'ont rien d'empirique et consistent dans des d&#233;ductions a priori &#224; partir de ces principes. Et Descartes proposera des explications, pour tous les ph&#233;nom&#232;nes observables, par ces principes, c'est-&#224;-dire par des mouvements de corpuscules plus petits et par leur figure particuli&#232;re. D'o&#249; le terme de m&#233;canique, toute la cr&#233;ation divine est pens&#233;e par Descartes &#224; l'image des m&#233;canismes simples qu'est capable de concevoir la main humaine, bien que la diff&#233;rence soit radicale entre ces deux types de m&#233;canismes car l'essentiel des artifices divins est hors de l'&#233;chelle humaine et donc hors de notre compr&#233;hension. Cette vision m&#233;caniste de la nature conduit Descartes &#224; &#233;jecter compl&#232;tement les causes finales de la physique en posant l'indiff&#233;rence totale de la mati&#232;re &#224; l'&#233;gard de toutes ses formes potentielles. Cela correspond &#224; la vision cart&#233;sienne d'un Dieu arbitraire, dont la volont&#233; ne se soumet &#224; aucune r&#232;gle et &#233;tabli les lois de la nature, comme le bien, selon une libert&#233; d'indiff&#233;rence. Si la doctrine cart&#233;sienne rencontre un courroux institutionnel en France et se voit m&#234;me parfois tax&#233;e de propice &#224; l'impi&#233;t&#233;, Descartes conna&#238;tra une forte popularit&#233; apr&#232;s sa mort dans le monde scientifique et philosophique europ&#233;en. Cependant, alors que Descartes proposait des principes qui devaient permettre une science des exp&#233;riences saine et math&#233;matique, les cart&#233;siens, pour l'essentiel, se contentent de travailler sa r&#233;flexion sur les principes, &#224; l'image du ma&#238;tre mais &#224; l'oppos&#233;, presque, de la post&#233;rit&#233; qu'il escomptait. Il faut dire que, &#233;tant donn&#233;s la masse de critiques que son syst&#232;me doit subir, de la part des p&#233;ripat&#233;ticiens comme des th&#233;ologiens divers, Descartes a alors besoin de ses nombreux disciples pour d&#233;fendre ses principes. La conclusion essentielle que les cart&#233;siens, et surtout Malebranche, tirent de l'oeuvre de leur ma&#238;tre, conclusion que l'on pouvait d&#233;j&#224; voir comme implicite dans les principes de Descartes, c'est le c&#233;l&#232;bre principe des causes occasionnelles. Ce dernier veut que la seule v&#233;ritable cause efficiente dans le monde soit Dieu car, comme l'&#233;tendue, dans laquelle le cart&#233;sianisme met l'essence du corps, ne comprend pas la force motrice, c'est Dieu qui doit perp&#233;tuellement assurer cette transmission du mouvement. Certes Descartes attribuait d&#233;j&#224; &#224; la puissance de Dieu la subsistance du monde et l'immuabilit&#233; de ses lois, mais les cart&#233;siens prennent alors pleinement conscience que l'association du mouvement &#224; l'&#233;tendue n'a rien d'intelligible. Admettre une transmission inintelligible du mouvement d'un corps &#224; un autre signifierait revenir aux qualit&#233;s occultes que le cart&#233;sianisme est cens&#233; avoir bannies. Lorsqu'un corps est dit agir sur un autre, c'est effectivement Dieu qui est la cause r&#233;el de ce mouvement alors le corps agissant est seulement dit cause occasionnelle du mouvement. Non seulement cette th&#233;orie des causes occasionnelles sera &#233;galement utilis&#233;e pour expliquer les changements dans l'&#226;me mais elle s'av&#232;rera encore plus n&#233;cessaire pour expliquer l'union de l'&#226;me et du corps, th&#232;me sur lequel Descartes s'&#233;tait expos&#233; &#224; de grandes difficult&#233;s. Ainsi est-ce Dieu qui produit les mouvements du corps aux occasions des volont&#233;s de l'&#226;me et les affections de celle-ci aux occasions des mouvements du corps. La principale cons&#233;quence d'une telle doctrine, et cons&#233;quence indirecte donc du syst&#232;me cart&#233;sien, c'est un d&#233;terminisme total dans la nature, bas&#233; sur la toute puissance de Dieu et qui nie la libert&#233; que Descartes avait vainement tenter de sauvegarder dans son syst&#232;me. Limites du m&#233;canisme Leibniz adh&#232;re donc dans une certaine mesure &#224; la r&#233;forme m&#233;caniste, accordant que les ph&#233;nom&#232;nes particuliers peuvent &#234;tre efficacement expliqu&#233;s et pr&#233;vus par les consid&#233;rations de l'&#233;tendue, du plein, de la figure et des seules causes efficientes. De m&#234;me s'accordera-t-il au rejet cart&#233;sien des qualit&#233;s occultes scolastiques qui n'expliquent rien. Mais, &#224; terme, rares seront les &#233;l&#233;ments du m&#233;canisme qui ne subiront la critique leibnizienne. Malgr&#233; le fait que son attention puisse &#234;tre pass&#233;e des scolastiques aux modernes, tant les seconds ont bien su montrer les erreurs des premiers, Leibniz reste aristot&#233;licien de coeur et c'est pourquoi il ne supporte gu&#232;re les proc&#232;s injustes que fait la nouvelle philosophie au p&#233;ripat&#233;tisme. Sur certains points, sur les lois du mouvement par exemple, la critique leibnizienne prend la forme de corrections restant dans une optique m&#233;caniste mais m&#234;me dans ces cas l&#224;, Leibniz saura en tirer des conclusions m&#233;taphysiques sur les limites du m&#233;canisme. En d'autres occasions Leibniz d&#233;fend Aristote en le distinguant nettement des erreurs qu'en ont tir&#233;es les scolastiques, erreurs sur lesquelles s'inscrivent en faux les auteurs modernes. Ainsi Leibniz peut-il op&#233;rer certains rapprochements entre anciens et modernes qui relativisent nettement l'ampleur de la r&#233;forme m&#233;caniste, par exemple Leibniz rappellera l'importance de la m&#233;thode math&#233;matique chez Aristote et la conception g&#233;om&#233;trique qu'il donne &#224; la forme. Mais c'est dans une grande part en m&#233;caniste que Leibniz formule ses critiques les plus d&#233;cisives. Ainsi Leibniz, par la seule mise en relation des lois du mouvement de Galil&#233;e et de Descartes, montre comment la loi de conservation du mouvement que le second &#233;nonce est erron&#233;e. Alors que Descartes pensait que devait se conserver le produit de la masse par la vitesse (mv), c'est-&#224;-dire la quantit&#233; de mouvement, Leibniz pense prouver que c'est le produit de la masse par le carr&#233; de la vitesse (mv&#178;), ou quantit&#233; de force, qui se conserve. Si la loi de Leibniz est fausse, la distinction qu'il op&#232;re entre mouvement et force est fond&#233;e et cela ne remet donc pas en cause les cons&#233;quences m&#233;taphysiques qu'il tirera, non pas de cette loi, mais de cette distinction. Et cette force, distincte du seul mouvement g&#233;om&#233;trique, ne peut, selon Leibniz, consister dans la seule &#233;tendue et il en profite donc pour &#233;voquer la n&#233;cessit&#233; d'un principe substantiel pour expliquer la mati&#232;re et son changement. Autre notion m&#233;canique qui sera d'une importante port&#233;e philosophique, la loi de conservation de la direction ; dans le syst&#232;me cart&#233;sien, avec la loi de conservation du mouvement et les sept lois des chocs, la direction est indiff&#233;rente et Descartes s'en servira alors pour expliquer l'action des &#226;mes dans le monde des corps car il est impossible qu'elle cr&#233;e du mouvement. Leibniz montre donc qu'elles ne peuvent pas non plus changer la direction du mouvement car celle-ci ob&#233;it &#233;galement &#224; une loi de conservation inviolable. Non seulement la m&#233;canique cart&#233;sienne est erron&#233;e et incompl&#232;te, mais ces erreurs ont des cons&#233;quences m&#233;taphysiques qui justifient les r&#233;flexions leibniziennes sur les substances et sur leur communication. De m&#234;me, Leibniz retournera un argument, commun chez les cart&#233;siens pour prouver que l'essence du corps est dans la seule &#233;tendue, celui de l'inertie naturelle des corps. En effet, dans la m&#233;canique cart&#233;sienne, le corps est indiff&#233;rent au repos ou au mouvement, un corps peut-&#234;tre dit en mouvement en comparaison d'un autre au repos ou vice-versa mais ni le repos ni le mouvement n'est consid&#233;r&#233; comme absolu. A premi&#232;re vue donc l'inertie confirme la th&#232;se cart&#233;sienne car elle signifie que sans perturbation extrins&#232;que un corps au repos reste au repos et un corps en mouvement reste en mouvement. Mais Leibniz fait remarquer, dans une lettre publi&#233;e en 1691, que le principe d'inertie joue contre les cart&#233;siens quand &#224; la question du passage du repos au mouvement ou du mouvement au repos. En effet, l'exp&#233;rience nous montre qu'un corps est plus difficile &#224; mettre en mouvement &#224; mesure de sa grandeur, qu'un corps qui en rencontre un autre plus petit, contrairement aux lois des chocs de Descartes, ne l'emportera avec lui qu'en perdant de sa vitesse. Si le corps ne consistait qu'en sa figure g&#233;om&#233;trique et que le changement n'&#233;tait qu'une translation g&#233;om&#233;trique, l'&#233;tendue, aussi grande soit-elle, ob&#233;irait &#224; ce changement dans une compl&#232;te indiff&#233;rence. Mais l'inertie nous montre bien que le corps r&#233;siste au mouvement, &#224; mesure de sa grandeur. Leibniz fait alors remarquer que l'&#233;tendue g&#233;om&#233;trique ne poss&#232;de rien qui puisse correspondre &#224; une r&#233;sistance naturelle, cela lui permet d'exprimer encore, par une nouvelle voie, la n&#233;cessit&#233; d'introduire quelque chose de substantiel dans l'&#233;tendue. Aussi, en reprenant la rigueur logique dont faisaient preuve les Anciens et qu'il cultive lui-m&#234;me, Leibniz fait usage d'un certain art d&#233;monstratif pour montrer l'incompl&#233;tude de la th&#233;orie m&#233;caniste. L'&#233;tendue en effet, ne peut constituer l'essence premi&#232;re du corps car &#233;tendue signifie r&#233;p&#233;tition de quelque chose et, pour que l'on puisse construire un raisonnement coh&#233;rent, ce quelque chose doit &#234;tre autre chose que l'&#233;tendue elle-m&#234;me. &#171;&#160;La multitude ne pouvant avoir sa r&#233;alit&#233; que des unit&#233;s v&#233;ritables qui viennent d'ailleurs et sont autre chose que les points math&#233;matiques qui ne sont que des extr&#233;mit&#233;s de l'&#233;tendue et des modifications dont il est constant, que le continuum ne saurait &#234;tre compos&#233;&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature). Pour ce qui est de la seule m&#233;canique appliqu&#233;e aux ph&#233;nom&#232;nes particuliers, Leibniz montrera une autre r&#233;ticence sur une question m&#233;thodologique cette fois. Ainsi il soutiendra que l'usage des causes finales n'est non seulement pas &#224; bannir de la physique mais qu'elle y a une certaine utilit&#233;. Il critiquera notamment Descartes, qui a donn&#233; une formulation des lois de la r&#233;fraction en optique selon les causes efficiente bien que, selon Leibniz, non seulement il ne les a pas d&#233;couverte lui-m&#234;me -c'est Snellius qui a d&#233;couvert ces lois par la consid&#233;ration des finales- mais ne les aurait s&#251;rement jamais d&#233;couvertes par l'usage des seules causes efficientes. Car &#171;&#160;l'effet doit &#234;tre expliqu&#233; par la connaissance de la cause, laquelle &#233;tant intelligente, on doit joindre la consid&#233;ration des fins qu'elle a eue aux instruments dont elle s'est servie&#160;&#187; (De la philosophie cart&#233;sienne). Leibniz se fait l&#224; platonicien et il traduit &#224; l'occasion du Discours de m&#233;taphysique un passage du Ph&#233;don de Platon o&#249; Socrate critique ceux qui, apr&#232;s avoir admis un &#171;&#160;&#234;tre intelligent&#160;(...) cause de toutes choses&#160;&#187;, ne se servent que de la consid&#233;ration de la mati&#232;re brut pour expliquer les ph&#233;nom&#232;nes. Toutes ces critiques ne sont pas pour autant gratuites, elles sont toute enti&#232;rement destin&#233;es &#224; montrer comment les principes de la m&#233;canique supposent quelque chose de m&#233;taphysique et, bien plus, que la m&#233;taphysique et des &#233;l&#233;ments substantiels sont m&#234;me n&#233;cessaires pour rendre raison de ces principes. Aussi, par la simple loi m&#233;canique de conservation de la direction, Leibniz rouvre le probl&#232;me m&#233;taphysique de la libert&#233; et du d&#233;terminisme, probl&#232;me que Descartes avait bien maladroitement clos. Critique de l'id&#233;e de vide et de celle des atomes de mati&#232;re A c&#244;t&#233; de ce courant m&#233;caniste g&#233;om&#233;trique qui finira par s'incarner, pour Leibniz du moins, en Descartes, on trouve la vogue atomiste qui, si elle est aussi emprunte d'un certain m&#233;canisme, offre une vision radicalement diff&#233;rente de la nature du monde mat&#233;riel. Leibniz montrera quelque sympathie pour l'atomisme &#171;&#160;car c'est ce qui remplit le mieux l'imagination&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature) mais il l'abandonnera rapidement. Le dix-septi&#232;me si&#232;cle verra plusieurs atomismes, de diff&#233;rentes sources antiques, se d&#233;velopper pour proposer des th&#233;ories physiques d&#233;passant l&#224; encore les mod&#232;les scolastiques aristot&#233;liciens&#160;; en effet, nombre d'atomistes s'inscriront en faux contre Aristote. C'est Gassendi qui construira l'atomisme qui conna&#238;tra la meilleure prosp&#233;rit&#233;, il parvient &#224; offrir une certaine concurrence &#224; Descartes, &#233;tant quasiment le seul &#224; proposer un atomisme qui ait une explication m&#233;caniste du mouvement des atomes. Certes, cette th&#233;orie est en tout point oppos&#233;e &#224; la m&#233;canique cart&#233;sienne, elle suppose une vitesse -non nulle, constante et individuelle &#224; chaque atome- imprim&#233;e par Dieu &#224; la cr&#233;ation, ce qui change lors de la rencontre de deux atomes &#233;tant leur direction. Cependant, Gassendi et Descartes, d&#233;fendant des visions de l'&#226;me pourtant diff&#233;rentes, le premier &#233;tant sensualiste et le second inn&#233;iste, construiront une spiritualit&#233; d&#233;veloppant la m&#234;me faiblesse, une spiritualit&#233; superpos&#233;e, apr&#232;s coup presque, &#224; une th&#233;orie de la mati&#232;re. La critique leibnizienne porte sur deux points essentiels de l'atomisme&#160;: l'atome lui-m&#234;me et le vide dans lequel les atomes sont cens&#233;s &#233;voluer. L'atome de mati&#232;re indivisible est inconcevable selon Leibniz car, &#233;tant tout de m&#234;me corpusculaire, il doit bien &#234;tre &#233;tendu et par cons&#233;quent divisible en parties, ne serait-ce que g&#233;om&#233;triquement. &#171;&#160;Les Atomes de mati&#232;re sont contraires &#224; la raison&#160;: outre qu'ils sont encore compos&#233;s de parties, puisque l'attachement invincible d'une partie &#224; l'autre (...) ne d&#233;truirait point leur diversit&#233;&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature). Il utilise ici le m&#234;me argument logique que pr&#233;c&#233;demment sur la nature de l'&#233;tendue&#160;: ce n'est que r&#233;p&#233;tition de quelque chose et donc l'atome corpusculaire doit lui aussi &#234;tre compos&#233; d'entit&#233;s plus petites&#160;; il ne peut alors pas pr&#233;tendre au statut de substance ou d'&#233;l&#233;ment dernier des choses. De m&#234;me le vide n'est admissible que dans une physique des corps durs alors que Leibniz croit davantage dans les corps fluides. En effet il imagine que les corps durs que l'on peut observer &#233;voluent dans un fluide plus subtil, mais que ce fluide est compos&#233; d'autres corps durs &#233;voluant eux aussi dans un fluide encore plus subtil et ainsi de suite &#224; l'infini&#160;; on peut donc observer des corps durs mais la fluidit&#233; est originale. On est confront&#233; &#224; un probl&#232;me qui n'est pas sans analogie avec celui de la quadrature en g&#233;om&#233;trie et de la m&#233;thode d'exhaustion d'Archim&#232;de o&#249;, pour supprimer le vide entre deux figures, il faut r&#233;p&#233;ter infiniment la m&#234;me op&#233;ration de quadrature. C'est donc par la division actuelle &#224; l'infini de l'&#233;tendue que le vide peut &#234;tre dit impossible, et ce n'est pas un hasard, bien qu'il n'en ait fait gu&#232;re usage dans sa physique, si Leibniz invente le calcul infinit&#233;simal qui doit permettre le calcul int&#233;gral &#233;quivalent &#224; la quadrature d'un courbe. Contre le vide, Leibniz emprunte &#233;galement une objection &#224; Descartes tir&#233;e de la perfection divine et qu'il lie &#224; son principe de raison suffisante. Il faut n&#233;cessairement une raison pour qu'il ne soit rien plut&#244;t que quelque chose et cela rentre en conflit avec l'aspect infini et illimit&#233; de Dieu car il n'y a aucune borne &#224; sa puissance et &#224; sa g&#233;n&#233;rosit&#233; qui l'emp&#234;che de mettre de l'&#234;tre partout. &#171;&#160;De plus il rompt le commerce des corps, ainsi que ce conflit mutuel de tous avec tous&#160;&#187; (Echantillon de d&#233;couvertes sur les secrets admirables de la nature). Par cette derni&#232;re critique du vide, Leibniz fait remarquer qu'accessoirement ce dernier emp&#234;cherai que &#171;&#160;toute portion de la mati&#232;re [soit] agit&#233;e des mouvements de l'univers entier&#160;&#187;, notion impliqu&#233;e par la conservation de la force. S'il n'y a rien entre deux corpuscules, il n'y a pas non plus de relation quelconque. Ainsi, dans sa qu&#234;te d'unit&#233;s v&#233;ritables et des principes premiers des choses, Leibniz en viendra &#224; nier aussi bien &#224; la seule &#233;tendue qu'&#224; des atomes corpusculaires le statut de substance. C'est que tout r&#233;duire &#224; la g&#233;om&#233;trie fait reposer les corps sur des points math&#233;matiques exacts mais inexistants, tandis que les atomes corpusculaires, s'ils ont plus de r&#233;alit&#233;s, sont inexacts pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils sont encore &#233;tendus. 1.2.2. Physique et dynamique leibnizienne Relativit&#233; du temps et de l'espace, du mouvement et de l'&#233;tendue C'est par la combinaison du principe des indiscernables et de celui de raison suffisante que Leibniz conclut &#224; l'irr&#233;alit&#233; fondamentale du temps et de l'espace. En effet, une portion d'espace ou de temps, ind&#233;pendamment des ph&#233;nom&#232;nes dont elle est le cadre, ne peut en aucun cas se distinguer d'une autre qualitativement. Il est alors impossible d'expliquer pourquoi Dieu a plac&#233; une substance en tel lieu et non en tel autre, ou pourquoi il a mis le monde dans un sens ou dans un autre. Pour &#233;viter de tomber dans de telles difficult&#233;s, il faut refuser &#224; l'espace et au temps toute substantialit&#233; pour n'en faire qu'un certain ordre des substances qui tient &#224; leur organisation et &#224; leur communaut&#233;. L'espace devient l'ordre des coexistences possibles et le temps l'ordre des possibilit&#233;s inconstantes. En posant l'inexistence, en soi, de l'espace, Leibniz redouble par la m&#234;me occasion son argument de l'impossibilit&#233; du vide. S'il n'y a que des substances et leur ordre, le vide ne peut y avoir de place. Cette non substantialit&#233; de l'espace pr&#233;figure &#233;galement cette r&#233;alit&#233; immat&#233;rielle, infinit&#233;simale, plus fondamentale, qui n'ob&#233;it pas aux lois de la m&#233;canique et qui ne peut se soumettre &#224; une description g&#233;om&#233;trique. L'espace n'est qu'en tant que plusieurs substances coexistent car une substance seule est in&#233;tendue et il faut d'ailleurs une infinit&#233; de substances pour faire la moindre portion d'espace. On voit comment Leibniz identifie subtilement espace et &#233;tendue pour en d&#233;duire l'impossibilit&#233; du vide et la non substantialit&#233; de l'&#233;tendue. En effet si l'essence du corps r&#233;sidait dans la seule &#233;tendue et que celle-ci ne poss&#233;dait que des propri&#233;t&#233;s g&#233;om&#233;triques, comme la g&#233;om&#233;trie ne nous donne aucune r&#232;gle pour distinguer le plein du vide, dans l'espace con&#231;u comme une substance une portion de celui-ci pourrait &#234;tre indiff&#233;remment une portion de plein et une portion de vide. Car sans la consid&#233;ration du mouvement, un corps au repos est identifiable &#224; un espace vide car il poss&#232;de exactement les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s g&#233;om&#233;triques. Le plein au repos doit alors &#234;tre pr&#233;suppos&#233; et un espace sans corps devient donc parfaitement inconcevable. Pour sa part Leibniz identifie espace et &#233;tendue mais ne fait ni de l'un ni de l'autre une substance mais suppose des substances comme composantes de cette &#233;tendue&#160;; et ces substances, parce qu'elles sont quelque chose de plus que ce que nous donne la g&#233;om&#233;trie, permettent une efficace distinction entre le vide et le plein. La preuve qu'avance Leibniz pour affirmer la relativit&#233; de l'espace devient exactement la m&#234;me que celle qu'il avance concernant l'&#233;tendue, il est impossible de faire reposer l'un sur l'autre et la conception leibnizienne de la substance trouve ici une de ses plus fortes justifications. On ne peut fonder rien de r&#233;el sur des choses &#233;tendues et divisibles, seuls des points de substance peuvent constituer les &#233;l&#233;ments derniers des choses et du plein. Le non-substantialit&#233; du temps entre pour sa part dans un intime commerce avec le probl&#232;me du mouvement. Leibniz ressuscite ici implicitement le vieux paradoxe de Z&#233;non&#160;: s'il n'y a que des corps &#233;tendus, leur situation spatiale et leur changement dans le temps, puisque seul l'instant peut-&#234;tre dit r&#233;el, le mouvement n'existe pas. &#171;&#160;Le mouvement est une chose successive, laquelle par cons&#233;quent n'existe jamais, non plus que le temps, parce que toutes ses parties n'existent jamais ensemble&#160;&#187; (Lettre &#224; Pellisson). La conception cart&#233;sienne du mouvement local a en effet pr&#234;t&#233; bien maladroitement son flanc &#224; une critique de ce genre car puisque Descartes fait reposer toute forme d'action dans le monde mat&#233;riel sur sa loi de conservation du mouvement tout son syst&#232;me m&#233;canique est mis en danger par ce paradoxe sur l'inexistence du mouvement. La faille du mouvement cart&#233;sien est simple&#160;: si le monde des corps ne conna&#238;t que &#233;tendue et figure et que le mouvement n'est un changement de lieu, ce changement ne peut plus reposer que sur la multiplication des instants&#160;; &#224; chaque instant pris ind&#233;pendamment il n'y a donc pas vraiment de mouvement. Mais Descartes con&#231;oit une vision arithm&#233;tique du mouvement, qui se conserve un pour un. Leibniz, par la distinction du mouvement d'avec la force et par la seule conservation de celle-ci, construit une conception dynamique du changement et de l'action m&#233;canique. Il met dans le corps des conatus, une tendance au mouvement pour chaque point (minimum d'espace et minimum de temps), qui est pr&#233;sente &#224; chaque instant et qui est quelque chose de l'instant&#160;; le conatus est au mouvement ce que le point est &#224; la courbe. En rajoutant dans le corps cet &#233;l&#233;ment aux seules donn&#233;es de l'espace et de la figure, Leibniz sauvegarde le mouvement tout en rendant compte de mani&#232;re intelligible de la conservation non pas du mouvement mais de la force. Mais ce conatus ne peut pas &#234;tre rigoureusement attribu&#233; &#224; un corpuscule car, en tant qu'&#233;tendu, ce dernier est relatif, cette notion implique elle aussi, mais par une voie encore nouvelle, quelque chose de plus fondamental et de non &#233;tendu pour rendre raison de l'&#233;tendue. Leibniz, en &#233;tablissant ainsi la non substantialit&#233; de l'espace et du temps, porte un coup d&#233;cisif &#224; la vision cart&#233;sienne du m&#233;canisme et de la substance. Si cette vision garde une certaine efficacit&#233; en termes pratiques, elle n'est pas soutenable comme ontologie car elle ne supporte pas une analyse rigoureuse. Et cette r&#233;flexion leibnizienne sur le cadre spatio-temporel est &#233;galement d'une importance capitale pour l'ensemble du syst&#232;me car ce qui se joue ici c'est l'impossibilit&#233; de faire reposer la substance sur des principes mat&#233;riels, que ce soit l'&#233;tendue substance de Descartes ou des atomes de mati&#232;re. On entrevoit, dans la notion leibnizienne d'espace, une conception tout immat&#233;rielle de l'essence des choses, une conception ant&#233;rieure &#224; la g&#233;om&#233;trie, ce qui exclut la compr&#233;hension de cette essence des choses &#224; la seule m&#233;canique. Quand &#224; la notion de temps et de conatus que Leibniz tire de cette r&#233;flexion, on peut y voir la substance comme dot&#233;e d'un conatus et qui donc n'est plus seulement m&#233;dia pour le mouvement mais aussi, dans l'instant, tendance au mouvement ou source du mouvement. Principes de l'action des corps Comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, Leibniz effectue une correction de taille, que m&#234;me Malebranche acceptera, sur une question purement m&#233;canique, &#224; savoir la non conservation du mouvement mais plut&#244;t celle de la force. Cette simple correction a de plus une port&#233;e philosophique que Leibniz ne manque pas de constater et d'exploiter. Il s'en sert notamment &#224; la proposition XVIII du Discours de m&#233;taphysique pour prouver que les fondements de la m&#233;canique ne peuvent se trouver dans la seule g&#233;om&#233;trie. Il l'&#233;voque succinctement dans le Syst&#232;me nouveau de la nature sur le sujet des formes substantielles et dans un &#233;claircissement pour prouver la sup&#233;riorit&#233; de son Harmonie pr&#233;&#233;tablie sur la vision cart&#233;sienne de l'union de l'&#226;me et du corps. Enfin, dans la Monadologie &#224; la proposition quatre vingt, il affirme m&#234;me que cette loi de conservation de la force doit amener directement &#224; la l'hypoth&#232;se de l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie. C'est que le mouvement au sens cart&#233;sien est une simple notion g&#233;om&#233;trique bas&#233;e sur le temps, elle peut donc se contenter d'une explication math&#233;matique et cin&#233;matique malgr&#233; la question de son inexistence soulev&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Mais la force est plus que le changement de lieu d'une portion d'&#233;tendue, elle demande plus que les notions d'espace et de temps. Ainsi la dynamique de Leibniz, dans son optique pratique, rajoutera aux corps des propri&#233;t&#233;s suppl&#233;mentaires &#224; celles de l'&#233;tendue et de la figure. Le conatus, que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; et que Leibniz emprunte &#224; Hobbes, est le minimum de mouvement qui s'applique &#224; un point, identique &#224; la d&#233;riv&#233;e d'une courbe. Cette notion est compl&#232;tement dans l'esprit du calcul infinit&#233;simal naissant car elle con&#231;oit le point, dans l'espace comme une &#233;tendue plus petite que toute &#233;tendue donn&#233;e, et dans le temps comme une dur&#233;e plus petite que toute dur&#233;e donn&#233;e. Puisque l'&#233;tendue est relative et divisible, le mouvement qu'on donne &#224; un corps doit &#234;tre divisible de la m&#234;me mani&#232;re que ce dernier&#160;; et puisque que pour Leibniz, l'&#233;tendue est bien plus divis&#233;e actuellement &#224; l'infini, le mouvement doit l'&#234;tre &#233;galement et donc &#171;&#160;le mouvement pr&#233;sent d'un corps na&#238;t de la composition des conatus pr&#233;c&#233;dents&#160;&#187; (Lettre &#224; Arnauld). En effet le corps est ph&#233;nom&#233;nal, issu de notre perception singuli&#232;re et somme de points de perception davantage r&#233;els, donc son mouvement est lui aussi ph&#233;nom&#233;nal et moins r&#233;el que les conatus individuels de chaque point dont le mouvement d'un corps est la somme. Ce point de mouvement qu'est le conatus sera beaucoup plus appropri&#233; et plus stable pour recevoir la force car celle-ci ne s'attribue pas indiff&#233;remment comme les cart&#233;siens attribuent le mouvement et le repos de mani&#232;re relative au corps de r&#233;f&#233;rence. La conception arithm&#233;tique du mouvement cart&#233;sienne consid&#232;re donc l'&#233;tendue comme indiff&#233;rente au mouvement et au repos car ces deux notions d&#233;pendent du corps de r&#233;f&#233;rence. Un corps au repos, aussi grand soit-il, devrait, selon ces principes, se laisser pleinement emporter par n'importe quel corps le percutant car rien alors ne l'enclin &#224; rester au repos. Pourtant, avec s&#251;rement le dessein de concilier la loi de conservation de la quantit&#233; de mouvement avec les exp&#233;riences, Descartes, parmi les lois du choc qu'il d&#233;rive de cette conservation du mouvement, en &#233;nonce une qui veut qu'un corps plus petit entrant en contact avec un plus grand au repos rebondit d'une mani&#232;re d&#233;termin&#233;e. Mais Leibniz montre que ce principe ne souffre aucune continuit&#233; avec les autres principes du mouvement cart&#233;sien de sorte qu'entre le choc de deux corps de m&#234;me grandeur et celui de deux corps de grandeurs variant d'une quantit&#233; plus petite que toute quantit&#233; donn&#233;e (une quantit&#233; infinit&#233;simale) il y a une diff&#233;rence qui rompt le principe de continuit&#233;. Par l'inertie naturelle des corps, que l'on constate empiriquement, il a pourtant toujours r&#233;sistance et que m&#234;me un corps plus petit percut&#233; par un corps plus grand fera perdre au second une partie de sa vitesse. Le corps n'est plus indiff&#233;rent au repos et au mouvement&#160;: on pourrait plut&#244;t dire qu'il tend au repos. Mais cela n'est pas tout &#224; fait fid&#232;le &#224; Leibniz car, par sa conception infinit&#233;simale des choses li&#233;e au principe de continuit&#233;, il voit le repos comme un mouvement imperceptible, plus petit que tout mouvement que nous pouvons donner. Ainsi l'inertie est enti&#232;rement compatible avec la dynamique leibnizienne, mieux elle l'implique, car elle suppose une &#233;lasticit&#233; au corps qui n'est pas transmissible, qui lui est propre et qui est principe du mouvement. La mati&#232;re n'est pas neutre comme le pensent les cart&#233;siens, m&#234;me eux lui accorde l'antitypie qui est l'imp&#233;n&#233;trabilit&#233; et l'extension qui est la tendance &#224; l'&#233;tendue. Ces deux notions sont le fondement de la r&#233;sistance que l'on observe dans tout corps. Elle devient &#233;lasticit&#233; &#224; mesure que le corps devient un peu plus organis&#233; car la r&#233;sistance qui s'op&#232;re entre les diff&#233;rentes parties d'un corps entra&#238;ne sa r&#233;action lorsque celui-ci est sollicit&#233;. C'est que le corps n'est pas mobile mais il est toujours anim&#233; d'un certain mouvement ou du moins a-t-il toujours une tendance au mouvement qui est la stricte somme des conatus des substances qui le composent. Ce qui peut alors donner du repos, ou plut&#244;t l'illusion du repos, c'est que les corps s'entre emp&#234;chent&#160;; mais aucun corps, s'il peut perdre son mouvement, ne perd sa force, celle-ci peut seulement devenir potentielle. Et l&#224; encore il faut &#234;tre rigoureux&#160;: tout corps a actuellement un certain mouvement aussi imperceptible soit-il car il ne saurait &#234;tre totalement emp&#234;cher (ou il n'existerait alors tout simplement pas), et il n'applique non plus jamais pleinement sa force car il faudrait qu'il soit seul au monde puisque tout corps, aussi petit soit-il, l'emp&#234;cherait d'appliquer sa force dans une mesure certes tout aussi petite. Cette vision de l'action des corps permet de rendre pleinement compte de la r&#233;sistance et de l'&#233;lasticit&#233; qu'on leur observe tout en assurant &#224; Leibniz une voie d&#233;gag&#233;e pour formuler sa th&#233;orie des substances et de leur commerce. Outres &#224; formuler des lois sur le fonctionnement de la nature plus pr&#233;cises et plus v&#233;ridiques, ces consid&#233;rations sur l'essence du mouvement et de la mati&#232;re am&#232;nent &#233;galement &#224; la question de la substance car Leibniz a besoin, pour sa dynamique, contrairement &#224; Descartes pour sa m&#233;canique, d'unit&#233;s v&#233;ritables qui puissent constituer les &#233;l&#233;ments derniers des choses. R&#233;habilitation des formes substantielles La forme substantielle, dans les traditions aristot&#233;licienne et scolastique, constitue l'essence d'un corps en cela qu'elle est un passage entre mati&#232;re premi&#232;re et mati&#232;re seconde. Alors que la premi&#232;re constitue la mati&#232;re non form&#233;e, c'est-&#224;-dire qui n'est &#224; proprement pas encore parler existante, la seconde s'est vue rajout&#233;e une forme qui la d&#233;termine et qui lui permet d'exister par l'individuation. On assiste par la forme au passage de la pure mati&#232;re &#224; un corps d&#233;termin&#233;, &#224; un corps substance, et cette forme donne au corps ses qualit&#233;s intrins&#232;ques. Le mouvement est lui aussi qualitatif, d&#233;termin&#233; par l'essence du corps, par sa forme. Dans la vision m&#233;caniste de Descartes o&#249; il n'y a que l'&#233;tendue et la quantit&#233;, toute qualit&#233; ou forme doit poss&#233;der une traduction quantitative et g&#233;om&#233;trique. De la m&#234;me mani&#232;re que les causes finales sont &#224; expulser hors de la physique, les arguments formels ne doivent pas servir tel quels &#224; l'explication des ph&#233;nom&#232;nes, ils doivent se r&#233;duire en notions distinctes, qui sont pour Descartes l'&#233;tendue et sa figure. Et le mouvement est donc con&#231;u diff&#233;remment, il n'est plus qu'un changement de lieu, ni naturel ni violent, ou plut&#244;t toujours les deux, qui tient &#224; une communication r&#233;gl&#233;e par de stricts r&#232;gles math&#233;matiques ind&#233;pendantes des corps eux-m&#234;mes. La rupture est radicale car alors que pour Aristote le mouvement est d&#233;termin&#233; par la forme, Descartes fait d&#233;couler la forme d'un corps du mouvement de ses parties. La n&#233;gation cart&#233;sienne des formes substantielles tient au dualisme qu'il instaure. La pens&#233;e et la mati&#232;re sont deux substances compl&#232;tement distinctes qui doivent, selon Descartes, pour &#234;tre bien comprises, consid&#233;r&#233;es chacune &#224; part, l'une ne pouvant &#234;tre expliqu&#233;e par quelque chose de l'autre. Ainsi y a-t-il les qualit&#233;s premi&#232;res, grandeur, figure et mouvement, qui appartiennent en propre &#224; la mati&#232;re et dont la compr&#233;hension permet sa r&#233;elle connaissance, et les qualit&#233;s secondes, ou qualit&#233;s sensibles, qui ne sont pas dans les choses mais seulement dans notre esprit et qui sont donc quelque chose de notre esprit. Pour un cart&#233;sien l'usage des formes et de la finalit&#233; dans le monde des corps est un usage ill&#233;gitime qui correspond &#224; une introduction inappropri&#233;e du spirituel dans le mat&#233;riel. Leibniz en appelle de bonne heure &#224; la r&#233;habilitation des formes substantielles pour r&#233;soudre les probl&#232;mes qu'il soul&#232;ve quand &#224; la nature du mouvement et de sa communication. A la critique de la vision cart&#233;sienne de la mati&#232;re comme r&#233;sidant dans la seule &#233;tendue correspondra une remise en cause du proc&#232;s que fit Descartes aux formes substantielles au nom de cette vision. Leibniz montre en effet par plusieurs voies que l'&#233;tendue ne peut constituer l'essence des choses mais que des unit&#233;s v&#233;ritables doivent constituer le continu. De m&#234;me, la force que Leibniz isole dans les corps comme quelque chose de plus que l'&#233;tendue, n'est pas, comme nous l'avons vu, quelque chose qui se transmet de corps en corps &#224; la mani&#232;re du mouvement de Descartes. Elle exprime bien plus une spontan&#233;it&#233; de la part de la mati&#232;re et cette spontan&#233;it&#233;, s'il est possible de l'observer &#224; l'&#233;chelle des corps sensibles par la r&#233;sistance et l'&#233;lasticit&#233; dont ils t&#233;moignent, sa r&#233;alit&#233; est davantage &#224; chercher dans les conatus individuels qui correspondent &#224; ces unit&#233;s v&#233;ritables. Nous avons donc des unit&#233;s in&#233;tendues et dot&#233;es d'une tendance au mouvement, d'une spontan&#233;it&#233;. De la m&#234;me mani&#232;re que Aristote parlait de la forme substantielle comme de l'&#226;me du corps par analogie avec notre &#226;me et notre corps, Leibniz, quand il cherche la nature d'une telle unit&#233; source de ses actions et indivisible, ne peut manquer de reproduire le m&#234;me sch&#233;ma et de faire de ces points des &#226;mes ou esprits. Il semble en effet &#171;&#160;que leur nature consiste dans la force et que cela s'ensuit quelque chose d'analogique au sentiment et &#224; l'app&#233;tit&#160;; et qu'ainsi il fallait les concevoir &#224; l'imitation de la notion que nous avons des &#226;mes&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature). Car puisque la notion cart&#233;sienne d'une &#233;tendue indiff&#233;rente au mouvement est erron&#233;e mais que bien plus les corps poss&#232;dent une tendance propre qui appara&#238;t m&#234;me dans les lois de la nature que la m&#233;canique peut d&#233;celer, les notions d'action et de passion doivent avoir quelque fondement. Et si toutes les substances sont susceptibles d'action c'est qu'elles doivent bien toutes avoir quelque chose d'une &#226;me. Plus radicalement les unit&#233;s derni&#232;res des corps ont une tendance &#224; l'action qui n'est jamais une puissance nue mais jamais non plus un acte parfaitement accompli, d'o&#249; l'analogie avec l'app&#233;tit, par cons&#233;quent les causes efficientes ne peuvent pleinement les expliquer car quelque chose de la finalit&#233; et de la r&#233;tention doit se trouver dans les substances. En effet le conatus est dans l'instant et le mouvement dans l'instant n'existe pas, c'est donc qu'il repr&#233;sente, pour ainsi dire, un mouvement pr&#233;vu, cons&#233;quence du mouvement pass&#233;&#160;; il n'est jamais accompli mais il est toujours d&#233;j&#224; commenc&#233;. Ces ent&#233;l&#233;chies premi&#232;res sont donc des forces primitives qui consistent en une activit&#233; originale distincte aussi bien de l'acte que de la puissance. Leibniz diff&#232;re d'Aristote en lib&#233;rant les formes des corps car ces derniers ne sont pas des substances, il s'agit de les rendre&#160;intelligibles en s&#233;parant &#171;&#160;l'usage qu'on doit en faire de l'usage qu'on en a fait&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature). Dans l'explication des ph&#233;nom&#232;nes particuliers de la nature elles n'ont pas &#224; intervenir puisque la consid&#233;ration des unit&#233;s derni&#232;res de la nature n'est ni utile ni n&#233;cessaire et que le commerce des corps peut s'expliquer par les seules lois de la m&#233;canique et des causes efficientes. Mais l'utilit&#233; de ces formes substantielles est du ressort de la m&#233;taphysique, elles permettent de rendre raison des notions utilis&#233;es en m&#233;canique et qui ne se suffisent pas &#224; elles-m&#234;mes. Ainsi l'&#233;tendue et la force, et tous les objets de la m&#233;canique qui en d&#233;coulent (espace, temps, mouvement, r&#233;sistance...), doivent faire appelle &#224; ces unit&#233;s v&#233;ritables lorsque l'on tente de les expliciter. Les qualit&#233;s d'un corps sont explicables, comme le pensait Descartes, par le mouvement de ses parties mais les unit&#233;s derni&#232;res de ses parties, indivisibles, ne peuvent &#234;tre expliquer m&#233;caniquement car elles n'ont pas de parties, une forme ontologique donc, proprement substantielle, doit alors &#234;tre invoqu&#233;e pour rendre compte de leur activit&#233;. 1.2.3. La question de la vie et de l'&#226;me des b&#234;tes Critique de la vision cart&#233;sienne des b&#234;tes comme des machines D&#233;j&#224; chez les Anciens l'anatomie humaine ou animale &#233;tait compar&#233;e &#224; une machine, ce n'est donc pas tout &#224; fait par cette id&#233;e que Descartes se montre original lorsqu'il parle des animaux comme des machines. C'est qu'il r&#233;duit l'animal &#224; une seule machine l&#224; o&#249; Aristote supposait toujours une &#226;me directrice dirigeant cette machinerie tel un m&#233;canicien. Cela tient &#224; ce que Descartes op&#232;re, avec son dualisme, une distinction bien plus tranch&#233;e entre l'&#226;me et le corps. Ils deviennent deux substances distinctes qui doivent, en toute rigueur, s'expliquer ind&#233;pendamment l'une de l'autre. Et Descartes limite la pens&#233;e aux actions et aux op&#233;rations de la conscience r&#233;flexive, &#224; l'image de la conscience humaine. Ainsi il admet les corps, qui rel&#232;vent de la seule &#233;tendue et qui n'ont besoin que d'elle pour &#234;tre expliqu&#233;s&#160;; les corps organiques eux aussi pouvant &#234;tre entendus comme des machine relevant de la seule m&#233;canique. M&#234;me l'homme peut &#234;tre vu de cette mani&#232;re bien que le cogito nous fasse voir l'&#226;me qui habite notre corps et que la raison nous fasse conclure &#224; l'existence d'&#226;me dans les autres corps humain. Mais Descartes s'arr&#234;te l&#224; et n'accorde pas aux animaux une &#226;me, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il la limite &#224; la seule conscience r&#233;flexive. Mais toute cette th&#233;orie cart&#233;sienne qui transforme ou d&#233;grade &#171;&#160;les b&#234;tes en pures machines, quoiqu'elle semble possible, est hors d'apparence, et m&#234;me contre l'ordre des choses&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature). C'est que Descartes associe raison et &#226;me d'une mani&#232;re ill&#233;gitime, et par l'absence de la premi&#232;re il refuse la seconde aux animaux. Leibniz remarque que les b&#234;tes sont capables de jugements empiriques, s'attendant &#224; ce que se reproduisent les cons&#233;cutions qui se sont jadis imprim&#233;es dans leur m&#233;moire comme lorsqu'on &#171;&#160;montre le b&#226;ton aux chiens, ils se souviennent de la douleur qu'il leur a caus&#233;e et crient et fuient&#160;&#187; (Monadologie). Alors que Descartes tente d'expliquer cette m&#233;moire et cette imagination dont les animaux font preuve par une voie m&#233;caniste, cherchant dans la seule anatomie de ses organes de quoi expliquer l'anticipation du chien, Leibniz admet que les organes du chien doivent correspondrent &#224; ces op&#233;rations mais que cela ne lui exclut nullement une &#226;me. En effet si l'&#226;me cart&#233;sienne se superpose &#224; l'&#233;tendue, l'&#226;me leibnizienne est pour ainsi dire le fond de l'&#233;tendue. Pour Descartes, le fait que la perception, l'imagination et la m&#233;moire naissent avec l'organisation de la mati&#232;re signifie que ces facult&#233;s, auxquelles sont limit&#233;s les animaux, sont mat&#233;rielles et non spirituelles, qu'elles rel&#232;vent de la substance &#233;tendue et non de la substance &#226;me. Pour Leibniz, ces facult&#233;s sont spirituelles, elles ne peuvent &#234;tre donn&#233;es par l'&#233;tendue, la figure et le mouvement, et leur apparition concordant avec l'organisation de la mati&#232;re constitue bien plus une preuve suppl&#233;mentaire du caract&#232;re intrins&#232;quement spirituel des substances qui constituent la mati&#232;re. &#171;&#160;On est oblig&#233; d'ailleurs de confesser que la Perception et ce qui en d&#233;pend, est inexplicable par des raisons m&#233;caniques, c'est-&#224;-dire, par les figures et par les mouvements. Et en feignant qu'il y ait une Machine, dont la structure fasse penser, sentir, avoir une perception&#160;; on pourra la concevoir agrandie en conservant les m&#234;mes proportions, en sorte qu'on y puisse entrer, comme dans un moulin. Et cela pos&#233;, on ne trouvera en la visitant au dedans, que des pi&#232;ces, qui poussent les unes les autres, et jamais de quoi expliquer une perception. Ainsi c'est dans la substance simple, et non dans le compos&#233;, ou dans la machine qu'il la faut chercher&#160;&#187; (Monadologie). Par ce raisonnement magistral, Leibniz r&#233;duit semble-t-il &#224; n&#233;ant tout le dessein cart&#233;sien de rendre raison par des explications m&#233;caniques du comportement animal, dessein qui occupa longuement Descartes &#224; la fin de son oeuvre. Non seulement le fait que la perception, comme les autres facult&#233;s spirituelles dont sont susceptibles les b&#234;tes, puisse recevoir un d&#233;but d'explication par des raisons m&#233;caniques nous pousse en derni&#232;re analyse &#224; mettre ces facult&#233;s dans les composants ultimes de l'&#233;tendue, mais les conclusions de la dynamique leibnizienne rendaient d&#233;j&#224; caduque la tentative cart&#233;sienne. En effet, si chaque point de la mati&#232;re peut et doit se concevoir &#224; l'imitation d'une &#226;me, et &#234;tre dot&#233;e d'app&#233;tition et d'un d&#233;but de r&#233;tention m&#233;morielle, chercher dans la structure g&#233;om&#233;trique d'un corps animal et dans le mouvement de ses parties l'explication de telles facult&#233;s est une entreprise biais&#233;e d'avance. Si la mati&#232;re est derni&#232;rement constitu&#233;e d'&#226;mes ou d'ent&#233;l&#233;chies, il est stupide de chercher &#224; refuser &#224; un animal une &#226;me pour n'en faire qu'une pure machine mat&#233;rielle. Mais il ne faut pas croire que Leibniz attribue proprement une &#226;me, au sens d'une entit&#233; directrice, &#224; tout corps, la mati&#232;re inerte, parce qu'elle n'est pas organis&#233;e, est certes compos&#233;e d'atomes de substance qui sont des &#226;mes &#224; leur mani&#232;re, mais aucun de ces points m&#233;taphysiques ne pr&#233;side aux corps non organis&#233;s. Rien n'est mort pour Leibniz, tout point de la mati&#232;re est vivant parce qu'il est dot&#233; d'app&#233;tition et de perception mais seuls les corps organis&#233;s, dans lesquels une &#226;me est directrice, peuvent &#234;tre dit vivants parmi le monde des corps. De m&#234;me il ne faut pas non plus conclure que Leibniz pense les &#226;mes des b&#234;tes identiques aux n&#244;tres. Bien au contraire, nous avons pour notre part des &#226;mes raisonnables, ou esprits, dot&#233;s de la raison et nous pouvons acc&#233;der aux v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires ou &#233;ternelles qui d&#233;passent infiniment le simple empirisme que nous pratiquons le plus souvent dans notre vie quotidienne et dont les animaux sont seulement capables. Mais quelle que soit l'immensit&#233; de cette diff&#233;rence, elle reste une diff&#233;rence de degr&#233; et non de genre. Probl&#232;me de l'union de l'&#226;me et du corps et de la libert&#233; chez Descartes Le probl&#232;me des b&#234;tes con&#231;ues comme de simples machines n'est pas le seul qu'&#224; soulever la th&#233;orie cart&#233;sienne de la dualit&#233; des substances. La solution de Descartes au probl&#232;me de la libert&#233; lui est &#233;galement intimement li&#233;e, de m&#234;me qu'&#224; ses lois erron&#233;es sur le mouvement. Selon la th&#233;orie cart&#233;sienne, tout se fait m&#233;caniquement dans la substance &#233;tendue par un d&#233;terminisme sans faille r&#233;gl&#233; par la conservation de la m&#234;me quantit&#233; de mouvement. L'humain, bien que compos&#233; d'un corps lui aussi &#233;tendu et ob&#233;issant aux m&#234;mes lois, est &#233;galement compos&#233; d'une &#226;me qui doit avoir une forme de volont&#233; et de libert&#233;. Cependant, les lois du mouvement cart&#233;siennes lui refuse la possibilit&#233; de cr&#233;er du mouvement (ni quoique ce soit d'autre car tout ph&#233;nom&#232;ne est mouvement), ce que seul Dieu peut faire et qu'il a fait &#224; la cr&#233;ation du monde. Descartes se voit donc confront&#233; au probl&#232;me classique de la libert&#233; et du d&#233;terminisme, fondu dans celui de l'union de l'&#226;me et du corps, et il le r&#233;soudra en s'engouffrant dans une ouverture laiss&#233;e par sa physique, la direction. Si l'&#226;me humaine ne peut ni arr&#234;ter ni cr&#233;er du mouvement, elle peut le rediriger car les lois du mouvement n'imposent rien &#224; ce sujet. Cette solution est la seule que Descartes peut fournir au probl&#232;me de l'action de l'&#226;me sur le corps, probl&#232;me qu'il avoue &#234;tre parmi les plus &#233;pineux qu'il est abord&#233; et sur lequel il subira les plus vives critiques. Mais Leibniz montrera par la suite non seulement que la loi de conservation du mouvement de Descartes est erron&#233;e mais &#233;galement qu'il y a dans la nature une autre loi qui assure la &#171;&#160;conservation de la m&#234;me direction totale dans la mati&#232;re&#160;&#187; (Monadologie). Cette loi r&#233;duit &#224; n&#233;ant la solution cart&#233;sienne car donner la capacit&#233; &#224; l'&#226;me de modifier la direction du mouvement devient tout aussi contraire aux principes de la m&#233;canique que de lui accorder une quelconque facult&#233; &#224; cr&#233;er du mouvement. L&#224; encore ce probl&#232;me tient au dualisme cart&#233;sien qui, dans les M&#233;ditations m&#233;taphysiques, s'attache &#224; &#233;tablir et prouver de la mani&#232;re la plus intelligible la distinction des deux substances, &#226;me et corps. Si en effet il est possible d'avoir une notion de l'&#226;me sans le corps et une notion d'&#233;tendue sans le moindre principe spirituel, toute l'oeuvre de Descartes est hant&#233;e par le fait nous n'avons pas seulement les notions primitives de ces deux substances, nous avons &#233;galement celle du mixte, de l'union des deux. Nous assistons l&#224; &#224; une opposition entre le raisonnement m&#233;taphysique de Descartes, qui conclut &#224; deux substances parfaitement distinctes, et l'empirisme le plus &#233;l&#233;mentaire qui ne nous fait conna&#238;tre que l'union des deux. Toute la difficult&#233; cart&#233;sienne tient &#224; ce que les deux notions que sont la pens&#233;e et l'extension sont intelligibles chacune &#224; part et qu'elle se suffisent &#224; elles-m&#234;mes mais qu'elles ne sont pas intelligibles ensembles et que sans l'exp&#233;rience humaine (si nous &#233;tions des anges) nous n'aurions aucune raison de les lier. La solution cart&#233;sienne bas&#233;e sur la direction et sur les passions, en plus d'&#234;tre insuffisante en elle-m&#234;me, et notamment pour les cart&#233;siens, s'av&#232;rera m&#234;me contradictoire &#224; la lumi&#232;re des arguments de Leibniz concernant les lois du mouvement. En effet, si les d&#233;ductions m&#233;taphysiques de Descartes rentrent en opposition avec les exp&#233;riences, c'est qu'elles doivent &#234;tre fausses. C'est bien la r&#233;habilitation des formes substantielles, &#224; laquelle Leibniz est conduit entre autre par des consid&#233;rations physiques, qui permet de concevoir &#224; nouveau l'&#226;me comme Aristote, comme la forme du corps. Pour la consid&#233;ration de l'&#233;tendue et de sa compr&#233;hension pratique, Leibniz est d'accord avec Descartes, les notions spirituelles ne sont pas n&#233;cessaires et nuisent m&#234;me. Mais, nous l'avons d&#233;j&#224; vu, lorsque se posent les questions m&#233;taphysiques, les notions d'extension et de mouvement ne suffisent plus et la consid&#233;ration de l'&#226;me est n&#233;cessaire. Pour ainsi dire, l'union de l'&#226;me et du corps ne pose pas probl&#232;me dans le syst&#232;me leibnizien car il n'accepte pas le m&#234;me dualisme des substances de Descartes, l'&#226;me est bien plut&#244;t la seule substance et elle rend raison des corps. Mais Leibniz ne tient-il pas ce propos dans le Syst&#232;me nouveau de la nature&#160;? &#171;&#160;Apr&#232;s avoir &#233;tabli ces choses, je croyais entrer dans le port&#160;; mais lorsque je me mis &#224; m&#233;diter sur l'union de l'&#226;me avec le corps, je fus comme rejet&#233; en pleine mer. Car je ne trouvais aucun moyen d'expliquer comment le corps fait passer quelque chose dans l'&#226;me ou vice versa, ni comment une substance peut communiquer avec une autre substance cr&#233;e&#160;&#187;. S'il y con&#231;oit une r&#233;flexion sur l'union de l'&#226;me et du corps et qu'il y propose une solution, c'est parce que ce n'est pas d'une communication entre substances h&#233;t&#233;rog&#232;nes dont il parle. Toutes les substances sont des &#226;mes et les corps en sont des agr&#233;gats, et le rapport de l'&#226;me au corps est &#224; concevoir dans le cadre de la communication des substances en g&#233;n&#233;ral. Le probl&#232;me que soul&#232;ve Leibniz concerne la communication des substances et une fois celui-ci r&#233;solu, celui de l'&#226;me et du corps l'est &#233;galement. D'une certaine mani&#232;re Descartes veut mettre fin &#224; la vie, tentant d'expliquer toutes ses op&#233;rations par la m&#233;canique pure des corps inanim&#233;s. Leibniz pour sa part met la vie partout et la juge n&#233;cessaire &#224; la m&#233;canique pour rendre pleinement raison des corps. Et cette antinomie est identique &#224; celle de la spontan&#233;it&#233; que Leibniz met partout alors que Descartes ne l'accorde qu'&#224; l'esprit. C'est bien que Descartes et Leibniz tirent des cons&#233;quences philosophiques radicalement diff&#233;rentes de donn&#233;es exp&#233;rimentales similaires concernant l'anatomie animale comme humaine. Mais leurs conceptions divergentes restent cependant subordonn&#233;es &#224; leurs physiques respectives o&#249; l'un refuse toute spontan&#233;it&#233; &#224; la mati&#232;re alors que l'autre la juge n&#233;cessairement suppos&#233;e par le concept de force. On n'observe donc bien chez Leibniz que les consid&#233;rations de la mati&#232;re et de ses lois, puis des vivants, puis de l'&#226;me, m&#232;nent progressivement de la physique &#224; la m&#233;taphysique et &#224; des questions telles que celle de la libert&#233;. Et cette question, comme nous le verrons plus loin, puisque la solution cart&#233;sienne n'est pas satisfaisante, devra &#234;tre repos&#233;e et reprise quasiment de z&#233;ro par Leibniz. Relativit&#233; de la g&#233;n&#233;ration et de la mort et immortalit&#233; de l'&#226;me Sur le fonctionnement de la vie, Leibniz fera grand cas des d&#233;couvertes de son &#233;poque li&#233;es &#224; l'apparition des premiers microscopes. Ce sujet est pour nous un bel exemple de la m&#233;thode leibnizienne, qui s'attache &#224; faire appel &#224; l'exp&#233;rience autant qu'il est n&#233;cessaire pour suppl&#233;er aux consid&#233;rations m&#233;taphysiques et &#224; tirer des d&#233;couvertes scientifiques toutes les cons&#233;quences philosophiques possibles. C'est sur le probl&#232;me de l'origine des &#226;mes et de leur dur&#233;e que Leibniz nous dit dans le Syst&#232;me nouveau de la nature&#160;: &#171;&#160;les transformations de Messieurs Swammerdam, Malpighi et Leewenhoeck (...) sont venues &#224; mon secours&#160;&#187;. Ces chercheurs, &#233;tudiant gr&#226;ce aux microscopes la g&#233;n&#233;ration des vivants, mettent en &#233;vidence que, de la m&#234;me mani&#232;re qu'avant ce que nous appelons commun&#233;ment la naissance, l'animal pr&#233;existe sous forme embryonnaire, avant m&#234;me la g&#233;n&#233;ration l'animal pr&#233;existe &#233;galement bien que cela soit invisible &#224; l'oeil nu. Bien plus les animaux sont spermatiques, ils sont primitivement dans cet &#233;tat microscopique, et seul un certain nombre d'entre eux seront &#233;lus, conna&#238;trons la croissance que nous nommons g&#233;n&#233;ration puis naissance et deviendrons visibles pour nous. Il est vrai que ces exp&#233;riences concernant la g&#233;n&#233;ration des animaux offrent un certain cr&#233;dit &#224; la vision leibnizienne de la vie et de l'&#226;me. En effet Leibniz soutient que les substances, parce qu'indivisibles et in&#233;tendues, &#171;&#160;ne sauraient commencer, ni finir, que tout d'un coup, c'est-&#224;-dire, elles ne sauraient commencer que par cr&#233;ation et finir que par annihilation&#160;&#187; (Monadologie). Et puisque la g&#233;n&#233;ration ne se fait pas tout d'un coup, et que la recherche du corps organique pr&#233;existant se fait par une r&#233;gression sans fin dans l'infiniment petit, il est impossible de trouver un hypoth&#233;tique moment de cr&#233;ation pour l'&#226;me. De plus les lois de la physique refusent la cr&#233;ation dans le monde, sauf par intervention expresse et sp&#233;ciale de Dieu, donc la cr&#233;ation de toutes les substances doit correspondre &#224; celle du monde. Tout concorde dans les observations extrins&#232;ques pour confirmer la consid&#233;ration sur la substance que Leibniz op&#232;re par d&#233;duction. Et il constate cette concordance explicitement dans la Monadologie&#160;: &#171;&#160;Et ces raisonnements faits a posteriori et tir&#233;s des exp&#233;riences s'accordent parfaitement avec mes principes d&#233;duits a priori comme ci-dessus&#160;&#187;. On remarquera aussi que Leibniz extrapole &#224; partir des observations de Swammerdam, Malpighi et Leewenhoeck et de ses propres principes pour conclure non seulement que la g&#233;n&#233;ration est relative et consiste davantage dans une certaine augmentation mais aussi que la mort doit &#234;tre une sorte de diminution. Lors d'une mort apparente, l'animal doit survivre sous une forme invisible &#224; l'oeil nu, pour ainsi dire envelopp&#233; car rien ne se d&#233;truit non plus dans le monde. Mais un cart&#233;sien pourrait r&#233;torquer que rien ne se d&#233;truit dans la mort animale et que celle-ci peut tout de m&#234;me &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme absolue dans la mesure o&#249; c'est la machinerie qui se brise et qui se d&#233;sorganise sans destruction de mati&#232;re. Ceci est &#224; mettre en relation avec la r&#233;habilitation des formes substantielles qu'op&#232;re Leibniz car il ne limite pas l'animal &#224; une simple machine, une forme substantielle doit en rendre raison autant que des substances simples doivent rendre raison de l'&#233;tendue. Et la forme substantielle, pour &#234;tre r&#233;elle, doit consister dans une de ces substances mais qui a, d'une certaine mani&#232;re, une position sp&#233;ciale dans l'agr&#233;gat. Comme cette substance ne saurait finir, la forme substantielle, qui seule transforme un simple agr&#233;gat en compos&#233; organis&#233; et vivant, ne peut finir non plus. L'impossibilit&#233; d'une destruction compl&#232;te est li&#233;e pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce que la substance consiste en une &#226;me et que l'&#226;me qui constitue l'essence de l'animal ne saurait donc p&#233;rir ni dispara&#238;tre. Cette th&#233;orie leibnizienne de la pr&#233;formation et de la survivance de l'animal est &#233;galement intimement li&#233;e &#224; la vision du monde comme vivant que Leibniz a, en opposition radicale avec les cart&#233;siens. &#171;&#160;Quoique la terre et l'air intercept&#233;s entre les plantes du jardin, ou l'eau intercept&#233;e entre les poissons de l'&#233;tang, ne soit point plante, ni poisson&#160;; ils en contiennent pourtant encore, mais le plus souvent d'une subtilit&#233; &#224; nous imperceptible&#160;&#187; (Monadologie). Les agr&#233;gats qui ne sont pas vivants sont en r&#233;alit&#233; compos&#233;s de vivants, ils ne diff&#232;rent des corps vivants qu'en cela qu'ils n'ont pas d'&#226;me directrice. Mais corps vivants comme corps inertes finissent toujours, si l'on poursuit l'analyse de leurs d&#233;tails, par se composer de quelques autres corps vivants plus petits. Et eux aussi sont vivants parce qu'ils poss&#232;dent une &#226;me directrice. La vie est donc actuellement partout dans le monde et c'est notre perception qui, par un effet d'&#233;chelle, ne parvient pas &#224; la voir partout. Si l'on peut voir un animal perdre de ses parties lors de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence, c'est qu' &#171;&#160;il ne faut point s'imaginer (...) que chaque &#226;me a une masse ou portion de la mati&#232;re propre ou affect&#233;e &#224; elle pour toujours, et qu'elle poss&#232;de par cons&#233;quent d'autres vivants inf&#233;rieurs, destin&#233;s toujours &#224; son service. Car tous les corps sont dans un flux perp&#233;tuel comme des rivi&#232;res&#160;; et des parties y rentrent et en sortent continuellement&#160;&#187; (Monadologie). L'essence du corps est toujours sauve car elle ne consiste pas dans ses parties mais dans une forme qui consiste en une &#226;me directrice, une substance sp&#233;ciale qui, comme toute substance, est assur&#233;e de ne pouvoir dispara&#238;tre dans la temporalit&#233; du monde sans une intervention expr&#232;s de Dieu. Mais comme le corps affect&#233; de mani&#232;re temporaire &#224; une &#226;me correspond avec celle-ci, l'&#226;me doit se transformer en m&#234;me temps que la composition de ses parties change. Leibniz montre ainsi comment la m&#233;tempsycose est impossible mais que c'est une m&#233;tamorphose perp&#233;tuelle qui s'op&#232;re. Cette d&#233;monstration de la pr&#233;formation de l'&#226;me avant la naissance et de sa survivance apr&#232;s la mort, qu'il estime avoir mener &#224; bien de diff&#233;rentes mani&#232;res, est &#224; Leibniz d'une grande utilit&#233; en mati&#232;re de religion et de pi&#233;t&#233; car elle permet de poser d'embl&#233;e l'immortalit&#233; de l'&#226;me. Mais il en faut davantage pour satisfaire Leibniz car une pure survivance de l'&#226;me sans souvenir n'expose pas &#224; la justice divine. Il doit &#234;tre conserv&#233; &#224; l'&#226;me humaine, pour qu'elle se maintienne en tant qu'esprit et puisse entrer en soci&#233;t&#233; avec Dieu, une connaissance &#233;ternelle et une conscience de soi-m&#234;me. &#171;&#160;Car c'est le souvenir, ou la connaissance de ce moi, qui la rend capable de ch&#226;timent et de r&#233;compense&#160;&#187; (Discours de m&#233;taphysique). En plus de cette garantie de l'immortalit&#233; de l'&#226;me bas&#233;e sur des consid&#233;rations physiques, Leibniz devra donc redoubler de consid&#233;rations m&#233;taphysiques et psychologiques le probl&#232;me de l'&#226;me humaine pour lui maintenir la qualit&#233; d'esprit n&#233;cessaire aux notions morales de justice et de ch&#226;timents. Nous avons pu voir comment Leibniz s'inscrit parfaitement dans son si&#232;cle, prenant part aux d&#233;bats physiques et m&#233;canistes qui occupent ses contemporains en endossant parfois lui-m&#234;me les attributs du scientifique. Leibniz se montre remarquablement conciliateur et &#233;clectique, corrigeant ses contemporains en utilisant aussi bien des consid&#233;rations tant&#244;t empiriques, comme nous l'avons vu sur le cas de la vie et des recherches sur la g&#233;n&#233;ration, et tant&#244;t plus philosophiques, en usant des principes de logique et de m&#233;taphysique&#160;; tant&#244;t conservateur, en en appelant aux anciens, et tant&#244;t progressiste, critiquant l'esprit de secte des cart&#233;siens. Si le cheminement dont nous avons tent&#233; la description peut &#234;tre pleinement qualifi&#233; d'extrins&#232;que, malgr&#233; les recours que nous avons pu faire &#224; des raisonnements a priori, c'est que son sens n'a pas chang&#233;&#160;; il a toujours eu pour objectif de s'approcher au plus pr&#232;s du coeur des choses mais en partant d'une vision ext&#233;rieure. 1.3. Cheminement intrins&#232;que Nous devons maintenant nous int&#233;resser &#224; cette autre voie que Leibniz a emprunt&#233;e pour en venir au m&#234;me syst&#232;me. Alors que nous sommes pr&#233;c&#233;demment partis de consid&#233;rations physiques pour en venir &#224; la n&#233;cessit&#233; de la remise en cause du m&#233;canisme par la m&#233;taphysique, nous allons voir comment Leibniz contribuera &#224; des probl&#232;mes initialement m&#233;taphysiques, comme ceux de la v&#233;rit&#233; ou de la substance, en en tirant des cons&#233;quences toutes aussi importantes pour son syst&#232;me. L'essentiel dans cette d&#233;marche duale, &#224; nos yeux comme &#224; ceux de Leibniz, pour la validit&#233; globale de son syst&#232;me, sera que ce cheminement intrins&#232;que rejoigne les consid&#233;rations qu'il a &#233;t&#233; possible de faire lorsque nous avons pris un point de d&#233;part ext&#233;rieur. Nous commencerons par analyser la m&#233;thode leibnizienne en s'int&#233;ressant aussi bien aux principes qu'il pose qu'&#224; la forme que prend la rigueur logique qu'il s'impose. C'est la consid&#233;ration du possible et de l'existant qui sera ensuite abord&#233;, probl&#232;me m&#233;taphysique majeur, de tout temps mais peut-&#234;tre davantage au dix-septi&#232;me si&#232;cle, qui nous am&#232;nera &#224; celui des attributs de Dieu et de la cr&#233;ation. La question de l'&#226;me et de la substance, que nous avons d&#233;j&#224; abord&#233;e mais par une consid&#233;ration extrins&#232;que, sera de nouveau trait&#233;e bien que nous partirons cette fois de son fond et de ses propri&#233;t&#233;s. Cela combin&#233; aux principes pr&#233;c&#233;demment pos&#233;s, nous pourrons traiter m&#233;taphysiquement de la solution leibnizienne aux probl&#232;mes de la libert&#233;, de la communication des substances et des id&#233;es inn&#233;es. 1.3.1. Logique et principes La m&#233;thode logique Leibniz sera logicien de bonne heure, voyant dans la rigueur qui est la r&#232;gle en logique un mod&#232;le aussi bien pour la m&#233;taphysique que pour le droit. Il s'attachera donc &#224; &#233;claircir la philosophie en posant avec pr&#233;cision des principes clairs et distincts. Notamment Leibniz pense que c'est par pr&#233;cipitation que p&#234;cha le plus Descartes, s'arr&#234;tant &#224; des propositions qui n&#233;cessitaient encore de l'analyse pour &#234;tre qualifi&#233;e proprement de v&#233;rit&#233;s. Si Leibniz s'int&#233;resse tant aux math&#233;matiques, c'est qu'il voit une mati&#232;re o&#249; la m&#233;thode logique est respect&#233;e avec scrupule. Il aspire d'ailleurs &#224; ce que la philosophie comme la jurisprudence puissent un jour acc&#233;der &#224; une m&#233;thode aussi pr&#233;cise et infaillible. La diff&#233;rence avec Descartes est mince mais d&#233;cisive, Leibniz ne recherche pas une g&#233;n&#233;ralisation de la m&#233;thode math&#233;matique, la math&#233;matique n'est que l'&#233;tude des nombres et des grandeurs et il loue seulement le fait qu'elle soit capable de suivre la m&#233;thode logique avec une rigueur exemplaire. La m&#233;thode n'est pas math&#233;matique car la m&#233;thode est ant&#233;rieure aux math&#233;matiques, il s'agit de r&#232;gles de raisonnement qui peuvent s'appliquer aussi bien aux objets de la g&#233;om&#233;trie et de l'arithm&#233;tique qu'&#224; tout type d'objet. Leibniz ne se soumet pas aux m&#234;mes probl&#232;mes que s'il g&#233;n&#233;ralisait une m&#233;thode math&#233;matique car il faudrait encore prouver que tout peut se r&#233;duire en objets de g&#233;om&#233;trie ou d'alg&#232;bre. Bien davantage, comme nous en avons vu l'exemple sur la consid&#233;ration de sa physique et comme nous le verrons sur la question de la substance, Leibniz soutient au contraire que l'essence des choses ne peut &#234;tre con&#231;u comme objet des math&#233;matiques. Cela explique comment la critique leibnizienne de la g&#233;n&#233;ralisation de la m&#233;thode math&#233;matique qu'entreprend Descartes peut s'associer sans paradoxe avec le go&#251;t et l'admiration que portera Leibniz &#224; cette mati&#232;re. Mais comme la logique et ses r&#232;gles sont ant&#233;rieures aux math&#233;matiques cela maintient la possibilit&#233; d'une compr&#233;hension rationnelle et rigoureuse de l'essence des choses et des notions m&#233;taphysiques et morales. Pour r&#233;soudre les questions m&#233;taphysiques par des raisonnements fiables et montrant la m&#234;me rigueur que les raisonnement qu'op&#232;rent les g&#233;om&#232;tres, il ne faut donc pas transposer purement et simplement les objets et les m&#233;thodes de la g&#233;om&#233;trie mais bien plus construire des objets m&#233;taphysiques appropri&#233;s &#224; cette mati&#232;re. Leibniz prend ici exemple sur l'histoire des math&#233;matiques o&#249; il constate que de nombreux math&#233;maticiens ont pu trouver de nouveaux moyens qui r&#233;solvent simplement ce qui pouvait poser de grandes difficult&#233;s auparavant. Et il se compte au nombre de ces math&#233;maticiens, pour son calcul infinit&#233;simal qui permet de r&#233;soudre ais&#233;ment des probl&#232;mes dont Descartes avait jug&#233; la solution inaccessible &#224; l'esprit humain. Ainsi, s'il est arriv&#233; &#224; la m&#233;taphysique de se perdre dans des erreurs li&#233;es &#224; un manque de rigueur, ce n'est pas qu'une m&#233;thode logique lui soit inaccessible, bien plus cela tient &#224; ce que sa m&#233;thode doit &#234;tre perfectionn&#233;e, preuve en est les correction que Leibniz est capable de fournir sur des questions m&#233;taphysiques par des raisonnements syllogistiques rigoureux &#224; partir de principes clairs et distincts. Il est inutile sur ce point de donner imm&#233;diatement le moindre exemple car la suite de notre expos&#233; devrait en fournir suffisamment. Le grand projet de Leibniz, mais projet inachev&#233;, restera &#224; ce sujet celui de trouver une caract&#233;ristique universelle, propice &#224; une langue philosophique universelle, permettant un art de la combinaison et une d&#233;duction s&#251;re des v&#233;rit&#233;s m&#233;taphysiques. Aussi, dans ses r&#233;flexions physiques, s'il sait faire un recours r&#233;curant aux donn&#233;es de l'exp&#233;rience, Leibniz estime tout de m&#234;me que les principes d'un raisonnement fiable doivent &#234;tre pos&#233;s pr&#233;alablement. Ainsi fait-il, dans une Lettre &#224; Conring, une distinction essentielle et fructueuse entre la synth&#232;se et l'analyse, qui doit montrer son int&#233;r&#234;t aussi bien en math&#233;matiques qu'en physique. La premi&#232;re consiste dans la d&#233;duction de v&#233;rit&#233;s &#224; partir d'autres d&#233;j&#224; &#233;tablies et la seconde dans la d&#233;monstration d'une hypoth&#232;se en la r&#233;duisant &#224; des propositions d&#233;j&#224; connues comme vraies. Et cette dualit&#233; se remarque en effet aussi bien dans les raisonnements dont sont capables les math&#233;matiques que dans ceux op&#233;r&#233;s en physique. Ainsi remarque-t-on des d&#233;monstrations math&#233;matiques qui d&#233;duisent des th&#233;or&#232;mes &#224; partir de principes, ce qui correspond &#224; la synth&#232;se et &#224; la m&#233;thode traditionnelle utilis&#233;e par les anciens. Leibniz participe &#224; la construction de l'analyse en math&#233;matique, &#224; laquelle contribua &#233;galement Descartes et d'autres, et il d&#233;fend par cons&#233;quent son usage dans les d&#233;monstrations de math&#233;matiques&#160;; mieux encore affirme-t-il que les anciens devaient poss&#233;der cette m&#233;thode bien qu'il n'y en ait aucune trace dans leurs ouvrages. On retrouve ici l'id&#233;e de Descartes qui, remarquant qu'Euclide semblait conna&#238;tre a priori l'issue de certains raisonnements men&#233;s par d&#233;duction, lui supposait une m&#233;thode secr&#232;te qui lui permettait l'analyse bien que nous n'ayons aucune trace de son exposition. Leibniz pour sa part, qui constate son usage explicite chez Archim&#232;de, imagine davantage que les ouvrages qui abordent cette m&#233;thode ont d&#251; &#234;tre perdus. Nous savons maintenant que l'obscurit&#233; qui entourait l'usage de l'analyse chez les grecs tenait davantage &#224; ce qu'ils ne consid&#233;raient pas cela comme une m&#233;thode viable de d&#233;monstration et qu'ainsi ils l'utilisaient mais construisaient &#233;galement toujours une d&#233;monstration synth&#233;tique pour la remplacer. De la m&#234;me mani&#232;re, si ces m&#233;thodes ont, aux yeux de Leibniz, toutes les deux leur place en physique, leur usage est l'objet d'une r&#233;flexion particuli&#232;re de sa part. Leibniz a devant lui la th&#233;orie de Descartes, qui suppose des fonctionnements m&#233;caniques derri&#232;re tout ph&#233;nom&#232;ne et ce dernier construisit des explications, parfois erron&#233;es et souvent purement fantaisistes, pour tous les ph&#233;nom&#232;nes et qui ne font intervenir que les notions d'&#233;tendue, de figure et de mouvement. Ainsi, s'il est possible d'user avec efficacit&#233; de l'analyse sur la consid&#233;ration des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, c'est qu'une hypoth&#232;se doit &#234;tre r&#233;duite en v&#233;rit&#233;s &#233;tablies en conservant toujours des &#233;quations ou des propositions de&#160;m&#234;me extension, et cela est relativement ais&#233; en math&#233;matique ou en logique. Mais cela n'est pas si simple en physique et Leibniz accuse Descartes d'avoir p&#234;cher pr&#233;cis&#233;ment sur ce point en proposant un syst&#232;me qui, s'il veut se ramener &#224; des ph&#233;nom&#232;nes d&#233;j&#224; connus, ne maintient pas la rigueur n&#233;cessaire au sujet de l'extension&#160;: des principes diff&#233;rents d'explication m&#233;canique des m&#234;mes ph&#233;nom&#232;nes pourraient &#234;tre appuy&#233;s sur les m&#234;mes donn&#233;es. Car &#171;&#160;le plus grand m&#233;rite d'une hypoth&#232;se (apr&#232;s sa v&#233;rit&#233;) est dans sa capacit&#233; &#224; &#233;tablir des pr&#233;visions, et m&#234;me &#224; l'&#233;gard de ph&#233;nom&#232;nes ou d'exp&#233;riences dont on n'a pas encore fait l'essai&#160;&#187; (Lettre &#224; Conring). Le syst&#232;me de Descartes semble satisfaire &#224; tous les ph&#233;nom&#232;nes que l'on peut rencontrer mais il ne parvient pas &#224; pr&#233;dire les ph&#233;nom&#232;nes. Leibniz reproche &#224; la th&#233;orie cart&#233;sienne de n'avoir servie &#224; aucune d&#233;couverte en plus de ne pas &#234;tre pleinement prouv&#233;e par analyse. Parce que si une th&#233;orie physique peut &#234;tre d&#233;duite a priori, elle doit &#234;tre confirm&#233;e par la suite gr&#226;ce &#224; des exp&#233;riences qui concordent avec ses pr&#233;visions, et cela constitue une preuve beaucoup plus s&#251;re de sa pertinence que toute analyse. Comme nous allons le voir, puisqu'une th&#233;orie physique ne concerne pas uniquement des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, l'exp&#233;rience est non seulement possible, mais aussi n&#233;cessaire, pour nous assurer a posteriori de la viabilit&#233; d'une th&#233;orie. On voit bien que le souci leibnizien de faire concorder les d&#233;ductions a priori avec les observations a posteriori est un souci de m&#233;thode qui, s'il tient &#233;galement &#224; une r&#233;action aux erreurs de Descartes, est bien plus une cons&#233;quence de la rigueur logique que Leibniz s'impose. Donc pour pouvoir acc&#233;der &#224; cette rigueur dans ses r&#233;flexions m&#233;taphysiques, il doit poser clairement et distinctement des principes qui permettent la d&#233;duction de v&#233;rit&#233;s, qui devront en derni&#232;re analyse concorder avec les &#233;l&#233;ments de l'exp&#233;rience. L'analyse est, de mani&#232;re relativement &#233;vidente, la m&#233;thode privil&#233;gi&#233;e de Leibniz. Outre l'apport qu'il fait &#224; la g&#233;om&#233;trie pour y permettre son usage, Leibniz la consid&#232;re plus efficace car elle est bien davantage orient&#233; vers les fins de son utilisateur, au contraire de la synth&#232;se qui, bien qu'elle est son utilit&#233;, revient &#224; avancer &#224; t&#226;tons et &#224; ne faire des d&#233;couvertes que fortuitement. La Monadologie, en plus d'&#234;tre un magistral expos&#233; du syst&#232;me leibnizien, constitue, selon nous, un exemple quasi-parfait de la m&#233;thode logique que Leibniz applique &#224; sa r&#233;flexion m&#233;taphysique. L'expos&#233; de sa th&#233;orie est r&#233;duit en propositions les plus simples possibles et, &#224; chacune de ses affirmations, il introduit tous les principes et toutes les d&#233;finitions n&#233;cessaires pour que l'assertion puisse d&#233;voiler l'&#233;vidence dissimul&#233;e sous son pr&#233;dicat. Principe de contradiction, principe de raison suffisante et th&#233;orie de la v&#233;rit&#233; Deux principes ont cependant un statut particulier, ou premier, pour leur r&#244;le dans tout raisonnement viable et pour leur intimit&#233; avec la question de la v&#233;rit&#233;, car des d&#233;ductions cl&#233;s seront possibles &#224; partir d'eux. &#171;&#160;Nos raisonnements sont fond&#233;s sur deux grands principes, celui de la contradiction en vertu du quel nous jugeons faux ce qui en enveloppe, et vrai ce qui est oppos&#233; ou contradictoire...&#160;&#187; Le principe de contradiction veut qu'une proposition qui implique contradiction soit n&#233;cessairement fausse. Une proposition implique contradiction si elle affirme une chose et son contraire. Ce principe est le m&#234;me que le principe d'identit&#233; qui veut que toute chose soit identique &#224; elle-m&#234;me. La version n&#233;gative de ce principe est cependant privil&#233;gi&#233;e dans la mesure o&#249; elle est discriminante, elle implique directement la fausset&#233; ou l'impossibilit&#233; d'une proposition tandis que son pendant affirmatif implique, pour sa part, indirectement seulement, qu'une proposition est vraie si sa n&#233;gation implique contradiction. On peut seulement dire, &#224; partir de ce principe, d'une proposition qu'elle est possible si ni son affirmation ni sa n&#233;gation n'implique contradiction. &#171;&#160;...Et celui de la raison suffisante, en vertu duquel nous consid&#233;rons qu'aucun fait ne saurait se trouver vrai, ou existant, aucune &#233;nonciation v&#233;ritable, sans qu'il y ait une raison suffisante, pourquoi il en soit ainsi et non pas autrement...&#160;&#187; Le principe de raison suffisante veut que de toute chose ont puisse rendre raison. Il y a toujours une raison pour qu'une chose soit ainsi plut&#244;t qu'autrement, qu'il n'y ait rien plut&#244;t que quelque chose. Si Leibniz n'innove gu&#232;re en ce qui concerne le principe de contradiction, il pose de mani&#232;re originale le principe de raison suffisante. Son usage &#233;tait d&#233;j&#224; implicite chez de nombreux philosophes antiques mais Leibniz a le m&#233;rite de le syst&#233;matiser comme un principe aussi important que le premier et compl&#233;mentaire. Il montre son r&#244;le irr&#233;ductible au principe de contradiction. &#171;&#160;...Il y a aussi deux sortes de v&#233;rit&#233;s, celles de Raisonnement et celles de Fait. Les v&#233;rit&#233;s de Raisonnement sont n&#233;cessaires et leur oppos&#233; est impossible et celles de Fait sont contingentes et leur oppos&#233; est possible. Quand une v&#233;rit&#233; est n&#233;cessaire, on en peut en trouver la raison par l'analyse, la r&#233;solvant en id&#233;es et en v&#233;rit&#233;s plus simples, jusqu'&#224; ce que l'on en viennent aux primitives&#160;&#187; (Monadologie). Les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires ou de raisonnement forment le premier genre de v&#233;rit&#233;. Elles comprennent les v&#233;rit&#233;s identiques qui sont les propositions qui incluent express&#233;ment leur v&#233;rit&#233; en cela que les nier impliquerait directement contradiction. Les autres v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires ne rendent pas raison d'elles-m&#234;mes mais sont r&#233;ductibles par analyse en v&#233;rit&#233;s identiques&#160;; l'esprit humain, en les d&#233;composant &#224; l'aide de la logique, peut les r&#233;duire en un nombre fini de propositions primitives. Les propositions identiques ne n&#233;cessitent pas de d&#233;monstration tandis que les autres sont d&#233;montr&#233;es en juxtaposant les d&#233;finitions des termes utilis&#233;s jusqu'&#224; n'avoir plus qu'une somme de propositions identiques, de sorte que l'inclusion du pr&#233;dicat dans le sujet soit &#233;vidente. Parmi les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires on compte les propositions des math&#233;matiques et les principes trait&#233;s ici. Les v&#233;rit&#233;s contingentes ou de fait constituent l'autre genre de v&#233;rit&#233;. Elles ne contiennent pas en elles-m&#234;mes leur v&#233;rit&#233; mais, de la m&#234;me mani&#232;re que les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires qui ne sont pas identiques, elles ont leur raison hors d'elles. Cependant leur diff&#233;rence tient &#224; ce que les v&#233;rit&#233;s contingentes ne sont pas r&#233;ductibles en un nombre fini de v&#233;rit&#233;s identiques, une v&#233;rit&#233; contingente trouvant toujours sa raison dans une autre v&#233;rit&#233;s contingente ant&#233;rieure. Cela constitue une suite infinie que l'esprit humain est incapable de parcourir, cela n'est accessible qu'&#224; Dieu, con&#231;u comme l'&#234;tre n&#233;cessaire en dehors de la s&#233;rie et qui en rend raison. &#171;&#160;Toute proposition vraie universelle affirmative, n&#233;cessaire ou contingente, comporte ceci, qu'il y a une connexion entre le pr&#233;dicat et le sujet. Pour celles qui sont identiques, leur connexion est &#233;vidente par elle-m&#234;me. Dans les autres en revanche, il faut la faire appara&#238;tre par l'analyse des termes&#160;&#187;. La diff&#233;rence des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires et contingentes tient donc &#224; ce que, dans les secondes, &#171;&#160;le progr&#232;s de l'analyse va &#224; l'infini, de raisons en raisons, de sortes que l'on n'obtient jamais vraiment une pleine d&#233;monstration &#187; (De la contingence). Aucune d&#233;monstration dans les choses contingentes ne peut acc&#233;der &#224; ce qu'il est possible des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, &#224; savoir en revenir au principe de contradiction pour prouver la proposition en question. Et les principes de contradiction et de raison suffisante s'appliquent donc ainsi aux v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires comme aux v&#233;rit&#233;s de fait. Les premi&#232;res ont toujours leur raison dans le principe de contradiction car, &#233;tant soit des v&#233;rit&#233;s identiques soit compos&#233;es de v&#233;rit&#233;s identiques, leur n&#233;gation implique contradiction et leur oppos&#233; est pour cela impossible. Les secondes ne peuvent trouver leur raison dans des v&#233;rit&#233;s identiques car il est impossible de les y r&#233;duire, ni leur n&#233;gation ni leur affirmation n'implique contradiction et par cons&#233;quent l'un comme l'autre sont possibles. Mais elles doivent tout de m&#234;me avoir une raison suffisante. Comme le d&#233;tail infini du monde, compos&#233; uniquement d'&#234;tres contingents, ne contient pas d'&#234;tre n&#233;cessaire pour en rendre raison, il faut supposer une cause inconditionn&#233;e hors de la s&#233;rie capable de constituer sa raison suffisante. On assiste ici au d&#233;ploiement, dans la plus grande rigueur logique, d'une preuve de l'&#234;tre absolument n&#233;cessaire, d'une preuve de Dieu. Contrairement &#224; la doctrine cart&#233;sienne, Dieu ne choisit pas arbitrairement les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, elles sont contenues dans son entendement et ce dernier pr&#233;c&#232;de sa volont&#233;. Le principe de contradiction suffit pour en rendre raison donc et il n'est pas n&#233;cessaire de les faire reposer sur le choix divin. La volont&#233; divine est cependant n&#233;cessaire aux v&#233;rit&#233;s contingentes car le principe de contradiction ne leur suffit pas, un choix a d&#251; &#234;tre op&#233;r&#233; pour rendre raison de toute v&#233;rit&#233; contingente. Indiscernables et continuit&#233; Le principe des indiscernables est impliqu&#233; directement par la th&#233;orie leibnizienne de la substance. En effet, puisque celle-ci est simple, indivisible et in&#233;tendue, elle ne contient pas de partie et ne conna&#238;t donc pas intrins&#232;quement la quantit&#233;. Plusieurs monades ne peuvent donc se diff&#233;rencier quantitativement. Une substance simple ne peut alors plus se distinguer d'une autre que par un principe qualitatif. Si deux monades &#233;taient qualitativement identiques, il serait impossible de les distinguer. Ce principe est d'une grande utilit&#233; pour Leibniz car une fois qu'il a montr&#233; la n&#233;cessit&#233; d'un principe substantiel pour rendre raison de l'&#233;tendue, il pourra d&#233;gager la n&#233;cessit&#233; de mettre des qualit&#233;s pures au fond de la mati&#232;re. Et comme la qualit&#233; n'a rien de mat&#233;riel ni de g&#233;om&#233;trique, c'est bien quelque chose d'analogique &#224; l'&#226;me et &#224; la perception qui devra ainsi &#234;tre introduit comme essence des choses. Justement parce que la qualit&#233; ne peut &#234;tre proprement objet des math&#233;matiques, le principe des indiscernables constitue l'exemple d'un principe admis en m&#233;taphysique mais en aucun cas en math&#233;matique. Il est une preuve suppl&#233;mentaire que la logique est ant&#233;rieure aux math&#233;matiques. Le principe de continuit&#233; signifie pour sa part que la nature ne fait jamais de saut, c'est-&#224;-dire que tout changement se fait par degr&#233;s, qu'une chose ne passe pas d'un &#233;tat &#224; un autre sans conna&#238;tre une infinit&#233; d'&#233;tats interm&#233;diaires. Explicit&#233; de mani&#232;re plus pr&#233;cise, ce principe implique que &#171;&#160;lorsque la diff&#233;rence de deux cas peut-&#234;tre diminu&#233;e au-dessous de toute grandeur donn&#233;e in datis ou dans ce qui est pos&#233;, il faut qu'elle se puisse trouver aussi diminu&#233;e au dessous de toute grandeur donn&#233;e&#160;&#187; (Lettre de M.L. sur un principe g&#233;n&#233;ral). Autrement dit, s'il nous est donn&#233; deux choses qui varient d'une quantit&#233; infinit&#233;simale, leurs cons&#233;quences varieront &#233;galement d'une quantit&#233; infinit&#233;simale. Si deux choses tendent &#224; se confondre, comme la courbe et son asymptote ou un mouvement d&#233;croissant et le repos, leurs cons&#233;quences devront de la m&#234;me mani&#232;re tendre &#224; se confondre. Ce principe est admis aussi bien en math&#233;matique, o&#249; il tiendra un r&#244;le essentiel pour la construction du calcul infinit&#233;simal, en physique, sur la question de l'inertie lors de la critique des lois cart&#233;siennes, et en m&#233;taphysique, pour la hi&#233;rarchie des &#234;tres. Ces deux principes, s'ils sont moins &#233;l&#233;mentaires que ceux de contradiction et de raison suffisante, ont le m&#233;rite de montrer comment, pour le premier, un principe qui n'a pas lieu d'&#234;tre en math&#233;matiques peut &#234;tre admis en m&#233;taphysique et, pour le second, qu'un principe peut aussi &#234;tre commun &#224; ces deux mati&#232;res. Cela peut suffire &#224; montrer leur racine commune, la raison, qui est la r&#232;gle d'une d&#233;monstration s&#251;re dans tous les domaines o&#249; nous exer&#231;ons notre pens&#233;e. 1.3.2. Le possible et l'existant Distinction des essences et des existences Cette distinction est un bel exemple de la fa&#231;on dont Leibniz parvient &#224; &#233;claircir des probl&#232;mes m&#233;taphysiques tr&#232;s controvers&#233;s en donnant successivement les d&#233;finitions de tous les termes du probl&#232;me pour finir par poser clairement et distinctement des principes qui se suffisent &#224; eux-m&#234;mes. Leibniz a devant lui le cart&#233;sianisme qui, pour garantir &#224; Dieu une volont&#233; absolue, le lib&#232;re de la n&#233;cessit&#233; et affirme que c'est Dieu qui d&#233;termine le n&#233;cessaire&#160;; aussi est-ce par une libert&#233; d'indiff&#233;rence, soumise &#224; aucune inclination, que Dieu &#224; cr&#233;er le monde. Spinoza ira plus loin en refusant m&#234;me toute volont&#233; &#224; Dieu pour n'en faire qu'une pure n&#233;cessit&#233;&#160;; et toute la cr&#233;ation n'est plus alors qu'une suite aveugle de cette n&#233;cessit&#233; supr&#234;me. La critique leibnizienne de ces th&#233;ories du possible et de l'existant prendra deux formes. La premi&#232;re repose directement sur les principes de contradiction et de raison suffisante ainsi que sur la diff&#233;rence des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires et contingentes. Leibniz constate que le principe de contradiction, qui est la r&#232;gle des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, n'est capable que de discriminer entre le possible, le n&#233;cessaire et l'impossible. Il n'y a aucune demi-mesure, que ce soit entre le possible et le n&#233;cessaire ou entre le possible et l'impossible. Le principe de contradiction sert de r&#232;gle pour nous permettre de conna&#238;tre des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles et pour savoir si une proposition est possible ou pas. Mais il ne peut en rien nous aider quant au choix entre les possibles, quand &#224; savoir pourquoi tel contingent est av&#233;r&#233; plut&#244;t que tel autre&#160;; la contradiction ne peut &#234;tre discriminante au sujet des v&#233;rit&#233;s contingentes. La solution spinoziste ne tient pas car, si l'on fait bon usage du principe de contradiction, on peut constater a posteriori des &#234;tres, possibles parce qu'ils n'impliquent pas contradiction, qui n'existent pas. Le principe de raison suffisante nous oblige cependant &#224; admettre une raison pour qu'existe tel possible plut&#244;t que tel autre. Et puisque nous ne pouvons achever d'analyse &#224; propos des v&#233;rit&#233;s contingentes parce que cela nous lance dans une s&#233;rie infinie, nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233;, il faut une raison absolument n&#233;cessaire hors de la s&#233;rie pour en rendre raison. Le possible et l'existant ont alors une distinction fond&#233;e sur le fait que l'existant est une portion, &#233;lue par un crit&#232;re de raison, du possible, lui-m&#234;me d&#233;termin&#233; par le principe de contradiction. L'autre aspect de la critique leibnizienne de la vision qu'a le cart&#233;sianisme du possible et du n&#233;cessaire repose sur des arguments th&#233;ologiques. Leibniz constate le danger que repr&#233;sente une telle opinion pour la pi&#233;t&#233;&#160;: Descartes et ses disciples, de m&#234;me qu'ils bannissent les causes finales de la physique, enl&#232;ve toute consid&#233;ration de sagesse et de bien dans la cr&#233;ation divine. En effet, Descartes abolit au sujet de Dieu les attributs, en vigueur pour l'esprit humain, que sont l'entendement et la volont&#233;. Ainsi en vient-il &#224; affirmer que tous les principes de la logique, des math&#233;matiques, de la physique et du bien ne sont que des choix purement arbitraires de Dieu car, &#233;tant sans borne, rien ne devrait incliner ni restreindre sa volont&#233;. Dans la th&#233;orie cart&#233;sienne, la volont&#233; divine est m&#234;me ant&#233;rieure aux v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, et Dieu aurait pu donc cr&#233;er un monde ob&#233;issant &#224; des principes radicalement diff&#233;rents, voir inverses, et s'il l'a cr&#233;&#233; ainsi c'est par une libert&#233; d'indiff&#233;rence. Leibniz s'insurge contre ceux qui mettent ainsi en danger la bont&#233; divine car en &#171;&#160;disant que les choses ne sont bonnes par aucune r&#232;gle de bont&#233;, mais par la seule volont&#233; de Dieu, on d&#233;truit, ce me semble, sans y penser, tout l'amour de Dieu et toute sa gloire&#160;&#187; (Discours de m&#233;taphysique). Il r&#233;habilite, au nom du principe de continuit&#233;, un entendement et une volont&#233; &#224; Dieu. En effet, Dieu doit contenir, ant&#233;rieurement &#224; sa volont&#233;, tous les possibles car cette derni&#232;re y fait un choix, et le rapport qu'il peut avoir avec ces possibles ne peut &#234;tre con&#231;u que comme celui d'un entendement &#224; ses id&#233;es. D'ailleurs toute id&#233;e est un possible et nous exp&#233;rimentons nous m&#234;me l'id&#233;e de possibles non existants dans notre entendement. Et les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, car elles rel&#232;vent des essences et des possibles mais pas des existences, logent elles aussi dans l'entendement de Dieu de sorte qu'elles soient ant&#233;rieure &#224; sa volont&#233;&#160;; car les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles et les possibles, qui n'existent pas substantiellement, doivent bien avoir quelque r&#233;alit&#233; et c'est dans un entendement qu'il faut les chercher. De la m&#234;me mani&#232;re que notre volont&#233; peut s'exercer conform&#233;ment &#224; la raison, &#224; laquelle nous pouvons acc&#233;der par notre entendement, Dieu, parce qu'il y a continuit&#233; avec nous mais qu'il est infiniment parfait, agit toujours selon la raison, qui r&#233;side enti&#232;rement en son entendement. Ainsi ne choisit-il pas les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires car elles ont directement leur raison dans son entendement. Mais il doit choisir parmi les possibles, qui n'ont jamais leur raison d'&#234;tre dans l'entendement. Comme l'entendement divin a l'id&#233;e parfaite de tous les possibles, son entendement ne contient pas &#224; proprement parler une id&#233;e des choses, il contient bien plus directement leurs essences. Et comme la volont&#233; divine est charg&#233;e d'y choisir les possibles qui seront &#233;lus pour exister, l&#224; o&#249; l'entendement divin, par le principe de contradiction, est la source des essences, la volont&#233; divine est la loi des existences. Nous avons donc deux principes, celui de contradiction et celui de raison suffisante, qui correspondent &#224; deux genres de v&#233;rit&#233;, les n&#233;cessaires et les contingentes, et &#224; deux domaines, celui des possibles ou essences et celui des existences, qui correspondent quand &#224; eux &#224; deux attributs de Dieu, son entendement et sa volont&#233;. Loin d'&#234;tre un anthropomorphisme, l'application de ces deux attributs &#224; Dieu est n&#233;cessaire pour garantir une distinction entre possible et n&#233;cessaire qui satisfasse la raison et &#233;galement pour garantir une intelligence au cr&#233;ateur. Et rien n'est &#244;t&#233; &#224; la puissance divine dans cette op&#233;ration car l'on ne borne pas la volont&#233; divine par quelque chose d'extrins&#232;que mais par son propre entendement. Le choix divin et le principe du meilleur C'est une suite, donc, de la m&#233;ditation des deux types de v&#233;rit&#233;s et des deux principes qui les fondent, que le monde ne soit pas le fruit d'une pure n&#233;cessit&#233;. De m&#234;me Dieu n'a pas cr&#233;&#233; le monde par une pure libert&#233; d'indiff&#233;rence car lui supposer une volont&#233; sans aucune borne, m&#234;me rationnelle, reviendrait &#224; lui donner un entendement d&#233;fectible, incapable de r&#233;gler sa volont&#233;, ou tout simplement aucun entendement pour r&#233;gl&#233; sa volont&#233;. C'est en effet le principe d'une bonne action qu'elle soit gouvern&#233;e par l'entendement lorsque celui-ci s'applique correctement. Dieu, parfait et bon, doit donc &#234;tre dot&#233; d'une volont&#233; parfaite mais celle-ci doit &#234;tre pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un entendement tout autant parfait qui lui donne sa r&#232;gle. L'entendement de Dieu est discriminant pour exclure l'impossible mais c'est &#224; sa volont&#233; d'&#234;tre d&#233;terminante entre tous les possibles. Mais nous nous retrouvons en butte avec le principe de raison car il faut bien &#233;tablir pourquoi Dieu n'a pas tout simplement cr&#233;er tous les possibles. Il faut donc, &#224; la fois pour trouver cette raison et pour satisfaire &#224; la bont&#233; divine, que Dieu est cr&#233;&#233; selon un crit&#232;re moral qui, puisque que Dieu est infini et sans borne, doit se transformer en principe du bien. Leibniz se trouve alors confront&#233; &#224; de nombreuses id&#233;ologies qui, constatant le mal dans le monde sous ses diff&#233;rentes formes, jugent de l'imperfection de la cr&#233;ation divine. Comment en effet concilier le mal dans le monde et la bont&#233; infinie de Dieu&#160;? Leibniz r&#233;pondra par la compossibilit&#233; qui signifie que tous les possibles ne sont pas compatibles entre eux&#160;; non pas que la volont&#233; divine soit impuissante &#224; les combiner mais parce que leur combinaison se trouve &#234;tre pr&#233;alablement contradictoire dans l'entendement divin. La compossibilit&#233; laisse &#224; Dieu un nombre infini de combinaisons de possibles qui sont autant de mondes possibles. Autrement dit, ce dernier, lors de la cr&#233;ation du monde, en choisissant quels possibles &#233;lire &#224; l'existence, choisit plut&#244;t un monde possible parmi tous les mondes possibles. Et c'est parce qu'aucune de ces combinaisons, aucun de ces mondes, ne contient aucun mal, que Dieu a &#233;t&#233; forc&#233; de choisir celui qui en contient le moins, le meilleur en d'autres termes car &#171;&#160;comme un moindre mal est une esp&#232;ce de bien, de m&#234;me un moindre bien est une esp&#232;ce de mal&#160;&#187; (Th&#233;odic&#233;e). Le principe du bien devient plus pr&#233;cis&#233;ment celui du meilleur. Le mal est in&#233;vitable car il est n&#233;cessaire au bien, nous le constatons bien souvent a posteriori mais il nous est impossible de le d&#233;montrer a priori parmi les choses contingentes et dans leur d&#233;tail. Ce mal in&#233;luctable est du &#224; l'imperfection inh&#233;rente &#224; toute cr&#233;ature&#160;; une cr&#233;ature parfaite ou un monde parfait est impossible dans la mesure o&#249; cela reviendrait &#224; dupliquer Dieu. Et la sup&#233;riorit&#233; de notre monde sur tous les autres mondes possibles n'est pas non plus d&#233;montrable car il est inaccessible &#224; un esprit humain de comparer deux infinis, de parcourir le d&#233;tail de deux mondes possibles pour juger la sup&#233;riorit&#233; de l'un sur l'autre. Il nous est seulement donn&#233; de constater ce monde-ci, que Dieu a effectivement cr&#233;&#233; et qui doit par cons&#233;quent &#234;tre le meilleur. Et ce choix du meilleur est op&#233;r&#233; par la volont&#233; de Dieu car son entendement n'en poss&#232;de pas le crit&#232;re, seul la volont&#233; peut op&#233;rer un tel choix moral. C'est pourquoi, si on peut avoir une certitude m&#233;taphysique au sujet des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, c'est une certitude morale que l'on a &#224; propos des v&#233;rit&#233;s contingentes. Mais il demeure que la volont&#233; est d&#233;termin&#233;e, sans &#234;tre n&#233;cessit&#233;e, par l'entendement car la sup&#233;riorit&#233; d'un monde possible sur un autre est due au fait que cette combinaison contient davantage de perfection. Et cette perfection d'un possible est intrins&#232;que, elle d&#233;coule directement de son essence et a donc sa source dans l'entendement de Dieu. Ce dernier choisit les existences au terme d'une d&#233;lib&#233;ration qui fait suite &#224; la consid&#233;ration des essences. C'est le principe d'&#233;conomie que nous observons ici et qui consiste &#224; maximiser les fins en minimisant les moyens afin d'optimiser au sens le plus g&#233;n&#233;ral. Car c'est ainsi que l'on reconna&#238;t la perfection d'un ouvrage, en comparant les moyens mis en oeuvre, l'effort fourni et les principes pos&#233;s avec le r&#233;sultat final, sa beaut&#233;, son harmonie, son utilit&#233; et son &#233;tendue. On retrouve ici une id&#233;e ch&#232;re &#224; Leibniz, que l'intelligence du Cr&#233;ateur doit s'observer dans la nature car, la n&#233;cessit&#233; pure ne suffisant pas, un choix devant &#234;tre op&#233;r&#233;, c'est qu'une intelligence doit &#234;tre &#224; l'origine de la cr&#233;ation. Ceci est bien &#233;videmment &#224; mettre en relation avec la position particuli&#232;re de Leibniz au sujet du m&#233;canisme, qui d&#233;fend, en cons&#233;quence de ce principe d'&#233;conomie, le r&#244;le des causes finales en physique. C'est bien le c&#233;l&#232;bre optimisme leibnizien que nous avons quelque peu explicit&#233; ici, mais il s'agit d'une cons&#233;quence m&#233;taphysique que Leibniz op&#232;re en toute rigueur logique, rien &#224; voir avec un espoir aveugle et na&#239;f. Il ne s'agit pas de prouver qu'il y a peu de mal dans ce monde ou que ce monde est bien selon un crit&#232;re quelconque, ce monde est logiquement le meilleur et Dieu l'a cr&#233;&#233; en parfait g&#233;om&#232;tre en ayant &#233;gard &#224; tout. Cela signifie que sp&#233;culer sur un monde meilleur que celui-ci est absurde et qu'il n'y a rien de contradictoire &#224; concilier le mal dans le monde, qui est du &#224; l'imperfection inh&#233;rente aux cr&#233;atures, et la bont&#233; sans borne de Dieu, qui a cr&#233;&#233; le monde en minimisant ce mal autant qu'il est possible. La tendance, interm&#233;diaire entre la puissance et l'acte Comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu concernant le cheminement extrins&#232;que de Leibniz, celui-ci constate qu'une puissance nue n'est pas intelligible mais qu'un acte pur n'est pas non plus appropri&#233; pour expliquer un corps car il ne peut pas rendre compte du mouvement. Son cheminement intrins&#232;que l'am&#232;ne &#233;galement &#224; battre en br&#232;che cette dualit&#233; inappropri&#233;e. Et c'est sur cette distinction des essences et des existences, qui pourrait &#224; premi&#232;re vue nous rappeler la puissance et l'acte, que Leibniz s'appuie pour, au sujet de la cr&#233;ation du monde, introduire la notion de tendance, interm&#233;diaire entre la puissance et l'acte. C'est un &#233;l&#233;ment crucial dans la pens&#233;e de Leibniz, formalis&#233; dans le principe de continuit&#233;, que les choses ne changent pas par palier ou par saut mais par une progression r&#233;gl&#233;e, par une variation de degr&#233;s continue. Toutes les essences, dans le syst&#232;me leibnizien, tendent &#224; une plus grande perfection sans pour autant jamais atteindre un degr&#233; maximal car cela n'appartient qu'&#224; Dieu. De surcro&#238;t Leibniz identifie plus grande perfection et plus grande r&#233;alit&#233;, de sorte que plus une essence contient de perfection plus elle peut pr&#233;tendre &#224; l'existence. Aucune essence, except&#233; Dieu, ne peut se hisser d'elle-m&#234;me &#224; l'existence, seule la volont&#233; divine poss&#232;de ce pouvoir d'&#233;lection. Mais cette volont&#233; ob&#233;it &#224; un principe du meilleur qui lui fait choisir un monde possible &#224; mesure de la perfection que poss&#232;dent les essences qui le constituent. Donc plus une essence rev&#234;t de perfection plus elle se rend susceptible d'&#234;tre &#233;lue par la volont&#233; divine et d'&#234;tre par cons&#233;quent appel&#233;e &#224; l'existence. S'il y a des essences &#233;lues et des essences non existantes, il demeure que toute essence tend &#224; l'existence et qu'il y a donc solution de continuit&#233; entre un possible et une existence, certains possibles sont plus pr&#232;s d'exister que d'autres et certaines existences poss&#232;dent moins de r&#233;alit&#233; que d'autres. On retrouve ici &#233;galement la spontan&#233;it&#233; de la substance simple. Puisque toute substance a une certaine perfection, elle poss&#232;de &#233;galement une certaine r&#233;alit&#233;. Toute monade a une pr&#233;tention &#224; l'existence qui lui vient de son essence propre. La cr&#233;ation divine dans le syst&#232;me leibnizien ne consiste par en une volont&#233; choisissant de faire passer certaines puissances &#224; l'acte, la volont&#233; divine ne fait que favoriser certaines essences au d&#233;triment d'autres. Toutes les essences tendent &#224; l'existence mais seule la volont&#233; divine a le pouvoir de d&#233;terminer qui y parviendra. Car &#224; cause de leur incompossibilit&#233;, les diff&#233;rents mondes possible s'entre-emp&#234;chent d'exister avant que n'intervienne la volont&#233; divine. Et, une fois la cr&#233;ation effectu&#233;e, si la puissance divine est toujours n&#233;cessaire afin de maintenir le monde, chaque substance cr&#233;&#233;e continue de concourir &#224; son existence &#224; mesure de la perfection que contient son essence. Cela correspond &#224; ce que nous avons observ&#233; dans le conatus, qui fait tendre une substance &#224; pers&#233;v&#233;rer dans son &#234;tre. Mais, l&#224; encore, il ne faut pas croire que cette spontan&#233;it&#233; enl&#232;ve quoique ce soit &#224; Dieu car si on attribue une perfection propre &#224; l'essence d'un &#234;tre ind&#233;pendamment de la volont&#233; divine, il ne faut pas oublier que l'entendement divin est la source des essences. Rien n'est enlev&#233; &#224; Dieu mais tout n'est pas donn&#233; &#224; sa volont&#233; car la perfection des cr&#233;atures est &#224; chercher dans son entendement. 1.3.3. &#194;me et substance Unit&#233;, multiplicit&#233; et indivisibilit&#233; Leibniz entreprend, comme Descartes, de partir d'embl&#233;e de l'&#226;me pour en conna&#238;tre les propri&#233;t&#233;s, car aucun point de vue extrins&#232;que ne peut la trouver et l'observer. Mais l&#224; o&#249; Descartes recherche les limites de la connaissance humaine par les id&#233;es claires, Leibniz, parce qu'il ne partage pas le m&#234;me dualisme, recherche &#224; &#233;claircir par cette voie la notion de substance en usant &#233;galement d'id&#233;es distinctes. Car Leibniz n'utilise pas proprement le doute m&#233;thodique cart&#233;sien mais davantage sa propre m&#233;thode logique qui conc&#232;de gu&#232;re plus car elle n'admet que des v&#233;rit&#233;s identiques et les propositions qui s'y r&#233;duisent. Elle va m&#234;me plus loin car Descartes admet les id&#233;es claires, qui montrent une &#233;vidence imm&#233;diate, alors que Leibniz admet seulement les id&#233;es claires et distinctes, c'est-&#224;-dire qu'il n'admet que des propositions dont on peut rendre compl&#232;tement compte du d&#233;tail et dont le d&#233;tail est &#233;vident. Leibniz reprend donc le Cogito cart&#233;sien &#224; son compte. Nous exp&#233;rimentons une substance, notre &#226;me, qui a une unit&#233; indiscutable, cela est l'&#233;vidence m&#233;taphysique premi&#232;re. Le moi constitue une unit&#233; fondamentale qui est suppos&#233;e par toute pens&#233;e. Leibniz n'ira pas aussi rapidement que Descartes pour faire de l'&#226;me une substance, sa consid&#233;ration des notions distinctes doit pr&#233;alablement montrer si la connaissance par principes que nous avons d'une substance simple s'accorde avec la connaissance que nous avons de notre &#226;me par le cogito. Nous devons donc admettre que notre &#226;me est une substance car nous ne lui connaissons ni &#233;tendue, ni figure et donc ni partie ni divisibilit&#233; possible, &#233;l&#233;ments constitutifs d'une substance simple. Cela fait que nous avons une exp&#233;rience directe d'une substance simple et, l&#224; o&#249; Descartes prouve la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle ind&#233;pendamment du cogito et fait de l'&#233;tendue une autre substance, Leibniz reste fid&#232;le &#224; son principe de continuit&#233; en recherchant une homog&#233;n&#233;it&#233; entre l'&#233;tendue et l'&#226;me. Et il la trouve dans le rapport du tout &#224; ses parties, l'&#233;tendue ne peut &#234;tre une substance simple car elle divisible en partie, elle doit donc &#234;tre un compos&#233;, un agr&#233;gat de substances simples, et nous ne connaissons celles-ci que comme des &#226;mes. La consid&#233;ration m&#233;taphysique de l'&#226;me permet donc &#224; Leibniz, parce qu'il admet une solution de continuit&#233;, de remonter &#224; celle de l'&#233;tendue. &#171;&#160;Il faut qu'il y ait des substances simples, puisqu'il y a des compos&#233;s&#160;: car le compos&#233; n'est autre chose qu'un amas ou aggregatum des simples&#160;&#187; (Monadologie). L'autre originalit&#233; leibnizienne tient &#224; ce qu'il ne se contente pas, comme seule &#233;vidence m&#233;taphysique, de l'unit&#233; de l'&#226;me, l'autre &#233;vidence que Leibniz admet est que nous pouvons constater une multitude dans notre &#226;me. C'est un point &#233;trange est presque paradoxal qu'il conc&#232;de ici&#160;: notre &#226;me est une et multiple. Elle pr&#233;sente toutes les caract&#233;ristiques d'une substance simple mais nous y constatons une pluralit&#233;. Et comme il a pr&#233;alablement admis par analyse l'identit&#233; de l'&#226;me avec une substance simple, c'est la substance simple qui doit &#234;tre &#233;galement multiple. C'est bien cette identit&#233; qui &#233;carte le paradoxe car &#171;&#160;nous exp&#233;rimentons nous-m&#234;me une multitude dans la substance simple, lorsque nous trouvons que la moindre pens&#233;e dont nous nous apercevons, enveloppe une vari&#233;t&#233; dans l'objet. Ainsi tous ceux qui reconnaissent que l'&#226;me est une substance simple doivent reconna&#238;tre cette multitude dans la Monade&#160;&#187; (Monadologie). L'&#226;me, en tant que substance simple, doit donc &#234;tre in&#233;tendue, sans partie et indivisible. Et cela n'est pas sans cons&#233;quence car lorsque la question de son action sur les autres substances, et des autres substances sur elle, se posera, il sera impossible d'imaginer un moyen, m&#233;canique ou autre, pour qu'elles se communiquent quoique ce soit. Comme les monades sont les &#233;l&#233;ments derniers des choses, il est inconcevable d'imaginer des esp&#232;ces entrant dans leur composition qui puisse passer de l'une &#224; l'autre. Cette multitude dans la substance sera alors essentielle afin de rendre compte de son changement car la monade n'ayant pas de partie, son changement ne peut constituer dans le mouvement de celles-ci, il doit consister plut&#244;t dans une variation qualitative qui implique une pluralit&#233; dans la substance. Si les substances simples ne contenaient aucune pluralit&#233;, elles ne pourraient non plus satisfaire au principe des indiscernables. Spontan&#233;it&#233;, communication des substances et libert&#233; C'est une cons&#233;quence essentielle de la m&#233;taphysique leibnizienne que les notions de substance simple et d'action au sens habituel ne soient pas compatibles. La premi&#232;re implique une unit&#233; et une indivisibilit&#233; qui ne laissent gu&#232;re de place &#224; la communication quelconque que pr&#233;suppose la seconde. L'action et passion entre deux substances devraient signifier que l'une donne quelque chose &#224; l'autre mais il est inconcevable que l'une perde quoi que ce soit tandis que l'autre ne saurait &#234;tre augment&#233;e d'une partie en restant une substance simple. Et ce probl&#232;me prend toute son ampleur avec l'&#226;me, car nous avons l'exp&#233;rience de perceptions que nous semblons recevoir de l'ext&#233;rieur. Il s'agit du m&#234;me probl&#232;me que celui qui pr&#233;occupa Descartes, Spinoza et bien d'autres. Comment l'&#226;me peut-elle subir l'influence d'un environnement ext&#233;rieur et mat&#233;riel qui semble lui &#234;tre h&#233;t&#233;rog&#232;ne, et l'influencer en retour ? La solution cart&#233;sienne est bien connue, la glande pin&#233;ale servant d'interm&#233;diaire d'une fa&#231;on bien occulte car, si Descartes explique ce qui dans l'&#226;me correspond &#224; l'influence de son corps et dans le monde des corps, par le changement de direction, ce qu'est l'action de l'&#226;me, il ne rend pas compte de mani&#232;re intelligible de ce en quoi consiste pr&#233;cis&#233;ment la communication de l'un &#224; l'autre. Et Leibniz g&#233;n&#233;ralise ce probl&#232;me &#224; celui de la communication de toutes les substances simples entre elles, puisqu'elles sont toutes pens&#233;es par analogie avec notre &#226;me, transformant une question d'ordre physique en un probl&#232;me davantage logique. Pourtant la solution leibnizienne, l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie, trouvera son usage, aussi bien pour rendre compte de l'union de l'&#226;me et du corps que pour rendre intelligible le commerce des corps ou pour &#233;claircir la pol&#233;mique au sujet des id&#233;es inn&#233;es. La d&#233;finition de la substance simple implique que celle-ci, parce qu'elle n'a ni porte ni fen&#234;tre, ne peut recevoir aucune impulsion ni influence d'une autre substance, except&#233; de Dieu. La suite des changements que conna&#238;t toute substance ne peut &#234;tre par cons&#233;quent que spontan&#233;e ou op&#233;r&#233;e par le concours permanent de Dieu. L'occasionnalisme d&#233;fendu par les cart&#233;siens n'utilise que la deuxi&#232;me solution, le commerce des corps et des substances est toujours assur&#233; par Dieu qui transmet lui-m&#234;me le mouvement entre les corps autant qu'il bouge le corps &#224; l'occasion des choix de l'&#226;me ou affecte celle-ci pour r&#233;pondre au mouvement du corps. Spinoza, ayant fait de Dieu la seule substance, ne pose pas le probl&#232;me en ces termes&#160;; tout arrive par une n&#233;cessit&#233; supr&#234;me dans l'&#233;tendue comme dans la pens&#233;e, tous deux con&#231;us comme des attributs de la substance unique, et l'action de l'un sur l'autre est une illusion due au fait que ces deux attributs ob&#233;issent parall&#232;lement &#224; la m&#234;me loi, &#224; la m&#234;me n&#233;cessit&#233;. La solution leibnizienne se pr&#233;sente &#224; premi&#232;re vue de cette mani&#232;re&#160;: tous les changements de la substance lui viennent de son fond int&#233;rieur avec une parfaite spontan&#233;it&#233;, d'une mani&#232;re analogue &#224; un algorithme qui se d&#233;veloppe spontan&#233;ment. Mais ce d&#233;ploiement est sans cesse garantie par la puissance divine car, si on peut parler comme chez Descartes de cr&#233;ation continu&#233;e dans le syst&#232;me de Leibniz, ce n'est pas tout &#224; fait appropri&#233; dans le sens o&#249; la cr&#233;ation du monde initiale fait intervenir la volont&#233; divine et son choix, en plus de la puissance divine, tandis que cette derni&#232;re suffit au maintient du monde. Non pas que la volont&#233; divine n'est pas le loisir ou le droit d'intervenir apr&#232;s la cr&#233;ation, c'est que celle-ci n'est pas n&#233;cessaire, cela ne l'emp&#234;che donc pas d'intervenir exceptionnellement, par miracle par exemple. Leibniz utilise encore son principe du meilleur pour juger de l'action divine, rien ne peut emp&#234;cher Dieu, par souci d'&#233;conomie, de cr&#233;er les substances comme des automates parfaits, de pr&#233;voir toutes leurs actions, de sorte que leur d&#233;veloppement soit enti&#232;rement spontan&#233;. Cela peut para&#238;tre extravagant mais il serait contradictoire d'affirmer cela impossible &#224; l'&#234;tre sans borne. Et comme cela lui permet d'&#233;conomiser sa volont&#233;, il ne peut s'&#234;tre gard&#233; de le faire&#160;; de plus, son entendement parfait ne peut manquer d'avoir pr&#233;vu la suite de tous les &#233;v&#232;nements de tous les mondes possibles et sa volont&#233; tout aussi parfaite d'avoir d&#233;j&#224; choisi un monde en fonction de la suite de ces &#233;v&#232;nements d&#233;s la cr&#233;ation. L'intervention de la volont&#233; divine apr&#232;s la cr&#233;ation n'est donc pas n&#233;cessaire et Dieu devrait donc en faire l'&#233;conomie. Pour Leibniz, m&#234;me le concours exceptionnel de Dieu, qui est toujours envisageable, ne peut manquer d'ob&#233;ir tout de m&#234;me &#224; ce principe supr&#234;me&#160;; lorsque nous croyons que Dieu agit sans r&#232;gle, c'est qu'il agit selon une loi que nous ne connaissons pas et il peut ainsi transgresser les lois du monde telles que nous les connaissons imparfaitement. Leibniz est donc d'accord avec les cart&#233;siens sur le fait que Dieu est n&#233;cessaire pour maintenir le monde mais il juge ill&#233;gitime d'expliquer tous les &#233;v&#232;nements particuliers et tous les d&#233;tails du monde par son seul concours. &#171;&#160;Il est bien vrai qu'il n'y a point d'influence r&#233;elle d'une substance cr&#233;&#233;e sur l'autre, en parlant selon la rigueur m&#233;taphysique, et que toutes les choses, avec toutes leurs r&#233;alit&#233;s, sont continuellement produites par la vertu de Dieu&#160;: mais pour r&#233;soudre des probl&#232;mes, il n'est pas assez d'employer la cause g&#233;n&#233;rale, et de faire venir ce qu'on appelle Deum ex machina. Car lorsque cela se fait sans qu'il y ait autre explication qui se puisse tirer de l'ordre des causes secondes, c'est proprement recourir au miracle. En Philosophie il faut t&#226;cher de rendre raison, en faisant conna&#238;tre de quelle fa&#231;on les choses s'ex&#233;cutent par la sagesse divine, conform&#233;ment &#224; la notion du sujet dont il s'agit&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature). Si les cart&#233;siens se d&#233;fendent de recourir au miracle en affirmant que Dieu intervient certes exceptionnellement mais en suivant tout de m&#234;me des lois fixes, Leibniz donne ici une autre d&#233;finition du miracle qui consiste dans l'intervention de Dieu sans causes secondes c'est-&#224;-dire hors du cours naturel des choses et de la contingence. Les cart&#233;siens font en r&#233;alit&#233;s exactement ce qu'ils reprochent aux scolastiques et &#224; leurs qualit&#233;s occultes, tout expliquer par une cause qui ne nous donne pas le fonctionnement des choses et de leur d&#233;tail. Nous avons explicit&#233; comment une substance simple peut avoir une telle spontan&#233;it&#233; mais il nous reste encore &#224; voir ce que signifie cette action et cette passion que nous constatons partout dans le commerce des corps et des &#226;mes. Si toutes les substances tiennent leurs changements de leur fond, la puissance de Dieu a pu cependant les cr&#233;er toutes pour qu'elles s'entre-r&#233;pondent perp&#233;tuellement, que lorsque l'une agit l'autre p&#226;tit proportionnellement. Cela ne fait pas de l'action des corps et des substances une illusion, au contraire cette Harmonie pr&#233;&#233;tablie permet de rendre raison intelligiblement de tout ph&#233;nom&#232;ne physique aussi bien que des substances qui se cachent derri&#232;re ces ph&#233;nom&#232;nes. C'est certes Dieu qui a cr&#233;&#233; ces substances, pr&#233;vu leur d&#233;veloppement et qui les maintient perp&#233;tuellement, mais il est possible d'expliquer les actions et les passions d'une substance par sa constitution interne et par la multiplicit&#233; qui l'habite. L&#224; encore l'&#233;tranget&#233; de cette th&#233;orie ne doit pas nous incliner &#224; croire, comme certain contemporains de Leibniz, que cela pourrait &#234;tre une entreprise inaccessible &#224; Dieu. Et comme l'&#226;me est une substance simple qui est &#224; une place sp&#233;ciale dans l'agr&#233;gat de substances simple qui est son corps, l'union de l'&#226;me et du corps peut s'expliquer &#233;galement par la spontan&#233;it&#233; de chaque monade et par l'accord de toutes les monades ensembles. &#171;&#160;Outre tous ces avantages qui rendent cette Hypoth&#232;se recommandable, on peut dire que c'est quelque chose de plus qu'une Hypoth&#232;se, puisqu'il ne para&#238;t gu&#232;re possible d'expliquer les choses d'une autre mani&#232;re intelligible&#160;&#187; (Syst&#232;me nouveau de la nature). En effet, non seulement l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie se montre &#234;tre une th&#233;orie plus appropri&#233;e pour rendre gloire &#224; Dieu que celles de ses concurrentes, mais elle semble la seule rigoureusement envisageable &#224; partir des principes que Leibniz a pos&#233;. Mais un tel syst&#232;me, si dans l'&#226;me est pr&#233;vu d&#233;s le d&#233;but du monde tout ce qui doit lui arriver, n'introduit-il pas un d&#233;terminisme qui r&#233;duit &#224; n&#233;ant la libert&#233; comme la n&#233;cessit&#233; dans l'occasionalisme ou dans le spinozisme&#160;? Leibniz, face &#224; un tel probl&#232;me redouble d'effort et c'est encore les principes qu'il a pos&#233; qui lui permette de se tirer d'affaire. Car il a grand besoin de garantir la libert&#233; humaine, c'est un &#233;l&#233;ment essentiel pour que la justice divine ait un sens. Le probl&#232;me se pose ainsi&#160;: il faut concilier l'omniscience divine, qui doit lui permettre de pr&#233;voir toute nos actions, sa volont&#233;, qui nous a choisi avec nos actions futures, et notre libert&#233;, qui doit laisser nos actions non n&#233;cessaires. C'est la distinction des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires et des v&#233;rit&#233;s contingentes ainsi que les principes de contradiction et de raison qui permettent la solution leibnizienne. En effet nous avons montr&#233; pr&#233;c&#233;demment que les v&#233;rit&#233;s contingentes sont ind&#233;montrable a priori car il est impossible &#224; un esprit fini de les r&#233;duire en propositions identiques. La pr&#233;visibilit&#233; dont nous sommes capables au sujet des &#234;tres contingents n'est jamais absolue car elle ne peut &#234;tre confirm&#233;e qu'a posteriori lorsque nous testons un syst&#232;me en le soumettant &#224; l'exp&#233;rience, jamais a priori en le prouvant par analyse. Dieu par contre, parce qu'il est seul capable de saisir la s&#233;rie infinie des &#234;tres contingents, est capable d'une pr&#233;vision totale &#224; leur sujet, seul Dieu peut conna&#238;tre a priori la suite des changements des &#234;tres contingents. Et puisque nous sommes des &#234;tres contingents, notre existence n'&#233;tant pas n&#233;cessaire, la multiplicit&#233; qui nous habite et qui contient d&#233;j&#224; tout ce qui nous est arriv&#233;, qui nous arrive et qui doit nous arriver ne nous est jamais enti&#232;rement accessible. Ainsi tout ce qui arrive &#224; un esprit est aussi spontan&#233; et d&#233;termin&#233; que tout ce qui arrive &#224; tout autre substance, mais il ne s'agit jamais d'une v&#233;rit&#233; n&#233;cessaire, cela est du au choix du meilleur que Dieu a op&#233;r&#233; parmi les possibles lors de la cr&#233;ation. Ainsi, il y a une raison &#224; toute action libre mais celle-ci ne peut jamais b&#233;n&#233;ficier d'une d&#233;monstration bas&#233;e sur la n&#233;cessit&#233; car son contraire n'implique pas contradiction et reste par cons&#233;quent possible. Et cette raison de toute action libre est le choix du meilleur, Dieu choisit en toute libert&#233; ce qui est le meilleur, car il ne peut se tromper, tandis que les cr&#233;atures choisissent, librement &#233;galement, ce qui leur para&#238;t le meilleur, en fonction de leur imperfection. Toute action libre est inclin&#233;e par le principe du meilleur mais jamais n&#233;cessit&#233;e, bien que Dieu connaisse tout de m&#234;me nos actions futures par avance du fait que c'est lui qui a op&#233;r&#233; le choix qui nous fait exister. Car Leibniz ne croit pas comme Descartes, justement &#224; cause de son principe de raison, que la libert&#233; doit &#234;tre une libert&#233; d'indiff&#233;rence, bien au contraire cela n'a pas de sens &#224; ses yeux. Bien plus pose-t-il, comme &#224; son habitude, des d&#233;finitions claires et distinctes des termes du probl&#232;me&#160;: la libert&#233; n'est pas antinomique avec l'inclination mais avec la n&#233;cessit&#233;, si la libert&#233; est inclin&#233;e mais pas n&#233;cessit&#233;e, elle est donc sauve. C'est par cette erreur que Descartes en vient &#224; nier la bont&#233; de Dieu au non de sa libert&#233;, il veut lui garantir une volont&#233; parfaite en la privant de toute inclination. Pour Leibniz la volont&#233; divine est d'autant plus parfaite qu'elle est compl&#232;tement inclin&#233;e par la recherche du meilleur. Par cette solution il r&#233;duit &#224; n&#233;ant aussi bien les opinions qui&#233;tistes que conna&#238;t son temps que le vieil argument paresseux des anciens. En effet Dieu a effectivement pr&#233;vu toutes nos actions mais il nous est incapable de les pr&#233;voir nous-m&#234;me de la m&#234;me mani&#232;re, ainsi ne pouvons nous pas conna&#238;tre &#224; quoi la volont&#233; divine nous a destin&#233;s. La providence s'op&#232;re gr&#226;ce &#224; la s&#233;rie des &#234;tres contingents et non contre nos actions, car celles-ci font partie de cette m&#234;me providence. Leibniz parvient donc, par son Harmonie pr&#233;&#233;tablie et par la rigueur logique qu'il maintient dans ses raisonnements, &#224; construire un syst&#232;me qui concilie parmi les substances simples &#224; la fois leur spontan&#233;it&#233; et leur communication, et dans la cr&#233;ation, le d&#233;terminisme et la libert&#233;. Inn&#233;it&#233; et perceptions insensibles La notion leibnizienne de l'&#226;me, qui est &#233;galement celle de la substance, montrera son utilit&#233; pour traiter un autre sujet de controverse, &#224; savoir celui des id&#233;es inn&#233;es. Alors que Descartes estime que les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, pour rendre raison de leur caract&#232;re absolu, doivent &#234;tre dans l'&#226;me d&#233;s sa cr&#233;ation, reprenant ainsi la r&#233;miniscence platonicienne. Les divers sensualismes rejoignent d'avantage d'Aristote pour comparer l'&#226;me &#224; une tablette vide qui re&#231;oit tout de l'exp&#233;rience. La premi&#232;re hypoth&#232;se se trouve confront&#233;e au fait que nous ne naissons pas en connaissant ces v&#233;rit&#233;s et que nous ne pouvons les apprendre ou les d&#233;couvrir que par la suite. Le sensualisme pour sa part ne rend pas convenablement raison du fait que ces v&#233;rit&#233;s soient identiques pour tout le monde malgr&#233; des exp&#233;riences diff&#233;rentes. Nous ne connaissons pas d&#233;s la naissance le rapport de l'hypot&#233;nuse au deux autres c&#244;t&#233;s d'un triangle rectangle mais nous finirons tous, pourvu que nous nous y int&#233;ressions, &#224; trouver que le carr&#233; de l'hypot&#233;nuse est &#233;gal &#224; la somme des carr&#233;s des deux autres c&#244;t&#233;s. Cette connaissance ne d&#233;pend d'aucune exp&#233;rience particuli&#232;re, il est m&#234;me possible de l'appr&#233;hender sans m&#234;me avoir d&#233;j&#224; vu empiriquement le moindre triangle rectangle. Cette pol&#233;mique, qui ne semble pas avoir de rapport sp&#233;cifique avec la communication des substances, trouvera cependant une solution, gr&#226;ce &#224; l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie, qui &#233;carte le probl&#232;me pr&#233;c&#233;demment soulev&#233;. L'&#226;me, ou la substance car on peut d&#233;sormais utiliser indiff&#233;remment les deux termes, dans le syst&#232;me leibnizien, poss&#232;de d&#233;s sa cr&#233;ation, envelopp&#233;e, la suite de tous ses changements et de tous les &#233;tats qu'elle sera amen&#233;e &#224; conna&#238;tre. Et son existence consiste dans le d&#233;veloppement algorithmique de cette suite sans que rien ne puisse l'influencer de l'ext&#233;rieur. Leibniz tend donc &#224; rejoindre l'opinion cart&#233;sienne qui veut que les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles soient des id&#233;es inn&#233;es. Il semble m&#234;me aller plus loin car il affirme que toutes les affections de l'&#226;me, ses id&#233;es aussi bien que ses sensations, lui sont inn&#233;es et viennent de son propre fond. Dans le syst&#232;me cart&#233;sien, l'&#226;me a des id&#233;es inn&#233;es mais elle subit &#233;galement une influence ext&#233;rieure &#224; laquelle correspondent les sensations et les passions. La critique la plus &#233;vidente &#224; laquelle Leibniz se confronte, et que l'on avait d&#233;j&#224; faite aux id&#233;es inn&#233;es de Descartes, consiste &#224; demander comment quelque chose pourrait &#234;tre dans l'&#226;me sans que nous en ayons conscience. La r&#233;ponse leibnizienne utilisera un autre &#233;l&#233;ment pivot de son syst&#232;me, les perceptions insensibles. C'est parce que le syst&#232;me leibnizien a une vision de l'&#226;me radicalement diff&#233;rente de celle du cart&#233;sianisme qu'elle peut se permettre une telle r&#233;ponse. En effet Descartes d&#233;finit l'&#226;me par la pens&#233;e et la conscience, ce qui rend l'id&#233;e de quelque chose dans l'&#226;me, dont on n'ait pas conscience, contradictoire. Chez Leibniz toute substance est une esp&#232;ce d'&#226;me car toute substance conna&#238;t la perception, non pas que toute substance soit consciente au sens o&#249; on l'entend g&#233;n&#233;ralement. Il y a continuit&#233; entre l'inconscience et la conscience, et c'est la m&#234;me continuit&#233; qu'il y a entre les perceptions confuses et les perceptions distinctes. Aussi bien que nous ne passons pas du sommeil &#224; la veille par un saut mais par une infinit&#233; de degr&#233;s, aucune perception de devient distincte sans &#234;tre apparue confus&#233;ment. Ainsi notre &#226;me ne se vide pas chaque fois que nous tombons dans l'inconscience, et nous percevons m&#234;me dans cet &#233;tat, comme en t&#233;moigne le fait qu'un grand bruit suffit souvent &#224; nous en extraire. Il suffit d'admettre qu'il peut y avoir perception sans conscience pour non seulement accorder une &#226;me aux b&#234;tes mais aussi une forme d'&#226;me et de perception &#224; toute les substances. &#171;&#160;Et c'est en quoi les Cart&#233;siens ont fort manqu&#233;, ayant compt&#233; pour rien les perceptions, dont on ne s'aper&#231;oit pas&#160;&#187; (Monadologie). C'est donc de cette mani&#232;re que l'&#226;me peut contenir, d&#233;s le commencement, envelopp&#233;, l'ensemble des &#233;tats futurs qu'elle conna&#238;tra, sous forme de pens&#233;es confuses, si confuses qu'on ne les aper&#231;oit pas. C'est donc sous la forme d'une virtualit&#233; que l'&#226;me contient toutes ses id&#233;es et toutes ses sensations. Et c'est par cette tendance, ce d&#233;veloppement, qui fait passer d'un perception confuse &#224; une perception plus distincte, que cette virtualit&#233; se concr&#233;tise &#224; nous en acc&#233;dant &#224; la conscience, en passant de la perception &#224; l'aperception, mais toujours par une variation de degr&#233;s continue. Ce qui donne alors l'impression que les sensations et les connaissances empiriques nous viennent de l'ext&#233;rieur, c'est cette m&#234;me Harmonie pr&#233;&#233;tablie qui fait que toute les substances sont accord&#233;es entre elles et que ce qui arrive dans chacune correspond &#224; ce qui arrive dans toutes les autres. Leibniz se servira &#233;galement de cette th&#233;orie des perceptions insensibles pour r&#233;gler d'autres probl&#232;mes et elle deviendra rapidement un &#233;l&#233;ment essentiel pour la coh&#233;rence de son syst&#232;me. Ainsi la monade peut-elle percevoir l'infinit&#233; des monades qui constitue le monde, de sorte qu'elle ait une perception pour chacune d'elles, car une perception confuse est la somme de nombreuses perceptions qui se confondent. De la m&#234;me mani&#232;re que lorsque nous entendons une foule, nous percevons confus&#233;ment, sans nous en rendre compte, le bruit &#233;mit par chaque individu, nous percevons individuellement toutes les substances simples qui composent un corps, mais inconsciemment seulement, c'est pourquoi nous voyons d'avantage une masse, une &#233;tendue, qui fait l'objet d'une perception claire mais confuse. &#171;&#160;Et c'est &#224; peu pr&#232;s comme le murmure confus qu'entendent ceux qui approchent du rivage de la mer, vient de l'assemblage des r&#233;percussions des vagues innum&#233;rables&#160;&#187; (Discours de m&#233;taphysique). Ce sont des cons&#233;quences essentielles que Leibniz tire de sa m&#233;taphysique, des cons&#233;quences qui rejoignent d'ailleurs bien souvent celles que sa physique avait augur&#233;. La substance leibnizienne rev&#234;t les m&#234;mes caract&#233;ristiques, qu'elle soit n&#233;cessit&#233;e par les exigences de la dynamique ou d&#233;duite &#224; partir de principes logiques et m&#233;taphysiques. Mieux encore la m&#233;taphysique, comme nous avons d&#233;j&#224; commenc&#233; de le montrer dans le cheminement extrins&#232;que, compl&#232;te magnifiquement la physique car elle permet de rendre compte et d'expliciter ce qui peut para&#238;tre d&#233;concertant dans ses conclusions aux yeux de qui voudrait se limiter cette seule physique. De m&#234;me les extravagances de la m&#233;taphysique leibnizienne, pourtant obtenues avec une certaine rigueur m&#233;thodologique, trouve leur confirmation en rejoignant des consid&#233;rations li&#233;es aux d&#233;couvertes m&#233;canistes, aussi bien que des applications en math&#233;matiques alors que se construit le calcul diff&#233;rentiel. Le cheminement intrins&#232;que de Leibniz se montre cependant plus large dans le sens o&#249; il permet &#233;galement d'aborder des questions purement m&#233;taphysiques ou th&#233;ologiques. C'est &#233;galement la conciliation de certaines antinomies, anciennes comme nouvelles, dans le syst&#232;me leibnizien, qui concourent &#224; sa validit&#233;. 1.4. Un syst&#232;me accompli Pour plus de clart&#233; aussi bien que dans l'int&#233;r&#234;t de notre &#233;tude, il est dor&#233;navant n&#233;cessaire de proposer une exposition g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me leibnizien, c'est-&#224;-dire une exposition accomplie, sans la consid&#233;ration des cheminements qui y am&#232;nent. Il nous faut pour cela s&#233;parer les &#233;l&#233;ments d&#233;monstratifs et historiques de la th&#233;orie proprement dite. Pour la pr&#233;sente partie, aucune r&#233;f&#233;rence ne sera donc apport&#233;e, nous laissons de telles justifications aux deux pr&#233;c&#233;dentes parties. Il s'agit ici de proposer une exposition aussi limpide et exhaustive que possible du syst&#232;me de Leibniz, donc ici point de commentaire non plus mais une clarification m&#233;thodique qui laissera le champ libre aux commentaires et aux extrapolations que nous fournirons ult&#233;rieurement. Il faut cependant savoir que ce sera majoritairement la Monadologie que nous utiliserons ici et notamment son langage et l'exigence de m&#233;thode qui caract&#233;rise cet ouvrage. Nous commencerons cette exposition par la consid&#233;ration de la monade, prise individuellement, dans sa nature et dans ses propri&#233;t&#233;s intrins&#232;ques, ce qui nous am&#232;nera &#224; aborder la question de la libert&#233;. C'est la communaut&#233; des monades qui nous int&#233;ressera ensuite, leur agr&#233;gation comme leur interaction, et par l&#224; la structure des corps et du monde ; ce sera &#233;galement l'occasion de traiter de la c&#233;l&#232;bre Harmonie pr&#233;&#233;tablie. Enfin nous en viendrons &#224; Dieu car il s'agit d'un socle essentiel pour tout le syst&#232;me mais aussi par ce que ce n'est qu'&#224; son propos que peut &#234;tre abord&#233; la cr&#233;ation du monde et &#233;claircie compl&#232;tement l'originalit&#233; de la condition humaine. Au sujet des preuves de l'existence de Dieu, nous apporterons tout de m&#234;me quelques &#233;l&#233;ments d&#233;monstratifs. L'optimisme leibnizien sera &#233;galement &#233;voqu&#233; car il d&#233;coule directement des qualit&#233;s de Dieu. 1.4.1. La monade Constitution, perception, et perfection Une monade est une substance simple, c'est-&#224;-dire qu'elle est in&#233;tendue, sans figure et qu'elle n'est en aucune mani&#232;re divisible. Il s'agit d'une unit&#233; v&#233;ritable et derni&#232;re, elle n'a pas de partie et rien ne peut &#234;tre imagin&#233; qui composerait les monades. Elle est comparable &#224; un point en g&#233;om&#233;trie mais elle est bien davantage, on peut donc l'appeler point m&#233;taphysique. La monade tient le r&#244;le d'un atome mais elle n'est pas mat&#233;rielle, elle est bien plus un atome de substance, ou atome incorporel. La monade est immortelle au sens o&#249; sa dur&#233;e doit &#234;tre celle de l'ensemble de la cr&#233;ation. Elle ne peut conna&#238;tre la dissolution ni la g&#233;n&#233;ration car elle n'a pas de partie. Elle ne peut que appara&#238;tre d'un coup, par cr&#233;ation et ne dispara&#238;tre qu'en &#233;tant compl&#232;tement annihil&#233;e, et l'un comme l'autre sont r&#233;serv&#233;s, respectivement, au d&#233;but et &#224; la fin des temps. Une monade est en r&#233;alit&#233; inalt&#233;rable de l'ext&#233;rieur car rien ne peut entrer, et rien ne peut sortir non plus, d'une substance simple, d'une unit&#233; indivisible. La monade est pens&#233;e &#224; l'image de notre propre &#226;me, elle est centre de perception. La monade est d&#233;finie par la perception en cela que c'est le contenu de cette perception qui la rend discernable. C'est parce que son contenu est perceptions qu'elle peut, au sein d'une substance simple, conna&#238;tre la multiplicit&#233;. Et cette multiplicit&#233; est essentielle notamment pour garantir &#224; la monade l'originalit&#233; qualitative qui la d&#233;finit entre toutes. C'est donc une multiplicit&#233; de perceptions qui habite la monade, et cette multiplicit&#233; est infinie. Chaque perception que poss&#232;de une monade est caract&#233;ris&#233;e par un certain degr&#233; de distinction, elle varie du confus au distinct sur un axe infini et continu. Le degr&#233; de distinction d'une perception permet &#224; celle-ci d'&#234;tre discernable des autres. Ces degr&#233;s de distinction sont en nombre infini ce qui signifie qu'entre deux perceptions diff&#233;rentes il y a toujours entre elles une infinit&#233; d'autres degr&#233;s de distinction possibles. Le caract&#232;re plus ou moins confus que rev&#234;t la perception d'une monade concourt au degr&#233; de perfection que celle-ci conna&#238;t. Toute monade contient de la perfection &#224; mesure de la distinction qu'il y a dans ses perceptions. Une monade est un miroir de tout l'univers car per&#231;oit toutes les autres monades. Dans les replis de ses perceptions, bien qu'envelopp&#233; dans un irr&#233;ductible degr&#233;s de confusion, une monade contient tout l'univers. Une perception, &#224; moins d'&#234;tre parfaitement distincte, ce qui n'est accessible qu'&#224; Dieu, contient toujours plusieurs perceptions qui sont confondues par leur confusion intrins&#232;que. C'est pourquoi la monade ne conna&#238;t jamais parfaitement et compl&#232;tement le monde, car elle devrait pour cela d&#233;composer &#224; l'infini toutes ses perceptions confuses en perceptions plus distinctes, jusqu'&#224; n'avoir plus que des perceptions parfaitement distinctes. App&#233;tition et autonomie Malgr&#233; le fait qu'une monade ne puisse &#234;tre alt&#233;r&#233;e de mani&#232;re extrins&#232;que, il demeure qu'elle doit &#234;tre soumise au changement. Et cette modification est interne et propre &#224; la monade car elle ne peut le recevoir de l'ext&#233;rieur. Ainsi la monade varie et ce sont ses perceptions qui changent&#160;; de la m&#234;me mani&#232;re qu'elle ne peut recevoir l'impulsion de son changement d'une autre monade, elle ne peut non plus recevoir ses perceptions de l'ext&#233;rieur. La monade contient donc de tout temps toutes ses perceptions, pass&#233;es, pr&#233;sentes et futures. Et les perceptions qui ne semblent pas pr&#233;sentes le sont tout de m&#234;me sous forme de virtualit&#233;, envelopp&#233;es dans des perceptions confuses. Le changement de la monade consiste &#224; passer d'une perception &#224; une autre, et comme les perceptions varient par leur degr&#233; de distinction, c'est un passage &#224; une perception plus confuse ou plus distincte qui constitue ce changement. Cette variation est permise par la spontan&#233;it&#233; propre de la monade qui la rend autonome par rapport aux autres monades. Il s'agit d'un automate incorporel dont la succession des perceptions est op&#233;r&#233;e par une loi interne. Ce changement est semblable &#224; un algorithme se d&#233;ployant par le d&#233;veloppement continu et r&#233;gl&#233; des perceptions actuelles de la monade. Il s'agit d'une tendance naturelle qui fait varier la perception d'une monade, et cette tendance s'op&#232;re par degr&#233;s infinis, non par saut. Comme l'instant est envisag&#233; comme une dur&#233;e infiniment petite, plus petite que toute dur&#233;e donn&#233;e, cette tendance n'appara&#238;t pas, comme le mouvement, avec la multiplicit&#233; des instants. La tendance de la monade est dans chaque instant, car &#224; chaque instant celle-ci enveloppe toujours, dans le d&#233;tail de ses perceptions, son changement pass&#233; autant que son changement futur. D'ailleurs, puisque la monade n'est pas &#233;tendue et que son changement a une source interne, ce dernier ne peut &#234;tre con&#231;u comme un mouvement. Le changement de la monade est qualitatif et non quantitatif, il ne peut &#234;tre envisag&#233; ni comme un changement de lieu ni comme la variation d'une quantit&#233;. Et comme la monade est con&#231;ue par analogie avec une &#226;me, son action doit &#234;tre une sorte d'app&#233;tition. La r&#232;gle de cette tendance, puisqu'elle est envisag&#233;e comme app&#233;tit, doit &#234;tre une recherche du meilleur, du moins du meilleur tel que les perceptions de la monade lui permettent de l'imaginer. La monade tend &#224; passer d'une perception ayant un certain de degr&#233; de confusion &#224; une perception davantage distincte, et cela dans un souci de perfection car passer &#224; une perception plus distincte augmente la perfection de la monade. Mais celle-ci, en raison de son imperfection propre, ne peut avoir une tendance parfaitement r&#233;gl&#233;e, et il arrive donc parfois &#224; la monade, malgr&#233; sa tendance &#224; une perception plus distincte, de passer &#224; une perception plus confuse. Non pas qu'une influence ext&#233;rieure ne l'en emp&#234;che, car tout lui est spontan&#233;, mais son d&#233;veloppement est born&#233; par l'imperfection intrins&#232;que de sa loi interne. Cette autonomie, tendance ou app&#233;tition de la monade est &#233;galement ce qui rend compte de la force qu'on peut lui attribuer bien que celle-ci soit un effet davantage extrins&#232;que qui ne prend son sens que dans la communication des substances. Contingence et libert&#233; La monade n'est pourtant pas soumise &#224; une n&#233;cessit&#233; totale, ses &#233;v&#232;nements reste contingents. Le principe de contradiction, qui discrimine pour savoir ce qui est n&#233;cessaire, ne peut suffire &#224; expliquer les &#233;v&#232;nements de la monade car des &#233;v&#233;nements diff&#233;rents restent possibles. Ce n'est donc pas une loi de n&#233;cessit&#233; qui fait passer la monade d'une perception &#224; une autre. Mais il demeure que chaque perception a sa raison d'&#234;tre dans la perception ant&#233;rieure, et ce compl&#232;tement car toute perception que conna&#238;tra une monade est d&#233;j&#224; en elle, envelopp&#233;e &#224; l'&#233;tat de virtualit&#233; dans ses pr&#233;sentes perceptions confuses. Ainsi il serait possible de conna&#238;tre a priori la suite de tous les changements et de tous les &#233;tats qu'a connus et que conna&#238;tra une monade &#224; partir de ses perceptions pr&#233;sentes, si nous &#233;tions capable de parcourir l'infini tout d'un coup, de saisir l'infini dans l'instant. En effet tout &#233;v&#232;nement que conna&#238;t une monade est contingent, cela signifie qu'il a sa raison prochaine dans un autre &#233;v&#232;nement contingent de la monade. Mais une monade a une infinit&#233; de perceptions et chacune est soumise &#224; une infinit&#233; de changements, la recherche de la raison derni&#232;re de n'importe quel &#233;v&#232;nement d'une monade est donc sans fin. Les &#233;v&#232;nements d'une monade peuvent &#234;tre seulement dits n&#233;cessaires ex hypothesi, c'est-&#224;-dire pas en eux-m&#234;mes mais seulement parce que Dieu en a choisit ainsi. Un &#233;v&#232;nement contingent n'est cependant jamais susceptible d'une d&#233;monstration, d'une r&#233;duction en propositions identiques, tel que cela est accessible aux v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires. Seul Dieu est donc capable de saisir les contingents avec une certitude du genre de celle que nous avons des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires. Pour ce qui est des cr&#233;atures, il est possible de trouver des preuves a priori d'un &#233;v&#232;nement, en se fondant sur les &#233;v&#232;nements ant&#233;rieurs qui en rendent raison mais il ne s'agit jamais d'une d&#233;monstration. La monade n'est donc pas n&#233;cessit&#233;e mais elle reste d&#233;termin&#233;e par un principe de raison, et ce principe incline sans n&#233;cessiter. Cela garantie donc une certaine libert&#233; &#224; la monade car si elle tend vers le meilleur parce qu'elle y est inclin&#233;e par le principe de raison suffisante, on ne peut dire qu'elle y soit n&#233;cessit&#233;e car son contraire n'implique pas contradiction. Mais cette d&#233;termination au meilleur ne signifie pas qu'elle atteigne toujours un &#233;tat meilleur, son imperfection inh&#233;rente ne lui faisant rechercher que l'apparence du meilleur. La diff&#233;rence entre la libert&#233; de Dieu et celle des monades tient &#224; ce que celles-ci tendent au meilleur, en recherchant le meilleur apparent, tandis que Dieu fait, sans borne ni faux semblant, le meilleur. La compatibilit&#233; de ces deux libert&#233;s tient &#224; ce que Dieu comprend toutes nos raisons, car c'est lui qui les a choisies en derni&#232;re instance, tandis que les monades ne peuvent comprendre celles de Dieu puisque nous n'avons jamais une perception parfaite de Dieu pas plus que du monde. Nous sommes donc dans l'incapacit&#233; de nier la libert&#233; car la compr&#233;hension totale du d&#233;terminisme, impos&#233; par la libert&#233; de Dieu et qui d&#233;passe la notre, nous est radicalement inaccessible. 1.4.2. Les monades Hi&#233;rarchie des &#234;tres Toutes les monades ne pr&#233;sentent pas les m&#234;mes caract&#233;ristiques en fonction de leur degr&#233; de perfection. Il y a pourtant toujours continuit&#233; et les cat&#233;gories suivantes ne sont donc pas absolues dans le sens o&#249; une infinit&#233; de degr&#233;s de perfection est possible entre chacune d'elles. De m&#234;me, au sein de ces cat&#233;gories, les &#234;tres sont l&#224; encore soumis &#224; une hi&#233;rarchie continue bas&#233;e sur leur perfection intrins&#232;que. Cette difficult&#233; tient &#224; ce que la pr&#233;sente cat&#233;gorisation ne peut manquer d'ob&#233;ir aux coupures saccad&#233;es que nous impose tout langage mais qui ne doit pas nous masquer la continuit&#233; totale qui caract&#233;rise cette hi&#233;rarchie des &#234;tres. Aussi n'y a-t-il pas de monades mortes oppos&#233;es &#224; des monades vivantes, toutes sont dites vivantes dans la seule mesure o&#249; elle connaissent perception et app&#233;tition, et qu'elles sont sources de leurs actions par une modalit&#233; analogue &#224; la libert&#233;. Le premier type de monades est constitu&#233; par les ent&#233;l&#233;chies. Elles poss&#232;dent la perception seule, sans sentiment ni m&#233;moire et sans aperception non plus. En reprenant le langage d'Aristote, on peut &#233;galement les appeler &#226;mes v&#233;g&#233;tatives car c'est ce type de monade qui pr&#233;side aux organisme les plus simples que sont les v&#233;g&#233;taux. Mais les ent&#233;l&#233;chies couvrent &#233;galement la mati&#232;re brute, ou mati&#232;re premi&#232;re, et peuvent pr&#233;sider aux organes des organismes plus complexes. Leur spontan&#233;it&#233; ne leur permet gu&#232;re plus que de seulement maintenir leur existence par la r&#233;sistance minimale que la monade ne peut manquer de conserver puisqu'elle doit produire une force non nulle. En pr&#233;sidant &#224; un organisme v&#233;g&#233;tal ou &#224; un organe, l'ent&#233;l&#233;chie peut cependant d&#233;velopper une autonomie plus complexe et entrer davantage dans la sph&#232;re des causes finales. Viennent ensuite les &#226;mes proprement dites, qui poss&#232;dent un degr&#233; de perfection sup&#233;rieur et pr&#233;sident aux organismes que sont les animaux. Ce sont des monades qui connaissent la m&#233;moire en plus de la perception, la m&#233;moire &#233;tant un d&#233;veloppement de la r&#233;tention dont toutes les monades font preuve. M&#234;me dans les ent&#233;l&#233;chies en effet, toutes les perceptions qu'a pu avoir une monade rentent envelopp&#233;es dans ses perceptions confuses actuelles, mais la m&#233;moire permet une cons&#233;cution par laquelle l'animal peut associer de mani&#232;re empirique perceptions pass&#233;es et perceptions pr&#233;sentes. Cela lui permet d'anticiper des &#233;v&#232;nements futur en s'attendant &#224; se que se reproduise des associations jadis observ&#233;es par une perception assez distincte ou par la reproduction de nombreuses perceptions confuses similaires. C'est ainsi que la monade conna&#238;t le sentiment qui est une perception plus distincte que la seule perception dont est capable l'ent&#233;l&#233;chie. Et c'est pourquoi, en reprenant le langage aristot&#233;licien, on peut les appeler &#233;galement &#226;mes sensitives. Par cette m&#233;moire et par cette capacit&#233; d'anticipation qui doit faire entrer la consid&#233;ration de son int&#233;r&#234;t dans le fonctionnement de l'animal, on peut dire que celui-ci se trouve de plein pied dans le domaine de la finalit&#233;. Mais les esprits sont bien plus parfait et poss&#232;dent bien plus. Ce sont les monades qui pr&#233;sident aux corps humains, ce sont les &#226;mes humaines ou &#226;mes raisonnables pour reprendre Aristote. Non seulement elles poss&#232;dent la m&#233;moire comme les animaux, ce qui les rend susceptibles des m&#234;mes capacit&#233;s empiriques, mais elles poss&#232;dent en plus la raison. Celle-ci permet &#224; un esprit d'acc&#233;der aux actes r&#233;flexifs qui sont une connaissance de soi-m&#234;me, une connaissance de ce moi qui contient les notions d'&#234;tre, de substance, d'immat&#233;rialit&#233;, de compos&#233; et enfin de Dieu. C'est cet acc&#232;s aux v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires qui est permis aux esprits et qui leur ouvre le champ d'une connaissance rationnelle et th&#233;orique. Et cette connaissance r&#233;flexive est bien plus que le simple empirisme dans la mesure o&#249; elle ne s'expose pas au m&#234;me genre d'erreurs&#160;; elle ne se base pas sur des fonctionnements pass&#233;s dont on sp&#233;cule l'identit&#233; avec des &#233;v&#232;nements pr&#233;sents et futurs ressemblants, elle &#233;tablit des v&#233;rit&#233;s fond&#233;es sur des principes intemporels, comme celui de contradiction. Ainsi, la perception &#224; laquelle acc&#232;dent les esprits, beaucoup plus distincte de celle des ent&#233;l&#233;chies comme de celle des &#226;mes, est appel&#233;e aperception. Cette hi&#233;rarchie n'est cependant pas ferm&#233;e car une monade peut passer d'un &#233;tat &#224; un autre au cours de son existence. L'&#226;me d'un animal retombe &#224; l'&#233;tat d'une simple ent&#233;l&#233;chie lorsque celui-ci conna&#238;t ce que nous appelons couramment mort mais qui est bien plus une esp&#232;ce de long sommeil sans r&#234;ve. L'&#226;me ne dispara&#238;t jamais proprement et m&#234;me les ent&#233;l&#233;chies poss&#232;dent une forme d'activit&#233;, c'est pourquoi la mort tel que nous la connaissons, au sein de la cr&#233;ation divine, n'est jamais la fin de la monade mais seulement son glissement d'une cat&#233;gorie &#224; une autre de la m&#234;me mani&#232;re que l'on passe &#224; une perception plus confuse. De m&#234;me la naissance ne correspond pas &#224; la cr&#233;ation de la monade mais &#224; son passage &#224; une perception beaucoup plus distincte, &#224; un &#233;tat plus parfait qui fait que la monade, qui n'&#233;tait gu&#232;re plus qu'une ent&#233;l&#233;chie, devient une &#226;me sensitive. Les esprits connaissent la g&#233;n&#233;ration et la naissance d'une mani&#232;re proche de celle des animaux, commen&#231;ant tels l'ent&#233;l&#233;chie puis gagnant m&#233;moire puis raison. Car les esprits sont aussi parfois dans un &#233;tat plus proche d'une &#226;me que d'un esprit, lorsqu'ils ne font usage que de leurs capacit&#233;s empiriques, perdant l'aperception et oubliant les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles et n&#233;cessaires. Mais la diff&#233;rence est grande, comme nous le verrons &#224; propos de Dieu et de sa cit&#233;, car les esprits sont dans un commerce particulier avec leur cr&#233;ateur, qui n&#233;cessite qu'ils conservent ce moi qui les caract&#233;rise afin d'&#234;tre susceptibles de r&#233;demption. Un esprit reste donc esprit pendant toute la dur&#233;e de la cr&#233;ation bien qu'il tombe parfois dans l'&#233;tourdissement qui le rabaisse au niveau d'une &#226;me ou le sommeil et la mort qui le font tomber dans un &#233;tat similaire &#224; la simple ent&#233;l&#233;chie. Ce qui lui maintient cette qualit&#233; d'esprit c'est que, d'une mani&#232;re sp&#233;ciale li&#233;e &#224; la connaissance qu'il a eu de son moi et &#224; la condition morale &#224; laquelle il a acc&#233;d&#233;, un esprit conserve, envelopp&#233;e, la m&#233;moire de ce moi. M&#234;me Dieu a une place dans cette hi&#233;rarchie des &#234;tres, mais une place toute sp&#233;ciale. Dieu n'y est pas un &#233;chelon ou un degr&#233; quelconque, c'est le degr&#233; ultime car il est l'&#234;tre infiniment parfait. Et comme la suite qui constitue cette hi&#233;rarchie est une suite infinie, Dieu doit y tenir le r&#244;le de l'infini pour constituer l'&#234;tre ultime. Car dans une suite infini, pour n'importe quel &#233;l&#233;ment quelconque, aussi &#233;lev&#233; qu'on le prenne, il est possible de trouver un &#233;l&#233;ment qui lui est sup&#233;rieur. Dieu est donc l'infini qui permet &#224; cette suite d'&#234;tre infini car c'est lui qui l'a cr&#233;&#233;e. Il est donc impossible &#224; toute monade d'atteindre le degr&#233; de perfection de Dieu, autant qu'il est impossible de d&#233;ployer compl&#232;tement une suite infinie. Aussi Dieu reste de tout temps &#224; cette place d'honneur car sa perfection, pas plus que sa perception, ne peut d&#233;cliner en aucune mani&#232;re. Le statut du corps Le monde est plein et &#233;tendu, c'est-&#224;-dire qu'il y a des monades partout, et comme celles-ci sont in&#233;tendues, chaque portion d'espace en contient une infinit&#233;. Mais le monde est &#233;galement constitu&#233; de corps en cela que le corps est un compos&#233; de monades, un agr&#233;gat. Et le corps est une portion d'&#233;tendue, il contient donc lui aussi une infinit&#233; de monades. Le corps n'est cependant pas une substance proprement dite mais seulement une substance compos&#233;e qui tient davantage du ph&#233;nom&#232;ne car il ne s'agit pas d'une unit&#233; v&#233;ritable telle que l'est une monade. Les monades rendent raison des corps de la m&#234;me mani&#232;re que le simple du compos&#233; ou l'unit&#233; du multiple. Ainsi, l'antitypie, qui est l'imp&#233;n&#233;trabilit&#233; dont fait preuve tout corps, est permise par la tendance de chaque monade &#224; pers&#233;v&#233;rer dans son &#234;tre. Le corps est &#233;tendu gr&#226;ce &#224; l'effort, au conatus, que les simples qui le composent fournissent. Il en est &#233;galement ainsi de la r&#233;sistance que le corps exerce et qui fonde l'inertie puis tous les autres ph&#233;nom&#232;nes observables dans le monde des corps. Les corps organis&#233;s se distinguent des autres en cela qu'ils ont une monade dominante, que ce soit une simple ent&#233;l&#233;chie pour la plus part des vivants, une &#226;me proprement dite pour les b&#234;tes ou un esprit pour les &#234;tres humains. Cette monade dominante correspond &#224; la forme substantielle aristot&#233;licienne. Les autres corps forment de la mati&#232;re inerte car aucune monade n'y pr&#233;side. Mais la mati&#232;re est organis&#233;e dans la moindre de ses parties et cela &#224; l'infini, en vertu de la division actuelle de la mati&#232;re en monades in&#233;tendues. Ainsi les vivants ne sont pas seulement un agr&#233;gat de monades toutes au m&#234;me statut &#224; l'exception de la monade dominante, ils sont compos&#233;s d'organes qui sont eux aussi des vivant dans le sens o&#249; une monade doit pr&#233;sider &#224; chaque organe. Et chaque organe, chaque fluide, chaque tissu d'un &#234;tre organis&#233; est lui aussi peupl&#233; de vivants plus petits et cela &#224; l'infini. Chaque vivant poss&#232;de donc une organisation d'une complexit&#233; infinie bas&#233;e sur une hi&#233;rarchie parmi les monades. Un organe concourt en effet aux fins de la monade pr&#233;sidant au corps dans la composition duquel elle rentre car son ent&#233;l&#233;chie fait parti de cet agr&#233;gat. M&#234;me la mati&#232;re inerte est elle aussi organis&#233;e dans ses parties. Si aucune monade ne pr&#233;side &#224; un tel corps, il demeure que des vivants qui poss&#232;dent une ent&#233;l&#233;chie dominante doivent le composer. Et ces vivants seront eux aussi compos&#233;s d'organes, de sorte que m&#234;me la mati&#232;re inerte soit finalement enti&#232;rement compos&#233;e de vivants. En derni&#232;re instance d'ailleurs, tout corps est compos&#233; de monades qui sont toutes vivantes, ce qui laisse quoiqu'il en soit le monde enti&#232;rement vivant. Une ent&#233;l&#233;chie dominante ne poss&#232;de jamais de corps qui lui soit affect&#233; ontologiquement. La composition du corps organis&#233; dont dispose une &#226;me change dans le temps, croissant ou d&#233;croissant en &#233;tendue comme en complexit&#233;. Un vivant d&#233;veloppe des organes et en perd d'autres dans un changement constant et continu dont m&#234;me la mort et la g&#233;n&#233;ration font partis. M&#234;me lorsqu'il conna&#238;t un semblant de stabilit&#233;, le corps n'est jamais compos&#233; des m&#234;mes monades car certaines sortent tandis que d'autres rentrent alors que la forme g&#233;n&#233;rale du corps organis&#233; se conserve. Et cette forme se maintient car la monade dominante, elle, ne change jamais, elle seule peut constituer la forme substantielle du corps et doit pour cela en rendre raison int&#233;rieurement. Ainsi c'est une m&#233;tamorphose perp&#233;tuelle qui s'op&#232;re dans la vie mais jamais une m&#233;tempsycose. Et puisqu'une &#226;me ou ent&#233;l&#233;chie conna&#238;t une variation interne selon que ses organes changent, son contenu doit bien rendre compte de la composition actuelle de son corps, car la forme du corps ne peut se conserver dans son &#226;me directrice que sous la modalit&#233; de la perception puisque celle-ci ne poss&#232;de ni figure ni quantit&#233;. C'est pourquoi les corps qui ne sont rien que des agr&#233;gats de monades sans ent&#233;l&#233;chie dominante ont moins de r&#233;alit&#233; que les corps organis&#233;s car ils n'ont pas de forme substantielle pour rendre raison d'eux. De tels corps trouvent uniquement leur raison dans la perception que nous en avons, c'est pourquoi ils ont un caract&#232;re encore plus ph&#233;nom&#233;nal que les autres corps. Harmonie pr&#233;&#233;tablie Chaque monade se comporte donc comme s'il n'existait que Dieu et elle, ses &#233;v&#232;nements et ses changements ayant une source interne, dans la force que Dieu a mise au fond de toute monade. Cependant chaque monade per&#231;oit toutes les autres, il faut donc bien qu'il y ait une relations quelconque entre elles. Une monade per&#231;oit toutes les autres mais ces perceptions sont une suite de sa constitution sans que rien ne puisse venir l'affecter de l'ext&#233;rieur au cours de la cr&#233;ation, sauf un d&#233;cret exceptionnel de Dieu. Mais puisque ce qui se passe dans une monade correspond avec ce qui se passe dans les autres c'est qu'elles doivent toutes &#234;tre accord&#233;es d&#233;s le d&#233;but. Aucune communication par &#233;mission ou transplantation de quoique ce soit pendant la dur&#233;e du monde ne peut &#234;tre admise pour expliquer cet accord. Dieu, ayant &#233;gard &#224; tout et pouvant pr&#233;voir le comportement de toutes les cr&#233;atures, a donc cr&#233;&#233; les monades tels des automates spirituels qui agissent de concert perp&#233;tuellement. L'Harmonie pr&#233;&#233;tablie est appropri&#233;e pour expliquer la communication des substances car elle permet l'accord des monades sans qu'elles s'influencent mutuellement, mais aussi parce qu'elle satisfait &#224; la bont&#233; et &#224; la puissance divine. Dieu poss&#232;de la puissance n&#233;cessaire pour tout r&#233;gler par avance et pour permettre &#224; chaque monade d'&#234;tre en relation avec toutes les autres, et il n'y a rien qui ait pu l'emp&#234;cher de satisfaire ainsi sa volont&#233;, qui recherche le meilleur, c'est-&#224;-dire l'&#233;conomie des moyens pour la maximisation des fins. Cette &#233;conomie s'observe par le fait que, gr&#226;ce &#224; cette harmonie, le m&#234;me monde est multipli&#233; une infinit&#233; de fois par le point de vue diff&#233;rent que chaque monade en a, tout en conservant &#224; chacune une totale spontan&#233;it&#233;. Comme sa nature est repr&#233;sentative, c'est dans l'expression dont elle est capable &#224; l'&#233;gard des autres que le rapport d'une monade aux autres monades peut &#234;tre envisag&#233;. Dieu ayant cr&#233;&#233; le monde harmonieusement, chaque monade repr&#233;sente toutes les autres d'une mani&#232;re exacte mais plus ou moins distincte, c'est-&#224;-dire que ses perceptions r&#233;pondent toujours &#224; ce qui se passe dans les autres monades, quoiqu'en restant toujours empruntes d'une certaine confusion. C'est en cela qu'on peut dire qu'elle les exprime, parce qu'il est possible de rendre partiellement raison de ce qui se passe dans toutes les monades &#224; partir des perceptions de chacune d'elles. Et l'action des monades les unes sur les autres doit &#234;tre con&#231;ue ainsi car elle ne peut que consister dans un rapport de repr&#233;sentation et d'expression. Une monade est dite agir sur une autre lorsque l'on trouve en elle de quoi rendre raison a priori de l'&#233;tat actuel d'une autre. Une monade p&#226;tit inversement lorsque c'est dans une autre monade que l'on trouve de quoi rendre raison d'elle. Il y a cependant toujours expression mutuelle, seulement, de la m&#234;me mani&#232;re qu'il n'y a jamais deux monades qui aient le m&#234;me degr&#233; de perfection ou qui poss&#232;de une perception aussi distincte, cette expression mutuelle est toujours &#224; l'avantage de l'une ou de l'autre en fonction de la hi&#233;rarchie des &#234;tres. L'action correspond donc aux perceptions distinctes qu'une monade &#224; de ce qui est confus dans l'autre, elle est le signe de la perfection de la monade alors que la passion est le signe de son imperfection. La compr&#233;hension du commerce des corps trouve &#233;galement une explication gr&#226;ce &#224; cette Harmonie pr&#233;&#233;tablie. C'est parce qu'elle a son fondement dans les monades que l'&#233;tendue ob&#233;it &#224; des lois montrant de l'analogie avec celles des substances. Ainsi la communication de la force parmi le monde des corps, comme celui-ci est plein, se transmet toujours de corps en corps, d'un bout &#224; l'autre de l'univers, et ce dans une certaine proportion li&#233;e &#224; la proximit&#233; et l'organisation de la mati&#232;re. Une intelligence sans borne pourrait aussi bien lire dans les replis d'une seule monade de quoi rendre compl&#232;tement raison de toutes les autres que voir le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur de tout l'univers dans le moindre corps. Toutes les conceptions m&#233;caniques et g&#233;om&#233;triques de communication, inappropri&#233;es dans le cas des substances, sont cependant d'usage parfaitement l&#233;gitime pour la physique des corps car ces derniers ne sont pas des substances&#160;; et l'&#233;tendue, qui est l'objet de la m&#233;canique, na&#238;t, ainsi que toutes ses propri&#233;t&#233;s, avec la r&#233;p&#233;tition et l'agr&#233;gation des monades. Les corps peuvent donc bien se communiquer des monades selon des principes g&#233;om&#233;triques bien qu'il faille suppl&#233;er &#224; cela les notions de la dynamique et qu'en derni&#232;re instance l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie soit n&#233;cessaire pour rendre pleinement compte de ces ph&#233;nom&#232;nes. C'est en effet elle qui rend intelligible la communication de la force qui s'op&#232;re parmi les corps. Nous avons donc des corps dont l'action est m&#233;canique, bas&#233;e sur une influence mutuelle, mais qui ne sont que les ph&#233;nom&#232;nes des &#233;l&#233;ments beaucoup plus fondamentales que sont les monades. Et ces derni&#232;res n'ont entre elles qu'une influence id&#233;ale bas&#233;e sur l'accord que Dieu a institu&#233; entre elles. Si l'influence m&#233;canique est donc un moyen efficace de comprendre les ph&#233;nom&#232;nes parmi les corps, elle n'est que de l'ordre de l'apparence car les derniers &#233;l&#233;ments de ces corps ne connaissent pas ce type d'influence. Ce qui semble &#234;tre une transmission de force chez les compos&#233;s est en r&#233;alit&#233; le r&#233;sultat ph&#233;nom&#233;nal de la spontan&#233;it&#233; r&#233;gl&#233;e de tous les simples qui les constituent. Cette harmonie est &#233;galement d'un usage essentiel, outre la communication entre monades et entre corps, pour le cas particulier mais primordial de l'union de l'&#226;me et du corps. Les ent&#233;l&#233;chies directrices, les &#226;mes comme les esprits sont en effet affect&#233;s &#224; un corps et la communication de ce dernier avec cette monade dominante ne peut pas non plus recevoir la moindre explication par des moyens m&#233;caniques ou par la transmission de quelques esp&#232;ces. Ce probl&#232;me trouve cependant compl&#232;tement sa solution dans l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie car tout corps est un agr&#233;gat de monades et l'&#226;me ne communique pas directement avec le corps mais plus fondamentalement avec chacune de ces monades. Ainsi, de m&#234;me que le commerce des corps est de l'ordre de l'apparent, l'&#226;me ne donne rien au corps et ne re&#231;oit rien non plus, il ne s'agit que d'un ph&#233;nom&#232;ne du &#224; l'accord pr&#233;&#233;tabli entre la monade dominante qui est notre &#226;me et toutes les autres monades qui sont notre corps. Et cela est &#233;galement du ressort de l'expression, l'&#226;me agissant sur le corps lorsqu'elle en rend raison distinctement et p&#226;tissant lorsqu'elle n'y parvient gu&#232;re et que c'est davantage dans les monades de son corps que l'on trouve de quoi rendre raison d'elle. On d&#233;finit d'ailleurs par l&#224; le corps affect&#233; &#224; une monade, il s'agit de l'agr&#233;gat des monades dont cette ent&#233;l&#233;chie rend raison, autrement dit le corps est l'ensemble des monades sur lesquelles l'&#226;me a une perception beaucoup plus distincte que le reste de l'univers. C'est pourquoi on peut dire que le corps n'est certes qu'un ph&#233;nom&#232;ne mais qu'il a une certaine r&#233;alit&#233; dans son &#226;me directrice et que celle-ci en constitue la forme substantielle ou, en quelques sortes, l'unit&#233; ontologique. L'Harmonie pr&#233;&#233;tablie permet donc aux monades d'avoir leurs propres lois, et l'&#233;tendue les siennes, et que tout se rejoigne n&#233;anmoins et corresponde parfaitement. Ainsi les &#226;mes peuvent-elles suivre les lois des causes finales, par la constitution app&#233;titive et perceptive par laquelle nous les avons d&#233;finies, tandis que les corps peuvent ob&#233;ir parall&#232;lement aux lois des causes efficientes et donc se soumettre &#224; des principes m&#233;caniques. Cela permet de sauvegarder la libert&#233; car la monade ne se soumet jamais aux causes efficientes, pas plus qu'elle ne subit d'influence ext&#233;rieure. De m&#234;me les corps peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme s'ils existaient seuls, permettant ainsi une m&#233;canique pure et efficace, m&#234;me si celle-ci n&#233;cessite d'&#234;tre fond&#233;e sur des principes immat&#233;riels autant qu'un monde sans &#226;me reste m&#233;taphysiquement inconcevable. Aussi peut-on admettre une parfaite conformit&#233; entre les d&#233;tails de l'organisme humain et son esprit sans pour autant que l'on explique l'un par l'autre. 1.4.3. Dieu Les attributs de Dieu et la cr&#233;ation Bien que celui-ci soit infiniment parfait, il y a solution de continuit&#233; entre Dieu et toutes les monades. Les propri&#233;t&#233;s des monades doivent donc &#234;tre sensiblement similaires &#224; celles de Dieu. Comme ce dernier est sans borne, chaque monade doit bien plus en constituer une imitation imparfaite car on ne peut rien imaginer qui soit dans un &#234;tre fini mais qui ne soit pas en m&#234;me temps dans l'&#234;tre infini, l'imperfection &#233;tant entendue comme un manque. Un &#234;tre est donc &#224; l'image de Dieu dans une certaine proportion, qui est le degr&#233; de perfection propre &#224; chaque monade. Il est alors in&#233;vitable que la cr&#233;ation divine s'articule autour des attributs de Dieu. L'entendement, ou connaissance, de Dieu correspond &#224; la facult&#233; perceptive qui est dans chaque monade tandis que sa volont&#233; est l'analogue de la facult&#233; app&#233;titive de la monade. La puissance divine correspond quand &#224; elle au sujet ou &#224; la base dans la monade, autrement dit &#224; ce qui conna&#238;t perception et app&#233;tition&#160;; la puissance en Dieu a en fin de compte son &#233;quivalent dans la r&#233;ceptivit&#233; de la cr&#233;ature. C'est dans l'entendement de Dieu que l'on trouve toutes les id&#233;es et notamment les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, ou v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, c'est l&#224; que doit &#234;tre cherch&#233;e leur r&#233;alit&#233; puisque celles-ci n'ont rien de substantielle. Le principe de contradiction est la r&#232;gle de cet entendement, non pas que cet entendement soit limit&#233; par ce principe, mais parce que l'entendement parfait de l'&#234;tre supr&#234;me ne peut manquer d'ob&#233;ir au principe qui fonde le bon exercice de la raison. Suivre le principe de contradiction permet au contraire &#224; la connaissance divine d'&#234;tre purement positive et de ne comprendre aucune n&#233;gation. L'entendement divin est donc plus pr&#233;cis&#233;ment la source des essences, ou possibles, car il contient tout ce qui n'implique pas contradiction. La volont&#233; divine arrive ensuite et n'a donc aucun pouvoir sur le contenu de l'entendement divin, elle ne choisit pas les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, pas plus qu'elle ne d&#233;cr&#232;te les possibilit&#233;s. Non pas, l&#224; encore, que cette volont&#233; soit born&#233;e de fa&#231;on extrins&#232;que mais une volont&#233; parfaite doit &#234;tre r&#233;gl&#233;e par un entendement tout aussi parfait, c'est-&#224;-dire qui n'admet rien de contradictoire et qui contient d'embl&#233;e toutes les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles&#160;; une volont&#233; parfaite n'&#233;tant pas une libert&#233; de tout choisir, mais une libert&#233; qui s'attache &#224; tout faire selon le supr&#234;me bien. La volont&#233; divine choisit donc parmi les essences, elle est le crit&#232;re qui &#233;lit certains possibles &#224; l'existence et par cons&#233;quent elle est la source des existences. Et cette volont&#233; est soumise au principe de raison suffisante ce qui signifie qu'elle choisit toujours le meilleur parmi les possibles, c'est-&#224;-dire ceux qui font montre de la plus grande perfection. Mais la puissance de Dieu est premi&#232;re, car elle est la source de tout, de l'entendement et de la volont&#233; donc des essences comme des existences. De plus c'est elle qui maintient le monde une fois celui-ci cr&#233;&#233;. Nous avons donc un entendement divin qui contient les essences, chacune d'elles &#233;tant une monade possible qui a d&#233;j&#224;, en tant que possible, la multiplicit&#233; qui fait son originalit&#233; et qui contient la suite de ses &#233;v&#232;nements futurs potentiels. Cette suite d'&#233;v&#232;nements est une suite de perceptions et comme le degr&#233; de distinction de celles-ci d&#233;termine sa perfection potentielle, le degr&#233; de perfection d'une monade est d&#233;j&#224; contenu dans son id&#233;e. La volont&#233; divine choisit alors parmi ses monades potentielles celles qui seront &#233;lues pour exister. Elle choisit selon le meilleur qui est la plus grande perfection possible dans le monde cr&#233;&#233;. Dieu n'a donc qu'&#224; discriminer selon la suite des &#233;v&#232;nements de chaque monade que son entendement lui fait conna&#238;tre. Certains possibles sont cependant incompossibles, c'est-&#224;-dire que s'ils sont individuellement possibles, leur combinaison implique contradiction. De telles combinaisons sont donc impossibles et la volont&#233; de Dieu doit alors choisir un monde enti&#232;rement compossible, cela explique la pr&#233;sence du mal dans le monde et l'inexistence de certains biens potentiels, le mal &#233;tant n&#233;cessaire pour un plus grand bien de m&#234;me que tous les biens ne sont pas compatibles. C'est enfin la puissance divine qui permet au choix divin de se concr&#233;tiser et de se maintenir. Cette perfection potentielle que contient d&#233;j&#224; chaque &#234;tre lorsqu'il n'est qu'&#224; l'&#233;tat de possible, puisque cette perfection est discriminante pour exister, est la tendance propre de chaque monade &#224; exister. Mais comme elles tendent ainsi toutes &#224; l'existence, elles s'entre-emp&#234;chent dans la mesure o&#249; elles ne sont pas toutes compatibles. De plus aucune d'elles n'a de toute fa&#231;on la perfection n&#233;cessaire pour exister de son propre chef car ce ne sont que des &#234;tres contingents. Il n'y a donc que la volont&#233; divine pour favoriser certains possibles plus que d'autres selon son inclination au meilleur que nous avons explicit&#233;e. Cette faveur divine se manifeste par des fulgurations continuelles, effet de la puissance de Dieu, s'accommodant &#224; son entendement et &#224; sa volont&#233;. Preuves de l'existence de Dieu Il peut para&#238;tre &#233;trange d'aborder les preuves de l'existence de Dieu apr&#232;s avoir traiter ses propri&#233;t&#233;s et son oeuvre mais cette ordre logique tient &#224; ce que ces preuves a priori se basent sur son concept tandis que celles a posteriori partent des propri&#233;t&#233;s des choses cr&#233;&#233;es. Leibniz commence &#224; prouver l'existence de Dieu par la preuve traditionnelle de Saint Anselme et de Descartes sur les perfections divines mais en la corrigeant. Ainsi, puisque Dieu est infiniment parfait, il doit poss&#233;der toutes les perfections et chacune d'elles sans borne. Tout ce qui est positif &#233;tant susceptible de perfection, l'existence peut &#234;tre con&#231;ue comme une perfection car elle est essentiellement positive. L'&#234;tre sans borne doit donc exister. L'existence est con&#231;ue comme d&#233;j&#224; contenue dans le concept de Dieu, il s'agit d'ailleurs de la seule id&#233;e qui contiennent ainsi sa propre existence de mani&#232;re expresse. Mais cette preuve est incompl&#232;te car elle n&#233;cessite que l'on montre pr&#233;alablement que cette id&#233;e existe. Une id&#233;e existe par le fait qu'il s'agit d'un possible, donc elle doit &#234;tre fond&#233;e sur le principe de contradiction&#160;; c'est cela qu'il faut pr&#233;alablement prouver pour que cette preuve de Dieu soit logiquement viable. Dieu a donc se privil&#232;ge de pouvoir exister par le seul fait d'&#234;tre possible, il est l'&#234;tre n&#233;cessaire dont l'existence est contenue dans son essence. La contradiction signifie l'affirmation d'un &#234;tre et de son contraire ou, autrement dit, l'affirmation et la n&#233;gation simultan&#233;e du m&#234;me &#234;tre. Le concept de l'&#234;tre infiniment parfait, puisque la perfection est radicalement positive, ne peut contenir la moindre n&#233;gation, mais seulement des affirmations sans borne, il ne peut donc &#234;tre contradictoire. Dieu est alors possible et existe donc n&#233;cessairement. Cette preuve est dite a priori dans le sens o&#249; c'est l'analyse du seul concept de Dieu qui permet de prouver son existence. En reprenant la terminologie de la tendance propre &#224; chaque &#234;tre, il est possible de redoubler cette preuve. Tous les possibles tendent &#224; l'existence, mais ils n'y parviennent pas &#224; cause de leur imperfection. Ils ne se suffisent pas &#224; eux-m&#234;mes et s'entre-emp&#234;chent de surcro&#238;t. Mais l'&#234;tre supr&#234;me, s'il est possible, puisque infiniment parfait, ne peut manquer de rien pour acc&#233;der &#224; l'existence. De m&#234;me ne trouvera-t-il rien &#224; son niveau capable de l'emp&#234;cher d'exister car il d&#233;passe infiniment tous les autres &#234;tres. Si tous les &#234;tres tendent naturellement &#224; exister, l'&#234;tre sans borne ne peut logiquement manquer d'accomplir cette tendance. Tous les possibles sont toujours dans un &#233;tat interm&#233;diaire entre la puissance et l'acte, except&#233; Dieu dont l'infini perfection lui accorde se privil&#232;ge d'&#234;tre toujours un pur acte. Leibniz y suppl&#233;ait deux preuves a posteriori, bas&#233;es sur la consid&#233;ration des choses cr&#233;&#233;es. La premi&#232;re est fond&#233;e sur la contingence. Toute &#234;tre cr&#233;&#233; est contingent dans le sens o&#249; il ne contient pas la raison de son existence car son essence n'est que possible et jamais n&#233;cessaire, cette raison est donc &#224; rechercher dans un autre &#234;tre hors de lui. Dans le monde cr&#233;&#233;, o&#249; il n'y a que des &#234;tres contingent, et il est donc impossible d'y trouver un &#234;tre qui rende raison de lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire qui ne soit pas conditionn&#233; par une cause ant&#233;rieure. La recherche de la raison derni&#232;re d'un contingent se fait alors sans fin, en parcourrant une infinit&#233; d'&#234;tre contingents, en remontant ind&#233;finiment le circuit de la causalit&#233;. Mais aucun contingent ne pourrait &#234;tre r&#233;el s'il n'y avait que des &#234;tres contingents, il faut au moins un &#234;tre n&#233;cessaire, qui contiennent sa propre r&#233;alit&#233;, pour qu'il puisse exister des contingents. Explicit&#233; math&#233;matiquement, les &#234;tres contingents constituent une s&#233;rie infinie mais cette s&#233;rie doit elle-m&#234;me avoir une raison, cette derni&#232;re devant &#234;tre con&#231;ue comme hors de la s&#233;rie, elle ne peut &#234;tre contingente mais n&#233;cessaire. Autrement dit, selon le principe de raison suffisante, toute chose doit avoir une raison pour &#234;tre ainsi plut&#244;t qu'autrement et, comme le principe de contradiction ne peut &#234;tre cette raison, il faut imaginer quelque autre puissance capable discriminer entre les possibles. Le hasard ne satisfaisant pas non plus au principe de raison suffisante, on ne peut imaginer qu'une volont&#233; pour op&#233;rer cette discrimination. La seconde preuve a posteriori est bas&#233;e sur l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie. L'action des monades les unes sur les autres n'est pas concevable et leur accord doit donc consister dans une concordance pr&#233;alablement instaur&#233;e entre elles. Mais cet accord n'a pu &#234;tre pr&#233;vu que par un &#234;tre dont l'entendement conna&#238;t la suite enti&#232;re de tous les &#233;v&#232;nements de toutes les monades&#160;; un &#234;tre intelligent donc, et infiniment intelligent puisque son intelligence doit porter sur tout les d&#233;tails du monde. De m&#234;me, seule une volont&#233; a pu &#234;tre &#224; l'origine de cette harmonie car elle t&#233;moigne d'un souci d'&#233;conomie qui rel&#232;ve du principe du meilleur, caract&#233;ristique de la volont&#233;. Enfin il faut une puissance infinie pour avoir ainsi &#233;gard &#224; toutes les monades et toutes les r&#233;gler en accord avec toutes les autres pour toute la dur&#233;e du monde. Et puisque qu'il n'y a qu'une seule harmonie pour toutes les monades et que tout est li&#233; dans l'univers, c'est qu'il doit s'agir de la m&#234;me intelligence, de la m&#234;me volont&#233; et de la m&#234;me puissance, et qu'un seul &#234;tre, pr&#233;sentant toutes ces caract&#233;ristiques, doit &#234;tre &#224; l'origine du monde. Cette Harmonie pr&#233;&#233;tablie, d&#233;duite par des principes logiques, n&#233;cessite Dieu car elle manifeste l'infinit&#233; des attributs d'un cr&#233;ateur du monde. Les Esprits et la Cit&#233; de Dieu Nous avons d&#233;j&#224; vu que les esprits, ou &#226;mes raisonnables, ont un statut particulier dans la hi&#233;rarchie des &#234;tres, mais ce statut est encore plus sp&#233;cial sur la question du rapport des monades &#224; Dieu. En effet toutes les substances sont un miroir vivant de l'univers, et comme celui-ci t&#233;moigne des qualit&#233;s de son cr&#233;ateur, elles repr&#233;sentent &#233;galement toutes Dieu dans une certaine mesure. Mais les esprits le repr&#233;sentent infiniment mieux, ils repr&#233;sentent davantage Dieu que l'univers l&#224; o&#249; les autres monades repr&#233;sentent davantage l'univers. Cela tient &#224; la raison qu'ils ont en partage, qui leur permet d'acc&#233;der &#224; une connaissance rationnelle et th&#233;orique de la structure du monde, connaissance inaccessible par les voies empiriques auxquelles sont r&#233;duites les &#226;mes sensitives. L'acc&#232;s qu'a l'&#226;me humaine &#224; la connaissance d'elle-m&#234;me, aux v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, aux principes intemporels et &#224; la connaissance de Dieu, lui permet de saisir, dans une certaine mesure, le syst&#232;me du monde. Les esprits deviennent par l&#224; architectoniques car ils sont alors capables d'imiter Dieu dans ses capacit&#233;s ordonnatrice et cr&#233;atrice&#160;; ils peuvent diriger dans leur d&#233;partement de la m&#234;me que Dieu le fait dans le monde, &#224; mesure de la connaissance finie dont ils sont susceptibles &#224; l'&#233;gard du fonctionnement de la cr&#233;ation divine. Cette capacit&#233; qu'ont les &#226;mes humaines d'imiter Dieu en reproduisant, imparfaitement certes, ses facult&#233;s cr&#233;atrices par leur entendement et leur volont&#233;, les mettent dans un commerce tout particulier avec lui. Parce qu'ils poss&#232;dent les m&#234;mes facult&#233;s, bien qu'infiniment moins d&#233;velopp&#233;es, de part leur capacit&#233; &#224; choisir selon la raison, les esprits sont susceptibles de comprendre, dans une certaine proportion, l'intelligence et la bont&#233; de la cr&#233;ation divine. Et cette raison les &#233;l&#232;ve &#224; la connaissance de Dieu, leur fait approcher les v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles et les principes qui sont les r&#232;gles de l'entendement de Dieu, et la consid&#233;ration du bien qui est celle de sa volont&#233;. Tout cela dote les esprits de qualit&#233;s morales in&#233;dites parmi le monde des cr&#233;atures, de par leur rapprochement exceptionnel avec le cr&#233;ateur. Ces qualit&#233;s leur permettent de rentrer en soci&#233;t&#233; avec Dieu et de former avec lui la Cit&#233; de Dieu. Et le cr&#233;ateur, parce que cela est n&#233;cessaire pour l'application de sa justice divine, a con&#231;u les esprits de sorte que la connaissance d'eux-m&#234;mes et le souvenir de leur actions, constitutifs de leur moralit&#233;, se conservent jusqu'&#224; la fin du monde, quoique parfois confus&#233;ment, dans le sommeil et la d&#233;faillance comme dans la mort. Dieu est architecte &#224; l'&#233;gard de tout l'univers et de toutes les monades, il est comme l'inventeur &#224; sa machine, r&#233;glant tout en faisant montre de sa sagesse et de sa puissance afin d'instituer le r&#232;gne de la nature dont le fonctionnement est celui des causes efficientes et dont le commerce des corps fait partie. Il est aussi monarque, ou l&#233;gislateur, &#224; l'&#233;gard des esprits qui sont en soci&#233;t&#233; avec lui. Dieu institue avec eux le second r&#232;gne qui est celui de la gr&#226;ce et qui correspond &#224; celui des causes finales. C'est pourquoi il n'y a que dans le r&#232;gne de la gr&#226;ce que se manifeste la bont&#233; de Dieu&#160;; non pas qu'elle ne soit pas partout, au contraire, mais seuls les esprits sont capables de saisir cette bont&#233; et de la rechercher en vertu des qualit&#233;s morales qui sont les leurs. Ces deux r&#232;gnes, celui de la nature et celui de la gr&#226;ce, se rencontrent dans une harmonie qui n'est pas sans rappeler l'Harmonie pr&#233;&#233;tablie. La justice divine qui s'op&#232;re selon la gr&#226;ce s'effectuant par les voies naturelles de l'autre r&#232;gne de la m&#234;me mani&#232;re que le corps se d&#233;place selon ses propres lois aux occasions des &#233;v&#232;nements de l'&#226;me. Il y a m&#234;me plus qu'analogie puisque le r&#232;gne de la nature correspond au monde physique et aux causes efficients tandis que le r&#232;gne de la gr&#226;ce correspond au monde moral et aux causes finales. Toutes les monades connaissant en derni&#232;re instance la finalit&#233; de par la facult&#233; app&#233;titive qu'elles ont, ce qui laisse les esprits dans un statut sp&#233;cial qui les &#233;l&#232;ve au r&#232;gne de la gr&#226;ce, ce qui leur accorde ce statut privil&#233;gi&#233; de citoyens de la r&#233;publique divine, c'est la compr&#233;hension qu'ils ont des lois de la Cit&#233; de Dieu et la consid&#233;ration du bien qui en d&#233;coule. Dieu dirige en effet ses sujets &#224; la mesure de sa perfection, l'inclination qu'il a pour le bien lui faisant &#233;riger des lois qui s'y conforment parfaitement. Ainsi les esprits sont-ils toujours r&#233;compens&#233;s ou ch&#226;ti&#233;s &#224; la mesure exacte de la bonne volont&#233; dont ils ont fait preuve. Et cette r&#233;compense ou ce ch&#226;timent s'op&#232;re toujours correctement selon l'ordre naturel, sans que Dieu n'est jamais &#224; intervenir sp&#233;cialement&#160;; ce dernier ayant tout pr&#233;vu par avance, pour que la suite des &#233;v&#232;nements que doit conna&#238;tre chaque esprit s'accorde avec se qui se passe dans le monde des corps, c'est-&#224;-dire avec toutes les autres monades. C'est parce qu'ils appartiennent au r&#232;gne de la gr&#226;ce que les esprits peuvent conna&#238;tre la bont&#233; de Dieu, mais ils peuvent l'observer dans le r&#232;gne de la nature car, bien que selon la rigueur m&#233;taphysique tout se qui arrive dans un esprit r&#233;sulte de sa constitution intrins&#232;que, c'est par le biais de la nature que Dieu dispense le bien selon les m&#233;rites individuels. Si Dieu pr&#233;f&#232;re les esprits de part leur plus grande perfection intrins&#232;que, il ne les a pas seuls cr&#233;&#233;s et tous cr&#233;&#233;s &#224; cause de l'incompossibilit&#233; qu'ils connaissent et qui est li&#233;e &#224; leur imperfection. Sa bont&#233; n'a seulement pu cr&#233;er que le meilleur, qui n&#233;cessite des &#226;mes inf&#233;rieures aux esprits afin de dispenser &#224; ces derniers un maximum de bont&#233;. Le principe du meilleur est donc mis en exercice pour que r&#233;compenses et ch&#226;timents soient dispens&#233;s de mani&#232;re optimale, bien qu'il faille parfois que cette justice ne soit pas rendue imm&#233;diatement. Il demeure qu'il n'y a aucun monde possible qui puisse conna&#238;tre meilleure justice. La perfection de la monade dans le r&#232;gne de la nature correspondant &#224; la f&#233;licit&#233; de l'&#226;me humaine dans celui de la gr&#226;ce, cette f&#233;licit&#233; doit correspondre &#224; une perception plus distincte qui rende raison d'une perception plus confuse&#160;; celle-ci &#233;tant &#224; chercher dans la passion subie par une autre monade et donc dans une imperfection. La justice divine semble cependant ambigu&#235; par le fait qu'elle juge de la bonne volont&#233; des esprits alors que Dieu est cens&#233; conna&#238;tre par avance toute la suite des &#233;v&#232;nements de toute monade, chaque acte libre d'une esprit &#233;tant soumis &#224; une n&#233;cessit&#233; ex hypothesi que Dieu saisit car il l'a instaur&#233;. Mais la libert&#233; des esprits est maintenue par le fait que cette n&#233;cessit&#233; leur est inaccessible, qu'ils ne peuvent d&#233;terminer, avec la valeur de la n&#233;cessit&#233;, les &#233;v&#232;nements futurs d'un &#234;tre. Si les justes sont pour ainsi dire &#233;lus par l'omniscience divine d&#233;s leur cr&#233;ation, il demeure impossible aux esprits de s'assurer de cette &#233;lection. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu pr&#233;c&#233;demment, l'inclination vers l'apparence du bien dont est susceptible un esprit ne rentre pas en opposition avec la volont&#233; divine, elle est en est bien plus l'instrument et elle n'est donc jamais nier par la toute puissance de Dieu. Ainsi les saints ne sont pas saints parce qu'ils sont aim&#233;s de Dieu, mais ils sont aim&#233;s de Dieu parce qu'ils sont saints. La suite des actes libres menant &#224; cette saintet&#233; &#233;tant tout de m&#234;me contenue dans cette substance individuelle depuis sa cr&#233;ation. Leibniz satisfait, semble-t-il, &#224; l'exigence d'un bon syst&#232;me, en montrant la validit&#233; du sien par la coh&#233;rence interne et l'exhaustivit&#233; dont il t&#233;moigne. La seule exp&#233;rience n&#233;cessaire pour le comprendre et pour en &#233;prouver la validit&#233; est l'exp&#233;rience interne, de notre propre &#226;me et des ph&#233;nom&#232;nes quelconques qu'elle conna&#238;t, car un tel syst&#232;me ne demande pas plus que le cogito pour d&#233;finir la monade, et l'exp&#233;rience du compos&#233; pour appr&#233;hender le corps. Les principes logiques y ont non seulement une place, puisqu'on y traite de leur r&#233;alit&#233;, mais ils sont &#233;galement rigoureusement respect&#233;s&#160;; ils forment m&#234;me une ossature essentielle et fondatrice. C'est donc un syst&#232;me construit par la rigueur logique puis soumis &#224; l'exp&#233;rience commune que Leibniz nous propose, bien qu'il faille souvent d&#233;passer l'intuition imm&#233;diate afin de pleinement en saisir la port&#233;e. De m&#234;me aucun sujet philosophique ne semble omis bien que notre expos&#233; ne soit pas rentr&#233; dans les d&#233;tails de chacun. 1.5. Conclusion Dans le syst&#232;me leibnizien, outre Dieu, l'&#226;me est premi&#232;re et fonde la r&#233;alit&#233; de tout le reste. C'est cependant ce reste qui semble se d&#233;voiler le plus facilement, nous voyons les corps qui nous entourent avant de concevoir les &#226;mes qui doivent les constituer. Mais cela tient &#224; un exc&#232;s d'empirisme dans nos raisonnements, car la rigueur logique nous fait en r&#233;alit&#233; conna&#238;tre l'&#226;me avant les corps, c'est l&#224; la signification du cogito. La rigueur rationnelle, qui est plus que le vulgaire empirisme puisqu'elle recherche davantage que des v&#233;rit&#233;s de fait, nous montre par l&#224; qu'il ne peut y avoir de corps sans &#226;me, ne serait-ce parce que c'est par elle que ces corps peuvent &#234;tre connus. Cette exp&#233;rience des corps &#233;tant la seule que nous ayons, il n'y a que sur elle que nous puissions fonder la moindre th&#233;orie physique. Et Leibniz prend conscience de cette t&#226;che et tente, avec sa dynamique, de construire une th&#233;orie des corps qui cesse d'omettre l'&#226;me et de la consid&#233;rer, &#224; la mani&#232;re de Descartes, comme quelque chose qui s'y superposerait. Cette r&#233;flexion sur l'essence des corps est de surcro&#238;t aliment&#233;e par l'insuffisance qui se constate dans la pure m&#233;canique. Insuffisance concr&#232;te, car ce sont de r&#233;elles et importantes erreurs que Leibniz d&#233;couvre dans la m&#233;canique lorsqu'il l'a soumet &#224; l'exp&#233;rience la plus commune, mais &#233;galement insuffisance plus philosophique, car le m&#233;canisme souffre de ne point satisfaire &#224; certains principes logiques essentiels. Certaines consid&#233;rations qui m&#232;nent &#224; la m&#233;taphysique et &#224; l'&#226;me ne sont cependant pas tirer des erreurs de la m&#233;canique mais parfois &#233;galement de ses v&#233;rit&#233;s, Leibniz &#224; seulement le m&#233;rite de fournir l'effort pour en tirer des cons&#233;quences in&#233;dites ou de continuer des raisonnements qui n'avaient &#233;t&#233;s arr&#234;t&#233;s que par l'apparence d'une solution. Dans une autre optique, l'exp&#233;rience commune aussi bien que l'exp&#233;rience scientifique nous montre un monde bien loin des sch&#232;mes cloisonn&#233;s de la connaissance humaine. La m&#233;taphysique parle d'entit&#233;s bien s&#233;par&#233;es et class&#233;es dans des cat&#233;gories qui rev&#234;tent des attributs ontologiques alors que l'analyse de la constitution du monde nous le montre davantage continu, &#224; la fois homog&#232;ne dans son ensemble et h&#233;t&#233;rog&#232;ne dans tous ses d&#233;tails, &#224; l'infini. Leibniz prend la mesure du fonctionnement ph&#233;nom&#233;nal de notre connaissance, les d&#233;nominations et les cat&#233;gorisations dont nous sommes susceptibles et qui nous permettent cette connaissance ne devant pas nous masquer la continuit&#233; et l'infinit&#233; qui caract&#233;rise le monde. Ce principe de continuit&#233;, que Leibniz pose, lui est d'un grand usage dans la physique mais &#233;galement dans la m&#233;taphysique comme dans les math&#233;matiques, il n'a d'ailleurs de valeur que s'il peut ainsi s'appliquer dans tous les domaines indiff&#233;remment. Il n'y a plus de cat&#233;gories ontologiques car elles tiennent toutes &#224; notre perception et &#224; l'&#233;chelle &#224; laquelle nous nous situons&#160;; m&#234;me les esprits commencent ent&#233;l&#233;chies et doivent conna&#238;tre un changement progressif et continu qui n'est jamais un saut d'une cat&#233;gorie &#224; une autre. Bien plus toute cat&#233;gorie est &#233;pist&#233;mologique mais peut tout de m&#234;me conserver ainsi une certaine l&#233;gitimit&#233; et une efficacit&#233;&#160;; comme le corps, qui n'est qu'un agr&#233;gat ph&#233;nom&#233;nal, poss&#232;de cependant une certaine r&#233;alit&#233;, dans notre perception, dont la r&#233;alit&#233; est plus fondamentale. Cette continuit&#233; quintessencielle a &#233;galement pour cons&#233;quence de former un monde o&#249; tout est li&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre. Toutes les monades per&#231;oivent toutes les autres dans le commerce des &#226;mes tandis que tous les corps entrent dans un certain rapport m&#233;canique avec tous les autres dans le monde corporel. De m&#234;me les monades sont dans une harmonie sp&#233;ciale avec les corps de sorte que ces derniers symbolisent par leur propre communication avec l'accord que connaissent les premi&#232;res. Le monde de Leibniz est un monde o&#249; tout sympathise dans un souci d'harmonie et d'&#233;conomie, cela s'observe dans la physique comme dans la philosophie&#160;et cela ne peut &#234;tre que le fruit d'une intelligence&#160;; en derni&#232;re instance, c'est gr&#226;ce &#224; Dieu et &#224; ses attributs si tout peut &#234;tre ainsi parfaitement li&#233;. C'est &#233;galement cette intelligence qui rend le monde intelligible car il n'y aurait rien &#224; comprendre dans un monde qui n'aurait pas de sens. Ce principe de continuit&#233; est aussi &#224; mettre en relation avec le concept d'infiniment petit si ch&#232;re &#224; Leibniz. Sans celui-ci tout le syst&#232;me peut s'en trouver tr&#232;s dur &#224; saisir. Il sert aussi bien &#224; justifier le calcul diff&#233;rentiel, en substituant un point par une distance infiniment petite, qu'&#224; comprendre ce que peut &#234;tre la force physique et le mouvement dans un point et dans un instant. C'est &#233;galement la seule mani&#232;re, outre le cogito, de saisir la monade in&#233;tendue et de la rendre intelligible. Le rapport de cet infiniment petit avec la continuit&#233; tient &#224; ce qu'il permette de comprendre la continuit&#233; qu'il doit y avoir entre des notions d'apparence h&#233;t&#233;rog&#232;nes comme le repos et le mouvement ou la puissance et l'acte. Pour d&#233;passer ces cat&#233;gorisations physiques et m&#233;taphysiques il est n&#233;cessaire de penser le repos comme un mouvement infiniment petit et de n'admettre ni puissance ni acte pur mais seulement une tendance allant de l'infiniment petit &#224; l'infiniment grand. La grande originalit&#233; que nous attribuons cependant au syst&#232;me leibnizien reste la primaut&#233; qui y est donn&#233;e &#224; l'expression. La r&#233;alit&#233; fondamentale est constitu&#233;e de monades, dont la modalit&#233; d'action est un rapport d'entre-expression. Tout autre type de communication observable n'est justement qu'observ&#233;, toute la m&#233;canique des corps n'est qu'un ph&#233;nom&#232;ne, bien qu'elle t&#233;moigne tout de m&#234;me d'une certaine efficacit&#233;. La transmission de l'information n'est pas permise par un support mat&#233;riel, elle est premi&#232;re, ontologique, bas&#233;e sur un accord pr&#233;alable&#160;; c'est le support mat&#233;riel qui n'est lui-m&#234;me qu'une cons&#233;quence de cette interconnexion id&#233;ale qui fait l'harmonie entre les monades. Et si cette information circule instantan&#233;ment, c'est parce qu'il ne s'agit pas proprement d'une communication ou d'un transfert, mais d'une concordance pr&#233;&#233;tablie entre tous les centres de perception que sont toutes les monades du monde. Tous les ph&#233;nom&#232;nes observables trouvent leur fondement dans cette information, de la m&#234;me mani&#232;re que le corps a sa raison d'&#234;tre dans une monade qui le per&#231;oit, que ce soit son ent&#233;l&#233;chie dominante dans le cas d'un corps organis&#233; ou une tierce monade dans le cas de mati&#232;re inerte. Mais la monade n'est pas seulement un centre de perception, elle est &#233;galement dou&#233;e d'app&#233;tit. Car l&#224; encore une perception ou une information n'est pas soit vraie soit fausse, elle varie du confus au distinct autant que de l'infiniment petit &#224; l'infiniment grand&#160;; cette information est donc dou&#233;e d'une tendance. Puisque que cette tendance est le fruit d'une pure spontan&#233;it&#233; dans la monade, celle-ci t&#233;moigne d'une autonomie tr&#232;s comparable &#224; la libert&#233;. Cette information suppose une esp&#232;ce d'intelligence dans la monade de m&#234;me que cette spontan&#233;it&#233; appelle &#224; une forme de volont&#233;, donc on peut consid&#233;rer toutes les monades comme proprement dou&#233;es d'intentionnalit&#233;, m&#234;me si parfois elle peut n'&#234;tre qu'infiniment peu d&#233;velopp&#233;e. Leibniz eut le m&#233;rite de tenir pleinement compte des avanc&#233;es scientifiques de son &#233;poque, lorsqu'il n'y participait pas lui-m&#234;me. Son syst&#232;me &#233;tait non seulement en partie le fruit de ces consid&#233;rations scientifiques, mais &#233;galement mis &#224; l'&#233;preuve de ces nouvelles donn&#233;es. La science, et notamment la physique, a cependant &#233;norm&#233;ment &#233;volu&#233; depuis le dix-septi&#232;me si&#232;cle&#160;! En quantit&#233; de connaissances, mais aussi dans ses modalit&#233;s d'acquisition et dans ses axiomes &#233;pist&#233;mologiques. Ayant achev&#233; son expos&#233;, nous pouvons d&#233;sormais reprendre le syst&#232;me de Leibniz afin de r&#233;it&#233;rer son entreprise visant &#224; mettre la th&#233;orie &#224; l'&#233;preuve de l'exp&#233;rience et d'op&#233;rer la jonction entre les consid&#233;rations de m&#233;taphysique et celles de la science. C'est donc en abordant ces nouvelles donn&#233;es apport&#233;es par la physique quantique que nous allons tenter d'&#233;prouver le syst&#232;me de Leibniz pour en estimer l'actuel degr&#233; de validit&#233; concernant ses pr&#233;tentions ontologiques. 2. Expos&#233; de la probl&#233;matique quantique 2.1. Introduction Il est maintenant temps de s'int&#233;resser &#224; la physique quantique pour r&#233;unir tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires pour mettre rigoureusement le syst&#232;me de Leibniz &#224; l'&#233;preuve. Mais la confrontation du syst&#232;me de Leibniz et de la m&#233;canique quantique ne peut se faire &#224; armes &#233;gales car, malgr&#233; toute l'&#233;tendue, toute la complexit&#233; et toute la perspicacit&#233; que nous lui attribuons, le syst&#232;me de Leibniz reste le travail d'un seul homme tandis que la physique quantique est le fruit du travail de centaines de th&#233;oriciens et d'exp&#233;rimentateurs pendant un si&#232;cle entier. Donc si nous nous sommes refus&#233; l'exhaustivit&#233; dans le premier cas pour des questions de m&#233;thode, entreprendre l'expos&#233; complet de toute la th&#233;orie quantique est non seulement hors de nos capacit&#233;s mais il faudrait plusieurs vies d'hommes au meilleur des physiciens ou des &#233;pist&#233;mologues pour achever une telle entreprise. Et cela n'est pas uniquement d&#251; &#224; la masse des travaux qui ont &#233;t&#233; fournis dans ce domaine par plusieurs g&#233;n&#233;rations de physiciens mais &#233;galement au fait que la th&#233;orie quantique est exprim&#233;e dans un formalisme math&#233;matique d'une extr&#234;me complexit&#233; qui utilise parmi les plus pointus des mod&#232;les math&#233;matiques imagin&#233;s. Comprendre tous les rouages de ce formalisme est donc une prouesse qui nous est inaccessible. Fort heureusement, une telle compr&#233;hension n'est pas n&#233;cessaire &#224; l'objectif que nous nous sommes fix&#233;. Cet objectif n'est pas l'expos&#233; de toute la th&#233;orie quantique ni de tout son formalisme, mais uniquement de ses aspects philosophiquement probl&#233;matiques, afin de pouvoir op&#233;rer ensuite une fructueuse confrontation avec le syst&#232;me leibnizien. Comme nous allons le voir, si la probl&#233;matique quantique est clairement li&#233;e aux particularit&#233;s de son formalisme, elle ne r&#233;side pas dans ses d&#233;tails et peut &#234;tre mise en &#233;vidence par des cas types assez simples pour nous &#234;tre parfaitement accessibles. On peut voir cependant que, comme c'est &#233;galement le cas dans d'autres domaines scientifiques aussi sp&#233;cialis&#233;s, nous devrons accorder une foi quelque peu aveugle dans les donn&#233;es que nous fournissent les scientifiques car l'actuelle sp&#233;cialisation des domaines de recherches nous emp&#234;che d'op&#233;rer de r&#233;elles v&#233;rifications dans un domaine qui n'est pas le n&#244;tre (d'autant plus que les v&#233;rifications exp&#233;rimentales demandent des moyens immenses). L&#224; encore nous pouvons mettre en avant que cela n'est pas g&#234;nant dans la mesure o&#249;, si la physique quantique est le sujet de nombreuses controverses et luttes intestines -s&#251;rement plus que dans toute autre science d'ailleurs, celles-ci ne portent quasiment pas sur ses aspects techniques ou sur le contenu de son formalisme. Au contraire la physique microscopique jouit d'un consensus tr&#232;s fort quand &#224; l'efficacit&#233; op&#233;ratoire de ses outils math&#233;matiques et c'est bien davantage sur la question de la signification de ces outils et sur la nature des objets &#233;tudi&#233;s que des interpr&#233;tations divergentes s'affrontent. D'ailleurs nombreux sont les microphysiciens qui, pour comprendre des outils &#233;pist&#233;miques parfaitement efficaces et ma&#238;tris&#233;s, ont d&#251; se tourner vers la philosophie afin d'&#233;tudier la gen&#232;se et la signification de certains concepts issus de la physique classique qui ne rev&#234;tent plus la m&#234;me &#233;vidence concernant la physique quantique. Les d&#233;couvertes de la physique quantique durant la premi&#232;re partie du vingti&#232;me si&#232;cle sont souvent rassembl&#233;es sous le terme de&lt;/code&gt;'r&#233;volution quantique''. Nous allons donc commencer par &#233;clairer ce point par l'&#233;tude plus ou moins chronologique de la naissance des concepts quantiques, centr&#233;e sur les questionnements qu'imposent ces d&#233;couvertes. Nous serons alors en mesure de d&#233;terminer dans quelle mesure et sur quels points la microphysique peut &#234;tre qualifi&#233;e de r&#233;volutionnaire. La communaut&#233; des physiciens ne s'&#233;tant pas arr&#234;t&#233;e l&#224; et ayant fourni de nombreuses r&#233;ponses de multiples formes aux probl&#232;mes que soul&#232;ve la m&#233;canique quantique, nous tenterons de passer en revue les diff&#233;rents types de solutions propos&#233;s. Ce sera l'occasion d'aborder la fa&#231;on dont s'articulent, dans la probl&#233;matique quantique, les traditionnelles antinomies que sont l'id&#233;alisme et le r&#233;alisme ainsi que l'op&#233;ratoire et le th&#233;orique. A cette occasion, des questions majeures d'ordre ontologique et &#233;pist&#233;mologique concernant la physique quantique seront abord&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.2. Les probl&#232;mes pos&#233;s par la physique quantique&lt;br class='autobr' /&gt;
2.2.1. L'&#233;chec des conceptions classiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Discontinuit&#233; et quanta&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord il nous faut faire un rapide rappel des acquis de la physique &#224; la fin du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle. La m&#233;canique newtonienne est toute puissante et universellement reconnue. La nature fondamentalement corpusculaire de la mati&#232;re fait plus que jamais l'unanimit&#233;, de m&#234;me que le d&#233;terminisme qui gouverne son mouvement. La physique &#233;lectromagn&#233;tique b&#233;n&#233;ficie &#233;galement d'une stabilit&#233; et d'un consensus exceptionnels, ayant permis de r&#233;unir dans une m&#234;me th&#233;orie l'optique comme l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes magn&#233;tiques. Il faut &#233;galement remarquer que presque toute la communaut&#233; scientifique est alors compl&#232;tement immerg&#233;e dans un paradigme atomiste. Il est admis que la mati&#232;re est enti&#232;rement compos&#233;e d'atomes, eux-m&#234;mes compos&#233;s d'un ou plusieurs &#233;lectrons en orbite autour d'un noyau, mais surtout de vide. Cependant certains points concernant l'atome sont encore flous, notamment les modalit&#233;s m&#233;caniques qui permettent &#224; un &#233;lectron de se maintenir ainsi en orbite autour du noyau. La thermodynamique, stimul&#233;e par la r&#233;volution industrielle, est &#233;galement tr&#232;s florissante, permettant d'expliquer de nombreux ph&#233;nom&#232;nes concernant les transferts d'&#233;nergie et les rapports entre interaction mol&#233;culaire et &#233;volution d'un syst&#232;me macroscopique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont justement des travaux de thermodynamique qui permirent &#224; Max Planck, au tout d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle, d'introduire la constante h qui porte son nom, r&#233;sultat traditionnellement pris comme commencement &#224; la physique quantique. Alors qu'il tente de mesurer le rayonnement du corps noir, c'est-&#224;-dire la lumi&#232;re &#233;mise par un m&#233;tal port&#233; &#224; une tr&#232;s haute temp&#233;rature en l'absence de tout autre rayonnement, il s'av&#232;re que l'&#233;nergie ne se mesure que par &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;'paquets''. L'introduction de la constante de Planck correspond clairement &#224; l'apparition d'une certaine discontinuit&#233; dans les transferts d'&#233;nergie observables. Pourtant Planck n'y voit encore qu'un artifice de calcul car il partage l'id&#233;e universellement admise que l'&#233;nergie peut th&#233;oriquement &#234;tre mesur&#233;e dans des quantit&#233;s aussi petites que l'on veut. C'est Albert Einstein qui prend toute la mesure de cette d&#233;couverte en supposant qu'&#224; tout rayonnement lumineux correspondent des&lt;/code&gt;'grains de lumi&#232;re'' (qui seront plus tard appel&#233;s photon). Il s'agit de la premi&#232;re apparition du concept de quanta par l'interpr&#233;tation ontologique que fait Einstein de la constante de Planck : si l'&#233;nergie se transmet de mani&#232;re discr&#232;te, que des nombres entiers apparaissent in&#233;vitablement &#224; une certaine &#233;chelle dans tout processus de quantification de l'&#233;nergie, c'est qu'elle doit avoir une nature corpusculaire. Par cette supposition, le jeune physicien de vingt six ans parvient d'ailleurs &#224; r&#233;soudre un autre probl&#232;me majeur que peinait &#224; solutionner la physique ondulatoire, l'effet photo&#233;lectrique. Il n'est pas n&#233;cessaire de pr&#233;ciser la nature de cet effet mais il faut seulement remarquer que l&#224; o&#249; la th&#233;orie purement ondulatoire de la lumi&#232;re ne permettait pas d'expliquer une bizarrerie de l'interaction entre mati&#232;re et lumi&#232;re, une vision corpusculaire y parvient. En r&#233;alit&#233;, Einstein voit dans cette apparition de la discontinuit&#233; l'opportunit&#233; de r&#233;unifier dans un paradigme unique et coh&#233;rent l'atomisme, qui pose fondamentalement la discontinuit&#233;, et la continuit&#233; radicale qui caract&#233;rise la formulation traditionnelle de l'&#233;lectromagn&#233;tisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#233;galement ce but l&#224; qui guide Niel Bohr lorsqu'il parvient, en utilisant cette m&#234;me constante de Planck et en n'admettant que des transferts discrets d'&#233;nergie, de rendre compte du fait qu'un &#233;lectron en orbite autour d'un noyau atomique ne finit pas par perdre toute son &#233;nergie pour venir s'&#233;craser sur ce dernier comme le pr&#233;dit la m&#233;canique de Newton. La th&#233;orie qu'il met en place permet &#233;galement d'expliquer les transferts d'&#233;lectrons qui s'effectuent entre atomes et dont la m&#233;canique classique ne rend pas compte non plus. Ainsi, de la m&#234;me mani&#232;re que les nombres entiers apparaissent dans les mesures de Planck, seuls certaines orbites sont permises &#224; un &#233;lectron, ce qui lui permet de garder le m&#234;me orbite sans perdre d'&#233;nergie, jusqu'&#224; ce qu'il &#233;mette un quantum d'&#233;nergie en passant d'une orbite &#224; l'autre (qui peut &#234;tre d'un atome &#224; l'autre). Bohr vient de cr&#233;er le concept de saut quantique qui n'est absolument pas g&#233;r&#233; par la m&#233;canique newtonienne et par cons&#233;quent met parfaitement en &#233;vidence la contradiction qui na&#238;t entre un tel mod&#232;le discontinuiste et les fondements de m&#233;canique classique.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut voir comment, &#224; premi&#232;re vue, l'apparition de la physique quantique correspond &#224; une confirmation du mod&#232;le atomiste autant qu'&#224; l'&#233;chec des postulats de la physique newtonienne. L'id&#233;e que la discontinuit&#233; puisse &#234;tre ontologique a le vent en poupe, mais bient&#244;t des probl&#232;mes th&#233;oriques directement li&#233;s &#224; cette discontinuit&#233; feront leur apparition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ondes et particules&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des probl&#232;mes majeurs soulev&#233;s par la nouvelle th&#233;orie quantique est que l'apparition d'une vision corpusculaire de l'&#233;nergie est sym&#233;trique celle d'une onde de mati&#232;re. Cela ne fut pourtant pas imm&#233;diatement &#233;vident dans un contexte o&#249; tous les objets de la physique, jusqu'&#224; ce moment l&#224;, appartenaient soit au domaine des corpuscules, soit &#224; celui des ondes. La conception ondulatoire de la lumi&#232;re, ainsi d&#233;finie avec efficacit&#233; par la physique &#233;lectromagn&#233;tique, entre donc en opposition avec les grains de lumi&#232;re de nature corpusculaire de Einstein, qui montrent pourtant eux aussi leur validit&#233; op&#233;ratoire. C'est Louis de Broglie qui eut le premier l'id&#233;e que des particules &#233;l&#233;mentaires comme le photon devaient &#234;tre pilot&#233;es par une onde pour qu'elles puissent &#233;voluer de cette mani&#232;re une fois &#233;tudi&#233;es en grand nombre. L&#224; encore la rupture avec les conceptions classiques est radicale car non seulement cette id&#233;e d'onde pilote associ&#233;e &#224; toute particule mat&#233;rielle est in&#233;dite mais aucune th&#233;orie ne peut &#224; ce moment l&#224; en rendre compte. L'aspect le plus d&#233;rangeant d'une telle th&#233;orie est apparue cependant lorsqu'elle fut confirm&#233;e exp&#233;rimentalement par les exp&#233;riences de Davisson et Germer et ensuite par d'autres types d'exp&#233;riences. &lt;br class='autobr' /&gt;
La physique classique conna&#238;t un moyen tr&#232;s simple, par le dispositif des fentes de Young, de montrer si un ph&#233;nom&#232;ne est de nature corpusculaire ou ondulatoire. Il s'agit tout simplement de placer entre l'instrument &#233;mettant corpuscules ou onde et l'&#233;cran capteur un panneau perc&#233; de deux fentes. Si on a affaire &#224; des corps comme des billes, il est ais&#233; pour n'importe qui de pr&#233;voir quelle figure se pr&#233;sentera sur le capteur : n'appara&#238;tront sur l'&#233;cran capteur que des marques localis&#233;es pour les billes ayant &#233;t&#233;s lanc&#233;es dans l'axe d'une des fentes si seulement l'une des deux est ouvertes, ou dans l'axe des deux si les deux sont maintenues ouvertes. On ne peut faire la diff&#233;rence entre les r&#233;sultats d'une exp&#233;rience faite avec les deux fentes ouvertes et l'addition pure et simple des mesures de deux exp&#233;riences effectu&#233;es une fois avec une seule fente ouverte et ensuite avec l'autre. Dans le cas d'une onde projet&#233;e avec une seule fente ouverte, l'&#233;cran sera marqu&#233; d'une mani&#232;re assez similaire &#224; un ph&#233;nom&#232;ne corpusculaire, dans l'axe de la source et de la fente. La diff&#233;rence appara&#238;t dans le cas d'une onde projet&#233;e lorsque les deux fentes sont ouvertes : entrant dans deux fentes diff&#233;rentes l'onde se divise en deux ondes s&#233;par&#233;es qui interf&#232;rent alors entre elles dans l'intervalle qui s&#233;pare le panneau de l'&#233;cran capteur. Sur ce dernier apparaissent alors des franges d'interf&#233;rence qui sont des zones o&#249; l'onde n'a pas &#233;t&#233; d&#233;tect&#233;e bien que situ&#233;e dans l'axe entre la source et une fente. En d'autres termes, le r&#233;sultat de l'exp&#233;rience effectu&#233;e avec une onde et deux fentes ouvertes n'aboutit pas aux m&#234;mes mesures que si on effectuait successivement une exp&#233;rience avec seulement l'une des deux fentes ouvertes puis une autre avec la seconde fente et que l'on juxtaposait leurs r&#233;sultats. Cette exp&#233;rience est d&#233;cisive pour distinguer les ph&#233;nom&#232;nes corpusculaires des ph&#233;nom&#232;nes ondulatoires dans la mesure o&#249; seulement dans le cas de ces derniers des franges d'interf&#233;rences apparaissent.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience de Davisson et Germer est une simple transposition de cette exp&#233;rience &#224; l'&#233;chelle quantique gr&#226;ce &#224; un canon &#224; &#233;lectrons. Lorsque les &#233;lectrons sont projet&#233;s un part un, des marques de m&#234;me type que les marques des billes apparaissent sur l'&#233;cran capteur, c'est-&#224;-dire des marques individuelles, bien localis&#233;es et sans franges d'interf&#233;rence. Cela confirme leur nature corpusculaire car de telles marques ne peuvent pas &#234;tre donn&#233;es par des ondes. Mais les choses se corsent lorsque les &#233;lectrons sont &#233;mis en grands nombres car des franges d'interf&#233;rence apparaissent bien qu'ils soient toujours possibles d'observer des impacts localis&#233;s d'entit&#233;s corpusculaires. Il semble donc n&#233;cessaire de traiter un ensemble de nombreux corpuscules comme une onde et de lui donner une longueur d'onde ainsi qu'une fr&#233;quence bien que cela soit en totale opposition avec les bases de la physique classique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus int&#233;ressant et le plus original dans une telle d&#233;couverte ce n'est pas tant que la physique a mis en &#233;vidence un nouvel objet aux propri&#233;t&#233;s in&#233;dites, car cela peut arriver souvent, mais le probl&#232;me na&#238;t que ce nouvel objet est cens&#233; constituer les fondements de toute mati&#232;re et de tous les ph&#233;nom&#232;nes que nous observons. Nous ne voyons pas les objets macroscopiques qui nous entourent se d&#233;placer comme dirig&#233;s pas une onde, pas plus que des corps effectue des d&#233;placements arithm&#233;tiques dans un intervalle de temps nul comme lors d'un saut quantique. Si la m&#233;canique newtonienne, comme la plupart des th&#233;ories de physique classique, est fort intuitive et ne fait que pr&#233;ciser des notions de mouvement et de corps qui nous sont en r&#233;alit&#233; tr&#232;s famili&#232;res, la physique quantique voit appara&#238;tre des entit&#233;s et des principes qui semblent totalement h&#233;t&#233;rog&#232;nes avec notre exp&#233;rience commune. Bien que pour l'instant cela puisse &#234;tre consid&#233;r&#233; -avec cependant un manque de rigueur caract&#233;ristique- comme une vulgaire curiosit&#233;, une telle distance entre la physique quantique et le sens commun ne fera, comme nous le verrons plus tard, que s'accentuer.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.2.2. La construction du formalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
Fonction d'onde et vecteur d'&#233;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e d'une onde pilote ayant &#233;t&#233; pos&#233;e, il restait pour la prouver &#224; fournir un outil bas&#233; sur la notion d'onde capable de pr&#233;dire la trajectoire d'une particule. En effet une telle conception, aussi novatrice et s&#233;duisante qu'elle paraisse, ne peut &#234;tre rigoureusement adopt&#233;e que si elle passe l'&#233;preuve de l'exp&#233;rience, c'est-&#224;-dire que ses pr&#233;visions soient av&#233;r&#233;es lors de constructions exp&#233;rimentales appropri&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si de Broglie n'avait pas donn&#233; de moyen math&#233;matique pour obtenir de telles pr&#233;visions, Edwin Schr&#246;dinger fut celui qui permit cette validation en fournissant l'&#233;quation qui porte son nom. La c&#233;l&#232;bre &#233;quation de Schr&#246;dinger est une &#233;quation d'onde, c'est-&#224;-dire qu'elle permet de d&#233;crire et de pr&#233;dire le comportement de l'onde associ&#233;e &#224; toute particule que de Broglie avait mis en &#233;vidence. Pour &#234;tre exact il faut tout de m&#234;me noter que Schr&#246;dinger avait d'ores et d&#233;j&#224; compl&#232;tement abandonn&#233; le concept de particule pour ne conserver que celui d'onde. Cela montre comment une telle association entre onde et corpuscule &#233;tait particuli&#232;rement difficile &#224; admettre &#224; ce moment l&#224;. Pour Schr&#246;dinger, ce que l'on peut observer comme pr&#233;sentant quelques analogies avec une particule, comme l'aspect discret des transferts d'&#233;nergie, ce sont les minuscules paquets d'ondes qui y correspondent et qui donnent l'impression ou l'illusion d'un objet corpusculaire. Ainsi l'&#233;lectron n'est pas un corpuscule qui gravite autour du noyau atomique mais une onde centr&#233;e sur celui-ci. Quoiqu'il en soit l'&#233;quation de Schr&#246;dinger fournit le moyen, encore utilis&#233; aujourd'hui, de pr&#233;dire l'&#233;volution dans le temps des entit&#233;s &#233;tudi&#233;es en physique quantique au moyen de fonctions d'onde.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conception purement ondulatoire de Schr&#246;dinger montra tout de m&#234;me ses limites. Plusieurs difficult&#233;s li&#233;es &#224; la notion de fonction d'onde furent not&#233;es, comme la pr&#233;vision de la r&#233;action d'une telle onde lors de collision qui est en d&#233;saccord avec le comportement bien plus proche de celui d'un corpuscule qui est observ&#233; exp&#233;rimentalement. L'abandon du concept d'onde permet de faire dispara&#238;tre ce type de probl&#232;mes, mais, pour d'autres raisons, il est impossible d'y substituer une conception corpusculaire. Ainsi l'&#233;quation de Schr&#246;dinger produit ce que l'on appelle le principe de superposition, c'est-&#224;-dire que, d'une mani&#232;re analogue au comportement des ondes classiques, toute interaction de deux fonctions d'onde produit une nouvelle fonction d'onde qui r&#233;unit les deux premi&#232;res et reste enti&#232;rement soumise au principe d'&#233;volution de l'&#233;quation. Ce principe, non seulement rend caduque une conception corpusculaire, mais pose &#233;galement une difficult&#233; non n&#233;gligeable &#224; une th&#233;orie ondulatoire : une fonction d'onde &#233;volue dans un espace &#224; 3n dimensions, o&#249; n est le nombre de particules qu'elle d&#233;crit (ou paquets d'ondes dans le langage de Schr&#246;dinger).&lt;br class='autobr' /&gt;
On doit &#224; Paul Dirac la reformulation du formalisme de Schr&#246;dinger qui est encore beaucoup utilis&#233;e aujourd'hui et que l'on qualifie souvent de point de vue orthodoxe. S'il y est usuellement fait r&#233;f&#233;rence &#224; des particules, c'est davantage de syst&#232;me dont on parle car un syst&#232;me peut &#234;tre compos&#233; de plusieurs particules. On ne se prononce d'ailleurs gu&#232;re sur le statut de ces particules et sur leur nature fondamentale, elles ne b&#233;n&#233;ficient gu&#232;re mieux que d'une d&#233;finition essentiellement op&#233;ratoire. Le concept de fonction d'onde est remplac&#233; par celui de vecteur d'&#233;tat, bien plus abstrait et neutre concernant la nature de l'objet consid&#233;r&#233;, et ces vecteurs d'&#233;tat &#233;voluent dans des espaces de Hilbert tout autant abstrait et dot&#233;s de n dimensions, o&#249; n est le nombre d'observables du syst&#232;me (ce qui revient au m&#234;me que les 3n dimensions de la formulation pr&#233;c&#233;dente et permet de conserver sans probl&#232;me le principe de superposition).&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut dans un premier temps noter que cette reformulation n'est que la premi&#232;re, et dans un certain sens le mod&#232;le arch&#233;typal, des restructurations dont la physique quantique est perp&#233;tuellement l'objet. Les outils math&#233;matiques sont globalement conserv&#233;s mais les termes sont chang&#233;s, plus souvent pour des raisons de coh&#233;rence logique et th&#233;orique qu'&#224; cause de nouvelles donn&#233;es exp&#233;rimentales. Dans le cas pr&#233;sent le formalisme &#233;volue vers plus d'abstraction et vers les aspects consensuels de la microphysique, &#224; savoir les succ&#232;s op&#233;ratoires qu'elle conna&#238;t, mais d'autres reformulations plus discut&#233;es et plus nombreuses seront propos&#233;es pour orienter la th&#233;orie quantique vers davantage de pr&#233;tentions ontologiques. Ainsi certaines id&#233;es de de Broglie et Schr&#246;dinger, bien qu'ayant &#233;t&#233; mises en &#233;chec par les difficult&#233;s que nous avons &#233;voqu&#233;es, seront remises au go&#251;t du jour par des th&#233;ories tentant de surmonter ces difficult&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, malgr&#233; le langage parfois corpusculaire de la formulation orthodoxe de Dirac (avec les r&#233;f&#233;rences faites &#224; des particules), on peut remarquer que toutes les pr&#233;cautions sont prises pour qu'aucun avis ne soit donn&#233; sur la caract&#232;re ondulatoire et/ou corpusculaire des entit&#233;s quantiques. De m&#234;me aucune signification ni aucun explication n'est donn&#233;e &#224; la pr&#233;sence dans un tel formalisme d'espaces dot&#233;s de plus de trois dimensions. Ce parti pris permit de construire un formalisme inattaquable et tr&#232;s efficace mais incapable de fournir un r&#233;el discours sur la nature des choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Probabilit&#233; et pr&#233;visibilit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons comment la th&#233;orie quantique, dans sa formulation orthodoxe, peut &#234;tre qualifi&#233;e de statistique ou d'ensembliste. Ces expressions peuvent s'av&#233;rer trompeuses dans certaines circonstances mais elles poss&#232;dent une part de v&#233;rit&#233; que nous allons d&#233;gager.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un espace de Hilbert, un vecteur d'&#233;tat (ou une fonction d'onde) ne correspond pas rigoureusement &#224; un syst&#232;me pr&#233;cis mais &#224; un ensemble de syst&#232;mes physiques que l'on peut consid&#233;rer comme identiques. En d'autres termes, il d&#233;crit un dispositif exp&#233;rimental reproductible et par cons&#233;quent se d&#233;finit de mani&#232;re tr&#232;s op&#233;ratoire. Cela est encore plus clair si l'on remarque que la notion de grandeur physique est remplac&#233;e par celle d'observable pour des raisons que nous &#233;claircirons ult&#233;rieurement. Un vecteur d'&#233;tat permet donc de pr&#233;dire quelle valeur de tel observable sera mesur&#233;e, non pas sur tel syst&#232;me physique, mais sur un ensemble de syst&#232;mes. Il permet donc de calculer une fr&#233;quence statistique, c'est-&#224;-dire le nombre de fois n que la valeur en question sera observ&#233;e sur N dispositifs exp&#233;rimentaux identiques. Dans le cas d'un syst&#232;me individuel, c'est-&#224;-dire pour un dispositif exp&#233;rimental particulier, la pr&#233;diction que pouvait fournir le vecteur d'&#233;tat en terme de fr&#233;quences statistiques devient la probabilit&#233; d'obtenir telle ou telle valeur sur l&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;observable mesur&#233;e. Une r&#233;elle pr&#233;diction, c'est-&#224;-dire la possibilit&#233; de pr&#233;dire que telle valeur sera obtenue ou pas, sur un syst&#232;me individuel, n'est possible que dans les cas tr&#232;s particuliers o&#249; la probabilit&#233; en question est de 1 ou 0. L'apparition d'une th&#233;orie des probabilit&#233;s en physique n'a rien d'original, elle est tr&#232;s courante dans toute entreprise pr&#233;visionnelle o&#249; les donn&#233;es en possession de l'exp&#233;rimentateur sont insuffisantes. En physique classique, les probabilit&#233;s sont un palliatif li&#233; &#224; l'absence ou &#224; l'impr&#233;cision de certaines donn&#233;es. Par exemple, si l'on ne peut mesurer la masse de chacun des &#233;l&#233;ments d'un ensemble observ&#233;, on prendra une moyenne et on sera alors en mesure de calculer la probabilit&#233; que tel &#233;l&#233;ment de l'ensemble soit dans tel &#233;tat. Mais la physique quantique ne dispose de rien d'autre que cette probabilit&#233;, la question se pose alors de savoir &#224; quoi elle constitue un palliatif car nous ne disposons d'aucun autre moyen plus pr&#233;cis de quantifier un syst&#232;me microscopique que le formalisme que nous avons &#233;voqu&#233;. De plus, par sa structure math&#233;matique tr&#232;s particuli&#232;re en espaces vectoriels avec un nombre de dimensions variable, la th&#233;orie des probabilit&#233;s utilis&#233;e par la physique quantique est tr&#232;s diff&#233;rente de celle traditionnellement utilis&#233;e dans toutes les autres sciences, dans un certain sens elle utilise m&#234;me la th&#233;orie classique comme sous-syst&#232;me. C'est pourquoi le point de vue orthodoxe, afin d'&#233;viter toute forme de sp&#233;culation que les physiciens pourraient qualifier de mani&#232;re quelque peu p&#233;jorative de m&#233;taphysique, se limite &#224; cette seule formulation abstraite en termes de probabilit&#233;s et d'ensembles statistiques, sans pour autant admettre qu'il s'agit de la seule r&#233;alit&#233; ou que la r&#233;alit&#233; est structur&#233;e ainsi. Schr&#246;dinger a introduit son &#233;quation d'onde, sans y introduire le moindre concept de probabilit&#233; car il avait expuls&#233; la notion de particule et avec elle celles de trajectoire et de position. Dirac, dans la reformulation qu'il en a fait, en r&#233;introduisant des &#233;l&#233;ments corpusculaires &#224; la th&#233;orie, a transform&#233; un outil de calcul de l'&#233;volution d'une onde en outil de calcul des probabilit&#233;s d'observer une position ou une trajectoire (ou d'autres observables tout autant corpusculaires). C'est encore cet usage qui est fait traditionnellement de l'&#233;quation de Schr&#246;dinger et qui reste en d&#233;saccord avec l'esprit dans lequel elle a &#233;t&#233; d&#233;couverte. 2.2.3. La notion d'observateur Contrafactualit&#233; et contextualit&#233; D&#233;finie par un vecteur d'&#233;tat, une particule se trouve dans un &#233;tat superpos&#233; lorsque plusieurs valeurs sont possibles pour l'une de ses observables, c'est-&#224;-dire que plusieurs possibilit&#233;s poss&#232;dent une probabilit&#233; sup&#233;rieure &#224; 0. De m&#234;me une fois que deux particules sont entr&#233;es en interaction, elles doivent &#234;tre d&#233;crites par un seul vecteur d'&#233;tat qui n'est pas une simple addition ou un simple produit de leurs vecteurs d'&#233;tat respectifs, elles sont alors dites dans un &#233;tat enchev&#234;tr&#233;. Par exemple, de deux particules a et b enchev&#234;tr&#233;es, leur vecteur d'&#233;tat commun nous apprend que l'une sera observ&#233;e dans une position x et l'autre dans une position y quoique, avant toute mesure, nous soyons dans l'incapacit&#233; de d&#233;terminer laquelle de a ou de b est dans la position x et de m&#234;me pour y. Le vecteur d'&#233;tat associe une chance sur deux &#224; chaque particule d'&#234;tre dans chaque position. Cela nous permet de pr&#233;dire avec efficacit&#233; que sur un ensemble statistique de n mesures effectu&#233;es sur n paires de particules a et b dans des dispositifs exp&#233;rimentaux identiques, on doit observer (si n est assez grand) une moiti&#233; de particules a dans la position x et l'autre moiti&#233; dans la position y et de m&#234;me pour b. Comme les pr&#233;dictions fournies par la m&#233;canique quantique sont vraies, c'est bien ce r&#233;sultat que l'on obtient, et on est alors tent&#233; d'en conclure qu'avant ces mesures la moiti&#233; des particules a &#233;taient bien dans la position x et l'autre dans la position y. C'est ce qu'on appelle la contrafactualit&#233; et ce type de raisonnement ne pose aucun probl&#232;me en physique classique comme dans toutes les autres sciences empiriques. Cependant ce raisonnement s'expose &#224; de graves contradictions logiques et math&#233;matiques en physique quantique de sorte que l'on est oblig&#233; d'en conclure que ni a ni b n'avaient avant la mesure de position pr&#233;d&#233;finie. Elles &#233;taient chacune &#224; la fois en x et en y, ou du moins affirmer qu'elles &#233;taient chacune dans une seule position n'a tout simplement pas de sens. Les pr&#233;visions de la m&#233;canique quantique portent toujours sur la valeur qu'aura une observable apr&#232;s la mesure, parler de la valeur qu'elle a avant est d&#233;nu&#233; de sens. On doit &#224; Bohr la premi&#232;re et la plus c&#233;l&#232;bre formulation de l'impossibilit&#233; de la contrafactualit&#233; en th&#233;orie quantique. Il affirme sans complexe qu'une particule n'a pas de position, de trajectoire ou n'importe quelle autre grandeur physique ind&#233;pendamment du contexte qui permet son observation. Cela le rapproche de la position positiviste tenue par le Cercle de Vienne et qui consiste &#224; ne d&#233;finir aucune propri&#233;t&#233; physique sans pr&#233;ciser le ou les contextes exp&#233;rimentaux qui permettent de la r&#233;aliser&#160;; bien que les philosophes de cette ob&#233;dience aient &#233;t&#233; davantage motiv&#233;s par le souci de limiter tout contenu cognitif aux possibilit&#233;s offertes par la logique formelle. On appelle cette caract&#233;ristique tr&#232;s sp&#233;cifique de la th&#233;orie quantique la contextualit&#233;. Ainsi, si en physique classique plusieurs exp&#233;riences compl&#233;mentaires peuvent en g&#233;n&#233;ral &#234;tre librement associ&#233;es et leurs r&#233;sultats ajout&#233;s via quelques transformations et corrections math&#233;matiques, la physique quantique ne jouit pas d'une telle libert&#233;. Toute description d'une entit&#233; &#224; l'&#233;chelle quantique doit pr&#233;ciser le contexte exp&#233;rimental qui a permis son observation. De plus, comme certaines observables sont math&#233;matiquement incompatibles, les exp&#233;riences qui les mettent en lumi&#232;re le sont &#233;galement. Enfin l'ordre dans lequel les diff&#233;rentes mesures son effectu&#233;es est primordial. C'est pourquoi on n'admet aucune grandeur physique existant en soi mais on d&#233;finit des observables dans un espace de Hilbert dont les valeurs propres sont les valeurs que ces observables peuvent prendre lors d'une &#233;ventuelle mesure. Cela explique &#233;galement que chaque vecteur d'&#233;tat correspond &#224; une pr&#233;paration exp&#233;rimentale bien particuli&#232;re. L'&#233;quation de Schr&#246;dinger permet alors de calculer l'&#233;volution d'un vecteur d'&#233;tat entre le d&#233;but de la pr&#233;paration et le moment o&#249; survient l'op&#233;ration de mesure. Le probl&#232;me de la mesure Nous allons maintenant voir en quoi l'op&#233;ration de mesure rev&#234;t un aspect tout particulier en physique quantique, mais rappelons tout d'abord comment elle est g&#233;n&#233;ralement trait&#233;e dans les sciences physiques. L'influence que peut exercer une mesure sur un syst&#232;me &#233;tudi&#233; est un fait fort connu des scientifiques et ceux-ci disposent de moyens tr&#232;s efficaces pour gommer cette perturbation de leurs r&#233;sultats. Pour cela une mesure est consid&#233;r&#233;e comme n'importe quelle action physique et il suffit qu'une exp&#233;rience pr&#233;alable ait pu quantifier cette influence pour que de simples op&#233;rations math&#233;matiques permettent de restituer en propre ce qui revient au syst&#232;me &#233;tudi&#233;. Malheureusement la th&#233;orie quantique ne peut, pour plusieurs raisons, appliquer une telle m&#233;thode. En l'absence de tout observateur, un vecteur d'&#233;tat est soumis &#224; une loi d'&#233;volution d&#233;finie par l'&#233;quation de Schr&#246;dinger. Cette derni&#232;re permet de tenir compte de l'influence que peut subir une particule ou un syst&#232;me, de pr&#233;voir les effets d'interactions entre entit&#233;s microscopiques, etc. Malgr&#233; la forme math&#233;matique tr&#232;s particuli&#232;re qu'elle rev&#234;t, cette partie du formalisme quantique est presque aussi bien ma&#238;tris&#233;e que toute autre loi d'&#233;volution en physique. Le probl&#232;me appara&#238;t avec le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes. Comme nous l'avons vu, un vecteur d'&#233;tat, sauf cas particuliers, est un &#233;tat superpos&#233; qui d&#233;finit des probabilit&#233;s d'observation, c'est-&#224;-dire que pour une observable, chacune de ses valeurs propres est associ&#233;e &#224; une probabilit&#233; comprise entre 0 et 1. Cependant, lorsque le syst&#232;me sera effectivement mesur&#233;, une seule valeur pr&#233;cise pour cette observable sera obtenue. Outre l'al&#233;atoire qui caract&#233;rise cette d&#233;termination et sur lequel nous reviendrons, nous avons vu que l'impossibilit&#233; de la contrafactualit&#233; en physique quantique nous interdit d'en conclure que l'observable avait bien cette valeur avant qu'un instrument de mesure rentre en interaction avec lui. Au contraire, la th&#233;orie quantique conventionnelle, qui ne d&#233;finit un syst&#232;me que par le formalisme du vecteur d'&#233;tat car seul celui-ci s'av&#232;re efficace, ne peut tenir compte d'une op&#233;ration de mesure que par une modification soudaine du vecteur d'&#233;tat, qui cesse d'&#234;tre dans un &#233;tat superpos&#233;, et au cours de laquelle toutes les valeurs propres de l'observable tombent &#224; 0, sauf une qui prend la valeur 1. Tout le probl&#232;me r&#233;side dans le fait qu'une telle modification du vecteur d'&#233;tat ne semble pas du tout &#234;tre pr&#233;visible au moyen de l'&#233;quation de Schr&#246;dinger. Non seulement il est particuli&#232;rement g&#234;nant en physique que deux principes d'&#233;volution soient n&#233;cessaires pour rendre compte de l'influence que peut subir un syst&#232;me, mais cela pose un grave probl&#232;me &#233;pist&#233;mologique que la s&#233;paration entre les champs d'application de ces deux principes soit aussi floue. En effet le premier principe d&#233;finit l'&#233;volution&lt;/code&gt;'normale'' du syst&#232;me tandis que le second s'applique sp&#233;cifiquement &#224; toute op&#233;ration de mesure. Celle-ci se trouve alors dans en position d'exception et il est n&#233;cessaire d'&#233;tablir une d&#233;finition pr&#233;cise de ce qu'est une op&#233;ration de mesure, un instrument de mesure et un observateur. C'est un probl&#232;me qui a fait couler beaucoup d'encre et il semble impossible d'obtenir une solution qui ne soit pas fortement dualiste ou compl&#232;tement anthropocentrique. Si les plus positivistes des physiciens peuvent &#234;tre pr&#234;ts &#224; faire ce type de concessions, les scientifiques qui ont foi en une r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante de nous ne peuvent que difficilement s'y r&#233;signer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a cependant un moyen de r&#233;unifier ces deux principes d'&#233;volution pour ne garder que celui de l'&#233;quation de Schr&#246;dinger. Comme, apr&#232;s tout, l'instrument de mesure comme l'observateur lui-m&#234;me sont effectivement compos&#233;s de mol&#233;cules, d'atomes et donc de particules, il est compl&#232;tement envisageable de faire intervenir dans les calculs ces entit&#233;s macroscopiques comme des syst&#232;mes quantiques compos&#233;s d'un grand nombre de particules. L'observateur et son instrument de mesure peuvent donc en th&#233;orie &#234;tre d&#233;finis comme un syst&#232;me S ayant un vecteur d'&#233;tat qui est un &#233;tat enchev&#234;tr&#233; de toutes leurs particules. Aussi, lors d'une op&#233;ration de mesure effectu&#233;e sur le syst&#232;me &#233;tudi&#233; E, les syst&#232;me S et E entrant en interaction doivent par la suite composer un grand syst&#232;me G d&#233;crit par un seul vecteur d'&#233;tat qui est l'enchev&#234;trement de toutes les particules de l'observateur, de l'instrument de mesure et de la pr&#233;paration exp&#233;rimentale. Le premier probl&#232;me qui se pose alors est que dans ce grand syst&#232;me G, puisqu'il est dans un &#233;tat enchev&#234;tr&#233; ins&#233;parable, il n'est plus possible d'&#233;tablir une distinction rigoureuse entre l'observateur, l'instrument de mesure et le syst&#232;me &#233;tudi&#233; et cela nous interdit de d&#233;terminer ce qui, des r&#233;sultats de l'exp&#233;rience, revient en propre &#224; chaque &#233;l&#233;ment. Ce point est l'autre fondement de la contextualit&#233; de la physique quantique et explique que celle-ci ait le plus grand mal &#224; fournir un discours sur la nature des choses ind&#233;pendamment de nous. Le second probl&#232;me est qu'un tel &#233;tat enchev&#234;tr&#233; est &#233;galement &#224; coup s&#251;r un &#233;tat superpos&#233;. Comme seule la r&#233;duction du paquet d'ondes pouvait rendre compte du fait qu'un tel &#233;tat doit soudainement changer pour prendre une valeur d&#233;finie, avoir expuls&#233; ce principe nous ferme cette possibilit&#233;. Nous devons donc par exemple consid&#233;rer que, pas plus que la particule, ni l'observateur ni l'instrument de mesure n'ont de position bien d&#233;finie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Appara&#238;t un probl&#232;me r&#233;current de la physique quantique et que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; : comment faire le lien entre les lois du monde macroscopique et celles radicalement h&#233;t&#233;rog&#232;nes du monde microscopique sachant que les deux th&#233;ories sont confirm&#233;es exp&#233;rimentalement mais que la seconde est cens&#233;e d&#233;crire le d&#233;tail des &#233;l&#233;ments de la premi&#232;re ? Pour illustrer ce point Schr&#246;dinger avait fourni un c&#233;l&#232;bre paradoxe qu'il est int&#233;ressant de r&#233;sumer ici. Il suffit d'imaginer une particule qui est dans l'&#233;tat superpos&#233; des deux &#233;tats possibles A et B. Un dispositif qu'il n'est pas n&#233;cessaire de d&#233;crire a pour cons&#233;quence d'&#233;mettre un gaz mortel si la particule est dans l'&#233;tat A. Accompagn&#233; d'un chat, tout cela est plac&#233; dans une bo&#238;te ferm&#233;e afin d'&#233;viter toute observation pour que l'&#233;tat en question reste superpos&#233;. Un raisonnement identique &#224; celui du paragraphe pr&#233;c&#233;dent doit nous faire conclure que puisque la particule est &#224; la fois en A et en B le chat doit &#224; la fois &#234;tre mort et vivant. Il ne devrait conna&#238;tre un &#233;tat d&#233;fini que lorsque nous ouvrirons la bo&#238;te et r&#233;duirons le paquet d'ondes. La question se pose alors de savoir d'un c&#244;t&#233;, si les lois quantiques sont ainsi transposables aux entit&#233;s macroscopiques, et de l'autre, puisque la conscience semble jouer un r&#244;le cl&#233; dans la r&#233;duction du paquet d'ondes, si l'observation que le chat effectue spontan&#233;ment de son propre &#233;tat peut suffire. Dans tous les cas le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes semble difficile &#224; mettre de c&#244;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une c&#233;l&#232;bre th&#233;orie, commun&#233;ment admise dans la communaut&#233; des physiciens, a souvent &#233;t&#233; propos&#233;e comme solution au probl&#232;me de la mesure, il s'agit de la d&#233;coh&#233;rence. Celle-ci montre que l'&#233;tat de superposition d'un syst&#232;me quantique est li&#233; &#224; sa coh&#233;rence interne. L&#224; encore nous ne rentrons pas dans les d&#233;tails math&#233;matiques d'une telle th&#233;orie mais il faut juste noter qu'elle consiste &#224; prendre en compte, outre celle de l'instrument de mesure, l'influence de l'environnement. Si dans un dispositif exp&#233;rimental de quelques particules il est possible d'isoler le syst&#232;me de l'environnement ext&#233;rieur, pour des raisons physiques li&#233;es &#224; leur niveau d'&#233;nergie et &#224; la constante de Planck, il est impossible d'isoler les syst&#232;mes macroscopiques de la sorte. Seul un syst&#232;me isol&#233; peut &#234;tre dit coh&#233;rent tandis que l'effet qui se manifeste quand on augmente d'&#233;chelle est justement la d&#233;coh&#233;rence. Celle-ci a pour cons&#233;quence d'approcher toutes les valeurs propres d'une observable aussi proche de 0 qu'on le veut, sauf une qui par cons&#233;quent s'approche de 1 de la m&#234;me mani&#232;re. Ainsi, pour les syst&#232;mes macroscopiques, l'influence de l'environnement a pour cons&#233;quence de limiter les &#233;tats de superposition car en pratique la valeur propre major&#233;e peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme &#233;gale &#224; 1 et les autres &#224; 0. Ainsi on tend &#224; expliquer pourquoi les objets macroscopiques nous apparaissent comme ayant une position et une trajectoire bien d&#233;finies. Mais, en toute rigueur, l'&#233;tat de l'objet reste superpos&#233; et aucune de ses valeurs propres n'a une probabilit&#233; d'&#234;tre observ&#233;e de 1. Donc, pour expliquer qu'au moment d'une mesure c'est bien telle ou telle valeur qui est observ&#233;e, il est n&#233;cessaire de r&#233;introduire le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes. La d&#233;coh&#233;rence est une th&#233;orie confirm&#233;e par l'exp&#233;rience qui a le grand m&#233;rite de nous aider &#224; mieux comprendre le comportement quantique des entit&#233;s macroscopiques, mais rigoureusement elle ne r&#233;sout pas cet &#233;pineux probl&#232;me que pose l'op&#233;ration de mesure en physique quantique.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.2.4. Les grandes violations&lt;br class='autobr' /&gt;
Incertitude et ind&#233;termination &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous avons attribu&#233; &#224; Dirac la reformulation en termes probabilistes de l'&#233;quation de Schr&#246;dinger, pour &#234;tre juste il nous faut pr&#233;ciser que l'on doit &#224; Max Born la premi&#232;re interpr&#233;tation de cette &#233;quation comme d&#233;finissant des probabilit&#233;s d'observation. Cette interpr&#233;tation eut le m&#233;rite de r&#233;soudre les probl&#232;mes que posait la repr&#233;sentation purement ondulatoire de Schr&#246;dinger mais introduisit une incertitude et une ind&#233;termination g&#234;nante dans la physique quantique. Une telle &#233;quation, d&#233;terministe concernant une onde, ne peut nous d&#233;crire une trajectoire et m&#234;me tr&#232;s difficilement une position, seules des probabilit&#233;s concernant les r&#233;sultats de mesure peuvent &#234;tre obtenues avec elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut noter qu'il ne s'agit pas l&#224; d'une simple incertitude comme on pourrait la constater dans d'autres domaines, o&#249; l'imperfection de nos instruments nous emp&#234;che de mesurer avec suffisamment de pr&#233;cision les grandeurs n&#233;cessaires &#224; une pr&#233;vision, comme Born l'affirmait, nous ne disposons pas de telles grandeurs dont la connaissance gommerait l'incertitude en question. Cette ind&#233;termination qui fait que seulement dans de rares cas il est possible de pr&#233;dire r&#233;ellement, c'est-&#224;-dire avec une probabilit&#233; de 1, la valeur d'une variable est une cons&#233;quence directe de la structure math&#233;matique du formalisme quantique. Nous avons d&#233;j&#224; rapidement remarqu&#233; qu'en raison de cette originalit&#233; du formalisme de l'espace de Hilbert, certains observables, n'&#233;tant pas compatibles math&#233;matiquement, ne le sont pas non plus exp&#233;rimentalement. On doit &#224; Werner Heisenberg d'avoir prouv&#233; ce point gr&#226;ce &#224; ses relations d'incertitude (ou d'ind&#233;termination). Ainsi la position et la quantit&#233; de mouvement d'une particule ne peuvent &#234;tre simultan&#233;ment mesur&#233;es, pas plus que l'&#233;nergie d'un syst&#232;me et sa dur&#233;e, du moins la pr&#233;cision de la mesure d'un des &#233;l&#233;ments entra&#238;ne in&#233;luctablement l'impr&#233;cision du second. Plus g&#233;n&#233;ralement, s'il est possible, lors de pr&#233;parations exp&#233;rimentales ne prenant en compte qu'une seule variable, de d&#233;terminer, une fois une exp&#233;rience effectu&#233;e, le r&#233;sultat de tout autre exp&#233;rience identique que l'on pourra tenter ult&#233;rieurement, d&#233;s qu'&#224; un vecteur d'&#233;tat sont associ&#233;es plusieurs variables conjugu&#233;es (plusieurs observables sur une m&#234;me particule ou plusieurs particules corr&#233;l&#233;es), seules des probabilit&#233;s d'observation pourront &#234;tre calcul&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si Born &#233;tait plus circonspect, Heisenberg n'h&#233;sitait pas &#224; affirmer que &#171; la m&#233;canique quantique &#233;tablit l'&#233;chec final de la causalit&#233; &#187;. Cette conclusion a cependant subi de nombreuses et pertinentes critiques, notamment il peut &#234;tre remarqu&#233; que dans une formulation classique de la causalit&#233; : lorsque l'on conna&#238;t suffisamment les conditions, on peut en d&#233;terminer les cons&#233;quences, seule la pr&#233;misse est remise en cause par le formalisme quantique, pas la conclusion. En effet, d&#233;finie ainsi sur la pr&#233;visibilit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes, le principe de causalit&#233; n'est pas proprement remis en cause par la microphysique, il est seulement rendu inapplicable. La question de savoir s'il est inapplicable pour des raisons contingentes li&#233;es aux limites de nos facult&#233;s cognitives et/ou &#224; des attributs des choses en elles-m&#234;mes reste encore de nos jours un sujet de controverse sur lequel nous aurons l'occasion de revenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, si l'on peut remarquer qu'un certain ind&#233;terminisme r&#232;gne sur le fonctionnement des entit&#233;s &#224; l'&#233;chelle atomique, cela n'&#233;vacue par toute forme de d&#233;terminisme de la th&#233;orie quantique. Si en g&#233;n&#233;ral elle n'est pas en mesure de pr&#233;dire rigoureusement l'&#233;volution d'un syst&#232;me particulier, concernant des ensembles statistiques, elle permet d'obtenir des pr&#233;dictions ayant le m&#234;me degr&#233; de pr&#233;cision que ce qu'il est possible d'obtenir concernant des syst&#232;mes physiques classiques. Alors que des variables conjugu&#233;es comme la vitesse et la position d'une particule ne semblent pas satisfaire aux conditions &#233;tablies par le formalisme pour obtenir des pr&#233;visions au sens strict, les distributions statistiques de telles variables peuvent &#234;tre pr&#233;dites &#224; l'aide d'un vecteur d'&#233;tat avec le m&#234;me degr&#233; de certitude que dans la plupart des exp&#233;riences scientifiques. Le principe de succession selon une r&#232;gle, essentielle &#224; toute d&#233;marche scientifique, peut donc &#234;tre conserv&#233; dans la m&#233;canique quantique conventionnelle &#224; condition que l'on ne recherche plus des r&#232;gles d&#233;terministes concernant des corpuscules, mais concernant des ensembles statistiques. Cela pose de nouveau la question de savoir s'il est toujours n&#233;cessaire de conserver de telles notions corpusculaires ainsi qu'une nouvelle interrogation concernant la r&#233;alit&#233; qu'il faut attribuer &#224; de tels ensembles statistiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article EPR et les in&#233;galit&#233;s de Bell&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article fourni en 1935 par Einstein, Podolsky et Rosen, souvent qualifi&#233; de mani&#232;re abusive de paradoxe EPR, est s&#251;rement le texte le plus cit&#233; de toute la litt&#233;rature scientifique. Il faut dire que sa formulation profond&#233;ment r&#233;aliste mais d'une structure logique difficilement contestable eut l'audace de s'attaquer &#224; une hypoth&#232;se g&#233;n&#233;ralement admise &#224; ce moment l&#224; parmi les physiciens quantiques, l'hypoth&#232;se de compl&#233;tude. Cette derni&#232;re affirme tout simplement que la th&#233;orie quantique, puisque n'ayant jamais (m&#234;me de nos jours) &#233;t&#233; remise en cause par une quelconque exp&#233;rience, doit constituer une description ad&#233;quate de la r&#233;alit&#233;. Cette hypoth&#232;se, d'inspiration fortement positiviste, n'est cependant absolument pas n&#233;cessaire &#224; l'efficacit&#233; op&#233;ratoire de la th&#233;orie quantique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte EPR m&#233;rite davantage d'&#234;tre appel&#233; th&#233;or&#232;me EPR car il en a bien plus la structure logique et cette appellation correspond d'ailleurs mieux au r&#233;el dessein de ses auteurs. L'article est donc compos&#233; de pr&#233;misses et d'une conclusion et, s'il use d'un exemple particulier exprim&#233; dans le formalisme quantique, le th&#233;or&#232;me EPR ressemble plus &#224; un raisonnement philosophique et &#233;pist&#233;mologique qu'&#224; un trait&#233; de physique. Ses pr&#233;misses sont d'une grande simplicit&#233; et d'une &#233;vidence certaine quoiqu'en partie appuy&#233;es sur le sens commun. Il est possible de les r&#233;sumer en deux principes. Le premier, qui a &#233;t&#233; appel&#233; localit&#233; ou s&#233;parabilit&#233; einsteinienne bien qu'il ait &#233;galement &#233;t&#233; baptis&#233; autrement en d'autres occasions, est fortement inspir&#233; de la th&#233;orie de la Relativit&#233; et suppose juste que, si deux r&#233;gions de l'espace sont suffisamment &#233;loign&#233;es, puisque aucune influence plus rapide que la lumi&#232;re n'est admise, les &#233;v&#232;nements qui se d&#233;roulent dans l'une sont compl&#232;tement ind&#233;pendants de ce qui se passe dans l'autre. Le second principe, dit crit&#232;re de r&#233;alit&#233;, sp&#233;cifie que si l'on peut pr&#233;dire avec certitude la valeur d'une grandeur physique, c'est qu'un &#233;l&#233;ment de r&#233;alit&#233; physique doit y correspondre. On peut d'ores et d&#233;j&#224; constater comment ces deux principes ne sont gu&#232;re difficiles &#224; admettre et peuvent ais&#233;ment faire l'unanimit&#233; sauf chez les plus id&#233;alistes des &#233;pist&#233;mologues.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exemple utilis&#233; dans l'article EPR pour son raisonnement peut &#234;tre remplac&#233; par l'exemple standard que David Bohm proposa dans la m&#234;me lign&#233;e et qui est d'une bien plus grande g&#233;n&#233;ralit&#233;. Il consiste &#224; mettre en jeu une paire de particules corr&#233;l&#233;es, c'est-&#224;-dire deux particules ayant un vecteur d'&#233;tat commun et g&#233;n&#233;r&#233;es de sorte que l'une de leurs observables ait toujours une somme commune ; si l'une a une valeur de 1 l'autre doit avoir une valeur de -1. Ces deux particules sont ensuite projet&#233;es dans deux r&#233;gions de l'espace assez &#233;loign&#233;es pour que s'applique la s&#233;parabilit&#233; einsteinienne. Les r&#232;gles de la m&#233;canique quantique pr&#233;voient alors qu'en observant cette observable sur l'une de ces particules on connaisse sa valeur mais &#233;galement celle de l'autre particule. Pour l'instant rien ne semble particuli&#232;rement probl&#233;matique mais puisque l'on ne doit pas admettre la contrafactualit&#233;, cet exemple, av&#233;r&#233; exp&#233;rimentalement, signifie que observer l'une des deux particules r&#233;duit le paquet d'ondes, modifie le vecteur d'&#233;tat commun et d&#233;termine les valeurs des deux particules. Si l'on admet &#224; la fois l'hypoth&#232;se de compl&#233;tude et le crit&#232;re de r&#233;alit&#233;, il faut en d&#233;duire qu'un &#233;l&#233;ment de r&#233;alit&#233; physique doit correspondre &#224; chacune de ces deux valeurs, donc &#224; chacune des deux particules, et que l'op&#233;ration de mesure, non seulement influence la particule observ&#233;e, mais &#233;galement celle situ&#233;e dans une r&#233;gion de l'espace s&#233;par&#233;e. Autrement dit l'hypoth&#232;se de compl&#233;tude, la localit&#233; et le crit&#232;re de r&#233;alit&#233; ne peuvent tout trois &#234;tre admis en m&#234;me temps. C'est ainsi que EPR tenta de prouver l'incompl&#233;tude de la physique quantique et ouvrit la voie aux th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires que nous aborderons ult&#233;rieurement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien apr&#232;s que l'article EPR ait fait couler beaucoup d'encre, c'est John Bell qui d&#233;montra en 1964 une batterie de trois th&#233;or&#232;mes qui fournit r&#233;ellement de quoi progresser sur cette question. Ces trois th&#233;or&#232;mes poss&#232;dent la m&#234;me structure, ils posent chacun une s&#233;rie de pr&#233;misses &#224; partir desquelles il est possible de d&#233;duire des in&#233;galit&#233;s dont on peut montrer qu'elles sont viol&#233;es par des pr&#233;dictions v&#233;rifi&#233;es de la m&#233;canique quantique. Ainsi il est possible d'en apprendre beaucoup car ces pr&#233;misses ne peuvent alors pas &#234;tre conserv&#233;es ensembles. Le raisonnement de Bell se place dans la m&#234;me lign&#233;e que le th&#233;or&#232;me EPR, philosophiquement en se fixant un but similaire -prouver l'incompl&#233;tude de la m&#233;canique quantique- et m&#233;thodologiquement en adoptant une structure logique sensiblement similaire. Il a &#233;t&#233; perfectionn&#233; &#224; plusieurs reprises et dans plusieurs sens par d'autres auteurs de sorte que d&#233;sormais, si son interpr&#233;tation est l'objet de discussion, sa validit&#233; logique fait l'unanimit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les th&#233;or&#232;mes de Bell posent les m&#234;mes pr&#233;misses que celles d'Einstein, localit&#233; et r&#233;alit&#233;, ainsi que d'autres toutes aussi simples comme le libre choix de la mesure par l'exp&#233;rimentateur et la validit&#233; du raisonnement par induction. Par des raisonnements par l'absurde du m&#234;me type que celui de l'article EPR mais bien trop complexes pour &#234;tre rapport&#233;s ici, les in&#233;galit&#233;s de Bell montrent essentiellement que la m&#233;canique quantique, comme toute autre th&#233;orie visant &#224; reproduire les m&#234;mes pr&#233;visions, doit soit abandonner le crit&#232;re de r&#233;alit&#233; soit la localit&#233;. En effet, puisque le formalisme quantique est non-local dans tous ses outils &#233;pist&#233;miques, on peut consid&#233;rer que celui-ci a une validit&#233; strictement op&#233;ratoire et ne nous informe absolument en rien sur la nature d'une quelconque r&#233;alit&#233; fondamentale, dans ce cas on est encore en droit de supposer que cette derni&#232;re pourrait &#234;tre purement locale. Sinon, si l'on veut affirmer que le formalisme quantique correspond, ne serait-ce que partiellement, &#224; des &#233;l&#233;ments de r&#233;alit&#233;, il faut admettre que cette r&#233;alit&#233; doit &#234;tre non-locale, c'est-&#224;-dire que sont possibles des influences instantan&#233;es entre des &#233;l&#233;ments de deux r&#233;gions s&#233;par&#233;es de l'espace-temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce point est d'une importance capitale pour la compr&#233;hension de notre monde et/ou de la nature de notre connaissance des choses, et il sera d'un grand usage pour la suite de notre &#233;tude et notamment lors de l'analyse des diverses interpr&#233;tations du formalisme quantique. Pour le moment il est d&#233;j&#224; possible de constater comment le fait d'adopter une vision positiviste ou r&#233;aliste en physique quantique a une importance dans la structure logique de la th&#233;orie alors que, dans n'importe quel autre domaine scientifique, il ne s'agit que de points de vue philosophiques qu'il n'est pas n&#233;cessaire d'introduire dans les d&#233;bats strictement scientifiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.3. Les solutions propos&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
2.3.1. La r&#233;forme conceptuelle&lt;br class='autobr' /&gt;
Les th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est impossible de fournir ici la moindre description exhaustive de toutes les th&#233;ories de ce type qui ont pu &#234;tre propos&#233;es, c'est pourquoi nous nous contentons d'une rapide description structurelle et d'un bref et incomplet historique de l'apparition de ces th&#233;ories.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; partir du r&#233;sultat de l'article EPR que les partisans, comme Einstein, de l'incompl&#233;tude de la m&#233;canique quantique tent&#232;rent de construire une th&#233;orie qui devait d&#233;passer, en l'int&#233;grant, la th&#233;orie actuelle pour proposer les m&#234;mes pr&#233;dictions tout en rendant compte de mani&#232;re plus coh&#233;rente du monde. Toutes ces tentatives sont class&#233;es comme th&#233;ories &#224; variables cach&#233;es, quoique beaucoup d'auteurs pr&#233;f&#232;rent parler de th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires car si la premi&#232;re formulation est consacr&#233;e par l'usage, la seconde est moins trompeuse et plus exhaustive. Bell &#233;tant de ces physiciens soucieux de retrouver une description du monde plus proche de ce que peut nous procurer notre intuition, c'est en travaillant &#224; ce projet qu'il d&#233;couvrit ses in&#233;galit&#233;s. Ces derni&#232;res posent d'ailleurs un cadre essentiel &#224; toute entreprise de ce type, mais un cadre tr&#232;s restrictif comme nous l'avons vu car il y est &#233;tabli qu'une th&#233;orie destin&#233;e &#224; reproduire les pr&#233;visions de la m&#233;canique quantique tout en revendiquant une description compl&#232;te de la r&#233;alit&#233; doit contrevenir &#224; la localit&#233;. C'est en effet en tentant de contourner ce point que ces th&#233;ories furent consid&#233;r&#233;es comme introduisant des variables cach&#233;es. Car la localit&#233; au sens de la Relativit&#233; n'interdit pas tout &#224; fait toute forme d'influence plus rapide que la lumi&#232;re mais seulement tous les transferts de signaux plus rapides que la lumi&#232;re ; ce qui limite toutefois grandement le type d'influence non-locale permis. Le seul moyen alors de r&#233;concilier une th&#233;orie ayant ce genre de vis&#233;es ontologiques avec la th&#233;orie de la Relativit&#233; est de supposer que les influences &#224; distance qui y sont possibles doivent correspondre &#224; des variables qui nous sont compl&#232;tement inaccessibles. Cependant nombre d'autres th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires introduisent pour d'autres raisons des variables qui n'ont rien de cach&#233;, ce qui explique le choix de la pr&#233;sente formulation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si elles sont regroup&#233;es dans la m&#234;me &#233;cole de pens&#233;e, c'est que ces th&#233;ories pr&#233;sentent un certains nombre de similitudes structurelles et conceptuelles. Elles ont toutes le m&#234;me objectif : r&#233;interpr&#233;ter le formalisme quantique pour lui donner une signification ontologique. En d'autres termes, il s'agit de construire une th&#233;orie math&#233;matiquement &#233;quivalente au formalisme conventionnel mais qui a pr&#233;tention &#224; d&#233;crire le r&#233;el tel qu'il est en soi, c'est-&#224;-dire en d&#233;finissant la nature des objets &#233;tudi&#233;s, le statut des particules et des op&#233;rateurs math&#233;matiques, etc. En g&#233;n&#233;ral d'une construction plus complexe que la th&#233;orie orthodoxe, ces alternatives r&#233;utilisent tout son bagage math&#233;matique permettant la pr&#233;diction des ph&#233;nom&#232;nes, substituent les termes du formalisme pour lui donner du sens et introduisent de nouveaux outils afin de g&#233;rer les variables ajout&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'engouement pour les th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires correspond plus ou moins &#224; l'article EPR, on peut remarquer que la premi&#232;re construction de ce type fut la th&#233;orie de l'onde pilote que de Broglie proposa dans les ann&#233;es vingt, avant m&#234;me que s'&#233;tablisse le point de vue conventionnel en physique quantique que nous avons &#233;voqu&#233; et que ces th&#233;ories doivent remplacer. Bohm repris cette th&#233;orie &#224; la suite de l'article EPR dans la perspective einsteinienne de compl&#233;ter la physique quantique et Bell entreprit la synth&#232;se et l'actualisation des travaux des deux physiciens dans une m&#234;me optique. On peut sans trop de risque affirmer que la th&#233;orie de l'onde pilote, ainsi augment&#233;e et raffin&#233;e, est l'arch&#233;type d'une th&#233;orie &#224; variables cach&#233;es et nous permet d'en donner un bon exemple. Cette th&#233;orie consiste &#224; supposer l'existence d'une fonction d'onde de l'Univers qui piloterait toutes les particules de l'Univers. Chacune d'entre elles poss&#232;de alors position, vitesse et donc trajectoire, ce qui nous r&#233;concilie avec des conceptions famili&#232;res. Les particules sont alors des existences fondamentales qui poss&#232;dent une persistance ontologique, de m&#234;me que cette fonction d'onde qui d&#233;finit le potentiel quantique tout aussi r&#233;el de chaque particule. C'est ce potentiel, comparable &#224; un champs de force et donc lui aussi susceptible d'une compr&#233;hension relativement intuitive, qui d&#233;termine les particules &#224; parfois adopter un comportement si particulier, comme les franges d'interf&#233;rence dans l'exp&#233;rience de Davisson et Germer. Ce qui provoque alors les nombreux probl&#232;mes &#233;pist&#233;mologiques que nous avons remarqu&#233;s, c'est le fait d&#233;j&#224; constat&#233; qu'une fonction d'onde ou un vecteur d'&#233;tat d&#233;crivant plusieurs particules enchev&#234;tr&#233;es n'est pas la somme ou le produit des vecteurs d'&#233;tat de toutes ces particules. Comme nous ne pouvons conna&#238;tre et quantifier en d&#233;tail le vecteur d'&#233;tat du syst&#232;me qu'est l'Univers, nous en sommes r&#233;duit &#224; ne consid&#233;rer que des sous-syst&#232;mes de celui-ci et leurs vecteurs d'&#233;tat respectifs qui ne contiennent par cons&#233;quent pas toutes les informations permettant de d&#233;crire le comportement des particules qui y &#233;voluent. De m&#234;me l'influence de l'observateur que l'on peut consid&#233;rer concernant le probl&#232;me de la mesure se r&#233;sout par le fait que nous aussi, observateurs, nous sommes compos&#233;s de particules pilot&#233;es par la fonction d'onde de l'Univers et donc enchev&#234;tr&#233;es avec toutes les autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'instar de la th&#233;orie de l'onde pilote, on peut en g&#233;n&#233;ral remarquer que les th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires, pour donner une interpr&#233;tation ontologique &#224; la physique quantique, r&#233;am&#233;nagent son formalisme pour r&#233;introduire, sauvegarder ou renforcer des concepts classiques qui avaient &#233;t&#233;s plus ou moins abandonn&#233;s et notamment des conceptions corpusculaires. C'est par l&#224; m&#234;me que de telles th&#233;ories pr&#233;sentent un int&#233;r&#234;t et un attrait certain, elles ont l'avantage d'offrir une description du monde quantique qui satisfasse &#224; la grille de lecture classique avec laquelle nous avons tendance &#224; raisonner. Nous allons maintenant voir qu'elles ont &#224; faire face &#224; un certain nombre de difficult&#233;s qui ne peuvent &#234;tre n&#233;glig&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les difficult&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre les th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires qui doivent &#234;tre abandonn&#233;es car des erreurs math&#233;matiques et logiques ont pu &#234;tre d&#233;cel&#233;es dans leur formulation, des difficult&#233;s tr&#232;s particuli&#232;res d'ordre &#233;pist&#233;mologique et conceptuel sont communes &#224; toutes les th&#233;ories de ce type qui pr&#233;sentent pourtant une validit&#233; incontest&#233;e sur le plan logique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;rement il nous faut rappeler le commerce tr&#232;s sp&#233;cial que doit entretenir toute th&#233;orie &#224; variables suppl&#233;mentaires avec la Relativit&#233; en raison des in&#233;galit&#233;s de Bell. M&#234;me s'il est possible de trouver des astuces structurelles qui permettent de r&#233;concilier les deux par une l&#233;g&#232;re modification du formalisme quantique ou de la Relativit&#233;, il demeure qu'en poursuivant son objectif de proposer une alternative &#224; la m&#233;canique quantique conventionnelle &#224; l'aide de conceptions classiques, toute th&#233;orie &#224; variables suppl&#233;mentaire doit introduire une non-localit&#233; fortement contre intuitive. Aussi, si en effet une th&#233;orie &#224; variables cach&#233;es permet une description plus intuitive des &#233;v&#232;nements du monde microscopique dans des cas simples ou des exemples types, l'&#233;quivalence avec le formalisme orthodoxe &#224; laquelle ces th&#233;ories doivent souscrire leur fait perdre toute cette simplicit&#233; dans des cas plus complexes, notamment lorsque augmente le nombre de dimensions de l'espace abstrait dans lequel &#233;voluent les vecteurs d'&#233;tat. On est donc en droit de penser que la coh&#233;rence que semble pr&#233;senter ce type de th&#233;ories pour rendre compte du monde quantique ne tient qu'&#224; une efficacit&#233; p&#233;dagogique. La simplicit&#233; bas&#233;e sur l'usage de termes classiques comme ceux de corps, position et vitesse dont ces th&#233;ories peuvent faire preuve pour expliquer le comportement d'une particule se dissout progressivement lorsque le cas consid&#233;r&#233; se complexifie.&lt;br class='autobr' /&gt;
De telles th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires pr&#233;sentent &#233;galement une difficult&#233; li&#233;e au fait m&#234;me qu'elles aient pour but de fixer la nature fondamentale des existants du monde quantique, difficult&#233; qu'elles partagent avec d'autres travaux th&#233;oriques &#224; vis&#233;e ontologique dans d'autres domaines scientifiques. En effet, une fois que la th&#233;orie a d&#233;termin&#233; et d&#233;crit les &#233;l&#233;ments de r&#233;alit&#233;s qui correspondent aux ph&#233;nom&#232;nes quantiques, une rigidit&#233; a &#233;t&#233; introduite qui peut poser un certain nombre de probl&#232;mes conceptuels d&#233;s que de nouvelles donn&#233;es exp&#233;rimentales sont apport&#233;es. De nouvelles avanc&#233;es scientifiques peuvent alors sonner le glas d'une th&#233;orie &#224; variables suppl&#233;mentaires comme la th&#233;orie de Relativit&#233; remit en cause l'existence (mais pas l'efficacit&#233;) des champs de gravit&#233; newtoniens car le type d'existants fondamentaux qui avait &#233;t&#233; postul&#233; se trouve impossible &#224; conserver dans la nouvelle th&#233;orie. Ainsi, si la th&#233;orie conventionnelle, essentiellement op&#233;ratoire, se garde de ce type de probl&#232;mes car elle s'abstient de se prononcer sur la nature des objets &#233;tudi&#233;s, une th&#233;orie qui a pr&#233;tention &#224; d&#233;crire la r&#233;alit&#233; fondamentale ne peut qu'avoir une post&#233;rit&#233; bien incertaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un probl&#232;me bien plus radical et plus sp&#233;cifique &#224; la physique quantique caract&#233;rise toutes les th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires qui ont pu &#234;tre construite. Si toutes ces th&#233;ories, pourvu qu'elles soient correctement construites, reproduisent toutes les pr&#233;dictions permises par la m&#233;canique quantique, aucune n'a jamais fourni une pr&#233;diction v&#233;rifi&#233;e qui ne puisse &#234;tre fournie par la th&#233;orie quantique conventionnelle. Autrement dit aucune n'a pu fournir la moindre preuve exp&#233;rimentale de sa sup&#233;riorit&#233; sur le mod&#232;le orthodoxe. D'autant plus que les th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires, puisque d'une construction math&#233;matique plus complexe, ont toujours plus de mal &#224; assimiler de nouvelles donn&#233;es fournies par l'exp&#233;rience. Par cons&#233;quent ces th&#233;ories ne peuvent avancer que leur clart&#233; conceptuelle et leur efficacit&#233; p&#233;dagogique pour soutenir leur sup&#233;riorit&#233;. Cela est particuli&#232;rement symptomatique si l'on consid&#232;re que parmi les multiples mod&#232;les &#224; variables suppl&#233;mentaires qui ont pu &#234;tre propos&#233;s et qui pr&#233;sentent chacun une parfaite coh&#233;rence interne, aucun n'a pu pr&#233;senter d'argument d&#233;cisif pour montrer sa sup&#233;riorit&#233; sur les autres. Ainsi, m&#234;me le physicien soucieux d'adh&#233;rer &#224; une th&#233;orie d&#233;crivant le r&#233;el fondamentalement aurait bien du mal &#224; discriminer parmi tous les mod&#232;les disponibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne pouvons donc en toute rigueur, c'est-&#224;-dire uniquement sur la base d'arguments rationnels, adh&#233;rer &#224; aucune de ces th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires. Mais, &#224; la suite de Bernard d'Espagnat, nous pouvons tout de m&#234;me consid&#233;rer ces mod&#232;les comme de bons &#171; laboratoires th&#233;oriques &#187; permettant de mieux analyser les enjeux ontologiques et &#233;pist&#233;mologiques que pr&#233;sente le formalisme quantique. Comme exemple ou contre-exemple, de telles constructions, visant &#224; d&#233;crire avec un maximum d'objectivit&#233; le monde quantique, permettent d'&#233;viter certaines conclusions et g&#233;n&#233;ralisations h&#226;tives &#224; partir de donn&#233;es exp&#233;rimentales qui pourraient &#234;tre interpr&#233;t&#233;es de diverses mani&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.3.2. Les probl&#232;mes ontologiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Le concept de corps mat&#233;riel&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel que soit l'objectif du physicien, qu'il ait une v&#233;ritable volont&#233; th&#233;orique visant &#224; d&#233;crire les choses en soi ou qu'il se cantonne &#224; un travail op&#233;ratoire et &#224; l'&#233;tablissement de r&#232;gles de pr&#233;diction efficaces, certaines questions d'ordre ontologique ne peuvent &#234;tre ignor&#233;es car elles doivent in&#233;vitablement se poser au scientifique qu'il soit d'inspiration plut&#244;t r&#233;aliste ou plut&#244;t positiviste. Ainsi la question de savoir si le concept de corps mat&#233;riel doit &#234;tre conserv&#233; en physique quantique est in&#233;vitablement pos&#233;e car quelle que soit l'ob&#233;dience du discours, il fait invariablement r&#233;f&#233;rence &#224; des objets pr&#233;cis dont la nature doit, &#224; un moment ou &#224; un autre, &#234;tre trait&#233;e. M&#234;me si l'on estime que la nature des objets &#233;tudi&#233;s en physique quantique ne peut &#234;tre fix&#233;e, on a d'ores et d&#233;j&#224; admis que le concept de corps mat&#233;riel n'y a plus l'&#233;vidence qu'il rev&#234;t dans la physique classique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour reprendre le propos de l'&#233;pist&#233;mologue Michel Bitbol, en toute rigueur il n'est pas possible de retrouver en physique quantique le type d'invariants dont l'on dispose en physique classique comme dans la vie courante et qui nous permettent de faire usage en toute l&#233;gitimit&#233; du concept de corps mat&#233;riel. Si l'on d&#233;finit comme lui un corps mat&#233;riel comme &#171; un secteur d'espace tridimensionnel objectiv&#233; par la d&#233;termination d'effets locaux invariants sous un ensemble de changements r&#233;gl&#233;s &#187;, ni une localisation pr&#233;cise ni aucun effet particulier ne nous sont disponibles pour justifier l'usage en m&#233;canique quantique d'une telle notion corpusculaire. De m&#234;me, quelle que soit la th&#233;orie de la r&#233;f&#233;rence utilis&#233;e, les conditions n&#233;cessaires &#224; une objectivation ne sont pas r&#233;unis, que ce soit des proc&#233;dures de suivi ou des modalit&#233;s trans-temporelles de r&#233;identification. Mais les p&#232;res fondateurs de la microphysique ne s'y sont pas tromp&#233;s en faisant preuve d'une grande prudence, d&#233;s la naissance de la physique quantique, quand &#224; la nature des entit&#233;s &#233;tudi&#233;es. Ainsi Schr&#246;dinger abandonna tr&#232;s t&#244;t le concept de corpuscules d&#233;s lors qu'il n'&#233;tait plus possible d'avoir de position et de trajectoire clairement d&#233;finies. Ce sera Bohr qui ira le plus loin en affirmant que l'on est r&#233;duit &#224; d&#233;crire des dispositifs et des r&#233;sultats exp&#233;rimentaux et que les hypoth&#233;tiques propri&#233;t&#233;s de corps existant ind&#233;pendamment de toute observation nous sont inaccessibles et n'ont m&#234;me aucun sens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, malgr&#233; son caract&#232;re particuli&#232;rement op&#233;ratoire, la th&#233;orie quantique, dans sa formulation orthodoxe, n'est pas exempte de consid&#233;rations corpusculaires. Il y est constamment fait r&#233;f&#233;rence &#224; des particules mais dont on n'exige pas que leur description r&#233;unisse tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; une objectivation rigoureuse du type de celle d'un corps mat&#233;riel et dont on ne s'attend pas &#224; ce qu'elles reproduisent tous les comportements g&#233;n&#233;ralement associ&#233;s &#224; une entit&#233; corpusculaire. Ainsi une particule poss&#232;de une position et une vitesse bien d&#233;finies, mais uniquement lors d'une mesure et jamais simultan&#233;ment. Cet usage d'une notion tr&#232;s proche de l'id&#233;e d'un corps mat&#233;riel mais qui n'en pr&#233;sente que peu de caract&#233;ristiques est symptomatique, non seulement du flou qui caract&#233;rise les objets &#233;tudi&#233;s dans la physique quantique conventionnelle, mais &#233;galement de l'impossibilit&#233; d'y utiliser le concept intuitif de corps mat&#233;riel dont nous disposons. &lt;br class='autobr' /&gt;
En g&#233;n&#233;ral les th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires s'attachent &#224; restaurer pleinement toutes les conditions n&#233;cessaires &#224; l'usage d'un tel concept. Cependant cela se paye d'un co&#251;t &#233;pist&#233;mologique tr&#232;s lourd car, outre la non-localit&#233; qui doit &#234;tre admise, des variables inobservables empiriquement doivent &#234;tre accept&#233;es pour que l'on puisse continuer &#224; parler des particules comme de petits corps mat&#233;riels disposant en permanence d'une position, d'une vitesse, d'une trajectoire, etc. Cela se rajoute aux difficult&#233;s que nous avons trait&#233;es pr&#233;c&#233;demment et nuit grandement &#224; leur cr&#233;dibilit&#233; car c'est par des invariants qui ne correspondent &#224; aucune donn&#233;e observable, donc &#224; aucune modalit&#233; r&#233;f&#233;rentielle, qu'une stabilit&#233; suffisante est trouv&#233;e pour redonner du sens au concept de corps mat&#233;riel. Pourtant, dans nombre d'exp&#233;riences, il est possible d'effectuer des observations encha&#238;n&#233;es ou des d&#233;tections coordonn&#233;es de sortes que l'on puisse constater des impressions de trajectoire concernant une particule, mais, en raison des relations d'incertitude d'Heisenberg, seule l'introduction de donn&#233;es suppl&#233;mentaires non-empiriques permettent d'en conclure logiquement &#224; la pr&#233;sence localis&#233;e, m&#234;me en l'absence de mesure, de la particule en chacun des moments de la trajectoire. Cette survie artificielle de notions corpusculaires inutiles au formalisme, pour son efficacit&#233; pr&#233;dictive, peut alors rapidement passer pour une simple astuce conceptuelle, voire un vulgaire r&#233;flexe d&#233;fensif, de la part des ultimes partisans de la r&#233;alit&#233; fondamentale des corps mat&#233;riels. Nous avons cependant d&#233;j&#224; remarqu&#233; que m&#234;me si l'on n'admet aucune th&#233;orie &#224; variables suppl&#233;mentaires, il est possible de leur trouver une grande utilit&#233; &#233;pist&#233;mologique. Quoiqu'il en soit, m&#234;me un mod&#232;le &#224; variables cach&#233;es est oblig&#233; d'admettre le comportement souvent fort contre intuitif des particules et la pr&#233;sence d'autres entit&#233;s r&#233;elles et non corpusculaire comme des potentiels ou champs quantiques pour rendre compte de ces bizarreries.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il arrive que les interpr&#233;tations de la th&#233;orie quantique dites statistiques ou stochastiques soient pr&#233;sent&#233;es comme r&#233;solvant la question de la nature des entit&#233;s du monde microscopique. Une telle interpr&#233;tation part du fait que le formalisme du vecteur d'&#233;tat et de l'espace de Hilbert est une description compl&#232;te et ad&#233;quate d'ensembles statistiques de syst&#232;mes physiques. La parfaite pr&#233;dictibilit&#233; dont fait preuve le formalisme quantique au sujet de distributions statistiques suscite en effet l'unanimit&#233;, pourtant diverses interpr&#233;tations bas&#233;es sur cette certitude sont envisageables. Ainsi on ne peut consid&#233;rer ni les vecteurs d'&#233;tat ni les ensembles statistiques comme r&#233;els tout en leur restituant la compl&#232;te validit&#233; op&#233;ratoire qui leur est due, ou consid&#233;rer le formalisme quantique comme une description compl&#232;te et ad&#233;quate de la r&#233;alit&#233; &#224; condition que ces ensembles statistiques constituent des entit&#233;s r&#233;elles. Dans le cadre de la premi&#232;re hypoth&#232;se il est alors possible, dans une optique r&#233;aliste, de construire sur cette base une th&#233;orie &#224; variables suppl&#233;mentaires qui assigne &#224; chaque syst&#232;me individuel toutes les propri&#233;t&#233;s d'un corps mat&#233;riel en consid&#233;rant qu'ils ne sont pas soumis individuellement aux &#233;tranget&#233;s de ce formalisme. Mais il est &#233;galement acceptable, sur la m&#234;me base, de tenir un discours d'inspiration positiviste o&#249; cette seule efficacit&#233; op&#233;ratoire est consid&#233;r&#233;e comme suffisante et o&#249; le concept de corps mat&#233;riel n'est plus alors n&#233;cessaire. La seconde hypoth&#232;se, si elle n'&#233;tablit pas quelle est la nature des entit&#233;s qui composent les ensembles statistiques, a cependant le m&#233;rite de sauvegarder le d&#233;terminisme, car s'il ne s'applique pas aux syst&#232;mes individuels, il reste compl&#232;tement op&#233;rant au sujet de ces ensembles. Il faut tout de m&#234;me remarquer qu'une interpr&#233;tation positiviste qui ne se prononce pas sur la nature des entit&#233;s individuelles, contrairement &#224; une th&#233;orie stochastique &#224; variables suppl&#233;mentaires, reste condamn&#233;e &#224; invoquer le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes pour rendre compte qu'&#224; chaque mesure on observe sur chaque syst&#232;me individuel des valeurs bien d&#233;finies. Dans tout les cas, si les interpr&#233;tations statistiques du formalisme quantique permettent de construire de coh&#233;rentes th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires et peuvent expliquer l'efficacit&#233; op&#233;ratoire de la physique quantique concernant des distributions statistiques, elles n'apportent pas vraiment de r&#233;ponse au probl&#232;me ontologique pos&#233; quand au maintien ou non du concept de corps mat&#233;riel pour le monde microscopique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi on peut voir clairement que pour expliquer la th&#233;orie quantique comme pour prouver son efficacit&#233;, celle-ci n'a absolument pas besoin de notions corpusculaires. Cependant, comme Bitbol le sugg&#232;re, si de telles notions sont maintenues dans le langages de la plupart des physiciens c'est peut-&#234;tre parce qu'elles sont n&#233;cessaires pour conserver un lien entre ce formalisme si particulier et l'exp&#233;rience commune qui est la n&#244;tre et dans laquelle nous pouvons en g&#233;n&#233;ral toujours compter sur des entit&#233;s spatialement bien localis&#233;es et dont le suivi ne pose gu&#232;re de probl&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le statut de la conscience&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut maintenant revenir au probl&#232;me de la mesure que nous n'avons fait que poser pr&#233;c&#233;demment et notamment sur le statut particulier que le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes semble donner &#224; l'observation et donc &#224; la conscience. Dans une perspective r&#233;aliste ce probl&#232;me du statut de la conscience est tr&#232;s grave car il devient alors tr&#232;s complexe de construire une description objective de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Mais le physicien positiviste doit &#233;galement &#234;tre g&#234;n&#233; par ce statut tr&#232;s particulier et tr&#232;s important qui est donn&#233; &#224; l'influence de l'observateur dans toute op&#233;ration de mesure car il emp&#234;che &#224; premi&#232;re vue de trouver une &#233;quation pr&#233;dictive purement d&#233;terministe concernant les r&#233;sultats de mesures possibles sur un syst&#232;me individuel. La question est donc de savoir si la th&#233;orie quantique donne vraiment un statut exceptionnel &#224; la conscience ou s'il est possible de retrouver une description purement physicaliste du r&#233;el qui r&#233;utilise le m&#234;me formalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un premier temps il faut remarquer que la plupart des th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires, dans l'optique d'une description coh&#233;rente du r&#233;el, &#233;vacuent compl&#232;tement le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes, et donc toute intervention de la conscience. Pour cela elles supposent g&#233;n&#233;ralement que toutes les observables d'un syst&#232;me ont toujours des valeurs bien d&#233;finies bien qu'elles ne soient pas donn&#233;es par son vecteur d'&#233;tat. Dans ce cas l'op&#233;ration de mesure, comme dans toutes les autres sciences, ne fait que d&#233;voiler une donn&#233;e pr&#233;existante et le vecteur d'&#233;tat, qui n'est pas plus une description compl&#232;te du syst&#232;me, n'est actualis&#233; que gr&#226;ce &#224; l'apport de cette nouvelle donn&#233;e comme dans tout fonctionnement probabilistique en physique classique. Cependant nous avons d&#233;j&#224; assez pr&#233;cis&#233; les probl&#232;mes &#233;pist&#233;mologiques que soul&#232;vent les th&#233;ories &#224; variables cach&#233;es pour que nous ne nous suffisions pas des solutions qu'elles proposent et qui ne sont de toute mani&#232;re pas admissibles dans une optique positiviste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons tenter d'&#233;claircir le probl&#232;me pos&#233; par le statut de la conscience dans le strict cadre de la th&#233;orie quantique conventionnelle. Partons pour cela de la c&#233;l&#232;bre th&#233;orie des &#233;tats relatifs propos&#233;e par Hugh Everett. Celle-ci &#233;vacue compl&#232;tement le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes mais d'une mani&#232;re tr&#232;s particuli&#232;re : il n'est pas question de supposer pour cela des valeurs pr&#233;d&#233;termin&#233;es aux observables du syst&#232;me, bien au contraire, m&#234;me apr&#232;s la mesure, ces observables ne sont toujours pas consid&#233;r&#233;es comme ayant des valeurs d&#233;termin&#233;es. Pour se passer ainsi de la r&#233;duction du paquet d'ondes et r&#233;soudre le probl&#232;me de la mesure, la th&#233;orie des &#233;tats relatifs se propose de traiter la conscience comme une propri&#233;t&#233; purement physique de l'observateur, lui-m&#234;me con&#231;u comme un automate de sorte qu'il n'y ait aucune diff&#233;rence entre lui et n'importe quel autre instrument de mesure. Ainsi, apr&#232;s l'interaction, entre un observateur et un syst&#232;me &#233;tudi&#233;, que nous appelons commun&#233;ment op&#233;ration de mesure, le grand syst&#232;me compos&#233; de leur combinaison se trouve dans un &#233;tat enchev&#234;tr&#233;, et superpos&#233; car il n'y a pas eu r&#233;duction du paquet d'ondes. L'observateur, comme tout syst&#232;me quantique dans la th&#233;orie orthodoxe, est alors consid&#233;r&#233; comme &#233;tant dans plusieurs &#233;tats en m&#234;me temps. Mais comment expliquer alors l'unicit&#233; que nous observons perp&#233;tuellement &#224; propos de la valeur d'une observable mesur&#233;e aussi bien qu'au sujet de notre propre conscience ? La th&#233;orie des &#233;tats relatifs montre comment il d&#233;coule directement des r&#232;gles de la m&#233;canique quantique que les diff&#233;rentes &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;'branches'' du vecteur d'&#233;tat du syst&#232;me total, qui correspondent chacune &#224; un &#233;tat pr&#233;cis, ne communiquent pas entre elles et sont individuellement coh&#233;rentes. En r&#233;alit&#233;, selon cette th&#233;orie, lors d'une mesure, nous observons toutes les valeurs possibles de l'observable consid&#233;r&#233;e mais dans autant d'&#233;tats de conscience qui ne communiquent pas entre eux. On comprend alors bien comment la th&#233;orie de Everett a pu &#234;tre &#224; la base de la tout aussi c&#233;l&#232;bre th&#233;orie des mondes multiples de Bryce De Witt. Toute op&#233;ration de mesure cr&#233;e plusieurs ramifications qui peuvent cohabiter sans encombre en raison du cloisonnement qui les caract&#233;rise. Etant donn&#233; le nombre de consciences et de mesures effectu&#233;es dans l'univers on peut imaginer un nombre astronomique et en augmentation constante pour ces ramifications. Le concept des mondes multiples vient tout simplement de l'id&#233;e, que l'on ne peut ni r&#233;futer ni prouver, qu'&#224; la cr&#233;ation d'une ramification doit correspondre celle d'un univers correspondant de sorte que le nombre des univers parall&#232;les doit lui aussi &#234;tre dans une augmentation constante. Aussi &#233;trange qu'elle puisse para&#238;tre, la th&#233;orie des &#233;tats relatifs est logiquement tr&#232;s coh&#233;rente et permet d'expulser efficacement le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes sans introduire de donn&#233;es inobservables. Que l'on consid&#232;re son mod&#232;le comme valide ou non, le coup de g&#233;nie d'Everett demeure qu'il ait song&#233; &#224; faire glisser le probl&#232;me de la mesure de consid&#233;rations physiques &#224; une conception davantage psychologique, tout en admettant comme valide l'essentiel des r&#232;gles de la m&#233;canique quantique conventionnelle. Cependant, dans l'analyse que d'Espagnat a pu en proposer, il est possible de remarquer que la th&#233;orie des &#233;tats relatifs peine quelque peu &#224; donner un statut &#224; la m&#233;moire de l'observateur et qu'il est n&#233;cessaire pour r&#233;gler ce point de retomber sur un certain dualisme car l'&#233;tat de conscience de l'observateur est alors une propri&#233;t&#233; particuli&#232;re soumise &#224; un r&#233;gime sp&#233;cial. Dans ce dernier cas, si la th&#233;orie des &#233;tats relatifs a le m&#233;rite de refuser &#224; la conscience une quelconque influence lors de l'op&#233;ration de mesure, elle ne parvient pas tout &#224; fait &#224; lui enlever son statut particulier. Quelle que soit la tournure dans laquelle nous prenons le formalisme quantique orthodoxe, on doit in&#233;vitablement constater que les notions d'observation et d'observateur ne peuvent en &#234;tre expuls&#233;es. Etant donn&#233; que toute forme d'observation suppose une conscience correspondante et que toute formulation de loi en physique quantique conventionnelle ne peut manquer de faire appel &#224; ce concept d'observation, une vision mat&#233;rialiste de la th&#233;orie quantique du type de celle habituellement adopt&#233;e en physique classique, c'est-&#224;-dire &#233;jectant compl&#232;tement toute r&#233;f&#233;rence &#224; l'esprit humain, n'est tout simplement pas envisageable. Et cela est tout &#224; fait ind&#233;pendant du probl&#232;me pos&#233; par la r&#233;duction du paquet d'ondes car par exemple la r&#232;gle de Born, qui sert &#224; calculer la probabilit&#233; que telle valeur soit mesur&#233;e sur telle observable, ne peut &#234;tre transform&#233;e en une r&#232;gle nous permettant de d&#233;terminer la valeur que telle observable a avant la mesure que si l'on se place dans le cadre d'une th&#233;orie &#224; variables suppl&#233;mentaires. Donc soit on prend le formalisme dans sa mouture orthodoxe et on est alors dans l'incapacit&#233; de tenir l'habituel discours scientifique et physicaliste, soit on adh&#232;re &#224; l'une des th&#233;ories &#224; variables cach&#233;es mais, en admettant ainsi des donn&#233;es non-empiriques, on s'expose &#224; l'accusation scientiste, habituellement r&#233;serv&#233;e aux th&#233;ories les moins mat&#233;rialistes, d'accepter des hypoth&#232;ses m&#233;taphysiques. Comme le remarque Bitbol, cette irr&#233;ductible pr&#233;sence de l'exp&#233;rimentateur dans la formulation de la th&#233;orie quantique fera rappeler &#224; Bohr ce fait, pourtant d&#233;j&#224; remarqu&#233; par la tradition philosophique mais oubli&#233; dans la construction de la m&#233;thode scientifique, que &#171;&#160;nous sommes aussi bien acteurs que spectateurs dans le grand drame de l'existence&#160;&#187;. 2.3.3. La critique &#233;pist&#233;mologique La victoire du positivisme L'in&#233;luctable pr&#233;sence dans la th&#233;orie quantique des notions d'observation et d'observateur, et donc la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;ciser dans toute description scientifique d'un ph&#233;nom&#232;ne les conditions exp&#233;rimentales de son apparition, peut dans une large mesure &#234;tre vue comme une victoire d'un point de vue positiviste dans la physique moderne. En effet, dans sa formulation conventionnelle, la m&#233;canique quantique, en raison notamment de la contrafactualit&#233; et de la contextualit&#233;, ne peut fournir un discours portant sur des objets existant en eux-m&#234;mes. Seuls des dispositifs exp&#233;rimentaux pr&#233;cisant &#224; chaque fois les proc&#233;d&#233;s d'&#233;mission et de mesure employ&#233;s peuvent &#234;tre d&#233;crits par des vecteurs d'&#233;tat et donc &#234;tre susceptibles de fournir des pr&#233;dictions. De m&#234;me ces pr&#233;dictions ne peuvent &#234;tre exprim&#233;es qu'en termes de mesures futures, jamais comme portant sur des &#233;tats de fait ind&#233;pendants de tout observateur. Il est int&#233;ressant de remarquer que ce ne sont pas les modalit&#233;s d'assertabilit&#233; qui n'ont pu aller plus loin que le cadre op&#233;ratoire de l'exp&#233;rimentation, mais, bien plut&#244;t, est-ce la volont&#233; th&#233;orique et r&#233;aliste qui caract&#233;risait l'essentiel des p&#232;res fondateurs de la physique quantique qui s'est trouv&#233;e en &#233;chec face &#224; ces nouvelles donn&#233;es exp&#233;rimentales. Cette victoire que l'on peut attribuer &#224; l'op&#233;rationalisme tient donc au fait que les grilles de lecture th&#233;oriques avec lesquelles les physiciens ont tent&#233; d'extraire spontan&#233;ment les ph&#233;nom&#232;nes quantiques des conditions de leur apparition se sont montr&#233;es inappropri&#233;es. L'aspect bien trop original de cette nouvelle classe de ph&#233;nom&#232;nes a conduit les scientifiques &#224; contrevenir &#224; un point de m&#233;thode essentiel dans toute construction th&#233;orique. Ainsi, en reprenant de nouveau l'analyse de Bitbol, faut-il en g&#233;n&#233;ral isoler des invariants, pouvant &#234;tre reproduits et r&#233;identifi&#233;s, comme condition d'une objectivation suffisante pour &#233;tablir la nature des objets &#233;tudi&#233;s. C'est donc parce que le concept de corps mat&#233;riel est utilis&#233; sans que les conditions n&#233;cessaires au degr&#233; d'objectivit&#233; qu'il sous-entend ne soient r&#233;unies qu'il se montre inappropri&#233; pour d&#233;crire le monde quantique convenablement. Schr&#246;dinger avait bien constat&#233; ce point lorsqu'il d&#233;cida d'abandonner le concept de particule, quoique sa vision ondulatoire ait &#233;galement montr&#233; le m&#234;me genre de limites. On est, d&#233;s lors, en droit de penser que si la totale efficacit&#233; exp&#233;rimentale d'un usage purement op&#233;ratoire de la m&#233;canique quantique provoque nombre d'incoh&#233;rences dans le cadre de la conception corpusculaire qui est toujours celle de la majorit&#233; des physiciens quantiques, c'est parce que cette conception est tout simplement inappropri&#233;e. Si l'on peut donc accorder une certaine victoire &#224; l'op&#233;rationalisme dans la mesure o&#249; seule dans ce strict cadre la m&#233;canique quantique se montre pleinement coh&#233;rente, cela n'est pas exempt de possibles conclusions d'ordre ontologique. Le fait qu'une conception corpusculaire, pourtant d'une efficacit&#233; rarement &#233;gal&#233;e avec la m&#233;canique classique, se montre inappropri&#233;e &#224; une &#233;chelle microscopique est une information d'une port&#233;e et d'une profondeur difficilement contestable pour quiconque s'int&#233;resserait &#224; la structure fondamentale du r&#233;el. La n&#233;gation du mod&#232;le corpusculaire a un pendant positif en limitant d'une mani&#232;re ou d'une autre le type de construction th&#233;orique envisageable pour rendre compte du monde. Enfin, s'il est ind&#233;niable qu'une attitude positiviste est celle qui r&#233;siste le mieux aux grandes probl&#233;matiques sur lesquelles butent les diff&#233;rents mod&#232;les th&#233;oriques construits pour rendre compte de la m&#233;canique quantique, cela tient peut-&#234;tre au fait qu'une telle d&#233;marche est tout simplement beaucoup moins exigeante quant aux objectifs de la science. Ce n'est pas en d&#233;clarant forfait sur des questions d'ordre ontologique qu'on les r&#233;sout, et encore moins que l'on prouve qu'elles sont insolubles. R&#233;alit&#233; empirique et r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante Malgr&#233; le nombre et la vari&#233;t&#233; des tentatives de th&#233;ories &#224; vis&#233;e ontologique qui ont pu &#234;tre propos&#233;es, du type de celles &#224; variables suppl&#233;mentaires ou d'autres sensiblement similaires, aucune ne s'est montr&#233;e d&#233;cisive et on est alors tent&#233; d'en conclure qu'il est impossible de construire la th&#233;orie d&#233;crivant le r&#233;el tel qu'il est ind&#233;pendamment de nous. Pourtant, nombreuses sont les th&#233;ories de ce genre qui pr&#233;sentent une description coh&#233;rente de ce r&#233;el. Pour &#233;clairer ce point nous allons reprendre une vieille distinction que l'on pourrait &#233;tablir sous la forme du r&#233;el et du sensible, qui a connu ses lettres de noblesse dans la dualit&#233; kantienne des ph&#233;nom&#232;nes et des noum&#232;nes, mais dont nous emploierons les formulations, emprunt&#233;es &#224; d'Espagnat, de r&#233;alit&#233; empirique et r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Ces deux derniers termes ont le m&#233;rite de pouvoir tout deux et sans ambigu&#239;t&#233; &#234;tre qualifi&#233;s d'objectifs car d'Espagnat distingue deux types d'objectivit&#233;, l'une faible et l'autre forte. Un &#233;nonc&#233; est dit objectivement faible s'il reste vrai pour n'importe qui ind&#233;pendamment des particularit&#233;s individuelles. Il est objectivement fort s'il d&#233;crit le r&#233;el tel qu'il est ind&#233;pendamment de tout param&#232;tre humain. Le premier type d'objectivit&#233; est le crit&#232;re de la r&#233;alit&#233; empirique tandis que le second est celui de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Il est &#224; noter que l'objectivit&#233; faible se distingue de la pure est simple subjectivit&#233; dans ce sens qu'elle porte sur ce qui des ph&#233;nom&#232;nes est commun &#224; toute subjectivit&#233; et doit donc nous permettre de trouver le type d'invariants n&#233;cessaire, selon Bitbol, &#224; une rigoureuse objectivation. Au terme de l'analyse qu'il fournit de la physique quantique en tant que physicien mais aussi comme &#233;pist&#233;mologue, &#224; partir notamment de plusieurs arguments que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s, d'Espagnat refuse au discours scientifique toute pr&#233;tention &#224; acc&#233;der &#224; l'objectivit&#233; forte et donc &#224; porter sur la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. L'ultime raison qu'il invoque tient au fait qu'une th&#233;orie visant &#224; d&#233;crire la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante &#224; l'&#233;chelle quantique devrait en toute rigueur se mettre en accord avec la th&#233;orie de la Relativit&#233;. Nous avons d&#233;j&#224; vu que cela est envisageable malgr&#233; de lourdes difficult&#233;s. Cependant la Relativit&#233; telle qu'&#233;nonc&#233;e par Einstein est &#224; objectivit&#233; faible car elle fait d'explicites et capitales r&#233;f&#233;rences aux points de vue des observateurs. Pour proposer une th&#233;orie quantique relativiste &#224; objectivit&#233; forte il faut donc modifier la th&#233;orie de la Relativit&#233; pour qu'elle soit elle aussi &#224; objectivit&#233; forte. Cela est possible mais n&#233;cessite que l'interdiction faite &#224; la transmission de signaux &#224; une vitesse plus rapide que la lumi&#232;re se transforme en l'interdiction de toute influence plus rapide que la lumi&#232;re. Comme nous avons vu que les in&#233;galit&#233;s de Bell impliquent que toute tentative de description du r&#233;el tel qu'il est &#224; l'&#233;chelle quantique, donc &#224; objectivit&#233; forte, doit admettre une non-localit&#233; en d&#233;saccord avec l'interdiction que nous venons d'&#233;voquer, on peut alors en conclure que toute tentative de construction d'une th&#233;orie quantique relativiste &#224; objectivit&#233; forte est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. En d'autres termes cela peut &#234;tre vu simplement comme l'&#233;chec du crit&#232;re de r&#233;alit&#233; tel qu'&#233;nonc&#233; dans l'article EPR. Dans cette optique, la physique porte uniquement sur la r&#233;alit&#233; empirique et la m&#233;canique quantique conventionnelle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une description appropri&#233;e de cette r&#233;alit&#233; &#224; l'&#233;chelle microscopique. A cette condition la physique peut garder, pour parler du monde quantique, un langage qui ne soit pas exclusivement op&#233;ratoire si le caract&#232;re empirique de la r&#233;alit&#233; d&#233;crite est pr&#233;cis&#233; en avant-propos. La r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante est quand &#224; elle jug&#233;e inaccessible, ce qui am&#232;ne d'Espagnat &#224; la qualifier de r&#233;el voil&#233;. Cette formulation est toutefois une mani&#232;re de mitiger son discours dans le sens o&#249; il admet que le contenu de la physique quantique nous donne des indications structurelles mais tr&#232;s parcellaires sur cette r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. C'est pourquoi il admet qu'une th&#233;orie &#224; vis&#233;e ontologique puisse &#233;ventuellement d&#233;crire la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante dans une certaine mesure, bien que cela reste purement sp&#233;culatif puisque nous n'avons aucun moyen de comparer les affirmations de la th&#233;orie en question avec une quelconque connaissance de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. D'Espagnat a parfaitement conscience que la restriction qu'il pose n'a rien de nouveau et que nombre de philosophes l'ont maintes fois r&#233;p&#233;t&#233;e, son propos est davantage de montrer que la physique quantique apporte, selon lui, la preuve tant attendue de cette impossibilit&#233; de toute th&#233;orie ontologique &#224; objectivit&#233; forte. Cependant, l'id&#233;alisme le plus radical est alors en droit de demander pourquoi doit-on admettre une telle r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante &#233;tant donn&#233; que notre connaissance ne porte que sur la r&#233;alit&#233; empirique. Autrement dit pourquoi ne pas consid&#233;rer ce type de r&#233;alit&#233; comme la seule r&#233;alit&#233;, les ph&#233;nom&#232;nes comme les seuls &#233;l&#233;ments de r&#233;alit&#233; fondamentaux, et toute forme de r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure comme superf&#233;tatoire&#160;? Pour r&#233;pondre &#224; cette question sans trop nous &#233;tendre sur le sujet reprenons les arguments que d'Espagnat utilise car, sans &#234;tre pleinement d&#233;cisifs, ils ont le m&#233;rite de se montrer quelque peu novateurs par rapport aux arguments classiques des partisans du r&#233;alisme. Dans la perspective de d&#233;cr&#233;dibiliser l'existence d'une r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, l'id&#233;alisme en vient souvent &#224; avancer que lorsque nous croyons analyser les structures du r&#233;el ce sont en fait les structures de notre esprit, les modes &#224; priori de notre sensibilit&#233; ou de notre entendement dans un paradigme kantien, qui sont l'objet de notre &#233;tude. Contre cet argument on peut remarquer que, parmi les innombrables mod&#232;les math&#233;matiques parfaitement valides construits par l'homme, seuls un tr&#232;s petit nombre sont appropri&#233;s pour d&#233;crire la r&#233;alit&#233; empirique. De m&#234;me il est possible de construire des th&#233;ories math&#233;matiques parfaitement en accord avec les crit&#232;res humains de beaut&#233;, d'ordre et de simplicit&#233; mais qui se trouvent violemment r&#233;fut&#233;es par l'exp&#233;rience, donc par la r&#233;alit&#233; empirique. Il semble, dans ce cas, que ce soit bien quelque chose d'ext&#233;rieur qui dise&lt;/code&gt;'non'' &#224; certains mod&#232;les math&#233;matiques et &#224; certaines th&#233;ories et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;'oui'' &#224; d'autres. Il est difficile d'argumenter que ce serait les structures de notre esprit qui diraient&lt;/code&gt;'non'' &#224; certaines th&#233;ories alors que ce sont elles qui nous font croire en leur validit&#233;. Bien au contraire cette &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;'r&#233;sistance'' de la part de la r&#233;alit&#233; empirique ne semble pouvoir &#234;tre expliqu&#233;e que par une r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante de nos facult&#233;s cognitives, &#224; la source de cette r&#233;alit&#233; empirique. Aussi l'id&#233;alisme radical, cette fois en opposition avec Kant, critique traditionnellement le fait que ce soient des choses en-soi qui causeraient les ph&#233;nom&#232;nes pour affirmer bien plut&#244;t que ce sont bien plus les ph&#233;nom&#232;nes que conna&#238;t notre sensibilit&#233; qui nous font croire en l'existence d'une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure. On peut r&#233;pondre &#224; cela qu'affirmer ainsi qu'une connaissance sensible comme un ph&#233;nom&#232;ne soit ant&#233;rieure &#224; une existence est un manque caract&#233;ristique de rigueur logique. Il peut en effet &#234;tre consid&#233;r&#233; comme insuffisant &#224; la viabilit&#233; d'une telle th&#233;orie que de poser une connaissance comme cause de son objet et donc une connaissance sans objet. Finalement on peut noter qu'un id&#233;alisme, qui admettrait l'existence d'une r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante mais qui la jugerait compl&#232;tement inaccessible, et o&#249; toute la r&#233;alit&#233; empirique est cr&#233;&#233;e par notre esprit mais sous l'influence de quelque chose d'ext&#233;rieur, n'entrerait pas vraiment en opposition avec la th&#233;orie du r&#233;el voil&#233; de d'Espagnat. Il faut en effet pr&#233;ciser que, outre les sp&#233;culations tr&#232;s personnelles qu'il propose avec r&#233;serves et que nous allons &#233;voquer ci-dessous, d'Espagnat affirme uniquement l'existence d'une r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante mais laisse la question de sa nature ouverte. Que cette r&#233;alit&#233; soit les Id&#233;es de Platon, la substance de Spinoza ou le Dieu de Berkeley, seule est affirm&#233;e l'existence d'un quelque chose qui ne d&#233;pend pas de nous. 2.3.4. Les questions ouvertes Sp&#233;culations ontologiques Voyons maintenant, dans une optique purement sp&#233;culative, ce que d'Espagnat s'autorise comme conclusions au sujet de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante &#224; partir de notre connaissance de la r&#233;alit&#233; empirique &#224; l'&#233;chelle quantique. Rappelons encore une fois les r&#233;serves qu'il &#233;met &#224; l'&#233;gard de ces conclusions et le fait qu'il n'attribue &#224; ces sp&#233;culations ni la validit&#233; ni l'exhaustivit&#233; du savoir qui nous est accessible au sujet de la r&#233;alit&#233; empirique. Traitons dans un premier temps la question de savoir si la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante est ins&#233;r&#233;e dans l'espace et le temps. La th&#233;orie de la Relativit&#233; peut nous laisser &#224; penser que le r&#233;el est bien immerg&#233; dans l'espace-temps mais celui-ci n'est pas le cadre ordinaire, stable et ind&#233;pendant, de type cart&#233;sien/newtonien. La relativit&#233; de l'espace et du temps dans lesquels sont plong&#233;s les &#233;v&#232;nements implique des transformations et distorsions li&#233;es &#224; la notion de point de vue qui nous laisse penser que la description spatiotemporelle du r&#233;el que propose la Relativit&#233; ne porte que sur la r&#233;alit&#233; empirique. Pour ce qui est de la m&#233;canique quantique, on peut remarquer dans un premier temps que son formalisme, qui est le seul &#224; faire l'unanimit&#233;, d&#233;passe compl&#232;tement le cadre de l'espace &#224; trois dimensions pour celui d'un espace abstrait ayant un nombre de dimensions variable. Les objets quantiques ne peuvent &#234;tre vraiment pens&#233;s comme s'inscrivant dans l'espace-temps quadridimensionnel que dans le cadre d'une th&#233;orie &#224; variables suppl&#233;mentaires, seul un mod&#232;le de ce type pouvant leur conserver positions et trajectoires &#224; tout moment. Mais nous avons d&#233;j&#224; remarqu&#233; comment toute th&#233;orie &#224; variables cach&#233;es doit admettre une non-localit&#233; qui ne peut &#234;tre compatible avec l'espace-temps relativiste que si celui-ci est pens&#233; comme objectivement faible. Nous pouvons donc dire que la m&#233;canique tend &#224; contredire tout mod&#232;le objectivement fort de description de la r&#233;alit&#233; dans un cadre spatiotemporel classique. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis c'est essentiellement l'existence d'un espace objectivement fort qui est contredit mais l'&#233;quivalence partielle entre temps et espace impliqu&#233;e par la th&#233;orie de la Relativit&#233; peut nous permettre d'&#233;tendre cette contradiction au temps. La l&#233;gitimit&#233; d'un mod&#232;le spatiotemporel quadridimensionnel comme description de la r&#233;alit&#233; empirique en physique classique comme dans notre vie de tous les jours se trouve cependant conserv&#233;e gr&#226;ce &#224; l'efficacit&#233; dont il fait preuve &#224; cette &#233;chelle. Seul le fait d'&#233;tendre ce mod&#232;le &#224; la description de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante est devenu inadmissible&#160;; et cela a d'ailleurs le m&#233;rite de rendre coh&#233;rent l'abandon de l'espace tridimensionnel en physique quantique. C'est au terme d'un raisonnement sensiblement similaire que Bitbol en vient &#224; sugg&#233;rer que &#171;&#160;la signification majeure de la r&#233;volution quantique est celle d'un parach&#232;vement et d'un &#233;largissement de la&lt;/code&gt;'r&#233;volution copernicienne'' au sens de Kant &#187;, en effet l'espace et le temps ne sont que des sch&#232;mes sensibles qui ne se trouvent appropri&#233;s que pour d&#233;crire la r&#233;alit&#233; empirique (et semble-t-il pas toute la r&#233;alit&#233; empirique).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le second point qu'il nous faut aborder et qui est fortement li&#233; au premier est la question de la causalit&#233;. En effet, si nous ne pouvons admettre ni un temps ni un espace fortement objectif, il est difficile de construire le type d'influence impliqu&#233; par la notion de causalit&#233;. On peut &#233;galement remarquer avec d'Espagnat et d'autres que toute d&#233;finition d'une relation causale est la description d'une succession r&#233;gl&#233;e de ph&#233;nom&#232;nes. Il est cependant toujours possible d'imaginer que cette succession est caus&#233;e par une autre cause commune &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes et le seul moyen de contourner cette objection est de construire une d&#233;finition op&#233;ratoire de la causalit&#233;. &#171; Si A et B sont deux &#233;v&#232;nements r&#233;p&#233;tables, si A est ant&#233;rieur &#224; B et si A est d'un type tel qu'il soit possible de le faire survenir &#224; volont&#233;, alors A cause B si &#224; chaque fois que l'on fait se produire A, B se produit &#233;galement et si chaque fois qu'on fait en sorte que A ne se produise pas, B ne se produit pas non plus. &#187; Cette d&#233;finition calqu&#233;e sur l'implication logique fait r&#233;f&#233;rence aux possibilit&#233;s humaines et doit donc n'&#234;tre que faiblement objective. L&#224; encore la physique quantique peut nous permettre d'accorder &#224; Kant le fait que la causalit&#233; ne soit qu'une modalit&#233; humaine permettant l'organisation des ph&#233;nom&#232;nes et ne porte donc pas sur la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. En cons&#233;quence du caract&#232;re faiblement objectif de l'espace, du temps et de la causalit&#233;, les notions &#233;tranges de non-localit&#233; et d'influence &#224; distance qui apparaissent dans la m&#233;canique quantique, n'acqui&#232;rent de sens que dans le cadre de la r&#233;alit&#233; empirique. En effet l'espace-temps et la causalit&#233;, parce que leur association implique contradiction dans le cas de la non-localit&#233;, peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme de simples principes humains dans la mesure o&#249; cela permet de lever la difficult&#233; en question.&lt;br class='autobr' /&gt;
Abordons maintenant un autre sujet de sp&#233;culation essentiel concernant la physique quantique, celui de l'atomisme. Nous avons d&#233;j&#224; vu que le mod&#232;le corpusculaire classique se trouve en &#233;chec concernant la physique quantique et que cela nous laisse &#224; penser qu'il est inappropri&#233; pour d&#233;crire la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. De plus, si l'on abandonne le cadre spatial tridimensionnel au sujet de cette r&#233;alit&#233;, la notion de localisation n&#233;cessaire &#224; celle de corps mat&#233;riel doit &#233;galement &#234;tre rejet&#233;e. Il semble donc l&#224; encore, m&#234;me si de nombreux philosophes ont d&#233;j&#224; pu le soutenir, que la physique quantique peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme apportant la preuve que la r&#233;alit&#233; fondamentale ne peut &#234;tre compos&#233;e de microscopiques portions de mati&#232;re ontologiquement constitu&#233;es. Du moins soutenir leur existence serait faire preuve d'un manque total de rigueur en posant la r&#233;alit&#233; de ces atomes de mati&#232;re par hypoth&#232;se et de fournir une th&#233;orie ad hoc pour expliquer que nous ne puissions les observer. Si la physique continue de parler de particules et notamment de particules &#233;l&#233;mentaires cela est, selon la plupart des physiciens eux-m&#234;mes, qu'un langage m&#233;taphorique et &#233;vocatoire g&#233;n&#233;ralis&#233; par l'usage et par son efficacit&#233; p&#233;dagogique. Pour illustrer ce point il faut prendre la th&#233;orie quantique des champs qui est une reformulation r&#233;cente, mais conventionnelle, de la m&#233;canique quantique destin&#233;e &#224; en fournir une version relativiste. Dans cette th&#233;orie le syst&#232;me &#233;tudi&#233; est consid&#233;r&#233; comme la r&#233;alit&#233; fondamentale tandis que le nombre et la nature des particules qui le composent ne sont consid&#233;r&#233;s que comme des variables de ce syst&#232;me. Ainsi on ne parle plus d'un syst&#232;me &#224; n particules mais du ni&#232;me &#233;tat du syst&#232;me. Une particule devient une observable qui rev&#234;t donc autant de r&#233;alit&#233; qu'une propri&#233;t&#233; dynamique telle que la vitesse ou l'&#233;nergie ; selon les r&#232;gles quantiques une telle observable ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme ayant une valeur avant la mesure et n'a donc autrement qu'une r&#233;alit&#233; math&#233;matique. Cette version du formalisme quantique a entre autre l'avantage de r&#233;gler le probl&#232;me pos&#233; par les cr&#233;ations et annihilations de particules que l'on doit admettre &#224; l'&#233;chelle quantique si l'on veut conserver un sens ontologique aux particules, ces cr&#233;ations et annihilations cessent de constituer des probl&#232;mes &#233;pist&#233;mologiques en devenant de simples changements d'&#233;tat. A partir de la th&#233;orie quantique des champs on peut donc imaginer, comme d'Espagnat, que le r&#233;el n'est absolument pas compos&#233; d'une myriade d'entit&#233;s mais seulement d'une entit&#233;, une substance unique que nous conna&#238;trions au moyen d'une myriade d'entit&#233;s math&#233;matiques, qui correspondent peut-&#234;tre &#224; autant de propri&#233;t&#233;s de cette substance. La non-s&#233;parabilit&#233; qui caract&#233;rise les ph&#233;nom&#232;nes d'enchev&#234;trement en physique quantique cesse alors d'&#234;tre probl&#233;matique dans la mesure o&#249; cela signifie simplement que le type de d&#233;coupage &#233;pist&#233;mologique correspondant &#224; des particules n'est tout simplement plus appropri&#233; &#224; la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel que soit le degr&#233; sp&#233;culatif de ces conclusions ontologiques, il est clair que l'on ne peut pas admettre une vulgaire transposition de nos modes familiers d'appr&#233;hension du monde &#224; la structure fondamentale du r&#233;el. Bien au contraire l'&#233;tranget&#233; de la physique quantique semble sugg&#233;rer un &#233;loignement conceptuel consid&#233;rable mais difficile &#224; estimer entre les constantes humaines que nous connaissons bien et avec lesquelles nous devons composer, et les structures de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante que nous pouvons tout juste effleurer. Aussi, m&#234;me si nous admettons ce type de conjectures et donc la possibilit&#233; d'un certain savoir concernant la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, il faut constater que ce savoir est essentiellement n&#233;gatif et consiste en g&#233;n&#233;ral &#224; dire que cette r&#233;alit&#233; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;'ne peut &#234;tre ainsi''. L'accord intersubjectif Pour finir le tour d'horizon de la probl&#233;matique quantique que nous avons entrepris, abordons le probl&#232;me de l'intersubjectivit&#233; qui est un point assez secondaire mais qui permet quelques &#233;claircissements. S'il n'appara&#238;t dans les d&#233;tails d'aucun des th&#232;mes que nous avons abord&#233;s, c'est parce qu'il s'agit d'un probl&#232;me sous-jacent &#224; l'ensemble de la th&#233;orie quantique et m&#234;me &#224; toute forme d'entreprise th&#233;orique. L'accord intersubjectif est couramment con&#231;u comme un acquis, consistant dans la correspondance que l'on peut observer entre les points de vus de diff&#233;rents observateurs. En g&#233;n&#233;ral pouvons-nous nous accorder ais&#233;ment sur la pr&#233;sence de tel objet, en tel lieu et sur la plupart de ses propri&#233;t&#233;s. C'est notamment sur cette base qu'est fond&#233;e la traditionnelle dualit&#233; entre les qualit&#233;s primaires et les qualit&#233;s secondes. En effet les premi&#232;res b&#233;n&#233;ficient habituellement d'un accord intersubjectif sans faille tandis que les secondes sont souvent le th&#233;&#226;tre de divergences entre points de vue. L'accord intersubjectif est &#233;galement traditionnellement utilis&#233; pour appuyer les th&#232;ses r&#233;alistes. Comme seule explication &#224; cet accord on suppose que si plusieurs observateurs voient tel objet avec telles propri&#233;t&#233;s c'est qu'un existant r&#233;el et disposant bien de ces propri&#233;t&#233;s doit y correspondre. Voyons maintenant comment ce point de vue r&#233;siste &#224; l'analyse que nous pouvons en faire sur la base des donn&#233;es que nous avons apport&#233;es. Premi&#232;rement nous devons noter que l'accord intersubjectif se constate sans ambigu&#239;t&#233; dans l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes &#233;tudi&#233;s par la physique quantique. Si plusieurs observateurs, avec chacun leur propre instrument, mesure la m&#234;me observable sur un m&#234;me syst&#232;me, ils obtiendront la m&#234;me valeur (pour peu que les mesures soient assez rapproch&#233;es dans le temps pour que cette valeur n'ait pas chang&#233;). Sans accord intersubjectif la physique quantique n'aurait &#224; coup s&#251;r jamais &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme une science valide et les &#233;tranget&#233;s de la th&#233;orie pourraient &#234;tre simplement expliqu&#233;es par l'absence d'une r&#233;alit&#233; sous-jacente correspondante. Le point essentiel qui se d&#233;gage de la cohabitation entre intersubjectivit&#233; et th&#233;orie quantique d&#233;coule de la contrafactualit&#233; qui caract&#233;rise cette derni&#232;re. L'impossibilit&#233; de d&#233;duire d'une mesure sur un syst&#232;me que celui-ci poss&#233;dait la valeur obtenue sur telle observable avant cette mesure met in&#233;vitablement en &#233;chec le raisonnement r&#233;aliste que nous avons pr&#233;sent&#233; au paragraphe pr&#233;c&#233;dent. C'est en effet entrer en contradiction avec les lois quantiques que de d&#233;duire de l'accord intersubjectif constat&#233; lors de la mesure d'une propri&#233;t&#233; dynamique &#224; l'&#233;chelle microscopique qu'un existant fondamental doit poss&#233;der cette propri&#233;t&#233; en l'absence de mesure. On peut remarquer que cette contradiction s'&#233;tend &#224; l'existence m&#234;me des particules si l'on se place dans le cadre de la th&#233;orie quantique des champs que nous avons rapidement &#233;voqu&#233;e dans la section pr&#233;c&#233;dente. Non seulement l'accord intersubjectif constatable en physique quantique ne peut nourrir un argument r&#233;aliste pour en conclure l'existence et la nature des objets consid&#233;r&#233;s mais cela a &#233;galement pour cons&#233;quence de nous interdire cette explication de l'intersubjectivit&#233;. La th&#233;orie quantique est cependant capable d'en fournir une et tel est le r&#244;le du principe de r&#233;duction du paquet d'ondes. Si un premier observateur mesure une observable dans un &#233;tat superpos&#233; pouvant prendre deux valeurs possibles, comme il n'observe que l'une de ces valeurs, la fonction d'onde se r&#233;duit de sorte que cette valeur poss&#232;de d&#233;s lors une probabilit&#233; de 1 d'&#234;tre obtenue lors de toute mesure ult&#233;rieure, la probabilit&#233; qu'un second observateur obtienne la seconde valeur est alors de 0 et il est donc impossible de constater un d&#233;saccord intersubjectif. M&#234;me en &#233;vacuant la r&#233;duction du paquet d'ondes il est possible de rendre compte de l'intersubjectivit&#233;. Ainsi, dans le m&#234;me exemple, le premier instrument (et l'observateur correspondant dans la th&#233;orie des &#233;tats relatifs d'Everett), en entrant en interaction avec le syst&#232;me mesur&#233;, se trouve alors dans un &#233;tat enchev&#234;tr&#233; avec celui-ci, lorsque le second instrument effectue une mesure il entre en interaction avec ce syst&#232;me total de sorte qu'au final les deux instruments et le syst&#232;me &#233;tudi&#233; se trouvent dans un &#233;tat enchev&#234;tr&#233; descriptible par un seul vecteur d'&#233;tat. Les corr&#233;lations quantiques entre les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de ce vecteur d'&#233;tat permettent alors d'expliquer sans ambigu&#239;t&#233; que les aiguilles des deux instruments donneront toujours les m&#234;mes valeurs. Non pas que la physique quantique contredise le r&#233;alisme, nous avons d&#233;j&#224; vu un certain nombre d'arguments en sa faveur qui n'ont pas &#233;t&#233;s remis en cause, elle interdit uniquement de conclure &#224; l'existence de ses objets &#224; partir de l'intersubjectivit&#233;. Elle pr&#233;sente par contre le grand m&#233;rite de fournir une explication, que l'on peut qualifier de scientifique, de l'accord intersubjectif qui soit neutre philosophiquement parlant, il n'est pas n&#233;cessaire d'adh&#233;rer au r&#233;alisme ou &#224; l'id&#233;alisme pour admettre sa validit&#233;. Et comme la physique quantique se veut la th&#233;orie des rouages de la mati&#232;re, on peut &#233;tendre cette explication &#224; l'intersubjectivit&#233; observ&#233;e &#224; l'&#233;chelle macroscopique. Comme nous avons vu que notre connaissance ne peut semble-t-il pas rigoureusement porter sur la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, il est &#233;vident que l'accord intersubjectif concerne essentiellement la r&#233;alit&#233; empirique. Cela est d'ailleurs renforc&#233; par le fait que l'intersubjectivit&#233; &#224; l'&#233;chelle quantique ne porte que sur des r&#233;sultats de mesure et ne peut servir &#224; d&#233;duire l'existence d'objets. En cons&#233;quence il nous est en g&#233;n&#233;ral impossible de d&#233;terminer si tel accord intersubjectif constat&#233; est d&#251; &#224; la pr&#233;sence d'une r&#233;alit&#233; fondamentale correspondante, ou plut&#244;t &#224; telle modalit&#233; perceptive ou cognitive commune &#224; tous les observateurs. 2.4. Conclusion Au terme de cet expos&#233;, ce que nous sommes le plus certain d'avoir r&#233;ussi, c'est d'avoir mis en &#233;vidence le caract&#232;re philosophiquement tr&#232;s probl&#233;matique de la th&#233;orie quantique, ce qui explique le choix du titre de cet expos&#233;. Il ne faudra cependant pas prendre celui-ci pour un essai sur la physique quantique se suffisant &#224; lui-m&#234;me. Si nous avons tent&#233; de donner quelques d&#233;tails techniques lorsque cela &#233;tait n&#233;cessaire, nous invitons vivement le lecteur &#224; se renseigner sur les diff&#233;rentes th&#233;ories &#233;voqu&#233;es s'il souhaite pleinement les comprendre. Les r&#233;sum&#233;s que nous avons donn&#233;s doivent cependant permettre de d&#233;gager les probl&#232;mes &#233;pist&#233;mologiques et ontologiques essentiels pos&#233;s par la m&#233;canique quantique. En effet nous avons d'un c&#244;t&#233; les questions strictement &#233;pist&#233;mologiques qui gravitent autour de la physique microscopique. La plupart n'ont rien d'original mais la th&#233;orie quantique leur apporte une mati&#232;re nouvelle particuli&#232;rement fructueuse pour alimenter les d&#233;bats. Notamment les dualit&#233;s classiques entre positivisme et r&#233;alisme ou entre id&#233;alisme et r&#233;alisme jouent un r&#244;le majeur dans les querelles d'interpr&#233;tation concernant la m&#233;canique quantique. Celle-ci semble mettre &#224; mal toutes les tentatives de discours r&#233;alistes qui ont &#233;t&#233; tent&#233;es sans pour autant donner le moindre argument qui les rendent caduques a priori. Au contraire l'&#233;chec &#224; son sujet de toutes les grilles de lectures classiques dont nous avons l'habitude nous laisse &#224; penser que doit exister quelque r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante se distinguant fortement de la r&#233;alit&#233; empirique que nous construisons naturellement. La physique quantique ne constitue donc pas la d&#233;couverte qui va clore ce d&#233;bat plusieurs fois mill&#233;naire mais elle &#233;vite, d'un c&#244;t&#233; un r&#233;alisme na&#239;f qui croirait en un quasi-isomorphisme entre les ph&#233;nom&#232;nes et les choses en soi, et de l'autre un id&#233;alisme qui consid&#233;rait la chose en soi comme une vulgaire copie du ph&#233;nom&#232;ne. Quant au positivisme, s'il est toujours d'une efficacit&#233; incontest&#233;e pour pr&#233;dire le comportement des entit&#233;s quantiques, plus que jamais il nous laisse dans un flou th&#233;orique difficilement acceptable en suspendant la question de savoir ce qui est r&#233;el parmi tous les objets &#233;pist&#233;mologiques utilis&#233;s (particules, vecteurs, champs, ensembles, etc.). De plus un tel discours positiviste ne peut manquer d'&#234;tre exprim&#233; dans un certain langage qui poss&#232;de quand &#224; lui toujours un certain parti pris ontologique. Ce sont bien les questions ontologiques qui constituent l'autre classe de probl&#232;mes que pose la physique quantique. M&#234;me les physiciens les plus positivistes n'ont pu &#233;viter de participer &#224; ce type de d&#233;bat car pour adopter un langage neutre encore faudrait-il d&#233;finir cette neutralit&#233;. Les questions ontologiques pos&#233;es par la th&#233;orie quantique, et surtout par les diverses interpr&#233;tations tent&#233;es pour lui donner un sens r&#233;aliste, s'articulent avec les probl&#232;mes &#233;pist&#233;mologiques qu'elle pose dans la mesure o&#249; ce sont les particularit&#233;s dont t&#233;moigne la m&#233;canique quantique sur ce plan qui fixent les limites de tout discours r&#233;aliste portant sur elle. Nous avons pu voir que si ce sont bien des quantit&#233;s discr&#232;tes qui ont &#233;t&#233; introduites avec la th&#233;orie quantique, cela ne peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une confirmation du mod&#232;le atomiste. En effet, les concepts de mati&#232;re et de corps ne peuvent &#234;tre difficilement conserv&#233;s &#224; l'&#233;chelle quantique. Ce n'est donc pas tant qu'aucune conclusion ontologique ne soit envisageable &#224; partir des donn&#233;es de la m&#233;canique quantique, bien plut&#244;t est-ce le paradigme mat&#233;rialiste usuel qui est incapable d'en tirer rien d'autre que des incoh&#233;rences. Que l'on admette ou pas des particules &#233;l&#233;mentaires, il est difficile de rendre compte de la th&#233;orie quantique dans une optique ontologique sans faire intervenir des potentiels ou champs qui constituent &#233;galement des r&#233;alit&#233;s fondamentales. Celles-ci doivent par ailleurs pr&#233;senter des caract&#233;ristiques qui d&#233;passent toute conception ondulatoire ou corpusculaire ainsi que la discr&#233;tisation qui se constate lors des mesures. Plus g&#233;n&#233;ralement, expliquer les ph&#233;nom&#232;nes tridimensionnels et d&#233;terministes observ&#233;s &#224; une &#233;chelle humaine n&#233;cessite &#224; l'&#233;chelle quantique l'usage d'entit&#233;s probabilistiques, dimensionnellement variables, et dans une certaine mesure atemporelles, de sorte que l'on soit tent&#233; d'en conclure que, si de telles entit&#233;s nous donnent des fragments d'information concernant la r&#233;alit&#233; fondamentale, celle-ci doit &#233;galement pr&#233;senter ce type de caract&#233;ristique. Tout du moins ce serait faire preuve d'un bien trop na&#239;f r&#233;alisme que de penser que nos modalit&#233;s perceptives famili&#232;res nous donnent une bien plus s&#251;re description de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante que les mod&#232;les math&#233;matiques les plus v&#233;rifi&#233;s par l'exp&#233;rience. Il semble plus sage de penser que nous construisons une r&#233;alit&#233; empirique &#224; partir de notre exp&#233;rience du monde et que, au fur et &#224; mesure que cette exp&#233;rience gagne en pr&#233;cision, en raffinement et en efficacit&#233; pr&#233;dictive, ses structures doivent tendre &#224; s'approcher de celles de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, quoique nous ne soyons jamais en mesure de d&#233;terminer la distance qui s&#233;pare ces deux r&#233;alit&#233;s. Cette incertitude tend d'ailleurs &#224; identifier s&#233;mantiquement un tel r&#233;alisme et un id&#233;alisme mitig&#233; qui admettraient tout deux une r&#233;alit&#233; fondamentale inaccessible et qui plongeraient l'exp&#233;rience humaine dans une autre r&#233;alit&#233; h&#233;t&#233;rog&#232;ne et gouvern&#233;e par ses propres contraintes cognitives. Finalement, si l'on cloisonne compl&#232;tement r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante et r&#233;alit&#233; empirique, on doit admettre que ni le paradigme du temps plat et de l'espace tridimensionnel ni le paradigme relativiste spatiotemporel quadridimensionnel ne peuvent convenir pour saisir l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes de la r&#233;alit&#233; empirique. Fort de ces conjectures sur les plans &#233;pist&#233;mologique et ontologique ainsi que des donn&#233;es que nous avons r&#233;unies sur la physique quantique, nous pouvons nous estimer relativement bien &#233;quip&#233;s pour mettre le syst&#232;me de Leibniz &#224; l'&#233;preuve de cette branche tr&#232;s probl&#233;matique de la physique moderne. Il nous faudra cependant toujours garder &#224; l'esprit cette particularit&#233; de la physique quantique que nous avons bien mise en &#233;vidence, &#224; savoir que si son formalisme conna&#238;t unicit&#233; et unanimit&#233;, ses diverses interpr&#233;tations &#224; vis&#233;e ontologique ne connaissent ni consensus ni preuve de leur validit&#233;. En cons&#233;quence c'est essentiellement &#224; ce formalisme que nous confronterons le syst&#232;me de Leibniz bien que nous conserverons &#224; ces mod&#232;les le r&#244;le de&lt;/code&gt;'laboratoire th&#233;orique'' que d'Espagnat leur attribue.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. La mise &#224; l'&#233;preuve du syst&#232;me de Leibniz&lt;br class='autobr' /&gt;
3.1. Introduction&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici venu le moment d'entreprendre le troisi&#232;me et dernier chapitre de notre &#233;tude et qui consiste en la mise &#224; l'&#233;preuve du contenu du premier chapitre &#224; l'aide des donn&#233;es du second. Cette confrontation est essentielle dans la mesure o&#249; elle doit permettre de r&#233;unir ces deux visions h&#233;t&#233;rog&#232;nes dans un nouveau point de vue plus abouti. Ce sera l'occasion d'introduire de nouvelles id&#233;es et de nouveaux concepts, dont l'apparition aura &#233;t&#233; permise par l'int&#233;r&#234;t que nous avons montr&#233; pour le syst&#232;me de Leibniz comme pour la physique quantique, et qui justifieront la pr&#233;sente mise &#224; l'&#233;preuve. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'entreprenons cependant pas une comparaison syst&#233;mique classique, dans la mesure o&#249; ce ne sont pas deux syst&#232;mes philosophiques ou deux th&#233;ories scientifiques qui sont compar&#233;s entre eux, mais d'un c&#244;t&#233; un mod&#232;le m&#233;taphysique datant du dix-septi&#232;me si&#232;cle et de l'autre une construction scientifique particuli&#232;rement originale du vingti&#232;me si&#232;cle. Nous ne devrons donc pas oublier les mutations &#233;pist&#233;mologiques qu'ont pu conna&#238;tre la philosophie comme les sciences naturelles entre ces deux p&#233;riodes. Mais ce n'est pas pour autant que nous allons &#233;luder les diff&#233;rences, voir les contradictions, dont t&#233;moignent ces deux points de vue en affirmant qu'ils n'appartiennent pas &#224; des domaines comparables. Si un syst&#232;me a la pr&#233;tention de d&#233;crire la r&#233;alit&#233; physique dans la moindre mesure, il doit &#234;tre mis &#224; l'&#233;preuve des plus r&#233;centes avanc&#233;e de la physique moderne pour qu'il puisse pr&#233;tendre &#224; la validit&#233;. On peut attester de la validit&#233; d'un mod&#232;le math&#233;matique par le simple travail de l'esprit, mais toute construction visant &#224; d&#233;crire des faits concrets doit se soumettre &#224; toutes les v&#233;rifications empiriques disponibles. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; la plus caract&#233;ristique, qui marque un syst&#232;me comme celui de Leibniz et une th&#233;orie scientifique, est d&#251; au divorce que nous avons d&#233;j&#224; remarqu&#233; entre m&#233;taphysique et science. Cette s&#233;paration &#233;pist&#233;mologique, qui impr&#232;gne d&#233;sormais toute la m&#233;thode scientifique, en est arriv&#233;e &#224; faire du discours m&#233;taphysique l'oppos&#233; du discours scientifique. En g&#233;n&#233;ral, dans la litt&#233;rature scientifique comme dans le positivisme philosophique, sont tax&#233;es de m&#233;taphysique, avec un ton p&#233;joratif ind&#233;niable et souvent avou&#233;, toute tentative de description de la r&#233;alit&#233; qui n'est pas suffisamment appuy&#233;es sur des donn&#233;es empiriques. Le syst&#232;me leibnizien entre tout &#224; fait dans le cadre de cette critique dans la mesure o&#249; il propose une description de la r&#233;alit&#233; qui porte explicitement sur des aspects inobservables de celle-ci. Nous devrons donc voir comment la d&#233;marche de Leibniz peut r&#233;sister &#224; ces critiques et continuer de pr&#233;tendre &#224; rendre compte de la mati&#232;re et des corps en toute l&#233;gitimit&#233;. A cette occasion nous devrons in&#233;vitablement revoir la question des rapports entre physique et m&#233;taphysique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le probl&#232;me se complexifie si on prend la mesure de ce que nous avons remarqu&#233; au sujet de la th&#233;orie quantique. Dans sa formulation la plus consensuelle, celle-ci n'est pas vraiment une description de la r&#233;alit&#233; (m&#234;me empirique) &#224; l'&#233;chelle quantique, mais seulement un ensemble de r&#232;gles de pr&#233;diction concernant des mesures possibles sur des syst&#232;mes physiques microscopiques. La signification ontologique de ces r&#232;gles, c'est-&#224;-dire en termes de description de la r&#233;alit&#233; empirique, est davantage ambigu&#235; et &#233;quivoque quoique nous ayons r&#233;uni, dans le chapitre pr&#233;c&#233;dent, de quoi pr&#233;ciser le type d'interpr&#233;tations viables de la m&#233;canique quantique. Notre expos&#233; de la probl&#233;matique quantique a en effet mis en &#233;vidence les probl&#232;mes r&#233;currents auxquels se confronte toute tentative de description de la r&#233;alit&#233;. Notamment le fait que, en cons&#233;quence de ces probl&#232;mes, les th&#233;ories &#224; vis&#233;e r&#233;aliste doivent porter sur la r&#233;alit&#233; empirique, car la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante n'est pas &#224; la port&#233;e d'une telle description exhaustive. Cela peut &#234;tre consid&#233;r&#233;, en premi&#232;re analyse, comme s'opposant &#224; la tradition philosophique syst&#233;mique dans laquelle s'inscrit Leibniz. Pour r&#233;gler ce point nous devrons &#233;claircir les rapports que peuvent entretenir son syst&#232;me avec les deux types de r&#233;alit&#233; que nous avons emprunt&#233;s &#224; d'Espagnat.&lt;br class='autobr' /&gt;
En raison de la rupture dont fait preuve la physique quantique avec les axiomes traditionnels de la science, et surtout de la physique, et du fait que Leibniz a construit son syst&#232;me &#224; une p&#233;riode que l'on peut associer &#224; la fondation de cet axiomatique, la premi&#232;re &#233;tape de la pr&#233;sente confrontation portera sur des consid&#233;rations structurelles assez g&#233;n&#233;rales. Par analogie avec les deux mondes que Leibniz superpose, &#224; savoir celui des &#226;mes et celui des corps, pour finir seront trait&#233;s successivement les mondes microscopique et macroscopique. Dans la seconde partie il s'agira donc essentiellement de comparer la description du monde que propose la microphysique &#224; l'&#233;chelle quantique avec la th&#233;orie leibnizienne de la substance. Dans la derni&#232;re c'est la vision leibnizienne du monde des corps qui sera confront&#233;e &#224; la mani&#232;re dont la m&#233;canique quantique se propose de rendre compte des ph&#233;nom&#232;nes macroscopiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.2. Consid&#233;rations structurelles&lt;br class='autobr' /&gt;
3.2.1. Le syst&#232;me de Leibniz et les deux types de r&#233;alit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;taphysique leibnizienne et r&#233;alit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut para&#238;tre &#233;trange de tenter de comprendre le syst&#232;me de Leibniz &#224; l'aide d'une grille de lecture qui lui est bien post&#233;rieure et qui a de plus &#233;t&#233; construite dans un tout autre but. Leibniz devait s&#251;rement disposer d'un d&#233;coupage analogue &#224; celui des r&#233;alit&#233;s empirique et ind&#233;pendante lorsqu'il a construit son syst&#232;me, mais l'objectif de la pr&#233;sente section n'est pas de sp&#233;culer sur le point de vue que Leibniz aurait eu s'il avait d&#251; s'expliquer au sujet d'une telle dualit&#233;. Bien plus nous allons tenter ici de d&#233;gager comment le syst&#232;me leibnizien peut s'articuler, de la mani&#232;re la plus coh&#233;rente, avec les deux types de r&#233;alit&#233; que d'Espagnat d&#233;gage et dont nous avons vu l'utilit&#233; pour traiter de la physique quantique. Si nous voulons comparer le syst&#232;me de Leibniz et la th&#233;orie quantique, nous devons en effet leur trouver des grilles de lecture communes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons tout d'abord quelles places doivent occuper les deux types de r&#233;alit&#233;s dans la m&#233;taphysique leibnizienne, &#224; quoi doivent correspondre les r&#233;alit&#233;s ind&#233;pendante et empirique dans le syst&#232;me ontologique de Leibniz. S'il accorde bien une place essentielle &#224; la perception dans sa th&#233;orie de la connaissance, Leibniz lui donne &#233;galement un r&#244;le capital dans sa m&#233;taphysique et dans sa description ontologique du monde. On pourrait alors conclure qu'une telle r&#233;f&#233;rence &#224; la perception, comme les r&#233;f&#233;rences faites aux observateurs dans la th&#233;orie quantique et dans la th&#233;orie de la Relativit&#233;, signifie que la m&#233;taphysique leibnizienne n'est qu'&#224; objectivit&#233; faible. Cependant le syst&#232;me leibnizien donne un statut ontologique stable et ind&#233;pendant de l'homme &#224; la perception, il en fait m&#234;me le principe d'action de base dans la r&#233;alit&#233;. Puisqu'il ne partage pas le dualisme cart&#233;sien, Leibniz fait de la perception une r&#233;alit&#233; en soi dans le monde physique, il en fait m&#234;me la r&#233;alit&#233; fondamentale de ce monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#233;clairer ce point, nous devons pr&#233;ciser les d&#233;finitions que nous avons donn&#233;es des r&#233;alit&#233;s ind&#233;pendante et empirique. Une description de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante doit rendre compte des existences et de leur nature, abstraction faite des modalit&#233;s cognitives de celui qui l'&#233;nonce. Au contraire une connaissance de la r&#233;alit&#233; empirique ne peut manquer de faire r&#233;f&#233;rence &#224; ces modalit&#233;s et doit donc porter sur les ph&#233;nom&#232;nes plus que sur les choses en soi. Si Leibniz introduit dans sa description des existences fondamentales une th&#233;orie de la perception, cela n'implique pas un id&#233;alisme qui exclurait la dualit&#233; en question, car il n'est pas fait sp&#233;cifiquement r&#233;f&#233;rence &#224; la perception humaine mais &#224; celle que connaissent toutes les substances. Au contraire Leibniz utilise explicitement une distinction assez classique entre choses en soi et ph&#233;nom&#232;nes, quoique la diff&#233;rence entre les deux ne soit pas bas&#233;e sur l'usuelle pr&#233;sence d'influences sensibles. La r&#233;alit&#233; en soi, chez Leibniz, concerne les substances individuelles, con&#231;ues comme des &#226;mes, leurs modalit&#233;s d'interaction et notamment le flux de perception que conna&#238;t chacune d'elles. Les rapports structurels d'entre-expression que connaissent les monades sous forme de perception mutuelle, comme le fait que toute monade doit percevoir toute les autres dans une certaine mesure et qu'&#224; la perception distincte de l'une doit correspondre celle confuse de l'autre, sont ind&#233;pendants du contenu contingent de ces perceptions et peut donc satisfaire &#224; une objectivit&#233; forte. La r&#233;alit&#233; empirique concerne quand &#224; elle la perception que peut avoir une substance particuli&#232;re, ou une classe de monades ayant plus ou moins le m&#234;me degr&#233; de perfection, et c'est l&#224; que l'on trouve la r&#233;alit&#233; des entit&#233;s compos&#233;s que sont les corps par exemple. L'objectivit&#233; faible de d'Espagnat concerne alors les agr&#233;gats que tous les humains observent en raison de leur ressemblance contingente mais qui ne disposent que d'une r&#233;alit&#233; ph&#233;nom&#233;nale et empirique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faudra cependant v&#233;rifier que les sp&#233;culations que nous avons tent&#233;es, avec d'Espagnat, &#224; propos de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, n'entrent pas en contradiction avec la partie du syst&#232;me de Leibniz que nous avons associ&#233; &#224; cette r&#233;alit&#233;. La causalit&#233; &#233;tant d'embl&#233;e ph&#233;nom&#233;nale chez Leibniz, son abandon pour la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante ne pose donc aucun probl&#232;me. La spontan&#233;it&#233; de la substance &#233;tant d&#233;finie de mani&#232;re individuelle et algorithmique, cela a pour cons&#233;quence d'autoriser une d&#233;finition &#224; objectivit&#233; forte de la pr&#233;destination leibnizienne. Une monade &#233;volue selon une suite d'&#233;tats pr&#233;d&#233;termin&#233;e en totale autonomie et cette d&#233;finition a priori ne peut pas souffrir des critiques que nous avons &#233;voqu&#233;es concernant les d&#233;finitions &#224; objectivit&#233; forte de la causalit&#233;. Pour ce qui est de l'atomisme et de l'abandon des concepts d'espace tridimensionnel et de temps, nous laissons leur analyse &#224; des sections ult&#233;rieures car il s'agit de points plus complexes et plus probl&#233;matiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me de Leibniz n'est un id&#233;alisme que dans la mesure o&#249; il place la perception, et les fonctionnements spirituels en g&#233;n&#233;ral, &#224; une place ontologiquement centrale. La distinction r&#233;aliste classique entre ce qui est d&#251; &#224; notre sensibilit&#233; et ce qui revient en propre aux existants peut donc &#234;tre conserv&#233;e mais il faudra cependant prendre garde &#224; ne pas ranger toute assertion faisant r&#233;f&#233;rence &#224; des modalit&#233;s perceptives dans la r&#233;alit&#233; empirique. Seules des r&#233;f&#233;rences &#224; des perceptions particuli&#232;res devront &#234;tre comprises comme nous interdisant une description de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante.&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie leibnizienne de la connaissance&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant que nous avons statu&#233; sur les places respectives des r&#233;alit&#233;s ind&#233;pendante et empirique dans la m&#233;taphysique leibnizienne, voyons dans quelle mesure une connaissance de la r&#233;alit&#233; en soi peut &#234;tre jug&#233;e accessible dans le syst&#232;me de Leibniz.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un premier temps, d'un point de vue formel, Leibniz utilise un langage qui semble t&#233;moigner d'une pr&#233;tention &#224; d&#233;crire le r&#233;el tel qu'il est, donc la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Il faut noter que le type de prudence sceptique, coutumi&#232;re concernant toute entreprise syst&#233;mique en philosophie depuis le dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, est assez &#233;tranger aux discours des philosophes du dix-septi&#232;me si&#232;cle. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils ne fassent pas preuve d'esprit critique concernant les limites de la connaissance humaine. Quand au syst&#232;me de Leibniz, si le principe de raison signifie que l'on peut rendre compte totalement de tout existant, cette possibilit&#233; n'est r&#233;ellement accessible qu'&#224; un entendement infini. La perception individuelle de toute &#234;tre humain est in&#233;vitablement emprunte d'une certaine confusion qui l'emp&#234;che de rendre derni&#232;rement raison de tout existant particulier. Concr&#232;tement donc, Leibniz n'accorde &#224; toute connaissance humaine sur des faits qu'une pertinence parcellaire et une incompl&#233;tude li&#233;e &#224; l'imperfection individuelle de tout esprit. Cependant, Leibniz nous accorde la possibilit&#233; d'acc&#233;der &#224; une compr&#233;hension totalement ad&#233;quate des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, c'est-&#224;-dire concernant les essences ; seul &#224; leur propos, puisque cela ne produit pas une r&#233;gression &#224; l'infinie, il est possible de clore la r&#233;duction en v&#233;rit&#233;s identiques n&#233;cessaire &#224; une connaissance claire et distincte. Nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; imaginer une mani&#232;re d'articuler les r&#233;alit&#233;s ind&#233;pendantes et empiriques dans la th&#233;orie leibnizienne de la connaissance : une connaissance de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante nous serait accessible concernant les possibles seuls, tandis que seule la r&#233;alit&#233; empirique est l'objet d'une connaissance humaine portant sur des existants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce pose alors un probl&#232;me d'ordre m&#233;taphysique si l'on se demande comment doit se comprendre le concept de r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante concernant des potentialit&#233;s. Mais les possibles, dans le syst&#232;me leibnizien, ne sont pas de simples virtualit&#233;s, ils ont bien une certaine r&#233;alit&#233;, quoique le seul possible soit moins r&#233;el que l'existant. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; not&#233;, la connaissance ad&#233;quate dont nous sommes susceptibles concernant les essences ne porte pas sur leur d&#233;tail mais sur leurs relations structurelles et ces relations correspondent aux v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires auxquelles nous pouvons acc&#233;der par la logique et les math&#233;matiques. Bien que l'on ne puisse nier l'objectivit&#233; qui caract&#233;rise ces v&#233;rit&#233;s, il est difficile de dire s'il s'agit d'une objectivit&#233; forte ou d'une objectivit&#233; faible. Nous pouvons r&#233;pondre &#224; cette question en faisant appel &#224; la hi&#233;rarchie des &#234;tres que Leibniz construit dans son souci de continuit&#233;. Les &#226;mes sensitives, inf&#233;rieures aux esprits humains, si elles poss&#232;dent m&#233;moire et entendement empirique, n'ont pas la conscience d'elles-m&#234;mes n&#233;cessaire &#224; la connaissance de ces v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires. Par contre Dieu, infiniment plus parfait que les humains, dispose de tout temps de la connaissance la plus parfaite de toute chose et donc &#233;galement des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles. Il semble alors que, dans le syst&#232;me de Leibniz, si les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires sont bien ind&#233;pendantes de toute constante humaine, leur ma&#238;trise par les humains, et les modalit&#233;s de cette ma&#238;trise, sont cependant une cons&#233;quence de leur degr&#233; particulier de perfection, de leur position dans la hi&#233;rarchie des &#234;tres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela est encore plus &#233;vident si l'on rappel le fait, affirm&#233; par Leibniz &#224; plusieurs reprises, encore une fois par fid&#233;lit&#233; &#224; son principe de continuit&#233;, que, si l'on pouvait d&#233;voiler tous les replis d'une monade, on y d&#233;couvrirait le d&#233;tail de toutes les monades, possibles comme existantes. Autrement dit, potentiellement, toutes les substances poss&#232;dent une perception parfaite de toute la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Cependant, en raison de l'imperfection de chacune, aucune monade n'a une perception de cette r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante qui soit assez distincte pour pr&#233;tendre &#224; la conscience et &#224; la connaissance. La r&#233;f&#233;rence que nous sommes ici oblig&#233;s de faire au fait que l'imperfection de toute substance particuli&#232;re joue dans sa connaissance de la r&#233;alit&#233;, signifie que cette connaissance porte sur la r&#233;alit&#233; empirique et pas directement sur la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Nous devons tout de m&#234;me remarquer, ce qui rejoint le point de vue de d'Espagnat, que la continuit&#233; que nous venons d'&#233;voquer entre perception confuse et inconsciente de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante et connaissance plus distincte de la r&#233;alit&#233; empirique, laisse &#224; penser que celle-ci doit bien nous fournir quelques indices structurels sur ce r&#233;el voil&#233;. Il est en effet plus fid&#232;le &#224; la philosophie de Leibniz d'imaginer une continuit&#233; sous-jacente entre ces deux r&#233;alit&#233;s, bien que cette distinction puisse conserver son utilit&#233; et sa pertinence une fois que l'on a pris conscience de cette continuit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.2.2. Les grands principes leibniziens et le formalisme quantique&lt;br class='autobr' /&gt;
Principe de contradiction&lt;br class='autobr' /&gt;
Le principe de contradiction, que Leibniz identifie dans son syst&#232;me &#224; la n&#233;cessit&#233;, est un de ses piliers. Cela n'a pourtant rien d'original car, en tant que pierre angulaire de toute logique, il est &#233;galement le pilier de tout syst&#232;me rationnel. Et le formalisme quantique ne fait pas exception &#224; cela, d'autant plus qu'il compense en g&#233;n&#233;ral l'impermanence de son objet par une rigueur math&#233;matique exceptionnelle. Le succ&#232;s que connaissent les r&#232;gles quantiques en termes de pr&#233;visibilit&#233;, malgr&#233; l'absence d'interpr&#233;tation ontologique d&#233;cisive &#224; son sujet, milite pour confirmer le r&#244;le essentiel que doit jouer le principe de contradiction dans toute entreprise rationnelle, et notamment dans toute recherche empirique. Ce principe n'est de toute fa&#231;on pas susceptible de conna&#238;tre un d&#233;saveu en cons&#233;quence d'une quelconque th&#233;orie scientifique car, justement, seul lui est capable de discriminer parmi les axiomes des th&#233;ories en excluant ceux qui pr&#233;sentent contradiction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, parce qu'il s&#233;pare pr&#233;cis&#233;ment le principe de contradiction du principe de raison suffisante et qu'il fait du premier la seule r&#232;gle des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, Leibniz met la n&#233;cessit&#233; logique &#224; l'abri de la menace que peut faire peser la physique quantique sur le d&#233;terminisme et la causalit&#233;. Le principe de contradiction concerne uniquement les propositions r&#233;ductibles en v&#233;rit&#233;s identiques et celles-ci ne craignent aucune remise en cause par le formalisme quantique car celui-ci en fait un grand usage.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'efficacit&#233; pr&#233;dictive dont fait preuve la physique quantique en conservant une foi certaine dans le principe de contradiction, m&#234;me si on limite le formalisme quantique &#224; la description de la r&#233;alit&#233; empirique, signifie que ce principe doit bien correspondre &#224; quelque chose dans la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Pour peu que l'on admette que la r&#233;alit&#233; empirique est, d'une mani&#232;re ou d'une autre, une cons&#233;quence de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, il est difficile d'imaginer comment le principe de contradiction pourrait se montrer efficace au sujet de la r&#233;alit&#233; empirique sans l'&#234;tre &#233;galement dans le cas fictif o&#249; nous aurions acc&#232;s &#224; la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Si l'on admet que la moindre information structurelle puisse &#234;tre d&#233;riv&#233;e de notre exp&#233;rience au sujet du r&#233;el voil&#233;, on ne pourra rien conclure &#224; son sujet sans admettre en premier lieu la n&#233;cessit&#233; logique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Principe de raison suffisante&lt;br class='autobr' /&gt;
Le principe de raison suffisante entretient cependant une relation plus conflictuelle avec le formalisme quantique. En effet nous avons pu voir que ce formalisme implique, math&#233;matiquement, les relations d'ind&#233;termination, ou d'incertitude, d'Heisenberg, relations qui ont pu faire croire &#224; ce dernier en l'&#233;chec de la causalit&#233;. Le principe leibnizien de raison signifie que, de toute chose, on peut rendre raison ; il s'agit de l'&#233;quivalent de la causalit&#233; dans le syst&#232;me de Leibniz, bien qu'il soit plus fondamental, car la causalit&#233; est ph&#233;nom&#233;nale chez Leibniz. En d'autres termes on doit toujours pouvoir expliquer une v&#233;rit&#233; contingente par d'autres v&#233;rit&#233;s contingentes ant&#233;rieures et il est vrai que le formalisme quantique nous interdit cela au sujet des mesures concernant les particules &#233;l&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut noter tout de m&#234;me que le principe de raison de Leibniz, au sujet des v&#233;rit&#233;s contingentes, implique, &#224; cause de l'infinit&#233; du monde, que la cha&#238;ne qui permet de rendre compte d'une existence contingente est compos&#233;e d'une infinit&#233; de maillons, qui sont autant de v&#233;rit&#233;s de fait. En cons&#233;quence de la finitude intrins&#232;que de toute cr&#233;ature, aucun humain n'est en mesure de parcourir cette cha&#238;ne et il doit donc finir par se trouver incapable de satisfaire au principe de raison, quoiqu'en droit celui-ci continue de s'appliquer. Cela explique l'incapacit&#233;, que Leibniz pouvait d&#233;j&#224; remarquer &#224; son &#233;poque, dont les sciences peuvent t&#233;moigner pour d&#233;terminer de mani&#232;re d&#233;finitive la cause exacte d'un ph&#233;nom&#232;ne pr&#233;cis. Cependant, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, l'ind&#233;terminisme dont semble t&#233;moigner la physique quantique ne peut pas &#234;tre rapport&#233; ainsi &#224; la m&#233;connaissance de certaines donn&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien plus il s'agit d'une r&#232;gle math&#233;matique qui emp&#234;che de conna&#238;tre avec pr&#233;cision certaines variables conjugu&#233;es sur un syst&#232;me &#233;tudi&#233;. Nous avons pourtant vu l'&#233;tendue des controverses que conna&#238;t la physique quantique, m&#234;me au sein du formalisme conventionnel, concernant la nature de ses objets. On est alors en droit de penser, comme tous les d&#233;fenseurs des th&#233;ories &#224; variables cach&#233;es mais sans pour autant estimer avec eux qu'un meilleur formalisme soit possible, que ce doit bien &#234;tre l'incompl&#233;tude de notre description des syst&#232;mes physiques quantiques qui provoque l'incertitude math&#233;matique qui en r&#233;sulte, aussi bien que les controverses &#233;voqu&#233;es. Donc, si le formalisme quantique est une description de la r&#233;alit&#233; empirique qui ne satisfait pas pleinement au principe de raison suffisante, il est tout &#224; fait envisageable -voir naturel &#233;tant donn&#233; l'utilit&#233; g&#233;n&#233;rale que l'on peut trouver &#224; ce principe- de supposer que la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante y souscrive. Il faut en effet rappeler que, comme la m&#233;taphysique leibnizienne fait de l'entre-expression le rapport de base entre les existants, le principe de raison peut s'appliquer dans une plus grande mesure &#224; la r&#233;alit&#233; fondamentale qu'au strict domaine du connaissable humain. Autrement dit, si un esprit humain ne peut pas trouver de quoi rendre compte du r&#233;sultat de certaines mesures &#224; l'&#233;chelle quantique, m&#234;me si cela est d&#251; &#224; une n&#233;cessit&#233; math&#233;matique, on ne peut pas en conclure que la raison qui d&#233;termine telle observable &#224; prendre telle valeur ne se trouve dans aucune monade. D'ailleurs, par d&#233;finition, Dieu, en raison de sa perfection, contient n&#233;cessairement de quoi rendre compte de toute chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#233;galement possible de voir ici une analogie avec l'exemple r&#233;current que Leibniz utilise pour expliquer la pr&#233;sence du mal dans le monde par la notion de moindre mal : un carr&#233; parfait implique, par une n&#233;cessit&#233; math&#233;matique, que sa diagonale soit un nombre incommensurable. Il n'est pas exclu que l'incompl&#233;tude de la m&#233;canique quantique soit simplement due au m&#234;me type d'incompossibilit&#233; entre essences. Pour faire coexister un maximum de substances dans la cr&#233;ation, Dieu a peut-&#234;tre d&#251; les concevoir dans une organisation d&#233;fiant les capacit&#233;s rationnelles humaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; le caract&#232;re particuli&#232;rement sp&#233;culatif de ces derni&#232;res assertions, de la m&#234;me mani&#232;re que les th&#233;ories &#224; variables cach&#233;es &#224; propos du d&#233;terminisme, elles ont le m&#233;rite ind&#233;niable de pouvoir servir de contre-exemple &#224; toute conclusion h&#226;tive &#224; partir du formalisme quantique qui tenterait d'&#233;tablir l'&#233;chec du principe de raison suffisante leibnizien. Celui-ci, comme la causalit&#233;, n'a pas &#233;t&#233; contredit mais seulement rendu inapplicable. De plus, si on limite le formalisme quantique &#224; la r&#233;alit&#233; empirique et que l'on admet la th&#233;orie de la substance de Leibniz, on peut pleinement envisager que le principe de raison suffisante garde tout son sens au sujet de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante &#224; l'&#233;chelle quantique. &lt;br class='autobr' /&gt;
3.2.3. Le probl&#232;me de la continuit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Atomisme et vide&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le atomiste fut adopt&#233; suite aux d&#233;couvertes de Jean Perrin en 1906 et l'on doit &#224; Ernest Rutherford, en 1910, la preuve du fait que ces atomes soient principalement constitu&#233;s de vide. Nous avons d&#233;j&#224; assez vu les limites des conceptions corpusculaires en physique quantique pour ne pas nous arr&#234;ter &#224; la vision famili&#232;re mais erron&#233;e des atomes comme de petits noyaux de mati&#232;re autour desquels gravitent des &#233;lectrons. Si la d&#233;coh&#233;rence permet d'observer pour les atomes, parce qu'ils sont compos&#233;s de plusieurs particules, des comportements plus ressemblant &#224; ce que nous avons l'habitude avec les entit&#233;s corpusculaires macroscopiques, ils restent enti&#232;rement soumis aux lois quantiques. Les invariants n&#233;cessaires pour en faire rigoureusement et l&#233;gitiment des corps mat&#233;riels sont &#224; peine plus r&#233;unis au sujet des atomes que pour les particules &#233;l&#233;mentaires. Il faut pr&#233;ciser que l'atomisme que r&#233;fute Leibniz fait des atomes les derniers &#233;l&#233;ments du monde mat&#233;riel, il en fait des &#233;l&#233;ments &#233;l&#233;mentaires. La science moderne, si elle con&#231;oit des atomes, les d&#233;finit comme compos&#233;s de particules plus &#233;l&#233;mentaires, qui par contre, en tant que portions &#233;tendues de mati&#232;res indivisibles, correspondent davantage &#224; l'atomisme philosophique auquel s'oppose Leibniz.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si l'on retient une d&#233;finition corpusculaire des atomes, il demeure que tous les arguments logiques que Leibniz pr&#233;sente pour montrer qu'ils ne peuvent constituer les derniers &#233;l&#233;ments de la nature restent valides. Si un atome ne peut &#234;tre scind&#233; en parties pour des raisons physiques, il n'emp&#234;che qu'il peut l'&#234;tre en droit et que cette ins&#233;parabilit&#233; est donc contingente. Comme l'&#233;tendue n'est que ph&#233;nom&#233;nale, les atomes ne doivent leur statut qu'au vide qui les s&#233;parent. Il est vrai que tous les types d'atomisme, antiques comme scientifiques, ne peuvent appuyer leur coh&#233;rence que sur la possibilit&#233; du vide. Au contraire l'indiscernabilit&#233;, la relativit&#233; de l'&#233;tendue et de l'espace, comme l'impossibilit&#233; du vide, sont les trois &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; la th&#233;orie leibnizienne de la substance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme tous ses contemporains, Leibniz pensait &#224; l'impossibilit&#233; du vide pour des raisons philosophiques et th&#233;ologiques. La d&#233;finition philosophique du vide est celle du non-&#234;tre, du n&#233;ant pur o&#249; rien n'existe sous quelque forme que ce soit, du moins est-ce ainsi que Leibniz devait le concevoir. Mais le vide tel qu'il a &#233;t&#233; ainsi introduit puis &#233;tudi&#233; en physique, s'il signifie l'absence de particules mat&#233;rielles, reste parcouru de champs quantiques. Il est clair alors que le vide physique est qualitativement diff&#233;rent du vide philosophique. Si un mod&#232;le mat&#233;rialiste comme celui de Descartes, qui refuse un vide comme absence de mati&#232;re, peut &#234;tre remis en cause par un tel vide physique, la m&#233;taphysique leibnizienne con&#231;oit des existences fondamentales qui ne sont pas mat&#233;rielles et peut donc admettre que les champs qui parcourent le vide &#233;vitent que celui-ci soit con&#231;u dans son sens philosophique. Quelque chose parcoure donc bien le vide &#224; l'&#233;chelle quantique et nous avons d&#233;j&#224; vu l'ambigu&#239;t&#233; qui caract&#233;rise la nature des entit&#233;s consid&#233;r&#233;es &#224; cette &#233;chelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, la th&#233;orie de la Relativit&#233; rejoint la vision leibnizienne de l'espace et du temps sur la question de leur r&#233;alit&#233;. Dans le syst&#232;me de Leibniz comme dans la construction d'Einstein, ni l'espace ni le temps ne sont des substances, ils sont relatifs aux objets qu'ils contiennent et un espace sans objet ni a donc tout simplement pas de sens. Il est donc naturel que la th&#233;orie quantique des champs, dont il faut rappeler qu'elle est la version la plus aboutie du formalisme quantique en cela qu'elle se conforme le mieux &#224; la Relativit&#233;, exclue &#233;galement le vide. L&#224; o&#249; la m&#233;canique quantique non-relativiste voit des cr&#233;ations et des annihilations de particules au sein des portions vides d'un espace newtonien, la th&#233;orie quantique des champs voit ces champs partout, fait d'eux la r&#233;alit&#233; fondamentale et, &#224; leur &#233;gard, il n'y a pas de vide. L'usage des concepts de vide et de particules dans la th&#233;orie quantique relativiste devient alors purement formel et il ne peut donc pas suffire pour contredire la r&#233;futation du vide et des atomes que Leibniz affirme avec l'ensemble de la tradition philosophique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, pour peu qu'on accepte que des entit&#233;s, ou une entit&#233;, doit occuper la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, si la notion d'espace n'est pas retenue &#224; son sujet, l'id&#233;e d'un espace sans &#234;tre, n&#233;cessaire pour d&#233;finir le vide, ne peut &#234;tre que difficilement obtenue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quanta et discontinuit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'apparition de quantit&#233;s discr&#232;tes et du concept de quanta dans la microphysique sera tr&#232;s rapidement consid&#233;r&#233;e par une grande partie de la communaut&#233; des physiciens comme l'&#233;chec du principe de continuit&#233; tel qu'&#233;nonc&#233; par Leibniz. En effet c'est lui qui a &#233;nonc&#233; la c&#233;l&#232;bre phrase &#171; la nature ne fait pas de saut &#187; et que Bohr remis en cause avec sa notion de saut quantique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce qui a surtout &#233;t&#233; rompu, c'est la croyance, unanimement r&#233;pandue dans la communaut&#233; scientifique et que Leibniz devait s&#251;rement partager, que l'&#233;nergie comme le mouvement doit th&#233;oriquement &#234;tre mesurable dans des quantit&#233;s aussi petites que l'on veut. La continuit&#233; de Leibniz est quelque peu diff&#233;rente car il s'agit davantage d'un principe logique que d'un &#233;nonc&#233; de physique : &#171; lorsque la diff&#233;rence de deux cas peut-&#234;tre diminu&#233;e au-dessous de toute grandeur donn&#233;e in datis ou dans ce qui est pos&#233;, il faut qu'elle se puisse trouver aussi diminu&#233;e au dessous de toute grandeur donn&#233;e &#187;. Leibniz en a certes propos&#233; une interpr&#233;tation physique car, comme nous l'avons soulign&#233;, il l'estimait devoir s'appliquer dans tous les domaines. Le paradigme m&#233;caniste classique dans lequel Leibniz concevait la physique lui a donc fait faire quelques conclusions h&#226;tives car, si nous pourront remarquer dans la suite de ce chapitre l'intuition exceptionnelle dont il a fait preuve, Leibniz ne pouvait deviner l'ampleur de la complexit&#233; qui caract&#233;rise les &#233;v&#232;nements de la r&#233;alit&#233;s &#224; une &#233;chelle qui lui &#233;tait radicalement inaccessible. Mais de telles conclusions sur des existences contingentes, erron&#233;es en raison d'une carence de connaissances de fait, ne permettent pas de contredire le principe utilis&#233;. Un tel raisonnement est invalide pour les m&#234;mes raisons que la conclusion d'Heisenberg au sujet de l'&#233;chec de la causalit&#233;. Dans le principe de continuit&#233; tel qu'&#233;nonc&#233; ci-dessus, ce n'est pas la conclusion qui est r&#233;fut&#233;e, mais la pr&#233;misse. La constante de Planck signifie que lorsque l'on tente de mesurer une quantit&#233; d'&#233;nergie aussi petite que l'on veut, on ne parvient pas &#224; trouver une quantit&#233; inf&#233;rieure &#224; cette constante. Ce n'est pas tant le principe qui est r&#233;fut&#233; mais plut&#244;t la possibilit&#233; de le v&#233;rifier exp&#233;rimentalement puisqu'on ne peut diminuer la diff&#233;rence de deux cas au-dessous de toute grandeur donn&#233;e. Comme la causalit&#233; ou le principe de raison suffisante, la continuit&#233; peut &#234;tre dit inapplicable en physique quantique, mais cela ne signifie pas qu'elle soit erron&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoiqu'il en soit, apr&#232;s l'apparition de cette discontinuit&#233; et la popularit&#233; que connurent les mod&#232;les corpusculaires et discrets de description de la r&#233;alit&#233; physique, la construction des outils math&#233;matiques essentiels du formalisme quantique pouss&#232;rent progressivement &#224; l'abandon d'une telle vision. Comme nous l'avons vu, l'abstraction dans laquelle est plong&#233;e le monde quantique par le formalisme conventionnel rend tr&#232;s prudent les physiciens sur les cons&#233;quences des quantit&#233;s discr&#232;tes que ce formalisme implique. Nous avons d&#233;j&#224; remarqu&#233; que la contextualit&#233; n&#233;cessite d'introduire, dans le compte-rendu de toute mesure, la description du dispositif exp&#233;rimental qui la permise. Nombre de physiciens et d'&#233;pist&#233;mologues, une fois cette contextualit&#233; exceptionnelle mise en &#233;vidence, furent prompte &#224; lui attribuer l'apparition de nombres entiers lors des mesures. C'est en effet par un nombre fini et discret de dispositifs de mesure qu'un syst&#232;me peut &#234;tre d&#233;crit, et ce nombre ne peut dispara&#238;tre en raison de la contextualit&#233; ; autrement dit, celle-ci nous emp&#234;che de pouvoir attribuer cette discontinuit&#233; au syst&#232;me lui-m&#234;me ou &#224; l'instrument de mesure. Cela est encore plus claire si l'on rappel que le formalisme quantique, en l'absence de toute mesure, d&#233;crit les diff&#233;rentes valeurs de chaque observable par des probabilit&#233;s comprises entre 0 et 1, donc d'une mani&#232;re continuiste, et que les quantit&#233;s discr&#232;tes 0 ou 1 apparaissent seulement lors des mesures par le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes. D'une autre mani&#232;re, mais toujours dans le but d'&#233;carter une vision discontinuiste, Schr&#246;dinger construisit sont mod&#232;le ondulatoire pour que les &#171; nombres entiers s'introduisent de la m&#234;me mani&#232;re naturelle que le nombre des noeuds d'une corde vibrante &#187; en physique classique ondulatoire (qui est continuiste). Plus g&#233;n&#233;ralement, que ce soit &#224; cause de ses aspects ensemblistes ou probabilistiques, ce sont aux particularit&#233;s du formalisme math&#233;matique de la physique quantique que fut attribu&#233;e la pr&#233;sence de quantit&#233;s discr&#232;tes dans la description d'un syst&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
3.3. Le monde microscopique&lt;br class='autobr' /&gt;
3.3.1. Entit&#233;s quantiques et substances simples&lt;br class='autobr' /&gt;
Les particules &#233;l&#233;mentaires selon la th&#233;orie de la substance&lt;br class='autobr' /&gt;
La qu&#234;te des derniers &#233;l&#233;ments de la nature, des entit&#233;s &#233;l&#233;mentaires &#224; partir desquelles tout est construit, est courante en philosophie, et notamment dans les divers atomismes. Leibniz chercha lui aussi la nature des existants fondamentaux de la r&#233;alit&#233;, mais, fid&#232;le &#224; la tradition philosophique, il tenta d'en d&#233;finir a priori les propri&#233;t&#233;s essentielles via la m&#233;taphysique. Comme &#224; l'accoutum&#233;e, il travailla &#224; cela avec un maximum de rigueur logique. Le syst&#232;me leibnizien propose donc une th&#233;orie de la substance qui pr&#233;tend d&#233;duire les structures essentielles des derniers &#233;l&#233;ments de la nature par un raisonnement m&#233;taphysique gouvern&#233; par la stricte logique. C'est sur cette base qu'est r&#233;fut&#233; le m&#233;canisme pur comme l'atomisme mat&#233;rialiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sciences empiriques, avec l'apparition et le perfectionnement des microscopes, ce sont &#233;galement fix&#233; pour but de d&#233;terminer les existants fondamentaux, quoique les appareils utilis&#233;s de nos jours pour sonder les d&#233;tails de la mati&#232;re soient d'une nature tr&#232;s diff&#233;rente. C'est d'ailleurs &#224; ce sujet que fut cr&#233;&#233;e la physique quantique. Celle-ci, par des moyens de plus en plus perfectionn&#233;s mais toujours plus diff&#233;rents de nos sch&#232;mes sensibles usuels, sonde la mati&#232;re pour d&#233;couvrir son fonctionnement comme ses composantes fondamentales. Le but est alors de d&#233;gager les particules &#233;l&#233;mentaires, c'est-&#224;-dire les &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;'briques'' qui composent l'univers. La physique estime avoir d&#233;couvert la plupart des particules &#233;l&#233;mentaires qui composent tous les ph&#233;nom&#232;nes observables qu'ils soient corpusculaires ou autre. Ainsi conna&#238;t-on pour le moment plusieurs leptons, quarks et bosons. Mais le crit&#232;re qu'utilise la science pour juger si une particule est &#233;l&#233;mentaire tient &#224; ce que l'on ne puisse lui d&#233;terminer de structure interne ni de composants. Au vu de la distinction que nous avons retenue, avec d'Espagnat, entre objectivit&#233; forte et objectivit&#233; faible, il est clair que ce crit&#232;re ne peut convenir pour d&#233;finir les &#233;ventuelles particules &#233;l&#233;mentaires de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante (d'Espagnat ne semble d'ailleurs pas croire en l'existence fondamentale de telles particules). En effet il fait r&#233;f&#233;rence &#224; nos capacit&#233;s de d&#233;termination et on peut remarquer que, dans son histoire, il est souvent arriv&#233; &#224; la microphysique de retenir comme &#233;l&#233;mentaires des particules dont des composants plus fondamentaux furent ensuite d&#233;couverts. Les conditions n&#233;cessaires pour observer un d&#233;tail sont bien plus contraignantes si son &#233;chelle est petite, notamment les quantit&#233;s d'&#233;nergie n&#233;cessaire deviennent tr&#232;s importantes&#160;; cela laisse &#224; nombre de physiciens l'espoir de d&#233;couvrir des particules plus fondamentales&#160;lorsque les niveaux d'&#233;nergie n&#233;cessaire seront r&#233;unis. Autrement dit, on peut l&#233;gitimement penser que les particules &#233;l&#233;mentaires, ainsi d&#233;nomm&#233;es par la physique, ne sont les ultimes composants que de la r&#233;alit&#233; empirique. Bien que les termes d'antan puissent maintenant porter sur des entit&#233;s diff&#233;rentes, comme nous l'avons d&#233;j&#224; not&#233;, le paradigme des particules &#233;l&#233;mentaires en physique moderne correspond bien plus &#224; l'atomisme philosophique que Leibniz met en question. Ses critiques et sa th&#233;orie de la substance visent, non pas &#224; r&#233;futer l'existence de tels atomes ou particules de mati&#232;re, mais &#224; leur refuser le statut de derniers &#233;l&#233;ments de la nature. Les propri&#233;t&#233;s des existences fondamentales, tel que Leibniz les d&#233;finit, imposent des crit&#232;res bien plus contraignants que la seule ins&#233;parabilit&#233; pratique. La substance leibnizienne doit donc &#234;tre une et in&#233;tendue car il n'y a qu'ainsi d&#233;finie qu'elle ne pourra plus &#234;tre divis&#233;e, et cela dans un sens fortement objectif. On peut alors remarquer que les particules &#233;l&#233;mentaires consid&#233;r&#233;es par la physique quantique poss&#232;dent en g&#233;n&#233;rale masse et taille et ne peuvent donc pas &#234;tre identifi&#233;es &#224; des substances simples au sens de Leibniz. Quand bien m&#234;me l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour rompre un &#233;lectron ne serait pas disponible dans tout l'univers, il demeurerait que celui-ci est divisible en droit et que cette impossibilit&#233; contingente ne lui autorise pas le statut de substance simple. L'autre particularit&#233;, que Leibniz associe aux substances simples et qui d&#233;coule directement de leur indivisibilit&#233;, est la spontan&#233;it&#233; dont elles doivent faire preuve. Chacun des &#233;tats que conna&#238;t une monade n'est qu'une cons&#233;quence de sa constitution interne sans qu'aucune influence externe ne soit ni n&#233;cessaire ni possible (except&#233; Dieu comme toujours). Une entit&#233; ontologiquement indivisible, ne pouvant rien gagner ni rien perdre, ne peut en effet subir ni exercer d'influence, en aucune mani&#232;re que ce soit. La physique explique pourtant, ou tente d'expliquer, tous les ph&#233;nom&#232;nes qu'elle r&#233;pertorie par des transferts de bosons entre particules des deux autres types, leptons et quarks&#160;; toutes ces particules &#233;tant consid&#233;r&#233;es comme &#233;l&#233;mentaires. Cependant, le langage des physiciens, en &#233;voquant des gluons liant les quarks entre eux ou des photons passant d'&#233;lectron en &#233;lectron, ne n&#233;cessite-t-il pas des entit&#233;s sous-jacentes pour expliquer ces interactions&#160;? En reprenant le raisonnement de Leibniz, pour garantir &#224; ces particules leur statut ontologique, nous n'avons gu&#232;re d'autre solution que de leur accorder une spontan&#233;it&#233; similaire &#224; celle que lui-m&#234;me pr&#234;te aux substances simples. Cela permet en effet de r&#233;soudre la difficult&#233;, quoique nous devions pour cela faire abstraction des arguments que nous avons avanc&#233;s pr&#233;c&#233;demment pour refuser aux particules &#233;l&#233;mentaires leur statut ontologique. Cependant la th&#233;orie quantique des champs milite contre cette solution, car ces champs permettent de pr&#233;dire le comportement des particules comme leurs interactions sans &#234;tre eux-m&#234;mes d&#233;crit par aucun mod&#232;le corpusculaire. M&#234;me si, l&#224; encore, on ne peut pas en d&#233;duire que ces champs doivent exister tel quel dans la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, les particularit&#233;s &#233;pist&#233;mologique de la physique quantique devant nous rendre prudents, nous pouvons tout de m&#234;me supposer, en raison de leur efficacit&#233;, que quelque chose doit y correspondre&#160;; et ce quelque chose ne peut &#234;tre aucune des particules &#233;l&#233;mentaires en question, mais une ou plusieurs entit&#233;s plus fondamentales. Finalement, il para&#238;t assez &#233;vident qu'aucune des d&#233;couvertes de la physique quantique concernant les particules &#233;l&#233;mentaires ne peut &#234;tre vue comme apportant un argument convaincant contre la division actuelle &#224; l'infinie de la mati&#232;re que Leibniz d&#233;duit a priori de principes logiques et m&#233;taphysiques. Les substances simples et la physique quantique Il nous est &#233;galement possible de poser la question du rapport entre les substances simples et les particules &#233;l&#233;mentaires dans l'autre sens. En admettant que les particules quantiques ne sont pas les substances simples de Leibniz, voyons si celles-ci ne pourraient pas tout de m&#234;me devenir des objets de la physique quantique. D'embl&#233; Leibniz estime prouver que ces entit&#233;s sont inobservables par le simple fait qu'elles sont in&#233;tendues, de la m&#234;me mani&#232;re que l'on ne peut voir un v&#233;ritable point math&#233;matique. Par d&#233;finition, c'est par une division &#224; l'infinie de la mati&#232;re qu'un physicien pourrait esp&#233;rer en arriver &#224; isoler une monade&#160;; celui-ci &#233;tant irr&#233;m&#233;diablement born&#233;, il ne lui reste aucun espoir de clore cette division d'une mani&#232;re ou d'une autre. On pourrait cependant r&#233;pondre &#224; cela qu'un tel argument se fonde sur un paradigme spatial tridimensionnel, et que l'abandon de celui-ci en physique quantique ouvre peut-&#234;tre la voie &#224; une telle division &#224; l'infini. Le principe des substances simples est qu'elles sont les unit&#233;s fondamentales de la r&#233;alit&#233;, et pas seulement dans un sens spatial, aussi ne peuvent-elles pas &#234;tre individuellement quantifi&#233;es, la quantit&#233; appara&#238;t seulement lorsqu'on les multiplient. C'est entre autre pourquoi les unit&#233;s qui apparaissent dans la th&#233;orie quantique ne peuvent correspondre aux monades, cette discr&#233;tisation est la cons&#233;quence de propri&#233;t&#233;s math&#233;matiques continues sous-jacentes. En math&#233;matique tous les principes de limite en l'infini sont similaires, qu'ils soient tridimensionnels ou pas. Ainsi, puisque les quantit&#233;s d'&#233;nergie n&#233;cessaires pour observer un d&#233;tail avec un canon &#224; &#233;lectron croissent lorsque ce d&#233;tail est de plus en plus petit, d&#233;tecter un d&#233;tail infiniment petit comme une monade demanderait une quantit&#233; infinie d'&#233;nergie qu'il ne nous est pas possible de r&#233;unir. Cela maintient le fait que les monades soient observables en droit, mais en pratique, seul un esprit infini comme Dieu pourrait les observer. 3.3.2. La th&#233;orie de la substance et le monde quantique Les agr&#233;gats &#224; l'&#233;chelle quantique Si on ne peut identifier les substances simples de Leibniz et les particules &#233;l&#233;mentaires de la physique quantique, cela ne nous dispense pas de traiter du statut que peuvent avoir ces derni&#232;res dans le syst&#232;me leibnizien. A coup s&#251;r, les objets de la physique quantique doivent &#234;tre des substances compos&#233;es. Si la th&#233;orie quantique con&#231;oit les particules comme des entit&#233;s bien constitu&#233;es, c'est que le degr&#233; de confusion avec lequel elle nous fait conna&#238;tre la r&#233;alit&#233; &#224; cette &#233;chelle masque l'infinit&#233; qui doit peupl&#233;e chacune de ces particules&#160;; de la m&#234;me mani&#232;re que la confusion de notre perception famili&#232;re nous masque celle qui occupe les objets de notre vie quotidienne. Voir les particules comme des agr&#233;gats permet notamment de leur donner un sens sans statuer sur leur nature &#233;ventuellement corpusculaire. Leur nature mat&#233;rielle &#233;tant ph&#233;nom&#233;nale, m&#234;me si Leibniz n'avait pas de son temps d'exemple concret pour r&#233;fl&#233;chir &#224; ce point, il n'aurait s&#251;rement pas refus&#233; l'id&#233;e que certains agr&#233;gats n'aient pas une apparence compl&#232;tement mat&#233;rielle et corpusculaire&#160;; du moins l'admettre ne nuit pas &#224; la coh&#233;rence de son syst&#232;me. Quoiqu'il en soit nous aurons l'occasion de revenir sur ce point. Il faut cependant nous demander de quel type sont les agr&#233;gats observables &#224; l'&#233;chelle quantique. Leibniz distingue en effet la mati&#232;re premi&#232;re de la mati&#232;re seconde&#160;; la premi&#232;re correspondant aux amas de monades inorganis&#233;s tandis que la seconde d&#233;signe les compos&#233;s vivants. La question peut para&#238;tre &#233;trange car la biologie ne d&#233;finit le vivant que sur des crit&#232;res s'appliquant &#224; partir de l'&#233;chelle mol&#233;culaire. Mais la d&#233;finition que Leibniz donne de la vie, si elle est s&#251;rement bien moins applicable pratiquement, n'est pas limit&#233;e &#224; une &#233;chelle particuli&#232;re. Comme nous l'avons vu, le syst&#232;me leibnizien accorde la vie &#224; toute les monades et donc &#224; tous l'univers, cependant tous les corps ne sont pas vivants. Une monade pr&#233;side &#224; toutes les monades dont elle rend raison le plus ad&#233;quatement, l'ensemble de ces substances constituant alors son corps. Un corps vivant est donc d&#233;fini par Leibniz comme &#233;tant dirig&#233; par une &#226;me qui poss&#232;de alors une perception plus distincte de ce corps et &#224; travers celui-ci une perception un peu moins confuse de tout le reste de l'univers. Tous les ensembles de monades ne poss&#232;dent pourtant pas de monade dominante. Leibniz &#233;tablit donc que l'analyse des d&#233;tails de tout corps inorganique doit aboutir sur des entit&#233;s vivantes &#224; un moment ou &#224; un autre. Il s'agit alors de savoir si les particules de la physique quantique pourraient &#234;tre ces entit&#233;s organiques rencontr&#233;es lors de l'&#233;tude de la mati&#232;re. Concernant les entit&#233;s macroscopiques que nous c&#244;toyions, bien que le syst&#232;me leibnizien accorde un fonctionnent final &#224; toute monade, c'est par l'apparition d'une certaine finalit&#233; dans le monde des corps que nous semblons capable de rep&#233;rer les entit&#233;s vivantes. En effet, plus un corps est organis&#233; et complexe, plus il est soumis &#224; son ent&#233;l&#233;chie et plus nous pouvons alors remarquer les attributs spirituels de cette derni&#232;re. Il semble alors difficile de statuer sur la question de savoir si les particules peuvent &#234;tre des organismes vivants au sens de Leibniz car les difficult&#233;s &#233;pist&#233;mologiques de la physique quantique, comme la diff&#233;rence d'&#233;chelle exceptionnelle, nous ferment une analyse assez pointue de leur comportement. Nous pouvons seulement esp&#233;rer d&#233;gager quelques indices &#224; partir de la description qu'offre le formalisme quantique de ses objets. Il est ind&#233;niable qu'une particule &#233;l&#233;mentaire pr&#233;sente une coh&#233;rence interne exceptionnelle, cela a d'ailleurs s&#251;rement concouru &#224; ce que la physique soit tent&#233;e d'en faire des entit&#233;s ontologiquement constitutives, mais cela n'exprime pas pour autant la moindre finalit&#233; discriminante. Seule l'ind&#233;terminisme dont fait preuve une particule lors d'une mesure, qui la soustrait &#224; une pure n&#233;cessit&#233; et qui peut donner l'impression d'un choix, peut servir &#224; sp&#233;culer sur sa nature spirituelle. Un tel ph&#233;nom&#232;ne ne suffit cependant pas &#224; construire un v&#233;ritable argument concernant le genre d'agr&#233;gats auquel appartiennent les entit&#233;s quantiques. Cette question reste donc en suspens, bien que cela ne pose pas de probl&#232;me pour la suite de cette &#233;tude dans la mesure o&#249; cette question reste finalement assez p&#233;riph&#233;rique. L'abandon de l'espace et du temps Une des particularit&#233;s les plus probl&#233;matiques du formalisme quantique reste l'espace abstrait dans lequel il doit &#234;tre con&#231;u. Un espace de Hilbert avec un nombre variable de dimensions reste seul capable de d&#233;crire les syst&#232;mes physiques &#224; l'&#233;chelle quantique. Comme ce type d'outils math&#233;matiques est bien post&#233;rieur au syst&#232;me de Leibniz, il est assez &#233;vident que celui-ci n'ait pu se prononcer sur la d&#233;pendance &#233;ventuelle de son syst&#232;me &#224; l'&#233;gard d'un paradigme tridimensionnel. Tout de m&#234;me il faut noter que le syst&#232;me leibnizien survit particuli&#232;rement bien &#224; un tel changement de paradigme. L&#224; o&#249; les syst&#232;mes cart&#233;sien et newtonien substantifient l'espace pour lui accorder une existence autonome et ontologique, Leibniz la lui refuse et fait seulement de l'espace l'ordre de coexistence des possibles. Dans le syst&#232;me leibnizien, les &#233;l&#233;ments de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante sont les substances qui, in&#233;tendues, se passent ais&#233;ment de donn&#233;es spatiales. Au contraire, Leibniz affirme que l'espace appara&#238;t, comme les corps, avec la multiplicit&#233; des monades, et qu'il a donc un caract&#232;re essentiellement ph&#233;nom&#233;nal. La dualit&#233; entre les ph&#233;nom&#232;nes et les choses en-soi est d&#233;j&#224; tr&#232;s explicite chez Leibniz, et l'espace, puisqu'il ne peut pr&#233;tendre &#224; la substantialit&#233;, est clairement &#224; ranger dans le premier genre. Aussi, dans le syst&#232;me leibnizien, la m&#233;canique n&#233;cessite bien un espace tridimensionnel classique, mais celle-ci demeure tout aussi ph&#233;nom&#233;nale que cette espace. Le type d'action que Leibniz suppose pour les &#233;l&#233;ments constitutifs du r&#233;el est qualitativement tr&#232;s diff&#233;rent d'un mouvement de partie ou d'un transfert d'&#233;nergie, il s'agit d'un accord pr&#233;d&#233;termin&#233; entre entit&#233;s spirituelles. Tout type d'espace peut m&#234;me &#234;tre abandonn&#233; car la m&#233;taphysique leibnizienne admet une infinit&#233; de substances mais rien quand &#224; leur disposition, bref seule une pure multitude est suppos&#233;e. La monade conna&#238;t en r&#233;alit&#233; une infinit&#233; de variables, qui sont autant de perceptions qu'il y a de monades dans le monde, et qui participent toutes &#224; la perception globale que cette monade a de l'univers. D'une mani&#232;re, certes assez kantienne mais enti&#232;rement d&#233;ductible du syst&#232;me leibnizien, il est possible d'en conclure qu'un paradigme spatial et tridimensionnel n'est propre qu'au degr&#233; de distinction que connaissent les monades conscientes. Autrement dit le syst&#232;me de Leibniz, non seulement s'accorde avec l'id&#233;e que l'espace ne soit un concept appropri&#233; que pour la r&#233;alit&#233; empirique, mais il peut m&#234;me &#234;tre consid&#233;r&#233; comme appuyant cette id&#233;e. Nous avons vu qu'en raison de la n&#233;cessit&#233; d'adapter la th&#233;orie au paradigme relativiste quadridimensionnel, l'abandon de l'espace pour la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante implique &#233;galement celle du temps. Celui-ci pose tout fois plus de probl&#232;mes car sa remise en cause menace la coh&#233;rence interne de tout syst&#232;me de description des &#233;v&#232;nements. Le temps est pourtant d&#233;fini par Leibniz, de la m&#234;me mani&#232;re que l'espace, comme relatifs &#224; une multiplicit&#233;, mais cette fois une multiplicit&#233; dans la monade de sortes que si la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante ne conna&#238;t toujours qu'un &#233;tat pour chaque monade, seule notre m&#233;moire peut faire coexister plusieurs instants. Si le temps est la succession de tous les &#233;tats du monde, cet ordre n'a de sens que l&#224; o&#249; ces diff&#233;rents &#233;tat peuvent &#234;tre con&#231;us simultan&#233;ment, dans la r&#233;tention dont sont susceptibles certaines monades. Une telle r&#233;f&#233;rence aux perceptions particuli&#232;res de quelques monades, &#224; savoir celles qui disposent de m&#233;moire, suffit &#224; limiter le champ d'application du concept de temps &#224; la r&#233;alit&#233; empirique. D'un autre c&#244;t&#233;, parce qu'ils sont pr&#233;d&#233;termin&#233;s, tous les &#233;tats que conna&#238;tra une monade, c'est-&#224;-dire toutes ses perceptions, sont d&#233;j&#224; en elle, mais d'une mani&#232;re envelopp&#233;e et inconsciente. Dans ce cas l&#224;, ce qui correspondra &#224; la succession de ces &#233;tats, c'est le d&#233;voilement progressif des perceptions de la monade. Mais ce n'est que pour la substance en question qu'il y a d&#233;voilement, car, pour un point vu objectif au sens fort, toutes ces perceptions sont l&#224; et toutes en m&#234;me temps et de tout temps&#160;; un paradigme temporel devient alors &#233;tranger &#224; un tel point de vu. Cela rejoint d'ailleurs l'analogie math&#233;matique qu'il est possible de faire &#224; propos de la spontan&#233;it&#233; de la monade&#160;: un algorithme est une formulation, atemporelle mais plus fondamentale, du d&#233;veloppement temporel qu'il est possible d'en faire. Un esprit infini n'a toutefois pas besoin d'un tel d&#233;veloppement pour appr&#233;hender l'ensemble de cet algorithme. Il semble qu'apr&#232;s analyse, la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, dans le syst&#232;me de Leibniz, est parfaitement apte &#224; se plier &#224; la n&#233;gation des notions spatiotemporelles que semble impliquer le formalisme quantique relativiste. Bien plus il appara&#238;t que la description m&#233;taphysique que Leibniz fait du monde en expulsant toute r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;alit&#233; empirique, expulse par la m&#234;me occasion l'espace et le temps. 3.3.3. Un fonctionnement spirituel fondamental Th&#233;orie de la substance et th&#233;orie de l'information Si nous souhaitons faire de la monadologie le fonctionnement sous-jacent du monde quantique comme de l'ensemble de la r&#233;alit&#233;, nous devons faire abstraction de ses &#233;l&#233;ments les moins admissibles pour les plus sceptiques des physiciens et des &#233;pist&#233;mologues. La r&#233;f&#233;rence que Leibniz fait couramment &#224; Dieu est probablement la plus choquante pour ceux-ci. Un tel usage de l'&#234;tre infiniment parfait dans le syst&#232;me leibnizien, est tout simplement inadmissible pour les ath&#233;es, et peut m&#234;me s'av&#233;rer insatisfaisant pour les plus rigoureux des croyants et des agnostiques. Cela est particuli&#232;rement g&#234;nant pour la coh&#233;rence du syst&#232;me dans la mesure o&#249; c'est Dieu qui garantit l'harmonie pr&#233;&#233;tablie. D'autant plus qu'insister &#224; ce sujet introduirait des d&#233;bats superflus dans notre discussion portant sur la r&#233;alit&#233;. Pour satisfaire aux objections fond&#233;es sur ce point, voyons comment la th&#233;orie de la substance peut &#234;tre modifi&#233;e pour se passer de ce parti pris th&#233;ologique. Le but de la pr&#233;sente section n'est pas d'expulser Dieu du syst&#232;me leibnizien, car ce serait le trahir au-del&#224; de l'acceptable, mais de montrer que la th&#233;orie de la substance, qui fait un appel trop expr&#232;s &#224; Dieu tout en &#233;tant une partie essentielle du syst&#232;me, peut conserver une coh&#233;rence interne en faisant abstraction de la question de l'existence de l'&#234;tre supr&#234;me. Les preuves m&#233;taphysiques que Leibniz apporte au sujet de l'existence de Dieu sont d'une pertinence qu'on ne peut &#233;carter, de m&#234;me que l'usage qu'il fait de ce concept, cependant, comme tout le monde n'est pas pr&#234;t &#224; ce type de concessions, notre pr&#233;sente entreprise semble justifi&#233;e. A cette occasion nous tenterons d'&#233;claircir plus que nous ne l'avons fait la communication des substances. Le fonctionnement basique du monde, dans la m&#233;taphysique leibnizienne, est l'entre-expression dont font preuve les monades. Il ne s'agit donc pas d'une action proprement dite au sens physique car aucune ne modifie les autres en quelque mani&#232;re que ce soit. Au contraire l'harmonie pr&#233;&#233;tablie garantit &#224; toutes les substances une concordance parfaite calcul&#233;e &#224; l'avance. Cette harmonie a pour cons&#233;quence, en ce qui concerne la r&#233;alit&#233; empirique, de nous donner l'impression d'une influence m&#233;canique des corps entre eux &#224; une certaine &#233;chelle, et d'une interaction entre entit&#233;s &#233;pist&#233;mologiquement ind&#233;termin&#233;es &#224; une &#233;chelle inf&#233;rieure. Mais pour ce qui est de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, les substances sont de la pure information et l'ensemble des r&#232;gles qui rendent compte de leurs rapports mutuels peut alors constituer une th&#233;orie de l'information. Au sein de cette th&#233;orie, l'harmonie pr&#233;&#233;tablie devient logiquement &#233;quivalente &#224; une explication de l'interaction entre les monades par des transferts d'information. Mais ces transferts doivent &#234;tre con&#231;us comme ant&#233;rieurs &#224; toute mat&#233;rialit&#233;, bref c'est une communication sans support qui peut &#234;tre envisag&#233;e pour d&#233;crire les relations entre substances. L'ordre dans lequel est habituellement d&#233;finie toute communication est donc invers&#233;, au lieu de n'&#234;tre envisag&#233;e que comme v&#233;hicul&#233;e par la mati&#232;re, l'information est con&#231;ue comme premi&#232;re et c'est alors elle qui sert de support au monde physique. Ne pouvant &#234;tre expliqu&#233;e par une communication de type physicaliste, l'entre-expression leibnizienne peut &#234;tre bas&#233;e sur des transferts d'information entre substances, ind&#233;pendamment de tout v&#233;hicule. Une perception, con&#231;ue comme fondamentale, n'a rien de paradoxale si nous tirons, comme Leibniz, toutes les cons&#233;quences du cogito cart&#233;sien. Ph&#233;nom&#233;nologiquement, lorsque quelque chose rentre en contact avec mon &#233;piderme, en premier me parvient une information qui, seulement dans un deuxi&#232;me temps, est interpr&#233;t&#233;e comme signifiant la pr&#233;sence d'une entit&#233; physique. Seul un renversement de cet ordre d'apparition des ph&#233;nom&#232;nes permet de supposer que c'est par des moyens physiques que fut v&#233;hicul&#233;e l'information initiale. Nous n'avons cependant pas la moindre exp&#233;rience d'une entit&#233; physique qui ne se soit pas toujours manifest&#233;e dans un premier temps comme une simple perception. Supposer un v&#233;hicule mat&#233;riel &#224; toute forme d'information parvenant &#224; la consciente d&#233;note d'un parti pris ontologique qui ne d&#233;coule pas rigoureusement de donn&#233;es empiriques. Le fait que la mati&#232;re puisse servir de support &#224; une communication ne peut pas &#234;tre exclusivement interpr&#233;t&#233; comme signifiant que l'information doit lui &#234;tre post&#233;rieur. Il est tout &#224; fait envisageable d'en conclure que la mati&#232;re est perm&#233;able &#224; une information qui lui ind&#233;pendante&#160;; cette option gagne en cr&#233;dibilit&#233; si l'on remarque qu'une m&#234;me information peut demeurer parfaitement identique en &#233;tant transf&#233;r&#233;e d'un support physique &#224; un autre. Limiter la communication &#224; la seule communication humaine, par l'anthropocentrisme que cela implique, nous ferme la possibilit&#233; d'une th&#233;orie de l'information &#224; objectivit&#233; forte. Toute information que l'humain est capable de communiquer n&#233;cessite un support mat&#233;riel, mais cela ne signifie pas que toute information subit ce type de contrainte. Et la physique quantique va dans ce sens car elle permet de construire des moyens de communication efficaces sans pour autant que l'usage du concept de corps mat&#233;riel ne soit tout &#224; fait l&#233;gitime &#224; son sujet. Les substances ne connaissent cependant pas uniquement la perception, elles sont &#233;galement d&#233;finies par une app&#233;tition qui peut sembler tr&#232;s &#233;trang&#232;re &#224; une quelconque th&#233;orie de l'information. Rappelons que, si elle correspond, pour des &#234;tre de notre complexit&#233;, &#224; ce que couvre habituellement un tel terme, concernant la substance simple en g&#233;n&#233;ral, l'app&#233;tition d&#233;signe la tendance naturelle dont fait preuve tout &#234;tre pour atteindre un plus haut degr&#233; de perfection. Cette perfection, chez Leibniz, est d&#233;finie par le principe d'&#233;conomie et consiste donc en une optimisation des moyens par rapport aux fins. Une telle id&#233;e de la perfection est non seulement concevable dans une th&#233;orie de l'information, mais elle lui est m&#234;me tr&#232;s li&#233;e. Si l'on con&#231;oit le sens comme le but de la communication et son contenu quantitatif comme son moyen, on peut d&#233;s lors d&#233;finir le degr&#233; de perfection d'une information par l'optimisation du sens par rapport au contenu utilis&#233;, autrement dit par une maximisation du qualitatif, c'est-&#224;-dire sa vari&#233;t&#233;, et une minimisation du quantitatif. Ce qui permet alors d'expliquer, dans cette th&#233;orie de l'information, qu'une substance, malgr&#233; son app&#233;tition, peut tendre vers une moindre perfection, c'est qu'elle peut recevoir une certaine quantit&#233; d'information qui n'augmente que dans une moindre mesure son contenu qualitatif. Dans ce cas le rapport du qualitatif sur le quantitatif, qui d&#233;termine la perfection de la substance, est bien en diminution. De plus, au sein de notre th&#233;orie, on peut retrouver le principe de la th&#233;orie de la substance qui suppose que lorsque les perceptions d'une monade gagnent en distinction, les perceptions d'autres doivent tendre vers plus de confusion. En effet, lorsqu'une monade gagne en perfection, son contenu augmentant qualitativement, la perception qu'en a une autre monade doit perdre sym&#233;triquement en qualit&#233; car elle rend de moins en moins bien compte de la vari&#233;t&#233; croissante de la premi&#232;re monade. Donc, lors du transfert mutuel d'information qui s'effectue perp&#233;tuellement entre deux monades, l'une des deux doit bien agir et l'autre p&#226;tir, aux sens m&#233;taphoriques d&#233;finis dans la th&#233;orie leibnizienne de la substance. On peut remarquer qu'un pur transfert d'information n'est pas vuln&#233;rable aux critiques que peut conna&#238;tre un mod&#232;le m&#233;caniste de communication entre les substances. En effet, l'information pr&#233;sentant la particularit&#233; de pouvoir &#234;tre dupliqu&#233;e &#224; loisir, il est parfaitement envisageable qu'une information soit transmise d'une monade &#224; une autre sans que la premi&#232;re n'ait &#224; perdre quoique ce soit. Aussi, de la m&#234;me mani&#232;re qu'un support mat&#233;riel peut recevoir de l'information sans &#234;tre augment&#233; physiquement, la monade r&#233;ceptrice peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme modifi&#233;e par le transfert d'information, mais pas pour autant augment&#233;e substantiellement. Gr&#226;ce &#224; la th&#233;orie de l'information qui vient d'&#234;tre construite, nous pouvons proposer une nouvelle description m&#233;taphysique de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, fid&#232;le &#224; l'esprit de Leibniz mais tout de m&#234;me amend&#233;e dans une importante mesure car elle abandonne l'harmonie pr&#233;&#233;tablie. L'univers est un r&#233;seaux de monades, celles-ci sont en nombre infini et toutes connect&#233;es entre elles. Puisqu'elles ne sont toutes que des points de perceptions et qu'elles communiquent toutes entre elles, toute monade re&#231;oit et transmet perp&#233;tuellement de l'information pure &#224; toutes les autres. Th&#233;orie de l'information et formalisme quantique Voyons maintenant si la th&#233;orie de la substance, modifi&#233;e sous la forme de la th&#233;orie de l'information que nous avons construite, n'entre pas en contradiction avec le formalisme quantique. En cons&#233;quence des sections pr&#233;c&#233;dentes, nous prendrons pour acquis la nature compos&#233;e des entit&#233;s quantiques et l'accord du syst&#232;me leibnizien avec l'abandon de l'espace tridimensionnel que suscite la th&#233;orie quantique. Nous avons d&#233;j&#224; remarqu&#233; que les entit&#233;s consid&#233;r&#233;es en physique quantique peuvent davantage &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des outils &#233;pist&#233;miques concernant la r&#233;alit&#233; empirique que des objets ontologiques peuplant la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Cela s'accorde non seulement bien avec la ph&#233;nom&#233;nalit&#233; qui caract&#233;rise tous les agr&#233;gats dans le syst&#232;me leibnizien, mais les objets du formalisme quantique montre alors des caract&#233;ristiques informationnelles in&#233;dites dans le monde des corps. Un corps mat&#233;riel est une perception confuse de l'infinit&#233; des monades qui le peuplent et qui ne poss&#232;dent aucun caract&#232;re corpusculaire ni mat&#233;riel. A ce titre une particule constitue un bon interm&#233;diaire entre le monde des corps et celui des &#226;mes, en se montrant plus corpusculaire qu'une monade mais moins qu'un objet macroscopique. Les champs de la th&#233;orie quantique relativiste s'av&#232;rent d'ailleurs encore plus appropri&#233;s pour rejoindre l'id&#233;e d'une pure information car, quelques soient les notions corpusculaires que l'on maintient dans la th&#233;orie, ils d&#233;crivent des probabilit&#233;s d'observation concernant diverses variables et ces donn&#233;es semblent plus fondamentales que ces notions. Le fait m&#234;me que le nombre et la nature des particules d'un syst&#232;me ne sont que des informations contenues dans des champs rejoint l'id&#233;e leibnizienne d'une information plus fondamentale que la mati&#232;re. Nous avons vu que d'Espagnat sugg&#232;re que la th&#233;orie quantique des champs pourrait signifier que le monde n'est pas atomisable mais qu'il est fondamentalement un. Il n'entend pas seulement cela concernant l'atomisme philosophique, il &#233;tend cette n&#233;gation &#224; toute th&#233;orie qui supposerait une multitude d'entit&#233;s composant le r&#233;el et qu'il appelle &#171;&#160;multitudinisme&#160;&#187;. Notons cependant que d'Espagnat envisage ce type de th&#233;orie avec une id&#233;e trop proche d'un atomisme classique et qu'il ne traite pas un atomisme de type informationnel comme celui de Leibniz. Il refuse la r&#233;alit&#233; aux particules de la m&#234;me mani&#232;re que nous leur avons refus&#233; la substantialit&#233;, parce qu'elles sont expliqu&#233;es par les entit&#233;s plus fondamentales que sont les champs quantiques. Mais les substances de Leibniz sont des points d'informations et sont aussi n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alit&#233; que les unit&#233;s &#224; toute quantit&#233;. Il est n&#233;cessaire de prendre toute la mesure de la quantit&#233; qui appara&#238;t dans toute formulation de la physique quantique&#160;: si la r&#233;alit&#233; est quantifiable dans une certaine mesure, c'est qu'elle doit &#234;tre multiple. Ce qui nous refuse alors une connaissance de fait concernant la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, c'est que nous ne pouvons quantifier l'infinit&#233; qu'elle contient&#160;; au contraire la finitude qui nous est accessible est celle de notre perception particuli&#232;re, et c'est donc elle qui d&#233;finie la r&#233;alit&#233; empirique. C'est pourquoi toute entit&#233; d&#233;gag&#233;e empiriquement ne pourra jamais pr&#233;tendre &#224; un statut ontologique. Les champs quantiques, bien qu'encore plus &#233;loign&#233;s du r&#233;gime des corps, constituent pourtant eux aussi des agr&#233;gats mais des agr&#233;gats de points d'information, cela ne leur suppose donc aucune corpor&#233;it&#233;. En consid&#233;rant sa remarquable efficacit&#233; pr&#233;dictive et descriptive concernant de tr&#232;s petites portions de la r&#233;alit&#233;, la th&#233;orie quantique des champs constitue, selon la d&#233;finition que nous en avons donn&#233;e dans le cadre de notre th&#233;orie de l'information, une perception particuli&#232;rement distincte. Cela peut &#233;galement se constater dans la structure math&#233;matique du formalisme quantique, celle-ci permet de couvrir une &#233;tendue in&#233;dite de ph&#233;nom&#232;ne gr&#226;ce &#224; un nombre assez limit&#233; d'outils, quoiqu'ils soient chacun d'une grande complexit&#233;. Il faudrait cependant qu'une th&#233;orie fixe une infinit&#233; de variables &#224; l'infinit&#233; des points du r&#233;el si elle souhaitait atteindre une perception parfaitement distincte et d&#233;crire la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. 3.4. Le monde macroscopique 3.4.1. La ph&#233;nom&#233;nalit&#233; du macroscopique Le statut du corps mat&#233;riel La d&#233;coh&#233;rence est le principe de la physique quantique qui est couramment utilis&#233; pour expliquer que nous observions des corps macroscopiques bien d&#233;termin&#233;s et localis&#233;s malgr&#233; le fait qu'ils soient compos&#233;s d'entit&#233;s quantiques ne pr&#233;sentant pas ces caract&#233;ristiques. Elle conna&#238;t sur ce point un bien plus large consensus que sur celui de savoir si elle r&#233;sout le probl&#232;me de la mesure. Except&#233;s les plus fervents partisans des th&#233;ories &#224; variables cach&#233;es, l'ensemble de la communaut&#233; des physiciens s'accorde en g&#233;n&#233;ral pour consid&#233;rer la m&#233;canique quantique comme la description de la r&#233;alit&#233; &#224; la fois la plus pr&#233;cise et la plus fondamentale fournie par la science. La d&#233;coh&#233;rence permet alors, selon ce point de vu, d'expliquer les apparences corpusculaires que rev&#234;t le monde macroscopique. Notamment elle montre comment un syst&#232;me d'un tr&#232;s grand nombre de particules enchev&#234;tr&#233;es, comme un corps de la m&#233;canique classique, conna&#238;t des &#233;tats de superposition tr&#232;s r&#233;duits et peut donc en g&#233;n&#233;ral &#234;tre assez bien localis&#233; pour nous donner l'illusion de l'&#234;tre parfaitement. Comprise ainsi de mani&#232;re tr&#232;s conventionnelle, les relations de la physique quantique avec le monde macroscopique montre une forte analogie avec l'id&#233;e leibnizienne de la ph&#233;nom&#233;nalit&#233; des corps mat&#233;riels. Comme nous l'avons vu, le probl&#232;me de la mesure n'en est pas pour autant rigoureusement r&#233;solu. Si on s'en tient &#224; la d&#233;coh&#233;rence seule, quoique les &#233;tats de superposition tendent &#224; dispara&#238;tre pour les grands syst&#232;mes, ils ne disparaissent pas vraiment et un corps mat&#233;riel n'est donc jamais correctement localis&#233; au sens strict. Une solution conventionnelle fait intervenir le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes pour expliquer qu'un syst&#232;me macroscopique se d&#233;termine en une position bien pr&#233;cise. Nous avons d&#233;j&#224; vu les limites et les probl&#232;mes de ces deux options pour ne pas nous en contenter. La consid&#233;ration des r&#233;alit&#233;s ind&#233;pendantes et empiriques peut cependant nous aider &#233;claircir ce point. Si nous limitons le champ d'application du concept d'espace &#224; la stricte r&#233;alit&#233; empirique, rechercher une localisation pr&#233;cise pour un corps dans la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante perd alors tout son sens. Il est vrai que, par sa formulation m&#234;me, le probl&#232;me de la mesure ne se pose que dans la r&#233;alit&#233; empirique. Si on se limite &#224; celle-ci, consid&#233;rer qu'un corps a l'apparence d'une localisation est &#233;quivalent &#224; affirmer qu'il en a une pr&#233;cise. Nous pouvons aussi bien nous contenter de l'absence apparente de superposition quantique que nous sugg&#232;re la d&#233;coh&#233;rence, que faire intervenir la conscience de l'observateur pour r&#233;duire le paquet d'ondes en une localisation pr&#233;cise. Dans les deux cas la pr&#233;sence localis&#233;e d'un corps macroscopique reste purement ph&#233;nom&#233;nale. En termes leibniziens les corps mat&#233;riels sont ph&#233;nom&#233;naux car ils doivent leur r&#233;alit&#233; &#224; celui qui les observe. C'est dans les perceptions particuli&#232;res d'une monade que des perceptions confuses correspondant &#224; des corps mat&#233;riels peuvent &#234;tre trouv&#233;es&#160;; autrement dit ceux-ci n'appartiennent l&#224; encore qu'&#224; la r&#233;alit&#233; empirique. La d&#233;coh&#233;rence explique alors la confusion qui tend &#224; s'emparer de toute perception d'un grand nombre d'entit&#233;s quantiques. Cela rejoint parfaitement le principe leibnizien qui veut que toute perception g&#233;n&#233;rale ne soit que la r&#233;union confuse de nombreuses perceptions plus distinctes envelopp&#233;es. L'exemple que prend Leibniz couramment est celui du son de la mer qui r&#233;unit confus&#233;ment les bruits de toutes vagues et de toutes gouttes d'eau qu'elle contient. Nous pouvons alors proposer un autre exemple fond&#233; sur la d&#233;coh&#233;rence&#160;: la perception d'un corps mat&#233;riel r&#233;unit confus&#233;ment les perceptions particuli&#232;res et plus distinctes de toutes les particules qui le composent. Le principe de r&#233;duction du paquet d'ondes ne pose pas davantage de probl&#232;me car, si l'infini est ontologiquement partout concernant la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, ce doit &#234;tre la finitude de l'observateur qui, d&#233;terminant la r&#233;alit&#233; empirique, fixe des donn&#233;es finies concernant les syst&#232;mes physiques. Mais cette finitude, qui seule autorise, comme nous l'avons vu, une quantification humaine, n'appartient qu'&#224; la r&#233;alit&#233; empirique telle qu'elle est cr&#233;&#233;e par notre particularit&#233;. Une hypoth&#233;tique vision parfaitement distincte de la r&#233;alit&#233;, parce que sans borne, ne pourrait, au cours d'une tentative toute aussi hypoth&#233;tique de description de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, obtenir que des quantit&#233;s infinies. Joindre le syst&#232;me de Leibniz avec les conclusions de la physique quantique permet donc de construire une ph&#233;nom&#233;nalit&#233; des corps mat&#233;riels qui s'articule autour de la dualit&#233; entre r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante et r&#233;alit&#233; empirique et o&#249; les processus de mesure ne posent alors plus probl&#232;me. Force, &#233;nergie et mouvement La dynamique leibnizienne, comme la physique classique, n'admet pas uniquement des corps mat&#233;riels pour d&#233;crire le monde macroscopique, Leibniz y ajoute la force et l'&#233;lectrodynamique l'&#233;nergie. Ces deux notions sont sensiblement similaires, si ce n'est que Leibniz ne connaissait pas l'&#233;nergie mol&#233;culaire. Si on corrige ce point, son principe de conservation de la force est identique &#224; celui de conservation de l'&#233;nergie. L'abandon de la conservation du mouvement pour l'adoption de celle de l'&#233;nergie justifie amplement le passage d'une m&#233;canique de type cart&#233;sienne &#224; la dynamique leibnizienne. Dans la th&#233;orie de la substance de Leibniz, ces forces qui parcourent les corps n'ont gu&#232;re plus de r&#233;alit&#233; que la mati&#232;re. Si on peut estimer que la force qui habite toute mati&#232;re donne des indices concernant la spontan&#233;it&#233; dont cette derni&#232;re doit fondamentalement faire preuve, rigoureusement il n'y a pas transfert de la moindre &#233;nergie entre les substances. Il s'agit l&#224; encore d'une perception confuse du commerce purement informationnel qu'elles connaissent r&#233;ellement. La similitude avec la physique quantique est alors beaucoup plus limit&#233;e car celle-ci remet bien moins explicitement en question la r&#233;alit&#233; de l'&#233;nergie. Cependant, nous pouvons remarquer que l'&#233;nergie &#233;lectrodynamique est associ&#233;e aux bosons que sont les photons, ce qui permet d'expliquer le comportement des champs magn&#233;tiques macroscopiques par des transferts de bosons &#224; l'&#233;chelle quantique. Mais comme tous les bosons, les photons sont des particules comme les autres et leur r&#233;alit&#233; est rendue tout aussi ambigu&#235; que les particules associ&#233;es aux ph&#233;nom&#232;nes corpusculaires qui sont les quarks et les leptons. Les champs quantiques peuvent de nouveau &#234;tre vus comme bien plus fondamentaux que toute particule, et appuyer par l&#224; m&#234;me la ph&#233;nom&#233;nalit&#233; de l'&#233;nergie. Le mouvement que connaissent les entit&#233;s macroscopiques, en &#233;tant une cons&#233;quence directe de transferts d'&#233;nergie, peut &#234;tre dit tout aussi ph&#233;nom&#233;nal. Qui plus est, l&#224; o&#249; une m&#233;canique cart&#233;sienne/newtonienne substantifie l'espace et donne donc &#233;galement un statut ontologique au mouvement, nous avons vu que le syst&#232;me leibnizien s'accorde avec l'abandon d'un paradigme spatial que sugg&#232;re la physique quantique pour la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. La th&#233;orie quantique et la th&#233;orie de la substance tendent tout deux &#224; faire du temps et de l'espace des apparences concernant seulement le monde macroscopique. Cela signifie que le mouvement, qui ne peut s'inscrire que dans un cadre spatiotemporel, ne peut concerner que la r&#233;alit&#233; empirique. 3.4.2. Dynamique et m&#233;canique quantique L'efficacit&#233; de la physique classique Si le syst&#232;me de Leibniz rel&#232;gue les corps mat&#233;riels et leur commerce au rang de ph&#233;nom&#232;nes, il leur attribue tout de m&#234;me une efficacit&#233; ind&#233;niable. La description m&#233;taphysique et ontologique du monde ne peut se faire en terme m&#233;caniste, ni ses objets ni son fonctionnement ne correspondent &#224; rien de physique. Mais, pour ce qui est de la compr&#233;hension des objets qui nous entourent et que nous percevons &#224; notre &#233;chelle, la m&#233;canique est le moyen le plus efficace de compr&#233;hension des &#233;v&#232;nements. Et cette compr&#233;hension a un sens pratique de sorte que l'on peut l&#233;gitimement penser que Leibniz devait d&#233;j&#224; avoir &#224; l'esprit une dualit&#233; du type r&#233;alisme et positivisme. Bien qu'&#224; la diff&#233;rence de nombreux physiciens de notre temps il laisse les questions ontologiques &#224; la m&#233;taphysique, c'est bien la physique et l'empirisme qui seuls peuvent assurer la bonne marche de la science dans une optique positiviste. Autrement dit, le r&#233;alisme est m&#233;taphysique et concerne la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, tandis que le positivisme traite des ph&#233;nom&#232;nes et porte sur la r&#233;alit&#233; empirique. Le cloisonnement qui s&#233;pare ces deux types de r&#233;alit&#233; et qui nous voile le r&#233;el fondamental, explique que le positivisme arrive toujours plus facilement &#224; ses fins que le r&#233;alisme. Si Leibniz reprend donc une m&#233;canique de type cart&#233;sienne, il la modifie pour en faire une dynamique. Nous avons d&#233;j&#224; remarqu&#233; les erreurs que pr&#233;sente le mod&#232;le leibnizien par rapport &#224; son concurrent newtonien, mais aussi qu'elles ne remettent pas fondamentalement en cause ses grands principes. Ainsi Leibniz a-t-il vu juste en distinguant la force du mouvement. Cela permet de mettre en accord, peut-&#234;tre pas les lois qu'il &#233;non&#231;a pr&#233;cis&#233;ment, mais les principes de la dynamique de Leibniz avec ceux de la physique classique arriv&#233;e &#224; maturit&#233;. Celle-ci traite comme des ph&#233;nom&#232;nes h&#233;t&#233;rog&#232;nes les objets de type corpusculaire et les entit&#233;s de type ondulatoire. Ces deux genres de ph&#233;nom&#232;nes correspondent assez bien, moyennant quelques ajustements qu'il n'y a pas lieu de trait&#233; ici, &#224; la distinction que fait Leibniz entre les corps et la force qu'ils se communiquent. Le fonctionnement des corps et celui des ondes font chacun l'objet d'une th&#233;orie physique diff&#233;rente, et cette s&#233;paration fait &#233;galement preuve d'une grande efficacit&#233;, bien que la physique quantique r&#233;unisse ph&#233;nom&#232;nes corpusculaires et ph&#233;nom&#232;nes ondulatoires dans un formalisme qui d&#233;crit par les m&#234;mes principes le comportement de toutes les entit&#233;s microscopiques. D&#233;s le commencement de l'exp&#233;rience quantique et la cr&#233;ation de ses premiers outils, les p&#232;res fondateurs entreprirent avec succ&#232;s de refonder les lois de la physique classique sur la base de ces nouveaux acquis (c'est &#224; cette occasion que la th&#233;orie quantique re&#231;ut la d&#233;nomination de&lt;/code&gt;'m&#233;canique''). Cependant, encore aujourd'hui, ce sont les &#233;quations de Newton, concernant la m&#233;canique, et celles de Maxwell, pour l'&#233;lectrodynamique, que l'on utilise encore pour pr&#233;dire le comportement des entit&#233;s macroscopiques correspondantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut donc remarquer que l'efficacit&#233; qu'accorde Leibniz &#224; une physique classique est similaire &#224; celle que la science moderne lui conserve &#233;galement. Lorsque Leibniz sugg&#233;ra que la r&#233;alit&#233; fondamentale ne devait pas ob&#233;ir au type de fonctionnements que la physique d&#233;crit, la r&#233;forme qu'il proposa n'alla pas jusqu'&#224; la remise en cause totale de celle-ci. De la m&#234;me mani&#232;re les d&#233;concertantes d&#233;couvertes de la naissante physique quantique ne pouvait pas rendre caduque l'efficacit&#233; pr&#233;dictive des th&#233;ories physiques classiques. Dans les deux cas, seule les conclusions ontologiques qui pouvaient &#234;tre traditionnellement tir&#233;es de ces th&#233;ories furent mises en &#233;chec.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un fonctionnement h&#233;t&#233;rog&#232;ne &#224; l'&#233;chelle microscopique &lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre point sur lequel s'accordent le syst&#232;me leibnizien et la physique quantique est directement li&#233; &#224; l'efficacit&#233; strictement ph&#233;nom&#233;nale dont fait preuve la physique classique. Il s'agit du fait qu'&#224; une &#233;chelle inf&#233;rieure au macroscopique, des r&#232;gles tr&#232;s diff&#233;rentes de la m&#233;canique et de l'&#233;lectrodynamique doivent &#234;tre construites pour expliquer le fonctionnement de la r&#233;alit&#233;. Pourtant, ce sont par des voies radicalement diff&#233;rentes que la th&#233;orie de la substance et la th&#233;orie quantique en viennent &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un tel fonctionnement h&#233;t&#233;rog&#232;ne pour rendre compte des d&#233;tails de la mati&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est par des consid&#233;rations m&#233;taphysiques que nous avons pr&#233;c&#233;demment trait&#233;es que Leibniz en vient &#224; la conclusion que les substances simples qui constituent la r&#233;alit&#233; fondamentale ne peuvent ob&#233;ir &#224; des principes physiques. La logique doit faire d&#233;duire l'indivisibilit&#233; et l'in&#233;tendue de ces substances et aucun commerce ne peut alors &#234;tre pens&#233; entre eux dans un paradigme m&#233;caniste. Le cogito nous fournit la seule v&#233;ritable exp&#233;rience d'une substance ontologiquement constitu&#233;e et il faut d&#233;s lors imaginer toute substance &#224; son image. De plus, une &#226;me a le m&#233;rite de conna&#238;tre changement et multiplicit&#233; sans &#234;tre &#233;tendue ni divisible. La th&#233;orie de la communication entre les substances que Leibniz construit alors est radicalement diff&#233;rente d'une m&#233;canique ou d'une physique mais permet tout de m&#234;me de rendre compte des apparences corpusculaires que nous connaissons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cheminement de la physique quantique est radicalement diff&#233;rent car il est essentiellement empirique. Les sch&#232;mes de pens&#233;e corpusculaires qui impr&#233;gnait l'essentiel de la communaut&#233; des physiciens trouv&#232;rent leurs limites lors de la construction m&#234;me du formalisme quantique. Des grilles de lecture issues de la physique classique furent d'embl&#233;e appliqu&#233;es aux ph&#233;nom&#232;nes microscopiques qui se pr&#233;sent&#232;rent aux scientifiques, mais leur &#233;chec ne fit que mettre mieux en &#233;vidence l'originalit&#233; qui caract&#233;rise cette nouvelle classe de ph&#233;nom&#232;nes. Si de nombreux physiciens font encore preuve d'une certaine r&#233;ticence en tentant, notamment par des th&#233;ories &#224; variables suppl&#233;mentaires, de maintenir des notions classiques pour d&#233;crire les entit&#233;s quantiques, le point de vu orthodoxe tire comme conclusion des particularit&#233;s de la th&#233;orie quantique que les principes de la physique classique doivent &#234;tre remplac&#233;s par des notions originales et propres &#224; la microphysique, pour garantir sa coh&#233;rence interne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me de Leibniz et la physique quantique s'accordent donc bien pour limiter le champ d'application des concepts de la physique classique au monde macroscopique. Ils n'aboutissent pourtant pas &#224; cette conclusion de la m&#234;me mani&#232;re. Leibniz d&#233;duit cela de la logique et de l'exp&#233;rience m&#233;taphysique de notre conscience, tandis que la physique quantique la d&#233;duit bien malgr&#233; elle de l'analyse de ses objets exp&#233;rimentaux. L'analogie entre leurs conclusions s'arr&#234;te pourtant l&#224; car si la th&#233;orie de la substance &#233;jecte toutes les notions physiques pour les placer tout enti&#232;res dans le ph&#233;nom&#233;nal, la th&#233;orie quantique revendique encore le statut de physique car elle maintient toujours un certain dualisme de type cart&#233;sien. En effet le but de la physique quantique demeure, en g&#233;n&#233;ral et m&#234;me chez les physiciens d'ob&#233;dience positiviste, l'&#233;tude d'une r&#233;alit&#233; diff&#233;rente de notre exp&#233;rience psychique interne. L'abandon du concept de corps mat&#233;riel doit modifier le dualisme cart&#233;sien esprit/mati&#232;re en esprit/quelque chose, mais le principe de base reste maintenu, il s'agit d'&#233;tudier une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure. Les difficult&#233;s que pr&#233;sente le probl&#232;me de la mesure aux physiciens t&#233;moignent d'ailleurs bien de leur d&#233;sire d'exclure tout r&#233;f&#233;rence spirituelle de la science. De plus, rappelons que si Leibniz recherche directement les existences fondamentales en tentant de d&#233;passer notre exp&#233;rience particuli&#232;re par la consid&#233;ration des v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, la physique quantique poursuit une entreprise empirique dont on peut penser qu'elle ne peut logiquement pas atteindre ces existences. Pourtant, comme il sied &#224; la rigueur leibnizienne, nous pouvons juger que les d&#233;couvertes empiriques de la th&#233;orie quantique tendent &#224; valider l'abandon des notions de physique classique qu'op&#232;re la th&#233;orie leibnizienne de la substance ; alors qu'elles contredisent le type de g&#233;n&#233;ralisation ontologique qu'en fait Descartes.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.4.3. Le passage au macroscopique&lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde quantique comme interm&#233;diaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Les substances compos&#233;es tirant leur r&#233;alit&#233; de celui qui les observe, il peut &#234;tre admis qu'une telle substance soit d&#233;finie comme un corps &#224; une &#233;chelle, compos&#233;e d'agr&#233;gats non corpusculaires &#224; une autre et en derni&#232;re analyse &#234;tre constitu&#233;e d'une infinit&#233; de substances simples. A ce titre il est envisageable de consid&#233;rer la physique quantique comme portant, non pas sur le monde des corps ni sur celui des &#226;mes, mais sur un niveau interm&#233;diaire de r&#233;alit&#233;. La r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante correspond au niveau de r&#233;alit&#233; des substances simples ; et les objets du monde quantique, parce qu'ils sont malgr&#233; tout des agr&#233;gats, appartiennent &#224; la r&#233;alit&#233; empirique au m&#234;me titre que les corps macroscopiques. On peut cependant consid&#233;rer que la r&#233;alit&#233; empirique &#224; l'&#233;chelle quantique nous donne davantage d'indices structurels concernant la r&#233;alit&#233; fondamentale que le monde des corps macroscopiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi ces indices on trouve l'abandon du concept de corps mat&#233;riel. Si celui-ci peut encore &#234;tre utilis&#233; pour le monde quantique avec un tr&#232;s lourd co&#251;t &#233;pist&#233;mologique, il ne rev&#234;t plus la m&#234;me &#233;vidence qu'en ce qui concerne l'exp&#233;rience quotidienne &#224; l'&#233;chelle humaine. Introduire des entit&#233;s plus fondamentales est une concession in&#233;vitable que doit faire toute reformulation de la th&#233;orie quantique maintenant des particules mat&#233;rielles bien constitu&#233;es. Quelque soit la mani&#232;re dont on puisse tourner le formalisme quantique, il semble que celui-ci sugg&#232;re in&#233;vitablement qu'&#224; une &#233;ventuelle &#233;chelle inf&#233;rieure le concept de corps mat&#233;riel devrait &#234;tre rendu compl&#232;tement caduque. Il s'agit alors d'une cons&#233;quence qui rejoint bien ce qu'une th&#233;orie de la substance comme celle de Leibniz peut &#233;tablir concernant la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, &#224; savoir l'absence de donn&#233;es corpusculaires et mat&#233;rielles en ce qui la concerne. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'espace tridimensionnel classique du monde des corps doit &#233;galement &#234;tre abandonn&#233; pour le monde quantique, au profit d'un espace abstrait multidimensionnel. Cela peut &#234;tre vu comme un indice de l'abandon radical du paradigme spatial que l'on peut envisager pour la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. Nous avons vu que d'Espagnat tient cela pour une conclusion, certes sp&#233;culative mais fort convaincante, que l'on peut directement tirer du formalisme quantique. C'est &#233;galement, comme nous avons tent&#233; de le d&#233;gager, une cons&#233;quence logique de la th&#233;orie leibnizienne de la substance. M&#234;me un espace multidimensionnel ne peut &#234;tre admis concernant la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante car l'espace de Hilbert, qui sert de cadre &#224; la description d'un syst&#232;me microscopique, poss&#232;de un nombre de dimensions &#233;gal &#224; celui des observables que l'on choisit de consid&#233;rer. Ainsi l'espace de Hilbert ne peut satisfaire &#224; une objectivit&#233; forte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que les particules de la physique quantique ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme fondamentales et que ce sont certaines d'entres elles qui correspondent aux ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques, la physique quantique semble &#233;galement nous indiquer l'abandon d'un paradigme &#233;nerg&#233;tique pour la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante. De m&#234;me le mouvement ne semble porter que sur la r&#233;alit&#233; empirique car, en ce qui concerne le monde quantique, il est en g&#233;n&#233;ral impossible de trouver une v&#233;ritable trajectoire pour une particule. Aussi, l'abandon de l'espace signifie in&#233;vitablement celui du mouvement, et cela peut &#234;tre vu comme un bon indice de l'&#233;chec total de tout mod&#232;le m&#233;caniste en ce qui concerne les substances simples. &lt;br class='autobr' /&gt;
En constituant une perception plus distincte et donc plus parfaite, la th&#233;orie quantique peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme plus proche du r&#233;el que la physique classique ou le sens commun. En toute rigueur elle ne nous fournit pourtant pas de connaissances sur la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, et cela rejoint la vision que d'Espagnat a du formalisme quantique comme une description appropri&#233;e de la r&#233;alit&#233; empirique. De m&#234;me, certains des principes de la physique quantique, comme le maintien de certaines notions corpusculaires, d'une conception encore trop m&#233;caniste de l'action et d'un paradigme g&#233;om&#233;trique, restent inappropri&#233;s pour d&#233;crire les substances simples et rel&#232;vent donc d'une certaine confusion et imperfection. D'une mani&#232;re analogue &#224; la hi&#233;rarchie des &#234;tres de Leibniz, on peut &#233;chelonner les diff&#233;rentes perceptions dont est capable une monade selon leurs degr&#233;s de distinction. Une perception infiniment distincte correspond &#224; une connaissance parfaite des substances individuelles et de leur contenu, et elle est uniquement accessible &#224; un &#234;tre infiniment parfait. Le niveau de distinction apport&#233; par la physique quantique est alors situ&#233; entre cette perception infiniment parfaite et le niveau usuel de confusion qui est celui de l'existence humaine en g&#233;n&#233;ral et de sa conception physicaliste classique. Il demeure que la perfection dont est susceptible le point de vu de la physique quantique reste infiniment &#233;loign&#233; de la perception la plus distincte qui soit. A partir de cette &#233;chelonnement, nous pouvons donc imaginer une infinit&#233; de points de vu interm&#233;diaires plus distincts que la th&#233;orie quantique. On peut supposer autant d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; entre ces points de vu, que nous en avons constater entre la microphysique et le sens commun. Autrement dit il est tout a fait envisageable que la science, en explorant plus profond&#233;ment encore les d&#233;tails de la r&#233;alit&#233;, construise des th&#233;ories tr&#232;s diff&#233;rentes de la physique quantique, encore plus &#233;loign&#233;es de notre exp&#233;rience du macroscopique et fournissant davantage d'indices&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Physique et m&#233;taphysique&lt;br class='autobr' /&gt;
Traiter ainsi la physique quantique comme portant sur un niveau de r&#233;alit&#233; interm&#233;diaire entre le monde des corps et celui des &#226;mes nous am&#232;ne &#224; poser la question des rapports de la m&#233;taphysique et de la physique. Leibniz attribue leurs r&#244;les de mani&#232;re assez simple et sch&#233;matique, la consid&#233;ration des simples revient &#224; la m&#233;taphysique tandis que celle des compos&#233;s est laiss&#233;e &#224; une physique pure. Cependant, dans l'&#233;chelonnement des perceptions que nous venons de proposer, une connaissance de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, et donc des substances simples qui la peuplent, a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme accessible uniquement &#224; un esprit infiniment parfait. Se pose alors la question du statut de la th&#233;orie de la substance de Leibniz comme celui de la th&#233;orie de l'information que nous avons propos&#233;e. La diff&#233;rence qui s&#233;pare la connaissance m&#233;taphysique que Leibniz nous juge accessible et une perception infiniment distincte de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante est celle qui existe entre une th&#233;orie qui d&#233;finie les propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;rales des monades et de leur interaction et une parfaite connaissance du contenu de toutes ces monades. On retrouve donc ici la distinction qui s&#233;pare les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires des v&#233;rit&#233;s de fait. Et cette diff&#233;rence est v&#233;ritablement qualitative car les premi&#232;res se fondent express&#233;ment sur le principe de contradiction tandis que les secondes demande le principe de raison suffisante. Les connaissances qui correspondent &#224; une th&#233;orie de la substance sont du type de celles accessibles en logique et en math&#233;matiques ; elles sont d&#233;riv&#233;es, non pas des perceptions irr&#233;m&#233;diablement confuses que nous avons des autres substances, mais de la connaissance de nous m&#234;me, en cela que nous sommes une &#226;me et qu'il est par cons&#233;quent possible de d&#233;river les propri&#233;t&#233;s de la monade de cette connaissance. Au contraire, pour atteindre une parfaite connaissance de fait de toutes les substances, il faudrait &#234;tre un sujet qui n'est que des perceptions distinctes de toute chose, ce que nous ne sommes pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres termes, la th&#233;orie de la substance n'est pas &#224; une position pr&#233;cise de cette &#233;chelle des perceptions, comme toutes les v&#233;rit&#233;s logiques et math&#233;matiques, les propri&#233;t&#233;s de l'&#226;me sont d&#233;riv&#233;es de la structure nos perceptions, aussi confuses soient-elles. Bien que Leibniz ne juge les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires accessibles qu'aux seules monades ayant le niveau de distinction humain, comme nous le montre les M&#233;ditations m&#233;taphysiques de Descartes, m&#234;me d'une perception compl&#232;tement illusoire et erron&#233;e de la r&#233;alit&#233;, je peux d&#233;duire la v&#233;rit&#233; &#233;ternelle qu'est l'unit&#233; de mon &#226;me. Et Leibniz estime toutes les propri&#233;t&#233;s de l'&#226;me d&#233;ductibles de cette mani&#232;re. Une th&#233;orie de la substance m&#233;rite alors bien le terme de m&#233;taphysique car, except&#233; la mienne, ce n'est pas sur les existences qu'elle porte mais, comme toutes les v&#233;rit&#233;s n&#233;cessaires, sur les possibles. Au contraire les sciences physiques, &#224; l'instar de la physique quantique, recherchent des v&#233;rit&#233;s de fait et portent donc sur les existences. A ce compte la physique doit composer avec les perceptions, empruntes in&#233;vitablement d'un certain degr&#233; de confusion, que nous pouvons avoir des autres substances. C'est sur ce point que peut s'observer une progression, suscit&#233;e par l'app&#233;tition dont fait preuve toute monade, vers une perception plus distincte, suivant la hi&#233;rarchie pr&#233;c&#233;demment d&#233;finie. La physique quantique constitue alors une connaissance de fait qui poss&#232;de un certain degr&#233; de distinction &#224; une certaine &#233;chelle, mais, en derni&#232;re instance, porte de mani&#232;re infiniment confuse sur les substances simples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Accessoirement cela nous am&#232;ne &#224; nuancer une antinomie classique et particuli&#232;rement r&#233;pandue parmi les scientifiques, celle de l'empirique et du m&#233;taphysique. Elle semble pourtant justifi&#233;e par le fait que la m&#233;taphysique, dans le syst&#232;me de Leibniz, en &#233;tudiant la structure du possible, s'oppose &#224; une m&#233;thode empirique consistant &#224; ne prendre en consid&#233;ration que les seules existences. Cependant un tel raisonnement fait abstraction de l'existence que prend en consid&#233;ration le m&#233;taphysicien, &#224; savoir sa propre conscience r&#233;flexive. L'exp&#233;rience psychique personnelle, parce que si&#232;ge de la subjectivit&#233;, est &#233;ject&#233;e de la plupart des discours scientifiques ; m&#234;me une th&#233;orie &#224; objectivit&#233; faible se doit d'&#233;viter un tel particularisme et rechercher ce qui est commun &#224; toute subjectivit&#233;. Mais il s'agit tout de m&#234;me d'une exp&#233;rience r&#233;elle et, comme Descartes l'a montr&#233;, il s'agit de la plus irr&#233;futable de toute. Notre propos n'est pas de rendre accessible aux assertions m&#233;taphysiques le type de preuves empiriques dont est capable la physique ; parce que ne portant pas sur des existences ext&#233;rieures, cette possibilit&#233; leur est ferm&#233;e. De plus, la physique ne pourra jamais atteindre empiriquement l'objet du m&#233;taphysicien, &#224; savoir la substance simple. Il s'agit plut&#244;t de montrer que la m&#233;taphysique ne porte pas sur de la pure virtualit&#233; et qu'elle ne doit pas &#234;tre &#233;ject&#233;e a priori de toute entreprise de compr&#233;hension rationnelle du monde. Seule notre exp&#233;rience psychique personnelle peut nous faire conna&#238;tre la perception et l'app&#233;tition, qui sont des notions essentielles pour le syst&#232;me de Leibniz mais &#233;galement pour de nombreuses sciences empiriques comme la biologie ou la psychologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, bien qu'employant des modes diff&#233;rents et que l'imperfection intrins&#232;que de toute cr&#233;ature le masque souvent, c'est bien toujours la m&#234;me r&#233;alit&#233; qui est &#233;tudi&#233;e. Comme la m&#233;taphysique traite de ce que pense Dieu, c'est-&#224;-dire les possibles, et la physique de son choix, autrement dit les existences, si chacun se borne &#224; la place qui est la sienne, une fructueuse compl&#233;mentarit&#233; peut &#234;tre envisag&#233;e. La physique ne pouvant pas atteindre le degr&#233; de distinction n&#233;cessaire pour se prononcer sur les existences fondamentales, c'est &#224; la m&#233;taphysique de d&#233;finir ce qu'il est possible &#224; leur propos. Aussi, puisque statuant sur les seuls possibles, la m&#233;taphysique n'est pas en mesure de d&#233;terminer lesquels existent parmi ceux-l&#224; (except&#233; bien ma propre existence que je peux affirmer avec certitude), cela incombe &#224; la physique, quoiqu'elle ne puisse d&#233;terminer les existences que dans le strict cadre de la r&#233;alit&#233; empirique. Une fois les r&#244;les attribu&#233;s, la physique est alors en mesure de suppl&#233;er &#224; la m&#233;taphysique en lui fournissant d'&#233;ventuels contre-exemples, tandis que cette derni&#232;re est susceptible de fixer un cadre axiomatique &#224; la physique comme le font en g&#233;n&#233;ral la logique et les math&#233;matiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de l&#224; nous pouvons constater que la physique quantique, pas plus que la physique classique, ne fournit de donn&#233;es qui entrent en contradiction avec le syst&#232;me leibnizien. Pourtant, certains syst&#232;mes concurrents, comme les plus mat&#233;rialistes ou ceux qui substantifient l'espace, peuvent voir comme un contre-exemple la th&#233;orie quantique. D'un autre c&#244;t&#233; on peut remarquer que c'est lorsque ses partis pris ontologiques ne d&#233;passent pas ce que fixe un syst&#232;me m&#233;taphysique comme celui de Leibniz, que la physique quantique se montre la plus efficace. A ce sujet on peut prendre pour exemples les mod&#232;les &#224; variables suppl&#233;mentaires, qui peinent &#224; d&#233;crire le monde quantique en maintenant des notions d&#233;j&#224; expuls&#233;es par la th&#233;orie de la substance.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.5. Conclusion&lt;br class='autobr' /&gt;
Au terme de la pr&#233;sente mise &#224; l'&#233;preuve, le syst&#232;me leibnizien a su montrer son adaptabilit&#233;. En effet, de tous les &#233;l&#233;ments de la probl&#233;matique quantique, nous n'en avons pas trouv&#233; qui mette r&#233;ellement la m&#233;taphysique de Leibniz en difficult&#233;. De nombreuses pr&#233;cisions ont cependant &#233;t&#233; n&#233;cessaires et nous esp&#233;rons avoir &#233;t&#233; assez clair sur ces points. Les apports de la physique quantique n'auront pourtant pas &#233;t&#233; exempts d'enseignement car ils nous ont oblig&#233;s &#224; analyser avec une rigueur renouvel&#233;e la th&#233;orie leibnizienne de la substance. Des th&#232;mes, peu pr&#233;sents dans le syst&#232;me leibnizien pour des raisons contingentes, comme la r&#233;alit&#233; de l'espace-temps ou la possibilit&#233; d'agr&#233;gats non-corpusculaires, auront pu &#234;tre trait&#233;s plus &#224; fond gr&#226;ce aux questionnements suscit&#233;s par les particularit&#233;s de la th&#233;orie quantique. A cette occasion, pour satisfaire aux exigences d'une communaut&#233; scientifique tr&#232;s diff&#233;rente de celle des savants du dix-septi&#232;me si&#232;cle, nous avons pu modifier la th&#233;orie de la substance en une th&#233;orie de l'information qui ne pr&#233;sente pas plus de caract&#233;ristiques assimil&#233;es &#224; la m&#233;canique et qui se dispense un maximum des axiomes th&#233;ologiques de Leibniz.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de notre &#233;tude nous avons pu tracer une d&#233;marcation encore plus pr&#233;cise entre le monde des corps et celui des &#226;mes. Et c'est cette d&#233;limitation, parce qu'elle rejoint celle s&#233;parant la m&#233;taphysique de la physique, qui sauvegarde les conclusions ontologiques de Leibniz de n'importe quelle d&#233;couverte empirique. En limitant la m&#233;taphysique aux stricts possibles et en construisant sa th&#233;orie de la substance sur une m&#233;thode m&#233;taphysique et logique rigoureuse, Leibniz s'assure qu'il ne d&#233;borde pas sur la consid&#233;ration des existences et donc sur le champ d'&#233;tude de la physique. Si son syst&#232;me contient une dynamique qui est une description du monde des corps et des r&#232;gles qui le r&#233;gissent, except&#233; quelques consid&#233;rations structurelles d&#233;finissant un cadre de possibles, cette dynamique n'est pas d&#233;duite de la m&#233;taphysique mais d'observations empiriques. Leibniz attribue &#224; deux voies et &#224; deux m&#233;thodes distinctes l'observable et l'inobservable. Sont seulement observables les entit&#233;s physiques et strictement inobservables les &#226;mes, et il n'y a pas de risque que les corps virent dans l'inobservables, puisqu'ils sont exclusivement ph&#233;nom&#233;naux, ou que les &#226;mes deviennent directement des objets sensibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
La physique, si elle prend soin de respecter elle aussi un tel cloisonnement, peut s'assurer une efficacit&#233; exceptionnelle et &#233;viter des paradoxes et des difficult&#233;s comme celles que l'on peut attribuer &#224; la m&#233;canique quantique. En effet, comme toute les sciences naturelles, la physique quantique ne pr&#233;sente presque plus d'aspects probl&#233;matiques lorsqu'elle se borne &#224; une optique positiviste o&#249; on ne se soucie que de pr&#233;visions exp&#233;rimentales. Toutes les questions soulev&#233;es par la r&#233;volution quantique peuvent alors &#234;tre attribu&#233;es &#224; l'id&#233;e de la science, d'inspiration r&#233;aliste, qui pouvait impr&#233;gner le monde scientifique &#224; ce moment l&#224;. Seule la croyance dans le grand livre de l'univers que la science pourrait d&#233;coder a &#233;t&#233; remise en question par la physique quantique, pas l'efficacit&#233; scientifique en g&#233;n&#233;rale. Ce qui s'est r&#233;ellement retrouv&#233; en &#233;chec dans l'histoire de la physique moderne, et nous nous approchons significativement des conclusions de Bitbol &#224; ce sujet l&#224;, c'est le type de g&#233;n&#233;ralisations ontologiques que s'&#233;tait autoris&#233;e avant cela la physique &#224; partir de la nature de ses objets &#233;pist&#233;miques. C'est bien parce que Leibniz avait d&#233;j&#224; remis ces g&#233;n&#233;ralisations en cause que son syst&#232;me ne souffre gu&#232;re des d&#233;couvertes sur ce point l&#224; que l'on peut attribuer &#224; la physique quantique. Pour peu que l'on n'admette qu'un syst&#232;me m&#233;taphysique comme celui de Leibniz pour parler rigoureusement de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante, l'abandon d'un paradigme corpusculaire, m&#233;caniste et spatiotemporel ne pose pas le moindre probl&#232;me puisqu'il ne concernait que la r&#233;alit&#233; empirique. Mais cela ne d&#233;nigre pourtant pas la nouveaut&#233; de la th&#233;orie quantique car m&#234;me Leibniz ne pouvait soup&#231;onner que, par des voies empiriques, la science pourrait en venir &#224; abandonner un tel paradigme m&#234;me au sujet de la r&#233;alit&#233; empirique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvions nous en douter avant, et c'est ce qui a d'ailleurs motiv&#233; notre entreprise, la confrontation entre le syst&#232;me de Leibniz et la physique quantique n'a pas abouti &#224; l'abandon de l'un pour l'autre. Au contraire les deux en ressortent grandis, et nous avons donc pu &#224; cette occasion affiner notre compr&#233;hension du r&#233;el. Nous pouvons en effet nous estimer mieux arm&#233;s pour analyser le contenu de la physique quantique concernant la r&#233;alit&#233; empirique, ainsi que celui d'autres domaines scientifiques. De m&#234;me, le cadre de la connaissance structurelle et m&#233;taphysique, qui nous est accessible concernant la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante et que fixe d&#233;j&#224; le syst&#232;me leibnizien, a pu &#234;tre davantage perfectionn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Postface&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant que nous avons r&#233;uni un expos&#233; d&#233;taill&#233; du syst&#232;me leibnizien et de la probl&#233;matique quantique, ainsi qu'une confrontation construite des deux, nous estimons avoir confirmer l'utilit&#233; de notre &#233;tude. Nous avons d&#233;j&#224; affirm&#233; l'int&#233;r&#234;t que nous portons pour l'oeuvre de Leibniz d&#233;s le d&#233;but et son &#233;tude approfondie comme le succ&#232;s de sa mise &#224; l'&#233;preuve nous conforte grandement dans cette id&#233;e. Bien compris, le syst&#232;me leibnizien est d'une exceptionnelle intemporalit&#233;, il offre une description m&#233;taphysique du monde qui, pour peu que l'on d&#233;passe son langage comme les contraintes du logos humain en g&#233;n&#233;ral, reste difficilement r&#233;futable. Il n'est pas non plus question de le prouver car, comme toute connaissance m&#233;taphysique rigoureuse, elle est fond&#233;e sur la seule exp&#233;rience de notre &#226;me et celle-ci ne peut faire l'objet que d'une v&#233;rification empirique personnelle. La seule r&#233;serve que nous ne pouvons nous emp&#234;cher de faire, puisqu'elle s'applique &#224; toute entreprise syst&#233;mique sans exception, c'est que toute la m&#233;taphysique leibnizienne se fonde sur une foi &#233;vidente dans l'efficacit&#233; de la m&#233;thode logique et sur la certitude rationnelle qu'elle permet. Comme seule celle-ci permet d'apporter la preuve de quoique ce soit, il est hors de question de prouver que les principes logiques de Leibniz, ou n'importe quels autres, s'applique effectivement &#224; la r&#233;alit&#233; fondamentale. Sur ce point, il nous est juste donn&#233; de constater la remarquable efficacit&#233; dont fait preuve cette rationalit&#233; pour expliquer les ph&#233;nom&#232;nes, et encore plus pour les pr&#233;voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la lumi&#232;re de ce que nous avons apport&#233;, il est tr&#232;s int&#233;ressant de voir comment s'articule le syst&#232;me de Leibniz par rapport &#224; certaines antinomies classiques en philosophie et en science. La m&#233;taphysique leibnizienne n'admet que des &#226;mes comme constituantes fondamentales de la r&#233;alit&#233; et, &#224; ce titre, on peut consid&#233;rer le syst&#232;me leibnizien comme un id&#233;alisme assez proche de celui de Berkeley. Mais la dualit&#233; entre choses en soi et ph&#233;nom&#232;nes est non seulement pr&#233;sente chez Leibniz mais elle y est essentielle. Seule cette antinomie permet d'expliquer l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; qui s&#233;pare les conclusions m&#233;taphysiques de Leibniz au sujet des substances simples de notre exp&#233;rience coutumi&#232;re des compos&#233;s. Le syst&#232;me leibnizien pr&#233;sente donc certaines caract&#233;ristiques de l'id&#233;alisme, mais aussi des traits typiques du r&#233;alisme ; et cela correspond bien &#224; l'habitude leibnizienne de syst&#233;matiquement synth&#233;tiser toute opposition. Cela est rendu possible par le fait que Leibniz fait de la spiritualit&#233; une chose en soi et m&#234;me la seule chose en soi, les corps mat&#233;riels comme toute chose physique &#233;tant alors &#224; ranger dans les ph&#233;nom&#232;nes. A ce propos on peut donc l&#233;gitiment penser que Kant doit beaucoup &#224; Leibniz lorsqu'il place la consid&#233;ration de la chose en soi dans celle du sujet moral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est possible de remarquer que certaines parties du syst&#232;me de Leibniz, bien que trait&#233;es dans son expos&#233;, n'auront gu&#232;re &#233;t&#233;s utilis&#233;s dans le reste de notre &#233;tude. On est alors en droit de se demander si leur maintient &#233;tait bien n&#233;cessaire. A ce sujet, rappelons l'interd&#233;pendance dont font preuves les diff&#233;rentes parties de l'oeuvre de Leibniz et le fait que l'omission de l'une d'elle pourrait nuire &#224; la coh&#233;rence de tout le syst&#232;me. D'un autre c&#244;t&#233; nous n'avons utilis&#233;, pour notre mise &#224; l'&#233;preuve finale, que les &#233;l&#233;ments du syst&#232;me qui s'y pr&#234;t&#233;s, c'est-&#224;-dire ceux dont l'objet est assez proche de celui de la physique quantique pour qu'une comparaison soit possible. De plus, maintenir les &#233;l&#233;ments du syst&#232;me leibnizien qui n'ont pas servi dans sa confrontation avec la physique moderne permet au lecteur le plus exigent de v&#233;rifier que nous n'avons omis aucune des parties qui s'y pr&#234;taient dans cette mis &#224; l'&#233;preuve.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre th&#232;me de notre &#233;tude, la physique quantique, peut &#233;galement tirer de grands b&#233;n&#233;fices de l'analyse que nous en avons fournie car nous esp&#233;rons avoir mis en &#233;vidence ce que d'Espagnat affirme, &#224; savoir que toute entreprise rationnelle de compr&#233;hension du r&#233;el ne peut rigoureusement pas ignorer les apports de la th&#233;orie quantique sur ce sujet. Puisque, dans une optique leibnizienne, nous cherchons plus a d&#233;gager ce qui est vrai dans toute th&#233;orie que ce qui est faux, nous ne nous sommes pas attarder sur les th&#233;ories philosophiques qui sont mises grandement en difficult&#233; par la physique quantique. Il est pourtant assez &#233;vident, si l'on prend en compte les limitations au sujet des propri&#233;t&#233;s des deux types de r&#233;alit&#233; que l'on peut consid&#233;r&#233;es comme r&#233;sultant de la th&#233;orie quantique, que nombre de syst&#232;mes m&#233;taphysiques moins prudent que celui de Leibniz doivent &#234;tre mis en &#233;chec par la m&#233;canique quantique. Nous n'avons fait que l'&#233;voquer, mais cela est tr&#232;s significatif pour ce qui est de la substantialit&#233; de l'espace ou au sujet des th&#233;ories les plus mat&#233;rialistes. Il a &#233;t&#233; retenu ici un syst&#232;me m&#233;taphysique dont nous nous doutions a priori qu'il puisse survivre efficacement &#224; une confrontation avec la th&#233;orie quantique, ce choix &#233;tant motiv&#233; par l'objectif de fournir une conclusion un maximum positive et affirmative. R&#233;futer toute th&#233;orie m&#233;taphysique erron&#233;e est une entreprise qui ne peut que rester inachev&#233;e alors que montrer l'&#233;chec de certaines n'est de toute fa&#231;on pas tr&#232;s constructif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons avouer, et un lecteur attentif l'aura s&#251;rement d&#233;j&#224; remarqu&#233;, en lame de fond de la pr&#233;sente &#233;tude, c'est la sauvegarde et la l&#233;gitimit&#233; du discours m&#233;taphysique en g&#233;n&#233;ral qui nous pr&#233;occupe tout particuli&#232;rement. A cet &#233;gard le syst&#232;me leibnizien constitue un exemple d'une construction m&#233;taphysique qui garde sa pertinence et montre son utilit&#233; m&#234;me face &#224; des d&#233;couvertes scientifiques tr&#232;s originales et qui lui sont post&#233;rieures de plusieurs si&#232;cles. Un telle l&#233;gitimation a &#233;t&#233;, selon nous, rendue n&#233;cessaire par les bouleversements philosophiques qu'a connues la pens&#233;e rationnelle occidentale et qui ont eu tendance &#224; discr&#233;diter toute entreprise &#224; vis&#233;e m&#233;taphysique. On peut estimer que cet objectif a &#233;t&#233; atteint dans une certaine mesure gr&#226;ce aux points essentiels sur lesquels le syst&#232;me leibnizien rejoint la th&#233;orie quantique. Nous avons en effet pu constater que plusieurs conclusions de la physique quantique peuvent &#234;tre vues comme de bons indices de ce que Leibniz avait pu d&#233;duire m&#233;taphysiquement &#224; propos de la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me leibnizien ne portant pas exclusivement sur les existences fondamentales, mais aussi sur les compos&#233;s, nous ne pouvons consid&#233;rer la pr&#233;sente conciliation de ce syst&#232;me avec la physique quantique comme lui attribuant une totale validit&#233;. Pour &#234;tre exhaustif sur cette question il faudrait entreprendre d'autres mises &#224; l'&#233;preuve fond&#233;es sur d'autres domaines scientifiques dont les conclusions pr&#233;sentent quelques analogies avec le syst&#232;me leibnizien. Bien que nous laissions cela &#224; des &#233;tudes ult&#233;rieures, nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; &#233;voquer la biologie, et notamment le caract&#232;re tr&#232;s informationnel de la g&#233;n&#233;tique, et l'informatique, qui peut nous donner une d&#233;finition de l'intelligence assez proche de celle de Leibniz.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bibliographie&lt;br class='autobr' /&gt;
Leibniz, Discours de m&#233;taphysique et autres textes, Flammarion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leibniz, Syst&#232;me nouveau de la nature et de la communication des substances, Flammarion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leibniz, La monadologie, annot&#233;e par Emile Boutroux, Delagrave.&lt;br class='autobr' /&gt;
B. d'Espagnat, Le r&#233;el voil&#233;, Fayard.&lt;br class='autobr' /&gt;
E. Klein, La physique quantique, Flammarion.&lt;br class='autobr' /&gt;
I. Desit-Ricard, Une petite histoire de la physique, Ellipses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et divers documents &#233;lectroniques obtenus sur Internet :&lt;br class='autobr' /&gt;
F. Lalo&#235;, Connaissons-nous vraiment la m&#233;canique quantique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H. Zwirn, M&#233;canique quantique et connaissance du r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Bitbol, En quoi consiste la `R&#233;volution Quantique' ? Paru dans : Revue Internationale de Syst&#233;mique, 11, 215-239, 1997.&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Bitbol, Le corps mat&#233;riel et l'objet de la physique quantique. In : F. Monnoyeur (ed.), Qu'est-ce que la mati&#232;re ? Le livre de poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;h&#233;mie Mathieu&lt;br class='autobr' /&gt;
Master 1&lt;br class='autobr' /&gt;
Ann&#233;e universitaire 2005/2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ludwig Feuerbach - 1839 - Vers une critique de la philosophie de Hegel</title>
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		<dc:date>2024-11-25T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ludwig Feuerbach - 1839 - Vers une critique de la philosophie de Hegel &lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie sp&#233;culative allemande s'oppose directement &#224; l'ancienne sagesse salomonienne : alors que la seconde croit qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, la premi&#232;re ne voit rien qui ne soit nouveau sous le soleil ; tandis que l'homme oriental perd de vue les diff&#233;rences dans son souci de l'unit&#233;, l'homme occidental oublie l'unit&#233; dans son souci des diff&#233;rences ; tandis que l'homme oriental porte son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ludwig Feuerbach - 1839 - Vers une critique de la philosophie de Hegel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie sp&#233;culative allemande s'oppose directement &#224; l'ancienne sagesse salomonienne : alors que la seconde croit qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, la premi&#232;re ne voit rien qui ne soit nouveau sous le soleil ; tandis que l'homme oriental perd de vue les diff&#233;rences dans son souci de l'unit&#233;, l'homme occidental oublie l'unit&#233; dans son souci des diff&#233;rences ; tandis que l'homme oriental porte son indiff&#233;rence &#224; l'&#233;ternellement identique jusqu'&#224; une apathie imb&#233;cile, l'homme occidental exacerbe sa sensibilit&#233; pour le multiple &#224; la chaleur f&#233;brile de l' imaginatio luxurians. Par philosophie sp&#233;culative allemande, j'entends cette philosophie qui domine le pr&#233;sent, la philosophie de Hegel. En ce qui concerne la philosophie de Schelling, c'&#233;tait vraiment une croissance exotique - l'ancienne id&#233;e orientale de l'identit&#233; sur le sol germanique. Si le mouvement int&#233;rieur caract&#233;ristique de l'&#233;cole de Schelling est vers l'Orient, alors le trait distinctif de la philosophie et de l'&#233;cole h&#233;g&#233;liennes est leur mouvement vers l'Occident combin&#233; &#224; leur d&#233;valorisation de l'Orient. L'&#233;l&#233;ment caract&#233;ristique de la philosophie de Hegel par rapport &#224; l'orientalisme de la philosophie de l'identit&#233; est la diff&#233;rence. Malgr&#233; tout, la philosophie h&#233;g&#233;lienne de la nature ne va pas au-del&#224; des involutions des zoophytes et des mollusques auxquels, on le sait, appartiennent aussi les ac&#233;phales et les gast&#233;ropodes. Hegel nous a &#233;lev&#233;s &#224; un stade sup&#233;rieur, c'est-&#224;-dire &#224; la classe des articul&#233;s dont l'ordre le plus &#233;lev&#233; est constitu&#233; par les insectes. L'esprit de Hegel est logique, d&#233;termin&#233; et &#8211; je voudrais dire &#8211; entomologique ; en d'autres termes, l'esprit de Hegel est un esprit qui trouve sa demeure appropri&#233;e dans un corps aux nombreux membres saillants et aux profondes fissures et sections. Cet esprit se manifeste particuli&#232;rement dans sa vision et son traitement de l'histoire. Hegel ne d&#233;termine et ne pr&#233;sente que les diff&#233;rences les plus frappantes des diverses religions, philosophies, &#233;poques et peuples, et dans une s&#233;rie progressive d'&#233;tapes, mais il ignore tout ce qu'il y a de commun et d'identique en chacun d'eux. La forme de la conception et de la m&#233;thode de Hegel est celle du temps exclusif seul, pas celle de l'espace tol&#233;rant ; son syst&#232;me ne conna&#238;t que la subordination et la succession ; la coordination et la coexistence lui sont inconnues. &#202;tre s&#251;r, le dernier stade de d&#233;veloppement est toujours la totalit&#233; qui comprend en soi les autres stades, mais comme il est lui-m&#234;me une existence temporelle d&#233;finie et porte donc le caract&#232;re de particularit&#233;, il ne peut s'incorporer d'autres existences sans aspirer jusqu'&#224; la moelle de leurs formes ind&#233;pendantes. vies et sans les priver du sens qu'elles ne peuvent avoir qu'en toute libert&#233;. La m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne se vante de suivre le m&#234;me cours que la nature. C'est vrai qu'il imite la nature, mais la copie n'a pas la vie de l'original. Certes, la nature a fait de l'homme le ma&#238;tre des animaux, mais elle lui a donn&#233; non seulement des mains pour apprivoiser les animaux mais aussi des yeux et des oreilles pour les admirer. L'ind&#233;pendance de l'animal, que la main cruelle vole, lui est rendue par des oreilles et des yeux sympathiques. L'amour de l'art brise les cha&#238;nes que l'int&#233;r&#234;t du travail manuel met autour de l'animal. Le cheval qui est alourdi sous le derri&#232;re du mari&#233; est &#233;lev&#233; au rang d'objet d'art par le peintre, et la zibeline qui est tu&#233;e par le fourreur dans le but de transformer sa fourrure en un ornement momentan&#233; de la vanit&#233; humaine est pr&#233;serv&#233;e par la science naturelle afin qu'il peut &#234;tre &#233;tudi&#233; comme un organisme entier. La nature combine toujours la tendance monarchique du temps avec le lib&#233;ralisme de l'espace. Naturellement, la fleur annule la feuille, mais la plante serait-elle parfaite si la fleur ne reposait brillamment que sur une tige sans feuilles ? Certes, certaines plantes perdent leurs feuilles afin de mettre toute leur &#233;nergie &#224; produire la fleur, mais il existe d'autres plantes chez lesquelles la feuille appara&#238;t soit plus tard que la fleur, soit simultan&#233;ment avec elle, ce qui prouve que toute pr&#233;sentation de la totalit&#233; de la plante n&#233;cessite la feuille aussi bien que la fleur. Il est vrai que l'homme est la v&#233;rit&#233; de l'animal, mais la vie de la nature, la vie de l'homme elle-m&#234;me seraient-elles parfaites si les animaux n'existaient pas ind&#233;pendamment ? La relation de l'homme avec les animaux n'est-elle qu'un rapport despotique ? Les d&#233;laiss&#233;s et les rejet&#233;s ne trouvent-ils pas un substitut &#224; l'ingratitude, aux intrigues et &#224; l'infid&#233;lit&#233; de leurs semblables dans la fid&#233;lit&#233; de l'animal ? L'animal n'a-t-il pas un pouvoir qui console et gu&#233;rit son c&#339;ur bris&#233; ? N'est pas un bien, le sens rationnel fait-il aussi partie des cultes animaliers ? Ne pourrions-nous pas consid&#233;rer ces cultes comme ridicules parce que nous avons succomb&#233; &#224; une idol&#226;trie d'un autre genre ? L'animal ne parle-t-il pas au c&#339;ur de l'enfant dans les fables ? Un simple &#226;ne n'a-t-il pas une fois ouvert les yeux d'un proph&#232;te obstin&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tapes du d&#233;veloppement de la nature n'ont donc nullement qu'une signification historique. Ce sont bien des moments, mais des moments d'une totalit&#233; simultan&#233;e de la nature et non d'une totalit&#233; particuli&#232;re et individuelle qui ne serait elle-m&#234;me qu'un moment de l'univers, c'est-&#224;-dire de la totalit&#233; de la nature. Cependant, ce n'est pas le cas de la philosophie de Hegel dans laquelle seul le temps, et non l'espace, appartient &#224; la forme de l'intuition. Ici, la totalit&#233; ou le caract&#232;re absolu d'un ph&#233;nom&#232;ne ou d'une existence historique particulier est revendiqu&#233; comme pr&#233;dicat, r&#233;duisant ainsi les stades de d&#233;veloppement en tant qu'entit&#233;s ind&#233;pendantes uniquement &#224; une signification historique ; bien que vivants, ils continuent &#224; n'exister que comme des ombres ou des moments, comme des gouttes hom&#233;opathiques au niveau de l'absolu. De cette fa&#231;on, par exemple, le christianisme - et, bien s&#251;r, prise dans son d&#233;veloppement historico-dogmatique &#8211; est d&#233;termin&#233;e comme religion absolue. Dans l'int&#233;r&#234;t d'une telle d&#233;termination, cependant, seule la diff&#233;rence du christianisme avec les autres religions est accentu&#233;e, n&#233;gligeant ainsi tout ce qui est commun &#224; toutes ; c'est-&#224;-dire la nature de la religion qui, en tant que seule condition absolue, est &#224; la base de toutes les diff&#233;rentes religions. Il en est de m&#234;me de la philosophie. La philosophie h&#233;g&#233;lienne, je veux dire la philosophie de Hegel, c'est-&#224;-dire une philosophie qui est apr&#232;s tout une philosophie particuli&#232;re et d&#233;finie ayant une existence empirique - nous ne nous int&#233;ressons pas ici au caract&#232;re de son contenu - est d&#233;finie et proclam&#233;e comme absolue. philosophie ; c'est-&#224;-dire, comme rien de moins que la philosophie elle-m&#234;me, sinon par le ma&#238;tre lui-m&#234;me, puis certainement par ses disciples &#8211; du moins par ses disciples orthodoxes &#8211; et certainement tout &#224; fait coh&#233;rente et conforme &#224; l'enseignement du ma&#238;tre. Ainsi, r&#233;cemment, un h&#233;g&#233;lien &#8211; et de surcro&#238;t une personne sagace et r&#233;fl&#233;chie &#8211; a cherch&#233; &#224; d&#233;montrer &#8211; c&#233;r&#233;monieusement et, &#224; sa mani&#232;re, de mani&#232;re approfondie &#8211; que la philosophie h&#233;g&#233;lienne &#171; est la r&#233;alit&#233; absolue de l'id&#233;e de philosophie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si sagace que soit l'auteur par ailleurs, il proc&#232;de d'embl&#233;e sans critique dans la mesure o&#249; il ne pose pas la question : est-il possible qu'une esp&#232;ce se r&#233;alise en un individu, l'art en tant que tel en un artiste, et la philosophie en tant que telle ? telle chez un philosophe ? Et pourtant c'est la question principale ; car &#224; quoi me servent toutes les preuves que cette personne particuli&#232;re est le messie alors que je ne crois pas du tout qu'un messie puisse, puisse ou doive jamais appara&#238;tre. Par cons&#233;quent, si cette question n'est pas soulev&#233;e, on tient tranquillement pour acquis qu'il doit exister et qu'il doit exister un Dala&#239; Lama esth&#233;tique ou sp&#233;culatif, une transsubstantiation esth&#233;tique ou sp&#233;culative, et un Jour du Jugement esth&#233;tique ou sp&#233;culatif. C'est justement cette pr&#233;supposition, cependant, qui contredit la raison. &#171; Seuls tous les hommes pris ensemble, dit Goethe, connaissent la nature, et seuls tous les hommes pris ensemble vivent la nature humaine. Quelle profondeur &#8211; et qui plus est &#8211; quelle v&#233;rit&#233; ! Seuls l'amour, l'admiration, la v&#233;n&#233;ration, bref, seule la passion fait de l'individu l'esp&#232;ce. Par exemple, dans les moments o&#249;, ravis par la nature belle et aimable d'une personne, nous nous exclamons : Il est la beaut&#233;, l'amour et la bont&#233; incarn&#233;s. La raison, cependant, ne sait rien &#8211; en gardant &#224; l'esprit la sagesse salomonienne selon laquelle il n'y a rien de nouveau sous le soleil &#8211; d'une incarnation r&#233;elle et absolue de l'esp&#232;ce dans une individualit&#233; particuli&#232;re. Il est vrai que l'esprit ou la conscience sont des &#034;esp&#232;ces existant en tant qu'esp&#232;ces&#034;, mais, aussi universelles soient-elles, l'individu et sa t&#234;te - l'organe de l'esprit - sont toujours d&#233;sign&#233;s par un type d&#233;fini de nez, pointu ou retrouss&#233;. , fines ou grossi&#232;res, longues ou courtes, droites ou courb&#233;es. Tout ce qui entre dans le temps et l'espace doit aussi se subordonner aux lois du temps et de l'espace. Le dieu de la limitation monte la garde &#224; l'entr&#233;e du monde. L'autolimitation est la condition d'entr&#233;e. Ce qui devient r&#233;el ne le devient que comme quelque chose de d&#233;termin&#233;. L'incarnation de l'esp&#232;ce avec toute sa pl&#233;nitude en une seule individualit&#233; serait un miracle absolu, une suspension violente de toutes les lois et principes de la r&#233;alit&#233; ; ce serait, en effet, la fin du monde. une suspension violente de toutes les lois et principes de la r&#233;alit&#233; ; ce serait, en effet, la fin du monde. une suspension violente de toutes les lois et principes de la r&#233;alit&#233; ; ce serait, en effet, la fin du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc &#233;vident que la croyance des ap&#244;tres et des premiers chr&#233;tiens en la fin prochaine du monde &#233;tait intimement li&#233;e &#224; leur croyance en l'incarnation. Le temps et l'espace sont en fait d&#233;j&#224; abolis avec la manifestation de la divinit&#233; dans un temps et une forme particuliers, et il n'y a donc plus rien &#224; attendre que la fin r&#233;elle du monde. Il n'est plus possible de concevoir la possibilit&#233; de l'histoire ; elle n'a plus de sens et de but. Incarnation et histoire sont absolument incompatibles ; quand la divinit&#233; elle-m&#234;me entre dans l'histoire, l'histoire cesse d'exister. Mais si l'histoire continue pourtant comme avant, alors la th&#233;orie de l'incarnation est en r&#233;alit&#233; annul&#233;e par l'histoire elle-m&#234;me. La manifestation de la divinit&#233;, qui n'est qu'un rapport, une narration pour d'autres temps post&#233;rieurs - et donc seulement un objet d'imagination et de souvenir - a perdu la marque de la divinit&#233;, et abandonnant son statut miraculeux et extraordinaire, elle s'est plac&#233;e sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les autres ph&#233;nom&#232;nes ordinaires de l'histoire en tant que autant qu'il est lui-m&#234;me reproduit plus tard de fa&#231;on naturelle. D&#232;s qu'il devient objet de narration, il cesse d'&#234;tre un miracle. Ce n'est donc pas sans raison que l'on dit que le temps trahit tous les secrets. Par cons&#233;quent, si un ph&#233;nom&#232;ne historique &#233;tait effectivement la manifestation ou l'incarnation de la divinit&#233;, alors il doit &#233;teindre - et cela seul en serait la preuve - toutes les lumi&#232;res de l'histoire, en particulier les lumi&#232;res des &#233;glises, comme le soleil &#233;teint les &#233;toiles et le jour nocturne. lumi&#232;res ; alors elle doit illuminer toute la terre de son &#233;clat divin ravissant et &#234;tre pour tous les hommes en tout temps une manifestation absolue, omnipr&#233;sente et imm&#233;diate. Car ce qui est surnaturel doit aussi agir comme tel au-del&#224; de toute limite de temps ; et donc, ce qui se reproduit de fa&#231;on naturelle &#8211; ne se maintient que par l'interm&#233;diaire de la tradition orale ou &#233;crite &#8211; n'est que d'origine m&#233;diatis&#233;e et int&#233;gr&#233; dans un contexte naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est la m&#234;me avec les th&#233;ories de l'incarnation dans le domaine de l'art et de la science. Si la philosophie h&#233;g&#233;lienne &#233;tait la r&#233;alit&#233; absolue de l'id&#233;e de philosophie, alors l'immobilit&#233; de la raison dans la philosophie h&#233;g&#233;lienne doit n&#233;cessairement aboutir &#224; l'immobilit&#233; du temps ; car si le temps s'&#233;coulait encore tristement comme si rien ne s'&#233;tait pass&#233;, alors la philosophie h&#233;g&#233;lienne perdrait in&#233;vitablement son attribut d'absolu. Pla&#231;ons-nous quelques instants dans les si&#232;cles futurs ! La philosophie h&#233;g&#233;lienne ne sera-t-elle donc pas chronologiquement une philosophie &#233;trang&#232;re et transmise &#224; nous ? Nous sera-t-il alors possible de consid&#233;rer une philosophie d'un autre temps, une philosophie du pass&#233; comme notre philosophie contemporaine ? Comment autrement les philosophies passent-elles si ce n'est parce que les hommes et les &#233;poques passent et que la post&#233;rit&#233; veut vivre non de l'h&#233;ritage de ses anc&#234;tres mais des richesses acquises par elle-m&#234;me ? Ne consid&#233;rerons-nous donc pas la philosophie h&#233;g&#233;lienne comme un fardeau oppressant tout comme Aristote m&#233;di&#233;val l'&#233;tait autrefois &#224; l'&#232;re de la R&#233;forme ? Une opposition ne s'&#233;tablira-t-elle pas n&#233;cessairement entre l'ancienne et la nouvelle philosophie, entre la philosophie non libre &#8211; parce que traditionnelle &#8211; et libre &#8211; parce que acquise par elle-m&#234;me ? La philosophie h&#233;g&#233;lienne ne sera-t-elle pas rel&#233;gu&#233;e de son pinacle de la r&#233;alit&#233; absolue de l'Id&#233;e &#224; la position modeste d'une r&#233;alit&#233; particuli&#232;re et d&#233;termin&#233;e ? Mais n'est-il pas rationnel, n'est-ce pas le devoir et la t&#226;che de l'homme pensant d'anticiper par la raison les cons&#233;quences n&#233;cessaires et in&#233;vitables du temps, savoir d'avance de la nature des choses ce qui r&#233;sultera un jour automatiquement de la nature du temps ? Anticipant l'avenir &#224; l'aide de la raison, entreprenons donc de d&#233;montrer que la philosophie h&#233;g&#233;lienne est bien une philosophie d&#233;termin&#233;e et sp&#233;ciale. La preuve n'est pas difficile &#224; trouver, pourtant cette philosophie se distingue de toutes les philosophies ant&#233;rieures par son caract&#232;re scientifique rigoureux, son universalit&#233; et sa richesse de pens&#233;e incontestable. La philosophie h&#233;g&#233;lienne est n&#233;e &#224; une &#233;poque o&#249; l'humanit&#233; se tenait, comme &#224; toute autre &#233;poque, &#224; un niveau d&#233;fini de pens&#233;e, o&#249; existait un type d&#233;fini de philosophie. Elle s'est inspir&#233;e de cette philosophie, s'est li&#233;e &#224; elle, et par cons&#233;quent elle doit avoir elle-m&#234;me un d&#233;fini ; c'est-&#224;-dire un caract&#232;re fini. Toute philosophie na&#238;t donc comme une manifestation de son temps ; son origine suppose son temps historique. Bien s&#251;r, il s'appara&#238;t &#224; lui-m&#234;me comme ne reposant sur aucun pr&#233;suppos&#233; ; et, par rapport aux syst&#232;mes ant&#233;rieurs, c'est certainement vrai. Un &#226;ge ult&#233;rieur, n&#233;anmoins, est oblig&#233; de se rendre compte que cette philosophie &#233;tait apr&#232;s tout bas&#233;e sur certains pr&#233;suppos&#233;s ; c'est-&#224;-dire certains pr&#233;suppos&#233;s accidentels qui doivent &#234;tre distingu&#233;s de ceux qui sont n&#233;cessaires et rationnels et ne peuvent &#234;tre ni&#233;s sans impliquer un non-sens absolu. Mais est-il bien vrai que la philosophie h&#233;g&#233;lienne ne parte d'aucun pr&#233;suppos&#233; ? &#034;Oui ! Elle proc&#232;de de l'Etre pur ; elle ne part pas d'un point de d&#233;part particulier, mais de ce qui est purement ind&#233;termin&#233; ; il part de ce qui est lui-m&#234;me le commencement. Est-ce vraiment le cas ? Et n'est-ce pas apr&#232;s tout un pr&#233;suppos&#233; que la philosophie doit commencer du tout ? &#034;Bien, il est bien &#233;vident que tout doit avoir un commencement, la philosophie non except&#233;e. Plut&#244;t vrai ! Mais &#171; commencer &#187; a ici le sens d'accidentel ou d'indiff&#233;rent ; en philosophie, au contraire, le commencement a un sens particulier, le sens du premier principe en soi tel que l'exige la science philosophique. Mais ce que je voudrais demander, c'est : pourquoi commencer devrait-il &#234;tre pris dans ce sens ? La notion de commencement n'est-elle pas elle-m&#234;me sujette &#224; critique ? Est-ce imm&#233;diatement vrai et universellement valable ? Pourquoi ne me serait-il pas possible d'abandonner au d&#233;part la notion de commencement et de me tourner directement vers ce qui est r&#233;el ? Hegel part de l'&#202;tre ; c'est-&#224;-dire la notion d'&#234;tre ou d'&#234;tre abstrait. Pourquoi ne pourrais-je pas partir de l'&#202;tre lui-m&#234;me ; c'est-&#224;-dire, &#234;tre r&#233;el ? Ou encore, pourquoi ne pourrais-je pas partir de la raison, puisque l'&#202;tre, en tant qu'elle est pens&#233;e et en tant qu'elle est un objet de logique, me renvoie imm&#233;diatement &#224; la raison ? Est-ce que je pars encore d'un pr&#233;suppos&#233; quand je pars de la raison ? Non ! Je ne puis douter de la raison et en faire abstraction sans d&#233;clarer en m&#234;me temps que douter et abstraire ne participent pas de la raison. Mais m&#234;me en admettant que je me fonde sur le pr&#233;suppos&#233; que mon philosopher part directement de l'Etre r&#233;el ou de la raison sans se pr&#233;occuper du tout de toute la question d'un commencement, qu'y a-t-il de si nocif &#224; cela ? Ne puis-je prouver plus tard que le pr&#233;suppos&#233; sur lequel je m'&#233;tais fond&#233; ne l'&#233;tait que formellement et en apparence, qu'en r&#233;alit&#233; il n'en &#233;tait rien ? Je ne commence certainement pas &#224; penser juste au moment o&#249; je mets mes pens&#233;es sur papier. Je sais d&#233;j&#224; comment le sujet de ma r&#233;flexion &#233;voluerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on donc dire que le point de d&#233;part pris par la philosophie h&#233;g&#233;lienne dans la Logique est un point de d&#233;part g&#233;n&#233;ral et absolument n&#233;cessaire ? N'est-ce pas plut&#244;t un point de d&#233;part lui-m&#234;me d&#233;termin&#233;, c'est-&#224;-dire d&#233;termin&#233; par le point de vue de la philosophie avant Hegel ? N'est-il pas lui-m&#234;me li&#233; &#224; la Th&#233;orie des sciences (de Fichte) ? N'est-elle pas li&#233;e &#224; la vieille question du principe premier de la philosophie et &#224; ce point de vue philosophique qui s'int&#233;ressait essentiellement &#224; un syst&#232;me formel plut&#244;t qu'&#224; la r&#233;alit&#233; ? N'est-elle pas li&#233;e &#224; la premi&#232;re question de toute philosophie : quel est le premier principe ? Ce lien n'est-il pas prouv&#233; par le fait que la m&#233;thode de Hegel &#8211; abstraction faite, bien s&#251;r, de la diff&#233;rence de contenu qui devient aussi diff&#233;rence de forme &#8211; est essentiellement, ou du moins g&#233;n&#233;ralement, la m&#233;thode de Fichte ? N'est-ce pas aussi le cours d&#233;crit par la Th&#233;orie des sciences que ce qui est d'abord pour nous est &#224; la fin aussi pour lui-m&#234;me, que donc la fin retourne au commencement, et que le cours suivi par la science philosophique est un cercle ? N'est-ce pas ainsi que le mouvement circulaire, et d'ailleurs pris &#224; la lettre, devient un besoin int&#233;rieur ou une cons&#233;quence n&#233;cessaire o&#249; la m&#233;thode ; c'est-&#224;-dire que la pr&#233;sentation de la philosophie est consid&#233;r&#233;e comme l'essence m&#234;me de la philosophie, o&#249; tout ce qui n'est pas un syst&#232;me (pris ici dans son sens &#233;troit) n'est pas du tout de la philosophie ? Car seul ce qui est un cercle achev&#233; est un syst&#232;me, qui ne se contente pas de continuer &#224; l'infini, mais dont la fin revient plut&#244;t &#224; son commencement. La philosophie h&#233;g&#233;lienne est en fait le syst&#232;me le plus parfait qui soit jamais apparu. Hegel a effectivement r&#233;alis&#233; ce &#224; quoi Fichte aspirait mais n'a pas r&#233;alis&#233;, car il a conclu par un &#171; devoir &#187; et non par une fin qui commence aussi. Et pourtant, la pens&#233;e syst&#233;matique n'est nullement la pens&#233;e en tant que telle, ou la pens&#233;e essentielle ; ce n'est qu'une pens&#233;e qui se pr&#233;sente. Dans la mesure o&#249; je pr&#233;sente mes pens&#233;es, je les situe dans le temps ; une id&#233;e qui contient tous ses moments successifs dans une simultan&#233;it&#233; dans mon esprit devient maintenant une s&#233;quence. Je pose ce qui est &#224; pr&#233;senter comme n'existant pas et le laisse na&#238;tre sous mes yeux ; Je fais abstraction de ce qu'il est avant sa pr&#233;sentation. Ce que je pose donc comme commencement, c'est d'abord ce qui est purement ind&#233;termin&#233; ; en fait, je n'en sais rien, car la connaissance qui se pr&#233;sente par elle-m&#234;me n'est pas encore devenue connaissance. Ainsi, &#224; proprement parler, Je ne puis partir que de la notion de point de d&#233;part ; car quel que soit l'objet que je poserai, il aura toujours au d&#233;part la nature d'un point de d&#233;part. &#192; cet &#233;gard, Hegel est beaucoup plus coh&#233;rent et exact que Fichte avec son &#171; je &#187; bruyant. Mais &#233;tant donn&#233; que le point de d&#233;part est ind&#233;termin&#233;, alors aller de l'avant doit signifier d&#233;terminer. Ce n'est qu'au cours du mouvement de pr&#233;sentation que ce dont je pars vient &#224; se d&#233;terminer et &#224; se manifester. Ainsi, la progression est en m&#234;me temps une r&#233;gression &#8211; je reviens d'o&#249; je suis parti. Dans la r&#233;gression, je r&#233;tracte la progression ; c'est-&#224;-dire la temporalisation de la pens&#233;e : je restaure l'identit&#233; perdue. Mais le principe premier sur lequel je reviens n'est plus le principe premier initial, ind&#233;termin&#233; et non d&#233;montr&#233; ; il est maintenant m&#233;diatis&#233; et donc n'est plus le m&#234;me ou, m&#234;me en admettant qu'il soit le m&#234;me, n'est plus sous la m&#234;me forme. Ce processus est bien s&#251;r bien fond&#233; et n&#233;cessaire, bien qu'il ne repose que sur le rapport de la pens&#233;e qui se manifeste et se pr&#233;sente &#224; la pens&#233;e en soi ; c'est-&#224;-dire &#224; la pens&#233;e int&#233;rieure. Posons-le de la mani&#232;re suivante. J'ai lu la Logique de Hegel du d&#233;but &#224; la fin. A la fin je reviens au d&#233;but. L'id&#233;e de l'Id&#233;e ou l'Id&#233;e Absolue contient en elle-m&#234;me l'id&#233;e d'Essence, l'id&#233;e d'&#202;tre. Je sais donc maintenant que l'Etre et l'Essence sont des moments de l'Id&#233;e, ou que l'Id&#233;e Absolue est la Logique A la fin je reviens au d&#233;but. L'id&#233;e de l'Id&#233;e ou l'Id&#233;e Absolue contient en elle-m&#234;me l'id&#233;e d'Essence, l'id&#233;e d'&#202;tre. Je sais donc maintenant que l'Etre et l'Essence sont des moments de l'Id&#233;e, ou que l'Id&#233;e Absolue est la Logique A la fin je reviens au d&#233;but. L'id&#233;e de l'Id&#233;e ou l'Id&#233;e Absolue contient en elle-m&#234;me l'id&#233;e d'Essence, l'id&#233;e d'&#202;tre. Je sais donc maintenant que l'Etre et l'Essence sont des moments de l'Id&#233;e, ou que l'Id&#233;e Absolue est la Logiqueen nue . (Bien s&#251;r, &#224; la fin je reviens au d&#233;but, mais, esp&#233;rons-le, pas &#224; temps, c'est-&#224;-dire pas d'une mani&#232;re qui me ferait recommencer la Logique ; [1 ]car sinon je serais oblig&#233; de suivre le m&#234;me chemin une seconde et une troisi&#232;me fois et ainsi de suite avec pour r&#233;sultat que toute ma vie serait devenue un mouvement circulaire &#224; l'int&#233;rieur de la Logique h&#233;g&#233;lienne. Je fermerais plut&#244;t les trois volumes de la Logique une fois arriv&#233; &#224; sa fin &#8211; l'Id&#233;e Absolue, parce que je saurai alors ce qu'elle contient. Dans la connaissance que j'ai maintenant, j'annule le processus temporel de m&#233;diation ; Je sais que l'Id&#233;e Absolue est le Tout, et j'ai naturellement besoin de temps pour pouvoir r&#233;aliser par moi-m&#234;me sa forme processuelle ; cependant, cet ordre de succession est compl&#232;tement indiff&#233;rent ici. La Logique en trois tomes, c'est-&#224;-dire la Logique &#233;labor&#233;e, n'est pas un but en soi, car sinon je n'aurais d'autre but dans la vie que de continuer &#224; le lire ou de le m&#233;moriser comme un &#171; paternoster &#187;. En effet, l'Id&#233;e Absolue elle-m&#234;me r&#233;tracte son processus de m&#233;diation, enferme ce processus en elle-m&#234;me et annule la r&#233;alit&#233; de la pr&#233;sentation en ce qu'elle se montre la premi&#232;re et la derni&#232;re, l'un et le tout. Et pour cette raison m&#234;me, moi aussi, je ferme maintenant la Logique et concentre sa diffusion en une seule id&#233;e. En fin de compte, la Logique nous ram&#232;ne donc &#224; nous-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire &#224; notre acte int&#233;rieur de connaissance ; la connaissance m&#233;diatrice et auto-constituante devient une connaissance non m&#233;diatis&#233;e, mais pas non m&#233;diatis&#233;e au sens subjectif de Jacobi parce qu'il n'y a pas de connaissance non m&#233;diatis&#233;e dans ce sens. Je veux dire un autre type d'imm&#233;diatet&#233;. maintenant fermez la logique et concentrez sa propagation en une seule id&#233;e. En fin de compte, la Logique nous ram&#232;ne donc &#224; nous-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire &#224; notre acte int&#233;rieur de connaissance ; la connaissance m&#233;diatrice et auto-constituante devient une connaissance non m&#233;diatis&#233;e, mais pas non m&#233;diatis&#233;e au sens subjectif de Jacobi parce qu'il n'y a pas de connaissance non m&#233;diatis&#233;e dans ce sens. Je veux dire un autre type d'imm&#233;diatet&#233;. maintenant fermez la logique et concentrez sa propagation en une seule id&#233;e. En fin de compte, la Logique nous ram&#232;ne donc &#224; nous-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire &#224; notre acte int&#233;rieur de connaissance ; la connaissance m&#233;diatrice et auto-constituante devient une connaissance non m&#233;diatis&#233;e, mais pas non m&#233;diatis&#233;e au sens subjectif de Jacobi parce qu'il n'y a pas de connaissance non m&#233;diatis&#233;e dans ce sens. Je veux dire un autre type d'imm&#233;diatet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; elle est auto-activit&#233;, la pens&#233;e est une activit&#233; sans interm&#233;diaire. Personne d'autre ne peut penser pour moi ; ce n'est que par moi-m&#234;me que je me convainc de la v&#233;rit&#233; d'une pens&#233;e. Platon n'a pas de sens et n'existe pas pour quelqu'un qui manque de compr&#233;hension ; il est une feuille blanche pour celui qui ne peut pas relier les id&#233;es qui correspondent &#224; ses paroles. Platon par &#233;crit n'est pour moi qu'un moyen ; ce qui est premier et a priori, ce qui est le fondement auquel tout se r&#233;f&#232;re finalement, c'est l'entendement. Donner la compr&#233;hension n'est pas dans le pouvoir de la philosophie, car la compr&#233;hension est pr&#233;suppos&#233;e par elle ; la philosophie ne fa&#231;onne que ma compr&#233;hension. La cr&#233;ation de concepts sur la base d'un type particulier de philosophie n'est pas une cr&#233;ation r&#233;elle, mais seulement formelle ; ce n'est pas une cr&#233;ation &#224; partir de rien, mais seulement le d&#233;veloppement, pour ainsi dire, d'une mati&#232;re spirituelle qui m'habite, encore ind&#233;termin&#233;e mais n&#233;anmoins capable d'assumer toutes les d&#233;terminations. Le philosophe ne produit en moi que la conscience de ce que je peux savoir ; il s'attache &#224; ma capacit&#233; mentale. En ce sens, la philosophie, issue soit de la bouche, soit de la plume, remonte directement &#224; sa propre source ; il ne parle pas pour parler &#8211; d'o&#249; son antipathie contre tout joli discours &#8211; mais pour ne pas parler, c'est-&#224;-dire pour penser ; elle ne d&#233;montre pas &#8211; d'o&#249; son m&#233;pris pour toute syllogistique sophistique &#8211; mais seulement pour montrer que ce qu'elle d&#233;montre est simplement conforme au principe m&#234;me de toute d&#233;monstration et de toute raison, et qu'elle est pens&#233;e rigoureuse ; c'est-&#224;-dire une pens&#233;e qui exprime &#224; toute personne pensante une loi de la raison. D&#233;montrer, c'est montrer que ce que je dis est vrai, est de ramener la pens&#233;e exprim&#233;e &#224; sa source. Le sens de la d&#233;monstration ne peut donc &#234;tre saisi sans r&#233;f&#233;rence au sens du langage. Le langage n'est rien d'autre que la r&#233;alisation de l'esp&#232;ce ; c'est-&#224;-dire que le &#171; je &#187; est m&#233;diatis&#233; avec le &#171; vous &#187; afin, en &#233;liminant leur s&#233;paration individuelle, de manifester l'unit&#233; de l'esp&#232;ce. Or, l'&#233;l&#233;ment dans lequel le mot existe est l'air, le milieu de vie le plus spirituel et le plus g&#233;n&#233;ral. Une d&#233;monstration n'a de fondement que dans l'activit&#233; m&#233;diatrice de la pens&#233;e pour autrui. Chaque fois que je souhaite prouver quelque chose, je le fais pour les autres. Quand je prouve, enseigne ou &#233;cris, je le fais, je l'esp&#232;re, pas pour moi-m&#234;me ; car je sais aussi, au moins dans l'essentiel, ce que je n'&#233;cris, n'enseigne et ne discute. C'est aussi la raison pour laquelle il est souvent plus difficile d'&#233;crire sur quelque chose que l'on conna&#238;t le mieux, ce qui est si parfaitement certain et si clair pour soi-m&#234;me qu'on ne peut pas comprendre pourquoi les autres ne devraient pas le savoir aussi. Un &#233;crivain qui est si s&#251;r de l'objet sur lequel il doit &#233;crire qu'il ne prendrait m&#234;me pas la peine d'&#233;crire &#224; ce sujet tombe dans une cat&#233;gorie d'humour qui est dans une classe &#224; part. Il va &#224; l'encontre du but de l'&#233;criture par l'&#233;criture et plaisante sur les preuves dans ses preuves. Si je dois &#233;crire et, en effet, &#233;crire bien et de mani&#232;re fondamentale, alors je dois douter que les autres sachent ce que je sais, ou du moins qu'ils le sachent de la m&#234;me mani&#232;re que moi. Ce n'est qu'&#224; cause de cela que je peux communiquer mes pens&#233;es. Mais je suppose aussi qu'ils doivent et peuvent les conna&#238;tre. Enseigner, ce n'est pas inculquer des choses &#224; une personne ; l'enseignant s'applique plut&#244;t &#224; une capacit&#233; active, &#224; une capacit&#233; d'apprendre. L'artiste pr&#233;suppose un sens de la beaut&#233; - il ne peut pas l'accorder &#224; une personne - car pour que nous prenions ses &#339;uvres pour belles, pour que nous les acceptions et les tol&#233;rions du tout, il doit pr&#233;supposer en nous un sens de l'art. Tout ce qu'il peut faire, c'est la cultiver et lui donner une certaine direction. De m&#234;me, le philosophe ne suppose pas qu'il est un dala&#239;-lama sp&#233;culatif, qu'il est l'incarnation m&#234;me de la raison. Pour que nous reconnaissions ses pens&#233;es comme vraies, pour que nous les comprenions du tout, il suppose la raison, comme principe et mesure communs en nous aussi bien qu'en lui-m&#234;me. Ce qu'il a appris, nous devrions aussi pouvoir le savoir, et ce qu'il a trouv&#233;, nous devrions aussi pouvoir le trouver en nous-m&#234;mes &#224; l'aide de notre propre pens&#233;e. La d&#233;monstration n'est donc pas une m&#233;diation par l'interm&#233;diaire du langage entre la pens&#233;e, dans la mesure o&#249; c'est ma pens&#233;e, et la pens&#233;e d'un autre, dans la mesure o&#249; c'est sa pens&#233;e - l&#224; o&#249; deux ou trois personnes s'assemblent en mon nom, moi, raison et v&#233;rit&#233;, je suis l&#224; parmi vous - ce n'est pas non plus un m&#233;diation du &#171; je &#187; et du &#171; tu &#187; pour conna&#238;tre l'identit&#233; de la raison, ni, encore une fois, une m&#233;diation par laquelle je v&#233;rifie que ma pens&#233;e n'est pas la mienne, mais qu'elle est plut&#244;t pens&#233;e en et pour elle-m&#234;me pour qu'elle puisse aussi bien &#234;tre la mienne. comme celui de quelqu'un d'autre. Si nous sommes indiff&#233;rents dans la vie &#224; savoir si nos pens&#233;es sont comprises et reconnues, alors cette indiff&#233;rence n'est montr&#233;e qu'&#224; tel ou tel homme ou &#224; telle ou telle classe d'hommes parce que nous les consid&#233;rons comme des gens pleins de pr&#233;jug&#233;s, corrompus par des int&#233;r&#234;ts et sentiments, incorrigibles. Leur nombre n'a aucune importance ici. Il est bien s&#251;r vrai que l'homme peut se suffire &#224; lui-m&#234;me parce qu'il se sait &#234;tre un tout, parce qu'il se distingue de lui-m&#234;me, et parce qu'il peut &#234;tre l'autre &#224; lui-m&#234;me ; l'homme se parle et dialogue avec lui-m&#234;me, et parce qu'il sait que sa pens&#233;e ne serait pas la sienne si elle n'&#233;tait pas non plus &#8211; au moins en tant que possibilit&#233; &#8211; la pens&#233;e des autres. Mais toute cette indiff&#233;rence, toute cette autosuffisance et ce souci de soi ne sont que des ph&#233;nom&#232;nes exceptionnels. En r&#233;alit&#233;, nous ne sommes pas indiff&#233;rents ; le besoin de communiquer est un besoin fondamental &#8211; le besoin de v&#233;rit&#233;. Nous ne devenons conscients et certains de la v&#233;rit&#233; que par l'autre, m&#234;me si ce n'est pas par tel ou tel autre accidentel. Ce qui est vrai ne m'appartient ni &#224; moi ni &#224; vous exclusivement, mais est commun &#224; tous. La pens&#233;e dans laquelle &#171; je &#187; et &#171; tu &#187; sont unis est une pens&#233;e vraie. Cette unification n'est la confirmation, le signe et l'affirmation de la v&#233;rit&#233; que parce qu'elle est elle-m&#234;me d&#233;j&#224; la v&#233;rit&#233;. Ce qui unit est vrai et bon. L'objection que, par cons&#233;quent, le vol aussi est vrai et bon, parce qu'ici aussi les hommes sont unis, ne m&#233;rite pas d'&#234;tre r&#233;fut&#233;e. Dans ce cas, chacun n'est que pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les philosophes que nous connaissons ont exprim&#233; &#8211; c'est-&#224;-dire enseign&#233; &#8211; leurs id&#233;es soit oralement, comme Socrate, soit sous forme &#233;crite ; autrement ils n'auraient pas pu nous &#234;tre connus. Exprimer des pens&#233;es, c'est enseigner ; mais enseigner, c'est d&#233;montrer la v&#233;rit&#233; de ce qui est enseign&#233;. Cela signifie que d&#233;montrer n'est pas seulement un rapport du penseur &#224; lui-m&#234;me ou d'une pens&#233;e emprisonn&#233;e en soi &#224; elle-m&#234;me, mais le rapport du penseur aux autres. D&#232;s lors, les formes de la d&#233;monstration et de l'inf&#233;rence ne peuvent pas &#234;tre les formes des raisons en tant que telles ; c'est-&#224;-dire les formes d'un acte int&#233;rieur de pens&#233;e et de cognition. Ce ne sont que des formes de communication, des modes d'expression, des repr&#233;sentations, des conceptions ; bref, des formes dans lesquelles la pens&#233;e se manifeste. C'est pourquoi une personne &#224; l'esprit vif peut &#234;tre en avance sur son professeur d&#233;monstrateur ; m&#234;me &#224; la premi&#232;re pens&#233;e, il anticipe en un rien de temps la suite de d&#233;ductions qu'une autre personne doit effectuer pas &#224; pas. Le g&#233;nie de la pens&#233;e est tout aussi inn&#233; &#224; l'homme, et existe tout autant &#224; un certain degr&#233; chez tous les hommes &#8211; sous forme de r&#233;ceptivit&#233; &#8211; qu'un g&#233;nie de l'art. La raison pour laquelle nous consid&#233;rons les formes de communication et d'expression comme les formes fondamentales de la raison et de la pens&#233;e r&#233;side dans le fait que, pour les &#233;lever &#224; la clart&#233; de la conscience, nous nous pr&#233;sentons nos pens&#233;es fondamentales de la m&#234;me mani&#232;re que nous &#224; une autre personne, que nous nous apprenions d'abord ces pens&#233;es fondamentales qui naissent directement de notre g&#233;nie de penser - elles nous viennent on ne sait comment - et qui sont peut-&#234;tre inn&#233;es &#224; notre &#234;tre. Bref, la raison r&#233;side dans le fait que nous exprimons et articulons nos pens&#233;es dans la pens&#233;e elle-m&#234;me. D&#233;montrer n'est donc que le moyen par lequel je d&#233;pouille ma pens&#233;e de la forme du &#171; mien &#187; pour que l'autre puisse la reconna&#238;tre comme sienne. D&#233;montrer n'aurait pas de sens si ce n'&#233;tait aussi communiquer. Cependant, la communication des pens&#233;es n'est pas une communication mat&#233;rielle ou r&#233;elle. Par exemple, une pouss&#233;e, un son qui choque mes oreilles ou une lumi&#232;re est une v&#233;ritable communication. Je ne suis que passivement r&#233;ceptif &#224; ce qui est mat&#233;riel ; mais je ne prends conscience de ce qui est mental que par moi-m&#234;me, que par mon activit&#233; personnelle. Pour cette raison m&#234;me, ce que la personne d&#233;montrant communique n'est pas le sujet lui-m&#234;me, mais seulement le m&#233;dium ; car il ne m'infuse pas ses pens&#233;es comme des gouttes de m&#233;decine, ni ne pr&#234;che aux poissons sourds comme saint Fran&#231;ois ; il s'adresse plut&#244;t aux &#234;tres pensants. L'essentiel &#8211; la compr&#233;hension de la chose impliqu&#233;e &#8211; il ne me la donne pas ; il ne donne rien du tout &#8211; sinon le philosophe pourrait vraiment produire des philosophes, ce que personne n'a r&#233;ussi &#224; faire jusqu'ici. Au contraire, il pr&#233;suppose la facult&#233; de comprendre ; il ne me montre &#8211; c'est-&#224;-dire &#224; l'autre en tant que tel &#8211; ma compr&#233;hension que dans un miroir. Il n'est qu'un acteur ; c'est-&#224;-dire qu'il n'incarne et ne repr&#233;sente que ce que je devrais reproduire en moi &#224; son imitation. La philosophie autoconstitutive et syst&#233;matique est une philosophie dramatique et th&#233;&#226;trale par opposition &#224; la po&#233;sie de la pens&#233;e mat&#233;rielle introspective. La personne qui manifeste me dit et me fait remarquer : &#171; C'est rationnel, c'est vrai, et c'est ce que veut dire la loi ; c'est ainsi qu'il faut penser quand on pense vraiment. Certes, il veut que je saisisse et reconnaisse ses id&#233;es, mais pas comme ses id&#233;es ; il veut que je les saisisse comme g&#233;n&#233;ralement rationnelles ; c'est-&#224;-dire, aussi comme le mien. Il exprime seulement ce qui est ma propre compr&#233;hension. L&#224; r&#233;side la justification de l'exigence que la philosophie &#233;veille, stimule la pens&#233;e, et ne nous rende pas captifs de sa parole orale ou &#233;crite &#8211; une pens&#233;e communiqu&#233;e est pr&#233;cis&#233;ment une pens&#233;e ext&#233;rioris&#233;e en parole &#8211; qui a toujours un effet d'amortissement mental. Toute pr&#233;sentation de la philosophie, qu'elle soit orale ou &#233;crite, est &#224; prendre et ne peut &#234;tre prise qu'au sens de moyen. Tout syst&#232;me n'est qu'une expression ou une image de la raison, et donc qu'un objet de la raison, un objet que la raison - puissance vivante qui se procr&#233;e dans de nouveaux &#234;tres pensants - distingue d'elle-m&#234;me et pose comme objet de critique. Tout syst&#232;me qui n'est pas reconnu et appropri&#233; comme un simple moyen, limite et d&#233;forme l'esprit car il installe la pens&#233;e indirecte et formelle &#224; la place de la pens&#233;e directe, originale et mat&#233;rielle. Elle tue l'esprit d'invention ; il rend impossible la distinction entre l'esprit et la lettre car, avec la pens&#233;e - c'est l&#224; que r&#233;side la limitation de tout syst&#232;me comme quelque chose d'ext&#233;rieur - il insiste aussi n&#233;cessairement pour retenir le mot, &#233;chouant ainsi &#224; saisir, voire &#224; nier compl&#232;tement le sens et la d&#233;termination originels de tout syst&#232;me et expression de pens&#233;e. Toute pr&#233;sentation, toute d&#233;monstration &#8211; et la pr&#233;sentation de la pens&#233;e est d&#233;monstration &#8211; a, selon sa d&#233;termination originelle &#8211; et c'est tout ce qui nous importe &#8211; l'activit&#233; cognitive d'autrui pour fin ultime. et la pens&#233;e mat&#233;rielle. Elle tue l'esprit d'invention ; il rend impossible la distinction entre l'esprit et la lettre car, avec la pens&#233;e - c'est l&#224; que r&#233;side la limitation de tout syst&#232;me comme quelque chose d'ext&#233;rieur - il insiste aussi n&#233;cessairement pour retenir le mot, &#233;chouant ainsi &#224; saisir, voire &#224; nier compl&#232;tement le sens et la d&#233;termination originels de tout syst&#232;me et expression de pens&#233;e. Toute pr&#233;sentation, toute d&#233;monstration &#8211; et la pr&#233;sentation de la pens&#233;e est d&#233;monstration &#8211; a, selon sa d&#233;termination originelle &#8211; et c'est tout ce qui nous importe &#8211; l'activit&#233; cognitive d'autrui pour fin ultime. et la pens&#233;e mat&#233;rielle. Elle tue l'esprit d'invention ; il rend impossible la distinction entre l'esprit et la lettre car, avec la pens&#233;e - c'est l&#224; que r&#233;side la limitation de tout syst&#232;me comme quelque chose d'ext&#233;rieur - il insiste aussi n&#233;cessairement pour retenir le mot, &#233;chouant ainsi &#224; saisir, voire &#224; nier compl&#232;tement le sens et la d&#233;termination originels de tout syst&#232;me et expression de pens&#233;e. Toute pr&#233;sentation, toute d&#233;monstration &#8211; et la pr&#233;sentation de la pens&#233;e est d&#233;monstration &#8211; a, selon sa d&#233;termination originelle &#8211; et c'est tout ce qui nous importe &#8211; l'activit&#233; cognitive d'autrui pour fin ultime. il rend impossible la distinction entre l'esprit et la lettre car, avec la pens&#233;e - c'est l&#224; que r&#233;side la limitation de tout syst&#232;me comme quelque chose d'ext&#233;rieur - il insiste aussi n&#233;cessairement pour retenir le mot, &#233;chouant ainsi &#224; saisir, voire &#224; nier compl&#232;tement le sens et la d&#233;termination originels de tout syst&#232;me et expression de pens&#233;e. Toute pr&#233;sentation, toute d&#233;monstration &#8211; et la pr&#233;sentation de la pens&#233;e est d&#233;monstration &#8211; a, selon sa d&#233;termination originelle &#8211; et c'est tout ce qui nous importe &#8211; l'activit&#233; cognitive d'autrui pour fin ultime. il rend impossible la distinction entre l'esprit et la lettre car, avec la pens&#233;e - c'est l&#224; que r&#233;side la limitation de tout syst&#232;me comme quelque chose d'ext&#233;rieur - il insiste aussi n&#233;cessairement pour retenir le mot, &#233;chouant ainsi &#224; saisir, voire &#224; nier compl&#232;tement le sens et la d&#233;termination originels de tout syst&#232;me et expression de pens&#233;e. Toute pr&#233;sentation, toute d&#233;monstration &#8211; et la pr&#233;sentation de la pens&#233;e est d&#233;monstration &#8211; a, selon sa d&#233;termination originelle &#8211; et c'est tout ce qui nous importe &#8211; l'activit&#233; cognitive d'autrui pour fin ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il est bien &#233;vident que la pr&#233;sentation ou la d&#233;monstration est aussi une fin en soi, puisque tout moyen doit, en premier lieu, &#234;tre une fin. La forme doit elle-m&#234;me &#234;tre instructive, c'est-&#224;-dire objectivement exprim&#233;e. La pr&#233;sentation de la philosophie doit elle-m&#234;me &#234;tre philosophique &#8211; l'exigence d'identit&#233; de la forme et du contenu trouve ici sa justification. La pr&#233;sentation est, bien s&#251;r, syst&#233;matique dans la mesure o&#249; elle est elle-m&#234;me philosophique. De ce fait, la pr&#233;sentation en vient &#224; avoir une valeur en soi et pour elle-m&#234;me. Pour cette raison, le syst&#233;maticien est un artiste - l'histoire du syst&#232;me philosophique est la galerie d'images de la raison. Hegel est l'artiste philosophique le plus accompli, et ses pr&#233;sentations, du moins en partie, sont des mod&#232;les in&#233;gal&#233;s de sens de l'art scientifique et, en raison de leur rigueur, v&#233;ritable moyen d'&#233;ducation et de discipline de l'esprit. Mais justement &#224; cause de cela, Hegel - selon une loi g&#233;n&#233;rale dont nous ne pouvons discuter ici - a fait de la forme l'essence, l'&#234;tre de la pens&#233;e pour autrui l'&#234;tre en soi, le but relatif le but final. Hegel, dans sa pr&#233;sentation, visait &#224; anticiper et &#224; emprisonner l'intellect lui-m&#234;me et &#224; le comprimer dans le syst&#232;me. Le syst&#232;me &#233;tait cens&#233; &#234;tre, pour ainsi dire, la raison elle-m&#234;me ; toute activit&#233; imm&#233;diate devait se dissoudre compl&#232;tement dans l'activit&#233; m&#233;diatis&#233;e, et la pr&#233;sentation de la philosophie ne devait rien pr&#233;supposer, c'est-&#224;-dire qu'il ne resterait rien en nous et rien en nous - un vidage complet de nous-m&#234;mes. Le syst&#232;me h&#233;g&#233;lien est l'auto-ext&#233;riorisation absolue de la raison, un &#233;tat de choses qui s'exprime, entre autres, dans le fait que le caract&#232;re empirique de sa loi naturelle est pure sp&#233;culation. La vraie et derni&#232;re raison de toutes les plaintes contre le formalisme, la n&#233;gligence de la subjectivit&#233;, etc., r&#233;side uniquement dans le fait que Hegel comprime tout dans sa pr&#233;sentation, qu'il proc&#232;de abstraitement de la pr&#233;existence de l'intellect, et qu'il ne fait pas appel &#224; l'intellect en nous. Il est vrai que Hegel r&#233;tracte le processus de m&#233;diation dans ce qu'il appelle le r&#233;sultat, mais dans la mesure o&#249; la forme est pos&#233;e comme essence objective, on est de nouveau laiss&#233; dans le doute sur l'objectivit&#233; ou la subjectivit&#233; du processus de m&#233;diation. Par cons&#233;quent, ceux qui pr&#233;tendent que le processus de la m&#233;diation de l'Absolu n'est que formel peuvent bien avoir mat&#233;riellement raison, mais ceux qui pr&#233;tendent le contraire, c'est-&#224;-dire ceux qui revendiquent la r&#233;alit&#233; objective de ce processus, peuvent ne pas le faire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie h&#233;g&#233;lienne est ainsi le point culminant de toute philosophie sp&#233;culative-syst&#233;matique. Avec cela, nous avons d&#233;couvert et sugg&#233;r&#233; la raison sous-jacente au d&#233;but de la Logique. Tout est n&#233;cessaire soit pour se pr&#233;senter (se prouver), soit pour s'&#233;couler et se dissoudre dans la pr&#233;sentation. La pr&#233;sentation ignore ce qui &#233;tait connu avant la pr&#233;sentation : elle doit faire un d&#233;but absolu. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment ici que les limites de la pr&#233;sentation se manifestent imm&#233;diatement. La pens&#233;e est ant&#233;rieure &#224; la pr&#233;sentation de la pens&#233;e. Ce qui constitue le point de d&#233;part dans l'expos&#233; n'est premier que pour l'expos&#233; mais pas pour la pens&#233;e. La pr&#233;sentation a besoin d'une pens&#233;e qui, bien que toujours pr&#233;sente dans la pens&#233;e, n'&#233;merge qu'ensuite. [2]La pr&#233;sentation est ce qui est m&#233;diatis&#233; en soi et pour soi ; ce qui est premier n'est donc jamais imm&#233;diat m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de la pr&#233;sentation, mais seulement pos&#233;, d&#233;pendant et m&#233;diatis&#233;, en tant qu'il est d&#233;termin&#233; par les d&#233;terminations de la pens&#233;e dont la certitude est autod&#233;pendante et qui sont ant&#233;rieures et ind&#233;pendantes d'une philosophie se pr&#233;sentant et se d&#233;ployant. lui-m&#234;me dans le temps. Ainsi, la pr&#233;sentation fait toujours appel &#224; une autorit&#233; sup&#233;rieure &#8211; et a priori par rapport &#224; elle. Qui penserait que ce n'est pas aussi le cas de &#171; l'&#234;tre &#187; de la Logique h&#233;g&#233;lienne ? &#034;L'&#234;tre est ce qui est imm&#233;diat, ind&#233;termin&#233;, identique &#224; soi, identique &#224; soi et indiff&#233;renci&#233;.&#034; Mais les notions d'imm&#233;diatet&#233; et d'identit&#233; ne sont-elles pas pr&#233;suppos&#233;es ici ? &#171; L'&#202;tre se fond dans le N&#233;ant ; elle dispara&#238;t aussit&#244;t dans son contraire : sa v&#233;rit&#233; est le mouvement m&#234;me de sa disparition. &#187; Hegel ne tient-il pas ici les perceptions pour acquises ? La disparition est-elle une notion ou est-ce plut&#244;t une perception sensuelle ? &#171; Devenir est agitation, l'unit&#233; inqui&#232;te de l'&#234;tre et du n&#233;ant ; l'existence, c'est cette unit&#233; qui s'est immobilis&#233;e. Une perception tr&#232;s douteuse n'est-elle pas simplement tenue pour acquise ici ? Un sceptique ne peut-il pas objecter que le repos est une illusion sensorielle, que tout est plut&#244;t en mouvement constant ? &#192; quoi sert donc de mettre de telles id&#233;es au point de d&#233;part, ne serait-ce qu'en tant qu'images ? Mais on peut objecter que des hypoth&#232;ses telles que les notions de similitude et d'identit&#233; sont tout &#224; fait &#233;videntes et naturelles. Comment pourrions-nous concevoir l'&#234;tre autrement ? Ces notions sont les moyens n&#233;cessaires par lesquels nous connaissons l'&#234;tre comme premier. Tout &#224; fait exact ! Mais c'est &#234;tre, du moins pour nous, imm&#233;diat ? N'est-ce pas plut&#244;t cela dont on ne peut abstraire le Primaire ? Bien entendu, la philosophie h&#233;g&#233;lienne en est &#233;galement consciente. L'Etre, d'o&#249; proc&#232;de la Logique, suppose d'une part la Ph&#233;nom&#233;nologie, et d'autre part l'Id&#233;e Absolue. L'&#234;tre (ce qui est premier et ind&#233;termin&#233;) est r&#233;voqu&#233; &#224; la fin car il s'av&#232;re qu'il n'est pas le vrai point de d&#233;part. Mais cela ne fait-il pas encore une Ph&#233;nom&#233;nologie de la Logique ? Et n'&#233;tant qu'un point de d&#233;part ph&#233;nom&#233;nologique ? Ne rencontrons-nous pas aussi un conflit entre l'apparence et la v&#233;rit&#233; au sein de la Logique ? Pourquoi Hegel ne part-il pas du v&#233;ritable point de d&#233;part ? &#171; En effet, le vrai ne peut &#234;tre qu'un r&#233;sultat ; le vrai doit se prouver qu'il l'est, c'est-&#224;-dire qu'il doit se pr&#233;senter. Mais comment le peut-il si l'&#234;tre lui-m&#234;me doit pr&#233;supposer l'Id&#233;e, c'est-&#224;-dire alors que l'Id&#233;e a d&#233;j&#224; en elle-m&#234;me &#233;t&#233; pr&#233;suppos&#233;e comme Primaire ? Est-ce le moyen pour la philosophie de se constituer et de se manifester comme v&#233;rit&#233; pour qu'elle ne puisse plus &#234;tre mise en doute, pour que le scepticisme soit r&#233;duit une fois pour toutes &#224; l'absurde ? Bien s&#251;r, si vous dites A, vous devrez aussi dire B. Quiconque peut accepter d'&#234;tre au d&#233;but de la Logique acceptera aussi l'Id&#233;e ; si cet &#234;tre a &#233;t&#233; accept&#233; comme prouv&#233; par quelqu'un, alors il doit aussi accepter l'Id&#233;e comme prouv&#233;e. Mais que se passe-t-il si quelqu'un n'est pas dispos&#233; &#224; dire A ? Et s'il disait plut&#244;t : &#171; Votre &#234;tre ind&#233;termin&#233; et pur n'est qu'une abstraction &#224; laquelle rien de r&#233;el ne correspond, car le r&#233;el n'est que l'&#234;tre r&#233;el ? Ou bien prouver si vous le pouvez la r&#233;alit&#233; des notions g&#233;n&#233;rales ! &#187; N'en arrivons-nous pas ainsi &#224; ces questions g&#233;n&#233;rales qui touchent &#224; la v&#233;rit&#233; et &#224; la r&#233;alit&#233; non seulement de la Logique de Hegel mais aussi de la philosophie dans son ensemble ? La Logique est-elle au-dessus de la dispute entre les Nominalistes et les R&#233;alistes (pour utiliser des noms anciens pour ce qui est des contraires naturels) ? Ne contredit-elle pas dans ses notions premi&#232;res la perception sensible et son d&#233;fenseur, l'intellect ? N'ont-ils pas le droit de s'opposer &#224; la Logique ? La Logique peut bien rejeter la voix de la perception sensorielle, mais, alors, la Logique elle-m&#234;me est rejet&#233;e par l'intellect au motif qu'elle est comme un juge qui juge sa propre cause. N'avons-nous donc pas la m&#234;me contradiction d&#232;s le d&#233;but de la science philosophique que dans la philosophie de Fichte ? Dans ce dernier cas, la contradiction est entre le moi pur et le moi empirique, r&#233;el ; dans le premier, c'est entre le pur et l'empirique, &#234;tre r&#233;el. &#171; L'ego pur n'est plus un ego &#187; ; mais alors l'&#234;tre pur et vide, lui aussi, n'est plus l'&#234;tre. La Logique dit : &#171; Je fais abstraction de l'&#234;tre d&#233;termin&#233; ; Je n'attribue pas &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; l'unit&#233; de l'&#234;tre et du n&#233;ant. Quand cette unit&#233; appara&#238;t &#224; l'intellect comme paradoxale et ridicule elle substitue vite l'&#234;tre d&#233;termin&#233; par l'&#234;tre pur, car maintenant ce serait bien s&#251;r une contradiction que l'&#234;tre ne soit pas aussi n&#233;ant. Mais l'intellect r&#233;torque : &#171; Seul l'&#234;tre d&#233;termin&#233; est l'&#234;tre ; dans la notion d'&#234;tre r&#233;side la notion de d&#233;terminit&#233; absolue. Je prends la notion d'&#234;tre de l'&#234;tre lui-m&#234;me ; or tout &#234;tre est &#234;tre d&#233;termin&#233; &#8211; c'est pourquoi, en passant, je peux aussi poser le n&#233;ant qui veut dire &#171; non quelque chose &#187; ou &#171; oppos&#233; &#224; l'&#234;tre &#187; parce que je rattache toujours et ins&#233;parablement &#171; quelque chose &#187; &#224; l'&#234;tre. Si donc vous laissez de c&#244;t&#233; la d&#233;terminit&#233; de l'&#234;tre, vous laissez l'&#234;tre sans &#234;tre du tout. Il ne sera pas surprenant que vous d&#233;montriez alors que l'&#234;tre ind&#233;termin&#233; est le n&#233;ant. Dans ces circonstances, cela va de soi. Si vous excluez de l'homme ce qui le rend homme, vous pouvez d&#233;montrer sans aucune difficult&#233; qu'il n'est pas homme. Mais de m&#234;me que la notion d'homme dont vous avez exclu la diff&#233;rence sp&#233;cifique de l'homme n'est pas une notion d'homme, mais plut&#244;t d'une entit&#233; fabriqu&#233;e comme, par exemple, l'homme platonicien de Diog&#232;ne, de m&#234;me la notion d'&#234;tre dont vous avez exclu le contenu de l'&#234;tre n'est plus la notion d'&#234;tre. L'&#234;tre est divers dans la m&#234;me mesure que les choses. L'&#234;tre ne fait qu'un avec la chose qui est. Enlevez l'&#234;tre d'une chose, et vous lui enlevez tout. Il est impossible de penser &#234;tre s&#233;par&#233; de d&#233;terminations sp&#233;cifiques. L'&#234;tre n'est pas une notion particuli&#232;re ; pour l'intellect du moins, c'est tout ce qu'il y a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, comment la Logique, ou n'importe quelle philosophie particuli&#232;re, peut-elle r&#233;v&#233;ler la v&#233;rit&#233; et la r&#233;alit&#233; si elle commence par contredire la r&#233;alit&#233; sensible et sa compr&#233;hension sans r&#233;soudre cette contradiction ? Qu'il puisse se prouver qu'il est vrai n'est pas une question de doute ; l&#224; n'est pourtant pas la question. Il faut un duo pour prouver quelque chose. En d&#233;montrant, le penseur se d&#233;double ; il se contredit, et ce n'est qu'apr&#232;s qu'une pens&#233;e a &#233;t&#233; et a surmont&#233; sa propre opposition qu'elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme prouv&#233;e. Prouver, c'est en m&#234;me temps r&#233;futer. Toute d&#233;termination intellectuelle a son antith&#232;se, sa contradiction. La v&#233;rit&#233; n'existe pas en unit&#233; avec, mais en r&#233;futation de son contraire. La dialectique n'est pas un monologue que la sp&#233;culation poursuit avec elle-m&#234;me, mais un dialogue entre la sp&#233;culation et la r&#233;alit&#233; empirique. Un penseur n'est dialecticien qu'en tant qu'il est son propre adversaire. Le z&#233;nith de l'art et de son propre pouvoir est de douter de soi. D&#232;s lors, si la philosophie ou, dans notre contexte, la Logique veut se prouver vraie, elle doit r&#233;futer l'empirisme rationnel ou l'intellect qui le nie et qui seul le contredit. Sinon, toutes ses preuves ne seront rien de plus que des assurances subjectives, en ce qui concerne l'intellect. L'antith&#232;se de l'&#234;tre &#8211; en g&#233;n&#233;ral et consid&#233;r&#233; par la Logique &#8211; n'est pas le n&#233;ant, mais l'&#234;tre sensible et concret. Sinon, toutes ses preuves ne seront rien de plus que des assurances subjectives, en ce qui concerne l'intellect. L'antith&#232;se de l'&#234;tre &#8211; en g&#233;n&#233;ral et consid&#233;r&#233; par la Logique &#8211; n'est pas le n&#233;ant, mais l'&#234;tre sensible et concret. Sinon, toutes ses preuves ne seront rien de plus que des assurances subjectives, en ce qui concerne l'intellect. L'antith&#232;se de l'&#234;tre &#8211; en g&#233;n&#233;ral et consid&#233;r&#233; par la Logique &#8211; n'est pas le n&#233;ant, mais l'&#234;tre sensible et concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre sensuel nie l'&#234;tre logique ; le premier contredit le second et vice versa. La r&#233;solution de cette contradiction serait la preuve de la r&#233;alit&#233; de l'&#234;tre logique, la preuve qu'il n'est pas une abstraction, comme l'entend maintenant l'intellect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule philosophie qui ne proc&#232;de d'aucun pr&#233;suppos&#233; est celle qui poss&#232;de le courage et la libert&#233; de douter d'elle-m&#234;me, qui se produit &#224; partir de son antith&#232;se. Toutes les philosophies modernes, cependant, ne commencent qu'avec elles-m&#234;mes et non avec ce qui s'oppose &#224; elles. Ils pr&#233;supposent la philosophie ; c'est-&#224;-dire ce qu'ils entendent par philosophie comme &#233;tant la v&#233;rit&#233; imm&#233;diate. Ils n'entendent par m&#233;diation que l'&#233;lucidation, comme chez Fichte, ou le d&#233;veloppement, comme chez Hegel. Kant &#233;tait critique envers l'ancienne m&#233;taphysique, mais pas envers lui-m&#234;me. Fichte est parti du postulat que la philosophie kantienne &#233;tait la v&#233;rit&#233;. Tout ce qu'il voulait, c'&#233;tait l'&#233;lever &#224; la &#171; science &#187;, relier ce qui chez Kant avait une existence dichotomis&#233;e, en le faisant d&#233;river d'un principe commun. De la m&#234;me mani&#232;re, Schelling est parti de l'hypoth&#232;se que la philosophie ficht&#233;enne &#233;tait la v&#233;rit&#233; &#233;tablie et a restaur&#233; Spinoza en opposition &#224; Fichte. En ce qui concerne Hegel, il est un Fichte m&#233;diatis&#233; par un Schelling. Hegel pol&#233;miqua contre l'Absolu de Schelling ; il pensait qu'il lui manquait le moment de r&#233;flexion, d'appr&#233;hension et de n&#233;gativit&#233;. En d'autres termes, il a impr&#233;gn&#233; l'Identit&#233; Absolue d'Esprit, y a introduit des d&#233;terminations et a fait fructifier son sein avec le Semen de la Notion (l'ego de Fichte). Mais il a n&#233;anmoins pris la v&#233;rit&#233; de l'Absolu pour acquise. Il n'avait rien contre l'existence ou la r&#233;alit&#233; objective de l'Identit&#233; Absolue ; il tenait en fait pour acquis que la philosophie de Schelling &#233;tait, dans son essence, une vraie philosophie. Tout ce qu'il lui reprochait, c'&#233;tait de manquer de forme. Ainsi, La relation de Hegel &#224; Schelling est la m&#234;me que celle de Fichte &#224; Kant. Pour les deux, la vraie philosophie existait d&#233;j&#224;, &#224; la fois dans son contenu et dans sa substance ; tous deux &#233;taient motiv&#233;s par un int&#233;r&#234;t purement &#171; scientifique &#187;, c'est-&#224;-dire, dans ce cas, syst&#233;matique et formel. Tous deux &#233;taient des critiques de certaines qualit&#233;s sp&#233;cifiques de la philosophie existante, mais pas du tout de son essence. L'existence de l'Absolu ne faisait aucun doute. Il lui suffisait de faire ses preuves et d'&#234;tre connu comme tel. Elle devient ainsi un r&#233;sultat et un objet de la notion m&#233;diatrice ; c'est-&#224;-dire une v&#233;rit&#233; &#171; scientifique &#187; et pas seulement une assurance donn&#233;e par l'intuition intellectuelle. Tous deux &#233;taient des critiques de certaines qualit&#233;s sp&#233;cifiques de la philosophie existante, mais pas du tout de son essence. L'existence de l'Absolu ne faisait aucun doute. Il lui suffisait de faire ses preuves et d'&#234;tre connu comme tel. Elle devient ainsi un r&#233;sultat et un objet de la notion m&#233;diatrice ; c'est-&#224;-dire une v&#233;rit&#233; &#171; scientifique &#187; et pas seulement une assurance donn&#233;e par l'intuition intellectuelle. Tous deux &#233;taient des critiques de certaines qualit&#233;s sp&#233;cifiques de la philosophie existante, mais pas du tout de son essence. L'existence de l'Absolu ne faisait aucun doute. Il lui suffisait de faire ses preuves et d'&#234;tre connu comme tel. Elle devient ainsi un r&#233;sultat et un objet de la notion m&#233;diatrice ; c'est-&#224;-dire une v&#233;rit&#233; &#171; scientifique &#187; et pas seulement une assurance donn&#233;e par l'intuition intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison la preuve de l'Absolu chez Hegel n'a, en principe et en essence, qu'une signification formelle, malgr&#233; la rigueur scientifique avec laquelle elle est effectu&#233;e. D&#232;s son point de d&#233;part, la philosophie de Hegel nous pr&#233;sente une contradiction, la contradiction entre la v&#233;rit&#233; et la science, entre l'essence et la forme, entre la pens&#233;e et l'&#233;criture. L'Id&#233;e Absolue est assum&#233;e, non pas formellement, certes, mais essentiellement. Ce que Hegel pose comme &#233;tapes et parties constitutives de la m&#233;diation, il pense qu'elles sont d&#233;termin&#233;es par l'Id&#233;e Absolue. Hegel ne sort pas de l'Id&#233;e, il ne l'oublie pas non plus. Au contraire, il pense d&#233;j&#224; l'antith&#232;se &#224; partir de laquelle l'Id&#233;e devrait se produire sur la base de sa prise pour acquise. Il est d&#233;j&#224; prouv&#233; substantiellement avant d'&#234;tre formellement prouv&#233;. Ainsi, elle doit toujours rester ind&#233;montrable, toujours subjective pour qui reconna&#238;t dans l'antith&#232;se de l'Id&#233;e une pr&#233;misse que l'Id&#233;e a elle-m&#234;me &#233;tablie d'avance. L'ext&#233;riorisation de l'Id&#233;e n'est, pour ainsi dire, qu'un faux-semblant ; ce n'est qu'un semblant et rien de s&#233;rieux - l'Id&#233;e joue juste un jeu. La preuve concluante est le commencement de la Logique, dont le commencement est &#224; prendre comme le commencement de la philosophie en tant que telle. Que le point de d&#233;part soit l'&#234;tre n'est qu'un formalisme, car l'&#234;tre n'est ici pas le vrai point de d&#233;part, ni le v&#233;ritable Premier. Le point de d&#233;part pourrait tout aussi bien &#234;tre l'Id&#233;e absolue car elle &#233;tait d&#233;j&#224; une certitude, une v&#233;rit&#233; imm&#233;diate pour Hegel avant qu'il n'&#233;crive la Logique ; c'est-&#224;-dire avant qu'il ait donn&#233; une forme scientifique d'expression &#224; ses id&#233;es logiques. L'Id&#233;e Absolue - l'Id&#233;e de l'Absolu - est sa propre certitude indubitable en tant que V&#233;rit&#233; Absolue. Elle se pose d'avance comme vraie ; ce que l'Id&#233;e pose comme l'autre suppose encore l'Id&#233;e selon son essence. De cette fa&#231;on, la preuve reste seulement formelle. Pour Hegel, le penseur, l'Id&#233;e absolue &#233;tait une certitude absolue, mais pour Hegel, l'auteur, c'&#233;tait une incertitude formelle. Cette contradiction entre le penseur qui est sans besoins, qui peut anticiper ce qui reste &#224; pr&#233;senter parce que tout est d&#233;j&#224; r&#233;gl&#233; pour lui, et l'&#233;crivain n&#233;cessiteux qui doit parcourir une cha&#238;ne de succession et qui pose et objective comme formellement incertain ce qui est certaine pour le penseur - cette contradiction est le processus de l'Id&#233;e Absolue qui pr&#233;suppose l'&#234;tre et l'essence, mais de telle sorte que ceux-ci, de leur c&#244;t&#233;, pr&#233;supposent d&#233;j&#224; l'Id&#233;e. C'est la seule raison ad&#233;quate requise pour expliquer la contradiction entre le point de d&#233;part r&#233;el de la Logique et son point de d&#233;part r&#233;el qui se trouve &#224; la fin. Comme on l'a d&#233;j&#224; fait remarquer, Hegel dans son for int&#233;rieur &#233;tait convaincu de la certitude de l'Id&#233;e Absolue. &#192; cet &#233;gard, il n'y avait rien du critique ou du sceptique en lui. Cependant, l'Id&#233;e Absolue devait d&#233;montrer sa v&#233;rit&#233;, devait &#234;tre lib&#233;r&#233;e des limites d'une conception intellectuelle subjective - il fallait montrer qu'elle existait aussi pour les autres. Ainsi entendue, la question de sa preuve avait un sens &#224; la fois essentiel et inessentiel : elle &#233;tait une n&#233;cessit&#233; dans la mesure o&#249; l'Id&#233;e Absolue devait se prouver, parce qu'ainsi seulement elle pouvait d&#233;montrer sa n&#233;cessit&#233; ; mais elle &#233;tait en m&#234;me temps superflue quant &#224; la certitude int&#233;rieure de la v&#233;rit&#233; de l'Id&#233;e Absolue. L'expression de cette n&#233;cessit&#233; superflue, de cette indispensabilit&#233; dispensable ou dispensabilit&#233; indispensable, c'est la m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne. C'est pourquoi sa fin est son commencement et son commencement sa fin. C'est pourquoi l'&#234;tre en elle est d&#233;j&#224; la certitude de l'Id&#233;e, et rien d'autre que l'Id&#233;e dans son imm&#233;diatet&#233;. C'est pourquoi le manque de connaissance de soi de l'Id&#233;e au d&#233;but n'est, au sens de l'Id&#233;e, qu'un manque de connaissance ironique. Ce que dit l'Id&#233;e est diff&#233;rent de ce qu'elle pense. Il dit &#171; &#234;tre &#187; ou &#171; essence &#187;, &#171; mais en fait il ne pense qu'&#224; lui-m&#234;me. Ce n'est qu'&#224; la fin qu'il dit aussi ce qu'il pense, mais il r&#233;tracte aussi &#224; la fin ce qu'il avait exprim&#233; au d&#233;but en disant : &#171; Ce que tu avais, au d&#233;but et successivement, pris pour une entit&#233; diff&#233;rente, que je suis moi-m&#234;me. L'Id&#233;e elle-m&#234;me est &#234;tre et essence, mais elle ne l'avoue pas encore ; il garde ce secret pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien pourquoi, pour me r&#233;p&#233;ter, la preuve ou la m&#233;diation de l'Id&#233;e Absolue n'est qu'une affaire formelle. L'Id&#233;e ne se cr&#233;e ni ne se prouve par un autre r&#233;el &#8211; cela ne peut &#234;tre que la perception empirique et concr&#232;te de l'intellect. Au contraire, il se cr&#233;e &#224; partir d'une antith&#232;se formelle et apparente. L'&#202;tre est en soi l'Id&#233;e. Cependant, prouver ne peut signifier rien d'autre que d'amener l'autre &#224; ma propre conviction. La v&#233;rit&#233; r&#233;side uniquement dans l'unification du &#034;je&#034; et du &#034;tu&#034;. L'Autre de la pens&#233;e pure, cependant, est l'intellect sensuel en g&#233;n&#233;ral. Dans le domaine de la philosophie, la preuve consiste donc uniquement dans le fait que la contradiction entre l'intellect sensible et la pens&#233;e pure est dispos&#233;e, de sorte que la pens&#233;e est vraie non seulement pour elle-m&#234;me mais aussi pour son contraire. Car m&#234;me si toute pens&#233;e vraie n'est vraie que par elle-m&#234;me, il n'en demeure pas moins que dans le cas d'une pens&#233;e qui exprime une antith&#232;se, sa cr&#233;dibilit&#233; restera subjective, unilat&#233;rale et douteuse tant qu'elle ne s'appuiera que sur elle-m&#234;me. Or, l'&#234;tre logique est en contradiction directe, imm&#233;diate et odieuse avec l'&#234;tre de la perception empirique et concr&#232;te de l'intellect. De plus, l'&#234;tre logique n'est qu'une indulgence, une condescendance de la part de l'Id&#233;e, et, par cons&#233;quent, d&#233;j&#224; ce qu'elle doit prouver qu'elle est. Cela veut dire que je n'entre dans la Logique comme dans la perception intellectuelle que par un acte violent, par un acte transcendant, ou par une rupture imm&#233;diate avec la perception r&#233;elle.[3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ph&#233;nom&#233;nologie ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme invalidant cette accusation, car la Logique vient apr&#232;s elle. Puisqu'il constitue l'antith&#232;se de l'&#234;tre logique, il nous est toujours pr&#233;sent, il est m&#234;me n&#233;cessairement amen&#233; par l'antith&#232;se et provoqu&#233; par elle &#224; contredire la Logique, d'autant plus que la Logique est un nouveau point de d&#233;part, ou un d&#233;part &#224; partir de d&#232;s le d&#233;but, circonstance ab initio offensante pour l'intellect. Mais donnons &#224; la Ph&#233;nom&#233;nologie un sens positif et actuel par rapport &#224; la Logique. Hegel produit-il l'Id&#233;e ou la pens&#233;e &#224; partir de l'&#234;tre-autre de l'Id&#233;e ou de la pens&#233;e ? Regardons-le de plus pr&#232;s. Le premier chapitre traite de &#171; la certitude sensuelle, le ceci et le sens &#187;. Il d&#233;signe ce stade de conscience o&#249; l'&#234;tre sensuel et particulier est consid&#233;r&#233; comme &#234;tre vrai et r&#233;el, mais o&#249; il se r&#233;v&#232;le aussi soudain comme un &#234;tre g&#233;n&#233;ral. &#171; Le 'ici' est un arbre &#187; ; mais je marche plus loin et je dis : &#034;Le 'ici' est une maison.&#034; La premi&#232;re v&#233;rit&#233; a maintenant disparu. &#034;Le 'maintenant' est la nuit&#034;, mais il ne faut pas longtemps avant que &#034;le 'maintenant' soit le jour&#034;. La premi&#232;re v&#233;rit&#233; all&#233;gu&#233;e est maintenant devenue &#034;p&#233;rim&#233;e&#034;. Le &#171; maintenant &#187; appara&#238;t donc comme un &#171; maintenant &#187; g&#233;n&#233;ral, une simple vari&#233;t&#233; (n&#233;gative). Il en va de m&#234;me pour &#034;ici&#034;. &#034;L'ici&#034; lui-m&#234;me ne dispara&#238;t pas, mais demeure dans la disparition de la maison, de l'arbre, etc., et est indiff&#233;rent &#224; &#234;tre la maison, l'arbre, etc. Par cons&#233;quent, cela se montre &#224; nouveau comme simplicit&#233; ou g&#233;n&#233;ralit&#233; m&#233;diatis&#233;e. Le particulier que nous entendons dans le contexte de la certitude sensuelle est quelque chose que nous ne pouvons m&#234;me pas exprimer. &#171; Le langage est plus v&#233;ridique ; ici, nous annulons nous-m&#234;mes directement nos opinions, et, puisque c'est le g&#233;n&#233;ral qui est vrai dans la certitude sensible et qui seul est exprim&#233; par le langage, nous ne pouvons pas exprimer une entit&#233; sensible comme pr&#233;vu. Mais est-ce une r&#233;futation dialectique de la r&#233;alit&#233; de la conscience sensible ? Est-il ainsi prouv&#233; que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el ? C'est peut-&#234;tre pour quelqu'un qui est certain d'avance que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el, mais pas pour la conscience sensible ni pour ceux qui occupent son point de vue et devront d'abord &#234;tre convaincus de l'irr&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible et de la r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e. Mon fr&#232;re s'appelle John, ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, Adolphe, mais il y a d'innombrables personnes &#224; c&#244;t&#233; de lui qui portent le m&#234;me nom. S'ensuit-il que mon fr&#232;re John n'est pas r&#233;el ? Ou que Johnness est la v&#233;rit&#233; ? Pour la conscience sensuelle, tous les mots sont des noms - nous ne pouvons pas exprimer une entit&#233; sensuelle comme pr&#233;vu. Mais est-ce une r&#233;futation dialectique de la r&#233;alit&#233; de la conscience sensible ? Est-il ainsi prouv&#233; que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el ? C'est peut-&#234;tre pour quelqu'un qui est certain d'avance que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el, mais pas pour la conscience sensible ni pour ceux qui occupent son point de vue et devront d'abord &#234;tre convaincus de l'irr&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible et de la r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e. Mon fr&#232;re s'appelle John, ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, Adolphe, mais il y a d'innombrables personnes &#224; c&#244;t&#233; de lui qui portent le m&#234;me nom. S'ensuit-il que mon fr&#232;re John n'est pas r&#233;el ? Ou que Johnness est la v&#233;rit&#233; ? Pour la conscience sensuelle, tous les mots sont des noms - nous ne pouvons pas exprimer une entit&#233; sensuelle comme pr&#233;vu. Mais est-ce une r&#233;futation dialectique de la r&#233;alit&#233; de la conscience sensible ? Est-il ainsi prouv&#233; que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el ? C'est peut-&#234;tre pour quelqu'un qui est certain d'avance que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el, mais pas pour la conscience sensible ni pour ceux qui occupent son point de vue et devront d'abord &#234;tre convaincus de l'irr&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible et de la r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e. Mon fr&#232;re s'appelle John, ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, Adolphe, mais il y a d'innombrables personnes &#224; c&#244;t&#233; de lui qui portent le m&#234;me nom. S'ensuit-il que mon fr&#232;re John n'est pas r&#233;el ? Ou que Johnness est la v&#233;rit&#233; ? Pour la conscience sensuelle, tous les mots sont des noms - &#187; Mais est-ce une r&#233;futation dialectique de la r&#233;alit&#233; de la conscience sensible ? Est-il ainsi prouv&#233; que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el ? C'est peut-&#234;tre pour quelqu'un qui est certain d'avance que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el, mais pas pour la conscience sensible ni pour ceux qui occupent son point de vue et devront d'abord &#234;tre convaincus de l'irr&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible et de la r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e. Mon fr&#232;re s'appelle John, ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, Adolphe, mais il y a d'innombrables personnes &#224; c&#244;t&#233; de lui qui portent le m&#234;me nom. S'ensuit-il que mon fr&#232;re John n'est pas r&#233;el ? Ou que Johnness est la v&#233;rit&#233; ? Pour la conscience sensuelle, tous les mots sont des noms - &#187; Mais est-ce une r&#233;futation dialectique de la r&#233;alit&#233; de la conscience sensible ? Est-il ainsi prouv&#233; que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el ? C'est peut-&#234;tre pour quelqu'un qui est certain d'avance que le g&#233;n&#233;ral est le r&#233;el, mais pas pour la conscience sensible ni pour ceux qui occupent son point de vue et devront d'abord &#234;tre convaincus de l'irr&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible et de la r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e. Mon fr&#232;re s'appelle John, ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, Adolphe, mais il y a d'innombrables personnes &#224; c&#244;t&#233; de lui qui portent le m&#234;me nom. S'ensuit-il que mon fr&#232;re John n'est pas r&#233;el ? Ou que Johnness est la v&#233;rit&#233; ? Pour la conscience sensuelle, tous les mots sont des noms - mais pas pour la conscience sensible ni pour ceux qui occupent son point de vue et devront d'abord &#234;tre convaincus de l'irr&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible et de la r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e. Mon fr&#232;re s'appelle John, ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, Adolphe, mais il y a d'innombrables personnes &#224; c&#244;t&#233; de lui qui portent le m&#234;me nom. S'ensuit-il que mon fr&#232;re John n'est pas r&#233;el ? Ou que Johnness est la v&#233;rit&#233; ? Pour la conscience sensuelle, tous les mots sont des noms - mais pas pour la conscience sensible ni pour ceux qui occupent son point de vue et devront d'abord &#234;tre convaincus de l'irr&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensible et de la r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e. Mon fr&#232;re s'appelle John, ou, si vous pr&#233;f&#233;rez, Adolphe, mais il y a d'innombrables personnes &#224; c&#244;t&#233; de lui qui portent le m&#234;me nom. S'ensuit-il que mon fr&#232;re John n'est pas r&#233;el ? Ou que Johnness est la v&#233;rit&#233; ? Pour la conscience sensuelle, tous les mots sont des noms -nomina propria. Ils sont tout &#224; fait indiff&#233;rents en ce qui concerne la conscience sensible ; ce sont autant de signes par lesquels elle peut atteindre ses objectifs dans les plus brefs d&#233;lais. Ici, la langue n'a pas d'importance. La r&#233;alit&#233; de l'&#234;tre sensuel et particulier est une v&#233;rit&#233; qui porte le sceau de notre sang. Le commandement qui pr&#233;vaut dans la sph&#232;re des sens est : &#338;il pour &#339;il et dent pour dent. Assez de mots, passons aux choses concr&#232;tes ! Montrez-moi de quoi vous parlez ! Pour la conscience sensible, c'est pr&#233;cis&#233;ment le langage qui est irr&#233;el, rien. Comment peut-elle alors se consid&#233;rer comme r&#233;fut&#233;e si l'on fait remarquer qu'une entit&#233; particuli&#232;re ne peut &#234;tre exprim&#233;e dans le langage ? La conscience sensible y voit pr&#233;cis&#233;ment une r&#233;futation du langage mais non une r&#233;futation de la certitude sensible. Et c'est parfaitement justifi&#233; aussi, car sinon nous aurions &#224; nous nourrir de simples mots au lieu des choses de la vie. Le contenu de tout le premier chapitre de la Ph&#233;nom&#233;nologie n'est donc, pour la conscience sensible, que le chou r&#233;chauff&#233; de Stilpon le M&#233;garien - mais en sens inverse. Ce n'est qu'un jeu verbal dans lequel la pens&#233;e d&#233;j&#224; certaine d'elle-m&#234;me comme v&#233;rit&#233; joue avec la conscience naturelle. La conscience, cependant, ne se laisse pas confondre ; elle tient fermement &#224; la r&#233;alit&#233; des choses individuelles. Pourquoi juste le &#171; ici &#187; et non &#171; ce qui est ici &#187; ? Pourquoi juste le &#171; maintenant &#187; et non &#171; ce qui est maintenant &#187; ? De cette fa&#231;on, l'&#171; ici &#187; et le &#171; maintenant &#187; ne deviendront jamais un &#171; ici &#187; m&#233;diatis&#233; et g&#233;n&#233;ral, un &#171; maintenant &#187; m&#233;diatis&#233; et g&#233;n&#233;ral pour la conscience sensible ou pour nous qui en sommes les avocats et souhaitons &#234;tre convaincus de quelque chose de mieux et de mieux. diff&#233;rent. Aujourd'hui c'est maintenant, mais demain c'est encore maintenant, et c'est toujours compl&#232;tement le m&#234;me inchang&#233; et incorrigible maintenant qu'hier. Ici c'est un arbre, l&#224; une maison, mais quand l&#224;, je dis encore &#171; ici &#187; ; le &#171; ici &#187; reste toujours le vieux &#171; partout &#187; et &#171; nulle part &#187;. Un &#234;tre sensuel, un &#171; ceci &#187;, passe, mais vient &#224; sa place un autre &#234;tre qui est &#233;galement un &#171; ceci &#187;. Certes, la nature r&#233;fute cet individu, mais elle se corrige bient&#244;t. Il r&#233;fute la r&#233;futation en ce qu'il met un autre individu &#224; la place du pr&#233;c&#233;dent. Ainsi, pour la conscience sensible, c'est l'&#234;tre sensible qui dure et ne change pas. le &#171; ici &#187; reste toujours le vieux &#171; partout &#187; et &#171; nulle part &#187;. Un &#234;tre sensuel, un &#171; ceci &#187;, passe, mais vient &#224; sa place un autre &#234;tre qui est &#233;galement un &#171; ceci &#187;. Certes, la nature r&#233;fute cet individu, mais elle se corrige bient&#244;t. Il r&#233;fute la r&#233;futation en ce qu'il met un autre individu &#224; la place du pr&#233;c&#233;dent. Ainsi, pour la conscience sensible, c'est l'&#234;tre sensible qui dure et ne change pas. le &#171; ici &#187; reste toujours le vieux &#171; partout &#187; et &#171; nulle part &#187;. Un &#234;tre sensuel, un &#171; ceci &#187;, passe, mais vient &#224; sa place un autre &#234;tre qui est &#233;galement un &#171; ceci &#187;. Certes, la nature r&#233;fute cet individu, mais elle se corrige bient&#244;t. Il r&#233;fute la r&#233;futation en ce qu'il met un autre individu &#224; la place du pr&#233;c&#233;dent. Ainsi, pour la conscience sensible, c'est l'&#234;tre sensible qui dure et ne change pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me contradiction imm&#233;diate, le m&#234;me conflit que nous rencontrons au d&#233;but de la Logique nous confronte maintenant au d&#233;but de la Ph&#233;nom&#233;nologie &#8211; le conflit entre l'&#234;tre comme objet de la Ph&#233;nom&#233;nologie et l'&#234;tre comme objet de la conscience sensible. Le &#171; ici &#187; de la Ph&#233;nom&#233;nologie n'est en rien diff&#233;rent d'un autre &#171; ici &#187; car il est en fait g&#233;n&#233;ral. Mais le vrai &#171; ici &#187; se distingue d'un autre &#171; ici &#187; d'une mani&#232;re r&#233;elle ; c'est un &#034;ici&#034; exclusif. &#171; Ce &#171; ici &#187; est, par exemple, un arbre. Je me retourne et cette v&#233;rit&#233; a disparu. Cela peut bien s&#251;r arriver dans la Ph&#233;nom&#233;nologie o&#249; se retourner ne co&#251;te qu'un petit mot. Mais, en r&#233;alit&#233;, l&#224; o&#249; je dois retourner mon corps lourd, le &#171; ici &#187; s'av&#232;re &#234;tre une chose bien r&#233;elle m&#234;me derri&#232;re mon dos. L'arbre d&#233;limite mon dos et m'exclut de la place qu'il occupe d&#233;j&#224;. Hegel ne r&#233;fute pas l'&#171; ici &#187; qui fait l'objet de la conscience sensible ; c'est-&#224;-dire un objet pour nous distinct de la pens&#233;e pure. Il ne r&#233;fute que le &#171; ici &#187; logique, le &#171; maintenant &#187; logique. Il r&#233;fute l'id&#233;e de &#171; cet &#234;tre &#187;,haecceitas. Il montre le mensonge d'un &#234;tre individuel en tant qu'il est d&#233;termin&#233; comme r&#233;alit&#233; (th&#233;orique) dans l'imagination. La Ph&#233;nom&#233;nologie n'est rien d'autre qu'une Logique ph&#233;nom&#233;nologique. Ce n'est qu'&#224; ce point de vue que le chapitre sur la certitude sensible peut &#234;tre excus&#233;. Cependant, pr&#233;cis&#233;ment parce que Hegel ne s'est pas vraiment plong&#233; dans la conscience sensible, n'y a pas r&#233;fl&#233;chi, car selon lui la conscience sensible est un objet au sens d'un objet de conscience de soi ou de pens&#233;e ; parce que la conscience de soi n'est que l'ext&#233;riorisation de la pens&#233;e dans la certitude de soi de la pens&#233;e ; ainsi la Ph&#233;nom&#233;nologie ou la Logique &#8211; toutes deux ont la m&#234;me chose en commun &#8211; commence par elle-m&#234;me comme son propre pr&#233;suppos&#233; imm&#233;diat, et donc par une contradiction sans m&#233;diation, &#224; savoir par une rupture absolue avec la conscience sensible. 'Car cela commence, comme nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;, non pas avec &#171; l'&#234;tre-autre &#187; de la pens&#233;e, mais avec l'id&#233;e de &#171; l'&#234;tre-autre &#187; de la pens&#233;e. D&#232;s lors, la pens&#233;e est naturellement certaine d'avance de sa victoire sur son adversaire. D'o&#249; l'humour avec lequel la pens&#233;e tire la jambe de la conscience sensuelle. Mais cela montre aussi que la pens&#233;e n'a pas su r&#233;futer son adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendamment de la signification de la Ph&#233;nom&#233;nologie, Hegel est parti, comme on l'a d&#233;j&#224; dit, du postulat de l'Identit&#233; Absolue d&#232;s les premiers d&#233;buts de son activit&#233; philosophique. L'id&#233;e d'Identit&#233; Absolue, ou d'Absolu, n'&#233;tait pour lui qu'une v&#233;rit&#233; objective. Ce n'&#233;tait pas seulement une v&#233;rit&#233; pour lui, mais la v&#233;rit&#233; absolue, l'Id&#233;e Absolue elle-m&#234;me - absolue, c'est-&#224;-dire au-del&#224; de tout doute et au-dessus de toute critique et scepticisme. Mais l'id&#233;e d'Absolu n'&#233;tait, selon son sens positif, en m&#234;me temps que l'id&#233;e d'objectivit&#233; par opposition &#224; l'id&#233;e de subjectivit&#233;, comme dans la philosophie kantienne et ficht&#233;enne. Pour cette raison, nous devons comprendre la philosophie de Schelling non pas comme une philosophie &#171; absolue &#187; &#8211; comme elle l'&#233;tait pour ses adh&#233;rents &#8211; mais comme l'antith&#232;se de la philosophie critique. Comme nous le savons, Schelling voulait au d&#233;but aller dans une direction oppos&#233;e &#224; l'id&#233;alisme. Sa philosophie naturelle &#233;tait en fait un id&#233;alisme invers&#233; au d&#233;but, ce qui signifie qu'une transition de ce dernier &#224; celui-l&#224; n'&#233;tait pas difficile. Le philosophe id&#233;aliste voit aussi la vie et la raison dans la nature, mais il entend par l&#224; sa propre vie et sa propre raison. Ce qu'il voit dans la nature, c'est ce qu'il y met ; ce qu'il donne &#224; la nature est donc ce qu'il reprend en lui &#8211; la nature est ego objectiv&#233;, ou esprit se regardant comme sa propre ext&#233;riorisation. L'id&#233;alisme signifiait donc d&#233;j&#224; l'unit&#233; du sujet et de l'objet, de l'esprit et de la nature, mais avec l'implication que dans cette unit&#233; la nature n'avait qu'un statut d'objet ; c'est-&#224;-dire de quelque chose pos&#233; par l'esprit. Le probl&#232;me &#233;tait donc seulement pour lib&#233;rer la nature de l'esclavage auquel le philosophe id&#233;aliste l'avait soumise en l'encha&#238;nant &#224; son propre moi, pour lui redonner une existence ind&#233;pendante afin de lui donner le sens qu'elle a re&#231;u dans la philosophie de la nature. L'id&#233;aliste a dit &#224; la nature : &#171; Tu es mon alter ego &#187;, alors qu'il n'a mis l'accent que sur l'ego, de sorte que ce qu'il voulait dire en r&#233;alit&#233; &#233;tait : &#171; Tu es un &#233;coulement, une image r&#233;fl&#233;chie de moi-m&#234;me, mais rien de particulier juste par toi-m&#234;me. &#187; Le philosophe de la nature disait la m&#234;me chose, mais il insistait sur &#171; l'alter &#187; : &#171; Certes, la nature est votre ego, mais votre autre ego, donc r&#233;el en soi et distinct de vous. C'est pourquoi la signification de l'identit&#233; de l'esprit et de la nature &#233;tait &#233;galement purement id&#233;aliste au d&#233;but. &#034;La nature n'est que l'organisme visible de notre intellect&#034; (Schelling, dans l'Introduction au projet de syst&#232;me de la philosophie de la nature.) &#034;L'organisme n'est lui-m&#234;me qu'un mode de perception de l'intellect.&#034; (Schelling, dans Le syst&#232;me de l'id&#233;alisme transcendantal.) &#171; Il est &#233;vident que l'ego se construit en construisant la mati&#232;re... . Ce produit &#8211; la mati&#232;re &#8211; est donc tout &#224; fait une construction par le moi, mais pas pour un moi encore identique &#224; la mati&#232;re. (Ibid.) &#034;La nature sera l'esprit visible, et l'esprit, la nature invisible.&#034; (Schelling, dans l'Introduction aux id&#233;es pour une philosophie de la nature.) La philosophie de la nature &#233;tait cens&#233;e ne partir que de ce qui est objectif, mais en m&#234;me temps arriver au m&#234;me r&#233;sultat auquel l'id&#233;alisme est arriv&#233; par lui-m&#234;me. &#034;La tendance n&#233;cessaire de toute science naturelle est d'arriver &#224; l'intellect &#224; partir de la nature.&#034; (Schelling, dans Le syst&#232;me de l'id&#233;alisme transcendantal.) &#171; La t&#226;che de la philosophie de la nature est de montrer la primaut&#233; de l'objectif et d'en tirer le subjectif ! Toute philosophie doit s'efforcer soit de produire l'intellect &#224; partir de la nature, soit la nature &#224; partir de l'intellect &#187; (Ibid.). l'id&#233;alisme s'&#233;tait dit a priori. La seule diff&#233;rence entre les deux r&#233;side dans le cours suivi, dans la m&#233;thode. Pourtant, &#224; la base du cours contraire, il y avait une intuition contraire, ou du moins elle devait &#233;merger in&#233;luctablement de ce cours contraire. Il fallait bien que la nature re&#231;&#251;t &#8203;&#8203;ainsi un sens pour elle-m&#234;me. L'objet &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;gag&#233; des limites de l'id&#233;alisme subjectif dans la mesure o&#249; il &#233;tait aussi pos&#233; comme objet d'une science particuli&#232;re. Si ce n'est en soi, la nature n'est pourtant pas quelque chose de d&#233;riv&#233; ou de pos&#233; pour les sciences naturelles, mais plut&#244;t quelque chose de primaire et d'ind&#233;pendant. De cette fa&#231;on, la nature a re&#231;u un sens qui s'oppose &#224; l'id&#233;alisme de Fichte. Mais m&#234;me ainsi, le sens que la nature avait dans et pour l'id&#233;alisme - c'est-&#224;-dire un sens diam&#233;tralement oppos&#233; au sens de la nature dans la philosophie de la nature - devait conserver sa validit&#233; comme si de rien n'&#233;tait, et l'id&#233;alisme devait continuer &#224; exister. intact et avec tous ses droits et pr&#233;tentions. Par cons&#233;quent,[4]Pour la philosophie de la nature c'est la nature seule qui existe, comme pour l'id&#233;alisme ce n'est que l'esprit. Pour l'id&#233;alisme, la nature n'est qu'objet et accident, mais pour la philosophie de la nature, elle est substance, c'est-&#224;-dire &#224; la fois sujet et objet, ce que seule l'intelligence dans le cadre de l'id&#233;alisme pr&#233;tend &#234;tre. Cependant, deux v&#233;rit&#233;s, deux &#171; Absolus &#187;, est une contradiction. Comment sortir de ce conflit entre une philosophie de la nature qui nie l'id&#233;alisme et un id&#233;alisme qui nie la philosophie de la nature ? Seulement en transformant le pr&#233;dicat o&#249; les deux concourent en sujet &#8211; ce serait alors l'Absolu ou ce qui est purement et simplement ind&#233;pendant &#8211; et le sujet en pr&#233;dicat. En d'autres termes, l'Absolu est nature et esprit. L'esprit et la nature ne sont que des pr&#233;dicats, des d&#233;terminations, des formes d'une seule et m&#234;me chose ; &#224; savoir, de l'Absolu. Mais qu'est-ce donc que l'Absolu ? Rien d'autre que ce &#171; et &#187;, c'est-&#224;-dire l'unit&#233; de l'esprit et de la nature. Mais progressons-nous vraiment dans cette d&#233;marche ? N'avions-nous pas d&#233;j&#224; cette unit&#233; dans la notion de nature ? Car la philosophie de la nature est une science non pas d'un objet qui s'oppose au &#171; je &#187;, mais d'un objet qui est lui-m&#234;me &#224; la fois sujet et objet &#8211; la philosophie de la nature est en m&#234;me temps id&#233;alisme. De plus, le lien entre les notions de sujet et d'objet au sein de la notion de nature &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le d&#233;passement de la s&#233;paration - op&#233;r&#233;e par l'id&#233;alisme - entre l'esprit et le non-esprit, d'o&#249; le d&#233;passement de la s&#233;paration de la nature et de l'esprit. Par quoi donc l'Absolu se distingue-t-il de la nature ? L'Absolu est l'Identit&#233; Absolue, le sujet-objet absolu, tandis que l'esprit est le sujet-objet subjectif. Oh, quel &#233;clat ! Et quelle surprise ! Du coup, nous nous retrouvons au point de vue du dualisme id&#233;aliste : nous privons la nature en m&#234;me temps de ce que nous lui donnons. La nature est le sujet-objet avec le plus de l'objectivit&#233;. Cela signifie que la notion positive de nature &#8211; &#224; condition que le plus nous donne une notion selon laquelle la nature n'est pas suspendue dans le vide de l'Absolu, mais reste nature &#8211; est celle de l'objectivit&#233; ; et de m&#234;me la notion d'esprit &#8211; en tant qu'elle est esprit &#8211; n'est pas une entit&#233; vague et sans nom, mais la notion de subjectivit&#233; en tant que le plus de la subjectivit&#233; en constitue le trait distinctif. Mais sommes-nous plus intelligents pour cette approche que nous ne l'&#233;tions initialement ? Ne devons-nous pas porter &#224; nouveau la m&#234;me vieille croix de la subjectivit&#233; et de l'objectivit&#233; ? Si l'Absolu est maintenant connu, c'est-&#224;-dire s'il est amen&#233; des t&#233;n&#232;bres de l'ind&#233;termination absolue o&#249; il n'est qu'un objet d'imagination et de fantasme &#224; la lumi&#232;re de la notion, alors il est connu soit comme esprit, soit comme nature. Il n'y a donc pas de science de l'Absolu comme tel, mais soit la science de l'Absolu comme nature, soit celle de l'Absolu comme esprit ; c'est-&#224;-dire soit la philosophie de la nature, soit celle de l'id&#233;alisme, ou si les deux ensemble, alors seulement de telle mani&#232;re que la philosophie de la nature n'est que la philosophie de l'Absolu en tant que nature, tandis que l'id&#233;alisme n'est que la philosophie de l'Absolu en tant qu'esprit. Mais si l'objet de la philosophie de la nature est l'Absolu en tant que nature, alors la notion positive n'est plus que la notion de nature, ce qui veut dire que le pr&#233;dicat redevient le sujet et le sujet &#8211; l'Absolu &#8211; devient un pr&#233;dicat vague et d&#233;nu&#233; de sens. Je pourrais donc tout aussi bien supprimer l'Absolu de la philosophie de la nature, car l'Absolu s'applique &#233;galement &#224; l'esprit comme &#224; la nature ; autant &#224; un objet particulier qu'&#224; un autre objet oppos&#233; ; autant &#224; la lumi&#232;re qu'&#224; la gravit&#233;. Dans la notion de nature, l'Absolu comme pure ind&#233;termination, comme autant &#224; un objet particulier qu'&#224; un autre objet oppos&#233; ; autant &#224; la lumi&#232;re qu'&#224; la gravit&#233;. Dans la notion de nature, l'Absolu comme pure ind&#233;termination, comme autant &#224; un objet particulier qu'&#224; un autre objet oppos&#233; ; autant &#224; la lumi&#232;re qu'&#224; la gravit&#233;. Dans la notion de nature, l'Absolu comme pure ind&#233;termination, commenihil negativum , dispara&#238;t pour moi, ou si je suis incapable de le bannir de ma t&#234;te, la cons&#233;quence est que la nature s'&#233;vanouit devant l'Absolu. C'est aussi la raison pour laquelle la philosophie de la nature n'est parvenue qu'&#224; des d&#233;terminations &#233;vanescentes et &#224; des diff&#233;rences qui ne sont en v&#233;rit&#233; qu'imaginaires, que des id&#233;es de distinctions mais non des d&#233;terminations r&#233;elles de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que la signification positive de la philosophie de Schelling r&#233;side uniquement dans sa philosophie de la nature par rapport &#224; l'id&#233;alisme limit&#233; de Fichte, qui ne conna&#238;t qu'un rapport n&#233;gatif &#224; la nature. Il n'est donc pas n&#233;cessaire de s'&#233;tonner que l'initiateur de la philosophie de la nature ne pr&#233;sente l'Absolu que sous son c&#244;t&#233; r&#233;el, car la pr&#233;sentation de l'Absolu sous son c&#244;t&#233; id&#233;al s'&#233;tait d&#233;j&#224; produite dans le ficht&#233;isme avant la philosophie de la nature. Bien s&#251;r, la philosophie de l'identit&#233; a restitu&#233; une unit&#233; perdue, mais non en objectivant cette unit&#233; comme l'Absolu, ou comme une entit&#233; commune et pourtant distincte de la nature et de l'esprit - car ainsi entendu, l'Absolu n'&#233;tait qu'un b&#226;tard entre l'id&#233;alisme et l'esprit. philosophie de la nature,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en ne se contentant pas de rejeter l'id&#233;alisme subjectif - c'&#233;tait son aboutissement positif - et en voulant acqu&#233;rir elle-m&#234;me le caract&#232;re de philosophie absolue, ce qui impliquait une m&#233;connaissance de ses limites, la philosophie de la nature en vint &#224; s'opposer m&#234;me &#224; ce qui &#233;tait positif dans l'id&#233;alisme. Kant s'est engag&#233; dans une contradiction &#8211; quelque chose qui lui est n&#233;cessaire mais qui ne peut &#234;tre discut&#233; ici &#8211; dans la mesure o&#249; il m&#233;conna&#238;t les limites affirmatives et rationnelles de la raison en les prenant pour des fronti&#232;res. Les fronti&#232;res sont des limites arbitraires qui sont amovibles et ne devraient pas &#234;tre l&#224;. La philosophie de l'identit&#233; a m&#234;me rejet&#233; les limites positives de la raison et de la philosophie avec ces limites. L'unit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre qu'elle pr&#233;tendait r&#233;aliser n'&#233;tait que l'unit&#233; de la pens&#233;e et de l'imagination. La philosophie est maintenant devenue belle, po&#233;tique, &#233;mouvant, romantique, mais aussi transcendant, superstitieux et absolument non critique. La condition m&#234;me de toute critique &#8211; la distinction entre &#171; subjectif &#187; et &#171; objectif &#187; &#8211; s'est ainsi &#233;vapor&#233;e. Discerner et d&#233;terminer la pens&#233;e en vint &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une activit&#233; finie et n&#233;gative. Il n'est donc pas &#233;tonnant que la philosophie de l'identit&#233; ait finalement succomb&#233;, irr&#233;sistiblement et sans esprit critique, au mysticisme du Cordonnier de G&#246;rlitz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le contexte de cette philosophie que la propre philosophie de Hegel a commenc&#233;, m&#234;me si Hegel n'&#233;tait en aucun cas un disciple li&#233; &#224; l'initiateur de cette philosophie. Au contraire, ils &#233;taient amis. Hegel a restaur&#233; la philosophie en la sauvant du domaine de l'imagination. Un h&#233;g&#233;lien applique avec une parfaite justification &#224; Hegel ce qu'Aristote remarquait d'Anaxagore ; &#224; savoir qu'il (Anaxagore), comme l'un des ivrognes, &#233;tait le seul penseur sobre parmi les philosophes de la nature. Avec Hegel, l'unit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre acquiert un sens rationnel, qui n'est cependant pas &#224; l'abri de la critique. Le principe de Hegel est l'esprit pensant. Il a incorpor&#233; &#224; la philosophie l'&#233;l&#233;ment dans lequel le rationalisme a son &#234;tre ; &#224; savoir, l'intellect. Malgr&#233; l'assurance du contraire, l'intellect, tant en fait qu'en ce qui concerne sa propre r&#233;alit&#233;, &#233;tait exclu de l'id&#233;e de l'Absolu ; chez Hegel, elle est devenue un moment de l'Absolu lui-m&#234;me. L'expression m&#233;taphysique de cet &#233;tat de choses est l'affirmation que le n&#233;gatif, l'autre ou ce qui est objet de r&#233;flexion, doit &#234;tre con&#231;u non seulement comme n&#233;gatif et fini, mais aussi comme positif et essentiel. Il y a donc un &#233;l&#233;ment n&#233;gatif et critique chez Hegel m&#234;me si ce qui d&#233;termine vraiment sa pens&#233;e, c'est l'id&#233;e de l'Absolu. Bien qu'il ait reconnu que l'Absolu manquait d'intellect ou de principe de forme - les deux sont pour lui une seule et m&#234;me chose - et bien qu'il ait en fait d&#233;fini l'Absolu diff&#233;remment de Schelling en lui attribuant le principe de forme, &#233;levant ainsi la forme au niveau de l'essence , il n'en reste pas moins que pour Hegel la forme - et cela est d'ailleurs n&#233;cessairement inclus dans sa notion - signifie &#224; la fois quelque chose de formel, et l'intellect signifie encore quelque chose de n&#233;gatif. On supposait que le contenu de la philosophie de l'Absolu &#233;tait vrai, sp&#233;culatif et profond ; il ne manquait plus que la forme de la notion. La notion &#8211; forme ou intellect &#8211; &#233;tait pos&#233;e comme essentielle dans la mesure o&#249; son absence signifiait un d&#233;faut. Cependant, ce d&#233;faut ne doit &#234;tre qu'une affaire de forme si le contenu a &#233;t&#233; suppos&#233; vrai - on y voit la preuve de ce que nous avons dit plus haut de la m&#233;thode de Hegel. Cela signifie que la philosophie ne s'int&#233;resse qu'&#224; la notion ou &#224; la forme. Le contenu &#8211; m&#234;me s'il est &#224; produire int&#233;rieurement par l'activit&#233; propre de la philosophie en tant qu'il est contenu dans la forme de la notion &#8211; est toujours donn&#233; : L'affaire de la philosophie est uniquement de l'appr&#233;hender en distinguant de fa&#231;on critique l'essentiel du non-essentiel ou de ce qu'apporte la forme particuli&#232;re de l'intuition ou de la sensualit&#233;. La philosophie chez Hegel n'a donc pas de sens g&#233;n&#233;tique-critique, bien qu'elle ait certainement un sens critique. Une philosophie g&#233;n&#233;tico-critique est celle qui ne d&#233;montre pas ou n'appr&#233;hende pas dogmatiquement un objet donn&#233; par la perception &#8211; car ce que dit Hegel s'applique inconditionnellement aux objets donn&#233;s imm&#233;diatement, c'est-&#224;-dire ceux qui sont absolument r&#233;els et donn&#233;s par la nature &#8211; mais examine son origine ; qui se demande si un objet est un objet r&#233;el, seulement une id&#233;e, ou juste un ph&#233;nom&#232;ne psychologique ; qui, enfin, distingue avec la plus grande rigueur ce qui est subjectif et ce qui est objectif. La philosophie g&#233;n&#233;tique-critique s'int&#233;resse principalement &#224; ces choses qui sont autrement appel&#233;es causes secondaires. En effet, sa relation avec la philosophie absolue - qui transforme les processus psychologiques subjectifs et les besoins sp&#233;culatifs, par exemple, le processus de Jakob B&#246;hme &#224; travers lequel Dieu est m&#233;diatis&#233;, en processus de l'Absolu - est, pour illustrer par analogie, la m&#234;me que la relation de ce vision th&#233;ologique de la nature qui consid&#232;re les com&#232;tes ou d'autres ph&#233;nom&#232;nes &#233;tranges comme l'&#339;uvre imm&#233;diate de Dieu &#224; la vision purement physicienne ou philosophique naturelle qui voit, par exemple, la cause de la noix de galle dans la piq&#251;re innocente d'un insecte plut&#244;t que de la regarder, comme le fait la th&#233;ologie, comme signe de l'existence du Diable en tant qu'&#234;tre personnel. La philosophie h&#233;g&#233;lienne est, uniquement, un mysticisme rationnel. Elle fascine donc dans la m&#234;me mesure qu'elle repousse. Les &#226;mes mystico-sp&#233;culatives, pour qui c'est une contradiction insupportable de voir le mystique uni au rationnel, trouvent cela r&#233;pugnant parce qu'elles trouvent la notion d&#233;cevante, et destructrice de la fascination mystique m&#234;me qu'elles ch&#233;rissent. Elle est &#233;galement r&#233;pugnante pour les t&#234;tes rationnelles qui trouvent en horreur l'union du rationnel et du mystique. L'unit&#233; du subjectif et de l'objectif telle qu'&#233;nonc&#233;e et plac&#233;e au sommet de la philosophie par Schelling, unit&#233; encore fondamentale chez Hegel bien que plac&#233;e par lui &#8211; mais seulement selon la forme &#8211; &#224; la bonne place ; c'est-&#224;-dire &#224; la fin de la philosophie comme R&#233;sultat. Cette unit&#233; est un principe &#224; la fois st&#233;rile et nuisible car elle &#233;limine la distinction entre &#171; subjectif &#187; et &#171; objectif &#187; m&#234;me dans le cas des particuliers, et rend futile la pens&#233;e g&#233;n&#233;tico-critique, voire nie la question m&#234;me de la v&#233;rit&#233;. Si Hegel a con&#231;u ces id&#233;es qui n'expriment que des besoins subjectifs comme v&#233;rit&#233; objective, c'est parce qu'il n'est pas remont&#233; &#224; la source et &#224; la n&#233;cessit&#233; de ces id&#233;es. Ce qu'il a pris pour r&#233;el se r&#233;v&#232;le, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, &#234;tre d'une nature hautement douteuse. Il a rendu primaire ce qui est secondaire, soit en ignorant ce qui est vraiment primaire, soit en le rejetant comme quelque chose de subordonn&#233;. Et il a d&#233;montr&#233; que ce qui n'est que particulier, ce qui n'est que relativement rationnel, est le rationnel en soi et pour soi. Ainsi, par suite de l'absence d'un mode d'enqu&#234;te g&#233;n&#233;tico-critique, on voit le n&#233;ant &#8211; conception extr&#234;mement proche de l'id&#233;e d'Absolu &#8211; jouer son r&#244;le d&#232;s le d&#233;but de la Logique. Mais qu'est-ce que ce n&#233;ant ? &#034;Par l'ombre d'Aristote !&#034; Le n&#233;ant est ce qui est absolument d&#233;pourvu de pens&#233;e et de raison.[5] Le n&#233;ant ne peut pas du tout &#234;tre pens&#233;, car penser, c'est d&#233;terminer, comme le dit Hegel lui-m&#234;me. Si le n&#233;ant &#233;tait con&#231;u, il viendrait &#224; &#234;tre d&#233;termin&#233;, et donc ce ne serait plus le n&#233;ant. Comme on l'a dit avec justesse, du non-essentiel il n'y a pas de connaissance. [6]On appelle n&#233;ant ce &#224; quoi aucun concept ne correspond (Wolf). La pens&#233;e ne peut penser que ce qui est parce que la pens&#233;e est elle-m&#234;me un essentiel, une activit&#233; r&#233;elle. Les philosophes pa&#239;ens ont &#233;t&#233; critiqu&#233;s pour ne pas &#234;tre capables de surmonter l'&#233;ternit&#233; de la mati&#232;re et du monde. Cependant, pour eux, la mati&#232;re signifiait &#234;tre ; c'&#233;tait l'expression sensuelle de l'&#234;tre. Ce qu'on leur reproche, c'est d'avoir fait usage de la pens&#233;e. Mais les chr&#233;tiens ont-ils vraiment aboli l'&#233;ternit&#233; ? c'est-&#224;-dire la r&#233;alit&#233; de l'&#234;tre ? Ils n'ont fait que le placer dans un &#234;tre particulier, dans l'&#234;tre de Dieu qu'ils consid&#233;raient comme son propre fondement et comme &#233;tant sans commencement. La pens&#233;e ne peut jamais aller au-del&#224; de l'&#234;tre, parce qu'elle ne peut pas aller au-del&#224; d'elle-m&#234;me ; parce que la raison ne consiste qu'&#224; poser l'&#234;tre ; car seulement tel ou tel &#234;tre, mais pas la gen&#232;se de l'&#234;tre lui-m&#234;me, peut &#234;tre pens&#233;. L'activit&#233; de penser s'authentifie comme activit&#233; fond&#233;e et r&#233;elle pr&#233;cis&#233;ment par le fait que sa premi&#232;re et derni&#232;re notion est celle d'&#234;tre sans commencement. Le n&#233;ant augustinien, qui appara&#238;t si impressionnant et si profond aux penseurs sp&#233;culatifs pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il n'y a rien derri&#232;re lui, n'est qu'une expression de l'arbitraire absolu et de l'irr&#233;flexion. Cela revient &#224; dire que je ne puis concevoir d'autre fondement du monde que l'arbitraire absolu ; c'est-&#224;-dire que je ne peux pas concevoir d'autre motif que pas de motif du tout, sauf comme un simple acte de volont&#233; vide. Mais dans un simple acte de volont&#233; la raison dispara&#238;t et je n'avance pas quelque chose qui pourrait &#234;tre un objet de pens&#233;e, qui pourrait s'appeler un fondement ; ce que je dis n'est rien. Par cons&#233;quent, tout ce que j'exprime est ma propre ignorance, mon propre arbitraire. Le n&#233;ant est une auto-tromperie absolue, un proton pseudos, le mensonge absolu en soi. La pens&#233;e du n&#233;ant est une pens&#233;e qui se contredit. Celui qui pense le n&#233;ant ne pense pr&#233;cis&#233;ment rien. Le n&#233;ant est la n&#233;gation de la pens&#233;e ; elle ne peut donc &#234;tre pens&#233;e que dans la mesure o&#249; elle est transform&#233;e en quelque chose. Au moment o&#249; le n&#233;ant est pens&#233;, il n'est pas non plus pens&#233;, car je pense aussi le contraire du n&#233;ant. &#034;Le n&#233;ant est une simple similitude avec lui-m&#234;me.&#034; Oh vraiment ? Mais la simplicit&#233; et la m&#234;met&#233; ne sont-elles donc pas de v&#233;ritables d&#233;terminations ? Est-ce que je pense vraiment au n&#233;ant quand je pense &#224; la simple similitude ? Ne nie-je donc pas le n&#233;ant au moment o&#249; je le pose ? &#171; Le n&#233;ant est une vacuit&#233; compl&#232;te, une absence compl&#232;te de d&#233;termination et de contenu, une indiff&#233;renciation compl&#232;te en soi. &#034; Quoi ? Le n&#233;ant est-il indiff&#233;renci&#233; en soi ? Est-ce que je ne pose donc pas quelque chose dans le n&#233;ant exactement de la m&#234;me mani&#232;re que le n&#233;ant danscr&#233;ation ex nihiloest pos&#233; comme quasi-mati&#232;re dans la mesure o&#249; le monde est suppos&#233; &#234;tre cr&#233;&#233; &#224; partir du n&#233;ant ? Puis-je alors parler de n&#233;ant sans me contredire ? Le n&#233;ant est la vacuit&#233; compl&#232;te. Mais qu'est-ce que la vacuit&#233; ? La vacuit&#233; est l&#224; o&#249; il n'y a rien, mais en m&#234;me temps l&#224; o&#249; il devrait y avoir ou peut &#234;tre quelque chose. En d'autres termes, la vacuit&#233; est l'expression de la capacit&#233;. Or cela ferait du n&#233;ant une entit&#233;, et une entit&#233; dont la capacit&#233; &#224; contenir est la plus grande. Mais vous dites que c'est absolument sans d&#233;termination et sans contenu. Cependant, je ne peux pas penser &#224; quelque chose qui manque de toute d&#233;termination et de tout contenu, car il est impossible d'avoir une notion de quelque chose qui manque de toute d&#233;termination. En utilisant le mot &#171; manque &#187;, j'exprime le fait qu'il manque quelque chose, qu'il s'agit d'un d&#233;faut. Cela veut dire que je pense que le contenu et la d&#233;termination sont premiers parce qu'ils sont positifs, ou, en d'autres termes, que je pense le n&#233;ant &#224; travers quelque chose qui n'est pas le n&#233;ant. Je mets le n&#233;ant en relation avec ce qui est plein de contenu. Mais cela veut aussi dire que l&#224; o&#249; je mets les choses en relation les unes par rapport aux autres, je pose en m&#234;me temps des d&#233;terminations. La pens&#233;e est une activit&#233; d&#233;termin&#233;e, c'est-&#224;-dire affirmative, &#224; tel point que ce qui est absolument ind&#233;termin&#233; devient quelque chose de d&#233;termin&#233; d&#232;s qu'on le pense ; qu'&#224; travers l'acte m&#234;me de la pens&#233;e, l'id&#233;e du n&#233;ant se r&#233;v&#232;le directement comme non-pens&#233;e, comme une pens&#233;e fausse, comme quelque chose qui ne peut tout simplement pas &#234;tre pens&#233;. S'il &#233;tait vraiment possible de penser le n&#233;ant, la distinction entre raison et d&#233;raison, pens&#233;e et non-pens&#233;e dispara&#238;trait. Dans ce cas, il serait possible de penser et de justifier tout et n'importe quoi, m&#234;me la plus grande impossibilit&#233; et le non-sens. Cela explique aussi pourquoi les fantasmes les plus insens&#233;s et les thaumaturges les plus saugrenus ont pu prosp&#233;rer tant que l'id&#233;e d'unla creatio ex nihilo &#233;tait tenue pour vraie, car elle d&#233;coulait naturellement de l'id&#233;e du n&#233;ant qui, en tant qu'autorit&#233; sanctifi&#233;e, &#233;tait &#224; la t&#234;te de la cr&#233;ation. Le n&#233;ant est la limite de la raison. Un disciple de Kant interpr&#233;terait bien s&#251;r cette limite &#8211; comme toutes les autres limites &#8211; dans le sens de la limitation de la raison. Or le n&#233;ant est une limite rationnelle, une limite que la raison elle-m&#234;me s'impose et qui exprime son essence et sa r&#233;alit&#233; car le n&#233;ant n'est que l'absence de toute raison. S'il &#233;tait possible &#224; la raison de penser le n&#233;ant, elle aurait alors pris cong&#233; d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant &#171; il existe une diff&#233;rence selon que quelque chose ou rien est intuitif ou pens&#233;. Par cons&#233;quent, pressentir ou penser que le n&#233;ant a un sens ; elle est l&#224; dans notre intuition ou pens&#233;e, ou plut&#244;t c'est la pens&#233;e vide ou l'intuition elle-m&#234;me. Cependant, la pens&#233;e vaine n'est pas du tout une pens&#233;e. La pens&#233;e vaine est un non-sens, une pens&#233;e seulement imagin&#233;e, mais qui n'existe pas r&#233;ellement. Si penser devait avoir un sens &#8211; et un sens qu'il a s&#251;rement ; c'est-&#224;-dire celle de n'&#234;tre aucune pens&#233;e &#8211; et, en effet, telle qu'elle conf&#232;re une objectivit&#233; au n&#233;ant, alors la connaissance du n&#233;ant doit aussi signifier la connaissance. Et donc, si je disais d'une personne ignorante qu'elle ne sait rien, je serais ouvert &#224; la r&#233;plique que je lui attribue n&#233;anmoins un savoir : que la personne concern&#233;e ne sait rien signifie qu'elle n'est pas ignorante. Le n&#233;ant est ici une expression courte et r&#233;v&#233;latrice faute de rigueur, de comp&#233;tence, de rationalit&#233;, de flou, etc. Elle a le m&#234;me niveau s&#233;mantique que dans la proposition suivante : Ce qui se contredit n'est rien. Rien n'a ici qu'un sens tautologique. Ce que je dis, c'est que le sujet de la proposition est auto-contradictoire, auto-r&#233;futant, irrationnel. Ici rien n'a qu'un sens linguistique. Cependant, on pourrait encore objecter que &#171; malgr&#233; tout, le n&#233;ant a son existence dans le m&#233;dium de la pens&#233;e et de l'imagination. D'o&#249; l'affirmation que le n&#233;ant, bien qu'existant dans la pens&#233;e et l'imagination, n'a pas d'existence r&#233;elle ; ce qu'elle est, ne se trouve que dans la pens&#233;e et l'imagination. Certes, il se produit dans notre pens&#233;e et notre imagination, mais doit-il pour cela avoir une place dans la Logique ? Un fant&#244;me, aussi, peut &#234;tre imagin&#233; par nous, mais figure-t-il pour cela comme un &#234;tre r&#233;el en psychologie ? Bien s&#251;r, il a sa place dans la discussion philosophique, mais uniquement parce que la philosophie doit s'interroger sur l'origine de la croyance aux fant&#244;mes. Et qu'est-ce apr&#232;s tout que le n&#233;ant sinon un fant&#244;me qui hante l'imagination sp&#233;culative ? C'est une id&#233;e qui n'est pas une id&#233;e, une pens&#233;e qui n'est pas une pens&#233;e, tout comme un fant&#244;me est un &#234;tre qui n'est pas un &#234;tre, un corps qui n'est pas un corps. Et, apr&#232;s tout, le n&#233;ant ne doit-il pas son existence aux t&#233;n&#232;bres, comme un fant&#244;me ? L'id&#233;e d'obscurit&#233; n'est-elle pas la m&#234;me chose pour la conscience sensible que l'id&#233;e de n&#233;ant pour la conscience abstraite ? Hegel lui-m&#234;me dit : &#171; Le n&#233;ant est ici la pure absence de l'&#234;tre - mais seulement parce que la philosophie doit s'interroger sur l'origine de la croyance aux fant&#244;mes. Et qu'est-ce apr&#232;s tout que le n&#233;ant sinon un fant&#244;me qui hante l'imagination sp&#233;culative ? C'est une id&#233;e qui n'est pas une id&#233;e, une pens&#233;e qui n'est pas une pens&#233;e, tout comme un fant&#244;me est un &#234;tre qui n'est pas un &#234;tre, un corps qui n'est pas un corps. Et, apr&#232;s tout, le n&#233;ant ne doit-il pas son existence aux t&#233;n&#232;bres, comme un fant&#244;me ? L'id&#233;e d'obscurit&#233; n'est-elle pas la m&#234;me chose pour la conscience sensible que l'id&#233;e de n&#233;ant pour la conscience abstraite ? Hegel lui-m&#234;me dit : &#171; Le n&#233;ant est ici la pure absence de l'&#234;tre - mais seulement parce que la philosophie doit s'interroger sur l'origine de la croyance aux fant&#244;mes. Et qu'est-ce apr&#232;s tout que le n&#233;ant sinon un fant&#244;me qui hante l'imagination sp&#233;culative ? C'est une id&#233;e qui n'est pas une id&#233;e, une pens&#233;e qui n'est pas une pens&#233;e, tout comme un fant&#244;me est un &#234;tre qui n'est pas un &#234;tre, un corps qui n'est pas un corps. Et, apr&#232;s tout, le n&#233;ant ne doit-il pas son existence aux t&#233;n&#232;bres, comme un fant&#244;me ? L'id&#233;e d'obscurit&#233; n'est-elle pas la m&#234;me chose pour la conscience sensible que l'id&#233;e de n&#233;ant pour la conscience abstraite ? Hegel lui-m&#234;me dit : &#171; Le n&#233;ant est ici la pure absence de l'&#234;tre - le n&#233;ant ne doit-il pas son existence aux t&#233;n&#232;bres, comme un fant&#244;me ? L'id&#233;e d'obscurit&#233; n'est-elle pas la m&#234;me chose pour la conscience sensible que l'id&#233;e de n&#233;ant pour la conscience abstraite ? Hegel lui-m&#234;me dit : &#171; Le n&#233;ant est ici la pure absence de l'&#234;tre - le n&#233;ant ne doit-il pas son existence aux t&#233;n&#232;bres, comme un fant&#244;me ? L'id&#233;e d'obscurit&#233; n'est-elle pas la m&#234;me chose pour la conscience sensible que l'id&#233;e de n&#233;ant pour la conscience abstraite ? Hegel lui-m&#234;me dit : &#171; Le n&#233;ant est ici la pure absence de l'&#234;tre -nihil privativum&#8211; comme l'obscurit&#233; est l'absence de lumi&#232;re. C'est-&#224;-dire qu'on conc&#232;de ici une affinit&#233; entre l'obscurit&#233; et le n&#233;ant, affinit&#233; qui se manifeste dans le fait que l'&#339;il est aussi peu capable de percevoir l'obscurit&#233; que l'intellect est capable de penser le n&#233;ant. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette affinit&#233; indubitable entre les deux qui nous conduit &#224; reconna&#238;tre leur origine commune. Le n&#233;ant, comme contraire de l'&#234;tre, est un produit de l'imagination orientale qui con&#231;oit ce qui n'a pas d'&#234;tre comme ayant de l'&#234;tre ; qui oppose la mort &#224; la vie comme principe rationnel autonome ; qui oppose l'obscurit&#233; &#224; la lumi&#232;re comme si elle n'&#233;tait pas seulement la pure absence de lumi&#232;re mais quelque chose de positif en soi. Ainsi, l'obscurit&#233; en tant qu'entit&#233; oppos&#233;e &#224; la lumi&#232;re a autant ou aussi peu de r&#233;alit&#233; que le n&#233;ant a oppos&#233; &#224; l'&#234;tre - en effet, il y a une base beaucoup moins rationnelle pour sa r&#233;alit&#233;. Mais les t&#233;n&#232;bres ne sont substantialis&#233;es que l&#224; o&#249; l'homme n'est pas encore capable de faire la distinction entre ce qui est subjectif et ce qui est objectif ; o&#249; il fait de ses impressions et sentiments subjectifs des qualit&#233;s objectives, o&#249; l'horizon de sa puissance id&#233;ationnelle est tr&#232;s limit&#233;, o&#249; son propre point de vue local lui appara&#238;t comme le point de vue du monde ou de l'univers lui-m&#234;me, et o&#249;, par cons&#233;quent, la disparition de la lumi&#232;re lui appara&#238;t comme un mouvement r&#233;el et l'obscurit&#233; comme la descente de la source de la lumi&#232;re elle-m&#234;me - c'est-&#224;-dire le soleil - et, enfin, o&#249; il peut donc s'expliquer le ph&#233;nom&#232;ne de &#034;l'assombrissement&#034; en supposant l'existence d'un &#234;tre particulier hostile &#224; la lumi&#232;re et qu'il croit &#233;galement impliqu&#233;, sous la forme d'un dragon ou d'un serpent, en lutte avec l'&#234;tre de lumi&#232;re comme lors d'une &#233;clipse solaire. Cependant, l'id&#233;e de l'obscurit&#233; en tant qu'&#234;tre d&#233;fini et hostile &#224; la lumi&#232;re n'a sa source que dans l'obscurit&#233; de l'intellect : cette obscurit&#233; n'existe que dans l'imagination. Dans la nature, il n'y a pas de v&#233;ritable antith&#232;se de la lumi&#232;re. La mati&#232;re en elle-m&#234;me n'est pas t&#233;n&#232;bres, mais plut&#244;t ce qui est illuminable, ou ce qui n'est pas illumin&#233; uniquement pour elle-m&#234;me. La lumi&#232;re, pour reprendre des termes scolastiques, n'est que la r&#233;alit&#233; ( ou ce qui n'est illumin&#233; que pour lui-m&#234;me. La lumi&#232;re, pour reprendre des termes scolastiques, n'est que la r&#233;alit&#233; ( ou ce qui n'est illumin&#233; que pour lui-m&#234;me. La lumi&#232;re, pour reprendre des termes scolastiques, n'est que la r&#233;alit&#233; (actus ) d'une possibilit&#233; ( potentia) qui r&#233;side dans la mati&#232;re elle-m&#234;me. Par cons&#233;quent, toute obscurit&#233; n'est que relative. M&#234;me la densit&#233; n'est pas antinomique &#224; la lumi&#232;re. Ind&#233;pendamment de la densit&#233; des diamants et des cristaux transparents, il existe des corps qui, m&#234;me rendus denses &#8211; le papier enduit d'huile, par exemple &#8211; deviennent transparents. M&#234;me les corps les plus denses et les plus sombres deviennent transparents s'ils sont coup&#233;s en fines lamelles. Bien s&#251;r, il n'existe pas de corps absolument transparent, mais cela repose - sans tenir compte des circonstances empiriques qui l'accompagnent - sur le &#034;soi&#034; d'un corps et est tout aussi naturel que le fait qu'une seule et m&#234;me pens&#233;e soit modifi&#233;e dans les esprits. des diff&#233;rentes personnes qui s'en emparent. Ce changement repose sur leur ind&#233;pendance et leur autoactivit&#233;. Cependant, cette auto-activit&#233; ne signifie pas, pour autant, exprimer une opposition &#224; l'activit&#233; de l'&#234;tre qui communique et d&#233;voile ses pens&#233;es. Il en est de l'id&#233;e du n&#233;ant comme de la conception zoroastrienne de la nuit. Le n&#233;ant n'est que la limite impos&#233;e &#224; la pens&#233;e humaine ; elle n'&#233;mane pas de la pens&#233;e, mais plut&#244;t de la non-pens&#233;e. Le n&#233;ant n'est rien ; c'est tout ce qu'on peut en dire. D&#232;s lors le n&#233;ant constitue sa propre r&#233;futation. Seul le fantasme est responsable de faire du n&#233;ant une substance, mais seulement en m&#233;tamorphosant le n&#233;ant en un &#234;tre fantomatique sans &#234;tre. On peut donc dire que Hegel n'a pas enqu&#234;t&#233; sur la gen&#232;se du n&#233;ant, l'acceptant ainsi &#224; sa juste valeur. Au vu de l'analyse du sens du n&#233;ant qui vient d'&#234;tre donn&#233;e,[7]Au contraire, il tombe dans un domaine d&#233;fini - la relation de l'individu &#224; l'&#234;tre g&#233;n&#233;ral - de l'individu imaginant et r&#233;fl&#233;chissant &#224; l'esp&#232;ce. L'esp&#232;ce est indiff&#233;rente &#224; l'individu. L'individu r&#233;fl&#233;chissant porte en lui la conscience de l'esp&#232;ce, ce qui signifie qu'il peut transcender son &#171; maintenant-&#234;tre &#187;, le consid&#233;rer comme sans cons&#233;quence et anticiper par l'imagination un &#171; non-&#234;tre &#187; en opposition &#224; son &#171; maintenant-&#234;tre &#187;. &#187; &#8211; &#171; ne pas &#234;tre &#187; n'a de sens qu'en tant qu'oppos&#233; imaginaire de &#171; maintenant &#234;tre &#187;. Un homme peut se dire : &#171; Qu'est-ce que je vaux ? Quel sens y a-t-il &#224; la vie ? Quoi dans la mort ? Qui va se soucier de savoir si j'existe ou non ? Et, une fois que je suis mort, je suis de toute fa&#231;on sans douleur et sans conscience. Le non-&#234;tre est ici pris, et dot&#233; d'une existence ind&#233;pendante, comme un &#233;tat de pure apathie et de non-sensibilit&#233;. L'unit&#233; de l'&#234;tre et du n&#233;ant n'a de sens positif que comme indiff&#233;rence de l'esp&#232;ce ou de la conscience de l'esp&#232;ce envers l'individu particulier. Or l'opposition m&#234;me entre l'&#234;tre et le n&#233;ant n'existe que dans l'imagination, car l'&#234;tre, bien s&#251;r, existe dans la r&#233;alit&#233; - ou plut&#244;t c'est le r&#233;el lui-m&#234;me - mais le n&#233;ant, le non-&#234;tre, n'existe que dans l'imagination et la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, de m&#234;me qu'il en est du n&#233;ant dans la Logique, il en est de m&#234;me d'autres mati&#232;res dans la philosophie de Hegel. Hegel a ignor&#233; &#8211; et non pas par hasard, mais plut&#244;t en cons&#233;quence de l'esprit de la philosophie sp&#233;culative allemande depuis Kant et Fichte &#8211; les causes secondes (qui sont cependant tr&#232;s souvent les causes premi&#232;res et ne sont vraiment saisies que lorsqu'elles sont saisies non seulement empiriquement , mais aussi m&#233;taphysiquement, c'est-&#224;-dire philosophiquement) avec les fondements naturels et les causes des choses qui forment les principes fondamentaux de la philosophie g&#233;n&#233;tique-critique. Des extr&#234;mes d'un subjectivisme hypercritique, nous sommes, dans la philosophie de Hegel, pr&#233;cipit&#233;s dans les extr&#234;mes d'un objectivisme acritique. Bien s&#251;r, les mani&#232;res naturelles et psychologiques d'expliquer les choses aux d&#233;buts de la philosophie &#233;taient superficielles, mais seulement parce qu'on n'a pas vu la logique dans la psychologie, la m&#233;taphysique dans la physique et la raison dans la nature. Si, au contraire, la nature est entendue comme il faut l'entendre &#8211; en tant que raison objective &#8211; alors c'est le seul canon aussi vrai de la philosophie que de l'art. Lele summum bonum de l'art est la forme humaine (prise non seulement dans le sens le plus &#233;troit, mais aussi dans le sens de la po&#233;sie) ; le summum du bonusde la philosophie est l'&#234;tre humain. La forme humaine ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme limit&#233;e et finie, car m&#234;me s'il en &#233;tait ainsi, l'esprit artistique-cr&#233;ateur pourrait facilement supprimer les limites et en &#233;voquer une forme sup&#233;rieure. La forme humaine est plut&#244;t le genre des multiples esp&#232;ces animales ; il n'existe plus comme esp&#232;ce chez l'homme, mais comme genre. L'&#234;tre de l'homme n'est plus un &#234;tre particulier et subjectif, mais un &#234;tre universel, car l'homme a l'univers entier comme objet de sa pulsion de connaissance. Et seul un &#234;tre cosmopolite peut avoir le cosmos pour objet. Il est vrai que les astres ne sont pas l'objet d'une perception sensorielle imm&#233;diate, mais ils ob&#233;issent aux m&#234;mes lois que nous. Toute sp&#233;culation qui irait plut&#244;t au-del&#224; de la nature et de l'homme est donc vaine - aussi vaine que le genre d'art qui voudrait nous donner quelque chose de plus &#233;lev&#233; que la forme humaine, mais ne nous donne que des distorsions. Futile aussi est la philosophie sp&#233;culative qui s'est &#233;lev&#233;e contre Hegel et qui est en vogue aujourd'hui &#8211; la philosophie sp&#233;culative des positivistes. Car au lieu d'aller au-del&#224; de Hegel, elle a en fait recul&#233; loin derri&#232;re Hegel dans la mesure o&#249; elle n'a pas saisi pr&#233;cis&#233;ment les directions les plus significatives sugg&#233;r&#233;es par Hegel et ses pr&#233;d&#233;cesseurs, Kant et Fichte, &#224; leur mani&#232;re propre. La philosophie est la science de la r&#233;alit&#233; dans sa v&#233;rit&#233; et sa totalit&#233;. Or, la r&#233;alit&#233; englobante et englobante est la nature (prise au sens le plus universel du terme). Les secrets les plus profonds se trouvent dans les choses naturelles les plus simples, mais, languissant d'un Au-del&#224;, le fantasme sp&#233;culatif les foule sous ses pieds. La seule source de salut r&#233;side dans un retour &#224; la nature. Il est faux de consid&#233;rer la nature comme contraire &#224; la libert&#233; &#233;thique. La nature a construit non seulement le petit atelier de l'estomac, mais aussi le temple du cerveau. Elle nous a donn&#233; non seulement une langue dont les papilles correspondent aux villosit&#233;s intestinales, mais aussi des oreilles enchant&#233;es par l'harmonie des sons et des yeux que seul l'&#234;tre c&#233;leste et g&#233;n&#233;reux de lumi&#232;re ravit. La nature ne s'oppose qu'&#224; la libert&#233; fantastique et non rationnelle. Chaque verre de vin que nous buvons un trop grand nombre est une preuve bien path&#233;tique et m&#234;me itin&#233;rante que le servilisme des passions enrage le sang ; une preuve que le grec sophrosyne est tout &#224; fait conforme &#224; la nature. Comme on le sait, la maxime des sto&#239;ciens &#8211; et je veux dire des sto&#239;ciens rigoureux, ces &#233;pouvantails des moralistes chr&#233;tiens &#8211; &#233;tait : Vivre en conformit&#233; avec la nature. La nature a construit non seulement le petit atelier de l'estomac, mais aussi le temple du cerveau. Elle nous a donn&#233; non seulement une langue dont les papilles correspondent aux villosit&#233;s intestinales, mais aussi des oreilles enchant&#233;es par l'harmonie des sons et des yeux que seul l'&#234;tre c&#233;leste et g&#233;n&#233;reux de lumi&#232;re ravit. La nature ne s'oppose qu'&#224; la libert&#233; fantastique et non rationnelle. Chaque verre de vin que nous buvons un trop grand nombre est une preuve bien path&#233;tique et m&#234;me itin&#233;rante que le servilisme des passions enrage le sang ; une preuve que le grec sophrosyne est tout &#224; fait conforme &#224; la nature. Comme on le sait, la maxime des sto&#239;ciens &#8211; et je veux dire des sto&#239;ciens rigoureux, ces &#233;pouvantails des moralistes chr&#233;tiens &#8211; &#233;tait : Vivre en conformit&#233; avec la nature. La nature a construit non seulement le petit atelier de l'estomac, mais aussi le temple du cerveau. Elle nous a donn&#233; non seulement une langue dont les papilles correspondent aux villosit&#233;s intestinales, mais aussi des oreilles enchant&#233;es par l'harmonie des sons et des yeux que seul l'&#234;tre c&#233;leste et g&#233;n&#233;reux de lumi&#232;re ravit. La nature ne s'oppose qu'&#224; la libert&#233; fantastique et non rationnelle. Chaque verre de vin que nous buvons un trop grand nombre est une preuve bien path&#233;tique et m&#234;me itin&#233;rante que le servilisme des passions enrage le sang ; une preuve que le grec sophrosyne est tout &#224; fait conforme &#224; la nature. Comme on le sait, la maxime des sto&#239;ciens &#8211; et je veux dire des sto&#239;ciens rigoureux, ces &#233;pouvantails des moralistes chr&#233;tiens &#8211; &#233;tait : Vivre en conformit&#233; avec la nature. mais aussi des oreilles enchant&#233;es par l'harmonie des sons et des yeux que seul l'&#234;tre c&#233;leste et g&#233;n&#233;reux de lumi&#232;re ravit. La nature ne s'oppose qu'&#224; la libert&#233; fantastique et non rationnelle. Chaque verre de vin que nous buvons un trop grand nombre est une preuve bien path&#233;tique et m&#234;me itin&#233;rante que le servilisme des passions enrage le sang ; une preuve que le grec sophrosyne est tout &#224; fait conforme &#224; la nature. Comme on le sait, la maxime des sto&#239;ciens &#8211; et je veux dire des sto&#239;ciens rigoureux, ces &#233;pouvantails des moralistes chr&#233;tiens &#8211; &#233;tait : Vivre en conformit&#233; avec la nature. mais aussi des oreilles enchant&#233;es par l'harmonie des sons et des yeux que seul l'&#234;tre c&#233;leste et g&#233;n&#233;reux de lumi&#232;re ravit. La nature ne s'oppose qu'&#224; la libert&#233; fantastique et non rationnelle. Chaque verre de vin que nous buvons un trop grand nombre est une preuve bien path&#233;tique et m&#234;me itin&#233;rante que le servilisme des passions enrage le sang ; une preuve que le grec sophrosyne est tout &#224; fait conforme &#224; la nature. Comme on le sait, la maxime des sto&#239;ciens &#8211; et je veux dire des sto&#239;ciens rigoureux, ces &#233;pouvantails des moralistes chr&#233;tiens &#8211; &#233;tait : Vivre en conformit&#233; avec la nature. Chaque verre de vin que nous buvons un trop grand nombre est une preuve bien path&#233;tique et m&#234;me itin&#233;rante que le servilisme des passions enrage le sang ; une preuve que le grec sophrosyne est tout &#224; fait conforme &#224; la nature. Comme on le sait, la maxime des sto&#239;ciens &#8211; et je veux dire des sto&#239;ciens rigoureux, ces &#233;pouvantails des moralistes chr&#233;tiens &#8211; &#233;tait : Vivre en conformit&#233; avec la nature. Chaque verre de vin que nous buvons un trop grand nombre est une preuve bien path&#233;tique et m&#234;me itin&#233;rante que le servilisme des passions enrage le sang ; une preuve que le grec sophrosyne est tout &#224; fait conforme &#224; la nature. Comme on le sait, la maxime des sto&#239;ciens &#8211; et je veux dire des sto&#239;ciens rigoureux, ces &#233;pouvantails des moralistes chr&#233;tiens &#8211; &#233;tait : Vivre en conformit&#233; avec la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
REMARQUES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Par cons&#233;quent, les soi-disant formes de jugements et de conclusions logiques ne sont pas des formes actives de pens&#233;e, ni des relations causales de la raison. Ils pr&#233;supposent les concepts m&#233;taphysiques de g&#233;n&#233;ralit&#233;, de particularit&#233;, d'individualit&#233;, de tout et de partie, de n&#233;cessit&#233;, de cause et d'effet. Ils ne sont pens&#233;s qu'&#224; travers ces concepts ; donc, en tant que formes de pens&#233;e, elles sont pos&#233;es, d&#233;riv&#233;es et non originales. Seules les relations m&#233;taphysiques sont logiques ; seule la m&#233;taphysique, en tant que science des cat&#233;gories, est la v&#233;ritable logique &#233;sot&#233;rique. C'est l'intuition profonde de Hegel. Les formes dites logiques ne sont que des formes abstraites et &#233;l&#233;mentaires du langage ; mais la parole n'est pas pens&#233;e, car autrement le plus grand bavard serait le plus grand penseur. Ce que nous appelons normalement pens&#233;e n'est que la traduction dans un idiome compr&#233;hensible pour nous d'un auteur tr&#232;s dou&#233; mais plus ou moins inconnu et difficile &#224; comprendre. Les formes dites logiques n'ont leur validit&#233; que dans cette traduction, pas dans l'original. Ils n'appartiennent donc pas &#224; &#171; l'optique &#187;, mais seulement &#224; la &#171; dioptrie &#187; [appartenant &#224; l'usage des instruments d'optique. Tr.] de l'esprit, domaine bien s&#251;r encore m&#233;connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.Ce que le terme &#171; pr&#233;sentation &#187; connote ici est le m&#234;me que &#171; position &#187; dans la philosophie de Hegel. Par exemple, le concept est d&#233;j&#224; un jugement, mais pas encore pos&#233; comme tel ; de m&#234;me, le jugement est en lui-m&#234;me une conclusion, mais non pos&#233;, non r&#233;alis&#233;, comme tel. Ce qui pr&#233;c&#232;de suppose ce qui succ&#232;de, mais le premier doit n&#233;anmoins &#233;merger comme soi et pour soi, afin que le second, qui en r&#233;alit&#233; est ant&#233;rieur, puisse &#224; nouveau &#234;tre pos&#233; pour soi. En cons&#233;quence de cette m&#233;thode, Hegel donne &#233;galement un statut ind&#233;pendant &#224; des d&#233;terminations qui n'ont pas de r&#233;alit&#233; en elles-m&#234;mes. C'est ce qui arrive dans le cas d'&#234;tre au d&#233;but de la Logique. Quel autre sens peut avoir l'&#234;tre que celui de r&#233;el, &#234;tre r&#233;el ? Qu'est-ce donc que le concept d'&#234;tre suppos&#233; &#234;tre distinct du concept d'existence et de r&#233;alit&#233; ? Il en va de m&#234;me pour les formes des jugements et des syllogismes, qui, en tant que relations logiques particuli&#232;res, re&#231;oivent chez Hegel un caract&#232;re ind&#233;pendant. Ainsi, les jugements affirmatif et n&#233;gatif sont cens&#233;s exprimer une relation particuli&#232;re ; &#224; savoir celle de l'imm&#233;diatet&#233;, tandis que les jugements singuliers, particuliers et universels sont cens&#233;s exprimer le rapport de r&#233;flexion. Mais toutes ces diff&#233;rentes formes de jugements ne sont que des modes de parole empiriques qu'il faut ramener &#224; un jugement o&#249; le pr&#233;dicat contient la diff&#233;rence essentielle, la nature, l'esp&#232;ce du sujet avant de pouvoir exprimer une relation logique. Il en va de m&#234;me pour le jugement assertif et probl&#233;matique. Pour que le jugement inh&#233;rent au concept puisse &#234;tre pos&#233;, il faut aussi que ces formes soient pos&#233;es comme des &#233;tapes particuli&#232;res, et que le jugement assertif soit encore un jugement imm&#233;diat. Mais quelle sorte de relation logique doit &#234;tre &#224; la base de ces formes de jugements ? Cela n'est-il pas &#224; la base du sujet qui porte des jugements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Il y a bien s&#251;r une rupture in&#233;luctable qui r&#233;side dans la nature de la science en tant que telle ; cependant, il n'est pas n&#233;cessaire qu'il s'agisse d'une rupture imm&#233;diate. Elle est m&#233;diatis&#233;e par la philosophie par le fait qu'elle se produit &#224; partir de la non-philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La philosophie h&#233;g&#233;lienne, elle aussi, ne peut &#234;tre correctement connue, appr&#233;ci&#233;e et jug&#233;e que si l'on se rend compte que, nonobstant le fait qu'elle a formellement incorpor&#233; le ficht&#233;anisme en elle-m&#234;me, elle constitue l'antith&#232;se du kantisme et du ficht&#233;isme dans son contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Hegel d&#233;signe le n&#233;ant comme privatif de la pens&#233;e. &#034;D&#233;j&#224; au niveau de l'existence, le n&#233;ant sans pens&#233;e devient un facteur limitant.&#034; Logique, Vol. III, p. 94.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Voir aussi Analytica Posteriora d'Aristote , Bk. II, ch. 7, &#167;2, et Livre. I, &#167; 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Dans la philosophie grecque, l'opposition entre &#234;tre et non-&#234;tre est &#233;videmment une expression abstraite de l'opposition entre affirmation et n&#233;gation, entre r&#233;alit&#233; et irr&#233;alit&#233; au sens de v&#233;rit&#233; et de non-v&#233;rit&#233;. Au moins dans le Sophiste de Platon cette opposition n'a &#233;videmment d'autre sens que l'opposition entre v&#233;rit&#233; et contrev&#233;rit&#233;. Ainsi, le concept central, autour duquel tourne tout le dialogue, est le concept de diff&#233;rence ; car l&#224; o&#249; il n'y a pas de diff&#233;rence, il n'y a pas non plus de v&#233;rit&#233; ; o&#249; tout peut &#234;tre vrai sans distinction, comme chez les sophistes, rien n'est vrai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les fondements de la philosophie de Hegel par Herbert Marcuse</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7167</link>
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		<dc:date>2024-10-31T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les fondements de la philosophie de Hegel &lt;br class='autobr' /&gt;
par Herbert Marcuse &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Le cadre socio-historique &lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;alisme ALLEMAND a &#233;t&#233; appel&#233; la th&#233;orie de la R&#233;volution fran&#231;aise. Cela n'implique pas que Kant, Fichte, Schelling et Hegel aient fourni une interpr&#233;tation th&#233;orique de la R&#233;volution fran&#231;aise, mais qu'ils aient &#233;crit leur philosophie en grande partie en r&#233;ponse au d&#233;fi de la France de r&#233;organiser l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; sur une base rationnelle, de sorte que les institutions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les fondements de la philosophie de Hegel
&lt;p&gt;par Herbert Marcuse&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le cadre socio-historique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme ALLEMAND a &#233;t&#233; appel&#233; la th&#233;orie de la R&#233;volution fran&#231;aise. Cela n'implique pas que Kant, Fichte, Schelling et Hegel aient fourni une interpr&#233;tation th&#233;orique de la R&#233;volution fran&#231;aise, mais qu'ils aient &#233;crit leur philosophie en grande partie en r&#233;ponse au d&#233;fi de la France de r&#233;organiser l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; sur une base rationnelle, de sorte que les institutions sociales et politiques peuvent s'accorder avec la libert&#233; et l'int&#233;r&#234;t de l'individu. Malgr&#233; leur critique acerbe de la Terreur, les id&#233;alistes allemands ont unanimement salu&#233; la r&#233;volution, l'appelant l'aube d'une nouvelle &#232;re, et ils ont tous li&#233; leurs principes philosophiques de base aux id&#233;aux qu'elle avan&#231;ait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de la R&#233;volution fran&#231;aise apparaissent ainsi au c&#339;ur m&#234;me des syst&#232;mes id&#233;alistes et d&#233;terminent en grande partie leur structure conceptuelle. Aux yeux des id&#233;alistes allemands, la R&#233;volution fran&#231;aise a non seulement aboli l'absolutisme f&#233;odal en le rempla&#231;ant par le syst&#232;me &#233;conomique et politique de la classe moyenne, mais elle a compl&#233;t&#233; ce que la R&#233;forme allemande avait commenc&#233;, en &#233;mancipant l'individu en tant que ma&#238;tre autonome de sa vie. vie. La position de l'homme dans le monde, le mode de son travail et de sa jouissance ne devaient plus d&#233;pendre d'une quelconque autorit&#233; ext&#233;rieure, mais de sa libre activit&#233; rationnelle. L'homme avait d&#233;pass&#233; la longue p&#233;riode d'immaturit&#233; durant laquelle il avait &#233;t&#233; victime de forces naturelles et sociales &#233;crasantes, et &#233;tait devenu le sujet autonome de son propre d&#233;veloppement. D&#233;sormais, la lutte avec la nature et avec l'organisation sociale devait &#234;tre guid&#233;e par ses propres progr&#232;s dans la connaissance. Le monde devait &#234;tre un ordre de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;aux de la R&#233;volution fran&#231;aise ont trouv&#233; leur place dans les processus du capitalisme industriel. L'empire napol&#233;onien liquida les tendances radicales et consolida en m&#234;me temps les cons&#233;quences &#233;conomiques de la r&#233;volution. Les philosophes fran&#231;ais de l'&#233;poque interpr&#233;taient la r&#233;alisation de la raison comme la lib&#233;ration de l'industrie. L'expansion de la production industrielle semblait capable de fournir tous les moyens n&#233;cessaires pour satisfaire les besoins humains. Ainsi, en m&#234;me temps que Hegel &#233;laborait son syst&#232;me, Saint-Simon en France exaltait l'industrie comme seule puissance capable de conduire l'humanit&#233; vers une soci&#233;t&#233; libre et rationnelle. Le processus &#233;conomique appara&#238;t comme le fondement de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement &#233;conomique de l'Allemagne &#233;tait loin derri&#232;re celui de la France et de l'Angleterre. La bourgeoisie allemande, faible et dispers&#233;e sur de nombreux territoires aux int&#233;r&#234;ts divergents, pouvait difficilement envisager une r&#233;volution. Les quelques entreprises industrielles qui existaient n'&#233;taient que de petites &#238;les au sein d'un syst&#232;me f&#233;odal prolong&#233;. L'individu dans son existence sociale &#233;tait soit esclave, soit esclave de ses semblables. En tant qu'&#234;tre pensant, cependant, il pouvait au moins comprendre le contraste entre la r&#233;alit&#233; mis&#233;rable qui existait partout et les potentialit&#233;s humaines que la nouvelle &#233;poque avait &#233;mancip&#233;es ; et en tant que personne morale, il pouvait, du moins dans sa vie priv&#233;e, pr&#233;server la dignit&#233; et l'autonomie humaines. Ainsi, alors que la R&#233;volution fran&#231;aise avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; affirmer la r&#233;alit&#233; de la libert&#233;, L'id&#233;alisme allemand ne s'en occupait qu'&#224; l'id&#233;e. Les efforts historiques concrets pour &#233;tablir une forme rationnelle de soci&#233;t&#233; sont ici transpos&#233;s sur le plan philosophique et apparaissent dans les efforts d'&#233;laboration de la notion de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de raison est au c&#339;ur de la philosophie de Hegel. Il soutenait que la pens&#233;e philosophique ne pr&#233;suppose rien au-del&#224;, que l'histoire traite de la raison et de la raison seule, et que l'&#201;tat est la r&#233;alisation de la raison. Ces affirmations seront cependant compr&#233;hensibles tant que la raison sera interpr&#233;t&#233;e comme un pur concept m&#233;taphysique, car l'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la raison a conserv&#233;, bien que sous une forme id&#233;aliste, les aspirations mat&#233;rielles &#224; un ordre de vie libre et rationnel. La d&#233;ification de la raison par Robespierre en &#202;tre supr&#234;meest le pendant de la glorification de la raison dans le syst&#232;me de Hegel. Le noyau de la philosophie de Hegel est une structure dont les concepts &#8211; libert&#233;, esprit sujet, notion &#8211; sont d&#233;riv&#233;s de l'id&#233;e de raison. Si nous ne parvenons pas &#224; d&#233;voiler le contenu de ces id&#233;es et la connexion intrins&#232;que entre elles, le syst&#232;me de Hegel appara&#238;tra comme une m&#233;taphysique obscure, ce qu'il n'a jamais &#233;t&#233; en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel lui-m&#234;me a li&#233; son concept de raison &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise, et l'a fait avec la plus grande insistance. La r&#233;volution avait exig&#233; que &#171; rien ne soit reconnu comme valable dans une constitution, sauf ce qui doit &#234;tre reconnu selon le droit de la raison &#187;. Hegel a d&#233;velopp&#233; cette interpr&#233;tation dans ses cours sur la Philosophie de l'histoire : &#171; Jamais depuis que le soleil s'&#233;tait tenu au firmament et que les plan&#232;tes tournaient autour de lui, on n'avait per&#231;u que l'existence de l'homme se centre dans sa t&#234;te, c'est-&#224;-dire dans la Pens&#233;e, inspir&#233;e par laquelle il construit le monde de la r&#233;alit&#233;. Anaxagore avait &#233;t&#233; le premier &#224; dire que No&#251;s gouverne le Monde ; mais ce n'est que maintenant que l'homme s'est avanc&#233; jusqu'&#224; la reconnaissance du principe que la Pens&#233;e doit gouverner la r&#233;alit&#233; spirituelle. Ce fut donc une aube mentale glorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, le tournant d&#233;cisif que l'histoire a pris avec la R&#233;volution fran&#231;aise, c'est que l'homme en est venu &#224; s'appuyer sur son esprit et a os&#233; soumettre la r&#233;alit&#233; donn&#233;e aux normes de la raison. Hegel expose le nouveau d&#233;veloppement &#224; travers un contraste entre un emploi de la raison et une conformit&#233; non critique aux conditions de vie dominantes. &#171; Rien n'est raison qui ne soit le r&#233;sultat de la pens&#233;e. L'homme a entrepris d'organiser la r&#233;alit&#233; selon les exigences de sa libre pens&#233;e rationnelle au lieu de simplement accommoder ses pens&#233;es &#224; l'ordre existant et aux valeurs dominantes. L'homme est un &#234;tre pensant. Sa raison lui permet de reconna&#238;tre ses propres potentialit&#233;s et celles de son monde. Il n'est donc pas &#224; la merci des faits qui l'entourent, mais est capable de les soumettre &#224; une norme sup&#233;rieure, celle de la raison. S'il suit son exemple, il arrivera &#224; certaines conceptions qui r&#233;v&#232;lent que la raison est antagoniste &#224; l'&#233;tat de choses existant. Il peut trouver que l'histoire est une lutte constante pour la libert&#233;, que l'individualit&#233; de l'homme exige qu'il poss&#232;de la propri&#233;t&#233; comme moyen de son &#233;panouissement, et que tous les hommes ont un droit &#233;gal &#224; d&#233;velopper leurs facult&#233;s humaines. En fait, cependant, la servitude et l'in&#233;galit&#233; pr&#233;valent ; la plupart des hommes n'ont aucune libert&#233; et sont priv&#233;s de leur dernier morceau de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, la r&#233;alit&#233; &#171; d&#233;raisonnable &#187; doit &#234;tre modifi&#233;e jusqu'&#224; ce qu'elle devienne conforme &#224; la raison. Dans le cas donn&#233;, l'ordre social existant doit &#234;tre r&#233;organis&#233;, l'absolutisme et les restes du f&#233;odalisme doivent &#234;tre abolis, la libre concurrence doit &#234;tre &#233;tablie, tous doivent &#234;tre rendus &#233;gaux devant la loi, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, la R&#233;volution fran&#231;aise a &#233;nonc&#233; le pouvoir ultime de la raison sur la r&#233;alit&#233;. (Il r&#233;sume cela en disant que le principe de la R&#233;volution fran&#231;aise affirmait que la pens&#233;e devait gouverner la r&#233;alit&#233;. Les implications impliqu&#233;es dans cette d&#233;claration m&#232;nent au centre m&#234;me de sa philosophie. La pens&#233;e doit gouverner la r&#233;alit&#233;. Ce que les hommes pensent &#234;tre vrai, Le bien et le bien doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;s dans l'organisation r&#233;elle de leur vie sociale et individuelle. Toutefois, la pens&#233;e varie d'un individu &#224; l'autre, et la diversit&#233; des opinions individuelles qui en r&#233;sulte ne peut fournir un principe directeur pour l'organisation commune de la vie. &#192; moins que l'homme ne poss&#232;de des concepts. et des principes de pens&#233;e qui d&#233;notent des conditions et des normes universellement valables, sa pens&#233;e ne peut pr&#233;tendre gouverner la r&#233;alit&#233;.Conform&#233;ment &#224; la tradition de la philosophie occidentale, Hegel croit que de tels concepts et principes objectifs existent. Leur totalit&#233;, il l'appelle raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophies des Lumi&#232;res fran&#231;aises et de leurs successeurs r&#233;volutionnaires posaient toutes la raison comme une force historique objective qui, une fois lib&#233;r&#233;e des cha&#238;nes du despotisme, ferait du monde un lieu de progr&#232;s et de bonheur. Ils soutenaient que &#171; la puissance de la raison, et non la force des armes, propagera les principes de notre glorieuse r&#233;volution &#187;. De par sa propre puissance, la raison triompherait de l'irrationalit&#233; sociale et renverserait les oppresseurs de l'humanit&#233;. &#171; Toutes les fictions disparaissent devant la v&#233;rit&#233;, et toutes les folies tombent devant la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication, cependant, que la raison se manifestera imm&#233;diatement dans la pratique est un dogme non soutenu par le cours de l'histoire. Hegel croyait au pouvoir invincible de la raison autant que Robespierre. &#171; Cette facult&#233; que l'homme peut appeler sienne, &#233;lev&#233;e au-dessus de la mort et de la d&#233;cadence. ... est capable de prendre des d&#233;cisions par lui-m&#234;me. Elle s'annonce comme raison. Son &#233;laboration de lois ne d&#233;pend de rien d'autre, et elle ne peut prendre ses normes d'aucune autre autorit&#233; sur terre ou dans les cieux. Mais pour Hegel, la raison ne peut gouverner la r&#233;alit&#233; que si la r&#233;alit&#233; est devenue rationnelle en soi. Cette rationalit&#233; est rendue possible par l'entr&#233;e du sujet dans le contenu m&#234;me de la nature et de l'histoire. La r&#233;alit&#233; objective est donc aussi la r&#233;alisation du sujet. C'est cette conception que Hegel r&#233;sume dans la plus fondamentale de ses propositions, &#224; savoir que l'&#234;tre est, dans sa substance,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de la &#171; substance comme sujet &#187; con&#231;oit la r&#233;alit&#233; comme un processus o&#249; tout &#234;tre est l'unification de forces contradictoires. Le &#171; sujet &#187; d&#233;signe non seulement l'ego &#233;pist&#233;mologique ou la conscience, mais un mode d'existence, &#224; savoir celui d'une unit&#233; qui se d&#233;veloppe d'elle-m&#234;me dans un processus antagoniste. Tout ce qui existe n'est &#171; r&#233;el &#187; que dans la mesure o&#249; il op&#232;re comme &#171; soi &#187; &#224; travers toutes les relations contradictoires qui constituent son existence. Il faut donc le consid&#233;rer comme une sorte de &#171; sujet &#187; qui se porte en avant en d&#233;ployant ses contradictions inh&#233;rentes. Par exemple, une pierre n'est une pierre que dans la mesure o&#249; elle reste la m&#234;me chose, une pierre, &#224; travers son action et sa r&#233;action sur les choses et les processus qui interagissent avec elle. Il se mouille sous la pluie ; il r&#233;siste &#224; la hache ; il supporte une certaine charge avant de c&#233;der. L'&#234;tre-pierre est une r&#233;sistance continue &#224; tout ce qui agit sur la pierre ; c'est un processus continu de devenir et d'&#234;tre une pierre. Certes, le &#171; devenir &#187; n'est pas consomm&#233; par la pierre comme sujet conscient. La pierre est modifi&#233;e dans ses interactions avec la pluie, la hache et la charge ; il ne se change pas. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. c'est un processus continu de devenir et d'&#234;tre une pierre. Certes, le &#171; devenir &#187; n'est pas consomm&#233; par la pierre comme sujet conscient. La pierre est modifi&#233;e dans ses interactions avec la pluie, la hache et la charge ; il ne se change pas. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. c'est un processus continu de devenir et d'&#234;tre une pierre. Certes, le &#171; devenir &#187; n'est pas consomm&#233; par la pierre comme sujet conscient. La pierre est modifi&#233;e dans ses interactions avec la pluie, la hache et la charge ; il ne se change pas. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plante, cependant, ne &#171; comprend &#187; pas cette &#233;volution. Il ne le &#171; r&#233;alise &#187; pas comme &#233;tant le sien et, par cons&#233;quent, ne peut pas raisonner ses propres potentialit&#233;s en &#234;tre. Une telle &#171; r&#233;alisation &#187; est un processus du vrai sujet et n'est atteinte qu'avec l'existence de l'homme. Seul l'homme a le pouvoir de se r&#233;aliser, le pouvoir d'&#234;tre un sujet autod&#233;termin&#233; dans tous les processus de devenir, car lui seul a une compr&#233;hension des potentialit&#233;s et une connaissance des &#171; notions &#187;. Son existence m&#234;me est le processus d'actualisation de ses potentialit&#233;s, de fa&#231;onnage de sa vie selon les notions de la raison. Nous rencontrons ici la cat&#233;gorie la plus importante de la raison, &#224; savoir la libert&#233;. La raison pr&#233;suppose la libert&#233;, le pouvoir d'agir conform&#233;ment &#224; la connaissance de la v&#233;rit&#233;, le pouvoir de fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; en fonction de ses potentialit&#233;s. L'accomplissement de ces fins n'appartient qu'au sujet qui est ma&#238;tre de son propre d&#233;veloppement et qui comprend ses propres potentialit&#233;s ainsi que celles des choses qui l'entourent. La libert&#233;, &#224; son tour, pr&#233;suppose la raison, car c'est la compr&#233;hension de la connaissance, seule, qui permet au sujet d'acqu&#233;rir et d'exercer ce pouvoir. La pierre ne le poss&#232;de pas ; la plante non plus. Les deux manquent de connaissance compr&#233;hensive et donc de r&#233;elle subjectivit&#233;. &#034;L'homme, cependant, sait ce qu'il est, - c'est seulement ainsi qu'il est r&#233;el. La raison et la libert&#233; ne sont rien sans cette connaissance. la plante non plus. Les deux manquent de connaissance compr&#233;hensive et donc de r&#233;elle subjectivit&#233;. &#034;L'homme, cependant, sait ce qu'il est, - c'est seulement ainsi qu'il est r&#233;el. La raison et la libert&#233; ne sont rien sans cette connaissance. la plante non plus. Les deux manquent de connaissance compr&#233;hensive et donc de r&#233;elle subjectivit&#233;. &#034;L'homme, cependant, sait ce qu'il est, - c'est seulement ainsi qu'il est r&#233;el. La raison et la libert&#233; ne sont rien sans cette connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison aboutit &#224; la libert&#233;, et la libert&#233; est l'existence m&#234;me du sujet. D'autre part, la raison elle-m&#234;me n'existe que par sa r&#233;alisation, le processus de sa r&#233;alisation. La raison n'est une force objective et une r&#233;alit&#233; objective que parce que tous les modes d'&#234;tre sont plus ou moins des modes de subjectivit&#233;, des modes de r&#233;alisation. Sujet et objet ne sont pas s&#233;par&#233;s par un gouffre infranchissable, parce que l'objet est en lui-m&#234;me une sorte de sujet et que tous les types d'&#234;tre culminent dans le sujet libre &#171; compr&#233;hensif &#187; qui est capable de r&#233;aliser la raison. La nature devient ainsi un support pour le d&#233;veloppement de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de la raison appara&#238;t dans la lutte continue de l'homme pour comprendre ce qui existe et pour le transformer conform&#233;ment &#224; la v&#233;rit&#233; comprise. La raison est aussi essentiellement une force historique. Son accomplissement se d&#233;roule comme un processus dans le monde spatio-temporel et constitue, en derni&#232;re analyse, toute l'histoire de l'humanit&#233;. Le terme qui d&#233;signe la raison comme histoire est l'esprit (Geist) qui d&#233;signe le monde historique consid&#233;r&#233; en relation avec le progr&#232;s rationnel de l'humanit&#233; - le monde historique non pas comme une cha&#238;ne d'actes et d'&#233;v&#233;nements mais comme une lutte incessante pour adapter le monde &#224; la croissance potentialit&#233;s de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est organis&#233;e en diff&#233;rentes p&#233;riodes, chacune marquant un niveau de d&#233;veloppement distinct et repr&#233;sentant une &#233;tape d&#233;finie dans la r&#233;alisation de la raison. Chaque &#233;tape est &#224; appr&#233;hender et &#224; comprendre dans son ensemble, &#224; travers les modes de pens&#233;e et de vie dominants qui la caract&#233;risent, &#224; travers ses institutions politiques et sociales, sa science, sa religion et sa philosophie. Diff&#233;rentes &#233;tapes se produisent dans la r&#233;alisation de la raison, mais il n'y a qu'une seule raison, tout comme il n'y a qu'un tout et qu'une v&#233;rit&#233; : la r&#233;alit&#233; de la libert&#233;. &#171; C'est ce but final, auquel le processus de l'histoire du monde a continuellement vis&#233;, et auquel les sacrifices qui ont toujours et anon &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s sur le vaste autel de la terre, &#224; travers le long laps de temps, ont &#233;t&#233; offerts. . C'est le seul but final qui se r&#233;alise et se r&#233;alise ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un imm&#233;diatl'unit&#233; de la raison et de la r&#233;alit&#233; n'existe jamais. L'unit&#233; ne vient qu'apr&#232;s un long processus, qui commence au niveau le plus bas de la nature et atteint la plus haute forme d'existence, celle d'un sujet libre et rationnel, vivant et agissant dans la conscience de ses potentialit&#233;s. Tant qu'il y a un &#233;cart entre le r&#233;el et le potentiel, il faut agir sur le premier et le modifier jusqu'&#224; ce qu'il soit align&#233; sur la raison. Tant que la r&#233;alit&#233; n'est pas fa&#231;onn&#233;e par la raison, elle n'en reste pas du tout, au sens emphatique du terme. Ainsi la r&#233;alit&#233; change de sens dans la structure conceptuelle du syst&#232;me de Hegel. &#171; R&#233;el &#187; en vient &#224; signifier non pas tout ce qui existe r&#233;ellement (cela devrait plut&#244;t s'appeler l'apparence), mais ce qui existe sous une forme concordante avec les normes de la raison. Le &#171; r&#233;el &#187; est le raisonnable (rationnel), et cela seul. Par exemple, l'&#201;tat ne devient une r&#233;alit&#233; que lorsqu'il correspond aux potentialit&#233;s donn&#233;es des hommes et permet leur plein d&#233;veloppement. Toute forme pr&#233;liminaire de l'&#201;tat n'est pas encore raisonnable et, par cons&#233;quent, pas encore r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception h&#233;g&#233;lienne de la raison a donc un caract&#232;re nettement critique et pol&#233;mique. Il s'oppose &#224; toute acceptation imm&#233;diate de l'&#233;tat de choses donn&#233;. Elle nie l'h&#233;g&#233;monie de toute forme d'existence dominante en d&#233;montrant les antagonismes qui la dissolvent dans d'autres formes. Nous tenterons de montrer que &#171; l'esprit de contredire &#187; est le moteur de la m&#233;thode dialectique de Hegel. (Hegel lui-m&#234;me a un jour caract&#233;ris&#233; l'essence de sa dialectique comme &#171; l'esprit de contredire &#187; (Eckermann, Gesprache mit Goethe in den letzten Jahren seines Lebens , 18 octobre 1827).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1793, Hegel &#233;crit &#224; Schelling : &#171; La raison et la libert&#233; restent nos principes. Dans ses premiers &#233;crits, aucun &#233;cart n'existe entre le sens philosophique et le sens social de ces principes, qui s'expriment dans le m&#234;me langage r&#233;volutionnaire qu'utilisaient les Jacobins fran&#231;ais. Par exemple, Hegel dit que l'importance de son &#233;poque r&#233;side dans le fait que &#171; l'aur&#233;ole qui entourait les principaux oppresseurs et dieux de la terre a disparu. Les philosophes d&#233;montrent la dignit&#233; de l'homme ; le peuple apprendra &#224; le sentir et ne se contentera pas de r&#233;clamer ses droits, qui ont &#233;t&#233; foul&#233;s aux pieds dans la poussi&#232;re, mais les prendra lui-m&#234;me, les fera siens. La religion et la politique ont jou&#233; le m&#234;me jeu. Le premier a enseign&#233; ce que le despotisme voulait enseigner,Erstes Systemprogramm des Deutschen Idealismus , &#233;crit en 1796, nous trouvons ceci : &#171; Je d&#233;montrerai que, de m&#234;me qu'il n'y a pas d'id&#233;e de machine, il n'y a pas d'id&#233;e d'&#201;tat, car l'&#201;tat est quelque chose de m&#233;canique. Seul ce qui est un objet de libert&#233; peut &#234;tre appel&#233; une id&#233;e. Il faut donc transcender l'&#201;tat. Car tout Etat est tenu de traiter les hommes libres comme les rouages &#8203;&#8203;d'une machine. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il ne faut pas faire ; par cons&#233;quent, l'&#201;tat doit p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la port&#233;e radicale des concepts id&#233;alistes de base est lentement abandonn&#233;e et ils sont de plus en plus adapt&#233;s &#224; la forme sociale dominante. Ce processus est, comme nous le verrons, rendu n&#233;cessaire par la structure conceptuelle de l'id&#233;alisme allemand, qui retient les principes d&#233;cisifs de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale et interdit tout d&#233;passement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la forme particuli&#232;re que prend la r&#233;conciliation entre la philosophie et la r&#233;alit&#233; dans le syst&#232;me de Hegel est d&#233;termin&#233;e par la situation r&#233;elle de l'Allemagne &#224; l'&#233;poque o&#249; il &#233;labore son syst&#232;me. Les premiers concepts philosophiques de Hegel ont &#233;t&#233; formul&#233;s au milieu d'un Reich allemand en d&#233;composition. Comme il le d&#233;clare au d&#233;but de sa brochure sur la Constitution allemande (1802), l'&#201;tat allemand de la derni&#232;re d&#233;cennie du XVIIIe si&#232;cle &#171; n'est plus un &#201;tat &#187;. Les restes du despotisme f&#233;odal r&#233;gnaient encore en Allemagne, d'autant plus oppressants que scind&#233;s en une multitude de petits despotismes, les uns rivalisant les uns avec les autres. Le Reich &#171; comprenait l'Autriche et la Prusse, les princes &#233;lecteurs, 94 princes eccl&#233;siastiques et s&#233;culiers, 103 barons, 40 pr&#233;lats et 51 villes du Reich ; en somme, il se composait de pr&#232;s de 300 territoires. &#171; Le Reich lui-m&#234;me &#171; ne poss&#233;dait pas un seul soldat, son revenu annuel ne s'&#233;levant qu'&#224; quelques milliers de florins &#187;. Il n'y avait pas de juridiction centralis&#233;e ; La Court Supr&#234;me (Reichskammergericht ) &#233;tait un terreau fertile &#171; pour la corruption, le caprice et la corruption &#187;. Le servage &#233;tait toujours r&#233;pandu, le paysan &#233;tait toujours une b&#234;te de somme. Certains princes louaient ou vendaient encore leurs sujets comme soldats mercenaires &#224; des pays &#233;trangers. Une forte censure a op&#233;r&#233; pour r&#233;primer les moindres traces d'illumination.' Un contemporain d&#233;peint la sc&#232;ne actuelle dans les mots suivants. &#171; Sans loi ni justice, sans protection contre l'imposition arbitraire, incertains de la vie de nos fils, de notre libert&#233; et de nos droits, proie impuissante d'un pouvoir despotique, notre existence d&#233;pourvue d'unit&#233; et d'esprit national... &#8211; c'est le statu quo de notre nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la France, l'Allemagne n'avait pas de classe moyenne forte, consciente et politiquement &#233;duqu&#233;e pour mener la lutte contre cet absolutisme. La noblesse r&#233;gnait sans opposition. &#171; Presque personne en Allemagne, remarquait Goethe, n'a song&#233; &#224; envier cette immense masse privil&#233;gi&#233;e, ou &#224; lui reprocher ses heureux avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie urbaine, r&#233;partie dans de nombreuses communes, chacune avec son propre gouvernement et ses propres int&#233;r&#234;ts locaux, &#233;tait impuissante &#224; cristalliser et &#224; op&#233;rer une opposition s&#233;rieuse. Certes, il y avait des conflits entre les patriciens au pouvoir et les guildes et artisans. Mais ceux-ci n'atteignirent nulle part les proportions d'un mouvement r&#233;volutionnaire. Les bourgeois accompagnaient leurs p&#233;titions et leurs plaintes d'une pri&#232;re demandant &#224; Dieu de prot&#233;ger la patrie de &#171; la terreur de la r&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la R&#233;forme allemande, les masses s'&#233;taient habitu&#233;es au fait que, pour elles, la libert&#233; &#233;tait une &#171; valeur int&#233;rieure &#187;, compatible avec toute forme de servitude, que l'ob&#233;issance due &#224; l'autorit&#233; existante &#233;tait une condition pr&#233;alable au salut &#233;ternel, et que le labeur et la pauvret&#233; &#233;taient une b&#233;n&#233;diction aux yeux du Seigneur. Un long processus de formation disciplinaire avait introverti les revendications de libert&#233; et de raison en Allemagne. L'une des fonctions d&#233;cisives du protestantisme avait &#233;t&#233; d'amener les individus &#233;mancip&#233;s &#224; accepter le nouveau syst&#232;me social qui s'&#233;tait fait jour, en d&#233;tournant leurs revendications et leurs exigences du monde ext&#233;rieur vers leur vie int&#233;rieure. Luther a &#233;tabli la libert&#233; chr&#233;tienne comme une valeur int&#233;rieure &#224; r&#233;aliser ind&#233;pendamment de toute condition ext&#233;rieure. La r&#233;alit&#233; sociale est devenue indiff&#233;rente quant &#224; la v&#233;ritable essence de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture allemande est ins&#233;parable de son origine protestante. L&#224; est n&#233; un royaume de beaut&#233;, de libert&#233; et de moralit&#233;, qui ne devait pas &#234;tre &#233;branl&#233; par les r&#233;alit&#233;s et les luttes ext&#233;rieures, d&#233;tach&#233; du monde social mis&#233;rable et ancr&#233; dans &#171; l'&#226;me &#187; de l'individu. Cette &#233;volution est &#224; l'origine d'une tendance largement visible dans l'id&#233;alisme allemand, une volont&#233; de se r&#233;concilier avec la r&#233;alit&#233; sociale. Cette tendance r&#233;conciliatrice des id&#233;alistes entre constamment en conflit avec leur rationalisme critique. En fin de compte, l'id&#233;al que les aspects critiques affichaient, une r&#233;organisation politique et sociale rationnelle du monde, est frustr&#233; et se transforme en valeur spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes &#171; &#233;duqu&#233;es &#187; s'isolent des affaires pratiques et, se rendant ainsi impuissantes &#224; appliquer leur raison &#224; la refonte de la soci&#233;t&#233;, s'accomplissent dans un domaine de la science, de l'art, de la philosophie et de la religion. Ce domaine devient pour elles la &#171; vraie r&#233;alit&#233; &#187;. ' transcender la mis&#232;re des conditions sociales existantes ; c'&#233;tait &#224; la fois le refuge de la v&#233;rit&#233;, de la bont&#233;, de la beaut&#233;, du bonheur et, surtout, d'un esprit critique qui ne pouvait &#234;tre transform&#233; en canaux sociaux. La culture &#233;tait donc essentiellement id&#233;aliste, occup&#233;e de l' id&#233;e des choses plut&#244;t que des choses elles-m&#234;mes. Il place la libert&#233; de pens&#233;e avant la libert&#233; d' action,la morale avant la justice pratique, la vie int&#233;rieure avant la vie sociale de l'homme. Cette culture id&#233;aliste, cependant, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle se tenait &#224; l'&#233;cart d'une r&#233;alit&#233; intol&#233;rable et se maintenait ainsi intacte et sans tache, servait, malgr&#233; ses fausses consolations et ses glorifications, de d&#233;positaire de v&#233;rit&#233;s qui ne s'&#233;taient pas r&#233;alis&#233;es dans l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de Hegel est la derni&#232;re grande expression de cet id&#233;alisme culturel, la derni&#232;re grande tentative pour faire de la pens&#233;e un refuge pour la raison et la libert&#233;. L'impulsion critique originelle de sa pens&#233;e &#233;tait cependant assez forte pour l'inciter &#224; abandonner la traditionnelle distance de l'id&#233;alisme &#224; l'&#233;gard de l'histoire. Il fait de la philosophie un facteur historique concret et fait entrer l'histoire dans la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire, cependant, lorsqu'elle est comprise, brise le cadre id&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de Hegel est n&#233;cessairement associ&#233; &#224; une philosophie politique d&#233;termin&#233;e et &#224; un ordre social et politique d&#233;termin&#233;. La dialectique entre la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat de la Restauration n'est pas accessoire dans la philosophie de Hegel, ni seulement une partie de sa Philosophie du droit ; ses principes op&#232;rent d&#233;j&#224; dans la structure conceptuelle de son syst&#232;me. Ses concepts de base ne sont, d'autre part, que l'aboutissement de toute la tradition de la pens&#233;e occidentale. Ils ne deviennent compr&#233;hensibles que lorsqu'ils sont interpr&#233;t&#233;s dans le cadre de cette tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons jusqu'ici tent&#233;, en quelques mots, de replacer les concepts h&#233;g&#233;liens dans leur contexte historique concret. Il nous reste &#224; retracer le point de d&#233;part du syst&#232;me de Hegel jusqu'&#224; ses sources dans la situation philosophique de son temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Le cadre philosophique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme allemand a sauv&#233; la philosophie de l'attaque de l'empirisme britannique, et la lutte entre les deux n'est pas simplement devenue un choc d'&#233;coles philosophiques diff&#233;rentes, mais une lutte pour la philosophie en tant que telle. La philosophie n'a jamais cess&#233; de revendiquer le droit de guider les efforts de l'homme vers une ma&#238;trise rationnelle de la nature et de la soci&#233;t&#233;, ou de fonder cette pr&#233;tention sur le fait que la philosophie a &#233;labor&#233; les concepts les plus &#233;lev&#233;s et les plus g&#233;n&#233;raux pour conna&#238;tre le monde. Avec Descartes, la port&#233;e pratique de la philosophie prend une forme nouvelle, qui s'accorde avec les progr&#232;s rapides de la technique moderne. Il a annonc&#233; une &#171; philosophie pratique au moyen de laquelle, connaissant la force et l'action du feu, de l'eau, de l'air, des &#233;toiles, des cieux et de tous les autres corps qui nous entourent... nous pouvons les employer &#224; tous les usages auxquels ils sont destin&#233;s. adapt&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisation de cette t&#226;che &#233;tait de plus en plus li&#233;e &#224; l'&#233;tablissement de lois et de concepts universellement valables dans le domaine de la connaissance. La ma&#238;trise rationnelle de la nature et de la soci&#233;t&#233; supposait la connaissance de la v&#233;rit&#233;, et la v&#233;rit&#233; &#233;tait un universel, par opposition &#224; l'apparence multiple des choses ou &#224; leur forme imm&#233;diate dans la perception des individus. Ce principe &#233;tait d&#233;j&#224; vivant dans les premi&#232;res tentatives d'&#233;pist&#233;mologie grecque : la v&#233;rit&#233; est universelle et n&#233;cessaire et contredit ainsi l'exp&#233;rience ordinaire du changement et de l'accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception selon laquelle la v&#233;rit&#233; est contraire aux faits de l'existence et ind&#233;pendante des individus contingents a travers&#233; toute l'&#233;poque historique au cours de laquelle la vie sociale de l'homme a &#233;t&#233; faite d'antagonismes entre des individus et des groupes en conflit. L'universel a &#233;t&#233; hypostasi&#233; comme une r&#233;action philosophique au fait historique que, dans la soci&#233;t&#233;, seuls les int&#233;r&#234;ts individuels pr&#233;valent, tandis que l'int&#233;r&#234;t commun ne s'affirme que &#171; dans le dos &#187; de l'individu. L'opposition entre l'universel et l'individuel s'est aggrav&#233;e lorsque, &#224; l'&#233;poque moderne, des mots d'ordre de libert&#233; g&#233;n&#233;rale ont &#233;t&#233; lanc&#233;s et qu'on a soutenu qu'un ordre social appropri&#233; ne pouvait &#234;tre instaur&#233; que par la connaissance et l'activit&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s. Tous les hommes ont &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s libres et &#233;gaux ; encore, en agissant selon leurs connaissances et dans la poursuite de leurs int&#233;r&#234;ts, ils ont cr&#233;&#233; et v&#233;cu un ordre de d&#233;pendance, d'injustice et de crises r&#233;currentes. La concurrence g&#233;n&#233;rale entre les sujets &#233;conomiques libres n'a pas &#233;tabli une communaut&#233; rationnelle qui pourrait sauvegarder et satisfaire les besoins et les d&#233;sirs de tous les hommes. La vie des hommes &#233;tait livr&#233;e &#224; l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;m&#233;canismes d'un syst&#232;me social qui relient les individus les uns aux autres en tant qu'acheteurs et vendeurs isol&#233;s de marchandises. Cette absence r&#233;elle de communaut&#233; rationnelle &#233;tait &#224; l'origine de la qu&#234;te philosophique de l'unit&#233; ( Einheit ) et de l'universalit&#233; ( Allgemeinheit ) de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure du raisonnement individuel (la subjectivit&#233;) produit-elle des lois et des concepts g&#233;n&#233;raux qui pourraient constituer des normes universelles de rationalit&#233; ? Un ordre rationnel universel peut-il &#234;tre construit sur l'autonomie de l'individu ? En d&#233;veloppant une r&#233;ponse affirmative &#224; ces questions, l'&#233;pist&#233;mologie de l'id&#233;alisme allemand visait un principe unificateur qui pr&#233;serverait les id&#233;aux fondamentaux de la soci&#233;t&#233; individualiste sans &#234;tre victime de ses antagonismes. Les empiristes britanniques avaient d&#233;montr&#233; qu'aucun concept ou loi de la raison ne pouvait pr&#233;tendre &#224; l'universalit&#233;, que l'unit&#233; de la raison n'est que l'unit&#233; de la coutume ou de l'habitude, adh&#233;rant aux faits mais ne les gouvernant jamais. Selon les id&#233;alistes allemands, cette attaque compromettait tous les efforts visant &#224; imposer un ordre aux formes de vie dominantes. L'unit&#233; et l'universalit&#233; ne se trouvaient pas dans la r&#233;alit&#233; empirique ; on ne leur a pas donn&#233; les faits. De plus, la structure m&#234;me de la r&#233;alit&#233; empirique semblait justifier l'hypoth&#232;se qu'ils ne pourraient jamais &#234;tre d&#233;riv&#233;s des faits donn&#233;s. Si les hommes ne r&#233;ussissaient pas, cependant, &#224; cr&#233;er l'unit&#233; et l'universalit&#233; par leur raison autonome et m&#234;me en contradiction avec les faits, ils devraient abandonner non seulement leur existence intellectuelle mais aussi leur existence mat&#233;rielle aux pressions et processus aveugles de l'ordre empirique dominant. de la vie : le probl&#232;me n'&#233;tait donc pas seulement philosophique mais concernait le destin historique de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;alistes allemands reconnaissaient les manifestations historiques concr&#232;tes du probl&#232;me ; cela est clair dans le fait que tous ont reli&#233; le th&#233;orique avec le. raison pratique . Passage n&#233;cessaire de l'analyse kantienne de la conscience transcendantale &#224; sa revendication de la communaut&#233; d'un Weltb&#252;rgerreich, de la conception fichtienne de l'ego pur &#224; sa construction d'une soci&#233;t&#233; totalement unifi&#233;e et r&#233;gl&#233;e ( der geschlossene Handelsstaat ) ; et de l'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la raison &#224; sa d&#233;signation de l'&#201;tat comme l'union de l'int&#233;r&#234;t commun et de l'int&#233;r&#234;t individuel, et donc comme la r&#233;alisation de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-attaque id&#233;aliste n'a pas &#233;t&#233; provoqu&#233;e par les approches empiristes de Locke et Hume, mais par leur r&#233;futation des id&#233;es g&#233;n&#233;rales. Nous avons tent&#233; de montrer que le droit de la raison de fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; d&#233;pendait de la capacit&#233; de l'homme &#224; d&#233;tenir des v&#233;rit&#233;s g&#233;n&#233;ralement valables. La raison ne pouvait conduire au-del&#224; du fait brut de ce qui est, &#224; la r&#233;alisation de ce qui devrait &#234;tre, qu'en vertu de l'universalit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; de ses concepts (qui &#224; leur tour sont les crit&#232;res de sa v&#233;rit&#233;). Ces concepts, les empiristes les niaient. Les id&#233;es g&#233;n&#233;rales, disait Locke, sont &#171; les inventions et les cr&#233;atures de l'entendement, faites par lui pour son propre usage, et ne concernent que les signes... Quand donc nous quittons les d&#233;tails, les g&#233;n&#233;raux qui restent ne sont que les cr&#233;atures de notre propre fabrication. ..' Pour Hume, les id&#233;es g&#233;n&#233;rales sont abstraites du particulier, et 'repr&#233;sentent' le particulier et le particulier seulement. Ils ne peuvent jamais fournir de r&#232;gles ou de principes universels. Si Hume devait &#234;tre accept&#233;, la pr&#233;tention de la raison &#224; organiser la r&#233;alit&#233; devait &#234;tre rejet&#233;e. Car, comme nous l'avons vu, cette pr&#233;tention &#233;tait fond&#233;e sur la facult&#233; de la raison d'atteindre des v&#233;rit&#233;s, dont la validit&#233; ne d&#233;coulait pas de l'exp&#233;rience et qui, en fait, pouvaient s'opposer &#224; l'exp&#233;rience. &#171; Ce n'est pas... la raison, qui est le guide de la vie, mais la coutume. Cette conclusion des investigations empiristes a fait plus que saper la m&#233;taphysique. Elle enfermait les hommes dans les limites du &#171; donn&#233; &#187;, dans l'ordre existant des choses et des &#233;v&#233;nements. D'o&#249; l'homme pourrait-il obtenir le droit d'aller au-del&#224; non pas de tel particulier dans cet ordre, mais de l'ordre tout entier lui-m&#234;me ? D'o&#249; pouvait-il tirer le droit de soumettre cet ordre au jugement de la raison ? Si l'exp&#233;rience et la coutume devaient &#234;tre la seule source de sa connaissance et de sa croyance, comment pourrait-il agir contre la coutume, comment agir selon des id&#233;es et des principes non encore accept&#233;s et &#233;tablis ? La v&#233;rit&#233; ne saurait s'opposer &#224; l'ordre donn&#233; ni la raison parler contre lui. Le r&#233;sultat n'&#233;tait pas seulement le scepticisme mais le conformisme. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. comment agir selon des id&#233;es et des principes non encore accept&#233;s et &#233;tablis ? La v&#233;rit&#233; ne saurait s'opposer &#224; l'ordre donn&#233; ni la raison parler contre lui. Le r&#233;sultat n'&#233;tait pas seulement le scepticisme mais le conformisme. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. comment agir selon des id&#233;es et des principes non encore accept&#233;s et &#233;tablis ? La v&#233;rit&#233; ne saurait s'opposer &#224; l'ordre donn&#233; ni la raison parler contre lui. Le r&#233;sultat n'&#233;tait pas seulement le scepticisme mais le conformisme. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;alistes allemands consid&#233;raient cette philosophie comme l'expression de l'abdication de la raison. Attribuer l'existence d'id&#233;es g&#233;n&#233;rales &#224; la force de la coutume, et les principes par lesquels la r&#233;alit&#233; est comprise, &#224; des m&#233;canismes psychologiques, &#233;quivalait pour eux &#224; un d&#233;ni de la v&#233;rit&#233; et de la raison. La psychologie humaine, voyaient-ils, est sujette au changement - est, en fait, un domaine d'incertitude et de hasard dont aucune n&#233;cessit&#233; et universalit&#233; ne pourraient &#234;tre d&#233;riv&#233;es. Et pourtant, cette n&#233;cessit&#233; et cette universalit&#233; &#233;taient la seule garantie de la raison. &#192; moins, d&#233;claraient les id&#233;alistes, que les concepts g&#233;n&#233;raux qui revendiquaient tant de n&#233;cessit&#233; et d'universalit&#233; ne puissent &#234;tre d&#233;montr&#233;s comme &#233;tant plus que le produit de l'imagination, qu'ils ne tirent leur validit&#233; ni de l'exp&#233;rience ni de la psychologie individuelle, &#224; moins que, en d'autres termes, elles se montraient applicables &#224; l'exp&#233;rience sans en d&#233;couler, la raison devrait se plier aux pr&#233;ceptes de l'enseignement empirique. Et si la connaissance par la raison, c'est-&#224;-dire par des concepts qui ne sont pas d&#233;riv&#233;s de l'exp&#233;rience, signifie la m&#233;taphysique, alors l'attaque contre la m&#233;taphysique &#233;tait en m&#234;me temps une attaque contre les conditions de la libert&#233; humaine, car le droit de la raison de guider l'exp&#233;rience &#233;tait un bonne partie de ces conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant a adopt&#233; le point de vue des empiristes selon lequel toute connaissance humaine commence et se termine par l'exp&#233;rience, que seule l'exp&#233;rience fournit le mat&#233;riau des concepts de raison. Il n'y a pas d'&#233;nonc&#233; empiriste plus fort que celui qui ouvre sa Critique de la raison pure. &#034;Toute pens&#233;e doit, directement ou indirectement, (...) se rapporter en dernier ressort aux intuitions, et donc, chez nous, &#224; la sensibilit&#233;, car d'aucune autre mani&#232;re un objet ne peut nous &#234;tre donn&#233;. Kant soutient cependant que les empiristes n'avaient pas r&#233;ussi &#224; d&#233;montrer que l'exp&#233;rience fournit aussi les moyens et les modes d'organisation de ce mat&#233;riau empirique. S'il pouvait &#234;tre d&#233;montr&#233; que ces principes d'organisation sont la v&#233;ritable possession de l'esprit humain et ne d&#233;coulent pas de l'exp&#233;rience, alors l'ind&#233;pendance et la libert&#233; de la raison seraient sauv&#233;es. L'exp&#233;rience elle-m&#234;me deviendrait le produit de la raison, car elle ne serait alors pas la vari&#233;t&#233; d&#233;sordonn&#233;e des sensations et des impressions, mais l'organisation compr&#233;hensive de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant entreprit de prouver que l'esprit humain poss&#233;dait les &#171; formes &#187; universelles qui organisaient la multiplicit&#233; des donn&#233;es que lui fournissaient les sens. Les formes d'&#171; intuition &#187; (l'espace et le temps) et les formes de &#171; compr&#233;hension &#187; (les cat&#233;gories) sont les universaux par lesquels l'esprit ordonne le sens multiple dans le continuum de l'exp&#233;rience. Ils sont a priori sur chaque sensation et impression, de sorte que nous &#171; captons &#187; et arrangeons les impressions sous ces formes. L'exp&#233;rience pr&#233;sente un caract&#232;re n&#233;cessaire et universel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ordre qu'en vertu de l'activit&#233; a priori de l'esprit humain, qui per&#231;oit toutes les choses et les &#233;v&#233;nements sous la forme de l'espace et du temps et les comprend sous les cat&#233;gories de l'unit&#233;, de la r&#233;alit&#233;, de la substantialit&#233;, de la causalit&#233;, etc. Ces formes et cat&#233;gories ne d&#233;rivent pas de l'exp&#233;rience, car, comme l'avait fait remarquer Hume, aucune impression ou sensation ne peut &#234;tre trouv&#233;e qui leur corresponde ; pourtant l'exp&#233;rience, en tant que continuum organis&#233;, prend naissance en eux. Ils sont universellement valables et applicables car ils constituent la structure m&#234;me de l'esprit humain. Le monde des objets, en tant qu'ordre universel et n&#233;cessaire, est produit par le sujet - non par l'individu, mais par ces actes d'intuition et de compr&#233;hension qui sont communs &#224; tous les individus, puisqu'ils constituent les conditions m&#234;mes de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette structure commune de l'esprit que Kant d&#233;signe comme &#171; conscience transcendantale &#187;. Il consiste en des formes d'intuition et de compr&#233;hension qui, dans l'analyse de Kant, ne sont pas des cadres statiques, mais des formes d'op&#233;ration qui n'existent que dans l'acte d'appr&#233;hender et de comprendre. Les formes transcendantales de l'intuition ou du sens ext&#233;rieur synth&#233;tisent la diversit&#233; des donn&#233;es sensorielles dans un ordre spatio-temporel. En vertu des cat&#233;gories, les r&#233;sultats de celle-ci sont ramen&#233;s dans les relations universelles et n&#233;cessaires de cause &#224; effet, de substance, de r&#233;ciprocit&#233;, etc. Et tout ce complexe est unifi&#233; dans &#171; l'aperception transcendantale &#187;, qui relie toute exp&#233;rience au moi pensant, donnant ainsi &#224; l'exp&#233;rience la continuit&#233; d'&#234;tre &#171; mon &#187; exp&#233;rience. Ces processus de synth&#232;se, a priori et communs &#224; tous les esprits, donc universels,in toto dans chaque acte de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Kant appelle la synth&#232;se &#171; la plus &#233;lev&#233;e &#187;, celle de l'aperception transcendantale, est la conscience d'un &#171; je pense &#187; qui accompagne toute exp&#233;rience. Par elle, le moi pensant se sait continu, pr&#233;sent et actif tout au long de la s&#233;rie de ses exp&#233;riences. L'aperception transcendantale est donc la base ultime de l'unit&#233; du sujet et, par cons&#233;quent, de l'universalit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; de toutes les relations objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience transcendantale d&#233;pend du mat&#233;riel re&#231;u par les sens. La multitude de ces impressions, cependant, ne devient un monde organis&#233; d'objets et de relations coh&#233;rents que par les op&#233;rations de la conscience transcendantale. D&#232;s lors, puisque nous ne connaissons les impressions que dans le contexte des formes a priori de l'esprit, nous ne pouvons pas savoir comment ni quelles sont les &#171; choses en soi &#187; qui donnent lieu aux impressions. Ces choses-en-soi, suppos&#233;es exister en dehors des formes de l'esprit, restent totalement inconnaissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel consid&#233;rait cet &#233;l&#233;ment sceptique de la philosophie de Kant comme viciant sa tentative de sauver la raison de l'assaut empiriste. Tant que les choses en soi &#233;taient au-del&#224; de la capacit&#233; de la raison, simple principe subjectif sans pouvoir sur la structure objective de la r&#233;alit&#233;. Et donc tomb&#233; en deux parties distinctes, la subjectivit&#233; et l'objectivit&#233;, la compr&#233;hension et le sens, la pens&#233;e et l'existence. Cette s&#233;paration n'&#233;tait pas d'abord un probl&#232;me &#233;pist&#233;mologique pour Hegel. &#192; maintes reprises, il a soulign&#233; que la relation entre sujet et objet, leur opposition, d&#233;notait un conflit concret dans l'existence, et que sa solution, l'union des contraires, &#233;tait une question de pratique aussi bien que de th&#233;orie. Plus tard, il d&#233;crivit la forme historique du conflit comme &#171; l'ali&#233;nation &#187; ( Entfremdung) de l'esprit, signifiant que le monde des objets, &#224; l'origine le produit du travail et de la connaissance de l'homme, devient ind&#233;pendant de l'homme et en vient &#224; &#234;tre gouvern&#233; par des forces et des lois incontr&#244;l&#233;es dans lesquelles l'homme ne se reconna&#238;t plus. En m&#234;me temps, la pens&#233;e s'&#233;loigne de la r&#233;alit&#233; et la v&#233;rit&#233; devient un id&#233;al impuissant conserv&#233; dans la pens&#233;e tandis que le monde r&#233;el est tranquillement laiss&#233; hors de son influence. Si l'homme ne parvient pas &#224; r&#233;unir les parties s&#233;par&#233;es de son monde et &#224; ramener la nature et la soci&#233;t&#233; dans le champ de sa raison, il est vou&#233; &#224; jamais &#224; la frustration. La t&#226;che de la philosophie dans cette p&#233;riode de d&#233;sint&#233;gration g&#233;n&#233;rale est de d&#233;montrer le principe qui restaurera l'unit&#233; et la totalit&#233; manquantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel &#233;nonce ce principe dans le concept de raison. Nous avons tent&#233; d'esquisser les racines socio-historiques et philosophiques de ce concept qui op&#232;re un lien entre les id&#233;es progressistes de la R&#233;volution fran&#231;aise et les courants dominants de la discussion philosophique. La raison est la v&#233;ritable forme de r&#233;alit&#233; dans laquelle tous les antagonismes du sujet et de l'objet sont int&#233;gr&#233;s pour former une v&#233;ritable unit&#233; et universalit&#233;. La philosophie de Hegel est donc n&#233;cessairement un syst&#232;me, subsumant tous les domaines de l'&#234;tre sous l'id&#233;e globale de la raison. Le monde inorganique comme le monde organique, la nature comme la soci&#233;t&#233;, sont ici amen&#233;s sous l'emprise de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel consid&#233;rait le caract&#232;re syst&#233;matique de la philosophie comme un produit de la situation historique. L'histoire avait atteint un stade o&#249; les possibilit&#233;s de r&#233;aliser la libert&#233; humaine &#233;taient &#224; port&#233;e de main. La libert&#233;, cependant, pr&#233;suppose la r&#233;alit&#233; de la raison. L'homme ne pouvait &#234;tre libre, d&#233;velopper toutes ses potentialit&#233;s que si tout son monde &#233;tait domin&#233; par une volont&#233; rationnelle int&#233;gratrice et par la connaissance. Le syst&#232;me h&#233;g&#233;lien anticipe un &#233;tat dans lequel cette possibilit&#233; a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e. L'optimisme historique qu'il respire a servi de base au soi-disant &#171; panlogisme &#187; de Hegel qui traite toute forme d'&#234;tre comme une forme de raison. Les transitions de la Logique &#224; la Philosophie de la Nature, et de celle-ci &#224; la Philosophie de l'Espritsont faites sur l'hypoth&#232;se que les lois de la nature d&#233;coulent de la structure rationnelle de l'&#234;tre et conduisent dans un continuum aux lois de l'esprit. Le royaume de l'esprit r&#233;alise dans la libert&#233; ce que le royaume de la nature r&#233;alise dans la n&#233;cessit&#233; aveugle - l'accomplissement des potentialit&#233;s inh&#233;rentes &#224; la r&#233;alit&#233;. C'est cet &#233;tat de r&#233;alit&#233; que Hegel appelle &#171; la v&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; n'est pas seulement attach&#233;e aux propositions et aux jugements, elle est, en somme, non seulement un attribut de la pens&#233;e, mais de la r&#233;alit&#233; en devenir. Une chose est vraie si elle est ce qu'elle peut &#234;tre, remplissant toutes ses possibilit&#233;s objectives. Dans le langage de Hegel, il est alors identique &#224; sa &#171; notion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion a un double usage. Il comprend la nature ou l'essence d'un sujet, et repr&#233;sente ainsi la v&#233;ritable pens&#233;e de celui-ci. En m&#234;me temps, il renvoie, &#224; la r&#233;alisation effective de cette nature ou essence, &#224; son existence concr&#232;te. Tous les concepts fondamentaux du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien sont caract&#233;ris&#233;s par la m&#234;me ambigu&#239;t&#233;. Ils ne d&#233;signent jamais de simples concepts (comme dans la logique formelle), mais des formes ou des modes d'&#234;tre compris par la pens&#233;e. Hegel ne pr&#233;suppose pas une identit&#233; mystique de la pens&#233;e et de la r&#233;alit&#233;, mais il soutient que la pens&#233;e juste repr&#233;sente la r&#233;alit&#233; parce que celle-ci, dans son d&#233;veloppement, a atteint le stade o&#249; elle existe conform&#233;ment &#224; la v&#233;rit&#233;. Son &#171; pan-logisme &#187; en est presque le contraire : on pourrait dire qu'il tire les principes et les formes de la pens&#233;e des principes et des formes de la r&#233;alit&#233;, de sorte que les lois logiques reproduisent celles qui r&#233;gissent le mouvement de la r&#233;alit&#233;. L'unification des contraires est un processus que Hegel d&#233;montre dans le cas de chaque existant. La forme logique du &#171; jugement &#187; exprime un &#233;v&#233;nement dans la r&#233;alit&#233;. Prenons, par exemple, le jugement : cet homme est un esclave. Selon Hegel, cela signifie qu'un homme (le sujet) est devenu esclave (le pr&#233;dicat), mais bien qu'il soit esclave, il reste toujours homme, donc essentiellement libre et oppos&#233; &#224; sa situation difficile. Le jugement n'attribue pas un pr&#233;dicat &#224; un sujet stable, mais d&#233;note un processus effectif du sujet par lequel celui-ci devient autre chose que lui-m&#234;me. Le sujet est le processus m&#234;me de devenir le pr&#233;dicat et de le contredire. Ce processus dissout en une multitude de relations antagonistes les sujets stables que la logique traditionnelle avait assum&#233;s. La r&#233;alit&#233; appara&#238;t comme une dynamique dans laquelle toutes les formes fixes se r&#233;v&#232;lent &#234;tre de simples abstractions. Par cons&#233;quent, lorsque dans la logique de Hegel les concepts passent d'une forme &#224; une autre, cela renvoie au fait que, pour corriger la pens&#233;e, une forme d'&#234;tre passe &#224; une autre, et que toute forme particuli&#232;re ne peut &#234;tre d&#233;termin&#233;e que par l'ensemble des rapports antagonistes dans laquelle cette forme existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soulign&#233; le fait que, pour Hegel, la r&#233;alit&#233; a atteint un stade o&#249; elle existe dans la v&#233;rit&#233;. Cette d&#233;claration a maintenant besoin d'une correction. Hegel ne veut pas dire que tout ce qui existe le fait conform&#233;ment &#224; ses potentialit&#233;s, mais que l'esprit a atteint la conscience de soi de sa libert&#233;, et est devenu capable de lib&#233;rer la nature et la soci&#233;t&#233;. La r&#233;alisation de la raison n'est pas un fait mais une t&#226;che. La forme sous laquelle les objets apparaissent imm&#233;diatement n'est pas encore leur vraie forme. Ce qui est simplement donn&#233; est d'abord n&#233;gatif, autre que ses potentialit&#233;s r&#233;elles. Cela ne devient vrai que dans le processus de d&#233;passement de cette n&#233;gativit&#233;, de sorte que la naissance de la v&#233;rit&#233; exige la mort de l'&#233;tat d'&#234;tre donn&#233;. L'optimisme de Hegel repose sur une conception destructrice du donn&#233;. Toutes les formes sont saisies par le mouvement dissolvant de la raison qui les annule et les alt&#232;re jusqu'&#224; ce qu'elles soient ad&#233;quates &#224; leur notion. C'est ce mouvement que la pens&#233;e refl&#232;te dans le processus de &#171; m&#233;diation &#187; (Vermittlung ). Si nous suivons le vrai contenu de nos perceptions et de nos concepts, toute d&#233;limitation d'objets stables s'effondre. Ils se dissolvent dans une multitude de relations qui &#233;puisent le contenu d&#233;velopp&#233; de ces objets et aboutissent &#224; l'activit&#233; compr&#233;hensive du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Hegel est bien ce que la r&#233;action ult&#233;rieure l'a appel&#233;e, une philosophie n&#233;gative. Elle est originellement motiv&#233;e par la conviction que les faits donn&#233;s qui apparaissent au sens commun comme l'indice positif de la v&#233;rit&#233; sont en r&#233;alit&#233; la n&#233;gation de la v&#233;rit&#233;, de sorte que la v&#233;rit&#233; ne peut s'&#233;tablir que par leur destruction. Le moteur de la m&#233;thode dialectique r&#233;side dans cette conviction critique. La dialectique dans son ensemble est li&#233;e &#224; la conception que toutes les formes d'&#234;tre sont impr&#233;gn&#233;es d'une n&#233;gativit&#233; essentielle, et que cette n&#233;gativit&#233; d&#233;termine leur contenu et leur mouvement. La dialectique repr&#233;sente le contre-pouvoir &#224; toute forme de positivisme. De Hume aux positivistes logiques actuels, le principe de cette derni&#232;re philosophie a &#233;t&#233; l'autorit&#233; ultime du fait, et l'observation du donn&#233; imm&#233;diat a &#233;t&#233; l'ultime m&#233;thode de v&#233;rification. Au milieu du XIXe si&#232;cle, et principalement en r&#233;ponse aux tendances destructrices du rationalisme, le positivisme prend la forme particuli&#232;re d'une &#171; philosophie positive &#187; englobante, qui va remplacer la m&#233;taphysique traditionnelle. Les protagonistes de ce positivisme ont pris grand soin de souligner l'attitude conservatrice et affirmative de leur philosophie : elle induit la pens&#233;e &#224; se contenter des faits, &#224; renoncer &#224; toute transgression au-del&#224; d'eux et &#224; s'incliner devant l'&#233;tat de choses donn&#233;. Pour Hegel, les faits en eux-m&#234;mes n'ont aucune autorit&#233;. Ils sont &#171; pos&#233;s &#187; ( ' qui devait remplacer la m&#233;taphysique traditionnelle. Les protagonistes de ce positivisme ont pris grand soin de souligner l'attitude conservatrice et affirmative de leur philosophie : elle induit la pens&#233;e &#224; se contenter des faits, &#224; renoncer &#224; toute transgression au-del&#224; d'eux et &#224; s'incliner devant l'&#233;tat de choses donn&#233;. Pour Hegel, les faits en eux-m&#234;mes n'ont aucune autorit&#233;. Ils sont &#171; pos&#233;s &#187; ( ' qui devait remplacer la m&#233;taphysique traditionnelle. Les protagonistes de ce positivisme ont pris grand soin de souligner l'attitude conservatrice et affirmative de leur philosophie : elle induit la pens&#233;e &#224; se contenter des faits, &#224; renoncer &#224; toute transgression au-del&#224; d'eux et &#224; s'incliner devant l'&#233;tat de choses donn&#233;. Pour Hegel, les faits en eux-m&#234;mes n'ont aucune autorit&#233;. Ils sont &#171; pos&#233;s &#187; (gesetzt ) par le sujet qui les a m&#233;diatis&#233;s avec le processus global de son d&#233;veloppement. La v&#233;rification repose, en derni&#232;re analyse, sur ce processus auquel tous les faits se rapportent et qui d&#233;termine leur contenu. Tout ce qui est donn&#233; doit &#234;tre justifi&#233; devant la raison, qui n'est que la totalit&#233; des capacit&#233;s de la nature et de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Hegel, cependant, qui commence par la n&#233;gation du donn&#233; et conserve cette n&#233;gativit&#233; tout au long, se termine par la d&#233;claration que l'histoire a atteint la r&#233;alit&#233; de la raison. Ses concepts de base &#233;taient encore li&#233;s &#224; la structure sociale du syst&#232;me dominant et, &#224; cet &#233;gard &#233;galement, l'id&#233;alisme allemand peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme ayant conserv&#233; l'h&#233;ritage de la R&#233;volution fran&#231;aise. Cependant, la &#171; r&#233;conciliation de l'id&#233;e et de la r&#233;alit&#233; &#187;, proclam&#233;e dans la Philosophie du droit de Hegel,contient un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif qui va au-del&#224; de la simple r&#233;conciliation. Cet &#233;l&#233;ment a &#233;t&#233; conserv&#233; et utilis&#233; dans la doctrine post&#233;rieure de la n&#233;gation de la philosophie. La philosophie atteint sa fin lorsqu'elle a formul&#233; sa vision d'un monde dans lequel la raison est r&#233;alis&#233;e. Si &#224; ce point la r&#233;alit&#233; contient les conditions n&#233;cessaires pour mat&#233;rialiser la raison en fait, la pens&#233;e peut cesser de se pr&#233;occuper de l'id&#233;al. La v&#233;rit&#233; maintenant exigerait une pratique historique r&#233;elle pour l'accomplir. Avec l'abandon de l'id&#233;al, la philosophie abandonne sa t&#226;che critique et la passe &#224; une autre instance. L'aboutissement final de la philosophie est donc en m&#234;me temps son abdication. Lib&#233;r&#233;e de sa pr&#233;occupation de l'id&#233;al, la philosophie est &#233;galement lib&#233;r&#233;e de son opposition &#224; la r&#233;alit&#233;. Cela signifie qu'elle cesse d'&#234;tre de la philosophie. Il ne s'ensuit cependant pas cette pens&#233;e doit alors se conformer &#224; l'ordre existant. La pens&#233;e critique ne cesse pas, mais prend une nouvelle forme. Les efforts de la raison se portent sur la th&#233;orie sociale et la pratique sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Hegel montre cinq stades diff&#233;rents de d&#233;veloppement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 La p&#233;riode de 1790 &#224; 1800 marque la tentative de formuler une fondation religieuse pour la philosophie, illustr&#233;e dans les documents rassembl&#233;s de l'&#233;poque, les Theologische Jugendschriften.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. 1800-1801 a vu la formulation du point de vue et des int&#233;r&#234;ts philosophiques de Hegel &#224; travers une discussion critique des syst&#232;mes philosophiques contemporains, en particulier ceux de Kant, Fichte et Schelling. Les principales &#339;uvres de Hegel de cette p&#233;riode sont les Differenz des Fichteschen und Schellingichen Systems der Philosophie, Glauben und Wissen et d'autres articles dans le Kritische journal der Philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les ann&#233;es 1801 &#224; 1806 ont donn&#233; le syst&#232;me Jenenser , la premi&#232;re forme du syst&#232;me complet de Hegel. Cette p&#233;riode a &#233;t&#233; document&#233;e par le Jenenser Logik und Metaphysik, le Jenenser Realphilosophie et le System der Sittlichkeit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. 1807, publication de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La p&#233;riode du syst&#232;me final, esquiss&#233;e d&#232;s 1808-11 dans la Philosophische Propadeutik, mais qui ne s'ach&#232;ve qu'en 1817. A cette p&#233;riode appartiennent les ouvrages qui constituent l'essentiel de l'&#233;criture h&#233;g&#233;lienne : La science de la logique ( 1812-16), l' Encyclop&#233;die des sciences philosophiques (1817, 1827, 1830), la Philosophie du droit (1821) et les diverses conf&#233;rences berlinoises sur la philosophie de l'histoire, l'histoire de la philosophie, l'esth&#233;tique et la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;laboration du syst&#232;me philosophique de Hegel s'accompagne d'une s&#233;rie de fragments politiques qui tentent d'appliquer ses nouvelles id&#233;es philosophiques &#224; des situations historiques concr&#232;tes. Ce processus de renvoi des conclusions philosophiques au contexte de la r&#233;alit&#233; sociale et politique commence en 1798 avec ses &#233;tudes historiques et politiques ; est suivi de son Die Verfassung Deutschlands en 1802 ; et continue jusqu'en 1831, lorsqu'il &#233;crivit son &#233;tude sur le projet de loi de r&#233;forme anglais. La connexion de sa philosophie avec les d&#233;veloppements historiques de son temps fait des &#233;crits politiques de Hegel a. partie de ses travaux syst&#233;matiques, et les deux doivent &#234;tre trait&#233;s ensemble, de sorte que ses concepts de base re&#231;oivent une explication philosophique aussi bien qu'historique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;br class='autobr' /&gt;
Premiers &#233;crits th&#233;ologiques de Hegel&lt;br class='autobr' /&gt;
(1790-1800)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons partager l'atmosph&#232;re dans laquelle la philosophie de Hegel est n&#233;e, nous devons revenir au cadre culturel et politique de l'Allemagne du Sud dans les derni&#232;res d&#233;cennies du XVIIIe si&#232;cle. Dans le Wurtemberg, pays sous l'emprise d'un despotisme qui venait de consentir &#224; de l&#233;g&#232;res limitations constitutionnelles de son pouvoir, les id&#233;es de 1789 commen&#231;aient &#224; avoir un fort impact, notamment sur la jeunesse intellectuelle. La p&#233;riode de ce despotisme cruel d'autrefois semblait r&#233;volue : le despotisme sous lequel tout le pays &#233;tait terroris&#233; par des conscriptions militaires constantes pour les guerres &#233;trang&#232;res, de lourdes taxes arbitraires, la vente d'offices, l'&#233;tablissement de monopoles qui pillaient les masses et enrichissaient les caisses d'un prince extravagant, et des arrestations soudaines au moindre soup&#231;on ou mouvement de protestation. Les conflits entre le duc Charles Eug&#232;ne et les domaines furent att&#233;nu&#233;s par un accord en 1770, et l'obstacle le plus frappant au fonctionnement d'un gouvernement centralis&#233; fut ainsi lev&#233; ; mais le r&#233;sultat &#233;tait seulement de diviser l'absolutisme entre la r&#232;gle personnelle du duc et les int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Lumi&#232;res allemandes, cependant, ce pendant plus faible de la philosophie anglaise et fran&#231;aise qui avait fait voler en &#233;clats le cadre id&#233;ologique de l'&#201;tat absolutiste, s'&#233;taient infiltr&#233;es dans la vie culturelle du Wurtemberg : le duc &#233;tait l'&#233;l&#232;ve du &#171; despote &#233;clair&#233; &#187;, Fr&#233;d&#233;ric II de Prusse, et dans la derni&#232;re p&#233;riode de son r&#232;gne, il se livra &#224; un absolutisme &#233;clair&#233;. L'esprit des Lumi&#232;res s'est propag&#233; dans les &#233;coles et les universit&#233;s qu'il a promues. Les probl&#232;mes religieux et politiques ont &#233;t&#233; discut&#233;s en termes de rationalisme du XVIIIe si&#232;cle, la dignit&#233; de l'homme a &#233;t&#233; exalt&#233;e, ainsi que son droit de fa&#231;onner sa propre vie contre toutes les formes obsol&#232;tes d'autorit&#233; et de tradition, et la tol&#233;rance et la justice ont &#233;t&#233; lou&#233;es. Mais la jeune g&#233;n&#233;ration qui fr&#233;quentait alors l'Universit&#233; th&#233;ologique de T&#252;bingen - parmi lesquels Hegel, Schelling, et H&#246;lderlin &#8211; &#233;tait surtout impressionn&#233; par le contraste entre ces id&#233;aux et la mis&#233;rable condition actuelle du Reich allemand. Il n'y avait pas la moindre chance pour que les droits de l'homme prennent place dans un &#201;tat et une soci&#233;t&#233; r&#233;organis&#233;s. Certes, les &#233;tudiants chantaient des chants r&#233;volutionnaires et traduisaient lesMarseillaise ; ils ont peut-&#234;tre plant&#233; des arbres de la libert&#233; et cri&#233; contre les tyrans et leurs sbires ; mais ils savaient que toute cette activit&#233; &#233;tait une protestation impuissante contre les forces encore imprenables qui tenaient la patrie sous leur emprise. Tout ce que l'on pouvait esp&#233;rer, c'&#233;tait un minimum de r&#233;forme constitutionnelle, qui pourrait mieux &#233;quilibrer le poids du pouvoir entre le prince et les domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces circonstances, les yeux de la jeune g&#233;n&#233;ration se tournent avec nostalgie vers le pass&#233; et particuli&#232;rement vers ces p&#233;riodes de l'histoire o&#249; l'unit&#233; a pr&#233;valu entre la culture intellectuelle des hommes et leur vie sociale et politique. H&#246;lderlin a dress&#233; un tableau &#233;logieux de la Gr&#232;ce antique, et Hegel a &#233;crit une glorification de l'ancienne cit&#233;-&#201;tat, qui &#224; certains moments a m&#234;me &#233;clips&#233; la description exalt&#233;e du christianisme primitif que l'&#233;tudiant en th&#233;ologie a &#233;tablie. Nous constatons qu'un int&#233;r&#234;t politique a maintes et maintes fois fait irruption dans la discussion des probl&#232;mes religieux dans les premiers fragments th&#233;ologiques de Hegel. Hegel s'est ardemment efforc&#233; de reconqu&#233;rir le pouvoir qui avait produit et maintenu, dans les anciennes r&#233;publiques, l'unit&#233; vivante de toutes les sph&#232;res de la culture et qui avait engendr&#233; le libre d&#233;veloppement de toutes les forces nationales. Il a parl&#233; de ce pouvoir cach&#233; comme &#233;tant leVolksgeist : &#171; L'esprit d'une nation, son histoire, sa religion et le degr&#233; de libert&#233; politique auquel elle est parvenue ne peuvent &#234;tre s&#233;par&#233;s les uns des autres, ni quant &#224; leur influence ni quant &#224; leur qualit&#233; ; ils sont entrelac&#233;s en un seul lien ...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation par Hegel du Volksgeist est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'utilisation par Montesquieu de l' esprit g&#233;n&#233;ral d'une nation comme base de ses lois sociales et politiques. L' &#171; esprit national &#187; n'est pas con&#231;u comme une entit&#233; mystique ou m&#233;taphysique, mais repr&#233;sente l'ensemble des conditions naturelles, techniques, &#233;conomiques, morales et intellectuelles qui d&#233;terminent le d&#233;veloppement historique de la nation. L'insistance de Montesquieu sur cette base historique &#233;tait dirig&#233;e contre le maintien injustifiable de formes politiques d&#233;pass&#233;es. Le concept h&#233;g&#233;lien du Volksgeist a gard&#233; ces implications critiques. Au lieu de suivre les diverses influences de Montesquieu, Rousseau, Herder et Kant sur les &#233;tudes th&#233;ologiques de Hegel, nous nous limiterons &#224; l'&#233;laboration de l'int&#233;r&#234;t principal de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion th&#233;ologique de Hegel demande &#224; plusieurs reprises quelle est la vraie relation entre l'individu et un &#201;tat qui ne satisfait plus ses capacit&#233;s mais existe plut&#244;t comme une institution &#171; &#233;trang&#232;re &#187; d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t politique actif des citoyens a disparu. Hegel a d&#233;fini cet &#201;tat avec presque les m&#234;mes cat&#233;gories que celles du lib&#233;ralisme du XVIIIe si&#232;cle : l'&#201;tat repose sur le consentement des individus, il circonscrit leurs droits et leurs devoirs et prot&#232;ge ses membres des dangers internes et externes qui pourraient menacer la perp&#233;tuation de l'ensemble. L'individu, par opposition &#224; l'&#201;tat, poss&#232;de les droits inali&#233;nables de l'homme, et le pouvoir de l'&#201;tat ne peut en aucun cas interf&#233;rer, m&#234;me si une telle ing&#233;rence peut &#234;tre dans l'int&#233;r&#234;t de l'individu. &#171; Nul ne peut renoncer &#224; son droit de se donner la loi et d'&#234;tre seul responsable de son ex&#233;cution. Si ce droit est renonc&#233;, l'homme cesse d'&#234;tre homme. Ce n'est pourtant pas &#224; l'Etat de l'emp&#234;cher d'y renoncer, ce serait contraindre l'homme &#224; &#234;tre homme, ce serait la force. Rien ici de cette exaltation morale et m&#233;taphysique de l'&#233;tat que l'on rencontre dans les &#339;uvres ult&#233;rieures de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le ton a lentement chang&#233;, au cours de la m&#234;me p&#233;riode de la vie de Hegel et m&#234;me au sein du m&#234;me corpus de ses &#233;crits, et il en est venu &#224; consid&#233;rer comme le &#171; destin &#187; historique de l'homme, une croix &#224; porter, qu'il acceptait les probl&#232;mes sociaux et politiques. relations qui restreignent son plein &#233;panouissement. L'optimisme &#233;clair&#233; de Hegel et son &#233;loge tragique d'un paradis perdu ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par l'accent mis sur la n&#233;cessit&#233; historique. La n&#233;cessit&#233; historique avait creus&#233; un gouffre entre l'individu et l'&#201;tat. Dans la premi&#232;re p&#233;riode, ils &#233;taient dans une harmonie &#171; naturelle &#187;, mais r&#233;alis&#233;e aux d&#233;pens de l'individu, car l'homme ne poss&#233;dait pas de libert&#233; consciente et n'&#233;tait pas ma&#238;tre du processus social. Et plus cette harmonie pr&#233;coce &#233;tait &#171; naturelle &#187;, plus elle pouvait facilement &#234;tre dissoute par les forces incontr&#244;l&#233;es qui r&#233;gnaient alors sur le monde social. &#171; &#192; Ath&#232;nes et &#224; Rome, des guerres r&#233;ussies, des richesses croissantes et une familiarit&#233; avec le luxe et une plus grande commodit&#233; de vie ont produit une aristocratie de guerre et de richesse &#187; qui a d&#233;truit la r&#233;publique et caus&#233; la perte compl&#232;te de la libert&#233; politique. Le pouvoir d'&#201;tat est tomb&#233; entre les mains de certains individus et groupes privil&#233;gi&#233;s, la grande masse des citoyens ne poursuivant que leur int&#233;r&#234;t priv&#233; sans &#233;gard pour le bien commun ; &#171; le droit &#224; la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; &#187; est maintenant devenu tout leur monde. avec la grande masse des citoyens ne poursuivant que leur int&#233;r&#234;t priv&#233; sans &#233;gard pour le bien commun ; &#171; le droit &#224; la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; &#187; est maintenant devenu tout leur monde. avec la grande masse des citoyens ne poursuivant que leur int&#233;r&#234;t priv&#233; sans &#233;gard pour le bien commun ; &#171; le droit &#224; la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; &#187; est maintenant devenu tout leur monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les efforts de Hegel pour comprendre les lois universelles r&#233;gissant ce processus le conduisirent in&#233;vitablement &#224; une analyse du r&#244;le des institutions sociales dans le d&#233;roulement de l'histoire. L'un de ses fragments historiques, &#233;crit apr&#232;s 1797, s'ouvre sur la d&#233;claration radicale selon laquelle &#034;la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; est le pivot sur lequel tourne toute la l&#233;gislation moderne&#034;, et dans le premier projet de sa brochure sur Die Verfassung Deutschlands (1798-9 ) , il affirme que la forme historique de la &#171; propri&#233;t&#233; bourgeoise &#187; ( b&#252;rgerliches Eigentum ) est responsable de la d&#233;sint&#233;gration politique actuelle. De plus, Hegel soutenait que les institutions sociales avaient d&#233;form&#233; m&#234;me les relations les plus priv&#233;es et personnelles entre les hommes. Il y a un fragment significatif dans le Theologische Jugendschriften,appel&#233; Die Liebe , dans lequel Hegel d&#233;clare que l'harmonie et l'union ultimes entre les individus amoureux sont emp&#234;ch&#233;es en raison de &#171; l'acquisition et de la possession de la propri&#233;t&#233; ainsi que des droits &#187;. L'amant, explique-t-il, &#034;qui doit consid&#233;rer son bien-aim&#233; comme le propri&#233;taire d'un bien doit aussi en venir &#224; sentir sa particularit&#233;&#034; militant contre la communaut&#233; de sa vie - particularit&#233; qui consiste en ce qu'il est li&#233; &#224; des &#171; choses mortes &#187; qui n'appartiennent pas &#224; l'autre et restent n&#233;cessairement hors de leur unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution de la propri&#233;t&#233; chez Hegel &#233;tait li&#233;e ici au fait que l'homme &#233;tait venu vivre dans un monde qui, bien que fa&#231;onn&#233; par ses propres connaissances et son travail, n'&#233;tait plus le sien, mais s'opposait plut&#244;t &#224; ses besoins int&#233;rieurs - un monde &#233;trange r&#233;gi par des lois inexorables. lois, un monde &#171; mort &#187; dans lequel la vie humaine est frustr&#233;e. Les Theologische Jugendschriften pr&#233;sentent en ces termes la premi&#232;re formulation du concept d'&#171; ali&#233;nation &#187; ( Entfremdung ), qui devait jouer un r&#244;le d&#233;cisif dans le d&#233;veloppement futur de la philosophie h&#233;g&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re discussion de Hegel sur les probl&#232;mes religieux et politiques frappe la note omnipr&#233;sente que la perte de l'unit&#233; et de la libert&#233; - un fait historique - est la marque g&#233;n&#233;rale de l'&#232;re moderne et le facteur qui caract&#233;rise toutes les conditions de la vie priv&#233;e et soci&#233;tale. Cette perte de libert&#233; et d'unit&#233;, dit Hegel, est manifeste dans les nombreux conflits qui abondent dans la vie humaine, en particulier dans le conflit entre l'homme et la nature. Ce conflit, qui a fait de la nature une puissance hostile qui devait &#234;tre ma&#238;tris&#233;e par l'homme, a conduit &#224; un antagonisme entre l'id&#233;e et la r&#233;alit&#233;, entre la pens&#233;e et le r&#233;el, entre la conscience et l'existence. L'homme se trouve constamment expuls&#233; d'un monde contraire et &#233;tranger &#224; ses pulsions et &#224; ses d&#233;sirs. Comment, alors, restaurer ce monde en harmonie avec les potentialit&#233;s de l'homme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, la r&#233;ponse de Hegel &#233;tait celle de l'&#233;tudiant en th&#233;ologie. Il a interpr&#233;t&#233; le christianisme comme ayant une fonction fondamentale dans l'histoire du monde, celle de donner un nouveau centre &#171; absolu &#187; &#224; l'homme et un but final &#224; la vie. Hegel pouvait aussi voir, cependant, que la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e de l'&#201;vangile ne pouvait pas s'adapter aux r&#233;alit&#233;s sociales et politiques croissantes du monde, car l'&#201;vangile s'adressait essentiellement &#224; l'individu en tant qu'individu d&#233;tach&#233; de son lien social et politique ; son but essentiel &#233;tait de sauver l'individu et non la soci&#233;t&#233; ou l'&#201;tat. Ce n'&#233;tait donc pas la religion qui pouvait r&#233;soudre le probl&#232;me, ni la th&#233;ologie qui pouvait &#233;noncer des principes pour restaurer la libert&#233; et l'unit&#233;. En cons&#233;quence, l'int&#233;r&#234;t de Hegel s'est lentement d&#233;plac&#233; des questions et concepts th&#233;ologiques vers les questions philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a toujours consid&#233;r&#233; la philosophie non pas comme une science sp&#233;ciale mais comme la forme ultime de la connaissance humaine. Le besoin de philosophie lui vient du besoin de rem&#233;dier &#224; la perte g&#233;n&#233;rale de libert&#233; et d'unit&#233;. Il l'a dit explicitement dans son premier article philosophique. &#171; Le besoin de philosophie surgit lorsque le pouvoir unificateur [ die Macht der Vereinigung ] a disparu de la vie des hommes, lorsque les contradictions ont perdu leur interrelation et leur interd&#233;pendance vivantes et ont pris une &#171; forme &#187; ind&#233;pendante. La force unificatrice dont il parle renvoie &#224; l'harmonie vitale de l'int&#233;r&#234;t individuel et commun qui pr&#233;valait dans les anciennes r&#233;publiques et qui assurait la libert&#233; de l'ensemble et int&#233;grait tous les conflits dans l'unit&#233; vivante du Volksgeist .Lorsque cette harmonie a &#233;t&#233; perdue, la vie de l'homme a &#233;t&#233; submerg&#233;e par des conflits envahissants qui ne pouvaient plus &#234;tre contr&#244;l&#233;s par l'ensemble. Nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233; les termes dans lesquels Hegel caract&#233;risait ces conflits : la nature &#233;tait dress&#233;e contre l'homme, la r&#233;alit&#233; &#233;tait &#233;trang&#232;re &#224; &#171; l'id&#233;e &#187; et la conscience oppos&#233;e &#224; l'existence. Il r&#233;sume ensuite toutes ces oppositions comme ayant la forme g&#233;n&#233;rale d'un conflit entre sujet et objet, et relie ainsi son probl&#232;me historique &#224; celui philosophique qui a domin&#233; la pens&#233;e europ&#233;enne depuis Descartes. La connaissance et la volont&#233; de l'homme avaient &#233;t&#233; repouss&#233;es dans un monde &#171; subjectif &#187;, dont la certitude de soi et la libert&#233; &#233;taient confront&#233;es &#224; un monde objectif d'incertitude et de n&#233;cessit&#233; physique. Plus Hegel voyait que les contradictions &#233;taient la forme universelle de la r&#233;alit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, m&#234;me les concepts les plus abstraits de Hegel conservaient la d&#233;notation concr&#232;te de ses questions. La philosophie &#233;tait charg&#233;e d'une mission historique : donner une analyse exhaustive des contradictions pr&#233;valant dans la r&#233;alit&#233; et d&#233;montrer leur possible unification. La dialectique s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de la vision de Hegel selon laquelle la r&#233;alit&#233; &#233;tait une structure de contradictions. Les Theologische Jugendschriften couvraient encore la dialectique d'un cadre th&#233;ologique, mais m&#234;me l&#224;, les d&#233;buts philosophiques de l'analyse dialectique peuvent d&#233;j&#224; &#234;tre trac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier concept que Hegel introduit comme l'unification des contradictions est le concept de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprendrait mieux le r&#244;le particulier que Hegel attribuait &#224; l'id&#233;e de vie si l'on reconnaissait que pour lui toutes les contradictions sont r&#233;solues et pourtant pr&#233;serv&#233;es dans la &#171; raison &#187;. Hegel concevait la vie comme esprit, c'est-&#224;-dire comme un &#234;tre capable de comprendre et de ma&#238;triser les antagonismes englobants de l'existence. En d'autres termes, le concept de vie de Hegel indique la vie d'un &#234;tre rationnel et la qualit&#233; unique de l'homme parmi tous les autres &#234;tres. Depuis Hegel, l'id&#233;e de vie a &#233;t&#233; le point de d&#233;part de nombreux efforts pour reconstruire la philosophie en fonction de la situation historique concr&#232;te de l'homme et pour surmonter ainsi le caract&#232;re abstrait et lointain de la philosophie rationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie se distingue de tous les autres modes d'&#234;tre par son rapport unique &#224; ses d&#233;terminations et au monde dans son ensemble. Chaque objet inanim&#233; est, en vertu de sa particularit&#233; et de sa forme limit&#233;e et d&#233;termin&#233;e, diff&#233;rent et oppos&#233; au genre ; le particulier contredit l'universel, de sorte que celui-ci ne s'accomplit pas dans le premier. Le vivant, cependant, diff&#232;re du non-vivant &#224; cet &#233;gard, car la vie d&#233;signe un &#234;tre dont les diff&#233;rentes parties et &#233;tats ( Zustande) sont int&#233;gr&#233;s dans une unit&#233; compl&#232;te, celle d'un &#171; sujet &#187;. Dans la vie, &#171; le particulier... est en m&#234;me temps une branche de l'arbre infini de la Vie ; toute partie en dehors du tout est en m&#234;me temps le tout, la Vie. Chaque individu vivant est aussi une manifestation de l'ensemble de la vie, en d'autres termes, poss&#232;de la pleine essence ou potentialit&#233;s de la vie. De plus, bien que tout &#234;tre vivant soit d&#233;termin&#233; et limit&#233;, il peut d&#233;passer ses limitations en vertu du pouvoir qu'il poss&#232;de en tant que sujet vivant. La vie est d'abord une suite de conditions &#171; objectives &#187; d&#233;termin&#233;es &#8211; objectives, parce que le sujet vivant les trouve hors de lui-m&#234;me, limitant sa libre r&#233;alisation de soi. Le processus de la vie, cependant, consiste &#224; attirer continuellement ces conditions ext&#233;rieures dans l'unit&#233; durable du sujet. L'&#234;tre vivant se maintient comme soi en ma&#238;trisant et en annexant la multiplicit&#233; des conditions d&#233;termin&#233;es qu'il trouve, et en mettant en harmonie avec lui tout ce qui s'oppose &#224; lui. L'unit&#233; de la vie n'est donc pas une unit&#233; imm&#233;diate et &#171; naturelle &#187;, mais le r&#233;sultat d'un constant d&#233;passement actif de tout ce qui s'y oppose. C'est une unit&#233; qui ne pr&#233;vaut qu'&#224; la suite d'un processus de &#171; m&#233;diation &#187; (Vermittlung ) entre le sujet vivant tel qu'il est et ses conditions objectives. La m&#233;diation est la fonction propre du moi vivant en tant que sujet effectif, et en m&#234;me temps elle fait du moi vivant un sujet effectif. La vie est la premi&#232;re forme sous laquelle la substance est con&#231;ue comme sujet et est donc la premi&#232;re incarnation de la libert&#233;. C'est le premier mod&#232;le d'unification r&#233;elle des contraires et donc la premi&#232;re incarnation de la dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, toutes les formes de vie ne repr&#233;sentent pas une unit&#233; aussi compl&#232;te. Seul l'homme, en vertu de sa connaissance, peut r&#233;aliser &#171; l'id&#233;e de la Vie &#187;. Nous avons d&#233;j&#224; indiqu&#233; que pour Hegel une union parfaite du sujet et de l'objet est une condition pr&#233;alable &#224; la libert&#233;. L'union pr&#233;suppose une connaissance de la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire une connaissance des potentialit&#233;s du sujet et de l'objet. Seul l'homme est capable de transformer les conditions objectives pour qu'elles deviennent le support de son d&#233;veloppement subjectif. Et la v&#233;rit&#233; qu'il d&#233;tient lib&#232;re non seulement ses propres pouvoirs, mais aussi ceux de la nature. Il apporte la v&#233;rit&#233; dans le monde, et avec elle est capable d'organiser le monde conform&#233;ment &#224; la raison. Hegel illustre ce point dans la mission de Jean-Baptiste et, pour la premi&#232;re fois, avance l'id&#233;e que le monde est dans son essence m&#234;me le produit de l'activit&#233; historique de l'homme.auqrwpou fwtos , de l'auto-d&#233;veloppement de l'homme.' La conception du monde comme produit de l'activit&#233; humaine et de la connaissance persiste d&#233;sormais comme le moteur du syst&#232;me de Hegel. A ce stade tr&#232;s pr&#233;coce, nous pouvons d&#233;j&#224; d&#233;couvrir les traits de la th&#233;orie dialectique ult&#233;rieure de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; vie &#187; n'est pas le concept philosophique le plus avanc&#233; que Hegel ait atteint dans sa premi&#232;re p&#233;riode. Le Systemfragment, dans lequel il donne une &#233;laboration plus pr&#233;cise de la port&#233;e philosophique de l'antagonisme entre sujet et objet et entre l'homme et la nature, utilise le terme d'esprit ( Geist) pour d&#233;signer l'unification de ces domaines disparates. L'esprit est essentiellement la m&#234;me agence unificatrice que la vie - &#171; La vie infinie &#187; peut &#234;tre appel&#233;e un esprit parce que l'esprit connote l'unit&#233; vivante au milieu de la diversit&#233; ... L'esprit est la loi vivante qui unifie la diversit&#233; afin que cette derni&#232;re devienne vivante. Mais bien qu'il ne signifie rien de plus que la vie, le concept d'esprit met l'accent sur le fait que l'unit&#233; de la vie est, en derni&#232;re analyse, l'&#339;uvre de la libre compr&#233;hension et de l'activit&#233; du sujet, et non d'une force naturelle aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Theologische Jugendschriften donnent encore un autre concept qui pointe loin dans la logique ult&#233;rieure de Hegel. Dans un fragment intitul&#233; Glauben und Wissen, Hegel d&#233;clare : &#171; Unification et &#202;tre [ Sein ] sont &#233;quivalents ; la copule &#171; est &#187; dans toute proposition exprime une unification du sujet et du pr&#233;dicat, c'est-&#224;-dire un &#234;tre. Une interpr&#233;tation ad&#233;quate de cette d&#233;claration n&#233;cessiterait une discussion approfondie des d&#233;veloppements fondamentaux de la philosophie europ&#233;enne depuis Aristote. Nous ne pouvons ici qu'insinuer une partie de l'arri&#232;re-plan et du contenu de la formulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nonc&#233; de Hegel implique qu'il y a une distinction entre &#171; &#234;tre &#187; ( Sein ) et &#234;tre ( Seiendes), ou, entre l'&#234;tre d&#233;termin&#233; et l'&#234;tre-comme-tel. L'histoire de la philosophie occidentale s'est ouverte sur la m&#234;me distinction, faite en r&#233;ponse &#224; la question : qu'est-ce que l'&#234;tre ? qui a anim&#233; la philosophie grecque de Parm&#233;nide &#224; Aristote. Tout &#234;tre qui nous entoure est un &#234;tre d&#233;termin&#233; : une pierre, un outil, une maison, un animal, un &#233;v&#233;nement, etc. Mais nous pr&#233;diquons de tout &#234;tre tel qu'il est ainsi et ainsi ; c'est-&#224;-dire que nous lui attribuons l'&#234;tre. Et cet &#234;tre que nous lui attribuons n'est pas une chose particuli&#232;re au monde, mais est commun &#224; tous les &#234;tres particuliers auxquels on peut l'attribuer. Cela indique qu'il doit y avoir un &#234;tre-en-tant-que-tel diff&#233;rent de tout &#234;tre d&#233;termin&#233; et cependant attribuable &#224; tout &#234;tre quel qu'il soit, pour qu'il puisse &#234;tre appel&#233; le v&#233;ritable &#171; un &#187; dans toute la diversit&#233; des &#234;tres d&#233;termin&#233;s. L'&#234;tre en tant que tel est ce que tous les &#234;tres particuliers ont en commun et est en quelque sorte leur substratum. A partir de l&#224;, il &#233;tait relativement facile de prendre cet &#234;tre le plus universel comme &#171; l'essence de tout &#234;tre &#187;, &#171; la substance divine &#187;, &#171; le plus r&#233;el &#187;, et de combiner ainsi l'ontologie avec la th&#233;ologie. Cette tradition est op&#233;rante dans la Logique de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote a &#233;t&#233; le premier &#224; consid&#233;rer cet &#234;tre-en-tant-que-tel qui est attribu&#233; de la m&#234;me mani&#232;re &#224; tout &#234;tre d&#233;termin&#233;, non pas comme une entit&#233; m&#233;taphysique s&#233;par&#233;e, mais comme le processus ou le mouvement par lequel chaque &#234;tre particulier se fa&#231;onne en ce qu'il est r&#233;ellement. Selon Aristote, il y a une distinction qui traverse tout le r&#232;gne de l'&#234;tre entre l'essence ( ousia ) et ses divers &#233;tats et modifications accidentels ( ta sumbebhkota). L'&#234;tre r&#233;el, au sens strict, est l'essence, c'est-&#224;-dire la chose individuelle concr&#232;te, organique aussi bien qu'inorganique. La chose individuelle est le sujet ou la substance qui perdure tout au long d'un mouvement dans lequel elle unifie et maintient ensemble les divers &#233;tats et phases de son existence. Les diff&#233;rents modes d'&#234;tre repr&#233;sentent divers modes d'unification des relations antagonistes ; ils se r&#233;f&#232;rent &#224; diff&#233;rents modes de persistance &#224; travers le changement, d'origine et de disparition, d'avoir des propri&#233;t&#233;s et des limitations, etc. Et Hegel incorpore la conception aristot&#233;licienne de base dans sa philosophie : &#171; Les diff&#233;rents modes d'&#234;tre sont des unifications plus ou moins compl&#232;tes. &#202;tre signifie unifier, et unifier signifie mouvement. Le mouvement, &#224; son tour, Aristote le d&#233;finit en termes de potentialit&#233; et d'actualit&#233;. Les divers types de mouvement d&#233;signent diverses mani&#232;res de r&#233;aliser les potentialit&#233;s inh&#233;rentes &#224; l'essence ou &#224; la chose en mouvement. Aristote &#233;value les types de mouvement de sorte que le type le plus &#233;lev&#233; est celui dans lequel chaque potentialit&#233; est pleinement r&#233;alis&#233;e. Un &#234;tre qui se meut ou se d&#233;veloppe selon le type le plus &#233;lev&#233; serait purenergie . Elle n'aurait aucune mati&#232;re de r&#233;alisation ext&#233;rieure ou &#233;trang&#232;re &#224; elle-m&#234;me, mais serait enti&#232;rement elle-m&#234;me &#224; chaque instant de son existence. Si un tel &#234;tre devait exister, toute son existence consisterait &#224; penser. Un sujet dont l'activit&#233; de soi est pens&#233;e n'a pas d'objet &#233;tranger et ext&#233;rieur ; la pens&#233;e &#171; saisit &#187; et tient l'objet en tant que pens&#233;e, et la raison appr&#233;hende la raison. L'&#234;tre v&#233;ritable est le mouvement v&#233;ritable, et celui-ci est l'activit&#233; d'unification parfaite du sujet avec son objet. L'&#202;tre v&#233;ritable est donc pens&#233;e et raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel conclut sa pr&#233;sentation dans l' Encyclop&#233;die des sciences philosophiques par le paragraphe de la M&#233;taphysique d'Aristotedans lequel l'&#234;tre v&#233;ritable est expliqu&#233; comme &#233;tant la raison. Ceci est significatif car plus qu'une simple illustration. Car la philosophie de Hegel est dans un sens large une r&#233;interpr&#233;tation de l'ontologie d'Aristote, sauv&#233;e de la distorsion du dogme m&#233;taphysique et li&#233;e &#224; l'exigence omnipr&#233;sente du rationalisme moderne que le monde soit transform&#233; en un m&#233;dium pour le sujet en libre d&#233;veloppement, que le monde devenir, en somme, la r&#233;alit&#233; de la raison. Hegel a &#233;t&#233; le premier &#224; red&#233;couvrir le caract&#232;re extr&#234;mement dynamique de la m&#233;taphysique aristot&#233;licienne, qui traite tout &#234;tre comme processus et mouvement &#8211; &#8203;&#8203;une dynamique qui s'&#233;tait enti&#232;rement perdue dans la tradition formaliste de l'aristot&#233;lisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception d'Aristote selon laquelle la raison est l'&#234;tre v&#233;ritable est r&#233;alis&#233;e en s&#233;parant cet &#234;tre du reste du monde. Le nous-qeos n'est ni la cause ni le cr&#233;ateur du monde, et n'en est le moteur principal qu'&#224; travers un syst&#232;me compliqu&#233; d'interm&#233;diaires. La raison humaine n'est qu'une faible copie de ce nous-qeos . N&#233;anmoins, la vie de la raison est la vie la plus &#233;lev&#233;e et le bien le plus &#233;lev&#233; sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception est intimement li&#233;e &#224; une r&#233;alit&#233; n'offrant aucune r&#233;alisation ad&#233;quate des potentialit&#233;s propres des hommes et des choses, de sorte que la r&#233;alisation se situait dans une activit&#233; la plus ind&#233;pendante des incongruit&#233;s dominantes de la r&#233;alit&#233;. L'&#233;l&#233;vation du domaine de l'esprit &#224; la position de domaine unique de la libert&#233; et de la raison a &#233;t&#233; conditionn&#233;e par un monde d'anarchie et de servitude. Les conditions historiques pr&#233;valaient encore au temps de Hegel ; les potentialit&#233;s visibles ne s'actualisaient ni dans la soci&#233;t&#233; ni dans la nature, et les hommes n'&#233;taient pas des sujets libres de leur vie. Et puisque l'ontologie est la doctrine des formes les plus g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre et, en tant que telle, refl&#232;te la vision humaine de la structure la plus g&#233;n&#233;rale de la r&#233;alit&#233;, il n'est pas &#233;tonnant que les concepts de base de l'ontologie aristot&#233;licienne et h&#233;g&#233;lienne soient les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers le syst&#232;me de la philosophie&lt;br class='autobr' /&gt;
(1800-1802)&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Les premiers &#233;crits philosophiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN 1801, Hegel commen&#231;a sa carri&#232;re universitaire &#224; I&#233;na, alors le centre philosophique de l'Allemagne. Fichte y avait enseign&#233; jusqu'en 1799 et Schelling en fut nomm&#233; professeur en 1798. La philosophie sociale et juridique de Kant, sa Metaphysik der Sitten, avait &#233;t&#233; publi&#233;e en 1799, et sa r&#233;volution de la philosophie dans ses trois Critiques de la raison exer&#231;ait encore une influence primordiale sur la pens&#233;e intellectuelle. vie. Tout naturellement, donc, les premiers articles philosophiques de Hegel se sont centr&#233;s sur les doctrines de Kant, Fichte et Schelling, et il a formul&#233; ses probl&#232;mes en termes de courants de discussion parmi les id&#233;alistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons vu, Hegel consid&#233;rait que la philosophie na&#238;t des contradictions globales dans lesquelles l'existence humaine est plong&#233;e. Celles-ci ont fa&#231;onn&#233; l'histoire de la philosophie comme l'histoire des contradictions fondamentales, celles entre &#171; l'esprit et la mati&#232;re, l'&#226;me et le corps, la croyance et l'entendement, la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233; &#187;, contradictions apparues plus r&#233;cemment comme celles entre &#171; la raison et le sens &#187; ( Sinnlichkeit ), &#171; l'intelligence et la nature &#187; &#8203;&#8203;et, sous la forme la plus g&#233;n&#233;rale, &#171; la subjectivit&#233; et l'objectivit&#233; &#187;. Tels &#233;taient les concepts m&#234;mes qui &#233;taient &#224; la base de la Critique de la raison pure de Kant, et ceux que Hegel dissolvait maintenant dans son analyse dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier concept que Hegel a soumis &#224; une r&#233;interpr&#233;tation dialectique &#233;tait celui de raison. Kant avait fait la base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;distinction entre la raison ( Vernunft ) et l'entendement ( Verstand ) .Hegel a donn&#233; un nouveau sens aux deux concepts et en a fait le point de d&#233;part de sa m&#233;thode. Pour lui, la distinction entre compr&#233;hension et raison est la m&#234;me que celle entre sens commun et pens&#233;e sp&#233;culative, entre r&#233;flexion non dialectique et connaissance dialectique. Les op&#233;rations de l'entendement produisent le type habituel de pens&#233;e qui pr&#233;vaut dans la vie quotidienne aussi bien que dans la science. Le monde est pris comme une multitude de choses d&#233;termin&#233;es, chacune &#233;tant d&#233;limit&#233;e l'une de l'autre. Chaque chose est une entit&#233; distincte d&#233;limit&#233;e, li&#233;e comme telle &#224; d'autres entit&#233;s &#233;galement d&#233;limit&#233;es. Les concepts qui se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; partir de ces d&#233;buts, et les jugements compos&#233;s de ces concepts, d&#233;notent et traitent des choses isol&#233;es et des relations fixes entre ces choses. Les d&#233;terminations individuelles s'excluent comme si elles &#233;taient des atomes ou des monades. L'un n'est pas l'autre et ne peut jamais devenir l'autre. Certes, les choses changent, leurs propri&#233;t&#233;s aussi, mais lorsqu'elles changent, une propri&#233;t&#233; ou une d&#233;termination dispara&#238;t et une autre prend sa place. Une entit&#233; ainsi isol&#233;e et d&#233;limit&#233;e que Hegel appelle &#171; finie &#187; (das Endliche ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement con&#231;oit alors un monde d'entit&#233;s finies, r&#233;gi par le principe d'identit&#233; et d'opposition. Tout est identique &#224; soi et &#224; rien d'autre ; il est, en vertu de son identit&#233; &#224; soi, oppos&#233; &#224; toutes les autres choses. Il peut &#234;tre connect&#233; et combin&#233; avec eux de bien des fa&#231;ons, mais il ne perd jamais sa propre identit&#233; et ne devient jamais autre chose que lui-m&#234;me. Lorsque le papier de tournesol rouge devient bleu ou que le jour se transforme en nuit, un ici et maintenant existant cesse d'&#234;tre ici et maintenant, et quelque chose d'autre prend sa place. Lorsqu'un enfant devient un &#171; homme &#187;, un ensemble de propri&#233;t&#233;s, celles de l'enfance, est remplac&#233;e par une autre, celles de la virilit&#233;. Le rouge et le bleu, le clair et l'obscur, l'enfance et la virilit&#233;, restent &#233;ternellement des oppositions irr&#233;conciliables. Les op&#233;rations de compr&#233;hension divisent ainsi le monde en polarit&#233;s innombrables,R&#233;flexion isolierte ) pour caract&#233;riser la mani&#232;re dont la compr&#233;hension forme et relie ses concepts polaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e et la propagation de ce type de pens&#233;e Hegel se connecte avec l'origine et la pr&#233;valence de certaines relations dans la vie humaine. Les antagonismes de la &#171; r&#233;flexion isol&#233;e &#187; expriment de v&#233;ritables antagonismes. La pens&#233;e n'a pu comprendre le monde comme un syst&#232;me fixe de choses isol&#233;es et d'oppositions indissolubles que lorsque le monde &#233;tait devenu une r&#233;alit&#233; &#233;loign&#233;e des vrais d&#233;sirs et besoins de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'isolement et l'opposition ne sont cependant pas l'&#233;tat final des choses. Le monde ne doit pas rester un complexe de disparates fig&#233;s. L'unit&#233; qui sous-tend les antagonismes doit &#234;tre saisie et r&#233;alis&#233;e par la raison, qui a pour t&#226;che de concilier les contraires et de les &#171; supprimer &#187; dans une v&#233;ritable unit&#233;. L'accomplissement de la t&#226;che de la raison consisterait en m&#234;me temps &#224; restaurer l'unit&#233; perdue dans les rapports sociaux des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence de l'entendement, la raison est motiv&#233;e par le besoin de &#171; restituer la totalit&#233; &#187;. Comment cela peut-il &#234;tre fait ? D'abord, dit Hegel, en sapant la fausse s&#233;curit&#233; que procurent les perceptions et les manipulations de l'entendement. Le point de vue du sens commun est celui de &#171; l'indiff&#233;rence &#187; et de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, &#171; l'indiff&#233;rence de la s&#233;curit&#233; &#187;. La satisfaction de l'&#233;tat donn&#233; de la r&#233;alit&#233; et l'acceptation de ses relations fixes et stables rendent les hommes indiff&#233;rents aux potentialit&#233;s non encore r&#233;alis&#233;es qui ne sont pas &#171; donn&#233;es &#187; avec la m&#234;me certitude et la m&#234;me stabilit&#233; que les objets des sens. Le sens commun prend l'apparition accidentelle des choses pour leur essence et persiste &#224; croire qu'il y a une identit&#233; imm&#233;diate de l'essence et de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; de l'essence et de l'existence, au contraire, ne peut r&#233;sulter que de l'effort soutenu de la raison pour la cr&#233;er. Elle ne se produit que par une mise en action consciente de la connaissance, dont la condition premi&#232;re est l'abandon du sens commun et de la simple compr&#233;hension pour la &#171; pens&#233;e sp&#233;culative &#187;. Hegel insiste sur le fait que seul ce type de pens&#233;e peut aller au-del&#224; des m&#233;canismes de distorsion de l'&#233;tat d'&#234;tre dominant. La pens&#233;e sp&#233;culative compare la forme apparente ou donn&#233;e des choses aux potentialit&#233;s de ces m&#234;mes choses et, ce faisant, distingue leur essence de leur &#233;tat d'existence accidentel. Ce r&#233;sultat est atteint non par un processus d'intuition mystique, mais par une m&#233;thode de cognition conceptuelle, qui examine le processus par lequel chaque forme est devenue ce qu'elle est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Hegel appelle la pens&#233;e sp&#233;culative est en effet sa premi&#232;re pr&#233;sentation de la m&#233;thode dialectique. La relation entre la pens&#233;e dialectique (la raison) et la r&#233;flexion isolante (la compr&#233;hension) est clairement d&#233;finie. Le premier critique et d&#233;passe les oppositions fixes cr&#233;&#233;es par le second. Elle sape la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; du sens commun et d&#233;montre que &#171; ce que le sens commun consid&#232;re comme imm&#233;diatement certain n'a pas de r&#233;alit&#233; pour la philosophie &#187;. Le premier crit&#232;re de la raison est donc la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de l'autorit&#233; factuelle. Cette m&#233;fiance est le vrai scepticisme que Hegel d&#233;signe comme &#171; la part libre &#187; de toute vraie philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de r&#233;alit&#233; imm&#233;diatement donn&#233;e n'est donc pas une r&#233;alit&#233; finale. Le syst&#232;me des choses isol&#233;es en opposition, produit par les op&#233;rations de l'entendement, doit &#234;tre reconnu pour ce qu'il est : une &#171; mauvaise &#187; forme de r&#233;alit&#233;, un domaine de limitation et d'asservissement. Le &#171; domaine de la libert&#233; &#187;, qui est le but inh&#233;rent de la raison, ne peut &#234;tre atteint, comme le pensaient Kant et Fichte, en jouant le sujet contre le monde objectif, en attribuant &#224; la personne autonome toute la libert&#233; qui manque au monde ext&#233;rieur. , et laissant &#224; ce dernier un domaine de n&#233;cessit&#233; aveugle. (Hegel s'oppose ici &#224; l'important m&#233;canisme de &#171; l'int&#233;riorisation &#187; ou de l'introversion, par lequel la philosophie et la litt&#233;rature ont g&#233;n&#233;ralement fait de la libert&#233; une valeur int&#233;rieure &#224; r&#233;aliser dans l'&#226;me seule. ) Dans la r&#233;alit&#233; finale, il ne peut y avoir d'isolement du sujet libre du monde objectif ; cet antagonisme doit &#234;tre r&#233;solu, ainsi que tous les autres cr&#233;&#233;s par l'entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; finale dans laquelle se r&#233;solvent les antagonismes, Hegel l'appelle &#171; l'Absolu &#187;. A ce stade de son d&#233;veloppement philosophique, il ne peut d&#233;crire cet absolu que n&#233;gativement. Ainsi, c'est tout le contraire de la r&#233;alit&#233; appr&#233;hend&#233;e par le bon sens et l'entendement ; il &#171; nie &#187; la r&#233;alit&#233; du sens commun dans chaque d&#233;tail, de sorte que la r&#233;alit&#233; absolue n'a aucun point de ressemblance avec le monde fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le sens commun et l'entendement avaient per&#231;u des entit&#233;s isol&#233;es qui s'opposaient les unes aux autres, la raison appr&#233;hende &#171; l'identit&#233; des contraires &#187;. Elle ne produit pas l'identit&#233; par un processus de connexion et de combinaison des oppos&#233;s, mais les transforme de sorte qu'ils cessent d'exister en tant qu'oppos&#233;s, bien que leur contenu soit pr&#233;serv&#233; dans une forme d'&#234;tre sup&#233;rieure et plus &#171; r&#233;elle &#187;. Le processus d'unification des contraires touche chaque partie de la r&#233;alit&#233; et ne prend fin que lorsque la raison a &#171; organis&#233; &#187; le tout de sorte que &#171; chaque partie n'existe qu'en relation avec le tout &#187;, et que &#171; toute entit&#233; individuelle n'a de sens et de signification que dans sa rapport &#224; la totalit&#233;.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La totalit&#233; des concepts et des connaissances de la raison repr&#233;sente &#224; elle seule l'absolu. La raison n'est donc pleinement devant nous que sous la forme d'une &#171; organisation globale de propositions et d'intuitions &#187;, c'est-&#224;-dire comme un &#171; syst&#232;me &#187;. Nous expliquerons la port&#233;e concr&#232;te de ces id&#233;es dans le chapitre suivant. Ici, dans ses premiers &#233;crits philosophiques, Hegel met intentionnellement l'accent sur la fonction n&#233;gative de la raison : sa destruction du monde fixe et s&#251;r du sens commun et de la compr&#233;hension. L'absolu est appel&#233; &#171; nuit &#187; et &#171; rien &#187;, pour le mettre en contraste avec les objets clairement d&#233;finis de la vie quotidienne. La raison signifie &#171; l'an&#233;antissement absolu &#187; du monde du sens commun. Car, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, la lutte contre le sens commun est le d&#233;but de la pens&#233;e sp&#233;culative, et la perte de la s&#233;curit&#233; quotidienne est l'origine de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel pr&#233;cise sa position dans l'article &#171; Glauben und Wissen &#187;, dans lequel il oppose ses conclusions &#224; celles de la Critique de la raison pure de Kant. Le principe empirique que retenait Kant en faisant d&#233;pendre la raison d'objets &#171; donn&#233;s &#187; d'exp&#233;rience est ici compl&#232;tement rejet&#233;. Chez Kant, d&#233;clare Hegel, la raison est limit&#233;e &#224; un domaine int&#233;rieur de l'esprit et est rendue impuissante sur les &#171; choses en elles-m&#234;mes &#187;. En d'autres termes, ce n'est pas vraiment la raison mais la compr&#233;hension qui r&#232;gne dans la philosophie kantienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, Hegel mentionne sp&#233;cialement le fait que Kant a surmont&#233; cette limitation sur de nombreux points. Par exemple, la notion d'une &#171; unit&#233; synth&#233;tique originelle d'aperception &#187; reconna&#238;t les propres principes de Hegel de l'identit&#233; originelle des contraires &#187;, car &#171; l'unit&#233; synth&#233;tique &#187; est proprement une activit&#233; par laquelle l'antagonisme entre sujet et objet est produit et simultan&#233;ment surmont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Kant &#171; contient donc la v&#233;ritable forme de la pens&#233;e &#187; en ce qui concerne ce concept, &#224; savoir la triade du sujet, de l'objet et de leur synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier point sur lequel Hegel affirme que la triade ( Triplizit&#228;t ) est la vraie forme de pens&#233;e. Il ne l'&#233;nonce pas comme un sch&#233;ma vide de th&#232;se, d'antith&#232;se et de synth&#232;se, mais comme l'unit&#233; dynamique des contraires. C'est la forme propre de la pens&#233;e parce que c'est la forme propre d'une r&#233;alit&#233; o&#249; tout &#234;tre est l'unit&#233; synth&#233;tique de conditions antagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique traditionnelle a reconnu ce fait en exposant la forme du jugement comme S est P. Nous avons d&#233;j&#224; fait allusion &#224; l'interpr&#233;tation de cette forme par Hegel. Pour savoir ce qu'est r&#233;ellement une chose, il faut d&#233;passer son &#233;tat imm&#233;diatement donn&#233; (S est S) et suivre le processus par lequel elle se transforme en autre chose qu'elle-m&#234;me (P). Dans le processus de devenir P, cependant, S reste toujours S. Sa r&#233;alit&#233; est toute la dynamique de sa transformation en quelque chose d'autre et de son unification avec son &#171; autre &#187;. Le mod&#232;le dialectique repr&#233;sente, et est donc &#171; la v&#233;rit&#233; de &#187;, un monde impr&#233;gn&#233; de n&#233;gativit&#233;, un monde dans lequel tout est autre chose que ce qu'il est r&#233;ellement, et dans lequel l'opposition et la contradiction constituent les lois du progr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Les premiers &#233;crits politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les int&#233;r&#234;ts critiques de la philosophie dialectique sont clairement illustr&#233;s par les importants pamphlets politiques de Hegel de cette p&#233;riode. Celles-ci montrent que l'&#233;tat dans lequel se trouvait le Reich allemand apr&#232;s sa guerre infructueuse avec la R&#233;publique fran&#231;aise avait sa place &#224; l'origine des premiers travaux de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions universelles qui, selon Hegel, animent la philosophie existent concr&#232;tement dans les antagonismes et la d&#233;sunion entre les nombreux &#201;tats et &#233;tats allemands et entre chacun d'eux et le Reich. L' &#171; isolement &#187; dont Hegel avait fait preuve dans ses articles philosophiques se manifeste dans l'obstination avec laquelle non seulement chaque &#233;tat mais pratiquement chaque individu poursuit son int&#233;r&#234;t particulier sans aucune consid&#233;ration pour l'ensemble. La &#171; perte d'unit&#233; &#187; qui en a r&#233;sult&#233; a r&#233;duit le pouvoir imp&#233;rial &#224; une compl&#232;te impuissance et fait du Reich une proie facile pour tout agresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne n'est plus un &#201;tat... Si l'Allemagne devait encore &#234;tre qualifi&#233;e d'&#201;tat, sa condition actuelle de d&#233;cadence ne pourrait &#234;tre qualifi&#233;e que d'anarchie, si ce n'&#233;tait du fait que ses parties composantes se sont constitu&#233;es en &#201;tats. Ce n'est que le souvenir d'un lien pass&#233; et non une union r&#233;elle qui leur donne l'apparence de l'unit&#233; ... Dans sa guerre contre la R&#233;publique fran&#231;aise, l'Allemagne a r&#233;alis&#233; qu'elle n'&#233;tait plus un &#201;tat ... Les r&#233;sultats &#233;vidents de cette guerre sont la perte de quelques-unes des plus belles terres allemandes, et de quelques millions de sa population, une dette publique (encore plus grande au sud qu'au nord) qui porte les affres de la guerre en temps de paix, et le r&#233;sultat qu'en plus de ceux qui sont tomb&#233;s sous le pouvoir des conqu&#233;rants et des lois et m&#339;urs &#233;trang&#232;res, de nombreux &#201;tats perdront leur plus grand bien dans le march&#233;, c'est-&#224;-dire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel poursuit en examinant la base de la d&#233;sint&#233;gration. La constitution allemande, trouve-t-il, ne correspond plus &#224; l'&#233;tat social et &#233;conomique r&#233;el de la nation. La constitution est un vestige d'un vieil ordre f&#233;odal qui a depuis longtemps &#233;t&#233; remplac&#233; par un ordre diff&#233;rent, celui de la soci&#233;t&#233; individualiste. Le maintien de l'ancienne forme de constitution face au changement radical qui s'est produit dans tous les rapports sociaux revient &#224; maintenir une condition donn&#233;e simplement parce qu'elle est donn&#233;e. Une telle pratique s'oppose &#224; toute norme et pr&#233;cepte de la raison. L'ordre de vie qui pr&#233;vaut est en conflit aigu avec les d&#233;sirs et les besoins de la soci&#233;t&#233; ; elle a perdu &#171; toute sa puissance et toute sa dignit&#233; &#187; et est devenue &#171; purement n&#233;gative &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, poursuit Hegel, ce qui persiste de cette &#171; mani&#232;re purement empirique &#187;, sans &#234;tre &#171; adapt&#233; &#224; l'id&#233;e de raison &#187;, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#171; r&#233;el &#187;. Le syst&#232;me politique doit &#234;tre d&#233;truit et transform&#233; en un nouvel ordre rationnel. Une telle transformation ne peut se faire sans violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me r&#233;alisme de la position de Hegel transpara&#238;t dans le cadre et la terminologie id&#233;alistes. &#171; La notion et la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; sont beaucoup trop faibles pour effectuer une action. La notion et la perspicacit&#233; s'accompagnent d'une telle m&#233;fiance qu'elles doivent &#234;tre justifi&#233;es par la violence ; alors seulement l'homme s'y soumet. La notion ne peut &#234;tre justifi&#233;e par la violence que dans la mesure o&#249; elle exprime une force historique r&#233;elle qui a m&#251;ri dans le giron de l'ordre existant. La notion contredit la r&#233;alit&#233; lorsque celle-ci est devenue contradictoire avec elle-m&#234;me. Hegel dit qu'une forme sociale dominante ne peut &#234;tre attaqu&#233;e avec succ&#232;s par la pens&#233;e que si cette forme est entr&#233;e en contradiction ouverte avec sa propre &#171; v&#233;rit&#233; &#187; 21 , en d'autres termes, si elle ne peut plus r&#233;pondre aux exigences de son propre contenu. C'est le cas de l'Allemagne, soutient Hegel. L&#224;, les champions du nouvel ordre repr&#233;sentent des forces historiques qui ont d&#233;pass&#233; l'ancien syst&#232;me. L'&#201;tat, qui devrait perp&#233;tuer l'int&#233;r&#234;t commun de ses membres sous une forme rationnelle appropri&#233;e &#8211; car telle serait sa &#171; v&#233;rit&#233; &#187; &#8211; ne le fait pas. Pour cette raison, les gouvernants de l'&#201;tat parlent faux lorsqu'ils d&#233;fendent leur position au nom de l'int&#233;r&#234;t commun. Leurs ennemis, pas eux, repr&#233;sentent l'int&#233;r&#234;t commun, et leur notion, l'id&#233;e du nouvel ordre qu'ils d&#233;fendent, n'est pas seulement un id&#233;al mais l'expression d'une r&#233;alit&#233; qui ne perdure plus dans l'ordre dominant. les gouvernants de l'&#201;tat parlent faux lorsqu'ils d&#233;fendent leur position au nom de l'int&#233;r&#234;t commun. Leurs ennemis, pas eux, repr&#233;sentent l'int&#233;r&#234;t commun, et leur notion, l'id&#233;e du nouvel ordre qu'ils d&#233;fendent, n'est pas seulement un id&#233;al mais l'expression d'une r&#233;alit&#233; qui ne perdure plus dans l'ordre dominant. les gouvernants de l'&#201;tat parlent faux lorsqu'ils d&#233;fendent leur position au nom de l'int&#233;r&#234;t commun. Leurs ennemis, pas eux, repr&#233;sentent l'int&#233;r&#234;t commun, et leur notion, l'id&#233;e du nouvel ordre qu'ils d&#233;fendent, n'est pas seulement un id&#233;al mais l'expression d'une r&#233;alit&#233; qui ne perdure plus dans l'ordre dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de Hegel est que l'ordre ancien doit &#234;tre remplac&#233; par une &#171; vraie communaut&#233; &#187; ( Allgemeinheit ). Allgemeinheitsignifie &#224; la fois, d'une part, une soci&#233;t&#233; dans laquelle tous les int&#233;r&#234;ts particuliers et individuels sont int&#233;gr&#233;s dans le tout, de sorte que l'organisme social r&#233;el qui en r&#233;sulte s'accorde avec l'int&#233;r&#234;t commun (communaut&#233;), et, d'autre part, une totalit&#233; dans laquelle tous les diff&#233;rents concepts isol&#233;s de la connaissance sont fusionn&#233;s et int&#233;gr&#233;s de sorte qu'ils re&#231;oivent leur signification dans leur relation &#224; l'ensemble (universalit&#233;). Le deuxi&#232;me sens est &#233;videmment le pendant du premier. de m&#234;me que la conception de la d&#233;sint&#233;gration dans la sph&#232;re du savoir exprime la d&#233;sint&#233;gration existante des rapports humains dans la soci&#233;t&#233;, de m&#234;me l'int&#233;gration philosophique correspond &#224; une int&#233;gration sociale et politique. L'universalit&#233; de la raison, repr&#233;sent&#233;e par l'absolu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#201;tat r&#233;el, soutient Hegel, institutionnalise l'int&#233;r&#234;t commun et le d&#233;fend dans tous les conflits externes et internes. Le Reich allemand, d&#233;clare Hegel, n'a pas ce caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs et les droits politiques ne sont pas des offices publics &#233;tablis en fonction de l'organisation de l'ensemble, et les actes et les devoirs de l'individu ne sont pas d&#233;termin&#233;s par les besoins de l'ensemble. Chaque partie particuli&#232;re de la hi&#233;rarchie politique, chaque maison princi&#232;re, chaque domaine, ville, corporation, etc., bref, quiconque a des droits ou des devoirs envers l'&#201;tat les a acquis par son propre pouvoir. L'&#201;tat, compte tenu de l'empi&#232;tement sur son propre pouvoir, ne peut que confirmer qu'il a &#233;t&#233; priv&#233; de son pouvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel explique l'effondrement de l'&#201;tat allemand en opposant le syst&#232;me f&#233;odal au nouvel ordre de soci&#233;t&#233; individualiste qui lui a succ&#233;d&#233;. L'essor de ce dernier ordre social s'explique par le d&#233;veloppement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Le syst&#232;me f&#233;odal proprement dit int&#233;grait les int&#233;r&#234;ts particuliers des diff&#233;rents domaines en une v&#233;ritable communaut&#233;. La libert&#233; du groupe ou de l'individu ne s'oppose pas essentiellement &#224; la libert&#233; du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque moderne, cependant, &#171; la propri&#233;t&#233; exclusive a compl&#232;tement isol&#233; les besoins particuliers les uns des autres. On parle de l'universalit&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e comme si elle &#233;tait commune &#224; toute la soci&#233;t&#233; et donc, peut-&#234;tre, une unit&#233; int&#233;gratrice. Mais cette universalit&#233;, dit Hegel, n'est qu'une fiction juridique abstraite ; en r&#233;alit&#233;, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e reste &#171; quelque chose d'isol&#233; &#187; qui n'a aucun rapport avec l'ensemble. La seule unit&#233; qui puisse &#234;tre r&#233;alis&#233;e entre les propri&#233;taires est celle, artificielle, d'un syst&#232;me juridique universellement appliqu&#233;. Les lois, cependant, ne stabilisent et ne codifient que les conditions anarchiques existantes de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et transforment ainsi l'&#201;tat ou la communaut&#233; en une institution qui existe au nom d'int&#233;r&#234;ts particuliers. La possession existait avant la loi et ne d&#233;coulait pas de la loi. Ce qui avait d&#233;j&#224; fait l'objet d'une appropriation priv&#233;e est devenu un droit l&#233;gal ... Le droit constitutionnel allemand est donc au sens propre du droit priv&#233;, et les droits politiques sont des formes l&#233;galis&#233;es de possession, des droits de propri&#233;t&#233;. Un &#201;tat dans lequel les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s antagonistes sont ainsi rendus pr&#233;&#233;minents dans tous les domaines ne peut pas &#234;tre qualifi&#233; de v&#233;ritable communaut&#233;. De plus, Hegel d&#233;clare : &#171; La lutte pour transformer le pouvoir d'&#201;tat en propri&#233;t&#233; priv&#233;e dissout l'&#201;tat et entra&#238;ne la destruction de son pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat, accapar&#233; par des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, doit n&#233;anmoins au moins prendre l'apparence d'une v&#233;ritable communaut&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;afin de r&#233;primer la guerre g&#233;n&#233;rale et de d&#233;fendre &#233;galement les droits de propri&#233;t&#233; de tous ses membres. La communaut&#233; devient ainsi une puissance ind&#233;pendante, &#233;lev&#233;e au-dessus des individus. &#171; Chaque individu souhaite vivre, par le pouvoir de l'&#201;tat, avec sa propri&#233;t&#233; en s&#233;curit&#233;. Le pouvoir de l'&#201;tat lui appara&#238;t... comme quelque chose d'&#233;tranger qui existe en dehors de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, &#224; cette &#233;poque, a pouss&#233; sa critique de la structure de la soci&#233;t&#233; moderne si loin qu'il a obtenu un aper&#231;u du m&#233;canisme par lequel l'&#201;tat devient une entit&#233; ind&#233;pendante au-dessus des individus. Il a retravaill&#233; plusieurs fois la brochure sur la Constitution allemande, et sa forme finale montre un net affaiblissement de son attitude critique. Progressivement, la forme &#171; sup&#233;rieure &#187; d'&#201;tat qui doit remplacer celle qui est d&#233;pass&#233;e (exemplifi&#233;e par l'Allemagne) prend la forme d'un &#201;tat absolu ou de pouvoir. Les r&#233;formes exig&#233;es par Hegel sont la cr&#233;ation d'une arm&#233;e du Reich efficace, arrach&#233;e au contr&#244;le des domaines et plac&#233;e sous le commandement unifi&#233; de l'Empire, et la centralisation de tous les bureaux, des finances et de la justice. L'id&#233;e d'un &#201;tat centralis&#233; fort, il faut le remarquer, &#233;tait &#224; l'&#233;poque progressiste, qui visait &#224; lib&#233;rer les forces productives disponibles qui &#233;taient entrav&#233;es par les formes f&#233;odales existantes. Quatre d&#233;cennies plus tard, Marx a soulign&#233; dans son histoire critique de l'&#201;tat moderne que l'&#201;tat absolutiste centralis&#233; &#233;tait une avanc&#233;e mat&#233;rielle sur les formes d'&#201;tat f&#233;odales et semi-f&#233;odales. Par cons&#233;quent, la proposition d'&#233;tablir un tel &#201;tat absolu n'est pas en elle-m&#234;me un signe que l'attitude critique de Hegel faiblissait. On note plut&#244;t l'affaiblissement des cons&#233;quences que Hegel tire de sa conception de l'&#233;tat absolu. Nous allons les d&#233;velopper bri&#232;vement. la proposition d'&#233;tablir un tel &#201;tat absolu n'est pas en soi un signe que l'attitude critique de Hegel faiblissait. On note plut&#244;t l'affaiblissement des cons&#233;quences que Hegel tire de sa conception de l'&#233;tat absolu. Nous allons les d&#233;velopper bri&#232;vement. la proposition d'&#233;tablir un tel &#201;tat absolu n'est pas en soi un signe que l'attitude critique de Hegel faiblissait. On note plut&#244;t l'affaiblissement des cons&#233;quences que Hegel tire de sa conception de l'&#233;tat absolu. Nous allons les d&#233;velopper bri&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'article sur la Constitution allemande appara&#238;t, pour la premi&#232;re fois dans les formulations de Hegel, une nette subordination du droit &#224; la force. Hegel &#233;tait d&#233;sireux de lib&#233;rer son &#201;tat centralis&#233; de toutes les limitations qui pourraient entraver son efficacit&#233;, et il a donc fait de l'int&#233;r&#234;t de l'&#201;tat sup&#233;rieur &#224; la validit&#233; du droit. Le fait est clairement d&#233;montr&#233; dans les remarques de Hegel sur la politique &#233;trang&#232;re de son &#201;tat id&#233;al :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit, dit-il, appartient &#224; &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'&#201;tat &#187;, &#233;tabli et accord&#233; &#224; l'&#201;tat par des contrats avec d'autres &#201;tats. Dans les constellations de pouvoir en constante &#233;volution, les int&#233;r&#234;ts d'un &#201;tat doivent t&#244;t ou tard se heurter &#224; ceux d'un autre. La droite confronte alors la droite. La guerre, &#171; ou quoi que ce soit &#187;, doit alors d&#233;cider non pas quel droit est vrai et juste, &#171; car les deux parties ont un vrai droit, mais quel droit doit c&#233;der &#224; l'autre &#187;. On retrouvera la m&#234;me th&#232;se, fort d&#233;velopp&#233;e, dans la Philosophie du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre cons&#233;quence tir&#233;e de la conception de l'&#201;tat de pouvoir est une nouvelle interpr&#233;tation de la libert&#233;. L'id&#233;e de base est retenue, que la libert&#233; ultime de l'individu ne contredira pas la libert&#233; ultime du tout, mais ne s'accomplira qu'&#224; l'int&#233;rieur et &#224; travers le tout. Hegel avait beaucoup insist&#233; sur ce point dans son article sur la diff&#233;rence entre les syst&#232;mes de Fichte et de Schelling, dans lequel il disait que la communaut&#233; qui se conforme &#224; la norme de la raison doit &#234;tre con&#231;ue &#171; non comme une limitation de la vraie libert&#233; de l'individu, mais comme un &#233;largissement de sa libert&#233; &#187;. il. La plus haute communaut&#233; est la plus haute libert&#233;, dans son pouvoir et dans son exercice. 82 Maintenant, cependant, dans l'&#233;tude de la Constitution allemande, il d&#233;clare : &#171; L'ent&#234;tement du caract&#232;re allemand n'a pas permis aux individus desacrifier leurs int&#233;r&#234;ts particuliers &#224; la soci&#233;t&#233;, ou s'unir dans un int&#233;r&#234;t commun et trouver leur libert&#233; en se soumettant pleinement au pouvoir sup&#233;rieur de l'&#201;tat. 88&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel &#233;l&#233;ment de sacrifice et de soumission &#233;clipse maintenant l'id&#233;e ant&#233;rieure selon laquelle l'int&#233;r&#234;t de l'individu doit &#234;tre pleinement pr&#233;serv&#233; dans l'ensemble. Et, comme nous le verrons, Hegel a en effet ici franchi le premier pas qui le conduit &#224; identifier la libert&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233;, ou la soumission &#224; la n&#233;cessit&#233;, dans son syst&#232;me final.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Le syst&#232;me de moralit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peu pr&#232;s au m&#234;me moment, Hegel &#233;crivit la premi&#232;re &#233;bauche de cette partie de son syst&#232;me connue sous le nom de Philosophie de l'esprit. Ce projet, le soi-disant Syst&#232;me de morale (System der Sittlichkeit ), est l'un des plus difficiles de la philosophie allemande. Nous en esquisserons la structure g&#233;n&#233;rale et limiterons l'interpr&#233;tation aux parties qui r&#233;v&#232;lent les tendances mat&#233;rielles de la philosophie de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de moralit&#233;, comme toutes les autres &#233;bauches de la Philosophie de l'esprit, traite du d&#233;veloppement de la &#171; culture &#187;, c'est-&#224;-dire de la totalit&#233; des activit&#233;s conscientes et intentionnelles de l'homme dans la soci&#233;t&#233;. La culture est un domaine de l'esprit. Une institution sociale ou politique, une &#339;uvre d'art, une religion et un syst&#232;me philosophique existent et fonctionnent comme partie int&#233;grante de l'&#234;tre humain, produits d'un sujet rationnel qui continue &#224; vivre en eux. En tant que produits , ils constituent un domaine objectif ; en m&#234;me temps, elles sont subjectives, cr&#233;&#233;es par des &#234;tres humains. Ils repr&#233;sentent l'unit&#233; possible du sujet et de l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la culture pr&#233;sente des &#233;tapes distinctes qui d&#233;notent diff&#233;rents niveaux de relation entre l'homme et son monde, c'est-&#224;-dire diff&#233;rentes mani&#232;res d'appr&#233;hender et de ma&#238;triser le monde et de l'adapter aux besoins et aux potentialit&#233;s humaines. Le processus lui-m&#234;me est con&#231;u comme ontologique autant qu'historique ; c'est un v&#233;ritable d&#233;veloppement historique ainsi qu'une progression vers des modes d'&#234;tre plus &#233;lev&#233;s et plus vrais. Dans l'&#233;laboration progressive de la philosophie de Hegel, cependant, le processus ontologique acquiert une pr&#233;dominance de plus en plus grande sur l'historique, et finit par se d&#233;tacher dans une large mesure de ses racines historiques originelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral est le suivant. La premi&#232;re &#233;tape est un rapport imm&#233;diat entre l'individu isol&#233; et des objets donn&#233;s. L'individu appr&#233;hende les objets de son environnement comme des choses dont il a besoin ou qu'il d&#233;sire ; il les utilise pour satisfaire ses d&#233;sirs, les consommant et les &#171; an&#233;antissant &#187; comme nourriture, boissons, etc. Un niveau sup&#233;rieur est atteint dans le processus culturel lorsque le travail humain fa&#231;onne et organise le monde objectif, n'an&#233;antissant plus simplement les choses mais les pr&#233;servant comme moyen durable de perp&#233;tuer la vie. Cette &#233;tape suppose une association consciente d'individus qui ont organis&#233; leur activit&#233; sur un plan de division du travail de mani&#232;re &#224; ce qu'il y ait une production constante pour remplacer ce qui est consomm&#233;. C'est le premier pas vers une communaut&#233; dans la vie soci&#233;tale et vers l'universalit&#233; dans le domaine du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes d'association diff&#232;rent selon les diff&#233;rents degr&#233;s d'int&#233;gration qui y sont atteints. L'agence d'int&#233;gration est d'abord la famille, puis les institutions sociales du travail, de la propri&#233;t&#233; et de la loi, et enfin l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'aborderons pas les concepts sociaux et &#233;conomiques concrets dont Hegel remplit ce sch&#233;ma, puisque nous les retrouverons dans les brouillons Jenenser de la Philosophie de l'esprit.Nous voulons seulement souligner ici que Hegel d&#233;crit les diverses institutions et relations sociales comme un syst&#232;me de forces contradictoires, issu du mode de travail social. Ce mode de travail transforme le travail particulier de l'individu, poursuivi pour la satisfaction de ses besoins personnels, en &#171; travail g&#233;n&#233;ral &#187;, qui op&#232;re pour produire des marchandises pour le march&#233;. Hegel appelle ce dernier travail &#171; abstrait et quantitatif &#187; et le rend responsable de l'in&#233;galit&#233; croissante des hommes et des richesses. La soci&#233;t&#233; est incapable de surmonter les antagonismes n&#233;s de cette in&#233;galit&#233; ; par cons&#233;quent, le &#171; syst&#232;me de gouvernement &#187; doit se concentrer sur la t&#226;che. Hegel d&#233;crit trois syst&#232;mes de gouvernement diff&#233;rents, en fait, chacun d'eux constituant une avanc&#233;e sur l'autre dans l'accomplissement de la t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; est celle dans laquelle &#171; le syst&#232;me des besoins &#187; est un &#171; syst&#232;me de d&#233;pendance physique mutuelle &#187;. Le travail de l'individu ne garantit pas que ses d&#233;sirs seront satisfaits. &#171; Une force &#233;trang&#232;re &#224; l'individu et sur laquelle il reste impuissant &#187; d&#233;termine si ses besoins seront satisfaits ou non. La valeur du produit du travail est &#171; ind&#233;pendante de l'individu et sujette &#224; des changements constants &#187;. Le syst&#232;me de gouvernement est lui-m&#234;me de ce genre anarchique. Ce qui gouverne n'est rien d'autre que &#171; la totalit&#233; inconsciente et aveugle des besoins et les modes de leur satisfaction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; doit ma&#238;triser son &#171; destin inconscient et aveugle &#187;. Cette ma&#238;trise reste toutefois incompl&#232;te tant que pr&#233;vaut l'anarchie g&#233;n&#233;rale des int&#233;r&#234;ts. L'exc&#232;s de richesse va de pair avec l'exc&#232;s de pauvret&#233;, et le travail purement quantitatif pousse l'homme &#171; dans un &#233;tat de barbarie extr&#234;me &#187;, surtout la partie de la population qui &#171; est soumise au travail m&#233;canique dans les usines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape suivante du gouvernement, repr&#233;sent&#233;e comme un syst&#232;me de justice, &#233;quilibre les antagonismes existants, mais ne le fait qu'en termes de relations de propri&#233;t&#233; dominantes. Le gouvernement repose ici sur l'administration de la justice, mais il administre la loi avec &#171; une indiff&#233;rence compl&#232;te quant &#224; la relation entre une chose et les besoins d'un individu particulier &#187;. Le principe de libert&#233;, &#224; savoir que &#171; les gouvern&#233;s sont identiques aux gouvernants &#187;, ne peut &#234;tre pleinement r&#233;alis&#233; parce que le gouvernement ne peut pas &#233;liminer les conflits entre int&#233;r&#234;ts particuliers. La libert&#233; n'appara&#238;t donc que dans &#171; les tribunaux, et dans la discussion et le jugement des litiges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a &#224; peine esquiss&#233; le troisi&#232;me syst&#232;me de gouvernement de cette s&#233;rie. Il est, cependant, plus significatif que le concept principal dans sa discussion soit la &#171; discipline &#187; ( Zucht ). &#034;La grande discipline s'exprime dans la morale g&#233;n&#233;rale... et dans l'entra&#238;nement &#224; la guerre, et dans l'&#233;preuve de la vraie valeur de l'individu dans la guerre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te de la vraie communaut&#233; se termine ainsi dans une soci&#233;t&#233; r&#233;gie par la plus grande discipline et pr&#233;paration militaire. La v&#233;ritable unit&#233; entre l'int&#233;r&#234;t individuel et l'int&#233;r&#234;t commun, que Hegel exigeait comme but unique de l'&#201;tat, a conduit &#224; un &#201;tat autoritaire qui doit supprimer les antagonismes croissants de la soci&#233;t&#233; individualiste. La discussion de Hegel sur les diff&#233;rentes &#233;tapes du gouvernement est une description concr&#232;te du d&#233;veloppement d'un syst&#232;me politique lib&#233;ral &#224; un syst&#232;me politique autoritaire. Cette description contient une critique immanente de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, car l'essentiel de l'analyse de Hegel est que la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale donne n&#233;cessairement naissance &#224; un &#201;tat autoritaire. L'article de Hegel sur la Loi naturelle 42 , &#233;crit probablement peu apr&#232;s l'esquisse du Syst&#232;me de morale, applique cette critique au domaine de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel examine le syst&#232;me traditionnel de l'&#233;conomie politique et trouve qu'il s'agit d'une formulation apolog&#233;tique des principes qui r&#233;gissent le syst&#232;me social existant. Le caract&#232;re de ce syst&#232;me, dit encore Hegel, est essentiellement n&#233;gatif, car la nature m&#234;me de la structure &#233;conomique emp&#234;che l'&#233;tablissement d'un v&#233;ritable int&#233;r&#234;t commun. La t&#226;che de l'&#201;tat, ou de toute organisation politique ad&#233;quate, est de veiller &#224; ce que les contradictions inh&#233;rentes &#224; la structure &#233;conomique ne d&#233;truisent pas l'ensemble du syst&#232;me. L'&#201;tat doit assumer la fonction de brider le processus social et &#233;conomique anarchique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel attaque la doctrine de la loi naturelle parce que, dit-il, elle justifie toutes les tendances dangereuses qui visent &#224; subordonner l'&#201;tat aux int&#233;r&#234;ts antagonistes de la soci&#233;t&#233; individualiste. La th&#233;orie du contrat social, par exemple, omet de noter que l'int&#233;r&#234;t commun ne peut jamais d&#233;couler de la volont&#233; d'individus en concurrence et en conflit. De plus, la loi naturelle fonctionne avec une conception purement m&#233;taphysique de l'homme. Tel qu'il appara&#238;t dans la doctrine de la loi naturelle, l'homme est un &#234;tre abstrait qui est ensuite dot&#233; d'un ensemble arbitraire d'attributs. La s&#233;lection de ces attributs change selon l'int&#233;r&#234;t apolog&#233;tique changeant de la doctrine particuli&#232;re. C'est d'ailleurs en accord avec la fonction apolog&#233;tique de la loi naturelle que la plupart des qualit&#233;s qui caract&#233;risent l'existence de l'homme dans la soci&#233;t&#233; moderne sont ignor&#233;es (par exemple,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;bauche de la philosophie sociale de Hegel &#233;non&#231;ait donc d&#233;j&#224; la conception sous-jacente &#224; tout son syst&#232;me : l'ordre social donn&#233;, fond&#233; sur le syst&#232;me du travail abstrait et quantitatif et sur l'int&#233;gration des besoins par l'&#233;change des marchandises, est incapable d'affirmer et de &#233;tablir une communaut&#233; rationnelle. Cet ordre reste essentiellement celui de l'anarchie et de l'irrationnel, gouvern&#233; par des m&#233;canismes &#233;conomiques aveugles &#8211; il reste un ordre d'antagonismes toujours r&#233;p&#233;t&#233;s dans lequel tout progr&#232;s n'est qu'une unification temporaire des contraires. La demande de Hegel pour un &#201;tat fort et ind&#233;pendant d&#233;coule de sa perspicacit&#233; dans les contradictions irr&#233;conciliables de la soci&#233;t&#233; moderne. Hegel a &#233;t&#233; le premier &#224; atteindre cette perspicacit&#233; en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Le premier syst&#232;me de Hegel (1802-1806)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE syst&#232;me Jenenser , comme on l'appelle, est le premier syst&#232;me complet de Hegel, compos&#233; d'une logique, d'une m&#233;taphysique, d'une philosophie de la nature et d'une philosophie de l'esprit. Hegel l'a formul&#233; dans ses conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; d'I&#233;na de 1802 &#224; 1806. Ces conf&#233;rences n'ont &#233;t&#233; &#233;dit&#233;es que r&#233;cemment &#224; partir des manuscrits originaux de Hegel et publi&#233;es en trois volumes, chacun d'eux repr&#233;sentant une &#233;tape diff&#233;rente de l'&#233;laboration. La Logique et la M&#233;taphysique n'existent qu'en une &#233;bauche chacune, la Philosophie de la Nature et la Philosophie de l'Esprit en deux. On n&#233;gligera ici les &#233;carts consid&#233;rables entre ceux-ci, car ils n'ont aucune incidence sur la structure de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons choisi de ne traiter que de la tendance g&#233;n&#233;rale et de l'organisation de l'ensemble, et des principes qui guident l'&#233;laboration des concepts. Le contenu des concepts particuliers sera discut&#233; lorsque nous atteindrons les diff&#233;rentes sections du syst&#232;me final.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La logique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Logique de Hegel expose la structure de l'&#234;tre en tant que tel, c'est-&#224;-dire les formes les plus g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre. La tradition philosophique depuis Aristote d&#233;signait comme cat&#233;gories les concepts qui embrassent ces formes les plus g&#233;n&#233;rales : substance, affirmation, n&#233;gation, limitation ; quantit&#233; qualit&#233; ; unit&#233;, pluralit&#233;, etc. La Logique de Hegel est une ontologie dans la mesure o&#249; elle traite de telles cat&#233;gories. Mais sa Logique traite aussi des formes g&#233;n&#233;rales de la pens&#233;e , de la notion, du jugement et du syllogisme, et est &#224; cet &#233;gard de la &#171; logique formelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut comprendre la raison de cette apparente h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de contenu quand on se rappelle que Kant, lui aussi, a trait&#233; l'ontologie aussi bien que la logique formelle dans sa Logique transcendantale, reprenant les cat&#233;gories de substantialit&#233;, de causalit&#233;, de communaut&#233; (r&#233;ciprocit&#233;), ainsi que la th&#233;orie de la jugement. La distinction traditionnelle entre logique formelle et m&#233;taphysique g&#233;n&#233;rale (ontologie) n'a pas de sens pour l'id&#233;alisme transcendantal, qui con&#231;oit les formes de l'&#234;tre comme les r&#233;sultats de l'activit&#233; de l'entendement humain. Les principes de pens&#233;e deviennent ainsi aussi principes des objets de pens&#233;e (des ph&#233;nom&#232;nes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel aussi croyait en une unit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre, mais, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, sa conception de l'unit&#233; diff&#233;rait de celle de Kant. Il a rejet&#233; l'id&#233;alisme de Kant au motif qu'il supposait l'existence de &#171; choses en soi &#187; en dehors des &#171; ph&#233;nom&#232;nes &#187; et laissait ces &#171; choses &#187; intactes par l'esprit humain et donc intouch&#233; par la raison. La philosophie kantienne a laiss&#233; un gouffre entre la pens&#233;e et l'&#234;tre, ou entre le sujet et l'objet, que la philosophie h&#233;g&#233;lienne a cherch&#233; &#224; combler. Le pont devait &#234;tre fait en posant une structure universelle de tout &#234;tre. L'&#234;tre devait &#234;tre un processus par lequel une chose &#171; comprend &#187; ou &#171; saisit &#187; les divers &#233;tats de son existence et les attire dans l'unit&#233; plus ou moins durable de son &#171; moi &#187;, constituant ainsi activement lui-m&#234;me comme &#171; le m&#234;me &#187; &#224; travers tout changement. Tout, en d'autres termes, existe plus ou moins en tant que &#171; sujet &#187;. La structure identique du mouvement qui parcourt ainsi tout le domaine de l'&#234;tre unit les mondes objectif et subjectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce point &#224; l'esprit, nous pouvons facilement voir pourquoi la logique et la m&#233;taphysique ne font qu'un dans le syst&#232;me h&#233;g&#233;lien. La Logique , a-t-on souvent dit, suppose une identit&#233; de pens&#233;e et d'existence. L'&#233;nonc&#233; n'a de sens que dans la mesure o&#249; il d&#233;clare que le mouvement de la pens&#233;e reproduit le mouvement de l'&#234;tre et l'am&#232;ne &#224; sa vraie forme. On a &#233;galement soutenu que la philosophie de Hegel place les notions dans un domaine ind&#233;pendant, comme si elles &#233;taient des choses r&#233;elles, et les fait se d&#233;placer et se transformer les unes dans les autres. Il faut dire en r&#233;ponse que la Logique de Hegeltraite principalement des formes et des types d'&#234;tre tels qu'ils sont compris par la pens&#233;e. Quand, par exemple, Hegel discute du passage de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233;, ou de &#171; l'&#234;tre &#187; &#224; &#171; l'essence &#187;, il entend montrer comment, lorsqu'elles sont effectivement comprises, les entit&#233;s quantitatives se transforment en entit&#233;s qualitatives, et comment un contingent l'existence devient essentielle. Il veut dire avoir affaire &#224; des choses r&#233;elles. Le jeu et la mobilit&#233; des notions reproduisent le processus concret de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe cependant une autre relation intrins&#232;que entre la notion et l'objet qu'elle comprend. La notion correcte nous &#233;claire sur la nature d'un objet .Il nous dit ce qu'est la chose en soi. Mais tandis que la v&#233;rit&#233; devient &#233;vidente pour nous, il devient &#233;galement &#233;vident que les choses &#171; n'existent pas dans &#187; leur v&#233;rit&#233;. Leurs potentialit&#233;s sont limit&#233;es par les conditions d&#233;termin&#233;es dans lesquelles les choses existent. Les choses n'atteignent leur v&#233;rit&#233; que si elles nient leurs conditions d&#233;termin&#233;es. La n&#233;gation est encore une d&#233;termination, produite par le d&#233;ploiement de conditions ant&#233;rieures. Par exemple, le bourgeon de la plante est la n&#233;gation d&#233;termin&#233;e de la graine, et la fleur la n&#233;gation d&#233;termin&#233;e du bourgeon. Dans sa croissance, la plante, &#171; sujet &#187; de ce processus, n'agit pas sur la connaissance et r&#233;alise ses potentialit&#233;s sur la base de son propre pouvoir de compr&#233;hension. Il endure plut&#244;t passivement le processus d'accomplissement. Notre conception de la plante, en revanche, comprend que l'existence de la plante est un processus intrins&#232;que de d&#233;veloppement ; notre notion voit la graine comme potentiellement le bourgeon et le bourgeon comme potentiellement la fleur. La notion repr&#233;sente donc, selon Hegel, la forme r&#233;elle de l'objet, car la notion nous donne la v&#233;rit&#233; sur le processus, qui, dans le monde objectif, est aveugle et contingent. Dans les mondes inorganique, v&#233;g&#233;tal et animal, les &#234;tres diff&#232;rent essentiellement de leurs notions. La diff&#233;rence n'est surmont&#233;e que dans le cas du sujet pensant, qui est capable de r&#233;aliser sa notion dans son existence. Les divers modes d'&#234;tre peuvent ainsi &#234;tre ordonn&#233;s selon leur diff&#233;rence essentielle d'avec leurs notions. la forme r&#233;elle de l'objet, car la notion nous donne la v&#233;rit&#233; sur le processus, qui, dans le monde objectif, est aveugle et contingent. Dans les mondes inorganique, v&#233;g&#233;tal et animal, les &#234;tres diff&#232;rent essentiellement de leurs notions. La diff&#233;rence n'est surmont&#233;e que dans le cas du sujet pensant, qui est capable de r&#233;aliser sa notion dans son existence. Les divers modes d'&#234;tre peuvent ainsi &#234;tre ordonn&#233;s selon leur diff&#233;rence essentielle d'avec leurs notions. la forme r&#233;elle de l'objet, car la notion nous donne la v&#233;rit&#233; sur le processus, qui, dans le monde objectif, est aveugle et contingent. Dans les mondes inorganique, v&#233;g&#233;tal et animal, les &#234;tres diff&#232;rent essentiellement de leurs notions. La diff&#233;rence n'est surmont&#233;e que dans le cas du sujet pensant, qui est capable de r&#233;aliser sa notion dans son existence. Les divers modes d'&#234;tre peuvent ainsi &#234;tre ordonn&#233;s selon leur diff&#233;rence essentielle d'avec leurs notions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conclusion est la source des divisions fondamentales de la Logique de Hegel. Cela commence par les concepts qui appr&#233;hendent la r&#233;alit&#233; comme une multitude de choses objectives, simplement &#171; &#234;tre &#187;, libre de toute subjectivit&#233;. Ils sont qualitativement et quantitativement li&#233;s les uns aux autres, et l'analyse de ces liens aboutit &#224; des relations qui ne peuvent plus &#234;tre interpr&#233;t&#233;es en termes de qualit&#233;s et de quantit&#233;s objectives, mais n&#233;cessitent des principes et des formes de pens&#233;e qui nient les concepts traditionnels de l'&#234;tre et r&#233;v&#232;lent le sujet . &#234;tre la substance m&#234;me de la r&#233;alit&#233;. L'ensemble de la construction ne peut &#234;tre compris que dans la forme m&#251;re que Hegel lui a donn&#233;e dans la Science de la Logique ; nous nous limiterons ici &#224; une br&#232;ve description du sch&#233;ma de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque existant particulier est essentiellement diff&#233;rent de ce qu'il pourrait &#234;tre si ses potentialit&#233;s &#233;taient r&#233;alis&#233;es. Les potentialit&#233;s sont donn&#233;es dans sa notion. L'existant aurait un &#234;tre vrai si ses potentialit&#233;s &#233;taient r&#233;alis&#233;es et s'il y avait donc identit&#233; entre son existence et sa notion. La diff&#233;rence entre la r&#233;alit&#233; et la potentialit&#233; est le point de d&#233;part du processus dialectique qui s'applique &#224; chaque concept de la Logique de Hegel. Les choses finies sont &#171; n&#233;gatives &#187; - et c'est une caract&#233;ristique qui les d&#233;finit ; ils ne sont jamais ce qu'ils peuvent et doivent &#234;tre. Ils existent toujours dans un &#233;tat qui n'exprime pas pleinement leurs potentialit&#233;s telles qu'elles sont r&#233;alis&#233;es. La chose finie a pour essence &#171; cette agitation absolue &#187;, cet effort &#171; pour ne pas &#234;tre ce qu'elle est &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans les formulations abstraites de la Logique , nous pouvons voir les impulsions critiques concr&#232;tes qui sous-tendent cette conception. La dialectique de Hegel est impr&#233;gn&#233;e de la profonde conviction que toutes les formes imm&#233;diates d'existence &#8211; dans la nature et dans l'histoire &#8211; sont &#171; mauvaises &#187;, parce qu'elles ne permettent pas aux choses d'&#234;tre ce qu'elles peuvent &#234;tre. La v&#233;ritable existence ne commence que lorsque l'&#233;tat imm&#233;diat est reconnu comme n&#233;gatif, lorsque les &#234;tres deviennent des &#171; sujets &#187; et s'efforcent d'adapter leur &#233;tat ext&#233;rieur &#224; leurs potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pleine signification de la conception qui vient d'&#234;tre esquiss&#233;e r&#233;side dans son affirmation que la n&#233;gativit&#233; est constitutive de toutes les choses finies et qu'elle est le moment &#171; authentique dialectique &#187; [Science of Logic, p. 66] de tous. C'est &#171; la source la plus intime de toute activit&#233;, de l'auto-mouvement vivant et spirituel &#187;. [Science de la logique, p. 477] La &#8203;&#8203;n&#233;gativit&#233; que tout poss&#232;de est le pr&#233;lude n&#233;cessaire &#224; sa r&#233;alit&#233;. C'est un &#233;tat de privation qui oblige le sujet &#224; chercher r&#233;paration. En tant que tel, il a un caract&#232;re positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus dialectique re&#231;oit sa force motrice de la pression pour surmonter la n&#233;gativit&#233;. La dialectique est un processus dans un monde o&#249; le mode d'existence des hommes et des choses est fait de relations contradictoires, de sorte que tout contenu particulier ne peut se d&#233;ployer qu'en passant dans son contraire. Ce dernier fait partie int&#233;grante du premier, et tout le contenu est la totalit&#233; de toutes les relations contradictoires qu'il implique. Logiquement, la dialectique commence lorsque l'entendement humain se trouve incapable de saisir quelque chose de mani&#232;re ad&#233;quate &#224; partir de ses formes qualitatives ou quantitatives donn&#233;es. La qualit&#233; ou la quantit&#233; donn&#233;e semble &#234;tre une &#171; n&#233;gation &#187; de la chose qui poss&#232;de cette qualit&#233; ou cette quantit&#233;. Nous devrons suivre en d&#233;tail l'explication de Hegel sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commence par le monde tel que le sens commun le consid&#232;re. Il se compose d'une multitude innombrable de choses - Hegel les appelle &#034;quelques&#034; ( Etwas), chacun d'eux avec ses qualit&#233;s sp&#233;cifiques. Les qualit&#233;s que la chose a la distinguent des autres choses, de sorte que si nous voulons la s&#233;parer des autres choses, nous &#233;num&#233;rons simplement ses qualit&#233;s. La table ici dans cette pi&#232;ce est utilis&#233;e comme bureau ; il est fini en noyer, lourd, en bois, etc. &#202;tre un bureau, marron, en bois, lourd, etc., n'est pas la m&#234;me chose qu'&#234;tre simplement une table. La table n'est aucune de ces qualit&#233;s, ni la somme totale d'entre elles. Les qualit&#233;s particuli&#232;res sont, selon Hegel, en m&#234;me temps la &#171; n&#233;gation &#187; de la table-comme-telle. Les propositions dans lesquelles les qualit&#233;s de la table en sont affirm&#233;es indiqueraient ce fait. Ils ont la structure logique formelle A est B (c'est-&#224;-dire pas A).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La table est brune &#187; exprime aussi que la table est autre qu'elle-m&#234;me. C'est la premi&#232;re forme abstraite dans laquelle s'exprime la n&#233;gativit&#233; de toutes les choses finies. L'&#234;tre m&#234;me de quelque chose appara&#238;t comme autre que soi. Elle existe, comme le dit Hegel, dans son &#171; alt&#233;rit&#233; &#187; ( Anderssein ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative de d&#233;finir quelque chose par ses qualit&#233;s, cependant, ne se termine pas par la n&#233;gativit&#233;, mais est pouss&#233;e un peu plus loin. Une chose ne peut &#234;tre comprise par ses qualit&#233;s sans r&#233;f&#233;rence &#224; d'autres qualit&#233;s qui sont en fait exclues par celles qu'elle poss&#232;de. Le &#171; bois &#187;, par exemple, n'a de sens que par rapport &#224; un autre mat&#233;riau non bois. La signification du &#171; marron &#187; exige que la signification des autres couleurs contraires au marron soit connue, et ainsi de suite. &#171; La qualit&#233; est li&#233;e &#224; ce qu'elle exclut ; car elle n'existe pas comme absolu, pour soi, mais existe de telle mani&#232;re qu'elle n'est pour soi que dans la mesure o&#249; quelque autre [qualit&#233;] n'existe pas. Nous sommes en tout point conduits au-del&#224; des qualit&#233;s qui doivent d&#233;limiter la chose et la diff&#233;rencier d'une autre chose.Beziehungen ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers chapitres de la Logique de Hegel montrent ainsi que lorsque l'entendement humain s'aventure &#224; suivre ses conceptions, il rencontre la dissolution de ses objets clairement d&#233;limit&#233;s. Tout d'abord, il lui est totalement impossible d'identifier quoi que ce soit avec l'&#233;tat dans lequel il existe r&#233;ellement. L'effort de d&#233;couvrir un concept qui identifie vraiment la chose pour ce qu'elle est plonge l'esprit dans une mer infinie de relations. Tout doit &#234;tre compris par rapport &#224; d'autres choses, pour que ces relations deviennent l'&#234;tre m&#234;me de cette chose. Cette infinit&#233; de relations, qui semble pr&#233;sager l'&#233;chec de toute tentative de saisir le caract&#232;re de la chose, devient pour Hegel, bien au contraire, le premier pas vers une v&#233;ritable connaissance de la chose. Autrement dit, c'est la premi&#232;re &#233;tape si elle est correctement prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus est discut&#233; par Hegel &#224; travers une analyse de &#171; l'infini &#187;. Cela se diff&#233;rencie en deux types, le &#171; mauvais &#187; et le &#171; r&#233;el &#187; infini. L'infini mauvais ou faux est, pour ainsi dire, le mauvais chemin vers la v&#233;rit&#233;. C'est l'activit&#233; d'essayer de surmonter l'insuffisance d'une d&#233;finition en allant de plus en plus vers les qualit&#233;s connexes impliqu&#233;es, dans l'espoir d'atteindre une fin. L'entendement suit simplement les relations, chacune &#233;tant impliqu&#233;e, ajoutant l'une &#224; la suivante dans le vain effort d'&#233;puiser et de d&#233;limiter l'objet. La proc&#233;dure a un noyau rationnel, mais seulement dans la mesure o&#249; elle pr&#233;suppose que l'essence de l'objet est constitu&#233;e de ses relations avec d'autres objets. Les relations ne peuvent cependant pas &#234;tre appr&#233;hend&#233;es par la &#171; fausse infinit&#233; &#187; de simples &#171; connexions ajout&#233;es &#187; ( Und-Beziehungen) par lequel le bon sens relie un objet &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations doivent &#234;tre appr&#233;hend&#233;es d'une autre mani&#232;re. Ils doivent &#234;tre vus comme cr&#233;&#233;s par le propre mouvement de l'objet. L'objet doit &#234;tre compris comme celui qui lui-m&#234;me &#233;tablit et &#171; lui-m&#234;me met en avant la relation n&#233;cessaire de lui-m&#234;me &#224; son contraire &#187;. Cela supposerait que l'objet ait un pouvoir certain sur son propre d&#233;veloppement pour qu'il puisse rester lui-m&#234;me malgr&#233; le fait que chaque &#233;tape concr&#232;te de son existence est une &#171; n&#233;gation &#187; de lui-m&#234;me, une &#171; alt&#233;rit&#233; &#187;. . L'objet, en d'autres termes, doit &#234;tre appr&#233;hend&#233; comme un &#171; sujet &#187; dans ses relations avec son &#171; alt&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que cat&#233;gorie ontologique, le &#171; sujet &#187; est le pouvoir d'une entit&#233; &#171; d'&#234;tre elle-m&#234;me dans son alt&#233;rit&#233; &#187; ( Bei-sich-selbst-sein im Anderssein ) . Seul un tel mode d'existence peut incorporer le n&#233;gatif dans le positif. Le n&#233;gatif et le positif cessent de s'opposer lorsque la puissance motrice du sujet fait de la n&#233;gativit&#233; une partie de sa propre unit&#233;. Hegel dit que le sujet &#171; m&#233;diatise &#187; ( vermittelt ) et &#171; sublate &#187; ( aufhebt ) la n&#233;gativit&#233;. Dans ce processus, l'objet ne se dissout pas dans ses diverses d&#233;terminations qualitatives ou quantitatives, mais est substantiellement maintenu ensemble tout au long de ses relations avec d'autres objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le mode d'&#234;tre ou d'existence que Hegel d&#233;crit comme &#171; l'infini r&#233;el &#187;. L'infini n'est pas quelque chose derri&#232;re ou au-del&#224; des choses finies, mais c'est leur vraie r&#233;alit&#233;. L'infini est le mode d'existence dans lequel toutes les potentialit&#233;s sont r&#233;alis&#233;es et dans lequel tout &#234;tre atteint sa forme ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la logique est ainsi d&#233;fini. Elle consiste d'une part &#224; d&#233;montrer la vraie forme d'une telle r&#233;alit&#233; finale et, d'autre part, &#224; montrer comment les concepts qui tentent de saisir cette r&#233;alit&#233; sont amen&#233;s &#224; la conclusion qu'elle est la v&#233;rit&#233; absolue. Hegel annon&#231;ait dans sa critique de la philosophie kantienne que la t&#226;che de la logique &#233;tait de &#171; d&#233;velopper &#187; les cat&#233;gories et pas seulement de &#171; les assembler &#187;. Une telle entreprise ne serait possible de porter ses fruits que si les objets de la pens&#233;e avaient un ordre syst&#233;matique. Cet ordre, dit Hegel, d&#233;rive du fait que tous les modes d'&#234;tre atteignent leur v&#233;rit&#233; &#224; travers le sujet libre qui les comprend par rapport &#224; sa propre rationalit&#233;. L'arrangement de la logiquerefl&#232;te cette compr&#233;hension syst&#233;matique. Elle part des cat&#233;gories de l'exp&#233;rience imm&#233;diate, qui ne saisissent que les formes les plus abstraites de l'&#234;tre objectif (c'est-&#224;-dire des choses mat&#233;rielles), &#224; savoir la Quantit&#233;, la Qualit&#233; et la Mesure. Ce sont les plus abstraits, car ils consid&#232;rent chaque objet comme d&#233;termin&#233; de l'ext&#233;rieur par d'autres objets. La connexion simple pr&#233;vaut dans ce cas parce que les divers modes d'&#234;tre sont ici ext&#233;rieurement connect&#233;s les uns aux autres et qu'aucun &#234;tre n'est compris comme ayant une relation intrins&#232;que &#224; lui-m&#234;me et aux autres choses avec lesquelles il interagit. Par exemple, un objet est pris comme se constituant dans les processus d'attraction et de r&#233;pulsion. Selon Hegel, c'est une interpr&#233;tation abstraite et ext&#233;rieure de l'objectivit&#233; puisque l'unit&#233; dynamique d'un &#234;tre est ici con&#231;ue comme le produit de quelques forces naturelles aveugles sur lesquelles il n'exerce aucun pouvoir. Les cat&#233;gories de connexion simple sont ainsi les plus &#233;loign&#233;es de toute reconnaissance de la substance comme sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories que Hegel traite dans la deuxi&#232;me section de la Logique sous le titre g&#233;n&#233;ral de Relation ( Verh&#228;ltnis) se rapprochent un peu plus du but. Substantialit&#233;, Causalit&#233; et R&#233;ciprocit&#233; ne d&#233;signent pas des entit&#233;s abstraites et incompl&#232;tes (comme le faisaient les cat&#233;gories de la premi&#232;re section), mais des relations r&#233;elles. Une substance n'est ce qu'elle est que par rapport &#224; ses accidents. De m&#234;me, une cause n'existe que par rapport &#224; ses effets, et deux substances solidaires que par leur rapport l'une &#224; l'autre. La connexion est intrins&#232;que. La substance - la cat&#233;gorie englobante de ce groupe - d&#233;note un mouvement bien plus intrins&#232;que que la force aveugle d'attraction et de r&#233;pulsion. Il poss&#232;de un pouvoir d&#233;fini sur ses accidents et ses effets, et par son propre pouvoir, il &#233;tablit sa relation avec les autres choses, ayant ainsi la capacit&#233; de d&#233;ployer ses propres potentialit&#233;s. Cela ne fait cependant pas poss&#232;dent la connaissance de ces potentialit&#233;s et ne poss&#232;dent donc pas la libert&#233; de se r&#233;aliser. La substantialit&#233; d&#233;signe encore un rapport d'objets, de choses mat&#233;rielles, ou, comme dit Hegel, un rapport d'&#234;tre. Pour saisir le monde dans son &#234;tre v&#233;ritable, il faut le saisir avec les cat&#233;gories de la libert&#233;, qui ne se trouvent que dans le domaine du sujet pensant. Un passage est n&#233;cessaire du rapport d'&#234;tre au rapport de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re relation renvoie &#224; celle entre le particulier et l'universel dans la notion, le jugement et le syllogisme. Pour Hegel, ce n'est pas une relation de logique formelle, mais une relation ontologique, et la vraie relation de toute r&#233;alit&#233;. La substance de la nature aussi bien que l'histoire est un universel qui se d&#233;ploie &#224; travers le particulier. L'universel est le processus naturel du genre, se r&#233;alisant &#224; travers les esp&#232;ces et les individus. En histoire, l'universel est la substance de tout d&#233;veloppement. La cit&#233;-&#201;tat grecque, l'industrie moderne, une classe sociale - toutes ces universalit&#233;s sont de v&#233;ritables forces historiques qui ne peuvent &#234;tre dissoutes dans leurs composants. Au contraire, les faits et facteurs individuels n'obtiennent leur sens qu'&#224; travers l'universel auquel ils appartiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universalit&#233;, au contraire, n'est pas un &#171; rapport d'&#234;tre &#187;, puisque tout &#234;tre &#8211; comme nous l'avons vu &#8211; est d&#233;termin&#233; et particulier. Elle ne peut &#234;tre comprise que comme une &#171; relation de pens&#233;e &#187;, c'est-&#224;-dire comme l'auto-d&#233;veloppement d'un sujet compr&#233;hensif et compr&#233;hensif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la philosophie traditionnelle, la cat&#233;gorie d'universalit&#233; a &#233;t&#233; trait&#233;e comme une partie de la logique, trait&#233;e dans la doctrine de la notion, du jugement et du syllogisme. Pour Hegel, cependant, ces formes et processus logiques refl&#232;tent et comprennent les formes et processus r&#233;els de la r&#233;alit&#233;. Nous avons d&#233;j&#224; fait allusion &#224; l'interpr&#233;tation ontologique h&#233;g&#233;lienne de la notion et du jugement. Fondamental dans ce contexte est son traitement de la d&#233;finition. Dans la tradition logique, la d&#233;finition est la relation de pens&#233;e qui saisit la nature universelle d'un objet dans sa distinction essentielle par rapport aux autres objets. Selon Hegel, la d&#233;finition ne peut le faire que parce qu'elle reproduit (refl&#232;te) le processus r&#233;el dans lequel l'objet se diff&#233;rencie des autres objets auxquels il est li&#233;. La d&#233;finition doit donc exprimer, le mouvement dans lequel un &#234;tre maintient son identit&#233; par la n&#233;gation de ses conditions. Bref, une d&#233;finition r&#233;elle ne peut &#234;tre donn&#233;e dans une proposition isol&#233;e, mais doit &#233;laborer l'histoire r&#233;elle de l'objet, car son histoire seule explique sa r&#233;alit&#233;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. Bref, une d&#233;finition r&#233;elle ne peut &#234;tre donn&#233;e dans une proposition isol&#233;e, mais doit &#233;laborer l'histoire r&#233;elle de l'objet, car son histoire seule explique sa r&#233;alit&#233;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. Bref, une d&#233;finition r&#233;elle ne peut &#234;tre donn&#233;e dans une proposition isol&#233;e, mais doit &#233;laborer l'histoire r&#233;elle de l'objet, car son histoire seule explique sa r&#233;alit&#233;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces cas, la pens&#233;e saisit les relations r&#233;elles du monde objectif et nous pr&#233;sente la connaissance de ce que sont les choses &#171; en elles-m&#234;mes &#187;. Ces relations r&#233;elles que la pens&#233;e doit d&#233;busquer parce qu'elles sont cach&#233;es par l'apparence des choses. Pour cette raison, la pens&#233;e est plus &#171; r&#233;elle &#187; que ses objets. De plus, la pens&#233;e est l'attribut existentiel d'un &#234;tre qui &#171; comprend &#187; tous les objets, au double sens qu'il les comprend et les comprend. Le monde objectif prend sa v&#233;ritable forme dans le monde du sujet libre, et la logique objective aboutit &#224; la logique subjective. Dans le syst&#232;me jenenser, ce dernier est trait&#233; dans la section sur la m&#233;taphysique. Elle expose les cat&#233;gories et les principes qui comprennent toute objectivit&#233; comme l'ar&#232;ne du sujet en d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire comme l'ar&#232;ne de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes lignes que nous avons fournies des id&#233;es principales de Hegel seront plus clairement &#233;labor&#233;es lorsque nous discuterons du syst&#232;me final de logique. La premi&#232;re logique de Hegel manifeste d&#233;j&#224; l'effort de briser la fausse fixit&#233; de nos concepts et de montrer les contradictions motrices qui se cachent dans tous les modes d'existence et appellent un mode de pens&#233;e sup&#233;rieur. La Logique ne pr&#233;sente que la forme g&#233;n&#233;rale de la dialectique, dans son application aux formes g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre. Les applications les plus concr&#232;tes apparaissent dans la Realphilosophie de Hegel , notamment dans sa philosophie sociale. Nous ne nous attarderons pas maintenant sur le difficile passage de la Logique et de la M&#233;taphysique &#224; la Philosophie de la Nature(qui sera discut&#233; avec la logique finale), mais passera directement &#224; la philosophie jenenser de l'esprit, qui traite de la r&#233;alisation historique du sujet libre, l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. La philosophie de l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du monde humain ne commence pas par la lutte entre l'individu et la nature, puisque l'individu est en r&#233;alit&#233; un produit ult&#233;rieur de l'histoire humaine. La communaut&#233; ( Allgemeinheit ) vient en premier, bien que sous une forme toute faite, &#171; imm&#233;diate &#187;. Elle n'est pas encore une communaut&#233; rationnelle et n'a pas la libert&#233; comme qualit&#233;. Par cons&#233;quent, il se fragmente bient&#244;t en de nombreux antagonismes. Hegel appelle cette unit&#233; originelle dans le monde historique &#171; conscience &#187;, soulignant ainsi &#224; nouveau que nous sommes entr&#233;s dans un domaine o&#249; tout a le caract&#232;re du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re forme que prend la conscience dans l'histoire n'est pas celle d'un individu mais d'une conscience universelle, peut-&#234;tre mieux repr&#233;sent&#233;e comme la conscience d'un groupe primitif avec toute l'individualit&#233; submerg&#233;e dans la communaut&#233;. Les sentiments, les sensations et les concepts n'appartiennent pas proprement &#224; l'individu mais sont partag&#233;s entre tous, de sorte que le commun et non le particulier d&#233;termine la conscience. Mais m&#234;me cette unit&#233; contient de l'opposition ; la conscience n'est ce qu'elle est que par opposition &#224; ses objets. Certes, ceux-ci, en tant qu'objets de conscience, sont des &#171; objets compris &#187; ( begriffene Objekte), ou des objets indissociables du sujet. Leur &#171; &#234;tre compris &#187; fait partie de leur caract&#232;re d'objet. L'un ou l'autre c&#244;t&#233; de l'opposition, la conscience ou ses objets, a donc la forme de la subjectivit&#233;, comme tous les autres types d'opposition dans le domaine de l'esprit. L'int&#233;gration des &#233;l&#233;ments oppos&#233;s ne peut &#234;tre qu'une int&#233;gration dans la subjectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de l'homme se d&#233;veloppe, dit Hegel, dans une s&#233;rie d'int&#233;grations d'oppos&#233;s. Au premier stade, le sujet et son objet prennent la forme de la conscience et de ses concepts ; dans la deuxi&#232;me &#233;tape, ils apparaissent comme l'individu en conflit avec d'autres individus ; et dans l'&#233;tape finale, ils apparaissent comme la nation. La derni&#232;re &#233;tape repr&#233;sente &#224; elle seule l'accomplissement d'une int&#233;gration durable entre le sujet et l'objet ; la nation a son objet en elle-m&#234;me ; son effort est dirig&#233; uniquement vers sa propre reproduction. Aux trois stades correspondent trois &#171; supports &#187; d'int&#233;gration diff&#233;rents : la langue, le travail et la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage est le m&#233;dium dans lequel s'op&#232;re la premi&#232;re int&#233;gration entre sujet et objet. C'est aussi la premi&#232;re v&#233;ritable communaut&#233; ( Allgemeinheit ), au sens o&#249; elle est objective et partag&#233;e par tous les individus. D'autre part, le langage est le premier m&#233;dium de l'individuation, car c'est par lui que l'individu obtient la ma&#238;trise des objets qu'il conna&#238;t et nomme. Un homme ne peut d&#233;limiter sa sph&#232;re d'influence et en &#233;loigner les autres que lorsqu'il conna&#238;t son monde, qu'il est conscient de ses besoins et de ses pouvoirs et qu'il communique cette connaissance aux autres. La langue est donc aussi le premier levier d'appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage permet donc &#224; un individu de prendre consciemment position contreses semblables et de faire valoir ses besoins et ses d&#233;sirs contre ceux des autres individus. Les antagonismes qui en r&#233;sultent sont int&#233;gr&#233;s par le processus de travail, qui devient &#233;galement la force d&#233;cisive pour le d&#233;veloppement de la culture. Le processus de travail est responsable de divers types d'int&#233;gration, conditionnant toutes les formes ult&#233;rieures de communaut&#233; qui correspondent &#224; ces types : la famille, la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat (ces deux derniers termes n'apparaissent que plus tard dans la philosophie de Hegel). Le travail unit d'abord les individus au sein de la famille, qui s'approprie comme &#171; propri&#233;t&#233; familiale &#187; &#8211; les objets qui assurent sa subsistance. La famille, cependant, se retrouve avec ses biens parmi d'autres familles propri&#233;taires. Le conflit qui se d&#233;veloppe ici n'est pas entre l'individu et les objets de son d&#233;sir, mais entre un groupe d'individus (une famille) et d'autres groupes similaires. Les objets sont d&#233;j&#224; &#171; appropri&#233;s &#187; ; ils sont la propri&#233;t&#233; (r&#233;elle ou potentielle) des individus. L'institutionnalisation de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e signifie, pour Hegel, que les &#171; objets &#187; sont enfin incorpor&#233;s au monde subjectif : les objets ne sont plus des &#171; choses mortes &#187;, mais appartiennent, dans leur totalit&#233;, &#224; la sph&#232;re de la r&#233;alisation de soi du sujet. L'homme les a travaill&#233;s et organis&#233;s, et les a ainsi int&#233;gr&#233;s &#224; sa personnalit&#233;. La nature prend ainsi sa place dans l'histoire de l'homme, et l'histoire devient essentiellement l'histoire humaine. Toutes les luttes historiques deviennent des luttes entre groupes d'individus poss&#233;dants. Cette conception de grande envergure influence compl&#232;tement la construction ult&#233;rieure du domaine de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'av&#232;nement des diff&#233;rentes unit&#233;s familiales propri&#233;taires, commence une &#171; lutte pour la reconnaissance mutuelle &#187; de leurs droits. La propri&#233;t&#233; &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme un &#233;l&#233;ment essentiel et constitutif de l'individualit&#233;, l'individu doit conserver et d&#233;fendre sa propri&#233;t&#233; pour se maintenir en tant qu'individu. La lutte &#224; mort qui en r&#233;sulte, dit Hegel, ne peut prendre fin que si les individus oppos&#233;s sont int&#233;gr&#233;s dans la communaut&#233; de la nation ( Volk ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage de la famille &#224; la nation correspond grosso modo au passage d'un &#171; &#233;tat de nature &#187; &#224; un &#233;tat de soci&#233;t&#233; civile, tel que le concevaient les th&#233;ories politiques du XVIIIe si&#232;cle. L'interpr&#233;tation h&#233;g&#233;lienne de la &#171; lutte pour la reconnaissance mutuelle &#187; sera expliqu&#233;e dans notre discussion sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit , dans laquelle elle devient le coin d'entr&#233;e de la libert&#233;. La cons&#233;quence de la lutte pour la reconnaissance mutuelle est une premi&#232;re v&#233;ritable int&#233;gration qui donne aux groupes ou individus en conflit un int&#233;r&#234;t commun objectif. La conscience qui r&#233;alise cette int&#233;gration est &#224; nouveau un universel (le Volksgeist), mais son unit&#233; n'est plus primitive et &#171; imm&#233;diate &#187;. C'est plut&#244;t le produit d'efforts conscients pour faire fonctionner les antagonismes existants dans l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. Hegel l'appelle un m&#233;diatis&#233; ( vermittelte) l'unit&#233;. Le terme de m&#233;diation manifeste ici sa signification concr&#232;te. L'activit&#233; de m&#233;diation n'est autre que l'activit&#233; de travail. Par son travail, l'homme surmonte l'&#233;loignement entre le monde objectif et le monde subjectif ; il transforme la nature en un milieu appropri&#233; pour son d&#233;veloppement personnel. Lorsque les objets sont pris et fa&#231;onn&#233;s par le travail, ils deviennent une partie du sujet qui est capable d'y reconna&#238;tre ses besoins et ses d&#233;sirs. Par le travail, d'ailleurs, l'homme perd cette existence atomique dans laquelle il est, en tant qu'individu, oppos&#233; &#224; tous les autres individus ; il devient membre d'une communaut&#233;. L'individuel, en vertu de son travail, devient un universel ; car le travail est par nature une activit&#233; universelle : son produit est &#233;changeable entre tous les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses remarques compl&#233;mentaires sur le concept de travail, Hegel d&#233;crit en fait le mode de travail caract&#233;ristique de la production marchande moderne. En effet, il se rapproche de la doctrine marxienne du travail abstrait et universel. Nous rencontrons la premi&#232;re illustration du fait que les notions ontologiques de Hegel sont satur&#233;es d'un contenu social exprimant un ordre particulier de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel affirme que &#171; l'individu satisfait ses besoins par son travail, mais non par le produit particulier de son travail ; celui-ci, pour combler ses besoins, doit devenir autre chose qu'il n'est &#187;. L'objet particulier devient un objet universel dans le processus de travail &#8211; il devient une marchandise. L'universalit&#233; transforme aussi le sujet du travail, le travailleur, et son activit&#233; individuelle. Il est contraint de mettre de c&#244;t&#233; ses facult&#233;s et ses d&#233;sirs particuliers. Rien ne compte dans la r&#233;partition du produit du travail que &#171; le travail abstrait et universel &#187;. &#171; Le travail de chacun est, quant &#224; son contenu, universel pour les besoins de tous &#187;. Le travail n'a de &#171; valeur &#187; qu'en tant qu'&#171; activit&#233; universelle &#187; ( allgemeine T&#228;tigkeit) : sa valeur est d&#233;termin&#233;e par &#171; ce qu'est le travail pour tous, et non ce qu'il est pour l'individu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail abstrait et universel est reli&#233; au besoin individuel concret &#224; travers les &#171; rapports d'&#233;change &#187; du march&#233;. En vertu de l'&#233;change, les produits du travail sont r&#233;partis entre les individus selon la valeur du travail abstrait. Hegel appelle donc l'&#233;change &#171; le retour au concret &#187; ; &#224; travers elle, les besoins concrets des hommes dans la soci&#233;t&#233; sont satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel s'efforce &#233;videmment de comprendre exactement la fonction du travail en int&#233;grant les diverses activit&#233;s individuelles dans un ensemble de rapports d'&#233;change. Il touche &#224; la sph&#232;re dans laquelle Marx reprendra plus tard l'analyse de la soci&#233;t&#233; moderne. Le concept de travail n'est pas p&#233;riph&#233;rique dans le syst&#232;me de Hegel, mais c'est la notion centrale &#224; travers laquelle il con&#231;oit le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233;. Pouss&#233; par la perspicacit&#233; qui lui a ouvert cette dimension, Hegel d&#233;crit le mode d'int&#233;gration qui pr&#233;vaut dans une soci&#233;t&#233; marchande en des termes qui pr&#233;figurent clairement l'approche critique de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste sur deux points : la subordination compl&#232;te de l'individu au d&#233;mon du travail abstrait, et le caract&#232;re aveugle et anarchique d'une soci&#233;t&#233; perp&#233;tu&#233;e par des rapports d'&#233;change. Le travail abstrait ne peut pas d&#233;velopper les v&#233;ritables facult&#233;s de l'individu. La m&#233;canisation, le moyen m&#234;me qui doit lib&#233;rer l'homme du labeur, le rend esclave de son travail. &#034;Plus il subjugue son travail, plus il devient lui-m&#234;me impuissant&#034;. La machine ne r&#233;duit la n&#233;cessit&#233; du travail que pour l'ensemble, non pour l'individu. &#034;Plus le travail devient m&#233;canis&#233;, moins il a de valeur et plus l'individu doit travailler dur&#034;. &#034;La valeur du travail diminue dans la m&#234;me proportion que la productivit&#233; du travail augmente... Les facult&#233;s de l'individu sont infiniment restreintes, et la conscience de l'ouvrier d'usine est d&#233;grad&#233;e au plus bas niveau d'ennui &#187;. Alors que le travail passe ainsi de la r&#233;alisation de soi de l'individu &#224; sa n&#233;gation de soi, le rapport entre les besoins particuliers et le travail, et entre les besoins et le travail de l'ensemble, prend la forme d'une &#171; interd&#233;pendance incalculable et aveugle &#187;. '. L'int&#233;gration d'individus en conflit par le travail et l'&#233;change abstraits &#233;tablit ainsi &#171; un vaste syst&#232;me de points communs et d'interd&#233;pendance mutuelle, une vie &#233;mouvante des morts. Ce syst&#232;me va et vient d'une mani&#232;re aveugle et &#233;l&#233;mentaire, et comme un animal sauvage appelle un contr&#244;le et une r&#233;pression permanents forts &#187;. et entre les besoins et le travail de l'ensemble, prend la forme d'&#171; une interd&#233;pendance incalculable et aveugle &#187;. L'int&#233;gration d'individus en conflit par le travail et l'&#233;change abstraits &#233;tablit ainsi &#171; un vaste syst&#232;me de points communs et d'interd&#233;pendance mutuelle, une vie &#233;mouvante des morts. Ce syst&#232;me va et vient d'une mani&#232;re aveugle et &#233;l&#233;mentaire, et comme un animal sauvage appelle un contr&#244;le et une r&#233;pression permanents forts &#187;. et entre les besoins et le travail de l'ensemble, prend la forme d'&#171; une interd&#233;pendance incalculable et aveugle &#187;. L'int&#233;gration d'individus en conflit par le travail et l'&#233;change abstraits &#233;tablit ainsi &#171; un vaste syst&#232;me de points communs et d'interd&#233;pendance mutuelle, une vie &#233;mouvante des morts. Ce syst&#232;me va et vient d'une mani&#232;re aveugle et &#233;l&#233;mentaire, et comme un animal sauvage appelle un contr&#244;le et une r&#233;pression permanents forts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton et le path&#233;tique des descriptions rappellent de mani&#232;re frappante le Capital de Marx . Il n'est pas surprenant de constater que le manuscrit de Hegel rompt avec cette image, comme s'il &#233;tait terrifi&#233; par ce que r&#233;v&#233;lait son analyse de la soci&#233;t&#233; marchande. La derni&#232;re phrase, cependant, le trouve en train de formuler une issue possible. Il d&#233;veloppe cela dans la Realphilosophie de 1804-5. L'animal sauvage doit &#234;tre ma&#238;tris&#233;, et un tel processus n&#233;cessite l'organisation d'un &#233;tat fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re philosophie politique de Hegel rappelle les origines de la th&#233;orie politique dans la soci&#233;t&#233; moderne. Hobbes a &#233;galement fond&#233; son &#201;tat L&#233;viathan sur le chaos autrement invincible, le bellum omnium contra omnes, de la soci&#233;t&#233; individualiste. Entre Hobbes et Hegel, cependant, se situe la p&#233;riode au cours de laquelle l'&#201;tat absolutiste a lib&#233;r&#233; les forces &#233;conomiques du capitalisme et au cours de laquelle l'&#233;conomie politique a d&#233;couvert certains des m&#233;canismes du processus de travail capitaliste. Hegel s'&#233;tait livr&#233; &#224; une &#233;tude d'&#233;conomie politique. Son analyse de la soci&#233;t&#233; civile a atteint la structure fondamentale de la soci&#233;t&#233; moderne et a pr&#233;sent&#233; une analyse critique &#233;labor&#233;e, tandis que Hobbes a obtenu et utilis&#233; une perspicacit&#233; intuitive. Et plus encore, Hegel d&#233;couvrit dans le surgissement de la R&#233;volution fran&#231;aise des principes qui d&#233;passaient le cadre donn&#233; de la soci&#233;t&#233; individualiste. Les id&#233;es de raison et de libert&#233;, d'unit&#233; entre l'int&#233;r&#234;t commun et l'int&#233;r&#234;t particulier, d&#233;notaient pour lui des valeurs qui ne pouvaient &#234;tre sacrifi&#233;es &#224; l'&#201;tat. Il a lutt&#233; toute sa vie pour les rendre conformes &#224; la n&#233;cessit&#233; de &#171; contr&#244;ler et freiner &#187;. Ses tentatives pour r&#233;soudre le probl&#232;me sont multiples et le triomphe final ne revient pas au L&#233;viathan, mais &#224; l'&#201;tat rationnel sous l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me Jenenser Realphilosophie discute ensuite de la mani&#232;re dont la soci&#233;t&#233; civile est int&#233;gr&#233;e &#224; l'&#201;tat. Hegel discute de la forme politique de cette soci&#233;t&#233; sous le titre de &#171; Constitution &#187;. Le droit ( Gesetz ) transforme la totalit&#233; aveugle des rapports d'&#233;change en appareil d'&#201;tat consciemment r&#233;gl&#233;. L'image de l'anarchie et de la confusion de la soci&#233;t&#233; civile est peinte dans des couleurs encore plus sombres qu'auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[L'individu] est soumis &#224; la confusion et au hasard complets de l'ensemble. Une masse de la population est condamn&#233;e au travail abrutissant, malsain et pr&#233;caire des usines, manufactures, mines, etc. Des branches enti&#232;res de l'industrie qui soutenaient une grande partie de la population se replient soudainement parce que le mode change ou parce que la valeur de leurs produits chute &#224; cause de nouvelles inventions dans d'autres pays, ou pour d'autres raisons. Des masses enti&#232;res sont ainsi abandonn&#233;es &#224; une mis&#232;re impuissante. Le conflit entre l'immense richesse et l'immense pauvret&#233; &#233;clate, une pauvret&#233; incapable d'am&#233;liorer sa condition. La richesse devient... une puissance pr&#233;dominante. Son accumulation se fait en partie par hasard, en partie par le biais du mode g&#233;n&#233;ral de distribution... L'acquisition se d&#233;veloppe en un syst&#232;me multiple qui se ramifie dans des domaines dont les petites entreprises ne peuvent pas profiter. L'abstraction extr&#234;me du travail atteint les types de travail les plus individuels et continue d'&#233;largir sa sph&#232;re. Cette in&#233;galit&#233; de richesse et de pauvret&#233;, ce besoin et cette n&#233;cessit&#233; se transforment en un d&#233;membrement extr&#234;me de la volont&#233;, une r&#233;bellion int&#233;rieure et une haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Hegel insiste maintenant sur l'aspect positif de cette r&#233;alit&#233; d&#233;gradante. &#171; Cette n&#233;cessit&#233; qui signifie al&#233;a complet pour l'existence individuelle est en m&#234;me temps le conservateur. Le pouvoir d'Etat intervient ; il doit veiller &#224; ce que chaque sph&#232;re particuli&#232;re [de la vie] soit maintenue, il doit rechercher de nouveaux d&#233;bouch&#233;s, doit ouvrir des canaux de commerce dans les pays &#233;trangers, etc. dans la soci&#233;t&#233; n'est pas un simple hasard, mais le processus m&#234;me par lequel le tout reproduit sa propre existence et celle de chacun de ses membres. Les relations d'&#233;change du march&#233; assurent l'int&#233;gration n&#233;cessaire sans laquelle des individus isol&#233;s p&#233;riraient dans le conflit concurrentiel. Les terribles luttes au sein de la soci&#233;t&#233; productrice de marchandises sont &#171; meilleures &#187; que celles entre des individus et des groupes sans aucune restriction &#8211; &#171; meilleures &#187;, parce qu'elles se situent &#224; un niveau sup&#233;rieur de d&#233;veloppement historique et impliquent une reconnaissance mutuelle des droits individuels. Le &#034;contrat&#034; &#8203;&#8203;(Vertrag) exprime cette reconnaissance comme une r&#233;alit&#233; sociale. Hegel consid&#232;re le contrat comme l'un des fondements de la soci&#233;t&#233; moderne ; la soci&#233;t&#233; est en fait un cadre de contrats entre individus. (Nous verrons cependant qu'il s'attachera plus tard &#224; restreindre la validit&#233; des contrats &#224; la sph&#232;re de la soci&#233;t&#233; civile - c'est-&#224;-dire aux relations &#233;conomiques et sociales - et &#224; les exclure comme ayant une fonction entre &#201;tats. .) Seule l'assurance qu'une relation ou une prestation est garantie par un contrat &#8211; et que le contrat sera tenu en toutes circonstances &#8211; rend calculables et rationnelles les relations et les prestations dans une soci&#233;t&#233; marchande. &#171; Ma parole doit &#234;tre bonne non pour des raisons morales &#187;, mais parce que la soci&#233;t&#233; pr&#233;suppose qu'il existe des obligations mutuelles de la part de ses membres. Je fais mon travail &#224; la condition qu'un autre fasse de m&#234;me. Si je manque &#224; ma parole, je romps le contrat m&#234;me de la soci&#233;t&#233; et je blesse non seulement une personne en particulier mais la communaut&#233; ; Je me place en dehors du tout qui seul peut remplir mon droit d'individu. Ainsi, dit Hegel, &#171; l'universel est la substance du contrat &#187;. Les contrats ne r&#233;glementent pas seulement la performance individuelle, mais le fonctionnement de l'ensemble. Le contrat traite les individus comme libres et &#233;gaux ; en m&#234;me temps, il consid&#232;re chacun non pas dans sa particularit&#233; contingente mais dans son &#171; universalit&#233; &#187;, comme une partie homog&#232;ne du tout. Cette identit&#233; du particulier et de l'universel n'est bien s&#251;r pas encore r&#233;alis&#233;e. Les potentialit&#233;s propres des individus sont, comme Hegel l'a d&#233;j&#224; soulign&#233;, loin d'&#234;tre pr&#233;serv&#233;es dans la soci&#233;t&#233; civile. Par cons&#233;quent, la force doit se tenir derri&#232;re chaque contrat. La menace d'application de la force, et non sa propre reconnaissance volontaire, lie l'individu &#224; son contrat. Le contrat implique ainsi la possibilit&#233; de rupture du contrat et la r&#233;volte de l'individu contre le tout. Le crime signifie l'acte de r&#233;volte, et la peine est le m&#233;canisme par lequel l'ensemble restitue ses droits sur l'individu r&#233;volt&#233;. La reconnaissance de l'&#201;tat de droit repr&#233;sente cette &#233;tape d'int&#233;gration dans laquelle l'individu se r&#233;concilie avec le tout. L'&#201;tat de droit diff&#232;re de l'&#201;tat des contrats dans la mesure o&#249; il prend en compte &#171; le moi de l'individu dans son existence ainsi que dans sa connaissance &#187;. L'individu sait qu'il ne peut exister que par la force de la loi, non seulement parce qu'elle le prot&#232;ge, mais parce qu'il y voit repr&#233;senter l'int&#233;r&#234;t commun qui, en derni&#232;re analyse, est la seule garantie de son auto-d&#233;veloppement. Des individus parfaitement libres et ind&#233;pendants, mais unis dans un int&#233;r&#234;t commun, c'est la notion propre de la loi. L'individu est &#171; confiant &#187; qu'il se trouve &#171; lui-m&#234;me, son essence &#187; dans la loi et que la loi pr&#233;serve et soutient ses potentialit&#233;s essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle conception suppose un &#201;tat dont les lois manifestent r&#233;ellement le libre arbitre des individus associ&#233;s, comme s'ils s'&#233;taient r&#233;unis et avaient d&#233;cid&#233; de la meilleure l&#233;gislation pour leur int&#233;r&#234;t commun. La loi ne saurait autrement exprimer la volont&#233; de chacun et en m&#234;me temps &#171; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. Compte tenu de cette d&#233;cision commune, la loi serait une v&#233;ritable identit&#233; entre l'individu et le tout. La conception h&#233;g&#233;lienne du droit envisage une telle soci&#233;t&#233; ; il d&#233;crit un but &#224; atteindre et non une condition pr&#233;dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'&#233;cart entre l'id&#233;al et la r&#233;alit&#233; se r&#233;duit lentement. Plus l'attitude de Hegel envers l'histoire devient r&#233;aliste, plus il conf&#232;re au pr&#233;sent la grandeur de l'id&#233;al futur. Mais quelle que soit l'issue de la lutte de Hegel entre l'id&#233;alisme philosophique et le r&#233;alisme politique, sa philosophie n'acceptera aucun &#201;tat qui ne fonctionne pas selon l'&#201;tat de droit. Il peut accepter un &#171; &#201;tat-pouvoir &#187;, mais seulement dans la mesure o&#249; la libert&#233; des individus y pr&#233;vaut et o&#249; le pouvoir de l'&#201;tat renforce leur pouvoir propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu ne peut &#234;tre libre qu'en tant qu'&#234;tre politique. Hegel reprend ainsi la conception grecque classique selon laquelle la Polis repr&#233;sente la v&#233;ritable r&#233;alit&#233; de l'existence humaine. Ainsi, l'unification finale des antagonismes sociaux est r&#233;alis&#233;e non par le r&#232;gne du droit, mais par les institutions politiques qui incarnent le droit : par l'&#201;tat proprement dit. Quelle est la forme de gouvernement qui sauvegarde le mieux cette incarnation et qui est donc la plus haute forme d'unit&#233; entre la partie et le tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de r&#233;pondre &#224; cette question, Hegel esquisse l'origine de l'&#201;tat et les r&#244;les historiques de la tyrannie, de la d&#233;mocratie et de la monarchie. Il rejette la th&#233;orie du contrat social au motif qu'elle suppose que &#171; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; est &#224; l'&#339;uvre chez les individus isol&#233;s avant leur entr&#233;e dans l'&#201;tat. A l'encontre de la th&#233;orie du contrat social, il souligne que &#171; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; ne peut na&#238;tre que d'un long processus, qui aboutit &#224; la r&#233;gulation finale des antagonismes sociaux. La volont&#233; g&#233;n&#233;rale est le r&#233;sultat et non l'origine de l'&#201;tat ; l'&#201;tat est n&#233; d'une &#171; force ext&#233;rieure &#187; qui pousse les individus contre leur gr&#233;. Ainsi, &#171; tous les &#201;tats sont fond&#233;s par la puissance illustre de grands hommes &#187;. Et Hegel ajoute, &#034;pas par la force physique&#034;. Les grands fondateurs de l'&#201;tat avaient dans leur personnalit&#233; quelque chose de la puissance historique qui contraint l'humanit&#233; &#224; suivre sa propre voie et &#224; progresser par elle ; ces personnalit&#233;s refl&#232;tent et portent le savoir sup&#233;rieur et la moralit&#233; sup&#233;rieure de l'histoire m&#234;me si elles n'en sont pas conscientes en tant qu'individus, ou m&#234;me si elles sont mues par de tout autres motifs. L'id&#233;e que Hegel introduit ici appara&#238;t plus tard comme laWeltgeist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#201;tat est n&#233;cessairement une tyrannie. Les formes &#233;tatiques que Hegel d&#233;crit maintenant ont un ordre &#224; la fois historique et normatif : la tyrannie est la forme la plus ancienne et la plus basse, la monarchie h&#233;r&#233;ditaire la forme la plus r&#233;cente et la plus haute. Encore une fois, la norme par laquelle l'&#201;tat est &#233;valu&#233; est le succ&#232;s qu'il a dans la production d'une bonne int&#233;gration des individus dans l'ensemble. La tyrannie int&#232;gre les individus en les niant. Mais elle a un r&#233;sultat positif : elle les discipline, leur apprend &#224; ob&#233;ir. Ob&#233;ir &#224; la personne du dirigeant est pr&#233;paratoire &#224; l'ob&#233;issance &#224; la loi. Le peuple renverse la tyrannie parce qu'elle est abjecte, d&#233;testable, etc. ; en r&#233;alit&#233;, cependant, parce qu'elle est devenue superflue. La tyrannie cesse d'&#234;tre historiquement n&#233;cessaire une fois la discipline accomplie. Puis succ&#232;de l'&#201;tat de droit, c'est-&#224;-dire la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie repr&#233;sente une v&#233;ritable identit&#233; entre l'individu et le tout ; le gouvernement ne fait qu'un avec tous les individus, et leur volont&#233; exprime l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. L'individu poursuit son int&#233;r&#234;t particulier, il est donc le &#171; bourgeois &#187; ; mais il s'occupe aussi des besoins et des t&#226;ches de l'ensemble, donc il est le citoyen .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel illustre la d&#233;mocratie en se r&#233;f&#233;rant &#224; la cit&#233;-&#201;tat grecque. L&#224;, l'unit&#233; entre la volont&#233; individuelle et la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#233;tait encore fortuite ; l'individu devait c&#233;der &#224; la majorit&#233;, ce qui &#233;tait accidentel &#224; son tour. Une telle d&#233;mocratie ne saurait donc repr&#233;senter l'unit&#233; ultime entre l'individu et le tout. &#171; La belle et heureuse libert&#233; des Grecs int&#233;grait les individus dans une seule unit&#233; &#171; imm&#233;diate &#187;, fond&#233;e sur la nature et le sentiment plut&#244;t que sur l'organisation intellectuelle et morale consciente de la soci&#233;t&#233;. L'humanit&#233; devait progresser vers une forme d'&#201;tat sup&#233;rieure &#224; celle-ci, vers une forme dans laquelle l'individu s'unit librement et consciemment aux autres en une communaut&#233; qui, &#224; son tour, pr&#233;serve sa v&#233;ritable essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le meilleur gardien d'une telle unit&#233;, selon Hegel, est la monarchie h&#233;r&#233;ditaire. La personne du monarque repr&#233;sente le tout &#233;lev&#233; au-dessus de tous les int&#233;r&#234;ts particuliers ; monarque de naissance, il gouverne, pour ainsi dire, &#171; par nature &#187;, insensible aux antagonismes de la soci&#233;t&#233;. Il est donc le &#171; point &#187; le plus stable et le plus durable dans le mouvement de l'ensemble. &#171; L'opinion publique &#187; est le lien qui lie les sph&#232;res de la vie et contr&#244;le leur cours. L'&#201;tat n'est ni une unit&#233; forc&#233;e ni naturelle, mais une organisation rationnelle de la soci&#233;t&#233; &#224; travers ses diff&#233;rents &#171; &#233;tats &#187;. Dans chaque domaine, l'individu s'adonne &#224; son activit&#233; sp&#233;cifique tout en servant la communaut&#233;. Chaque &#233;tat a sa place particuli&#232;re, sa conscience et sa moralit&#233;, mais les &#233;tats se terminent dans l'&#233;tat &#171; universel &#187;, c'est-&#224;-dire dans les fonctionnaires de l'&#201;tat qui ne s'occupent que de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Les fonctionnaires sont &#233;lus et chaque &#171; sph&#232;re [ville, guilde, etc.] administre ses propres affaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus importantes que ces d&#233;tails sont les questions : quelles qualit&#233;s poss&#232;de la monarchie h&#233;r&#233;ditaire qui justifie sa place d'honneur dans la philosophie de l'esprit ? Comment cette forme &#233;tatique remplit-elle les principes qui ont guid&#233; la construction de cette philosophie ? Hegel consid&#233;rait la monarchie h&#233;r&#233;ditaire comme l'&#201;tat chr&#233;tien par excellence,ou, plus strictement, comme l'&#201;tat chr&#233;tien n&#233; avec la R&#233;forme allemande. Pour lui, cet &#201;tat &#233;tait l'incarnation du principe de la libert&#233; chr&#233;tienne, qui proclamait la libert&#233; de la conscience int&#233;rieure de l'homme et son &#233;galit&#233; devant Dieu. Hegel pensait que sans cette libert&#233; int&#233;rieure, la libert&#233; ext&#233;rieure que la d&#233;mocratie &#233;tait cens&#233;e instituer et prot&#233;ger ne servait &#224; rien. La R&#233;forme allemande repr&#233;sente &#224; ses yeux le grand tournant de l'histoire qui accompagne l'affirmation selon laquelle l'individu n'est vraiment libre que lorsqu'il a pris conscience de son inali&#233;nable autonomie. &#8211; le protestantisme avait &#233;tabli cette conscience de soi, et montr&#233; que la libert&#233; chr&#233;tienne impliquait, dans le domaine de la r&#233;alit&#233; sociale, soumission et ob&#233;issance &#224; la hi&#233;rarchie divine de l'&#201;tat. Nous traiterons ce sujet plus en d&#233;tail lorsque nous arriverons auPhilosophie du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question encore sans r&#233;ponse affecte toute la structure du syst&#232;me de Hegel. Le monde historique, dans la mesure o&#249; il est construit, organis&#233; et fa&#231;onn&#233; par l'activit&#233; consciente de sujets pensants, est un domaine de l'esprit. Mais l'esprit n'est pleinement r&#233;alis&#233; et n'existe sous sa vraie forme que lorsqu'il s'adonne &#224; son activit&#233; propre, &#224; savoir l'art, la religion et la philosophie. Ces domaines de la culture sont donc la r&#233;alit&#233; ultime, le domaine de la v&#233;rit&#233; ultime. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment la conviction de Hegel : l'esprit absolu ne vit que dans l'art, la religion et la philosophie. Tous trois ont le m&#234;me contenu sous une forme diff&#233;rente : l'art appr&#233;hende la v&#233;rit&#233; par simple intuition ( Anschauung ) ,sous une forme tangible et donc limit&#233;e ; La religion la per&#231;oit libre de telles limitations, mais seulement comme une simple &#171; affirmation &#187; et croyance ; La philosophie le comprend par le savoir et le poss&#232;de comme sa propri&#233;t&#233; inali&#233;nable. D'autre part, ces sph&#232;res de la culture n'existent que dans le d&#233;veloppement historique de l'humanit&#233;, et l'&#201;tat est l'&#233;tape finale de ce d&#233;veloppement. Quelle est donc la relation entre l'&#233;tat et le domaine de l'esprit absolu ? La domination de l'&#201;tat s'&#233;tend-elle sur l'art, la religion et la philosophie, ou est-elle plut&#244;t limit&#233;e par eux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me a &#233;t&#233; fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;. On a soulign&#233; que l'attitude de Hegel a subi plusieurs changements, qu'il a d'abord &#233;t&#233; enclin &#224; &#233;lever l'&#201;tat au-dessus des sph&#232;res culturelles, qu'il l'a ensuite coordonn&#233; ou m&#234;me subordonn&#233; &#224; celles-ci, et qu'il est ensuite revenu &#224; l'origine. position, la pr&#233;dominance de l'&#201;tat. Il y a des contradictions apparentes dans les d&#233;clarations de Hegel sur ce point, m&#234;me au sein de la m&#234;me p&#233;riode philosophique. Dans le deuxi&#232;me Jenenser Realphilosophieil d&#233;clare que l'esprit absolu &#171; est d'abord la vie d'une nation en g&#233;n&#233;ral ; cependant, l'Esprit doit se lib&#233;rer de cette vie &#187;, et il dit, de plus, &#171; qu'avec l'art, la religion et la philosophie, l'Esprit libre absolu... produit un monde diff&#233;rent, un monde dans lequel il a sa place &#187;. forme propre, o&#249; son travail s'accomplit, et o&#249; l'Esprit atteint l'intuition du sien comme sien &#187;. Contrairement &#224; ces d&#233;clarations, Hegel dit dans sa discussion sur la relation entre la religion et l'&#201;tat que &#171; le gouvernement est au-dessus de tout ; c'est l'Esprit qui se conna&#238;t lui-m&#234;me comme l'essence et la r&#233;alit&#233; universelles...&#034; En outre, il appelle l'&#233;tat &#034;la r&#233;alit&#233; du royaume des cieux... L'Etat est l'esprit de la r&#233;alit&#233;, tout ce qui appara&#238;t dans le L'&#201;tat doit s'y conformer &#187;. La signification de ces contradictions et leur possible solution ne peuvent &#234;tre rendues claires qu'&#224; travers une compr&#233;hension du r&#244;le constitutif de l'histoire dans le syst&#232;me de Hegel. Ici, nous ne tenterons qu'une explication pr&#233;liminaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier syst&#232;me de Hegel r&#233;v&#232;le d&#233;j&#224; les traits saillants de sa philosophie, en particulier l'accent mis sur l'universel en tant qu'&#234;tre v&#233;ritable. Nous avons indiqu&#233; dans notre introduction les racines socio-historiques de cet &#171; universalisme &#187;, montrant que sa base &#233;tait l'absence de &#171; communaut&#233; &#187; dans la soci&#233;t&#233; individualiste. Hegel est rest&#233; fid&#232;le &#224; l'h&#233;ritage du XVIIIe si&#232;cle et a incorpor&#233; ses id&#233;aux dans la structure m&#234;me de sa philosophie. Il a insist&#233; sur le fait que le &#034;vraiment universel&#034; &#233;tait une communaut&#233; qui pr&#233;servait et satisfaisait les exigences de l'individu. On pourrait interpr&#233;ter sa dialectique comme la tentative philosophique de concilier ses id&#233;aux avec une r&#233;alit&#233; sociale antagoniste. Hegel a reconnu les grandes pouss&#233;es vers l'avant qui doivent &#234;tre g&#233;n&#233;r&#233;es par l'ordre dominant de la soci&#233;t&#233; &#8211; le d&#233;veloppement de la productivit&#233; aussi bien mat&#233;rielle que culturelle ; la destruction de relations de pouvoir obsol&#232;tes qui entravaient l'avanc&#233;e de l'humanit&#233; ; et l'&#233;mancipation de l'individu pour qu'il soit le libre sujet de sa vie. Lorsqu'il affirmait que toute &#171; unit&#233; imm&#233;diate &#187; (qui n'implique pas une opposition entre ses &#233;l&#233;ments constitutifs) est, au regard des possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieure &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. et l'&#233;mancipation de l'individu pour qu'il soit le libre sujet de sa vie. Lorsqu'il affirmait que toute &#171; unit&#233; imm&#233;diate &#187; (qui n'implique pas une opposition entre ses &#233;l&#233;ments constitutifs) est, au regard des possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieure &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. et l'&#233;mancipation de l'individu pour qu'il soit le libre sujet de sa vie. Lorsqu'il affirmait que toute &#171; unit&#233; imm&#233;diate &#187; (qui n'implique pas une opposition entre ses &#233;l&#233;ments constitutifs) est, au regard des possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieure &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. en ce qui concerne les possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieures &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. en ce qui concerne les possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieures &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions r&#233;elles de la soci&#233;t&#233; moderne sont l'exemple le plus fort de dialectique dans l'histoire. Il ne fait aucun doute que ces conditions, aussi justifi&#233;es qu'elles soient par des raisons de n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, contredisent l'id&#233;al de libert&#233;. Les plus hautes potentialit&#233;s de l'humanit&#233; r&#233;sident dans l'union rationnelle d'individus libres, c'est-&#224;-dire dans l'universel et non dans des particularit&#233;s fixes. L'individu ne peut esp&#233;rer se r&#233;aliser que s'il est membre libre d'une communaut&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te permanente d'une telle communaut&#233; au milieu de la terreur obs&#233;dante d'une soci&#233;t&#233; anarchique est &#224; l'origine de l'insistance de Hegel sur le lien intrins&#232;que entre v&#233;rit&#233; et universalit&#233;. Il pensait &#224; l'accomplissement de cette qu&#234;te lorsqu'il d&#233;signait la v&#233;ritable universalit&#233; comme la fin du processus dialectique et comme la r&#233;alit&#233; finale. &#192; maintes reprises, les implications sociales concr&#232;tes du concept d'universalit&#233; transpercent ses formulations philosophiques, et l'image d'une association d'individus libres unis dans un int&#233;r&#234;t commun appara&#238;t clairement. Nous citons le c&#233;l&#232;bre passage de l' Esth&#233;tique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable ind&#233;pendance consiste uniquement dans l'unit&#233; et dans l'interp&#233;n&#233;tration de l'individualit&#233; et de l'universalit&#233; l'une avec l'autre. L'universel acquiert &#224; travers l'individuel son existence concr&#232;te, et la subjectivit&#233; de l'individuel et du particulier d&#233;couvre dans l'universel le fondement inattaquable et la forme la plus authentique de sa r&#233;alit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Id&#233;al [&#233;tat], c'est pr&#233;cis&#233;ment l'individualit&#233; particuli&#232;re qui doit persister en harmonie ins&#233;parable avec la totalit&#233; substantielle, et dans toute la mesure o&#249; la libert&#233; et l'ind&#233;pendance de la subjectivit&#233; peuvent rattacher &#224; l'Id&#233;al le monde-environnement des conditions et des relations. ne doit poss&#233;der aucune objectivit&#233; essentielle en dehors du sujet et de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de l'esprit, et en fait l'ensemble du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien, est une repr&#233;sentation du processus par lequel &#171; l'individu devient universel &#187; et par lequel &#171; la construction de l'universalit&#233; &#187; a lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV&lt;br class='autobr' /&gt;
La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit&lt;br class='autobr' /&gt;
(1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HEGEL &#233;crivit la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit en 1806 &#224; I&#233;na alors que les arm&#233;es napol&#233;oniennes s'approchaient de cette ville. Il l'ach&#232;ve alors que la bataille d'I&#233;na scelle le sort de la Prusse et intronise l'h&#233;ritier de la R&#233;volution fran&#231;aise sur les restes impuissants de l'ancien Reich allemand. Le sentiment qu'une nouvelle &#233;poque dans l'histoire du monde venait de commencer impr&#232;gne le livre de Hegel. Il marque son premier jugement philosophique sur l'histoire et tire ses conclusions d&#233;finitives de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui devient d&#233;sormais le tournant de la voie historique autant que philosophique vers la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a vu que le r&#233;sultat de la R&#233;volution fran&#231;aise n'&#233;tait pas la r&#233;alisation de la libert&#233;, mais l'&#233;tablissement d'un nouveau despotisme. Il a interpr&#233;t&#233; son cours et son issue non pas comme un accident historique, mais comme un d&#233;veloppement n&#233;cessaire. Le processus d'&#233;mancipation de l'individu aboutit n&#233;cessairement &#224; la terreur et &#224; la destruction tant qu'il est men&#233; par des individus contre l'&#201;tat, et non par l'&#201;tat lui-m&#234;me. L'&#201;tat seul peut fournir l'&#233;mancipation, bien qu'il ne puisse fournir la v&#233;rit&#233; parfaite et la libert&#233; parfaite . Ces derni&#232;res ne se trouvent que dans le domaine propre de l'esprit, dans la morale, la religion et la philosophie. Nous avons d&#233;j&#224; rencontr&#233; cette sph&#232;re comme r&#233;alisation de la v&#233;rit&#233; et de la libert&#233; dans la premi&#232;re Philosophie de l'esprit de Hegel.L&#224;, cependant, ils &#233;taient fond&#233;s sur un ordre &#233;tatique ad&#233;quat et restaient en lien intrins&#232;que avec lui. Cette connexion est presque perdue dans la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit . L'&#201;tat cesse alors d'avoir une signification globale. La libert&#233; et la raison sont devenues des activit&#233;s de l'esprit pur et n'exigent pas un ordre social et politique d&#233;fini comme condition pr&#233;alable, mais sont compatibles avec l'&#233;tat d&#233;j&#224; existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer que son exp&#233;rience de l'effondrement des id&#233;es lib&#233;rales dans l'histoire de son temps a pouss&#233; Hegel &#224; se r&#233;fugier dans l'esprit pur, et que, par souci de philosophie, il a pr&#233;f&#233;r&#233; la r&#233;conciliation avec le syst&#232;me dominant aux terribles contingences d'un nouveau bouleversement. La r&#233;conciliation qui s'op&#232;re d&#233;sormais entre l'id&#233;alisme philosophique et la soci&#233;t&#233; donn&#233;e s'annonce non pas tant comme un changement du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien en tant que tel, mais comme un changement dans le traitement et la fonction de la dialectique. Dans les p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, la dialectique &#233;tait orient&#233;e vers le processus r&#233;el de l'histoire plut&#244;t que vers le produit final de ce processus. La forme sommaire de la philosophie de l'esprit de Jenenserrenfor&#231;ait l'impression que quelque chose de nouveau pouvait encore arriver &#224; l'esprit, et que son d&#233;veloppement &#233;tait loin d'&#234;tre termin&#233;. De plus, le syst&#232;me Jenenser a &#233;labor&#233; la dialectique dans le processus concret du travail et de l'int&#233;gration sociale. Dans la ph&#233;nom&#233;nologie de l'espritles antagonismes de cette dimension concr&#232;te sont nivel&#233;s et harmonis&#233;s. &#171; Le monde devient Mental &#187; signifie non seulement que le monde dans sa totalit&#233; devient l'ar&#232;ne ad&#233;quate dans laquelle les plans de l'humanit&#233; doivent s'accomplir, mais signifie aussi que le monde lui-m&#234;me r&#233;v&#232;le un progr&#232;s constant vers la v&#233;rit&#233; absolue, que rien de nouveau ne peut arriver &#224; l'esprit, ou que tout ce qui lui arrive contribue finalement &#224; son avancement. Il y a, bien s&#251;r, des &#233;checs et des refoulements ; le progr&#232;s ne se fait nullement en ligne droite, mais se produit par le jeu de conflits incessants. La n&#233;gativit&#233;, on le verra, reste la source et le moteur du mouvement. Chaque &#233;chec et chaque revers, cependant, poss&#232;de son propre bien et sa propre v&#233;rit&#233;. Chaque conflit implique sa propre solution. Le changement de point de vue de Hegel se manifeste dans la certitude in&#233;branlable avec laquelle il d&#233;termine la fin du processus. L'esprit, malgr&#233; toutes les d&#233;viations et les d&#233;faites, malgr&#233; la mis&#232;re et la d&#233;t&#233;rioration, atteindra son but, ou plut&#244;t l'a atteint, dans le syst&#232;me social dominant. La n&#233;gativit&#233; semble &#234;tre une &#233;tape s&#251;re dans la croissance de l'esprit plut&#244;t que la force qui le pousse au-del&#224; ; l'opposition dans la dialectique appara&#238;t comme un jeu volontaire plut&#244;t qu'une lutte de vie et de mort. La n&#233;gativit&#233; semble &#234;tre une &#233;tape s&#251;re dans la croissance de l'esprit plut&#244;t que la force qui le pousse au-del&#224; ; l'opposition dans la dialectique appara&#238;t comme un jeu volontaire plut&#244;t qu'une lutte de vie et de mort. La n&#233;gativit&#233; semble &#234;tre une &#233;tape s&#251;re dans la croissance de l'esprit plut&#244;t que la force qui le pousse au-del&#224; ; l'opposition dans la dialectique appara&#238;t comme un jeu volontaire plut&#244;t qu'une lutte de vie et de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a con&#231;u la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit comme une introduction &#224; son syst&#232;me philosophique. Au cours de l'ex&#233;cution des travaux, il a cependant modifi&#233; son plan initial. Sachant qu'il ne serait pas en mesure de publier le reste de son syst&#232;me dans un proche avenir, il en a incorpor&#233; de grandes parties dans son introduction. Les difficult&#233;s extr&#234;mes qu'offre le livre sont, en grande partie, dues &#224; cette proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que volume d'introduction, l'ouvrage entend conduire la compr&#233;hension humaine du domaine de l'exp&#233;rience quotidienne &#224; celui de la connaissance philosophique r&#233;elle, &#224; la v&#233;rit&#233; absolue. Cette v&#233;rit&#233; est la m&#234;me que Hegel avait d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;e dans le syst&#232;me Jenenser , &#224; savoir la connaissance et le processus du monde en tant qu'esprit. Le monde en r&#233;alit&#233; n'est pas tel qu'il appara&#238;t, mais tel qu'il est compris par la philosophie. Hegel part de l'exp&#233;rience de la conscience ordinaire dans la vie quotidienne. Il montre que ce mode d'exp&#233;rience, comme tout autre, contient des &#233;l&#233;ments qui minent sa confiance dans sa capacit&#233; &#224; percevoir &#171; le r&#233;el &#187;, et forcent la recherche &#224; se poursuivre vers des modes de compr&#233;hension toujours plus &#233;lev&#233;s. La progression vers ces modes sup&#233;rieurs est donc un processus interne de l'exp&#233;rience et n'est pas produite de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'homme porte une attention stricte aux r&#233;sultats de son exp&#233;rience, il abandonnera un type de connaissance et passera &#224; un autre ; il ira de la certitude sensorielle &#224; la perception, de la perception &#224; la compr&#233;hension, de la compr&#233;hension &#224; la certitude de soi, jusqu'&#224; ce qu'il atteigne la v&#233;rit&#233; de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit de Hegel pr&#233;sente ainsi l'histoire immanente de l'exp&#233;rience humaine. Ce n'est certes pas l'exp&#233;rience du sens commun, mais d&#233;j&#224; &#233;branl&#233;e dans sa s&#233;curit&#233;, recouverte du sentiment qu'elle ne poss&#232;de pas toute la v&#233;rit&#233;. C'est une exp&#233;rience d&#233;j&#224; en route vers une vraie connaissance. Le lecteur qui doit comprendre les diverses parties de l'ouvrage doit d&#233;j&#224; s'attarder sur &#171; l'&#233;l&#233;ment de philosophie &#187;. Le &#171; Nous &#187; qui appara&#238;t si souvent ne d&#233;signe pas des hommes ordinaires mais des philosophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le facteur qui d&#233;termine le cours de cette exp&#233;rience est la relation changeante entre la conscience et ses objets. Si le sujet philosophant adh&#232;re &#224; ses objets et se laisse guider par leur sens, il trouvera que les objets subissent un changement par lequel leur forme ainsi que leur rapport au sujet se modifient. Lorsque l'exp&#233;rience commence, l'objet appara&#238;t comme une entit&#233; stable, ind&#233;pendante de la conscience ; sujet et objet paraissent &#233;trangers l'un &#224; l'autre. Le progr&#232;s des connaissances r&#233;v&#232;le cependant que les deux ne subsistent pas isol&#233;ment. Il devient clair que l'objet tire son objectivit&#233; du sujet. &#171; Le r&#233;el &#187;, que la conscience d&#233;tient effectivement dans le flux incessant des sensations et des perceptions, est un universel irr&#233;ductible &#224; des &#233;l&#233;ments objectifs hors sujet (par exemple,qualit&#233;, chose, force, lois ). En d'autres termes, l'objet r&#233;el est constitu&#233; par l'activit&#233; (intellectuelle) du sujet ; d'une mani&#232;re ou d'une autre, cela &#171; se rapporte &#187; essentiellement au sujet. Ce dernier d&#233;couvre qu'il se tient lui-m&#234;me &#171; derri&#232;re &#187; les objets, que le monde ne devient r&#233;el que par la force du pouvoir de compr&#233;hension de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant d'abord rien d'autre qu'une r&#233;affirmation du cas de l'id&#233;alisme transcendantal, ou, comme le dit Hegel, c'est une v&#233;rit&#233; seulement &#171; pour nous &#187;, les sujets philosophants, et pas encore une v&#233;rit&#233; manifest&#233;e dans le monde objectif. . Hegel va plus loin. Il dit que la conscience de soi doit encore d&#233;montrer qu'elle est la vraie r&#233;alit&#233; ; elle doit en effet faire du monde sa libre r&#233;alisation. Se r&#233;f&#233;rant &#224; cette t&#226;che, Hegel d&#233;clare que le sujet est la &#171; n&#233;gativit&#233; absolue &#187;, signifiant qu'il a le pouvoir de nier toute condition donn&#233;e et d'en faire son propre travail conscient. Il ne s'agit pas d'une activit&#233; &#233;pist&#233;mologique et ne peut s'exercer uniquement dans le cadre du processus de connaissance, car ce processus est ins&#233;parable de la lutte historique de l'homme contre son monde, lutte elle-m&#234;me constitutive du chemin de la v&#233;rit&#233; et de la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me. Le sujet doit faire du monde son propre fait s'il veut se reconna&#238;tre comme la seule r&#233;alit&#233;. Le processus de la connaissance devient le processus de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d&#233;j&#224; parvenus &#224; cette conclusion dans la Philosophie de l'Esprit de Jenenser. La conscience de soi s'emporte dans la lutte &#224; mort entre les individus. D&#232;s lors, Hegel relie le processus &#233;pist&#233;mologique de la conscience de soi (de la certitude des sens &#224; la raison) avec le processus historique de l'humanit&#233; de la servitude &#224; la libert&#233;. Les &#171; modes ou formes [ Gestalten ] de la conscience &#187; apparaissent simultan&#233;ment comme des r&#233;alit&#233;s historiques objectives, des &#171; &#233;tats du monde &#187; ( Weltzust&#228;nde). Le passage constant de l'analyse philosophique &#224; l'analyse historique &#8211; qui a souvent &#233;t&#233; critiqu&#233;e comme une confusion ou une interpr&#233;tation m&#233;taphysique arbitraire de l'histoire &#8211; vise &#224; v&#233;rifier et &#224; d&#233;montrer le caract&#232;re historique des concepts philosophiques de base. Tous comprennent et retiennent les &#233;tapes historiques r&#233;elles du d&#233;veloppement de l'humanit&#233;. Chaque forme de conscience qui appara&#238;t dans le progr&#232;s immanent de la connaissance se cristallise comme la vie d'une &#233;poque historique donn&#233;e. Le processus m&#232;ne de la cit&#233;-&#201;tat grecque &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel d&#233;crit la R&#233;volution fran&#231;aise comme le d&#233;cha&#238;nement d'une libert&#233; &#171; autodestructrice &#187;, autodestructrice parce que la conscience qui s'effor&#231;ait ici de changer le monde selon ses int&#233;r&#234;ts subjectifs n'avait pas encore trouv&#233; sa v&#233;rit&#233;. En d'autres termes, l'homme n'a pas d&#233;couvert son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t, il ne s'est pas librement plac&#233; sous des lois qui assurent sa propre libert&#233; et celle de l'ensemble. Le nouvel &#201;tat cr&#233;&#233; par la R&#233;volution, dit Hegel, n'a fait que modifier la forme ext&#233;rieure du monde objectif, en en faisant un m&#233;dium pour le sujet, mais il n'a pas atteint la libert&#233; essentielle du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accomplissement de ce dernier a lieu dans la transition de l'&#232;re r&#233;volutionnaire fran&#231;aise &#224; celle de la culture id&#233;aliste allemande. La r&#233;alisation de la vraie libert&#233; est ainsi transf&#233;r&#233;e du plan de l'histoire au domaine int&#233;rieur de l'esprit. Hegel dit : &#171; la libert&#233; absolue quitte sa sph&#232;re de r&#233;alit&#233; autodestructrice [c'est-&#224;-dire l'&#233;poque historique de la R&#233;volution fran&#231;aise] et passe dans un autre domaine, celui de l'esprit conscient de soi. Ici, la libert&#233; est tenue pour vraie dans la mesure o&#249; elle est irr&#233;elle... &#187; Ce nouveau domaine avait &#233;t&#233; une d&#233;couverte de l'id&#233;alisme &#233;thique de Kant. En son sein, l'individu autonome se donne le devoir inconditionnel d'ob&#233;ir aux lois universelles qu'il s'impose de son plein gr&#233;. Hegel ne consid&#233;rait cependant pas ce &#171; domaine &#187; comme la derni&#232;re demeure de la raison. Le conflit n&#233; de la r&#233;conciliation kantienne de l'individuel et de l'universel, conflit entre l'imp&#233;ratif du devoir et le d&#233;sir de bonheur, a contraint l'individuel &#224; chercher la v&#233;rit&#233; dans d'autres solutions. Il la cherche dans l'art et la religion et la trouve finalement dans le &#171; savoir absolu &#187; de la philosophie dialectique. L&#224;, toute opposition entre la conscience et son objet est surmont&#233;e ; le sujet poss&#232;de et conna&#238;t le monde comme sa propre r&#233;alit&#233;, comme raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit conduit ainsi &#224; la Logique . Celui-ci d&#233;ploie la structure de l'univers, non dans les formes changeantes qu'il a pour la connaissance qui n'est pas encore absolue, mais dans sa v&#233;ritable essence. Il pr&#233;sente &#171; la v&#233;rit&#233; sous sa vraie forme &#187;. Tout comme l'exp&#233;rience avec laquelle la Ph&#233;nom&#233;nologiecommenc&#233; n'&#233;tait pas l'exp&#233;rience quotidienne, la connaissance avec laquelle elle se termine n'est pas la philosophie traditionnelle, mais une philosophie qui a absorb&#233; la v&#233;rit&#233; de toutes les philosophies pr&#233;c&#233;dentes et avec elle toute l'exp&#233;rience que l'humanit&#233; a accumul&#233;e au cours de son long voyage vers la libert&#233;. C'est une philosophie d'une humanit&#233; consciente d'elle-m&#234;me qui revendique la ma&#238;trise des hommes et des choses et son droit de fa&#231;onner le monde en cons&#233;quence, une philosophie qui &#233;nonce les id&#233;aux les plus &#233;lev&#233;s de la soci&#233;t&#233; individualiste moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce bref aper&#231;u pr&#233;liminaire de la vaste perspective de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit, nous passons maintenant &#224; une discussion plus d&#233;taill&#233;e de ses principales conceptions. La Pr&#233;face &#224; la Ph&#233;nom&#233;nologie est l'une des plus grandes entreprises philosophiques de tous les temps, constituant non moins une tentative de r&#233;instaurer la philosophie comme la forme la plus &#233;lev&#233;e de la connaissance humaine, comme &#171; la Science &#187;. Nous nous limiterons ici &#224; ses points principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel commence par une analyse critique des courants philosophiques du tournant du XVIIIe si&#232;cle, puis d&#233;veloppe son concept de philosophie et de v&#233;rit&#233; philosophique. La connaissance prend sa source dans la vision que l'essence et l'existence sont distinctes dans les divers processus cognitifs. Les objets qu'il obtient dans l'exp&#233;rience imm&#233;diate ne satisfont pas la connaissance, parce qu'ils sont accidentels et incomplets, et il se tourne vers la recherche de la v&#233;rit&#233; dans la notion d'objets, convaincu que la bonne notion n'est pas une simple forme intellectuelle subjective, mais l'essence des choses. . Ceci, cependant, n'est que la premi&#232;re &#233;tape de la connaissance. Son effort majeur est de d&#233;montrer et d'exposer la relation entre l'essence et l'existence, entre la v&#233;rit&#233; conserv&#233;e dans la notion et l'&#233;tat r&#233;el dans lequel les choses existent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses sciences diff&#232;rent les unes des autres par la mani&#232;re dont les objets dont elles traitent sont li&#233;s &#224; leur v&#233;rit&#233;. C'est d&#233;routant &#224; moins de garder &#224; l'esprit que pour Hegel la v&#233;rit&#233; signifie une forme d' existenceainsi que de la connaissance, et que, par cons&#233;quent, le rapport d'un &#234;tre &#224; sa v&#233;rit&#233; est un rapport objectif des choses elles-m&#234;mes. Hegel illustre cette conception en opposant les connaissances math&#233;matiques et philosophiques. L'essence ou la &#171; nature &#187; &#8203;&#8203;du triangle rectangle est que ses c&#244;t&#233;s sont li&#233;s exactement comme le dit la proposition de Pythagore ; mais cette v&#233;rit&#233; est &#171; &#224; l'ext&#233;rieur &#187; du triangle. La preuve de la proposition consiste en un processus effectu&#233; uniquement par le sujet connaissant. '. ... le triangle ... est mis en pi&#232;ces et ses parties transform&#233;es en d'autres figures auxquelles la construction donne lieu dans le triangle. La n&#233;cessit&#233; de la construction ne d&#233;coule pas de la nature ou de la notion du triangle. &#171; Le processus de preuve math&#233;matique n'appartient pas &#224; l'objet ; c'est une fonction qui se d&#233;roule en dehors de la mati&#232;re en question. La nature d'un triangle rectangle ne se d&#233;compose pas en facteurs de la mani&#232;re indiqu&#233;e dans la construction math&#233;matique qui est requise pour prouver la proposition exprimant la relation de ses parties. Tout le processus de production du r&#233;sultat est une affaire de connaissance qui suit sa propre voie. En d'autres termes, la v&#233;rit&#233; sur les objets math&#233;matiques existe en dehors d'eux-m&#234;mes, dans le sujet connaissant. Ces objets sont donc, au sens strict, des entit&#233;s &#171; externes &#187; fausses et non essentielles. la v&#233;rit&#233; sur les objets math&#233;matiques existe en dehors d'eux-m&#234;mes, dans le sujet connaissant. Ces objets sont donc, au sens strict, des entit&#233;s &#171; externes &#187; fausses et non essentielles. la v&#233;rit&#233; sur les objets math&#233;matiques existe en dehors d'eux-m&#234;mes, dans le sujet connaissant. Ces objets sont donc, au sens strict, des entit&#233;s &#171; externes &#187; fausses et non essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objets de la philosophie, au contraire, ont un rapport intrins&#232;que &#224; leur v&#233;rit&#233;. Par exemple, le principe selon lequel &#171; la nature de l'homme exige la libert&#233; et que la libert&#233; est une forme de raison &#187; n'est pas une v&#233;rit&#233; impos&#233;e &#224; l'homme par une th&#233;orie philosophique arbitraire, mais peut &#234;tre prouv&#233; comme &#233;tant le but inh&#233;rent de l'homme, sa r&#233;alit&#233; m&#234;me. . Sa preuve n'est pas avanc&#233;e par le processus ext&#233;rieur de la connaissance mais par l'histoire de l'homme. En philosophie, la relation d'un objet &#224; sa v&#233;rit&#233; est un &#233;v&#233;nement r&#233;el ( Geschehen). Pour en revenir &#224; l'exemple, l'homme d&#233;couvre qu'il n'est pas libre, qu'il est s&#233;par&#233; de sa v&#233;rit&#233;, menant une existence fortuite, fausse. La libert&#233; est quelque chose qu'il doit acqu&#233;rir en surmontant son esclavage, et il l'acquiert lorsqu'il conna&#238;t finalement ses v&#233;ritables potentialit&#233;s. La libert&#233; suppose des conditions qui la rendent possible, &#224; savoir la ma&#238;trise consciente et rationnelle du monde. L'histoire connue de l'humanit&#233; confirme la v&#233;racit&#233; de cette conclusion. La notion d'homme est son histoire, telle qu'elle est appr&#233;hend&#233;e par la philosophie. Ainsi, l'essence et l'existence sont en r&#233;alit&#233; interd&#233;pendantes en philosophie, et le processus de preuve de la v&#233;rit&#233; a &#224; voir avec l'objet existant lui-m&#234;me. L'essence surgit dans le processus d'existence, et inversement, le processus d'existence est un &#171; retour &#187; &#224; l'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance philosophique ne vise que les &#171; essentiels &#187; qui ont une port&#233;e constitutive sur le destin de l'homme et celui de son monde. Le seul objet de la philosophie est le monde sous sa vraie forme, le monde comme raison. La raison, encore une fois, ne prend tout son sens qu'avec le d&#233;veloppement de l'humanit&#233;. La v&#233;rit&#233; philosophique s'int&#233;resse donc tr&#232;s nettement &#224; l'existence de l'homme ; c'est sa motivation et son objectif les plus intimes. C'est en derni&#232;re analyse le sens de l'affirmation que la v&#233;rit&#233; est immanente &#224; l'objet de la philosophie. La v&#233;rit&#233; fa&#231;onne l'existence m&#234;me de l'objet et ne lui est pas, comme en math&#233;matiques, indiff&#233;rente. Exister dans la v&#233;rit&#233; est une question de vie (et de mort), et le chemin vers la v&#233;rit&#233; n'est pas seulement un processus &#233;pist&#233;mologique mais aussi un processus historique. Cette relation entre la v&#233;rit&#233; et l'existence distingue la m&#233;thode philosophique. Une v&#233;rit&#233; math&#233;matique peut &#234;tre arr&#234;t&#233;e dans une proposition ; la proposition est vraie et sa contradictoire est fausse. En philosophie, la v&#233;rit&#233; est un processus r&#233;el qui ne peut &#234;tre mis dans une proposition. &#171; L'abstrait ou l'irr&#233;el n'est pas son &#233;l&#233;ment et son contenu, mais le r&#233;el, ce qui s'auto-&#233;tablit, a la vie en soi, l'existence dans sa notion m&#234;me. C'est le processus qui cr&#233;e ses propres moments dans son cours et les traverse tous ; et l'ensemble de ce mouvement constitue son contenu positif, et sa v&#233;rit&#233;. Aucune proposition unique ne peut saisir ce processus. Par exemple, la proposition : &#171; La nature de l'homme est la libert&#233; dans la raison &#187;, est, si elle est prise isol&#233;ment, fausse. Elle omet tous les faits qui font le sens de la libert&#233; et de la raison, et qui sont rassembl&#233;s dans toute la marche historique vers la libert&#233; et la raison. En outre, la proposition est fausse dans la mesure o&#249; la libert&#233; et la raison ne peuvent appara&#238;tre que comme le r&#233;sultat du processus historique. La conqu&#234;te de la servitude et de l'irrationalit&#233;, et donc de la servitude et de l'irrationalit&#233; elles-m&#234;mes, sont des parties essentielles de la v&#233;rit&#233;. Le mensonge est ici aussi n&#233;cessaire et r&#233;el que la v&#233;rit&#233;. Le mensonge doit &#234;tre con&#231;u comme la &#171; forme erron&#233;e &#187; ou le mensonge de l'objet r&#233;el &#8211; cet objet dans sa fausse existence ; le faux est le 'l'alt&#233;rit&#233;, l'aspect n&#233;gatif de la substance &#187;, mais n&#233;anmoins une partie de celle-ci et donc constitutive dans sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode dialectique se conforme &#224; cette structure que poss&#232;de l'objet philosophique et tente de reconstruire et de suivre son mouvement r&#233;el. Un syst&#232;me philosophique n'est vrai que s'il comprend l'&#233;tat n&#233;gatif et le positif, et reproduit le processus de devenir faux puis de revenir &#224; la v&#233;rit&#233;. En tant que syst&#232;me de ce genre, la dialectique est la vraie m&#233;thode de la philosophie. Il montre que l'objet dont il traite existe dans un &#233;tat de &#171; n&#233;gativit&#233; &#187;, que l'objet, par les pressions de sa propre existence, rejette dans le processus de reconqu&#234;te de sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc, en philosophie, aucune proposition n'est vraie en dehors du tout, en quel sens tout le syst&#232;me est-il vrai ? Le syst&#232;me dialectique modifie la structure et le sens de la proposition et en fait quelque chose de tout &#224; fait diff&#233;rent de la proposition de la logique traditionnelle. Cette derni&#232;re logique, &#224; laquelle Hegel fait allusion comme &#171; la logique du sens commun &#187;, signifiant &#233;galement la logique de la m&#233;thode scientifique traditionnelle, traite les propositions comme consistant en un sujet, qui sert de base fixe et stable, et un pr&#233;dicat qui lui est attach&#233;. . Les pr&#233;dicats sont les propri&#233;t&#233;s accidentelles ou, dans le langage de Hegel, les &#171; d&#233;terminations &#187; d'une substance plus ou moins fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contraste avec cette conception de la proposition, Hegel place le &#171; jugement sp&#233;culatif &#187; en philosophie. Le jugement sp&#233;culatif n'a pas de sujet stable et passif. Son sujet est actif et se d&#233;veloppe en ses pr&#233;dicats. Les pr&#233;dicats sont diverses formes de l'existence du sujet. Ou, pour le dire un peu diff&#233;remment, ce qui se passe, c'est que le sujet &#171; s'effondre &#187; ( geht zu Grunde) et se transforme en pr&#233;dicat. Le jugement sp&#233;culatif &#233;branle ainsi &#171; la base solide &#187; de la proposition traditionnelle &#171; jusque dans ses fondements, et le seul objet est ce mouvement m&#234;me du sujet &#187;. Par exemple, la proposition Dieu est &#202;tre, prise comme un jugement sp&#233;culatif, ne signifie pas que le sujet, Dieu, &#171; poss&#232;de &#187; ou &#171; supporte &#187; le pr&#233;dicat &#171; &#202;tre &#187; parmi de nombreux autres pr&#233;dicats ; mais que le sujet, Dieu, &#171; passe &#187; dans l'&#202;tre. '&#202;tre' ici n'est 'pas un pr&#233;dicat mais la nature essentielle' de Dieu. Le sujet Dieu &#034;semble cesser d'&#234;tre ce qu'il &#233;tait lorsque la proposition a &#233;t&#233; avanc&#233;e, &#224; savoir. un sujet fixe &#187;, et de devenir le pr&#233;dicat. Alors que le jugement et la proposition traditionnels impliquent une nette distinction entre sujet et pr&#233;dicat, le jugement sp&#233;culatif subvertit et d&#233;truit &#171; la nature du jugement ou de la proposition en g&#233;n&#233;ral &#187;. Elle porte le coup d&#233;cisif &#224; la logique formelle traditionnelle. Le sujet devient le pr&#233;dicat sans pour autant s'identifier &#224; lui. Le processus ne peut pas &#234;tre exprim&#233; de mani&#232;re ad&#233;quate dans une seule proposition ; &#171; la proposition telle qu'elle appara&#238;t n'est qu'une simple forme vide. Le lieu de la v&#233;rit&#233; n'est pas la proposition, mais le syst&#232;me dynamique des jugements sp&#233;culatifs dans lequel chaque jugement doit &#234;tre &#171; supprim&#233; &#187; par un autre, de sorte que seul l'ensemble du processus repr&#233;sente la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique traditionnelle et le concept traditionnel de v&#233;rit&#233; sont &#171; &#233;branl&#233;s jusque dans leurs fondements &#187; non par un fiat philosophique, mais par un aper&#231;u de la dynamique de la r&#233;alit&#233;. Le jugement sp&#233;culatif a pour contenu le processus objectif de la r&#233;alit&#233; dans sa &#171; forme comprise &#187; essentielle, non dans son apparence. Dans ce sens tr&#232;s basique, le passage de Hegel de la logique traditionnelle &#224; la logique mat&#233;rielle a marqu&#233; le premier pas vers l'unification de la th&#233;orie et de la pratique. Sa protestation contre la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; fixe et formelle de la logique traditionnelle &#233;tait en fait une protestation contre le fait de s&#233;parer la v&#233;rit&#233; et ses formes des processus concrets ; une protestation contre la s&#233;paration de la v&#233;rit&#233; de toute influence directrice directe sur la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, la philosophie id&#233;aliste a d&#233;fendu le droit de la th&#233;orie &#224; guider la pratique. Car la philosophie id&#233;aliste repr&#233;sentait la forme de conscience la plus avanc&#233;e qui pr&#233;valait alors, et l'id&#233;e d'un monde impr&#233;gn&#233; de libert&#233; et de raison n'avait pas de refuge plus s&#251;r que celui offert par cette lointaine sph&#232;re de culture. L'&#233;volution ult&#233;rieure de la pens&#233;e europ&#233;enne ne peut &#234;tre comprise en dehors de ses origines id&#233;alistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse approfondie de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit demanderait plus qu'un volume. Nous pouvons renoncer &#224; cette analyse, puisque les derni&#232;res parties de l'ouvrage traitent de probl&#232;mes que nous avons d&#233;j&#224; esquiss&#233;s dans la discussion du syst&#232;me de Jenenser . Nous limiterons notre interpr&#233;tation aux premi&#232;res sections, qui &#233;laborent la m&#233;thode dialectique dans les moindres d&#233;tails et fixent le mod&#232;le de l'ensemble de l'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance commence lorsque la philosophie d&#233;truit l'exp&#233;rience de la vie quotidienne. L'analyse de cette exp&#233;rience est le point de d&#233;part de la recherche de la v&#233;rit&#233;. L'objet de l'exp&#233;rience est d'abord donn&#233; par les sens et prend la forme d'une connaissance sensorielle ou d'une certitude sensorielle ( sinnliche Gewissheit ). La caract&#233;ristique de ce type d'exp&#233;rience est le fait que son sujet aussi bien que son objet apparaissent comme un &#171; ceci individuel &#187;, ici et maintenant. Je vois cette maison, ici &#224; cet endroit particulier et &#224; ce moment particulier. La maison est consid&#233;r&#233;e comme &#171; r&#233;elle &#187; et semble exister en soi. Le &#171; je &#187; qui le voit semble inessentiel, &#171; peut aussi bien &#234;tre que ne pas &#234;tre &#187; et &#171; ne conna&#238;t l'objet que parce que l'objet existe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous analysons un peu, nous voyons que ce qui est connu dans cette exp&#233;rience, ce que la certitude sensible tient pour invariant propre au milieu du flux des impressions, ce n'est pas l'objet, la maison, mais l'Ici et le Maintenant. Si je tourne la t&#234;te, la maison dispara&#238;t et un autre objet appara&#238;t, qui, avec un autre tour de t&#234;te, dispara&#238;tra &#233;galement. Pour retenir et d&#233;finir le contenu r&#233;el de la certitude sensorielle, je dois me r&#233;f&#233;rer &#224; l'ici et maintenant comme aux seuls &#233;l&#233;ments qui restent permanents dans le changement continu des donn&#233;es objectives. Qu'est-ce que l'Ici et Maintenant ? Iciest une maison, mais ce n'est pas non plus une maison mais un arbre, une rue, un homme, etc. C'est maintenant le jour, mais un peu plus tard c'est maintenant la nuit, puis le matin, et ainsi de suite. Le Maintenant reste identique &#224; travers les diff&#233;rences du jour, de la nuit ou du matin. De plus, c'est maintenant simplement parce que ce n'est ni le jour, ni la nuit, ni aucun autre moment du temps. Il se conserve par la n&#233;gation de tous les autres moments du temps. En d'autres termes, le Maintenant existe en tant que quelque chose de n&#233;gatif ; son &#234;tre est un non-&#234;tre. Il en va de m&#234;me pour Ici. Ici, ce n'est ni la maison, ni l'arbre, ni la rue, mais ce qui &#171; est et reste dans la disparition de la maison, arbre, etc., et est indiff&#233;remment maison, arbre &#187;. C'est-&#224;-dire que le Maintenant et l'Ici sont quelque chose d'Universel. Hegel dit une entit&#233; &#171; qui est par et par n&#233;gation, qui n'est ni ceci ni cela, qui est unpas-ceci, et avec une &#233;gale indiff&#233;rence ceci aussi bien que cela &#8211; une chose de ce genre que nous appelons un Universel. L'analyse de la certitude sensible d&#233;montre ainsi la r&#233;alit&#233; de l'universel et d&#233;veloppe en m&#234;me temps la notion philosophique d'universalit&#233;. La r&#233;alit&#233; de l'universel est prouv&#233;e par le contenu m&#234;me des faits observables ; elle existe dans leur processus et ne peut &#234;tre saisie que dans et &#224; travers les particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier r&#233;sultat que nous obtenons de l'analyse philosophique de la certitude sensible : ce n'est pas l'objet particulier, individuel, mais l'universel qui est &#171; la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible, le vrai contenu de l'exp&#233;rience sensible &#187;. Le r&#233;sultat implique quelque chose de plus &#233;tonnant. L'exp&#233;rience sensible tient pour &#233;vident que l'objet est l'essentiel, &#171; le r&#233;el &#187;, tandis que le sujet est inessentiel et sa connaissance d&#233;pend de l'objet. La v&#233;ritable relation s'av&#232;re maintenant &#234;tre &#171; juste l'inverse de ce qui est apparu pour la premi&#232;re fois &#187;. L'universel s'est av&#233;r&#233; &#234;tre le v&#233;ritable contenu de l'exp&#233;rience. Et le lieu de l'universel est le sujet et non l'objet ; l'universel existe &#171; dans la connaissance, qui &#233;tait autrefois le facteur non essentiel &#187;. L'objet n'est pas en soi ; c'est &#171; parce que je le sais &#187;. La certitude de l'exp&#233;rience sensible est ainsi fond&#233;e sur le sujet ; il est, comme le dit Hegel, banni de l'objet et refoul&#233; dans le &#171; je &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse plus pouss&#233;e de l'exp&#233;rience sensorielle r&#233;v&#232;le que le &#171; je &#187; passe par le m&#234;me processus dialectique que l'objet, se r&#233;v&#233;lant &#234;tre quelque chose d'universel. Au d&#233;but, l'individu je, mon ego, semble le seul point stable dans le flux des donn&#233;es sensorielles. &#171; La disparition du Maintenant et Ici particulier dont nous parlons est emp&#234;ch&#233;e par le fait que je les garde. J'affirme qu'il fait jour et que je vois une maison. J'enregistre cette v&#233;rit&#233;, et quelqu'un d'autre qui la lira plus tard pourra affirmer qu'il fait nuit et qu'il voit un arbre. &#034;Les deux v&#233;rit&#233;s ont la m&#234;me authenticit&#233;&#034; et toutes deux deviennent fausses avec un changement de temps et de lieu. La v&#233;rit&#233; ne peut donc pas s'attacher &#224; un je particulier. Si je dis que je vois une maison ici et maintenant, j'implique que chacun pourrait prendre ma place comme sujet de cette perception. J'assume 'le je quauniversel, dont la vue n'est ni la vue de cet arbre ni celle de cette maison, mais juste la vue. de m&#234;me que l'Ici et le Maintenant sont universels par rapport &#224; leur contenu individuel, de m&#234;me le Moi est universel par rapport &#224; tous les Moi individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'un moi universel est une abomination pour le sens commun, bien que le langage courant en fasse un usage constant. Quand je dis &#171; je &#187;, vois, entends, etc., je mets tout le monde &#224; ma place, je substitue tout autre je &#224; mon je individuel. &#171; Quand je dis &#171; je &#187;, &#171; cet individu &#187;, je dis assez g&#233;n&#233;ralement &#171; tout ce que je &#187;, tout le monde est ce que je dis, tout le monde est &#171; je &#187;, cet individu je'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sensible d&#233;couvre ainsi que la v&#233;rit&#233; ne r&#233;side ni dans son objet particulier ni dans le je individuel. La v&#233;rit&#233; est le r&#233;sultat d'un double processus de n&#233;gation, &#224; savoir (1) la n&#233;gation de l'existence &#171; en soi &#187; de l'objet, et 2) la n&#233;gation du moi individuel avec le d&#233;placement de la v&#233;rit&#233; vers le moi universel. L'objectivit&#233; est ainsi deux fois &#171; m&#233;diatis&#233;e &#187; ou construite par la conscience et reste d&#233;sormais li&#233;e &#224; la conscience. Le d&#233;veloppement du monde objectif est enti&#232;rement imbriqu&#233; dans le d&#233;veloppement de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens commun s'indigne d'une telle destruction de sa v&#233;rit&#233; et pr&#233;tend qu'il peut indiquer le particulier ici et maintenant qu'il signifie. Hegel accepte le d&#233;fi. &#171; Voyons donc comment se constitue cet Ici et Maintenant imm&#233;diat qui nous est montr&#233;. Quand je d&#233;signe un pr&#233;sent particulier, &#171; il a d&#233;j&#224; cess&#233; d'&#234;tre au moment o&#249; il est signal&#233; &#187;. Le Maintenant qui est, est autre que celui indiqu&#233;, et nous voyons que le Maintenant n'est que cela &#8211; &#234;tre quand il n'est plus.' Pointer vers le Maintenant est donc un processus impliquant les &#233;tapes suivantes : (1) Je pointe vers le Maintenant et j'affirme qu'il est ainsi et ainsi. &#034;Je le signale, cependant, comme quelque chose qui a &#233;t&#233;.&#034; Ce faisant, j'annule la premi&#232;re v&#233;rit&#233; et j'affirme (2) que le Maintenant a &#233;t&#233;, et que telle est la v&#233;rit&#233;. Mais ce qui a &#233;t&#233;, n'est pas.Ainsi, (3) j'annule la seconde v&#233;rit&#233;, nie la n&#233;gation du Maintenant et l'affirme &#224; nouveau comme vraie. Ce Maintenant, cependant, qui r&#233;sulte de tout le processus, n'est pas le Maintenant que le sens commun a d'abord signifi&#233;. Il est indiff&#233;rent au pr&#233;sent ou au pass&#233;. C'est le Maintenant qui est pass&#233;, celui qui est pr&#233;sent, et ainsi de suite, et qui est dans tout ce seul et m&#234;me Maintenant. En d'autres termes, c'est quelque chose d'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sensible a ainsi elle-m&#234;me d&#233;montr&#233; que son contenu r&#233;el n'est pas le particulier mais l'universel. &#171; Le processus dialectique impliqu&#233; dans la certitude sensible n'est rien d'autre que la simple histoire de son processus &#8211; de son exp&#233;rience ; et la certitude sensible elle-m&#234;me n'est rien d'autre que simplement cette histoire. L'exp&#233;rience elle-m&#234;me passe &#224; un mode sup&#233;rieur de connaissance, qui vise l'universel. La certitude sensorielle se transforme en perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perception ( Wahrnehmung ) se distingue de la certitude sensible par le fait que son &#171; principe &#187; est l'universalit&#233;. Les objets de la perception sont les choses ( Dinge ), et les choses restent identiques dans les changements d'Ici et Maintenant. Par exemple, j'appelle cette chose que je per&#231;ois ici et maintenant &#171; sel &#187;. Je ne me r&#233;f&#232;re pas aux ici et maintenant particuliers dans lesquels il m'est pr&#233;sent mais &#224; une unit&#233; sp&#233;cifique dans la diversit&#233; de ses &#171; propri&#233;t&#233;s &#187; ( Eigenschaften). Je me r&#233;f&#232;re au &#171; thinghood &#187; de la chose. Le sel est blanc, de forme cubique, etc. Ces propri&#233;t&#233;s en elles-m&#234;mes sont universelles, communes &#224; beaucoup de choses. La chose elle-m&#234;me semble n'&#234;tre rien d'autre que le &#171; simple ensemble &#187; de telles propri&#233;t&#233;s, leur &#171; m&#233;dium &#187; g&#233;n&#233;ral. Mais c'est plus qu'une simple complicit&#233;. Ses propri&#233;t&#233;s ne sont pas arbitraires et &#233;changeables, mais plut&#244;t &#034;excluent et nient&#034; d'autres propri&#233;t&#233;s. Si le sel est blanc et piquant, il ne peut pas &#234;tre noir et sucr&#233;. L'exclusion n'est pas une question de d&#233;finition arbitraire ; au contraire, la d&#233;finition d&#233;pend des donn&#233;es offertes par la chose elle-m&#234;me. C'est le sel qui exclut et nie certaines propri&#233;t&#233;s qui contredisent son &#171; &#234;tre du sel &#187;. La chose n'est donc pas une &#171; unit&#233; indiff&#233;rente &#224; ce qu'elle est, mais... une unit&#233; excluante, r&#233;pulsive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, l'objet semble &#234;tre un objet d&#233;fini, que la perception n'a qu'&#224; accepter et &#224; &#171; prendre &#224; elle &#187; passivement. La perception, comme l'exp&#233;rience sensorielle, recueille d'abord la v&#233;rit&#233; de l'objet. Mais, comme l'exp&#233;rience sensible aussi, elle d&#233;couvre que le sujet lui-m&#234;me constitue l'objectivit&#233; de la chose. Car lorsque la perception tente de d&#233;terminer ce qu'est r&#233;ellement la chose, elle plonge dans une s&#233;rie de contradictions. La chose est une unit&#233; et en m&#234;me temps une multiplicit&#233;. La contradiction ne peut &#234;tre &#233;vit&#233;e en attribuant les deux aspects &#224; chacun des deux facteurs de perception, de sorte que l'unit&#233; est attach&#233;e &#224; la conscience du sujet et la multiplicit&#233; &#224; l'objet. Hegel montre que cela ne ferait que conduire &#224; de nouvelles contradictions. Cela ne sert pas non plus &#224; supposer que la chose est vraimentune unit&#233; et que la multiplicit&#233; est produite par sa relation &#224; d'autres choses. Toutes ces tentatives pour &#233;chapper &#224; la contradiction ne servent qu'&#224; d&#233;montrer qu'elle est in&#233;luctable et constitue le contenu m&#234;me de la perception. La chose est en soi unit&#233; et diff&#233;rence, unit&#233; dans la diff&#233;rence. L'analyse plus approfondie de cette relation par Hegel conduit &#224; une nouvelle d&#233;termination de l'universalit&#233;. L'universel r&#233;el contient la diversit&#233; et en m&#234;me temps se maintient comme unit&#233; &#171; excluante et r&#233;pulsive &#187; dans toutes les conditions particuli&#232;res. De cette fa&#231;on, l'analyse de la perception d&#233;passe le point atteint dans l'analyse de l'exp&#233;rience sensible. L'universel d&#233;sign&#233; d&#233;sormais comme le v&#233;ritable contenu de la connaissance rev&#234;t un caract&#232;re diff&#233;rent. L'unit&#233; de la chose n'est pas seulement d&#233;termin&#233;e mais constitu&#233;e par sa relation &#224; d'autres choses, et sa chos&#233;it&#233; consiste dans cette relation m&#234;me. Le sel, par exemple, n'est ce qu'il est que par rapport &#224; notre go&#251;t, aux aliments auxquels on l'ajoute, au sucre, etc. La chose sel, bien s&#251;r, est plus que la simple &#171; unit&#233; &#187; de telles relations ; c'est une unit&#233; en soi et pour soi, mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou hors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) aux aliments auxquels il est ajout&#233;, au sucre, etc. La chose sel, bien s&#251;r, est plus que la simple &#171; unit&#233; &#187; de telles relations ; c'est une unit&#233; en soi et pour soi, mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou hors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) aux aliments auxquels il est ajout&#233;, au sucre, etc. La chose sel, bien s&#251;r, est plus que la simple &#171; unit&#233; &#187; de telles relations ; c'est une unit&#233; en soi et pour soi, mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou hors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou en dehors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou en dehors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel)compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de la perception a produit &#171; l'unit&#233; dans la diff&#233;rence &#187; ou &#171; l'universel inconditionn&#233; &#187; comme forme v&#233;ritable de l'objet de connaissance, inconditionn&#233; parce que l'unit&#233; de la chose s'affirme malgr&#233; et &#224; travers toutes les conditions de d&#233;limitation. Lorsque la perception a tent&#233; de saisir le contenu r&#233;el de son objet, la &#171; chose &#187; s'est av&#233;r&#233;e &#234;tre une unit&#233; auto-constituante dans une diversit&#233; de relations avec d'autres choses. Hegel introduit maintenant le concept de force pour expliquer comment la chose est maintenue comme une unit&#233; autod&#233;termin&#233;e dans ce processus. La substance de la chose, dit-il, ne peut &#234;tre comprise que comme force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de force englobe tous les &#233;l&#233;ments que l'analyse philosophique a trouv&#233;s jusqu'ici caract&#233;ristiques de l'objet r&#233;el de la connaissance. La force est elle-m&#234;me une relation dont les &#233;l&#233;ments sont distincts et pourtant non s&#233;par&#233;s les uns des autres ; elle est dans toutes les conditions non contingente mais n&#233;cessairement d&#233;termin&#233;e par elle-m&#234;me. [Voir le Jenenser Logik , p. 50. La Force &#171; combine en soi les deux faces de la relation, l'identit&#233; et la diff&#233;rence... Con&#231;ue comme Force, la substance est Cause en soi... La Force est la d&#233;terminit&#233; m&#234;me qui fait de la substance cette substance d&#233;termin&#233;e et &#224; la en m&#234;me temps le pose comme se rapportant &#224; son contraire. &#187;] Nous ne suivrons pas les d&#233;tails de la discussion h&#233;g&#233;lienne de ce concept, mais nous nous limiterons &#224; ses conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons que la substance des choses est la force, nous divisons en fait la r&#233;alit&#233; en deux dimensions. Nous transcendons les propri&#233;t&#233;s perceptibles des choses et atteignons quelque chose au-del&#224; et derri&#232;re elles, que nous d&#233;finissons comme &#171; le r&#233;el &#187;. Car la force n'est pas une entit&#233; dans le monde de la perception ; ce n'est pas une chose ou une qualit&#233; que nous pouvons d&#233;signer, comme le blanc ou le cubique. Nous ne pouvons en percevoir que l'effet ou l'expression, et pour nous son existence consiste dans cette expression d'elle-m&#234;me. La force n'est rien en dehors de son effet ; son &#234;tre consiste tout entier dans ce devenir et cette disparition. Si la substance des choses est la force, leur mode d'existence s'av&#232;re &#234;tre l'apparence. Car, un &#234;tre qui n'existe que comme &#171; &#233;vanoui &#187;, qui &#171; est en soi d'embl&#233;e non-&#234;tre, nous l'appelons... un semblant &#187; ( Schein).' Le terme d'apparence ou de semblance a pour Hegel un double sens. Cela signifie d'abord qu'une chose existe de telle mani&#232;re que son existence est diff&#233;rente de son essence ; d'autre part, cela signifie que ce qui appara&#238;t n'est pas une simple apparence ( blosser Schein ), mais est l'expression d'une essence qui n'existe que comme appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'apparence n'est pas un non-&#234;tre mais l'apparence de l'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte que la force est la substance des choses donne au processus de connaissance un aper&#231;u du domaine de l'essence. Le monde de l'exp&#233;rience sensorielle et de la perception est le domaine de l'apparence. Le domaine de l'essence est un monde &#171; suprasensible &#187; au-del&#224; de ce domaine changeant et &#233;vanescent de l'apparence. Hegel appelle cette premi&#232;re vision de l'essence &#171; la manifestation premi&#232;re et donc imparfaite de la Raison &#187; &#8211; imparfaite parce que la conscience trouve encore sa v&#233;rit&#233;, &#171; sous la forme d'un objet &#187;, c'est-&#224;-dire comme quelque chose d'oppos&#233; au sujet. Le domaine de l'essence appara&#238;t comme le monde &#171; int&#233;rieur &#187; des choses. Il reste &#171; pour la conscience un au-del&#224; nu et simple, parce que la conscience ne s'y trouve pas encore &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la v&#233;rit&#233; ne peut rester &#233;ternellement hors de port&#233;e du sujet si l'homme veut &#233;chapper &#224; une existence fausse dans un monde faux. L'analyse qui s'ensuit s'attache donc &#224; montrer que derri&#232;re l'apparence des choses, se trouve le sujet lui-m&#234;me, qui en constitue l'essence m&#234;me. L'insistance de Hegel pour que le sujet soit reconnu derri&#232;re l'apparence des choses est une expression du d&#233;sir fondamental de l'id&#233;alisme que l'homme transforme le monde &#233;tranger en un monde &#224; lui. La Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit va donc jusqu'au bout en fusionnant la sph&#232;re de l'&#233;pist&#233;mologie avec le monde de l'histoire, passant de la d&#233;couverte du sujet &#224; la t&#226;che de ma&#238;triser la r&#233;alit&#233; par la pratique consciente de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de force conduit au passage de la conscience &#224; la conscience de soi. Si l'essence des choses est con&#231;ue comme force, la stabilit&#233; du monde objectif se dissout dans un jeu de mouvement. Le concept, cependant, signifie plus qu'un simple jeu. Une force exerce un pouvoir d&#233;fini sur ses effets et demeure elle-m&#234;me au milieu de ses diverses manifestations. En d'autres termes, elle agit selon une &#171; loi &#187; inh&#233;rente, de sorte que, comme le dit Hegel, la v&#233;rit&#233; de la force est &#171; la loi de la Force &#187; ( das Gesetz der Kraft). Le domaine de l'essence n'est pas, comme il le semblait d'abord, un jeu aveugle de forces, mais un domaine de lois permanentes d&#233;terminant la forme du monde sensible. Alors que la multiplicit&#233; de ces formes semble d'abord exiger une multitude correspondante de lois, une analyse plus approfondie r&#233;v&#232;le que la diversit&#233; n'est qu'un aspect d&#233;ficient de la v&#233;rit&#233; et de la connaissance, en entreprenant d'unifier les nombreuses lois en une seule loi globale. , r&#233;ussit dans cette premi&#232;re phase &#224; glaner la forme g&#233;n&#233;rale d'un tel. La connaissance trouve que les choses existent sous une loi si elles ont &#171; rassembl&#233; et conserv&#233; tous les moments de leur apparition &#187; dans leur essence profonde et sont capables de pr&#233;server leur identit&#233; essentielle dans leurs relations avec toutes choses. Cette identit&#233; de la &#171; substance &#187;, comme nous l'avons d&#233;j&#224; indiqu&#233;, doit &#234;tre compris comme le travail sp&#233;cifique d'un &#034;sujet&#034; qui est essentiellement un processus constant d'&#034;unification des contraires&#034;. L'analyse pr&#233;c&#233;dente a r&#233;v&#233;l&#233; que l'essence des choses est la force, et l'essence de la force, la loi. La force sous la loi est ce qui caract&#233;rise le sujet conscient de soi. L'essence du monde objectif indique ainsi l'existence du sujet conscient de soi. La compr&#233;hension ne trouve rien d'autre queelle-m&#234;me quand elle cherche l'essence derri&#232;re l'apparence des choses. Il est manifeste que derri&#232;re le soi-disant rideau, qui doit cacher le monde int&#233;rieur, il n'y a rien &#224; voir &#224; moins que nous n'y allions nous-m&#234;mes, autant pour que nous puissions ainsi voir, que pour qu'il y ait quelque chose derri&#232;re l&#224;. qui peut &#234;tre vu.' La v&#233;rit&#233; de la compr&#233;hension est la conscience de soi. Le premier chapitre de la Ph&#233;nom&#233;nologie s'ach&#232;ve et l'histoire de la conscience de soi commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de suivre cette histoire, nous devons &#233;valuer la signification g&#233;n&#233;rale du premier chapitre. Le lecteur apprend que derri&#232;re le rideau de l'apparence n'est pas une chose en soi inconnue, mais le sujet connaissant. La conscience de soi est l'essence des choses. Nous disons habituellement que c'est le pas de Kant &#224; Hegel, c'est-&#224;-dire de l'id&#233;alisme critique &#224; l'id&#233;alisme absolu. Mais ne dire que cela, c'est omettre le but qui a pouss&#233; Hegel &#224; effectuer cette transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois premi&#232;res sections de la Ph&#233;nom&#233;nologiesont la critique du positivisme [le positivisme est utilis&#233; comme terme g&#233;n&#233;ral pour d&#233;signer la philosophie de l'exp&#233;rience du &#171; sens commun &#187;] et, plus encore, de la r&#233;ification. Pour commencer par ce dernier, Hegel tente de montrer que mar ne peut conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; que s'il perce son &#171; monde r&#233;ifi&#233; &#187;. Nous empruntons le terme de &#171; r&#233;ification &#187; &#224; la th&#233;orie marxiste, o&#249; il d&#233;signe le fait que toutes les relations entre les hommes dans le monde du capitalisme apparaissent comme des relations entre les choses, ou, que ce qui dans le monde social semble &#234;tre les relations des choses et &#171; les lois naturelles qui r&#232;glent leur mouvement sont en r&#233;alit&#233; des rapports d'hommes et de forces historiques. La marchandise, par exemple, incarne dans toutes ses qualit&#233;s les rapports sociaux de travail ; le capital est le pouvoir de disposer sur les hommes ; et ainsi de suite. En vertu de l'inversion, le monde est devenu un monde ali&#233;n&#233; ali&#233;n&#233;, o&#249; l'homme ne se reconna&#238;t ni ne s'accomplit, mais est ma&#238;tris&#233; par des choses et des lois mortes. Hegel a rencontr&#233; le m&#234;me fait dans la dimension de la philosophie. Le bon sens et la pens&#233;e scientifique traditionnelle consid&#232;rent le monde comme une totalit&#233; de choses, plus ou moins existantesen soi, et chercher la v&#233;rit&#233; dans des objets que l'on consid&#232;re comme ind&#233;pendants du sujet connaissant. C'est plus qu'une attitude &#233;pist&#233;mologique ; elle est aussi omnipr&#233;sente que la pratique des hommes et les conduit &#224; accepter le sentiment qu'ils ne sont en s&#233;curit&#233; que dans la connaissance et le maniement des faits objectifs. Plus une id&#233;e est &#233;loign&#233;e des impulsions, des int&#233;r&#234;ts et des besoins du sujet vivant, plus elle devient vraie. Et cela, selon Hegel, est la plus grande diffamation de la v&#233;rit&#233;. Car il n'y a, en derni&#232;re analyse, aucune v&#233;rit&#233; qui ne concerne essentiellementle sujet vivant et ce n'est pas la v&#233;rit&#233; du sujet. Le monde est un monde &#233;tranger et faux tant que l'homme ne d&#233;truit pas son objectivit&#233; morte et ne se reconna&#238;t pas lui-m&#234;me et sa propre vie &#171; derri&#232;re &#187; la forme fixe des choses et des lois. Quand il gagne enfin cette conscience de soi, il est en route non seulement vers la v&#233;rit&#233; de lui-m&#234;me mais aussi de son monde. Et avec la reconnaissance va le faire. Il essaiera de mettre cette v&#233;rit&#233; en action et de faire du monde ce qu'il est essentiellement, &#224; savoir l'accomplissement de la conscience de soi de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'impulsion qui anime les premi&#232;res sections de la Ph&#233;nom&#233;nologie.La vraie pratique suppose la vraie connaissance et celle-ci est surtout menac&#233;e par la pr&#233;tention positiviste. Le positivisme, la philosophie du sens commun, fait appel &#224; la certitude des faits, mais, comme le montre Hegel, dans un monde o&#249; les faits ne pr&#233;sentent nullement ce que peut et doit &#234;tre la r&#233;alit&#233;, le positivisme revient &#224; renoncer aux potentialit&#233;s r&#233;elles de l'homme pour un monde faux et &#233;tranger. L'attaque positiviste contre les concepts universels, au motif qu'ils ne peuvent &#234;tre r&#233;duits &#224; des faits observables, annule du domaine de la connaissance tout ce qui n'est peut-&#234;tre pas encore un fait. En d&#233;montrant que l'exp&#233;rience sensorielle et la perception, auxquelles le positivisme fait appel, impliquent et ne signifient pas en elles-m&#234;mes le fait observ&#233; particulier mais quelque chose d'universel, Hegel donne une r&#233;futation immanente finale du positivisme. Lorsqu'il insiste &#224; maintes reprises sur le fait que l'universel pr&#233;domine sur le particulier, il lutte contre la limitation de la v&#233;rit&#233; au &#171; donn&#233; &#187; particulier. L'universel est plus que le particulier. Cela signifie concr&#232;tement que les potentialit&#233;s des hommes et des choses ne s'&#233;puisent pas dans les formes et les relations donn&#233;es dans lesquelles elles peuvent effectivement appara&#238;tre ; cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. &#171; L'universel est plus que le particulier. Cela signifie concr&#232;tement que les potentialit&#233;s des hommes et des choses ne s'&#233;puisent pas dans les formes et les relations donn&#233;es dans lesquelles elles peuvent effectivement appara&#238;tre ; cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. &#171; L'universel est plus que le particulier. Cela signifie concr&#232;tement que les potentialit&#233;s des hommes et des choses ne s'&#233;puisent pas dans les formes et les relations donn&#233;es dans lesquelles elles peuvent effectivement appara&#238;tre ; cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le traitement de la conscience de soi, Hegel reprend l'analyse commenc&#233;e dans le System der Sittlichkeit et la Philosophie de l'esprit de Jenenser , de la relation entre l'individu et son monde. L'homme a appris que sa propre conscience de soi se cache derri&#232;re l'apparence des choses. Il se propose maintenant de r&#233;aliser cette exp&#233;rience, de se prouver ma&#238;tre de son monde. La conscience de soi se trouve ainsi dans un &#171; &#233;tat de d&#233;sir &#187; ( Begierde) ; l'homme, &#233;veill&#233; &#224; la conscience de soi, d&#233;sire les objets qui l'entourent, se les approprie et les utilise. Mais dans le processus, il en vient &#224; sentir que les objets ne sont pas la v&#233;ritable fin de son d&#233;sir, mais que ses besoins ne peuvent &#234;tre satisfaits que par l'association avec d'autres individus. Hegel dit : &#171; la conscience de soi n'atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi &#187;. La signification de cette d&#233;claration plut&#244;t &#233;trange est expliqu&#233;e dans la discussion sur la seigneurie et la servitude qui la suit. Le concept de travail joue un r&#244;le central dans cette discussion dans laquelle Hegel montre que les objets du travail ne sont pas des choses mortes, mais des incarnations vivantes de l'essence du sujet, de sorte qu'en traitant de ces objets, l'homme traite r&#233;ellement avec l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu ne peut devenir ce qu'il est que par un autre individu ; son existence m&#234;me consiste dans son &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;. La relation, cependant, n'est nullement celle d'une coop&#233;ration harmonieuse entre des individus &#233;galement libres qui favorisent l'int&#233;r&#234;t commun dans la poursuite de leur propre avantage. C'est plut&#244;t une &#171; lutte &#224; mort &#187; entre des individus essentiellement in&#233;gaux, l'un &#171; ma&#238;tre &#187; et l'autre &#171; serviteur &#187;. Combattre est la seule voie par laquelle l'homme peut parvenir &#224; la conscience de soi, c'est-&#224;-dire &#224; la connaissance de ses potentialit&#233;s et &#224; la libert&#233; de leur r&#233;alisation. La v&#233;rit&#233; de la conscience de soi n'est pas le &#171; je &#187;, mais le &#171; nous &#187;, &#171; l'ego qui est nous et le nous qui est l'ego &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1844, Marx a affin&#233; les concepts de base de sa propre th&#233;orie gr&#226;ce &#224; une analyse critique de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit de Hegel . Il a d&#233;crit &#171; l'ali&#233;nation &#187; du travail dans les termes de la discussion h&#233;g&#233;lienne du ma&#238;tre et du serviteur. Marx n'&#233;tait pas familier avec les &#233;tapes de la philosophie de Hegel avant la Ph&#233;nom&#233;nologie, mais il a n&#233;anmoins saisi l'impact critique de l'analyse de Hegel, m&#234;me sous la forme att&#233;nu&#233;e dans laquelle les probl&#232;mes sociaux ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; entrer dans la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit.La grandeur de cette &#339;uvre, il la voyait dans le fait que Hegel concevait l'&#171; autocr&#233;ation &#187; de l'homme (c'est-&#224;-dire la cr&#233;ation d'un ordre social raisonnable par l'action libre de l'homme) comme le processus de &#171; r&#233;ification &#187; et sa &#171; n&#233;gation &#187;, En bref, qu'il a saisi la &#034;nature du travail&#034; et qu'il a vu l'homme comme &#034;le r&#233;sultat de son travail&#034;. travail, qui sont, &#224; leur tour, des relations dans un monde &#171; r&#233;ifi&#233; &#187;. La relation de seigneur &#224; serviteur n'est donc ni &#233;ternelle ni naturelle, mais s'enracine dans un mode de travail d&#233;fini et dans la relation de l'homme aux produits de son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de Hegel commence en fait par &#171; l'exp&#233;rience &#187; que le monde dans lequel la conscience de soi doit faire ses preuves est scind&#233; en deux domaines oppos&#233;s, l'un dans lequel l'homme est li&#233; &#224; son travail pour qu'il d&#233;termine toute son existence, et l'autre dans lequel l'homme s'approprie et poss&#232;de le travail d'autrui et devient ma&#238;tre par le fait m&#234;me de cette appropriation et de cette possession. Hegel d&#233;signe ce dernier comme le seigneur et le premier comme le serf. Le serf n'est pas un &#234;tre humain qui arrive au travail, mais est essentiellement un ouvrier ; son travail est son &#234;tre. Il travaille sur des objets qui ne lui appartiennent pas mais &#224; un autre. Il ne peut d&#233;tacher son existence de ces objets ; ils constituent &#171; la cha&#238;ne dont il ne peut sortir &#187;. Il est enti&#232;rement &#224; la merci de celui qui poss&#232;de ces objets. Il faut noter que selon cette exposition, la d&#233;pendance de l'homme &#224; l'&#233;gard de l'homme n'est ni une condition personnelle ni fond&#233;e sur des conditions personnelles ou naturelles (c'est-&#224;-dire l'inf&#233;riorit&#233;, la faiblesse, etc.), mais est &#171; m&#233;diatis&#233;e &#187; par les choses. En d'autres termes, c'est le r&#233;sultat de la relation de l'homme aux produits de son travail. Le travail encha&#238;ne tellement le travailleur aux objets que sa conscience elle-m&#234;me n'existe que &#171; sous la forme et l'aspect de la chose &#187;. Il devient une chose dont l'existence m&#234;me consiste dans son utilisation. L'&#234;tre du travailleur est un &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;. Le travail encha&#238;ne tellement le travailleur aux objets que sa conscience elle-m&#234;me n'existe que &#171; sous la forme et l'aspect de la chose &#187;. Il devient une chose dont l'existence m&#234;me consiste dans son utilisation. L'&#234;tre du travailleur est un &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;. Le travail encha&#238;ne tellement le travailleur aux objets que sa conscience elle-m&#234;me n'existe que &#171; sous la forme et l'aspect de la chose &#187;. Il devient une chose dont l'existence m&#234;me consiste dans son utilisation. L'&#234;tre du travailleur est un &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le travail est en m&#234;me temps le v&#233;hicule qui transforme cette relation. L'action du travailleur ne dispara&#238;t pas lorsque les produits de son travail apparaissent, mais se conserve en eux. Les choses que le travail fa&#231;onne et fa&#231;onne remplissent le monde social de l'homme et y fonctionnent comme des objets de travail. L'ouvrier apprend que son travail perp&#233;tue ce monde ; il se voit et se reconna&#238;t dans les choses qui l'entourent. Sa conscience est d&#233;sormais &#171; ext&#233;rioris&#233;e &#187; dans son travail et est &#171; pass&#233;e &#224; l'&#233;tat de permanence &#187;. L'homme qui &#171; peine et sert &#187; en vient ainsi &#224; consid&#233;rer l'&#234;tre ind&#233;pendant comme lui-m&#234;me. &#8211; Les objets de son travail ne sont plus des choses mortes qui l'encha&#238;nent &#224; d'autres hommes, mais des produits de son travail, et, comme tels, partie int&#233;grante de son propre &#234;tre. Le fait que le produit de son travail soit objectiv&#233; n'en fait pas &#171; autre chose que la conscience qui fa&#231;onne la chose par le travail ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment cette forme qui est sa pure existence par elle-m&#234;me, qui s'y r&#233;alise v&#233;ritablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de travail cr&#233;e une conscience de soi non seulement chez l'ouvrier mais aussi chez le ma&#238;tre. La seigneurie se d&#233;finit principalement par le fait que le seigneur commande les objets qu'il d&#233;sire sans y travailler. Il satisfait son type de besoin en faisant travailler quelqu'un, pas lui-m&#234;me. Son plaisir d&#233;pend de sa propre libert&#233; de travail. L'ouvrier qu'il contr&#244;le lui livre les objets qu'il veut sous une forme avanc&#233;e, pr&#234;ts &#224; &#234;tre appr&#233;ci&#233;s. L'ouvrier pr&#233;serve ainsi le seigneur d'avoir &#224; rencontrer le &#171; c&#244;t&#233; n&#233;gatif &#187; des choses, celui dont elles deviennent des entraves &#224; l'homme. Le seigneur re&#231;oit toutes choses comme des produits du travail, non comme des objets morts, mais comme des choses qui portent la marque du sujet qui les a travaill&#233;es. Lorsqu'il manipule ces choses comme sa propri&#233;t&#233;, le seigneur manipule en r&#233;alit&#233; une autre conscience de soi, celle du travailleur, l'&#234;tre par qui il atteint sa satisfaction. Le seigneur d&#233;couvre ainsi qu'il n'est pas un &#171; &#234;tre-pour-soi &#187; ind&#233;pendant, mais qu'il est essentiellement d&#233;pendant d'un autre &#234;tre, de l'action de celui qui travaille pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a jusqu'ici d&#233;velopp&#233; le rapport de seigneurie et de servitude comme un rapport dont chacun reconna&#238;t qu'il a son essence dans l'autre et ne parvient &#224; sa v&#233;rit&#233; que par l'autre. L'opposition entre sujet et objet qui d&#233;terminait les formes d'esprit d&#233;crites jusqu'ici a maintenant disparu. L'objet, fa&#231;onn&#233; et cultiv&#233; par le travail humain, est en r&#233;alit&#233; l'objectivation d'un sujet conscient de soi. &#171; La chose, qui a re&#231;u sa forme et sa forme par le travail, n'est autre chose que la conscience. De cette fa&#231;on, nous avons un nouveau mode [ Gestalt] de la conscience de soi provoqu&#233;e. Nous avons maintenant une conscience qui... pense ou est une conscience de soi libre. Pourquoi cette identification assez soudaine de la conscience de soi libre avec la &#171; conscience qui pense &#187; ? Hegel poursuit avec une d&#233;finition de la pens&#233;e qui r&#233;pond &#224; cette question dans les termes fondamentaux de sa philosophie. Il dit que le sujet de la pens&#233;e n'est pas &#171; l'ego abstrait &#187;, mais la conscience qui sait qu'elle est la &#171; substance &#187; du monde. Ou bien, penser consiste &#224; savoir que le monde objectif est en r&#233;alit&#233; un monde subjectif, qu'il est l'objectivation du sujet. Le sujet qui pense r&#233;ellement comprend le monde comme &#171; son &#187; monde. Tout en lui n'a sa vraie forme qu'en tant que &#171; compris &#187; ( begriffenes) objet, &#224; savoir, en tant que partie int&#233;grante du d&#233;veloppement d'une libre conscience de soi. L'ensemble des objets qui composent le monde de l'homme doit &#234;tre lib&#233;r&#233; de son &#171; opposition &#187; &#224; la conscience et doit &#234;tre repris de mani&#232;re &#224; favoriser son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel d&#233;crit la pens&#233;e en termes d'un certain type d'existence. &#171; En pensant, je suis libre, parce que je ne suis pas dans un autre, mais reste simplement et uniquement en contact avec moi-m&#234;me ; et l'objet. . . est dans l'unit&#233; indivise mon &#234;tre-pour-moi ; et ma proc&#233;dure de compr&#233;hension est une proc&#233;dure &#224; l'int&#233;rieur de moi-m&#234;me. Cette explication de la libert&#233; montre que Hegel relie ce concept de base au principe d'une forme particuli&#232;re de soci&#233;t&#233;. Il se dit libre celui qui, dans son existence avec les autres, reste uniquement avec lui-m&#234;me, celui qui tient son existence, pour ainsi dire, comme sa propri&#233;t&#233; incontest&#233;e. La libert&#233; est autosuffisance et ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de tous les &#171; externes &#187;, un &#233;tat dans lequel toute ext&#233;riorit&#233; a &#233;t&#233; appropri&#233;e par le sujet. Les peurs et les angoisses de la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive semblent motiver cette id&#233;e de libert&#233;, la peur de l'individu de se perdre et son souci de pr&#233;server et de s&#233;curiser le sien. Elle conduit Hegel &#224; donner la place pr&#233;pond&#233;rante &#224; &#171; l'&#233;l&#233;ment pens&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si la libert&#233; ne consiste qu'en une compl&#232;te autosuffisance, si tout ce qui n'est pas enti&#232;rement mien ou moi-m&#234;me restreint ma libert&#233;, alors la libert&#233; ne peut se r&#233;aliser que dans la pens&#233;e. Il faut donc s'attendre &#224; ce que Hegel traite le sto&#239;cisme comme la premi&#232;re forme historique de libert&#233; consciente. Le mode d'existence sto&#239;cien semble avoir surmont&#233; toutes les restrictions qui s'appliquent dans la nature et la soci&#233;t&#233;. &#034;L'essence de cette conscience est d'&#234;tre libre, sur le tr&#244;ne comme dans les fers, &#224; travers toute la d&#233;pendance qui s'attache &#224; son existence individuelle...&#034; L'homme est donc libre parce qu'il &#034;se retire avec persistance du mouvement de l'existence, de l'activit&#233; aussi bien que l'endurance, dans le simple caract&#232;re essentiel de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel poursuit en disant, cependant, que ce n'est pas la vraie libert&#233;. Ce n'est que la contrepartie d'&#171; une &#233;poque de peur et d'esclavage universels &#187;. Il r&#233;pudie ainsi cette fausse forme de libert&#233; et corrige son propos cit&#233; plus haut. &#171; La libert&#233; de pens&#233;e ne prend pour v&#233;rit&#233; que la pens&#233;e pure, mais celle-ci manque du remplissage concret de la vie. Il s'agit donc simplement de la notion de libert&#233;, et non de la libert&#233; vivante elle-m&#234;me. Les sections sur le sto&#239;cisme dans lesquelles ces d&#233;clarations apparaissent montrent le jeu d'&#233;l&#233;ments contradictoires dans sa philosophie. Il a d&#233;montr&#233; que la libert&#233; r&#233;side dans l'&#233;l&#233;ment de la pens&#233;e ; il insiste maintenant sur une avanc&#233;e de la libert&#233; de pens&#233;e &#224; la &#171; libert&#233; de vivre &#187;. Il d&#233;clare que la libert&#233; et l'ind&#233;pendance de la conscience de soi n'est donc qu'une &#233;tape transitoire dans le d&#233;veloppement de l'esprit vers la vraie libert&#233;. Cette derni&#232;re dimension est atteinte lorsque l'homme abandonne la libert&#233; abstraite de pens&#233;e et entre dans le monde en pleine conscience qu'il s'agit de &#171; son &#187; monde. L' &#171; attitude jusque-l&#224; n&#233;gative &#187; de la conscience de soi envers la r&#233;alit&#233; &#171; se transforme en une attitude positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de sa propre ind&#233;pendance et de sa libert&#233; ; elle a cherch&#233; &#224; se garder &#171; pour elle-m&#234;me &#187; aux d&#233;pens du monde ou de sa propre actualit&#233;... &#171; Maintenant, elle d&#233;couvre le monde comme son propre monde nouveau et r&#233;el, qui dans sa permanence poss&#232;de un int&#233;r&#234;t pour lui &#187;. Le sujet con&#231;oit le monde comme sa propre &#171; pr&#233;sence &#187; et v&#233;rit&#233; ; il est certain de n'y trouver que lui-m&#234;me. L' &#171; attitude jusque-l&#224; n&#233;gative &#187; de la conscience de soi envers la r&#233;alit&#233; &#171; se transforme en une attitude positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de sa propre ind&#233;pendance et de sa libert&#233; ; elle a cherch&#233; &#224; se garder &#171; pour elle-m&#234;me &#187; aux d&#233;pens du monde ou de sa propre actualit&#233;... &#171; Maintenant, elle d&#233;couvre le monde comme son propre monde nouveau et r&#233;el, qui dans sa permanence poss&#232;de un int&#233;r&#234;t pour lui &#187;. Le sujet con&#231;oit le monde comme sa propre &#171; pr&#233;sence &#187; et v&#233;rit&#233; ; il est certain de n'y trouver que lui-m&#234;me. L' &#171; attitude jusque-l&#224; n&#233;gative &#187; de la conscience de soi envers la r&#233;alit&#233; &#171; se transforme en une attitude positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de sa propre ind&#233;pendance et de sa libert&#233; ; elle a cherch&#233; &#224; se garder &#171; pour elle-m&#234;me &#187; aux d&#233;pens du monde ou de sa propre actualit&#233;... &#171; Maintenant, elle d&#233;couvre le monde comme son propre monde nouveau et r&#233;el, qui dans sa permanence poss&#232;de un int&#233;r&#234;t pour lui &#187;. Le sujet con&#231;oit le monde comme sa propre &#171; pr&#233;sence &#187; et v&#233;rit&#233; ; il est certain de n'y trouver que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus est le processus de l'histoire elle-m&#234;me. Le sujet conscient de lui-m&#234;me atteint sa libert&#233; non pas sous la forme du &#171; je &#187;, mais du &#171; nous &#187;, le &#171; nous &#187; associ&#233; qui est apparu pour la premi&#232;re fois comme le r&#233;sultat de la lutte entre le seigneur et le serf. La r&#233;alit&#233; historique de ce Nous &#171; trouve son accomplissement effectif dans la vie d'une nation &#187;. Nous avons indiqu&#233; que le cours ult&#233;rieur de l'esprit dans les premi&#232;res pages de ce chapitre. Au bout du chemin, la pens&#233;e pure semble &#224; nouveau engloutir la libert&#233; vivante : le domaine du &#171; savoir absolu &#187; tr&#244;ne au-dessus de la lutte historique qui s'est termin&#233;e avec la liquidation de la R&#233;volution fran&#231;aise. La certitude de soi de la philosophie qui comprend le monde triomphe de la pratique qui le change. Nous verrons si cette solution &#233;tait le dernier mot de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondements du savoir absolu que la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit pr&#233;sente comme la v&#233;rit&#233; du monde sont donn&#233;s dans la Science de la logique de Hegel, &#224; laquelle nous nous tournons maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;br class='autobr' /&gt;
La science de la logique&lt;br class='autobr' /&gt;
(1812-16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence frappante entre la logique de Hegel et la logique traditionnelle a souvent &#233;t&#233; soulign&#233;e dans l'affirmation selon laquelle Hegel a remplac&#233; la logique formelle par une logique mat&#233;rielle, r&#233;pudiant la s&#233;paration habituelle des cat&#233;gories et des formes de pens&#233;e de leur contenu. La logique traditionnelle consid&#233;rait ces cat&#233;gories et ces formes comme valides si elles &#233;taient correctement form&#233;es et si leur utilisation &#233;tait conforme aux lois ultimes de la pens&#233;e et aux r&#232;gles du syllogisme &#8211; quel que soit le contenu auquel elles s'appliquaient. Contrairement &#224; cette proc&#233;dure, Hegel soutenait que le contenu d&#233;termine la forme des cat&#233;gories ainsi que leur validit&#233;. &#171; Mais c'est la nature du contenu, et elle seule, qui vit et progresse dans la connaissance philosophique, et en m&#234;me temps c'est le reflet int&#233;rieur du contenu qui pose et fait na&#238;tre ses d&#233;terminations. Les cat&#233;gories et les modes de pens&#233;e d&#233;rivent du processus de r&#233;alit&#233; auquel ils appartiennent. Leur forme est d&#233;termin&#233;e par la structure de ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cet &#233;gard que l'on pr&#233;tend souvent que la logique de Hegel &#233;tait nouvelle. La nouveaut&#233; est cens&#233;e consister dans son utilisation des cat&#233;gories pour exprimer la dynamique de la r&#233;alit&#233;. En fait, cependant, cette conception dynamique n'&#233;tait pas une innovation h&#233;g&#233;lienne ; cela se produit dans la philosophie d'Aristote o&#249; toutes les formes d'&#234;tre sont interpr&#233;t&#233;es comme des formes et des types de mouvement. Aristote a tent&#233; une formulation philosophique exacte en termes dynamiques. Hegel a simplement r&#233;interpr&#233;t&#233; les cat&#233;gories de base de la M&#233;taphysique d'Aristote et n'en a pas invent&#233; de nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter en outre qu'une philosophie dynamique s'est &#233;nonc&#233;e dans la philosophie allemande avant Hegel. Kant dissout les formes statiques de la r&#233;alit&#233; donn&#233;e en un complexe de synth&#232;ses de &#171; conscience transcendantale &#187;, tandis que Fichte s'efforce de r&#233;duire &#171; le donn&#233; &#187; &#224; un acte spontan&#233; du moi. Hegel n'a pas d&#233;couvert la dynamique de la r&#233;alit&#233;, ni n'a &#233;t&#233; le premier &#224; adapter les cat&#233;gories philosophiques &#224; ce processus. Ce qu'il a d&#233;couvert et utilis&#233; &#233;tait une forme d&#233;finie de dynamique, et la nouveaut&#233; de sa logique et sa signification ultime reposent sur ce fait. La m&#233;thode philosophique qu'il a &#233;labor&#233;e &#233;tait destin&#233;e &#224; refl&#233;ter le processus r&#233;el de la r&#233;alit&#233; et &#224; l'interpr&#233;ter sous une forme ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la Science de la logique , nous atteignons le niveau final de l'effort philosophique de Hegel. D&#233;sormais, la structure de base de son syst&#232;me et ses concepts fondamentaux restent inchang&#233;s. Il conviendrait donc peut-&#234;tre de rappeler bri&#232;vement cette structure et ces concepts dans le sens de l'exposition qu'en fait Hegel dans les pr&#233;faces et l'introduction &#224; la Science de la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas suffisamment signal&#233; le fait que Hegel lui-m&#234;me pr&#233;sente sa logique comme avant tout un instrument critique. Elle est, tout d'abord, critique &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;e que &#171; la mati&#232;re de la connaissance existe en soi et pour elle-m&#234;me sous la forme d'un monde fini en dehors de la Pens&#233;e &#187;, qu'elle existe comme &#171; quelque chose en soi fini et complet, quelque chose qui, comme quant &#224; sa r&#233;alit&#233;, pourrait se passer enti&#232;rement de pens&#233;e. Les premiers &#233;crits de Hegel ont d&#233;j&#224; montr&#233; que son attaque contre la s&#233;paration traditionnelle de la pens&#233;e et de la r&#233;alit&#233; implique bien plus qu'une critique &#233;pist&#233;mologique. Un tel dualisme, pense-t-il, &#233;quivaut &#224; une conformit&#233; avec le monde tel qu'il est et &#224; un retrait de la pens&#233;e de sa haute t&#226;che d'harmoniser l'ordre existant de la r&#233;alit&#233; avec la v&#233;rit&#233;. La s&#233;paration de la pens&#233;e de l'&#234;tre implique que la pens&#233;e s'est retir&#233;e devant l'assaut du &#171; sens commun &#187;. Si donc la v&#233;rit&#233; doit &#234;tre atteinte, l'influence du sens commun doit &#234;tre balay&#233;e et avec elle les cat&#233;gories de la logique traditionnelle, qui sont, apr&#232;s tout, les cat&#233;gories philosophiques du sens commun qui stabilisent et perp&#233;tuent une fausse r&#233;alit&#233;. Et la t&#226;che de briser l'emprise du sens commun appartient &#224; la logique dialectique. Hegel r&#233;p&#232;te sans cesse que la dialectique a ce caract&#232;re &#171; n&#233;gatif &#187;. Le n&#233;gatif &#171; constitue la qualit&#233; de la Raison dialectique &#187;, et le premier pas &#171; vers le vrai concept de Raison &#187; est un &#171; pas n&#233;gatif &#187; ; le n&#233;gatif &#171; constitue la v&#233;ritable d&#233;marche dialectique &#187;. Dans tous ces usages, &#034;n&#233;gatif&#034; a une double r&#233;f&#233;rence : il indique, d'abord, la n&#233;gation des cat&#233;gories fixes et statiques du sens commun et, d'autre part, le caract&#232;re n&#233;gatif et donc faux du monde d&#233;sign&#233; par ces cat&#233;gories. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, la n&#233;gativit&#233; se manifeste dans le processus m&#234;me de la r&#233;alit&#233;, de sorte que rien de ce qui existe n'est vrai dans sa forme donn&#233;e. Chaque chose doit &#233;voluer dans de nouvelles conditions et formes si elle veut r&#233;aliser ses potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence des choses est donc fondamentalement n&#233;gative ; tous existent en dehors de leur v&#233;rit&#233; et &#224; d&#233;faut de celle-ci, et leur mouvement effectif, guid&#233; par leurs potentialit&#233;s latentes, est leur marche vers cette v&#233;rit&#233;. Le cours du progr&#232;s, cependant, n'est pas direct et in&#233;branlable. La n&#233;gation que toute chose contient d&#233;termine son &#234;tre m&#234;me. La partie mat&#233;rielle de la r&#233;alit&#233; d'une chose est faite de ce que cette chose n'est pas, de ce qu'elle exclut et repousse comme son contraire. &#034;La seule et unique chose pour assurer le progr&#232;s scientifique ... est la connaissance du pr&#233;cepte logique selon lequel la N&#233;gation est tout autant l'Affirmation que la N&#233;gation, ou que ce qui est contradictoire ne se r&#233;sout pas en nullit&#233;, en N&#233;ant abstrait, mais essentiellement seulement en la n&#233;gation de son contenu particulier...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction, ou sa forme concr&#232;te dont nous parlons, l'opposition, ne d&#233;place pas l'identit&#233; m&#234;me de la chose, mais produit cette identit&#233; sous la forme d'un processus o&#249; se d&#233;ploient les potentialit&#233;s des choses. La loi d'identit&#233; qui guide la logique traditionnelle implique ce qu'on appelle la loi de contradiction. A n'est &#233;gal &#224; A qu'en tant qu'il s'oppose &#224; non-A, ou, l'identit&#233; de A r&#233;sulte et contient la contradiction. A ne contredit pas un non-A ext&#233;rieur, soutient Hegel, mais un non-A qui appartient &#224; l'identit&#233; m&#234;me de A ; en d'autres termes, A est contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de la n&#233;gativit&#233; propre &#224; sa nature, chaque chose est li&#233;e &#224; son contraire. Pour &#234;tre ce qu'il est vraiment, il doit devenir ce qu'il n'est pas. Dire alors que tout se contredit, c'est dire que son essence contredit son &#233;tat d'existence donn&#233;. Sa nature propre, qui est en derni&#232;re analyse son essence, le pousse &#224; &#171; transgresser &#187; l'&#233;tat d'existence o&#249; il se trouve et &#224; passer &#224; un autre. Et non seulement cela, mais il doit m&#234;me transgresser les limites de sa propre particularit&#233; et se mettre en relation universelle avec d'autres choses. L'&#234;tre humain, pour prendre un exemple, ne trouve son identit&#233; propre que dans ces relations qui sont en fait la n&#233;gation de sa particularit&#233; isol&#233;e - dans son appartenance &#224; un groupe ou &#224; une classe sociale dont les institutions, l'organisation et les valeurs d&#233;terminent son individualit&#233; m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ainsi ramen&#233;s une fois de plus &#224; l'universel comme v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme logique de l'universel est la notion. Hegel dit que la v&#233;rit&#233; et l'essence des choses r&#233;sident dans leur notion. La d&#233;claration est aussi ancienne que la philosophie elle-m&#234;me et s'est m&#234;me infiltr&#233;e dans le langage populaire. Nous disons que nous connaissons et d&#233;tenons la v&#233;rit&#233; des choses dans nos id&#233;es &#224; leur sujet. La notion est l'id&#233;e qui exprime leur essence, distincte de la diversit&#233; de leur existence ph&#233;nom&#233;nale. Hegel tire la cons&#233;quence de ce point de vue. &#171; Quand nous entendons parler des choses, nous appelons la Nature ou leur essence leur Concept &#187;, mais en m&#234;me temps nous soutenons que le concept &#171; n'existe que pour la pens&#233;e &#187;. Car, pr&#233;tend-on, le concept est un universel, alors que tout ce qui existe est un particulier. Le concept n'est donc &#171; qu' &#187; un concept et sa v&#233;rit&#233; qu'une pens&#233;e. En opposition &#224; cette vision, Hegel montre que l'universel non seulementexiste , mais qu'il est encore plus effectivement une r&#233;alit&#233; que le particulier. Il existe une r&#233;alit&#233; universelle telle que l'homme ou l'animal, et cet universel fait en fait l'existence de chaque homme ou animal individuel. &#034;Chaque individu humain, bien qu'infiniment unique, ne l'est que parce qu'il appartient &#224; la classe des hommes, chaque animal que parce qu'ilil appartient &#224; la classe des animaux. L'&#234;tre-homme, ou l'&#234;tre-animal, est le Prius de leur individualit&#233;. Les processus biologiques et psychologiques de l'individu humain et animal ne sont pas, au sens strict, les siens mais ceux de son esp&#232;ce ou esp&#232;ce. Quand Hegel dit que tout individu humain est d'abord homme, il veut dire que ses plus hautes potentialit&#233;s et sa v&#233;ritable existence se centrent dans son &#234;tre-homme. En cons&#233;quence, les actions, les valeurs et les objectifs de chaque individu ou groupe particulier doivent &#234;tre mesur&#233;s par rapport &#224; ce que l'homme peut et doit &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance concr&#232;te de la conception devient &#233;vidente lorsqu'on l'oppose &#224; l'id&#233;ologie autoritaire moderne dans laquelle la r&#233;alit&#233; de l'universel est ni&#233;e pour mieux assujettir l'individu aux int&#233;r&#234;ts particuliers de certains groupes qui s'arrogent la fonction d'universel. Si l'individu n'&#233;tait rien d'autre que l'individu, il n'y aurait pas d'appel justifiable des forces mat&#233;rielles et sociales aveugles qui accablent sa vie, pas d'appel &#224; un ordre social sup&#233;rieur et plus raisonnable. S'il n'&#233;tait rien d'autre qu'un membre d'une classe, d'une race ou d'une nation particuli&#232;re, ses revendications ne pourraient pas aller au-del&#224; de son groupe particulier, et il devrait simplement accepter ses normes. Selon Hegel, cependant, il n'y a aucune particularit&#233; qui puisse l&#233;gif&#233;rer pour l'individu. L'universel lui-m&#234;me se r&#233;serve ce droit ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu de l'universel est conserv&#233; dans la notion. Si l'universel n'est pas seulement une abstraction mais une r&#233;alit&#233;, alors la notion d&#233;note cette r&#233;alit&#233;. La formation de la notion n'est pas non plus un acte arbitraire de la pens&#233;e, mais quelque chose qui suit le mouvement m&#234;me de la r&#233;alit&#233;. La formation de l'universel, en derni&#232;re analyse, est un processus historique et l'universel un facteur historique. Nous verrons, dans la Philosophie de l'histoire de Hegel, que le d&#233;veloppement historique du monde oriental au monde moderne est con&#231;u comme un d&#233;veloppement dans lequel l'homme se fait le sujet r&#233;el du processus historique. Par la n&#233;gation de toute forme d'existence historique qui devient une entrave &#224; ses potentialit&#233;s, l'homme obtient enfin pour lui-m&#234;me la conscience de soi de la libert&#233;. La notion dialectique de l'homme comprend et inclut ce processus mat&#233;riel. Cette notion ne peut donc se r&#233;sumer en une proposition unique ou en une s&#233;rie de propositions qui pr&#233;tendraient d&#233;finir l'essence de l'homme selon la loi traditionnelle de l'identit&#233;. La d&#233;finition exige tout un syst&#232;me de propositions qui refl&#232;tent le d&#233;veloppement r&#233;el de l'humanit&#233;. Dans les diff&#233;rentes parties du syst&#232;me, l'essence de l'homme appara&#238;tra sous des formes diff&#233;rentes et m&#234;me contradictoires. La v&#233;rit&#233; ne sera aucune de celles-ci, mais la totalit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soulign&#233; l'aspect n&#233;gatif de la dialectique. Son aspect positif consiste dans sa mise en forme de l'universel par la n&#233;gation du particulier, dans sa construction de la notion. La notion d'une chose est &#171; l'Universel immanent en elle &#187;, immanent parce que l'universel contient et maintient les potentialit&#233;s propres de la chose. La pens&#233;e dialectique est &#171; positive parce qu'elle est la source de l'Universel dans lequel le Particulier est compris &#187;. Le processus de dissolution et de destruction de la stabilit&#233; de sens commun du monde aboutit ainsi &#224; la construction de &#171; l'Universel qui est en soi concret &#187;, concret, car il n'existe pas en dehors du particulier, mais ne se r&#233;alise que dans et par le particulier, ou, plut&#244;t, dans la totalit&#233; des d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pris l'homme comme exemple de la construction dialectique de l'universel. Hegel, cependant, d&#233;montre le m&#234;me processus pour toutes les entit&#233;s du monde objectif et subjectif. La science de la logique traite de la structure ontologique g&#233;n&#233;rale de ces entit&#233;s, et non de leur existence concr&#232;te individuelle. Pour cette raison, le processus dialectique dans la Logique prend une forme tr&#232;s g&#233;n&#233;rale et abstraite. Nous en avons d&#233;j&#224; parl&#233; dans le chapitre sur la logique de Jenenser. Le processus de la pens&#233;e commence par la tentative de saisir la structure objective de l'&#234;tre.Au cours de l'analyse, cette structure se dissout en une multitude de &#171; quelque chose &#187;, de qualit&#233;s et de quantit&#233;s interd&#233;pendantes. A force d'analyse, la pens&#233;e d&#233;couvre que ceux-ci constituent un ensemble de relations antagonistes, r&#233;gies par le pouvoir cr&#233;ateur de la contradiction. Ces relations apparaissent comme l'essence de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence appara&#238;t donc comme le processus qui nie toutes les formes stables et d&#233;limit&#233;es de l'&#234;tre et nie aussi les concepts de la logique traditionnelle qui expriment ces formes. Les cat&#233;gories utilis&#233;es par Hegel pour d&#233;ployer cette essence comprennent la structure r&#233;elle de l'&#234;tre comme une unification des contraires qui exige que la r&#233;alit&#233; soit interpr&#233;t&#233;e en termes de &#171; sujet &#187;. La logique de l'objectivit&#233; se transforme ainsi en logique de la subjectivit&#233; qui est la v&#233;ritable &#171; notion &#187; de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs significations du terme notion qui apparaissent dans l'expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La notion est &#171; l'essence &#187; et la &#171; nature &#187; des choses, &#171; ce qui, par la pens&#233;e, est connu dans et des choses &#187; et &#171; ce qui est r&#233;ellement vrai en elles &#187;. Ce sens implique une multitude de notions pour correspondre &#224; la multitude de choses qu'elles d&#233;notent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La notion d&#233;signe la structure rationnelle de l'&#234;tre, le monde comme Logos , la raison. En ce sens, la notion est &#171; une, et est la base essentielle &#187; et le contenu r&#233;el de la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La notion sous sa v&#233;ritable forme d'existence est &#171; le subjectif libre, ind&#233;pendant et autod&#233;terminant, ou plut&#244;t le sujet lui-m&#234;me &#187;. C'est ce sens du terme qu'entend Hegel lorsqu'il dit : &#171; Le caract&#232;re de Sujet doit &#234;tre express&#233;ment r&#233;serv&#233; &#224; la Notion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science de la logique s'ouvre sur l'interaction bien connue de l'&#234;tre et du rien. Contrairement &#224; la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit , la Logique ne part pas des donn&#233;es du sens commun, mais du m&#234;me concept philosophique qui a amen&#233; la Ph&#233;nom&#233;nologie&#224; une fin. La pens&#233;e, dans sa qu&#234;te de la v&#233;rit&#233; derri&#232;re les faits, cherche une base stable d'orientation, une loi universelle et n&#233;cessaire au milieu du flux et de la diversit&#233; sans fin des choses. Un tel universel, s'il doit &#234;tre r&#233;ellement le commencement et la base de toutes les d&#233;terminations ult&#233;rieures, ne doit pas lui-m&#234;me &#234;tre d&#233;termin&#233;, car autrement il ne serait ni le premier ni le commencement. La raison pour laquelle il ne saurait &#234;tre d&#233;termin&#233; s'il doit s'agir d'un commencement r&#233;side dans le fait que tout ce qui est d&#233;termin&#233; d&#233;pend de ce qui le d&#233;termine, et n'est donc pas ant&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universel premier et ind&#233;termin&#233; que pose Hegel est l'&#234;tre. Il. est commun &#224; toutes choses (car toutes choses sont &#234;tre), par cons&#233;quent, l'entit&#233; la plus universelle du monde. Il n'a aucune d&#233;termination ; c'est l'&#234;tre pur et rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Logique commence donc, comme toute la philosophie occidentale a commenc&#233;, par le concept d'&#234;tre. La question Qu'est-ce que l'Etre ? recherch&#233; ce qui maintient toutes choses en existence et en fait ce qu'elles sont. Le concept d'&#234;tre pr&#233;suppose une distinction entre l'&#234;tre d&#233;termin&#233; (quelque chose ; Seiendes ) et l'&#234;tre en tant que tel ( Sein), sans d&#233;terminations. Le langage quotidien distingue l'&#234;tre de l'&#234;tre d&#233;termin&#233; dans toutes les formes de jugement. Nous disons qu'une rose est une plante ; il est jalous ; un jugement est vrai ; Dieu est. La copule &#171; est &#187; d&#233;signe l'&#234;tre, mais l'&#234;tre qui est tout &#224; fait diff&#233;rent d'un &#234;tre d&#233;termin&#233;. Le &#171; est &#187; n'indique aucune chose r&#233;elle qui pourrait faire l'objet d'une proposition d&#233;termin&#233;e, car pour d&#233;terminer l'&#234;tre en tant que telle et telle chose, nous devrions utiliser le m&#234;me &#171; est &#187; que nous tentons de d&#233;terminer. d&#233;finir, une impossibilit&#233; patente. On ne peut pas d&#233;finir l'&#234;tre comme quelque chose puisque l'&#234;tre est le pr&#233;dicat de toute chose. En d'autres termes, tout est, mais l'&#234;tre n'est pas quelque chose. Et ce qui n'est pas quelque chose n'est rien. Ainsi, l'&#234;tre est &#171; pure ind&#233;termination et vacuit&#233; &#187; ; ce n'est rien, donc rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tentative de saisir l'&#234;tre, nous ne rencontrons rien. Hegel utilise ce fait comme instrument pour d&#233;montrer le caract&#232;re n&#233;gatif de la r&#233;alit&#233;. Dans l'analyse pr&#233;c&#233;dente du concept d'&#234;tre, l'&#234;tre ne s'est pas &#171; transform&#233; en &#187; rien, mais les deux se sont r&#233;v&#233;l&#233;s identiques. de sorte qu'il est vrai de dire que tout &#234;tre d&#233;termin&#233; contient l'&#234;tre aussi bien que le rien. Selon Hegel, il n'y a pas une seule chose dans le monde qui n'ait en elle l'unit&#233; de l'&#234;tre et du rien. Tout n'est que dans la mesure o&#249;, &#224; chaque moment de son &#234;tre, quelque chose qui n'est pas encore vient &#224; l'&#234;tre et quelque chose qui est maintenant passe au non-&#234;tre. Les choses ne sont qu'en tant qu'elles surgissent et disparaissent, ou, l'&#234;tre doit &#234;tre con&#231;u comme devenir ( Werden ) .L'unit&#233; de l'&#234;tre et du rien est ainsi manifeste dans la structure de tous les existants et doit &#234;tre retenue dans toute cat&#233;gorie logique : &#171; Cette unit&#233; de l'&#234;tre et du n&#233;ant, en tant qu'&#233;tant la v&#233;rit&#233; premi&#232;re, est, une fois pour toutes, la base et l'&#233;l&#233;ment de tout ce qui suit : donc, outre le Devenir lui-m&#234;me, toutes les autres d&#233;terminations logiques... et en somme tous les concepts philosophiques, sont des exemples de cette unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tel est le cas, la logique a une t&#226;che jusqu'alors inconnue en philosophie. Elle cesse d'&#234;tre la source des r&#232;gles et des formes d'une pens&#233;e correcte. En fait, il faut des r&#232;gles, des formes et toutes les cat&#233;gories de la logique traditionnelle pour &#234;tre fausses parce qu'elles m&#233;connaissent le caract&#232;re n&#233;gatif et contradictoire de la r&#233;alit&#233;. Dans la logique de Hegel, le contenu des cat&#233;gories traditionnelles est compl&#232;tement renvers&#233;. De plus, puisque les cat&#233;gories traditionnelles sont l'&#233;vangile de la pens&#233;e quotidienne (y compris la pens&#233;e scientifique ordinaire) et de la pratique quotidienne, la logique de Hegel pr&#233;sente en effet des r&#232;gles et des formes de pens&#233;e et d'action fausses - fausses, c'est-&#224;-dire du point de vue du sens commun. Les cat&#233;gories dialectiques construisent un monde &#224; l'envers s'ouvrant sur l'identit&#233; de l'&#234;tre et du rien et se refermant sur la notion comme r&#233;alit&#233; vraie. Hegel joue le caract&#232;re absurde et paradoxal de ce monde mais celui qui suit le processus dialectique jusqu'au bout d&#233;couvre que le paradoxe est le r&#233;ceptacle de la v&#233;rit&#233; cach&#233;e et que l'absurdit&#233; est plut&#244;t une qualit&#233; poss&#233;d&#233;e par le sch&#233;ma correct du sens commun, qui , nettoy&#233;e de ses scories, contient la v&#233;rit&#233; latente. Car la dialectique montre, latente dans le sens commun, la dangereuse implication que la forme sous laquelle le monde est donn&#233; et organis&#233; peut contredire son v&#233;ritable contenu, c'est-&#224;-dire que les potentialit&#233;s inh&#233;rentes aux hommes et aux choses peuvent exiger la dissolution des formes donn&#233;es. La logique formelle accepte la forme du monde telle qu'elle est et lui donne quelques r&#232;gles g&#233;n&#233;rales d'orientation th&#233;orique. La logique dialectique, au contraire, rejette toute pr&#233;tention &#224; la saintet&#233; du donn&#233;, et brise la complaisance de ceux qui vivent sous sa rubrique. Elle soutient que &#171; l'existence ext&#233;rieure &#187; n'est jamais le crit&#232;re unique de la v&#233;rit&#233; d'un contenu, mais que toute forme d'existence doit justifier devant un tribunal sup&#233;rieur si elle est ad&#233;quate ou non &#224; son contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel disait que la n&#233;gativit&#233; de l'&#234;tre est &#171; la base et l'&#233;l&#233;ment &#187; de tout ce qui s'ensuit. Le passage d'une cat&#233;gorie logique &#224; une autre est stimul&#233; par une tendance inh&#233;rente &#224; tout type d'&#234;tre &#224; surmonter ses conditions d'existence n&#233;gatives et &#224; passer &#224; un nouveau mode d'&#234;tre o&#249; il atteint sa forme et son contenu v&#233;ritables. Nous avons d&#233;j&#224; not&#233; que le mouvement des cat&#233;gories dans la logique de Hegel n'est que le reflet du mouvement de l'&#234;tre. De plus, il n'est pas tout &#224; fait exact de dire qu'une cat&#233;gorie &#171; passe dans &#187; une autre. L'analyse dialectique r&#233;v&#232;le plut&#244;t une cat&#233;gorie comme une autre, de sorte que l'autre repr&#233;sente son contenu d&#233;pli&#233; &#8211; d&#233;pli&#233; par les contradictions qui lui sont inh&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re cat&#233;gorie qui participe &#224; ce processus est la qualit&#233;. Nous avons vu que tout &#234;tre dans le monde est d&#233;termin&#233; ; la premi&#232;re t&#226;che de la logique est d'&#233;tudier cette d&#233;termination. Quelque chose est d&#233;termin&#233; quand il est qualitativement distinct de tout autre &#234;tre. &#171; En vertu de sa qualit&#233; Quelque chose s'oppose &#224; un Autre : il est variable et fini, et d&#233;termin&#233; comme n&#233;gatif, non seulement par opposition &#224; un Autre, mais simplement en soi. Toute d&#233;termination qualitative est en soi une limitation et donc une n&#233;gation. Hegel donne &#224; ce vieil &#233;nonc&#233; philosophique un nouveau contenu en le rattachant &#224; sa conception n&#233;gative de la r&#233;alit&#233;. Une chose existe avec une certaine qualit&#233; &#8211; cela signifie qu'elle exclut d'autres qualit&#233;s et se trouve limit&#233;e par celles qu'elle poss&#232;de. De plus, toute qualit&#233; n'est ce qu'elle est que par rapport &#224; d'autres qualit&#233;s, et ces relations d&#233;terminent la nature m&#234;me d'une qualit&#233;. Ainsi, les d&#233;terminants qualitatifs d'une chose sont r&#233;duits &#224; des relations qui dissolvent la chose dans une totalit&#233; d'autres choses, de sorte qu'elle existe dans une dimension d' &#171; alt&#233;rit&#233; &#187;. Par exemple, la table ici dans cette salle n'est pas, si elle est analys&#233;e pour ses qualit&#233;s, la table mais une certaine couleur, un mat&#233;riau, une taille, un outil, etc. C'est, dit Hegel, au titre des qualit&#233;s, non pas l'&#234;tre-pour-soi, mais &#171; l'&#234;tre-pour-autrui &#187; (Anderssein , Sein-f&#252;r-Anderes ) . A cette alt&#233;rit&#233; s'oppose ce que la chose est en soi (son &#234;tre une table), ou, comme l'appelle Hegel, son &#171; &#234;tre-en-soi &#187; ( Ansichsein ) .Ce sont les deux &#233;l&#233;ments conceptuels avec lesquels Hegel construit tout &#234;tre. Il faut noter que pour Hegel ces deux &#233;l&#233;ments ne peuvent &#234;tre d&#233;tach&#233;s l'un de l'autre. Une chose en soi n'est ce qu'elle est que dans ses relations avec les autres, et, inversement, ses relations avec les autres d&#233;terminent son existence m&#234;me. L'id&#233;e traditionnelle d'une chose en soi derri&#232;re les ph&#233;nom&#232;nes, d'un monde ext&#233;rieur s&#233;par&#233; de l'int&#233;rieur, d'une essence d&#233;finitivement &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233;, est rendue absurde par cette conception, et la philosophie appara&#238;t comme d&#233;finitivement unie &#224; la r&#233;alit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revenons &#224; notre analyse de la qualit&#233;. L'&#234;tre d&#233;termin&#233; est plus que le flux de qualit&#233;s changeantes. Quelque chose se conserve &#224; travers ce flux, quelque chose qui passe dans d'autres choses, mais aussi s'y oppose comme un &#234;tre pour soi. Ce quelque chose ne peut exister que comme produit d'un processus par lequel il int&#232;gre son alt&#233;rit&#233; &#224; son &#234;tre propre. Hegel dit que son existence passe par &#171; la n&#233;gation de la n&#233;gation &#187;. La premi&#232;re n&#233;gation est l'alt&#233;rit&#233; dans laquelle il tourne, et la seconde est l'incorporation de cet autre &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel processus pr&#233;suppose que les choses poss&#232;dent un certain pouvoir sur leur mouvement, qu'elles existent dans une certaine relation &#224; soi qui leur permet de &#171; m&#233;diatiser &#187; leurs conditions existentielles. Hegel ajoute que ce concept de m&#233;diation est &#171; de la plus haute importance &#187; parce qu'il d&#233;passe seul les vieilles abstractions m&#233;taphysiques de Substance, Ent&#233;l&#233;chie, Forme, etc., et, en concevant le monde objectif comme le d&#233;veloppement du sujet, ouvre la voie pour une interpr&#233;tation philosophique de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel attribue &#224; la chose un rapport permanent &#224; elle-m&#234;me. &#171; Quelque chose est en soi en tant qu'il est revenu &#224; soi de l'&#234;tre-pour-autre. C'est alors un &#234;tre &#171; intro-r&#233;fl&#233;chi &#187;. L'intro-r&#233;flexion est cependant une caract&#233;ristique du sujet, et en ce sens le &#171; quelque chose &#187; objectif est d&#233;j&#224; &#171; le commencement du sujet &#187;, quoique seulement le commencement. Car, le processus par lequel le quelque chose se soutient est aveugle et non libre ; la chose ne peut pas man&#339;uvrer les forces qui fa&#231;onnent son existence. Le &#171; quelque chose &#187; est donc un bas niveau de d&#233;veloppement dans le processus qui aboutit &#224; un sujet libre et conscient. &#171; Quelque chose se d&#233;termine comme Etre-pour-Soi et ainsi de suite, jusqu'&#224; ce qu'enfin, comme Notion, il re&#231;oive l'intensit&#233; concr&#232;te du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel poursuit en indiquant que l'unit&#233; de la chose avec elle-m&#234;me, qui fonde ses &#233;tats d&#233;termin&#233;s, est bien quelque chose de n&#233;gatif, parce qu'elle r&#233;sulte de la &#171; n&#233;gation de la n&#233;gation &#187;. L'objectif est d&#233;termin&#233; ; il passe &#224; un nouveau mode d'&#234;tre en subissant l'action de multiples forces naturelles ; par cons&#233;quent, &#171; l'unit&#233; n&#233;gative &#187; qu'il poss&#232;de n'est pas une unit&#233; consciente ou active, mais une unit&#233; m&#233;canique. En raison de son manque de pouvoir r&#233;el, la chose &#171; s'effondre simplement dans cette unit&#233; simple qu'est l'Etre &#187;, une unit&#233; qui n'est pas le r&#233;sultat d'un processus autodirig&#233; qui lui est propre. La chose, bien qu'elle soit engag&#233;e dans des transitions continues vers d'autres choses et &#233;tats, est sujette au changement et non sujette au changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sections qui suivent d&#233;crivent la mani&#232;re dont l'unit&#233; d'une chose peut se d&#233;velopper. Elles sont difficiles &#224; comprendre car Hegel applique au monde objectif des cat&#233;gories qui ne trouvent leur v&#233;rification que dans la vie du sujet. Des concepts comme la d&#233;termination, la m&#233;diation, la relation &#224; soi, le devoir, etc., anticipent les cat&#233;gories d'existence subjective. Hegel les utilise n&#233;anmoins pour caract&#233;riser le monde des choses objectives, analysant l'existence des choses en termes d'existence du sujet. Le r&#233;sultat net est que la r&#233;alit&#233; objective est interpr&#233;t&#233;e comme le champ dans lequel le sujet doit &#234;tre r&#233;alis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gativit&#233; appara&#238;t comme la diff&#233;rence entre l'&#234;tre-pour-autrui et l'&#234;tre-pour-soi dans l'unit&#233; de la chose. La chose telle qu'elle est &#171; en soi &#187; est diff&#233;rente des conditions dans lesquelles elle existe r&#233;ellement. Les conditions r&#233;elles de la chose &#171; s'opposent &#187; ou font obstacle &#224; l'&#233;laboration de sa nature propre. Cette opposition, Hegel la d&#233;signe comme celle entre la d&#233;termination ( Bestimmung ), qui prend d&#233;sormais le sens de &#171; nature propre &#187; de la chose, et la talification ( Beschaffenheit ), qui renvoie &#224; l'&#233;tat ou &#224; la condition m&#234;me de la chose. La d&#233;termination d'une chose comprend ses potentialit&#233;s inh&#233;rentes &#171; par rapport aux conditions ext&#233;rieures qui ne sont pas encore incorpor&#233;es dans la chose elle-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, par exemple, nous parlons de la d&#233;termination de l'homme et disons que cette d&#233;termination est la raison, nous impliquons que les conditions ext&#233;rieures dans lesquelles l'homme vit ne concordent pas avec ce qu'il est proprement, que son &#233;tat d'existence n'est pas raisonnable et que c'est la t&#226;che de l'homme de faire en sorte qu'il en soit ainsi. Jusqu'&#224; ce que la t&#226;che soit accomplie avec succ&#232;s, l'homme existe en tant qu'&#234;tre-pour-autrui plut&#244;t qu'en tant qu'&#234;tre-pour-soi. Sa talation contredit sa d&#233;termination. La pr&#233;sence de la contradiction rend l'homme r&#233;tif ; il lutte pour surmonter son &#233;tat ext&#233;rieur donn&#233;. La contradiction a ainsi la force d'un &#171; Devoir &#187; ( Sollen ) qui le pousse &#224; r&#233;aliser ce qui n'existe pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons dit, le monde objectif, lui aussi, est d&#233;sormais trait&#233; comme participant au m&#234;me type de processus. Le passage de la chose d'une talification &#224; une autre, voire son passage dans une autre chose, sont interpr&#233;t&#233;s comme motiv&#233;s par les potentialit&#233;s propres de la chose. Sa transformation ne s'op&#232;re pas, comme d'abord apparu, &#171; selon son &#234;tre-pour-autrui &#187;, mais selon son moi propre. Dans le processus de changement, toute condition ext&#233;rieure est prise dans l'&#234;tre propre de la chose, et son autre est &#171; pos&#233; dans la chose comme son propre moment &#187;. Le concept de n&#233;gation subit &#233;galement une r&#233;vision dans l'exposition de Hegel &#224; ce stade. Nous avons vu que les divers &#233;tats d'une chose &#233;taient interpr&#233;t&#233;s comme diverses &#171; n&#233;gations &#187; de son &#234;tre v&#233;ritable. Or, puisque la chose est con&#231;ue comme une sorte de sujet qui se d&#233;termine par ses relations avec d'autres choses,Grenzen ) &#224; travers lequel ses potentialit&#233;s doivent percer. Le processus d'existence n'est que la contradiction entre talifications et potentialit&#233;s ; par cons&#233;quent, exister et &#234;tre limit&#233; sont identiques. &#171; Quelque chose n'a d'Etre D&#233;termin&#233; que dans la Limite &#187; et les &#171; Limites sont le principe de ce qu'elles limitent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel r&#233;sume le r&#233;sultat de cette nouvelle interpr&#233;tation en disant que l'existence des choses est &#171; l'agitation de quelque chose dans sa limite ; il est immanent &#224; la Limite d'&#234;tre la contradiction qui envoie quelque chose au-del&#224; d'elle-m&#234;me. Nous arrivons ainsi au concept de finitude de Hegel. L'&#234;tre est un devenir continu. Chaque &#233;tat d'existence doit &#234;tre d&#233;pass&#233; ; c'est quelque chose de n&#233;gatif, que les choses, pouss&#233;es par leurs potentialit&#233;s int&#233;rieures, d&#233;sertent pour un autre &#233;tat, qui se r&#233;v&#232;le &#224; nouveau comme n&#233;gatif, comme limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous disons des choses qu'elles sont finies, nous entendons par l&#224;... que le Non-&#202;tre constitue leur nature et leur &#202;tre. Les choses finies sont ; mais leur rapport &#224; eux-m&#234;mes est qu'ils se rapportent &#224; eux-m&#234;mes comme quelque chose de n&#233;gatif, et dans ce rapport &#224; soi ils s'envoient au-del&#224; d'eux-m&#234;mes et de leur &#202;tre. Ils le sont, mais la v&#233;rit&#233; de cet &#202;tre est leur fin. Le fini ne change pas seulement, ... il p&#233;rit ; et sa mort n'est pas simplement contingente, de sorte qu'elle pourrait &#234;tre sans p&#233;rir. C'est plut&#244;t l'&#234;tre m&#234;me des choses finies qu'elles contiennent les germes de p&#233;rir comme leur propre &#202;tre-en-Soi [ Insichsein ], et l'heure de leur naissance est l'heure de leur mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces phrases sont une &#233;nonciation pr&#233;liminaire des passages d&#233;cisifs dans lesquels Marx r&#233;volutionnera plus tard la pens&#233;e occidentale. Le concept de finitude de Hegel a lib&#233;r&#233; les approches philosophiques de la r&#233;alit&#233; des puissantes influences religieuses et th&#233;ologiques qui op&#233;raient m&#234;me sur les formes s&#233;culaires de la pens&#233;e du XVIIIe si&#232;cle. L'interpr&#233;tation id&#233;aliste actuelle de la r&#233;alit&#233; &#224; cette &#233;poque soutenait encore que le monde &#233;tait un monde fini parce que c'&#233;tait un monde cr&#233;&#233; et que sa n&#233;gativit&#233; faisait r&#233;f&#233;rence &#224; son &#233;tat de p&#233;ch&#233;. La lutte contre cette interpr&#233;tation du &#171; n&#233;gatif &#187; &#233;tait donc dans une large mesure un conflit avec la religion et l'&#201;glise. L'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la n&#233;gativit&#233; n'&#233;tait pas morale ou religieuse, mais purement philosophique, et le concept de finitude qui l'exprimait devint chez lui un principe critique et presque mat&#233;rialiste. Le monde, dit-il, est fini non pas parce qu'il est cr&#233;&#233; par Dieu mais parce que la finitude est sa qualit&#233; inh&#233;rente. Corr&#233;lativement, la finitude n'est pas une d&#233;nigrement de la r&#233;alit&#233;, exigeant le transfert de sa v&#233;rit&#233; vers un Au-del&#224; exalt&#233;. Les choses sont finies en tant qu'elles sont, et leur finitude est le domaine de leur v&#233;rit&#233;. Ils ne peuvent d&#233;velopper leurs potentialit&#233;s qu'en p&#233;rissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx a pos&#233; plus tard la loi historique selon laquelle un syst&#232;me social ne peut lib&#233;rer ses forces productives qu'en p&#233;rissant et en passant &#224; une autre forme d'organisation sociale. Hegel voyait cette loi de l'histoire op&#233;rer dans tout &#234;tre. &#034;La maturit&#233; ou le stade le plus &#233;lev&#233; que quelque chose peut atteindre est celui o&#249; il commence &#224; p&#233;rir.&#034; Il ressort assez clairement de la discussion pr&#233;c&#233;dente que lorsque Hegel est pass&#233; du concept de finitude &#224; celui d'infini, il n'a pas pu avoir de r&#233;f&#233;rence &#224; un infini qui annulerait les r&#233;sultats de son analyse pr&#233;c&#233;dente, c'est-&#224;-dire qu'il n'aurait pas pu vouloir dire un infini. en dehors ou au-del&#224; de la finitude. Le concept d'infini, rattler, devait r&#233;sulter d'une interpr&#233;tation plus stricte de la finitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, nous constatons que l'analyse des choses objectives nous a d&#233;j&#224; conduits du fini &#224; l'infini. Car le processus par lequel une chose finie p&#233;rit et, en p&#233;rissant, devient une autre chose finie, qui la r&#233;p&#232;te, est en soi un processus &#224; l'infini , et pas seulement dans le sens superficiel que la progression ne peut &#234;tre interrompue. Quand une chose finie &#171; p&#233;rit dans &#187; une autre chose, elle s'est chang&#233;e, dans la mesure o&#249; p&#233;rir est sa fa&#231;on de consommer ses v&#233;ritables potentialit&#233;s. Le p&#233;rissement incessant des choses est ainsi une n&#233;gation &#233;galement continue de leur finitude. C'est l'infini. &#171; Le fini en p&#233;rissant, dans cette n&#233;gation de soi, a atteint son &#234;tre-en-soi [ Ansichsein], et a donc gagn&#233; son moi propre... Ainsi, il ne se d&#233;passe que pour se retrouver. Cette identit&#233; &#224; soi, ou n&#233;gation de la n&#233;gation, est l'&#202;tre affirmatif, est l'autre du Fini... est l'Infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infini est donc pr&#233;cis&#233;ment la dynamique interne du fini, compris dans son sens r&#233;el. Ce n'est rien d'autre que le fait que la finitude &#171; n'existe que comme d&#233;passement &#187; d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un addendum &#224; son expos&#233;, Hegel montre que le concept de finitude donne le principe de base de l'id&#233;alisme. Si l'&#234;tre des choses consiste dans leur transformation plut&#244;t que dans leur &#233;tat d'existence, les &#233;tats multiples qu'elles ont, quels que soient leur forme et leur contenu, ne sont que des moments d'un processus compr&#233;hensif et n'existent que dans la totalit&#233; de ce processus. Ainsi, ils sont de nature &#171; id&#233;ale &#187; et leur interpr&#233;tation philosophique doit &#234;tre l'id&#233;alisme. [Hegel emploie le sens historique originel d'&#171; id&#233;al &#187;. Un existant est &#171; de nature id&#233;ale &#187; s'il n'existe pas par lui-m&#234;me, mais par quelque chose d'autre.] &#171; La proposition que le fini est de nature id&#233;ale constitue l'Id&#233;alisme. En philosophie, l'id&#233;alisme ne consiste en rien d'autre que la reconnaissance que le fini n'a pas d'&#234;tre v&#233;ritable. Au fond, toute philosophie est un id&#233;alisme, ou du moins a l'id&#233;alisme pour principe... &#187; Car la philosophie commence quand la v&#233;rit&#233; de l'&#233;tat de choses donn&#233; est mise en doute et quand on reconna&#238;t que cet &#233;tat n'a pas de v&#233;rit&#233; finale en soi. Dire &#171; que le fini n'a pas d'&#234;tre v&#233;ritable &#187; ne signifie pas que l'&#234;tre v&#233;ritable doive &#234;tre cherch&#233; dans un Au-del&#224; transmondain ou au plus profond de l'&#226;me de l'homme. Hegel rejette une telle fuite de la r&#233;alit&#233; comme un &#034;mauvais id&#233;alisme&#034;. Sa proposition id&#233;aliste implique que les formes courantes de pens&#233;e, simplement parce qu'elles s'arr&#234;tent aux formes donn&#233;es des choses, doivent &#234;tre chang&#233;es en d'autres formes jusqu'&#224; ce que la v&#233;rit&#233; soit atteinte. Hegel incarne cette attitude essentiellement critique dans son concept de devoir. Le &#171; devoir &#187; n'est pas une province de la morale ou de la religion, mais de la pratique r&#233;elle. La raison et la loi sont inh&#233;rentes &#224; la finitude, non seulement elles doivent, mais elles doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es sur cette terre. &#171; En r&#233;alit&#233;, la Raison et la Loi ne sont pas si d&#233;plorables qu'elles &#171; devraient &#187; simplement l'&#234;tre ; ... &#8211; ni le Devoir en soi n'est perp&#233;tuel, ni la finitude (ce qui reviendrait au m&#234;me) absolue. La n&#233;gation de la finitude est en m&#234;me temps la n&#233;gation de l'au-del&#224; infini ; il implique l'exigence que le &#171; doit &#187; soit accompli dans ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, Hegel oppose son concept d'infini &#224; l'id&#233;e th&#233;ologique de celui-ci. Il n'y a pas de r&#233;alit&#233; autre que ou au-dessus du fini ; si les choses finies doivent trouver leur &#234;tre v&#233;ritable, elles doivent le trouver &#224; travers leur existence finie et &#224; travers elle seule. Hegel appelle donc son concept d'infinit&#233; la &#171; n&#233;gation m&#234;me de cet au-del&#224; qui est en soi n&#233;gatif &#187;. Son infini n'est que &#171; l'autre &#187; du fini et donc d&#233;pendant de la finitude ; c'est en soi un infini fini. Il n'y a pas deux mondes, le fini et l'infini. Il n'y a qu'un seul monde, dans lequel les choses finies atteignent leur autod&#233;termination en p&#233;rissant. Leur infinit&#233; est dans ce monde et nulle part ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con&#231;u comme le processus &#171; infini &#187; de transformation, le fini est le processus de l'&#234;tre-pour-soi ( F&#252;rsichsein ). Une chose est pour soi, disons-nous, lorsqu'elle peut prendre toutes ses conditions ext&#233;rieures et les int&#233;grer &#224; son &#234;tre propre. Il est &#171; pour soi &#187; s'il &#171; a ainsi franchi la Barri&#232;re et son Autret&#233; &#187;. que, les niant ainsi, c'est un retour infini sur soi. L'&#234;tre-pour-soi n'est pas un &#233;tat mais un processus, car toute condition ext&#233;rieure doit continuellement se transformer en une phase de r&#233;alisation de soi, et chaque nouvelle condition ext&#233;rieure qui surgit doit &#234;tre soumise &#224; ce traitement. La conscience de soi, dit Hegel, est &#034;l'exemple le plus proche de la pr&#233;sence de l'infini&#034;. D'autre part, &#171; les choses naturelles n'atteignent jamais un &#234;tre-pour-soi libre &#187; ; ils restent l'&#234;tre-pour-autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette diff&#233;rence essentielle entre le mode d'existence de l'objet et celui d'un &#234;tre conscient a pour effet de limiter le terme &#171; fini &#187; &#224; des choses qui n'existent pas pour elles-m&#234;mes et n'ont donc pas le pouvoir de r&#233;aliser leurs potentialit&#233;s par leur propre libre arbitre conscient. actes. En raison de leur manque de libert&#233; et de conscience, leurs multiples qualit&#233;s leur sont &#171; indiff&#233;rentes &#187;, et leur unit&#233; est une unit&#233; quantitative plut&#244;t qu'une unit&#233; qualitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous omettrons la discussion de la cat&#233;gorie de la quantit&#233; et passerons directement au passage de l'&#234;tre &#224; l'essence, qui cl&#244;t le Premier Livre de la Science de la Logique . L'analyse de la quantit&#233; r&#233;v&#232;le que la quantit&#233; n'est pas ext&#233;rieure &#224; la nature d'une chose mais qu'elle est elle-m&#234;me une qualit&#233;, &#224; savoir la mesure ( Masse). Le caract&#232;re qualitatif de la quantit&#233; trouve son expression dans la c&#233;l&#232;bre loi de Hegel selon laquelle la quantit&#233; passe &#224; la qualit&#233;. Quelque chose peut changer de quantit&#233; sans le moindre changement de qualit&#233;, de sorte que sa nature ou ses propri&#233;t&#233;s restent une seule et m&#234;me, tandis qu'elle augmente ou diminue dans une direction donn&#233;e. Tout &#171; a un jeu &#224; l'int&#233;rieur duquel il reste indiff&#233;rent &#224; ce changement... &#187; Il arrive cependant un moment o&#249; la nature d'une chose change d'un simple changement quantitatif. Les exemples bien connus d'un tas de c&#233;r&#233;ales qui cesse d'&#234;tre un tas si l'on enl&#232;ve un grain apr&#232;s l'autre, ou d'une eau qui devient de la glace lorsqu'une diminution graduelle de la temp&#233;rature a atteint un certain point, ou d'une nation qui, en au cours de son expansion, s'effondre et se d&#233;sagr&#232;ge subitement : tous ces exemples ne couvrent pas tout le sens de la proposition de Hegel. Nous devons comprendre aussi qu'il l'a dirig&#233;e contre la vision ordinaire selon laquelle le processus de &#171; surgir et dispara&#238;tre &#187; &#233;tait un processus graduel (allm&#228;hlich ) un, il l'a vis&#233; au point de vue que natura non facit saltum .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forme d'existence donn&#233;e ne peut d&#233;ployer son contenu sans p&#233;rir. Le nouveau doit &#234;tre la n&#233;gation r&#233;elle de l'ancien et non une simple correction ou r&#233;vision. Certes, la v&#233;rit&#233; ne tombe pas du ciel en plein essor, et le nouveau doit avoir exist&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre dans le giron de l'ancien. Mais il n'y existait qu'en puissance, et sa r&#233;alisation mat&#233;rielle &#233;tait exclue par la forme d'&#234;tre dominante. La forme dominante doit &#234;tre bris&#233;e. &#171; Les changements de l'&#234;tre &#187; sont &#171; un devenir autre qui rompt la progressivit&#233; et est qualitativement autre par rapport &#224; l'&#233;tat d'existence pr&#233;c&#233;dent &#187;. Il n'y a m&#234;me pas de progr&#232;s dans le monde : l'apparition de chaque nouvelle condition implique un saut ; la naissance du nouveau est la mort de l'ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science de la logiqueouvert par la question, qu'est-ce que l'&#202;tre ? Elle a lanc&#233; la qu&#234;te des cat&#233;gories qui pourraient nous permettre de saisir le vrai r&#233;el. Au cours de l'analyse, la stabilit&#233; de l'&#234;tre a &#233;t&#233; dissoute dans le processus de devenir et l'unit&#233; durable des choses a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme une &#171; unit&#233; n&#233;gative &#187;, qui ne pouvait &#234;tre connue d'un point de vue quantitatif ou qualitatif, mais impliquait plut&#244;t la n&#233;gation de tous les d&#233;terminants qualitatifs et quantitatifs. Car, chaque propri&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e &#233;tait vue comme contredisant ce que les choses sont &#171; pour elles-m&#234;mes &#187;. Quelle que soit l'unit&#233; durable de l'&#234;tre &#171; pour soi &#187;, nous savons que ce n'est pas une entit&#233; qualitative ou quantitative qui existe n'importe o&#249; dans le monde, mais plut&#244;t la n&#233;gation de tous les d&#233;termin&#233;s. Son caract&#232;re essentiel est donc la n&#233;gativit&#233; ; Hegel l'appelle aussi &#171; contradiction universelle, ' existant comme il le fait 'par la n&#233;gation de toute d&#233;terminit&#233; existante.' C'est la &#171; n&#233;gativit&#233; absolue &#187; ou la &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;. Cette unit&#233;, semble-t-il, est telle en vertu d'un processus dans lequel les choses nient toute simple ext&#233;riorit&#233; et alt&#233;rit&#233; et les relient &#224; un soi dynamique. Une chose n'est pour soi que lorsqu'elle a pos&#233; (gesetzt ) tous ses d&#233;terminants et en a fait des moments de sa r&#233;alisation de soi, et est donc, dans toutes les conditions changeantes, toujours &#171; revenant &#224; lui-m&#234;me &#187;. Hegel appelle cette unit&#233; n&#233;gative et ce processus de relation &#224; soi l'essence des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question Qu'est-ce que l'&#202;tre ? est r&#233;pondu dans l'affirmation que &#171; la v&#233;rit&#233; de l'Etre est l'Essence &#187;. Et pour savoir ce qu'est l'essence, il suffit de recueillir les r&#233;sultats de l'analyse pr&#233;c&#233;dente :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'essence n'a &#171; pas d'&#202;tre d&#233;termin&#233; &#187;. Toutes les propositions traditionnelles concernant un domaine d'id&#233;es ou de substances doivent &#234;tre &#233;cart&#233;es. L'essence n'est ni quelque chose dans ni quelque chose au-dessus du monde, mais plut&#244;t la n&#233;gation de tout &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Cette n&#233;gation de tout &#234;tre n'est pas rien, mais le &#171; mouvement infini de l'&#234;tre &#187; au-del&#224; de tout &#233;tat d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le mouvement n'est pas un processus contingent et externe, mais un processus maintenu par le pouvoir de rapport &#224; soi par lequel un sujet pose ses d&#233;termin&#233;s comme moments de sa propre r&#233;alisation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Un tel pouvoir suppose un &#234;tre-en-soi d&#233;fini, une capacit&#233; de conna&#238;tre et de r&#233;fl&#233;chir sur les &#233;tats d&#233;termin&#233;s. Le processus de l'essence est le processus de la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le sujet que l'essence se r&#233;v&#232;le n'est pas ext&#233;rieur au proc&#232;s ni son substrat immuable ; c'est le processus lui-m&#234;me, et tous ses caract&#232;res sont dynamiques. Son unit&#233; est la totalit&#233; d'un mouvement que la Doctrine de l'Essence qualifie de mouvement de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de la plus haute importance de savoir que pour Hegel la r&#233;flexion, comme tous les caract&#232;res de l'essence, d&#233;note un mouvement objectif aussi bien que subjectif. La r&#233;flexion n'est pas d'abord le processus de penser mais le processus d'&#234;tre lui-m&#234;me. De m&#234;me, le passage de l'&#234;tre &#224; l'essence n'est pas d'abord une proc&#233;dure de cognition philosophique, mais un processus dans la r&#233;alit&#233;. La &#171; propre nature &#187; de l'&#234;tre &#171; le fait s'int&#233;rioriser &#187; et l'&#234;tre, ainsi &#171; entrer en lui-m&#234;me devient l'Essence &#187;. Cela signifie que l'&#234;tre objectif, s'il est compris dans sa vraie forme, doit &#234;tre compris comme, et est r&#233;ellement, l'&#234;tre subjectif. Le sujet appara&#238;t maintenant comme la substance de l'&#234;tre, ou l'&#234;tre se rapporte &#224; l'existence d'un sujet plus ou moins conscient. qui est capable d'affronter et de comprendre ses &#233;tats d&#233;termin&#233;s et a ainsi le pouvoir de les r&#233;fl&#233;chir et de se fa&#231;onner. Les cat&#233;gories de l'essence couvrent tout le domaine de l'&#234;tre, qui se manifeste maintenant sous sa forme vraie et comprise. Les cat&#233;gories de la Doctrine de l'&#202;tre r&#233;apparaissent ; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; est maintenant con&#231;u comme existence et plus tard comme actualit&#233; ; le &#171; quelque chose &#187; comme chose et plus tard comme substance, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion est le processus par lequel un existant se constitue comme l'unit&#233; d'un sujet. Il a une unit&#233; essentielle qui contraste avec l'unit&#233; passive et changeante du quelque chose ; ce n'est pas un &#234;tre d&#233;termin&#233;, mais un &#234;tre d&#233;terminant. Toute d&#233;termination est ici &#171; pos&#233;e par l'Essence elle-m&#234;me &#187; et se tient sous son pouvoir d&#233;terminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous examinons ce que Hegel attribue au processus de l'essence et ce qu'il discute sous le titre de D&#233;terminations de la r&#233;flexion, nous trouvons les lois ultimes traditionnelles de la pens&#233;e, les lois de l'identit&#233;, de la vari&#233;t&#233; et de la contradiction. Ajout&#233; sous une rubrique distincte est la loi du sol. Le sens originel de ces lois et leur contenu objectif r&#233;el &#233;tait une d&#233;couverte faite par la logique h&#233;g&#233;lienne. La logique formelle ne peut m&#234;me pas toucher leur sens ; la s&#233;paration du sujet de la pens&#233;e de sa forme coupe le fond m&#234;me de sous la v&#233;rit&#233;. La pens&#233;e n'est vraie qu'en tant qu'elle reste adapt&#233;e au mouvement concret des choses et en suit de pr&#232;s les divers tournants. D&#232;s qu'elle se d&#233;tache du processus objectif et, par souci de pr&#233;cision et de stabilit&#233; fallacieuses, tente de simuler la rigueur math&#233;matique, la pens&#233;e devient fausse.Sciences de la logique, c'est la Doctrine de l'Essence qui fournit les concepts de base qui &#233;mancipent la logique dialectique de la m&#233;thode math&#233;matique. Hegel entreprend une critique philosophique de la m&#233;thode math&#233;matique avant d'introduire la Doctrine de l'Essence &#8211; dans sa discussion sur la quantit&#233;. La quantit&#233; n'est qu'une caract&#233;ristique tr&#232;s ext&#233;rieure de l'&#234;tre, un domaine o&#249; se perd le contenu r&#233;el des choses. Les sciences math&#233;matiques qui op&#232;rent avec la quantit&#233; op&#232;rent avec une forme sans contenu qui peut &#234;tre mesur&#233;e et compt&#233;e et exprim&#233;e par des nombres et des symboles indiff&#233;rents. Mais le processus de la r&#233;alit&#233; ne peut &#234;tre ainsi trait&#233;. Elle d&#233;fie la formalisation et la stabilisation, car elle est la n&#233;gation m&#234;me de toute forme stable. Les faits et les relations qui apparaissent dans ce processus changent de nature &#224; chaque phase du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque des cat&#233;gories math&#233;matiques sont utilis&#233;es pour d&#233;terminer quelque chose portant sur la m&#233;thode ou le contenu de la science philosophique, une telle proc&#233;dure prouve sa nature absurde principalement ici, que, dans la mesure o&#249; les formules math&#233;matiques signifient des pens&#233;es et des distinctions conceptuelles, une telle signification doit d'abord rapporter, d&#233;terminer et se justifier en philosophie. Dans ses sciences concr&#232;tes, la philosophie doit puiser l'&#233;l&#233;ment logique dans la logique et non dans les math&#233;matiques ; elle doit n'&#234;tre qu'un refuge d'impuissance philosophique quand elle vole vers les formations que prend la logique dans les autres sciences, dont beaucoup n'en sont que des pressentiments obscurs et d'autres des formes rabougries, afin d'obtenir la logique pour la philosophie. Le simple emploi de telles formes emprunt&#233;es est en tout cas un proc&#233;d&#233; ext&#233;rieur et superficiel : la connaissance de leur valeur et de leur sens doit pr&#233;c&#233;der leur emploi ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Doctrine de l'Essence cherche &#224; lib&#233;rer la connaissance du culte des &#171; faits observables &#187; et du bon sens scientifique qui impose ce culte. Le formalisme math&#233;matique abandonne et emp&#234;che toute compr&#233;hension et utilisation critique des faits. Hegel a reconnu un lien intrins&#232;que entre la logique math&#233;matique et un acquiescement total aux faits, et dans cette mesure a anticip&#233; plus d'un si&#232;cle de d&#233;veloppement du positivisme. Le champ r&#233;el de la connaissance n'est pas le fait donn&#233; des choses telles qu'elles sont, mais leur &#233;valuation critique comme pr&#233;lude au d&#233;passement de leur forme donn&#233;e. La connaissance traite des apparences pour les d&#233;passer. &#171; Tout, dit-on, a une Essence, c'est-&#224;-dire que les choses ne sont pas r&#233;ellement ce qu'elles se montrent imm&#233;diatement. Il y a donc autre chose &#224; faire que simplement passer d'une qualit&#233; &#224; l'autre et simplement avancer du qualitatif au quantitatif, et vice versa ; il y a un permanent dans les choses, et ce permanent est d'abord leur Essence. Savoir que l'apparence et l'essence ne concordent pas est le d&#233;but de la v&#233;rit&#233;. La marque de la pens&#233;e dialectique est la capacit&#233; de distinguer l'essentiel du processus apparent de la r&#233;alit&#233; et de saisir leur relation. Les lois de la r&#233;flexion qu'&#233;labore Hegel sont les lois fondamentales de la dialectique. Passons maintenant &#224; un bref r&#233;sum&#233; de celles-ci. La marque de la pens&#233;e dialectique est la capacit&#233; de distinguer l'essentiel du processus apparent de la r&#233;alit&#233; et de saisir leur relation. Les lois de la r&#233;flexion qu'&#233;labore Hegel sont les lois fondamentales de la dialectique. Passons maintenant &#224; un bref r&#233;sum&#233; de celles-ci. La marque de la pens&#233;e dialectique est la capacit&#233; de distinguer l'essentiel du processus apparent de la r&#233;alit&#233; et de saisir leur relation. Les lois de la r&#233;flexion qu'&#233;labore Hegel sont les lois fondamentales de la dialectique. Passons maintenant &#224; un bref r&#233;sum&#233; de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence d&#233;signe l'unit&#233; de l'&#234;tre, son identit&#233; &#224; travers le changement. Quelle est pr&#233;cis&#233;ment cette unit&#233; ou cette identit&#233; ? Ce n'est pas un substrat permanent et fixe, mais un processus dans lequel tout fait face &#224; ses contradictions inh&#233;rentes et se d&#233;ploie en cons&#233;quence. Ainsi con&#231;ue, l'identit&#233; contient son contraire, la diff&#233;rence, et implique une auto-diff&#233;renciation et une unification qui s'ensuit. Toute existence se pr&#233;cipite dans la n&#233;gativit&#233; et ne reste ce qu'elle est qu'en niant cette n&#233;gativit&#233;. Elle se fragmente en une diversit&#233; d'&#233;tats et de rapports &#224; d'autres choses, qui lui sont originellement &#233;trangers, mais qui deviennent une partie de son moi propre lorsqu'ils sont amen&#233;s sous l'influence active de son essence. L'identit&#233; &#233;quivaut donc &#224; la &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;, dont on a montr&#233; qu'elle &#233;tait la structure de la r&#233;alit&#233; ; c'est &#171; la m&#234;me chose que l'Essence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi con&#231;ue, l'essence d&#233;crit le processus m&#234;me de la r&#233;alit&#233;. &#171; La contemplation de tout ce qui est montre, en soi, que dans son identit&#233; &#224; soi, il est auto-contradictoire et auto-diff&#233;rent, et dans sa vari&#233;t&#233; ou contradiction, auto-identique ; c'est en soi ce mouvement de transition de l'une de ces d&#233;terminations dans l'autre, pr&#233;cis&#233;ment parce que chacune en soi est son propre contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Hegel implique un renversement complet des lois traditionnelles de la pens&#233;e et du type de pens&#233;e qui en d&#233;rive. On ne peut exprimer cette identit&#233; des choses dans une proposition qui distingue un substratum permanent et ses attributs de son contraire ou contraire. La vari&#233;t&#233; et les contraires font pour Hegel partie de l'identit&#233; essentielle de la chose, et, pour saisir l'identit&#233;, la pens&#233;e doit reconstruire le processus par lequel la chose devient son propre contraire, puis nie et incorpore son contraire dans son propre &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel revient &#224; maintes reprises pour souligner l'importance de cette conception. En vertu de la n&#233;gativit&#233; qui leur est inh&#233;rente, toutes les choses deviennent contradictoires, oppos&#233;es &#224; elles-m&#234;mes, et leur &#234;tre consiste en cette &#171; force qui peut &#224; la fois comprendre et supporter la Contradiction &#187;. &#171; Toutes choses sont contradictoires en elles-m&#234;mes &#187; &#8211; cette proposition, qui diff&#232;re si nettement des lois traditionnelles de l'identit&#233; et de la contradiction, exprime pour Hegel &#171; la v&#233;rit&#233; et l'essence des choses &#187;. &#171; La contradiction est la racine de tout mouvement et de toute vie &#187;, toute r&#233;alit&#233; est contradictoire. Le mouvement en particulier, le mouvement externe aussi bien que le mouvement propre, n'est rien d'autre qu'une &#171; contradiction existante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse h&#233;g&#233;lienne des D&#233;terminations de la r&#233;flexion marque le point o&#249; l'on peut voir la pens&#233;e dialectique briser le cadre de la philosophie id&#233;aliste qui l'utilise. Jusqu'ici, nous notons que la dialectique a abouti &#224; la conclusion que la r&#233;alit&#233; est de caract&#232;re contradictoire et une &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;. Aussi loin que nous ayons p&#233;n&#233;tr&#233; dans la logique h&#233;g&#233;lienne, la dialectique est apparue comme une loi ontologique universelle, qui affirme que toute existence suit son cours en devenant l'oppos&#233; d'elle-m&#234;me et produit l'identit&#233; de son &#234;tre en op&#233;rant par l'opposition. Mais une &#233;tude plus approfondie de la loi r&#233;v&#232;le des implications historiques qui font ressortir ses motivations fondamentalement critiques. Si l'essence des choses est le r&#233;sultat d'un tel processus, l'essence elle-m&#234;me est le produit d'un d&#233;veloppement concret, &#171; quelque chose qui est devenu [ein Gewordenes ].' Et l'impact de cette interpr&#233;tation historique &#233;branle les fondements de l'id&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se peut tr&#232;s bien que les antagonismes d&#233;velopp&#233;s de la soci&#233;t&#233; moderne aient pouss&#233; la philosophie &#224; proclamer que la contradiction &#233;tait &#171; la base fondamentale d&#233;finie de toute activit&#233; et de tout mouvement personnel &#187;. Une telle interpr&#233;tation est pleinement &#233;tay&#233;e par le traitement accord&#233; aux rapports sociaux d&#233;cisifs dans le syst&#232;me ant&#233;rieur de Hegel (par exemple, dans l'analyse du proc&#232;s de travail, la description du conflit entre l'int&#233;r&#234;t particulier et l'int&#233;r&#234;t commun, la tension entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233;). L&#224;, la reconnaissance du caract&#232;re contradictoire de la r&#233;alit&#233; sociale &#233;tait ant&#233;rieure &#224; l'&#233;laboration de la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de la dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tout cas, quand nous appliquons les D&#233;terminations de la R&#233;flexion aux r&#233;alit&#233;s historiques, nous sommes conduits presque n&#233;cessairement &#224; la th&#233;orie critique que le mat&#233;rialisme historique a d&#233;velopp&#233;e. Car, que signifient l'unit&#233; de l'identit&#233; et de la contradiction dans le contexte des formes et des forces sociales ? Dans ses termes ontologiques, cela signifie que l'&#233;tat de n&#233;gativit&#233; n'est pas une distorsion de la v&#233;ritable essence d'une chose, mais son essence m&#234;me. En termes socio-historiques, cela signifie qu'en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, la crise et l'effondrement ne sont pas des accidents et des perturbations externes, mais manifestent la nature m&#234;me des choses et fournissent donc la base sur laquelle l'essence du syst&#232;me social existant peut &#234;tre comprise. Cela signifie, en outre, que les potentialit&#233;s inh&#233;rentes aux hommes et aux choses ne peuvent se d&#233;ployer dans la soci&#233;t&#233; qu'&#224; travers la mort de l'ordre social dans lequel elles ont d'abord &#233;t&#233; glan&#233;es. Quand quelque chose se transforme en son contraire, dit Hegel, quand il se contredit, il exprime son essence. Lorsque, comme le dit Marx, l'id&#233;e et la pratique courantes de la justice et de l'&#233;galit&#233; conduisent &#224; l'injustice et &#224; l'in&#233;galit&#233;, lorsque le libre &#233;change d'&#233;quivalents produit l'exploitation d'une part et l'accumulation de richesses d'autre part, de telles contradictions sont &#233;galement essentielles. des relations sociales actuelles. La contradiction est le v&#233;ritable moteur du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Doctrine de l'Essence &#233;tablit ainsi les lois g&#233;n&#233;rales de la pens&#233;e comme des lois de destruction &#8211; destruction pour la v&#233;rit&#233;. La pens&#233;e s'installe ainsi comme le tribunal qui contredit les formes apparentes de la r&#233;alit&#233; au nom de leur v&#233;ritable contenu. L'essence, &#171; la v&#233;rit&#233; de l'&#202;tre &#187;, est d&#233;tenue par la pens&#233;e qui, &#224; son tour, est contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, cependant, la contradiction n'est pas la fin. L'essence, qui est le lieu de la contradiction, doit p&#233;rir et &#171; la contradiction se r&#233;sout &#187;. Elle se r&#233;sout dans la mesure o&#249; l'essence devient le fondement de l'existence. L'essence, en devenant le fondement des choses, passe &#224; l'existence. Le fondement d'une chose, pour Hegel, n'est rien d'autre que la totalit&#233; de son essence, mat&#233;rialis&#233;e dans les conditions et circonstances concr&#232;tes de l'existence. [Hegel explique cette relation dans son analyse de la Loi de Base. Sa discussion a un double but : (1) Elle montre l'Essence op&#233;rant dans l'existence r&#233;elle des choses ; et (2) elle annule la conception traditionnelle du Fond et d'une entit&#233; ou forme particuli&#232;re parmi d'autres. Hegel reconna&#238;t que le 'principe de raison suffisante [ou fondement]' implique la vision critique selon laquelle l'&#234;tre 'dans son imm&#233;diatet&#233; est d&#233;clar&#233; invalide et essentiellement quelque chose de pos&#233;'. Il tient pourtant. que la raison ou le fondement d'un &#234;tre particulier ne peut &#234;tre cherch&#233; dans un autre &#234;tre &#233;galement particulier.] L'essence est donc autant historique qu'ontologique. Les potentialit&#233;s essentielles des choses se r&#233;alisent dans le boiteux processus compr&#233;hensif qui fonde leur existence. L'essence peut &#171; r&#233;aliser &#187; son existence lorsque les potentialit&#233;s des choses ont m&#251;ri dans et &#224; travers les conditions de la r&#233;alit&#233;. Hegel d&#233;crit ce processus comme la transition vers l'actualit&#233;. que la raison ou le fondement d'un &#234;tre particulier ne peut &#234;tre cherch&#233; dans un autre &#234;tre &#233;galement particulier.] L'essence est donc autant historique qu'ontologique. Les potentialit&#233;s essentielles des choses se r&#233;alisent dans le boiteux processus compr&#233;hensif qui fonde leur existence. L'essence peut &#171; r&#233;aliser &#187; son existence lorsque les potentialit&#233;s des choses ont m&#251;ri dans et &#224; travers les conditions de la r&#233;alit&#233;. Hegel d&#233;crit ce processus comme la transition vers l'actualit&#233;. que la raison ou le fondement d'un &#234;tre particulier ne peut &#234;tre cherch&#233; dans un autre &#234;tre &#233;galement particulier.] L'essence est donc autant historique qu'ontologique. Les potentialit&#233;s essentielles des choses se r&#233;alisent dans le boiteux processus compr&#233;hensif qui fonde leur existence. L'essence peut &#171; r&#233;aliser &#187; son existence lorsque les potentialit&#233;s des choses ont m&#251;ri dans et &#224; travers les conditions de la r&#233;alit&#233;. Hegel d&#233;crit ce processus comme la transition vers l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'analyse pr&#233;c&#233;dente &#233;tait guid&#233;e par le fait que les potentialit&#233;s propres des choses ne peuvent pas &#234;tre r&#233;alis&#233;es dans les formes d'existence dominantes, l'analyse de l'actualit&#233; r&#233;v&#232;le la forme de r&#233;alit&#233; dans laquelle ces potentialit&#233;s sont venues &#224; l'existence. Les d&#233;terminations essentielles ne restent pas ici en dehors des choses, sous la forme de quelque chose qui devrait &#234;tre mais n'est pas, mais qui se mat&#233;rialisent maintenant dans leur totalit&#233;. Malgr&#233; cette avanc&#233;e g&#233;n&#233;rale incarn&#233;e par le concept d'actualit&#233;, Hegel d&#233;crit l'actualit&#233; comme un processus totalement impr&#233;gn&#233; de conflit entre possibilit&#233; et r&#233;alit&#233;. Le conflit, cependant, n'est plus une opposition entre des forces existantes et non encore existantes, mais entre deux formes de r&#233;alit&#233; antagonistes qui coexistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude attentive de l'actualit&#233; r&#233;v&#232;le que c'est la premi&#232;re contingence ( Zuf&#228;lligheit). Ce qui est n'est pas n&#233;cessairement ce qu'il est ; il peut &#233;galement exister sous une autre forme. Hegel ne se r&#233;f&#232;re pas &#224; une possibilit&#233; logique vide. La multitude de formes possibles n'est pas arbitraire. Il y a un rapport d&#233;fini entre le donn&#233; et le possible. Possible n'est que ce qui peut &#234;tre tir&#233; du contenu m&#234;me du r&#233;el. Nous sommes ici rappel&#233;s &#224; l'analyse faite pr&#233;c&#233;demment &#224; propos du concept de r&#233;alit&#233;. Le r&#233;el se montre antagoniste, scind&#233; en son &#234;tre et son devoir. Le r&#233;el contient la n&#233;gation de ce qu'il est imm&#233;diatement comme sa nature m&#234;me et ainsi &#171; contient... la Possibilit&#233; &#187;. La forme sous laquelle le r&#233;el existe imm&#233;diatement n'est qu'une &#233;tape du processus dans lequel il d&#233;ploie son contenu, ou la r&#233;alit&#233; donn&#233;e est &#171; &#233;quivalente &#224; la possibilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de r&#233;alit&#233; est ainsi devenu le concept de possibilit&#233;. Le r&#233;el n'est pas encore &#171; actuel &#187;, mais n'est d'abord que la possibilit&#233; d'un actuel. La simple possibilit&#233; appartient au caract&#232;re m&#234;me de la r&#233;alit&#233; ; elle n'est pas impos&#233;e par un acte sp&#233;culatif arbitraire. Le possible et le r&#233;el sont dans une relation dialectique qui exige une condition sp&#233;ciale pour &#234;tre op&#233;ratoire, et cette condition doit en &#234;tre une en fait. Par exemple, si les relations existantes au sein d'un syst&#232;me social donn&#233; sont injustes et inhumaines, elles ne sont pas compens&#233;es par d'autres possibilit&#233;s r&#233;alisables &#224; moins que ces autres possibilit&#233;s ne se manifestent &#233;galement comme ayant leurs racines dans ce syst&#232;me. Ils doivent y &#234;tre pr&#233;sents, par exemple, sous la forme d'une richesse &#233;vidente de forces productives, d'un d&#233;veloppement des besoins et des d&#233;sirs mat&#233;riels des hommes, de leur culture avanc&#233;e, leur maturit&#233; sociale et politique, etc. Dans un tel cas, les possibilit&#233;s ne sont pas seulement r&#233;elles, mais repr&#233;sentent le v&#233;ritable contenu du syst&#232;me social par rapport &#224; sa forme imm&#233;diate d'existence. Ils sont donc une r&#233;alit&#233; encore plus r&#233;elle que le donn&#233;. On peut dire dans un tel cas que &#171; la possibilit&#233; est la r&#233;alit&#233; &#187;, et que le concept de possible est redevenu le concept de r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la possibilit&#233; peut-elle &#234;tre r&#233;alit&#233; ? Le possible doit &#234;tre r&#233;el au sens strict o&#249; il doit exister. En fait, le mode de son existence a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; montr&#233;. Il existe comme la r&#233;alit&#233; donn&#233;e elle-m&#234;me prise comme quelque chose qui doit &#234;tre ni&#233;e et transform&#233;e. En d'autres termes, le possible est la r&#233;alit&#233; donn&#233;e con&#231;ue comme la &#171; condition &#187; d'une autre r&#233;alit&#233;. La totalit&#233; des formes d'existence donn&#233;es ne vaut que comme condition d'autres formes d'existence. C'est le concept de possibilit&#233; r&#233;elle de Hegel, pr&#233;sent&#233; comme une tendance et une force historiques concr&#232;tes, de mani&#232;re &#224; exclure d&#233;finitivement son utilisation comme refuge id&#233;aliste contre la r&#233;alit&#233;. La c&#233;l&#232;bre proposition de Hegel selon laquelle &#171; le fait [ die Sache] est avant qu'il n'existe &#187; peut maintenant &#234;tre donn&#233; son sens strict. Avant d'exister, le fait &#171; est &#187; sous la forme d'une condition dans la constellation des donn&#233;es existantes. L'&#233;tat de choses existant n'est qu'une simple condition pour une autre constellation de faits, qui font fructifier les potentialit&#233;s inh&#233;rentes au donn&#233;. &#171; Quand toutes les conditions d'un fait sont r&#233;unies, il entre dans l'existence. Et &#224; un tel moment, aussi, la r&#233;alit&#233; donn&#233;e est une r&#233;elle possibilit&#233; de transformation en une autre r&#233;alit&#233;. 'La possibilit&#233; r&#233;elle d'un cas [ einer Sache] est la multiplicit&#233; existante des circonstances qui s'y rapportent. Revenons &#224; notre cas d'un syst&#232;me social non encore r&#233;alis&#233;. Un tel nouveau syst&#232;me est r&#233;ellement possible si les conditions pour lui sont r&#233;unies dans l'ancien, c'est-&#224;-dire si la forme sociale ant&#233;rieure poss&#232;de effectivement un contenu qui tend vers le nouveau syst&#232;me quant &#224; sa r&#233;alisation. Les circonstances qui existent dans l'ancienne forme ne sont donc pas con&#231;ues comme vraies et ind&#233;pendantes en elles-m&#234;mes, mais comme de simples conditions d'un autre &#233;tat de choses qui implique la n&#233;gation des premi&#232;res. &#171; Ainsi la Possibilit&#233; R&#233;elle constitue la totalit&#233; des conditions ; une Actualit&#233;... qui est l'&#234;tre-en-soi d'un Autre... &#187; Le concept de possibilit&#233; r&#233;elle d&#233;veloppe ainsi sa critique de la position positiviste &#224; partir de la nature des faits eux-m&#234;mes. Les faits ne sont des faits que s'ils sont li&#233;s &#224; ce qui n'est pas encore un fait et se manifeste pourtant dans les faits donn&#233;s comme une possibilit&#233; r&#233;elle. Ou bien, les faits ne sont ce qu'ils sont que comme des moments d'un processus qui m&#232;ne au-del&#224; d'eux &#224; ce qui n'est pas encore accompli en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de &#171; mener au-del&#224; &#187; est une tendance objective immanente aux faits tels qu'ils sont donn&#233;s. C'est une activit&#233; non pas en pens&#233;e mais en r&#233;alit&#233;, l'activit&#233; propre de r&#233;alisation de soi. Car la r&#233;alit&#233; donn&#233;e contient les possibilit&#233;s r&#233;elles comme son contenu, &#171; contient une dualit&#233; en elle-m&#234;me &#187;, et est en elle-m&#234;me &#171; r&#233;alit&#233; et possibilit&#233; &#187;. Dans sa totalit&#233; comme dans chacun de ses aspects et relations, son contenu est envelopp&#233; d'une insuffisance telle que seule sa destruction peut convertir ses possibilit&#233;s en r&#233;alit&#233;s. &#034;Les multiples formes d'existence sont en elles-m&#234;mes autotranscendance et destruction, et sont donc d&#233;termin&#233;es en elles-m&#234;mes comme une simple possibilit&#233;.&#034; Le processus de destruction des formes existantes et de leur remplacement par de nouvelles lib&#232;re leur contenu et leur permet de gagner leur &#233;tat actuel. Le processus par lequel un ordre donn&#233; de r&#233;alit&#233; p&#233;rit et aboutit &#224; un autre n'est donc rien d'autre que le devenir de l'ancienne r&#233;alit&#233;. C'est le &#171; retour &#187; de la r&#233;alit&#233; &#224; elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; sa vraie forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu d'une r&#233;alit&#233; donn&#233;e porte en germe sa transformation en une nouvelle forme, et sa transformation est un &#171; processus de n&#233;cessit&#233; &#187;, en ce sens qu'elle est la seule mani&#232;re par laquelle un r&#233;el contingent devient actuel. L'interpr&#233;tation dialectique de l'actualit&#233; supprime l'opposition traditionnelle entre contingence, possibilit&#233; et n&#233;cessit&#233;, et les int&#232;gre toutes comme des moments d'un processus global. La n&#233;cessit&#233; pr&#233;suppose une r&#233;alit&#233; qui est contingente, c'est-&#224;-dire qui, dans sa forme dominante, rec&#232;le des possibilit&#233;s qui ne se r&#233;alisent pas. La n&#233;cessit&#233; est le processus par lequel cette r&#233;alit&#233; contingente atteint sa forme ad&#233;quate. Hegel appelle cela le processus de l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une compr&#233;hension de la distinction entre r&#233;alit&#233; et actualit&#233;, la philosophie de Hegel n'a pas de sens dans ses principes d&#233;cisifs. Nous avons mentionn&#233; que Hegel n'a pas d&#233;clar&#233; que la r&#233;alit&#233; est rationnelle (ou raisonnable), mais a r&#233;serv&#233; cet attribut &#224; une forme d&#233;finie de r&#233;alit&#233;, &#224; savoir l'actualit&#233;. Et la r&#233;alit&#233; qui est actuelle est celle o&#249; l'&#233;cart entre le possible et le r&#233;el a &#233;t&#233; surmont&#233;. Sa r&#233;alisation se produit &#224; travers un processus de changement, la r&#233;alit&#233; donn&#233;e avan&#231;ant conform&#233;ment aux possibilit&#233;s qui s'y manifestent. Puisque le nouveau est donc la v&#233;rit&#233; lib&#233;r&#233;e de l'ancien, l'actualit&#233; est la &#171; simple unit&#233; positive &#187; de ces &#233;l&#233;ments qui avaient exist&#233; dans la d&#233;sunion au sein de l'ancien ; c'est l'unit&#233; du possible et du r&#233;el qui, dans le processus de transformation, &#171; ne revient qu'&#224; soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute pr&#233;tendue diff&#233;rence entre diverses formes de l'actuel n'est qu'apparente, parce que l'actualit&#233; se d&#233;veloppe sous toutes les formes. Une r&#233;alit&#233; est actuelle si elle se conserve et se perp&#233;tue &#224; travers la n&#233;gation absolue de toutes les contingences, c'est-&#224;-dire si toutes ses formes et &#233;tapes diverses ne sont que la manifestation lucide de son contenu v&#233;ritable. Dans une telle r&#233;alit&#233;, l'opposition entre contingence et n&#233;cessit&#233; est d&#233;pass&#233;e. Son processus est n&#233;cessairement , car il suit la loi inh&#233;rente &#224; sa propre nature et reste le m&#234;me dans toutes les conditions. En m&#234;me temps, cette n&#233;cessit&#233; est libert&#233;parce que le processus n'est pas d&#233;termin&#233; de l'ext&#233;rieur, par des forces ext&#233;rieures, mais, au sens strict, est un auto-d&#233;veloppement ; toutes les conditions sont saisies et &#171; pos&#233;es &#187; par le r&#233;el en d&#233;veloppement lui-m&#234;me. L'actualit&#233; est ainsi le titre de l'unit&#233; finale de l'&#234;tre qui n'est plus sujette au changement, parce qu'elle exerce un pouvoir autonome sur tout changement &#8211; &#8203;&#8203;non pas la simple identit&#233; mais &#171; l'identit&#233; &#224; soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle identit&#233; ne peut &#234;tre atteinte que par le biais de la conscience de soi et de la cognition. Car seul un &#234;tre qui a la facult&#233; de conna&#238;tre ses propres possibilit&#233;s et celles de son monde peut transformer tout &#233;tat d'existence donn&#233; en condition de sa libre r&#233;alisation. La vraie r&#233;alit&#233; pr&#233;suppose la libert&#233;, et la libert&#233; pr&#233;suppose la connaissance de la v&#233;rit&#233;. La vraie r&#233;alit&#233; doit donc &#234;tre comprise comme la r&#233;alisation d'un sujet connaissant. L'analyse h&#233;g&#233;lienne de l'actualit&#233; conduit ainsi &#224; l'id&#233;e du sujet comme le v&#233;ritable effectif de toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons atteint le point o&#249; la logique objective se transforme en logique subjective, ou, o&#249; la subjectivit&#233; &#233;merge comme la vraie forme d'objectivit&#233;. On peut r&#233;sumer l'analyse de Hegel dans le sch&#233;ma suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233; exige la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La libert&#233; exige la conscience de soi et la connaissance de la v&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conscience de soi et la connaissance de la v&#233;rit&#233; sont les &#233;l&#233;ments essentiels du sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233; doit &#234;tre con&#231;ue comme sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter que la cat&#233;gorie logique &#171; sujet &#187; ne d&#233;signe pas une forme particuli&#232;re de subjectivit&#233; (telle que l'homme) mais une structure g&#233;n&#233;rale qui pourrait &#234;tre mieux caract&#233;ris&#233;e par le concept &#171; esprit &#187;. Le sujet d&#233;signe un universel qui s'individualise, et si l'on veut penser &#224; un exemple concret, on peut d&#233;signer &#171; l'esprit &#187; d'une &#233;poque historique. Si nous avons compris une telle &#233;poque, si nous avons saisi sa notion, nous verrons un principe universel qui se d&#233;veloppe, par l'action consciente des individus, dans toutes les institutions, tous les faits et toutes les relations en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de sujet, cependant, n'est pas la derni&#232;re &#233;tape de l'analyse de Hegel. Il proc&#232;de maintenant &#224; la d&#233;monstration que le sujet est la notion. Il a montr&#233; que la libert&#233; du sujet consiste dans sa facult&#233; de comprendre ce qui est. Autrement dit, la libert&#233; tire son contenu de la connaissance de la v&#233;rit&#233;. Mais la forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; est tenue est la notion.La libert&#233; n'est en derni&#232;re analyse pas un attribut du sujet pensant en tant que tel, mais de la v&#233;rit&#233; que ce sujet d&#233;tient et manie. La libert&#233; est donc un attribut de la notion, et la vraie forme de r&#233;alit&#233; dans laquelle se r&#233;alise l'essence de l'&#234;tre est la notion. La notion &#171; n'existe &#187; cependant que chez le sujet pensant. &#034;La Notion, dans la mesure o&#249; elle a avanc&#233; dans une existence telle qu'elle est libre en elle-m&#234;me, n'est que l'Ego, ou la pure conscience de soi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;trange identification h&#233;g&#233;lienne de la notion et du moi ou sujet ne peut &#234;tre comprise que si l'on garde &#224; l'esprit qu'il consid&#232;re la notion comme l'activit&#233; de comprendre ( Begreifen ) plut&#244;t que sa forme logique abstraite ou son r&#233;sultat ( Begriff ) . Cela nous rappelle la logique transcendantale de Kant dans laquelle les concepts les plus &#233;lev&#233;s de la pens&#233;e sont trait&#233;s comme des actes cr&#233;ateurs de l'ego sans cesse renouvel&#233;s dans le processus de connaissance. Au lieu de nous attarder sur l'&#233;laboration h&#233;g&#233;lienne de ce point, nous tenterons de d&#233;velopper certaines des implications de son concept de la notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, la notion est l'activit&#233; du sujet et, en tant que telle, la v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233;. D'autre part, le sujet est caract&#233;ris&#233; par la libert&#233;, de sorte que la Doctrine de la notion de Hegel d&#233;veloppe r&#233;ellement les cat&#233;gories de la libert&#233;. Celles-ci appr&#233;hendent le monde tel qu'il appara&#238;t lorsque la pens&#233;e s'est lib&#233;r&#233;e du pouvoir d'une r&#233;alit&#233; &#171; r&#233;ifi&#233;e &#187;, lorsque le sujet est apparu comme la &#171; substance &#187; de l'&#234;tre. Une telle pens&#233;e lib&#233;r&#233;e a finalement surmont&#233; la s&#233;paration traditionnelle des formes logiques de leur contenu. L'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la notion renverse la relation ordinaire entre la pens&#233;e et la r&#233;alit&#233; et devient la pierre angulaire de la philosophie en tant que th&#233;orie critique. Selon la pens&#233;e du sens commun, la connaissance devient d'autant plus irr&#233;elle qu'elle fait abstraction de la r&#233;alit&#233;. Pour Hegel, c'est le contraire qui est vrai. L'abstraction de la r&#233;alit&#233;, qu'exige la formation de la notion, rend la notion non pas plus pauvre mais plus riche que la r&#233;alit&#233;, parce qu'elle conduit des faits &#224; leur contenu essentiel. La v&#233;rit&#233; ne peut &#234;tre tir&#233;e des faits tant que le sujet ne vit pas encore en eux mais s'y oppose. Le monde des faits n'est pas rationnel mais doit &#234;treapport&#233;&#224; la raison, c'est-&#224;-dire &#224; une forme dans laquelle la r&#233;alit&#233; correspond effectivement &#224; la v&#233;rit&#233;. Tant que cela n'a pas &#233;t&#233; accompli, la v&#233;rit&#233; repose sur la notion abstraite et non sur la r&#233;alit&#233; concr&#232;te. La t&#226;che de l'abstraction consiste dans &#171; la transcendance et la r&#233;duction de la r&#233;alit&#233; [comme de la simple apparence] &#224; l'essentiel, qui se manifeste dans la seule notion &#187;. Avec la formation de la notion, l'abstraction ne d&#233;serte pas, mais conduit &#224; l'actualit&#233;. Ce que sont r&#233;ellement la nature et l'histoire ne se trouvera pas dans les faits dominants ; le monde n'est pas si harmonieux. La connaissance philosophique est ainsi oppos&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233;, et cette opposition s'exprime dans le caract&#232;re abstrait des notions philosophiques. &#034;La philosophie n'est pas cens&#233;e &#234;tre un r&#233;cit de ce qui se passe, mais une connaissance de ce qui est vrai dans les &#233;v&#233;nements,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance philosophique n'est cependant sup&#233;rieure &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la science que dans la mesure o&#249; ses notions contiennent ce rapport &#224; la v&#233;rit&#233; que Hegel n'accorde qu'aux notions dialectiques. Le simple d&#233;passement des faits ne distingue pas la connaissance dialectique de la science positiviste. Ce dernier, lui aussi, va au-del&#224; des faits ; il obtient des lois, fait des pr&#233;dictions, etc. Cependant, avec tout l'appareil de sa proc&#233;dure, la science positiviste reste dans les r&#233;alit&#233;s donn&#233;es ; l'avenir qu'il pr&#233;dit, m&#234;me les changements de forme auxquels il conduit ne s'&#233;cartent jamais du donn&#233;. La forme et le contenu des concepts scientifiques restent li&#233;s &#224; l'ordre des choses en vigueur ; ils ont un caract&#232;re statique m&#234;me lorsqu'ils expriment un mouvement et un changement. La science positiviste travaille aussi avec des concepts abstraits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'abstraction qui aboutit &#224; la notion dialectique est tout autre. Ici, l'abstraction est la r&#233;duction des diverses formes et relations de la r&#233;alit&#233; au processus r&#233;el dans lequel elles se constituent. Le changeant et le particulier sont ici aussi importants que le commun et le durable. L'universalit&#233; de la notion dialectique n'est pas la somme fixe et stable de caract&#232;res abstraits, mais une totalit&#233; concr&#232;te qui &#233;volue elle-m&#234;me des diff&#233;rences particuli&#232;res de tous les faits qui appartiennent &#224; cette totalit&#233;. La notion contient non seulement tous les faits dont la r&#233;alit&#233; est compos&#233;e, mais aussi les processus dans lesquels ces faits se d&#233;veloppent et se dissolvent. La notion &#233;tablit ainsi &#171; le principede ses distinctions &#187; ; les divers faits que la notion comprend doivent &#234;tre pr&#233;sent&#233;s comme des &#171; distinctions internes &#187; de la notion elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode dialectique d&#233;rive toutes les d&#233;terminations concr&#232;tes d'un principe compr&#233;hensif, qui est le principe du d&#233;veloppement effectif de l'objet lui-m&#234;me. Les divers &#233;tats, qualit&#233;s et conditions de l'objet doivent appara&#238;tre comme son propre contenu positif d&#233;ploy&#233;. Rien ne peut &#234;tre ajout&#233; de l'ext&#233;rieur (un fait donn&#233;, par exemple). Le d&#233;veloppement dialectique n'est pas &#171; l'activit&#233; externe de la pens&#233;e subjective &#187;, mais l'histoire objective du r&#233;el lui-m&#234;me. Hegel peut d&#232;s lors dire qu'en philosophie dialectique ce n'est &#171; pas nous qui forgeons les notions &#187;, mais que leur formation est plut&#244;t un d&#233;veloppement objectif que nous ne faisons que reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'exemple plus ad&#233;quat de la formation de la notion dialectique que le concept de capitalisme de Marx. tout comme Hegel, conform&#233;ment &#224; la doctrine selon laquelle la notion est une totalit&#233; antagoniste, d&#233;clare qu'il est &#171; impossible et absurde de formuler la v&#233;rit&#233; sous des formes telles que le jugement positif ou le jugement en g&#233;n&#233;ral &#187;, Marx, lui aussi, r&#233;pudie toute d&#233;finition qui fixe la v&#233;rit&#233;. dans un ensemble final de propositions. Le concept de capitalisme n'est rien de moins que la totalit&#233; du processus capitaliste, compris dans le &#171; principe &#187; selon lequel il progresse. La notion de capitalisme part de la s&#233;paration des producteurs r&#233;els des moyens de production, aboutissant &#224; l'&#233;tablissement du travail libre et &#224; l'appropriation de la plus-value, ce qui, avec le d&#233;veloppement de la technologie, entra&#238;ne l'accumulation et la centralisation du capital, la baisse progressive du taux de profit et l'effondrement de tout le syst&#232;me. La notion de capitalisme n'est pas moins que les trois tomes deCapital , tout comme la notion h&#233;g&#233;lienne de la notion comprend les trois livres de sa Science de la logique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la notion constitue une &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;, qui n'&#233;volue qu'en vertu de ses forces contradictoires. Les aspects n&#233;gatifs de la r&#233;alit&#233; ne sont donc pas des &#171; perturbations &#187; ou des points faibles dans un ensemble harmonieux, mais les conditions m&#234;mes qui exposent la structure et les tendances de la r&#233;alit&#233;. L'extraordinaire importance de cette m&#233;thode devient tout &#224; fait claire si l'on consid&#232;re la mani&#232;re dont Marx concevait la crise comme un moment mat&#233;riel du syst&#232;me capitaliste, de sorte que ce moment &#171; n&#233;gatif &#187; est l'accomplissement du principe de ce syst&#232;me. Les crises sont des &#233;tapes n&#233;cessaires &#224; &#171; l'auto-diff&#233;renciation &#187; du capitalisme, et le syst&#232;me r&#233;v&#232;le son v&#233;ritable contenu par l'acte n&#233;gatif de l'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion pr&#233;sente une totalit&#233; objective dans laquelle chaque moment particulier appara&#238;t comme &#171; l'auto-diff&#233;renciation &#187; de l'universel (le principe qui gouverne la totalit&#233;) et est donc lui-m&#234;me universel. C'est-&#224;-dire que chaque moment particulier contient, comme son contenu m&#234;me, le tout, et doit &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme le tout. Pour l'explication, renvoyons-nous encore au domaine dans lequel la logique dialectique s'est &#233;panouie, la th&#233;orie de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique dialectique soutient que chaque contenu particulier est form&#233; par le principe universel qui d&#233;termine le mouvement de l'ensemble. Une seule relation humaine, par exemple celle entre un p&#232;re et son enfant, est constitu&#233;e par les relations fondamentales qui r&#233;gissent le syst&#232;me social. L'autorit&#233; du p&#232;re est &#233;tay&#233;e par le fait qu'il est le pourvoyeur de la famille ; les instincts &#233;go&#239;stes de la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive entrent dans son amour. L'image de son p&#232;re accompagne l'adulte et guide sa soumission aux pouvoirs qui r&#233;gissent son existence sociale. L'intimit&#233; de la relation familiale s'ouvre ainsi et d&#233;bouche sur les relations sociales dominantes de sorte que la relation priv&#233;e elle-m&#234;me d&#233;ploie son propre contenu social. Ce d&#233;veloppement proc&#232;de selon le principe de la &#171; n&#233;gation d&#233;termin&#233;e &#187;. C'est-&#224;-dire, le rapport familial produit sa contradiction qui d&#233;truit son contenu originel, et cette contradiction, bien que dissolvant la famille, remplit sa fonction actuelle. Le particulier est l'universel, de sorte que le contenu sp&#233;cifique se transforme directement en contenu universel &#224; travers le processus de son existence concr&#232;te. L&#224; encore, la logique dialectique reproduit la structure d'une forme historique de r&#233;alit&#233; dans laquelle le processus social dissout toute sph&#232;re d&#233;limit&#233;e et stable de la vie dans la dynamique &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de sa relation intrins&#232;que &#224; tout autre moment particulier de l'ensemble, le contenu et la fonction de chaque aspect donn&#233; changent avec chaque changement de l'ensemble. Isoler et fixer les moments particuliers est donc impossible. Le gouffre infranchissable pr&#233;tendu exister entre les math&#233;matiques et la th&#233;orie dialectique repose sur ce point ; c'est pourquoi toute tentative d'encadrer la v&#233;rit&#233; sous des formes math&#233;matiques la d&#233;truit in&#233;vitablement. Car les objets math&#233;matiques &#171; ont la particularit&#233;... d'&#234;tre ext&#233;rieurs les uns aux autres et d'avoir une d&#233;termination fixe. Maintenant, si les notions sont prises de cette mani&#232;re, de sorte qu'elles correspondent &#224; de tels symboles [math&#233;matiques], alors elles cessent d'&#234;tre des notions. Leurs d&#233;terminations ne sont pas des mati&#232;res aussi mortes que les nombres et les lignes... . ce sont des mouvements vivants ; la d&#233;terminit&#233; diff&#233;rente d'un c&#244;t&#233; est aussi imm&#233;diatement interne &#224; l'autre ; et ce qui serait une compl&#232;te contradiction avec les nombres et les lignes est essentiel &#224; la nature de la Notion. La notion, seule forme ad&#233;quate de la v&#233;rit&#233;, &#171; ne peut essentiellement &#234;tre appr&#233;hend&#233;e que par l'Esprit... C'est en vain qu'on essaie de la fixer au moyen de figures spatiales et de symboles alg&#233;briques aux fins de l'&#339;il ext&#233;rieur et d'un traitement ou d'un calcul m&#233;canique sans notion.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la doctrine de la notion est parfaitement &#171; r&#233;aliste &#187; si elle est comprise et ex&#233;cut&#233;e comme une th&#233;orie historique. Mais, comme nous l'avons d&#233;j&#224; laiss&#233; entendre, Hegel tend &#224; dissoudre l'&#233;l&#233;ment de la pratique historique et &#224; le remplacer par la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante de la pens&#233;e. La multitude des notions particuli&#232;res finit par converger dans la notion, qui devient l'unique contenu de toute la Logique. Cette tendance pourrait encore se concilier avec une interpr&#233;tation historique si l'on consid&#232;re la notion comme repr&#233;sentant la p&#233;n&#233;tration finale du monde par la raison. La r&#233;alisation de la notion signifierait alors la ma&#238;trise universelle, exerc&#233;e par des hommes ayant une organisation sociale rationnelle, sur la nature &#8211; un monde qui pourrait bien &#234;tre imagin&#233; comme la r&#233;alisation de la notion de toutes choses. Une telle conception historique est maintenue vivante dans la philosophie de Hegel, mais il est constamment submerg&#233; par les conceptions ontologiques de l'id&#233;alisme absolu. C'est finalement &#224; cette derni&#232;re que se termine la Science de la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas suivre la Doctrine de la Notion au-del&#224; du point que nous avons atteint. Au lieu d'une esquisse br&#232;ve et n&#233;cessairement inad&#233;quate de la Logique subjective, nous avons choisi de tenter une interpr&#233;tation grossi&#232;re de ses derniers paragraphes. Ils fournissent la fameuse transition de la Logique &#224; la Philosophie de la Nature et de l'Esprit , et ferment ainsi toute la gamme du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d&#233;signe la forme g&#233;n&#233;rale de tout &#234;tre, et, en m&#234;me temps, l'&#234;tre vrai qui repr&#233;sente ad&#233;quatement cette forme, &#224; savoir le sujet libre. Le sujet existe, encore une fois, dans un mouvement des modes inf&#233;rieurs vers les modes sup&#233;rieurs de r&#233;alisation de soi. Hegel appelle l'id&#233;e la forme la plus &#233;lev&#233;e de cette r&#233;alisation de soi. Depuis Platon, l'id&#233;e a signifi&#233; l'image des v&#233;ritables potentialit&#233;s des choses contre la r&#233;alit&#233; apparente. C'&#233;tait &#224; l'origine un concept critique, comme le concept d'essence, d&#233;non&#231;ant la s&#233;curit&#233; du sens commun dans un monde trop volontiers satisfait de la forme sous laquelle les choses apparaissent imm&#233;diatement. La proposition selon laquelle l'&#234;tre v&#233;ritable est l'id&#233;e et non la r&#233;alit&#233; contient donc un paradoxe intentionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hegel, qui ne connaissait aucun domaine de v&#233;rit&#233; au-del&#224; du monde, l'id&#233;e est actuelle et la t&#226;che de l'homme est de vivre dans son actualit&#233;. L'id&#233;e existe en tant que cognition et vie. Les termes n'offriront plus de difficult&#233;s ; depuis les premiers &#233;crits de Hegel, la vie a repr&#233;sent&#233; la forme r&#233;elle de l'&#234;tre v&#233;ritable. Il repr&#233;sente le mode d'existence qu'un sujet, par la n&#233;gation consciente de toute alt&#233;rit&#233;, a fait &#339;uvre libre. De plus, la vie ne peut &#234;tre une &#339;uvre aussi libre qu'en vertu de la cognition, puisque le sujet a besoin du pouvoir de la pens&#233;e conceptuelle pour disposer des potentialit&#233;s des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment de pratique est toujours retenu dans les derni&#232;res sections de la Logique. La forme ad&#233;quate de l'id&#233;e est appel&#233;e l'unit&#233; de la connaissance et de l'action, ou &#171; l'identit&#233; de l'id&#233;e th&#233;orique et de l'id&#233;e pratique &#187;. Hegel d&#233;clare express&#233;ment que l'id&#233;e pratique, la r&#233;alisation du &#034;Bien&#034; qui modifie la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, est &#034;plus &#233;lev&#233;e que l'Id&#233;e de Cognition, ... car elle a non seulement la dignit&#233; de l'universel mais aussi celle du simple r&#233;el&#034;. '&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont Hegel d&#233;montre cette unit&#233; montre cependant qu'il a op&#233;r&#233; une transformation d&#233;finitive de l'histoire en ontologie. L'&#234;tre v&#233;ritable est con&#231;u comme un &#234;tre parfaitement libre. La libert&#233; parfaite, selon Hegel, exige que le sujet comprenne tous les objets, de sorte que leur objectivit&#233; ind&#233;pendante soit surmont&#233;e. Le monde objectif devient alors le support de l'auto-r&#233;alisation du sujet, qui conna&#238;t toute r&#233;alit&#233; comme sienne et n'a d'autre objet que lui-m&#234;me. Tant que la cognition et l'action ont encore un objet ext&#233;rieur non encore ma&#238;tris&#233; et donc &#233;tranger et hostile au sujet, le sujet n'est pas libre. L'action est toujours dirig&#233;e contre un monde hostile et, puisqu'elle implique l'existence d'un tel monde hostile, l'action restreint essentiellement la libert&#233; du sujet. Seule pens&#233;e, pure pens&#233;e, r&#233;pond aux exigences de la libert&#233; parfaite, car la pens&#233;e &#171; pensant &#187; elle-m&#234;me est tout enti&#232;re pour elle-m&#234;me dans son alt&#233;rit&#233; ; il n'a d'autre objet que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-nous l'affirmation de Hegel selon laquelle &#171; toute philosophie est un id&#233;alisme &#187;. Nous pouvons maintenant comprendre le c&#244;t&#233; critique de l'id&#233;alisme, qui justifie cette affirmation. Il y a cependant un autre aspect de l'id&#233;alisme qui le rattache &#224; la r&#233;alit&#233; que ses tendances critiques s'efforcent de surmonter. D&#232;s leur origine, les concepts de base de l'id&#233;alisme refl&#232;tent une s&#233;paration sociale de la sph&#232;re intellectuelle de la sph&#232;re de la production mat&#233;rielle. Leur contenu et leur validit&#233; tiennent au pouvoir et aux facult&#233;s d'une &#171; classe des loisirs &#187;, qui devient gardienne de l'id&#233;e du fait qu'elle n'est pas astreinte &#224; travailler &#224; la reproduction mat&#233;rielle de la soci&#233;t&#233;. Car, son statut d'exception a lib&#233;r&#233; cette classe des relations inhumaines que la reproduction mat&#233;rielle cr&#233;ait, et l'a rendue capable de les transcender.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu que Hegel protestait contre ce courant de la philosophie, le consid&#233;rant comme l'abdication compl&#232;te de la raison. Il parlait du pouvoir r&#233;el de la raison et de la mat&#233;rialisation concr&#232;te de la libert&#233;. Mais il &#233;tait effray&#233; par les forces sociales qui avaient entrepris cette t&#226;che. La R&#233;volution fran&#231;aise avait de nouveau montr&#233; que la soci&#233;t&#233; moderne &#233;tait un syst&#232;me d'antagonismes irr&#233;conciliables. Hegel reconnaissait que les relations de la soci&#233;t&#233; civile ne pouvaient, en raison du mode de travail particulier sur lequel elles &#233;taient fond&#233;es, ne jamais assurer la libert&#233; parfaite et la raison parfaite. Dans cette soci&#233;t&#233;, l'homme restait soumis aux lois d'une &#233;conomie non ma&#238;tris&#233;e, et devait &#234;tre apprivois&#233; par un &#201;tat fort, capable de faire face aux contradictions sociales. La v&#233;rit&#233; finale devait donc &#234;tre recherch&#233;e dans une autre sph&#232;re de la r&#233;alit&#233;. La philosophie politique de Hegel &#233;tait enti&#232;rement r&#233;gie par cette conviction. La Logique porte aussi la marque de la r&#233;signation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la raison et la libert&#233; sont les crit&#232;res de l'&#234;tre v&#233;ritable, et que la r&#233;alit&#233; dans laquelle elles se mat&#233;rialisent est entach&#233;e d'irrationalit&#233; et d'asservissement, elles doivent &#224; nouveau se reposer dans l'id&#233;e. La connaissance devient ainsi plus qu'une action, et la connaissance, la connaissance de la philosophie, se rapproche de la v&#233;rit&#233; plus que ne le fait la pratique sociale et politique. Bien que Hegel dise que le stade de d&#233;veloppement historique atteint &#224; son &#233;poque r&#233;v&#232;le que l'id&#233;e est devenue r&#233;elle, elle &#171; existe &#187; en tant que monde compris, pr&#233;sent dans la pens&#233;e., comme le &#171; syst&#232;me de la science &#187;. Cette connaissance n'est plus individuelle, mais a la &#171; dignit&#233; &#187; de &#171; l'universel &#187;. L'humanit&#233; a pris conscience du monde comme raison, des vraies formes de tout ce qu'elle est capable de r&#233;aliser. Purifi&#233; comme il l'est des scories de l'existence, ce syst&#232;me scientifique est la v&#233;rit&#233; sans d&#233;faut, l'id&#233;e absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e absolue ne s'ajoute pas aux r&#233;sultats de l'analyse pr&#233;c&#233;dente en tant qu'entit&#233; supr&#234;me s&#233;par&#233;e. C'est dans son contenu, la totalit&#233; des concepts que la Logiques'est d&#233;ploy&#233;e, et dans sa forme la &#171; m&#233;thode &#187; qui d&#233;veloppe cette totalit&#233;. &#171; Parler de l'id&#233;e absolue peut sugg&#233;rer la conception que nous atteignons enfin la bonne chose et la somme de toute la mati&#232;re. Il est certainement possible de se livrer &#224; une grande quantit&#233; de d&#233;clamations insens&#233;es sur l'id&#233;e absolue. Mais son v&#233;ritable contenu n'est que l'ensemble du syst&#232;me dont nous avons jusqu'ici &#233;tudi&#233; le d&#233;veloppement. Par cons&#233;quent, le chapitre de Hegel sur l'Id&#233;e absolue nous donne une derni&#232;re d&#233;monstration compl&#232;te de la m&#233;thode dialectique. Ici encore, il se pr&#233;sente comme le processus objectif de l'&#234;tre, qui ne se conserve qu'&#224; travers les diff&#233;rents modes de la &#171; n&#233;gation de la n&#233;gation &#187;. C'est cette dynamique qui finalement d&#233;place l'id&#233;e absolue et fait la transition de la Logique &#224; laPhilosophie de la nature et de l'esprit. L'id&#233;e absolue est la v&#233;ritable notion de la r&#233;alit&#233; et, en tant que telle, la forme la plus &#233;lev&#233;e de la connaissance. C'est en quelque sorte la pens&#233;e dialectique, d&#233;ploy&#233;e dans sa totalit&#233;. Cependant, c'est une pens&#233;e dialectique et elle contient donc sa n&#233;gation ; ce n'est pas une forme harmonieuse et stable mais un processus d'unification des contraires. Il n'est complet que dans son alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e absolue est le sujet sous sa forme finale, la pens&#233;e. Son alt&#233;rit&#233; et n&#233;gation est l' objet , l'&#234;tre. L'id&#233;e absolue doit maintenant &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme &#234;tre objectif. La Logique de Hegel s'arr&#234;te donc l&#224; o&#249; elle a commenc&#233;, avec la cat&#233;gorie de l'&#234;tre. Ceci, cependant, est un &#234;tre diff&#233;rent qui ne peut plus &#234;tre expliqu&#233; par les concepts appliqu&#233;s dans l'analyse qui a ouvert la Logique. Car l'&#234;tre maintenant est compris dans sa notion, c'est-&#224;-dire comme une totalit&#233; concr&#232;te dans laquelle toutes les formes particuli&#232;res subsistent en tant que distinctions et relations essentielles d'un principe compr&#233;hensif. Ainsi compris, l'&#234;tre est nature , et la pens&#233;e dialectique passe &#224; la philosophie de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet expos&#233; ne couvre qu'un aspect de la transition. Le d&#233;passement de la Logique n'est pas seulement le passage m&#233;thodologique d'une science (la Logique) &#224; une autre (la Philosophie de la Nature), mais aussi le passage objectif d'une forme d'&#234;tre (l'Id&#233;e) &#224; une autre (la Nature). Hegel dit que &#171; l'id&#233;e se lib&#232;re librement &#187; dans la nature, ou se &#171; d&#233;termine &#187; librement en tant que nature. C'est cette affirmation, mettant en avant la transition comme un processus effectif dans la r&#233;alit&#233;, qui offre de grandes difficult&#233;s &#224; la compr&#233;hension du syst&#232;me de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soulign&#233; que la logique dialectique relie la forme de la pens&#233;e &#224; son contenu. La notion comme forme logique est en m&#234;me temps la notion comme r&#233;alit&#233; existante ; c'est un sujet pensant. L'id&#233;e absolue, forme ad&#233;quate de cette existence, doit donc contenir en elle-m&#234;me cette dynamique qui la pousse &#224; son contraire, et, par la n&#233;gation de ce contraire, &#224; son retour sur elle-m&#234;me. Mais comment cette libre transformation de l'id&#233;e absolue en &#234;tre objectif (la Nature) et de l&#224; en esprit peut-elle &#234;tre d&#233;montr&#233;e comme un &#233;v&#233;nement r&#233;el ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, la Logique de Hegel reprend la tradition m&#233;taphysique de la philosophie occidentale, une tradition qu'elle avait abandonn&#233;e sous tant d'aspects. Depuis Aristote, la qu&#234;te de l'&#234;tre (en tant que tel) s'&#233;tait doubl&#233;e de la qu&#234;te de l'&#234;tre v&#233;ritable, de cet &#234;tre d&#233;termin&#233; qui exprime le plus ad&#233;quatement les caract&#232;res de l'&#234;tre en tant que tel. Cet &#234;tre v&#233;ritable s'appelait Dieu. L'ontologie aristot&#233;licienne culminait dans la th&#233;ologie, mais une th&#233;ologie qui n'avait rien &#224; voir avec la religion, puisqu'elle traitait l'&#234;tre de Dieu exactement de la m&#234;me mani&#232;re qu'elle traitait l'&#234;tre des choses mat&#233;rielles. Le Dieu aristot&#233;licien n'est ni le cr&#233;ateur ni le juge du monde ; sa fonction est purement ontologique, on pourrait m&#234;me dire m&#233;canique ; il repr&#233;sente un type d&#233;fini de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; cette tradition, Hegel lie lui aussi sa Logique &#224; la th&#233;ologie. Il dit que la Logique &#171; montre Dieu tel qu'il est dans son essence &#233;ternelle avant la cr&#233;ation de la Nature et d'un Esprit fini &#187;. Dieu dans cette formule signifie la totalit&#233; des formes pures de tout &#234;tre, ou, la v&#233;ritable essence de l'&#234;tre que la Logiquese d&#233;roule. Cette essence se r&#233;alise dans le sujet libre dont la libert&#233; parfaite est pens&#233;e. Jusqu'ici, la logique de Hegel suit le mod&#232;le de la m&#233;taphysique aristot&#233;licienne. Mais maintenant, la tradition chr&#233;tienne, dans laquelle la philosophie de Hegel &#233;tait profond&#233;ment enracin&#233;e, affirme son droit et emp&#234;che le maintien d'une conception purement ontologique de Dieu. L'id&#233;e absolue doit &#234;tre con&#231;ue comme le v&#233;ritable cr&#233;ateur du monde ; elle doit prouver sa libert&#233; en se lib&#233;rant librement dans son alt&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de Hegel s'en tient cependant aux tendances rationalistes de sa philosophie. L'&#234;tre v&#233;ritable ne r&#233;side pas au-del&#224; de ce monde, mais n'existe que dans le processus dialectique qui le perp&#233;tue. Aucun but final n'existe en dehors de ce processus qui pourrait marquer un salut du monde. Comme la logiquele d&#233;peint, le monde est &#171; la totalit&#233; en soi, et contient l'id&#233;e pure de la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me &#187;. &#8211; &#171; Le processus de la r&#233;alit&#233; est un &#171; cercle &#187;, montrant la m&#234;me forme absolue dans tous ses moments, &#224; savoir le retour de l'&#234;tre &#224; soi par la n&#233;gation de son alt&#233;rit&#233;. Le syst&#232;me de Hegel annule donc m&#234;me l'id&#233;e de cr&#233;ation ; toute n&#233;gativit&#233; est surmont&#233;e par la dynamique inh&#233;rente de la r&#233;alit&#233;. La nature atteint sa v&#233;rit&#233; lorsqu'elle entre dans le domaine de l'histoire. Le d&#233;veloppement du sujet lib&#232;re l'&#234;tre de sa n&#233;cessit&#233; aveugle, et la nature devient une partie de l'histoire humaine et donc une partie de l'esprit. L'histoire, &#224; son tour, est le long chemin de l'humanit&#233; vers la domination conceptuelle et pratique de la nature et de la soci&#233;t&#233;, qui s'accomplit lorsque l'homme a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; la raison et &#224; la possession du monde en tant que raison. L'indice qu'un tel &#233;tat a &#233;t&#233; atteint est, dit Hegel, le fait que le v&#233;ritable &#171; syst&#232;me de la science &#187; a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;, c'est-&#224;-dire son propre syst&#232;me philosophique. Elle embrasse le monde entier comme une totalit&#233; comprise dans laquelle toutes choses et relations apparaissent dans leur forme et leur contenu r&#233;els, c'est-&#224;-dire dans leur notion. L'identit&#233; du sujet et de l'objet, de la pens&#233;e et de la r&#233;alit&#233; y est atteinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie politique&lt;br class='autobr' /&gt;
(1816-1821)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volume de la science de la logique avait paru en 1812, le dernier en 1816. Au cours de l'int&#233;rim de quatre ans avait eu lieu la &#034;guerre de lib&#233;ration&#034; prussienne, la Sainte Alliance contre Napol&#233;on, les batailles de Leipzig et de Waterloo, et l'entr&#233;e victorieuse des Alli&#233;s &#224; Paris. En 1816, Hegel, alors directeur d'un lyc&#233;e de Nuremberg, est nomm&#233; professeur de philosophie &#224; l'Universit&#233; de Heidelberg. L'ann&#233;e suivante, il publie la premi&#232;re &#233;dition de l' Encyclop&#233;die des sciences philosophiques et est choisi comme successeur de Fichte &#224; l'Universit&#233; de Berlin. Ce but final de sa carri&#232;re universitaire co&#239;ncide avec la fin de son d&#233;veloppement philosophique. Il est devenu le soi-disant philosophe officiel de l'&#201;tat prussien et le dictateur philosophique de l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'entrerons pas plus loin dans l'histoire de la biographie de Hegel, puisque nous ne traitons pas ici de son caract&#232;re personnel et de ses motifs. La fonction sociale et politique de sa philosophie, et l'affinit&#233; entre sa philosophie et la Restauration doivent &#234;tre rendues par rapport &#224; la situation particuli&#232;re dans laquelle se trouve la soci&#233;t&#233; moderne &#224; la fin de l'&#232;re napol&#233;onienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel consid&#233;rait Napol&#233;on comme le h&#233;ros historique accomplissant le destin de la R&#233;volution fran&#231;aise ; il &#233;tait, pensait Hegel, le seul homme capable de transformer les r&#233;alisations de 1789 en un ordre &#233;tatique et de lier la libert&#233; individuelle &#224; la raison universelle d'un syst&#232;me social stable. Ce n'&#233;tait pas une grandeur abstraite qu'il admirait chez Napol&#233;on, mais la qualit&#233; d'exprimer le besoin historique de l'&#233;poque. Napol&#233;on &#233;tait &#171; l'&#226;me du monde &#187;, en qui s'incarnait la t&#226;che universelle de l'&#233;poque. Cette t&#226;che consistait &#224; consolider et &#224; pr&#233;server la nouvelle forme de soci&#233;t&#233; qui repr&#233;sentait le principe de raison. On sait que le principe de raison dans la soci&#233;t&#233; signifiait pour Hegel un ordre social fond&#233; sur l'autonomie rationnelle de l'individu. La libert&#233; individuelle, cependant, avait pris la forme de l'individualisme brutal ; la libert&#233; de chaque individu se trouvait dans une lutte comp&#233;titive &#224; mort contre celle de tous les autres. La Terreur de 1793 illustre cet individualisme et en est l'aboutissement n&#233;cessaire. Le conflit des domaines f&#233;odaux avait autrefois attest&#233; que la f&#233;odalit&#233; n'&#233;tait plus capable d'unir l'int&#233;r&#234;t individuel et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ; la libert&#233; concurrentielle omnipr&#233;sente des individus t&#233;moignait d&#233;sormais que la soci&#233;t&#233; de la classe moyenne ne l'&#233;tait pas non plus. Hegel voyait dans la souverainet&#233; de l'&#201;tat le seul principe qui apporterait l'unit&#233;. la libert&#233; concurrentielle omnipr&#233;sente des individus t&#233;moignait d&#233;sormais que la soci&#233;t&#233; de la classe moyenne ne l'&#233;tait pas non plus. Hegel voyait dans la souverainet&#233; de l'&#201;tat le seul principe qui apporterait l'unit&#233;. la libert&#233; concurrentielle omnipr&#233;sente des individus t&#233;moignait d&#233;sormais que la soci&#233;t&#233; de la classe moyenne ne l'&#233;tait pas non plus. Hegel voyait dans la souverainet&#233; de l'&#201;tat le seul principe qui apporterait l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on avait en grande partie &#233;cras&#233; les vestiges de la f&#233;odalit&#233; en Allemagne. Le Code civil a &#233;t&#233; introduit dans de nombreuses parties de l'ancien Reich allemand. &#171; L'&#233;galit&#233; civile, la libert&#233; religieuse, l'abolition de la d&#238;me et des droits f&#233;odaux, la vente des biens eccl&#233;siastiques, la suppression des corporations, la multiplication de la bureaucratie, et une administration &#171; sage et lib&#233;rale &#187;, une constitution qui apportait avec elle le vote des imp&#244;ts et des lois par les notables, tout cela devait tisser un r&#233;seau d'int&#233;r&#234;ts &#233;troitement li&#233; au maintien de la domination fran&#231;aise. Le Reich absurdement impuissant avait &#233;t&#233; remplac&#233; par un certain nombre d'&#201;tats souverains, en particulier dans le sud de l'Allemagne. Ces &#201;tats, bien s&#251;r, n'&#233;taient que des formes caricaturales d'un &#201;tat souverain moderne tel que nous le connaissons, mais elles constituaient n&#233;anmoins une nette avanc&#233;e sur les anciennes subdivisions territoriales du Reich, qui avaient vainement cherch&#233; &#224; accommoder le d&#233;veloppement du capitalisme &#224; l'ancien ordre social. Les nouveaux &#201;tats &#233;taient au moins des unit&#233;s &#233;conomiques plus grandes ; ils avaient une bureaucratie centralis&#233;e, un syst&#232;me plus simple d'administration de la justice et une m&#233;thode d'imposition plus rationnelle sous une sorte de contr&#244;le public. Ces innovations semblaient conformes &#224; l'exigence de Hegel d'un ordonnancement plus rationnel des formes politiques pour permettre le d&#233;veloppement des nouvelles forces intellectuelles et mat&#233;rielles lib&#233;r&#233;es par la R&#233;volution fran&#231;aise, et il n'est donc pas &#233;tonnant qu'il ait d'abord consid&#233;r&#233; la lutte contre Napol&#233;on en tant qu'opposition r&#233;actionnaire. Sa r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; guerre de lib&#233;ration &#187; est donc m&#233;prisante et ironique. Il est all&#233; si loin, en fait,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Typique de l'attitude de Hegel envers les &#233;v&#233;nements politiques de ces ann&#233;es sont les d&#233;clarations dans ses conf&#233;rences (1816) dans lesquelles il met l'accent avec d&#233;fi sur les valeurs purement intellectuelles par rapport aux int&#233;r&#234;ts politiques r&#233;els :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons esp&#233;rer qu'en plus de l'&#201;tat, qui a englouti tous les autres int&#233;r&#234;ts en lui-m&#234;me, l'&#201;glise puisse maintenant reprendre sa position &#233;lev&#233;e - celle en plus du royaume du monde vers lequel toutes les pens&#233;es et tous les efforts se sont jusqu'ici dirig&#233;s , le Royaume de Dieu peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;. En d'autres termes, avec les affaires de la politique et les autres int&#233;r&#234;ts de la vie quotidienne, nous pouvons &#234;tre s&#251;rs que la Science, le monde rationnel libre de l'esprit, pourra &#224; nouveau prosp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment, c'&#233;tait une attitude &#233;trange. Le philosophe politique qui, un an plus tard, est devenu le porte-parole id&#233;ologique officiel de l'&#201;tat prussien et a ensuite d&#233;clar&#233; que le droit de l'&#201;tat &#233;tait le droit de la raison elle-m&#234;me, d&#233;nonce maintenant l'activit&#233; politique et interpr&#232;te la lib&#233;ration nationale comme signifiant la libert&#233; de l'&#233;rudition philosophique. V&#233;rit&#233; et raison, il place maintenant bien au-del&#224; du tourbillon social et politique, dans le domaine de la science pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera que la nouvelle position de Hegel lui est rest&#233;e. Quant &#224; son passage d'une position plut&#244;t anti-nationaliste &#224; une position nationaliste, on peut rappeler une &#171; incoh&#233;rence &#187; similaire aux d&#233;buts de l'&#233;criture philosophique moderne. Hobbes, que l'on peut appeler le philosophe le plus caract&#233;ristique de la bourgeoisie montante, trouva sa philosophie politique compatible d'abord avec la monarchie de Charles Ier, puis avec l'&#201;tat r&#233;volutionnaire de Cromwell et enfin avec la r&#233;action de Stuart. Peu importait &#224; Hobbes que l'&#201;tat souverain prenne la forme d'une d&#233;mocratie, d'une oligarchie ou d'une monarchie limit&#233;e, tant qu'il affirmait sa souverainet&#233; dans ses relations avec les autres &#201;tats et maintenait sa propre autorit&#233; par rapport &#224; ses citoyens. Ainsi, aussi, pour Hegel, les diff&#233;rences de forme politique entre les nations n'avaient pas d'importance tant que l'identit&#233; sous-jacente des relations sociales et &#233;conomiques &#233;tait uniform&#233;ment maintenue comme celle de la soci&#233;t&#233; de classe moyenne. La monarchie constitutionnelle moderne lui semblait assez utile pour pr&#233;server cette structure &#233;conomique. Lors de la chute du syst&#232;me napol&#233;onien en Allemagne, il &#233;tait par cons&#233;quent tout &#224; fait dispos&#233; &#224; saluer la monarchie souveraine qui s'ensuivit comme le v&#233;ritable h&#233;ritier du syst&#232;me napol&#233;onien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hegel, la souverainet&#233; de l'&#201;tat &#233;tait un instrument n&#233;cessaire pour pr&#233;server la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Car, l'Etat souverain supprimerait l'&#233;l&#233;ment comp&#233;titif destructeur des individus et ferait de la concurrence un int&#233;r&#234;t positif de l'universel ; elle serait capable de dominer les int&#233;r&#234;ts conflictuels de ses membres. Le point qui est ici sous-entendu est que l&#224; o&#249; le syst&#232;me social exige que l'existence de l'individu d&#233;pende de la concurrence avec les autres, la seule garantie d'une r&#233;alisation au moins limit&#233;e de l'int&#233;r&#234;t commun serait la restriction de sa libert&#233; dans l'ordre universel de l'&#201;tat. . La souverainet&#233; de l'&#201;tat suppose ainsi une comp&#233;tition internationale entre des unit&#233;s politiques antagonistes, dont la puissance de chacune r&#233;side essentiellement dans son autorit&#233; incontest&#233;e sur ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport publi&#233; en 1817 sur les d&#233;bats des &#201;tats de Wurtemberg, les vues de Hegel sont enti&#232;rement dict&#233;es par cette attitude. Le Wurtemberg &#233;tait devenu un royaume souverain par acte de Napol&#233;on. Une nouvelle constitution &#233;tait n&#233;cessaire pour remplacer le syst&#232;me semi-f&#233;odal obsol&#232;te, et les territoires nouvellement acquis devaient &#234;tre combin&#233;s avec l'&#201;tat d'origine afin de former un ensemble social et politique centralis&#233;. Le roi avait r&#233;dig&#233; une telle constitution et l'avait soumise aux &#233;tats assembl&#233;s en 1815. Ces derniers refus&#232;rent de l'accepter. Hegel, dans sa vigoureuse d&#233;fense du projet royal contre l'opposition des &#233;tats, a interpr&#233;t&#233; le conflit entre les deux parties comme une lutte entre l'ancien et le nouveau principe social, entre le privil&#232;ge f&#233;odal et la souverainet&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son rapport montre d'un bout &#224; l'autre le fil conducteur du principe de souverainet&#233;. Napol&#233;on, dit-il, a &#233;tabli la souverainet&#233; ext&#233;rieure de l'&#201;tat - la t&#226;che historique est maintenant d'&#233;tablir sa souverainet&#233; int&#233;rieure, une autorit&#233; incontest&#233;e du gouvernement sur ses citoyens. Et cela engendre une nouvelle conception de la relation de l'&#201;tat &#224; ses membres. L'id&#233;e du contrat social doit &#234;tre remplac&#233;e par l'id&#233;e de l'&#201;tat comme un tout objectif. Les syst&#232;mes Jenenser avaient r&#233;pudi&#233; toute application du contrat social &#224; l'&#201;tat. Maintenant, le th&#232;me principal qui fa&#231;onne la philosophie de Hegel est que l'&#201;tat est s&#233;par&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du conflit irr&#233;conciliable des int&#233;r&#234;ts particuliers, qui sont &#224; la base des relations de la soci&#233;t&#233; moderne, les m&#233;canismes inh&#233;rents &#224; cette soci&#233;t&#233; ne peuvent produire aucun int&#233;r&#234;t commun. L'universel doit s'imposer aux particuliers, pour ainsi dire contre leur gr&#233;, et la relation qui en r&#233;sulte entre les individus d'une part et l'&#201;tat de l'autre ne peut &#234;tre la m&#234;me que celle entre les individus. Le contrat peut s'appliquer &#224; ce dernier, mais il ne peut pas valoir pour le premier. Car un contrat implique que les parties contractantes sont &#171; &#233;galement ind&#233;pendantes l'une de l'autre &#187;. Leur accord n'est qu'une &#171; relation contingente &#187; qui provient de leurs d&#233;sirs subjectifs. L'&#233;tat, d'autre part, est une &#171; relation objective, n&#233;cessaire &#187;, essentiellement ind&#233;pendante des besoins subjectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, la soci&#233;t&#233; civile doit enfin g&#233;n&#233;rer un syst&#232;me autoritaire, un changement qui jaillit des fondements &#233;conomiques de cette soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me et sert &#224; perp&#233;tuer son cadre. Le changement de forme est cens&#233; sauver le contenu menac&#233;. Hegel, on s'en souvient, esquissait un syst&#232;me autoritaire lorsqu'il parlait d'un &#171; gouvernement de la discipline &#187; &#224; la fin des Jenensersyst&#232;me de morale. Cette forme de gouvernement ne constituait pas un ordre nouveau, mais imposait simplement une m&#233;thode au syst&#232;me d'individualisme dominant. Ici encore, en &#233;levant l'&#201;tat au-dessus de la soci&#233;t&#233;, Hegel suit le m&#234;me sch&#233;ma. Il donne &#224; l'&#201;tat la position supr&#234;me parce qu'il voit les effets in&#233;vitables des antagonismes au sein de la soci&#233;t&#233; moderne. Les int&#233;r&#234;ts individuels concurrents sont incapables de g&#233;n&#233;rer un syst&#232;me qui garantirait la p&#233;rennit&#233; de l'ensemble, il faut donc leur imposer une autorit&#233; irr&#233;futable. La relation du gouvernement au peuple est retir&#233;e de la sph&#232;re contractuelle et constitue &#171; une unit&#233; substantielle originelle &#187;. L'individu porte en premier lieu le rapport du devoir &#224; l'&#201;tat et son droit y est subordonn&#233;. L'&#201;tat souverain prend la forme d'un &#201;tat disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa souverainet&#233;, cependant, doit diff&#233;rer de celle de l'&#201;tat absolutiste &#8211; le peuple doit devenir une partie mat&#233;rielle du pouvoir de l'&#201;tat. L'&#233;conomie moderne &#233;tant fond&#233;e sur l'activit&#233; &#233;mancip&#233;e de l'individu, sa maturit&#233; sociale doit &#234;tre affirm&#233;e et encourag&#233;e. Il est &#224; noter &#224; cet &#233;gard que Hegel a particuli&#232;rement critiqu&#233; un point de la constitution royale, celui qui traite de la restriction du suffrage. Le roi avait pr&#233;vu, d'une part, que les fonctionnaires de l'&#201;tat ainsi que les membres de l'arm&#233;e, du clerg&#233; et du corps m&#233;dical ne devaient pas &#234;tre &#233;lus et, d'autre part, qu'un revenu net d'au moins 200 florins provenant des r&#233;alit&#233;s devait &#234;tre une condition pr&#233;alable &#224; suffrage. Hegel a d&#233;clar&#233;, sur le premier, que l'exclusion cons&#233;quente des fonctionnaires de l'&#201;tat de la Chambre populaire &#233;tait extr&#234;mement dangereuse. Car c'&#233;taient pr&#233;cis&#233;ment ceux qui &#233;taient des hommes d'&#201;tat de profession et de formation qui seraient les plus habiles d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts communs contre les int&#233;r&#234;ts particuliers. Chaque entreprise priv&#233;e dans cette soci&#233;t&#233;, a-t-il d&#233;clar&#233;, oppose par sa nature m&#234;me l'individu &#224; la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;taires fonciers ainsi que les commer&#231;ants et autres qui se trouvent en possession d'un bien ou d'un artisanat ont int&#233;r&#234;t &#224; pr&#233;server l'ordre bourgeois, mais leur but direct est de pr&#233;server leur propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont pr&#233;par&#233;s et d&#233;termin&#233;s &#224; faire le moins possible pour l'universel. Il ajoute que cette attitude n'est pas une question d'&#233;thique ou de caract&#232;re personnel de certains individus, mais s'enracine &#171; dans la nature du cas &#187;, dans la nature de cette classe sociale. Elle peut &#234;tre contrecarr&#233;e par une bureaucratie stable aussi &#233;loign&#233;e que possible de la sph&#232;re de la concurrence &#233;conomique et donc capable de servir l'&#201;tat sans aucune ing&#233;rence des entreprises priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fonction essentielle de la bureaucratie dans l'&#201;tat est un &#233;l&#233;ment mat&#233;riel de la pens&#233;e politique de Hegel. Les d&#233;veloppements historiques ont confirm&#233; ses conclusions, bien que sous une forme tout &#224; fait diff&#233;rente de ses attentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel r&#233;pudie &#233;galement la deuxi&#232;me restriction du droit de vote, celle par les qualifications de propri&#233;t&#233;. Car la propri&#233;t&#233; est le facteur m&#234;me qui fait que l'individu s'oppose &#224; l'universel et suit plut&#244;t les liens de son int&#233;r&#234;t priv&#233;. Dans la terminologie de Hegel, la propri&#233;t&#233; est une qualification &#171; abstraite &#187; qui n'a rien &#224; voir avec les attributs humains. L'influence politique de la simple quantit&#233; de possessions, d&#233;clare-t-il, est un h&#233;ritage n&#233;gatif de la R&#233;volution fran&#231;aise ; en tant que crit&#232;re des privil&#232;ges, il doit &#234;tre &#224; terme d&#233;pass&#233; ou, du moins, ne plus constituer &#171; la seule condition d'une des fonctions politiques les plus importantes &#187;. L'abolition des qualifications de propri&#233;t&#233; en tant que conditions pr&#233;alables aux droits politiques renforcerait plut&#244;t qu'affaiblir l'&#201;tat. Pour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crivant la lutte entre le roi et les domaines du Wurtemberg, Hegel la d&#233;peint comme celle entre le &#171; droit &#233;tatique rationnel &#187; ( vern&#252;nftiges Staatsrecht) et le code traditionnel de droit positif. Le droit positif se r&#233;sume &#224; un code d&#233;suet d'anciens privil&#232;ges tenus pour &#233;ternellement valables uniquement parce que valables pour des centaines d'ann&#233;es. &#171; Le droit positif, dit-il, doit justement p&#233;rir lorsqu'il perd ce fondement qui est la condition de son existence. Les anciens privil&#232;ges des domaines ont &#224; peu pr&#232;s autant de fondement dans la soci&#233;t&#233; moderne que &#171; le meurtre sacrificiel, l'esclavage, le despotisme f&#233;odal et d'innombrables autres infamies &#187;. Celles-ci ont &#233;t&#233; supprim&#233;es en tant que &#171; droits &#187;, &#8211; la raison est une r&#233;alit&#233; historique depuis la R&#233;volution fran&#231;aise. La reconnaissance des droits de l'homme a renvers&#233; les privil&#232;ges anciens et a pos&#233; &#171; les principes &#233;ternels de la l&#233;gislation, du gouvernement et de l'administration &#233;tablis &#187;. En m&#234;me temps, l'ordre rationnel dont parle ici Hegel est progressivement d&#233;pouill&#233; de ses implications r&#233;volutionnaires et adapt&#233; aux exigences de la soci&#233;t&#233; de son temps. Elle lui indique d&#233;sormais les limites les plus lointaines &#224; l'int&#233;rieur desquelles cette soci&#233;t&#233; peut &#234;tre raisonnable sans &#234;tre ni&#233;e en principe. Il pr&#233;sente la terreur r&#233;volutionnaire de 1793 comme un avertissement brutal que l'ordre existant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par tous les moyens disponibles. Les princes doivent conna&#238;tre &#171; par suite des exp&#233;riences des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, les dangers et les horreurs li&#233;s &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles constitutions, et au crit&#232;re d'une r&#233;alit&#233; conforme &#224; la pens&#233;e &#187;. Il pr&#233;sente la terreur r&#233;volutionnaire de 1793 comme un avertissement brutal que l'ordre existant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par tous les moyens disponibles. Les princes doivent conna&#238;tre &#171; par suite des exp&#233;riences des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, les dangers et les horreurs li&#233;s &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles constitutions, et au crit&#232;re d'une r&#233;alit&#233; conforme &#224; la pens&#233;e &#187;. Il pr&#233;sente la terreur r&#233;volutionnaire de 1793 comme un avertissement brutal que l'ordre existant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par tous les moyens disponibles. Les princes doivent conna&#238;tre &#171; par suite des exp&#233;riences des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, les dangers et les horreurs li&#233;s &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles constitutions, et au crit&#232;re d'une r&#233;alit&#233; conforme &#224; la pens&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a g&#233;n&#233;ralement fait l'&#233;loge de l'effort de fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; conform&#233;ment &#224; la pens&#233;e. C'&#233;tait le plus grand privil&#232;ge de l'homme et le seul moyen de mat&#233;rialiser la v&#233;rit&#233;. Mais lorsqu'une telle tentative mena&#231;ait la soci&#233;t&#233; m&#234;me qui, &#224; l'origine, saluait cela comme un privil&#232;ge de l'homme, Hegel pr&#233;f&#233;ra maintenir l'ordre en vigueur en toutes circonstances. Nous pouvons &#224; nouveau citer Hobbes pour montrer comment l'inqui&#233;tude pour l'ordre existant unit m&#234;me les philosophies les plus disparates : &#171; L'&#233;tat de l'homme ne peut jamais &#234;tre sans quelque incommodit&#233; ou autre &#187;, mais &#171; le plus grand, celui qui, dans toute forme de gouvernement, peut arriver &#224; le peuple en g&#233;n&#233;ral est &#224; peine sensible aux mis&#232;res et aux horribles calamit&#233;s qui accompagnent une guerre civile... &#187; &#171; Le pr&#233;sent doit toujours &#234;tre pr&#233;f&#233;r&#233;, maintenu et mieux compt&#233; ; parce que c'est contre la loi de la nature,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une incoh&#233;rence dans le syst&#232;me de Hegel que la libert&#233; individuelle soit ainsi &#233;clips&#233;e par l'autorit&#233; conf&#233;r&#233;e &#224; l'universel, et que le rationnel se pr&#233;sente finalement sous la forme de l'ordre social donn&#233;. L'apparente incoh&#233;rence refl&#232;te la v&#233;rit&#233; historique et refl&#232;te le cours des antagonismes de la soci&#233;t&#233; individualiste, qui transforment la libert&#233; en n&#233;cessit&#233; et la raison en autorit&#233;. La philosophie du droit de Hegel , dans une large mesure, doit sa pertinence au fait que ses concepts de base absorbent et retiennent consciemment les contradictions de cette soci&#233;t&#233; et les suivent jusqu'au bout. L'&#339;uvre est r&#233;actionnaire dans la mesure o&#249; l'ordre social qu'elle refl&#232;te l'est, et progressiste dans la mesure o&#249; elle est progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des malentendus les plus graves qui obscurcissent la philosophie de la voiture juste ; &#234;tre supprim&#233;e simplement en consid&#233;rant la place de l'&#339;uvre dans le syst&#232;me de Hegel. Elle ne traite pas avec le monde culturel tout entier, car le royaume du droit n'est qu'une partie du royaume de l'esprit, &#224; savoir, cette partie que Hegel d&#233;note comme esprit objectif. En bref, il n'expose ni ne traite des r&#233;alit&#233;s culturelles de l'art, de la religion et de la philosophie, qui incarnent la v&#233;rit&#233; ultime pour Hegel. Le lieu o&#249; la Philosophie du Droitoccupe dans le syst&#232;me h&#233;g&#233;lien rend impossible de consid&#233;rer l'&#201;tat, la r&#233;alit&#233; la plus &#233;lev&#233;e dans le domaine du droit, comme la r&#233;alit&#233; la plus &#233;lev&#233;e dans tout le syst&#232;me. M&#234;me la d&#233;ification la plus emphatique de l'&#201;tat par Hegel ne peut annuler sa subordination d&#233;finitive de l'objectif &#224; l'esprit absolu, du politique &#224; la v&#233;rit&#233; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu &#224; venir est annonc&#233; dans la Pr&#233;face, souvent attaqu&#233;e comme un document d'une extr&#234;me servilit&#233; envers la Restauration et d'une hostilit&#233; sans concession envers toutes les tendances lib&#233;rales et progressistes de l'&#233;poque. La d&#233;nonciation par Hegel de JF Fries, l'un des leaders du mouvement de jeunesse allemand insurg&#233;, sa d&#233;fense de la Karlsbader Beschl&#252;sse(1819), avec leurs pers&#233;cutions massives de tout acte ou &#233;nonc&#233; lib&#233;ral (arbitrairement &#233;tiquet&#233;s avec le terme d'abus alors en vigueur, &#034;d&#233;magogiques&#034;), son apologie de la censure stricte, de la suppression de la libert&#233; acad&#233;mique et de la restriction de toutes les tendances vers certains forme de gouvernement v&#233;ritablement repr&#233;sentatif ont tous &#233;t&#233; cit&#233;s en confirmation de l'accusation. Il n'y a, bien entendu, aucune justification &#224; l'attitude personnelle de Hegel &#224; l'&#233;poque. A la lumi&#232;re de la situation historique, cependant, et surtout de l'&#233;volution sociale et politique ult&#233;rieure, sa position et toute la Pr&#233;face prennent une tout autre signification. Il nous faut bri&#232;vement examiner la nature de l'opposition d&#233;mocratique que Hegel critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement est n&#233; de la d&#233;ception et de la d&#233;sillusion de la petite bourgeoisie apr&#232;s la guerre de 1813-15. La lib&#233;ration des &#201;tats allemands de la domination fran&#231;aise s'est accompagn&#233;e d'une r&#233;action absolutiste. La promesse d'une reconnaissance politique des droits populaires et le r&#234;ve d'une constitution ad&#233;quate sont rest&#233;s lettre morte. La r&#233;ponse fut une vague de propagande pour l'unification politique de la nation allemande, une propagande qui contenait dans une large mesure une v&#233;ritable hostilit&#233; lib&#233;rale au despotisme nouvellement &#233;tabli. Cependant, puisque les classes sup&#233;rieures &#233;taient capables de se maintenir dans le cadre absolutiste et qu'il n'existait pas de classe ouvri&#232;re organis&#233;e, le mouvement d&#233;mocratique &#233;tait, dans une large mesure, fait de ressentiment de la part de la petite bourgeoisie impuissante.Burschenschaften et de leurs pr&#233;curseurs, les Turnvereine.On parlait beaucoup de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;, mais c'&#233;tait une libert&#233; qui serait le privil&#232;ge acquis de la race teutonique seule, et une &#233;galit&#233; qui signifiait la pauvret&#233; et la privation g&#233;n&#233;rales. La culture &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme la possession des riches et de l'&#233;tranger, faite pour corrompre et adoucir le peuple. La haine des Fran&#231;ais allait de pair avec la haine des juifs, des catholiques et des &#171; nobles &#187;. Le mouvement r&#233;clamait une v&#233;ritable &#171; guerre allemande &#187;, afin que l'Allemagne puisse d&#233;ployer &#171; l'abondante richesse de sa nationalit&#233; ! Il exigeait un &#171; sauveur &#187; pour r&#233;aliser l'unit&#233; allemande, un &#224; qui &#171; le peuple pardonnera tous les p&#233;ch&#233;s &#187;. Il a br&#251;l&#233; des livres et cri&#233; malheur aux Juifs. Elle se croyait au-dessus de la loi et de la constitution car &#171; il n'y a pas de loi pour la juste cause &#187;. L'&#201;tat devait &#234;tre construit par &#171; en bas &#187;, gr&#226;ce &#224; l'enthousiasme des masses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas difficile de reconna&#238;tre dans ces mots d'ordre &#171; d&#233;mocratiques &#187; l'id&#233;ologie de la Volksgemeinschaft fasciste. Il y a, en fait, une relation beaucoup plus &#233;troite entre le r&#244;le historique des Burschenschaften, avec leur racisme et leur anti-rationalisme, et le national-socialisme, qu'il n'y en a entre la position de Hegel et ce dernier. Hegel a &#233;crit sa Philosophie du droitcomme une d&#233;fense de l'&#201;tat contre cette id&#233;ologie pseudo-d&#233;mocratique, dans laquelle il voyait une menace plus s&#233;rieuse pour la libert&#233; que dans le maintien au pouvoir des autorit&#233;s investies. Il ne fait aucun doute que son travail a renforc&#233; le pouvoir de ces autorit&#233;s et ainsi aid&#233; une r&#233;action d&#233;j&#224; victorieuse, mais, relativement peu de temps apr&#232;s, il s'est av&#233;r&#233; &#234;tre une arme contre la r&#233;action. Car, l'&#233;tat que Hegel avait &#224; l'esprit &#233;tait r&#233;gi par les normes de la raison critique et par des lois universellement valables. La rationalit&#233; du droit, dit-il, est l'&#233;l&#233;ment vital de l'&#201;tat moderne. &#034;La loi est ... le Shibboleth, au moyen duquel sont d&#233;tect&#233;s les faux fr&#232;res et amis du soi-disant peuple.&#034; Nous verrons que Hegel a tiss&#233; le th&#232;me &#224; travers sa philosophie politique m&#251;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque de Hegel contre les opposants d&#233;mocrates &#224; la Restauration est d'ailleurs ins&#233;parable de sa critique encore plus acerbe des repr&#233;sentants r&#233;actionnaires de la th&#233;orie organique de l'&#201;tat. Sa critique de la Volksbewegung est li&#233;e &#224; sa pol&#233;mique contre la Restauration der Staatwissenschaft de KL von Halley(publi&#233; pour la premi&#232;re fois en 1816), un ouvrage qui a exerc&#233; une grande influence sur le romantisme politique en Allemagne. Haller y avait consid&#233;r&#233; l'&#201;tat comme un fait naturel et en m&#234;me temps comme un produit divin. En tant que tel, il avait accept&#233; sans justification le r&#232;gne du fort sur le faible, que tout &#201;tat implique, et avait rejet&#233; toute interpr&#233;tation de l'&#201;tat comme repr&#233;sentant les droits institutionnalis&#233;s d'individus libres ou comme soumis aux exigences de la raison humaine. Hegel a caract&#233;ris&#233; la position de Haller comme rien de moins que &#171; du fanatisme, de l'imb&#233;cillit&#233; mentale et de l'hypocrisie &#187;. Si les valeurs suppos&#233;es naturelles et non celles de la raison sont des principes fondamentaux de l'&#201;tat, alors le hasard, l'injustice et la brutalit&#233; de l'homme remplacent les normes rationnelles de l'organisation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opposants d&#233;mocrates et f&#233;odaux &#224; l'&#201;tat s'accordaient &#224; rejeter l'&#201;tat de droit. Hegel soutenait, contre eux deux, que l'&#233;tat de droit est la seule forme politique ad&#233;quate de la soci&#233;t&#233; moderne. La soci&#233;t&#233; moderne, a-t-il dit, n'est pas une communaut&#233; naturelle ou un ordre de privil&#232;ges divinement accord&#233;s. Elle est bas&#233;e sur la concurrence g&#233;n&#233;rale des propri&#233;taires libres qui obtiennent et conservent leur position dans le processus social gr&#226;ce &#224; leur activit&#233; autonome. C'est une soci&#233;t&#233; dans laquelle l'int&#233;r&#234;t commun, la perp&#233;tuation de l'ensemble, ne s'affirme que par hasard aveugle. La r&#233;gulation consciente des antagonismes sociaux, par une force situ&#233;e au-dessus du choc des int&#233;r&#234;ts particuliers, et pourtant sauvegardant chacun d'eux, pourrait seule transformer l'ensemble anarchique des individus en une soci&#233;t&#233; rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, Hegel a rejet&#233; la th&#233;orie politique en tant que telle et a ni&#233; qu'elle ait une quelconque utilit&#233; dans la vie politique. L'&#201;tat de droit &#233;tait &#224; port&#233;e de main ; elle s'incarnait dans l'&#201;tat et constituait la r&#233;alisation historique ad&#233;quate de la raison. Une fois l'ordre donn&#233; ainsi accept&#233; et acquiesc&#233;, la th&#233;orie politique est rendue superflue, car &#171; les th&#233;ories s'opposent maintenant &#224; l'ordre existant et font comme si elles &#233;taient absolument vraies et n&#233;cessaires &#187;. Hegel a &#233;t&#233; contraint de renoncer &#224; la th&#233;orie parce qu'il soutenait que la th&#233;orie &#233;tait n&#233;cessairement critique, surtout dans la forme qu'elle avait prise dans l'histoire occidentale. Depuis Descartes, on pr&#233;tendait que la th&#233;orie pouvait sonder la structure rationnelle de l'univers et que la raison pouvait, par ses efforts, devenir le standard de la vie humaine. La connaissance th&#233;orique et rationnelle de la v&#233;rit&#233; impliquait donc la reconnaissance de la &#171; non-v&#233;rit&#233; &#187; d'une r&#233;alit&#233; pas encore &#224; la hauteur. Le caract&#232;re inad&#233;quat de la r&#233;alit&#233; donn&#233;e a forc&#233; la th&#233;orie &#224; la transcender, &#224; devenir id&#233;aliste. Mais, dit maintenant Hegel, l'histoire ne s'est pas arr&#234;t&#233;e ; l'humanit&#233; a atteint le stade o&#249; tous les moyens sont &#224; port&#233;e de main pour r&#233;aliser la raison. L'&#201;tat moderne est la r&#233;alit&#233; de cette r&#233;alisation. Par cons&#233;quent, toute nouvelle application de la th&#233;orie &#224; la politique rendrait d&#233;sormais la th&#233;orie utopique. Lorsque l'ordre donn&#233; est consid&#233;r&#233; comme rationnel, l'id&#233;alisme a atteint sa fin. La philosophie politique doit d&#233;sormais s'abstenir d'enseigner ce que doit &#234;tre l'&#201;tat. L'&#233;tat est, est rationnel, et voil&#224; le final. Hegel ajoute que sa philosophie conseillera plut&#244;t que l'&#201;tat doit &#234;tre reconnu comme un univers moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etrange r&#233;conciliation, en effet. Il n'y a gu&#232;re d'autre &#339;uvre philosophique qui r&#233;v&#232;le plus impitoyablement les contradictions irr&#233;conciliables de la soci&#233;t&#233; moderne, ou qui semble plus perversement y acquiescer. La Pr&#233;face m&#234;me o&#249; Hegel renonce &#224; la th&#233;orie critique semble l'appeler en soulignant &#171; le conflit entre ce qui est et ce qui devrait &#234;tre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu vers lequel la raison pointait &#233;tait &#224; port&#233;e de main, disait Hegel. La r&#233;alisation de la raison ne pouvait plus &#234;tre la t&#226;che de la philosophie, ni la laisser se dissiper dans des sp&#233;culations utopiques. La soci&#233;t&#233; telle qu'elle &#233;tait effectivement constitu&#233;e avait fait fructifier les conditions mat&#233;rielles de son changement, afin que la v&#233;rit&#233; que la philosophie contenait en son sein soit une fois pour toutes r&#233;alis&#233;e. La libert&#233; et la raison pouvaient d&#233;sormais &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme plus que des valeurs int&#233;rieures. La condition donn&#233;e du pr&#233;sent &#233;tait une &#171; croix &#187; &#224; porter, un monde de mis&#232;re et d'injustice, mais en elle s'&#233;panouissaient les puissances de la libre raison. La reconnaissance de ces puissances avait &#233;t&#233; la fonction de la philosophie, la r&#233;alisation du v&#233;ritable ordre de la soci&#233;t&#233; &#233;tait d&#233;sormais la fonction de la pratique. Hegel savait qu' &#171; une forme de vie est devenue vieille &#187; et qu'elle ne pourra jamais &#234;tre rajeunie par la philosophie.Philosophie du droit. Ils marquent la d&#233;mission d'un homme qui sait que la v&#233;rit&#233; qu'il repr&#233;sente touche &#224; sa fin et qu'elle ne peut plus vivifier le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne peut pas non plus revigorer les forces sociales qu'il comprenait et repr&#233;sentait. La philosophie du droit est la philosophie de la soci&#233;t&#233; bourgeoise parvenue &#224; la pleine conscience de soi. Elle soutient les &#233;l&#233;ments positifs et n&#233;gatifs d'une soci&#233;t&#233; qui a m&#251;ri et qui voit bien ses limites insurmontables. Tous les concepts fondamentaux de la philosophie moderne sont r&#233;appliqu&#233;s dans la Philosophie du Droit&#224; la r&#233;alit&#233; sociale dont elles sont issues, et toutes reprennent leur forme concr&#232;te. Leur caract&#232;re abstrait et m&#233;taphysique dispara&#238;t ; leur contenu historique r&#233;el ressort. La notion de sujet (le moi) r&#233;v&#232;le d&#233;sormais qu'elle a un lien intrins&#232;que avec l'homme &#233;conomique isol&#233;, la notion de libert&#233; avec la propri&#233;t&#233;, la notion de raison avec l'absence d'universalit&#233; ou de communaut&#233; r&#233;elle dans la sph&#232;re concurrentielle ; la loi naturelle devient d&#233;sormais la loi de la soci&#233;t&#233; concurrentielle &#8211; et tout ce contenu social n'est pas le produit d'une interpr&#233;tation forc&#233;e, ou d'une application ext&#233;rieure de ces concepts, mais le d&#233;ploiement final de leur sens originel. A ses racines, la Philosophie du Droitest mat&#233;rialiste dans son approche. Hegel expose paragraphe apr&#232;s paragraphe la sous-structure sociale et &#233;conomique de ses concepts philosophiques. Certes, il tire de l'id&#233;e toutes les r&#233;alit&#233;s sociales et &#233;conomiques, mais l'id&#233;e est con&#231;ue en fonction d'elles et en porte la marque &#224; tous moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie du droit n'expose pas une th&#233;orie sp&#233;cifique de l'&#201;tat. Ce n'est pas seulement une d&#233;duction philosophique du droit, de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;, ou une expression des opinions personnelles de Hegel sur leur r&#233;alit&#233;. Ce qui est essentiel dans l'&#339;uvre, c'est l'auto-dissolution et l'auto-n&#233;gation des concepts de base de la philosophie moderne. Ils partagent le sort de la soci&#233;t&#233; qu'ils expliquent. Ils perdent leur caract&#232;re progressiste, leur ton prometteur, leur impact critique, et prennent la forme de la d&#233;faite et de la frustration. C'est cet &#233;v&#233;nement int&#233;rieur &#224; l'&#339;uvre plut&#244;t que sa construction syst&#233;matique que nous nous efforcerons de d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'introduction, le cadre g&#233;n&#233;ral est d&#233;fini pour une &#233;laboration du droit, de la soci&#233;t&#233; civile et de l'&#201;tat. Le royaume du droit est le royaume de la libert&#233;. Le sujet pensant est l'&#234;tre libre ; la libert&#233; est un attribut de sa volont&#233;. C'est la volont&#233; qui est libre, de sorte que la libert&#233; est sa substance et son essence. Cette affirmation ne doit pas &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme contredisant la conclusion de la Logique selon laquelle la pens&#233;eest le seul domaine de la libert&#233;. Car la volont&#233; est &#171; une mani&#232;re particuli&#232;re de penser &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle est &#171; la pens&#233;e se traduisant en r&#233;alit&#233; &#187; et devenant pratique. Par sa volont&#233;, l'individu peut d&#233;terminer ses actes en accord avec sa libre raison. Toute la sph&#232;re du droit, le droit de l'individu, de la famille, de la soci&#233;t&#233; et de l'&#201;tat, d&#233;coule et doit se conformer au libre arbitre de l'individu. Dans cette mesure, nous r&#233;affirmons donc les conclusions des &#233;crits ant&#233;rieurs de Hegel, &#224; savoir que l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; doivent &#234;tre construits par la raison critique de l'individu &#233;mancip&#233;. Mais ce point est bient&#244;t remis en question. L'individu &#233;mancip&#233; de la soci&#233;t&#233; moderne n'est pas capable d'une telle construction. Sa volont&#233;, exprimant des int&#233;r&#234;ts particuliers, ne contient pas cette &#171; universalit&#233; &#187; qui donnerait un terrain d'entente &#224; l'int&#233;r&#234;t particulier et &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. La volont&#233; individuelle n'est pas en elle-m&#234;me partie int&#233;grante de la &#171; volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. La base philosophique du contrat social doit &#234;tre ni&#233;e pour cette raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; est une unit&#233; de deux aspects ou moments diff&#233;rents : premi&#232;rement, la capacit&#233; de l'individu &#224; s'abstraire de toute condition sp&#233;cifique et, en la niant, &#224; revenir &#224; la libert&#233; absolue de l'ego pur ; deuxi&#232;mement, l'acte de l'individu d'adopter librement une condition concr&#232;te, d'affirmer librement son existence en tant que moi particulier et limit&#233;. Le premier d'entre eux, Hegel l'appelle l'aspect universel de la volont&#233;, parce qu'&#224; travers l'abstraction et la n&#233;gation constantes de toute condition d&#233;termin&#233;e, le moi affirme son identit&#233; face &#224; la diversit&#233; de ses &#233;tats particuliers. C'est-&#224;-dire que l'ego individuel est un v&#233;ritable universel dans le sens o&#249; il peut abstraire et transcender toute condition particuli&#232;re et rester un avec lui-m&#234;me dans le processus. Le deuxi&#232;me sens reconna&#238;t que l'individu ne peut en fait nier toute condition particuli&#232;re, mais doit choisir quelqu'un dans lequel il continue sa vie. Il est &#224; cet &#233;gard un moi particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fixation sur l'un ou l'autre mode de volont&#233; aboutit &#224; une libert&#233; n&#233;gative. Si l'individu fait abstraction de toute condition particuli&#232;re et se retire dans la pure volont&#233; de son moi, il rejettera constamment toutes les formes sociales et politiques &#233;tablies et arrivera &#224; quelque chose comme la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; abstraites exalt&#233;es dans la R&#233;volution fran&#231;aise. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me dans la th&#233;orie de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; de Rousseau, qui affirmait un &#233;tat originel de l'homme o&#249; l'unit&#233; vivante &#233;tait l'individu abstrait poss&#233;dant certaines qualit&#233;s arbitrairement choisies telles que le bien et le mal, propri&#233;taire priv&#233; ou membre d'une communaut&#233; sans propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et ainsi de suite. Rousseau, dit Hegel, a fait &#171; de la volont&#233; et de l'esprit de l'individu particulier dans son caprice particulier... la base substantielle et premi&#232;re &#187; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion h&#233;g&#233;lienne de volont&#233; vise &#224; d&#233;montrer que la volont&#233; a un caract&#232;re duel, consistant en une &#8211; polarit&#233; fondamentale entre &#233;l&#233;ments particuliers et &#233;l&#233;ments universels. Il vise, en outre, &#224; montrer que cette volont&#233; n'est pas suffisante pour donner naissance &#224; un ordre social et politique, mais que celui-ci requiert d'autres facteurs qui ne peuvent s'harmoniser avec la volont&#233; qu'&#224; travers le long processus de l'histoire. Le libre arbitre de l'individu affirme n&#233;cessairement son int&#233;r&#234;t priv&#233; ; elle ne peut donc jamais par elle-m&#234;me vouloir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ou commun. Hegel montre, par exemple, que l'homme libre devient le propri&#233;taire qui, en tant que tel, s'oppose aux autres propri&#233;taires. Sa volont&#233; est &#171; par nature &#187; d&#233;termin&#233;e par ses &#171; impulsions, app&#233;tits et inclinations &#187; imm&#233;diats, et vise &#224; les satisfaire. La satisfaction signifie qu'il a fait sien l'objet de sa volont&#233;. Il ne peut satisfaire ses besoins qu'en s'appropriant les objets qu'il d&#233;sire, excluant ainsi les autres individus de l'usage et de la jouissance de ceux-ci. Sa volont&#233; prend n&#233;cessairement &#171; la forme de l'individualit&#233; [Einzelheit ].' L'objet est pour l'ego quelque chose &#171; qui peut ou non &#234;tre mien &#187;. Et la volont&#233; individuelle n'a rien dans sa nature qui d&#233;passerait cette exclusion mutuelle du &#171; mien &#187; et du &#171; tien &#187; et unifierait les deux en un tiers commun. Dans sa dimension naturelle, le libre arbitre est donc la licence, li&#233;e &#224; jamais aux processus arbitraires d'appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons l&#224; un premier exemple de l'identification par Hegel d'une loi de la nature &#224; la loi de la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive. La &#171; nature &#187; du libre arbitre est con&#231;ue de telle mani&#232;re qu'elle renvoie &#224; une forme historique particuli&#232;re de la volont&#233;, celle de l'individu en tant que propri&#233;taire priv&#233;, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e servant de premi&#232;re r&#233;alisation de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, alors, la volont&#233; individuelle, exprimant les pr&#233;tentions partag&#233;es du &#171; mien &#187; et du &#171; tien &#187;, sans fondement commun, peut-elle jamais devenir la volont&#233; du &#171; notre &#187; et exprimer ainsi un int&#233;r&#234;t commun ? L'hypoth&#232;se du contrat social ne peut servir, car aucun contrat entre individus ne d&#233;passe la sph&#232;re du droit priv&#233;. La base contractuelle pr&#233;sum&#233;e de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; soumettrait l'ensemble au m&#234;me arbitraire qui r&#233;git les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. En m&#234;me temps, l'&#201;tat ne peut se fonder sur aucun principe impliquant une annulation des droits de l'individu. Hegel maintient fermement cette th&#232;se, qui a &#233;t&#233; &#233;nonc&#233;e dans toute la philosophie politique de la classe moyenne montante. Le temps &#233;tait r&#233;volu o&#249; l'&#201;tat absolutiste d&#233;crit dans le L&#233;viathanon pourrait dire qu'il valait mieux pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de la nouvelle classe moyenne. Un long processus de discipline avait depuis port&#233; ses fruits : l'individu &#233;tait devenu l'unit&#233; d&#233;cisive de l'ordre &#233;conomique et, qui plus est, revendiquait d&#233;sormais ses droits dans le sch&#233;ma politique. Hegel &#233;nonce cette exigence et y est fid&#232;le dans toute sa th&#233;orie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons dit que Hegel repr&#233;sentait l'&#171; universalit&#233; &#187; de la volont&#233; comme une universalit&#233; du moi, signifiant par l&#224; que l'universalit&#233; consiste dans le fait que le moi int&#232;gre toutes les conditions existentielles dans son identit&#233; &#224; soi. Le r&#233;sultat est paradoxal : l'universel est fix&#233; dans l'&#233;l&#233;ment le plus individuel de l'homme, dans son moi. Socialement, le processus est tout &#224; fait compr&#233;hensible. La soci&#233;t&#233; moderne n'unit pas les individus pour qu'ils puissent mener des activit&#233;s autonomes mais concert&#233;es pour le bien de tous. Ils ne reproduisent pas consciemment leur soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire par une activit&#233; collective. Face &#224; une situation telle qu'elle pr&#233;vaut, l'&#233;galit&#233; abstraite du moi individuel devient le seul refuge de la libert&#233;. La libert&#233; qu'elle veut est n&#233;gative, constante n&#233;gation du tout. L'accession &#224; une libert&#233; positive exige que l'individu sorte de la sph&#232;re monadique de son int&#233;r&#234;t priv&#233; et s'installe dans l'essence de la volont&#233;, qui vise non pas &#224; une fin particuli&#232;re mais &#224; la libert&#233; comme telle. La volont&#233; de l'individu doit devenir une volont&#233; de libert&#233; g&#233;n&#233;rale. Il ne peut cependant le devenir que s'il est effectivement devenu libre. Seule la volont&#233; de l'homme qui est lui-m&#234;me libre vise la libert&#233; positive. Hegel met cette conclusion dans la formule &#233;nigmatique que &#171; la libert&#233; veut la libert&#233; &#187;, ou &#171; le libre arbitre veut le libre arbitre &#187;. Seule la volont&#233; de l'homme qui est lui-m&#234;me libre vise la libert&#233; positive. Hegel met cette conclusion dans la formule &#233;nigmatique que &#171; la libert&#233; veut la libert&#233; &#187;, ou &#171; le libre arbitre veut le libre arbitre &#187;. Seule la volont&#233; de l'homme qui est lui-m&#234;me libre vise la libert&#233; positive. Hegel met cette conclusion dans la formule &#233;nigmatique que &#171; la libert&#233; veut la libert&#233; &#187;, ou &#171; le libre arbitre veut le libre arbitre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule contient une vie historique concr&#232;te dans ce qui semble &#234;tre un sch&#233;ma philosophique abstrait. Ce n'est pas n'importe quel individu, mais l'individu libre qui &#171; veut la libert&#233; &#187;. La libert&#233; dans sa v&#233;ritable forme ne peut &#234;tre reconnue et voulue que par un individu libre. L'homme ne peut conna&#238;tre la libert&#233; sans la poss&#233;der ; il doit &#234;tre libre pour devenir libre. La libert&#233; n'est pas simplement un statut qu'il a, mais une action qu'il entreprend en tant que sujet conscient de lui-m&#234;me. Tant qu'il ne conna&#238;t pas la libert&#233;, il ne peut l'atteindre par lui-m&#234;me ; son manque de libert&#233; est tel qu'il pourrait m&#234;me choisir volontairement ou acquiescer &#224; sa propre servitude. Dans ce cas, il n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; la libert&#233;, et sa lib&#233;ration doit se faire contre sa volont&#233;. En d'autres termes, l'acte de lib&#233;ration est retir&#233; des mains des individus qui eux-m&#234;mes, en raison de leur statut entrav&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de libert&#233; dans la Philosophie du droit renvoie &#224; la relation essentielle entre libert&#233; et pens&#233;e &#233;nonc&#233;e dans la Logique. La racine de cette relation est maintenant mise &#224; nu dans la structure sociale, et avec elle se r&#233;v&#232;le le lien entre l'id&#233;alisme et le principe de propri&#233;t&#233;. Dans l'&#233;laboration de l'analyse, la conception de Hegel perd son contenu critique et en vient &#224; servir de justification m&#233;taphysique de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Nous tenterons de suivre cette tournure de la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus par lequel la volont&#233; se &#171; purifie &#187; jusqu'&#224; vouloir la libert&#233; est celui laborieux de l'&#233;ducation &#224; travers l'histoire. L'&#233;ducation est une activit&#233; et un produit de la pens&#233;e. &#171; La conscience de soi, qui purifie son objet, son contenu ou sa fin, et l'exalte jusqu'&#224; l'universalit&#233;, est la pens&#233;e s'ext&#233;riorisant en volont&#233;. C'est &#224; ce point qu'il devient clair que la volont&#233; n'est vraie et libre qu'en tant qu'intelligence pensante. &#187; La libert&#233; de la volont&#233; d&#233;pend de la pens&#233;e, de la connaissance de la v&#233;rit&#233;. L'homme ne peut &#234;tre libre que lorsqu'il conna&#238;t ses potentialit&#233;s. L'esclave n'est pas libre pour deux raisons : premi&#232;rement, parce qu'il est effectivement asservi ; deuxi&#232;mement, parce qu'il n'a aucune exp&#233;rience ou connaissance de la libert&#233;. La connaissance, ou, dans le langage de Hegel, la conscience de soi de la libert&#233;, est &#171; le principe du droit, de la morale et de toutes les formes d'&#233;thique sociale &#187;. LeLa logique avait fond&#233; la libert&#233; sur la pens&#233;e ; la Philosophie du Droit, r&#233;capitulant, aborde les conditions socio-historiques de cette conclusion. La volont&#233; est libre si elle est &#171; enti&#232;rement par elle-m&#234;me, parce qu'elle ne se rapporte qu'&#224; elle-m&#234;me et que toute d&#233;pendance &#224; toute autre chose tombe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par sa nature m&#234;me, la volont&#233; vise &#224; s'approprier son objet, &#224; faire de ce dernier une partie de son &#234;tre. C'est une condition pr&#233;alable &#224; une libert&#233; parfaite. Mais les objets mat&#233;riels offrent une limite certaine &#224; une telle appropriation. Par essence, ils sont ext&#233;rieurs au sujet appropriant, et leur appropriation est donc n&#233;cessairement imparfaite. Le seul objet qui puisse devenir ma propri&#233;t&#233; in toto est l'objet mental, car il n'a pas de r&#233;alit&#233; autonome en dehors du sujet pensant. &#034;C'est l'Esprit que je peux m'approprier de la mani&#232;re la plus compl&#232;te.&#034; L'appropriation mentale est diff&#233;rente de la propri&#233;t&#233; des objets mat&#233;riels parce que la compr&#233;hensionl'objet ne reste pas ext&#233;rieur au sujet. La propri&#233;t&#233; est ainsi consomm&#233;e par le libre arbitre, qui repr&#233;sente l'accomplissement de la libert&#233; aussi bien que de l'appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logiqueavait conclu que la libert&#233; consiste dans le pouvoir absolu du sujet sur son &#171; autre &#187;. La forme concr&#232;te de cette libert&#233; est la propri&#233;t&#233; parfaite et p&#233;renne. L'union du principe d'id&#233;alisme avec le principe de propri&#233;t&#233; est ainsi consomm&#233;e. Hegel poursuit en faisant l'identification approfondie de sa philosophie. Il d&#233;clare que &#171; seule la volont&#233; est illimit&#233;e et absolue, tandis que toutes les autres choses qui s'opposent &#224; la volont&#233; ne sont que relatives &#187;. S'approprier, c'est au fond seulement manifester la majest&#233; de ma volont&#233; envers les choses, en d&#233;montrant qu'elles ne se compl&#232;tent pas et n'ont pas de finalit&#233; propre. Ceci est provoqu&#233; par mon instillation dans l'objet d'une autre fin que celle qu'il avait d'abord. Lorsque l'&#234;tre vivant [Hegel se r&#233;f&#232;re &#224; l'exemple d'un animal comme objet potentiel de volont&#233;] devient ma propri&#233;t&#233;, il obtient une autre &#226;me que celle qu'il avait. Je lui donne ma volont&#233;. Et, conclut-il, &#171; le libre arbitre est donc l'id&#233;alisme qui refuse de soutenir que les choses telles qu'elles sont peuvent &#234;tre auto-compl&#232;tes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de l'id&#233;alisme, selon lequel l'&#234;tre objectif d&#233;pend de la pens&#233;e, est maintenant interpr&#233;t&#233; comme la base du caract&#232;re de propri&#233;t&#233; potentiel des choses. En m&#234;me temps, c'est l'&#234;tre le plus v&#233;ritable, l'esprit, que l'id&#233;alisme con&#231;oit comme remplissant l'id&#233;e de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse h&#233;g&#233;lienne du libre arbitre donne &#224; la propri&#233;t&#233; une place dans la constitution m&#234;me de l'individu, dans son libre arbitre. Le libre arbitre na&#238;t comme pure volont&#233; de libert&#233;. C'est &#171; l'id&#233;e de droit &#187; et elle est identique &#224; la libert&#233; en tant que telle. Mais ce n'est que l' id&#233;e de droit et de libert&#233;. La mat&#233;rialisation de l'id&#233;e commence lorsque l'individu &#233;mancip&#233; affirme sa volont&#233; comme une libert&#233; de s'approprier. &#171; Cette premi&#232;re phase de libert&#233;, nous la conna&#238;trons sous le nom de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;duction de la propri&#233;t&#233; de l'essence du libre arbitre est un processus analytique dans la discussion de Hegel ; ce qu'il fait, c'est tirer les cons&#233;quences de ses conclusions ant&#233;rieures sur la volont&#233;. Au d&#233;but, le libre arbitre est &#171; la volont&#233; unique d'un sujet &#187;, rempli de buts qui sont dirig&#233;s vers la vari&#233;t&#233; des objets d'un monde auquel le sujet est li&#233; en tant qu'individu exclusif. Il devient effectivement libre dans un processus de mise &#224; l'&#233;preuve de sa libert&#233; en excluant les autres des objets de sa volont&#233; et en faisant de ces derniers les siens exclusivement. En vertu de sa volont&#233; exclusive, le sujet est &#171; une personne &#187;. C'est-&#224;-dire que la personnalit&#233; commence lorsqu'il existe un pouvoir conscient de faire sien les objets de sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a soulign&#233; que l'individu n'est libre que lorsqu'il est reconnu comme libre, et qu'une telle reconnaissance lui est accord&#233;e lorsqu'il a prouv&#233; sa libert&#233;. Il peut fournir cette preuve en montrant son pouvoir sur les objets de sa volont&#233;, en se les appropriant. L'acte d'appropriation est accompli lorsque d'autres individus l'ont consenti ou &#171; reconnu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu aussi que pour Hegel la substance du sujet repose sur une &#171; n&#233;gativit&#233; absolue &#187; dans la mesure o&#249; le moi nie l'existence ind&#233;pendante des objets et en fait les supports de son propre accomplissement. L'activit&#233; du propri&#233;taire est d&#233;sormais le moteur de cette n&#233;gation. &#171; Une personne a le droit de diriger sa volont&#233; sur n'importe quel objet, comme sa fin r&#233;elle et positive. L'objet devient alors sien. Comme il n'a pas de fin en soi, il re&#231;oit son sens et son &#226;me de sa volont&#233;. L'homme a le droit absolu de s'approprier tout ce qui est une chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Le concept de Hegel de &#171; reconnaissance mutuelle &#187; des personnes comporte trois &#233;l&#233;ments distincts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un. l'&#233;l&#233;ment positiviste &#8211; la simple acceptation du fait de l'appropriation.&lt;br class='autobr' /&gt;
b. l'&#233;l&#233;ment dialectique &#8211; le propri&#233;taire reconna&#238;t que le travail des expropri&#233;s est la condition de la perp&#233;tuation et de la jouissance de sa propri&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
c. l'&#233;l&#233;ment historique &#8211; le fait de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre confirm&#233; par la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me Jenenser et la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit ont mis l'accent sur les deux premiers &#233;l&#233;ments ; la philosophie du droit est principalement construite sur le premier et le troisi&#232;me. La d&#233;duction de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e Dans ce dernier ouvrage donne une indication distincte de tous les facteurs propres &#224; la philosophie moderne, notamment son respect pour l'autorit&#233; premi&#232;re des faits ainsi que son exigence que la base de ces faits soit rationnellement justifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retrait de l'&#233;l&#233;ment dialectique dans cette discussion montre une influence croissante de la r&#233;ification qui s'installe parmi les concepts de Hegel. Le syst&#232;me Jenenser et la Ph&#233;nom&#233;nologie avaient trait&#233; la propri&#233;t&#233; comme une relation entre les hommes ; la Philosophie du Droit le traite comme une relation entre le sujet et les objets.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple appropriation, cependant, aboutit &#224; une simple possession ( Besitz ). Mais la possession n'est une propri&#233;t&#233; que si elle est rendue objective pour les autres individus ainsi que pour le propri&#233;taire. &#171; La forme de pure subjectivit&#233; doit &#234;tre retir&#233;e des objets &#187; ; ils doivent &#234;tre d&#233;tenus et utilis&#233;s comme la propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement reconnue d'une personne d&#233;termin&#233;e. Cette personne doit &#224; son tour se reconna&#238;tre dans les choses qu'elle poss&#232;de, doit les conna&#238;tre et les manier comme l'accomplissement de son libre arbitre. Ce n'est qu'alors que la possession devient un droit effectif. Le libre arbitre est n&#233;cessairement la &#171; volont&#233; unique &#187; d'une personne d&#233;termin&#233;e, et la propri&#233;t&#233; a &#171; la qualit&#233; d'&#234;tre une propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e a rarement &#233;t&#233; aussi constamment d&#233;velopp&#233;e et fond&#233;e sur la nature de l'individu isol&#233;. Jusqu'ici, aucun ordre universel n'est entr&#233; dans la d&#233;duction de Hegel, rien qui accorde la sanction d'un droit universel &#224; l'appropriation individuelle. Aucun Dieu n'a &#233;t&#233; invoqu&#233; pour l'ordonner et la justifier, et les besoins des hommes n'ont pas &#233;t&#233; cit&#233;s comme responsables de sa production. La propri&#233;t&#233; n'existe qu'en vertu du pouvoir du sujet libre. Elle d&#233;rive de l'essence de la personne libre. Hegel a soustrait l'institution de la propri&#233;t&#233; &#224; tout lien contingent et l'a hypostasi&#233;e comme une relation ontologique. Il insiste &#224; maintes reprises sur le fait qu'elle n'est peut-&#234;tre pas justifi&#233;e comme moyen de satisfaire les besoins humains. &#171; La raison d'&#234;tre de la propri&#233;t&#233; ne consiste pas dans sa satisfaction des besoins mais plut&#244;t dans le fait que l'institution surmonte la simple subjectivit&#233; de la personne, et, en m&#234;me temps, accomplit la d&#233;termination de celle-ci. La personne n'existe comme Raison que dans la propri&#233;t&#233;. La propri&#233;t&#233; est ant&#233;rieure aux besoins contingents de la soci&#233;t&#233;. C'est &#171; la premi&#232;re incarnation de la libert&#233; et donc une fin substantielle en soi &#187;. &#171; Dans la relation de l'homme aux objets ext&#233;rieurs, l'&#233;l&#233;ment rationnel consiste dans la possession de la propri&#233;t&#233;. Ce qu'une personne poss&#232;de et combien, cependant, est une question de chance et, du point de vue du droit, enti&#232;rement contingent. Hegel admet explicitement que la r&#233;partition dominante de la propri&#233;t&#233; est le produit de circonstances accidentelles, tout &#224; fait en contradiction avec les exigences rationnelles. D'autre part, il dispense la raison de porter un jugement sur cette distribution. Il ne fait aucun effort pour appliquer le principe philosophique de l'&#233;galit&#233; des hommes aux in&#233;galit&#233;s de propri&#233;t&#233;, et en fait rejette cette d&#233;marche. La seule &#233;galit&#233; qui puisse d&#233;couler de la raison est &#171; que chacun poss&#232;de la propri&#233;t&#233; &#187;, mais la raison est enti&#232;rement indiff&#233;rente &#224; la qualit&#233; et &#224; la quantit&#233; de la propri&#233;t&#233;. C'est dans ce contexte que Hegel pr&#233;sente sa d&#233;finition frappante : &#171; Le droit ne se soucie pas des diff&#233;rences entre les individus. ' mais la raison est enti&#232;rement indiff&#233;rente &#224; la qualit&#233; et &#224; la quantit&#233; de la propri&#233;t&#233;. C'est dans ce contexte que Hegel pr&#233;sente sa d&#233;finition frappante : &#171; Le droit ne se soucie pas des diff&#233;rences entre les individus. ' mais la raison est enti&#232;rement indiff&#233;rente &#224; la qualit&#233; et &#224; la quantit&#233; de la propri&#233;t&#233;. C'est dans ce contexte que Hegel pr&#233;sente sa d&#233;finition frappante : &#171; Le droit ne se soucie pas des diff&#233;rences entre les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition combine les traits progressifs et r&#233;gressifs de sa philosophie du droit. L'insouciance des diff&#233;rences individuelles, on le verra, est caract&#233;ristique de l'universalit&#233; abstraite du droit, qui pose un minimum d'&#233;galit&#233; et de rationalit&#233; sur un ordre d'irrationalit&#233; et d'injustice. D'autre part, cette m&#234;me insouciance caract&#233;rise une pratique sociale o&#249; la pr&#233;servation de l'ensemble n'est atteinte qu'en faisant abstraction de l'essence humaine de l'individu. L'objet de la loi n'est pas l'individu concret, mais le sujet abstrait des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de transformation des relations entre les hommes en relations de choses op&#232;re dans la formulation de Hegel. La personne est immerg&#233;e dans sa propri&#233;t&#233; et n'est une personne qu'en vertu de sa propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, Hegel d&#233;signe tout Droit des Personnes comme Droit de la Propri&#233;t&#233;. &#171; Il est clair que seule la personnalit&#233; nous donne un droit sur les choses, et donc le droit personnel est par essence un droit r&#233;el &#187; Sachenrecht].' Le processus de r&#233;ification continue d'impr&#233;gner l'analyse de Hegel. Il tire tout le droit des contrats et des obligations du droit de la propri&#233;t&#233;. Puisque la libert&#233; de la personne s'exerce dans la sph&#232;re ext&#233;rieure des choses, la personne peut s'&#171; ext&#233;rioriser &#187;, c'est-&#224;-dire se traiter comme un objet ext&#233;rieur. Il peut de son plein gr&#233; s'ali&#233;ner et vendre ses prestations et ses services. &#171; Les dons mentaux, la science, l'art, m&#234;me les mati&#232;res religieuses telles que les sermons, les messes, les pri&#232;res, les b&#233;n&#233;dictions, ainsi que les inventions, etc., deviennent l'objet d'un contrat ; ils sont reconnus et trait&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re que les objets d'achat, de vente, etc. L'ali&#233;nation de la personne, cependant, doit avoir une limite dans le temps, pour qu'il reste quelque chose de la &#171; totalit&#233; et de l'universalit&#233; &#187; de la personne. Si je vendais &#171; tout le temps de mon travail concret et la totalit&#233; de mes produits, ma personnalit&#233; deviendrait la propri&#233;t&#233; d'un autre ; Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. et la totalit&#233; de mes produits, ma personnalit&#233; deviendrait la propri&#233;t&#233; de quelqu'un d'autre ; Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. et la totalit&#233; de mes produits, ma personnalit&#233; deviendrait la propri&#233;t&#233; de quelqu'un d'autre ; Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e d&#233;coule du libre arbitre de la personne. Cette volont&#233; a cependant une limite bien d&#233;finie, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e d'autrui. Je ne suis et je reste propri&#233;taire qu'autant que je renonce volontairement &#224; mon droit de m'approprier le bien d'autrui. La propri&#233;t&#233; priv&#233;e conduit ainsi au-del&#224; de l'individu isol&#233; &#224; ses relations avec d'autres individus &#233;galement isol&#233;s. L'instrument qui s&#233;curise l'institution de la propri&#233;t&#233; dans cette dimension est le Contrat. L&#224; encore, l'id&#233;e ontologique de raison est ajust&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233; marchande et y trouve son incarnation concr&#232;te. &#171; C'est tout autant une n&#233;cessit&#233; de la raison que les hommes contractent, &#233;changent, commercent, que qu'ils aient des biens. Les contrats constituent cette &#171; reconnaissance mutuelle &#187; n&#233;cessaire pour transformer la possession en propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contrats, cependant, ne font que r&#233;gler les int&#233;r&#234;ts particuliers des propri&#233;taires et ne d&#233;passent nulle part le domaine du droit priv&#233;. Hegel r&#233;pudie une fois de plus la doctrine du contrat social, car, selon lui, il est faux de dire que les hommes ont le choix arbitraire de se s&#233;parer de l'&#201;tat ou de ne pas le faire ; 'est-il plut&#244;t absolument n&#233;cessaire que tout le monde soit dans un Etat.' Le &#171; grand progr&#232;s &#187; de l'&#201;tat moderne sur l'&#201;tat f&#233;odal est d&#251; au fait que le premier est &#171; une fin en soi &#187; et qu'aucun homme ne peut prendre d'arrangements priv&#233;s &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les implications de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e poussent Hegel toujours plus loin dans les sombres sentiers des fondements du droit. L'Introduction avait d&#233;j&#224; annonc&#233; que crime et ch&#226;timent rel&#232;vent essentiellement de l'institution de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et donc aussi de l'institution du droit. Les droits des propri&#233;taires doivent n&#233;cessairement s'affronter puisque chacun s'oppose &#224; l'autre, sujet de sa propre volont&#233; particuli&#232;re. Chacun d&#233;pend dans ses actes &#171; du caprice et du choix erratique &#187; dict&#233; par son savoir et sa volont&#233;, et l'accord de sa volont&#233; particuli&#232;re avec la volont&#233; g&#233;n&#233;rale n'est qu'un accident porteur des germes d'un nouveau conflit. Le droit priv&#233; est donc n&#233;cessairement mauvais, car l'individu isol&#233; doit offenser le droit g&#233;n&#233;ral. Hegel d&#233;clare que &#171; la fraude et le crime &#187; sont une &#171; faute non pr&#233;m&#233;dit&#233;e ou civile [unbefangenes oder b&#252;rgerliches Unrecht ] &#187;, indiquant qu'ils font partie int&#233;grante de la soci&#233;t&#233; civile. Le droit dans la soci&#233;t&#233; civile trouve son origine dans le fait qu'il y a une g&#233;n&#233;ralisation abstraite des int&#233;r&#234;ts particuliers. Si l'individu, dans la poursuite de son int&#233;r&#234;t, se heurte au droit, il peut revendiquer pour lui-m&#234;me la m&#234;me autorit&#233; que les autres lui r&#233;clament, &#224; savoir , qu'il agit pour pr&#233;server son propre int&#233;r&#234;t. Le droit, cependant, d&#233;tient l'autorit&#233; sup&#233;rieure parce qu'il repr&#233;sente aussi &#8211; quoique sous une forme inad&#233;quate &#8211; l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit du tout et celui de l'individu n'ont pas la m&#234;me validit&#233;. Le premier codifie les exigences de la soci&#233;t&#233; dont d&#233;pendent aussi l'entretien et le bien-&#234;tre des individus. Si ces derniers ne reconnaissent pas ce droit, ils offensent non seulement l'universel mais aussi eux-m&#234;mes. Ils ont tort, et la punition de leur crime leur rend leur vrai droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formulation, qui guide la th&#233;orie h&#233;g&#233;lienne de la punition, d&#233;tache enti&#232;rement l'id&#233;e de tort de toute consid&#233;ration morale. La philosophie du droit ne place le mal dans aucune cat&#233;gorie morale, mais l'introduit sous le titre de droit abstrait. Le mal est un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire dans la relation des propri&#233;taires individuels les uns avec les autres. L'exposition de Hegel contient ce fort &#233;l&#233;ment m&#233;caniste, encore une fois un parall&#232;le frappant avec la philosophie politique mat&#233;rialiste de Hobbes. Certes, Hegel soutient que la libre raison r&#233;git la volont&#233; et l'acte des individus, mais cette raison semble se comporter &#224; la mani&#232;re d'une loi naturelle et non comme une activit&#233; humaine autonome. La raison r&#232;gne sur l'homme au lieu d'op&#233;rer par son pouvoir conscient. Quand, donc, Hegel identifie la loi de la raison ( Vernunftrecht) avec la loi de nature ( Naturrecht ), cette formule prend une signification sinistre, tout &#224; fait contraire &#224; l'intention de Hegel. Il voulait souligner que la raison est la &#171; nature &#187; m&#234;me de la soci&#233;t&#233;, mais le caract&#232;re &#171; naturel &#187; de la Loi de Raison se rapproche beaucoup plus de la n&#233;cessit&#233; aveugle de la nature que de la libert&#233; consciente d'une soci&#233;t&#233; rationnelle. Nous verrons que Hegel insiste &#224; plusieurs reprises sur la &#171; n&#233;cessit&#233; aveugle &#187; de la raison dans la soci&#233;t&#233; civile. La m&#234;me n&#233;cessit&#233; aveugle que Marx d&#233;non&#231;a plus tard comme l'anarchie du capitalisme fut ainsi plac&#233;e au centre de la philosophie h&#233;g&#233;lienne lorsqu'elle entreprit de d&#233;montrer la libre rationalit&#233; de l'ordre dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libre arbitre, v&#233;ritable moteur de la raison dans la soci&#233;t&#233;, cr&#233;e n&#233;cessairement le mal. L'individu doit se heurter &#224; l'ordre social qui pr&#233;tend repr&#233;senter sa propre volont&#233; sous sa forme objective. Mais le tort et la &#171; justice vengeresse &#187; qui y rem&#233;die non seulement expriment une &#171; n&#233;cessit&#233; logique sup&#233;rieure &#187;, mais pr&#233;parent aussi le passage &#224; une forme sociale sup&#233;rieure de libert&#233;, le passage du droit abstrait &#224; la morale. Car, en commettant une faute et en acceptant la punition de son acte, l'individu prend conscience de la &#171; subjectivit&#233; infinie &#187;de sa libert&#233;. Il apprend qu'il n'est libre qu'en tant que personne priv&#233;e. Lorsqu'il se heurte &#224; l'ordre du droit, il constate que ce mode de libert&#233; qu'il a pratiqu&#233; a atteint des limites insurmontables. Repouss&#233; dans le monde ext&#233;rieur, la volont&#233; se tourne maintenant vers l'int&#233;rieur, pour y chercher la libert&#233; absolue. Le libre arbitre entre dans le second domaine de son accomplissement : le sujet qui s'approprie devient le sujet moral .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de la premi&#232;re &#224; la seconde partie de l'&#339;uvre de Hegel trace ainsi une tendance d&#233;cisive de la soci&#233;t&#233; moderne, celle o&#249; la libert&#233; est int&#233;rioris&#233;e ( verinner licht ). La dynamique de la volont&#233;, que Hegel pr&#233;sente comme un processus ontologique, correspond &#224; un processus historique qui a commenc&#233; avec la R&#233;forme allemande. Nous l'avons indiqu&#233; dans notre Introduction. Hegel cite l'un des documents les plus importants qui &#233;nonce ce message, l'article de Luther Sur la libert&#233; chr&#233;tienne,o&#249; Luther soutenait que &#171; l'&#226;me ne sera ni touch&#233;e ni affect&#233;e si le corps est maltrait&#233; et la personne soumise au pouvoir d'un autre homme &#187;. Hegel qualifie cette affirmation de &#171; sens moins un raisonnement sophistiqu&#233; &#187;, mais convient en m&#234;me temps qu'une telle condition est possible, que l'homme peut &#234;tre &#171; libre dans les cha&#238;nes &#187;. Ceci, soutient-il, n'est vrai que si c'est le r&#233;sultat du libre arbitre de l'homme, et alors seulement en ce qui concerne lui-m&#234;me. A l'&#233;gard d'un autre, on n'est pas libre si son corps est asservi (et libre seulement s'il existe r&#233;ellement et concr&#232;tement comme libre. La libert&#233; int&#233;rieure, pour Hegel, n'est qu'une &#233;tape transitoire dans le processus d'accession &#224; la libert&#233; ext&#233;rieure. La tendance &#224; abolir on peut dire que le domaine int&#233;rieur de la libert&#233; pr&#233;figure cette &#233;tape de la soci&#233;t&#233; dans laquelle le processus d'int&#233;riorisation des valeurs ne s'av&#232;re plus efficace comme moyen de restreindre les exigences de l'individu. La libert&#233; int&#233;rieure r&#233;serve au moins &#224; l'individu une sph&#232;re d'intimit&#233; inconditionnelle dans laquelle aucune autorit&#233; ne peut intervenir et la morale le soumet &#224; des obligations universellement valables. Mais lorsque la soci&#233;t&#233; se tourne vers des formes totalitaires en accord avec les besoins de l'imp&#233;rialisme monopoliste, la totalit&#233; de la personne devient un objet politique. M&#234;me sa moralit&#233; la plus intime est soumise &#224; l'&#201;tat et sa vie priv&#233;e abolie. Les m&#234;mes conditions qui appelaient auparavant &#224; l'internalisation des valeurs exigent maintenant qu'elles soient totalement externalis&#233;es. Mais lorsque la soci&#233;t&#233; se tourne vers des formes totalitaires en accord avec les besoins de l'imp&#233;rialisme monopoliste, la totalit&#233; de la personne devient un objet politique. M&#234;me sa moralit&#233; la plus intime est soumise &#224; l'&#201;tat et sa vie priv&#233;e abolie. Les m&#234;mes conditions qui appelaient auparavant &#224; l'internalisation des valeurs exigent maintenant qu'elles soient totalement externalis&#233;es. Mais lorsque la soci&#233;t&#233; se tourne vers des formes totalitaires en accord avec les besoins de l'imp&#233;rialisme monopoliste, la totalit&#233; de la personne devient un objet politique. M&#234;me sa moralit&#233; la plus intime est soumise &#224; l'&#201;tat et sa vie priv&#233;e abolie. Les m&#234;mes conditions qui appelaient auparavant &#224; l'internalisation des valeurs exigent maintenant qu'elles soient totalement externalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Philosophie du droit de Hegel montre toujours un &#233;quilibre entre ces deux d&#233;veloppements polaires. Hegel soutient que la subjectivit&#233; de la volont&#233; &#171; demeure le fondement de l'existence de la libert&#233; &#187;, et il laisse la libert&#233; s'achever dans un &#233;tat de toute-puissance. La morale, domaine de la libert&#233; int&#233;rieure, perd cependant toute sa splendeur et sa gloire dans l'&#339;uvre de Hegel et devient une simple articulation entre le droit priv&#233; et le droit constitutionnel, entre le droit abstrait et la vie soci&#233;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a souvent soulign&#233; que le syst&#232;me de Hegel ne contient pas de v&#233;ritable &#233;thique. Sa philosophie morale est absorb&#233;e dans sa philosophie politique. Mais la submersion de l'&#233;thique dans la politique est conforme &#224; son interpr&#233;tation et &#224; sa valorisation de la soci&#233;t&#233; civile. Ce n'est pas un hasard si sa section sur la morale est la plus br&#232;ve et la moins significative de toutes dans son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous passerons &#224; la derni&#232;re partie de la Philosophie du droit, celle traitant de l'&#233;thique sociale et politique ( Sittlichkeit ). Cette partie de l'ouvrage traite de la famille, de la soci&#233;t&#233; civile et de l'&#201;tat, et il faut d'abord esquisser le lien syst&#233;matique qu'elle entretient avec les deux sections pr&#233;c&#233;dentes de la Philosophie du droit . La volont&#233; se tourne ici vers le domaine ext&#233;rieur de la r&#233;alit&#233; sociale. Un individu qui se r&#233;jouit de la libert&#233; int&#233;rieure et de la v&#233;rit&#233; de sa moralit&#233;, nous trouvons, n'a pas atteint la libert&#233; et la v&#233;rit&#233;. Le &#171; bien abstrait &#187; est &#171; d&#233;pourvu de pouvoir &#187; ; il est compatible avec n'importe quel contenu donn&#233;. La science de la logiqueavait d&#233;montr&#233; que l'id&#233;e ne se r&#233;alise qu'en r&#233;alit&#233;. De m&#234;me, le libre arbitre doit surmonter l'impasse entre monde int&#233;rieur et monde ext&#233;rieur, entre droit subjectif et droit universel, et l'individu doit r&#233;aliser sa volont&#233; dans des institutions sociales et politiques objectives, qui &#224; leur tour doivent s'accorder avec sa volont&#233;. Toute la troisi&#232;me partie de la Philosophie du Droit suppose qu'il n'existe aucune institution objective qui ne soit fond&#233;e sur le libre arbitre du sujet, et aucune libert&#233; subjective qui ne soit visible dans l'ordre social objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers paragraphes le disent pr&#233;cis&#233;ment. La promesse est donn&#233;e, en outre, que l'id&#233;al sera montr&#233; comme un existant r&#233;el. L'humanit&#233; a atteint le stade de la maturit&#233; et poss&#232;de tous les moyens qui rendent possible la r&#233;alisation de la Raison. Mais ces moyens m&#234;mes ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s et employ&#233;s par une soci&#233;t&#233; dont le principe organisateur est le libre jeu des int&#233;r&#234;ts particuliers, et qui est donc incapable de les utiliser dans l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. La philosophie du droitaffirme que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle du sujet libre et la r&#233;alisation de la libert&#233;. D&#232;s ses premiers &#233;crits, cependant, Hegel avait vu que les relations de propri&#233;t&#233; priv&#233;e militent contre un ordre social v&#233;ritablement libre. L'anarchie des propri&#233;taires &#233;go&#239;stes ne saurait produire de son m&#233;canisme un sch&#233;ma social int&#233;gr&#233;, rationnel et universel. En m&#234;me temps, un ordre social appropri&#233;, soutenait Hegel, ne pouvait pas &#234;tre impos&#233; sans les droits de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, car l'individu libre serait ainsi annul&#233;. La t&#226;che de r&#233;aliser l'int&#233;gration n&#233;cessaire incombait donc &#224; une institution qui se placerait au-dessus des int&#233;r&#234;ts individuels et de leurs relations concurrentes, tout en pr&#233;servant leurs avoirs et leurs activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel aborde le probl&#232;me dans le sens qu'il a suivi lorsqu'il a soulev&#233; le probl&#232;me de la loi naturelle. La doctrine de la loi naturelle s'&#233;tait d&#233;battue avec la question de savoir comment un &#233;tat d'appropriation anarchique (l'&#233;tat de nature) pouvait &#234;tre transform&#233; en un &#233;tat dans lequel la propri&#233;t&#233; est g&#233;n&#233;ralement en s&#233;curit&#233;. La soci&#233;t&#233; civile &#233;tait cens&#233;e &#233;tablir un tel &#233;tat de s&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;rale. Hegel pose maintenant la m&#234;me question, mais fait un pas au-del&#224; du sch&#233;ma traditionnel pour y r&#233;pondre. Les deux &#233;tapes du d&#233;veloppement, celle de l'&#233;tat de nature et celle de la soci&#233;t&#233; civile, sont surmont&#233;es par une troisi&#232;me, l'&#201;tat. Hegel consid&#232;re la doctrine du droit naturel comme inad&#233;quate, car elle fait de la soci&#233;t&#233; civile une fin en soi. M&#234;me dans la philosophie politique de Hobbes, la souverainet&#233; absolue a &#233;t&#233; subordonn&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une sauvegarde ad&#233;quate des s&#233;curit&#233;s et des biens de la soci&#233;t&#233; civile, et la r&#233;alisation de cette derni&#232;re condition a &#233;t&#233; &#233;rig&#233;e en contenu de la souverainet&#233;. Hegel dit que la soci&#233;t&#233; civile ne peut pas &#234;tre une fin en soi parce qu'elle ne peut pas, en vertu de ses contradictions intrins&#232;ques, r&#233;aliser une v&#233;ritable unit&#233; et libert&#233;. L'ind&#233;pendance de la soci&#233;t&#233; civile est donc r&#233;pudi&#233;e par Hegel et subordonn&#233;e &#224; l'&#201;tat autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel d&#233;place la t&#226;che de mat&#233;rialisation de l'ordre de la raison de la soci&#233;t&#233; civile vers l'&#201;tat. Ce dernier, cependant, ne d&#233;place pas la soci&#233;t&#233; civile, mais la maintient simplement en mouvement, pr&#233;servant ses int&#233;r&#234;ts sans changer son contenu. Le d&#233;passement de la soci&#233;t&#233; civile conduit ainsi &#224; un syst&#232;me politique autoritaire, qui pr&#233;serve intact le contenu mat&#233;riel de la soci&#233;t&#233;. La tendance autoritaire qui appara&#238;t dans la philosophie politique de Hegel est rendue n&#233;cessaire par la structure antagoniste de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas la seule tendance. La dialectique suit la transformation structurelle de la soci&#233;t&#233; civile jusqu'&#224; sa n&#233;gation d&#233;finitive. Les concepts qui pointent vers cette n&#233;gation sont &#224; la racine m&#234;me du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien : Raison et libert&#233;, con&#231;ues comme de v&#233;ritables concepts dialectiques, ne peuvent se r&#233;aliser dans le syst&#232;me de soci&#233;t&#233; civile en vigueur. Ainsi apparaissent dans la conception h&#233;g&#233;lienne de l'&#201;tat des &#233;l&#233;ments incompatibles avec l'ordre de la soci&#233;t&#233; civile et dessinent le tableau d'une future organisation sociale de l'humanit&#233;. Cela s'applique particuli&#232;rement &#224; l'exigence fondamentale de Hegel pour un &#201;tat, &#224; savoir qu'il doit pr&#233;server et satisfaire le v&#233;ritable int&#233;r&#234;t de l'individu et ne peut &#234;tre con&#231;u qu'en termes d'unit&#233; parfaite entre l'individuel et l'universel. Les d&#233;terminations abstraites de la Logiquemontrent une fois de plus leur importance historique. L'&#234;tre v&#233;ritable, avait dit la Logique , c'est l'universel, qui est en soi individuel et contient en soi le particulier. Cet &#234;tre v&#233;ritable, que la Logique appelait la notion, revient maintenant comme l'&#233;tat incarnant la raison et la libert&#233;. C'est &#171; l'Universel qui a d&#233;ploy&#233; sa rationalit&#233; actuelle &#187;, et repr&#233;sente &#171; l'identit&#233; de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale et particuli&#232;re &#187;. L'&#201;tat est &#171; l'incarnation de la libert&#233; concr&#232;te, dans laquelle la personne et ses int&#233;r&#234;ts particuliers trouvent leur plein d&#233;veloppement et re&#231;oivent une reconnaissance ad&#233;quate de leurs droits &#187;. Les int&#233;r&#234;ts particuliers des particuliers ne doivent en aucun cas &#234;tre &#233;cart&#233;s ou supprim&#233;s ; &#171; tout d&#233;pend de l'union de l'universel et du particulier dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable contenu dialectique de la raison et de la libert&#233; appara&#238;t &#224; plusieurs reprises &#224; travers la formule autoritaire de Hegel pour sauver le sch&#233;ma social donn&#233;. L'imp&#233;ratif de pr&#233;servation du syst&#232;me en vigueur le pousse &#224; hypostasier l'&#201;tat comme un domaine en soi, situ&#233; au-dessus et m&#234;me en opposition avec les droits de l'individu. L'&#201;tat &#171; a une autorit&#233; ou une force absolue &#187;. &#8211; C'est une question d'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;tat &#171; que l'individu existe ou non &#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, Hegel insiste sur le fait que la famille, la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat &#171; ne sont pas quelque chose d'&#233;tranger au sujet &#187;, mais font partie int&#233;grante &#171; de sa propre essence &#187;. Il appelle la relation de l'individu &#224; ces institutions un &#171; devoir et une obligation &#187;, qui restreint n&#233;cessairement sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me dynamique qui arrache les concepts de Hegel &#224; leurs liens avec la structure de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et pousse l'analyse dialectique au-del&#224; de ce syst&#232;me social se retrouve dans chaque portion de la derni&#232;re section de la Philosophie du droit .La famille, la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat sont justifi&#233;s par une m&#233;thode qui implique leur n&#233;gation. La discussion sur la famille qui ouvre cette section est toute anim&#233;e par ce paradoxe. La famille est un fondement &#171; naturel &#187; de l'ordre de la raison qui culmine dans l'&#201;tat, mais en m&#234;me temps elle ne l'est qu'en tant qu'elle se dissout. La famille a sa &#171; r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure &#187; dans la propri&#233;t&#233;, mais la propri&#233;t&#233; d&#233;truit aussi la famille. Les enfants grandissent et fondent leurs propres familles propri&#233;taires. L'unit&#233; &#171; naturelle &#187; de la famille se d&#233;compose ainsi en une multitude de groupes concurrents de propri&#233;taires, qui visent essentiellement leur avantage &#233;go&#239;ste particulier. Ces groupes font l'entr&#233;e de la soci&#233;t&#233; civile, qui entre en sc&#232;ne quand toute &#233;thique a &#233;t&#233; perdue et ni&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel fonde son analyse de la soci&#233;t&#233; civile sur les deux principes mat&#233;riels de la soci&#233;t&#233; moderne : (1) L'individu ne vise que ses int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, dans la poursuite desquels il se comporte comme un &#171; m&#233;lange de n&#233;cessit&#233; physique et de caprice &#187; ; (2) Les int&#233;r&#234;ts individuels sont tellement interd&#233;pendants que l'affirmation et la satisfaction de l'un d&#233;pendent de l'affirmation et de la satisfaction de l'autre . Il s'agit jusqu'ici simplement de la description traditionnelle du XVIIIe si&#232;cle de la soci&#233;t&#233; moderne comme d'un &#171; syst&#232;me de d&#233;pendance mutuelle &#187; dans lequel chaque individu, &#224; la poursuite de son propre avantage, promeut aussi &#171; naturellement &#187; l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. Hegel, cependant, suit les aspects n&#233;gatifs plut&#244;t que positifs de ce syst&#232;me. La communaut&#233; civile appara&#238;t pour dispara&#238;tre aussit&#244;t dans un &#171; spectacle d'exc&#232;s, de mis&#232;re et de corruption physique et sociale &#187;. &#171; Nous savons que d&#232;s le d&#233;but Hegel a soutenu qu'une vraie soci&#233;t&#233;, qui est le sujet libre de son propre progr&#232;s et de sa propre reproduction, ne peut &#234;tre con&#231;ue que comme celle qui mat&#233;rialise la libert&#233; consciente. L'absence totale de tels int&#233;r&#234;ts au sein de la soci&#233;t&#233; civile lui d&#233;nie d'embl&#233;e le titre de r&#233;alisation finale de la raison. Comme Marx, Hegel insiste sur le fait que l'int&#233;gration des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s dans cette soci&#233;t&#233; est le produit du hasard et non de la libre rationalit&#233;. d&#233;cision. La totalit&#233; appara&#238;t donc non comme libert&#233; &#171; mais comme n&#233;cessit&#233; &#187;. 75 &#171; Dans la soci&#233;t&#233; civile, l'universalit&#233; n'est rien d'autre que n&#233;cessit&#233;. Elle ordonne un processus de production dans lequel l'individu trouve sa place non selon ses besoins et ses capacit&#233;s, mais selon son &#171; capital &#187;. Le terme 'capital' ici se r&#233;f&#232;re non seulement au pouvoir &#233;conomique propre de l'individu, mais aussi &#224; la partie de sa force physique qu'il d&#233;pense dans le processus &#233;conomique, c'est-&#224;-dire &#224; sa force de travail. Les besoins sp&#233;cifiques des individus sont satisfaits au moyen du travail abstrait, qui est la &#171; propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale et permanente &#187; des hommes. Parce que la possibilit&#233; de partager la richesse g&#233;n&#233;rale d&#233;pend du capital, ce syst&#232;me produit des in&#233;galit&#233;s croissantes. Il n'y a qu'un pas entre ce point et les c&#233;l&#232;bres paragraphes qui &#233;tablissent le lien intrins&#232;que entre l'accumulation de richesses d'une part et l'appauvrissement croissant de la classe ouvri&#232;re d'autre part : Parce que la possibilit&#233; de partager la richesse g&#233;n&#233;rale d&#233;pend du capital, ce syst&#232;me produit des in&#233;galit&#233;s croissantes. Il n'y a qu'un pas entre ce point et les c&#233;l&#232;bres paragraphes qui &#233;tablissent le lien intrins&#232;que entre l'accumulation de richesses d'une part et l'appauvrissement croissant de la classe ouvri&#232;re d'autre part : Parce que la possibilit&#233; de partager la richesse g&#233;n&#233;rale d&#233;pend du capital, ce syst&#232;me produit des in&#233;galit&#233;s croissantes. Il n'y a qu'un pas entre ce point et les c&#233;l&#232;bres paragraphes qui &#233;tablissent le lien intrins&#232;que entre l'accumulation de richesses d'une part et l'appauvrissement croissant de la classe ouvri&#232;re d'autre part :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ralisant les relations des hommes d'apr&#232;s leurs besoins, et en g&#233;n&#233;ralisant la mani&#232;re dont les moyens de satisfaire ces besoins sont pr&#233;par&#233;s et procur&#233;s, de grandes fortunes sont amass&#233;es. D'autre part, il se produit une r&#233;partition et une limitation du travail de l'ouvrier individuel et, par cons&#233;quent, une d&#233;pendance et une d&#233;tresse dans la classe artisanale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un grand nombre de personnes tombent en dessous du niveau de vie consid&#233;r&#233; comme essentiel pour les membres de la soci&#233;t&#233; et perdent ce sens du droit, de la rectitude et de l'honneur qui d&#233;coule de l'autosuffisance, une classe de pauvres appara&#238;t et la richesse s'accumule de mani&#232;re disproportionn&#233;e dans la mains de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel envisage la mont&#233;e d'une vaste arm&#233;e industrielle et r&#233;sume les contradictions irr&#233;conciliables de la soci&#233;t&#233; civile dans l'affirmation que &#034;cette soci&#233;t&#233;, dans l'exc&#232;s de sa richesse, n'est pas assez riche... pour endiguer l'exc&#232;s de pauvret&#233; et la cr&#233;ation de pauvres&#034;. .' 82 Le syst&#232;me des &#233;tats que Hegel esquisse comme l'organisation propre de la soci&#233;t&#233; civile n'est pas en mesure &#224; lui seul de r&#233;soudre la contradiction. L'unit&#233; externe tent&#233;e entre des individus concurrents &#224; travers les trois domaines - la paysannerie, les commer&#231;ants (y compris les artisans, les fabricants et les marchands) et la bureaucratie - ne fait que r&#233;p&#233;ter les tentatives ant&#233;rieures de Hegel dans cette direction ; l'id&#233;e semble ici moins convaincante que jamais. Toutes les organisations et institutions de la soci&#233;t&#233; civile sont pour &#171; la protection de la propri&#233;t&#233;, ' et la libert&#233; de cette soci&#233;t&#233; ne signifie que 'le droit de propri&#233;t&#233;.' Les successions doivent &#234;tre r&#233;gl&#233;es par des forces ext&#233;rieures plus puissantes que les m&#233;canismes &#233;conomiques. Celles-ci pr&#233;parent la transition vers l'ordonnancement politique de la soci&#233;t&#233;. Cette transition se produit dans les sections sur l'administration de la justice, la police et la corporation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration de la justice transforme le droit abstrait en loi et introduit un ordre universel conscient dans les processus aveugles et contingents de la soci&#233;t&#233; civile. Nous avons dit que le concept de loi est au centre de la philosophie du droit,&#224; tel point qu'il vaudrait mieux que le titre de l'ouvrage soit &#171; Philosophie du droit &#187;. Toute la discussion qu'il contient suppose que le droit existe r&#233;ellement en tant que loi, une hypoth&#232;se qui d&#233;coule des principes ontologiques de la philosophie de Hegel. Le droit, nous l'avons vu, est un attribut du sujet libre, de la personne. La personne, &#224; son tour, n'est ce qu'elle est qu'en vertu de la pens&#233;e, en tant que sujet pensant. La pens&#233;e &#233;tablit une v&#233;ritable communaut&#233; pour des individus autrement isol&#233;s, leur donne une universalit&#233;. Le droit s'applique aux individus en tant qu'ils sont universels ; il ne peut &#234;tre poss&#233;d&#233; en raison de qualit&#233;s accidentelles particuli&#232;res. Cela signifie que celui qui poss&#232;de le droit le fait comme &#171; l'individu sous la forme de l'universel, l'ego en tant que personne universelle &#187;, et que l'universalit&#233; du droit est essentiellement abstraite. Le principe id&#233;aliste selon lequel la pens&#233;e est l'&#234;tre v&#233;ritable est ainsi per&#231;u comme impliquant que le droit est universel sous la forme d'une loi universelle, car la loi fait abstraction de l'individu et le traite comme une &#171; personne universelle &#187;. &#171; L'homme a sa valeur dans le fait qu'il est homme, non dans le fait qu'il est juif, catholique, protestant, allemand ou italien. L'&#201;tat de droit appartient &#224; la &#171; personne universelle &#187; et non &#224; l'individu concret, et il incarne la libert&#233; pr&#233;cis&#233;ment dans la mesure o&#249; elle est universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie juridique de Hegel est d&#233;finitivement align&#233;e sur les tendances progressistes de la soci&#233;t&#233; moderne. Anticipant les d&#233;veloppements ult&#233;rieurs de la jurisprudence, il rejette toute doctrine conf&#233;rant le droit &#224; la d&#233;cision judiciaire plut&#244;t qu'&#224; l'universalit&#233; de la loi, et il critique les points de vue qui font du juge &#171; le l&#233;gislateur permanent &#187; ou laissent &#224; sa discr&#233;tion la d&#233;cision finale en tant que telle. &#224; tort et &#224; raison. A son &#233;poque, les forces sociales au pouvoir n'&#233;taient pas encore parvenues &#224; s'accorder sur le fait que l'universalit&#233; abstraite de la loi, comme les autres ph&#233;nom&#232;nes du lib&#233;ralisme, interf&#232;re avec leurs desseins, et qu'il faut un instrument de r&#233;gulation plus direct et plus efficace. La conception h&#233;g&#233;lienne du droit est adapt&#233;e &#224; une phase ant&#233;rieure de la soci&#233;t&#233; civile, caract&#233;ris&#233;e par la libre concurrence entre des individus mat&#233;riellement plus ou moins &#233;gaux, de sorte que &#171; chacun est une fin en soi... ' et 'pour chaque personne particuli&#232;re, les autres sont un moyen d'atteindre sa fin.' Dans ce syst&#232;me, dit Hegel, m&#234;me l'int&#233;r&#234;t commun, l'universel, &#171; appara&#238;t comme un moyen &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le sch&#233;ma social qui a produit la soci&#233;t&#233; civile. Le sch&#233;ma ne peut se perp&#233;tuer que s'il harmonise les int&#233;r&#234;ts antagonistes qui le constituent sous une forme plus rationnelle et calculable que les op&#233;rations du march&#233; marchand qui le r&#233;git. La libre concurrence exige un minimum de protection &#233;gale pour les concurrents et une garantie fiable pour les contrats et les services. Ce minimum d'harmonie et d'int&#233;gration, cependant, ne peut &#234;tre obtenu qu'en faisant abstraction de l'existence concr&#232;te de chacun et de ses variations. &#171; Le droit ne traite pas des d&#233;terminations sp&#233;cifiques de l'homme. Son but n'est pas de le faire progresser et de le prot&#233;ger &#187; dans ses &#171; d&#233;sirs n&#233;cessaires et ses objectifs et pulsions particuliers [tels que sa soif de connaissances ou son d&#233;sir de maintenir la vie, la sant&#233;, etc.] &#187;. L'homme conclut des contrats, &#233;change des relations, et d'autres obligations simplement comme le sujet abstrait du capital ou de la force de travail ou de quelque autre possession ou dispositif socialement n&#233;cessaire. D&#232;s lors, le droit ne peut &#234;tre universel et traiter les individus d'&#233;gal &#224; &#233;gal que dans la mesure o&#249; il reste abstrait. Le droit est donc une forme plut&#244;t qu'un contenu. La justice rendue par la loi s'inspire de laforme g&#233;n&#233;rale de transaction et d'interaction, tandis que les vari&#233;t&#233;s concr&#232;tes de la vie individuelle n'interviennent que comme une somme de circonstances att&#233;nuantes ou aggravantes. La loi en tant qu'universel a donc un aspect n&#233;gatif. Elle implique n&#233;cessairement un &#233;l&#233;ment de hasard, et son application &#224; un cas particulier engendrera des imperfections et causera des injustices et des difficult&#233;s. Ces &#233;l&#233;ments n&#233;gatifs ne peuvent toutefois pas &#234;tre &#233;limin&#233;s en &#233;tendant les pouvoirs discr&#233;tionnaires du juge. L'universalit&#233; abstraite de la loi est une bien meilleure garantie de droit, malgr&#233; toutes ses lacunes, que le moi concret et sp&#233;cifique de l'individu. Dans la soci&#233;t&#233; civile, tous les individus ont des int&#233;r&#234;ts particuliers qui les opposent &#224; l'ensemble, et aucun d'eux ne peut pr&#233;tendre &#234;tre une source de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai en m&#234;me temps que l'&#233;galit&#233; abstraite des hommes devant la loi n'&#233;limine pas leurs in&#233;galit&#233;s mat&#233;rielles ni ne supprime en aucun sens la contingence g&#233;n&#233;rale qui entoure le statut social et &#233;conomique qu'ils poss&#232;dent. Mais du fait qu'elle fait abstraction des &#233;l&#233;ments contingents, la loi est plus juste que les rapports sociaux concrets qui produisent in&#233;galit&#233;s, al&#233;as et autres injustices. Le droit repose au moins sur quelques &#233;l&#233;ments essentiels communs &#224; tous les individus. (Nous devons garder &#224; l'esprit que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est l'un de ces &#034;facteurs essentiels&#034; pour Hegel, et que l'&#233;galit&#233; humaine signifie pour lui aussi un droit &#233;galde tous &#224; la propri&#233;t&#233;.) En s'en tenant &#224; son principe d'&#233;galit&#233; fondamentale, la loi est en mesure de rectifier certaines injustices flagrantes sans bouleverser l'ordre social qui exige le maintien de l'injustice comme &#233;l&#233;ment constitutif de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est du moins la construction philosophique, valable uniquement dans la mesure o&#249; l'&#201;tat de droit donne aux faibles plus de s&#233;curit&#233; et de protection que ne le fait le syst&#232;me qui l'a depuis remplac&#233;, l'&#201;tat du d&#233;cret autoritaire. La doctrine de Hegel est le produit de l'&#232;re lib&#233;rale et incarne ses principes traditionnels. Pour que les lois soient respect&#233;es, elles doivent &#234;tre connues de tous, dit-il, citant le fait que la tyrannie &#171; accrocherait les lois si haut qu'aucun citoyen ne pourrait les lire &#187;. De m&#234;me, il exclut la l&#233;gislation r&#233;troactive. Le pouvoir de d&#233;cision du juge, d&#233;clare-t-il, doit lui aussi &#234;tre limit&#233; autant que possible par les termes calculables de la loi elle-m&#234;me. Le proc&#232;s public, par exemple, est essentiel en tant qu'un de ces dispositifs restrictifs et se justifie par le fait que la loi exige la confiance des citoyens et que le droit,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de Hegel implique que le corps du droit est ce que les hommes libres &#233;tabliraient eux-m&#234;mes de leur propre raison. Il suppose, conform&#233;ment &#224; la tradition de la philosophie politique d&#233;mocratique, que l'individu libre est le l&#233;gislateur originel qui s'est donn&#233; la loi, mais cette hypoth&#232;se n'emp&#234;che pas Hegel de dire que la loi se mat&#233;rialise dans la &#171; protection de la propri&#233;t&#233; par l'administration &#187;. de la justice.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#167; 208. Voir Locke, Of Civil Government, Livre II, 9 134 : Le concept de propri&#233;t&#233; de Locke inclut dans son sens les droits fondamentaux des individus, c'est-&#224;-dire 'leurs vies, libert&#233;s et domaines' ! Ce concept op&#232;re toujours dans l'&#339;uvre de Hegel. Selon Hegel, tout ce qui est autre que et s&#233;parable de &#171; l'esprit libre &#187; peut devenir propri&#233;t&#233;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette compr&#233;hension du lien mat&#233;riel entre l'&#201;tat de droit et l'&#201;tat de propri&#233;t&#233; oblige Hegel, contrairement &#224; Locke et &#224; ses successeurs, &#224; aller au-del&#224; de la doctrine lib&#233;rale. En raison de ce lien, le droit ne peut &#234;tre le point final d'int&#233;gration de la soci&#233;t&#233; civile, ni repr&#233;senter sa v&#233;ritable universalit&#233;. L'&#201;tat de droit ne fait qu'incarner le &#171; droit abstrait &#187; de propri&#233;t&#233;. &#034;La fonction de l'administration judiciaire est seulement d'actualiser en n&#233;cessit&#233; le c&#244;t&#233; abstrait de la libert&#233; individuelle dans la soci&#233;t&#233; civile ... La n&#233;cessit&#233; aveugle du syst&#232;me des besoins n'est pas encore &#233;lev&#233;e &#224; la conscience de l'universel, et travaill&#233;e de ce point de vue .' La loi doit donc &#234;tre compl&#233;t&#233;e et m&#234;me supplant&#233;e par une force beaucoup plus forte et plus stricte qui gouvernera plus directement et plus visiblement les individus. La Police&#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion h&#233;g&#233;lienne de la police adopte de nombreux traits de la doctrine avec laquelle l'absolutisme utilisait pour justifier les r&#233;glementations qu'il pratiquait sur la vie sociale et &#233;conomique. Non seulement la police intervenait dans le processus de production et de distribution, non seulement restreignait la libert&#233; du commerce et du profit et surveillait les prix, la pauvret&#233; et le vagabondage, mais elle surveillait aussi la vie priv&#233;e de l'individu partout o&#249;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le bien-&#234;tre public pourrait en &#234;tre affect&#233;. Il y a cependant une diff&#233;rence importante entre la police qui a fait tout cela pendant la mont&#233;e de l'absolutisme moderne et la police de la Restauration. Dans une large mesure, la Philosophie du droit de Hegel exprime la th&#233;orie officielle de ce dernier. La police est cens&#233;e repr&#233;senter l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble contre des forces sociales qui ne sont pas trop faibles mais trop fortes pour garantir un fonctionnement non perturb&#233; du processus social et &#233;conomique. La police n'a plus &#224; organiser le processus de production faute de pouvoir et de savoir priv&#233;s pour y parvenir. La t&#226;che de la police est plut&#244;t n&#233;gative, celle de sauvegarder &#171; la s&#233;curit&#233; des personnes et des biens &#187; dans la sph&#232;re contingente qui n'est pas couverte par les stipulations universelles de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations de Hegel sur la fonction de la police montrent cependant qu'il va au-del&#224; de la doctrine d&#233;fendue pendant la Restauration, notamment en soulignant que les antagonismes croissants de la soci&#233;t&#233; civile font de plus en plus de l'organisme social un chaos aveugle d'int&#233;r&#234;ts &#233;go&#239;stes et n&#233;cessitent l'&#233;tablissement de une institution puissante pour contr&#244;ler la confusion. De mani&#232;re assez significative, c'est dans cette discussion sur la police que Hegel fait certaines de ses remarques les plus pointues et les plus profondes sur la voie destructrice que la soci&#233;t&#233; civile est vou&#233;e &#224; suivre. Et il conclut en d&#233;clarant que &#171; par le biais de sa propre dialectique, la soci&#233;t&#233; civile est pouss&#233;e au-del&#224; de ses propres limites en tant que soci&#233;t&#233; d&#233;finie et auto-compl&#232;te &#187;. Elle doit chercher &#224; ouvrir de nouveaux march&#233;s pour absorber les produits d'une surproduction croissante,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s &#224; relier la police &#224; la politique ext&#233;rieure de l'&#201;tat disparaissent si l'on prend en consid&#233;ration le fait que la police pour Hegel est un produit des antagonismes croissants de l'ordre civil et est introduite pour faire face &#224; ces contradictions. En cons&#233;quence, la fronti&#232;re entre la police et l'&#201;tat (qui accomplit ce que la police commence) n'est pas nette. Hegel envisage une situation finale o&#249; &#171; le travail de tous sera soumis &#224; une r&#233;glementation administrative &#187;. Cela, dit-il, &#171; raccourcira et att&#233;nuera les bouleversements dangereux &#187; auxquels la soci&#233;t&#233; civile est sujette. En d'autres termes, une organisation sociale totalitaire laissera moins de temps &#171; aux conflits pour s'ajuster par simple n&#233;cessit&#233; inconsciente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la police n'est pas le seul recours. L'indiscipline de la soci&#233;t&#233; civile doit &#234;tre brid&#233;e par une autre institution encore, la Corporation, que Hegel con&#231;oit sur le mod&#232;le de l'ancien syst&#232;me de guilde, avec quelques caract&#233;ristiques ajout&#233;es de l'&#201;tat corporatif moderne. La soci&#233;t&#233; est une unit&#233; &#233;conomique autant que politique, avec la double fonction suivante : (1) apporter l'unit&#233; aux int&#233;r&#234;ts et activit&#233;s &#233;conomiques concurrents au sein des domaines, et (2) d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts organis&#233;s de la soci&#233;t&#233; civile contre les &#201;tat. La soci&#233;t&#233; est supervis&#233;e par l'&#201;tat, mais elle vise &#224; sauvegarder les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels du commerce et de l'industrie. Le capital et le travail, le producteur et le consommateur, le profit et le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral se rencontrent dans la soci&#233;t&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel n'explique pas comment tout cela est possible. Il semble que la corporation s&#233;lectionne ses membres en fonction de leurs qualifications r&#233;elles et qu'elle garantisse leurs affaires et leurs actifs, mais cela semble &#234;tre tout. L'entreprise reste avant tout une instance id&#233;ologique, une entit&#233; qui exhorte l'individu &#224; travailler pour un id&#233;al qui n'existe pas, &#171; la fin d&#233;sint&#233;ress&#233;e du tout &#187;. De plus, la corporation doit lui accorder l'approbation en tant que membre reconnu de la soci&#233;t&#233;. En fait, cependant, ce n'est pas l'individu mais le processus &#233;conomique qui fait la reconnaissance. L'individu n'obtient donc qu'un bien id&#233;ologique ; sa r&#233;mun&#233;ration est &#171; l'honneur &#187; d'appartenir &#224; la corporation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corporation m&#232;ne de la section sur la soci&#233;t&#233; civile &#224; celle sur l'&#201;tat. L'&#201;tat est essentiellement s&#233;par&#233; et distinct de la soci&#233;t&#233;. La caract&#233;ristique d&#233;cisive de la soci&#233;t&#233; civile est &#171; la s&#233;curit&#233; et la protection de la propri&#233;t&#233; et de la libert&#233; individuelle &#187;, &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'individu &#187;, sa finalit&#233; ultime. L'&#201;tat a une fonction totalement diff&#233;rente et est li&#233; &#224; l'individu d'une autre mani&#232;re. &#171; L'union en tant que telle est elle-m&#234;me le v&#233;ritable contenu et la v&#233;ritable fin &#187; de l'&#201;tat. Le facteur d'int&#233;gration est l'universel, non le particulier. L'individu peut &#171; passer une vie universelle &#187; dans l'&#201;tat ; ses satisfactions particuli&#232;res, ses activit&#233;s et ses mani&#232;res de vivre sont ici r&#233;gl&#233;es par l'int&#233;r&#234;t commun. L'&#201;tat est un sujet au sens strict du terme, c'est-&#224;-dire le support et la fin r&#233;els de toutes les actions individuelles qui sont d&#233;sormais r&#233;gies par des &#171; lois et principes universels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois et les principes de l'&#201;tat guident les activit&#233;s des sujets libres penseurs, de sorte que leur &#233;l&#233;ment n'est pas la nature, mais l'esprit, la connaissance rationnelle et la volont&#233; des individus associ&#233;s. C'est dans ce sens que Hegel appelle l'&#233;tat &#171; esprit objectif &#187;. L'&#201;tat cr&#233;e un ordre qui ne d&#233;pend pas, comme le faisait la soci&#233;t&#233; civile, de l'interrelation aveugle de besoins et de performances particuliers pour sa propre perp&#233;tuation. Le &#171; syst&#232;me des besoins &#187; devient un sch&#233;ma conscient de la vie contr&#244;l&#233; par les d&#233;cisions autonomes de l'homme dans l'int&#233;r&#234;t commun. L'&#201;tat peut donc &#234;tre d&#233;sign&#233; comme la &#171; r&#233;alisation de la libert&#233; &#187;. Nous avons mentionn&#233; que pour Hegel la t&#226;che fondamentale de l'&#201;tat est de faire co&#239;ncider l'int&#233;r&#234;t sp&#233;cifique et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, afin de pr&#233;server le droit et la libert&#233; de l'individu. Or une telle exigence suppose l'identification de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;, pas leur s&#233;paration. Car les besoins et les int&#233;r&#234;ts de l'individu existent dans la soci&#233;t&#233; et, quelles que soient les modifications qu'ils peuvent apporter aux exigences du bien commun, ils naissent et restent li&#233;s aux processus sociaux qui r&#233;gissent la vie individuelle. L'exigence de libert&#233; et de bonheur retombe donc finalement sur la soci&#233;t&#233;, et non sur l'&#201;tat. Selon Hegel, l'&#201;tat n'a d'autre but que &#171; l'association en tant que telle &#187;. En d'autres termes, elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elles naissent et restent li&#233;es aux processus sociaux qui r&#233;gissent la vie individuelle. L'exigence de libert&#233; et de bonheur retombe donc finalement sur la soci&#233;t&#233;, et non sur l'&#201;tat. Selon Hegel, l'&#201;tat n'a d'autre but que &#171; l'association en tant que telle &#187;. En d'autres termes, elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elles naissent et restent li&#233;es aux processus sociaux qui r&#233;gissent la vie individuelle. L'exigence de libert&#233; et de bonheur retombe donc finalement sur la soci&#233;t&#233;, et non sur l'&#201;tat. Selon Hegel, l'&#201;tat n'a d'autre but que &#171; l'association en tant que telle &#187;. En d'autres termes, elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, cependant, a s&#233;par&#233; l'ordre rationnel de l'&#201;tat des interrelations contingentes de la soci&#233;t&#233; parce qu'il consid&#233;rait la soci&#233;t&#233; comme une soci&#233;t&#233; civile, qui n'est pas une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le caract&#232;re critique de sa dialectique l'oblige &#224; voir la soci&#233;t&#233; comme il la voit. La m&#233;thode dialectique comprend l'existant en fonction de la n&#233;gativit&#233; qu'il contient et consid&#232;re les r&#233;alit&#233;s &#224; la lumi&#232;re de leur changement. Le changement est une cat&#233;gorie historique. L'esprit objectif, avec lequel la Philosophie du Droittraite, se d&#233;ploie dans le temps, et l'analyse dialectique de son contenu doit &#234;tre guid&#233;e par les formes que ce contenu a prises dans l'histoire. La v&#233;rit&#233; appara&#238;t ainsi comme un acquis historique, de sorte que le stade atteint par l'homme avec la soci&#233;t&#233; civile accomplit tous les efforts historiques ant&#233;rieurs. Une autre forme d'association peut venir &#224; l'avenir, mais la philosophie, en tant que science de l'actuel, n'entre pas dans des sp&#233;culations &#224; son sujet. La r&#233;alit&#233; sociale, avec sa concurrence g&#233;n&#233;rale, son &#233;go&#239;sme et son exploitation, avec sa richesse excessive et sa pauvret&#233; excessive, est le fondement sur lequel la raison doit s'appuyer. La philosophie ne peut pas devancer l'histoire, car elle est fils de son temps, &#171; son temps appr&#233;hend&#233; dans la pens&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps sont ceux d'une soci&#233;t&#233; civile o&#249; a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e la base mat&#233;rielle pour r&#233;aliser la raison et la libert&#233;, mais une raison d&#233;form&#233;e par la n&#233;cessit&#233; aveugle du processus &#233;conomique et une libert&#233; pervertie par la concurrence d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s en conflit. Pourtant, cette m&#234;me soci&#233;t&#233; a bien des atouts pour une association vraiment libre et rationnelle : elle soutient le droit inali&#233;nable de l'individu, augmente les besoins humains et les moyens de les satisfaire, organise la division du travail et fait progresser l'&#201;tat de droit. Ces &#233;l&#233;ments doivent &#234;tre lib&#233;r&#233;s des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et soumis &#224; un pouvoir qui se tient au-dessus du syst&#232;me concurrentiel de la soci&#233;t&#233; civile, dans une position particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e. Ce pouvoir, c'est l'&#201;tat. Hegel voit l'&#201;tat comme &#171; un pouvoir ind&#233;pendant et autonome &#187; dans lequel &#171; les individus ne sont que des moments, ' comme 'la marche de Dieu dans le monde.' Il pensait que c'&#233;tait l&#224; l'essence m&#234;me de l'&#201;tat, mais, en r&#233;alit&#233;, il ne faisait que d&#233;crire le type historique d'&#201;tat qui correspondait &#224; la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous arrivons &#224; cette interpr&#233;tation de l'&#201;tat de Hegel en pla&#231;ant son concept dans le cadre socio-historique qu'il a lui-m&#234;me impliqu&#233; dans sa description de la soci&#233;t&#233; civile. L'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de l'&#201;tat d&#233;coule d'une philosophie dans laquelle la conception lib&#233;rale de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; s'est pratiquement effondr&#233;e. On a vu que l'analyse de Hegel l'a conduit &#224; nier toute harmonie &#171; naturelle &#187; entre l'int&#233;r&#234;t particulier et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, entre la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat. L'id&#233;e lib&#233;rale de l'&#201;tat &#233;tait ainsi d&#233;molie. Pour que le cadre de l'ordre social donn&#233; ne puisse pas &#234;tre rompu, l'int&#233;r&#234;t commun doit &#234;tre d&#233;volu &#224; une agence autonome et l'autorit&#233; de l'&#201;tat plac&#233;e au-dessus du champ de bataille des groupes sociaux concurrents. L'&#233;tat &#171; d&#233;ifi&#233; &#187; de Hegel, cependant, n'est en aucun cas parall&#232;le &#224; l'&#233;tat fasciste. Ce dernier repr&#233;sente le niveau m&#234;me de d&#233;veloppement social que l'&#201;tat de Hegel est cens&#233; &#233;viter, &#224; savoir la domination totalitaire directe des int&#233;r&#234;ts particuliers sur l'ensemble. La soci&#233;t&#233; civile sous le fascisme dirige l'&#201;tat ; L'&#201;tat de Hegel gouverne la soci&#233;t&#233; civile. Et au nom de qui gouverne-t-il ? Selon Hegel, au nom de l'individu libre et dans son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t. &#171; L'essence de l'&#201;tat moderne est l'union de l'universel avec la pleine libert&#233; du particulier et avec le bien-&#234;tre des individus. La principale diff&#233;rence entre le monde ancien et le monde moderne r&#233;side dans le fait que, dans ce dernier, les grandes questions de la vie humaine doivent &#234;tre tranch&#233;es non par une autorit&#233; sup&#233;rieure, mais par le libre &#171; je veux &#187; de l'homme. 'Ce que je veux... doit avoir sa niche particuli&#232;re dans le grand b&#226;timent de l'&#201;tat. Le principe de base de cet &#233;tat est le plein d&#233;veloppement de l'individu. Sa constitution et toutes ses institutions politiques doivent exprimer &#171; le savoir et la volont&#233; de ses individus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, cependant, la contradiction historique inh&#233;rente &#224; la philosophie politique de Hegel d&#233;termine son destin. L'individu qui conna&#238;t et souhaite son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t dans l'int&#233;r&#234;t commun &#8211; cet individu n'existe tout simplement pas. Les individus n'existent qu'en tant que propri&#233;taires priv&#233;s, sujets des processus f&#233;roces de la soci&#233;t&#233; civile, coup&#233;s de l'int&#233;r&#234;t commun par l'&#233;go&#239;sme et tout ce qu'il comporte. En ce qui concerne la soci&#233;t&#233; civile, personne n'est &#224; l'abri de ses labeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de la soci&#233;t&#233;, cependant, se trouve la nature. S'il pouvait &#234;tre trouv&#233; quelqu'un qui poss&#232;de son individualit&#233; en vertu de son existence naturelle et non sociale, et qui est ce qu'il est simplement par nature et non par les m&#233;canismes sociaux, il pourrait &#234;tre le point stable &#224; partir duquel l'&#201;tat pourrait &#234;tre gouvern&#233;. . Hegel trouve un tel homme dans le monarque, un homme choisi &#224; sa position &#171; par naissance naturelle &#187;. La libert&#233; ultime peut reposer sur lui, car il est en dehors d'un monde de libert&#233; fausse et n&#233;gative et est &#171; exalt&#233; au-dessus de tout ce qui est particulier et conditionnel &#187;. L'ego de tous les autres est corrompu par l'ordre social qui fa&#231;onne tout ; le monarque seul n'est pas ainsi influenc&#233; et est donc capable d'originer et de d&#233;cider tous ses actes en r&#233;f&#233;rence &#224; son ego pur. Il peut annuler toute particularit&#233; dans la &#171; simple certitude de soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait ce que la &#171; certitude de soi du moi pur &#187; signifie pour le syst&#232;me de Hegel : c'est la propri&#233;t&#233; essentielle de la &#171; substance comme sujet &#187;, et donc caract&#233;rise l'&#234;tre v&#233;ritable. L'utilisation historique de ce principe pour c&#233;der la personne physique du monarque pointe &#224; nouveau la frustration de l'id&#233;alisme. La libert&#233; s'identifie &#224; l'inexorable n&#233;cessit&#233; de la nature, et la raison se termine par un accident de naissance. La philosophie de la libert&#233; redevient une philosophie de la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie politique classique d&#233;crivait la soci&#233;t&#233; moderne comme un &#171; syst&#232;me naturel &#187; dont les lois semblaient avoir la n&#233;cessit&#233; des lois physiques. Ce point de vue a vite perdu de sa magie. Marx a montr&#233; comment les forces anarchiques du capitalisme assument la qualit&#233; de forces naturelles tant qu'elles ne sont pas soumises &#224; la raison humaine, que l'&#233;l&#233;ment naturel dans la soci&#233;t&#233; n'est pas positif mais n&#233;gatif. Hegel semble en avoir eu une id&#233;e. Il semble parfois sourire &#224; sa propre id&#233;alisation du monarque, d&#233;clarant que les d&#233;cisions du monarque ne sont que des formalit&#233;s. C'est &#171; un homme qui dit oui et met ainsi le point sur le i &#187;. Il note que les monarques ne sont pas remarquables pour leur force intellectuelle ou physique et que, malgr&#233; cela, des millions de personnes se laissent gouverner par eux. - , N&#233;anmoins,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faute &#224; Hegel est bien plus profonde que dans sa glorification de la monarchie prussienne. Il est coupable moins d'&#234;tre servile que de trahir ses plus hautes id&#233;es philosophiques. Sa doctrine politique livre la soci&#233;t&#233; &#224; la nature, la libert&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233;, la raison au caprice. Et ce faisant, il refl&#232;te le destin de l'ordre social qui tombe, dans la poursuite de sa libert&#233;, dans un &#233;tat de nature bien au-dessous de la raison. L'analyse dialectique de la soci&#233;t&#233; civile avait conclu que la soci&#233;t&#233; n'&#233;tait pas capable d'&#233;tablir d'elle-m&#234;me la raison et la libert&#233;. Hegel proposa donc un &#201;tat fort pour parvenir &#224; cette fin et tenta de concilier cet &#201;tat avec l'id&#233;e de libert&#233; en donnant une forte saveur constitutionnelle &#224; la monarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n'existe que par l'interm&#233;diaire de la loi. &#171; Les lois expriment le contenu de la libert&#233; objective... Elles sont une fin derni&#232;re absolue et une &#339;uvre universelle. L'&#201;tat est donc li&#233; par des lois qui sont &#224; l'oppos&#233; des d&#233;crets autoritaires. Le corps des lois est &#171; une &#339;uvre universelle &#187; qui incorpore la raison et la volont&#233; des hommes associ&#233;s. La constitution exprime les int&#233;r&#234;ts de tous (maintenant, bien entendu, leurs v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts &#171; purifi&#233;s &#187;), et les pouvoirs ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire ne sont que les organes du droit constitutionnel. Hegel r&#233;pudie la division traditionnelle de ces pouvoirs, comme pr&#233;judiciable &#224; l'unit&#233; de l'&#201;tat ; les trois fonctions du gouvernement sont de travailler en collaboration effective permanente. L'accent mis sur l'unit&#233; de l'&#201;tat &#8211; est si fort qu'il conduit parfois Hegel &#224; des formulations qui se rapprochent de la th&#233;orie organiciste de l'&#201;tat. Il d&#233;clare, par exemple, que la constitution, bien que &#171; engendr&#233;e dans le temps, ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme faite &#187; par l'homme, mais plut&#244;t comme &#171; divine et perp&#233;tuelle &#187;. De tels propos rel&#232;vent des m&#234;mes motifs qui poussaient les philosophes les plus clairvoyants &#224; placer l'&#201;tat au-dessus de tout danger de critique. Ils ont reconnu que le lien qui unit le plus efficacement les groupes en conflit de la classe dirigeante est la crainte de toute subversion de l'ordre existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous attarderons pas sur l'esquisse de constitution de Hegel, car elle n'ajoute gu&#232;re &#224; ses &#233;crits ant&#233;rieurs sur le m&#234;me sujet, bien que certaines caract&#233;ristiques importantes de son syst&#232;me m&#233;ritent d'&#234;tre bri&#232;vement signal&#233;es. La trinit&#233; traditionnelle des pouvoirs politiques est modifi&#233;e pour se composer du pouvoir monarchique, administratif et l&#233;gislatif. Celles-ci se chevauchent de sorte que le pouvoir ex&#233;cutif appartient aux deux premiers et comprend le pouvoir judiciaire, tandis que le pouvoir l&#233;gislatif est exerc&#233; par le gouvernement avec les &#201;tats. L'ensemble du syst&#232;me politique converge &#224; nouveau vers l'id&#233;e de souverainet&#233; qui, bien qu'enracin&#233;e d&#233;sormais dans la personne &#171; naturelle &#187; du monarque, impr&#232;gne encore toute la structure. A c&#244;t&#233; de la souverainet&#233; de l'&#201;tat sur les antagonismes de la soci&#233;t&#233; civile, Hegel insiste d&#233;sormais sur sa souverainet&#233; sur le peuple (Volk ). Le peuple &#171; est cette partie de l'&#201;tat qui ne sait pas ce qu'elle veut &#187;, et dont &#171; le mouvement et l'action seraient &#233;l&#233;mentaires, d&#233;pourvus de raison, violents et terribles &#187; s'ils n'&#233;taient pas r&#233;gl&#233;s. L&#224; encore, Hegel a peut-&#234;tre pens&#233; &#224; la Volksbewegung de son temps ; la monarchie prussienne peut bien avoir sembl&#233; un parangon de raison par rapport &#224; ce mouvement teutonique d' &#171; en bas &#187;. Pourtant, le plaidoyer de Hegel pour une main forte sur les masses fait partie d'une tendance plus g&#233;n&#233;rale, qui menace toute la structure constitutionnelle de son &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat fournit une unit&#233; pour l'int&#233;r&#234;t particulier et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Le point de vue de Hegel sur cette unit&#233; diff&#232;re du lib&#233;ralisme, dans la mesure o&#249; son &#201;tat s'impose aux m&#233;canismes sociaux et &#233;conomiques de la soci&#233;t&#233; civile et est investi de pouvoirs et d'institutions politiques ind&#233;pendants. &#171; La volont&#233; objective est en elle-m&#234;me rationnelle dans sa conception m&#234;me, qu'elle soit ou non connue des individus ou voulue comme objet de leur caprice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exaltation par Hegel du pouvoir politique de l'&#201;tat pr&#233;sente cependant des traits clairement critiques. Discutant de la relation entre la religion et l'&#201;tat, il souligne que la religion est principalement lou&#233;e et utilis&#233;e en p&#233;riode de d&#233;tresse publique, de troubles et d'oppression ; elle est enseign&#233;e pour fournir une consolation contre le tort et l'espoir d'une compensation en cas de perte. Il note la fonction dangereuse de la religion dans sa tendance &#224; d&#233;tourner l'homme de sa qu&#234;te de libert&#233; r&#233;elle et &#224; lui verser des dommages-int&#233;r&#234;ts fictifs pour des torts r&#233;els. &#171; Ce serait s&#251;rement consid&#233;r&#233;. comme une am&#232;re plaisanterie si ceux qui &#233;taient opprim&#233;s par un quelconque despotisme &#233;taient renvoy&#233;s aux consolations de la religion ; il ne faut pas non plus oublier que la religion peut prendre la forme d'une superstition exasp&#233;rante, entra&#238;nant la servitude la plus abjecte et la d&#233;gradation de l'homme au-dessous du niveau de la brute. Une certaine force doit intervenir pour sauver l'individu de la religion dans un tel cas. L'&#201;tat vient d&#233;fendre &#171; les droits de la raison et de la conscience de soi &#187;. &#171; Ce n'est pas la force, mais la faiblesse qui a fait de nos jours de la religion une pi&#233;t&#233; pol&#233;mique &#187; ; la lutte pour l'accomplissement historique de l'homme n'est pas une lutte religieuse, mais sociale et politique, et sa transplantation dans un sanctuaire int&#233;rieur de l'&#226;me, de la croyance et de la morale, signifie la r&#233;gression &#224; un stade depuis longtemps d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ces qualit&#233;s critiques sont &#233;clips&#233;es par les tendances oppressives inh&#233;rentes &#224; tout autoritarisme, qui manifestent toute leur force dans la doctrine h&#233;g&#233;lienne de la souverainet&#233; ext&#233;rieure. Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; comment Hegel a &#233;lev&#233; les int&#233;r&#234;ts nationaux de l'&#201;tat particulier &#224; la place de l'autorit&#233; la plus &#233;lev&#233;e et la plus indubitable dans les relations internationales. L'&#201;tat met en avant et affirme les int&#233;r&#234;ts de ses membres en les soudant en une communaut&#233;, r&#233;alisant ainsi leur libert&#233; et leurs droits et transformant la force destructrice de la concurrence en un tout unifi&#233;. L'autorit&#233; interne incontest&#233;e de l'&#201;tat est une condition pr&#233;alable au succ&#232;s de la concurrence, et celle-ci se termine n&#233;cessairement par une concurrence externe.la souverainet&#233;. La lutte &#224; mort des individus dans la soci&#233;t&#233; civile pour la reconnaissance mutuelle a son pendant parmi les &#201;tats souverains sous la forme de la guerre. La guerre est l'issue in&#233;vitable de toute &#233;preuve de souverainet&#233;. Elle n'est ni un mal absolu ni un accident, mais un &#171; &#233;l&#233;ment &#233;thique &#187;, car la guerre r&#233;alise cette int&#233;gration des int&#233;r&#234;ts que la soci&#233;t&#233; civile ne peut &#233;tablir par elle-m&#234;me. &#034;Les guerres r&#233;ussies ont emp&#234;ch&#233; les troubles civils et renforc&#233; le pouvoir interne de l'&#201;tat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel &#233;tait donc aussi cynique que Hobbes au sujet de l'&#201;tat bourgeois, aboutissant &#224; un rejet complet du droit international. L'&#201;tat, sujet ultime qui perp&#233;tue la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive, ne peut &#234;tre li&#233; par une loi sup&#233;rieure, car une telle loi reviendrait &#224; une restriction externe de souverainet&#233; et d&#233;truirait l'&#233;l&#233;ment vital de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[L'id&#233;ologie fasciste a fait de ce lien intrins&#232;que entre souverainet&#233;, guerre et concurrence un argument d&#233;cisif contre le capitalisme lib&#233;ral. &#171; Une communaut&#233; enti&#232;re ne peut pratiquer la comp&#233;tition de mani&#232;re ordonn&#233;e qu'en temps de guerre ou en comp&#233;tition avec une communaut&#233; ext&#233;rieure. Ainsi, en temps de guerre, chaque communaut&#233; bellig&#233;rante op&#232;re &#224; l'int&#233;rieur sur la base de la coop&#233;ration et &#224; l'ext&#233;rieur sur la base de la comp&#233;tition. De cette fa&#231;on, il y a de l'ordre &#224; l'int&#233;rieur et de l'anarchie &#224; l'ext&#233;rieur. C'est &#233;videmment une condition in&#233;vitable de toute soci&#233;t&#233; de nations souveraines qu'elle soit caract&#233;ris&#233;e par l'anarchie. Les souverainet&#233;s multiples ne sont qu'un synonyme d'anarchie. L'anarchie internationale est un corollaire de la souverainet&#233; nationale. Ce paragraphe du livre de Lawrence Dennis The Dynamics of War and Revolutionest une r&#233;affirmation exacte de la doctrine h&#233;g&#233;lienne de la souverainet&#233;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun contrat n'est valable entre les &#201;tats. La souverainet&#233; ne peut &#234;tre circonscrite par des trait&#233;s qui impliquent par leur nature m&#234;me une d&#233;pendance mutuelle des parties concern&#233;es. Les &#201;tats souverains se situent en dehors du monde de l'interd&#233;pendance civile ; ils existent dans un &#171; &#233;tat de nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous notons &#224; nouveau que la nature aveugle entre et &#233;carte la rationalit&#233; consciente de soi de l'esprit objectif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats se trouvent dans une relation naturelle plus que juridique les uns avec les autres. Il y a donc une lutte continue entre eux. Ils concluent des trait&#233;s et &#233;tablissent ainsi une relation juridique entre eux. En revanche, ils sont autonomes et ind&#233;pendants. Le droit ne peut donc pas &#234;tre r&#233;el entre eux. Ils peuvent rompre des trait&#233;s arbitrairement et ils doivent constamment se m&#233;fier les uns des autres. Puisqu'ils sont &#224; l'&#233;tat de nature, ils agissent selon la violence. Ils maintiennent et obtiennent leurs droits par leur propre puissance et doivent n&#233;cessairement plonger dans la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme de Hegel arrive &#224; la m&#234;me conclusion que le mat&#233;rialisme de Hobbes. Les droits des &#201;tats souverains &#171; ont leur r&#233;alit&#233; non dans une volont&#233; g&#233;n&#233;rale qui se constitue en puissance sup&#233;rieure, mais dans leurs volont&#233;s particuli&#232;res &#187;. En cons&#233;quence, les diff&#233;rends entre eux ne peuvent &#234;tre r&#233;gl&#233;s que par la guerre. Les relations internationales sont une ar&#232;ne pour &#171; le jeu sauvage des passions particuli&#232;res, des int&#233;r&#234;ts, des objectifs, des talents, des vertus, de la force, du mal, du vice et des contingences ext&#233;rieures &#187; - la fin morale elle-m&#234;me, &#171; l'autonomie de l'&#201;tat, est expos&#233;e au hasard &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce drame de hasard et de violence est-il vraiment d&#233;finitif ? La raison se termine-t-elle dans l'&#201;tat et dans ce jeu de forces naturelles imprudentes dans lequel l'&#201;tat doit n&#233;cessairement s'engager ? Hegel a r&#233;pudi&#233; de telles conclusions dans toute la Philosophie du droit. Le droit de l'&#201;tat, bien qu'il ne soit pas li&#233; par le droit international, n'est toujours pas le droit final, mais doit r&#233;pondre au &#171; droit de l'Esprit du monde qui est l'absolu inconditionnel &#187;. L'&#201;tat a son contenu r&#233;el dans l'histoire universelle ( Weltgeschichte), le domaine de l'esprit du monde, qui d&#233;tient &#034;la supr&#234;me v&#233;rit&#233; absolue&#034;. En outre, Hegel souligne que toute relation entre &#201;tats autonomes &#171; doit &#234;tre externe. Un troisi&#232;me doit donc se tenir au-dessus et les unir. &#171; Ce tiers est l'Esprit qui se mat&#233;rialise dans l'histoire du monde, et se constitue juge absolu sur les &#201;tats. L'&#201;tat, m&#234;me les lois et les devoirs, ne sont qu' &#171; une r&#233;alit&#233; d&#233;termin&#233;e &#187; ; ils montent et reposent sur une sph&#232;re sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc que cette derni&#232;re sph&#232;re de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; ? Comment l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; sont-ils li&#233;s &#224; l'esprit du monde ? Ces questions ne peuvent &#234;tre r&#233;solues que si nous nous tournons vers une interpr&#233;tation de la Philosophie de l'histoire de Hegel .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#202;TRE, pour la logique dialectique, est un processus &#224; travers des contradictions qui d&#233;terminent le contenu et le d&#233;veloppement de toute r&#233;alit&#233;. La Logique avait &#233;labor&#233; la structure intemporelle de ce processus, mais la connexion intrins&#232;que, entre la Logique et les autres parties du syst&#232;me, et, surtout, les implications de la m&#233;thode dialectique d&#233;truisent l'id&#233;e m&#234;me d'intemporalit&#233;. La logiqueavait montr&#233; que l'&#234;tre v&#233;ritable est l'id&#233;e, mais que l'id&#233;e se d&#233;ploie &#171; dans l'espace &#187; (en tant que nature) et &#171; dans le temps &#187; (en tant qu'esprit). L'esprit est par essence affect&#233; par le temps, car il n'existe que dans le processus temporel de l'histoire. Les formes de l'esprit se manifestent dans le temps, et l'histoire du monde est une exposition de l'esprit dans le temps. La dialectique arrive ainsi &#224; consid&#233;rer temporellement la r&#233;alit&#233;, et la &#171; n&#233;gativit&#233; &#187; qui, dans la Logique, d&#233;terminait le processus de la pens&#233;e appara&#238;t dans la Philosophie de l'histoire comme la puissance destructrice du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Logique avait d&#233;montr&#233; la structure de la raison ; la Philosophie de l'Histoire expose le contenu historique de la raison. Ou, pourrions-nous dire, le contenu de la raison ici est le m&#234;me que le contenu de l'histoire, bien que par contenu nous ne nous r&#233;f&#233;rions pas au m&#233;lange des faits historiques, mais &#224; ce qui fait de l'histoire un tout rationnel, les lois et les tendances auxquelles les faits point et d'o&#249; elles tirent leur sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La raison est la souveraine du monde &#187;, c'est l&#224;, selon Hegel, une hypoth&#232;se, et la seule hypoth&#232;se de la philosophie de l'histoire. Cette hypoth&#232;se, qui distingue la m&#233;thode philosophique de traitement de l'histoire de toute autre m&#233;thode, n'implique pas que l'histoire ait une fin d&#233;finie. Le caract&#232;re t&#233;l&#233;ologique de l'histoire (si tant est que l'histoire en ait un) ne peut &#234;tre qu'une conclusion d'une &#233;tude empirique de l'histoire et ne peut &#234;tre suppos&#233; a priori. Hegel affirme avec force qu' &#171; en histoire, la pens&#233;e doit &#234;tre subordonn&#233;e au donn&#233;, aux r&#233;alit&#233;s de fait ; c'est sa base et son guide. Par cons&#233;quent, &#171; il faut prendre l'histoire telle qu'elle est. Nous devons proc&#233;der historiquement &#8211; &#8203;&#8203;empiriquement &#187;, une approche &#233;trange pour une philosophie id&#233;aliste de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois de l'histoire doivent &#234;tre d&#233;montr&#233;es dans et &#224; partir des faits &#8211; jusqu'&#224; pr&#233;sent, la m&#233;thode de Hegel est la m&#233;thode empirique. Mais ces lois ne peuvent &#234;tre connues que si l'investigation est d'abord guid&#233;e par une th&#233;orie appropri&#233;e. Les faits en eux-m&#234;mes ne r&#233;v&#232;lent rien ; ils ne r&#233;pondent qu'&#224; des questions th&#233;oriques ad&#233;quates. La v&#233;ritable objectivit&#233; scientifique exige l'application de cat&#233;gories solides qui organisent les donn&#233;es dans leur signification r&#233;elle, et non une r&#233;ception passive de faits donn&#233;s. 'M&#234;me l'ordinaire, l'historiographe &#034;impartial&#034;, qui croit et professe qu'il maintient une attitude simplement r&#233;ceptive, ne s'abandonnant qu'aux donn&#233;es qui lui sont fournies - n'est nullement passif quant &#224; l'exercice de ses facult&#233;s de r&#233;flexion. Il apporte ses cat&#233;gories avec lui, et voit, les ph&#233;nom&#232;nes... exclusivement &#224; travers ces m&#233;dias.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment reconna&#238;tre les cat&#233;gories sonores et la th&#233;orie propre ? La philosophie d&#233;cide. Il &#233;labore ces cat&#233;gories g&#233;n&#233;rales qui dirigent l'investigation dans tous les domaines sp&#233;ciaux. Leur validit&#233; dans ces domaines, cependant, doit &#234;tre v&#233;rifi&#233;e par les faits, et la v&#233;rification a lieu lorsque les faits donn&#233;s sont compris par la th&#233;orie de telle mani&#232;re qu'ils apparaissent sous des lois d&#233;finies et comme des moments de tendances d&#233;finies, qui expliquent leur s&#233;quence. et interd&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dicton selon lequel la philosophie devrait fournir les cat&#233;gories g&#233;n&#233;rales pour comprendre l'histoire n'est pas arbitraire, et il n'a pas non plus son origine chez Hegel. Les grandes th&#233;ories du XVIIIe si&#232;cle ont toutes adopt&#233; la vision philosophique que l'histoire &#233;tait un progr&#232;s. Cette conception du progr&#232;s, qui d&#233;g&#233;n&#233;rera bient&#244;t en une complaisance superficielle, a d'abord point&#233; une critique acerbe et condamnatoire d'un ordre social obsol&#232;te. La bourgeoisie montante utilise le concept de progr&#232;s comme un moyen d'interpr&#233;ter l'histoire pass&#233;e de l'humanit&#233; comme la pr&#233;histoire de son propre r&#232;gne, un r&#232;gne destin&#233; &#224; amener le monde &#224; maturit&#233;. Lorsque, disaient-ils, la nouvelle classe moyenne arriverait &#224; fa&#231;onner le monde selon ses int&#233;r&#234;ts, un jaillissement inou&#239; des forces mat&#233;rielles et intellectuelles rendrait l'homme ma&#238;tre de la nature et amorcerait la v&#233;ritable histoire de l'humanit&#233;. Tant que tout cela ne s'&#233;tait pas mat&#233;rialis&#233;, l'histoire &#233;tait encore en lutte pour la v&#233;rit&#233;. L'id&#233;e de progr&#232;s, partie int&#233;grante de la philosophie des Lumi&#232;res fran&#231;aises, interpr&#233;tait les faits historiques comme des balises marquant le chemin de l'homme vers la raison. La v&#233;rit&#233; se trouvait toujours en dehors du domaine des faits &#8211; dans un &#233;tat &#224; venir. Le progr&#232;s impliquait que l'&#233;tat de choses donn&#233; serait ni&#233; et non poursuivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sch&#233;ma pr&#233;vaut encore dans la Philosophie de l' histoire de Hegel . La philosophie est l'a priori mat&#233;riel autant que logique de l'histoire, tant que l'histoire n'a pas encore conquis le niveau ad&#233;quat aux potentialit&#233;s humaines. Nous savons cependant que Hegel pensait que l'histoire avait atteint son but et que l'id&#233;e et la r&#233;alit&#233; avaient trouv&#233; un terrain d'entente. L'&#339;uvre de Hegel marque ainsi l'apog&#233;e et la fin de l'historiographie philosophique critique. Il consid&#232;re toujours l'int&#233;r&#234;t de la libert&#233; dans son traitement des faits historiques et consid&#232;re toujours la lutte pour la libert&#233; comme le seul contenu de l'histoire. Mais cet int&#233;r&#234;t a perdu de sa vigueur et la lutte a pris fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de libert&#233;, comme l'a montr&#233; la philosophie du droit , suit le mod&#232;le de la libre propri&#233;t&#233;. De ce fait, l'histoire du monde sur laquelle se penche Hegel exalte et consacre l'histoire de la classe moyenne, qui s'est fond&#233;e sur ce sch&#233;ma. Il y a une v&#233;rit&#233; crue dans l'annonce &#233;trangement certaine de Hegel que l'histoire a atteint sa fin. Mais il annonce les fun&#233;railles d'une classe, pas de l'histoire. &#192; la fin du livre, Hegel &#233;crit, apr&#232;s une description de la Restauration : &#171; C'est le point o&#249; la conscience est arriv&#233;e. Cela ressemble &#224; peine &#224; une fin. La conscience est la conscience historique, et quand on lit dans la Philosophie du droitqu' &#171; une forme de vie a vieilli &#187;, c'est une forme, pas toutes les formes de vie. La conscience et les objectifs de sa classe &#233;taient ouverts &#224; Hegel. Il vit qu'elles ne contenaient aucun principe nouveau pour rajeunir le monde. Si cette conscience devait &#234;tre la forme finale de l'esprit, alors l'histoire &#233;tait entr&#233;e dans un domaine au-del&#224; duquel il n'y avait pas de progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie donne &#224; l'historiographie ses cat&#233;gories g&#233;n&#233;rales, et celles-ci sont identiques aux concepts de base de la dialectique. Hegel les a r&#233;sum&#233;es dans ses cours d'introduction. [Georg Lasson a publi&#233; les diverses formes de cette introduction dans son &#233;dition de la Philosophic der Weitgeschichte de Hegel, 1920-22.] Nous y reviendrons plus tard. Il faut d'abord discuter des concepts qu'il appelle des cat&#233;gories historiques sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se sur laquelle repose la Philosophie de l'Histoire a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;e par la Logique de Hegel : l'&#234;tre v&#233;ritable est la raison, manifest&#233;e dans la nature et r&#233;alis&#233;e dans l'homme. La r&#233;alisation a lieu dans l'histoire, et puisque la raison r&#233;alis&#233;e dans l'histoire est l'esprit, la th&#232;se de Hegel implique que le v&#233;ritable sujet ou moteur de l'histoire est l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'homme fait aussi partie de la nature et ses pulsions et impulsions naturelles jouent un r&#244;le important dans l'histoire. La Philosophie de l'histoire de Hegel rend plus justice &#224; ce r&#244;le que de nombreuses historiographies empiriques. La nature, sous la forme de la somme totale des conditions naturelles de la vie humaine, reste la base premi&#232;re de l'histoire tout au long du livre de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'&#234;tre naturel, l'homme est confin&#233; dans des conditions particuli&#232;res - il est n&#233; en tel ou tel lieu ou moment, membre de telle ou telle nation, tenu de partager le sort de l'ensemble particulier auquel il appartient. Pourtant, malgr&#233; tout cela, l'homme est essentiellement un sujet pensant, et la pens&#233;e, on le sait, constitue l'universalit&#233;. La pens&#233;e (1) &#233;l&#232;ve les hommes au-del&#224; de leurs d&#233;terminations particuli&#232;res et (2) fait aussi de la multitude des choses ext&#233;rieures le support du d&#233;veloppement du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette double universalit&#233;, subjective et objective, caract&#233;rise le monde historique dans lequel l'homme d&#233;roule sa vie. L'histoire, en tant qu'histoire du sujet pensant, est n&#233;cessairement l'histoire universelle ( Weitgeschichte) simplement parce que &#034;cela appartient au domaine de l'Esprit&#034;. Nous appr&#233;hendons le contenu de l'histoire &#224; travers des concepts g&#233;n&#233;raux, tels que nation, &#201;tat ; soci&#233;t&#233; agraire, f&#233;odale, civile ; despotisme, d&#233;mocratie, monarchie ; prol&#233;tariat, bourgeoisie, noblesse, etc. C&#233;sar, Cromwell, Napol&#233;on sont pour nous des citoyens romains, anglais, fran&#231;ais ; nous les comprenons comme des membres de leur nation, r&#233;pondant &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; l'&#233;tat de leur temps. L'universel s'affirme en eux. Nos concepts g&#233;n&#233;raux saisissent cet universel comme le sujet r&#233;el de l'histoire, de sorte que, par exemple, l'histoire de l'humanit&#233; n'est pas la vie et les batailles d'Alexandre le Grand, de C&#233;sar, des empereurs allemands, des rois de France, des Cromwell et des Napol&#233;on, mais la vie et les combats de cet universel qui se d&#233;ploie sous diff&#233;rentes formes &#224; travers les divers ensembles culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de cet universel est l'esprit, et &#171; l'essence de l'esprit est la libert&#233;... La philosophie enseigne que toutes les qualit&#233;s de l'esprit n'existent que par la libert&#233; ; que tous ne sont que des moyens pour atteindre la libert&#233; ; que tous cherchent et produisent ceci et cela seulement. Nous avons discut&#233; ces qualit&#233;s, et nous avons vu que la libert&#233; se termine par l'assurance d'une appropriation compl&#232;te ; que l'esprit est libre s'il poss&#232;de et conna&#238;t le monde comme sa propri&#233;t&#233;. Il est donc tout &#224; fait compr&#233;hensible que la Philosophie de l'Histoire aboutisse &#224; la consolidation de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et que les p&#233;riodes de l'histoire apparaissent comme des &#233;tapes n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation de sa forme de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable sujet de l'histoire est l'universel, non l'individuel ; le vrai contenu est la r&#233;alisation de la conscience de soi de la libert&#233;, et non les int&#233;r&#234;ts, les besoins et les actions de l'individu. &#171; L'histoire du monde n'est autre que le progr&#232;s de la conscience de la libert&#233;. Pourtant, &#171; le premier coup d'&#339;il sur l'histoire nous convainc que les actions des hommes proc&#232;dent de leurs besoins, de leurs passions, de leurs caract&#232;res et de leurs talents ; et nous impressionne avec la conviction que ces besoins, passions et int&#233;r&#234;ts sont les seuls ressorts de l'action - les agents efficaces dans cette sc&#232;ne d'activit&#233;. Expliquer l'histoire, c'est donc &#171; d&#233;peindre les passions de l'humanit&#233;, son g&#233;nie, ses forces agissantes &#187;. Comment Hegel r&#233;sout-il l'apparente contradiction ? Il ne fait aucun doute que les besoins et les int&#233;r&#234;ts des individus sont les leviers de toute action historique, et qu'en histoire c'est l'&#233;panouissement de l'individu qui doit s'op&#233;rer. Mais quelque chose d'autre s'affirme : la raison historique. En poursuivant leurs propres int&#233;r&#234;ts, les individus favorisent le progr&#232;s de l'esprit, c'est-&#224;-dire accomplissent une t&#226;che universelle qui fait progresser la libert&#233;. Hegel cite l'exemple de la lutte de C&#233;sar pour le pouvoir. Dans son renversement de la forme traditionnelle de l'&#201;tat romain, C&#233;sar &#233;tait certainement motiv&#233; par l'ambition ; mais, en satisfaisant ses pulsions personnelles, il remplit &#171; un destin n&#233;cessaire dans l'histoire de Rome et du monde &#187; ; par ses actions, il a atteint une forme d'organisation politique plus &#233;lev&#233;e et plus rationnelle. accomplir une t&#226;che universelle qui fait progresser la libert&#233;. Hegel cite l'exemple de la lutte de C&#233;sar pour le pouvoir. Dans son renversement de la forme traditionnelle de l'&#201;tat romain, C&#233;sar &#233;tait certainement motiv&#233; par l'ambition ; mais, en satisfaisant ses pulsions personnelles, il remplit &#171; un destin n&#233;cessaire dans l'histoire de Rome et du monde &#187; ; par ses actions, il a atteint une forme d'organisation politique plus &#233;lev&#233;e et plus rationnelle. accomplir une t&#226;che universelle qui fait progresser la libert&#233;. Hegel cite l'exemple de la lutte de C&#233;sar pour le pouvoir. Dans son renversement de la forme traditionnelle de l'&#201;tat romain, C&#233;sar &#233;tait certainement motiv&#233; par l'ambition ; mais, en satisfaisant ses pulsions personnelles, il remplit &#171; un destin n&#233;cessaire dans l'histoire de Rome et du monde &#187; ; par ses actions, il a atteint une forme d'organisation politique plus &#233;lev&#233;e et plus rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un principe universel est ainsi latent dans les vis&#233;es particuli&#232;res des individus &#8211; universel parce que &#171; phase n&#233;cessaire au d&#233;veloppement de la v&#233;rit&#233; &#187;. C'est comme si l'esprit utilisait les individus comme son outil involontaire. Prenons un exemple tir&#233; de la th&#233;orie marxiste qui peut &#233;lucider le lien entre la philosophie de l'histoire de Hegelet l'&#233;volution ult&#233;rieure de la dialectique. Marx soutenait que dans un capitalisme industriel d&#233;velopp&#233;, les capitalistes individuels sont oblig&#233;s d'adapter leurs entreprises aux progr&#232;s rapides de la technologie afin d'assurer leurs profits et de surpasser leurs concurrents. Ils r&#233;duisent ainsi la quantit&#233; de force de travail qu'ils emploient et donc, puisque leur plus-value n'est produite que par la force de travail, r&#233;duisent le taux de profit dont dispose leur classe. Ils acc&#233;l&#232;rent ainsi les tendances d&#233;sint&#233;gratrices du syst&#232;me social qu'ils veulent maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de la raison s'exer&#231;ant &#224; travers les individus, cependant, ne se produit pas avec une n&#233;cessit&#233; naturelle, et n'a pas non plus un cours continu et unilin&#233;aire. &#171; Il y a de nombreuses p&#233;riodes consid&#233;rables dans l'histoire au cours desquelles ce d&#233;veloppement semble avoir &#233;t&#233; interrompu ; dans lequel, pourrions-nous plut&#244;t dire, tout l'&#233;norme gain de la culture ant&#233;rieure semble avoir &#233;t&#233; enti&#232;rement perdu ; apr&#232;s quoi, malheureusement, un nouveau commencement a &#233;t&#233; n&#233;cessaire. Il y a des p&#233;riodes de &#171; r&#233;trocession &#187; alternant avec des p&#233;riodes de progression constante. La r&#233;gression, lorsqu'elle se produit, n'est pas une &#171; contingence externe &#187; mais, comme nous le verrons, fait partie de la dialectique du changement historique ; une avanc&#233;e vers un plan sup&#233;rieur de l'histoire exige d'abord que les forces n&#233;gatives inh&#233;rentes &#224; toute r&#233;alit&#233; prennent le dessus. La phase sup&#233;rieure, cependant, doit finalement &#234;tre atteinte ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le principe universel de l'histoire. Ce n'est pas une &#171; loi &#187;, au sens scientifique du terme, telle que, par exemple, celle qui r&#233;git la mati&#232;re. La mati&#232;re dans sa structure et son mouvement a des lois immuables qui la perp&#233;tuent et la maintiennent, mais la mati&#232;re n'est nulle part le sujet de ses processus, ni n'a aucun pouvoir sur eux. Un &#234;tre, au contraire, qui est le sujet actif et conscient de son existence, est soumis &#224; des lois tout &#224; fait diff&#233;rentes. La pratique consciente devient partie int&#233;grante du contenu m&#234;me des lois, si bien que celles-ci n'op&#232;rent comme lois que dans la mesure o&#249; elles sont prises dans la volont&#233; du sujet et influencent ses actes. La loi universelle de l'histoire n'est pas, dans la formulation de Hegel, un simple progr&#232;s vers la libert&#233;, mais un progr&#232;s &#171; dans la conscience de soi de la libert&#233; &#187;. Un ensemble de tendances historiques ne devient une loi que si l'homme les comprend et agit en cons&#233;quence. En d'autres termes, les lois historiques n'ont leur origine et leur actualit&#233; que dans la pratique consciente de l'homme, de sorte que si, par exemple, il existe une loi de progression vers des formes toujours plus &#233;lev&#233;es de libert&#233;, elle cesse de s'appliquer si l'homme ne parvient pas &#224; la reconna&#238;tre et &#224; l'ex&#233;cuter. La philosophie de l'histoire de Hegel pourrait s'apparenter &#224; une th&#233;orie d&#233;terministe, mais le facteur d&#233;terminant est au moins la libert&#233;. Le progr&#232;s d&#233;pend de la capacit&#233; de l'homme &#224; saisir l'int&#233;r&#234;t universel de la raison et de sa volont&#233; et de sa vigueur pour en faire une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les besoins et les int&#233;r&#234;ts particuliers des hommes sont les seuls ressorts de leur action, comment la conscience de soi de la libert&#233; peut-elle jamais motiver la pratique humaine ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, nous devons &#224; nouveau nous demander : qui est le v&#233;ritable sujet de l'histoire ? De qui la pratique est-elle la pratique historique ? Les individus, semble-t-il, ne sont que des agents de l'histoire. Leur conscience est conditionn&#233;e par leur int&#233;r&#234;t personnel ; ils font des affaires, pas l'histoire. Il y a cependant des individus qui s'&#233;l&#232;vent au-dessus de ce niveau ; leurs actions ne r&#233;p&#232;tent pas d'anciens sch&#233;mas mais cr&#233;ent de nouvelles formes de vie. Ces hommes sont des hommes d'histoire kat'exochen, welthistorische Individuen,comme Alexandre, C&#233;sar, Napol&#233;on. Leurs actes aussi rel&#232;vent d'int&#233;r&#234;ts personnels, mais ceux-ci se confondent avec l'int&#233;r&#234;t universel et celui-ci d&#233;passe de loin l'int&#233;r&#234;t de tel ou tel groupe : ils forgent et administrent le progr&#232;s de l'histoire. Leur int&#233;r&#234;t doit n&#233;cessairement entrer en conflit avec l'int&#233;r&#234;t particulier du syst&#232;me de vie dominant. Les individus historiques sont des hommes d'une &#233;poque o&#249; des &#171; collisions momentan&#233;es &#187; surviennent &#171; entre des devoirs, des lois et des droits existants et reconnus, et les potentialit&#233;s qui sont contraires &#224; ce syst&#232;me fixe ; qui assaillent et m&#234;me d&#233;truisent ses fondements et son existence. Ces potentialit&#233;s apparaissent &#224; l'individu historique comme des choix pour son pouvoir sp&#233;cifique, mais elles impliquent un &#171; principe universel &#187; dans la mesure o&#249; elles sont le choix d'une forme de vie sup&#233;rieure m&#251;rie dans le syst&#232;me existant. Les individus historiques anticipaient ainsi &#171; l'&#233;tape n&#233;cessaire... successive dans le progr&#232;s que leur monde devait franchir &#187;. Ce qu'ils d&#233;siraient et pour lequel ils luttaient &#233;tait &#171; la v&#233;rit&#233; m&#234;me pour leur &#233;poque, pour leur monde &#187;. Conscients des &#171; exigences du temps &#187; et de &#171; ce qui &#233;tait m&#251;r pour le d&#233;veloppement &#187;, ils ont agi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me ces hommes de l'histoire ne sont pas encore les v&#233;ritables sujets de l'histoire. Ils sont les ex&#233;cuteurs de sa volont&#233;, les &#171; agents de l'Esprit du Monde &#187;, rien de plus. Ils sont victimes d'une n&#233;cessit&#233; sup&#233;rieure, qui s'exerce dans leur vie ; ils ne sont encore que de simples instruments du progr&#232;s historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet final de l'histoire que Hegel appelle l'esprit du monde ( Weitgeist). Sa r&#233;alit&#233; r&#233;side dans ces actions, tendances, efforts et institutions qui incarnent l'int&#233;r&#234;t de la libert&#233; et de la raison. Il n'existe pas s&#233;par&#233; de ces r&#233;alit&#233;s et agit par l'interm&#233;diaire de ces agents et agences. La loi de l'histoire, que repr&#233;sente l'esprit du monde, op&#232;re ainsi dans le dos et au-dessus de la t&#234;te des individus, sous la forme d'un pouvoir anonyme irr&#233;sistible. Le passage de la culture orientale &#224; celle du monde grec, la mont&#233;e du f&#233;odalisme, l'&#233;tablissement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, tous ces changements n'&#233;taient pas l'&#339;uvre libre de l'homme, mais les r&#233;sultats n&#233;cessaires de forces historiques objectives. La conception de Hegel de l'esprit du monde souligne que dans ces p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes de l'histoire enregistr&#233;e, l'homme n'&#233;tait pas le ma&#238;tre conscient de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; de l'esprit du monde, telle que la d&#233;crit Hegel, pr&#233;sente les traits sombres d'un monde contr&#244;l&#233; par les forces de l'histoire au lieu de les contr&#244;ler. Alors que ces forces sont encore inconnues dans leur v&#233;ritable essence, elles apportent la mis&#232;re et la destruction dans leur sillage. L'histoire appara&#238;t alors comme &#171; le banc de la tuerie o&#249; le bonheur des peuples, la sagesse des &#201;tats et la vertu des individus ont &#233;t&#233; victimis&#233;s &#187;. Hegel vante en m&#234;me temps le sacrifice de bonheur individuel et g&#233;n&#233;ral qui en r&#233;sulte. Il l'appelle &#034;la ruse de la raison&#034;.&#171; Les individus m&#232;nent des vies malheureuses, ils peinent et p&#233;rissent, mais bien qu'ils n'atteignent jamais leur objectif, leur d&#233;tresse et leur d&#233;faite sont les moyens m&#234;mes par lesquels la v&#233;rit&#233; et la libert&#233; proc&#232;dent. Un homme ne r&#233;colte jamais les fruits de son travail ; elles &#233;choient toujours aux g&#233;n&#233;rations futures. Ses passions et ses int&#233;r&#234;ts, cependant, ne succombent pas ; ce sont les artifices qui le font travailler au service d'un pouvoir sup&#233;rieur et d'un int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur. &#171; C'est ce qu'on peut appeler la ruse de la raison , c'est qu'elle fait travailler les passions pour elle-m&#234;me, tandis que ce qui d&#233;veloppe son existence par une telle impulsion en paie la peine et en subit la perte. Les individus &#233;chouent et meurent ; l'id&#233;e triomphe et est &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e triomphe pr&#233;cis&#233;ment parce que les individus p&#233;rissent dans la d&#233;faite. Ce n'est pas l'Id&#233;e qui est impliqu&#233;e dans l'opposition et le combat, et qui est expos&#233;e au danger. Il reste &#224; l'arri&#232;re-plan, intact et indemne &#187; tandis que &#171; les individus sont sacrifi&#233;s et abandonn&#233;s. L'Id&#233;e paie la peine de l'existence et de l'&#233;ph&#233;m&#232;re non d'elle-m&#234;me, mais des passions des individus. Mais cette id&#233;e peut-elle encore &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'incarnation de la v&#233;rit&#233; et de la libert&#233; ? Kant avait insist&#233; avec force sur le fait qu'il serait contraire &#224; la nature de l'homme de l'utiliser comme un simple moyen. Quelques d&#233;cennies plus tard seulement, Hegel se prononce en faveur de &#171; l'id&#233;e que les individus, leurs d&#233;sirs et leur satisfaction, sont... sacrifi&#233;s, et leur bonheur abandonn&#233; &#224; l'empire du hasard, auquel il appartient ; et qu'en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les individus rel&#232;vent de la cat&#233;gorie des moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit du monde est le sujet hypostatique de l'histoire ; c'est un substitut m&#233;taphysique du sujet r&#233;el, le Dieu insondable d'une humanit&#233; frustr&#233;e, cach&#233; et affreux, comme le Dieu des calvinistes ; le moteur d'un monde dans lequel tout ce qui se passe le fait malgr&#233; les actions conscientes de l'homme et aux d&#233;pens de son bonheur. &#171; L'histoire... n'est pas le th&#233;&#226;tre du bonheur. Les p&#233;riodes de bonheur y sont des pages blanches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sujet m&#233;taphysique, cependant, prend une forme concr&#232;te d&#232;s que Hegel pose la question de savoir comment l'esprit du monde se mat&#233;rialise. &#171; Dans quelle mati&#232;re s'&#233;labore l'id&#233;e de la Raison ? L'esprit du monde s'efforce de r&#233;aliser la libert&#233; et ne peut se mat&#233;rialiser que dans le domaine r&#233;el de la libert&#233;, c'est-&#224;-dire dans l' &#201;tat. Ici, l'esprit du monde est, pour ainsi dire, institutionnalis&#233; ; elle trouve ici la conscience de soi par laquelle s'op&#232;re la loi de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Philosophie de l'Histoire ne discute pas (comme le faisait la Philosophie du Droit ) l' id&#233;e d'&#201;tat ; il en discute les diverses formes historiques concr&#232;tes. Le sch&#233;ma bien connu de Hegel distingue trois &#233;tapes historiques principales dans le d&#233;veloppement de la libert&#233; : l'orientale, la gr&#233;co-romaine et la germano-chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Orientaux n'ont pas atteint la connaissance que l'Entendement &#8211; &#8203;&#8203;l'homme en tant que tel &#8211; est libre ; et parce qu'ils ne le savent pas, ils ne sont pas libres. Ils savent seulement que l'on est libre. Mais &#224; ce titre m&#234;me, la libert&#233; de celui-l&#224; n'est que caprice... Celui -l&#224; n'est donc qu'un Despote, pas un homme libre. La conscience de la libert&#233; est apparue pour la premi&#232;re fois chez les Grecs, et par cons&#233;quent ils &#233;taient libres ; mais eux, et les Romains de m&#234;me, savaient seulement que certainssont libres &#8211; pas l'homme en tant que tel... Les Grecs avaient donc des esclaves ; et toute leur vie et le maintien de leur splendide libert&#233; &#233;taient impliqu&#233;s dans l'institution de l'esclavage ... Les nations allemandes, sous l'influence du christianisme, ont &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; prendre conscience que l'homme, en tant qu'homme, est libre : que c'est la libert&#233; de l'Esprit qui en constitue l'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel distingue trois formes &#233;tatiques typiques pour correspondre aux trois phases principales du d&#233;veloppement de la libert&#233; : &#171; L'Orient savait et sait jusqu'&#224; pr&#233;sent seulement que l'Un est libre ; le monde grec et romain, que certains sont libres ; le monde allemand sait que tous sont libres. La premi&#232;re forme politique que nous observons donc dans l'histoire est le despotisme, la seconde la d&#233;mocratie et l'aristocratie, la troisi&#232;me la monarchie. Ce n'est d'abord que la typologie aristot&#233;licienne appliqu&#233;e &#224; l'histoire universelle. La monarchie occupe le premier rang en tant que forme d'&#201;tat parfaitement libre, en vertu de sa primaut&#233; du droit et de la loi sous les garanties constitutionnelles. &#171; Dans la monarchie, ... il y a un seigneur et pas de serf, car la servitude est abrog&#233;e par elle ; et en lui le Droit et la Loi sont reconnus ; c'est la source de la vraie libert&#233;. Ainsi dans la monarchie, le caprice des individus est contenu, et un int&#233;r&#234;t de gouverneur commun &#233;tabli. Le jugement de Hegel ici est bas&#233; sur le fait qu'il consid&#232;re l'&#201;tat absolutiste moderne comme une avanc&#233;e sur le syst&#232;me f&#233;odal. Il fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#201;tat bourgeois fortement centralis&#233; qui a vaincu la terreur r&#233;volutionnaire de 1793. La libert&#233;, a-t-il montr&#233;, commence par la propri&#233;t&#233;, se d&#233;ploie dans l'&#201;tat de droit universel qui reconna&#238;t et garantit l'&#233;galit&#233; du droit &#224; la propri&#233;t&#233;, et se termine dans l'&#201;tat. , capable de faire face aux antagonismes qui accompagnent la libert&#233; de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, l'histoire de la libert&#233; s'ach&#232;ve avec l'av&#232;nement de la *monarchie moderne qui, &#224; l'&#233;poque de Hegel, a atteint ce but. Il fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#201;tat bourgeois fortement centralis&#233; qui a vaincu la terreur r&#233;volutionnaire de 1793. La libert&#233;, a-t-il montr&#233;, commence par la propri&#233;t&#233;, se d&#233;ploie dans l'&#201;tat de droit universel qui reconna&#238;t et garantit l'&#233;galit&#233; du droit &#224; la propri&#233;t&#233;, et se termine dans l'&#201;tat. , capable de faire face aux antagonismes qui accompagnent la libert&#233; de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, l'histoire de la libert&#233; s'ach&#232;ve avec l'av&#232;nement de la *monarchie moderne qui, &#224; l'&#233;poque de Hegel, a atteint ce but. Il fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#201;tat bourgeois fortement centralis&#233; qui a vaincu la terreur r&#233;volutionnaire de 1793. La libert&#233;, a-t-il montr&#233;, commence par la propri&#233;t&#233;, se d&#233;ploie dans l'&#201;tat de droit universel qui reconna&#238;t et garantit l'&#233;galit&#233; du droit &#224; la propri&#233;t&#233;, et se termine dans l'&#201;tat. , capable de faire face aux antagonismes qui accompagnent la libert&#233; de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, l'histoire de la libert&#233; s'ach&#232;ve avec l'av&#232;nement de la *monarchie moderne qui, &#224; l'&#233;poque de Hegel, a atteint ce but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie du droitavait conclu par l'affirmation que le droit de l'&#201;tat est subordonn&#233; au droit de l'esprit du monde et au jugement de l'histoire universelle. Hegel d&#233;veloppe maintenant ce point. Il donne aux diverses formes &#233;tatiques leur place dans le cours de l'histoire, en coordonnant d'abord chacune avec sa p&#233;riode historique repr&#233;sentative. Hegel ne veut pas dire que le monde oriental n'a connu que le despotisme, le monde gr&#233;co-romain que la d&#233;mocratie, et la monarchie allemande que. Son sch&#233;ma implique plut&#244;t que le despotisme est la forme politique la plus ad&#233;quate &#224; la culture mat&#233;rielle et intellectuelle de l'Orient, et les autres formes politiques respectivement aux autres p&#233;riodes historiques. Il poursuit en affirmant que l'unit&#233; de l'&#201;tat est conditionn&#233;e par la culture nationale dominante ; c'est-&#224;-dire que l'&#233;tat d&#233;pend de facteurs tels que la situation g&#233;ographique et la nature,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens de son concept d'esprit national ( Volksgeist ). Ce dernier est la manifestation de l'esprit du monde &#224; un stade donn&#233; du d&#233;veloppement historique ; c'est le sujet de l'histoire nationale au m&#234;me sens que l'esprit mondial est le sujet de l'histoire universelle. L'histoire nationale doit &#234;tre comprise en termes d'histoire universelle. &#034;Chaque g&#233;nie national particulier doit &#234;tre trait&#233; comme un seul individu dans le processus de l'Histoire universelle.&#034; L'histoire d'une nation doit &#234;tre jug&#233;e en fonction de sa contribution au progr&#232;s de toute l'humanit&#233; vers la conscience de soi de la libert&#233;. [La diff&#233;rence d&#233;cisive entre le concept h&#233;g&#233;lien du Volksgeist et l'utilisation faite du m&#234;me concept par l' Historische Schuleconsiste en ceci : que cette derni&#232;re &#233;cole a con&#231;u le Volksgeist en termes de d&#233;veloppement naturel plut&#244;t que rationnel et l'a oppos&#233; aux valeurs sup&#233;rieures pos&#233;es dans l'histoire universelle. Nous reconna&#238;trons plus loin que la conception de l'Historische Schule appartient &#224; la r&#233;action positiviste contre le rationalisme h&#233;g&#233;lien.] Les diverses nations ne contribuent pas &#233;galement ; certains sont des promoteurs actifs de ce progr&#232;s. Ce sont les nations historiques du monde ( welthistorische Volksgeister ). Les sauts d&#233;cisifs vers des formes de vie nouvelles et sup&#233;rieures se produisent dans leur histoire, tandis que d'autres nations jouent des r&#244;les plus mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la relation entre un &#233;tat particulier et l'esprit du monde peut maintenant trouver une r&#233;ponse. Toute forme d'&#201;tat doit &#234;tre &#233;valu&#233;e en fonction de son ad&#233;quation au stade de conscience historique auquel l'humanit&#233; est parvenue. La libert&#233; ne signifie pas et ne peut pas signifier la m&#234;me chose dans les diff&#233;rentes p&#233;riodes de l'histoire, car &#224; chaque p&#233;riode un type de libert&#233; est le vrai. L'Etat doit se construire sur la reconnaissance de cette libert&#233;. Le monde allemand, &#224; travers la R&#233;forme, a produit dans son cours cette sorte de libert&#233; qui reconnaissait l'&#233;galit&#233; essentielle des hommes. La monarchie constitutionnelle exprime et int&#232;gre cette forme de soci&#233;t&#233;. C'est pour Hegel l'aboutissement de la r&#233;alisation de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons maintenant la structure g&#233;n&#233;rale de la dialectique historique. Depuis Aristote, le changement historique s'oppose aux changements de nature. Hegel tenait &#224; la m&#234;me distinction. Il dit que le changement historique est &#034;une avanc&#233;e vers quelque chose de meilleur, de plus parfait&#034;, alors que la mutation dans la nature &#034;ne pr&#233;sente qu'un cycle qui se r&#233;p&#232;te perp&#233;tuellement&#034;. Ce n'est que dans les changements historiques que quelque chose de nouveau surgit. Le changement historique est donc un d&#233;veloppement. 'Tout d&#233;pend de l'appr&#233;hension du principe de cette &#233;volution. Le principe implique d'abord qu'il existe un &#171; destin &#187; latent, &#171; une potentialit&#233; s'effor&#231;ant de se r&#233;aliser &#187;. Cela est &#233;vident dans le cas de l'&#234;tre vivant dont la vie est le d&#233;ploiement des potentialit&#233;s contenues dans le germe et leur actualisation constante, mais la forme la plus &#233;lev&#233;e de d&#233;veloppement n'est atteinte que lorsque la conscience de soi exerce la ma&#238;trise de l'ensemble du processus. La vie du sujet pensant est la seule que l'on puisse appeler une r&#233;alisation de soi, au sens strict. Le sujet pensant &#171; se produit, s'&#233;panouit effectivement jusqu'&#224; ce qu'il a toujours &#233;t&#233; en puissance &#187;.Et elle atteint ce r&#233;sultat dans la mesure o&#249; chaque condition existentielle particuli&#232;re est dissoute par les potentialit&#233;s qui lui sont inh&#233;rentes et transform&#233;e en une nouvelle condition, qui remplit ces potentialit&#233;s. Comment ce processus se manifeste-t-il dans l'histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet pensant vit dans l'histoire, et l'&#201;tat fournit en grande partie les conditions existentielles de sa vie historique. L'&#201;tat existe en tant qu'int&#233;r&#234;t universel parmi les actions et les int&#233;r&#234;ts individuels. Les individus vivent cet universel sous des formes diverses, dont chacune est une phase essentielle de l'histoire de chaque &#201;tat. L'&#201;tat appara&#238;t d'abord comme une unit&#233; imm&#233;diate, &#171; naturelle &#187;. A ce stade, les antagonismes sociaux ne se sont pas encore intensifi&#233;s et les individus trouvent satisfaction dans l'&#201;tat sans opposer consciemment leurs individualit&#233;s &#224; la communaut&#233;. C'est la jeunesse dor&#233;e de chaque nation, et la jeunesse dor&#233;e de l'histoire universelle. La libert&#233; inconsciente pr&#233;vaut, mais parce qu'elle est inconsciente, c'est une &#233;tape de simple libert&#233; potentielle ; la libert&#233; r&#233;elle ne vient qu'avec la conscience de soi de la libert&#233;. La potentialit&#233; qui pr&#233;vaut doit s'actualiser ; ce faisant, il brise le stade inconscient de l'organisation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e est le v&#233;hicule de ce processus. Les individus prennent conscience de leurs potentialit&#233;s et organisent leurs relations en fonction de leur raison. Une nation compos&#233;e de tels individus a &#171; appr&#233;hend&#233; le principe de sa vie et de sa condition, la science de ses lois, de son droit et de sa moralit&#233;, et a consciemment organis&#233; l'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat, lui aussi, est sujet &#224; la pens&#233;e, l'&#233;l&#233;ment qui conduit finalement &#224; sa destruction, le m&#234;me &#233;l&#233;ment qui a donn&#233; sa forme &#224; cet &#233;tat. La r&#233;alit&#233; sociale et politique ne peut, longtemps, se conformer aux exigences de la raison, car l'&#201;tat cherche &#224; maintenir l'int&#233;r&#234;t de ce qui est, et donc &#224; encha&#238;ner les forces qui tendent &#224; une forme historique sup&#233;rieure. T&#244;t ou tard, la libre rationalit&#233; de la pens&#233;e doit entrer en conflit avec les rationalisations de l'ordre donn&#233; de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel voyait dans ce processus une loi g&#233;n&#233;rale de l'histoire, aussi inalt&#233;rable que le temps lui-m&#234;me. Aucune puissance ne pourrait, &#224; la longue, arr&#234;ter la marche de la pens&#233;e. Penser n'&#233;tait pas une activit&#233; anodine mais dangereuse, qui, d&#232;s qu'elle coulerait parmi les citoyens et d&#233;terminerait leur pratique, les pousserait &#224; remettre en question, voire &#224; subvertir les formes traditionnelles de la culture. Hegel a illustr&#233; cette dynamique destructrice de la pens&#233;e au moyen d'un mythe antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dieu Kronos a d'abord r&#233;gn&#233; sur la vie des hommes, et son r&#232;gne signifiait un &#226;ge d'or au cours duquel les hommes vivaient dans une unit&#233; imm&#233;diate entre eux et avec la nature. Mais Kronos &#233;tait le dieu du temps, et le temps a d&#233;vor&#233; ses propres enfants. Tout ce que l'homme avait accompli a &#233;t&#233; d&#233;truit ; rien n'est rest&#233;. Ensuite, Kronos lui-m&#234;me a &#233;t&#233; d&#233;vor&#233; par Zeus, une puissance sup&#233;rieure au temps. Zeus &#233;tait le dieu qui a fait na&#238;tre la raison et promu les arts ; il &#233;tait le &#171; dieu politique &#187; qui a cr&#233;&#233; l'&#201;tat et en a fait l'&#339;uvre d'individus conscients d'eux-m&#234;mes et moraux. Cet &#233;tat a &#233;t&#233; engendr&#233; et maintenu par la raison et la morale ; c'&#233;tait quelque chose qui pouvait persister et durer, m&#234;me si la puissance productive de la raison semblait immobiliser le temps. Cette communaut&#233; morale et rationnelle fut cependant dissoute par la m&#234;me force qui l'avait cr&#233;&#233;e. Le principe de pens&#233;e, de raisonnement et de connaissance d&#233;truisirent la belle &#339;uvre d'art qu'&#233;tait l'&#233;tat, et Zeus, qui avait mis fin &#224; la force d&#233;vorante du temps, fut lui-m&#234;me englouti. Le travail de la pens&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;truit par la pens&#233;e. La pens&#233;e est ainsi entra&#238;n&#233;e dans le processus du temps, et la force qui a contraint la connaissance dans la Logique &#224; nier tout contenu particulier est r&#233;v&#233;l&#233;e, dans lePhilosophie de l'Histoire, comme la n&#233;gativit&#233; du temps lui-m&#234;me. Hegel dit : &#171; Le temps est l'&#233;l&#233;ment n&#233;gatif du monde sensible. La pens&#233;e est la m&#234;me n&#233;gativit&#233;, mais elle en est la forme la plus profonde, la plus infinie...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a reli&#233; la dynamique destructrice de la pens&#233;e &#224; l'histoireprogresser vers &#171; l'universalit&#233; &#187;. La dissolution d'une forme donn&#233;e d'&#201;tat est, en m&#234;me temps, le passage &#224; une forme d'&#201;tat sup&#233;rieure, plus &#171; universelle &#187; que la forme pr&#233;c&#233;dente. L'activit&#233; consciente de l'homme d'une part &#171; d&#233;truit la r&#233;alit&#233;, la permanence de ce qui est, mais en m&#234;me temps elle immobilise, d'autre part, l'essence, la notion, l'universel &#187;. Selon Hegel, le progr&#232;s historique est pr&#233;c&#233;d&#233; et guid&#233; par un progr&#232;s de la pens&#233;e. D&#232;s que la pens&#233;e s'est &#233;mancip&#233;e de son attachement &#224; l'&#233;tat des choses, elle d&#233;passe la valeur apparente des choses et cherche leur notion. La notion, cependant, comprend l'essence des choses comme distincte de leur apparence - les conditions qui pr&#233;valent apparaissent comme des particularit&#233;s limit&#233;es qui n'&#233;puisent pas les potentialit&#233;s des choses et des hommes. Ceux qui adh&#232;rent aux principes de la raison, s'ils r&#233;ussissent &#224; &#233;tablir de nouvelles conditions sociales et politiques, s'efforceront, gr&#226;ce &#224; leurs connaissances conceptuelles sup&#233;rieures, d'incorporer davantage de ces potentialit&#233;s dans l'ordre de la vie. Hegel a vu l'histoire progresser au moins tellement que la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; essentielles des hommes &#233;taient de plus en plus reconnues, et les limitations particuli&#232;res &#224; cette libert&#233; et &#224; cette &#233;galit&#233; &#233;taient de plus en plus supprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la pens&#233;e devient le v&#233;hicule de la pratique, elle r&#233;alise le contenu universel des conditions historiques donn&#233;es en brisant sa forme particuli&#232;re. Hegel consid&#233;rait le d&#233;veloppement de l'humanit&#233; comme un processus vers une v&#233;ritable universalit&#233; de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;. &#171; L'histoire du monde est la discipline [ Zucht ] de la volont&#233; naturelle incontr&#244;l&#233;e d'universalit&#233; et de libert&#233; subjective. Dans la Logique, Hegel avait d&#233;sign&#233; la notion comme l'unit&#233; de l'universel et du particulier, et comme le domaine de la subjectivit&#233; et de la libert&#233;. Dans la Philosophie de l'Histoire,il a appliqu&#233; ces m&#234;mes cat&#233;gories au but final du d&#233;veloppement historique, c'est-&#224;-dire &#224; un &#233;tat dans lequel la libert&#233; du sujet est en union consciente avec le tout. Le progr&#232;s de la pens&#233;e conceptuelle, la compr&#233;hension de la notion, &#233;tait ici li&#233; au progr&#232;s de la libert&#233;. La Philosophie de l'histoire a ainsi donn&#233; une illustration historique de ce lien essentiel entre la libert&#233; et la notion, qui avait &#233;t&#233; expliqu&#233; dans la Logique. Hegel a &#233;lucid&#233; ce lien en analysant l'&#339;uvre de Socrate. Au lieu de passer en revue le contenu de la Philosophie de l'histoire de Hegel, nous discuterons son analyse de l'apport socratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel commence par une description de la premi&#232;re p&#233;riode de la cit&#233; grecque au cours de laquelle &#171; la subjectivit&#233; de la volont&#233; &#187; n'&#233;tait pas encore &#233;veill&#233;e dans l'unit&#233; naturelle de la polis. Les lois existaient et les citoyens leur ob&#233;issaient, mais ils les consid&#233;raient comme ayant &#171; une n&#233;cessit&#233; de la nature &#187;. Cette p&#233;riode fut celle des grandes constitutions (Thal&#232;s, Bias, Solon). Les lois &#233;taient tenues pour valables parce qu'elles &#233;taient des lois ; la libert&#233; et le droit n'existaient que sous forme de coutume ( Gewohnheit). Le caract&#232;re naturel et continu de cet &#201;tat faisait &#171; la constitution d&#233;mocratique... ici la seule possible ; les citoyens &#233;taient encore inconscients d'int&#233;r&#234;ts particuliers, et donc d'un &#233;l&#233;ment corrupteur... &#187; L'absence de subjectivit&#233; consciente &#233;tait la condition d'un fonctionnement non perturb&#233; de la d&#233;mocratie. L'int&#233;r&#234;t de la communaut&#233; pouvait &#234;tre &#171; confi&#233; &#224; la volont&#233; et &#224; la r&#233;solution des citoyens &#187; parce que ces citoyens n'avaient pas encore de volont&#233; autonome qui pouvait &#224; tout moment se retourner contre la communaut&#233;. Hegel rend ce point g&#233;n&#233;ral pour toute d&#233;mocratie. La vraie d&#233;mocratie, soutient-il, exprime une phase pr&#233;coce du d&#233;veloppement humain, une phase ant&#233;rieure &#224; celle de l'&#233;mancipation de l'individu, et incompatible avec l'&#233;mancipation. Son &#233;valuation se fonde &#233;videmment sur la conviction que le progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; engendrera n&#233;cessairement un conflit entre l'int&#233;r&#234;t de l'individu et celui de la collectivit&#233;. La soci&#233;t&#233; ne peut lib&#233;rer l'individu sans le s&#233;parer de la communaut&#233; et sans opposer son d&#233;sir de libert&#233; subjective aux exigences du tout. La raison pour laquelle la cit&#233;-&#201;tat grecque pourrait &#234;tre une d&#233;mocratie, laisse entendre Hegel, est qu'elle &#233;tait compos&#233;e de citoyens qui n'&#233;taient pas encore conscients de leur individualit&#233; essentielle. Hegel soutenait qu'une soci&#233;t&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s &#233;tait en conflit avec l'homog&#233;n&#233;it&#233; d&#233;mocratique. La raison pour laquelle la cit&#233;-&#201;tat grecque pourrait &#234;tre une d&#233;mocratie, laisse entendre Hegel, est qu'elle &#233;tait compos&#233;e de citoyens qui n'&#233;taient pas encore conscients de leur individualit&#233; essentielle. Hegel soutenait qu'une soci&#233;t&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s &#233;tait en conflit avec l'homog&#233;n&#233;it&#233; d&#233;mocratique. La raison pour laquelle la cit&#233;-&#201;tat grecque pourrait &#234;tre une d&#233;mocratie, laisse entendre Hegel, est qu'elle &#233;tait compos&#233;e de citoyens qui n'&#233;taient pas encore conscients de leur individualit&#233; essentielle. Hegel soutenait qu'une soci&#233;t&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s &#233;tait en conflit avec l'homog&#233;n&#233;it&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute reconnaissance de la libert&#233; individuelle semblait donc impliquer l'abattage de l'ancienne d&#233;mocratie. &#171; Cette libert&#233; tr&#232;s subjective qui constitue le principe et d&#233;termine la forme propre de la libert&#233; dans notre monde &#8211; qui forme la base absolue de notre vie politique et religieuse, ne pouvait se manifester en Gr&#232;ce autrement que comme une destruction .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;l&#233;ment destructeur a &#233;t&#233; introduit dans la cit&#233; grecque par Socrate, qui enseignait pr&#233;cis&#233;ment la &#171; subjectivit&#233; &#187; que Hegel appelle l'&#233;l&#233;ment destructeur pour l'ancienne d&#233;mocratie. &#171; C'est chez Socrate que... le principe de subjectivit&#233; [ Innerlichkeit] &#8211; de l'ind&#233;pendance absolue de la pens&#233;e &#8211; atteint la libert&#233; d'expression.' Socrate enseignait que &#171; l'homme doit d&#233;couvrir et reconna&#238;tre en lui-m&#234;me ce qui est Juste et Bien, et que ce Droit et Bien est par nature universel &#187;. Il y a de belles choses dans l'&#201;tat, de bonnes et de braves actions, de vrais jugements, de justes juges &#8211; mais quelque chose existe qui est le beau, le bon, le brave, etc. ; il est plus que tous ces particuliers et commun &#224; tous. L'homme a une id&#233;e du beau, du bien, etc., dans sa notion de beaut&#233;, de bont&#233;, etc. La notion comprend ce qui est vraiment beau et bon, et Socrate chargeait le sujet pensant de d&#233;couvrir cette v&#233;rit&#233; et de la maintenir contre toute attente. autorit&#233; externe. Socrate a ainsi mis &#224; part la v&#233;rit&#233; comme un universel et a attribu&#233; la connaissance de cet universel &#224; la pens&#233;e autonome de l'individu. Ce faisant, il &#171; &#233;rige l'individu en sujet de toutes les d&#233;cisions finales. contre la patrie et la morale coutumi&#232;re &#187;. Les principes de Socrate manifestent ainsi &#171; une opposition r&#233;volutionnaire &#224; l'&#201;tat ath&#233;nien &#187;. Il fut condamn&#233; &#224; mort. Cet acte &#233;tait justifi&#233; dans la mesure o&#249; les Ath&#233;niens condamnaient leur &#171; ennemi absolu &#187;. D'autre part, la condamnation &#224; mort contenait l'&#233;l&#233;ment &#171; profond&#233;ment tragique &#187; que les Ath&#233;niens condamnaient ainsi &#233;galement leur soci&#233;t&#233; et leur &#201;tat. Car, leur sentence reconnaissait que 'ce qu'ils r&#233;prouvaient dans Socrate avait d&#233;j&#224; pris racine parmi eux'. Cet acte &#233;tait justifi&#233; dans la mesure o&#249; les Ath&#233;niens condamnaient leur &#171; ennemi absolu &#187;. D'autre part, la condamnation &#224; mort contenait l'&#233;l&#233;ment &#171; profond&#233;ment tragique &#187; que les Ath&#233;niens condamnaient ainsi &#233;galement leur soci&#233;t&#233; et leur &#201;tat. Car, leur sentence reconnaissait que 'ce qu'ils r&#233;prouvaient dans Socrate avait d&#233;j&#224; pris racine parmi eux'. Cet acte &#233;tait justifi&#233; dans la mesure o&#249; les Ath&#233;niens condamnaient leur &#171; ennemi absolu &#187;. D'autre part, la condamnation &#224; mort contenait l'&#233;l&#233;ment &#171; profond&#233;ment tragique &#187; que les Ath&#233;niens condamnaient ainsi &#233;galement leur soci&#233;t&#233; et leur &#201;tat. Car, leur sentence reconnaissait que 'ce qu'ils r&#233;prouvaient dans Socrate avait d&#233;j&#224; pris racine parmi eux'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un tournant historique d&#233;cisif succ&#233;dait ainsi un tournant dans le d&#233;veloppement de la pens&#233;e. La philosophie a commenc&#233; &#224; &#233;laborer des concepts universels, et ce fut le pr&#233;lude d'une nouvelle phase dans l'histoire de l'&#201;tat. Les concepts universels, cependant, sont des concepts abstraits, et &#171; la construction de l'&#201;tat dans l'abstrait &#187; touche aux fondements m&#234;mes de l'&#201;tat existant. L'homog&#233;n&#233;it&#233; de la cit&#233;-&#201;tat a &#233;t&#233; obtenue par l'exclusion des esclaves, des autres citoyens grecs et des &#171; barbares &#187;. Bien que Socrate lui-m&#234;me n'ait peut-&#234;tre pas d&#233;velopp&#233; cette implication, les concepts universels abstraits de par leur nature m&#234;me impliquent un d&#233;passement de toute particularit&#233; et une d&#233;fense du sujet libre, de l'homme en tant qu'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me processus qui a fait de la pens&#233;e abstraite le s&#233;jour de la v&#233;rit&#233; a &#233;mancip&#233; l'individu en tant que &#171; sujet &#187; r&#233;el. Sans cela, Socrate ne pouvait pas apprendre aux hommes &#224; penser dans l'abstrait. les affranchissant des normes traditionnelles de pens&#233;e et d'existence. Le sujet libre &#8211; comme l'avait soutenu la Logique &#8211; est en effet intrins&#232;quement li&#233; &#224; la notion. Le sujet libre n'appara&#238;t que lorsque l'individu n'accepte plus l'ordre donn&#233; des choses mais s'y oppose parce qu'il a appris la notion des choses et appris que la v&#233;rit&#233; ne r&#233;side pas dans les normes et opinions courantes. Il ne peut le savoir que s'il s'est aventur&#233; dans la pens&#233;e abstraite. Elle lui donne le n&#233;cessaire &#171; d&#233;tachement &#187; des normes en vigueur et, sous la forme d'une pens&#233;e critique et oppositionnelle, elle constitue le m&#233;dium dans lequel se meut le sujet libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le principe de subjectivit&#233; est apparu pour la premi&#232;re fois, avec Socrate, il n'a pas pu &#234;tre concr&#233;tis&#233; et a constitu&#233; le fondement de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;. Le principe a fait ses vrais d&#233;buts avec le christianisme et ainsi &#171; est apparu d'abord dans la religion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Son introduction dans] les divers rapports du monde actuel pose un probl&#232;me plus vaste que sa simple implantation ; un probl&#232;me dont la solution et l'application n&#233;cessitent un processus de culture s&#233;v&#232;re et prolong&#233;. Pour preuve, notons que l'esclavage n'a pas cess&#233; imm&#233;diatement &#224; la r&#233;ception du christianisme. Encore moins la libert&#233; pr&#233;dominait-elle dans les &#201;tats ; ou les gouvernements et les constitutions adoptent une organisation rationnelle ; ou reconna&#238;tre la libert&#233; comme leur fondement. Cette application du principe du christianisme aux relations politiques ; la formation profonde ou l'interp&#233;n&#233;tration de la soci&#233;t&#233; par elle est un processus identique &#224; l'histoire elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;forme allemande marque la premi&#232;re tentative r&#233;ussie d'introduire le principe de subjectivit&#233; dans l'&#233;volution des relations sociales et politiques. Elle place la seule responsabilit&#233; de ses actes sur le sujet libre et remet en cause le syst&#232;me traditionnel d'autorit&#233; et de privil&#232;ge au nom de la libert&#233; chr&#233;tienne et de l'&#233;galit&#233; humaine. &#171; Alors que l'individu sait qu'il est rempli de l'Esprit divin, toutes [les relations ext&#233;rieures qui pr&#233;valaient jusqu'&#224; pr&#233;sent] ... sont ipso facto abrog&#233;es ; il n'y a plus de distinction entre pr&#234;tres et la&#239;cs ; on ne trouve plus une seule classe en possession de la substance de la v&#233;rit&#233;, comme de tous les tr&#233;sors spirituels et temporels de l'&#201;glise. La subjectivit&#233; la plus intime de l'homme &#233;tait reconnue &#171; comme ce qui peut et doit entrer en possession de la v&#233;rit&#233; ; et cette subjectivit&#233; est la propri&#233;t&#233; commune detoute l'humanit&#233; .'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image de Hegel de la R&#233;forme est tout aussi erron&#233;e que sa description du d&#233;veloppement social ult&#233;rieur, confondant les id&#233;es par lesquelles la soci&#233;t&#233; moderne a glorifi&#233; son ascension pour la r&#233;alit&#233; de cette soci&#233;t&#233;. Il a ainsi &#233;t&#233; conduit &#224; une interpr&#233;tation harmonique de l'histoire, selon laquelle le passage &#224; une nouvelle forme historique est en m&#234;me temps un progr&#232;s vers une forme historique sup&#233;rieure - interpr&#233;tation saugrenue, car toutes les victimes de l'oppression et de l'injustice en t&#233;moignent. , comme le sont toutes les vaines souffrances et tous les sacrifices de l'histoire. L'interpr&#233;tation est d'autant plus absurde qu'elle nie les implications critiques de la dialectique et &#233;tablit une harmonie entre le progr&#232;s de la pens&#233;e et le processus de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel ne consid&#233;rait cependant pas la r&#233;alisation historique de l'homme comme un progr&#232;s in&#233;branlable . L'histoire de l'homme &#233;tait pour lui en m&#234;me temps l'histoire de l'ali&#233;nation de l'homme ( Entfremdung ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Ce que l'Esprit s'efforce r&#233;ellement d'obtenir, c'est la r&#233;alisation de sa notion ; mais ce faisant, il cache ce but &#224; sa propre vision, et est fier et bien satisfait de cette ali&#233;nation de sa propre essence. Les institutions que l'homme fonde et la culture qu'il cr&#233;e d&#233;veloppent leurs propres lois, et la libert&#233; de l'homme doit s'y conformer. Il est accabl&#233; par la richesse croissante de son environnement &#233;conomique, social et politique et en vient &#224; oublier que lui-m&#234;me, son libre d&#233;veloppement, est le but final de tous ces travaux ; au lieu de cela, il se soumet &#224; leur emprise. Les hommes s'efforcent toujours de perp&#233;tuer une culture &#233;tablie et, ce faisant, perp&#233;tuent leur propre frustration. L'histoire de l'homme est l'histoire de son &#233;loignement de son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t et, du m&#234;me coup, l'histoire de sa r&#233;alisation. La dissimulation du v&#233;ritable int&#233;r&#234;t de l'homme pour son monde soci&#233;tal fait partie de la &#171; ruse de la raison &#187; et est l'un de ces &#171; &#233;l&#233;ments n&#233;gatifs &#187; sans lesquels il n'y a pas de progr&#232;s vers des formes sup&#233;rieures. Marx a &#233;t&#233; le premier &#224; expliquer l'origine et la signification de cet &#233;loignement ; Hegel n'avait gu&#232;re plus qu'une intuition g&#233;n&#233;rale de sa signification.&lt;br class='autobr' /&gt;
* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel mourut en 1831. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente avait apport&#233; la premi&#232;re commotion r&#233;volutionnaire au syst&#232;me politique de la Restauration - le m&#234;me syst&#232;me qui, selon Hegel, signifiait la r&#233;alisation de la raison dans la soci&#233;t&#233; civile. L'&#201;tat a commenc&#233; &#224; chanceler. Les Bourbons en France ont &#233;t&#233; renvers&#233;s par la r&#233;volution de Juillet. La vie politique britannique &#233;tait d&#233;chir&#233;e par des discussions anim&#233;es sur le Reform Bill, qui pr&#233;voyait des changements profonds dans le syst&#232;me &#233;lectoral anglais, changements qui favorisaient la bourgeoisie de la ville et le renforcement du Parlement aux d&#233;pens de la couronne. Les mouvements fran&#231;ais et anglais n'ont abouti qu'&#224; un ajustement de l'&#201;tat aux rapports de force en vigueur, de sorte que le processus de d&#233;mocratisation qui s'est poursuivi sous des formes politiques n'a jamais d&#233;pass&#233; le syst&#232;me social de la soci&#233;t&#233; civile. N&#233;anmoins, Hegel connaissait tr&#232;s bien les dangers m&#234;me des petites transformations qui se produisaient. Il savait que la dynamique inh&#233;rente &#224; la soci&#233;t&#233; civile, une fois d&#233;gag&#233;e des m&#233;canismes de protection de l'&#201;tat, pouvait, &#224; tout moment, lib&#233;rer des forces pour &#233;branler tout le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des derniers &#233;crits de Hegel, publi&#233; l'ann&#233;e de sa mort, &#233;tait un long article sur le projet de loi de r&#233;forme anglais. Il contenait une critique s&#233;v&#232;re du projet de loi, affirmant qu'il affaiblissait la souverainet&#233; du monarque en instaurant un Parlement qui opposerait les &#171; principes abstraits &#187; de la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; la hi&#233;rarchie concr&#232;te de l'&#201;tat. Le renforcement du Parlement, pr&#233;vient-il, finira par lib&#233;rer le pouvoir terrifiant du &#171; peuple &#187;. La r&#233;forme, dans la situation sociale donn&#233;e, pourrait soudainement se transformer en r&#233;volution. Si le projet de loi r&#233;ussissait, ... la lutte menacerait de devenir encore plus dangereuse. Il n'existerait plus de pouvoir sup&#233;rieur m&#233;diateur entre l'int&#233;r&#234;t du privil&#232;ge positif et l'exigence d'une libert&#233; plus r&#233;elle, un pouvoir sup&#233;rieur qui les restreindrait et les r&#233;concilierait. Car, en Angleterre, l'&#233;l&#233;ment monarchique n'a pas le pouvoir qu'ont les autres &#201;tats et par lequel ils pourraient effectuer le passage d'une l&#233;gislation fond&#233;e uniquement sur les droits positifs &#224; une l&#233;gislation fond&#233;e sur les principes de la libert&#233; r&#233;elle. D'autres &#201;tats ont pu op&#233;rer des transformations sans bouleversements, violences et vols ; en Angleterre, la transformation devrait &#234;tre op&#233;r&#233;e par une autre force, par le peuple. Une opposition s'appuyant sur un programme jusque-l&#224; &#233;tranger au Parlement et se sentant incapable d'&#233;tendre son influence parmi les autres partis du Parlement pourrait &#234;tre amen&#233;e &#224; chercher sa force dans le peuple ; alors, au lieu d'accomplir une r&#233;forme, elle ferait na&#238;tre une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rudolf Haym, qui a interpr&#233;t&#233; Hegel selon le lib&#233;ralisme allemand, a reconnu que l'article de Hegel &#233;tait un document de peur et d'anxi&#233;t&#233; plut&#244;t que de philosophie politique r&#233;actionnaire, car &#171; Hegel ne d&#233;sapprouvait pas la tendance et le contenu du projet de loi de r&#233;forme, mais craignait le danger de r&#233;forme en tant que telle. La croyance de Hegel dans la stabilit&#233; de l'&#201;tat de la Restauration a &#233;t&#233; s&#233;rieusement &#233;branl&#233;e. La r&#233;forme pouvait &#234;tre une bonne chose, mais cet &#201;tat ne pouvait se permettre la libert&#233; de r&#233;forme sans mettre en danger le syst&#232;me de pouvoir sur lequel il reposait. L'article de Hegel sur le projet de loi de r&#233;forme n'est pas un document exprimant une foi ou une confiance que la forme existante de l'&#201;tat perdurera &#233;ternellement, pas plus que ne l'est sa Pr&#233;face &#224; la Philosophie du droit . Ici aussi, la philosophie de Hegel aboutit au doute et &#224; la r&#233;signation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Source : **&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/marcuse/works/reason/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/marcuse/works/reason/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sur Diderot</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Diderot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Diderot et le mat&#233;rialisme &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.google.fr/books/edition/Diderot_et_le_mat%C3%A9rialisme/Rj1YDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover &lt;br class='autobr' /&gt;
Diderot et l'Encyclop&#233;die &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.google.fr/books/edition/Diderot_et_l_Encyclop%C3%A9die/fQL5AAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover &lt;br class='autobr' /&gt;
Du mat&#233;rialisme &#224; la politique &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.google.fr/books/edition/Diderot/PY3-AAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover &lt;br class='autobr' /&gt;
Charles Avezac (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot172" rel="tag"&gt;Diderot&lt;/a&gt;

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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/diderot-fragonard-louvre-822258-jpg_543798_1250x625.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/diderot-fragonard-louvre-822258-jpg_543798_1250x625.jpg' width=&#034;1250&#034; height=&#034;625&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;p&gt;Diderot et le mat&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Diderot_et_le_mat%C3%A9rialisme/Rj1YDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Diderot_et_le_mat%C3%A9rialisme/Rj1YDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diderot et l'Encyclop&#233;die&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Diderot_et_l_Encyclop%C3%A9die/fQL5AAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Diderot_et_l_Encyclop%C3%A9die/fQL5AAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du mat&#233;rialisme &#224; la politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Diderot/PY3-AAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Diderot/PY3-AAAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=diderot&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Avezac Lavigne, Diderot et la Soci&#233;t&#233; du baron d'Holbach&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Diderot_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_du_baron_d%E2%80%99Holbach/2/3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Diderot_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_du_baron_d%E2%80%99Holbach/2/3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Reinach, Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Diderot_(Reinach&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Diderot_(Reinach&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anatole France, Allocution prononc&#233;e &#224; la f&#234;te en l'honneur de Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Opinions_sociales/Allocution_prononc%C3%A9e_%C3%A0_la_f%C3%AAte_en_l%E2%80%99honneur_de_Diderot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Opinions_sociales/Allocution_prononc%C3%A9e_%C3%A0_la_f%C3%AAte_en_l%E2%80%99honneur_de_Diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme de Vandeul, n&#233;e Marie-Ang&#233;lique Diderot (1763-1824), M&#233;moires pour servir &#224; l'histoire de la vie et des ouvrages de Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A9moires_pour_servir_%C3%A0_l%E2%80%99histoire_de_la_vie_et_des_ouvrages_de_Diderot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A9moires_pour_servir_%C3%A0_l%E2%80%99histoire_de_la_vie_et_des_ouvrages_de_Diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques-Henri Meister, Aux M&#226;nes de Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Aux_M%C3%A2nes_de_Diderot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Aux_M%C3%A2nes_de_Diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Documents divers sur Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Documents_divers_sur_Denis_Diderot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Documents_divers_sur_Denis_Diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diderot &#233;crivait pour Rousseau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Morceau_de_Diderot_ins%C3%A9r%C3%A9_dans_le_Discours_sur_l%E2%80%99In%C3%A9galit%C3%A9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Morceau_de_Diderot_ins%C3%A9r%C3%A9_dans_le_Discours_sur_l%E2%80%99In%C3%A9galit%C3%A9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Doumic, Les Manuscrits de Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Revue_litt%C3%A9raire_-_Les_Manuscrits_de_Diderot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Revue_litt%C3%A9raire_-_Les_Manuscrits_de_Diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles-Yves Cousin d'Avallon, Recueil sur Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Diderotiana/Vie_de_Diderot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Diderotiana/Vie_de_Diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encyclop&#233;die&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Encyclop%C3%A9die,_ou_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_des_sciences,_des_arts_et_des_m%C3%A9tiers&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Encyclop%C3%A9die,_ou_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_des_sciences,_des_arts_et_des_m%C3%A9tiers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mati&#232;re et R&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot172&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot172&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/search?query=diderot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.org/search?query=diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire toujours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&amp;version=1.2&amp;startRecord=0&amp;maximumRecords=15&amp;page=1&amp;query=%28gallica%20all%20%22Denis%20Diderot%22%29&amp;filter=dc.type%20all%20%22monographie%22&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&amp;version=1.2&amp;startRecord=0&amp;maximumRecords=15&amp;page=1&amp;query=%28gallica%20all%20%22Denis%20Diderot%22%29&amp;filter=dc.type%20all%20%22monographie%22&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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