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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>L'oubli des noms propres</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Oubli de noms propres Du m&#233;canisme psychique de la tendance &#224; l'oubli Sigmund Freud,1898 &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#034;Psycho-pathologie de la vie quotidienne&#034;, ch.1, PBP, Paris, 1972) &lt;br class='autobr' /&gt; Du m&#233;canisme psychique de la tendance &#224; l'oubli, S.Freud, 1898 &lt;br class='autobr' /&gt;
(traduction de S.Yank&#233;l&#233;vitch, Petite Biblioth&#232;que Payot, Paris 1972) &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai publi&#233;, en 1898, dans Monatsschrift f&#252;r Psychiatrie und Neurologie, un petit article intitul&#233; &#034;Du m&#233;canisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique162" rel="directory"&gt;La perte de r&#233;alit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Oubli de noms propres&lt;br class='autobr' /&gt; Du m&#233;canisme psychique de la tendance &#224; l'oubli &lt;br class='autobr' /&gt; Sigmund Freud,1898&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#034;Psycho-pathologie de la vie quotidienne&#034;, ch.1, PBP, Paris, 1972)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Du m&#233;canisme psychique de la tendance &#224; l'oubli, S.Freud, 1898&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(traduction de S.Yank&#233;l&#233;vitch, Petite Biblioth&#232;que Payot, Paris 1972)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai publi&#233;, en 1898, dans Monatsschrift f&#252;r Psychiatrie und Neurologie, un petit article intitul&#233; &#034;Du m&#233;canisme psychique de la tendance &#224; l'oubli&#034;, dont le contenu, que jevais r&#233;sumer ici servira de point de d&#233;part &#224; mes consid&#233;rations ult&#233;rieures. Dans cet article, j'ai soumis &#224; l'analyse psychologique, d'apr&#232;s un exemple frappant observ&#233; sur moi-m&#234;me, le cas fr&#233;quent d'oubli passager de noms propres ; et je suis arriv&#233; &#224; la conclusion que cet accident, si commun et sans grande importance pratique, qui consiste dans le refus de fonctionnement d'une facult&#233; psychique (la facult&#233; du souvenir), admet une explication qui d&#233;passe de beaucoup par sa port&#233;e l'importance g&#233;n&#233;ralement attach&#233;e au ph&#233;nom&#232;ne en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si l'on demandait &#224; un psychologue d'expliquer comment il se fait qu'on se trouve si souvent dans l'impossibilit&#233; de se rappeler un nom qu'on croit cependant conna&#238;tre, je pense qu'il se contenterait de r&#233;pondre que les noms propres tombent plus facilement dans l'oubli que les autres contenus de la m&#233;moire. il citerait des raisons plus ou moins plausibles qui, &#224; son avis, expliqueraient cette propri&#233;t&#233; des noms propres, sans se douter que ce processus puisse &#234;tre soumis &#224; d'autres conditions, d'ordre plus g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce qui m'a amen&#233; &#224; m'occuper de plus pr&#232;s du ph&#233;nom&#232;ne de l'oubli passager de noms propres, ce fut l'observation de certains d&#233;tails qui manquent dans certains cas, mais se manifestent dans d'autres avec une nettet&#233; suffisante. Ces derniers cas sont ceux o&#249; il s'agit, non seulement d'oubli, mais de faux souvenir. Celui qui cherche &#224; se rappeler un nom qui lui a &#233;chapp&#233; retrouve dans sa conscience d'autres noms, des noms de substitution, qu'il reconna&#238;t aussit&#244;t comme incorrects, mais qui n'en continuent pas moins &#224; s'imposer &#224; lui obstin&#233;ment. On dirait que le processus qui devait aboutir &#224; la reproduction du nom cherch&#233; a subi un d&#233;placement, s'est engag&#233; dans une fausse route, au bout de laquelle il trouve le nom de substitution, le nom incorrect. Je pr&#233;tends que ce d&#233;placement n'est pas l'effet d'un arbitraire psychique, mais s'effectue selon des voies pr&#233;&#233;tablies et possibles &#224; pr&#233;voir. En d'autres termes, je pr&#233;tends qu'il existe, entre le nom ou les noms de substitution et le nom cherch&#233;, un rapport possible &#224; trouver, et j'esp&#232;re que, si je r&#233;ussis &#224; &#233;tablir ce rapport, j'aurai &#233;lucid&#233; le processus de l'oubli de noms propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans l'exemple sur lequel avait port&#233; mon analyse en 1898, le nom que je m'effor&#231;ais en vain de me rappeler &#233;tait celui du ma&#238;tre auquel la cath&#233;drale d'Orvieto doit ses magnifiques fresques repr&#233;sentant le &#034;Jugement Dernier&#034;. A la place du nom cherch&#233;, Signorelli, deux autres noms de peintres, Botticelli et Boltraffio, s'&#233;taient impos&#233;s &#224; mon souvenir, mais je les avais aussit&#244;t et sans h&#233;sitation reconnus comme incorrects. Mais, lorsque le nom correct avait &#233;t&#233; prononc&#233; devant moi par une autre personne, je l'avais reconnu sans une minute d'h&#233;sitation. L'examen des influences et des voies d'association ayant abouti &#224; la reproduction des noms Botticelli et Boltraffio, &#224; la place de Signorelli, m'a donn&#233; les r&#233;sultats suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; a) La raison de l'oubli du nom Signorelli ne doit &#234;tre cherch&#233;e ni dans une particularit&#233; quelconque de ce nom ni dans un caract&#232;re psychologique de l'ensemble dans lequel il &#233;tait ins&#233;r&#233;. Le nom oubli&#233; m'&#233;tait aussi familier qu'un des noms de substitution, celui de Botticelli, et beaucoup plus familier que celui de Boltraffio dont le porteur ne m'&#233;tait connu que par ce seul d&#233;tail qu'il faisait partie de l'&#233;cole milanaise. Quant aux conditions dans lesquelles s'&#233;tait produit l'oubli, elles me paraissent inoffensives et incapables d'en fournir aucune explication : je faisais, en compagnie d'un &#233;tranger, un voyage en voiture de Raguse, en Dalmatie, &#224; une station d'Herz&#233;govine ; au cours du voyage, la conversation tomba sur l'Italie et je demandai &#224; mon compagnon s'il avait &#233;t&#233; &#224; Orvieto et s'il avait visit&#233; les c&#233;l&#232;bres fresques de...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; b) L'oubli du nom s'explique, lorsque je me rappelle le sujet qui a pr&#233;c&#233;d&#233; imm&#233;diatement notre conversation sur l'Italie, et il appara&#238;t alors comme l'effet d'une perturbation du sujet nouveau par le sujet pr&#233;c&#233;dent. Peu de temps avant que j'aie demand&#233; &#224; mon compagnon de voyage s'il avait &#233;t&#233; &#224; Orvieto, nous nous entretenions des moeurs des Turcs habitant la Bosnie et l'Herz&#233;govine. J'avais rapport&#233; &#224; mon interlocuteur ce que m'avait racont&#233; un confr&#232;re exer&#231;ant parmi ces gens, &#224; savoir qu'ils sont pleins de confiance dans le m&#233;decin et pleins de r&#233;signation devant le sort. Lorsqu'on est oblig&#233; de leur annoncer que l'&#233;tat de tel ou tel malade de leurs proches est d&#233;sesp&#233;r&#233;, ils r&#233;pondent : &#034; Seigneur (Herr), n'en parlons pas. Je sais que s'il &#233;tait possible de sauver le malade, tu le sauverais.&#034; Nous avons l&#224; deux noms : Bosnien (Bosnie) et Herzegowina (Herz&#233;govine) et un mot : Herr (Seigneur), qui se laissent intercaler tous les trois dans une cha&#238;ne d'associations entre Signorelli - Botticelli et Boltraffio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; c) J'admets que si la suite d'id&#233;es se rapportant aux moeurs des Turcs de la Bosnie, etc., a pu troubler une id&#233;e venant imm&#233;diatement apr&#232;s, ce fut parce que je lui ai retir&#233; mon attention, avant m&#234;me qu'elle f&#251;t achev&#233;e. Je rappelle notamment que j'avais eu l'intention de raconter une autre anecdote qui reposait dans ma m&#233;moire &#224; c&#244;t&#233; de la premi&#232;re. Ces Turcs attachent une valeur exceptionnelle aux plaisirs sexuels et, lorsqu'ils sont atteints de troubles sexuels, ils sont pris d'un d&#233;sespoir qui contraste singuli&#232;rement avec leur r&#233;signation devant la mort. Un des malades de mon confr&#232;re lui dit un jour : &#034;Tu sais bien, Herr (Seigneur), que lorsque cela ne va plus, la vie n'a plus aucune valeur.&#034; Je me suis toutefois abstenu de communiquer ce trait caract&#233;ristique, pr&#233;f&#233;rant ne pas aborder ce sujet scabreux dans une conversation avec un &#233;tranger. Je fis m&#234;me davantage : j'ai distrait mon attention de la suite des id&#233;es qui auraient pu se rattacher dans mon esprit au sujet : &#034;Mort et Sexualit&#233;.&#034; J'&#233;tais alors sous l'impression d'un &#233;v&#233;nement dont j'avais re&#231;u la nouvelle quelques semaines auparavant durant un bref s&#233;jour &#224; Trafo&#239; un malade, qui m'avait donn&#233; beaucoup de mal, s'&#233;tait suicid&#233;, parce qu'il souffrait d'un trouble sexuel incurable. Je sais parfaitement bien que ce triste &#233;v&#233;nement et tous les d&#233;tails qui s'y rattachent n'existaient pas chez moi &#224; l'&#233;tat de souvenir conscient pendant mon voyage en Herz&#233;govine. Mais l'affinit&#233; entre Trafo&#239; et Boltraffio m'oblige &#224; admettre que, malgr&#233; la distraction intentionnelle de mon attention, je subissais l'influence de cette r&#233;miniscence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; d) Il ne m'est plus possible de voir dans l'oubli du nom Signorelli un &#233;v&#233;nement accidentel. Je suis oblig&#233; de voir dans cet &#233;v&#233;nement l'effet de mobiles psychiques. C'est pour des raisons d'ordre psychique que j'ai interrompu ma communication (sur les moeurs des Turcs, etc.), et c'est pour des raisons de m&#234;me nature que j'ai emp&#234;ch&#233; de p&#233;n&#233;trer dans ma conscience les id&#233;es qui s'y rattachaient et qui auraient conduit mon r&#233;cit jusqu'&#224; la nouvelle que j'avais re&#231;ue &#224; Trafo&#239;. Je voulais donc oublier quelque chose ; j'ai refoul&#233; quelque chose. Je voulais, il est vrai, oublier autre chose que le nom du ma&#238;tre d'Orvieto ; mais il s'est &#233;tabli, entre cet &#034;autre chose&#034; et le nom, un lien d'association, de sorte que mon acte de volont&#233; a manqu&#233; son but et que j'ai, malgr&#233; moi, oubli&#233; le nom, alors que je voulais intentionnellement oublier &#034;l'autre chose&#034;. Le d&#233;sir de ne pas se souvenir portait sur un contenu ; l'impossibilit&#233; de se souvenir s'est manifest&#233;e par rapport &#224; un autre. Le cas serait &#233;videmment beaucoup plus simple, si le d&#233;sir de ne pas se souvenir et la d&#233;ficience de m&#233;moire se rapportaient au m&#234;me contenu. - Les noms de substitution, &#224; leur tour, ne me paraissent plus aussi injustifi&#233;s qu'avant l'explication ; ils m'avertissent (&#224; la suite d'une sorte de compromis) aussi bien de ce que j'ai oubli&#233; que de ce dont je voulais me souvenir, et ils me montrent que mon intention d'oublier quelque chose n'a ni totalement r&#233;ussi, ni totalement &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; e) Le genre d'association qui s'est &#233;tabli entre le nom cherch&#233; et le sujet refoul&#233; (relatif &#224; la mort et &#224; la sexualit&#233; et dans lequel figurent les noms Bosnie, Herz&#233;govine, Trafo&#239;) est tout &#224; fait curieux. Le sch&#233;ma ci-joint, emprunt&#233; &#224; l'article de 1898, cherche &#224; donner une repr&#233;sentation concr&#232;te de cette association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le nom de Signorelli a &#233;t&#233; divis&#233; en deux parties. Les deux derni&#232;res syllabes se retrouvent telles quelles dans l'un des noms de substitution (elli), les deux premi&#232;res ont, par suite de la traduction de Signor en Herr (Seigneur), contract&#233; des rapports nombreux et vari&#233;s avec les noms contenus dans le sujet refoul&#233;, ce qui les a rendues inutilisables pour la reproduction. La substitution du nom de Signorelli s'est effectu&#233;e comme &#224; la faveur d'un d&#233;placement le long de la combinaison des noms &#034;Herz&#233;govine-Bosnie&#034;, sans aucun &#233;gard pour le sens et la d&#233;limitation acoustique des syllabes. Les noms semblent donc avoir &#233;t&#233; trait&#233;s dans ce processus comme le sont les mots d'une proposition qu'on veut transformer en r&#233;bus. Aucun avertissement n'est parvenu &#224; la conscience de tout ce processus, &#224; la suite duquel le nom Signorelli a &#233;t&#233; ainsi remplac&#233; par d'autres noms. Et, &#224; premi&#232;re vue, on n'entrevoit pas, entre le sujet de conversation dans lequel figurait le nom Signorelli et le sujet refoul&#233; qui l'avait pr&#233;c&#233;d&#233; imm&#233;diatement, de rapport autre que celui d&#233;termin&#233; par la similitude de syllabes (ou plut&#244;t de suites de lettres) dans l'un et dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il n'est peut-&#234;tre pas inutile de noter qu'il n'existe aucune contradiction entre l'explication que nous proposons et la th&#232;se des psychologues qui voient, dans certaines relations et dispositions, les conditions de la reproduction et de l'oubli. Nous nous bornons &#224; affirmer que les facteurs depuis longtemps reconnus comme jouant le r&#244;le de causes d&#233;terminantes dans l'oubli d'un nom se compliquent, dans certains cas, d'un motif suppl&#233;mentaire, et nous donnons en m&#234;me temps l'explication du m&#233;canisme de la fausse r&#233;miniscence. Ces facteurs ont d&#251; n&#233;cessairement intervenir dans notre cas, pour permettre &#224; l'&#233;l&#233;ment refoul&#233; de s'emparer par voie d'association du nom cherch&#233; et de l'entra&#238;ner avec lui dans le refoulement. A propos d'un autre nom, pr&#233;sentant des conditions de reproduction plus favorables, ce fait ne se serait peut-&#234;tre pas produit. Il est toutefois vraisemblable qu'un &#233;l&#233;ment refoul&#233; s'efforce toujours et dans tous les cas de se manifester au-dehors d'une mani&#232;re ou d'une autre, mais ne r&#233;ussit &#224; le faire qu'en pr&#233;sence de conditions particuli&#232;res et appropri&#233;es. Dans certains cas, le refoulement s'effectue sans trouble fonctionnel ou, ainsi que nous pouvons le dire avec raison, sans sympt&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En r&#233;sum&#233;, les conditions n&#233;cessaires pour que se produise l'oubli d'un nom avec fausse r&#233;miniscence sont les suivantes : 1&#176; une certaine tendance &#224; oublier ce nom ; 2&#176; un processus de refoulement ayant eu lieu peu de temps auparavant ; 3&#176; la possibilit&#233; d'&#233;tablir une association ext&#233;rieure entre le nom en question et l'&#233;l&#233;ment qui vient d'&#234;tre refoul&#233;. Il n'y a probablement pas lieu d'exag&#233;rer la valeur de cette derni&#232;re condition, car &#233;tant donn&#233; la facilit&#233; avec laquelle s'effectuent les associations, elle se trouvera remplie dans la plupart des cas. Une autre question, et plus importante, est celle de savoir si une association ext&#233;rieure de ce genre constitue r&#233;ellement une condition suffisante pour que l'&#233;l&#233;ment refoul&#233; emp&#234;che la reproduction du non cherch&#233; et si un lien plus intime entre les deux sujets n'est pas n&#233;cessaire &#224; cet effet. A premi&#232;re vue, on est tent&#233; de nier cette derni&#232;re n&#233;cessit&#233; et de consid&#233;rer comme suffisante la rencontre purement passag&#232;re de deux &#233;l&#233;ments totalement disparates. Mais, &#224; un examen plus approfondi on constate, dans des cas de plus en plus nombreux, que les deux &#233;l&#233;ments (l'&#233;l&#233;ment refoul&#233; et le nouveau), rattach&#233;s par une association ext&#233;rieure, pr&#233;sentent &#233;galement des rapports intimes, c'est-&#224;-dire qu'ils se rapprochent par leurs contenus, et tel &#233;tait en effet le cas dans l'exemple Signorelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La valeur de la conclusion que nous a fournie l'analyse de l'exemple Signorelli varie, selon que ce cas peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme typique ou ne constitue qu'un accident isol&#233;. Or, je crois pouvoir affirmer que l'oubli de nom avec fausse r&#233;miniscence a lieu le plus souvent de la m&#234;me mani&#232;re que dansle cas que nous avons d&#233;crit. Presque toutes les fois o&#249; j'ai pu observer ce ph&#233;nom&#232;ne sur moi-m&#234;me, j'ai &#233;t&#233; &#224; m&#234;me de l'expliquer comme dans le cas signorelli, c'est-&#224;-dire comme ayant &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; par le refoulement. Je puis d'ailleurs citer un autre argument &#224; l'appui de ma mani&#232;re de voir concernant le caract&#232;re typique du cas Signorelli. Je crois notamment que rien n'autorise &#224; &#233;tablir une ligne de s&#233;paration entre les cas d'oublis de noms avec fausse r&#233;miniscence et ceux o&#249; des noms de substitution incorrects ne se pr&#233;sentent pas. Dans certains cas, ces noms de substitution se pr&#233;sentent spontan&#233;ment ; dans d'autres, on peut les faire surgir, gr&#226;ce &#224; un effort d'attention et, une fois surgis, ils pr&#233;sentent, avec l'&#233;l&#233;ment refoul&#233; et le nom cherch&#233;, les m&#234;mes rapports que s'ils avaient surgi spontan&#233;ment. Pour que le nom de substitution devienne conscient, il faut d'abord un effort d'attention et, ensuite, la pr&#233;sence d'une condition, en rapport avec les mat&#233;riaux psychiques. Cette derni&#232;re condition doit, &#224; mon avis, &#234;tre cherch&#233;e dans la plus ou moins grande facilit&#233; avec laquelle s'&#233;tablit la n&#233;cessaire association ext&#233;rieure entre les deux &#233;l&#233;ments. C'est ainsi que bon nombre de cas d'oublis de noms sans fausse r&#233;miniscence se rattachent aux cas avec formation de noms de substitution, c'est-&#224;-dire aux cas justiciables du m&#233;canisme que nous a r&#233;v&#233;l&#233; l'exemple Signorelli. Mais je n'irai certainement pas jusqu'&#224; affirmer que tous les cas d'oublis de noms peuvent &#234;tre rang&#233;s dans cette cat&#233;gorie. Il y a certainement des oublis de noms o&#249; les choses se passent d'une fa&#231;on beaucoup plus simple. Aussi ne risquons-nous pas de d&#233;passer les bornes de la prudence, en r&#233;sumant la situation de la fa&#231;on suivante : &#224; c&#244;t&#233; du simple oubli d'un nom propre, il existe des cas o&#249; l'oubli est d&#233;termin&#233; par le refoulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (in Petite Biblioth&#232;que Payot, Paris, 1972, traduction de S.Jank&#233;l&#233;vitch)&lt;br class='autobr' /&gt; ________________________________________________________________&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La perte de r&#233;alit&#233;</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1507</link>
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		<dc:date>2009-12-19T09:29:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La perte de r&#233;alit&#233; dans la n&#233;vrose et dans la psychose* (1924) S.Freud &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai r&#233;cemment (1) d&#233;fini l'un des traits qui diff&#233;rencient la n&#233;vrose et la psychose : dans la premi&#232;re le moi, en situation d'all&#233;geance par rapport &#224; la r&#233;alit&#233;, r&#233;prime un fragment du &#231;a (vie pulsionnelle), tandis que le m&#234;me moi, dans la psychose, se met au service du &#231;a en se retirant d'un fragment de la r&#233;alit&#233;. Pour la n&#233;vrose ce serait donc la surpuissance de l'influence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique162" rel="directory"&gt;La perte de r&#233;alit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La perte de r&#233;alit&#233; dans la n&#233;vrose et dans la psychose*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (1924) S.Freud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai r&#233;cemment (1) d&#233;fini l'un des traits qui diff&#233;rencient la n&#233;vrose et la psychose : dans la premi&#232;re le moi, en situation d'all&#233;geance par rapport &#224; la r&#233;alit&#233;, r&#233;prime un fragment du &#231;a (vie pulsionnelle), tandis que le m&#234;me moi, dans la psychose, se met au service du &#231;a en se retirant d'un fragment de la r&#233;alit&#233;. Pour la n&#233;vrose ce serait donc la surpuissance de l'influence du r&#233;el, et pour la psychose celle du &#231;a, qui seraient d&#233;terminantes. La perte de la r&#233;alit&#233; serait, pour la psychose, donn&#233;e au d&#233;part ; pour la n&#233;vrose, il y aurait lieu de penser qu'elle y est &#233;vit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Malheureusement cela ne s'accorde pas du tout avec un fait dont nous pouvons tous faire l'exp&#233;rience : c'est que toute n&#233;vrose trouble d'une fa&#231;on ou d'une autre le rapport du malade &#224; la r&#233;alit&#233;, qu'elle est pour lui un moyen de se retirer d'elle, et, dans ses formes graves, signifie directement une fuite hors de la vie r&#233;elle. Cette contradiction donne &#224; r&#233;fl&#233;chir ; cependant elle est facile &#224; lever, et son explication aura du moins contribu&#233; &#224; nous faire comprendre la n&#233;vrose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La contradiction ne subsiste qu'aussi longtemps que nous envisageons la situation de l'entr&#233;e dans la n&#233;vrose, pendant laquelle le moi, au service de la r&#233;alit&#233;, proc&#232;de au refoulement d'une motion pulsionnelle. Mais ce n'est pas encore l&#224; la n&#233;vrose elle-m&#234;me. Celle-ci consiste bien plut&#244;t dans les processus qui apportent un d&#233;dommagement &#224; la part l&#233;s&#233;e du &#231;a, c'est-&#224;-dire dans la r&#233;action contre le refoulement et dans l'&#233;chec de celui-ci. Le rel&#226;chement du rapport &#224; la r&#233;alit&#233; est alors la cons&#233;quence de ce deuxi&#232;me temps de la formation de la n&#233;vrose, et il ne faudrait pas nous &#233;tonner si la recherche de d&#233;tail montrait que la perte de la r&#233;alit&#233; porte pr&#233;cis&#233;ment sur le fragment de r&#233;alit&#233; dont l'exigence eut pour r&#233;sultat le refoulement pulsionnel. Caract&#233;riser la n&#233;vrose comme le r&#233;sultat d'un refoulement malheureux n'a rien de nouveau. Nous l'avons toujours dit en ces termes, et c'est seulement par suite du renouvellement du syst&#232;me qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de le r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'id&#233;e qui nous occupe fera d'ailleurs une rentr&#233;e particuli&#232;rement saisissante s'il s'agit d'un cas de n&#233;vrose dont la cause occasionnelle (&#034;la sc&#232;ne traumatique&#034;) est connue, et o&#249; l'on peut voir comment la personne se d&#233;tourne d'une telle exp&#233;rience et la livre &#224; l'amn&#233;sie. Je vais revenir, pour prendre un exemple, sur un cas analys&#233; il y a quelques ann&#233;es (2) : une jeune fille amoureuse de son beau-fr&#232;re est &#233;branl&#233;e, devant le lit de mort de sa s&#339;ur, par l'id&#233;e suivante : maintenant il est libre, et il peut t'&#233;pouser. Cette sc&#232;ne est aussit&#244;t oubli&#233;e, et du m&#234;me coup est introduit le processus de r&#233;gression qui conduit aux douleurs hyst&#233;riques. Mais ici il est justement instructif de voir sur quelle voie la n&#233;vrose tente de r&#233;gler le conflit. Elle d&#233;valorise la modification r&#233;elle en refoulant la revendication pulsionnelle dont il est question, &#224; savoir l'amour pour le beau-fr&#232;re. La r&#233;action psychotique aurait &#233;t&#233; de d&#233;nier (3) le fait de la mort de la s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On pourrait s'attendre &#224; ce qu'&#224; la naissance de la psychose se produis&#238;t quelque chose d'analogue au processus qu'on trouve dans la n&#233;vrose, entre d'autres instances &#233;videmment : dans la psychose &#233;galement deux temps seraient &#224; distinguer, le premier coupant le moi, cette fois, de la r&#233;alit&#233;, le second, en revanche, essayant de r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts et reconstituant aux frais du &#231;a la relation &#224; la r&#233;alit&#233;. Effectivement il y a quelque chose d'analogue &#224; observer dans le cas de la psychose ; il y a l&#224; aussi deux temps, dont le second comporte le caract&#232;re de la r&#233;paration ; mais alors l'analogie c&#232;de le pas &#224; une similitude entre les processus qui a une bien plus grande port&#233;e. Le second temps de la psychose vise bien lui aussi &#224; compenser la perte de la r&#233;alit&#233; ; mais ce n'est pas au prix d'une restriction du &#231;a, &#224; la mani&#232;re dont, dans la n&#233;vrose, c'&#233;tait aux frais de la relation au r&#233;el ; la psychose emprunte une voie plus autocratique, elle cr&#233;e une nouvelle r&#233;alit&#233; &#224; laquelle, &#224; la diff&#233;rence de celle qui est abandonn&#233;e, on ne se heurte pas.&lt;br class='autobr' /&gt; Le second temps est donc, dans la n&#233;vrose comme dans la psychose, port&#233; par les m&#234;mes tendances, il sert dans les deux cas l'app&#233;tit de puissance du &#231;a, qui ne se laisse pas dompter par la r&#233;alit&#233;. N&#233;vrose et psychose sont donc l'une comme l'autre des expressions de la r&#233;bellion du &#231;a contre le monde ext&#233;rieur, de son d&#233;plaisir, ou si l'on veut, de son incapacit&#233; &#224; s'adapter &#224; la n&#233;cessit&#233; r&#233;elle, &#224; l'Anank&#233; . N&#233;vrose et psychose se distinguent bien plus entre elles dans la premi&#232;re r&#233;action, qui les introduit, que dans la tentative de r&#233;paration qui la suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La diff&#233;rence initiale s'exprime dans le r&#233;sultat final : dans la n&#233;vrose un fragment de la r&#233;alit&#233; est &#233;vit&#233; sur le mode de la fuite, dans la psychose il est reconstruit. Ou dans la psychose la fuite initiale est suivie d'une phase active, celle de la reconstruction ; dans la n&#233;vrose l'ob&#233;issance initiale est suivie, apr&#232;s coup, d'une tentative de fuite. Ou encore : la n&#233;vrose ne d&#233;nie pas la r&#233;alit&#233;, elle veut seulement ne rien savoir d'elle ; la psychose la d&#233;nie et cherche &#224; la remplacer. Nous appelons normal ou &#034;sain&#034; un comportement qui r&#233;unit certains traits des deux r&#233;actions, qui, comme la n&#233;vrose, ne d&#233;nie pas la r&#233;alit&#233;, mais s'efforce ensuite, comme la psychose, de la modifier. Ce comportement conforme au but, normal, conduit &#233;videmment &#224; effectuer un travail ext&#233;rieur sur le monde ext&#233;rieur, et ne se contente pas comme la psychose de produire des modifications int&#233;rieures ; il n'est plus autoplastique, mais alloplastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La refonte de la r&#233;alit&#233; porte dans la psychose sur les s&#233;diments psychiques des pr&#233;c&#233;dentes relations &#224; cette r&#233;alit&#233;, c'est-&#224;-dire sur les traces mn&#233;siques, les repr&#233;sentations et les jugements que jusqu'alors on avait obtenus d'elle et par lesquels elle &#233;tait repr&#233;sent&#233;e dans la vie psychique. Mais cette relation n'&#233;tait pas une relation close, elle &#233;tait continuellement enrichie et modifi&#233;e par de nouvelles perceptions. De la sorte la psychose a pour t&#226;che elle aussi de cr&#233;er de telles perceptions propres &#224; correspondre &#224; la nouvelle r&#233;alit&#233;, but qui est atteint de la fa&#231;on la plus radicale sur la voie de l'hallucination. Si les illusions mn&#233;siques, les d&#233;lires et les hallucinations, dans tant de formes et de cas de psychose, ont un caract&#232;re si p&#233;nible et sont li&#233;s &#224; une mont&#233;e d'angoisse, cela montre bien que tout le processus de refonte s'accomplit contre de violentes forces oppos&#233;es. On peut construire ce processus d'apr&#232;s le mod&#232;le de la n&#233;vrose que nous connaissons mieux. Dans la n&#233;vrose une r&#233;action d'angoisse r&#233;pond &#224; toute tentative de perc&#233;e de la part de la pulsion refoul&#233;e, et le r&#233;sultat du conflit est seulement un compromis qui n'apporte qu'une satisfaction incompl&#232;te. Vraisemblablement, dans la psychose, le fragment de r&#233;alit&#233; repouss&#233; revient sans cesse forcer l'ouverture vers la vie psychique, comme le fait dans la n&#233;vrose la pulsion refoul&#233;e, et c'est pourquoi les suites sont les m&#234;mes dans les deux cas. L'examen des diff&#233;rents m&#233;canismes qui dans les psychoses ont pour fonction de d&#233;tourner de la r&#233;alit&#233; et d'en reconstruire une autre, ainsi que l'ampleur du succ&#232;s que ces m&#233;canismes peuvent viser, est une t&#226;che de la psychiatrie au sens restreint qui n'a pas encore &#233;t&#233; entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y a une analogie plus pouss&#233;e entre la n&#233;vrose et la psychose dans les deux cas la t&#226;che entreprise au deuxi&#232;me temps &#233;choue en partie, en ceci que la pulsion refoul&#233;e ne peut pas cr&#233;er de substitut int&#233;gral (n&#233;vrose), et que ce qui repr&#233;sente la r&#233;alit&#233; ne se laisse pas couler dans les formes apportant la satisfaction (du moins pas dans toutes les formes des affections psychiques). Mais les accents ne sont pas mis au m&#234;me endroit dans les deux cas. Dans la psychose, l'accent est mis enti&#232;rement sur le premier temps, qui est morbide en soi et ne peut conduire qu'&#224; un &#233;tat morbide ; dans la n&#233;vrose au contraire, il porte sur le deuxi&#232;me temps, l'&#233;chec du refoulement, tandis que le premier peut r&#233;ussir, et m&#234;me a r&#233;ussi d'innombrables fois dans le cadre de la sant&#233;, quoique ce ne f&#251;t pas enti&#232;rement sans frais et sans laisser des s&#233;quelles des d&#233;penses psychiques exig&#233;es. Ces diff&#233;rences, et peut-&#234;tre encore beaucoup d'autres, sont la cons&#233;quence de la diff&#233;rence topique dans la situation initiale du conflit pathog&#232;ne, suivant que le moi a c&#233;d&#233; &#224; sa d&#233;pendance par rapport au monde r&#233;el ou &#224; son all&#233;geance &#224; l'&#233;gard du &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La n&#233;vrose se contente en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale d'&#233;viter le fragment de r&#233;alit&#233; dont il s'agit et de se garder d'une rencontre avec lui. La diff&#233;rence tranch&#233;e qui s&#233;pare la n&#233;vrose de la psychose est cependant estomp&#233;e en ce qu'il y a dans la n&#233;vrose aussi une tentative pour remplacer la r&#233;alit&#233; ind&#233;sirable par une r&#233;alit&#233; plus conforme au d&#233;sir. La possibilit&#233; en est donn&#233;e par l'existence d'un monde fantasmatique, d'un domaine qui jadis, lors de l'instauration du principe de r&#233;alit&#233;, a &#233;t&#233; s&#233;par&#233; du monde ext&#233;rieur r&#233;el, depuis quoi, &#224; la fa&#231;on d'une &#034;r&#233;serve&#034;, il a &#233;t&#233; laiss&#233; libre par rapport aux exigences des n&#233;cessit&#233;s de la vie. Non pas qu'il soit inaccessible au moi ; mais il n'en d&#233;pend que par un lien l&#226;che. Dans ce monde fantasmatique la n&#233;vrose puise le mat&#233;riel qu'exigent ses nouvelles formations de d&#233;sir, et le trouve habituellement sur la voie de la r&#233;gression dans un pass&#233; r&#233;el plus satisfaisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est &#224; peine douteux que le monde fantasmatique joue le m&#234;me r&#244;le dans la psychose : il repr&#233;sente le magasin o&#249; sont pris la mati&#232;re ou les mod&#232;les pour la construction de la nouvelle r&#233;alit&#233;. Mais le nouveau monde ext&#233;rieur fantasmatique de la psychose veut se mettre &#224; la place de la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure ; celui de la n&#233;vrose au contraire aime s'&#233;tayer, comme le jeu de l'enfant, sur un fragment de la r&#233;alit&#233; - un autre que celui contre lequel elle doit se d&#233;fendre -, lui pr&#234;te une importance particuli&#232;re et un sens secret que, d'un terme pas toujours appropri&#233;, nous appelons symbolique. C'est ainsi que pour la n&#233;vrose comme pour la psychose, la question qui vient &#224; se poser n'est pas seulement celle de la perte de la r&#233;alit&#233;, mais aussi celle d'un substitut de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; *Der Realit&#228;tverlust bei Neurose und Psychose, GW, XIII.&lt;br class='autobr' /&gt; (1) N&#233;vrose et psychose, pr&#233;sent recueil, p. 283-286.&lt;br class='autobr' /&gt; (2) Dans les Studien &#252;ber Hysterie (Etudes sur l'hyst&#233;rie), 1895, GW, I ; trad. fr., Paris, Presses Universitaires de France.&lt;br class='autobr' /&gt; (3) Verleugnen. (N.d.T.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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