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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La &#171; m&#233;thode Cou&#233; &#187; peut-elle servir &#224; quelque chose, comme inhibition des pens&#233;es n&#233;gatives ?</title>
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		<dc:date>2021-01-02T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Inhibition</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La &#171; m&#233;thode Cou&#233; &#187; peut-elle servir &#224; quelque chose, comme inhibition des pens&#233;es n&#233;gatives ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;thode Cou&#233; La m&#233;thode Cou&#233; est souvent d&#233;cri&#233;e et ridiculis&#233;e car elle semble affirmer que l'on pourrait soigner des maux r&#233;els par de l'autosuggestion, c'est-&#224;-dire simplement en se persuadant que l'on n'est pas malade ! On imagine ainsi que des maladies graves ne seraient pas soign&#233;es par des malades persuad&#233;s qu'il suffit&#8230; de se persuader qu'ils sont en bonne sant&#233;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique158" rel="directory"&gt;L'inhibition &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;Inhibition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171; m&#233;thode Cou&#233; &#187; peut-elle servir &#224; quelque chose, comme inhibition des pens&#233;es n&#233;gatives ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.methodecoue.com/le-livre-partie-1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La m&#233;thode Cou&#233;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;thode Cou&#233; est souvent d&#233;cri&#233;e et ridiculis&#233;e car elle semble affirmer que l'on pourrait soigner des maux r&#233;els par de l'autosuggestion, c'est-&#224;-dire simplement en se persuadant que l'on n'est pas malade ! On imagine ainsi que des maladies graves ne seraient pas soign&#233;es par des malades persuad&#233;s qu'il suffit&#8230; de se persuader qu'ils sont en bonne sant&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la m&#233;thode Cou&#233;, consistant &#224; s'autoconvaincre que l'on se porte bien ou que l'on se portera mieux ou encore qu'&#224; l'avenir tout va s'arranger ne semble pas apte &#224; soigner des maladies n&#233;cessitant m&#233;dication ou op&#233;ration. Et pourtant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, bien des effets maladifs peuvent provenir d'un stress intense connu ou ignor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreux cas, l'inhibition d'une autosuggestion n&#233;gative peut-&#234;tre r&#233;alis&#233;e par de l'autosuggestion positive du genre &#171; je vais bien &#187; ou &#171; tout va bien se passer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce n'est pas seulement la sant&#233; qui peut &#234;tre impact&#233;e mais aussi la r&#233;ussite, le bien-&#234;tre, les relations avec les autres, le mode de vie, l'image de soi, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut combattre des autosuggestions n&#233;gatives comme &#171; je ne m'aime pas &#187;, &#171; on ne m'aime pas &#187;, &#171; j'&#233;choue toujours &#187;, &#171; je suis toujours maladroit &#187;, &#171; j'ai tr&#232;s peur de cette situation &#187;, &#171; je vais &#233;chouer dans telle &#233;preuve &#187;, etc. Il s'agit de se r&#233;p&#233;ter &#224; soi-m&#234;me une id&#233;e inverse ou de donner une certaine consistance &#224; des images oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, de nombreux maux, &#233;checs et blocages proviennent de telles autosuggestions n&#233;gatives du genre je vais &#233;chouer ou je vais attraper la maladie.Dans bien des circonstances, l l'autosuggestion n&#233;gative est un blocage d&#233;terminant ou une cause r&#233;elle d echec, y compris dans le domaine m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crainte, le stress, l'autod&#233;fiance, la n&#233;gativit&#233; psychologique peuvent r&#233;ellement &#234;tre combattus par la m&#233;thode Cou&#233;, mais cela n&#233;cessite que la personne concern&#233;e soit motiv&#233;e et d&#233;termin&#233;e, faisant confiance &#224; celui qui la propose. Cela devient alors un type de th&#233;rapie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bien conscience en &#233;crivant cela que cela peut apparaitre ridicule &#224; nombre de lecteurs et cependant cela a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233; de nombreuses fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fiance de soi peut et doit &#234;tre combattue par de multiples moyens. La m&#233;thode Cou&#233; est l'un d'entre-eux et il ne faut pas la repousser par pr&#233;jug&#233; soi disant r&#233;aliste. La pens&#233;e est elle aussi une r&#233;alit&#233; et elle intervient sans cesse sur la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un refus des r&#233;alit&#233;s psychologiques et des soins psychologiques est l'une des causes du rejet fr&#233;quent de la m&#233;thode Cou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#233;alisme ou mat&#233;rialisme de la m&#233;decine et le cart&#233;sianisme ont trop longtemps amen&#233; &#224; s&#233;parer soins du corps et soins de l'esprit. Mais m&#234;me une th&#233;rapie m&#233;dicamenteuse perd en efficacit&#233; si le malade manque de confiance en soi ou en ses capacit&#233;s &#224; recouvrer la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans bien des circonstances, l'autosuggestion n&#233;gative est un blocage d&#233;terminant ou une cause r&#233;elle d'&#233;chec, y compris dans le domaine m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cou&#233; avait compris que la conscience, c'est aussi de l'imagination&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-suggestion est si efficace qu'elle peut m&#234;me rendre malades des personnes pour des maladies qui ne sont pas consid&#233;r&#233;es comme &#171; psychologiques &#187;, comme le cancier par exemple. Dans ce cas, les m&#233;dicaments et traitements, indispensables &#233;videmment, peuvent utilement &#234;tre compl&#233;t&#233;s par une autosuggestion positive combattant l'autosuggestion n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;tait l'inventeur de la m&#233;thode Cou&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;mile Cou&#233; de La Ch&#226;taigneraie, n&#233; le 26 f&#233;vrier 1857 &#224; Troyes et mort le 2 juillet 1926 &#224; Nancy, est un psychologue et pharmacien fran&#231;ais, auteur d'une m&#233;thode de gu&#233;rison et de d&#233;veloppement personnel (la m&#233;thode Cou&#233;) fond&#233;e sur l'autosuggestion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il explora au sein de la psychologie moderne des voies originales et nouvelles et fut un pr&#233;curseur de la psychologie comportementale et de la pens&#233;e positive, et un exp&#233;rimentateur de l'effet placebo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses premi&#232;res ann&#233;es d'exp&#233;rience lui font prendre conscience de l'efficacit&#233; de la suggestion et de l'action d&#233;terminante de l'imagination dans le processus de gu&#233;rison. Cou&#233; commence &#224; d&#233;velopper les premiers principes sur lesquels il b&#226;tira plus tard sa m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute maladie est double, produisant ses effets sur la condition physique du patient, mais aussi sur son moral. En guidant l'imagination de mani&#232;re positive, il est possible de faire pencher la balance du bon c&#244;t&#233; et par l&#224; m&#234;me de d&#233;terminer la gu&#233;rison. Ainsi, lorsqu'un malade se persuade que la gu&#233;rison va se produire, celle-ci se produira si elle est possible. Si elle ne l'est pas, il pourra n&#233;anmoins obtenir par la suggestion une am&#233;lioration optimale de son &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, Cou&#233; apprend l'existence d'un m&#233;decin original, le docteur Ambroise-Auguste Li&#233;beault qui exerce &#224; Nancy et obtient des r&#233;sultats &#233;tonnants par la pratique de l'hypnose. Il lui rend, en 1886, une premi&#232;re visite, et se passionne d&#232;s lors pour cette discipline relativement nouvelle fond&#233;e sur l'efficacit&#233; de la suggestion verbale. Il prend &#233;galement connaissance des travaux du professeur Hippolyte Bernheim, dans lesquels il trouve la confirmation des principes qu'il pressent et exp&#233;rimente. Ces deux personnalit&#233;s repr&#233;sentent l'&#201;cole de Nancy, courant qui se distingue &#224; l'&#233;poque, dans ses conceptions relatives &#224; l'hypnose, de l'&#201;cole de la Salp&#234;tri&#232;re du docteur Charcot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1901, il se rend &#224; Nancy pour approfondir ses connaissances et suit quelque temps des conf&#233;rences &#224; la facult&#233; de m&#233;decine. Sa m&#233;thode se pr&#233;cise, elle se fonde sur des principes simples tir&#233;s de ses observations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	toute id&#233;e que nous avons dans l'esprit tend &#224; devenir une r&#233;alit&#233; dans l'ordre du possible. Ainsi l'id&#233;e de gu&#233;rison peut produire la gu&#233;rison. Ou bien encore, sur le plan psychologique, consid&#233;rer comme facile une chose &#224; r&#233;aliser en facilite effectivement la r&#233;alisation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	notre &#234;tre inconscient ou imaginatif, qui constitue la partie cach&#233;e de notre moi, d&#233;termine nos &#233;tats physiques et mentaux. Il est en r&#233;alit&#233; plus puissant que notre &#234;tre conscient et volontaire, qu'il englobe enti&#232;rement, et c'est lui qui pr&#233;side &#224; toutes les fonctions de notre organisme et de notre &#234;tre moral. Donc chaque fois qu'il y a conflit entre l'imagination et la volont&#233;, c'est toujours l'imagination qui l'emporte ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	imagination et volont&#233; doivent par cons&#233;quent travailler en synergie : lorsque la volont&#233; et l'imagination sont en accord, elles ne s'additionnent pas l'une &#224; l'autre, mais leurs forces se multiplient l'une par l'autre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'imagination peut &#234;tre conduite par le moyen d'une autosuggestion m&#233;thodique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La m&#233;thode Cou&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renon&#231;ant apparemment &#224; l'usage de l'hypnose autoritaire et directive, Cou&#233; &#233;labore une m&#233;thode qui fait appel &#224; la suggestion consciente et m&#233;thodiquement conduite d'id&#233;es positives. Cou&#233; condense sa m&#233;thode en une phrase-clef, &#171; Tous les jours, &#224; tous points de vue, je vais de mieux en mieux &#187;, &#224; r&#233;p&#233;ter 20 fois le matin et 20 fois le soir, en vue de conditionner l'imagination de mani&#232;re favorable. En r&#233;p&#233;tant cette formule de mani&#232;re machinale, sans intervention de la volont&#233;, il croit possible de faire p&#233;n&#233;trer m&#233;caniquement dans l'inconscient l'id&#233;e d'am&#233;lioration, de progr&#232;s. Et lorsque cette id&#233;e fait son chemin dans les profondeurs de l'inconscient, elle deviendrait agissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1910, il quitte son officine de Troyes pour s'&#233;tablir &#224; Nancy, o&#249; il fonde une &#171; clinique libre &#187; dans sa r&#233;sidence de la rue Jeanne-d'Arc. Il y re&#231;oit gracieusement les malades qui viennent le consulter, lors de s&#233;ances individuelles ou collectives qui ont lieu dans son bureau o&#249; des gu&#233;risons se seraient produites en grand nombre. On vient bient&#244;t &#224; lui de tous les rangs de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1913, Charles Baudouin, alors jeune licenci&#233; en philosophie, s'int&#233;resse &#224; ses travaux et contribue &#224; le rendre c&#233;l&#232;bre. Associ&#233; &#224; Baudouin, son premier disciple, Cou&#233; fonde l'&#201;cole lorraine de psychologie appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1922, il publie La Ma&#238;trise de soi-m&#234;me par l'autosuggestion consciente qui est traduit en plusieurs langues et conna&#238;t un succ&#232;s retentissant. L'ouvrage fait sensation surtout en Grand-Bretagne et aux &#201;tats-Unis, o&#249; il re&#231;oit un accueil public triomphal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Ma%C3%AEtrise_de_soi-m%C3%AAme_par_l%E2%80%99autosuggestion_consciente&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;mile Cou&#233;, &#171; La Ma&#238;trise de soi-m&#234;me par l'autosuggestion consciente &#187;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6564965r/f27.item&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir aussi&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1962_num_50_175_7617&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emile Cou&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Critique de la m&#233;thode Cou&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mme Joanne Wood, professeur de psychologie &#224; l'Universit&#233; de Waterloo (Canada), a &#233;tudi&#233; la pertinence et l'impact de la pens&#233;e positive. Elle en conclut que les messages positifs que les gens tentent d'int&#233;grer ont, en pratique, souvent un effet n&#233;gatif. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Aujourd'hui est le 1er jour du reste de ma vie &#187; ou &#171; Je vais r&#233;ussir &#187; ne sont par exemple que deux messages positifs parmi tant d'autres qui, r&#233;p&#233;t&#233;s r&#233;guli&#232;rement, doivent permettre de mieux se sentir dans sa peau. Il appara&#238;t cependant que ce genre de messages a un effet inverse sur les gens qui ont une mauvaise image d'eux-m&#234;mes. Les messages positifs ne fonctionneraient en effet que si la personne qui les prononce croit r&#233;ellement que &#231;a va marcher. D'apr&#232;s l'&#233;tude de Wood, c'est paradoxalement chez les gens qui en auraient le plus besoin que la pens&#233;e positive aurait un effet n&#233;gatif. Ainsi, &#171; les gens qui ont une faible image d'eux-m&#234;mes et r&#233;p&#232;tent ce genre de messages pensent au fond d'eux que ce n'est pas vrai. Ces sentiments pr&#233;dominent sur les messages positifs &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'inhibition en neurosciences et en psychologie cognitive</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1121</link>
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		<dc:date>2009-05-06T16:51:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Inhibition</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'inhibition (re)d&#233;couverte &lt;br class='autobr' /&gt;
GILLES MARCHAND &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreuses disciplines, comme les neurosciences ou la psychologie cognitive, &#233;tudient dor&#233;navant l'inhibition en tant que m&#233;canisme actif et objet scientifique &#224; part enti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'attention, c'est la prise en compte par l'esprit, sous une forme claire et pr&#233;cise, d'un seul objet ou d'une seule suite d'id&#233;es parmi plusieurs possibles [...]. Cette facult&#233; n&#233;cessite que l'on renonce &#224; certaines choses pour s'occuper efficacement des autres. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique158" rel="directory"&gt;L'inhibition &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;Inhibition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'inhibition (re)d&#233;couverte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GILLES MARCHAND&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses disciplines, comme les neurosciences ou la psychologie cognitive, &#233;tudient dor&#233;navant l'inhibition en tant que m&#233;canisme actif et objet scientifique &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'attention, c'est la prise en compte par l'esprit, sous une forme claire et pr&#233;cise, d'un seul objet ou d'une seule suite d'id&#233;es parmi plusieurs possibles [...]. Cette facult&#233; n&#233;cessite que l'on renonce &#224; certaines choses pour s'occuper efficacement des autres. &#187; Cette conception, que l'on doit au psychologue William James, date de la fin du xixe si&#232;cle, p&#233;riode qui voit les d&#233;buts de l'int&#233;r&#234;t que les scientifiques vont porter &#224; l'inhibition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs en neurophysiologie en particulier vont se pr&#233;occuper de cette notion, et d&#233;couvrir peu &#224; peu son r&#244;le central dans le fonctionnement du syst&#232;me nerveux central : &#171; L'inhibition n'&#233;tait plus une simple absence d'excitation mais bien un processus actif de suppression d'une action excitatrice &#187;, comme le rappelle Christophe Boujon. Ce chercheur vient de coordonner un ouvrage, L'Inhibition. Au carrefour des neurosciences et des sciences de la cognition (1), qui confronte les diff&#233;rentes approches sur le sujet au sein de domaines vari&#233;s et compl&#233;mentaires : les neurosciences, la psychologie cognitive, la neurophysiologie ou la neuropsychologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux remarques viennent &#224; la lecture de ces articles : d'une part, les m&#233;canismes de l'inhibition ont gagn&#233; r&#233;cemment une place de choix dans la recherche, tant ses liens avec l'attention, la perception, l'intelligence, la m&#233;moire et l'apprentissage sont forts. D'autre part, le concept d'inhibition &#233;tant commun &#224; de nombreuses disciplines - l'inhibition &#233;tant observ&#233;e &#224; plusieurs niveaux du syst&#232;me nerveux, des neurones au comportement-, il est tr&#232;s difficile d'en d&#233;gager une conception unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux syst&#232;mes inhibiteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour C. Boujon et Karen Lemoine, dans le domaine de la psychologie cognitive exp&#233;rimentale, l'inhibition a longtemps &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;e davantage sous l'angle des cons&#233;quences de son absence que sous celui des b&#233;n&#233;fices qu'elle pouvait induire. Ce n'est qu'avec la naissance de la psychologie cognitive au d&#233;but des ann&#233;es 60 qu'elle va &#234;tre consid&#233;r&#233;e en tant que m&#233;canisme actif, &#224; part enti&#232;re. Selon ces deux chercheurs, &#171; l'inhibition intervient dans tout contexte ou situation nouvelle qui n&#233;cessite de l'attention. Comme l'attention, elle est plus lente &#224; se mettre en place que les automatismes et la r&#233;cup&#233;ration des connaissances m&#233;moris&#233;es &#187;. Elle permet avant tout de ne pas tenir compte, momentan&#233;ment, d'&#233;l&#233;ments de la situation qui ne sont pas n&#233;cessaires pour r&#233;aliser une action, un comportement. Les deux chercheurs soulignent que &#171; ce m&#233;canisme est utile dans le sens o&#249; il permet de rendre disponibles et efficaces les processus d'analyse et de r&#233;ponse des &#233;l&#233;ments pertinents &#187;. En bref, l'inhibition permet d'ignorer les informations parasites et de se centrer sur celles qui sont n&#233;cessaires pour agir, penser, etc. Elle agit comme un filtre, par exemple lors de la conduite automobile : lorsque je conduis, je ne peux pr&#234;ter attention &#224; tout ce qui m'entoure, comme le bruit des Klaxon, ou la devanture d'un magasin devant lequel je passe ; le processus d'inhibition va me permettre de me concentrer sur ce qui est r&#233;ellement n&#233;cessaire, comme la vitesse des autres voitures, les panneaux de signalisation, etc. Des recherches r&#233;centes se centrent sur l'hypoth&#232;se de la pr&#233;sence de deux syst&#232;mes inhibiteurs, l'un d&#233;volu &#224; l'identit&#233; de l'information (qu'est-ce ?), l'autre &#224; sa localisation (o&#249; est-ce ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des principaux int&#233;r&#234;ts de cet ouvrage collectif est de faire le point sur le r&#244;le de l'inhibition dans le vieillissement cognitif normal, ou dans des pathologies comme la schizophr&#233;nie. Dans le premier cas, un champ d'&#233;tudes tente de comprendre si les changements cognitifs li&#233;s &#224; l'&#226;ge sont dus &#224; la m&#233;moire de travail, m&#233;moire qui permet la r&#233;tention temporaire de plusieurs informations et leur utilisation pour comprendre, raisonner, apprendre. Plus pr&#233;cis&#233;ment, ce sont les processus d'inhibition de l'information non-pertinente qui seraient d&#233;ficitaires chez les personnes &#226;g&#233;es. Et si l'efficacit&#233; de ces processus est diminu&#233;e, les contenus de la m&#233;moire de travail sont affect&#233;s, et donc plus g&#233;n&#233;ralement la capacit&#233; &#224; retenir des informations, &#224; m&#233;moriser. De nombreuses &#233;tudes ont effectivement mis &#224; jour une atteinte des processus attentionnels d'inhibition chez les personnes &#226;g&#233;es, dans de nombreuses situations comme l'exploration visuelle ou la compr&#233;hension du langage, avec pour cons&#233;quences une plus grande dispersion de l'attention et des difficult&#233;s plus grandes &#224; m&#233;moriser et &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neurophysiologie apporte des donn&#233;es pr&#233;cieuses dans la compr&#233;hension de la schizophr&#233;nie, relatives notamment aux capacit&#233;s inhibitrices, comme le pr&#233;sente l'article &#171; Inhibition, interf&#233;rence et schizophr&#233;nie : apports des enregistrements &#233;lectrophysiologiques &#187;(2). L'enregistrement de PEC (potentiels &#233;voqu&#233;s cognitifs) indique une baisse assez constante de l'amplitude d'un certain type d'ondes, qui conforte l'id&#233;e d'un trouble attentionnel dans la schizophr&#233;nie. Les malades auraient des difficult&#233;s &#224; effectuer un &#171; filtrage attentionnel &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; accorder, dans une situation donn&#233;e, la priorit&#233; aux informations pertinentes. Toutes seraient en quelque sorte mises sur le m&#234;me plan pour le schizophr&#232;ne, et de ce fait, une moindre quantit&#233; d'informations pourrait &#234;tre trait&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inhiber pour d&#233;cider&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre ouvrage r&#233;cent s'est int&#233;ress&#233; &#224; l'inhibition (3). Dans un chapitre intitul&#233; &#171; Je pense donc j'inhibe &#187;, Alain Berthoz (qui dirige le laboratoire de physiologie de la perception et de l'action au CNRS/Coll&#232;ge de France) expose le rapport qui existe entre la d&#233;cision et l'inhibition. Car d&#233;cider, c'est aussi d&#233;cider de ne pas faire : &#171; Nous disposons d'un r&#233;pertoire d'actions constitu&#233; &#224; la fois par le bagage g&#233;n&#233;tique de notre esp&#232;ce et par les apprentissages acquis au cours de notre vie. D&#233;clencher une action, c'est donc en inhiber beaucoup d'autres. C'est aussi toujours faire un choix entre une action et son contraire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rappelle &#233;galement que l'homme, naturellement, serait sans cesse &#224; la recherche de nouveaut&#233;. Une structure c&#233;r&#233;brale, l'hippocampe, serait un &#171; d&#233;tecteur de nouveaut&#233; &#187;. Mais lorsque l'individu est en train de prendre une d&#233;cision, l'apparition d'un &#233;v&#233;nement nouveau peut le distraire, et donc parasiter le processus de d&#233;cision. Il est donc n&#233;cessaire d'inhiber la r&#233;action d'orientation vers le nouveau stimulus, quel qu'il soit (personne, objet ou pens&#233;e) pour pouvoir d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le propos d'A. Berthoz vise &#224; faire comprendre le processus de d&#233;cision, qui n'est pas seulement la mise en oeuvre d'une r&#233;ponse, que ce soit un comportement moteur simple - fuir, capturer, s'immobiliser - ou encore, &#224; l'autre extr&#234;me comportemental, un choix cognitif comme celui d'un placement boursier dans une start-up. La d&#233;cision n&#233;cessite &#233;galement de supprimer de mani&#232;re s&#233;lective les solutions qui ne sont pas en ad&#233;quation avec le but, le contexte et l'exp&#233;rience pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; des capacit&#233;s du cerveau humain, notamment dans le cadre des processus de d&#233;cision, pourrait provenir en particulier &#171; des m&#233;canismes inhibiteurs tr&#232;s vari&#233;s et complexes offrant une richesse extraordinaire de possibilit&#233;s, encore pour la plupart inconnues, mais que les neurosciences int&#233;gratives vont r&#233;v&#233;ler &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Boujon (dir.), L'Inhibition. Au carrefour des neurosciences et des sciences de la cognition, Solal, &#171; Neurosciences cognitives &#187;, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De J. Grapperon et D.-C. Morin in C. Boujon (dir.), L'Inhibition. Au carrefour des neurosciences et des sciences de la cognition, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Berthoz, La D&#233;cision, Odile Jacob, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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