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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La n&#233;gation, texte de Freud</title>
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		<dc:date>2009-01-14T17:23:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sigmund Freud La n&#233;gation (1925)[I] (Traduit par Thierry Simonelli) &lt;br class='autobr' /&gt;
La fa&#231;on dont nos patients apportent les id&#233;es qui leur viennent[II] [Einf&#228;lle] pendant le travail analytique nous offre l'occasion de quelques observations int&#233;ressantes. &#171; Vous allez maintenant penser que je veux dire quelque chose d'insultant, mais je n'ai vraiment pas cette intention. &#187; Nous comprenons, il s'agit l&#224; du refus [Abweisung] d'une id&#233;e qui surgit &#224; l'instant par projection. Ou bien : &#171; Vous demandez qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique153" rel="directory"&gt;La n&#233;gation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sigmund Freud&lt;br class='autobr' /&gt;
La n&#233;gation (1925)[I]&lt;br class='autobr' /&gt;
(Traduit par Thierry Simonelli)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont nos patients apportent les id&#233;es qui leur viennent[II] [Einf&#228;lle] pendant le travail analytique nous offre l'occasion de quelques observations int&#233;ressantes. &#171; Vous allez maintenant penser que je veux dire quelque chose d'insultant, mais je n'ai vraiment pas cette intention. &#187; Nous comprenons, il s'agit l&#224; du refus [Abweisung] d'une id&#233;e qui surgit &#224; l'instant par projection. Ou bien : &#171; Vous demandez qui peut &#234;tre cette personne dans le r&#234;ve. Ce n'est pas la m&#232;re. &#187; Nous rectifions : c'est donc la m&#232;re. Nous prenons la libert&#233; de faire abstraction de la n&#233;gation dans l'interpr&#233;tation [Deutung] et d'extraire [herausgreifen] le pur contenu de l'id&#233;e. C'est comme si le patient avait dit : &#171; C'est bien la m&#232;re qui m'est venu &#224; l'id&#233;e [eingefallen], mais je n'ai pas envie [Lust] d'accepter cette id&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De temps en temps, on peut se procurer une &#233;lucidation [Aufkl&#228;rung] recherch&#233;e sur le refoul&#233; inconscient d'une mani&#232;re tr&#232;s commode. On demande : que consid&#233;reriez-vous comme le plus improbable dans telle situation ? Qu'est-ce qui, &#224; votre avis, vous semblait le plus &#233;loign&#233; &#224; ce moment-l&#224; ? Si le patient se laisse prendre au pi&#232;ge et d&#233;signe ce &#224; quoi il peut croire le moins, il en a presque toujours admis la v&#233;rit&#233; [Richtige[III]]. Un joli pendant &#224; cet essai se produit chez le n&#233;vrotique obsessionnel qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; introduit &#224; la compr&#233;hension [Verst&#228;ndnis] de ses sympt&#244;mes. &#171; Il m'est venu une nouvelle repr&#233;sentation compulsive [Zwangsvorstellung]. Il m'en est imm&#233;diatement venu &#224; l'id&#233;e qu'elle pourrait signifier ceci de d&#233;termin&#233;. Mais non, ce ne peut &#234;tre vrai, sinon cela n'aurait pu me venir &#224; l'id&#233;e. &#187; Ce qu'il rejette [verwirft] par cette explication recopi&#233;e de la cure est naturellement le vrai sens de la nouvelle id&#233;e compulsive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contenu de repr&#233;sentation ou de pens&#233;e peut donc percer jusqu'&#224; la conscience &#224; condition qu'il se laisse nier. La n&#233;gation est une mani&#232;re de prendre connaissance du refoul&#233;, &#224; vrai dire d&#233;j&#224; une annulation [Aufhebung] du refoulement, mais &#233;videmment pas une acceptation du refoul&#233;. On voit comment la fonction intellectuelle se s&#233;pare ici du processus affectif. &#192; l'aide de la n&#233;gation une seule des cons&#233;quences du processus de refoulement est annul&#233;e ; celle que son contenu de repr&#233;sentation n'atteint pas la conscience. Il en r&#233;sulte une sorte d'acceptation intellectuelle du refoul&#233; avec maintien de l'essentiel quant au refoulement[*]. Au cours du travail analytique, nous cr&#233;ons souvent une modification [Ab&#228;nderung] diff&#233;rente, tr&#232;s importante et assez d&#233;concertante [befremdend] de la m&#234;me situation. Nous parvenons &#233;galement &#224; vaincre la n&#233;gation et &#224; faire pr&#233;valoir l'acceptation intellectuelle compl&#232;te du refoul&#233;, - le processus de refoulement lui-m&#234;me n'en est pas encore annul&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme c'est la t&#226;che de la fonction intellectuelle du jugement [Urteil] d'affirmer [bejahen] ou de nier des contenus de pens&#233;e, les remarques qui pr&#233;c&#232;dent nous ont conduit &#224; l'origine psychologique de cette fonction. Nier quelque chose dans le jugement signifie en fait : c'est quelque chose que je pr&#233;f&#233;rerais plut&#244;t refouler. La condamnation [Verurteilung] est le substitut [Ersatz] intellectuel du refoulement, son non en est un insigne, un certificat d'origine &#224; peu pr&#232;s comme le &#171; made in Germany &#187;[IV]. Au moyen du symbole de n&#233;gation, la pens&#233;e s'affranchit des restrictions du refoulement et s'enrichit de contenus dont elle ne peut se priver pour son travail [Leistung].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction de jugement a essentiellement deux d&#233;cisions &#224; prendre. Elle doit attribuer [zusprechen] ou d&#233;nier [absprechen] la propri&#233;t&#233; &#224; une chose [Ding] et elle doit admettre ou contester l'existence d'une repr&#233;sentation dans la r&#233;alit&#233;. La propri&#233;t&#233; dont il doit &#234;tre d&#233;cid&#233; pourrait originellement avoir &#233;t&#233; bonne ou mauvaise, utile ou nocive. Exprim&#233; dans le langage des motions pulsionnelles les plus anciennes, orales : &#231;a, je veux le manger ou je veux le recracher et dans une traduction [&#220;bertragung] plus large : &#231;a, je veux l'introduire en moi et &#231;a, l'exclure de moi. Donc : &#231;a doit &#234;tre en moi ou en dehors de moi. Le moi-plaisir originel veut, ainsi que je l'ai expliqu&#233; ailleurs, introjecter en soi tout ce qui est bon [Gute] et rejeter de soi tout ce qui est mauvais [Schlechte]. Le mauvais, l'&#233;tranger au moi, l'ext&#233;rieur, lui est d'abord identique[**].&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre d&#233;cision de la fonction de jugement, celle qui porte sur l'existence r&#233;elle d'une chose repr&#233;sent&#233;e, constitue un int&#233;r&#234;t du moi-r&#233;el d&#233;finitif qui se d&#233;veloppe &#224; partir du moi-plaisir premier. (Contr&#244;le de r&#233;alit&#233; [Realit&#228;tspr&#252;fung].) Maintenant, il ne s'agit plus de savoir si quelque chose de per&#231;u (une chose) doit &#234;tre int&#233;gr&#233; ou non dans le moi, mais si quelque chose de pr&#233;sent dans le moi comme repr&#233;sentation peut &#233;galement &#234;tre retrouv&#233; dans la perception (r&#233;alit&#233;). Il s'agit, comme on peut le voir, &#224; nouveau d'une question d'ext&#233;rieur et d'int&#233;rieur. Le non-r&#233;el, le seulement repr&#233;sent&#233;, subjectif, est seulement int&#233;rieur ; l'autre, r&#233;el [Reale], est aussi pr&#233;sent dans le dehors. Dans ce d&#233;veloppement, la prise en compte du principe de plaisir &#233;t&#233; laiss&#233;e de cot&#233;[V]. L'exp&#233;rience a enseign&#233; qu'il n'est pas seulement important qu'une chose (objet de satisfaction) poss&#232;de la &#171; bonne &#187; propri&#233;t&#233;, qu'elle m&#233;rite donc l'int&#233;gration dans le moi, mais &#233;galement qu'elle soit l&#224;, dans le monde ext&#233;rieur, de mani&#232;re &#224; ce que l'on puisse s'emparer [bem&#228;chtigen] d'elle &#224; souhait [nach Bed&#252;rfnis]. Afin de comprendre ce progr&#232;s, il faut se rappeler que toutes les repr&#233;sentations sont issues de perceptions, en sont des r&#233;p&#233;titions. &#192; l'origine l'existence de la repr&#233;sentation est donc d&#233;j&#224; une caution pour la r&#233;alit&#233; du repr&#233;sent&#233;. L'opposition entre subjectif et objectif n'existe pas d&#232;s le d&#233;but. Il se produit seulement parce que la pens&#233;e poss&#232;de la capacit&#233; de rendre pr&#233;sent ce qui une fois a &#233;t&#233; per&#231;u par la reproduction dans la repr&#233;sentation, tandis que l'objet au dehors n'a plus besoin d'&#234;tre pr&#233;sent. Le premier et le plus proche but du contr&#244;le de r&#233;alit&#233; n'est donc pas de trouver un objet correspondant &#224; la repr&#233;sentation dans la perception r&#233;elle [reale], mais de le retrouver, de se convaincre qu'il est toujours pr&#233;sent. Une autre contribution &#224; l'ali&#233;nation [Entfremdung] entre le subjectif et l'objectif vient d'une autre capacit&#233; de la facult&#233; de penser. La reproduction de la perception dans la repr&#233;sentation n'est pas toujours une r&#233;p&#233;tition fid&#232;le ; elle peut &#233;galement &#234;tre modifi&#233;e par des omissions, chang&#233;e par des fusions d'&#233;l&#233;ments divers. Le contr&#244;le de la r&#233;alit&#233; doit alors contr&#244;ler jusqu'o&#249; vont ces d&#233;formations [Entstellungen]. On reconna&#238;t toutefois comme condition de l'utilisation du contr&#244;le de r&#233;alit&#233; que des objets ont &#233;t&#233; perdus qui, jadis, apportaient une satisfaction r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juger est l'action intellectuelle qui d&#233;cide de l'action motrice, qui met fin &#224; l'ajournement par la pens&#233;e [Denkaufschub] et qui fait transiter du penser &#224; l'agir. J'ai &#233;galement d&#233;j&#224; trait&#233; de l'ajournement par la pens&#233;e ailleurs. Il est &#224; consid&#233;rer comme une action-essai [Probeaktion], un t&#226;ter moteur avec de faibles efforts d'&#233;vacuation. Rappelons-nous[VI] : o&#249; le moi s'&#233;tait-il d'abord exerc&#233; &#224; un tel t&#226;ter, &#224; quel endroit avait-il appris la technique qu'il applique maintenant aux processus de pens&#233;e ? Ceci avait lieu au bout sensoriel de l'appareil psychique, lors des perceptions sensibles. &#192; notre avis, la perception n'est pas un processus purement passif, mais le moi envoie p&#233;riodiquement de petites quantit&#233;s d'investissement dans le syst&#232;me de perception au moyen desquels il go&#251;te [vorkosten] aux excitations ext&#233;rieures pour, &#224; la suite de chacune de ces perc&#233;es t&#226;tantes, se retirer de nouveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude du jugement nous ouvre, peut-&#234;tre pour la premi&#232;re fois, la vision [Einsicht[VII]] de la gen&#232;se [Entstehung] d'une fonction intellectuelle &#224; partir des motions pulsionnelles primaires. Le juger est le d&#233;veloppement appropri&#233; au but [zweckm&#228;&#223;ig[VIII]] de l'inclusion originelle dans le moi op&#233;r&#233; au moyen du principe de plaisir ou de l'expulsion du moi. Sa polarit&#233; semble correspondre &#224; l'opposition des deux groupes de pulsions que nous admettons. L'affirmation &#8211; comme substitut de l'union &#8211; appartient &#224; l'&#201;ros, la n&#233;gation &#8211; suite de l'expulsion &#8211; &#224; la pulsion de destruction. L'envie g&#233;n&#233;rale de nier[IX], le n&#233;gativisme de certains psychotiques doit probablement s'entendre comme un d&#233;m&#234;lage pulsionnel [Triebentmischung] par retrait des composantes libidinales. Le travail de la fonction de jugement est n&#233;anmoins seulement rendu possible parce que la cr&#233;ation d'un symbole de n&#233;gation a permis un premier degr&#233; d'ind&#233;pendance des succ&#232;s du refoulement et par-l&#224; aussi de la contrainte du principe de plaisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette conception de la n&#233;gation correspond tr&#232;s bien le fait que dans l'analyse, on ne trouve pas de &#171; non &#187; en provenance de l'inconscient et que la reconnaissance de l'inconscient du c&#244;t&#233; du moi s'exprime par une formule n&#233;gative. Il n'est pas de preuve plus forte pour la d&#233;couverte [Aufdeckung [X]] r&#233;ussie de l'inconscient que quand l'analys&#233; y r&#233;agit avec la phrase : je n'ai pas pens&#233; &#231;a ou : je n'ai pas (jamais) pens&#233; &#224; &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[I] Ndt : Sigmund Freud, Gesammelte Werke Bd. XIV, pp.9-15.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remercie chaleureusement Micheline Weinstein pour sa relecture de cette traduction. Ses remarques et propositions m'ont permis d'arrondir quelques angles. Les in&#233;l&#233;gances qui subsistent sont de ma propre responsabilit&#233;. J'aimerais par ailleurs renvoyer &#224; l'int&#233;ressante traduction comment&#233;e de J.-C. Cap&#232;le &amp; D. Mercadier que j'ai d&#233;couverte un peu trop tard, mais avec d'autant plus de plaisir, &#233;tant donn&#233; son &#233;tonnante proximit&#233; de la mienne. La premi&#232;re version de leur traduction est parue &#224; Paris en 1982, dans Le Discours psychanalytique. Une version revue (1999) de cette traduction peut &#234;tre consult&#233;e sur Internet : &lt;a href=&#034;http://www.khristophoros.net/verneinung.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.khristophoros.net/verneinung.html&lt;/a&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me, Ang&#232;le Kremer Marietti m'a rappel&#233;, apr&#232;s-coup, la traduction qu'elle avait publi&#233;e, &#233;galement en 1982, dans son livre La Symbolicit&#233;, Paris, Puf. Le livre a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; chez l'Harmattan en 2001, dans la collection &#171; &#201;pist&#233;mologie et Philosophie des Sciences &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remercie Ang&#232;le Kremer Marietti et Jo&#235;l Bernat pour leur relecture. Leurs nombreuses remarques et suggestions m'ont &#233;t&#233; d'une aide irrempla&#231;able. Un merci enfin &#224; J.C. Cap&#232;le pour sa relecture et ses remarques int&#233;ressantes. Elles m'ont permis de mieux mesurer l'&#233;cart de nos deux approches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma traduction repose sur l'id&#233;e suivante (&#171; aus Neugierde, wohin dies f&#252;hren wird &#187; ; Freud) : transposer en fran&#231;ais le texte original de Freud en reproduisant le plus fid&#232;lement possible ses choix terminologiques et ses structures syntaxiques. Je voulais savoir dans quelle mesure il &#233;tait possible de rendre transparent le texte fran&#231;ais par rapport &#224; l'original allemand. Le texte original &#233;tait con&#231;u pour primer sur la compr&#233;hension du sens par un destinataire imaginaire. C'est le texte seul qui devrait appara&#238;tre au travers de la langue d'accueil.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e, exp&#233;rimentale, &#233;tait donc de tenter une traduction du texte freudien selon la conception de la traduction po&#233;tique de Walter Benjamin (Die Aufgabe des &#220;bersetzers). &#192; ce propos, j'aimerais rappeler la r&#233;flexion de Goethe, cit&#233;e par Benjamin : &#171; unsere &#252;bertragungen auch die besten gehn von einem falschen grundsatz aus sie wollen das indische griechische englische verdeutschen anstatt das deutsche zu verindischen vergriechischen verenglischen. sie haben eine viel bedeutendere ehrfurcht vor den eigenen sprachgebr&#228;uchen als vor dem geiste des fremden werks... &#187;. (&#171; Nos traductions, m&#234;me les meilleures, partent d'un mauvais principe. Elles veulent germaniser l'indien, le grec, l'anglais au lieu d'indianiser, de gr&#233;ciser, d'angliciser l'allemand. Elles t&#233;moignent d'une v&#233;n&#233;ration bien plus importante des propres coutumes langagi&#232;res que de l'esprit de l'&#339;uvre &#233;trang&#232;re [&#8230;] &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; la proximit&#233; des textes, mon approche est donc radicalement diff&#233;rente de celle de J.-C. Cap&#232;le &amp; D. Mercadier. Alors que pour ces traducteurs, il s'agissait de &#171; rendre le message avec toute l'objectivit&#233; que permet une lecture qui demeure toujours subjective &#187;, j'ai refus&#233; aussi bien l'id&#233;e du &#034;message&#034; que leur conception de la subjectivit&#233; et de l'objectivit&#233;. &#192; mon sens, les principes de la traduction de Cap&#232;le &amp; Mercadier correspondent quasi exactement &#224; ce que Benjamin, dans son article &#220;ber Sprache &#252;berhaupt und &#252;ber die Sprache des Menschen (1916), appelle une &#171; conception bourgeoise du langage &#187;. Je pr&#233;f&#233;rerais, dans le m&#234;me sens, plut&#244;t parler d'une conception utilitariste de la traduction : le traducteur se saisit d'un message objectif et le transmet tel quel &#224; un destinataire, cens&#233; comprendre le message originel. Bien que ce principe corresponde aux &#233;vidences du bon sens, il me semble n&#233;gliger toute r&#233;flexion philosophique s&#233;rieuse sur le langage. Je ne saurais, par ailleurs, souscrire au crit&#232;re d'objectivit&#233; mis en avant par ces traducteurs. &#192; mon avis, cette objectivit&#233; participe des m&#234;mes pr&#233;jug&#233;s que la notion de message : le pr&#233;jug&#233; d'une signification fix&#233;e et pouvant &#234;tre objectivement saisie ou isol&#233;e. Je vois mal, &#233;galement, dans quelle mesure une traduction pourrait &#234;tre subjective, &#224; moins de commettre des erreurs. Une traduction est certes irr&#233;m&#233;diablement subjective, mais seulement l&#224; o&#249; elle s'&#233;gare. &#192; mon avis, une telle d&#233;marche viserait &#224; r&#233;duire ce que je tente de maintenir : la lecture, par opposition &#224; la compr&#233;hension d'une signification, voire d'un 'message'.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon intention a &#233;t&#233; d'interpr&#233;ter le texte de Freud en &#233;liminant autant que possible la subjectivit&#233; (&#224; situer du c&#244;t&#233; de la signification ou du 'message') face &#224; l'intention objective du texte. Bien &#233;videmment, je ne pr&#233;tends pas y avoir r&#233;ussi ; juste m'y &#234;tre essay&#233;. Ma motivation n'a pas &#233;t&#233; l'ambition de corriger une pr&#233;tendue &#171; inaptitude &#187; des traducteurs pr&#233;c&#233;dents, mais la curiosit&#233; de voir ce &#224; quoi pouvait bien mener une conception philosophique du langage appliqu&#233;e &#224; la traduction. Dans le sens de Benjamin, il me suffirait d'avoir fourni une contribution, parmi bien d'autres, &#224; la traduction de la Verneinung. &#192; l'exception de la note V, toutes les notes t&#233;moignent de cette diff&#233;rence de vis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant la traduction de Verneinung, Freud ne laisse aucun doute dans son article qu'il s'agit bien du sens logique de n&#233;gation. Selon Le Robert, &#171; d&#233;nier &#187; signifie : &#171; Refuser de reconna&#238;tre comme sien &#187;. L'id&#233;e du refus de reconna&#238;tre comme sien est int&#233;ressante et quelque part la traduction de Verneinung par d&#233;n&#233;gation apporte une interpr&#233;tation int&#233;ressante. Toutefois, dans le texte original, il n'est pas question de reconna&#238;tre comme sien un &#233;nonc&#233;, mais bien plus simplement de le nier. Pour cette raison, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; traduire par N&#233;gation. Toutefois, dans une certaine mesure, la n&#233;gation est &#233;galement une d&#233;n&#233;gation.&lt;br class='autobr' /&gt;
[II] Ndt : Cap&#232;le &amp; Mercadier et Micheline Weinstein proposent : &#171; qui leur viennent &#224; l'esprit. &#187; L'expression est certainement plus compr&#233;hensible, n'y &#233;tait l'esprit. Car l'esprit ne figure certainement pas parmi les notions utilis&#233;es par Freud, et l'on chercherait en vain sa place dans la topique freudienne. De m&#234;me qu'Ang&#232;le Kremer Marietti, j'ai choisi de laisser ouvert ce lieu. Freud ne pr&#233;cise pas o&#249; ces id&#233;es viennent, ne le pr&#233;cisons pas &#224; notre tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
[III] Ndt : Das Richtige pourrait se traduire de nombreuses fa&#231;ons. Cap&#232;le &amp; Mercadier traduisent par : le juste. La traduction est sans aucun doute tr&#232;s fid&#232;le, mais elle me semblait un peu trop ambigu&#235; en fran&#231;ais. Il n'est &#233;videmment pas question de dire ce qui est juste, au premier sens du terme, mais d'avouer une v&#233;rit&#233; malgr&#233; soi. Ang&#232;le Kremer Marietti avait sans doute le m&#234;me sentiment que moi ; elle traduisait de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
[*] Le m&#234;me processus est au fondement du processus connu du &#171; r&#233;f&#233;rer &#187; [Berufen]. &#171; Comme c'est bien que je n'ai plus eu ma migraine depuis si longtemps ! &#187; Mais c'est l&#224; la premi&#232;re annonce de l'attaque dont on sent d&#233;j&#224; l'approche mais qu'on ne veut pas croire encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
[IV] Ndt : en anglais dans le texte.&lt;br class='autobr' /&gt;
[**] Cf. &#224; ce propos les explications dans Pulsions et destins de pulsions.&lt;br class='autobr' /&gt;
[V] Ndt : Sur ce point, ma traduction s'oppose &#224; celle de Cap&#232;le &amp; Mercadier. Il se pourrait qu'il y ait un malentendu sur le sens de la phrase freudienne. Freud n'affirme pas du tout avoir provisoirement laiss&#233; de c&#244;t&#233; ou avoir mis de c&#244;t&#233; la consid&#233;ration du principe de plaisir. Sa remarque ne se r&#233;f&#232;re nullement &#224; sa mani&#232;re d'aborder ou d'articuler la probl&#233;matique dont il traite. Ce n'est pas Freud qui, dans sa pr&#233;sentation de l'id&#233;e, aurait laiss&#233; de c&#244;t&#233; le principe plaisir pour y revenir par la suite. C'est le moi-r&#233;el lui-m&#234;me qui a suspendu le principe de plaisir dans sa fonction de jugement. Freud semble donc plut&#244;t affirmer : le jugement d'existence ne peut pas se fier au principe de plaisir, mais il doit juger la repr&#233;sentation exclusivement par comparaison avec la r&#233;alit&#233;. Le jugement d'existence doit donc suspendre le principe de plaisir pour mener &#224; bien sa t&#226;che : le contr&#244;le de la r&#233;alit&#233;. Gr&#226;ce &#224; cette suspension momentan&#233;e, il parvient assur&#233;ment &#224; fournir une autre assise au principe de plaisir. Mais ce dernier pourrait &#233;galement se satisfaire de la repr&#233;sentation ou de l'hallucination. La phrase suivante indique clairement cette id&#233;e du d&#233;tour, de la suspension momentan&#233;e du principe de plaisir, d&#233;velopp&#233;e dans les Formulations sur les deux principes des &#233;v&#233;nements psychiques de 1911 (GW VIII, p.229-238). Micheline Weinstein et Jo&#235;l Bernat m'ont confirm&#233; cette lecture, et Ang&#232;le Kremer Marietti en a fait de m&#234;me par sa propre traduction.&lt;br class='autobr' /&gt;
[VI] Ndt : Cap&#232;le &amp; Mercadier traduisent par &#171; r&#233;fl&#233;chissons &#187;, qui rend bien l'une des deux significations de &#171; Besinnen &#187;. J'avais pr&#233;f&#233;r&#233; l'autre, car Freud nous invite moins &#224; une r&#233;flexion originale qu'au souvenir d'une id&#233;e d&#233;velopp&#233;e &#224; plusieurs reprises dans d'autres textes et dans les paragraphes pr&#233;c&#233;dents. En fait, il s'agit d'un rappel de r&#233;flexions qui datent de l'Esquisse de 1895 (parties I.14-18, GW Nachlassband, pp. 416-430).&lt;br class='autobr' /&gt;
[VII] Ndt : Cap&#232;le &amp; Mercadier traduisent par compr&#233;hension, qui rend bien le sens du mot allemand. Micheline Weinstein m'a propos&#233; &#171; id&#233;e &#187;, qui me semble un peu plus loin du sens de l'Einsicht. La construction du mot allemand est identique la composition latine du terme d'introspection : voir &#224; l'int&#233;rieur, au sens figur&#233; : voir le noyau des choses (hypokeimenon, subjectus), voir l'essentiel. Le terme de &#171; vision &#187; m'a sembl&#233; rassembler le mieux ces diff&#233;rents sens : id&#233;e, compr&#233;hension et saisie intuitive soudaine. Ang&#232;le Kremer Marietti avait une id&#233;e tout &#224; fait similaire : elle traduit Einsicht par &#171; vue &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[VIII] Ndt : Cap&#232;le &amp; Mercadier traduisent par &#171; finaliser &#187;, ce qui est juste mais me semblait trop ambigu. Il ne serait pas faux de penser &#224; un d&#233;veloppement finalis&#233; de la facult&#233; de juger, mais dans ce cas, Freud aurait certainement choisi &#171; endg&#252;ltig &#187; (d&#233;finitif, abouti, etc.). Le texte allemand semble clair : le jugement repr&#233;sente une &#233;volution orient&#233;e par un but (t&#233;los) de l'introjection primitive. J'avais d'abord traduit par t&#233;l&#233;ologique, qui tient compte de l'id&#233;e de la finalit&#233; tout en &#233;vitant le double sens du verbe finaliser (&#171; pr&#233;senter sous sa forme quasi d&#233;finitive &#187;, Le Robert). Toutefois, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; la traduction d'Ang&#232;le Kremer Marietti - &#171; appropri&#233; au but &#187; - plus pr&#233;cise et plus claire. Elle permet d'&#233;viter la nuance de &#171; d&#233;termin&#233; par un but &#187;, comprise dans le terme de t&#233;l&#233;ologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
[IX] Ndt : Cap&#232;le &amp; Mercadier traduisent &#171; allgemeine Verneinungslust &#187; par &#171; plaisir g&#233;n&#233;ral de nier &#187;. L'expression allemande rappelle plut&#244;t &#171; Lust haben, zu&#8230; &#187;, avoir envie de&#8230; Que l'on puisse ressentir du plaisir &#224; nier syst&#233;matiquement, nul n'en douterait. Mais l'envie me semble introduire une autre nuance, notamment en rapport avec le n&#233;gativisme : le caract&#232;re compulsif. Je puis me sentir attir&#233; par le plaisir, mais je me sens pouss&#233; par l'envie de&#8230; L'envie a un accent pulsionnel plus marqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[X] Ndt : La traduction de l'Aufdeckung par d&#233;couverte m'a sembl&#233; incontournable. Traduire par &#171; constitue la preuve la plus r&#233;ussie de l'existence de l'inconscient &#187; semble rater le point de la phrase freudienne. Il n'est pas question de prouver l'existence de l'inconscient, mais de d&#233;voiler ses contenus. Freud parle du travail analytique, de ce qui se passe dans la cure. Il ne s'y agit pas de d&#233;montrer l'existence de l'inconscient, mais de saisir les repr&#233;sentations inconscientes qui, gr&#226;ce &#224; la n&#233;gation ont, dans une certaine mesure, pu d&#233;jouer la barri&#232;re du refoulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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