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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La m&#233;moire, une reconstruction du pass&#233; tourn&#233;e vers le futur</title>
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		<dc:date>2008-06-06T09:28:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#034;Ce n'est pas le pouvoir de se rappeler mais son exact oppos&#233;, le pouvoir d'oublier, qui est une condition n&#233;cessaire &#224; notre existence.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sholem Ash &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les souvenirs sont (&#8230;) une reconstitution permanente, un m&#233;lange cr&#233;atif de faits et de fiction.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
LOFTUS, Elisabeth &#8211; KETCHAM, Katherine, Le syndrome des faux souvenirs &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous le titre : &#034;Notre pass&#233;, une reconstruction perp&#233;tuelle&#034;, Renaud Persiaux &#233;crit : &#034;Les bribes de nos souvenirs s'associent de fa&#231;ons changeantes, de sorte que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique123" rel="directory"&gt;La m&#233;moire, une reconstruction du pass&#233; tourn&#233;e vers le futur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Ce n'est pas le pouvoir de se rappeler mais son exact oppos&#233;, le pouvoir d'oublier, qui est une condition n&#233;cessaire &#224; notre existence.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sholem Ash&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les souvenirs sont (&#8230;) une reconstitution permanente, un m&#233;lange cr&#233;atif de faits et de fiction.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LOFTUS, Elisabeth &#8211; KETCHAM, Katherine, Le syndrome des faux souvenirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le titre : &#034;Notre pass&#233;, une reconstruction perp&#233;tuelle&#034;, Renaud Persiaux &#233;crit : &lt;i&gt;&#034;Les bribes de nos souvenirs s'associent de fa&#231;ons changeantes, de sorte que notre m&#233;moire ne se r&#233;p&#232;te jamais &#224; l'identique. Notre m&#233;moire est une v&#233;ritable reconstruction active et dynamique (...) La reconstruction commence d&#232;s l'encodage des souvenirs : toutes les perceptions ne sont pas conserv&#233;es. &#171; Ne voir dans la m&#233;moire qu'un enregistreur passif serait une erreur &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Seuls s'y maintiennent durablement les &#233;v&#233;nements ayant un lien avec nos buts et nos valeurs ; les autres, routiniers ou insignifiants, sont vou&#233;s &#224; l'oubli. &#187; Et ces souvenirs sont loin d'&#234;tre des repr&#233;sentations exactes de la r&#233;alit&#233; : ils sont souvent d&#233;form&#233;s&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Selon la th&#233;orie de la reconsolidation, les souvenirs ne se stabilisent pas apr&#232;s leur encodage, mais, au contraire, leur r&#233;activation les rend &#224; nouveau fragile : on peut les effacer ou les modifier&#034;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment faisons-nous pour &#234;tre capables de nous remettre en m&#233;moire des &#233;pisodes pass&#233;s, la question est d'importance car, sans m&#233;moire, l'&#234;tre humain ou l'&#234;tre vivant perdrait tous ses rep&#232;res et toute conscience de son identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question n'est pas seulement comment m&#233;morisons-nous car il faut aussi se demander : que m&#233;morisons-nous et que retirons-nous de notre m&#233;moire ? S'il est &#233;vident que nous ne pouvons pas tout m&#233;moriser, il l'est bien moins de savoir ce qui va &#234;tre stock&#233;, ce qui ne va pas l'&#234;tre et ce qui &#233;tait stock&#233; et va &#234;tre supprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de savoir qu'il n'existe pas un seul m&#233;canisme de m&#233;moire mais plusieurs correspondants &#224; des niveaux hi&#233;rarchiques diff&#233;rents qui sont hi&#233;rarchiques au sens du temps (court terme et long terme) et aussi hi&#233;rarchiques au sens du niveau de profondeur de la m&#233;moire (m&#233;moire rapide, m&#233;moire longue, et m&#233;moire de travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces divers cas, la m&#233;moire est fond&#233;e sur le fonctionnement des neurones, nos cellules nerveuses. Ce sont elles qui poss&#232;dent la capacit&#233; d'&#233;voquer des transmissions pass&#233;es qui ne font plus partie de notre univers pr&#233;sent. La perte de m&#233;moire est aussi un m&#233;canisme neuronal. Elle est aussi un m&#233;canisme psychologique comme le souligne Freud dans son &#171; Introduction &#224; la psychanalyse &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Lorsqu'on a, par exemple, momentan&#233;ment oubli&#233; un mot, on s'impatiente, on cherche &#224; se le rappeler et on n'a de repos qu'on ne l'ait retrouv&#233;. Pourquoi l'homme &#224; ce point contrari&#233; r&#233;ussit-il si rarement, malgr&#233; le d&#233;sir qu'il en a, &#224; diriger son attention sur le mot qu'il a, ainsi qu'il le dit lui-m&#234;me, &#171; sur le bout de la langue &#187; et qu'il reconna&#238;t d&#232;s qu'on le prononce devant lui ? Ou, encore, il y a des cas ou les actes manqu&#233;s se multiplient, s'encha&#238;nent entre eux, se remplacent r&#233;ciproquement. Une premi&#232;re fois, on oublie un rendez-vous ; la fois suivante, on est bien d&#233;cid&#233; &#224; ne pas l'oublier, mais il se trouve qu'on a not&#233; par erreur une autre heure. Pendant qu'on cherche par toutes sortes de d&#233;tours &#224; se rappeler un mot oubli&#233;, on laisse &#233;chapper de sa m&#233;moire un deuxi&#232;me mot qui aurait pu aider &#224; retrouver le premier - ; et pendant qu'on se met &#224; la recherche de ce deuxi&#232;me mot, on en oublie un troisi&#232;me, et ainsi de suite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;canisme neuronal qui fonde la m&#233;moire est organis&#233; sur la base d'une r&#233;troaction de trois ph&#233;nom&#232;nes de remaniements des r&#233;seaux neuronaux, avec trois dur&#233;es caract&#233;ristiques diff&#233;rentes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La potentialisation &#224; long terme qui renforce l'efficacit&#233; des synapses plus celles-ci sont sollicit&#233;es et qui correspond &#224; des temps de l'ordre de la milliseconde (maximum une seconde). Inversement, la d&#233;pression &#224; long terme qui rend les synapses de moins en moins efficaces moins elles sont sollicit&#233;es du fait de l'absence de circulation nerveuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un processus qui peut prendre de quelques minutes &#224; quelques heures lance une s&#233;rie de r&#233;actions chimiques qui activent les g&#232;nes du noyau du neurone pour la production de nouvelles connexions du neurone avec l'ext&#233;rieur, de nouvelles synapses. Des brins d'ARN messagers amarr&#233;s &#224; la base des &#233;pines dendritiques synth&#233;tisent &#233;galement de nouveaux r&#233;cepteurs qui augmentent encore l'efficacit&#233; de la synapse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En quelques jours ou une semaine, les r&#233;seaux modifi&#233;s peuvent &#234;tre stabilis&#233;s (m&#233;moire &#224; long terme) en int&#233;grant de nouveaux neurones dans l'hippocampe ou le bulbe olfactif. De nouveaux neurones se fixent s'il y a une exp&#233;rience n&#233;cessitant une plus grande capacit&#233; neuronale. Sinon, ils meurent. De ces trois r&#233;troactions, d&#233;pend la m&#233;moire neuronale, c'est-&#224;-dire la capacit&#233; &#224; &#233;voquer des circuits neuronaux qui ont &#233;t&#233; d&#233;j&#224; activ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin 2007, le neuroscientifique am&#233;ricain Brendan Depue et ses coll&#232;gues Tim Curran et Marie Banich du centre de neurosciences et de l'institut des sciences cognitives de l'universit&#233; de Colorado &#224; Denver ont d&#233;couvert un m&#233;canisme permettant d'effacer des images et des souvenirs. C'est le cortex pr&#233;frontal qui piloterait ce m&#233;canisme d'oubli d'un souvenir gr&#226;ce au gyrus frontal inf&#233;rieur droit agissant sur le cortex visuel et le thalamus. Ensuite, le gyrus frontal m&#233;dian droit va contr&#244;ler (dans ce cas r&#233;primer) l'hippocampe et l'amygdale. Dans ce type de r&#233;pression, il ne s'agit pas &#224; proprement parler de suppression mais d'un classement de l'information &#224; part, hors de port&#233;e de la conscience, comme l'avait pens&#233; Freud. Brendan Depue &#233;crit : &#171; Ce processus nettoie la conscience mais sans effacer le souvenir. &#187; Cette recherche s'appuie sur une technique IRME d'imagerie c&#233;r&#233;brale permettant de traquer les voies par lesquelles s'op&#232;re le blocage des souvenirs. Il a fallu prendre sur le fait le cerveau en train d'envoyer des informations hors d'acc&#232;s de la conscience. On a remarqu&#233; que le cortex pr&#233;frontal &#233;tait activ&#233; puis les &#233;motions et la m&#233;moire d&#233;sactiv&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous avons montr&#233; que des m&#233;moires &#233;motionnelles peuvent &#234;tre supprim&#233;es en deux &#233;tapes par des m&#233;canismes neuronaux : d'abord la suppression du message par le gyrus frontal inf&#233;rieur droit agissant sur des r&#233;gions qui sont concern&#233;es par les comportements sensoriels de la repr&#233;sentation de la m&#233;moire (cortex visuel, thalamus) suivi par une deuxi&#232;me &#233;tape dans laquelle le gyrus front m&#233;dial droit contr&#244;le des r&#233;gions concernant le comportement &#233;motionnel de la repr&#233;sentation de la m&#233;moire (hippocampe, amygdale) (...)&#034; Extrait de &#034;Les r&#233;gions pr&#233;frontales orchestrent la suppression de m&#233;moires &#233;motionnelles en deux phases&#034; par Brendan, Depue, Curran et Banich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faux souvenirs, inscriptions dans notre m&#233;moire d'&#233;v&#232;nements non advenus dans le pass&#233;, ont &#233;t&#233; d&#233;crits par Freud en 1899 comme des &#034;souvenirs &#233;crans&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Souvenirs d'enfance et &#171; souvenirs-&#233;crans &#187;, Freud &#233;crit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans un article (publi&#233; en 1899, dans Monatsschrift f&#252;r Psychiatrie une Neurologie), j'ai pu d&#233;montrer la nature tendancieuse de nos souvenirs l&#224; o&#249; on la soup&#231;onnait le moins. Je suis parti de ce fait bizarre que les premiers souvenirs d'enfance d'une personne se rapportent le plus souvent &#224; des choses indiff&#233;rentes et secondaires, alors qu'il ne reste dans la m&#233;moire des adultes aucune trace (je parle d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, non absolue) des impressions fortes et affectives de cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait que la m&#233;moire op&#232;re un choix entre les impressions qui s'offrent &#224; elle, nous sommes oblig&#233;s de supposer que ce choix s'effectue dans l'enfance d'apr&#232;s d'autres crit&#232;res qu'&#224; l'&#233;poque de la maturit&#233; intellectuelle. Mais un examen plus approfondi montre que cette supposition est inutile. Les souvenirs d'enfance indiff&#233;rents doivent leur existence &#224; un processus de d&#233;placement ; ils constituent la reproduction substitutive d'autres impressions, r&#233;ellement importantes, dont l'analyse psychique r&#233;v&#232;le l'existence, mais dont la reproduction directe se heurte &#224; une r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, comme ils doivent leur conversation, non &#224; leur propre contenu, mais &#224; un rapport d'association qui existe entre ce contenu et un autre, refoul&#233;, ils justifient le nom de &#171; souvenirs-&#233;crans &#187; sous lequel je les ai d&#233;sign&#233;s. Dans l'article en question je n'ai fait qu'effleurer, loin de l'&#233;puiser, toute la multiplicit&#233; et la vari&#233;t&#233; des rapports et des significations que pr&#233;sentent ces souvenirs-&#233;crans. Par un exemple minutieusement analys&#233;, j'y ai relev&#233; une particularit&#233; des relations temporelles entre les souvenirs &#233;crans et le contenu qu'ils recouvrent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cas dont il s'agissait, le souvenir-&#233;cran appartenait &#224; l'une des premi&#232;res ann&#233;es de l'enfance, alors que celui qu'il repr&#233;sentait dans la m&#233;moire, rest&#233; &#224; peu pr&#232;s inconscient, se rattachait &#224; une &#233;poque post&#233;rieure de la vie du sujet. J'ai d&#233;sign&#233; cette sorte de d&#233;placement sous le nom de d&#233;placement r&#233;trograde. On observe peut-&#234;tre encore plus souvent le cas oppos&#233;, o&#249; une impression indiff&#233;rente d'une &#233;poque post&#233;rieure s'installe dans la m&#233;moire &#224; titre de &#171; souvenir-&#233;cran &#187;, uniquement parce qu'il se rattache &#224; un &#233;v&#233;nement ant&#233;rieur dont la reproduction directe est entrav&#233;e par certaines r&#233;sistances. Ce seraient les souvenirs-&#233;crans anticipants ou ayant subi un d&#233;placement en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel qui int&#233;resse la m&#233;moire se trouve, au point de vue du temps, situ&#233; en arri&#232;re du souvenir-&#233;cran. Un troisi&#232;me cas est encore possible, o&#249; le souvenir-&#233;cran se rattache &#224; l'impression qu'il recouvre non seulement par son contenu, mais aussi parce qu'il lui est contigu dans le temps : ce serait le souvenir-&#233;cran contemporain ou simultan&#233;. Quelle est la proportion de nos souvenirs entrant dans la cat&#233;gorie des souvenirs-&#233;crans ? Quel r&#244;le ces derniers jouent-ils dans les divers processus intellectuels de nature n&#233;vrotique ? (&#8230;)L'&#233;nigme semble avoir dans les deux cas une orientation diff&#233;rente. Ce qui &#233;veille notre curiosit&#233; scientifique dans le premier cas, c'est l'oubli ; dans le second, c'est la conservation. Mais, &#224; la suite d'un examen quelque peu approfondi, on constate que, malgr&#233; les diff&#233;rences qui existent entre les deux ph&#233;nom&#232;nes au point de vue des mat&#233;riaux psychiques et de la dur&#233;e, ils pr&#233;sentent des analogies qui enl&#232;vent &#224; ces diff&#233;rences toute importance. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de d&#233;fectuosit&#233;s de la m&#233;moire, laquelle reproduit non le souvenir exact, mais quelque chose qui le remplace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'oubli de noms, la m&#233;moire fonctionne, mais en fournissant des noms de substitution. Dans le cas de souvenirs-&#233;crans, il s'agit d'un oubli d'autres impressions, plus importantes. Dans les deux cas, une sensation intellectuelle nous avertit de l'intervention d'un trouble dont la forme varie d'un cas &#224; l'autre. Dans l'oubli de noms, nous savons que les noms de substitution sont faux ; quant aux souvenirs-&#233;crans, nous nous demandons seulement avec &#233;tonnement d'o&#249; ils viennent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puisque l'analyse psychologique peut nous montrer que la formation de substitutions s'effectue dans les deux cas de la m&#234;me mani&#232;re, &#224; la faveur d'un d&#233;placement suivant une association superficielle, les diff&#233;rences qui existent entre les deux ph&#233;nom&#232;nes quant &#224; la nature des mat&#233;riaux, la dur&#233;e et le centre autour duquel ils &#233;voluent, sont d'autant plus de nature &#224; nous faire esp&#233;rer que nous allons d&#233;couvrir un principe important et applicable aussi bien &#224; l'oubli de noms qu'aux souvenirs-&#233;crans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe g&#233;n&#233;ral serait le suivant : l'arr&#234;t de fonctionnement ou le fonctionnement d&#233;fectueux de la facult&#233; de reproduction r&#233;v&#232;lent plus souvent qu'on ne le soup&#231;onne l'intervention d'un facteur partial, d'une tendance, qui favorise tel souvenir ou cherche &#224; s'opposer &#224; tel autre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Pour le psychoth&#233;rapeute, un &#034;souvenir &#233;cran&#034; devrait prot&#233;ger l'individu d'un vrai souvenir d&#233;sagr&#233;able ou traumatisant. Cette vision d&#233;tonnante de la m&#233;moire, nombre d'exp&#233;riences de psychologie cognitive sont venues l'&#233;tayer ces derni&#232;res ann&#233;es. Selon le mod&#232;le &#233;labor&#233; en 2000 par Martin Conway, l'image que nous avons de nous-m&#234;mes est d&#233;termin&#233;e par notre pass&#233; et r&#233;ciproquement nos souvenirs sont sans cesse reconstruits &#224; l'aune de ce que nous sommes ou aimerions devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;lectionn&#233;s, d&#233;form&#233;s, compl&#233;t&#233;s et m&#234;me parfois invent&#233;s, nos souvenirs n'ont d&#233;cid&#233;ment rien d'un sage enregistrement de notre vie ! Chacun faisant l'exp&#233;rience de l'oubli ou de l'impr&#233;cision, on s'en doutait depuis longtemps. Mais gr&#226;ce aux r&#233;centes d&#233;couvertes de la psychologie cognitive, on sait d&#233;sormais que le travestissement du pass&#233;, loin d'&#234;tre un &#034;manquement&#034; &#224; notre identit&#233;, permet au contraire de tisser un lien essentiel entre notre &#034;moi d'hier&#034; et notre &#034;moi d'aujourd'hui&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#234;ve am&#233;liore notre capacit&#233; &#224; apprendre, &#224; m&#233;moriser et &#224; g&#233;rer nos &#233;motions &#187; expose le dossier de &#171; Sciences et avenir &#187; de juin 2008. &#171; Le cerveau sombre dans l'inconscience pour un repos bien m&#233;rit&#233;. Soudain, au bout de plusieurs dizaines de minutes, une partie du cortex c&#233;r&#233;bral jusque-l&#224; profond&#233;ment endormi se &#171; r&#233;veille &#187;. Hyper stimul&#233;, il se met &#224; g&#233;n&#233;rer des images, des sons, des sensations. Alors que le corps est paralys&#233;, des sc&#232;nes apparaissent, s'encha&#238;nent, composent un sc&#233;nario riche en d&#233;tails, en bruits, en &#233;motions, voire en odeurs. Une histoire prend forme, plus ou moins logique ou totalement fantasque, avec des rebondissements improbable et des personnages &#233;tranges. (&#8230;) Quelle est la fonction de ce ph&#233;nom&#232;ne c&#233;r&#233;bral &#233;trange ? (&#8230;) Aujourd'hui, gr&#226;ce aux progr&#232;s des neurosciences et de l'imagerie c&#233;r&#233;brale, de nouvelles th&#233;ories &#233;mergent et convergent &#224; propos de nos songes. (&#8230;) &#171; Le r&#234;ve est un syst&#232;me naturel de &#171; r&#233;alit&#233; virtuelle &#187; produit par le cerveau. &#187; expose Autti Revonsuo. (&#8230;) Le r&#234;ve serait un immense th&#233;&#226;tre o&#249; l'on affronterait des probl&#232;mes &#233;pineux pour apprendre &#224; les r&#233;soudre en toute s&#233;curit&#233;. (&#8230;) Cependant &#171; 15% seulement des r&#234;ves r&#233;currents d&#233;crivent une situation r&#233;aliste et probable. &#187; affirme Antonio Zadra. (&#8230;) En tout cas, le r&#234;ve est une activit&#233; psychique involontaire que tout le monde pratique en moyenne vingt minutes par nuit, fractionn&#233;e en plusieurs &#233;pisodes. (&#8230;) Il survient essentiellement durant le sommeil paradoxal ou sommeil REM. (&#8230;) En 1895, Sigmund Freud s'int&#233;resse le premier de pr&#232;s au r&#234;ve (&#8230;) Il y voit l'expression de nos d&#233;sirs refoul&#233;s dans l'inconscient par notre censure interne. En 1960, Michel Jouvet (&#8230;) affirme que l'&#233;veil permet au cerveau de reprogrammer les comportements fondamentaux de l'esp&#232;ce, la chasse chez le f&#233;lin par exemple. (&#8230;) Deux exp&#233;riences ont lieu en 1994, qui relancent la question. Avi Karni de l'universit&#233; Rehovot (Isra&#235;l) montre tout d'abord que la privation de sommeil REM entra&#238;ne une difficult&#233; &#224; se souvenir de t&#226;ches que les sujets ont apprise la veille. (&#8230;) Puis c'est Matthew Wilson, neurobiologiste du MIT (USA) qui fait une observation incroyable. Une souris r&#233;vise pendant son sommeil ce qu'elle a appris durant le jour. (&#8230;) En 2004, Pierre Maquet (&#8230;) teste l'hypoth&#232;se chez l'humain. (&#8230;) Comme pour la souris, les m&#234;mes zones c&#233;r&#233;brales se r&#233;activent durant le sommeil. Pierre Maquet ajoute que si l'on prive un individu de sommeil REM ses performances m&#233;morielles sont diminu&#233;es. Enfin, un individu qui sollicite fortement ses capacit&#233;s de m&#233;morisation conna&#238;t des phases de sommeil paradoxal plus longues qu'un individu qui n'est pas soumis &#224; un processus d'apprentissage. En novembre 2007, l'&#233;quipe belge enfonce le clou, au niveau cellulaire cette fois. Un apprentissage engendre de nouvelles connexions entre neurones qui sont fragiles et doivent &#234;tre renforc&#233;es pour devenir permanentes. L'&#233;quipe d&#233;montre alors que les premi&#232;res &#233;tapes de la consolidation des synapses surviennent dans les minutes et les heures apr&#232;s l'apprentissage, au niveau cellulaire, et que le sommeil REM favorise cette consolidation. Mieux, il la faciliterait &#224; long terme. (&#8230;) Malgr&#233; quelques voix discordantes, les neuroscientifiques semblent peu &#224; peu admettre que le sommeil en g&#233;n&#233;ral, et la phase paradoxale o&#249; se produit le plus le r&#234;ve en particulier, servent vraisemblablement &#224; consolider la m&#233;moire et stabiliser les souvenirs. D'autres vont plus loin. Le r&#234;ve serait utile pour &#233;tablir des connexions que le r&#234;veur ne ferait pas pendant l'&#233;veil. Le cortex pr&#233;frontal &#233;tant d&#233;sactiv&#233;, le r&#234;ve permettrait en effet des associations d'id&#233;es plus audacieuses qu'en pleine conscience. Un ph&#233;nom&#232;ne de lev&#233;e d'inhibition qui dans certains cas d&#233;clencherait &#171; l'insight &#187;, la r&#233;v&#233;lation, l'intuition, pour trouver la solution &#224; un probl&#232;me insoluble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est g&#233;n&#233;ralement connu que le r&#234;ve a une grande importance dans la m&#233;moire. Freud a &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; le souligner tout en rajoutant que le r&#234;ve correspondait &#224; des d&#233;sirs inconscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains sp&#233;cialistes ont voulu contredire Freud en pr&#233;tendant que le r&#234;ve n'avait rien &#224; voir avec le v&#233;cu r&#233;el et que, durant le sommeil REM l'individu recevait des impulsions au hasard des neurones, l'interpr&#233;tation de ces impulsions par des images n'ayant rien &#224; voir avec la r&#233;alit&#233;. Certaines exp&#233;riences ont montr&#233; que c'&#233;tait faux. Le v&#233;cu de la journ&#233;e interf&#232;re sur les r&#234;ves et cela a pu &#234;tre d&#233;montr&#233; en intervenant sur le contenu d'un r&#234;ve ou d'un cauchemar r&#233;p&#233;titif. Cela a notamment &#233;t&#233; montr&#233; par Antonio Zadra du centre d'&#233;tude du sommeil et des rythmes biologiques de l'h&#244;pital du sacr&#233;-c&#339;ur &#224; Montr&#233;al. L'exp&#233;rience de modifier les cauchemars a &#233;t&#233; fait de nombreuses fois notamment par Barru Krakow au centre de m&#233;decine du sommeil d'Albuquerque au Nouveau Mexique qui soigne les cauchemars &#224; r&#233;p&#233;tition en demandant au patient d'en modifier le sc&#233;nario.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un article r&#233;cent du Psychological Bulletin, le directeur du laboratoire de Montr&#233;al, Tore Nielsen, et Ross Levin, de la Yeshiva University de New York, ont propos&#233; une nouvelle hypoth&#232;se. Les mauvais r&#234;ves seraient un moyen pour le cerveau de se d&#233;barrasser de ses vieilles terreurs pour mieux appr&#233;hender une nouvelle menace &#233;ventuelle. &#171; Le cerveau apprend vite la peur, affirme Tore Nielsen. Si ce syst&#232;me n'existait pas, nous serions encore effray&#233;s par les d&#233;mons de notre enfance. &#187; Un mauvais r&#234;ve remplirait donc un r&#244;le d'extincteur de peur. Quant au cauchemar qui r&#233;veille, nous soustrayant aux griffes du monstre, il &#233;chouerait lamentablement dans sa mission. Il serait rien de moins qu'un r&#234;ve rat&#233;. &#171; Les mauvais r&#234;ves sont fonctionnels, les cauchemars, dysfonctionnels &#187;, r&#233;sument les auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#233;moire, elle m&#234;lerait la r&#233;alit&#233; et la fiction pour en faire un tout coh&#233;rent en vue de la d&#233;fense de notre identit&#233; ou de l'image que nous en avons. Des chercheurs comme Rasyid Bo Sanitioso ou Martial Van der Linden affirment que la coh&#233;rence de l'image de nous-m&#234;mes est le but des reconstructions r&#233;alis&#233;es par la m&#233;moire et les r&#234;ves. Le but serait de pr&#233;senter &#224; notre conscience une image permettant d'orienter notre action dans le futur. La m&#233;moire ne serait pas en emmagasinement passif de faits anciens mais une d&#233;construction et reconstruction du pass&#233; en vue de l'avenir. Sans la m&#233;moire, pas d'identit&#233; mais aussi pas d'avenir, pas de possibilit&#233; de se projeter dans les actions et les pens&#233;es sur le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux m&#233;canismes de la m&#233;moire, on commence &#224; mieux les conna&#238;tre et ils sont bien entendu biologiques. Et l'un des premiers m&#233;canismes biologiques en question consiste non &#224; m&#233;moriser mais &#224; oublier. Comme le disait Freud, l'oubli est &#171; un &#233;l&#233;mentaire instinct de d&#233;fense reli&#233; &#224; l'inconscient &#187;. Et cette fonction se fonderait sur un m&#233;canisme mol&#233;culaire d'oubli. Des chercheurs de Zurich ont d&#233;couvert r&#233;cemment que l'enzyme PPI (Protein Phosphatase I) d&#233;clenche l'effacement des informations. Cette action n&#233;gative, l'effacement, serait elle-m&#234;me inhib&#233;e par une mol&#233;cule cod&#233;e par un transg&#232;ne. Il ne s'agirait pas seulement de favoriser et de d&#233;favoriser la m&#233;morisation mais m&#234;me d'effacer d'anciens souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DOCUMENT :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; de Freud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Souvenirs d'enfance et &#171; souvenirs-&#233;crans &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans un ... article (publi&#233; en 1899, dans Monatsschrift f&#252;r Psychiatrie une Neurologie), j'ai pu d&#233;montrer la nature tendancieuse de nos souvenirs l&#224; o&#249; on la soup&#231;onnait le moins. Je suis parti de ce fait bizarre que les premiers souvenirs d'enfance d'une personne se rapportent le plus souvent &#224; des choses indiff&#233;rentes et secondaires, alors qu'il ne reste dans la m&#233;moire des adultes aucune trace (je parle d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, non absolue) des impressions fortes et affectives de cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comme on sait que la m&#233;moire op&#232;re un choix entre les impressions qui s'offrent &#224; elle, nous sommes oblig&#233;s de supposer que ce choix s'effectue dans l'enfance d'apr&#232;s d'autres crit&#232;res qu'&#224; l'&#233;poque de la maturit&#233; intellectuelle. Mais un examen plus approfondi montre que cette supposition est inutile. Les souvenirs d'enfance indiff&#233;rents doivent leur existence &#224; un processus de d&#233;placement ; ils constituent la reproduction substitutive d'autres impressions, r&#233;ellement importantes, dont l'analyse psychique r&#233;v&#232;le l'existence, mais dont la reproduction directe se heurte &#224; une r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, comme ils doivent leur conversation, non &#224; leur propre contenu, mais &#224; un rapport d'association qui existe entre ce contenu et un autre, refoul&#233;, ils justifient le nom de &#171; souvenirs-&#233;crans &#187; sous lequel je les ai d&#233;sign&#233;s. Dans l'article en question je n'ai fait qu'effleurer, loin de l'&#233;puiser, toute la multiplicit&#233; et la vari&#233;t&#233; des rapports et des significations que pr&#233;sentent ces souvenirs-&#233;crans. Par un exemple minutieusement analys&#233;, j'y ai relev&#233; une particularit&#233; des relations temporelles entre les souvenirs &#233;crans et le contenu qu'ils recouvrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le cas dont il s'agissait, le souvenir-&#233;cran appartenait &#224; l'une des premi&#232;res ann&#233;es de l'enfance, alors que celui qu'il repr&#233;sentait dans la m&#233;moire, rest&#233; &#224; peu pr&#232;s inconscient, se rattachait &#224; une &#233;poque post&#233;rieure de la vie du sujet. J'ai d&#233;sign&#233; cette sorte de d&#233;placement sous le nom de d&#233;placement r&#233;trograde. On observe peut-&#234;tre encore plus souvent le cas oppos&#233;, o&#249; une impression indiff&#233;rente d'une &#233;poque post&#233;rieure s'installe dans la m&#233;moire &#224; titre de &#171; souvenir-&#233;cran &#187;, uniquement parce qu'il se rattache &#224; un &#233;v&#233;nement ant&#233;rieur dont la reproduction directe est entrav&#233;e par certaines r&#233;sistances. Ce seraient les souvenirs-&#233;crans anticipants ou ayant subi un d&#233;placement en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'essentiel qui int&#233;resse la m&#233;moire se trouve, au point de vue du temps, situ&#233; en arri&#232;re du souvenir-&#233;cran. Un troisi&#232;me cas est encore possible, o&#249; le souvenir-&#233;cran se rattache &#224; l'impression qu'il recouvre non seulement par son contenu, mais aussi parce qu'il lui est contigu dans le temps : ce serait le souvenir-&#233;cran contemporain ou simultan&#233;. Quelle est la proportion de nos souvenirs entrant dans la cat&#233;gorie des souvenirs-&#233;crans ? Quel r&#244;le ces derniers jouent-ils dans les divers processus intellectuels de nature n&#233;vrotique ? Autant de probl&#232;mes que je n'ai pu approfondir dans l'article cit&#233; plus haut et dont je n'entreprendrai pas non plus la discussion ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout ce que je me propose de faire aujourd'hui, c'est de montrer la similitude qui existe entre l'oubli de noms accompagn&#233; de faux souvenirs et la formation de souvenirs-&#233;crans. A premi&#232;re vue, les diff&#233;rences entre ces deux ph&#233;nom&#232;nes semblent plus &#233;videntes que les analogies. L&#224; il s'agit de noms propres ; ici de souvenirs complets, d'&#233;v&#233;nements r&#233;ellement ou mentalement v&#233;cus ; l&#224;, d'un arr&#234;t manifeste de la fonction mn&#233;monique ; ici, d'un fonctionnement mn&#233;monique qui nous frappe par sa bizarrerie ; l&#224;, d'un trouble momentan&#233; (car le nom qu'on vient d'oublier a pu auparavant &#234;tre reproduit cent fois d'une fa&#231;on exacte et peut &#234;tre retrouv&#233; d&#232;s le lendemain) ; ici, d'une possession durable, sans r&#233;mission, car les souvenirs d'enfance indiff&#233;rents semblent ne pas nous quitter pendant une bonne partie de notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;nigme semble avoir dans les deux cas une orientation diff&#233;rente. Ce qui &#233;veille notre curiosit&#233; scientifique dans le premier cas, c'est l'oubli ; dans le second, c'est la conservation. Mais, &#224; la suite d'un examen quelque peu approfondi, on constate que, malgr&#233; les diff&#233;rences qui existent entre les deux ph&#233;nom&#232;nes au point de vue des mat&#233;riaux psychiques et de la dur&#233;e, ils pr&#233;sentent des analogies qui enl&#232;vent &#224; ces diff&#233;rences toute importance. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de d&#233;fectuosit&#233;s de la m&#233;moire, laquelle reproduit non le souvenir exact, mais quelque chose qui le remplace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans l'oubli de noms, la m&#233;moire fonctionne, mais en fournissant des noms de substitution. Dans le cas de souvenirs-&#233;crans, il s'agit d'un oubli d'autres impressions, plus importantes. Dans les deux cas, une sensation intellectuelle nous avertit de l'intervention d'un trouble dont la forme varie d'un cas &#224; l'autre. Dans l'oubli de noms, nous savons que les noms de substitution sont faux ; quant aux souvenirs-&#233;crans, nous nous demandons seulement avec &#233;tonnement d'o&#249; ils viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et puisque l'analyse psychologique peut nous montrer que la formation de substitutions s'effectue dans les deux cas de la m&#234;me mani&#232;re, &#224; la faveur d'un d&#233;placement suivant une association superficielle, les diff&#233;rences qui existent entre les deux ph&#233;nom&#232;nes quant &#224; la nature des mat&#233;riaux, la dur&#233;e et le centre autour duquel ils &#233;voluent, sont d'autant plus de nature &#224; nous faire esp&#233;rer que nous allons d&#233;couvrir un principe important et applicable aussi bien &#224; l'oubli de noms qu'aux souvenirs-&#233;crans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce principe g&#233;n&#233;ral serait le suivant : l'arr&#234;t de fonctionnement ou le fonctionnement d&#233;fectueux de la facult&#233; de reproduction r&#233;v&#232;lent plus souvent qu'on ne le soup&#231;onne l'intervention d'un facteur partial, d'une tendance, qui favorise tel souvenir ou cherche &#224; s'opposer &#224; tel autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question des souvenirs d'enfance me para&#238;t tellement importante et int&#233;ressante que je voudrais lui consacrer encore quelques remarques qui d&#233;passent les points de vue admis jusqu'&#224; pr&#233;sent. Jusqu'&#224; quel &#226;ge remontent nos souvenirs d'enfance ? Il existe, &#224; ma connaissance, quelques recherches sur la question, notamment celles de V. et C. Henri' et de Potwin 2, d'o&#249; il ressort qu'il existe &#224; cet &#233;gard de grandes diff&#233;rences individuelles, certains sujets faisant remonter leur premier souvenir &#224; l'&#226;ge de six mois, tandis que d'autres ne se rappellent aucun &#233;v&#233;nement de leur vie ant&#233;rieur &#224; la sixi&#232;me et m&#234;me &#224; la huiti&#232;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais &#224; quoi tiennent ces diff&#233;rences et quelle est leur signification ? Il ne suffit &#233;videmment pas de r&#233;unir par une vaste enqu&#234;te les mat&#233;riaux concernant la question ; ces mat&#233;riaux doivent &#234;tre encore &#233;labor&#233;s, et chaque fois avec le concours et la participation de la personne int&#233;ress&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A mon avis, on a tort d'accepter comme un fait naturel le ph&#233;nom&#232;ne de l'amn&#233;sie infantile, de l'absence de souvenirs se rapportant aux premi&#232;res ann&#233;es. On devrait plut&#244;t voir dans ce fait une singuli&#232;re &#233;nigme. On oublie que m&#234;me un enfant de quatre ans est capable d'un travail intellectuel tr&#232;s intense et d'une vie affective tr&#232;s compliqu&#233;e, et on devrait plut&#244;t s'&#233;tonner de constater que tous ces processus psychiques aient laiss&#233; si peu de traces dans la m&#233;moire, alors que nous avons toutes les raisons d'admettre que tous ces faits oubli&#233;s de la vie de l'enfance ont exerc&#233; une influence d&#233;terminante sur le d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment se fait-il donc que, malgr&#233; cette influence incontestable et incomparable, ils aient &#233;t&#233; oubli&#233;s ? Force nous est d'admettre que le souvenir (con&#231;u comme une reproduction conscience) est soumis &#224; des conditions tout &#224; fait sp&#233;ciales qui ont jusqu'&#224; pr&#233;sent &#233;chapp&#233; &#224; nos recherches. Il est fort possible que l'oubli infantile nous livre le moyen de comprendre les amn&#233;sies qui, d'apr&#232;s nos connaissances les plus r&#233;centes, sont &#224; la base de la formation de tous les sympt&#244;mes n&#233;vrotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des souvenirs d'enfance conserv&#233;s, les uns nous paraissent tout &#224; fait compr&#233;hensibles, d'autres bizarres et inexplicables. Il n'est pas difficile de redresser certaines erreurs relatives &#224; chacune de ces deux cat&#233;gories. Lorsqu'on soumet &#224; l'examen analytique les souvenirs conserv&#233;s par un homme, on constate facilement qu'il n'existe aucune garantie quant &#224; leur exactitude. Certains souvenirs sont incontestablement d&#233;form&#233;s, incomplets ou ont subi un d&#233;placement dans le temps et dans l'espace. L'affirmation des personnes examin&#233;es selon laquelle leur premier souvenir remonte, par exemple, &#224; leur deuxi&#232;me ann&#233;e, ne m&#233;rite &#233;videmment pas confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On d&#233;couvre rapidement les motifs qui ont d&#233;termin&#233; la d&#233;formation et le d&#233;placement des faits constituant l'objet des souvenirs, et ces motifs montrent en m&#234;me temps qu'il ne s'agit pas de simples erreurs de la part d'une m&#233;moire infid&#232;le. Au cours de la vie ult&#233;rieure, des forces puissantes ont influenc&#233; et fa&#231;onn&#233; la facult&#233; d'&#233;voquer les souvenirs d'enfance, et ce sont probablement ces m&#234;mes forces qui, en g&#233;n&#233;ral, nous rendent si difficile la compr&#233;hension de nos ann&#233;es d'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les souvenirs des adultes portent, on le sait, sur des mat&#233;riaux psychiques divers. Les uns se souviennent d'images visuelles leurs souvenirs ont un caract&#232;re visuel. D'autres sont &#224; peine capables de reproduire les contours les plus &#233;l&#233;mentaires de ce qu'ils ont vu : selon la proposition de Charcot, on appelle ces sujets &#171; auditifs &#187; et &#171; moteurs &#187; et on les oppose aux &#171; visuels &#187;. Dans les r&#234;ves, toutes ces diff&#233;rences disparaissent, car nous r&#234;vons tous de pr&#233;f&#233;rence en images visuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour les souvenirs d'enfance, on observe, pour ainsi dire, la m&#234;me r&#233;gression que pour les r&#234;ves : ces souvenirs prennent un caract&#232;re plastiquement visuel, m&#234;me chez les personnes dont les souvenirs ult&#233;rieurs sont d&#233;pourvus de tout &#233;l&#233;ment visuel. C'est ainsi que les souvenirs visuels se rapprochent du type des souvenirs infantiles. En ce qui me concerne, tous mes souvenirs d'enfance sont uniquement de caract&#232;re visuel ; ce sont des sc&#232;nes &#233;labor&#233;es sous une forme plastique et que je ne puis comparer qu'aux tableaux d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans ces sc&#232;nes, vraies ou fausses, datant de l'enfance, on voit r&#233;guli&#232;rement figurer sa propre personne infantile, avec ses contours et dans ses v&#234;tements. Cette circonstance est faite pour &#233;tonner, car les adultes du type visuel ne voient plus leur propre personne dans leurs souvenirs &#224; propos des &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est &#233;galement contraire &#224; toutes nos exp&#233;riences d'admettre que, dans les &#233;v&#233;nements dont il est l'auteur ou le t&#233;moin, l'attention de l'enfant se porte sur lui-m&#234;me, au lieu de se concentrer sur les impressions venues de l'ext&#233;rieur. Tout cela nous oblige &#224; admettre que ce qu'on trouve dans les soi-disant souvenirs de la premi&#232;re enfance, ce ne sont pas les vestiges d'&#233;v&#233;nements r&#233;els, mais une &#233;laboration ult&#233;rieure de ces vestiges, laquelle a d&#251; s'effectuer sous l'influence de diff&#233;rentes forces psychiques intervenues par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ainsi que les &#171; souvenirs d'enfance &#187; acqui&#232;rent, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la signification de &#171; souvenirs-&#233;crans &#187; et trouvent, en m&#234;me temps, une remarquable analogie avec les souvenirs d'enfance des peuples, tels qu'ils sont figur&#233;s dans les mythes et les l&#233;gendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tous ceux qui ont eu l'occasion de pratiquer la psychanalyse avec un certain nombre de sujets ont certainement r&#233;uni un grand nombre d'exemples de &#171; souvenirs-&#233;crans &#187; de toutes sortes. Mais la communication de ces exemples est rendue extraordinairement difficile par la nature m&#234;me des rapports qui, nous l'avons montr&#233;, existent entre les souvenirs d'enfance et la vie ult&#233;rieure ; pour d&#233;couvrir dans un souvenir d'enfance un &#171; souvenir-&#233;cran &#187;, il faudrait souvent faire d&#233;rouler devant les yeux de l'exp&#233;rimentateur toute la vie de la personne examin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On ne r&#233;ussit que rarement &#224; exposer un souvenir d'enfance isol&#233;, en le d&#233;tachant de l'ensemble. En voici un exemple tr&#232;s int&#233;ressant : Un jeune homme de 24 ans garde de sa cinqui&#232;me ann&#233;e le souvenir du tableau suivant. Il est assis, dans le jardin d'une maison de campagne, sur une petite chaise &#224; c&#244;t&#233; de sa tante, occup&#233;e &#224; lui inculquer les rudiments de l'alphabet. La distinction entre m et n lui offre beaucoup de difficult&#233;s, et il prie sa tante de lui dire comment on peut reconna&#238;tre l'un de l'autre. La tante attire son attention sur le fait que la lettre m a un jambage de plus que la lettre n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il n'y avait aucune raison de contester l'authenticit&#233; de ce souvenir d'enfance ; mais la signification de ce souvenir ne s'est r&#233;v&#233;l&#233;e que plus tard, lorsqu'on a constat&#233; qu'il &#233;tait possible de l'interpr&#233;ter comme une repr&#233;sentation (substitutive) symbolique d'une autre curiosit&#233; de l'enfant. Car, de m&#234;me qu'il voulait conna&#238;tre alors la diff&#233;rence entre m et n, il chercha plus tard &#224; apprendre la diff&#233;rence qui existe entre gar&#231;on et fille et aurait aim&#233; &#234;tre instruit en cette mati&#232;re par la tante en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il finit par d&#233;couvrir que la diff&#233;rence entre gar&#231;on et fille est la m&#234;me qu'entre m et n, &#224; savoir que le gar&#231;on a quelque chose de plus que la fille, et c'est &#224; l'&#233;poque o&#249; il a acquis cette connaissance que s'est &#233;veill&#233; en lui le souvenir de la le&#231;on d'alphabet. Voici un autre exemple se rapportant &#224; la seconde enfance. Il s'agit d'un homme &#226;g&#233; de 40 ans, ayant eu beaucoup de d&#233;boires dans sa vie amoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est l'a&#238;n&#233; de neuf enfants. Il avait d&#233;j&#224; quinze ans lors de la naissance de la plus jeune de ses s&#339;urs, mais il affirme ne s'&#234;tre jamais aper&#231;u que sa m&#232;re &#233;tait enceinte. Me voyant incr&#233;dule, il fait appel &#224; ses souvenirs et finit par se rappeler qu'&#224; l'&#226;ge de onze ou douze ans il vit un jour sa m&#232;re d&#233;faire h&#226;tivement sa jupe devant une glace. Sans &#234;tre sollicit&#233; cette fois, il compl&#232;te ce souvenir en disant que ce jour-l&#224; sa m&#232;re venait de rentrer et s'&#233;tait sentie prise de douleurs inattendues. Or, le d&#233;la&#231;age (Aufbinden) de la jupe n'appara&#238;t dans ce cas que comme un &#171; souvenir-&#233;cran &#187; pour accouchement (Entbindung). Il s'agit l&#224; d'une sorte de &#171; pont verbal &#187; dont nous retrouverons l'usage dans d'autres cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je veux encore montrer par un exemple la signification que peut acqu&#233;rir, &#224; la suite d'une r&#233;flexion analytique, un souvenir d'enfance qui semblait d&#233;pourvu de tout sens. Lorsque j'ai commenc&#233;, &#224; l'&#226;ge de 43 ans, &#224; m'int&#233;resser aux vestiges de souvenirs de ma propre enfance, je me suis rappel&#233; une sc&#232;ne qui, depuis longtemps (et m&#234;me, d'apr&#232;s ce que je croyais, de tout temps), s'&#233;tait pr&#233;sent&#233;e de temps &#224; autre &#224; ma conscience et que de bonnes raisons me permettent de situer avant la fin de ma troisi&#232;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je me voyais criant et pleurant devant un coffre dont mon demi-fr&#232;re, de 20 ans plus &#226;g&#233; que moi, tenait le couvercle relev&#233;, lorsque ma m&#232;re, belle et svelte, entra subitement dans la pi&#232;ce comme venant de la rue. C'est ainsi que je me d&#233;crivais cette sc&#232;ne dont j'avais une repr&#233;sentation visuelle et dont je n'arrivais pas &#224; saisir la signification. Mon fr&#232;re voulait-il ouvrir ou fermer le coffre (dans la premi&#232;re description du tableau il s'agissait d'une &#171; armoire &#187;) ? Pourquoi avais-je pleur&#233; &#224; ce propos ? Quel rapport y avait-il entre tout cela et l'arriv&#233;e de ma m&#232;re ? Autant de questions auxquelles je ne savais comment r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'&#233;tais enclin &#224; m'expliquer cette sc&#232;ne, en supposant qu'il s'agissait du souvenir d'une frasque de mon fr&#232;re, interrompue par l'arriv&#233;e de ma m&#232;re. Il n'est pas rare de voir ainsi donner une signification erron&#233;e &#224; des sc&#232;nes d'enfance conserv&#233;es dans la m&#233;moire on se rappelle bien une situation, mais cette situation est d&#233;pourvue de centre et on ne sait &#224; quel &#233;l&#233;ment attribuer la pr&#233;pond&#233;rance psychique. L'analyse m'a conduit &#224; une conception tout &#224; fait inattendue de ce tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M'&#233;tant aper&#231;u de l'absence de ma m&#232;re, j'avais soup&#231;onn&#233; qu'elle &#233;tait enferm&#233;e dans le coffre (ou dans l'armoire) et j'avais exig&#233; de mon fr&#232;re d'en soulever le couvercle. Lorsqu'il eut acc&#233;d&#233; &#224; ma demande et que je me fus assur&#233; que ma m&#232;re n'&#233;tait pas dans le coffre, je me mis &#224; crier. Tel est l'incident retenu par ma m&#233;moire ; il a &#233;t&#233; suivi aussit&#244;t de l'apparition de ma m&#232;re et de l'apaisement de mon inqui&#233;tude et de ma tristesse. Mais comment l'enfant en est-il venu &#224; l'id&#233;e de chercher sa m&#232;re dans le coffre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des r&#234;ves datant de la m&#234;me &#233;poque &#233;voquent vaguement dans ma m&#233;moire l'image d'une bonne d'enfants dont j'avais conserv&#233; encore d'autres souvenirs ; par exemple qu'elle avait l'habitude de m'engager &#224; lui remettre consciencieusement la petite monnaie que je recevais en cadeau, d&#233;tail qui, &#224; son tour, pouvait servir seulement de &#171; souvenir-&#233;cran &#187; &#224; propos de faits ult&#233;rieurs. Aussi me d&#233;cidai-je, afin de faciliter cette fois mon travail d'interpr&#233;tation, &#224; questionner ma vieille m&#232;re, au sujet de cette bonne d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elle m'apprit beaucoup de choses, et entre autres que cette femme rus&#233;e et malhonn&#234;te avait, pendant que ma m&#232;re &#233;tait retenue au lit par ses couches, commis de nombreux vols &#224; la maison et qu'elle avait &#233;t&#233;, sur la plainte de mon demi-fr&#232;re, d&#233;f&#233;r&#233;e devant les tribunaux. Ce renseignement me fit comprendre la sc&#232;ne enfantine d&#233;crite plus haut, comme sous le coup d'une r&#233;v&#233;lation. La disparition brusque de la bonne ne m'avait pas &#233;t&#233; tout &#224; fait indiff&#233;rente ; j'avais m&#234;me demand&#233; &#224; mon fr&#232;re ce qu'elle &#233;tait devenue, car j'avais probablement remarqu&#233; qu'il avait jou&#233; un certain r&#244;le dans sa disparition ; et mon fr&#232;re m'avait r&#233;pondu &#233;vasivement (et, selon son habitude, en plaisantant) qu'elle &#233;tait &#171; coffr&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai interpr&#233;t&#233; cette r&#233;ponse &#224; la mani&#232;re enfantine, mais j'ai cess&#233; de questionner, car je n'avais plus rien &#224; apprendre. Lorsque ma m&#232;re s'absenta quelque temps apr&#232;s, je me mis en col&#232;re, et convaincu que mon fr&#232;re lui avait fait la m&#234;me chose qu'&#224; la bonne, j'exigeai qu'il m'ouvrit le coffre. Je comprends aussi maintenant pourquoi, dans la traduction de la sc&#232;ne visuelle, la sveltesse de ma m&#232;re se trouve accentu&#233;e : elle m'&#233;tait apparue comme &#224; la suite d'une v&#233;ritable r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai deux ans et demi de plus que ma s&#339;ur, qui &#233;tait n&#233;e &#224; cette &#233;poque-l&#224;, et lorsque j'atteignis ma troisi&#232;me ann&#233;e, mon demi-fr&#232;re avait quitt&#233; le foyer paternel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La m&#233;moire freudienne : se rappeler sans se souvenir
&lt;p&gt;Roland Gori&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Le terme de m&#233;moire renvoie en psychopathologie &#224; des processus psychiques h&#233;t&#233;rog&#232;nes et pour tout dire contradictoires : se souvenir et se rappeler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concevoir la m&#233;moire comme une aptitude &#224; se souvenir, c'est r&#233;duire la m&#233;moire aux processus de stockage et de r&#233;cup&#233;ration des informations sensorielles. L'oubli appara&#238;t alors comme un d&#233;ficit cognitif de cette fonction, un &#233;chec de r&#233;cup&#233;ration des donn&#233;es du pass&#233;. La psychopathologie cognitive trouve dans les exp&#233;riences de laboratoire sur les possibilit&#233;s d'apprentissage ou dans les t&#233;moignages cliniques des patients c&#233;r&#233;brol&#233;s&#233;s l'occasion d'explorer les ph&#233;nom&#232;nes de stockage et de r&#233;cup&#233;ration des informations et &#233;ventuellement leurs connexions neurobiologiques. L'informatique a offert de nouveaux concepts et un nouveau langage permettant la mod&#233;lisation des th&#233;ories neuropsychologiques de la m&#233;moire con&#231;ue comme aptitude &#224; se souvenir. Cette conception modulaire et computationnelle de la m&#233;moire, comme l'a soulign&#233; Alan Baddeley (1990), peut &#234;tre source d'erreurs si on interpr&#232;te de fa&#231;on trop litt&#233;rale les analogies offertes par la mod&#233;lisation informatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans un tout autre sens que la psychanalyse d&#233;finit le concept de m&#233;moire dont la formulation la plus radicale se trouve sous la plume de Freud : &#171; La conscience na&#238;trait l&#224; o&#249; s'arr&#234;te la trace mn&#233;sique &#187; (1920, p. 31). C'est dire d'entr&#233;e de jeu que conscience et m&#233;moire sont exclusives l'une de l'autre. La m&#233;moire, c'est l'inconscient qui doit trouver des occasions de se manifester en inscrivant son message en contrebande dans les actes conscients et pr&#233;conscients.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;moire dans la conception freudienne se trouve constitu&#233;e par des r&#233;miniscences actives qui se rappellent au sujet en exigeant de lui un travail psychique de transformation et d'actualisation. Le sujet s'en rappelle mais sans s'en souvenir, il s'en rappelle dans ses r&#234;ves, ses transferts et ses sympt&#244;mes, ils comm&#233;morent &#224; son insu les chapitres oubli&#233;s de son histoire. Freud pr&#233;cise d&#232;s le chapitre V de L'interpr&#233;tation des r&#234;ves que les souvenirs d'enfance les plus anciens, nous ne les avons plus &#224; notre disposition, ils sont remplac&#233;s par des r&#234;ves et des transferts. Pour le dire autrement, le transfert comme le r&#234;ve ne seraient que des ersatz de la m&#233;moire. Ainsi, chaque nuit, nous nous rappelons &#224; notre insu notre pass&#233; sans nous en souvenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;moire, c'est ce qui a &#233;t&#233; oubli&#233;, voire ce qui n'a jamais &#233;t&#233; conscient et s'est inscrit comme empreintes, traces mn&#233;siques, &#233;chos d'une jouissance &#224; jamais inaccessible. Ces restes, ces r&#233;sidus, comme Freud les appelle, sont des souvenirs qui &#171; n'ont rien &#224; voir avec la conscience. Les plus intenses et les plus tenaces de ces souvenirs sont ceux laiss&#233;s par des processus qui ne sont jamais parvenus &#224; la conscience &#187; (1920, p. 30). Ce fonds mn&#233;sique originaire constitue ce que nous pourrions appeler le myc&#233;lium traumatique de la m&#233;moire. Ce mycelium ramasse les impressions, les empreintes, les r&#233;miniscences, les &#233;chos des jouissances et des terreurs originaires. Exil&#233;es de la conscience, ces impressions laiss&#233;es par les traumatismes pr&#233;coces r&#233;clament, tout en s'y d&#233;robant sans cesse, une repr&#233;sentation et une figuration. C'est la raison pour laquelle cette terre d'exil de l'oubli originaire ne cesse en permanence de s'inscrire et de se transcrire dans tout le travail de la pens&#233;e et de la repr&#233;sentation. Mais, c'est paradoxalement par le travail du d&#233;placement et de l'oubli que cette m&#233;moire inconsciente, en troublant la pens&#233;e et le souvenir, se r&#233;v&#232;le par les d&#233;formations tendancieuses qu'elle impose aux repr&#233;sentations conscientes. Dans L'homme Mo&#239;se et la religion monoth&#233;iste, Freud &#233;crit : &#171; C'est ainsi que presque toutes les parties comportent des lacunes &#233;videntes, des r&#233;p&#233;titions g&#234;nantes, des contradictions manifestes, indices qui trahissent des choses dont la communication n'&#233;tait pas recherch&#233;e. Il en va de la d&#233;formation d'un texte comme d'un meurtre. Le difficile n'est pas d'ex&#233;cuter l'acte mais d'en &#233;liminer les traces &#187; (p. 115).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail de d&#233;placement &#8211; Entstellung &#8211;, de d&#233;formation et d'oubli actualise cette tendance &#224; &#233;liminer les traces, ce qui constitue tout autant une fa&#231;on de les conserver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme de souvenir inconscient s'av&#232;re inappropri&#233; pour &#233;voquer cette m&#233;moire dont on se rappelle sans s'en souvenir. Il conviendrait davantage de parler de souvenirs refoul&#233;s (apr&#232;s-coup) ou de r&#233;miniscences en laissant &#224; ce terme sa connotation platonicienne. Le souvenir trahit la m&#233;moire, trahit dans les deux sens du terme, la manifeste et la d&#233;forme. L'oubli n'est pas un dysfonctionnement du souvenir, il en constitue la condition m&#234;me, la structure fondamentale. La m&#233;moire se r&#233;v&#232;le ailleurs, dans le transfert qui la manifeste, dans le r&#234;ve qui la remplace, dans le sympt&#244;me n&#233;vrotique qui la comm&#233;more.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clinique de l'oubli&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fictions cliniques vont me permettre d'&#233;voquer cette conception freudienne de la m&#233;moire et du souvenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un lapsus surgit au cours d'une s&#233;ance. L'analysant s'entend &#233;noncer un mot incompr&#233;hensible pour sa conscience : nip&#242;te. Ce mot venu &#224; la place d'un autre lui fait ressentir une &#233;trange impression d'incompr&#233;hension. Un non-sens, en quelque sorte, aurait surgi de fa&#231;on incongrue dans ses propos. Temps d'arr&#234;t, trou&#233;e du discours, &#233;poch&#233; d'un raisonnement. L'analyste lui demande alors s'il conna&#238;t la signification de ce mot en italien. Agac&#233;, l'analysant r&#233;torque que cette langue lui est inconnue. Et ce, alors m&#234;me que d'origine italienne, l'analysant a eu, au cours de ses tendres et jeunes ann&#233;es, vraisemblablement l'occasion d'entendre ses grands parents et son entourage familial parler dans cette langue. Langue secr&#232;te, certainement propice &#224; prot&#233;ger l'intimit&#233; que son entourage voulait soustraire &#224; sa curiosit&#233; infantile. &#192; l'adolescence, l'analysant avait manifest&#233; quelque d&#233;plaisir &#224; entendre cette langue et s'&#233;tait bien gard&#233; de l'apprendre au cours de ses &#233;tudes. Lors de la s&#233;ance suivante, cet affect de d&#233;plaisir et d'agacement resurgit lorsque son analyste lui rappelle l'origine italienne de ce mot incompr&#233;hensible et du m&#234;me coup son origine. Et lorsque l'analysant proteste de son innocence quant &#224; la langue italienne, l'analyste l&#232;ve, d'une certaine fa&#231;on, le voile du secret en lui d&#233;clarant : &#171; Vous ne connaissez peut-&#234;tre pas l'italien mais votre inconscient s'en rappelle. &#187; Curieux paradoxe de se rappeler quelque chose dont on n'a pas le souvenir. Curieux paradoxe qui aurait ainsi amen&#233; l'analysant &#224; se voir d&#233;clar&#233; coupable d'une chose qu'il aurait ignor&#233;. Un tel mot appara&#238;t dans la valeur incidente prise dans le discours associatif, comme l'&#233;mergence de toute une s&#233;rie de secrets, oubli&#233;s mais non effac&#233;s, de l'enfance. Par la suite l'analysant manifestera, &#224; l'endroit de l'Italie et de l'italien, une grande passion, au point m&#234;me qu'au cours de ses s&#233;jours en Italie il se surprendra quelque peu &#224; comprendre au moins en partie une langue qu'il aurait ignor&#233;e. D'une certaine fa&#231;on l'analyste, en &#171; proclamant &#187; l'analysant d&#233;positaire d'un savoir qu'il ignore, le &#171; d&#233;clare &#187; coupable du recel d'un secret. Par o&#249; il advient que la parole analytique, &#224; d&#233;clarer coupable l'analysant d'ignorer la port&#233;e de ce qu'il dit, virtualise l'&#233;vocation de toutes les exp&#233;riences pass&#233;es justifiables de v&#339;ux coupables dont elle assure la pr&#233;dication.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le deuxi&#232;me fragment de s&#233;ance, la patiente arrive avec dix minutes de retard &#224; son rendez-vous. Apr&#232;s s'&#234;tre allong&#233;e, elle commence par dire son &#233;tonnement d'avoir &#233;t&#233; &#171; re&#231;ue &#187; cinq minutes en avance. L'analyste lui demande ce qu'elle veut dire par l&#224;. &#171; Eh bien oui, dit-elle, l'heure de ma s&#233;ance &#233;tant &#224; 19 h 45, vous m'avez fait entrer &#224; 19 h 40 alors que j'avais cinq minutes d'avance. &#187; Elle &#171; oublie &#187; manifestement qu'elle a accept&#233;, plusieurs mois auparavant, d'&#171; avancer &#187; son rendez-vous &#224; 19 h 30. L'oubli s'av&#232;re &#8211; au moment o&#249; elle parle &#8211; quasi total. Elle questionne avec insistance son analyste. Devant son silence, elle r&#233;capitule, avec une &#233;tonnante pr&#233;cision, tous ses horaires de rendez-vous depuis le d&#233;but de son analyse, commenc&#233;e quelques ann&#233;es auparavant. Elle passe en revue tous les changements survenus depuis, jusqu'&#224; la moindre modification du &#171; cadre &#187;, tout en oubliant compl&#232;tement le changement d'horaire convenu six mois auparavant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa m&#233;moire est &#233;tonnante, la clart&#233; de ses souvenirs, la pr&#233;cision et l'acuit&#233; de ses r&#233;f&#233;rences, contrastent &#224; l'&#233;vidence avec son oubli. Elle manifeste un agacement certain devant ce &#171; trou de m&#233;moire &#187; dont elle conteste jusqu'&#224; l'existence en affirmant que l'heure de sa s&#233;ance est bien 19 h 45 et que l'analyste doit se tromper. Elle se souvient que l'analyste a r&#233;cemment r&#233;ajust&#233; ses honoraires. Elle se souvient qu'avant les vacances certains rendez-vous de jours f&#233;ri&#233;s ont &#233;t&#233; remplac&#233;s, mais le &#171; trou de m&#233;moire &#187; persiste obstin&#233;ment. Alors elle se lance dans une s&#233;rie de questions &#233;gren&#233;es comme dans un jeu de devinette : &#171; &#201;tait-ce avant les vacances ? Celles de l'&#233;t&#233; ?, de l'automne ?, de No&#235;l ? &#187;, &#171; Est-ce un changement d&#233;finitif ou occasionnel ? &#187;, &#171; Suis-je d&#233;j&#224; venue &#224; une autre heure ? &#187; Enfin, elle mentionne un pr&#233;c&#233;dent &#171; oubli &#187;. Deux mois plus t&#244;t, la veille d'un d&#233;part en vacances, l'analyste avait avanc&#233; son rendez-vous d'une heure. Le jour convenu, oubliant ce changement occasionnel, elle &#233;tait arriv&#233;e &#224; son heure habituelle et la s&#233;ance suivante, elle avait manifest&#233; sa tristesse et son d&#233;pit de ne pas avoir eu de s&#233;ance la fois pr&#233;c&#233;dente. Sa s&#233;ance s'&#233;tait limit&#233;e &#224; ce bref moment o&#249;, arrivant &#224; l'heure habituelle, elle s'&#233;tait rendu compte de son oubli apparaissant en somme face &#224; une absence inconsciemment provoqu&#233;e. Dans la s&#233;ance en question, elle &#233;voque d'autres &#171; oublis &#187; : lors d'un examen universitaire elle &#233;tait arriv&#233;e avec une heure de retard &#224; une &#233;preuve dont la dur&#233;e lui semblait pourtant trop br&#232;ve ; enfant, elle faisait partie d'un groupe charg&#233; de pr&#233;senter un encha&#238;nement de gymnastique qu'elle connaissait bien pour l'avoir longuement pr&#233;par&#233; &#224; l'avance et au moment de l'ex&#233;cution, au cours de la repr&#233;sentation, elle avait eu un &#171; trou en plein milieu &#187;. Un &#171; trou en plein milieu &#187;, c'est son expression m&#234;me dont le &#171; trou de m&#233;moire &#187; &#224; propos de l'heure de son rendez-vous assure l'&#233;vocation, la pr&#233;dication.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acuit&#233; et la pr&#233;cision des souvenirs, &#171; anormalement clairs &#187;, contrastent, de mani&#232;re spectaculaire, avec l'oubli irr&#233;dentiste du changement horaire. Quant au &#171; trou de m&#233;moire actuel &#187;, il permet l'&#233;vocation d'un oubli pr&#233;c&#233;dent sur lequel peu de choses avaient &#233;t&#233; dites et dont pourtant le sens transf&#233;ro-contre-transf&#233;rentielle aurait pu s'av&#233;rer manifeste : &#171; Puisque tu me prives de dessert par ta faim d'autres choses que de moi, &#231;a tombe bien je n'ai pas faim du tout et je ne me mettrai pas &#224; table ! &#187; L'&#233;vocation de la dur&#233;e de l'&#233;preuve universitaire convoie ce champ de repr&#233;sentations : se priver encore davantage de ce qui peut appara&#238;tre comme une limite de la disponibilit&#233; de l'analyste. En quoi, de faire de sa personne la localit&#233; et l'origine de cette limite le promeut comme agent et cause de la frustration. Et l'oubli du changement horaire actualise ce qu'une telle frustration convoie de repr&#233;sentations inconscientes. &#171; En plein milieu &#187; de quoi ? &#187; aurait pu &#234;tre la question &#224; lui poser ? Ce trou, en plein milieu de la relation entre l'analyste et l'analysant, peut, par l'&#233;quivocit&#233; m&#234;me de cette expression, renvoyer &#224; un autre manque, une autre limite, celle-l&#224; m&#234;me qu'impose la diff&#233;rence sexu&#233;e. Un r&#233;cit de r&#234;ve que l'analysante rapporte en s&#233;ance &#224; la suite des associations d&#233;j&#224; mentionn&#233;es se charge de pr&#233;ciser les choses dans ce sens. Mais il appartient en propre &#224; l'histoire de l'analysante. C'est une autre histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oubli est donc ici une mani&#232;re de se rappeler, de se rappeler une question laiss&#233;e en souffrance dont on n'a pas le souvenir. Mais l'oubli&#233; n'est pas l'effac&#233; et tend &#224; faire retour dans toutes les mani&#232;res d'&#234;tre et de dire du sujet. Ainsi quand un patient au cours d'une analyse nous dit qu'il ne nous a jamais parl&#233; de son enfance puisqu'il n'a pas &#233;voqu&#233; de souvenirs infantiles, nous pourrions lui r&#233;torquer que dans sa mani&#232;re de r&#234;ver, de parler et de s'adresser &#224; nous, il n'a fait que &#231;a, se rappeler d'une enfance dont il n'a plus le souvenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce savoir inconscient de la m&#233;moire tend &#224; s'inscrire sans cesse dans le discours manifeste des significations partag&#233;es. Seulement le sujet &#233;crit dans ce qu'il dit et &#224; son insu un autre texte qu'il est in&#233;vitablement incapable de lire au moment m&#234;me o&#249; il l'&#233;crit. La m&#233;thode analytique peut lui permettre, mais seulement dans l'apr&#232;s-coup, de proc&#233;der au d&#233;chiffrage de ce qu'il dit sans le savoir. Dans ce palimpseste du discours, un message inconscient appara&#238;t de mani&#232;re anagrammatique ou anaphonique pour celui qui accepte de s'y abandonner. &#192; la mani&#232;re d'Eluard, on pourrait dire qu'il y a un autre monde qui est dans celui-ci.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors si le souvenir n'est pas la m&#233;moire, quelle est sa nature, quelle est sa fonction ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La psychanalyse pourrait ais&#233;ment faire sienne cette boutade d'un psychologue du t&#233;moignage selon lequel les gens ne peuvent pas d&#233;crire plus justement le temps qu'il faisait il y a une semaine que celui qu'il fera dans une semaine. &#192; plusieurs reprises Freud a insist&#233; sur la nature tendancieuse des souvenirs qu'il rapproche des fantaisies. Mieux, Freud compare, &#224; plusieurs reprises, les souvenirs excessivement nets et anormalement clairs &#224; des hallucinations et montre qu'ils r&#233;sultent d'un compromis : on se souvient d'autant plus qu'on a besoin d'oublier autre chose. L'exemple clinique de la patiente dont j'ai parl&#233; met en &#233;vidence que l'hypermn&#233;sie repose sur un oubli fondamental.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s t&#244;t Freud a mis en &#233;vidence que l&#224; o&#249; le souvenir visuel pr&#233;vaut c'est la m&#233;moire du mot qui fait d&#233;faut. Tout se passerait comme si en cherchant &#224; nous souvenir nous &#233;vitions d'avoir &#224; nous rappeler. &#192; plusieurs reprises, Freud a insist&#233;, tant en ce qui concerne les souvenirs d'enfance (la robe jaune de sa cousine Gisella), que l'oubli des noms (Signorelli) ou les r&#233;cits de r&#234;ve, sur cette co-extensivit&#233; de l'hypermn&#233;sie visuelle et du refoulement du mot. Tout se passerait comme si la clart&#233;, la pr&#233;cision, l'&#233;vidence et le relief visuel permettaient de rel&#233;guer &#224; l'arri&#232;re plan ce qui doit &#234;tre absolument refoul&#233;, &#233;cart&#233;, &#233;loign&#233;, laiss&#233; dans l'ombre et dont le point de fuite organise le discours. En fixant l'attention sur le paysage visuel du souvenir, la conscience permettrait au sujet de se distraire de cette part de la m&#233;moire dont l'&#233;vocation doit rester r&#233;prim&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi en 1898, dans son article Sur le m&#233;canisme psychique de l'oubli, Freud &#233;crit &#224; propos de l'oubli du nom &#171; Signorelli &#187; : &#171; Au contraire, je pus me repr&#233;senter les peintures avec des sensations plus vives que je ne le puis habituellement ; et avec une particuli&#232;re acuit&#233; se tenait devant mes yeux l'autoportrait du peintre &#8211; le visage grave, les mains crois&#233;es &#8211;, que celui-ci a plac&#233; dans le coin d'une peinture a c&#244;t&#233; du portrait de celui qui l'avait pr&#233;c&#233;d&#233; dans ce travail, Fra Angelico da Fiesole ; mais le nom de l'artiste, qui m'est habituellement si familier, se cachait obstin&#233;ment [1]. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui cache &#171; le nom &#187; c'est cette pl&#233;nitude du visuel qui s'effrite lorsque la d&#233;faillance de la m&#233;moire tend &#224; s'estomper : &#171; Le souvenir trop clair des traits du visage du Ma&#238;tre sur sa peinture p&#226;lit peu &#224; peu &#187; (p. 101). Ironie du destin, c'est-&#224;-dire de la m&#233;moire, l'italien cultiv&#233; qui communique &#224; Freud le nom de &#171; Signorelli &#187; le prive de cette lumi&#232;re jaillie du refoulement. Ce qui permet &#224; Freud d'ajouter le pr&#233;nom de l'homme, Luca, ironie du mot, Luca, c'est la lumi&#232;re. Et le pr&#233;nom ici a sans doute autant d'importance que le nom. Le souvenir visuel fait obstacle, se tient devant la m&#233;moire du mot refoul&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le souvenir-&#233;cran prend valeur de paradigme, les d&#233;tails qu'il met en lumi&#232;re avec, &#233;crit Freud, &#171; une force et une clart&#233; pathologiques [2] &#187; rel&#232;guent dans l'ombre ce qui de la m&#233;moire doit demeur&#233; retranch&#233; du souvenir. Freud constate &#224; propos du souvenir d'enfance avec sa cousine Gisela : &#171; Le jaune des fleurs se d&#233;tache beaucoup trop fort sur l'ensemble et le bon go&#251;t du pain m'appara&#238;t lui aussi outr&#233;. &#187; et il ajoute ces mots importants : &#171; Comme dans une hallucination. &#187; La clart&#233; et la pr&#233;cision de ces d&#233;tails, leur mise en relief excessive, leur perception presque &#171; hallucinatoire &#187; s'av&#232;rent coextensives du travestissement du fantasme inconscient : le d&#233;sir de d&#233;floration et l'accomplissement du bien-&#234;tre mat&#233;riel. La compulsion &#224; se souvenir avec pr&#233;cision et clart&#233; participe du travail de l'oubli et du refoulement. C'est la raison pour laquelle l'hypermn&#233;sie appara&#238;t bien souvent comme consubstantielle &#224; la passion d'oublier, de maintenir dans l'exil ce qui tend sans cesse &#224; faire retour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Psychopathologie de la vie quotidienne, &#224; propos d'un cas &#171; particuli&#232;rement int&#233;ressant [3] &#187; rapport&#233; par Reik, Freud souligne &#224; nouveau ce contraste, cette tendance &#224; l'exclusion r&#233;ciproque du visuel et du verbal. Il &#233;crit &#224; propos d'une jeune universitaire qui n'arrivait pas &#224; se rappeler du titre d'un roman &#8211; Ben Hur &#8211; : &#171; Qu'elle gardait un souvenir visuel tr&#232;s net de la couverture du livre et de l'aspect typographique du titre &#187;. Le mot &#171; Hur &#187; ne devait pas appara&#238;tre car il &#233;voquait &#171; hure &#187;, prostitu&#233;e en allemand, et prononcer le mot ce serait &#233;voquer la chose, la chose sexuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oubli n'est pas un dysfonctionnement du souvenir, il en constitue la condition m&#234;me, la structure fondamentale. La m&#233;moire se r&#233;v&#232;le ailleurs, dans le transfert qui la manifeste, dans le r&#234;ve qui la remplace, dans le sympt&#244;me n&#233;vrotique qui la comm&#233;more. J'ai, &#224; plusieurs reprises [4], d&#233;velopp&#233; cette distinction n&#233;cessaire entre souvenir, m&#233;moire et r&#233;miniscence : le souvenir trahit la m&#233;moire, trahir dans les deux sens du terme, manifester et d&#233;former.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; F&#233;dida, P. 1995. Le site de l'&#233;tranger, Paris, puf.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; F&#233;dida, P. 2000. &#171; Modernit&#233; de la d&#233;pression &#187;, dans La d&#233;pression est-elle pass&#233;e de mode ? Forum Diderot, Paris, puf, 81-93.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Foucault, M. 1974-1975. Les anormaux. Cours au Coll&#232;ge de France, Paris, Gallimard, Le Seuil, 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Freud, S. 1898. &#171; Sur le m&#233;canisme psychique de l'oubli &#187;, dans R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes, I, Paris, puf, 1984, 99-107.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Freud, S. 1899. &#171; Sur les souvenirs-&#233;crans &#187;, dans N&#233;vrose, psychose et perversion, Paris, puf, 1973, 113-132.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Freud, S. 1901. Psychopathologie de la vie quotidienne, Paris, Payot, 1971.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Freud, S. 1920. &#171; Au-del&#224; du principe de plaisir &#187;, dans Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1984, 41-116.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Freud, S. 1937. &#171; L'analyse avec fin et l'analyse sans fin &#187;, dans R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes II, Paris, puf, 1985, 231-268.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Freud, S. 1937. &#171; Constructions dans l'analyse &#187;, dans R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes II, Paris, puf, 1985, 269-281.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repressed Memories&lt;br class='autobr' /&gt;
From The Skeptics Dictionary (available in print) and at &lt;a href=&#034;http://skepdic.com/psychoan.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://skepdic.com/psychoan.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Central to Freud's model of model of the mind is that of repressed memories which must be ferreted out by the therapist as an essential part of the talk therapy&#8212;jk&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A repressed memory is the memory of a traumatic event unconsciously retained in the mind, where it is said to adversely affect conscious thought, desire, and action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is common to consciously repress unpleasant experiences. Many psychologists believe that unconscious repression of traumatic experiences such as sexual abuse or rape is a defense mechanism which backfires. The unpleasant experience is forgotten but not forgiven. It lurks beneath consciousness and allegedly causes a myriad of psychological and physical problems from bulimia to insomnia to suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The theory of unconsciously repressing the memory of traumatic experiences is controversial. There is little scientific evidence to support either the notion that traumatic experiences are typically unconsciously repressed or that unconscious memories of traumatic events are significant causal factors in physical or mental illness. Most people do not forget traumatic experiences unless they are rendered unconscious at the time of the experience. No one has identified a single case where a specific traumatic experience in childhood was repressed and the repressed memory of the event, rather than the event itself, caused a specific psychiatric or physical disorder in adulthood.[i]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The strength of the scientific evidence for repression depends on exactly how the term is defined. When defined narrowly as intentional suppression of an experience, there is little reason to doubt that it exists. But when we talk about a repression mechanism that operates unconsciously and defensively to block out traumatic experiences, the picture becomes considerably murkier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidence concerning memory for real-life traumas in children and adults indicates that these events&#8212;such as the Chowchilla kidnappings, the sniper killing at an elementary school, or the collapse of skywalks at a Kansas City hotel&#8212;are generally well remembered....complete amnesia for these terrifying episodes is virtually nonexistent (Schacter 1996, 256).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Psychologist Lenore Terr, a defender of repressed memory therapy, argues that repression occurs for repeated or multiple traumas, such as a repeatedly abused child. Schacter notes that &#034;hundreds of studies have shown that repetition of information leads to improved memory, not loss of memory, for that information.&#034; He also notes that people who have experienced repeated traumas in war, even children, generally remember their experiences. A person who suffers a great trauma often finds that she cannot get the event out of her mind or dreams. Terr's theory is that the child becomes practiced at repression to banish the awful events from awareness, and forgetting might aid in the child's survival. Her dissociative theory, however, is based on speculation rather than scientific evidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most psychologists accept as fact that it is quite common to consciously repress unpleasant experiences, even sexual abuse, and to spontaneously remember such events long afterward. Most of the controversy centers around recovered memories during repressed memory therapy (RMT). Critics of RMT maintain that many therapists are not helping patients recover repressed memories, but are suggesting and planting false memories of alien abduction, sexual abuse, and satanic rituals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;See related entries on dianetics, hypnosis, false memory, mind, multiple personality disorder, repressed memory, repressed memory therapy, and the unconscious.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;further reading&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Twelve Myths about False Memories&lt;br class='autobr' /&gt; * Truth or invention : exploring the repressed memory syndrome ; excerpt from The Myth of Repressed Memory by Elizabeth Loftus and Katherine Ketcham&lt;br class='autobr' /&gt; * Creating False Memories by Elizabeth Loftus&lt;br class='autobr' /&gt; * The Reality of Repressed Memories by Elizabeth F. Loftus&lt;br class='autobr' /&gt; * &#034;Recovered Memories of Abuse : Assessment, Therapy, Forensics,&#034; By Kenneth S. Pope, Ph.D., ABPP and Laura S. Brown, Ph.D., ABPP&lt;br class='autobr' /&gt; * &#034;Recovered Memories of Sexual Abuse : Scientific Research &amp; Scholarly Resources&#034; By Jim Hopper, M.A.&lt;br class='autobr' /&gt; * Viruses of the Mind by Richard Dawkins&lt;br class='autobr' /&gt; * Illinois to punish psychiatrist who convinced patient she was flesh-eater&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ashcraft, Mark H. Human Memory and Cognition (Addison-Wesley Pub Co., 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baddeley, Alan D. Human Memory : Theory and Practice (Allyn &amp; Bacon, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baker, Robert A. Hidden Memories : Voices and Visions From Within (Buffalo, N.Y. : Prometheus Books, 1992).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hallinan, Joseph T. &#034;Money for repressed memories repressed,&#034; Sacramento Bee, Jan. 12, 1997, Forum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loftus, Elizabeth. The Myth of Repressed Memory (New York : St. Martin's, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L., editor, Memory Distortion : How Minds, Brains, and Societies Reconstruct the Past (Harvard University Press, 1997).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L. Searching for Memory - the brain, the mind, and the past (New York : Basic Books, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L. The Seven Sins of Memory : How the Mind Forgets and Remembers (Houghton Mifflin Co., 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[i] The failure to provide independent, solid collaboration of such events, which in numerous cases if real would have witnesses, entails that such events must be extremely rare and the search for them as a common cause is misplaced.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;memory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From &lt;a href=&#034;http://skepdic.com/memory.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://skepdic.com/memory.html&lt;/a&gt;, from the book The Skeptic's Dictionary, by Robert Todd Carroll. An excellent account of the various theories of memories. The skeptic of course doubts that there is a mind, and thus all of the theories about the mind such as symbolism is dreams, repressed memories, and so on. Theories of mind &#8220;smack&#8221; of spiritualism with their soul in the machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Memory is the retention of, and ability to recall, information, personal experiences, and procedures (skills and habits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no universally agreed upon model of the mind/brain, and no universally agreed upon model of how memory works. Nevertheless, a good model for how memory works must be consistent with the subjective nature of consciousness and with what is known from scientific studies (Schacter 1996). Subjectivity in remembering involves at least three important factors :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Memories are constructions made in accordance with present needs, desires, influences, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Memories are often accompanied by feelings and emotions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Memory usually involves awareness of the memory (Schacter 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Two models of thinking which are popular with materialists are the behaviorist model (thinking is a set of behaviors) and that of cognitive psychology (the brain is like a computer). Neither can account for the subjective and present-need basis of memory (Schacter 1996). The Freudian model posits an area of the unconscious where memories of traumatic experiences are stored. Though unconscious of them, such memories are claimed to be significant causal factors in shaping conscious thought and behavior. This model is not consistent with what is known about the memory of traumatic experiences. There is a great deal of supportive evidence for the claim that the more traumatic an experience, the more likely one is to remember it. Novel visual images, which would frequently accompany traumas, stimulate the hippocampus and left inferior prefrontal cavity and generally become part of long-term memory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Current studies in neuroscience strongly support the notion that a memory is a set of encoded neural connections. Encoding can take place in several parts of the brain. Thus, neural connections are likely to go across various parts of the brain. The stronger the connections, the stronger the memory. Recollection of an event can occur by a stimulus to any of the parts of the brain where a neural connection for the memory occurs. If part of the brain is damaged, access to any neural data that was there is lost. On the other hand, if the brain is healthy and a person is fully conscious when experiencing some trauma, the likelihood that they will forget the event is nearly zero, unless either they are very young or they experience a brain injury.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Furthermore, the Freudian model often assumes that childhood sexual abuse is usually unconsciously repressed and that psychological problems in adulthood are caused by the unconscious memory of childhood abuse. There is, however, no body of scientific evidence to support either that such abuse is unconsciously repressed or that these experiences are significant causal factors of adult psychological problems.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, the model of memory that sees the brain recording everything one experiences is a model that contradicts what is known about how memories are constructed. Even so, in a survey of psychologists by Loftus and Loftus, 84% said they believe every experience is permanently stored in the mind (Schacter 1996, 76).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a popular model of memory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One of the most popular models of memory sees memory as a present act of consciousness, reconstructive of the past, stimulated by an analogue of an engram called the &#034;retrieval cue.&#034; The engram is the neural network representing fragments of past experiences which have been encoded. The evidence is strong that there are distinct types and elements of memory which involve different parts of the brain, e.g., the hippocampus and ongoing incidents of day-to-day living (short-term or working memory) ; the amygdala and emotional memories (Schacter 1996, 213). Memories might better be thought of as a collage or a jigsaw puzzle than as &#034;tape recordings,&#034; &#034;pictures&#034; or &#034;video clips&#034; stored as wholes. On this model, perceptual or conscious experience does not record all sense data experienced. Most sense data is not stored at all. What is stored are bits and fragments of experience which are encoded in engrams. Exactly how they are encoded is not completely understood.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This popular model of memory rejects the idea that individual memories are stored in distinct locations in the brain. That idea seems to have become solidified by Wilder Graves Penfield's experiments done in the 1950's. He placed electrodes on the surface of the exposed temporal lobes of patients and was able to elicit &#034;memories&#034; in 40 of 520 patients. Many psychologists (and lay people) refer to these experiments as proof that memories are just waiting for the right stimulus to be evoked. Schacter points out that the Penfield experiments are not very good evidence for this belief. Not only could Penfield only elicit &#034;memories&#034; in about one out of every thirteen patients, he did not provide support for the claim that what was elicited was actually a memory and not a hallucination, fantasy or confabulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;forgetting&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the model described in the previous two paragraphs, forgetting is due to either&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. weak encoding (why we forget most things, including our nightly dreams) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. lack of a retrieval cue (we seem to need something to stimulate memory) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. time and the replacement in the neural network by later experiences (how many experiences do you remember from many years ago ?) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. repetitive experiences (you'll remember the one special meal you had at a special restaurant, but you won't remember what you had for lunch a year ago Tuesday), or&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. a drive to keep us sane. (Imagine the brain overload that would occur if we were to never forget anything, the stated goal of L. Ron Hubbard's dianetics. His followers should read Jorge Luis Borges &#034;Funes, the Memorious,&#034; a story about such a being.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The chances of remembering something improve by &#034;consolidation,&#034; which creates strong encoding. Thinking and talking about an experience enhance the chances of remembering it. One of the better known techniques of remembering involves the process of association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;source memory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many people have vivid and substantially accurate memories of events which are erroneous in one key aspect : the source of the memory. For example :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the 1980 presidential campaign, Ronald Reagan repeatedly told a heartbreaking story of a World War II bomber pilot who ordered his crew to bail out after his plane had been seriously damaged by an enemy hit. His young belly gunner was wounded so seriously that he was unable to evacuate the bomber. Reagan could barely hold back his tears as he uttered the pilot's heroic response : &#034;Never mind. We'll ride it down together.&#034; ...this story was an almost exact duplicate of a scene in the 1944 film &#034;A Wing and a Prayer.&#034; Reagan had apparently retained the facts but forgotten their source (Schacter 1996, 287).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An even more dramatic case of source amnesia (also called memory misattribution) is that of the woman who accused memory expert Dr. Donald Thompson of having raped her. Thompson was doing a live interview for a television program just before the rape occurred. The woman had seen the program and &#034;apparently confused her memory of him from the television screen with her memory of the rapist&#034; (Schacter 1996, 114). Studies by Marcia Johnson et al. have shown that the ability to distinguish memory from imagination depends on the recall of source information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tom Kessinger, a mechanic at Elliott's Body Shop in Junction City, Kansas, gave a detailed description of two men he said had rented a Ryder truck like the one used in the Oklahoma City bombing of the Alfred P. Murrah Federal Building. One looked just like Timothy McVeigh. The other wore a baseball cap and a T-shirt, and had a tattoo above the elbow on his left arm. That was Todd Bunting, who had rented a truck the day before McVeigh. Kessinger mixed the two memories but was absolutely certain the two came in together.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Piaget, the great child psychologist, claimed that his earliest memory was of nearly being kidnapped at the age of two. He remembered details such as sitting in his baby carriage, watching the nurse defend herself against the kidnapper, scratches on the nurse's face, and a police officer with a short cloak and a white baton chasing the kidnapper away. The story was reinforced by the nurse, the family, and others who had heard the story. Piaget was convinced that he remembered the event. However, it never happened. Thirteen years after the alleged kidnapping attempt, Piaget's former nurse wrote to his parents to confess that she had made up the entire story. Piaget later wrote that &#034;I therefore must have heard, as a child, the account of this story...and projected it into the past in the form of a visual memory, which was a memory of a memory, but false&#034; (Tavris).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;amnesia and implicit memory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Though all forgetting is a type of amnesia, we usually reserve that term for forgetting that is caused by the effects of drugs/alcohol, brain injuries, or physical or psychological traumas. One of the more interesting types of amnesia is what psychiatrists call the fugue state. An otherwise healthy person travels a good distance from his home, and when found has no memory of how he got there or who he is. The fugue state is usually attributed to recent emotional trauma. It is rare and is typically neither permanent nor recurring.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Limited amnesia, however, is quite common. Limited amnesia occurs in people who suffer a severe physical or psychological trauma, such as a concussion or being rendered unconscious. Football players who suffer concussions, and accident victims who are rendered unconscious, typically do not remember what happened immediately before the event. The scientific evidence indicates, however, that some sort of implicit memory may exist, which can be troubling to one whose amnesia is due to having been rendered unconscious by an assailant. Schacter notes the case of a rape victim who could not remember the rape, which took place on a brick pathway. The words 'brick' and 'path' kept popping into her mind, but she did not connect them to the rape. She became very upset when taken back to the scene of the rape, though she didn't remember what had happened there (Schacter 1996, 232).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Implicit memory is memory without awareness. It differs substantially from repressed memory. Implicit memories are not necessarily repressed, nor are they necessarily the result of trauma. They are weakly encoded memories which can affect conscious thought and behavior. Retrieval cues do not bring about a complete memory of some events because most of the event was not encoded.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Schacter and Endel Tulving introduced the terms 'implicit memory' and 'explicit memory' in their attempt to find a common language for those who believe there are several distinct memory systems and those who maintain there is only one such system. Schacter writes : &#034;The nonconscious world of implicit memory revealed by cognitive neuroscience differs markedly from the Freudian unconscious. In Freud's vision, unconscious memories are dynamic entities embroiled in a fight against the forces of repression ; they result from special experiences that relate to our deepest conflicts and desires. . . .[I]mplicit memories . . . arise as a natural consequence of such everyday activities as perceiving, understanding, and acting&#034; (Schacter, 1996, 190-191).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most lost memories are lost because they were never elaborately encoded. Perception is mostly a filtering and defragmenting process. Our interests and needs affect perception, but most of what is available to us as potential sense data will never be processed. And most of what is processed will be forgotten. Amnesia is not rare, but is the standard condition of the human species. We do not forget simply to avoid being reminded of unpleasant things. We forget either because we did not perceive closely in the first place or we did not encode the experience either in the parietal lobes of the cortical surface (for short-term or working memory) or in the prefrontal lobe (for long-term memory).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Long-term memory requires elaborative encoding in the inner part of the temporal lobes. If the left inferior prefrontal lobe is damaged or undeveloped, there will be grave difficulty with elaborative encoding. This area of the brain is undeveloped in very young children (under the age of three). Hence, it is very unlikely that any story of having a memory of life in the cradle or in the womb is accurate. The brains of infants and very young children are capable of storing fragmented memories, however. Such memories cannot be explicit or deeply encoded, but they can nevertheless have influence. In fact, there are numerous situations&#8212;such as cryptomnesia&#8212; where memory can be manifested without awareness of remembering.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;semantic, procedural, and episodic memory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Memory researchers distinguish several types of memory systems. Semantic memory contains conceptual and factual knowledge. Procedural memory allows us to learn new skills and acquire habits. Episodic memory allows us to recall personal incidents that uniquely define our lives (Schacter, 1996, 17). Another important distinction is that between field and observer memory. Field memories are those where one sees oneself in the scene. Observer memories are those seen through one's own eyes. The fact that many memories are field memories is evidence, as Freud noted, of the reconstructive nature of memories (Schacter, 1996, 21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;accuracy of memory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How accurate and reliable is memory ? Studies on memory have shown that we often construct our memories after the fact, that we are susceptible to suggestions from others that help us fill in the gaps in our memories. That is why, for example, a police officer investigating a crime should not show a picture of a single individual to a victim and ask if the victim recognizes the assailant. If the victim is then presented with a line-up and picks out the individual whose picture the victim had been shown, there is no way of knowing whether the victim is remembering the assailant or the picture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Another interesting fact about memory is that studies have shown that there is no significant correlation between the subjective feeling of certainty a person has about a memory and the memory being accurate. Also, contrary to what many people believe, hypnosis does not aid memory's accuracy. Because subjects are extremely suggestible while hypnotized, most states do not allow as evidence in a court of law testimony made while under hypnosis (Loftus, 1979).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Furthermore, it is possible to create false memories in people's minds by suggestion, even false memories of previous lives. Memory is so malleable that we should be very cautious in claiming certainty about any given memory without corroborative evidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How does memory work ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We do not know exactly how memory works, though there are many explanatory models for memory. Some of these models identify memory with brain functions. On this model, for example, memory diminishes with age because neurons die off as we get older. There are only three ways to overcome this fact of nature : 1. figure out a way to stop neurons from dying ; 2. figure out a way to stimulate the growth of new neurons ; or 3. figure out a way to get the remaining neurons to function more efficiently and pick up the slack. So far, it looks like options 2 and 3 are the most promising. Some positive results have been reported regarding the stimulation of the growth of new brain cells by fetal implants. Fred Gage of The Salk Institute has reported that recent research in neurogenesis is encouraging. They have observed the growth of neurons in the dentate gyrus, a portion of the hippocampus (which controls learning and short term memory), in mice that were placed in a stimulating environment. Gage has also grafted immature cells from the spinal cord to the hippocampus and found that they produced new neuronal cells. There is also growing support for the notion that exercising the body and the brain tend to preserve neurons. &#034;Use it or lose it&#034; turns out to be literally true for brain cells.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neurological research has also produced some success getting neurons to work better with ampakines, chemical compounds sometimes called &#034;memory drugs.&#034; The first tests with humans showed excellent results, but the samples were too small to justify drawing any conclusion except that more studies are needed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For those who think that memory is a function of some non-physical reality, such results should cause some reflection, though I doubt that a non-physical model of the mind will lead to any significant research which will benefit humankind. For those who posit that memory is a brain function, there is not only a direction for research to follow, but hope of success for discovering something truly useful.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;See related entries on Bridie Murphy, dianetics, hypnosis, false memory, mind, reincarnation, repressed memory, and repressed memory therapy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ashcraft, Mark H. Human Memory and Cognition (Addison-Wesley Pub Co., 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baddeley, Alan D. Human Memory : Theory and Practice (Allyn &amp; Bacon, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baker, Robert A. Hidden Memories : Voices and Visions From Within (Buffalo, N.Y. : Prometheus Books, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kandel, Eric R. &amp; James H. Schwartz, eds. Principles of Neural Science 4th ed. (McGraw-Hill Professional Publishing, 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loftus, Elizabeth F. Memory, Surprising New Insights Into How We Remember and Why We Forget (Reading, Mass. : Addison-Wesley Pub. Co., 1980).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loftus, Elizabeth F. Eyewitness Testimony (Cambridge, Mass. : Harvard University Press, 1979).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loftus, Elizabeth and Katherine Ketcham. Witness for the Defense : The Accused, the Eyewitness, and the Expert Who Puts Memory on Trial (New York : St. Martin's Press, 1991).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pinker, Steven. How the Mind Works (W.W. Norton &amp; Company, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L., editor, Memory Distortion : How Minds, Brains, and Societies Reconstruct the Past (harvard University Press, 1997).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L. Searching for Memory - the brain, the mind, and the past (New York : Basic Books, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L. The Seven Sins of Memory : How the Mind Forgets and Remembers (Houghton Mifflin Co., 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tavris, Carol. &#034;Hysteria and the incest-survivor machine,&#034; Sacramento Bee, Forum section, January 17, 1993&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;false memories&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A false memory is a memory which is a distortion of an actual experience, or a confabulation of an imagined one. Many false memories involve confusing or mixing fragments of memory events, some of which may have happened at different times but which are remembered as occurring together. Many false memories involve an error in source memory. Some involve treating dreams as if they were playbacks of real experiences. Still other false memories are believed to be the result of the prodding, leading, and suggestions of therapists and counselors. Finally, Dr. Elizabeth Loftus has shown not only that it is possible to implant false memories, but that it is relatively easy to do so (Loftus, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A memory of your mother throwing a glass of milk on your father when in fact it was your father who threw the milk is a false memory based upon an actual experience. You may remember the event vividly and be able to &#034;see&#034; the action clearly, but only corroboration by those present can determine whether your memory of the event is accurate. Distortions such as switching the roles of people in one's memory are quite common. Some distortions are quite dramatic, such as the following examples of false memories due to confusion about the source of the memory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A woman accused memory expert Dr. Donald Thompson of having raped her. Thompson was doing a live interview for a television program just before the rape occurred. The woman had seen the program and &#034;apparently confused her memory of him from the television screen with her memory of the rapist&#034; (Schacter, 1996, 114).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Piaget, the great child psychologist, claimed that his earliest memory was of nearly being kidnapped at the age of 2. He remembered details such as sitting in his baby carriage, watching the nurse defend herself against the kidnapper, scratches on the nurse's face, and a police officer with a short cloak and a white baton chasing the kidnapper away. The story was reinforced by the nurse and the family and others who had heard the story. Piaget was convinced that he remembered the event. However, it never happened. Thirteen years after the alleged kidnapping attempt, Piaget's former nurse wrote to his parents to confess that she had made up the entire story. Piaget later wrote : &#034;I therefore must have heard, as a child, the account of this story...and projected it into the past in the form of a visual memory, which was a memory of a memory, but false&#034; (Tavris).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remembering being kidnapped when you were an infant (under the age of three) is a false memory, almost by definition. The left inferior prefrontal lobe is undeveloped in infants, but is required for long-term memory. The elaborate encoding required for classifying and remembering such an event cannot occur in the infant's brain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The brains of infants and very young children are capable of storing fragmented memories, however. Fragmented memories can be disturbing in adults. Schacter notes the case of a rape victim who could not remember the rape, which took place on a brick pathway. The words brick and path kept popping into her mind, but she did not connect them to the rape. She became very upset when taken back to the scene of the rape, though she didn't remember what had happened there (Schacter 1996, 232). Whether a fragmented memory of infant abuse can cause significant psychological damage in the adult has not been scientifically established, though it seems to be widely believed by many psychotherapists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is also widely believed by many psychotherapists is that many psychological disorders and problems are due to the repression of memories of childhood sexual abuse. On the other hand, many psychologists maintain that their colleagues doing repressed memory therapy (RMT) are encouraging, prodding, and suggesting false memories of abuse to their patients. Many of the recovered memories are of being sexually abused by parents, grandparents, and ministers. Many of those accused claim the memories are false and have sued therapists for their alleged role in creating false memories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is as unlikely that all recovered memories of childhood sexual abuse are false as that they are all true. What is known about memory makes it especially difficult to sort out true from distorted or false recollections. However, some consideration should be given to the fact that certain brain processes are necessary for any memories to occur. Thus, memories of infant abuse or of abuse that took place while one was unconscious are unlikely to be accurate. Memories that have been directed by dreams or hypnosis are notoriously unreliable. Dreams are not usually direct playbacks of experience. Furthermore, the data of dreams is generally ambiguous. Hypnosis and other techniques that ply upon a person's suggestibility must be used with great caution lest one create memories by suggestion rather than pry them loose by careful questioning.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Furthermore, memories are often mixed ; some parts are accurate and some are not. Separating the two can be a chore under ordinary circumstances. A woman might have consciously repressed childhood sexual abuse by a neighbor or relative. Some experience in adulthood may serve as a retrieval cue and she remembers the abuse. This disturbs her and disturbs her dreams. She has nightmares, but now it is her father or grandfather or priest who is abusing her. She enters RMT and within a few months she recalls vividly how her father, mother, grandfather, grandmother, priest, etc., not only sexually abused her but engaged in horrific satanic rituals involving human sacrifices and cannibalism. Where does the truth lie ? The patient's memories are real and horrible, even if false. The patient's suffering is real whether the memories are true or false. And families are destroyed whether the memories are true or false.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Should such memories be taken at face value and accepted as true without any attempt to prove otherwise ? Obviously it would be unconscionable to ignore accusations of sexual abuse. Likewise, it is unconscionable to be willing to see lives and families destroyed without at least trying to find out if any part of the memories of sexual abuse are false. It also seems inhumane to encourage patients to recall memories of sexual abuse (or of being abducted by aliens) unless one has a very good reason for doing so. Assuming all or most emotional problems are due to repressed memories of childhood sexual abuse is not a good enough reason to risk harming a patient by encouraging delusional beliefs and damaging familial relationships. Assuming that if you can't disprove that a patient was abducted by aliens, then he probably was, is not a good enough reason. A responsible therapist has a duty to help a patient sort out delusion from reality, dreams and confabulations from truth, and real abuse from imagined abuse. If good therapy means the encouragement of delusion as standard procedure, then good therapy may not always be worth it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, those who find that it is their duty to determine whether a person has been sexually abused or whether a memory of such abuse is a false memory, should be well versed in the current scientific literature regarding memory. They should know that all of us are pliable and suggestible to some degree, but that children are especially vulnerable to suggestive and leading questioning. They should also remember that children are highly imaginative and that just because a child says he or she remembers something does not mean that he or she does. However, when children say they do not remember something, to keep questioning them until they do remember it, is not good interrogation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Investigators, counselors, and therapists should also remind themselves that many charges and memories are heavily influenced by media coverage. People charged with or convicted of crimes have noticed that their chances of gaining sympathy increase if others believe they were abused as children. People with grudges have also noticed that nothing can destroy another person so quickly as being charged with sexual abuse, while at the same time providing the accuser with sympathy and comfort. Emotionally disturbed people are also influenced by what they read, see, or hear in the mass media, including stories of repressed abuse as the cause of emotional problems. An emotionally disturbed adult may accuse another adult of abusing a child, not because there is good evidence of abuse, but because the disturbed person imagines or fears abuse. In short, investigators should not rush to judgment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;See related entries on : Bridie Murphy, dianetics, hypnosis, memory, mind, multiple personality disorder, repressed memory, repressed memory therapy, and the unconscious.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;further reading&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;reader comments&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * Twelve Myths about False Memories&lt;br class='autobr' /&gt; * &#034;Recovering Memory&#034; by John Frow&lt;br class='autobr' /&gt; * &#034;Remembering Dangerously&#034; by Elizabeth Loftus&lt;br class='autobr' /&gt; * Memories of Things That Never Were by Jane Brody (NY Times 4/25/00)&lt;br class='autobr' /&gt; * False Memory Syndrome Foundation WWW Page&lt;br class='autobr' /&gt; * Recovered Memories or Modern Witch Hunt ? by Douglas E. Hill&lt;br class='autobr' /&gt; * Recovered Memory Therapy and False Memory Syndrome by John Hochman, M.D.&lt;br class='autobr' /&gt; * Witchhunt Links&lt;br class='autobr' /&gt; * Review of Daniel Schacter's Searching for Memory&lt;br class='autobr' /&gt; * Recovered Memories of Sexual Abuse : Scientific Research &amp; Scholarly Resources by Jim Hopper, M.A.&lt;br class='autobr' /&gt; * StopBadTherapy.com&lt;br class='autobr' /&gt; * The British False Memory Society&lt;br class='autobr' /&gt; * 'I tawt I taw' a bunny wabbit at Disneyland ; New evidence shows false memories can be created&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baker, Robert A. Hidden Memories : Voices and Visions From Within (Buffalo, N.Y. : Prometheus Books, 1992.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cooper, Claire, &#034;Repressed-memory lawsuits spur backlash from accused,&#034;The Sacramento Bee, March 18, 1993, p. B4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de Rivera, Joseph, &#034;'Trauma searches' plant the seed of imagined misery,&#034; The Sacramento Bee, May 18, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johnston, Moira. Spectral Evidence : The Ramona Case : Incest, Memory, and Truth on Trial in Napa Valley (Westview Press, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loftus, Elizabeth F. Memory, Surprising New Insights Into How We Remember and Why We Forget (Reading, Mass. : Addison-Wesley Pub. Co., 1980).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loftus, Elizabeth. The Myth of Repressed Memory (New York : St. Martin's, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;McNally, Richard. Remembering Trauma (Belknap 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ofshe, Richard and Ethan Watters. Making Monsters : False Memories, Psychotherapy, and Sexual Hysteria (New York : Scribner's, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sacks, Oliver W. An anthropologist on Mars : seven paradoxical tales (New York : Knopf, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L., editor, Memory Distortion : How Minds, Brains, and Societies Reconstruct the Past (Harvard University Press, 1997).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L. Searching for Memory - the brain, the mind, and the past (New York : Basic Books, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schacter, Daniel L. The Seven Sins of Memory : How the Mind Forgets and Remembers (Houghton Mifflin Co., 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tavris, Carol. &#034;Hysteria and the incest-survivor machine,&#034; Sacramento Bee, Forum section, January 17, 1993.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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