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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La r&#233;volution permanente et la fin de l'oppression des femmes</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8500</link>
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		<dc:date>2026-05-22T22:31:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aux femmes qui en ont marre&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre d'&#234;tre trait&#233;es comme des soumises sexuelles &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; elles doivent toujours se placer en dessous &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; la femme est d&#233;sign&#233;e du doigt comme un objet &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre de risquer la violence des hommes, y compris celle de leur conjoint &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre d'&#234;tre menac&#233;es par des guerres et des guerres civiles, par des fascismes et des dictatures, par les exactions des arm&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre qu'on leur annonce que leurs enfants devront (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- Livre Onze : FEMMES - CONTRE L'OPPRESSION &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux femmes qui en ont marre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'&#234;tre trait&#233;es comme des soumises sexuelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; elles doivent toujours se placer en dessous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; la femme est d&#233;sign&#233;e du doigt comme un objet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre de risquer la violence des hommes, y compris celle de leur conjoint&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'&#234;tre menac&#233;es par des guerres et des guerres civiles, par des fascismes et des dictatures, par les exactions des arm&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre qu'on leur annonce que leurs enfants devront &#234;tre sacrifi&#233;s dans les prochaines guerres et qu'elles devront en &#234;tre&#8230; satisfaites ou du moins soumises encore une fois&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre que leurs enfants subissent des maladies li&#233;es au capitalisme et &#224; son stade d'effondrement (mort &#224; l'accouchement, mort de maladies respiratoires, de cancers dus &#224; l'industrie agroalimentaire, aux pesticides et aux engrais, dus &#224; l'industrie chimique, nucl&#233;aire, m&#233;tallurgique, etc&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre de ce monde politique et social o&#249; les femmes sont encore plus esclaves que les exploit&#233;s car doublement opprim&#233;es et exploit&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aux hommes qui en ont marre de jouer un tel r&#244;le ou d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s comme tels et qui ne veulent pas soutenir le capitalisme patriarcal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours avant une manifestation des femmes le 22 novembre, quatre f&#233;minicides ont eu lieu en France dans la seule journ&#233;e de jeudi 20 novembre, dans quatre endroits tr&#232;s diff&#233;rents, des femmes de tous &#226;ges et toutes origines. Toutes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par leur conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre en un jour dans un seul pays, la France, cela t&#233;moigne que la vague de violences anti-femmes enfle dans ce pays pourtant d&#233;mocratique et riche comme dans le monde entier. Et bien plus que ne le disent les statistiques, des femmes sont fr&#233;quemment menac&#233;es de mort, violent&#233;es, viol&#233;es, subissent des s&#233;vices, et des jeunes femmes sont victimes de crimes. Bien des violences ont lieu dans le cadre de la famille et ne sont m&#234;me pas dues &#224; des milieux ext&#233;rieurs, m&#234;me si la propagande que l'on entend souvent attribue mensong&#232;rement ces violences &#224; l'immigration !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les chiffres de l'ONU, une femme ou une fille est tu&#233;e toutes les 10 minutes par son partenaire intime ou un autre membre de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, 85 000 femmes et filles ont &#233;t&#233; tu&#233;es intentionnellement dans le monde en 2023, et 60 % de ces crimes, soit 51 000, ont &#233;t&#233; commis par un partenaire intime ou un autre membre de la famille. Chaque jour, 140 femmes ou filles meurent sous les coups ou agissements de leur partenaire ou d'un parent proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r d'autres types de violences, notamment celles &#224; proximit&#233; des lieux de guerre, o&#249; les femmes sont consid&#233;r&#233;es comme du butin de guerre et les violences contre elles des mani&#232;res de punir la population du camp adverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les enl&#233;vements r&#233;alis&#233;s par des arm&#233;es en guerre, que ce soient des arm&#233;es officielles comme au Soudan ou des arm&#233;es terroristes comme au Nig&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un effet du hasard si au m&#234;me moment on nous dit qu'il faut s'y faire : on doit accepter de mourir&#8230; &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est aussi une guerre qui est actuellement entreprise contre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que les femmes sont bien plus antimilitaristes et antir&#233;pression que les hommes, que ce soit parmi les jeunes ou les moins jeunes. Il faut donc les terroriser pour les faire taire et leur faire admettre de se taire en craignant les violences que la soci&#233;t&#233; peut leur faire subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi, au travers de la mont&#233;e des violences des hommes contre les femmes, de faire monter un climat guerrier o&#249; de jeunes hommes soient fiers de participer &#224; une boucherie comme l'a, si joliment et avec des mots bien choisis, exprim&#233; le chef d'&#233;tat-major Mandon devant les d&#233;put&#233;s puis devant les maires (pas les m&#232;res !)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus la mont&#233;e vers la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e devient officielle, plus on sait que la soci&#233;t&#233; va basculer dans la pire violence, plus la recherche de boucs &#233;missaires devient cruciale pour les classes dirigeantes qui ne veulent pas &#234;tre accus&#233;es de cette boucherie. Bien entendu, on accuse le camp d'en face : Russie et Chine bien s&#251;r mais aussi Iran, Cor&#233;e du Nord. Mais il faut y rajouter l'immigration, les sans papiers, les ch&#244;meurs, les r&#233;volt&#233;s du type Gilets jaunes, les pr&#233;tendus complotistes, les &#171; bloquons tout &#187;. Et &#224; tous ces boucs &#233;missaires, on ne manque pas de rajouter les femmes. Elles sont accus&#233;es de ne pas comprendre les bienfaits du nationalisme guerrier, les n&#233;cessit&#233;s de la course au profit f&#251;t-ce aux d&#233;pens de la famille, les besoins de l'homme guerrier et de son fameux repos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable qu'au m&#234;me moment que la soci&#233;t&#233; est officielllement en train de lutter contre les violences et discrimiantions contre les femmes celles-ci se multiplient sans que la soci&#233;t&#233; dominante ne fasse rien pour les emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A toutes ces femmes (et ces hommes) qui en ont marre, nous disons : ROMPEZ AVEC LES CAPITALISTES, LEUR SYSTEME, LEURS ETATS, LEUR SOCIETE, LEURS INSTITUTIONS ET JOIGNEZ-VOUS AU PROLETARIAT REVOLUTIONNAIRE POUR RENVERSER LE COUPLE INFERNAL PATRIARCAT-CAPITALISME&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution permanente et la fin de l'oppression des femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution permanente &#187; est une orientation politique d&#233;velopp&#233;e par Marx, Engels, L&#233;nine et Trotsky. Cela n'a rien de commun avec l'organisation de France qui a repris ce nom sans m&#234;me soutenir une partie de la politique qu'elle exprime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc cette &#171; strat&#233;gie de la r&#233;volution permanente &#187; ? La r&#233;volution permanente s'oppose au r&#233;formisme, et m&#234;me &#224; la r&#233;volution graduelle, par &#233;tapes, aux objectifs pr&#233;tendument r&#233;alistes, tenant compte des pr&#233;jug&#233;s r&#233;els ou suppos&#233;s des prol&#233;taires, craignant le radicalisme, opposant d'un c&#244;t&#233; le programme imm&#233;diat r&#233;formiste et, de l'autre, le programme &#224; long terme communiste. Elle vise &#224; transformer en armes r&#233;volutionnaires &#224; retourner avec le maximum de force et de d&#233;termination contre le syst&#232;me tout ce que l'ancienne soci&#233;t&#233; r&#233;actionnaire fait subir d'exactions, de souffrances, d'oppression aux peuples. Pour cela, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit se faire le porte-parole de tous ceux qui les subissent, le plus radical de leurs d&#233;fenseurs, le seul qui souhaite, sans la moindre r&#233;ticence, en finir d&#233;finitivement et sans retour avec ces maux et leurs causes profondes attach&#233;es au syst&#232;me lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, utilis&#233;e ainsi, l'oppression des femmes est un potentiel de bombe explosive incroyable que le prol&#233;tariat peut envoyer &#224; la figure du monde capitaliste et de la domination imp&#233;rialiste sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la &#171; r&#233;volution permanente &#187;, il s'agit de diriger la r&#233;volution sociale du prol&#233;tariat de mani&#232;re qu'elle ne se contente pas d'une seule de ses &#233;tapes, d'un seul de ses objectifs, d'une seule de ses revendications, mais les combinent toutes, les enchainent indissociablement, afin qu'elles se renforcent les unes les autres, qu'elles d&#233;truisent de fond en comble l'ancien ordre social et politique, qu'elles servent &#224; construire le nouvel ordre, &#224; b&#226;tir le socialisme et le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'oppression des femmes, il ne s'agit pas de faire l'&#233;loge des f&#233;ministes bourgeois et petit-bourgeois, ni de mettre les mouvements sociaux des travailleurs &#224; la remorque de tels dirigeants, bien entendu. D'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, il n'est pas question que le prol&#233;tariat se mette &#224; la remorque d'aspirations bourgeoises, petites bourgeoises au changement d'un ordre devenu insupportable pour tous, mais, au contraire, que le prol&#233;tariat prenne la t&#234;te de toutes les luttes et en fassent des armes pour renverser en totalit&#233; l'ancien ordre &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la r&#233;volution permanente ne se contente pas de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, ni m&#234;me de pr&#244;ner l'&#233;galit&#233; (&#233;galit&#233; entre capitalistes et exploit&#233;s, &#231;a veut dire quoi ?) ni seulement de raccourcir l'immense gouffre entre riches et pauvres, d'obtenir un peu plus de d&#233;mocratie, un peu plus de consid&#233;ration de la part des gouvernants, un peu plus de paix, un peu moins de guerre, un peu plus de richesses distribu&#233;es &#224; l'ensemble de la population et un peu moins aux plus riches, supprimer les dictatures les plus ouvertes et barbares, et autres objectifs illusoires et soi-disant progressistes. D'autant plus illusoires que nous avons atteint la phase d'effondrement du capitalisme o&#249; la r&#233;forme est plus illusoire que jamais, m&#234;me les contre-r&#233;formes ne sont plus suffisantes et la grande bourgeoisie capitaliste a besoin d'une contre-r&#233;volution ultra-radicale et violente !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, la r&#233;volution sociale doit &#234;tre permanente, c'est-&#224;-dire qu'elle ne doit s'arr&#234;ter devant aucun obstacle, ne pas se contenter d'aucune demi-mesure, mais toujours aller plus loin, passant de la d&#233;molition de l'ancien ordre m&#233;di&#233;val et f&#233;odal qui subsiste un peu partout, notamment au travers des religions, des Etats, des royaut&#233;s et m&#234;me des r&#233;publiques bourgeoises, supprimer les dictatures militaires de fond en comble en d&#233;sarmant compl&#232;tement les anciennes classes dirigeantes et bien s&#251;r la bourgeoisie capitaliste, en supprimant la totalit&#233; de ses forces arm&#233;es, en lib&#233;rant les nationalit&#233;s opprim&#233;es, les ethnies opprim&#233;es, les religions opprim&#233;es, les femmes opprim&#233;es, les jeunes opprim&#233;s, les couches moyennes paup&#233;ris&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; sur ce site Mati&#232;re et R&#233;volution que les femmes avaient autrefois &#233;t&#233; maitresses d'elles-m&#234;mes et non seulement n'&#233;taient pas domin&#233;es mais avaient eu un r&#244;le dirigeant dans la soci&#233;t&#233;. C'est ce que l'on a appel&#233; le matriarcat et qui n'est pas le sym&#233;trique du patriarcat en ce qu'il ne suppose nullement l'oppression des hommes. Il s'agit de la phase de l'humanit&#233; appel&#233;e communisme primitif et qui a exist&#233; partout dans le monde jusqu'au N&#233;olithique et parfois jusqu'&#224; l'Age de Bronze, donc avant le grand d&#233;veloppement de l'agriculture, de la s&#233;dentarit&#233; et l'apparition des classes sociales et de l'Etat, mais aussi l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la mise en place du patriarcat sur presque toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas seulement pour nous, en d&#233;fendant la th&#232;se d'un matriarcat ancien, de r&#233;habiliter le pass&#233; des femmes des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s. Certes, cette position id&#233;ologique doit &#234;tre conquise mais c'est dans un but actuel et pas seulement scientifique (pr&#233;historique et historique). D&#233;fendre l'id&#233;e d'un matriarcat qui a domin&#233; le monde de l'&#233;poque du communisme primitif au n&#233;olithique ou &#224; l'Age de Bronze n'est pas qu'une correction d'une erreur scientifique, c'est aussi un drapeau vers l'avenir. Ce matriarcat a signifi&#233; que les femmes ont longtemps eu un pouvoir un peu plus grand que les hommes, m&#234;me si ce n'&#233;tait pas un pouvoir de type &#233;tatique, fond&#233; sur des lois, sur des moyens r&#233;pressifs, sur l'oppression ou l'exploitation des hommes (des m&#226;les en somme) comme le patriarcat, lui, est fond&#233; sur l'exploitation et l'oppression des femmes avec l'aide de l'Etat et pour le plus grand profit de la classe exploiteuse. Sous le matriarcat, l'exploitation de l'homme par l'homme n'existait pas encore ou &#233;tait &#224; peine embryonnaire du fait de la faible capacit&#233; de travail de chaque &#234;tre humain. La division du travail entre les &#234;tres humains n'&#233;tait pas r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le patriarcat a ensuite domin&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui presque partout, sauf l&#224; o&#249; la r&#233;volution sociale a triomph&#233;, comme dans la Commune de Paris de 1871 et dans la r&#233;volution russe de 1917 ou encore dans la r&#233;volution espagnole de 1936. L'Histoire a d&#233;montr&#233; depuis belle lurette le lien entre r&#233;volution sociale et lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la r&#233;volution permanente entend &#339;uvrer &#224; la lib&#233;ration des femmes et comment il compte faire de cet objectif un moyen de renforcer consid&#233;rablement la force de la r&#233;volution, voil&#224; la question qu'il faut maintenant d&#233;velopper. L'oppression des femmes est un reste antique des anciens syst&#232;me d'oppression pr&#233;-capitalistes que le capitalisme a repris et exploit&#233; &#224; fond &#224; son propre profit. M&#234;me quand la soci&#233;t&#233; capitaliste a &#233;t&#233; &#224; son apog&#233;e, il n'a jamais renonc&#233; &#224; cette horreur. Maintenant que le syst&#232;me capitalisme est &#224; l'agonie, il ressent encore plus le besoin d'aggraver l'oppresion des femmes pour s'en servir afin de conserver son pouvoir sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure d&#233;finition de la r&#233;volution permanente consiste &#224; dire qu'il s'agit de transformer toutes les formes d'oppression et d'exploitation de la vieille soci&#233;t&#233; toute pourrie en armes de combat de prol&#233;tariat pour renverser d&#233;finitivement capitalisme et imp&#233;rialisme ainsi que toutes les formes d'oppresion plus antiques comme l'oppression religieuse ou l'oppression patriacale des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a choisi le patriarcat comme moyen de domination pour assurer la stabilit&#233; de sa soci&#233;t&#233; d'exploitation du travail des prol&#233;taires. Eh bien, pour se lib&#233;rer, il faut que ces derniers, qui sont la principale force r&#233;volutionnaire de l'ancienne soci&#233;t&#233;, n'aient aucune crainte ni aucune r&#233;ticence &#224; transformer en armes de combat les aspirations des femmes &#224; la lib&#233;ration, qu'il en prenne m&#234;me la t&#234;te, qu'il mette cette lutte en t&#234;te de son drapeau de combat, qu'il n'attende m&#234;me pas l'heure de la r&#233;volution pour proclamer dans les entreprises et les quartiers cet objectif, pour le porter dans les syndicats comme dans les comit&#233;s du peuple travailleur, pour d&#233;noncer tous les partis et syndicats qui y sont r&#233;ticents ou qui font seulement semblant de soutenir les droits des femmes et pr&#233;tendent que le capitalisme et ses Etats oeuvrent &#224; l'&#233;galit&#233; hommes-femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; dans des articles du site Mati&#232;re et R&#233;volution que le capitalisme aggrave sans cesse la situation des femmes dans le monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y avons montr&#233; que la lib&#233;ration des femmes n'est jamais venue et ne viendra jamais des institutions de la bourgeoisie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que le capitalisme d&#233;liquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la libert&#233; des femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que capitalisme et patriarcat se renforcent mutuellement et que, pour en finir avec le capitalisme, il faut aussi en finir avec le patriarcat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que le patriarcat est un instrument de guerre du grand capital contre les femmes et contre les peuples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que femmes opprim&#233;es et travailleurs exploit&#233;s, peuvent lutter ensemble pour le renversement du capitalisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous reste &#224; montrer comment transformer l'horreur sociale de l'oppression des femmes en v&#233;ritable bombe que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et les femmes r&#233;volt&#233;es peuvent jeter directement dans la gueule du syst&#232;me d'exploitation et d'oppression qui a longtemps domin&#233; le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le redisons, la politique de la r&#233;volution permanente consiste &#224; retourner les armes du syst&#232;me capitaliste contre lui. L'oppression des femmes doit, dans la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, &#234;tre un canon dirig&#233; directement et violemment contre le syst&#232;me tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est d'abord l'objectif de la r&#233;volution socialiste et prol&#233;tarienne qui doit &#234;tre clairement &#233;tabli et affich&#233;, &#224; savoir revenir au&#8230; matriarcat ! On nous dira : &#171; mais, ce serait opprimer les hommes (au sens masculin) ! &#187; Pas du tout, l'ancien matriarcat n'&#233;tait pas un syst&#232;me d'oppression et d'exploitation. Il ne servait pas &#224; soutenir une soci&#233;t&#233; d'oppression et d'exploitation, puisque celle-ci n'existait pas encore. Le communisme primitif ne connaissait ni la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ni l'exploitation de l'homme. Et comme le socialisme veut remettre en question ces deux bases de l'arri&#233;ration des soci&#233;t&#233;s humaines actuelle, il est logique de se poser la question de revenir aux relations entre hommes et femmes que l'on connaissait alors. Cela ne peut faire peur qu'aux timor&#233;s et ne faire rire que les idiots. Ceux-l&#224; vous diront : &#171; Les hommes prol&#233;taires n'en sont pas capables, il n'y a pas plus misogynes ! &#187; C'est l&#224; que l'on voit &#224; quel point r&#233;formistes et opportunistes m&#233;prisent les capacit&#233;s du prol&#233;tariat, d&#232;s qu'il se d&#233;cide &#224; rompre de mani&#232;re r&#233;volutionnaire avec le vieux fatras du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en affirmant cet objectif radical, le plus radical qui existe en la mati&#232;re, que les prol&#233;taires peuvent prendre la t&#234;te du combat des femmes pour leur lib&#233;ration. Et ils ne feront pas que tuer le patriarcat. Ils affirmeront aussi qu'il faut tuer d&#233;finitivement d'autres ennemis mortels des femmes : tuer l'arm&#233;e permanente de la bourgeoisie, cause de guerres dont les femmes et les enfants sont les premi&#232;res victimes, tuer la fausse domination machiste et misogyne qui rend les femmes victimes de violences sexistes permanentes et mortelles, tuer l'exploitation sexuelle et p&#233;dophile en lib&#233;rant compl&#232;tement les femmes et en leur donnant un v&#233;ritable pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous avons montr&#233; dans notre site Mati&#232;re et R&#233;volution que l'ancien matriarcat &#233;tait un pouvoir des femmes un peu sup&#233;rieur &#224; celui des hommes. Mais, nous dirons les sceptiques et les mod&#233;r&#233;s en tout, &#171; il suffit de revendiquer l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes. &#187; On voit que ces gens-l&#224; craignent surtout de trop en faire, d'&#234;tre trop radicaux, d'avoir trop de mal &#224; convaincre, mais ne craignent pas d'affaiblir le camp prol&#233;tarien dans la guerre &#224; mort qui se pr&#233;pare contre le capitalisme et l'imp&#233;rialisme. Aucun canon super puissant ne sera en trop dans cette lutte f&#233;roce qui se pr&#233;pare ! &#171; On va se couper des masses qui n'en sont pas l&#224; &#187; est le leitmotiv de ces gens-l&#224;, y compris ceux qui se disent r&#233;volutionnaires, d&#232;s que l'on propose d'aller &#224; la racine du mal pour le couper radicalement. Ils r&#233;p&#232;tent que &#171; cela va faire trop mal, ce sera trop difficile &#187;, comme des passagers pour l'espace qui ne veulent pas que la pouss&#233;e de la fus&#233;e soit trop forte pour ne pas incommoder les passagers et qui ne craignent pas, par contre, que la fus&#233;e retombe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les m&#234;mes pseudo radicaux, qu'ils se disent ou pas d'extr&#234;me gauche, qui ne veulent pas mettre en avant la dictature des conseils de travailleurs, en somme les soviets ! Cela ferait fuir les salari&#233;s mod&#233;r&#233;s (ou plut&#244;t l'aristocratie ouvri&#232;re des appareils syndicaux) ! Ils ne veulent pas davantage mettre en avant la destruction de l'appareil r&#233;pressif arm&#233;e/police/prisons/gendarmerie/forces sp&#233;ciales ! Et pas davantage l'armement du prol&#233;tariat&#8230; Mais pas non plus la liaison entre prol&#233;taires et tous les opprim&#233;s, tous les exploit&#233;s, toutes les victimes du syst&#232;me (petits bourgeois, pauvres, femmes, jeunes, ch&#244;meurs, sans logis, p&#234;cheurs, paysans, sans papiers, etc.) L&#224; encore il s'agit de ne pas effaroucher les appareils syndicaux qui h&#233;bergent ces soi-disant radicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, vous pensez, clamer sur tous les toits qu'on va revenir au matriarcat, c'est beaucoup trop, m&#234;me si ces gens-l&#224; &#233;crivent de temps en temps qu'ils veulent, un jour, en finir avec le capitalisme et donc construire le socialisme et le communisme. Mais c'est loin&#8230; un jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le matriarcat, m&#234;me si ce n'est pas l'oppression directe de l'homme par la femme, ni son exploitation, c'est quand m&#234;me la primaut&#233; des femmes, leur pouvoir en premier. C'est in&#233;gal, disent certains. Eux, ils veulent &#171; l'&#233;galit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors, pour nos radicaux en herbe, le pouvoir des travailleurs, c'est plus de pouvoir pour les travailleurs que pour&#8230; les autres ! C'est in&#233;gal, non ? En fait, ils veulent juste un peu plus de d&#233;mocratie, en somme, ces fameux &#171; radicaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le disait Karl Marx, &#234;tre vraiment radical, c'est attaquer le mal &#224; la racine ! C'est pour cela qu'il se disait non seulement pour la r&#233;volution mais pour la r&#233;volution permanente, celle qui ne cesse de creuser, de s'approfondir, d'aller au fond des choses, de s'attaquer au plus profond du mal, de l'ancienne soci&#233;t&#233; et la d&#233;raciner compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous allons faire avec le patriarcat. Et cela signifie aussi d&#233;raciner l'arm&#233;e capitaliste. D&#233;raciner &#233;galement les religions qui culpabilisent les femmes (dans tous les jardins d'Eden), qui enferment les femmes (et les hommes) dans un pi&#232;ge id&#233;ologique anti-f&#233;minin. D&#233;raciner l'&#233;ducation bourgeoise, scolaire et extra-scolaire. D&#233;raciner la misogynie et le machisme des m&#233;dias, des sciences, de la philosophie, de l'art, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains radicaux se satisfont de voir les femmes &#224; la t&#234;te des r&#233;voltes, que ce soit celle d&#233;but&#233;e en 2010-2011 au Maghreb, dans le monde arabe puis dans le monde entier, y compris le d&#233;but du mouvement des Gilets jaunes. Mais ils n'en tirent pas les conclusions vraiment radicales qui s'imposent. Les femmes seront &#224; la t&#234;te de la lutte car elles subissent une double oppression, en tant qu'explot&#233;es et en tant que femmes. Alors, elles devront aussi avoir la primaut&#233; dans la soci&#233;t&#233; qui se construira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, non, dirons nos critiques, elles auront l'&#233;galit&#233;. Eh bien, mes critiques, vous comprendrez que pour d&#233;tordre un b&#226;ton, il faille le tordre dans l'autre sens. C'est ce qui se produit avec la dictature du prol&#233;tariat et il faut m&#234;me retirer des droits d&#233;mocratiques aux anciens exploiteurs, aux anciens chefs politiques ou militaires. On ne passe pas du tordu au droit de fa&#231;on directe. Il faut, dirait Hegel, passer par la n&#233;gation de la n&#233;gation pour atteindre l'affirmation ! Le patriarcat a ni&#233; le matriarcat. Il faut que le matriarcat nie le patriarcat ! Et c'est la n&#233;gation de la n&#233;gation qui va lib&#233;rer &#224; la fois les femmes et les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les hommes ont besoin de se lib&#233;rer de leur fausse sup&#233;riorit&#233;, de leurs faux besoins : de m&#233;priser, de dominer, de frapper, de soumettre, de d&#233;cider seuls, de se croire sup&#233;rieurs, de satisfaire leurs besoins sexuels et psychologiques aux d&#233;pens de l'autre sexe, d'&#234;tre attir&#233;s par des relations interdites et forc&#233;es, toutes sortes de faux besoins que le syst&#232;me capitaliste et patriarcal, utilisant tous les m&#233;dias et technologies modernes, a implant&#233; dans leurs t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le radicalisme de ces faux radicaux s'en tient &#224; quelques modifications de vocabulaire, permettant aux femmes d'acc&#233;der (verbalement) &#224; des professions que la linguistique n'attribue qu'aux hommes (masculins).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette linguisitique soi-disant f&#233;ministe ne change pas la r&#233;alit&#233; de la vie des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout pas dans une phase de la soci&#233;t&#233; o&#249; la classe dominante s'emploie &#224; g&#233;n&#233;raliser la guerre, le fascisme, la dictature, &#233;craser les r&#233;voltes, opprimer, appauvrir, teroriser plus que jamais, toutes choses dont les femmes sont les premi&#232;res victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, il ne suffit pas du f&#233;minisme bourgeois et petit-bourgeois qui est trop timor&#233; pour critiquer m&#234;me s&#233;rieusement le syst&#232;me dominant et reconnaitre que celui-ci est &#224; l'agonie. Qu'il en faudra un autre et qu'on ne le mettra pas en place juste avec&#8230; des mots !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, il va falloir d&#233;truire l'Etat capitaliste (y comrpis celui des pr&#233;tendues d&#233;mocraties) et l'imp&#233;rialisme et les femmes, pour cela, ont absolument besoin de s'unir aux prol&#233;taires r&#233;volutionnaires et l'inverse est vrai &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fameuses d&#233;mocraties n'ont pas lev&#233; le petit doigt quand on a &#233;cras&#233; les r&#233;voltes dans le monde, frappant en premier les femmes. Oh que non ! Elles l'ont lev&#233; pour soutenir les dictatures. Y compris dans le monde arabe. Y compris en Arabie saoudite. Y compris en Afghanistan. Y compris en Iran. Y compris en Alg&#233;rie. Dans la r&#233;volte des Gilets jaunes comme dans celle aux USA, les forces de r&#233;pression de la &#171; d&#233;mocratie &#187; ont frapp&#233; en premier&#8230; les femmes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, vous qui combattez le capitalisme, vous ne voulez toujours pas placer les femmes en premier dans la soci&#233;t&#233; future ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Et si l'humanit&#233; changeait... de mode de production</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434</link>
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		<dc:date>2025-10-28T23:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Emergence</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une fois encore, l'humanit&#233; est amen&#233;e &#224; se poser le probl&#232;me du renversement de l'ancien mode de production et donc de l'exploitation capitaliste de l'homme &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus en plus, le monde semble se heurter &#224; des probl&#232;mes inextricables, insolubles, sans r&#233;ponse possible devant lesquels personne ne pourrait pr&#233;tendre avoir de vraies solutions, &#224; part de reporter la question &#224; plus tard en l'aggravant : crise des investissements productifs, crise &#233;conomique, crise financi&#232;re, crise sociale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot271" rel="tag"&gt;Emergence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fois encore, l'humanit&#233; est amen&#233;e &#224; se poser le probl&#232;me du renversement de l'ancien mode de production et donc de l'exploitation capitaliste de l'homme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus, le monde semble se heurter &#224; des probl&#232;mes inextricables, insolubles, sans r&#233;ponse possible devant lesquels personne ne pourrait pr&#233;tendre avoir de vraies solutions, &#224; part de reporter la question &#224; plus tard en l'aggravant : crise des investissements productifs, crise &#233;conomique, crise financi&#232;re, crise sociale, crise de l'Etat, crise du pouvoir, crise guerri&#232;re, crise fasciste, crise de la d&#233;mocratie, crise &#233;cologique, crise sanitaire, etc. Tout cela provient de la crise dite syst&#233;mique, c'est-&#224;-dire des limites atteintes et m&#234;me d&#233;pass&#233;es du mode de production capitaliste qui n&#233;cessite de passer au mode de production socialiste. Une limite nettement marqu&#233;e lors de la chute mondiale de l'&#233;conomie en 2007-2008 et aussi lors de la vague de r&#233;voltes et r&#233;volutions d&#233;but&#233;e en 2010-2011 et qui continue comme lors de la pand&#233;mie mondiale qui s'est traduite par un massacre et lors de la vague de guerres dans le monde. Tout cela indique le mot &#171; fin &#187; pour le syst&#232;me de domination qui a si longtemps gouvern&#233; le monde. Cependant, cette fin est-elle le d&#233;but d'autre chose, l&#224; est toute la question. Le probl&#232;me se pose mais a-t-il une solution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Posons-nous d'abord la question de quel est donc le probl&#232;me fondamental pos&#233; actuellement &#224; l'humanit&#233; et nous verrons ensuite si celle-ci a en elle les forces et les moyens, les capacit&#233;s et la conscience pour le r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons tout de suite que nous estimons l'ancien syst&#232;me socio-&#233;conomique, l'ancien mode de production, compl&#232;tement mort, incapable historiquement de s'en sortir, non pas du fait d'accidents ou de mauvaises politiques gouvernementales ni de mauvais comportements individuels des capitalistes, ni du fait de d&#233;fauts de l'humanit&#233;, mais &#224; cause du succ&#232;s du capitalisme qui d&#233;passe ainsi les capacit&#233;s d'absorption du march&#233; capitaliste des capitaux. En somme, il y a trop de capitaux par rapport aux investissements possibles et plus le syst&#232;me perdure gr&#226;ce aux efforts giantesques des gouvernants des Etats nationaux les plus riches et des banques centrales, plus le grand capital grandit plus le probl&#232;me s'aggrave. Tous les autres probl&#232;mes comme ruine des Etats, ruine sociale, ruine &#233;conomique, guerres se d&#233;veloppant partout, fascismes et dictatures de m&#234;me, crise &#233;cologique, crise sanitaire, etc, tout cela d&#233;coule de la chute irr&#233;m&#233;diable du syst&#232;me. Ce n'est pas N&#233;tanyahou, Trump, Modi et autres Poutine qui font la crise mondiale, leurs politiques fascistes n'en sont que la cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avons-nous des solutions face &#224; la ruine des Etats, la ruine des &#233;conomies, la catastrophe humanitaire, sociale, sanitaire, et plus fondamentalement &#224; la fin du capitalisme ? Cela signifie bien s&#251;r, l'humanit&#233; peut-elle porter en elle un nouveau syst&#232;me, un nouveau mode de production ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, pour sa part, r&#233;pondait dans sa Pr&#233;face &#224; la &#171; Contribution de la Critique de l'&#233;conomie politique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'humanit&#233; ne se pose jamais que des probl&#232;mes qu'elle est capable de r&#233;soudre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le passage d'o&#249; est extrait cette citation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mes recherches aboutirent &#224; ce r&#233;sultat que les rapports juridiques - ainsi que les formes de l'&#201;tat - ne peuvent &#234;tre compris ni par eux-m&#234;mes, ni par la pr&#233;tendue &#233;volution g&#233;n&#233;rale de l'esprit humain, mais qu'ils pren&#172;nent au contraire leurs racines dans les conditions d'existence mat&#233;rielles dont Hegel, &#224; l'exem&#172;ple des Anglais et des Fran&#231;ais du XVIII&#176; si&#232;cle, comprend l'ensemble sous le nom de &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, et que l'anatomie de la soci&#233;t&#233; civile doit &#234;tre cherch&#233;e &#224; son tour dans l'&#233;co&#172;no&#172;mie politique. J'avais commenc&#233; l'&#233;tude de celle-ci &#224; Paris et je la continuai &#224; Bruxelles o&#249; j'avais &#233;migr&#233; &#224; la suite d'un arr&#234;t&#233; d'expulsion de M. Guizot. Le r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral auquel j'arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur &#224; mes &#233;tudes, peut bri&#232;vement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rap&#172;ports d&#233;termin&#233;s, n&#233;cessaires, ind&#233;pendants de leur volont&#233;, rapports de production qui corres&#172;pondent &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppement d&#233;termin&#233; de leurs forces productives mat&#233;&#172;rielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;, la base concr&#232;te sur laquelle s'&#233;l&#232;ve une superstructure juridique et politique et &#224; la&#172;quel&#172;le correspondent des formes de conscience sociales d&#233;termin&#233;es. Le mode de production de la vie mat&#233;rielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en g&#233;n&#233;ral. Ce n'est pas la conscience des hommes qui d&#233;termine leur &#234;tre ; c'est inversement leur &#234;tre social qui d&#233;termine leur conscience. &#192; un certain stade de leur d&#233;veloppement, les forces productives mat&#233;rielles de la soci&#233;t&#233; entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propri&#233;t&#233; au sein desquels elles s'&#233;taient mues jusqu'alors. De formes de d&#233;veloppement des forces productives qu'ils &#233;taient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s'ouvre une &#233;poque de r&#233;volution sociale. Le changement dans la base &#233;conomique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'&#233;norme superstructure. Lorsqu'on consid&#232;re de tels bouleversements, il faut toujours distin&#172;guer entre le bouleversement mat&#233;riel - qu'on peut constater d'une mani&#232;re scientifiquement rigoureuse - des conditions de production &#233;conomiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes id&#233;ologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le m&#232;nent jusqu'au bout. Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'id&#233;e qu'il se fait de lui-m&#234;me, on ne saurait juger une telle &#233;poque de boule&#172;ver&#172;se&#172;ment sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie mat&#233;rielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia&#172;les et les rapports de production. Une formation sociale ne dispara&#238;t jamais avant que soient d&#233;velopp&#233;es toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et sup&#233;rieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence mat&#233;rielles de ces rapports soient &#233;closes dans le sein m&#234;me de la vieille soci&#233;t&#233;. C'est pourquoi l'humanit&#233; ne se pose jamais que des probl&#232;mes qu'elle peut r&#233;soudre, car, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, il se trouvera toujours, que le probl&#232;me lui-m&#234;me ne surgit que l&#224; o&#249; les conditions mat&#233;rielles pour le r&#233;soudre existent d&#233;j&#224; ou du moins sont en voie de devenir. &#192; grands traits, les modes de production asiatique, antique, f&#233;odal et bourgeois moderne peuvent &#234;tre qualifi&#233;s d'&#233;poques progressives de la formation sociale &#233;conomique. Les rap&#172;ports de production bourgeois sont la derni&#232;re forme contradictoire du processus de produc&#172;tion sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui na&#238;t des conditions d'existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se d&#233;veloppent au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise cr&#233;ent en m&#234;me temps les conditions mat&#233;rielles pour r&#233;soudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'ach&#232;&#172;ve donc la pr&#233;histoire de la soci&#233;t&#233; humaine. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels rajoutait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les forces socialement agissantes agissent tout &#224; fait comme les forces de la nature : aveugles, violentes, destructrices tant que nous ne les connaissons pas et ne comptons pas avec elles. Mais une fois que nous les avons reconnues, que nous en avons saisi l'activit&#233;, la direction, les effets, il ne d&#233;pend plus que de nous de les soumettre de plus en plus &#224; notre volont&#233; et d'atteindre nos buts gr&#226;ce &#224; elles. Et cela est particuli&#232;rement vrai des &#233;normes forces productives actuelles. Tant que nous nous refusons obstin&#233;ment &#224; en comprendre la nature et le caract&#232;re, - et c'est contre cette compr&#233;hension que regimbent le mode de production capitaliste et ses d&#233;fenseurs, - ces forces produisent tout leur effet malgr&#233; nous, contre nous, elles nous dominent, comme nous l'avons expos&#233; dans le d&#233;tail. Mais une fois saisies dans leur nature, elles peuvent, dans les mains des producteurs associ&#233;s, se transformer de ma&#238;tresses d&#233;moniaques en servantes dociles. C'est l&#224; la diff&#233;rence qu'il y a entre la force destructrice de l'&#233;lectricit&#233; dans l'&#233;clair de l'orage et l'&#233;lectricit&#233; dompt&#233;e du t&#233;l&#233;graphe et de l'arc &#233;lectrique, la diff&#233;rence entre l'incendie et le feu agissant au service de l'homme. En traitant de la m&#234;me fa&#231;on les forces productives actuelles apr&#232;s avoir enfin reconnu leur nature, on voit l'anarchie sociale de la production remplac&#233;e par une r&#233;glementation socialement planifi&#233;e de la production, selon les besoins de la communaut&#233; comme de chaque individu ; ainsi, le mode capitaliste d'appropriation, dans lequel le produit asservit d'abord le producteur, puis l'appropriateur lui-m&#234;me, est remplac&#233; par le mode d'appropriation des produits fond&#233; sur la nature des moyens modernes de production eux-m&#234;mes : d'une part appropriation sociale directe comme moyen d'entretenir et de d&#233;velopper la production, d'autre part appropriation individuelle directe comme moyen d'existence et de jouissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
En transformant de plus en plus la grande majorit&#233; de la population en prol&#233;taires, le mode de production capitaliste cr&#233;e la puissance qui, sous peine de p&#233;rir, est oblig&#233;e d'accomplir ce bouleversement. En poussant de plus en plus &#224; la transformation des grands moyens de production socialis&#233;s en propri&#233;t&#233; d'&#201;tat, il montre lui-m&#234;me la voie &#224; suivre pour accomplir ce bouleversement. Le prol&#233;tariat s'empare du pouvoir d'&#201;tat et transforme les moyens de production d'abord en propri&#233;t&#233; d'&#201;tat. Mais par l&#224;, il se supprime lui-m&#234;me en tant que prol&#233;tariat, il supprime toutes les diff&#233;rences de classe et oppositions de classes et &#233;galement l'&#201;tat en tant qu'&#201;tat. La soci&#233;t&#233; ant&#233;rieure, &#233;voluant dans des oppositions de classes, avait besoin de l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire, dans chaque cas, d'une organisation de la classe exploiteuse pour maintenir ses conditions de production ext&#233;rieures, donc surtout pour maintenir par la force la classe exploit&#233;e dans les conditions d'oppression donn&#233;es par le mode de production existant (esclavage, servage, salariat). L'&#201;tat &#233;tait le repr&#233;sentant officiel de toute la soci&#233;t&#233;, sa synth&#232;se en un corps visible, mais cela il ne l'&#233;tait que dans la mesure o&#249; il &#233;tait l'&#201;tat de la classe qui, pour son temps, repr&#233;sentait elle-m&#234;me toute la soci&#233;t&#233; : dans l'antiquit&#233;, &#201;tat des citoyens propri&#233;taires d'esclaves ; au moyen &#226;ge, de la noblesse f&#233;odale ; &#224; notre &#233;poque, de la bourgeoisie. Quand il finit par devenir effectivement le repr&#233;sentant de toute la soci&#233;t&#233;, il se rend lui-m&#234;me superflu. D&#232;s qu'il n'y a plus de classe sociale &#224; tenir dans l'oppression ; d&#232;s que, avec la domination de classe et la lutte pour l'existence individuelle motiv&#233;e par l'anarchie ant&#233;rieure de la production, sont &#233;limin&#233;s &#233;galement les collisions et les exc&#232;s qui en r&#233;sultent, il n'y a plus rien &#224; r&#233;primer qui rende n&#233;cessaire un pouvoir de r&#233;pression, un &#201;tat. Le premier acte dans lequel l'&#201;tat appara&#238;t r&#233;ellement comme repr&#233;sentant de toute la soci&#233;t&#233;, - la prise de possession des moyens de production au nom de la soci&#233;t&#233;, - est en m&#234;me temps son dernier acte propre en tant qu'&#201;tat. L'intervention d'un pouvoir d'&#201;tat dans des rapports sociaux devient superflue dans un domaine apr&#232;s l'autre, et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place &#224; l'administration des choses et &#224; la direction des op&#233;rations de production. L'&#201;tat n'est pas &#8220; aboli &#8221;, il s'&#233;teint. Voil&#224; qui permet de juger la phrase creuse sur l' &#8220; &#201;tat populaire libre [7] &#8221;, tant du point de vue de sa justification temporaire comme moyen d'agitation que du point de vue de son insuffisance d&#233;finitive comme id&#233;e scientifique ; de juger &#233;galement la revendication de ceux qu'on appelle les anarchistes, d'apr&#232;s laquelle l'&#201;tat doit &#234;tre aboli du jour au lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'apparition historique du mode de production capitaliste, la prise de possession de l'ensemble des moyens de production par la soci&#233;t&#233; a bien souvent flott&#233; plus ou moins vaguement devant les yeux tant d'individus que de sectes enti&#232;res, comme id&#233;al d'avenir. Mais elle ne pouvait devenir possible, devenir une n&#233;cessit&#233; historique qu'une fois donn&#233;es les conditions mat&#233;rielles de sa r&#233;alisation. Comme tout autre progr&#232;s social, elle devient praticable non par la compr&#233;hension acquise du fait que J'existence des classes contredit &#224; la justice, &#224; l'&#233;galit&#233;, etc., non par la simple volont&#233; d'abolir ces classes, mais par certaines conditions &#233;conomiques nouvelles. La scission de la soci&#233;t&#233; en une classe exploiteuse et une classe exploit&#233;e, en une classe dominante et une classe opprim&#233;e &#233;tait une cons&#233;quence n&#233;cessaire du faible d&#233;veloppement de la production dans le pass&#233;. Tant que le travail total de la soci&#233;t&#233; ne fournit qu'un rendement exc&#233;dant &#224; peine ce qui est n&#233;cessaire pour assurer strictement l'existence de tous, tant que le travail r&#233;clame donc tout ou presque tout le temps de la grande majorit&#233; des membres de la soci&#233;t&#233;, celle-ci se divise n&#233;cessairement en classes. A c&#244;t&#233; de cette grande majorit&#233;, exclusivement vou&#233;e &#224; la corv&#233;e du travail, il se forme une classe lib&#233;r&#233;e du travail directement productif, qui se charge des affaires communes de la soci&#233;t&#233; : direction du travail, affaires politiques, justice, science, beaux-arts, etc. C'est donc la loi de la division du travail qui est &#224; la base de la division en classes. Cela n'emp&#234;che pas d'ailleurs que cette division en classes n'ait &#233;t&#233; accomplie par la violence et le vol, la ruse et la fraude, et que la classe dominante, une fois mise en selle, n'ait jamais manqu&#233; de consolider sa domination aux d&#233;pens de la classe travailleuse et de transformer la direction sociale en exploitation des masses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5349&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5349&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'&#233;taient les anciens modes de production avant le capitalisme&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/00/km18570000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/00/km18570000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5406&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que la lutte des classes ne peut poser le probl&#232;me de la suppression d'un ancien mode de production que lorsque celui-ci a &#233;puis&#233; ses possibilit&#233;s. La base d&#233;terminante des luttes sociales est la situation objective de la soci&#233;t&#233;, pas seulement celle de la classe exploit&#233;e mais d'abord et avant tout celle de la classe exploiteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question &#171; sommes-nous, nous prol&#233;taires, capables de r&#233;soudre le probl&#232;me &#187;, il faut d'abord discuter &#224; fond celle-ci : &#171; quel est le probl&#232;me aujourd'hui pos&#233; &#224; l'humanit&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un probl&#232;me pos&#233; par un gouvernement national quelconque, pos&#233; dans un seul pays ou une seule r&#233;gion du monde, pos&#233; &#224; une seule cat&#233;gorie ou classe sociale, mais &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'humanit&#233; ne se pose jamais que des probl&#232;mes qu'elle est capable de r&#233;soudre &#187; affirmait Karl Marx. Mais qu'en penser aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3102&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;crivions ci-dessus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les opprim&#233;s ne se voient pas capables de grandes transformations historiques, craignent d'&#234;tre pris dans des &#233;v&#233;nements sanglants et ne parviennent pas &#224; imaginer leurs fr&#232;res de classe comme des dirigeants d'une nouvelle soci&#233;t&#233;. Les militants ouvriers sont sans cesse confront&#233;s &#224; ce niveau de conscience de leur classe qui ne d&#233;passe pas spontan&#233;ment le niveau r&#233;formiste. Sans les &#233;v&#233;nements objectifs, sans les conditions n&#233;cessaires de la crise de la domination de classe, il serait impossible aux exploit&#233;s de jouer leur r&#244;le historique. Inutile de s'en inqui&#233;ter, &#233;crit donc Karl Marx, quand ce sera le moment pour les prol&#233;taires de s'emparer des id&#233;es r&#233;volutionnaires, les conditions sociales et politiques d'une autre soci&#233;t&#233; seront m&#251;res&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile aussi, pour les communistes r&#233;volutionnaires, de s'adapter m&#234;me momentan&#233;ment au r&#233;formisme ambiant ou de ressentir le poids des id&#233;es r&#233;actionnaires qui ne manquent pas d'influencer aussi la classe ouvri&#232;re. Ce type de raisonnements ne peut que faire reculer les raisonnements et les questionnements des r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx propose une autre attitude : s'en tenir &#224; rechercher le sens de la n&#233;cessit&#233; historique, les fondements de la crise de la domination de la classe capitaliste dans les contradictions du syst&#232;me d'exploitation et la d&#233;fense d'une politique d'avenir correspondant &#224; la remise en cause de cette soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les rapports de production bourgeois sont la derni&#232;re forme contradictoire du processus de production sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui na&#238;t des conditions d'existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se d&#233;veloppent au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise cr&#233;ent en m&#234;me temps les conditions mat&#233;rielles pour r&#233;soudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'ach&#232;ve donc la pr&#233;histoire de la soci&#233;t&#233; humaine. &#187; &#233;crit Karl Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#234;tre s&#251;r que le mode de production capitaliste est mort ? Bien des gens r&#233;pondront que non, il fonctionne toujours puisque la classe capitaliste a toujours le pouvoir d'Etat partout et est capable partout de nous &#233;craser militairement. Mais cela est faux. Un syst&#232;me d&#233;pass&#233; par l'Histoire peut s'accrocher au pouvoir un certain temps. Par contre, l'humanit&#233; ne peut passer &#224; un mode de production sup&#233;rieur que si l'ancien mode de production est historiquement d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question de la p&#233;rennit&#233; du syst&#232;me ou non, il faut examiner non le point de vue des exploit&#233;s mais celui des exploiteurs. Ces derniers font-ils confiance &#224; l'avenir des investissements productifs ? S'ils le faisaient, les sp&#233;culations sur les dettes du type &#171; subprimes &#187;, les cryptomonnaies (des fausses monnaies qui ne sont fond&#233;es que sur l'espoir que des gens vont en acheter de plus en plus, et autres sp&#233;culations folles monteraient-elles en fl&#232;che, la valorisation de l'or serait-elle sans cesse montante &#233;galement, les banques nationales et centrales devraient-elles sans cesse intervenir dans l'&#233;conomie pour sauver trusts, banques et &#233;tablissements financiers ainsi que bourses et assurances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le fait que le grand capital d&#233;tourne une partie croissante des capitaux hors de la sph&#232;re productive signifie un arr&#234;t de mort du syst&#232;me ? Voici la r&#233;ponse d'un &#233;conomiste marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie dire que &#171; le capitalisme est mort &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie qu'il a tellement r&#233;ussi qu'il d&#233;passe d&#233;sormais ses propres capacit&#233;s d'absorption de tels moyens financiers produits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire que sa r&#233;ussite nous conduit &#224; devoir absolument passer au socialisme ou tomber dans la pire des barbaries qui d&#233;truirait tous les moyens &#233;conomiques produits pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons bien que la plupart des gens ignorent tout &#224; fait que l'humanit&#233; est aujourd'hui bloqu&#233;e par un probl&#232;me fondamental pour le syst&#232;me capitaliste et qui s'appelle &#171; suraccumulation du capital &#187; mais ce n'est pas l'ignorance, quand elle est g&#233;n&#233;rale qui devient pour autant une v&#233;rit&#233;. La population ignore que le capitalisme est mort en tant que syst&#232;me dynamique (comme dit l'homme de la rue, tout continue de fonctionner puisque je continue de boire mon caf&#233;), mais syst&#232;me est quand m&#234;me&#8230; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique du capitalisme se heurte &#224; ses propres limites : son succ&#232;s lui-m&#234;me &#233;touffe dans les limites de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes reconnaissent-ils qu'il y a une suraccumulation dramatique du grand capital qui n'est plus un simple ph&#233;nom&#232;ne conjoncturel li&#233; aux r&#233;cessions momentan&#233;es mais permanente et sans cesse croissante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/geler-les-investissements-le-mauvais-reflexe-des-entreprises-en-crise-1216771&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/geler-les-investissements-le-mauvais-reflexe-des-entreprises-en-crise-1216771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://trends.levif.be/opinions/chroniques/la-prochaine-crise-financiere-une-menace-systemique-en-gestation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://trends.levif.be/opinions/chroniques/la-prochaine-crise-financiere-une-menace-systemique-en-gestation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels disaient-il que le capitalisme ne pouvait pas se d&#233;truire lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3413&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3413&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'effondrement du capitalisme ne voudra pas dire que l'on va passer automatiquement &#224; un syst&#232;me sup&#233;rieur. La chute de l'empire romain n'a pas &#233;t&#233; suivie d'une soci&#233;t&#233; sup&#233;rieure&#8230; La plupart des effondrements de civilisations ont &#233;t&#233; suivies de destructions plus souvent que d'avanc&#233;es historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas seulement de possibilit&#233;s ou pas de faire progresser l'humanit&#233;. C'est une question de vie ou de mort. Le pouvoir aux travailleurs et le socialisme sont des n&#233;cessit&#233;s vitales pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des faux r&#233;volutionnaires sont capables de dire qu'il faudra (un jour) renverser le capitalisme sans dire quelles sont les conditions objectives qui rendent cela possible et m&#234;me n&#233;cessaire, indispensable, vital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ! Nous allons in&#233;luctablement vivre l'effondrement final du capitalisme mais t&#226;chons aussi de vivre la mise en place du pouvoir aux travailleurs, dictature du prol&#233;tariat organis&#233; en soviets, indispensable comme transition au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif num&#233;ro un des travailleurs r&#233;volutionnaires est plus que jamais les soviets et leur prise du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, nous restons les h&#233;ritiers de Barta (contrairement &#224; Lutte ouvri&#232;re)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous restons fid&#232;les au mot-d'ordre : LES SOVIETS PARTOUT ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta, novembre 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les COMIT&#201;S D'ACTION d'usine et de quartier, les MILICES OUVRI&#200;RES et l'armement des travailleurs, voil&#224; le seul gouvernement du peuple par le peuple lui-m&#234;me ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta, d&#233;cembre 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/tract_120144.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/tract_120144.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Oui, le socialisme est une solution &#224; tous les probl&#232;mes pos&#233;s par l'effondrement du capitalisme !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4924&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, des investissements non rentables d'un point de vue capitaliste peuvent l'&#234;tre d'un point de vue de classe prol&#233;tarien ou d'un point de vue socialiste. Et inversement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, pour supprimer la guerre, le mieux est de supprimer les arm&#233;es permanentes de l'Etat capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, pour en finir avec la destruction de l'&#233;cologie de la Terre, il faut en finir avec l'exploitation de la Terre d'un point de vue capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, une soci&#233;t&#233; socialiste supprimera le nationalisme, qu'il soit guerrier ou pas, fasciste ou pas, supprimera le racisme, supprimera l'opposition entre hommes et femmes, supprimera l'exploitation de l'homme, de la femme et de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'humanit&#233; a des solutions pour r&#233;soudre ses probl&#232;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les hommes n'en ont pas encore conscience, la r&#233;volution sociale pour renverser le capitalisme est &#224; l'ordre du jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4687&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4687&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4440&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3412&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3412&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>What Future ? Capitalism ? Socialism ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8335</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8335</guid>
		<dc:date>2025-08-08T04:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;What Future ? Capitalism ? Socialism ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Capitalism's &#034;recovery plans&#034; are a symptom of the impending death of the old dominant socio-economic system in artificial survival mode. &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5841&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
When big capital no longer bets on... capitalism &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8286&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
In the face of the current (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;English&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;What Future ? Capitalism ? Socialism ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Capitalism's &#034;recovery plans&#034; are a symptom of the impending death of the old dominant socio-economic system in artificial survival mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5841&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5841&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When big capital no longer bets on... capitalism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8286&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8286&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the face of the current collapse of capitalism, the class politics of the proletariat leads it to take the leadership of the working people&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5907&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5907&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is there a future for human society that allows us to escape from the sinking capitalist world ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article2671&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article2671&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers' power and socialism are vital necessities for humanity&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8073&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8073&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Big capital is still afraid... of communism !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article7912&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article7912&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For Marx and Engels, what is communism ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1833&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1833&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalism is over ! Socialism or barbarism !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8166&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8166&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Are the ruling classes really capable of plunging us into the barbarity of a third imperialist world war&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4436&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4436&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;End of capitalism or of humanity, we must choose..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6311&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6311&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To defend itself, the world of work must govern itself !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6004&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6004&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Question du Programme de l'Internationale Communiste</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7425</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7425</guid>
		<dc:date>2025-06-09T22:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Question du Programme de l'Internationale Communiste &lt;br class='autobr' /&gt;
(Remarques pr&#233;liminaires) &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Radek &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce que pensent certains imb&#233;ciles, les membres du Parti bolchevik ne subissent pas la r&#232;gle du perinde ac cadaver (&#034;[well-disciplined] like a corpse&#034;) ; ils discutent au contraire avec passion toutes les questions pos&#233;es par le mouvement r&#233;volutionnaire. Au 4&#176; Congr&#232;s mondial, Boukharine et Radek se trouv&#232;rent momentan&#233;ment en d&#233;saccord sur le point de savoir si le &#171; programme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique68" rel="directory"&gt;1 - 0 - Le programme r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Question du Programme de l'Internationale Communiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Remarques pr&#233;liminaires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Radek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que pensent certains imb&#233;ciles, les membres du Parti bolchevik ne&lt;br class='autobr' /&gt;
subissent pas la r&#232;gle du perinde ac cadaver (&#034;[well-disciplined] like a corpse&#034;) ; ils&lt;br class='autobr' /&gt;
discutent au contraire avec passion toutes les questions pos&#233;es par le mouvement&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volutionnaire. Au 4&#176; Congr&#232;s mondial, Boukharine et Radek se trouv&#232;rent&lt;br class='autobr' /&gt;
momentan&#233;ment en d&#233;saccord sur le point de savoir si le &#171; programme de transition &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
devait trouver place dans le Programme g&#233;n&#233;ral et th&#233;orique de l'Internationale : la&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;l&#233;gation russe, apr&#232;s un copieux d&#233;bat, donna tort &#224; Boukharine, qui le prit de fort&lt;br class='autobr' /&gt;
bonne humeur. Ces &#171; remarques pr&#233;liminaires &#187; de Radek, &#233;crites pour l'intimit&#233; du&lt;br class='autobr' /&gt;
Congr&#232;s et non destin&#233;es &#224; la publicit&#233;, aideront nos camarades &#224; s'orienter dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la premi&#232;re s&#233;ance de la Commission du Programme, une discussion g&#233;n&#233;rale eut lieu&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la question de savoir si un programme de l'Internationale Communiste est possible et&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaire, ainsi que sur les points qu'il devait contenir. J'ai essay&#233; rie pr&#233;senter mon point&lt;br class='autobr' /&gt;
de vue par des remarques introductives. Naturellement, elles ne pouvaient avoir la forme&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;cise d'un expos&#233; &#233;crit. Les explications qui suivent sont plus exactes que ne peut l'&#234;tre la&lt;br class='autobr' /&gt;
parole, mais l'argumentation n'en est pas assez ample ni d&#233;taill&#233;e, d&#233;faut qui sera r&#233;par&#233; par&lt;br class='autobr' /&gt;
un article de l'Internationale Communiste. J'envoie ces remarques aux membres de la&lt;br class='autobr' /&gt;
Commission du programme et aux camarades qui avaient demand&#233; &#224; la r&#233;daction de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Internationale Communiste de se prononcer au plus t&#244;t dans ses colonnes sur cette&lt;br class='autobr' /&gt;
question de la plus haute importance. Ces remarques ne sont pas destin&#233;es &#224; la publicit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais elles doivent acc&#233;l&#233;rer et faciliter la discussion de la Commission du Programme en&lt;br class='autobr' /&gt;
formulant nettement une nuance des conceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un programme de l'Internationale : est-il possible et n&#233;cessaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale n'a point jusqu'&#224; pr&#233;sent de programme &#233;crit, c'est-&#224;-dire de formule de&lt;br class='autobr' /&gt;
ses conceptions g&#233;n&#233;rales des forces actives de l'&#233;volution du capitalisme au communisme&lt;br class='autobr' /&gt;
et de la voie que le Comintern se propose de suivre : elle a cependant pr&#233;cis&#233; son point de&lt;br class='autobr' /&gt;
vue, le d&#233;finissant clairement dans beaucoup de r&#233;solutions isol&#233;es. Il suffit de rappeler les&lt;br class='autobr' /&gt;
th&#232;ses de L&#233;nine au premier Congr&#232;s du Comintern, l'appel-programme du m&#234;me Congr&#232;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
les th&#232;ses du deuxi&#232;me sur le parlementarisme, sur les syndicats et le r&#244;le du Parti, les&lt;br class='autobr' /&gt;
th&#232;ses du 3e Congr&#232;s sur la tactique. Dans la mesure o&#249; il est donc question de la conception&lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;rale de r&#233;volution du capitalisme au Communisme, nous n'avons plus qu'&#224; codifier, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;unir ; ce travail est n&#233;cessaire et doit &#234;tre accompli. Il est d'ailleurs facile, car les questions&lt;br class='autobr' /&gt;
relatives au caract&#232;re g&#233;n&#233;ral de l'&#233;poque de la r&#233;volution sociale ne provoquent pas la&lt;br class='autobr' /&gt;
moindre divergence dans nos rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'aura fait ainsi que le plus facile du travail. Tous les Partis Communistes se sont&lt;br class='autobr' /&gt;
rendu compte, au cours de leur pratique, que les conceptions g&#233;n&#233;rales de l'&#233;poque ne&lt;br class='autobr' /&gt;
suffisent gu&#232;re ni dans leur agitation et leur propagande, ni dans leur action politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;poque de la r&#233;volution sociale sur l'&#233;chelle mondiale, &#233;poque qui durera&lt;br class='autobr' /&gt;
vraisemblablement des dizaines d'ann&#233;es, ne permet pas, ne serait-ce que par sa dur&#233;e, de&lt;br class='autobr' /&gt;
se contenter des perspectives g&#233;n&#233;rales ; elle place les Partis Communistes devant un&lt;br class='autobr' /&gt;
certain nombre de questions concr&#232;tes qu'ils avaient r&#233;solues jusqu'&#224; pr&#233;sent d'une mani&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
purement empirique ; telles sont les questions &#233;conomiques et politiques comme, par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple, l'attitude &#224; l'&#233;gard de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie bourgeoise, &#224; l'&#233;gard de la&lt;br class='autobr' /&gt;
politique &#233;conomique et des imp&#244;ts de la bourgeoisie, &#224; l'&#233;gard de la politique mondiale du&lt;br class='autobr' /&gt;
capitalisme. (Voyez les diff&#233;rends entre les Partis fran&#231;ais et allemand sur la question des&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;parations, la question de la politique &#233;trang&#232;re de la Russie Sovi&#233;tique.) Sons toutes ces&lt;br class='autobr' /&gt;
questions, il y a celle du caract&#232;re particulier de la phase actuelle du d&#233;veloppement de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volution mondiale, celle de savoir si nous devons lancer des revendications de transition&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne concr&#233;tisent nullement la dictature du prol&#233;tariat, comme, par exemple, les&lt;br class='autobr' /&gt;
revendications concr&#232;tes du programme de Spartacus, mais qui doivent mener la classe&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvri&#232;re &#224; la lutte qui n'aura pour but direct la Dictature qu'apr&#232;s avoir &#233;t&#233; approfondie et&lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Pouvons-nous r&#233;soudre ces questions d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale valable pour tous&lt;br class='autobr' /&gt;
les pays, ou cela est-il impossible en raison de la diff&#233;rence des conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas le moindre doute que si le d&#233;veloppement mondial suit une direction g&#233;n&#233;rale&lt;br class='autobr' /&gt;
unique, permettant facilement de caract&#233;riser la voie g&#233;n&#233;rale du capitalisme au&lt;br class='autobr' /&gt;
communisme, il se r&#233;alise cependant en des conditions toutes sp&#233;ciales dans les diverses&lt;br class='autobr' /&gt;
parties du monde. Les diff&#233;rents pays se trouvent &#224; des degr&#233;s vari&#233;s du d&#233;veloppement de&lt;br class='autobr' /&gt;
la r&#233;volution mondiale, ils placent les Partis Communistes devant des t&#226;ches diverses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre est la situation des Partis Communistes en Am&#233;rique et en Angleterre, autre en&lt;br class='autobr' /&gt;
Allemagne, en Italie, autre encore en France, dans les pays Scandinaves, dans les pays&lt;br class='autobr' /&gt;
balkaniques et autres, enfin, en Russie sovi&#233;tique. Il est clair qu'il est impossible d'&#233;tablir&lt;br class='autobr' /&gt;
dans tous leurs d&#233;tails les mots d'ordre de combat pour tous ces pays, de se servir, dans toute&lt;br class='autobr' /&gt;
situation, des m&#234;mes revendications comme d'un levier pour la mobilisation de la classe&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvri&#232;re. Mais, en principe, les questions qui se posent devant les Partis Communistes dans&lt;br class='autobr' /&gt;
tous les pays, sont les m&#234;mes. Ce sont celles de savoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Pouvons-nous lancer aux gouvernements bourgeois des revendications de transition&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne correspondent pas du tout &#224; ce que nous exigerions si nous tenions le pouvoir en nos&lt;br class='autobr' /&gt;
mains ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Quelle attitude devons-nous avoir &#224; l'&#233;gard des questions du capitalisme d'Etat,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elles surgissent gr&#226;ce aux tendances monopolisatrices des trusts capitalistes ou gr&#226;ce &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
notre lutte d&#233;fensive contre les nouveaux imp&#244;ts (par exemple, le mot d'ordre de saisie de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'or en Allemagne) ou, enfin, gr&#226;ce &#224; notre lutte contre l'abaissement des salaires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
(Revendication du pool national dans les mines anglaises, en r&#233;ponse &#224; la tentative des rois&lt;br class='autobr' /&gt;
du charbon de r&#233;duire les salaires selon le profit de chaque mine.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Quelle doit &#234;tre notre attitude devant l'offensive de la r&#233;action ? Ici se pose la question&lt;br class='autobr' /&gt;
de la coalition ; nous repoussons la coalition avec la grande bourgeoisie, mais la repoussons-&lt;br class='autobr' /&gt;
nous aussi avec le paysan, qui lutte contre la bourgeoisie de la ville, comme par exemple en&lt;br class='autobr' /&gt;
Bulgarie, quoiqu'il ne s'agisse nullement d'un paysan mi-prol&#233;taris&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La question du front unique, c'est-&#224;-dire, politiquement parlant, du bloc avec les Partis&lt;br class='autobr' /&gt;
social-d&#233;mocrates et les syndicats, ainsi que la question du gouvernement ouvrier, rentrent&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ce chapitre. On pourrait &#233;num&#233;rer toute une s&#233;rie de questions analogues, par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple la question militaire, extr&#234;mement diff&#233;rente dans les divers pays ; toutes, elles&lt;br class='autobr' /&gt;
soul&#232;vent la question de savoir si, outre les revendications g&#233;n&#233;rales &#233;conomiques de &lt;br class='autobr' /&gt;
transition de capitalisme d'&#233;tat et de contr&#244;le de l'industrie par les organisations ouvri&#232;res, il&lt;br class='autobr' /&gt;
convient d'&#233;tablir aussi des revendications politiques correspondantes de transition telles&lt;br class='autobr' /&gt;
que celle de gouvernement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;pond souvent que ce sont l&#224; des questions de tactique et non de programme. Nous&lt;br class='autobr' /&gt;
n'acceptons pas cette r&#233;ponse. Une s&#233;paration aussi tranch&#233;e des questions de tactique de&lt;br class='autobr' /&gt;
celles de programme constituaient jusqu'&#224; pr&#233;sent une des caract&#233;ristiques de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'opportunisme, qui veillait volontiers &#224; la &#171; puret&#233; &#187; du programme pour se permettre&lt;br class='autobr' /&gt;
toutes sortes de saloperies sur le terrain du travail pratique, rendant ainsi le programme&lt;br class='autobr' /&gt;
illusoire et sans force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude de la classe ouvri&#232;re &#224; l'&#233;gard des autres classes ou celle de l'avant-garde du&lt;br class='autobr' /&gt;
prol&#233;tariat, du Parti &#224; l'&#233;gard de la classe ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral, voil&#224; des questions de&lt;br class='autobr' /&gt;
tactique. Si la tactique ne doit pas d&#233;g&#233;n&#233;rer en un empirisme plein de contradictions, il faut&lt;br class='autobr' /&gt;
la baser sur une conception claire de la sp&#233;cificit&#233; de la situation g&#233;n&#233;rale, dans laquelle se&lt;br class='autobr' /&gt;
trouve le Comintern dans la p&#233;riode donn&#233;e entre la deuxi&#232;me et la troisi&#232;me vague de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre programme doit donc fournir au Comintern, dans son ensemble et &#224; ses divers&lt;br class='autobr' /&gt;
Partis, la possibilit&#233; de prendre sans h&#233;sitation une attitude conforme aux principes, c'est-&#224;-&lt;br class='autobr' /&gt;
dire aux int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la classe ouvri&#232;re dans les questions concr&#232;tes, qui se&lt;br class='autobr' /&gt;
modifient, surgissant sous une forme toujours nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il n'en sera ainsi que si, outre la caract&#233;ristique g&#233;n&#233;rale des tendances menant au&lt;br class='autobr' /&gt;
communisme, on pr&#233;sente, apr&#232;s la caract&#233;ristique de notre premier grand but de la&lt;br class='autobr' /&gt;
dictature du prol&#233;tariat et du r&#233;gime des Soviets, un tableau concret du d&#233;veloppement de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volution mondiale, des questions soulev&#233;es par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce tableau doivent &#234;tre caract&#233;ris&#233;es les tendances contradictoires ; les types et les&lt;br class='autobr' /&gt;
formes concr&#232;tes dans les divers pays ou groupes de pays ne doivent pas seulement &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
indiqu&#233;s par leurs noms communs, il faut, au contraire, les d&#233;crire aussi dans leurs&lt;br class='autobr' /&gt;
particularit&#233;s. De la sorte, le terrain sur lequel surgissent les questions de transition serait&lt;br class='autobr' /&gt;
clairement pr&#233;par&#233; et la m&#233;thode pour leur solution serait indiqu&#233;e. Et, alors, il ne resterait&lt;br class='autobr' /&gt;
plus, dans le programme, &#224; prendre une attitude que sur les principales questions concr&#232;tes&lt;br class='autobr' /&gt;
indiqu&#233;es plus haut. Cela suffirait parfaitement pour donner aux Partis Communistes un fil&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Ariane leur permettant de trouver la sortie du labyrinthe des tendances contradictoires,&lt;br class='autobr' /&gt;
des situations changeantes. Nous en venons ainsi &#224; la r&#233;ponse : ce n'est pas seulement la&lt;br class='autobr' /&gt;
caract&#233;ristique des tendances g&#233;n&#233;rales menant du capitalisme au communisme qui est&lt;br class='autobr' /&gt;
possible et n&#233;cessaire, mais aussi la caract&#233;ristique des voies particuli&#232;res du&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppement et des questions sp&#233;ciales devant lesquelles il place des Partis Communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu concret du programme de transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on aura non seulement d&#233;crit, mais aussi analys&#233; le cours suivi jusqu'&#224; pr&#233;sent par&lt;br class='autobr' /&gt;
la r&#233;volution mondiale, il faudra encore &#233;tablir les principaux mots d'ordre qui constituent,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans cette p&#233;riode de transition, comme les moyens de la mobilisation des masses ouvri&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
en vue de la lutte pour la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont, sur le terrain &#233;conomique, les mots d'ordre de capitalisme d'Etat et de contr&#244;le&lt;br class='autobr' /&gt;
de la production ; sur le terrain politique, dans les pays agricoles, ceux de gouvernement de&lt;br class='autobr' /&gt;
coalition avec les partis paysans d'opposition pour la victoire sur la bourgeoisie ; dans les&lt;br class='autobr' /&gt;
pays industriels, ceux du gouvernement ouvrier, c'est-&#224;-dire de coalition avec les Partis&lt;br class='autobr' /&gt;
social-d&#233;mocrates et les autres partis et organisations ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la premi&#232;re question, je n'ai pas besoin de la traiter ici en d&#233;tail ; je renvoie aux &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#232;ses sur les questions d'imp&#244;ts pendant l'&#233;poque du capitalisme consolid&#233; et pendant celle&lt;br class='autobr' /&gt;
de sa ruine &#187;. que la commission compos&#233;e des camarades Heckert, Koritschener, Skata,&lt;br class='autobr' /&gt;
Varga, Kuusinen et moi-m&#234;me avait &#233;labor&#233;es l'ann&#233;e derni&#232;re eu automne. Ces th&#232;ses sont&lt;br class='autobr' /&gt;
comment&#233;es dans l'article du camarade Varga sur les questions d'imp&#244;t, publi&#233; dans&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Internationale Communiste, ainsi que dans ma brochure, parue sous le pseudonyme &#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bremer &#187;, sur l'&#233;croulement de la bourgeoisie allemande et les questions les plus pressantes&lt;br class='autobr' /&gt;
du Parti Communiste allemand, et r&#233;imprim&#233;e dans l'Internationale Communiste. Cette&lt;br class='autobr' /&gt;
brochure analyse aussi le rapport de nos mots d'ordre &#233;conomiques de transition avec les&lt;br class='autobr' /&gt;
questions de gouvernement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques remarques succinctes que je voudrais placer ici : la ruine industrielle, le&lt;br class='autobr' /&gt;
chaos &#233;conomique croissant s'accompagnent de la cartellisation continue de l'industrie dans&lt;br class='autobr' /&gt;
tous les pays capitalistes. Cela met partout &#224; l'ordre du jour la question : monopole&lt;br class='autobr' /&gt;
capitaliste priv&#233; ou monopole d'&#233;tat ? Le monopole d'&#233;tat sons la domination de la&lt;br class='autobr' /&gt;
bourgeoisie, c'est le capitalisme d'&#233;tat, il signifie, en p&#233;riode de stabilisation de la&lt;br class='autobr' /&gt;
bourgeoisie, la consolidation de sa domination, mais un m&#234;me temps l'extension du front de&lt;br class='autobr' /&gt;
combat du prol&#233;tariat. A l'&#233;poque actuelle, o&#249; la domination de la bourgeoisie est sans cesse&lt;br class='autobr' /&gt;
min&#233;e, &#224; ses tendances de monopole priv&#233; correspondant simultan&#233;ment les tendances &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;tablissement du contr&#244;le de l'industrie par la classe ouvri&#232;re. Si la r&#233;volution mondiale se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppe avec lenteur, si la ruine de l'&#233;conomie capitaliste se poursuit lentement, la lutte&lt;br class='autobr' /&gt;
contre l'anarchie capitaliste, m&#234;me dans les cadres du capitalisme deviendra pour le&lt;br class='autobr' /&gt;
prol&#233;tariat une question vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se renforcera par la d&#233;fensive contre la charge des imp&#244;ts et de ces deux sources jaillira&lt;br class='autobr' /&gt;
la lutte pour la subordination de l'industrie &#224; l'&#233;tat et pour le contr&#244;le de l'industrie par les&lt;br class='autobr' /&gt;
organisations ouvri&#232;res. Dans les pays o&#249; l'industrie est peu d&#233;velopp&#233;e, cette question&lt;br class='autobr' /&gt;
acquiert une grande importance du point de vue des imp&#244;ts et de l'influence sur l&#232;s paysans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces revendications &#233;conomiques de transition am&#232;nent &#224; la question du pouvoir d'Etat,&lt;br class='autobr' /&gt;
car il n'y a pas de doute que la bourgeoisie prend dans la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre une&lt;br class='autobr' /&gt;
attitude tr&#232;s &#233;nergique envers les tendances de capitalisme d'&#233;tat. S'il n'est pas exclu en&lt;br class='autobr' /&gt;
th&#233;orie, que sous la pression du mouvement ouvrier des gouvernements capitalistes ou&lt;br class='autobr' /&gt;
social-d&#233;mocrates bourgeois puissent &#234;tre contraints de passer &#224; la politique du capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Etat, il est du moins tr&#232;s vraisemblable que les grandes luttes sociales qui se produisent&lt;br class='autobr' /&gt;
autour de cette question m&#232;neront dans bien des pays aux gouvernements de coalition&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvri&#232;re comme &#224; une &#233;tape sur la voie vers la dictature et le gouvernement des Soviets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans affirmer abstraitement que le d&#233;veloppement en Occident doive n&#233;cessairement&lt;br class='autobr' /&gt;
traverser partout celle &#233;tape des gouvernements ouvriers, nous avons toutefois beaucoup&lt;br class='autobr' /&gt;
de raisons d'aiguiller la lutte sur cette voie, car elle nous facilite au plus haut degr&#233; la&lt;br class='autobr' /&gt;
tactique du front g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces cadres, il est aussi facile de r&#233;soudre les questions de l'attitude &#224; regard de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;publique bourgeoise et de sa d&#233;fense, ainsi qu'a l'&#233;gard de la force arm&#233;e de l'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que, dans les pays o&#249; la situation n'est pas encore r&#233;volutionnaire, o&#249; la tendance &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
transformer l'ann&#233;e du service g&#233;n&#233;ral obligatoire en une arm&#233;e mercenaire pr&#233;domine&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la bourgeoise, nous devons d&#233;fendre le service militaire obligatoire pour tous, afin que&lt;br class='autobr' /&gt;
les ouvriers puissent conserver les armes, il est clair, par contre, que nous devons partout,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme corollaire du gouvernement ouvrier, lancer le mot d'ordre de milice ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque la p&#233;riode de transition actuelle est ainsi caract&#233;ris&#233;e, que les principales&lt;br class='autobr' /&gt;
revendications de transition sont &#233;tablies, le terrain est pr&#233;par&#233; pour les programmes&lt;br class='autobr' /&gt;
concrets de transition de chaque Parti du Comintern pour qui le programme de ce dernier&lt;br class='autobr' /&gt;
doit constituer comme une introduction obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains camarades objectent contre la conception ci-dessus expos&#233;e qu'elle pourrait&lt;br class='autobr' /&gt;
bien &#234;tre bient&#244;t d&#233;pass&#233;e par les faits, c'est-&#224;-dire par le cours plus rapide de la r&#233;volution&lt;br class='autobr' /&gt;
mondiale. Un cours pareil rendrait imm&#233;diatement le programme surann&#233; ; il ne faut donc&lt;br class='autobr' /&gt;
pas chercher &#224; g&#234;ner par le programme les sinuosit&#233;s et les m&#233;andres du d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, par exemple, le Parti Communiste russe a transform&#233; ses mesures de communisme&lt;br class='autobr' /&gt;
de guerre en un programme qui, au tournant historique actuel, ne formule plus nettement&lt;br class='autobr' /&gt;
les buts imm&#233;diats du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'on peut r&#233;pondre &#224; cela :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Dans sa pratique du communisme de guerre, le Parti Communiste de Russie avait&lt;br class='autobr' /&gt;
besoin d'un fil directeur, et c'e&#251;t &#233;t&#233; un plus grand malheur de ne l'avoir pas eu dans la lutte&lt;br class='autobr' /&gt;
que de l'avoir vu devenir surann&#233; avec le temps. Que ce fil directeur ait port&#233; le nom d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;solution de tactique, cela ne change rien au fait qu'il &#233;tait un programme du Parti. Mais&lt;br class='autobr' /&gt;
celle comparaison, outre qu'elle n'est pas fond&#233;e, n'a aucun rapport avec les questions qui&lt;br class='autobr' /&gt;
nous pr&#233;occupent ici. Le d&#233;veloppement de la r&#233;volution mondiale peut prendre un cours&lt;br class='autobr' /&gt;
plus rapide dans les temps prochains, mais seulement dans certains pays, notre programme&lt;br class='autobr' /&gt;
ne doit pas le perdre de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution mondiale ne saurait, elle, en aucun cas, triompher d'un seul coup.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi donc, si lent ou si rapide que soit le cours du d&#233;veloppement, nous avons besoin&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un programme du transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che d'un programme consiste &#224; tracer la d&#233;marcation entre les efforts d'un certain&lt;br class='autobr' /&gt;
parti et ceux de tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous distinguons de tous les Partis ouvriers non seulement par le mot d'ordre de la&lt;br class='autobr' /&gt;
dictature et du r&#233;gime des Soviets, mais aussi par nos revendications de transition. Alors que&lt;br class='autobr' /&gt;
celles de tous les Partis social-d&#233;mocrates doivent non seulement &#234;tre r&#233;alis&#233;es sur le terrain&lt;br class='autobr' /&gt;
du capitalisme, mais encore servir &#224; la r&#233;former, les n&#244;tres servent &#224; la lutte pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
conqu&#234;te du pouvoir par la classe ouvri&#232;re pour la destruction du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'il faut nettement exprimer dans notre programme de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Radek&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proc&#232;s-verbal de la premi&#232;re s&#233;ance de la Commission du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'Internationale communiste pour l'&#233;tablissement du programme de l'I.C., Moscou&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;le 28 juin 1922&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radek . Tout programme implique, pour une p&#233;riode d&#233;termin&#233;e, une certaine stabilisation de la situation. S'il doit s'agir d'un programme exact, d'un syst&#232;me concret de revendications obligatoires, nous ne pouvons pas &#233;tablir [un] semblable programme pour l'internationale communiste. D'abord, parce que nous n'avons aucune raison de penser que les vingt prochaines ann&#233;es verront l'existence du capitalisme auquel nous adresserions des revendications ; deuxi&#232;mement, parce que les conditions dans les divers pays sont trop diff&#233;rentes pour formuler les m&#234;mes exigences en Am&#233;rique qu'en Yougoslavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en dehors de cela, nous voyons que dans tous les pays les partis communistes ne sont pas en &#233;tat de conduire leur travail politique avec les seuls mots d'ordre de la campagne finale : gouvernement des Soviets, dictature du prol&#233;tariat, etc. Ils sont oblig&#233;s non seulement d'opposer &#224; la bourgeoisie des mots d'ordre d'agitation, mais de proposer aux masses qui sont dans le mouvement, comme programme d'action, toute une s&#233;rie de mots d'ordre, qui, non seulement visent des r&#233;alisations concr&#232;tes, mais sont aussi des moyens de rassembler les masses en vue de la dictature future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis respectifs entreprennent tr&#232;s spontan&#233;ment la pr&#233;sentation de ces revendications. Ils n'y apportent aucune m&#233;thode d'action de masse. Le Troisi&#232;me congr&#232;s a fait beaucoup &#224; cet &#233;gard3 . Cependant, un grand d&#233;sordre subsiste encore. Je vais vous en donner quelques exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la question s'&#233;leva en Allemagne, en Saxe, en Thuringe, de gouvernement ouvrier4 , un argument unique circula dans la presse du parti, &#224; savoir que les communistes ne pouvaient participer qu'&#224; un gouvernement sovi&#233;tique. Cela signifie un manque total de pr&#233;paration de la m&#233;thode au moyen de laquelle nous pourrions mobiliser les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, pendant la gr&#232;ve des mineurs5 , la question de la nationalisation des mines &#233;tait un des objectifs de la lutte. La lecture de la presse communiste permettait de constater une incertitude absolue chez les communistes sur la question de savoir si la nationalisation des mines devait ou non &#234;tre revendiqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de cette consid&#233;ration, je dis que le premier devoir de la commission des programmes n'est pas de fournir un programme &#224; l'Internationale communiste, mais de pr&#233;parer des th&#232;ses sur la m&#233;thode de construction de notre action de revendications dans chaque pays, et de les exprimer d'une fa&#231;on concr&#232;te, en rapport avec la situation internationale, ainsi qu'il est pr&#233;conis&#233; dans les r&#233;solutions du Troisi&#232;me congr&#232;s6 . Il faut donc tenir compte de la fa&#231;on la plus concr&#232;te de la situation dans chaque pays. Il appara&#238;tra ainsi clairement que, pour un groupe de pays, les m&#234;mes questions, et en premier lieu la question du gouvernement ouvrier, sont politiquement venues &#224; l'ordre du jour et peuvent &#234;tre envisag&#233;es par nous dans le cadre de la r&#233;solution de tactique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;capitule : Il ne s'agit pas d'un programme minimum de l'Internationale communiste. Un semblable programme ne serait historiquement possible que lorsque nous serions persuad&#233;s que nous entrons dans une p&#233;riode de longue stabilisation du capitalisme. Il s'agit de l'&#233;tablissement d'un programme de revendications transitoires servant de levier &#224; l'action qui conduira &#224; la conqu&#234;te de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;tablissement de ces revendications, nous devons d'abord nous entendre clairement sur la question de principe, celle que je nomme la m&#233;thode de construction du programme, et ensuite, par l'examen de la situation dans les pays respectifs, d&#233;gager ces revendications provisoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine. Camarades, je pense que le pan de notre camarade Radek n'est pas tout &#224; fait juste. Des questions comme celle du gouvernement ouvrier ne sont nullement des questions de programme, ce sont des questions qui ressortissent de la tactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il ne faut pas m&#234;ler des sujets de ce genre avec la question du programme ; ce sont des sujets qui peuvent n'avoir de valeur que pour un temps tr&#232;s court ; les traiter comme des questions de programme, c'est, &#224; mon avis, faire une erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe trois sortes de questions qui peuvent entrer dans la discussion du programme7 , et qui, &#224; mon avis, int&#233;ressent tous les partis communistes : Premi&#232;rement, le traitement th&#233;orique de l'ordre capitaliste dans le domaine &#233;conomique, la caract&#233;risation du capitalisme, la faillite du capitalisme, l'imp&#233;rialisme, etc. Deuxi&#232;mement, le programme maximum du communisme. Troisi&#232;mement, les revendications essentielles de la p&#233;riode de dictature politique et peut-&#234;tre aussi une quatri&#232;me cat&#233;gorie de questions serait-elle constitu&#233;[e] par celles ayant trait au r&#244;le sp&#233;cifique du parti communiste et &#224; ses rapports en tant que parti du prol&#233;tariat vis-&#224;-vis des autres partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions doivent &#234;tre incluses dans tous les programmes, car elles sont communes &#224; tous les partis. Elles valent aussi bien pour l'Am&#233;rique et la Yougoslavie que pour le Japon. Des exemples concrets : En ce qui concerne la caract&#233;risation du capitalisme, c'&#233;tait une chose th&#233;orique qui autrefois &#233;tait contenue dans tous les programmes de la social-d&#233;mocratie et &#224; laquelle naturellement maintenant des modifications doivent &#234;tre apport&#233;es. En ce qui concerne le programme maximum, nous devons le pr&#233;senter d'une fa&#231;on plus d&#233;taill&#233;e qu'auparavant. En ce qui concerne la question de la dictature, du syst&#232;me sovi&#233;tique et des n&#233;cessit&#233;s de la p&#233;riode transitoire comme par exemple la nationalisation du sol, des banques, etc., le d&#233;sarmement de la bourgeoisie, nos rapports avec les colonies, etc. Ce sont l&#224; des questions d'un int&#233;r&#234;t commun &#224; tous les partis communistes et de v&#233;ritables questions de programme. Ensuite, le parti communiste et ses rapports avec les autres organisations ouvri&#232;res. A mon sens, ce sont des questions qui sont tr&#232;s approfondies th&#233;oriquement et qui doivent [&#234;tre] trait&#233;es dans chaque programme de parti. Je crois qu'il serait tr&#232;s utile que le texte du programme concernant ces questions soit similaire pour chaque parti affili&#233; &#224; l'internationale communiste. A toutes ces questions, nous devons une r&#233;ponse commune &#224; tous les partis communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque programme doit, apr&#232;s cette partie g&#233;n&#233;rale, comporter une partie nationale exposant les n&#233;cessit&#233;s correspondant &#224; chaque pays. Parmi elles, on doit trouver un grand nombre de revendications communes, comme celles dont Radek a parl&#233; et celles nomm&#233;es par Radek [qui] ne doivent surtout pas &#234;tre comprises dans le programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sm&#233;ral . Je crois que dans cette discussion chacun de nous doit apporter moins ce qu'il a de th&#233;orique dans l'esprit que les pens&#233;es qui lui ont &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;es par la pratique du travail dans son milieu. Si donc, &#224; ce sujet, je m'exprime mal, je vous prie de ne voir dans mes paroles qu'un essai d'expos&#233; de ce que nous avons pour notre part &#233;prouv&#233; dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion entre Radek et Boukharine nous conduit &#224; nous demander : &#171; Qu'entendons-nous par programme ? &#187;. Boukharine a raison, la premi&#232;re partie repr&#233;sente nos revendications finales ; elles doivent &#234;tre formul&#233;es dans le programme. Il n'y a, &#224; cet &#233;gard, aucun doute possible entre nous. Elles ont &#233;t&#233; l'objet de nos th&#232;ses aux congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents, et nous n'avons maintenant qu'&#224; en extraire l'essence. La question, maintenant, est de savoir si, comme Boukharine le pr&#233;tend, les autres points &#233;voqu&#233;s par Radek ne doivent pas &#234;tre int&#233;gr&#233;s dans le programme. Je dois le dire ici : nous &#233;tant impos&#233; le devoir de d&#233;cider du programme au prochain congr&#232;s, nous serons oblig&#233;s par la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;senter des th&#232;ses concr&#232;tes et de prononcer des paroles &#233;non&#231;ant clairement le programme ou plut&#244;t le plan de notre action future. Nous sommes dans une p&#233;riode transitoire qui peut durer plus ou moins longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que le plan d'action, le plan strat&#233;gique pour cette p&#233;riode transitoire, doit aussi &#234;tre pr&#233;sent&#233; et formul&#233; au prochain congr&#232;s. Or, quelles sont les questions &#224; examiner ? Elles sont de deux sortes. D'abord, il s'agit de d&#233;limiter exactement quelles sont les revendications minima. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous nous sommes surtout appliqu&#233;s &#224; l'&#233;tude des questions de tactique se rapportant directement &#224; la vie sociale et &#233;conomique, aux luttes int&#233;ressant l'ensemble des travailleurs : journ&#233;e de huit heures, droits des ouvriers dans les fabriques, dans la production, et, sur le plan politique, uniquement aux questions comme celles des imp&#244;ts, touchant directement la vie &#233;conomique des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pose donc la question que nous avons &#224; r&#233;soudre : Est-il possible aux partis politiques de vouer &#233;galement une attention concr&#232;te aux questions concr&#232;tes qui sont d'un ordre politique g&#233;n&#233;ral ? Ainsi par exemple les questions ayant trait &#224; l'offensive de la r&#233;action dans le domaine politique, ou les questions nationales concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je veux dire ensuite se rapporte &#224; ce que le camarade Zinoviev a qualifi&#233; de faisceau.8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses sont sur le point de perdre leurs illusions d&#233;mocratiques. Et cependant, elles ne se joignent pas &#224; nous. Pourquoi ? Parce qu'elles ne sont pas encore m&#251;res pour la dictature, pour la guerre contre la bourgeoisie. Ce qui y contribue beaucoup, c'est qu'elles ne savent pas encore bien en quoi consiste la dictature, ni ce qu'il adviendra au point de vue constructif, apr&#232;s la prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je consid&#232;re donc comme absolument n&#233;cessaire que ceci soit formul&#233; : les mots d'ordre9 qui fournissent &#224; ce sujet des donn&#233;es politiques jouent le plus grand r&#244;le. Elles suscitent la notion du gouvernement ouvrier. Nous savons qu'un gouvernement ouvrier n'est pas apte &#224; &#233;tablir la dictature. Mais la question se pose maintenant de savoir si le d&#233;veloppement du gouvernement ouvrier doit &#234;tre consid&#233;r&#233; seulement comme une m&#233;thode de lutte ou s'il peut, dans quelques pays, occuper une compl&#232;te p&#233;riode pouvant &#234;tre dot&#233;e d'un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attire votre attention sur ceci, c'est qu'il peut survenir que, dans le d&#233;veloppement de la r&#233;volution mondiale, un petit pays, comme par exemple la Tch&#233;coslovaquie, soit int&#233;rieurement pr&#234;t pour la dictature, et que sa position g&#233;ographique la lui interdise sous peine de g&#234;ner le mouvement ouvrier si les pays voisins ne sont pas pr&#234;ts. Dans quelles conditions ce pays doit-il attendre deux, trois, cinq ans ? - Ici, je le crois, s'offre une forme de gouvernement ouvrier qui, tout en devant compter avec des alentours d&#233;mocratiques, est tout de m&#234;me en mesure d'organiser une justice ouvri&#232;re pour consolider son pouvoir et qui, moins grand que la Russie, peut imm&#233;diatement prendre l'offensive r&#233;volutionnaire. Je suis d'avis que nous &#233;tablissions un programme concret en vue de l'&#233;tablissement de ce gouvernement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que nous ne devons pas seulement, comme le dit Boukharine, formuler (il est tr&#232;s facile de formuler) mais que nous devons d'abord pr&#233;ciser la tactique du front unique en disant en principe si nous entendons limiter notre action pratique aux questions &#233;conomiques imm&#233;diates ou si nous entendons aussi l'&#233;tendre au plan politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : Consid&#233;rons-nous le mot d'ordre du gouvernement ouvrier comme une man&#339;uvre, comme un moyen d'action, ou comptons-nous aussi avec sa dur&#233;e possible dans la situation sp&#233;ciale d'un pays donn&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement : Ce serait d&#233;j&#224; beaucoup faciliter la t&#226;che que de pouvoir incorporer &#224; notre programme les r&#233;sultats de l'exp&#233;rience positive et psychologique acquise par nos camarades russes depuis la R&#233;volution d'octobre, dans la p&#233;riode de construction et dans celle de la d&#233;fense de l'Etat. A mon avis, le communisme attirerait infiniment plus les masses si nous pouvions, en Europe centrale, faire conna&#238;tre cette exp&#233;rience. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les ouvriers n'ont vu que le c&#244;t&#233; militaire de notre lutte ; la partie cr&#233;atrice ne leur est pas connue. Bien des prol&#233;taires se tiennent &#233;loign&#233;s de nos rangs, qui y viendraient s'ils connaissaient ces r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara Zetkin. Camarades. Je partage l'avis de Radek qu'il est extr&#234;mement difficile d'&#233;tablir une programme unique, en ce sens que les conditions respectives des pays se transforment avec une trop grande rapidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que nous devons fournir une base d'action pratique. Mais le danger de l'&#233;tablissement d'un tel programme consiste pr&#233;cis&#233;ment en ce que, lanc&#233;s dans notre action du front unique, une confusion peut se produire dans l'esprit des masses entre le programme r&#233;formiste du vieux parti social-d&#233;mocrate et notre action de revendications. Je comprends la diff&#233;rence de la fa&#231;on suivante : Les revendications peuvent souvent &#234;tre les m&#234;mes, et cependant &#234;tre pos&#233;es d'une fa&#231;on tout &#224; fait diff&#233;rente que par les vieux partis. Leur action et leur programme minimum se r&#233;duisent uniquement &#224; l'am&#233;lioration de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, tandis que notre programme d'action est constitu&#233; en vue de mobiliser la masse, de la conduire et de la10 discipliner dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots d'ordre sur lesquels rassembler les masses et les conduire au front unique se rapportent indubitablement aux besoins quotidiens du prol&#233;tariat. Non point seulement sur le terrain &#233;conomique, sur le terrain politique, mais sur tous les terrains de la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les mots d'ordre que nous avons ainsi donn&#233;s prennent une certaine orientation dans une direction d&#233;termin&#233;e. Tout ce que nous demandons &#233;conomiquement et sp&#233;cialement doit &#234;tre demand&#233; dans le sens de l'abolition du capital priv&#233; et tout ce que nous exigeons politiquement doit &#234;tre formul&#233; en vue d'&#244;ter &#224; la bourgeoisie le pouvoir politique et la possibilit&#233; d'exploiter le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que, dans la mesure du possible, notre programme de revendications communes doit &#234;tre assez &#233;lastique pour que les revendications particuli&#232;res que l'actualit&#233; fait surgir dans les pays o&#249; la situation historique se modifie, puissent y &#234;tre ins&#233;r&#233;es. Le fond doit &#234;tre toujours le m&#234;me, mais les mesures de tactique et la forme impos&#233;e peuvent varier selon les pays. Et il faudra que notre programme laisse aux pays respectifs une libert&#233; de mouvements suffisante pour qu'ils puissent faire face aux n&#233;cessit&#233;s ult&#233;rieures. Je n'affirme pas que nous ayons encore vingt ans &#224; attendre, mais pas davantage, que la r&#233;volution se fera demain. C'est pourquoi nous devons laisser une grande &#233;lasticit&#233; &#224; notre programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinoviev. Je dois, camarades, vous dire ceci : Je doute beaucoup que nous puissions arriver &#224; &#233;tablir un programme de l'internationale communiste.11 Ce qu'il nous faut avant tout, ce sont les programmes de nos sections importantes. (Clara Zetkin : Des programmes d'action !) - Non, des programmes complets des partis. Prenons nos partis les plus importants, le parti allemand par exemple. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un programme pour le Parti allemand.12 Est-ce que cela doit, au premier chef, &#234;tre un programme fond&#233; th&#233;oriquement et indiquant nos directives, accommod&#233;es &#224; la situation en Allemagne ? Il en [est] de m&#234;me pour les autres sections. &#201;videmment, les programmes japonais et am&#233;ricains divergeront en quelques points, ainsi par exemple la question, pour le Japon, est la revendication du suffrage universel. Une grosse agitation existe au Japon, autour de cette question du suffrage universel. Je ne vois pas pourquoi nous ne l'introduirions pas dans le programme du Parti communiste japonais. Dans d'autres pays, o&#249; le parti communiste n'est pas encore form&#233;, des revendications de cet ordre peuvent surgir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons-nous mis la question du programme &#224; l'ordre du jour ? Les partis peuvent se d&#233;velopper de deux fa&#231;ons : soit &#224; l'aide d'un programme et ensuite constitution du parti, ou dans le sens contraire. Nous avons adopt&#233; l'ordre suivant : d'abord le parti, puis le programme. Il e&#251;t &#233;t&#233; facile, il y a deux ans, d'&#233;tablir th&#233;oriquement un programme pour le Japon et les autres pays. Nous avons voulu avoir d'abord un mouvement, puis rassembler des exp&#233;riences concr&#232;tes et en venir ensuite au programme. Maintenant, le moment est venu, nous avons les partis. Il s'agit de r&#233;sumer les exp&#233;riences et d'&#233;tablir un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons par exemple la Tch&#233;coslovaquie. Le probl&#232;me g&#233;ographique, que Sm&#233;ral a invoqu&#233;, doit y &#234;tre pris en consid&#233;ration. Mat&#233;riellement, Sm&#233;ral n'a pas raison lorsqu'il dit que la situation d'un pays objectivement m&#251;r pour la dictature peut se produire alors que les pays voisins restent arri&#233;r&#233;s et que la g&#233;ographique politique oblige ce pays &#224; remettre de quelques ann&#233;es l'&#233;tablissement de la dictature et &#224; se contenter d'un gouvernement ouvrier parce que le pays n'est pas aussi grand que la Russie et ne peut mener une guerre offensive. Mais la Russie non plus n'en a pas men&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ce que nous avons subi, historiquement parlant, c'est une guerre d&#233;fensive. Il est extr&#234;mement dangereux de s'imaginer que les pays avoisinants doivent &#234;tre m&#251;rs. Les pays avoisinants diront &#224; leur tour : nos voisins doivent &#234;tre pr&#234;ts. Une telle conception est absolument erron&#233;e, il faut qu'un point de cristallisation se produise quelque part. C'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment que r&#233;side l'importance historique de la R&#233;volution russe. Les camarades bulgares &#233;mettent aussi parfois le point de vue de Sm&#233;ral. Mais en ce qui concerne les Balkans, il est difficile d'admettre que la Roumanie marcherait contre la Bulgarie si un gouvernement ouvrier se tenait en Bulgarie. Il ne faut pas oublier que la Russie est l&#224;. On y regarderait &#224; deux fois. Evidemment, des aventures peuvent se produire, mais il est impossible de faire la r&#233;volution sans assumer ces risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde perspective qui appara&#238;t est encore plus dangereuse pour l'id&#233;e de la r&#233;volution mondiale parce qu'elle ne laisse place &#224; aucun qui&#233;tisme. Le gouvernement ouvrier ne peut nous &#234;tre d'aucune aide, il peut seulement d&#233;sagr&#233;ger le parti. Le mot d'ordre du gouvernement ouvrier est un mot d'ordre en soi. Que signifie gouvernement ouvrier ? - Cela signifie : &#171; Communistes plus social-d&#233;mocrates voulant cr&#233;er ensemble un gouvernement parce que les forces r&#233;actionnaires les environnent. &#187; Et que signifie, dans la dur&#233;e, une telle alliance ? &#8212; Cela signifie que nous attachons la bourgeoisie &#224; notre licol et qu'avec le temps celle-ci nous d&#233;moralise. Le gouvernement ouvrier est un levier destin&#233; &#224; d&#233;tourner, dans un pays, et dans une situation donn&#233;e, les forces &#224; notre profit. Mais il n'est aucunement un moyen de vaincre la bourgeoisie, c'est, au contraire, par ce moyen, introduire l'ennemi chez soi. Je ne crois pas que la social-d&#233;mocratie nous aide jamais &#224; instaurer le communisme. Au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, nous devons envisager ces questions de la fa&#231;on la plus concr&#232;te pour chaque pays. Je crois que 99 % de notre travail consiste, en ce qui concerne le Quatri&#232;me congr&#232;s, &#224; examiner et &#224; pr&#233;voir les programmes des sections, selon leurs situations respectives. Nous sommes inform&#233;es de tout ce qui est important pour la r&#233;volution europ&#233;enne et mondiale. Nous n'avons donc qu'&#224; r&#233;sumer la situation et ne pas donner seulement un programme d'action, mais aussi donner th&#233;oriquement au parti la possibilit&#233; d'&#233;tendre dans le monde sa conception tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que pouvons-nous faire au point de vue international ? Nous avons de nombreux documents des Premier, Deuxi&#232;me et Troisi&#232;me congr&#232;s. Ce que nous devons faire d'abord, c'est de les rassembler et de r&#233;sumer ce qu'il en reste de durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux camarades, envisageant le stade actuel de la r&#233;volution mondiale, disent fr&#233;quemment : &#171; Oui, la r&#233;volution mondiale, on ne sait pas si elle se fera ou non ! &#187; Nous avons maintenant trois, quatre ann&#233;es de d&#233;veloppement dans l'internationale communiste. Qu'ont-elles prouv&#233; ? &#8212; Que signifient tous ces &#233;v&#233;nements successifs auxquels nous sommes d&#233;sormais habitu&#233;s, comme par exemple les &#233;v&#233;nements actuels d'Allemagne, ceux d'Irlande ?13 Il fut un temps o&#249; l'on discutait pendant des ann&#233;es d'une petite gr&#232;ve en Belgique, la premi&#232;re gr&#232;ve pour le suffrage universel.14 C'est qu'on n'&#233;tait pas alors entr&#233; dans la r&#233;volution mondiale ; aujourd'hui des faits surgissent, qui sont mille fois plus importants, et ils surgissent tous les jours. Mais nous y sommes habitu&#233;s et nous disons : Il faut que cela aille encore plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#233;tablir dans le programme que nous sommes en pleine r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement. La Russie des Soviets, en tant que syst&#232;me de gouvernement, &#224; cette phase de la r&#233;volution mondiale ; l'&#233;tape sp&#233;ciale par laquelle elle passe en ce moment ; la lutte de la Russie sovi&#233;tique en g&#233;n&#233;ral. On en parle d'une fa&#231;on &#233;pisodique, on sent instinctivement qu'elle est le premier capital de la r&#233;volution mondiale, mais aucune description syst&#233;matique n'en existe jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, nous devons caract&#233;riser les pays par groupements. Il faut que le territoire de l'internationale communiste, c'est-&#224;-dire le monde, soit grossi&#232;rement divis&#233; en trois ou quatre groupes de pays : agricoles, industriels, coloniaux, qui nous permettent de fixer notre point de vue d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, de prendre, par exemple, la question coloniale et d'envisager la r&#233;volution coloniale en soi, &#224; travers les conditions impos&#233;es par l'imp&#233;rialisme britannique, conditions que L&#233;nine a appel&#233;es un jour : &#171; la r&#233;volution par en haut &#187;.15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il est &#233;galement n&#233;cessaire d'&#233;tablir notre programme comme une repr&#233;sentation du monde, parce que nous sommes mat&#233;rialistes, que l'internationale communiste est fond&#233;e sur le mat&#233;rialisme historique et que nos conceptions (sur la religion, etc.) proviennent de l&#224;. Nous devons &#233;norm&#233;ment insister sur le travail de nos sections ; celles-ci doivent fournir &#224; notre examen la base la plus solide en nous indiquant exactement le rapport des forces dans leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rudas. Nous devons &#233;tablir, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la partie du programme dans laquelle la diff&#233;rence entre la p&#233;riode actuelle et celle &#233;coul&#233;e sera caract&#233;ris&#233;e. Ensuite, la partie qui concerne les diff&#233;rents plans d'action. La plupart des questions &#224; l'ordre du jour se rattachent aux principes qui doivent &#234;tre actuellement en vigueur ; le front unique, le gouvernement ouvrier, par exemple, sont command&#233;s par le d&#233;veloppement d'une modification des rapports de la situation. Nous devons le signaler et dire en outre aux ouvriers : ces points particuliers &#233;manent des n&#233;cessit&#233;es de votre vie quotidienne elle- m&#234;me, mais vous ne devez pas perdre de vue qu'ils ne doivent pas vous &#233;loigner de la lutte v&#233;ritable, comme les social-d&#233;mocrates, qu'au contraire ils doivent vous rendre plus aptes &#224; bien mener la lutte finale actuelle et indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la troisi&#232;me partie, qui a trait aux revendications concr&#232;tes et particuli&#232;res, nous devons faire des propositions aux partis. Leur ayant fourni le fond, les partis n'auront plus qu'&#224; l'adapter &#224; la situation de leurs pays et &#224; formuler leurs revendications particuli&#232;res d'apr&#232;s cette base d'indication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine. En g&#233;n&#233;ral, je confirme ce que j'ai dit dans ma premi&#232;re intervention. Je pense que chaque programme doit &#234;tre divis&#233; en trois parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La partie comportant les quatre cat&#233;gories de questions dont j'ai parl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Celle qui comporte des questions sp&#233;cifiquement nationales d'un ordre g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Celle contenant les mots d'ordre de l'action imm&#233;diate, qui ne constituent en r&#233;alit&#233; aucun programme, et qu'on peut interchanger selon la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'appuie sur ceci : toutes les questions soulev&#233;es par Zinoviev ne sont nullement en contradiction avec ce que j'ai dit. La classification par groupes des pays, par exemple, signifie th&#233;oriquement la repr&#233;sentation concr&#232;te de la faillite du capitalisme mondial. Zinoviev ne propose pas que des programmes s&#233;par&#233;s soient &#233;labor&#233;s pour ces diff&#233;rents groupes, mais que la caract&#233;risation de ces groupes soit int&#233;gr&#233;e dans chaque programme. Quant aux points parcourus par l'internationale dans le cours de l'ann&#233;e, on peut parfaitement incorporer tout cela dans cette partie g&#233;n&#233;rale du programme. Ce n'est pas difficile &#224; faire, ce sont des questions absolument appropri&#233;es, th&#233;oriquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la seconde partie, nous touchons l&#224;, je crois, le point difficile du travail. Car dans certains pays, l'important se trouve &#234;tre par exemple la question agraire, dans d'autres, la question nationale, dans d'autres, ainsi que Zinoviev l'a fort justement remarqu&#233;, ce sont les revendications d&#233;mocratiques comme au Japon par exemple ; dans les colonies, l'essentiel r&#233;side dans des revendications sp&#233;cifiquement coloniales, telles que la lutte contre le capitalisme &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la seconde partie du programme que doivent &#234;tre plac&#233;es les questions purement nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me partie, je le r&#233;p&#232;te, ne doit pas consister en un programme particulier, ce doit &#234;tre une plate-forme d'action. La camarade Zetkin a tr&#232;s justement remarqu&#233; que nos revendications doivent &#234;tre &#233;lastiques, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que la plus grande &#233;lasticit&#233; est n&#233;cessaire que nous ne devons pas ins&#233;rer ces revendications &#233;lastiques dans le programme, car un programme est le contraire d'une chose &#233;lastique. Tout ce qui est trop &#233;lastique doit &#234;tre confin&#233; sur la plateforme d'action, mais il ne peut &#234;tre question de l'incorporer dans un programme. Tout ce qui est sp&#233;cifi&#233; dans le programme doit &#234;tre obligatoire. C'est pourquoi, &#224; mon avis, des mots d'ordre qui ne sont pas absolument n&#233;cessaires, comme le gouvernement ouvrier, le front unique, etc., et qui ressortissent de la tactique, doivent &#234;tre compris dans la plate-forme d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant le travail lui-m&#234;me. Ce dont notre camarade Zinoviev a parl&#233; : l'attitude de nos partis fr&#232;res vis-&#224;-vis de la situation g&#233;n&#233;rale de leurs pays appartient &#224; mon sens &#224; la deuxi&#232;me partie du programme tel que je le con&#231;ois, les revendications sp&#233;cifiquement nationales. On peut tr&#232;s bien pr&#233;parer la premi&#232;re partie ; la seconde partie est en majeure partie l'affaire des sections nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose ensuite de savoir si la premi&#232;re partie doit &#234;tre la m&#234;me pour tous les pays. Je crois que le profit politique et tactique d'une partie des textes est &#233;vident, c'est pourquoi je pense que cette premi&#232;re partie doit &#234;tre la m&#234;me pour chaque pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurons alors une bonne charpente du programme communiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie semblable pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications sp&#233;cifiques &#233;videntes. &#8212; Le programme concernant la question fiscale et quelques autres peuvent &#234;tre plac&#233;es ici, selon la situation du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la plate-forme d'action, d'essence tactique, et qui varie aussi selon les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radek. La conception de Boukharine est pleine de contradictions. Il dit que la question du programme est uniquement celle de la transformation du capitalisme en communisme, par la dictature du prol&#233;tariat, et que les questions provenant maintenant de la situation actuelle - gouvernement ouvrier - question des imp&#244;ts, organisation de l'industrie - ressortissent de la plate-forme d'action. L&#224;-dessus, il conclut et traite la nationalisation des banques comme le fond m&#234;me de la question du programme. Ceci est tr&#232;s contradictoire. La question du gouvernement ouvrier est pour lui une question de tactique. Et cela repose sur une raison politique. Il se dit, qu'on peut, dans chaque cas, exiger la nationalisation mais point le gouvernement ouvrier par contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinoviev soul&#232;ve les difficult&#233;s en disant que chaque pays doit fournir un programme, m&#234;me dans les questions g&#233;n&#233;rales. Or, nous sommes pr&#233;cis&#233;ment r&#233;unis ici parce que chaque pays se trouve en face de grosses difficult&#233;s th&#233;oriques dans les questions g&#233;n&#233;rales, difficult&#233;s que nous devons r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement le programme ne doit pas consister en une simple indication pratique de notre part. Il [doit] d'abord dessiner la voie &#224; suivre. Nous devons r&#233;sumer ce que nous avons d&#233;j&#224; dit dix fois. Nous avons une partie g&#233;n&#233;rale. Elle doit avoir pour sujet : du capitalisme au communisme. Il s'agit ensuite de d&#233;montrer, ainsi que Zinoviev l'a dit, que dans cette &#233;poque de la r&#233;volution sociale, malgr&#233; tous les obstacles et les lenteurs de son d&#233;veloppement, celle-ci, malgr&#233; tout, se d&#233;veloppe toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrer ensuite, que, dans l'ensemble, c'est le chemin m&#234;me qui m&#232;ne du capitalisme au communisme qui, &#224; l'&#233;poque actuelle, serpente ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite la troisi&#232;me partie. Ce que nous avons &#224; faire actuellement ; c'est ici que se pr&#233;sentent les revendications transitoires. Ici qu'on doit traiter la question de nos rapports avec le probl&#232;me essentiel de la vie &#233;conomique, capitalisme d'Etat, etc. - Mais que ferons-nous des revendications politiques ? - Boukharine dit : d&#233;sarmement de la bourgeoisie. La question de l'armement comme revendication transitoire est une question politique d'ordre g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinoviev a dit avec raison qu'il trouvait que la question du gouvernement ouvrier &#233;tait un &#233;l&#233;ment nouveau qui s'est pr&#233;sent&#233; d'une fa&#231;on empirique et qui pourrait cependant &#234;tre de quelques importance. Il dit que c'est le trait d'union entre la dictature et la situation actuelle, que c'est un chemin pour en sortir, de sorte que si nous en venons au gouvernement ouvrier, celui-ci travaillera &#224; la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a dit en second lieu que c'&#233;tait un pseudonyme de la dictature du prol&#233;tariat. Il a &#224; la fois raison et tort. Il y a bien des pays o&#249; l'on n&#233; passera pas par le gouvernement ouvrier. Dans d'autres pays, il ne doit pas &#234;tre institu&#233;. Les &#233;lections viennent, les partis ouvriers ont la majorit&#233;, ils se d&#233;cident &#224; &#233;lire un gouvernement ouvrier par les moyens parlementaires. Ceci est tr&#232;s possible en Allemagne ou en Tch&#233;coslovaquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est maintenant de savoir si, dans l'ordre politique, en corr&#233;lation avec nos revendications &#233;conomiques transitoires, nous voulons ou non jeter ce pont. Naturellement, nous n'avons pas besoin d'avouer que cela doit &#234;tre obligatoire dans chaque pays et qu'on ne peut en venir &#224; la dictature qu'au moyen de compromis. Le tout est de savoir ce que nous voyons dans ce mot d'ordre, un mot d'ordre politique de transition, ou un ab&#238;me entre la d&#233;mocratie et la p&#233;riode de dictature. Ces questions g&#233;n&#233;rales doivent faire l'objet d'un programme commun, exposant la m&#233;thode m&#234;me des revendications provisoires ; on peut ensuite approprier une tactique &#224; chaque pays, d'apr&#232;s la situation concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes tous d'accord sur la n&#233;cessit&#233; d'une premi&#232;re partie g&#233;n&#233;rale, sur la n&#233;cessit&#233; d'un expos&#233; du d&#233;veloppement de la situation concr&#232;te, selon la proposition de Zinoviev, sur la n&#233;cessit&#233; de caract&#233;riser nos revendications transitoires dans le domaine &#233;conomique ; le point qui nous divise est celui-ci : dans cette troisi&#232;me partie m&#233;thodique, ins&#233;rerons-nous une caract&#233;ristique politique g&#233;n&#233;rale, dans laquelle nous diviserons naturellement les pays par groupes. Viennent ensuite les revendications concr&#232;tes particuli&#232;res &#224; chaque pays et qui doivent &#234;tre pr&#233;par&#233;es par chaque pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marchlevsky. Camarades, deux points de vue sont en pr&#233;sence. Si j'ai bien compris le camarade Zinoviev, il arrive que cette partie g&#233;n&#233;rale du programme est peut-&#234;tre fragile parce que nous ne sommes pas en position de l'&#233;tablir pour les pays similaires. Je crois que c'est faux. Je pense, comme la camarade Zetkin, qu'il est de notre devoir de tracer maintenant la ligne de d&#233;marcation entre la phase du d&#233;veloppement que la social-d&#233;mocratie a caract&#233;ris&#233;e et qui s'est termin&#233;e avec la guerre, et la phase de la R&#233;publique des soviets de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on vieillit, plus on &#233;coute la jeunesse. Or, on a toujours l'impression que notre jeunesse s'appuie encore sur l'&#233;tude de la litt&#233;rature produite par la social-d&#233;mocratie et qui porte presque constamment l'estampille r&#233;formiste. Pour lutter contre cet &#233;tat de choses, il est, je crois, indispensable de fixer, en mani&#232;re de pr&#233;face au programme des partis, une caract&#233;risation violente de la p&#233;riode nettement r&#233;volutionnaire que nous traversons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pour moi tout &#224; fait &#233;vident que les programmes des diff&#233;rents partis doivent &#234;tre diff&#233;rents. Je ne suis pas encore s&#251;r que des indications de m&#233;thode puissent y &#234;tre donn&#233;es concernant les questions de tactique particuli&#232;res ; on ne pourrait le dire &#224; bon escient qu'en voyant un projet sch&#233;matique. Mais il est tout &#224; fait s&#251;r qu'une introduction th&#233;orique, qui serait en quelque sorte une pr&#233;face aux programmes des partis respectifs, servirait grandement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(H.-D. 0359. Copie dactylographi&#233;e)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Il fut d&#233;cid&#233; &#224; la s&#233;ance du Pr&#233;sidium du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'I.C. du 6 juin 1922 (cf. Bericht &#252;ber die T&#228;tigkeit, Moscou, 1922, p. 75) de proposer &#224; l'Ex&#233;cutif &#233;largi la nomination d'une Commission du programme. Cette commission, form&#233;e de 33 membres, comprenait entre autres : L&#233;nine , Trotsky , Zinoviev , Boukharine , Radek ; Clara Zetkin , Thalheimer , Ernst Meyer ; Frossard , Cachin , Souvarine , Paul-Louis , Rappoport ; Bordiga , Graziadei ; Smeral , Kreibich ; Kuusinen ; Kun , Rudas , Varga ; Kabakchiev ; Warski ; Katayama (cf. ibid., p. 135). - Pour la discussion du programme voir entre autres : Rudas, &#171; La Question du Programme de l'I.C. &#187;, La Correspondance Internationale II (1922), pp. 403 et suiv. ; Thalheimer, &#171; Le Programme Communiste &#187;, B.C. III, pp. 718-720 ; Protokoll des IV. Kongresses der K.I., pp. 404-448 ; B.C. IV (1923), pp. 4 et suiv. (Treint ), 5-14 (Boukharine) ; doc. 68, p. 248 de ce volume (Radek), ainsi que : Le Programme de l'Internationale communiste. Projets pr&#233;sent&#233;s &#224; la discussion du Ve Congr&#232;s mondial, Paris 1924.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Dans le texte original toujours : commission de programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Le 3e Congr&#232;s de l'I.C. (22.6.-12.7.1921) avait proclam&#233; le mot d'ordre &#171; Aux masses &#187; et la tactique du front unique. Sur le sens de cette tactique voir par exemple C. Kabaktschieff, Die Entstehung und Entwicklung der Komintern, Hambourg-Berlin 1929, p. 99.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Les pays de Saxe et de Thuringe eurent &#224; leur t&#234;te depuis d&#233;cembre 1920 et resp. octobre 1921 des gouvernements de coalition du Parti social-d&#233;mocrate allemand et du Parti social-d&#233;mocrate ind&#233;pendant allemand. Les socialistes avec les communistes d&#233;tenaient la majorit&#233; aux Landtags de ces pays. &#8212; Le mot &#171; gouvernement ouvrier &#187;, c'est-&#224;-dire gouvernement des partis ouvriers, fut un grand mot dans la p&#233;riode de la tactique du front unique 1921-23. Comparer, par exemple, K.H. Tjaden, Struktur und Fonktion des &#034;KPD-Opposition&#034; (KPO) - Eine organisationssoziologische Untersuchung zur &#034;Recht&#034;-Opposition im deutschen Kommunismus zur Zeit der Weimaren Republik. Meisenheim /Glan 1964. (Marburger Abhandlungen zur Politschen Wissenschaft, Band 4.), I, pp. 20-31, note 7 de ce doc., et les discussions au IVe Congr&#232;s de l'I.C. (1922).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Pour la troisi&#232;me fois depuis la fin de la premi&#232;re guerre mondiale une grande gr&#232;ve des mineurs britanniques &#233;clata en avril-juin 1921 (les deux premi&#232;res en mars et en octobre 1919).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Voir Th&#232;ses et R&#233;solutions adopt&#233;es au Troisi&#232;me Congr&#232;s de l'Internationale communiste , Moscou(-Bruxelles) 1921.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Dans son discours &#224; la s&#233;ance du 16.11.1922 au IVe Congr&#232;s mondial de l'I.C., Boukharine avait indiqu&#233; quatre sortes de questions dans la partie th&#233;orique du programme : &#171; D'abord une analyse g&#233;n&#233;rale du capitalisme, ce qui sera surtout utile pour les peuples coloniaux ; ensuite l'analyse de l'imp&#233;rialisme et de la d&#233;sagr&#233;gation du capitalisme et enfin, l'analyse de l'&#233;poque de la r&#233;volution socialiste. La deuxi&#232;me partie du programme comportera une esquisse de la soci&#233;t&#233; communiste. J'estime qu'il faut faire un tableau de la soci&#233;t&#233; communiste et le faire figurer au programme, parce qu'il est n&#233;cessaire, &#224; mon avis, de dire ce que signifie, &#224; proprement parler, le &#171; communisme &#187; et quelle est la diff&#233;rence qui existe entre les diverses phases transitoires. La troisi&#232;me partie doit traiter du renversement de la bourgeoisie et de la lutte du prol&#233;tariat pour le pouvoir. La quatri&#232;me partie doit &#234;tre consacr&#233;e aux questions g&#233;n&#233;rales de la strat&#233;gie, mais pas &#224; des questions comme celle du gouvernement ouvrier, non &#224; des questions fondamentales, comme par exemple, l'attitude &#224; prendre &#224; l'&#233;gard de la social-d&#233;mocratie et des syndicats. Car ces questions-l&#224; ne sont pas d'une nature passag&#232;re, elles peuvent, en qualit&#233; de questions tactiques et strat&#233;giques, figurer au programme &#224; titre permanent &#187; (Bulletin Communiste, IV, p. 13). Cf. aussi le projet de programme de l'I.C. de Boukharine dans : Le programme de l'Internationale Communiste. Projets pr&#233;sent&#233;s &#224; la discussion du Ve congr&#232;s mondial, Paris, 1924 ; (Biblioth&#232;que Communiste), pp. 33-55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Dans son discours &#224; la premi&#232;re s&#233;ance du Plenum du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'I.C. le 7 juin 1922, Zinoviev avait entre autres d&#233;clar&#233; : &#171; Ist es nicht notwendig, zwischen der grauen Prosa der kleinen Teilforderungen und der Poesie der Diktatur des Proletariats ein Bindeglied zu schieben ? Genosse Smeral hat mich auf die Notwendigkeit eines solchen Bindegliedes aufmerksam gemacht und wir glauben, da&#223; es dieses Bindeglied geben mu&#223;. ... Die Parole der Arbeiterregierung ist ein solches Bindeglied ... Wir haben in L&#228;ndern wie Italien, Tschechoslowakei, Deutschland ... eine Situation, wo die Macht der Arbeiterschaft verh&#228;ltnism&#228;&#223;ig so gro&#223; ist, da&#223; man Forderungen wie die politische Forderung einer Arbeiterregierung aufzustellen wagen darf und mu&#223; &#187; (&#171; N'est-il pas n&#233;cessaire de placer un cha&#238;non entre la grise prose des petites revendications partielles et la po&#233;sie de la dictature du prol&#233;tariat ? Le camarade Smeral m'a fait remarquer la n&#233;cessit&#233; d'un tel cha&#238;non et nous pensons qu'il doit exister un cha&#238;non de ce type. &#8230;. Le mot d'ordre du gouverment ouvrier est un cha&#238;non de ce type. &#8230; Dans des pays comme l'Italie, la Tch&#233;coslovaquie, l'Allemagne... nous avons une situation ou la puissance ouvri&#232;re est si grande en termes relatifs que l'on peut et que l'on doit poser des revendications telle que la revendication politique d'un gouvernement ouvrier &#187; (Bericht &#252;ber die T&#228;tigkeit, op. cit., p. 81). Cf. aussi Thalheimer, &#171; Qu'est-ce qu'un Gouvernement Ouvrier ? &#187;, B.C. III, pp. 514-517.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Dans le texte original : paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Dans l'original : les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Le programme de l'I.C. ne fut accept&#233; qu'au VIe Congr&#232;s de l'I.C. (1928).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 Le P.C. allemand pr&#233;senta en octobre 1922 un projet de programme, &#233;labor&#233; principalement par A. Thalheimer, qui fut accept&#233; &#224; la s&#233;ance du C.D. (Zentrale) des 15-16.10.1922 par 24 voix contre 23, mais n'entra jamais en vigueur. Son texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans Die Rote Fahne des 7-8.10.1922 (nos. 445-447), en fran&#231;ais dans : Le programme de l'I.C., op. cit., pp. 57-105.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 Walter Rathenau , ministre des affaires &#233;trang&#232;res d'Allemagne, fut assassin&#233; le 24.6.1922 (cf. Radek dans La Correspondance Internationale II, pp. 387 et suiv.). Le m&#234;me jour fut d&#233;cr&#233;t&#233;e l'ordonnance du pr&#233;sident du Reich pour la protection de la R&#233;publique. &#8212; L'Irlande, qui avait re&#231;u le statut de Dominion le 6.12.1921 fut le th&#233;&#226;tre de conflits arm&#233;s entre les partisans des chefs mod&#233;r&#233;s Griffith, Collins et Cosgrave et les nationalistes extr&#233;mistes sous la direction de De Valera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 Mi-avril 1902.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 Voir entre autres : Lenin, &#171; &#220;ber eine Karikatur des Marxismus &#187; (&#171; Sur une caricature de marxisme &#187;) (ao&#251;t-octobre 1916), Werke, t. 23, Berlin 1957, pp. 18-71 ; ibid., t. 22, Berlin i960, pp. 152-154, avec son interpr&#233;tation des &#171; trois types principaux des pays &#187; de 1916 ; ibid., t. 21, Berlin i960, pp. 206 et suiv.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Programme de l'Internationale stalinis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233; le 1&#176; septembre 1928 &#224; Moscou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme est celle du capitalisme mourant. La guerre mondiale de 1914-1918 et la crise g&#233;n&#233;rale du capitalisme qu'elle a d&#233;cha&#238;n&#233;e furent le r&#233;sultat d'une profonde contradiction entre le d&#233;veloppement des forces productives de l'&#233;conomie mondiale et les fronti&#232;res des &#201;tats. Elles ont montr&#233; et prouv&#233; que les conditions mat&#233;rielles du socialisme au sein de la soci&#233;t&#233; capitaliste sont d&#233;j&#224; m&#251;res et que, l'enveloppe capitaliste de la soci&#233;t&#233; &#233;tant devenue un obstacle intol&#233;rable au d&#233;veloppement ult&#233;rieur de l'humanit&#233;, l'histoire a mis &#224; l'ordre du jour le renversement du joug capitaliste par la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme soumet les innombrables masses prol&#233;tariennes de tous les pays - dans les m&#233;tropoles de la puissance capitaliste comme dans les coins les plus recul&#233;s du monde colonial - &#224; la dictature d'une ploutocratie capitaliste financi&#232;re. L'imp&#233;rialisme met &#224; nu et approfondit avec la force d'&#233;l&#233;ments d&#233;cha&#238;n&#233;s toutes les contradictions de la soci&#233;t&#233; capitaliste, d&#233;veloppe &#224; l'extr&#234;me l'oppression des classes, aiguise au plus haut degr&#233; la lutte entre les &#201;tats capitalistes, engendre l'in&#233;luctabilit&#233; des guerres imp&#233;rialistes mondiales qui &#233;branlent tout le syst&#232;me des rapports existants et achemine la soci&#233;t&#233;, avec une irr&#233;sistible n&#233;cessit&#233;, vers la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encha&#238;nant l'univers dans les liens du capital financier, contraignant, par le sang, par le fer et par la faim, les prol&#233;taires de tous les pays, de toutes les nationalit&#233;s et de toutes les races &#224; se courber sous son joug, aggravant formidablement l'exploitation, l'oppression et l'asservissement du prol&#233;tariat qu'il met devant la t&#226;che imm&#233;diate de conqu&#233;rir le pouvoir, l'imp&#233;rialisme cr&#233;e la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;troite coh&#233;rence des ouvriers en une arm&#233;e internationale unique des prol&#233;taires de tous les pays, form&#233;e ind&#233;pendamment des fronti&#232;res d'&#201;tats, des diff&#233;rences de nationalit&#233;, de culture, de langue, de race, de sexe et de profession. L'imp&#233;rialisme, en d&#233;veloppant et en achevant ainsi la cr&#233;ation des conditions mat&#233;rielles du socialisme, place le prol&#233;tariat en face de la n&#233;cessit&#233; de s'organiser en une association ouvri&#232;re internationale de combat et assure, par l&#224;, la coh&#233;sion de l'arm&#233;e de ses propres fossoyeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme d&#233;tache, d'autre part, la partie la plus ais&#233;e de la classe ouvri&#232;re des grandes masses. Cette &#034;aristocratie&#034; ouvri&#232;re, corrompue par l'imp&#233;rialisme, qui constitue les cadres dirigeants des Partis social-d&#233;mocrates, int&#233;ress&#233;e au pillage imp&#233;rialiste des colonies, d&#233;vou&#233;e &#224; &#034;sa&#034; bourgeoisie et &#224; &#034;son&#034; &#201;tat imp&#233;rialiste, se trouva, &#224; l'heure des batailles d&#233;cisives, aux c&#244;t&#233;s de l'ennemi de classe du prol&#233;tariat. La scission du mouvement socialiste provoqu&#233;e par cette trahison de 1914 et les trahisons ult&#233;rieures des Partis social-d&#233;mocrates, devenus en fait des partis ouvriers bourgeois, ont prouv&#233; que le prol&#233;tariat mondial ne peut remplir sa mission historique &#8212; briser le joug de l'imp&#233;rialisme et conqu&#233;rir la dictature prol&#233;tarienne - que par une lutte implacable contre la social-d&#233;mocratie. L'organisation des forces de la r&#233;volution internationale n'est donc possible que sur la plate-forme du communisme. A la Deuxi&#232;me Internationale opportuniste de la social-d&#233;mocratie, devenue l'agent des imp&#233;rialistes au sein de la classe ouvri&#232;re, s'oppose in&#233;luctablement la Troisi&#232;me, L'Internationale communiste, organisation universelle de la classe ouvri&#232;re, incarnant l'unit&#233; authentique des ouvriers r&#233;volutionnaires de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de 1914-1918 provoqua les premi&#232;res tentatives de cr&#233;er une nouvelle Internationale r&#233;volutionnaire comme contrepoids de la Deuxi&#232;me Internationale social-chauvine et comme instrument de r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme guerrier (Zimmerwald, Kienthal). La victoire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Russie donna l'impulsion &#224; la constitution de Partis communistes dans les m&#233;tropoles capitalistes et dans les colonies. En 1919, fut fond&#233;e L'Internationale communiste qui, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, unit effectivement dans la lutte r&#233;volutionnaire des &#233;l&#233;ments avanc&#233;s du prol&#233;tariat d'Europe et d'Am&#233;rique aux prol&#233;taires de Chine et des Indes, aux travailleurs n&#232;gres d'Afrique et d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti international unique et centralis&#233; du prol&#233;tariat, L'Internationale communiste est la seule continuatrice des principes de la Premi&#232;re Internationale appliqu&#233;s sur la base nouvelle d'un mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire de masses. L'exp&#233;rience de la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste, de la crise r&#233;volutionnaire du capitalisme qui lui a succ&#233;d&#233; et des r&#233;volutions de l'Europe et des pays coloniaux, l'exp&#233;rience de la dictature du prol&#233;tariat et de l'&#233;dification du socialisme en URSS, l'exp&#233;rience du travail de toutes les sections de L'Internationale communiste, fix&#233;e dans les d&#233;cisions de ses congr&#232;s, et enfin, l'internationalisation de plus en plus grande de la lutte entre la bourgeoisie imp&#233;rialiste et le prol&#233;tariat, rendent indispensable l'&#233;laboration d'un programme de L'Internationale communiste, unique et commun &#224; toutes ses sections. Le programme de l'IC r&#233;alise ainsi la plus haute synth&#232;se critique de l'exp&#233;rience du mouvement r&#233;volutionnaire international du prol&#233;tariat, il est un programme de lutte pour la dictature mondiale du prol&#233;tariat, un programme de lutte pour le communisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale communiste, qui unit les ouvriers r&#233;volutionnaires et entra&#238;ne des millions d'opprim&#233;s et d'exploit&#233;s contre la bourgeoisie et ses agents &#034;socialistes&#034;, se consid&#232;re comme la continuatrice historique de la &#034;Ligue des communistes&#034; et de la Premi&#232;re Internationale qui furent sous la direction imm&#233;diate de Karl Marx, et comme l'h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions d'avant-guerre de la Deuxi&#232;me Internationale. La Premi&#232;re Internationale jeta les bases doctrinales de la lutte internationale du prol&#233;tariat pour le socialisme. La Deuxi&#232;me Internationale, dans sa meilleure &#233;poque, pr&#233;para le terrain &#224; une large expansion du mouvement ouvrier parmi les masses. La Troisi&#232;me Internationale Communiste, continuant l'&#339;uvre de la Premi&#232;re Internationale et recueillant les fruits des travaux de la Deuxi&#232;me, en a r&#233;solument rejet&#233; l'opportunisme, le social-chauvinisme, la d&#233;formation bourgeoise du socialisme, et a commenc&#233; &#224; r&#233;aliser la dictature du prol&#233;tariat. L'Internationale communiste continue par cela les traditions h&#233;ro&#239;ques et glorieuses du mouvement ouvrier international : celles des chartistes anglais et des insurg&#233;s fran&#231;ais de 1830, celles des ouvriers r&#233;volutionnaires fran&#231;ais et allemands de 1848 ; celles des combattants immortels et des martyrs de la Commune de Paris ; celles des soldats valeureux des r&#233;volutions allemande, hongroise et finlandaise ; celles des ouvriers courb&#233;s nagu&#232;re sous le despotisme des tsars et devenus des r&#233;alisateurs victorieux de la dictature du prol&#233;tariat ; celles des prol&#233;taires chinois, h&#233;ros de Canton et de Shanghai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'inspirant de l'exp&#233;rience historique du mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire de tous les continents et de tous les peuples, L'Internationale communiste se place enti&#232;rement et sans r&#233;serves, dans son activit&#233; th&#233;orique et pratique, sur le terrain du marxisme r&#233;volutionnaire dont le l&#233;ninisme - qui n'est pas autre chose que le marxisme de l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme et des r&#233;volutions prol&#233;tariennes - est le d&#233;veloppement ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant et en propageant le mat&#233;rialisme dialectique de Marx et d'Engels, en l'appliquant comme la m&#233;thode r&#233;volutionnaire de connaissance de la r&#233;alit&#233; dans un but de transformation r&#233;volutionnaire de cette derni&#232;re, L'Internationale communiste combat activement toutes les vari&#233;t&#233;s de la pens&#233;e bourgeoise et de l'opportunisme th&#233;orique et pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demeurant sur le terrain de la lutte de classe prol&#233;tarienne cons&#233;quente, subordonnant les int&#233;r&#234;ts passagers, partiels, corporatifs et nationaux du prol&#233;tariat &#224; ses int&#233;r&#234;ts permanents, g&#233;n&#233;raux et internationaux, L'Internationale communiste d&#233;masque impitoyablement, quels qu'en soient les aspects, la doctrine de la &#034;paix sociale&#034; emprunt&#233;e par les r&#233;formistes &#224; la bourgeoise. Exprimant la n&#233;cessit&#233; historique de l'organisation internationale des prol&#233;tariens r&#233;volutionnaires, fossoyeurs du syst&#232;me capitaliste. L'Internationale communiste est l'unique force internationale qui ait pour programme la dictature du prol&#233;tariat et le communisme et qui agisse au grand jour comme organisatrice de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le syst&#232;me mondial du capitalisme, son d&#233;veloppement et sa ruine in&#233;vitable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les lois g&#233;n&#233;rales du d&#233;veloppement du capitalisme et l'&#233;poque du capital industriel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La soci&#233;t&#233; capitaliste, fond&#233;e sur le d&#233;veloppement de la production des marchandises, est caract&#233;ris&#233;e par le monopole de la classe des capitalistes et des gros propri&#233;taires fonciers sur les moyens de production les plus importants et d&#233;cisifs, par l'exploitation de la main-d'&#339;uvre salari&#233;e de la classe des prol&#233;taires, priv&#233;s des moyens de production et oblig&#233;s de vendre leur force de travail, par la production des marchandises en vue d'en retirer des profits, par l'absence de plan et l'anarchie qui r&#233;sulte de ces diverses causes dans l'ensemble du proc&#232;s de la production. Les rapports sociaux d'exploitation et la domination &#233;conomique de la bourgeoisie trouvent leur expression politique dans l'organisation de l'&#201;tat capitaliste, appareil de coercition contre le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'histoire du capitalisme confirme enti&#232;rement la doctrine de Marx sur les lois du d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; capitaliste et sur les contradictions inh&#233;rentes &#224; ce d&#233;veloppement, qui m&#232;nent le syst&#232;me capitaliste &#224; sa perte in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La bourgeoisie fut contrainte, dans sa course aux profits, de d&#233;velopper, dans des proportions toujours croissantes, les forces productives, de renforcer et d'&#233;tendre la domination des rapports capitalistes de production. Le d&#233;veloppement du capitalisme, pour cette raison, reproduisit constamment sur une base &#233;largie toutes les contradictions internes du syst&#232;me, avant tout, la contradiction d&#233;cisive existant entre le caract&#232;re social du travail et le caract&#232;re priv&#233; de l'appropriation, entre la croissance des forces productives et les rapports capitalistes de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La propri&#233;t&#233; des moyens de production et le fonctionnement spontan&#233; et anarchique de la production elle-m&#234;me provoqu&#232;rent la rupture de l'&#233;quilibre &#233;conomique entre les diff&#233;rentes branches de la production, par suite du d&#233;veloppement de la contradiction entre la tendance de la production &#224; une extension illimit&#233;e et la consommation limit&#233;e des masses prol&#233;tariennes (surproduction g&#233;n&#233;rale), ce qui entra&#238;na des crises p&#233;riodiques d&#233;vastatrices et livra des masses de prol&#233;taires au ch&#244;mage. La domination de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e s'exprima par une concurrence sans cesse croissante, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de chaque pays capitaliste que sur le march&#233; mondial. Cette derni&#232;re forme de rivalit&#233; entre capitalistes eut pour cons&#233;quence les guerres qui accompagnent in&#233;vitablement le d&#233;veloppement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les avantages techniques et &#233;conomiques de la grande production provoqu&#232;rent, d'autre part, par le jeu de la concurrence, l'&#233;limination et la destruction des formes pr&#233;capitalistes de l'&#233;conomie, une concentration et une centralisation croissante du capital. Dans l'industrie, cette loi de concentration et de centralisation se manifesta avant tout par le d&#233;p&#233;rissement de la petite production ou par sa r&#233;duction au r&#244;le d'auxiliaire subordonn&#233; des grandes entreprises. Dans l'agriculture, dont le d&#233;veloppement est n&#233;cessairement retardataire par suite du monopole de la propri&#233;t&#233; du sol et de la rente absolue, cette loi s'exprima non seulement par la diff&#233;renciation de la paysannerie et la prol&#233;tarisation de larges couches de paysans, mais encore et surtout par des formes visibles ou voil&#233;es de la domination du gros capital sur la petite &#233;conomie rurale qui, dans ce cas, ne peut conserver une apparence d'ind&#233;pendance qu'au prix d'une extr&#234;me intensit&#233; du travail et d'une sous-consommation syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'utilisation croissante des machines, le perfectionnement constant de la technique et, sur cette base, la croissance incessante de la composition organique du capital accompagn&#233;es de la division croissante du travail, de l'augmentation de son rendement et de son intensit&#233;, signifiaient &#233;galement un emploi plus large de la main-d'&#339;uvre f&#233;minine et enfantine et la formation d'&#233;normes arm&#233;es industrielles de r&#233;serve, sans cesse grossies par les paysans prol&#233;taris&#233;s, &#233;vinc&#233;s des campagnes, et par la petite et moyenne bourgeoisie ruin&#233;e des villes. A l'un des p&#244;les des rapports sociaux, formation de masses consid&#233;rables de prol&#233;taires, intensification continue de l'exploitation de la classe ouvri&#232;re, reproduction sur une base &#233;largie des contradictions profondes du capitalisme et de leurs cons&#233;quences (crises, guerres, etc.), augmentation constante de l'in&#233;galit&#233; sociale, croissance de l'indignation du prol&#233;tariat rassembl&#233; et &#233;duqu&#233; par le m&#233;canisme m&#234;me de la production capitaliste, tout cela sape infailliblement les bases du capitalisme et rapproche le moment de son &#233;croulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un profond bouleversement se produisit en m&#234;me temps dans tout l'ordre moral et culturel de la soci&#233;t&#233; capitaliste : d&#233;composition parasitaire des groupes de rentiers de la bourgeoisie, dissolution de la famille, exprimant la contradiction croissante entre la participation en masse des femmes &#224; la production sociale et les formes de la famille et de la vie domestique h&#233;rit&#233;es dans une large mesure des &#233;poques &#233;conomiques ant&#233;rieures ; d&#233;veloppement monstrueux des grandes villes et m&#233;diocrit&#233; de la vie rurale par suite de la division et de la sp&#233;cialisation du travail ; appauvrissement et d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la vie intellectuelle et de la culture g&#233;n&#233;rale ; incapacit&#233; de la bourgeoisie de cr&#233;er, en d&#233;pit des grands progr&#232;s des sciences naturelles, une synth&#232;se philosophique scientifique du monde ; d&#233;veloppement des superstitions id&#233;alistes, mystiques et religieuses, tous ces ph&#233;nom&#232;nes signalent l'approche de la fin historique du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;poque du capital financier (imp&#233;rialisme)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;riode du capitalisme industriel fut, en g&#233;n&#233;ral, une p&#233;riode de &#034;libre concurrence&#034; pendant laquelle le capitalisme &#233;volua avec une certaine r&#233;gularit&#233; et se r&#233;pandit sur tout le globe par le partage des colonies encore libres, conquises par la force des armes, le poids des contradictions internes du capitalisme sans cesse croissantes retombant principalement sur la p&#233;riph&#233;rie coloniale opprim&#233;e, terroris&#233;e et syst&#233;matiquement ran&#231;onn&#233;e. Cette p&#233;riode fit place, vers le d&#233;but du XX&#176; si&#232;cle, &#224; celle de l'imp&#233;rialisme, caract&#233;ris&#233;e par le d&#233;veloppement du capitalisme par sauts brusques et par conflits, la libre concurrence c&#233;dant rapidement le pas au monopole, les terres coloniales nagu&#232;re &#034;libres&#034; &#233;tant d&#233;j&#224; partag&#233;es et la lutte pour un nouveau partage des colonies et des sph&#232;res d'influence commen&#231;ant &#224; prendre in&#233;vitablement et en premier lieu la forme de la lutte arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les contradictions du capitalisme acquirent ainsi toute leur ampleur mondiale et leur expression la plus nette &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme (capitalisme financier), qui repr&#233;sente une nouvelle forme historique du capitalisme lui-m&#234;me, un rapport nouveau entre les diff&#233;rentes parties de l'&#233;conomie capitaliste mondiale et une modification des rapports entre les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette nouvelle p&#233;riode historique r&#233;sulte de l'action des lois essentielles du d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Elle m&#251;rit avec le d&#233;veloppement du capitalisme industriel, en est la continuation historique. Elle accentua la manifestation des tendances fondamentales et des lois du mouvement de la soci&#233;t&#233; capitaliste, ses contradictions et ses antagonismes fondamentaux. La loi de concentration et de la centralisation du capital aboutit &#224; la formation de puissants groupements monopolistes (cartels, syndicats, trusts), &#224; une nouvelle forme d'entreprises g&#233;antes combin&#233;es, li&#233;es en un seul faisceau par les banques. La fusion du capital industriel et du capital bancaire, l'entr&#233;e de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re dans le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral du capitalisme d&#233;sormais caract&#233;ris&#233; par les monopoles, transform&#232;rent la p&#233;riode du capital industriel en celle du capital financier. La &#034;libre concurrence&#034; du capitalisme industriel, qui rempla&#231;a autrefois le monopole f&#233;odal et le monopole du capital commercial, se transforma elle-m&#234;me en monopole du capital financier. Les monopoles capitalistes, issus de la libre concurrence, ne la suppriment cependant pas, mais la dominent ou coexistent avec elle, provoquant ainsi des contradictions, des heurts et des conflits d'une acuit&#233; et d'une gravit&#233; particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'emploi grandissant de machines compliqu&#233;es, des proc&#233;d&#233;s chimiques et de l'&#233;nergie &#233;lectrique, la croissance de la composition organique du capital sur cette base et la chute du taux du profit qui en est la cons&#233;quence &#8211; et qui n'est enray&#233;e qu'en partie, en faveur des plus grandes associations monopolistes, par la politique des hauts prix des cartels &#8212; provoquant la continuation de la course aux surprofits coloniaux et la lutte pour un nouveau partage du monde. La production en masse, standardis&#233;e, exige de nouveaux d&#233;bouch&#233;s ext&#233;rieurs. La demande croissante de mati&#232;res premi&#232;res et de combustibles provoque d'&#226;pres rivalit&#233;s pour en accaparer les sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, le haut protectionnisme, emp&#234;chant l'exportation des marchandises et assurant un surprofit au capital export&#233;, cr&#233;e des stimulants compl&#233;mentaires &#224; l'exportation des capitaux qui devient la forme d&#233;cisive et sp&#233;cifique de la liaison &#233;conomique entre les diff&#233;rentes parties de l'&#233;conomie capitaliste mondiale. En r&#233;sum&#233;, la possession monopolis&#233;e des d&#233;bouch&#233;s coloniaux, des sources de mati&#232;res premi&#232;res et des sph&#232;res d'investissements de capitaux, accro&#238;t d'une mani&#232;re extr&#234;mement rapide l'in&#233;galit&#233; du d&#233;veloppement capitaliste et aggrave, entre les &#034;grandes puissances&#034; du capital financier, les conflits pour un nouveau partage des colonies des sph&#232;res d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La croissance des forces productives de l'&#233;conomie mondiale conduit donc &#224; une plus grande internationalisation de la vie &#233;conomique et, en m&#234;me temps, &#224; la lutte pour un nouveau partage du monde, d&#233;j&#224; partag&#233; entre les grands &#201;tats du capital financier ; elle provoque aussi un changement et une aggravation des formes de cette lutte : le remplacement de plus en plus fr&#233;quent de la concurrence au moyen de la baisse des prix, par appel direct &#224; la force (boycottage, haut protectionnisme, guerres douani&#232;res, guerres au sens propre du mot, etc.). Le capitalisme, sous sa forme monopoliste, est, par cons&#233;quent, accompagn&#233; de guerres imp&#233;rialistes in&#233;vitables, qui, par leur ampleur et la puissance destructive de la technique employ&#233;e, n'ont pas de pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les forces de l'imp&#233;rialisme et les forces de la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La forme imp&#233;rialiste du capitalisme qui exprime la tendance &#224; la coh&#233;sion des diverses factions de la classe dominante, oppose les grandes masses du prol&#233;tariat non &#224; un patron isol&#233;, mais, de plus en plus, &#224; la classe enti&#232;re des capitalistes et &#224; son &#201;tat. D'autre part, cette forme de capitalisme brise les fronti&#232;res des &#201;tats nationaux devenues trop &#233;troites et &#233;largit les cadres du pouvoir capitaliste des grandes puissances, opposant &#224; ce pouvoir les millions d'hommes des nationalit&#233;s opprim&#233;es, des &#034;petites&#034; nations et des peuples coloniaux. Enfin, cette forme de capitalisme oppose avec plus d'acuit&#233; les &#201;tats imp&#233;rialistes les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans cet &#233;tat de choses, le pouvoir politique acquiert pour la bourgeoisie une importance particuli&#232;re, il devient la dictature d'une oligarchie financi&#232;re et capitaliste, l'expression de sa puissance concentr&#233;e. Les fonctions de cet &#201;tat imp&#233;rialiste qui comprend de nombreuses nationalit&#233;s, se d&#233;veloppent dans tous les sens. Le d&#233;veloppement des formes de capitalisme d'&#201;tat facilite &#224; la fois la lutte sur les march&#233;s ext&#233;rieurs (mobilisation militaire de l'&#233;conomie) et la lutte contre la classe ouvri&#232;re. Le d&#233;veloppement monstrueux &#224; l'extr&#234;me du militarisme (arm&#233;e, flottes a&#233;rienne et navale, armes chimiques et bact&#233;riologiques), la pression croissante de l'&#201;tat imp&#233;rialiste sur la classe ouvri&#232;re (exploitation accrue et r&#233;pression directe, d'une part, corruption syst&#233;matique de la bureaucratie r&#233;formiste dirigeante, de l'autre), expriment l'&#233;norme accroissement du r&#244;le de l'&#201;tat. Dans ces conditions, toute action plus ou moins importante du prol&#233;tariat se transforme en une action contre l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire en une action politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, le d&#233;veloppement du capitalisme et, plus particuli&#232;rement, l'&#233;poque imp&#233;rialiste reproduisent les contradictions fondamentales du capitalisme &#224; une &#233;chelle de plus en plus consid&#233;rable. La concurrence entre petits capitalistes ne cesse que pour faire place &#224; la concurrence entre grands capitalistes ; lorsque celle-ci se calme, se d&#233;cha&#238;ne la concurrence entre les formidables coalitions des magnats du Capital et de leurs &#201;tats ; les crises locales et nationales s'&#233;tendent &#224; divers pays et finissent par embrasser le monde entier ; les guerres locales font place aux guerres de coalitions et aux guerres mondiales ; la lutte de classes passe de l'action isol&#233;e de certains groupes d'ouvriers, &#224; des luttes nationales, puis &#224; la lutte internationale du prol&#233;tariat mondial contre la bourgeoisie mondiale. Enfin, se dressent et s'organisent contre les forces du capital financier puissamment organis&#233;, deux grandes forces r&#233;volutionnaires : d'une part, les ouvriers des &#201;tats capitalistes et, de l'autres, les masses populaires des colonies ploy&#233;es sous le joug du capital &#233;tranger, mais luttant sous la direction et l'h&#233;g&#233;monie du mouvement r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette tendance r&#233;volutionnaire fondamentale est cependant temporairement paralys&#233;e par la corruption de certains &#233;l&#233;ments du prol&#233;tariat europ&#233;en, nord-am&#233;ricain et japonais, acquis &#224; la bourgeoisie imp&#233;rialiste et par la trahison de la bourgeoisie nationale des pays coloniaux et semi-coloniaux effray&#233;e par le mouvement r&#233;volutionnaire des masses. La bourgeoisie des grandes puissances imp&#233;rialistes recevant un profit suppl&#233;mentaire, tant en raison de sa position sur le march&#233; mondial en g&#233;n&#233;ral (technique plus d&#233;velopp&#233;e, exportation des capitaux, dans les pays o&#249; le taux du profit est plus &#233;lev&#233;, etc.) qu'en raison du pillage des colonies et des semi-colonies, a pu &#233;lever, gr&#226;ce &#224; ces surprofits, les salaires d'une partie de &#034;ses&#034; ouvriers, les int&#233;ressant ainsi au d&#233;veloppement du capitalisme de leur &#034;patrie&#034;, au pillage des colonies et &#224; la fid&#233;lit&#233; envers l'&#201;tat imp&#233;rialiste. Cette corruption syst&#233;matique s'est particuli&#232;rement manifest&#233;e et se manifeste encore sur une large &#233;chelle dans les pays imp&#233;rialistes les plus puissants ; elle trouve son expression la plus &#233;clatante dans l'id&#233;ologie et l'action de l'aristocratie ouvri&#232;re et des couches bureaucratiques de la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire des cadres dirigeants de la social-d&#233;mocratie et des syndicats qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;s les agents directs de l'influence bourgeoise au sein du prol&#233;tariat et les meilleurs soutiens du r&#233;gime capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais, apr&#232;s avoir d&#233;velopp&#233; l'aristocratie corrompue de la classe ouvri&#232;re, l'imp&#233;rialisme en d&#233;truit en fin de compte l'influence sur le prol&#233;tariat, dans la mesure o&#249; l'accentuation des contradictions du r&#233;gime, l'aggravation des conditions d'existence et le ch&#244;mage de grandes masses ouvri&#232;res, les d&#233;penses et les charges &#233;normes provoqu&#233;es par les conflits arm&#233;s, la perte par certaines puissances des monopoles qu'elles d&#233;tenaient sur le march&#233; mondial, la s&#233;paration des colonies, etc., &#233;branlent dans les masses la base du social-imp&#233;rialisme. De m&#234;me, la corruption syst&#233;matique de diverses couches de la bourgeoisie des colonies et des semi-colonies, leur trahison du mouvement national-r&#233;volutionnaire et leur rapprochement avec les puissances imp&#233;rialistes ne paralysent que temporairement le d&#233;veloppement de la crise r&#233;volutionnaire. Ce proc&#232;s m&#232;ne, en fin de compte, au renforcement de l'oppression imp&#233;rialiste, &#224; l'affaiblissement de l'influence de la bourgeoisie nationale sur les masses populaires, &#224; l'aggravation de la crise r&#233;volutionnaire, au d&#233;cha&#238;nement de la r&#233;volution agraire des grandes masses paysannes et &#224; la cr&#233;ation de conditions favorables &#224; l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat des pays coloniaux et d&#233;pendants dans la lutte des masses populaires, pour l'ind&#233;pendance et pour une compl&#232;te lib&#233;ration nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'imp&#233;rialisme et la chute du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'imp&#233;rialisme a port&#233; les forces productives du capitalisme mondial &#224; un haut degr&#233; de d&#233;veloppement. Il a achev&#233; la pr&#233;paration des pr&#233;mices mat&#233;rielles pour l'organisation socialiste de la soci&#233;t&#233;. Il d&#233;montre par ses guerres que les forces productives de l'&#233;conomie mondiale ont d&#233;pass&#233; les cadres restreints des &#201;tats imp&#233;rialistes et exigent l'organisation de l'&#233;conomie sur une &#233;chelle internationale mondiale. L'imp&#233;rialisme s'efforce de r&#233;soudre cette contradiction en frayant, par le fer et par le feu, la voie &#224; un trust capitaliste &#233;tatique mondial et unique qui organiserait l'&#233;conomie mondiale. Cette sanglante utopie est glorifi&#233;e par les id&#233;ologues social-d&#233;mocrates qui y voient la m&#233;thode pacifique du nouveau capitalisme &#034;organis&#233;&#034;. Elle se heurte, dans la r&#233;alit&#233;, &#224; des obstacles objectifs insurmontables d'une telle ampleur que le capitalisme est appel&#233; &#224; s'effondrer in&#233;vitablement sous le poids de ses propres contradictions. La loi de l'in&#233;galit&#233; du d&#233;veloppement capitaliste, accentu&#233; &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste, rend impossibles les groupements stables et durables de puissances imp&#233;rialistes. D'autre part, les guerres imp&#233;rialistes qui se transforment en guerres mondiales par lesquelles la loi de concentration du capital s'efforce d'atteindre son extr&#234;me limite &#8212; le trust mondial unique &#8212; s'accompagnent de telles d&#233;vastations, imposent &#224; la classe ouvri&#232;re et aux millions de prol&#233;taires et de paysans des colonies de telles charges, que le capitalisme p&#233;rira in&#233;vitablement sous les coups de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, bien avant d'avoir atteint ce but. Phase supr&#234;me du d&#233;veloppement capitaliste, portant &#224; un d&#233;veloppement d'une formidable ampleur les forces productives de l'&#233;conomie mondiale, recr&#233;ant le monde entier &#224; son image, l'imp&#233;rialisme entra&#238;ne dans le champ d'exploitation du capital financier toutes les colonies, toutes les races et tous les peuples. Mais la forme monopoliste du capital d&#233;veloppe en m&#234;me temps &#224; un degr&#233; croissant les &#233;l&#233;ments de d&#233;g&#233;n&#233;rescence parasitaire, de pourriture et de d&#233;clin du capitalisme. En d&#233;truisant, dans une certaine mesure, cette force motrice qu'est la concurrence, en menant une politique de hauts prix fix&#233;s par les cartels, en disposant sans restriction du march&#233;, le capital monopoliste tend &#224; entraver le d&#233;veloppement ult&#233;rieur des forces productives. Pr&#233;levant sur des millions d'ouvriers et de paysans coloniaux des surprofits fabuleux et accumulant les &#233;normes revenus de cette exploitation, l'imp&#233;rialisme cr&#233;e un type d'&#201;tat rentier en voie de d&#233;g&#233;n&#233;rescence parasitaire et de putr&#233;faction, et des couches enti&#232;res de parasites vivant des coupons de rentes. Achevant le processus de la cr&#233;ation des pr&#233;mices mat&#233;rielles du socialisme (concentration des moyens de production, immense socialisation du travail, croissance des organisations ouvri&#232;res), l'&#233;poque imp&#233;rialiste aggrave les contradictions existant entre les &#034;grandes puissances&#034; et engendre des guerres qui aboutissent &#224; la dislocation de l'unit&#233; de l'&#233;conomie mondiale. L'imp&#233;rialisme est pour cette raison le capitalisme pourrissant et mourant et, en g&#233;n&#233;ral, la derni&#232;re &#233;tape de l'&#233;volution capitaliste, le pr&#233;lude de la r&#233;volution socialiste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale d&#233;coule ainsi des conditions du d&#233;veloppement du capitalisme en g&#233;n&#233;ral, et de sa phase imp&#233;rialiste, en particulier. Le syst&#232;me capitaliste aboutit dans son ensemble &#224; une faillite d&#233;finitive. La dictature du capital financier p&#233;rit, faisant place &#224; la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La crise g&#233;n&#233;rale du capitalisme et la premi&#232;re phase de la r&#233;volution mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La guerre mondiale et le d&#233;veloppement de la crise r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte entre les principaux &#201;tats capitalistes pour un nouveau partage du monde provoqua la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste mondiale (1914-1918). Cette guerre &#233;branla le syst&#232;me capitaliste mondial et inaugura la p&#233;riode de sa crise g&#233;n&#233;rale. Elle mit &#224; son service toute l'&#233;conomie nationale des pays bellig&#233;rants, cr&#233;ant ainsi la poigne de fer du capitalisme d'&#201;tat ; elle entra&#238;na de fabuleuses d&#233;penses improductives, d&#233;truisit une quantit&#233; &#233;norme de moyens de production et de main-d'&#339;uvre, ruina les grandes masses populaires, imposa des charges innombrables aux ouvriers industriels, aux paysans et aux peuples coloniaux. Elle aggrava fatalement la lutte de classes, qui se transforma en action r&#233;volutionnaire de masses et en guerre civile. Le front imp&#233;rialiste fut rompu dans son secteur le plus faible, en Russie tsariste. La r&#233;volution russe de f&#233;vrier 1917 brisa le pouvoir, l'autocratie des gros propri&#233;taires fonciers. La r&#233;volution d'Octobre renversa le pouvoir de la bourgeoisie. Cette r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse expropria les expropriateurs, &#244;ta &#224; la bourgeoisie et aux grands propri&#233;taires fonciers les moyens de production, &#233;tablit et affermit, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'humanit&#233;, la dictature du prol&#233;tariat dans un grand pays, r&#233;alisa un nouveau type d'&#201;tat, l'&#201;tat sovi&#233;tique, et inaugura la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;branlement profond du capitalisme mondial, l'aggravation de la lutte de classes et l'influence imm&#233;diate de la r&#233;volution prol&#233;tarienne d'Octobre, d&#233;termin&#232;rent des r&#233;volutions et des mouvements r&#233;volutionnaires tant en Europe que dans les pays coloniaux et semi-coloniaux : janvier 1918, r&#233;volution ouvri&#232;re en Finlande ; ao&#251;t 1918, &#034;&#233;meutes du riz&#034; au Japon ; novembre 1918, r&#233;volutions en Autriche et en Allemagne, renversant des monarchies semi-f&#233;odales ; mars 1919, r&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie et soul&#232;vement en Cor&#233;e ; avril 1919, R&#233;publique des Soviets en Bavi&#232;re ; janvier 1920, r&#233;volution nationale bourgeoise en Turquie ; septembre 1920, occupation des usines par les ouvriers en Italie ; mars 1921, soul&#232;vement de l'avant-garde ouvri&#232;re en Allemagne ; septembre 1923, insurrection en Bulgarie ; automne 1923, crise r&#233;volutionnaire en Allemagne ; d&#233;cembre 1924, insurrection en Estonie ; avril 1925, soul&#232;vement au Maroc ; ao&#251;t 1925, soul&#232;vement en Syrie ; mai 1926, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Angleterre ; juillet 1927, insurrection ouvri&#232;re &#224; Vienne. Ces faits et des &#233;v&#233;nements tels que l'insurrection de l'Indon&#233;sie, l'effervescence profonde de l'Inde, la grande r&#233;volution chinoise qui a &#233;branl&#233; tout le continent asiatique, forment les cha&#238;nons de l'action r&#233;volutionnaire internationale et sont les &#233;l&#233;ments constituants de la grave crise g&#233;n&#233;rale du capitalisme. Ce proc&#232;s de la r&#233;volution mondiale comprend la lutte imm&#233;diate pour la dictature du prol&#233;tariat, les guerres de lib&#233;ration nationale et les soul&#232;vements coloniaux contre l'imp&#233;rialisme, indissolublement li&#233;s au mouvement agraire des grandes masses paysannes. La masse innombrable des hommes s'est ainsi trouv&#233;e entra&#238;n&#233;e dans le torrent r&#233;volutionnaire. L'histoire du monde est entr&#233;e dans une nouvelle phase, celle de la crise g&#233;n&#233;rale et durable du syst&#232;me capitaliste. L'unit&#233; de l'&#233;conomie mondiale s'exprime dans le caract&#232;re international de la r&#233;volution ; et l'in&#233;galit&#233; de d&#233;veloppement des diverses parties de l'&#233;conomie mondiale dans le fait que les r&#233;volutions n'&#233;clatent pas simultan&#233;ment dans les diff&#233;rents pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les premi&#232;res tentatives de r&#233;volution, n&#233;es de la crise aigu du capitalisme (1918-1921), se termin&#232;rent par la victoire et l'affermissement de la dictature du prol&#233;tariat dans l'URSS et par la d&#233;faite du prol&#233;tariat dans divers autres pays. Ces d&#233;faites sont dues, avant tout, &#224; la tactique de trahison des chefs social-d&#233;mocrates et des leaders r&#233;formistes du mouvement syndical ; au fait que les communistes n'entra&#238;naient pas encore la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re et que dans plusieurs pays, des plus importants, il n'existait pas encore de Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A la suite de ces d&#233;faites qui rendirent possibles l'exploitation accrue des masses prol&#233;tariennes et des peuples coloniaux, et une brusque r&#233;duction de leur niveau de vie, la bourgeoisie put r&#233;aliser une stabilisation partielle du r&#233;gime capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt; La crise r&#233;volutionnaire et la social-d&#233;mocratie contre-r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les cadres dirigeants des partis social-d&#233;mocrates et des syndicats r&#233;formistes et les organisations capitalistes de combat du type fasciste ont acquis, au cours de la r&#233;volution internationale, la plus grande importance comme force contre-r&#233;volutionnaire combattant avec ardeur la r&#233;volution et soutenant de m&#234;me la stabilisation partielle du Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La guerre de 1914-1918 fut accompagn&#233;e de la honteuse faillite de la II&#176; Internationale social-d&#233;mocrate. En contradiction absolue avec la th&#232;se du Manifeste du Parti communiste de Marx et d'Engels, qui affirme que les prol&#233;taires n'ont pas de patrie en r&#233;gime capitaliste, en contradiction absolue avec les r&#233;solutions adopt&#233;es contre la guerre par les congr&#232;s socialistes internationaux de Stuttgart et de B&#226;le, les chefs des Partis social-d&#233;mocrates nationaux, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, vot&#232;rent les cr&#233;dits de guerre, se prononc&#232;rent r&#233;solument pour la &#034;d&#233;fense nationale&#034; de leurs &#034;patries&#034; imp&#233;rialistes (c'est-&#224;-dire des &#201;tats de la bourgeoisie imp&#233;rialiste) et, au lieu de s'opposer &#224; la guerre imp&#233;rialiste, devinrent ses fid&#232;les soldats, ses propagandistes et ses thurif&#233;raires (le social-patriotisme se transformait ainsi, par voie de croissance, en social-imp&#233;rialisme). Dans la p&#233;riode suivante, la social-d&#233;mocratie d&#233;fendit les trait&#233;s spoliateurs (Brest-Litovsk, Versailles) ; elle intervint activement aux c&#244;t&#233;s des g&#233;n&#233;raux dans la r&#233;pression sanglante des soul&#232;vements prol&#233;tariens (Noske) ; elle combattit les armes &#224; la main la premi&#232;re R&#233;publique prol&#233;tarienne (la Russie des Soviets) ; elle trahit honteusement le prol&#233;tariat au pouvoir (Hongrie) ; elle adh&#233;ra &#224; la Soci&#233;t&#233; des nations imp&#233;rialiste (A. Thomas, Paul-Boncour, Vandervelde) ; elle prit carr&#233;ment le parti des esclavagistes imp&#233;rialistes contre les esclaves coloniaux (le &#034;Labour Party&#034; anglais) ; elle soutint activement les bourreaux les plus r&#233;actionnaires de la classe ouvri&#232;re (Bulgarie, Pologne) ; elle prit l'initiative des &#034;lois militaires&#034; imp&#233;rialistes (France) ; elle trahit la grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du prol&#233;tariat anglais ; elle aida &#224; &#233;touffer la gr&#232;ve des mineurs anglais ; elle aida et elle aide encore &#224; opprimer la Chine et l'Inde (gouvernement Mac Donald) ; elle assume le r&#244;le de propagandiste de la Soci&#233;t&#233; des nations imp&#233;rialiste, de h&#233;raut du Capital et de force organisatrice de la lutte contre la dictature du prol&#233;tariat dans l'URSS (Kautsky, Hilferding).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Poursuivant syst&#233;matiquement cette politique contre-r&#233;volutionnaire, la social-d&#233;mocratie op&#232;re au moyen de ses deux ailes : l'aile droite, ouvertement contre-r&#233;volutionnaire, indispensable aux n&#233;gociations et &#224; la liaison directe avec la bourgeoisie, et l'aile gauche destin&#233;e &#224; tromper les ouvriers avec un subtilit&#233; particuli&#232;re. La &#034;gauche&#034; social-d&#233;mocrate, usant volontiers de la phrase pacifiste et parfois m&#234;me de la phrase r&#233;volutionnaire, agit en r&#233;alit&#233; contre les ouvriers, surtout aux heures les plus critiques (les &#034;ind&#233;pendants&#034; anglais et la &#034;gauche&#034; du Conseil g&#233;n&#233;ral des Trade-Unions pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1926 ; Otto Bauer et Cie pendant l'insurrection viennoise, etc.) et constitue pour cette raison la fraction la plus dangereuse des partis social-d&#233;mocrates. Servant au sein de la classe ouvri&#232;re les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie et se pla&#231;ant enti&#232;rement sur le terrain de collaboration de classes et de la coalition avec la bourgeoisie, la social-d&#233;mocratie est, &#224; certains moments, contrainte de passer &#224; l'opposition et m&#234;me de simuler la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat dans sa lutte &#233;conomique ; elle le fait &#224; seule fin d'acqu&#233;rir la confiance d'une partie de la classe ouvri&#232;re et de trahir ses int&#233;r&#234;ts permanents, d'autant plus honteusement, &#224; l'heure des batailles d&#233;cisives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#244;le essentiel de la social-d&#233;mocratie est maintenant de saper l'indispensable unit&#233; de combat du prol&#233;tariat en lutte contre l'imp&#233;rialisme. Scindant et divisant le front rouge unique de la lutte prol&#233;tarienne contre le Capital, la social-d&#233;mocratie est le principal appui de l'imp&#233;rialisme dans la classe ouvri&#232;re. La social-d&#233;mocratie internationale de toutes nuances, la II&#176; Internationale et sa filiale syndicale, la F&#233;d&#233;ration syndicale internationale d'Amsterdam, sont ainsi devenues des r&#233;serves de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, son plus s&#251;r rempart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La crise du capitalisme et le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A c&#244;t&#233; de la social-d&#233;mocratie, &#224; l'aide de laquelle la bourgeoisie r&#233;prime le mouvement ouvrier ou endort sa vigilance de classe, se dresse le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, l'aggravation de la lutte de classes et la croissance, surtout apr&#232;s la guerre imp&#233;rialiste mondiale, des facteurs de guerre civile, ont provoqu&#233; la faillite du parlementarisme. De l&#224;, les &#034;nouvelles&#034; m&#233;thodes et les nouvelles formes de gouvernement (le syst&#232;me des &#034;petits cabinets&#034;, la formation d'oligarchies agissant dans les coulisses, la d&#233;ch&#233;ance et la falsification de la &#034;repr&#233;sentation populaire&#034;, les restrictions apport&#233;es aux &#034;libert&#233;s d&#233;mocratiques&#034;, qui sont parfois abolies, etc.). Cette offensive de la r&#233;action bourgeoise imp&#233;rialiste prend, dans certaines conditions historiques, la forme du fascisme. Ces conditions sont : l'instabilit&#233; des rapports capitalistes, l'existence d'importants &#233;l&#233;ments sociaux d&#233;class&#233;s, l'appauvrissement de grandes couches de la petite bourgeoisie des campagnes et, enfin, la constante menace d'action de masse du prol&#233;tariat. Afin de s'assurer une stabilit&#233;, une fermet&#233; et une continuit&#233; plus grandes du pouvoir, la bourgeoisie est de plus en plus contrainte de passer du syst&#232;me parlementaire &#224; la m&#233;thode fasciste, ind&#233;pendante des rapports et des combinaisons de partis. Cette m&#233;thode est celle de la dictature directe, id&#233;ologiquement camoufl&#233;e &#224; l'aide de &#034;l'id&#233;e nationale&#034; et de la repr&#233;sentation &#034;corporative&#034; (qui est en r&#233;alit&#233; celle des divers groupes des classes dominantes) ; elle exploite le m&#233;contentement des masses petites-bourgeoises, des intellectuels et d'autres milieux sociaux, au moyen d'une d&#233;magogie sociale assez particuli&#232;re (antis&#233;mitisme, attaques partielles contre le capital usurier, indignation contre les &#034;parlotes parlementaires&#034;) et de la corruption : cr&#233;ation d'une hi&#233;rarchie solide et r&#233;tribu&#233;e des formations fascistes, cr&#233;ation d'un appareil de parti et d'un corps de fonctionnaires ; le fascisme s'efforce, ce faisant, de p&#233;n&#233;trer dans les milieux ouvriers o&#249; il recrute les &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s en mettant &#224; profit le m&#233;contentement caus&#233; par la passivit&#233; de la social-d&#233;mocratie, etc. Le fascisme s'assigne pour t&#226;che principale la destruction de l'avant-garde ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire des &#233;l&#233;ments communistes du prol&#233;tariat et de leurs cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;magogie sociale combin&#233;e avec la corruption et la terreur blanche et li&#233;e &#224; une politique ext&#233;rieure imp&#233;rialiste tr&#232;s agressive, tels sont les traits caract&#233;ristiques du fascisme. Recourant pendant les p&#233;riodes les plus critiques pour la bourgeoisie &#224; une phras&#233;ologie anticapitaliste, le fascisme perd en route ses grelots anticapitalistes et se r&#233;v&#232;le de plus en plus, d&#232;s qu'il s'est affermi au pouvoir, comme la dictature terroriste du gros Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S'adaptant aux changements de la conjoncture politique, la bourgeoisie utilise tour &#224; tour les m&#233;thodes du fascisme et celles de la coalition avec la social-d&#233;mocratie, qui elle-m&#234;me joue fr&#233;quemment, aux heures les plus critiques pour le capitalisme, un r&#244;le fasciste. Elle manifeste dans son d&#233;veloppement des tendances fascistes, ce qui ne l'emp&#234;che pas, dans d'autres conjonctures politiques, de fronder contre le gouvernement bourgeois, en qualit&#233; de parti d'opposition. Les m&#233;thodes fascistes et de coalition avec la social-d&#233;mocratie, qui sont des m&#233;thodes inusit&#233;es du capitalisme &#034;normal&#034; et qui attestent la crise g&#233;n&#233;rale du r&#233;gime, la bourgeoisie s'en sert pour ralentir la marche ascendante de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les contradictions de la stabilisation capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; et l'in&#233;luctabilit&#233; de la chute r&#233;volutionnaire du capitalisme L'exp&#233;rience de toute la p&#233;riode historique d'apr&#232;s-guerre d&#233;montre que la stabilisation du capitalisme, r&#233;alis&#233;e par l'impitoyable oppression de la classe ouvri&#232;re et l'aggravation syst&#233;matique de ses conditions de vie, ne peut qu'&#234;tre partielle, temporaire et pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;veloppement f&#233;brile et saccad&#233; de la technique, confinant dans certains pays &#224; une nouvelle r&#233;volution technique, l'acc&#233;l&#233;ration du proc&#232;s de concentration et d&#233;centralisation du capital, la cr&#233;ation de trusts gigantesques, de monopoles &#034;nationaux&#034; et &#034;internationaux&#034;, l'interp&#233;n&#233;tration des trusts et de l'&#201;tat, la croissance de l'&#233;conomie capitaliste mondiale, ne peuvent cependant, rem&#233;dier &#224; la crise g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me capitaliste. La division de l'&#233;conomie mondiale en secteurs capitaliste et socialiste, le r&#233;tr&#233;cissement des d&#233;bouch&#233;s, le mouvement anti-imp&#233;rialiste des colonies aggravent &#224; l'extr&#234;me toutes les contradictions du capitalisme qui se d&#233;veloppe sur sa nouvelle base d'apr&#232;s-guerre. Le progr&#232;s technique lui-m&#234;me et la rationalisation de l'industrie qui ont pour revers la fermeture et la liquidation d'entreprises, la limitation de la production, l'exploitation impitoyable et rapace de la main-d'&#339;uvre aboutissent &#224; un ch&#244;mage chronique d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent. L'aggravation absolue des conditions de vie de la classe ouvri&#232;re, m&#234;me dans les pays capitalistes tr&#232;s d&#233;velopp&#233;s, devient un fait &#233;vident. La concurrence croissante entre les pays imp&#233;rialistes, la menace constante de guerres et l'acuit&#233; grandissante des conflits de classes cr&#233;ent les conditions d'une phase nouvelle et sup&#233;rieure du d&#233;veloppement de la crise g&#233;n&#233;rale du capitalisme et de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A la suite du premier cycle des guerres imp&#233;rialistes (guerre mondiale de 1914-1918) et de la victoire remport&#233;e en octobre 1917 par la classe ouvri&#232;re dans l'ancien Empire des tsars, l'&#233;conomie mondiale s'est scind&#233;e en deux parties irr&#233;ductiblement oppos&#233;es : les &#201;tats imp&#233;rialistes et la dictature du prol&#233;tariat dans l'URSS. La diff&#233;rence de structure sociale, la nature de classe du pouvoir, diff&#233;rent aussi, l'opposition fondamentale des fins poursuivies en politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure, comme en politique &#233;conomique et culturelle, les tendances, diff&#233;rentes en principe, du d&#233;veloppement des deux syst&#232;mes, opposent violemment le monde capitaliste &#224; l'&#201;tat du prol&#233;tariat victorieux. Deux syst&#232;mes antagonistes s'affrontent dans le cadre de l'&#233;conomie mondiale, jadis unique : capitalisme et socialisme. La lutte de classes dans laquelle autrefois le prol&#233;tariat n'avait pas d'&#201;tat &#224; lui, se reproduit maintenant sur une &#233;chelle immense, vraiment universelle, la classe ouvri&#232;re internationale ayant d&#233;j&#224; son &#201;tat, sa seule patrie. L'existence de l'Union sovi&#233;tique et l'influence qu'elle exerce en tous lieux sur les masses laborieuses opprim&#233;es, sont la manifestation &#233;clatante de la crise profonde du syst&#232;me capitaliste mondial, de l'extension et de l'aggravation sans pr&#233;c&#233;dent de la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le monde capitaliste, incapable de surmonter ses contradictions internes, tente de cr&#233;er des groupements internationaux (Soci&#233;t&#233; des nations) dont l'objet principal est d'arr&#234;ter le d&#233;veloppement irr&#233;sistible de la crise r&#233;volutionnaire et d'&#233;touffer par le blocus ou la guerre l'Union des R&#233;publiques prol&#233;tariennes. Toutes les forces du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et des masses coloniales opprim&#233;es se concentrent en m&#234;me temps autour de l'URSS : face &#224; la coalition mondiale du Capital, pr&#233;caire et rong&#233;e &#224; l'int&#233;rieur, mais arm&#233;e jusqu'aux dents, se dresse la coalition mondiale, unique, du Travail. Une nouvelle contradiction fondamentale d'une envergure et d'une signification historiques mondiales a surgi ainsi &#224; la suite du premier cycle des guerres imp&#233;rialistes, la contradiction entre l'URSS et le monde capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les antagonismes se sont aussi aggrav&#233;s dans le secteur capitaliste de l'&#233;conomie mondiale. Le d&#233;placement du centre &#233;conomique de l'univers aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, la transformation de la &#034;R&#233;publique du dollar&#034; en exploiteur mondial ont tendu les relations entre les &#201;tats-Unis et le capitalisme europ&#233;en, celui de Grande-Bretagne en premier lieu. Le conflit entre le plus puissant des vieux pays imp&#233;rialistes et conservateurs, la Grande-Bretagne, et le plus grand pays du jeune imp&#233;rialisme, qui a d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir l'h&#233;g&#233;monie mondiale, les &#201;tats-Unis, devient l'axe des conflits mondiaux entre les &#201;tats du capital financier. L'Allemagne, durement ran&#231;onn&#233;e par le trait&#233; de Versailles, s'est r&#233;tablie &#233;conomiquement, rentre dans l'ar&#232;ne de la politique imp&#233;rialiste, commence &#224; repara&#238;tre sur le march&#233; mondial comme un concurrent s&#233;rieux. Autour du Pacifique, s'enchev&#234;trent des antagonismes dont le conflit am&#233;ricano-japonais est l'axe principal. Parall&#232;lement &#224; ces antagonismes fondamentaux, des conflits d'int&#233;r&#234;ts se d&#233;veloppent entre des groupements instables et changeants de puissances, les &#201;tats de second ordre &#233;tant r&#233;duits, aux mains des g&#233;ants imp&#233;rialistes et de leurs coalitions, &#224; un r&#244;le accessoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'accroissement de la capacit&#233; de production de l'appareil industriel du capitalisme mondial, en face du r&#233;tr&#233;cissement des march&#233;s int&#233;rieurs de l'Europe par suite de la guerre et de la sortie de l'Union sovi&#233;tique du domaine des &#233;changes purement capitalistes, l'extr&#234;me monopolisation des principales sources de mati&#232;res premi&#232;res et de combustibles, ont pour cons&#233;quence le d&#233;veloppement de conflits entre &#201;tats capitalistes. La lutte &#034;pacifique&#034; pour le p&#233;trole, le caoutchouc, le coton, la houille, les m&#233;taux, pour un nouveau partage des d&#233;bouch&#233;s et des sph&#232;res d'investissements de capitaux, conduit in&#233;vitablement &#224; une nouvelle guerre mondiale, qui sera d'autant plus d&#233;vastatrice que la technique de guerre progresse &#224; une allure folle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les contradictions entre les m&#233;tropoles et les pays coloniaux et semi-coloniaux croissent parall&#232;lement. L'affaiblissement &#8212; dans une certaine mesure &#8212; de l'imp&#233;rialisme europ&#233;en, comme cons&#233;quence de la guerre, le d&#233;veloppement du capitalisme aux colonies, l'influence de la R&#233;volution sovi&#233;tique, les tendances centrifuges au sein de la plus grande puissance navale et coloniale, la Grande-Bretagne (Canada, Australie, Afrique du Sud) ont facilit&#233; les soul&#232;vements des colonies et des semi-colonies. La grande r&#233;volution chinoise qui a &#233;branl&#233; des centaines de millions d'hommes du peuple chinois ouvre une br&#232;che &#233;norme dans le syst&#232;me de l'imp&#233;rialisme. La constante effervescence r&#233;volutionnaire de centaines de millions d'ouvriers et de paysans des Indes menace de ruiner la domination de la Grande-Bretagne, citadelle de l'imp&#233;rialisme mondial. La croissance des tendances hostiles au puissant imp&#233;rialisme des Etats-Unis dans les pays de l'Am&#233;rique latine y constitue une force contraire &#224; l'expansion du capital nord-am&#233;ricain. Le mouvement r&#233;volutionnaire des colonies qui entra&#238;ne dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme l'immense majorit&#233; de la population du globe assujettie par l'oligarchie financi&#232;re et capitaliste de quelques &#034;grandes puissances&#034; imp&#233;rialistes, manifeste &#224; son tour la profonde crise g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me capitaliste. Mais aussi, en Europe, o&#249; l'imp&#233;rialisme accable les petites nations sous son talon de fer, la question nationale est un facteur d'aggravation des contradictions internes du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, la crise r&#233;volutionnaire m&#251;rit irr&#233;sistiblement dans les centres m&#234;mes de l'imp&#233;rialisme : l'offensive de la bourgeoisie contre la classe ouvri&#232;re, contre son niveau d'existence, contre ses organisations et ses droits politiques, et l'extension de la terreur blanche provoquent la r&#233;sistance grandissante des grandes masses prol&#233;tariennes et l'aggravation de la lutte de classes entre le prol&#233;tariat et le Capital trust&#233;. Les batailles grandioses entre le Travail et le Capital, la radicalisation grandissante des masses, l'influence et l'autorit&#233; croissantes des Partis communistes, l'immense mouvement de sympathie des masses ouvri&#232;res pour le pays de la dictature prol&#233;tarienne, tout cela signale nettement l'approche d'un nouvel essor r&#233;volutionnaire dans les m&#233;tropoles de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le syst&#232;me de l'imp&#233;rialisme mondial et la stabilisation partielle du capitalisme sont donc min&#233;s de divers c&#244;t&#233;s : contradictions et conflits entre les puissances imp&#233;rialistes ; multitude des peuples coloniaux soulev&#233;s pour la lutte ; prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire des m&#233;tropoles ; dictature du prol&#233;tariat dans l'URSS d&#233;tenant l'h&#233;g&#233;monie du mouvement r&#233;volutionnaire mondial. La r&#233;volution internationale est en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'imp&#233;rialisme groupe ses forces contre elle. Exp&#233;ditions coloniales, nouvelle guerre mondiale, campagne contre l'URSS sont &#224; l'ordre du jour. Le d&#233;cha&#238;nement de toutes les forces de la r&#233;volution mondiale et la chute in&#233;vitable du capitalisme en r&#233;sulteront in&#233;luctablement.&lt;br class='autobr' /&gt; Le communisme mondial, but final de l'Internationale communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Substituer &#224; l'&#233;conomie capitaliste mondiale le syst&#232;me du communisme mondial, tel est le but auquel aspire L'Internationale communiste. Pr&#233;par&#233;e par tout le d&#233;veloppement historique, la soci&#233;t&#233; communiste est l'unique issue pour l'humanit&#233;. Seule elle d&#233;truira les contradictions du syst&#232;me capitaliste qui menacent l'humanit&#233; de d&#233;g&#233;n&#233;rescence et la poussent &#224; sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La soci&#233;t&#233; communiste abolira la division de la soci&#233;t&#233; en classes ; en d'autres termes, elle supprimera, en m&#234;me temps que l'anarchie de la production, tous les aspects et toutes les formes d'exploitation et d'oppression de l'homme par l'homme. Il n'y aura plus de classes en lutte, mais les membres d'une seule et m&#234;me association mondiale de travail. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, l'humanit&#233; prendra son sort dans ses propres mains. Au lieu de d&#233;truire un nombre incalculable de vies humaines et de richesses immenses dans des luttes de classes et de peuples, l'humanit&#233; portera toute son &#233;nergie dans la lutte contre les forces de la nature, pour d&#233;velopper et accro&#238;tre sa propre puissance collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production abolie et transform&#233;e en propri&#233;t&#233; collective, le syst&#232;me communiste mondial substitue aux lois &#233;l&#233;mentaires du march&#233; mondial et de la concurrence, au proc&#232;s aveugle de la production sociale, l'organisation consciente et concert&#233;e - sur un plan d'ensemble - tendant &#224; satisfaire les besoins rapidement croissants de la soci&#233;t&#233;. Les crises d&#233;vastatrices et les guerres plus d&#233;vastatrices encore dispara&#238;tront avec l'anarchie de la production et de la concurrence. Au gaspillage formidable des forces productives, au d&#233;veloppement convulsif de la soci&#233;t&#233;, le communisme oppose l'emploi syst&#233;matique de toutes les ressources mat&#233;rielles de la soci&#233;t&#233; et une &#233;volution &#233;conomique indolore bas&#233;s sur le d&#233;veloppement illimit&#233;, harmonieux et rapide des forces productives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'abolition des classes et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e supprime l'exploitation de l'homme par l'homme. Le travail cesse d'&#234;tre accompli au profit de l'ennemi de classe et de n'&#234;tre qu'un moyen d'existence, il se transforme en un besoin primordial et vital ; la pauvret&#233;, l'in&#233;galit&#233; &#233;conomique, la mis&#232;re des classes asservies, le niveau mis&#233;rable de la vie mat&#233;rielle, en g&#233;n&#233;ral, s'&#233;vanouissent ; la hi&#233;rarchie des hommes dans la division du travail et la contradiction entre le travail intellectuel et le travail physique disparaissent, comme aussi toutes les traces de l'in&#233;galit&#233; sociale des sexes. Les organismes de la domination de classe, le pouvoir de l'&#201;tat, en premier lieu, disparaissent en m&#234;me temps. Incarnation de la domination de classe, l'&#201;tat se meurt &#224; mesure que disparaissent les classes et toutes les formes de contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La disparition des classes est accompagn&#233;e de l'abolition de tout monopole de l'instruction. La culture devient le patrimoine de tous et les id&#233;ologies de classes d'antan c&#232;dent la place &#224; une conception mat&#233;rialiste scientifique du monde. Toute domination de l'homme par l'homme devient d&#232;s lors impossible ; un champ illimit&#233; s'ouvre &#224; la s&#233;lection sociale, au d&#233;veloppement harmonieux de toutes les facult&#233;s de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'essor des forces productives ne se heurte plus &#224; aucune borne sociale. La propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, l'esprit de lucre, l'ignorance artificiellement entretenue dans les masses, leur pauvret&#233;, obstacle au progr&#232;s technique de la soci&#233;t&#233; capitaliste, les d&#233;penses improductives &#233;normes, tout cela n'existe plus dans la soci&#233;t&#233; communiste. Utilisation aussi rationnelle que possible des forces de la nature et des conditions naturelles de la production dans les diverses parties du monde, abolition de la contradiction entre les villes et les campagnes (contradiction qui tient au regard syst&#233;matique de l'agriculture sur l'industrie et au niveau inf&#233;rieur de sa technique), union intime de la science et de la technique, des recherches et de leurs applications pratiques dans la plus large mesure sociale, organisation rationnelle du travail scientifique, emploi des m&#233;thodes les plus perfectionn&#233;es de statistique et de r&#233;gularisation de l'&#233;conomie selon un plan d'ensemble, accroissement rapide des besoins sociaux, puissants moteurs animant tout le syst&#232;me, tout cela assure le maximum de rendement au travail collectif et lib&#232;re, &#224; son tour, l'&#233;nergie humaine pour le plus grand essor de la science et des arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;veloppement des forces productives de la soci&#233;t&#233; communiste mondiale permet d'&#233;lever le bien-&#234;tre de l'humanit&#233; enti&#232;re, de r&#233;duire au minimum le temps consacr&#233; &#224; la production mat&#233;rielle et d&#233;termine ainsi un &#233;panouissement de la culture, inconnu de l'histoire. Cette nouvelle culture de l'humanit&#233;, unifi&#233;e pour la premi&#232;re fois - toutes les fronti&#232;res d'&#201;tat &#233;tant d&#233;truites - reposera, contrairement &#224; la culture capitaliste, sur des relations claires et lucides entre les hommes. Aussi enterrera-t-elle &#224; jamais toute mystique, toute religion, tout pr&#233;jug&#233;, toute superstition et donnera-t-elle une puissante impulsion au d&#233;veloppement de la connaissance scientifique qui ne conna&#238;tra point d'obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette phase sup&#233;rieure du communisme, dans laquelle la soci&#233;t&#233; communiste se sera d&#233;velopp&#233;e sur sa propre base, o&#249; le d&#233;veloppement harmonieux des hommes s'accompagnera d'une croissance prodigieuse des forces productives, o&#249; la soci&#233;t&#233; aura inscrit sur son drapeau : &#180;De chacun selon ses capacit&#233;s, &#224; chacun selon ses besoins !&#170; - suppose en tant que condition historique pr&#233;alable une phase inf&#233;rieure de son &#233;volution, le socialisme. La soci&#233;t&#233; communiste ne fait ici que sortir de la soci&#233;t&#233; capitaliste ; elle en sort recouverte &#224; tous &#233;gards dans la vie &#233;conomique, morale, intellectuelle, des tares de la vieille soci&#233;t&#233; dont elle est n&#233;e ; Les forces productives du socialisme ne sont pas encore suffisamment d&#233;velopp&#233;es pour assurer la r&#233;partition des produits du travail selon les besoins ; ils sont r&#233;partis selon le travail. La division du travail, c'est-&#224;-dire l'attribution de certaines fonctions sp&#233;ciales &#224; des groupes d&#233;termin&#233;s de personnes, subsiste encore ; l'opposition entre le travail intellectuel et le travail physique en particulier n'est pas encore radicalement supprim&#233;e. Malgr&#233; l'abolition des classes, des vestiges de l'ancienne division de la soci&#233;t&#233; subsistent et, partant, des vestiges du pouvoir, de la contrainte, du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il existe encore des survivances attard&#233;es de l'in&#233;galit&#233;. La contradiction entre la ville et la campagne n'est ni abrog&#233;e, ni enti&#232;rement disparue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais aucune force sociale ne soutient ni ne d&#233;fend ces vestiges de l'ancienne soci&#233;t&#233;. Li&#233;s &#224; un niveau d&#233;termin&#233; du d&#233;veloppement des forces productives, ils disparaissent graduellement &#224; mesure que l'humanit&#233;, lib&#233;r&#233;e des cha&#238;nes du r&#233;gime capitaliste, ma&#238;trise rapidement les forces de la nature, se r&#233;&#233;duque dans l'esprit du communisme et passe du socialisme au communisme int&#233;gral.&lt;br class='autobr' /&gt; La p&#233;riode de transition du capitalisme au socialisme et la dictature du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;riode de transition et la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Entre la soci&#233;t&#233; capitaliste et la soci&#233;t&#233; communiste s'&#233;tend une p&#233;riode de transformation r&#233;volutionnaire &#224; laquelle correspond une p&#233;riode de transition politique durant laquelle l'&#201;tat ne peut &#234;tre qu'une dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. La transition de la dictature mondiale de l'imp&#233;rialisme &#224; la dictature mondiale du prol&#233;tariat embrasse une longue p&#233;riode de luttes, de revers et de victoires du prol&#233;tariat, une p&#233;riode de crise continue du syst&#232;me capitaliste et de croissance des r&#233;volutions socialistes, c'est-&#224;-dire de guerres civiles du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie, p&#233;riode de guerres nationales et de soul&#232;vements coloniaux qui, tout en n'&#233;tant pas eux-m&#234;mes des mouvements socialistes du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, deviennent objectivement, parce qu'ils &#233;branlent la domination imp&#233;rialiste, parties int&#233;grantes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale ; p&#233;riode qui comprend la coexistence, au sein de l'&#233;conomie mondiale, des syst&#232;mes sociaux et &#233;conomiques capitaliste et socialiste avec leurs rapports 'pacifiques' et leurs luttes arm&#233;es, p&#233;riode de formation d'unions d'&#201;tats sovi&#233;tiques socialistes et p&#233;riode de guerres des &#201;tats imp&#233;rialistes contre elles ; p&#233;riode de liaison toujours plus &#233;troite entre les &#201;tats sovi&#233;tiques et les peuples coloniaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'in&#233;galit&#233; du d&#233;veloppement &#233;conomique et politique est une loi absolue du capitalisme. Cette in&#233;galit&#233; s'accentue et s'aggrave &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste. Il en r&#233;sulte que la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une action unique, simultan&#233;e et universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La victoire du socialisme est donc possible, au d&#233;but dans quelques pays capitalistes, voire m&#234;me dans un seul isol&#233;ment. Mais chaque victoire du prol&#233;tariat &#233;largit la base de la r&#233;volution mondiale et aggrave, par cons&#233;quent, la crise g&#233;n&#233;rale du capitalisme. L'ensemble du syst&#232;me capitaliste s'achemine ainsi &#224; sa faillite d&#233;finitive. La dictature du capital financier succombe, c&#233;dant la place &#224; la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les r&#233;volutions bourgeoises consistaient dans la lib&#233;ration politique d'un syst&#232;me de rapports de production d&#233;j&#224; dominant dans l'&#233;conomie et le passage du pouvoir d'une classe d'exploiteurs &#224; une autre. La r&#233;volution prol&#233;tarienne signifie, par contre, l'intervention violente du prol&#233;tariat dans le r&#233;gime de propri&#233;t&#233; de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, l'expropriation des classes exploiteuses et le passage du pouvoir &#224; une classe qui se donne pour t&#226;che fondamentale la refonte totale de la base &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; et la destruction de toute exploitation de l'homme par l'homme. Mais, si les r&#233;volutions bourgeoises ont mis des si&#232;cles &#224; abolir la domination politique de la noblesse f&#233;odale dans le monde entier, brisant cette domination par des r&#233;volutions successives, la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale, quoiqu'elle ne soit pas un acte unique et qu'elle s'&#233;tende sur toute une &#233;poque, pourra, gr&#226;ce &#224; la liaison plus &#233;troite entre les pays, accomplir plus rapidement sa t&#226;che. Ce n'est qu'apr&#232;s la victoire compl&#232;te du prol&#233;tariat dans le monde et l'affermissement de son pouvoir mondial que s'ouvrira une longue &#233;poque d'intense &#233;dification de l'&#233;conomie socialiste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat est la condition pr&#233;liminaire de la croissance des forces socialistes de l'&#233;conomie et de l'essor culturel du prol&#233;tariat qui, se transformant consciemment lui-m&#234;me, devient le dirigeant de la soci&#233;t&#233; dans tous les domaines de la vie, entra&#238;ne dans ce proc&#232;s de refonte les autres classes et cr&#233;e, par l&#224; m&#234;me, un terrain favorable &#224; la disparition des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la lutte pour la dictature du prol&#233;tariat et pour la transformation ult&#233;rieure du r&#233;gime social, l'union des ouvriers et paysans, base de la dictature du prol&#233;tariat r&#233;alis&#233;e sous l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique et politique des prol&#233;taires, s'organise en face du bloc des propri&#233;taires fonciers et des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;riode de transition est, dans son ensemble, caract&#233;ris&#233;e par l'implacable r&#233;pression de la r&#233;sistance des exploiteurs, par l'organisation de l'&#233;dification socialiste, par la r&#233;&#233;ducation en masse des hommes dans l'esprit du socialisme et par la destruction progressive des classes sociales. Ce n'est qu'en accomplissant ces grandes t&#226;ches historiques que la soci&#233;t&#233; de la p&#233;riode de transition commence &#224; se transformer en soci&#233;t&#233; communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, la dictature du prol&#233;tariat mondial est la condition pr&#233;alable et n&#233;cessaire du passage de l'&#233;conomie capitaliste mondiale &#224; l'&#233;conomie socialiste. Cette dictature ne peut s'instituer que par la victoire du socialisme dans diff&#233;rents pays ou groupes de pays, les nouvelles R&#233;publiques prol&#233;tariennes s'unissant par des liens f&#233;d&#233;ratifs &#224; leurs devanci&#232;res et le r&#233;seau de ces unions f&#233;d&#233;ratives s'&#233;largissant et comprenant les colonies affranchies du joug de l'imp&#233;rialisme, pour constituer finalement l'Union des R&#233;publiques socialistes sovi&#233;tiques du monde et r&#233;aliser l'unification de l'humanit&#233; sous l'h&#233;g&#233;monie internationale du prol&#233;tariat organis&#233; en &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat n'est pas une &#034;conqu&#234;te&#034; pacifique de la machine toute pr&#234;te de l'&#201;tat bourgeois par une majorit&#233; parlementaire. La bourgeoisie use de tous les moyens de contrainte et de terreur pour d&#233;fendre et affermir sa propri&#233;t&#233; conquise par le pillage et sa domination politique. Comme la noblesse f&#233;odale autrefois, elle ne peut c&#233;der sa place historique &#224; une classe nouvelle sans lui opposer une r&#233;sistance acharn&#233;e et d&#233;sesp&#233;r&#233;e. La violence de la bourgeoisie ne peut donc &#234;tre bris&#233;e que par la violence implacable du prol&#233;tariat. La conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat, c'est l'abolition violente du pouvoir de la bourgeoisie, la destruction de l'appareil d'&#201;tat capitaliste (arm&#233;e bourgeoise, police, hi&#233;rarchie bureaucratique, tribunaux, Parlement, etc.) remplac&#233; par les nouveaux organes du pouvoir prol&#233;tarien qui sont, avant tout, des instruments de r&#233;pression destin&#233;s &#224; briser la r&#233;sistance des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dictature du prol&#233;tariat et sa forme sovi&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comme l'a d&#233;montr&#233; l'exp&#233;rience de la r&#233;volution russe d'octobre 1917 et de la r&#233;volution hongroise, qui ont infiniment &#233;largi l'exp&#233;rience de la Commune de Paris de 1871, la forme du pouvoir prol&#233;tarien qui r&#233;pond le mieux au but est le nouveau type d'&#201;tat diff&#233;rent, en principe, de l'&#201;tat bourgeois, non seulement par son essence de classe, mais encore par sa structure interne : l'&#201;tat sovi&#233;tique. Ce type d'&#201;tat qui surgit directement du grand mouvement des masses leur assure le maximum d'activit&#233; et offre, par cons&#233;quent, le plus de garanties d'une victoire d&#233;finitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#201;tat du type sovi&#233;tique qui r&#233;alise la forme sup&#233;rieure de la d&#233;mocratie, la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, s'oppose nettement &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise, forme voil&#233;e de la dictature de la bourgeoise. L'&#201;tat sovi&#233;tique c'est la dictature du prol&#233;tariat, la classe ouvri&#232;re d&#233;tenant le monopole du pouvoir. Au contraire de la d&#233;mocratie bourgeoise, il proclame hautement son esprit de classe et se donne ouvertement pour t&#226;che de r&#233;primer la r&#233;sistance des exploiteurs dans l'int&#233;r&#234;t de l'immense majorit&#233; de la population. Il prive de droits politiques ses ennemis de classe et peut, dans des conditions historiques particuli&#232;res, donner au prol&#233;tariat des privil&#232;ges temporaires afin de l'affermir dans son r&#244;le dirigeant &#224; l'&#233;gard de la paysannerie petite-bourgeoise infiniment diss&#233;min&#233;e. D&#233;sarmant ses ennemis de classe et brisant leur r&#233;sistance, il consid&#232;re la suppression de leurs droits politiques et une certaine limitation de leur libert&#233;, comme des mesures temporaires destin&#233;es &#224; combattre les tentatives des exploiteurs de d&#233;fendre ou de r&#233;tablir leurs privil&#232;ges. Il &#233;crit sur son drapeau que le prol&#233;tariat d&#233;tient le pouvoir non pour le perp&#233;tuer, non pour en user dans ses int&#233;r&#234;ts &#233;troitement corporatifs et professionnels, mais afin de grouper de plus en plus les masses arri&#233;r&#233;es et diss&#233;min&#233;es du prol&#233;tariat et du semi-prol&#233;tariat des campagnes et d'unir les paysans travailleurs aux ouvriers les plus avanc&#233;s, en &#233;liminant progressivement et syst&#233;matiquement toute division de la soci&#233;t&#233; en classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Forme d'unification et d'organisation universelle des masses sous la direction du prol&#233;tariat, les Soviets entra&#238;nent en fait les masses les plus grandes des ouvriers, des paysans et de tous les travailleurs dans la lutte, dans l'&#233;dification du socialisme et dans la gestion de l'&#201;tat. Ils s'appuient dans tout leur travail sur les organisations de masse de la classe ouvri&#232;re et r&#233;alisent une large d&#233;mocratie parmi les travailleurs ; ils sont plus pr&#232;s des masses que n'importe quelle autre forme du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le droit de proc&#233;der &#224; de nouvelles &#233;lections et de r&#233;voquer les mandataires, l'union du pouvoir ex&#233;cutif et du pouvoir l&#233;gislatif, les &#233;lections sur la base des entreprises (usines, ateliers, etc.) et non de circonscriptions territoriales, sont autant de facteurs qui assurent au prol&#233;tariat et aux grandes masses de travailleurs soumises &#224; son influence une participation syst&#233;matique constante et active &#224; toutes les affaires publiques &#233;conomiques, politiques, militaires et culturelles. Ils &#233;tablissent, de ce fait, une profonde ligne de d&#233;marcation entre la R&#233;publique parlementaire bourgeoise et la dictature sovi&#233;tique du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;mocratie bourgeoise repose, avec son &#233;galit&#233; purement formelle des citoyens devant la loi, sur une in&#233;galit&#233; flagrante des classes dans le domaine mat&#233;riel et &#233;conomique. D&#233;pendant et affermissant la possession exclusive et consid&#233;r&#233;e comme intangible des moyens de production essentiels par la classe capitaliste et les grands propri&#233;taires fonciers, la d&#233;mocratie bourgeoise transforme par l&#224; m&#234;me, pour les classes exploit&#233;es, et en premier lieu pour le prol&#233;tariat, l'&#233;galit&#233; purement formelle devant la loi, les droits et les libert&#233;s d&#233;mocratiques, d'ailleurs syst&#233;matiquement limit&#233;s dans la pratique, en une fiction juridique, et par cons&#233;quent, en un instrument de duperie et d'asservissement des masses. La pr&#233;tendue d&#233;mocratie exprime la domination politique de la bourgeoisie, elle est pour cette raison une d&#233;mocratie capitaliste. L'&#201;tat sovi&#233;tique, en privant la classe exploiteuse des moyens de production qu'il monopolise entre les mains du prol&#233;tariat, classe dirigeante, garantit avant tout et surtout les conditions mat&#233;rielles de r&#233;alisation des droits de la classe ouvri&#232;re et des travailleurs en g&#233;n&#233;ral, la possession par celle-ci des immeubles et des &#233;difices publics, des imprimeries, des moyens de locomotion, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le domaine des droits politiques et g&#233;n&#233;raux, l'&#201;tat sovi&#233;tique, en privant de ces droits les ennemis du peuple et les exploiteurs, d&#233;truit pour la premi&#232;re fois, compl&#232;tement, l'in&#233;galit&#233; des citoyens, fond&#233;e, dans les r&#233;gimes d'exploitation, sur les diff&#233;rences de sexe, de religion, de nationalit&#233; ; il &#233;tablit dans ce domaine une &#233;galit&#233; qui n'existe dans aucun pays bourgeois ; la dictature du prol&#233;tariat b&#226;tit inflexiblement la base mat&#233;rielle sur laquelle se r&#233;alise cette &#233;galit&#233;. Telles sont les mesures d'&#233;mancipation de la femme, d'industrialisation des anciennes colonies, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;mocratie sovi&#233;tique est ainsi une d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, une d&#233;mocratie des masses laborieuses, une d&#233;mocratie dirig&#233;e contre les exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#201;tat sovi&#233;tique d&#233;sarme enti&#232;rement la bourgeoisie et concentre toutes les armes dans les mains du prol&#233;tariat ; c'est l'&#201;tat du prol&#233;tariat arm&#233;. L'organisation des forces arm&#233;es y repose sur le principe de classe, dont s'inspire tout le r&#233;gime de la dictature du prol&#233;tariat ; il assure le r&#244;le dirigeant au prol&#233;tariat industriel. Cette organisation, &#233;tay&#233;e par la discipline r&#233;volutionnaire, &#233;tablit en m&#234;me temps que la participation des soldats de l'Arm&#233;e rouge et des marins de la Flotte rouge &#224; l'administration du pays et &#224; l'&#233;dification du socialisme, leur liaison &#233;troite et constante avec les masses laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dictature du prol&#233;tariat et l'expropriation des expropriateurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le prol&#233;tariat victorieux use du pouvoir conquis comme d'un instrument de r&#233;volution &#233;conomique c'est-&#224;-dire pour la transformation r&#233;volutionnaire du r&#233;gime de propri&#233;t&#233; capitaliste en un r&#233;gime de production socialiste. Le point de d&#233;part de cette profonde r&#233;volution &#233;conomique est dans l'expropriation des gros propri&#233;taires fonciers et des capitalistes c'est-&#224;-dire dans la transformation de la propri&#233;t&#233; monopoliste de la bourgeoisie en propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Internationale communiste assigne dans ce domaine &#224; la dictature du prol&#233;tariat les t&#226;ches fondamentales suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Industrie, transports, P.T.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Confiscation et nationalisation prol&#233;tarienne de toutes les grandes entreprises industrielles (fabriques, usines, mines, centrales &#233;lectriques) appartenant au capital priv&#233; ; transfert aux Soviets de toutes les entreprises de l'&#201;tat et des municipalit&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Confiscation et nationalisation prol&#233;tarienne des transports ferroviaires, automobiles et fluviaux, appartenant au capital priv&#233;, des transports a&#233;riens (flotte a&#233;rienne de commerce et de voyage) ; transfert aux Soviets de tous les moyens de transport appartenant &#224; l'&#201;tat et aux municipalit&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Confiscation et nationalisation prol&#233;tarienne des services de liaison appartenant au capital priv&#233; (t&#233;l&#233;graphe, t&#233;l&#233;phone, radio) ; transfert aux Soviets de tous ces services appartenant &#224; l'&#201;tat, aux municipalit&#233;s, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Organisation de la gestion ouvri&#232;re de l'industrie. Cr&#233;ation d'organismes gouvernementaux de gestion avec participation directe des syndicats, un r&#244;le correspondant &#233;tant assur&#233; aux comit&#233;s d'usines, de fabriques, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Adaptation de l'activit&#233; industrielle aux besoins des grandes masses des travailleurs. R&#233;organisation des branches d'industrie qui produisaient pour la consommation des anciennes classes dirigeants (articles de luxe, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Renforcement des branches d'industrie favorisant l'essor de l'agriculture, afin d'affermir la liaison avec l'&#233;conomie rurale, d'assurer le progr&#232;s des domaines agricoles de l'&#201;tat, et d'acc&#233;l&#233;rer le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie nationale en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Agriculture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Confiscation et nationalisation prol&#233;tarienne de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re dans les villes et dans les campagnes (propri&#233;t&#233;s priv&#233;es, propri&#233;t&#233;s de l'&#201;glise, couvents, etc. ) ; transfert aux Soviets des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res de l'&#201;tat et des municipalit&#233;s, y compris les for&#234;ts, le sous-sol, les eaux, etc. ; nationalisation ult&#233;rieure de tout le sol ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Confiscation de tous les biens constituant l'outillage des grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res (b&#226;timents, outillage et mat&#233;riel divers, b&#233;tail, entreprises de transformation des produits agricoles, grandes minoteries, fromageries, laiteries, s&#233;cheries, etc.) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Transfert des grands domaines, et, plus particuli&#232;rement de ceux qui ont une grande importance &#233;conomique ou peuvent servir d'entreprises mod&#232;les, aux organismes de la dictature du prol&#233;tariat ; organisation de domaines agricoles sovi&#233;tiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Remise d'une partie des anciennes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res et d'autres terres confisqu&#233;es, &#8212; notamment de celles qui &#233;taient afferm&#233;es par les paysans et servaient &#224; les asservir &#233;conomiquement, &#8212; en jouissance aux paysans (aux paysans pauvres et &#224; une partie des paysans moyens). La part des terres transmises aux paysans est d&#233;termin&#233;e par les besoins &#233;conomiques et par la n&#233;cessit&#233; de neutraliser les paysans et de les rallier au prol&#233;tariat ; elle varie donc selon les conditions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Interdiction de la vente et de l'achat des terres, afin de conserver la terre aux paysans et d'emp&#234;cher qu'elle ne passe aux capitalistes, sp&#233;culateurs, etc. ; r&#233;pression &#233;nergique de toute infraction &#224; cette loi ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lutte contre l'usure. Annulation des contrats d'asservissement. Annulation des dettes des paysans exploit&#233;s. Exemption des paysans les plus pauvres de l'imp&#244;t, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Larges mesures d'ensemble, de la part de l'&#201;tat, pour &#233;lever les forces productives de l'agriculture ; d&#233;veloppement de l'&#233;lectrification des campagnes, de la fabrication des tracteurs, de la production des engrais chimiques et des semences s&#233;lectionn&#233;es, &#233;levage du b&#233;tail de race dans les domaines sovi&#233;tiques, ample organisation du cr&#233;dit agricole pour l'am&#233;lioration du sol, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Appui g&#233;n&#233;ral et financier &#224; la coop&#233;ration agricole et &#224; toutes les formes de production collective dans les campagnes (associations, communes, etc.). Propagande syst&#233;matique de la coop&#233;ration paysanne (coop&#233;rative de vente, d'approvisionnement, de cr&#233;dit) sur la base de l'initiative et de l'activit&#233; des masses paysannes : propagande en faveur du passage &#224; la grande production agraire, qui, par son incontestable sup&#233;riorit&#233; technique et &#233;conomique et par ses grands avantages &#233;conomiques imm&#233;diats, constitue le moyen de transition au socialisme le plus accessible aux grandes masses des paysans travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Commerce et cr&#233;dit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nationalisation prol&#233;tarienne des banques priv&#233;es (remise &#224; l'&#201;tat prol&#233;tarien de toutes les r&#233;serves d'or, valeurs, d&#233;p&#244;ts, etc.) et transfert &#224; l'&#201;tat prol&#233;tarien des banques nationales, municipales, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Centralisation de toutes les op&#233;rations bancaires et subordination de toutes les grandes banques nationalis&#233;es &#224; la Banque centrale de l'&#201;tat ; c) Nationalisation et transfert aux organismes de l'&#201;tat sovi&#233;tique du commerce de gros et des grandes entreprises commerciales de d&#233;tail (entrep&#244;ts, &#233;l&#233;vateurs, magasins, stocks de marchandises, etc.) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Encouragement par tous les moyens de la coop&#233;ration de consommation consid&#233;r&#233;e comme une partie int&#233;grante extr&#234;mement importante de l'appareil de r&#233;partition ; unification du syst&#232;me de travail de la coop&#233;ration et participation active des masses &#224; son &#233;dification ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Monopole du commerce ext&#233;rieur ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Annulation des dettes de l'&#201;tat envers les capitalistes &#233;trangers et nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Protection du travail, conditions de vie des travailleurs, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;duction de la journ&#233;e de travail &#224; sept heures &#8212; six heures dans les industries insalubres. R&#233;duction ult&#233;rieure de la journ&#233;e de travail et passage &#224; la semaine de cinq jours, dans les pays &#224; production d&#233;velopp&#233;e. Journ&#233;e de travail correspondant &#224; l'augmentation du rendement du travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Interdiction, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, du travail des femmes la nuit et dans les industries insalubres. Interdiction du travail des enfants. Interdiction des heures suppl&#233;mentaires ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;duction de la journ&#233;e de travail des jeunes (journ&#233;e de six heures au maximum pour les adolescents jusqu'&#224; 18 ans). R&#233;organisation socialiste du travail des jeunes, combinant la production mat&#233;rielle avec l'instruction g&#233;n&#233;rale et politique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Assurances sociales de toutes formes (invalidit&#233;, vieillesse, accidents, ch&#244;mage, etc.) aux frais de l'&#201;tat (aux frais du patronat, dans la mesure o&#249; subsistent les entreprises priv&#233;es) et g&#233;r&#233;es d'une fa&#231;on compl&#232;tement autonome par les assur&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Larges mesures d'hygi&#232;ne sociale, assistance m&#233;dicale gratuite, lutte contre les maladies sociales (alcoolisme, maladies v&#233;n&#233;riennes, tuberculose) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#201;galit&#233; sociale des sexes devant la loi et dans les m&#339;urs, transformation radicale de la l&#233;gislation du mariage et de la famille, reconnaissance de la maternit&#233; comme fonction sociale, protection de la maternit&#233; et de l'enfance. Premi&#232;res mesures tendant &#224; l'entretien et &#224; l'&#233;ducation des enfants et de la jeunesse par la soci&#233;t&#233; (cr&#232;ches, jardins et maisons d'enfants, etc.). Cr&#233;ation d'institutions permettant de r&#233;duire progressivement le travail domestique (restaurants et lavoirs publics), lutte syst&#233;matique, dans le domaine de la culture g&#233;n&#233;rale, contre l'id&#233;ologie et les traditions qui asservissent la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Habitation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Confiscation de la grande propri&#233;t&#233; immobili&#232;re ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Transfert des immeubles confisqu&#233;s aux Soviets locaux qui en assureront la gestion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Installation des ouvriers dans les quartiers bourgeois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mise &#224; la disposition des organisations ouvri&#232;res des palais et des &#233;difices priv&#233;s et publics importants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;alisation d'un large programme de construction d'habitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Questions nationale et coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Reconnaissance pour toutes les nationalit&#233;s, sans distinction de race, du droit de disposer librement d'elles-m&#234;mes jusqu'&#224; former des &#201;tats ind&#233;pendants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Unification et centralisation volontaires des forces militaires et &#233;conomiques de tous les peuples affranchis du capitalisme pour la lutte contre l'imp&#233;rialisme et l'&#233;dification de l'&#233;conomie socialiste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lutte &#233;nergique, par tous les moyens, contre toute restriction ou limitation des droits d'un peuple, d'une nationalit&#233; ou d'une race, quels qu'ils soient. &#201;galit&#233; compl&#232;te des nations et des races ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Garantie de d&#233;veloppement et soutien par toutes les forces et tous les moyens de l'&#201;tat sovi&#233;tique, de la culture nationale des nations affranchies du capitalisme, poursuite d'une politique prol&#233;tarienne pers&#233;v&#233;rante dans le d&#233;veloppement du contenu de ces cultures ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Large assistance au d&#233;veloppement &#233;conomique, politique et culturel des 'r&#233;gions' et des 'colonies' pr&#233;c&#233;demment opprim&#233;es, afin d'y constituer les bases solides d'une &#233;galit&#233; nationale effective et compl&#232;te ;&lt;br class='autobr' /&gt; Lutte contre toutes les survivances du chauvinisme, des haines nationales, des pr&#233;jug&#233;s de race et de tous les autres produits de la barbarie f&#233;odale et capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Moyens d'influence id&#233;ologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nationalisation des imprimeries ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Monopolisation des journaux et des &#233;ditions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nationalisation des grandes entreprises de cin&#233;ma, des th&#233;&#226;tres, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Utilisation des moyens nationalis&#233;s de 'production intellectuelle &#224; des fins de large instruction politique et g&#233;n&#233;rale des travailleurs et d'&#233;dification d'une nouvelle culture socialiste sur une base prol&#233;tarienne de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les bases de la politique &#233;conomique de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est n&#233;cessaire de prendre en consid&#233;ration les r&#232;gles suivantes dans l'accomplissement de ces diverses t&#226;ches de la dictature du prol&#233;tariat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. L'abolition compl&#232;te de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du sol et sa nationalisation ne peuvent avoir lieu imm&#233;diatement dans les pays capitalistes les plus avanc&#233;s o&#249; le principe de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est profond&#233;ment enracin&#233; dans les grandes masses paysannes. La nationalisation du sol ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e dans ces pays que progressivement, par diverses mesures transitoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. La nationalisation de la production ne doit pas s'&#233;tendre, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, aux petites et moyennes entreprises (de paysans, d'artisans, de petits et moyens commer&#231;ants, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Premi&#232;rement, parce que le prol&#233;tariat doit &#233;tablir une distinction rigoureuse entre la propri&#233;t&#233; du simple producteur de marchandises, fond&#233;e sur son travail m&#234;me et qu'il est possible et n&#233;cessaire de faire entrer peu &#224; peu dans la voie de l'&#233;dification socialiste, et la propri&#233;t&#233; du capitaliste, exploiteur d'autrui, dont la liquidation est la condition indispensable de toute &#233;dification du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deuxi&#232;mement, parce que le prol&#233;tariat, arriv&#233; au pouvoir, n'a pas assez de forces organisatrices, surtout pendant les premi&#232;re phases de la dictature, pour d&#233;truire le capitalisme et organiser en m&#234;me temps la liaison des unit&#233;s individuelles de production &#8212; petites et moyennes &#8212; sur une nouvelle base socialiste ; ces petites exploitations individuelles (les exploitations paysannes avant tout) ne seront entra&#238;n&#233;es que peu &#224; peu dans la voie de l'organisation socialiste g&#233;n&#233;rale de la production et de la r&#233;partition, gr&#226;ce &#224; l'appui syst&#233;matique et puissant que l'&#201;tat prol&#233;tarien pr&#234;tera &#224; toutes les forces de leur collectivisation. Tout essai de transformation de leur r&#233;gime &#233;conomique par contrainte, toute collectivisation forc&#233;e ne donneraient que des r&#233;sultats n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3. L'existence d'un grand nombre de petites unit&#233;s de production (en premier lieu, d'exploitations paysannes, de fermes, d'ateliers d'artisans, de fonds de petits commer&#231;ants, etc.), non seulement dans les colonies, les semi-colonies et les pays &#233;conomiquement arri&#233;r&#233;s o&#249; les masses petites-bourgeoises forment l'&#233;norme majorit&#233; de la population, mais encore dans les centres de l'&#233;conomie capitaliste mondiale (les &#201;tats-Unis, l'Allemagne et, jusqu'&#224; un certain point, l'Angleterre), rendent, dans une certaine mesure, n&#233;cessaire au premier degr&#233; du d&#233;veloppement le maintien du march&#233; comme forme de liaison &#233;conomique, le maintien du syst&#232;me mon&#233;taire, etc. La diversit&#233; des types &#233;conomiques (de la grande industrie socialis&#233;e &#224; la petite production artisanale et paysanne) qui ne peut manquer d'&#234;tre accompagn&#233;e de leur lutte, la diversit&#233; des classes et des groupements de classe qui leur correspondent, qui ont des stimulants &#233;conomiques diff&#233;rents dans leur activit&#233; et qui luttent pour leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, enfin l'existence, dans tous les domaines de la vie &#233;conomique, de coutumes et de traditions h&#233;rit&#233;es de la soci&#233;t&#233; bourgeoise qui ne peuvent dispara&#238;tre d'embl&#233;e, &#8212; exigent que la direction &#233;conomique du prol&#233;tariat combine dans de justes proportions, sur la base du march&#233;, la grande industrie socialiste et la petite exploitation des simples producteurs de marchandises, r&#233;alise, en d'autres termes, une combinaison susceptible d'assurer en m&#234;me temps le r&#244;le dirigeant de l'industrie socialiste et l'essor maximum de la masse principale des exploitations paysannes. Plus est grande dans l'ensemble de l'&#233;conomie nationale l'importance du travail des petits paysans diss&#233;min&#233;s, plus aussi est grand le r&#244;le du march&#233;, moindre est l'importance de la gestion directe d'apr&#232;s un plan &#233;tabli, plus le plan d'ensemble de l'&#233;conomie d&#233;pend de la pr&#233;vision des rapports &#233;conomiques spontan&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Inversement, moindre est le poids de la petite &#233;conomie dans l'&#233;conomie nationale, plus importante la part du travail socialis&#233;, plus puissante la masse des moyens de production concentr&#233;s et socialis&#233;s, et moindre est l'&#233;tendue du march&#233;, plus s'accro&#238;t l'importance du plan d'ensemble &#224; l'&#233;gard du jeu spontan&#233; des lois de l'&#233;change, et plus les m&#233;thodes de gestion directe de la production et de la r&#233;partition conform&#233;ment &#224; un plan &#233;tabli sont importantes et universellement applicables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les avantages techniques et &#233;conomiques de la grande industrie socialis&#233;e, la centralisation par l'&#201;tat prol&#233;tarien de tous les leviers de commande de l'&#233;conomie (industrie, transports, grandes exploitations agricoles, banques, etc.), la gestion de l'&#233;conomie selon un plan, la puissance de l'&#201;tat dans son ensemble (budget, imp&#244;ts, l&#233;gislation administrative et l&#233;gislation g&#233;n&#233;rale) conduisent, &#224; condition que la dictature du prol&#233;tariat suive une politique juste, &#8212; qu'elle tienne, en d'autres termes, un compte exact des rapports des forces sociales &#8212; &#224; l'&#233;limination constante et syst&#233;matique des vestiges du capital priv&#233; et des nouveaux &#233;l&#233;ments capitalistes qui, dans les villes comme les campagnes (paysans riches, koulaks), naissent du d&#233;veloppement de la simple production marchande dans les conditions cr&#233;&#233;es par une libert&#233; de commerce plus ou moins grande et par le march&#233;. La masse principale des exploitations paysannes (c'est-&#224;-dire les petites et les moyennes exploitations) sont, d'autre part, syst&#233;matiquement incorpor&#233;es par la coop&#233;ration et l'extension des formes collectives de l'agriculture au syst&#232;me g&#233;n&#233;ral du socialisme en voie de d&#233;veloppement. Les formes et les m&#233;thodes d'activit&#233; &#233;conomique, d'apparence capitaliste, li&#233;es aux rapports &#233;conomiques du march&#233; (calcul de la valeur, r&#233;tribution du travail en argent, achat et vente, cr&#233;dits et banques, etc.) jouent, dans la mesure o&#249; elles desservent de plus en plus les entreprises de type socialiste cons&#233;quent, c'est-&#224;-dire le secteur socialiste de l'&#233;conomie, le r&#244;le de leviers du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, les rapports &#233;conomiques du march&#233; portent - la dictature du prol&#233;tariat et une politique juste de l'&#201;tat sovi&#233;tique &#233;tant donn&#233;es - dans leur d&#233;veloppement les germes de leur propre destruction : en contribuant &#224; l'&#233;limination du capital priv&#233;, &#224; la transformation de l'&#233;conomie rurale, &#224; la centralisation et &#224; la concentration des moyens de production aux mains de l'&#201;tat prol&#233;tarien, ils facilitent l'&#233;limination des rapports &#233;conomiques du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au cas probable d'une intervention militaire des capitalistes et d'une guerre contre-r&#233;volutionnaire de longue dur&#233;e contre la dictature du prol&#233;tariat, la direction &#233;conomique devra s'inspirer, avant tout, des int&#233;r&#234;ts de la d&#233;fense de la dictature du prol&#233;tariat ; la n&#233;cessit&#233; peut s'imposer d'une politique communiste &#233;conomique de guerre (communisme de guerre) qui n'est autre que l'organisation rationnelle de la consommation en vue de la d&#233;fense, accompagn&#233;e d'une pression accrue sur les &#233;l&#233;ments capitalistes (confiscations, r&#233;quisitions, etc.), d'une abrogation plus ou moins compl&#232;te de la libert&#233; du commerce et des rapports du march&#233; et d'un bouleversement profond des stimulants individuels de la petite production, toutes choses li&#233;es &#224; une baisse des forces productives du pays. Cette politique de 'communisme de guerre', sapant la base mat&#233;rielle des ennemis de la classe ouvri&#232;re &#224; l'int&#233;rieur du pays, assurant la r&#233;partition rationnelle des stocks existants, secondant la d&#233;fense arm&#233;e de la dictature du prol&#233;tariat et trouvant en cela sa justification historique, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un syst&#232;me 'normal' de politique &#233;conomique de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dictature du prol&#233;tariat et les classes sociales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dictature du prol&#233;tariat continue la lutte de classes dans de nouvelles conditions. C'est une lutte tenace, sanglante et sans effusion de sang, violente et pacifique, militaire et &#233;conomique, p&#233;dagogique et administrative, contre les forces et les traditions de l'ancienne soci&#233;t&#233;, contre les capitalistes de l'ext&#233;rieur, contre les d&#233;bris des classes exploiteuses &#224; l'int&#233;rieur du pays, contre les pousses d'une bourgeoisie nouvelle naissant de la production marchande pas encore &#233;limin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la p&#233;riode de liquidation de la guerre civile, la lutte de classes opini&#226;tre continue sous des formes nouvelles et, avant tout, sous la forme de la lutte entre les vestiges et les nouvelles pousses des vieux syst&#232;mes &#233;conomiques d'une part, et les formes socialistes de l'&#233;conomie de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les formes m&#234;mes de cette lutte se modifient aux diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement socialiste, au d&#233;but duquel elles peuvent rev&#234;tir une certaine &#226;pret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au d&#233;but de la dictature prol&#233;tarienne, la politique du prol&#233;tariat &#224; l'&#233;gard des autres classes et groupes sociaux de pays est d&#233;termin&#233;e par les principes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. La grande bourgeoisie et les grands propri&#233;taires fonciers, les officiers de carri&#232;re d&#233;vou&#233;s &#224; ces classes, les g&#233;n&#233;raux et la haute bureaucratie sont les ennemis irr&#233;ductibles de la classe ouvri&#232;re ; contre eux la lutte la plus implacable. L'utilisation des capacit&#233;s d'organisation d'une certaine partie d'entre eux n'est possible, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, qu'apr&#232;s l'affermissement de la dictature du prol&#233;tariat et la r&#233;pression d&#233;cisive de tous les complots et soul&#232;vements des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. En ce qui concerne les intellectuels-techniciens &#233;duqu&#233;s dans les traditions bourgeoises, et dont les couches sup&#233;rieures sont &#233;troitement attach&#233;es aux postes de commande du capital, le prol&#233;tariat, tout en r&#233;primant avec la derni&#232;re &#233;nergie toute vell&#233;it&#233; de mouvement contre-r&#233;volutionnaire des intellectuels hostiles, doit tenir compte de la n&#233;cessit&#233; d'utiliser cette force sociale qualifi&#233;e dans l'&#339;uvre d'&#233;dification socialiste et encourager par tous les moyens les neutres et plus encore ceux qui sympathisent avec la r&#233;volution ouvri&#232;re. Le prol&#233;tariat, d&#233;veloppant les perspectives de l'&#233;dification &#233;conomique, technique et culturelle du socialisme dans toute leur ampleur, s'efforce de conqu&#233;rir syst&#233;matiquement les intellectuels-techniciens, de les soumettre &#224; son influence id&#233;ologique et de s'assurer leur &#233;troite collaboration dans l'&#339;uvre de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3. La t&#226;che du Parti communiste &#224; l'&#233;gard des paysans consiste &#224; gagner &#224; sa cause, en s'appuyant sur le prol&#233;tariat rural, toutes les populations exploit&#233;es et laborieuses des campagnes. &#201;tablissant une distinction entre les diverses couches paysannes et tenant compte de leur importance respective, le prol&#233;tariat victorieux doit soutenir par tous les moyens les paysans pauvres et les semi-prol&#233;taires des campagnes, leur remettre une partie des terres des grands propri&#233;taires fonciers, faciliter leur lutte contre le capital usurier, etc. Le prol&#233;tariat doit, en outre, neutraliser les paysans moyens et r&#233;primer toute r&#233;sistance de la bourgeoisie rurale alli&#233;e aux propri&#233;taires fonciers. Le prol&#233;tariat doit passer, dans la mesure o&#249; il affermit sa dictature et d&#233;veloppe l'&#233;dification socialiste, d'une politique de neutralisation de la masse des paysans moyens &#224; une politique d'alliance durable avec elle, sans toutefois admettre aucun partage du pouvoir. Car la dictature du prol&#233;tariat exprime le fait que seuls les ouvriers industriels sont en mesure de diriger l'ensemble des travailleurs ; monopole prol&#233;tarien du pouvoir, elle est, d'autre part, une forme particuli&#232;re de l'alliance du prol&#233;tariat, avant-garde des travailleurs, et de nombreuses cat&#233;gories non prol&#233;tariennes de travailleurs, contre le Capital pour consommer son renversement d&#233;finitif, pour r&#233;primer &#224; fond la r&#233;sistance et les tentatives de restauration de la bourgeoisie et pour instaurer et affermir le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4. La petite bourgeoisie des villes, oscillant sans cesse entre la r&#233;action la plus noire et la sympathie pour le prol&#233;tariat, doit &#233;galement &#234;tre neutralis&#233;e et, autant que possible, conquise par le prol&#233;tariat. On atteint ce but en lui conservant sa petite propri&#233;t&#233; et une certaine libert&#233; de transactions &#233;conomiques, et la lib&#233;rant du joug du cr&#233;dit usuraire, et en lui assurant l'aide multiple du prol&#233;tariat dans la lutte contre toutes les formes de l'oppression capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt; Les organisations de masses dans le syst&#232;me de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les objectifs et les fonctions des organisations de masses &#8212; et en premier lieu des organisations ouvri&#232;res &#8212; changent radicalement dans l'accomplissement de toutes ces t&#226;ches de la dictature prol&#233;tarienne. Les syndicats, organisations ouvri&#232;res de masses dans lesquelles s'organisent et s'&#233;duquent pour la premi&#232;re fois les couches les plus &#233;tendues du prol&#233;tariat, sont, en r&#233;gime capitaliste, le principal instrument de la lutte par la gr&#232;ve, puis de l'action de masses contre le capital trust&#233; et son &#201;tat. Ils se transforment sous la dictature prol&#233;tarienne en levier essentiel de la dictature, en une &#233;cole du communisme qui entra&#238;ne les grandes masses du prol&#233;tariat dans l'&#339;uvre de gestion socialiste de l'industrie, en organisations directement li&#233;es &#224; tous les organes de l'&#201;tat, agissant sur toutes les branches de son activit&#233;, veillant &#224; la fois aux int&#233;r&#234;ts permanents et imm&#233;diats de la classe ouvri&#232;re et combattant les d&#233;formations bureaucratiques des organes de l'&#201;tat sovi&#233;tique. Les syndicats fournissent les cadres dirigeants de l'&#233;dification, entra&#238;nent dans ce travail les grandes couches du prol&#233;tariat et luttent contre les d&#233;formations bureaucratiques qui naissent fatalement de l'influence des classes &#233;trang&#232;res au prol&#233;tariat et de l'insuffisante culture de masses, ils forment ainsi l'ossature des organisations &#233;conomiques et sociales du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les coop&#233;ratives ouvri&#232;res sont, en d&#233;pit des utopies r&#233;formistes, condamn&#233;es en r&#233;gime capitaliste &#224; un r&#244;le relativement modeste. Sous l'empire des conditions g&#233;n&#233;rales du syst&#232;me capitaliste et de la politique r&#233;formiste de leurs dirigeants, elles d&#233;g&#233;n&#232;rent fr&#233;quemment en appendice du r&#233;gime ; sous la dictature prol&#233;tarienne, elles peuvent devenir et deviendront les parties constitutives essentielles de l'appareil de r&#233;partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, la coop&#233;ration agricole des paysans (coop&#233;ratives de vente, d'achat, de cr&#233;dit, de production) peut et doit &#8212; si elle est bien dirig&#233;e, si elle combat syst&#233;matiquement les &#233;l&#233;ments capitalistes et s'assure la participation effective de la grande masse des paysans travailleurs appuyant le prol&#233;tariat &#8212; devenir l'une des formes d'organisation fondamentales reliant la ville &#224; la campagne. Les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives form&#233;es par les paysans et qui &#8212; dans la mesure o&#249; elles sont viables &#8212; se transforment fatalement, pour la plupart, dans les conditions capitalistes, en entreprises capitalistes (plac&#233;es sous la d&#233;pendance de l'industrie capitaliste, des banques capitalistes, du milieu &#233;conomique capitaliste, en g&#233;n&#233;ral, et dirig&#233;es par des r&#233;formistes, par la bourgeoisie rurale, et parfois m&#234;me par des propri&#233;taires fonciers) &#8212; se transforment, en r&#233;gime de dictature prol&#233;tarienne, dans un tout autre sens ; elles d&#233;pendent de l'industrie prol&#233;tarienne, des banques prol&#233;tariennes, etc. Si le prol&#233;tariat suit une politique juste, si les &#233;l&#233;ments capitalistes sont syst&#233;matiquement combattus dans la coop&#233;ration comme au dehors, si l'industrie socialiste exerce son r&#244;le dirigeant, la coop&#233;ration agricole devient l'un des principaux leviers de la transformation socialiste des campagnes et de la collectivisation de l'agriculture. Les coop&#233;ratives de consommation et, plus particuli&#232;rement, les coop&#233;ratives agricoles dirig&#233;es par la bourgeoisie et par ses agents sociaux-d&#233;mocrates, peuvent &#234;tre n&#233;anmoins au d&#233;but, dans certains pays, des foyers d'activit&#233; contre-r&#233;volutionnaire et de sabotage de l'&#233;dification &#233;conomique de la r&#233;volution ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le prol&#233;tariat assure l'unit&#233; de volont&#233; et d'action dans toute l'&#339;uvre de lutte et d'&#233;dification de ses organisations les plus diverses appel&#233;es &#224; constituer les leviers de l'&#201;tat sovi&#233;tique et &#224; le rattacher aux grandes masses de toutes les couches de classe ouvri&#232;re par le r&#244;le dirigeant du Parti communiste dans le syst&#232;me de la dictature prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Parti du prol&#233;tariat s'appuie directement sur les syndicats et sur les autres organisations englobant les masses ouvri&#232;res et, par leur interm&#233;diaire, les paysans (Soviets, coop&#233;ratives, Jeunesses communistes, etc.). Par ces leviers, il dirige l'ensemble du syst&#232;me. Le prol&#233;tariat ne pourra remplir son r&#244;le d'organisateur de la soci&#233;t&#233; nouvelle que gr&#226;ce &#224; l'appui d&#233;vou&#233; et absolu pr&#234;t&#233; au pouvoir des Soviets par toutes les organisations de masses anim&#233;es d'une volont&#233; de classe enti&#232;rement unanime dirig&#233;e par le Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dictature du prol&#233;tariat et la r&#233;volution culturelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce r&#244;le d'organisateur de la Soci&#233;t&#233; nouvelle suppose, dans le domaine de la culture g&#233;n&#233;rale, la maturation culturelle du prol&#233;tariat lui-m&#234;me, une refonte de sa propre nature par ses propres efforts, la formation incessante, dans ses rangs, de nouveaux cadres de militants susceptibles d'acqu&#233;rir toutes les ressources de la science, de la technique et de l'administration et de les mettre en oeuvre pour l'&#233;dification du socialisme et de la nouvelle culture socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si la r&#233;volution bourgeoise, accomplie contre le f&#233;odalisme, supposait l'existence au sein m&#234;me de l'ancien r&#233;gime, d'une classe nouvelle sup&#233;rieure, par sa maturit&#233; culturelle, &#224; la classe dominante et exer&#231;ant d&#233;j&#224; l'h&#233;g&#233;monie dans la vie &#233;conomique, la r&#233;volution prol&#233;tarienne se d&#233;veloppe dans d'autres conditions. Exploit&#233;e dans l'ordre &#233;conomique, opprim&#233;e dans l'ordre politique, accabl&#233;e dans le domaine de la culture en r&#233;gime capitaliste, la classe ouvri&#232;re ne se transforme elle-m&#234;me que dans la p&#233;riode de transition, apr&#232;s avoir conquis le pouvoir, en d&#233;truisant le monopole bourgeois de l'instruction, en s'assimilant la science, en profitant des le&#231;ons de l'&#339;uvre &#233;dificatrice la plus vaste. La formation d'une conscience communiste de masse et la r&#233;alisation du socialisme exigent une transformation des masses humaines qui n'est possible que par l'action pratique, par la r&#233;volution ; la r&#233;volution est donc n&#233;cessaire, non seulement parce que la classe dominante ne peut &#234;tre renvers&#233;e par aucun autre moyen, mais encore parce que la classe qui la renverse ne peut sortir des orni&#232;res boueuses de la vieille soci&#233;t&#233; et devenir capable de cr&#233;er la soci&#233;t&#233; nouvelle que par la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La classe ouvri&#232;re, abolissant le monopole capitaliste des moyens de production, doit &#233;galement abolir le monopole bourgeois de l'instruction, s'emparer en d'autres termes de toutes les &#233;coles, y compris les &#233;coles sup&#233;rieures. La pr&#233;paration, au sein de la classe ouvri&#232;re, de sp&#233;cialistes de la production (ing&#233;nieurs, techniciens, organisateurs, etc.), de sp&#233;cialistes militaires, de savants, d'artistes, etc., est pour la cause du prol&#233;tariat une t&#226;che d'une importance particuli&#232;re &#224; laquelle il faut ajouter le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la culture des masses prol&#233;tariennes, leur instruction politique, l'augmentation de leurs connaissances et de leur qualification technique, la cr&#233;ation chez elles d'habitudes de travail social et administratif, la lutte contre les vestiges des pr&#233;jug&#233;s bourgeois et petits-bourgeois, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce n'est que dans la mesure o&#249; le prol&#233;tariat formera ses propres forces d'avant-garde pour les placer &#224; tous les 'postes de commande' de la culture et de l'&#233;dification socialiste, ce n'est que dans la mesure o&#249; ses forces grandiront entra&#238;nant sans cesse de nouveaux &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re dans le proc&#232;s de transformation r&#233;volutionnaire de la culture et supprimeront ainsi peu &#224; peu au sein de la classe ouvri&#232;re m&#234;me la division en &#233;l&#233;ments 'avanc&#233;s' et 'arri&#233;r&#233;s', que le succ&#232;s de l'&#233;dification victorieuse du socialisme sera assur&#233; et garanti contre la gangr&#232;ne bureaucratique et la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais le prol&#233;tariat transforme aussi au cours de la r&#233;volution les autres classes, les nombreux &#233;l&#233;ments de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes, en premier lieu et plus particuli&#232;rement les paysans travailleurs. Faisant concourir les grandes masses &#224; la r&#233;volution culturelle, les entra&#238;nant dans l'&#233;dification socialiste, les unissant et les &#233;duquant dans l'esprit communiste par tous les moyens qui sont &#224; sa disposition, luttant avec &#233;nergie contre toutes les id&#233;ologies antiprol&#233;tariennes et corporatives, combattant opini&#226;trement et syst&#233;matiquement l'obscurantisme des campagnes, la classe ouvri&#232;re pr&#233;pare (sur la base du d&#233;veloppement des formes collectives de l'&#233;conomie) l'&#233;limination de la division de la soci&#233;t&#233; en classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parmi les objectifs de la r&#233;volution culturelle int&#233;ressant les plus grandes masses, la lutte contre la religion, cet opium des peuples, tient une place sp&#233;ciale ; cette lutte doit &#234;tre poursuivie inflexiblement et syst&#233;matiquement. Le pouvoir prol&#233;taire doit supprimer tout appui de l'&#201;tat &#224; l'&#201;glise, agent des classes dominantes, mettre un terme &#224; toute intervention de l'&#201;glise dans l'&#233;ducation et l'enseignement organis&#233;s par l'&#201;tat et r&#233;primer sans merci l'activit&#233; contre-r&#233;volutionnaire des organisations eccl&#233;siastiques. Le pouvoir prol&#233;tarien, admettant la libert&#233; religieuse et abolissant les privil&#232;ges de la religion nagu&#232;re dominante, entretient en m&#234;me temps, par tous les moyens &#224; sa port&#233;e, une active propagande antireligieuse et reconstruit tout l'enseignement et toute l'&#233;ducation sur la base de la conception scientifique mat&#233;rialiste du monde.&lt;br class='autobr' /&gt; La lutte pour la dictature mondiale du prol&#233;tariat et les principaux types de r&#233;volutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale r&#233;sulte de proc&#232;s divers et non simultan&#233;s : r&#233;volutions prol&#233;tariennes proprement dites ; r&#233;volutions du type d&#233;mocratique-bourgeois se transformant en r&#233;volutions prol&#233;tariennes ; guerres d'&#233;mancipation nationale, r&#233;volutions coloniales. Ce n'est qu'en fin de compte que le proc&#232;s r&#233;volutionnaire aboutit &#224; la dictature mondiale du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'in&#233;galit&#233; du d&#233;veloppement capitaliste, accentu&#233;e dans la p&#233;riode imp&#233;rialiste, cause la diversit&#233; des types de capitalisme de maturit&#233; in&#233;gale dans les divers pays et les conditions vari&#233;es et sp&#233;cifiques du proc&#232;s r&#233;volutionnaire. Ces circonstances rendent historiquement in&#233;vitable la diversit&#233; des voies et de l'allure de la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat ; elles rendent n&#233;cessaires dans divers pays certaines &#233;tapes transitoires vers la dictature du prol&#233;tariat et la diversit&#233; des formes du socialisme en voie de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La diversit&#233; des conditions et des voies qui conduisent &#224; la dictature du prol&#233;tariat dans les diff&#233;rents pays peut &#234;tre sch&#233;matiquement r&#233;duite &#224; trois types principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pays du capitalisme hautement d&#233;velopp&#233; (&#201;tats-Unis, Allemagne, Angleterre, etc.) poss&#233;dant de puissantes forces productives, une production fortement centralis&#233;e o&#249; la petite &#233;conomie n'a qu'une importance relativement faible, jouissant d'un r&#233;gime politique de d&#233;mocratie bourgeoise form&#233; depuis longtemps. Dans ces pays, le passage direct &#224; la dictature du prol&#233;tariat est la principale revendication politique du programme. Dans le domaine &#233;conomique, les points essentiels sont : l'expropriation de toute la grande production, l'organisation d'un grand nombre d'entreprises agricoles sovi&#233;tiques d'&#201;tat, et, inversement, la remise d'une partie relativement faible des terres aux paysans ; l'&#233;tendue relativement restreinte des rapports &#233;conomiques spontan&#233;s du march&#233; ; l'allure rapide de l'&#233;volution socialiste en g&#233;n&#233;ral et de la collectivisation de l'&#233;conomie paysanne en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pays d'un d&#233;veloppement capitaliste moyen (Espagne, Portugal, Pologne, Hongrie, Balkans, etc.) qui conservent des vestiges assez importants du r&#233;gime semi-f&#233;odal dans l'agriculture, poss&#232;dent cependant un certain minimum de conditions mat&#233;rielles indispensables &#224; l'&#233;dification socialiste mais n'ont pas encore achev&#233; leur transformation d&#233;mocratique-bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans certains de ces pays, une transformation plus ou moins rapide de la r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise en r&#233;volution socialiste est possible ; dans d'autres, sont possibles divers types de r&#233;volutions prol&#233;tariennes ayant, cependant, &#224; accomplir des t&#226;ches de caract&#232;re bourgeois-d&#233;mocratique d'une grande ampleur. Ici, la dictature du prol&#233;tariat peut donc ne pas s'&#233;tablir d'embl&#233;e ; elle s'institue au cours de la transformation de la dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et des paysans en dictature socialiste du prol&#233;tariat ; quand la r&#233;volution rev&#234;t imm&#233;diatement un caract&#232;re prol&#233;tarien, elle suppose la direction, par le prol&#233;tariat, d'un large mouvement paysan-agraire ; la r&#233;volution agraire y joue, en g&#233;n&#233;ral, un tr&#232;s grand r&#244;le, parfois d&#233;cisif ; au cours de l'expropriation de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, une grande partie des terres confisqu&#233;es est mise &#224; la disposition des paysans ; les rapports &#233;conomiques du march&#233; conservent une grande importance au lendemain de la victoire du prol&#233;tariat ; amener les paysans &#224; la coop&#233;ration puis les grouper dans des associations de production est une des t&#226;ches les plus importantes de l'&#233;dification socialiste. L'allure de cette &#233;dification est relativement lente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pays coloniaux et semi-coloniaux (Chine, Indes, etc.) et pays d&#233;pendants (Argentine, Br&#233;sil et autres) poss&#233;dant un embryon d'industrie, parfois m&#234;me une industrie d&#233;velopp&#233;e, insuffisante toutefois dans la majorit&#233; des cas pour l'&#233;dification ind&#233;pendante du socialisme ; pays o&#249; pr&#233;dominent les rapports sociaux du moyen &#226;ge f&#233;odal ou le 'mode asiatique de production, tant dans la vie &#233;conomique que dans sa superstructure politique ; pays enfin, o&#249; les principales entreprises industrielles, commerciales, bancaires, les principaux moyens de transports, les plus grands domaines, les plus grandes plantations, etc., sont aux mains de groupes imp&#233;rialistes &#233;trangers. La lutte contre le f&#233;odalisme et contre les formes pr&#233;capitalistes de l'exploitation et la r&#233;volution agraire poursuivie avec esprit de suite, d'une part ; la lutte contre l'imp&#233;rialisme &#233;tranger, pour l'ind&#233;pendance nationale, d'autre part, ont ici une importance primordiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le passage &#224; la dictature du prol&#233;tariat n'est possible dans ces pays, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, que par une s&#233;rie d'&#233;tapes pr&#233;paratoires, par toute une p&#233;riode de transformations de la r&#233;volution bourgeoise-d&#233;mocratique en r&#233;volution socialiste ; le succ&#232;s de l'&#233;dification socialiste y est, dans la plupart des cas, conditionn&#233; par l'appui direct des pays de dictature prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les pays encore plus arri&#233;r&#233;s (dans certaine partie de l'Afrique, par exemple), o&#249; il n'y a pas ou presque pas d'ouvriers salari&#233;s, o&#249; la majorit&#233; des populations vit en tribus, o&#249; subsistent encore les formes primitives de l'organisation sociale, o&#249; la bourgeoisie nationale fait presque d&#233;faut, o&#249; l'imp&#233;rialisme &#233;tranger joue, avant tout, le r&#244;le d'un occupant militaire qui s'empare des terres, la lutte pour l'&#233;mancipation nationale est au premier plan. Le soul&#232;vement national et sa victoire peuvent ouvrir ici la voie &#224; une &#233;volution vers le socialisme sans passer par le stade du capitalisme, si une aide effective et puissante leur est apport&#233;e par les pays de dictature prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, &#224; l'&#233;poque o&#249; la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat est &#224; l'ordre du jour dans les pays capitalistes avanc&#233;s, o&#249; la dictature du prol&#233;tariat existe d&#233;j&#224; dans l'URSS et constitue un facteur d'importance mondiale, les mouvements de lib&#233;ration des pays coloniaux et semi-coloniaux, suscit&#233;s par la p&#233;n&#233;tration du capitalisme mondial, peuvent aboutir, malgr&#233; l'insuffisante maturit&#233; des rapports sociaux de ces pays consid&#233;r&#233;s isol&#233;ment, &#224; leur d&#233;veloppement socialiste gr&#226;ce &#224; l'aide et &#224; l'appui de la dictature du prol&#233;tariat et du mouvement prol&#233;tarien international en g&#233;n&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt; La lutte pour la dictature mondiale du prol&#233;tariat et la r&#233;volution coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les conditions particuli&#232;res de la lutte r&#233;volutionnaire dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, l'in&#233;luctabilit&#233; d'une longue p&#233;riode de luttes pour la dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et des paysans et pour sa transformation en dictature prol&#233;tarienne, enfin, l'importance d&#233;cisive des facteurs nationaux, imposent aux Partis communistes de ces pays diverses t&#226;ches particuli&#232;res dont l'accomplissement doit pr&#233;parer les voies &#224; la dictature du prol&#233;tariat. L'Internationale communiste estime que les principales sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Renversement de la domination de l'imp&#233;rialisme &#233;tranger, des f&#233;odaux et de la bureaucratie agrarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#201;tablissement d'une dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et des paysans sur la base des Soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Compl&#232;te ind&#233;pendance nationale et formation de l'&#201;tat national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Annulation des dettes de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nationalisation des grandes entreprises (industries, transports, banques, etc.) appartenant aux imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Confiscation des domaines appartenant aux grands propri&#233;taires fonciers, aux &#233;glises et aux monast&#232;res. Nationalisation du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Journ&#233;e de 8 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Organisation d'une arm&#233;e r&#233;volutionnaire ouvri&#232;re et paysanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au cours de l'extension et de l'intensification de la lutte (sabotage de la part de la bourgeoisie, confiscation des entreprises appartenant aux &#233;l&#233;ments bourgeois qui sabotent, entra&#238;nant in&#233;vitablement la nationalisation de la grande industrie) dans les colonies et semi-colonies o&#249; le prol&#233;tariat joue un r&#244;le dirigeant et pr&#233;dominant, la r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise se transformera en r&#233;volution prol&#233;tarienne. Dans les pays o&#249; le prol&#233;tariat fait d&#233;faut, le renversement du pouvoir des imp&#233;rialistes doit signifier l'organisation du pouvoir des Soviets populaires (de paysans) et la confiscation au profit de l'&#201;tat des entreprises et des terres appartenant aux &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au point de vue de la lutte contre l'imp&#233;rialisme et de la conqu&#234;te du pouvoir par la classe ouvri&#232;re, les r&#233;volutions coloniales et les mouvements de lib&#233;ration nationale jouent un r&#244;le immense. L'importance des colonies et des semi-colonies dans la p&#233;riode de transition r&#233;sulte &#233;galement du fait qu'elles sont en quelque sorte la campagne mondiale, en pr&#233;sence des pays industriels qui jouent le r&#244;le de la cit&#233; mondiale ; l'organisation de l'&#233;conomie socialiste mondiale et la coordination rationnelle de l'industrie et l'agriculture d&#233;pendent dans une large mesure de l'attitude envers les anciennes colonies de l'imp&#233;rialisme. La r&#233;alisation d'une alliance fraternelle et combative avec les masses laborieuses des colonies est donc un des objectifs principaux du prol&#233;tariat industriel du monde qui exerce l'h&#233;g&#233;monie de la direction dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La marche de la r&#233;volution mondiale qui entra&#238;ne les ouvriers des m&#233;tropoles dans la lutte pour la dictature du prol&#233;tariat, dresse &#233;galement des centaines de millions d'ouvriers et de paysans coloniaux contre l'imp&#233;rialisme &#233;tranger. &#201;tant donn&#233; l'existence de foyers du socialisme organis&#233;s en R&#233;publiques sovi&#233;tiques et la croissance de leur puissance &#233;conomique, les colonies d&#233;tach&#233;es de l'imp&#233;rialisme se rapprochent dans le domaine &#233;conomique des centres industriels du socialisme mondial auxquels elles s'unissent ; peu &#224; peu elles sont entra&#238;n&#233;es dans l'&#233;dification socialiste, &#233;vitent la phase du d&#233;veloppement capitaliste comme syst&#232;me dominant et acqui&#232;rent la possibilit&#233; d'un progr&#232;s &#233;conomique et culturel rapide. En se groupant politiquement autour des centres de la dictature du prol&#233;tariat, les Soviets ouvriers et paysans des anciennes colonies plus d&#233;velopp&#233;es s'int&#232;grent au syst&#232;me grandissant de la F&#233;d&#233;ration des R&#233;publiques sovi&#233;tiques, et, par l&#224; m&#234;me, au syst&#232;me mondial de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le socialisme, nouveau mode de production, atteint ainsi dans son essor une envergure mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dictature du prol&#233;tariat dans l'URSS et la r&#233;volution sociale mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;dification du socialisme dans l'URSS et la lutte de classes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La scission de l'&#233;conomie mondiale en pays du capitalisme et pays du socialisme en voie d'&#233;dification est la manifestation essentielle de la profonde crise du syst&#232;me capitaliste. L'affermissement int&#233;rieur de la dictature prol&#233;tarienne dans l'URSS, les succ&#232;s de l'&#233;dification socialiste, l'influence et l'autorit&#233; croissantes de l'URSS parmi les masses prol&#233;tariennes et les peuples opprim&#233;s des colonies attestent par cons&#233;quent la continuation, le renforcement et le d&#233;veloppement de la r&#233;volution socialiste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Disposant dans le pays m&#234;me des pr&#233;mices mat&#233;rielles n&#233;cessaires et suffisantes, non seulement au renversement des grands propri&#233;taires fonciers et de la bourgeoisie, mais aussi &#224; l'&#233;dification du socialisme int&#233;gral, les ouvriers des R&#233;publiques sovi&#233;tiques, aid&#233;s du prol&#233;tariat international, ont h&#233;ro&#239;quement repouss&#233; les agressions des forces arm&#233;es de la contre-r&#233;volution int&#233;rieure et &#233;trang&#232;re, affermi leur alliance avec les grandes masses paysannes et obtenu des succ&#232;s consid&#233;rables dans le domaine de l'&#233;dification socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La liaison de l'industrie socialiste prol&#233;tarienne avec la petite &#233;conomie rurale, liaison qui assure &#224; la fois la croissance des forces productives de l'agriculture et le r&#244;le dirigeant de l'industrie socialiste ; la soudure de cette industrie avec l'agriculture, au lieu de la production capitaliste pour la consommation improductive des classes parasitaires ; la production, non en vue du profit capitaliste, mais en vue de la satisfaction des besoins rapidement croissants des masses qui constituent en fin de compte un stimulant puissant &#224; la production ; enfin l'extr&#234;me concentration des principaux leviers de commande &#233;conomiques aux mains de l'&#201;tat prol&#233;tarien, l'importance croissante de la direction selon un plan d'ensemble, l'&#233;conomie qui en r&#233;sulte ainsi que la r&#233;partition la plus rationnelle des moyens de production, sont autant de facteurs qui donnent au prol&#233;tariat la possibilit&#233; d'aller rapidement de l'avant dans la voie de l'&#233;dification socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#201;levant les forces productives de toute l'&#233;conomie du pays, poursuivant inflexiblement une politique d'industrialisation de l'URSS, industrialisation dont l'allure acc&#233;l&#233;r&#233;e est dict&#233;e par toute la situation internationale et int&#233;rieure, le prol&#233;tariat de l'URSS, malgr&#233; les tentatives r&#233;it&#233;r&#233;es de boycottage financier et &#233;conomique dont il est l'objet de la part des puissances capitalistes, augmente syst&#233;matiquement l'importance du secteur socialis&#233; (socialiste) de l'&#233;conomie nationale, tant dans le domaine des moyens de production que dans ceux de la production globale et de la circulation des marchandises. L'industrie, les transports et le syst&#232;me bancaire de l'&#201;tat socialiste entra&#238;nent ainsi sans cesse davantage &#224; leur suite la petite &#233;conomie rurale sur laquelle ils agissent au moyen des leviers du commerce d'&#201;tat et de la coop&#233;ration rapidement croissante, dans les conditions d&#233;termin&#233;es par la nationalisation du sol et l'essor de l'industrialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans l'agriculture plus sp&#233;cialement, l'essor des forces productives a lieu dans des conditions limitant la diff&#233;renciation sociale des paysans (nationalisation du sol et, par cons&#233;quent, interdiction d'acheter et de vendre des terres, imp&#244;ts fortement progressifs, cr&#233;dit &#224; la coop&#233;ration des paysans pauvres et moyens et &#224; leurs associations de production, l&#233;gislation r&#233;glant l'emploi de la main-d'&#339;uvre salari&#233;e, suppression de certains droits politiques et sociaux aux paysans riches &#8212; koulaks &#8211; organisation de paysans pauvres, etc.). Mais les forces productives de l'industrie socialiste n'&#233;tant pas encore assez d&#233;velopp&#233;es pour doter en grand l'agriculture d'une nouvelle technique et r&#233;unir rapidement d&#232;s &#224; pr&#233;sent les exploitations paysannes en de grands domaines agricoles collectifs, les koulaks croissent dans une certaine mesure en nombre et &#233;tablissent une liaison d'abord &#233;conomique, puis politique, avec les &#233;l&#233;ments de la 'nouvelle bourgeoisie'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ma&#238;tre des positions strat&#233;giques dominantes de la vie &#233;conomique ; &#233;vin&#231;ant syst&#233;matiquement dans les villes les vestiges du capital priv&#233;, dont l'importance a &#233;t&#233; sensiblement r&#233;duite au cours de la derni&#232;re p&#233;riode de la 'nouvelle politique &#233;conomique' ; limitant par tous les moyens l'action des exploiteurs de la population rurale, qui naissent du d&#233;veloppement des rapports marchands et mon&#233;taires ; soutenant les domaines de l'&#201;tat et encourageant leur cr&#233;ation ; entra&#238;nant la masse essentielle des paysans simples producteurs de marchandises dans le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral de l'organisation &#233;conomique sovi&#233;tique et, par cons&#233;quent, dans l'&#339;uvre d'&#233;dification socialiste au moyen de la coop&#233;ration dont les progr&#232;s rapides, en r&#233;gime de dictature prol&#233;tarienne et sous la direction &#233;conomique de l'industrie socialiste, s'identifient avec l'essor du socialisme ; passant de la p&#233;riode de reconstruction &#224; celle de la reproduction &#233;largie de toute la base technique de la production du pays, le prol&#233;tariat de l'URSS se donne pour t&#226;che &#8212; et en aborde d'ores et d&#233;j&#224; la r&#233;alisation &#8212; une vaste &#233;dification fondamentale (production de moyens de production en g&#233;n&#233;ral, industrie lourde et &#233;lectrification en particulier) et, parall&#232;lement au d&#233;veloppement de la coop&#233;ration de vente, d'achat et de cr&#233;dit, l'organisation de plus en plus large des paysans en coop&#233;ratives de production con&#231;ues sur une base collectiviste et n&#233;cessitant un puissant appui mat&#233;riel de la part de l'&#201;tat prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le socialisme qui est d&#233;j&#224; le facteur &#233;conomique d&#233;cisif du d&#233;veloppement de l'&#233;conomie de l'URSS, fait ainsi de grands progr&#232;s et surmonte d'un effort syst&#233;matique les difficult&#233;s suscit&#233;es par le caract&#232;re petit-bourgeois du pays et li&#233;es &#224; une aggravation momentan&#233;e des antagonismes de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La n&#233;cessit&#233; de renouveler l'outillage industriel et de cr&#233;er de vastes entreprises nouvelles ne peut manquer de faire na&#238;tre dans le d&#233;veloppement du socialisme de s&#233;rieuses difficult&#233;s qui s'expliquent en fin de compte par l'&#233;tat arri&#233;r&#233; de la technique et de l'&#233;conomie du pays et par les d&#233;vastations des ann&#233;es de guerre imp&#233;rialiste et de guerre civile. La condition de la classe ouvri&#232;re et des grandes masses laborieuses ne cesse cependant de s'am&#233;liorer. Parall&#232;lement &#224; la rationalisation socialiste et &#224; l'organisation scientifique de l'industrie, la journ&#233;e de 7 heures est graduellement introduite. De nouvelles perspectives pour l'am&#233;lioration des conditions de travail et d'existence de la classe ouvri&#232;re sont ainsi cr&#233;&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La classe ouvri&#232;re unie sous la direction d'un Parti communiste tremp&#233; dans les luttes r&#233;volutionnaires, appuy&#233;e dans les campagnes sur les paysans pauvres, solidement alli&#233;e aux masses de paysans moyens et combattant inlassablement les koulaks, entra&#238;ne des masses sans cesse &#233;largies de dizaines de millions de travailleurs dans l'&#339;uvre d'&#233;dification du socialisme sur la base de la croissance &#233;conomique de l'URSS et de l'importance grandissante du secteur socialiste de son &#233;conomie. Ses principaux moyens pour atteindre ce but sont : le d&#233;veloppement de grandes organisations de masses (le Parti, comme force dirigeante, les syndicats, assise du r&#233;gime de la dictature du prol&#233;tariat, les Jeunesses communistes, la coop&#233;ration sous toutes ses formes, les organisations des ouvri&#232;res et des paysannes, les associations diverses, les organisations de correspondants ouvriers et paysans de la presse, les organisations sportives, scientifiques, &#233;ducatives et culturelles), l'encouragement prodigu&#233; &#224; l'initiative des masses, la d&#233;signation d'ouvriers et &#224; des postes responsables dans tous les organes &#233;conomiques et administratifs. La participation incessante et croissante des masses &#224; l'&#233;dification du socialisme, le renouvellement constant de l'appareil de l'&#201;tat, des organes &#233;conomiques, des syndicats et du Parti par de nouveaux militants prol&#233;tariens, l'enseignement sup&#233;rieur donn&#233; &#224; des ouvriers et, plus particuli&#232;rement, &#224; de jeunes ouvriers, afin de former de nouveaux cadres de techniciens socialistes dans toutes les branches de l'&#233;dification, telles sont les principales garanties contre la bureaucratisation et contre la d&#233;g&#233;n&#233;rescence sociale des cadres prol&#233;tariens dirigeants.&lt;br class='autobr' /&gt; L'importance de l'URSS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ses obligations r&#233;volutionnaires internationales L'imp&#233;rialisme russe terrass&#233;, les anciennes colonies et les nationalit&#233;s opprim&#233;es de l'Empire des tsars &#233;mancip&#233;es, la dictature du prol&#233;tariat assure une base solide au d&#233;veloppement culturel et politique des nationalit&#233;s, au prix d'un effort pers&#233;v&#233;rant, par l'industrialisation de leurs territoires. Consacrant dans la Constitution de l'Union le droit des r&#233;gions et des R&#233;publiques f&#233;d&#233;r&#233;es, r&#233;alisant int&#233;gralement le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, la dictature du prol&#233;tariat assure l'&#233;galit&#233; non seulement formelle mais aussi effective des diverses nationalit&#233;s de l'union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pays de la dictature du prol&#233;tariat et de l'&#233;dification du socialisme, pays des immenses conqu&#234;tes de la classe ouvri&#232;re, de l'union des ouvriers et des paysans et d'une nouvelle culture en marche sous le drapeau du marxisme, l'URSS devient n&#233;cessairement la base du mouvement universel des classes opprim&#233;es, le foyer de la r&#233;volution internationale, le facteur le plus grand de l'histoire du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le prol&#233;tariat de tous les pays trouve pour la premi&#232;re fois dans l'URSS une v&#233;ritable patrie, et les mouvements coloniaux un puissant centre d'attraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'URSS est ainsi, au milieu de la crise g&#233;n&#233;rale du capitalisme, un facteur des plus importants, non seulement parce que, d&#233;tach&#233;e du syst&#232;me capitaliste mondial, elle a pos&#233; les fondements d'un nouveau syst&#232;me &#233;conomique socialiste, mais encore parce qu'elle joue un r&#244;le r&#233;volutionnaire d'une importance exceptionnelle, &#233;norme : moteur international de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, incitant les prol&#233;taires de tous les pays &#224; la conqu&#234;te du pouvoir, exemple vivant d&#233;montrant que la classe ouvri&#232;re, capable de d&#233;truire le capitalisme, sait aussi &#233;difier le socialisme, prototype des relations fraternelles de toutes les nationalit&#233;s au sein de l'Union des R&#233;publiques socialistes sovi&#233;tiques de l'univers et de la r&#233;union des travailleurs de tous les pays dans le syst&#232;me &#233;conomique mondial unique du socialisme que le prol&#233;tariat international &#233;tablira apr&#232;s la conqu&#234;te du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'existence simultan&#233;e de deux syst&#232;mes &#233;conomiques, le syst&#232;me socialiste de l'URSS et le syst&#232;me capitaliste des autres pays, impose &#224; l'&#201;tat prol&#233;tarien le devoir de repousser les attaques du monde capitaliste (boycottage, blocus, etc.), de manoeuvrer dans le domaine &#233;conomique et de mettre &#224; profit les relations &#233;conomiques avec les pays capitalistes (par le monopole du commerce ext&#233;rieur constituant une des conditions essentielles d'une &#233;dification socialiste efficace, par les cr&#233;dits, emprunts, concessions, etc.). Il s'agit d'abord et principalement de nouer des relations aussi larges que possible avec l'&#233;tranger, dans les limites o&#249; elles sont profitables &#224; l'URSS pour consolider son industrie, jeter les bases d'une industrie lourde et de l'&#233;lectrification et enfin de cr&#233;er une industrie socialiste de construction m&#233;canique. Ce n'est que dans la mesure o&#249; cette ind&#233;pendance &#233;conomique lui est assur&#233;e malgr&#233; l'encerclement capitaliste, que l'URSS se sent s&#233;rieusement pr&#233;munie contre la destruction &#233;ventuelle de l'&#339;uvre d'&#233;dification socialiste et contre son inf&#233;odation au syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les &#201;tats capitalistes, quels que soient leurs int&#233;r&#234;ts en URSS, h&#233;sitent, constamment sollicit&#233;s en sens contraire par leur int&#233;r&#234;ts commerciaux et par la crainte du d&#233;veloppement de l'URSS qui est aussi celui de la r&#233;volution mondiale. La tendance &#224; l'encerclement de l'URSS et &#224; la guerre contre-r&#233;volutionnaire en vue de restaurer un r&#233;gime universel de terrorisme bourgeois, est la tendance essentielle et fondamentale de la politique des puissances capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les tentatives syst&#233;matiques d'encerclement politique de l'URSS et le danger grandissant d'une agression n'emp&#234;cheront pas le PC de l'URSS, section de L'Internationale communiste, dirigeant la dictature du prol&#233;tariat en URSS, de remplir ses devoirs internationaux et de soutenir tous les opprim&#233;s : le mouvement ouvrier des pays capitalistes, le mouvement des peuples coloniaux contre l'imp&#233;rialisme, la lutte contre toutes les formes d'oppression nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les obligations du prol&#233;tariat international &#224; l'&#233;gard de l'URSS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le prol&#233;tariat international, dont l'URSS est la seule patrie, le rempart de ses conqu&#234;tes, le facteur essentiel de son affranchissement international, a pour devoir de contribuer au succ&#232;s de l'&#233;dification du socialisme dans l'URSS et de la d&#233;fendre par tous les moyens contre les attaques des puissances capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;La situation politique mondiale met maintenant &#224; l'ordre du jour la dictature du prol&#233;tariat ; tous les &#233;v&#233;nements de la politique mondiale se concentrent fatalement autour de ce seul point central ; la lutte de la bourgeoisie mondiale contre la R&#233;publique des Soviets en Russie, appel&#233;e &#224; grouper in&#233;vitablement autour d'elle, d'une part, les mouvements sovi&#233;tiques des ouvriers avanc&#233;s de tous les pays et, de l'autre, tous les mouvements d'affranchissement national des colonies et des nationalit&#233;s opprim&#233;es.&#034; (L&#233;nine)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le devoir du prol&#233;tariat international est de r&#233;pondre &#224; l'agression et &#224; la guerre des &#201;tats imp&#233;rialistes contre l'URSS par les actions de masses les plus audacieuses et les plus r&#233;solues et par la lutte pour le renversement des gouvernements imp&#233;rialistes sous les mots d'ordre de la dictature du prol&#233;tariat et de l'alliance avec l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il sera n&#233;cessaire dans les colonies et plus particuli&#232;rement dans celles du pays imp&#233;rialiste assaillant l'URSS de mettre &#224; profit ce d&#233;placement des forces arm&#233;es de l'imp&#233;rialisme pour d&#233;velopper au plus haut degr&#233; la lutte anti-imp&#233;rialiste et pour secouer par l'action r&#233;volutionnaire le joug de l'imp&#233;rialisme et conqu&#233;rir l'ind&#233;pendance compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;veloppement du socialisme dans l'URSS et la croissance de son influence internationale, s'ils mobilisent contre elle la haine des puissances capitalistes et de leur agence social-d&#233;mocrate, suscitent d'autre part les plus vives sympathies des grandes masses des travailleurs du monde entier et font na&#238;tre dans les classes opprim&#233;es de tous les pays la ferme volont&#233; de se battre par tous les moyens, en cas d'agression imp&#233;rialiste, pour le pays de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, le d&#233;veloppement des contradictions de l'&#233;conomie mondiale, le d&#233;veloppement de la crise g&#233;n&#233;rale du capitalisme et l'agression imp&#233;rialiste contre l'URSS aboutiront infailliblement &#224; une formidable explosion r&#233;volutionnaire qui ensevelira le capitalisme dans les pays 'civilis&#233;s', d&#233;cha&#238;nera la r&#233;volution victorieuse dans les colonies, &#233;largira immens&#233;ment la base de la dictature du prol&#233;tariat et constituera d&#232;s lors un grand pas vers la victoire d&#233;finitive du socialisme dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt; La strat&#233;gie et la tactique de l'Internationale communiste dans la lutte pour la dictature du prol&#233;tariat&lt;br class='autobr' /&gt; Les id&#233;ologies hostiles au communisme au sein de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le communisme r&#233;volutionnaire se heurte, dans sa lutte contre le capitalisme pour la dictature du prol&#233;tariat, &#224; de nombreuses tendances au sein de la classe ouvri&#232;re, exprimant &#224; un degr&#233; plus ou moins grand la subordination id&#233;ologique de celle-ci &#224; la bourgeoisie imp&#233;rialiste ou la pression id&#233;ologique sur le prol&#233;tariat, de la petite et moyenne bourgeoisie qui s'insurge de temps &#224; autre contre le dur r&#233;gime du capital financier, mais est incapable de suivre une strat&#233;gie et une tactique fermes, fond&#233;es sur une pens&#233;e scientifique et de mener la lutte avec l'organisation et la stricte discipline qui sont propres au prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La formidable puissance sociale de l'&#201;tat imp&#233;rialiste et de toutes ses institutions auxiliaires &#8212; &#233;cole, presse, th&#233;&#226;tre, &#201;glise, &#8212; se traduit avant tout dans la classe ouvri&#232;re par l'existence de tendances confessionnelles et r&#233;formistes, obstacle principal &#224; la r&#233;volution socialiste du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les tendances confessionnelles, teint&#233;es de religion, de la classe ouvri&#232;re trouvent leur expression dans les syndicats confessionnels souvent li&#233;s aux organisations politiques correspondantes de la bourgeoisie et rattach&#233;s &#224; telle ou telle organisation cl&#233;ricale de la classe dominante (syndicats catholiques, Jeunesses chr&#233;tiennes, organisations sionistes et autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutes ces tendances qui manifestent avec &#233;clat la captivit&#233; id&#233;ologique de certains milieux prol&#233;tariens, ont le plus souvent un aspect romantique f&#233;odal. Consacrant au nom de la religion toutes les infamies du r&#233;gime capitaliste et terrorisant leurs fid&#232;les par la menace des ch&#226;timents d'outre-tombe, les dirigeants de ces organisations forment au sein du prol&#233;tariat la cohorte des agents les plus r&#233;actionnaires de la classe ennemie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#233;formisme 'socialiste' contemporain constitue l'aspect commercial cynique, la&#239;que et imp&#233;rialiste de la soumission id&#233;ologique du prol&#233;tariat &#224; l'influence de la bourgeoisie. Prenant ses commandements des tables de la loi imp&#233;rialiste, le r&#233;formisme 'socialiste' a, de nos jours, son mod&#232;le accompli, consciencieusement antisocialiste et franchement contre-r&#233;volutionnaire, dans la F&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine du travail. La dictature 'id&#233;ologique' de la bureaucratie syndicale am&#233;ricaine parfaitement domestiqu&#233;e, exprimant elle-m&#234;me la dictature 'id&#233;ologique' du dollar, est devenue, par l'interm&#233;diaire du r&#233;formisme anglais et des socialistes monarchiques du Labour Party, partie int&#233;grante essentielle de la th&#233;orie et de la pratique de la social-d&#233;mocratie internationale et des leaders de l'Internationale d'Amsterdam. Les chefs de la social-d&#233;mocratie allemande et autrichienne se bornent &#224; rev&#234;tir les m&#234;mes th&#233;ories d'une phras&#233;ologie marxiste servant &#224; dissimuler leur trahison compl&#232;te du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#233;formisme 'socialiste', ennemi principal du communisme r&#233;volutionnaire dans le mouvement ouvrier, poss&#232;de une large base d'organisation dans les Partis social-d&#233;mocrates et, par leur interm&#233;diaire, dans les syndicats r&#233;formistes, il se manifeste dans toute sa politique et toute sa th&#233;orie comme une force dirig&#233;e contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En politique ext&#233;rieure, les Partis social-d&#233;mocrates ont particip&#233; &#224; la guerre imp&#233;rialiste sous le drapeau de la 'd&#233;fense nationale'. L'expansion de l'&#201;tat imp&#233;rialiste et la 'politique coloniale' ont leur appui de tous les instants ; l'orientation vers la 'sainte alliance' contre-r&#233;volutionnaire des puissances imp&#233;rialistes (Soci&#233;t&#233; des nations), la pr&#233;dication du 'superimp&#233;rialisme', la mobilisation des masses sous des mots d'ordre pseudo-pacifistes, l'appui actif aux men&#233;es et pr&#233;paratifs de guerre de l'imp&#233;rialisme contre l'URSS, tels sont les traits caract&#233;ristiques de la politique ext&#233;rieure du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En politique int&#233;rieure, la social-d&#233;mocratie se donne pour t&#226;che de soutenir le r&#233;gime capitaliste et de collaborer avec lui. Appui sans r&#233;serves &#224; la rationalisation et &#224; la stabilit&#233; du capitalisme, paix des classes, 'paix industrielle', politique d'int&#233;gration des organisations ouvri&#232;res aux organisations patronales et &#224; l'&#201;tat imp&#233;rialiste spoliateur, application de la 'd&#233;mocratie &#233;conomique' qui n'est en r&#233;alit&#233; que la subordination compl&#232;te au capital trust&#233;, culte de l'&#201;tat imp&#233;rialiste et particuli&#232;rement de ses enseignes pseudo-d&#233;mocratiques, participation &#224; la formation des organes de cet &#201;tat (police, arm&#233;e, gendarmerie, justice de classe), d&#233;fense de cet &#201;tat contre toute attaque du prol&#233;tariat communiste r&#233;volutionnaire, r&#244;le de bourreau de la social-d&#233;mocratie dans les crises r&#233;volutionnaires, telle est la politique int&#233;rieure du r&#233;formisme. Simulant la lutte syndicale, le r&#233;formisme se donne pour t&#226;che, dans ce domaine &#233;galement, d'&#233;viter tout &#233;branlement &#224; la classe capitaliste et d'assurer en tout cas l'inviolabilit&#233; compl&#232;te de la propri&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le domaine de la th&#233;orie, la social-d&#233;mocratie, passant du r&#233;visionnisme &#224; un r&#233;formisme lib&#233;ral-bourgeois achev&#233; et au social-imp&#233;rialisme av&#233;r&#233;, a compl&#232;tement reni&#233; le marxisme : &#224; la doctrine marxiste de contradictions du capitalisme, elle a substitu&#233; la doctrine bourgeoise du d&#233;veloppement harmonieux du r&#233;gime ; elle a rel&#233;gu&#233; aux archives la doctrine des crises et de la paup&#233;risation du prol&#233;tariat ; elle a transform&#233; la th&#233;orie ardente et mena&#231;ante de la lutte de classes en pr&#233;dication banale de la paix des classes ; elle a transform&#233; la doctrine de l'aggravation des antagonismes de classes en la fable petite-bourgeoise de la 'd&#233;mocratisation' du Capital ; &#224; la th&#233;orie de l'in&#233;vitabilit&#233; des guerres en r&#233;gime capitaliste ; elle a substitu&#233; la duperie bourgeoise du pacifisme et la pr&#233;dication mensong&#232;re du superimp&#233;rialisme ; elle a &#233;chang&#233; la th&#233;orie de la chute r&#233;volutionnaire du capitalisme contre la fausse monnaie du capitalisme 'sain' se transformant paisiblement en socialisme, &#224; la r&#233;volution elle substitue l'&#233;volution ; &#224; la destruction de l'&#201;tat bourgeois ; la participation active &#224; son &#233;dification ; &#224; la doctrine de la dictature du prol&#233;tariat ; la th&#233;orie de la coalition avec la bourgeoisie ; &#224; la doctrine de la solidarit&#233; prol&#233;tarienne internationale ; celle de la d&#233;fense nationale imp&#233;rialiste, au mat&#233;rialisme dialectique de Marx, une philosophie id&#233;aliste en coquetterie avec les d&#233;chets religieux de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On distingue au sein de ce r&#233;formisme social-d&#233;mocrate plusieurs courants qui font particuli&#232;rement ressortir la d&#233;g&#233;n&#233;rescence bourgeoise de la sociale d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 'socialisme constructif' (Mac Donald et Cie), portant jusque dans son appellation l'id&#233;e de lutte contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne et l'approbation du r&#233;gime capitaliste, continue les traditions bourgeoises, lib&#233;rales, philanthropiques et antir&#233;volutionnaires du Fabianisme (les Webb, Bernard Shaw, lord Ollivier et autres). R&#233;pudiant en principe la dictature du prol&#233;tariat et le recours &#224; la violence contre la bourgeoisie, le 'socialisme constructif' concourt aux violences exerc&#233;es contre le prol&#233;tariat et contre les peuples coloniaux. Apologiste de l'&#201;tat capitaliste, pr&#233;conisant le capitalisme d'&#201;tat sous le masque du socialisme, proclamant - en m&#234;me temps que les plus vulgaires id&#233;ologues de l'imp&#233;rialisme des deux h&#233;misph&#232;res - 'pr&#233;scientifique' la th&#233;orie de la lutte des classes, le 'socialisme constructif' pr&#233;conise en paroles un programme mod&#233;r&#233; de nationalisation avec indemnit&#233;, d'imp&#244;ts sur la rente fonci&#232;re, d'imp&#244;ts sur les successions et les surprofits comme le moyen de d&#233;truire le capitalisme. Adversaire d&#233;cid&#233; de la dictature du prol&#233;tariat dans l'URSS, le 'socialisme constructif', &#233;troitement alli&#233; &#224; la bourgeoisie, est l'ennemi actif du mouvement communiste du prol&#233;tariat et des r&#233;volutions coloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le coop&#233;ratisme ou socialisme coop&#233;rateur (Charles Gide, Totomiantz et Cie) repousse avec autant d'&#233;nergie la lutte de classes et pr&#233;conise la coop&#233;ration de consommation comme le moyen de vaincre pacifiquement le capitalisme, tout en contribuant en r&#233;alit&#233; par tous les moyens &#224; son affermissement. Il est une vari&#233;t&#233; du 'socialisme constructif'. Le 'coop&#233;ratisme' qui dispose du vaste appareil de propagande des organisations de masses de la coop&#233;ration de consommation exerce dans la vie quotidienne une influence syst&#233;matique sur les grandes masses, combat avec acharnement le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire et entrave la r&#233;alisation de ses buts ; il repr&#233;sente actuellement un des facteurs les plus actifs de la contre-r&#233;volution r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 'Guild Socialism' (Penty, Orage, Hobson, etc.) s'efforce avec &#233;clectisme de r&#233;unir le syndicalisme 'r&#233;volutionnaire' et le Fabianisme lib&#233;ral bourgeois, la d&#233;centralisation anarchiste (guildes industrielles nationales) et la centralisation du capitalisme d'&#201;tat, le corporatisme artisanal, born&#233;, m&#233;di&#233;val et le capitalisme moderne. Proc&#233;dant de la revendication verbale de 'l'abolition du salariat' consid&#233;r&#233; comme 'immoral' et qui devrait &#234;tre remplac&#233; par le contr&#244;le ouvrier de l'industrie, le 'Guild Socialism' &#233;lude compl&#232;tement la question essentielle : celle du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S'appliquant &#224; r&#233;unir les ouvriers, les intellectuels et les techniciens dans une f&#233;d&#233;ration nationale industrielle de 'guildes' et &#224; transformer pacifiquement celles-ci en organes d'administration de l'industrie dans les cadres de l'&#201;tat bourgeois ('contr&#244;le int&#233;rieur') le 'Guild Socialism' d&#233;fend en r&#233;alit&#233; cet &#201;tat, dissimule son caract&#232;re de classe, imp&#233;rialiste, antiprol&#233;tarien, lui assigne un r&#244;le 'au-dessus des classes' de repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts communs des 'consommateurs' en contrepoids aux 'producteurs' organis&#233;s dans les guildes. Par sa propagande de 'd&#233;mocratie fonctionnelle', c'est-&#224;-dire d'une repr&#233;sentation des classes de la soci&#233;t&#233; capitaliste sous la forme des professions et de leurs fonctions sociales dans la production, le 'Guild Socialism' fraie la voie &#224; 'l'&#201;tat corporatif' du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;pudiant le parlementarisme et 'l'action directe', la plupart des adeptes de ce mouvement vouent la classe ouvri&#232;re &#224; une inaction compl&#232;te et &#224; la soumission passive &#224; la bourgeoisie. Ce socialisme est une vari&#233;t&#233; utopiste et trade-unioniste de l'opportunisme et ne peut, par cons&#233;quent, manquer de jouer un r&#244;le contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'austro-marxisme est une autre forme particuli&#232;re du r&#233;formisme social-d&#233;mocrate. Partie int&#233;grante de la 'gauche' social-d&#233;mocrate, il repr&#233;sente la fa&#231;on la plus subtile de duper les masses ouvri&#232;res. Prostituant la terminologie marxiste et rompant &#224; la fois avec les principes fondamentaux du marxisme r&#233;volutionnaire (des austro-marxistes se d&#233;clarent, en philosophie, adeptes de Kant, de Mach, etc.), flirtant avec la religion, empruntant aux r&#233;formistes anglais la th&#233;orie de la 'd&#233;mocratie fonctionnelle', se pla&#231;ant sur le terrain de l'&#233;dification de la R&#233;publique, c'est-&#224;-dire de la construction de l'&#201;tat bourgeois, l'austro-marxisme recommande la coop&#233;ration des classes dans les p&#233;riodes dites 'd'&#233;quilibre des forces sociales', c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment lorsque m&#251;rit la crise r&#233;volutionnaire. Cette th&#233;orie n'est rien d'autre que la justification de la coalition avec la bourgeoisie pour le renversement de la r&#233;volution prol&#233;tarienne sous le masque de la d&#233;fense de la 'd&#233;mocratie' contre les attaques de la r&#233;action. La violence admise par l'austro-marxisme en cas d'attaques de la r&#233;action se transforme objectivement dans la pratique en violence de la r&#233;action contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Le 'r&#244;le fonctionnel' de l'austro-marxisme consiste &#224; tromper les ouvriers qui vont au communisme ; aussi l'austro-marxisme est-il un ennemi particuli&#232;rement redoutable du prol&#233;tariat, plus redoutable m&#234;me que les partisans d&#233;clar&#233;s du social-imp&#233;rialisme de forbans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si toutes les tendances, parties int&#233;grantes du r&#233;formisme 'socialiste', constituent une sorte d'agence de la bourgeoisie imp&#233;rialiste au sein de la classe ouvri&#232;re, le communisme se heurte, d'autre part, &#224; divers courants petits-bourgeois refl&#233;tant et exprimant les fluctuations des couches sociales instables (petite bourgeoisie urbaine, moyenne bourgeoisie en voie de dissolution, prol&#233;tariat en guenilles (lumpen-prol&#233;tariat), boh&#232;me intellectuelle d&#233;class&#233;e, artisans tomb&#233;s dans la mis&#232;re, certains groupes de paysans et maints autres &#233;l&#233;ments). Ces courants, qui se distinguent par une extr&#234;me instabilit&#233; politique, dissimulent souvent sous une phras&#233;ologie de gauche une politique de droite ou tombent dans l'aventurisme, substituent &#224; la connaissance objective des forces en pr&#233;sence une bruyante gesticulation politique, passent fr&#233;quemment de la 'surench&#232;re' r&#233;volutionnaire la plus insolente au plus profond pessimisme et &#224; de v&#233;ritables capitulations devant l'ennemi. Ces courants peuvent, dans certaines conditions, surtout au moment de changements brusques dans la situation politique et dans la n&#233;cessit&#233; de reculs momentan&#233;s, jouer dans les rangs du prol&#233;tariat un r&#244;le d&#233;sorganisateur des plus dangereux et entraver ainsi le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'anarchisme dont les repr&#233;sentants les plus en vue (Kropotkine, Jean Grave et autres) trahirent et pass&#232;rent, pendant la guerre de 1914 &#224; 1918, &#224; la bourgeoisie imp&#233;rialiste, nie la n&#233;cessit&#233; de grandes organisations centralis&#233;es et disciplin&#233;es du prol&#233;tariat et laisse ainsi ce dernier impuissant en pr&#233;sence des organisations puissantes du Capital. Sa propagande du terrorisme individuel d&#233;tourne le prol&#233;tariat des m&#233;thodes d'organisation et de lutte de masses. R&#233;pudiant la dictature du prol&#233;tariat au nom d'une 'libert&#233;' abstraite, l'anarchisme prive le prol&#233;tariat de son arme la plus importante et la plus efficace contre la bourgeoisie, contre ses arm&#233;es et ses organes de r&#233;pression. &#201;loign&#233; de tout mouvement de masses dans les centres les plus importants de la lutte prol&#233;tarienne, l'anarchisme se r&#233;duit de plus en plus &#224; une secte qui, par toute sa tactique, par toutes ses manifestations et notamment par ses manifestations contre la dictature de la classe ouvri&#232;re dans l'URSS s'int&#232;gre objectivement au front des forces anti-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout comme l'anarchisme, le syndicalisme 'r&#233;volutionnaire', dont de nombreux id&#233;ologues pass&#232;rent aux heures les plus critiques de la guerre &#224; la contre-r&#233;volution 'antiparlementaire' du type fasciste ou devinrent de paisibles r&#233;formistes du type social-d&#233;mocrate, par sa n&#233;gation de la lutte politique... (et particuli&#232;rement du parlementarisme r&#233;volutionnaire) et de la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, par sa propagande d'une d&#233;centralisation corporative du mouvement ouvrier en g&#233;n&#233;ral et du mouvement syndical en particulier, par sa n&#233;gation de la n&#233;cessit&#233; du parti du prol&#233;tariat, par sa n&#233;gation de la n&#233;cessit&#233; de l'insurrection et enfin par sa surestimation de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ('tactique des bras crois&#233;s'), entrave partout o&#249; il exerce quelque influence la radicalisation des masses ouvri&#232;res. Ses attaques contre l'URSS connexes &#224; la n&#233;gation de la dictature du prol&#233;tariat le mettent, sous ce rapport, sur le m&#234;me plan que la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutes ces tendances, toutes ces nuances rejoignent la social-d&#233;mocratie, ce principal ennemi de la r&#233;volution prol&#233;tarienne dans la question politique fondamentale de la dictature du prol&#233;tariat. C'est pourquoi elles font toutes, avec plus ou moins de d&#233;cision, front unique avec la social-d&#233;mocratie contre l'URSS. La social-d&#233;mocratie, ayant compl&#232;tement reni&#233; le marxisme, s'appuie d'autre part, de plus en plus, sur l'id&#233;ologie des 'fabiens', du socialisme constructif et du 'Guild Socialism'. Ainsi se forme une id&#233;ologie lib&#233;rale-r&#233;formiste officielle du 'socialisme' bourgeois de la II&#176; Internationale. Dans les pays coloniaux et parmi les peuples et les races opprim&#233;s, le communisme se heurte, au sein du mouvement ouvrier, &#224; l'influence de tendances particuli&#232;res qui jou&#232;rent, &#224; une &#233;poque d&#233;termin&#233;e, un certain r&#244;le positif, mais qui deviennent, dans une nouvelle &#233;tape, des forces r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le sun-yat-s&#233;nisme fut, en Chine, l'id&#233;ologie d'un 'socialisme' petit-bourgeois et populaire. La notion du peuple voilait et dissimulait dans la doctrine des 'trois principes' (nationalisme, d&#233;mocratisme, socialisme) la notion des classes sociales ; le socialisme n'&#233;tait plus un mode sp&#233;cifique de production, r&#233;alis&#233; par une classe d&#233;termin&#233;e, le prol&#233;tariat, mais il devenait un &#233;tat ind&#233;termin&#233; d'aisance g&#233;n&#233;rale ; la lutte contre l'imp&#233;rialisme ne se rattachait pas au d&#233;veloppement de la lutte de classes dans le pays. C'est pourquoi le sun-yat-s&#233;nisme, qui a jou&#233;, dans la premi&#232;re phase de la r&#233;volution chinoise, un tr&#232;s grand r&#244;le positif, est devenu, par suite de la diff&#233;renciation sociale ult&#233;rieure et de la marche de la r&#233;volution chinoise, un obstacle &#224; cette r&#233;volution. Les &#233;pigones du sun-yat-s&#233;nisme, en exag&#233;rant pr&#233;cis&#233;ment les caract&#232;res de cette doctrine devenus objectivement r&#233;actionnaires, en ont fait l'id&#233;ologie officielle du Kuomintang devenu ouvertement contre-r&#233;volutionnaire. La formation id&#233;ologique des masses du prol&#233;tariat et des paysans travailleurs de Chine doit, par cons&#233;quent, s'accompagner d'une lutte &#233;nergique contre le leurre du Kuomintang et surmonter les vestiges du sun-yat-s&#233;nisme. Les tendances telles que le gandhisme hindou, profond&#233;ment p&#233;n&#233;tr&#233;es d'id&#233;es religieuses, id&#233;alisant les formes les plus r&#233;actionnaires et les plus arri&#233;r&#233;es de l'&#233;conomie sociale, ne voyant d'issue que dans le retour &#224; ces formes arri&#233;r&#233;es et non dans le socialisme prol&#233;tarien, pr&#234;chant la passivit&#233; et la n&#233;gation de la lutte des classes, deviennent, au cours du d&#233;veloppement de la r&#233;volution, des forces franchement r&#233;actionnaires. Le gandhisme est de plus en plus une id&#233;ologie oppos&#233;e &#224; la r&#233;volution des masses populaires. Le communisme doit le combattre avec &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le garv&#233;isme, qui fut l'id&#233;ologie des petits propri&#233;taires et des ouvriers n&#232;gres d'Am&#233;rique et qui a gard&#233; une certaine influence sur les masses n&#232;gres, est devenu de m&#234;me un obstacle &#224; l'entr&#233;e de ces masses dans la voie r&#233;volutionnaire. Apr&#232;s avoir revendiqu&#233; pour les n&#232;gres une compl&#232;te &#233;galit&#233; sociale, il s'est transform&#233; en une sorte de 'sionisme' n&#232;gre qui, au lieu de pr&#233;coniser la lutte contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, lance le mot d'ordre 'du retour en Afrique'. Cette id&#233;ologie dangereuse, qui n'a rien d'authentiquement d&#233;mocratique et se pla&#238;t &#224; agiter les attributs aristocratiques d'un 'royaume n&#232;gre' inexistant, doit se heurter &#224; une r&#233;sistance &#233;nergique, car, loin de contribuer &#224; la lutte &#233;mancipatrice des masses n&#232;gres contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, elle lui fait obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A toutes ces tendances s'oppose le communisme prol&#233;tarien. Grande id&#233;ologie de la classe ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire internationale, il se distingue de toutes et en premier lieu de la social-d&#233;mocratie par la lutte r&#233;volutionnaire, th&#233;orique et pratique qu'il m&#232;ne en plein accord avec la doctrine de Marx et d'Engels pour la dictature prol&#233;tarienne en utilisant toutes les formes de l'action de masse du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt; Les t&#226;ches essentielles de la strat&#233;gie et de la tactique communistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte victorieuse de L'Internationale communiste pour la dictature du prol&#233;tariat suppose dans tous les pays l'existence d'un Parti communiste tremp&#233; dans les combats, disciplin&#233;, centralis&#233;, &#233;troitement attach&#233; aux masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Parti est l'avant-garde de la classe ouvri&#232;re, avant-garde form&#233;e des membres les meilleurs, les plus conscients, les plus actifs et les plus courageux de cette classe. Il incarne l'exp&#233;rience de toute la lutte prol&#233;tarienne. &#201;tay&#233; par la th&#233;orie r&#233;volutionnaire marxiste, repr&#233;sentant les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux et permanents de l'ensemble de la classe, le Parti incarne l'unit&#233; des principes, de la volont&#233; et de l'action r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat. Il constitue une organisation r&#233;volutionnaire ciment&#233;e par une discipline de fer et par l'ordre r&#233;volutionnaire le plus strict du centralisme d&#233;mocratique ; ces r&#233;sultats sont obtenus par la conscience de l'avant-garde prol&#233;tarienne, par son d&#233;vouement &#224; la r&#233;volution, par son contact permanent avec les masses prol&#233;tariennes, par la justesse de sa direction politique que l'exp&#233;rience des masses m&#234;me &#233;claire et contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Parti communiste doit, pour accomplir sa t&#226;che historique, conqu&#233;rir la dictature prol&#233;tarienne &#8212; poursuivre et atteindre d'abord les fins strat&#233;giques suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gagner &#224; son influence la majorit&#233; de sa propre classe, y compris les ouvri&#232;res et la jeunesse ouvri&#232;re. Il est, &#224; cet effet, n&#233;cessaire d'assurer l'influence d&#233;cisive du Parti communiste sur les vastes organisations de masses du prol&#233;tariat (Soviets, syndicats, comit&#233;s d'entreprises, coop&#233;ratives, organisations sportives, culturelles, etc.). Il importe surtout, pour gagner la majorit&#233; du prol&#233;tariat, de conqu&#233;rir les syndicats, v&#233;ritables organisations de masses de la classe ouvri&#232;re, li&#233;es &#224; sa lutte quotidienne. Le travail dans les syndicats r&#233;actionnaires, qu'il faut savoir gagner habilement, l'acquisition de la confiance des larges masses de syndiqu&#233;s, le remplacement des dirigeants r&#233;formistes de ces syndicats, constituent l'une des t&#226;ches les plus importantes de la p&#233;riode pr&#233;paratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La conqu&#234;te de la dictature du prol&#233;tariat suppose &#233;galement l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat sur de grandes couches des masses laborieuses. Le Parti communiste doit, dans ce but, gagner &#224; son influence les masses de la population pauvre des villes et des campagnes, les couches inf&#233;rieures des intellectuels, les 'petites gens' en un mot, c'est-&#224;-dire la population petite-bourgeoise en g&#233;n&#233;ral. L'action tendant &#224; assurer l'influence du Parti sur les paysans a une importance particuli&#232;re. Le Parti communiste doit s'assurer l'appui complet des &#233;l&#233;ments les plus proches du prol&#233;tariat dans les campagnes : ouvriers agricoles et paysans pauvres. La n&#233;cessit&#233; s'impose donc d'organiser comme tels les ouvriers agricoles, de les appuyer par tous les moyens dans leur lutte contre la bourgeoisie rurale et de poursuivre une action &#233;nergique parmi les petits paysans et les paysans parcellaires. La politique du Parti communiste doit s'efforcer de neutraliser les paysans moyens (dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'accomplissement de ces diverses t&#226;ches par le prol&#233;tariat, devenu le repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts du peuple entier et le guide des grandes masses populaires dans leur lutte contre l'oppression du capital financier, est la condition pr&#233;alable n&#233;cessaire d'une r&#233;volution communiste victorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte r&#233;volutionnaire dans les colonies, les semi-colonies et les pays d&#233;pendants constitue, du point de vue de la lutte mondiale du prol&#233;tariat, une des plus importantes t&#226;ches strat&#233;giques de L'Internationale communiste. Cette lutte suppose la conqu&#234;te, sous les drapeaux de la r&#233;volution, des plus grandes masses de la classe ouvri&#232;re et des paysans des colonies, conqu&#234;te impossible sans une &#233;troite collaboration entre le prol&#233;tariat, des nations oppressives et les masses laborieuses des nations opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout en organisant la r&#233;volution contre l'imp&#233;rialisme, sous le drapeau de la dictature du prol&#233;tariat, dans les puissances dites 'civilis&#233;es', l'Internationale communiste soutient toute r&#233;sistance &#224; la violence imp&#233;rialiste dans les colonies, dans les semi-colonies et dans les pays d&#233;pendants (exemple : l'Am&#233;rique latine) ; elle combat par la propagande toutes les vari&#233;t&#233;s du chauvinisme, tous les proc&#233;d&#233;s imp&#233;rialistes employ&#233;s &#224; l'&#233;gard des races et des peuples subjugu&#233;s, grands et petits (attitude &#224; l'&#233;gard des n&#232;gres, 'de la main-d'&#339;uvre jaune', antis&#233;mitisme, etc.) ; elle soutient la lutte de ces races et de ces peuples contre la bourgeoisie des nations oppressives. L'Internationale communiste combat surtout avec &#233;nergie le chauvinisme des grandes puissances, pr&#234;ch&#233; tant par la bourgeoisie imp&#233;rialiste que par son agence social-d&#233;mocrate, la II&#176; Internationale ; elle oppose sans cesse &#224; la pratique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste celle de l'Union sovi&#233;tique qui a su &#233;tablir des relations fraternelles entre des peuples &#233;gaux en droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Partis communistes doivent, dans les pays de l'imp&#233;rialisme, venir syst&#233;matiquement en aide aux mouvements r&#233;volutionnaires &#233;mancipateurs des colonies et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale aux mouvements des nationalit&#233;s opprim&#233;es. Le devoir de pr&#234;ter &#224; ces mouvements le concours le plus actif incombe en premier lieu aux ouvriers du pays dont la nation opprim&#233;e d&#233;pend politiquement, &#233;conomiquement ou financi&#232;rement. Les Partis communistes doivent reconna&#238;tre hautement le droit de s&#233;paration des colonies et pr&#233;coniser cette s&#233;paration, c'est-&#224;-dire l'ind&#233;pendance des colonies envers l'&#201;tat imp&#233;rialiste. Ils doivent reconna&#238;tre le droit de d&#233;fense arm&#233;e des colonies contre l'imp&#233;rialisme (droit &#224; l'insurrection et &#224; la guerre r&#233;volutionnaire), et pr&#233;coniser et appuyer &#233;nergiquement cette lutte par tous les moyens. Les Partis communistes ont le m&#234;me devoir &#224; l'&#233;gard de toutes les nations opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les colonies et semi-colonies, les Partis communistes doivent combattre opini&#226;trement l'imp&#233;rialisme &#233;tranger, tout en pr&#233;conisant obligatoirement le rapprochement et l'alliance avec le prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialistes ; lancer, r&#233;pandre et appliquer ouvertement le mot d'ordre de la r&#233;volution agraire en soulevant les grandes masses de paysans pour le renversement du joug des propri&#233;taires fonciers et en combattant l'influence r&#233;actionnaire et m&#233;di&#233;vale du clerg&#233;, des missions et d'autres &#233;l&#233;ments analogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La t&#226;che fondamentale est ici de former des organisations ind&#233;pendantes d'ouvriers et de paysans (Parti communiste comme parti de classe du prol&#233;tariat, syndicats, ligues et comit&#233;s de paysans, Soviets dans les situations r&#233;volutionnaires, etc.) et de les soustraire &#224; l'influence de la bourgeoisie nationale, avec laquelle des accords temporaires ne sont admissibles que dans la mesure o&#249; elle n'entrave pas l'organisation r&#233;volutionnaire des ouvriers et des paysans et o&#249; elle combat effectivement l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout Parti communiste doit tenir compte, dans la d&#233;termination de sa tactique, de la situation concr&#232;te int&#233;rieure et ext&#233;rieure, du rapport des forces sociales, du degr&#233; de stabilit&#233; et de vigueur de la bourgeoisie, du degr&#233; de pr&#233;paration du prol&#233;tariat, de l'attitude des couches interm&#233;diaires, etc. C'est en s'inspirant de ces conditions g&#233;n&#233;rales et de la n&#233;cessit&#233; de mobiliser, d'organiser les masses les plus &#233;tendues au moment le plus aigu de la lutte que le Parti formule ses mots d'ordre et pr&#233;cise ses m&#233;thodes de combat. Lan&#231;ant des mots d'ordre transitoires au d&#233;but d'une situation r&#233;volutionnaire et formulant des revendications partielles d&#233;termin&#233;es par la situation concr&#232;te, le Parti doit subordonner ces revendications et ces mots d'ordre &#224; son but r&#233;volutionnaire qui est la prise du pouvoir et le renversement de la soci&#233;t&#233; capitaliste-bourgeoise. Il serait &#233;galement inadmissible que le Parti n&#233;glige&#226;t les besoins et la lutte quotidienne de la classe ouvri&#232;re ou se confin&#226;t au contraire dans les limites de ces besoins et de cette lutte. Sa mission est de prendre ces besoins quotidiens comme point de d&#233;part et de conduire la classe ouvri&#232;re &#224; la bataille r&#233;volutionnaire pour le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsqu'une pouss&#233;e r&#233;volutionnaire a lieu, lorsque les classes dirigeantes sont d&#233;sorganis&#233;es, les masses en &#233;tat d'effervescence r&#233;volutionnaire, les couches sociales interm&#233;diaires dispos&#233;es dans leurs h&#233;sitations &#224; se joindre au prol&#233;tariat, lorsque les masses sont pr&#234;tes au combat et aux sacrifices, le Parti du prol&#233;tariat a pour but de les mener directement &#224; l'assaut de l'&#201;tat bourgeois. Il le fait par la propagande de mots d'ordre transitoires de plus en plus accentu&#233;s (Soviets, contr&#244;le ouvrier de la production, comit&#233;s paysans pour l'expropriation de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, d&#233;sarmement de la bourgeoisie, armement du prol&#233;tariat, etc.) et par l'organisation d'actions des masses, auxquelles doivent &#234;tre subordonn&#233;es toutes les formes de l'agitation et de la propagande du Parti, y compris l'agitation parlementaire. A ces actions de masses se rapportent : les gr&#232;ves et les manifestations combin&#233;es, les gr&#232;ves combin&#233;es avec les manifestations arm&#233;es, enfin la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale li&#233;e &#224; l'insurrection arm&#233;e contre le pouvoir d'&#201;tat de la bourgeoisie. Cette derni&#232;re forme sup&#233;rieure de la lutte est soumise aux r&#232;gles de l'art militaire ; elle suppose un plan strat&#233;gique des op&#233;rations offensives, l'abn&#233;gation et l'h&#233;ro&#239;sme du prol&#233;tariat. Les actions de cette sorte sont obligatoirement conditionn&#233;es par l'organisation des grandes masses en formation de combat, dont la forme m&#234;me entra&#238;ne et met en branle le plus grand nombre possible de travailleurs (Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers et paysans, Soviets de soldats, etc.) et par un renforcement du travail r&#233;volutionnaire dans l'arm&#233;e et dans la flotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est n&#233;cessaire de s'inspirer, en passant &#224; des mots d'ordre nouveaux plus accentu&#233;s, de la r&#232;gle fondamentale de tactique politique du l&#233;ninisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette r&#232;gle veut que l'on sache amener les masses &#224; des positions r&#233;volutionnaires, en leur permettant de se convaincre par leurs propres exp&#233;riences de la justesse de la politique du Parti. L'inobservation de cette r&#232;gle m&#232;ne in&#233;vitablement &#224; la rupture avec les masses, au 'putschisme', &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence id&#233;ologique du communisme qui aboutit &#224; un sectarisme de 'gauche' et &#224; un aventurisme 'r&#233;volutionnaire' petit-bourgeois. Mais il n'est pas moins dangereux de ne pas mettre &#224; profit l'apog&#233;e d'une situation r&#233;volutionnaire lorsqu'il est du devoir du Parti d'attaquer l'ennemi avec audace et d&#233;cision. Manquer cette occasion, ne pas d&#233;clencher l'insurrection, c'est laisser l'initiative &#224; l'adversaire et vouer la r&#233;volution &#224; une d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire fait d&#233;faut, les Partis communistes s'inspirant des besoins quotidiens des travailleurs doivent formuler des mots d'ordre et des revendications partielles en les rattachant aux objectifs fondamentaux de L'Internationale communiste. Ils se garderont cependant de donner des mots d'ordre transitoires sp&#233;cialement appropri&#233;s &#224; une situation r&#233;volutionnaire et qui, en l'absence de celle-ci, se transforment en des mots d'ordre d'int&#233;gration au syst&#232;me des organisations capitalistes (exemple : le contr&#244;le ouvrier, etc.). Les mots d'ordre et les revendications partielles conditionnent absolument, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, une bonne tactique ; les mots d'ordre transitoires sont ins&#233;parables d'une situation r&#233;volutionnaire. Il est, d'autre part, incompatible avec les principes tactiques du communisme de renoncer 'en principe' aux revendications partielles et aux mots d'ordre transitoires, ce serait condamner en r&#233;alit&#233; le Parti &#224; la passivit&#233; et l'isoler des masses. La tactique du front unique, moyen le plus efficace de lutte contre le Capital et de mobilisation des masses dans un esprit de classe, moyen de d&#233;masquer et d'isoler les chefs r&#233;formistes, est un des &#233;l&#233;ments de la tactique des Partis communistes pendant toute la p&#233;riode pr&#233;r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La juste application de la tactique du front unique, et plus g&#233;n&#233;ralement la solution du probl&#232;me de la conqu&#234;te des masses, suppose &#224; son tour une action syst&#233;matique et pers&#233;v&#233;rante dans les syndicats et dans les autres organisations de masses du prol&#233;tariat. L'affiliation au syndicat, f&#251;t-il le plus r&#233;actionnaire pourvu qu'il soit une organisation de masses, est le devoir imm&#233;diat de tout communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce n'est que par une action constante et suivie dans les syndicats et dans les entreprises pour la d&#233;fense &#233;nergique et ferme des int&#233;r&#234;ts des ouvriers &#8212; la bureaucratie r&#233;formiste &#233;tant parall&#232;lement combattue sans merci &#8212; que l'on peut se mettre &#224; la t&#234;te de la lutte ouvri&#232;re et rallier au Parti la masse des syndiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A l'encontre de la politique scissionniste des r&#233;formistes, les communistes d&#233;fendent l'unit&#233; syndicale sur la base de la lutte de classes, dans chaque pays, et &#224; l'&#233;chelle internationale en soutenant et en affermissant de toutes leurs forces l'action de l'Internationale syndicale rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Prenant partout la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats, quotidiens de la masse ouvri&#232;re et des travailleurs en g&#233;n&#233;ral, exploitant &#224; des fins d'agitation et de propagande r&#233;volutionnaire la tribune parlementaire bourgeoise, subordonnant tous les objectifs partiels &#224; la lutte pour la dictature du prol&#233;tariat, les Partis de L'Internationale communiste formulent des revendications partielles et donnent des mots d'ordre dans les principaux domaines suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Question ouvri&#232;re &#8212; au sens &#233;troit du mot : questions se rapportant &#224; lutte &#233;conomique (lutte contre l'offensive du capital trust&#233;, salaires, journ&#233;es de travail, arbitrage obligatoire, ch&#244;mage) qui deviennent des questions de lutte politique g&#233;n&#233;rale (grands conflits industriels, droits de coalition et de gr&#232;ve, etc.) ; questions nettement politiques (imp&#244;ts, chert&#233; de la vie, fascisme, r&#233;pression contre les partis r&#233;volutionnaires, terreur blanche, politique g&#233;n&#233;rale du gouvernement) ; questions de politique mondiale (attitude envers l'URSS et les r&#233;volutions coloniales, lutte pour l'unit&#233; du mouvement syndical international, lutte contre l'imp&#233;rialisme et les menaces de guerre, pr&#233;paration syst&#233;matique &#224; la lutte contre la guerre imp&#233;rialiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la question paysanne, le probl&#232;me des imp&#244;ts, des hypoth&#232;ques, de la lutte contre le capital usurier, de la p&#233;nurie des terres dont souffrent les paysans pauvres, du fermage et des redevances, etc., suscitent des revendications partielles du m&#234;me ordre. Le Parti communiste partant de l&#224;, doit accentuer et g&#233;n&#233;raliser ses mots d'ordre jusqu'&#224; r&#233;clamer la confiscation des domaines des grands propri&#233;taires fonciers et le gouvernement ouvrier et paysan (synonyme de dictature du prol&#233;tariat dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s et synonyme de dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et des paysans dans les pays arri&#233;r&#233;s et diverses colonies).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est &#233;galement n&#233;cessaire de poursuivre une action syst&#233;matique au sein de la jeunesse ouvri&#232;re et paysanne (principalement au moyen de l'ICJ et de ses sections) ainsi que parmi les femmes ouvri&#232;res et paysannes, en s'inspirant de leurs conditions d'existence, de leurs luttes, et en rattachant leurs revendications aux revendications g&#233;n&#233;rales et aux mots d'ordre de combat du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la lutte contre l'oppression des peuples coloniaux, les Partis communistes formulent dans les colonies m&#234;mes des revendications partielles dict&#233;es par la situation particuli&#232;re de chaque pays : &#233;galit&#233; compl&#232;te des nationalit&#233;s et des races ; abolition des privil&#232;ges des &#233;trangers ; libert&#233; d'association pour les ouvriers et les paysans ; diminution de la journ&#233;e de travail ; interdiction du travail des enfants ; abolition des contrats spoliateurs et usuriers ; r&#233;duction et suppression du fermage ; diminution des imp&#244;ts ; refus de payer les imp&#244;ts, etc., etc. Tous ces mots d'ordre partiels doivent &#234;tre subordonn&#233;s aux revendications essentielles des Partis communistes : ind&#233;pendance compl&#232;te du pays, expulsion des imp&#233;rialistes, gouvernement ouvrier et paysan, la terre au peuple, journ&#233;e de huit heures, etc. Dans les pays de l'imp&#233;rialisme, les Partis communistes ont le devoir de soutenir cette lutte des colonies, de r&#233;clamer avec t&#233;nacit&#233; le rappel des troupes imp&#233;rialistes, de d&#233;fendre par la propagande dans l'arm&#233;e et la flotte les pays opprim&#233;s luttant pour leur &#233;mancipation, de mobiliser les masses pour le boycottage du transport des troupes et des armes, d'organiser, en relation avec ces actions, des gr&#232;ves et d'autres formes de protestations de masses, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Internationale communiste doit porter une attention particuli&#232;re &#224; la pr&#233;paration syst&#233;matique de la lutte contre les dangers de guerre imp&#233;rialiste. D&#233;masquer impitoyablement le social-chauvinisme, le social-imp&#233;rialisme, les phrases pacifistes qui dissimulent les dessins imp&#233;rialistes de la bourgeoisie ; r&#233;pandre les mots d'ordre essentiels de L'Internationale communiste ; poursuivre chaque jour un travail d'organisation dans ce sens et en combiner obligatoirement les formes l&#233;gales et ill&#233;gales ; poursuivre un travail organis&#233; dans l'arm&#233;e et la flotte, telle doit &#234;tre l'activit&#233; des Partis communistes. Les morts d'ordre fondamentaux de L'Internationale communiste doivent &#234;tre les suivants : transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile, d&#233;faite de 'son propre' gouvernement imp&#233;rialiste, d&#233;fense par tous les moyens de l'URSS et des colonies en cas de guerre imp&#233;rialiste contre elles. La propagande de ces mots d'ordre, la d&#233;nonciation des sophismes 'socialistes' et du camouflage 'socialiste' de la Soci&#233;t&#233; des nations, le rappel constant de l'exp&#233;rience de la guerre de 1914-1918, sont des devoirs imp&#233;ratifs qui incombent &#224; toutes les sections et &#224; tous les membres de L'Internationale communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La coordination du travail et des actions r&#233;volutionnaires et leur bonne direction imposent au prol&#233;tariat international une discipline internationale de classe, dont la discipline internationale la plus rigoureuse dans les rangs des Partis communistes est la condition essentielle. Cette discipline communiste internationale doit se traduire par la subordination des int&#233;r&#234;ts partiels et locaux du mouvement &#224; ses int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux et permanents, et par la stricte application de toutes les d&#233;cisions des organes dirigeants de L'Internationale communiste par tous les communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A l'inverse de la II&#176; Internationale social-d&#233;mocrate o&#249; chaque parti se soumet &#224; la discipline de 'sa propre' bourgeoisie nationale et de sa 'patrie', les sections de L'Internationale communiste ne connaissent qu'une discipline, celle du prol&#233;tariat international qui assure la lutte victorieuse des ouvriers de tous les pays pour la dictature mondiale du prol&#233;tariat. A l'inverse de la II&#176; Internationale, qui divise les syndicats, combat les peuples coloniaux et s'unit &#224; la bourgeoisie, L'Internationale communiste est l'organisation qui d&#233;fend l'unit&#233; des prol&#233;taires de tous les pays, des travailleurs de toutes les races et de tous les peuples en lutte contre le joug imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quelle que soit la terreur sanglante de la bourgeoisie, les communistes m&#232;nent ce combat avec abn&#233;gation et courage, sur tous les secteurs du front international de la lutte de classes, fermement convaincus de l'in&#233;vitabilit&#233; et de l'in&#233;luctabilit&#233; de la victoire du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Les communistes ne s'abaissent pas &#224; dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent &#234;tre atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social traditionnel.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Que les classes dirigeantes tremblent &#224; l'id&#233;e d'une r&#233;volution communiste. Les prol&#233;taires n'ont rien &#224; perdre que leurs cha&#238;nes. Ils ont un monde &#224; y gagner.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1928 - L&#233;on Trotsky - Critique du programme de l'Internationale stalins&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRITIQUE DU PROGRAMME DE L'INTERNATIONALE COMMUNISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de programme, c'est-&#224;-dire le document capital destin&#233; &#224; orienter le travail de l'Internationale communiste pour toute une s&#233;rie d'ann&#233;es, fut publi&#233; quelques semaines avant la convocation du Congr&#232;s qui eut lieu quatre ans apr&#232;s le Ve Congr&#232;s [1] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne peut se justifier par le fait que ce projet avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; avant le Congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'est &#233;coul&#233; plusieurs ann&#233;es depuis : le nouveau projet diff&#232;re du premier par sa structure et tente de dresser un bilan du d&#233;veloppement au cours de la derni&#232;re p&#233;riode. Il serait, au plus haut point, imprudent et irr&#233;fl&#233;chi que le VIe Congr&#232;s adopt&#226;t ce projet &#8211; qui porte les traces &#233;videntes de la h&#226;te et de la n&#233;gligence &#8211; sans qu'au pr&#233;alable, une critique s&#233;rieuse en ait paru dans la presse et sans qu'une large discussion ait eu lieu dans tous les partis de l'Internationale communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;ception du projet jusqu'&#224; l'exp&#233;dition de la pr&#233;sente lettre, nous n'avons eu que peu de jours : nous n'avons donc pu nous arr&#234;ter qu'&#224; certaines des questions fondamentales trait&#233;es dans le programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison du manque de temps, nous avons d&#251; laisser de c&#244;t&#233; plusieurs th&#232;ses importantes du projet sur des probl&#232;mes d'une actualit&#233; moins br&#251;lante mais qui peuvent prendre demain une extr&#234;me acuit&#233; (il n'est donc pas moins n&#233;cessaire de les examiner que les parties du projet auxquelles notre travail est consacr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter que nous avons d&#251; travailler sur ce nouveau projet dans des conditions qui ne nous ont pas laiss&#233; la possibilit&#233; d'avoir les informations les plus indispensables. Qu'il nous suffise de dire que nous n'avons pu nous procurer le premier projet et que nous avons d&#251;, ainsi que sur deux ou trois autres questions, nous fier &#224; notre m&#233;moire. Il va de soi que toutes les citations sont faites d'apr&#232;s les textes originaux et ont &#233;t&#233; soigneusement v&#233;rifi&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
I. PROGRAMME DE LA R&#201;VOLUTION INTERNATIONALE OU PROGRAMME DU SOCIALISME DANS UN SEUL PAYS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question la plus importante &#224; l'ordre du jour du VIe Congr&#232;s est l'adoption du programme. Son caract&#232;re peut, pour longtemps, d&#233;finir et fixer la physionomie de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de ce programme ne vient pas tant de ce qu'il formule des propositions th&#233;oriques g&#233;n&#233;rales (elles se r&#233;duisent en fin de compte &#224; une &#034; codification &#034;, c'est-&#224;-dire &#224; un expos&#233; serr&#233; de v&#233;rit&#233;s g&#233;n&#233;rales d&#233;finitivement acquises), mais plut&#244;t de ce qu'il dresse le bilan de l'exp&#233;rience politique et &#233;conomique mondiale de la derni&#232;re p&#233;riode ; il s'agit ici de la lutte r&#233;volutionnaire durant cinq ans riches en &#233;v&#233;nements et en erreurs. C'est de la fa&#231;on dont le programme comprendra et appr&#233;ciera les faits, fautes et divergences, que d&#233;pend litt&#233;ralement le sort de l'Internationale communiste, dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. STRUCTURE G&#201;N&#201;RALE DU PROGRAMME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre &#233;poque, qui est l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire de l'&#233;conomie mondiale et de la politique mondiale dirig&#233;es par le capitalisme, pas un seul Parti communiste ne peut &#233;laborer son programme en tenant essentiellement compte, &#224; un plus ou moins haut degr&#233;, des conditions et tendances de son d&#233;veloppement national. Cette constatation est aussi pleinement valable pour le parti exer&#231;ant le pouvoir dans les limites de l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partant de ces consid&#233;rations que nous &#233;crivions en janvier de cette ann&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Il faut s'atteler &#224; la r&#233;daction du programme de l'Internationale communiste (celui de Boukharine n'est qu'un mauvais programme de section nationale de l'Internationale communiste, et non celui d'un Parti communiste mondial) &#034; (Pravda, 15 janvier 1928).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons cess&#233; d'insister sur ces consid&#233;rations depuis 1923-1924, quand la croissance des Etats-Unis d'Am&#233;rique a pos&#233; un probl&#232;me mondial, et au sens le plus direct de ce mot, un probl&#232;me europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en recommandant le nouveau projet, la Pravda &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; le programme communiste diff&#232;re radicalement du programme de la social-d&#233;mocratie internationale, non seulement sur le fond, Dans ses th&#232;ses principales, mais aussi par l'internationalisme qui caract&#233;rise sa structure &#034; (Pravda, 29 mai 1928).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formule quelque peu vague exprime, c'est &#233;vident, la m&#234;me id&#233;e que la n&#244;tre (id&#233;e qu'on a repouss&#233;e avec obstination autrefois). On peut seulement approuver la rupture avec le premier projet pr&#233;sent&#233; par Boukharine, projet qui en raison m&#234;me de son inconsistance n'a pas donn&#233; lieu &#224; un s&#233;rieux &#233;change de vues. Si le premier projet ne pr&#233;sentait qu'une description sch&#233;matique, aride, de l'&#233;volution d'un pays abstrait du reste du monde, en revanche le nouveau projet essaie (malheureusement, sans esprit de suite et sans succ&#232;s, comme nous le verrons) de partir de l'&#233;conomie mondiale dans son ensemble pour d&#233;terminer le sort de ses diff&#233;rentes parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reliant entre eux des pays et des continents qui se trouvent &#224; des &#233;tapes diff&#233;rentes de d&#233;veloppement par un syst&#232;me de d&#233;pendance et d'oppositions, en rapprochant ces divers niveaux de d&#233;veloppement, en dressant impitoyablement les pays les uns contre les autres, l'&#233;conomie est devenue une puissante r&#233;alit&#233; qui domine les r&#233;alit&#233;s diverses des pays et des continents. A lui seul, ce fait fondamental conf&#232;re un caract&#232;re tr&#232;s r&#233;aliste &#224; l'id&#233;e m&#234;me d'un Parti communiste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le d&#233;clare justement le projet dans son introduction, en amenant globalement l'&#233;conomie mondiale au point supr&#234;me de d&#233;veloppement qui puisse &#234;tre atteint sur la base de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, l'imp&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; avive &#224; l'extr&#234;me la contradiction entre la croissance des forces productives de l'&#233;conomie mondiale et les cloisonnements qui s&#233;parent nations et Etats&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ne comprend pas ce fait, dont la derni&#232;re guerre imp&#233;rialiste a manifest&#233; clairement la r&#233;alit&#233; devant l'humanit&#233;, on ne peut pas avancer dans la solution des grands probl&#232;mes de la politique mondiale et de la lutte r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement radical dans l'orientation m&#234;me du nouveau projet ne pourrait &#234;tre qu'approuv&#233;, mais, en voulant concilier cette orientation juste avec des tendances diam&#233;tralement oppos&#233;es, on a introduit dans ce projet des contradictions f&#226;cheuses qui enl&#232;vent toute importance de principe &#224; la fa&#231;on nouvelle de poser la question dans son fond.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. LES &#201;TATS-UNIS ET L'EUROPE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour caract&#233;riser le premier projet &#8211; heureusement abandonn&#233; &#8211; il suffit de dire que &#8211; pour autant que nous nous en souvenions &#8211; il ne faisait m&#234;me pas mention des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique du Nord. Les probl&#232;mes essentiels de l'&#233;poque imp&#233;rialiste &#8211; en raison m&#234;me du caract&#232;re de cette &#233;poque &#8211; ne peuvent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s seulement sous l'angle de l'abstraction th&#233;orique ; ils doivent l'&#234;tre dans leurs r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles et historiques ; or, dans le premier projet, ils se perdaient dans le sch&#233;ma sans contours d'un pays capitaliste &#034; en g&#233;n&#233;ral &#034;. Le nouveau projet &#8211; et il y a l&#224;, certainement, un s&#233;rieux pas en avant &#8211; parle d&#233;j&#224; du d&#233;placement du centre &#233;conomique du monde vers les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique et de la transformation de la R&#233;publique du dollar en exploiteur mondial, du fait que les &#201;tats-Unis ont d&#233;j&#224; conquis l'h&#233;g&#233;monie mondiale. Enfin il est dit que la rivalit&#233; (dans le projet on dit malencontreusement &#034; le conflit &#034;) entre les &#201;tats-Unis et le capitalisme europ&#233;en, en premier lieu le capitalisme britannique, devient l'axe des conflits mondiaux. Il est devenu maintenant tout &#224; fait &#233;vident qu'un programme qui ne d&#233;finit pas clairement et avec pr&#233;cision ces faits et facteurs fondamentaux de la situation mondiale ne saurait rien avoir de commun avec le programme du parti de la r&#233;volution internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les faits essentiels, les tendances principales du d&#233;veloppement dans la situation mondiale actuelle sont simplement mentionn&#233;s dans le texte du projet ; ils ne sont reli&#233;s ni &#224; des consid&#233;rations th&#233;oriques ni &#224; la structure du programme, ils n'entra&#238;nent aucune conclusion quant aux perspectives et &#224; la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte ne porte aucun jugement sur le nouveau r&#244;le jou&#233; par l'Am&#233;rique en Europe depuis la capitulation du Parti communiste allemand et la d&#233;faite du prol&#233;tariat allemand en 1923. Il n'explique absolument pas qu'il y a un rapport &#233;troit, sur les plans mat&#233;riel et intellectuel, entre la &#034; stabilisation &#034;, la &#034; normalisation &#034;, la &#034; pacification &#034; de l'Europe, la &#034; renaissance &#034; de la social-d&#233;mocratie, et d'autre part, les premiers pas de l'intervention am&#233;ricaine dans les affaires europ&#233;ennes [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il ne montre pas que le d&#233;veloppement ult&#233;rieur in&#233;vitable de l'expansion am&#233;ricaine (avec le r&#233;tr&#233;cissement des march&#233;s du capital europ&#233;ens y compris en Europe m&#234;me) est porteur de troubles militaires, &#233;conomiques et r&#233;volutionnaires sans commune mesure avec tout ce qu'on a vu jusqu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'explique pas que les Etats-Unis, en poursuivant in&#233;luctablement leur pression sur l'Europe, r&#233;duiront de plus en plus sa part dans l'&#233;conomie mondiale ; il en r&#233;sulte que non seulement les rapports entre les Etats europ&#233;ens ne s'am&#233;lioreront pas, mais qu'au contraire ils se tendront &#224; l'extr&#234;me et aboutiront &#224; des guerres ; en effet, les gouvernements, comme les classes, luttent avec plus de furie quand la ration est maigre que lorsqu'ils sont pourvus en abondance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet n'explique pas que le chaos int&#233;rieur d&#251; aux antagonismes entre Etats europ&#233;ens enl&#232;ve &#224; l'Europe tout espoir de r&#233;sister avec quelque peu de s&#233;rieux et d'efficacit&#233; &#224; la R&#233;publique nord-am&#233;ricaine, qui est, elle, de plus en plus centralis&#233;e, et que pour surmonter ce chaos europ&#233;en, on doit aller dans la voie des Etats-Unis sovi&#233;tiques d'Europe : c'est l&#224; une des premi&#232;res t&#226;ches de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui est plus proche en Europe qu'en Am&#233;rique (en raison pr&#233;cis&#233;ment de la division en Etats), r&#233;volution qui aura tr&#232;s probablement &#224; se d&#233;fendre contre la bourgeoisie nord-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il ne signale pas (ce qui est un aspect non moins important du probl&#232;me mondial), que la puissance des Etats-Unis dans le monde et l'expansionnisme qui en d&#233;coule les obligent &#224; introduire dans les fondations de leur &#233;difice les explosifs de l'univers entier : tous les antagonismes de l'Occident et de l'Orient, les luttes de classes de la vieille Europe, les insurrections des masses colonis&#233;es, toutes les guerres et toutes les r&#233;volutions. Aussi dans cette nouvelle &#233;poque, le capitalisme de l'Am&#233;rique du Nord constituera-t-il la force contre-r&#233;volutionnaire principale qui se montrera de plus en plus attach&#233;e au maintien de &#034; l'ordre &#034; dans chaque coin du globe terrestre ; mais d'un autre c&#244;t&#233;, se pr&#233;pare la gigantesque explosion r&#233;volutionnaire de la puissante force imp&#233;rialiste qui domine d&#233;j&#224; le monde et ne cesse de grandir. La logique des relations mondiales veut que cette d&#233;flagration ne tarde gu&#232;re, apr&#232;s le d&#233;clenchement de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous avons expliqu&#233; la dialectique des rapports mutuels liant l'Europe et l'Am&#233;rique, on a lanc&#233; contre nous, dans les derni&#232;res ann&#233;es, les accusations les plus diverses : on nous a trait&#233; de pacifistes niant les contradictions europ&#233;ennes, on a dit que nous acceptions la th&#233;orie du super-imp&#233;rialisme de Kautsky, etc. Il n'y a pas &#224; s'y arr&#234;ter ; ces &#034; accusations&#034;, dans le meilleur des cas, t&#233;moignent d'une totale ignorance des processus r&#233;els et de notre opinion sur eux. Mais on ne peut pas ne pas faire remarquer qu'il serait difficile de d&#233;penser plus d'efforts pour embrouiller cette question essentielle de la politique mondiale, que ne le firent tout particuli&#232;rement les auteurs du projet de programme dans leur lutte mesquine contre notre fa&#231;on de l'envisager. Pourtant, le d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements a enti&#232;rement confirm&#233; notre position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces derniers temps, les organes principaux de la presse communiste s'efforc&#232;rent de diminuer &#8211; sur le papier &#8211; l'importance de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, en &#233;voquant l'approche aux Etats-Unis d'une crise commerciale et industrielle. Nous ne pouvons pas, ici, nous arr&#234;ter &#224; l'examen du probl&#232;me de la dur&#233;e de la crise am&#233;ricaine et de son &#233;ventuelle profondeur. Ce n'est pas une question de programme, mais de conjoncture. Nous ne doutons pas, bien s&#251;r, du caract&#232;re in&#233;vitable de la crise ; nous pensons m&#234;me que celle qui va se produire peut &#234;tre d&#233;j&#224; tr&#232;s aigu&#235; et tr&#232;s profonde, &#224; cause de la puissance mondiale que poss&#232;de aujourd'hui le capitalisme am&#233;ricain. Mais tenter d'en d&#233;duire que l'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine s'affaiblit ne correspond &#224; rien et ne peut que mener &#224; de grossi&#232;res erreurs d'ordre strat&#233;gique. C'est justement le contraire qui est vrai. En p&#233;riode de crise, l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis se fera sentir plus compl&#232;tement, plus ouvertement, plus impitoyablement que durant la p&#233;riode de croissance. Les Etats-Unis liquideront et surmonteront leurs difficult&#233;s et leurs troubles, avant tout au d&#233;triment de l'Europe ; peu importe o&#249; cela se passera, en Asie, au Canada, en Am&#233;rique du Sud, en Australie ou en Europe m&#234;me ; peu importe que ce soit par la voie &#034; pacifique &#034; ou par des moyens militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut clairement comprendre que si dans un premier temps l'intervention am&#233;ricaine a apport&#233; &#224; l'Europe une stabilisation et une consolidation qui en partie durent encore et peuvent m&#234;me &#233;pisodiquement s'affermir (surtout en cas de nouvelles d&#233;faites du prol&#233;tariat), en revanche la ligne g&#233;n&#233;rale de la politique des Etats-Unis &#8211; surtout si leur &#233;conomie conna&#238;t des difficult&#233;s et des crises &#8211; provoquera en Europe, comme dans le monde entier, de tr&#232;s grandes secousses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces faits se d&#233;gage la conclusion, non n&#233;gligeable, que les situations r&#233;volutionnaires ne manqueront pas au cours de la d&#233;cennie &#224; venir, pas plus qu'elles n'ont manqu&#233; au cours de la d&#233;cennie qui s'est &#233;coul&#233;e. Il importe de comprendre correctement les rouages fondamentaux du d&#233;veloppement afin de ne pas &#234;tre surpris par les &#233;v&#233;nements. Si au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie les situations r&#233;volutionnaires &#233;taient les cons&#233;quences imm&#233;diates de la guerre imp&#233;rialiste, en revanche, dans la prochaine d&#233;cennie les secousses r&#233;volutionnaires viendront surtout des rapports existant entre l'Europe et l'Am&#233;rique. Une grande crise aux &#201;tats-Unis ferait &#224; nouveau retentir le tocsin des guerres et des r&#233;volutions. Nous le r&#233;p&#233;tons : les situations r&#233;volutionnaires ne manqueront pas. Leur issue d&#233;pend du parti international du prol&#233;tariat, de la maturit&#233; et de la capacit&#233; de lutte de l'Internationale communiste, de la justesse de sa strat&#233;gie et de ses m&#233;thodes tactiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces id&#233;es ne sont pas exprim&#233;es du tout dans le projet de programme de l'Internationale communiste. Un fait aussi important, semble-t-il, que le &#034; d&#233;placement du centre &#233;conomique du monde vers les Etats-Unis &#034; n'est signal&#233; que par une simple remarque journalistique, sans plus. Il n'est pas possible de prendre pour pr&#233;texte le manque de place : est-ce que ce ne sont pas, pr&#233;cis&#233;ment, les questions fondamentales qui doivent avoir leur place dans un programme ? A ce propos, il faut remarquer que le projet s'&#233;tend beaucoup trop longuement sur des questions de second ou de troisi&#232;me ordre, qu'il est &#233;crit dans un style rel&#226;ch&#233; et qu'il comporte de nombreuses r&#233;p&#233;titions : on pourrait r&#233;duire le texte d'un tiers au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Au IVe Congr&#232;s (novembre 1922) furent pr&#233;sent&#233;s un premier projet par Boukharine, un projet par Thalheimer au nom du Parti communiste allemand ; un projet par Kabaktchieff au nom du Parti communiste bulgare ; un programme d'action par le Parti communiste italien. Le Congr&#232;s adopta la r&#233;solution suivante : &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Tous les projets de programme seront transmis au Comit&#233; ex&#233;cutif de l'Internationale communiste ou &#224; une Commission d&#233;sign&#233;e &#224; cet effet, pour &#234;tre &#233;tudi&#233;s et &#233;labor&#233;s en d&#233;tail. L'Ex&#233;cutif est tenu de publier dans le plus bref d&#233;lai tous les projets de programme qui lui parviennent ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le Congr&#232;s confirme que les sections nationales de l'Internationale communiste qui n'ont pas encore de programme national sont tenues de commencer imm&#233;diatement &#224; en &#233;laborer un pour pouvoir le soumettre au Comit&#233; ex&#233;cutif, trois mois au plus tard avant le Ve Congr&#232;s, pour ratification ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans le programme des sections nationales, la n&#233;cessit&#233; de la lutte pour les revendications transitoires doit &#234;tre motiv&#233;e avec pr&#233;cision et nettet&#233; ; les r&#233;serves sur les rapports de ces revendications avec les conditions concr&#232;tes de temps et de lieu doivent &#234;tre mentionn&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les fondements th&#233;oriques de toutes les revendications transitoires et partielles doivent absolument &#234;tre formul&#233;es dans le programme g&#233;n&#233;ral. Le IVe Congr&#232;s se prononce tout aussi r&#233;solument contre la tentative de pr&#233;senter l'introduction de revendications transitoires dans le programme comme de l'opportunisme, que contre toute tentative tendant &#224; att&#233;nuer ou &#224; remplacer les objectifs r&#233;volutionnaires fondamentaux par des revendications partielles ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le programme g&#233;n&#233;ral doivent &#234;tre nettement &#233;nonc&#233;s les types historiques fondamentaux entre lesquels se divisent les revendications transitoires des sections nationales, conform&#233;ment aux diff&#233;rences essentielles de structure &#233;conomique et politique des divers pays, par exemple, l'Angleterre d'une part, l'Inde de l'autre, etc. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Ve Congr&#232;s (juin 1924) fut adopt&#233;e la r&#233;solution suivante : &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le Congr&#232;s accepte le projet de programme &#233;labor&#233; par la Commission comme base de discussion dans les sections ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Une Commission de r&#233;daction est charg&#233;e d'assurer la r&#233;daction d&#233;finitive du projet conform&#233;ment aux r&#233;solutions de la Commission ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le Congr&#232;s propose l'institution par l'Ex&#233;cutif d'une Commission permanente du programme, qui publiera le plus vite possible le projet avec les mat&#233;riaux explicatifs n&#233;cessaires, afin d'orienter la discussion internationale et de la rendre f&#233;conde ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La d&#233;cision d&#233;finitive sur le programme est r&#233;serv&#233;e au prochain Congr&#232;s. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Du Ve au VIe Congr&#232;s, la discussion resta en sommeil. Au VIe Congr&#232;s (juillet-septembre 1928), les anciens projets avaient disparu et les d&#233;l&#233;gu&#233;s se trouv&#232;rent en pr&#233;sence d'un seul projet r&#233;dig&#233; principalement par Boukharine et pr&#233;sent&#233; au nom de celui-ci et de Staline. Le Congr&#232;s vota ce projet en y ins&#233;rant quelques amendements mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] cf. le livre de Trotsky, Europe et Am&#233;rique, 1926.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mont&#233;e et la chute de l'Internationale communiste</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7093</link>
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		<dc:date>2025-05-03T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CLR James &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution mondiale 1917-1936 &lt;br class='autobr' /&gt;
La mont&#233;e et la chute de l'Internationale communiste &lt;br class='autobr' /&gt;
1937 &lt;br class='autobr' /&gt;
PR&#201;FACE &lt;br class='autobr' /&gt;
CE LIVRE EST UNE INTRODUCTION ET UNE ENQU&#202;TE SUR LE mouvement socialiste r&#233;volutionnaire depuis la guerre - les ant&#233;c&#233;dents, la fondation et le d&#233;veloppement de la Troisi&#232;me Internationale - son effondrement en tant que force r&#233;volutionnaire. Le Parti bolchevique et l'Union sovi&#233;tique qu'il contr&#244;le, &#233;tant les facteurs dominants de la Troisi&#232;me Internationale, sont trait&#233;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot314" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;CLR James&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution mondiale 1917-1936
&lt;p&gt;La mont&#233;e et la chute de l'Internationale communiste&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PR&#201;FACE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CE LIVRE EST UNE INTRODUCTION ET UNE ENQU&#202;TE SUR LE mouvement socialiste r&#233;volutionnaire depuis la guerre - les ant&#233;c&#233;dents, la fondation et le d&#233;veloppement de la Troisi&#232;me Internationale - son effondrement en tant que force r&#233;volutionnaire. Le Parti bolchevique et l'Union sovi&#233;tique qu'il contr&#244;le, &#233;tant les facteurs dominants de la Troisi&#232;me Internationale, sont trait&#233;s de mani&#232;re extensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es sur lesquelles le livre est bas&#233; sont les id&#233;es fondamentales du marxisme. Depuis 1923, ils ont &#233;t&#233; expos&#233;s principalement par Trotsky et un petit groupe de collaborateurs. Beaucoup de ceux qui ont rican&#233; ou ignor&#233; pendant des ann&#233;es sont maintenant mal &#224; l'aise de savoir qu'il existe en Russie quelque chose qui s'appelle vaguement &#171; trotskysme &#187;, que les autorit&#233;s sovi&#233;tiques, malgr&#233; les succ&#232;s &#233;conomiques, d&#233;couvrent dans les plus hautes fonctions de l'&#201;tat et dans des cercles de plus en plus larges. la population. Au m&#234;me moment, en Europe occidentale, des hommes d'&#201;tat et des publicistes, effray&#233;s par la mont&#233;e constante de la vague r&#233;volutionnaire, se joignent au r&#233;gime stalinien en Russie pour condamner le &#171; trotskysme &#187;. M. Winston Churchill, dans l'Evening Standard du 16 octobre 1936, d&#233;cha&#238;ne une f&#233;roce diatribe contre les &#171; trotskystes &#187;, doubl&#233;e d'une approbation &#224; peine voil&#233;e des staliniens, c'est-&#224;-dire de la IIIe Internationale. Les gouvernements et les hommes d'&#201;tat nationaux ne se pr&#233;occupent pas des diff&#233;rences j&#233;suitiques entre les interpr&#233;tations de Marx et de L&#233;nine. Tout l'avenir de la civilisation est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle des affaires mondiales, la mont&#233;e du fascisme, la r&#233;volution espagnole, l'in&#233;vitable r&#233;volution en France, le r&#244;le de la Russie hier, aujourd'hui et demain, le flux et le reflux constants des partis et mouvements politiques dans le monde entier, ces choses doit &#234;tre vu, ne peut &#234;tre compris du tout, que comme faisant partie du mouvement r&#233;volutionnaire international contre le capitalisme qui est entr&#233; dans une &#233;tape d&#233;cisive en 1917 avec la fondation du premier &#201;tat ouvrier et, deux ans plus tard, l'organisation d'une Internationale r&#233;volutionnaire. Invasion de la Ruhr ; la maladie et la mort de L&#233;nine et la victoire rapide de Staline sur Trotsky en 1923 ; l'exp&#233;dition nordique de Chiang Kai-shek en 1926, l'&#233;chec de la Commune de Shanghai et l'aventure d&#233;sastreuse de l'insurrection de Canton ; l'effondrement de la nouvelle politique &#233;conomique en 1928, la &#171; liquidation du koulak &#187; et la capitulation sans coup f&#233;rir du puissant mouvement ouvrier d'Allemagne devant Hitler ; la restauration de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e dans les campagnes russes, le Front populaire en France, l'assassinat de Zinoviev et de Kamenev, le braquage des armes par la Troisi&#232;me Internationale sur le POUM en Espagne parce qu'il agite pour la r&#233;volution socialiste - tous ces &#233;v&#233;nements majeurs de l'histoire d'apr&#232;s-guerre forment un tout &#233;troitement li&#233;. Vus isol&#233;ment, ils forment un fouillis. Ce livre montre leur interconnexion. en Espagne parce qu'elle milite pour la r&#233;volution socialiste &#8211; tous ces &#233;v&#233;nements majeurs de l'histoire d'apr&#232;s-guerre forment un tout &#233;troitement li&#233;. Vus isol&#233;ment, ils forment un fouillis. Ce livre montre leur interconnexion. en Espagne parce qu'elle milite pour la r&#233;volution socialiste &#8211; tous ces &#233;v&#233;nements majeurs de l'histoire d'apr&#232;s-guerre forment un tout &#233;troitement li&#233;. Vus isol&#233;ment, ils forment un fouillis. Ce livre montre leur interconnexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien le livre doit aux &#233;crits de Trotsky, le texte ne peut le montrer que partiellement. Mais m&#234;me avec cette grande dette, il n'aurait jamais pu &#234;tre &#233;crit sans le mat&#233;riel patiemment recueilli et annot&#233; en France, en Chine, en Am&#233;rique, en Allemagne et en Russie. Ma t&#226;che a &#233;t&#233; principalement une t&#226;che de s&#233;lection et de coordination. Pourtant, dans une enqu&#234;te aussi vaste et compliqu&#233;e, des divergences d'opinions et d'accents sont in&#233;vitables. Par cons&#233;quent, alors que le livre doit tellement aux autres qu'il justifie l'utilisation du terme &#171; nous &#187;, la responsabilit&#233; ultime doit rester la mienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appel&#233; les choses et les personnes par les noms que j'ai jug&#233;s les plus propres &#224; caract&#233;riser leur signification politique. Pourtant, il est bon de rappeler au lecteur les paroles de Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon point de vue, &#224; partir duquel l'&#233;volution de la formation &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; est consid&#233;r&#233;e comme un processus d'histoire naturelle, peut, moins qu'un autre, rendre l'individu responsable des relations dont il reste socialement la cr&#233;ature, si subjectivement qu'il s'&#233;l&#232;ve. au-dessus d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 1 - MARXISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 2 - LES PRECURSEURS DE LA TROISIEME INTERNATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch02.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch02.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 3 - LA GUERRE ET LA R&#201;VOLUTION RUSSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch03.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch03.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Communisme et Trotskisme en Gr&#232;ce</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7282</link>
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		<dc:date>2025-02-17T23:41:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Communisme et Trotskisme en Gr&#232;ce &lt;br class='autobr' /&gt;
The domination of the Thermidorian regime of Stalin in the Soviet Union, the bureaucratisation of the regime, the overthrow of the soviet system, the revision of the Constitution of October, the bureaucratic structure of the plan, the industrialisation (at first at snail's pace, later at maximum) and collectivisation, and the incorporation of the kulak into Socialism (&#8220;Kulaks enrich yourselves&#8221;), the crisis in the relations between town and country (the (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communisme et Trotskisme en Gr&#232;ce&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;The domination of the Thermidorian regime of Stalin in the Soviet Union, the bureaucratisation of the regime, the overthrow of the soviet system, the revision of the Constitution of October, the bureaucratic structure of the plan, the industrialisation (at first at snail's pace, later at maximum) and collectivisation, and the incorporation of the kulak into Socialism (&#8220;Kulaks enrich yourselves&#8221;), the crisis in the relations between town and country (the grain strike), concessions to the bourgeoisie, etc, and the general revisionist line of Stalinism, encapsulated in the reactionary theory of &#8216;Socialism in one country' &#8211; all of this isolated the position of the Soviet Union, strengthened restorationist elements (the kulaks) and along with the threat of external intervention, led the Soviet Union to the brink of the abyss. The Bonapartist regime of Stalin destroyed democracy, abolished workers' control, annihilated hundreds of thousands of party members and carried out an unprecedented orgy of crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It imposed its bureaucratic, revisionist and counter-revolutionary methods within the Comintern as a whole, and it went down in history as the organiser of the defeats of the workers' movement, beginning with the USSR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Greece, the Stalinists placed themselves at the service of the Kremlin bureaucrats, supporting their criminal tactics and their suppression of all the old Bolshevik and Trotskyist vanguard, as well as subjugating the new generation, but they were also able to develop by exploiting the authority of the USSR and the traditions of the October Revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The rise of the Stalinist leadership after 1924 over the KKE, to begin with through Khaita, the Secretary of the local committee of Athens, occurred in a period of a general offensive and domination by the Kremlin triumvirate against the Comintern parties, a period of defeat for the Bolshevik-Trotskyist tendency of the world Communist movement, and of the predominance of Thermidor in the USSR. It occurred after the major defeat of the proletarian revolution in Germany in 1923, without a fight, thanks to the rightist evaluation of the situation by the Zinovievist-Stalinist administration of the Comintern and of the Brandlerite leadership of the German party, in a period in which the Stresemann government thought itself to be the last government of German capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Greece, Stalinism rose along with the retreat and defeat of the great general strike of 1923, which was drowned in blood by the &#8216;democratic' dictatorship of Plastiras, and the retreat of the movement for the transformation of the war into a revolution. The first Social Democratic rule of Georgiades-Sideris [1] choked off the enormous rise of the mass movement caused by long-term military adventures, as well as by the influence of the October Revolution. But the development was dialectical. The struggle against the war and the fight for a workers' and peasants' government to solve the problems offhe masses raised to the forefront the old fighting tendency of Pantelis Pouliopoulos and his elite co-workers. Pouliopoulos became secretary of the KKE, and the OKNE [2] was in the hands of the Pouliopoulos tendency. The old fighting spirit on the basis of the October Revolution penetrated to the tiniest villages. Similarly, from the war rose the revolutionary movement of the war wounded, which was dependent on the Archeiomarxist organisation and was headed by S. Verouchis [3] (the Stalinists tore him to pieces during the Nazi occupation) who led the General Confederation of Disabled and War Veterans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ultra-left, adventurist line of the Comintern in 1924-25 cost the movement new defeats with the coups in Estonia and Bulgaria, and sent the Greek workers' movement into a temporary new retreat after its rise in 1925. This ultra-left lurch was followed by ultra-rightism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From the Fifth Congress of the Comintern the Stalinist bureaucracy sought allies outside the proletariat, in the pseudo-peasant &#8216;International', in the Macedonian-Bulgarian Federalists, in the left democrats, in the English trade union officials, etc. In China, the alliance with Chiang Kai-Shek, and Wang Ching Wei and his officers, the liquidation of the Communist party into the Guomindang, and the Menshevik-revisionist line of the bourgeois democratic revolution, led the Chinese revolution of 1925-27 to betrayal, and brought calamity to the Canton uprising (30,000 were victims of Stalin's friend, the butcher Chiang).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Greece, the right zigzag was linked with adventures by the deformed Stalinist tendency, semi-alliances with Plastiras [4] against the Metaxas-Gargalides [5] movement (instead of an independent KKE intervention) and with proposals for collaboration with the &#8216;democratic' Papanastasios [6] the murderer of the workers, and against the Pangalos dictatorship, on the proposals of Zachariades [7] in Salonika and of Khaites from exile in Anafe [8] for the open support of the KKE for the dictatorship.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The rightist zigzag of the Stalinists culminated in slogans of support to &#8216;bourgeois democracy', and of the &#8216;pure democracy' of Khaites and Zachariades (1926).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With this adaptation within the confines of capitalist &#8216;democracy' they closed off the halting rise of the movement that occurred after the war and helped the bourgeois system overcome the great postwar crisis of Greek capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In contrast with the politics of self-determination up to separation for the oppressed nationalities, according to the Fifth Congress of the Comintern, Kolarov and Dimitrov denounced the Greek delegation of Pouliopoulos-Maximos for opportunism, and imposed the unrealistic slogan: &#8220;For a United and Independent Macedonia and Thrace&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contradicted&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The slogan was completely unrealistic and contradicted the Leninist line of selfdetermination, which presupposed support to the nationally oppressed masses who had already begun fighting, as was the case with the Macedonian nationality, who included those inhabiting areas in Greece, Yugoslavia and Bulgaria, but who did not have a basis within the solid mass of Greeks in the Macedonian-Thrace area. Thus almost ail the KKE cadre were sent into exile on a programme of independence for Macedonia-Thrace, and Pouliopoulos, the secretary of the KKE, was taken to court with the threat of execution, where he gave an heroic defence of the line of self-determination. To save the honour of the KKE the slogan was withdrawn. But the KKE disintegrated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;They used demagogy &#8211; for pure reformism &#8211; against all those who thought the slogans on the &#8216;national' question were wrong, and &#8220;those who later spoke of the simple protection of the minorities in the past elections&#8221; as New Beginning put it in 1926, had betrayed the Leninist principles of self-determination up to separation. They called them &#8216;rightist' &#8211; they who only recently had supported Pangalos and were now supporting &#8216;left democracy'. These were &#8220;vulgar opportunists&#8221;, said Pouliopoulos in New Beginning.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the fall of Pangalos, the Stalinists in the events that followed opened up a foul and dishonest slander campaign and tirade against the KKE secretary Pouliopoulos. The split that opened up in the ranks of the KKE in exile from which Trotskyism emerged could have been avoided. They recruited Smeral and Remmele, and they isolated and expelled Pouliopoulos as a &#8216;rightist'! The expulsion of the secretary of the KKE followed the expulsion of the Secretary of the Comintern, Zinoviev, and the rise of the liquidationist operations of the clique that ruled in the Kremlin among all the Communist parties in the world. In other words, they expelled the most enlightened, internationalist and advanced Marxist revolutionaries. They dissolved the movement of the War Veterans. Thus they sank into the swamp of opportunism. The victory against the internationalist left was due to the low political-theoretical level and to the concentration of petty-bourgeois and even lumpen elements due to the unceasing degeneration of the KKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The number of major strikes declined significantly between 1920 and 1930. The trade union movement was split by the pseudo-Socialists, and the split was formalised with the founding of the United Confederation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#8216;third and last period' of capitalism followed, which was the &#8216;Third Period of the betrayals of Stalinism'. The noncombative &#8216;combative demonstrations and political strikes' brought the KKE to its knees. The trade unions fell to pieces. The strike wave was destroyed, and the prisons and barren islands filled up, and all with nothing to show for it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Stalinists thought that the relatively short economic boom would be a longterm stabilisation. But the great crisis of 1929-30 astonished them. On their evaluation of this they framed the politics of the &#8216;Third Period'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouliopoulos, after his return from the Fifth Congress, defended himself firmly against the dishonest and disruptive activities of the fraudulent Stalinists and started a fight against the bourgeoisdemocratic orientation. After his expulsion he started the Neo Xekinema (New Beginning), a development towards Trotskyism which closed with his legendary death in Nezero by the shots of a Fascist officer in June 1943.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excelled&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the meantime, in 1924 the Stalinist Khaita tendency had excelled itself and expelled from the KKE General Council the Archeio leader, Tzoulatis. [9] Tzoulatis, together with Ligdopoulos, the first delegate to the founding congress of the SEKE was a continuator of the Communism group which had raised high the banner of the Third International of Lenin and Trotsky, fought for the victory of the October revolution, and for the 21 Conditions, the first documents of the Third International and the basic classic work of Marxism, and had completed the union of the Greek movement with the Third International. From 1923 it published the Archives of Marxism, the theoretical organ that supplied the original movement with Trotsky's documents Whither Russia? and Where is Britain Going?, and the fight against the Stalinisation of the KKE which was called &#8216;Bolshevisation', showed the firm orientation of the Archeio on the side of the International Left Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Together with Tzoulatis, dozens of Trotskyists were expelled, betrayed by the apostate Apostolou. [10] (Among these were the secretary of the largest trade union group of store clerks, Karliaftis, and the majority of the Youth groups in Athens.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The pogrom of expulsions in 1924 also included the party organisation in the Piraeus, for its ultra-left line during the 1923 strike, with the slogan &#8220;Seize the ships&#8221; directed towards the sailors. Along with them was the Seitanidi group Towards the Masses which took its name from a similar slogan of the Comintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The origin of all these expulsions undoubtedly lay in the Stalinist Kremlin and they were carried out by the Stalinist faction of Khatia and company.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During the period after Pangalos (1927-30) Trotskyism developed. The Neo Xekinema (New Beginning) of Pouliopoulos discredited the degenerated leadership of the Stalinist KKE. It raised questions about the great split between Stalin and Trotsky. It noted the degeneration of the KKE and foresaw that Archeiomarxism would contribute cadres to the movement of the future. But it also fought against the particular character of Archeiomarxism and its liquidatory work against the KKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spartacus put into action the slogans of the New Beginning &#8211; for the creation of a serious Communist Party upon a correct basis. They centralised a staff of coworkers unrivalled in their theoretical and political formation. They declared their solidarity with Trotskyism, and publicised the Declaration of the 83. They also gave us the rich documents of the International Left Opposition, and thus raised the level of the movement. And the chief coworkers of Pouliopoulos such as Nicolis, Maximos and others became distinguished at all levels of the class struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Spartacists revealed the disastrous results of the &#8216;Bolshevisation' of 1924 (with the introduction of 5,000 new members and the fall in the revolutionary level of the ranks of the KKE) which was nothing but part of the Stalinisation of the KKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During this period of 1927 to 1930, despite the relative &#8216;stabilisation' which according the the Stalinists was an &#8216;organic stabilisation', we had an intense crisis in prices and wages which precipitated strike struggles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The tendency of the Archeiomarxists &#8211; of Trotskyist orientation &#8211; entered into open trade union work. Dozens of unions passed into their hands, more than 10 unions in Athens and as many in Thessalonica. They took over the Kokinias Local Centre in the Piraeus and the Local Centres of Podaradon and Kaisarianis in Athens. They organised important strikes such as the one at Lipasmate. They led the industrial strikes at Kokkaldikou and in Keremidadon, strikes against which the army was mobilised.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equally heroic were the strikes of the bakers with Trotskyists in the leadership headed by Soula-Sakko, of the shoemakers (headed by Lampi, who went over to the Spartacists) within the context of the general strike which the Stalinists led, and of the confectionary workers in the industrial factories. They led strikes in Salonika, in Agrinni, in Patras, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The strangling of democracy and the shameless outbursts of insults against the &#8216;Archeio-Trotskyists' as &#8220;traitors&#8221; and &#8220;fascists&#8221; led to a civil war within the trade unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Decline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unacceptable methods were used by both sides, both by Stalinists and Archeiomarxists. They reflected the decline of the movement due to the degeneration of Stalinism from the political programme of Bolshevism, whose principles only Trotsky's Russian Opposition could supply. The people who hissed Trotsky in his first oppositional demonstrations and did not scruple to label Pouliopoulos with insults of &#8220;betrayal&#8221; went to the extent of murdering Archeiomarxist trade unionists, the baker Georgopapadato and the shoemaker Lada. Georgopapadato and Lada were the first martyrs of the Trotskyist movement in our country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The accumulation of defeats and the crisis of the CPSU and the Comintern with the split of Zinoviev and Kamenev could not but influence the KKE, where we had the split between Spartacus and the Stalinists. The regime of KhaitaEftihiadi-Zachariades was overthrown and replaced by the regime of Theos and Siantos, which also fell and was succeeded by Zachariades (the GPU had the last word on these changes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Archeiomarxists fell into the crisis of the &#8216;Third Situation' of 1927, which on the one hand expressed the tendencies of a political development which began to take place and on the other hand the influence of Stalinism within the Left Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1929 a &#8216;factional crisis' broke out, which was led by Soula. In essence there were no programmatic or tactical differences, but only organisational problems. To tell the truth, these problems were caused by a lack of democratic centralism and by the personal and autocratic regime which Giotopoulos, the successor of Tzoulatis, had imposed upon the Archeiomarxists. Furthermore, there was a lack of a clear programme, which only the platform of the ILO of Trotsky was able to provide to rearm its Greek adherents. But these two tendencies were the most proletarian of the few that still existed in the international movement. On the other hand, according to Pouliopoulos, there were in the KKE a large number of members drawn from the lowest elements of the proletariat, from the lumpen proletariat and from the petty-bourgeoisie with an anti-proletarian psychology.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, the group led by Pindaros, which was called &#8216;Democratic Centralism', in fact launched such a perspective itself in 1930. The affiliation of the Archeiomarxists to the ILO was necessary in order to make democratic centralism work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A crisis hit Spartacus during the same period. But this crisis was more general, and it had its roots in the deeper turmoil that was occurring in the Soviet Union, due to the bureaucracy's betrayal of the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1930 Spartacus made a statement: At no other time &#8211; it said &#8211; had the collapse of the KKE become so catastrophic. At no other time was the retreat of Spartacus so great. At no other time was the Archeiomarxist group so strong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, as the events of 1930 showed, the Archeio-Trotskyists took the initiative of the unemployed struggle away from the KKE. From large meetings, drawing in over 1500 unemployed in Athens and as many in Thessalonica,they formed their 50-member committee in Athens and their 30-member committee in Thessalonica and mobilised wide layers of unemployed for bread and jobs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A meeting near the Acropolis of between 3,000 and 4,000 unemployed people was drowned in blood. In Thessalonica, a meeting at the Fountain was broken up in a three hour long struggle with hordes of mounted police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Official&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1930 the Archeiomarxists became the official section of the ILO. The competition that took place in 1927-28 between the Archeiomarxists and Spartacus to become the official section of the International Left Opposition in Greece tended to favour the Archeiomarxists. Before the astonished eyes of the ILO representatives when they came to Greece, hundreds of militants demonstrated, devoted adherents of Leon Trotsky, who were Archeiomarxists who accepted Trotsky's platform, and agreed to unite with Spartacus. But Spartacus refused to unite unless the Archeio disavowed its past. Thus it remained outside the ILO. The Archeiomarxists assumed the name of Bolshevik-Leninists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The crisis of 1930 brought on a new upsurge. The dilemma of Fascism or Communism was once more on the order of the day. Germany was now the key to this situation, said the famous pamphlet of Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The retreat of the KKE from proletarian revolution, the breaking of the United Front against Hitler's rapid rise, the ultra-leftism, the theory of &#8216;social Fascism' which obstructed the class front, the defeatism of &#8220;first Hitler, then us&#8221;, all ruined the movement and brought Hitler to power without a fight. Centrism was transformed into opportunism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The campaign of the Trotskyists of Pali ton Taxeon (Class Struggle), of Spartacus, and of the Leninist Opposition for the united anti-Fascist front, and Trotsky's famous What Next? and The Only Road, which the Bolshevik-Leninists published, and the general upsurge of the workers, compelled the KKE to make a turn, at the eleventh hour. But yet again their line split up the united anti-Fascist front. Now they talked of the &#8216;United Front from below'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The struggle of the Bolshevik-Leninists (Archeiomarxists) within the trade unions for the programme of the United Workers Front won over substantial forces at the expense of the KKE. If the Spartacists had not refused to give them the four votes they carried, the whole Workers' Centre in Athens would have passed over to them from Kalivas' hands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1933, the Bolshevik-Leninists, being at the head of the Workers' Centre is Kalamata, led the great general strike, which was smashed although the militarists could not assert their control over all the sections of the army. Here the KKE was led by Manolea, who was well known as a member of parliament, but who passed over into the service of the Metaxas dictatorship like a common agent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With the revolutionary upsurge, in the first student strike of 1929, which lasted 50 days and shook the university and the state, the Archeio-Trotskyists with their organ Student headed by K. Anastasiadis and Pliako and 20 or so other militants pushed aside the Stalinists led by the Velouchiotis-Klaras [11] brothers, to take the leadership of this strike.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Trotskyists fought side by side with the Stalinist OKNE (Communist Youth Organisation of Greece), which started to decay and degenerate, whereas previously it had great struggles and great gains to its credit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A discussion meeting took place, with Vitsoris as speaker for the official organisation, Pouliopoulos for Spartacus, and a representative of the Stalinists, where the opponents of the Workers' United Front, the Stalinists, were hissed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the trade union movement, all the tendencies organised for the United Workers' Front. A high level meeting took place between Kalomiris, Stratia, Dimitratos and the Kalivas, and the representatives of the trade unions of the Bolshevik-Leninists, Karliaftis and Sakkos. But the Stalinists and reformists attacked the Workers' United Anti-Fascist Front in Greece as well. With the historic defeat of 1933, which led to the slaughter of thousands of anti-Fascists, the storm of counter-revolution in Europe, and the threat of war, Trotsky declared that any hope for the rebirth of the Comintern and its parties was lost. The parties that were unable to rise above this seismic catastrophe died.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now he raised the banner for the creation of new parties and a new International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Greece, the &#8216;Bolshevik' tendency of Vitsoris, Karliaftis, Theodoratou, Sakkos, Papadopoulos and Verouchis was the first to raise the banner of the Fourth International. It declared that the KKE had died along with all the Communist Parties of the Third International, and it started to build the Revolutionary Party of the New International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The decisions of the Sixth Plenum of the KKE in 1934 brought about a general abandonment of an orientation towards the proletarian revolution, and a slide into the anti-Marxist politics of class collaboration, along with the beginning of the class collaborationist Popular Fronts. The passing over of the KKE to the strategy of the &#8216;democratic dictatorship' of workers and middle and poor peasants, not as Lenin had understood it, but with the incorrect form of the Stalinists (for a regime intermediate between the dictatorship of the bourgeoisie and that of the working class) led our workers' movement to great catastrophe and defeats, and confirmed the death of the KKE as a revolutionary organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Trotskyists, with an article in Class Struggle, and especially with the famous document of Pouliopoulos, showed with firm arguments that Greece was not semifeudal but a capitalist country, with all its relative backwardness. They discredited the view that &#8220;there do not exist the necessary minimum material conditions for the Socialist revolution&#8221;, with the conclusion that the unfinished bourgeois-democratic tasks will be solved only by the dictatorship of the proletariat, on the model of the Permanent Revolution. But the betrayals continued without end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The KKE, allying with the Liberal Party in 1935 and rejecting the United Worker-Peasant Front against reaction, helped the Venizelists [12] to deceive the anti-Fascist masses and to prepare easily even from 1935 their compromise with the deposed king and restore him. When he was restored, the Popular Front (KKE) sowed dire illusions in the masses that &#8220;a new period of liberal idylls is opening up&#8221; and officially went and kowtowed to the palace. (Pouliopoulos, The Popular Front in Greece).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the context of class collaboration, in 1935-36 the KKE renewed the collaboration of the past decade with the &#8216;democrats' and the &#8216;democratic' officers and dictators, launched the slogan of a &#8216;democratic coalition', signed the Sklavena-Sofouli accord and supported the Liberals in parliament, who went on the rampage with their anti-working class politics at the expense of the masses, for example the Idionym Laws. Rizospastis [13] demanded a government of the KKE, Papanastasios and the anti-Fascist officers!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In May 1936 a general strike of tobacco workers broke out and extended into a general strike in Thessalonica, and Metaxas' regime murdered strikers. Thus a revolutionary uprising of the masses was provoked. The murderers locked themselves in the police departments. The bourgeoisie panicked, and while Trotskyists like Pantazis called for a government of tobacco workers, the Stalinists (Theos) betrayed the strike with the intervention of the liberals in Parliament. Metaxas headed towards a dictatorship without facing any opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The establishment of the Metaxas dictatorship was a result of the collusion of the Court and the Premier to hold back the ascent of the working class movement as it manifested itself in the general uprising of 1936, and to prepare the &#8220;internal front&#8221; for the coming war. The dictatorship would not have triumphed if the workers' movement had not been castrated by the Popular Front. The KKE curbed the working class, and instead of sharpening and broadening the struggle against monarchic-capitalist reaction, it blunted the edge of the class with the conciliationism of the Popular Front. In the final analysis the KKE became the basis of victory of the Metaxas dictatorship.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Then came the Second World War. The theory that the Popular Fronts would avert war was shown to be mistaken. The Popular Fronts stifled the class contradictions, and the bourgeoisie, safe in the rear, felt safe to enter the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the beginning the Kremlin rejected relations with Hitler. But then the Hitler-Stalin Pact was signed. The Stalinists could not believe it. Then, however, they began their new tune: for the &#8220;poor&#8221; and &#8220;anti-plutocratic&#8221; countries against the &#8220;glutted&#8221; imperialists. These anti-Fascists passed into the service of National Socialism and of its finance capital, and stifled the anti-Fascist sentiments of the masses. When Hitler broke the non aggression pact, the Stalinists made a 180 degree turn. Now they allied with the Western imperialists. They now discovered that the war of the Western Allied imperialists was &#8220;progressive&#8221; and &#8220;anti-Fascist&#8221;, and they made a holy alliance with the bourgeoisie of their &#8220;own&#8221; state in favour of bourgeois democracy. They now passed over into support for the war. They exploited the pro-Soviet and anti-Fascist mood of the masses and brought over the oppressed onto the side of &#8220;our allies&#8221;. All the &#8216;Socialist' and &#8216;Communist' parties betrayed disgracefully the traditions of proletarian internationalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Greece Zachariades called on the workers to submit to the &#8216;fascist' Metaxas in order to fight Mussolini and Hitler, and to defend with their blood the bosses' fatherland! The KKE became even more chauvinist than the parties of the extreme right! With the &#8220;theory of the two poles&#8221; Zachariades justified the double dependence of the politics of the KKE upon the Soviet bureaucracy and upon British capitalism: &#8220;In the war a realistic foreign policy for the EAM and the PEEA [14] would have to move between two poles: the European Balkans with the Soviet Union at its centre, and the Middle East with its centre in Britain. A correct policy would be to tie together these two poles.&#8221; (Zachariades, Plenum, 1945). In reality this double dependence was leaning only to one side, because the entire organisation and policy of the Stalinists &#8220;against Hitlerism&#8221; came under the direct control of the General Staff of the Middle East. (With the necessary capitulation to sterling of ELAS as well as Zervas). [15]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During the Metaxas dictatorship and in exile, in the prisons, on the barren islands and in the concentration camps, the Trotskyists became united. The two related tendencies from which Trotskyism arose &#8211; the Spartacus-Pouliopoulos tendency, and the New Road tendency of Vitsoris, Kastritis and Theodoratou &#8211; united.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Once more, in the Second World War as in the First, Pouliopoulos was to be found in the anti-war, anti-capitalist, internationalist camp. The crisis of 1930 had brought him to the forefront against the coming storm of Fascism and war. He became the pole of attraction for all the cadres who had originated front Archeiomarxism, and later from the factions that had gathered around the KEO and the Leninist Opposition of the KKE (LAKKE), whose leaders were Soula and Pablo. [16]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With the unification Pouliopoulos now became the unquestioned leader of all the Trotskyists who remained loyal to the Fourth International, and he fought ceaselessly against all the social chauvinist opportunists who capitulated during the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The slogan of the Trotskyists was elaborated by Pouliopoulos in June 1937:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Independent revolutionary struggle for the establishment of a government of workers and peasants &#8211; that is the direction of struggle in the period through which we are passing, and only thus will the workers be saved from the catastrophe and horror of war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; United Front struggle for the overthrow of the monarchist dictatorship in Greece, for the imposition of the immediate political and economic demands of the workers, and for the speedy preparation of the rule of the workers and peasants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For Marxists the war was not progressive for the two blocs outside the Soviet Union, as the social-traitors trumpeted. As Lenin wrote: &#8220;War does not cease being imperialist because charlatans and petty-bourgeois philistines throw out a sugared slogan. War is an extension of the politics of finance capital. The fundamental point is to know what class is carrying out the war. War is imperialist when it is carried out by the bourgeois class for its predatory goals.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouliopoulos added: &#8220;There is no greater deception than that which is committed by Stalinism and Social Democracy with the propaganda of the so-called &#8216;anti-Fascist war'.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The participation of the Soviet Union on the side of Western imperialism did not modify the character of the war of her imperialist Allies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During the occupation the most shameless social-patriotism was shown by the so-called resistance movement of the KKE, EAM, and ELAS, with the slogans of &#8220;struggle against the occupying forces&#8221; and for the &#8220;victory of the Allies&#8221;. We declared the occupation to be a phase of the continuing war. Its character had not changed. Neither was the question of &#8216;national uprising' or &#8216;national liberation' posed. The deception of the masses with pro-Soviet and anti-capitalist tendencies, who had been led into support for the war of the western imperialists and the domestic bourgeois class, was the most dishonest deception of the masses, in contrast to the Leninist lines of transforming the war into civil war, and for the defeat of &#8216;our own' country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin wrote: &#8220;The national question in the imperialist epoch is characteristic of colonial and dependent countries which are permanently dependent on the imperialist governments.&#8221; &#8220;The temporary occupation of Europe by Hitler's troops&#8221;, wrote the Internationalist [17] of August-September 1965, &#8220;did not create a national question, just as the now permanent occupation by the &#8216;Allied' troops does not create a question of national liberation.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky, as a result of the occupation of half of Norway by Hitler, declared that this occupation did not change our slogan of transforming the war into civil war, exactly because the temporary character of an occupation does not create a permanent colonisation and thus the question of national liberation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The first guerrilla war of ELAS was an extension of the social-patriotic defence of the bourgeois state, according to Zachariades, of Greece under the &#8216;Fascist' Metaxas. Its goals were not Socialist, but completely nationalist, patriotic, against merely the Axis powers, and chauvinist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chariot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The pro-Soviet demonstrations of the KKE and ELAS leadership were in the spirit of pro-Allied declarations, pro-American, pro-English and pro-French, with which they aimed to mislead the masses who had confused pro-Soviet tendencies, and to tie them to the chariot of the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Trotskyists were defenders of the Soviet Union, but with the only valid means, that of revolutionary anti-capitalist class revolution and of the transformation of the war into revolution in the capitalist countries, not by the shameless submission of the Communist parties to the governments of the capitalist countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The basis of the ELAS forces was plebeian cadres from the countryside, because basically only those drugged by the nationalist slogans of the social-traitors would volunteer (another way being forced recruitment). The &#8216;ELAS Reserve' meant in practice placing in reserve the proletariat of the cities. Naturally many proletarian fighters went over to guerrillaism because they were misled, still believing in the Stalinists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; But the military aid that such groups offer to the Soviet Union is insignificant. On the other hand, destroying the class thought of the workers, developing chauvinism, tearing the workers away from their struggle, sowing splits among them, and turning them against the German soldiers, these groups disarm the working class, and tie the German proletariat to their bourgeoisie and to Hitler. And they prepare the destruction of the German and world revolution. (Thesis of the 1944 Conference of the Fourth International).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the organised groups, militarily disciplined, despite the misled masses of leftist combatants, were &#8220;objectively in goals and action, militarist, nationalist, basically counter-revolutionary, and in the service of national capitalism and of Anglo-American imperialism.&#8221; (Thesis of the 1944 Conference of the Fourth International).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aimed&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The methods of ELAS had no relation to the Leninist tactic of revolutionary defeatism, basically the destruction of the bourgeois state, defeat of &#8216;one's own' country, arrest of the officers, fraternal action at the front, and soviets in the army, but they aimed at the destruction of all Germans, as the Kremlin said, sabotage and the victory of the national army, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The tactics of ELAS were not the relentless struggle of classes but a compromise of all parties, of Kanellopoulos [18] and Papandreou, as far as an agreement with the counter-revolutionary guerrilla groups of Zervas, and the &#8216;democrats' of Psarou, with the blessing of the English staff. The slogan was for a National Front and a national government.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Lebanon, Caserta and Varkiza treaties were treaties signed by the leadership of EAM/ELAS. The Trotskyists condemned them. They were beneath the contempt of all the militants of the movement. It was simply the logical extension of guerrilla nationalism. It was not by accident that de Gaulle congratulated the Stalinist national resistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The feelings and the struggle of the masses against Fascism, like those in favour of peace and against war, are progressive. They are of a spontaneous character, an expression of the inevitable revolt not only against the Fascists but against the domestic bourgeoisie, one of whose sections identified itself with German and Italian Fascism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The duty of Trotskyists was to sharpen these tendencies of the masses, and to orient them towards class and Socialist goals. In this sense they were found at the head of strikes (mainly those of clerical workers at that time) as well as against round-ups, against arrests and Nazi murders, and in solidarity with the hungry who were breaking into the storage bins of the black marketeers, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In this way they provided hundreds of victims. Below we give a list of the Trotskyists killed by Stalinists. Most of them fell because of the barrier of fire organised by the KKE headed by the GPU agent Bartzotas [19], in order to prevent the independent intervention of the revolutionary workers and of the Trotskyists from taking their place on the first of the barricades during the December uprising.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the period before December the secretary of the united Trotskyist organisation, Kastritis, narrowly escaped from an assassination attack. But hundreds of others ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All these crimes against the Trotskyists, along with the Stalinists' operations in the cells of the Stalinist security, make up a story that has yet to be written.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The following Archeiomarxists were killed:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The whole organisation of Agriniou that went over to guerrilla warfare in that area: P. Anastasiou, M. Kapetanakis, L. Kapetanakis, M. Xanthopoulos, M. Zisimopoulos, K. Ladas, Themelis, Karoyeridis, Pagonis, a student, and many others. Of the old cadre of the KKE, and later of the Trotskyists, were the leader of the Workers' Centre of Agriniou, etc, along with More, Touris, Pliakos, Bambakis, and dozens of others.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The following were killed from the Opposition in the KKE:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Asimidis, an old cadre of the KKE, Doubas of the party organisation in Agriniou, and many others.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The uprising in the Middle East gave another opportunity for the chauvinist role of EAM/ELAS to be manifested in the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infuriated by the slaughter and the destruction of war, the infantry threw down their weapons. The front broke up in all parts of the Middle East. The capitalist chain broke in the Greek link.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The war should have entered the phase of its transformation into a civil war, if there had existed a strong Trotskyist party, and if the chauvinist forces of EAM/ ELAS with their pro-war propaganda in support of the Allies had not fallen on the rebellious infantry. Churchill's staff disarmed all the infantry with the use of backward troops. He interned them in camps. Then the Stalinists began to work in support of the continuation of the war and for a government of Papandreou and EAM, while the Trotskyists inside the camps faced assassination attempts from those who had refused to transform the war into a Socialist revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One occupation followed another, when the defeated troops of the German-Italian imperialists withdrew, the Anglo-Saxon troops entered Greece. This is what we said at the time, and we put out a proclamation of ours which was circulated in thousands, saying that it was a big lie that the Allied troops were entering Greece as liberators.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tricked&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The December events confirmed our view. The &#8216;national liberation struggle' against the &#8216;occupier' was a disaster for the masses, who had been tricked into supporting the alliance of the Soviet bureaucracy and the Western imperialists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Welcome to our allies, welcome to our friends&#8221; &#8211; the walls were filled with welcome posters, and the streets rang with the shouts of the followers of the KKE. Tens of thousands drugged by the slogans of &#8220;national liberation&#8221; welcomed Scobie triumphantly, and later Eisenhower and Montgomery, who drowned Greece and Cyprus in blood. (Nowadays those who had been allies of the imperialists only yesterday changed their tune, and shout &#8220;Americans out&#8221;. Their line was always determined by the directives of the Moscow bureaucracy.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The revolutionary upsurge caused by the destruction of war, despair and hunger culminated in the December events. As with the revolt in the Middle East the uprising sprang from below. In fact there existed all the preconditions for the transformation of the war into a Socialist revolution &#8211; a deep crisis, a rapid turn to the left, a desire for revolutionary change, and a paralysis within the ruling class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;According to the directives of the Stalinist leadership of the Soviet Union, the KKE in Cairo made an agreement with Papandreou. It submitted itself to the demands of the British imperialists which had been agreed in the Stalin/Churchill/ Roosevelt accord. The Soviet embassy in Cairo was the godfather of the legal child of the counter-revolution, the Papandreou government of &#8216;Socialists' and Stalinists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Stalinists Zevgos and Porphyrogenis entered the government. This was ministerialism a thousand times more treacherous than that of the &#8216;Socialists', Millerand, MacDonald, Thomas, Noske and company. They entered a government for the reconstitution of bourgeois rule (&#8220;first of all reconstruction and work&#8221;) and for the stifling of the revolutionary storm which the war had provoked, just as happened in France and Italy. The KKE being relatively dominant in the Greek peninsula carried Papandreou on its back. The December counterrevolution was prepared with the slogans of a &#8216;Government of National Unity'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;For a people's state&#8221; triumphantly cried the Stalinists. &#8220;For a people's state and law&#8221; cried Papandreou, and this law was passed with the bombs and bullets of Scobie and Papandreou on bloody Sunday in December.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ELAS, which had occupied the whole country, entered the December conflict. The rank and file ELAS members fought heroically. But the leadership did not leave the initiative to the &#8216;reserve' ELAS proletariat. It feared their spontaneous initiative. Even in the fire of a civil war it held out its hand to the bloody hands of Scobie and Papandreou, and for a &#8216;Government of National Unity'. Churchill reached Athens in haste and in a state of panic. He ordered reinforcements. While he organised the crushing of the December struggle, his lackeys in the KKE visited him in the Great Britain hotel, and implored a peaceful solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quixotic&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;They believed that the Allied governments should try Liber and Scobie. On 17 December Rizopastis and the heroes of the slogan &#8220;Americans out&#8221;, the quixotic &#8216;anti-imperialists', put out an SOS &#8220;to the great Anglo-Saxon country of America&#8221;. There was no mention of the intervention of the world and Russian proletariat! Some ELASites who were revolutionists laid a mine to blow up the &#8216;Great Britain' and Churchill. But the capitulationist leadership of the KKE intervened, and stopped them from dynamiting Churchill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Only a patch of land in Zervas' territory, another small islet in Syntagma Square, and Makryianni and Sotiria were in the hands of Churchill, Liber, Scobie and Papandreou. And yet something incomprehensible happened for those who could not understand, unlike the Trotskyists, what a capitulationist bureaucracy meant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An ELAS trumpet blew for retreat. The December struggle was betrayed. The revolutionary Socialist desires of the masses were betrayed. And the Greek movement experienced a major new defeat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill declared to the world that the December events were the work of the Trotskyists. This was correct in the sense of the long term struggle of Trotskyism for the transformation of the war into a revolution, in the sense of the pressure of the radicalised masses whom the adherents of Permanent Revolution objectively represented, and in the sense of their untiring, relentless, anti-Popular Front struggle for the independent intervention of the masses, which exercised a great influence upon the rank and file of the KKE, EAM and ELAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was misleading, however, in the sense of Trotskyists being in the leadership of the movement. Because within the class front there occurred an unprecedented slaughter of the Trotskyists (according to the message of Bartzotas to the GPU, 800), in order to stifle the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The betrayals continued. The first act of the ruling class after every war or defeated revolution where the masses have taken up arms, is disarmament. This was done by the Popular Front of the KKE itself and by Sofianopoulou, by means of the filthy agreement in Varkiza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With this the EAM/ELAS/KKE leadership secured their own immunity in the &#8216;horror' of the betrayal. All the officers of ELAS became enrolled in the National Guard (correctly so). But 70,000 ELAS guerrillas were disarmed and given up to the mercies of the reaction, of the Fascist scum. There was one exception, Aris Velouchiotis (Klaras) and his group took a left wing stand against the agreements that the bureaucracy made.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The second guerrilla war developed on a progressive basis. The war turned Greece into a powderkeg which threatened to explode and shake capitalism to its foundations. The black market, speculation and starvation wages sharpened social discontent. The gap between the poor and the new rich became an abyss.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The turn to the left was rapid. The masses who had shed their blood for &#8216;liberation' against the Fascist occupier now saw that capitalist slavery still existed. It was only a change of the guards. The Anglo-Saxon imperialists had replaced the Hitlerites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The domestic &#8216;democrats' who had been threatened by a victorious revolution in December, now became ferocious to stifle the workers' movement. Setting side by side the executioner Papandreou with the &#8216;pro-Soviet' Sofianopoulou, they managed to disarm 70,000 guerrillas, and later allowed the hordes of state auxiliaries to slaughter the betrayed combatants of both city and country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The guerrillas were led into the dishonourable trap of war for the victory of the Allied imperialists, believing that in this way they were helping the Soviet Union, but Stalin, instead of demanding a peace without annexations such as Lenin called for, had sold out Greece to the Anglo-Saxons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus, persecuted and murdered in their homes and fields, they returned to the mountains. This time, they took up arms against &#8216;their own' capitalist rulers, and the guerrilla war took on a class and progressive character.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Velouchiotis, with the indomitable courage which characterised him, came into violent opposition with the capitulationists of Caserta and Lebanon, and the disarmers of Varkiza. He simply constituted the left wing of the bureaucracy, the &#8216;Reiss tendency' as we would say in the case of Russia, or of the Mao tendency at its beginning and not in its Bonapartist decay. The Trotskyists who were alongside him in his staff were not murdered at a time when dozens of others were butchered according to Zachariades' orders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He expressed the tendency which opposed the leadership, and which had been expelled after the betrayal and the defeat of December, and of the awakening of the vanguard and the class in general.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zachariades' KKE expelled him for indiscipline, slandered him for &#8216;treason' and betrayed him. Thus in June 1945 he was surrounded and killed. Zachariades betrayed him hand in hand with the counter-revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the guerrilla war developed. The arch-capitulationists were forced to support it in order to derail it. With Vafiades [20] in the leadership, it became the fear and terror of the bourgeois class and of the British and American imperialists. The war reached up as far as Athens and Parnitha [21], as the government admitted. Stalin's Kremlin sold out the second guerrilla war, as it did with the December culmination of the first. The KKE of Zachariades, despite and against the knowledge of the leader of the &#8216;Democratic Army of Greece' Vafiades, who insisted on guerrillaism, wanted to fight a conventional war and produced nothing but a disastrous defeat, within a chain of defeats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We were in solidarity with the second guerrilla war, and on the side of the revolutionary peasants who supported its leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We declared, however, that guerrilla war in the mountains was equivalent to the abandonment of the class struggle in the cities and villages. It (guerrillaism) disregards the struggle for wage demands and reforms. (They did not make reforms even in the places they controlled.) It isolates itself, it breaks unity with the workers, and it leads to an impasse. It is a solution born of the weakness of the workers' movement. The peasantry, which forms the basis of guerrillaism, with its dispersion and its individualistic psychology, cannot have a strength analogous to its size. It cannot attain Socialist and internationalist goals. The peasant class cannot but vacillate, either behind the bourgeoisie or behind the proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majority&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The proletarian revolution cannot win without the revolutionary party winning the leadership of the majority of the proletariat. To win it must base itself upon soviets as organs of the United Front of the workers and peasants. Guerrilla war ignores the strategy of winning over and mobilising the masses, ignores the soviets, and avoids the front with the workers. Its petty-bourgeois, bourgeois or collaborationist leadership fears workers' control and democracy, and often silences its critics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolution starts from the centre of capitalism, but guerrilla war starts from its periphery. Concentrating the struggle in the mountain isolates it from the huge reserves of the cities, and contributes to the unfavourable relation of forces and the counter-revolution. Revolution organises the supreme technique of the mass uprising, the flood of workers. Guerrilla war cannot win in a conventional fight against the superior military means of the enemy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegemony&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Only the working class can become the motor force of the Socialist revolution. Its hegemony comes from its position in production, from its forces and from the Socialist goals set for it by history:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The fact that individual Communists are in the leadership of the present armies does not at all transform the social character of these armies ... It is one thing when a Communist Party, firmly resting on the flower of the urban proletariat, strives through the workers to lead a peasant war. It is an altogether different thing when a few thousand or even tens of thousands of revolutionaries, who are truly Communists, or only take the name, assume the leadership of a peasant war without having serious support from the proletariat. (L.D. Trotsky, Peasant War in China and the Proletariat)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From the end of 1946 we foresaw correctly: &#8220;Guerrilla activity alone cannot defeat the capitalist attack. Left only to its own forces the new guerrillaism, sooner or later, is obliged to succumb.&#8221; (Karliaftis' speech on behalf of the KDKE in the debate with the KKE)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And the confirmation was tragic. The city movement was betrayed, the guerrilla war was sold out by Stalin to his Anglo-Saxon Allies, and Tito closed the borders to the guerrillas. The government of the mountains was not recognised by Moscow, Belgrade and Sofia. It remained without international proletarian support (world mobilisations, volunteers, etc.), and without tanks and airplanes. And in the end, the adventurist intervention of Zachariades, transforming the guerrilla war into conventional warfare, became disastrous. This is what Markos Vafiadis, leader of the &#8216;Democratic Army of Greece' (DSE) and president of the &#8216;Provisional Democratic Government', says in his document of November 1948:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The abstention from the elections by the KKE was incorrect. The KKE created illusions in the people for the peaceful solution of the Greek problem. It did not believe in the possible victory of guerrillaism. It saw it as a means of pressure and engaged in indecisive politics, while the capitalist reaction was gaining time and organising its forces. During this period the mass movement retreated to the cities. From mid-1947 the voluntary recruits to the DSE in the country did not even reach 10 per cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the Fifth Plenum of the CC of the KKE in January 1949 Vafiadis and Hatzivasiliou were made scapegoats, and labelled &#8216;capitulationists' and &#8216;Trotskyists'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The turn of Partsalides [22] came at the Seventh Plenum in May 1950, when he was denounced as a &#8216;factionalist', and &#8216;opportunist' and a &#8216;Trotskyist'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a short while the disagreements of Karageorgis, the editor of Rizopastis, and lieutenant general of the DSE, became pronounced. &#8220;Zachariades failed in the second phase of the guerrilla war,&#8221; he said, &#8220;just as Ionnides and Siantos did in the first phase ... He lacks confidence in Stalin to the point of appearing in opposition to him.&#8221; And he referred to the rottenness which existed inside the KKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karageorgis, who had taunted the Trotskyists in speeches addressed &#8220;to some birds who chirp in the ravines&#8221;, now saw that the chirping of the guerrillas' guns posed no threat to capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This was not the fault of the heroic guerrillas, but of the general line of the KKE and of the Kremlin bureaucracy. Zachariades was later to characterise Siantos as a provocateur, and his policy, in the cheap agreements of Lebanon, Caserta and Varkiza, as &#8220;incorrect politics which basically comprised a submission to the interests and pursuits of the British imperialists&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But this was really a condemnation of the line of national resistance, and it is well known that the responsibility for all of it lay with the Kremlin directives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loukas Karliaftis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(The footnotes are those of the author unless otherwise stated)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Georgiades-Sideris &#8211; right wing leaders of the Socialist Workers Party of Greece.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. OKNE &#8211; the youth organisation of the Greek Communist Party founded in 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. S. Verouchis &#8211; a leader of the Trotskyist Archeiomarxists who had lost his eyes during the war between the Greeks and the Turks in Asia Minor, and Secretary of the Union of the War Disabled, which he led to victory, and was repeatedly sent to prison. In 1943, taking part in the anti-Nazi resistance movement on his own responsibility, he was executed by the Stalinists along with 800 others. His body was thrown to the wild dogs by the Stalinists while he was still half alive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Plastiras &#8211; a bourgeois &#8216;liberal' politician, formerly a general.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ioannis Metaxas (1871-1941) was a right wing general who ruled as dictator between 1936 and 1941 [Editor's Note].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Papanastasios &#8211; a bourgeois &#8216;democrat'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Zachariades &#8211; Stalin's foremost supporter in Greece, trained along with Khaitas in the Stalinist school of Koutvi in Russia, and installed as General Secretary of the Greek Communist Party by the Stalinist Comintern. He was the chief organiser of all the executions of Trotsky&#8216;s followers in Greece. The policy of the Greek Communist Party brought about the Metaxas dictatorship straightaway, and Zachariades was put in prison and moved to Germany by the Nazis. Mysteriously released, he went back to Greece to carry out new betrayals during the civil war. After the smashing of the second guerrilla war he was made the scapegoat by Stalin and was expelled from the party, dying recently in Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Anafe &#8211; a barren island.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Tzoulatis &#8211; along with Ligdopoulos, leader of the Socialist Youth in Athens (1916), and the first martyr of Bolshevism in Greece. He was elected to the Central Committee of the Socialist Workers Party of Greece at its founding conference in 1918, and along with Giotopoulos split from the SWPG in the same way that Lenin did (1919). He published the journal Communism (1920-21) in which he fought for the 21 Conditions of adherence to the Communist International, and rejoined the SWPG in 1921, where he built up a faction publishing the journal Archives of Marxism (May 1923), and consistently orientated towards Trotsky from 1923 onwards. He was thus the first Trotskyist in Greece, and was finally expelled from the party at the beginning of 1924.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Apostolou &#8211; a leader of the Archeiomarxists, one of the few who went over to Stalinism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Aris Velouchiotis was a famous left wing Stalinist leader during the resistance movement, who rejected the directives of the Greek Communist Party to hand over his group's guns. Expelled from the party as a &#8216;Trotskyist', he was soon after trapped mysteriously and executed by the Greek army.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Eleutherios Venizelos (1864-1936) was a well known bourgeois leader of the Liberals, frequently in office during the early part of the twentieth century [Editor's Note].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Rizopastis (Radical) is the daily paper of the Greek Communist Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. The PEEA was the &#8216;Provisional Democratic Government', or 'Government of the Mountains&#8218;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Zervas was a bourgeois &#8216;anti-Nazi' leader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Michel Pablo (Michael Raptis) later became leader of the Fourth International after the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Diethnistis (Internationalist) is the theoretical organ of the Workers Vanguard (Trotskyist) of Greece.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Kanellopoulos was a right wing bourgeois politician.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Bartzotas was a notorious leader of the Stalinists who produced a statement for his masters in the Kremlin during the second guerrilla war stating proudly that over 800 Trotskyists had been executed by the OPLA, the Stalinist militia, in Greece.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Vafiades &#8211; a left wing Stalinist leader who was expelled from the Central Committee as a bourgeois agent, and now lives in Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Parnitha (ancient Mount Parnes), a mountain near Athens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Partsalides was a top leader of the Stalinists, both in the EAM and amongst today's Eurocommunists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce 1922&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6070&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6070&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky et Vitsoris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/03/lt_00031932.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/03/lt_00031932.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotskisme en Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Mouvement_trotskiste_en_Gr%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Mouvement_trotskiste_en_Gr%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement r&#233;volutionnaire grec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yannis Tamtakos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yannis_Tamtakos?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yannis_Tamtakos?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louk&#225;s Karli&#225;ftis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Louk%C3%A1s_Karli%C3%A1ftis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Louk%C3%A1s_Karli%C3%A1ftis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pantelis Pouliopoulos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/bios/pouliopoulos.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/bios/pouliopoulos.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pastias Giatsopoulos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://el-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/%CE%A0%CE%B1%CF%83%CF%84%CE%B9%CE%AC%CF%82_%CE%93%CE%B9%CE%B1%CF%84%CF%83%CF%8C%CF%80%CE%BF%CF%85%CE%BB%CE%BF%CF%82?_x_tr_sl=el&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://el-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/%CE%A0%CE%B1%CF%83%CF%84%CE%B9%CE%AC%CF%82_%CE%93%CE%B9%CE%B1%CF%84%CF%83%CF%8C%CF%80%CE%BF%CF%85%CE%BB%CE%BF%CF%82?_x_tr_sl=el&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lefteris Stavridis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wikiwand.com/en/Eleftherios_Stavridis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wikiwand.com/en/Eleftherios_Stavridis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;goriades (Georges Vitsoris) : lettre aux trotskystes grecs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n24/A_PRESENTATION_8_.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n24/A_PRESENTATION_8_.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cornelius Castoriadis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cornelius_Castoriadis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cornelius_Castoriadis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la 2e Guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ceb/756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ceb/756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce, ann&#233;es 1940 : Une r&#233;volution trahie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://spartacist.org/francais/spf/42/grecs.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://spartacist.org/francais/spf/42/grecs.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre civile grecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxists.architexturez.net/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxists.architexturez.net/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Organisations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Organisations trotskistes en Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Category:Trotskyist_organizations_in_Greece?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Category:Trotskyist_organizations_in_Greece?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_ouvri%C3%A8re_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_ouvri%C3%A8re_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEK&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Workers_Revolutionary_Party_(Greece&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Workers_Revolutionary_Party_(Greece&lt;/a&gt;)?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OKDE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://everybodywiki.com/Organisation_des_Communistes_Internationalistes_de_Gr%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://everybodywiki.com/Organisation_des_Communistes_Internationalistes_de_Gr%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le grand capital a encore peur... du communisme !</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912</guid>
		<dc:date>2025-01-06T23:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Voix des Travailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A nouveau, un fantome hante le monde capitaliste, la crainte du communisme &lt;br class='autobr' /&gt;
On imagine ais&#233;ment les r&#233;pliques de nombreux lecteurs. Le communisme, c'est fini. Ils ont vite fait d'en finir avec&#8230; le stalinisme (l'ennemi jur&#233; du communisme qui a &#233;limin&#233; plus de communistes que nul pouvoir au monde). C'est &#224; partir de la chute du stalinisme qu'ils donnent la preuve de la fin du&#8230; communisme ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, il est vrai que : La soci&#233;t&#233; d'exploitation a toujours r&#233;ussi &#224; battre le communisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot321" rel="tag"&gt;Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A nouveau, un fantome hante le monde capitaliste, la crainte du communisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine ais&#233;ment les r&#233;pliques de nombreux lecteurs. Le communisme, c'est fini. Ils ont vite fait d'en finir avec&#8230; le stalinisme (l'ennemi jur&#233; du communisme qui a &#233;limin&#233; plus de communistes que nul pouvoir au monde). C'est &#224; partir de la chute du stalinisme qu'ils donnent la preuve de la fin du&#8230; communisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il est vrai que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La soci&#233;t&#233; d'exploitation a toujours r&#233;ussi &#224; battre le communisme primitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les puissances capitalistes sont parvenues &#224; isoler la r&#233;volution russe, &#224; &#233;puiser le peuple travailleur de Russie, &#224; d&#233;truire en grande partie l'&#233;conomie russe et &#224; affamer son peuple, favorisant l'arriv&#233;e du stralinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Stalinisme et capitalisme se sont unis et sont parvenus &#224; discr&#233;diter aux yeux du peuple travailleur la perspective du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, les classes poss&#233;dantes disent pouvoir se passer des prol&#233;taires gr&#226;ce aux ordinateurs et aux robots, elles disent de plus craindre le communisme mais c'est parfaitement faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les classes dirigeantes ne craignent pas tel ou tel parti communiste (stalinien), ni telle ou telle organisation communiste r&#233;volutionnaire, ni une internationale communiste (qui n'existe pas), mais le prol&#233;tariat lui-m&#234;me car elles le savent potentiellement communiste r&#233;volutionnaire d&#232;s lors que l'effondrement capitaliste sera connu de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; spectre du communisme &#187; (expression de Karl Marx dans son Manifeste communiste de 1848) est officiellement est mort et enterr&#233; et pourtant les gouvernants et classes poss&#233;dantes le pourchassent plus que jamais, que ce soit dans les r&#233;voltes sociales et populaires des &#171; printemps &#187;, dans les manifestations massives contre le pouvoir, ou dans les grands mouvements gr&#233;vistes, accus&#233;s de menacer le syst&#232;me. Qu'est-ce que menacer le syst&#232;me capitaliste sinon tenter de b&#226;tir le socialisme, une soci&#233;t&#233; collective sans exploitation, sans propri&#233;t&#233; priv&#233;e des grands moyens de production et des grands capitaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dirigeantes ont plus ou moins r&#233;ussi &#224; convaincre les peuples de la &#171; mort du communisme &#187;, puissamment aid&#233;s dans cette t&#226;che par les crimes du stalinisme suivis de son effondrement, mais, l&#224; o&#249; ils ont &#233;chou&#233;, c'est&#8230; qu'ils ne se sont pas convaincus eux-m&#234;mes que le communisme &#233;tait r&#233;ellement mort avec la fin de l'URSS, et d'abord parce qu'ils sont pay&#233;s pour savoir que le stalinisme &#233;tait un produit du capitalisme et pas du socialisme, du marxisme ni du l&#233;ninisme mais qu'il en &#233;tait l'oppos&#233; diam&#233;tral sur tous les plans social, politique, intellectuel, philosophique, humain, que le stalinisme n'avait cess&#233; de collaborer avec l'imp&#233;rialisme contre le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, notamment en faisant table rase de la g&#233;n&#233;ration de r&#233;volutionnaire d'Octobre 1917 en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde capitaliste occidental sauv&#233; du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire par Staline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce qui convainc les capitalistes que le communisme menace de revenir &#224; l'ordre du jour pour la r&#233;volution sociale et la contre-r&#233;volution, c'est que le capitalisme est dans de beaux draps de mort, m&#234;me si les Etats et les banques centrales tentent de maintenir ce cadavre en soins intensifs sous perfusion massive des caisses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi une r&#233;cession ferait aujourd'hui aussi peur &#224; la classe poss&#233;dante ? Parce qu'il ne s'agit pas d'un simple recul momentan&#233; (une crise classique du capitalisme) mais d'un effondrement, longtemps retard&#233; et qui ne peut plus l'&#234;tre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement &#233;conomique global n'est pas caus&#233; par les rivalit&#233;s &#233;conomiques ou guerri&#232;res entre pays, ni par la pand&#233;mie covid, ni par le pr&#233;tendu r&#233;chauffement climatique, ni par une crise de l'&#233;nergie, ni par une crise civilisationnelle, ni par une crise migratoire, mais par les limites inh&#233;rentes au syst&#232;me capitaliste atteintes depuis 2007 et m&#234;me d&#233;pass&#233;es par des m&#233;thodes artificielles qui se transforment elles-m&#234;mes en cause de destruction du syst&#232;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous pr&#233;sente des fausses alternatives et des peurs imaginaires pour mieux cacher la vraie alternative et ce qui fait r&#233;ellement peur aux classes dirigeantes : ou les USA ou Russie/Chine dominent l'Europe et le monde ? Ou Macron (avec ou sans un premier ministre &#171; de gauche &#187;) ou l'extr&#234;me droite ? Ou Biden ou Trump ? Ou la contre-r&#233;volution militaire ou la contre-r&#233;volution fasciste ? Ou la dictature islamiste ou celle des bandes fascistes anti-immigr&#233;s ? Ou on se sacrifie pour sauver le grand capital ou celui-ci nous coule ? Ou on fait de gros sacrifices ou on est cuits par le r&#233;chauffement climatique ? Ou on devient raciste ou on est envahis par l'immigration massive ? Ou on accepte d'&#234;tre victimes de la pand&#233;mie en la laissant se propager au nom de l'&#171; immunit&#233; collective &#187; ou on accepte d'&#234;tre follement vaccin&#233;s avec de faux vaccins ou d'&#234;tre confin&#233;s avec une m&#233;thode qui a tout de la dictature et rien de sanitaire ! Ce sont des fausses alternatives et de fausses menaces qui ne servent qu'&#224; cacher la vraie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nombreuses choses qui ont tr&#232;s bien march&#233; pour le capitalisme. Il s'en est sorti des crises et des r&#233;volutions. Il s'en est sorti des guerres (y compris mondiales). Il s'en est sorti des difficult&#233;s financi&#232;res. Il est rest&#233; en place et au pouvoir m&#234;me quand ce pouvoir a &#233;t&#233; contest&#233;. Il est parvenu &#224; des niveaux extraordinairement &#233;lev&#233;s de capitalisation, (c'est-&#224;-dire la masse totale mondiale des capitaux), inimaginables dans le pass&#233;. Il est aussi parvenu &#224; gagner l'int&#233;gralit&#233; du monde. Il a r&#233;ussi aussi &#224; infecter toute la population du monde avec ses valeurs pourries, ses aspirations &#224; capitaliser, ses d&#233;sirs de possession, son go&#251;t d'acheter et aussi de th&#233;sauriser, sa capacit&#233; &#224; infecter la conscience humaine et sociale. Il a r&#233;ussi &#224; faire croire aux plus gros mensonges : que l'Etat bourgeois serait normalement au service de la population si seulement il &#233;tait d&#233;mocratique, que le pays appartient normalement au peuple, que l'int&#233;r&#234;t des exploit&#233;s est de d&#233;fendre &#171; leur &#187; entreprise, que la police et l'arm&#233;e devraient normalement d&#233;fendre le peuple. Et surtout, il a r&#233;ussi &#224; faire croire que le communisme et la r&#233;volution sociale ne sont pas une perspective pour la lutte des exploit&#233;s et des peuples travailleurs du monde. Le stalinisme lui a apport&#233; pour cela une aide inappr&#233;ciable, &#233;liminant en m&#234;me temps la direction r&#233;volutionnaire internationale, au sens politique et moral mais aussi en l'&#233;liminant physiquement. Il a r&#233;ussi en p&#233;n&#233;trant le mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire, y compris la plus grande part du mouvement trotskiste. Le capitalisme a r&#233;ussi &#224; tromper, acheter, d&#233;tourner, affoler, int&#233;resser, mettre &#224; son service l'essentiel du mouvement ouvrier. Cela n'emp&#234;che pas les r&#233;voltes et les r&#233;volutions dans le monde mais cela permet qu'elles ne voient pas quelle est la perspective socialiste r&#233;volutionnaire de leur combat, qu'elles ne visent pas de mani&#232;re consciente et organis&#233;e &#224; la mise en place des soviets et &#224; leur prise de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait se dire, apr&#232;s tous ces succ&#232;s, que le capitalisme n'a aucun souci &#224; se faire pour son avenir et ce n'est pas du tout le cas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais on n'a autant parl&#233; de &#171; crise syst&#233;mique &#187;, d'entreprise ou de banque &#171; syst&#233;miques &#187;, c'est-&#224;-dire dont l'effondrement menacerait l'int&#233;gralit&#233; du syst&#232;me capitaliste mondial, rien que &#231;a ! Jamais autant d'auteurs et d'articles n'ont signal&#233; que le syst&#232;me &#233;tait au bout du rouleau, jamais autant de personnalit&#233;s pourtant favorables au capitalisme n'ont pr&#233;dit sa chute. Et ce n'est pas du bluff servant seulement &#224; justifier des aides de l'Etat et des banques centrales aux trusts et aux banques. C'est vrai que le capitalisme a d&#233;pass&#233; ses limites et ne survit qu'artificiellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une vraie alternative, celle du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, celle d'une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de l'exploitation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'humanit&#233; a de nouveau besoin du communisme pour ne pas disparaitre et aller de l'avant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; a trouv&#233; le communisme comme solution pour ne pas p&#233;rir &#224; ses d&#233;buts&lt;br class='autobr' /&gt; pr&#233;histoire pas de survie des premiers groupes humains sans entraide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://consent.yahoo.com/v2/collectConsent?sessionId=3_cc-session_b4e35ff6-5897-4a0c-a44d-66f3dfd17ca9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://consent.yahoo.com/v2/collectConsent?sessionId=3_cc-session_b4e35ff6-5897-4a0c-a44d-66f3dfd17ca9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lalibre.be/debats/ripostes/2020/05/04/larcheologie-le-prouve-solidarite-et-entraide-ont-permis-notre-survie-7MSYNGGWOVG33HNB3TYR6PNS7M/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lalibre.be/debats/ripostes/2020/05/04/larcheologie-le-prouve-solidarite-et-entraide-ont-permis-notre-survie-7MSYNGGWOVG33HNB3TYR6PNS7M/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3029&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3029&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3028&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3028&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5703&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5703&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela signifie aujourd'hui &#234;tre pour le communisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons tout d'abord : L&#233;nine et Trotsky et les autres leaders de la r&#233;volution d'Octobre n'ont jamais dit que la Russie des soviets, c'&#233;tait le communisme ! Ils ont m&#234;me pr&#233;cis&#233; l'inverse&#8230; Ils affirmaient que la Russie seule ne pouvait pas du tout aller au socialisme et au communisme, qu'il fallait un niveau des forces productives et de la culture bien sup&#233;rieur et que la Russie des soviets &#233;tait seulement le poste avanc&#233; de la r&#233;volution pour abattre l'imp&#233;rialisme, premi&#232;re &#233;tape internationale vers le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, aucun r&#233;gime au monde (pas plus la Russie que la Chine, la Cor&#233;e du nord, le Vietnam, les pays de l'Est, etc&#8230;) n'a jamais &#233;t&#233; communiste ni ne pouvait l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la perspective communiste n'a jamais &#233;t&#233; aussi actuelle et r&#233;aliste. Ces trois id&#233;es, se correspondent avec trois piliers importants d'une soci&#233;t&#233; communiste future : la r&#233;duction massive du temps de travail, la d&#233;mocratie ouvri&#232;re et la planification de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, Internet et les nouvelles technologies de communication, qui ont d&#233;j&#224; montr&#233; leur utilit&#233; pour l'organisation de certaines mobilisations, pourraient &#234;tre mises au service de formes de d&#233;mocratie directe, inspir&#233;e par les conseils ou soviets qui &#233;taient la base du pouvoir r&#233;volutionnaire pendant les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution russe. Un syst&#232;me o&#249; chaque travailleur peut participer aux d&#233;cisions qui concernent la marche de la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le capitalisme n'est-t-il pas le seul mode de fonctionnement possible puisque le communisme a &#233;chou&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme serait-il &#233;ternel ? Il a surv&#233;cu aux crises internationales catastrophiques et aux guerres mondiales ! Et aussi aux vagues r&#233;volutionnaires des r&#233;volutions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a tenu le coup face aux m&#233;contentements violents des peuples en r&#233;pondant par une violence d'Etat accrue sous toutes ses formes (dictatures militaires, fascismes, extermination de peuples, guerre mondiale), mais il y a une autre limite au capitalisme que les efforts des travailleurs et de peuples pour se d&#233;barrasser du syst&#232;me d'exploitation le plus puissant de l'Histoire. Et ce sont les limites que ce syst&#232;me s'impose &#224; lui-m&#234;me car il est p&#233;tri de contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le syst&#232;me veut accumuler toujours plus de capital, il veut toujours r&#233;investir ce capital pour extraire ces nouveaux capitaux du travail productif humain, mais les investissements productifs qu'il recherche doivent aussi &#234;tre toujours plus rentables, exploiter plus efficacement le travail humain, et tout cela n'est pas &#233;ternellement compatible. Il arrive un moment o&#249; la masse des capitaux s'accroit relativement aux capacit&#233;s de nouveaux investissements et, d&#232;s lors, cette situation ne peut qu'aller en s'aggravant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cette situation qui s'est manifest&#233;e de mani&#232;re catastrophique en 2007-2008 et dont le capitalisme ne peut plus se sortir. Les interventions des Etats et des institutions financi&#232;res peuvent retarder l'&#233;ch&#233;ance de la chute mais en aggravant la taille du probl&#232;me, en accroissant la masse des capitaux sans accroitre les investissements productifs rentables !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste, comme les autres syst&#232;mes socio-&#233;conomiques qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; (collectivisme antique, esclavagisme antique, f&#233;odalisme, servage, travail forc&#233; colonial, artisanat et commerce bourgeois) ont eux aussi atteints leurs limites et ont disparu sous le poids de leurs contradictions. C'est lorsque ces syst&#232;mes &#233;taient d&#233;molis ou d&#233;stabilis&#233;s par ces contradictions internes, ces modes de production ayant atteint leurs limites, que les luttes des opprim&#233;s et des exploit&#233;s et les guerres les ont renvers&#233;s. C'est ce stade o&#249; le syst&#232;me est compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233; par ses propres contradictions qui est actuellement atteint par le capitalisme. Les limites du syst&#232;me ne proviennent pas seulement du fait que les riches sont trop riches et les pauvres trop pauvres au point que le foss&#233; entre eux devient un gouffre et que les contradictions entre riches et pauvres explosent. On en est au point o&#249; l'exc&#232;s de richesse des capitalistes plombe directement le capitalisme lui-m&#234;me. Il y a trop d'argent pour que ces capitaux trouvent &#224; s'investir de mani&#232;re rentable ! La limite de l'accumulation du grand capital est atteinte. Le syst&#232;me capitaliste n'est pas seulement remis en cause par le peuple travailleur mais par le capital lui-m&#234;me et ses lois de fonctionnement. Le d&#233;veloppement capitaliste a d&#233;pass&#233; les limites du fonctionnement capitaliste. La production de richesses nouvelles, indispensable &#224; la formation de nouveaux capitaux, est en valeur relative de moins en moins assur&#233;e puisqu'une fraction croissante ne produit rien et ne fait que sp&#233;culer. Le syst&#232;me capitaliste est d&#232;s lors en train de se suicider progressivement, en s'emp&#234;chant sans cesse davantage de cr&#233;er des richesses nouvelles qui puissent &#234;tre la base r&#233;elle de capitaux nouveaux. Les aides des Etats et des banques centrales retardent la chute mais font durer la situation, augmentant la part de capitaux qui ne sont pas fond&#233;s sur des profits productifs r&#233;els, et donc accroissent l'ampleur de la d&#233;stabilisation. Les r&#233;formistes se gardent bien de pointer cette situation, d'en avertir les travailleurs, de pr&#233;parer ceux-ci au changement profond dans le type de luttes qui est n&#233;cessit&#233; par cet effondrement capitaliste. Et pour cause : cette situation historique du capitalisme est critique pour le syst&#232;me mais aussi pour le r&#233;formisme lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'id&#233;e que le capitalisme serait le seul mode moderne de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; car le communisme a &#233;chou&#233;, elle est fond&#233;e sur un immense mensonge historique qu'est le stalinisme. Tout d'abord, il convient de rappeler que tous les dirigeants communistes de Russie sans exception, qui ont dirig&#233; le parti communiste russe de 1917 &#224; 1922, n'ont jamais pr&#233;tendu que la r&#233;volution russe d'Octobre 1917 avait inaugur&#233; le communisme en Russie et pas m&#234;me qu'elle pouvait le faire dans les d&#233;cennies &#224; venir. Ils affirmaient au contraire qu'elle &#233;tait le premier pas de la r&#233;volution mondiale qui, seule, pourrait mener au socialisme. La pr&#233;tention de la construction du socialisme en Russie n'a &#233;t&#233; invent&#233;e qu'&#224; l'&#233;poque de la dictature stalinienne, justement quand la politique de la bureucratie tournait le dos au socialisme. Les r&#233;volutionnaires russes avaient toujours affirm&#233; que la lutte pour le socialisme ne pouvait qu'&#234;tre internationale, allant compl&#232;tement &#224; l'encontre des mensonges staliniens du &#171; socialisme dans un seul pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme a d'autant plus fort proclam&#233; &#234;tre le premier pays communiste qu'il &#233;tait un mouvement contre-r&#233;volutionnaire et l'imp&#233;rialisme a trouv&#233; son propre int&#233;r&#234;t &#224; diffuser ce bobard de l'URSS pr&#233;tendument communiste ce qui fait que le monde entier a entendu ce mensonge pourtant &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour L&#233;nine, Trotsky et leurs camarades, la soci&#233;t&#233; russe aux mains des soviets, d&#233;j&#224; arri&#233;r&#233;e, d&#233;vast&#233;e par la guerre et la guerre civile ne pouvait certainement pas passer directement au socialisme et, malgr&#233; ses efforts gigantesques, elle ne pouvait juste esp&#233;rer de tenir face aux imp&#233;rialismes mena&#231;ants que si la r&#233;volution triomphait dans quelques pays plus d&#233;velopp&#233;s qu'elle. Elle ne pouvait aller vers le socialisme qu'en &#233;tant le premier pas r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat mondial, ce qui &#233;tait exactement la politique du parti communiste jusqu'en 1922. La r&#233;volution russe, isol&#233;e par la d&#233;faite des r&#233;volutions due essentiellement &#224; la trahison des partis sociaux-d&#233;mocrates et des syndicats r&#233;formistes, ne pouvait qu'&#234;tre d&#233;faite et pas &#224; cause de &#171; l'&#233;chec du communisme &#187; mais parce que le socialisme ne peut &#234;tre qu'un mouvement r&#233;volutionnaire international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'inexistence de la r&#233;volution internationale qui a tu&#233; la r&#233;volution russe ou l'a condamn&#233;e, mais sa trahison. La r&#233;volution mondiale a bien commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper apr&#232;s Les les fascistes. Ce n'est donc pas une r&#234;verie g&#233;n&#233;reuse sans fondement mais un v&#233;ritable mouvement du prol&#233;tariat qui ne peut qu'&#234;tre international et ne peut que triompher aussi de mani&#232;re internationale ou p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re vague r&#233;volutionnaire d&#233;but&#233;e par les &#171; printemps &#187; arabes et qui a parcouru le monde rappelle ce caract&#232;re international des grandes vagues r&#233;volutionnaires. D&#233;butant en 2011, elle est le produit de l'effondrement &#233;conomique mondial de 2007-2008. Elle annonce la vague r&#233;volutionnaire qui ne manquera pas de suivre la chute d&#233;finitive de l'&#233;conomie que le syst&#232;me peut retarder mais pas emp&#234;cher. Les capitalistes et leurs gouvernements le savent et s'y pr&#233;parent. Les r&#233;formistes et opportunistes font tout pour que les prol&#233;taires ne s'y pr&#233;parent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pseudo extr&#234;me gauche n'est pas communiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7843&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7843&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6737&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6737&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4790&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4790&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quoi &#234;tre communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3720&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3720&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3569&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3569&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2949&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2949&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article842&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article842&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La question nationale et le communisme</title>
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		<dc:date>2024-11-26T23:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LA QUESTION NATIONALE ET LE COMMUNISME &lt;br class='autobr' /&gt;
L'oppression nationale &lt;br class='autobr' /&gt;
L'oppression nationale est une des formes de l'oppression de l'homme par l'homme. La haine nationale sciemment exploit&#233;e et dirig&#233;e par la bourgeoisie est un moyen &#233;prouv&#233; pour berner le prol&#233;tariat et obscurcir sa conscience de classe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Examinons comment un prol&#233;taire conscient doit aborder le probl&#232;me national pour le r&#233;soudre dans l'int&#233;r&#234;t de la victoire la plus rapide du communisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une nation est un groupe d'hommes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - Livre Quatorze : PROLETAIRES SANS FRONTIERES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;LA QUESTION NATIONALE ET LE COMMUNISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression nationale est une des formes de l'oppression de l'homme par l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La haine nationale sciemment exploit&#233;e et dirig&#233;e par la bourgeoisie est un moyen &#233;prouv&#233; pour berner le prol&#233;tariat et obscurcir sa conscience de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons comment un prol&#233;taire conscient doit aborder le probl&#232;me national pour le r&#233;soudre dans l'int&#233;r&#234;t de la victoire la plus rapide du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nation est un groupe d'hommes unis par une langue commune et habitant un territoire d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les principales caract&#233;ristiques de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Juifs, par exemple, avaient jadis un territoire &#224; eux et une langue commune ; &#224; pr&#233;sent ils n'ont pas de territoire et ne savent pas tous l'h&#233;breu. Les Tsiganes ont une langue &#224; eux, mais ne poss&#232;dent pas de territoire particulier. Les Toungouses en Sib&#233;rie ont leur territoire mais ont oubli&#233; leur langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples suivants illustreront tr&#232;s bien ce que c'est que l'oppression nationale. Le gouvernement tsariste pers&#233;cutait les Juifs, leur d&#233;fendant d'habiter certaines r&#233;gions de la Russie, leur refusant toute fonction dans l'administration ; il limitait l'acc&#232;s de leurs enfants dans les &#233;coles, organisait contre eux des pogromes, etc... Ce m&#234;me gouvernement interdisait aux Ukrainiens l'enseignement secondaire et la publication de journaux dans leur langue maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement allemand fermait les &#233;coles polonaises ; celui d'Autriche imposait aux Tch&#232;ques la langue allemande par la violence. La bourgeoisie anglaise opprimait et opprime encore les naturels d'Afrique et d'Asie ; elle subjugue les peuples incultes, les exploite et les fait fusiller &#224; chaque tentative d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, lorsque dans un &#201;tat quelconque une nationalit&#233; &#224; tous les droits et qu'une autre n'en poss&#232;de qu'une partie, lorsqu'une nation faible est annex&#233;e par une autre plus forte, qu'une langue et des m&#339;urs &#233;trang&#232;res lui sont impos&#233;es et qu'il ne lui est pas permis de vivre &#224; sa guise, il y a oppression et in&#233;galit&#233; nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du Prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons tout d'abord examiner et r&#233;soudre la question principale : un ouvrier ou un paysan russe peut-il consid&#233;rer comme ses ennemis un Allemand, un Fran&#231;ais, un Anglais, un Juif, un Chinois ou un Tartare, ind&#233;pendamment de leur classe ? Peut-il se d&#233;fier d'un repr&#233;sentant d'une autre nation pour la seule raison qu'il parle une autre langue, qu'il a la peau jaune ou noire ou qu'il a d'autres m&#339;urs et d'autres habitudes. Certes, il ne le peut ni ne le doit. L'ouvrier de France, d'Allemagne ou l'ouvrier n&#232;gre sont des prol&#233;taires, tout comme l'ouvrier russe. Quelle que soit leur langue, ils sont tous exploit&#233;s par le capitalisme rapace. Ils sont tous camarades de mis&#232;re, d'oppression et d'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier russe peut-il aimer davantage un capitaliste russe uniquement parce que celui-ci l'insulte dans sa langue maternelle, qu'il lui donne des coups de poing &#224; la mani&#232;re russe ou qu'il fouette les gr&#233;vistes avec un knout authentiquement russe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne le peut certes pas plus que l'ouvrier allemand ne peut pr&#233;f&#233;rer son capitaliste pour la seule raison qu'il le maltraite en langue allemande, &#224; la mani&#232;re allemande. Les ouvriers de tous les pays sont fr&#232;res de classe et ennemis des capitalistes de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en dire autant des paysans pauvres de tous les pays. Le paysan russe, pauvre ou moyen, se sent plus pr&#232;s du prol&#233;taire hongrois ou du pauvre paysan de Sicile ou de Belgique que du paysan ais&#233; russe et, &#224; plus forte raison, du gros propri&#233;taire foncier, exploiteur de son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas que les ouvriers du monde entier se reconnaissent fr&#232;res de classe. Il ne leur suffit pas de pester chacun dans sa langue et de lutter chacun dans son pays. Fr&#232;res dans l'oppression et dans l'esclavage, ils doivent &#234;tre fr&#232;res aussi dans une union internationale pour la lutte contre le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par cette union internationale seulement qu'ils peuvent vaincre le capital mondial. C'est pourquoi il y a plus de soixante-dix ans, les fondateurs du Communisme, Marx et Engels, ont proclam&#233; dans leur glorieux Manifeste Communiste la grande devise : &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que la classe ouvri&#232;re triomphe de tous les pr&#233;jug&#233;s nationaux, de toutes les inimiti&#233;s nationales, non seulement dans l'int&#233;r&#234;t de l'offensive universelle contre le capital, mais encore pour l'organisation mondiale de la production. De m&#234;me que la Russie des Soviets ne peut vivre sans le bassin minier du Don, sans le p&#233;trole de Bakou, sans le coton du Turkestan, l'Europe enti&#232;re ne peut pas non plus se passer du bois, du chanvre, du lin, du platine provenant de la Russie ou du bl&#233; qui lui vient de l'Am&#233;rique. L'Italie ne pourrait se passer du charbon anglais, l'Angleterre, du coton de l'&#201;gypte, etc., etc. La bourgeoisie n'est pas capable d'organiser la production mondiale et c'est pour cela qu'elle doit p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle production ne peut &#234;tre organis&#233;e que par le prol&#233;tariat, et pour cela il doit avoir comme devise : L'univers et toutes ses richesses appartiennent au monde des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette devise signifie la renonciation de chaque prol&#233;tariat &#224; ses richesses nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; les pr&#233;jug&#233;s nationaux, o&#249; la rapacit&#233; nationale barre le chemin &#224; l'internationalisation de l'industrie et de l'agriculture, il faut les combattre et s'en d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Causes des haines nationales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarer la guerre &#224; l'oppression nationale, aux pr&#233;jug&#233;s nationaux, proclamer l'union internationale pour la lutte contre le capital et l'union &#233;conomique universelle du prol&#233;tariat victorieux, tout cela ne peut suffire aux travailleurs. Ils doivent aussi rechercher les moyens efficaces pour faire dispara&#238;tre le plus rapidement possible dans les masses ouvri&#232;res tout &#233;go&#239;sme et tout chauvinisme, toute mesquinerie et toute m&#233;fiance nationale, ainsi que tout orgueil patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les querelles, les hostilit&#233;s nationales ont une origine tr&#232;s ancienne. Il fut un temps o&#249; les diff&#233;rentes tribus luttaient l'une contre l'autre, non seulement pour s'approprier des terres et des for&#234;ts, mais encore pour faire des prisonniers qu'ils d&#233;voraient. Les vestiges de cette d&#233;fiance bestiale, de la haine entre peuples et entre races subsistent encore aujourd'hui chez les ouvriers et chez les paysans du monde entier. Ils disparaissent peu &#224; peu au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement de l'&#233;change mondial, des relations &#233;conomiques, de l'&#233;migration, de la fusion des diverses nationalit&#233;s habitant le m&#234;me territoire et surtout gr&#226;ce au d&#233;veloppement de la lutte de classe organis&#233;e par les ouvriers de tous les pays. N&#233;anmoins, ils se raniment parfois d'une vigueur nouvelle lorsque viennent s'ajouter &#224; la haine nationale les antagonismes de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie de chaque pays opprime son prol&#233;tariat. Mais elle fait tous ses efforts pour prouver au prol&#233;tariat que ce n'est pas elle et que ce sont les peuples qui l'entourent qui sont ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie d'Allemagne excite le prol&#233;tariat de ce pays contre les Fran&#231;ais et contre les Anglais ; la bourgeoisie anglaise crie &#224; son tour : &#171; Sus aux Allemands ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, les bourgeoisies de tous les pays ont excit&#233; les ouvriers contre les Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela dans le but de faire d&#233;g&#233;n&#233;rer la lutte de classe du prol&#233;tariat en une lutte nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie ne se contente pas d'exciter &#224; la haine nationale afin de d&#233;tourner les ouvriers de leur lutte pour le socialisme. Elle essaye de les int&#233;resser mat&#233;riellement &#224; l'oppression des autres peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, au cours de la derni&#232;re guerre mondiale, les bourgeois allemands chantaient en c&#339;ur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Allemagne au-dessus de tout ! &#187;, les &#233;conomistes bourgeois allemands expliquaient aux ouvriers allemands ce qu'ils gagneraient par la victoire, c'est-&#224;-dire par l'exploitation et l'oppression du prol&#233;tariat des pays vaincus. Avant la guerre, la bourgeoisie corrompait effectivement les chefs de la classe ouvri&#232;re avec les b&#233;n&#233;fices qu'elle retirait du pillage des colonies et de l'oppression des peuples faibles et arri&#233;r&#233;s. Les ouvriers des pays cultiv&#233;s d'Europe se sont laiss&#233;s entrainer par la provocation des capitalistes et se sont laiss&#233;s convaincre par leurs social-patriotes qu'ils avaient, eux aussi, une patrie, puisqu'ils participaient au pillage des colonies et &#224; l'exploitation des pays de faible d&#233;veloppement &#233;conomique. L'ouvrier qui, en r&#233;gime capitaliste, se montre patriote, vend pour un denier sa vraie patrie, le socialisme, et se fait le complice de l'oppression des peuples faibles et arri&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; des nations et le droit des peuples de disposer d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;d&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste, en d&#233;clarant la guerre &#224; toute oppression de l'homme par l'homme, se dresse de la fa&#231;on la plus r&#233;solue contre l'oppression nationale in&#233;vitable en r&#233;gime bourgeois. Il lutte encore plus impitoyablement contre la moindre participation de la classe ouvri&#232;re &#224; cette oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais il ne suffit pas que les prol&#233;taires des grands et puissants &#201;tats se refusent &#224; toute tentative d'oppression d'autres peuples. Il faut aussi que le prol&#233;tariat des peuples opprim&#233;s ne nourrisse pas de m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de ses camarades appartenant aux pays oppresseurs. Lorsque la Boh&#234;me fut &#233;cras&#233;e par la bourgeoisie austro-allemande, l'ouvrier tch&#232;que consid&#233;rait tous les Allemands comme ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les Polonais n'aient &#233;t&#233; opprim&#233;s que par le tsarisme, la population polonaise a gard&#233; sa m&#233;fiance envers tous les Russes, et pas seulement envers le tsar, les capitalistes et les propri&#233;taires fonciers. Pour extirper toute m&#233;fiance des ouvriers des pays opprim&#233;s &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat du pays oppresseur, il est n&#233;cessaire non seulement de proclamer, mais de r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; doit &#234;tre compl&#232;te entre les langues, les &#233;coles, les religions, etc. Bien plus, le prol&#233;tariat doit &#234;tre pr&#234;t &#224; donner le droit de libre disposition nationale, c'est-&#224;-dire laisser &#224; la majorit&#233; des travailleurs de n'importe quelle nation la possibilit&#233; de continuer &#224; faire partie int&#233;grante de l'&#201;tat auquel elle appartenait, ou de s'en s&#233;parer compl&#232;tement, ou de constituer avec lui un &#201;tat conf&#233;d&#233;r&#233; (Conf&#233;d&#233;ration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Permettez, va dire le lecteur, un communiste peut-il &#234;tre partisan de la s&#233;paration des nations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment concilier cela avec l'id&#233;al communiste de l'&#201;tat prol&#233;tarien universel ? Il semble qu'il y ait l&#224; contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il n'y a point de contradiction, r&#233;pondrons-nous. Pour atteindre le plus rapidement l'unit&#233; compl&#232;te de tout le monde du travail, il faut parfois consentir &#224; une s&#233;paration temporaire entre deux nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons tous les cas qui peuvent se produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons que la Bavi&#232;re, qui fait partie de l'Allemagne conf&#233;d&#233;r&#233;e, proclame la R&#233;publique des Soviets, tandis qu'&#224; Berlin continue &#224; r&#233;gner la dictature bourgeoise de Noske et de Scheidemann. Les communistes bavarois doivent-ils en ce cas chercher &#224; obtenir l'ind&#233;pendance de la Bavi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Non seulement les communistes bavarois, mais aussi les communistes du reste de l'Allemagne doivent saluer la s&#233;paration de la Bavi&#232;re socialiste de l'Empire, parce qu'elle sera en m&#234;me temps la lib&#233;ration du prol&#233;tariat bavarois du joug de la bourgeoisie allemande au pouvoir. Prenons le cas contraire. Toute l'Allemagne, &#224; l'exception de la Bavi&#232;re, proclame la R&#233;publique des Soviets. La bourgeoisie de la Bavi&#232;re se prononce pour la s&#233;paration de l'Allemagne ; son prol&#233;tariat est pour l'union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle devra &#234;tre la conduite des communistes allemands ? Ils auront &#224; soutenir les ouvriers bavarois et &#224; r&#233;primer, les armes &#224; la main, les tentatives de s&#233;paration de la bourgeoisie bavaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons maintenant que la R&#233;publique des Soviets soit proclam&#233;e simultan&#233;ment en Angleterre et en Irlande, c'est-&#224;-dire dans le pays oppresseur et dans le pays opprim&#233;. Admettons encore que les ouvriers irlandais n'aient pas confiance dans les ouvriers anglais, car l'Angleterre les opprime depuis plusieurs si&#232;cles. Les voil&#224; qui demandent leur s&#233;paration compl&#232;te de l'Angleterre. Cette s&#233;paration est nuisible &#233;conomiquement. Quelle sera la ligne de conduite des communistes anglais ? lls ne devront aucunement s'opposer, par la force, aux aspirations des Irlandais comme le faisait la bourgeoisie anglaise. Et voici pourquoi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, pour prouver une fois pour toutes, aux ouvriers irlandais que ce n'est pas la classe ouvri&#232;re, mais la bourgeoisie anglaise qui opprimait l'Irlande et pour conserver ainsi la confiance des Irlandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, pour que les ouvriers irlandais se rendent compte que l'existence ind&#233;pendante de leur petit &#201;tat n'offre point d'avantages ; pour qu'ils voient clairement que la production en Irlande ne peut &#234;tre bien organis&#233;e que par une &#233;troite union politique et &#233;conomique avec l'Angleterre prol&#233;tarienne et les autres &#201;tats prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons encore qu'une nation en r&#233;gime bourgeois veuille se s&#233;parer d'une nation en r&#233;gime prol&#233;tarien et que la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re du pays d&#233;sireux de se s&#233;parer soit pour cette s&#233;paration parce qu'elle garde encore sa m&#233;fiance non seulement envers la bourgeoisie, tuais envers le prol&#233;tariat du pays qui l'opprimait jadis, et qu'aussi elle veuille se s&#233;parer. Dans ce cas, &#233;galement, il serait pr&#233;f&#233;rable de ne pas s'opposer &#224; cette s&#233;paration. Il faut laisser le prol&#233;tariat de ce pays seul &#224; seul avec sa bourgeoisie, afin que cette derni&#232;re ne puisse plus lui r&#233;p&#233;ter tous les jours que ce n'est pas elle, mais tel ou tel pays qui l'opprime. Le prol&#233;tariat aura vite fait de s'apercevoir que la bourgeoisie r&#233;clamait l'ind&#233;pendance du pays afin de pouvoir librement &#233;corcher son prol&#233;tariat. Il se rendra compte &#233;galement que le prol&#233;tariat de l'&#201;tat socialiste voisin l'appelle &#224; l'union non pour l'exploiter ou pour l'opprimer, mais pour faire l'effort commun de lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les communistes, tout en &#233;tant contre la division du prol&#233;tariat en pays diff&#233;rents, surtout lorsque ces pays sont li&#233;s &#233;conomiquement, peuvent admettre toutefois une s&#233;paration temporaire. De m&#234;me, la m&#232;re laisse son enfant toucher au feu, afin qu'il en perde le d&#233;sir pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui exprime la volont&#233; nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste reconna&#238;t &#224; toute nation le droit de libre disposition jusqu'&#224; la s&#233;paration compl&#232;te. Mais il consid&#232;re que la volont&#233; du peuple ne petit &#234;tre exprim&#233;e que par la majorit&#233; laborieuse de la nation et non par la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, il serait plus juste de dire que nous reconnaissons le droit de disposer d'elle-m&#234;me non pas &#224; une nation en g&#233;n&#233;ral, mais seulement &#224; sa majorit&#233; laborieuse. En ce qui concerne la bourgeoisie, apr&#232;s l'avoir priv&#233;e de tous droits civiques dans la p&#233;riode de guerre civile, nous la privons &#233;galement du droit de suffrage dans les questions nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons examiner maintenant comment &#233;tendre le droit de libre disposition et le droit &#224; l'ind&#233;pendance m&#234;me aux pays de culture tout &#224; fait inf&#233;rieure. Comment devons-nous agir envers les peuples qui n'ont pas encore de prol&#233;tariat ni de bourgeoisie ou qui n'en poss&#232;dent qu'un embryon rudimentaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, nos Toungouses, nos Kalmouks, etc., ou d'autres peuples coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devons-nous faire si ces nations r&#233;clament leur s&#233;paration compl&#232;te de peuples plus cultiv&#233;s et m&#234;me de nations qui ont d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; le socialisme ? Dire oui, n'est-ce pas renforcer la barbarie aux d&#233;pens de la civilisation ? Nous croyons que le socialisme, une fois r&#233;alis&#233; dans les pays les plus avanc&#233;s du monde, les peuples les plus primitifs eux-m&#234;mes entreront volontairement dans l'union Universelle des peuples. La bourgeoisie imp&#233;rialiste qui pillait les colonies et les annexait par la violence, avait des raisons de craindre la s&#233;paration des colonies. Le prol&#233;tariat, qui n'a pas l'intention de voler les peuples coloniaux et qui pourra recevoir d'eux les mati&#232;res n&#233;cessaires par voie d'&#233;changes, laisseront les peuples des colonies organiser leur vie nationale &#224; leur guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste pose le principe de la libre disposition des peuples pour en finir une fois pour toutes avec les formes d'in&#233;galit&#233; et d'oppression. Le prol&#233;tariat esp&#232;re ainsi porter le dernier coup au nationalisme et amener tous les peuples de plein gr&#233; &#224; l'union f&#233;d&#233;rative. Et si finalement l'union f&#233;d&#233;rative n'&#233;tait point suffisante pour l'organisation de la production mondiale et si la grande majorit&#233;, une fois l'exp&#233;rience faite, en reconnaissait l'insuffisance, on instaurerait la R&#233;publique socialiste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Si nous examinons de plus pr&#232;s comment la bourgeoisie posait et r&#233;solvait (ou plut&#244;t embrouillait) la question nationale, nous allons voir qu'elle la r&#233;glait au d&#233;but de son r&#232;gne autrement qu'&#224; l'&#233;poque de son d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la bourgeoisie &#233;tait une classe opprim&#233;e et que le pouvoir se trouvait aux mains de la noblesse avec un roi &#224; la t&#234;te, lorsque les tsars et les rois donnaient des peuples tout entiers en dot &#224; leurs filles, &#224; cette &#233;poque la bourgeoisie ne proclamait pas seulement en paroles la libert&#233; des nations, elle essayait aussi de la r&#233;aliser, au moins dans son propre pays. C'est ainsi qu'&#224; l'&#233;poque de l'assujettissement de l'Italie &#224; la monarchie autrichienne la bourgeoisie italienne se mit &#224; la t&#234;te du mouvement d'&#233;mancipation de son pays, et r&#233;alisa la lib&#233;ration de l'Italie du joug &#233;tranger et son unification. &#192; l'&#233;poque o&#249; l'Allemagne &#233;tait divis&#233;e en de nombreuses petites principaut&#233;s et qu'elle g&#233;missait sous la botte de Napol&#233;on, la bourgeoisie allemande luttait pour l'unification de l'Allemagne et pour son &#233;mancipation. Lorsque la France, apr&#232;s avoir d&#233;truit la monarchie absolue de Louis XVI, fut attaqu&#233;e par les &#201;tats monarchistes du reste de l'Europe, ce fut la bourgeoisie radicale fran&#231;aise qui dirigea la d&#233;fense de son pays et qui cr&#233;a la Marseillaise. En r&#233;sum&#233;, dans tous les pays opprim&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
ce fut la bourgeoisie qui se mit &#224; la t&#234;te de la lutte pour la lib&#233;ration. Elle cr&#233;a une riche litt&#233;rature nationale qui eut ses &#233;crivains, ses peintres, ses po&#232;tes et ses philosophes de g&#233;nie. C'est ainsi qu'agit la bourgeoisie lorsqu'elle &#233;tait elle-m&#234;me opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la bourgeoisie des pays opprim&#233;s luttait-elle pour la lib&#233;ration de son pays ? &#192; lire ses po&#232;tes et ses &#233;crivains, on peut croire qu'elle menait ces luttes au nom du droit des peuples de disposer librement d'eux-m&#234;mes et parce qu'elle s'opposait &#224; toute oppression, fut-elle exerc&#233;e contre la nation la plus petite. Mais en r&#233;alit&#233; elle voulait secouer le joug &#233;tranger afin de cr&#233;er son propre &#201;tat bourgeois et de pouvoir elle-m&#234;me, sans concurrents, d&#233;valiser son propre prol&#233;tariat et encaisser elle-m&#234;me toute la plus-value cr&#233;&#233;e par le travail des ouvriers et des paysans de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de tous les pays capitalistes est l&#224; qui le prouve. Chaque fois que la bourgeoisie est opprim&#233;e en m&#234;me temps que le reste du peuple, elle revendique hautement la libert&#233; des peuples en g&#233;n&#233;ral, et d&#233;clare inadmissible toute oppression nationale. Mais d&#232;s que la classe capitaliste arrive au pouvoir et qu'elle a chass&#233; le conqu&#233;rant &#233;tranger, que ce soit la noblesse ou la bourgeoisie &#233;trang&#232;re, elle tend &#224; son tour &#224; soumettre les peuples plus faibles dont l'oppression lui est profitable. La bourgeoisie r&#233;volutionnaire fran&#231;aise, personnifi&#233;e par Danton, Robespierre et les autres grands chefs de la premi&#232;re R&#233;volution, appelait tous les peuples du monde &#224; la lib&#233;ration de toutes les tyrannies. La Marseillaise de Rouget de L'Isle que chantaient les soldats de la R&#233;volution est ch&#232;re et sympathique &#224; tous les peuples opprim&#233;s. Mais cette m&#234;me bourgeoisie fran&#231;aise, command&#233;e par Napol&#233;on et aux accents de cette m&#234;me Marseillaise, opprima les peuples d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, d'Autriche et les pilla durant toute l'&#233;poque napol&#233;onienne. La bourgeoisie allemande opprim&#233;e exaltait dans Guillaume Tell, de Schiller, la lutte des peuples contre la tyrannie &#233;trang&#232;re ; mais cette m&#234;me bourgeoisie, avec Bismarck et de Moltke, d&#233;roba &#224; la France les provinces d'Alsace et de Lorraine, annexa le SchIesvig danois, opprima les Polonais en Posnanie, etc. Apr&#232;s sa lib&#233;ration du joug autrichien la bourgeoisie italienne fusilla les B&#233;douins vaincus en Tripolitaine, les Albanais et les Dalmates sur le littoral de l'Adriatique et les Turcs en Anatolie.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cela ? Pour quel motifs la bourgeoisie, apr&#232;s avoir partout et toujours proclam&#233; le principe de la libert&#233; nationale, ne l'a-t-elle r&#233;alis&#233; nulle part et jamais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que chaque &#201;tat bourgeois, apr&#232;s sa lib&#233;ration du joug national &#233;tranger, tend in&#233;vitablement &#224; son expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie de n'importe quel pays capitaliste ne se contente jamais de l'exploitation de son propre prol&#233;tariat. Elle a besoin de mati&#232;res premi&#232;res et cherche &#224; acqu&#233;rir des colonies o&#249;, apr&#232;s avoir soumis les indig&#232;nes, elle puisse se procurer facilement les mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; ses usines. Elle a besoin de d&#233;bouch&#233;s pour ses marchandises et elle les cherche dans les pays arri&#233;r&#233;s sans s'occuper des int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de la population. Elle a besoin de pays o&#249; exporter le surplus de ses capitaux, pour y &#233;tablir des entreprises et exploiter aussi le prol&#233;tariat indig&#232;ne, et ainsi elle opprime ces pays en s'y &#233;tablissant comme chez elle. Si la bourgeoisie puissante d'un autre pays ayant les m&#234;mes vis&#233;es s'oppose &#224; ses entreprises mondiales, une guerre s'ensuit fatalement, comme la guerre mondiale qui vient d'ensanglanter toute l'Europe. En somme, les colonies et les pays arri&#233;r&#233;s sont rest&#233;s opprim&#233;s, seul l'oppresseur a chang&#233;. De plus, dans la cat&#233;gorie des pays opprim&#233;s sont entr&#233;s les pays vaincus r&#233;cemment : l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, etc. qui, avant la guerre, &#233;taient des pays libres. Ainsi le d&#233;veloppement du r&#233;gime bourgeois, loin de diminuer le nombre des pays opprim&#233;s, l'accro&#238;t, et la domination bourgeoise conduit &#224; l'oppression nationale universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'univers entier est courb&#233; sous le knout du groupe d'&#201;tats capitalistes victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme et le prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme, c'est-&#224;-dire la haine de la race s&#233;mitique &#224; laquelle appartiennent les Juifs (de m&#234;me que les Arabes) est une des formes les plus dangereuses de la pers&#233;cution nationale. Le tsarisme autocrate pers&#233;cutait les Juifs afin de se sauver de la r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne. Il affirmait &#224; la classe ouvri&#232;re qu'elle &#233;tait pauvre parce qu'elle &#233;tait pill&#233;e par les Juifs et il t&#226;chait de diriger l'indignation des ouvriers et des paysans opprim&#233;s non pas contre la bourgeoisie, ni contre les propri&#233;taires ruraux, mais contre le peuple juif en entier. Or, ce peuple, tout comme les autres, se divise en classes diff&#233;rentes et seule la bourgeoisie juive, d'accord avec celle d'autres peuples, pille le monde ouvrier. Mais les ouvriers et les artisans juifs vivaient, dans les r&#233;gions o&#249; leur s&#233;jour &#233;tait autoris&#233;, souvent encore plus mis&#233;rablement que les ouvriers du reste de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie russe excitait la population contre les Juifs non seulement pour d&#233;tourner d'elle la col&#232;re des travailleurs exploit&#233;s, mais encore pour se d&#233;barrasser de la concurrence juive dans le commerce et dans l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste actuellement, dans presque tous les pays, &#224; une recrudescence des pers&#233;cutions contre les Juifs. La bourgeoisie lutte ainsi contre ses concurrents dans l'&#339;uvre de d&#233;troussement du prol&#233;tariat et se d&#233;fend en m&#234;me temps contre la r&#233;volution imminente &#224; la mani&#232;re de Nicolas II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment encore l'antis&#233;mitisme &#233;tait tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233; en Allemagne, en Angleterre et aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement les ministres anglais font des discours antis&#233;mites. C'est le premier signe pr&#233;curseur de l'effondrement du r&#233;gime bourgeois en Occident. Il pense se sauver en sacrifiant &#224; la R&#233;volution ouvri&#232;re les Rothschild et les Mendelsohn. En Russie, l'antis&#233;mitisme avait diminu&#233; d'intensit&#233; au cours de la R&#233;volution de f&#233;vrier, mais il reprit avec d'autant plus d'intensit&#233; que les tentatives bourgeoises devenaient plus d&#233;sesp&#233;r&#233;es au cours de la lutte de la bourgeoisie contre le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela prouve que l'antis&#233;mitisme n'est qu'une forme de lutte contre le socialisme, et gare &#224; l'ouvrier ou au paysan qui se laissera ainsi rouler par son ennemi de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nikola&#239; Boukharine et Evgueni Pr&#233;obrajensky, dans &#171; L'ABC du communisme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Karl Marx et le communisme</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7475</link>
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		<dc:date>2024-09-27T22:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Karl Marx et le communisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx r&#233;pond par ses &#233;crits &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1050 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000e.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Marx et Engels, qu'est-ce que le communisme ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1833 &lt;br class='autobr' /&gt;
Principes du communisme, par Friedrich Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article318 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le socialisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Karl Marx et le communisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marx r&#233;pond par ses &#233;crits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1050&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1050&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000e.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000e.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Marx et Engels, qu'est-ce que le communisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1833&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1833&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principes du communisme, par Friedrich Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article318&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article318&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme pour Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611aa.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611aa.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ab.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ab.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ac.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ac.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ad.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ad.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ae.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611ae.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le communisme est-il un &#233;galitarisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1586&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme de Marx, vu par L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article367&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme de Marx, un &#233;tatisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Manifeste communiste &#187; de Marx et Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article86&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article86&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6125&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6125&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Dangeville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/societe_communiste/societe_communiste_presentation.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/societe_communiste/societe_communiste_presentation.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc008.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc008.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;on Trotsky - L'actualit&#233; du &#034;Manifeste communiste&#034;</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7111</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7111</guid>
		<dc:date>2024-07-04T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
L'actualit&#233; du &#034;Manifeste communiste&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;face &#224; l'&#233;dition en langue africaaner de la premi&#232;re &#233;dition du Manifeste du parti communiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
On a peine &#224; croire que dix ann&#233;es seulement nous s&#233;parent du centenaire du Manifeste du parti communiste ! Ce manifeste, le plus g&#233;nial de tous ceux de la litt&#233;rature mondiale, surprend aujourd'hui encore par sa fra&#238;cheur. Les parties principales semble avoir &#233;t&#233; &#233;crites hier. Vraiment, les jeunes auteurs (Marx avait vingt-neuf ans, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;on Trotsky
&lt;p&gt;L'actualit&#233; du &#034;Manifeste communiste&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face &#224; l'&#233;dition en langue africaaner de la premi&#232;re &#233;dition du Manifeste du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a peine &#224; croire que dix ann&#233;es seulement nous s&#233;parent du centenaire du Manifeste du parti communiste ! Ce manifeste, le plus g&#233;nial de tous ceux de la litt&#233;rature mondiale, surprend aujourd'hui encore par sa fra&#238;cheur. Les parties principales semble avoir &#233;t&#233; &#233;crites hier. Vraiment, les jeunes auteurs (Marx avait vingt-neuf ans, Engels vingt-sept) ont su regarder vers l'avenir comme personne avant eux et, peut-&#234;tre bien, apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, dans la pr&#233;face &#224; l'&#233;dition de 1872, Marx et Engels ont indiqu&#233; que, bien que quelques parties secondaires du Manifeste eussent vieilli, ils ne se croyaient pas en droit de modifier le texte primitif, car, au cours des vingt-cinq ann&#233;es &#233;coul&#233;es, le Manifeste &#233;tait devenu un document historique. Depuis, soixante-cinq ann&#233;es se sont &#233;coul&#233;es. Certaines parties isol&#233;es du Manifeste ont gliss&#233; plus profond&#233;ment encore le pass&#233;. Nous nous efforcerons de pr&#233;senter dans cette pr&#233;face, sous une forme r&#233;sum&#233;e, &#224; la fois les id&#233;es du Manifeste qui ont int&#233;gralement conserv&#233; leur force jusqu'&#224; nos jours, et celles qui ont aujourd'hui besoin de modifications s&#233;rieuses ou de compl&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La conception mat&#233;rialiste de l'histoire, d&#233;couverte par Marx peu de temps seulement avant la publication du Manifeste et qui y est appliqu&#233;e avec une parfaite ma&#238;trise, a tout &#224; fait r&#233;sist&#233; &#224; l'&#233;preuve des &#233;v&#233;nements et des coups de la critique hostile : elle constitue aujourd'hui l'un des instruments les plus pr&#233;cieux de la pens&#233;e humaine. Toutes les autres interpr&#233;tations du processus historique ont perdu toute valeur scientifique. On peut dire avec assurance qu'actuellement il est impossible non seulement d'&#234;tre un militant r&#233;volutionnaire, mais tout simplement d'&#234;tre un homme politiquement instruit sans s'&#234;tre appropri&#233; la conception mat&#233;rialiste de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le premier chapitre du Manifeste d&#233;bute par la phrase suivante : &#034;L'histoire de toute soci&#233;t&#233; pass&#233;e est l'histoire de la lutte de classes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#232;se, qui constitue la conclusion la plus importante de la conception mat&#233;rialiste de l'Histoire, n'a pas tard&#233; &#224; devenir elle-m&#234;me un objet de la lutte des classes. La th&#233;orie, qui rempla&#231;ait le &#034;bien-&#234;tre commun&#034;, &#034;l'unit&#233; nationale&#034; et les &#034;v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles de la morale&#034; par la lutte des int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels consid&#233;r&#233;s comme la force motrice, a subi des attaques particuli&#232;rement acharn&#233;es de la part des hypocrites r&#233;actionnaires, des doctrinaires lib&#233;raux et des d&#233;mocrates id&#233;alistes. Vinrent s'ajouter &#224; eux, plus tard, cette fois au sein du mouvement ouvrier lui-m&#234;me, ceux qu'on appelait les r&#233;visionnistes ; c'est-&#224;-dire les partisans de la r&#233;vision du marxisme dans l'esprit de collaboration et de r&#233;conciliation entre les classes. Enfin, &#224; notre &#233;poque, les m&#233;prisables &#233;pigones de l'Internationale Communiste (les &#034;staliniens&#034;) ont pris le m&#234;me chemin : la politique de ce qu'on appelle les &#034;fronts populaires&#034; d&#233;coule enti&#232;rement de la n&#233;gation des lois de la lutte de classes. C'est pourtant l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme qui, en poussant &#224; l'extr&#234;me toutes les contradictions sociales, constitue le triomphe historique du Manifeste communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'anatomie du capitalisme en tant que stade d&#233;termin&#233; de l'&#233;volution &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; expliqu&#233;e par Marx dans son Capital sous une forme achev&#233;e (1867). Mais, d&#233;j&#224; dans le Manifeste communiste, les lignes fondamentales de sa future analyse ont &#233;t&#233; trac&#233;es d'un ciseau ferme : la r&#233;tribution du travail dans la mesure indispensable &#224; la production ; l'appropriation de la plus value ; la concurrence comme loi fondamentale des rapports sociaux ; la ruine des classes moyennes, c'est-&#224;-dire de la petite bourgeoisie des villes et de la paysannerie ; la concentration des richesses entre les mains d'un nombre toujours plus r&#233;duit de poss&#233;dants, &#224; un p&#244;le et l'augmentation num&#233;rique du prol&#233;tariat &#224; l'autre ; la pr&#233;paration des conditions mat&#233;rielles et politiques du r&#233;gime socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La th&#232;se du Manifeste sur la tendance du capitalisme &#224; abaisser le niveau de vie des ouvriers et m&#234;me &#224; les paup&#233;riser, a subi un feu violent. Les pr&#234;tres, les professeurs, les ministres, les journalistes, les th&#233;oriciens social-d&#233;mocrates et les chefs syndicaux se sont &#233;lev&#233;s contre la th&#233;orie de la &#034;paup&#233;risation&#034; progressive. Ils ont invariablement d&#233;couvert le bien-&#234;tre croissant des travailleurs en faisant passer l'aristocratie ouvri&#232;re pour le prol&#233;tariat ou en prenant une tendance temporaire pour une tendance g&#233;n&#233;rale. En m&#234;me temps, l'&#233;volution m&#234;me du capitalisme le plus puissant, celui d'Am&#233;rique du Nord, a transform&#233; des millions d'ouvriers en pauvres, entretenus aux frais de la charit&#233; &#233;tatique, municipale ou priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Par opposition au Manifeste qui d&#233;crivait les crises commerciales-industrielles comme une s&#233;rie de catastrophes croissantes, les r&#233;visionnistes affirmaient que le d&#233;veloppement national et international des trusts garantit le contr&#244;le du march&#233; et m&#232;ne graduellement &#224; la domination des crises. Il est vrai que la fin du si&#232;cle dernier et le d&#233;but de ce si&#232;cle se sont distingu&#233;s par un d&#233;veloppement tellement imp&#233;tueux que les crises ne semblaient &#234;tre que des accalmies &#034;accidentelles&#034;. Mais cette &#233;poque est irr&#233;m&#233;diablement r&#233;volue. En derni&#232;re analyse, dans cette question &#233;galement, la v&#233;rit&#233; s'est trouv&#233;e du c&#244;t&#233; du Manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. &#034;Le gouvernement moderne n'est qu'une d&#233;l&#233;gation qui g&#232;re les affaires communes de toute la classe bourgeoise.&#034; Dans cette formule concentr&#233;e qui paraissait aux chefs social-d&#233;mocrates un paradoxe journalistique, se trouve en r&#233;alit&#233; contenue la seule th&#233;orie scientifique de l'Etat. La d&#233;mocratie cr&#233;&#233;e par la bourgeoisie n'est pas une coquille vide que l'on peut, ainsi que le pensaient &#224; la fois Bernstein et Kautsky , remplir paisiblement du contenu de classe que l'on veut. La d&#233;mocratie bourgeoise ne peut servir que la bourgeoisie. Le gouvernement de &#034;Front populaire&#034;, qu'il soit dirig&#233; par Blum ou Chautemps, [Largo] Caballero ou Negrin, n'est &#034;qu'une d&#233;l&#233;gation qui g&#232;re les affaires communes de toute la classes bourgeoise&#034;. Quand cette &#034;d&#233;l&#233;gation&#034; se tire mal d'affaire, la bourgeoisie la chasse d'un coup de pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. &#034;Toute lutte de classes est une lutte politique.&#034; &#034;L'organisation des prol&#233;taires en classe et, par suite, en parti politique.&#034; A la compr&#233;hension de ces lois historiques, les syndicalistes d'un c&#244;t&#233;, les anarcho-syndicaliste de l'autre se sont longtemps d&#233;rob&#233;s et essaient aujourd'hui encore de se d&#233;rober. Le syndicalisme &#034;pur&#034; re&#231;oit aujourd'hui un coup terrible dans son principal refuge, les Etats-Unis. L'anarcho-syndicalisme a subi une d&#233;faite irr&#233;parable dans son dernier bastion, l'Espagne. Dans cette question &#233;galement le Manifeste a eu raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Le prol&#233;tariat ne peut conqu&#233;rir le pouvoir dans le cadre des lois &#233;dict&#233;es par la bourgeoisie. &#034;Les communistes proclament ouvertement que leur buts ne peuvent &#234;tre atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social traditionnel.&#034; Le r&#233;formiste a essay&#233; d'expliquer cette th&#232;se du Manifeste par la non maturit&#233; du mouvement de l'&#233;poque et l'insuffisance du d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie. Le sort des &#034;d&#233;mocraties&#034; italienne, allemande et d'une longue s&#233;rie d'autres, d&#233;montre que, si quelque chose n'&#233;tait pas m&#251;r, il s'agissait des id&#233;es r&#233;formistes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Pour op&#233;rer la transformation socialiste de la soci&#233;t&#233;, il faut que la classe ouvri&#232;re concentre dans ses mains le pouvoir capable de briser tous les obstacles politiques sur la voie de l'ordre nouveau. Le &#034;prol&#233;tariat organis&#233; en classe dominante&#034;, c'est la dictature. En m&#234;me temps, c'est la seule d&#233;mocratie prol&#233;tarienne. Son envergure et sa profondeur d&#233;pendent des conditions historiques concr&#232;tes. Plus est grand le nombre des &#233;tats qui s'engagent dans la r&#233;volution socialiste, plus les formes de dictature seront libres et souples, et plus la d&#233;mocratie ouvri&#232;re sera large et profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Le d&#233;veloppement international du capitalisme implique le caract&#232;re international de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Son action commune, dans les pays civilis&#233;s tout au moins, est une des premi&#232;res conditions de son &#233;mancipation. Le d&#233;veloppement ult&#233;rieur du capitalisme a si &#233;troitement li&#233; les unes aux autres toutes les parties de notre plan&#232;te, &#034;civilis&#233;es&#034; et &#034;non-civilis&#233;es&#034;, que le probl&#232;me de la r&#233;volution socialiste a compl&#232;tement et d&#233;finitivement pris un caract&#232;re mondial. La bureaucratie sovi&#233;tique a essay&#233; de liquider le Manifeste dans cette question fondamentale. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence bonapartiste de l'Etat sovi&#233;tique a &#233;t&#233; l'illustration meurtri&#232;re du mensonge de la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. &#034;Une fois que, dans le cours du d&#233;veloppement, les diff&#233;rences de classe ont disparu et que toute la production est concentr&#233;e aux mains des individus associ&#233;s, le pouvoir public perd son caract&#232;re politique.&#034; Autrement dit l'Etat d&#233;p&#233;rit. Il reste la soci&#233;t&#233;, lib&#233;r&#233;e de sa camisole de force. C'est cela le socialisme. Le th&#233;or&#232;me inverse, la monstrueuse croissance de la contrainte d'Etat en U.R.S.S. d&#233;montre que la soci&#233;t&#233; s'&#233;loigne du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. &#034;Les ouvriers n'ont pas de patrie.&#034; Cette phrase du Manifeste a &#233;t&#233; souvent jug&#233;e par les philistins comme une boutade bonne pour l'agitation. En r&#233;alit&#233;, elle donnait au prol&#233;tariat la seule directive raisonn&#233;e sur le probl&#232;me de la &#034;patrie&#034; socialiste. La suppression de cette directive par la II&#176; internationale a entra&#238;n&#233; non seulement la destruction de l'Europe pendant quatre ann&#233;es, mais encore la stagnation actuelle de la culture mondiale. Devant l'approche de la nouvelle guerre, le Manifeste demeure aujourd'hui encore le conseiller le plus s&#251;r dans la question de la &#034;patrie&#034; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons ainsi que le petit ouvrage des deux jeunes auteurs continue &#224; fournir des indications irrempla&#231;ables dans les questions fondamentales et les plus br&#251;lantes de la lutte de lib&#233;ration. Quel autre livre pourrait se mesurer, m&#234;me de loin, avec le Manifeste communiste ? Cela ne signifie nullement, cependant, qu'apr&#232;s quatre-vingt-dix ann&#233;es de d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent des forces productives et de grandioses luttes sociales, le Manifeste n'ait pas besoin de corrections et de compl&#233;ments. La pens&#233;e r&#233;volutionnaire n'a rien de commun avec l'idol&#226;trie. Les programmes et les pronostics se v&#233;rifient et se corrigent &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience, qui est pour la pens&#233;e humaine l'instance supr&#234;me. Des corrections et des compl&#233;ments, ainsi qu'en t&#233;moigne l'exp&#233;rience historique m&#234;me, ne peuvent &#234;tre apport&#233;s avec succ&#232;s qu'en partant de la m&#233;thode qui se trouve &#224; la base du Manifeste. Nous essaierons de le montrer en nous aidant des exemples les plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Marx enseignait qu'aucun ordre social n'abandonne la sc&#232;ne avant d'avoir &#233;puis&#233; ses possibilit&#233;s cr&#233;atrices. Le Manifeste fl&#233;trit le capitalisme parce qu'il entrave le d&#233;veloppement des forces productrices. A son &#233;poque cependant, ainsi qu'au cours des d&#233;cennies suivantes, cette entrave n'&#233;tait que relative : si, dans la seconde moiti&#233; du XIX&#176; si&#232;cle, l'&#233;conomie avait pu &#234;tre organis&#233;e sur les fondements socialistes, le rythme de sa croissance aurait &#233;t&#233; incomparablement plus rapide. Cette th&#232;se, th&#233;oriquement incontestable, ne change rien au fait que les forces productives ont continu&#233; &#224; cro&#238;tre, &#224; l'&#233;chelle mondiale, sans interruption jusqu'&#224; la guerre mondiale. Ce n'est qu'au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es qu'en d&#233;pit des d&#233;couvertes les plus modernes de la science et de la technique, s'est ouverte la p&#233;riode de la stagnation directe et m&#234;me du d&#233;clin de l'&#233;conomie mondiale. L'humanit&#233; commence &#224; vivre sur le capital accumul&#233; et la prochaine guerre menace de d&#233;truire pour longtemps les bases m&#234;me de la civilisation. Les auteurs du Manifeste escomptaient que le Capital se briserait longtemps avant de transformer, de r&#233;gime relativement r&#233;actionnaire en un r&#233;gime absolument r&#233;actionnaire. Cette transformation ne s'est pr&#233;cis&#233;e qu'aux yeux de la g&#233;n&#233;ration actuelle et elle a fait de notre &#233;poque celle des guerres, des r&#233;volutions et du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'erreur de Marx-Engels quant aux d&#233;lais historiques d&#233;coulait d'une part de la sous-estimation des possibilit&#233;s ult&#233;rieures inh&#233;rentes au capitalisme et d'autre part de la surestimation de la maturit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. La r&#233;volution de 1848 ne s'est pas transform&#233;e en r&#233;volution socialiste, comme le Manifeste l'avait escompt&#233;, mais ouvrit par la suite &#224; l'Allemagne la possibilit&#233; d'un &#233;panouissement formidable. La Commune de Paris d&#233;montra que le prol&#233;tariat ne peut arracher le pouvoir &#224; la bourgeoisie sans avoir &#224; sa t&#234;te un parti r&#233;volutionnaire &#233;prouv&#233;. Or la longue p&#233;riode d'essor capitaliste qui suivit entra&#238;na, non l'&#233;ducation d'une avant-garde r&#233;volutionnaire, mais au contraire, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence bourgeoise de la bureaucratie ouvri&#232;re, qui devint &#224; son tour le frein principal de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Cette &#034;dialectique&#034;, les auteurs du Manifeste ne pouvaient la pr&#233;voir eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le capitalisme, c'est, pour le Manifeste, le r&#232;gne de la libre concurrence. Parlant de la concentration croissante du Capital, le Manifeste n'en tire pas encore la n&#233;cessaire conclusion au sujet du monopole qui est devenu la forme dominante du Capital &#224; notre &#233;poque et la pr&#233;misse la plus importante de l'&#233;conomie socialiste. Ce n'est que plus tard que Marx constata que dans son Capital la tendance &#224; la transformation en monopole de la libre concurrence. La caract&#233;ristique scientifique du capitalisme de monopole a &#233;t&#233; donn&#233;e par L&#233;nine dans son Imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Se r&#233;f&#233;rant surtout &#224; l'exemple de la &#034;r&#233;volution industrielle&#034; anglaise, les auteur du Manifeste se repr&#233;sentaient de fa&#231;on trop rectiligne le processus de liquidation des classes interm&#233;diaires sous la forme d'une prol&#233;tarisation totale de l'artisanat, du petit commerce et de la paysannerie. En r&#233;alit&#233;, les forces &#233;l&#233;mentaires de la concurrence sont loin d'avoir achev&#233; cette &#339;uvre &#224; la fois progressiste et barbare. Le Capital a ruin&#233; la petite bourgeoisie beaucoup plus vite qu'il ne l'a prol&#233;taris&#233;e. En outre, la politique consciente de l'Etat bourgeois vise depuis longtemps &#224; conserver artificiellement les couches petites bourgeoises. Le d&#233;veloppement de la technique et la rationalisation de la grande production, tout en engendrant un ch&#244;mage organique, freinent, &#224; l'oppos&#233;, la prol&#233;tarisation de la petite bourgeoisie. En m&#234;me temps, le d&#233;veloppement du capitalisme a accru de fa&#231;on extraordinaire l'arm&#233;e des techniciens, des administrateurs, des employ&#233;s de commerce, en un mot de tout ce qu'on appelle &#034;la nouvelle classe moyenne&#034;. Le r&#233;sultat en est que les classes moyennes, dont le Manifeste pr&#233;voit de fa&#231;on si cat&#233;gorique la disparition, constituent, m&#234;me dans un pays aussi industrialis&#233; que l'Allemagne, &#224; peu pr&#232;s la moiti&#233; de la population. La conservation artificielle des couches petites-bourgeoises depuis longtemps p&#233;rim&#233;es n'att&#233;nue cependant en rien les contradictions sociales. Au contraire, elle les rend particuli&#232;rement morbides. S'ajoutant &#224; l'arm&#233;e permanente des ch&#244;meurs, elle est l'expression la plus malfaisante du pourrissement du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le Manifeste, con&#231;u pour une &#233;poque r&#233;volutionnaire contient (&#224; la fin de son second chapitre) dix revendications qui correspondent &#224; la p&#233;riode de la transition imm&#233;diate du capitalisme au socialisme. Dans leur pr&#233;face de 1872 Marx et Engels indiqu&#232;rent que ces revendications &#233;taient en partie vieillies et qu'elles n'avaient plus en tout cas qu'une signification secondaire. Les r&#233;formistes se sont empar&#233;s de cette appr&#233;ciation ; ils l'on interpr&#233;t&#233;e dans le sens que les mots d'ordre r&#233;volutionnaires transitoires c&#233;daient d&#233;finitivement la place au &#034;programme minimum&#034; de la social-d&#233;mocratie qui, lui, comme on le sait, ne sortait pas du cadre de la d&#233;mocratie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les auteurs du Manifeste ont indiqu&#233; de fa&#231;on tr&#232;s pr&#233;cise la principale correction &#224; apporter &#224; leur programme de transition, &#224; savoir : &#034;Il ne suffit par que la classe ouvri&#232;re s'empare de la machine d'&#233;tat pour la faire servir &#224; sa propre fin&#034;. Autrement dit, la correction visait le f&#233;tichisme de la d&#233;mocratie bourgeoise. A l'Etat capitaliste, Marx opposa plus l'&#233;tat de type de la Commune. Ce &#034;type&#034; a pris, par la suite, la forme beaucoup plus pr&#233;cise des soviets. Il ne peut y avoir aujourd'hui de programme r&#233;volutionnaire sans soviets et sans contr&#244;le ouvrier. Quant &#224; tout le reste, aux dix revendications du Manifeste, qui, &#224; l'&#233;poque de la paisible activit&#233; parlementaire, apparaissaient &#034;archa&#239;ques&#034;, elle ont jusqu'&#224; pr&#233;sent rev&#234;tu toute leur importance. Ce qui est, en revanche, vieilli sans espoir, c'est le &#034;programme minimum&#034; social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Pour justifier l'espoir que la &#034;r&#233;volution bourgeoise allemande ne peut &#234;tre que le pr&#233;lude de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&#034;, le Manifeste invoque les conditions g&#233;n&#233;rales beaucoup plus avanc&#233;es de la civilisation europ&#233;enne par rapport &#224; l'Angleterre du XVI&#176; si&#232;cle et &#224; la France au XVII&#176;, et le d&#233;veloppement bien sup&#233;rieur du prol&#233;tariat. L'erreur de ce pronostic ne consiste pas seulement dans l'erreur sur le d&#233;lai. Quelques mois plus tard, la r&#233;volution de 1848 montra pr&#233;cis&#233;ment que, dans la situation d'une &#233;volution plus avanc&#233;e, aucune des classes bourgeoises n'est capable de mener jusqu'au bout la r&#233;volution : la grande et moyenne bourgeoisie est trop li&#233;e aux propri&#233;taires fonciers et trop soud&#233;e par la peur des masses ; la petite bourgeoisie est trop dispers&#233;e et trop d&#233;pendante, par l'interm&#233;diaire de ses dirigeant de la grande bourgeoisie. Comme l'a d&#233;montr&#233; l'&#233;volution ult&#233;rieure en Europe et en Asie, la r&#233;volution bourgeoise, prise isol&#233;ment, ne peut plus du tout se r&#233;aliser. La purification de la soci&#233;t&#233; des d&#233;froques f&#233;odales n'est possible que si le prol&#233;tariat, lib&#233;r&#233; de l'influence des partis bourgeois, est capable de se placer &#224; la t&#234;te de la paysannerie et d'&#233;tablir sa dictature r&#233;volutionnaire. Par l&#224;-m&#234;me, la r&#233;volution socialiste pour s'y dissoudre ensuite. La r&#233;volution internationale devient ainsi un cha&#238;non de la r&#233;volution internationale. La transformation des fondements &#233;conomiques et de tous les rapports de la soci&#233;t&#233; prend un caract&#232;re permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La claire compr&#233;hension du rapport organique entre la r&#233;volution d&#233;mocratique et la dictature du prol&#233;tariat et, par cons&#233;quent, avec la r&#233;volution socialiste internationale, constitue, pour les partis r&#233;volutionnaires des pays arri&#233;r&#233;s d'Asie, d'Am&#233;rique latine, d'Afrique, une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. En montrant comment le capitalisme entra&#238;ne dans son tourbillon les pays arri&#233;r&#233;s et barbares, le Manifeste ne mentionne pas la lutte des peuples coloniaux et semi-coloniaux pour leur ind&#233;pendance. Dans la mesure o&#249; Marx et Engels pensaient que la r&#233;volution socialiste, &#034;dans les pays civilis&#233;s tout au moins&#034;, &#233;tait l'affaire des ann&#233;es prochaines, la question des colonies &#233;tait, &#224; leur yeux, r&#233;solue, non comme r&#233;sultat d'un mouvement autonome des peuples opprim&#233;s, mais comme r&#233;sultat de la victoire du prol&#233;tariat dans les m&#233;tropoles du capitalisme. C'est pourquoi les questions de la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire dans les pays coloniaux et semi-coloniaux ne sont m&#234;me pas effleur&#233;es dans le Manifeste. Mais ces question exigent des solution particuli&#232;res. Ainsi, par exemple, il est bien &#233;vident que si la &#034;patrie nationale&#034; est devenu le pire frein historique dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, elle reste encore un facteur relativement progressiste dans les pays arri&#233;r&#233;s qui sont oblig&#233;s de lutter pour leur existence et leur ind&#233;pendance. &#034;Les communistes, d&#233;clare le Manifeste, appuient dans tous les pays tout mouvement r&#233;volutionnaire contre l'ordre politique et social existant.&#034; Le mouvement des race de couleur contre les oppresseurs imp&#233;rialistes est l'un des mouvement les plus puissants et les plus important contre l'ordre existant et c'est pourquoi il lui faut le soutient complet, sans r&#233;ticence, du prol&#233;tariat de race blanche. Le m&#233;rite d'avoir d&#233;velopp&#233; la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire des peuples opprim&#233;s revient surtout &#224; L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. La partie la plus vieillie du Manifeste - non quant &#224; la m&#233;thode, mais quant &#224; l'objet - est la critique de la litt&#233;rature &#034;socialiste&#034; de la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&#176; si&#232;cle, et la d&#233;finition de la position des communistes vis-&#224;-vis des diff&#233;rents partis d'opposition. Les tendances et partis &#233;num&#233;r&#233;s dans le Manifeste ont &#233;t&#233; balay&#233;s si radicalement par la r&#233;volution de 1848 ou par la contre-r&#233;volution qui suivit, que l'histoire ne les mentionne m&#234;me plus. Cependant, dans cette partie &#233;galement le Manifeste nous est peut &#234;tre aujourd'hui plus proche qu'&#224; la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente. A l'&#233;poque de la prosp&#233;rit&#233; de la II&#176; internationale, lorsque le marxisme semblait r&#233;gner sans conteste, les id&#233;es du socialisme d'avant Marx pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme d&#233;finitivement r&#233;volues. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. La d&#233;cadence de la social-d&#233;mocratie et de l'Internationale Communiste engendre &#224; chaque pas de monstrueuses r&#233;cidives id&#233;ologiques. La pens&#233;e s&#233;nile retombe pour ainsi dire dans l'enfance. A la recherche des formules de salut, les proph&#232;tes de l'&#233;poque du d&#233;clin red&#233;couvrent les doctrines depuis longtemps enterr&#233;es par le socialisme scientifique. En ce qui concerne la question des partis d'opposition, les d&#233;cennies &#233;coul&#233;es y ont apport&#233; les plus profonds changements : non seulement les vieux partis ont &#233;t&#233; remplac&#233;s depuis longtemps par de nouveaux, mais encore le caract&#232;re m&#234;me des partis et de leurs rapports mutuels s'est radicalement modifi&#233; dans les conditions de l'&#233;poque imp&#233;rialiste. Le Manifeste doit donc &#234;tre compl&#233;t&#233; par les principaux documents des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste, par le litt&#233;rature fondamentale du bolchevisme et les d&#233;cisions de conf&#233;rences de la IV&#176; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons rappel&#233; ci-dessus que, pour Marx, aucun ordre social ne quitte la sc&#232;ne avant d'avoir &#233;puise ses possibilit&#233;s. Cependant l'ordre social, m&#234;me p&#233;rim&#233;, ne c&#232;de pas la place &#224; un ordre nouveau sans r&#233;sistance. La succession des r&#233;gimes sociaux suppose la lutte de classe le plus &#226;pre, c'est-&#224;-dire la r&#233;volution. Si le prol&#233;tariat, pour une raison ou pour une autre, s'av&#232;re incapable de renverser l'ordre bourgeois qui se survit, il ne reste au capital financier, dans sa lutte pour maintenir sa domination &#233;branl&#233;e, qu'&#224; transformer la petite bourgeoisie, qu'il a conduite au d&#233;sespoir et &#224; la d&#233;moralisation, en une arm&#233;e de pogrome du fascisme. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence bourgeoise de la social-d&#233;mocratie et la d&#233;g&#233;n&#233;rescence fasciste de la petite bourgeoisie sont entrelac&#233;es comme cause et effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la III&#176; internationale m&#232;ne dans tous les pays avec une licence plus effr&#233;n&#233;e encore, son &#339;uvre de tromperie et de d&#233;moralisation des travailleurs. En frappant l'avant-garde du prol&#233;tariat espagnol, les mercenaires sans scrupules de Moscou non seulement, fraient la voie au fascisme, mais encore r&#233;alisent une bonne partie de sa besogne. La longue crise de la culture humaine, se ram&#232;ne au fond &#224; la crise de la direction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;riti&#232;re de la grande tradition dont le Manifeste du parti communiste est le cha&#238;non le plus pr&#233;cieux, la IV&#176; Internationale &#233;duque de nouveaux cadres pour r&#233;soudre les t&#226;ches anciennes. La th&#233;orie est la r&#233;alit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e. La volont&#233; passionn&#233;e de refondre la structure de la r&#233;alit&#233; sociale s'exprime dans une attitude honn&#234;te &#224; l'&#233;gard de la th&#233;orie r&#233;volutionnaire. Le fait qu'au sud du continent noir, nos camarades d'id&#233;es aient traduit pour la premi&#232;re fois le Manifeste dans la langue des Africains Boers constitue une confirmation &#233;clatante du fait que la pens&#233;e marxiste n'est aujourd'hui vivante que sous le drapeau de la IV&#176; internationale. L'avenir lui appartient. Au centenaire du Manifeste communiste, la IV&#176; Internationale sera la force r&#233;volutionnaire d&#233;terminante sur notre plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 octobre 1937.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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