<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?id_mot=164&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>https://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-32cbc.jpg?1777518029</url>
		<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>L'Argentine redevient une dictature ouvertement antisociale et lance l'offensive contre la classe ouvri&#232;re</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7567</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7567</guid>
		<dc:date>2023-12-27T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Argentine redevient une dictature ouvertement antisociale et lance l'offensive contre la classe ouvri&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant m&#234;me sa prise de fonction ce Dimanche 10 D&#233;cembre, Javier Milei, largement &#233;lu &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat argentin, avait d&#233;j&#224; engag&#233; la bataille contre les avanc&#233;es sociales durement gagn&#233;es par les Argentins depuis la fin de la dictature. &lt;br class='autobr' /&gt; Ses vid&#233;os chocs avec sa tron&#231;onneuse pour tailler dans le budget de l'&#233;tat ont fait le tour de la plan&#232;te et ses diatribes contre le Pape &#8220;Cet (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Argentine redevient une dictature ouvertement antisociale et lance l'offensive contre la classe ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me sa prise de fonction ce Dimanche 10 D&#233;cembre, Javier Milei, largement &#233;lu &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat argentin, avait d&#233;j&#224; engag&#233; la bataille contre les avanc&#233;es sociales durement gagn&#233;es par les Argentins depuis la fin de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ses vid&#233;os chocs avec sa tron&#231;onneuse pour tailler dans le budget de l'&#233;tat ont fait le tour de la plan&#232;te et ses diatribes contre le Pape &#8220;Cet imb&#233;cile qui veut l'&#233;galit&#233; sociale alors que l'&#233;galit&#233; sociale c'est du vol&#8220; ont pu choquer mais continuent d'&#234;tre revendiqu&#233;es comme lignes conductrices de son action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/juan-h-sandino/blog/101223/en-argentine-le-nouveau-president-attaque-frontalement-le-droit-des-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/juan-h-sandino/blog/101223/en-argentine-le-nouveau-president-attaque-frontalement-le-droit-des-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mesures annonc&#233;es figure l'abrogation de la loi encadrant les loyers &#171; pour que le march&#233; immobilier recommence &#224; fonctionner sans probl&#232;me &#187;, a expliqu&#233; le pr&#233;sident, investi le 10 d&#233;cembre . Doivent &#233;galement &#234;tre abrog&#233;es les lois emp&#234;chant la privatisation d'entreprises publiques comme la compagnie a&#233;rienne Aerolineas Argentinas - nationalis&#233;e en 2008 - ou le groupe p&#233;trolier YPF. Les soci&#233;t&#233;s publiques seront toutes transform&#233;es en soci&#233;t&#233;s anonymes en vue de leur privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'Etat de 53 ans, &#233;lu sur un programme de d&#233;gagisme de la &#171; caste politique &#187;, a aussi annonc&#233; une &#171; modernisation du droit du travail &#187; pour cr&#233;er plus d'emplois, la modification de la loi sur les soci&#233;t&#233;s pour que les clubs de foot puissent se transformer en soci&#233;t&#233;s anonymes et une longue s&#233;rie d'autres mesures de d&#233;r&#233;gulation des secteurs du tourisme, de la sant&#233;, d'internet, du transport a&#233;rien, de la pharmacie, de la viticulture ou encore du commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouvelles mesures s'ajoutent &#224; celles annonc&#233;es d&#232;s le 12 d&#233;cembre. Parmi elles, une d&#233;valuation de plus de 50 % du peso et la r&#233;duction des subventions aux transports et &#224; l'&#233;nergie. Pour Jean-Christophe Caffet, chef &#233;conomiste de Coface, &#171; Javier Milei s'est lanc&#233; dans une th&#233;rapie de choc pour tenter de redonner confiance aux investisseurs &#233;trangers. Il promet de mettre fin au p&#233;ch&#233; originel du financement mon&#233;taire du d&#233;ficit public par la banque centrale, afin de r&#233;duire l'inflation qui d&#233;passe les 150 %. Pour cela, il r&#233;duit drastiquement les d&#233;penses publiques pour faire dispara&#238;tre ce d&#233;ficit, et il lib&#233;ralise et d&#233;r&#233;gule l'&#233;conomie afin d'attirer des devises et des investisseurs &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident argentin d'extr&#234;me droite, Javier Milei, a sign&#233; mercredi un d&#233;cret dit de n&#233;cessit&#233; et d'urgence (DNU) qui vise &#224; r&#233;duire la taille du gouvernement, &#224; supprimer les r&#233;glementations et &#224; priver la classe ouvri&#232;re des prestations sociales, de salaire, de retraites et d'aide sociale qui existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/26/ckke-d26.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/26/ckke-d26.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme &#171; d'ajustement &#187; &#233;conomique pr&#233;sent&#233; par Caputo est cens&#233; placer la barre plus haut pour les attaques contre le niveau de vie des travailleurs du monde entier. Ces mesures ont &#233;t&#233; dict&#233;es par le Fonds mon&#233;taire international (FMI), dont la directrice, Kristalina Georgieva, les a salu&#233;es, les qualifiant de &#171; premi&#232;res actions audacieuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de craintes quant &#224; la r&#233;action de la classe ouvri&#232;re combative d'Argentine, incitant le Financial Times &#224; avertir que Milei &#171; fait face &#224; la plus br&#232;ve des lunes de miel &#187;, l'annonce n'a &#233;t&#233; faite que deux jours apr&#232;s l'investiture. Caputo a &#233;galement retard&#233; l'&#233;mission pour la r&#233;enregistrer plusieurs fois et n'a propos&#233; aucune conf&#233;rence de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mesure annonc&#233;e par Caputo a &#233;t&#233; une d&#233;valuation du peso officiel, qui passe de 366 &#224; 820 pesos pour un dollar. Il a ensuite &#233;voqu&#233; la r&#233;duction des subventions et la suppression du plafonnement des prix des carburants, des transports publics, de l'&#233;lectricit&#233;, du gaz, de l'eau, des soins de sant&#233; priv&#233;s et d'autres biens essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux mesures devraient &#224; elles seules provoquer imm&#233;diatement de fortes hausses de prix ou &#171; tarifsazos &#187; et appauvrir davantage les travailleurs alors que le taux de pauvret&#233; est d&#233;j&#224; de 45 pour cent et de 63 pour cent pour les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milei, ennemi autoproclam&#233; de l'ing&#233;rence de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie, augmentera &#233;galement la taxe PAIS sur les importations qui passe de 7,5 &#224; 17,5 pour cent, augmentant ainsi le prix de nombreux produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un estimation du journal en ligne Infobae les prix augmenteront &#171; &#224; tr&#232;s court terme &#187; en moyenne de 98,7 pour cent pour 30 produits de base, suite aux annonces de mardi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait &#171; des mois de forte r&#233;cession et de forte inflation &#187; a comment&#233; l'ancien directeur de la Banque centrale Enrique Szewach au quotidien en ligne, ajoutant que cela s'accompagnerait de coupes sociales brutales. &#171; C'est un ajustement brutal ; un qui n'est pas orthodoxe. Ou en tout cas, il s'agit d'un ajustement brutalement orthodoxe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarant son objectif de ramener le d&#233;ficit public d'environ 5 pour cent du PIB &#224; z&#233;ro &#224; moyen terme, Milei a d&#233;j&#224; r&#233;duit de moiti&#233; le nombre des minist&#232;res d'&#201;tat, passant de 18 &#224; neuf, et a mis fin &#224; tous les nouveaux travaux publics, ce qui aura un impact sur des dizaines de milliers d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caputo a &#233;galement d&#233;clar&#233; que le budget des provinces serait r&#233;duit au minimum. En cons&#233;quence, les services sociaux et les retraites seront &#224; court de financement. Les zones rurales et semi-rurales de la r&#233;gion nord du Chaco, d&#233;j&#224; confront&#233;es &#224; de graves p&#233;nuries, sont condamn&#233;es &#224; une crise humanitaire majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/14/gprw-d14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/14/gprw-d14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les grandes villes, &#224; l'exception de quelques quartiers de Buenos Aires, et 20 des 23 provinces ont vot&#233; pour Milei, qui est entr&#233; dans la politique officielle il y a seulement deux ans. Milei est connu pour ses attaques hitl&#233;riennes contre les d&#233;penses publiques et les pauvres, son adoration de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et d'Isra&#235;l, et ses croyances obscurantistes, y compris ses affirmations selon lesquelles il recevrait des conseils de son chien mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales sections de la classe dirigeante argentine et de l'imp&#233;rialisme se sont largement rang&#233;es derri&#232;re Milei et ont encourag&#233; sa &#171; th&#233;rapie de choc &#187; planifi&#233;e d'aust&#233;rit&#233; sociale et de privatisations, ainsi que le renforcement des forces r&#233;pressives militaires et paramilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bloomberg cite par exemple un magnat argentin qui a d&#233;clar&#233; : &#171; Seul un fou peut faire ce qu'il faut pour faire avancer le pays. &#187; L'ancien pr&#233;sident Mauricio Macri, qui offre la collaboration de son parti pour aider Milei &#224; gouverner, a appel&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision nationale le &#171; noyau r&#233;volutionnaire de la jeunesse &#187; de Milei &#224; s&#233;vir contre les &#171; orques &#187; qui protestent contre ses politiques, dans un appel flagrant &#224; la formation de gangs fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/11/27/pers-n27.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/11/27/pers-n27.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse aux mesures aust&#233;ritaires et aux privatisations massives annonc&#233;es par D&#233;crets de N&#233;cessit&#233; et d'Urgence par Javier Milei ce mercredi, des milliers de personnes se sont retrouv&#233;es dans la rue et devant le Congr&#232;s. Une premi&#232;re r&#233;ponse dans la rue au gouvernement d'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle dictature entend faire payer les &#034;frais&#034; de la manifestation aux organisateurs ! Une mani&#232;re d'interdire les manifestations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-actu/manifestation-en-argentine-contre-javier-milei-le-gouvernement-veut-faire-payer-les-frais-de-securite-aux-organisateurs-20231222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-actu/manifestation-en-argentine-contre-javier-milei-le-gouvernement-veut-faire-payer-les-frais-de-securite-aux-organisateurs-20231222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/international/amerique/en-argentine-javier-milei-reclame-60-millions-de-pesos-a-ceux-qui-ont-manifeste-contre-lui-20231223_NNYAWL2BR5CHNMRNFODS6YJY6A/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/international/amerique/en-argentine-javier-milei-reclame-60-millions-de-pesos-a-ceux-qui-ont-manifeste-contre-lui-20231223_NNYAWL2BR5CHNMRNFODS6YJY6A/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chute de l'empire Tiahuanaco-Huari - La ca&#237;da del imp&#233;rio Tiahuanaco y Huari</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307</guid>
		<dc:date>2019-03-29T23:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;rou</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Chili Chile</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen Age</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens &lt;br class='autobr' /&gt;
TIAHUANACO - TIWANAKU &lt;br class='autobr' /&gt;
Tiahuanaco est n&#233; en tant que village vers 1580 avant J.-C. C'est ensuite devenu une ville. Il a grandi en tant qu'&#201;tat local en 133 apr&#232;s J.-C. et en tant qu'&#201;tat r&#233;gional en 374 apr&#232;s J.-C. et imp&#233;rial en 724 apr&#232;s J.-C et a chut&#233; en l'ann&#233;e 1187 de notre &#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
HUARI - WARI &lt;br class='autobr' /&gt;
Huari est une cit&#233; qui na&#238;t en 550 de notre &#232;re, ville d'abord sous l'influence de Tiahuanaco puis s'en s&#233;parant, puis ce centre de migrations venues des campagnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;P&#233;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot262" rel="tag"&gt;Moyen Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/png/Huari-with-tiahuanaco.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/png/Huari-with-tiahuanaco.png' width=&#034;1200&#034; height=&#034;2220&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;TIAHUANACO - TIWANAKU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco est n&#233; en tant que village vers 1580 avant J.-C. C'est ensuite devenu une ville. Il a grandi en tant qu'&#201;tat local en 133 apr&#232;s J.-C. et en tant qu'&#201;tat r&#233;gional en 374 apr&#232;s J.-C. et imp&#233;rial en 724 apr&#232;s J.-C et a chut&#233; en l'ann&#233;e 1187 de notre &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/indexqmp.jpg' width=&#034;238&#034; height=&#034;212&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/tiahuanaco2-690x460.jpg' width=&#034;690&#034; height=&#034;460&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/250px-Cultura_Tiwanaku.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;203&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Y1ZJfUsS7kKwd8vqT0H_YncPWE0.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;450&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/tiahuanaco-1-2_24341_17_1.jpg' width=&#034;514&#034; height=&#034;415&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/300px-Ciudades_tiahuanacotas.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;236&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/fdae7abb475cdb2abc058b77d96dd9c1.jpg' width=&#034;474&#034; height=&#034;367&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/tiwanaku_mapa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/tiwanaku_mapa.jpg' width=&#034;900&#034; height=&#034;630&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Tiwanaku---vase-anthropomor.jpg' width=&#034;320&#034; height=&#034;240&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/ob_e9bd0e_muschel-ohrpfloecke-peru-tiahuanaco-sl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/ob_e9bd0e_muschel-ohrpfloecke-peru-tiahuanaco-sl.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;692&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/tiahuanaco_geocoin_ag_z1.jpg' width=&#034;505&#034; height=&#034;274&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;HUARI - WARI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huari est une cit&#233; qui na&#238;t en 550 de notre &#232;re, ville d'abord sous l'influence de Tiahuanaco puis s'en s&#233;parant, puis ce centre de migrations venues des campagnes se renforce et fonde des villes p&#233;riph&#233;riques, puis, en 700 de notre &#232;re, d&#233;veloppe un empire qui commence &#224; d&#233;cliner en 1000 de notre &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/fdae7abb475cdb2abc058b77d96dd9c1.jpg' width=&#034;474&#034; height=&#034;367&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1200px-Piquillacta_Archaeological_site_-_street.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1200px-Piquillacta_Archaeological_site_-_street.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;900&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/LA_CIUDAD_WARI_1.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;374&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/piquillacta.jpg' width=&#034;550&#034; height=&#034;366&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/cultura-wari-17.jpg' width=&#034;460&#034; height=&#034;231&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Tomb_at_Wari_ruins_near_Ayacucho.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Tomb_at_Wari_ruins_near_Ayacucho.jpg' width=&#034;2031&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/cultura-wari-11.jpg' width=&#034;660&#034; height=&#034;330&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/huari_e.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;309&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/tapiceria-wari.jpg' width=&#034;660&#034; height=&#034;330&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/wari_t.jpg' width=&#034;525&#034; height=&#034;364&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/huari_ty.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/huari_ty.jpg' width=&#034;1280&#034; height=&#034;1280&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/waricupjpg-fc76da48084cba1a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/waricupjpg-fc76da48084cba1a.jpg' width=&#034;682&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/wari_2.jpg' width=&#034;310&#034; height=&#034;397&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/indexqed.jpg' width=&#034;195&#034; height=&#034;259&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/main-image.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/main-image.jpg' width=&#034;959&#034; height=&#034;1200&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La chute du premier empire am&#233;ridien, celui de Tiahuanaco-Huari (ou Tiwanaku-Wari) vers 1100 apr&#232;s J.-C. - La ca&#237;da del primer imperio amerindio en Tiahuanaco y Huari en los a&#241;os 1 100 d.C. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : nous &#233;voquons ici un probl&#232;me sur lequel la science arch&#233;ologique et historique n'a pas tranch&#233; et qui reste en d&#233;bat. Les th&#232;ses adverses sont &#233;voqu&#233;es dans le texte qui suit. Les causes de la chute de ce double empire restent en d&#233;bat m&#234;me s'il est fort probable que les causes climatiques et environnementales se sont coupl&#233;es aux faiblesses de l'Etat couvrant un immense empire, trop grand pour &#234;tre maintenu sur les bases des anciennes m&#233;thodes d'irrigation et aussi des anciennes m&#233;thodes socio-politiques qui avaient pourtant fait son succ&#232;s. Et tout porte &#224; croire qu'il a chut&#233; au cours d'une vaste r&#233;volution sociale contre les classes dirigeantes. C'&#233;tait une r&#233;volution sociale contre les anciennes soci&#233;t&#233;s de chasseurs-cueuilleurs qui lui avait donn&#233; naissance et sa chute marque la fin de la domination des soci&#233;t&#233;s des cr&#234;tes des Andes pour laisser place &#224; celle des vall&#233;es comme le royaume Chim&#249;. La r&#233;volution sociale m&#232;ne &#224; une guerre civile qui d&#233;truit l'empire de l'int&#233;rieur, plut&#244;t qu'&#224; une guerre ext&#233;rieure men&#233;e par un adversaire ext&#233;rieur. C'est en tout cas la th&#232;se qui est d&#233;fendue ici, en d&#233;saccord avec la conception purement environnementaliste, actuellement en vogue, d'interpr&#233;tation des chutes des soci&#233;t&#233;s pr&#233;colombiennes. Ce qui caract&#233;rise notre point de vue, c'est que nous ne concevons pas d'&#233;tudier ces soci&#233;t&#233;s ind&#233;pendamment de leur structure socio-&#233;conomique de classes sociales et leur chute ind&#233;pendamment des luttes de classes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco et Huari sont deux soci&#233;t&#233;s qui se sont d&#233;velopp&#233;es dans la m&#234;me r&#233;gion, menant &#224; la fondation d'empires, et croissant parall&#232;lement, puis chutant dans la m&#234;me p&#233;riode, vers 1100 de notre &#232;re. Certains auteurs parlent m&#234;me d'un double empire Tiahuanaco-Huari. En effet, les conceptions qui ont alors domin&#233;, au plan id&#233;ologique, religieux comme culturel, philosophique et politique, les classes dirigeantes sont celles de la stabilit&#233; par la dualit&#233;. La dualit&#233; Tiahuanaco-Huari en faisait partie. La paix (encore appel&#233;e &#171; paix Tiahuanaco &#187;) &#233;tait &#233;tablie entre eux et a &#233;t&#233; maintenue sans discontinuer. La guerre n'a pas &#233;clat&#233; entre les deux empires jusqu'&#224; leur fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire de Tiahuanaco avait inaugur&#233; un mode de fonctionnement tr&#232;s original, ayant invent&#233; la royaut&#233; duale asym&#233;trique qui restera en h&#233;ritage des soci&#233;t&#233;s &#233;tatiques andines. C'est une diarchie, avec deux souverains qui gouvernent en m&#234;me temps, l'un &#233;tant plac&#233; au-dessus de l'autre. Le r&#233;gime est une th&#233;ocratie fond&#233;e sur des religieux dirigeant le peuple par la force de leur magie. L&#224; encore, les dualit&#233;s sont pr&#233;sentes. Elles marqueront aussi les civilisations suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233;e dans l'Altiplano bolivien, une des plus hautes r&#233;gions habit&#233;es du globe, &#224; 4.000 m&#232;tres d'altitude, la cit&#233; de Tiahuanaco (ou Tiwanaku) est perdue au beau milieu d'une plaine d&#233;sertique, balay&#233;e par les vents. C'est une tr&#232;s ancienne ville d'altitude au sud-est du lac Titicaca, dont on ne sait m&#234;me pas dater exactement les origines. Si les Incas n'ont v&#233;cu qu'un si&#232;cle, Tiahuanaco aurait v&#233;cu au minimum 27 si&#232;cles ! Mais l'empire a &#233;t&#233; plus bref : quand m&#234;me un demi-mill&#233;naire&#8230; Au d&#233;part, ce n'est qu'une modeste seigneurie, puis elle absorbe plusieurs cultures locales Wankarani et Chiripa et rivalise sans faiblesse avec le Seigneur de Pukara. Tiwanaku devient alors un centre politique et cultuel de premier ordre entre 100 et 400 de notre &#232;re. L'extinction de la soci&#233;t&#233; de Pukara, en 300 de notre &#232;re, fait de Tiahuanaco un Etat r&#233;gional tr&#232;s puissant. Sept si&#232;cles de paix vont suivre et permettre de construire l'empire Tiahuanaco. De 400 &#224; 800 de notre &#232;re, cela devient la capitale d'un vaste empire interr&#233;gional, interethnique, interlinguisitique, v&#233;ritablement international. Les constructions monumentales se multiplient : palais, temples et pyramides notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps de leur splendeur, les Tiahuanaco, par des moyens pacifiques ou par la guerre, occupaient une partie de la c&#244;te du P&#233;rou, le nord du Chili, le nord-ouest de l'Argentine et arrivaient &#224; l'est de la Bolivie, dans une zone &#233;valu&#233;e &#224; 600 000 km, soit plus grande que celle de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de cette soci&#233;t&#233; est agraire et il dispose de techniques d'irrigation. Les Tiwanakus poss&#233;daient une technique efficace et d'une simplicit&#233; g&#233;niale. En creusant des tranch&#233;es, ils ont r&#233;ussi &#224; &#233;viter la s&#233;cheresse (l'eau remontant par capillarit&#233;), cr&#233;er une sorte de serre naturelle (la chaleur du jour &#233;tant emmagasin&#233;e et redistribu&#233; la nuit tomb&#233;e) et &#224; prot&#233;ger la r&#233;colte des vents violents. Ce n'est nullement une m&#233;thode classique des soci&#233;t&#233;s agraires mais une invention de Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui a fait le succ&#232;s du mode de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; Tiahuanaco, lui permettant de se d&#233;velopper et de battre toutes les soci&#233;t&#233;s voisines ? La dynamique de cette soci&#233;t&#233; provient &#224; la fois d'une pluviosit&#233; importante, de techniques d'irrigations bien ma&#238;tris&#233;es, de techniques agricoles tr&#232;s productives, de multiples capacit&#233;s artisanales issues en partie des peuples voisins, d'un d&#233;veloppement d&#233;mographique important, d'une domination politique et sociale stable et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de grandes villes est un des atouts fondamentaux de Tiahuanaco. L'explosion urbaine s'&#233;tend ensuite aux zones satellites de l'empire. Le centre imp&#233;rial de Tiahuanco, avec ses 50.000 habitants, produit autour de lui des petites villes de 10.000 habitants avec Khonko Wankan&#233;, Lukurmata ou Pajchiri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire &#224; son sommet semblait cultiver 100.000 hectares de terres agricoles capables de nourrir 110.000 habitants. C'&#233;tait donc un succ&#232;s remarquable qui lui permettait de faire face &#224; un d&#233;veloppement d&#233;mographique consid&#233;rable et c'est dans cette phase l&#224; de succ&#232;s sans interruptions que l'empire chute sans avoir rencontr&#233; un ennemi &#224; sa taille, sans avoir &#233;t&#233; combattu par l'arm&#233;e d'un autre empire concurrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat Tiahuanaco a un r&#244;le central comme organisateur &#233;tatique des travaux d'irrigation et de culture, aussi bien que de construction de grands b&#226;timents et il se fonde sur le travail forc&#233;. Tant que l'Etat est capable de nourrir la population, il n'y a pas de probl&#232;me. Quand une s&#233;cheresse ou un exc&#232;s de pluviosit&#233; dure trop longtemps, la confiance et la peur des peuples envers l'Etat, repr&#233;sent&#233; par la th&#233;ocratie et la royaut&#233;, s'effondrent, livrant la place &#224; l'explosion des haines des opprim&#233;s. N'oublions pas que les classes dirigeantes affirmaient &#224; leurs peuples &#234;tre capables de s'entendre avec les dieux pour contr&#244;ler le climat ! Les sacrifices humains ont &#233;t&#233; accrus pour tenter d'infl&#233;chir les dieux, mais sans succ&#232;s et il est certain que les rois et empereurs comme les seigneurs locaux ont chut&#233; dans le discr&#233;dit le plus complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cette soci&#233;t&#233; a-t-elle pu chuter si brutalement : &lt;a href=&#034;http://www.precolombino.cl/wp/wp-content/uploads/tiwanaku.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici un texte historique en espagnol qui l'expose (page 96)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en citons un extrait traduit en fran&#231;ais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les rois et les pr&#234;tres sont alors tomb&#233;s dans le discr&#233;dit le plus complet. Apparemment, la r&#233;volte a d'abord explos&#233; dans les provinces. Dans la vall&#233;e d'Azapa, les tombes de l'&#233;lite de la colonie ont &#233;t&#233; profan&#233;es. Les corps, k&#233;ros et autres objets de leurs beaux artefacts ont &#233;t&#233; d&#233;chir&#233;s en lambeaux. La m&#234;me chose s'est produite &#224; Moquegua, mais sans en &#234;tre satisfait, un peuple s'est rassembl&#233; en masse et violemment dans le Temple des Trois Patios, pillant, effondrant les murs et d&#233;truisant leurs blocs de pierre de taille. Des troubles similaires ont d&#251; se produire ailleurs dans l'Empire et, enfin, la violence a &#233;clat&#233; &#224; Tiwanaku. Des centaines, peut-&#234;tre des milliers de personnes m&#233;contentes des quartiers de la ville et peut-&#234;tre de la r&#233;gion tout enti&#232;re, ont franchi le foss&#233; qui transformait le centre civique et c&#233;r&#233;monial exclusif et lib&#233;r&#233; leur fureur contre les temples et les palais qui incarnaient le pouvoir gouvernemental jusque-l&#224; sacro-saint. Ils ont jet&#233; &#224; bas leurs murs, incendi&#233; des pi&#232;ces et d&#233;moli et d&#233;truit des statues et des couvertures. Un incendie semble avoir pris feu au palais royal de Putuni. Au-del&#224;, le magnifique complexe architectural de Puma Punku &#233;tait r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de gravats : c'&#233;tait l'heure du pillage et de la destruction. La fi&#232;re ville de Taypikala a &#233;t&#233; d&#233;truite. Peu de temps avant ou peu apr&#232;s la r&#233;bellion, un groupe de pr&#234;tres s'est r&#233;uni dans la r&#233;sidence au nord-est du sommet Akapana. Sous l'&#233;paisse fum&#233;e du coa et les craquements &#233;linaudibles des braises dans les br&#251;leurs d'encens, ils ont sacrifi&#233; et coup&#233; en quartiers 14 lamas et ont offert leurs restes &#224; l'int&#233;rieur de l'enceinte. Ils ont plac&#233; les cr&#226;nes et les m&#226;choires sup&#233;rieures sur les c&#244;t&#233;s nord et ouest de la structure et les m&#226;choires inf&#233;rieures sur le coin sud-est. Dans le coin nord-est, ils ont offert une figurine de renard, plusieurs plaques de tupus et de cuivre, ainsi qu'une feuille d'argent. Les fruits des plantes tropicales se sont d&#233;pos&#233;s dans le coin oppos&#233;. Une fois sortis de la structure, ils scell&#232;rent leur entr&#233;e avec une offre h&#233;t&#233;rog&#232;ne : un os tembet&#225;, du mica, des morceaux d'obsidienne, des instruments &#224; quartz, des morceaux de jaspe et des fragments de fine c&#233;ramique polychrome, y compris la miniature d'un kero, un sahumador &#224; t&#234;te de puma et un verre avec l'image de la figure qui pr&#233;side la Puerta del Sol. Ils ont s&#251;rement &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;s dans les offrandes du centre et des quatre r&#233;gions du monde de Tiwanaku. Enfin, guid&#233;s par la lumi&#232;re angoissante de leurs briquets, les officiants du rite sont descendus en procession pour la derni&#232;re fois dans les escaliers de la pyramide sacr&#233;e. C'&#233;tait un rituel de cl&#244;ture, une c&#233;r&#233;monie au cours de laquelle le grand sanctuaire d'Akapana et l'Empire, qui y r&#233;gnait depuis pr&#232;s d'un mill&#233;naire, &#233;taient enterr&#233;s symboliquement &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du jour au lendemain, ce qui avait &#233;t&#233; un empire qui maintenait sous son h&#233;g&#233;monie tant de groupes ethniques diff&#233;rents, se fragmentait en de nombreuses seigneuries et f&#233;odalit&#233;s autonomes, qui seraient connues plus tard sous les noms de Lupaqas, Collas, Pacajes, Carangas, Quillacas et autres. Presque en un &#233;clair, la belle c&#233;ramique de l'&#233;lite Tiwanaku a disparu, y compris les k&#233;ros, les portraits-vases et les br&#251;leurs d'encens. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, tous les objets d&#233;cor&#233;s vont perdre en qualit&#233; et en importance et plus jamais on ne reverra dans un artisanat venu de Tiwanaku les images puissantes qui circulaient depuis des si&#232;cles dans les Andes &#224; travers des textiles et autres objets. Au cours du XIIe si&#232;cle, les chullpas ou tours fun&#233;raires des Aymaras remplaceront les monticules et les patios engloutis comme centres c&#233;r&#233;moniels. Pendant un certain temps, les sukakollos ont continu&#233; &#224; &#234;tre utilis&#233;s sur des bases plus rurales et communautaires. Quelques nouvelles ont m&#234;me &#233;t&#233; construites, mais entre 1245 et 1310, au plus fort de la s&#233;cheresse, cette technologie agricole ne pouvait m&#234;me pas satisfaire les demandes plus modestes des paysans et des paysans. Cette production agricole &#233;tait compl&#232;tement abandonn&#233;e. La culture sur des plates-formes ou des terrasses sur les pentes des vall&#233;es, qui est devenue le principal syst&#232;me agricole des peuples qui ont succ&#233;d&#233; &#224; Tiwanaku, &#233;tait beaucoup moins fragile. Les colonies ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es vers les parties les plus &#233;lev&#233;es, sont devenues moins complexes, plus petites et beaucoup plus nombreuses qu'&#224; l'&#233;poque pr&#233;c&#233;dente, signe sans &#233;quivoque d'une d&#233;sarticulation politique massive. En g&#233;n&#233;ral, ils ont &#233;t&#233; dot&#233;s de murs de d&#233;fense, car la guerre est devenue end&#233;mique dans toute la r&#233;gion. Dans le sc&#233;nario turbulent qui a suivi la d&#233;sint&#233;gration de l'Empire, avec de nombreuses seigneuries luttant pour des territoires et des ressources, le Pax Tiwanaku &#233;tait d&#233;j&#224; une chose du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le contr&#244;le de l'Etat termin&#233; &#224; Moquegua, les villageois se sont retourn&#233;s les uns contre les autres et se sont livr&#233;s &#224; une lutte fratricide, au pillage et &#224; la d&#233;vastation. Comme la situation ne menait pas au retour rapide de l'ancienne activit&#233; sur les hauts plateaux, de nombreuses familles ont choisi de quitter la r&#233;gion. Leurs villages d&#233;truits et les habitants abandonn&#233;s &#224; leur sort, les ex-colons ont laiss&#233; derri&#232;re eux les canaux et les champs de culture de la fertile vall&#233;e moyenne et se sont d&#233;plac&#233;s, vers des lieux de d&#233;fense plus faciles, prot&#233;geant leurs nouvelles et plus petites colonies avec des murs de contournement pour repousser les attaques des voisins. D'autres sont all&#233;s sur la c&#244;te et se sont install&#233;s dans la petite vall&#233;e d'Ilo. Connus sous le nom de Tumilaca, ces populations d'anciens colons ont commenc&#233; &#224; d&#233;velopper leurs propres versions des anciens styles de poterie, d'architecture, de v&#234;tements et d'autres &#233;l&#233;ments de Tiwanaku. La d&#233;coration de la c&#233;ramique est devenue moins standardis&#233;e et sa qualit&#233; a sensiblement diminu&#233;. Plus tard, les derniers vestiges des Tumilaca seraient absorb&#233;s sur la c&#244;te par les Chiribaya et Moquegua par les Estuqui&#241;a, un groupe d'immigrants Aymara originaires des hautes terres. &#192; Azapa et &#224; Tacna, les anciens colons de Tiwanaku ont continu&#233; pendant un moment &#224; s'habiller et &#224; s'enterrer &#224; la mani&#232;re des temps anciens, jusqu'&#224; ce qu'ils soient &#233;galement absorb&#233;s par les populations c&#244;ti&#232;res. &#187; (fin de citation)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIe si&#232;cle apr&#232;s J.-C., la capitale de l'empire de Tiahuanaco, livr&#233;e &#224; la guerre civile, fut abandonn&#233;e et commen&#231;&#232;rent &#224; appara&#238;tre quelques colonies mineures sur le plateau de Collao. Avant cet abandon, la ville comptait une population estim&#233;e entre 25 000 et 50 000 habitants, les implantations en dehors de la ville &#233;tant rares selon les d&#233;couvertes arch&#233;ologiques. Il s'est donc agi d'un &#233;v&#233;nement historique marquant et brutal. Il faut des raisons aussi marquantes et brutales pour abandonner la capitale d'un grand empire !!! La royaut&#233; a &#233;t&#233; renvers&#233;e et les classes poss&#233;dantes ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;es ou ont pris la fuite. Le travail forc&#233; a disparu. Les travaux d'irrigation ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s. Les monuments publics ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Les peuples ne se sont plus jamais rassembl&#233;s dans ces centres de pouvoir. Le mode de production et les rapports de production ont &#233;t&#233; radicalement d&#233;truits. Il en sera de m&#234;me &#224; Huari, m&#234;me si c'est de mani&#232;re plus progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'empire Huari lui-m&#234;me chute peu apr&#232;s au Xe si&#232;cle. Est-ce la stabilit&#233; de la dualit&#233; qui est remise en cause ? Est-ce que la chute de Tiahuanaco entra&#238;ne la mont&#233;e de concurrents ? Est-ce que les m&#234;mes difficult&#233;s climatiques entra&#238;nent le m&#234;me affaiblissement ? Ou bien Huari est-il contamin&#233; par la r&#233;volution sociale de Tiahuanaco, nous ne le savons pas encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, les arch&#233;ologues rel&#232;vent qu'&#224; partir de l'an 1100 av. J.-C., date de la chute de Tiahuanaco, Huari commence &#224; d&#233;cliner en tant que centre politique et perd le contr&#244;le des villes et des territoires de l'Empire apr&#232;s avoir &#233;tendu ses domaines pendant sept si&#232;cles sur une partie du territoire p&#233;ruvien. Au cours de cette phase de crise, la capitale et les grands centres urbains de Cajamarquilla et Maranga sur la c&#244;te centrale ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Tiahuanaco et Huari, nous avons eu une des premi&#232;res tentatives de fonder un grand Etat et la premi&#232;re dans cette r&#233;gion du monde. Quelles que soient les hypoth&#232;ses envisag&#233;es, c'est la faiblesse de l'Etat autant que celle de l'&#233;conomie sous-jacente (agiculture de montagne), relativement &#224; la grande taille de la r&#233;gion domin&#233;e, qui est &#233;voqu&#233;e pour comprendre la chute. Les &#233;v&#233;nements qui ont men&#233; &#224; l'effondrement de Huari sont sans doute aussi des d&#233;sordres politiques et sociaux, m&#234;me si les d&#233;tails n'en sont pas connus comme ceux expos&#233;s plus haut en ce qui concerne la guerre civile &#224; Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter les hypoth&#232;ses qui ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;es puisque les causes et les circonstances du d&#233;clin du pouvoir Huari sont inconnues. Certains disent que Huari a succomb&#233; &#224; cause de probl&#232;mes &#233;conomiques qui l'ont emp&#234;ch&#233; de satisfaire les besoins de ce grand empire. D'autres pensent qu'il a r&#233;gress&#233; avant une autre grande s&#233;cheresse, &#224; l'origine de son expansion. Il est fort possible qu'il y ait eu un m&#233;lange de ces deux ph&#233;nom&#232;nes. De plus, nous devons consid&#233;rer qu'en un temps de d&#233;veloppement aussi court, il n'a pas &#233;t&#233; possible de cr&#233;er suffisamment d'infrastructures d'&#201;tat pour maintenir un empire de cette taille. Et la raison des conflits internes a &#233;galement &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e. De nombreuses causes de guerre civile ont &#233;t&#233; envisag&#233;es, fond&#233;es sur des d&#233;sordres &#233;conomiques mais aussi des affrontements interethniques d'un empire int&#233;grant de nombreux peuples. Les empires sont puissants dans la mesure o&#249; ils maintiennent les peuples sous la domination, mais lorsque ces peuples sont lib&#233;r&#233;s, les empires d&#233;clinent et chutent brutalement. Les empires Tiahuanaco et Huari avaient int&#233;gr&#233; les peuples, les ethnies, les tribus, les langues, par le succ&#232;s &#233;conomique, social et politique de la fusion et du pouvoir qui en d&#233;coulait, mais la crise &#233;conomique et sociale a ramen&#233; toutes ces questions et entra&#238;n&#233; un affaiblissement &#233;norme et irr&#233;m&#233;diable du pouvoir et un renforcement de tous ses ennemis, les anciens peuples voisins, exploit&#233;s et opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les sp&#233;cialistes soulignent d'autre part que plusieurs des villes coloniales de Wari, appel&#233;es cabeceras de r&#233;gion, acqu&#233;raient une importance politique et &#233;conomique jusqu'&#224; atteindre une situation similaire &#224; celle de la m&#233;tropole et devenir en capacit&#233; de la concurrencer. Pachac&#225;mac (Lima) est un cas typique de la mani&#232;re dont s'est d&#233;roul&#233; le processus de lib&#233;ration des colonies wari. C'est &#224; cette &#233;poque que ces colonies ont commenc&#233; &#224; se lib&#233;rer du contr&#244;le imp&#233;rial du Wari, semant les germes de l'explosion de l'empire. Ce processus a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233; successivement, jusqu'au point o&#249; la ville m&#233;tropolitaine de Wari est devenue un &#233;l&#233;phant blanc, une domination priv&#233;e de toute base, c'est alors que sa ruine est arriv&#233;e. Tout cela s'est pass&#233; vers la fin du 11&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc par son succ&#232;s &#233;conomique que l'empire Wari a &#233;t&#233; vers sa fin, en d&#233;veloppant localement de multiples soci&#233;t&#233;s tout en chutant lorsque son centre a cess&#233; d'&#234;tre v&#233;ritablement le centre. Au pouvoir international a succ&#233;d&#233; un d&#233;velopp&#233; local de nationalit&#233;s, comme nouvelle &#233;tape de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La civilisation de Tiahuanaco&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La civilisation de Tiahuanaco ou Tiwanaku (de 300 &#224; 1100) tient son nom du principal centre c&#233;r&#233;moniel situ&#233; &#224; quelques kilom&#232;tres du lac Titicaca, situ&#233;e &#224; 71 km de La Paz, sur le territoire bolivien actuel. C'est une th&#233;ocratie qui fait &#233;riger un gigantesque temple dans lequel se trouvait la c&#233;l&#232;bre porte du soleil, monument embl&#233;matique de cette civilisation, sur le fronton de laquelle est repr&#233;sent&#233; un personnage mythique, probablement devenu &#034;huaca&#034; (interm&#233;diaire entre les hommes et l'au-del&#224;), que l'on retrouve dans la plupart des c&#233;ramiques et tissages produit par cette culture. Ce temple, renfermant de nombreuses statues, est remarquable par la qualit&#233; du travail de la pierre. Cette civilisation dispara&#238;t vers l'an 1100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire pr&#233;hispanique Tiahuanaco &#233;tait le premier dans les Andes. Il a surv&#233;cu pendant un demi-mill&#233;naire et a l&#233;gu&#233; sa culture politique, &#233;conomique et sociale aux Incas, mais sa grandeur est toujours ignor&#233;e, selon l'historienne bolivienne Patricia Monta&#241;o&#8230; &#034;Tiahuanaco est tr&#232;s bien &#233;tudi&#233;, mais malheureusement, les gens savent tr&#232;s peu de choses sur l'importance de cette civilisation&#034;, dont l'auteur a pour principale ville situ&#233;e &#224; 71 km de La Paz, a expliqu&#233; l'auteur &#224; Efe. L&#224; se trouvent le temple de Kalasasaya, la Porte du Soleil, le Temple semi-souterrain, les vestiges de la pyramide d'Akapana, des palais somptueux ainsi que des enclos militaires et des sculptures en pierre de leurs hi&#233;rarchies, monuments &#224; l'&#233;tude desquels Ponce Sanjin&#233;s a consacr&#233; sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco &#233;tait multiethnique et multilingue car on y parlait notamment l'aymara, le quechua, le uru et le puquina, mais la premi&#232;re de ces langues &#233;tait la langue dominante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Wikipedia :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La culture Tiahuanaco, &#224; l'origine Uru Puquina, s'est d&#233;velopp&#233;e sur les rives du lac Titicaca. Selon l'arch&#233;ologue Carlos Ponce Sangin&#233;s, s'est lev&#233; vers l'an 1580 avant J.-C. et a dur&#233; jusqu'&#224; l'ann&#233;e 1187 apr&#232;s J.-C. Le centre principal de cette culture &#233;tait situ&#233; &#224; une altitude de 3842 m&#232;tres. En raison de sa nature expansive, Tiahuanaco faisait partie des territoires actuels de la Bolivie et du P&#233;rou, mais se d&#233;veloppait principalement dans les hauts plateaux boliviens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture de Tiahuanaco est une culture antique qui s'est d&#233;velopp&#233;e dans les pays actuels d'Argentine, de Bolivie, du P&#233;rou et du Chili entre les ann&#233;es 1580 avant J.-C. et 1187 avant J.- C. Sa zone d'influence, visible sur des objets dot&#233;s d'une iconographie particuli&#232;re, inclut le bassin du lac Titicaca en tant que r&#233;gion centrale, &#224; partir de laquelle il se distribue vers les vall&#233;es et la c&#244;te de l'oc&#233;an Pacifique &#224; l'ouest, la r&#233;gion du Chapare &#224; l'est et la l'altiplano sud-bolivien et l'oasis de San Pedro de Atacama au sud. Sa capitale et son principal centre religieux &#233;tait la ville de Tiwanaku, situ&#233;e sur les rives de la rivi&#232;re du m&#234;me nom, &#224; quelques kilom&#232;tres au sud du lac Titicaca, dans l'actuel d&#233;partement bolivien de La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pense que Tiahuanaco a obtenu une s&#233;rie de biens et de ressources &#233;cosyst&#233;miques autres que Titicaca par le biais d'&#233;changes avec diverses soci&#233;t&#233;s locales des r&#233;gions de l'Altiplano et de Valladolid, bien qu'ils aient &#233;galement g&#233;r&#233; des enclaves de population dans des r&#233;gions telles que Moquegua (sud du P&#233;rou) et, &#233;ventuellement, Cochabamba. dans les vall&#233;es orientales boliviennes. Le site de Tiwanaku se caract&#233;rise par une vaste infrastructure c&#233;r&#233;monielle qui t&#233;moigne de pratiques religieuses tr&#232;s complexes. Son architecture et ses sculptures pr&#233;sentent une iconographie hautement standardis&#233;e sugg&#233;rant le d&#233;veloppement de syst&#232;mes de pens&#233;e raffin&#233;s, diffus&#233;s &#224; travers des objets plus l&#233;gers tels que la c&#233;ramique et les textiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment ces deux formes d'expression mat&#233;rielle sont celles qui trouvent une plus grande perfection technique, toujours sujettes &#224; des changements chronologiques et surtout &#224; des variations spatiales. Bien que l'on ait pens&#233; initialement que la poterie la plus grossi&#232;re de Tiwanaku serait la derni&#232;re ou &#034;d&#233;cadente&#034;, la d&#233;couverte en 2006 de plus de quatre cents pi&#232;ces en c&#233;ramique tr&#232;s color&#233;es et color&#233;es sur l'&#238;le de Pariti, dans la plus petite partie de Titicaca, dat&#233;e au radiocarbone dans 1000 jours. C., permet de discuter de cette id&#233;e. Ainsi, la signification de la vari&#233;t&#233; c&#233;ramique de Tiwanaku est toujours discut&#233;e. Il existe une diversit&#233; remarquable entre les zones du bassin du Titicaca lui-m&#234;me, sans oublier les styles d&#233;riv&#233;s de Tiwanaku dans des zones telles que Azapa (Chili) ou Cochabamba (Bolivie). Tiwanaku a &#233;galement excell&#233; dans l'art textile, avec l'utilisation pr&#233;dominante de la laine de cam&#233;lid&#233;s andins, g&#233;n&#233;rant des tapisseries polychromes extr&#234;mement complexes pouvant &#234;tre observ&#233;es dans des zones s&#232;ches telles que le nord du Chili ou l'altiplano sud de la Bolivie. Ils ont largement utilis&#233; la technologie du bronze, soulignant son utilisation dans l'architecture c&#233;r&#233;monielle en pierre sous forme de pinces. Les autres mat&#233;riaux travaill&#233;s par Tiwanaku ou par des r&#233;gions sujettes &#224; leur influence id&#233;ologique &#233;taient des ornements en or et en argent lamin&#233;s, des sculptures sur bois, des objets en os pyrograv&#233;s, des perles de vannerie et des perles en pierres semi-pr&#233;cieuses, des os et des coquillages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Europ&#233;en &#224; avoir d&#233;crit les vestiges arch&#233;ologiques de Tiwanaku fut le chroniqueur espagnol Pedro Cieza de Le&#243;n au seizi&#232;me si&#232;cle. Cependant, les visites des &#233;rudits sur le site ont eu lieu principalement depuis le XIXe si&#232;cle, avec des personnages tels que Alcide D'Orbigny, Ephraim Squier, Charles Weiner, et plus tard des arch&#233;ologues plus formels tels qu'Alphonse Bandelier ou Max Uhle, d&#233;j&#224; au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Par la suite, l'arch&#233;ologue amateur Arthur Posnansky a &#233;tudi&#233; la r&#233;gion en soulevant diverses th&#233;ories hautement sp&#233;culatives sur les origines et le d&#233;veloppement de Tiwanaku. Au cours du 20&#232;me si&#232;cle, les &#233;tudes de l'Am&#233;ricain Wendell Bennett dans les ann&#233;es 1930 se sont d&#233;marqu&#233;es ; le Bolivien Carlos Ponce Sangin&#233;s entre les ann&#233;es 60 et 80 ; et les Am&#233;ricains Alan Kolata, David Browman et Marc Bermann, ainsi que les Boliviens Juan Albarrac&#237;n-Jord&#225;n et Sonia Alconini, dans les ann&#233;es 90. Au cours du si&#232;cle actuel, les contributions des Am&#233;ricains John Janusek, Charles Stanish, Nicole Couture, Deborah Blom et Alexei Vranich sont remarquables ; le finlandais Antti Korpisaari ; et les Boliviennes Claudia Rivera, J&#233;du Sag&#225;rnaga et Juan Villanueva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la chute de l'empire Huari au Xe si&#232;cle, Tiahuanaco entre &#233;galement en crise. Au 12&#232;me si&#232;cle, l'effondrement &#233;tait in&#233;vitable et dans la r&#233;gion o&#249; Tiahuanaco &#233;tait en plein essor, de nouveaux &#201;tats Aymara ont &#233;merg&#233;, y compris le royaume de Colla et le royaume de Lupaca.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La th&#232;se environnementaliste &#233;voqu&#233;e dans &#171; Le d&#233;veloppement des Andes centrales &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir achev&#233; son premier mill&#233;naire d'existence, la soci&#233;t&#233; de Tiahuanaco a &#233;t&#233; frapp&#233;e par l'utilisation excessive et la d&#233;pendance de son agriculture sp&#233;cialis&#233;e sur des cr&#234;tes qui ont fini par se tarir et ne suffisaient plus &#224; leur subsistance. Entre 1050 et 1100 apr&#232;s J.-C., une s&#233;cheresse soudaine a commenc&#233;, suivie d'une deuxi&#232;me longue s&#233;cheresse qui a r&#233;duit l'altiplano &#224; une zone aride. Les cr&#234;tes ne pouvaient pas r&#233;sister &#224; la s&#233;cheresse extr&#234;me de 1050 apr&#232;s J.-C. environ qui a dur&#233; au moins une d&#233;cennie, suivie par une plus longue, bien que sporadique, qui a persist&#233; jusqu'en 1250 apr&#232;s JC. (Thompson et al., 1985 et 2000, Binford et al, 1997). Une diminution du drainage des cr&#234;tes et des syst&#232;mes d'irrigation est corr&#233;l&#233;e &#224; cette grande s&#233;cheresse, qui a apparemment provoqu&#233; la chute soudaine de Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; Tiahuanaco, le d&#233;but plus lent de la disparition de Huari semble &#234;tre li&#233; avant et pendant la m&#234;me p&#233;riode de ce changement climatique ainsi qu'&#224; l'utilisation excessive des terres autour de la capitale, qualifi&#233;es de zone aride. Mais dans le cas de Huari, l'affaiblissement de l'autorit&#233; de l'Etat qui en a r&#233;sult&#233; a provoqu&#233; une longue p&#233;riode de d&#233;s&#233;quilibres sociaux qui a finalement abouti &#224; la s&#233;paration des Chancas et des autres groupes locaux (Isbell, 1988). La faiblesse de Huari est attribu&#233;e &#224; un exc&#232;s de population dans le centre et ses environs ainsi qu'&#224; une gestion inad&#233;quate des ressources locales, ce qui entra&#238;ne sa surexploitation, compte tenu de son climat variable, sec et froid. Comme sugg&#233;r&#233; pr&#233;c&#233;demment, l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique li&#233;e &#224; la r&#233;duction des ressources pourrait contribuer &#224; propager l'instabilit&#233; politique et les troubles sociaux. Ces groupes se sont s&#233;par&#233;s et, &#224; la longue, cela a entra&#238;n&#233; la disparition d&#233;finitive de Huari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Tiahuanaco et Huari, g&#233;ographiquement situ&#233;s dans les montagnes, entre la jungle et la c&#244;te, les habitants disposaient de meilleures conditions pour &#233;tablir des liens &#233;conomiques et id&#233;ologiques renfor&#231;ant leur domination. Il en r&#233;sulta une augmentation de son interventionnisme et, dans le cas de Huari, une domination &#233;galement due &#224; l'importance du contr&#244;le des ressources aquif&#232;res. Ce contr&#244;le est devenu critique apr&#232;s la s&#233;cheresse aigu&#235; c.1050 d.C. et sa suite. La d&#233;t&#233;rioration du climat a d&#233;cim&#233; son pouvoir au moment m&#234;me o&#249; ils &#233;taient en pleine expansion. Cela sugg&#232;re un manque de flexibilit&#233; et peut-&#234;tre des syst&#232;mes hydrauliques ad&#233;quats ou des strat&#233;gies sociales ad&#233;quates pour assurer la maintenance de leurs infrastructures agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'&#201;tat ou de l'empire Huari a conduit &#224; une autre p&#233;riode de r&#233;gionalisation. Bien que l'approvisionnement en eau de la sierra ait diminu&#233; de 20 &#224; 30%, au cours de la p&#233;riode interm&#233;diaire tardive, de nouveaux &#201;tats c&#244;tiers ont &#233;merg&#233;. Sur la c&#244;te nord, dans la vall&#233;e de Moche, le puissant &#201;tat de Chim&#250; devint un empire qui investit consid&#233;rablement dans de vastes travaux d'irrigation (Farrington et Park, 1978). Ils ont propos&#233; de dominer les ressources de l'aquif&#232;re sans s'opposer aux habitants de la sierra. Cependant, les alt&#233;rations climatiques et g&#233;ologiques combin&#233;es &#224; l'attention qu'ils devaient consacrer &#224; l'irrigation et aux probl&#232;mes des champs voisins constituaient leur obstacle. Une inondation d&#233;sastreuse apr&#232;s le ph&#233;nom&#232;ne El Ni&#241;o au d&#233;but du XIIe si&#232;cle (Nials et al, 1979) a d&#233;truit une grande partie du r&#233;seau d'un canal destin&#233; &#224; l'irrigation des terres nouvellement acquises. Ensuite, malgr&#233; l'&#233;norme investissement dans le canal d'intervalle Chicama-Moche, il a &#233;t&#233; construit vers 1250 av. pour le d&#233;veloppement de nouvelles terres sans sel, il a &#233;t&#233; rapidement abandonn&#233; par les changements tectoniques et les probl&#232;mes insolubles li&#233;s &#224; l'&#233;rosion du canal (Ortloff et al, 1982). On estime que l'accent mis sur l'irrigation de nouvelles terres &#233;tait d&#251; &#224; la diminution de la fertilit&#233; caus&#233;e par l'accumulation de sel dans les anciens champs situ&#233;s pr&#232;s du fond de la vall&#233;e (Parsons et Hastings, 1988), un probl&#232;me encore pr&#233;sent dans certains syst&#232;mes d'irrigation. Les poulets coste&#241;o ont des taux d'&#233;vaporation &#233;lev&#233;s et un drainage inad&#233;quat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre r&#233;ponse aux restrictions d'eau sur les c&#244;tes et les montagnes a &#233;t&#233; le retrait des agriculteurs vers les hauteurs et &#224; l'est pour tirer parti des pluies et des cultures de coca du front des montagnes. La vall&#233;e de Chill&#243;n, sur la c&#244;te centrale, avec ses puissants voisins, Huanca, &#233;voqu&#233;e par Dillehay (1979), et Parsons et Hastings (1979), constitue un exemple peu commun d'&#233;change d'exp&#233;rience avec des sites montagneux et de diss&#233;mination de conflits potentiels. ibid). Les sch&#233;mas de distribution de la c&#233;ramique sugg&#232;rent des alliances entre les groupes ethniques des parties moyenne et sup&#233;rieure de la vall&#233;e - les Huanca - en d&#233;pit du fait que les groupes situ&#233;s dans la moyenne vall&#233;e &#233;taient politiquement subordonn&#233;s &#224; ceux de la basse vall&#233;e. Le groupe de la moyenne vall&#233;e semble avoir jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans sa s&#233;curit&#233; et sa survie en fournissant un acc&#232;s &#224; la coca &#224; des groupes de colons dans la sierra. Une autre interpr&#233;tation du site principal de la moyenne vall&#233;e du Chill&#243;n est qu'il a une longue occupation, ce qui aurait pu faciliter l'acc&#232;s &#224; diverses ressources de divers groupes. C'est un bon exemple d'interaction entre ma culture c&#244;ti&#232;re et une autre de la montagne ou m&#234;me de la jungle, ce qui leur a permis de partager des ressources. Cependant, la culture de la coca a principalement pris de l'expansion dans le bassin hydrographique oriental, o&#249; d'autres groupes avaient cr&#233;&#233; des plates-formes pour leurs colons sur la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point int&#233;ressant &#233;tait que ce n'&#233;tait que vers la fin de la p&#233;riode interm&#233;diaire, pendant la longue s&#233;cheresse, que des plates-formes en terrasses avec des plates-formes bien construites s'&#233;tendaient largement sur le haut plateau. Des plates-formes situ&#233;es pr&#232;s de la lagune et atteignant pr&#232;s de 3 850 m d'altitude ont &#233;t&#233; irrigu&#233;es, mais celles situ&#233;es &#224; plus de 3 900 m &#233;taient destin&#233;es uniquement &#224; l'agriculture pluviale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re des images religieuses puissantes et de l'art figuratif avait pris fin dans la Sierra du Sud. Des groupes ethniques locaux plus petits, tels que les Chanca (Vivanco, 2001), Huanca, Soras, Pocras et Rucana, se sont install&#233;s &#224; Ayacucho et, au fil du temps, ont form&#233; une conf&#233;d&#233;ration si puissante qu'elle mena&#231;ait leurs voisins orientaux, les Quechua &#224; Apur&#237;mac et les Incas &#224; Cuzco. Entre-temps, il semble que des conf&#233;d&#233;rations similaires se soient form&#233;es &#224; Cuzco entre les Ayarmaca (au nord) et les Pinahua (au sud, &#224; Muyna, &#224; proximit&#233; de Piquillacta).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme dans de nombreuses autres r&#233;gions de la Sierra, les premi&#232;res preuves de mat&#233;riel culturel provenant de la r&#233;gion de Cuzco r&#233;v&#232;lent son statut de province, refl&#233;tant des contacts avec d'autres sites, qui ont prosp&#233;r&#233; &#224; la fois sur la c&#244;te et sur les hauts plateaux. Cela allait changer, en partie &#224; cause de l'exemple laiss&#233; par le centre administratif de Piquillacta, abandonn&#233; par les Huari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord de Cuzco, dans les vall&#233;es de Patacancha et de Cusichaca, d'apr&#232;s les donn&#233;es des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, avec une r&#233;duction de la population &#224; la fin de la premi&#232;re p&#233;riode interm&#233;diaire et &#224; l'horizon moyen, on a observ&#233; une forte augmentation de la population &#224; la fin de la p&#233;riode interm&#233;diaire, corrobor&#233;e par des &#233;tudes sur les mod&#232;les d'&#233;tablissement (Kendall, 1991, 1994, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand nombre de sites de la p&#233;riode interm&#233;diaire tardive, associ&#233; aux preuves combin&#233;es d'exp&#233;ditions arch&#233;ologiques et aux preuves pal&#233;o&#233;cologiques du lac rempli de Marcacocha (3 400 m d'altitude, dans la vall&#233;e de Patacancha, Cuzco), sugg&#232;re que la meilleure gestion et utilisation de l'une des strat&#233;gies environnementales pourrait contribuer &#224; cette augmentation d&#233;mographique li&#233;e &#224; l'utilisation de l'aulne (Alnus acuminata) dans les b&#226;timents de Pumamarca (Kendall et Chepstow-Lusty, 2006). Cette preuve associe la gestion des for&#234;ts &#224; l'utilisation de l'aulne, une esp&#232;ce d'arbre qui favorise les sols pauvres en &#233;l&#233;ments nutritifs et dans ce cas d&#233;grad&#233;e, sugg&#233;rant une strat&#233;gie positive pour faire face localement aux conditions climatiques s&#232;ches et temp&#233;r&#233;es apr&#232;s 1100 apr&#232;s JC. (Chepstow-Lusty et al, 1996). Dans cette vall&#233;e, les andener&#237;as irrigu&#233;es et la gestion des for&#234;ts ont continu&#233; &#224; se d&#233;velopper pendant la premi&#232;re occupation des Incas et &#224; partir de 1300 dc environ, pendant le d&#233;veloppement de l'&#201;tat inca, jusqu'&#224; atteindre le niveau de gestion environnementale communal observ&#233; &#224; Cuzco au XVIIe si&#232;cle. par Garcilaso de la Vega (1966 [1609]). Les syst&#232;mes d'irrigation construits avec de la pierre utilisaient l'eau des chutes de neige stock&#233;es dans les lagunes et autres. Les travaux d'andener&#237;as ont permis de reconstruire efficacement le paysage et de stabiliser l'&#233;rosion des sols, processus qui s'est poursuivi dans l'empire Inca &#224; la fin de l'horizon. Ce processus a &#233;t&#233; favoris&#233; par la diminution des s&#233;diments inorganiques dans le lac (Kendall et Chepstow-Lusty ibid). Le contr&#244;le des ressources locales &#224; travers un large spectre incluant la gestion des for&#234;ts, le p&#226;turage, la chasse aux animaux, la gestion des ressources en eau et les infrastructures agricoles, &#233;taient des composantes cl&#233;s de l'organisation rurale Inca, telles que comme le d&#233;crit l'ethnohistoire (Garcilaso de la Vega, ibid) dont le r&#233;sultat &#233;tait de parvenir &#224; une gestion int&#233;gr&#233;e de leurs ressources naturelles. Selon l'ethnohistoire, les connaissances locales et le soutien de l'&#201;tat ont permis aux communaut&#233;s de conserver et de planifier l'utilisation de leurs ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de Cuzco Inca avec une irrigation accrue et une sp&#233;cialisation des plates-formes pendant la p&#233;riode interm&#233;diaire tardive, &#224; la suite des s&#233;cheresses cons&#233;cutives &#224; la mont&#233;e des pluies et au r&#233;chauffement de l'environnement, 1250-1500 apr&#232;s JC, a stimul&#233; la construction de plates-formes avec irrigation tout au long de la cha&#238;ne de montagnes. Il y avait aussi un regain d'int&#233;r&#234;t pour les pentes orientales des Andes, les syst&#232;mes andins et la production de coca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/ifea/6117?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;cadence de Tiahuanaco&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clin politique et religieux de Tiahuanaco s'est produit en 950, puis 1000 et 1100 apr&#232;s J.-C. Les &#233;l&#233;ments arch&#233;ologiques recueillis dans la vall&#233;e d'Azapa (Chili) indiquent que les sites de l'&#233;lite Tiahuanacota ont &#233;t&#233; d&#233;truits, que les tombes ont &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;es et que les corps ont &#233;t&#233; profan&#233;s et d&#233;chir&#233;s. &#192; Moquegua, les sites de la soci&#233;t&#233; de Tiahuanaco ont &#233;galement &#233;t&#233; d&#233;truits de mani&#232;re violente par une guerre civile, comme c'est le cas de Moquegua, m&#234;me si l'hypoth&#232;se d'une destruction par l'&#201;tat de Huari existe &#233;galement (hypoth&#232;se propos&#233;e par Moseley en 1991) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'altiplano, la perte de pouvoir est moins violente, comme en t&#233;moignent la continuit&#233; des styles de poterie Tiahuanacotas autour de Titicaca, ainsi que la continuit&#233; des traditions fun&#233;raires et quotidiennes ; ce qui sugg&#232;re que l'&#201;tat de Tiahuanaco a d'abord perdu son pouvoir &#224; la p&#233;riph&#233;rie (cas d'Azapa et de Moquegua), puis dans les hauts plateaux. Selon P&#228;rssinen, la perte de pouvoir a rendu les colonies vuln&#233;rables aux attaques des groupes ethniques locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIe si&#232;cle, la capitale Tiahuanaco est abandonn&#233;e et plusieurs colonies mineures commencent &#224; appara&#238;tre sur le plateau de Collao. Le d&#233;but de ces colonies mineures a commenc&#233; &#224; appara&#238;tre vers 900 apr&#232;s J.-C. Mais, en m&#234;me temps, les sites tiahuanacotas (Pajchiri, Khonkho, Lukurmata) continuent d'&#234;tre habit&#233;s. Avant cela, la ville de Tiahuanaco avait concentr&#233; une population estim&#233;e entre 25 000 et 50 000 habitants et les preuves arch&#233;ologiques de complexes de logements en dehors de la ville sont rares. Apparemment, avant la perte du pouvoir politique, des groupes de population ont d&#233;cid&#233; d'&#233;migrer de la ville et de se regrouper en populations ind&#233;pendantes sur tout le plateau de Collao. L'augmentation des petites populations augmente en fonction de l'abandon de la ville de Tiahuanaco, processus qui aboutit &#224; l'abandon total de la ville et &#224; la perte absolue du pouvoir imp&#233;rial sur la p&#233;riph&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les styles de poterie de Collao r&#233;v&#232;lent d'autres aspects du d&#233;clin de Tiahuanaco, bien que les &#233;tudes sur le radiocarbone soient encore rares dans la plupart des localit&#233;s de la vall&#233;e de Tiahuanaco, afin de d&#233;terminer avec pr&#233;cision les implantations de la phase V de Tiahuanaco et des villes fond&#233;es. Post-Tiahuanaco Ce probl&#232;me dans les &#233;tudes de la civilisation Tiahuanacota fait que de nombreux auteurs corrigent le d&#233;clin de Tiahuanaco en l'attribuant aux ann&#233;es 1150 ou 1200 (Bermann, Mujica, Ponce Sangin&#233;s et Janusek).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la poterie, la disparition du style Tiahuanacota est progressive, du moins comme le montrent des &#233;tudes effectu&#233;es dans les r&#233;gions de Machaca et Caquiaviri, la derni&#232;re capitale de Pacajes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de la soci&#233;t&#233; tiahuanaco &#224; Machaca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco a occup&#233; la r&#233;gion de Machaca tr&#232;s t&#244;t : des monolithes de la tradition &#034;Yaya Mama&#034; (pr&#233;sents depuis l'&#232;re de la culture Chiripa) ont &#233;t&#233; trouv&#233;s. Certains auteurs affirment que les monolithes et les constructions &#224; Machaca ont commenc&#233; lors de la phase III de Tiahuanaco. Cependant, le style de poterie de Tiahuanaco dans sa phase V survit &#224; Machaca jusqu'aux p&#233;riodes post-Tiahuanacotas. &#192; cet &#233;gard, Rigoberto Paredes rassemble en 1955 des traditions orales de Machaca selon lesquelles un cataclysme aurait pris fin avec Tiahuanaco et que leurs pr&#234;tres et leurs dirigeants ont d&#233;cid&#233; de s'installer dans la r&#233;gion de Machaca avec leurs idoles. Dans ce cas, les preuves arch&#233;ologiques co&#239;ncident avec la tradition orale. Les fouilles de Khonkho et de Kjula Marca r&#233;v&#232;lent des constructions de la p&#233;riode pr&#233;-classique de Tiahuanaco (45 apr&#232;s J.-C.) mais des c&#233;ramiques de la p&#233;riode V (de 700 &#224; 1100 apr&#232;s J.-C.). En m&#234;me temps, les fouilles de Kjula Marca r&#233;v&#232;lent que la majorit&#233; des colonies de peuplement de cette r&#233;gion ont &#233;t&#233; fond&#233;es apr&#232;s Tiahuanaco et m&#234;me pendant la p&#233;riode des Incas. Cela s'explique par le fait qu'avant le d&#233;clin de Tiahuanaco, presque toute la population environnante &#233;tait concentr&#233;e dans la r&#233;gion de la m&#233;tropole imp&#233;riale. Apr&#232;s le d&#233;clin de Tiahuanaco, la r&#233;gion de Machaca &#233;tait pleine de petites villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de la soci&#233;t&#233; tiahuanaco &#224; Caquiaviri&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes dans la r&#233;gion de Caquiaviri montrent que pendant la p&#233;riode Tiahuanacota, il n'y avait que des constructions sur les rives du fleuve Desaguadero, &#224; Nazacara et sur le Cerro Chicha ; le reste de la r&#233;gion &#233;tait d&#233;pourvu de preuves arch&#233;ologiques sur Tiahuanacote. Dans le cas de Cerro Chicha, il y avait un sanctuaire avec des preuves de son utilisation par Tiahuanaco, Pacajes et Incas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caquiaviri, pendant la p&#233;riode de Tiahuanaco, avait une population clairsem&#233;e et avec le d&#233;clin progressif des tiahuanacotas, la population &#224; Caquiaviri a augment&#233;, &#224; une &#233;poque o&#249; le style c&#233;ramique de Tiahuanaco n'&#233;tait plus pur, mais il s'agissait d'une p&#233;riode de transition. Cela signifie que, avec le d&#233;clin de Tiahuanaco, a commenc&#233; une p&#233;riode de migration du centre de la ville vers les p&#233;riph&#233;ries. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La civilisation Huari ou Wari et sa chute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Huari, dont la capitale se situe pr&#232;s de l'actuelle Ayacucho, appara&#238;t un peu plus tardivement. A partir de cette r&#233;gion andine les Huaris partiront &#224; la conqu&#234;te de nombreuses r&#233;gions pour finalement constituer un empire englobant une grande partie des Andes et de la c&#244;te sud du P&#233;rou (absorbant entre autre Nazca et Pachacamac). Ce peuple construira de v&#233;ritables cit&#233;s tr&#232;s structur&#233;es, entour&#233;es d'une enceinte, comportant de nombreuses maisons &#224; &#233;tage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Huaris sont des artistes remarquables. Les tissages sont d'une haute qualit&#233; technique aux motifs abstraits et g&#233;om&#233;triques. L'empire dispara&#238;t aussi vers l'an 1100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire Wari est sans aucun doute l'un des points culminants du d&#233;veloppement des Andes centrales au cours de l'histoire ; certains sugg&#232;rent qu'il n'a pas cette particularit&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il n'&#233;tait pas un empire, car il n'a pas de preuves &#233;crites pour le prouver, entre autres aspects. Mais le plus important est de pouvoir observer les autres sources qu'ils ont laiss&#233;es, ce qui a permis &#224; Wari de soumettre d'autres &#201;tats par la violence et son id&#233;ologie, ainsi que de comprendre sa chute brutale r&#233;sultant des contradictions internes et du m&#233;contentement du peuple Wari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, nous allons utiliser nos capacit&#233;s de r&#233;tention, d'imagination et d'interpr&#233;tation des situations donn&#233;es dans cette p&#233;riode de notre histoire, afin de pouvoir comprendre quels sont ses avantages qui ont permis la formation de cet &#034;empire&#034; et de r&#233;fl&#233;chir aux erreurs administratives. et sociale qui a conduit &#224; sa chute irr&#233;m&#233;diablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que cela servira de mod&#232;le &#224; ce que nous devrions et ne devrions pas appliquer dans une soci&#233;t&#233; et donc &#234;tre capable de forger croissance et d&#233;veloppement, des aspects qui sont maintenant appliqu&#233;s de mani&#232;re ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le wari &#233;tait une civilisation florissante dans le sud des Andes entre les ann&#233;es 500 et 1100 de notre &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari s'est d&#233;velopp&#233;e vers la fin de la p&#233;riode appel&#233;e Horizon Moyen dans la r&#233;gion d'Ayacucho. O&#249; a commenc&#233; &#224; d&#233;velopper une tradition de centres urbains influenc&#233;s par Nazca et Tiahuanaco, qui ont vaincu Nazca. La culture Wari a commenc&#233; son expansion au nord, au sud et &#224; l'ouest et, peu de temps apr&#232;s, la r&#233;gion du centre du P&#233;rou &#233;tait sous Wari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat Wari s'&#233;tend vers les hautes terres du nord jusqu'&#224; Callej&#243;n de Huaylas, vers les hautes terres du sud de Cuzco et sur les c&#244;tes centrale et m&#233;ridionale ; Wari arriva &#224; Cajamarca au nord, &#224; La Libertad, &#224; Moquegua et &#224; Sicuani au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari trouve son origine dans un environnement difficile : la r&#233;gion d'Ayacucho. C'est une zone s&#232;che et aride dans laquelle il est tr&#232;s difficile de cultiver &#224; cause des sols pierreux et de la raret&#233; de l'eau. Toutes ces caract&#233;ristiques de l'environnement dans lequel il est d&#233;velopp&#233; sont &#224; l'origine de son nom. Le mot Wari est un mot quechua qui signifie sauvage et indompt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour surmonter cette limitation, le Wari a r&#233;alis&#233; des travaux de canalisation et de drainage et cr&#233;&#233; des plates-formes sur les pentes des escarpements, des collines, agrandissant consid&#233;rablement les terres arables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Punas situ&#233;s au sud d'Ayacucho repr&#233;sentaient une riche source de ressources, car ils &#233;taient recouverts de p&#226;turages et constituaient un refuge pour la majorit&#233; des vigognes de notre pays. Dans cette zone, des tubercules tels que la pomme de terre, l'olluco, le mashua et le coca ont &#233;t&#233; cultiv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mode de fonctionnement de la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les waris furent les premiers &#224; d&#233;velopper l'id&#233;e de &#034;ville&#034; dans la r&#233;gion andine. Ils ont construit de grands complexes architecturaux, avec d'&#233;normes murs qui entouraient les maisons, les entrep&#244;ts, les rues et les places. Ils ont construit des b&#226;timents pour l'administration civile et les garnisons militaires et leurs centres urbains ont &#233;t&#233; organis&#233;s dans des quartiers d'artisans, comme ceux de potiers ou de tisserands. Toutes les constructions &#233;taient larges et constitu&#233;es d'un seul &#233;tage, suivant une architecture planifi&#233;e, rectangulaire et sym&#233;trique, d&#233;montrant un degr&#233; &#233;lev&#233; de hi&#233;rarchie sociale. Compte tenu de son &#233;norme extension, l'&#201;tat maintenait des enclaves dans diff&#233;rentes parties de son empire, telles que celles d&#233;couvertes dans les vall&#233;es de Nazca ou de Moquegua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Origine de la cultura Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat imp&#233;rial Wari ou Huari, form&#233; sur la base d'un petit royaume situ&#233; dans la zone qui correspond aujourd'hui au d&#233;partement d'Ayacucho et que lui est connu comme le royaume Huarpa. Avant le Xe si&#232;cle, ce petit royaume avait un commerce intense avec Nazca et avec la r&#233;gion de l'Altiplano. &#192; l'origine, les Wari &#233;taient un groupe ethnique qui absorbait les caract&#233;ristiques de la culture Huarpa, certains &#233;l&#233;ments de la culture Nazca et les personnages de la religion Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement de la culture Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari s'est d&#233;velopp&#233;e gr&#226;ce au grand progr&#232;s de l'agriculture et l'&#233;levage a pu s'&#233;tendre sur presque tout le territoire p&#233;ruvien. Pour cette raison, il est connu sous le nom de culture pan-andine. Pour une bonne administration des r&#233;gions soumises, il &#233;tait n&#233;cessaire de cr&#233;er des centres administratifs urbains (chefs-lieux de la r&#233;gion). Cet empire s'est &#233;tendu gr&#226;ce aux conqu&#234;tes militaires qui leur ont permis d'atteindre tr&#232;s rapidement leur extension maximale, ce qui a &#233;galement facilit&#233; leur d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cultures influentes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari est une synth&#232;se de trois cultures importantes telles que Huarpa, Nazca et Tiahuanaco. Adopter l'organisation rurale des Huarpa, gr&#226;ce &#224; l'interaction entre la technologie et le commerce de la ville de Nazca, des am&#233;liorations seront apport&#233;es &#224; l'artisanat, comme la c&#233;ramique ; Du tiatuanaco, ils adoptent leurs dieux, leurs mythes et leurs lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de son orientation urbaine et militaire, Wari a maintenu une forte hi&#233;rarchie sociale, domin&#233; par des classes dirigeantes. Les pr&#234;tres et en particulier les guerriers auraient d&#251; occuper une place importante dans la soci&#233;t&#233;, qui exer&#231;ait son pouvoir depuis les centres urbains. Cette pyramide sociale avait &#224; sa base une grande masse de fermiers et de bergers. Certains pensent que Wari et Tiahuanaco ont form&#233; un double &#201;tat, o&#249; Wari a maintenu le centre du contr&#244;le politique et militaire, tandis que Tiahuanaco &#233;tait responsable des activit&#233;s les plus c&#233;r&#233;moniales. Bien qu'il ne s'agisse que d'une hypoth&#232;se sans fondement, il est incontestable que les deux empires ont entretenu des relations, ainsi que des rivalit&#233;s &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surpopulation de la ville, l'abandon de la campagne et peut-&#234;tre une s&#233;cheresse ont provoqu&#233; le manque de produits alimentaires qu'il a fallu r&#233;soudre pendant une courte p&#233;riode en &#233;changeant des objets d'artisanat contre des produits agricoles jusqu'&#224; ce qu'il devienne insuffisant et choisisse la conqu&#234;te par la guerre, Os pour l'exploitation des colonies conquises, cela doit avoir eu lieu entre 800 apr&#232;s JC. &#192; 1200 apr&#232;s J.-C. en arrivant pour constituer son empire qui comprenait de Cajamarca et Lambayeque &#224; Sicuani et au nord d'Arequipa. Les hommages ont &#233;t&#233; rendus possibles par le maintien des grandes villes fond&#233;es en tant que colonies et en m&#234;me temps ils ont cr&#233;&#233; un &#233;change de produits et d'id&#233;es similaires dans toute la r&#233;gion centrale des Andes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan social, la contribution de Wari &#233;tait particuli&#232;rement importante et significative, car, comme on l'a d&#233;j&#224; indiqu&#233;, les guerriers ont fait la r&#233;volution urbaine, ont donn&#233; naissance &#224; l'&#201;tat, &#224; la soci&#233;t&#233; et au pouvoir s&#233;cularis&#233;s, aux communaut&#233;s organis&#233;es en ayllus, &#224; la planification invent&#233;e. et l'urbanisme et ont impos&#233; leurs mod&#232;les d'&#233;tablissement urbain dans le monde andin. Dans la r&#233;gion, &#224; l'exception de Caja marquilla, il ne reste aucun vestige mat&#233;riel de l'activit&#233; Wari dans le domaine de l'urbanisme, mais dans la structure de la soci&#233;t&#233; Yunga de l'&#233;poque, l'impact &#233;tait notoire et des changements importants. Le r&#233;sultat de ceux-ci est clairement visible lorsqu'on &#233;tudie l'organisation et les r&#233;alisations des seigneuries et des cacicazgos des vall&#233;es de la r&#233;gion au cours de la p&#233;riode suivante ou la double structure que de nombreuses communaut&#233;s rurales ont jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation politique et militaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer leurs conqu&#234;tes et les g&#233;rer correctement, le Wari a &#233;tabli, &#224; des endroits strat&#233;giques du territoire imp&#233;rial, des enclaves officiant dans des centres administratifs et des lieux destin&#233;s &#224; capturer les ressources provinciales et &#224; les renvoyer &#224; la m&#233;tropole. Ils ont cr&#233;&#233; Viracocha centres pampa &#224; Huamachuco, Vilca Huain &#224; Huaraz, Wari Vilca, &#224; Huancayo, Cajamarquilla, Lima et Piqu&#233; Llaqta &#224; Cuzco. Naturellement, ils ont &#233;galement construit un r&#233;seau reliant les sites les uns aux autres et de communiquer directement avec la m&#233;tropole, pour permettre l'envoi des imp&#244;ts provinciaux, les all&#233;es et venues des marchands et surtout la rapide mars des arm&#233;es conqu&#233;rantes afin d'&#233;tendre son territoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que les Wari aient pratiqu&#233; une politique colonialiste centralis&#233;e, dans laquelle seul le b&#233;n&#233;fice de la m&#233;tropole &#233;tait int&#233;ress&#233; par l'exploitation maximale des territoires colonis&#233;s ou conquis. Pour cette raison, leurs colonies avaient la condition de v&#233;ritables enclaves coloniales cr&#233;&#233;es pour contr&#244;ler, politiquement et &#233;conomiquement, le territoire sur lequel elles s'installaient. Les centres administratifs &#233;taient de v&#233;ritables &#034;usines&#034; qui concentraient l'activit&#233; commerciale de la r&#233;gion, en capturaient la production, la stockaient et l'envoyaient dans la m&#233;tropole d'Ayacucho, le tout dans des conditions de s&#233;curit&#233;. Pourquoi les centres &#233;taient entour&#233;s de hauts murs concentriques et des espaces de vie dans les enclos &#233;taient ferm&#233;s qui ne pouvaient entrer escalader les murs des rues &#233;troites, qui ont &#233;t&#233; remplac&#233;s dans de nombreux cas par des routes qui ont fonctionn&#233; si haut des murs &#233;pais. Il est &#233;galement la raison pour laquelle les membres de la bureaucratie administrative et les garnisons militaires imp&#233;riales n'afincaban dans les provinces et retourn&#233;s &#224; Wari EAT bient&#244;t rempli leur mission de service et en cas de d&#233;c&#232;s ont &#233;t&#233; prises &#224; la terre natale pour les auquis tut&#233;laires assurent eux et le dieu des &#233;tats-majors pourraient les int&#233;grer &#224; leur entourage d'&#234;tres ail&#233;s. Ceci est probablement l'une des raisons pour lesquelles dans les provinces, il n'y a presque pas de villages, des palais et des temples, ni lieux d'inhumation ou de c&#233;r&#233;monie Wari, mais traite les personnes qui pratiquent une religion pros&#233;lyte sens &#339;cum&#233;nique forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation &#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les infrastructures &#233;conomiques du Wari ont pris un bon essor gr&#226;ce &#224; l'agriculture, l'&#233;levage, le commerce et l'artisanat tels que l'architecture, la c&#233;ramique et l'orf&#232;vrerie. Le Wari &#233;tait un &#201;tat &#224; fort d&#233;veloppement urbain, m&#234;me s'il conservait un caract&#232;re rural et paysan dans les zones plus p&#233;riph&#233;riques. Ils ont maintenu des &#233;changes &#233;conomiques et culturels avec d'autres &#201;tats, notamment avec Tiahuanaco, avec lequel les relations &#233;taient apparemment tendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;conomie reposait sur l'agriculture de produits tels que le ma&#239;s, les pommes de terre et le quinoa, ainsi que sur le b&#233;tail des lamas et des alpagas. Wari &#233;tait une soci&#233;t&#233; urbaine dont l'&#233;conomie reposait sur une planification solide. En cons&#233;quence, la ville est devenue le moteur de la production et de la distribution de la richesse agricole et manufacturi&#232;re. Les Wari ont fortement encourag&#233; l'agriculture intensive, la production massive de biens et de produits et un &#233;change commercial actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour augmenter la production agricole des provinces et obtenir des exc&#233;dents afin de renforcer l'offre de la r&#233;gion d'Ayacucho dont l'agriculture ne r&#233;pondait pas aux besoins d'une population urbaine nombreuse et croissante, les Wari ont encourag&#233; la construction d'importants ouvrages hydrauliques dans tout l'Empire ; il en reste dans les vall&#233;es de Moche et Vir&#250;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari devait d&#233;velopper l'agriculture, car sa population &#233;tait en augmentation et ne pouvait pas &#234;tre nourrie uniquement avec du b&#233;tail, ce qui avait pour effet de remplacer le p&#226;turage des lamas pour la culture de la pomme de terre. Cette conversion rapide du p&#226;turage en pommes de terre a permis &#224; Wari de disposer d'une importante zone d'approvisionnement pour sa propre capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour accro&#238;tre la production et la productivit&#233; des artisans provinciaux, les Wari ont encourag&#233; l'utilisation de syst&#232;mes facilitant la fabrication de certains produits, en assurant leur normalisation et leur production en s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas des c&#233;ramiques dans lesquelles l'usage des moules a &#233;t&#233; popularis&#233;, r&#233;alisant une production massive d'objets de grande demande populaire. Ce syst&#232;me a &#233;t&#233; pratiqu&#233; sur toute la c&#244;te, en particulier &#224; la fin de l'&#233;poque o&#249; les styles &#233;pigonaux se sont d&#233;velopp&#233;s, les moulages &#233;tant la c&#233;ramique de Lambayeque et de Chancay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce actif exerc&#233; par les Wari a d&#233;termin&#233; la construction de grands centres de stockage et de vastes r&#233;seaux routiers. Les nombreux centres administratifs de Wari qui existaient sur la c&#244;te et dans le district de Cajamarquilla, avec ses vastes et nombreuses zones de colca et de gisements, en sont des exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; commerciale du Wari, qui rassemblait la production des r&#233;gions c&#244;ti&#232;res pour l'&#233;changer avec celle des serranas, devait avoir une grande importance et occuper de nombreuses personnes, car elle a profond&#233;ment marqu&#233; les habitudes des colons Yungas. Nous avons donc constat&#233; que plus tard, une grande partie des coste&#241;os &#233;tait exclusivement d&#233;di&#233;e au commerce, atteignant un tiers de la population de la vall&#233;e de Chincha. L'activit&#233; commerciale a jou&#233; un r&#244;le de premier plan. depuis les waris avait plusieurs axes villes qui centralisaient la t&#226;che mercantile. C'&#233;taient de v&#233;ritables centres coloniaux qui soumettaient et exploitaient les villes voisines voisines (puisqu'il s'agissait d'un &#201;tat colonisateur, expansif et belliqueux), canalisant ainsi la plus grande productivit&#233; des biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes ont d&#251; jouer un r&#244;le vital dans l'empire Wari ; son existence et son fonctionnement ne peuvent &#234;tre imagin&#233;s sans un r&#233;seau routier &#233;tendu et efficace qui maintiendrait ses relations politico-&#233;conomiques. Comme dans tout &#201;tat despotique, leur s&#233;curit&#233; et leur bien-&#234;tre d&#233;pendaient de la vitesse des communications, de la rapidit&#233; avec laquelle leurs forces conqu&#233;rantes ou r&#233;pressives pourraient &#234;tre transf&#233;r&#233;es et des approvisionnements permanents de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces routes existaient d&#233;j&#224; entre Wari et tous les centres administratifs provinciaux de l'Empire, bien que nous ne connaissions actuellement aucune trace de ces routes. Certains doivent avoir disparu par l'action du temps, d'autres doivent avoir &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans le r&#233;seau routier mis en place par les Incas, en utilisant et en d&#233;veloppant les anciennes routes existantes, il est possible que certains restent encore cach&#233;s par les anfractuosit&#233;s naturelles et la poussi&#232;re des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poteries&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poterie de Wari est repr&#233;sent&#233;e comme un creuset de trois styles diff&#233;rents. Beaucoup de ses cr&#233;ations pr&#233;sentent des similitudes formelles avec les personnages de Tiwanaku et de Pukara, tels que les chamanes ail&#233;s ou le &#034;Caract&#232;re des sceptres&#034;, tandis que les formes des vases se distinguent par leurs bouteilles &#224; deux cols qui &#233;voquent la culture de Nazca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terrasses et routes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus admirable de tout ce qu'ils ont fait pour le d&#233;veloppement de leur agriculture a &#233;t&#233; la construction des plateformes, syst&#232;me de terrasses construites sur les pentes des collines pour emp&#234;cher l'&#233;rosion des terres et &#233;largir la fronti&#232;re agricole. On peut aussi affirmer, selon Guillermo Lumbreras, qu'il y avait des routes entre ville et ville. Des moyens qui ont servi au d&#233;veloppement &#233;conomique et, fondamentalement, &#224; pouvoir contr&#244;ler le caract&#232;re colonisateur, expansif et guerrier de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Textiles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; W ari a domin&#233; diverses expressions artistiques et est parvenu &#224; produire des &#339;uvres d'une grande qualit&#233; et d'une grande beaut&#233;. Ses influences de Nazca et Tiahuanaco se retrouvent dans les tapisseries et les c&#233;ramiques. Les tapisseries de Wari sont consid&#233;r&#233;es parmi les plus belles du monde, autant pour leur beaut&#233; esth&#233;tique pour leurs images. Ils ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;s avec du coton et de la laine de cam&#233;lid&#233;s comme la vigogne. Les Wari ont utilis&#233; religion comme transmetteur id&#233;ologique de domination, les textiles ont un r&#244;le pr&#233;dominant, car c'est l&#224; que l'iconographie est physiquement parcourue de kilom&#232;tres &#224; travers les territoires domin&#233;s. Les ponchons clairement &#233;galement partie de la tendre rituelle utilis&#233;e lors des c&#233;r&#233;monies rituelles, o&#249; les couleurs vives, diff&#233;rentes techniques de broderie et l'impression complexe. Eh bien, les tissus Wari plus anciens ont un style plus pauvre, cette situation a chang&#233; avec l'acquisition de Wari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les dessins de Wari, il et un personnage repr&#233;sent&#233; avec canne dans chaque image principale, une image de l'une des divinit&#233;s de la r&#233;gion de Wari. Les autres motifs utilis&#233;s dans les textiles sont les oiseaux, les serpents et les f&#233;lins. Les techniques utilis&#233;es viennent de Moche et le rouge vif pr&#233;domine. Les autres couleurs utilis&#233;es sont le bleu vif, le jaune d'or, le blanc et le bleu. Le contour des figures est noir, ainsi que parfois le blanc ait aussi &#233;t&#233; utilis&#233;. Les tisserands &#233;taient &#171; les grands ma&#238;tres de l'harmonie et de la couleur &#187; pour leur incroyable v&#233;rit&#233; et leur gamme de couleurs appliqu&#233;es &#224; leurs tissus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tissus tiss&#233;s sont fabriqu&#233;s selon la technique du rembourrage et sont d&#233;cor&#233;s de motifs abstraits et complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tuniques Wari sont de grands et orn&#233;s de motifs stylistiques abstraits et r&#233;p&#233;titifs g&#233;om&#233;triques. Ils sont g&#233;n&#233;ralement fabriqu&#233;s avec la cha&#238;ne de coton et la fibre de cam&#233;lid&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La casquette Wari est une sorte de bonnet &#224; quatre pointes de taille plut&#244;t petite et &#224; la texture trois douce et velout&#233;e. Les motifs sont stylis&#233;s, abstraits et g&#233;om&#233;triques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bandeaux Wari sont fabriqu&#233;s selon la technique du rembourrage. Les motifs, r&#233;p&#233;s&#233;s, sont abstraits et g&#233;om&#233;triques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sacs en tissu sont caract&#233;ris&#233;s par des motifs de conception comprenant des visages de f&#233;lins, cam&#233;lid&#233;s, humains et animaux. Le Wari fabriqu&#233; &#233;galement de beaux tissus de coton et de plumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Architecture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture de Wari est repr&#233;sentative de la planification &#233;tatique dans les montagnes, avec des centres tels que Pikillacta, le plus important centre administratif et politique du territoire de Wari. Pikillacta est un centre fortifi&#233; construit au 6&#232;me si&#232;cle qui a fonctionn&#233; pendant 150 ans et qui repr&#233;sente l'urbanisme planifi&#233; par Wari. La forme de certains b&#226;timents est dans certains cas rectangulaire et dans d'autres, carr&#233;e. Les tribunaux et les places entourent les b&#226;timents, ainsi que les r&#233;sidences de l'&#233;lite politique et religieuse de la r&#233;gion. Les murs &#233;taient recouverts de pl&#226;tre et de nombreux b&#226;timents avaient deux &#233;tages. La fonction c&#233;r&#233;monielle est repr&#233;sent&#233;e par une construction qui pr&#233;sente des niches sur les murs, en plus des cr&#226;nes humains et des objets en m&#233;tal comme offrandes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le architectural de Wari se caract&#233;rise par l'ind&#233;pendance des centres urbains mur&#233;s, bien planifi&#233;s et situ&#233;s dans des lieux strat&#233;giques o&#249; l'expansion coloniale le n&#233;cessitait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les murs de certaines villes ont &#233;t&#233; construits avec des pierres allong&#233;es jointes avec de la boue, o&#249; ils atteignent des hauteurs allant de huit &#224; douze m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#226;timent principal du complexe de Huilcahuain (pr&#232;s de Huaraz, dans le Callej&#243;n de Huaylas, Ancash), qui a &#233;t&#233; reconstruit, faisait partie du centre urbain de Huilcahuain d'une taille consid&#233;rable. Il est construit avec des pierres de pierre ; Il mesure quinze m&#232;tres sur vingt et comprend trois &#233;tages atteignant une hauteur de neuf m&#232;tres. &#192; l'int&#233;rieur, il est dot&#233; d'un syst&#232;me de ventilation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a d&#233;j&#224; mentionn&#233; &#224; plusieurs reprises, la construction de deux ou trois &#233;tages est une caract&#233;ristique commune des structures de Wari. Nous pouvons &#233;galement voir une section d'un mur de pierre WARI finement sculpt&#233; du temple Moraduchayoq &#224; Huilcahuain. Cet ensemble est mur&#233; par ce type de mur. L'&#233;rudit Brewster-Wray estime que ce mur a peut-&#234;tre &#233;t&#233; une route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un secteur de Cheqo Wasi sur le site de Wari ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes des constructions m&#233;galithiques consid&#233;r&#233;es aujourd'hui comme des mausol&#233;es. Ils sont enferm&#233;s dans une enceinte circulaire et associ&#233;s &#224; un complexe de petites pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;ramiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poterie Wari a une influence &#233;vidente de Tiahuanaco et c'est &#224; partir d'Ayacucho qu'elle s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; travers les territoires conquis. Il y a quatre styles qui pr&#233;dominent dans l'horizon moyen : Conchopata, Robles Moqo, Chakipampa et Vi&#241;aque. Cela implique que plusieurs styles de c&#233;ramique peuvent &#234;tre trouv&#233;s au m&#234;me endroit. Le style Conchopata est bas&#233; sur de grandes urnes d'environ 80 cm. longtemps pour servir de r&#233;f&#233;rentiel des offres. Dans sa partie externe, on voit des caract&#232;res similaires &#224; ceux de la Couverture du Soleil de Tiahuanaco. Le style Robles Moqo vient de Huari lui-m&#234;me, il est bas&#233; sur des urnes, des pichets, des verres et des personnages flammes, avec des d&#233;corations g&#233;om&#233;triques et naturalistes, o&#249; les motifs Tiahuanaco sont &#233;galement pr&#233;sents. Le style Chakipampa, d'influence de Nazca, est ordinaire et n'a pas le caract&#232;re c&#233;r&#233;moniel des pr&#233;c&#233;dents. Il est bas&#233; sur de petites bouteilles, des navires model&#233;s tels que des tubercules ou des figures humaines, d&#233;cor&#233;s de blanc, cr&#232;me, violet et gris. Enfin, le style Vi&#241;aque provient de la ville de Huari et est consid&#233;r&#233; comme un produit de l'agrandissement, car il regroupe divers sous-styles des zones de Nazca et de Lima, ainsi que des &#233;l&#233;ments de Moqo et de Chakipampa Robles. Ses formes principales sont les bols semi-&#233;miesph&#233;riques, les pichets au cou effigie et les flacons &#224; deux corps. Leurs motifs sont des t&#234;tes de f&#233;lins vus de profil, des plantes stylis&#233;es, des cr&#226;nes, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formation de l'Etat Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Huarpa avant Huari &#233;tait &#233;galement situ&#233;e &#224; Ayacucho. Son nom provient d'un affluent du fleuve Mara&#241;&#243;n. Ils ont &#233;t&#233; reconnus pour leur production terrestre (5 fois plus que la production actuelle) gr&#226;ce &#224; leur technologie hydraulique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons revenir &#224; l'&#233;tat initial de Huarpa pour r&#233;pondre &#224; cette question, alors qu'il s'agissait d'un centre de fabrication sans importance. Les influences de Nazca et de Tiahuanaco, leur ont permis de d&#233;velopper des &#233;changes sur la c&#244;te sud, tout en obtenant des exp&#233;riences d'urbanisme et d'administration pr&#233;coce bien plus vastes que celles pouvant &#234;tre r&#233;alis&#233;es sous un r&#233;gime religieux. Les centres administratifs pr&#233;-&#233;tatiques tels que &#209;awinpuquio, Churucana, Tantawasi, Simpapata et Tablapata sont tr&#232;s utiles pour enqu&#234;ter sur l'origine du ph&#233;nom&#232;ne Huari, car ils pr&#233;sentent des modifications substantielles de leurs caract&#233;ristiques architecturales et urbaines, telles que places, canaux, voies de circulation internes, cours et murs divisions. La diff&#233;renciation des espaces dans ces villes, associ&#233;e &#224; l'iconographie de la c&#233;ramique, montrerait la gestation d'une hi&#233;rarchie de la soci&#233;t&#233;. Peu &#224; peu, les villages se rejoindraient dans un processus de d&#233;-ruralisation, formant des centres de production de poteries sophistiqu&#233;es et en s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre p&#233;riodes de l'histoire Huari :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape - origines (550 - 680 environ) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#201;tat et la ville apparaissent et les images de Tiahuanaco sont pr&#233;sentes dans la c&#233;ramique (il convient de rappeler que l'influence de la culture Tiahuanaco est tr&#232;s importante au sens fourni par la religion et la technologie, ce qui vient transformer dans un certain sens l'expansion de Huari, g&#233;n&#233;rant un ph&#233;nom&#232;ne similaire &#224; celui de la mondialisation)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me phase - d&#233;veloppement (680 - 770 apr&#232;s JC) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pendant la deuxi&#232;me phase, les changements sont plus abrupts, la ville grandit vertigineusement et l'&#201;tat de Huari s'&#233;tend vers les hautes terres du nord jusqu'&#224; la Callej&#243;n de Huaylas, vers les hautes terres du sud jusqu'&#224; Cuzco et sur la c&#244;te centrale et sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me &#233;tape - nouvelle &#233;mergence et expansion (770 apr&#232;s JC - 900 apr&#232;s JC) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la troisi&#232;me phase marque le d&#233;but d'une p&#233;riode de restructuration politique et une deuxi&#232;me expansion dans la r&#233;gion andine centrale. Outre la ville de Huari, son &#233;tendue et sa population sont maximales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me &#233;tape - automne (environ 900 - 1100 environ) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la quatri&#232;me et derni&#232;re phase, les fronti&#232;res seraient &#233;tendues &#224; Cajamarca, La Libertad, Moquegua et Sicuani. Huari serait d&#233;peupl&#233; par un ph&#233;nom&#232;ne climatique qui affecterait la production de nourriture, ainsi que par l'effondrement des centres de province et par la disparition de l'administration Huari et de son projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expansion de la soci&#233;t&#233; Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type d'expansion &#233;tait militaire, comme le prouvent les changements radicaux subis par les cultures soumises &#224; l'empire Huari, &#224; la fois sur les plans social, &#233;conomique, id&#233;ologique et culturel. &#192; travers les montagnes, la culture Huari s'est &#233;tendue &#224; Cajamarca au nord et &#224; Sicuani, &#224; Arequipa, au sud. Le long de la c&#244;te, il atteignit Lambayeque au nord et jusqu'&#224; Oco&#241;a et Sihuas, &#224; Arequipa, au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre et la propagation de la religion &#233;tant les principaux &#233;l&#233;ments de l'expansion des Huari, il est facile de d&#233;duire que la r&#233;sistance existait dans les r&#233;gions o&#249; ces deux &#233;l&#233;ments d&#233;velopp&#233;s localement existaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expansion territoriale de la culture Huari n'imposait pas partout le caract&#232;re &#034;imp&#233;rial&#034; (c'est-&#224;-dire un esprit qui guidait toute l'activit&#233; humaine sur le territoire conquis), mais c'&#233;tait un processus d'implantation de la culture urbaine, prot&#233;g&#233;e par la base technologique, religieuse et artistique que Tiahuanaco contribue. Au cours de son processus d'expansion, Huari n'a jamais eu l'intention de gouverner (dans son acceptation d'exercer le pouvoir avec toute la bureaucratie administrative et la force militaire n&#233;cessaires) tous les domaines d'&#233;change et / ou domin&#233;s culturellement et peut-&#234;tre religieusement. Ce que Huari a cr&#233;&#233; ressemblait &#224; ce que nous appelons actuellement la &#034;mondialisation&#034;, c'est-&#224;-dire un domaine &#233;conomique et une int&#233;gration commerciale ayant un impact sur les modes de vie et les coutumes, les connaissances et le degr&#233; de d&#233;veloppement des diff&#233;rents groupes sociaux de la r&#233;gion. Andine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Urbanisation Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Tiahuanaco propose dans cette expansion imp&#233;riale, men&#233;e par Huari, ses connaissances techniques, son savoir-faire et sa religion, Huari fournira un nouveau concept d'organisation de la population, un nouveau concept administratif : la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est situ&#233; &#224; 25 km au nord-est de la ville actuelle d'Ayacucho et &#224; 3 000 m&#232;tres d'altitude, qui ont commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper et se d&#233;velopper &#224; la fin de la premi&#232;re phase. La ville se diff&#233;renciera du hameau qui existait jusque-l&#224;, non seulement en raison de sa population et de sa taille plus importantes, mais surtout en raison de la complexit&#233; de la composition de sa population active et de son mode de vie plus sophistiqu&#233;. La ville doit &#234;tre le centre de transformation de la production primaire ; h&#233;berger une population permanente qui pr&#233;sente principalement une r&#233;partition claire du travail ; se conformer clairement aux activit&#233;s urbaines, telles que le centre administratif, le contr&#244;le politique, religieux et militaire ; &#234;tre un centre de service ; et ont des b&#226;timents importants pour le stockage des exc&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la construction de la m&#234;me chose n'a pas &#233;t&#233; faite avec une organisation planifi&#233;e, mais ob&#233;it &#224; certains sch&#233;mas d&#233;sordonn&#233;s, car la ville se remodelait &#224; mesure que de plus en plus de gens venaient l'habiter, elle s'est donc perfectionn&#233;e avec le passage de les ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la colonie, &#224; l'origine aliment&#233;e par une base agraire exclusive, commence &#224; vivre de la production urbaine (c&#233;ramiques plus &#233;labor&#233;es), en particulier (au d&#233;triment de la campagne). Les navires ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s contre du ma&#239;s dans le cadre de processus de troc ancestraux, un syst&#232;me de commerce sans argent (car ils ne le connaissaient pas) qui invitait les paysans &#224; &#233;changer leur production sur le &#034;march&#233;&#034;. Au fur et &#224; mesure que la ville grandit et augmente de ce fait sa population, le troc devient insuffisant pour la maintenir, ce qui entra&#238;ne un d&#233;placement de la masse de la population, ce qui provoque la chute de l'empire, ce qui en est l'une des causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette ville, la n&#233;cessit&#233; de construire des villes &#233;tait de repr&#233;senter le pouvoir, de le concentrer pour une meilleure administration. Un autre facteur d&#233;cisif &#233;tait de pouvoir &#233;loigner les villes du centre qu'est Ayacucho, ce qui permettait une meilleure gouvernance en divisant le pouvoir par r&#233;gion, bien que la cl&#233; r&#233;side dans trois &#233;l&#233;ments essentiels pour l'empire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Communication entre les peuples conquis et le pouvoir central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La cr&#233;ation de villes d&#233;pendant de l'administration centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Le contr&#244;le du travail, &#224; utiliser au service de l'empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le contr&#244;le &#233;tait total, tant du point de vue administratif que religieux, culturel et militaire. Un autre &#233;l&#233;ment cl&#233; du triomphe de cet empire a &#233;t&#233; que lors de la cr&#233;ation d'une nouvelle ville, elle n'agglutinait pas toute la population de la ville, mais leur permettait de vivre dans des noyaux isol&#233;s pr&#232;s des champs agricoles. ils ont dirig&#233; la ville pour des raisons religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux arch&#233;ologues s'accordent sur le fait que la population huari pourrait avoir d&#233;pass&#233; cinquante mille habitants, bien que l'on pense qu'il s'agissait de paysans qui venaient parfois &#233;changer des mati&#232;res premi&#232;res et des produits transform&#233;s, ou encore pour des raisons politiques ou religieuses, comme la capitale Huari du pays. grand empire Par cons&#233;quent, &#224; certaines dates de l'ann&#233;e, il y a eu un ph&#233;nom&#232;ne que nous appelons aujourd'hui &#034;population flottante&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes ces avanc&#233;es technologiques, administratives, architecturales, etc. Un probl&#232;me &#233;tait le contr&#244;le des territoires &#233;loign&#233;s d'Ayacucho, car des &#034;centres provinciaux&#034; ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PIQUILLACTA : Le plus important centre administratif et politique de la culture fortifi&#233;e Huari et repr&#233;sentant l'urbanisme planifi&#233;. La forme de ses b&#226;timents est dans certains cas rectangulaire et dans d'autres, carr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PACHAC&#193;MAC : &#192; l'&#233;poque de Huari, c'est devenu un important centre religieux, qui a exerc&#233; son influence sur Huancayo. C'&#233;tait une pyramide &#224; degr&#233;s compos&#233;e de six corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUIRACOCHAPAMPA : Le mat&#233;riau utilis&#233; pour la construction est le gr&#232;s blanc. Son appartement est quadrangulaire et traverse la ville une grande avenue fortifi&#233;e. Les centres sont grands, il y a des galeries et des rues. Il y a aussi des canaux d'eau souterrains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes n'&#233;taient pas une invention des Huari : on sait qu'avant elles, d'autres villes, comme les Moche, par exemple, construisaient des routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la construction de routes, un r&#233;seau de routes planifi&#233; pour unir et contr&#244;ler les diff&#233;rents territoires de son empire et &#233;galement &#234;tre en mesure d'&#233;changer des objets &#224; longue distance : le troc. Les Huari ont &#233;galement construit les routes pour unir les centres de province aux peuples assujettis afin de faire du troc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes construites &#224; l'&#233;poque Huari t&#233;moignent du d&#233;veloppement architectural et technologique de cette culture, car elles ont permis l'entretien et la durabilit&#233; des conqu&#234;tes, et il aurait &#233;t&#233; impossible de maintenir des conqu&#234;tes sans routes reliant les diff&#233;rents territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme d'expression Huari a &#233;t&#233; largement influenc&#233;e par la culture Tiahuanaco, qui a largement contribu&#233; &#224; l'artisanat, aux connaissances techniques et &#224; la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Architecture : Les grandes villes ont &#233;t&#233; construites, qui ont &#233;t&#233; construites avec une planification &#224; l'avance. Les routes ont &#233;t&#233; construites pour communiquer avec les diff&#233;rentes provinces (remarquables par leur taille et leur force). La forme de ses b&#226;timents est dans certains cas rectangulaire et dans d'autres, carr&#233;e. Les tribunaux et les places entourent les b&#226;timents, ainsi que les r&#233;sidences de l'&#233;lite politique et religieuse de la r&#233;gion. Les murs &#233;taient recouverts de pl&#226;tre et de nombreux b&#226;timents avaient deux &#233;tages. Quelques exemples : Pikillacta est un centre fortifi&#233; construit au 6&#232;me si&#232;cle qui a fonctionn&#233; pendant 150 ans et qui repr&#233;sente l'urbanisme planifi&#233; par Huari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sculpture : des statues de pierres (monolithes), leurs repr&#233;sentations anthropomorphes et zoomorphes ont &#233;t&#233; sculpt&#233;es. Il convient de noter que les figures humaines, qui ont g&#233;n&#233;ralement une apparence robuste et qui attirent l'attention, ce sont les grandes larmes, celles-ci v&#234;tues de v&#234;tements, sans armes ni symbole, et ce qui est plus intriguant ne repr&#233;sente pas encore les divinit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.enperu.org/ayacucho/cultura-wari-departamento-ayacucho-peru&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;sint&#233;gration de l'empire Wari &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Wari &#224; travers la conqu&#234;te, violente comme pacifique, entre les ann&#233;es 500 et 1100 de notre &#232;re, avait articul&#233; le premier &#201;tat g&#233;ant multinational et imp&#233;rial des Andes. Ce grand &#233;tat holistique andin, dans son processus de d&#233;veloppement, a engendr&#233; une s&#233;rie de contradictions qui, &#224; la fin de la splendeur Wari, &#233;taient devenues plus aigu&#235;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, la confrontation entre la ville et la campagne, entre la m&#233;tropole et les colonies, la guerre des nationalit&#233;s subjugu&#233;es, usaient le pouvoir de l'empire. Enfin, quand la crise ne pourrait pas &#234;tre surmont&#233;e ; la r&#233;bellion g&#233;n&#233;ralis&#233;e des territoires coloniaux a eu lieu en effondrant la richesse et le pouvoir des villes, a men&#233; &#224; la d&#233;composition de l'Empire. Les villes et Wari ont &#233;t&#233; pill&#233;es, abandonn&#233;es et incendi&#233;es, ce qui s'est pass&#233; approximativement aux Xe et XIe si&#232;cles, ce que rapporte l'arch&#233;ologue Mario Benavides Calle (1984 : 119).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conqu&#234;te &#233;tait le m&#233;canisme d'expansion de l'empire Wari pendant plus de six si&#232;cles ; la guerre des nationalit&#233;s assujetties, la situation difficile dans les campagnes et les artisans eux-m&#234;mes ont amen&#233; les peuples &#224; se charger eux-m&#234;mes de la destruction finale de l'empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En cons&#233;quence du d&#233;veloppement de ses contradictions internes antagonistes, le puissant empire Wari s'est effondr&#233;, le m&#234;me auteur d&#233;clare que les peuples &#034;appel&#233;s Yaros, llacuaces, ne devraient &#234;tre que des travailleurs de la terre, tels que des bergers et des agriculteurs qui sont all&#233;s &#224; Wari pour achever la destruction de la ville Wari, affaiblie depuis un bon moment. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;clin de cet empire, entre le neuvi&#232;me et le quinzi&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re, les peuples qui se sont form&#233;s se sont fragment&#233;s et ont connu une &#233;volution autonome, une p&#233;riode que les arch&#233;ologues appellent &#201;tats r&#233;gionaux, royaumes et seigneuries ou interm&#233;diaire tardif. Cependant, il convient de souligner que les si&#232;cles qui ont suivi le Wari ont &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;s par une longue p&#233;riode de turbulences politiques et de d&#233;placements d&#233;mographiques, comme l'a d&#233;clar&#233; John Erls (1979.269).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Ce fut une &#233;poque au cours de laquelle une multitude d'ethnies se sont consolid&#233;es en des unit&#233;s politiquement nouvelles, chacune &#233;tant d&#233;di&#233;e &#224; accro&#238;tre ses bases politiques et &#233;conomiques au cours de la conqu&#234;te aux d&#233;pens des voisins.&#034; A cette &#233;poque, le territoire p&#233;ruvien &#233;tait peupl&#233; de diverses nationalit&#233;s, parmi lesquelles : les colla, les inca, les angara, les huanca, les yauyos, les sechura, les ashaninca, les bracamoro, etc. ont d&#233;clar&#233; Lorenzo Huertas et.al (1997 : 23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute de la soci&#233;t&#233; Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l'an 1100 avant J.-C., Huari commence &#224; d&#233;cliner en tant que centre politique et perd le contr&#244;le des villes et des territoires de l'Empire apr&#232;s avoir &#233;tendu ses domaines pendant sept si&#232;cles sur une partie du territoire p&#233;ruvien. Au cours de cette phase de crise, la capitale et les grands centres urbains de Cajamarquilla et Maranga sur la c&#244;te centrale ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;clin de l'empire, il y a l'&#233;mancipation des peuples assujettis et le d&#233;peuplement des villes. De nombreuses villes de la c&#244;te quittent les lieux o&#249; elles sont soumises, sachant que de nombreuses cultures sont revenues &#224; leurs anciennes religions, bien qu'un processus de &#034;d&#233;pression culturelle&#034; ait lieu dans la majorit&#233; des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter que les causes du d&#233;clin du pouvoir Huari sont inconnues. Certains disent que Huari a succomb&#233; &#224; cause de probl&#232;mes &#233;conomiques qui l'ont emp&#234;ch&#233; de satisfaire les besoins de ce grand empire. D'autres pensent qu'il a r&#233;gress&#233; avant une autre grande s&#233;cheresse, &#224; l'origine de son expansion. Il est fort possible qu'il y ait eu un m&#233;lange de ces deux ph&#233;nom&#232;nes, car il a &#233;t&#233; prouv&#233; qu'il y avait une crise climatique au cours de ces ann&#233;es. De plus, nous devons consid&#233;rer qu'en un temps de d&#233;veloppement aussi court, il n'a pas &#233;t&#233; possible de cr&#233;er suffisamment d'infrastructures d'&#201;tat pour maintenir un empire de cette taille. Et la raison des conflits internes a &#233;galement &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire Wari atteignit son expansion maximale au 6&#232;me si&#232;cle apr&#232;s JC, s'&#233;tendant de Piura et Cajamarca au nord, puis &#224; Cuzco et Moquegua au sud. Mais cet &#201;tat imp&#233;rial s'est effondr&#233; brutalement en raison du manque de production de toute la population, du m&#233;contentement de la population et de la contraction des r&#233;gions, ce qui s'est traduit par des r&#233;bellions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une contradiction entre la ville (principalement des artisans) et la campagne (personnes consacr&#233;es &#224; l'agriculture et au pastoralisme), etc. Aux VIIIe et IXe si&#232;cles, toute la construction de l'&#201;tat du wari &#233;tait pratiquement d&#233;sarm&#233;e, ce qui permettait le d&#233;veloppement des cultures et de l'&#201;tat r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une comparaison entre les empires Huari et Incas (en espagnol) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12312 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/txt/7787-30572-1-PB.txt' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Texte - 68.3 kio' type=&#034;text/plain&#034;&gt;&lt;img src='https://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/txt.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://arkeoayacucho.files.wordpress.com/2013/02/tantalean_2013-_wari_ayacucho_final-libre-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wari : un &#233;tat militariste andin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12313 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/9273-41331-1-PB.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 103.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12314 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/14172-1-37442-1-10-20110705_1_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 792.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12315 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/7787-30572-1-PB.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/ifea/6117?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La imagen del imperio : Los estudios sobre Wari en la arqueolog&#237;a peruana&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE AUSSI :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034;&gt;Pourquoi et comment l'empire Olm&#232;que a-t-il disparu ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034;&gt;La r&#233;volution sociale qui a renvers&#233; la civilisation de Teotihuac&#225;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034;&gt;La chute de la civilisation maya sous les coups de la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314&#034;&gt;La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&#034;&gt;La chute de Tula et des Tolt&#232;ques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034;&gt;R&#233;volutions en M&#233;so-Am&#233;rique antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste des peuples indig&#232;nes des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gens iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La grande f&#233;d&#233;ration iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034;&gt;D&#233;mocratie indienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Sept Feux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des peuples indiens du Guatemala&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&#034;&gt;Pourquoi l'empire azt&#232;que a-t-il &#233;t&#233; aussi facile &#224; abattre pour une poign&#233;e de conqu&#233;rants espagnols ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253&#034;&gt;L'empire incas, naissance et mort&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&#034;&gt;Comment a disparu la civilisation Chav&#237;n en 200 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182&#034;&gt;L'&#233;limination des Inuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034;&gt;Le g&#233;nocide colonial fran&#231;ais des peuples am&#233;rindiens cara&#239;bes des Petites Antilles de 1625-1660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168&#034;&gt;Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034;&gt;Administration indienne et d&#233;mocratie directe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973&#034;&gt;L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034;&gt;L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283&#034;&gt;L'&#233;tonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une compl&#232;te disparition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&#034;&gt;Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre &#232;re, de la civilisation p&#233;ruvienne Lambay&#232;que (ou Sic&#224;n)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5264&#034;&gt;Qu'&#233;tait la soci&#233;t&#233; des indiens Iroquois ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280&#034;&gt;Le matriarcat chez les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356&#034;&gt;La chute de la ville d'El Tajin, capitale des Totonaques, en 1200 et son abandon en 1230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276&#034;&gt;La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue &#224; l'issue d'une guerre civile, avant le d&#233;but de la colonisation europ&#233;enne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&#034;&gt;Pourquoi la civilisation de Caral (P&#233;rou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286&#034;&gt;La ca&#237;da de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relaci&#243;n con la revoluci&#243;n social&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342&#034;&gt;Luttes de classes dans les soci&#233;t&#233;s am&#233;rindiennes pr&#233;colombiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliographie Am&#233;rique pr&#233;colombienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4046</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4046</guid>
		<dc:date>2016-05-25T23:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
		<dc:subject>Nicaragua</dc:subject>
		<dc:subject>Uruguay</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les USA sur les dictateurs latino-am&#233;ricains : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce sont des b&#226;tards mais ce sont NOS b&#226;tards !! Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Etats-Unis &#233;tant n&#233;s d'une r&#233;volution anti-coloniale contre la Grande Bretagne, un mythe est couramment r&#233;pandu selon lequel les USA n'auraient jamais &#233;t&#233; une puissance coloniale contrairement aux puissances d'Europe occidentales (Angleterre, France, Espagne, Portugal&#8230;). C'est bien entendu un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;26- Luttes sociales en Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot274" rel="tag"&gt;Nicaragua&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot275" rel="tag"&gt;Uruguay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les USA sur les dictateurs latino-am&#233;ricains :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce sont des b&#226;tards mais ce sont NOS b&#226;tards !!&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis &#233;tant n&#233;s d'une r&#233;volution anti-coloniale contre la Grande Bretagne, un mythe est couramment r&#233;pandu selon lequel les USA n'auraient jamais &#233;t&#233; une puissance coloniale contrairement aux puissances d'Europe occidentales (Angleterre, France, Espagne, Portugal&#8230;). C'est bien entendu un mensonge : les Am&#233;riques centrale et du sud ont &#233;t&#233; colonis&#233;es et leurs r&#233;gimes cr&#233;&#233;s ou supprim&#233;s par les USA&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie de la colonisation de l'Am&#233;rique du Nord et l'&#233;limination syst&#233;matique des Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1798 &#224; 1800 : Quasi guerre entre la France R&#233;volutionnaire et les Etats-Unis en Mer des Antilles et sur les c&#244;tes nord-am&#233;ricaine de l'Atlantique. Termin&#233;e par le trait&#233; de Mortefontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1824 Porto Rico&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention des Etats-Unis &#224; Porto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1831. Argentine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention am&#233;ricaine en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1846 : Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue d'une guerre qu'ils avaient programm&#233;e et provoqu&#233;e, les &#201;tats-Unis s'emparent de la moiti&#233; du territoire mexicain. Ce territoire conquis s'appelle aujourd'hui : le Texas, la Californie, le Nevada, l'Utah, l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado (en partie). &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_am%C3%A9ricano-mexicaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00925851/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'intervention am&#233;ricaine au Mexique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1852-1853 : Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Marines am&#233;ricains d&#233;barquent et s'installent &#224; Buenos-Aires pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains face &#224; la r&#233;volution de 1852-53, r&#233;volution contre le dictateur Rosas, r&#233;volution f&#233;d&#233;raliste, guerre civile dans les provinces de Cuyo et de C&#243;rdoba, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1853 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention des &#201;tats-Unis au Nicaragua, officiellement en vue de la protection des citoyens et int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains pendant des troubles politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1854 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour venger une offense faite au &#171; ministre-r&#233;sident &#187; am&#233;ricain en poste au Nicaragua : destruction de la ville de Greytown (San Juan del Norte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1855 : Uruguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arm&#233;es am&#233;ricaines et europ&#233;ennes d&#233;barquent pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains au cours d'une tentative de r&#233;volution &#224; Montevideo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1867. Les marines occupent Managua et Le&#243;n, au Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1891 Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes en Ha&#239;ti pour r&#233;primer la r&#233;volte des travailleurs noirs dans l'&#238;le de Navassa revendiqu&#233;e par les USA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1891 Chili&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes au Chili et affrontements avec des nationalistes Chiliens (USA love latin america !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1893 : Hawaii.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert officiel de prot&#233;ger les vies et les biens des am&#233;ricains, cette intervention visa &#224; mettre en place un gouvernement provisoire sous l'autorit&#233; de Sanford D. Dole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1894 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention militaire pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains &#224; Bluefields &#224; la suite d'une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de lib&#233;rer l'&#238;le de la tutelle espagnole, les &#201;tats-Unis s'installent et imposent une base militaire, la possibilit&#233; d'investissements financiers am&#233;ricains et un droit d'intervention dans les affaires int&#233;rieures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Porto-Rico, Hawaii, Wake, Guam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de d&#233;faire la tutelle espagnole, les &#201;tats-Unis s'installent et imposent une base militaire, la possibilit&#233; d'investissements financiers am&#233;ricains et un droit d'intervention dans les affaires int&#233;rieures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'archipel est vendu aux USA par l'Espagne (d&#233;cembre 1898), les philippins se soul&#232;vent contre les &#201;tats-Unis (f&#233;vrier 1899), les &#201;tats-Unis envoie 70 000 militaires qui mettront trois ans pour mater le soul&#232;vement (des milliers de pertes humaines). &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_am%C3%A9ricano-philippine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3577&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et aussi l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : La guerre des Bananes est une expression utilis&#233;e pour d&#233;crire l'intervention des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique latine de la fin de la guerre hispano-am&#233;ricaine, en 1898, &#224; 1935. Ces guerres provoqu&#232;rent un engagement &#224; Cuba, au Mexique, &#224; Panama, dans la zone du canal de Panam&#225;, en Ha&#239;ti (1915-1935), en R&#233;publique dominicaine (1916-1924) et au Nicaragua (1912-1925 et 1926-1933).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des faits les plus marquants de ces conflits fut l'occupation par l'arm&#233;e am&#233;ricaine de la ville mexicaine de Veracruz pendant plus de six mois en 1914, en r&#233;torsion &#224; l'incident de Tampico du 9 avril 1914, qui implique la br&#232;ve arrestation de marins am&#233;ricains par des soldats du r&#233;gime du pr&#233;sident mexicain Victoriano Huerta. L'incident survint dans une p&#233;riode o&#249; les relations diplomatiques avec les &#201;tats-Unis &#233;taient mauvaises, &#224; cause de la R&#233;volution mexicaine, alors en cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;action &#224; l'affaire de Tampico, le pr&#233;sident am&#233;ricain Woodrow Wilson ordonna &#224; la Navy d'occuper Veracruz. Huerta fut renvers&#233; et un r&#233;gime plus favorable aux &#201;tats-Unis fut mis en place. Mais l'incident d&#233;grada les relations entre les &#201;tats-Unis et le Mexique pour de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1901-14 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration militaire au Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre 1903, les USA imposent aux nouveaux dirigeants panam&#233;ens un trait&#233; de paix humiliant qui donne aux USA la possibilit&#233; &#171; d'exercer &#224; perp&#233;tuit&#233; tous les droits, le pouvoir et l'autorit&#233; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annexion du canal de Panama de 1914 jusqu'en 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention militaire am&#233;ricaine au Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903-04 R&#233;publique dominicaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes en R&#233;publique Dominicaine afin de prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 : Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis fomentent une r&#233;volution &#224; l'issue de laquelle ils cr&#233;ent de toute pi&#232;ce la R&#233;publique de Panama qui lui assure le contr&#244;le du canal et des b&#233;n&#233;fices qu'il g&#233;n&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 : Colombie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aide am&#233;ricaine &#224; une r&#233;volte, visant &#224; la s&#233;paration de ce qui deviendra la r&#233;publique de Panama en vue de la construction du Canal de Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1906-09 Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention &#224; Cuba pendant les &#233;lections&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1907 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Nicaragua, instauration d'un Protectorat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1907 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Honduras (en guerre contre le Nicaragua)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troupes d'occupation au Nicaragua pour y soutenir des conservateurs pro-am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912-33 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation pendant 20 ans du Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914 Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troupes d'occupation &#224; Veracruz, Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1915 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle intervention et occupation des troupes am&#233;ricaines pendant 19 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1916 : R&#233;publique Dominicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me intervention et maintien des troupes am&#233;ricaines pendant 8 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1916-1917 Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;dition dans le nord du Mexique &#224; la suite de l'incursion arm&#233;e de Pancho Villa aux &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1926 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle intervention et exp&#233;dition de 5000 militaires pour contrer une r&#233;volution. L'homme des USA, Anastasio Somoza, apr&#232;s avoir fait assassiner Augusto Sandino, instaure une dictature pro-am&#233;ricaine qui durera pr&#232;s de quarante ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1917-33 Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation militaire et protectorat &#224; Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1918-20 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour des forces arm&#233;ens am&#233;ricaines au Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1920 Guatemala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Guatemala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1924-25 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Honduras lors des p&#233;riodes &#233;lectorales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1925 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale au Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1932 Salvador&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de navires de guerre au Salvador durant la r&#233;volte de Faribundo Marti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux d&#233;buts des ann&#233;es 30, les dictateurs pro-am&#233;ricains prolif&#232;rent : Somoza au Nicaragua, Machado &#224; Cuba, Trujillo &#224; Saint-Domingue, Ubico au Guatemala, Andino au Honduras, Matinez au Salvador&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1946 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colonie am&#233;ricaine jusqu'&#224; l'occupation japonaise, les Philippines acc&#232;dent &#224; leur ind&#233;pendance en 1946 en conc&#233;dant aux &#201;tats-Unis un droit illimit&#233; d'exploitation des ressources naturelles du pays au titre des dommages de guerre. Jusqu'en 1992 les &#201;tats-Unis conservent 23 bases militaires et participent &#224; la r&#233;pression des opposants communistes ou musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1950 : Porto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes am&#233;ricaines qui stationnent en permanence &#233;crasent un mouvement d'ind&#233;pendance. Deux ans plus tard, Porto Rico se voit accorder le statut d&#8216;&#201;tat libre associ&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1954 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration PBSUCCESS, des mercenaires entra&#238;n&#233;s par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent, avec l'aide de l'aviation am&#233;ricaine, le gouvernement d&#233;mocratique du pr&#233;sident Arbenz Guzman remplac&#233; par une junte militaire r&#233;clam&#233;e par Eisenhower. &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1821&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://rabac.com/demo/Relinter/Amce75.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Interventions &#233;tasuniennes des ann&#233;es 60&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1960 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bombardements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les conclusions de la Commission pour la clarification historique, plus de 200,000 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es ou ont &#171; disparu &#187; pendant le conflit. Plus d'un million de Guat&#233;malt&#232;ques ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s de force &#224; l'int&#233;rieur du pays. Environ 200 000 d'entre eux ont trouv&#233; refuge au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1821&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1961 : Kennedy annonce la cr&#233;ation d'une &#8216;Alliance pour le progr&#232;s' &#8211; une sorte de plan Marshal pour l'Am&#233;rique Latine : &#171; un vaste effort en commun sans pr&#233;c&#233;dent par son ampleur et la noblesse des ses objectifs, pour satisfaire les besoins fondamentaux des peuples latino-am&#233;ricains en ce que concerne le logement, le travail, la terre, la sant&#233; et les &#233;coles &#187;. En r&#233;alit&#233;, il lance une intensification de la p&#233;n&#233;tration de l'arm&#233;e US dans les Etats d'Am&#233;rique latine avec multiplication des m&#233;thodes de torture et d'assassinats contre les militants syndicalistes et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1961 : Cuba. Op&#233;ration Mongoose, arm&#233;s et entra&#238;n&#233;s par la CIA, plus de 1000 exil&#233;s cubains d&#233;barquent dans la Baie des Cochons avec l'espoir de provoquer une r&#233;bellion contre le gouvernement castriste en place tr&#232;s populaire. Le soul&#232;vement n'a pas lieu, les mercenaires sont rejet&#233;s &#224; la mer, les &#201;tats-Unis imposent un embargo &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1962 : Cuba. Crise des missiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1962 : R&#233;publique dominicaine. En 1962, le d&#233;mocrate lib&#233;ral Juan Bosh est &#233;lu. L'ambassade am&#233;ricaine contrecarra tous les efforts de Bosch pour s'assurer le soutien de la population. Toutes les r&#233;formes pr&#233;vues (agraire, ouvri&#232;re, &#8230;) furent emp&#234;ch&#233;es par l'administration Kennedy. Un coup d'Etat eu lieu, et les Etats-Unis reconnurent tout de suite le nouveau gouvernement de type militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1964 : Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Marines qui prot&#232;gent les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains du canal de Panama &#233;crasent une r&#233;volte visant &#224; nationaliser ce secteur strat&#233;gique. Apr&#232;s avoir prot&#233;g&#233; et utilis&#233; le dictateur panam&#233;en pour leurs attaques contre le Nicaragua sandiniste, les USA s'en d&#233;barrassent. 26 000 soldats am&#233;ricains envahissent le pays sous couvert de le faire compara&#238;tre devant les tribunaux am&#233;ricains pour trafic de drogue. Des centaines de civils p&#233;rissent sous les bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1964 : Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renversement du pr&#233;sident Joao Goulart par un putch militaire soutenu par la CIA et instauration de la dictature du mar&#233;chal Castelo Branco. Du Br&#233;sil, pr&#233;curseur en 1964, la dictature bourgeaoise &#171; bureaucratico-militaire &#187; va se r&#233;pandre comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : du Br&#233;sil &#224; l'Argentine en 1976, en passant par la Bolivie en 1971, l'&#201;quateur en 1972, l'Uruguay et le Chili en 1973, le P&#233;rou en 1975 (le Paraguay constituant la particularit&#233; d'une dictature plus ancienne, organis&#233;e depuis 1954 autour d'un parti-&#201;tat par le dictateur Alfredo Stroessner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1965 : R&#233;publique Dominicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le couvert de l'Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains, les &#201;tats-Unis interviennent militairement pour contrer une pr&#233;tendue menace communiste et provoquent un coup d'&#201;tat contre le pr&#233;sident Juan Bosch &#233;lu d&#233;mocratiquement. . Le 28 avril 1965, 400 marines d&#233;barqu&#232;rent en R&#233;publique dominicaine, &#224; Saint-Domingue, lors de l'Operation Power Pack, pour &#233;vacuer l'ambassade am&#233;ricaine et les &#233;trangers apr&#232;s une tentative de renversement de la junte civile au pouvoir par l'arm&#233;e dominicaine dissidente qui d&#233;g&#233;n&#233;ra en guerre civile. &#192; la mi-mai, le nombre de soldats, marines, et aviateurs des &#201;tats-Unis en R&#233;publique dominicaine atteignit 23 850 et 38 bateaux &#233;taient positionn&#233;s en mer. La bataille de Saint-Domingue fait quelque 10 000 victimes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1965 : P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1967-69 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formation des forces arm&#233;es guat&#233;malt&#232;ques du pr&#233;sident Julio C&#233;sar Mendez Montenegro par les forces sp&#233;ciales am&#233;ricaines pour contrer les attaques des rebelles gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1973 : Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la r&#233;forme agraire et aux nationalisations, les &#201;tats-Unis, par l'interm&#233;diaire de la CIA et de la firme ITT, fomentent un coup d'&#201;tat militaire qui conduit &#224; l'extermination du pr&#233;sident &#233;lu de gauche Salvador Allende. Des milliers de morts, de femmes et d'enfants enlev&#233;s et tortur&#233;s, et l'installation de la dictature d'extr&#234;me-droite du g&#233;n&#233;ral Pinochet conseill&#233; par la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1976 Argentine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coup d'Etat est organis&#233; en Argentine conjointement avec les USA : trente mille &#171; disparus &#187; en sont victimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1970&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1979 : La Grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place en 1979, &#224; la Grenade, du Gouvernement r&#233;volutionnaire populaire, un r&#233;gime pro-cubain, entra&#238;ne une rapide d&#233;t&#233;rioration des relations entre ce petit pays de la Cara&#239;be et les &#201;tats-Unis. En octobre 1983, le premier ministre grenadien Maurice Bishop est renvers&#233; et tu&#233; lors d'un coup d'&#201;tat interne au r&#233;gime ; les &#201;tats-Unis constituent rapidement une coalition internationale et d&#233;ploient parachutistes, marines, rangers, et forces sp&#233;ciales sur l'&#238;le au cours de l'op&#233;ration Urgent Fury. Plus d'un millier d'Am&#233;ricains se trouvent alors sur l'&#238;le. La force d'invasion man&#339;uvre rapidement pour prendre le contr&#244;le de la totalit&#233; de l'&#238;le ; les militaires am&#233;ricains affrontent au passage le contingent pr&#233;sent &#224; la Grenade des forces arm&#233;es cubaines, ce qui repr&#233;sente &#224; ce jour le premier conflit militaire direct entre les &#201;tats-Unis et Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1980-1990 : Salvador.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis s'engagent militairement aux c&#244;t&#233; des forces gouvernementales, de l'oligarchie au pouvoir et des escadrons de la mort de l'arm&#233;e salvadorienne pour contrer la gu&#233;rilla marxiste du FMLN. En 1980, l'archev&#234;que Romero, tr&#232;s populaire chez les pauvres, est assassin&#233; par des hommes proches de la CIA. En dix ans, la guerre civile a fait plus de 100 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1981-1988 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis n'acceptent pas la s&#233;rie de r&#233;formes que les Sandinistes du pr&#233;sident Daniel Ortega arriv&#233;s au pouvoir en 1979 engagent. Les &#201;tats-Unis apportent leur soutien aux Contras bas&#233;s au Honduras. En 1986, le scandale de l'Irangate r&#233;v&#232;le que le produit financier des ventes d'armes am&#233;ricaines &#224; l'Iran a servi a financer les Contras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983 : Grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Urgent Fury, embourb&#233;s au Liban, les &#201;tats-Unis font une d&#233;monstration de force en envahissant la minuscule &#238;le de la Grenade pr&#233;textant de la s&#233;curit&#233; de quelques citoyens am&#233;ricains et pour renverser le dirigeant Maurice Bishop suite &#224; son coup d'Etat pacifique contre le r&#233;gime autoritaire du Premier Ministre Eric Gairy. Huit ans plus tard, le Wall Street Journal qualifie cette d&#233;monstration d'&#171; invasion des banques &#187;, l'&#238;le est devenue un paradis pour la fraude financi&#232;re et l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983-89 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes au Honduras avec construction de bases&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983-84 Grenade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Operation Urgent Fury &#187; &#224; Grenade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1986 : Les &#201;tats-Unis sont condamn&#233;s pour &#171; usage ill&#233;gal de la force &#187; contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1989 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aviation am&#233;ricaine pr&#234;te main-forte aux forces gouvernementales pour contrecarrer un des nombreux coup d'&#201;tat contre la pr&#233;sidente Corazon Aquino, farouche opposante aux communistes et aux ind&#233;pendantistes musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1989 : Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Just Cause, le pr&#233;sident George H.W. Bush ordonne la prise de contr&#244;le du canal de Panama et renverse le dictateur militaire Manuel Noriega, agent double de la CIA, suite au pr&#233;texte de l'ex&#233;cution d'un soldat am&#233;ricain par des soldats panam&#233;ens. Le 20 d&#233;cembre 1989, les &#201;tats-Unis envahirent Panama, essentiellement &#224; partir de bases militaires situ&#233;es dans la zone du canal de Panam&#225;, pour chasser le dictateur et ancien agent de la CIA Manuel Noriega. En 1977, les deux nations avaient sign&#233; un trait&#233; de r&#233;trocession du canal de Panama &#224; Panama en 1999, mais les US ne souhaitaient pas abandonner le contr&#244;le d'un secteur aussi strat&#233;gique &#224; Noriega, dont le gouvernement devenait un narco-&#201;tat. Les troupes am&#233;ricaines &#233;cras&#232;rent rapidement l'arm&#233;e du Panama, et Noriega fut captur&#233; le 3 janvier 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1994 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant occup&#233; Ha&#239;ti de 1915 &#224; 1934 puis soutenus les deux effroyables dictatures de Fran&#231;ois et Jean-Claude Duvalier de 1957 &#224; 1986, les &#201;tats-Unis se montrent favorables au renversement par coup d'&#201;tat, en 1991, contre le dictateur Raoul C&#233;dras remplac&#233; par le le pr&#233;sident en exil Jean-Bertrand Aristide escort&#233; par 22000 soldats am&#233;ricains. Parmi les militaires impliqu&#233;s dans le coup d'&#201;tat, le colonel Fran&#231;ois qui a &#233;t&#233; form&#233;, comme les dictateurs latino-am&#233;ricains Noriega et d'Aubuisson, dans la m&#234;me acad&#233;mie militaire am&#233;ricaine. Trois ans plus tard les &#201;tats-Unis interviennent militairement pour remettre en scelle le pr&#233;sident d&#233;chu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1999 : Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan Colombie est mis en place sous Clinton, en 1999, l'aide US va passer de 30 millions de dollars &#224; 2 040 millions de dollars entre 1999 et 2002, dont 81% en armement, le reste pour la d&#233;fense des droits de l'homme et autres projets civils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but d&#233;clar&#233; est la lutte contre le trafic de drogue. Avant la surface de culture de coca s'&#233;levait &#224; 40 000 voire &#224; 50 000 hectares. Avec le Plan Colombie les niveaux de culture de coca ont augment&#233; tr&#232;s sensiblement. En 2001, la surface cultiv&#233;e &#233;tait de 169 000 hectares. On parle maintenant d'environ 100 000 hectares. Le gros probl&#232;me est que les cultures sont tr&#232;s tr&#232;s mobile. D'une ann&#233;e &#224; l'autre elles peuvent changer de r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but le Plan Colombie a provoqu&#233; un mouvement de contestation &#233;lev&#233;. Face &#224; cette pression, le gouvernement colombien avait accept&#233; de limiter &#224; 800 le nombre de membres des forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;e et de militaires &#233;tats-uniens autoris&#233;s &#224; entrer sur le territoire colombien, 400 militaires &#233;tats-uniens et 400 personnels des forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;e. Ce qui a facilement &#233;t&#233; contourn&#233; puis supprim&#233; par le pr&#233;sident Bush : le Plan Colombie est devenu le Plan Patriota.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce Plan fait partie de la lutte anti-terroriste, les US ont qualifi&#233; les groupes arm&#233;s ill&#233;gaux colombiens de terroriste et veut donc les supprimer. D'une mani&#232;re plus r&#233;aliste le but est d'affaiblir suffisamment ces groupes arm&#233;s pour les contraindrent &#224; venir n&#233;gocier la paix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Colin Powel, s'est engag&#233; pour un montant de 731 millions de dollars pour financer la participation de l'Equateur, Bolivie et P&#233;rou dans les op&#233;rations militaires. Les principaux foyers de violence en Colombie, qui provoquent l'expulsion de la population indig&#232;ne et paysanne de ses terres, co&#239;ncident avec les r&#233;gions les plus riches en p&#233;trole et en biodiversit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Plan Colombie facilite la r&#233;alisation de m&#233;gaprojets hydro&#233;lectriques, p&#233;trolif&#232;res et miniers, patronn&#233;s par la Banque mondiale et par des entreprises multinationales. Plus d'un million d'hectares de bois en Colombie ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; contamin&#233;s par les fumigations &#224; base d'agents chimiques, et le nombre de d&#233;plac&#233;s atteint les 3 millions de personnes. Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, le nombre de morts a atteint le chiffre de 200 000, dont 5 000 dirigeants de syndicats et de mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2002 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Enduring Freedom, soutien &#233;conomique et militaire au gouvernement philippin contre les gu&#233;rillas. En janvier 2002, les &#201;tats-Unis envoy&#232;rent plus de 1 200 hommes pour aider l'arm&#233;e des Philippines &#224; combattre des groupes terroristes li&#233;s &#224; al-Qaida, tel qu'Abu Sayyaf. Les interventions eurent essentiellement lieu dans l'archipel de Sulu, o&#249; des terroristes et d'autres sont actifs. La plus grande partie des effectifs fournit une aide logistique, mais une part consid&#233;rable est constitu&#233;e d'hommes des forces sp&#233;ciales qui entra&#238;nent et aident aux op&#233;rations de combat contre les groupes terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2004 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Intervention militaire US avec l'aide de la France pour chasser le pr&#233;sident Jean-Bertrand Aristide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2010 Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte d'un tremblement de terre, les USA d&#233;barquent des tonnes de troupes US qu'elles couvrent d'une intervention militaire et polici&#232;re internationale. L'intervention humanitaire, elle, est vraiment la couverture mensong&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Causes de l'intervention militaire en Ha&#239;ti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve215&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_2_3129&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire des interventions US&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky/article/les-etats-unis-et-l-amerique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les USA et l'Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.resistances.be/chili02.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Op&#233;ration Condor&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=1TAOgHw1dz8C&amp;pg=PA90&amp;dq=interventions+des+usa+am%C3%A9rique+latine&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=interventions%20des%20usa%20am%C3%A9rique%20latine&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;USA-Cuba&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=XCxzVhcS7wkC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=interventions+des+usa+am%C3%A9rique+latine&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=interventions%20des%20usa%20am%C3%A9rique%20latine&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Am&#233;rique latine, vue des Etats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine, 1976 : la contre-r&#233;volution contre la classe ouvri&#232;re apr&#232;s la contre-r&#233;volution au Chili en 1973. Nunca m&#224;s ? Jamais plus ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2127</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2127</guid>
		<dc:date>2011-10-15T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les disparus de la dictature &lt;br class='autobr' /&gt;
La junte militaire de 1976 &lt;br class='autobr' /&gt; La contre-r&#233;volution de 1976 en Argentine a eu pour racine les d&#233;buts insurrectionnels de 1969. Quand les travailleurs chiliens ont montr&#233; leur combativit&#233; et que les travailleurs argentins ont recommenc&#233; &#224; d&#233;montrer un d&#233;sir d'entrer en lutte, les classes dirigeantes d'Argentine ont d&#233;clench&#233; la contre-r&#233;volution pr&#233;ventive de 1976. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Argentine, quinze ans apr&#232;s la chute de Peron, une r&#233;volte populaire, m&#234;lant ouvriers de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;26- Luttes sociales en Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_10335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/310px-Que_digan_donde_estan-ff427.jpg' width=&#034;310&#034; height=&#034;179&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les disparus de la dictature&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Junta_Militar-dbb33.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;311&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La junte militaire de 1976&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La contre-r&#233;volution de 1976 en Argentine a eu pour racine les d&#233;buts insurrectionnels de 1969. Quand les travailleurs chiliens ont montr&#233; leur combativit&#233; et que les travailleurs argentins ont recommenc&#233; &#224; d&#233;montrer un d&#233;sir d'entrer en lutte, les classes dirigeantes d'Argentine ont d&#233;clench&#233; la contre-r&#233;volution pr&#233;ventive de 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, quinze ans apr&#232;s la chute de Peron, une r&#233;volte populaire, m&#234;lant ouvriers de l'automobile et &#233;tudiants, secoua la ville industrielle de Cordoba en 1969. Au matin du 29 mai 1969, dans la ville de Cordoba, de nombreux ouvriers sortent des principaux centres industriels pour se diriger vers le centre manifester contre la politique de r&#233;pression et d'ajustements &#233;conomique mis en place par le gouvernement militaire de Ongania.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation ouvri&#232;re est aussi accompagn&#233;e par des centaines d'&#233;tudiants et d'universitaires qui se regroupent dans le quartier de Clinicas pour attendre l'arriv&#233;e des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les &#233;tudiants et les ouvriers se rejoignent dans les rues de la ville, une &#233;norme quantit&#233; d'effectifs policiers se placent autour de cette place principale pour emp&#234;cher le regroupement. La r&#233;pression ne se fait pas attendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui commence comme une simple manifestation, termine comme une v&#233;ritable r&#233;bellion populaire. Aux &#233;tudiants et aux ouvriers viennent alors se joindre les habitants du quartier, et en quelques minutes, la ville de Cordoba flambe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion commun&#233;ment appel&#233; le &#171; Cordobazo &#187; est &#233;touff&#233;e uniquement dans l'apr&#232;s midi du jour suivant quand l'arm&#233;e occupe l'ensemble de la ville. Une nouvelle &#232;re dans la politique argentine, la mobilisation et la lutte populaire vont s'installer dans cette p&#233;riode d'agitation et de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le point de d&#233;part d'une mobilisation ouvri&#232;re croissante. Pour faire face &#224; la situation, la bourgeoisie se r&#233;signa &#224; faire appel au vieux g&#233;n&#233;ral Peron qui, rappel&#233; d'exil, fut triomphalement &#233;lu pr&#233;sident. Mais il n'&#233;tait pas question cette fois-ci pour Peron de satisfaire quelques revendications ouvri&#232;res que ce f&#251;t. Son aura de d&#233;fenseur des pauvres, acquise trente ans auparavant, il l'utilisa pour mettre au pas les ouvriers et les &#233;tudiants en lutte. De son retour d'exil &#224; sa mort un an plus tard, Peron a pr&#233;par&#233; les conditions qui ont permis &#224; l'arm&#233;e de prendre directement le pouvoir en 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une p&#233;riode de r&#233;pression &#224; grande &#233;chelle s'est alors ouverte &#224; la suite de ce coup d'&#201;tat, contre tous les militants argentins qui avaient eu tant d'illusion dans le p&#233;ronisme. 30 000 victimes ont disparu pendant les sept ans de la dictature, des jeunes intellectuels, mais aussi des milliers de militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 24 mars 1976, la junte militaire dissout le parlement, remplace la Cour supr&#234;me et entame un processus de &#171; R&#233;organisation Nationale &#187;. Ayant ainsi &#233;cart&#233; toute institution d&#233;mocratique, la junte gouverne seule, au moyen de d&#233;crets. Le 24 mars, elle ordonne la suspension de toute activit&#233; politique et d&#233;cide d'interdire cinq partis (le Parti Communiste R&#233;volutionnaire, le Parti Socialiste des Travailleurs, le Parti Politique des Travailleurs, le Parti Trotskyste des Travailleurs et le Parti Communiste Marxiste-L&#233;niniste) ainsi que les &#171; 62 Organisations &#187;, coalition compos&#233;e notamment de divers syndicats. Le m&#234;me jour, elle r&#233;tablit la peine de mort pour certaines activit&#233;s qualifi&#233;es de &#171; subversives &#187; et aggrave les peines sanctionnant diff&#233;rentes actions politiques. Des &#171; Principes et Proc&#233;dures &#187; sont &#233;tablis pour limiter l'activit&#233; journalistique et censurer la presse. En outre, le 29 mars, la junte suspend le droit d'option . La junte entreprend, en partie gr&#226;ce &#224; ces nouvelles lois, une v&#233;ritable &#171; guerre contre-r&#233;volutionnaire &#187;. Les plus hauts responsables de la junte, dont le Pr&#233;sident et Commandant en Chef Videla lui-m&#234;me, n'h&#233;sitent pas &#224; annoncer qu'ils proc&#232;deront &#224; &#171; l'annihilation &#187; de la subversion, dans une optique de &#171; guerre totale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la r&#233;pression s'intensifie, principalement envers les activistes politiques ou syndicaux, des avocats, et des personnes impliqu&#233;es dans des organisations religieuses. Des milliers de personnes sont enlev&#233;es, emprisonn&#233;es sans proc&#232;s, tortur&#233;es et maintenues dans des camps de concentration. La grande majorit&#233; de ces personnes disparaissent sans laisser de trace, leurs corps n'&#233;tant que rarement retrouv&#233;s. Au d&#233;but de la dictature, il est de ce fait difficile de se rendre compte de l'ampleur de la r&#233;pression, et l'on con&#231;oit mal ce qui arrive aux disparus, m&#234;me si de nombreux enl&#232;vements se font en plein jour et si les &#8216;Ford Falcon' vertes, du m&#234;me mod&#232;le que les voitures militaires et les voitures de police, se d&#233;placent en convoi &#224; travers le pays pour des kidnappings en masse. De nombreux enfants sont &#233;galement enlev&#233;s avec leurs parents et seront parfois adopt&#233;s par la suite, crimes donnant naissance aux Grands-M&#232;res de la place de Mai qui s'efforceront, jusqu'&#224; aujourd'hui encore, de retrouver leurs petits-enfants disparus avec leurs parents. On compte entre dix et trente mille disparus, ainsi que dix mille prisonniers politiques d&#232;s 1976. La situation reste assez m&#233;connue en Argentine m&#234;me et &#224; l'&#233;tranger jusqu'en 1978 du fait de la strat&#233;gie de discr&#233;tion adopt&#233;e par la junte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons en passant que l'arm&#233;e argentine, tout comme l'arm&#233;e chilienne, et l'arm&#233;e br&#233;silienne au pouvoir depuis 1964, ont b&#233;n&#233;fici&#233; des conseils en r&#233;pression de l'arm&#233;e fran&#231;aise qui a envoy&#233; des officiers, forts de l'exp&#233;rience acquise en Alg&#233;rie, donner des cours de torture. Le sinistre Aussaresses a ainsi &#233;t&#233; envoy&#233; en mission dans les ann&#233;es soixante-dix pour prodiguer ses conseils aux officiers br&#233;siliens &#224; une p&#233;riode o&#249; les dictatures d'Am&#233;rique du Sud s'entraidaient pour assassiner les opposants des pays voisins en exil chez elles, ce qu'elles ont appel&#233; le &#171; plan Condor &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut rendre aux USA ce qui leur appartient : le r&#244;le principal dans le soutien aux dictatures militaires qui ont souvent pes&#233; sur les &#233;paules des classes populaires d'Am&#233;rique latine. La CIA et l'arm&#233;e am&#233;ricaine ont entra&#238;n&#233; des dizaines de milliers d'officiers latino-am&#233;ricains aux techniques de r&#233;pression, &#224; la contre-gu&#233;rilla, &#224; la chasse &#224; tout ce qui de pr&#232;s ou de loin ressemblait &#224; des communistes. Ces officiers sont devenus bien souvent les cadres de dictatures pro-USA. Les &#201;tats-Unis poss&#232;dent m&#234;me une &#233;cole militaire sp&#233;cialis&#233;e pour cela, appel&#233;e l'&#201;cole des Am&#233;riques, implant&#233;e jusque dans les ann&#233;es quatre-vingt au Panama, dans la zone du canal directement sous leur administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intervention de l'imp&#233;rialisme n'enl&#232;ve rien au caract&#232;re de lutte de classe des contre-r&#233;volutions qu'a connu l'Am&#233;rique latine. Les prol&#233;taires mena&#231;aient les classes dirigeantes et c'est elles qui ont r&#233;agi, via les arm&#233;es. La direction de l'arm&#233;e n'est rien d'autre qu'un outil des classes dirigeantes locales. Accuser l'imp&#233;rialisme ne doit pas servir &#224; blanchir les bourgeoisies sud-am&#233;ricaines.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Us&#233;e jusqu'&#224; la corde, vomie par la grande majorit&#233; de la population, la dictature argentine, apr&#232;s l'aventure de la guerre des Malouines, a d&#251; c&#233;der la place &#224; un r&#233;gime parlementaire en 1983. Mais cela n'a en rien arr&#234;t&#233; l'appauvrissement de la population laborieuse en Argentine. Au cours des ann&#233;es quatre-vingt-dix, la privatisation massive de toutes les entreprises d'&#201;tat, au prix de 300 000 licenciements, men&#233;e - ironie de l'Histoire - par un politicien se r&#233;clamant de l'h&#233;ritage de Peron, a d&#233;gag&#233; 50 milliards de dollars qui ont atterri dans les coffres des banques &#233;trang&#232;res. Les retraites ont &#233;t&#233; baiss&#233;es, les salaires des fonctionnaires aussi, et m&#234;me carr&#233;ment non vers&#233;s dans les provinces &#233;loign&#233;es de Buenos Aires. Le pays a souffert d'hyperinflation. Le gouvernement a arrim&#233; la monnaie au dollar. Rien de tout &#231;a n'a emp&#234;ch&#233; la dette de gonfler dans des proportions gigantesques. Les &#233;conomies de la petite bourgeoisie ont m&#234;me &#233;t&#233; bloqu&#233;es pour &#233;viter l'effondrement du syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuy&#233; par l'&#201;tat am&#233;ricain, l'&#233;tat-major a pris le pouvoir en mars 1976. De 1976 &#224; 1983, Videla et l'arm&#233;e argentine ont exerc&#233; une dictature sanglante, arr&#234;tant, emprisonnant, torturant et assassinant 30 000 militants ouvrier et jeunes. Sous le nom de &#171; plan Condor &#187;, le junte argentine a pratiqu&#233; aussi le terrorisme &#224; l'ext&#233;rieur de ses fronti&#232;res, en assassinant les r&#233;fugi&#233;s dans d'autres pays en collaboration avec les autres dictatures du continent et la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a apport&#233; aussi sa contribution &#224; la dictature des g&#233;n&#233;raux argentins. La R&#233;publique bourgeoise (si ch&#232;re au PCF, au PS, au PT&#8230;), la &#171; d&#233;mocratie &#187; fran&#231;aise, a accumul&#233; une grande exp&#233;rience de la terreur envers les populations coloniales et de l'usage de la torture. Elle a en fait profiter la junte argentine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'indiquait au d&#233;part que l'instruction pour &#171; s&#233;questration suivie de tortures &#187; sur plainte des proches de quinze disparus fran&#231;ais, non seulement conduirait vers des officiers fran&#231;ais en poste &#224; la mission militaire fran&#231;aise permanente en Argentine&#8230; La mobilisation judiciaire&#8230; a ainsi conduit &#224; mettre en relief la filiation entre les m&#233;thodes d&#233;velopp&#233;es contre le FLN alg&#233;rien et celles utilis&#233;es contre les d&#233;mocrates latino-am&#233;ricains, une v&#233;ritable p&#233;dagogie de la torture&#8230; Apr&#232;s la guerre d'Alg&#233;rie, le g&#233;n&#233;ral Aussarres a &#233;t&#233; &#171; instructeur &#224; la lutte anti-subversive &#187; aux &#201;tats-Unis, au d&#233;but de la guerre du Vietnam. Surtout, on le retrouve ensuite comme attach&#233; militaire fran&#231;ais au Br&#233;sil entre 1973 et 1975&#8230; L'enseignement alors dispens&#233; aux Argentins a un ma&#238;tre &#224; penser, le lieutenant-colonel Trinquier&#8230; et le commandant Aussarres&#8230; &#171; En Argentine, nous avons tout d'abord re&#231;u l'influence fran&#231;aise, puis nord-am&#233;ricaine&#8230; &#187; d&#233;clarera en 1981 le g&#233;n&#233;ral Ramon Camps, chef de la police sous la dictature du g&#233;n&#233;ral Videla&#8230; Le colonel Robert Servant aurait m&#234;me &#233;t&#233; install&#233; au quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e de terre &#224; Buenos Aires, alors dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Videla. &#171; Le Point &#187; pr&#233;cise qu'il d&#233;pendait directement du premier ministre d'alors, Jacques Chirac&#8230; (Le Monde, 16 juin 2001)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e argentine a su &#233;craser son peuple durant plusieurs ann&#233;es, torturer les militants ouvriers, mais a &#233;chou&#233; dans sa tentative de confrontation militaire aux Iles malouines avec l'imp&#233;rialisme britannique en 1982. De retour aux affaires, les gouvernements radicaux et p&#233;ronistes ont vendu une large part du potentiel productif &#224; l'&#233;tranger et ouvert le pays au capital financier international, dont les groupes fran&#231;ais Carrefour, Cr&#233;dit agricole, BNP Paribas, EDF, TotalFinaElf, Danone, Peugeot, Renault, etc : la bourgeoisie fran&#231;aise a eu sa r&#233;compense pour l'aide de son &#201;tat en conseils &#171; contre la subversion &#187; et son pr&#234;t de sp&#233;cialistes de la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Renault, le principal producteur automobile en Argentine, a r&#233;duit son effectif de 23 %. Le chiffre d'affaires de Carrefour, premi&#232;re entreprise de distribution en Argentine, a chut&#233; d'environ 10 % cette ann&#233;e. Le gouvernement fran&#231;ais, par la voix de V&#233;drine, est inquiet et en appelle au nouveau pr&#233;sident Duhalde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes convaincus que vous vous efforcerez de prot&#233;ger nos entreprises qui ont beaucoup investi en Argentine (Le Monde, 8 janvier 2002)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme hier, la bourgeoisie fran&#231;aise se situe aux c&#244;t&#233;s de la bourgeoisie argentine contre les travailleurs argentins. Le prol&#233;tariat fran&#231;ais a d&#233;cid&#233;ment les m&#234;mes ennemis que le prol&#233;tariat argentin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10333 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Dictadura-Militar-Argentina-0b2d5.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;225&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Argentine, 1976 : la contre-r&#233;volution contre la classe ouvri&#232;re apr&#232;s la contre-r&#233;volution au Chili en 1973. Nunca m&#224;s ? Jamais plus ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;le 24 mars 1976, la junte militaire dissout le parlement, remplace la Cour supr&#234;me et entame un processus de &#171; R&#233;organisation Nationale &#187;. Ayant ainsi &#233;cart&#233; toute institution d&#233;mocratique, la junte gouverne seule, au moyen de d&#233;crets. Le 24 mars, elle ordonne la suspension de toute activit&#233; politique et d&#233;cide d'interdire cinq partis (le Parti Communiste R&#233;volutionnaire, le Parti Socialiste des Travailleurs, le Parti Politique des Travailleurs, le Parti Trotskyste des Travailleurs et le Parti Communiste Marxiste-L&#233;niniste) ainsi que les &#171; 62 Organisations &#187;, coalition compos&#233;e notamment de divers syndicats. Le m&#234;me jour, elle r&#233;tablit la peine de mort pour certaines activit&#233;s qualifi&#233;es de &#171; subversives &#187; et aggrave les peines sanctionnant diff&#233;rentes actions politiques. Des &#171; Principes et Proc&#233;dures &#187; sont &#233;tablis pour limiter l'activit&#233; journalistique et censurer la presse. En outre, le 29 mars, la junte suspend le droit d'option . La junte entreprend, en partie gr&#226;ce &#224; ces nouvelles lois, une v&#233;ritable &#171; guerre contre-r&#233;volutionnaire &#187;. Les plus hauts responsables de la junte, dont le Pr&#233;sident et Commandant en Chef Videla lui-m&#234;me, n'h&#233;sitent pas &#224; annoncer qu'ils proc&#232;deront &#224; &#171; l'annihilation &#187; de la subversion, dans une optique de &#171; guerre totale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;pression chaque fois plus drastique et g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la r&#233;pression s'intensifie, principalement envers les activistes politiques ou syndicaux, des avocats, et des personnes impliqu&#233;es dans des organisations religieuses. Des milliers de personnes sont enlev&#233;es, emprisonn&#233;es sans proc&#232;s, tortur&#233;es et maintenues dans des camps de concentration. La grande majorit&#233; de ces personnes disparaissent sans laisser de trace, leurs corps n'&#233;tant que rarement retrouv&#233;s. Au d&#233;but de la dictature, il est de ce fait difficile de se rendre compte de l'ampleur de la r&#233;pression, et l'on con&#231;oit mal ce qui arrive aux disparus, m&#234;me si de nombreux enl&#232;vements se font en plein jour et si les &#8216;Ford Falcon' vertes, du m&#234;me mod&#232;le que les voitures militaires et les voitures de police, se d&#233;placent en convoi &#224; travers le pays pour des kidnappings en masse. De nombreux enfants sont &#233;galement enlev&#233;s avec leurs parents et seront parfois adopt&#233;s par la suite, crimes donnant naissance aux Grands-M&#232;res de la place de Mai qui s'efforceront, jusqu'&#224; aujourd'hui encore, de retrouver leurs petits-enfants disparus avec leurs parents. On compte entre dix et trente mille disparus, ainsi que dix mille prisonniers politiques d&#232;s 1976. La situation reste assez m&#233;connue en Argentine m&#234;me et &#224; l'&#233;tranger jusqu'en 1978 du fait de la strat&#233;gie de discr&#233;tion adopt&#233;e par la junte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle position de la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions de la communaut&#233; internationale face &#224; la dictature argentine sont, de ce fait, moins vives qu'elles ne l'ont &#233;t&#233; pour le Chili. La France, qui lors du coup d'&#233;tat chilien avait ouvert les portes de son ambassade &#224; Santiago pour accueillir des r&#233;fugi&#233;s, ne d&#233;montre pas ce genre d'engagement au d&#233;but de la dictature argentine. La position de la France demeure quelques temps ambigu&#235;. Selon certains, comme Marie-Monique Robin, auteur d'un film et d'un livre intitul&#233;s tous deux Escadrons de la mort : l'&#233;cole fran&#231;aise, l'arm&#233;e fran&#231;aise a particip&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1960 &#224; la formation des cadres militaires argentins dont certains sont devenus des tortionnaires, et des contacts se seraient maintenus. La mission de coop&#233;ration militaire fran&#231;aise, qui comprend des officiers anciens de la guerre d'Alg&#233;rie, install&#233;e &#224; Buenos-Aires en 1959 y est demeur&#233;e jusqu'en 1981. Selon ce film, &#171; l'ordre de bataille de mars 1976 est une copie de la bataille d'Alg&#233;rie &#187; : le quadrillage du territoire argentin (un g&#233;n&#233;ral contr&#244;lant chaque zone) et les tortures rappellent les m&#233;thodes de certains militaires fran&#231;ais en Indochine et en Alg&#233;rie. Dans les ann&#233;es 1950, les m&#233;thodes utilis&#233;es pendant la Bataille d'Alger avaient &#233;t&#233; enseign&#233;es &#224; des officiers argentins au sein de l'Ecole sup&#233;rieure de la guerre de Paris. En 1959, l'Etat-major argentin a financ&#233; la venue d'experts fran&#231;ais pour que ceux-ci forment des militaires argentins dans le cadre de la &#171; guerre anti-subversive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;bat sur le contenu et le niveau de la coop&#233;ration entre militaires et forces de police fran&#231;aises et argentines entre 1976 et 1981. Le d&#233;put&#233; Rolan Blum, auteur en d&#233;cembre 2003 d'un rapport sur &#171; le r&#244;le de la France dans le soutien aux r&#233;gimes militaires d'Am&#233;rique latine entre 1973 et 1984 &#187; affirme ainsi que &#171; l'attitude de la France &#224; l'&#233;gard de cette p&#233;riode sombre a &#233;t&#233;, et reste, d&#233;pourvue de toute ambigu&#239;t&#233;, comme l'avait montr&#233; par exemple la d&#233;cision prise de relever imm&#233;diatement de ses fonctions l'attach&#233; militaire fran&#231;ais en Argentine qui avait d&#233;clar&#233; publiquement sa compr&#233;hension &#224; l'&#233;gard de la Junte. Certes il n'est pas inenvisageable que des personnes de nationalit&#233; fran&#231;aise aient pu participer &#224; des activit&#233;s de r&#233;pression, mais si cela a &#233;t&#233; le cas, ce fut &#224; titre individuel : de tels comportements ne relevant alors pas d'une commission d'enqu&#234;te, mais de la justice. [&#8230;] Les all&#233;gations reposent en effet largement sur des raccourcis discutables li&#233;s &#224; la pr&#233;tendue invention par l'arm&#233;e fran&#231;aise du concept de &#8216;guerre subversive' &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude du personnel de l'ambassade &#233;volue &#224; partir de 1978 : elle soustrait aux militaires M. Dousdebes, qui, emprisonn&#233; de 1976 &#224; 1978 pour activit&#233;s subversives, risquait de se faire enlever et de dispara&#238;tre. Il demeure cach&#233; dans les locaux de l'ambassade durant un an, le temps que l'ambassade parvienne &#224; organiser son d&#233;part vers la France, o&#249; il obtiendra le statut de r&#233;fugi&#233; en 1979. L'aide du consul g&#233;n&#233;ral, qui a &#339;uvr&#233; au transfert de M. Dousdebes vers l'ambassade, puis de l'ambassadeur, de ses conseillers mais aussi d'agents de recrutement local (lui apportant &#224; manger) &#233;claire d'un jour int&#233;ressant le r&#244;le complexe jou&#233; par l'ambassade durant la dictature. De m&#234;me Mme Morel-Caputo, vice-consul &#224; Buenos-Aires au d&#233;but des ann&#233;es 1980, t&#233;moigne quant &#224; elle que &#171; sous la dictature [elle] a v&#233;cu, aux c&#244;t&#233;s de [son] mari, M. Dante Caputo, la lutte politique clandestine d'un groupe de jeunes intellectuels, sociologues et avocats, regroup&#233;s autour de CISEA, Centre de Recherche sur l'Etat et l'Administration, ayant fait souvent des &#233;tudes doctorales en France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe d'experts sur les disparitions involontaires et forc&#233;es de personnes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un Colloque organis&#233; par le Centre d'&#233;tudes et de recherches internationales (CERI) les 26 et 27 mai 1983, l'ancien Directeur des Nations Unies et Organisations Internationales du Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res a t&#233;moign&#233; avoir soumis en 1980 et fait approuver par la Commission des droits de l'homme des Nations unies, la cr&#233;ation d'un &#171; groupe d'experts sur les &#171; disparitions involontaires et forc&#233;es &#187; de personnes, cette nouvelle forme de violation dont l'Argentine notamment s'est rendue coupable (avec peut-&#234;tre 30.000 disparus). Lanc&#233;e par la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise, cette id&#233;e a &#233;t&#233; approuv&#233;e finalement, malgr&#233; l'opposition acharn&#233;e de l'Argentine et des pays de l'Est, et ce groupe d'experts s'est mis au travail d&#232;s 1980. &#187; Cette initiative a d&#233;bouch&#233;, 25 ans plus tard, sur l'&#233;laboration d'une Convention que le nouveau Conseil de droits de l'homme a adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; &#224; sa premi&#232;re session en juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour comprendre la singularit&#233; et les particularit&#233;s de la derni&#232;re dictature argentine (1976-1983), la plus cruelle exp&#233;rience en mati&#232;re de violation des droits de l'homme dans le C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique Latine, il convient de la replacer dans le contexte historique du XXe si&#232;cle argentin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime militaire, qui a d&#233;but&#233; en 1976, n'est pas une exp&#233;rience isol&#233;e mais repr&#233;sente le point culminant d'une s&#233;rie d'interventions militaires (1930-1932, 1943-1946, 1955-1958, 1962-1963, 1966-1973). On peut expliquer cette succession d'exp&#233;riences autoritaires, constante de l'histoire argentine au XXe si&#232;cle, au moyen de diff&#233;rentes perspectives et dimensions d'analyse. En premier lieu, les analystes du syst&#232;me politique font appel au concept de &#171; pr&#233;torianisme &#187; pour rendre compte de la naturalisation de l'alternance entre partis politiques et militaires tacitement engag&#233;s dans un mouvement pendulaire entre autoritarisme et d&#233;mocratie au sein du m&#234;me r&#233;gime politique. Dans ce sch&#233;ma, les interventions militaires ne signifient pas une sortie hors du syst&#232;me politique, mais une option valide du jeu politique. L'alternative est valid&#233;e par la &#171; perte de foi dans la d&#233;mocratie &#187; de la majeure partie des citoyens qui soutiennent ces actions en les l&#233;gitimant (Quiroga, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres auteurs se sont particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;s &#224; la dynamique sociale, sans perdre de vue la relation &#201;tat-soci&#233;t&#233;, et consid&#232;rent que ce processus est concomitant d'une logique ascendante de militarisation de la soci&#233;t&#233; et de politisation des forces arm&#233;es. Ainsi, en 1930, les protagonistes du coup militaire &#233;taient un g&#233;n&#233;ral &#224; la retraite et les cadets du Coll&#232;ge Militaire ; et en 1976, les instigateurs sont les commandants en chef de la corporation militaire (Mallimaci, 1995 : 233). C'est ce qui a permis la cr&#233;ation de mod&#232;les de sociabilit&#233; et le partage de significations &#224; la base d'une culture politique et id&#233;ologique qui naturalise le recours &#224; la violence comme une forme efficace et l&#233;gitime pour r&#233;soudre les conflits. Le d&#233;but du si&#232;cle est inaugur&#233; par une batterie de lois destin&#233;es &#224; discipliner la soci&#233;t&#233;. Ont &#233;t&#233; adopt&#233;es : en 1901 la loi 4.031 sur le service militaire obligatoire, pour &#171; civiliser &#187; la population masculine ; en 1902 la loi 4.144 sur la r&#233;sidence, pour expulser les &#233;trangers &#171; dissolus &#187; ; et en 1910 la loi 7.029 sur la d&#233;fense sociale, qui interdisait les associations et/ou les r&#233;unions de propagande anarchistes et consid&#233;rait le retour des expuls&#233;s comme un d&#233;lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, s'est install&#233;, au fil des interventions militaires, un climat social de forte tol&#233;rance envers le traitement de &#171; l'autre &#187; au moyen de m&#233;thodes r&#233;pressives. D&#233;j&#224;, au cours de l'intervention militaire qui a d&#233;but&#233; en 1930, la &#171; Section Sp&#233;ciale &#187; de la Police F&#233;d&#233;rale, sp&#233;cialis&#233;e dans le combat contre le communisme, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e ; dirig&#233;e par Leopoldo Lugones fils, elle est connue pour ses innovations techniques (usage de la g&#233;g&#232;ne lors des interrogatoires des prisonniers politiques) (Funes, 2004 : 36). &#192; partir de ce moment, la torture est devenue une modalit&#233; syst&#233;matique, appliqu&#233;e aussi bien aux prisonniers politiques qu'&#224; ceux de droit commun (Calveiro, 1998 : 25). Mais la pratique r&#233;pressive n'a pas &#233;t&#233; l'apanage des seules institutions p&#233;nitentiaires ; elle s'est manifest&#233;e de diverses fa&#231;ons dans l'espace public : en 1955, le bombardement d'un rassemblement de civils sur la place de Mai, du Palais du Gouvernement (Casa de Gobiern o ), et de la R&#233;sidence Pr&#233;sidentielle par 29 avions de la Marine, s'est sold&#233; par plus de 300 morts et des centaines de bless&#233;s, dans une tentative infructueuse pour mettre fin &#224; l'exp&#233;rience p&#233;roniste. Cet &#233;v&#232;nement a entra&#238;n&#233; l'interdiction du parti politique majoritaire pendant 18 ans. L'interdiction politique a &#233;t&#233; suivie par l'enl&#232;vement du cadavre d'Eva Per&#243;n, la r&#233;pression des dirigeants du mouvement, et une tentative de &#171; d&#233;peroniser la soci&#233;t&#233; &#187; par la force qui a entra&#238;n&#233; jusqu'&#224; l'interdiction par d&#233;cret de prononcer le nom du dirigeant et de faire des allusions au p&#233;ronisme (Calveiro, 2006 : 28).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains analystes, l'interdiction du p&#233;ronisme, d&#233;clar&#233;e dans le cadre d'une exp&#233;rience d&#233;mocratique faiblement r&#233;publicaine et pluraliste, et conform&#233;ment &#224; la croyance selon laquelle la d&#233;mocratie &#171; formelle &#187; ne devait pas faire obstacle &#224; la d&#233;mocratie &#171; r&#233;elle &#187;, a d&#233;truit la cr&#233;dibilit&#233; de la restauration d&#233;mocratique. Dans ce contexte d'&#233;rosion de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, le syst&#232;me politique a perdu son efficacit&#233; pour r&#233;soudre les conflits sociaux, qui se sont alors orient&#233; vers d'autres ar&#232;nes o&#249; les agents corporatifs (patronat, syndicalistes, militaires et sp&#233;cialistes religieux) ont gagn&#233; en importance (Romero, 2001). Les gouvernements &#233;lus de Frondizi (1958-1962) et Illia (1963-1966), qui ont &#233;merg&#233; de ce processus, ont d&#251; vivre dans le &#171; corset &#187; d'une &#171; libert&#233; surveill&#233;e &#187; agit&#233;e par une succession de pronunciamientos militaires qui ont d&#233;bouch&#233; sur des coups d'&#201;tat qui ont mis fin &#224; chacune de ces p&#233;riodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage de la force corporative coexistait avec le recours &#224; la violence comme une alternative naturelle. La r&#233;solution sanglante du soul&#232;vement civil et militaire de juin 1956 est un autre &#233;v&#232;nement marquant de cette dynamique sociale. La r&#233;bellion p&#233;roniste, &#224; laquelle ont essentiellement pris part des sous-officiers avec un soutien et une participation civile s'inscrivait dans le contexte effervescent d'une r&#233;sistance ouvri&#232;re suffisamment organis&#233;e pour mettre en pratique tout un dispositif protestataire : gr&#232;ves, sabotages de la production, actions arm&#233;es. Les alliances entre les syndicalistes et les militaires ont d&#233;clench&#233; une r&#233;ponse implacable du gouvernement militaire au pouvoir, qui a d&#233;cr&#233;t&#233; la loi martiale, organis&#233; des proc&#232;s exp&#233;ditifs et condamn&#233; les leaders et autres suspects de r&#233;bellion &#224; &#234;tre fusill&#233;s (Rouqui&#233;, 1978 : 137). Au total, 27 personnes ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;es, et le scandale connu sous le nom d'&#171; op&#233;ration massacre &#187; a &#233;clat&#233;. Le journaliste Rodolfo Walsh a d&#233;nonc&#233; l'ex&#233;cution du g&#233;n&#233;ral Juan Jos&#233; Valle (qui a assum&#233; publiquement la responsabilit&#233; du soul&#232;vement) alors que le la loi martiale &#233;tait devenue caduque ; mais aussi l'ex&#233;cution du lieutenant Alberto Abadie, sorti de force de l'h&#244;pital o&#249; il passait sa convalescence, et l'enl&#232;vement d'une dizaine d'ouvriers p&#233;ronistes qui ont &#233;t&#233; conduits de chez eux &#224; la d&#233;charge de Jos&#233; Le&#243;n Su&#225;rez pour qu'ils y soient massacr&#233;s (Duhalde, 1999 : 35). Le d&#233;voilement de ces &#233;v&#232;nements n'a pas emp&#234;ch&#233; le processus de sophistication bureaucratique de l'appareil r&#233;pressif, qui a commenc&#233; &#224; grandir, toujours plus, ind&#233;pendamment du fait que les gouvernements soient civils ou militaires. Ainsi, un tr&#232;s grand nombre de militants p&#233;ronistes ont &#233;t&#233; d&#233;tenus sur la base de dispositions s&#233;curitaires adopt&#233;es par le gouvernement Frondizi. La mesure la plus remarquable a &#233;t&#233; l'application du plan CONINTES (Choc Interne de l'&#201;tat - Conmoci&#243;n Interna de Estad o ) qui reconnaissait d'amples attributions aux forces arm&#233;es pour combattre les &#171; &#233;l&#233;ments &#187; qui cr&#233;aient des &#171; troubles internes &#187; (James, 1990 : 167). Le catalogue se distinguait par l'inclusion du &#171; p&#233;ronisme &#187;, aux c&#244;t&#233;s du &#171; communisme &#187; de caract&#232;re international, fich&#233; et surveill&#233; sans interruption mais avec une intensit&#233; variable depuis les premi&#232;res d&#233;cennies du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, dans le climat de la guerre froide, est inaugur&#233; en 1961 en pr&#233;sence du Pr&#233;sident Frondizi un cours interam&#233;ricain de guerre contre-r&#233;volutionnaire dans l'Ecole Sup&#233;rieure de Guerre &#224; Buenos Aires, auquel participent des instructeurs fran&#231;ais qui ont acquis leur exp&#233;rience pendant les guerres du Vietnam, d'Indochine et d'Alg&#233;rie (Rouqui&#233;, 1978 : 159). Les relations entre les militaires argentins et les instructeurs fran&#231;ais se sont construites &#224; la fois dans cet espace institutionnel d'&#233;change ouvert, au si&#232;ge de l'arm&#233;e, et autour de relations informelles avec les officiers fran&#231;ais rentr&#233;s clandestinement en Argentine parce qu'ils avaient fui la France pour leur condamnation &#224; mort pour leur participation &#224; l'OAS &#8211; Organisation de l'Arm&#233;e Secr&#232;te - (Robin, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, les relations entre les militaires argentins et am&#233;ricains ont &#233;t&#233; approfondies. Ob&#233;issant &#224; la pression de l'arm&#233;e, le Pr&#233;sident Illia a sign&#233; en 1964 un trait&#233; d'assistance militaire avec les &#201;tats-Unis en vertu duquel l'Argentine recevra du &#171; mat&#233;riel &#187; pour un montant de 18 millions de dollars entre 1964 et 1965. Ce trait&#233; est venu s'ajouter aux relations d'&#233;change doctrinaire nou&#233;es pendant les cours de l'Ecole des Am&#233;riques, ouverte en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant l'&#233;cole fran&#231;aise que l'&#233;cole am&#233;ricaine ont &#233;t&#233; d&#233;cisives dans la consolidation de la comp&#233;tence professionnelle en mati&#232;re de techniques de guerre contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat de 1966-1973 inaugure la modalit&#233; r&#233;pressive de la disparition de personnes, bien qu'elle n'ait alors &#233;t&#233; utilis&#233;e que sporadiquement et sans qu'elle ne se cristallise en un modus operandi. Entre 1970 et 1972, une douzaine de disparitions ont &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233;es ; seul un corps a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233; (Duhalde, 1999 : 39-40). Le r&#233;gime inaugure, &#233;galement, un nouveau type d'intervention : l'intervention arm&#233;e n'est plus transitoire, entre un pouvoir civil et un autre, mais embrasse d&#233;sormais un projet refondateur de la politique et de la soci&#233;t&#233;, avec des objectifs sans limite temporelle, et orient&#233;e &#224; institutionnaliser la fonction tut&#233;laire du corps militaire sur l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, dans le climat triomphant de la r&#233;volution cubaine, la violence politique par la voie insurrectionnelle s'installe socialement comme une alternative plausible et l&#233;gitime pour s'opposer &#224; la r&#233;pression militaire et mettre en oeuvre le changement social. Les organisations arm&#233;es r&#233;alisent leurs premi&#232;res actions entre 1968 et 1970. Pendant cette &#233;tape, ces derni&#232;res cherchent l'efficacit&#233; symbolique et l'adh&#233;sion sociale, dans le style &#171; Robin des Bois &#187;, plus que la destruction de l'ennemi militaire. Pour cela, elles combinent un usage minimal de la violence avec une haute s&#233;lectivit&#233; de leurs objectifs, afin d'avoir une efficacit&#233; symbolique pour gagner l'appui et la collaboration du public. En ce sens, la gu&#233;rilla urbaine pratiqu&#233;e se diff&#233;rencie de la strat&#233;gie de violence au hasard et indiscrimin&#233;e, caract&#233;ristique des &#171; actions terroristes &#187; (Gillespie, 1987 : 109), qui cherchent &#224; semer la terreur parmi la soci&#233;t&#233; civile et d&#233;montrer l'incapacit&#233; de l'&#201;tat &#224; garantir la s&#233;curit&#233; et l'ordre public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, entre 1969 et 1971 se d&#233;roule un cycle contestataire ouvrier et &#233;tudiant dans le centre du pays (en particulier &#224; C&#243;rdoba, Tucum&#225;n, Rosario et Mendoza), d'une violence peu commune. On a appel&#233; &#171; Cordobazo &#187; (1969) l'explosion sociale de trois jours qui s'est sold&#233;e par 16 morts, de nombreux bless&#233;s, et plus de 2000 d&#233;tenus (Rapoport, 2007 : 619). Les &#233;v&#232;nements du Cordobazo marquent le &#171; d&#233;but de la fin &#187; du gouvernement du g&#233;n&#233;ral Juan Carlos Ongan&#237;a ; mais c'est en fait les r&#233;percussions sociales de l'assassinat du g&#233;n&#233;ral &#224; la retraite Aramburu, en juin 1970, commis par l'organisation politico-militaire Montoneros, qui y a d&#233;finitivement mis fin. Ongan&#237;a a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par le haut commandement militaire, dix jours apr&#232;s l'assassinat. Le changement de Pr&#233;sident de la R&#233;publique (le g&#233;n&#233;ral Roberto Levingston a remplac&#233; le g&#233;n&#233;ral Ongan&#237;a) a &#233;t&#233; suivie d'un changement de politiques, avec l'adoption de mesures d'ouverture et de lib&#233;ralisation du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'une solution politique n'a toutefois pas emp&#234;ch&#233; de nouveaux &#233;pisodes de violence r&#233;pressive, et le mois d'ao&#251;t 1972 a &#233;t&#233; tragique pour les organisations arm&#233;es. La tentative d'&#233;vasion de prisonniers politiques des Montoneros, de l'Arm&#233;e R&#233;volutionnaire du Peuple (ERP) et des Forces Arm&#233;es P&#233;ronistes (FAR) de la prison de Rawson s'est sold&#233; en bonne partie par un &#233;chec et le &#171; massacre de Trelew &#187;. Seize (16) des 25 individus qui avaient pr&#233;par&#233; l'&#233;vasion n'ont pas pu atteindre l'avion qui les attendait &#224; l'a&#233;roport de Trelew ; on les a oblig&#233;s &#224; se rendre et emmen&#233;s &#224; la base Amiral Zar o&#249; ils ont &#233;t&#233; fusill&#233;s clandestinement (Gillespie, 1987 : 149). Ces ex&#233;cutions ill&#233;gales ont &#233;t&#233; accompagn&#233;es d'assassinats (une centaine), de d&#233;tentions et de tortures (environ 500 cas) perp&#233;tr&#233;s sur l'ensemble de la p&#233;riode 1966-1973, selon les d&#233;nonciations des Montoneros (Gillespie, 1987 : 148). La r&#233;pression ill&#233;gale coexistait avec une strat&#233;gie de cr&#233;ation de dispositifs l&#233;gaux destin&#233;s &#224; punir la violence politique. En mai 1971, le pr&#233;sident militaire Alejandro Agust&#237;n Lanusse a cr&#233;&#233; avec la loi 19.053 la Chambre F&#233;d&#233;rale de la Nation en mati&#232;re P&#233;nale (C&#225;mara Federal en lo Penal de la Naci&#243; n ) qui est comp&#233;tente sur l'ensemble du territoire national pour juger en derni&#232;re instance les crimes contre &#171; le syst&#232;me institutionnel argentin et qui affectent directement les plus hauts int&#233;r&#234;ts de la Nation &#187; (Mensaje de Elevaci&#243;n del Proyecto - Jurisprudencia Argentina, Anuario de Legislaci&#243;n Nacional &#8211; Provincial, Tome 1971a : 407).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, apr&#232;s sept ann&#233;es de r&#233;gime militaire, les organisations arm&#233;es &#233;taient toujours pr&#233;sentes sur la sc&#232;ne politique ; dans certains cas, leur pouvoir d'attraction et leur influence politique ont m&#234;me augment&#233;. Tandis que les organisations gu&#233;varistes ont poursuivi leur strat&#233;gie militariste, les Montoneros ont capitalis&#233; l'espoir du retour du p&#233;ronisme au pouvoir par la voie &#233;lectorale ; cet espoir est n&#233; du d&#233;membrement du Grand Accord National par Per&#243;n et par le succ&#232;s des alliances entre les diff&#233;rentes forces politiques qui r&#233;clamaient un processus &#233;lectoral &#171; sans vetos ni interdits &#187;. Dans ce contexte nouveau, les Montoneros ont r&#233;vis&#233; leur strat&#233;gie, se sont concentr&#233;s sur les activit&#233;s l&#233;gales et ont articul&#233; leurs actions avec celles des diff&#233;rentes organisations de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'unir les diff&#233;rents fronts de lutte, la victoire &#233;lectorale du p&#233;ronisme en 1973 et son retour au pouvoir ont rendu flagrante la polarisation id&#233;ologique au sein des organisations politiques. &#192; l'occasion du retour tant attendu de Per&#243;n apr&#232;s 18 ans d'exil, les diff&#233;rentes composantes du p&#233;ronisme ont mesur&#233; leurs forces respectives, ce qui a d&#233;bouch&#233; sur un affrontement arm&#233; entre les secteurs &#171; r&#233;volutionnaires &#187; du p&#233;ronisme et ses expressions plus &#171; orthodoxes &#187; li&#233;es &#224; la &#171; bureaucratie syndicale &#187; au cours du &#171; massacre d'Ezeiza &#187;. Rapidement, le chef du gouvernement s'est inclin&#233; en faveur de ces derniers. Une mesure embl&#233;matique a &#233;t&#233; la r&#233;forme du Code P&#233;nal introduisant des peines plus s&#233;v&#232;res pour les actions de gu&#233;rilla que celles en vigueur sous le r&#233;gime militaire, et qui a autoris&#233; la r&#233;pression des gr&#232;ves consid&#233;r&#233;es ill&#233;gales (De Riz, 2000 : 149). Apr&#232;s la mort de Per&#243;n, en juillet 1974, l'aile r&#233;volutionnaire du mouvement a d&#233;cid&#233; de reprendre ses actions clandestines. La strat&#233;gie initiale de conserver des organisations de &#171; surface &#187; a &#233;chou&#233; rapidement : il &#233;tait devenu &#233;vident que les diff&#233;rentes organisations de masse des jeunesses p&#233;ronistes, qui participaient &#224; la d&#233;nomm&#233;e Tendance R&#233;volutionnaire, s'identifiaient fortement avec les Montoneros ; ils &#233;taient donc trop vuln&#233;rables &#224; la r&#233;pression pour jouer le r&#244;le de vitrine l&#233;gale au service de leur strat&#233;gie politique. &#192; partir de cette date, la militarisation croissante de l'organisation a &#233;t&#233; per&#231;ue comme un progr&#232;s politique. Cette escalade militaire a &#233;rod&#233; le travail de liaison avec les masses et s'est traduit dans la pratique par une plus grande sophistication militaire pour contrebalancer la perte d'appui social. Les &#171; tra&#238;tres &#187; du mouvement p&#233;roniste sont devenus la cible de l'organisation, ainsi que certains patrons des grands monopoles, et les &#171; uniformes &#187; (c'est-&#224;-dire les membres de l'arm&#233;e et les paramilitaires). Les plans de leurs op&#233;rations militaires envisageaient une action conjointe avec les organisations gu&#233;varistes. Mais m&#234;me au cours de cette escalade militaire et de ce processus d'isolement social, ils ont conserv&#233; un ennemi bien d&#233;fini et n'ont pas commis d'actes terroristes au hasard dans des lieux publics fr&#233;quent&#233;s, comme le terrorisme europ&#233;en. Toutefois, puisque la terreur est par d&#233;finition un ph&#233;nom&#232;ne subjectif, sa d&#233;finition est en partie soumise aux circonstances sp&#233;cifiques, qui sont &#233;galement d&#233;terminantes pour distinguer si un acte de violence individuel est &#171; terroriste &#187; ou non (Gillespie, 1987 : 109). Cet argumentaire a &#233;t&#233; propos&#233; par Gillespie (1987) pour r&#233;pondre au d&#233;bat th&#233;orique sur la distinction entre les m&#233;thodes de la gu&#233;rilla urbaine et celles du terrorisme politique. Mais il existe aussi un &#171; tabou nominaliste &#187; partag&#233; par de nombreux acteurs qui ont r&#233;pugn&#233;, dans la p&#233;riode post-dictature, &#224; utiliser le terme &#171; terrorisme &#187; pour d&#233;signer les pratiques arm&#233;es des ann&#233;es 60 et 70 : les protagonistes eux-m&#234;mes, les agents de m&#233;moire, et certains analystes des sciences sociales (Vezzeti, 2009 : 83).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision des Montoneros de revenir &#224; la clandestinit&#233; en 1974 ne constituait pas seulement une r&#233;ponse &#224; la perception de l'&#233;puisement des possibilit&#233;s l&#233;gales, mais aussi, en bonne partie, une strat&#233;gie d&#233;fensive face &#224; l'offensive croissante de groupes paramilitaires tels que &#171; l'alliance anticommuniste argentine &#187; ou le &#171; commando des lib&#233;rateurs de l'Am&#233;rique &#187; li&#233;s &#224; des fonctionnaires de l'appareil d'&#201;tat, et qui sont responsables d'au moins 900 assassinats pendant la p&#233;riode 1973-1975 (Novaro et Palermo, 2003 : 73).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de l'ann&#233;e 1974, l'assassinat du chef de la Police F&#233;d&#233;rale, Alberto Villar, par les Montoneros, a provoqu&#233; la d&#233;claration de l'&#233;tat de si&#232;ge, alors que, parall&#232;lement, se multipliaient les d&#233;tentions de personnes &#224; la disposition du pouvoir ex&#233;cutif ; lors du coup d'&#201;tat de 1976, le nombre de d&#233;tenus s'&#233;levait &#224; 5.182 (CONADEP, 1984 : 408). La publication en 1975 du d&#233;cret pr&#233;sidentiel N&#176;261 (02/02/1975), ent&#233;rin&#233; par le Congr&#232;s, ordonnant &#171; l'an&#233;antissement des activit&#233;s subversives &#187; dans la province de Tucum&#225;n, cherchait essentiellement &#224; &#233;teindre le foyer d'insurrection de l'ERP. Ce genre de mesures, prises sous le gouvernement civil de Mar&#237;a Estela Mart&#237;nez de Per&#243;n, a rendu possible l'incorporation d'anciens groupes paramilitaires &#224; la bureaucratie r&#233;pressive sp&#233;cialis&#233;e. La d&#233;nomm&#233;e &#171; Op&#233;ration Ind&#233;pendance &#187;, mise en oeuvre &#224; Tucum&#225;n, a test&#233; &#224; petite &#233;chelle des proc&#233;d&#233;s de r&#233;pression clandestine qui seraient amplifi&#233;s et perfectionn&#233;s durant la derni&#232;re dictature militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du coup d'&#201;tat de 1976, le syst&#232;me de la &#171; disparition &#187; de personnes a &#233;t&#233; appliqu&#233; &#224; l'&#233;chelle nationale et a acquis une sophistication bureaucratique gr&#226;ce &#224; l'utilisation des ressources et des installations de l'&#201;tat : la disparition est devenue la modalit&#233; r&#233;pressive par excellence (cf. Calveiro, 2006). Si, apr&#232;s l'intervention militaire, la junte de gouvernement compos&#233;e par les trois forces de l'arm&#233;e (Arm&#233;e de Terre, Arm&#233;e de l'Air, Marine) a &#233;tabli des conseils de guerre militaires habilit&#233;s &#224; prononcer la peine capitale, cet instrument n'a &#233;t&#233; utilis&#233; que dans des cas consid&#233;r&#233;s comme pr&#233;sentant une &#171; dangerosit&#233; minimale &#187; ; la majorit&#233; d'entre eux ont ainsi &#233;t&#233; condamn&#233;s apr&#232;s avoir circul&#233; dans le syst&#232;me ill&#233;gal (Novaro et Palermo, 2003 : 82). De fait, la strat&#233;gie r&#233;pressive n'&#233;tait plus structur&#233;e autour du syst&#232;me p&#233;nitentiaire l&#233;gal mais autour du syst&#232;me clandestin de d&#233;tention et de disparition de personnes. Cette strat&#233;gie, qui serait conceptualis&#233;e par la suite comme un &#171; terrorisme d'&#201;tat &#187;, s'est fond&#233;e sur une division proportionnelle du territoire national qui d&#233;finissait les zones d'influence des diff&#233;rentes forces arm&#233;es. Sous la dictature, des zones sp&#233;ciales sous la juridiction de la Marine et de l'Arm&#233;e de l'Air ont &#233;t&#233; ajout&#233;es &#224; la division en cinq zones trac&#233;e par l'Arm&#233;e de Terre en 1975 (chacune de ces zones correspondant &#224; un corps). Mais la litt&#233;rature diverge sur ce point. V&#225;zquez a relev&#233; l'existence de quatre zones, et non de cinq : la Patagonie sous le contr&#244;le du 5e corps de l'Arm&#233;e, la capitale f&#233;d&#233;rale sous le premier, le littoral sous le second et le Nord sous le troisi&#232;me (V&#225;zquez, 1985 : 28). &#192; leur tour, les zones &#233;taient divis&#233;es en sous-zones sous la responsabilit&#233; de brigades, et les sous-zones en territoires sous la responsabilit&#233; de diff&#233;rents r&#233;giments (Novaro et Palermo, 2003 : 118). Pendant cette p&#233;riode, on a enregistr&#233; l'existence de 340 centres clandestins de d&#233;tention (CCD) dans 11 des 23 provinces argentines. Dans certains cas, il s'agissait de cellules qui fonctionnaient d&#233;j&#224; auparavant comme des lieux de d&#233;tention. Dans d'autres, ils ont &#233;t&#233; ouverts dans des locaux civils, de police ou des zones militaires. Les CCD avaient une double direction : d'une part, les d&#233;nomm&#233;s &#171; Groupe de Travail &#187; (GT, Grupo de tare a ) ou &#171; patota s &#187; (groupes de choc), compos&#233;s de la force arm&#233;e &#224; laquelle appartenait le local, sous la direction d'un chef, et, d'autre part, les responsables de chaque zone en question (CONADEP, 1984 : 257). Cette m&#233;canique &#233;tait articul&#233;e aux r&#233;seaux du renseignement militaire et civil, qui se chargeaient de suivre, ficher et classifier les victimes potentielles, d'archiver l'information obtenue des personnes enlev&#233;es, et d'&#233;laborer les rapports pour la hi&#233;rarchie militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence des &#171; op&#233;rations &#187; men&#233;es par les GT suivait un modus operandi relativement stable. Le premier pas reposait sur la coordination des diff&#233;rentes forces r&#233;pressives. Cela supposait de demander le &#171; feu vert &#187; &#224; la Police pour pouvoir agir. Une fois que la voie &#233;tait libre, on proc&#233;dait &#224; l'enl&#232;vement de la victime, depuis son domicile l&#233;gal (62%), sur la voie publique (24,6%), sur son lieu de travail (7%) ou d'&#233;tudes (6%). La majorit&#233; des enl&#232;vements &#233;tait r&#233;alis&#233;e de nuit (62%) (CONADEP, 1984 : 17, 25). La victime &#233;tait alors enlev&#233;e (&#171; aspir&#233;e &#187;, chupad a ), encagoul&#233;e (&#171; emmur&#233;e &#187;, tabicad a ), et intern&#233;e dans un CCD. Le rite initiatique &#233;tait alors la torture pour obtenir le plus d'information le plus vite possible ; dans de nombreux cas, cependant, la torture tant physique que psychologique se prolongeait pendant la p&#233;riode de captivit&#233;. Selon la Commission Nationale sur la Disparition des Personnes (CONADEP), l'&#233;ventail des m&#233;thodes utilis&#233;es &#171; saisit d'effroi par l'imagination d&#233;ploy&#233;ee &#187; (1984 :26). La d&#233;shumanisation de la victime identifi&#233;e par un num&#233;ro, ainsi que les terribles conditions sanitaires et alimentaires de la d&#233;tention faisaient partie de ce tortueux processus. Il pouvait aboutir &#224; la &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; ou int&#233;gration au staff de la r&#233;pression, &#224; la &#171; lib&#233;ration &#187;, g&#233;n&#233;ralement associ&#233;e &#224; une l&#233;galisation par la mise &#224; la disposition du pouvoir ex&#233;cutif, ou au &#171; transfert &#187;, synonyme d'assassinat et de disparition du corps. &#171; L'op&#233;ration &#187; incluait le saccage des biens de la victime au moment de l'enl&#232;vement &#224; son domicile, ou lors d'une deuxi&#232;me incursion. Le &#171; tr&#233;sor de guerre &#187; incluait les b&#233;b&#233;s qui &#233;taient d&#233;tenus avec leur m&#232;res ou n&#233;s en captivit&#233;, vol&#233;s puis donn&#233;s en adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception de la r&#233;pression a la particularit&#233; d'avoir fonctionn&#233; comme une m&#233;canique d'engrenage, dont la segmentation divisait le travail en diluant les responsabilit&#233;s et donnait aux proc&#233;d&#233;s une apparence bureaucratique (r&#233;p&#233;tition de t&#226;ches routini&#232;res et m&#233;caniques), tout en r&#233;ussissant &#224; impliquer une grande partie de l'ensemble de la corporation militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la &#171; lutte contre la subversion &#187; ait fonctionn&#233; comme un puissant facteur de coh&#233;sion interne, et de l&#233;gitimation externe des forces de s&#233;curit&#233;, elle n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e par les nombreux conflits &#224; l'int&#233;rieur et entre les forces arm&#233;es (Canelo, 2004). Le soul&#232;vement du commandant du III corps de l'Arm&#233;e, Luciano B. Men&#233;ndez, contre le commandant en chef Roberto Viola, face &#224; la &#171; lib&#233;ration &#187; du d&#233;tenu Jacobo Timerman, ex-directeur du Journal La Opini&#243; n le 28 ao&#251;t 1979 est un exemple embl&#233;matique de ces tensions (Canelo, 2004 : 286). &#192; son tour, la strat&#233;gie r&#233;pressive a impliqu&#233; la participation de civils qui, pragmatiquement, se sont faits l'&#233;cho de la n&#233;cessit&#233; d'&#171; &#233;radiquer la subversion en Argentine &#187;. Ce processus a &#233;t&#233; porteur d'une rationalisation des diverses structures institutionnelles : entreprises, &#233;coles, syndicats, &#233;glises&#8230; Par exemple, la d&#233;nonciation de soi-disant &#171; terroristes &#187; a souvent &#233;t&#233; une mani&#232;re efficace de r&#233;soudre des probl&#232;mes syndicaux. Le cas de l'usine Ford, dans la ville de General Pacheco (Province de Buenos Aires), o&#249; a fonctionn&#233; un CCD pendant plusieurs mois, en est un exemple paradigmatique (Novaro et Palermo 2003 : 115).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux responsabilit&#233;s, &#171; le fonctionnement de l'appareil r&#233;pressif clandestin impliquait ainsi le haut commandement des forces arm&#233;es (presque au complet dans l'Arm&#233;e de terre), plusieurs milliers d'officiers et de sous-officiers militaires et policiers, et un nombre consid&#233;rable d'agents civils &#187; (Novaro et Palermo 2003 : 118).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement pr&#233;cipit&#233; du r&#233;gime apr&#232;s la d&#233;faite dans la guerre des Malouines a acc&#233;l&#233;r&#233; la transition vers la d&#233;mocratie, tout en activant des m&#233;canismes corporatistes destin&#233;s &#224; clore la question des responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis des crimes perp&#233;tr&#233;s. Le &#171; document final de la junte militaire sur la subversion et la lutte contre le terrorisme &#187; a &#233;t&#233; publi&#233; &#224; cet effet, tout comme l'approbation de la loi 22.924 de &#171; pacification nationale &#187;, connue comme la loi d'&#171; autoamnistie &#187;. Les deux textes consacraient la non-r&#233;vision de ce qui avait &#233;t&#233; fait dans la &#171; lutte contre la subversion &#187; ; la seconde d&#233;clarait, dans son article 1er &#171; caduques les actions p&#233;nales li&#233;es aux d&#233;lits commis par motivation ou dans une finalit&#233; terroriste ou subversive, depuis le 25 mai 1973 jusqu'au 17 juin 1982. Le b&#233;n&#233;fice de cette loi s'&#233;tend donc &#224; tous les faits de nature p&#233;nale r&#233;alis&#233;s &#224; l'occasion ou au motif des actions destin&#233;es &#224; pr&#233;venir, emp&#234;cher ou mettre fin aux activit&#233;s terroristes ou subversives en question, quelle qu'ait &#233;t&#233; leur nature ou le bien juridique l&#233;s&#233;. Les effets de cette loi concernent les auteurs, participants, instigateurs, les complices ou complices par omission et comprend les d&#233;lits communs connexes et les d&#233;lits militaires connexes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'Argentine de 1976 est li&#233;e aux mobilisations prol&#233;tariennes en Am&#233;rique latine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte des ouvriers de la ville industrielle de Cordoba en 1969 a &#233;t&#233; particuli&#232;rement importante. Elle a donn&#233; lieu &#224; une semaine de confrontation arm&#233;e entre le prol&#233;tariat et l'arm&#233;e argentine, et a constitu&#233; un formidable stimulant aux luttes &#224; travers l'Argentine, l'Am&#233;rique latine et le monde. Elle a &#233;t&#233; le d&#233;but d'une vague de luttes qui a culmin&#233; en Argentine en 1975, avec la lutte des m&#233;tallurgistes de Villa Constituci&#243;n, le centre de production d'acier le plus important du pays. Les travailleurs de Villa Constituci&#243;n ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; la pleine puissance de l'Etat, la classe dominante souhaitant faire un exemple de l'&#233;crasement de leur lutte. Il en est r&#233;sult&#233; un tr&#232;s haut niveau de confrontation entre bourgeoisie et prol&#233;tariat : &#034;La ville a &#233;t&#233; plac&#233;e sous l'occupation militaire de 4.000 hommes... Le ratissage syst&#233;matique de chaque quartier et l'emprisonnement d'ouvriers (...) ne firent que provoquer la col&#232;re des ouvriers : 20.000 travailleurs de la r&#233;gion se sont mis en gr&#232;ve et ont occup&#233; les usines. Malgr&#233; des assassinats et le bombardement de maisons ouvri&#232;res, un Comit&#233; de Lutte s'est imm&#233;diatement cr&#233;&#233; en dehors du syndicat. A quatre reprises, la direction de la lutte a &#233;t&#233; emprisonn&#233;e ; mais &#224; chaque fois, le Comit&#233; resurgissait, plus fort qu'avant. Comme &#224; Cordoba en 1969, des groupes d'ouvriers arm&#233;s ont pris en charge la d&#233;fense des quartiers ouvriers et ont mis fin aux activit&#233;s des bandes paramilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action des ouvriers sid&#233;rurgistes et m&#233;tallurgistes qui demandaient une augmentation de salaire de 70% a rapidement b&#233;n&#233;fici&#233; de la solidarit&#233; des travailleurs d'autres entreprises du pays, &#224; Rosario, Cordoba et Buenos Aires. Dans cette derni&#232;re ville, par exemple, les ouvriers de Propulsora, qui &#233;taient entr&#233;s en gr&#232;ve par solidarit&#233; et avaient arrach&#233; toutes les augmentations de salaires qu'ils exigeaient (130.000 pesos par mois), ont d&#233;cid&#233; de donner la moiti&#233; de leur salaire aux ouvriers de Villa Constituci&#243;n&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, c'est en d&#233;fense de leurs propres int&#233;r&#234;ts de classe que les ouvriers au Chili, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, ont refus&#233; les sacrifices que leur demandait le gouvernement d'Unit&#233; Populaire d'Allende : &#034;La r&#233;sistance de la classe ouvri&#232;re &#224; Allende a commenc&#233; en 1970. En d&#233;cembre 1970, 4 000 mineurs de Chuquicamata se mettaient en gr&#232;ve, exigeant des salaires plus &#233;lev&#233;s. En juillet 1971, 10 000 mineurs cessaient le travail &#224; la mine Lota Schwager. Quasiment en m&#234;me temps, de nouvelles gr&#232;ves se r&#233;pandent dans les mines de El Salvador, El Teniente, Chuquicamata, La Exotica et Rio Blanco, demandant des augmentations de salaires... En mai-juin 1973, les mineurs se remettaient en mouvement. 10 000 d'entre eux partaient en gr&#232;ve dans les mines de El Teniente et Chuquicamata. Les mineurs de El Teniente exigeaient une augmentation de 40%. C'est Allende qui a plac&#233; les provinces de O'Higgins et de Santiago sous contr&#244;le militaire, parce que la paralysie de El Teniente constituait une s&#233;rieuse menace pour l'&#233;conomie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des luttes importantes se sont d&#233;roul&#233;es &#233;galement dans d'autres concentrations prol&#233;tariennes significatives d'Am&#233;rique latine. Au P&#233;rou en 1976, des gr&#232;ves semi-insurrectionnelles &#233;clataient &#224; Lima et &#233;taient &#233;cras&#233;es dans le sang. Quelques mois apr&#232;s, les mineurs de Centramin se mettaient en gr&#232;ve. En Equateur, avait lieu une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; Riobamba. Au Mexique avait lieu une vague de luttes en janvier de la m&#234;me ann&#233;e. En 1978, de nouveau des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales au P&#233;rou. Et au Br&#233;sil, apr&#232;s 10 ans de pause, 200 000 ouvriers m&#233;tallurgistes se mettaient &#224; la t&#234;te d'une vague de gr&#232;ves qui dura de mai &#224; octobre. Au Chili, en 1976, les gr&#232;ves reprenaient chez les employ&#233;s du m&#233;tro de Santiago et dans les mines. En Argentine, malgr&#233; la terreur impos&#233;e par la junte militaire, des gr&#232;ves &#233;clataient &#224; nouveau en 1976, dans l'&#233;lectricit&#233;, l'automobile &#224; Cordoba avec des affrontements violents avec les forces de l'arm&#233;e. En Bolivie, au Guatemala, en Uruguay, toutes ces ann&#233;es ont &#233;galement &#233;t&#233; marqu&#233;es par la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La suite des &#233;v&#233;nements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Argentine : De la crise &#233;conomique &#224; la crise sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon &#233;l&#232;ve du FMI est donc devenu d'un seul coup sa b&#234;te noire. D&#233;faut de paiement de la dette, d&#233;valuation, activit&#233; industrielle en chute libre, banques menac&#233;es de faillite. Une bonne partie de la petite bourgeoisie, soutien traditionnel du r&#233;gime, tombe dans le paup&#233;risme, lequel touche d&#233;sormais 45 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 19 et 20 d&#233;cembre 2002, la population a affront&#233; les forces de l'ordre durant deux jours dans les rues de Buenos Aires : la police a fait plus de trente morts, des milliers de bless&#233;s et des milliers d'arrestations sans parvenir &#224; se faire craindre. Le calme n'est revenu que lorsque le ministre de l'&#233;conomie, le d&#233;test&#233; Domingo Cavallo, et le pr&#233;sident Fernando De la Rua ont d&#233;missionn&#233; et lev&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, on se repasse le pouvoir en haut lieu comme une patate chaude : quatre pr&#233;sidents (Saa, Puerta, Camano, Duhalde) se succ&#232;dent en quelques jours. Le dernier en date, Eduardo Duhalde, s'est vant&#233; d'arr&#234;ter la crise sociale en ouvrant &#171; un vaste dialogue &#187; et en d&#233;valuant le peso : les concerts de casseroles se sont poursuivis et les manifestations d'ouvriers et de ch&#244;meurs n'ont pas faibli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement populaire des 19 et 20 d&#233;cembre 2002 a &#233;t&#233; une surprise. Mais la crise sociale couvait depuis deux ans. C'est ce que montre le d&#233;veloppement de la situation depuis l'ann&#233;e 2000.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;conomique &#224; la chute de Carlos Menem en d&#233;cembre 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Menem quitte la pr&#233;sidence en d&#233;cembre 1999, il laisse &#224; son successeur, Fernando De la Rua, une situation &#233;conomique au bord du gouffre. Il a financ&#233; la dette du pays en privatisant tous les biens de l'&#201;tat mais aussi en arrimant le peso au dollar. Le capital &#233;tranger se pr&#233;cipite : 90 % des banques et 40 % de la production appartiennent &#224; des trusts essentiellement espagnols, fran&#231;ais et am&#233;ricains. S'ensuit une prosp&#233;rit&#233; &#233;ph&#233;m&#232;re avec la formation d'une petite bourgeoisie nombreuse, se fondant sur l'entr&#233;e massive des capitaux &#233;trangers sans un d&#233;veloppement des exportations permettant de compenser les sorties de b&#233;n&#233;fices. L'Argentine &#233;tait alors le pays des fortunes faciles pour les possesseurs de capitaux, proposant le plus fort taux de profit de toute l'Am&#233;rique latine. Les capitaux internationaux ont rapatri&#233; des profits colossaux, laissant le pays exsangue. Les Argentins fortun&#233;s ont suivi le mouvement, faisant sortir du pays environ 150 milliards de dollars, l'&#233;quivalent de la dette publique. Compagnies des eaux et t&#233;l&#233;coms espagnols et fran&#231;ais ont rendu les services en question inaccessibles aux plus pauvres (l'eau, simple exemple, a augment&#233; de 400 % dans certaines provinces !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent du FMI sert exclusivement &#224; financer le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette ext&#233;rieure, de plus en plus exorbitants. Les agios sont pass&#233;s de 25,4 % &#224; 58,2 % de 1994 &#224; 1998. Dans le m&#234;me temps, la part du paiement des int&#233;r&#234;ts est pass&#233; de 25 % &#224; 81 % des exportations. La seule augmentation du co&#251;t des int&#233;r&#234;ts de la dette repr&#233;sente 7 milliards de dollars en quatre ans, &#224; comparer au petit milliard que le FMI a refus&#233; en d&#233;cembre dernier. Tr&#232;s vite, il est clair que De la Rua va poursuivre la politique d'aust&#233;rit&#233; dict&#233;e par le FMI : r&#233;duction des d&#233;penses publiques, r&#233;duction des salaires et des emplois, attaques contre la sant&#233;, l'&#233;ducation et tous les services publics au nom du credo du &#171; d&#233;ficit z&#233;ro &#187;. Certaines manifestations auront lieu sur ce seul mot d'ordre : &#171; &#224; bas le d&#233;ficit z&#233;ro &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recul &#233;conomique, qui avait d&#233;but&#233; en 1998, ne s'arr&#234;te plus. Les partisans de l'&#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; ont tu&#233; le march&#233; ! Les mesures d'aust&#233;rit&#233;, la baisse du niveau de vie (y compris de la petite bourgeoisie), &#233;crasent la demande int&#233;rieure alors que la production nationale vise tr&#232;s peu l'exportation. Fermetures d'usines, licenciements, nouvel effondrement de la consommation solvable. C'est l'effet boule de neige de la r&#233;cession.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mai 2000 : les ch&#244;meurs affrontent le pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mai 2000, le mouvement des ch&#244;meurs conna&#238;t &#224; Tartagal et Mosconi (dans la r&#233;gion de Salta, zone de grande pauvret&#233; &#224; la fronti&#232;re de la Bolivie) ses premiers affrontements directs avec le pouvoir. Les fameux piqueteros sont des groupes de ch&#244;meurs (le piquete) qui organisent les coupures de route reprenant le mode d'action initi&#233; par les ch&#244;meurs en 1996. Ils r&#233;clament des aides et du travail. Ils re&#231;oivent le soutien des villageois du voisinage qui participent volontiers &#224; certaines de leurs mobilisations. Leur organisation et leurs actions contribuent &#224; changer le climat de d&#233;sespoir parmi les sans travail. Salta va &#234;tre un exemple pour tous les piqueteros d'Argentine et d'abord dans tous les quartiers mis&#233;rables du nord de la r&#233;gion : on peut se faire respecter et obtenir des aides si on s'organise et se fait craindre. Par contre, les forces de l'ordre ne prennent pas de gants avec les ch&#244;meurs. Les bless&#233;s et les arrestations se multiplient. Il y aura bient&#244;t des morts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Printemps et &#233;t&#233; 2000 : gr&#232;ves, journ&#233;es nationales et &#171; tr&#234;ves syndicales &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars et avril 2000, la l&#233;gislation du travail propos&#233;e par le gouvernement de De la Rua est contest&#233;e dans de nombreuses manifestations ouvri&#232;res qui culminent par une journ&#233;e nationale de gr&#232;ve le 5 mai 2000. Suite &#224; cette gr&#232;ve, le syndicat CGT scissionne pour donner la &#171; CGT rebelle &#187; : une partie de la bureaucratie de la CGT tente de mettre &#224; son cr&#233;dit l'envie d'en d&#233;coudre des travailleurs du secteur des transports qui contestent l'alignement de la CGT sur le pouvoir et le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Juin 2000, deuxi&#232;me journ&#233;e nationale de gr&#232;ve contre De la Rua, suite aux gr&#232;ves des fonctionnaires contre une r&#233;duction de 10 % de leurs salaires. En fait, la bureaucratie syndicale, la CGT officielle franchement, les deux autres centrales en faisant semblant de s'y opposer, ne cherche nullement &#224; favoriser une mont&#233;e des luttes, mais signe imm&#233;diatement une nouvelle tr&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les limites mises par les directions syndicales, des syndicalistes locaux parviennent &#224; impulser des luttes dans plusieurs secteurs comme le transport, les raffineries de sucre, le secteur du poisson et les c&#233;ramistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Octobre 2000 : les c&#233;ramistes de l'usine zanon, &#224; neuquen, entrent en lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 octobre 2000, les ouvriers de la plus grande usine de production de c&#233;ramique du pays, celle de Zanon &#224; Neuquen (une ville &#224; l'ouest de Buenos Aires comprenant quatre usines de c&#233;ramique), d&#233;butent une lutte pour des salaires impay&#233;s qui va devenir une lutte contre des licenciements, puis contre le lock-out et finalement contre la fermeture de l'entreprise. Cette lutte aura un impact national et dure encore aujourd'hui. Influenc&#233;s par des militants d'extr&#234;me gauche du PTS, les syndicalistes locaux du SOeCN , ne vont pas seulement couper des routes ou manifester. Ils vont chercher &#224; s'adresser aux travailleurs de toute la r&#233;gion, devenir un p&#244;le pour tous les militants ouvriers combatifs et contacter les travailleurs qui se battent dans le reste du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;meurs, ouvriers, hospitaliers et &#233;tudiants vont militer avec les ouvriers de Zanon. Ils vont constituer en janvier 2001 une r&#233;union intersyndicale qui tente de passer par-dessus les appareils syndicaux pour unir les luttes ouvri&#232;res et encourager les travailleurs qui m&#232;nent des luttes difficiles contre les fermetures et les licenciements. Ils vont ainsi obtenir que les ouvriers emprisonn&#233;s soient lib&#233;r&#233;s et qu'on leur reconnaisse le droit de se servir des stocks pour payer les salaires dus. Ils vendront des c&#233;ramiques dans le pays, que les travailleurs ach&#232;tent au nom de la solidarit&#233; ouvri&#232;re. Ils fourniront &#233;galement en c&#233;ramiques des h&#244;pitaux (qui n'ont pas de fonds pour se payer le rev&#234;tement des murs) afin de d&#233;montrer que les travailleurs seraient bien plus efficaces pour g&#233;rer les probl&#232;mes sans les profiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Novembre 2000 : gr&#233;vistes et piqueteros se rejoignent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois de novembre 2000, la mobilisation des ch&#244;meurs conna&#238;t une nouvelle mont&#233;e, atteignant Matanza, un quartier de plusieurs millions de travailleurs (dont une forte proportion de ch&#244;meurs) aux portes de Buenos Aires, la capitale. Les quartiers de Matanza s'organisent, forment des assembl&#233;es, choisissent des d&#233;l&#233;gu&#233;s, unifient leur lutte. Des milliers de ch&#244;meurs coupent les routes et sont suivis par d'autres r&#233;gions, dans le sud. A Tartagal (dans la province de Salta dans le Nord) o&#249; les ch&#244;meurs s'&#233;taient d&#233;j&#224; mobilis&#233;s, les travailleurs licenci&#233;s d'une entreprise de transports coupent eux aussi les routes. Un travailleur du transport est assassin&#233; par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'&#233;motion g&#233;n&#233;rale, les centrales syndicales organisent une gr&#232;ve nationale de 36 heures les 23 et 24 novembre. La gr&#232;ve n'a pas le train-train syndical habituel. Les gens ne rentrent pas chez eux mais font des piquets, barrent les routes, les ponts, les rues de Buenos Aires. Aux six millions et demi de gr&#233;vistes s'est rajout&#233;e l'activit&#233; de plus de 150 000 piqueteros. Pour la premi&#232;re fois, ch&#244;meurs et ouvriers se sont unis pour agir &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, par trois fois au cours de l'ann&#233;e 2000 (en mars, juin et novembre), la mobilisation des travailleurs et des ch&#244;meurs a grimp&#233;. A chaque fois, les directions syndicales ont commenc&#233; par freiner au maximum, puis ont appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action pour finalement signer une nouvelle tr&#234;ve avec le gouvernement, cassant net la mont&#233;e ouvri&#232;re. Avec quelques nuances, les trois centrales syndicales se sont pr&#234;t&#233;es aux m&#234;mes manoeuvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mars 2001 : et un ministre de l'&#233;conomie de moins, un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 d&#233;cembre 2000, le gouvernement met en place le corralito ce petit corral signifie le parc &#224; enfants pour encadrer les sorties d'argent des particuliers : limit&#233;s &#224; 1000 pesos par semaine et 10 000 pesos pour la sortie du pays. Cette mesure va entra&#238;ner des difficult&#233;s consid&#233;rables pour les commer&#231;ants et les petits entrepreneurs qui ont d&#233;j&#224; vu leurs revenus diminuer de plus de 20 % du fait de la r&#233;cession et ne disposent plus de liquidit&#233;s. Elle va entra&#238;ner une v&#233;ritable r&#233;volte de la petite bourgeoisie qui voit ses &#233;conomies vol&#233;es pour aider les banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2001, le ministre de l'&#233;conomie Lopez Murphy, pr&#233;voit des coupes claires dans le budget de l'&#201;tat et des collectivit&#233;s locales. Trop de secteurs sont menac&#233;s en m&#234;me temps et la col&#232;re se propage rapidement. Directement menac&#233;s, les fonctionnaires : les enseignants r&#233;agissent imm&#233;diatement par 48 heures de gr&#232;ve. Le 20 mars, le mouvement des ch&#244;meurs reprend dans la banlieue de Buenos Aires. Le 21 mars, la CGT dissidente, dite &#171; rebelle &#187;, et la Central de los Trabajadores de Argentina appellent &#224; une nouvelle journ&#233;e nationale de gr&#232;ve. Le ministre est finalement contraint de d&#233;missionner. Mais cela ne signifie pas que le mouvement a fait reculer les classes dirigeantes qui remplacent Murphy par Domingo Cavallo, ancien ministre de l'&#233;conomie de Carlos Menem, chass&#233; d&#233;j&#224; par la mobilisation, et auparavant gouverneur de la Banque Centrale pendant les deux derni&#232;res ann&#233;es de la dictature (1976-1983).&lt;br class='autobr' /&gt;
2001 : multiplication des gr&#232;ves d&#233;fensives, r&#233;pression, radicalisation des formes d'action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2001, les travailleurs de l'a&#233;ronautique (pilotes, stewards, personnels au sol) entrent en lutte parce que les compagnies privatis&#233;es veulent imposer, sous menace de liquidation, 220 licenciements alors que depuis la privatisation 5000 emplois ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; supprim&#233;s. Leur lutte, avec blocage total des vols par des piquets et des manifestations de milliers de travailleurs, va durer des mois et avoir un grand &#233;cho dans la population car ils d&#233;noncent radicalement les privatisations et la mainmise par le capital international (espagnol en l'occurrence). Les syndicats du secteur s'appuyant sur la popularit&#233; du mouvement, organisent la solidarit&#233; (un concert de soutien va rassembler jusqu'&#224; 50 000 participants). La lutte de l'a&#233;ronautique sert de porte-drapeau &#224; la d&#233;nonciation des privatisations mais au nom du nationalisme puisque ce sont les patrons espagnols qui sont d&#233;sign&#233;s du doigt sous le slogan &#034;&#224; bas les gallegos ! (les Espagnols). La lutte est embl&#233;matique, mais les syndicats se gardent d'en faire le centre d'une mobilisation de tous les secteurs concern&#233;s par les m&#234;mes licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin 2001, dans la province de Salta (Nord-est), une coupure de route organis&#233;e par des ch&#244;meurs est violemment r&#233;prim&#233;e, faisant deux morts. La r&#233;volte et la mobilisation qui s'ensuit dans la r&#233;gion nord de Salta donnent naissance &#224; l'un des mouvements de ch&#244;meurs les plus actifs. Le 20 juin, les conflits violents se multiplient dans tout le pays. Les manifestants lib&#232;rent de prison leurs dirigeants emprisonn&#233;s. Le 24 juillet 2001 a lieu la premi&#232;re assembl&#233;e populaire de ch&#244;meurs &#224; l'&#233;chelle nationale, &#224; Matanza qui regroupent diverses coordinations de piqueteros. Elle vote un plan national de lutte. Au 31 juillet 2001, cette coordination de la lutte des ch&#244;meurs a un premier effet : une journ&#233;e de protestation au cours de laquelle des routes sont coup&#233;es un peu partout en m&#234;me temps aux abords des grandes villes dans tout le pays. Juillet et ao&#251;t vont conna&#238;tre un recrudescence d'actions. On est pass&#233; de 500 points de barrages de routes en 2000 &#224; 900 en 2001. On assiste &#224; une radicalisation des couches les plus pauvres, mais malheureusement, sans coordination avec la classe ouvri&#232;re en activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la classe ouvri&#232;re se bat, m&#234;me si c'est d&#233;fensivement. Le 16 juillet, le journal La Nacion titre : &#171; chiffre record des gr&#232;ves &#187;. Le 21 juillet 2001, c'est la journ&#233;e nationale de gr&#232;ve appel&#233;e par les syndicats contre le septi&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233; qui pr&#233;voit une diminution de 13 % des salaires et des retraites. La journ&#233;e est pr&#233;c&#233;d&#233;e, deux jours avant, par la gr&#232;ve des fonctionnaires : elle se termine par des incendies d'autobus, de wagons et de taxis &#224; Buenos Aires et des &#233;meutes dans des villes de l'int&#233;rieur du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes d&#233;fensives contre des licenciements se multiplient (entre autres &#224; Volswagen en juin, &#224; l'usine sid&#233;rurgique Aceros Zapla dans le nord, en septembre). Le 5 octobre 2001, c'est au tour des mineurs de Rio Turbio, une mine de charbon de la r&#233;gion de Santa Cruz, au sud du pays, de se battre contre des licenciements. Ils occupent les puits et maintiennent un piquet au fond. Ils occupent la municipalit&#233;, rendent publique leur action. Le 1er novembre, ils se joignent aux ch&#244;meurs de la r&#233;gion et coupent les routes de la Terre de Feu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Octobre 2001 : le vote de la col&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 octobre 2001, le m&#233;contentement social s'exprime &#233;galement sur le terrain &#233;lectoral par le &#171; voto bronca &#187; (le vote de la col&#232;re), qui d&#233;signe &#224; la fois le vote blanc (en Argentine le vote est obligatoire) et la mont&#233;e d'une opposition &#233;lectorale en dehors du clivage traditionnel entre p&#233;ronistes et radicaux. Mais l'&#233;crasante majorit&#233; des candidats de l'extr&#234;me gauche, ou d'opposition, n'a pu se pr&#233;senter que dans la capitale qui regroupe 40 % des Argentins. R&#233;sultat : 26,3 % d'abstentions en d&#233;pit de l'obligation de voter et 21,1 % de votes blancs ou nuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, et essentiellement sur Buenos Aires, la Gauche Unie (dont fait partie le groupe trotskyste MST) 574.923 voix, Parti Ouvrier 241 386, Autod&#233;termination et Libert&#233; 132 982, Parti des Travailleurs pour le Socialisme PTS trotskyste 105 354. Le PCR, un groupe d'extr&#234;me gauche parmi les plus implant&#233;s appelait au vote blanc ou nul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les &#233;lections ne font que refl&#233;ter le m&#233;contentement populaire qui se manifeste dans des luttes. En septembre 2001, les employ&#233;s de tous les services publics (&#233;coles, h&#244;pitaux et administrations) de la r&#233;gion de Misiones, au nord du pays &#224; la fronti&#232;re avec la Bolivie et le Paraguay, sont en gr&#232;ve totale pendant quinze jours. En octobre 2001, l'occupation de la mine de charbon de Rio Turbio, &#233;voqu&#233;e plus haut. D'octobre &#224; d&#233;cembre, les travailleurs de l'entreprise p&#233;troli&#232;re YPF m&#232;nent une lutte contre les licenciements avec l'appui de la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;cembre 2001 : le FMI d&#233;clare l'Argentine en faillite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2001, la banque nord-am&#233;ricaine d'investissement Morgan classe l'Argentine pays &#171; dangereux &#187;, en lui attribuant un indice de risque pour les investissements plus d&#233;favorable que le Nig&#233;ria ! Le FMI d&#233;clare que les projets gouvernementaux ne pr&#233;voient pas suffisamment d'augmentations d'imp&#244;ts, de baisses de salaires et de licenciements de fonctionnaires. D&#233;but d&#233;cembre, l'annonce par le FMI, sur un ton volontairement catastrophiste, qu'il refuse un pr&#234;t de 1264 millions de dollars donne le coup de gr&#226;ce. L'Argentine se retrouve en d&#233;faut de paiement de sa dette ext&#233;rieure et les financiers se retirent en catastrophe. Des milliards de dollars sortent du pays en quelques jours. Mais la crise n'a pas &#233;t&#233; une surprise pour tout le monde. Les riches argentins avaient pris leurs pr&#233;cautions et fait sortir massivement leurs capitaux (on estime l'&#233;vasion des fortunes &#224; plus de 130 milliards de dollars, soit 2/3 de la dette argentine) et s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s &#224; l'&#233;tranger ou dans les luxueuses stations baln&#233;aires de Mar del Plata, quelques semaines auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale a certes pris une nouvelle dimension avec la paup&#233;risation brutale de pans entiers des classes moyennes. Mais si la presse occidentale s'est &#233;mue de son sort, en invoquant surtout les restrictions bancaires (dans un pays o&#249; seuls 10 % des adultes disposent d'un compte courant), le caract&#232;re explosif des journ&#233;es des 19 et 20 d&#233;cembre est surtout l'aboutissement des luttes et de la contestation ouvri&#232;re (ch&#244;meurs compris) qui se sont accumul&#233;es et radicalis&#233;es depuis deux ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
13 au 18 d&#233;cembre : la temp&#234;te sociale commence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 d&#233;cembre 2001 la journ&#233;e de gr&#232;ve nationale, la septi&#232;me en deux ans du gouvernement De la Rua, a eu un effet important. Ce n'est pas d&#251; aux centrales syndicales, les deux CGT ayant appel&#233; sur des mots d'ordre tr&#232;s loin des pr&#233;occupations des travailleurs : arr&#234;t de la parit&#233; du peso et du dollar et d&#233;valuation... ce qui se r&#233;sume &#224; faire baisser le niveau de vie de la classe ouvri&#232;re. Les travailleurs &#224; pr&#232;s de 70 % ne sont pas all&#233;s au travail, mais lass&#233;s par les discours des bureaucrates se sont rendus peu nombreux aux manifestations. Mais chose nouvelle, pour la premi&#232;re fois, les petits commer&#231;ants ont baiss&#233; les stores. Les pillages de supermarch&#233;s (notamment Carrefour) dans les quartiers pauvres commencent. Il ne s'agit pas seulement de bandes mais de familles, d'ouvriers r&#233;cemment licenci&#233;s, de gens qui ont bascul&#233; du jour au lendemain dans la pauvret&#233; absolue. Le lundi pr&#233;c&#233;dant l'explosion, la gr&#232;ve des cheminots du Grand Buenos Aires s'&#233;tait heurt&#233;e &#224; une forte r&#233;pression de la police et l'on avait &#233;galement assist&#233; &#224; l'affrontement entre bureaucrates p&#233;ronistes et militants d'extr&#234;me gauche qui appelaient &#224; l'extension de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La temp&#234;te sociale commence cette fois &#224; Buenos Aires (dont l'agglom&#233;ration comprend 40 % de la population argentine), alors que ce genre d'explosions, allant jusqu'&#224; des r&#233;voltes quasi-insurrectionnelles comme &#224; Jujuy dans le Nord, &#233;taient jusque-l&#224; plut&#244;t r&#233;serv&#233;es aux provinces de l'int&#233;rieur. Le blocage complet des transports en commun donne un caract&#232;re particuli&#232;rement fort &#224; la gr&#232;ve. Cette fois, les employ&#233;s de banque se sont joints au mouvement. Dans de nombreuses villes, les fonctionnaires en gr&#232;ve font cort&#232;ge commun avec les ch&#244;meurs. Les commer&#231;ants se rallient &#224; la gr&#232;ve ouvri&#232;re. Les ch&#244;meurs s'y rallient en coupant des routes. Les &#233;tudiants font de m&#234;me. C'est le concert pour d&#233;noncer les classes dirigeantes. Chacun son instrument : les commer&#231;ants avec des casseroles, les fonctionnaires avec les bombos (des grosses caisses), les camionneurs avec des bocinazos, concert de klaxons. La journ&#233;e est accompagn&#233;e de r&#233;voltes et d'&#233;meutes dans l'int&#233;rieur du pays : &#224; Neuquen, Cordoba, Rosario et Pergamino. A Neuquen, 5000 manifestants se heurtent aux forces de l'ordre. Le lendemain, des mouvements continuent comme celui des enseignants et des employ&#233;s de banque de La Plata, celui du personnel technique des entreprises a&#233;ronautiques se battant contre une r&#233;duction de salaires de 13 &#224; 25 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Front contre la pauvret&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 13 au 15 d&#233;cembre, c'est la grande op&#233;ration du Front contre la pauvret&#233;, le FRENAPO (Frente Nacional contra la Pobreza), un cartel d'organisations qui &#171; d&#233;nonce le mod&#232;le lib&#233;ral &#187;. La gauche r&#233;formiste tente de se construire en Argentine apr&#232;s des ann&#233;es de mainmise p&#233;roniste sur les milieux populaires. Ce n'est pas la premi&#232;re tentative. Il y avait eu dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes le Frente Grande. Mais l'essentiel de cette gauche avait fini dans les anciens partis politiques et particip&#233; au pouvoir. Le Front pour un Pays Solidaire (FREPASO) s'&#233;tait alli&#233; au parti radical Union Civique Radicale (UCR) en d&#233;cembre 1999 pour donner ... le gouvernement de la Rua !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le FRENAPO on trouve la f&#233;d&#233;ration syndicale social-d&#233;mocrate des enseignants et fonctionnaires, la Central de Tabajadores de Argentina CTA de De Gennaro, des mouvements de ch&#244;meurs dirig&#233;s par des mod&#233;r&#233;s comme Tierra y Viviendas de D'Elia, le P&#244;le Social du pr&#234;tre tiers-mondiste Luis Farinello, la gauche unie ou IU (qui rassemble notamment le Parti Communiste Argentin et le groupe trotskyste MST), les m&#232;res de la Place de Mai (qui ont tenu t&#234;te des ann&#233;es &#224; la dictature militaire pour d&#233;noncer la disparition de leurs enfants), le mouvement oecum&#233;nique des droits de l'homme de la soeur Pelloni et du rabbin Goldman et on y trouve aussi le banquier Heller et des politiciens qui ont vot&#233; bien des plans anti-sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum populaire du FRENAPO est organis&#233; pendant trois jours sous le nom de &#171; consultation pour le travail et la production &#187;. Il s'agit de r&#233;pondre oui ou non &#224; trois questions : &#234;tes-vous pour un contrat emploi-formation de 380 pesos pour les chefs de famille au ch&#244;mage, une aide de 60 pesos pour chaque enfant de moins de 18 ans et de 150 pesos pour les retrait&#233;s sans revenus. La consultation a &#233;t&#233; organis&#233;e avec l'aide du minist&#232;re de l'int&#233;rieur et de gouverneurs ou de politiciens de droite ou p&#233;ronistes. Ce front pour &#171; une redistribution plus &#233;galitaire des richesses &#187; ne pr&#244;ne absolument pas de faire payer les riches. Mais les milieux ouvriers et populaires y ont vu l'occasion de d&#233;noncer r&#233;ellement la pauvret&#233;, d'exprimer massivement des revendications et la participation a &#233;t&#233; massive (des millions de votants).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;meutes de la faim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 d&#233;cembre commence &#224; Rosario (ville o&#249; eurent lieu il y a quelques ann&#233;es des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales violentes) et Mendoza le mouvement d'attaques des supermarch&#233;s, une &#233;meute de la faim qui allait se d&#233;velopper dans tout le pays, et atteindre la capitale le 19 d&#233;cembre. Des jeunes affam&#233;s, des m&#232;res de famille portant des enfants dans les bras, des ch&#244;meurs se groupent, organisent des colonnes pour attaquer les grandes surfaces. Le 16 d&#233;cembre, c'est la gr&#232;ve des chemins de fer contre un concessionnaire priv&#233; qui veut licencier 30 % du personnel et r&#233;duire les salaires. L'ensemble des cheminots a d&#233;cid&#233; de faire gr&#232;ve en solidarit&#233; en apprenant que le patron voulait seulement payer 70 % de la paie de novembre. C'est aussi la gr&#232;ve illimit&#233;e de dix mille camionneurs du nord du pays. Le 18 d&#233;cembre, des groupes de ch&#244;meurs attaquent des magasins dans de nombreuses villes (Rosario, Entre Rios, Mendoza, Santa Fe) et les saccages de supermarch&#233;s s'approchent de la capitale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les journ&#233;es insurrectionnelles du 19 et 20 d&#233;cembre 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte n'a &#233;t&#233; pr&#233;vue ni organis&#233;e par personne m&#234;me si bien des militants de groupes de ch&#244;meurs, des syndicalistes de base ou de militants d'extr&#234;me-gauche y ont particip&#233;. Il s'est agi d'une explosion spontan&#233;e de col&#232;re populaire qui repr&#233;sentait toutefois un point culminant de plusieurs mois de luttes et d'exasp&#233;ration chez les ouvriers, employ&#233;s et ch&#244;meurs. C'est aussi le soir du 19 d&#233;cembre que cette mont&#233;e ouvri&#232;re a &#233;t&#233; rejointe par la petite bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne sont pas seulement les concerts de casseroles des quartiers petits bourgeois de Buenos Aires qui ont eu raison du pr&#233;sident. Ce sont les affrontements men&#233;s par des travailleurs, des ch&#244;meurs, des jeunes, des m&#232;res de familles. Plusieurs colonnes d'assaillants constitu&#233;es sur place spontan&#233;ment se sont battues &#224; coups de pierre contre les autorit&#233;s pendant ces deux jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase n'est pas seulement le refus du gouvernement d'autoriser les d&#233;tenteurs de compte en banque d'en tirer leur &#233;pargne (le corralito). La r&#233;volte est venue &#233;galement du fait que l'on tue des affam&#233;s, y compris des m&#232;res de famille et des enfants, qui cherchent dans les supermarch&#233;s simplement de quoi ne pas mourir de faim.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Imb&#233;cile, l'&#233;tat de si&#232;ge tu peux te le mettre au cul ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; le 19 d&#233;cembre par une &#233;meute de la faim se g&#233;n&#233;ralisant &#224; tout le pays. Dans de nombreuses villes, des groupes de plus en plus nombreux ont attaqu&#233; les supermarch&#233;s afin d'y trouver de la nourriture et ont brav&#233; les forces de l'ordre qui voulaient les en emp&#234;cher. Et, pour la premi&#232;re fois ces attaques de supermarch&#233;s gagnaient la capitale. A Buenos Aires, des manifestants s'en sont pris au pr&#233;sident De la Rua, lui ont lanc&#233; des oeufs et tir&#233; sur sa voiture &#224; coups de pierres. En m&#234;me temps &#224; Cordoba, une ville de l'industrie automobile au nord ouest de Buenos Aires des travailleurs protestant contre les r&#233;ductions de salaires et autres mesures d'aust&#233;rit&#233; ont occup&#233; le si&#232;ge du gouvernement provincial et y ont mis le feu alors que la police tirait aux gaz lacrymog&#232;nes et aux balles plastiques. A La Plata, ce sont deux mille employ&#233;s du public qui ont organis&#233; une marche le 19 et se sont affront&#233;s avec les forces de l'ordre en voulant forcer les portes du palais l&#233;gislatif. A Rosario, il y a eu des attaques de magasins et de supermarch&#233;s pendant la journ&#233;e du 19. La r&#233;volte de la faim a &#233;t&#233; attaqu&#233;e aux gaz lacrymog&#232;nes et coups de fusils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui a fait sortir les gens de leurs gonds, c'est l'intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e du pr&#233;sident De la Rua. Il affirme que les manifestations sont organis&#233;es par &#171; des ennemis de la r&#233;publique &#187;. Il suspend les garanties constitutionnelles pour r&#233;pondre &#224; la multiplication des attaques de supermarch&#233;s et instaure l'&#233;tat de si&#232;ge pour trente jours afin de pouvoir faire intervenir l'arm&#233;e. Symboliquement il &#233;tait entr&#233; dans le palais pr&#233;sidentiel entour&#233; des principaux chefs militaires. De la Rua a ainsi rappel&#233; aux Argentins les pires moments de la dictature militaire qu'a connu le pays de 1976 &#224; 1983 et qu'ils croyaient ne plus jamais revoir. A peine termin&#233; le discours du pr&#233;sident que les habitants de Buenos Aires sont des dizaines de milliers &#224; descendre d'abord sur le pas de la porte puis &#224; se regrouper, &#224; lancer le concert de casseroles, &#224; manifester. Dans la nuit du 19 au 20 d&#233;cembre, ils sont plus de 50 000 &#224; crier leur haine du pouvoir et &#224; d&#233;fier l'&#233;tat de si&#232;ge. Un immense cort&#232;ge s'est constitu&#233; vers le centre ville m&#234;lant jeunes, m&#232;res de famille, travailleurs, ch&#244;meurs, retrait&#233;s, petits bourgeois. Spontan&#233;ment le rassemblement de toute la population s'est r&#233;alis&#233; pour conspuer le ministre Domingo Cavallo et de la Rua aux cris de &#171; Cavallo, fils de pute ! &#187; et &#171; Imb&#233;cile ! L'&#233;tat de si&#232;ge, tu peux te le mettre au cul ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des manifestants sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre avec les forces de l'ordre qui tirent &#224; balles et vont faire plus de trente morts. Sans mot d'ordre ni convocation, des centaines de milliers de personnes s'amoncellent sur la Place de Mai et les forces de l'ordre sont incapables de les en faire partir. Toutes les autorit&#233;s politiques, patronales, syndicales et sociales se r&#233;unissent pour une r&#233;union de crise de quatre heures. A la sortie, le pr&#233;sident est pris &#224; partie par des manifestants, injuri&#233;, re&#231;oit des oeufs et sa voiture subit des jets de pierre. Le 19, le plus d&#233;test&#233; des ministres de l'&#233;conomie, Domingo Cavallo, qui voit quatre mille personnes manifester en permanence devant sa maison, donne sa d&#233;mission (c'est le troisi&#232;me ministre de l'&#233;conomie &#224; chuter en un an).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 d&#233;cembre : la bataille de la Place de mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une heure du matin, une violente r&#233;pression commence. La police &#224; cheval organise des charges, la police &#224; pied envoie des gaz lacrymog&#232;nes, tire sur les manifestants, les fait refluer &#224; l'aide de v&#233;hicules lance-eau sur une partie de la Place de Mai. Toute la journ&#233;e du 20 d&#233;cembre la capitale va &#234;tre le si&#232;ge d'une v&#233;ritable intifada, pierres contre balles ; certains essaient m&#234;me de prendre d'assaut le palais pr&#233;sidentiel ! Le peuple se bat pour tenir la place centrale de Buenos Aires. Les journaux &#233;voquent cette journ&#233;e comme &#171; la bataille de la Place de Mai &#187;. Le journal argentin Pagina/12 du 20 d&#233;cembre d&#233;crit ainsi la situation : &#171; La bataille de la Place de Mai. C'&#233;taient des jeunes, des m&#232;res avec des enfants, des familles, des gens vivant de d&#233;brouillardise. La police mont&#233;e les chargeait avec une violence inhabituelle mais ensuite ils revenaient. La r&#233;pression utilisait non seulement les gaz mais aussi les balles de 9 millim&#232;tres. C'est la r&#233;volte : la cit&#233; est incendi&#233;e par ceux qui ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de la place. Ils sont expuls&#233;s de tout. Les uns de leur travail, les autres de leur maison, de la table de repas, de l'&#233;ducation, d'une vie digne. Mais ils se sont r&#233;volt&#233;s. Ils l'ont fait sans chefs pour le plaisir de tenir la rue et de se battre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les affrontements se g&#233;n&#233;ralis&#232;rent &#224; tout le centre ville. Le nombre de morts et de bless&#233;s continue d'augmenter. Le journal conservateur La Nacion titre &#171; cinq morts dans une v&#233;ritable guerre &#187;. Finalement c'est le pr&#233;sident De la Rua qui non seulement d&#233;missionne mais s'enfuit en h&#233;licopt&#232;re d'un palais pr&#233;sidentiel assi&#233;g&#233; par les manifestants. Le lendemain, les deux syndicats CGT, soutiens traditionnels du pouvoir, l&#232;vent la gr&#232;ve nationale &#224; dur&#233;e illimit&#233;e qu'ils avaient d'abord annonc&#233;e, au pr&#233;texte que &#171; l'objectif est r&#233;alis&#233; &#187; : De la Rua (qu'ils soutenaient) et Cavallo ont d&#233;missionn&#233; et l'&#233;tat de si&#232;ge est lev&#233; ! C'est leur totale absence durant les deux journ&#233;es de r&#233;volte qui sera surtout remarqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des affrontements se d&#233;roulent &#233;galement &#224; l'int&#233;rieur du pays, &#224; Cordoba, Rosario et Entre Rios (trois villes au nord de Buenos Aires), et l&#224; aussi des morts et des bless&#233;s. A Cordoba (deuxi&#232;me ville du pays), on s'attaque au domicile des politiciens et des hauts fonctionnaires et aussi aux banques. Partout les gens sont descendus dans la rue par centaines, par milliers, &#224; l'annonce de l'&#233;tat de si&#232;ge de sinistre m&#233;moire. L&#224; aussi les forces de l'ordre ont ripost&#233; par des balles et des gaz lacrymog&#232;nes contre les pierres des manifestants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un mouvement sans direction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 d&#233;cembre &#224; 20 heures, la CGT &#171; rebelle &#187; appelait &#224; la gr&#232;ve... et &#224; 22 heures elle n'y appelait plus ! Il est vrai que les deux syndicats CGT appuyaient le gouvernement et n'ont cess&#233; de le faire que lorsqu'il est tomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats p&#233;ronistes ne sont pas les seuls &#224; s'&#234;tre abstenus dans ces journ&#233;es de r&#233;volte. Le Front contre la pauvret&#233;, le FRENAPO, lui aussi &#233;tait absent, comme ses leaders les plus connus. Une des caract&#233;ristiques de ces journ&#233;es, c'est l'absence totale des organisations classiques, politiques, associatives ou syndicales, mises &#224; part les m&#232;res de la place de mai et l'extr&#234;me gauche. Les syndicats &#233;taient du c&#244;t&#233; du pouvoir et n'ont pas montr&#233; leur nez et m&#234;me les principales organisations de ch&#244;meurs &#233;taient absentes. Cela montre que les leaders de plusieurs organisations de piqueteros font elles aussi des calculs du m&#234;me type que ceux des dirigeants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre, &#171; Qu'ils s'en aillent tous ! &#187; (slogan des manifestants)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 d&#233;cembre, les manifestants s'en prennent &#224; la Cour Supr&#234;me qu'ils accusent de couvrir les politiciens corrompus comme Menem et les anciens tortionnaires de la dictature militaire de 1976-1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 d&#233;cembre c'est &#224; nouveau la rue, &#224; Buenos Aires, qui fait chuter le nouveau pr&#233;sident Rodriguez Saa, lequel avait le soutien des syndicats CGT et de certains membres du Front contre la Pauvret&#233;. Les manifestants se sont retrouv&#233;s &#224; nouveau sur la Place de Mai et devant le Palais du Congr&#232;s. Une partie d'entre eux fait le traditionnel concert de casseroles. Une partie vient pour en d&#233;coudre avec les forces de l'ordre, tente d'attaquer le Palais pr&#233;sidentiel et provoque un incendie du Congr&#232;s. On annonce la d&#233;mission du pr&#233;sident : les &#233;meutes se poursuivent toute la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Janvier 2002 : la politique de &#171; On n'a pas vot&#233; pour lui &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident nomm&#233; le 2 janvier 2002, Eduardo Duhalde (celui que les manifestants appellent &#171; on n'a pas vot&#233; pour lui &#187; (&#171; No lo vot&#233; &#187;), d&#233;clare : &#171; l'Argentine n'a plus un peso &#187;. C'est dire que la politique d'aust&#233;rit&#233; continue. Il annonce la fin de la parit&#233; peso/dollar, la d&#233;valuation (de 28,5 % au d&#233;but et qui passera tr&#232;s vite &#224; 40 %). Loin de faire payer les banques &#233;trang&#232;res ou les entreprises p&#233;troli&#232;res comme il le pr&#233;tendait, il va faire payer la population. Pour le moment sa politique est au &#171; dialogue &#187;. Il fait appel &#224; l'Eglise comme organisatrice de tables de discussion, il &#233;coute les organisations de ch&#244;meurs et autres organisations syndicales. Mais il est difficile de cr&#233;er l'illusion d'un changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduardo Duhalde a beau cumuler le soutien de tous les partis bourgeois (radical et p&#233;roniste notamment), de l'Eglise, il ne s'appuie l&#224; que sur des forces qui perdent pied. Alors, Duhalde agite la menace : &#171; Nous sommes tomb&#233;s de plus en plus bas, &#233;tape par &#233;tape : r&#233;cession, d&#233;pression anarchique, chaos. Une &#233;tape de plus et c'est le bain de sang &#187; d&#233;clare-t-il en parlant de la &#171; p&#233;riode la plus dramatique de l'histoire du pays &#187;. Alors, c'est quoi, ce Duhalde ? Il donne lui-m&#234;me la r&#233;ponse. Le 21 octobre 2001 il d&#233;clare au journal espagnol El Pais (cit&#233; par le Monde Diplomatique de f&#233;vrier 2002) : &#171; Nous sommes une classe dirigeante de merde et j'en fais partie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Piquets et casseroles ensemble ! &#187; (slogan des manifestations)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2002, la mobilisation continue. Elle est plus marqu&#233;e par les luttes ouvri&#232;res dans l'int&#233;rieur du pays et plus par la petite bourgeoisie dans la capitale. Les gr&#232;ves contre les licenciements se poursuivent, la r&#233;pression aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 janvier, par exemple, se d&#233;roulent en m&#234;me temps la manifestation des professions de sant&#233; &#224; Buenos Aires, celle des fonctionnaires &#224; San Juan, celle des jeunes ch&#244;meurs &#224; Neuquen. En ce m&#234;me mois de janvier, des milliers d'employ&#233;s municipaux demandent leurs arri&#233;r&#233;s de salaires &#224; Formosa (Nord-Est), Santiago del Estero (Nord), San Juan (Est). La situation est explosive dans la province de Jujuy, r&#233;gion particuli&#232;rement pauvre &#224; la fronti&#232;re de la Bolivie. Certaines luttes durent depuis longtemps, comme celle des chauffeurs de bus de La Plata qui revendiquent depuis septembre 2001 le paiement de leurs salaires. Les travailleurs de l'usine c&#233;ramique Zanon &#224; Neuquen continuent leur lutte contre les licenciements. Le 11 janvier &#224; Neuquen, les travailleurs ont organis&#233; une manifestation contre le lock-out qui a r&#233;ussi &#224; souder la population de la ville. Le soir m&#234;me, la r&#233;pression s'est abattue sur les repr&#233;sentants syndicaux : arrestations pour appel &#224; l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ouvriers occupent leurs usines comme ceux de plusieurs sites industriels de Cordoba (suite aux fermetures ou au ch&#244;mage technique). Le 16 janvier, c'est une vague d'attaques de banques notamment &#224; Jujuy et Santa Fe. Des manifestations ont &#233;galement lieu quotidiennement devant la Cour supr&#234;me pour demander la d&#233;mission de tous les juges. Leurs maisons particuli&#232;res sont la cible d'attaques. Le 18 janvier, affrontement avec les forces de l'ordre &#224; Rio Cuarto, au sud de la province de Cordoba, suite &#224; un concert de casseroles. Le m&#234;me jour, la police tire &#224; balles plastiques et envoie les gaz lacrymog&#232;nes sur les 300 employ&#233;s de Santiago del Estero qui r&#233;clament trois mois de salaires impay&#233;s. Le 24 janvier, dans la station baln&#233;aire de Mar del Plata, 2500 ch&#244;meurs et retrait&#233;s d&#233;filent en r&#233;clamant des aides des pouvoirs publics. Dans la province de San Juan (ouest) des fonctionnaires occupent les b&#226;timents publics et barrent les rues pour r&#233;clamer leurs salaires impay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques de banques et les coupures de routes se poursuivent dans tout le pays. Les villes de l'int&#233;rieur du pays connaissent quotidiennement des manifestations pour r&#233;clamer du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Que le peuple d&#233;cide ! &#187; (slogan des assembl&#233;es populaires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de d&#233;but janvier, des assembl&#233;es populaires se sont cr&#233;&#233;es dans tous les quartiers de la capitale et elles sont &#233;galement apparues &#224; la mi-janvier dans de nombreuses villes de province. Y participent des travailleurs, des &#233;tudiants, des habitants. A l'initiative des assembl&#233;es populaires de quartier Buenos Aires comme les villes de province ont organis&#233; le vendredi 25 janvier une manifestation massive et un gigantesque concert national de casseroles contre le blocage des comptes en banque. A Buenos Aires, on a vu se mettre en place des r&#233;unions de quartiers, des assembl&#233;es. De l'ordre de quelques dizaines, dans presque tous les quartiers, certaines ont r&#233;uni jusqu'&#224; 400 personnes. De m&#234;me chaque semaine on assiste &#224; la r&#233;union inter-quartiers, interbarrial, qui regroupe jusqu'&#224; 4000 personnes souvent d&#233;l&#233;gu&#233;es. C'est essentiellement autour des probl&#232;mes de la r&#233;pression que ces comit&#233;s voient le jour, mais c'est autour de questions politiques ou plus pratiques comme l'approvisionnement que se centrent les discussions. La m&#233;fiance &#224; l'encontre des organisations politiques est &#233;norme : seuls quelques anciens militants d'extr&#234;me gauche connus (tels Zamora) arrivent &#224; avoir un certain cr&#233;dit. La jeunesse ouvri&#232;re et pauvre, quant &#224; elle, se tient en dehors de ces lieux de d&#233;bat et pr&#233;f&#232;re les discussions ouvertes sur les places et les squares de Buenos Aires, qui sans &#234;tre des assembl&#233;es permettent de lancer des actions, par groupes de quartier. Mais surtout elle refuse toute intervention autre que personnelle, que ce soit au nom d'un syndicat ou d'un parti politique. C'est bien s&#251;r la marque de la d&#233;fiance vis-&#224;-vis des politiciens bourgeois et aussi vis-&#224;-vis du mouvement p&#233;roniste encore tr&#232;s fort. Mais c'est aussi une limite du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie est loin d'&#234;tre la seule &#224; se mobiliser. Les ch&#244;meurs de la Matanza, un &#233;norme quartier de ch&#244;meurs et de travailleurs &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Buenos Aires organis&#233; derri&#232;re Courant Combatif de Classe, le CCC, et F&#233;d&#233;ration Terre et Logement de d'Elia ont occup&#233; le 14 janvier le march&#233; central de la capitale mais cela s'est mal termin&#233; avec un affrontement entre pauvres. Le 28 janvier, ce sont les ch&#244;meurs de Matanza qui ont pris la t&#234;te d'une manifestation massive des ch&#244;meurs &#224; Buenos Aires. Pour la premi&#232;re fois, la capitale a accueilli favorablement les ch&#244;meurs et a m&#234;me manifest&#233; avec eux sous le slogan &#171; piquets et casseroles, tous ensemble ! &#187; Par contre, cela a &#233;t&#233; l'occasion, pour les dirigeants de ces organisations qui tiennent le devant de la sc&#232;ne &#224; Matanza, Courant Combatif de Classe (le CCC de Alderete) et Tierra y Viviendas de D'Elia, de participer &#224; un dialogue avec Eduardo Duhalde. En jouant ainsi le jeu du dialogue que d&#233;sire le pouvoir, ils ont obtenu quelques concessions, comme des distributions alimentaires et quelques centaines de Plan Trabajar (sorte de CES). Cela dit, m&#234;me si quelques dirigeants des piqueteros se font ainsi r&#233;cup&#233;r&#233;s, le d&#233;veloppement du mouvement ne cesse de prendre de l'ampleur et a bien d'autres structures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des coordinations de militants syndicalistes combatifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de militants syndicalistes combatifs et de militants d'extr&#234;me gauche se sont rapidement donn&#233; pour objectif de d&#233;border les appareils syndicaux p&#233;ronistes et de collaboration, de rompre avec cette politique faite d'actions suivies de tr&#234;ves et d'alliance avec le patronat. C'est l'orientation de certains groupes d'extr&#234;me gauche comme le Parti Ouvrier et le Parti des Travailleurs pour le Socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2001, il y avait d&#233;j&#224; eu la tentative du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT de San Lorenzo (sympathisant de l'extr&#234;me gauche) de f&#233;d&#233;rer des syndicalistes combatifs avec des militants du mouvement des ch&#244;meurs. Le 2 d&#233;cembre, le syndicat des c&#233;ramistes de Zanon &#224; Neuquen, le SOeCN, avait r&#233;uni des ouvriers c&#233;ramistes, des hospitaliers, des enseignants et des ch&#244;meurs. Peu avant l'explosion de fin d&#233;cembre, il avait &#233;t&#233; &#233;galement &#224; l'initiative d'une intersyndicale multisectorielle et d'une coordination r&#233;gionale de Neuquen et de la r&#233;gion du Rio Negro. A chaque fois, il s'agit d'&#233;viter l'isolement de secteurs ouvriers en lutte mais aussi de lier travailleurs en activit&#233; et ch&#244;meurs. Le 3 d&#233;cembre c'&#233;tait au tour des travailleurs de la construction navale de Rio Santiago d'en faire autant et la coordination est parvenue &#224; organiser divers rassemblements et manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques centres m&#233;tallurgiques (SIDERAR), de construction navale (Rio Santiago), automobile (Grand Buenos Aires), de production d'&#233;lectricit&#233; (Cordoba) on a vu, d&#232;s le 20 d&#233;cembre, se mettre en place des assembl&#233;es (lesquelles sont essentiellement des lieux de discussion). Le 29 d&#233;cembre ce sont les fonctionnaires de Buenos Aires qui ont mis en place leur coordination avec notamment des militants du groupe d'extr&#234;me gauche Parti Ouvrier. On peut &#233;galement citer la coordination du nord de Salta autour de la lutte des piqueteros, le congr&#232;s du charbon autour des mineurs de Rio Turbio, l'assembl&#233;e populaire de la terre de feu. Cela dit, il faut savoir qu'&#224; ce jour, ces initiatives ont du mal &#224; percer et &#224; d&#233;border les appareils au-del&#224; de l'influence locale de ces militants combatifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles perspectives et quelles menaces ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re, l'&#233;conomie de l'Argentine s'effondre &#224; une vitesse impressionnante. Les uns apr&#232;s les autres, les pr&#233;sidents tombent et pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays, c'est la r&#233;volte populaire qui les fait chuter, pas un coup d'&#233;tat militaire. Le syst&#232;me politique argentin est compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;. Corruption, usure des partis et crise ont eu raison de la patience de la population. La situation sociale est catastrophique avec une hausse vertigineuse du ch&#244;mage et de la mis&#232;re. Les entreprises licencient ou ferment. Tous les services publics, privatis&#233;s ou non, subissent des coupes budg&#233;taires et licencient. Il n'y a plus de sant&#233; publique. Les fonctionnaires et les employ&#233;s communaux sont massivement licenci&#233;s. Les salaires, du public et du priv&#233;, sont baiss&#233;s, pay&#233;s en monnaie de singe (monnaies locales) ou pas pay&#233;s du tout. La petite bourgeoisie dont le niveau de vie s'effondre craint de ne jamais r&#233;cup&#233;rer son argent. Les retrait&#233;s n'ont plus rien pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population est descendue dans la rue &#224; plusieurs reprises malgr&#233; une r&#233;pression violente. Des &#233;meutes de la faim parcourent le pays. Les ch&#244;meurs, au travers de leurs actions offensives, sont devenus une v&#233;ritable force dont le pouvoir doit tenir compte : marches, coupures de routes, gr&#232;ves, saccages de magasins et supermarch&#233;s, &#233;meutes se succ&#232;dent, avec &#224; chaque fois des morts, des bless&#233;s et des arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie ne voit pas d'issue, ni sur le plan politique, ni sur le plan &#233;conomique, ni sur le plan social &#224; court ou moyen terme. A ce jour Eduardo Duhalde a n&#233;anmoins permis de ressouder la bourgeoisie, du moins provisoirement : la d&#233;valuation est accept&#233;e par les dirigeants du patronat, l'&#201;tat argentin se porte garant des dettes des banques et des entreprises, ce qui accro&#238;t d'autant la dette ext&#233;rieure, et pour finir on envisage en haut lieu une r&#233;forme constitutionnelle. Cette derni&#232;re pourrait envisager de r&#233;former le S&#233;nat, la Cour Supr&#234;me, afin de donner des gages &#224; la petite bourgeoisie. De m&#234;me l'int&#233;gration des assembl&#233;es de quartiers, comme interlocuteurs du pouvoir, est s&#233;rieusement envisag&#233;e pour canaliser la contestation sociale. Mais les marges du pouvoir restent &#233;troites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour, 2000 personnes tombent en dessous du seuil de pauvret&#233;. Et cela s'aggrave : en un an, il y a eu 500 000 ch&#244;meurs de plus sur un total de deux millions et demi, sans compter les 1,4 million en sous-emploi. La cassure entre riches et pauvres s'accro&#238;t. Le ph&#233;nom&#232;ne nouveau, c'est que la petite bourgeoisie d'Argentine, une des seules d'Am&#233;rique latine qui &#233;tait autrefois prosp&#232;re et soutenait le pouvoir &#224; l'&#233;poque o&#249; le revenu par habitant y &#233;tait de 7500 dollars, est sortie de ses gonds et descendue dans la rue. C'est effectivement le signe du degr&#233; de gravit&#233; de la crise sociale puisque les couches sociales qui soutenaient le r&#233;gime ont cess&#233; de la faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; active dans ces &#233;v&#233;nements. Les petits bourgeois n'ont rejoint la r&#233;volte que le 19 d&#233;cembre au soir. Il y a d'ailleurs quelques b&#233;mols &#224; mettre &#224; ce qui est dit sur les &#171; classes moyennes &#187;. Une bonne moiti&#233; d'entre elles sont simplement des salari&#233;s, des fonctionnaires ou des employ&#233;s de bureau qui n'ont rien de petits propri&#233;taires. Une partie des professions dites &#171; ind&#233;pendantes &#187; sont simplement des gens qui se d&#233;brouillent en se donnant eux-m&#234;mes un travail mais ne sont pas fortun&#233;s pour autant. Seuls les grands bourgeois n'ont pas eu de mal &#224; faire sortir leur argent du pays en faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, ce n'est pas parce que le r&#233;gime a perdu l'essentiel de sa base sociale petite bourgeoise, que ces classes moyennes paup&#233;ris&#233;es vont tout naturellement choisir le camp de la classe ouvri&#232;re. Pour l'heure, elles se sentent surtout solidaires des ch&#244;meurs et des plus pauvres. Mais elles peuvent aussi voir d'un bon oeil toutes les op&#233;rations &#171; de gauche &#187; qui consistent &#224; &#171; dialoguer &#187; avec le pouvoir pour donner quelques miettes aux plus pauvres. Leur r&#233;volte pourrait &#233;galement demain se retourner contre la classe ouvri&#232;re si celle-ci ne se met pas &#224; la t&#234;te de la r&#233;volte de toutes les couches contestataires. Le jeu des syndicats ouvriers est, dans cette affaire, toujours aussi nuisible puisqu'il laisse croire que les travailleurs participent du syst&#232;me par le biais de leurs chefs syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sans perspective, sans solution &#233;conomique ou sociale acceptable pour les couches populaires, la bourgeoisie argentine va s'accrocher &#224; tout prix au pouvoir, quitte &#224; le faire au prix du sang des travailleurs et de toute la population. Ce n'est pas parce que la tentative de d&#233;clarer l'&#233;tat de si&#232;ge de De la Rua a &#233;chou&#233; que le retour aux pratiques de la dictature militaire n'est plus une menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal Clarin titrait le 21 d&#233;cembre : &#171; les militaires sont pr&#234;ts &#224; aider &#224; r&#233;tablir l'ordre &#187; et les chefs des forces arm&#233;es d&#233;claraient avoir un plan de maintien de l'ordre. Il expliquait ainsi que les forces arm&#233;es avaient adopt&#233; un plan d'urgence &#171; &#224; un moment o&#249; les manifestants semblaient avoir d&#233;bord&#233; la police &#187;. Il expliquait d'ailleurs qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire de toucher &#224; l'ordre constitutionnel pour employer l'arm&#233;e comme force suppl&#233;tive des forces de police. Le g&#233;n&#233;ral Ricardo Brinzoni, chef d'&#233;tat major de l'arm&#233;e d&#233;clare : &#171; l'arm&#233;e souhaite servir la soci&#233;t&#233; dont elle fait partie en &#233;tant une protagoniste et non pas un simple observateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, on a vu la r&#233;apparition en Argentine de groupes para-policiers, comme celui qui enlev&#233; s&#233;questr&#233; et tortur&#233; une des filles de madame Hebe de Bonafini, la pr&#233;sidente des m&#232;res de la place de mai. Le Service de Paix et Justice, le Serpaj, est sp&#233;cialis&#233; dans les brigades d'intervention muscl&#233;es pour faire passer l'aust&#233;rit&#233;. Et c'est ainsi qu'il faut comprendre la lib&#233;ration d'Astiz, le tortionnaire de l'Ecole de M&#233;canique de la Navale, par le Minist&#232;re de la D&#233;fense. En refusant l'extradition pour l'Europe (Su&#232;de et France), le pouvoir donne un signe &#224; l'arm&#233;e faisant rimer loyaut&#233; et impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est d'importance. La question du rapport de forces va devenir une question cruciale pour la classe ouvri&#232;re et ses organisations. Tout le monde se souvient de la dictature militaire qui a domin&#233; le pays pendant de nombreuses ann&#233;es, faisant 30 000 morts et supprimant physiquement tous ses opposants, en particulier les militants ouvriers et les militants politiques radicaux. Il ne serait plus alors question d'int&#233;gration des syndicats &#224; l'&#201;tat et aux entreprises ni de fa&#231;ade d&#233;mocratique mais de destruction de l'un et de l'autre et d'utilisation des forces arm&#233;es, des forces sp&#233;ciales et m&#234;me d'utilisation de l'embrigadement de couches mis&#233;rables pour &#233;craser dans le sang le prol&#233;tariat argentin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duhalde a affirm&#233; que son &#171; r&#244;le &#233;tait de maintenir la paix sociale &#187; et qu'il n'&#233;tait &#171; pas un homme faible &#187;. Les discours du nouveau pr&#233;sident Duhalde disent clairement au peuple argentin : si vous tentez de me renverser moi aussi, ce sera la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, ni Duhalde ni aucun homme politique n'est en mesure de s'attaquer aux couches populaires mobilis&#233;es. Les gouvernants sont contraints de &#171; dialoguer &#187; . Ils ressortent leurs &#233;v&#234;ques pour organiser des &#171; tables de dialogue &#187;. Ils vont chercher tous les r&#233;formistes, tous les catholiques, tous les bourgeois r&#233;formistes, tous les bureaucrates syndicaux. Mais ils savent qu'il ne s'agit que de gagner du temps. Il n'y a pas de marge pour de vraies r&#233;formes sociales au moment o&#249; les financiers leur demandent de faire accepter des sacrifices suppl&#233;mentaires. Ils vont donc temporiser en faisant semblant de dialoguer. En attendant ils se pr&#233;parent. La classe ouvri&#232;re peut &#233;galement mettre &#224; profit cette p&#233;riode pour se pr&#233;parer. D'abord en &#233;tant consciente de l'enjeu, en ne se laissant pas tromper par cette pr&#233;tendue volont&#233; de trouver des &#171; solutions &#187;. Ensuite en d&#233;veloppant ses luttes et son organisation autonome car le principal obstacle aux luttes de la classe ouvri&#232;re reste la politique des syndicats p&#233;ronistes. Enfin en d&#233;veloppant son organisation politique ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'autre perspective que de renverser cette classe dirigeante pourrie. C'est la seule r&#233;ponse possible aux aspirations de la population qui revendiquent &#171; qu'ils s'en aillent tous &#187; sans pour autant se poser aujourd'hui le probl&#232;me du pouvoir. Car cette &#171; classe dirigeante de merde &#187;, pour reprendre les mots de Duhalde, il n'y a vraiment que la r&#233;volution qu'elle n'aurait pas vol&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -----------------------------------------------------------------------------------&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictadura militar en Argentina&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 de marzo de 1976 - 10 de diciembre de 1983&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El 24 de marzo de 1976 ocurri&#243; lo que muchos esperaban : Isabel Per&#243;n fue detenida y trasladada a Neuqu&#233;n. La Junta de Comandantes asumi&#243; el poder, integrada por el Teniente Gral. Jorge Rafael Videla, el Almirante Eduardo Emilio Massera y el Brigadier Gral. Orlando R. Agosti. Design&#243; como presidente de facto a Jorge Rafael Videla. Dispuso que la Armada, el Ej&#233;rcito y la Fuerza A&#233;rea compondr&#237;an el futuro gobierno con igual participaci&#243;n. Comenz&#243; el audodenominado &#034;Proceso de Reorganizaci&#243;n Nacional&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Mart&#237;nez de Hoz fue designado ministro de Econom&#237;a y, el 2 de abril, anunci&#243; su plan para contener la inflaci&#243;n, detener la especulaci&#243;n y estimular las inversiones extranjeras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gesti&#243;n de Mart&#237;nez de Hoz, en el contexto de la dictadura en que se desenvolvi&#243;, fue totalmente coherente con los objetivos que los militares se propusieron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durante este per&#237;odo, la deuda empresaria y las deudas externas p&#250;blica y privada se duplicaron. La deuda privada pronto se estatiz&#243;, cercenando a&#250;n m&#225;s la capacidad de regulaci&#243;n estatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con ese clima econ&#243;mico, la Junta Militar impuso el terrorismo de Estado que, fuera de enfrentar las acciones guerrilleras, desarroll&#243; un proyecto planificado, dirigido a destruir toda forma de participaci&#243;n popular. El r&#233;gimen militar puso en marcha una represi&#243;n implacable sobre todas las fuerzas democr&#225;ticas : pol&#237;ticas, sociales y sindicales, con el objetivo de someter a la poblaci&#243;n mediante el terror de Estado para instaurar terror en la poblaci&#243;n y as&#237; imponer el &#034;orden&#034;, sin ninguna voz disidente. Se inaugur&#243; el proceso autoritario m&#225;s sangriento que registra la historia de nuestro pa&#237;s. Estudiantes, sindicalistas, intelectuales, profesionales y otros fueron secuestrados, asesinados y &#034;desaparecieron&#034;. Mientras tanto, mucha gente se exili&#243;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Algunas acciones del nuevo gobierno :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspende la actividad pol&#237;tica&lt;br class='autobr' /&gt;
Suspende los derechos de los trabajadores.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interviene los sindicatos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proh&#237;be las huelgas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Disuelve el Congreso.&lt;br class='autobr' /&gt;
Disuelve los partidos pol&#237;ticos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Destituye la Corte Suprema de Justicia.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interviene la CGT.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interviene la Confederaci&#243;n General Econ&#243;mica (CGE).&lt;br class='autobr' /&gt;
Suspende la vigencia del Estatuto del Docente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Clausura locales nocturnos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ordena el corte de pelo para los hombres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quema miles de libros y revistas considerados peligrosos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Censura los medios de comunicaci&#243;n.&lt;br class='autobr' /&gt;
Se apodera de numerosos organismos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La censura&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comunicado N&#176; 19, 24/03/76&lt;br class='autobr' /&gt;
Se comunica a la poblaci&#243;n que la Junta de Comandantes Generales ha resuelto que sea reprimido con la pena de reclusi&#243;n por tiempo indeterminado el que por cualquier medio difundiere, divulgare o propagare comunicados o im&#225;genes provenientes o atribuidas a asociaciones il&#237;citas o personas o grupos notoriamente dedicados a actividades subversivas o al terrorismo. Ser&#225; reprimido con reclusi&#243;n de hasta diez a&#241;os, el que por cualquier medio difundiere, divulgare o propagare noticias, comunicados o im&#225;genes, con el prop&#243;sito de perturbar, perjudicar o desprestigiar las actividades de las Fuerzas Armadas, de Seguridad o Policiales. (Diario &#034;La Prensa&#034;, 24 de marzo de 1976).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los &#034;subversivos&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El t&#233;rmino &#034;subversi&#243;n&#034; englobaba a las organizaciones guerrilleras -pr&#225;cticamente ya extinguidas en marzo de 1976- pero tambi&#233;n a los activistas o simpatizantes de cualquier movimiento de protesta o cr&#237;tica social : obreros, universitarios, comerciantes, profesionales, intelectuales, sacerdotes, empresarios y m&#225;s... No hubo &#034;errores&#034; ni &#034;excesos&#034;, sino un plan deliberado. (Historia Visual de la Argentina contempor&#225;nea, Clar&#237;n, El &#034;Proceso&#034; Militar).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerra sucia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034;desaparici&#243;n&#034; fue la f&#243;rmula m&#225;s siniestra de la &#034;guerra sucia&#034; : el &#034;objetivo&#034; era secuestrado (&#034;chupado&#034;) por un comando paramilitar (&#034;grupo de tareas&#034; o &#034;patota&#034;) donde, convertido en un n&#250;mero y sin ninguna garant&#237;a legal, quedaba a merced de sus captores. La desaparici&#243;n de personas fue un programa de acci&#243;n, planificada con anticipaci&#243;n, estableci&#233;ndose los m&#233;todos por los cuales llevarlo a la pr&#225;ctica : arrojando a los &#034;desaparecidos&#034; al R&#237;o de la Plata (previa aplicaci&#243;n de sedantes) desde aviones o helic&#243;pteros militares y en fosas comunes ; fusilamientos y ocultamiento de cad&#225;veres, sin ning&#250;n tipo de identificaci&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tortura&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Todos estaban incluidos en la categor&#237;a de &#034;enemigos de la naci&#243;n&#034;. La metodolog&#237;a implementada consisti&#243; en la desaparici&#243;n de personas, las cuales en realidad eran llevadas a centros clandestinos de detenci&#243;n, operados por las FFAA., donde se los somet&#237;a a interrogatorios basados en tormentos f&#237;sicos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los campos de detenci&#243;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se levantaron centros clandestinos de detenci&#243;n y torturas. En estos laboratorios del horror se deten&#237;a, se torturaba y se asesinaba a personas. Se encontraban en el propio centro de las ciudades del pa&#237;s, con nombres tristemente famosos, como la ESMA, el Vesubio, El Garage Olimpo, El Pozo de Banfield o La Perla. Existieron 340 distribuidos por todo el territorio. Locales civiles, dependencias policiales o de las propias fuerzas armadas fueron acondicionados para funcionar como centros clandestinos. Estas c&#225;rceles clandestinas ten&#237;an una estructura similar : una zona dedicada a los interrogatorios y tortura, y otra, donde permanec&#237;an los secuestrados. Ser secuestrado o &#034;chupado&#034;, seg&#250;n la jerga represora, significaba ser fusilado o ser arrojado al r&#237;o desde un avi&#243;n o helic&#243;ptero.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los desaparecidos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Debido a la naturaleza, una desaparici&#243;n encubre la identidad de su autor. Si no hay preso, ni cad&#225;ver, ni v&#237;ctima, entonces nadie presumiblemente es acusado de nada. (Amnist&#237;a Internacional, en su informe sobre la desaparici&#243;n de personas por motivos pol&#237;ticos).&lt;br class='autobr' /&gt;
Hubo miles de desaparecidos : la Conadep constat&#243; m&#225;s de 9.000 casos. Los organismos de derechos humanos hablan de m&#225;s de 30.000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apropiaci&#243;n de chicos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adem&#225;s del secuestro de adultos, hubo un plan sistem&#225;tico de apropiaci&#243;n de ni&#241;os. Los ni&#241;os robados o que las madres par&#237;an en los centros de detenci&#243;n fueron inscriptos como hijos propios por muchos miembros de la represi&#243;n, vendidos o abandonados en institutos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durante la dictadura, los militares consideraban que los hijos de los desaparecidos deb&#237;an perder su identidad. Por eso los hac&#237;an desaparecer y los entregaban a familias de militares. Ellos pensaban que la subversi&#243;n era casi hereditaria o que se trasmit&#237;a a trav&#233;s del v&#237;nculo familiar. De la misma forma que a los hijos de desaparecidos se intent&#243; quitarles su familia, a la sociedad en general se intent&#243; quitarle esos antecedentes que, como los padres de esos chicos, eran considerados subversivos. (Diario &#034;P&#225;gina 12&#034;, 10 de diciembre de 1995)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La noche de los l&#225;pices (16/9/76)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La operaci&#243;n conocida como la &#8220;Noche de los l&#225;pices&#8221;, que se desarroll&#243; entre agosto y octubre de 1976, implic&#243; el secuestro y desaparici&#243;n de estudiantes secundarios de la ciudad de La Plata, que hab&#237;an luchado en defensa de un boleto estudiantil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madres de Plaza de Mayo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El grupo Madres de Plaza de Mayo naci&#243; en 1977, integrado precisamente por madres de desaparecidos, cuya lista engrosaron tambi&#233;n algunas de sus fundadoras. Se convirtieron en el m&#225;s activo sector de oposici&#243;n al gobierno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Desindustrializaci&#243;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peque&#241;a y mediana empresa fue sacrificada en el altar de la eficiencia, inici&#225;ndose un proceso de acelerada desindustralizacion, ante la imposibilidad de competir con productos provenientes del exterior. La aplicaci&#243;n de las recetas neoliberales no resolvi&#243;, sino que profundiz&#243; los problemas econ&#243;micos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Especulaci&#243;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A comienzos de 1977, el ministro de Econom&#237;a, Jos&#233; Mart&#237;nez de Hoz, inici&#243; un experimento monetario, denominado &#034;la tablita&#034;. Fue un sistema de devaluaciones preanunciadas que, sumado a la &#034;ley de entidades financieras&#034; de junio de ese a&#241;o (que liber&#243; el mercado de dinero y dio garant&#237;a estatal a los dep&#243;sitos a plazo fijo), dio comienzo a la especulaci&#243;n o &#034;bicicleta financiera&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plata dulce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictadura implement&#243; un plan basado en el liberalismo monetario, que era apoyado por bancos extranjeros y organismos internacionales. El funcionario encargado de cumplir el plan econ&#243;mico de los militares fue Jos&#233; Alfredo Mart&#237;nez de Hoz. Puso fin al Estado intervencionista, a la protecci&#243;n del mercado interno y al subsidio a empresas. Se congelaron los sueldos. Dej&#243; actuar al mercado libremente. Los resultados finales fueron desastrosos. Hubo un gran endeudamiento externo, las industrias quebraron y, al finalizar la dictadura, se desat&#243; la inflaci&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El conflicto del Beagle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las cuestiones lim&#237;trofes entre la Argentina y Chile estuvieron condicionadas por las circunstancias pol&#237;ticas imperantes en cada pa&#237;s. Bajo reg&#237;menes dictatoriales en ambas naciones, las diferencias fronterizas estuvieron a punto de derivar en una guerra abierta. En 1978, luego de que la Argentina rechaz&#243; el fallo arbitral brit&#225;nico, el conflicto por el Beagle alcanz&#243; su punto m&#225;s &#225;lgido. El 8 de enero de 1979, la Argentina y Chile firmaron el Acta de Montevideo, que somet&#237;a el entredicho a la mediaci&#243;n del Papa. Finalmente, la propuesta papal, conocida a trav&#233;s del cardenal Antonio Samor&#233;, se dio a conocer el 12 de diciembre de 1980 y fue aceptada por la Argentina en 1984 despu&#233;s de una consulta popular no vinculante, en la que el &#034;s&#237;&#034; al acuerdo se impuso por un amplio margen de votos. (Historia Visual de la Argentina contempor&#225;nea, Clar&#237;n, La Pol&#237;tica Exterior)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Mundial '78&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El triunfo final de la selecci&#243;n argentina en el Mundial de F&#250;tbol ha supuesto que la Junta Militar que dirige el Gral. Videla haya cubierto con creces los objetivos que se propuso al emprender la organizaci&#243;n del campeonato. Durante 25 d&#237;as, los problemas del pa&#237;s argentino han pasado a un segundo plano y el t&#237;tulo mundial conseguido por su selecci&#243;n los mantendr&#225; oculto por m&#225;s tiempo a&#250;n. (Diario &#034;El Pa&#237;s&#034;, junio de 1978)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1982 : La guerra de las Malvinas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En medio de la crisis pol&#237;tica, econ&#243;mica y social del r&#233;gimen militar, sorpresivamente el 2 de abril de 1982, tropas argentinas recuperaron las islas Malvinas. Tras frustrados intentos diplom&#225;ticos, la fuerza de tareas brit&#225;nica lleg&#243; al Atl&#225;ntico sur y comenzaron las hostilidades. Con hitos como el hundimiento del crucero &#034;General Belgrano&#034; -que produjo 322 muertos- y del destructor brit&#225;nico &#034;Sheffield&#034;, la guerra concluy&#243; el 14 de junio, con la rendici&#243;n argentina. La derrota marc&#243; el derrumbe pol&#237;tico del r&#233;gimen. El regreso de los soldados arroj&#243; luz sobre las sospechas de lo que hab&#237;an padecido, sin los pertrechos y el entrenamiento suficientes para enfrentar a los brit&#225;nicos. Para defender las islas del ataque de ingleses bien entrenados y equipados, la junta militar procedi&#243; a reclutar j&#243;venes argentinos, sin instrucci&#243;n militar, la mayor&#237;a de los cuales proven&#237;a de provincias pobres del interior del pa&#237;s. La derrota catastr&#243;fica de Malvinas y el conocimiento de la muerte de centenares de j&#243;venes argentinos (m&#225;s de 600), deterioraron el frente militar, pero sobre todo, la reputaci&#243;n del ej&#233;rcito, al cual se consider&#243; como mayor responsable del desastre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine : un nouveau crime contre la classe ouvri&#232;re</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753</guid>
		<dc:date>2010-10-25T15:02:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mariano Ferreyra, un jeune militant d 'extr&#234;me gauche du groupe Partido Obrero vient d'&#234;tre assassin&#233; &#224; la suite d'une manifestation qui protestait contre les conditions de travail de salari&#233;s sous-traitants du chemin de fer. Le r&#233;gime est accus&#233; par des manifestations importantes d'avoir couvert l'assassinat par des nervis li&#233;s &#224; la bureaucratie du syndicat CGT p&#233;roniste li&#233; au pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt; Un article paru dans le journal du Parti des travailleurs de l'Argentine : &lt;br class='autobr' /&gt; UN CRIME contre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mariano Ferreyra, un jeune militant d 'extr&#234;me gauche du groupe Partido Obrero vient d'&#234;tre assassin&#233; &#224; la suite d'une manifestation qui protestait contre les conditions de travail de salari&#233;s sous-traitants du chemin de fer. Le r&#233;gime est accus&#233; par des manifestations importantes d'avoir couvert l'assassinat par des nervis li&#233;s &#224; la bureaucratie du syndicat CGT p&#233;roniste li&#233; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/5104278144_5c8e12f386.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;335&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un article paru dans le journal du Parti des travailleurs de l'Argentine :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN &lt;strong&gt;CRIME&lt;/strong&gt; contre la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A midi, le mercredi 20, le gang criminel en embuscade a assassin&#233; suite &#224; une manifestation Mariano Ferreyra, membre du Parti Ouvrier. Une autre camarade, Elsa Rodriguez, et les travailleurs de chemin de fer qui l'accompagnaient sont encore hospitalis&#233;s dans un &#233;tat grave. Le meurtrier (&#224; balles) voulait d&#233;fendre l'inf&#226;me contrat de sous-traitance, reliant les employeurs K, le gouvernement et la bureaucratie syndicale de chemin de fer. Avec l'argent des subventions, les agents de train payent &#224; prix d'or des contrats en dollars pour des &#171; entreprises &#187; qui sont propri&#233;t&#233; de la bureaucratie syndicale. Pedraza est un agent de cette entreprise. &lt;i&gt;&#034;Nous devons trouver les responsables &#187;&lt;/i&gt;, a d&#233;clar&#233; la pr&#233;sidence de l'Argentine, sept heures apr&#232;s la tuerie. Mais des t&#233;moignages et des vid&#233;os prises dans la foule a accus&#233; le patronat du rail, sans l'ombre d'un doute. Ces m&#234;mes vid&#233;os t&#233;moignent que la police s'est charg&#233;e de prot&#233;ger la zone o&#249; les gangs ont effectu&#233; leur embuscade. &lt;i&gt;&#034;Nous devons enqu&#234;ter&lt;/i&gt;&#034;, d&#233;clare le gouvernement et l'Association de la Jeunesse p&#233;roniste, la branche arm&#233;e de la bureaucratie &#034;syndicale&#034; n&#233;e dans les ann&#233;es 70. (...) Mariano a &#233;t&#233; un militant actif d&#232;s l'&#226;ge de quatorze ans, il voulait sa place dans la classe ouvri&#232;re comme tourneur, mais surtout, il a particip&#233; au d&#233;veloppement des organisations de jeunesse, a commenc&#233; &#224; combattre c&#244;te &#224; c&#244;te de l'organisation des travailleurs sur des bases de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve187&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le suite...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; AL PUEBLO&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Argentina ha vuelto a vivir una Semana Tr&#225;gica -otra m&#225;s en la historia de lucha de la clase obrera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mariano Ferreyra, estudiante y trabajador, fue asesinado ; Elsa Rodr&#237;guez, luchadora barrial, lucha por su vida ; otro compa&#241;ero del Partido Obrero y un compa&#241;ero tercerizado, heridos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El crimen cometido ha echado una nueva luz sobre cosas que no necesitaban mayor claridad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La existencia de una burocracia sindical 'protegida' por el aparato del Estado y sus leyes y reglamentos, entrelazada con las patronales y convertidas ella misma en empresaria, que organiza grupos armados para la defensa de sus privilegios y de sus intereses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Una polic&#237;a, cuya estructura sigue inc&#243;lume desde la dictadura militar, que franquea el paso a estas patotas, en una suerte de tercerizaci&#243;n de la represi&#243;n, y que luego recibe el visto bueno del jefe de Gabinete.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;gimen pol&#237;tico por donde circulan invitados los integrantes de estas patotas asesinas, que les permite sacarse fotos con ministros y operadores del gobierno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gobierno, que rechaza un pedido de audiencia para que asuma la responsabilidad pol&#237;tica que le cabe, y que reacciona con cr&#237;ticas atemperadas hacia los criminales, para poder descargar la masa de sus acusaciones contra las v&#237;ctimas y sembrar la confusi&#243;n pol&#237;tica que facilita el encubrimiento y la impunidad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Una llamada oposici&#243;n que, con algunas excepciones, ha sido incapaz de la menor reacci&#243;n pol&#237;tica ; m&#225;s all&#225; de comunicados medrosos, o incluso de complicidad con las tentativas de encubrimiento oficial, hasta se esconde de las luces de la televisi&#243;n en las que tanto se exhibe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;gimen sindical estatizado que funciona como cerrojo para la libre expresi&#243;n y organizaci&#243;n de la clase obrera y como rueda auxiliar de los intereses capitalistas y de los gobiernos - como lo demostr&#243; recientemente el rechazo a la jubilaci&#243;n m&#237;nima del 82%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un extendido r&#233;gimen de superexplotaci&#243;n social -la tercerizaci&#243;n- para el mayor enriquecimiento de los capitalistas y los bur&#243;cratas asociados a ellos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;gimen de concesiones ferroviarias sostenido con subsidios del Estado, en un vasto esquema de corrupci&#243;n que re&#250;ne al Estado y al gobierno con aquellos mismos que han desmantelado los talleres y las v&#237;as ferroviarias, y robado miles de toneladas de material y maquinarias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es necesario poner fin a todo esto de una vez por todas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gigantesca reacci&#243;n popular contra estos cr&#237;menes, hasta en los m&#225;s alejados rincones de nuestro pa&#237;s, es la parte verdaderamente luminosa de esta Semana Tr&#225;gica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las innumerables huelgas de solidaridad en las empresas y otras manifestaciones obreras y populares, son la representaci&#243;n genuina y verdadera de la clase obrera y de la ciudadan&#237;a que luchan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Por todo esto, planteamos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Juicio y castigo a todos los culpables ; investigaci&#243;n de las comisar&#237;as 24 de Capital y 2 de Avellaneda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Investigaci&#243;n de todas las comisar&#237;as denunciadas por torturas y castigos, o que hayan sido part&#237;cipes del 'gatillo f&#225;cil', y de las responsables de la creaci&#243;n de las zonas liberadas para las acciones delictivas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Fuera las burocracias de los sindicatos ; reconocimiento de los sindicatos inscriptos ; derogaci&#243;n de la ley de asociaciones profesionales ; por la transformaci&#243;n de los sindicatos en &#243;rganos de lucha de los trabajadores, independientes del Estado, escuelas del desarrollo material, moral y pol&#237;tico de la clase obrera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Por una CGT sin bur&#243;cratas, democr&#225;tica e independiente del Estado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Fin de las tercerizaciones, convenio &#250;nico por industria en todas las empresas ; fin a la flexibilidad laboral ; reparto de las horas de trabajo para crear mayor empleo para los desocupados y los j&#243;venes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Por una jubilaci&#243;n del 82% del &#250;ltimo salario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Expulsi&#243;n, sin ninguna clase de indemnizaci&#243;n, de las concesionarias y de las tercerizadas truchas del ferrocarril ; por un sistema ferroviario de propiedad y gesti&#243;n estatales bajo el control de representantes electos y revocables de los trabajadores.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> M&#233;todos de lucha y conciencia obrera</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1217</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1217</guid>
		<dc:date>2009-06-18T14:52:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#233;todos de lucha y conciencia obrera &lt;br class='autobr' /&gt;
Las ocupaciones de f&#225;brica en los a&#241;os 70 &lt;br class='autobr' /&gt;
Por Oscar Alba &lt;br class='autobr' /&gt;
El movimiento obrero en nuestro pa&#237;s ha desplegado en distintas etapas de la lucha de clases diversas medidas para enfrentar a la patronal, a la burocracia y, en muchas oportunidades, a los gobiernos. Estas herramientas de lucha son un capital obrero fundamental para los desaf&#237;os que impone la etapa actual. En este sentido las ocupaciones de f&#225;brica a principio de los 70 adquirieron una (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#233;todos de lucha y conciencia obrera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las ocupaciones de f&#225;brica en los a&#241;os 70&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Por Oscar Alba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El movimiento obrero en nuestro pa&#237;s ha desplegado en distintas etapas de la lucha de clases diversas medidas para enfrentar a la patronal, a la burocracia y, en muchas oportunidades, a los gobiernos. Estas herramientas de lucha son un capital obrero fundamental para los desaf&#237;os que impone la etapa actual. En este sentido las ocupaciones de f&#225;brica a principio de los 70 adquirieron una importante extensi&#243;n en la geograf&#237;a de los conflictos obreros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las ocupaciones fabriles adquirieron mayor fuerza en las v&#237;speras de la llegada al gobierno del peronismo en mayo de 1973. &#8220;Mientras en Plaza de Mayo se saludaba la subida del Dr. C&#225;mpora, los trabajadores de EMA permanec&#237;an abroquelados tras las rejas de su f&#225;brica. Desde el jueves a la madrugada hab&#237;an iniciado una huelga y quedaron adentro todos los turnos, m&#225;s de 400 compa&#241;eros&#8221;. (1) Y con H&#233;ctor J. C&#225;mpora ya en la presidencia las ocupaciones continuar&#225;n. Esto motiv&#243; que por todos los medios period&#237;sticos nacionales, el Movimiento Nacional Peronista llamara a levantar las ocupaciones que estaban en curso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los conflictos que conclu&#237;an con las tomas de las plantas estaban motorizados por causas no s&#243;lo reivindicativas sino tambi&#233;n por motivos pol&#237;ticos. Alba, ASTARSA, N&#246;el, Panam de Tucum&#225;n, Llavetex en San Fernando, Matarazzo, Provita y Di Paolo Hermanos, fueron algunos de los conflictos que enfrentaron a los obreros contra loa patronal y la burocracia. Otros, como el de la metal&#250;rgica Ferroductil de Florencio Varela, Gilera y Tandanor, fueron por la estatizaci&#243;n y el control obrero. En la primera se logr&#243; la nacionalizaci&#243;n y en Tandanor los trabajadores exigieron la expulsi&#243;n de los jefes que eran marinos retirados y la investigaci&#243;n por parte de los trabajadores de las maniobras hechas con la empresa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los trabajadores de la Aduana, la Administraci&#243;n y la Capitan&#237;a del Puerto de Buenos Aires ocuparon sus lugares de trabajo reclamando la expulsi&#243;n de los jefes jer&#225;rquicos nombrados por la dictadura militar. El 17 de septiembre, cuando el peronismo profundizaba su curso reaccionario, los obreros de la construcci&#243;n de la empresa Mc Kee Tecsa que trabajaban en Petroqu&#237;mica realizaron 15 minutos de paro en solidaridad con la clase obrera chilena que sufr&#237;a el golpe militar de Pinochet. La patronal quiso descontar estos 15 minutos y estall&#243; el conflicto, siendo ocupada la obra por parte de los trabajadores. Finalmente triunfaron logrando mejores condiciones de trabajo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tres ejemplos : Lozadur, Del Carlo y Grafa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A principios de mayo de 1973, la burocracia que dirig&#237;a la Federaci&#243;n Obrera Ceramista de la Rep&#250;blica Argentina (FOCRA) suspendi&#243; gremialmente a 20 trabajadores que hab&#237;an sido despedidos de la f&#225;brica Lozadur de la localidad de Villa Adelina. Ante esto los obreros deciden tomar la planta. Los activistas actuaron r&#225;pidamente cerrando portones y accesos a la f&#225;brica y llamando a una asamblea. La asamblea general ratific&#243; la medida. La patronal reaccion&#243; reclamando el accionar policial . Pero la polic&#237;a no quiso intervenir y los obreros tomaron como rehenes a los jefes. La comisi&#243;n interna era burocr&#225;tica y los trabajadores le reclamaron que se pusieran al frente del conflicto amenaz&#225;ndolos con encerrarlos junto a los jefes. Como lo hab&#237;an hecho con dos alcahuetes de la patronal. Finalmente el conflicto fue dirigido por una agrupaci&#243;n de activistas independientes de la burocracia. &#8220;A las 13 horas baj&#243; Salar (bur&#243;crata del sindicato). La patronal afloj&#243; : reincorpor&#243; a los despedidos y pag&#243; las horas que estuvimos parados. Salar quiso posar de h&#233;roe, pero la gente le dijo de todo y lo corri&#243; como una cuadra, levantando en andas al compa&#241;ero Ocampo y proponi&#233;ndolo para secretario del sindicato&#8221; (2). Dos meses despu&#233;s los ceramistas de Villa Adelina llevaron adelante su propuesta para una nueva direcci&#243;n del sindicato. En julio los ceramistas de La Fama echaron a la burocracia de la comisi&#243;n interna. Ante esto la agrupaci&#243;n del peronismo combativo llam&#243; a tomar el sindicato y la sede fue ocupada. Los trabajadores fueron desarmando a los bur&#243;cratas que iban llegando y dos mil ceramistas, en una asamblea general, destituyeron a la burocracia de Salar, eligiendo a dos nuevos delegados a la FOCRA y una comisi&#243;n provisoria de cinco trabajadores para organizar el llamado a elecciones en el plazo de dos meses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la f&#225;brica Del Carlo a fines del 73, la burocracia mont&#243; una provocaci&#243;n contra Arturo Apaza que era el referente del activismo de oposici&#243;n y militante del Partido Socialista de los Trabajadores. Esto produce un conflicto en donde echan a 44 compa&#241;eros que deben ser reincorporados. Despu&#233;s de una huelga larga donde los trabajadores tuvieron que enfrentar a la burocracia de la UOM, el Ministerio de Trabajo dicta la conciliaci&#243;n obligatoria. Cuando finaliza la conciliaci&#243;n Apaza vuelve a ser despedido y nuevamente comienza el paro. La patronal entonces, despide a 86 trabajadores. Ante la continuaci&#243;n de las provocaciones el 14 de enero los obreros comienzan la ocupaci&#243;n con rehenes. Se organiza el Comit&#233; de Lucha en el cual se incluye a los despedidos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las f&#225;bricas de la zona hacen llegar su solidaridad : Editorial Abril, Blindex, ASTARSA, EMA, CORNI, y Matarazzo, entre otras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tras cuatro d&#237;as de toma se negocia con la patronal y se logra la reincorporaci&#243;n de todos los despedidos, pago de los 18 d&#237;as ca&#237;dos, el compromiso de no tomar represalias y el encuadramiento de la secci&#243;n moldeado en el convenio metal&#250;rgico. Una asamblea de trabajadores echa a los viejos delegados y elige a los activistas m&#225;s destacados del conflicto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grafa, por su parte, era una f&#225;brica del grupo Bunge &amp; Born que ocupaba a m&#225;s de 4.000 obreros textiles en el barrio de Villa Pueyrred&#243;n. Durante las jornadas de junio-julio del 75, esta f&#225;brica impuls&#243; la Coordinadora fabril de la zona. Y como tal, se moviliz&#243; contra el Plan Rodrigo. En el transcurso de estas movilizaciones las Coordinadoras Fabriles del Gran Buenos Aires y Capital resolvieron hacer una marcha hacia Plaza de Mayo. En esa ocasi&#243;n los trabajadores de Grafa, a la salida del turno ma&#241;ana y la entrada del turno tarde, comienzan a organizar la marcha como lo ven&#237;an haciendo cotidianamente : paraban los colectivos que pasaban por la avenida Albarellos y se encolumnaban. Cuando m&#225;s de una veintena de colectivos hab&#237;an sido ocupados y continuaban sum&#225;ndose compa&#241;eros, la polic&#237;a inicia la represi&#243;n, con gases, palos y perros de la Guardia de Infanter&#237;a. Ante esto los obreros se enfrentan con la polic&#237;a y retornan a la f&#225;brica. All&#237; cierran los portones y la ocupan. Quien suscribe esta nota formaba parte en ese momento del Cuerpo de Delegados. R&#225;pidamente los trabajadores hacen una asamblea y resuelven mantener la planta hasta que la polic&#237;a se retire, ya que la misma hab&#237;a rodeado la planta (que ocupaba cinco manzanas) e intimado a los ocupantes a desalojarla. En medio de la tensi&#243;n el compa&#241;ero Daniel Bampini, dirigente de la comisi&#243;n interna, repudi&#243; la represi&#243;n, y propuso mantener la ocupaci&#243;n y seguir la lucha. La propuesta fue aceptada por aclamaci&#243;n. Gerentes y otros jefes hab&#237;an quedado de rehenes. La polic&#237;a entonces, propuso dejar salir a las mujeres, las cuales plantearon que sal&#237;an todos o no sal&#237;a nadie. Mientras, ya se hab&#237;an colocado tambores de combustible en los portones ante la posibilidad de que la polic&#237;a cargara sobre la f&#225;brica. Finalmente, alrededor de las 21 horas la polic&#237;a accedi&#243; a retirarse y reci&#233;n entonces los obreros decidieron levantar la toma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Algunas conclusiones&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las ocupaciones de f&#225;bricas de los a&#241;os 70 van a ser uno de los puntos m&#225;s altos del ascenso obrero detonado con el Cordobazo en 1969. A mediados de los 60 nuestro pa&#237;s vivi&#243; un plan de ocupaciones de f&#225;bricas que estaba centralizado por el Comit&#233; Confederal de la CGT dirigida contra el gobierno del radical Arturo H. Illia. A diferencia de estas ocupaciones, el proceso de ocupaciones en los 70 surgi&#243; desde el activismo de base de las f&#225;bricas y si bien no fue un plan de ocupaciones centralizado, su extensi&#243;n, su combatividad y la caracter&#237;stica de tomar rehenes de las filas patronales y su car&#225;cter antibur&#243;cratico, en donde las corrientes de izquierda tuvieron peso decisivo, lo definieron como una tendencia de lucha que logr&#243; importantes triunfos obreros. En este sentido las ocupaciones le ponen los pelos de punta a los explotadores no s&#243;lo porque afectan la producci&#243;n en forma contundente, si no porque en la conciencia de los trabajadores deja una chispa de cuestionamiento de qui&#233;n es y qui&#233;n debe ser el due&#241;o de la f&#225;brica. Y esta chispa, aunque por s&#237; sola no encienda la conciencia clasista, es una primera experiencia fundamental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situaci&#243;n actual de los trabajadores obliga a enfrentar cada vez con m&#225;s fuerza y decisi&#243;n la superexplotaci&#243;n patronal y la crisis econ&#243;mica que el gobierno busca echar sobre las espaldas obreras. La agudizaci&#243;n de los m&#233;todos de lucha se pondr&#225; a la orden del d&#237;a y en esta perspectiva debemos trabajar codo a codo, con nuestros compa&#241;eros de trabajo para que cada paso que demos sea tambi&#233;n una v&#237;a hacia una perspectiva clasista y revolucionaria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Avanzada Socialista (peri&#243;dico del PST) n&#186; 61-mayo 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Reportaje a un activista de Lozadur. En AS de mayo del 73.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Am&#233;rique centrale et du sud</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article740</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article740</guid>
		<dc:date>2008-11-06T12:43:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Antilles</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;rou</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>Chili Chile</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
		<dc:subject>Colombie</dc:subject>
		<dc:subject>Salvador</dc:subject>
		<dc:subject>Guadeloupe</dc:subject>
		<dc:subject>Martinique</dc:subject>
		<dc:subject>Belize</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Encore sur l'Am&#233;rique du sud &lt;br class='autobr' /&gt;
Antilles &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe et en Martinique &lt;br class='autobr' /&gt;
Mobilisation sociale en Guadeloupe en 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
Argentine &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; cordobazo &#187; argentin de 1969 &lt;br class='autobr' /&gt; Luttes en Argentine des ann&#233;es 1970-80 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte sociale des ann&#233;es 2000 &lt;br class='autobr' /&gt; Barbade &lt;br class='autobr' /&gt;
Bolivie &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution ouvri&#232;re en Bolivie &lt;br class='autobr' /&gt;
Che Guevara et le gu&#233;rill&#233;risme &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte sociale des ann&#233;es 2000 &lt;br class='autobr' /&gt;
Evo Morales contre les mineurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Belize &lt;br class='autobr' /&gt;
Br&#233;sil &lt;br class='autobr' /&gt;
Luttes au Br&#233;sil des ann&#233;es 1970-80 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte sociale des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique137" rel="directory"&gt;AMERIQUE CENTRALE ET DU SUD&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot118" rel="tag"&gt;Antilles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;P&#233;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot128" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot155" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot188" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot201" rel="tag"&gt;Salvador&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot276" rel="tag"&gt;Guadeloupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Martinique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot301" rel="tag"&gt;Belize&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur l'Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot118&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Antilles &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article888&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe et en Martinique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/ecrire/?exec=breves_voir&amp;id_breve=26&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mobilisation sociale en Guadeloupe en 2009&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Argentine&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article118&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#171; cordobazo &#187; argentin de 1969&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article98&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttes en Argentine des ann&#233;es 1970-80&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volte sociale des ann&#233;es 2000&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Barbade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot154&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bolivie&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution ouvri&#232;re en Bolivie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Che Guevara et le gu&#233;rill&#233;risme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volte sociale des ann&#233;es 2000&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article639&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Evo Morales contre les mineurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belize&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot147&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Br&#233;sil&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article98&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttes au Br&#233;sil des ann&#233;es 1970-80&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volte sociale des ann&#233;es 2000&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article252&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La LIT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article495&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coordination syndicale contre le pouvoir de Lula et ses syndicats&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot144&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chili&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chili 1970-1973&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot188&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Colombie &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article770&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Septembre 2008 : gr&#232;ve des coupeurs de canne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Costa Rica&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot155&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cuba&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cuba et le castrisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot165&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Equateur&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volte sociale des ann&#233;es 2000&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot201&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Salvador&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grenade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot118&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Guadeloupe&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot202&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Guatemala&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Premi&#232;res civilisations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecrasement de la r&#233;volte de 1954&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot237&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Guyana&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guyane&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot119&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?mot119&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur Ha&#239;ti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Esclavage et Jacobins noirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article98&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volte en Ha&#239;ti&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot175&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Honduras&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malouines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot118&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Martinique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mexique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Premi&#232;res civilisations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article237&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution mexicaine 1911-1920&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicaragua&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Panama&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paraguay &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot127&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#233;rou&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Premi&#232;res civilisations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article638&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2008 ; r&#233;volte des Indiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Porto Rico&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saint Christophe et Nevis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sainte Lucie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saint Vincent et les Grenadines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surinam&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trinit&#233; et Tobago&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Uruguay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot174&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;V&#233;n&#233;zuela&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iles Vierges &lt;strong&gt;}&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;indexation des textes concernant ces pays &#224; venir ...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine, Bolivie, Equateur, Br&#233;sil</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article83</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article83</guid>
		<dc:date>2007-08-21T18:56:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Caracas en f&#233;vrier 1989 &lt;br class='autobr' /&gt;
Piqueteros en Argentine en 2000 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte en Argentine le 19 d&#233;cembre 2001 &lt;br class='autobr' /&gt; SITE MATIERE ET REVOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt;
www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire du site - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;br class='autobr' /&gt;
Argentine : crise et r&#233;volte &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise est g&#233;n&#233;rale &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2001, l'Argentine s'est effondr&#233;e &#224; une vitesse impressionnante. Chaque tentative de stabilisation ne semble qu'une nouvelle &#233;tape dans la descente aux enfers. Le pays (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;26- Luttes sociales en Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/caracazo.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;347&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Caracas en f&#233;vrier 1989&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/piqueteros-32ff1.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;198&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Piqueteros en Argentine en 2000&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/argentina_Dec19_2001.jpg' width=&#034;360&#034; height=&#034;243&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte en Argentine le 19 d&#233;cembre 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;SITE MATIERE ET REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.matierevolution.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;Argentine : crise et r&#233;volte&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La crise est g&#233;n&#233;rale&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;En 2001, l'Argentine s'est effondr&#233;e &#224; une vitesse impressionnante. Chaque tentative de stabilisation ne semble qu'une nouvelle &#233;tape dans la descente aux enfers. Le pays est en cessation de paiement de sa dette ext&#233;rieure. Tout le syst&#232;me bancaire est menac&#233; d'un d&#233;p&#244;t de bilan. L'Etat lui aussi risque d'&#234;tre mis en faillite. Les uns apr&#232;s les autres, les pr&#233;sidents tombent et pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays, c'est seulement la r&#233;volte populaire qui les fait chuter et pas un coup d'&#233;tat militaire. Le syst&#232;me politique argentin est compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;. Corruption, usure des partis et crise ont eu raison de la patience de la population. La situation sociale est catastrophique avec une hausse vertigineuse du ch&#244;mage et de la mis&#232;re. Dans ce pays d'exportations agricoles et d'&#233;levage, la faim gagne une importante fraction de la population Les plans d'aust&#233;rit&#233; successifs n'ont fait que l'aggraver. Les entreprises licencient ou ferment. Tous les services publics, privatis&#233;s ou non, subissent des coupes sombres dans leur budget.. Il n'y a plus de sant&#233; publique. Les fonctionnaires et les employ&#233;s communaux sont massivement licenci&#233;s. Les salaires, du public et du priv&#233;, sont baiss&#233;s, pay&#233;s en monnaie de singe (des monnaies locales) ou ne sont pas pay&#233;s du tout. Les retraits sont limit&#233;s dans les banques et la petite bourgeoisie dont le niveau de vie s'effondre craint de ne jamais r&#233;cup&#233;rer son argent. Les retrait&#233;s n'ont plus rien pour vivre.. La population, loin de se laisser faire, est en lutte et est descendue dans la rue &#224; plusieurs reprises malgr&#233; une r&#233;pression violente. Des &#233;meutes de la faim parcourent le pays. Les ch&#244;meurs, qui s'organisent et m&#232;nent des actions offensives, sont devenus une v&#233;ritable force dont le pouvoir est contraint de tenir compte. Marches, coupures de routes, gr&#232;ves, saccages de magasins et supermarch&#233;s, &#233;meutes se succ&#232;dent, avec &#224; chaque fois des morts, des bless&#233;s et des arrestations. &lt;br /&gt;
Lors d'une explosion de col&#232;re, les 19 et 20 d&#233;cembre, la population n'a pas craint d'affronter les forces de l'ordre durant deux jours dans les rues de la capitale Buenos Aires. La petite bourgeoisie a particip&#233; &#224; la r&#233;volte par des rassemblements et de grands concerts de casseroles. La police a fait plus de trente morts, des milliers de bless&#233;s et des milliers d'arrestations sans parvenir &#224; se faire craindre. Le calme n'est revenu que lorsque le ministre de l'&#233;conomie, le d&#233;test&#233; Cavallo, et le pr&#233;sident De la Rua ont d&#233;missionn&#233; et lev&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge. Un autre nuit de r&#233;volte dans la capitale &#224; la fin 2001 a fait chuter son successeur, le pr&#233;sident Saa, qui avait pourtant le soutien du parti p&#233;roniste, des syndicats ouvriers et du patronat argentin et qui avait fait des promesses importantes comme l'embauche d'un million d'Argentins ! Le nouveau pr&#233;sident Duhalde, le cinqui&#232;me en treize jours, a pr&#233;tendu arr&#234;ter la crise sociale en d&#233;clarant ouvert un vaste dialogue et bloquer la crise &#233;conomique en d&#233;valuant le peso. Mais il n'a fait ainsi qu'ouvrir la voie &#224; l'inflation et a maintenu les limitations pour retirer son argent des banques. Les concerts de casseroles se sont donc poursuivis, les manifestations ouvri&#232;res et ch&#244;meuses n'ont pas faibli. Les grandes organisations politiques et syndicales, qui ont eu pendant des d&#233;cennies la mainmise sur les classes populaires, sont discr&#233;dit&#233;es elles aussi. Les gouvernements p&#233;ronistes (du parti dit justicialiste) malgr&#233; une plus grande d&#233;magogie nationaliste ont men&#233; les m&#234;mes politiques au service du capital international. Ils ont eu le soutien des deux principales centrales, les deux CGT p&#233;ronistes. Elles ont sans cesse limit&#233; les r&#233;actions de la classe ouvri&#232;re et sign&#233; des accords pour l'aust&#233;rit&#233; avec les gouvernements et le patronat. C'est donc en dehors de toute organisation politique ou syndicale que des assembl&#233;es populaires se d&#233;veloppent dans les quartiers des villes pour organiser les rassemblements et manifestations et &#233;changer des informations. Le &#171; dialogue &#187; que met en avant Duhalde, p&#233;roniste lui aussi, ne donne pas &#224; manger aux gens, ne donne aucun emploi. La crise a encore rebondi avec la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me de consid&#233;rer comme anticonstitutionnelle le blocage des d&#233;p&#244;ts bancaires. Le pr&#233;sident a d&#233;clar&#233; que les banques allaient s'effondre devant l'afflux de d&#233;tenteurs de compte demandant leur argent et c'est bien possible. Le retrait massif des investissements, &lt;i&gt;en recul de 20% pour 2001&lt;/i&gt;, &#233;trangers comme argentins, se g&#233;n&#233;ralise. Il est possible que le pays soit sur la voie d'une crise de grande ampleur car la bourgeoisie ne voit pas d'issue, ni sur le plan politique, ni sur le plan &#233;conomique, ni sur le plan social &lt;i&gt;&#224; court ou moyen terme&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;A ce jour Duhalde a permis cependant de ressouder la bourgeoisie provisoirement : la d&#233;valuation est accept&#233; par les entres dirigeants du patronat, l'Etat argentin se porte garant des dettes des banques et des entreprises accroissant davantage la dette ext&#233;rieure, et enfin on envisage en haut lieu une r&#233;forme constitutionnelle. Cette derni&#232;re pourrait envisager de r&#233;former le S&#233;nat, la Cour Supr&#234;me, afin de donner des gages &#224; la petite bourgeoisie. De m&#234;me l'int&#233;gration des assembl&#233;es de quartiers, comme interlocuteurs du pouvoir est s&#233;rieusement envisag&#233; pour canaliser cette contestation sociale. Malgr&#233; cela les marges du pouvoir sont &#233;troites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Chronologie d'une catastrophe annonc&#233;e&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Si le soul&#232;vement populaire des 19 et 20 d&#233;cembre a &#233;t&#233; une surprise, la crise n'est pas inattendue et elle n'&#233;clate pas du tout dans un ciel serein. C'est ce que montre le d&#233;veloppement de la situation depuis l'ann&#233;e 2000.&lt;br /&gt;
Quand Menem quitte la pr&#233;sidence en d&#233;cembre 1999, il laisse &#224; son successeur, De la Rua, une situation &#233;conomique au bord du gouffre. Il a financ&#233; la dette du pays en privatisant tous les biens de l'Etat et en vendant toute l'&#233;conomie &#224; des capitalistes &#233;trangers. 90% des banques et 40% de la production appartiennent &#224; des trusts essentiellement espagnols, fran&#231;ais et am&#233;ricains. La prosp&#233;rit&#233; apparente qui en est suivi, avec la formation d'une petite bourgeoisie nombreuse, a &#233;t&#233; illusoire. Elle se fondait sur l'entr&#233;e massive des capitaux &#233;trangers sans provenir d'un d&#233;veloppement des exportations permettant de compenser les sorties de b&#233;n&#233;fices. L'Argentine &#233;tait alors le pays des fortunes faciles pour les possesseurs de capitaux, proposant le plus grand taux de profit de toute l'Am&#233;rique latine. Comme des rapaces, les capitaux internationaux ont rapatri&#233; des profits colossaux, laissant le pays exsangue. Les Argentins fortun&#233;s ont suivi le mouvement, faisant sortir du pays environ 150 milliards de dollars, l'&#233;quivalent de la dette publique. Compagnies des eaux et t&#233;l&#233;com espagnols et fran&#231;ais ont rendu les services en question inaccessibles aux plus pauvres. Par exemple, l'eau a augment&#233; de 400% dans certaines provinces ! Les compagnies a&#233;riennes ont pill&#233; les entreprises avant d'annoncer des restrictions draconiennes. Quant au p&#233;trole, entre les mains de compagnies &#233;trang&#232;res, il sort du pays sans que son exploitation rapporte au d&#233;veloppement &#233;conomique. L'argent du FMI sert seulement &#224; financer le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette ext&#233;rieure qui sont de plus en plus exorbitants. Les pr&#234;teurs estiment en effet de plus en plus haut le risque et augmentent leurs agios : 25,4% &#224; 58,2% de 1994 &#224; 1998. La part du paiement des int&#233;r&#234;ts grandit par rapport aux exportations passant de 25% &#224; 81% de 1994 &#224; 2001. La seule augmentation du co&#251;t des int&#233;r&#234;ts de la dette repr&#233;sente 7 milliards de dollars en quatre ans, &#224; comparer au petit milliard que le FMI a refus&#233;. En 10 mois, c'est 26 milliards de dollars qui vont fuir le pays. Et la part du budget qui est consacr&#233;e au paiement des int&#233;r&#234;ts grandit elle aussi : un cinqui&#232;me du budget en d&#233;cembre 2001. Pas &#233;tonnant qu'il n'y ait plus d'argent pour les &#233;coles ou les h&#244;pitaux ! Tr&#232;s vite, il est clair que De la Rua va poursuivre la politique d'aust&#233;rit&#233; dict&#233;e par le FMI : r&#233;duction des d&#233;penses publiques, r&#233;duction des salaires et des emplois, attaques contre la sant&#233;, l'&#233;ducation et tous les services publiques au nom d'un cr&#233;do, le &#171; d&#233;ficit z&#233;ro &#187; dont l'expression m&#234;me va devenir la b&#234;te noire des argentins. Au point que certaines manifestations auront lieu sur ce seul mot d'ordre : &#171; &#224; bas le d&#233;ficit z&#233;ro &#187; ! Le recul &#233;conomique qui commence en 1998 ne trouve aucun point d'arr&#234;t. En effet, les partisans de l' &#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; ont tu&#233; le march&#233; ! La baisse du niveau de vie que les mesures d'aust&#233;rit&#233; entra&#238;nent, y compris dans la petite bourgeoisie, diminue encore la demande int&#233;rieure alors que la production nationale vise tr&#232;s peu l'exportation. Cela ne peut qu'entra&#238;ner les fermetures d'usines et les licenciements, provoquant une nouvelle diminution de la consommation solvable. C'est l'effet boule de neige de la r&#233;cession. &lt;br /&gt;
En mars et avril 2000, la l&#233;gislation du travail propos&#233;e par le gouvernement de De la Rua est contest&#233;e dans de nombreuses manifestations ouvri&#232;res qui culminent par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 5 mai 2000. Par la suite le syndicat CGT s'est coup&#233; en deux donnant la &#171; CGT rebelle &#187;, une partie de la bureaucratie de la CGT essayant de mettre &#224; son cr&#233;dit l'envie d'en d&#233;coudre des travailleurs du secteur des transports (ainsi que de l'Automobile) en contradiction avec l'alignement de la CGT avec le pouvoir et le patronat.&lt;br /&gt;
Au mois de mai 2000, le mouvement des ch&#244;meurs conna&#238;t &#224; Tartagal et Mosconi (dans la r&#233;gion de Salta, zone de grande pauvret&#233; &#224; la fronti&#232;re de la Bolivie) ses premiers affrontements directs avec le pouvoir. Les fameux &#171; piqueteros &#187; qui vont se d&#233;velopper par la suite sont des groupes de ch&#244;meurs (le piquete) qui d&#233;cident de vivre ensemble dans un campement o&#249; ils partagent tout et &#224; partir duquel ils lancent des actions, notamment les coupures de routes. Ils changent le climat de d&#233;sespoir parmi les sans travail. Il d&#233;borde aussi les cadres syndicaux puisque les organisations de ch&#244;meurs ne sont pas contr&#244;l&#233;es par eux. Il augmente la mobilisation de la classe ouvri&#232;re.&lt;br /&gt;
En juin 2000, suite aux gr&#232;ves des fonctionnaires contre une r&#233;duction de 10% de leurs salaires. Malgr&#233; les limites mises par les directions syndicales, des syndicalistes locaux parviennent &#224; impulser des luttes dans plusieurs secteurs comme le transport, les raffineries de sucre, le secteur du poisson et les c&#233;ramistes.&lt;br /&gt;
Au d&#233;but du mois de novembre 2000, la mobilisation des ch&#244;meurs conna&#238;t une nouvelle mont&#233;e, atteignant Matanza, une v&#233;ritable concentration de la mis&#232;re aux portes de la capitale Buenos Aires, &lt;i&gt;avec deux millions d'habitants&lt;/i&gt;. Des milliers de ch&#244;meurs coupent les routes et sont suivis par d'autres r&#233;gions, dans le sud. Et, &#224; Tartagal o&#249; les ch&#244;meurs s'&#233;taient d&#233;j&#224; mobilis&#233;s, les travailleurs licenci&#233;s d'une entreprise de transports coupent eux aussi les routes. Un travailleur du transport est assassin&#233; par la police. Devant l'&#233;motion g&#233;n&#233;rale, les centrales syndicales organisent une gr&#232;ve nationale de 36 heures les 23 et 24 novembre. La gr&#232;ve n'a pas le train-train syndical habituel. Les gens ne rentrent pas chez eux mais font des piquets, barrent les routes, les ponts, les rues de Buenos Aires. Aux six millions et demi de gr&#233;vistes se sont rajout&#233;s l'activit&#233; de plus de 150 000 piqueteros. Ch&#244;meurs et ouvriers se sont unis pour agir et c'est la premi&#232;re fois que cela se produit &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;br /&gt;
En somme, par trois fois au cours de l'ann&#233;e 2000 (en mars, juin et novembre), la mobilisation des travailleurs et des ch&#244;meurs a grimp&#233;. A chaque fois, les directions syndicales ont frein&#233; au maximum puis ont appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action, enfin ont sign&#233; une nouvelle tr&#234;ve avec le gouvernement, cassant la mont&#233;e ouvri&#232;re. Avec quelques nuances, les trois centrales syndicales se sont pr&#234;t&#233;es &#224; la m&#234;me politique de trahison des int&#233;r&#234;ts ouvriers.&lt;br /&gt;
Le 3 d&#233;cembre 2000, le gouvernement met en place le corralito - ce petit corral signifie le jardin d'enfants - pour encadrer les sorties d'argent des particuliers : limit&#233;s &#224; 1000 pesos par semaine et 10.000 pesos pour la sortie du pays. Cette mesure va entra&#238;ner des difficult&#233;s consid&#233;rables pour les commer&#231;ants et les petits entrepreneurs qui ont d&#233;j&#224; vu leurs revenus diminuer de plus de 20% du fait de la r&#233;cession et qui ne disposent plus de liquidit&#233;s.&lt;br /&gt;
En mars 2001, le projet anti-social du ministre de l'&#233;conomie Lopez Murphy est contr&#233; &#224; la fois par le mouvement des ch&#244;meurs du 20 mars et par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 21 mars. Les plans de Muphy pr&#233;voyaient des coupes sombres dans le budget de l'Etat et des collectivit&#233;s locales. Les fonctionnaires et les enseignants se sont mobilis&#233;s. Le ministre est finalement contraint de d&#233;missionner.&lt;br /&gt;
La classe ouvri&#232;re se heurte dans ses luttes non seulement &#224; un climat d&#233;favorable, en p&#233;riode de licenciements, mais aussi &#224; la trahison des directions syndicales, de m&#232;che avec le pouvoir. Cependant, l&#224; o&#249; des militants syndicalistes organisent les travailleurs et ne se laissent pas faire, des luttes ont lieu et durent malgr&#233; la r&#233;pression patronale et &#233;tatique et elles vont marquer l'ann&#233;e 2001 : les ch&#244;meurs de Salta (dans le Nord-Ouest), les c&#233;ramistes de l'entreprise Zanon (&#224; Neuquen dans l'Ouest), les mineurs de Rio Turbio, les fonctionnaires del'etat et des municipalit&#233;s, les enseignants et les travailleurs de l'a&#233;ronautique. &lt;br /&gt;
En mai 2001, ce sont les travailleurs de l'a&#233;ronautique qui entrent en lutte du fait que les compagnies privatis&#233;es veulent imposer, sous menace de la liquidation, 220 licenciements alors que depuis la privatisation 5000 emplois ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; supprim&#233;s. Leur lutte, avec blocage total des vols par des piquets et des manifestations de milliers de travailleurs, va durer des mois et avoir un grand &#233;cho et recueillir un soutien g&#233;n&#233;ral dans la population car elle d&#233;nonce radicalement les privatisations et la mainmise par le capital international (espagnol en l'occurrence). Les syndicats du secteur s'appuyant sur la popularit&#233; du mouvement, organisent la solidarit&#233; avec notamment des concerts. La lutte de l'a&#233;ronautique sert de porte-drapeau &#224; la d&#233;nonciation des privatisations mais au nom du nationalisme puisque ce sont les patrons espagnols qui sont d&#233;sign&#233;s du doigt sous le slogan &#171; &#224; bas les gallegos ! (les espagnols) &#187;. Les syndicats ne se servent pas de leur lutte pour devenir le centre d'une mobilisation de tous les secteurs concern&#233;s par les m&#234;mes coupes dans les secteurs privatis&#233;s.&lt;br /&gt; Le 17 juin 2001, dans la province de Salta (Nord-est), une coupure de route organis&#233;e par des ch&#244;meurs est violemment r&#233;prim&#233;e, faisant deux morts. La r&#233;volte contre cette r&#233;pression et la mobilisation qui va se d&#233;velopper dans la r&#233;gion nord de Salta donne naissance &#224; l'un des mouvements de ch&#244;meurs les plus actifs. Le 20 juin, les conflits violents se multiplient dans tout le pays. Les manifestants lib&#232;rent de prison leurs dirigeants emprisonn&#233;s. Le 24 juillet 2001 a lieu la premi&#232;re assembl&#233;e populaire de ch&#244;meurs &#224; l'&#233;chelle nationale, &#224; Matanza qui regroupent diverses coordinations de piqueteros. Elle vote un plan national de lutte. Et le 31 juillet 2001, cette coordination de la lutte des ch&#244;meurs a un premier effet : une journ&#233;e de protestation au cours de laquelle des routes sont coup&#233;es un peu partout en m&#234;me temps aux abords des grandes villes dans tout le pays. Juillet et ao&#251;t vont conna&#238;tre un recrudescence d'actions. On est pass&#233; de 500 points de barrages de routes en 2000 &#224; 900 en 2001. Mais l'absence de coordination entre la classe ouvri&#232;re en activit&#233; et les ch&#244;meurs entra&#238;ne que cette radicalisation des couches les plus pauvres n'entra&#238;ne pas un renforcement de la classe ouvri&#232;re.&lt;br /&gt; Pourtant la classe ouvri&#232;re se bat, m&#234;me si c'est d&#233;fensivement. Le 16 juillet, le journal &lt;i&gt;conservateur&lt;/i&gt; &#171; La Nacion &#187; titre : &#171; chiffre record des gr&#232;ves &#187;. Le 21 juillet 2001, c'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale appel&#233;e par les syndicats contre le septi&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233; qui pr&#233;voit des diminutions de 13% des salaires et des retraites. La gr&#232;ve est pr&#233;c&#233;d&#233;e, deux jours avant, par la gr&#232;ve des fonctionnaires. La gr&#232;ve n'est pas pacifique. Elle est suivie d'incendies d'autobus, de wagons de train et de taxis &#224; Buenos Aires et d'&#233;meutes dans des villes de l'int&#233;rieur du pays. &lt;br /&gt; Les luttes d&#233;fensives contre des licenciements se multiplient : 200 licenciements &#224; Volswagen en juin, 250 licenciements &#224; Aceros Zapla (sid&#233;rurgie) en septembre par exemple.&lt;br /&gt; Le 14 octobre 2001, le m&#233;contentement social s'exprime &#233;galement sur le terrain &#233;lectoral par le &#171; voto de la bronca &#187; (le vote de la contestation), &lt;i&gt;qui d&#233;signe le vote blanc (en Argentine le vote est obligeatoire) et la mont&#233;e d'une opposition en dehors du clivage traditionnel entre p&#233;ronistes et radicaux&lt;/i&gt;. On l'a m&#234;me appel&#233; &#171; l'ultimatum des urnes &#187; tant le d&#233;saveu des partis bourgeois a &#233;t&#233; marqu&#233; et l'apparition de groupes d'opposition ou d'extr&#234;me-gauche a fait impression dans un pays o&#249; le populisme raflait toutes les voix des classes laborieuses. Le voto de la bronca a m&#234;me &#233;t&#233; estim&#233; &#224; 30% &#224; Buenos Aires et 40% &#224; Rosario. Dans certaines localit&#233;s de province, c'est carr&#233;ment 50% !&lt;br /&gt; En octobre 2001, commence l'occupation de la mine de charbon de Rio Turbio (province de Santa Cruz au sud du pays) pour r&#233;clamer des salaires impay&#233;s. La lutte va durer des mois. Le premier novembre, les mineurs organisent une premi&#232;re coupure de route. D'octobre &#224; d&#233;cembre, les travailleurs de l'entreprise p&#233;troli&#232;re YPF m&#232;nent une lutte contre les licenciements avec l'appui de la population.&lt;br /&gt; Pendant deux semaines de septembre 2001, la r&#233;gion de Misiones, une province &#233;loign&#233;e du nord, &#224; la fronti&#232;re avec la Bolivie et l'Uruguay, est en lutte : les employ&#233;s de tous les services publics sont totalement en gr&#232;ve : &#233;coles, h&#244;pitaux comme administrations.&lt;br /&gt;
En d&#233;cembre 2001, c'est des USA qu'est venu le coup qui a mis &#224; genou l'Argentine. La banque d'investissement Morgan classe l'Argentine pays &#171; dangereux &#187;, en lui donnant une valeur de l'indice de risque en dessous de celui du Nigeria ! Le FMI d&#233;clare que les projets gouvernementaux ne pr&#233;voient pas suffisamment d'augmentations d'imp&#244;ts, de baisses de salaires et de licenciements de fonctionnaires. Et c'est l'annonce d&#233;but d&#233;cembre, sur un ton volontairement catastrophiste, du refus du pr&#234;t par le FMI d'une somme de 1264 millions de dollars donne le coup final. Pourtant cette somme &#233;tait tr&#232;s inf&#233;rieure &#224; tout ce que le FMI avait donn&#233; &#224; des pays comme le Mexique ou la Russie. En cons&#233;quence, l'Argentine s'est trouv&#233;e en d&#233;faut de paiement de sa dette ext&#233;rieure et les financiers se retirent en catastrophe. Des milliards de dollars sortent du pays en quelques jours. Le discours tenu par le directeur g&#233;n&#233;ral du FMI K&#244;hler en dit long sur la volont&#233; de faire plier l'Argentine : &#171; Il faut &#234;tre clair : le chemin vers la croissance ne passe pas par le populisme. (...) Les cons&#233;quences sociales devront &#234;tre particuli&#232;rement prise en compte. Mais il faut &#234;tre honn&#234;te : les Argentins ne s'en sortiront pas sans douleur. Si nous avions continu&#233; &#224; donner de l'argent nous aurions seulement retard&#233; le moment o&#249; les Argentins auraient regard&#233; la r&#233;alit&#233; en face.(...) Au bout du compte, pourquoi cette crise ne serait-elle pas le point de d&#233;part d'une coop&#233;ration &#233;conomique et mon&#233;taire plus &#233;troite entre les pays de la r&#233;gion ? &#187; (interview au &#171; Monde &#187; du 23 janvier).&lt;br /&gt; Le 13 d&#233;cembre 2001 la journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la septi&#232;me en deux ans du gouvernement De la Rua, est massivement suivie et des milliers d'ouvriers convergent sur Buenos Aires ainsi que dans les grandes villes du pays. D&#233;j&#224; la veille de la gr&#232;ve, le pays est parcouru de manifestations de toutes sortes. Le blocage complet des transports en commun a donn&#233; un caract&#232;re particuli&#232;rement fort &#224; la gr&#232;ve. Cette fois, les employ&#233;s de banque se sont joint au mouvement. Dans de nombreuses villes, les fonctionnaires en gr&#232;ve ont fait cort&#232;ge commun avec les ch&#244;meurs. Les commer&#231;ants se rallient &#224; la gr&#232;ve ouvri&#232;re. Les ch&#244;meurs s'y rallient en coupant des routes. Les &#233;tudiants font de m&#234;me. C'est le concert pour d&#233;noncer les classes dirigeantes. Chacun son instrument : les commer&#231;ants avec des casseroles, les fonctionnaires avec des &#171; bombos &#187;, les camionneurs avec des &#171; bocinazos &#187;. La journ&#233;e a &#233;t&#233; accompagn&#233;e de r&#233;voltes et d'&#233;meutes dans l'int&#233;rieur du pays : &#224; Neuquen, Cordoba, Rosario et Pergamino. A Neuquen, 5000 manifestants se sont heurt&#233; aux forces de l'ordre. Le lendemain, des mouvements continuaient comme celui des enseignants et des employ&#233;s de banque de La Plata, celui du personnel technique des entreprises a&#233;ronautiques se battant contre une r&#233;duction de salaires de 13 &#224; 25%.&lt;br /&gt; Le 14 d&#233;cembre commen&#231;ait &#224; Rosario et Mendoza le mouvement d'attaques des supermarch&#233;s, une &#233;meute de la faim qui allait se d&#233;velopper dans tout le pays, et atteindre la capitale le 19 d&#233;cembre. Des jeunes affam&#233;s, des m&#232;res de famille portant des enfants dans les bras, des ch&#244;meurs se groupent, organisent des colonnes pour attaquer les grandes surfaces. Le 16 c'est la gr&#232;ve des chemins de fer contre un concessionnaire priv&#233; qui veut licencier 30% du personnel et r&#233;duire les salaires. L'ensemble des cheminots a d&#233;cid&#233; de faire gr&#232;ve ne solidarit&#233; en apprenant que le patron voulait seulement payer 70% de la paie de novembre.. C'est aussi la gr&#232;ve illimit&#233;e de dix mille camionneurs du nord du pays Le 18 d&#233;cembre, des groupes de ch&#244;meurs attaquent des magasins dans de nombreuses villes (Rosario, Entre Rios, Mendoza, Santa Fe) et les saccages de supermarch&#233;s s'approchent de la capitale.&lt;br /&gt;
La r&#233;volte des 19 et 20 d&#233;cembre est le point le plus haut d'une r&#233;volte sociale de la classe ouvri&#232;re d&#233;but&#233;e plusieurs mois avant. Elle est l'aboutissement de quatre ans de r&#233;cession et de sacrifices pour les couches populaires (r&#233;ductions de salaires, licenciements, r&#233;duction des droits sociaux, baisse des services publics, remise en cause des droits sociaux et du droit du travail, etc...). C'est le soir du 19 d&#233;cembre que cette mont&#233;e ouvri&#232;re a &#233;t&#233; rejointe par la petite bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les journ&#233;es insurrectionnelles du 19 et 20 d&#233;cembre 2001&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;	La r&#233;volte n'a &#233;t&#233; pr&#233;vue ni organis&#233;e par personne m&#234;me si bien des militants de groupes de ch&#244;meurs, des syndicalistes de base ou de militants d'extr&#234;me-gauche y ont particip&#233;. C'est une explosion spontan&#233;e de col&#232;re populaire. &lt;br /&gt;
Ce n'est pas seulement les concerts de casseroles, manifestant bruyamment le d&#233;saveu des quartiers petits bourgeois de Buenos Aires, qui ont eu raison du pr&#233;sident. Ce sont les affrontements men&#233;s par des travailleurs, des ch&#244;meurs, des jeunes, des m&#232;res de familles. Plusieurs colonnes d'assaillants ont men&#233; une guerre civile pendant ces deux jours. &lt;br /&gt;
La goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase n'est pas seulement le refus du gouvernement d'autoriser les d&#233;tenteurs de compte en banque d'en tirer leur &#233;pargne (mesure appel&#233;e le corralito ou jardin d'enfants pr&#233;voyant qu'on ne peut faire sortir plus de 2,5 dollars par mois). C'est d'abord le fait que l'on tue des affam&#233;s y compris des m&#232;res de famille et des enfants qui cherchent dans les supermarch&#233;s simplement de quoi ne pas mourir de faim.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Le 19 d&#233;cembre&lt;br /&gt;
En effet tout a commenc&#233; le 19 d&#233;cembre par une &#233;meute de la faim se g&#233;n&#233;ralisant &#224; tout le pays. Dans de nombreuses villes, des groupes de plus en plus nombreux ont attaqu&#233; les supermarch&#233;s afin d'y trouver de la nourriture et ont brav&#233; les forces de l'ordre qui voulaient les en emp&#234;cher. Et, pour la premi&#232;re fois ces attaques de supermarch&#233;s gagnaient la capitale. A Buenos Aires, des manifestants s'en sont pris au pr&#233;sident De la Rua, lui ont lanc&#233; des oeufs et tir&#233; sur sa voiture &#224; coups de pierres. En m&#234;me temps &#224; Cordoba, une ville de l'industrie automobile au nord ouest de Buenos Aires des travailleurs protestant contre les r&#233;ductions de salaires et autres mesures d'aust&#233;rit&#233; ont occup&#233; le si&#232;ge du gouvernement provincial et y ont mis le feu alors que la police tirait aux gaz lacrymog&#232;nes et aux balles plastiques.. A La Plata, ce sont deux mille employ&#233;s du public qui ont organis&#233; une marche le 19 et se sont affront&#233;s avec les forces de l'ordre en voulant forcer les portes du palais l&#233;gislatif. A Rosario, il y a eu des attaques de magasins et de supermarch&#233;s pendant la journ&#233;e du 19. La r&#233;volte de la faim a &#233;t&#233; attaqu&#233;e aux gaz lacrymog&#232;nes et coups de fusils.&lt;br /&gt;
Mais ce qui a fait sortir les gens de leurs gonds c'est l'intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e du pr&#233;sident. De la Rua. Il affirme que les manifestations sont organis&#233;es par &#171; des ennemis de la r&#233;publique &#187;. Il suspend les garanties constitutionnelles pour r&#233;pondre &#224; la multiplication des attaques de supermarch&#233;s et instaure l'&#233;tat de si&#232;ge pour trente jours afin de faire intervenir l'arm&#233;e. Symboliquement il &#233;tait entr&#233; dans le palais pr&#233;sidentiel entour&#233; des principaux chefs militaires. De la Rua a ainsi rappel&#233; aux Argentins les pires moments de la dictature militaire qu'a connu le pays de 1976 &#224; 1983 et qu'ils croyaient ne plus jamais revoir. A peine termin&#233; le discours du pr&#233;sident que les habitants de Buenos Aires ils sont des dizaines de milliers &#224; descendre d'abord sur le pas de la porte puis &#224; se regrouper, &#224; lancer le concert de casseroles, &#224; manifester. Dans la nuit du 19 au 20 d&#233;cembre, ils sont plus de 50 000 &#224; crier leur haine du pouvoir et &#224; d&#233;fier l'&#233;tat de si&#232;ge. Un immense cort&#232;ge s'est constitu&#233; vers le centre ville m&#234;lant jeunes, m&#232;res de famille, travailleurs, ch&#244;meurs, retrait&#233;s, petits bourgeois. Spontan&#233;ment le rassemblement de toute la population s'est r&#233;alis&#233; pour conspuer le ministre Cavallo. Les gens crient : &#171; Imb&#233;cile ! L'&#233;tat de si&#232;ge, tu peux te le mettre au cul ! &#187;&lt;br /&gt;
Certains des manifestants sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre avec les forces de l'ordre qui tirent &#224; balles et vont faire plus de trente morts. Sans mot d'ordre ni convocation, des centaines de milliers de personnes s'amoncellent sur la Place de Mai et les forces de l'ordre &#233;taient incapables de les en faire partir. Toutes les autorit&#233;s politiques, patronales, syndicales et sociales se r&#233;unissaient pour une r&#233;union de crise de quatre heures. A la sortie, le pr&#233;sident est pris &#224; partie par des manifestants, injuri&#233;, re&#231;oit des oeufs et sa voiture subit des jets de pierre. Le 19, le plus d&#233;test&#233; des ministres de l'&#233;conomie Cavallo, qui a quatre mille personnes manifestant en permanence devant sa maison, donne sa d&#233;mission (c'est le troisi&#232;me ministre de l'&#233;conomie &#224; donner sa d&#233;mission en un an).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 d&#233;cembre&lt;br /&gt; A une heure du matin, une r&#233;pression violente commence. La police a cheval organise des charges, la police a envoie des gaz lacrymog&#232;nes, tire sur les manifestants, fait refluer les manifestants &#224; l'aide de v&#233;hicules lance-eau pour obtenir un reflux des manifestants sur une partie de la Place de Mai. Toute la journ&#233;e du 20 d&#233;cembre la capitale va &#234;tre le si&#232;ge d'une v&#233;ritable intifada, pierres contre balles, et certains essaient m&#234;me de prendre d'assaut le palais pr&#233;sidentiel ! Le peuple se bat pour tenir la place centrale de Buenos Aires, si bien que cette journ&#233;e s'appelle dans les journaux &#171; la bataille de la Place de Mai &#187; ! Le journal argentin Pagina/12 du 20 d&#233;cembre d&#233;crit ainsi la situation : &#171; La bataille de la Place de Mai. C'&#233;taient des jeunes, des m&#232;res avec des enfants, des familles, des gens vivant de d&#233;brouillardise. La police mont&#233;e les chargeait avec une violence inhabituelle mais ensuite ils revenaient. La r&#233;pression utilisait non seulement les gaz mais aussi les balles de 9 millim&#232;tres. C'est la r&#233;volte : la cit&#233; est incendi&#233;e par ceux qui ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de la place. Ils sont expuls&#233;s de tout. Les uns de leur travail, les autres de leur maison, de la table de repas, de l'&#233;ducation, d'une vie digne. Mais ils se sont r&#233;volt&#233;s. Ils l'ont fait sans chefs pour le plaisir de tenir la rue et de se battre. &#187; Puis les affrontements se g&#233;n&#233;ralis&#232;rent &#224; tout le centre ville. Et le nombre de morts et de bless&#233;s continuait d'augmenter. Le journal bourgeois La Nacion titrait &#171; cinq morts dans une v&#233;ritable guerre &#187;. Finalement c'est le pr&#233;sident De la Rua qui a d&#251; non seulement d&#233;missionner mais s'enfuir en h&#233;licopt&#232;re d'un palais pr&#233;sidentiel assi&#233;g&#233; par les manifestants. Le lendemain, les deux syndicats CGT, soutiens traditionnels du pouvoir, levaient la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e qu'ils avaient d'abord annonc&#233;, pr&#233;textant que &#171; l'objectif est r&#233;alis&#233; &#187; : De la Rua (qu'ils soutenaient) et Cavallo ont d&#233;missionn&#233; et que l'&#233;tat de si&#232;ge est lev&#233; ! C'est leur totale absence durant les deux journ&#233;es de r&#233;volte qui avaient surtout &#233;t&#233; remarqu&#233;e. &lt;br /&gt; Dans le m&#234;me temps des affrontements se d&#233;roulent &#233;galement &#224; l'int&#233;rieur du pays, &#224; Cordoba, Rosario et Entre Rios, et l&#224; aussi des morts et des bless&#233;s. Les manifestants sont 3500 &#224; Rosario. A Cordoba, les domiciles des politiciens et des hauts fonctionnaires ainsi que des banques sont attaqu&#233;s. Partout les gens sont descendus par centaines, par milliers jet&#233;s litt&#233;ralement dans la rue &#224; l'annonce de l'&#233;tat de si&#232;ge de sinistre m&#233;moire. L&#224; aussi les forces de l'ordre ont montr&#233; une violence intense : balles et gaz lacrymog&#232;nes contre les pierres des manifestants : contre les employ&#233;s municipaux de Cordoba d&#233;fendant leurs salaires et leurs emplois, contre des jeunes et des m&#232;res de famille &#224; Rosario qui cherchaient de la nourriture. A La Plata, les forces de police attaquaient un rassemblement de fonctionnaires. A Jujuy, (nord), les fonctionnaires qui manifestaient ont d&#233;truit trois banques A Cordoba, trois syndicats appelaient &#224; la gr&#232;ve mais dans le reste du pays les syndicats CGT n'y appelaient pas. En fait, le 20 d&#233;cembre &#224; 20H la CGT &#171; rebelle &#187; appelait &#224; la gr&#232;ve et &#224; 22H elle n'y appelait plus ! Ce n'est que normal puisque dans la r&#233;alit&#233; ces syndicats appuyaient le gouvernement et n'ont cess&#233; de le faire que lorsqu'il est tomb&#233;.&lt;br /&gt; Une des caract&#233;ristiques de ces journ&#233;es, c'est l'absence totale des organisations classiques, politiques, associatives ou syndicales mis &#224; part les m&#232;res de la place de mai et l'extr&#234;me-gauche. Les syndicats &#233;taient du c&#244;t&#233; du pouvoir et n'ont pas montr&#233; leur nez et m&#234;me les principales organisations de ch&#244;meurs &#233;taient absentes. Cela montre que les leaders de plusieurs organisations de piqueteros font elles aussi des calculs du m&#234;me type que ceux des dirigeants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mobilisation continue&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Le 28 d&#233;cembre c'est &#224; nouveau la rue, les &#233;meutes &#224; Buenos Aires qui font chuter le nouveau pr&#233;sident Saa. Les manifestants se sont retrouv&#233; &#224; nouveau sur la Place de Mai et devant le Palais du Congr&#232;s. Une partie d'entre eux fait le traditionnel concert de casseroles. Une partie vient pour en d&#233;coudre avec les forces de l'ordre. Elle attaque le Palais pr&#233;sidentiel dont elle cherche &#224; br&#251;ler une porte. Elle provoque un incendie du Congr&#232;s. Malgr&#233; l'annonce de la d&#233;mission du pr&#233;sident, les &#233;meutes se poursuivirent toute la nuit.&lt;br /&gt;
Le nouveau pr&#233;sident nomm&#233; le 2 janvier, Duhalde (celui que les manifestants appellent &#171; on n'a pas vot&#233; pour lui &#187;, d&#233;clare : &#171; l'Argentine n'a plus un peso &#187;. C'est dire que la politique d'aust&#233;rit&#233; continue. Il annonce la fin de la parit&#233; p&#233;so/dollar, la d&#233;valuation (de 28,5% au d&#233;but et qui passera tr&#232;s vite &#224; 40%). Duhalde r&#233;ussit a r&#233;ussi en un mois &#224; d&#233;montrer qu'il va continuer &#224; faire payer les frais de la crise aux plus d&#233;munis, &#224; poursuivre la politique de licenciements massifs et de fermetures d'usines et, reniant ses engagements, &#224; continuer de demander des sacrifices aux petits bourgeois pour sauver les profits des banques et de la bourgeoisie, argentine comme &#233;trang&#232;re. Loin de faire payer les banques &#233;trang&#232;res ou les entreprises p&#233;troli&#232;res comme il le pr&#233;tendait, il va faire payer la population. Pour le moment sa politique est le dialogue. Pour cela il utilise l'&#233;glise comme organisatrice de tables de discussion, il &#233;coute les organisations de ch&#244;meurs et les autres organisations syndicales. Mais la marge de manoeuvre est &#233;troite et il est difficile de cr&#233;er l'illusion d'un changement.&lt;br /&gt;
D'autant que la mobilisation continue. Elle est plus marqu&#233;e par les luttes ouvri&#232;res dans l'int&#233;rieur du pays et plus par la petite bourgeoisie dans la capitale. A partir de d&#233;but janvier, des assembl&#233;es populaires se sont cr&#233;es dans tous les quartiers de la capitale et elles sont &#233;galement apparues &#224; la mi-janvier dans de nombreuses villes de province. Y participent des travailleurs, des &#233;tudiants, des habitants. Des manifestations ont &#233;galement lieu quotidiennement devant la cour supr&#234;me pour demander la d&#233;mission de tous les juges. Et dans les villes de province, elles sont aussi r&#233;guli&#232;res pour r&#233;clamer des emplois. Le 18 janvier, c'est l'affrontement avec les forces de l'ordre &#224; Rio Cuarto, au sud de la province de Cordoba apr&#232;s un concert de casseroles ; Et le m&#234;me jour, 300 employ&#233;s de Santiago del Estero qui r&#233;clament trois mois de salaire impay&#233;s sont r&#233;prim&#233;s &#224; balles plastiques et aux gaz organis&#233; Le 24 janvier, dans la station baln&#233;aire de Mar del Plata, 2500 ch&#244;meurs et retrait&#233;s d&#233;filent r&#233;clamant des aides des pouvoirs publics. Dans la province de San Juan (Ouest) des fonctionnaires occupent les b&#226;timents publics et barrent les rues pour r&#233;clamer leurs salaires impay&#233;s.&lt;br /&gt;
Buenos Aires comme les villes de province ont organis&#233; le vendredi 25 janvier une manifestation massive et un gigantesque concert national de casseroles contre le blocage des comptes en banque, &#224; l'initiative des assembl&#233;es populaires de quartier. &lt;br /&gt;
La petite bourgeoisie est loin d'&#234;tre la seule &#224; se mobiliser. Les ch&#244;meurs de la Matanza, un &#233;norme quartier de ch&#244;meurs et de travailleurs &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Buenos Aires organis&#233; derri&#232;re Courant Combatif de Classe, le CCC, et F&#233;d&#233;ration Terre et Logement de d'Elia ont occup&#233; le 14 janvier le march&#233; central de la capitale. Le 28 janvier, c'est eux qui ont pris la t&#234;te d'une manifestation massive des ch&#244;meurs &#224; Buenos Aires. Pour la premi&#232;re fois, la capitale a accueilli favorablement les ch&#244;meurs et a m&#234;me manifest&#233; avec eux sous le slogan &#171; piquets et casseroles, tous ensemble ! &#187; Les piquets ce sont les ch&#244;meurs appel&#233;s piqueteros depuis qu'ils coupent les routes et les casseroles c'est la mobilisation des quartiers de la capitale contre le corralito, le jardin d'enfants, qui signifie le blocage des comptes en banque. &lt;br /&gt;
Les attaques de banques et les coupures de routes qui se poursuivent dans le pays. Les villes de l'int&#233;rieur du pays connaissent quotidiennement des manifestations pour r&#233;clamer du travail. Malgr&#233; les licenciements ou contre eux, les gr&#232;ves se poursuivent et la r&#233;pression aussi. Ainsi les travailleurs de l'h&#244;pital de Rio Grande en lutte le 28 d&#233;cembre, se sont fait tirer dessus &#224; balles en caoutchouc par la police et ont re&#231;u des gaz lacrymog&#232;nes et leur dirigeant syndical a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Le 11 janvier, il y avait en m&#234;me temps la manifestation des professions de sant&#233; &#224; Buenos Aires, celle des fonctionnaires &#224; San Juan, celle des jeunes ch&#244;meurs &#224; Neuquen, Des milliers d'employ&#233;s municipaux demandant leurs arri&#233;r&#233;s de salaires &#224; Formosa (Nord-est), Santiago del Estero (Nord), San Juan (Est), et une situation explosive dans la province de Jujuy, r&#233;gion particuli&#232;rement pauvre &#224; la fronti&#232;re de la Bolivie. Certaines luttent durent depuis longtemps. Ainsi les chauffeurs de bus de Mar del Plata depuis septembre 2001 revendiquent le paiement de leurs salaires. Les travailleurs de l'usine c&#233;ramique Zanon &#224; Neuquen continuent leur lutte contre les licenciements. A Neuqu&#232;n, les travailleurs ont organis&#233; une manifestation contre le lock-out de leur patron cette semaine, et qui a r&#233;ussi &#224; souder la population de la ville par del&#224; les rangs des travailleurs de l'usine et de leurs familles. La r&#233;pression s'est abattu sur les repr&#233;sentants syndicaux le soir venu : arrestations pour appel &#224; l'insurrection. Certains occupent leurs usines comme dans plusieurs sites industriels de Cordoba. Mais il y a encore plus d'usines dont les patrons mettent la clef sous la porte comme Camions Iveco de Fiat &#224; Cordoba ou mettent en ch&#244;mage technique comme Renault de Cordoba. &lt;br /&gt;
Dans quelques centres m&#233;tallurgiques (SIDERAR), de construction navale (Rio Santiago), automobile (Grand Buenos Aires), de production d'&#233;lectricit&#233; (Cordoba) ont a vu, d&#232;s le 20 d&#233;cembre, se mettre en place des assembl&#233;es. Ils s'agissait, &#224; ce que rapportent les militants r&#233;volutionnaires de diff&#233;rentes organisations, plus de discussions que de lieu d'action ou de coordination. Dans quelques endroits, &#224; l'initiative de militants r&#233;volutionnaires, se sont mis en place de comit&#233;s intersyndicaux. A Buenos Aires, on a vu se mettre en place des r&#233;unions de quartiers, des assembl&#233;es. De l'ordre de quelques dizaines, certaines ont r&#233;uni jusqu'&#224; 400 personnes. C'est essentiellement autour des probl&#232;mes de la r&#233;pression que ces comit&#233;s voient le jour, mais &#233;videment c'est essentiellement autour de questions politiques ou plus pratiques comme l'approvisionnement que se centrent les discussions. La m&#233;fiance &#224; l'encontre des organisations politiques, est &#233;norme : seuls quelques anciens militants d'extr&#234;me gauche connus (tels Zamora) arrivent &#224; avoir un certain cr&#233;dit. La jeunesse ouvri&#232;re et pauvre, quant &#224; elle, se tient en dehors de ces lieux de d&#233;bat et pr&#233;f&#232;re les discussions ouvertes sur les places et les squares de Buenos Aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les organisations politiques et syndicales&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Des dirigeants syndicalistes surnomm&#233;s &#171; les gordos &#187;, les gros ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; CGT officielle de Daer&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; CGT &#171; rebelle &#187; de Moyano, cr&#233;&#233;e dans le secteur du transport et de l'automobile suite &#224; la gr&#232;ve du 5 mai 2000&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; CTA de Gennavo : uniquement fonctionnaires et enseignants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les ch&#244;meurs, les coordinations de piqueteros - Courant Combattant de Classe de Alderete - F&#233;d&#233;ration Terre et Logement de d'Elia, MTD, MTR (Mouvement Th&#233;r&#232;de Rodriguez de Florencio Varela)&lt;br /&gt;
L'apparition d'une gauche r&#233;formiste (le &#171; Front national contre la pauvret&#233; &#187;, FRENAPO qui a obtenu trois millions de participants pour sa consultation populaire en faveur d'une allocation emploi-formation par chef de famille, le &#171; P&#244;le social &#187; du pr&#234;tre tiers-mondiste Farinello, CTA, Gauche Unie, etc...) Ils ont organis&#233; la consultation populaire&lt;br /&gt;
Des groupes d'extr&#234;me-gauche (Parti Ouvrier, PTS, MAS, PCR, MST dans la Gauche Unie, &lt;br /&gt;
Ils ont ici ou l&#224; de l'influence dans des mobilisations ouvri&#232;res : intersyndicale de La Plata, avec notamment les Construction navales d'Astillero Santiago, enseignants de Suteba, ch&#244;meurs du MTD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles perspectives et quelles menaces ?&lt;br /&gt; Quelques chiffres indiquent la gravit&#233; de la situation &#233;conomique et sociale et montrent qu'il ne suffira pas d'un plan quelconque pour y rem&#233;dier.&lt;br /&gt;
Le ch&#244;mage est pass&#233; de 14,7% en octobre 2000 &#224; 16,4% en juillet 2001, 18% en d&#233;cembre 2001 et 20% actuellement. (&#224; comparer aux 3% de 1980), 14 millions sur 37 millions en dessous du seuil de pauvret&#233; (un million en 1980), 45 % de la population urbaine indigente. Les villes ont le plus haut taux de suppressions d'emplois. Dans la seule ann&#233;e derni&#232;re, le nombre de pauvres de la p&#233;riph&#233;rie de Buenos Aires a augment&#233; de 650 000 ! Grand Buenos Aires, grand Rosario, grand Cordoba, c'est des arm&#233;es de travailleurs au ch&#244;mage concentr&#233;es &#224; la p&#233;riph&#233;rie des villes, dans des p&#244;les de la mis&#232;re mais aussi de la r&#233;volte ! &lt;br /&gt;
Et &#231;a continue. Chaque jour, 2000 personnes tombent en dessous du seuil de pauvret&#233;. Ca s'aggrave m&#234;me : en un an, il y a eu 500.000 ch&#244;meurs de plus sur un total de deux millions et demi ! Et c'est sans compter les 1,4 millions en sous-emploi, en emploi non d&#233;clar&#233;.&lt;br /&gt;
L'un des ph&#233;nom&#232;nes qui a particuli&#232;rement &#233;t&#233; remarqu&#233; c'est que la petite bourgeoisie d'Argentine, une des seules d'Am&#233;rique latine qui &#233;tait autrefois prosp&#232;re et soutenait le pouvoir &#224; l'&#233;poque o&#249; le revenu par habitant y &#233;tait de 7500 dollars, est sortie de ses gonds et descendue dans la rue. Et c'est effectivement le signe du degr&#233; de gravit&#233; de la crise sociale puisque les couches sociales qui soutenaient le r&#233;gime ont cess&#233; de la faire. &lt;br /&gt; Cependant il faut remarquer que c'est seulement sur la petite bourgeoisie que les informations ont centr&#233; leur commentaire alors que la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; active dans ces &#233;v&#233;nements. Les petits bourgeois n'ont rejoint la r&#233;volte que le 19 au soir. D'ailleurs, il y a plusieurs b&#233;mols &#224; mettre &#224; ce qui est dit sur ces &#171; classes moyennes &#187;. Et d'abord il ne faut pas y voir la petite bourgeoisie de nos pays riches. Il faut noter qu'une bonne moiti&#233; d'entre elles sont simplement des salari&#233;s, des fonctionnaires ou des employ&#233;s de bureau qui n'ont rien de petits propri&#233;taires. Une partie des professions dites &#171; ind&#233;pendantes &#187; sont simplement des gens qui se d&#233;brouillent en se donnant eux-m&#234;mes un travail mais ne sont pas fortun&#233;s pour autant. Il y a de grandes diff&#233;rences entre tous les d&#233;tenteurs de compte en banque qui sont tous aussi r&#233;volt&#233;s par le blocage de leurs avoirs. Il y a aussi bien des retrait&#233;s, des travailleurs, des petits commer&#231;ants que des bourgeois petits et moyens. Seuls les grands bourgeois n'ont pas eu de mal &#224; faire sortir leur argent du pays en faillite.&lt;br /&gt; Un autre des commentaires que l'on a pu entendre a &#233;t&#233; que la mis&#232;re des gens leur &#233;tait &#233;gale : ils ne sortaient que parce que l'on touchait &#224; leur compte en banque. C'est d'ailleurs ce qu'a d&#233;clar&#233; Duhalde : &#171; la classe moyenne &#233;go&#239;ste proteste aujourd'hui parce qu'on lui a mis le corralito &#187;. Comme si c'&#233;tait pour payer les salaires et les retraites que les banques retenaient de gros comptes en banque ! Au contraire ce sont ces derniers que l'on prot&#232;ge et d'abord les profits des banquiers. Quant aux titulaires de comptes, nombre d'entre eux sont des retrait&#233;s qui risquent d'y perdre tout revenu. D'autres sont des petits commer&#231;ants qui ne peuvent m&#234;me pas travailler sans liquidit&#233;s. Et surtout c'est sous-estimer la r&#233;volte de ces couches sociales dites moyennes qui sont r&#233;volt&#233;es par la mis&#232;re autant que par l'argent facile des sommets de la soci&#233;t&#233;. D'autre part, c'est oublier que l'une des motivations les plus importantes de ces fameux &#171; petits bourgeois &#187; a &#233;t&#233; leur r&#233;volte contre l'&#233;tat de si&#232;ge. &lt;br /&gt; Ceci &#233;tant dit, la perte du soutien des petits bourgeois &#224; tout ce que la soci&#233;t&#233; compte de nantis ne veut pas dire que ceux-ci vont tout naturellement choisir le camp de la classe ouvri&#232;re. Pour le moment, ils sont seulement plus solidaires des ch&#244;meurs et des plus pauvres. Ils peuvent cependant marcher dans toutes les op&#233;rations &#171; de gauche &#187; qui consistent soi-disant &#224; dialoguer pour donner un petit peu aux plus pauvres. Et m&#234;me leur r&#233;volte peut demain se retourner contre la classe ouvri&#232;re si celle-ci ne se met pas &#224; la t&#234;te de la r&#233;volte contre le syst&#232;me. Le jeu des syndicats ouvriers est, dans cette affaire, toujours aussi nuisible puisqu'il laisse croire que les travailleurs participent du syst&#232;me par le biais de leurs chefs syndicaux.&lt;br /&gt;
M&#234;me sans perspective, sans solution &#233;conomique ou sociale acceptable pour les couches populaires, la bourgeoisie argentine va s'accrocher &#224; tout prix au pouvoir, c'est-&#224;-dire au prix du sang des travailleurs et de toute la population. Ce n'est pas parce que la tentative de d&#233;clarer l'&#233;tat de si&#232;ge de De la Rua a &#233;chou&#233; que le retour aux pratiques de la dictature militaire n'est plus une menace. Bien s&#251;r, la r&#233;action de la rue a montr&#233; toute l'impopularit&#233; de la suspension des droits l&#233;gaux et d'un retour des militaires dans les rues et au pouvoir. L'exp&#233;rience est encore trop proche et trop cuisante. Mais cela ne veut pas dire que la bourgeoisie va s'arr&#234;ter &#224; de pareilles consid&#233;rations si elle estime que l'intervention de l'arm&#233;e est n&#233;cessaire pour &#233;craser la r&#233;volte. &lt;br /&gt;
L'hebdomadaire Clarin titrait le 21 d&#233;cembre : &#171; les militaires sont pr&#234;ts &#224; aider &#224; r&#233;tablir l'ordre &#187; et les chefs des forces arm&#233;es d&#233;claraient avoir un plan de maintien de l'ordre. Il expliquait ainsi que les forces arm&#233;es avaient adopt&#233; un plan d'urgence &#171; &#224; un moment o&#249; les manifestants semblaient avoir d&#233;bord&#233; la police. &#187; Il expliquait d'ailleurs qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire de toucher &#224; l'ordre constitutionnel pour employer l'arm&#233;e comme force suppl&#233;tive des forces de police. Le g&#233;n&#233;ral Ricardo Brinzoni, chef d'&#233;tat major de l'arm&#233;e d&#233;clare : &#171; l'arm&#233;e souhaite servir la soci&#233;t&#233; dont elle fait partie en &#233;tant une protagoniste et non pas un simple observateur. &#187;&lt;br /&gt; En 2001, on a vu la r&#233;apparition en Argentine de groupes parapoliciers, comme celui qui enlev&#233; s&#233;questr&#233; et tortur&#233; une des filles de madame Hebe de Bonafini, la pr&#233;sidente des m&#232;res de la place de mai. Le Service de Paix et Justice, le Serpaj, est sp&#233;cialis&#233; dans les brigades d'intervention muscl&#233;es pour faire passer l'aust&#233;rit&#233;.&lt;br /&gt;
L'enjeu est d'importance. La question du rapport de forces va devenir une question de vie ou de mort pour la classe ouvri&#232;re et ses organisations. Tout le monde se souvient de la dictature militaire qui a domin&#233; le pays pendant de nombreuses ann&#233;es, faisant 30 000 morts et supprimant physiquement tous ses opposants, en particulier les militants ouvriers et les militants politiques radicaux. Il ne serait plus alors question d'int&#233;gration des syndicats &#224; l'&#233;tat et aux entreprises ni de fa&#231;ade d&#233;mocratique mais de destruction de l'un et de l'autre et d'utilisation des forces arm&#233;es, des forces sp&#233;ciales et m&#234;me d'utilisation de l'embrigadement de couches mis&#233;rables pour &#233;craser dans le sang le prol&#233;tariat argentin.&lt;br /&gt;
Duhalde a affirm&#233; que son &#171; r&#244;le &#233;tait de maintenir la paix sociale &#187; et qu'il n'&#233;tait &#171; pas un homme faible &#187;. Les discours du nouveau pr&#233;sident Duhalde disent clairement au peuple argentin : si vous tentez de me renverser moi aussi, ce sera la guerre civile. Il d&#233;clare &#171; Nous sommes tomb&#233;s de plus en plus bas, &#233;tape par &#233;tape : r&#233;cession, d&#233;pression anarchique, chaos. Une &#233;tape de plus et c'est le bain de sang &#187; et parle de la &#171; p&#233;riode la plus dramatique de l'histoire du pays &#187;. Et au del&#224; de la volont&#233; de Duhalde d'impressionner pour faire reculer les masses populaires, &#224; terme la confrontation est in&#233;vitable.&lt;br /&gt; Mais pour le moment, ni Duhalde ni aucun homme politique n'est en mesure de s'attaquer aux couches populaires mobilis&#233;es. Les gouvernants sont contraint de &#171; dialoguer &#187; . Ils ressortent leurs &#233;v&#234;ques pour organiser des &#171; tables de dialogue &#187;. Ils vont chercher tous les r&#233;formistes, tous les catholiques, tous les bourgeois r&#233;formistes. Mais ils savent qu'il ne s'agit que de gagner du temps. Il n'y a aucune marge de manoeuvre pour une r&#233;forme ou pour de vraies r&#233;formes sociales au moment o&#249; les financiers leur demandent de faire accepter des sacrifices suppl&#233;mentaires. Ils vont donc temporiser en faisant semblant de dialoguer. En attendant ils se pr&#233;parent. La classe ouvri&#232;re peut &#233;galement mettre &#224; profit cette p&#233;riode pour se pr&#233;parer. Et d'abord en &#233;tant consciente de l'enjeu, en ne se laissant pas tromper par cette pr&#233;tendue volont&#233; de trouver des &#171; solutions &#187;. Ensuite en d&#233;veloppant ses luttes et son organisation autonome car le principal obstacle aux luttes de la classe ouvri&#232;re reste la politique des syndicats p&#233;ronistes. Enfin en d&#233;veloppant son organisation politique. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equateur et Bolivie : deux mouvements, une seule perspective&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Bolivie (mai-juin 2005) et Equateur (avril et ao&#251;t 2005), ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de luttes dans lesquelles les travailleurs, les ch&#244;meurs, les &#233;tudiants, les Indiens et les paysans se sont oppos&#233;s aux gouvernants et &#224; la bourgeoisie. Ces mobilisations massives ont bloqu&#233; totalement les capitales, La Paz (Bolivie) et Quito (Equateur), (l'activit&#233; &#233;conomique, administrative et politique, les communications et l'approvisionnement) ainsi qu'une grande partie de la production et de la distribution d'hydrocarbures des deux pays, contraignant les deux pr&#233;sidents &#224; la d&#233;mission. Vu l'ampleur de la mobilisation, les classes dirigeantes n'ont pas estim&#233; raisonnable de faire appel &#224; la r&#233;pression militaire. Depuis plus de cinq ans, ce ne sont ni les &#233;lections ni les coups d'&#233;tat qui d&#233;font les r&#233;gimes &#233;quatoriens et boliviens : c'est la rue. Ces deux pays andins n'ont pas seulement en commun la r&#233;volte d'une population paup&#233;ris&#233;e, d'une population indienne et paysanne subissant une oppression particuli&#232;re, la r&#233;volte contre l'exploitation des richesses en hydrocarbures qui profite uniquement &#224; l'imp&#233;rialisme et &#224; une bourgeoisie comprador. En Equateur comme en Bolivie, il ne s'agit plus seulement de luttes de paysans, d'Indiens, et d'habitants des bidonvilles ; la classe ouvri&#232;re est de la partie. Les puits ne sont plus seulement bloqu&#233;s par des manifestants ext&#233;rieurs mais par des salari&#233;s du p&#233;trole et du gaz eux-m&#234;mes, travaillant &#224; la production, au raffinage et &#224; la distribution. Des milliers d'autres salari&#233;s de multiples secteurs (sant&#233;, mines, transport, &#233;ducation, &#8230;) se sont &#233;galement mobilis&#233;s. Ce sont les organisations ouvri&#232;res qui ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; centraliser la lutte se traduisant par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, alors qu'elles &#233;taient tr&#232;s affaiblies dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Pendant vingt ans, les organisations paysannes et indiennes &#233;taient largement pr&#233;dominantes dans les mouvements de ces deux pays. &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bolivie&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
D&#233;tentrice du pouvoir en Bolivie, l'arm&#233;e &#233;tait dirig&#233;e par des officiers nationalistes pr&#233;tendant, pour stabiliser leur pouvoir, s'appuyer sur le peuple contre l'imp&#233;rialisme US et m&#234;me sur les travailleurs. C'est sous leur &#233;gide notamment qu'&#233;tait organis&#233;e une grande assembl&#233;e du peuple en mai 1971, rassemblement principalement organis&#233; autour des syndicats et partis ouvriers. Les travailleurs, et tout particuli&#232;rement les mineurs, restaient une force incontournable en Bolivie. En 1971, le coup d'&#233;tat militaire du g&#233;n&#233;ral Hugo Banzer &#233;tait dirig&#233; directement contre le classe ouvri&#232;re., les syndicats ouvriers sont d&#233;clar&#233;s ill&#233;gaux en 1974, de m&#234;me que les gr&#232;ves ouvri&#232;res. C'est encore aux travailleurs des mines et du textile que s'est heurt&#233;e en 1975 l'ggravation de la dictature r&#233;actionnaire par Hugo Banzer qui suspend les droits politiques. Les mines, occup&#233;es militairement, ont continu&#233; &#224; mener des gr&#232;ves tout au long des ann&#233;es 1975 &#224; 1977. En 1976, quatre femmes de mineurs, dont la fameuse Domitilia Changara dont l'autobiographie &#171; Si on me donne la parole &#187; est bien connue, &#233;pouses de mineurs licenci&#233;s suite aux gr&#232;ves, lancent un mouvement national de protestation, mouvement qui triomphera en 1977. En 1979, la classe ouvri&#232;re a r&#233;pondu par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale au coup d'&#233;tat du colonel Busch. Et, en juillet 1980, le pr&#233;sident Garcia Meza, &#224; l'&#233;cole des militaires tortionnaires argentins, a fait assassiner de nombreux leaders ouvriers et bombard&#233; les mines. De 1982 &#224; 1985, une vague de gr&#232;ves ouvri&#232;res est organis&#233;e par la centrale ouvri&#232;re COB contre le gouvernement Siles qui veut imposer de nouveaux sacrifices &#224; la classe ouvri&#232;re. En 1983, il y a des centaines de gr&#232;ves et la COB se reconvertit en un centre de coordination de toutes les luttes populaires. La f&#233;d&#233;ration des mineurs occupe les mines d'Etat et impose le contr&#244;le ouvrier. Six grandes gr&#232;ves ponctuent l'ann&#233;e 1984 et Siles recule partiellement sur ses mesures anti-sociales avant de quitter le pouvoir. En mars 1985, la COB am&#232;ne 10.000 mineurs arm&#233;s de dynamite &#224; La Paz pour la &#171; marche contre la faim &#187; qui se transforme en vingt jours de si&#232;ge de la capitale. &lt;br /&gt;
En fait, il a fallu, en 1985, le retour au pouvoir d'un civil, Paz Estessoro, l'ancien vainqueur de la r&#233;volution de 1952, pour v&#233;ritablement briser la force politique et sociale de la classe ouvri&#232;re bolivienne. Paz Estenssoro est revenu au pouvoir apr&#232;s une entente avec l'ex-dictateur Banzer et il annonce imm&#233;diatement une th&#233;rapie de choc avec des m&#233;thodes violentes, pour mettre au pas les mineurs. Les mines d'Etat sont d&#233;clar&#233;es non rentables et r&#233;organis&#233;es en vue d'&#234;tre privatis&#233;es. Onze mines ferment et 23.000 mineurs sont licenci&#233;s. En septembre 85, la COB d&#233;clenche la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; dur&#233;e illimit&#233;e. Le gouvernement r&#233;plique par la loi martiale, arr&#234;te des centaines de leaders syndicalistes. Les licenciements massifs de 1986 (30.000 mineurs, 18.000 ouvriers, 20.000 employ&#233;s de banque et des milliers d'employ&#233;s d'Etat sont licenci&#233;s). Une nouvelle confrontation a lieu en ao&#251;t 86 dans laquelle 10.000 mineurs envahissent la capitale se solde par un nouvel &#233;chec : &#224; nouveau la loi martiale et l'arrestation des leaders. Pour les mineurs, c'est la r&#233;pression, les licenciements, la mis&#232;re et la d&#233;moralisation. Le leader Juan Lechin, ayant &#233;chou&#233; dans une nouvelle tentative d'une conciliation impssible, d&#233;missionne de la direction de la COB. La COB, la centrale ouvri&#232;re bolivienne, qui a &#233;t&#233; l'un des principaux organisateurs des mouvements, va aller de plus en plus &#224; droite jusqu'en 2000, devenant m&#234;me l'auxiliaire de la dictature. Il faudra attendre 2003 et surtout 2005 pour que la classe ouvri&#232;re redevienne une force que craignent les classes dirigeantes. &lt;br /&gt;
Des milliers de salari&#233;s licenci&#233;s, en particulier les mineurs, sont contraints, pour survivre, de devenir planteurs de coca. Ils apportent au mouvement paysan une exp&#233;rience de lutte qui va se sentir dans le d&#233;veloppement du syndicalisme paysan mais nombre d'entre eux sont d&#233;moralis&#233;s par la d&#233;faite ouvri&#232;re et l'effondrement des syndicats ouvriers. Dans les campagnes, ils ne disposent plus de la force qu'ils d&#233;tenaient comme mineurs. Les syndicats de paysans n'ont pas le m&#234;me type de structure que les syndicats boliviens qui, m&#234;me bureaucratis&#233;s, restaient sous la pression des salari&#233;s mobilis&#233;s. Les syndicats ouvriers mis au pas, dor&#233;navant c'est la paysannerie et les Indiens qui tiennent le devant de la sc&#232;ne dans la protestation collective. La r&#233;pression lanc&#233;e d&#232;s 1988 contre les paysans de la coca par le gouvernement bolivien avec l'appui des USA m&#232;ne &#224; de nombreuses r&#233;actions paysannes, particuli&#232;rement vives &#224; partir de 1994 et &#224; leur organisation autour des syndicats paysans et des partis indiens. Les cocaleros, organis&#233;s notamment par Evo Morales, m&#232;nent la lutte depuis 1997 et prennent un poids de plus en plus consid&#233;rable dans le CSUTCB, syndicat des indiens travailleurs des campagnes.&lt;br /&gt;
En 1993, le gouvernement organise des privatisations massives (chemin de fer, p&#233;trole, &#233;lectricit&#233;, fonderies, t&#233;l&#233;communications, compagnies a&#233;riennes). Les services publics se d&#233;gradent. La mis&#232;re augmente, tout particuli&#232;rement dans les campagnes. La r&#233;volte a d&#233;but&#233; en avril 2000 avec le soul&#232;vement de la vall&#233;e de Cochabamba contre la mainmise sur le service public de l'eau par le trust am&#233;ricain Bechtel. La population est descendue dans la rue, construisant des centaines de barricades, occupant pendant plusieurs jours la place principale et, faisant reculer Hugo Banzer, la population a obtenu en avril 2000 que le service de l'eau soit retir&#233; &#224; Bechtel. La Coordination de l'eau regroupe d&#233;sormais producteurs de coca, cultivateurs, ouvriers et &#233;tudiants. La lutte s'est poursuivie en 2001 (d'avril &#224; septembre) avec la r&#233;volte des paysans de la coca dirig&#233;e par Evo Morales et Felipe Quispe, deux leaders indiens paysans. En juin 2002, cette radicalisation paysanne se traduit sur le plan politique par le vote massif (21% des voix malgr&#233; un truquage manifeste) pour Evo Morales l'un des leaders paysans des producteurs de coca du MAS, Mouvement pour le Socialisme, parti social-d&#233;mocrate. Ce parti consid&#233;r&#233; comme marginal &#233;lectoralement r&#233;ussit &#224; passer au second tour &#224; l'&#233;tonnement g&#233;n&#233;ral. Malgr&#233; cette tromperie, le MAS reconna&#238;t les r&#233;sultats et donne toujours comme objectif la conqu&#234;te du gouvernement par les &#233;lections et non par la lutte sociale. C'est le gouvernement qui se charge de d&#233;molir les illusions sem&#233;es par les dirigeants : en janvier 2003, un mouvement des paysans de la coca est durement r&#233;prim&#233; (20 morts). Un mouvement de masse des ch&#244;meurs et des jeunes est d&#233;clench&#233; contre les nouveaux imp&#244;ts promulgu&#233;s en f&#233;vrier 2003. Des affrontements opposent la police mutin&#233;e et l'arm&#233;e. En avril 2003, la COB se radicalise lors de son congr&#232;s et &#233;lit une nouvelle direction beaucoup plus radicale (Parti Communiste, MAS et LOR). Puis un nouveau mouvement des paysans a lieu en septembre 2003 contre le plan d'&#233;radication de la coca suivi d'une lutte conjointe des paysans et des travailleurs contre l'exportation du gaz vers les USA, en septembre-octobre 2003. Trois mouvements s'additionnent alors, se coordonnent et se renforcent mutuellement en 2003 : les paysans, les Indiens et les travailleurs, mais ces derniers ne sont pas &#224; la t&#234;te du mouvement. Les Indiens sont r&#233;volt&#233;s par l'oppression sp&#233;cifique qui les frappe. Il existe pr&#232;s de trente ethnies indiennes (aymaras, quechuas, guaranis&lt;strong&gt;,&#8230;) &lt;/strong&gt;en Bolivie qui repr&#233;sente ensemble 80% de la population environ et ce sont de loin les plus pauvres. Il en va de m&#234;me en Bolivie o&#249; les Indiens voient leurs organisations se d&#233;velopper. Les paysans de l'Altiplano sont organis&#233;s dans la Conf&#233;d&#233;ration Tupak Katari. La question de la vente du gaz bolivien devient vite le point commun des mouvements. La revendication de &#171; &lt;i&gt;la renationalisation du gaz bolivien sans indemnisation &lt;/i&gt; &#187; qui commence alors &#224; &#234;tre mise en avant, est un objectif que la bourgeoisie bolivienne ne peut bien entendu satisfaire puisque ce signifierait renoncer &#224; la plus grande part de ses revenus et &#224; ses bonnes relations avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Le pillage des hydrocarbures est tel que seuls 18% des revenus du gaz &#233;chappent aux trusts Petrobras (Br&#233;sil), Repsol (Espagne), ExxonMobil (&#201;tats-Unis) et Total (France). Le trust fran&#231;ais Total poss&#232;de &#224; lui seul 23% des r&#233;serves de gaz de la Bolivie. Malgr&#233; des r&#233;serves de gaz estim&#233;es &#224; 100 milliards de dollars (deuxi&#232;me pays producteur d'Am&#233;rique Latine apr&#232;s le Venezuela) et celles de p&#233;trole estim&#233;es &#224; 27 milliards de dollars, la Bolivie est le deuxi&#232;me pays le plus pauvre de l'Am&#233;rique du sud, juste devant Ha&#239;ti ! Cinq mille familles riches d&#233;tiennent 1 700 millions de dollars en banque pendant que 600 mille familles pauvres doit survivre avec moins de 41 euros par mois. 63% de la population vit en dessous du minimum vital. Le peuple bolivien a d&#233;j&#224; vu lui passer sous le nez l'or, l'argent, l'&#233;tain et le p&#233;trole et on voudrait encore lui voler le gaz ! &lt;br /&gt;
En septembre 2003, le gouvernement a voulu vendre le gaz &#224; la multinationale Pacific LNG. Le 15 septembre 2003, les paysans de la r&#233;gion de Titicaca bloquent les autoroutes pour protester contre la vente du gaz aux USA. Le 17 septembre 2003, ils sont rejoints dans leur protestation par les quartiers de Cochamba et la Paz, rajoutant &#224; leurs revendications celle du refus de la vente du gaz. Le 19 septembre, 150.000 manifestants occupent les principales villes du pays en mettant la r&#233;cup&#233;ration du gaz par le peuple et le d&#233;part du pr&#233;sident Lozada. La &#171; guerre du gaz &#187; a commenc&#233;. Le 20 septembre, suite &#224; un massacre de manifestants bloquant routes et chemin de fer &#224; Warisata, c'est la mobilisation g&#233;n&#233;rale. Le 24 septembre, un blocage massif des routes est organis&#233;. Le 29 septembre, la centrale syndicale COB appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. De fa&#231;on tout &#224; fait inattendue, y compris des dirigeants de la centrale qui ont un poids plus que limit&#233; depuis de longues ann&#233;es, le mot d'ordre est suivi et la gr&#232;ve s'&#233;tend r&#233;ellement. Les mineurs d&#233;cident de marcher sur La Paz. A El Alto, faubourg de 800.000 habitants dominant La Paz sur la hauteur de l'altiplano (4000 m d'atitude) et qui regroupe les indiens paup&#233;ris&#233;s et urbanis&#233;s dans des taudis en parpaings, les forces de l'ordre interviennent et tuent deux personnes, provoquant ainsi une hausse de la mobilisation autour de El Alto. Les communaut&#233;s indiennes du haut plateau andin, en particulier les indiens Aymaras, participent au soul&#232;vement de El Alto, une ville qui va &#234;tre &#224; l'&#233;picentre de la r&#233;volte et est tomb&#233;e compl&#232;tement aux mains des &#233;meutiers. Le mouvement de El Alto contamine d'autres villes (Oruro, Chuquisaca, Potosi, Cochamba). Au bout d'une semaine de lutte, le leader des cocaleros de la vall&#233;e de Cochamba, Evo Morales, s'est d&#233;cid&#233; &#224; se joindre &#224; la lutte. Le 6 octobre 2003, la r&#233;gion d'El Alto rejoint le mouvement et devient un des centres les plus radicaux et des plus r&#233;prim&#233;s. La mobilisation y sera d&#233;sormais r&#233;alis&#233;e principalement sous l'&#233;gide de la F&#233;d&#233;ration des comit&#233;s de quartiers, la FeJuve, dirig&#233;e par Abel Mamani et par la Centrale syndicale COR d'Edgar Patani, membre de la COB mais assez ind&#233;pendante, plus encore que le mouvement paysan indien MIP de Felipe Quispe. Du 9 au 11 octobre, une attaque militaire de El Alto provoque un massacre (50 morts sur les 80 victimes que fit la r&#233;pression en octobre). Le 10 octobre, la route d'El Alto &#224; La Paz est couverte par l'arm&#233;e (lh&#233;licopt&#232;res, chars, camions de troupes). La ville d'El Alto massivement mobilis&#233;e sous la direction des associations indiennes, des syndicats ouvriers coordonn&#233;s r&#233;gionalement dans la COR et des comit&#233;s de quartiers organis&#233;s dans la Fejuve, met en d&#233;route les forces de l'ordre et d&#233;met toutes les autorit&#233;s locales pour s'autog&#233;rer et diriger sa lutte avant que les manifestants d'El Alto ne d&#233;cident de partir en marche sur La Paz pour bloquer la capitale. Du 12 au 16 octobre 2003, un v&#233;ritable soul&#232;vement va de la ville de El Alto &#224; la capitale La Paz. Le 12 octobre, la COB appelle &#224; la r&#233;sistance civile et &#224; la chute du gouvernement de Lozada. Le 13 octobre, apr&#232;s 48 heures de face &#224; face dans El Alto entre les forces de l'ordre et les manifestants, ces derniers descendent sur La Paz qui est compl&#232;tement occup&#233;e. Le 14 octobre, il y a un million et demi de manifestants aux fun&#233;railles des morts d'El Alto. Le 15 octobre, les mineurs de Huamani marchent eux aussi sur La Paz arm&#233;s de b&#226;tons de dynamite et font reculer l'arm&#233;e. Le 17 octobre 2003, alors que 200.000 manifestants encerclent le congr&#232;s, le pr&#233;sident Sanchez de Lozada d&#233;missionne. Son successeur Carlos Mesa, qui est son vice-pr&#233;sident, fait trois promesses : organiser un r&#233;f&#233;rendum sur la question du gaz, voter une nouvelle loi sur les hydrocarbures afin d'augmenter les ridicules 18% que l'Etat bolivien re&#231;oit des multinationales pour l'exploitation du gaz et du p&#233;trole et la convocation d'une assembl&#233;e, qui &#233;tait rejet&#233;e par Lozada. Mesa s'engage &#224; &#233;tablir les responsabilit&#233;s des gouvernants, de l'arm&#233;e et de la police dans les massacres de la guerre du gaz. Sur ces bases, Mesa obtient de nombreux soutiens dont celui de Evo Morales et aussi de certains partis indiens. Il b&#233;n&#233;ficie d'illusions dans la population. Ainsi, il r&#233;ussit &#224; se faire acclamer &#224; El Alto ! Evo Morales a appel&#233; &#224; soutenir le gouvernement pour &#171; la d&#233;fense de la d&#233;mocratie &#187; et la COB en a fait autant au nom du &#171; repli strat&#233;gique &#187;. Felipe Quispe, consid&#233;r&#233; comme un leader radical, se consid&#232;re lui-m&#234;me comme &#171; opposant en veilleuse &#187; face &#224; Mesa ! Un r&#233;f&#233;rendum est organis&#233; le 18 juillet 2004 dans lequel 70% des votants se prononcent pour que l'Etat r&#233;cup&#232;re les hydrocarbures. Mais les organisations contestataires &#224; l'exception du MAS de Evo Morales, appellent &#224; l'abstention qui atteint 50%. Tout cela n'emp&#234;che pas Mesa de remettre en route un plan d'ajustement structurel pr&#233;voyant la mise aux ench&#232;res des richesses en gaz boliviennes, plan qui met &#224; nouveau le feu aux poudres en mai 2005. &lt;br /&gt;
Une autre contestation de la politique de Mesa va venir de la bourgeoisie la plus riche et la plus r&#233;actionnaire de Bolivie, celle de la r&#233;gion de Santa Cruz. Elle occupe les basses terres de l'Ouest, riches, et cette bourgeoisie latifundiaire a d&#233;velopp&#233; une &#233;conomie agro-exportatrice. Elle craint &#233;galement que le mouvement paysan ne domine l'assembl&#233;e constituante et impose dans la r&#233;gion de Santa Cruz une r&#233;forme agraire qu'elle a toujours r&#233;ussi &#224; &#233;viter. Elle conteste &#233;galement que l'ensemble du pays puisse &#234;tre consult&#233; sur des richesses appartenant &#224; la r&#233;gion (p&#233;trole de Santa Cruz et gaz naturel de Tarija). Elle tente de profiter des mouvements identitaires et r&#233;gionaux pour jouer la carte &#171; autonomiste &#187; contre le pouvoir central de La Paz &#224; l'autonomie de la province mini&#232;re la plus riche du pays (20% de la population mais 40% du PIB et 60% des exportations). Le comit&#233; civique de Santa Cruz lance un r&#233;f&#233;rendum pour l'autonomie r&#233;gionale. L'incapacit&#233; de Mesa &#224; faire entendre raison &#224; l'oligarchie de Santa Cruz lui fait perdre le soutien d'Evo Morales. Il suffit cependant que Mesa menace de d&#233;missionner pour que Morales lui redonne son soutien au nom des risques pour la d&#233;mocratie ! Mais il est clair d&#233;sormais que Mesa, pris entre le mouvement populaire et la bourgeoisie de Santa Cruz, n'en a plus pour longtemps.&lt;br /&gt;
Le 17 mai 2005, c'est le vote impos&#233; par le pr&#233;sident Mesa de la loi sur les hydrocarbures. Si elle porte la taxation du gaz &#224; 50%, cette loi, loin de proposer la renationalisation des hydrocarbures, l&#233;galise au contraire les privatisations d'hydrocarbures pr&#233;c&#233;dentes, et met le feu aux poudres. Une marche paysanne organis&#233;e par le MAS de Evo Morales partie le 16 de la ville de Caracollo atteint La Paz le 27 mai avec 40.000 manifestants. Les syndicats de travailleurs, reprochant au MAS de ne pas mettre en avant la nationalisation des hydrocarbures, contestent la direction de la lutte &#224; Evo Morales et appellent &#224; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;es dans les villes de La Paz, Oruro, Potosi, Cochabamba et Sucre. Les centrales syndicales r&#233;gionales rejoignent ainsi la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e dans la ville d'El Alto d&#232;s le 23 mai avec pour revendications la d&#233;mission de Mesa et &#171; la nationalisation sans indemnisation des hydrocarbures &#187;. Le point culminant de la mobilisation pour le gaz a en effet lieu dans cette ville andine. Les manifestants, habitants et travailleurs, y occupent la plantation p&#233;troli&#232;re. La r&#233;pression ne fait que jeter de l'huile sur le feu et c'est toute la ville et m&#234;me toute la r&#233;gion qui s'est embras&#233;e. Sous la pression des gr&#232;ves ouvri&#232;res, le MAS &#233;volue vers un soutien &#224; la renationalisation. La ville d'El Alto est insurg&#233;e et occup&#233;e par les travailleurs, la capitale entour&#233;e de blocages de routes, coup&#233;e de tout approvisionnement en nourriture et en combustible et envahie par les manifestants et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'&#233;tend aux autres villes. Les travailleurs de la capitale loin d'attendre passivement l'arriv&#233;e de cette marche monstre descendant des montagnes, se sont eux-m&#234;mes mobilis&#233;s (travailleurs, habitants des bidonvilles et des quartiers ouvriers). La classe ouvri&#232;re, en particulier son secteur principal minier et p&#233;trolier, y est apparue comme un &#233;l&#233;ment central de la mobilisation populaire (travailleurs, ch&#244;meurs, paysans, mouvement indien, &#233;tudiants, enseignants, quartiers pauvres). Le 31 mai, une d&#233;monstration de force en rassemblant tous les mouvements sociaux pour la renationalisation, mouvement ouvrier, paysan et indien, a lieu sur la place Murillo de la capitale, place qui regroupe toutes les institutions d'Etat boliviennes. Une &#171; Assembl&#233;e Nationale Populaire Indig&#232;ne &#187; appel&#233;e par les mouvements contestataires n'aura pas le temps de voir le jour car le pouvoir tombe plus vite. L'ensemble du pays est paralys&#233; par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et par des myriades de barricades. Le 6 juin, il y avait v&#233;ritablement de la r&#233;volution dans l'air avec les centaines de milliers d'ouvriers et de paysans qui avaient pris La Paz et l'avaient transform&#233; en un gigantesque meeting-d&#233;bat d'ouvriers, de paysans et d'&#233;tudiants, &#224; l'initiative de la COB et des organisations d'El Alto. Sous la pression, les dirigeants annoncent la formation d'une assembl&#233;e nationale ouvri&#232;re et paysanne face aux institutions bourgeoises et devant le vide du pouvoir avec la nationalisation des hydrocarbures au service de peuples comme programme. Le pr&#233;sident bolivien Carlos Mesa, artisan de nombreuses &#171; r&#233;formes &#187; anti-sociales, a d&#251; d&#233;missionner le 6 juin 2005 devant l'ampleur de la r&#233;volte. &lt;br /&gt;
Loin d'entra&#238;ner un reflux du mouvement, la d&#233;mission de Mesa l'enflamme, la population craignant le coup d'Etat ou le &#171; coup d'Etat constitutionnel &#187;. En effet, constitutionnellement le candidat &#224; la succession est le pr&#233;sident du s&#233;nat qui n'est autre que le chef de l'oligarchie de Santa Cruz, Vaca Diez, le plus d&#233;test&#233; des repr&#233;sentants de la bourgeoisie bolivienne. Refusant cette perspective, c'est 80.000 manifestants qui investissent imm&#233;diatement La Paz et plus de 120 blocages ont lieu dans tout le pays &#224; l'initiative des syndicats COB et CSUTCB (syndicat des paysans-travailleurs de Bolivie). Si l'appareil de la COB n'est plus ce qu'il &#233;tait avant 1985, une nouvelle jeunesse cobiste a vu le jour qui ne regarde pas vers le pass&#233; mais vers l'avenir. Le 8 juin, les travailleurs du p&#233;trole de Senkhata, principal centre d'approvisionnement et de stockage de la capitale, partent en gr&#232;ve et occupent les installations et ils proposent d'organiser avec les syndicats ouvriers le contr&#244;le de la distribution de combustible. La station de pompage de Sayari est &#233;galement occup&#233;e ainsi que le pipeline de Sica, avec l'appui des salari&#233;s. Les travailleurs de la sant&#233; et les instituteurs sont particuli&#232;rement mobilis&#233;s. El Alto, banlieue de La Paz et cit&#233; dortoir, est encore une fois le point le plus chaud et la ville est v&#233;ritablement soulev&#233;e. C'est elle qui donne le la de la mobilisation g&#233;n&#233;rale et le pouvoir est suspendu aux d&#233;cisions de El Alto. Une assembl&#233;e populaire d&#233;fiant le pouvoir d'Etat y est organis&#233;e par les syndicats ouvriers et comit&#233;s populaires. C'est bien la capacit&#233; de mobilisation des travailleurs des villes qui se manifeste l&#224;. Vaca Diez tombe avant m&#234;me d'&#234;tre intronis&#233; le 9 juin 2005 parce que les masses r&#233;volt&#233;es (surtout des mineurs) ont investi la ville de Sucre (capitale constitutionnelle) o&#249; il comptait se faire nommer en douce. La mort d'un manifestant &#224; Sucre, le mineur Juan Coro, tu&#233; par la police, a achev&#233; de soulever les travailleurs. La mobilisation des mineurs des coop&#233;ratives d'Oruro, la gr&#232;ve des travailleurs de l'a&#233;roport et la paralysie de la ville de Sucre, occup&#233;e par les manifestants, a contraint la bourgeoisie &#224; reculer et &#224; renoncer de nommer Vaca Diez. Elle a renonc&#233; &#224; faire usage de la r&#233;pression devant un d&#233;but d'armement des travailleurs (une colonne arm&#233;e de 3000 paysans d'Omasuyos notamment). Lui succ&#232;dent dix jours de vide du pouvoir combl&#233;s avec peine par les man&#339;uvres dilatoires de l'Eglise. &lt;br /&gt;
Finalement un nouveau pr&#233;sident est nomm&#233; le 9 juin : le pr&#233;sident de la Cour Supr&#234;me, Eduardo Rodriguez. Il d&#233;bute son mandat sur une position beaucoup plus faible que Mesa. Sa nomination n'a pas entra&#238;n&#233; les illusions provoqu&#233;es par son pr&#233;d&#233;cesseur qui avait &#233;t&#233; acclam&#233; par les milieux populaires. Il a affirm&#233; que son principal mandat est d'organiser de nouvelles &#233;lections g&#233;n&#233;rales (pr&#233;sidentielles et parlementaires) en esp&#233;rant d&#233;tourner les espoirs populaires vers les urnes. Appuyant cette man&#339;uvre, l'id&#233;e selon laquelle &#171; &lt;i&gt;le mouvement est suspendu jusqu'aux &#233;lections &lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; propag&#233;e par diverses organisations dont le MAS. Il d&#233;clarait lors de son investiture : &#171; &lt;i&gt;Je demanderai une tr&#234;ve, un espace de paix nous permettant de nous donner la main pour r&#233;soudre les probl&#232;me des m&#232;res qui n'ont pas de lait pour leurs enfants, pas de gaz pour cuisiner et les meilleurs des citoyens qui sont &#224; la rue&lt;/i&gt;. &#187; En ce qui concerne les revendications populaires, les gouvernants op&#232;rent de petits reculs prudents : une ren&#233;gociation des contrats en Bolivie avec un nouveau partage plus favorable &#224; l'Etat bolivien notamment. Lors de son intronisation, Rodriguez a m&#234;me d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;Les hydrocarbures appartiennent &#224; l'Etat et il faut trouver la meilleure mani&#232;re de r&#233;cup&#233;rer ce que la nature a donn&#233; &#224; notre pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
Les leaders du mouvement appellent &#224; la &#171; suspension du mouvement &#187;, le justifiant par la n&#233;cessit&#233; de &lt;i&gt;&#171; permettre aux familles de reprendre des forces et constituer des stocks de nourriture et d'essence dans l'&#233;ventualit&#233; d'une nouvelle mobilisation &lt;/i&gt; &#187;, et cautionnent le nouveau gouvernement, pr&#233;tendant une nouvelle fois qu'il faut voir ce qu'il va faire. Le dirigeant de la conf&#233;d&#233;ration traditionnellement la plus ouvri&#232;re, la COB, la centrale ouvri&#232;re bolivienne, qui apr&#232;s bien des trahisons a repris quelques couleurs et s'est un peu radicalis&#233;e et a chang&#233; de direction lors de son congr&#232;s d'avril 2003, a finalement appel&#233; &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible, ne jure plus que par une alliance avec les militaires &lt;i&gt;(&#171; l'arm&#233;e doit conduire le processus donnant ses droits au peuple&lt;/i&gt; &#187; ou encore &lt;i&gt;&#171; on pourra vraiment parler d'un vrai gouvernement quand les militaires imposeront que le peuple ait le dernier mot &#187; &lt;/i&gt;) avant d'accepter le compromis avec le nouveau pr&#233;sident Rodriguez et le report de la lutte : Jaime Solares de la COB parle &#224; ce propos de &#171; &lt;i&gt;repli strat&#233;gique&lt;/i&gt; &#187;. Le dirigeant politique du plus grand parti paysan, Evo Morales du Mouvement Au Socialisme - parti social-d&#233;mocrate fond&#233; par les paysans de la coca, parle de &#171; &lt;i&gt;la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187; et se d&#233;clare comme &#171; &lt;i&gt;une opposition l&#233;gale et responsable &#187; &lt;/i&gt;au nouveau pr&#233;sident Eduardo Rodriguez, affirme qu' &#171; &lt;i&gt;il faut soutenir la transition constitutionnelle&lt;/i&gt; &#187; et que l'on ne peut triompher que par les &#233;lections. Il avance la n&#233;cessit&#233; du &lt;i&gt;&#171; respect constitutionnel &lt;/i&gt; &#187; et de la &#171; &lt;i&gt;voie &#233;lectorale&lt;/i&gt; &#187;. Il assure que &#171; &lt;i&gt;La lutte est suspendue jusqu'aux prochaines &#233;lections&lt;/i&gt; &#187; ! Contrairement &#224; la COB, Evo Morales n'est m&#234;me pas clair sur le maintien de l'objectif du mouvement : la renationalisation des hydrocarbures sans indemnisation. Le seul engagement qu'il prend en tant que candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 2005 est la d&#233;p&#233;nalisation de la culture de la coca. Pour le reste, il affirme que pour la production d'hydrocarbures il &#171; &lt;i&gt;entend trouver des partenaires comme l'a fait Chavez&lt;/i&gt; &#187;, ce qui est loin d'&#234;tre clair. Le dirigeant, au d&#233;part apparemment le plus radical, celui des travailleurs de El Alto,, ville en r&#233;volution, Felipe Quispe du Mouvement Indig&#232;ne PachaKutik et dirigeant du syndicat r&#233;gional d'El Alto la COR, bien que d&#233;non&#231;ant Evo Morales comme tra&#238;tre, d&#233;clare qu' &lt;i&gt;&#171; il n'y a jamais eu de r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187; ! En r&#233;alit&#233;, c'est la caution des dirigeants du mouvement de El Alto qui a &#233;t&#233; la plus importante pour Rodriguez car c'&#233;tait la plus difficile &#224; obtenir vu l'importance qu'y avait eu la mobilisation. Les positions des autres dirigeants ne valent pas mieux. Ils affirment qu'il faut voir si le nouveau pr&#233;sident ne va pas faire des propositions int&#233;ressantes concernant les hydrocarbures. Edgar Patana de la Centrale Ouvri&#232;re R&#233;gionale de la ville de El Alto et Abel Marnani de La FeJuve -f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s de quartier- affirment qu'ils reconnaissent le nouveau gouvernement dont ils se d&#233;clarent &#171; &lt;i&gt;&#234;tre une opposition l&#233;gale et responsable&lt;/i&gt; &#187; &#224; Rodriguez. Patana affirme que &#171; &lt;i&gt;s'il a des propositions, nous les &#233;couterons avec atte&lt;/i&gt;ntion. &#187; Et Marnani se rassure : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une r&#233;volution qui est en gestation &#224; El Alto&lt;/i&gt;. &#187; Quant aux organisations plus radicales comme, en Bolivie, le Parti Communiste Bolivien et le Parti Ouvrier r&#233;volutionnaire de Lora, s'en tiennent &#224; un discours g&#233;n&#233;ral r&#233;volutionnaire en paroles mais cautionnent la politique des pr&#233;c&#233;dents. PCB et POR jouent un r&#244;le important au sein de la centrale syndicale COB mais ils sont loin d'y d&#233;fendre une politique r&#233;volutionnaire. &lt;br /&gt;
Les communaut&#233;s indiennes, les Huaorani de la r&#233;serve Yasuni bloquent la production de la firme br&#233;silienne P&#233;trobras en juillet 2005, donnant trente jours au pr&#233;sident &#233;quatorien pour expulser la compagnie et provoquant les protestations indign&#233;es du pr&#233;sident br&#233;silien Lula ! Pourtant, l'exploitation p&#233;troli&#232;re que d&#233;fend Lula d&#233;truit le parc naturel dans lequel vivent ces Indiens. On remarquera que Lula a r&#233;ussi, au travers des multiples gouvernements, &#224; toujours soutenir le pouvoir bolivien ! &lt;br /&gt;
Malgr&#233; les man&#339;uvres politiciennes qui voudraient bien voir la lutte se dissoudre dans les &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 2005 (dont les sondages donnent Evo Morales vainqueur), la lutte est loin d'&#234;tre termin&#233;e. Evo Morales n'est pas soutenu par les principales organisations radicales qui ont dirig&#233; le dernier mouvement : FeJuve, COR, COB, &#8230; D&#233;j&#224; des assembl&#233;es de travailleurs ont appel&#233; &#224; la reprise de la lutte. C'est le cas notamment dans la ville d'El Alto. Le 20 ao&#251;t, 29 organisations ont constitu&#233; le &#171; front ouvrier, paysan et indig&#232;ne &#187; pour pr&#233;parer la suite de la lutte et pr&#233;senter une alternative &#233;lectorale au MAS. La bourgeoisie ne s'y trompe pas : les financiers de City group Smith Barney affirment ainsi en septembre 2005 que &lt;i&gt;&#171; la situation en Bolivie reste inqui&#233;tante et mena&#231;ante pour des trusts p&#233;troliers comme Repsol.&lt;/i&gt; &#187; Des mouvements de contestation, comme la &#171; Rencontre continentale pour la nationalisation des hydrocarbures &#187; convoqu&#233;e notamment par le syndicat COB du 12 au 14 ao&#251;t 2005 &#224; La Paz en Bolivie, posent &#224; l'&#233;chelle de toute l'Am&#233;rique latine la question de l'expropriation, sans indemnisation, des multinationales p&#233;troli&#232;res. Le mouvement bolivien a fait t&#226;che d'huile en Am&#233;rique latine, influen&#231;ant notamment la lutte en Equateur d'ao&#251;t 2005 qui a mis en avant la ren&#233;gociation des contrats avec les multinationales, n&#233;goci&#233;e en Bolivie, notamment un rapport 50-50 de partage des revenus entre compagnies p&#233;troli&#232;res et Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Equateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Ce sont les masses indiennes opprim&#233;es d'Equateur qui ont marqu&#233; les luttes depuis les 90. Comme en Bolivie, la classe ouvri&#232;re est encore sous le coup des attaques (r&#233;pression et licenciements) et des d&#233;faites pr&#233;c&#233;dentes. La crise &#233;conomique &#233;quatorienne des ann&#233;es 90 frappe particuli&#232;rement les masses paysannes et indiennes. 40% de la population est d'origine indienne (4,5 millions) et c'est la fraction la plus pauvre de la population, encore en grande partie paysanne. Selon le &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; d'avril 2005 les Indiens sont &lt;i&gt;&#171; 5 millions sur une population totale de 13 millions. (...) Leur situation &#233;conomique et sociale demeure catastrophique et (...) 80 &#224; 90% dispose de moins de 2 euros par jour. &#187;&lt;/i&gt; Longtemps, la principale organisation indienne, &#171; La Conaie &#187; ou Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes d'Equateur est une organisation rurale aux revendications essentiellement identitaires bien qu'elle ait dirig&#233; des insurrections aux revendications d'abord sociales. Son bras politique &#233;tait un parti indianiste pr&#244;nant l'autonomie indienne appel&#233; Pachakutif. Un tr&#232;s grand nombre d'autres formes d'organisation existent dans les masses indiennes : coordination des mouvements sociaux, f&#233;d&#233;ration &#233;vang&#233;lique indig&#232;ne, conf&#233;d&#233;ration des associations de quartiers de l'Equateur&#8230; De marche en mobilisation, les organisations indiennes obtiennent une reconnaissance l&#233;gale de leur identit&#233;, de certains de leurs droits &#224; la terre et une entr&#233;e dans le pouvoir politique. La mobilisation indienne monte jusqu'en 2000 o&#249; la mobilisation arrive au seuil du pouvoir.&lt;br /&gt;
Suite &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 7 f&#233;vrier 1997, le pr&#233;sident Bucaram est destitu&#233;. En 1998, Jamil Mahuad est &#233;lu pr&#233;sident. Il est &#224; la fois sous la pression du mouvement populaire auquel il affirme &#234;tre contre la dollarisation de l'&#233;conomie et de la bourgeoisie bancaire et agro-industrielle qui lui impose de sauver les banques priv&#233;es quitte &#224; couler les revenus de l'Etat. Il est particuli&#232;rement sous la pression de la bourgeoisie de Guayaquil qui joue un r&#244;le &#233;quivalent de celle de Santa Cruz : une aile de droite radicale exigeant qu'on fasse d'avantage payer la population quitte &#224; r&#233;primer et qui menace sinon de s'autonomiser. La crise &#233;conomique ne cesse de s'aggraver, frappant particuli&#232;rement les plus pauvres : la population en dessous du seuil de pauvret&#233; passe de 12% en 1995 &#224; 21% en 1999 (et 77% dans la population rurale) alors que les prix augmentent de 52% par an (contre 22,9% en 95). Une vingtaine de banques font faillite entre 98 et 99. Le 9 juillet 1999 une gr&#232;ve des transports &#233;clate contre la hausse des prix des carburants, mouvement qui paralyse le pays pendant quinze jours. Une occupation symbolique et pacifique de la capitale &#224; l'appel de la CONAIE est violemment r&#233;prim&#233;e (17 bless&#233;s par balles, 561 arrestations). Devant la chute de la monnaie de 197% et sous la pression de la bourgeoisie, le pr&#233;sident Mahuad se r&#233;sout finalement Le 9 janvier 2000 &#224; annoncer la dollarisation, en m&#234;me temps qu'un nouveau gel des avoirs bancaires de particuliers. Les masses indiennes contestent la politique du pr&#233;sident Jamil Mahuad de dollarisation de l'&#233;conomie qui accro&#238;t la d&#233;pendance &#233;conomique vis-&#224;-vis des USA, des prix du p&#233;trole et des investissements &#233;trangers. Elle ne sauve, momentan&#233;ment, que l'oligarchie bancaire. Avec la dollarisation, le pouvoir d'achat s'effondre car le sucre est dollaris&#233; au taux de 25.000 sucres pour un dollar alors que dollar valait 20.000 sucres juste avant et 5700 sucres en 1998. Cens&#233;e bloquer l'inflation, elle ne ralentit m&#234;me pas sa hausse puisqu'elle atteint 91% fin 2000. L'Equateur est pass&#233; en 2000, pour le niveau de pauvret&#233;, du rang 72&#232;me rang mondial au 91&#232;me, selon le rapport du PNUD. &#171; &lt;i&gt;La dollarisation de l'&#233;conomie &#233;quatorienne a d&#233;truit l'&#233;conomie paysanne &lt;/i&gt; &#187; &#233;crit &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 23 ao&#251;t 2005 et la chute de la banane y a provoqu&#233; un recul catastrophique du niveau de vie des paysans &#233;quatoriens. Le 9 janvier, un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est lanc&#233;. Le pr&#233;sident d&#233;cr&#232;te l'Etat d'urgence. Le 11 janvier, un &#171; parlement des peuples indig&#232;nes &#187; est proclam&#233;, qui d&#233;nonce les politiques gouvernementales comme la dollarisation de l'&#233;conomie ou les privatisations mais n'a jamais &#233;t&#233; jusqu'&#224; d&#233;noncer le capitalisme. Il formulait ainsi ses objectifs : &#171; &lt;i&gt;une &#233;conomie mixte de march&#233; solidaire auquel participent les patrons priv&#233;s en respectant leur responsabilit&#233; sociale, &#233;thique et environnementale. &lt;/i&gt; &#187; Le 16 janvier 2000, une marche massive des Indiens afflue sur la capitale Quito qu'elle occupe compl&#232;tement du 19 au 21 janvier. C'est &#224; cette date qu'un groupe de jeunes officiers conduits par le colonel Lucio Guttierrez, d&#233;clare soutenir les Indiens. Une fois de plus, les organisations indiennes n'ont pas appel&#233; les soldats &#224; se solidariser d'elles mais ont conclu un pacte avec une partie de l'appareil militaire, de jeunes officiers en l'occurrence men&#233;s par le colonel Lucio Guttierrez. Celui-ci d&#233;clarait &#234;tre parfaitement capable de man&#339;uvrer les dirigeants indiens : &#171; &lt;i&gt;notre relation avec eux remonte &#224; de nombreuses ann&#233;es. Depuis nous avons constamment travaill&#233; avec cette classe&#8230; sp&#233;cialement la classe indig&#232;ne. &lt;/i&gt; &#187; Une junte de salut national est form&#233;e avec cet officier, un ex-pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me et Antonio Vargas pr&#233;sident de la Conaie. Le palais du congr&#232;s est occup&#233;. Les g&#233;n&#233;raux tentent un coup d'&#233;tat qui destitue Mahuad le 21 janvier mais &#233;choue le 22 du fait de la mutinerie d'une partie des officiers qui soutient Guttierrez. L'occupation des centres du pouvoir et la chute de celui-ci le 21, lorsqu'une partie des forces de r&#233;pression, a pris partie pour la r&#233;volte. Les USA semblent avoir conseill&#233; aux g&#233;n&#233;raux de laisser faire le colonel pour ne pas risquer de radicaliser le mouvement. Le mouvement paysan et indien qui arrive aux portes du pouvoir se comporte comme un mouvement d&#233;cid&#233; &#224; renverser et &#224; prendre le pouvoir. A ceci pr&#232;s que ses dirigeants n'y sont, en r&#233;alit&#233;, nullement d&#233;cid&#233;s. &lt;br /&gt;
Le soul&#232;vement en masse occupant la capitale La Paz a mis &#224; bas le r&#233;gime en trois jours mais les organisations indiennes n'ont pas pris le pouvoir, incapables de l'enlever &#224; la bourgeoisie m&#234;me si ce pouvoir leur tombe entre les mains. Syndicalistes paysans et indig&#233;nistes, aussi r&#233;formistes les uns que les autres &#8211; les r&#233;formistes ont horreur du vide &#8230; du pouvoir - n'ont de cesse que de le remettre au colonel Lucio Guttierez, sous pr&#233;texte que celui-ci avait pris la t&#234;te de la mutinerie. Cette op&#233;ration s'est faite avec la b&#233;n&#233;diction de tous ses dirigeants, y compris ceux du PCMLE, mao&#239;ste. Aucune organisation indienne ne vise &#224; une r&#233;volution donnant le pouvoir aux masses exploit&#233;es. &lt;br /&gt;
Et, bien entendu, les dirigeants militaires qui acc&#232;dent au pouvoir font appel imm&#233;diatement aux politiciens qui sont les pires repr&#233;sentants de la bourgeoisie. Cela n'emp&#234;che pas ces leaders de mouvements paysans, indig&#233;nistes et associatifs (y compris les mao&#239;stes) de devenir ministres et de se discr&#233;diter au pouvoir comme des politiciens classiques. Ils seront bien embarrass&#233;s quand la lutte suivante d&#233;barrasse &#171; leur &#187; pr&#233;sident en 2005&#8230; Quant &#224; la bourgeoisie, elle poursuit ses pressions sur ce nouveau pouvoir comme elle l'avait fait avec les pr&#233;c&#233;dents. La bourgeoisie de Guayaquil organise un r&#233;f&#233;rendum d'autonomie de la province. &lt;br /&gt;
Ce dernier ayant trait&#233; de &#171; hors-la-loi &#187; les 5000 manifestants qui le conspuaient le 13 avril 2005 par un concert de casseroles devant son domicile, le mouvement d&#233;cidait de s'appeler lui-m&#234;me &#171; &lt;i&gt;la r&#233;bellion des hors-la-loi&lt;/i&gt; &#187;. Du 14 au 21 avril les masses &#233;quatoriennes exasp&#233;r&#233;es occupaient massivement la capitale Quito aux cris de &#171; &lt;i&gt;Lucio dehors ! Qu'ils s'en aillent tous !&lt;/i&gt; &#187; jusqu'&#224; ce que, devant son incapacit&#233; &#224; imposer l'&#233;tat d'urgence, le pr&#233;sident Lucio Guttierrez d&#233;missionne le 20 avril et, encercl&#233; par les manifestants, s'enfuie en h&#233;licopt&#232;re (troisi&#232;me pr&#233;sident &#224; chuter en huit ans &#8211; en 1997, 2000 et 2005) et donne le pouvoir au pr&#233;sident Alfredo Palacio. Lui aussi fait maintenant face &#224; la r&#233;volte qui a d&#233;but&#233; ao&#251;t 2005 avec l'occupation des puits de p&#233;trole et la gr&#232;ve. Lors du mouvement d'ao&#251;t 2005, d'autres responsables &#224; nouveau tomb&#233;s comme le ministre de la D&#233;fense, le ministre de l'Economie, le ministre de l'int&#233;rieur et le pr&#233;sident de Petroecuador. Ce dernier est tomb&#233; suite au blocage de la centrale p&#233;troli&#232;re &#233;quatorienne publique Petroecuador. Sous la pression de l'&#233;tat d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233; par le pr&#233;sident Alfredo Palacio et de l'intervention violente des forces de l'ordre (arrestations de leaders syndicalistes et nombreux occupants bless&#233;s) avec menace d'utilisation des armes, le pouvoir a obtenu &#171; une tr&#234;ve &#187; des dirigeants de la lutte.&lt;br /&gt;
En 2005, tout a commenc&#233; par le blocage de la capitale en avril 2005 par des masses mobilis&#233;es dans la rue qui a contraint le pr&#233;sident Lucio Guttierrez &#224; la d&#233;mission. La question agraire et la question nationale sont dans cette r&#233;gion loin d'&#234;tre r&#233;gl&#233;es en Equateur. La situation de la paysannerie est loin de s'am&#233;liorer. &lt;br /&gt;
Le parti Pachakutif li&#233; &#224; la Conaie a dirig&#233; le mouvement de 2003 et particip&#233; au gouvernement de Lucio Guttierrez qui a suivi la chute du pr&#233;sident Jamil Mahuad mais a perdu ensuite une grande partie de son prestige, et a &#233;t&#233; quasi absent de la mobilisation de 2005. &lt;br /&gt;
Et en ao&#251;t 2005, la bourgeoisie d'Equateur a &#233;t&#233; prise &#224; la gorge, le p&#233;trole &#233;quatorien ne sortant quasiment plus du pays. Les livraisons de brut aux USA &#233;tant compl&#232;tement interrompues par son cinqui&#232;me fournisseur mondial alors que ce dernier, principal b&#233;n&#233;ficiaire de l'exploitation ce p&#233;trole, est plus que jamais avide de ce p&#233;trole du fait de la p&#233;nurie mondiale. Selon la revue &#233;conomique Econoticias du 26 mars 2033 : &#171; &lt;i&gt;Pour l'exportation du gaz vers les USA, pour chaque dollar qui revient &#224; l'Etat et aux r&#233;gions, les entreprises &#233;trang&#232;res re&#231;oivent 20 dollars.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;
Le 14 ao&#251;t 2005, les habitants &#233;quatoriens de deux provinces p&#233;troli&#232;res les plus pauvres du Nord-Est du pays, Sucumbios et Orellana, ont coup&#233; les routes et occup&#233; deux a&#233;roports et 200 puits de p&#233;trole. Ils ont &#233;t&#233; suivis &#224; partir du 15 ao&#251;t par la gr&#232;ve des salari&#233;s du p&#233;trole, bloquant la production et la livraison et exigeant que l'Etat ren&#233;gocie les contrats de vente du p&#233;trole avec les compagnies p&#233;troli&#232;res. Pendant douze jours &#224; partir du lundi 15 ao&#251;t les habitants et salari&#233;s de deux provinces d'Amazonie ont maintenu le blocage des puits malgr&#233; les agressions des forces de r&#233;pression et &#224; l'&#233;tat d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233; par le gouvernement. La gr&#232;ve a &#233;t&#233; tr&#232;s importante : la production p&#233;troli&#232;re &#233;quatorienne a chut&#233; de 200.000 &#224; 10.000 barils/jour. Les gr&#233;vistes et les habitants revendiquaient notamment que l'argent revienne d'avantage aux r&#233;gions, qu'il cr&#233;&#233;e des emplois, permette de faire fonctionner les services publics et de construire 200 km de routes et autres infrastructures. Les manifestants scandaient &#171; &lt;i&gt;des routes et des emplois&lt;/i&gt; &#187; et r&#233;clamaient que l'Etat ren&#233;gocie avec les compagnies car les parts du butin de ces brigands sont incroyables. Ils s'attaquent aux trusts multinationaux qui pillent le p&#233;trole &#233;quatorien et en particulier au trust Occidental Petroleum (Oxy). Cette entreprise am&#233;ricaine est r&#233;guli&#232;rement d&#233;sign&#233;e du doigt car elle paie 12 dollars le baril alors que celui-ci est vendu sur le march&#233; au prix moyen de 60 dollars ! Cela donne une petite id&#233;e de la rapine exerc&#233;e par ces compagnies&#8230; Ces mouvements exigent que les richesses profitent d'abord aux populations. La question de la r&#233;quisition sans indemnit&#233; des hydrocarbures par le mouvement populaire est au centre d'un ensemble de revendications concernant le d&#233;veloppement &#233;conomique, la d&#233;fense des services publics, la d&#233;fense des travailleurs et des peuples ainsi que les revendications d&#233;mocratiques (r&#233;forme agraire, question indienne, &#8230;). L'Equateur est le 5e plus grand producteur de p&#233;trole en Am&#233;rique latine, avec une production de 541 000 barils de brut par jour, dont 201 000 provient de la soci&#233;t&#233; d'Etat PetroEcuador et le reste des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res. Le p&#233;trole est le principal produit export&#233; de l'Equateur et a rapport&#233; 3,9 milliards de dollars en 2004 mais la population n'en a pas vu un centime. En Equateur, en 1999 plus de 60% de ses 12 millions d'habitants vivaient en dessous du seuil de pauvret&#233; et le ch&#244;mage d&#233;passe 50% alors que les ressources en p&#233;trole, surexploit&#233;es, menacent de s'&#233;puiser. &lt;br /&gt;
Le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 23 ao&#251;t &#233;crit &#171; &lt;i&gt;Les habitants de ces r&#233;gions p&#233;troli&#232;res se sentent des laiss&#233;s-pour-compte de l'exploitation de l'or noir qui fournit le quart du PIB du pays mais les maintient dans la mis&#232;re &#187;. &lt;/i&gt;Est particuli&#232;rement en cause la relation avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dont l'Equateur est le cinqui&#232;me fournisseur en p&#233;trole brut. Volant au secours de la dictature &#233;quatorienne le pr&#233;sident Chavez du Venezuela, tout en pr&#233;tendant &#171; &lt;i&gt;ne pas vouloir s'immiscer dans leurs probl&#232;mes int&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#187; a annonc&#233; qu'il pr&#234;tait gratuitement le p&#233;trole v&#233;n&#233;zuelien (660.000 barils de brut) pour &#233;viter &#224; l'Equateur une rupture dans ses engagements commerciaux. Voil&#224; comment Chavez pr&#233;tend combattre l'imp&#233;rialisme, les multinationales et lutter aux c&#244;t&#233;s des peuples d'Am&#233;rique latine ! Il faut dire que la revendication de renationalisation des hydrocarbures g&#232;ne Chavez au moment o&#249; il permet la cr&#233;ation d'entreprises 100% priv&#233;es exploitant le gaz v&#233;n&#233;zuelien&#8230; Pour arr&#234;ter la gr&#232;ve et l'occupation des puits, le pr&#233;sident Alfredo Palacio a fait donner l'arm&#233;e, d&#233;cr&#233;t&#233; l'&#233;tat d'urgence et, charg&#233; violemment ceux qui occupaient les puits blessant des centaines de travailleurs, fait de nombreuses arrestations, Les manifestants et les gr&#233;vistes n'ont pas c&#233;d&#233; &#224; l'&#233;tat d'urgence. Le gouvernement n'a repris le contr&#244;le le 18 ao&#251;t qu'apr&#232;s avoir annonc&#233; qu'il donnerait l'ordre aux soldats de tirer. ainsi qu'il est parvenu &#224; mettre en place son simulacre de n&#233;gociation avec l'aide des responsables des provinces qui avaient particip&#233; au mouvement, sans pouvoir pour autant faire reprendre la production et la livraison de p&#233;trole. L'ol&#233;oduc est dynamit&#233;, les pompes et installations p&#233;troli&#232;res endommag&#233;es et les locaux des compagnies p&#233;troli&#232;res d&#233;vast&#233;es. Et surtout, les travailleurs de ces compagnies n'ont pas l'intention de se laisser tromper en reprenant le travail en &#233;change de paroles&#8230; Les manifestants &#233;quatoriens ont seulement obtenu que soient transf&#233;r&#233;s aux autorit&#233;s locales une partie des imp&#244;ts pay&#233;s par les compagnies p&#233;troli&#232;res et un engagement de celles-ci de d&#233;velopper les infrastructures r&#233;gionales. Autrement dit, une miette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles perspective ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;L'&#233;nonc&#233; de cette s&#233;rie de batailles sans v&#233;ritable victoire pour les travailleurs peut sembler d&#233;courageante. Cela fait six ans que la r&#233;volte gronde en Bolivie et en Equateur, avec toute une s&#233;rie de mobilisations contre la mis&#232;re, contre les gouvernements successifs, contre l'imp&#233;rialisme et contre la classe dirigeante qui lui est li&#233;e. Six ans que les travailleurs relancent la lutte, redonnent du poids &#224; leurs organisations discr&#233;dit&#233;es par les compromissions de leurs dirigeants, font reculer les classes dirigeantes et tomber les gouvernants. Et six ans que les directions, syndicales et politiques des masses ouvri&#232;res, indiennes et paysannes sauvent les classes dirigeantes, en se contentant de changements de gouvernements, en lanternant les travailleurs et en d&#233;voyant leur lutte. Les dirigeants r&#233;formistes des mouvements &#233;quatorien et bolivien se sont r&#233;v&#233;l&#233;s Et une fois encore en 2005, les classes dirigeantes s'en tirent &#224; bon compte, en changeant simplement de pr&#233;sident et de promesses mensong&#232;res, en organisant de nouvelles alliances politiciennes en vue de nouveaux pi&#232;ges &#233;lectoraux. Avec l'aide conciliatrice de l'Eglise et des &#233;lus locaux, gr&#226;ce &#224; la politique r&#233;formistes des leaders paysans, indiens mais aussi syndicalistes, le mouvement est &#171; suspendu &#187; la lutte en &#233;change de quelques concessions, dont un partage des revenus des hydrocarbures plus favorable aux pays d'origine et dans l'attente de l'issue d'une consultation &#233;lectorale, comme si celles-ci pouvaient r&#233;soudre de tels probl&#232;mes. &lt;br /&gt;
Au vu des efforts, des sacrifices consentis, les r&#233;sultats semblent relativement minimes. Ce serait faire le bilan un peu vite. On s'attendrait &#224; ce que les travailleurs soient gagn&#233;s par le d&#233;couragement et cela ne semble pas &#234;tre le cas. Au contraire m&#234;me, dans ces deux pays, de 2000 &#224; 2003 et de 2003 &#224; 2005, la participation de la classe ouvri&#232;re, le caract&#232;re massif de sa mobilisation n'a cess&#233; de cro&#238;tre, de nouvelles g&#233;n&#233;rations de travailleurs et de militants se forment gr&#226;ce &#224; ces exp&#233;riences nouvelles. La classe ouvri&#232;re revient de loin en termes de mobilisation et d'organisation. Dans les ann&#233;es 90 elle atteint le fond et elle semble en train de se redresser. Une partie de la bourgeoisie, de ses hommes politiques et y compris l'imp&#233;rialisme US, semblent avoir per&#231;u le danger et, dans les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, ont fait pression pour &#233;viter un affrontement d&#233;cisif. Cela r&#233;v&#232;le que le rapport des forces commence peut-&#234;tre &#224; devenir favorable aux travailleurs. Cependant l'affrontement ne peut &#234;tre &#233;ternellement diff&#233;r&#233;. Cette situation de match nul est inacceptable pour les deux camps, d'un c&#244;t&#233; les travailleurs qui subissent une crise &#233;conomique de plus en plus catastrophique et de l'autre une fraction de la bourgeoisie li&#233;e l'agro-business (de Guayaquil comme de Santa Cruz) et une partie de l'appareil militaire, qui r&#234;ve d'en d&#233;coudre. Tiraill&#233;s entre ces violentes forces adverses, les r&#233;gimes tentent de r&#233;soudre une &#233;quation impossible puis tombent. Dans ces conditions, ce qui menace les travailleurs dans un premier temps, ce n'est pas seulement les r&#233;actionnaires de Santa Cruz qui peuvent difficilement jeter de l'huile sur le feu pour le moment. Ce n'est pas encore la dictature militaire r&#233;actionnaire qui menace. Ce serait plut&#244;t le risque que le mouvement populaire soit d&#233;voy&#233;, divis&#233; ou tromp&#233; par la d&#233;magogie de militaires radicaux et nationalistes, d&#233;fendant un discours &#224; la Chavez ou par les illusions r&#233;formistes sem&#233;es par des leaders r&#233;formistes comme Evo Morales. &lt;br /&gt;
Il n'y a pas de solution r&#233;formiste, pas de politique de la bourgeoisie qui puisse satisfaire les travailleurs, pas d'arrangement possible. Un des camps doit triompher de mani&#232;re d&#233;cisive. Pour ne pas en rester aux &#171; solutions &#187; trompeuses du pass&#233;, la classe ouvri&#232;re doit d&#233;velopper sa propre politique. Il ne s'agit pas seulement qu'elle soit l'aile marchante de la mobilisation de toutes les couches sociales opprim&#233;es. Il faut aussi qu'elle soit organis&#233;e en tant que classe, c'est-&#224;-dire de mani&#232;re ind&#233;pendante. Aucune assembl&#233;e populaire ne peut remplacer la formation de comit&#233;s dans les quartiers mais aussi et surtout dans les usines, les mines, les puits de p&#233;trole ou les bureaux. Il faut non seulement que cette classe revendique pour elle-m&#234;me mais mette en avant des revendications de tous les opprim&#233;s (la r&#233;forme agraire, les droits des Indiens, le contr&#244;le des richesses par la population) mais il faut surtout qu'elle fasse de ses comit&#233;s de mobilisation des embryons d'un nouveau pouvoir. Un pouvoir par lequel les travailleurs contr&#244;leront que les richesses ne soient pas &#224; nouveau vol&#233;es par les classes dirigeantes et s'en assureront les armes &#224; la main. Sans ces comit&#233;s, et sans cette volont&#233; qui va avec de tout contr&#244;ler, dire que les hydrocarbures appartiendront au peuple tout entier ne peut qu'&#234;tre un mot creux. &lt;br /&gt;
Sur la question des hydrocarbures, revendication qui unifie la lutte, comme sur toutes les autres questions, ls travailleurs doivent avoir des objectifs propres qui les distinguent des directions r&#233;formistes bourgeoises et petites bourgeoises. La nationalisation ne suffit pas, m&#234;me si elle est assortie de l'absence d'indemnisation. La bourgeoisie imp&#233;rialiste a mille moyens de se faire indemniser&#8230; L'Etat bourgeois sait parfaitement comment mettre une nationalisation au service des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie. Car le probl&#232;me provient de la nation, de l'Etat, qui est &#224; leur service. Notre objectif doit &#234;tre la socialisation des richesses et non seulement leur nationalisation. Cela suppose que les travailleurs organisent eux-m&#234;mes le contr&#244;le de la production, de la distribution des hydrocarbures mais aussi de toute l'&#233;conomie. En somme, il n'y a pas d'autre alternative &#224; la dictature de la bourgeoisie que celle du prol&#233;tariat en armes et exer&#231;ant par lui-m&#234;me le pouvoir. Mettre seulement en avant des aspirations g&#233;n&#233;rales d&#233;mocratiques, c'est noyer les travailleurs dans la masse des opprim&#233;s des campagnes. C'est risquer qu'&#224; nouveau, les revendications de la r&#233;volte, y compris celles des paysans et des Indiens, soient renvoy&#233;es aux calendes grecques, ou plut&#244;t boliviennes et &#233;quatoriennes ! Toute autre perspective serait illusoire et, du coup, criminelle car elle d&#233;sarmerait les travailleurs et boucherait la voie de la lutte, la livrant finalement &#224; une d&#233;faite certaine et mortelle. La r&#233;volution de 1952 comme les multiples exp&#233;riences de luttes des travailleurs des villes et des champs de Bolivie comme d'Equateur m&#233;ritent qu'on en tire les le&#231;ons. Pr&#233;parer la mise en place d'une telle politique, c'est construire une nouvelle direction r&#233;volutionnaire, celle dont les travailleurs ont aujourd'hui un urgent besoin. &lt;br /&gt;
En Equateur comme en Bolivie, les travailleurs sont devant des &#233;ch&#233;ances d&#233;terminantes pour leur avenir. Tout d&#233;pendra de la politique que m&#232;neront leurs organisations. Dans ces conditions, le r&#233;formisme n'est pas seulement une erreur mais un crime. Du moment que se pose la question du pouvoir, le plus radical des r&#233;formistes n'est qu'un mod&#233;r&#233; quand ce n'est pas un tra&#238;tre Pour l'ensemble du continent latino-am&#233;ricain en crise et en r&#233;volte, ces deux mouvements vont jouer un r&#244;le fondamental pour l'avenir. Les groupes trotskystes boliviens et &#233;quatoriens sont encore des petits groupes mais en p&#233;riode de crise les semaines et m&#234;me parfois les jours comptent comme des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien syndicaliste Lula &#224; la pr&#233;sidence du Br&#233;sil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une grande partie de la presse fran&#231;aise, la venue de Lula au pouvoir au Br&#233;sil est une victoire de la d&#233;mocratie, de la gauche et m&#234;me des travailleurs. Selon l'Humanit&#233;, &#8220; un vent d'espoir souffle sur l'Am&#233;rique latine &#8221;. Elu pr&#233;sident au deuxi&#232;me tour avec plus de 61% des voix, l'ancien ouvrier m&#233;tallurgiste, dirigeant du Parti des Travailleurs, suscite il est vrai &#233;norm&#233;ment d'espoirs de la part des travailleurs, des ch&#244;meurs, des paysans pauvres et m&#234;me de la petite bourgeoisie. Des millions de Br&#233;siliens ont attendu plus de sept heures dans d'immenses queues sous quarante degr&#233;s de temp&#233;rature et dans une ambiance survolt&#233;e pour voter Lula. Les manifestations populaires lors de sa victoire &#233;lectorale ont illustr&#233; combien les petites gens veulent croire qu'il va les sauver, &#224; un moment o&#249; le pays est frapp&#233; par une crise sans pr&#233;c&#233;dent, au bord de la catastrophe &#233;conomique et sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit de l'image de syndicaliste et d'homme politique d'une gauche radicale qu'il s'est forg&#233;e depuis longtemps, Lula arrive au pouvoir ouvertement pour aider la classe dirigeante &#224; r&#233;soudre ses probl&#232;mes et pas du tout pour r&#233;soudre ceux des exploit&#233;s, des opprim&#233;s et des pauvres. Apr&#232;s le r&#233;sultat du premier tour, une repr&#233;sentante du PT expliquait sur la radio fran&#231;aise RFI que Lula allait avoir une lourde t&#226;che pour faire accepter les sacrifices mais qu'il avait une grande capacit&#233; de dialogue&#8230; Cela signifie qu'il va mettre au service des patrons toutes ses possibilit&#233;s au sein des mouvements populaires : dans le Parti des Travailleurs (PT) mais aussi dans le syndicat CUT ou dans le Mouvement des Sans Terre (MST). Lula appelle &#8220; tous les entrepreneurs, tous les syndicalistes, tous les ouvriers et tous les paysans &#224; construire le pays. &#8221; Et comme il l'a dit lui-m&#234;me, &#8220; la partie la plus difficile commence maintenant &#8221; car rien ne dit que les travailleurs, les ch&#244;meurs et les paysans pauvres se laisseront faire. Le Journal du Dimanche &#233;crit : &#8220; Une fois Lula au pouvoir, des dizaines de millions de Br&#233;siliens exigeront une politique de gauche et feront pression pour que leur nouveau pr&#233;sident tienne ses promesses. &#8221; Vrai ou pas, en tous cas la partie qui va se jouer pourrait &#234;tre d'autant plus difficile que la contradiction est brutale entre les espoirs soulev&#233;s et la politique que Lula va mener au pouvoir. Rien ne permet cependant encore d'affirmer si sa mise en &#339;uvre va soulever la col&#232;re et entra&#238;ner dans la lutte les plus d&#233;munis ou au contraire susciter le d&#233;couragement des classes populaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est certain en revanche, c'est que les travailleurs br&#233;siliens et tous les exploit&#233;s vont, plus que jamais, avoir besoin d'une organisation qui leur apporte une claire compr&#233;hension de la situation, leur trace des perspectives de lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de cr&#233;neau pour une politique social-d&#233;mocrate r&#233;formiste&lt;br class='autobr' /&gt;
Lula n'a pas uniquement obtenu les suffrages des classes pauvres. Et dans la campagne &#233;lectorale il a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien &#233;vident d'industriels et de politiciens centristes ou r&#233;actionnaires. Si la bourgeoisie la plus riche de l'Am&#233;rique Latine a d&#251;, pour gouverner, faire appel au Parti des Travailleurs, qui est loin d'&#234;tre un parti bourgeois classique, ce n'est certainement pas parce qu'elle s'est convaincue d'ouvrir davantage la d&#233;mocratie au Br&#233;sil. Pas non plus de permettre aux travailleurs (ou m&#234;me seulement &#224; des syndicalistes) d'avoir une part du pouvoir. Cette bourgeoisie a une autre tradition : elle a eu plus souvent l'occasion de gouverner &#224; l'aide de la dictature militaire et par la r&#233;pression ouverte. Si elle est amen&#233;e &#224; recourir &#224; un parti d'origine aussi populaire &#8211; et m&#234;me prol&#233;tarienne &#8211; c'est parce qu'elle a besoin de tout le cr&#233;dit de celui-ci pour maintenir un relatif calme social dans le contexte de l'offensive contre les classes pauvres qu'elle entend mener. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les partis bourgeois br&#233;siliens ont us&#233; leur cr&#233;dit jusqu'&#224; la corde. Ils sont discr&#233;dit&#233;s par leurs mensonges, par leur corruption et par les sacrifices qu'ils ont impos&#233;s aux masses populaires sans parvenir &#224; relever l'&#233;conomie. Le dernier pr&#233;sident en date, Cardoso, s'est particuli&#232;rement illustr&#233; en la mati&#232;re, au nom de la lutte contre l'inflation. R&#233;sultat, la monnaie s'effondre dans des proportions impressionnantes : le dollar est pass&#233; de 1994 &#224; aujourd'hui de 1 &#224; 3,8 reals et la dette de 148 &#224; 235 milliards de dollars. Un milliard de dollars quittent le Br&#233;sil chaque semaine. La crise &#233;conomique sape les fondements de toute la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne. Les classes dirigeantes sont pr&#234;tes &#224; tout essayer pour s'en tirer en la faisant payer aux exploit&#233;s. L'&#233;conomie br&#233;silienne ne tient pour le moment que gr&#226;ce &#224; l'aide financi&#232;re massive du FMI (un nouveau pr&#234;t de 30 milliards de dollars !), mais la remise de 80 % du ch&#232;que est conditionn&#233;e par de nouveaux sacrifices que le gouvernement Lula s'est engag&#233; &#224; imposer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lula a sign&#233; les engagements &#224; l'&#233;gard du FMI et des financiers nationaux et internationaux qui saignent le pays, d&#233;clarant : &#8220; L'accord avec le FMI peut laisser le pays respirer &#8221;. En r&#233;alit&#233;, il s'est engag&#233; &#224; l'&#233;touffer pour faire en sorte que le budget de l'Etat serve essentiellement &#224; payer la dette, en augmentant les imp&#244;ts et en diminuant les d&#233;penses, c'est-&#224;-dire en s'attaquant aux services publics et aux budgets sociaux. Il va mener une politique anti-sociale, sans que rien n'assure pour autant que ce choix suffise &#224; &#233;viter au Br&#233;sil la m&#234;me &#233;volution catastrophique que son voisin l'Argentine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lula n'a pas cess&#233; de faire des gestes en direction du patronat br&#233;silien, de l'&#233;glise et de l'arm&#233;e pour convaincre la bourgeoisie qu'il est pr&#234;t &#224; mener la t&#226;che en question. Il a fait dispara&#238;tre toute r&#233;f&#233;rence au socialisme de son programme de gouvernement. Il a choisi comme vice-pr&#233;sident un grand patron du textile, Jos&#233; Alencar, pr&#233;sident de la conf&#233;d&#233;ration du patronat dans l'Etat de Minas G&#233;rais, lequel a soutenu le coup d'Etat militaire de 1964 et est li&#233; &#224; la secte maffieuse nomm&#233;e Eglise universelle du royaume de Dieu&#8230; Il a r&#233;colt&#233; des applaudissements de parterres de patrons en leur annon&#231;ant des baisses de charges et m&#234;me &#233;t&#233; acclam&#233; lors d'une assembl&#233;e des officiers sup&#233;rieurs de l'arm&#233;e &#224; laquelle il a fait de multiples promesses sonnantes et tr&#233;buchantes. Il promet aussi &#224; l'Eglise la suppression de ses imp&#244;ts. C'est ainsi qu'il obtenu au deuxi&#232;me tour sinon directement au premier, le soutien de plusieurs partis bourgeois et m&#234;me d'anciens chefs d'Etat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en m&#234;me temps qu'il se montrait responsable vis-&#224;-vis des int&#233;r&#234;ts capitalistes, Lula se devait quand m&#234;me de susciter quelques espoirs. Son programme &#233;conomique dans les derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles ne pr&#233;tend certainement pas s'attaquer &#224; la bourgeoisie, ni locale ni imp&#233;rialiste, mais Lula continue de laisser croire qu'il y aurait place au Br&#233;sil pour une politique r&#233;formiste au sein du syst&#232;me capitaliste. Il laisse entendre qu'avec l'aide de l'Etat, la bourgeoisie br&#233;silienne va se mettre &#224; investir dans la consommation populaire et, du coup, &#224; embaucher massivement. Il a promis la cr&#233;ation de milliers d'emplois, l'augmentation des salaires et la lutte contre la mis&#232;re. En r&#233;alit&#233;, son programme de restrictions des d&#233;penses de l'Etat, comme celui de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, ne m&#232;nera qu'&#224; des licenciements massifs de fonctionnaires et &#224; la d&#233;gradation des services publics. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'&#233;crit le journal les Echos : &#8220; Les milieux populaires attendront de lui des mesures sociales. Mais il y a fort &#224; parier que les efforts fiscaux qui seront demand&#233;s au pays devront d'abord financer les d&#233;ficits existants. Quelle marge restera-t-il alors pour convaincre le peuple qu'un v&#233;ritable changement a eu lieu ? &#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Soit Lula parvient &#224; faire accepter les sacrifices aux plus d&#233;munis en mettant au service de sa politique la centrale syndicale CUT et le MST, li&#233;s tous deux au PT, soit il n'y parvient pas et il usera de la r&#233;pression. Dans un cas comme l'autre il aura servi la bourgeoisie. A condition que les travailleurs veuillent bien se laisser faire&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;conomique et sociale ne laisse pas vraiment place au r&#233;formisme, moins que jamais pourrait-on dire. Les suppressions d'emplois et les baisses de salaires dans le secteur priv&#233; comme dans le public sont d&#233;j&#224; en &#339;uvre. En r&#233;duisant le budget, en licenciant et en baissant les salaires, il ne peut &#234;tre possible de relancer l'&#233;conomie br&#233;silienne par la consommation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les questions sociales explosives ne manquent pas d&#233;j&#224; dans ce pays o&#249; 1% de la population d&#233;tient 53% des richesses, o&#249; 34% des 174 millions d'habitants vivent avec moins de 30 euros par mois (chiffres cit&#233;s par l'Humanit&#233;). Cela se traduit d&#233;j&#224; par des confrontations permanentes. L'entretien des forces de l'ordre qui r&#233;priment les pauvres, celles de l'Etat, mobilise un budget consid&#233;rable. Sans compter les arm&#233;es priv&#233;es, les milices, les maffias, les bandes d'assassins des grands propri&#233;taires terriens et les gardes des quartiers riches (400 000 gardes priv&#233;s). Ces forces de r&#233;pression d&#233;tiennent d&#233;j&#224; un triste record mondial : celui du nombre d'enfants pauvres assassin&#233;s. Et les militants des sans terre, les syndicalistes ou les militants du PT, comme de nombreux ouvriers et paysans, ont &#233;t&#233; aussi la cible des tueurs. Ce n'est pas &#8220; le dialogue &#8221; de Lula qui &#233;vitera les confrontations entre grands propri&#233;taires et paysans sans terre, entre pauvres et gardes des quartiers riches ou des grands magasins. &lt;br class='autobr' /&gt;
A c&#244;t&#233; de la lutte des sans terre contre les grands propri&#233;taires (1% des propri&#233;taires d&#233;tiennent 44% des terres et les 40% des paysans les plus pauvres n'en poss&#232;dent que 1% ), s'ajoute la question des indig&#232;nes qui r&#233;clament la restitution des terres qui leur ont &#233;t&#233; vol&#233;es. En Amazonie, elle touche au sommet des forces arm&#233;es, o&#249; des hauts grad&#233;s sont directement int&#233;ress&#233;s &#224; l'exploitation de ces terres. Et Lula ne s'est jamais aventur&#233; sur ce terrain. Il sera contraint de prendre parti et l&#224; aussi des confrontations sanglantes sont possibles. Reste aussi la question de l'esclavage, encore employ&#233; par des grands propri&#233;taires terriens, en particulier dans les Etats de Para et de Mato Grosso. &lt;br class='autobr' /&gt;
Esclaves face aux exploiteurs esclavagistes, grands propri&#233;taires terriens face aux paysans sans terre, travailleurs face aux patrons, riches des beaux quartiers face aux pauvres des favelas, ce qui se pr&#233;pare ne ressemble pas au slogan &#8220; peace and love &#8221; de Lula ! En tout cas, les exploiteurs ne le laisseront certainement pas jouer les conciliateurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les patrons de l'industrie veulent modifier la l&#233;gislation du travail pour flexibiliser l'emploi, les horaires et les salaires. Ils veulent licencier, imposer des &#8220; d&#233;parts volontaires &#8221; et ils comptent sur Lula pour obtenir une caution syndicale. Les financiers internationaux veulent eux aussi des d&#233;cisions rapides en leur faveur et menacent sinon d'aggraver encore la chute de la monnaie, d'acc&#233;l&#233;rer la fuite des capitaux et la faillite du pays. Les USA entendent imposer leur politique &#233;conomique au Br&#233;sil et son entr&#233;e dans le march&#233; libre des Am&#233;riques, l'ALCA, dont le Br&#233;sil serait le principal fleuron. Dans tous les domaines, les classes dirigeantes comptent sur des d&#233;cisions qui doivent &#234;tre prises tr&#232;s rapidement. Lula ne pourra faire illusion bien longtemps. Enrique Iglesias, pr&#233;sident de la banque interam&#233;ricaine du d&#233;veloppement &#233;crivait dans Le Monde du 1er octobre 2002 : &#8220; Je connais Lula (..) et je crois qu'il va faire une politique s&#233;rieuse &#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti (dit) des travailleurs&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; en 1980, le PT a suscit&#233; des espoirs dans la population travailleuse et ch&#244;meuse ainsi que chez les paysans pauvres, parce qu'il a une origine bien diff&#233;rente des multiples partis de la bourgeoisie br&#233;silienne. C'est l'un des premiers partis ouvriers au monde et il organise politiquement la plupart des militants syndicalistes radicaux du pays. Il est n&#233; en se fondant essentiellement sur un courant militant au sein de la classe ouvri&#232;re br&#233;silienne, courant &#224; la fois syndicaliste, li&#233; &#224; la fraction &#8220; de gauche &#8221; de l'Eglise catholique (th&#233;ologie de la lib&#233;ration) et &#224; l'extr&#234;me-gauche (trotskyste, mao&#239;ste, castriste). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PT est n&#233; de l'industrialisation forc&#233;e, qui a vu le prol&#233;tariat br&#233;silien quadrupler, et se concentrer (6 millions d'ouvriers industriels &#224; Sao Paolo, au d&#233;but des ann&#233;es 80), et de la lutte contre la dictature militaire. Des centaines de milliers d'ouvriers m&#233;tallurgistes de la p&#233;riph&#233;rie de Sao Paulo, nomm&#233;e ABC, lancent une premi&#232;re vague de gr&#232;ves en 1978 alors que celles-ci sont encore interdites. Les travailleurs apparaissent alors comme la seule force capable de s'opposer au pouvoir militaire. Ceux de l'ABC sont dirig&#233;s par un syndicaliste, Lula. Un meeting gigantesque est alors organis&#233; dans un stade. Pour contraindre les travailleurs &#224; abandonner la gr&#232;ve, le pouvoir fait arr&#234;ter Lula et interdire le syndicat des m&#233;tallurgistes. Mais une campagne de soutien impose la lib&#233;ration de Lula. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but, Lula entend utiliser le cr&#233;dit que lui donne la direction des gr&#232;ves ouvri&#232;res. Il se tourne vers le parti de Fernando Henrique Cardoso (&#224; l'&#233;poque sociologue ex-stalinien et actuel pr&#233;sident). Lula est alors son porte-parole aux &#233;lections s&#233;natoriales ! Les militants syndicalistes, qui se battent contre la bureaucratie des syndicats officiels, corporatistes et li&#233;s au pouvoir (la CUT ne sera fond&#233;e qu'en 1983), ressentent la n&#233;cessit&#233; d'un relais politique et voudraient ne pas servir de marchepied &#224; des partis bourgeois. S'appuyant sur la mont&#233;e des gr&#232;ves, d&#232;s 1979 ils se sentent en mesure de fonder leur propre parti. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au XI&#176; congr&#232;s des m&#233;tallurgistes &#224; Lins (Sao Paulo) que l'id&#233;e d'un parti des travailleurs a gagn&#233; les c&#339;urs et les consciences, dans l'enthousiasme des gr&#232;ves des m&#233;tallurgistes de Sao Bernardo, apr&#232;s leur victoire contre les multinationales de l'automobile et contre les militaires au pouvoir. La fondation du PT rencontrera le soutien des oppositions syndicales li&#233;es &#224; l'Eglise. A l'&#233;poque l'&#233;glise br&#233;silienne marqu&#233;e par la &#8220; th&#233;ologie de la lib&#233;ration &#8221; n'a pas encore &#233;t&#233; remise au pas par le pape. Le PT b&#233;n&#233;ficiera &#233;galement de l'appui des militants r&#233;volutionnaires, en particulier des trotskystes. Sa cr&#233;ation va surtout se heurter &#224; l'hostilit&#233; des syndicalistes li&#233;s aux partis staliniens et sociaux-d&#233;mocrates. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but, le PT est un parti &#224; direction tr&#232;s ouvri&#232;re. Les m&#233;tallurgistes y sont nombreux. Entre 1979 et 1981, la moiti&#233; des membres des commissions sont des syndicalistes. Mais cela va changer : en 1988, sur 20 dirigeants il ne reste plus que 5 travailleurs, et qui ne travaillent plus depuis longtemps pour la plupart. &lt;br class='autobr' /&gt;
La transformation du PT est progressive et suit deux &#233;tapes fondamentales : l'arr&#234;t de l'organisation des travailleurs au niveau de l'entreprise, et l'ancrage et la participation aux structures municipales puis f&#233;d&#233;rales. Ainsi jusqu'en 1983, le PT organise les travailleurs dans des &#8220;noyaux&#8221; par entreprises et convoque des r&#233;unions inter-entreprises nationales et locales. A c&#244;t&#233; d'une organisation par branches (imprimerie, m&#233;tallurgie, poste, travailleurs des Banques), existait de forts noyaux dans des entreprises de construction m&#233;canique comme Caterpillar, Monark, Volkswagen ou Mercedes. En 1983, avec la fondation du syndicat CUT, le tournant est pris et cette forme d'organisation politique d&#233;clinera. La participation &#224; l'organisation syndicale et &#224; la gestion, municipale ou f&#233;d&#233;rale, &#8220; professionnalise &#8221; la direction du PT : en 1997, 60% des d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Rencontre Nationale sont des permanents (18% des parlementaires, 13% des conseillers municipaux, 8% des fonctionnaires &#224; plein temps du pouvoir f&#233;d&#233;ral, 6% des permanents du PT, 2% des permanents de diverses tendances du PT, 9% des permanents du mouvement social...). &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la V&#176; Rencontre Nationale en 1987, le PT va pratiquer un recentrage politique en pr&#244;nant ouvertement une &#8220; alliance entre classes &#8221; qui va s'accompagner d'un tournant vers les classes moyennes et aussi d'un accroissement au sein du parti du poids des &#233;lus aux diff&#233;rents niveaux des institutions et d'un affaiblissement de celui des syndicalistes. La CUT se recentre &#233;galement. Progressivement elle devient majoritaire &#8211; la CGT l'est encore en 1988 &#8211; et adopte des statuts interdisant les listes issues de la base, g&#234;nantes pour la direction, permettant ainsi &#224; cette derni&#232;re de faire dispara&#238;tre des oppositionnels des listes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En France, Lula a &#233;t&#233; souvent pr&#233;sent&#233; comme une garantie du caract&#232;re prol&#233;tarien du PT, un dirigeant d'une &#8220; gauche radicale &#8221; si ce n'est d'une esp&#232;ce d'extr&#234;me gauche, m&#234;me si les commentateurs ont petit &#224; petit reconnu que le radicalisme de Lula devenait de plus en plus light. Mais il n'est pas r&#233;ellement du c&#244;t&#233; des travailleurs depuis belle lurette, et il ne s'est jamais pr&#233;tendu ni r&#233;volutionnaire ni communiste. Lula s'est par exemple illustr&#233; en refusant de s'associer aux manifestations populaires de 1992, lorsqu'accusant le pr&#233;sident Collor de corruption, la population occupait les rues. Il avait alors exclu de son parti les militants qui lui avaient d&#233;sob&#233;i en participant &#224; la mobilisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans de nombreuses luttes, les militants du PT m&#232;nent dans la centrale syndicale CUT une politique de conciliation avec la bourgeoisie, signant des accords contraires aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Ce fut flagrant lors de plusieurs conflits dans l'automobile. Pour se faire passer pour un syndicat &#8220; constructif &#8221;, la CUT a aussi sign&#233; un projet commun avec la F&#233;d&#233;ration des patrons de l'Etat de Sao Paolo sur la r&#233;forme des retraites. La CUT a &#233;galement mis de l'eau dans son vin lors des n&#233;gociations sur une r&#233;forme de la s&#233;curit&#233; sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est arriv&#233; au PT et &#224; Lula de se d&#233;solidariser de luttes men&#233;es par ses militants au sein de la CUT. Ainsi, quelques semaines avant l'&#233;lection de 1994, les employ&#233;s de banque, les travailleurs de P&#233;trobras et les m&#233;tallurgistes de Grand Sao Paulo ont d&#233;bray&#233; &#224; l'appel de la CUT pour d&#233;noncer les pertes de salaire li&#233;es &#224; la politique dite anti-inflation du gouvernement Cardoso (le plan R&#233;al). Pour Lula : &#8220; le moment est mal choisi &#8221;. Il se refusait, m&#234;me en paroles, &#224; combattre le plan R&#233;al consid&#233;rant qu'il n'&#233;tait pas la seule propri&#233;t&#233; de Cardoso et qu'il ne fallait pas rompre avec les classes moyennes. Pour lui, il ne fallait rien faire qui puisse g&#234;ner son &#233;lection, car une fois &#233;lu, il saura comment lutter contre les baisses de salaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224; en 1994, Lula commen&#231;ait &#224; prendre ses distances vis-&#224;-vis du mouvement des paysans sans terre, le MST, pourtant largement dirig&#233; par les militants de son parti : &#8220; Cela n'avancerait &#224; rien d'exproprier des terres si c'est pour que d'autres continuent &#224; les maintenir improductives. Notre priorit&#233; n'est pas par cons&#233;quent la r&#233;forme agraire. Notre priorit&#233; c'est l'agriculture br&#233;silienne. Nous avons en t&#234;te de transformer le Br&#233;sil en puissance agricole. &#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1998, Lula se tient &#224; l'&#233;cart du d&#233;bat sur la privatisation de l'entreprise de t&#233;l&#233;communication nationale Telebras sous pr&#233;texte qu'il doit se centrer sur la campagne pr&#233;sidentielle qui va suivre. Le militantisme en prend un coup au PT comme &#224; la CUT, mais les succ&#232;s &#233;lectoraux semblent lui donner raison. En 2000, vingt-cinq millions de Br&#233;siliens vivaient dans une ville g&#233;r&#233;e par le PT. Cela signifiait une implantation dans la population mais aussi un d&#233;veloppement du client&#233;lisme du PT. Et avec 2485 &#233;lus (contre 1800 en 1996), une ind&#233;pendance du parti encore accrue vis-&#224;-vis de sa fraction ouvri&#232;re. Et ces municipalit&#233;s g&#232;rent la mis&#232;re parfois aussi durement que la droite comme le montraient le licenciement des 549 fonctionnaires en 1997 par le maire PT de Santo Andr&#233;, ou les augmentations des tarifs des transports impos&#233;es par le pr&#233;fet PT de Sao Paulo, Marta Suplicy, ou encore l'assassinat de dirigeants des sans terre par la police de l'Etat du Mato Grosso do Sul, dont le gouverneur &#233;tait Zeca du PT.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2001, le PT retire le moratoire sur la dette de son programme &#233;lectoral (une revendication pourtant bien loin d'un refus de reconnaissance des dettes de la classe dirigeante au profit de la finance internationale).&lt;br class='autobr' /&gt;
Lula d&#233;clare m&#234;me au cours de la campagne pr&#233;sidentielle que son parti doit &#234;tre &#233;tiquet&#233; &#8220; plut&#244;t centre-gauche &#8221;. Le pr&#233;sident du parti, Jose Dirceu, le qualifie lui de &#8220; parti du centre &#8221;. Dans sa pr&#233;sentation aux m&#233;dias en tant que pr&#233;sidentiable, Lula affirme : &#8220; J'ai conscience que ce fut tr&#232;s important pour le PT d'afficher la radicalit&#233; qu'il avait (l'imparfait est de Lula) pour pouvoir trouver sa place dans l'&#233;chiquier politique &#8221;. Maintenant que cette place est trouv&#233;e, il peut jeter aux orties sa &#8220; radicalit&#233; &#8221;&#8230; Il annonce d&#233;j&#224; qu'il combattra les prochaines occupations de terre en utilisant la violence. Si certains se rassurent en pensant que c'est seulement une astuce &#233;lectorale, ils risquent d'&#234;tre vite &#233;difi&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s maintenant une fraction du PT, de la CUT, du MST et de tout le mouvement populaire conteste Lula et lui reproche de se vendre &#224; la bourgeoisie. Le journal fran&#231;ais Lib&#233;ration ironise sur cette &#8220; gauche de la gauche qui d&#233;j&#224; grimace de devoir ingurgiter le Lula light qui annonce aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire, coop&#233;ration avec le FMI et dialogue avec les Etats-Unis. Mais rien n'est jamais acquis en politique. Les atouts de Lula, outre sa popularit&#233;, ne sont pas n&#233;gligeables. &#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
Effectivement rien n'est acquis pour Lula car, s'il dispose d'un poids important dans les organisations de travailleurs, les atouts de l'extr&#234;me gauche ne sont pas non plus n&#233;gligeables. Que ce soit &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; l'ext&#233;rieur du PT, comme dans le mouvement syndical o&#249; le PC do Brazil repr&#233;sente 40% de la CUT, et le PSTU 10%.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tendances &#8220; de gauche &#8221; au sein du PT &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PT a jusqu'&#224; quatorze courants en son sein parmi lesquels plusieurs sont d'extr&#234;me-gauche et notamment quatre tendances trotskystes : O Trabalho (courant lambertiste), Socialismo revolucionario, Democracia socialista (li&#233;e au Secr&#233;tariat Unifi&#233; auquel appartient en France la LCR), Corriente socialista dos trabalhadores (courant mor&#233;niste). Ce qu'il est convenu d'appeler &#8220; la gauche du PT &#8221; comprend &#233;galement d'autres tendances : For&#231;a socialista (de gauche dite radicale), Articula&#231;ao da esquerda (scission &#224; gauche du courant majoritaire), Movimiento por un tendencia marxista (se dit communiste), Movimiento pela reafirma&#231;ao do socialismo (se dit socialiste)&#8230; Bien que divis&#233;e en de multiples tendances, la &#8220; gauche &#8221; du PT repr&#233;sente une fraction importante des militants et des votes mais ce n'est pas elle qui dirige ni influence r&#233;ellement la politique du PT et encore moins celle de Lula.&lt;br class='autobr' /&gt;
Articula&#231;ao da esquerda (Articulation de gauche)&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#8220; gauche du PT &#8221;, scission de la tendance majoritaire, n'est pas r&#233;volutionnaire mais elle a &#233;t&#233; heurt&#233;e sur plusieurs points par les d&#233;cisions de Lula et en particulier par ses alliances, localement, r&#233;gionalement ou m&#234;me nationalement. C'est la tendance qui a g&#233;r&#233; l'Etat de Rio Grande do Sul en collaboration avec la tendance d'extr&#234;me gauche Democracia Socialista. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans trop s'opposer &#224; la majorit&#233;, cette &#8220; gauche du PT &#8221; a connu d'importants succ&#232;s &#233;lectoraux &#224; la chambre f&#233;d&#233;rale de d&#233;put&#233;s. Si elle n'a critiqu&#233; la direction du PT que de fa&#231;on tr&#232;s mod&#233;r&#233;e, elle s'est montr&#233;e plus virulente vis-&#224;-vis des tendances trotskystes ext&#233;rieures au PT, et notamment vis-&#224;-vis de Ze Maria candidat du PSTU, &#8220; coupables &#8221; d'emp&#234;cher l'&#233;lection de Lula au premier tour. Ses militants risquent cependant de ne pas appr&#233;cier toutes les couleuvres que Lula au pouvoir voudra leur faire avaler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bloco da esquerda (Bloc de gauche)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce regroupement de plusieurs tendances locales ou nationales (Refazendo, Forum socialista et For&#231;a socialista), se voulant plus &#224; gauche que la direction du PT et que l'Articula&#231;ao da Esquerda, a connu un important accroissement &#233;lectoral. Issue de courants d'extr&#234;me-gauche, elle justifie par des consid&#233;rations tactiques un soutien tr&#232;s peu critique vis-&#224;-vis de la direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
O Travalho (Le travailleur)&lt;br class='autobr' /&gt;
La tendance OT, issue du groupe trotskyste OSI (Organisation Socialiste Internationale du courant lambertiste li&#233; &#224; l'OCI fran&#231;aise), est pass&#233;e d'une critique radicale de la direction du PT, trait&#233;e de direction bourgeoise, &#224; un alignement complet sur cette direction. Apr&#232;s avoir d&#233;nonc&#233; la cr&#233;ation du PT comme une man&#339;uvre de la dictature militaire, puisque la contestation syndicale avait &#233;merg&#233; des organisations corporatistes &#224; la fin des ann&#233;es 70, ce courant s'est rapidement converti en accomplissant un virage &#224; 180&#176;. La tendance Lambert au sein du PT s'est mise &#224; cultiver l'id&#233;e qu'il fallait se contenter de soutenir la majorit&#233; au sein du PT. Cela a surtout eu comme cons&#233;quence l'entr&#233;e d'un grand nombre de militants et de dirigeants de cette tendance dans la majorit&#233; qui soutient Lula. Apr&#232;s son auto-dissolution en 1987 et l'entr&#233;e d'un grand nombre de militants et de la majorit&#233; des dirigeants de cette tendance dans celle de Lula, une minorit&#233; de la direction s'est maintenue en tendance. Puis l'OT a consid&#233;r&#233; que la tendance majoritaire (Articula&#231;ao) avait effectu&#233; un tournant &#224; droite et elle a entam&#233; en cons&#233;quence une nouvelle politique &#224;l'int&#233;rieurdu PT, s'unissant ainsi avec les autres tendances issues de l'extr&#234;me gauche pour combattre les choix de la direction. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1992, OT a soutenu les militants favorables &#224; la mobilisation populaire contre le pr&#233;sident Collor et vot&#233; contre l'exclusion du PT de la tendance Convergence Socialiste accus&#233;e d'avoir rompu la discipline sur cette question. Si ce courant a eu dans le pass&#233; des &#233;lus, y compris un s&#233;nateur et des conseillers municipaux et f&#233;d&#233;raux, et conserve un poids dans certains syndicats, elle n'a pas men&#233; &#224; ce jour de vrai combat contre la direction majoritaire. L'essentiel de sa propagande au cours de l'&#233;lection s'est faite pour le soutien sans faille &#224; Lula, et avec en parall&#232;le une discr&#232;te campagne contre l'ALCA et la proposition de quelques revendications que Lula &#8220;devrait reprendre&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Corriente socialista dos trabalhadores (Courant Socialiste des Travailleurs)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce courant est issu d'une scission de la tendance mor&#233;niste Convergence Socialiste exclue en 1992. La majorit&#233; de ce courant est li&#233;e au groupe trotskyste argentin MST (d'origine mor&#233;niste) et la minorit&#233; au groupe fran&#231;ais La Commune. Ils sont oppos&#233;s &#224; une critique publique de la politique de Lula. Ils ont une certaine influence locale et deux d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;mocracia socialista (D&#233;mocratie Socialiste) &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la plus importante tendance d'extr&#234;me gauche rest&#233;e au sein du PT apr&#232;s les exclusions de tendances trotskystes en 1992 et 1994. Poss&#233;dant un grand nombre de dirigeants, appr&#233;ci&#233;s semble-t-il au sein du PT &#8211; comme Raul Pont (qui a &#233;t&#233; le second candidat &#224; la pr&#233;sidence du parti avec 17,53% des voix en 2001) et Heloisa Helena &#8211; la DS est une tendance qui se revendique de la IV&#232;me internationale (secr&#233;tariat unifi&#233;). Elle se pr&#233;sente comme la tendance anti-mondialisation la plus active dans le &#8220; forum social &#8221; de Porto Alegre, ville dont elle a longtemps dirig&#233; la mairie. &lt;br class='autobr' /&gt;
DS a entretenu l'illusion que le PT allait permettre de construire un parti r&#233;volutionnaire. Jao Machado &#233;crivait en juillet 1992 dans la revue Em Tempo : &#8220; En 1988, nous consid&#233;rions que le projet de construction du PT comme un parti r&#233;volutionnaire &#233;tait majoritaire dans la direction. &#8221; Puis, en maintenant que le PT &#233;tait &#8220; un parti de classe et socialiste qui invente une voie non sectaire pour la question du parti prol&#233;tarien &#8221;, elle avan&#231;ait que la minorit&#233; de gauche donnerait une perspective r&#233;volutionnaire au parti. Em Tempo de septembre 1981 affirmait m&#234;me que &#8220; la politique adopt&#233;e par les marxistes au sein du PT que l'on dit &#8216;&#8216;peu orthodoxe'', peu coh&#233;rente dans la tradition marxiste, fut d&#233;fendue&#8230; par Marx lui-m&#234;me (et Engels) &#8221;. Pour justifier la voie &#233;lectorale du PT, la DS a affirm&#233; qu'elle permettait de construire la d&#233;mocratie &#224; la base, anticipation de la d&#233;mocratie socialiste et &#8220; nouveau mod&#232;le pour la gauche mondiale &#224; la limite de l'ordre bourgeois &#8221;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Bensa&#239;d de la LCR parle m&#234;me d' &#8220; une sorte de double pouvoir &#8221; (International Viewpoint de septembre 2002). Il s'agit du &#8220; budget participatif &#8221; exp&#233;riment&#233; &#224; Porto Alegre, capitale r&#233;gionale de l'Etat du Rio Grande do Sul, o&#249; cette tendance est principalement repr&#233;sent&#233;e, dont DS a fait un exemple pour les mairies PT. La municipalit&#233; de Porto Alegre fait, depuis quelques ann&#233;es, appel &#224; la participation des citoyens pour la gestion de 15% environ du budget municipal concernant les &#8220; investissements sociaux d'aide aux plus d&#233;munis &#8221;. Entre 15 000 et 40 000 personnes &#233;laborent des projets ou en discutent sur&#8230; 1 300 000 habitants. Et selon DS, les deux tiers des participants aux r&#233;unions ne prennent jamais la parole. Les d&#233;cisions finales ne reviennent pas &#224; la population mais &#224; la mairie et &#224; l'assembl&#233;e municipale. Elles s'opposent tellement peu aux int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie que la Banque Mondiale, peu suspecte de points de vue r&#233;volutionnaires, a cit&#233; cette gestion communale comme un exemple&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon DS, il s'agit d'une &#233;conomie distributive qui compenserait les in&#233;galit&#233;s capitalistes et qui remplacerait l'intervention &#233;tatique par une intervention populaire. Cela permettrait d'&#8220; aller au-del&#224; de la gestion de l'Etat bourgeois &#8221; et DS expliquait m&#234;me que l'on effa&#231;ait ainsi la d&#233;marcation classique entre r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes. Quel progr&#232;s dans la clarification politique ! &lt;br class='autobr' /&gt;
DS affirme que &#8220; c'est &#224; travers la participation politique active que des millions peuvent conqu&#233;rir la citoyennet&#233; et rompre les amarres de l'exclusion et de la mis&#232;re (..) A travers les institutions municipales, le PT a stimul&#233; la participation populaire. Le budget participatif et autres initiatives sont des &#233;coles de conscientisation politique et d'affirmation de la d&#233;mocratie &#8221;. La DS reconnaissait pourtant que &#8220; la conqu&#234;te de municipalit&#233;s par le PT ne signifie pas que les travailleurs aient conquis le pouvoir dans leur ville . (...) Le pouvoir implique le contr&#244;le des moyens essentiels de production, de l'appareil d'Etat comme un tout (&#8230;) Tout cela demeure sous le contr&#244;le direct de la bourgeoisie. &#8221; (cit&#233; par Inprecor de janvier 1989). Et elle admettait que le risque &#233;tait grand que le parti se transforme en un appareil &#233;lectoral li&#233; &#224; des administrations locales.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience a m&#234;me contraint DS &#224; reconna&#238;tre que la gestion des villes et Etats r&#233;gionaux par le PT, peut &#234;tre une cause de d&#233;sillusion, nombre d'&#233;lus PT &#233;tant ensuite d&#233;savou&#233;s. Pourtant les exp&#233;riences imitant plus ou moins la mairie de Porto Alegre se sont multipli&#233;es. C'est ce que remarquent deux dirigeants de DS, Heloisa Helena et Beto Bastos, &#224; la suite des &#233;lections municipales d'octobre 2000, lesquelles ont pourtant &#233;t&#233; un succ&#232;s &#233;lectoral pour le PT. DS doit reconna&#238;tre que le bilan que tire la population de la gestion du PT n'est pas sans nuage : &#8220;Dans le Rio Grande do Sul, (&#8230;) nous perdons quinze villes que nous dirigions. Dans l'Etat de Minas, nous perdons aussi 15 villes. (&#8230;) La subordination du PT &#224; des projets peu d&#233;finis ou ambigus a probablement rendu moins brillante son &#233;toile. (&#8230;) L' &#8220; oubli &#8221; du drapeau rouge, de l'&#233;toile du PT, le vide du discours, l'absence de critique sociale et de conception de lutte, un style de campagne sans combinaison avec le militantisme du PT, ce n'est pas ce qu'attend la majorit&#233; du peuple br&#233;silien. &#8221; (cit&#233; par Em Tempo de novembre 2000). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, dans l'Etat de Rio Grande do Sul o&#249; la DS d&#233;tient avec d'autres postes celui de vice-gouverneur avec Miguel Rosetto, le gouvernement de cet Etat a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des mouvements de fonctionnaires. Notamment celui des enseignants qui a &#233;t&#233; r&#233;prim&#233; par la police. Luiz Marques expliquait ainsi dans Inprecor de mai 2000 que &#8220; cela a eu pour r&#233;sultat de faire passer la DS pour la tendance la plus engag&#233;e dans la d&#233;fense du gouvernement &#8221; et donc la plus hostile &#224; la gr&#232;ve&#8230; c'est encore le cas dans bien des Etats r&#233;gionaux gouvern&#233;s par le PT o&#249; des mairies ont pris des mesures contre les fonctionnaires ou d'autres mesures impopulaires comme la hausse des tarifs de transport. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre 1993 et 1995, la DS consid&#233;rait cependant que la direction du PT &#233;tait majoritairement de la &#8220; tendance de gauche &#8221;, appr&#233;ciation qu'elle a r&#233;vis&#233;e ensuite. En 1996, la DS &#233;tait amen&#233;e &#224; constater : &#8220; Assur&#233;ment le PT ne constitue pas le meilleur instrument que les travailleurs br&#233;siliens pourraient se donner, mais en revanche il est impossible de se doter d'un instrument plus utile que lui. L'exp&#233;rience du courant mor&#233;niste qui a quitt&#233; le PT en 1992 (Convergence socialiste, devenant ensuite le PSTU) confirme l'existence d'un espace pour la construction d'un parti r&#233;volutionnaire &#224; l'ext&#233;rieur du PT mais il est beaucoup plus &#233;troit que celui offert en son sein. &#8221; (Jao Machado cit&#233; par Inprecor de mars 1996).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au sein du PT, la DS a men&#233; une lutte de tendance en essayant de limiter ses critiques. En 1999, au congr&#232;s de Belo Horizonte, la DS a propos&#233; au PT de d&#233;fendre la renationalisation de l'&#233;nergie, de la sant&#233; et des communications. Sans succ&#232;s puisque, au contraire, le PT s'est de moins en moins prononc&#233; contre les privatisations.&lt;br class='autobr' /&gt;
La DS s'est battue surtout en 2000 contre la man&#339;uvre (r&#233;ussie) de la direction du PT pour imposer son candidat, Tasso Genro, face &#224; l'&#233;lu sortant, Olivio Dutra, soutenu par DS au poste de gouverneur de l'Etat du Rio Grande do Sul.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jao Machado concluait en septembre 2001 une analyse de la V&#232;me conf&#233;rence de DS : &#8220; A l'int&#233;rieur de ce parti existe toujours un espace encore tr&#232;s grand pour faire une politique de gauche. &#8221; Il citait en exemple la gestion des mairies et de certaines r&#233;gions, ou encore le Mouvement des Sans Terre. Effectivement, jusque r&#233;cemment la DS d&#233;tenait la mairie de Porto Alegre et le vice-gouverneur de l'Etat de Rio Grande do Sul. Mais elle a perdu plusieurs de ses positions dans cet Etat o&#249; elle &#233;tait particuli&#232;rement implant&#233;e. Sur ce plan-l&#224; aussi des illusions tombent : celles de la possibilit&#233; de faire une d&#233;monstration dans une r&#233;gion pour gagner le PT dans son ensemble &#224; une politique &#8220; plus &#224; gauche &#8221;. Luiz Marques de la DS &#233;crivait ainsi : &#8220; Aucune des vertus historiques de l'ancien PT gaucho (PT de Rio Grande do Sul), autrefois c&#233;l&#233;br&#233;es &#224; tort et &#224; travers, ne pourra survivre si elle ne s'articule pas nationalement &#224; des changements dans le vecteur principal du parti. &#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, DS a continu&#233; d'affirmer que son soutien au PT se justifiait par le caract&#232;re ind&#233;pendant, de classe et de masse du PT, malgr&#233; des strat&#233;gies que DS jugeait critiquables. La DS ne s'est pas d&#233;marqu&#233;e publiquement des alliances de Lula avec les partis bourgeois m&#234;me si elle l'a fait en interne, mollement. Elle s'est content&#233;e de les qualifier de &#8220; contre-productives &#233;lectoralement &#8221;, laissant croire qu'il ne s'agissait que de tactique et non d'un choix de classe. Raul Pont parle &#224; leur propos de &#8220; perte de temps &#8221;. Pourtant, la politique de Lula est critiqu&#233;e vertement au sein de la DS et celle-ci a &#233;t&#233; contrainte de reconna&#238;tre que les militants n'ont pas eu envie de faire la derni&#232;re campagne de Lula. Mise &#224; part Heloisa Helena qui a retir&#233; publiquement sa candidature au poste de gouverneur de l'Etat d'Alagoas pour d&#233;noncer l'alliance de Lula avec le parti lib&#233;ral, il n'y a pas eu de d&#233;sapprobation publique, DS se contentant du vote d'une motion envoy&#233;e &#224; la direction. La d&#233;claration de DS de septembre 2002 affirmait encore : &#8220; Une victoire du PT aux &#233;lections (&#8230;) ouvrirait de nouvelles possibilit&#233;s pour la lutte pour le socialisme &#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Democracia socialista va-t-elle d&#233;cider d'&#339;uvrer ouvertement et publiquement contre le cours droitier et bourgeois de Lula maintenant que celui-ci est au pouvoir ? Va-t-elle appeler &#224; former un v&#233;ritable parti ouvrier r&#233;volutionnaire ? Ou, au contraire, participera-t-elle m&#234;me &#224; son gouvernement pour lui donner une caution d'extr&#234;me gauche ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations d'extr&#234;me gauche en dehors du PT&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les militants r&#233;volutionnaires ne sont pas dans le PT. Plusieurs groupes qui y ont milit&#233; en ont &#233;t&#233; exclus, ayant choisi de s'opposer &#224; la direction sur des questions qui avaient dress&#233; un grand nombre de leurs militants. En dehors du PC do Brazil, c'est le cas de deux groupes trotskystes, le PCO et le PSTU, ayant tous les deux pr&#233;sent&#233; des candidats et obtenu respectivement 0,04% et 0,47% des voix aux derni&#232;res &#233;lections. &lt;br class='autobr' /&gt;
PC do Brazil&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PC do Brazil est issu du PCB (parti stalinien), scission pro-chinoise puis pro-albanaise. Il a men&#233; des luttes dures contre la dictature militaire et subi une f&#233;roce r&#233;pression. Il lui reste cependant un cr&#233;dit et une implantation importants. Il se revendique du communisme et de la r&#233;volution mais il a particip&#233; &#224; des alliances avec des partis bourgeois &#8220; de gauche &#8221;. Il a &#233;t&#233; un alli&#233; non n&#233;gligeable de Lula, y compris jusqu'aux derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles. Mais ses militants seront-ils solidaires de la politique d'aust&#233;rit&#233; de celui-ci ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PCO&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti de la Cause Ouvri&#232;re est issu d'une tendance trotskyste (courant mor&#233;niste) du PT qui a &#233;t&#233; exclue. Cette tendance a commenc&#233; &#224; s'opposer &#224; la direction du PT suite &#224; sa contestation du choix de Jos&#233; Paulo Bisol, grand propri&#233;taire terrien, comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence en 1989. Elle fut expuls&#233;e avant m&#234;me le premier Congr&#232;s du PT en 1991 (deux congr&#232;s en 22 ans&#8230;) en tant que courant &#8220;non l&#233;gal&#8221;. Sur le plan international, le PCO est li&#233; au Parti Ouvrier d'Argentine dont le dirigeant connu est Altamira. Le PCO est critiqu&#233; par les autres groupes trotskystes qui lui reprochent d'&#234;tre sectaire. Il a par exemple refus&#233; de participer &#224; la mobilisation r&#233;cente contre l'ALCA et la dette, affirmant qu'elle &#233;tait manipul&#233;e par l'&#233;glise et la bureaucratie du PT&#8230; alors m&#234;me que la direction du PT semblait plut&#244;t g&#234;n&#233;e par cette mobilisation et s'en &#233;tait finalement retir&#233;e. Le PCO reproche aux autres groupes trotskystes de pratiquer une politique opportuniste soit au sein du PT soit, pour le PSTU, de soutenir des candidats &#8220; de gauche &#8221; sans une strat&#233;gie de classe claire. Ce reproche l'am&#232;ne par exemple &#224; &#233;crire que le PSTU &#8220; vole au secours de la politique bourgeoise &#8221; ou &#8220; appuie des partis d&#233;fendant un programme bourgeois &#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors des derni&#232;res pr&#233;sidentielles, il s'est pr&#233;sent&#233; pour la premi&#232;re fois. Il l'a fait en mettant en avant le vote de classe : &#8220; ceux qui pointent ne votent pas pour les patrons &#8221;. Il a &#233;galement fait campagne en mettant en avant un plan d'urgence pour les travailleurs et les couches populaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PSTU&lt;br class='autobr' /&gt;
Fond&#233; en 1994, le Parti Socialiste Uni des Travailleurs (PSTU), est issu de l'ancienne tendance Convergence Socialiste dans le PT. Elle avait &#233;t&#233; constitu&#233;e par un groupe trotskyste br&#233;silien du courant international de la LIT de Nahuel Moreno, et avait milit&#233; pour la naissance du PT au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Elle avait condamn&#233; la politique des alliances du PT avec les partis bourgeois et revendiqu&#233; une politique r&#233;volutionnaire pour le PT. Jusqu'en janvier 1992, date &#224; partir de laquelle ses dirigeants ont affirm&#233; que &#8220; le PT a abandonn&#233; la lutte contre le syst&#232;me capitaliste &#8221;. Convergence socialiste a &#233;t&#233; exclue du PT pour avoir particip&#233; et appel&#233; aux mobilisations populaires contre le pr&#233;sident Collor accus&#233; de corruption par la population en 1992. Convergence Socialiste s'est ensuite regroup&#233;e avec plusieurs organisations r&#233;volutionnaires pour constituer le PSTU. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PSTU a men&#233; une politique d'implantation au sein de la centrale syndicale CUT. Plusieurs dirigeants de la CUT se revendiquent publiquement du PSTU comme Luis Carlos Prates, dirigeant du syndicat des m&#233;tallurgistes de Sao Jos&#233; dos Campos. Son leader, Jos&#233; Maria de Almeida, est lui-m&#234;me un leader syndicaliste du secteur m&#233;tallurgique. Le PSTU dit s'appuyer sur un courant qui refuse de cautionner le r&#233;formisme au sein de la centrale syndicale CUT, les compromissions du PT et celles des autres partis de gauche. Le PSTU s'est mobilis&#233; &#224; l'occasion de la campagne contre l'ALCA et contre la dette. Il a d&#233;nonc&#233; le retrait du PT de cette campagne et toutes les alliances de Lula avec les politiciens bourgeois ainsi que ses compromissions avec la bourgeoisie et avec l'imp&#233;rialisme (signature de l'accord avec le FMI notamment).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans sa presse, &#224; diverses occasions, cette organisation s'est d&#233;clar&#233;e solidaire de la politique de Lutte Ouvri&#232;re, notamment lors des candidatures d'Arlette Laguiller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PSTU a particip&#233; &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil sous son propre drapeau avec un r&#233;sultat modeste (400.000 voix), ce qui repr&#233;sente n&#233;anmoins le double de ses r&#233;sultats aux pr&#233;sidentielles pr&#233;c&#233;dentes de 1998. Les meilleurs r&#233;sultats ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s dans les zones de plus grande implantation militante de cette organisation, &#224; Florianopolis et &#224; Sao Jos&#233; dos campos. Le PSTU a centr&#233; sa campagne t&#233;l&#233;vis&#233;e sur le refus de l'ALCA et du paiement de la dette. Dans sa campagne publique, il a mis en avant un ensemble de revendications des travailleurs. Pour le PSTU, il n'y a aucune illusion &#224; se faire sur le caract&#232;re soi-disant progressiste de Lula. Estimant cependant que les travailleurs souhaitent et ont besoin de faire l'exp&#233;rience de Lula, il a appel&#233; &#224; voter pour lui au deuxi&#232;me tour avec les slogans suivants : &#8220; Votez Lula mais maintenez votre vote contre l'ALCA et le FMI &#8221; et &#8220; Votez Lula mais dites non aux alliances avec la bourgeoisie &#8221;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PSTU a lanc&#233; par ailleurs un appel &#224; tous les militants qui veulent construire un parti r&#233;volutionnaire au Br&#233;sil. Il d&#233;clare : &#8220; La situation politique ouvre la possibilit&#233; au Br&#233;sil de lier les r&#233;volutionnaires aux masses. (&#8230;) Des pas significatifs vers la rupture ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s dans des secteurs dirigeants du PT, une rupture qui trouve son expression au travers des syndicats, du mouvement &#233;tudiant et des mouvements populaires. La n&#233;cessit&#233; et la possibilit&#233; de construire un nouveau parti de la classe ouvri&#232;re y est ouvertement discut&#233;e. &#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour s'adresser aux militants du PT qui ne veulent pas capituler devant la politique de Lula, le PSTU a lanc&#233; le MIS, Mouvement d'Initiative Socialiste. Il ne s'agit pas, selon lui, de fonder cette nouvelle organisation sur un programme vague, de gauche ou d&#233;mocratique mais sur la n&#233;cessit&#233; de l'action directe des masses, de la r&#233;volution socialiste et du pouvoir aux travailleurs. Cette initiative aurait selon le PSTU, d&#233;j&#224; r&#233;colt&#233; un succ&#232;s dans l'Etat de Santa Catarina. &lt;br class='autobr' /&gt;
Possibilit&#233; et n&#233;cessit&#233; de la construction d'un parti ouvrier r&#233;volutionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutionnaires qui militent &#224; l'ext&#233;rieur du PT pourraient effectivement aujourd'hui se retrouver avec ceux qui ont mis&#233; jusque-l&#224; sur le PT &#224; condition de cesser d'entretenir des illusions sur Lula et son parti et de renoncer &#224; suivre une voie sectaire. Ils repr&#233;sentent un poids non n&#233;gligeable. Chacun de ces groupes poss&#232;de en son sein des militants et des dirigeants ouvriers susceptibles d'attirer &#224; eux nombre de militants d&#233;&#231;us du PT, de la CUT ou du MST.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant m&#234;me que Lula ne commence &#224; gouverner, les principales organisations populaires &#8211; Pastorales du travail (mouvement ouvrier catholique), MST et CUT &#8211; sont plus qu'embarrass&#233;es par sa politique. Au point que le MST par exemple n'a finalement pas choisi de soutenir de candidat dans la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle. La CUT est g&#234;n&#233;e par la relation ouverte de Lula avec le patronat mais &#233;galement par les relations qu'il a commenc&#233; &#224; entretenir avec le syndicat corporatiste For&#231;a Sindical, lequel propose ses services au nouveau pr&#233;sident en affirmant que la CUT pourrait &#8220; causer des complications au gouvernement Lula &#8221;. Une grande partie de la force militante du PT, m&#234;me si elle ne se d&#233;finit pas comme r&#233;volutionnaire, n'appr&#233;cie ni les derniers discours de Lula, ni les alliances qu'il a conclues, ni son all&#233;geance au FMI et &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Cela fait trop de couleuvres &#224; avaler. &lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout que rien ne dit par ailleurs que les travailleurs br&#233;siliens suivront Lula dans la politique qu'il s'appr&#234;te &#224; mener et qu'ils accepteront de se laisser faire sans se battre. La classe ouvri&#232;re br&#233;silienne ne manquera pas d'atouts pour lui r&#233;sister. Il faudra compter avec toute cette fraction de militants ouvriers qui auront choisi de se d&#233;marquer clairement de Lula et de sa politique. Mais pour &#234;tre r&#233;ellement efficace, cette extr&#234;me gauche doit s'atteler &#224; construire autre chose qu'un instrument au service Lula et finalement de ses ma&#238;tres capitalistes, un parti v&#233;ritablement au service des travailleurs, le parti r&#233;volutionnaire, internationaliste et communiste, celui qui manque jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; la classe ouvri&#232;re br&#233;silienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
15 novembre 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula au pouvoir &#8211; suite&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un an, le 27 octobre 2002, Luis In&#225;cio da Silva, dit Lula, &#233;tait &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence de la r&#233;publique f&#233;d&#233;rale br&#233;silienne, avec 61 % des voix au second tour. L'&#233;lection d'un ancien ouvrier m&#233;tallurgiste, ayant acquis sa popularit&#233; comme dirigeant syndical radical sous un r&#233;gime militaire, a sans doute &#233;veill&#233; bien des espoirs dans les milieux populaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour la bourgeoisie br&#233;silienne et l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, le succ&#232;s de Lula - d'ailleurs obtenu gr&#226;ce au soutien de personnalit&#233;s et de partis de droite - n'a jamais repr&#233;sent&#233; un danger, tout juste une autre option politique que celle des politiciens dont ils avaient l'habitude : celle d'un pr&#233;sident susceptible d'user de son prestige aupr&#232;s des classes populaires et de ses relais dans les mouvements sociaux pour museler toute contestation sociale, tout en imposant le respect d'engagements pris, tant vis-&#224;-vis des poss&#233;dants br&#233;siliens que de la finance internationale et du FMI. Et c'est bien ce &#224; quoi s'emploie Lula depuis sa prise de fonctions, d&#233;but janvier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs et des paysans br&#233;siliens d&#233;&#231;us dans leurs attentes vont-ils r&#233;agir face aux sacrifices que le gouvernement entend leur imposer et &#224; la patience qu'il leur demande. Certes, pour une large part, la r&#233;ponse &#224; cette question ne d&#233;pend pas des r&#233;volutionnaires. Pourtant l'extr&#234;me gauche trotskyste repr&#233;sente une force militante non n&#233;gligeable au Br&#233;sil, notamment dans la classe ouvri&#232;re, et jusqu'&#224; la direction de la principale conf&#233;d&#233;ration syndicale, la Central &#218;nica dos Trabalhadores (Centrale unique des travailleurs, CUT) . L'int&#233;r&#234;t d'examiner sa politique aujourd'hui d&#233;passe donc le d&#233;bat traditionnel sur les divergences entre courants trotskystes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous (ou presque) derri&#232;re Lula&lt;br class='autobr' /&gt;
Une partie de l'extr&#234;me gauche souffre d'un lourd handicap : celui d'avoir li&#233; son sort &#224; celui du parti de Lula, le Partido dos Trabalhadores (Parti des travailleurs, PT). &lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs groupes trotskystes militent en effet au sein du PT de longue date, voire depuis sa fondation, certains avec une influence reconnue : Democracia Socialista (D&#233;mocratie socialiste, DS), tendance li&#233;e au Secr&#233;tariat Unifi&#233; de la IVe Internationale (repr&#233;sent&#233; en France par la LCR) a par exemple occup&#233; des postes importants dans l'&#201;tat du Rio Grande do Sul (la mairie de la capitale, Porto Alegre ; le poste de vice-gouverneur de l'&#201;tat...) et est, depuis les &#233;lections d'octobre 2002, repr&#233;sent&#233;e par 6 d&#233;put&#233;s au parlement f&#233;d&#233;ral ainsi que par 2 s&#233;natrices ; le Corrente Socialista dos Trabalhadores (Courant socialiste des travailleurs, CST), tendance issue du mor&#233;nisme, compte un d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral r&#233;&#233;lu l'an dernier dans l'&#201;tat de Par&#225;, Jo&#227;o Batista Oliveira de Ara&#250;jo, dit Bab&#225; ; le Movimento Esquerda Socialista (Mouvement de la gauche socialiste, MES), &#233;galement issu du courant mor&#233;niste, a aussi obtenu la r&#233;&#233;lection, dans le Rio Grande do Sul, d'une d&#233;put&#233;e f&#233;d&#233;rale, Luciana Genro ; quant au courant &#034; lambertiste &#034;, O Trabalho (Le travail, OT), s'il n'a pas de repr&#233;sentation parlementaire au niveau f&#233;d&#233;ral, son principal dirigeant, Markus Sokol, si&#232;ge &#224; la direction nationale du PT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces diff&#233;rents courants de la gauche p&#233;tiste - quelles que soient leurs divergences par ailleurs - ont tous pr&#233;sent&#233; le succ&#232;s du PT aux &#233;lections pr&#233;sidentielle et parlementaires comme une victoire contre la bourgeoisie, les latifundistes et l'imp&#233;rialisme, m&#234;me s'ils ont aussi critiqu&#233; l'orientation de la campagne de Lula ou les alliances sur sa droite (le Parti lib&#233;ral a fourni le candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence). &lt;br class='autobr' /&gt;
DS estimait ainsi au lendemain de l'&#233;lection de Lula que &#034; La victoire du PT est une victoire populaire et une d&#233;faite grave du n&#233;olib&#233;ralisme br&#233;silien &#034; repr&#233;sentant &#034; un d&#233;placement majeur dans le rapport de forces au Br&#233;sil &#034;, quoique &#034; limit&#233; [...] par les alliances avec des secteurs de la droite et les engagements de continuit&#233; sur les questions essentielles de la politique &#233;conomique &#034;, et concluait : &#034; Le mouvement d&#233;mocratique et populaire entreprend une exp&#233;rience historique in&#233;dite et d&#233;cisive, de tous les points de vue, pour notre avenir. La tendance D&#233;mocratie socialiste du PT se consid&#232;re partie int&#233;grante de ce processus en partageant tous les d&#233;fis qui s'imposent au PT et &#224; la gauche br&#233;silienne. &#034; Dans la foul&#233;e, DS obtenait la nomination de l'un de ses dirigeants, Miguel Rossetto, au poste de ministre en charge de la r&#233;forme agraire. L'id&#233;e que &#034; la gauche a la l&#233;gitimit&#233; pour r&#233;clamer une place dans le futur gouvernement &#034; &#233;tait d'ailleurs partag&#233;e par d'autres courants, comme le MES. &lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233; le CST, tout en consid&#233;rant pendant la campagne que Lula et le PT &#034; se proposent d'honorer tous les engagements de la bourgeoisie &#034;, expliquait qu'&#034; une victoire de Lula signifierait [...] un encouragement &#224; la lutte pour tous les secteurs de la classe ouvri&#232;re. &#034;, sachant que &#034; la classe ouvri&#232;re du Br&#233;sil va devoir se mobiliser et lutter pour s'opposer aux plans du FMI et pour que Lula ait une politique &#233;conomique diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; celle de l'imp&#233;rialisme &#034; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Si le courant &#034; lambertiste &#034; estimait pour sa part, en mai 2002, que &#034; Le PT et la CUT sont dirig&#233;s par un appareil li&#233; &#224; Lula, qui d&#233;veloppe une politique [...] d'alliance avec la bourgeoisie, sur un programme &#233;lectoral qui pr&#233;tend poursuivre, pour l'essentiel, la politique du pr&#233;sident Fernando Henrique Cardoso, soumise au FMI &#034;, p.20, il d&#233;clarait n&#233;anmoins, le surlendemain de l'&#233;lection : &#034; ce 27 octobre a &#233;t&#233; tourn&#233;e une page de notre histoire. [...] Ceux qui, depuis toujours, ont opprim&#233; et exploit&#233; le peuple ont &#233;t&#233; balay&#233;s &#034; ! A noter que les &#034; balay&#233;s &#034;... n'ont pas tard&#233; &#224; r&#233;appara&#238;tre &#224; la vice-pr&#233;sidence, au gouvernement, &#224; la t&#234;te de la Banque centrale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Principale organisation trotskyste hors du PT, dont elle s'est s&#233;par&#233;e il y a une douzaine d'ann&#233;es, le Partido Socialista dos Trabalhadores Unificado (Parti socialiste des travailleurs - Unifi&#233;, PSTU) vient lui aussi du courant mor&#233;niste. Pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, il a d'abord men&#233; campagne &#034; pour la constitution d'un Front des Travailleurs [...] qui aurait pr&#233;sent&#233; Lula candidat &#224; la pr&#233;sidence et un candidat issu du MST [Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (Mouvement des travailleurs ruraux sans-terres, MST) ] &#224; la vice-pr&#233;sidence, sur un programme de rupture avec le FMI et le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral. &#034; Cette proposition s'&#233;tant heurt&#233;e &#224; un refus du PT, le PSTU a pr&#233;sent&#233; au premier tour son propre candidat, Jos&#233; Maria de Almeida, dit Z&#233; Maria, syndicaliste de la m&#233;tallurgie, l'un des fondateurs du PT et de la CUT, et a appel&#233; &#224; voter Lula au second tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lection pass&#233;e, le PSTU estimait &#034; totalement erron&#233;e la position de ceux qui pr&#233;sentent la victoire de Lula comme le &#034;changement possible&#034; &#034; et appelait &#034; les travailleurs br&#233;siliens &#224; ne pas [placer , au lieu de : d&#233;poser] leur confiance, si minime soit-elle, dans le gouvernement. &#034;, expliquant que dans la situation pr&#233;sente au Br&#233;sil &#034; il n'y a pas de place pour des concessions au mouvement ouvrier ; bien au contraire Lula devra renforcer les attaques men&#233;es contre le niveau de vie du peuple. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment se pr&#233;sente le bilan, dix mois plus tard ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme agraire et le ministre &#171; trotskyste &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La question agraire reste br&#251;lante au Br&#233;sil, o&#249;, de l'aveu m&#234;me de Miguel Rossetto, &#034; il est raisonnable d'estimer que 4 millions de personnes ont besoin de terres &#034; . Et selon la Comiss&#227;o Pastoral da Terra (Commission pastorale de la terre, CPT, organisation paysanne li&#233;e &#224; l'&#201;glise), plus du quart des terres cultivables en propri&#233;t&#233; priv&#233;e (lesquelles repr&#233;sentent plus de 40 % de la superficie du pays), laiss&#233;es inexploit&#233;es, pourraient &#234;tre expropri&#233;es moyennant l'indemnisation des latifundistes dans le cadre de la r&#233;forme agraire pr&#233;vue par la Constitution de 1988. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les attentes &#233;taient donc pressantes, ce qui explique peut-&#234;tre que les occupations de domaines par des paysans sans terres aient &#233;t&#233; plus nombreuses dans les six premiers mois de l'ann&#233;e (110) que pour toute l'ann&#233;e 2002. Le gouvernement Lula pr&#233;tendait d'ailleurs poursuivre la r&#233;forme. Mais, la priorit&#233; &#233;tant donn&#233;e aux restrictions budg&#233;taires, la r&#233;forme agraire marque le pas : l'objectif gouvernemental de 60.000 installations en 2003 se r&#233;duit &#224; moins de 5.000 r&#233;alisations en 10 mois. En fait le gouvernement c&#232;de sur toute la ligne aux pressions des latifundistes : en d&#233;clarant que Lula n'a &#034; absolument pas l'intention &#034; d'abroger le d&#233;cret de l'ancien pr&#233;sident Cardoso excluant pour deux ans du programme de r&#233;forme agraire toute terre occup&#233;e par des paysans ; en obtenant de Miguel Rossetto l'&#233;viction de Marcelo Resende, ancien membre de la CPT d&#233;nonc&#233; par les grands propri&#233;taires comme trop proche des Sans-Terres, de la direction de l'office gouvernemental g&#233;rant la r&#233;forme agraire, l'INCRA ; en laissant le ministre de l'agriculture soutenir publiquement l'armement de milices priv&#233;es qui assassinent des travailleurs ruraux : d&#233;j&#224; 53 cette ann&#233;e, contre 43 en 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, alors que, le 14 ao&#251;t, par le Tribunal supr&#234;me f&#233;d&#233;ral (la Cour supr&#234;me) annulait un d&#233;cret permettant l'expropriation de 13.200 hectares au profit de quelque 500 familles - ce qui, provoquant en r&#233;ponse l'occupation des terres, conduisait Miguel Rossetto &#224; d&#233;clarer que &#034; dans un &#201;tat de Droit d&#233;mocratique, les d&#233;cisions de la Cour supr&#234;me doivent &#234;tre respect&#233;es. &#034; - Jos&#233; Rainha, dirigeant du MST, arr&#234;t&#233; le 11 juillet pour sa participation &#224; une occupation, en 2000, pour laquelle il encoure plusieurs ann&#233;es de prison, &#233;tait maintenu plusieurs mois en pr&#233;ventive. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes l&#224; loin des &#034; certitudes dogmatiques &#034; que Inprecor craignait de voir oppos&#233;es &#224; une &#034; exp&#233;rience concr&#232;te &#034; susceptible d'&#034; enrichir la r&#233;flexion strat&#233;gique &#034;. Si celle-l&#224; est bien &#034; riche d'enseignements pour la gauche radicale et r&#233;volutionnaire de par le monde &#034;, c'est, h&#233;las, plut&#244;t comme illustration du r&#244;le d'un gouvernement bourgeois et de la signification d'une participation gouvernementale, f&#251;t-elle &#034; trotskyste &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme des retraites et des d&#233;put&#233;s d'extr&#234;me-gauche&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la classe ouvri&#232;re c'est sur la question des retraites des fonctionnaires que le gouvernement Lula a engag&#233; le bras de fer. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'attaque s'inscrit dans une politique qui consiste &#224; r&#233;duire toutes les d&#233;penses &#034; sociales &#034; de l'&#201;tat (r&#233;forme agraire, programme &#034; faim z&#233;ro &#034;, s&#233;curit&#233; sociale...) et donc &#233;videmment les salaires et retraites des fonctionnaires pr&#233;sent&#233;s comme des privil&#233;gi&#233;s face aux nombreux travailleurs ne b&#233;n&#233;ficiant d'aucune couverture sociale. D'o&#249; la reprise d'un projet reprenant les grandes lignes de ceux que le PT avait combattus sous Cardoso : attaques contre les droits &#224; la retraite et le montant des pensions, imp&#244;ts sur ces retraites, rupture de parit&#233; avec le traitement des actifs, ouverture compl&#233;mentaire &#224; des fonds priv&#233;s... &lt;br class='autobr' /&gt;
Au congr&#232;s de la CUT, d&#233;but juin, malgr&#233; la volont&#233; de la direction luliste de transformer la conf&#233;d&#233;ration syndicale, dont la majorit&#233; des militants est li&#233;e au PT, en simple relais de la politique gouvernementale, aucun d&#233;l&#233;gu&#233; n'a os&#233; soutenir en l'&#233;tat le projet de r&#233;forme des retraites. Mais contre la demande de syndicats de fonctionnaires affili&#233;s &#224; la CUT, la majorit&#233; s'est cependant oppos&#233;e &#224; un rejet du texte, pour ne demander que la n&#233;gociation d'amendements, d'ailleurs refus&#233;s par avance par le gouvernement. Ceci n'a pas emp&#234;ch&#233; le courant syndical anim&#233; par DS de constituer une liste commune avec la majorit&#233; luliste et de voter, pour la pr&#233;sidence de la conf&#233;d&#233;ration, en faveur de Luiz Marinho, soutenu par Lula. Une autre liste pr&#233;sent&#233;e en commun par les syndicalistes li&#233;s &#224; OT, &#224; d'autres courants de &#034; gauche &#034; du PT et au PSTU, a permis le maintien d'oppositionnels &#224; la direction nationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au lendemain du congr&#232;s, le 11 juin, avait lieu la premi&#232;re marche de fonctionnaires sur Brasilia, contre le projet gouvernemental. Prenant la parole lors du meeting qui a suivi, le pr&#233;sident du groupe PT &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s et le nouveau pr&#233;sident de la CUT ont &#233;t&#233; hu&#233;s. &#192; l'inverse, les &#034; radicaux &#034; (la s&#233;natrice Helo&#237;sa Helena (DS) et des d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux Bab&#225; (CST), Luciana Genro (MES) et Jo&#227;o Fontes, les seuls parlementaires du PT &#224; avoir annonc&#233; qu'ils ne voteraient en aucun cas la r&#233;forme des retraites) ont &#233;t&#233; &#034; les &#233;toiles du meeting anti-r&#233;forme &#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait la majorit&#233; de la gauche du PT a c&#233;d&#233; face &#224; l'offensive gouvernementale. Ainsi, en premi&#232;re lecture le 5 ao&#251;t, en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des fonctionnaires, les seuls d&#233;put&#233;s p&#233;tistes &#224; voter contre la r&#233;forme des retraites furent les 3 &#034; radicaux &#034; . Et en seconde lecture, le 27 ao&#251;t, deux d&#233;put&#233;s de DS (Walter Pinheiro, vote contre, Orlando Fantazzini, abstention) ont d&#251; s'opposer &#224; la consigne de vote donn&#233;e par la direction de DS de s'aligner sur la majorit&#233; du groupe PT... ce qui revenait bien &#224; choisir le camp du gouvernement contre celui des fonctionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vraie nature du PT&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dilemme exprim&#233; par les d&#233;put&#233;s du PT qui se sont abstenus sur la r&#233;forme des retraites - voter contre leur parti ou contre leur conscience - r&#233;sume assez bien l'impasse o&#249; la politique de certaines tendances d'extr&#234;me gauche a conduit toute une g&#233;n&#233;ration de militants qui a particip&#233; &#224; la construction du PT. &lt;br class='autobr' /&gt;
La naissance de ce dernier a co&#239;ncid&#233; avec la fin du pr&#233;tendu &#034; miracle &#233;conomique &#034;, p&#233;riode d'investissements imp&#233;rialistes massifs r&#233;alis&#233;s sous la protection de la dictature militaire instaur&#233;e en 1964. Avec l'industrialisation, le Br&#233;sil avait vu l'essor d'un prol&#233;tariat jeune et concentr&#233;, accompagn&#233; d'une urbanisation &#224; grande &#233;chelle, surtout autour des grandes m&#233;tropoles du sud. Des luttes importantes marqu&#232;rent le tournant des d&#233;cennies 70-80. L'usure de la dictature militaire conduisait alors le r&#233;gime &#224; initier une lib&#233;ralisation contr&#244;l&#233;e, s'appuyant sur des partis politiques corrompus et sur une bureaucratie syndicale subordonn&#233;e &#224; l'&#201;tat (la l&#233;gislation en vigueur pla&#231;ant les syndicats officiels sous la tutelle directe du minist&#232;re du travail). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un contexte de mont&#233;e des luttes populaires - ouvri&#232;res, mais aussi paysannes -, l'obtention de v&#233;ritables droits syndicaux et d&#233;mocratiques devint alors l'objectif d'une g&#233;n&#233;ration de militants combatifs, Lula en t&#234;te, qui s'engag&#232;rent dans la construction du PT. Mais pour diff&#233;rents courants politiques, oppos&#233;s &#224; la dictature comme ceux li&#233;s &#224; la Th&#233;ologie de la Lib&#233;ration, ou ayant m&#234;me compos&#233; avec elle, comme des politiciens du PMDB (le parti de l'opposition tol&#233;r&#233;e par les militaires), participer &#224; la construction du nouveau parti repr&#233;sentait avant tout un moyen de s'inviter, sur leurs objectifs politiques propres, dans le processus de lib&#233;ralisation engag&#233; par le r&#233;gime. Pour ceux-l&#224; il ne s'agissait ni de parti r&#233;volutionnaire, ni m&#234;me de &#034; parti ouvrier ind&#233;pendant &#034;, mais de la mise en place d'un appareil politique capable de canaliser une &#233;ventuelle radicalisation dans un sens d&#233;mocratique bourgeois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont eux qui ont d&#233;termin&#233; d&#232;s le d&#233;but la nature du PT, quel qu'ait &#233;t&#233; le r&#244;le de minorit&#233;s r&#233;volutionnaires, comme le courant mor&#233;niste, dans la constitution du parti. Ainsi, d&#232;s la premi&#232;re rencontre nationale de mai 1980 (tenant lieu de congr&#232;s de fondation) disparaissaient des documents du PT les r&#233;f&#233;rences au socialisme et &#224; un &#034; gouvernement des travailleurs &#034; qui figuraient dans la Charte des principes, texte fondateur du parti. La composition de la direction, alors salu&#233;e par la presse comme une victoire des mod&#233;r&#233;s et de Lula sur l'extr&#234;me gauche, conduisait d'ailleurs Ra&#250;l Pont (aujourd'hui dirigeant de DS) &#224; d&#233;plorer que &#034; la conception qui a pr&#233;sid&#233; au lancement du PT : celle selon laquelle notre parti est un mouvement pour l'ind&#233;pendance politique des travailleurs [est] aujourd'hui exclue de la commission de direction provisoire. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les illusions et les adaptations de &#171; D&#233;mocratie Socialiste &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment de cette premi&#232;re rencontre nationale, le PT revendiquait 26.000 adh&#233;rents dans 22 &#201;tats ; en octobre 1980, pr&#232;s de 70.000. R&#233;unissant les conditions pour obtenir sa l&#233;galisation, il devenait de fait le seul parti d'envergure nationale ind&#233;pendant des appareils politiques compromis avec la dictature - l'appareil stalinien s'&#233;tant, lui, fondu dans le PMDB. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question se posait, pour de petits groupes r&#233;volutionnaires, de militer au sein du PT. Cela pouvait r&#233;pondre &#224; un souci l&#233;gitime : celui de se lier &#224; des fractions militantes dans la classe ouvri&#232;re et la paysannerie pauvre, et, au-del&#224;, aux franges des couches populaires qui pouvaient se tourner vers un parti revendiquant l'am&#233;lioration des conditions de vie des travailleurs et la reconnaissance de droits d&#233;mocratiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en aucun cas cela pouvait changer la nature du PT qui n'avait aucune chance de devenir le parti communiste r&#233;volutionnaire ni m&#234;me au fond de rester ce qu'il pr&#233;tendait &#234;tre &#034; le parti des travailleurs &#034;. Pour les groupes r&#233;volutionnaires, outre la possibilit&#233; de faire largement conna&#238;tre leurs id&#233;es, l'enjeu ne pouvait &#234;tre que d'y gagner une minorit&#233; de militants et de sympathisants. Car au-del&#224; des compromis tactiques et temporaires qu'impose l'entr&#233;e dans une semblable organisation, la n&#233;cessit&#233; pour une opposition communiste r&#233;volutionnaire de d&#233;fendre ses perspectives politiques, non seulement dans des publications de tendance mais surtout dans l'ar&#232;ne de la lutte de classes r&#233;elle, rendait in&#233;luctable &#224; terme une rupture avec les secteurs majoritaires du PT (m&#234;me si rien ne permettait d'en d&#233;cider par avance les &#233;ch&#233;ances et les conditions - ce qu'il ne s'agit pas ici de chercher &#224; faire r&#233;trospectivement). &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, c'est d&#232;s le lancement du PT que le SU a entretenu des illusions &#224; son sujet, ne voulant alors y voir que &#034; une expression directe de la mobilisation pour une organisation de classe ind&#233;pendante &#034; et expliquant que &#034; quelle que soit l'orientation initiale d'un tel parti ouvrier de masse, son existence m&#234;me cr&#233;era une dynamique qu'il sera difficile de limiter &#224; la collaboration de classes. &#034; D&#232;s lors, pour le SU, l'objectif d'un tel parti, pr&#233;sent&#233; comme capable d'&#233;voluer, par-del&#224; &#034; les t&#226;tonnements in&#233;vitables de l'inexp&#233;rience &#034;, vers des positions r&#233;volutionnaires, imposait aux militants de &#034; prendre toute leur place dans le PT, pour le construire et non pour y faire de l'entrisme comme dans un parti r&#233;formiste, pour contribuer &#224; la formation de son programme au feu de la pratique et non pour lui faire ingurgiter de force un programme pr&#233;fabriqu&#233;. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;cennie plus tard , le PT apparaissait de plus en plus comme une machine &#233;lectorale, ouverte &#224; des alliances avec des partis bourgeois et soucieuse de donner des gages vis-&#224;-vis de l'&#201;tat. &#192; l'occasion du premier congr&#232;s, en 1991, le SU constatait bien &#034; un danger de cristallisation de la bureaucratisation et de l'institutionnalisation du parti &#034;. Mais il affirmait n&#233;anmoins qu'&#034; avec notre poids au sein du PT et la qualit&#233; de nos cadres, nous pouvons &#234;tre la force motrice pour gagner la majorit&#233; du parti &#224; une conception r&#233;volutionnaire. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette illusion a depuis fait long feu. Et DS, pour se maintenir dans le PT, a adapt&#233; son discours &#224; l'&#233;volution de plus en plus ouvertement bourgeoise de celui-ci. Ainsi, tout en critiquant l'orientation de la campagne &#233;lectorale, la Coordination nationale de DS d&#233;clarait, en juillet 2002 : &#034; Notre objectif est que le Parti des travailleurs (PT) reste un parti socialiste et d&#233;mocratique &#034; ; elle d&#233;fendait &#034; l'articulation entre une perspective de gouvernement et un processus de changements plus vaste, la construction du socialisme &#034;, cette &#034; articulation &#034; se r&#233;sumant &#224; ce qu'&#034; un gouvernement de gauche au Br&#233;sil ouvrirait de nouvelles possibilit&#233;s pour la lutte pour le socialisme. &#034; - formulations vagues &#224; souhait que ne renieraient pas les dirigeants de l'Internationale socialiste avec qui Lula vient de f&#234;ter le premier anniversaire de son &#233;lection ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le militantisme de DS au sein du PT depuis plus de vingt ans a certainement permis &#224; cette tendance d'obtenir une audience nationale, alli&#233;e &#224; une repr&#233;sentation parlementaire dont ne b&#233;n&#233;ficie pas, par exemple, le PSTU. Mais ce succ&#232;s, acquis au prix d'un renoncement croissant &#224; combattre la ligne de plus en plus anti-ouvri&#232;re et anti-populaire du PT, est finalement plus un obstacle qu'une aide au d&#233;veloppement d'un courant r&#233;volutionnaire : la participation gouvernementale et le vote de la loi sur les retraites en t&#233;moignent ; la r&#233;cente d&#233;claration de la s&#233;natrice PT/DS Ana J&#250;lia annon&#231;ant que, bien qu'oppos&#233;e &#224; un nouvel accord avec le FMI, elle voterait sur ce point avec la majorit&#233; p&#233;tiste le souligne encore. &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me le pr&#233;tendu &#034; succ&#232;s &#034; de la mise en &#339;uvre, par la municipalit&#233; DS de Porto Alegre, du &#034; budget participatif &#034; - applaudi par la Banque mondiale pour son respect des contraintes budg&#233;taires impos&#233;es par la dette - en contribuant au renforcement des illusions institutionnelles, a certainement plus favoris&#233; l'aile bourgeoise du PT que sa minorit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mythe du &#171; Parti ouvrier ind&#233;pendant &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le courant &#034; lambertiste &#034;, la question du type de parti &#224; construire ne semble m&#234;me pas pos&#233;e... puisqu'elle est consid&#233;r&#233;e comme r&#233;solue par l'existence du PT. &#034; Le PT du Br&#233;sil a &#233;t&#233; constitu&#233; comme un parti ouvrier ind&#233;pendant, et le PT oscille. Au Br&#233;sil, l'expression ind&#233;pendante existe. Nous sommes un courant officiel de la IVe Internationale dans le PT. Il est certainement inscrit que cette place va nous &#234;tre disput&#233;e, mais nous devons rester fermes sur la d&#233;fense du parti ouvrier &#034;, d&#233;clarait ainsi Pierre Lambert, d&#233;but 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
La politique men&#233;e au gouvernement en alliance avec des partis de droite - et que OT ne se prive pas de critiquer - serait l'expression des pressions de l'imp&#233;rialisme sur la direction d'un parti qui &#034; oscille &#034;, alors que l'existence du PT comme parti rassemblant &#034; tous les courants du mouvement ouvrier &#034; constituerait le dernier rempart contre les plans destructeurs du FMI ! D'o&#249; une d&#233;fense inconditionnelle de l'unit&#233; du PT et de la CUT au nom &#034; du front unique pour la d&#233;fense des organisations construites par la classe ouvri&#232;re et attaqu&#233;es par l'imp&#233;rialisme (donc, du PT et de la CUT) &#034; ! C'est ainsi au nom d'une illusoire unanimit&#233; du congr&#232;s de la CUT, en juin, que OT a soutenu une motion ne demandant la suspension de la discussion parlementaire sur la r&#233;forme des retraites dans l'attente de n&#233;gociations, ce qui revenait &#224; accepter par avance un texte amend&#233; au lieu de le rejeter. C'est encore &#034; la division des travailleurs et du peuple &#034; que La V&#233;rit&#233; voyait dans la &#034; candidature pr&#233;sidentielle &#034;alternative&#034; , candidature de division &#034; du PSTU, face &#224; Lula. &lt;br class='autobr' /&gt;
OT contribue donc &#224; entretenir les illusions sur la nature du PT, soi-disant &#034; parti ouvrier ind&#233;pendant &#034;, en fait largement int&#233;gr&#233; &#224; l'&#201;tat bourgeois, et qui ne peut que s'y int&#233;grer davantage en acc&#233;dant au pouvoir f&#233;d&#233;ral. Dans ces conditions, l'unit&#233; du parti et sa d&#233;mocratie interne de fa&#231;ade subordonnent en fait des militants qui chercheraient r&#233;ellement &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des classes populaires aux secteurs majoritaires, li&#233;s &#224; l'&#201;tat et &#224; la bourgeoisie br&#233;silienne (qui est loin de n'&#234;tre qu'un simple relais des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes).&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; vont les radicaux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'alignement du PT sur une politique aussi ouvertement pro-capitaliste que celle du gouvernement Lula ne peut se faire sans heurts, ni sans calculs de courants r&#233;formistes hostiles &#224; certains aspects de cette politique, ou simplement de politiciens cherchant &#224; s'&#233;viter un discr&#233;dit qu'ils sentent venir. Une des t&#226;ches des r&#233;volutionnaires est donc aussi de clarifier les perspectives politiques, entre ceux qui au sein du PT cherchent &#224; rompre avec une orientation faillie en renouant avec des conceptions socialistes et de lutte de classe, et ceux qui ne visent qu'&#224; pr&#233;server leur avenir en pr&#244;nant un retour illusoire &#224; un pass&#233; o&#249; le PT apparaissait plus radical mais n'&#233;tait pas moins r&#233;formiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, apr&#232;s des critiques justes de la politique gouvernementale, le manifeste &#034; Se r&#233;approprier le PT &#034;, lanc&#233; le 11 ao&#251;t &#224; l'initiative d'un collectif comprenant les principaux dirigeants de OT, va exactement en sens inverse en demandant, au nom de &#034; militants du PT, de diff&#233;rentes trajectoires ou courants [...qui] avons fond&#233; ce parti, l'avons construit et l'avons men&#233; &#224; la victoire &#034;, que &#034; le PT demeure comme PT, tel qu'il a &#233;t&#233; fond&#233; et construit &#034;. Il ne d&#233;nonce les sanctions dont la direction p&#233;tiste menace les &#034; radicaux &#034; hostiles &#224; la r&#233;forme des retraites qu'au nom du risque de scission. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commentant le succ&#232;s &#233;lectoral de Lula, La V&#233;rit&#233; de mars 2003 &#233;crivait : &#034; Pour que la classe ouvri&#232;re, rassemblant autour d'elle toutes les couches de la nation opprim&#233;e, impose un tel raz-de-mar&#233;e, il fallait qu'un profond mouvement soit engag&#233;. [...] Ce mouvement, c'est celui de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. &#034; Dans cette direction, &#034; la solution la plus &#233;conomique, aujourd'hui, pour la classe ouvri&#232;re et la nation br&#233;siliennes serait que le PT fasse un pas sur la voie de la rupture avec la bourgeoisie [...] Et si un gouvernement du PT faisait cela, il aurait le soutien inconditionnel de la IVe Internationale. M&#234;me s'il n'instaurait pas le socialisme demain matin. Nous garderions nos propres positions, mais nous soutiendrions un tel gouvernement, parce que ce serait un pas en avant r&#233;el dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re br&#233;silienne et de la nation. &#034; Et &#224; la question &#034; Est-ce possible ? &#034;, La V&#233;rit&#233; r&#233;pondait : &#034; L'exp&#233;rience pass&#233;e a plusieurs fois d&#233;montr&#233; la validit&#233; du pronostic contenu dans le programme de la IVe Internationale : plac&#233;es dans des circonstances exceptionnelles [...], des directions petites-bourgeoises [...] peuvent &#234;tre amen&#233;es &#224; aller plus loin qu'elles ne le veulent elles-m&#234;mes dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie, pouss&#233;es &#224; le faire par le mouvement de millions de travailleurs. Nous sommes pour cette solution et nous combattons pour. &#034;... Omettant de pr&#233;ciser que pour Trotsky, loin d'un pronostic, il n'y avait l&#224; qu'une &#034; possibilit&#233; th&#233;orique &#034; qu'il &#233;tait &#034; impossible de nier cat&#233;goriquement par avance &#034; mais qui &#233;tait &#034; pour le moins peu vraisemblable &#034;, que l'histoire, c'est le moins qu'on puisse en dire, a rarement corrobor&#233;... et que l'exp&#233;rience Lula n'est certainement pas en train de v&#233;rifier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car le PT ne s'est manifestement pas engag&#233; dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie et l'imp&#233;rialisme. Et continuer &#224; faire croire qu'il pourrait s'y r&#233;soudre sous la pression populaire, comme le sugg&#232;re OT, ne vaut gu&#232;re mieux que de pr&#233;tendre infl&#233;chir de l'int&#233;rieur la politique du gouvernement Lula, ce que fait DS !&lt;br class='autobr' /&gt;
Retour au PT des origines&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles qu'aient &#233;t&#233; les illusions de militants r&#233;volutionnaires br&#233;siliens, l'exp&#233;rience du gouvernement Lula montre que la construction d'une alternative socialiste au Br&#233;sil ne passera pas par le PT et rappelle qu'elle n&#233;cessitera - comme ailleurs - la construction d'un parti v&#233;ritablement communiste et r&#233;volutionnaire. Un pas dans cette direction est-il possible &#224; court terme ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les parlementaires &#034; radicaux &#034; sont aujourd'hui menac&#233;s d'exclusion du PT. La cause semble entendue pour Luciana Genro, Bab&#225; et Jo&#227;o Fontes ; par contre le report de la d&#233;cision au-del&#224; du vote sur les retraites au S&#233;nat appara&#238;t comme une tentative de pression sur Helo&#237;sa Helena, qui maintient publiquement son opposition au texte mais que le PT semble h&#233;siter &#224; exclure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien ne nous permet de savoir si les &#233;victions annonc&#233;es conduiront dans l'imm&#233;diat &#224; une scission importante &#224; la gauche du PT. Cela ne modifierait sans doute pas l'orientation politique de Lula. Si elle se faisait sur une base de classe, face &#224; un gouvernement qui pi&#233;tine les int&#233;r&#234;ts des masses populaires, alors de nouvelles perspectives pourraient s'ouvrir aux r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les 3 d&#233;put&#233;s &#034; radicaux &#034; ont en tout cas engag&#233; le 1er septembre, par une &#034; Note publique aux militants du PT &#034;, un d&#233;bat sur les perspectives de l'extr&#234;me gauche. Estimant que le PT &#034; s'est compl&#232;tement int&#233;gr&#233; au r&#233;gime politique bourgeois br&#233;silien &#034; et que &#034; ce cours du parti est irr&#233;versible &#034;, ils annoncent qu'ils vont &#034; appeler &#224; la construction d'un nouvel outil politique, un nouveau parti anticapitaliste, anti-imp&#233;rialiste, d&#233;mocratique, de lutte et de classe, qui refl&#232;te la pluralit&#233; de la gauche socialiste en int&#233;grant tous les secteurs du PT d&#233;sireux d'y participer, ainsi que les camarades du PSTU qui ont d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; la construction d'un nouveau parti. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PSTU avait en effet d&#233;clar&#233;, d&#232;s d&#233;but ao&#251;t, &#224; l'adresse des opposants de gauche &#224; la politique gouvernementale, que &#034; l'heure est venue de construire ensemble un Mouvement pour un Nouveau Parti unissant tous les militants (sans parti, radicaux du PT, PSTU, militants des mouvements sociaux) afin que nous puissions lutter en faveur d'une alternative militante et de masse pour les travailleurs br&#233;siliens. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Des rencontres et discussions ont eu lieu depuis entre le PSTU, diff&#233;rents groupes, des responsables syndicaux et des militants de mouvements sociaux, et un &#034; Manifeste pour un nouveau parti &#034; a &#233;t&#233; lanc&#233; le 14 ao&#251;t, reprenant, quant aux perspectives politiques, de nombreux points de la &#034; Note publique aux militants du PT &#034;. Initialement sign&#233; notamment par Z&#233; Maria et Jos&#233; Domingues de Godoi Filho, dirigeant du syndicat de l'enseignement sup&#233;rieur et figure de la gr&#232;ve des fonctionnaires de juillet-ao&#251;t, le manifeste aurait recueilli 2.600 signatures fin octobre alors que des r&#233;unions publiques se tiennent dans de grandes villes du Br&#233;sil, qui regrouperaient de quelques dizaines &#224; quelques centaines de participants. Le &#034; Mouvement pour un nouveau parti &#034; a &#233;t&#233; proclam&#233;, dans la foul&#233;e, le 8 novembre, &#224; l'occasion du Forum social br&#233;silien tenu &#224; Belo Horizonte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PSTU, qui revendique aujourd'hui quelque 2.400 militants, estime que le nouveau parti pourrait en regrouper une dizaine de milliers. Une organisation de cette taille, regroupant sur une base clairement socialiste et r&#233;volutionnaire des militants et des sympathisants dans la classe ouvri&#232;re et les milieux populaires, constituerait assur&#233;ment un pas en avant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chercher &#224; &#034; unifier la gauche socialiste &#034; ou &#224; int&#233;grer &#034; tous les secteurs du PT d&#233;sireux d'y participer &#034; peut &#234;tre dans la situation br&#233;silienne une pr&#233;occupation l&#233;gitime. Pourtant cette situation ne semble pas celle, improbable, o&#249; &#233;mergerait un &#034; parti de masse &#034; &#224; la gauche du PT. L'un des pi&#232;ges serait donc de renoncer &#224; une d&#233;limitation politique claire, communiste et r&#233;volutionnaire, au nom de la pr&#233;tention &#224; reconstruire un parti du type de ce qu'a &#233;t&#233; le PT &#224; ses origines et en oubliant de faire le bilan de l'exp&#233;rience de celui-ci. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car contrairement &#224; ce que veulent croire les &#034; radicaux &#034; - qui ne se sont finalement pas associ&#233;s &#224; l'initiative du &#034; Mouvement pour un nouveau parti &#034; et envisagent de leur c&#244;t&#233; la cr&#233;ation d'un Parti des travailleurs socialistes (PTS) -, la politique gouvernementale de Lula n'indique pas &#034; un changement brusque dans l'orientation du parti &#034;. Elle traduit seulement le franchissement d'un cap dans la d&#233;g&#233;n&#233;rescence r&#233;formiste d'un parti qui n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;volutionnaire, quoique n&#233; sous des couleurs radicales dans un cr&#233;neau politique laiss&#233; vide par l'absence de grand parti ouvrier traditionnel. Quand on lit que &#034; les banni&#232;res lev&#233;es par la classe des travailleurs et par le PT ces vingt derni&#232;res ann&#233;es sont des bases solides afin de commencer la construction [d'un nouveau parti] &#034; on se prend donc &#224; douter de l'avenir de l'entreprise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, le &#034; Manifeste pour un nouveau parti &#034; comme la &#034; Note publique aux militants du PT &#034; affirment, dans une perspective socialiste, la n&#233;cessit&#233; de rompre &#034; avec cette &#034;d&#233;mocratie&#034; du capital &#034; pour instaurer un gouvernement des travailleurs, sans collaboration de classe, et un &#201;tat fond&#233; sur l'organisation d&#233;mocratique des classes populaires. Ils rappellent qu'il s'agit de &#034; privil&#233;gier la lutte et l'action directe des travailleurs, et non les &#233;lections &#034;, tout en soulignant que la lutte politique se m&#232;ne aussi sur le terrain &#233;lectoral... Il reste que ces textes, avec leur flou - comme l'absence notable de toute r&#233;f&#233;rence explicite &#224; la r&#233;volution -, ne font qu'ouvrir une discussion &#224; propos du programme, des conceptions politiques et du fonctionnement du parti qu'ils se proposent de construire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais o&#249; est la Quatri&#232;me Internationale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau de sa direction internationale, le courant &#034; lambertiste &#034; se contente de d&#233;noncer les mor&#233;nistes pour leur &#034; renoncement &#224; la lutte pour la PT &#034;, et le &#034; centrisme r&#233;actionnaire &#034; de DS pour sa politique de &#034; budget participatif &#034; et sa participation gouvernementale... &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant au SU, il a pris le parti d'esquiver toute discussion de fond. Pas une condamnation ni m&#234;me une r&#233;serve sur la pr&#233;sence d'un dirigeant de son groupe br&#233;silien dans le gouvernement Lula, dans les r&#233;solutions du XVe Congr&#232;s du SU, tenu en f&#233;vrier 2003. Livio Maitan s'est content&#233; de d&#233;clarer, dans son discours d'ouverture : &#034; Miguel [Rossetto] a assum&#233; une responsabilit&#233; cruciale avec la t&#226;che d'accomplir une r&#233;forme agraire radicale, susceptible de d&#233;clencher une dynamique plus g&#233;n&#233;rale de rupture du syst&#232;me. Nous allons suivre et soutenir sa bataille, [...] et, en faisant taire une angoisse sous-jacente pour la difficult&#233; extr&#234;me de l'entreprise, nous lui exprimons dans ce congr&#232;s notre solidarit&#233; la plus chaleureuse &#034; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le seul article de Rouge consacr&#233; au Br&#233;sil depuis l'&#233;t&#233;, s'il mentionne, concernant le vote parlementaire sur les retraites que &#034; quatre [d&#233;put&#233;s] - dont notre camarade Walter Pinheiro, d&#233;put&#233; de Bahia - ont vot&#233; contre &#034;, se garde bien d'indiquer la position de DS en faveur du vote ! De m&#234;me qu'il vante les mesures prises au minist&#232;re du d&#233;veloppement agraire par Miguel Rossetto, &#034; d&#233;nonc&#233; [par la droite] comme le ministre des hors-la-loi &#034;, en &#233;vitant de souligner ce qu'elles repr&#233;sentent de simple caution &#224; une politique g&#233;n&#233;rale plac&#233;e sous le signe des restrictions budg&#233;taires et des attaques contre les classes populaires, que l'article &#233;voque par ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tirer &#224; boulets rouges sur les fr&#232;res ennemis et fermer les yeux sur les errements de ses camarades ou se borner &#224; signer, &#224; l'adresse de la direction p&#233;tiste une &#034; P&#233;tition internationale contre les mesures d'expulsion du Parti des travailleurs &#034; - surtout pour y r&#233;affirmer &#034; l'esp&#233;rance dont il est porteur &#034; - : est-ce vraiment-l&#224; le r&#244;le de directions qui se veulent les h&#233;riti&#232;res de la Quatri&#232;me Internationale ? Mais le veulent-elle encore ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
1 - Le Br&#233;sil est une r&#233;publique f&#233;d&#233;rale compos&#233;e de 26 &#201;tats plus le District f&#233;d&#233;ral constitu&#233; par la capitale, Brasilia. &lt;br class='autobr' /&gt;
2 - En pleine campagne &#233;lectorale, le 7 ao&#251;t 2002, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) annon&#231;ait un pr&#234;t d'environ 30 milliards de dollars &#224; l'&#201;tat br&#233;silien. Les conditions d'aust&#233;rit&#233; conditionnant le versement, en 2003, de la seconde tranche du pr&#234;t ont &#233;t&#233; accept&#233;es par avance par Lula. &lt;br class='autobr' /&gt;
3 - On trouve ainsi, parmi les 25 titulaires de la Dire&#231;&#227;o Executiva Nacional de la CUT (l'&#233;quivalent de la commission ex&#233;cutive conf&#233;d&#233;rale) &#233;lue lors du dernier congr&#232;s de juin 2003, Rafael Freire et Rosane da Silva, membres de DS, J&#250;lio Turra de OT, et Jos&#233; Maria de Almeida, dirigeant du PSTU (site internet de la CUT). &lt;br class='autobr' /&gt;
4 - &#192; l'issue des &#233;lections, le PT repr&#233;sentait, avec 91 d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux sur 513 (contre 59 aux pr&#233;c&#233;dentes &#233;lections de 1998), le groupe parlementaire le plus nombreux ; il constituait le second groupe au S&#233;nat, avec 14 s&#233;nateurs contre 8 pr&#233;c&#233;demment et devenait, avec 147 d&#233;put&#233;s contre 90 auparavant, le parti le plus important dans les Assembl&#233;es l&#233;gislatives d'&#201;tats. Il a par contre perdu le poste de gouverneur de l'&#201;tat de Rio Grande do Sul dont le gouverneur sortant, Ol&#237;vio Dutra, consid&#233;r&#233; comme proche de DS, est aujourd'hui ministre de la ville dans le gouvernement Lula. Parmi les d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux du PT, 28 repr&#233;sentent la &#034; gauche &#034; du parti, dont les 6 membres de DS, Bab&#225; du CST et Luciana Genro du MES. ( d'apr&#232;s Jo&#227;o Machado - Inprecor, n&#176;475/476, octobre-novembre 2002) &lt;br class='autobr' /&gt;
5 - La Commune (publication en France de l'Unit&#233; internationale des travailleurs, &#224; laquelle est li&#233; le CST), juin 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
6 - Interview de Bab&#225; &#224; La Commune, d&#233;cembre 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
7 - &#034; Chronique des &#233;v&#233;nements mondiaux - Br&#233;sil : le mouvement ouvrier &#224; la crois&#233;e des chemins &#034; - La V&#233;rit&#233;, n&#176;30, mai 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
8 - D&#233;claration de O Trabalho, le 29 octobre 2002 (La V&#233;rit&#233;, n&#176;32, mars 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
9 - &#034; Le PSTU pr&#233;sente un candidat &#224; la pr&#233;sidence &#034; - Euclides de Agrela - Courrier International (publication de la LIT), n&#176;95, ao&#251;t 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
10 - &#034; Que signifie la victoire de Lula ? &#034; - Courrier International (publication de la LIT), n&#176;97, novembre 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
11 - &#034; Le gouvernement de Lula et les d&#233;fis de la gauche r&#233;volutionnaire &#034; - Mari&#250;cha Fontana - Le Marxisme Vivant, n&#176;6, novembre 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
12 - Jo&#227;o Pedro St&#233;dile, dirigeant du MST, au quotidien espagnol El Pais, 5 octobre 2002 (Inprecor, n&#176;475/476, octobre-novembre 2002) cite le chiffre de 16 millions de paysans sans terre, soit 4 millions et demi de familles, chiffre proche de celui donn&#233; par la CPT : 4,8 millions de familles (cf. note ). &lt;br class='autobr' /&gt;
14 - Information de la CPT, 1er septembre 2003 (site internet de la revue Rebeli&#243;n). &lt;br class='autobr' /&gt;
15 - Chiffres du minist&#232;re du d&#233;veloppement agraire (&#034; La question de la terre au Br&#233;sil &#034; - Misa Boito - La V&#233;rit&#233;, n&#176;33, ao&#251;t 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
16 - MST Informa, n&#176;50, 20 octobre 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
17 - Jos&#233; Dirceu, ministre de la Casa Civil (le cabinet pr&#233;sidentiel), cit&#233; par Folha de S&#227;o Paulo, 6 septembre 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
18 - Interrog&#233; sur l'armement de milices par des latifundistes, Roberto Rodrigues - lui-m&#234;me grand propri&#233;taire terrien - d&#233;clarait &#224; la Folha de S&#227;o Paulo, le 5 juillet 2003 : &#034; Je pense que celui qui poss&#232;de un bien se doit de le d&#233;fendre, sinon il n'a pas le droit de le poss&#233;der. &#034; (&#034; La question de la terre au Br&#233;sil &#034; - Misa Boito - La V&#233;rit&#233;, n&#176;33, ao&#251;t 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
19 - Information de la CPT, 1er septembre 2003 (site internet de la revue Rebeli&#243;n) &amp; note du Correio da Cidadania, n&#176;364, 20 septembre 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
20 - Folha Online, 15 ao&#251;t 2003 (Avanti !, n&#176;7, ao&#251;t-septembre 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
21 - &#034; Un r&#233;volutionnaire, ministre, face &#224; la presse &#034; - Jan Malewski - Inprecor, n&#176;480/481, mars-avril 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
22 - Folha Online, 11 juin 2003 (Avanti !, n&#176;6, juin-juillet 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
23 - &#034; La peur triomphe de l'esp&#233;rance &#034; - Daniel Bensa&#239;d - Rouge, n&#176;2033, 2 octobre 2003 &lt;br class='autobr' /&gt;
24 - &#034; Apr&#232;s la gr&#232;ve des m&#233;tallos, le premier congr&#232;s du PT &#034; - Daniel Bensa&#239;d - Inprecor, n&#176;81, 10 juillet 1980. &lt;br class='autobr' /&gt;
25 - &#034; XIe Congr&#232;s mondial de la IVe Internationale - novembre 1979 &#034; - Inprecor, num&#233;ro sp&#233;cial. &lt;br class='autobr' /&gt;
26 - &#034; Les portes &#233;troites de la &#034;lib&#233;ralisation&#034; et la construction du PT &#034; - Daniel Jebrac - Inprecor, n&#176;91, 15 d&#233;cembre 1980. &lt;br class='autobr' /&gt;
27 - &#034; Premier congr&#232;s du PT &#034; - Alfonso Moro - 10 d&#233;cembre 1991 - Inprecor, n&#176;343, 20 d&#233;cembre 1991. &lt;br class='autobr' /&gt;
28 - &#034; XIIIe Congr&#232;s mondial de la IVe Internationale &#034; - Quatri&#232;me Internationale, n&#176;40-41, avril-juin 1991. &lt;br class='autobr' /&gt;
29 - D&#233;claration de la Coordination nationale de DS, le 21 juillet 2002, publi&#233;e dans Em Tempo, n&#176;324, juillet-ao&#251;t 2002 (Inprecor, n&#176;474, septembre 2002). &lt;br class='autobr' /&gt;
30 - Folha Online, 29 octobre 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
31 - &#034; Rapport sur la question du front unique &#034; - Pierre Lambert - La V&#233;rit&#233;, n&#176;30, mai 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
32 - &#034; Chronique des &#233;v&#233;nements mondiaux - Br&#233;sil : le mouvement ouvrier &#224; la crois&#233;e des chemins &#034; - La V&#233;rit&#233;, n&#176;30, mai 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
33 - &#034; Le VIIIe Congr&#232;s de la CUT, le premier sous un gouvernement Lula &#034; - J&#250;lio Turra - La V&#233;rit&#233;, n&#176;33, ao&#251;t 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
34 - &#034; Le mor&#233;nisme de nos jours &#034; - Manuel Luna - La V&#233;rit&#233;, n&#176;30, mai 2002. &lt;br class='autobr' /&gt;
35 - &#034; Le Br&#233;sil &#224; un carrefour &#034; - Jean-Pierre Raffi - La V&#233;rit&#233;, n&#176;32, mars 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
36 - &#034; Programme de transition &#034; - L&#233;on Trotsky - septembre 1938. &lt;br class='autobr' /&gt;
37 - &#034; C'est l'heure d'un Mouvement pour un Nouveau Parti &#034; - Z&#233; Maria - Opini&#227;o Socialista, n&#176;156, 8 ao&#251;t 2003 (Avanti !, n&#176;7, ao&#251;t-septembre 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
38 - Sites internet du PSTU et du &#034; Movimento por um novo partido &#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
39 - &#034; Note publique aux militants du PT &#034; - Luciana Genro, Bab&#225; &amp; Jo&#227;o Fontes - 1er septembre 2003 (Avanti !, n&#176;8, octobre 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
41 - &#034; La peur triomphe de l'esp&#233;rance &#034; &amp; &#034; O&#249; en est la r&#233;forme agraire ? &#034; - Daniel Bensa&#239;d - Rouge, n&#176;2033, 2 octobre 2003 &lt;br class='autobr' /&gt;
42 - Rouge, n&#176;2033, 2 octobre 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
