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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Le philosophe Lucien attaquait les dieux et sapait leurs fondations</title>
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		<dc:date>2026-04-21T22:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand les dieux ont peur que les hommes ne les respectent plus, une pi&#232;ce de Lucien &lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE, MINERVE. JUPITER, JUNON, NEPTUNE, V&#201;NUS, LE COLOSSE DE RHODES, MOMUS, APOLLON, HERCULE, HERMAGORAS, TIMOCL&#200;S, DAMIS. &lt;br class='autobr' /&gt;
1. MERCURE. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jupiter, d'o&#249; te vient cet air r&#234;veur et triste (01) ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu parles seul, marchant p&#226;le comme un sophiste ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Fais-moi donc confident de ce sombre chagrin ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ne d&#233;daigne pas ton serviteur badin. &lt;br class='autobr' /&gt;
MINERVE &lt;br class='autobr' /&gt;
Puissant fils de Cronos, roi du ciel, &#244; mon p&#232;re (02), (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot98" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand les dieux ont peur que les hommes ne les respectent plus, une pi&#232;ce de Lucien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;MERCURE, MINERVE. JUPITER, JUNON, NEPTUNE, V&#201;NUS, LE COLOSSE DE RHODES, MOMUS, APOLLON, HERCULE, HERMAGORAS, TIMOCL&#200;S, DAMIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. MERCURE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jupiter, d'o&#249; te vient cet air r&#234;veur et triste (01) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu parles seul, marchant p&#226;le comme un sophiste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fais-moi donc confident de ce sombre chagrin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ne d&#233;daigne pas ton serviteur badin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MINERVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puissant fils de Cronos, roi du ciel, &#244; mon p&#232;re (02),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'embrasse tes genoux, moi, ta fille si ch&#232;re,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Pallas aux yeux gris, qui veux savoir enfin,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle am&#232;re douleur te d&#233;vore le sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ces longs soupirs ? cette p&#226;leur terrible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, il n'est pas, je crois, de d&#233;sespoir horrible (03),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De malheur effrayant, de tragique douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui des dieux immortels ne d&#233;chire le c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MINERVE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apollon, quel d&#233;but ! quelle en sera la suite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O terrestres enfants, race impie et maudite,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toi, fils de Japet, quels maux tu m'as caus&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MINERVE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc ? parle au ch&#339;ur assis &#224; tes c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O roulements bruyants de mon puissant tonnerre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi me servez-vous ? Vous ne savez rien faire ! ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MINERVE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calme ce courroux ; nous ne pouvons pas nous mettre &#224; jouer la com&#233;die, comme ceux qui en font profession, et d'ailleurs nous n'avons pas aval&#233; tout Euripide pour te donner la r&#233;plique.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. JUNON. Crois-tu que nous ne sachions pas la cause de ton chagrin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu l'ignores, sans quoi tu ferais de beaux cris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUNON.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais la grande affaire qui te tourmente : c'est l'amour. Je ne crie pas, vu l'habitude que j'ai de semblables outrages. Il est probable que tu as d&#233;couvert, quelque Dana&#233;, une S&#233;m&#233;l&#233; ou une Europe, qui te tient au c&#339;ur ; tu te demandes si lu te transformeras en taureau, en Satyre ou en or, pour te laisser couler par le toit dans le sein de ta ma&#238;tresse. Ces soupirs, ces larmes, cette p&#226;leur, sont des sympt&#244;mes d'une passion amoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es bien heureuse d'aller t'imaginer que toutes mes affaires ne roulent que sur l'amour et semblables frivolit&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUNON.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et quelle autre chose peut te troubler, toi, Jupiter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. JUPITER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les affaires des Dieux, Junon, sont dans un &#233;tat d&#233;sesp&#233;r&#233; ; il y a, comme on dit, sur le tranchant d'un rasoir l'alternative de savoir si nous recevrons encore des honneurs et des offrandes sur la terre, ou bien si nous serons d&#233;sormais n&#233;glig&#233;s par tout le monde et regard&#233;s comme rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUNON. Est-ce que la terre a enfant&#233; de nouveaux G&#233;ants, ou les Titans, brisant leurs cha&#238;nes et renversant leurs gardes, ont-ils pris de nouveau les armes contre nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassure-toi, les Dieux n'ont pas peur des Enfers !&lt;br class='autobr' /&gt;
JUNON. Et quel autre malheur est-il donc arriv&#233; ? Je ne vois pas pourquoi, n'ayant rien de pareil &#224;. craindre, tu viens ici nous jouer les r&#244;les de Palus ou d'Aristod&#232;me (04), au lieu d'&#234;tre Jupiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. JUPITER. Hier, Junon, le sto&#239;cien Timocl&#232;s et l'&#233;picurien Damis ont eu, je ne sais &#224; quel propos, une dispute sur la Providence, et cela devant une assembl&#233;e nombreuse et distingu&#233;e. Ce qui m'afflige encore plus, Damis pr&#233;tendait qu'il n'y a point de dieux, qu'ils ne surveillent ni ne dirigent en aucune fa&#231;on les choses humaines (05), Timocl&#232;s, en galant homme, s'est efforc&#233; de plaider notre cause. Bient&#244;t la foule est accourue de tous c&#244;t&#233;s ; mais la dispute n'a pas eu de fin : on s'est quitt&#233;, apr&#232;s &#234;tre convenu, toutefois, de la reprendre et de l'achever. Maintenant tous les esprits sont en suspens : on se demande quel sera le vainqueur et celui qui para&#238;tra le mieux avoir dit la v&#233;rit&#233;. Vous voyez le danger et &#224; quelles extr&#233;mit&#233;s nous sommes r&#233;duits ; tout d&#233;pend d'un seul homme. De deux choses l'une : ou notre pouvoir sera m&#233;pris&#233; et nous ne serons plus que de vains noms, ou nous serons honor&#233;s comme par le pass&#233;, si Timocl&#232;s a le dessus dans la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. JUNON. Tout cela est fort grave, Jupiter, et tu avais raison de prendre le ton tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Et cependant tu croyais que ce grand trouble venait de quelque Dana&#233; ou d'une Antiope. Que devons-nous faire, Mercure, Junon et Minerve ? Cherchez aussi de votre c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Je pense qu'il faut convoquer l'assembl&#233;e, afin d'examiner l'affaire en conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUNON. Je suis de l'avis du pr&#233;opinant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MINERVE. Et moi, mon p&#232;re, je suis d'un avis compl&#232;tement oppos&#233; ; il ne faut ni jeter l'alarme dans le ciel, ni te montrer si fort troubl&#233; de cette affaire. Arrange tout plut&#244;t de mani&#232;re que Timocl&#232;s ait le dessus, et que Damis sorte bafou&#233; de la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Mais cela se saura, Jupiter, puisque la dispute de ces philosophes doit avoir lieu au grand jour, et l'on t'accusera d'usurper un pouvoir tyrannique, en ne communiquant pas &#224; tous une affaire aussi importante et d'un int&#233;r&#234;t commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. JUPITER. Eh bien ! convoque l'assembl&#233;e, et que tous y soient pr&#233;sents : tu as raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Hol&#224; ! venez vite &#224; l'assembl&#233;e, les dieux ! Qu'on se d&#233;p&#234;che ! Venez tous, accourez ! Nous nous r&#233;unissons pour une affaire de cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Quelle trivialit&#233;, Mercure, quelle bassesse, quel prosa&#239;sme dans ta proclamation, et cela quand tu convoques pour une chose des plus importantes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Et comment veux-tu donc que je fasse, Jupiter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Comment je veux ? Il me semble qu'il faudrait rehausser ta proclamation par quelques vers, quelques grands mots po&#233;tiques qui feraient accourir plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Oui, Jupiter ; mais c'est l'affaire des po&#232;tes &#233;piques et des rhapsodes, et moi je n'y entends rien. Je g&#226;terais la proclamation en composant des vers trop longs ou trop courts, et l'on se moquerait de mon ignorance en fait de po&#233;sie. Je vois d&#233;j&#224; qu'on rit parfois d'Apollon et de ses oracles, malgr&#233; l'obscurit&#233; dont il les enveloppe, afin que ceux qui les &#233;coutent n'aient pas le loisir d'en examiner la versification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tu peux au moins, Mercure, m&#234;ler &#224; ta proclamation plusieurs vers d'Hom&#232;re, ceux qu'il emploie pour nous convoquer. Tu dois t'en souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tr&#232;s nettement, je ne les ai pas tous sous la main ; je vais essayer pourtant (06).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'aucune d&#233;it&#233;, soit m&#226;le, soit femelle,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fleuve. Nymphe, Fontaine, enfant de l'Oc&#233;an,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne s'absente aujourd'hui... Que la troupe immortelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de Jupiter se rassemble &#224; l'instant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venez, accourez tous, vous qui de cent g&#233;nisses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspirez au complet le savoureux honneur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieux d'en bas, et vous dieux de moyenne grandeur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dieux innomm&#233;s, qui dans les sacrifices,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assis pr&#232;s des autels, n'avez droit qu'&#224; l'odeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. JUPITER. Tr&#232;s bien, Mercure, voil&#224; une excellente proclamation ! Tout le monde accourt, Re&#231;ois-les et fais-les asseoir, chacun selon son m&#233;rite, c'est-&#224;-dire d'apr&#232;s la mati&#232;re ou l'art dont ils sont faits. Place au premier rang ceux qui sont d'or ; au second, ceux qui sont d'argent ; mets ensuite les dieux d'ivoire, et enfin ceux d'airain ou de marbre ; seulement, parmi ces derniers, donne la pr&#233;f&#233;rence aux &#339;uvres de Phidias, d'Alcam&#232;ne, de Myron, d'Euphranor et autres grands artistes. Quant &#224; la pl&#232;be des dieux taill&#233;s sans art, entasse-les p&#234;le-m&#234;le dans , un coin, pour qu'ils fassent nombre dans l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. J'ob&#233;is ; ils vont s'asseoir suivant l'ordre qui leur convient. Mais il n'est pas facile de savoir si un dieu d'or, qui p&#232;se plusieurs talents, mais qui n'a aucune valeur de main-d'&#339;uvre, et qui n'est enfin qu'un dieu du commun, sans nulle proportion, doit s'asseoir devant les dieux d'airain de Myron et de Polycl&#232;te, ou ceux de marbre de Phidias et d'Alcam&#232;ne ; faut-il pr&#233;f&#233;rer l'art &#224; la mati&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Cela vaudrait mieux, mais l'or cependant est pr&#233;f&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. J'entends ; tu veux que je les place selon leur richesse, et non pas selon leur sup&#233;riorit&#233; et leur m&#233;rite, Venez donc, vous, les dieux d'or, vous asseoir au premier rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Il me semble, Jupiter, que les barbares vont occuper seuls les bancs de devant : car les Grecs que tu vois ici, beaux, agr&#233;ables, bien faits, sont tous de marbre ou d'airain ; les plus magnifiques sont d'ivoire relev&#233; d'un peu d'or, qui leur donne de l'&#233;clat et de la couleur ; mais &#224; l'int&#233;rieur ils sont de bois et rec&#232;lent de nombreux troupeaux de rats, qui y ont &#233;tabli leur r&#233;publique (07). Au contraire, cette Bendis, cet Anubis, qui ont &#224; leur c&#244;t&#233; Attis, Mithr&#232;s et Men (08) sont d'or massif, et d'un prix vraiment consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. NEPTUNE. Est-il donc juste, Mercure, que cet &#201;gyptien &#224; visage de chien soit plac&#233; devant moi, Neptune ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. C'est comme cela, dieu qui &#233;branles la terre ! Lysippe, en te faisant d'airain, t'a fait pauvre ; les Corinthiens, &#224; cette &#233;poque, n'avaient point d'or, tandis que celui-ci est plus riche que des mines enti&#232;res. Tu n'as donc rien &#224; dire ; il faut c&#233;der la place et ne pas te f&#226;cher de ce qu'on te pr&#233;f&#232;re un dieu qui a un si riche museau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. V&#201;NUS. Alors, place-moi donc aussi sur les premiers bancs, car je suis d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Non pas, V&#233;nus, autant du moins que je puis voir. Si je ne suis pas tout &#224; fait myope, tu es taill&#233;e, je crois, dans un bloc de marbre blanc du Pent&#233;lique (09), dont il a plu &#224; Praxit&#232;le de faire V&#233;nus, et tu as &#233;t&#233; livr&#233;e comme telle aux Cnidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#201;NUS. Mais je produirai, comme un t&#233;moin digne de foi, Hom&#232;re, qui dans mille phrases de ses po&#232;mes m'appelle V&#233;nus d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Cela n'a rien d'&#233;tonnant ; il donne aussi &#224; Apollon le nom d'abondant en or et de riche ; tu peux cependant le voir aujourd'hui assis parmi les zeugites (10), d&#233;pouill&#233; de sa couronne par les voleurs, dont les mains sacril&#232;ges lui ont d&#233;rob&#233; jusqu'aux chevilles de sa lyre ; contente-toi donc de ne pas voter dans l'assembl&#233;e avec la classe des mercenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. LE COLOSSE DE RHODES. Et qui oserait me disputer le premier rang, &#224; moi qui suis le Soleil et dont la taille est si gigantesque ? Si les Rhodiens n'eussent pas voulu me donner une grandeur &#233;norme et prodigieuse, ils se seraient fait faire seize dieux d'or pour le m&#234;me prix ; je puis donc, avec quelque raison, passer pour le plus riche : d'ailleurs, l'art et la perfection de l'ouvrage s'unissent en moi &#224; une pareille grosseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Que dois-je faire, Jupiter ? La chose est difficile &#224; juger. Si je consid&#232;re la mati&#232;re, il n'est que d'airain ; mais si je calcule combien de talents il a co&#251;t&#233; &#224; fabriquer, il aura le pas sur ceux qui ont cinq cents m&#233;dimnes de revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Qu'avait-il besoin de venir, celui-l&#224;, pour faire ressortir la petitesse des autres et d&#233;ranger toute l'assembl&#233;e ? Dis-moi donc, excellent Rhodien, en supposant que tu l'emportes de beaucoup sur les dieux d'or, comment ferais-tu pour t'asseoir au premier rang, &#224; moins d'obliger tous les autres &#224; se lever, et de t'y laisser seul ? Une seule de tes fesses occuperait le pnyx tout entier. Tu ferais bien mieux de te tenir debout, au milieu de l'assistance, la t&#234;te pench&#233;e du c&#244;t&#233; o&#249; si&#232;ge le s&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. MERCURE. Allons ! voici autre chose qui n'est pas moins embarrassant. Ces deux dieux sont d'airain, faits avec le m&#234;me art, tous deux &#339;uvre de Lysippe, et, qui plus est, &#233;gaux en noblesse ; ce sont deux fils de Jupiter, Bacchus et Hercule. Lequel aura la pr&#233;s&#233;ance ? Tu vois qu'ils se la disputent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Nous perdons notre temps, Mercure ! il y a longtemps que l'assembl&#233;e devrait &#234;tre assise. Qu'on s'asseye donc p&#234;le-m&#234;le, o&#249; chacun voudra. Une autre fois, on r&#233;glera les rangs, et je saurai alors quel ordre je dois &#233;tablir entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. MERCURE. Par Hercule ! quel tapage ! Ils crient, comme le peuple fait chaque jour : &#034;Distributions ! distributions ! O&#249; est le nectar ? Il n'y a plus d'ambroisie ! O&#249; sont les h&#233;catombes ? Des victimes pour tout le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Impose-leur silence, Mercure, afin qu'ils sachent, sans s'amuser &#224; ces bagatelles pour quel sujet ils sont r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Mais, Jupiter, ils n'entendent pas tous le grec, et moi je ne suis pas assez polyglotte pour faire une proclamation intelligible aux Scythes, aux Perses, aux Thraces et aux Celtes. Il vaut mieux, je crois, leur faire signe avec la main de garder le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Fais-le donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. MERCURE. A la bonne heure ! Les voil&#224; devenus plus muets que des sophistes. Voici le moment de commencer ta harangue ; tu le vois, ils ont depuis longtemps les yeux sur toi, et ils attendent ce que tu vas leur dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Ma foi, Mercure, je n'h&#233;siterai pas &#224; te dire ce que j'&#233;prouve, &#224; toi, mon fils. Tu connais mon aplomb et mon &#233;loquence dans les assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Oui, et je tremblais parfois en t'&#233;coutant parler, surtout le jour o&#249; tu mena&#231;as d'enlever de leurs fondements la terre et la mer avec tous les dieux, en laissant tomber d'en haut une cha&#238;ne d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Eh bien ! aujourd'hui, mon fils, je ne sais si c'est &#224; cause de la gravit&#233; des p&#233;rils qui nous menacent ou de la foule ici pr&#233;sente, car c'est, tu le vois, une r&#233;union de dieux au grand complet ; mais je sens que mon esprit est troubl&#233;, je ne suis pas dans mon assiette ordinaire, ma langue semble &#234;tre li&#233;e, et, ce qu'il y a de plus &#233;trange, j'ai compl&#232;tement oubli&#233; l'exorde que j'avais pr&#233;par&#233; pour donner un d&#233;but imposant &#224; ce que je dois leur dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Tout est perdu, Jupiter ! Ton silence commence &#224; devenir suspect ; on s'attend &#224; la nouvelle des plus grands malheurs en voyant ton h&#233;sitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Veux-tu, Mercure, que je prenne pour exorde ce vers d'une rhapsodie hom&#233;rique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Lequel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coutez-moi, grands dieux : &#233;coutez-moi, d&#233;esses (11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Fi donc ! Nous sommes las de te l'entendre chanter, Laisse-l&#224;, si tu m'en crois, cette ennuyeuse po&#233;sie ; et arrange &#224; ton usage, avec quelques changements, celle que tu voudras des harangues de D&#233;mosth&#232;ne contre Philippe. La plupart de nos orateurs n'en font jamais d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tu as raison : c'est un moyen exp&#233;ditif de se donner un air &#233;loquent, et il est d'un emploi commode pour les gens embarrass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Allons ! commence enfin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. JUPITER. Vous donneriez, j'en suis s&#251;r, citoyens dieux (12), de grandes richesses, afin de savoir au juste pour quel sujet vous &#234;tes assembl&#233;s aujourd'hui. Si telles sont vos dispositions, vous devez pr&#234;ter une oreille favorable &#224; mon discours. La circonstance actuelle, &#244; dieux, semble &#233;lever la voix et nous dire que nous devons veiller s&#233;rieusement aux affaires pr&#233;sentes ; et cependant nous paraissons les traiter avec une extr&#234;me n&#233;gligence. Or, je veux, puisque D&#233;mosth&#232;ne me fait d&#233;faut, vous mettre nettement sous les yeux l'objet de mes alarmes et les motifs de votre convocation. Hier, vous le savez, un patron de vaisseau, Mn&#233;sith&#233;e, offrait un sacrifice pour le salut de son navire, qui avait failli sombrer pr&#232;s de Caphar&#233;e (13), Il y avait donc au Pir&#233;e grand r&#233;gal de tous ceux d'entre nous que Mn&#233;sith&#233;e avait invit&#233;s &#224; son sacrifice. Bient&#244;t, apr&#232;s les libations, chacun s'en alla o&#249; il voulut. Moi, comme il n'&#233;tait pas trop tard, je montai &#224; la ville, dans le dessein de me promener, l'apr&#232;s-d&#238;ner, dans le C&#233;ramique, et je me mis &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la mesquinerie de Mnesisth&#233;e, qui, pour r&#233;galer seize dieux, leur avait sacrifi&#233; un vieux coq pituiteux, et quatre grains d'encens si moisi, qu'il ne put s'enflammer sur les charbons ni produire la moindre fum&#233;e pour le bout de notre nez ; et cela, quand il avait promis des h&#233;catombes enti&#232;res, au moment o&#249; son vaisseau, entra&#238;n&#233; contre un rocher, allait s'ab&#238;mer sur les r&#233;cifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Tout entier &#224; ces r&#233;flexions, j'arrive au Poecil&#233; ; j'y vois une foule tr&#232;s compacte, quelques hommes sous le portique m&#234;me, un plus grand nombre en plein air, certains autres enfin criant et vocif&#233;rant des si&#232;ges o&#249; ils &#233;taient assis. Je me doute, ce qui &#233;tait vrai, que c'est une discussion philosophique ; je veux m'approcher pour entendre ce qu'ils disent ; j'avais eu la pr&#233;caution de m'envelopper d'une nu&#233;e des plus &#233;paisses ; je compose mon ext&#233;rieur sur celui de ces philosophes ; habits, longue barbe, c'&#233;tait &#224; s'y m&#233;prendre ! j'&#233;carte la foule avec mes coudes, et j'entre sans que personne sache qui je suis. L&#224; je trouve l'&#233;picurien Damis, un franc vaurien, et le sto&#239;cien Timocl&#232;s, la perle des hommes, discutant avec chaleur. Timocl&#232;s suait &#224; grosses gouttes ; sa voix &#233;tait enrou&#233;e &#224; force de crier, tandis que Damis, avec un rire sardonique, piquait de plus en plus son adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Il s'agissait de nous dans leur discussion. L'ex&#233;crable Damis pr&#233;tendait que notre providence ne gouverne point les hommes et que nous n'avons pas les yeux ouverts sur leurs actions ; et son discours ne tendait &#224; rien moins qu'&#224; nier absolument notre existence ; il y avait m&#234;me des gens qui l'applaudissaient. L'autre philosophe, Timocl&#232;s, qui tenait pour nous, luttait de toutes ses forces, s'emportait, et mettait tout en &#339;uvre pour notre d&#233;fense, exaltant notre providence et montrant avec quelle sagesse et quel ordre convenable nous conduisons et r&#233;glons l'univers. Il avait aussi des partisans, mais il &#233;tait essouffl&#233;, la voix lui faisait d&#233;faut, et la foule tournait les yeux vers Damis. Comprenant la grandeur du p&#233;ril, j'ordonne &#224; la nuit d'&#233;tendre ses voiles et de mettre fin &#224; la dispute. On se s&#233;pare, mais on convient de vider le diff&#233;rend le lendemain. Pour moi je suis la foule, et, recueillant les propos des gens qui s'en retournent chez eux, je vois que l'on se range du c&#244;t&#233; de Damis et qu'il aura bient&#244;t la majorit&#233;. Bon nombre cependant, voulaient pas pr&#233;juger la question, mais ils attendaient ce que Timocl&#232;s dirait le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Voil&#224; pourquoi je vous ai convoqu&#233;s. Vous voyez, dieux, que ce n'est pas une petite affaire, si vous r&#233;fl&#233;chissez que nos honneurs, notre gloire, nos revenus, ce sont les hommes. Si on leur persuade qu'il n'y a point de dieux, ou que, s'ils existent, ils ne se m&#234;lent pas des affaires humaines, nous ne recevrons plus de la terre ni victimes, ni pr&#233;sents, ni honneurs ; nous resterons assis sottement dans le ciel, condamn&#233;s &#224; mourir de faim, priv&#233;s des f&#234;tes, des grandes assembl&#233;es, des jeux, des sacrifices, des c&#233;r&#233;monies nocturnes, des pompes solennelles. Je dis que, dans une conjoncture aussi grave, nous devons tous chercher un moyen d'&#233;chapper &#224; l'imminence du danger, et voir comment Timocl&#232;s pourra triompher, en paraissant dire la v&#233;rit&#233;, tandis que Damis sera la ris&#233;e des auditeurs ; car, je l'avoue, je n'ai pas assez de confiance en Timocl&#232;s, pour croire qu'il puisse vaincre par lui-m&#234;me, sans que nous lui venions en aide. Allons, Mercure, fais la proclamation d'usage, afin que chacun se l&#232;ve et donne son avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. &#201;coute ; silence ; paix l&#224; ! Qui est-ce qui veut parler parmi les dieux qui ont l'&#226;ge requis ? Comment ? Personne ne se l&#232;ve ; vous restez coi, tout &#233;tourdis de la grandeur des p&#233;rils dont on vous parle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. MOMUS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puissiez-vous n'&#234;tre tous que vapeur et poussi&#232;re (14) !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour moi, si l'on me permettait de parler avec franchise, j'aurais, Jupiter, bien des choses &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Parle, Momus ; ne crains rien. Il est &#233;vident que ta franchise n'a en vue que l'int&#233;r&#234;t commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. &#201;coutez-moi donc, vous tous dieux ; je vais vous parler, comme on dit, &#224; c&#339;ur ouvert. Il y a longtemps que je m'attendais &#224; la situation critique o&#249; se trouvent aujourd'hui nos affaires : je pr&#233;voyais qu'un tas de sophistes de cette esp&#232;ce s'&#233;l&#232;veraient contre nous, autorisant leur insolence de notre conduite : et, en v&#233;rit&#233;, j'en jure par Th&#233;mis, ce n'est pas &#224; &#201;picure qu'il faut en vouloir, ni &#224; ses disciples, ni aux h&#233;ritiers de sa doctrine, si l'on pense tout cela de nous. En effet, quelle doit &#234;tre l'opinion des hommes, quand ils voient l'immense d&#233;sordre des choses humaines, les gens vertueux : m&#233;pris&#233;s, accabl&#233;s par la pauvret&#233;, les maladies, l'esclavage ; les sc&#233;l&#233;rats, au contraire, et les fripons, port&#233;s au fa&#238;te des honneurs, regorgeant de richesses, et faisant la loi &#224; ceux qui valent mieux qu'eux ; les sacril&#232;ges impunis et se d&#233;robant aux recherches, tandis qu'on met en croix et qu'on assomme des innocents ? Il est tout naturel qu'&#224; cette vue ils s'imaginent que nous n'existons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. C'est bien pis, quand ils entendent nos oracles disant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peul franchir l'Halys renverse un grand empire (15),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sans d&#233;terminer si c'est l'empire de celui qui consulte ou l'empire de ses ennemis. Et cet autre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salamine perdra les fils de bien des femmes (16).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que les Perses et les Grecs &#233;taient &#233;galement les fils des femmes. Lorsque les hommes entendent dire aux po&#232;tes que nous sommes amoureux, que nous recevons des blessures, que nous sommes esclaves, qu'on nous met dans les fers, que nous nous disputons, que nous sommes soumis &#224; mille d&#233;sagr&#233;ments, et cela, quand nous avons la pr&#233;tention d'&#234;tre bienheureux et immortels, n'ont-ils pas raison de se moquer de nous et de n'en tenir aucun compte ? Cependant nous nous mettons en col&#232;re de ce que quelques-uns de ces hommes, qui ne sont pas tout &#224; fait des imb&#233;ciles, font ressortir ces contradictions et rejettent bien loin notre providence ; nous devrions nous estimer heureux d'en voir encore un certain nombre nous offrir des sacrifices, apr&#232;s tant de sottises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Je vais plus loin, Jupiter, puisque nous sommes entre nous et qu'il n'y a pas d'hommes &#224; cette assembl&#233;e, sauf Hercule, Bacchus, Ganym&#232;de et Esculape admis au rang des dieux ; r&#233;ponds-moi franchement : t'es-tu jamais inqui&#233;t&#233; de ce qui se faisait sur la terre, au point d'examiner quels sont les bons et quels sont les m&#233;chants ? Tu ne saurais le dire. Et si Th&#233;s&#233;e, en allant de Tr&#233;z&#232;ne &#224; Ath&#232;nes, ne se f&#251;t occup&#233;, comme passe-temps de voyage, &#224; ch&#226;tier les malfaiteurs, comme il appartenait &#224; ta providence de le faire, rien n'e&#251;t emp&#234;ch&#233; Sciron, Pityocampte, Cercyon et autres bandits, de vivre tranquilles et de s'amuser &#224; &#233;gorger les voyageurs. Si Eurysth&#233;e, cet homme du vieux temps, plein de pr&#233;voyance et de philanthropie, instruit de ce qui se passait dans chaque contr&#233;e, n'e&#251;t envoy&#233; ce gaillard, son esclave, son homme de peine, et taill&#233; pour les travaux (17), tu te serais fort peu souci&#233;, Jupiter, de l'hydre de Lerne, des oiseaux du lac Stymphale, des chevaux de Thrace et de l'insolente ivrognerie des Centaures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Mais, &#224; parler franchement, nous vivons ici dans une oisivet&#233; parfaite, n'ayant d'autre soin que de nous informer si l'on nous offre des sacrifices et si l'on fait fumer nos autels. Le reste suit son cours et s'en va comme il pla&#238;t au hasard. Ce qui nous arrive aujourd'hui ne doit donc pas nous &#233;tonner, et nous en verrons bien d'autres, lorsque les hommes, levant peu &#224; peu les yeux vers le ciel, s'apercevront qu'ils ne retirent aucun profit de leurs sacrifices et de leurs pompes. Tu verras avant peu les &#201;picure, les M&#233;trodore (18) et les Damis nous rire au nez, et nos d&#233;fenseurs vaincus et r&#233;duits au silence. Il serait donc de notre int&#233;r&#234;t de mettre un terme, de trouver un rem&#232;de &#224; ces abus, puisque c'est vous qui avez amen&#233; les choses &#224; ce point. Quant &#224; Momus, il ne court pas grand risque de perdre ses honneurs, car il n'y a pas longtemps qu'on l'honore, tandis que vous avez la pleine jouissance du bonheur et des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. JUPITER. Laissons, &#244; dieux, laissons l'orateur d&#233;biter toutes ses folies : il est d'humeur piquante et satirique ; mais, comme l'a fort bien dit l'admirable D&#233;mosth&#232;ne (19), il est ais&#233; d'accuser, de reprendre, de censurer ; le peut qui veut ; au lieu qu'indiquer le moyen de faire prendre une meilleure tournure aux affaires, c'est r&#233;ellement l'office d'un sage conseiller. Or, c'est l&#224;, j'en suis s&#251;r, ce que vous autres allez faire, maintenant que l'orateur se tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. NEPTUNE. Pour moi, qui suis plong&#233; dans l'onde, comme vous savez, et qui habite au fond des mers, je ne fais gu&#232;re que sauver, autant que je le puis, les navigateurs, diriger la marche des vaisseaux et calmer les vents. Cependant, comme je prends quelque int&#233;r&#234;t &#224; ce qui se passe ici, je dis qu'il faut se d&#233;faire de ce Damis, avant la discussion, soit par un coup de foudre, soit par tout autre moyen, afin qu'il n'ait pas le dessus ; car tu nous as dit, Jupiter, que c'est un habile orateur. Nous montrerons ainsi que notre vengeance poursuit ceux qui tiennent contre nous de semblables propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. JUPITER. Tu plaisantes, Neptune, ou bien tu as compl&#232;tement oubli&#233; que rien de pareil n'est en notre pouvoir, mais les Parques tissent &#224; chacun un fil que doit trancher la foudre, l'&#233;p&#233;e, la fi&#232;vre ou la peste, Autrement, si la chose m'&#233;tait permise, penses-tu que j'eusse laiss&#233; sortir de Pise, sans les avoir foudroy&#233;s, les sacril&#232;ges qui, derni&#232;rement, m'ont coup&#233; deux boucles de cheveux pesant chacune six mines (20) ? Toi-m&#234;me, aurais-tu laiss&#233; faire &#224; G&#233;reste (21) ce p&#234;cheur d'Or&#233;e (22), qui t'a d&#233;rob&#233; ton trident ? D'ailleurs, nous aurions l'air de nous f&#226;cher, d'&#234;tre chagrin&#233;s de l'affaire, de craindre les discours de Damis, et de nous &#234;tre, pour cela, d&#233;barrass&#233;s de cet homme sans avoir attendu qu'il entr&#226;t en lice avec Timocl&#232;s. Nous passerions toujours pour avoir gagn&#233; notre cause par d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NEPTUNE. Je croyais avoir trouv&#233; un moyen exp&#233;ditif de remporter la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Fi donc, Neptune ! c'est une id&#233;e qui sent le thon, et tout &#224; fait grossi&#232;re, que d'exterminer un antagoniste avant le combat, afin qu'il meure invaincu, laissant la discussion ind&#233;cise et pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NEPTUNE. Alors, inventez un meilleur exp&#233;dient, puisque vous dites que le mien sent le thon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. APOLLON. Si la loi nous permet, &#224; nous autres adolescents (23), encore jeunes et sans barbe, de parler en public, peut-&#234;tre pourrai-je dire quelques mots utiles &#224; la d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Dans cette d&#233;lib&#233;ration, Apollon, il y va de nos plus chers int&#233;r&#234;ts ; si bien que la parole est accord&#233;e, non pas &#224; l'&#226;ge, mais &#224; tous. Il serait plaisant qu'expos&#233;s aux derniers dangers, nous vinssions chicaner sur la libert&#233; conc&#233;d&#233;e par les lois. Tu es un orateur parfaitement l&#233;gal, sorti depuis longtemps de la classe des adolescents, inscrit sur le registre des Douze (24) et presque du conseil de Saturne. Ne fais donc pas le jeune homme avec nous ; expose hardiment ton opinion, ne sois pas honteux de parler en public, sans avoir de barbe, puisque tu as dans Esculape un fils dont le menton en est abondamment pourvu. D'ailleurs, il est de ta gloire de d&#233;ployer en ce moment ta science, et de nous montrer que ce n'est pas pour rien que tu es assis sur l'H&#233;licon, philosophant avec les Muses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APOLLON. Ce n'est pas &#224; toi, Momus, c'est &#224; Jupiter de m'accorder cette permission. S'il m'ordonne de parler, peut-&#234;tre tiendrai-je un langage digne des Muses et de mes occupations sur l'H&#233;licon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Parle, mon fils ; tu as la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. APOLLON. Ce Timocl&#233;s m'a toujours paru un excellent homme : il est pieux, et il conna&#238;t parfaitement la doctrine des Sto&#239;ciens. Par l&#224;, il attire autour de lui nombre de jeunes gens auxquels il montre la philosophie, et dont il re&#231;oit, &#224; ce titre, de gros honoraires, &#233;tant d'ailleurs fart convaincant, lorsqu'il dispute en particulier avec ses &#233;l&#232;ves. Mais en public, il perd toute sa hardiesse ; il a la parole mal assur&#233;e, &#224; demi barbare, et il fait rire tout le monde dans les discussions en bredouillant, balbutiant, se troublant ; surtout lorsque, malgr&#233; sa timidit&#233;, il veut faire montre de beau langage. Il a, en effet, la conception extr&#234;mement vive, l'esprit tr&#232;s subtil, au dire de ceux qui savent &#224; fond la dialectique des Sto&#239;ciens. Mais, lorsqu'il parle et d&#233;montre, sa faiblesse g&#226;te et confond tout : il n'expose plus clairement ce qu'il veut dire, il avance des propositions qui sont autant d'&#233;nigmes, et r&#233;pond avec plus d'obscurit&#233; encore aux questions qu'on lui adresse, de sorte que ceux qui ne le comprennent pas se moquent de lui. Or, il faut, je crois, parler clairement et apporter, avant tout, une grande attention &#224; se rendre intelligible &#224; ceux qui &#233;coutent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. MOMUS. Tu as bien raison, Apollon, de louer ceux qui parlent clairement ; seulement tu, ne le fais gu&#232;re dans tes oracles, qui sont toujours entortill&#233;s comme des logogriphes et dans lesquels tu jettes, comme sur un champ de bataille o&#249; tu ne risques rien, des choses si incertaines, que ceux qui les entendent ont besoin d'un autre Apollon Pythien pour se les faire expliquer. Mais enfin, quel conseil nous donnes-tu ? Quel rem&#232;de peut-on apporter &#224; l'insuffisance oratoire de Timocl&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. APOLLON. Si nous pouvions, Momus, lui adjoindre comme avocat quelqu'un de ces v&#233;h&#233;ments orateurs, qui traduirait en beau langage les id&#233;es sugg&#233;r&#233;es par Timocl&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Tu parles bien l&#224; comme un gar&#231;on sans barbe, qui a encore besoin d'un p&#233;dagogue ! Faire intervenir un avocat dans une discussion philosophique, expliquant aux assistants les pens&#233;es de Timocl&#232;s ! Damis parlerait pour lui-m&#234;me et en propre personne, et l'autre, lisant d'une doublure, lui soufflerait &#224; l'oreille ses id&#233;es ; puis l'acteur donnerait un tour oratoire, sans l'avoir m&#234;me bien compris, &#224; tout ce qu'il aurait entendu. Comment cela ne ferait-il pas rire tout le monde ? Cherchons un autre exp&#233;dient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Mais toi, dieu admirable, car tu te donnes pour un devin habile, et tu as amass&#233;, en cette qualit&#233;, des sommes consid&#233;rables, jusqu'&#224; recevoir une fois des briques d'or (25) que ne nous fais-tu voir, dans cette circonstance, la puissance de ton art, en nous pr&#233;disant lequel de ces deux sophistes remportera la victoire ? Tu sais probablement l'issue de la dispute, puisque tu es devin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APOLLON. Comment, Momus, cela pourrait-il se faire ? Nous , n'avons ici ni tr&#233;pied, ni parfums, ni source proph&#233;tique comme celle de Castalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Prends garde : tu &#233;ludes la question quand tu te sens serr&#233; de pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Malgr&#233; cela, parle, mon fils, et ne donne pas &#224; ce sycophante l'occasion de calomnier et de railler ton art, comme s'il d&#233;pendait du tr&#233;pied, de l'eau ou de l'encens, et que, ne les ayant pas, tu te visses r&#233;duit &#224; l'impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APOLLON. Il vaudrait beaucoup mieux, mon p&#232;re, que cela se pass&#226;t &#224; Delphes ou &#224; Colophon (26). J'y ai tout ce qui m'est n&#233;cessaire et appropri&#233; &#224; mon usage. Cependant, quoique d&#233;nu&#233; de tout, et sans pr&#233;paration, je vais essayer de pr&#233;dire lequel des deux aura le dessus. Vous excuserez, si la mesure des vers n'est pas bien rigoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Parle, mais dis-nous, Apollon, des choses claires, qui n'aient besoin ni d'avocat, ni d'interpr&#232;te. Il ne s'agit pas ici de chair de mouton et de tortue qu'on fait cuire en Lydie. Tu connais l'objet de la d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Eh bien, que dis-tu, mon fils ? Mais voici d&#233;j&#224; les terribles avant-coureurs de l'oracle : changement de couleur, &#339;il hagard, cheveux dress&#233;s sur la t&#234;te, mouvements de Corybante, tous les signes de la possession, effrayants, mystiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31. APOLLON.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutez d'Apollon un oracle infaillible (27)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette dispute terrible,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un couple philosophe arm&#233; jusques aux dents&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De vains et subtils arguments,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutient de sa voix aigre et de ses cris per&#231;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entends des deux c&#244;t&#233;s un fracas effroyable,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un croassement de corbeaux,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on entend aux champs que la temp&#234;te accable,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruire et les vents et les eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand l'autour aura saisi la sauterelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ses deux ongles tranchants,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la pluie &#224; venir le messager fid&#232;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Redoublera ses tristes chants,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mulets gagneront, l'&#226;ne d'un front rebelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heurtera ses l&#233;gers enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Pourquoi donc &#233;clater de rire, Momus ? Tout cela n'a rien de bien risible. Finis donc, malheureux : tu vas &#233;touffer de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Le moyen de se retenir, Jupiter, en entendant un oracle aussi clair et aussi &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tu pourrais donc nous expliquer ce qu'il veut dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Tr&#232;s facilement : nous n'avons pas besoin pour cela d'un Th&#233;mistocle (28). Cet oracle dit en termes pr&#233;cis qu'Apollon est un charlatan, vous des &#226;nes b&#226;t&#233;s, ma foi, et des mulets, de croire ce qu'il nous dit, et que nous n'avons pas plus de bon sens que les sauterelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32. HERCULE. Pour moi, mon p&#232;re, quoique je ne sois qu'un m&#233;t&#232;que, je n'h&#233;siterai pas cependant &#224; dire mon avis. Lorsque nos deux philosophes seront aux prises, si Timocl&#232;s a l'avantage, nous laisserons continuer la dispute. qui tournera en notre faveur ; mais si les choses vont autrement, je me mettrai, si vous le trouvez bon, &#224; &#233;branler le portique, je le ferai tomber sur Damis, et ce sc&#233;l&#233;rat ne nous outragera plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Hercule ! ah ! Hercule ! voil&#224;, qui est brutal et terriblement b&#233;otien. Faut-il, pour un sc&#233;l&#233;rat, d&#233;truire tant de monde et, en outre, le Portique avec Marathon, Miltiade et Cyn&#233;gire ? Et si tout cela n'existait plus, comment les rh&#233;teurs feraient-ils de la rh&#233;torique, eux qui tirent de l&#224; leurs plus grands effets de discours (29), D'ailleurs, lorsque tu &#233;tais vivant, tu pouvais peut-&#234;tre faire un exploit comme celui-l&#224; ; mais, depuis que tu es devenu dieu, tu as appris, je pense, que les Parques seules ont une pareille puissance et que nous-m&#234;mes nous ne l'avons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HERCULE. Ainsi, lorsque je tuais le lion ou J'hydre, c'&#233;taient les Parques qui ex&#233;cutaient cela avec mon bras ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Oui, vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HERCULE. Et maintenant si quelqu'un m'insulte, pille mon temple, on renverse ma statue, je ne pourrai pas l'&#233;craser sans l'autorisation des Parques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. En aucune fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HERCULE. Alors, Jupiter, laisse-moi te parler avec franchise, car moi, comme dit le comique (30), je suis un rustaud, qui appelle barque une barque. Si vous en &#234;tes l&#224;, j'envoie promener les honneurs dont on jouit ici, le fumet et le sang des victimes, et je descends aux enfers, o&#249; les ombres des monstres que j'ai tu&#233;s me craindront nu et arm&#233; de mon arc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33. JUPITER. A merveille, voil&#224;, comme on dit, un t&#233;moin domestique ! Tu &#233;pargnes &#224; Damis la peine de dire tout cela ; tu le lui sugg&#232;res. Mais qui donc s'avance avec tant d'empressement ? Quel est ce dieu d'airain, si bien dessin&#233;, aux contours si harmonieux, et dont les cheveux sont relev&#233;s &#224; l'antique ? Eh ! Mercure, c'est ton fr&#232;re de l'Agora, pr&#232;s du Poecil&#233;. Il est rempli de poix, car les statuaires en font tous les jours une empreinte. Pourquoi, mon fils, viens-tu vers nous avec tant de h&#226;te ? Nous apportes-tu des nouvelles de la terre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HERMAGORAS. (31) Une grande nouvelle, Jupiter, et qui demande la plus compl&#232;te attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Parle ; quelque r&#233;volte se serait-elle d&#233;clar&#233;e &#224; notre insu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HERMAGORAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me trouvais couvert d'un enduit de r&#233;sine (32)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on m'avait appliqu&#233;e au dos, &#224; la poitrine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuirasse ridicule, exprimant mes contours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux apprentis sculpteurs, dont la main, tous les jours,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vrai singe, de mes traits imitateur fid&#232;le,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient copier mon corps qui leur sert de mod&#232;le ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je vois accourir tout le peuple : au milieu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux hommes qui criaient, p&#226;les et l'&#339;il en feu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;riss&#233;s d'arguments et bard&#233;s de sophismes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Damis et...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tr&#234;ve, mon cher Hermagoras, &#224; tes iambes ! Je connais les hommes dont tu veux parler. Mais, dis-moi, y-a-t-il longtemps que le combat est engag&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HERMAGORAS. Non, ils n'en sont encore qu'aux escarmouches ; ils se battent &#224; coups de fronde et se lancent de loin des injures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Qu'avons-nous de mieux &#224; faire, dieux, que de les &#233;couter en penchant la t&#234;te de leur c&#244;t&#233; ? Que les Heures &#244;tent donc la barre des cieux, et qu'elles en ouvrent les portes en &#233;cartant les nuages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34. Par Hercule ! Quelle foule est accourue pour les entendre ! Je n'aime pas beaucoup ce Timocl&#232;s qui tremble et qui se trouble. Il va tout g&#226;ter aujourd'hui : on voit bien qu'il ne pourra jamais lutter contre Damis. Mais du moins faisons en faveur de Timocl&#232;s tout ce qui nous est possible ; prions pour lui,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si bas que Damis ne puisse nous entendre (33).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35. TIMOCL&#200;S. Que dis-tu, sacril&#232;ge Damis ? Qu'il n'y a point de dieux et que leur providence ne veille point sur les hommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Non, il n'yen a point. Mais d'abord, r&#233;ponds toi-m&#234;me : quelle raison te porte &#224; croire qu'ils existent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Pas du tout ! c'est &#224; toi, sc&#233;l&#233;rat, de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Nullement, c'est &#224; toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Jusqu'ici le n&#244;tre fait merveille : il crie le plus fort. Courage, Timocl&#232;s ; couvre-le d'injures ; c'est l&#224; ta force : dans tout le reste, il te rendra muet comme un poisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Non, par Minerve ! je ne r&#233;pondrai pas le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Eh bien ! a]ors, Timocl&#232;s, interroge-moi ! Tu as vaincu en faisant ce serment ; mais pas d'injures, je te prie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36. TIMOCL&#200;S. Tu as raison. Dis-moi donc, coquin, crois-tu que les dieux exercent une providence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DAMIS. Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Que dis-tu ! Rien n'est conduit par leur sagesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Aucun dieu n'a le soin de r&#233;gler l'univers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Tout est emport&#233; au hasard par une force aveugle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Eh quoi ! citoyens, vous entendez cela de sang-froid ? Vous ne lapidez pas cet impie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Pourquoi, Timocl&#232;s, ameutes-tu le peuple contre moi ? Et qui donc es-tu pour te f&#226;cher si fort en faveur des dieux ; lorsqu'ils ne se f&#226;chent pas eux-m&#234;mes ? Ils ne m'ont fait encore aucun mal, quoique depuis longtemps ils m'aient entendu, s'il est vrai qu'ils m'entendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Ils t'entendent, Damis, ils t'entendent et ne tarderont pas &#224; te punir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37. DAMIS. Et quand en auraient-ils le temps, ayant, comme tu dis, un si grand nombre d'affaires sur les bras, et occup&#233;s &#224; r&#233;gler celles du monde, qui sont infinies ? C'est pour cela qu'ils ne t'ont pas encore puni de tes parjures continuels et de tant d'autres crimes ; mais je n'en dirai rien. de peur d'&#234;tre forc&#233; &#224; te dire des injures, malgr&#233; notre convention. Cependant je ne vois pas que tes dieux puissent donner une meilleure preuve de leur providence que d'&#233;craser et mettre &#224; mal un mauvais homme comme toi. On s'aper&#231;oit bien qu'ils sont en voyage par del&#224; l'Oc&#233;an, probablement chez les &#201;thiopiens irr&#233;prochables (34) : c'est assez leur habitude d'a1ler fr&#233;quemment se r&#233;galer chez ce peuple, et parfois ils s'y invitent eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38. TIMOCL&#200;S. Que puis-je r&#233;pondre, Damis, &#224; une telle impudence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Une chose, Timocl&#232;s, que je d&#233;sire depuis longtemps entendre de ta bouche, c'est &#224; savoir qui a pu t'engager &#224; croire &#224; la providence des dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. L'ordre de l'univers, voil&#224; ce qui m'a convaincu : le soleil suivant toujours la m&#234;me route, la lune ob&#233;issant &#224; la m&#234;me loi, le retour p&#233;riodique des saisons, le d&#233;veloppement des plantes, la reproduction des animaux, leur organisation si parfaite qu'ils se nourrissent, se meuvent, pensent, marchent, sont architectes et cordonniers, toutes ces merveilles et autres semblables ne te paraissent-elles pas &#234;tre les effets d'une providence (35) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. C'est l&#224;, comme on dit, Timocl&#232;s, une p&#233;tition de principe, Il n'est pas du tout &#233;vident que ces merveilles soient l'&#339;uvre d'une providence. J'avoue que les faits sont tels que tu dis, mais rien ne peut me forcer &#224; croire qu'une providence en soit l'auteur. Il se peut que, produits d'abord par le hasard, ces ph&#233;nom&#232;nes demeurent les m&#234;mes et ob&#233;issent &#224; des lois constantes ; mais toi tu appelles cet ordre une n&#233;cessit&#233;, et tu te f&#226;ches ensuite contre ceux quine sont pas de ton avis, quand tu fais l'&#233;num&#233;ration et l'&#233;loge de toutes ces merveilles, et que tu t'imagines prouver ainsi la direction de l'univers par une volont&#233; providentielle. On peut te dire, comme dans la com&#233;die :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'a pas bon go&#251;t, servez-nous-en d'un autre (36).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39. TIMOCL&#200;S. Je ne crois pas qu'il soit besoin d'une autre d&#233;monstration. Cependant je vais t'interroger. R&#233;ponds-moi : Hom&#232;re te semble-t-il un excellent po&#232;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Certainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Eh bien ! c'est lui qui m'a convaincu et qui m'a prouv&#233; la providence des dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Homme &#233;tonnant ! Tout le monde t'accordera qu'Hom&#232;re est un excellent po&#232;te ; mais comme autorit&#233; respectable sur ces mati&#232;res, ni lui, ni aucun autre po&#232;te ne sera accept&#233; par personne. Ils ont moins &#224; c&#339;ur, je pense, de dire la v&#233;rit&#233; que de ravir les auditeurs ; et voil&#224; pourquoi ils chantent en vers, rev&#234;tent leurs l&#233;gendes de sons harmonieux et s'ing&#233;nient de tous les moyens de plaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40. Toutefois, je serais charm&#233; de savoir par quels vers Hom&#232;re a pu te persuader. Est-ce par ceux o&#249; il dit en parlant de Jupiter, que la fille, le fr&#232;re et la femme de ce dieu conspir&#232;rent un jour de l'encha&#238;ner (37) ; que, si Th&#233;tis, par piti&#233; pour lui, n'e&#251;t appel&#233; Briar&#233;e, le bon Jupiter e&#251;t &#233;t&#233; perdu pour nous et jet&#233; en prison, et que, pour reconna&#238;tre le service de Th&#233;tis, il trompa Agamemnon et lui envoya un songe trompeur (38), afin de faire p&#233;rir beaucoup de Grecs ? Fais bien attention ! Il lui &#233;tait sans doute impossible de lancer son tonnerre et de r&#233;duire en poudre Agamemnon tout seul, sans s'exposer &#224; passer pour un imposteur. Ta croyance aurait-elle &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e par les vers o&#249; tu as lu que Diom&#232;de blesse V&#233;nus et ensuite Mars, &#224; l'instigation de Minerve (39) ? Ou bien lorsqu'il dit que les dieux se jettent &#224; l'envi dans la m&#234;l&#233;e, tous ensemble, m&#226;les et femelles ; que Minerve met hors de combat Mars encore souffrant, sans doute, de la blessure qu'il avait re&#231;ue de Diom&#232;de, et que&lt;br class='autobr' /&gt;
Mercure, excellent dieu, marche contre Latone (40).&lt;br class='autobr' /&gt;
As-tu regard&#233; comme tr&#232;s croyable ce qu'il raconte au sujet de Diane, qu'elle se f&#226;cha de n'avoir pas &#233;t&#233; invit&#233;e au festin d'OEn&#233;e, et que, pour s'en venger, elle envoya dans le pays de ce roi un sanglier &#233;norme, &#224; la grosseur et &#224; la force duquel rien ne pouvait r&#233;sister (41) ? Est-ce avec de pareils r&#233;cits qu'Hom&#232;re t'a convaincu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41. JUPITER. Ciel ! Quels cris, grands dieux, retentissent parmi la foule en l'honneur de Damis ! Notre champion a l'air d&#233;sesp&#233;r&#233; : il a peur, il tremble, on dirait qu'il va jeter son bouclier, et d&#233;j&#224; il regarde autour de lui par o&#249; il pourra s'&#233;chapper et prendre la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Est-ce qu'Euripide ne te semble point parler un langage sens&#233;, lorsqu'il fait monter les dieux sur la sc&#232;ne, et qu'il nous les montre occup&#233;s &#224; sauver les h&#233;ros vertueux, et &#224; punir les m&#233;chants, dont l'impi&#233;t&#233; est &#233;gale &#224; l&#224; tienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Ah ! Timocl&#232;s, mon brave philosophe, si c'est en agissant ainsi que les po&#232;tes tragiques t'ont convaincu, il faut, de deux choses l'une, ou que Palus, Aristod&#232;me et Satyrus te paraissent des dieux, ou que ce soient leurs masques, leurs cothurnes, leurs robes tra&#238;nantes, leurs casques, leurs gants, leurs ventres factices, leurs cuirasses, et le reste de l'accoutrement, dont ils rehaussent leur personne tragique. Or, je ne vois rien de plus ridicule. D'ailleurs, lorsque Euripide parle, non pas selon les besoins du drame, mais en son propre nom, &#233;coute comme il s'exprime avec franchise (42) :&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vois l'immense &#233;ther, qui s'&#233;tend dans les cieux,&lt;br class='autobr' /&gt;
Dont les humides bras enveloppent l'espace :&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; Jupiter m&#234;me, il n'est pas d'autres dieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ailleurs (43) :&lt;br class='autobr' /&gt;
Jupiter ! s'il est vrai que Jupiter existe,&lt;br class='autobr' /&gt;
Car je ne te connais encore que de nom.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le reste &#224; l'avenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42. TIMOCL&#200;S. Tous les hommes, tous les peuples sont donc dans l'erreur, quand ils reconnaissent des dieux et c&#233;l&#232;brent des f&#234;tes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Tu as raison, Timocl&#232;s, de me rappeler les usages des diff&#233;rents peuples : rien n'est plus propre &#224; faire comprendre tout ce qu'il y a d'incertitudes dans ce que l'on dit des dieux. Ce n'est que confusion : les uns s'en font une id&#233;e, les autres une autre. Les Scythes offrent des, sacrifices au Cimeterre ; les Thraces &#224; Zamolxis, esclave de Samos qui s'est enfui chez eux ; les Phrygiens adorent Men ; les Ethiopiens, le Jour ; les Cyll&#232;niens, Phal&#232;s ; les Assyriens, une colombe ; les Perses, le Feu, et les &#201;gyptiens, l'Eau, quand je dis l'Eau, c'est la divinit&#233; commune aux &#201;gyptiens, mais en particulier Memphis reconna&#238;t un b&#339;uf pour dieu ; Peluse, l'oignon ; d'autres cit&#233;s, l'ibis ou le crocodile : chez d'autres, c'est un cynoc&#233;phale, un chat, un singe. Dans les villages, les uns regardent l'&#233;paule droite comme un dieu, tandis que leurs voisins d'en face adorent l'&#233;paule gauche. Ceux-ci r&#233;v&#232;rent la moiti&#233; de la t&#234;te, ceux-l&#224; un pot de terre ou un plat. Comment ne pas trouver tout cela ridicule, beau Timocles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Ne disais-je pas, &#244; dieux, que tout cela se d&#233;couvrirait un jour et qu'on en ferait un examen s&#233;v&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tu l'as dit, Momus, et tu as eu raison de nous le reprocher ; aussi j'essayerai d'y mettre bon ordre, si nous &#233;chappons au danger actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43. TIMOCL&#200;S. Du moins, ennemi des dieux, de qui peux-tu dire que les pr&#233;dictions et les oracles soient l'ouvrage, si ce n'est des dieux et de leur providence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Ne dis pas un mot des oracles, mon cher ami ! car je te demanderai alors duquel tu veux sp&#233;cialement parler. Est-ce de celui qu'Apollon Pythien donna au roi de Lydie, oracle essentiellement ambigu, &#224; double visage, comme ces Herm&#232;s, qui se ressemblent exactement des deux c&#244;t&#233;s, en quelque sens qu'on se tourne ? En effet, si Cr&#233;sus traverse l'Halys, quel empire d&#233;truira-t-il, le sien ou celui de Cyrus ? Et pourtant l'infortun&#233; roi de Sardes avait achet&#233; plusieurs talents cet oracle menteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. O dieux, voil&#224; notre homme qui entre dans les d&#233;tails ! C'est ce que je craignais le plus. O&#249; est &#224; pr&#233;sent notre beau joueur de cithare ? Qu'il descende pour se justifier de l'accusation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tu nous assassines, Momus, avec tes reproches hors de saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44. TIMOCL&#200;S. Vois ce que tu fais, sc&#233;l&#233;rat de Damis : peu s'en faut que tes discours ne renversent les temples des dieux ainsi que leurs autels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Pas tous, Timocl&#232;s. En effet, quel mal cela nous fait-il qu'ils soient pleins de parfums et de douces senteurs ? Mais je verrais volontiers renverser de fond en comble ceux de Diane en Tauride, sur lesquels cette vierge se pla&#238;t aux r&#233;gals que tu sais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. D'o&#249; nous vient encore ce coup difficile &#224; parer. Cet insolent n'&#233;pargne aucun des dieux ; il parle avec autant de licence que s'il &#233;tait mont&#233; sur un tombereau, et&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;chire &#233;galement le coupable et le juste (44).&lt;br class='autobr' /&gt;
MOMUS. Ma foi ! on n'en trouverait gu&#232;re parmi nous qui fussent tout &#224; fait innocents. Vous allez voir qu'en continuant, notre homme va toucher &#224; quelqu'un de nos grands personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45. TIMOCL&#200;S. Quoi donc ! Ennemi d&#233;clar&#233; des dieux, n'entends-tu pas tonner Jupiter ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DAMIS. Eh ! comment n'entendrais-je pas le bruit du tonnerre, Timocl&#232;s ? Mais est-ce bien Jupiter qui tonne ? c'est ce que tu peux savoir mieux que nous, toi qui arrives du s&#233;jour des dieux. Seulement ceux qui viennent de Cr&#232;te nous racontent tout autre chose : on leur a montr&#233; l&#224; certain tombeau, surmont&#233; d'une colonne, laquelle apprend aux passants que Jupiter ne tonnera plus, &#233;tant mort depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOMUS. Voil&#224; justement ce que j'&#233;tais s&#251;r qu'allait dire cet homme ! Pourquoi, Jupiter, p&#226;lis-tu ? Pourquoi tes dents claquent-elles de peur ? Il faut avoir du c&#339;ur et m&#233;priser ces m&#233;chants bouts d'hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Les m&#233;priser, Momus ? Ne vois-tu pas quelle affluence est l&#224; pour l'&#233;couter ; combien il fait de pros&#233;lytes qui se d&#233;clarent contre nous ; comme il tient leurs oreilles captives, ce Demis ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MOMUS. Oui, mais quand tu voudras, Jupiter, tu laisseras pendre du ciel une cha&#238;ne d'or et tu les saisiras tous,&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tenant suspendus avec la terre et l'onde (45).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;46. TIMOCL&#200;S. Dis-moi, homme abdominale, as-tu quelquefois navigu&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DAMIS. Souvent, Timocl&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S.,Eh bien ! n'&#233;tait-ce pas le vent qui vous faisait avancer, en frappant et en enflant les voiles, ou bien alors les rameurs ? Un pilote, debout pr&#232;s du gouvernail, ne dirigeait-il pas le navire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. C'est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Eh quoi ! Un vaisseau ne pourrait voguer s'il n'est conduit par un pilote, et tu penses que l'univers est emport&#233; sans pilote ni conducteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tr&#232;s-bien, Timocl&#232;s ; la pens&#233;e est ing&#233;nieuse et la comparaison solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;47. DAMIS Mais au moins, z&#233;l&#233; partisan des dieux, tu as pu remarquer que ce pilote songeait toujours &#224; ce qui pouvait &#234;tre utile &#224; son vaisseau, qu'il se tenait pr&#234;t pour le moment favorable, donnant des ordres aux matelots, afin que le navire ne port&#226;t rien d'inutile ou d'&#233;tranger, rien qui ne f&#251;t d'un avantage ou d'une n&#233;cessit&#233; absolue pour la navigation. Ton pilote, au contraire, que tu t'imagines veiller &#224; la conduite de cet immense navire, ainsi que les matelots qui sont avec lui, ne fait rien &#224; propos, rien de raisonnable. Quand le c&#226;ble du m&#226;t est par hasard attach&#233; &#224; la poupe, les deux boulines le sont &#224; la proue. Quelquefois les ancres sont d'or, et le ch&#233;nisque de plomb. La partie qui plonge dans la mer est orn&#233;e de peintures et celle qui surnage, difforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;48. Parmi les matelots, tu verras le paresseux, l'ignorant, le poltron, avoir deux ou trois commandements, tandis que le bon nageur, leste &#224; grimper aux vergues, et connaissant toutes les finesses du m&#233;tier, est pr&#233;pos&#233; &#224; la sentine. Il en est de m&#234;me des passagers : celui qui est digne du fouet est assis au premier rang pr&#232;s du pilote ; on lui fait la cour. Un mignon, un parricide, un sacril&#232;ge, sont combl&#233;s d'honneurs et occupent le haut pont du navire, tandis qu'une foule d'honn&#234;tes gens, entass&#233;s dans un coin humide de la cale, sont &#233;cras&#233;s par ceux qui ne les valent pas. Songe &#224; la mani&#232;re dont Socrate, Aristide et Phocion, ont fait leur travers&#233;e : ils n'avaient pas leur ration compl&#232;te de farine ; ils ne pouvaient pas &#233;tendre leurs pieds sur des planches nues pr&#232;s de la sentine : mais dans quelles d&#233;lices nageaient les Callias (46), les Midas, les Sardanapale ! Comme ils crachaient sur les gens plac&#233;s au-dessous d'eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;49. Voil&#224; ce qui se passe dans ton vaisseau ! sage Timocl&#232;s : aussi les naufrages y sont-ils fr&#233;quents. S'il y avait un pilote qui e&#251;t l'&#339;il &#224; tout, qui r&#233;gl&#226;t tout ce qui s'y fait, il conna&#238;trait d'abord quels sont, parmi les passagers, les bons et les m&#233;chants ; ensuite, il assignerait &#224; chacun, suivant son m&#233;rite, le poste qui lui reviendrait, donnant &#224; c&#244;t&#233; de lui les meilleures places &#224; ceux qui ont les meilleures qualit&#233;s, et celles d'en bas aux moins bons, et r&#233;servant aux gens vertueux l'honneur d'&#234;tre ses convives et ses conseillers. Quant aux matelots, celui qui aurait du c&#339;ur &#224; son ouvrage serait charg&#233; de veiller &#224; la proue, aux flancs du navire, et commanderait &#224; tous les autres : le paresseux et le n&#233;gligent recevraient des coups de corde sur la t&#234;te cinq fois par jour. Ainsi, homme &#233;tonnant, ta comparaison avec un vaisseau court risque de sombrer, ayant un si mauvais pilote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;50. MOMUS. Le courant favorise Damis, et il vogue &#224; pleines voiles vers la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Tu n'as que trop raison, Momus. Ce Timocl&#232;s n'imagine rien de solide. Ses arguments sont communs ; il ne fait qu'entasser des preuves rebattues chaque jour et qu'un souffle renverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;51. TIMOCL&#200;S. Eh bien ! puisque ma comparaison ne te para&#238;t pas concluante, &#233;coute : voici, comme on dit, l'ancre sacr&#233;e, tu ne trouveras aucun moyen de la rompre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. Que va-t-il dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Vois si mon syllogisme est en bonne forme, et si tu peux, en aucune fa&#231;on, le r&#233;futer : s'il y a des autels, il y a des dieux ; or, il y a des autels, donc il y a des dieux (47). Qu'as-tu &#224; r&#233;pondre &#224; cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Laisse-moi rire d'abord &#224; mon aise, et puis je te r&#233;pondrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Mais il me semble que tu n'en finis pas de rire. Que trouves-tu donc de si risible &#224; cet argument ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. C'est que tu ne t'aper&#231;ois pas &#224; quel fil ch&#233;tif tu as suspendu ton ancre, et ton ancre sacr&#233;e. Tu fais d&#233;pendre l'existence des dieux de celle des autels, et tu crois avoir trouv&#233; l&#224; un c&#226;ble solide. Si tu n'as pas quelque chose de plus sacr&#233; &#224; nous dire, s&#233;parons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;52. TIMOCL&#200;S. Tu t'avoues donc vaincu, puisque tu te retires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAMIS. Oui, Timocl&#232;s ; car, &#224; l'exemple de ceux qui se voient maltrait&#233;s, tu te r&#233;fugies pr&#232;s des autels. Aussi, je veux, de par ton ancre sacr&#233;e, faire avec toi le pacte, devant ces m&#234;mes autels, de ne plus disputer ensemble sur ces mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIMOCL&#200;S. Tu veux te moquer de moi, d&#233;terreur de morts, inf&#226;me, abominable, pendard bon &#224; fouetter, tas d'ordures ! Est-ce qu'on ne sait pas ce qu'&#233;tait ton p&#232;re, que ta m&#232;re a fait la vie, que tu as tordu le cou &#224; ton fr&#232;re, adult&#232;re que tu es, d&#233;baucheur de gar&#231;ons, goulu, monstre d'impudence ? Ne t'en va pas, afin que je te roue de coups ; je vais te casser la t&#234;te, canaille, avec cette coquille d'hu&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;53. JUPITER. O dieux ! l'un se retire en riant, et l'autre le suit en l'accablant d'injures, outr&#233; des railleries de Damis, et il fait mine de vouloir lui casser la t&#234;te avec une tuile. Et nous, qu'est-ce que nous faisons apr&#232;s cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE. Je trouve plein de justesse le vers d'un po&#232;te comique (48) :&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne re&#231;oit d'affront que celui qu'on avoue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce donc, un si grand malheur que quelques hommes s'en aillent convaincus par Damis ? Il y en aura toujours assez d'autres qui penseront le contraire, la plupart des Grecs, la vile multitude et tous les barbares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER. C'est vrai, Mercure, mais j'aime bien le mot de Darius &#224; propos de Zopyre. J'aimerais mieux avoir un seul champion comme Damis, que d'&#234;tre le ma&#238;tre de dix mille Babylones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(01) Parodie d'une trag&#233;die inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(02) Parodie de plusieurs passages d'Hom&#232;re, Odyss&#233;e, I, v. 45 ; Iliade. I, v. 363 ; III, v. 35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(03) Euripide, Oreste, v. 1 et suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(04) Fameux acteurs. Sur Polus voy. Aulu-Gelle, Nuits attiques, VII, v. Aristod&#232;me vivait du temps de D&#233;mosth&#232;ne ; il fut d&#233;put&#233; vers Philippe, par les Ath&#233;niens, en qualit&#233; d'ambassadeur, &#224; cause de son habilet&#233; et de sa gr&#226;ce persuasive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(05) Cr. les beaux vers de Claudien, dans ses invectives contre Rufin : &#034;Saepe mihi dubiam traxit sententia mentem,&#034; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(06) Parodie de diff&#233;rents endroits d'Hom&#232;re. Iliade. VIII. v. 7 ; XX, v. 7 ; IX, v. 228 ; XIII, v 227.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(07) Cf. Le Songe ou le Coq, 24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(08) Tous ces mots sont expliqu&#233;s dans le Dict. de Jacobi, sauf Anuhis. Pour ce nom voy. Virgile, &#201;n&#233;ide, VIII, v. 698, et la note de Heyne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(09) Montagne de l'Attique, fameuse par ses marbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) Troisi&#232;me classe des citoyens. Cc nom leur venait de ce que deux citoyens de cette classe &#233;taient forc&#233;s de s'unir, ze&#230;gnusyai, pour entretenir un cheval. Voy. Plutarque, Vie de Solon, et Guillaume Postel, De magistratibus Atheniensium, chap. 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) Iliade, VIII, v. 5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(12) Cet exorde est une reproduction presque litt&#233;rale de la 1&#232;re Olynthienne de D&#233;mosth&#232;ne, au commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(13) Nom d'un promontoire de l'Eub&#233;e, aujourd'hui N&#233;grepont ou Negibo. C'est pr&#232;s de ce cap que la flotte grecque fut dispers&#233;e &#224; son retour de Troie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(14) Iliade, VII, v. 69.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(15) Voy. H&#233;rodote, I, LIII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(16) Id., VII, v. CXLI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(17) Hercule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(18) M&#233;trodore, philosophe pyrrhonien, n&#233; &#224; Chio, ami d'&#201;picure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(19) Voy. 1&#232;re Olynthienne, VI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(20) &#034;Le mine ordinaire valait 6 drachmes ; mais la mine attique en valait 100. Ce fut Solon qui la porta &#224; celle valeur ; car avant ce l&#233;gislateur, elle n'&#233;tait estim&#233;e que 75 drachmes. 100 drachmes attiques valent 50 livres de notre monnaie. Ainsi le vol fait &#224; Jupiter montait, &#224; peu pr&#232;s, &#224; 300 livres.&#034; BELIN DE BALLU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(21) Ville d'Eub&#233;e, Neptune y avait un temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(22) Ville de la m&#234;me &#238;le. D&#233;mosth&#232;ne en fait souvent mention dans ses Philippiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(23) A Ath&#232;nes, on ne pouvait pas prendre la parole, dans les d&#233;lib&#233;rations publiques, avant trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(24) Pour constater, l'&#233;tat des citoyens, on tenait, &#224; Ath&#232;nes deux registres. Dans l'un on inscrivait toutes les naissances ; l'autre contenait les noms de ceux qui avaient atteint la majorit&#233; l&#233;gale. Le registre des Douze est donc celui sur lequel sont inscrits les Douze grands dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(25) Voy. Charon ou les Contemplateurs, 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(26) Apollon avait un temple fameux dans chacune de ces deux villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(27) Ces vers amphigouriques sont une plaisante parodie des oracles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(28) Allusion &#224; la mani&#232;re dont il interpr&#233;ta l'oracle de Salamine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(29) Cf. Le ma&#238;tre de Rh&#233;torique, 18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(30) Aristophane, mais ces mots ne se retrouvent plus dans ce qui nous reste de lui. Cf. Comment il faut &#233;crire l'histoire. 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(31) C'est-&#224;-dire Mercure de l'Agora, statue de Mercure dress&#233;e sur la place publique d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(32) Parodie d'Euripide, Oreste v. 854 et suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(33) Parodie d'Heaumier. Iliade, VII, v. 195.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(34) Voy. Hom&#232;re, Iliade, I, v. 423.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(35) Cf. Th&#233;on, Progymnasmata, chap. XII, &#167; 31 et suivants , o&#249; ces arguments sont d&#233;velopp&#233;, avec une certaine force. Voy., en outre, Cic&#233;ron, De la nature des dieux ; F&#233;nelon, Trait&#233; de l'existence de Dieu ; Bossuet, De la connaissance de Dieu et de soi-m&#234;me, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(36) Vers d'un po&#232;te inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(37) Voy. Hom&#232;re. Iliade, I, v. 399.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(38) Iliade, II, au commencement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(39) Iliade, V, v. 335 et 885.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(40) Iliade, XX, v .7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(41) Iliade, IX, v. 529.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(42) Fragment incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(43) Fragment de M&#233;lanippe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(44) Iliade, XV, v. 137.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(45) Iliade, VIII, v, 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(46) Ath&#233;nien perdu de d&#233;bauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(47) Argument de Chrysippe. Cf. Cic&#233;ron, De la nature des dieux. II. IV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(48) M&#233;nandre. Voy. Stob&#233;e, Florilegium, titre CVIII, et le M&#233;nandre de Meineke, p. 327.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/jupiter2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/jupiter2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Lucien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_de_Samosate&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_de_Samosate&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrits grecs anciens et ath&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4591&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialogues des dieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/dialoguedieux.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/dialoguedieux.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La satire des dieux par Lucien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pulg/1690?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pulg/1690?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mythe et all&#233;gorie dans l'&#339;uvre de Lucien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/kentron/1699&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/kentron/1699&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore sur Lucien et son &#339;uvre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://philo-lettres.fr/grec-ancien/litterature-grecque-chronologie/lucien/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://philo-lettres.fr/grec-ancien/litterature-grecque-chronologie/lucien/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philo-lettres.fr/grec-ancien/litterature-grecque-chronologie/lucien/lucien-icaromenippe/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philo-lettres.fr/grec-ancien/litterature-grecque-chronologie/lucien/lucien-icaromenippe/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialogue des morts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Dialogues_des_morts_(Lucien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Dialogues_des_morts_(Lucien&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Lucien_de_Samosate&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Lucien_de_Samosate&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Physique a-t-elle besoin de philosopher sur la mati&#232;re ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8671</link>
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		<dc:date>2026-03-16T23:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Physique</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Physique a-t-elle besoin de philosopher sur la mati&#232;re ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La mati&#232;re pose directement des probl&#232;mes philosophiques ! &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3861 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7520 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807 &lt;br class='autobr' /&gt;
Y a-t-il une philosophie de la science ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, il y a des principes, des m&#233;thodes, des conceptions, des concepts, des raisonnements, certains qui sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;Atome : lois de la Physique ou r&#233;troaction de la mati&#232;re/lumi&#232;re et du vide (de la microphysique &#224; l'astrophysique)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;Physique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Physique a-t-elle besoin de philosopher sur la mati&#232;re ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re pose directement des probl&#232;mes philosophiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2265&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3861&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3861&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7520&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7520&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Y a-t-il une philosophie de la science ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y a des principes, des m&#233;thodes, des conceptions, des concepts, des raisonnements, certains qui sont scientifiques et d'autres pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, rien n'est affirm&#233; comme &#233;ternel en sciences. Tout est contestable et peut &#234;tre effectivement contest&#233; &#224; condition de se fonder &#224; la fois sur des raisonnements et des observations, des exp&#233;riences, des manipulations. On ne dit pas que la science affirme mais seulement qu'&#224; telle date, la science affirmait. On ne dit pas que la nature proc&#232;de ainsi mais que c'est ce qui semble &#224; un moment donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle pas de &#171; consensus &#187; des scientifiques car un tel consensus a exist&#233; dans le temps contre Galil&#233;e, contre Newton, contre Einstein, contre de Broglie, contre Schr&#246;dinger, contre Heisenberg, contre Bohr, contre tous les grands scientifiques auteurs d'avanc&#233;es scientifiques r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose existe en sciences, ce sont les id&#233;es et elles se discutent. Elles ne sont pas un objet de respect, d'ob&#233;issance absolue, d'autorit&#233; indiscutable, de religion. La science, c'est le d&#233;bat et e&#233;ventuellement la remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point est crucial dans le raisonnement scientifique : c'est qu'une affirmation doit correspondre au reste de nos connaissances du monde. C'est l'id&#233;e qu'il y a un seul monde et que le tout doit &#234;tre coh&#233;rent. Il ne faut donc pas une interpr&#233;tation des faits qui marche pour une exp&#233;rience mais qui contredit le reste. Le dualisme est contraire &#224; la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas en sciences nier la capacit&#233; de l'&#234;tre humain &#224; comprendre. L'agnosticisme n'est pas philosophie de science, pas plus que le positivisme. On ne peut pas pr&#233;tendre ne rester aux faits, aux observations. Il faut une th&#233;orie m&#234;me pour observer. Il ne suffit pas de manipuler, d'examiner les r&#233;sultats puis de calculer. Les calculs n&#233;cessitent des concepts. Les concepts emboit&#233;s forment des th&#233;ories. Les th&#233;ories ont besoin de penseurs. Les penseurs scientifiques ont besoin de m&#233;thodes philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des formes de logique qui sont scientifiques et d'autres pas. L&#224;, on atteint le domaine philosophique. Faut-il penser en sciences comme Kant, comme Locke, comme Hume, comme Mach, comme Aristote, comme Berkeley, comme Platon, comme Engels, comme Thomas Huxley, comme Bachelard, comme Heisenberg, comme Descartes, comme Diderot, comme Rousseau, comme Bergson, comme Einstein ou comme Hegel ? (la liste n'est pas exhaustive, tant pis pour ceux qui trouvent harassant de lire et de r&#233;fl&#233;chir et tant pis pour ceux qui veulent en rester &#224; leur petit domaine d'&#233;tude scientifique, la science a besoin de vision g&#233;n&#233;rale du monde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie faut-il une philosophie d&#233;terministe ou ind&#233;terministe, du continu ou du discontinu, de l'ordre ou du d&#233;sordre, du positivisme ou non, du r&#233;alisme ou non, du mat&#233;rialisme ou non, de la dialectique ou non ? Toute la philosophie est-elle contenue dans les math&#233;matiques ou non ? Toute la philosophie est-elle dans une croyance religieuse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on ne peut pas dire : je m'en moque, je fais des sciences sans faire de philosophie. Ce n'est pas vrai. On peut ne pas avoir conscience qu'on a une philosophie mais en tout cas on en emploie n&#233;cessairement une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre point essentiel : la science n'est pas la technologie. Les anciennes civilisations avaient peu de connaissances scientifiques et beaucoup de connaissances technologiques. Au point que nous n'avons pas encore certaines de leurs connaissances technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, actuellement, le capitalisme, ses possesseurs de capitaux et ses Etats valorisent surtout la technologie qui leur permet parfois des profits et des avances par rapport &#224; la concurrence. Mais, le profit, ce n'est pas la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a pouss&#233; &#224; une certaine science mais pas avec des buts intellectuels scientifiques. Il se moque de comprendre le monde si cela ne lui profite pas directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des grands scientifiques sont simplement des hauts fonctionnaires de ce monde capitaliste et de ses Etats. Ils ne raisonnent pas en scientifiques mais en membres de l'appareil d'Etat capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela am&#232;ne ces scientifiques &#224; des d&#233;clarations qui n'ont rien de scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit bien en climatologie, en g&#233;ologie, en &#233;pid&#233;miologie, en vaccinologie, dans tous les domaines de la sant&#233;. Par exemple, la sant&#233;, pour le grand capital, ce n'est pas la science mais les int&#233;r&#234;ts des trusts pharmaceutiques ! Les r&#233;sultats ne sont pas les m&#234;mes, la philosophie n'est pas la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, c'est l'&#233;tude pens&#233;e par l'homme du fonctionnement du monde, au maximum des capacit&#233;s de l'homme. Le profit capitaliste, c'est l'exploitation au maximum de toutes les possibilit&#233;s de l'homme extraites du fonctionnement du monde. Il n'y a pas identit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La science n&#233;cessite une pens&#233;e de la discontinuit&#233;, du saut, du changement qualitatif, de l'&#233;mergence, de l'autostructuration, de la contradiction interne dialectique, de l'abstraction fond&#233;e sur le concret, de la continuit&#233; fond&#233;e sur la discontinuit&#233;, de l'ordre fond&#233; sur le chaos, de l'onde et du corpuscule ins&#233;parables, du lien boson/fermion, des contradictions dialectiques mati&#232;re/vide, mati&#232;re/&#233;nergie, mati&#232;re/lumi&#232;re, virtuel/r&#233;el, classique/quantique, physique/astrophysique, etc. La pens&#233;e scientifique doit &#234;tre capable de cr&#233;er des images du monde qui int&#232;grent cette dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la science, ce sont &#224; la fois des id&#233;es et des exp&#233;riences, c'est que la dialectique des contraires y est fondamentale. On ne peut nier ni la place de la pens&#233;e humaine ni l'existence d'une r&#233;alit&#233; objective. Tout est dialectique en sciences, &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toutes les sciences s'interp&#233;n&#232;trent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un seul monde et une seule science ! Toute philosophie dualiste est antiscientifique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de philosophie scientifique pour celui qu'i n'admet pas l'intelligibilit&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas non plus de philosophie scientifique qui n'admet pas le monde comme une mati&#232;re de changement, une mati&#232;re historique, une mati&#232;re de transformations radicales. On ne peut jamais dire &#171; ceci a toujours &#233;t&#233; et sera toujours &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde existe affirme la philosophie scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Monde_(philosophie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Monde_(philosophie&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/philosophie-la-nature-et-le-monde-3366658&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/philosophie-la-nature-et-le-monde-3366658&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une science philosophique doubl&#233;e d'une philosophie scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des sciences est pleine de controverses entre points de vue diam&#233;tralement oppos&#233;s qui n'ont &#233;t&#233; valid&#233;s ni l'un ni l'autre et qui ont fini par se r&#233;soudre dans une dialectique mariant les contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie dialectique et science moderne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4659&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4659&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique quantique et Dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quantit&#233; se transforme en qualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Physique et Philosophie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La physique de la mati&#232;re et la philosophie dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re est elle-m&#234;me intrins&#232;quement dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Leibniz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article771&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de&lt;br class='autobr' /&gt;
Descartes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4527&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4527&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4108&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Kant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Dirac&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6844&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6844&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Bohr-Heisenberg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2546&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Einstein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4285&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4285&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4050&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4050&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3689&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3689&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3352&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Z&#233;non&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7412&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7412&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8001&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8001&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Bacon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6413&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6413&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4819&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4703&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4703&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Hegel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5097&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5097&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4184&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article650&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article650&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5558&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie d'Occam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2154&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2154&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article653&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article653&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6045&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6045&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5155&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5155&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8017&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Platon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6177&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6177&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Schr&#246;dinger&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2056&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2056&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie dualiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7520&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7520&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Mach&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6639&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Cohen-Tannoudji&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Marx/Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6000&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6000&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4683&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4683&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de Popper&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1708&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie positiviste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5119&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5119&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4930&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4930&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie agnostique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3861&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3861&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique et Philosophie de D'Espagnat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3849&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3849&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Science et Philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6150&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, ce sont seulement des faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde mat&#233;riel existe-t-il objectivement, en dehors de nos pens&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3352&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique quantique nous condamne-t-elle &#224; ne pas d&#233;crire du tout la r&#233;alit&#233; sous-jacente aux lois de la physique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'empirisme : La science se passe-t-elle de th&#233;oriser et se limite-t-elle &#224; constater les faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons-nous besoin de philosopher et ne pouvons-nous simplement nous contenter d'observer le monde et d'agir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5024&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prouvez-moi que la science n'est pas qu'exp&#233;rience, mesure et calcul et qu'elle est d'abord philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique n'est pas seulement un calcul mais une pens&#233;e, et m&#234;me une pens&#233;e mat&#233;rialiste dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique, un domaine du consensus ou de l'affrontement des id&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4054&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4054&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul monde, deux mondes ou plusieurs mondes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4107&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science v&#233;ritable est un d&#233;bat permanent et ne craint pas la contestation ni les remises en question des v&#233;rit&#233;s admises, la science d'Etat est tout le contraire, elle a besoin d'autorit&#233; et de consensus inattaquable et in&#233;branlable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7793&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7793&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombres d&#233;crivent-ils toute la r&#233;alit&#233; ? Le monde mat&#233;riel est-il totalement math&#233;matique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7710&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnez moi une &#233;quation et je soul&#232;verai le monde. Les limites des capacit&#233;s des math&#233;matiques &#224; comprendre le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7557&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7557&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la r&#233;alit&#233; physique n'est jamais purement num&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7006&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7006&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Science peut-elle se tromper lourdement du fait de pr&#233;jug&#233;s sociaux, d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ou de pressions du pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4102&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche scientifique n'est pas celle de l'ob&#233;issance &#224; l'autorit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7553&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7553&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la classe dirigeante a choisi de d&#233;truire toute pens&#233;e scientifique dans le grand public&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5348&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5348&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe poss&#233;dante peut-elle manipuler la science contre&#8230; la population ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5919&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7690&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7690&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6367&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve998&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve998&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4203&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7981&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7981&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4285&#034;&gt;La r&#233;ponse d'Einstein&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4050&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&#034;&gt;Lire toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4930&#034;&gt;La r&#233;ponse de Planck&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034;&gt;La r&#233;ponse de Bohr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034;&gt;La r&#233;ponse d'Heisenberg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2546&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2056&#034;&gt;La r&#233;ponse de Schr&#246;dinger&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2049&#034;&gt;La r&#233;ponse de Louis de Broglie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5032&#034;&gt;La r&#233;ponse de Feynman&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3700&#034;&gt;La r&#233;ponse de Simon Diner&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://matierevolution.org/spip.php?article8585&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://matierevolution.org/spip.php?article8585&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Lire encore -&gt; http://matierevolution.org/spip.php?article8585&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&#034;&gt;La r&#233;ponse de Cohen-Tannoudji&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6495&#034;&gt;Lire toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-conversation-scientifique/matiere-a-philosopher-2544280&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;ponse de Comte-Sponville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.org/spip.php?article7216&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Notre r&#233;ponse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034;&gt;Lire toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&#034;&gt;Lire enfin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034;&gt;Et encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034;&gt;Sans oublier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4043&#034;&gt;En conclusion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-humain/ce-que-la-physique-a-a-dire-a-la-philosophie-2616201&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-humain/ce-que-la-physique-a-a-dire-a-la-philosophie-2616201&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2853&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2853&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6496&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6496&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2251&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2251&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2233&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hegel, Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8025</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8025</guid>
		<dc:date>2025-12-05T23:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hegel &lt;br class='autobr' /&gt; Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit &lt;br class='autobr' /&gt;
(1807) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce volume repr&#233;sente les connaissances &#233;mergentes. La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit est destin&#233;e &#224; remplacer les explications psychologiques ou les discussions abstraites sur les fondements de la connaissance. Il examine la pr&#233;paration &#224; la science d'un point de vue qui en fait une science nouvelle, int&#233;ressante et premi&#232;re de la philosophie. Il inclut les diverses formes de l'esprit comme &#233;tapes sur le chemin par lequel il devient connaissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Hegel
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce volume repr&#233;sente les connaissances &#233;mergentes. La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit est destin&#233;e &#224; remplacer les explications psychologiques ou les discussions abstraites sur les fondements de la connaissance. Il examine la pr&#233;paration &#224; la science d'un point de vue qui en fait une science nouvelle, int&#233;ressante et premi&#232;re de la philosophie. Il inclut les diverses formes de l'esprit comme &#233;tapes sur le chemin par lequel il devient connaissance pure ou esprit absolu. C'est pourquoi, dans les divisions principales de cette science, qui se divisent en plusieurs, on consid&#232;re la conscience, la conscience de soi, la raison observatrice et agissante, l'esprit lui-m&#234;me, comme esprit moral, instruit et moral, et enfin comme religieux sous ses diff&#233;rentes formes. . La richesse des ph&#233;nom&#232;nes de l'esprit, qui apparaissent &#224; premi&#232;re vue comme du chaos, est ramen&#233;e dans un ordre scientifique qui les pr&#233;sente selon leur n&#233;cessit&#233;, dans lequel les imparfaits se dissolvent et passent aux plus &#233;lev&#233;s, qui sont leur prochaine v&#233;rit&#233;. Ils trouvent la v&#233;rit&#233; ultime d'abord dans la religion, puis dans la science, comme r&#233;sultat de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : il ne s'agit nullement d'une vraie traduction mais nous voulons juste donner un avant-go&#251;t du texte de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une explication, comme il est d'usage de pr&#233;c&#233;der une &#339;uvre dans une pr&#233;face - sur le but que l'auteur a en t&#234;te, ainsi que sur les raisons et la relation dans laquelle il croit qu'elle se situe par rapport &#224; d'autres traitements ant&#233;rieurs ou simultan&#233;s. du m&#234;me sujet &#8211; semble non seulement superflu dans un texte philosophique, mais aussi inappropri&#233; et inappropri&#233; compte tenu de la nature de la question. Parce que comment et ce qu'il serait appropri&#233; de dire sur la philosophie dans une pr&#233;face - par exemple une d&#233;claration historique de la tendance et du point de vue, le contenu g&#233;n&#233;ral et les r&#233;sultats, une connexion de d&#233;clarations et d'assurances sur la v&#233;rit&#233; - ne peut pas &#234;tre pour la mani&#232;re dont la v&#233;rit&#233; philosophique doit &#234;tre pr&#233;sent&#233;e. &#8211;De plus, parce que la philosophie est essentiellement dans l'&#233;l&#233;ment d'universalit&#233;, qui inclut le particulier, il semble qu'en elle plus que dans d'autres sciences, la chose elle-m&#234;me et m&#234;me son essence parfaite &#233;taient exprim&#233;es dans le but ou seraient les r&#233;sultats ultimes, par rapport auxquels l'ex&#233;cution est en r&#233;alit&#233; la chose qui n'est pas essentielle. Dans l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, en revanche, de ce qu'est l'anatomie, par exemple la connaissance des parties du corps selon leur existence non vivante, on est convaincu qu'on ne poss&#232;de pas encore la chose elle-m&#234;me, le contenu de cette science, mais s'efforce &#233;galement d'obtenir le particulier. &#8211; De plus, avec un tel agr&#233;gat de connaissances qui ne porte pas &#224; juste titre le nom de science, une conversation sur le but et des g&#233;n&#233;ralit&#233;s similaires n'est pas diff&#233;rente de la mani&#232;re historique et sans concept dont nous parlons du contenu lui-m&#234;me, de ces nerfs, muscles, etc. devient. En philosophie, par contre, l'in&#233;galit&#233; surviendrait selon laquelle une telle voie serait utilis&#233;e et pourtant elle se montrerait par elle-m&#234;me incapable de saisir la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, en d&#233;terminant le rapport qu'une &#339;uvre philosophique croit entretenir avec d'autres efforts sur le m&#234;me sujet, on attire un int&#233;r&#234;t &#233;tranger et on obscurcit ce qui est important dans la connaissance de la v&#233;rit&#233;. Aussi ferme que soit l'opinion sur l'opposition entre la v&#233;rit&#233; et la fausset&#233;, elle tend aussi &#224; s'attendre soit &#224; un accord, soit &#224; une opposition &#224; un syst&#232;me philosophique existant, et dans l'explication d'un tel syst&#232;me, elle ne voit que l'un ou l'autre. Elle ne comprend pas tant la diversit&#233; des syst&#232;mes philosophiques comme le d&#233;veloppement progressif de la v&#233;rit&#233;, mais elle ne voit que la contradiction dans la diversit&#233;. Le bourgeon dispara&#238;t quand la fleur &#233;clate, et on pourrait dire que le bourgeon est r&#233;fut&#233; par la fleur, et de la m&#234;me mani&#232;re, &#224; travers le fruit, la fleur est d&#233;clar&#233;e comme une fausse existence de la plante, et comme sa v&#233;rit&#233;, la fleur prend la place de la fleur. Ces formes sont non seulement diff&#233;rentes, mais elles se r&#233;priment aussi comme &#233;tant incompatibles les unes avec les autres. Mais leur nature fluide en fait en m&#234;me temps des moments d'unit&#233; organique dans lesquels non seulement ils ne s'opposent pas les uns aux autres, mais l'un est aussi n&#233;cessaire que l'autre, et c'est cette m&#234;me n&#233;cessit&#233; qui constitue la vie de l'ensemble. Mais la contradiction contre un syst&#232;me philosophique ne se comprend pas d'une part de cette mani&#232;re, et d'autre part la conscience compr&#233;hensive ne sait g&#233;n&#233;ralement pas comment la lib&#233;rer de son caract&#232;re unilat&#233;ral ou la maintenir libre, et sous la forme des contradictions et apparemment contradictoires moments de reconnaissance mutuellement n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande de telles explications et leur satisfaction semblent peut-&#234;tre &#234;tre le principal probl&#232;me. En quoi l'int&#233;rieur d'un &#233;crit philosophique pourrait-il s'exprimer plus que dans ses buts et ses r&#233;sultats, et de quelle mani&#232;re peut-on les conna&#238;tre plus clairement que par leur diff&#233;rence avec ce que l'&#233;poque produit autrement dans le m&#234;me domaine ? Mais si une telle action doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e plus que le simple d&#233;but de la cognition, si elle est destin&#233;e &#224; une cognition r&#233;elle, alors elle est en fait &#224; compter parmi les inventions visant &#224; contourner la mati&#232;re elle-m&#234;me et &#224; combiner les deux, l'apparence de s&#233;rieux. et des efforts pour cela, et la v&#233;ritable &#233;conomie de celui-ci. &#8211; Car la chose ne s'&#233;puise pas dans son but , mais dans son ex&#233;cution , et le r&#233;sultat n'est pas non plus le tout r&#233;el , mais plut&#244;t lui-m&#234;me avec son devenir ; la fin en soi est l'universel non vivant, tout comme la tendance est la simple activit&#233; &#224; laquelle manque encore sa r&#233;alit&#233;, et le r&#233;sultat nu est le cadavre qu'elle a laiss&#233; derri&#232;re elle. &#8211; De la m&#234;me mani&#232;re, la diff&#233;rence est plut&#244;t la limite de la chose ; c'est l&#224; o&#249; la chose finit, ou c'est ce qu'elle n'est pas. De tels efforts visant un objectif ou des r&#233;sultats, ainsi que les diff&#233;rences et les jugements des uns et des autres, sont donc un travail plus facile qu'il n'y para&#238;t peut-&#234;tre. Parce qu'au lieu de s'occuper de la mati&#232;re, une telle action est toujours au-del&#224; d'elle, au lieu de s'y habiter et de s'y oublier, une telle connaissance s'&#233;tend toujours &#224; un autre, et reste avec elle-m&#234;me plut&#244;t que avec la mati&#232;re qu'elle est et s'abandonne &#224; elle. &#8211; Le plus simple est de juger ce qui a de la substance et de la solidit&#233;, le plus difficile est de le saisir, le plus difficile est de produire une repr&#233;sentation de ce qui combine les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'&#233;ducation et l'&#233;laboration de l'imm&#233;diatet&#233; de la vie substantielle devront toujours se faire par l'acquisition de la connaissance des principes g&#233;n&#233;raux et des points de vue, pour ensuite se frayer un chemin jusqu'&#224; l'id&#233;e de la mati&#232;re en g&#233;n&#233;ral, et non moins le soutenir ou le r&#233;futer avec des raisons, comprendre l'abondance concr&#232;te et riche selon des certitudes et &#234;tre capable de donner une information appropri&#233;e et un jugement s&#233;rieux &#224; son sujet. Mais ce d&#233;but d'&#233;ducation c&#233;dera d'abord la place au s&#233;rieux d'une vie accomplie, qui conduit &#224; l'exp&#233;rience de la chose elle-m&#234;me, et si &#224; cela s'ajoute aussi le fait que le s&#233;rieux du concept s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; sa profondeur, alors une telle connaissance et le jugement sera dans la conversation. Gardez la conversation &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; existe ne peut &#234;tre que son syst&#232;me scientifique. Mon objectif est d'aider la philosophie &#224; se rapprocher de la forme de la science, dans le but de pouvoir se d&#233;barrasser de son nom d' amour de la connaissance et d'&#234;tre une v&#233;ritable connaissance . La n&#233;cessit&#233; interne selon laquelle la connaissance est science r&#233;side dans sa nature, et l'explication satisfaisante de celle-ci est uniquement la pr&#233;sentation de la philosophie elle-m&#234;me. La n&#233;cessit&#233; externe, cependant, dans la mesure o&#249; elle est g&#233;n&#233;rale, ind&#233;pendamment de la contingence de la personne et des raisons individuelles. La mani&#232;re dont il est saisi est la m&#234;me que celle avec laquelle le temps int&#233;rieur pr&#233;sente l'existence de ses moments sous forme de temps. Montrer qu'il est temps que la philosophie devienne une science serait donc la seule v&#233;ritable justification des exp&#233;riences qui ont ce but, parce qu'elles en d&#233;montrent la n&#233;cessit&#233;, oui, parce qu'elles le r&#233;aliseraient en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pla&#231;ant la vraie forme de la v&#233;rit&#233; dans la science - ou, ce qui revient au m&#234;me, en affirmant que la v&#233;rit&#233; a l'&#233;l&#233;ment de son existence dans le seul concept&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'apparition d'une telle exigence est comprise dans son contexte g&#233;n&#233;ral et consid&#233;r&#233;e au niveau o&#249; se situe actuellement l'esprit conscient de soi, alors elle a d&#233;pass&#233; la vie substantielle qu'il menait autrement dans l'&#233;l&#233;ment de pens&#233;e - au-del&#224; de cette imm&#233;diatet&#233; de la pens&#233;e. sa croyance, sur la satisfaction et la s&#233;curit&#233; de la certitude que poss&#233;dait la conscience de sa r&#233;conciliation avec l'&#234;tre et sa pr&#233;sence g&#233;n&#233;rale, interne et externe. Il est non seulement all&#233; au-del&#224; de cela, &#224; l'autre extr&#234;me du reflet insubstantiel de lui-m&#234;me en lui-m&#234;me, mais aussi au-del&#224; de cela. Non seulement sa vie essentielle est perdue pour lui, mais il est aussi conscient de cette perte et de la finitude qui en est le contenu. Se d&#233;tournant des conducteurs qui lui reprochent d'avoir tort, les reconnaissant et les bl&#226;mant, il exige d&#233;sormais de la philosophie non pas tant la connaissance de ce qu'il est , mais seulement, &#224; travers la philosophie, l'obtention de cette physicalit&#233; et de cette solidit&#233; de l'&#234;tre. Pour r&#233;pondre &#224; ce besoin, il ne faut pas tant ouvrir l'enfermement de la substance et l'&#233;lever &#224; la conscience de soi - pas tant ramener sa conscience chaotique &#224; l'ordre imagin&#233; et &#224; la simplicit&#233; du concept, mais plut&#244;t &#233;pancher les sp&#233;cialit&#233;s. de la pens&#233;e, supprimer le concept distinctif et cela Pour cr&#233;er un sentiment d'&#234;tre, et non pour fournir &#224; la fois un aper&#231;u et une &#233;dification . Le beau, le saint, l'&#233;ternel, la religion et l'amour sont l'app&#226;t n&#233;cessaire pour &#233;veiller le d&#233;sir de mordre, non pas le concept, mais l'extase, non la n&#233;cessit&#233; froidement progressive de la chose, mais l'enthousiasme fermentant devrait &#234;tre l'attitude. et la propagation continue de la richesse de la substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exigence correspond &#224; l'effort acharn&#233;, presque z&#233;l&#233; et irritable, pour sortir les gens de leur immersion dans le sensuel, le commun et l'individuel et pour lever leur regard vers les &#233;toiles ; comme s'ils, oubliant compl&#232;tement le divin, se tenaient avec la poussi&#232;re et l'eau, comme le ver, sur le point de se rassasier. Autrement, ils auraient dot&#233; le ciel d'une immense richesse de pens&#233;es et d'images. De tout cela, la signification r&#233;sidait dans le fil de lumi&#232;re par lequel il &#233;tait li&#233; au ciel ; Sur lui, au lieu de rester dans cette pr&#233;sence, le regard glissait au-del&#224;, jusqu'&#224; l'&#234;tre divin, vers une pr&#233;sence, si l'on peut dire, surnaturelle. L'&#339;il de l'esprit devait &#234;tre obligatoirement dirig&#233; vers les choses terrestres et s'y tenir fermement ; et il a fallu beaucoup de temps pour exploiter la clart&#233; que seul le surnaturel avait dans l'ennui et la confusion dans lesquels se trouvait le sens de ce monde, et pour rendre int&#233;ressante et valable l'attention au pr&#233;sent en tant que tel, ce qu'on appelait l'exp&#233;rience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette frugalit&#233; dans la r&#233;ception ou cette frugalit&#233; dans le don ne convient pas &#224; la science. Celui qui cherche seulement l'&#233;dification, celui qui veut envelopper de brume sa diversit&#233; terrestre d'existence et de pens&#233;e et aspire &#224; la jouissance ind&#233;finie de cette divinit&#233; ind&#233;finie, peut voir o&#249; il trouve cela ; Il trouvera facilement le moyen de s'extasier sur quelque chose et ainsi de se propager. Mais la philosophie doit se garder de chercher &#224; &#234;tre &#233;difiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette frugalit&#233;, qui renonce &#224; la science, doit encore moins pr&#233;tendre que cet enthousiasme et cette morosit&#233; sont quelque chose de plus &#233;lev&#233; que la science. Cette parole proph&#233;tique veut &#224; peu pr&#232;s rester au centre et en profondeur, regarde avec m&#233;pris la d&#233;termination (le Horos ) et se tient volontairement &#224; l'&#233;cart du concept et de la n&#233;cessit&#233;, plut&#244;t que de la r&#233;flexion qui ne r&#233;side que dans le fini. Mais tout comme il y a une largeur vide, il y a aussi une profondeur vide, comme une extension de la substance qui se d&#233;verse dans une diversit&#233; finie, sans pouvoir la maintenir ensemble - ainsi c'est une intensit&#233; sans contenu, qui se pr&#233;sente comme une pure force. sans expansion, la m&#234;me chose est la superficialit&#233;. La puissance de l'esprit est aussi grande que son expression, sa profondeur aussi profonde qu'il ose s'&#233;tendre et se perdre dans son interpr&#233;tation. &#8211; En m&#234;me temps, si cette connaissance non conceptuelle et substantielle pr&#233;tend avoir enfonc&#233; l'individualit&#233; de soi dans l'&#234;tre et philosopher de mani&#232;re vraie et sainte, elle cache que, au lieu d'&#234;tre consacr&#233;e &#224; Dieu, elle Il le fait simplement en m&#233;prisant la mesure et la d&#233;termination, tant&#244;t en elle-m&#234;me en raison du caract&#232;re accidentel du contenu, tant&#244;t en autorisant son propre arbitraire. &#8211; En s'abandonnant au ferment effr&#233;n&#233; de la substance, ils croient, en enveloppant la conscience d'eux-m&#234;mes et en renon&#231;ant &#224; leur entendement, qu'ils sont les siens , &#224; qui Dieu donne la sagesse dans leur sommeil ; Ce qu'ils con&#231;oivent et mettent au monde dans leur sommeil sont donc aussi des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos, il n'est pas difficile de comprendre que notre &#233;poque est une p&#233;riode de naissance et de transition vers une nouvelle p&#233;riode. L'esprit a rompu avec le monde ant&#233;rieur de son existence et de son imagination et est en train de l'enfoncer dans le pass&#233; et de le transformer. Il est vrai qu'il n'est jamais au repos, mais plut&#244;t en mouvement toujours progressif. Mais tout comme chez un enfant, apr&#232;s une longue p&#233;riode de nourriture silencieuse, le premier souffle interrompt cette progression simplement croissante - un saut qualitatif - et l'enfant na&#238;t, de m&#234;me l'esprit en d&#233;veloppement m&#251;rit lentement et silencieusement vers la nouvelle forme, lib&#233;rant une particule de la structure de son pr&#233;c&#233;dent Monde apr&#232;s monde, leur oscillation n'est indiqu&#233;e que par des sympt&#244;mes individuels ; l'insouciance et l'ennui qui traversent l'existant, la vague pr&#233;monition d'un inconnu annoncent que quelque chose d'autre est sur le point de se produire. Cet effritement progressif, qui n'a pas modifi&#233; la physionomie de l'ensemble, est interrompu par l'&#233;mergence qui, en un &#233;clair, cr&#233;e d'un seul coup la structure du nouveau monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette nouveaut&#233; n'a pas de r&#233;alit&#233; plus compl&#232;te que l'enfant qui vient de na&#238;tre ; et cela est essentiel &#224; ne pas ignorer. La premi&#232;re apparition est son imm&#233;diatet&#233; ou son concept. De m&#234;me qu'un &#233;difice n'est pas termin&#233; lorsque ses fondations sont pos&#233;es, la conception d'ensemble r&#233;alis&#233;e n'est pas l'ensemble lui-m&#234;me o&#249; l'on aimerait voir un ch&#234;ne dans la force de son tronc et dans l'&#233;tendue de ses branches et de ses masses. de son feuillage, nous ne sommes pas satisfaits si on nous montre un gland &#224; ce stade. La science, couronnement d'un monde de l'esprit, n'est donc pas compl&#232;te &#224; ses d&#233;buts. Le d&#233;but d'un nouvel esprit est le produit d'une r&#233;volution g&#233;n&#233;ralis&#233;e des diverses formes d'&#233;ducation, prix d'un chemin multiple et d'efforts tout aussi nombreux. C'est le tout repli&#233; sur lui-m&#234;me face &#224; la succession et &#224; son expansion, le simple concept qui en est devenu. Mais la r&#233;alit&#233; de cet ensemble simple est que ces formations devenues moments se d&#233;veloppent et redonnent forme, mais dans leur nouvel &#233;l&#233;ment, dans le sens qu'ils sont devenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque, d'une part, la premi&#232;re apparition du monde nouveau n'est que l'ensemble voil&#233; dans sa simplicit&#233; ou son fondement g&#233;n&#233;ral, la richesse de l'existence ant&#233;rieure est encore pr&#233;sente &#224; la conscience dans la m&#233;moire. Ce qui manque dans la forme nouvellement apparue, c'est la diffusion et la sp&#233;cificit&#233; du contenu ; Mais il manque encore plus le d&#233;veloppement de la forme par laquelle les diff&#233;rences sont d&#233;termin&#233;es avec certitude et ordonn&#233;es dans leurs relations fixes. Sans cette formation, la science manque d'intelligibilit&#233; g&#233;n&#233;rale et appara&#238;t comme la possession &#233;sot&#233;rique de quelques individus ; &#8211; une possession &#233;sot&#233;rique : car elle n'est pr&#233;sente que dans son concept ou son int&#233;rieur ; de certains individus : parce que leur apparence non d&#233;velopp&#233;e rend leur existence individuelle. Seul ce qui est compl&#232;tement d&#233;termin&#233; est &#224; la fois exot&#233;rique, compr&#233;hensible et susceptible d'&#234;tre appris et propri&#233;t&#233; de tous. La forme intelligente de la science est le chemin qui y m&#232;ne qui est offert &#224; tous et rendu identique pour tous, et arriver &#224; la connaissance rationnelle &#224; travers la compr&#233;hension est la juste exigence de la conscience qui rejoint la science ; car l'entendement, c'est la pens&#233;e, le pur ego en g&#233;n&#233;ral ; et l'intelligent est ce qui est d&#233;j&#224; connu et ce qui est commun &#224; la science et &#224; la conscience non scientifique, par lequel celle-ci peut entrer directement dans celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, qui n'en est qu'&#224; ses d&#233;buts et qui n'a encore atteint ni l'int&#233;gralit&#233; des d&#233;tails ni la perfection de la forme, est critiquable &#224; ce sujet. Mais si cela devait affecter leur essence, il serait tout aussi injuste qu'inadmissible de ne pas vouloir reconna&#238;tre les exigences de cette formation. Cette opposition semble &#234;tre le point principal sur lequel travaille actuellement l'enseignement scientifique et qu'il ne comprend pas encore pleinement. Une partie insiste sur la richesse du mat&#233;riel et la compr&#233;hensibilit&#233;, l'autre les rejette au moins et insiste sur la rationalit&#233; et la divinit&#233; imm&#233;diates. M&#234;me si cette partie est r&#233;duite au silence, soit par la seule force de la v&#233;rit&#233;, soit par l'imp&#233;tuosit&#233; de l'autre, et si elle se sent d&#233;pass&#233;e par rapport &#224; la cause du probl&#232;me, elle n'est donc pas satisfaite par rapport &#224; ces exigences, car elles sont juste, mais non accompli. Son silence n'est d&#251; qu'&#224; moiti&#233; &#224; la victoire et &#224; moiti&#233; &#224; l'ennui et &#224; l'indiff&#233;rence, qui sont g&#233;n&#233;ralement le r&#233;sultat d'attentes constamment excit&#233;es et de l'incapacit&#233; &#224; tenir ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le contenu, les autres se font parfois assez facilement pour avoir une large port&#233;e. Ils attirent sur leur sol beaucoup de mati&#232;re, &#224; savoir ce qui est d&#233;j&#224; connu et ordonn&#233;, et en s'occupant principalement des bizarreries et des curiosit&#233;s, ils semblent d'autant plus avoir d'autant plus le reste, dont la connaissance &#224; sa mani&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; termin&#233;e, avoir , en m&#234;me temps, de contr&#244;ler ce qui n'est pas encore r&#233;glement&#233; et de tout soumettre ainsi &#224; l'id&#233;e absolue, qui semble ainsi avoir &#233;t&#233; reconnue en tout et s'est d&#233;velopp&#233;e en une science largement r&#233;pandue. Mais si nous regardons de plus pr&#232;s cette expansion, elle ne semble pas s'&#234;tre produite parce qu'une seule et m&#234;me chose s'est form&#233;e diff&#233;remment, mais plut&#244;t comme la r&#233;p&#233;tition informe de l'une et du m&#234;me, qui ne s'applique qu'ext&#233;rieurement &#224; l'objet. mat&#233;riau diff&#233;rent et pr&#233;sente une apparence ennuyeuse qui pr&#233;serve la diversit&#233;. L'id&#233;e, qui est probablement vraie en elle-m&#234;me, ne reste qu'&#224; son d&#233;but si le d&#233;veloppement ne consiste qu'en une telle r&#233;p&#233;tition de la m&#234;me formule. La forme unique et immobile dirig&#233;e par le sujet connaissant autour de ce qui est l&#224;, la mati&#232;re immerg&#233;e dans cet &#233;l&#233;ment reposant de l'ext&#233;rieur, ce n'est rien d'autre que des id&#233;es arbitraires sur le contenu, l'accomplissement de ce qui est requis, &#224; savoir la richesse qui na&#238;t d'elle-m&#234;me et d'elle-m&#234;me. diff&#233;rence de forme autod&#233;termin&#233;e. Il s'agit plut&#244;t d'un formalisme monochromatique qui diff&#233;rencie le mat&#233;riau uniquement parce qu'il est d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; et connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, il revendique cette monotonie et cette universalit&#233; abstraite comme &#233;tant l'absolu ; Il affirme que son insuffisance est une incapacit&#233; &#224; s'emparer du point de vue absolu et &#224; s'y accrocher. Si autrement la possibilit&#233; vide d'imaginer quelque chose d'une mani&#232;re diff&#233;rente &#233;tait suffisante pour r&#233;futer une id&#233;e, et que la m&#234;me simple possibilit&#233;, l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, avait aussi toute la valeur positive de la connaissance r&#233;elle, alors nous voyons ici l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la m&#234;me mani&#232;re. Toute valeur est attribu&#233;e &#224; cette forme d'irr&#233;alit&#233;, et la dissolution de ce qui est diff&#233;renci&#233; et d&#233;termin&#233;, ou plut&#244;t son rejet dans l'ab&#238;me du vide, qui n'est ni d&#233;velopp&#233; ni auto-justifi&#233;, est consid&#233;r&#233;e comme une mani&#232;re sp&#233;culative de voir la r&#233;alit&#233;. il. En consid&#233;rant toute existence telle qu'elle est dans l'absolu , rien d'autre n'existe ici, si ce n'est que l'on dit qu'on en a maintenant parl&#233; comme quelque chose dans l'absolu, le A = A, mais de telles choses n'existent pas, mais en cela tout est un. Opposer cette connaissance unique , selon laquelle dans l'absolu tout est &#233;gal, &#224; la connaissance qui distingue et accomplit ou cherche et exige l'accomplissement - ou faire passer son absolu pour la nuit, dans laquelle, comme on dit, toutes les vaches sont noires, c'est la na&#239;vet&#233; du vide Connaissance. &#8211; Le formalisme que la philosophie moderne a condamn&#233; et injuri&#233;, et qui s'est r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en elle, ne dispara&#238;tra pas de la science, m&#234;me si son insuffisance est connue et ressentie, tant que la connaissance de la r&#233;alit&#233; absolue n'aura pas &#233;t&#233; pleinement comprise sur sa nature. &#8211; Compte tenu du fait que l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, lorsqu'elle pr&#233;c&#232;de ce qui est une tentative de son ex&#233;cution, permet de mieux comprendre cette derni&#232;re, il est utile d'en indiquer ici le caract&#232;re approximatif, dans le but &#224; la fois de en donnant &#224; cette occasion quelques formes supprim&#233;es, dont l'habitude est un obstacle &#224; la connaissance philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ma perspicacit&#233;, qui doit se justifier par la repr&#233;sentation du syst&#232;me, tout d&#233;pend de la compr&#233;hension et de l'expression de la v&#233;rit&#233; non pas en tant que substance , mais tout autant en tant que sujet . En m&#234;me temps, il convient de noter que la physicalit&#233; englobe autant le g&#233;n&#233;ral ou l'imm&#233;diatet&#233; de la connaissance que ce qui est l'&#234;tre ou l'imm&#233;diatet&#233; de la connaissance. &#8211; Si la conception de Dieu comme substance unique a scandalis&#233; l'&#233;poque dans laquelle cette d&#233;termination s'exprimait, la raison en &#233;tait en partie l'instinct selon lequel la conscience de soi &#233;tait seulement perdue en elle, non pr&#233;serv&#233;e, mais en partie c'est le contraire, c'est-&#224;-dire que La pens&#233;e en tant que pens&#233;e s'accroche &#224; l' universalit&#233; , &#224; la m&#234;me simplicit&#233; ou &#224; la physicalit&#233; indiff&#233;renci&#233;e et immobile, et troisi&#232;mement, lorsque la pens&#233;e unit l'&#234;tre de la substance en tant que telle et l'imm&#233;diatet&#233; ou la vision en tant que pens&#233;e. Une fois saisi, cela d&#233;pend encore de la question de savoir si cette perception intellectuelle ne retombe pas dans une simplicit&#233; paresseuse et ne pr&#233;sente pas la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me de mani&#232;re irr&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance vivante est en outre l'&#234;tre, qui est en v&#233;rit&#233; sujet , ou, ce qui revient au m&#234;me, qui est en v&#233;rit&#233; r&#233;el, seulement dans la mesure o&#249; il est le mouvement de se poser, ou la m&#233;diation du devenir autre avec soi. En tant que sujet, c'est la n&#233;gativit&#233; pure et simple , pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela la division du simple, ou le d&#233;doublement oppos&#233;, qui est &#224; son tour la n&#233;gation de cette diff&#233;rence indiff&#233;rente et de son opposition ; seule la restauration de l'&#233;galit&#233; ou du reflet dans l'alt&#233;rit&#233; en soi - et non une unit&#233; originelle en tant que telle, ou une unit&#233; imm&#233;diate en tant que telle, est la v&#233;rit&#233;. C'est le devenir de lui-m&#234;me, le cercle, qui pr&#233;suppose sa fin pour but et l'a pour d&#233;but, et n'est r&#233;el que par son ex&#233;cution et sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de Dieu et la connaissance divine peuvent tr&#232;s bien s'exprimer comme un amour jouant avec lui-m&#234;me ; Cette id&#233;e sombre dans l'&#233;dification et m&#234;me dans la fadeur si le s&#233;rieux, la douleur, la patience et le travail du n&#233;gatif y manquent. En elle-m&#234;me, cette vie est l'&#233;galit&#233; et l'unit&#233; sans nuages &#8203;&#8203;avec elle-m&#234;me, ce qui ne se soucie pas s&#233;rieusement d'&#234;tre diff&#233;rent et d'ali&#233;ner, ni de surmonter cette ali&#233;nation. Mais cet en-soi est l'universalit&#233; abstraite dans laquelle sa nature, &#233;tant pour elle-m&#234;me , et donc le mouvement propre de la forme en g&#233;n&#233;ral, est n&#233;glig&#233;e. Si l'on affirme que la forme est &#233;gale &#224; l'essence, c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison un malentendu que de penser que la connaissance peut se contenter de l'en-soi ou de l'essence, mais qu'elle peut &#233;pargner la forme ; &#8211; que le principe absolu ou la vision absolue rend inutile la mise en &#339;uvre du premier ou le d&#233;veloppement de l'autre. Pr&#233;cis&#233;ment parce que la forme est aussi essentielle &#224; l'&#234;tre qu'&#224; lui-m&#234;me, elle ne doit pas &#234;tre saisie et exprim&#233;e simplement comme un &#234;tre, c'est-&#224;-dire comme une substance imm&#233;diate, ou comme une pure intuition personnelle du divin, mais simplement comme une substance imm&#233;diate. autant qu'une forme et dans toute la richesse de la forme d&#233;velopp&#233;e ; Ce n'est qu'alors qu'il est saisi et exprim&#233; comme quelque chose de r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; est le tout. Mais le tout n'est que l'&#234;tre qui se compl&#232;te par son d&#233;veloppement. Il faut dire de l'Absolu qu'il est essentiellement un r&#233;sultat , qu'il n'est qu'en fin de compte ce qu'il est r&#233;ellement ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que r&#233;side sa nature, &#234;tre quelque chose de r&#233;el, un sujet, ou devenir soi. Aussi contradictoire qu'il puisse para&#238;tre que l'absolu doive &#234;tre compris essentiellement comme un r&#233;sultat, un peu de r&#233;flexion corrige cette apparence de contradiction. Le Commencement, le Principe ou l'Absolu, tel qu'il est exprim&#233; d'abord et imm&#233;diatement, n'est que le g&#233;n&#233;ral. De m&#234;me que lorsque je dis : tous les animaux, ce mot ne peut s'appliquer &#224; la zoologie, il est &#233;galement frappant que les mots du divin, de l'absolu, de l'&#233;ternel, etc. n'expriment pas ce qu'ils contiennent ; &#8211; et seuls de tels mots expriment r&#233;ellement l'intuition comme imm&#233;diate. Ce qui est plus qu'un tel mot, le passage m&#234;me &#224; une phrase, est un devenir autre qu'il faut reprendre, est une m&#233;diation. Mais c'est ce qui est horrifi&#233;, comme si en en faisant plus que cela, on aurait dit que ce n'&#233;tait pas quelque chose d'absolu et qu'on n'abandonnerait pas du tout la connaissance absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette horreur vient en r&#233;alit&#233; d'une m&#233;connaissance de la nature de la m&#233;diation et de la connaissance absolue elle-m&#234;me, car la m&#233;diation n'est rien d'autre que l'identit&#233; en mouvement, ou bien le reflet en soi, le moment du Moi existant en soi, la pure N&#233;gativit&#233;. ou simplement devenir . Le Je, ou le devenir en g&#233;n&#233;ral, cette m&#233;diation, par souci de simplicit&#233;, est pr&#233;cis&#233;ment l'imm&#233;diatet&#233; naissante et l'imm&#233;diat lui-m&#234;me - C'est donc une m&#233;connaissance de la raison si la r&#233;flexion est exclue de la v&#233;rit&#233; et n'est pas comprise comme un moment positif. de l'absolu. C'est elle qui fait de la v&#233;rit&#233; un r&#233;sultat, mais qui abolit aussi cette opposition &#224; son devenir, parce que ce devenir est tout aussi simple et donc non diff&#233;rent de la forme de la v&#233;rit&#233;, qui se r&#233;v&#232;le simple dans le r&#233;sultat ; C'est plut&#244;t ce retour &#224; la simplicit&#233;. &#8211; Bien que l'embryon soit humain en soi , il ne l'est pas en soi ; Pour lui, ce n'est qu'en tant que raison instruite qui s'est faite ce qu'elle est en elle-m&#234;me . C'est leur r&#233;alit&#233;. Mais ce r&#233;sultat est lui-m&#234;me une simple imm&#233;diatet&#233;, car c'est une libert&#233; consciente qui repose en elle-m&#234;me et qui n'a pas pouss&#233; l'opposition de c&#244;t&#233; et ne l'y a pas laiss&#233;e, mais qui s'est r&#233;concili&#233;e avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est dit peut aussi &#234;tre exprim&#233; de telle mani&#232;re que la raison soit l' action intentionnelle . L'&#233;l&#233;vation de la nature suppos&#233;e au-dessus d'une pens&#233;e mal comprise et, tout d'abord, le bannissement de la finalit&#233; externe ont discr&#233;dit&#233; la forme du but en g&#233;n&#233;ral. Cependant, tout comme Aristote d&#233;finit la nature comme une action intentionnelle, le but est l'imm&#233;diat, le repos, qui est lui-m&#234;me en mouvement ou sujet. Son pouvoir abstrait de bouger est l'&#234;tre pour soi ou la pure n&#233;gativit&#233;. Le r&#233;sultat est le m&#234;me que le d&#233;but uniquement parce que le d&#233;but est le but ; &#8211; ou bien le r&#233;el n'est identique &#224; son concept que parce que l'imm&#233;diat a pour finalit&#233; le soi ou la pure r&#233;alit&#233; en soi. Le but accompli ou la r&#233;alit&#233; existante est le mouvement et le devenir d&#233;ploy&#233; ; Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette inqui&#233;tude qui est le moi ; et il est &#233;gal &#224; l'imm&#233;diatet&#233; et &#224; la simplicit&#233; du d&#233;but parce qu'il est le r&#233;sultat, ce qui est revenu &#224; lui-m&#234;me - mais ce qui est revenu &#224; lui-m&#234;me est pr&#233;cis&#233;ment le soi, et le soi est la m&#234;met&#233; et la simplicit&#233; autor&#233;f&#233;rentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; de pr&#233;senter l'absolu comme sujet faisait appel aux phrases : Dieu est l'&#233;ternel, ou l'ordre moral du monde, ou l'amour, etc. Dans de telles phrases, la v&#233;rit&#233; n'est pos&#233;e que comme sujet, mais non comme mouvement de l'absolu. soi-m&#234;me - auto-r&#233;flexif. Cela commence dans une phrase comme celle-ci par le mot : Dieu . Ceci en soi est un son insens&#233;, un simple nom ; seul le pr&#233;dicat dit ce qu'il est , son accomplissement et son sens ; Le d&#233;but vide ne devient une v&#233;ritable connaissance qu'&#224; cette fin. A cet &#233;gard, on ne voit pas pourquoi on ne parle pas de l'ordre &#233;ternel, moral du monde, etc., ou, comme le faisaient les anciens, de concepts purs, d'&#234;tre, d'un, etc., de ce qu'est le sens, seul, sans ajouter le Loud d&#233;nu&#233; de sens. Mais ce mot signifie que ce qui est pos&#233; n'est pas un &#234;tre, ni une essence, ni un universel en g&#233;n&#233;ral, mais plut&#244;t quelque chose qui se refl&#232;te en soi, un sujet. Mais en m&#234;me temps, cela n'est qu'une anticipation. Le sujet est suppos&#233; &#234;tre un point fixe auquel les pr&#233;dicats sont attach&#233;s comme support, par un mouvement qui appartient &#224; celui qui le conna&#238;t et n'est pas consid&#233;r&#233; comme appartenant au point lui-m&#234;me ; Mais &#224; travers eux seul le contenu serait repr&#233;sent&#233; comme sujet. Compte tenu de la nature de ce mouvement, il ne peut lui appartenir ; mais selon l'hypoth&#232;se de ce point, elle ne peut avoir aucune autre nature, elle ne peut &#234;tre qu'externe. Cette anticipation selon laquelle l'Absolu est le sujet n'est donc pas seulement la r&#233;alit&#233; de ce concept, mais la rend m&#234;me impossible, car la premi&#232;re le fixe comme un point stationnaire, tandis que la seconde est un mouvement de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nombreuses conclusions qui d&#233;coulent de ce qui a &#233;t&#233; dit, on peut souligner le fait que la connaissance n'est que r&#233;elle et peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e comme une science ou comme un syst&#232;me . En outre, un soi-disant principe ou principe de philosophie, s'il est vrai, est &#233;galement faux simplement parce qu'il s'agit d'un principe ou d'un principe. &#8211; Il est donc facile de le r&#233;futer. La r&#233;futation consiste &#224; montrer son d&#233;faut ; Mais elle est d&#233;fectueuse parce qu'elle n'est que le g&#233;n&#233;ral ou le principe, le commencement. Si la r&#233;futation est compl&#232;te, alors elle a &#233;t&#233; prise et d&#233;velopp&#233;e de l'int&#233;rieur de lui-m&#234;me - et non provoqu&#233;e par des assurances et des id&#233;es oppos&#233;es venant de l'ext&#233;rieur. Il serait donc bien son d&#233;veloppement et donc le compl&#233;ment de sa d&#233;ficience s'il ne m&#233;connait pas de reconna&#238;tre qu'il ne pr&#234;te attention qu'&#224; son c&#244;t&#233; n&#233;gatif et ne prend pas &#233;galement conscience de sa progression et de ses cons&#233;quences quant &#224; son c&#244;t&#233; positif . &#8211; La mise en &#339;uvre positive r&#233;elle du d&#233;but est en m&#234;me temps, &#224; l'inverse, tout autant une attitude n&#233;gative &#224; son &#233;gard, &#224; savoir contre sa forme unilat&#233;rale d'&#234;tre direct ou de finalit&#233; . Elle peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e tout autant comme une r&#233;futation de ce qui constitue la base du syst&#232;me, mais mieux comme une d&#233;monstration que la base ou le principe du syst&#232;me n'en est en fait que le d&#233;but .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la v&#233;rit&#233; n'est r&#233;elle qu'en tant que syst&#232;me, ou que la substance est essentiellement un sujet, s'exprime dans l'id&#233;e qui exprime l'absolu comme esprit - le concept le plus sublime et qui appartient aux temps modernes et &#224; leur religion. Le spirituel seul est le r&#233;el ; c'est l'essence ou l'&#234;tre-en-soi - ce qui se comporte ou se d&#233;termine, l' alt&#233;rit&#233; et l'&#234;tre-pour-soi - et ce qui reste en soi dans cette d&#233;termination ou son &#234;tre-hors-soi ; &#8211; ou c'est en soi . &#8211; Mais cet &#234;tre-en-et-pour-soi n'est que pour nous ou en soi , ou bien c'est la substance spirituelle . Cela doit &#233;galement &#234;tre le cas pour soi-m&#234;me &#8211; la connaissance du spirituel et la connaissance de soi-m&#234;me en tant qu'esprit ; c'est-&#224;-dire qu'il doit &#234;tre lui-m&#234;me en tant qu'objet , mais aussi directement en tant qu'objet m&#233;diatis&#233; , c'est-&#224;-dire suspendu et r&#233;fl&#233;chi. Il n'est pour nous que dans la mesure o&#249; son contenu spirituel est g&#233;n&#233;r&#233; par lui-m&#234;me ; Mais dans la mesure o&#249; il est aussi pour soi, pour soi, cette auto-cr&#233;ation, le concept pur, est en m&#234;me temps l'&#233;l&#233;ment objectif dans lequel il a son existence ; et c'est ainsi qu'il est un objet qui se refl&#232;te en lui-m&#234;me dans son existence. &#8211; L'esprit qui se sait esprit est la science . C'est sa r&#233;alit&#233; et le royaume qu'il se construit dans son propre &#233;l&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pure connaissance de soi dans l'alt&#233;rit&#233; absolue, cet &#233;ther en tant que tel , est la base de la science ou de la connaissance en g&#233;n&#233;ral . Le d&#233;but de la philosophie pr&#233;suppose ou exige que la conscience se situe dans cet &#233;l&#233;ment. Mais cet &#233;l&#233;ment lui-m&#234;me n'a sa perfection et sa transparence que par le mouvement de son devenir. C'est la spiritualit&#233; pure, ou l'universel, qui a le mode de la simple imm&#233;diatet&#233;. Parce que c'est l'imm&#233;diatet&#233; de l'esprit, parce que la substance de l'esprit en g&#233;n&#233;ral, c'est l' essence transfigur&#233;e , le reflet, qui est lui-m&#234;me simple ou l'imm&#233;diatet&#233;, l'&#234;tre, qui est le reflet en soi. La science, de son c&#244;t&#233;, exige que la conscience de soi s'&#233;l&#232;ve dans cet &#233;ther afin de pouvoir vivre avec et en lui. A l'inverse, l'individu a le droit d'exiger que la science lui fournisse l'&#233;chelle menant au moins &#224; ce point de vue. Son droit repose sur son ind&#233;pendance absolue, qu'il sait poss&#233;der dans toute forme de sa connaissance, car sous toute forme, qu'elle soit reconnue ou non par la science, et que le contenu soit celui qu'elle veut, elle a ou a le droit absolu. former en m&#234;me temps une certitude imm&#233;diate de soi ; et, si l'on pr&#233;f&#233;rait cette expression, avec elle &#233;tant inconditionn&#233; . Si le point de vue de la conscience, la connaissance des choses objectives par opposition &#224; elle-m&#234;me et d'elle-m&#234;me par rapport &#224; elles, est consid&#233;r&#233; par la science comme autre chose - celui dans lequel elle se trouve avec elle-m&#234;me, plut&#244;t que comme la perte de l'esprit - alors pour lui , d'autre part, l'&#233;l&#233;ment science est une distance surnaturelle dans laquelle il ne se poss&#232;de plus. Chacune de ces deux parties appara&#238;t comme l'inverse de la v&#233;rit&#233; par rapport &#224; l'autre. Le fait que la conscience naturelle se confie directement &#224; la science est une tentative qu'elle fait, ne sachant pas par quoi elle est attir&#233;e, de la bouleverser ; La contrainte d'accepter cette position inhabituelle et de s'y d&#233;placer est une force si mal pr&#233;par&#233;e qu'elle semble inutile et qu'il est oblig&#233; de s'infliger. &#8211; La science est ce qu'elle veut en soi, par rapport &#224; la conscience de soi imm&#233;diate elle se pr&#233;sente comme quelque chose d'invers&#233; par rapport &#224; elle, ou bien parce que la conscience de soi imm&#233;diate est le principe de r&#233;alit&#233;, elle la soutient en &#233;tant hors d'elle en soi d'irr&#233;alit&#233;. Il lui faut donc unir cet &#233;l&#233;ment &#224; lui-m&#234;me, ou plut&#244;t montrer cela et comment il lui appartient. Faute de r&#233;alit&#233;, il n'y a que l' en-soi , le but , qui est encore une chose int&#233;rieure., non pas comme esprit, seulement comme substance spirituelle. Il doit s'exprimer et devenir pour lui-m&#234;me ; cela ne signifie rien d'autre que : il doit poser la conscience de soi comme ne faisant qu'un avec lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce devenir de la science en g&#233;n&#233;ral , ou de la connaissance , est ce que repr&#233;sente cette ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit , comme la premi&#232;re partie de son syst&#232;me. La connaissance telle qu'elle est au d&#233;part, ou l' esprit imm&#233;diat, est l'insens&#233;, ou la conscience sensible . Pour devenir une connaissance r&#233;elle ou pour produire l'&#233;l&#233;ment de science qui est son concept pur, il lui faut parcourir un long chemin. &#8211; Ce devenir, tel qu'il s'institue dans son contenu et les formes qui y apparaissent, appara&#238;t comme autre chose que l'orientation de la conscience non scientifique vers la science ; aussi autre chose que le fondement de la science ; - en tout cas, comme l'enthousiasme qui part d'embl&#233;e, comme d'un coup de pistolet, avec une connaissance absolue, et qui se termine d&#233;j&#224; avec d'autres points de vue par le fait qu'il d&#233;clare n'y pr&#234;ter aucune attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la t&#226;che consistant &#224; conduire l'individu &#224; la connaissance d'un point de vue non instruit devait &#234;tre comprise dans son sens g&#233;n&#233;ral et consid&#233;rer l'individu en g&#233;n&#233;ral, l'esprit du monde, dans son &#233;ducation. &#8211; En ce qui concerne la relation entre les deux, chaque moment de l'individu en g&#233;n&#233;ral montre comment il acquiert sa propre forme et conception concr&#232;te. Mais l'individu particulier est l'esprit incomplet, une figure concr&#232;te dont toute l'existence est d&#233;termin&#233;e par une sp&#233;cificit&#233; et dans laquelle les autres n'existent que sous des traits mixtes. Dans l'esprit qui est plus haut qu'un autre, l'existence concr&#232;te inf&#233;rieure est tomb&#233;e &#224; un moment inaper&#231;u ; ce qui &#233;tait auparavant la chose elle-m&#234;me n'est plus qu'une trace ; sa forme est envelopp&#233;e et est devenue une simple ombre. L'individu, dont la substance est l'esprit sup&#233;rieur, traverse ce pass&#233; de la m&#234;me mani&#232;re qu'il exerce une science sup&#233;rieure, traverse la connaissance pr&#233;paratoire qu'il a longtemps d&#233;tenue pour se rendre pr&#233;sent son contenu ; il en &#233;voque le souvenir sans s'y int&#233;resser ni s'y attarder. De cette mani&#232;re, chaque individu passe &#233;galement par les &#233;tapes &#233;ducatives de l'esprit g&#233;n&#233;ral, mais comme des formes d&#233;j&#224; abandonn&#233;es par l'esprit, comme des &#233;tapes d'un chemin trac&#233; et pav&#233; ; comment, en ce qui concerne la connaissance, nous voyons ce qui occupait l'esprit m&#251;r des hommes dans les premiers &#226;ges, r&#233;duit &#224; la connaissance, aux exercices et m&#234;me aux jeux de l'enfance, et dans le progr&#232;s p&#233;dagogique nous reconna&#238;trons l'histoire de l'&#233;ducation du monde, trac&#233;e comme dans une silhouette. Cette existence pass&#233;e est d&#233;j&#224; propri&#233;t&#233; acquise de l'esprit g&#233;n&#233;ral, qui constitue la substance de l'individu ou sa nature inorganique. &#8211; De ce point de vue, la formation de l'individu consiste dans le fait qu'il acquiert ce qui est disponible, consomme sa nature inorganique et en prend possession pour lui-m&#234;me. Mais cela n'est pas diff&#233;rent du fait que l'esprit ou la substance g&#233;n&#233;rale se donne sa propre conscience, ou son devenir et son reflet en lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science pr&#233;sente ce mouvement formateur dans ses d&#233;tails et sa n&#233;cessit&#233;, ainsi que dans sa forme, ce qui est d&#233;j&#224; entr&#233; dans le moment et la propri&#233;t&#233; de l'esprit. Le but est la compr&#233;hension par l'esprit de ce qu'est la connaissance. L'impatience exige l'impossible, &#224; savoir l'atteinte du but sans moyens. D'une part, la longueur de ce chemin doit &#234;tre support&#233;e, car chaque instant est n&#233;cessaire, - d'autre part, il faut s'attarder sur chacun , car chacun est lui-m&#234;me une forme individuelle et enti&#232;re et n'est consid&#233;r&#233; que de mani&#232;re absolue, dans la mesure o&#249; car sa d&#233;termination dans son ensemble ou concr&#232;tement, ou l'ensemble dans la particularit&#233; de cette disposition est consid&#233;r&#233;e. &#8211; Parce que la substance de l'individu, parce que l'esprit du monde a eu la patience de parcourir ces formes au cours d'une longue p&#233;riode de temps et d'assumer l'&#233;norme travail de l'histoire du monde, et parce qu'il ne pouvait pas prendre conscience de lui-m&#234;me par d'autres moyens. , cela peut en effet. L'individu ne peut pas comprendre sa substance avec moins. En attendant, il lui faut moins d'efforts parce que cela a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en lui-m&#234;me - le contenu est d&#233;j&#224; la r&#233;alit&#233; effac&#233;e en possibilit&#233; et l'imm&#233;diatet&#233; conquise. D&#233;j&#224; pens&#233;e , elle est la propri&#233;t&#233; de l'individualit&#233; ; Il ne faut plus convertir l'existence en &#234;tre -en-soi , mais seulement convertir l'en-soi en forme d' &#234;tre-pour-soi .dont la nature m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;termin&#233;e plus en d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;pargne &#224; l'individu ce mouvement, c'est l'abolition de l'existence ; Mais ce qui reste, c'est l' imagination et la connaissance des formes. L'existence ramen&#233;e &#224; la substance n'est transf&#233;r&#233;e directement dans l'&#233;l&#233;ment du soi qu'&#224; travers cette premi&#232;re n&#233;gation ; Elle a donc encore le m&#234;me caract&#232;re d'imm&#233;diatet&#233; incompr&#233;hensible ou d'indiff&#233;rence impassible que l'existence elle-m&#234;me, ou bien elle n'a fait que passer dans l' imagination . &#8211; En m&#234;me temps, c'est quelque chose de connu , quelque chose que l'esprit a assimil&#233;, dans lequel ne r&#233;side plus son activit&#233; et donc son int&#233;r&#234;t. Si l'activit&#233; qui concerne l'existence est la m&#233;diation imm&#233;diate ou existante, et donc le seul mouvement de l'esprit particulier qui ne se comprend pas, alors la connaissance, en revanche, est dirig&#233;e contre l'id&#233;e qui en est n&#233;e, contre cette connaissance, c'est l'action du moi g&#233;n&#233;ral et l'int&#233;r&#234;t de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le connu en g&#233;n&#233;ral n'est pas connu parce qu'il est connu . C'est la forme la plus courante d'auto-tromperie, ainsi que de tromperie d'autrui, de supposer que quelque chose est connu en le connaissant et de l'accepter de la m&#234;me mani&#232;re ; Avec tous ces &#233;changes, une telle connaissance ne vient pas facilement sans savoir ce qui lui arrive. Le sujet et l'objet, etc., Dieu, la nature, l'entendement, la sensualit&#233;, etc. sont pris comme base comme connu et comme quelque chose de valable et constituent des points fixes &#224; la fois de d&#233;part et de retour. Le mouvement va et vient entre eux, qui restent immobiles, et donc uniquement &#224; leur surface. Comprendre et tester consiste donc aussi &#224; voir si chacun retrouve dans son imagination ce qu'il a dit, si cela lui semble tel et si cela lui est connu ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyser une id&#233;e, comme on le faisait habituellement, n'&#233;tait rien d'autre que d'abolir la forme sous laquelle elle &#233;tait connue . D&#233;manteler une id&#233;e en ses &#233;l&#233;ments originels, c'est remonter &#224; ses moments, qui au moins n'ont pas la forme de l'id&#233;e existante, mais constituent plut&#244;t la propri&#233;t&#233; imm&#233;diate du soi. Cette analyse ne porte que sur des id&#233;es qui sont elles-m&#234;mes des d&#233;terminations connues, fixes et reposantes. Mais un moment essentiel est cette chose divorc&#233;e et irr&#233;elle elle-m&#234;me ; car c'est seulement parce que le concret se s&#233;pare et devient irr&#233;el qu'il se meut. L'activit&#233; de s&#233;paration est le pouvoir et l'&#339;uvre de l' esprit , le plus merveilleux et le plus grand, ou plut&#244;t le pouvoir absolu. Le cercle, qui reste ferm&#233; sur lui-m&#234;me et tient ses moments comme une substance, est la relation imm&#233;diate et donc peu surprenante. Mais le fait que l'accidentel, s&#233;par&#233; de son &#233;tendue en tant que tel, ce qui n'est li&#233; et r&#233;el que dans sa relation avec d'autres choses, acquiert sa propre existence et sa libert&#233; s&#233;par&#233;e est la formidable puissance du n&#233;gatif ; c'est l'&#233;nergie de la pens&#233;e, du soi pur. La mort, si nous voulons appeler cela irr&#233;alit&#233;, est la chose la plus terrible, et retenir les morts requiert la plus grande force. La beaut&#233; faible d&#233;teste l'esprit parce qu'il exige d'elle ce dont elle n'est pas capable. Mais la vie de l'esprit n'est pas la vie qui fuit la mort et se garde pure de la d&#233;vastation, mais plut&#244;t celle qui la supporte et s'y maintient. Il n'obtient sa v&#233;rit&#233; qu'en se retrouvant dans une tourmente totale. Il n'est pas cette puissance comme le positif, qui d&#233;tourne le regard du n&#233;gatif, comme lorsque nous disons de quelque chose que ceci n'est rien ou mal, et maintenant, ayant fini avec cela, passons de cela &#224; autre chose ; mais il n'est ce pouvoir qu'en regardant le n&#233;gatif en face et en s'y attardant. Cette permanence est le pouvoir magique qui le transforme en existence. &#8211; Il en est de m&#234;me de ce qu'on appelait plus haut le sujet, qui, en donnant existence &#224; la d&#233;termination dans son &#233;l&#233;ment, annule l'imm&#233;diatet&#233; abstraite, c'est-&#224;-dire qui n'existe qu'en g&#233;n&#233;ral , et est donc la v&#233;ritable substance, &#234;tre ou imm&#233;diatet&#233;, qui n'est pas la m&#233;diation qui a hors d'elle-m&#234;me, mais qui est elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que ce qui est pr&#233;sent&#233; devient la propri&#233;t&#233; de la pure conscience de soi, cette &#233;l&#233;vation &#224; l'universalit&#233; en g&#233;n&#233;ral, n'est qu'un aspect , pas encore l'&#233;ducation compl&#232;te. &#8211; Le type d'&#233;tude des temps anciens diff&#232;re de celui des temps modernes en ce sens qu'il s'agissait du d&#233;veloppement r&#233;el de la conscience naturelle. En testant particuli&#232;rement chaque aspect de son existence et en philosophant sur tout ce qui se passait, il s'est transform&#233; en une communaut&#233; tout &#224; fait active. Dans les temps modernes, cependant, l'individu trouve la forme abstraite pr&#233;par&#233;e ; l'effort pour s'en emparer et se l'approprier est plus une pouss&#233;e en avant de la cr&#233;ation int&#233;rieure et tronqu&#233;e du g&#233;n&#233;ral qu'une &#233;mergence de celui-ci du concret et de la diversit&#233; de l'existence. Le travail ne consiste plus tant &#224; purifier l'individu de la voie sensuelle imm&#233;diate et &#224; en faire une pens&#233;e et une substance pensante, mais bien au contraire &#224; r&#233;aliser et inspirer l'universel en abolissant les pens&#233;es fixes, d&#233;termin&#233;es. Mais il est bien plus difficile d'amener des pens&#233;es fixes &#224; la fluidit&#233; que l'existence sensuelle. La raison est celle indiqu&#233;e pr&#233;c&#233;demment ; ces d&#233;terminations ont le moi, le pouvoir de la r&#233;alit&#233; n&#233;gative ou pure comme substance et &#233;l&#233;ment de leur existence ; Les d&#233;terminations sensibles, au contraire, ne sont que l'imm&#233;diatet&#233; abstraite et impuissante ou l'&#234;tre en tant que tel. Les pens&#233;es deviennent fluides lorsque la pens&#233;e pure, cette imm&#233;diatet&#233; int&#233;rieure , se reconna&#238;t comme un moment ou lorsque la pure certitude d'elle-m&#234;me s'abstient d'elle-m&#234;me ; - ne se laisse pas de c&#244;t&#233;, le met de c&#244;t&#233;, mais abandonne le fixe de son auto-position, &#224; la fois le fixe du pur concret, qui est le soi par opposition au contenu diff&#233;renci&#233;, - comme le fixe des choses diff&#233;renci&#233;es, qui sont dans l'&#233;l&#233;ment de la Pens&#233;e pure postul&#233; pour participer &#224; cette inconditionnalit&#233; du Je. Par ce mouvement, les pens&#233;es pures deviennent des concepts et sont ce qu'elles sont r&#233;ellement, des mouvements personnels, des cercles, quelle est leur substance, des &#234;tres spirituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement des entit&#233;s pures constitue la nature de la science en g&#233;n&#233;ral. Consid&#233;r&#233;e comme la connexion de son contenu, elle en est la n&#233;cessit&#233; et l'extension &#224; l'ensemble organique. Le chemin par lequel le concept de connaissance est atteint devient &#233;galement par lui un devenir n&#233;cessaire et complet, de sorte que cette pr&#233;paration cesse d'&#234;tre une philosophie accidentelle bas&#233;e sur tels et tels objets, relations et pens&#233;es de la conscience imparfaite, comme la co&#239;ncidence. apporte avec lui, relie ou cherche &#224; &#233;tablir la v&#233;rit&#233; &#224; travers un va-et-vient de raisonnement, de conclusion et de conclusion &#224; partir de certaines pens&#233;es ; Au contraire, &#224; travers le mouvement du concept, cette voie englobera la mondanit&#233; totale de la conscience dans sa n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle repr&#233;sentation constitue aussi la premi&#232;re partie de la science car l'existence de l'esprit n'est d'abord rien d'autre que l'imm&#233;diat ou le commencement, mais le commencement n'est pas encore son retour &#224; soi. L' &#233;l&#233;ment de l'existence imm&#233;diate est donc la d&#233;termination, par laquelle cette partie de la science diff&#232;re des autres. &#8211; L'&#233;nonc&#233; de cette diff&#233;rence conduit &#224; la discussion de quelques id&#233;es fixes qui tendent &#224; surgir ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence imm&#233;diate de l'esprit, de la conscience , a les deux moments de connaissance et d'objectivit&#233; n&#233;gatifs &#224; la connaissance. Au fur et &#224; mesure que l'esprit se d&#233;veloppe dans cet &#233;l&#233;ment et interpr&#232;te ses moments, cette opposition se pr&#233;sente &#224; eux et ils apparaissent tous comme des formes de conscience. La science de cette voie est la science de l' exp&#233;rience qu'a la conscience ; la substance est consid&#233;r&#233;e comme elle et son mouvement est son objet. La conscience ne conna&#238;t et ne comprend rien sauf ce qui est dans son exp&#233;rience ; car ce qui s'y trouve n'est que la substance spirituelle, et m&#234;me en tant qu'objet en soi. Mais l'esprit devient objet, parce qu'il est ce mouvement de devenir autre chose , c'est-&#224;-dire objet de soi , et d'abolir cette alt&#233;rit&#233;. Et l'exp&#233;rience s'appelle pr&#233;cis&#233;ment ce mouvement dans lequel l'imm&#233;diat, l'inexp&#233;riment&#233;, c'est-&#224;-dire l'abstrait, qu'il vienne de l'&#234;tre sensuel ou de la simple pens&#233;e, s'ali&#232;ne, puis revient &#224; lui-m&#234;me de cette ali&#233;nation, et ce seulement maintenant. dans sa r&#233;alit&#233; et sa v&#233;rit&#233; est repr&#233;sent&#233;e ainsi que la propri&#233;t&#233; de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; qui s'op&#232;re dans la conscience entre le moi et la substance qui est son objet est leur diff&#233;rence, la n&#233;gative en g&#233;n&#233;ral. Cela peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le d&#233;faut des deux, mais c'est leur &#226;me ou ce qui les anime ; c'est pourquoi certains anciens comprenaient le vide comme la chose en mouvement, en ce sens qu'ils comprenaient la chose en mouvement comme le n&#233;gatif , mais pas encore comme le soi. &#8211; Si ce n&#233;gatif appara&#238;t d'abord comme l'in&#233;galit&#233; du moi par rapport &#224; l'objet, alors c'est tout autant l'in&#233;galit&#233; de la substance par rapport &#224; elle-m&#234;me, ce qui se passe en dehors d'elle, semble &#234;tre une activit&#233; contre elle, est son propre fait, et il se r&#233;v&#232;le &#234;tre essentiellement le sujet &#224; &#234;tre. En le montrant parfaitement, l'esprit a rendu son existence &#233;gale &#224; son essence ; c'est un objet en soi tel qu'il est, et l'&#233;l&#233;ment abstrait de l'imm&#233;diatet&#233; et de la s&#233;paration entre connaissance et v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; surmont&#233;. L'&#234;tre est absolument m&#233;diatis&#233; ; &#8211; c'est un contenu substantiel, qui est aussi directement la propri&#233;t&#233; du moi, &#233;go&#239;ste ou du concept. Ceci conclut la ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit. Ce qu'il s'y pr&#233;pare, c'est l'&#233;l&#233;ment de connaissance. En cela, les moments d'esprit se d&#233;ploient sous forme de simplicit&#233; , qui sait que son objet est elle-m&#234;me. Ils ne s'effondrent plus dans l'opposition de l'&#234;tre et du savoir, mais restent dans la simplicit&#233; du savoir, sont la v&#233;rit&#233; sous forme de v&#233;rit&#233;, et leur diff&#233;rence n'est qu'une diff&#233;rence de contenu. Son mouvement, qui s'organise en un tout dans cet &#233;l&#233;ment, est la logique ou la philosophie sp&#233;culative .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque ce syst&#232;me d'exp&#233;rience de l'esprit ne concerne que son apparence , la progression depuis celui-ci jusqu'&#224; la science de la v&#233;rit&#233; , qui est sous forme de v&#233;rit&#233; , semble &#234;tre simplement n&#233;gative, et on pourrait souhaiter &#234;tre &#233;pargn&#233; par le n&#233;gatif comme le faux et le faux faux . Les id&#233;es &#224; ce sujet emp&#234;chent avant tout l'acc&#232;s &#224; la v&#233;rit&#233;. Cela donne lieu &#224; parler d'une connaissance math&#233;matique, qui consid&#232;re la connaissance non philosophique comme l'id&#233;al que la philosophie devrait s'efforcer d'atteindre, mais qui a jusqu'&#224; pr&#233;sent s'efforc&#233; en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai et le faux appartiennent aux pens&#233;es sp&#233;cifiques qui s'appliquent immobiles &#224; leur propre &#234;tre, l'une l&#224;-bas et l'autre l&#224;-bas, isol&#233;es et fix&#233;es sans communion avec l'autre. D'un autre c&#244;t&#233;, il faut affirmer que la v&#233;rit&#233; n'est pas une pi&#232;ce de monnaie frapp&#233;e qui peut &#234;tre remise et collect&#233;e. Il n'y a toujours pas de mal, tout comme il n'y a pas de mal. Le mal et le faux ne sont pas aussi mauvais que le diable, parce qu'en tant que diable, ils sont m&#234;me faits un sujet sp&#233;cial ; En tant que faux et mal, ils ne sont que des g&#233;n&#233;ralit&#233;s , mais ils ont n&#233;anmoins leur essence propre les uns par rapport aux autres. &#8211; Le faux, parce que c'est de lui seul dont il s'agit ici, serait l'autre, le n&#233;gatif de la substance, qui est le vrai comme contenu de la connaissance. Mais la substance elle-m&#234;me est essentiellement n&#233;gative, en partie comme distinction et d&#233;termination du contenu, en partie comme simple distinction, c'est-&#224;-dire comme soi et connaissance en g&#233;n&#233;ral. Vous pouvez probablement vous tromper. Quelque chose est mal connu, ce qui signifie que la connaissance est en disparit&#233; avec sa substance. C'est justement cette in&#233;galit&#233; qui fait la distinction en g&#233;n&#233;ral, qui est le moment essentiel. Cette distinction conduit bien &#224; leur &#233;galit&#233;, et cette &#233;galit&#233; devenue est la v&#233;rit&#233;. Mais ce n'est pas aussi vrai que si l'in&#233;galit&#233; avait &#233;t&#233; rejet&#233;e, comme les scories du m&#233;tal pur, ni m&#234;me si l'outil reste &#233;loign&#233; du r&#233;cipient fini, mais l'in&#233;galit&#233; est comme le n&#233;gatif, comme le soi en v&#233;rit&#233; tel lui-m&#234;me. est toujours directement pr&#233;sent. Cependant, on ne peut pas dire que le mensonge soit un moment ou m&#234;me une composante de la v&#233;rit&#233;. Qu'il y ait quelque chose de vrai dans tout ce qui est faux - dans cette expression les deux s'appliquent, comme l'huile et l'eau, qui ne sont li&#233;es de mani&#232;re immiscible qu'&#224; l'ext&#233;rieur. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour le sens de d&#233;signer le moment d' alt&#233;rit&#233; totale que leurs expressions n'ont plus besoin d'&#234;tre utilis&#233;es l&#224; o&#249; leur alt&#233;rit&#233; est &#233;limin&#233;e. De m&#234;me que l'expression de l' unit&#233; du sujet et de l'objet, du fini et de l'infini, de l'&#234;tre et de la pens&#233;e, etc., a la g&#234;ne que l'objet et le sujet, etc. signifient ce qu'ils sont en dehors de leur unit&#233; , de m&#234;me dans l'unit&#233; ils ne sont pas signifi&#233;s comme c'est ce que dit leur expression, tout comme le mensonge n'est que le mensonge un moment de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dogmatisme de la mani&#232;re de penser dans la connaissance et dans l'&#233;tude de la philosophie n'est rien d'autre que l'opinion selon laquelle la v&#233;rit&#233; consiste en une proposition qui a un r&#233;sultat fixe ou qui est connue directement. Une belle r&#233;ponse devrait &#234;tre donn&#233;e &#224; de telles questions : quand C&#233;sar est n&#233;, combien de toises un stade comptait-il et ce que c'&#233;tait, etc., de m&#234;me qu'il est certainement vrai que le carr&#233; de l'hypot&#233;nuse est &#233;gal &#224; la somme des carr&#233;s de les deux c&#244;t&#233;s restants du rectangulaire sont triangulaires. Mais la nature de cette pr&#233;tendue v&#233;rit&#233; est diff&#233;rente de la nature des v&#233;rit&#233;s philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les v&#233;rit&#233;s historiques , pour les &#233;voquer bri&#232;vement, dans la mesure o&#249; l'on en consid&#232;re les aspects purement historiques, on admet facilement qu'elles concernent l'existence individuelle, un contenu dans sa contingence et son arbitraire, des d&#233;terminations de celle-ci qui ne sont pas n&#233;cessaires. &#8211; Mais m&#234;me des v&#233;rit&#233;s aussi nues que celle cit&#233;e en exemple ne sont pas sans mouvement de conscience de soi. Pour en conna&#238;tre un, il faut comparer beaucoup de choses, les rechercher &#233;galement dans des livres ou, de quelque mani&#232;re que ce soit, les examiner ; M&#234;me d'un point de vue direct, seule la connaissance de l'objet et de ses raisons est consid&#233;r&#233;e comme quelque chose qui a une vraie valeur, m&#234;me si en r&#233;alit&#233; seul le simple r&#233;sultat devrait &#234;tre ce qui doit &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les v&#233;rit&#233;s math&#233;matiques , on consid&#233;rerait encore moins un g&#233;om&#232;tre qui conna&#238;trait par c&#339;ur les th&#233;or&#232;mes d'Euclide sans leurs preuves, sans, comme on pourrait le dire en contraste, les conna&#238;tre de fond en comble . De m&#234;me, la connaissance qu'on acquerrait en mesurant de nombreux triangles rectangles que leurs c&#244;t&#233;s ont la relation connue les uns par rapport aux autres serait consid&#233;r&#233;e comme insatisfaisante. Cependant, m&#234;me dans la cognition math&#233;matique, l' essentialit&#233; de la preuve n'a pas encore le sens et la nature d'&#234;tre un moment du r&#233;sultat lui-m&#234;me, mais en cela elle est termin&#233;e et dispara&#238;t. En cons&#233;quence, le th&#233;or&#232;me est consid&#233;r&#233; comme vrai . Mais cette circonstance suppl&#233;mentaire n'affecte pas son contenu, mais seulement son rapport au sujet ; Le mouvement de la preuve math&#233;matique n'appartient pas &#224; ce qui est l'objet, mais est une action ext&#233;rieure &#224; la chose . Ainsi, la nature du triangle rectangle ne se d&#233;compose pas comme elle est repr&#233;sent&#233;e dans la construction n&#233;cessaire. la preuve du th&#233;or&#232;me exprime sa relation, est n&#233;cessaire ; toute la production du r&#233;sultat est un processus et un moyen de connaissance. &#8211; M&#234;me dans la cognition philosophique, le devenir du Dasein en tant que Dasein est diff&#233;rent du devenir de l' essence ou de la nature int&#233;rieure de la chose. Mais la cognition philosophique contient les deux, puisque la cognition math&#233;matique, en revanche, ne repr&#233;sente que le devenir du Dasein , c'est-&#224;-dire l' &#234;tre de la nature de la chose dans la cognition en tant que telle. D'un autre c&#244;t&#233;, cela unit &#233;galement ces deux mouvements sp&#233;ciaux. L'apparition ou le devenir int&#233;rieur de la substance est une transition indivise vers l'ext&#233;rieur ou vers l'existence, &#233;tant pour autre chose ; et inversement, le devenir du Dasein est le repli dans l'essence. Le mouvement est le double processus et devenir du tout de telle sorte que chacun pose l'autre en m&#234;me temps et chacun en a donc les deux vues comme deux vues ; ensemble, ils forment le tout en se dissolvant et en les transformant en ses moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cognition math&#233;matique, la perspicacit&#233; est une action ext&#233;rieure &#224; la mati&#232;re ; il s'ensuit que la r&#233;alit&#233; est ainsi modifi&#233;e. Les moyens, construction et preuve, contiennent donc des propositions vraies ; mais il faut aussi dire que le contenu est faux. Dans l'exemple ci-dessus, le triangle est d&#233;chir&#233; et ses parties sont transform&#233;es en d'autres figures cr&#233;&#233;es par la construction. Ce n'est qu'&#224; la fin que le triangle est restaur&#233;, ce qui est en fait ce &#224; quoi nous avons affaire, qui a &#233;t&#233; perdu de vue au fur et &#224; mesure de notre progression et n'est apparu que par morceaux appartenant &#224; d'autres ensembles. &#8211; Ici aussi, nous voyons appara&#238;tre la n&#233;gativit&#233; du contenu, qu'on pourrait tout aussi bien qualifier de fausset&#233; du contenu que de disparition des pens&#233;es fermement intentionn&#233;es dans le mouvement du concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ficience r&#233;elle de cette cognition concerne &#224; la fois la cognition elle-m&#234;me et son mat&#233;riel en g&#233;n&#233;ral. &#8211; En ce qui concerne la cognition, la n&#233;cessit&#233; de construire n'est pas initialement reconnue. Cela ne d&#233;coule pas du concept du th&#233;or&#232;me, mais est command&#233;, et il faut ob&#233;ir aveugl&#233;ment &#224; cette r&#232;gle pour tracer pr&#233;cis&#233;ment ces lignes, dont on pourrait tracer d'autres infinies, sans rien savoir d'autre que d'avoir de bonne foi que cela sera utile &#224; apporter la preuve. Cette opportunit&#233; se manifeste aussi apr&#232;s coup, ce qui n'est qu'ext&#233;rieur puisqu'elle ne se manifeste qu'apr&#232;s coup, quand la preuve est donn&#233;e. &#8211; De m&#234;me, celui-ci prend un chemin qui commence quelque part, on ne sait pas encore quel rapport cela va avoir avec le r&#233;sultat qui est cens&#233; en sortir. Sa progression reprend ces d&#233;terminations et ces relations et en laisse d'autres derri&#232;re elle, sans qu'on voie imm&#233;diatement pourquoi ; un but ext&#233;rieur r&#233;git ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve de cette connaissance d&#233;fectueuse, dont les math&#233;matiques sont fi&#232;res et dont elles se vantent aussi contre la philosophie, repose uniquement sur la pauvret&#233; de son objectif et sur la d&#233;fectuosit&#233; de son mat&#233;riel , et est donc d'une sorte que la philosophie doit m&#233;priser. &#8211; Son objectif ou son concept est la taille . Il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'une relation non essentielle et sans concept. Le mouvement de la connaissance se produit donc en surface, ne touche pas la chose elle-m&#234;me, l'essence ou le concept, et n'est donc pas compr&#233;hension. &#8211; La mati&#232;re dont les math&#233;matiques fournissent le joyeux tr&#233;sor des v&#233;rit&#233;s est l'espace et l' un . L'espace est l'existence dans laquelle le concept inscrit ses diff&#233;rences, comme dans un &#233;l&#233;ment vide et mort o&#249; elles sont &#233;galement immobiles et sans vie. Le r&#233;el n'est pas une entit&#233; spatiale telle qu'on le consid&#232;re en math&#233;matiques ; Ni la perception sensorielle concr&#232;te ni la philosophie ne s'int&#233;ressent &#224; une irr&#233;alit&#233; telle que les choses math&#233;matiques. Dans un tel &#233;l&#233;ment irr&#233;el, il n'y a que des v&#233;rit&#233;s irr&#233;elles, c'est-&#224;-dire des propositions fixes et mortes ; Vous pouvez vous arr&#234;ter &#224; n'importe lequel d'entre eux ; le suivant recommence tout seul, sans que le premier lui-m&#234;me passe &#224; l'autre et sans qu'une connexion n&#233;cessaire soit ainsi cr&#233;&#233;e par la nature m&#234;me de la chose. &#8211; Aussi, pour le bien de ce principe et de cet &#233;l&#233;ment &#8211; &#8203;&#8203;&#8203;&#8203;et c'est la formalit&#233; de la preuve math&#233;matique &#8211; la connaissance continue sur la ligne de l'&#233;galit&#233; . Car les morts, parce qu'ils ne se d&#233;placent pas eux-m&#234;mes, n'aboutissent pas &#224; des diff&#233;rences essentielles, non &#224; une opposition ou &#224; une in&#233;galit&#233; essentielle, et donc non &#224; la transition du contraire &#224; l'oppos&#233;, non &#224; un mouvement qualitatif, immanent, non autonome. . Car c'est la taille, la diff&#233;rence insignifiante, que seules les math&#233;matiques consid&#232;rent. Elle fait abstraction du fait que c'est le concept qui divise l'espace en ses dimensions et d&#233;termine les connexions &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'int&#233;rieur de celles-ci ; Par exemple, il ne prend pas en compte la relation entre la ligne et la surface ; et l&#224; o&#249; il compare le diam&#232;tre du cercle avec la p&#233;riph&#233;rie, il rencontre son incommensurabilit&#233;, c'est-&#224;-dire un rapport de concept, un infini qui &#233;chappe &#224; sa d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;matiques immanentes, dites pures, n'opposent pas le temps en tant que temps &#224; l'espace en tant que deuxi&#232;me mat&#233;riau de leur consid&#233;ration. La th&#233;orie appliqu&#233;e en traite certes, comme du mouvement et d'autres choses r&#233;elles, mais elle tire de l'exp&#233;rience les propositions synth&#233;tiques, c'est-&#224;-dire les propositions de ses relations, qui sont d&#233;termin&#233;es par son concept, et n'applique ses formules qu'&#224; ces pr&#233;suppos&#233;s. Le fait que les soi-disant preuves de propositions telles que celle de l'&#233;quilibre du levier, la relation de l'espace et du temps dans le mouvement de chute, etc., qu'elles donnent souvent, soient donn&#233;es et accept&#233;es comme preuves n'est en soi qu'un la preuve de l'importance de cela. Le besoin de preuve pour la cognition vient du fait que, lorsqu'elle ne l'a plus, elle en respecte aussi l'apparence vide et en tire satisfaction. Une critique de ces preuves serait aussi &#233;trange qu'instructive, en partie pour nettoyer les math&#233;matiques de ce faux pl&#226;tre et en partie pour montrer leurs limites, et donc la n&#233;cessit&#233; d'un autre type de connaissance. &#8211; En ce qui concerne le temps , dont on pourrait penser qu'il constituerait la mati&#232;re de l'autre partie des math&#233;matiques pures comme contrepartie contre l'espace, c'est le concept existant lui-m&#234;me. Le principe de taille , de diff&#233;rence sans concept, et le principe d' &#233;galit&#233;. , d'unit&#233; abstraite et inanim&#233;e, est incapable de faire face &#224; ce pur trouble de la vie et &#224; cette distinction absolue. Cette n&#233;gativit&#233; n'est donc paralys&#233;e que comme l' une , la deuxi&#232;me substance de cette connaissance, qui, par une action ext&#233;rieure, r&#233;duit la chose en mouvement &#224; une substance pour avoir maintenant en elle un contenu indiff&#233;rent, ext&#233;rieur et inanim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, au contraire, ne consid&#232;re pas la d&#233;termination non essentielle , mais elle en tant qu'essentielle ; Son &#233;l&#233;ment et son contenu ne sont pas l'abstrait ou l'irr&#233;el, mais l' existence r&#233;elle , auto-posante et vivante en soi, dans son concept. C'est le processus qui cr&#233;e et traverse ses moments, et tout ce mouvement constitue le positif et sa v&#233;rit&#233;. Cela inclut donc aussi le n&#233;gatif, ce qu'on appellerait le faux s'il pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme quelque chose dont il faut faire abstraction. Ce qui dispara&#238;t doit plut&#244;t &#234;tre consid&#233;r&#233; comme essentiel, non pas dans la d&#233;finition de quelque chose de solide qui serait coup&#233; de la v&#233;rit&#233; et laiss&#233; en dehors d'elle, on ne sait o&#249;, et la v&#233;rit&#233; ne doit pas non plus &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le repos positif mort. de l'autre c&#244;t&#233;. L'apparence est la naissance et la disparition, qui elle-m&#234;me ne surgit ni ne dispara&#238;t, mais est en soi et constitue la r&#233;alit&#233; et le mouvement de la vie de v&#233;rit&#233;. La v&#233;rit&#233; est la fr&#233;n&#233;sie bacchanale, dans laquelle aucun membre ne s'enivre, et parce que chacun se dissout aussi aussit&#244;t qu'il se s&#233;pare, c'est aussi le repos transparent et simple. Dans le jugement de ce mouvement, les formes individuelles de l'esprit, comme les pens&#233;es sp&#233;cifiques, n'existent pas, mais elles sont des moments positifs n&#233;cessaires tout autant que n&#233;gatifs et disparaissants. &#8211; Dans l' ensemble du mouvement, compris comme repos, ce qui en lui diff&#232;re et donne une existence particuli&#232;re est conserv&#233; comme quelque chose qui se souvient , dont l'existence est la connaissance de soi, tout comme celle-ci est aussi l'existence imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la m&#233;thode de ce mouvement ou de la science, il peut para&#238;tre n&#233;cessaire de pr&#233;ciser plusieurs choses &#224; l'avance. Mais son concept r&#233;side d&#233;j&#224; dans ce qui est dit, et sa repr&#233;sentation m&#234;me appartient &#224; la logique, ou plut&#244;t est la logique elle-m&#234;me, car la m&#233;thode n'est autre que la structure du tout dans sa pure essence. Cependant, d'apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; dit jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous devons &#234;tre conscients que le syst&#232;me d'id&#233;es relatif &#224; la m&#233;thode philosophique appartient &#233;galement &#224; une culture perdue. &#8211; Si cela devait &#234;tre dit d'une mani&#232;re prestigieuse ou r&#233;volutionnaire, dont je sais que je m'&#233;loigne, alors il faudrait garder &#224; l'esprit que l'&#233;tat scientifique dont d&#233;rivent les math&#233;matiques &#8211; explications, classifications, axiomes, s&#233;ries de th&#233;or&#232;mes, leurs preuves, leurs principes et leurs conclusions et conclusions - l'opinion elle-m&#234;me est pour le moins d&#233;pass&#233;e . M&#234;me si son inaptitude n'est pas clairement reconnue, on n'en fait plus ou peu d'usage, et si on ne le d&#233;sapprouve pas, on ne l'aime pas. Et nous devons avoir le pr&#233;jug&#233; pour l'excellent afin qu'il puisse &#234;tre utilis&#233; et populaire. Mais il n'est pas difficile de voir que la mani&#232;re de faire une affirmation, de la justifier et de r&#233;futer l'oppos&#233; avec des raisons n'est pas la forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; peut appara&#238;tre. La v&#233;rit&#233; est son mouvement &#224; l'int&#233;rieur d'elle-m&#234;me, mais cette m&#233;thode est la connaissance ext&#233;rieure &#224; la substance. C'est pourquoi cela est propre aux math&#233;matiques, qui, comme nous l'avons not&#233;, ont une relation sans concept entre la taille et son principe et son espace mort, ainsi qu'une relation &#233;galement morte avec son mat&#233;riau, et doit lui &#234;tre laiss&#233;e. Elle peut aussi rester de mani&#232;re plus libre, c'est-&#224;-dire plus m&#234;l&#233;e d'arbitraire et de co&#239;ncidence, dans la vie commune, dans une conversation ou un enseignement historique, plus de curiosit&#233; que de connaissance, si approximative soit une pr&#233;face. Dans la vie commune, la conscience a pour contenu la connaissance, les exp&#233;riences, les concr&#233;tions sensuelles, mais aussi les pens&#233;es, les principes et g&#233;n&#233;ralement tout ce qui est consid&#233;r&#233; comme pr&#233;sent ou comme un &#234;tre ou un &#234;tre fixe et au repos. Il continue en partie ainsi, en partie il interrompt la connexion &#224; cause du libre arbitraire d'un tel contenu et se comporte comme une d&#233;termination et une gestion externe de celui-ci. Cela le ram&#232;ne &#224; quelque chose de certain, m&#234;me s'il ne s'agit que du sentiment du moment, et la conviction est satisfaite lorsqu'elle a atteint un point de repos connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la n&#233;cessit&#233; du concept bannit le cours l&#226;che de la conversation raisonn&#233;e ainsi que le cours plus rigide du faste scientifique, alors on a d&#233;j&#224; rappel&#233; plus haut que sa place ne devrait pas &#234;tre remplac&#233;e par le manque de m&#233;thode de punition, l'enthousiasme et l'arbitraire. du discours proph&#233;tique, qui concerne non seulement cette science, mais la science en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi peu - apr&#232;s que la triplicit&#233; kantienne , qui n'a &#233;t&#233; red&#233;couverte que par l'instinct, est encore morte, pas encore comprise, a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e &#224; son sens absolu, de sorte que la vraie forme dans son vrai contenu a &#233;t&#233; en m&#234;me temps &#233;tablie et le concept de science est apparu - l'utilisation de cette forme pour quelque chose Pour la garder scientifique, &#224; travers lequel nous la voyons r&#233;duite &#224; un sch&#233;ma sans vie, &#224; une apparence r&#233;elle, et l'organisation scientifique r&#233;duite &#224; une table. - Ce formalisme, dont on a d&#233;j&#224; parl&#233; plus haut en g&#233;n&#233;ral et dont nous voulons pr&#233;ciser ici la mani&#232;re plus en d&#233;tail, pense avoir compris et exprim&#233; la nature et la vie d'une figure lorsqu'il pr&#233;dique une d&#233;termination du sch&#233;ma comme pr&#233;dicat. - que ce soit la subjectivit&#233; ou l'objectivit&#233;, ou le magn&#233;tisme, l'&#233;lectricit&#233; et ainsi de suite, la contraction ou l'expansion, l'est ou l'ouest et ainsi de suite, qui peuvent &#234;tre multipli&#233;es &#224; l'infini, car de cette mani&#232;re toute d&#233;termination ou forme dans le sont &#224; nouveau utilis&#233;s par d'autres comme forme ou moment du sch&#233;ma et chacun peut avec gratitude rendre le m&#234;me service &#224; l'autre ; &#8211; un cercle de r&#233;ciprocit&#233;, dans lequel on ne d&#233;couvre pas ce qu'est la chose elle-m&#234;me, ni ce qu'est l'une ni l'autre. Dans certains cas, les d&#233;terminations sensuelles sont reprises de la perception commune, qui sont bien entendu cens&#233;es signifier autre chose que ce qu'elles disent ; dans d'autres cas, ce qui est significatif en soi, les d&#233;terminations pures de la pens&#233;e, telles que sujet, objet, la substance, la cause, le g&#233;n&#233;ral, etc. sont pris en compte utilis&#233;s aussi indistinctement et sans esprit critique que dans la vie commune et comme les forces et les faiblesses, l'expansion et la contraction ; de sorte que cette m&#233;taphysique est aussi peu scientifique que ces id&#233;es sens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de la vie int&#233;rieure et du mouvement propre de son existence, une d&#233;termination aussi simple s'exprime maintenant par l'intuition, c'est-&#224;-dire ici par la connaissance sensorielle, selon une analogie superficielle et cette application externe et vide de la formule est appel&#233;e construction . &#8211; Il en va de m&#234;me pour un tel formalisme que pour tout autre. Comme il faudrait &#234;tre ennuyeux pour celui qui n'aurait pas appris en un quart d'heure la th&#233;orie selon laquelle il existe des maladies asth&#233;niques, sth&#233;niques et indirectement asth&#233;niques et autant de projets de gu&#233;rison, et qui ne l'aurait pas appris, puisque cet enseignement &#233;tait suffisant jusqu'&#224; r&#233;cemment, d'un v&#233;t&#233;ran pourrait-il se transformer en docteur th&#233;oricien en si peu de temps ? Quand le formalisme philosophique naturel enseigne que l'esprit est &#233;lectricit&#233; ou que l'animal est azote, ou m&#234;me le m&#234;mele sud ou le nord et ainsi de suite, ou le repr&#233;senter, aussi simplement qu'il est exprim&#233; ici, ou m&#234;me concoct&#233; avec plus de terminologie, alors peut-&#234;tre sur une telle puissance qui rassemble ce qui semble lointain, et sur la puissance dont souffre le sensuel au repos cette connexion, et qui lui donne ainsi l'apparence d'un concept, mais l'essentiel est qu'elle &#233;vite la n&#233;cessit&#233; d'exprimer le concept lui-m&#234;me ou le sens de l'id&#233;e sensorielle - la personne inexp&#233;riment&#233;e peut en &#234;tre &#233;tonn&#233;e, v&#233;n&#233;rez en lui un g&#233;nie profond ; ainsi que dans la gaiet&#233; de telles d&#233;terminations, puisqu'elles remplacent le concept abstrait par quelque chose de vivant et le rendent plus agr&#233;able, se r&#233;jouissent et se souhaitent du bonheur dans la camaraderie d'&#226;me punie avec des actions si merveilleuses. L'habilet&#233; d'une telle sagesse s'apprend d&#232;s qu'il est facile de l'exercer ; sa r&#233;p&#233;tition, lorsqu'elle est connue, devient aussi insupportable que la r&#233;p&#233;tition d'un tour de passe-passe reconnu. L'instrument de ce formalisme uniforme n'est pas plus difficile &#224; manier qu'une palette de peintre, qui ne contiendrait que deux couleurs, comme le rouge et le vert, pour colorer une surface avec celle-l&#224; s'il fallait une pi&#232;ce historique, avec celle-l&#224; s'il s'agissait d'une pi&#232;ce historique. il fallait un paysage. &#8211; Il serait difficile de d&#233;cider ce qui est le plus grand, le confort avec lequel tout au ciel, sur terre et sous la terre est peint avec une telle peinture, ou la vanit&#233; de l'excellence de ce rem&#232;de universel ; l'un soutient l'autre. Ce que cette m&#233;thode consistant &#224; coller les quelques dispositions du sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral &#224; tout ce qui est c&#233;leste et terrestre, &#224; toutes les formes naturelles et spirituelles et &#224; tout classer ainsi, produit n'est rien de moins qu'un rapport limpide sur l'organisme de l'univers, &#224; savoir un tableau. qui ressemble &#224; un squelette avec des morceaux de papier coll&#233;s ou aux rang&#233;es de bo&#238;tes de conserve ferm&#233;es avec leurs &#233;tiquettes coll&#233;es dans un magasin d'&#233;pices, qui sont si clairement l'une et l'autre dans d'autres, et comme l&#224;-bas la chair et le sang ont &#233;t&#233; retir&#233;s des os, mais ici la chose non vivante est cach&#233;e dans les bo&#238;tes, l'essence vivante de la chose a &#233;galement &#233;t&#233; laiss&#233;e de c&#244;t&#233; ou cach&#233;e. &#8211; Que cette mani&#232;re se perfectionne en m&#234;me temps en une peinture absolue monochromatique, en ce sens que, honteuse des diff&#233;rences du sch&#233;ma, elle l'enfonce dans le vide de l'absolu comme appartenant &#224; la r&#233;flexion, de sorte que l'identit&#233; pure, la blancheur sans forme , est &#233;tabli, est d&#233;j&#224; mentionn&#233; ci-dessus et a &#233;t&#233; remarqu&#233;. Cette m&#234;me coloration du sch&#232;me et ses d&#233;terminations inanim&#233;es et cette identit&#233; absolue, et le passage de l'une &#224; l'autre, sont l'une &#233;gale &#224; l'intellect mort l'autre, et &#233;gale &#224; la connaissance ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non seulement l'homme excellent ne peut &#233;chapper au sort d'&#234;tre priv&#233; de vie et d'esprit et, ainsi viol&#233;, de voir sa peau envelopp&#233;e dans une connaissance sans vie et sa vanit&#233;. Au contraire, le pouvoir qu'il exerce sur les esprits, sinon sur les esprits, peut encore &#234;tre reconnu dans ce destin lui-m&#234;me, ainsi que dans le d&#233;veloppement de l'universalit&#233; et de la d&#233;finition de la forme en laquelle consiste sa perfection, et qui seule permet que cette g&#233;n&#233;ralit&#233; est utilis&#233;e pour la superficialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science ne peut s'organiser qu'&#224; travers la vie propre du concept ; En lui se trouve la d&#233;termination qui est coll&#233;e ext&#233;rieurement &#224; l'existence &#224; partir du sch&#233;ma, l'&#226;me auto-motrice du contenu accompli. Le mouvement des &#234;tres est, d'une part, devenir quelque chose d'autre et ainsi devenir son contenu immanent ; d'autre part, il reprend en lui ce d&#233;veloppement ou cette existence, c'est-&#224;-dire se fait un moment et se simplifie en une d&#233;termination. Dans ce mouvement, la n&#233;gativit&#233; est la distinction et la position de l'existence ; dans ce retour en soi, c'est le devenir d' une simplicit&#233; d&#233;termin&#233;e . Ainsi, le contenu ne montre pas sa d&#233;termination re&#231;ue et attach&#233;e &#224; un autre, mais il se la donne et se positionne par rapport &#224; lui-m&#234;me pour devenir un moment et un lieu dans l'ensemble. L'esprit tabulaire garde pour lui la n&#233;cessit&#233; et le concept du contenu, ce qui constitue le concret, la r&#233;alit&#233; et le mouvement vivant de la chose qu'il classe, ou plut&#244;t il ne garde pas cela pour lui, mais ne le conna&#238;t pas ; car s'il avait cette perspicacit&#233;, il le montrerait probablement. Il n'en conna&#238;t m&#234;me pas la n&#233;cessit&#233; ; sinon il s'abstiendrait de sch&#233;matiser, ou du moins n'en serait pas plus familier qu'avec une pr&#233;sentation de contenus ; Il affiche uniquement le contenu, mais ne fournit pas le contenu lui-m&#234;me. &#8211; Si la d&#233;termination, m&#234;me quelque chose comme le magn&#233;tisme, est concr&#232;te ou r&#233;elle en elle-m&#234;me, alors elle a sombr&#233; dans quelque chose de mort, puisqu'elle ne fait qu'attribuer une autre existence et non pas comme la vie immanente de cette existence, ou comme elle est en elle, a sa vie native. et une autoproduction et une repr&#233;sentation particuli&#232;res, est reconnue. L'accord formel laisse ce point principal &#224; d'autres. &#8211; Au lieu d'approfondir le contenu immanent de la chose, il n&#233;glige toujours le tout et se place au-dessus de l'existence individuelle dont il parle, c'est-&#224;-dire qu'il ne la voit pas du tout. Mais la connaissance scientifique exige plut&#244;t de s'abandonner &#224; la vie de l'objet, ou, ce qui revient au m&#234;me, d'en avoir devant soi la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure et de l'exprimer. En s'immergeant dans son sujet, il oublie cette vue d'ensemble qui n'est que le reflet de la connaissance du contenu vers lui-m&#234;me. Mais immerg&#233; dans la mati&#232;re et s'&#233;loignant dans son mouvement, il revient en lui-m&#234;me, mais pas avant que l'accomplissement ou le contenu ne se replie sur lui-m&#234;me, ne se simplifie en une d&#233;termination, ne se r&#233;duit &#224; un c&#244;t&#233; d'une existence et ne passe dans sa v&#233;rit&#233; sup&#233;rieure. Ainsi, l'ensemble simple et repli&#233; sur lui-m&#234;me &#233;merge de la richesse dans laquelle son reflet semblait perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, comme indiqu&#233; ci-dessus, la substance elle-m&#234;me est le sujet, tout contenu est son propre reflet en lui-m&#234;me. L'existence ou la substance d'une existence est l'identit&#233; de soi ; car son in&#233;galit&#233; avec lui-m&#234;me serait sa dissolution. Mais l'identit&#233; de soi est une pure abstraction ; mais c'est r&#233;fl&#233;chir . Quand je dis qualit&#233; , je dis simple pr&#233;cision ; par la qualit&#233;, une existence se distingue d'une autre, ou est une existence ; il est pour soi, ou bien il existe par cette simplicit&#233; avec lui-m&#234;me. Mais c'est essentiellement l' id&#233;e . &#8211; Cela signifie qu'&#234;tre, c'est penser ; C'est cette vision qui manque g&#233;n&#233;ralement au discours ordinaire et sans concept sur l'identit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre. - Parce que l'existence du Dasein est identit&#233; &#224; soi ou pure abstraction, c'est l'abstraction de soi &#224; soi, ou c'est lui-m&#234;me son in&#233;galit&#233; avec soi et sa dissolution, - sa propre int&#233;riorit&#233; et repli sur soi, - son devenir. &#8211; En raison de cette nature des &#234;tres et dans la mesure o&#249; les &#234;tres ont cette nature de connaissance, ce n'est pas l'activit&#233; qui traite le contenu comme quelque chose d'&#233;tranger, ni le reflet en soi hors du contenu ; La science n'est pas cet id&#233;alisme qui a remplac&#233; le dogmatisme assertif comme dogmatisme assurant ou le dogmatisme de la certitude de soi - mais parce que la connaissance voit le contenu rentrer dans son int&#233;riorit&#233;, son activit&#233; s'y plonge &#224; la fois, car elle est le soi immanent du contenu, comme en m&#234;me temps retourn&#233; &#224; lui-m&#234;me, car il est pure identit&#233;-soi dans l'alt&#233;rit&#233; ; c'est donc la ruse qui, apparemment s'abstenant de l'activit&#233;, voit la d&#233;termination et sa vie concr&#232;te, pr&#233;cis&#233;ment en ce qu'elle pense poursuivre son auto-conservation et son int&#233;r&#234;t particulier, comme quelque chose de perverti, qui se dissout et devient le moment du tout. faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le sens de l' entendement a &#233;t&#233; donn&#233; ci-dessus en termes de conscience de soi de la substance, alors ce qui a &#233;t&#233; dit ici montre clairement son sens en termes de sa d&#233;termination en tant qu'&#234;tre. &#8211; L'existence est qualit&#233;, d&#233;termination m&#234;me ou certaine simplicit&#233;, certaine pens&#233;e ; c'est l'esprit de l'existence. Cela signifie que c'est Nus qu'Anaxagore a reconnu pour la premi&#232;re fois comme l'&#234;tre. Ceux apr&#232;s lui comprirent plus clairement la nature de l'existence en tant qu'Eidos ou Id&#233;e ; c'est-&#224;-dire une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233;, genre . Le terme Art semble &#234;tre trop mesquin et trop peu pour les id&#233;es, pour le beau, le saint et l'&#233;ternel qui s&#233;vissent &#224; cette &#233;poque. Mais en fait l'id&#233;e n'exprime ni plus ni moins que l'art. Mais on voit maintenant souvent une expression qui d&#233;signe d&#233;finitivement un concept, d&#233;daign&#233; et pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; un autre, ne serait-ce que parce qu'il appartient &#224; une langue &#233;trang&#232;re, le terme est envelopp&#233; de brouillard et est envelopp&#233; de brouillard. donc plus &#233;difiant. &#8211; Pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que l'existence est d&#233;termin&#233;e comme esp&#232;ce, c'est une simple pens&#233;e ; le nus , la simplicit&#233;, est la substance. En raison de sa simplicit&#233; ou de son identit&#233;, il appara&#238;t solide et permanent. Mais cette identit&#233;-m&#234;me est aussi de la n&#233;gativit&#233; ; En cons&#233;quence, cette existence solide se dissout. Au d&#233;but, la d&#233;termination semble &#234;tre due au fait qu'elle se rapporte &#224; Andr&#233;s , et que son mouvement lui est fait par une force &#233;trang&#232;re ; mais le fait qu'il ait lui-m&#234;me son alt&#233;rit&#233; et qu'il soit un mouvement personnel est contenu dans la simplicit&#233; m&#234;me de la pens&#233;e elle-m&#234;me ; car c'est l&#224; la pens&#233;e autonome et distinctive, et notre propre int&#233;riorit&#233;, le concept pur . La compr&#233;hension est donc un devenir, et en tant que devenir, elle est rationalit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette nature de ce qui est, dans son &#234;tre, dans son concept d'&#234;tre, que la n&#233;cessit&#233; logique existe ; lui seul est le rationnel et le rythme du tout organique, il est tout autant la connaissance du contenu que le contenu est concept et essence - ou lui seul est le sp&#233;culatif . &#8211; La forme concr&#232;te, se mouvant elle-m&#234;me, se fait simple d&#233;termination, s'&#233;levant ainsi &#224; une forme logique et &#233;tant dans son essentialit&#233; ; Leur existence concr&#232;te n'est que ce mouvement et est imm&#233;diatement existence logique. Il n'est donc pas n&#233;cessaire d'appliquer superficiellement un formalisme au contenu concret ; Le premier lui-m&#234;me est la transition vers celui-ci, mais celui-ci cesse d'&#234;tre ce formalisme externe parce que la forme est le devenir natif du contenu concret lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nature de la m&#233;thode scientifique, &#233;tant en partie indissociable du contenu et en partie d&#233;terminant son propre rythme, a, comme nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;, sa propre repr&#233;sentation dans la philosophie sp&#233;culative. &#8211; Ce qui est dit ici exprime le concept, mais ne peut s'appliquer qu'&#224; une assurance anticip&#233;e. Sa v&#233;rit&#233; ne r&#233;side pas dans cet expos&#233; partiellement narratif ; et est donc tout aussi peu r&#233;fut&#233;e lorsqu'on affirme que tel n'est pas le cas, mais plut&#244;t qu'il en est ainsi et cela, lorsque des id&#233;es famili&#232;res sont &#233;voqu&#233;es et racont&#233;es comme des v&#233;rit&#233;s &#233;tablies et connues, ou m&#234;me comme quelque chose de nouveau du sanctuaire. de la vision divine int&#233;rieure servie et assur&#233;e. &#8211;Une telle r&#233;ception est g&#233;n&#233;ralement la premi&#232;re r&#233;action d'un savoir auquel quelque chose &#233;tait inconnu, de s'opposer &#224; lui, afin de sauvegarder sa libert&#233; et sa propre vision, sa propre autorit&#233; contre celle des autres, car sous cette forme ce qui a &#233;t&#233; enregistr&#233; pour la premi&#232;re fois appara&#238;t - &#233;galement pour pr&#233;server les apparences et &#233;liminer l'esp&#232;ce de honte qui est cens&#233;e r&#233;sider dans le fait que quelque chose a &#233;t&#233; appris, tout comme dans l'acceptation applaudissante de l'inconnu, la r&#233;action du m&#234;me genre consiste dans ce qui, dans un autre domaine c'est le discours ultra-r&#233;volutionnaire et l'action &#233;tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est important lorsqu'on &#233;tudie les sciences , c'est d' entreprendre l'effort du concept. Cela requiert une attention particuli&#232;re &#224; lui en tant que tel, aux d&#233;terminations simples, par exemple, de l'&#234;tre-en-soi , de l'&#234;tre-pour-soi , de l'identit&#233;-soi , etc. car ce sont des mouvements personnels si purs qu'on pourrait les appeler &#226;mes, si leur terme ne d&#233;signait pas quelque chose de plus &#233;lev&#233; que ceux-l&#224;. L'interruption des id&#233;es par le concept est tout aussi g&#234;nante pour l'habitude de courir sur les id&#233;es que pour la pens&#233;e formelle, qui argumente dans des pens&#233;es irr&#233;elles. Cette habitude peut &#234;tre appel&#233;e une fa&#231;on mat&#233;rielle de penser, une conscience accidentelle qui est seulement immerg&#233;e dans la mati&#232;re, et qui a donc du mal &#224; se sortir simultan&#233;ment de la mati&#232;re et &#224; &#234;tre avec elle-m&#234;me. L'autre, le raisonnement, est l'absence de contenu et de vanit&#233; ; On attend de lui qu'il fasse l'effort d'abandonner cette libert&#233; et, au lieu d'&#234;tre le principe arbitrairement mouvant du contenu, d'y enfoncer cette libert&#233;, de le laisser se mouvoir &#224; travers sa propre nature, c'est-&#224;-dire &#224; travers le moi comme son propre , et cela pour regarder le mouvement. S'abstenir de s'impliquer dans le rythme immanent des concepts, ne pas y interf&#233;rer par l'arbitraire et la sagesse autrement acquise - cette abstinence est en elle-m&#234;me un moment essentiel d'attention au concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le comportement de raisonnement, il faut rendre plus visibles les deux c&#244;t&#233;s sur lesquels la pens&#233;e compr&#233;hensive s'oppose. &#8211; Dans certains cas, il se comporte n&#233;gativement envers le contenu per&#231;u et sait le r&#233;futer et le d&#233;truire. Que ce ne soit pas le cas, cette intuition est purement n&#233;gative , c'est la chose ultime qui ne se d&#233;passe pas vers un nouveau contenu, mais pour avoir &#224; nouveau un contenu, il faut faire quelque chose de diff&#233;rent de quelque part. C'est le reflet du moi vide, la vanit&#233; de sa connaissance. &#8211; Mais cette vanit&#233; n'exprime pas seulement que ce contenu est vain, mais aussi que cette intuition elle-m&#234;me est vaine ; parce que c'est le n&#233;gatif qui ne voit pas le positif en lui-m&#234;me. Parce que cette r&#233;flexion ne prend pas elle-m&#234;me en contenu sa n&#233;gativit&#233;, elle n'est pas du tout dans la mati&#232;re, mais toujours au-del&#224; ; Il imagine donc que l'affirmation du vide va toujours plus loin qu'une vision p&#233;n&#233;trante. D'autre part, comme nous l'avons montr&#233; plus haut, dans la pens&#233;e compr&#233;hensive, le n&#233;gatif appartient au contenu lui-m&#234;me et est le positif &#224; la fois en tant que mouvement et d&#233;termination immanents et en tant que tout de celui-ci . Con&#231;u en cons&#233;quence, c'est le n&#233;gatif d&#233;termin&#233; qui vient de ce mouvement, et donc aussi un contenu positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#233;tant donn&#233; qu'une telle pens&#233;e a un contenu, qu'il s'agisse d'id&#233;es, de pens&#233;es ou d'un m&#233;lange des deux, elle a un autre aspect qui la rend difficile &#224; comprendre. Sa nature &#233;trange est &#233;troitement li&#233;e &#224; la nature mentionn&#233;e ci-dessus de l'id&#233;e elle-m&#234;me, ou plut&#244;t l'exprime telle qu'elle appara&#238;t comme le mouvement qu'est l'appr&#233;hension pensante. &#8211; De m&#234;me que dans son comportement n&#233;gatif, dont nous venons de parler, la pens&#233;e raisonnante elle-m&#234;me est le soi auquel renvoie le contenu, de m&#234;me dans sa cognition positive le soi est un sujet imagin&#233; auquel le contenu se r&#233;f&#232;re comme accident et pr&#233;dicat. Ce sujet constitue le socle auquel il se rattache et sur lequel se d&#233;roule le mouvement. La situation est diff&#233;rente dans la pens&#233;e conceptuelle. Puisque le concept est le moi m&#234;me de l'objet, qui se pr&#233;sente comme son devenir , il n'est pas un sujet au repos qui porte les accidents sans bouger, mais plut&#244;t le concept qui bouge et reprend en lui ses d&#233;terminations. Dans ce mouvement, ce sujet au repos lui-m&#234;me p&#233;rit ; Elle entre dans les diff&#233;rences et le contenu et constitue plut&#244;t la d&#233;termination, c'est-&#224;-dire le contenu diff&#233;renci&#233; ainsi que le mouvement de celui-ci, au lieu de lui &#234;tre oppos&#233;. Le fondement solide du raisonnement sur le sujet au repos fluctue donc, et seul ce mouvement lui-m&#234;me devient objet. Le sujet qui accomplit son contenu cesse de le d&#233;passer et ne peut avoir d'autres pr&#233;dicats ou accidents. &#192; l'inverse, la distraction du contenu est li&#233;e au soi ; ce n'est pas l'universel qui viendrait &#224; plusieurs personnes libres du sujet. Le contenu n'est donc plus un pr&#233;dicat du sujet, mais est la substance, l'essence et le concept de ce dont nous parlons. La pens&#233;e imaginative, puisque sa nature est de continuer avec les accidents ou les pr&#233;dicats, et &#224; juste titre, parce qu'ils ne sont que des pr&#233;dicats et des accidents, de les d&#233;passer, devient la substance, car ce qui dans la phrase a lui-m&#234;me la forme d'un pr&#233;dicat est frein&#233; dans sa progression. Pour l'imaginer ainsi, il subit une contre-attaque. Partant du sujet, comme s'il restait au fond, elle constate que, puisque le pr&#233;dicat est plut&#244;t la substance, le sujet passe au pr&#233;dicat et est par l&#224; aboli ; et depuis que ce qui appara&#238;t comme un pr&#233;dicat est devenu une masse enti&#232;re et ind&#233;pendante, la pens&#233;e ne peut plus errer librement, mais est retenue par cette lourdeur. &#8211; Sinon le sujet passe en premier comme objectifsoi fixe pris comme base ; A partir de l&#224; se poursuit le mouvement n&#233;cessaire vers la diversit&#233; des d&#233;terminations ou pr&#233;dicats ; Ici, le Je connaissant lui-m&#234;me prend la place de ce sujet et constitue le lien entre les pr&#233;dicats et le sujet qui les d&#233;tient. Mais puisque ce premier sujet entre dans les d&#233;terminations elles-m&#234;mes et est leur &#226;me, le deuxi&#232;me sujet, &#224; savoir le sujet connaissant, trouve, toujours dans le pr&#233;dicat, ce dont il en a d&#233;j&#224; fini et au-del&#224; duquel il veut retourner en lui-m&#234;me, et de ce fait D&#233;placer le pr&#233;dicat pour pouvoir &#234;tre le faire, plut&#244;t que de raisonner sur la question de savoir si tel ou tel pr&#233;dicat doit lui &#234;tre attach&#233;, a plus &#224; voir avec le soi du contenu, et ne devrait pas &#234;tre pour lui-m&#234;me, mais avec il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formellement, ce qui a &#233;t&#233; dit peut &#234;tre exprim&#233; de telle mani&#232;re que la nature du jugement ou de la phrase en g&#233;n&#233;ral, qui inclut la diff&#233;rence entre sujet et pr&#233;dicat, est d&#233;truite par la phrase sp&#233;culative, et la phrase identique, que la premi&#232;re devient, contrecarre ce dernier contient des conditions. &#8211; Ce conflit entre la forme d'une phrase en g&#233;n&#233;ral et l'unit&#233; du concept qui la d&#233;truit est semblable &#224; celui qui s'op&#232;re dans le rythme entre la m&#233;trique et l'accent. Le rythme r&#233;sulte du centre flottant et de l'union des deux. Ainsi, dans la phrase philosophique &#233;galement, l'identit&#233; du sujet et du pr&#233;dicat ne doit pas d&#233;truire la diff&#233;rence entre eux, exprim&#233;e par la forme de la phrase, mais plut&#244;t leur unit&#233; doit &#233;merger comme une harmonie. La forme de la phrase est l'apparition du sens particulier ou de l'accent qui distingue son accomplissement ; Mais le fait que le pr&#233;dicat exprime la substance et que le sujet lui-m&#234;me tombe dans le g&#233;n&#233;ral est l' unit&#233; dans laquelle cet accent s'efface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ce qui a &#233;t&#233; dit par des exemples, dans la phrase : Dieu est l'&#234;tre , le pr&#233;dicat est l'&#234;tre ; il a un sens substantiel dans lequel le sujet se dissout. Ici, l'&#234;tre ne doit pas &#234;tre un pr&#233;dicat, mais plut&#244;t l'essence ; Du coup, Dieu semble cesser d'&#234;tre ce qu'il est par la position de la proposition, &#224; savoir le sujet fixe. &#8211; La pens&#233;e, au lieu de progresser dans le passage du sujet au pr&#233;dicat, se sent plut&#244;t inhib&#233;e parce que le sujet est perdu et est renvoy&#233;e &#224; la pens&#233;e du sujet parce qu'elle lui manque ; ou bien il trouve, puisque le pr&#233;dicat lui-m&#234;me s'exprime comme sujet, comme &#234;tre, comme essence qui &#233;puise la nature du sujet, le sujet aussi directement dans le pr&#233;dicat ; et maintenant, au lieu de se voir attribuer la place libre du raisonnement &#224; l'int&#233;rieur du pr&#233;dicat, il est encore absorb&#233; par le contenu, ou du moins il y a une demande d'y &#234;tre absorb&#233;. &#8211; Alors m&#234;me si l'on dit : le r&#233;el est l' universel , le r&#233;el dispara&#238;t comme sujet, dans son pr&#233;dicat. Le g&#233;n&#233;ral ne doit pas seulement avoir le sens du pr&#233;dicat, pour que la phrase dise que le r&#233;el est g&#233;n&#233;ral, mais le g&#233;n&#233;ral doit exprimer l'essence du r&#233;el. &#8211; La pens&#233;e perd donc une grande partie du solide fondement objectif qu'elle avait dans le sujet lorsqu'elle y est renvoy&#233;e dans le pr&#233;dicat, et dans le pr&#233;dicat elle ne retourne pas en elle-m&#234;me, mais dans le sujet du contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaintes concernant l'incompr&#233;hensibilit&#233; des &#233;crits philosophiques reposent en grande partie sur cette inhibition inhabituelle, alors que les autres conditions d'&#233;ducation permettant de les comprendre sont pr&#233;sentes chez l'individu. Nous voyons dans ce qui vient d'&#234;tre dit le fondement de l'accusation tr&#232;s pr&#233;cise qui est souvent port&#233;e contre eux, qu'il faut lire plusieurs fois plusieurs choses avant de pouvoir les comprendre - une accusation qui est cens&#233;e contenir quelque chose d'inconvenant et de d&#233;finitif, de sorte que si elle est fond&#233;e, aucune autre objection n'est admise. &#8211; Ce qui pr&#233;c&#232;de montre clairement ce que cela signifie. La phrase philosophique, parce qu'elle est une phrase, donne lieu &#224; l'opinion sur la relation habituelle entre sujet et pr&#233;dicat et sur le comportement habituel de la connaissance. Ce comportement et son opinion d&#233;truisent son contenu philosophique ; l'opinion apprend qu'elle est signifi&#233;e diff&#233;remment de ce qu'elle voulait dire, et cette correction de son opinion oblige la connaissance &#224; revenir &#224; la phrase et &#224; la formuler maintenant diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une difficult&#233; qu'il convient d'&#233;viter est le m&#233;lange du mode sp&#233;culatif et du mode raisonnement, quand tant&#244;t ce que dit le sujet a le sens de son concept, mais tant&#244;t seulement le sens de son pr&#233;dicat ou de son accident. &#8211; Une voie perturbe l'autre, et seule cette exposition philosophique atteindrait la plasticit&#233; si elle excluait strictement le type de relation habituelle entre les parties d'une phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la pens&#233;e non sp&#233;culative a aussi son droit, qui est valable mais non observ&#233; &#224; la mani&#232;re de la proposition sp&#233;culative. Le fait que la forme de la phrase soit abolie ne doit pas n&#233;cessairement se produire de mani&#232;re imm&#233;diate , ni &#224; travers le simple contenu de la phrase. Il faut plut&#244;t exprimer ce mouvement contraire ; Non seulement cette inhibition int&#233;rieure doit &#234;tre repr&#233;sent&#233;e , mais aussi le repli du concept sur lui-m&#234;me . Ce mouvement, qui constitue ce que la preuve devrait autrement r&#233;aliser, est le mouvement dialectique de la proposition elle-m&#234;me. Lui seul est le v&#233;ritable sp&#233;culatif, et seule son expression est la repr&#233;sentation sp&#233;culative. En tant que proposition, le sp&#233;culatif n'est que l' inhibition int&#233;rieure et le retour inexistant de l'&#234;tre en lui-m&#234;me. Nous nous retrouvons donc souvent rel&#233;gu&#233;s &#224; cette perception int&#233;rieure par les expos&#233;s philosophiques, et nous nous &#233;pargnons ainsi la pr&#233;sentation du mouvement dialectique de la phrase que nous r&#233;clamions. &#8211; La phrase est destin&#233;e &#224; exprimer ce qu'est la v&#233;rit&#233;, mais elle est essentiellement le sujet ; en tant que tel, il ne s'agit que du mouvement dialectique, de cette marche auto-g&#233;n&#233;ratrice, aller et retour. &#8211; Dans le cas d'autres cognitions, l'&#233;vidence constitue ce c&#244;t&#233; de l'int&#233;riorit&#233; exprim&#233;e. Mais apr&#232;s que la dialectique a &#233;t&#233; s&#233;par&#233;e de la preuve, le concept de preuve philosophique a &#233;t&#233; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut rappeler ici que le mouvement dialectique a aussi des propositions comme parties ou &#233;l&#233;ments ; La difficult&#233; signal&#233;e semble donc toujours revenir et &#234;tre une difficult&#233; de la chose elle-m&#234;me. &#8211; Ceci est similaire &#224; ce qui se passe avec la preuve ordinaire, dans la mesure o&#249; les raisons qu'elle utilise n&#233;cessitent elles-m&#234;mes une justification, et ainsi de suite &#224; l'infini. Mais cette forme de justification et de conditionnement appartient &#224; cette preuve dont le mouvement dialectique est diff&#233;rent, et donc &#224; la connaissance ext&#233;rieure. En ce qui le concerne lui-m&#234;me, son &#233;l&#233;ment est le concept pur ; il a donc un contenu qui est de part en part un sujet. Il n'existe donc pas de tel contenu qui agirait comme sujet sous-jacent et qui aurait sa signification de pr&#233;dicat ; la phrase est imm&#233;diatement une forme vide. &#8211; En dehors du moi sensuellement vu ou imagin&#233;, c'est avant tout le nom en tant que nom qui d&#233;signe le sujet pur, le sujet vide et sans concept. Pour cette raison, il peut &#234;tre utile, par exemple, d'&#233;viter le nom Dieu , car ce mot n'est pas imm&#233;diatement un concept, mais le nom m&#234;me, le reste solide du sujet sous-jacent. D'autre part puisque, par exemple, l'&#234;tre, ou l'un, l'individu, le sujet lui-m&#234;me, etc., d&#233;signent directement des concepts. &#8211; M&#234;me si des v&#233;rit&#233;s sp&#233;culatives sont dites sur ce sujet, leur contenu manque encore du concept immanent parce qu'il n'existe qu'en tant que sujet au repos et, de ce fait, elles prennent facilement la forme d'une simple &#233;dification. &#8211; De ce point de vue, l'obstacle qui r&#233;side dans l'habitude de comprendre le pr&#233;dicat sp&#233;culatif selon la forme de la phrase, et non comme concept et essence, peut &#234;tre accru et r&#233;duit par la faute de la pr&#233;sentation philosophique elle-m&#234;me. La repr&#233;sentation, fid&#232;le &#224; la compr&#233;hension de la nature du sp&#233;culatif, doit conserver la forme dialectique et ne rien inclure dans la mesure o&#249; elle est comprise et est le concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; le comportement raisonn&#233; entrave l'&#233;tude de la philosophie, c'est l'imagination non raisonnante de v&#233;rit&#233;s &#233;tablies, &#224; laquelle le propri&#233;taire ne pense pas devoir revenir, mais les prend plut&#244;t comme base et croit pouvoir les exprimer, comme ainsi que les juger et les d&#233;noncer &#224; travers eux. De ce point de vue, il est particuli&#232;rement n&#233;cessaire que l'on revienne s&#233;rieusement &#224; la philosophie. De toutes les sciences, arts, comp&#233;tences et m&#233;tiers, la conviction est que pour les poss&#233;der, de multiples efforts pour les apprendre et les pratiquer sont n&#233;cessaires. En ce qui concerne la philosophie, en revanche, le pr&#233;jug&#233; semble actuellement pr&#233;valoir selon lequel, m&#234;me si tout le monde a des yeux et des doigts et re&#231;oit du cuir et des outils, il est donc incapable de fabriquer des chaussures, mais que chacun est capable de philosopher directement et de juger que la philosophie comprend, parce qu'il a l'&#233;tendard de sa raison naturelle pour le faire - comme s'il n'avait pas aussi l'&#233;tendard d'une chaussure &#224; son pied. &#8211; Il semble que le manque de connaissances et d'&#233;tudes soit la raison de la possession de la philosophie et qu'elle finisse l&#224; o&#249; commence l'autre. On consid&#232;re souvent qu'il s'agit d'une connaissance formelle d&#233;pourvue de contenu, et l'on ne comprend pas tr&#232;s bien que toute v&#233;rit&#233; dans une connaissance ou une science en termes de contenu ne peut m&#233;riter ce nom que si elle a &#233;t&#233; produite par la philosophie ; que les autres sciences, qu'elles essayent autant qu'elles le veulent de raisonner sans philosophie, ne peuvent avoir en elles la vie, l'esprit, la v&#233;rit&#233; sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la philosophie proprement dite, nous voyons le long chemin de l'&#233;ducation, le mouvement riche et profond par lequel l'esprit acc&#232;de &#224; la connaissance, comme la r&#233;v&#233;lation directe du sens divin et commun, qui ne diff&#232;re ni des autres connaissances ni de la connaissance actuelle. Qui a essay&#233; et s'est form&#233; &#224; la philosophie, se voit imm&#233;diatement comme un parfait &#233;quivalent et un aussi bon substitut que, par exemple, la chicor&#233;e est vant&#233;e comme substitut du caf&#233;. Il n'est pas agr&#233;able de constater que l'ignorance et la brutalit&#233; informe et insipide elle-m&#234;me, incapable de concentrer sa pens&#233;e sur une proposition abstraite, encore moins sur l'encha&#238;nement de plusieurs, d&#233;truisent tant&#244;t la libert&#233; et la tol&#233;rance de pens&#233;e, tant&#244;t le g&#233;nie &#224; assurer. Cette derni&#232;re, comme c'est le cas aujourd'hui en philosophie, &#233;tait autrefois &#233;galement r&#233;pandue en po&#233;sie ; mais au lieu de po&#233;sie, si la production de ce g&#233;nie avait un sens, elle produisait de la prose triviale ou, si elle allait au-del&#224;, des discours fous. Ainsi maintenant, une philosophie naturelle, qui se consid&#232;re trop bonne pour le concept et, par manquement, pour la pens&#233;e contemplative et po&#233;tique, met sur le march&#233; des combinaisons arbitraires d'un imaginaire qui n'est d&#233;sorganis&#233; que par la pens&#233;e - des structures qui ne sont ni poisson ni chair, ni la po&#233;sie ni la philosophie ne le sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, coulant dans le lit tranquille du sens commun, la philosophie naturelle pr&#233;sente une rh&#233;torique de v&#233;rit&#233;s insignifiantes. Si l'on lui reproche l'insignifiance de cela, il assure en revanche que le sens et l'accomplissement sont pr&#233;sents dans son c&#339;ur, et doivent l'&#234;tre aussi chez les autres, puisqu'en g&#233;n&#233;ral c'est avec l'innocence du c&#339;ur et de la puret&#233; de la conscience et choses ultimes similaires Avoir dit signifie contre lequel il n'y a aucune objection et rien de plus ne peut &#234;tre exig&#233;. Mais il fallait veiller &#224; ce que le meilleur ne reste pas &#224; l'int&#233;rieur, mais soit mis en lumi&#232;re depuis ce puits. On a pu depuis longtemps s'&#233;pargner la peine de pr&#233;senter des v&#233;rit&#233;s ultimes de ce genre, parce qu'on les trouve depuis longtemps dans le cat&#233;chisme, dans les proverbes du peuple, etc. &#8211; Il n'est pas difficile de saisir de telles v&#233;rit&#233;s en raison de leur ind&#233;termination ou de leur caract&#232;re tordu, et de signaler souvent en soi le contraire direct de leur conscience. En essayant de sortir de la confusion qui se cr&#233;e en lui, il tombera dans de nouvelles confusions et arrivera probablement &#224; la conclusion que ceci et cela sont d&#233;cid&#233;ment du sophisme - un slogan du bon sens contre la Raison instruite, comme le expression r&#234;veuse, l'ignorance de la philosophie l'a constat&#233; une fois pour toutes. - En s'appuyant sur le ressenti, son oracle int&#233;rieur, il en a fini contre celui qui n'est pas d'accord ; Il doit expliquer qu'il n'a plus rien &#224; dire &#224; quiconque ne trouve pas et ne ressent pas la m&#234;me chose en lui-m&#234;me - en d'autres termes, il pi&#233;tine les racines de l'humanit&#233;. Car la nature de ceux-ci est de faire pression pour obtenir un accord avec les autres et leur existence uniquement dans la communaut&#233; de conscience qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. L'anti-humain, l'animal, consiste &#224; rester coinc&#233; dans les sentiments et &#224; ne pouvoir communiquer qu'&#224; travers eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on demandait une voie royale vers la science, on ne pourrait en donner de plus commode que celle de s'appuyer sur le bon sens et, pour progresser avec le temps et la philosophie, des revues d'&#233;crits philosophiques, par exemple les pr&#233;faces et la premi&#232;re il faut lire les paragraphes de celui-ci, car ceux-ci donnent les principes g&#233;n&#233;raux dont tout d&#233;pend, et cela, en plus de la note historique, aussi l'&#233;valuation, qui, parce qu'il s'agit d'une &#233;valuation, va au-del&#224; de ce qui est &#233;valu&#233;. Ce chemin commun se d&#233;roule en robe de chambre, mais en robe de grand pr&#234;tre, l'exaltation de l'&#233;ternel, du saint, de l'infini l'accompagne - un chemin qui est lui-m&#234;me l'&#234;tre imm&#233;diat au centre, le g&#233;nie des id&#233;es profondes et originales et des &#233;clairs &#233;lev&#233;s. de pens&#233;e. Cependant, de m&#234;me qu'une telle profondeur ne r&#233;v&#232;le pas encore la source de l'&#234;tre, de m&#234;me ces fus&#233;es ne sont pas encore l'Empyr&#233;e. Les v&#233;ritables pens&#233;es et connaissances scientifiques ne peuvent &#234;tre acquises que gr&#226;ce au travail du concept. Lui seul peut produire l'universalit&#233; de la connaissance, qui n'est ni l'ind&#233;termination et la pauvret&#233; communes de l'entendement humain commun, mais plut&#244;t une connaissance instruite et compl&#232;te - ni l'extraordinaire g&#233;n&#233;ralit&#233; des dispositions de la raison, qui est corrompue par l'indolence et l'orgueil de l'esprit. le g&#233;nie, mais plut&#244;t celui de sa forme native, la v&#233;rit&#233; d&#233;velopp&#233;e, qui est susceptible d'&#234;tre la propri&#233;t&#233; de toute raison consciente d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque je place ce par quoi la science existe dans le mouvement propre du concept, la consid&#233;ration selon laquelle les aspects mentionn&#233;s ci-dessus et d'autres aspects externes des id&#233;es de notre temps sur la nature et la forme de la v&#233;rit&#233; s'en &#233;cartent, voire sont compl&#232;tement contraires &#224; cela semble &#234;tre une tentative de pr&#233;senter le syst&#232;me scientifique de telle mani&#232;re qu'il ne promet pas un accueil favorable. En attendant, je peux consid&#233;rer que, si, par exemple, l'excellence de la philosophie de Platon est parfois plac&#233;e dans ses mythes scientifiquement sans valeur, il y eut aussi des &#233;poques, qu'on appelle m&#234;me des &#233;poques d'enthousiasme, o&#249; la philosophie aristot&#233;licienne &#233;tait respect&#233;e pour sa profondeur sp&#233;culative. et le Parm&#233;nide de Platon, sans doute la plus grande &#339;uvre d'art de la dialectique antique , &#233;tait consid&#233;r&#233; comme la v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation et l'expression positive de la vie divine , et m&#234;me avec beaucoup d'obscurit&#233; sur ce que c'est. l'extase , cette extase incomprise ne devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre rien d'autre que le pur concept - qu'en outre, l'excellence de la philosophie de notre temps met elle-m&#234;me sa valeur dans la science, et m&#234;me si d'autres la prennent diff&#233;remment, elle ne s'affirme que par elle dans la pratique. Je peux donc &#233;galement esp&#233;rer que cette tentative visant &#224; justifier la science par rapport au concept et &#224; la pr&#233;senter dans son &#233;l&#233;ment propre trouvera son chemin dans la v&#233;rit&#233; int&#233;rieure de la question. Nous devons &#234;tre convaincus que la v&#233;rit&#233; a la nature de p&#233;n&#233;trer quand son heure est venue, et qu'elle n'appara&#238;t que lorsqu'elle est venue, et donc n'appara&#238;t jamais trop t&#244;t ni ne trouve un public immature ; aussi que l'individu a besoin de cet effet pour se prouver dans ce qui est encore sa cause unique et pour &#233;prouver la conviction, qui n'appartient qu'au particulier, comme quelque chose de g&#233;n&#233;ral. Ici, cependant, le public doit souvent &#234;tre distingu&#233; de ceux qui en sont les repr&#233;sentants et les orateurs. Le premier se comporte diff&#233;remment du second &#224; bien des &#233;gards, m&#234;me dans des directions oppos&#233;es. S'il assume avec bonhomie le fait qu'il n'aime pas une &#339;uvre philosophique, alors, eux, s&#251;rs de leur comp&#233;tence, rejettent toute la faute sur l'&#233;crivain. L'effet de celui-ci est plus silencieux que les actions de ces morts lorsqu'ils enterrent leurs morts. Si la compr&#233;hension g&#233;n&#233;rale est maintenant plus instruite, si votre curiosit&#233; est plus alerte et si votre jugement est d&#233;termin&#233; plus rapidement, de sorte que les pieds de ceux qui vous m&#232;neront &#224; l'ext&#233;rieur sont d&#233;j&#224; &#224; la porte, alors ce que l'on peut souvent en distinguer, c'est le processus plus lent. l'effet, c'est-&#224;-dire l'attention, qui a &#233;t&#233; renforc&#233;e par des assurances impressionnantes, ainsi que la correction du bl&#226;me jetable et le fait de donner &#224; une partie un co-monde seulement apr&#232;s un certain temps, tandis qu'une autre n'a plus de post&#233;rit&#233; apr&#232;s cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, d'ailleurs, &#224; une &#233;poque o&#249; la g&#233;n&#233;ralit&#233; de l'esprit est devenue beaucoup plus forte et o&#249; l'individualit&#233;, comme elle devrait l'&#234;tre, est devenue beaucoup plus indiff&#233;rente, la partie qui est dans l'&#339;uvre enti&#232;re tient &#233;galement &#224; sa L'ampleur et la richesse d&#233;velopp&#233;es et les exigences de l'esprit incombant &#224; l'activit&#233; de l'individu ne peuvent &#234;tre que minimes, alors, comme l'exige la nature de la science, l'individu doit d'autant plus s'oublier lui-m&#234;me et devenir et faire ce qu'il peut. mais il doit aussi faire moins avec lui &#234;tre exig&#233;, tout comme il peut attendre moins de lui-m&#234;me et exiger pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une id&#233;e naturelle qu'avant que la philosophie n'aborde le sujet lui-m&#234;me, &#224; savoir la connaissance r&#233;elle de ce qui est dans la v&#233;rit&#233;, il faut d'abord se mettre d'accord sur la connaissance comme l'outil par lequel on prend possession de l'absolu, ou est consid&#233;r&#233; comme le moyen par lequel on le voit. L'inqui&#233;tude semble l&#233;gitime, en partie parce qu'il existe diff&#233;rents types de connaissances, et que l'une d'elles est plus capable que l'autre d'atteindre ce but final, et donc par un mauvais choix entre elles, - en partie aussi parce que la connaissance est une facult&#233; d'un certain sans une d&#233;termination plus pr&#233;cise de sa nature et de ses limites, les nuages &#8203;&#8203;de l'erreur sont saisis au lieu du ciel de la v&#233;rit&#233;. Cette pr&#233;occupation doit m&#234;me se transformer en conviction que tout le d&#233;but de l'acquisition de ce qui est en soi par la connaissance pour la conscience est absurde dans son concept, et qu'il existe une fronti&#232;re qui les s&#233;pare absolument entre la connaissance et la chute Absolue. Car si la connaissance est l'outil pour prendre le contr&#244;le de l'&#234;tre absolu, on remarque imm&#233;diatement que l'application d'un outil &#224; une chose ne la laisse pas telle qu'elle est en elle-m&#234;me, mais op&#232;re avec elle une formation et un changement. Ou si la connaissance n'est pas un outil de notre activit&#233;, mais plut&#244;t un m&#233;dium passif par lequel la lumi&#232;re de la v&#233;rit&#233; nous parvient, alors nous la recevons non pas telle qu'elle est en elle-m&#234;me, mais telle qu'elle est &#224; travers et dans ce m&#233;dium. Dans les deux cas, on utilise un moyen qui produit directement le contraire de sa fin ; ou plut&#244;t, ce qui est absurde, c'est que nous utilisions n'importe quel moyen. Il semble bien que ce probl&#232;me puisse &#234;tre r&#233;solu en connaissant le fonctionnement de l' outil , car il permet de soustraire du r&#233;sultat la part qui appartient &#224; l'outil dans l'id&#233;e que l'on re&#231;oit de l'Absolu &#224; travers lui, et ainsi de suite. pur. En fait, cette am&#233;lioration &#224; elle seule ne ferait que nous ramener l&#224; o&#249; nous en &#233;tions auparavant. Si nous retirons d'une chose form&#233;e ce que l'outil lui a fait, alors la chose - ici l'Absolu - est tout aussi importante pour nous qu'elle l'&#233;tait avant cet effort inutile. Si l'absolu devait &#234;tre rapproch&#233; de nous par l'interm&#233;diaire de l'outil sans rien y changer, comme par exemple le b&#226;ton de chaux de l'oiseau, alors il serait probablement victime de cette astuce s'il n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; avec nous en soi et ne voulait pas &#234;tre l&#224; pour se moquer ; Car une astuce dans ce cas serait de reconna&#238;tre que, par ses multiples efforts, l'expression fait quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent que simplement produire une relation imm&#233;diate et donc sans effort. Ou si le test de reconnaissance que nous, en tant que m&#233;dium,imaginez, nous enseigne la loi de sa r&#233;fraction, il ne sert &#224; rien non plus de la soustraire au r&#233;sultat ; car ce n'est pas l'&#233;clatement du rayon, mais le rayon lui-m&#234;me, par lequel la v&#233;rit&#233; nous touche, qui est la connaissance, et si celle-ci &#233;tait soustraite, seule la direction pure ou le lieu vide nous aurait &#233;t&#233; indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, si la peur de tomber dans l'erreur suscite une m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de la science, qui se met &#224; l'&#339;uvre sans r&#233;serve et sait r&#233;ellement, alors on ne voit pas pourquoi on ne devrait pas, &#224; l'inverse, se m&#233;fier de cette m&#233;fiance et s'inqui&#233;ter de La peur de se tromper est d&#233;j&#224; l'erreur elle-m&#234;me. En fait, elle pr&#233;suppose quelque chose, &#224; savoir certaines choses, comme v&#233;rit&#233;, et fonde ses pr&#233;occupations et ses cons&#233;quences sur cela, qui doit elle-m&#234;me &#234;tre v&#233;rifi&#233;e au pr&#233;alable pour voir si c'est la v&#233;rit&#233;. Cela pr&#233;suppose des id&#233;es sur la connaissance en tant qu'outil et support , ainsi qu'une diff&#233;rence entre nous et cette connaissance ; Mais avant tout, le fait que l'absolu soit d'un c&#244;t&#233; et la connaissance de l'autre, en soi et s&#233;par&#233;e de l'absolu, est quelque chose de r&#233;el, ou par l&#224; la connaissance qui, &#233;tant en dehors de l'absolu, est aussi en dehors de l'absolu. la v&#233;rit&#233; est, mais soyez vrai ; une hypoth&#232;se selon laquelle ce qu'on appelle la peur de l'erreur se r&#233;v&#232;le plut&#244;t &#234;tre une peur de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cons&#233;quence vient de ce que seul l'absolu est vrai, ou que seul le vrai est absolu. Elle peut &#234;tre rejet&#233;e &#224; cause de la diff&#233;rence qu'une connaissance qui ne conna&#238;t pas, comme le veut la science, l'absolu, mais qui est &#233;galement vraie ; et la connaissance en g&#233;n&#233;ral, si elle est incapable de saisir la m&#234;me chose, mais est n&#233;anmoins capable d'autres v&#233;rit&#233;s. Mais nous pouvons maintenant voir que de tels va-et-vient &#233;quivaut &#224; une distinction trouble entre une v&#233;rit&#233; absolue et une autre v&#233;rit&#233;, et que l'absolu, la connaissance, etc., sont des mots qui pr&#233;supposent un sens qui doit d'abord &#234;tre atteint pour pouvoir pour r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'utiliser des id&#233;es et des paroles aussi inutiles pour s'emparer de la connaissance comme d'un outil, de l'absolu, ou comme d'un moyen par lequel nous voyons la v&#233;rit&#233;, etc. - conditions dans lesquelles toutes ces id&#233;es de connaissance de l'absolu et d'absolu qui est s&#233;par&#233; de la connaissance - au lieu des excuses que l'incapacit&#233; de la science cr&#233;e &#224; partir du pr&#233;suppos&#233; de telles conditions afin de se lib&#233;rer de l'effort de la science et en m&#234;me temps de se faire une r&#233;putation d'un effort s&#233;rieux et z&#233;l&#233;, et au lieu de lutter pour trouver des r&#233;ponses &#224; tout cela, elles pourraient &#234;tre carr&#233;ment rejet&#233;es comme des id&#233;es accidentelles et arbitraires, et l'utilisation associ&#233;e de mots comme l'absolu, le savoir, aussi l'objectif et le subjectif, et d'innombrables autres , dont la signification est suppos&#233;e &#234;tre de notori&#233;t&#233; publique, peut m&#234;me &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une fraude. Car pr&#233;tendre, en partie que sa signification est g&#233;n&#233;ralement connue, en partie aussi qu'on a son propre concept, semble plut&#244;t sauver l'essentiel, &#224; savoir donner ce concept. D'un autre c&#244;t&#233;, il serait plus juste d'&#233;viter la peine de pr&#234;ter attention &#224; de telles id&#233;es et &#224; de tels dictons, qui visent &#224; conjurer la science elle-m&#234;me, car ils ne constituent qu'une vaine apparence de la connaissance, qui dispara&#238;t imm&#233;diatement devant l'homme. la science &#233;merge. Mais la science, telle qu'elle appara&#238;t, est elle-m&#234;me un ph&#233;nom&#232;ne ; leur apparition n'a pas encore &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e et &#233;largie dans leur v&#233;rit&#233;. Il n'est pas pertinent ici d'imaginer qu'il s'agit de l'apparence parce qu'elle appara&#238;t &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose d'autre , ou d'appeler cette autre fausse connaissance son apparence. Mais la science doit se lib&#233;rer de cette illusion ; et elle ne peut le faire qu'en se retournant contre lui. Car elle ne peut pas simplement rejeter une connaissance qui n'est pas vraie en tant que vision commune des choses, et affirmer qu'il s'agit d'un type de connaissance compl&#232;tement diff&#233;rent et que cette connaissance n'est rien du tout pour elle ; ni compter sur la punition de quelqu'un de meilleur en lui-m&#234;me. Par cette assurance, elle d&#233;clara que son &#234;tre &#233;tait sa force ; mais la fausse connaissance pr&#233;tend aussi qu'elle existe et assure que la science n'est rien pour elle ; unMais l'assurance s&#232;che est consid&#233;r&#233;e comme tout aussi diff&#233;rente. Encore moins peut-il faire appel &#224; la meilleure connaissance qui existe dans la connaissance non vraie et qui elle-m&#234;me en est le pointeur ; car d'une part cela ferait aussi appel &#224; un &#234;tre ; mais d'autre part, sur lui-m&#234;me, plut&#244;t que sur la mani&#232;re dont il est dans la connaissance non vraie, c'est-&#224;-dire sur une mauvaise mani&#232;re d'&#234;tre, et sur son apparence plut&#244;t que sur ce qu'il est en soi. Pour cette raison, la pr&#233;sentation des connaissances qui apparaissent doit &#234;tre effectu&#233;e ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que cette repr&#233;sentation n'a pour objet que la connaissance apparente, elle n'appara&#238;t pas elle-m&#234;me comme la science libre &#233;voluant sous sa forme particuli&#232;re, mais de ce point de vue, elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le chemin de la conscience naturelle qui p&#233;n&#232;tre vers la vraie connaissance. &#224; prendre ; ou comme le chemin de l'&#226;me, qui parcourt la s&#233;rie de ses formations comme des stations qui lui sont fix&#233;es par sa nature, de sorte qu'elle se purifie en esprit en atteignant la connaissance de ce qu'elle est en elle-m&#234;me par l'exp&#233;rience compl&#232;te d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience naturelle s'av&#233;rera n'&#234;tre qu'un concept de connaissance, ou non une v&#233;ritable connaissance. Mais comme il se consid&#232;re directement comme connaissance r&#233;elle, ce chemin a pour lui une signification n&#233;gative, et pour lui il s'apparente plut&#244;t &#224; une perte de soi, qui est la r&#233;alisation du concept ; parce que de cette fa&#231;on, il perd sa v&#233;rit&#233;. On peut donc y voir la voie du doute , ou plus exactement la voie du d&#233;sespoir ; Ce qu'on entend habituellement par doute ne se produit pas en lui, un &#233;branlement de telle ou telle v&#233;rit&#233; suppos&#233;e, suivi d'une disparition propre du doute et d'un retour &#224; cette v&#233;rit&#233;, de sorte qu'&#224; la fin l'affaire est prise comme avant. C'est plut&#244;t la vision consciente du caract&#232;re mensonger de la connaissance qui appara&#238;t, pour laquelle la chose la plus r&#233;elle est ce qui n'est en v&#233;rit&#233; que le concept non r&#233;alis&#233;. Ce scepticisme auto-r&#233;alisateur n'est donc pas ce pour quoi le z&#232;le s&#233;rieux pour la v&#233;rit&#233; et la science imagine s'&#234;tre pr&#233;par&#233; et &#233;quip&#233; ; &#224; savoir avec l' intention , en science, de ne pas s'abandonner aux id&#233;es des autres sur l'autorit&#233;, mais de tout examiner soi-m&#234;me et de suivre uniquement ses propres convictions, ou mieux encore, de tout produire soi-m&#234;me et de consid&#233;rer uniquement ses propres actions comme vraies.La s&#233;rie de formations que traverse la conscience sur ce chemin est plut&#244;t l'histoire d&#233;taill&#233;e de la formation de la conscience elle-m&#234;me en science. Cette intention pr&#233;sente l'&#233;ducation de la mani&#232;re simple de l'intention comme &#233;tant imm&#233;diatement faite et r&#233;alis&#233;e ; Mais cette voie est la v&#233;ritable mise en &#339;uvre de ce mensonge. Cependant, suivre ses propres convictions, c'est bien plus que s'abandonner &#224; l'autorit&#233; ; Mais en inversant une croyance fond&#233;e sur l'autorit&#233; en une croyance fond&#233;e sur sa propre conviction, le contenu de la croyance n'est pas n&#233;cessairement modifi&#233; et l'erreur est remplac&#233;e par la v&#233;rit&#233;. La seule diff&#233;rence entre &#234;tre coinc&#233; dans un syst&#232;me d'opinion et de pr&#233;jug&#233;s fond&#233;s sur l'autorit&#233; d'autrui ou sur sa propre conviction est la vanit&#233; qui accompagne cette derni&#232;re voie. D'un autre c&#244;t&#233;, le scepticisme, qui se concentre sur l'ensemble de la conscience apparente, rend d'abord l'esprit apte &#224; examiner ce qu'est la v&#233;rit&#233; en provoquant le d&#233;sespoir face aux id&#233;es, pens&#233;es et opinions dites naturelles, qu'il est indiff&#233;rent d'appeler ses propres id&#233;es. propre ou celui des autres, et dont la conscience qui s'appr&#234;te &#224; examiner est encore remplie et afflig&#233;e, mais est donc en r&#233;alit&#233; incapable de ce qu'elle veut entreprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#233;tude des formes de conscience irr&#233;elle r&#233;sultera de la n&#233;cessit&#233; m&#234;me de progression et de connexion. Pour rendre cela compr&#233;hensible, on peut g&#233;n&#233;ralement noter d'avance que la repr&#233;sentation de la conscience non-vraie dans son mensonge n'est pas un mouvement purement n&#233;gatif . La conscience naturelle a g&#233;n&#233;ralement une vision unilat&#233;rale de la chose ; et une connaissance qui fait de cette unilat&#233;ralit&#233; son essence est l'une des formes de la conscience inachev&#233;e, qui tombe dans le cours m&#234;me du chemin et s'y pr&#233;sentera. C'est notamment le scepticisme qui voit toujours le n&#233;ant pur dans le r&#233;sultat et fait abstraction du fait que ce n&#233;ant est bien le n&#233;ant de ce dont il r&#233;sulte . Mais le n&#233;ant, pris comme le n&#233;ant de ce dont il vient, est bien le v&#233;ritable r&#233;sultat ; Il est donc lui-m&#234;me sp&#233;cifique et poss&#232;de un contenu. Le scepticisme, qui aboutit &#224; l'abstraction du n&#233;ant ou du vide, ne peut pas aller plus loin, mais doit attendre de voir si et quoi quelque chose de nouveau se pr&#233;sente &#224; lui pour le jeter dans le m&#234;me ab&#238;me vide. D'autre part, puisque le r&#233;sultat est compris tel qu'il est r&#233;ellement, comme une certaine n&#233;gation, une nouvelle forme appara&#238;t imm&#233;diatement et la transition s'effectue dans la n&#233;gation, de sorte que la progression &#224; travers la s&#233;rie compl&#232;te des formes se produit automatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le but est tout aussi n&#233;cessaire &#224; la connaissance que la s&#233;rie de progressions ; C'est l&#224; o&#249; il n'a plus besoin de se d&#233;passer, o&#249; il se trouve, et le concept correspond &#224; l'objet, l'objet au concept. Les progr&#232;s vers cet objectif sont donc imparables et la satisfaction ne peut &#234;tre trouv&#233;e dans aucune station pr&#233;c&#233;dente. Ce qui se limite &#224; une vie naturelle ne peut &#224; lui seul d&#233;passer son existence imm&#233;diate ; mais il est pouss&#233; au-del&#224; de lui par autre chose, et cet arrachement est sa mort. Mais la conscience est son concept pour soi , d&#233;passant ainsi directement le limit&#233; et, puisque ce limit&#233; lui appartient, au-del&#224; d'elle-m&#234;me ; Chez l'individu, l'au-del&#224; s'offre &#224; lui en m&#234;me temps, m&#234;me s'il n'est, comme dans la perception spatiale, qu'&#224; c&#244;t&#233; du limit&#233;. La conscience laisse donc cette violence g&#226;cher sa satisfaction limit&#233;e envers elle-m&#234;me. Lorsqu'elle ressent cette violence, la peur de la v&#233;rit&#233; peut tr&#232;s bien reculer et s'efforcer de pr&#233;server ce qui est menac&#233; de perte. Mais elle ne trouve pas la paix ; c'est qu'elle veut rester debout dans une indolence irr&#233;fl&#233;chie ; la pens&#233;e atrophie l'&#233;tourderie, et son inqui&#233;tude trouble l'indolence ; ou qu'elle s'impose comme sensibilit&#233;, qui assure que tout est bon &#224; sa mani&#232;re ; Cette assurance souffre aussi de la violence de la raison, qui ne consid&#232;re pas quelque chose comme bon pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'agit d'une esp&#232;ce. Ou bien la peur de la v&#233;rit&#233; peut se cacher d'elle-m&#234;me et des autres derri&#232;re l'apparence, comme si c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le z&#232;le ardent pour la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me qui lui rendait si difficile, voire impossible, la recherche d'une autre v&#233;rit&#233; que la seule que la vanit&#233; continue de faire. se d&#233;tourne de l'&#234;tre plut&#244;t que de toutes les pens&#233;es que l'on a de soi-m&#234;me ou des autres ; Cette vanit&#233;, qui sait d&#233;jouer toute v&#233;rit&#233;, en revient en elle-m&#234;me, et se repa&#238;t de son propre entendement, qui sait toujours dissoudre toutes les pens&#233;es et ne trouver que le moi sec au lieu de tout contenu, est une satisfaction laiss&#233;e &#224; soi. il le doit lui-m&#234;me, car il fuit l'universel et ne recherche que l'&#234;tre pour soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que cela a &#233;t&#233; dit provisoirement et en g&#233;n&#233;ral sur la mani&#232;re et la n&#233;cessit&#233; de la progression, il peut &#234;tre utile de rappeler quelque chose sur la m&#233;thode d'ex&#233;cution . Cette pr&#233;sentation comme rapport de la science &#224; la connaissance qui appara&#238;t , et pr&#233;sent&#233;e comme une enqu&#234;te et un test de la r&#233;alit&#233; de la connaissance , ne semble pas pouvoir avoir lieu sans un pr&#233;alable comme base . Car le test consiste dans l'application d'une norme suppos&#233;e, et dans l'&#233;galit&#233; ou l'in&#233;galit&#233; qui en r&#233;sulte de ce qui est test&#233;, avec elle la d&#233;cision quant &#224; savoir si c'est bien ou mal ; et l'&#233;talon en g&#233;n&#233;ral, et de m&#234;me la science si c'&#233;tait l'&#233;talon, est suppos&#233; comme l' essence ou comme l'en-soi . Mais ici, l&#224; o&#249; la science appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, ni elle-m&#234;me ni quoi qu'elle soit ne s'est justifi&#233;e comme essence ou comme en-soi ; et sans cela, il semble qu'aucun examen ne puisse avoir lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction et son &#233;limination appara&#238;tront plus clairement si nous nous rappelons d'abord les d&#233;terminations abstraites de la connaissance et de la v&#233;rit&#233; telles qu'elles se produisent dans la conscience. Cela distingue quelque chose de lui-m&#234;me, auquel il se r&#233;f&#232;re &#233;galement ; ou, comme on l'exprime, c'est quelque chose pour la m&#234;me chose ; et le c&#244;t&#233; sp&#233;cifique de ce rapport , ou de l' &#234;tre de quelque chose pour une conscience, c'est la connaissance. Mais on distingue l'&#234;tre-en-soi de cet &#234;tre pour un autre ; ce qui rel&#232;ve de la connaissance s'en distingue aussi, et se pose comme &#233;tant en dehors de cette relation ; le c&#244;t&#233; de cet en-soi s'appelle v&#233;rit&#233; . Ce qu'il y a r&#233;ellement dans ces d&#233;terminations ne nous importe pas ici, car puisque la connaissance apparaissante est notre objet, ses d&#233;terminations sont d'abord reprises telles qu'elles se pr&#233;sentent imm&#233;diatement ; et la mani&#232;re dont ils ont &#233;t&#233; appr&#233;hend&#233;s est la fa&#231;on dont ils se pr&#233;sentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous examinons maintenant la v&#233;rit&#233; de la connaissance, il semble que nous examinions ce qu'elle est en soi . Dans cette enqu&#234;te seule, c'est notre objet, c'est pour nous ; et l' en-soi qui en r&#233;sulterait serait plut&#244;t son &#234;tre pour nous ; ce que nous pr&#233;tendrions &#234;tre son essence, non pas sa v&#233;rit&#233;, mais seulement notre connaissance de lui. L'essence ou la norme tomberait en nous, et ce qui serait compar&#233; &#224; elle et ce qui devait &#234;tre d&#233;cid&#233; par cette comparaison ne devrait pas n&#233;cessairement la reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la nature de l'objet que nous examinons d&#233;passe cette s&#233;paration ou cette apparence de s&#233;paration et de pr&#233;suppos&#233;. La conscience &#233;tablit elle-m&#234;me son standard, et l'investigation sera ainsi une comparaison d'elle-m&#234;me avec elle-m&#234;me ; car la distinction qui vient d'&#234;tre faite rel&#232;ve de cela. En lui, il y a une chose pour une autre, ou en g&#233;n&#233;ral il y a en lui la d&#233;termination du moment de la connaissance ; En m&#234;me temps, cet autre n'est pas seulement pour lui , mais aussi en dehors de cette relation ou en soi : l'instant de v&#233;rit&#233;. Nous avons donc la norme qu'elle &#233;tablit pour mesurer sa connaissance par rapport &#224; ce que la conscience d&#233;clare en elle-m&#234;me comme &#233;tant l' en-soi ou la v&#233;rit&#233; . Si l'on appelle connaissance le concept , l'essence ou la v&#233;rit&#233; , ou l'&#234;tre ou l' objet , alors le test consiste &#224; voir si le concept correspond &#224; l'objet. Mais si l'on appelle l'essence ou l'en-soi de l'objet le concept et, d'autre part, comprenons l' objet comme un objet , c'est-&#224;-dire tel qu'il est pour un autre , alors le test consiste &#224; voir si l'objet correspond &#224; son concept. . On peut clairement voir que les deux sont identiques ; Mais l'essentiel est de constater ceci pour toute l'enqu&#234;te, que ces deux moments, concept et objet, &#234;tre-pour-un-autre et &#234;tre-en-soi , tombent dans le savoir que nous enqu&#234;tons, et avec lui nous n'avons pas besoin de apporter des normes avec nous et appliquer nos id&#233;es et nos r&#233;flexions &#224; l'enqu&#234;te ; en les omettant, nous parvenons &#224; consid&#233;rer la chose telle qu'elle est en soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non seulement l'un de nos ingr&#233;dients devient superflu parce que le concept et l'objet, la norme et ce qui doit &#234;tre test&#233;, sont pr&#233;sents dans la conscience elle-m&#234;me, mais nous sommes &#233;galement soulag&#233;s de la peine de comparer les deux et de l' essai proprement dit , de sorte que , &#224; mesure que la conscience s'examine, de ce c&#244;t&#233; aussi nous n'avons que de pure observation. Car la conscience est, d'une part, conscience de l'objet, et, d'autre part, conscience de lui-m&#234;me ; Conscience de ce qui est vrai pour lui et conscience de sa connaissance de celui-ci. Puisque tous deux visent la m&#234;me chose , c'est eux-m&#234;mes leur comparaison ; Il lui importe que sa connaissance de l'objet lui corresponde ou non. Certes, l'objet appara&#238;t seulement tel qu'il sait qu'il est ; Il semble, pour ainsi dire, ne pas pouvoir comprendre &#224; quoi il ressemble, non pas pour la m&#234;me chose , mais ce qu'il est en lui-m&#234;me , et donc ne pas pouvoir tester ses connaissances contre lui. Juste dans le fait qu'elle conna&#238;t un objet, il y a d&#233;j&#224; la diff&#233;rence que pour elle quelque chose est l' en-soi , mais qu'un autre moment est la connaissance ou l'&#234;tre de l'objet pour la conscience. Le test repose sur cette distinction, qui existe. Si les deux ne correspondent pas dans cette comparaison, alors la conscience semble devoir changer sa connaissance pour l'adapter &#224; l'objet, mais en changeant la connaissance, l'objet lui-m&#234;me change en r&#233;alit&#233; ; car la connaissance existante &#233;tait essentiellement une connaissance de l'objet ; Avec la connaissance, il devient aussi une personne diff&#233;rente, parce qu'il appartenait essentiellement &#224; cette connaissance. Il prend ainsi conscience que ce qui &#233;tait auparavant pour lui l' en-soi n'est pas en soi, ou qu'il n'&#233;tait en soi que pour lui . Puisqu'il ne trouve pas que la connaissance de son objet lui corresponde, l'objet lui-m&#234;me ne peut pas non plus durer ; ou le niveau du test change lorsque celui dont il devrait &#234;tre le niveau &#233;choue au test ; et le test n'est pas seulement un test de connaissances mais aussi de niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement dialectique que la conscience exerce sur elle-m&#234;me, tant sur sa connaissance que sur son objet, dans la mesure o&#249; le nouvel objet v&#233;ritable na&#238;t d' elle , est en r&#233;alit&#233; ce qu'on appelle l'exp&#233;rience . &#192; cet &#233;gard, il y a un moment du processus qui vient d'&#234;tre &#233;voqu&#233; qui m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233; plus en d&#233;tail, ce qui apportera un nouvel &#233;clairage sur le c&#244;t&#233; scientifique de la pr&#233;sentation suivante. La conscience sait quelque chose , cet objet est l'essence ou l' en-soi ; mais c'est aussi l' en-soi de la conscience ; Cela cr&#233;e l'ambigu&#239;t&#233; de cette v&#233;rit&#233;. On voit que la conscience a d&#233;sormais deux objets, le premier l' en-soi , le second l'&#234;tre -pour-soi de cet en-soi . Cette derni&#232;re appara&#238;t d'abord comme n'&#233;tant que le reflet de la conscience en elle-m&#234;me, une repr&#233;sentation, non pas d'un objet, mais seulement de sa connaissance du premier. Mais comme nous l'avons montr&#233; pr&#233;c&#233;demment, le premier objet change pour lui ; il cesse d'&#234;tre l'en-soi et devient celui qui n'est l' en-soi que pour lui ; Mais alors voici ce qu'il en est : l'&#234;tre-pour-il est cet en-soi , la v&#233;rit&#233;, mais cela veut dire que ceci est l' essence , ou son objet . Ce nouvel objet contient la nullit&#233; du premier ; c'est l'exp&#233;rience faite &#224; son sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un moment dans cette repr&#233;sentation du d&#233;roulement de l'exp&#233;rience qui ne semble pas correspondre &#224; ce que l'on entend habituellement par exp&#233;rience. Le passage du premier objet et la connaissance de celui-ci &#224; l'autre objet sur lequel on dit que l'exp&#233;rience s'est faite s'est &#233;nonc&#233; de telle mani&#232;re que la connaissance du premier objet, ou la pour -la-conscience du premier in- lui-m&#234;me, qui devrait devenir le deuxi&#232;me objet lui-m&#234;me. D'un autre c&#244;t&#233;, il semble que nous &#233;prouvions le mensonge de notre premier concept avec un autre objet que nous trouvons par hasard et ext&#233;rieurement, de sorte que seule la compr&#233;hension pure de ce qui est en et pour soi tombe en nous. Dans cette perspective, cependant, le nouvel objet se r&#233;v&#232;le &#234;tre le r&#233;sultat d'un renversement de la conscience elle-m&#234;me. Cette consid&#233;ration de la mati&#232;re est notre ingr&#233;dient, &#224; travers lequel la s&#233;rie d'exp&#233;riences de conscience s'&#233;l&#232;ve au niveau d'un processus scientifique. ce n'est pas pour la conscience que nous avons du respect. Mais il s'agit en r&#233;alit&#233; de la m&#234;me circonstance qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e plus haut &#224; propos du rapport de cette repr&#233;sentation au scepticisme, &#224; savoir que le r&#233;sultat qui na&#238;t toujours d'une connaissance qui n'est pas vraie ne doit pas converger vers un n&#233;ant vide mais doit n&#233;cessairement &#234;tre compris comme tel. le n&#233;ant de ce dont il est le r&#233;sultat ; un r&#233;sultat qui contient ce que la connaissance ant&#233;rieure contient de vrai. Cela se pr&#233;sente ici de telle mani&#232;re que, &#224; mesure que ce qui est apparu d'abord comme objet s'enfonce &#224; la conscience dans sa connaissance, et que l' en-soi devient un &#234;tre-pour-la-conscience de l' en-soi , c'est l&#224; l'essence m&#234;me de l'objet. un nouvel objet, avec lequel appara&#238;t &#233;galement une nouvelle forme de conscience, qui est essentiellement diff&#233;rente de la pr&#233;c&#233;dente. C'est cette circonstance qui guide la n&#233;cessit&#233; de toute la s&#233;quence des formes de conscience. Seule cette n&#233;cessit&#233; elle-m&#234;me, ou l' &#233;mergence du nouvel objet, qui se pr&#233;sente &#224; la conscience sans savoir comment cela se produit, est ce qui se passe pour nous dans son dos, pour ainsi dire. Il en r&#233;sulte qu'un moment d'&#234;tre en soi ou pour nous entre dans son mouvement , qui ne se pr&#233;sente pas &#224; la conscience impliqu&#233;e dans l'exp&#233;rience elle-m&#234;me ; Mais le contenu de ce qui surgit pour nous est pour lui , et nous n'en comprenons que l'aspect formel, ou sa pure &#233;mergence ; pour elle, cette chose cr&#233;&#233;e n'est qu'un objet, pour nousen m&#234;me temps que le mouvement et le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de cette n&#233;cessit&#233;, ce chemin vers la science lui-m&#234;me est d&#233;j&#224; la science , et selon son contenu, la science de l' exp&#233;rience de la conscience .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience que la conscience fait d'elle-m&#234;me ne peut, dans son concept, comprendre rien de moins que tout son syst&#232;me, ou tout le domaine de la v&#233;rit&#233; de l'esprit, de sorte que ses moments se pr&#233;sentent dans cette d&#233;termination particuli&#232;re, non abstraite, les purs sont des moments, mais tels qu'ils le sont pour la conscience, ou tels que la conscience elle-m&#234;me appara&#238;t dans sa relation avec eux, les moments du tout &#233;tant des formes de conscience . &#192; mesure qu'il avance vers sa v&#233;ritable existence, il atteindra un point o&#249; il perdra son apparence d'&#234;tre afflig&#233; de quelque chose d'&#233;trange qui n'est qu'&#224; lui et comme quelque chose d'autre, ou o&#249; l'apparence deviendra comme l'essence, sa repr&#233;sentation co&#239;ncidera ainsi avec cela. point m&#234;me de la science actuelle de l'esprit, et enfin, en saisissant cette essence m&#234;me, il d&#233;signera la nature m&#234;me de la connaissance absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude sensuelle ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou le ceci et le sens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance qui est premi&#232;re ou imm&#233;diate notre objet ne peut &#234;tre autre que celle qui est elle-m&#234;me connaissance imm&#233;diate, connaissance de l' imm&#233;diat ou de l'&#234;tre . Nous devons nous comporter de la m&#234;me mani&#232;re directe ou r&#233;ceptive , c'est-&#224;-dire ne rien changer &#224; ce qui se pr&#233;sente et emp&#234;cher la compr&#233;hension de l'appr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu concret de la certitude sensorielle la fait appara&#238;tre imm&#233;diatement comme la connaissance la plus riche , voire d'une richesse infinie, pour laquelle nous sommes tout aussi susceptibles d'&#234;tre dehors dans l'espace et le temps dans lesquels elle se propage que si nous en faisions partie. prenez de cette pl&#233;nitude et entrez -y par la division , aucune limite ne peut &#234;tre trouv&#233;e. Elle para&#238;t aussi &#234;tre la plus vraie ; car elle n'a encore rien laiss&#233; de c&#244;t&#233; de l'objet, mais l'a plut&#244;t devant elle dans toute sa compl&#233;tude. Mais cette certitude se pr&#233;sente en r&#233;alit&#233; comme la v&#233;rit&#233; la plus abstraite et la plus pauvre . Elle ne dit cela que de ce qu'elle sait : c'est ; et sa v&#233;rit&#233; ne contient que l' &#234;tre de la chose ; La conscience, elle, n'est dans cette certitude que comme un pur ego ; ou bien je n'y suis qu'aussi pur ceci , et l'objet n'est aussi qu'aussi pur ceci . Moi, celui-ci , je ne suis pas certain de cette question parce que moi, en tant que conscience, je me suis d&#233;velopp&#233; et j'ai d&#233;plac&#233; mes pens&#233;es de diff&#233;rentes mani&#232;res. Ni parce que la chose dont je suis certain a un rapport riche avec elle-m&#234;me, ou un comportement multiple &#224; modifier, selon de nombreuses propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes. Ni l'un ni l'autre ne concerne la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible ; ni moi ni la chose n'ont le sens d'une m&#233;diation diverse ; Je n'ai pas le sens d'une conception ou d'une pens&#233;e diverse, ni la chose le sens de qualit&#233;s diverses ; mais le probl&#232;me est que ; et elle l' est , juste parce qu'elle l' est ; c'est , c'est l'essence de la connaissance sensorielle, et cet &#234;tre pur ou cette simple imm&#233;diatet&#233; constitue sa v&#233;rit&#233; . De m&#234;me, la certitude en tant que relation est une relation imm&#233;diate et pure ; La conscience est moi , rien de plus, un pur Ceci ; l' individu conna&#238;t cela purement, ou l'individu .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; bien y regarder, bien d'autres choses sont en jeu dans l' &#234;tre pur qui constitue l'essence de cette certitude et qu'elle exprime comme sa v&#233;rit&#233;. Une v&#233;ritable certitude sensorielle n'est pas seulement cette pure imm&#233;diatet&#233;, mais un exemple de celle-ci. Parmi les innombrables diff&#233;rences qui se produisent, nous trouvons partout la diff&#233;rence principale, &#224; savoir que les deux d&#233;j&#224; mentionn&#233;s ceux-ci , a ceci en tant que moi et a ceci en tant qu'objet , tombent imm&#233;diatement hors de l'&#234;tre pur. Si l'on r&#233;fl&#233;chit &#224; cette diff&#233;rence, il appara&#238;t que ni l'un ni l'autre ne sont seulement imm&#233;diats , dans la certitude sensorielle, mais en m&#234;me temps m&#233;diatis&#233;s ; J'ai la certitude par autre chose, &#224; savoir la chose ; et ceci est aussi en certitude par un autre, &#224; savoir par moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement nous qui faisons cette diff&#233;rence entre essence et exemple, entre imm&#233;diatet&#233; et m&#233;diation, mais nous la trouvons dans la certitude sensorielle elle-m&#234;me ; et il doit &#234;tre re&#231;u sous la forme sous laquelle il est en elle, non sous la forme que nous venons de d&#233;finir. Il y a une chose qui y est pos&#233;e comme l'&#234;tre simple et imm&#233;diat, ou comme l'essence, l'objet ; mais l'autre, comme inessentiel et m&#233;diatis&#233;, qui n'est pas en soi mais &#224; travers un autre, moi, une connaissance qui ne conna&#238;t l'objet que parce qu'il existe, et qui peut &#234;tre ou ne pas &#234;tre. Mais l'objet est la v&#233;rit&#233; et l'essence ; c'est le cas , que cela soit connu ou non ; il reste, m&#234;me s'il n'est pas connu ; Mais la connaissance n'existe pas si l'objet n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc consid&#233;rer l'objet s'il est bien, au sens m&#234;me de certitude, comme l'&#234;tre pour lequel il se pr&#233;sente par lui ; si ce concept d'&#234;tre correspond &#224; la fa&#231;on dont il existe en elle. En fin de compte, nous n'avons pas besoin de r&#233;fl&#233;chir sur lui et de penser &#224; ce qu'il veut vraiment &#234;tre, mais seulement de le regarder tel que le porte la certitude sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous devez donc vous demander : qu'est-ce que c'est ? Si nous le prenons sous la double forme de son &#234;tre, comme le maintenant et comme l' ici , la dialectique qu'il porte en elle recevra une forme aussi compr&#233;hensible qu'elle l'est elle-m&#234;me. A la question : Qu'est-ce que le maintenant ? Alors r&#233;pondons, par exemple : C'est maintenant la nuit . Pour tester la v&#233;racit&#233; de cette certitude sensorielle, une simple exp&#233;rience suffit. Nous &#233;crivons cette v&#233;rit&#233; ; une v&#233;rit&#233; ne peut pas &#234;tre perdue en l'&#233;crivant ; cela ne signifie pas non plus que nous les gardons. Si nous regardons &#224; nouveau la v&#233;rit&#233; &#233;crite cet apr&#232;s-midi , nous devrons dire qu'elle est devenue obsol&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintenant, qui est la nuit, est pr&#233;serv&#233; , c'est-&#224;-dire qu'il est trait&#233; comme ce qu'il est donn&#233; d'&#234;tre, comme un &#234;tre ; mais il s'av&#232;re plut&#244;t que c'est une chose inexistante. Le Maintenant lui-m&#234;me se maintient, mais comme quelque chose qui n'est pas la nuit ; de la m&#234;me mani&#232;re, il se maintient par rapport au jour qu'il est maintenant, comme quelque chose qui n'est pas non plus le jour ; ou comme n&#233;gatif du tout. Ce moment auto-pr&#233;serv&#233; n'est donc pas imm&#233;diat mais m&#233;diatis&#233; ; car il est d&#233;termin&#233; comme quelque chose de permanent et d'auto-entretenu en ce sens que les autres choses, &#224; savoir le jour et la nuit, n'existent pas. Pourtant il est toujours aussi simple qu'avant, Maintenant , et dans cette simplicit&#233; il est indiff&#233;rent &#224; ce qui se joue encore avec lui ; De m&#234;me que la nuit et le jour ne sont pas son &#234;tre, ils sont aussi le jour et la nuit ; il n'est nullement affect&#233; par son alt&#233;rit&#233;. Une chose si simple, qui par n&#233;gation n'est ni ceci ni cela, n'est pas ceci , et est &#233;galement indiff&#233;rente au fait d'&#234;tre ceci ou cela, nous l'appelons un universel ; L'universel est donc bien la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exprimons aussi le sensible comme un universel ; ce que nous disons, c'est : Ceci , c'est-&#224;-dire le ceci g&#233;n&#233;ral ; ou : c'est ; c'est-&#224;-dire &#234;tre en g&#233;n&#233;ral . Bien entendu, nous n'imaginons pas le g&#233;n&#233;ral ceci, ni l'&#234;tre en g&#233;n&#233;ral , mais nous exprimons le g&#233;n&#233;ral ; ou bien nous ne parlons tout simplement pas comme nous l' entendons dans cette certitude sensorielle . Mais le langage, comme nous le voyons, est ce qu'il y a de plus v&#233;ridique ; Nous y r&#233;futons nous-m&#234;mes directement notre opinion , et puisque l'universel est la v&#233;rit&#233; de la certitude sensuelle, et que le langage ne fait qu'exprimer cette v&#233;rit&#233;, il n'est pas du tout possible que nous puissions jamais dire d'un &#234;tre sensuel ce que nous voulons dire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera le m&#234;me cas avec l'autre forme de ceci, avec le here . Par exemple, voici l' arbre . Je me retourne et cette v&#233;rit&#233; a disparu et s'est transform&#233;e en le contraire : ceci n'est pas un arbre , mais plut&#244;t une maison . L' ici lui-m&#234;me ne dispara&#238;t pas ; elle est plut&#244;t permanente dans la disparition de la maison, de l'arbre, etc., et est indiff&#233;rente au fait d'&#234;tre une maison ou un arbre. Cela se manifeste &#224; nouveau comme une simplicit&#233; m&#233;diatis&#233;e ou comme une g&#233;n&#233;ralit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette certitude sensuelle, en ce qu'elle prouve que l'universel en soi est la v&#233;rit&#233; de son objet, reste donc l'&#234;tre pur comme son essence, mais non pas comme une essence imm&#233;diate, mais &#224; laquelle la n&#233;gation et la m&#233;diation sont essentielles ; non pas comme ce que nous entendons par &#234;tre , mais &#234;tre avec la d&#233;termination qu'il s'agit d'une abstraction ou d'un purement universel, et notre opinion , pour laquelle le vrai de la certitude sensible n'est pas l'universel, reste uniquement vide ou indiff&#233;rente au pr&#233;sent et il reste encore ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare la relation dans laquelle le savoir et l' objet sont apparus d'abord avec la relation dans laquelle ils apparaissent dans ce r&#233;sultat, la situation est invers&#233;e. L'objet qui &#233;tait cens&#233; &#234;tre l'essentiel est maintenant l'inessentiel de la certitude sensible, parce que l'universel qu'il est devenu n'est plus tel qu'il devrait lui &#234;tre essentiel, mais est maintenant &#224; l'oppos&#233;, c'est-&#224;-dire pr&#233;sent dans la connaissance qui &#233;tait auparavant l'inessentiel. Sa v&#233;rit&#233; est dans l'objet comme mon objet, ou dans le mien , c'est parce que je le connais. La certitude sensuelle est ainsi chass&#233;e de l'objet, mais n'est pas pour autant abolie, mais est seulement repouss&#233;e dans le moi ; c'est voir ce que l'exp&#233;rience nous montre de leur r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance de sa v&#233;rit&#233; r&#233;side d&#233;sormais dans le Je , dans l'imm&#233;diatet&#233; de ma vision, de mon audition , etc. ; La disparition des individus Maintenant et Ici, dont nous parlons, est emp&#234;ch&#233;e par le fait que je m'accroche &#224; eux. Aujourd'hui c'est jour parce que je le vois ; C'est un arbre , juste pour cette raison. Mais la certitude sensorielle &#233;prouve dans ce rapport la m&#234;me dialectique que dans le pr&#233;c&#233;dent. Moi, ceci , je vois l'arbre et je revendique l'arbre comme ici ; Mais un autre voit la maison et pr&#233;tend que ce n'est pas un arbre, mais plut&#244;t une maison. Les deux v&#233;rit&#233;s ont la m&#234;me authentification, &#224; savoir l'imm&#233;diatet&#233; de la vue, et la certitude et l'assurance des deux dans leur connaissance ; mais l'un dispara&#238;t dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne dispara&#238;t pas ici, c'est moi , en tant que g&#233;n&#233;ral , dont la vision n'est ni une vision de l'arbre ni de cette maison, mais une simple vision, qui se traduit par la n&#233;gation de cette maison et ainsi de suite, tout aussi simple et indiff&#233;rente &#224; qu'y a-t-il d'autre qui joue contre la maison, qui est l'arbre. Je n'est que des choses g&#233;n&#233;rales, comme maintenant , ici ou ceci en g&#233;n&#233;ral ; Je veux dire un seul je , mais aussi peu que je puisse dire ce que j'entends par Maintenant, Ici, tout aussi peu &#224; propos de moi. En disant : ceci ici, maintenant, ou un seul , je dis : tous ceux-l&#224;, tous ici, maintenant, seuls ; De m&#234;me, quand je dis : moi, ce moi individuel, je dis en g&#233;n&#233;ral : tout moi ; tout le monde est ce que je dis : moi, cet individu je. Si cette exigence est pr&#233;sent&#233;e &#224; la science comme une pierre d'essai sur laquelle elle ne peut tout simplement pas s'appuyer pour d&#233;duire, construire, trouver a priori ce qu'on appelle cette personne, oucette chose dit de quelle chose ou de quoi je parle ; mais il est impossible de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La certitude sensuelle exp&#233;rimente donc que son essence n'est ni dans l'objet ni dans le Je, et que l'imm&#233;diatet&#233; n'est ni l'imm&#233;diatet&#233; de l'un ni de l'autre, car ce que je veux dire dans les deux est plut&#244;t inessentiel, et l'objet et moi sont des g&#233;n&#233;raux dans lesquels le maintenant, l'ici et le moi dont je parle ne reste pas ou n'est pas . De cette mani&#232;re, nous arrivons &#224; poser la totalit&#233; de la certitude sensorielle elle-m&#234;me comme son essence , et non plus seulement un moment de celle-ci, comme cela s'est produit dans les deux cas o&#249; d'abord l'objet oppos&#233; au moi, puis le moi, &#233;tait cens&#233; en &#234;tre son essence. r&#233;alit&#233;. C'est donc seulement la certitude sensorielle elle-m&#234;me tout enti&#232;re qui la retient comme imm&#233;diatet&#233; et exclut ainsi d'elle-m&#234;me toute l'opposition qui a eu lieu dans la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pure imm&#233;diatet&#233; implique donc l'alt&#233;rit&#233; de l'ici comme arbre, qui se fond dans un ici qui n'est pas un arbre, l'alt&#233;rit&#233; du maintenant comme jour, qui se fond dans un maintenant qui est nuit, ou un autre soi pour lequel autre chose est un objet, rien de plus. Sa v&#233;rit&#233; se maintient comme une relation coh&#233;rente qui ne fait aucune distinction entre le moi et l'objet en termes d'essentialit&#233; et de non-essentialit&#233;, et dans laquelle aucune diff&#233;rence ne peut p&#233;n&#233;trer. Moi, celui-l&#224;, je maintiens donc cet ici comme un arbre et je ne me retourne pas pour que cet ici devienne pour moi un non-arbre ; Je ne fais pas non plus attention au fait qu'un autre je consid&#232;re cet ici comme un non-arbre, ou que moi-m&#234;me, une autre fois, je consid&#232;re l'ici comme un non-arbre, le pr&#233;sent comme un non-jour, mais je suis un pur regard. ; Pour moi, je m'en tiens au fait que maintenant c'est le jour, ou que voici l'arbre ; Ne comparez pas l'ici et le maintenant, mais tenez-vous-en &#224; une relation imm&#233;diate : le pr&#233;sent est le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque cette certitude ne veut plus appara&#238;tre, si nous attirons notre attention sur un maintenant qui est nuit ou sur un ego pour qui c'est nuit, nous y intervenons et nous laissons montrer le maintenant revendiqu&#233;. Il faut se laisser montrer , car la v&#233;rit&#233; de cette relation imm&#233;diate est la v&#233;rit&#233; de ce je, qui se limite &#224; un maintenant ou &#224; un ici . Si nous devions examiner plus tard cette v&#233;rit&#233; ou nous en &#233;loigner , elle n'aurait aucun sens, car nous abolirions l'imm&#233;diatet&#233; qui lui est essentielle. Il faut donc entrer dans le m&#234;me point du temps ou de l'espace, se le montrer, c'est-&#224;-dire se laisser transformer en ce Je qui est celui qui sait avec certitude. Voyons donc quel est le caract&#232;re imm&#233;diat qui nous est montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintenant est affich&#233; ; &#231;a maintenant . Maintenant ; il a d&#233;j&#224; cess&#233; d'&#234;tre en &#233;tant montr&#233; ; Le maintenant , c'est -&#224;-dire , est diff&#233;rent de celui montr&#233;, et nous voyons que le maintenant est pr&#233;cis&#233;ment cela, en ce sens qu'il n'est plus. Le pr&#233;sent, tel qu'il nous est montr&#233;, est un pass&#233; ; et c'est sa v&#233;rit&#233; ; il n'a pas la v&#233;rit&#233; d'&#234;tre. C'est donc vrai que c'est arriv&#233;. Mais ce qui a &#233;t&#233; n'est en r&#233;alit&#233; pas un &#234;tre ; ce n'est pas le cas , et &#234;tre c'&#233;tait faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans cette d&#233;monstration, nous ne voyons qu'un mouvement et son d&#233;roulement suivant : 1) Je montre le maintenant, il est affirm&#233; comme le vrai ; Mais je le montre comme quelque chose qui a &#233;t&#233;, ou quelque chose qui a &#233;t&#233; aboli, j'abolis la premi&#232;re v&#233;rit&#233;, et 2) j'affirme maintenant comme la seconde v&#233;rit&#233; qu'elle &#233;tait , a &#233;t&#233; abolie. 3) Mais ce qui &#233;tait n'est pas ; J'abolis avoir &#233;t&#233; ou avoir &#233;t&#233; an&#233;anti, la seconde v&#233;rit&#233;, niant ainsi la n&#233;gation du maintenant, et reviens ainsi &#224; la premi&#232;re affirmation : que maintenant est. Le Maintenant et la manifestation du Maintenant sont ainsi constitu&#233;s de telle mani&#232;re que ni le Maintenant ni la manifestation du Maintenant ne sont une chose simple et imm&#233;diate, mais plut&#244;t un mouvement qui comporte divers moments ; Ceci est pos&#233;, mais plut&#244;t autre chose est pos&#233;, ou ceci est aboli : et cette alt&#233;rit&#233; ou abolition de la premi&#232;re est elle-m&#234;me &#224; nouveau abolie , et ainsi revient au premier. Mais ce premier r&#233;fl&#233;chi n'est pas exactement le m&#234;me que ce qu'il &#233;tait d'abord, &#224; savoir un imm&#233;diat ; mais c'est quelque chose qui se refl&#232;te en soi , ou simple , qui reste ce qu'il est en &#233;tant diff&#233;rent ; un Maintenant, qui est absolument plusieurs Maintenant ; et c'est le vrai Maintenant ; le Maintenant comme un simple jour qui comporte de nombreux Maintenant, des heures ; un tel maintenant, une heure, &#233;quivaut &#224; autant de minutes, et ce maintenant repr&#233;sente &#233;galement plusieurs maintenant, et ainsi de suite. &#8211; Montrer est en soi le mouvement qui exprime ce qu'est r&#233;ellement le pr&#233;sent ; &#224; savoir un r&#233;sultat, ou une multiplicit&#233; de maintenant r&#233;sum&#233;s ; et montrer, c'est exp&#233;rimenter ce qui est d&#233;sormais universel .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' ici montr&#233; auquel je m'accroche est aussi ceci ici, qui en fait n'est pas cela ici, mais est un devant et un derri&#232;re, un haut et un bas, une droite et une gauche. Le dessus lui-m&#234;me est aussi cette alt&#233;rit&#233; multiple en haut, en bas, etc. L'ici qui devrait &#234;tre montr&#233; dispara&#238;t dans d'autres ici, mais ceux-ci disparaissent aussi ; Ce qui est montr&#233;, tenu et demeure est un ceci n&#233;gatif , ce qui n'est ainsi que parce que les ici sont pris comme ils le devraient, mais en cela ils s'annulent ; c'est un teint simple parmi tant d'autres ici. Ce qui est ici signifi&#233; serait le point important ; mais ce n'est pas le cas, mais plut&#244;t, en le montrant comme &#233;tant, la d&#233;monstration se r&#233;v&#232;le non pas comme une connaissance imm&#233;diate, mais comme un mouvement depuis l'ici pr&#233;vu &#224; travers de nombreux ici vers l'ici g&#233;n&#233;ral, qui, comme le jour, est une simple multiplicit&#233;. du Maintenant, une multiplicit&#233; si simple qui est ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devient clair que la dialectique de la certitude sensorielle n'est rien d'autre que la simple histoire de son mouvement ou de son exp&#233;rience, et que la certitude sensorielle elle-m&#234;me n'est rien d'autre que cette histoire. La conscience naturelle va donc toujours vers ce r&#233;sultat, ce qui est vrai &#224; son propos, et en fait l'exp&#233;rience ; mais il l'oublie encore et encore et recommence le mouvement. Il est donc &#233;tonnant que, contre cette exp&#233;rience, comme exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale, comme affirmation philosophique et m&#234;me par suite du scepticisme, on affirme que la r&#233;alit&#233; ou l'&#234;tre des choses ext&#233;rieures comme celles-ci , ou sensuelles, a une v&#233;rit&#233; absolue. pour la conscience ; En m&#234;me temps, une telle affirmation ne sait pas ce qu'elle dit, ne sait pas qu'elle dit le contraire de ce qu'elle veut dire. La v&#233;rit&#233; du sensoriel pour la conscience devrait &#234;tre l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale ; mais c'est plut&#244;t le contraire qui est l'exp&#233;rience commune ; Chaque conscience elle-m&#234;me annule une v&#233;rit&#233; telle que, par exemple : ceci est un arbre , ou ceci est midi , et dit le contraire : ceci n'est pas un arbre, mais une maison ; et si en cela la premi&#232;re assertion qui annule est encore une assertion semblable d'un ceci sensible, elle l'annule imm&#233;diatement de la m&#234;me mani&#232;re ; et dans tous les sens, la certitude n'&#233;prouvera en v&#233;rit&#233; que ce que nous avons vu, &#224; savoir qu'il s'agit d'une exp&#233;rience universelle , &#224; l'oppos&#233; de ce que cette pr&#233;tention nous assure d'&#234;tre une exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale. &#8211; Avec cet appel &#224; l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale, il peut &#234;tre permis d'anticiper la consid&#233;ration de la pratique. &#192; cet &#233;gard, on peut dire que ceux qui affirment la v&#233;rit&#233; et la certitude de la r&#233;alit&#233; des objets sensibles se r&#233;f&#232;rent &#224; l'&#233;cole de sagesse la plus basse, &#224; savoir aux anciens myst&#232;res d'&#201;leusiens de C&#233;r&#232;s et de Bacchus, et au myst&#232;re de la consommation des objets sensibles. apprendre &#224; manger du pain et &#224; boire du vin ; car celui qui est initi&#233; &#224; ces myst&#232;res en vient non seulement &#224; douter de l'existence des choses sensibles, mais encore &#224; en d&#233;sesp&#233;rer ; et en eux, il accomplit lui-m&#234;me en partie leur vanit&#233;, et en partie il les voit s'accomplir. Les animaux ne sont pas non plus exclus de cette sagesse, mais s'y r&#233;v&#232;lent plut&#244;t les plus profond&#233;ment initi&#233;s, car ils ne s'arr&#234;tent pas aux choses sensibles comme existant en eux-m&#234;mes, mais d&#233;sesp&#232;rent de cette r&#233;alit&#233; et dans la certitude totale de son n&#233;ant, ils aspirent &#224; mangez-les et consommez-les facilement ; et toute la nature c&#233;l&#232;bre ces myst&#232;res manifestes, qui lui apprennent quelle est la v&#233;rit&#233; des choses sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, selon des remarques pr&#233;c&#233;dentes, ceux qui font eux-m&#234;mes de telles affirmations disent aussi exactement le contraire de ce qu'ils veulent dire ; un ph&#233;nom&#232;ne qui est peut-&#234;tre le plus susceptible de nous faire r&#233;fl&#233;chir sur la nature de la certitude sensible. Ils parlent de l'existence d' objets ext&#233;rieurs , qui peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;s encore plus pr&#233;cis&#233;ment comme des choses r&#233;elles , absolument individuelles, tout &#224; fait personnelles, individuelles , dont chacune n'a plus son &#233;gale absolue ; cette existence a une certitude et une v&#233;rit&#233; absolues. Vous voulez dire ce morceau de papier sur lequel j'&#233;cris ceci , ou plut&#244;t je l'ai &#233;crit ; mais ils ne disent pas ce qu'ils veulent dire. S'ils voulaient vraiment dire ce qu'ils pensent &#224; ce morceau de papier, et s'ils voulaient le dire , alors cela est impossible parce que le sens sensoriel de ce qui est signifi&#233; est inaccessible &#224; partir du langage qui appartient &#224; la conscience, qui est universelle en elle-m&#234;me . Par cons&#233;quent, sous la tentative r&#233;elle de le dire, cela moisirait ; Ceux qui ont commenc&#233; sa description ne pourraient pas la compl&#233;ter, mais devraient la laisser &#224; d'autres qui finiraient par admettre eux-m&#234;mes parler d'une chose qui n'existe pas . Vous parlez donc probablement de ce morceau de papier, qui est compl&#232;tement diff&#233;rent de celui ci-dessus ; mais ils parlent de choses r&#233;elles, d'objets ext&#233;rieurs ou sensibles, d'&#234;tres absolument individuels , etc., c'est-&#224;-dire qu'ils n'en parlent qu'en termes g&#233;n&#233;raux ; Par cons&#233;quent, ce qu'on appelle l'indicible n'est rien d'autre que le faux, le d&#233;raisonnable, simplement le sous-entendu. &#8211; Si on ne dit rien d'autre de quelque chose que de dire qu'il s'agit d'une chose r&#233;elle , d'un objet ext&#233;rieur , alors cela s'exprime seulement comme le plus universel, et donc son &#233;galit&#233; avec tout, plut&#244;t que sa diff&#233;rence. Si je dis une seule chose , je le dis plut&#244;t comme une chose tout &#224; fait g&#233;n&#233;rale , car elles sont toutes une seule chose ; et de m&#234;me, cette chose est tout ce qu'on veut. Plus pr&#233;cis&#233;ment, comme ce morceau de papier , tout et chaque morceau de papier est ce morceau de papier, et je n'ai jamais dit que la chose g&#233;n&#233;rale. Mais je veux aider le discours, qui a le caract&#232;re divin de pervertir imm&#233;diatement l'opinion, de la transformer en autre chose, et ainsi de ne pas permettre qu'elle soit prononc&#233;e du tout , en montrant ce morceau de papier, alors j'exp&#233;rimente ce qu'est r&#233;ellement la v&#233;rit&#233; de la certitude sensorielle ; Je le montre comme un ici , qui est un ici d'autres ici, ou en soi une simple combinaison de plusieurs ici , c'est-&#224;-dire un g&#233;n&#233;ral ; je l'accepte donc tel qu'il est r&#233;ellement, et au lieu de conna&#238;tre quelque chose d'imm&#233;diat, je per&#231;ois .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; II&lt;br class='autobr' /&gt;
La perception ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou la chose, et la tromperie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La certitude imm&#233;diate ne prend pas ce qui est vrai, parce que sa v&#233;rit&#233; est l'universel, mais elle veut prendre ce que c'est . La perception, au contraire, prend ce qui est son &#234;tre comme un universel. De m&#234;me que l'universalit&#233; est son principe en g&#233;n&#233;ral, les moments qui en diff&#232;rent imm&#233;diatement le sont &#233;galement, I est g&#233;n&#233;ral et l'objet est g&#233;n&#233;ral. Ce principe est apparu pour nous , et notre r&#233;ception de la perception n'est donc plus une r&#233;ception apparente, comme celle de la certitude sensorielle, mais une r&#233;ception n&#233;cessaire. Dans l'&#233;mergence du principe, les deux moments, qui ne ressortent que par leur apparence , sont devenus en m&#234;me temps ; l'un est le mouvement de pointer, l'autre le m&#234;me mouvement, mais comme une chose simple ; que la perception , que l' objet . L'objet est essentiellement le m&#234;me que le mouvement : c'est le d&#233;roulement et la diff&#233;renciation des instants, c'est la combinaison de ceux-ci. Pour nous ou en soi, le g&#233;n&#233;ral comme principe est l' essence de la perception ; et contre cette abstraction, les deux distinguaient, le percevant et le per&#231;u, l' inessentiel . Mais en fait, parce que tous deux sont eux-m&#234;mes l'universel ou l'essence, ils sont tous deux essentiels ; Mais comme ils se rapportent les uns aux autres comme des oppos&#233;s, un seul peut &#234;tre l'&#233;l&#233;ment essentiel de la relation ; et la diff&#233;rence entre l'essentiel et l'inessentiel doit &#234;tre r&#233;partie entre eux. Celui qui est d&#233;termin&#233; comme simple, l'objet, est l'essence, qu'il soit per&#231;u ou non ; Mais la perception en tant que mouvement est une chose impermanente, qui peut &#234;tre ou non, et qui n'est pas essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet objet doit maintenant &#234;tre d&#233;termin&#233; plus en d&#233;tail et cette d&#233;termination doit &#234;tre bri&#232;vement d&#233;velopp&#233;e &#224; partir des r&#233;sultats qui en d&#233;coulent ; le d&#233;veloppement plus d&#233;taill&#233; n'a pas sa place ici. Puisque son principe, l'universel, est m&#233;diatis&#233; dans sa simplicit&#233; , il doit l'exprimer en lui-m&#234;me comme sa nature ; Il se r&#233;v&#232;le ainsi &#234;tre une chose dot&#233;e de nombreuses propri&#233;t&#233;s . La richesse de la connaissance sensorielle appartient &#224; la perception, non &#224; la certitude imm&#233;diate, dont elle n'&#233;tait qu'un accessoire, car seule celle-ci a dans son essence la n&#233;gation , la diff&#233;rence ou la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ceci est donc pos&#233; comme non cela , ou comme annul&#233; ; et donc non pas rien, mais un certain rien, ou un rien de contenu , &#224; savoir ceci . Il en r&#233;sulte que le sensible lui-m&#234;me est toujours pr&#233;sent, mais non pas, comme il devrait l'&#234;tre dans une certitude imm&#233;diate, comme individu vis&#233;, mais comme un universel, ou comme ce qui se d&#233;terminera comme propri&#233;t&#233; . L' annulation repr&#233;sente son v&#233;ritable double sens, que nous avons vu en n&#233;gatif ; c'est une n&#233;gation et une pr&#233;servation &#224; la fois ; Le n&#233;ant, comme n&#233;ant de ceci , conserve l'imm&#233;diatet&#233;, et est lui-m&#234;me sensuel, mais imm&#233;diatit&#233; g&#233;n&#233;rale. &#8211; Mais l'&#234;tre est universel en ce qu'il a en lui la m&#233;diation ou le n&#233;gatif ; en exprimant cela &#224; travers son imm&#233;diatet&#233; , c'est une propri&#233;t&#233; distincte et d&#233;finie . Cela signifie que plusieurs de ces propri&#233;t&#233;s sont pos&#233;es en m&#234;me temps, chacune &#233;tant n&#233;gative les unes des autres. Parce qu'elles s'expriment dans la simplicit&#233; du g&#233;n&#233;ral, ces d&#233;terminations , qui ne deviennent en r&#233;alit&#233; propri&#233;t&#233;s que par une d&#233;termination ult&#233;rieure, se r&#233;f&#232;rent &#224; elles-m&#234;mes , sont indiff&#233;rentes les unes aux autres, chacune en soi, libre l'une de l'autre. Mais la simple et m&#234;me universalit&#233; elle-m&#234;me se distingue &#224; nouveau de ces d&#233;terminants et est libre ; Il est pur relatif &#224; lui-m&#234;me, ou au milieu dans lequel ces d&#233;terminations existent toutes, et se p&#233;n&#232;trent donc comme une simple unit&#233; , mais sans se toucher ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment par leur participation &#224; cette g&#233;n&#233;ralit&#233; qu'ils sont indiff&#233;rents &#224; eux-m&#234;mes. &#8211; Ce milieu g&#233;n&#233;ral abstrait, que l' on peut appeler la chose en g&#233;n&#233;ral ou l' &#234;tre pur , n'est rien d'autre que l' ici et maintenant , comme il s'est av&#233;r&#233; l'&#234;tre, &#224; savoir comme une simple combinaison de plusieurs, mais les plusieurs sont eux-m&#234;mes simples en leur d&#233;termination g&#233;n&#233;rale . Ce sel est ici simple, et en m&#234;me temps multiple ; il est blanc, et aussi pointu, aussi de forme cubique, aussi d'un certain poids, et ainsi de suite. Toutes ces nombreuses fonctionnalit&#233;s sont regroup&#233;es ici, dans lequel ils se p&#233;n&#232;trent ; aucun n'a ici un diff&#233;rent de l'autre, mais chacun est partout, dans le m&#234;me o&#249; est l'autre ; et en m&#234;me temps, sans &#234;tre s&#233;par&#233;s par des ici diff&#233;rents, ils ne s'influencent pas dans cette interp&#233;n&#233;tration ; Le blanc n'affecte ni ne change le cubique, le di&#232;se non plus, etc., mais comme chacun est lui-m&#234;me une simple r&#233;f&#233;rence &#224; lui-m&#234;me , il laisse les autres calmes et ne se rapporte &#224; eux qu'&#224; travers l'indiff&#233;rence aussi . C'est donc l&#224; aussi le pur universel lui-m&#234;me, ou le m&#233;dium, la chose qui le r&#233;sume .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette relation n&#233;e, le caract&#232;re de l'universalit&#233; positive est seulement observ&#233; et d&#233;velopp&#233; ; Mais il y a un autre aspect qui doit &#233;galement &#234;tre pris en compte. Autrement dit, si les nombreuses propri&#233;t&#233;s d&#233;termin&#233;es &#233;taient absolument indiff&#233;rentes et ne se rapportaient qu'&#224; elles-m&#234;mes, alors elles ne seraient pas d&#233;termin&#233;es ; car ils ne le sont que dans la mesure o&#249; ils diff&#232;rent les uns des autres et se rapportent aux autres comme oppos&#233;s . Mais apr&#232;s cette opposition, ils ne peuvent &#234;tre ensemble dans la simple unit&#233; de leur milieu, qui leur est tout aussi essentielle que la n&#233;gation ; La distinction entre eux, dans la mesure o&#249; elle n'est pas indiff&#233;rente, mais exclusive et nie autre chose, &#233;chappe &#224; ce simple m&#233;dium ; et ce n'est donc pas seulement une unit&#233; aussi indiff&#233;rente, mais aussi une unit&#233; exclusive . &#8211; L'un est le moment de la n&#233;gation , car il se r&#233;f&#232;re &#224; lui-m&#234;me de mani&#232;re simple et exclut les autres ; et par quoi la chose en tant que chose est d&#233;termin&#233;e. Ce dont il s'agit dans la propri&#233;t&#233;, c'est la n&#233;gation comme d&#233;termination , qui fait imm&#233;diatement un avec l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre, qui par cette unit&#233; avec la n&#233;gation est l'universalit&#233; ; mais comme un il est car il est lib&#233;r&#233; de cette unit&#233; avec son contraire et est en et pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces moments communs, la chose s'accomplit comme v&#233;rit&#233; de perception, dans la mesure o&#249; il faut ici la d&#233;velopper. C'est a) l'universalit&#233; passive indiff&#233;rente, l' aussi de nombreuses propri&#233;t&#233;s, ou plut&#244;t mati&#232;res, b) la n&#233;gation aussi bien que simple ; ou l' Un , l'exclusion des propri&#233;t&#233;s oppos&#233;es, et c) les propri&#233;t&#233;s multiples elles-m&#234;mes, la relation des deux premiers moments ; la n&#233;gation telle qu'elle se rapporte &#224; l'&#233;l&#233;ment indiff&#233;rent et s'y d&#233;ploie comme un ensemble de diff&#233;rences ; le point de l'individualit&#233; au milieu de l'existence rayonnant dans la multiplicit&#233;. Puisque ces diff&#233;rences appartiennent au milieu indiff&#233;rent, elles sont elles-m&#234;mes g&#233;n&#233;rales, ne se rapportent qu'&#224; elles-m&#234;mes et ne s'influencent pas les unes les autres ; Mais dans la mesure o&#249; ils appartiennent &#224; l'unit&#233; n&#233;gative, ils sont en m&#234;me temps exclusifs ; mais ce rapport oppos&#233; a n&#233;cessairement des propri&#233;t&#233;s qui leur sont &#233;galement &#233;loign&#233;es . L'universalit&#233; sensible, ou l' unit&#233; imm&#233;diate de l'&#234;tre et du n&#233;gatif, n'est une propri&#233;t&#233; que dans la mesure o&#249; l'une et l'universalit&#233; pure se d&#233;veloppent &#224; partir d'elle et se distinguent l'une de l'autre, et les relient entre elles ; C'est ce rapport aux moments purs essentiels qui compl&#232;te la chose .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que se constitue la chose de la perception ; et la conscience est d&#233;termin&#233;e comme percevant dans la mesure o&#249; cette chose est son objet ; il lui suffit de le prendre et de se comporter comme une pure appr&#233;hension ; ce qui en d&#233;coule est la v&#233;rit&#233;. S'il devait faire quelque chose m&#234;me dans cette prise, il changerait la v&#233;rit&#233; par une telle addition ou soustraction. Puisque l'objet est le vrai et l'universel, &#233;gal &#224; lui-m&#234;me, mais que la conscience elle-m&#234;me est changeante et inessentielle, il peut arriver qu'elle comprenne mal l'objet et se trompe. Celui qui per&#231;oit est conscient de la possibilit&#233; de tromperie ; car dans l'universalit&#233; qui est le principe, l'alt&#233;rit&#233; elle-m&#234;me lui est imm&#233;diate, mais comme quelque chose de nul et non avenu. Son crit&#232;re de v&#233;rit&#233; est donc l'identit&#233; de soi , et son comportement doit &#234;tre compris comme &#233;tant identique &#224; soi. Puisqu'en m&#234;me temps la chose diff&#233;rente est pour lui, c'est un rapport des diff&#233;rents moments de son appr&#233;hension les uns aux autres ; Mais si une in&#233;galit&#233; appara&#238;t dans cette comparaison, ce n'est pas une contrev&#233;rit&#233; de l'objet, car il est le m&#234;me que lui-m&#234;me, mais de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant quelle exp&#233;rience la conscience a dans sa perception r&#233;elle. Pour nous, elle est d&#233;j&#224; contenue dans le d&#233;veloppement de l'objet et le comportement de la conscience &#224; son &#233;gard ; et ne sera que le d&#233;veloppement des contradictions qui y sont pr&#233;sentes. &#8211; L'objet que je prends se pr&#233;sente comme purement un ; Je prends aussi conscience de sa qualit&#233; g&#233;n&#233;rale , mais qui par l&#224; m&#234;me d&#233;passe l'individuel. L'&#234;tre premier de l'&#234;tre objectif en tant qu'un n'&#233;tait donc pas son &#234;tre v&#233;ritable ; puisqu'il est la v&#233;rit&#233;, le mensonge tombe en moi, et la compr&#233;hension n'&#233;tait pas correcte. Par souci d' universalit&#233; de la propri&#233;t&#233; , je dois plut&#244;t consid&#233;rer l'&#234;tre objectif comme une communaut&#233; en g&#233;n&#233;ral. Je per&#231;ois maintenant davantage la propri&#233;t&#233; comme une certaine propri&#233;t&#233; , oppos&#233;e &#224; autre chose et l'excluant. Donc, en fait, je n'ai pas bien compris l'objectif lorsque je l'ai d&#233;fini comme communaut&#233; avec d'autres ou comme continuit&#233;, et plut&#244;t, pour le bien de la d&#233;termination de la propri&#233;t&#233;, je dois s&#233;parer la continuit&#233; et la poser comme exclusive. Dans le s&#233;par&#233;, je trouve beaucoup de ces propri&#233;t&#233;s qui ne s'influencent pas les unes les autres, mais qui sont indiff&#233;rentes les unes aux autres ; Je n'ai donc pas vraiment per&#231;u l'objet lorsque je l'ai compris comme quelque chose d'exclusif , mais plut&#244;t, comme la continuit&#233; en g&#233;n&#233;ral, c'est maintenant un milieu g&#233;n&#233;ral, commun dans lequel de nombreuses propri&#233;t&#233;s sont comme des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sensuelles , chacune en soi, et comme certaines. l'un exclut les autres. La chose simple et vraie que je per&#231;ois n'est pas un milieu g&#233;n&#233;ral, mais la propri&#233;t&#233; individuelle en elle-m&#234;me, qui n'est ni une propri&#233;t&#233; ni un &#234;tre sp&#233;cifique ; car il n'est plus maintenant ni l'un ni en relation avec les autres. Mais ce n'est qu'une propri&#233;t&#233; de l'un et n'est d&#233;termin&#233; que par rapport aux autres. En tant que pure r&#233;f&#233;rence &#224; soi, il ne reste qu'un &#234;tre sensuel en g&#233;n&#233;ral, puisqu'il n'a plus en lui le caract&#232;re de n&#233;gativit&#233; ; et la conscience, pour laquelle il existe d&#233;sormais un &#234;tre sensible, n'est qu'une opinion , c'est-&#224;-dire qu'elle a compl&#232;tement quitt&#233; la perception et s'est repli&#233;e sur elle-m&#234;me. Seul l'&#234;tre sensuel et le sens lui-m&#234;me passent dans la perception ; Je suis renvoy&#233; au d&#233;but et ramen&#233; dans le m&#234;me cycle qui s'annule &#224; chaque instant et dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience y repasse n&#233;cessairement, mais en m&#234;me temps pas de la m&#234;me mani&#232;re que la premi&#232;re fois. Il a exp&#233;riment&#233; par la perception que le r&#233;sultat et la v&#233;rit&#233; en sont sa dissolution, ou le reflet en lui-m&#234;me de la v&#233;rit&#233;. Il a ainsi &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; pour la conscience comment sa perception est essentiellement constitu&#233;e, &#224; savoir non pas une simple appr&#233;hension pure, mais dans sa appr&#233;hension, elle se refl&#232;te simultan&#233;ment en elle-m&#234;me &#224; partir de la v&#233;rit&#233; . Ce retour de la conscience en elle-m&#234;me, qui interf&#232;re directement avec l'appr&#233;hension pure - parce qu'elle s'est r&#233;v&#233;l&#233;e essentielle &#224; la perception - change la v&#233;rit&#233;. En m&#234;me temps, la conscience reconna&#238;t ce c&#244;t&#233; comme sien et le prend sur elle, pr&#233;servant ainsi le v&#233;ritable objet pur. &#8211; Comme cela s'est produit avec la certitude sensorielle, il y a maintenant l'aspect de la perception selon lequel la conscience est repouss&#233;e en elle-m&#234;me, mais au d&#233;but pas dans le sens o&#249; c'&#233;tait le cas pour cette derni&#232;re ; comme si la v&#233;rit&#233; de la perception y tombait, mais au contraire, elle reconna&#238;t que le mensonge qui s'y produit tombe en elle. Mais gr&#226;ce &#224; cette connaissance, il est en m&#234;me temps capable de l'abolir ; Il distingue sa conception du vrai du mensonge de sa perception, la corrige, et dans la mesure o&#249; il op&#232;re lui-m&#234;me cette correction, la v&#233;rit&#233; comme la v&#233;rit&#233; de la perception rel&#232;ve du m&#234;me . Le comportement de la conscience qu'il convient maintenant d'examiner est tel qu'elle ne se contente plus de percevoir, mais qu'elle est &#233;galement consciente de son reflet en elle-m&#234;me et le s&#233;pare de la simple conception elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, je prends d'abord conscience de la chose comme &#233;tant une et je dois m'y accrocher dans cette v&#233;ritable d&#233;termination ; Si quelque chose de contradictoire se produit dans le mouvement de la perception, cela peut &#234;tre reconnu comme &#233;tant mon reflet. Diverses propri&#233;t&#233;s apparaissent &#233;galement dans la perception, qui semblent &#234;tre des propri&#233;t&#233;s de la chose ; la chose seule est une, et de cette diff&#233;rence par laquelle elle cesse d'&#234;tre une, nous avons conscience qu'elle tombe en nous. Donc cette chose n'est en r&#233;alit&#233; que blanche, port&#233;e &#224; nos yeux, pointue aussi , &#224; notre langue, aussi cubique &#224; notre ressenti, et ainsi de suite. Nous ne prenons pas la diff&#233;rence compl&#232;te de ces c&#244;t&#233;s de la chose, mais de nous-m&#234;mes ; Ils s'effondrent dans nos yeux, qui sont compl&#232;tement diff&#233;rents de la langue, et ainsi de suite. Nous sommes donc le milieu g&#233;n&#233;ral dans lequel de tels moments sont isol&#233;s et autonomes. En consid&#233;rant la d&#233;termination d'&#234;tre un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral comme notre r&#233;flexion, nous obtenons l'identit&#233; et la v&#233;rit&#233; de la chose, &#233;tant une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents c&#244;t&#233;s qu'absorbe la conscience sont cependant d&#233;termin&#233;s , chacun &#233;tant consid&#233;r&#233; individuellement comme &#233;tant dans le milieu g&#233;n&#233;ral ; le blanc n'est qu'en opposition au noir, et ainsi de suite, et la chose est une pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle s'oppose aux autres. Mais il n'exclut pas les autres par lui-m&#234;me, dans la mesure o&#249; il est un ; car &#234;tre un est la r&#233;f&#233;rence g&#233;n&#233;rale &#224; soi-m&#234;me, et parce qu'il est un, il est plut&#244;t &#233;gal &#224; tous ; mais par certitude . Les choses elles-m&#234;mes sont d&#233;termin&#233;es en elles-m&#234;mes ; ils ont des caract&#233;ristiques qui les diff&#233;rencient des autres. Puisque la propri&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; propre de la chose , ou une certitude sur elle-m&#234;me, elle poss&#232;de plusieurs propri&#233;t&#233;s. Car d'abord la chose est la v&#233;rit&#233;, elle est en soi ; et ce qui est en lui est en lui comme son propre &#234;tre, non pour le bien des autres ; ainsi, deuxi&#232;mement, les qualit&#233;s particuli&#232;res ne sont pas seulement pour d'autres choses, et pour d'autres choses, mais en lui-m&#234;me ; Mais ce sont en lui des propri&#233;t&#233;s certaines seulement en ce qu'il y en a plusieurs qui diff&#232;rent les unes des autres ; et troisi&#232;mement, &#233;tant ainsi dans la chosit&#233;, ils sont en eux-m&#234;mes et indiff&#233;rents les uns aux autres. Donc, en v&#233;rit&#233;, c'est la chose elle-m&#234;me, qui est blanche, et aussi cubique, aussi pointue, et ainsi de suite, ou bien la chose est l' aussi , ou le milieu g&#233;n&#233;ral , dans lequel les nombreuses propri&#233;t&#233;s existent ind&#233;pendamment les unes des autres, sans se toucher ni se toucher. s'annulant mutuellement ; et ainsi pris, cela est consid&#233;r&#233; comme la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perception, la conscience est simultan&#233;ment consciente qu'elle r&#233;fl&#233;chit &#233;galement sur elle-m&#234;me et que dans la perception se produit &#233;galement le moment oppos&#233; au moment . Mais ce moment est l'unit&#233; de la chose avec elle-m&#234;me, qui exclut la diff&#233;rence d'elle-m&#234;me. C'est donc elle qui doit prendre sur elle la conscience ; car la chose elle-m&#234;me est l' existence de nombreuses propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes et ind&#233;pendantes . On dit donc de la chose qu'elle est blanche, aussi cubique, et aussi pointue, etc. Mais en tant qu'elle est blanche, elle n'est pas cubique, et en tant qu'elle est cubique et aussi blanche, elle n'est pas pointue, etc. La mise en un de ces propri&#233;t&#233;s n'appartient qu'&#224; la conscience, qui ne doit donc pas les laisser s'effondrer en un seul dans la chose. Il am&#232;ne l' Insuffisamment &#224; la fin , par quoi il les s&#233;pare et la chose comme l'Aussi. En r&#233;alit&#233;, l'unit&#233; n'est assum&#233;e par la conscience que de telle mani&#232;re que ce qu'on appelait une propri&#233;t&#233; se pr&#233;sente comme une mati&#232;re libre . De cette mani&#232;re, la chose est &#233;galement &#233;lev&#233;e au rang de vrai , dans la mesure o&#249; elle devient un ensemble de mati&#232;re et, au lieu d'&#234;tre une, elle devient une simple surface enfermante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur ce que la conscience a pris auparavant et ce qu'elle prend maintenant ; ce qu'il attribuait auparavant &#224; la chose et lui l'attribue maintenant, il en r&#233;sulte qu'il fait tour &#224; tour lui-m&#234;me et la chose dans les deux, un pur sans pluralit&#233;, ainsi qu'une mati&#232;re &#233;galement dissoute en mati&#232;re ind&#233;pendante . La conscience d&#233;couvre donc &#224; travers cette comparaison que non seulement sa r&#233;ception de la v&#233;rit&#233; a en elle la diff&#233;rence de l'appr&#233;hension et du retour en soi , mais plut&#244;t que la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me, la chose, se montre de cette double mani&#232;re. L'exp&#233;rience ici est que la chose se pr&#233;sente &#224; la conscience consciente d'une certaine mani&#232;re , mais en m&#234;me temps se refl&#232;te dans la mani&#232;re dont elle se pr&#233;sente ou a en elle-m&#234;me une v&#233;rit&#233; oppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience est donc aussi issue de cette deuxi&#232;me mani&#232;re de se comporter dans la perception, &#224; savoir prendre la chose comme v&#233;rit&#233; &#233;gale &#224; elle-m&#234;me, mais pour l'in&#233;gal, pour ce qui remonte en soi &#224; partir de la m&#234;met&#233;, et l'objet pour elle est maintenant tout ce mouvement, qui &#233;tait auparavant distribu&#233; &#224; l'objet et &#224; la conscience. La chose est une , r&#233;fl&#233;chie en elle-m&#234;me ; c'est pour soi ; mais c'est aussi pour un autre ; &#224; savoir, c'est quelque chose de diff&#233;rent pour lui-m&#234;me que pour les autres. La chose est donc un &#234;tre double , diff&#233;rent pour elle-m&#234;me et aussi pour un autre ; mais c'en est un aussi ; mais l'unit&#233; contredit cette diversit&#233; ; La conscience devrait alors reprendre cette fusion en une seule et garder les choses &#224; l'&#233;cart. Il faudrait donc dire que la chose, en tant qu'elle est pour soi, n'est pas pour autrui. Seule la chose elle-m&#234;me est une, comme la conscience en a fait l'exp&#233;rience ; la chose se refl&#232;te essentiellement en elle-m&#234;me. Le aussi , ou la diff&#233;rence indiff&#233;rente, rel&#232;ve de la chose au m&#234;me titre que l' un ; mais comme les deux sont diff&#233;rents, non pas dans la m&#234;me chose, mais dans des choses diff&#233;rentes ; La contradiction qui existe dans l'&#234;tre objectif en g&#233;n&#233;ral se r&#233;partit entre deux objets. La chose est donc en soi &#233;gale &#224; elle-m&#234;me ; mais cette unit&#233; avec soi est troubl&#233;e par d'autres choses ; Ainsi l'unit&#233; de la chose est pr&#233;serv&#233;e, et en m&#234;me temps l'alt&#233;rit&#233; en dehors d'elle, ainsi qu'en dehors de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la contradiction de l'&#234;tre objectif se r&#233;partit entre diff&#233;rentes choses, la diff&#233;rence se situera n&#233;anmoins dans la chose individuelle s&#233;par&#233;e elle-m&#234;me. Les diff&#233;rentes choses sont donc pos&#233;es pour elles-m&#234;mes ; et le conflit entre eux est si mutuel que chacun n'est pas diff&#233;rent de lui-m&#234;me, mais seulement de l'autre. Mais chacun est ici d&#233;fini comme quelque chose de diff&#233;rent et pr&#233;sente une diff&#233;rence essentielle par rapport aux autres ; mais en m&#234;me temps ce n'est pas tant qu'elle soit une opposition en soi, mais plut&#244;t c'est en soi une simple d&#233;termination qui constitue son caract&#232;re essentiel qui la distingue des autres. En effet, puisque la diff&#233;rence est en lui, la m&#234;me est n&#233;cessaire en lui comme une diff&#233;rence r&#233;elle de nature multiple. Simplement parce que la d&#233;termination constitue l' essence de la chose, par laquelle elle diff&#232;re des autres et est pour elle-m&#234;me, cette autre nature diverse est l' inessentiel . La chose, dans son unit&#233;, en a le double aspect , mais avec une valeur in&#233;gale ; par quoi cet &#234;tre en opposition ne devient pas l'opposition r&#233;elle de la chose elle-m&#234;me, mais dans la mesure o&#249; celui-ci s'oppose par sa diff&#233;rence absolue , il l'a contre une autre chose en dehors de lui. Mais l'autre diversit&#233; est bien n&#233;cessaire dans la chose, de sorte qu'elle ne peut rester en dehors d'elle, mais elle ne lui est pas essentielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;terminit&#233;, qui constitue le caract&#232;re essentiel de la chose et la distingue de toutes les autres, est maintenant d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re que la chose s'oppose par l&#224; m&#234;me aux autres, mais est destin&#233;e &#224; s'y maintenir. Mais c'est une chose, ou une chose qui existe pour elle-m&#234;me, seulement dans la mesure o&#249; elle n'est pas dans cette relation avec les autres ; parce que dans cette relation s'&#233;tablit le lien avec autre chose ; et la connexion avec les autres est la cessation de l'&#234;tre pour soi. Par son caract&#232;re absolu et son opposition, il se rapporte aux autres , et seul ce comportement est essentiel ; Mais la relation est la n&#233;gation de son ind&#233;pendance, et la chose p&#233;rit plut&#244;t &#224; cause de sa propri&#233;t&#233; essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'&#233;prouver pour la conscience que la chose p&#233;rit pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de la d&#233;termination qui constitue son essence et son &#234;tre pour soi peut &#234;tre bri&#232;vement envisag&#233;e dans ce concept simple. La chose est pos&#233;e comme &#234;tre-pour-soi , ou comme n&#233;gation absolue de toute alt&#233;rit&#233; ; d'o&#249; la n&#233;gation absolue, qui ne renvoie qu'&#224; elle-m&#234;me ; mais la n&#233;gation qui se r&#233;f&#232;re &#224; soi est l'abolition de soi , ou avoir son essence dans un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la d&#233;finition de l'objet telle qu'elle est apparue ne contient rien d'autre ; Il doit avoir une qualit&#233; essentielle, qui constitue son simple &#234;tre-pour-soi, mais avec cette simplicit&#233; il doit aussi avoir en lui la diff&#233;rence, qui, bien que n&#233;cessaire , ne doit pas constituer la d&#233;termination essentielle . Mais c'est une distinction qui r&#233;side uniquement dans les mots ; L' inessentiel , qui serait en m&#234;me temps n&#233;cessaire , s'annule, ou est ce qu'on vient d'appeler la n&#233;gation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ultime &#224; cet &#233;gard , qui s&#233;parait l'&#234;tre-pour-soi et l'&#234;tre-pour-autrui, s'effondre ; L'objet est plut&#244;t, sous un seul et m&#234;me rapport, le contraire de lui-m&#234;me, pour lui-m&#234;me en tant qu'il est pour autre chose , et pour autre chose en tant qu'il est pour soi . Il est pour lui-m&#234;me , refl&#233;t&#233; en lui-m&#234;me, un ; mais cet &#234;tre -pour-soi , r&#233;fl&#233;chi en soi, est dans l'unit&#233; avec son contraire, l'&#234;tre-pour-autrui , et donc seulement pos&#233; comme quelque chose de suspendu ; ou bien cet &#234;tre pour soi est tout aussi inessentiel que ce qui seul devrait &#234;tre l'inessentiel, &#224; savoir le rapport &#224; autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet est ainsi aboli dans ses d&#233;terminations pures ou dans les d&#233;terminations qui &#233;taient cens&#233;es constituer son essence, de m&#234;me qu'il est devenu sublation dans son &#234;tre sensible. D'&#234;tre sensuel, il devient universel ; mais cet universel, puisqu'il vient du sensible , est essentiellement conditionn&#233; par lui , et n'est donc pas du tout vraiment le m&#234;me, mais plut&#244;t un universel affect&#233; par un contraire , qui tombe donc dans les extr&#234;mes de l'individualit&#233; et de l'universalit&#233;, l'unicit&#233;. des propri&#233;t&#233;s et m&#234;me la mati&#232;re libre se s&#233;pare. Ces d&#233;terminants purs semblent exprimer l' essence elle-m&#234;me, mais ils ne sont qu'un &#234;tre pour soi , qui se charge d' &#234;tre pour autrui ; Mais comme les deux sont essentiellement dans une unit&#233; , l'universalit&#233; absolue inconditionnelle est maintenant pr&#233;sente, et la conscience n'entre v&#233;ritablement dans le domaine de la compr&#233;hension qu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individualit&#233; sensuelle dispara&#238;t dans le mouvement dialectique de la certitude imm&#233;diate et devient universelle, mais seulement un universel sensuel . L'opinion a disparu, et la perception prend l'objet tel qu'il est en soi , ou comme un g&#233;n&#233;ral en g&#233;n&#233;ral ; L'individualit&#233; surgit donc en elle, comme une v&#233;ritable individualit&#233;, comme l'&#234;tre en soi de l' un , ou comme se refl&#233;tant en soi. Mais elle est encore un &#234;tre pour soi conditionn&#233; , &#224; c&#244;t&#233; duquel un autre &#234;tre pour soi. , l'universalit&#233; qui s'oppose &#224; l'individu et est conditionn&#233;e par lui se produit ; mais ces deux extr&#234;mes contradictoires ne sont pas seulement c&#244;te &#224; c&#244;te, mais dans une unit&#233;, ou, ce qui est la m&#234;me chose, le point commun des deux, l'&#234;tre pour soi est charg&#233; du contraire en g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire en m&#234;me temps ce n'est pas un pour-soi . Le sophisme de la perception cherche &#224; sauver ces moments de leur contradiction et &#224; s'y accrocher par la distinction des consid&#233;rations , par le aussi et dans ce sens , et enfin &#224; saisir la v&#233;rit&#233; par la distinction entre l' inessentiel et un &#234;tre oppos&#233; . &#224; cela. Cependant, ces moyens d'information, au lieu d'emp&#234;cher la tromperie dans la perception, s'av&#232;rent invalides, et la v&#233;rit&#233; qui doit &#234;tre obtenue &#224; travers cette logique de perception s'av&#232;re &#234;tre le contraire sous un seul et m&#234;me rapport, et donc ses &#202;tres ont la g&#233;n&#233;ralit&#233; indiff&#233;renci&#233;e et ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces abstractions vides de l'individualit&#233; et de la g&#233;n&#233;ralit&#233; qui lui est oppos&#233;e , ainsi que de l' essence qui est li&#233;e &#224; quelque chose d'inessentiel, une chose inessentielle et en m&#234;me temps n&#233;cessaire, sont les puissances dont le jeu est la perception, souvent dite commune. sens ; Celui qui se prend pour une conscience r&#233;elle et solide n'est dans la perception que le jeu de ces abstractions ; En g&#233;n&#233;ral, il est toujours le plus pauvre l&#224; o&#249; il pense &#234;tre le plus riche. Parce qu'il est bouscul&#233; par ces &#234;tres vains, jet&#233; dans les bras de l'un par l'autre et par ses sophismes essayant tour &#224; tour de s'accrocher &#224; une chose puis &#224; l'exact oppos&#233; et de l'affirmer, il s'oppose &#224; la v&#233;rit&#233;, il pense cette philosophie ne doit le faire qu'avec les choses de la pens&#233;e . En fait, il y est aussi pour quelque chose et le reconna&#238;t pour les &#234;tres purs, pour les &#233;l&#233;ments et puissances absolues ; mais en m&#234;me temps il les reconna&#238;t dans leur d&#233;termination et en est donc ma&#238;tre, tandis que cet entendement percevant les prend pour v&#233;rit&#233; et se transmet d'une erreur &#224; une autre. Lui-m&#234;me ne se rend pas compte que ce sont des &#234;tres si simples qui r&#232;gnent en lui, mais il pense qu'il a toujours affaire &#224; un mat&#233;riau et &#224; un contenu tout &#224; fait solides, tout comme la certitude sensuelle ne sait pas que l'abstraction vide de l'&#202;tre pur est leur essence ; mais en fait, ce sont ceux sur lesquels il parcourt toute la mati&#232;re et tout son contenu ; ils en sont la coh&#233;sion et la domination, et seulement ce qu'est pour la conscience le sensible comme essence , ce qui d&#233;termine ses rapports avec elle, et &#224; travers lequel s'effectue le mouvement de la perception et sa v&#233;rit&#233;. Ce parcours, une d&#233;termination constamment altern&#233;e de ce qui est vrai et l'abolition de cette d&#233;termination, constitue en r&#233;alit&#233; la vie et l'activit&#233; quotidiennes et constantes de celui qui per&#231;oit et de la conscience qui pense &#233;voluer dans la v&#233;rit&#233;. Elle progresse inexorablement vers le r&#233;sultat de la m&#234;me abolition de toutes ces entit&#233;s ou d&#233;terminations essentielles, mais &#224; chaque instant elle n'a conscience que de cette sp&#233;cificit&#233; unique comme v&#233;rit&#233;, puis &#224; nouveau du contraire. Il sent certainement leur absence ; Afin de les sauver du danger imminent, il recourt au sophisme et affirme maintenant comme vrai ce qu'il pr&#233;tendait lui-m&#234;me &#234;tre faux. Ce que la nature de ces &#234;tres faux veut r&#233;ellement pousser cette compr&#233;hension &#224; faire, les pens&#233;es de cette g&#233;n&#233;ralit&#233; et de cette particularit&#233; , de l' aussi et de l'un , de cela.L'essentialit&#233; , qui est n&#233;cessairement li&#233;e &#224; une inessentialit&#233; , et &#224; une inessentialit&#233; , pourtant n&#233;cessaire, - rassemblant les pens&#233;es de ces non-essences et les abolissant ainsi, il y r&#233;siste par les supports de l' insuffisant et des consid&#233;rations diverses , ou &#224; travers cela, assumer une pens&#233;e afin de garder l'autre s&#233;par&#233;e et comme la vraie. Mais la nature de ces abstractions les rassemble en elle-m&#234;me ; le sens commun est la proie de ceux qui le font tourner en rond. En cela, il veut leur donner la v&#233;rit&#233; en assumant parfois le mensonge, mais parfois aussi en qualifiant la tromperie de semblant de choses peu fiables et en s&#233;parant l'essentiel de quelque chose qui leur est n&#233;cessaire et pourtant ne devrait pas &#234;tre essentiel, et cela comme leur v&#233;rit&#233; S'il s'accroche &#224; cela, il ne re&#231;oit pas leur v&#233;rit&#233;, mais il se livre au mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; III&lt;br class='autobr' /&gt;
Force et compr&#233;hension,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'apparence et le monde surnaturel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la dialectique de la certitude sensorielle, la conscience a perdu l'ou&#239;e, la vue, etc., et, en tant que perception, elle est parvenue &#224; des pens&#233;es qu'elle ne fait que rassembler d'une mani&#232;re inconditionnellement g&#233;n&#233;rale. Cet inconditionn&#233; lui-m&#234;me ne serait rien d'autre que l' extr&#234;me unilat&#233;ral de l'&#234;tre pour soi , s'il &#233;tait pris comme un &#234;tre calme et simple, car ainsi le monstre l'affronterait ; mais par rapport &#224; cela, elle serait elle-m&#234;me sans importance, et la conscience ne serait pas sortie de l'illusion de la perception ; mais il a &#233;merg&#233; comme quelque chose qui est revenu &#224; lui-m&#234;me &#224; partir d'un &#234;tre pour soi aussi conditionn&#233;. &#8211; Cet universel inconditionn&#233;, qui est d&#233;sormais le v&#233;ritable objet de la conscience, existe toujours comme son objet ; il n'a pas encore saisi son concept en tant que concept . Il existe une distinction essentielle entre les deux ; Dans la conscience, l'objet est revenu &#224; lui-m&#234;me de sa relation &#224; un autre et est ainsi devenu un concept en soi ; mais la conscience n'est pas encore le concept pour elle-m&#234;me, et c'est pourquoi elle ne se reconna&#238;t pas dans cet objet r&#233;fl&#233;chi. Pour nous, cet objet est devenu tel par le mouvement de la conscience qu'il s'entrem&#234;le dans son devenir, et le reflet des deux c&#244;t&#233;s est le m&#234;me, ou un seul . Mais parce que la conscience dans ce mouvement n'avait pour contenu que l'&#234;tre objectif, et non la conscience en tant que telle, il faut donner au r&#233;sultat une signification objective, et la conscience se retire encore de ce qui est devenu, de sorte que la m&#234;me chose lui appara&#238;t. en tant que chose objective, l'essence est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement a ainsi &#233;limin&#233; son propre mensonge et le mensonge de l'objet ; et ce que cela lui a donn&#233;, c'est le concept de v&#233;rit&#233; ; comme une v&#233;rit&#233; qui existe en soi , qui n'est pas encore un concept, ou &#224; laquelle manque l' &#234;tre pour soi de la conscience, et que l'entendement laisse exister sans en avoir conscience. Cela d&#233;termine son essence pour lui-m&#234;me ; de sorte que la conscience ne participe pas &#224; sa libre r&#233;alisation, mais seulement l'observe et la comprend purement. Encore faut-il prendre sa place en premier et &#234;tre le concept qui forme ce qui est contenu dans le r&#233;sultat ; C'est seulement &#224; travers cet objet d&#233;velopp&#233;, qui se pr&#233;sente &#224; la conscience comme une chose existante, qu'il devient une conscience compr&#233;hensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat fut l'universalit&#233; inconditionnelle, initialement dans le sens n&#233;gatif et abstrait, que la conscience niait ses concepts unilat&#233;raux et les faisait abstraction, c'est-&#224;-dire les abandonnait. Mais le r&#233;sultat en lui-m&#234;me a le sens positif que l'unit&#233; de l'&#234;tre-pour-soi et de l'&#234;tre-pour-autrui , ou le contraire absolu, est directement pos&#233;e comme une m&#234;me essence. Au d&#233;but, cela semble concerner uniquement la forme des moments les uns par rapport aux autres ; mais l'&#234;tre pour soi et l'&#234;tre pour autrui sont tout autant le contenu lui-m&#234;me, car l'opposition dans sa v&#233;rit&#233; ne peut avoir d'autre nature que celle qui a abouti au r&#233;sultat, &#224; savoir le contenu consid&#233;r&#233; comme vrai dans la perception en fait seulement. appartient &#224; la forme et se dissout dans son unit&#233;. Ce contenu est &#224; la fois g&#233;n&#233;ral ; Il ne peut y avoir aucun autre contenu qui, de par sa nature particuli&#232;re, &#233;viterait de revenir &#224; cette universalit&#233; inconditionnelle. Un tel contenu serait une certaine mani&#232;re d'&#234;tre pour soi et de se rapporter aux autres. &#202;tre seul et se rapporter aux autres en g&#233;n&#233;ral constitue sa nature et son essence , dont la v&#233;rit&#233; est qu'elle est inconditionnellement universelle ; et le r&#233;sultat est absolument g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parce qu'il s'agit d'un objet inconditionnellement g&#233;n&#233;ral pour la conscience, la diff&#233;rence de forme et de contenu en &#233;merge, et dans la forme du contenu, les moments ont l'apparence dans laquelle ils se sont pr&#233;sent&#233;s pour la premi&#232;re fois, d'une part le milieu g&#233;n&#233;ral de nombreux &#233;l&#233;ments existants. questions, et d'autre part, d'&#234;tre une r&#233;flexion sur soi dans laquelle leur ind&#233;pendance est d&#233;truite. La premi&#232;re est la dissolution de l'ind&#233;pendance de la chose, ou passivit&#233;, qui est &#234;tre pour autrui, mais celle-ci est &#234;tre pour soi. On voit comment ces moments se pr&#233;sentent dans l'universalit&#233; inconditionnelle qui est leur essence. Tout d'abord, il est clair que parce qu'ils ne sont que cela, ils ne sont plus du tout s&#233;par&#233;s, mais sont essentiellement des c&#244;t&#233;s qui s'annulent eux-m&#234;mes, et seule la transition entre eux est plac&#233;e l'une dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instant unique appara&#238;t donc comme l'&#234;tre qui s'est mis &#224; l'&#233;cart, comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral ou comme l'existence d'une mati&#232;re ind&#233;pendante. Mais l' ind&#233;pendance de ces mat&#233;riaux n'est autre que ce m&#233;dium ; ou bien ce g&#233;n&#233;ral est tout entier la multiplicit&#233; de g&#233;n&#233;raux si diff&#233;rents. L'universel est en soi dans une unit&#233; indivise avec cette multiplicit&#233;, mais cela signifie que ces mati&#232;res sont, l'une l&#224; o&#249; est l'autre, elles se p&#233;n&#232;trent - mais sans se toucher, car &#224; l'inverse les nombreuses choses diff&#233;rentes sont tout aussi ind&#233;pendantes. Cela &#233;tablit &#233;galement leur porosit&#233; pure ou leur suspension. Cette sublation encore, ou la r&#233;duction de cette diff&#233;rence au pur &#234;tre pour soi, n'est autre que le m&#233;dium lui-m&#234;me et c'est l' ind&#233;pendance des diff&#233;rences. Ou bien ceux qui sont pos&#233;s ind&#233;pendamment passent directement dans leur unit&#233;, et leur unit&#233; passe directement dans le d&#233;veloppement, et celui-ci repasse dans la r&#233;duction. Mais ce mouvement est ce qu'on appelle la force ; son unique moment, &#224; savoir sa diffusion de mati&#232;re ind&#233;pendante dans son &#234;tre, en est l' expression ; Mais elle, en tant que disparition, est la force qui a &#233;t&#233; refoul&#233;e de son expression , ou la force r&#233;elle . Mais d'abord, la force qui a &#233;t&#233; refoul&#233;e en elle-m&#234;me doit s'exprimer ; et deuxi&#232;mement, dans l'expression, elle est tout autant une force existant en soi qu'une expression dans cet &#234;tre en soi. &#8211;Puisque nous conservons ainsi les deux moments dans leur unit&#233; imm&#233;diate, l'entendement auquel appartient le concept de force est en r&#233;alit&#233; le concept qui porte les moments diff&#233;renci&#233;s comme diff&#233;renci&#233;s ; car en eux-m&#234;mes, ils ne seront pas distingu&#233;s ; La diff&#233;rence r&#233;side uniquement dans la pens&#233;e. &#8211; Ou bien, dans ce qui pr&#233;c&#232;de, seul le concept de force a &#233;t&#233; pos&#233;, et non sa r&#233;alit&#233;. En fait, la force est l'universel inconditionnel qui, quoi qu'il soit pour autrui , est aussi en soi ; ou qui a la diff&#233;rence - parce qu'il n'est rien d'autre qu'&#234;tre -pour-un autre - en soi. Pour que la force soit dans sa v&#233;rit&#233;, il faut la laisser compl&#232;tement libre de pens&#233;e et la poser comme la substance de ces diff&#233;rences, c'est- &#224;-dire d'abord comme cette force enti&#232;re restant essentiellement en et par elle-m&#234;me , et ensuite ses diff&#233;rences comme substantielles . ou comme des moments qui existent en eux-m&#234;mes. La force en tant que telle, ou comme quelque chose refoul&#233; en elle-m&#234;me, est ici une force exclusive en soi, pour laquelle le d&#233;veloppement de la mati&#232;re est un autre &#234;tre existant , et ainsi se pr&#233;sentent deux c&#244;t&#233;s diff&#233;rents et ind&#233;pendants. Mais la force est aussi le tout, ou elle reste ce qu'elle est selon son concept, &#224; savoir que ces diff&#233;rences restent de pures formes, des instants superficiels qui disparaissent. En m&#234;me temps, les diff&#233;rences entre la force actuelle refoul&#233;e en elle-m&#234;me et le d&#233;veloppement de la mati&#232;re ind&#233;pendante n'existeraient pas du tout si elles n'existaient pas , ou bien la force n'existerait pas si elle n'existait pas de cette mani&#232;re oppos&#233;e ; Mais le fait qu'il existe de cette mani&#232;re oppos&#233;e ne signifie rien d'autre que le fait que les deux moments sont eux-m&#234;mes ind&#233;pendants en m&#234;me temps . &#8211; C'est ce mouvement des deux moments qui deviennent sans cesse ind&#233;pendants et &#224; nouveau leur annulation qu'il faut consid&#233;rer. &#8211; Il est g&#233;n&#233;ralement clair que ce mouvement n'est rien d'autre que le mouvement de percevoir, dans lequel les deux c&#244;t&#233;s, le percevant et le per&#231;u en m&#234;me temps, sont un et indiff&#233;renci&#233;s comme l' appr&#233;hension de la v&#233;rit&#233;, mais en m&#234;me temps chaque c&#244;t&#233; se refl&#232;te en lui-m&#234;meou est pour lui-m&#234;me. Ici, ces deux c&#244;t&#233;s sont des moments de pouvoir ; Ils sont dans une unit&#233; d'autant que cette unit&#233;, qui appara&#238;t comme le milieu par rapport aux extr&#234;mes qui existent pour elle-m&#234;me, se d&#233;compose toujours pr&#233;cis&#233;ment en ces extr&#234;mes, qui n'existent qu'&#224; travers eux. &#8211; Le mouvement, qui se pr&#233;sentait auparavant comme l'auto-annihilation de concepts contradictoires, a ici la forme objective , et est un mouvement de force, par lequel l'universel inconditionnel appara&#238;t comme non-objectif ou comme l'int&#233;rieur des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force, telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e en &#233;tant pr&#233;sent&#233;e comme telle , ou telle qu'elle se refl&#232;te en elle-m&#234;me , est une face de son concept ; mais comme un extr&#234;me justifi&#233;, &#224; savoir celui pos&#233; sous la d&#233;termination de l'un. Cela en exclut l' existence de la mati&#232;re d&#233;ploy&#233;e et de quelque chose d'autre qu'elle. Puisqu'il faut qu'il soit lui-m&#234;me cette existence , ou qu'il s'exprime , son &#233;nonc&#233; se pr&#233;sente de telle mani&#232;re que cet autre le rejoint et l'associe. Mais en fait, en ce qu'il s'exprime n&#233;cessairement , il a en soi ce qui &#233;tait pos&#233; comme un autre &#234;tre. Il faut retenir qu'il est vu comme un , et son &#234;tre d'exprimer comme autre chose ce qui lui a &#233;t&#233; ajout&#233; du dehors. a &#233;t&#233; plac&#233; dessus ; Il est plut&#244;t lui-m&#234;me le support g&#233;n&#233;ral de l'existence des moments en tant que mati&#232;re ; ou bien elle s'est exprim&#233;e , et ce que devrait &#234;tre l'autre solennit&#233;, elle l'est plut&#244;t. Il existe donc d&#233;sormais en tant que support de la mati&#232;re d&#233;ploy&#233;e. Mais elle a &#233;galement essentiellement la forme d'une sublation de la mati&#232;re existante, ou en est essentiellement une ; Cette unit&#233; est maintenant , puisqu'elle est pos&#233;e comme milieu de la mati&#232;re, quelque chose d'autre qu'elle-m&#234;me , et elle a cette essence en dehors d'elle-m&#234;me. Mais comme il doit n&#233;cessairement &#234;tre quelque chose qu'il n'a pas encore &#233;t&#233; pos&#233;, cela en am&#232;ne d'autres et l'invite &#224; r&#233;fl&#233;chir en lui-m&#234;me, ou annule son expression. Mais en fait, c'est lui-m&#234;me cet &#234;tre-refl&#233;t&#233; en soi, ou cette suspension de l'expression ; l'unit&#233; dispara&#238;t telle qu'elle est apparue, c'est-&#224;-dire comme une autre ; C'est lui-m&#234;me , c'est une force refoul&#233;e en elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui appara&#238;t comme autre chose et l'appelle en soi &#224; la fois pour s'exprimer et pour revenir &#224; soi, c'est, comme on le voit imm&#233;diatement, la force elle-m&#234;me ; car l'autre se montre comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral aussi bien qu'un seul ; et de sorte que chacune de ces figures n'appara&#238;t que comme un instant fuyant. La force n'est pas encore du tout sortie de son concept parce que quelque chose est pour elle et elle est pour autre chose. Mais deux forces sont pr&#233;sentes en m&#234;me temps ; Le concept des deux est le m&#234;me, mais il est pass&#233; de son unit&#233; &#224; la dualit&#233;. Au lieu que l'opposition ne reste qu'un instant, elle semble avoir &#233;chapp&#233; &#224; la r&#232;gle de l'unit&#233; en se divisant en forces compl&#232;tement ind&#233;pendantes . Ce que signifie cette ind&#233;pendance doit &#234;tre examin&#233; plus en d&#233;tail. Tout d'abord, la deuxi&#232;me force appara&#238;t comme la force sollicitante, c'est-&#224;-dire comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral dans son contenu, contre ce qui est d&#233;termin&#233; &#224; &#234;tre sollicit&#233; ; Mais puisque cette alternance essentielle de ces deux moments et elle-m&#234;me est force, elle n'est en fait aussi qu'un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral en ce sens qu'elle est cens&#233;e le faire , et de m&#234;me qu'elle n'est qu'une unit&#233; n&#233;gative, ou quelque chose qui est cens&#233; rendre le force, parce qu'elle est cens&#233;e le faire, devient . Cela transforme aussi cette diff&#233;rence qui s'est produite entre les deux, selon laquelle l'un doit &#234;tre le pr&#233;vu et l'autre le requis , en un m&#234;me &#233;change de certitudes l'une contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu des deux forces consiste dans cette d&#233;termination oppos&#233;e des deux, leur &#234;tre l'une pour l'autre dans cette d&#233;termination, et la confusion absolue et imm&#233;diate des d&#233;terminations - transition par laquelle ces d&#233;terminations seules sont dans lesquelles les forces semblent appara&#238;tre ind&#233;pendamment . Par exemple, ce qui est demand&#233; est pos&#233; comme m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, et ce qui est demand&#233; est pos&#233; comme force refoul&#233;e ; mais l'un n'est lui-m&#234;me m&#233;dium g&#233;n&#233;ral que parce que l'autre est une force refoul&#233;e ; ou plut&#244;t, c'est la chose sollicitatrice pour cela, et en fait le m&#233;dium. Le premier n'a sa d&#233;termination que par l'autre, et n'est sollicitant que dans la mesure o&#249; il est sollicit&#233; par l'autre pour &#234;tre sollicitable ; et il perd tout aussi imm&#233;diatement la sp&#233;cificit&#233; qui lui &#233;tait donn&#233;e ; car cela passe &#224; l'autre, ou plut&#244;t est d&#233;j&#224; pass&#233; au m&#234;me ; la force &#233;trang&#232;re qui solennelle appara&#238;t comme un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, mais seulement parce qu'elle a &#233;t&#233; solennelle par lui ; Mais cela signifie qu'il le d&#233;finit ainsi et qu'il est lui-m&#234;me essentiellement un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral ; Elle pose ce qu'on entend ainsi parce que cette autre d&#233;termination lui est essentielle , c'est-&#224;-dire parce qu'elle est plut&#244;t elle-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter la compr&#233;hension du concept de ce mouvement, on peut &#233;galement souligner que les diff&#233;rences elles-m&#234;mes se manifestent dans une double diff&#233;rence, d'abord comme diff&#233;rences de contenu , en ce sens qu'un extr&#234;me est une force r&#233;fl&#233;chie en soi, tandis que l'autre est une force r&#233;fl&#233;chie en soi. milieu de mati&#232;re ; l' autre fois sous forme de diff&#233;rences de forme , en ce sens que l'une est ce qui est requis, l'autre est ce qui est requis, celle-ci est active, celle-ci est passive. Selon la diff&#233;rence de contenu, ils se diff&#233;rencient en g&#233;n&#233;ral, ou pour nous ; Mais selon la diff&#233;rence de forme, ils sont ind&#233;pendants, s&#233;par&#233;s et oppos&#233;s dans leurs relations. Le fait que les extr&#234;mes de ces deux c&#244;t&#233;s ne sont rien en eux-m&#234;mes , mais plut&#244;t que ces c&#244;t&#233;s, dans lesquels devrait consister leur essence diff&#233;renci&#233;e, ne sont que des moments de fuite, une transition imm&#233;diate de chacun vers l'oppos&#233;, cela appara&#238;t &#224; la conscience dans la perception. du mouvement de la force. Mais pour nous, comme nous l'avons mentionn&#233; plus haut, les diff&#233;rences en elles-m&#234;mes disparaissaient en tant que diff&#233;rences de contenu et de forme , et du c&#244;t&#233; de la forme, la chose active, suppos&#233;e ou &#234;tre pour soi, &#233;tait essentiellement la m&#234;me que celle-l&#224;. du c&#244;t&#233; de la forme, le contenu comme force refoul&#233;e en lui-m&#234;me ; le passif, le sollicit&#233; ou l'&#234;tre pour autrui est, du c&#244;t&#233; de la forme, la m&#234;me chose qui se pr&#233;sentait du c&#244;t&#233; du contenu comme le m&#233;dium g&#233;n&#233;ral de bien des mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que le concept de force devient r&#233;el &#224; travers le d&#233;doublement en deux forces , et comment il le devient. Ces deux forces existent comme des &#234;tres en elles-m&#234;mes ; mais leur existence est un tel mouvement les uns contre les autres que leur &#234;tre est plut&#244;t un &#234;tre pur pos&#233; par autre chose , c'est-&#224;-dire que leur &#234;tre a plut&#244;t le pur sens de disparition . Ce ne sont pas des extr&#234;mes qui gardaient quelque chose de solide pour eux et ne faisaient que mettre une propri&#233;t&#233; ext&#233;rieure au milieu et en contact les uns avec les autres ; mais ce qu'ils sont, ils ne sont que dans ce centre et ce contact. Il y a l&#224; imm&#233;diatement autant le refoul&#233; en soi ou le pour soi de la force que l'expression, la sollicitation aussi bien que l'&#234;tre-sollicit&#233; ; Ces moments ne sont pas ici r&#233;partis en deux extr&#234;mes ind&#233;pendants, qui n'offrent qu'un point oppos&#233; l'un &#224; l'autre, mais leur essence est la suivante absolument, l'un seulement par l'autre, et ce que chacun est par l'autre n'est plus directement, dans que c'est &#231;a. En fait, ils n'ont aucune substance propre qu'ils transportent et re&#231;oivent. Le concept de force se maintient plut&#244;t comme l'essence de sa r&#233;alit&#233; ; La force comme r&#233;elle n'est absolument que dans l' expression , qui en m&#234;me temps n'est rien d'autre qu'une auto-annulation. Cette force r&#233;elle , imagin&#233;e comme libre de son expression et existant par elle-m&#234;me, est la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me, mais cette d&#233;termination n'est en fait, comme il s'est av&#233;r&#233;, elle-m&#234;me qu'un moment d' expression . La v&#233;rit&#233; du pouvoir n'en reste donc que l' id&#233;e ; et sans se retenir, les moments de leur r&#233;alit&#233;, leurs substances et leur mouvement s'effondrent en une unit&#233; indiff&#233;renci&#233;e, qui n'est pas la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me, car celle-ci elle-m&#234;me n'est qu'un tel moment, mais cette unit&#233; est son concept, en tant que concept. . La prise de conscience du pouvoir est en m&#234;me temps la perte de la r&#233;alit&#233; ; Au contraire, elle est devenue quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent, &#224; savoir cette universalit&#233; , que l'entendement reconna&#238;t d'abord ou imm&#233;diatement comme son essence, et qui se r&#233;v&#232;le aussi comme son essence dans sa pr&#233;tendue r&#233;alit&#233;, dans les substances r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; nous consid&#233;rons le premier universel comme le concept de l'entendement, dans lequel la force n'est pas encore en soi, le second est d&#233;sormais son essence telle qu'elle se pr&#233;sente en et pour soi . Ou, inversement, si l'on consid&#232;re le premier universel comme l' imm&#233;diat , qui devrait &#234;tre un objet r&#233;el pour la conscience, alors ce second est d&#233;termin&#233; comme le n&#233;gatif de la force objective sensible ; c'est lui tel qu'il est dans sa v&#233;ritable essence seulement comme objet de l'entendement ; La premi&#232;re serait la force refoul&#233;e en elle-m&#234;me ou comme substance ; Mais ce second est l' int&#233;rieur des choses, en tant qu'int&#233;rieur , ce qui est le m&#234;me que le concept en tant que concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette v&#233;ritable essence des choses s'est maintenant d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re qu'elle n'est pas directe pour la conscience, mais plut&#244;t que la conscience a une relation indirecte avec ce qui est &#224; l'int&#233;rieur et que, &#224; mesure que la compr&#233;hension voit &#224; travers ce centre du jeu des forces le v&#233;ritable arri&#232;re-plan des choses . Le milieu, qui relie les deux extr&#234;mes, l'esprit et l'int&#233;rieur, est l' &#234;tre d&#233;velopp&#233; du pouvoir, qui est d&#233;sormais une disparition pour l'esprit lui-m&#234;me . C'est pourquoi cela s'appelle l'apparence ; car nous appelons apparence apparence , qui est elle-m&#234;me un non-&#234;tre . Mais il ne s'agit pas seulement d'une apparence, mais d'une apparence, d'un tout d'apparence. Cet ensemble ou g&#233;n&#233;ral est ce qui constitue l' int&#233;rieur , le jeu des forces , comme son reflet en soi. En elle, pour la conscience, les &#234;tres de perception se posent de mani&#232;re objective tels qu'ils sont en eux-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire comme . Des instants se transformant directement en contraire sans repos et sans &#234;tre, l'un imm&#233;diatement en g&#233;n&#233;ral, l'essentiel directement en inessentiel et vice versa. Ce jeu de forces est donc le n&#233;gatif d&#233;velopp&#233;, mais sa v&#233;rit&#233; est le positif, &#224; savoir l' universel , l' objet qui existe en soi . &#8211; L' &#234;tre du m&#234;me pour la conscience est m&#233;diatis&#233; par le mouvement de l'apparition , dans lequel l' &#234;tre de la perception et l'objectif sensuel n'ont qu'une signification n&#233;gative, la conscience se refl&#232;te donc en elle-m&#234;me comme dans la v&#233;rit&#233;, mais en tant que conscience cette v&#233;rit&#233; redevient objective. int&#233;rieur , et distingue ce reflet des choses de son reflet en lui-m&#234;me ; tout comme pour lui le mouvement m&#233;diateur reste objectif. Cet int&#233;rieur est donc pour lui un extr&#234;me ; mais pour lui elle est v&#233;rit&#233; parce qu'en elle, comme dans l' en-soi, elle a simultan&#233;ment la certitude d'elle-m&#234;me ou le moment de son &#234;tre-pour-soi ; mais elle n'en a pas encore conscience, car l' &#234;tre pour soi que devrait avoir l'&#234;tre int&#233;rieur de soi ne serait rien d'autre que le mouvement n&#233;gatif, mais c'est encore le ph&#233;nom&#232;ne objectif de disparition pour la conscience, pas encore son &#234;tre propre . pour soi-m&#234;me ; L'int&#233;rieur est donc certes pour lui un concept, mais il ne conna&#238;t pas encore la nature du concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette v&#233;rit&#233; int&#233;rieure , en tant qu'absolument universelle , qui a &#233;t&#233; purifi&#233;e de l' opposition du g&#233;n&#233;ral et de l'individuel et qui est devenue pour l'entendement seulement au-dessus du monde sensible en tant que monde apparaissant, s'ouvre d&#233;sormais un monde suprasensible en tant que monde vrai , et au dessus de la disparition de ce monde , du permanent Au - del&#224; ; un en-soi, qui est l'apparence premi&#232;re et donc elle-m&#234;me imparfaite de la raison, ou seulement l'&#233;l&#233;ment pur en quoi la v&#233;rit&#233; a son essence .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sujet est maintenant l'inf&#233;rence, qui a &#224; ses extr&#233;mit&#233;s l'int&#233;rieur des choses et l'entendement, et en son centre l'apparence ; Mais le mouvement de cette conclusion donne une d&#233;termination plus pouss&#233;e de ce que la compr&#233;hension voit &#224; travers le milieu int&#233;rieur et de l'exp&#233;rience qu'elle a de cette relation d'&#234;tre connect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde int&#233;rieur est encore un pur au-del&#224; pour la conscience, parce qu'elle ne s'y trouve pas encore ; il est vide , car il n'est que le n&#233;ant de l'apparence et positivement le simple universel. Cette mani&#232;re d'&#234;tre au-dedans s'accorde imm&#233;diatement avec ceux qui disent que l'int&#233;rieur des choses ne peut &#234;tre connu ; mais il faudrait comprendre la raison diff&#233;remment. Il n'y a bien s&#251;r aucune connaissance de cet int&#233;rieur, tel qu'il est directement ici, mais non pas parce que la raison est trop myope, ou limit&#233;e, ou peu importe comment vous voulez l'appeler ; On ne sait rien ici encore, car nous n'avons pas encore approfondi ce sujet ; mais pour la simple nature de la chose elle-m&#234;me, &#224; savoir parce que rien n'est reconnu dans le vide , ni exprim&#233; de l'autre c&#244;t&#233;, parce qu'il est d&#233;termin&#233; comme au-del&#224; de la conscience. - Le r&#233;sultat est bien entendu le m&#234;me lorsqu'un aveugle entre dans la richesse du monde suprasensible - s'il en poss&#232;de une, il est d&#233;sormais son propre contenu, ou la conscience elle-m&#234;me est ce contenu - et lorsqu'un voyant entre dans les pures t&#233;n&#232;bres, ou si tu veux, se place dans la pure lumi&#232;re, si ce n'est que cela ; L'homme voyant voit aussi peu dans sa pure lumi&#232;re que dans ses pures t&#233;n&#232;bres, et tout autant que l'aveugle voit dans la pl&#233;nitude des richesses qui se trouvent devant lui. S'il n'y avait rien de plus &#224; l'int&#233;rieur et s'il n'y &#233;tait connect&#233; que par l'apparence, alors il n'y aurait plus qu'&#224; s'en tenir &#224; l'apparence, c'est-&#224;-dire &#224; prendre pour vrai quelque chose dont nous savons qu'il n'est pas vrai ; ou avec ce qui est dans le vide, qui n'est devenu que le vide des choses objectives, mais qui, comme vide en soi , doit aussi &#234;tre pris comme conscience du vide de toutes les relations spirituelles et des diff&#233;rences de conscience - de sorte que dans ce vide si compl&#232;tement , qu'on appelle aussi le sacr&#233; , mais qui est quelque chose qui le remplit de r&#234;ves, d'apparences que la conscience se cr&#233;e ; Il devrait supporter d'&#234;tre si mal trait&#233;, car il ne m&#233;riterait aucune am&#233;lioration, car la r&#234;verie elle-m&#234;me vaut encore mieux que son vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le monde int&#233;rieur ou l'au-del&#224; suprasensible est n&#233; ; il vient de l'apparence, et il en est la m&#233;diation ; ou bien l'apparence est son essence , et m&#234;me son accomplissement. Le suprasensible est le sensible et le per&#231;u pos&#233; tel qu'il est r&#233;ellement ; Mais la v&#233;rit&#233; de ce qui est sensible et per&#231;u doit &#234;tre une apparence . Le suprasensible est donc l' apparence comme apparence . &#8211; Si l'on pense que le suprasensible est le monde sensible, ou le monde tel qu'il est pour la certitude et la perception sensorielle imm&#233;diate , alors c'est une compr&#233;hension erron&#233;e ; car l'apparence n'est pas le monde de la connaissance et de la perception sensuelles comme existant, mais plut&#244;t comme suspendu ou en v&#233;rit&#233; pos&#233; comme interne . On dit habituellement que le suprasensible n'est pas l'apparence ; Cependant, le terme apparence ne d&#233;signe pas l'apparence, mais plut&#244;t le monde sensible , en tant que r&#233;alit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement, qui est notre objet, se trouve exactement dans cette position o&#249; le monde int&#233;rieur ne lui est devenu connu que comme le g&#233;n&#233;ral, non encore r&#233;alis&#233; en soi ; Le jeu des forces n'a que cette signification n&#233;gative, non pas en soi et seulement cette signification positive, la chose m&#233;diatrice , mais &#233;tant en dehors de lui. Mais sa relation &#224; l'&#234;tre int&#233;rieur par m&#233;diation est son mouvement par lequel elle s'accomplira pour lui. &#8211; L'imm&#233;diat pour lui est le jeu des forces ; mais pour lui la v&#233;rit&#233; est le simple int&#233;rieur ; Le mouvement de la force n'est donc vrai que comme chose simple . Mais nous avons vu par ce jeu de forces qu'elle a cette nature, que la force qui est associ&#233;e &#224; une autre force est aussi soucieuse de cette autre force, qui elle-m&#234;me ne devient sociable que par elle. Ici aussi, il n'y a que le changement imm&#233;diat ou l'&#233;change absolu de la d&#233;termination , qui constitue le seul contenu de ce qui se passe ; &#234;tre soit un m&#233;dium g&#233;n&#233;ral, soit une entit&#233; n&#233;gative. Dans son apparence d&#233;termin&#233;e, il cesse imm&#233;diatement d'&#234;tre ce qu'il appara&#238;t ; Par son apparence sp&#233;cifique, il &#233;voque l'autre c&#244;t&#233; qui s'exprime &#224; travers celui-ci ; c'est-&#224;-dire que c'est imm&#233;diatement ce que devrait &#234;tre le premier. Ces deux faces, le rapport de l'obligation et le rapport du contenu sp&#233;cifique oppos&#233;, sont chacun une perversion et une confusion absolues. Mais ces deux rapports sont eux-m&#234;mes une seule et m&#234;me chose, et la diff&#233;rence de forme , &#233;tant ce qui est demand&#233; et ce qui est voulu, est la m&#234;me que la diff&#233;rence de contenu , ce qui est voulu comme tel, &#224; savoir le m&#233;dium passif ; le sociable, en revanche, est l'unit&#233; active, n&#233;gative ou l'un. De ce fait, toute diff&#233;rence entre les forces sp&#233;ciales qui devraient &#234;tre pr&#233;sentes dans ce mouvement dispara&#238;t les unes des autres ; car ils reposaient sur ces seules diff&#233;rences ; et la diff&#233;rence des puissances co&#239;ncide aussi avec ces deux-l&#224; seulement en une. Ce n'est donc ni le pouvoir, ni la sollicitation et l'&#234;tre sollicit&#233;, ni la d&#233;termination d'&#234;tre un m&#233;dium existant et une unit&#233; r&#233;fl&#233;chie, ni individuellement quelque chose en soi, ni des contraires diff&#233;rents ; mais ce qui est dans ce changement absolu, c'est seulement la diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale ou en tant que diff&#233;rence dans laquelle les nombreux oppos&#233;s ont &#233;t&#233; r&#233;duits. Cette diff&#233;rence en g&#233;n&#233;ralVoil&#224; donc ce qu'il y a de simple dans le jeu de force lui-m&#234;me , et ce qu'il y a de vrai ; il est la loi de la force .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparence absolument changeante devient la simple diff&#233;rence par son rapport &#224; la simplicit&#233; de l'int&#233;rieur ou de l'entendement. L'int&#233;rieur n'est d'abord que ce qui est universel en soi ; Mais ce g&#233;n&#233;ral, simple en soi , est essentiellement aussi absolu que la diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale ; car c'est le r&#233;sultat du changement lui-m&#234;me, ou le changement est son essence ; mais le changement, tel qu'il est pos&#233; int&#233;rieurement et r&#233;ellement, y est incorpor&#233; comme une diff&#233;rence &#233;galement absolument g&#233;n&#233;rale, apais&#233;e et constante. Or la n&#233;gation est un moment essentiel de l'universel, et elle ou la m&#233;diation dans le g&#233;n&#233;ral est une diff&#233;rence g&#233;n&#233;rale . Elle s'exprime dans la loi , comme l' image constante du ph&#233;nom&#232;ne instable. Le monde suprasensible est ici un royaume tranquille de lois , bien qu'au-del&#224; du monde per&#231;u, car celui-ci ne repr&#233;sente la loi qu'&#224; travers un changement constant, mais tout aussi pr&#233;sent en elle et dans son image directe et silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce domaine des lois est bien la v&#233;rit&#233; de l'entendement, qui a son contenu dans les diff&#233;rences qui sont dans la loi ; Mais en m&#234;me temps, elle n'en est que la premi&#232;re v&#233;rit&#233; et ne compl&#232;te pas l'apparence. La loi est pr&#233;sente en elle, mais elle n'est pas toute sa pr&#233;sence ; sa r&#233;alit&#233; est en constante &#233;volution dans des circonstances en constante &#233;volution. Cela laisse &#224; l'apparence elle-m&#234;me un c&#244;t&#233; qui n'est pas interne ; ou bien il n'est pas encore pos&#233; comme une apparence , comme un &#234;tre pour soi suspendu . Ce d&#233;faut de la loi doit aussi &#234;tre &#233;vident en lui-m&#234;me. Ce qui semble manquer, c'est qu'elle ait bien la diff&#233;rence elle-m&#234;me, mais de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale et ind&#233;termin&#233;e. Mais dans la mesure o&#249; elle n'est pas la loi en g&#233;n&#233;ral, mais une loi, elle contient en elle une certitude ; et il y a donc un nombre ind&#233;fini de lois. Mais cette multiplicit&#233; est elle-m&#234;me un d&#233;faut ; &#224; savoir, cela contredit le principe de l'entendement selon lequel, en tant que conscience de l'int&#233;rieur simple, l' unit&#233; intrins&#232;quement g&#233;n&#233;rale est la v&#233;rit&#233;. Il doit plut&#244;t laisser les nombreuses lois se fondre en une seule . Comment, par exemple, la loi selon laquelle la pierre tombe et la loi selon laquelle les sph&#232;res c&#233;lestes se d&#233;placent ont &#233;t&#233; comprises comme une seule loi. Mais avec cet effondrement, les lois perdent leur certitude ; la loi devient de plus en plus superficielle, et en fait ce n'est pas l'unit&#233; de ces lois sp&#233;cifiques qui a &#233;t&#233; trouv&#233;e, mais plut&#244;t une loi qui omet leur d&#233;termination ; comment la loi unique , qui unit les lois de la chute des corps sur terre et du mouvement c&#233;leste, ne les exprime pas en fait toutes deux. L'unification de toutes les lois dans l' attraction g&#233;n&#233;rale n'exprime aucun contenu autre que le simple concept de la loi elle-m&#234;me , qui y est pos&#233;e comme &#233;tant . L'attraction g&#233;n&#233;rale dit seulement ceci, que tout a une diff&#233;rence constante par rapport aux autres choses . L'entendement pense avoir trouv&#233; une loi g&#233;n&#233;rale qui exprime la r&#233;alit&#233; g&#233;n&#233;rale comme telle ; mais en fait il n'a trouv&#233; que le concept m&#234;me de la loi ; mais de telle mani&#232;re qu'en m&#234;me temps il dit que toute r&#233;alit&#233; est intrins&#232;quement licite. L'expression de l'attraction g&#233;n&#233;rale rev&#234;t donc une grande importance dans la mesure o&#249; elle contraste avec l'attraction irr&#233;fl&#233;chie.L'imagination , &#224; laquelle tout se pr&#233;sente sous forme de hasard, et pour laquelle la d&#233;termination a la forme d'ind&#233;pendance sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attrait g&#233;n&#233;ral, ou le concept pur de la loi, s'oppose donc aux lois sp&#233;cifiques. Dans la mesure o&#249; ce concept pur est consid&#233;r&#233; comme l'essence ou comme le v&#233;ritable int&#233;rieur, la d&#233;termination de la loi sp&#233;cifique elle-m&#234;me appartient encore &#224; l'apparence ou plut&#244;t &#224; l'&#234;tre sensuel. Mais le concept pur du droit d&#233;passe non seulement le droit, qui, m&#234;me sp&#233;cifique , s'oppose aux autres droits sp&#233;cifiques, mais il d&#233;passe aussi le droit en tant que tel. La d&#233;termination dont nous parlions n'est en r&#233;alit&#233; qu'un instant de fuite qui ne peut plus appara&#238;tre ici comme une entit&#233; ; car seule la loi existe comme v&#233;rit&#233; ; mais le concept de droit est retourn&#233; contre le droit lui-m&#234;me. Dans le droit, la diff&#233;rence elle-m&#234;me est directement saisie et incorpor&#233;e &#224; l'universel, et avec elle l' existence des moments dont elle exprime la relation comme des entit&#233;s indiff&#233;rentes qui existent en elles-m&#234;mes. Mais ces parties de la diff&#233;rence dans le droit sont en m&#234;me temps elles-m&#234;mes des aspects pr&#233;cis ; Le concept pur de la loi comme attraction g&#233;n&#233;rale doit &#234;tre compris dans son vrai sens de telle sorte qu'en lui, en tant que chose absolument simple , les diff&#233;rences qui existent dans la loi comme telle retournent &#224; l'int&#233;rieur comme une simple unit&#233; ; c'est la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi se pr&#233;sente donc de mani&#232;re double, d'une part comme une loi dans laquelle les diff&#233;rences s'expriment comme des moments ind&#233;pendants ; l'autre fois sous la forme d' un simple retour en soi, que l'on peut encore appeler force , mais de telle sorte qu'il ne s'agit pas de la force refoul&#233;e, mais de la force en g&#233;n&#233;ral ou comme concept de force, abstraction qui montre les diff&#233;rences entre lui, ce qui attire et ce qui est attir&#233;, s'attirent en lui-m&#234;me. Par exemple, l'&#233;lectricit&#233; simple est une force ; Mais l'expression de la diff&#233;rence rel&#232;ve de la loi ; cette diff&#233;rence est l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative. Dans le mouvement de chute, la force est la chose simple, la gravit&#233; , qui a pour loi que les grandeurs des diff&#233;rents moments du mouvement, le temps qui s'est &#233;coul&#233; et l' espace qui s'est &#233;coul&#233; , se rapportent les uns aux autres comme racines et carr&#233;s. L'&#233;lectricit&#233; elle-m&#234;me n'est pas la diff&#233;rence en elle-m&#234;me ni, dans son essence, la double nature de l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative ; C'est pourquoi les gens ont tendance &#224; dire qu'il a la loi d'&#234;tre ainsi , mais aussi qu'il a la propri&#233;t&#233; de s'exprimer de cette mani&#232;re. Cette propri&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; essentielle et unique de ce pouvoir, ou elle lui est n&#233;cessaire . Mais n&#233;cessit&#233; est ici un mot vide de sens ; la force doit doubler parce qu'elle le doit . Bien entendu, si l'on pose l'&#233;lectricit&#233; positive , l'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative est &#233;galement n&#233;cessaire en soi ; car le positif n'existe qu'en relation avec un n&#233;gatif , ou le positif lui-m&#234;me est la diff&#233;rence d'avec lui-m&#234;me, tout comme le n&#233;gatif. Mais le fait que l'&#233;lectricit&#233; en tant que telle se divise de cette mani&#232;re n'est pas en soi n&#233;cessaire ; en tant que simple force, elle est indiff&#233;rente &#224; sa loi d' &#234;tre, tant positive que n&#233;gative ; et si nous appelons cela leur concept et cela leur &#234;tre, alors leur concept est indiff&#233;rent &#224; leur &#234;tre ; elle n'a que cette qualit&#233; ; c'est-&#224;-dire que cela n'est pas n&#233;cessaire en soi . &#8211; Cette indiff&#233;rence prend une forme diff&#233;rente lorsqu'on dit que cela fait partie de la d&#233;finition de l'&#233;lectricit&#233; d'&#234;tre positive et n&#233;gative, ou que c'est simplement son concept et son essence . Alors leur &#234;tre signifierait leur existencedu tout ; Mais la n&#233;cessit&#233; de leur existence ne r&#233;side pas dans cette d&#233;finition ; c'est soit parce qu'on le trouve , c'est-&#224;-dire qu'il n'est pas du tout n&#233;cessaire ; ou bien leur existence est due &#224; d'autres forces, c'est-&#224;-dire que leur n&#233;cessit&#233; est ext&#233;rieure. Mais en pla&#231;ant la n&#233;cessit&#233; dans la d&#233;termination de l'&#234;tre par autre chose , on retombe dans la multiplicit&#233; des lois d&#233;termin&#233;es que l'on vient de quitter pour consid&#233;rer la loi comme une loi ; C'est seulement &#224; cela que l'on peut comparer son concept en tant que concept ou sa n&#233;cessit&#233;, qui, sous toutes ces formes, ne s'est r&#233;v&#233;l&#233;e que comme un mot vide de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indiff&#233;rence de la loi et de la force, ou du concept et de l'&#234;tre, est pr&#233;sente d'une autre mani&#232;re que celle indiqu&#233;e. Dans la loi du mouvement, par exemple, il faut que le mouvement soit divis&#233; en temps et en espace , ou alors aussi en distance et vitesse. Puisque le mouvement n'est que le rapport de ces moments, lui, l'universel, est ici divis&#233; en lui-m&#234;me ; mais maintenant ces parties, temps et espace, ou distance et vitesse, n'expriment pas en elles cette origine d' une seule ; ils sont indiff&#233;rents les uns aux autres, l'espace est imagin&#233; sans temps, le temps sans espace et la distance au moins sans vitesse - de m&#234;me que leurs quantit&#233;s sont indiff&#233;rentes les unes aux autres ; en ce sens qu'ils ne se comportent pas comme des choses positives et n&#233;gatives , et ne sont donc pas li&#233;s les uns aux autres &#224; travers leur essence . La n&#233;cessit&#233; de la division est certainement pr&#233;sente ici ; mais pas les parties en tant que telles les unes pour les autres. C'est pourquoi la premi&#232;re elle-m&#234;me n'est qu'une fausse et fausse n&#233;cessit&#233; ; Le mouvement lui-m&#234;me n'est pas imagin&#233; comme un &#234;tre simple ou pur ; mais d&#233;j&#224; aussi divis&#233; ; Le temps et l'espace sont leurs parties ind&#233;pendantes ou des &#234;tres en eux-m&#234;mes , ou la distance et la vitesse sont des modes d'&#234;tre ou d'imaginer, dont l'un peut bien exister sans l'autre, et le mouvement n'est donc que leur relation superficielle , non leur essence. Imagin&#233;e comme un &#234;tre simple ou comme une force, il s'agit probablement de la gravit&#233; , qui ne contient cependant pas du tout ces diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence dans les deux cas n'est pas une diff&#233;rence en soi ; Ou bien l'universel, la force, est indiff&#233;rent &#224; la division qui est dans la loi, ou bien les diff&#233;rences, parties de la loi, sont indiff&#233;rentes les unes aux autres. Mais l'entendement a le concept de cette diff&#233;rence en lui-m&#234;me , pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que la loi est, d'une part, l'interne, quelque chose qui existe en soi , mais en m&#234;me temps est quelque chose de diff&#233;rent en lui ; Le fait que cette diff&#233;rence soit une diff&#233;rence int&#233;rieure est d&#251; au fait que la loi est une simple force, ou en tant que concept de celle-ci, c'est-&#224;-dire une diff&#233;rence du concept . Mais cette diff&#233;rence int&#233;rieure ne vient qu'&#224; l'esprit ; et n'a pas encore r&#233;gl&#233; la question elle-m&#234;me . C'est donc seulement sa propre n&#233;cessit&#233; que l'entendement exprime ; une diff&#233;rence qu'il fait seulement de telle mani&#232;re qu'il exprime en m&#234;me temps que la diff&#233;rence n'est pas une diff&#233;rence de la chose elle-m&#234;me . Cette n&#233;cessit&#233;, qui ne r&#233;side que dans la parole, est la narration des instants qui composent son cercle ; Ils sont certes diff&#233;renci&#233;s, mais en m&#234;me temps leur diff&#233;rence s'exprime, non pas une diff&#233;rence dans la chose elle-m&#234;me, et est donc elle-m&#234;me imm&#233;diatement annul&#233;e ; ce mouvement s'appelle expliquer . Ainsi est prononc&#233;e une loi , d'o&#249; se distingue ce qui est intrins&#232;quement universel, ou la raison, comme la force ; Mais de cette diff&#233;rence, on dit qu'il n'y a pas de diff&#233;rence, mais que la raison est exactement la m&#234;me que celle de la loi. L'apparition individuelle de la foudre, par exemple, est comprise comme un g&#233;n&#233;ral, et ce g&#233;n&#233;ral s'exprime comme la loi de l'&#233;lectricit&#233; : l'explication r&#233;sume alors la loi dans la force , comme l'essence de la loi. Cette force est alors telle que lorsqu'elle s'exprime, des &#233;lectricit&#233;s oppos&#233;es surgissent, qui disparaissent ensuite l'une dans l'autre, c'est-&#224;-dire que la force est exactement la m&#234;me que la loi ; on dit que les deux ne sont pas du tout diff&#233;renci&#233;s. Les diff&#233;rences sont la pure expression g&#233;n&#233;rale ou loi, et la pure force ; mais tous deux ont le m&#234;me contenu, la m&#234;me nature ; La diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence de contenu, c'est-&#224;-dire de chose, est &#233;galement reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement tautologique, il s'av&#232;re que l'entendement persiste dans l'unit&#233; calme de son objet, et que le mouvement ne tombe qu'en lui-m&#234;me, non dans l'objet ; C'est une explication qui non seulement n'explique rien, mais qui est si claire que, tout en essayant de dire quelque chose de diff&#233;rent de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, elle ne dit en r&#233;alit&#233; rien, mais ne fait que r&#233;p&#233;ter la m&#234;me chose. Ce mouvement ne cr&#233;e rien de nouveau sur la chose elle-m&#234;me, mais il entre plut&#244;t en consid&#233;ration comme un mouvement de l'entendement. Mais nous y reconnaissons maintenant ce qui manquait &#224; la loi, &#224; savoir le changement absolu lui-m&#234;me, car ce mouvement , si nous y regardons de plus pr&#232;s, est directement oppos&#233; &#224; lui-m&#234;me. Il fait une diff&#233;rence qui n'est pas seulement pour nous . une diff&#233;rence , mais qu'elle annule elle-m&#234;me comme diff&#233;rence. C'est le m&#234;me changement qui s'est pr&#233;sent&#233; comme un jeu de forces ; Il y avait chez lui la diff&#233;rence entre le solennel et le solennel, entre la force qui s'exprime et la force qui est refoul&#233;e en elle-m&#234;me ; Mais il s'agissait de diff&#233;rences qui n'existaient pas r&#233;ellement et qui ont donc imm&#233;diatement disparu. Ce n'est pas seulement la simple unit&#233; qui est pr&#233;sente, de sorte qu'aucune diff&#233;rence ne s'&#233;tablirait, mais c'est ce mouvement dans lequel une diff&#233;rence est effectivement faite mais , parce qu'elle n'est pas une diff&#233;rence, est &#224; nouveau abolie . &#8211; Avec l'explication, le changement et le changement, qui auparavant n'&#233;taient visibles qu'&#224; l'ext&#233;rieur de l'int&#233;rieur, ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans le suprasensible lui-m&#234;me ; Mais notre conscience est pass&#233;e de l'int&#233;rieur en tant qu'objet &#224; l'autre c&#244;t&#233;, dans la compr&#233;hension , et elle porte le changement en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement n'est pas encore un changement de la chose elle-m&#234;me, mais se pr&#233;sente plut&#244;t comme un pur changement car le contenu des moments de changement reste le m&#234;me. Mais comme le concept, en tant que concept de l'entendement, est le m&#234;me que l' int&#233;rieur des choses, ce changement devient pour lui une loi de l'int&#233;rieur . Il apprend donc que c'est la loi de l'apparence elle-m&#234;me qui fait appara&#238;tre des diff&#233;rences qui ne sont pas des diff&#233;rences ; ou que la chose du m&#234;me nom se repousse d'elle-m&#234;me ; et aussi que les diff&#233;rences ne sont que celles qui ne sont pas r&#233;ellement et qu'elles s'annulent ; ou que les noms oppos&#233;s s'attirent . &#8211; Une deuxi&#232;me loi , dont le contenu s'oppose &#224; ce qu'on appelait auparavant loi, &#224; savoir les diff&#233;rences constantes, constantes ; car cette nouvelle expression exprime plut&#244;t le devenir in&#233;gal du m&#234;me et le devenir &#233;gal de l'in&#233;gal . Le terme requiert de l'irr&#233;flexion pour rapprocher les deux lois et prendre conscience de leur opposition. &#8211; La seconde est bien s&#251;r aussi une loi, ou un soi-m&#234;me int&#233;rieur, mais plut&#244;t un m&#234;me-m&#234;me d'in&#233;galit&#233;, une constance d'impermanence. &#8211; Cette loi est n&#233;e du jeu des forces comme cette transcendance absolue, et comme un pur changement ; l' &#233;ponyme , la force, se d&#233;compose en une opposition qui appara&#238;t d'abord comme une diff&#233;rence ind&#233;pendante, mais qui s'av&#232;re en fait n'en &#234;tre pas une ; car c'est la m&#234;me chose qui se repousse de soi, et cette substance repouss&#233;e s'attire donc essentiellement, parce que c'est la m&#234;me chose ; La diff&#233;rence faite, puisqu'il n'en est pas un, s'annule &#224; nouveau. Elle se pr&#233;sente ici comme une diff&#233;rence dans la chose elle-m&#234;me , ou comme une diff&#233;rence absolue, et cette diff&#233;rence dans la chose n'est donc rien d'autre que la chose du m&#234;me nom qui s'est repouss&#233;e d'elle-m&#234;me et n'oppose donc qu'une opposition qui est pas un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce principe, le premier suprasensible, le royaume calme des lois, l'image imm&#233;diate du monde per&#231;u, se renverse en son contraire ; La loi &#233;tait g&#233;n&#233;ralement ce qui restait le m&#234;me , comme ses diff&#233;rences ; Mais il est d&#233;sormais clair que les deux sont en r&#233;alit&#233; &#224; l'oppos&#233; d'eux-m&#234;mes ; Au contraire, ce qui est semblable &#224; soi se repousse de lui-m&#234;me, et ce qui est diff&#233;rent de soi se pose plut&#244;t comme semblable &#224; soi. En fait, c'est seulement avec cette d&#233;termination que la diff&#233;rence est interne , ou diff&#233;rence en soi , en ce sens que le m&#234;me est in&#233;gal et que l'in&#233;gal est &#233;gal. &#8211; Ce deuxi&#232;me monde suprasensible est en ce sens le monde &#224; l'envers ; c'est-&#224;-dire qu'il y a d&#233;j&#224; un c&#244;t&#233; du premier monde suprasensible qui est invers&#233; par rapport &#224; ce premier . L'int&#233;rieur est ainsi compl&#233;t&#233; en apparence. Car le premier monde suprasensible n'&#233;tait que l' &#233;l&#233;vation imm&#233;diate du monde per&#231;u dans l'&#233;l&#233;ment g&#233;n&#233;ral ; Elle avait en cela sa contrepartie n&#233;cessaire, qui gardait encore pour elle le principe du changement et du changement ; Le premier royaume de lois en manquait, mais il le maintient comme un monde invers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la loi de ce monde invers&#233;, ce qui est comme le premier est diff&#233;rent de lui-m&#234;me, et ce qui lui est diff&#233;rent est &#233;galement diff&#233;rent de lui-m&#234;me , ou devient semblable &#224; lui-m&#234;me . &#192; certains moments, cela arrivera de telle mani&#232;re que ce qui &#233;tait doux dans la loi de la premi&#232;re est aigre dans ce mal en soi ; ce qui est noir dans celui-l&#224;, blanc dans celui-l&#224;. Ce qui, dans la premi&#232;re loi de l'aimant, est le p&#244;le nord, est dans son autre en-soi suprasensible (c'est-&#224;-dire dans la terre) le p&#244;le sud ; Mais qu'est-ce que le p&#244;le Sud, c'est le p&#244;le Nord ici. De m&#234;me que ce qui est un p&#244;le oxyg&#232;ne dans la premi&#232;re loi de l'&#233;lectricit&#233; devient un p&#244;le hydrog&#232;ne dans son autre nature suprasensible ; et vice versa, ce qui est l&#224; le p&#244;le hydrog&#232;ne devient ici le p&#244;le oxyg&#232;ne. Dans un autre domaine, selon le droit imm&#233;diat, la vengeance contre l'ennemi est la plus haute satisfaction de l'individualit&#233; l&#233;s&#233;e. Mais cette loi , de me montrer comme un &#234;tre contre lui &#224; celui qui ne me traite pas comme un &#234;tre-soi, et plut&#244;t de l'abolir en tant qu'&#234;tre, est renvers&#233;e par le principe de l'autre monde en l'oppos&#233; , la restauration. de moi en tant qu'&#234;tre &#224; travers l'abolition de l'&#234;tre &#233;tranger dans l'autodestruction. Or, si cette perversion, qui est repr&#233;sent&#233;e dans la punition du crime, est &#233;rig&#233;e en loi , alors elle aussi n'est que la loi d'un monde, qui a en face d'elle un monde perverti et suprasensible , dans lequel ce qui est m&#233;pris&#233; dans l'autre, en honorer ce qui est honor&#233; dans le premier vient au m&#233;pris. Le ch&#226;timent qui souille et d&#233;truit l'homme selon la loi du premier se transforme dans son monde &#224; l'envers en le pardon qui pr&#233;serve son essence et lui rend l'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu superficiellement, ce monde invers&#233; est tellement &#224; l'oppos&#233; du premier qu'il le tient hors de lui, et rejette le premier comme une r&#233;alit&#233; invers&#233;e, l' une &#233;tant l' apparence , l' autre l' en-soi , l' une &#233;tant ce qu'elle est. pour un autre , l' autre par opposition &#224; ce qu'il est pour soi ; de sorte que, pour reprendre les exemples pr&#233;c&#233;dents, ce qui a un go&#251;t sucr&#233; serait effectivement , ou int&#233;rieurement , aigre dans la chose, ou ce qui est dans l'aimant r&#233;el de l'apparence, le p&#244;le nord, serait, dans l' &#234;tre interne ou essentiel, le p&#244;le sud. ; Ce qui appara&#238;t sur l'&#233;lectricit&#233; apparaissant comme un p&#244;le d'oxyg&#232;ne serait sur le p&#244;le d'hydrog&#232;ne qui n'appara&#238;t pas. Ou encore, un acte qui est un crime en apparence devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre bon &#224; l'int&#233;rieur (un mauvais acte peut avoir une bonne intention) ; La punition n'est qu'une punition en apparence , mais en elle-m&#234;me ou dans un autre monde, elle peut &#234;tre un b&#233;n&#233;fice pour le criminel. Mais de tels contrastes entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur, entre apparence et suprasensible, comme entre deux r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes, ne sont plus pr&#233;sents ici. Les diff&#233;rences repouss&#233;es ne se redistribuent pas &#224; deux de ces substances qui les porteraient et leur donneraient une existence s&#233;par&#233;e ; par quoi la compr&#233;hension int&#233;rieure reviendrait &#224; sa position ant&#233;rieure. Un c&#244;t&#233; ou substance serait encore le monde de la perception, dans lequel l'une des deux lois op&#232;re son essence, et en face serait un monde int&#233;rieur, exactement un monde sensoriel comme le premier, mais dans l' imagination ; Il ne pouvait pas &#234;tre montr&#233; comme un monde sensuel, ni vu, entendu, go&#251;t&#233;, et pourtant il serait imagin&#233; comme un tel monde sensuel. Mais en fait, si l'un pos&#233; est quelque chose de per&#231;u, et que son en-soi , comme son inversion, est aussi quelque chose d'imagin&#233; sensuellement , alors l'aigre, qui serait l'en-soi de la chose douce , est une chose aussi r&#233;elle que &#231;a, une chose aigre ; le noir, qui serait l'en-soi du blanc, est le vrai noir ; le p&#244;le nord, qui est l'en-soi du p&#244;le sud, est le p&#244;le nord pr&#233;sent sur le m&#234;me aimant ; le p&#244;le oxyg&#232;ne, qui est l'en-soi du p&#244;le hydrog&#232;ne, le p&#244;le oxyg&#232;ne existant de la m&#234;me colonne. Mais le vrai crime a sa perversion , etil est en soi comme possibilit&#233; dans l'intention comme telle, mais non dans une bonne ; car la v&#233;rit&#233; de l'intention n'est que l'acte lui-m&#234;me. Mais le crime, selon son contenu, a son reflet en lui-m&#234;me ou son inversion dans la peine r&#233;elle ; c'est la r&#233;conciliation du droit avec la r&#233;alit&#233; qui l'oppose dans le crime. Enfin, la punition r&#233;elle a sa fausse r&#233;alit&#233; en ce sens qu'elle est une telle r&#233;alisation de la loi, par laquelle l'activit&#233; qu'elle a comme punition s'annule , et ce qui est actif redevient une loi calme et valable, et le mouvement de l'individualit&#233; contre elle, et la sienne contre elle s'&#233;teint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'id&#233;e d'inversion, qui constitue l'essence d'un c&#244;t&#233; du monde suprasensible, doit &#234;tre supprim&#233;e l'id&#233;e sensuelle de la fixation des diff&#233;rences dans un &#233;l&#233;ment diff&#233;rent de l'existence, et ce concept absolu de diff&#233;rence, comme un diff&#233;rence, repousse ce qui porte le m&#234;me nom pour repr&#233;senter et comprendre l'&#233;galit&#233; de l'in&#233;gal comme de l'in&#233;gal. C'est le pur changement, ou l'opposition en soi, la contradiction de la pens&#233;e . Car dans la diff&#233;rence, qui est interne, le contraire n'est pas seulement l'un de deux &#8211; sinon il serait un &#234;tre et non un contraire ; mais il est le contraire d'un contraire, ou l'autre est directement pr&#233;sent en soi. J'ai probablement mis le contraire ici et l'autre l&#224; , dont c'est le contraire ; c'est-&#224;-dire le contraire d'un c&#244;t&#233;, en soi sans l'autre. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que j'ai ici le contraire en soi , qu'il est le contraire de lui-m&#234;me, ou qu'il a en fait l'autre directement en soi - Ainsi, le monde suprasensible, qui n'est pas le bon, a en m&#234;me temps empi&#233;t&#233; sur l'autre. sur eux, et eux sur eux-m&#234;mes ; c'est le mauvais pour soi, c'est-&#224;-dire le mauvais pour soi ; c'est lui-m&#234;me et ses oppos&#233;s dans une seule unit&#233;. C'est seulement ainsi qu'elle est la diff&#233;rence en tant que diff&#233;rence int&#233;rieure , ou diff&#233;rence en soi , ou est comme l'infini .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers l'infini, nous voyons la loi de la n&#233;cessit&#233; achev&#233;e en elle-m&#234;me et tous les moments d'apparition absorb&#233;s dans l'int&#233;rieur. La simplicit&#233; de la loi est l'infini, qu'on appelle, selon ce qui en r&#233;sulte, &#945;) c'est quelque chose qui est le m&#234;me que soi , mais qui est la diff&#233;rence en soi ; ou bien c'est quelque chose du m&#234;me nom qui se rejette ou se divise. Ce qu'on appelait la force simple se d&#233;double et est la loi par son infinit&#233;. &#946;) Le divis&#233;, qui constitue les parties pr&#233;sent&#233;es dans la loi , se pr&#233;sente comme existant ; et vus sans le concept de diff&#233;rence interne, l'espace et le temps, ou la distance et la vitesse, qui apparaissent comme des moments de gravit&#233;, sont &#224; la fois indiff&#233;rents et inutiles les uns aux autres et &#224; la gravit&#233; elle-m&#234;me, tout comme cette simple gravit&#233; lui est compar&#233;e, ou simple l'&#233;lectricit&#233; s'oppose au positif et au n&#233;gatif. &#947; ;) Mais &#224; travers le concept de diff&#233;rence interne, cet espace et ce temps in&#233;gaux et indiff&#233;rents, etc. est une diff&#233;rence , qui n'est pas une diff&#233;rence , ou seulement une diff&#233;rence du m&#234;me nom , et son essence est l'unit&#233; ; ils s'inspirent l'un contre l'autre comme positifs et n&#233;gatifs, et leur &#234;tre est plut&#244;t ceci, de se poser comme non-&#234;tre et de l'abolir dans l'unit&#233;. Tous deux existent comme distincts, ils sont en eux-m&#234;mes , ils sont en eux-m&#234;mes comme oppos&#233;s , c'est-&#224;-dire &#224; l'oppos&#233; d'eux-m&#234;mes, ils ont leur autre en eux et ne sont qu'une unit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet infini simple ou concept absolu doit &#234;tre appel&#233; la simple essence de la vie, l'&#226;me du monde, le sang commun, qui est omnipr&#233;sent, ni obscurci ni interrompu par aucune diff&#233;rence, mais qui est plut&#244;t lui-m&#234;me toutes les diff&#233;rences, ainsi que leur subordination, c'est-&#224;-dire qu'elle palpite en elle-m&#234;me sans bouger, tremble en elle-m&#234;me sans s'inqui&#233;ter. Il est identique &#224; lui-m&#234;me , car les diff&#233;rences sont tautologiques, ce sont des diff&#233;rences qui ne le sont pas. Ce m&#234;me &#234;tre ne se rapporte donc qu'&#224; lui-m&#234;me ; &#224; soi-m&#234;me , alors c'est autre chose vers lequel la relation est dirig&#233;e, et se rapporter &#224; soi-m&#234;me est plut&#244;t la division , ou pr&#233;cis&#233;ment que l'identit&#233; de soi est la diff&#233;rence int&#233;rieure. Ces divisions sont donc en elles-m&#234;mes , chacune le contraire d'un autre , donc l' autre s'y exprime d&#233;j&#224; en m&#234;me temps ; ou bien il n'est pas le contraire d'un autre mais seulement le pur contraire , alors en soi il est le contraire de soi ; ou bien ce n'est pas du tout un contraire, mais pur en soi, un &#234;tre pur et identique qui n'a aucune diff&#233;rence en soi, alors nous n'avons pas besoin de poser la question, et encore moins de consid&#233;rer le tourment d'une telle question pour la philosophie, ou m&#234;me pour qu'il en fasse partie, consid&#233;rez-le sans r&#233;ponse - comment la diff&#233;rence ou l'alt&#233;rit&#233; vient de cet &#234;tre pur, comment en sort ; car la division a d&#233;j&#224; eu lieu, la diff&#233;rence a &#233;t&#233; exclue du m&#234;me et plac&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de lui ; Ce qui devrait &#234;tre le m&#234;me que soi est donc d&#233;j&#224; un des divis&#233;s, bien plus que l'essence absolue. Ce qui est &#233;gal &#224; soi se divise , c'est pourquoi cela signifie &#233;galement qu'il se dissout comme quelque chose de d&#233;j&#224; divis&#233;, il se dissout comme alt&#233;rit&#233;. L' unit&#233; , dont on dit habituellement que la diff&#233;rence ne peut en sortir, n'est en fait elle-m&#234;me que l' unique moment de la division ; c'est l'abstraction de la simplicit&#233;, qui s'oppose &#224; la diff&#233;rence. Mais comme c'est l'abstraction, seulement l'un des contraires, on a d&#233;j&#224; dit que c'est la division ; car si l'unit&#233; est un n&#233;gatif , un oppos&#233; , alors elle est pos&#233;e comme ce qui contient l'opposition. Les diff&#233;rences entre se diviser et devenir le m&#234;me que soi ne sont donc que ce mouvement d'auto-abolition. ; car puisque la m&#234;me chose, qui doit d'abord se diviser en deux ou devenir son contraire, est une abstraction ou d&#233;j&#224; quelque chose de divis&#233;, sa division est par l&#224; une abolition de ce qu'elle est et donc l'abolition de sa division. Devenir identique &#224; soi-m&#234;me est aussi une division ; Ce qui devient &#233;gal &#224; lui-m&#234;me se trouve ainsi confront&#233; &#224; la division ; Autrement dit, il se met de c&#244;t&#233; , ou plut&#244;t il se divise .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infinit&#233; ou cette inqui&#233;tude absolue du pur mouvement de soi, selon laquelle ce qui est d&#233;termin&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre, par exemple comme &#233;tant, est plut&#244;t le contraire de cette d&#233;termination, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; l'&#226;me de tout ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;, mais n'existe qu'en il appara&#238;t d'abord librement comme une explication ; et parce qu'elle est finalement un objet pour la conscience telle qu'elle est , alors la conscience est la conscience de soi . Expliquer l' esprit ne d&#233;crit initialement que ce qu'est la conscience de soi. Il abolit les diff&#233;rences qui existent dans la loi, d&#233;j&#224; devenues pures mais encore indiff&#233;rentes, et les &#233;tablit dans une unit&#233;, une force. Mais ce devenir &#233;gal est tout aussi directement une division, parce qu'il ne fait qu'abolir les diff&#233;rences et &#233;tablit par l&#224; l'unit&#233; du pouvoir en faisant une nouvelle diff&#233;rence, de loi et de pouvoir, qui en m&#234;me temps n'est pas une diff&#233;rence ; Et outre que cette diff&#233;rence n'est pas non plus une diff&#233;rence, il va lui-m&#234;me abolir cette diff&#233;rence en donnant &#224; la force la m&#234;me nature que la loi. &#8211; Mais ce mouvement ou n&#233;cessit&#233; est encore la n&#233;cessit&#233; et le mouvement de l'entendement, ou bien il n'est pas en tant que tel son objet , mais il a en lui l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative, la distance, la vitesse, l'attraction et mille autres choses comme objets qui ont le contenu des moments de mouvement. Il y a tellement d'autosatisfaction &#224; expliquer pr&#233;cis&#233;ment parce que, en l'exprimant de cette fa&#231;on, la conscience est en monologue direct avec elle-m&#234;me, ne jouissant que d'elle-m&#234;me, m&#234;me si elle semble faire autre chose, mais en r&#233;alit&#233; ne fait que jouer avec elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la loi oppos&#233;e comme renversement de la premi&#232;re loi, ou dans la diff&#233;rence interne, l'infini lui-m&#234;me devient l'objet de l'entendement, mais comme tel il le manque encore en ignorant la diff&#233;rence en soi, l'auto-repoussant du m&#234;me nom, et les in&#233;gaux qui s'attirent, r&#233;partis &#224; nouveau en deux mondes, ou en deux &#233;l&#233;ments substantiels ; Le mouvement tel qu'il est dans l'exp&#233;rience est ici pour lui un &#233;v&#233;nement, et le m&#234;me et le diff&#233;rent sont des pr&#233;dicats dont l'essence est un substrat qui existe. La m&#234;me chose qui est pour lui un objet dans une coquille sensuelle est pour nous dans sa forme essentielle, comme un pur concept. Cette appr&#233;hension de la diff&#233;rence telle qu'elle est r&#233;ellement , ou l'appr&#233;hension de l'infini comme tel, est pour nous , ou en soi . L'expos&#233; de leur concept appartient &#224; la science ; Mais la conscience, telle qu'elle l'a directement , appara&#238;t &#224; nouveau comme sa propre forme ou une nouvelle forme de conscience, qui ne reconna&#238;t pas son essence dans la pr&#233;c&#233;dente, mais la voit comme quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent. &#8211; Puisque ce concept d'infini est son objet, il a conscience de la diff&#233;rence comme quelque chose d'imm&#233;diat et &#233;galement sublim&#233; ; c'est pour soi , c'est distinguer l'indiff&#233;renci&#233; , ou la conscience de soi . Je me diff&#233;rencie de moi-m&#234;me , et il m'appara&#238;t imm&#233;diatement que ce qui est diff&#233;renci&#233; ne l'est pas . Moi, l'&#233;ponyme, je m'&#233;loigne de moi-m&#234;me ; mais cette chose diff&#233;rente, sans &#233;gal, n'est imm&#233;diatement, parce qu'elle est diff&#233;renci&#233;e, aucune diff&#233;rence pour moi. La conscience d'autrui, d'un objet en g&#233;n&#233;ral, est elle-m&#234;me n&#233;cessairement conscience de soi , se refl&#233;tant en elle-m&#234;me, conscience de soi, dans son alt&#233;rit&#233;. La progression n&#233;cessaire depuis les formes de conscience ant&#233;rieures, dans lesquelles leur v&#233;rit&#233; &#233;tait une chose, quelque chose d'autre qu'elles-m&#234;mes, exprime le fait que non seulement la conscience des choses n'est possible que pour une conscience de soi, mais que cela seul est la v&#233;rit&#233; de ces formes sont. Mais cette v&#233;rit&#233; n'existe que pour nous, pas encore pour la conscience. Mais la conscience de soi n'est devenue que quelque chose pour elle-m&#234;me , pas encore comme une unit&#233; avec la conscience en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons qu'&#224; l'int&#233;rieur du ph&#233;nom&#232;ne, l'entendement n'est en r&#233;alit&#233; pas quelque chose de diff&#233;rent du ph&#233;nom&#232;ne lui-m&#234;me, mais non pas comme un jeu de forces, mais &#233;prouve la m&#234;me chose dans ses moments absolument universels et leur mouvement, et en fait seulement &#233;prouve lui-m&#234;me m&#234;me nom indiff&#233;renci&#233; , qui se repousse, se pose comme un int&#233;rieur diff&#233;renci&#233;, mais pour lequel l' indiff&#233;rence des deux est tout aussi imm&#233;diate , conscience de soi . Il s'av&#232;re que derri&#232;re ce qu'on appelle le rideau, qui est cens&#233; couvrir l'int&#233;rieur, rien ne peut &#234;tre vu &#224; moins que nous ne passions nous-m&#234;mes derri&#232;re lui, et que nous soyons vus avec lui tout autant qu'il y a quelque chose qui peut &#234;tre vu derri&#232;re lui. Mais en m&#234;me temps, il s'av&#232;re que cela ne peut se faire sans toutes les circonstances ; car cette connaissance, qui est la v&#233;rit&#233; de l'id&#233;e de l'apparence et de son int&#233;rieur, n'est elle-m&#234;me que le r&#233;sultat d'un mouvement circonstanciel, par lequel disparaissent les modes de conscience, d'opinion, de perception et de compr&#233;hension ; et il s'av&#233;rera &#233;galement que la reconnaissance de ce que la conscience conna&#238;t en se connaissant elle-m&#234;me n&#233;cessite d'autres circonstances, dont l'explication est la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; IV&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de la certitude de soi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les modes de certitude pr&#233;c&#233;dents, la v&#233;rit&#233; est autre chose qu'elle-m&#234;me pour la conscience. Mais le concept de cette v&#233;rit&#233; dispara&#238;t dans l'exp&#233;rience de celle-ci ; de m&#234;me que l'objet &#233;tait directement en soi , l'&#234;tre de la certitude sensuelle, la chose concr&#232;te de la perception, la puissance de l'entendement, de m&#234;me il ne se r&#233;v&#232;le pas &#234;tre dans la v&#233;rit&#233;, mais cet en-soi appara&#238;t comme une mani&#232;re par laquelle il ne fait que c'est pour un autre ; le concept en est &#233;limin&#233; dans l'objet r&#233;el, ou dans la premi&#232;re id&#233;e imm&#233;diate de l'exp&#233;rience, et la certitude se perd dans la v&#233;rit&#233;. Mais maintenant est n&#233; ce qui n'&#233;tait pas n&#233; dans ces conditions ant&#233;rieures, &#224; savoir une certitude qui est &#233;gale &#224; sa v&#233;rit&#233;, car la certitude est elle-m&#234;me son objet, et la conscience est elle-m&#234;me la v&#233;rit&#233;. Il y a aussi une alt&#233;rit&#233; l&#224;-dedans ; La conscience fait une distinction, mais qui est en m&#234;me temps quelque chose qui n'est pas diff&#233;renci&#233; pour elle. Si nous appelons concept le mouvement de la connaissance, mais l' objet , la connaissance comme unit&#233; calme, ou comme ego, nous voyons que l'objet correspond au concept non seulement pour nous, mais pour la connaissance elle-m&#234;me. &#8211; Ou bien, d'une autre mani&#232;re, le concept s'appelle ce qu'est l'objet en soi , mais l'objet est ce qu'il est comme objet ou pour autrui, si &#233;clairant que l'&#234;tre en soi et l'&#234;tre pour un &#234;tre sont diff&#233;rents. la m&#234;me chose ; car l' en-soi est conscience ; mais c'est aussi ce pour quoi un autre (l' en-soi ) existe ; et c'est pour lui que l'en-soi de l'objet et l'&#234;tre du m&#234;me pour un autre sont le m&#234;me ; Je est le contenu de la relation et la relation elle-m&#234;me ; Il est lui-m&#234;me contre un autre, et en m&#234;me temps il s'&#233;tend sur cet autre, qui pour lui n'est aussi que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la conscience de soi, nous sommes maintenant entr&#233;s dans le domaine natif de la v&#233;rit&#233;. On peut voir comment appara&#238;t pour la premi&#232;re fois la forme de conscience de soi. Si l'on regarde cette nouvelle forme de connaissance, la connaissance de soi, par rapport &#224; ce qui la pr&#233;c&#233;dait, la connaissance d'autrui, alors celle-ci a bel et bien disparu ; mais en m&#234;me temps ses instants ont &#233;t&#233; conserv&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re ; et la perte est qu'ils sont pr&#233;sents ici tels qu'ils sont en eux-m&#234;mes. L' &#234;tre de l'opinion, l' individualit&#233; et la g&#233;n&#233;ralit&#233; de la perception qui lui sont oppos&#233;es , ainsi que l'int&#233;rieur vide de l'entendement, ne sont plus comme des &#234;tres, mais comme des moments de conscience de soi, c'est-&#224;-dire comme des abstractions ou des diff&#233;rences, qui sont en m&#234;me temps nuls et non avenus pour la conscience elle-m&#234;me, ou aucune diff&#233;rence et sont des &#234;tres purement en voie de disparition. Ainsi, seul le facteur principal lui-m&#234;me semble avoir &#233;t&#233; perdu, &#224; savoir la simple existence ind&#233;pendante de la conscience. Mais en r&#233;alit&#233;, la conscience de soi est le reflet de l'&#234;tre du monde sensible et per&#231;u, et essentiellement le retour de l'alt&#233;rit&#233; . En tant que conscience de soi, c'est le mouvement ; mais comme il ne se distingue que comme lui-m&#234;me, la diff&#233;rence s'abolit aussit&#244;t pour lui comme alt&#233;rit&#233; ; la diff&#233;rence n'est pas, et ce n'est que la tautologie immobile du : je suis je ; Puisque la diff&#233;rence n'a pas aussi la forme de l'&#234;tre , elle n'est pas conscience de soi. C'est ici pour lui l'alt&#233;rit&#233;, comme &#234;tre , ou comme moment diff&#233;renci&#233; ; mais pour elle c'est aussi l'unit&#233; de soi avec cette diff&#233;rence, comme second moment diff&#233;renci&#233;. D&#232;s ce premier instant, la conscience de soi en tant que conscience est pr&#233;serv&#233;e , et pour elle toute l'expansion du monde sensible est pr&#233;serv&#233;e ; mais en m&#234;me temps seulement en ce qui concerne le deuxi&#232;me moment, l'unit&#233; de la conscience de soi avec elle-m&#234;me ; et c'est donc pour lui une existence, qui n'est pourtant qu'une apparence ou une diff&#233;rence, qui en elle-m&#234;me n'a pas d'&#234;tre. Mais ce contraste entre son apparence et sa v&#233;rit&#233; n'a pour essence que la v&#233;rit&#233;, &#224; savoir l'unit&#233; de la conscience de soi avec elle-m&#234;me ; cela doit lui devenir essentiel ; c'est-&#224;-dire que c'est le d&#233;sir en g&#233;n&#233;ral. En tant que conscience de soi, la conscience a d&#233;sormais un double objet, l'un, l'imm&#233;diat, l'objet de la certitude sensorielle et de la perception, maiscar il est d&#233;sign&#233; par le caract&#232;re du n&#233;gatif , et le second, &#224; savoir lui-m&#234;me , qui est la v&#233;ritable essence et n'est initialement pr&#233;sent qu'&#224; l'oppos&#233; de la premi&#232;re. La conscience de soi se pr&#233;sente ici comme le mouvement dans lequel cette opposition s'abolit et devient &#233;gale &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet, qui est le n&#233;gatif de la conscience de soi, s'est &#224; son tour, pour nous ou en soi, tout aussi repli&#233; en soi que la conscience d'autre part. Par cette r&#233;flexion, il est devenu vie en lui-m&#234;me . Ce qui distingue la conscience de soi comme &#233;tant d'elle-m&#234;me, dans la mesure o&#249; elle est pos&#233;e comme &#233;tant, n'a pas seulement en elle le mode de certitude et de perception sensorielles, mais se refl&#232;te en elle-m&#234;me, et l'objet du d&#233;sir imm&#233;diat est un &#234;tre vivant . Car l' en-soi , ou le r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral du rapport de l'entendement &#224; l'int&#233;rieur des choses, est la distinction de ce qui ne peut &#234;tre distingu&#233;, ou l'unit&#233; de ce qui est diff&#233;renci&#233;. Mais cette unit&#233;, comme nous l'avons vu, est tout autant un rejet d'elle-m&#234;me, et ce concept se scinde en opposition entre conscience de soi et vie ; dont l'unit&#233; est l'unit&#233; infinie des diff&#233;rences ; Mais ce n'est que cette unit&#233; elle-m&#234;me, de sorte qu'elle n'est pas en m&#234;me temps pour elle-m&#234;me . Tout comme la conscience est ind&#233;pendante, son objet est tout aussi ind&#233;pendant. La conscience de soi, qui est absolument pour elle-m&#234;me et d&#233;crit directement son objet avec le caract&#232;re du n&#233;gatif, ou qui est initialement d&#233;sir , fera donc plut&#244;t l'exp&#233;rience de son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination de la vie, telle qu'elle r&#233;sulte du concept ou du r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral avec lequel nous entrons dans cette sph&#232;re, suffit &#224; la d&#233;crire sans qu'il soit n&#233;cessaire de d&#233;velopper davantage sa nature ; leur cercle se d&#233;cide dans les instants suivants. L' essence est l'infini comme suspension de toutes les diff&#233;rences, le pur mouvement de rotation des axes, le calme de soi comme infini absolument agit&#233; ; l' ind&#233;pendance elle-m&#234;me, dans laquelle se dissolvent les diff&#233;rences du mouvement ; la simple essence du temps, qui, dans cette identit&#233;, a la forme solide de l'espace. Mais les diff&#233;rences dans ce simple milieu g&#233;n&#233;ral sont tout autant des diff&#233;rences ; car ce fluide g&#233;n&#233;ral n'a sa nature n&#233;gative que parce qu'il en est une annulation ; mais il ne peut abolir les diff&#233;rences si elles n'existent pas. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce fluide, comme l'ind&#233;pendance elle-m&#234;me, qui existe , ou la substance de celle-ci, dans laquelle ils sont en tant que membres distincts et parties qui existent pour eux-m&#234;mes . L'&#234;tre n'a plus le sens de l' abstraction de l'&#234;tre , ni sa pure essence, l' abstraction de l'universalit&#233; ; mais leur &#234;tre est pr&#233;cis&#233;ment cette simple substance liquide du mouvement pur en soi. La diff&#233;rence entre ces membres les uns des autres , mais comme diff&#233;rence, ne consiste dans aucune autre d&#233;termination que la d&#233;termination des moments de l'infini ou du mouvement pur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres ind&#233;pendants sont pour eux-m&#234;mes ; Mais cet &#234;tre pour soi est aussi directement son reflet dans l'unit&#233; que cette unit&#233; est la division en formes ind&#233;pendantes. L'unit&#233; est divis&#233;e parce qu'elle est unit&#233; absolument n&#233;gative ou infinie ; et parce qu'elle est l' existence , la diff&#233;rence aussi n'a d'ind&#233;pendance qu'en elle . Cette ind&#233;pendance de la figure appara&#238;t comme une certaine chose, pour autre chose , parce qu'elle est quelque chose de divis&#233; ; et l' abolition de la division se fait par autre chose. Mais il s'agit tout autant d'elle-m&#234;me ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment ce fluide qui est la substance des formes ind&#233;pendantes ; mais cette substance est infinie ; La forme est donc, dans son existence m&#234;me, la division ou l'abolition de son &#234;tre-pour-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous distinguons plus &#233;troitement les moments contenus ici, nous voyons que nous avons d'abord l' existence des formes ind&#233;pendantes, ou la suppression de ce qu'est la distinction en soi, &#224; savoir ne pas &#234;tre en soi et ne pas avoir d'existence. . Mais le deuxi&#232;me moment est la soumission de cette existence &#224; l'infinit&#233; de la diff&#233;rence. Il y a d'abord la forme existante ; Comme substance existant pour elle-m&#234;me , ou infinie dans sa d&#233;termination, elle appara&#238;t contre la substance g&#233;n&#233;rale , nie cette fluidit&#233; et cette continuit&#233; avec elle et s'affirme comme non dissoute dans ce g&#233;n&#233;ral, mais plut&#244;t comme s&#233;par&#233;e de celle-ci, sa nature inorganique, et &#234;tre consomm&#233; en conservant le m&#234;me. La vie dans le milieu fluide g&#233;n&#233;ral, un d&#233;roulement calme des figures, devient mouvement, ou la vie comme processus . Le fluide g&#233;n&#233;ral simple est l' en-soi , et la diff&#233;rence des formes est l' autre . Mais ce fluide lui-m&#234;me devient l'Autre par cette diff&#233;rence ; car il s'agit maintenant de la diff&#233;rence , qui est en et pour soi, et donc du mouvement infini par lequel se consume ce milieu calme, la vie comme &#234;tre vivant . &#8211; Mais cette perversion est encore une perversion en soi ; ce qui se consomme, c'est l'&#234;tre ; L'individualit&#233;, qui se maintient aux d&#233;pens du g&#233;n&#233;ral et se donne le sentiment d'unit&#233; avec elle-m&#234;me, &#233;limine pr&#233;cis&#233;ment par l&#224; son opposition &#224; l'autre, par laquelle elle est pour elle-m&#234;me ; l' unit&#233; avec soi qu'elle se donne, c'est pr&#233;cis&#233;ment la fluidit&#233; des diff&#233;rences, ou la dissolution g&#233;n&#233;rale . Mais inversement, l'abolition de l'existence individuelle est aussi sa cr&#233;ation. Car puisque l' essence de la forme individuelle, la vie g&#233;n&#233;rale et ce qui existe en soi est en soi une substance simple, en pla&#231;ant l' autre en soi, elle &#233;l&#232;ve sa simplicit&#233;., ou son essence, c'est-&#224;-dire qu'il la divise, et cette division du fluide aveugle est pr&#233;cis&#233;ment la position de l'individualit&#233;. La simple substance de la vie est donc la division d'elle-m&#234;me en formes, et en m&#234;me temps la r&#233;solution de ces diff&#233;rences existantes ; et la r&#233;solution de la division est tout autant une division ou une division. Cela signifie que les deux aspects qui ont &#233;t&#233; diff&#233;renci&#233;s dans l'ensemble du mouvement, &#224; savoir la conception et le processus de la vie, qui sont expliqu&#233;s calmement dans le milieu g&#233;n&#233;ral de l'ind&#233;pendance, se fondent l'un dans l'autre ; cette derni&#232;re est tout autant une cr&#233;ation qu'une abolition de la forme ; et la premi&#232;re, la formation, est tout autant une sublation qu'une structure. L'&#233;l&#233;ment liquide lui-m&#234;me n'est que l' abstraction de l'essence, ou bien il n'est r&#233;el que comme forme ; et le fait qu'il soit divis&#233; est encore une fois une division de ce qui est divis&#233;, ou une dissolution de celui-ci. Ce cycle tout entier constitue la vie, ni ce qui s'exprime d'abord, la continuit&#233; imm&#233;diate et la solidit&#233; de son essence, ni la forme existante et ce qui est discret en soi, ni le processus pur de celle-ci, ni m&#234;me la simple synth&#232;se de ces moments, mais le un tout qui d&#233;veloppe et dissout son d&#233;veloppement et se maintient simplement dans ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant de la premi&#232;re unit&#233; imm&#233;diate et en passant par les moments de formation et de processus jusqu'&#224; l'unit&#233; de ces deux moments, et en revenant ainsi &#224; la premi&#232;re substance simple, cette unit&#233; r&#233;fl&#233;chie est diff&#233;rente de la premi&#232;re. Contrairement &#224; cet &#234;tre imm&#233;diat , ou exprim&#233; comme &#234;tre , ce second est l' &#234;tre g&#233;n&#233;ral , qui a tous ces moments comme suspendus en lui. C'est l' esp&#232;ce simple qui n'existe pas dans le mouvement m&#234;me de la vie comme cette chose simple ; mais dans ce r&#233;sultat la vie d&#233;signe autre chose que ce qu'elle est, &#224; savoir la conscience pour laquelle elle est comme cette unit&#233;, ou comme esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette autre vie, pour laquelle l' esp&#232;ce en tant que telle et qui est une esp&#232;ce pour elle-m&#234;me, la conscience de soi, n'est d'abord qu'elle-m&#234;me comme cet &#234;tre simple, et a elle-m&#234;me comme objet le pur moi ; Dans son exp&#233;rience, qu'il s'agit maintenant d'examiner, cet objet abstrait va s'enrichir et recevoir le d&#233;veloppement que nous avons vu dans la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Je simple est ce genre ou l'universel simple pour lequel les diff&#233;rences ne sont nulles, uniquement parce qu'il est l'&#234;tre n&#233;gatif des moments ind&#233;pendants form&#233;s ; et la conscience de soi n'est certaine d'elle-m&#234;me que par l'abolition de cet autre qui se pr&#233;sente &#224; elle comme une vie ind&#233;pendante ; c'est le d&#233;sir . Certaine du n&#233;ant de cet autre, elle se l'impose comme sa v&#233;rit&#233;, annihile l'objet ind&#233;pendant et se donne ainsi la certitude de soi, comme certitude vraie , comme quelque chose qui est devenu &#224; soi de mani&#232;re objective .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans cette satisfaction il &#233;prouve l'ind&#233;pendance de son objet. Le d&#233;sir et la certitude de soi r&#233;alis&#233;s dans sa satisfaction sont conditionn&#233;s par lui, car c'est par l'abolition de cet autre ; Pour que ce soit une abolition, il faut que ce soit autre chose. La conscience de soi est donc incapable de l'abolir par sa relation n&#233;gative ; Au contraire, il le cr&#233;e &#224; nouveau, tout comme le d&#233;sir. C'est en effet autre chose que la conscience de soi, l'essence du d&#233;sir ; et gr&#226;ce &#224; cette exp&#233;rience, cette v&#233;rit&#233; lui est devenue claire. Mais en m&#234;me temps, elle est tout aussi absolue en soi, et cela seulement par l'abolition de l'objet, et elle doit en &#234;tre la satisfaction, parce qu'elle est la v&#233;rit&#233;. Au nom de l'ind&#233;pendance de l'objet, la satisfaction ne peut &#234;tre obtenue que si l'objet lui-m&#234;me effectue la n&#233;gation sur lui ; et il doit r&#233;aliser cette n&#233;gation de lui-m&#234;me, car il est en lui le n&#233;gatif, et doit &#234;tre ce qu'il est pour l'autre. Parce qu'elle est la n&#233;gation de soi et qu'elle est en m&#234;me temps ind&#233;pendante, elle est conscience. Dans la vie, qui est objet du d&#233;sir, la n&#233;gation est soit dans un autre , &#224; savoir dans le d&#233;sir, soit comme d&#233;termination contre une autre forme indiff&#233;rente, soit comme sa nature g&#233;n&#233;rale inorganique . Mais cette nature g&#233;n&#233;rale ind&#233;pendante, dans laquelle la n&#233;gation est absolue, est l'esp&#232;ce en tant que telle, ou comme conscience de soi. La conscience de soi ne trouve sa satisfaction que dans une autre conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; ces trois moments que le concept de conscience de soi est complet ; a) le moi pur et indiff&#233;renci&#233; est son premier objet imm&#233;diat. b) Mais cette imm&#233;diatet&#233; est elle-m&#234;me m&#233;diation absolue ; elle n'existe que comme abolition de l'objet ind&#233;pendant, ou elle est d&#233;sir. La satisfaction du d&#233;sir est en effet le reflet de la conscience de soi en soi, ou la certitude devenue v&#233;rit&#233;. c) Mais la v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la double r&#233;flexion, le d&#233;doublement de la conscience de soi. C'est un objet pour la conscience qui pose son alt&#233;rit&#233; ou sa diff&#233;rence comme insignifiante et est ind&#233;pendant &#224; cet &#233;gard. La seule forme vivante diff&#233;renci&#233;e abolit bien son ind&#233;pendance dans le processus m&#234;me de la vie, mais avec sa diff&#233;rence elle cesse d'&#234;tre ce qu'elle est ; Mais l'objet de la conscience de soi est tout aussi ind&#233;pendant dans cette n&#233;gativit&#233; de lui-m&#234;me ; et ainsi c'est lui-m&#234;me une esp&#232;ce, un fluide g&#233;n&#233;ral dans la particularit&#233; de sa s&#233;paration ; il vit la conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une conscience de soi pour une conscience de soi . Ce n'est que gr&#226;ce &#224; cela qu'il est r&#233;ellement possible ; car c'est seulement en cela qu'il devient l'unit&#233; de lui-m&#234;me dans son alt&#233;rit&#233; ; Je , qui est l'objet de son concept, n'est en fait pas un objet ; Mais l'objet du d&#233;sir n'est ind&#233;pendant que parce qu'il est la substance g&#233;n&#233;rale indestructible, l'&#234;tre liquide et &#233;gal &#224; lui-m&#234;me. Puisque la conscience de soi est l'objet, elle est autant moi que l'objet. &#8211; Cela signifie que le concept d'esprit est d&#233;j&#224; &#224; notre disposition. Ce qui devient plus loin pour la conscience, c'est l'exp&#233;rience, qui est l'esprit, cette substance absolue, qui est l'unit&#233; du m&#234;me dans la compl&#232;te libert&#233; et ind&#233;pendance de son contraire, &#224; savoir les diff&#233;rentes consciences de soi qui existent pour elles-m&#234;mes ; Moi , qui est nous , et nous , qui est moi. La conscience n'a son tournant que dans la conscience de soi, en tant que concept de l'esprit, o&#249; elle sort de la lueur color&#233;e du monde sensoriel et de la nuit vide de l'au-del&#224; suprasensoriel pour entrer dans le jour spirituel du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une&lt;br class='autobr' /&gt;
ind&#233;pendance et une non-ind&#233;pendance&lt;br class='autobr' /&gt;
de la conscience de soi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Domination et servitude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi est en et pour soi , en ce sens qu'elle est pour un autre en et pour soi ; c'est-&#224;-dire qu'il est seulement reconnu comme quelque chose. Le concept de cette unit&#233; dans son d&#233;doublement, de l'infini qui se r&#233;alise dans la conscience de soi, est un enchev&#234;trement multiforme et ambigu, de sorte que ses moments sont en partie tenus exactement &#224; part, en partie dans cette distinction comme non diff&#233;renci&#233;s ou toujours pris en compte. leur sens oppos&#233; et doivent &#234;tre reconnus. L'ambigu&#239;t&#233; de ce qui est diff&#233;renci&#233; r&#233;side dans la nature de la conscience de soi, qui est infinie ou directement oppos&#233;e &#224; la d&#233;termination dans laquelle elle est pos&#233;e. La d&#233;construction du concept de cette unit&#233; spirituelle dans son d&#233;doublement nous pr&#233;sente le mouvement de reconnaissance .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience de soi, c'est une conscience de soi diff&#233;rente ; il est devenu hors de lui . Cela a un double sens : premi&#232;rement , il s'est perdu, parce qu'il se retrouve comme un autre &#234;tre ; Deuxi&#232;mement , elle a ainsi aboli l'autre, parce qu'elle ne voit pas l'autre comme un &#234;tre, mais elle -m&#234;me dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette alt&#233;rit&#233; doit &#234;tre abolie ; c'est l'abolition du premier double sens, et donc lui-m&#234;me d'un deuxi&#232;me double sens ; Premi&#232;rement , il doit viser &#224; abolir l' autre &#234;tre ind&#233;pendant pour devenir ainsi s&#251;r de lui-m&#234;me en tant qu'&#234;tre ; Deuxi&#232;mement , il s'agit de s'abolir soi-m&#234;me , car cet autre, c'est soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette abolition ambigu&#235; de son alt&#233;rit&#233; ambigu&#235; est aussi un retour ambigu en soi ; car d'abord, en l'abolissant, il se retrouve ; car il redevient le m&#234;me par l'abolition de son alt&#233;rit&#233; ; Mais en deuxi&#232;me lieu , elle lui rend de la m&#234;me mani&#232;re l'autre conscience de soi, parce qu'elle &#233;tait elle-m&#234;me dans l'autre, elle annule cet &#234;tre dans l'autre et lib&#232;re ainsi &#224; nouveau l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce mouvement de la conscience de soi par rapport &#224; une autre conscience de soi a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; ainsi, comme l'action de l'une ; mais cette action de l'un elle-m&#234;me a le double sens d' &#234;tre tout autant son action que celle de l'autre ; car l'autre est tout aussi ind&#233;pendant, autonome, et il n'y a rien en lui qui ne vienne par lui-m&#234;me. La premi&#232;re n'a pas devant elle l'objet puisqu'il n'existe initialement que pour le d&#233;sir, mais plut&#244;t un objet qui existe ind&#233;pendamment et sur lequel elle ne peut donc rien faire pour elle-m&#234;me, &#224; moins qu'elle ne se fasse &#224; elle-m&#234;me ce qu'elle lui fait. Le mouvement est donc simplement le double des deux consciences de soi. Chacun voit les autres faire la m&#234;me chose que lui ; Chaque moi fait ce qu'il exige de l'autre ; et ne fait donc ce qu'il fait que dans la mesure o&#249; l'autre fait de m&#234;me ; une action unilat&#233;rale serait inutile ; car ce qui est cens&#233; arriver ne peut se produire que par les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action est donc ambigu&#235; non seulement en ce qu'elle est une action contre elle- m&#234;me aussi bien que contre l'autre , mais aussi en ce sens qu'elle est l'action de l'un aussi bien que de l'autre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement, nous voyons se r&#233;p&#233;ter, mais dans la conscience, le processus qui se pr&#233;sentait comme un jeu de forces. Ce qui &#233;tait pour nous dans celui-l&#224; est ici pour les extr&#234;mes eux-m&#234;mes. Le milieu est la conscience de soi qui se d&#233;compose en extr&#234;mes, et chaque extr&#234;me est cet &#233;change de sa d&#233;termination et sa transition absolue vers le contraire. Mais en tant que conscience, elle vient certainement hors d'elle-m&#234;me , mais en &#233;tant hors d'elle-m&#234;me, elle est en m&#234;me temps retenue en elle-m&#234;me, pour elle-m&#234;me , et son ext&#233;rieur d'elle-m&#234;me est pour elle . C'est pour cela qu'elle est imm&#233;diatement une autre conscience et ne l'est pas ; et aussi que cet autre n'est que pour soi, en ce qu'il s'abolit comme &#233;tant pour soi, et n'est pour soi que dans l'&#234;tre pour soi d'autrui. Chacun est pour l'autre le milieu par lequel chacun communique et s'unit &#224; lui-m&#234;me, et chaque &#234;tre est un &#234;tre imm&#233;diat pour lui-m&#234;me et pour l'autre, qui en m&#234;me temps ne l'est pour lui-m&#234;me que par cette m&#233;diation. Ils se reconnaissent comme se reconnaissant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concept pur de reconnaissance, le d&#233;doublement de la conscience de soi dans son unit&#233;, doit maintenant &#234;tre consid&#233;r&#233; pour voir comment son processus appara&#238;t pour la conscience de soi. Il repr&#233;sentera d'abord le c&#244;t&#233; de l' in&#233;galit&#233; des deux, ou l'&#233;mergence du milieu dans les extr&#234;mes, qui, en tant qu'extr&#234;mes, sont oppos&#233;s l'un &#224; l'autre, et l'un n'est que quelque chose de reconnu, l'autre seulement quelque chose de reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi est avant tout simplement un &#234;tre pour soi, &#233;quivalent &#224; soi en excluant tout le reste d'elle-m&#234;me ; Pour lui, son essence et son objet absolu, c'est moi ; et dans cette imm&#233;diatet&#233; , ou dans cet &#234;tre de son &#234;tre-pour-soi, il est individuel . Ce qui est autre est d&#233;crit comme un objet non essentiel ayant un caract&#232;re n&#233;gatif. Mais l'autre est aussi la conscience de soi ; un individu appara&#238;t &#224; un individu. Ils apparaissent si directement les uns aux autres &#224; la mani&#232;re des objets communs ; figures ind&#233;pendantes , consciences immerg&#233;es dans l' &#234;tre de la vie - car ici l'objet existant s'est d&#233;termin&#233; comme vie - qui repr&#233;sentent l'une pour l'autre le mouvement d'abstraction absolue, pour annihiler tout &#234;tre imm&#233;diat, et n'&#234;tre que l'&#234;tre purement n&#233;gatif de soi-m&#234;me. consciences &#233;gales non accomplies, ou ne se sont pas encore pr&#233;sent&#233;es &#234;tre pour soi , c'est-&#224;-dire comme conscience de soi . Chacun est certain de lui-m&#234;me, mais pas de l'autre, et donc sa propre certitude n'a pas encore de v&#233;rit&#233; en elle-m&#234;me ; car sa v&#233;rit&#233; serait seulement que son propre &#234;tre pour soi se pr&#233;sente &#224; lui comme un objet ind&#233;pendant, ou, ce qui revient au m&#234;me, que l'objet se pr&#233;sente comme cette pure certitude de lui-m&#234;me. Mais cela n'est pas possible selon le concept de reconnaissance, sauf que comme l'autre pour lui, ainsi lui pour l'autre, chacun en soi &#224; travers ses propres actions, et encore &#224; travers les actions de l'autre, cette pure abstraction du for- lui-m&#234;me- a accompli le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la repr&#233;sentation de la conscience de soi comme pure abstraction de la conscience de soi consiste &#224; se montrer comme une pure n&#233;gation de sa forme objective, ou &#224; montrer qu'elle n'est li&#233;e &#224; aucune existence particuli&#232;re , pas du tout &#224; l'individualit&#233; g&#233;n&#233;rale de l'existence. , ne pas &#234;tre li&#233; &#224; la vie . Cette repr&#233;sentation est la double action ; Faire l'autre, et faire par soi-m&#234;me. Dans la mesure o&#249; c'est le faire de l'autre , chacun va &#224; la mort de l'autre. Mais la deuxi&#232;me chose, faire par soi-m&#234;me , est &#233;galement pr&#233;sente ici ; parce que cela implique de risquer sa propre vie. La relation entre les deux consciences de soi est d&#233;termin&#233;e de telle mani&#232;re qu'elles font leurs preuves et se prouvent l'une l'autre &#224; travers la lutte &#224; mort . &#8211; Ils doivent se lancer dans ce combat parce qu'ils doivent &#233;lever la certitude d'eux-m&#234;mes, d'&#234;tre pour eux-m&#234;mes , &#224; la v&#233;rit&#233; sur les autres et sur eux-m&#234;mes. Et c'est seulement par l'attachement &#224; la vie que s'&#233;tablit la libert&#233;, par laquelle il est prouv&#233; que la conscience de soi ne se limite pas &#224; l'&#234;tre , ni &#224; la mani&#232;re imm&#233;diate dont elle appara&#238;t, ni &#224; l'immersion dans la propagation de la vie - le essence, mais plut&#244;t qu'il n'y a rien en elle qui ne soit pour elle un moment de disparition, qu'elle n'est qu'un pur &#234;tre pour soi . L'individu qui n'a pas os&#233; vivre peut certainement &#234;tre reconnu comme une personne ; mais elle n'a pas atteint la v&#233;rit&#233; de cette reconnaissance en tant que conscience de soi ind&#233;pendante. De m&#234;me chacun doit risquer la mort de l'autre comme il risque sa vie ; car l'autre ne lui importe pas plus que lui-m&#234;me ; son &#234;tre se pr&#233;sente &#224; lui comme autre chose, il est hors de lui ; il faut qu'elle abolisse son &#234;tre hors d'elle-m&#234;me ; l'autre est une conscience multiplement consciente d'elle-m&#234;me et existante ; il doit consid&#233;rer son alt&#233;rit&#233; comme un pur &#234;tre pour soi ou comme une n&#233;gation absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette preuve par la mort annihile aussi la v&#233;rit&#233; qui devait en &#233;merger, ainsi que la certitude d'elle-m&#234;me en g&#233;n&#233;ral ; car de m&#234;me que la vie est la position naturelle de la conscience, ind&#233;pendance sans n&#233;gativit&#233; absolue, de m&#234;me elle en est la n&#233;gation naturelle , n&#233;gation sans ind&#233;pendance, qui reste donc sans le sens requis de reconnaissance. Par la mort, il devint certain que tous deux risquaient leur vie et la m&#233;prisaient en eux-m&#234;mes et chez l'autre ; mais pas pour ceux qui ont men&#233; cette bataille. Ils &#233;l&#232;vent leur conscience dans cet &#234;tre &#233;tranger qu'est l'existence naturelle, ou bien ils s'&#233;l&#232;vent et s'&#233;l&#232;vent comme des extr&#234;mes qui veulent &#234;tre pour eux-m&#234;mes . Mais le moment essentiel de la d&#233;composition en extr&#234;mes de d&#233;terminations oppos&#233;es dispara&#238;t du jeu du changement ; et le milieu s'effondre en une unit&#233; morte, qui se d&#233;compose en extr&#234;mes morts, simplement existants et non oppos&#233;s ; et les deux ne se donnent pas et ne se re&#231;oivent pas l'un de l'autre par la conscience, mais se laissent seulement libres comme des choses, indiff&#233;rents. Leur acte est une n&#233;gation abstraite, non la n&#233;gation de la conscience, qui abolit de telle sorte qu'elle pr&#233;serve et pr&#233;serve ce qui a &#233;t&#233; aboli , et survit ainsi &#224; son abolition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette exp&#233;rience, il devient clair pour la conscience de soi que la vie lui est aussi essentielle que la pure conscience de soi. Dans la conscience de soi imm&#233;diate, le Je simple est l'objet absolu, qui est cependant la m&#233;diation absolue pour nous ou en soi, et dont l'ind&#233;pendance existante est le moment essentiel. La dissolution de cette unit&#233; simple est le r&#233;sultat de la premi&#232;re exp&#233;rience ; &#192; travers elle, une pure conscience de soi est pos&#233;e, et une conscience qui n'est pas pure pour elle-m&#234;me, mais pour un autre, c'est-&#224;-dire comme &#233;tant une conscience ou une conscience sous forme de chose . Les deux moments sont essentiels ; - puisqu'ils sont initialement in&#233;gaux et oppos&#233;s, et que leur reflet dans l'unit&#233; n'a pas encore surgi, ils existent comme deux formes de conscience oppos&#233;es ; l'un est l'ind&#233;pendant, dont l'essence est l'&#234;tre pour soi, l'autre le d&#233;pendant, dont l'essence est la vie ou l'&#234;tre pour autrui ; c'est le ma&#238;tre , c'est le serviteur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur est la conscience qui existe pour elle-m&#234;me , mais non plus seulement le concept de celle-ci, mais la conscience qui existe pour elle-m&#234;me, qui est m&#233;diatis&#233;e par une autre conscience avec elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; travers celle dont l'essence est qu'elle est avec l'&#234;tre ind&#233;pendant ou le la chose est synth&#233;tis&#233;e en g&#233;n&#233;ral. Le Seigneur se r&#233;f&#232;re &#224; ces deux moments, &#224; une chose comme telle, objet du d&#233;sir, et &#224; la conscience dont la chose est l'essence ; et en ce que a) en tant que concept de conscience de soi, il est une relation directe d' &#234;tre pour soi , mais b) maintenant en m&#234;me temps comme m&#233;diation, ou comme &#234;tre pour soi qui n'est que pour soi &#224; travers un autre, alors il se rapporte a) directement aux deux, et b) indirectement l'un &#224; l'autre &#224; travers l'autre. Le ma&#238;tre entretient des relations indirectes avec le serviteur &#224; travers son existence ind&#233;pendante ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cela que le serviteur est tenu ; C'est sa cha&#238;ne dont il n'a pas pu faire abstraction dans le combat et s'est donc montr&#233; d&#233;pendant de son ind&#233;pendance dans la chose. Mais le Seigneur est le pouvoir sur cet &#234;tre, parce qu'il a prouv&#233; dans la bataille qu'il ne le voit que comme une chose n&#233;gative ; Puisqu'il est le pouvoir sur lui, mais que cet &#234;tre est le pouvoir sur l'autre, alors dans cette conclusion il a cet autre sous lui. De m&#234;me, le ma&#238;tre se r&#233;f&#232;re &#224; la chose indirectement &#224; travers le serviteur ; Le serviteur, comme la conscience de soi en g&#233;n&#233;ral, se rapporte &#233;galement n&#233;gativement &#224; la chose et l'annule ; mais en m&#234;me temps, il est ind&#233;pendant pour lui et il ne peut donc pas y faire face jusqu'&#224; le d&#233;truire en le niant, ou bien il se contente de le traiter . Pour le Seigneur, au contraire, par cette m&#233;diation, la relation directe en devient la pure n&#233;gation, ou la jouissance ; Ce que le d&#233;sir n'a pas r&#233;ussi, il parvient &#224; le g&#233;rer et &#224; se satisfaire avec plaisir. Le d&#233;sir n'y est pas parvenu &#224; cause de l'ind&#233;pendance de la chose ; Mais le ma&#238;tre, qui a ins&#233;r&#233; le serviteur entre elle et lui, ne fait que s'unir &#224; la nature d&#233;pendante de la chose et en jouir purement ; mais il laisse l'aspect de l'ind&#233;pendance au domestique qui y travaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux moments, la reconnaissance du Seigneur se fait &#224; travers une conscience diff&#233;rente ; car cela s'&#233;tablit en eux comme quelque chose d'inessentiel, tant&#244;t dans le traitement de la chose, tant&#244;t dans la d&#233;pendance d'une existence particuli&#232;re ; Dans les deux cas, il ne peut devenir ma&#238;tre de l'&#234;tre et atteindre la n&#233;gation absolue. Il y a donc ici ce moment de reconnaissance o&#249; l'autre conscience s'abolit en tant qu'&#234;tre pour soi, et fait ainsi elle-m&#234;me ce que la premi&#232;re fait contre elle. De m&#234;me l'autre moment, que cette action du second est l'action propre du premier ; car ce que fait le serviteur est en r&#233;alit&#233; l'&#339;uvre du ma&#238;tre ; &#224; cela il n'y a que l'&#234;tre pour soi, l'essence ; Il est la pure puissance n&#233;gative pour laquelle la chose n'est rien, et donc la pure action essentielle dans ce rapport ; Le serviteur, cependant, ne fait pas un acte pur, mais plut&#244;t inessentiel. Mais le moment de la reconnaissance effective manque : ce que le ma&#238;tre fait contre l'autre, il le fait aussi contre lui-m&#234;me, et ce que le serviteur fait contre lui-m&#234;me, il le fait aussi. contre l'autre. Cela a abouti &#224; une reconnaissance unilat&#233;rale et in&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Seigneur, la conscience non essentielle est l'objet qui constitue la v&#233;rit&#233; de la certitude de lui-m&#234;me. Mais il est clair que cet objet ne correspond pas &#224; son concept, mais plut&#244;t que dans ce que le Seigneur lui-m&#234;me a accompli, il est devenu quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent d'une conscience ind&#233;pendante. Pour lui, il ne s'agit pas d'une telle chose, mais plut&#244;t d'une question de d&#233;pendance ; Il n'est donc pas certain de l'&#234;tre-pour-soi , comme la v&#233;rit&#233;, mais sa v&#233;rit&#233; est plut&#244;t la conscience non essentielle et l'action non essentielle de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; de la conscience ind&#233;pendante est donc la conscience servile . Cela appara&#238;t d'abord en dehors de soi et non comme la v&#233;rit&#233; de la conscience de soi. Mais de m&#234;me que la domination a montr&#233; que son essence est le contraire de ce qu'elle veut &#234;tre, de m&#234;me l'esclavage, dans son ex&#233;cution, deviendra le contraire de ce qu'il est imm&#233;diatement ; Elle rentrera en elle-m&#234;me comme une conscience refoul&#233;e en elle-m&#234;me et se tournera vers une v&#233;ritable ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons seulement vu ce qu'est l'esclavage par rapport &#224; la domination. Mais il s'agit d'une conscience de soi, et ce qu'elle est en soi doit maintenant &#234;tre consid&#233;r&#233;. Tout d'abord, pour le bondage, le ma&#238;tre est l'essence ; Ainsi, la conscience ind&#233;pendante qui existe pour elle-m&#234;me est pour elle la v&#233;rit&#233; , qui cependant n'est pas encore en elle pour elle . Seulement, elle a effectivement en elle cette v&#233;rit&#233; de pure n&#233;gativit&#233; et d'&#234;tre pour soi ; parce qu'elle a exp&#233;riment&#233; cette essence en elle . Cette conscience n'avait pas peur de ceci ou de cela, ni de tel ou tel moment, mais plut&#244;t de son &#234;tre tout entier ; car il a ressenti la peur de la mort, du Seigneur absolu. Il se dissolvait int&#233;rieurement, tremblait en lui-m&#234;me et tout ce qui &#233;tait fix&#233; en lui tremblait. Mais ce pur mouvement g&#233;n&#233;ral, la fluidit&#233; absolue de toute existence, est la simple essence de la conscience de soi, la n&#233;gativit&#233; absolue, le pur &#234;tre pour soi qui est pr&#233;sent dans cette conscience. Ce moment de pur &#234;tre pour soi est aussi pour lui , car dans le Seigneur il est son objet . D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement de cette dissolution g&#233;n&#233;rale en g&#233;n&#233;ral , mais elle l'accomplit effectivement dans le service ; &#192; chaque instant , il abolit son attachement &#224; l'existence naturelle et s'en &#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le sentiment de pouvoir absolu en g&#233;n&#233;ral et dans le service individuel n'est que la dissolution en soi , et bien que la crainte du Seigneur soit le commencement de la sagesse, la conscience en elle est pour elle-m&#234;me et non pour elle-m&#234;me . Mais &#224; travers le travail, il revient &#224; lui-m&#234;me. Au moment qui correspond au d&#233;sir dans la conscience du Seigneur, le c&#244;t&#233; non essentiel du rapport &#224; la chose semble &#234;tre tomb&#233; du c&#244;t&#233; de la conscience servante, dans la mesure o&#249; la chose conserve son ind&#233;pendance. Le d&#233;sir s'est r&#233;serv&#233; la pure n&#233;gation de l'objet et par l&#224; m&#234;me le sentiment pur de soi. Mais cette satisfaction n'est elle-m&#234;me qu'une disparition, car il lui manque le c&#244;t&#233; objectif ou l'existence . Le travail, en revanche, est d&#233;sir inhib&#233; , disparition arr&#234;t&#233;e , ou il se forme . Le rapport n&#233;gatif &#224; l'objet devient sa forme et permanent ; parce que l'objet a une ind&#233;pendance pour le travailleur. Ce centre n&#233;gatif ou l' action formatrice est en m&#234;me temps l'individualit&#233; ou le pur &#234;tre pour soi de la conscience, qui entre d&#233;sormais dans l'&#233;l&#233;ment de demeurer dans l'&#339;uvre en dehors d'elle ; Gr&#226;ce &#224; cela, la conscience active parvient &#224; la perception d'un &#234;tre ind&#233;pendant, comme elle-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la formation n'a pas seulement ce sens positif, que la conscience servante devient un &#234;tre comme un pur &#234;tre pour soi ; mais aussi le n&#233;gatif, contre son premier instant, la peur. Car dans la formation de la chose, sa propre n&#233;gativit&#233;, son &#234;tre pour soi, ne devient son objet que parce qu'elle annule la forme oppos&#233;e existante . Mais ce n&#233;gatif objectif est pr&#233;cis&#233;ment l'&#234;tre &#233;tranger devant lequel il tremblait. Mais maintenant, il d&#233;truit ce n&#233;gatif &#233;tranger, se pla&#231;ant comme tel dans l'&#233;l&#233;ment du maintien ; et devient ainsi pour soi , un &#234;tre pour soi . Dans le Seigneur, &#234;tre-pour-soi est autre chose pour lui ou seulement pour lui-m&#234;me ; dans la peur il y a l'&#234;tre pour soi ; En se formant, l'&#234;tre pour soi devient sien pour lui, et il prend conscience qu'il est lui-m&#234;me en et pour soi. Parce que la forme est mise &#224; l'ext&#233;rieur , elle ne devient pas autre chose qu'elle ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui est son pur &#234;tre pour soi, qui en lui devient v&#233;rit&#233; pour lui. C'est par cette red&#233;couverte de son sens propre , notamment dans le travail, o&#249; il ne semblait &#234;tre qu'un sens &#233;tranger . &#8211; Les deux moments de peur et de service en g&#233;n&#233;ral, ainsi que d'&#233;ducation, sont n&#233;cessaires &#224; cette r&#233;flexion, et en m&#234;me temps tous deux de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale. Sans la discipline du service et de l'ob&#233;issance, la peur reste confin&#233;e au formel et ne s'&#233;tend pas au-del&#224; de la r&#233;alit&#233; consciente de l'existence. Sans formation, la peur reste int&#233;rieure et silencieuse, et la conscience ne devient pas pour elle-m&#234;me. Si la conscience se forme sans la premi&#232;re peur absolue, alors elle n'est qu'un vain sentiment en soi ; car sa forme ou n&#233;gativit&#233; n'est pas la n&#233;gativit&#233; elle-m&#234;me ; et sa formation ne peut donc pas lui donner la conscience d'elle-m&#234;me comme essence. S'il n'a pas endur&#233; une peur absolue, mais seulement une certaine peur, alors la nature n&#233;gative lui est rest&#233;e ext&#233;rieure ; sa substance n'en a pas &#233;t&#233; compl&#232;tement infect&#233;e. Puisque tous les accomplissements de sa conscience naturelle ne sont pas devenus instables, il appartient encore &#224; un &#234;tre d&#233;termin&#233; ; le propre sens de chacun est l'ent&#234;tement , une libert&#233; qui reste encore dans l'esclavage. De m&#234;me que la forme pure ne peut pas devenir pour lui une essence, de m&#234;me elle l'est peu, consid&#233;r&#233;e comme une diffusion sur l'individu, une formation g&#233;n&#233;rale, un concept absolu, mais une comp&#233;tence qui n'est puissante que sur certaines choses, et non sur le pouvoir g&#233;n&#233;ral. et l'objectif entier &#233;tant .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&lt;br class='autobr' /&gt;
libert&#233; de conscience de soi ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sto&#239;cisme, scepticisme&lt;br class='autobr' /&gt;
et conscience malheureuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience de soi ind&#233;pendante, d'une part, seule la pure abstraction du moi est son essence, et d'autre part, &#224; mesure qu'elle se d&#233;veloppe et se donne des diff&#233;rences, cette distinction ne devient pas un &#234;tre objectif en soi ; Cette conscience de soi ne devient donc pas un ego v&#233;ritablement diff&#233;rent dans sa simplicit&#233; ou qui reste le m&#234;me dans cette distinction absolue. La conscience, au contraire, refoul&#233;e en elle-m&#234;me, devient l'objet dans la formation comme forme des choses form&#233;es, et dans le Seigneur elle voit en m&#234;me temps l'&#234;tre pour soi comme conscience. Mais pour la conscience servante en tant que telle, ces deux moments &#8211; lui-m&#234;me en tant qu'objet ind&#233;pendant, et cet objet en tant que conscience, et donc son propre &#234;tre &#8211; s'effondrent. Mais puisque pour nous ou en soi la forme et l' &#234;tre pour soi sont les m&#234;mes, et que dans le concept de conscience ind&#233;pendante l' &#234;tre en soi est la conscience, alors le c&#244;t&#233; de l' &#234;tre en soi ou de la chose est la m&#234;me chose. c'est ce qui a re&#231;u une forme dans le travail, aucune autre substance que la conscience, et une nouvelle forme de conscience de soi est devenue pour nous ; une conscience qui, en tant qu'infini, ou pur mouvement de conscience, est l'essence ; qui pense , ou est la conscience de soi libre. Car non pas comme un Je abstrait , mais comme un Je, qui a en m&#234;me temps le sens d' &#234;tre en soi , d'&#234;tre un objet pour lui-m&#234;me, ou de se rapporter &#224; l'&#234;tre objectif de telle mani&#232;re qu'il a le sens d' &#234;tre. Le pour-soi de la conscience, pour lequel il existe, s'appelle penser . &#8211; Dans la pens&#233;e, l'objet ne se d&#233;place pas en id&#233;es ou en formes, mais en concepts , c'est-&#224;-dire en un &#234;tre en soi diff&#233;renci&#233;, qui n'est pas imm&#233;diatement distinct de lui-m&#234;me pour la conscience. Ce qui est imagin&#233;, form&#233;, &#233;tant , en tant que tel, a la forme d'&#234;tre autre chose que la conscience ; Mais un concept est en m&#234;me temps un &#234;tre - et cette diff&#233;rence, en tant qu'il est en soi, est son contenu d&#233;termin&#233; - mais du fait que ce contenu est en m&#234;me temps un &#234;tre compris, il reste directement conscient de son unit&#233;. avec cet &#234;tre d&#233;termin&#233; et diff&#233;renci&#233; ; ce n'est pas comme dans le cas de l'id&#233;e, o&#249; il faut encore se rappeler particuli&#232;rement que telle est son id&#233;e ; mais le concept est directement mon concept . je penseJe suis libre parce que je ne suis pas dans un autre, mais je reste simplement avec moi-m&#234;me, et l'objet qui est mon &#234;tre est mon &#234;tre-pour-moi dans une unit&#233; indivise ; et mon mouvement dans les concepts est un mouvement en moi-m&#234;me. - Mais dans cette d&#233;termination de cette forme de conscience de soi il est essentiel de constater qu'il s'agit de la conscience pensante en g&#233;n&#233;ral ou de son objet, unit&#233; imm&#233;diate de l'&#234;tre-en-soi et de l'&#234;tre - pour-soi est le sien . La conscience du m&#234;me nom, qui se repousse d'elle-m&#234;me, devient un &#233;l&#233;ment qui existe en elle-m&#234;me ; mais cet &#233;l&#233;ment n'existe que comme &#234;tre g&#233;n&#233;ral en g&#233;n&#233;ral, non comme cet &#234;tre objectif dans le d&#233;veloppement et le mouvement de son &#234;tre divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, cette libert&#233; de conscience de soi, apparue comme un ph&#233;nom&#232;ne conscient dans l'histoire de l'esprit, &#233;tait appel&#233;e sto&#239;cisme . Son principe est que la conscience est un &#234;tre pensant et que quelque chose n'a d'essence pour elle, ou n'est vrai et bon pour elle, que lorsque la conscience se comporte comme un &#234;tre pensant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tendue multiple et diff&#233;rente, l'isolement et la complexit&#233; de la vie sont l'objet contre lequel op&#232;rent le d&#233;sir et le travail. Cette activit&#233; multiple s'est maintenant r&#233;duite &#224; la simple distinction qui est dans le pur mouvement de la pens&#233;e. Ce n'est pas la diff&#233;rence qui se pr&#233;sente comme une chose sp&#233;cifique , ou comme la conscience d'une existence naturelle sp&#233;cifique , comme un sentiment, ou comme un d&#233;sir et un but pour celle-ci , qu'elle soit pos&#233;e par sa propre conscience ou par celle de quelqu'un d'autre . , qui a plus d'essence, mais seulement cette Diff&#233;rence qui est une diff&#233;rence imagin&#233;e ou qui n'est pas imm&#233;diatement diff&#233;rente de Moi. Cette conscience est donc n&#233;gative envers le rapport entre domination et servitude ; Son action n'est pas d'avoir sa v&#233;rit&#233; dans la r&#232;gle chez le serviteur, ni comme un esclave sa v&#233;rit&#233; dans la volont&#233; du ma&#238;tre et dans son service, mais d'&#234;tre libre, comme sur le tr&#244;ne, dans les cha&#238;nes, en toute d&#233;pendance de son existence individuelle, et d'entretenir l'absence de vie, qui se retire constamment du mouvement de l'existence, du travail comme de la souffrance, dans la simple essence de la pens&#233;e . L'ent&#234;tement est la libert&#233; qui s'attache &#224; un individu et s'inscrit dans l'esclavage, mais le sto&#239;cisme est la libert&#233; qui en d&#233;coule toujours directement et renvoie &#224; la pure universalit&#233; de la pens&#233;e ; en tant que forme g&#233;n&#233;rale de l'esprit du monde, elle ne pouvait appara&#238;tre qu'&#224; l'&#233;poque de la peur et de la servitude g&#233;n&#233;rales, mais aussi d'une &#233;ducation g&#233;n&#233;rale qui avait accru la capacit&#233; de former jusqu'&#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'essence de cette conscience de soi n'est ni quelque chose d'autre qu'elle, ni la pure abstraction du Je, mais le Moi, qui a l'alt&#233;rit&#233; en lui, mais comme une diff&#233;rence imagin&#233;e, de sorte que dans son alt&#233;rit&#233;, il est imm&#233;diatement revenu &#224; lui-m&#234;me ; donc son essence n'est en m&#234;me temps qu'un &#234;tre abstrait . La libert&#233; de la conscience de soi est indiff&#233;rente &#224; l'existence naturelle et l'a donc lib&#233;r&#233;e tout aussi librement , et la r&#233;flexion est double . La libert&#233; de pens&#233;e n'a pour v&#233;rit&#233; que la pens&#233;e pure , qui est sans l'accomplissement de la vie ; et n'est donc que le concept de libert&#233;, et non la libert&#233; vivante elle-m&#234;me ; car pour elle, la seule pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral est l'essence, la forme en tant que telle, qui s'est &#233;loign&#233;e de l'ind&#233;pendance des choses et s'est repli&#233;e sur elle-m&#234;me. Mais puisque l'individualit&#233; doit se pr&#233;senter comme vivante comme agissante, ou que comme pensant doit appr&#233;hender le monde vivant comme un syst&#232;me de pens&#233;e, alors dans la pens&#233;e elle-m&#234;me il doit y avoir un contenu de ce qui est bon pour cette expansion , et de ce qui est vrai pour cette expansion. cette expansion ; de sorte que dans ce qui est pour la conscience, il n'y aurait d'autre ingr&#233;dient que le concept, qui est l'essence. Mais de m&#234;me qu'il se s&#233;pare ici comme abstraction de la diversit&#233; des choses, il n'a pas de contenu en soi , mais un contenu donn&#233; . La conscience d&#233;truit le contenu en tant qu'&#234;tre &#233;tranger en le pensant ; mais le concept est un concept d&#233;termin&#233;, et cette d&#233;termination est ce qu'il a d'&#233;trange. Le sto&#239;cisme &#233;tait donc embarrass&#233; lorsqu'on l' interrogeait sur le crit&#232;re de v&#233;rit&#233; en g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire en fait sur le contenu de la pens&#233;e elle-m&#234;me . Lorsqu'il lui demandait ce qui &#233;tait bon et vrai, il r&#233;pondait encore une fois &#224; la pens&#233;e creuse elle-m&#234;me ; La v&#233;rit&#233; et le bien devraient consister en la rationalit&#233;. Mais cette identit&#233; de pens&#233;e n'est que la forme pure dans laquelle rien n'est d&#233;termin&#233; ; Les mots g&#233;n&#233;raux sur la v&#233;rit&#233; et le bien, la sagesse et la vertu, avec lesquels il doit s'arr&#234;ter, sont g&#233;n&#233;ralement &#233;difiants, mais comme ils ne peuvent pas r&#233;ellement &#233;largir le contenu, ils deviennent vite ennuyeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience pensante telle qu'elle s'est d&#233;termin&#233;e elle-m&#234;me, comme libert&#233; abstraite, n'est donc que la n&#233;gation inachev&#233;e de l'alt&#233;rit&#233; ; S'&#233;tant seulement retir&#233; de l'existence en soi , il ne s'est pas accompli en elle comme une n&#233;gation absolue de celle-ci. Pour lui, le contenu est seulement consid&#233;r&#233; comme une pens&#233;e, mais aussi comme une certaine pens&#233;e , et en m&#234;me temps la d&#233;termination comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scepticisme est la r&#233;alisation de ce dont le sto&#239;cisme n'est que le concept - et l'exp&#233;rience r&#233;elle, qui est la libert&#233; de pens&#233;e ; Elle est intrins&#232;quement n&#233;gative et doit se pr&#233;senter comme telle. Avec le reflet de la conscience de soi dans les simples pens&#233;es d'elle-m&#234;me, l'existence ind&#233;pendante ou la d&#233;termination durable est en r&#233;alit&#233; tomb&#233;e de l'infini ; Dans le scepticisme, la conscience prend d&#233;sormais conscience de l'insignifiance totale et de la non-ind&#233;pendance de cet autre ; La pens&#233;e devient la pens&#233;e compl&#232;te qui d&#233;truit l'existence du monde aux d&#233;terminations multiples , et la n&#233;gativit&#233; de la libre conscience de soi devient une v&#233;ritable n&#233;gativit&#233; dans cette forme diversifi&#233;e de la vie. &#8211;Il est clair que de m&#234;me que le sto&#239;cisme correspond au concept de conscience ind&#233;pendante , apparue comme un rapport de domination et de servitude, de m&#234;me le scepticisme correspond &#224; la prise de conscience de celle-ci, comme direction n&#233;gative vers l'alt&#233;rit&#233;, le d&#233;sir et le travail. Mais si le d&#233;sir et le travail ne pouvaient r&#233;aliser la n&#233;gation de la conscience de soi, alors cette orientation pol&#233;mique contre l'ind&#233;pendance multiple des choses r&#233;ussirait parce que, en tant que conscience de soi libre et parachev&#233;e d'avance, elle se retourne contre elle ; plus sp&#233;cifique, parce qu'il a la pens&#233;e , ou l'infini, en soi, et en cela les ind&#233;pendances selon leur diff&#233;rence ne sont que comme des quantit&#233;s &#233;vanouissantes. Les diff&#233;rences, qui dans la pens&#233;e pure de soi ne sont que l'abstraction des diff&#233;rences, deviennent ici toutes les diff&#233;rences, et tout &#234;tre diff&#233;renci&#233; devient une diff&#233;rence de conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui d&#233;termine les actions du scepticisme en g&#233;n&#233;ral et ses modalit&#233;s . Il montre le mouvement dialectique qui est certitude sensorielle, perception et compr&#233;hension ; tout comme la non-existence de ce qui compte comme d&#233;termin&#233; dans la relation entre gouverner et servir, et de ce qui est consid&#233;r&#233; comme certain par la pens&#233;e abstraite elle-m&#234;me . En m&#234;me temps , cette relation contient une certaine mani&#232;re dans laquelle les lois morales sont &#233;galement pr&#233;sentes en tant que commandements du gouvernement ; Mais les d&#233;terminations dans la pens&#233;e abstraite sont des concepts scientifiques dans lesquels la pens&#233;e sans contenu s'&#233;tend et, d'une mani&#232;re qui n'est en r&#233;alit&#233; qu'externe, le concept est attach&#233; &#224; son &#234;tre ind&#233;pendant, qui constitue son contenu, et n'a que certains concepts comme valables, qu'ils soient aussi de pures abstractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique comme mouvement n&#233;gatif, parce qu'elle est imm&#233;diate , appara&#238;t d'abord &#224; la conscience comme quelque chose &#224; quoi elle s'abandonne et qui ne vient pas par elle-m&#234;me. Le scepticisme , en revanche, est un moment de conscience de soi, qui ne laisse pas dispara&#238;tre ce qui est vrai et r&#233;el sans savoir comment, mais qui, dans la certitude de sa libert&#233;, laisse dispara&#238;tre cette autre chose pour ceux qui se donnent vraiment ; non seulement l'objectif en tant que tel, mais son propre comportement &#224; son &#233;gard, dans lequel il est consid&#233;r&#233; comme objectif et affirm&#233;, et donc aussi sa perception , ainsi que sa fixation de ce qu'il risque de perdre, le sophisme et sa v&#233;rit&#233; ext&#233;rieure . cela est certain et &#233;tabli ; par laquelle la n&#233;gation consciente de soi lui permet d'obtenir la certitude de sa libert&#233; , d'en faire l'exp&#233;rience et de l' &#233;lever ainsi &#224; la v&#233;rit&#233; . Ce qui dispara&#238;t, c'est le d&#233;fini, ou la diff&#233;rence, qui, quelles que soient ses origines et ses origines, s'impose comme plus fixe et plus immuable. Il n'a rien de permanent et doit dispara&#238;tre de la pens&#233;e, car ce qui est diff&#233;rent, c'est pr&#233;cis&#233;ment cela, n'&#233;tant pas en soi , mais n'ayant son essence que dans un autre ; Mais la pens&#233;e est la compr&#233;hension de cette nature de la diff&#233;renciation ; c'est l'&#234;tre n&#233;gatif en tant qu'&#234;tre simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de soi sceptique exp&#233;rimente donc sa propre libert&#233; dans le changement de tout ce qui veut s'&#233;tablir pour elle, comme donn&#233; et maintenu par elle-m&#234;me ; C'est cette ataraxie de penser par soi-m&#234;me, la certitude immuable et vraie de soi-m&#234;me . Il ne surgit pas d'un &#233;tranger dont les multiples &#233;volutions se seraient effondr&#233;es sur lui-m&#234;me, du coup ayant derri&#232;re lui son devenir ; mais la conscience elle-m&#234;me est le trouble dialectique absolu , ce m&#233;lange d'id&#233;es sensuelles et pens&#233;es dont les diff&#233;rences s'effondrent et dont l'&#233;galit&#233; se dissout &#224; nouveau - parce qu'elle est elle-m&#234;me la d&#233;termination contre l' in&#233;gal . Mais cette conscience, au lieu d'&#234;tre une m&#234;me conscience, n'est en r&#233;alit&#233; qu'une confusion tout &#224; fait accidentelle, le vertige d'un d&#233;sordre toujours g&#233;n&#233;rateur. C'est cela pour vous ; car elle entretient et produit elle-m&#234;me cette &#233;mouvante confusion. Il reconna&#238;t donc &#233;galement qu'il s'agit d'une conscience individuelle compl&#232;tement accidentelle - une conscience empirique , qui est guid&#233;e par ce qui n'a pas de r&#233;alit&#233; pour elle, qui ob&#233;it &#224; ce qui n'est pas pour elle un &#234;tre, qui fait et am&#232;ne &#224; la r&#233;alit&#233; ce que n'a aucune v&#233;rit&#233; pour lui. Mais de m&#234;me qu'il se consid&#232;re ainsi comme une vie individuelle, accidentelle et en fait animale, et comme une conscience de soi perdue , au contraire, il se constitue aussi comme une m&#234;me chose g&#233;n&#233;rale ; car c'est la n&#233;gativit&#233; de toute individualit&#233; et de toute diff&#233;rence. De cette identit&#233;, ou plut&#244;t en soi, il retombe dans ce hasard et cette confusion, car c'est pr&#233;cis&#233;ment cette n&#233;gativit&#233; mouvante qui ne concerne que les individus et tra&#238;ne avec les choses al&#233;atoires. Cette conscience est donc ce va-et-vient inconscient d'un aller-retour d'un extr&#234;me de la m&#234;me conscience de soi &#224; l'autre de la conscience accidentelle, confuse et d&#233;routante. Il ne r&#233;unit pas lui-m&#234;me ces deux pens&#233;es ; Tant&#244;t il reconna&#238;t sa libert&#233; comme une &#233;l&#233;vation au-dessus de toute confusion et de toute contingence de l'existence, tant&#244;t il se reconna&#238;t retombant dans l'insignifiance et y flottant. Il permet que le contenu non essentiel disparaisse dans sa pens&#233;e, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment en cela qu'il est la conscience de quelque chose de non essentiel ; elle exprime la disparition absolue , mais l' expression est, et cette conscience est la disparition prononc&#233;e ; il exprime le n&#233;ant de voir, d'entendre, etc., et il voit, entend, etc., lui-m&#234;me ; elle exprime la nullit&#233; des &#234;tres moraux et en fait les puissances de son action. Ses actions et ses paroles se contredisent toujours, et il porte &#233;galement avec lui la double conscience contradictoire de l'immuabilit&#233; et de l'&#233;galit&#233;, et du hasard et de l'in&#233;galit&#233; complets. Mais il met de c&#244;t&#233; cette contradiction en lui-m&#234;me ; et se comporte &#224; son &#233;gard comme dans son mouvement purement n&#233;gatif en g&#233;n&#233;ral. Si on lui montre l'&#233;galit&#233; , elle montre l'in&#233;galit&#233; ; et comme ce qu'elle vient d'exprimer lui est maintenant pr&#233;sent&#233;, elle se met &#224; d&#233;montrer l' &#233;galit&#233; ; Son discours est en fait une querelle entre des gar&#231;ons t&#234;tus, dont l'un dit A quand l'autre dit B, et encore B quand l'autre dit A, et qui, en se contredisant , ach&#232;tent la joie de rester en contradiction les uns avec les autres .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le scepticisme, la conscience se vit en r&#233;alit&#233; comme une conscience contradictoire ; De cette exp&#233;rience &#233;merge une forme nouvelle , r&#233;unissant les deux id&#233;es que le scepticisme maintient &#224; part. L'inconscience du scepticisme sur lui-m&#234;me doit dispara&#238;tre car c'est en fait une conscience qui a en elle ces deux voies. Cette nouvelle forme est ainsi celle qui est pour elle-m&#234;me la double conscience d'elle-m&#234;me comme celui qui se lib&#232;re, immuable et identique, et d'elle-m&#234;me comme celui qui se confond et se pervertit absolument - et la conscience de cette contradiction. &#8211; Dans le sto&#239;cisme, la conscience de soi est la simple libert&#233; de soi ; Dans le scepticisme, il se r&#233;alise, d&#233;truit l'autre c&#244;t&#233; de l'existence d&#233;termin&#233;e, mais se double plut&#244;t et est d&#233;sormais double. De ce fait, le d&#233;doublement, qui &#233;tait auparavant r&#233;parti entre deux individus, le ma&#238;tre et le serviteur, est redevenu un ; Le d&#233;doublement de la conscience de soi en soi, qui est essentiel dans le concept d'esprit, est ici pr&#233;sent, mais pas encore son unit&#233;, etla conscience malheureuse est la conscience d'elle-m&#234;me comme &#234;tre d&#233;doubl&#233; seulement contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience malheureuse et divis&#233;e en elle-m&#234;me doit donc, parce que cette contradiction de son essence est une conscience d'elle-m&#234;me, dans laquelle une conscience a toujours aussi l'autre, et donc directement de chacune, dans la mesure o&#249; elle pense &#234;tre parvenue &#224; la victoire et paix de l'unit&#233;, en soit &#224; nouveau expuls&#233;. Mais son v&#233;ritable retour en lui-m&#234;me, ou sa r&#233;conciliation avec lui-m&#234;me, repr&#233;sentera le concept de l'esprit qui a pris vie et est venu &#224; l'existence, parce qu'il a d&#233;j&#224; ceci en lui : en tant que conscience indivise, il est double ; C'est lui-m&#234;me le regard d'une conscience de soi dans une autre, et il est lui-m&#234;me les deux, et l'unit&#233; des deux est aussi son essence, mais ce n'est pas encore cette essence elle-m&#234;me , pas encore l'unit&#233; des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il n'est d'abord que l' unit&#233; imm&#233;diate des deux, mais que pour lui les deux ne sont pas identiques mais oppos&#233;s, l'un, c'est-&#224;-dire le simple, l'immuable, est pour lui l' essence ; mais l'autre, le multiple changeant, comme l' inessentiel . Les deux sont des &#234;tres &#233;trangers l'un &#224; l'autre ; Lui-m&#234;me, parce qu'il est la conscience de cette contradiction, se place du c&#244;t&#233; de la conscience changeante et est lui-m&#234;me l'inessentiel ; mais en tant que conscience de l'immuabilit&#233;, ou de l'&#234;tre simple, elle doit en m&#234;me temps tendre &#224; se lib&#233;rer de l'inessentiel, c'est-&#224;-dire &#224; se lib&#233;rer de soi. Car bien qu'en soi seul le changeant et l'immuable lui soient &#233;trangers, il est lui-m&#234;me une conscience simple et donc immuable, consciente de cela comme de son essence, mais de telle mani&#232;re qu'elle n'est pas elle-m&#234;me cette essence. La position qu'elle leur donne ne peut donc pas &#234;tre une indiff&#233;rence entre eux l'un envers l'autre, c'est-&#224;-dire pas une indiff&#233;rence de soi envers l'immuable ; mais il est directement lui-m&#234;me l'un et l'autre, et pour lui c'est le rapport des deux comme rapport de l'essence au non-&#234;tre, de sorte que ce dernier doit &#234;tre aboli, mais comme les deux lui sont &#233;galement essentiels et contradictoires, il est seulement le mouvement contradictoire dans lequel le contraire ne vient pas s'arr&#234;ter dans son contraire, mais seulement se recr&#233;e en lui comme contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un combat contre un ennemi contre lequel la victoire est plut&#244;t une d&#233;faite, et en avoir remport&#233; une est plut&#244;t une perte dans son contraire. La conscience de la vie, de son existence et de ses actions, n'est que la douleur de cette existence et de ces actions, car en elle elle n'a que la conscience de son contraire comme essence et de son propre n&#233;ant. Il s'agit d'une &#233;l&#233;vation de ceci &#224; l'immuable. Mais cette &#233;l&#233;vation est elle-m&#234;me cette conscience ; Elle est donc directement la conscience du contraire, c'est-&#224;-dire de soi-m&#234;me en tant qu'individu. L'immuable qui vient &#224; la conscience est, pour cette raison m&#234;me, simultan&#233;ment touch&#233; par l'individu et seulement pr&#233;sent avec lui ; Au lieu de voir cela se d&#233;truire dans la conscience de l'immuable, cela ne fait toujours qu'&#233;merger d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce mouvement il &#233;prouve cette &#233;mergence de l'individualit&#233; dans l' immuable , et de l'immuable dans l'individualit&#233; . Pour lui, il devient l'individualit&#233; en g&#233;n&#233;ral dans l' &#234;tre immuable, et en m&#234;me temps son individualit&#233; en lui. Car la v&#233;rit&#233; de ce mouvement est pr&#233;cis&#233;ment l' unit&#233; de cette double conscience. Mais pour lui , cette unit&#233; devient d'abord une unit&#233; dans laquelle la diff&#233;rence entre les deux reste le facteur dominant. Cela signifie qu'il existe une triple mani&#232;re par laquelle l'individu est li&#233; &#224; l'immuable ; une fois qu'il r&#233;appara&#238;t lui-m&#234;me par opposition &#224; l'&#234;tre immuable ; et elle est renvoy&#233;e au d&#233;but de la lutte, qui reste l'&#233;l&#233;ment de toute la relation. Mais &#224; d'autres moments , ce qui est immuable en soi a pour lui l' individualit&#233; ; de sorte qu'elle est la forme de l'immuable, &#224; laquelle passe tout le mode d'existence. La troisi&#232;me fois, il se retrouve comme cet individu dans l'immuable. La premi&#232;re chose immuable pour lui, c'est seulement l' &#234;tre &#233;tranger qui condamne l'individu ; Troisi&#232;mement , puisque l' autre est une forme d' individualit&#233; comme lui, il devient esprit, a la joie de se retrouver en lui et prend conscience de se r&#233;concilier avec son individualit&#233; avec l'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se pr&#233;sente ici comme le mode et la relation de l'immuable appara&#238;t comme l' exp&#233;rience que la conscience de soi divis&#233;e fait de son malheur. Cette exp&#233;rience n'est pas son mouvement unilat&#233;ral , car elle est elle-m&#234;me une conscience immuable, mais en m&#234;me temps une conscience individuelle, et le mouvement est aussi le mouvement de la conscience immuable, qui appara&#238;t en elle tout autant que l'autre. ; car il traverse ces moments, d'abord &#233;tant immuable pour l'individu en g&#233;n&#233;ral, puis l'individu s'opposant &#224; l'autre individu, et enfin ne faisant qu'un avec lui. Mais cette consid&#233;ration, dans la mesure o&#249; elle nous appartient, est ici inopportune, car jusqu'ici nous n'avons vu l'immuabilit&#233; que comme l'immuabilit&#233; de la conscience, qui n'est donc pas la vraie, mais qui est encore lourde d'une contradiction, non de l'immuable dans et pour lui-m&#234;me ; On ne sait donc pas comment cela va se comporter. Ce qui ressort ici, c'est simplement que ces d&#233;terminations indiqu&#233;es de l'immuable apparaissent &#224; la conscience, qui est ici notre objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, la conscience immuable, dans sa formation elle-m&#234;me, conserve le caract&#232;re et la base d'&#234;tre divis&#233;e et d'&#234;tre pour elle-m&#234;me par rapport &#224; la conscience individuelle. C'est donc un &#233;v&#233;nement g&#233;n&#233;ral que l'immuable re&#231;oive la forme de l'individualit&#233; ; de m&#234;me qu'il se trouve seulement en face d'elle , et a donc cette relation &#224; travers la nature ; Le fait qu'elle se retrouve finalement en lui lui para&#238;t avoir &#233;t&#233; provoqu&#233; en partie par lui-m&#234;me, ou parce qu'elle est elle-m&#234;me individuelle ; mais une partie de cette unit&#233; comme appartenant &#224; l'immuable, selon son origine et en tant qu'il est ; et l'opposition demeure dans cette unit&#233; elle-m&#234;me. En effet, par la formation de l'immuable, le moment de l'au-del&#224; est non seulement rest&#233;, mais s'est plut&#244;t renforc&#233; ; car si d'une part elle semble s'&#234;tre rapproch&#233;e de lui &#224; travers la forme de la r&#233;alit&#233; individuelle, d'autre part elle se pr&#233;sente d&#233;sormais &#224; lui comme une r&#233;alit&#233; opaque, sensorielle , avec toute la fragilit&#233; d'une r&#233;alit&#233; ; L'espoir de ne faire qu'un avec lui doit rester espoir, c'est-&#224;-dire sans r&#233;alisation ni pr&#233;sence, car ce qui s'interpose entre lui et la r&#233;alisation est pr&#233;cis&#233;ment la contingence absolue ou l'indiff&#233;rence immuable qui r&#233;side dans la formation elle-m&#234;me, base de l'esp&#233;rance. De par la nature de l' existant , de par la r&#233;alit&#233; qui l'a attir&#233;, il arrive n&#233;cessairement qu'il ait disparu dans le temps, et qu'il soit dans l'espace et lointain, et qu'il reste simplement lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au d&#233;but le simple concept de conscience divis&#233;e &#233;tait d&#233;termin&#233; de telle mani&#232;re qu'il visait &#224; s'abolir en tant qu'individu et &#224; devenir une conscience immuable, alors son effort a maintenant cette d&#233;termination qu'il abolit plut&#244;t sa relation avec la conscience pure et informe . , immuable, et il n'y a que le rapport &#224; l' immuable form&#233; . Car l' unit&#233; de l'individu avec l'immuable est d&#233;sormais son essence et son objet , tout comme dans le concept seul l'immuable abstrait et sans forme &#233;tait l'objet essentiel ; et la relation de cette division absolue du concept est maintenant celle dont il doit se d&#233;tourner. Mais le rapport initialement ext&#233;rieur au form&#233;, immuable comme r&#233;alit&#233; &#233;trang&#232;re, doit l'&#233;lever &#224; l'unit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement dans lequel la conscience non essentielle s'efforce d'atteindre cette unit&#233; est lui-m&#234;me le triple , selon la triple relation qu'elle aura avec sa formation au-del&#224; ; une fois comme pure conscience ; l'autre fois en tant qu'&#234;tre individuel , qui se comporte comme un d&#233;sir et s'oppose &#224; la r&#233;alit&#233; ; et troisi&#232;mement, comme conscience de son &#234;tre-pour-soi . &#8211; On voit maintenant comment ces trois modes d'&#234;tre sont pr&#233;sents et d&#233;termin&#233;s dans cette relation g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc d'abord, en le consid&#233;rant comme pure conscience , l'immuable form&#233;, en tant qu'il est pour la conscience pure, para&#238;t pos&#233; tel qu'il est en et pour soi. Mais comme nous l'avons d&#233;j&#224; rappel&#233;, ce qu'il est en lui-m&#234;me n'a pas encore vu le jour. Le fait qu'il soit dans la conscience tel qu'il est en lui-m&#234;me devrait probablement venir de lui plut&#244;t que de la conscience ; Mais sa pr&#233;sence ici n'est pr&#233;sente que d'un c&#244;t&#233; &#224; travers la conscience, et pour cette raison m&#234;me, elle n'est ni parfaite ni vraie, mais reste charg&#233;e d'imperfection ou de contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien que la conscience malheureuse n'ait pas cette pr&#233;sence, elle est en m&#234;me temps au-del&#224; de la pens&#233;e pure, dans la mesure o&#249; celle-ci est la pens&#233;e abstraite du sto&#239;cisme, qui d&#233;tourne le regard de l' individu en g&#233;n&#233;ral , et la seule pens&#233;e agit&#233;e du scepticisme - en fait seul l'individu en tant que Contradiction inconsciente et son mouvement incessant &#8211; existe ; Elle va au-del&#224; de l'une et de l'autre, elle rapproche et maintient ensemble la pens&#233;e pure et l'individualit&#233;, mais n'a pas encore &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e au niveau de pens&#233;e pour lequel l'individualit&#233; de la conscience se r&#233;concilie avec la pens&#233;e pure elle-m&#234;me. C'est plut&#244;t dans ce milieu que la pens&#233;e abstraite touche l'individualit&#233; de la conscience en tant qu'individualit&#233;. C'est ce toucher lui-m&#234;me ; c'est l'unit&#233; de la pens&#233;e pure et de l'individualit&#233; ; C'est aussi pour elle cette individualit&#233; pensante, ou pens&#233;e pure, et l'immuable lui-m&#234;me est essentiel comme individualit&#233;. Mais ce n'est pas pour elle que cet objet, l'immuable, qui a essentiellement la forme de l'individualit&#233;, soit lui-m&#234;me , lui-m&#234;me, qui est l'individualit&#233; de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent , de cette premi&#232;re mani&#232;re, selon laquelle nous la consid&#233;rons comme pure conscience , elle se rapporte &#224; son objet, non pas &#224; la pens&#233;e, mais en ce sens qu'elle est elle-m&#234;me un pur individu pensant en soi et que son objet est pr&#233;cis&#233;ment cela, mais pas la relation les uns avec les autres. est en soi une pure pens&#233;e, elle vise , pour ainsi dire, uniquement &#224; penser et est une d&#233;votion . Sa pens&#233;e comme telle reste le sifflement informe d'un tintement de cloches ou d'une brume chaude, une pens&#233;e musicale qui n'atteint pas le concept, qui serait le seul mode objectif immanent. Il sera l'objet de ce sentiment int&#233;rieur infini et pur ; mais il entre de telle mani&#232;re qu'il n'entre pas comme quelqu'un qui a compris, et donc comme un &#233;tranger. Il en r&#233;sulte le mouvement int&#233;rieur de l' esprit pur , qui se ressent , mais comme la division, douloureusement ; le mouvement d'un d&#233;sir infini , qui a la certitude que son essence est un esprit si pur, une pens&#233;e pure , qui se pense en tant qu'individu ; qu'il est reconnu et reconnu par cet objet pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il se pense comme un individu. Mais en m&#234;me temps, cet &#234;tre est l'au -del&#224; inaccessible , qui s'&#233;chappe lorsqu'on le saisit, ou plut&#244;t qui s'est d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233;. Il s'est d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233; ; car d'une part, c'est la pens&#233;e immuable elle-m&#234;me en tant qu'individu, et la conscience s'atteint donc directement en elle, elle-m&#234;me , mais comme le contraire de l'immuable ; Au lieu de saisir l'&#234;tre, il ne fait que ressentir et est retomb&#233; sur lui-m&#234;me ; Puisqu'il ne peut s'emp&#234;cher de r&#233;aliser ceci, au lieu de cela, au lieu d'en avoir saisi l'essence, il n'en a saisi que l'insignifiance. Tout comme, d'une part, lorsqu'il s'efforce de se r&#233;aliser dans son essence, il ne saisit que sa propre r&#233;alit&#233; s&#233;par&#233;e, d'un autre c&#244;t&#233;, il ne peut saisir l'autre en tant qu'individu ou en tant que chose r&#233;elle . Partout o&#249; on le cherche, on ne le trouve pas, car il est cens&#233; exister un au-del&#224; , un au-del&#224; introuvable. Lorsqu'on le recherche en tant qu'individu, il ne s'agit pas d'une individualit&#233; g&#233;n&#233;rale et imagin&#233;e , ni d'un concept, mais plut&#244;t d'un individu en tant qu'objet ou de quelque chose de r&#233;el. ; objet de certitude sensorielle imm&#233;diate ; et donc un seul qui a disparu. Seul le tombeau de sa vie peut donc devenir pr&#233;sent &#224; la conscience . Mais parce que cela est en soi une r&#233;alit&#233; et qu'il est contre nature d'accorder une possession permanente ; Alors cette pr&#233;sence du tombeau n'est aussi que le combat d'un effort qui doit &#234;tre perdu. Ce n'est que lorsqu'il aura constat&#233; que la tombe de son &#234;tre r&#233;el immuable n'a pas de r&#233;alit&#233; , que l' individu disparu en tant que disparu n'est pas l'individu v&#233;ritable, qu'il renoncera &#224; rechercher l'individu immuable comme r&#233;el ou &#224; le conserver comme disparu, et seulement c'est ainsi qu'il est capable de trouver le particulier comme vrai ou comme g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant tout, le retour de l'esprit en lui-m&#234;me doit &#234;tre envisag&#233; de telle mani&#232;re qu'il ait une r&#233;alit&#233; en tant qu'individu . C'est l' esprit pur qui, pour nous ou en lui-m&#234;me , s'est trouv&#233; et se satisfait en lui-m&#234;me, car m&#234;me si l' essence se s&#233;pare d'elle-m&#234;me dans ses sentiments, ce sentiment est lui-m&#234;me un sentiment, il a l'objet de son propre sentiment pur. , et c'est lui-m&#234;me ; Il en ressort donc comme un sentiment de soi ou quelque chose de r&#233;el qui existe pour lui-m&#234;me. Dans ce retour en soi, sa seconde relation est devenue pour nous, celle du d&#233;sir et du travail, qui donne &#224; la conscience la certitude int&#233;rieure d'elle-m&#234;me qu'elle a acquise pour nous en abolissant et en jouissant de l'&#234;tre &#233;tranger, &#224; savoir le m&#234;me sous la forme de l'&#234;tre &#233;tranger. ind&#233;pendant Choses prouv&#233;es. Mais la conscience malheureuse ne se trouve que d&#233;sirer et travailler ; Il ne lui est pas possible de se retrouver de cette mani&#232;re, sur la base de sa certitude int&#233;rieure, et son sentiment d'&#234;tre est ce sentiment de soi. Puisqu'il ne l'a pas pour lui , son &#234;tre int&#233;rieur reste encore la certitude bris&#233;e de lui-m&#234;me ; L'&#233;preuve qu'il subirait par le travail et le plaisir est donc tout aussi bris&#233;e ; ou plut&#244;t il lui faut d&#233;truire cette preuve pour lui-m&#234;me, afin qu'il y trouve la preuve, mais seulement la preuve, de ce qu'il est pour lui-m&#234;me, &#224; savoir sa division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; contre laquelle se tournent le d&#233;sir et le travail n'est plus quelque chose qui est en soi vide &#224; cette conscience , quelque chose qui ne peut &#234;tre qu'aboli et consomm&#233; par elle, mais plut&#244;t quelque chose comme elle est elle-m&#234;me, une r&#233;alit&#233; bris&#233;e en deux , qui n'est qu'une chose. , d'une part, en soi vide, mais d'autre part c'est aussi un monde sacr&#233; ; C'est la forme de l'immuable, parce qu'elle a conserv&#233; l'individualit&#233; en soi, et parce qu'en tant qu'immuable elle est universelle, son individualit&#233; a le sens de toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conscience &#233;tait une conscience ind&#233;pendante pour elle-m&#234;me et que la r&#233;alit&#233; en elle-m&#234;me &#233;tait vide pour elle, elle parviendrait au sentiment de son ind&#233;pendance dans le travail et la jouissance, car elle serait elle-m&#234;me celle qui abolit la r&#233;alit&#233;. Justement parce que telle est la forme de l'immuable, elle n'est pas capable de l'abolir par elle-m&#234;me. Bien au contraire, alors qu'il parvient &#224; l'an&#233;antissement de la r&#233;alit&#233; et de la jouissance, cela se produit essentiellement pour lui par le fait que l'immuable lui-m&#234;me abandonne sa forme et s'en remet &#224; lui pour la jouissance . &#8211; La conscience, quant &#224; elle, appara&#238;t ici aussi comme quelque chose de r&#233;el, mais aussi comme int&#233;rieurement bris&#233;, et cette division se pr&#233;sente dans son travail et sa jouissance, en rapport au r&#233;el ou &#234;tre-pour-soi et en &#234;tre - en- soi &#224; casser. Ce rapport &#224; la r&#233;alit&#233; est le changement ou le faire , l'&#234;tre-pour-soi, qui appartient &#224; la conscience individuelle en tant que telle. Mais c'est aussi en soi ; ce c&#244;t&#233; appartient &#224; l'immuable au-del&#224; ; ce sont les capacit&#233;s et les pouvoirs, don &#233;tranger, qui laisse l'immuable &#224; la conscience pour l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses actions, la conscience est d'abord dans le rapport entre deux extr&#234;mes ; Il se trouve d'un c&#244;t&#233; en tant que ce monde actif et en face de la r&#233;alit&#233; passive, tous deux en relation l'un avec l'autre, mais aussi tous deux revenus &#224; l'immuable et s'accrochant &#224; eux-m&#234;mes. Des deux c&#244;t&#233;s donc, une seule surface se s&#233;pare de l'autre, qui entre dans le jeu du mouvement contre l'autre. &#8211; L'extr&#234;me de la r&#233;alit&#233; est annul&#233; par l'extr&#234;me actif ; mais elle ne peut &#234;tre abolie de sa part que parce que sa nature immuable s'abolit, se repousse d'elle-m&#234;me et abandonne &#224; l'activit&#233; ce qui a &#233;t&#233; repouss&#233;. La force active appara&#238;t comme la puissance dans laquelle la r&#233;alit&#233; se dissout ; Mais pour cette conscience, pour qui l' en-soi ou l'essence est autre chose qu'elle-m&#234;me, cette puissance telle qu'elle appara&#238;t dans l'activit&#233; est l'au-del&#224; d'elle-m&#234;me, au lieu de revenir de son action en elle-m&#234;me, et &#224; elle-m&#234;me apr&#232;s s'&#234;tre prouv&#233;e. , il refl&#232;te plut&#244;t ce mouvement de retour de l'action vers l'autre extr&#234;me, qui est ici repr&#233;sent&#233; comme une chose purement g&#233;n&#233;rale, comme le pouvoir absolu d'o&#249; &#233;manait le mouvement dans toutes les directions, et qui est l'essence &#224; la fois des extr&#234;mes en d&#233;composition et de son premier s'est produit que le changement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la conscience immuable renonce &#224; sa forme et l'abandonne , tandis que la conscience individuelle rend gr&#226;ce , c'est-&#224;-dire que la satisfaction de la conscience de son ind&#233;pendance se nie et assigne l'essence de l'action d'elle-m&#234;me &#224; l'au-del&#224;, &#224; travers ces deux moments d' autosuffisance mutuelle Cependant, en abandonnant les deux parties, cela cr&#233;e une unit&#233; de conscience avec l'immuable. Mais en m&#234;me temps cette unit&#233; est affect&#233;e par la s&#233;paration, &#224; nouveau bris&#233;e, et l'opposition entre le g&#233;n&#233;ral et l'individu en &#233;merge &#224; nouveau. Car la conscience renonce &#224; appara&#238;tre pour satisfaire son propre sentiment ; mais en obtient la r&#233;elle satisfaction ; car c'&#233;tait d&#233;sir, travail et plaisir ; en tant que conscience, il a voulu, fait et appr&#233;ci&#233; . De m&#234;me, sa gratitude , dans laquelle elle reconna&#238;t l'autre extr&#234;me comme l'essence et s'annule, est elle-m&#234;me sa propre action, qui l'emporte sur l'action de l'autre extr&#234;me et s'oppose par une action &#233;gale &#224; la bonne action qui se r&#233;v&#232;le ; Mais quand le premier lui laisse sa surface , il rend aussi gr&#226;ce , et en renon&#231;ant &#224; son action, c'est-&#224;-dire &#224; son essence , il fait en r&#233;alit&#233; plus que l'autre, qui ne fait que rejeter d'elle-m&#234;me une surface. L'ensemble du mouvement se refl&#232;te non seulement dans le d&#233;sir, le travail et le plaisir r&#233;els, mais m&#234;me dans la gratitude, dans laquelle le contraire semble se produire, &#224; l' extr&#234;me de l'individualit&#233; . La conscience se sent comme cet individu et ne se laisse pas tromper par l'apparence de son renoncement, car la v&#233;rit&#233; est qu'elle ne s'est pas abandonn&#233;e ; Ce qui s'est produit n'est qu'une double r&#233;flexion entre les deux extr&#234;mes, et le r&#233;sultat est la division r&#233;p&#233;t&#233;e en la conscience oppos&#233;e de l' immuable et en la conscience oppos&#233;e de la volont&#233;, de l'accomplissement, de la jouissance et du renoncement &#224; soi-m&#234;me ou &#224; l' individu. qui existe pour soi en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'est produite la troisi&#232;me relation du mouvement de cette conscience , qui &#233;merge de la seconde comme celle qui s'est en v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e ind&#233;pendante par sa volont&#233; et son accomplissement. &#192; premi&#232;re vue, il s'agissait uniquement du concept de conscience r&#233;elle, ou de l' esprit int&#233;rieur , qui n'est pas encore r&#233;el dans l'action et le plaisir ; la seconde est cette r&#233;alisation, en tant que faire et jouir ext&#233;rieurs ; mais en revenant de l&#224;, c'est une conscience qui s'&#233;prouve elle-m&#234;me comme une conscience r&#233;elle et active , ou qu'il est vrai d'&#234;tre en elle-m&#234;me et pour elle-m&#234;me . Mais l'ennemi se retrouve d&#233;sormais sous sa propre forme. Dans la bataille de l'esprit, la conscience individuelle n'existe que comme un moment musical et abstrait ; Dans le travail et le plaisir, en tant que r&#233;alisation de cet &#234;tre insubstantiel, il peut imm&#233;diatement s'oublier , et l' individualit&#233; consciente dans cette r&#233;alit&#233; est &#233;cras&#233;e par une reconnaissance reconnaissante. Mais cette d&#233;faite est en r&#233;alit&#233; un retour de la conscience en elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire en elle-m&#234;me comme r&#233;alit&#233; qui lui est fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce troisi&#232;me rapport, dans lequel cette vraie r&#233;alit&#233; est l' unique extr&#234;me, est le rapport de celle-ci &#224; l'essence g&#233;n&#233;rale, comme au n&#233;ant ; et l'&#233;volution de cette relation reste &#224; consid&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le rapport oppos&#233; de la conscience, dans lequel sa r&#233;alit&#233; n'est imm&#233;diatement rien , alors son action r&#233;elle devient une action de rien, sa jouissance le sentiment de son malheur. Par l&#224;, l'action et la jouissance perdent tout contenu et sens g&#233;n&#233;raux , car cela leur donnerait un &#234;tre en et pour soi, et toutes deux se replient dans l'individualit&#233; vers laquelle est dirig&#233;e la conscience de les abolir. La conscience est consciente d'elle-m&#234;me en tant que v&#233;ritable individu dans les fonctions animales. Celles-ci, au lieu d'&#234;tre faites de mani&#232;re impartiale, comme quelque chose qui est en soi vide et ne peut acqu&#233;rir aucune importance ou essence pour l'esprit, puisque ce sont celles dans lesquelles l'ennemi se montre sous sa forme particuli&#232;re, elles font plut&#244;t l'objet de graves critiques. effort, et deviennent les plus importants. Mais &#224; mesure que cet ennemi se cr&#233;e dans sa d&#233;faite, la conscience, en se fixant sur lui, au lieu de s'en lib&#233;rer, s'attarde toujours sur lui et se voit toujours contamin&#233;e, en m&#234;me temps ce contenu de son effort, au lieu de quelque chose d'essentiel. , le plus bas, au lieu d'un. En g&#233;n&#233;ral, c'est la chose la plus individuelle, on ne voit donc qu'une personnalit&#233; limit&#233;e &#224; elle-m&#234;me et &#224; ses petites actions, et maussade, aussi malheureuse que pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous deux, le sentiment de son malheur et la pauvret&#233; de ses actions, sont aussi li&#233;s &#224; la conscience de son unit&#233; avec l'immuable. Car la tentative d'an&#233;antissement imm&#233;diat de son &#234;tre r&#233;el est m&#233;diatis&#233;e par la pens&#233;e de l'immuable et se produit dans cette relation . La relation indirecte constitue l'essence du mouvement n&#233;gatif dans lequel elle s'adresse &#224; son individualit&#233;, mais qui est aussi positive comme relation en soi et produira pour elle-m&#234;me son unit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport indirect est ici une conclusion dans laquelle l'individu, qui se fixe d'abord par opposition &#224; l' en-soi, n'est rejoint &#224; cet autre extr&#234;me que par un troisi&#232;me. Par ce milieu se trouve l'extr&#234;me de la conscience immuable pour la conscience non essentielle, dans laquelle en m&#234;me temps cela signifie qu'elle est aussi pour l'autre seulement par ce milieu, et ce milieu est celui qui pr&#233;sente les deux extr&#234;mes l'un &#224; l'autre et est le serviteur mutuel de l'un, chacun est l'un avec l'autre. Ce centre est lui-m&#234;me un &#234;tre conscient, car c'est une activit&#233; qui m&#233;diatise la conscience en tant que telle ; Le contenu de cette action est la destruction que la conscience op&#232;re avec son individualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lui, celui-ci se lib&#232;re donc du faire et du jouir comme siens ; Il repousse l'essence de sa volont&#233; hors de lui-m&#234;me comme un extr&#234;me qui existe pour lui-m&#234;me et rejette l'individualit&#233; et la libert&#233; de d&#233;cision, et donc la culpabilit&#233; de ses actions, sur le milieu ou le serviteur. Ce m&#233;diateur, comme en relation directe avec l'&#234;tre immuable, donne ses conseils sur ce qui est juste. L'action, en tant qu'observance de la d&#233;cision d'autrui, cesse d'&#234;tre la sienne du point de vue du faire ou de la volont&#233; . Mais il reste encore son c&#244;t&#233; objectif &#224; la conscience non essentielle, &#224; savoir le fruit de son travail et de sa jouissance . Alors il rejette cela aussi d'elle-m&#234;me, et renonce, ainsi qu'&#224; sa volont&#233;, &#224; sa r&#233;alit&#233; pr&#233;serv&#233;e dans le travail et la jouissance ; sur lui, en partie comme sur la v&#233;rit&#233; acquise de son ind&#233;pendance consciente - en se d&#233;pla&#231;ant, en imaginant et en disant quelque chose de compl&#232;tement &#233;tranger et d&#233;nu&#233; de sens pour lui ; en partie comme propri&#233;t&#233; ext&#233;rieure - en renon&#231;ant &#224; une partie de la propri&#233;t&#233; acquise par le travail ; en partie &#224; cause du plaisir qu'il en a eu - en le refusant compl&#232;tement &#224; lui-m&#234;me dans le je&#251;ne et le ch&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers ces moments d'abandon de sa propre d&#233;cision, puis de propri&#233;t&#233; et de jouissance, et enfin le moment positif de faire une affaire incomprise, on enl&#232;ve v&#233;ritablement et compl&#232;tement la conscience de la libert&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure, de la r&#233;alit&#233; comme son &#234;tre pour soi. ; Il a la certitude qu'il s'est v&#233;ritablement d&#233;pouill&#233; de son ego et a fait de sa conscience de soi imm&#233;diate une chose , un &#234;tre objectif. &#8211; Elle ne pouvait prouver son renoncement qu'&#224; travers ce sacrifice r&#233;el ; car ce n'est qu'en lui que dispara&#238;t la tromperie qui r&#233;side dans la reconnaissance int&#233;rieure de la gratitude par le c&#339;ur, l'esprit et la bouche, une reconnaissance qui repousse en effet toute la puissance de l'&#234;tre pour soi et l'attribue &#224; un don d'en haut, mais en Dans ce processus de d&#233;pouillement, l' individualit&#233; externe se refl&#232;te dans la possession &#224; laquelle elle ne renonce pas, mais l' individualit&#233; interne est dans la conscience de la d&#233;cision qu'elle a prise elle-m&#234;me, et dans celle-ci. Conscience du contenu d&#233;termin&#233; par lui, qu'il n'a pas &#233;chang&#233; contre un contenu &#233;tranger qui le remplit sans signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le sacrifice v&#233;ritablement accompli , de m&#234;me que la conscience a aboli l' action comme sienne, elle a aussi abandonn&#233; son malheur . Le fait que ce l&#226;cher prise en soi est pourtant une action de l'autre extr&#234;me de la conclusion, qui est l' essence qui existe en soi . Mais en m&#234;me temps, ce sacrifice de l'extr&#234;me non essentiel n'&#233;tait pas une action unilat&#233;rale, mais contenait en lui les actions de l'autre. Car l'abandon de sa propre volont&#233; n'est que d'une part n&#233;gatif, en termes de concept ou en soi , mais en m&#234;me temps positif, &#224; savoir le fait de poser la volont&#233; comme celle d'autrui , et d&#233;termine la volont&#233; comme non individuelle, mais universel. Pour cette conscience, ce sens positif de la volont&#233; individuelle pos&#233;e n&#233;gativement est la volont&#233; de l'autre extr&#234;me, qui, parce qu'elle est autre chose pour elle, ne lui vient pas par elle-m&#234;me, mais par le troisi&#232;me, le m&#233;diateur comme conseil. Donc, pour lui, sa volont&#233; devient la volont&#233; g&#233;n&#233;rale qui existe en soi , mais elle n'est pas elle-m&#234;me cela en soi ; Pour lui, l'abandon de soi en tant qu'individu n'est pas, en th&#233;orie, le positif de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale. De m&#234;me, son abandon de la possession et de la jouissance n'a que la m&#234;me signification n&#233;gative, et l'universel que cela devient pour lui n'est pas de sa faute . Cette unit&#233; de l'objectif et de l'&#234;tre pour soi, qui est dans le concept de faire, et qui devient donc conscience comme essence et objet - de m&#234;me qu'elle n'est pas pour lui le concept de son faire, de m&#234;me elle n'est pas non plus pour lui, qu'il est pour lui un objet , directement et par lui-m&#234;me, mais il permet au serviteur m&#233;diateur d'exprimer cette certitude, encore bris&#233;e, que ce n'est qu'en soi que son malheur &#233;tait mauvais, &#224; savoir se satisfaire de lui-m&#234;me dans ses actions. Faire ou jouir bienheureux ; Sa mauvaise action est aussi mauvaise en soi , &#224; savoir l'action absolue, selon laquelle l'action n'est qu'une action en g&#233;n&#233;ral comme l'action de l'individu. Mais pour lui, l'action et son action r&#233;elle restent pauvres, et sa jouissance reste la douleur, et la suppression de celle-ci dans le sens positif est un au-del&#224; . Mais dans cet objet, dans lequel son faire et son &#234;tre sont pour lui comme cette conscience individuelle , &#234;tre et faire en soi , il a l'id&#233;e de raison.devenir, la certitude de la conscience, dans son individualit&#233;, d'&#234;tre absolue en elle-m&#234;me , ou dans toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude et v&#233;rit&#233; de la raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience se replie sur elle-m&#234;me dans la pens&#233;e qu'elle a compris que la conscience individuelle est en elle-m&#234;me un &#234;tre absolu. Pour la conscience malheureuse, l'&#234;tre en soi est l' au-del&#224; de soi, mais son mouvement a accompli cela sur elle, l'individu dans son d&#233;veloppement complet, ou l'individu, qui est la conscience r&#233;elle , comme le n&#233;gatif de soi, c'est-&#224;-dire comme cela. avoir fix&#233; des extr&#234;mes objectifs , ou avoir lutt&#233; contre son &#234;tre-pour-soi pour en faire un &#234;tre ; En cela, il est aussi devenu son unit&#233; avec cet universel, qui pour nous, puisque l'individu aboli est l'universel, n'en sort plus ; et puisque la conscience se maintient dans cette n&#233;gativit&#233;, son essence r&#233;side en elle comme telle. Sa v&#233;rit&#233; est celle qui appara&#238;t dans la conclusion o&#249; les extr&#234;mes apparaissent absolument s&#233;par&#233;s, comme le milieu, qui exprime &#224; la conscience immuable que l'individu a renonc&#233; &#224; lui-m&#234;me, et &#224; l'individu que l'immuable n'est plus pour lui un extr&#234;me, mais est r&#233;concili&#233; avec lui. Ce centre est l'unit&#233; qui conna&#238;t et se rapporte directement aux deux, ainsi qu'&#224; la conscience de son unit&#233;, qu'il exprime &#224; la conscience et donc &#224; elle-m&#234;me , la certitude d'&#234;tre toute v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la conscience de soi est raison, sa relation jusqu'ici n&#233;gative &#224; l'alt&#233;rit&#233; se transforme en relation positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de son ind&#233;pendance et de sa libert&#233;, afin de se sauver et de se pr&#233;server aux d&#233;pens du monde ou de sa propre r&#233;alit&#233;, qui lui apparaissaient toutes deux comme le n&#233;gatif de son &#234;tre. Mais comme la raison, assur&#233;e d'elle-m&#234;me, elle a re&#231;u la paix contre eux et peut les supporter ; car il est certain de lui-m&#234;me en tant que r&#233;alit&#233; ; ou que toute r&#233;alit&#233; n'est rien d'autre qu'elle ; sa pens&#233;e est elle-m&#234;me imm&#233;diatement r&#233;alit&#233; ; il s'y rapporte donc comme id&#233;alisme. C'est pour lui qu'il se per&#231;oit comme si le monde lui convenait seulement maintenant ; avant cela, il ne les comprend pas ; il les d&#233;sire et les manipule ; s'en retire en soi et le d&#233;truit pour lui-m&#234;me et pour lui-m&#234;me comme conscience, comme conscience de lui comme essence, ainsi que comme conscience de son n&#233;ant. C'est seulement ainsi, apr&#232;s que le tombeau de sa v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; perdu, que l'an&#233;antissement de sa r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me a &#233;t&#233; d&#233;truite et que l'individualit&#233; de la conscience est en elle-m&#234;me une essence absolue pour elle, qu'elle la d&#233;couvre comme son nouveau monde r&#233;el, qui, en restant, il y a int&#233;r&#234;t, comme auparavant seulement &#224; leur disparition ; car leur existence devient pour lui sa propre v&#233;rit&#233; et sa pr&#233;sence ; il est certain qu'il suffit de s'y exp&#233;rimenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est la certitude de la conscience que toute r&#233;alit&#233; est : c'est ainsi que l'id&#233;alisme exprime son concept. De m&#234;me que la conscience, qui appara&#238;t comme raison, a en elle cette certitude, l'id&#233;alisme l' exprime aussi directement : je suis moi, dans le sens o&#249; je, qui est mon objet, n'est pas le m&#234;me que dans la conscience de soi en g&#233;n&#233;ral, ni comment dans la libre conscience de soi, il n'y a qu'un objet vide en g&#233;n&#233;ral, ici seulement un objet qui se retire des autres qui comptent encore &#224; ses c&#244;t&#233;s , mais un objet avec la conscience de la non-existence de tout autre, le seul objet, toute r&#233;alit&#233;. et le pr&#233;sent est. Mais la conscience de soi n'est pas seulement la r&#233;alit&#233; en elle-m&#234;me , mais aussi en elle-m&#234;me , uniquement par le fait qu'elle devient cette r&#233;alit&#233; , ou plut&#244;t se r&#233;v&#232;le telle . Cela se manifeste dans la mani&#232;re dont d'abord dans le mouvement dialectique de penser, de percevoir et de comprendre l'alt&#233;rit&#233; comme en soi , puis dans le mouvement &#224; travers l'ind&#233;pendance de la conscience dans la domination et la servitude, &#224; travers la pens&#233;e de la libert&#233;, la lib&#233;ration sceptique et la lutte pour la lib&#233;ration absolue de la conscience divis&#233;e, l'alt&#233;rit&#233;, dans la mesure o&#249; elle n'est que pour elle , dispara&#238;t pour elle-m&#234;me . Deux faces apparaissaient l'une apr&#232;s l'autre, l'une dans laquelle l'essence ou la v&#233;rit&#233; avait la d&#233;termination d' &#234;tre pour la conscience , l'autre dans laquelle elle n'existait que pour la conscience . Mais tous deux se r&#233;duisaient &#224; une v&#233;rit&#233; : ce qui est , ou ce qui est en soi , n'est que dans la mesure o&#249; il est pour la conscience, et ce qui est pour elle est aussi en soi . La conscience, qui est cette v&#233;rit&#233;, a ce chemin derri&#232;re elle et l'a oubli&#233;, apparaissant directement comme raison, ou cette raison qui appara&#238;t imm&#233;diatement n'appara&#238;t que comme la certitude de cette v&#233;rit&#233;. De cette fa&#231;on, il assure seulement que toute r&#233;alit&#233; existe, mais il ne le comprend pas lui-m&#234;me ; car ce chemin oubli&#233; est la compr&#233;hension de cette affirmation directement exprim&#233;e. Et de la m&#234;me mani&#232;re, cette affirmation, lorsqu'il l'entend sous cette forme pure - parce qu'il la fait probablement lui-m&#234;me sous une forme concr&#232;te - est incompr&#233;hensible pour celui qui ne l'a pas faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme, qui ne repr&#233;sente pas ce chemin mais commence par cette affirmation, est donc aussi une pure assurance , qui ne se comprend ni ne peut se faire comprendre aux autres. Il exprime une certitude imm&#233;diate , qui est contr&#233;e par d'autres certitudes imm&#233;diates qui se sont perdues sur ce seul chemin. Par cons&#233;quent, outre l' assurance de cette certitude, les assurances de ces autres certitudes ont &#233;galement des droits &#233;gaux . La raison fait appel &#224; la conscience de soi de chaque conscience : je suis moi ; mon objet et mon essence, c'est moi ; et personne ne lui refusera cette v&#233;rit&#233;. Mais en se basant sur cet appel, il consacre la v&#233;rit&#233; de l'autre certitude, &#224; savoir : c'est diff&#233;rent pour moi ; Quelque chose d'autre que moi est pour moi un objet et une essence, ou parce que je suis un objet et une essence pour moi-m&#234;me, je ne le suis que lorsque je me retire de l'autre en g&#233;n&#233;ral et que je me tiens &#224; ses c&#244;t&#233;s comme une r&#233;alit&#233;. &#8211; Ce n'est que lorsque la raison appara&#238;t comme le reflet de cette certitude oppos&#233;e que son affirmation d'elle-m&#234;me appara&#238;t non seulement comme certitude et assurance, mais comme v&#233;rit&#233; ; et non pas aux c&#244;t&#233;s des autres, mais comme le seul . L' occurrence imm&#233;diate est l'abstraction de son existence , dont l'essence et l'en-soi est le concept absolu, c'est-&#224;-dire le mouvement de son devenir . &#8211; La conscience d&#233;terminera sa relation &#224; l'alt&#233;rit&#233; ou &#224; son objet de diff&#233;rentes mani&#232;res, selon le niveau de l'esprit du monde qui devient conscient. La fa&#231;on dont il se trouve et se d&#233;termine imm&#233;diatement et &#224; chaque fois son objet , ou ce qu'il est pour lui-m&#234;me , d&#233;pend de ce qu'il est d&#233;j&#224; devenu ou de ce qu'il est d&#233;j&#224; en lui-m&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison est la certitude d'&#234;tre toute la r&#233;alit&#233; . Mais cet en-soi ou cette r&#233;alit&#233; est encore tout &#224; fait g&#233;n&#233;ral, la pure abstraction de la r&#233;alit&#233;. C'est la premi&#232;re positivit&#233; , qui est conscience de soi en soi, pour soi , et je ne suis donc que la pure essence des &#234;tres, ou la simple cat&#233;gorie . La cat&#233;gorie , qui autrement avait le sens d'&#234;tre l'essence des &#234;tres, ind&#233;termin&#233;e des &#234;tres en g&#233;n&#233;ral ou des &#234;tres par rapport &#224; la conscience, n'est plus l'essence ou simple unit&#233; des &#234;tres que comme r&#233;alit&#233; pensante ; ou bien c'est que la conscience de soi et l'&#234;tre sont la m&#234;me essence ; la m&#234;me chose, non pas en comparaison, mais en soi. Seul un mauvais id&#233;alisme unilat&#233;ral permet &#224; cette unit&#233; de r&#233;appara&#238;tre comme conscience d'un c&#244;t&#233; et d'appara&#238;tre en opposition avec elle . &#8211;Mais cette cat&#233;gorie ou simple unit&#233; de la conscience de soi et de l'&#234;tre a la diff&#233;rence en elle-m&#234;me ; car son essence est pr&#233;cis&#233;ment d'&#234;tre directement &#233;gal &#224; soi en &#233;tant diff&#233;rent ou en diff&#233;rence absolue. La diff&#233;rence est donc : mais compl&#232;tement transparent, et comme une diff&#233;rence qui en m&#234;me temps n'est pas une diff&#233;rence. Il appara&#238;t comme une multitude de cat&#233;gories. En ce sens que l'id&#233;alisme exprime la simple unit&#233; de la conscience de soi comme toute r&#233;alit&#233;, et en fait directement une essence , sans l'avoir compris comme un &#234;tre absolument n&#233;gatif - seul celui-ci a en soi la n&#233;gation, la d&#233;termination ou la diff&#233;rence - il en est ainsi. Plus incompr&#233;hensible encore que la premi&#232;re est cette seconde, celle de la cat&#233;gorie des diff&#233;rences ou des esp&#232;ces . Cette assurance en g&#233;n&#233;ral, ainsi que l'assurance d'un nombre d&#233;termin&#233; de ses esp&#232;ces, est une nouvelle assurance, ce qui signifie en soi qu'il n'est plus n&#233;cessaire de l'accepter comme assurance. Parce que la diff&#233;rence commence dans l'ego pur, dans la compr&#233;hension pure elle-m&#234;me, cela signifie que l'imm&#233;diatet&#233; , l'assurance et la d&#233;couverte sont abandonn&#233;es ici et que la compr&#233;hension commence. Mais reprendre la multitude des cat&#233;gories d'une mani&#232;re ou d'une autre comme une d&#233;couverte, par exemple &#224; partir des jugements, et les supporter de cette mani&#232;re, c'est en r&#233;alit&#233; &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une honte pour la science ; Comment l'entendement pourrait-il d&#233;montrer une n&#233;cessit&#233; s'il ne peut le faire en lui-m&#234;me, la pure n&#233;cessit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'essence pure des choses, ainsi que leur diff&#233;rence, appartiennent &#224; la raison, on ne pourrait en r&#233;alit&#233; plus parler de choses du tout , c'est-&#224;-dire de choses qui, pour la conscience, ne seraient que le n&#233;gatif d'elles-m&#234;mes. Car les cat&#233;gories multiples sont des esp&#232;ces de la cat&#233;gorie pure, ce qui signifie qu'elle en est encore le genre ou l'essence , et non leur opposition. Mais ils sont d&#233;j&#224; l'ambigu&#239;t&#233;, qui a en m&#234;me temps la diversit&#233; d'&#234;tre diff&#233;rente de la cat&#233;gorie pure . Par cette multiplicit&#233;, ils la contredisent en r&#233;alit&#233;, et l'unit&#233; pure doit en elle-m&#234;me l'annuler, se constituant ainsi comme unit&#233; n&#233;gative des diff&#233;rences. Mais en tant qu'unit&#233; n&#233;gative , elle exclut les diff&#233;rences en tant que telles, ainsi que cette premi&#232;re unit&#233; pure imm&#233;diate en tant que telle, et elle est l'individualit&#233; ; une nouvelle cat&#233;gorie, qui est la conscience d'exclusion, c'est-&#224;-dire qu'un Autre est pour elle. L'individu est son passage de son concept &#224; une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure ; le sch&#233;ma pur , qui est tout autant conscience qu'individualit&#233; et exclusif, pointant vers autre chose. Mais ces autres choses dans cette cat&#233;gorie ne sont que les autres premi&#232;res cat&#233;gories , &#224; savoir la pure essence et la pure diff&#233;rence ; et en lui, c'est-&#224;-dire dans la position de l'autre, ou dans cet autre lui-m&#234;me, la conscience est aussi elle-m&#234;me. Chacun de ces diff&#233;rents moments en d&#233;signe un autre ; mais en m&#234;me temps il n'y a pas d'alt&#233;rit&#233; en eux. La cat&#233;gorie pure fait r&#233;f&#233;rence aux esp&#232;ces qui passent dans la cat&#233;gorie n&#233;gative, ou particularit&#233; ; mais la seconde renvoie &#224; la premi&#232;re ; C'est elle-m&#234;me la conscience pure, qui demeure en chaque soi cette claire unit&#233; avec elle-m&#234;me, mais une unit&#233; qui est aussi dirig&#233;e vers quelque chose d'autre, qui, en m&#234;me temps qu'elle existe, a disparu, et en m&#234;me temps qu'elle a disparu, elle a aussi &#233;t&#233; recr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons ici la conscience pure pos&#233;e d'une double mani&#232;re, d'abord comme le va-et-vient incessant , qui traverse tous ses instants, o&#249; l'alt&#233;rit&#233; flotte devant nous, qui s'&#233;limine dans l'appr&#233;hension ; d'autres fois plut&#244;t que l' unit&#233; sereine certaine de sa v&#233;rit&#233; . Pour cette unit&#233; ce mouvement est l' autre ; mais pour ce mouvement il y a cette unit&#233; calme ; et la conscience et l'objet alternent dans ces d&#233;terminations mutuelles. La conscience est donc un va-et-vient de recherche, et son objet est le pur en soi et l'essence ; &#224; d'autres moments, c'est la cat&#233;gorie simple, et l'objet est le mouvement des diff&#233;rences. Mais la conscience en tant qu'&#234;tre est tout ce processus lui-m&#234;me, passant d'elle-m&#234;me comme simple cat&#233;gorie &#224; l'individu et &#224; l'objet, et regardant ce processus dans ce processus, l'abolissant comme un autre, se l' appropriant , et s'appropriant elle-m&#234;me comme cette certitude, toute r&#233;alit&#233;, &#224; la fois pour l'exprimer elle-m&#234;me comme son objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa premi&#232;re d&#233;claration n'est que ce mot vide et abstrait selon lequel tout lui appartient . Car la certitude d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233; n'est que la pure cat&#233;gorie. Cette premi&#232;re raison, qui se reconna&#238;t dans l'objet, s'exprime par un id&#233;alisme vide, qui ne con&#231;oit la raison que telle qu'elle est initialement, et dans le fait qu'elle montre cette pure mine de conscience dans tout &#234;tre et exprime les choses comme des sensations ou des id&#233;es semble ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme une r&#233;alit&#233; compl&#232;te. Ce doit donc &#234;tre en m&#234;me temps un empirisme absolu, car pour l' accomplissement de la mine vide , c'est-&#224;-dire pour la diff&#233;rence et tout son d&#233;veloppement et sa formation, sa raison a besoin d'une impulsion ext&#233;rieure, dans laquelle r&#233;side la diversit&#233; du sentiment ou de l'imagination. . Cet id&#233;alisme devient donc une ambigu&#239;t&#233; tout aussi contradictoire que le scepticisme, seulement que l'un s'exprime n&#233;gativement, l'autre exprime positivement, mais aussi peu ses pens&#233;es contradictoires de conscience pure que toute r&#233;alit&#233;, et &#233;galement d'impulsion &#233;trang&#232;re ou de sentiment sensuel. et l'imagination, comme de la m&#234;me r&#233;alit&#233;, mais au contraire se jette encore et encore de l'un &#224; l'autre et est entr&#233;e dans le mauvais, &#224; savoir dans l'infini sensoriel. Puisque la raison est toute r&#233;alit&#233; au sens de la mienne abstraite , et que l' autre lui est un &#233;tranger indiff&#233;rent , la connaissance de la raison d'autrui est pos&#233;e en elle, qui appara&#238;t comme mienne, la perception et l' entendement qui comprend ce qui est signifi&#233; et per&#231;u . En m&#234;me temps, une telle connaissance n'est pas une vraie connaissance, affirm&#233;e par le concept m&#234;me de cet id&#233;alisme, car seule l'unit&#233; de l'aperception est la v&#233;rit&#233; de la connaissance. La raison pure de cet id&#233;alisme est donc renvoy&#233;e par elle-m&#234;me vers le savoir qui n'est pas un savoir pour parvenir &#224; cet autre qui lui est essentiel , c'est-&#224;-dire l' en-soi , mais qu'elle n'a pas en soi. de v&#233;rit&#233; ; De cette fa&#231;on, elle se condamne avec connaissance et volont&#233; &#224; une connaissance fausse et ne peut renoncer &#224; penser et &#224; percevoir, qui n'ont pas de v&#233;rit&#233; pour elle-m&#234;me. Il est en contradiction directe d'affirmer un d&#233;doublement absolument oppos&#233; comme l'essence, l' unit&#233; de l'aperception et aussi la chose , qui, m&#234;me s'il s'agit d'un &#233;lan &#233;tranger , ou d'une essence empirique , ou d' une sensualit&#233; , ou d'une chose en soiest appel&#233;, dans son concept la m&#234;me chose reste &#233;trang&#232;re &#224; cette unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet id&#233;alisme est dans cette contradiction parce qu'il affirme le concept abstrait de la raison comme la v&#233;rit&#233; ; c'est pourquoi la r&#233;alit&#233; surgit imm&#233;diatement autant que la r&#233;alit&#233;, qui n'est plut&#244;t pas la r&#233;alit&#233; de la raison, alors que la raison devrait en m&#234;me temps &#234;tre toute r&#233;alit&#233; ; Cela reste une recherche agit&#233;e, qui, dans la recherche elle-m&#234;me, d&#233;clare la satisfaction de trouver absolument impossible. &#8211; Mais la vraie raison n'est pas si incoh&#233;rente ; mais seulement la certitude d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233;, dans ce concept il est conscient de lui-m&#234;me comme une certitude , qu'en tant que Je, il n'est pas encore la r&#233;alit&#233; en v&#233;rit&#233;, et est pouss&#233; &#224; &#233;lever sa certitude au rang de v&#233;rit&#233; et &#224; accomplir la mienne vide .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une&lt;br class='autobr' /&gt;
raison observationnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons maintenant cette conscience, dans laquelle &#234;tre a le sens d' &#234;tre , entrer &#224; nouveau dans la pens&#233;e et la perception, mais non pas comme dans la certitude d' un autre , mais avec la certitude d'&#234;tre cet autre lui-m&#234;me. Auparavant, il lui &#233;tait seulement possible de percevoir et d'exp&#233;rimenter certaines choses ; ici, il repr&#233;sente les observations et l'exp&#233;rience elle-m&#234;me. L'opinion et la perception, qui &#233;taient auparavant suspendues pour nous, sont maintenant suspendues par la conscience pour elles-m&#234;mes ; la raison vise &#224; conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; ; trouver comme concept ce qui est une chose &#224; penser et &#224; percevoir, c'est-&#224;-dire n'avoir dans la chosit&#233; que la conscience d'elle-m&#234;me. La raison a donc d&#233;sormais un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans le monde car elle est la certitude d'y &#234;tre pr&#233;sente ou que le pr&#233;sent est rationnel. Il cherche son autre, sachant qu'il n'a rien d'autre que lui-m&#234;me ; il ne cherche que son propre infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne se soup&#231;onnant d'abord que dans la r&#233;alit&#233;, ou ne la connaissant que comme sienne , elle passe en ce sens &#224; la possession g&#233;n&#233;rale de la propri&#233;t&#233; qui lui est assur&#233;e, et plante le signe de sa souverainet&#233; sur toutes les hauteurs et dans toutes les profondeurs. Mais cette mine superficielle n'est pas leur int&#233;r&#234;t ultime ; La joie de cette possession g&#233;n&#233;rale se trouve dans sa propri&#233;t&#233; par l'autre &#233;tranger que la raison abstraite n'a pas en elle-m&#234;me. La raison se per&#231;oit comme un &#234;tre plus profond, parce que le Je pur est et doit exiger que la diff&#233;rence, l' &#234;tre diversifi&#233; lui devienne comme le sien, qu'elle se per&#231;oive comme r&#233;alit&#233; et se trouve pr&#233;sente comme forme et chose. Mais si la raison fouille dans tous les entrailles des choses et ouvre toutes leurs veines pour en sortir, alors elle n'atteindra pas ce bonheur, mais doit d'abord s'&#234;tre perfectionn&#233;e pour pouvoir ensuite en &#233;prouver la perfection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience observe ; Autrement dit, la raison veut se trouver et se poss&#233;der comme un objet existant, comme une mani&#232;re r&#233;elle et sensuellement pr&#233;sente . La conscience de cette observation veut dire et dit qu'elle ne veut pas &#233;prouver elle-m&#234;me , mais au contraire l'essence des choses en tant que choses . Si cette conscience veut dire et dit cela, c'est parce qu'elle est la raison , mais la raison en tant que telle n'est pas encore pour elle un objet. Si la raison savait qu'elle est la m&#234;me essence des choses et d'elle-m&#234;me, et qu'elle ne peut &#234;tre pr&#233;sente dans la conscience que sous sa forme propre, elle descendrait plut&#244;t dans sa propre profondeur et la chercherait l&#224;-dedans que dans les choses. S'il l'avait trouv&#233; l&#224;-dedans, il serait alors renvoy&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; pour en regarder l'expression sensuelle, mais il la prendrait imm&#233;diatement essentiellement comme un concept . La raison, telle qu'elle appara&#238;t directement comme la certitude de la conscience d'&#234;tre toute r&#233;alit&#233;, prend sa r&#233;alit&#233; dans le sens de l' imm&#233;diatet&#233; de l'&#234;tre , et aussi l'unit&#233; du moi avec cet &#234;tre objectif dans le sens d'une unit&#233; imm&#233;diate dans laquelle elle est la moments d'&#234;tre et je n'ai pas encore &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s et r&#233;unis, ou qu'elle n'a pas encore reconnu. Elle aborde donc les choses comme une conscience observatrice, estimant qu'elle les per&#231;oit v&#233;ritablement comme des choses sensuelles, oppos&#233;es &#224; l'ego ; mais leurs actions r&#233;elles contredisent cette opinion ; car il reconna&#238;t les choses, il transforme leur sensualit&#233; en concepts , c'est-&#224;-dire en un &#234;tre qui est en m&#234;me temps moi, pensant ainsi en une pens&#233;e existante, ou l'&#234;tre en un &#234;tre pens&#233;, et affirme en fait que les choses n'ont de v&#233;rit&#233; que comme notions. Pour cette conscience observatrice, cela devient seulement ce que sont les choses , mais pour nous ce qu'elles sont elles-m&#234;mes ; Mais le r&#233;sultat de son mouvement sera de devenir pour lui-m&#234;me ce qu'il est en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action de la raison observatrice doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans les moments de son mouvement, car elle prend en compte la nature, l'esprit et enfin la relation entre les deux en tant qu'&#234;tre sensuel et se cherche elle-m&#234;me comme r&#233;alit&#233; vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V&lt;br class='autobr' /&gt;
Certitude et v&#233;rit&#233; de la raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une raison observationnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Observation de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la conscience irr&#233;fl&#233;chie d&#233;clare l'observation et l'exp&#233;rience comme la source de la v&#233;rit&#233;, ses paroles peuvent sembler comme s'il s'agissait uniquement de go&#251;ter, de sentir, de sentir, d'entendre et de voir ; Dans le z&#232;le avec lequel il recommande de go&#251;ter, de sentir, etc., il oublie de dire qu'il a en fait d&#233;j&#224; d&#233;termin&#233; l'objet de ce sentiment tout aussi essentiellement, et que cette d&#233;termination lui est au moins aussi importante que ce sentiment. Il admettra aussi imm&#233;diatement qu'il ne se pr&#233;occupe pas seulement de la perception et, par exemple, n'acceptera pas la perception que ce canif se trouve &#224; c&#244;t&#233; de cette tabati&#232;re comme une observation. Ce qui est per&#231;u doit au moins avoir une signification g&#233;n&#233;rale et non sensorielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce g&#233;n&#233;ral n'est que ce qui reste le m&#234;me ; son mouvement n'est que la r&#233;p&#233;tition uniforme de la m&#234;me action. La conscience, qui ne trouve dans l'objet que l'universalit&#233; ou le sens abstrait , doit prendre sur elle le mouvement r&#233;el de l'objet ; Puisqu'il n'est pas encore son esprit, c'est du moins sa m&#233;moire, qui exprime d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale ce qui n'est pr&#233;sent dans la r&#233;alit&#233; que d'une mani&#232;re particuli&#232;re. Cet &#233;loignement superficiel de l'individuel, et cette forme &#233;galement superficielle de l'universalit&#233;, o&#249; le sensible ne fait qu'&#234;tre absorb&#233; sans &#234;tre devenu universel en soi, la description des choses n'a pas de mouvement dans l'objet lui-m&#234;me ; Au contraire, ce n'est que dans la description. Le sujet tel que d&#233;crit a donc perdu tout int&#233;r&#234;t ; Si l'une est d&#233;crite, il faut en entreprendre une autre et toujours la chercher, pour que la description ne s'&#233;puise pas. S'il n'est plus si facile de trouver de nouvelles choses enti&#232;res , il faut alors revenir &#224; celles d&#233;j&#224; trouv&#233;es, les diviser davantage, les d&#233;monter et y d&#233;couvrir de nouveaux aspects de la chose. Cet instinct agit&#233; et agit&#233; ne peut jamais manquer de mati&#232;re ; Trouver une nouvelle esp&#232;ce distingu&#233;e, voire une nouvelle plan&#232;te, qui, bien qu'individuelle, ait le caract&#232;re d'un universel, ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; que par les plus chanceux. Mais les limites de ce qui se distingue comme l'&#233;l&#233;phant, le ch&#234;ne, l'or , ce qui est genre et esp&#232;ce , passe par de nombreuses &#233;tapes jusqu'&#224; la sp&#233;cialisation infinie des animaux et des plantes chaotiques, des esp&#232;ces de montagne ou des m&#233;taux qui ne peuvent &#234;tre que repr&#233;sent&#233;s. par la force et l'art, la Terre, etc. Dans ce domaine d'ind&#233;termination du g&#233;n&#233;ral, o&#249; la particularit&#233; se rapproche &#224; nouveau de l'isolement et y descend ici et l&#224; compl&#232;tement, s'ouvre une r&#233;serve in&#233;puisable d'observation et de description. Mais ici, o&#249; s'ouvre &#224; lui un champ indubitable, &#224; la limite de l'universel, au lieu d'une richesse incommensurable, il ne peut avoir trouv&#233; que les limites de la nature et de ses propres actions ; Il ne peut plus savoir si ce qui semble &#234;tre en soi n'est pas un accident ; Ce qui porte la marque d'une structure confuse ou immature, faible, &#224; peine en train de se d&#233;velopper en raison d'une ind&#233;termination &#233;l&#233;mentaire, ne peut m&#234;me pas pr&#233;tendre &#234;tre d&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette recherche et cette description semblent porter uniquement sur des choses, alors nous ne voyons pas qu'elles se poursuivent par la perception sensorielle , mais plut&#244;t ce par quoi les choses sont reconnues est plus important pour lui que le reste des propri&#233;t&#233;s sensorielles que la chose elle-m&#234;me ne peut pas. se passer, mais dont la conscience se passe. Par cette distinction entre l' essentiel et le non essentiel, le concept s'&#233;l&#232;ve au-dessus de la distraction sensuelle, et la cognition explique qu'il est au moins aussi essentiel &#224; lui-m&#234;me qu'&#224; l'action. Avec cette double essentialit&#233;, il devient incertain si ce qui est essentiel et n&#233;cessaire &#224; la cognition l'est aussi dans les choses . D'une part, les caract&#233;ristiques sont uniquement destin&#233;es &#224; servir de moyen de reconnaissance des choses, donc de les distinguer les unes des autres ; Mais d'autre part, ce n'est pas le caract&#232;re inessentiel des choses qui est reconnu, mais plut&#244;t ce par quoi elles rompent avec la continuit&#233; g&#233;n&#233;rale de l'&#234;tre en g&#233;n&#233;ral, se s&#233;parent des autres et sont pour elles-m&#234;mes . Les caract&#233;ristiques ne doivent pas seulement avoir un rapport essentiel avec la connaissance, mais aussi avec les d&#233;terminations essentielles des choses, et le syst&#232;me artificiel doit correspondre au syst&#232;me de la nature elle-m&#234;me et ne faire que l'exprimer. Cela est n&#233;cessaire du point de vue du concept de raison, et l'instinct de la raison - car il ne se comporte comme tel que dans cette observation - a &#233;galement r&#233;alis&#233; cette unit&#233; dans ses syst&#232;mes, o&#249; ses objets eux-m&#234;mes sont tels qu'ils ont une essentialit&#233; ou un pour-avoir. soi-m&#234;me en eux, et ne sont pas seulement un accident de ce moment ou de ceci ici . Les traits distinctifs des animaux, par exemple, proviennent de leurs griffes et de leurs dents ; car en fait, ce n'est pas seulement la connaissance qui distingue un animal d'un autre ; mais l'animal s'excr&#233;te ainsi ; gr&#226;ce &#224; ces armes, il se maintient pour lui-m&#234;me et s&#233;par&#233; du g&#233;n&#233;ral. La plante, en revanche, ne vient pas &#224; &#234;tre pour elle-m&#234;me , mais touche seulement la limite de l'individualit&#233; ; &#192; cette fronti&#232;re, o&#249; elle appara&#238;t comme une division en genres, elle a donc &#233;t&#233; accept&#233;e et diff&#233;renci&#233;e. Mais ce qui est plus bas ne peut plus se distinguer d'autre chose, mais se perd en entrant en opposition. &#202;tre au repos et &#234;tre proportionn&#233;entre en conflit les uns avec les autres, la chose est un peu diff&#233;rente chez celui-ci que chez celui-l&#224;, puisque, d'autre part, l'individu est cette mani&#232;re de se maintenir par rapport &#224; l'autre. Mais ce qui ne peut pas faire cela et devient chimiquement quelque chose de diff&#233;rent de ce qu'il est empiriquement , confond la connaissance et l'entra&#238;ne dans le m&#234;me d&#233;bat quant &#224; savoir si elle doit rester d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, puisque la chose elle-m&#234;me n'est pas quelque chose de constant, et ils tombent. &#224; part sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de tels syst&#232;mes d'auto-constance g&#233;n&#233;rale, cela signifie qu'il s'agit tout autant de l'auto-constance de la cognition que des choses elles-m&#234;mes. Mais cet &#233;ventail de d&#233;terminations constantes , dont chacune d&#233;crit calmement la s&#233;rie de sa progression et dispose d'un espace pour s'exprimer, se fond essentiellement dans son contraire, dans la confusion de ces d&#233;terminations ; car le caract&#232;re, la d&#233;termination g&#233;n&#233;rale, est l'unit&#233; du contraire, du d&#233;termin&#233; et de l'universel en soi ; Il faut donc qu'elle diverge dans cette opposition. Si, d'une part, la d&#233;termination conquiert l'universel dans lequel elle a son essence, alors, d'autre part, celui-ci maintient aussi sa domination sur lui, pousse la d&#233;termination jusqu'&#224; ses limites, m&#233;langeant ainsi ses diff&#233;rences et ses essentiels. L'observation, qui les a tenus bien s&#233;par&#233;s et qu'on croyait avoir quelque chose de solide, voit les autres franchir un principe, se former des transitions et des confusions, et en cela se relier ce qu'elle croyait d'abord &#234;tre absolument s&#233;par&#233;, et s&#233;parer ce qu'elle a ajout&#233; ; de sorte que cette adh&#233;sion &#224; l'&#234;tre calme et constant doit se voir ici, surtout dans ses d&#233;terminations les plus g&#233;n&#233;rales, par exemple quelles sont les caract&#233;ristiques essentielles de l'animal, de la plante, avec des instances qui lui enl&#232;vent toute d&#233;termination, l'universalit&#233;. vers lequel il s'est &#233;lev&#233;, faites-le taire et remettez-le &#224; une observation et une description insens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette observation, qui se borne au simple ou &#224; la distraction sensuelle par le g&#233;n&#233;ral, trouve dans son objet la confusion de son principe , car le sp&#233;cifique doit, par sa nature, se perdre dans son contraire ; La raison doit plut&#244;t s'&#233;loigner de la d&#233;termination inerte , qui avait l'air de demeurer, pour l'observer telle qu'elle est r&#233;ellement, c'est-&#224;-dire se rapporter &#224; son contraire . Ce qu'on appelle les caract&#232;res essentiels sont des d&#233;terminations au repos qui, dans la mesure o&#249; elles s'expriment et sont comprises comme simples , ne repr&#233;sentent pas ce qui constitue leur nature, &#224; savoir les moments de disparition du mouvement de retrait. Alors que l'instinct rationnel cherche maintenant la d&#233;termination de sa nature, non pas &#233;tant essentiellement en soi, mais passant dans le contraire, il cherche la loi et le concept de celle-ci ; Certes, selon eux, en tant que r&#233;alit&#233; existante , celle-ci dispara&#238;tra effectivement de lui, et les aspects de la loi deviendront de purs moments ou abstractions, de sorte que la loi surgira dans la nature du concept, qui annihile l'existence indiff&#233;rente de la r&#233;alit&#233; sensible. lui-m&#234;me l'a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la conscience observatrice, la v&#233;rit&#233; de la loi est dans l'exp&#233;rience , comme dans la mani&#232;re dont l'&#234;tre sensible est pour elle ; pas en soi. Mais si la loi n'a pas sa v&#233;rit&#233; dans le concept, alors c'est quelque chose d'accidentel, ce n'est pas une n&#233;cessit&#233;, ou en fait ce n'est pas une loi. Mais le fait qu'il soit essentiel en tant que concept non seulement ne contredit pas le fait qu'il existe pour l'observation, mais au contraire, il a une existence n&#233;cessaire et est destin&#233; &#224; l'observation. Le g&#233;n&#233;ral, au sens de g&#233;n&#233;ralit&#233; de la raison , est aussi g&#233;n&#233;ral dans le sens qu'il en a, qu'il se pr&#233;sente &#224; la conscience comme le pr&#233;sent et l'actuel, ou que le concept se pr&#233;sente &#224; la mani&#232;re d'une chose et d'un &#234;tre sensuel. ; &#8211; mais sans perdre sa nature et tomber dans une existence indolente ou une succession indiff&#233;rente. Ce qui est g&#233;n&#233;ralement valable l'est &#233;galement ; Ce qui est cens&#233; &#234;tre est en r&#233;alit&#233; , et ce qui est cens&#233; &#234;tre sans &#234;tre n'a pas de v&#233;rit&#233;. L'instinct de la raison, quant &#224; lui, s'y accroche &#224; juste titre et ne se laisse pas influencer par les choses de la pens&#233;e qui sont seulement cens&#233;es &#234;tre et comme avoir une v&#233;rit&#233;, m&#234;me si elles ne sont rencontr&#233;es dans aucune exp&#233;rience - simplement aussi peu par les hypoth&#232;ses que par toutes d'autres invisibilit&#233;s d'un perp&#233;tuel devraient confondre ; car la raison est pr&#233;cis&#233;ment cette certitude d'avoir la r&#233;alit&#233;, et ce qui n'est pas un &#234;tre-soi pour la conscience, c'est-&#224;-dire ce qui n'appara&#238;t pas, n'est rien du tout pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la v&#233;rit&#233; de la loi est essentiellement la r&#233;alit&#233; devient pour cette conscience, qui reste dans son observation, une opposition au concept, et &#224; ce qui est universel en soi, ou &#224; quelque chose comme sa loi, n'est pas un &#234;tre de raison. pour lui ; il pense qu'il contient quelque chose d'&#233;tranger . Mais il r&#233;fute lui-m&#234;me cette opinion par l'acte par lequel il ne prend pas lui-m&#234;me son universalit&#233; en ce sens que toutes les choses sensibles individuelles doivent lui avoir montr&#233; l'apparence de la loi pour pouvoir en affirmer la v&#233;rit&#233;. Le fait que les pierres, ramass&#233;es sur la terre et rel&#226;ch&#233;es, tombent ne n&#233;cessite pas que cette exp&#233;rience soit faite avec toutes les pierres ; On peut bien dire que cela a d&#251; au moins avoir &#233;t&#233; tent&#233; avec un tr&#232;s grand nombre de personnes, d'o&#249; les autres peuvent alors &#234;tre d&#233;duites avec la plus grande probabilit&#233;, ou en toute justice , par analogie . Mais non seulement l'analogie ne rend pas pleinement justice, mais, en raison de sa nature, elle se r&#233;fute si souvent que, &#224; en juger par l'analogie elle-m&#234;me, celle-ci ne permet de tirer aucune conclusion. La probabilit&#233; &#224; laquelle se r&#233;duirait le r&#233;sultat perd toute distinction entre probabilit&#233; inf&#233;rieure et probabilit&#233; sup&#233;rieure par rapport &#224; la v&#233;rit&#233; ; Qu'il soit aussi grand qu'il veut, ce n'est rien compar&#233; &#224; la v&#233;rit&#233;. Mais l'instinct de la raison suppose en r&#233;alit&#233; que de telles lois sont la v&#233;rit&#233; , et ce n'est que par rapport &#224; leur n&#233;cessit&#233;, qu'il ne reconna&#238;t pas, qu'il tombe dans cette distinction et r&#233;duit la v&#233;rit&#233; de la chose elle-m&#234;me &#224; la probabilit&#233;, afin d'&#233;viter la voie imparfaite. , dans lequel la v&#233;rit&#233; est pr&#233;sente pour la conscience qui n'a pas encore atteint l'aper&#231;u du concept pur ; car l'universalit&#233; n'existe que comme universalit&#233; simple et imm&#233;diate . Mais en m&#234;me temps, pour eux, la loi a la v&#233;rit&#233; pour conscience ; Le fait que la pierre tombe est vrai pour lui parce que la pierre est lourde pour lui , c'est-&#224;-dire parce que dans son poids elle a en elle le rapport essentiel avec la terre , qui s'exprime comme une chute. Ainsi, dans l'exp&#233;rience, il a l'&#234;tre de la loi, mais aussi la m&#234;me chose en tant que concept , et il ne lui est fid&#232;le qu'en raison des deux circonstances r&#233;unies ; Elle compte comme loi parce qu'elle se pr&#233;sente en apparence et est en m&#234;me temps un concept en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la loi est en m&#234;me temps un concept en soi , l'instinct rationnel de cette conscience se propose n&#233;cessairement de purifier la loi et ses &#233;l&#233;ments en concepts, mais sans savoir qu'il le veut . Il fait des exp&#233;riences sur la loi. Lorsque la loi appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, elle se pr&#233;sente impure, envelopp&#233;e par l'&#234;tre sensuel individuel, le concept qui constitue sa nature enfoui dans la mati&#232;re empirique. Dans ses tentatives, l'instinct rationnel vise &#224; d&#233;couvrir ce qui se passe dans telle ou telle circonstance. Cela semble seulement plonger davantage la loi dans l'&#234;tre sensuel ; mais cela s'y perd en r&#233;alit&#233;. Cette recherche a le sens intrins&#232;que de retrouver les conditions pures du droit ; ce qui ne veut rien dire d'autre, m&#234;me si la conscience qui s'exprime ainsi devait penser qu'elle dit autre chose que d'&#233;lever la loi enti&#232;rement &#224; la forme du concept et d'effacer tout lien de ses moments avec l'&#234;tre d&#233;termin&#233; . L'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative, par exemple, qui appara&#238;t initialement comme &#233;lectricit&#233; de r&#233;sine et positive comme &#233;lectricit&#233; de verre , perd compl&#232;tement ce sens au fil des exp&#233;riences et devient de l'&#233;lectricit&#233; purement positive et n&#233;gative , dont chacune n'appartient plus &#224; un type particulier de chose ; et il n'est plus possible de dire qu'il y a des corps qui sont &#233;lectriques positivement et d'autres qui sont &#233;lectriques n&#233;gativement. Le rapport entre acide et base et leur mouvement l'un par rapport &#224; l'autre constitue &#233;galement une loi dans laquelle ces oppos&#233;s apparaissent comme des corps. Mais ces choses s&#233;par&#233;es n'ont aucune r&#233;alit&#233; ; la violence qui les d&#233;chire ne peut pas les emp&#234;cher de r&#233;int&#233;grer imm&#233;diatement un proc&#232;s ; parce qu'ils ne sont que cette relation. Ils ne peuvent pas rester seuls comme une dent ou une griffe et &#234;tre signal&#233;s ainsi. Le fait que telle soit leur essence, passer directement en produit neutre, fait de leur &#234;tre quelque chose d'aboli en soi, ou quelque chose de g&#233;n&#233;ral, et l'acide et la base n'ont de v&#233;rit&#233; que comme &#233;tant g&#233;n&#233;rales . Ainsi, tout comme le verre et la r&#233;sine peuvent &#234;tre &#233;lectriques &#224; la fois positivement et n&#233;gativement, l'acide et la base ne sont pas li&#233;s en tant que propri&#233;t&#233;s &#224; telle ou telle r&#233;alit&#233; , mais chaque chose n'est que relative.acide ou basique ; Ce qui semble &#234;tre une base ou un acide d&#233;fini prend le sens oppos&#233; &#224; un autre dans ce qu'on appelle la synsomatie. &#8211; Le r&#233;sultat des exp&#233;riences abolit ainsi les moments ou enthousiasmes comme propri&#233;t&#233;s de certaines choses et lib&#232;re les pr&#233;dicats de leurs sujets. Ces pr&#233;dicats, tels qu'ils sont r&#233;ellement, ne se trouvent que comme des pr&#233;dicats g&#233;n&#233;raux ; Pour cette ind&#233;pendance, on leur donne le nom de mati&#232;re , qui n'est ni corps ni propri&#233;t&#233;s, et on se garde bien d'appeler oxyg&#232;ne, etc., &#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative, chaleur, etc., corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re , en revanche, n'est pas une chose existante , mais plut&#244;t un &#234;tre en tant qu'universel ou sous la forme d'un concept. La raison, qui est encore instinct, fait cette juste distinction sans se rendre compte qu'en appliquant la loi &#224; tout &#234;tre sensible, elle abolit son &#234;tre purement sensuel, et, en concevant ses moments comme mati&#232;re , s'approprie leur essence devenue g&#233;n&#233;rale. et dans cette expression s'exprime comme un sensuel insensible, comme un &#234;tre d&#233;sincarn&#233; et pourtant objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit maintenant quelle tournure prend pour lui son r&#233;sultat et quelle forme nouvelle son observation prend avec lui. Comme v&#233;rit&#233; de cette conscience &#233;prouvante, nous voyons la loi pure, qui se lib&#232;re de l'&#234;tre sensuel, nous la voyons comme un concept pr&#233;sent dans l'&#234;tre sensuel, mais qui se d&#233;place en lui de mani&#232;re ind&#233;pendante et non li&#233;e, et qui y est immerg&#233;, libre de lui. et un concept simple . Celui-ci, qui est en v&#233;rit&#233; le r&#233;sultat et l'essence , appara&#238;t maintenant &#224; cette conscience elle-m&#234;me, mais comme un objet , pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il n'est pas le r&#233;sultat pour elle et sans rapport avec le mouvement pr&#233;c&#233;dent, comme un type particulier d'objet, et son relation avec cela comme un autre type d'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel objet, qui contient le processus dans la simplicit&#233; du concept, est l' organique . C'est cette fluidit&#233; absolue dans laquelle se dissout la d&#233;termination par laquelle elle n'existerait que pour autrui . Si la chose inorganique a la d&#233;termination comme partie de son essence, et donc seulement avec une autre chose, elle constitue la compl&#233;tude des moments du concept, et se perd donc dans le mouvement ; D'autre part, toutes les d&#233;terminations de l'&#234;tre organique, par lesquelles il s'ouvre aux autres choses, sont li&#233;es sous la simple unit&#233; organique ; personne n'appara&#238;t comme essentiel qui se rapporte librement &#224; autre chose ; et l'organique se maintient donc dans sa relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspects de la loi que l'instinct rationnel observe ici sont, comme il ressort de cette d&#233;termination, avant tout la nature organique et la nature inorganique dans leurs relations r&#233;ciproques. Pour l'organique, cette derni&#232;re est pr&#233;cis&#233;ment la libert&#233; des d&#233;terminations non li&#233;es , &#224; l'oppos&#233; de son simple concept , dans lequel la nature individuelle est simultan&#233;ment dissoute et de la continuit&#233; de laquelle elle se s&#233;pare simultan&#233;ment et est pour elle-m&#234;me . L'air, l'eau, la terre, les zones et le climat sont des &#233;l&#233;ments g&#233;n&#233;raux qui constituent l'essence ind&#233;finie et simple des individualit&#233;s et dans lesquels ils se refl&#232;tent en m&#234;me temps en eux-m&#234;mes. Ni l'individualit&#233; n'est absolue en elle-m&#234;me ni &#233;l&#233;mentaire, mais dans la libert&#233; ind&#233;pendante dans laquelle elles se pr&#233;sentent l'une envers l'autre pour l'observation, elles se comportent en m&#234;me temps comme des relations essentielles , mais de telle mani&#232;re que l'ind&#233;pendance et l'indiff&#233;rence de l'une et de l'autre l'un envers l'autre est la chose dominante et ne passe que partiellement &#224; l'abstraction. Ici donc, la loi existe comme rapport d'un &#233;l&#233;ment &#224; la formation de l'organique, qui tant&#244;t a l'&#234;tre &#233;l&#233;mentaire par rapport &#224; lui-m&#234;me, tant&#244;t le repr&#233;sente dans son reflet organique. Mais de telles lois , selon lesquelles les animaux qui appartiennent &#224; l'air sont de la nature des oiseaux, qui sont de la nature des oiseaux, qui sont de la nature des poissons, les animaux nordiques ont une fourrure &#233;paisse, etc., montrent imm&#233;diatement une pauvret&#233; que la diversit&#233; organique ne fait pas. correspond. De plus, le fait que la libert&#233; organique sache priver ces d&#233;terminations de leurs formes et offre n&#233;cessairement des exceptions &#224; de telles lois ou r&#232;gles, comme on voudrait les appeler, reste une d&#233;termination tellement superficielle chez ceux qui en rel&#232;vent l'expression de sa n&#233;cessit&#233;. ne peut en &#234;tre autrement, et ne l'am&#232;ne pas au-del&#224; de la grande influence ; de sorte qu'on ne sait pas ce qui appartient r&#233;ellement &#224; cette influence et ce qui n'en fait pas partie. De telles relations entre l'organique et l'&#233;l&#233;mentaire ne peuvent en fait pas &#234;tre appel&#233;es lois , car en partie, comme nous nous en souvenons, une telle relation n'&#233;puise pas la port&#233;e de l'organique en termes de contenu, mais en partie les moments de la relation eux-m&#234;mes restent indiff&#233;rents &#224; les uns les autres et n'expriment aucun besoin. Dans le concept d'acide r&#233;side le concept de base, tout comme dans le concept de positif il y a l'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative ; Mais tout autant l'&#233;paisse fourrure du nord, ou la structure des poissons avec l'eau, la structure des oiseaux avec l'air.peut &#234;tre rencontr&#233; , le concept du nord ne contient pas le concept de cheveux &#233;pais, la mer ne contient pas le concept de structure des poissons, l'air ne contient pas le concept de structure des oiseaux. En raison de cette libert&#233; des deux c&#244;t&#233;s l'un envers l'autre, il existe aussi des animaux terrestres qui pr&#233;sentent les caract&#232;res essentiels d'un oiseau, d'un poisson, etc. La n&#233;cessit&#233;, parce qu'elle ne peut &#234;tre comprise comme quelque chose d'int&#233;rieur &#224; l'&#234;tre, cesse &#233;galement d'avoir une existence sensuelle et ne peuvent plus &#234;tre observ&#233;s dans la r&#233;alit&#233;, mais en ont &#233;merg&#233;. Ne se trouvant pas dans l'&#234;tre r&#233;el lui-m&#234;me, c'est ce qu'on appelle une relation t&#233;l&#233;ologique, une relation qui est ext&#233;rieure &#224; la relation et qui est donc plut&#244;t &#224; l'oppos&#233; d'une loi. C'est la pens&#233;e compl&#232;tement lib&#233;r&#233;e de la nature n&#233;cessaire, qui la quitte et se d&#233;place d'elle-m&#234;me au-dessus d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la relation mentionn&#233;e pr&#233;c&#233;demment entre la nature organique et la nature &#233;l&#233;mentaire n'exprime pas son essence, alors elle est contenue dans le concept de finalit&#233; . Pour cette conscience observatrice, ce n'est pas l' essence propre de l'organique, mais cela se situe en dehors de lui et n'est alors que cette relation t&#233;l&#233;ologique externe. Mais comme l'organique a &#233;t&#233; pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;, il est en fait le v&#233;ritable but lui-m&#234;me ; car en ce qu'elle se maintient par rapport aux autres choses , elle est pr&#233;cis&#233;ment cet &#234;tre naturel dans lequel la nature se refl&#232;te dans le concept et les moments d'une cause et d'un effet, d'un actif et d'un souffrant, s&#233;par&#233;s par n&#233;cessit&#233;, en un seul. pris ensemble ; de sorte que quelque chose n'appara&#238;t pas ici simplement par n&#233;cessit&#233; ; mais, parce qu'il est rentr&#233; en lui-m&#234;me, le dernier ou le r&#233;sultat est tout autant le premier , qui commence le mouvement et est le but qu'il r&#233;alise. L'organique ne produit pas quelque chose, mais se maintient seulement , ou bien ce qui est produit est d&#233;j&#224; l&#224; au moment o&#249; il est produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;termination est &#224; discuter plus en d&#233;tail telle qu'elle est en elle-m&#234;me et telle qu'elle est pour l'instinct rationnel afin de voir comment il s'y retrouve mais ne se reconna&#238;t pas dans ce qu'il trouve. Le concept de but auquel s'&#233;l&#232;ve la raison observatrice, en tant que concept conscient , est donc pr&#233;sent tout autant que quelque chose de r&#233;el ; et ce n'est pas seulement une relation ext&#233;rieure de celui-ci, mais son essence . Ce r&#233;el, qui est lui-m&#234;me une fin, se rapporte convenablement &#224; autre chose, c'est-&#224;-dire que son rapport est contingent, d'apr&#232;s ce que l'un et l'autre sont imm&#233;diats ; Tous deux sont imm&#233;diatement ind&#233;pendants et indiff&#233;rents l'un &#224; l'autre. Mais l'essence de leur relation est diff&#233;rente de ce qu'ils semblent &#234;tre, et leurs actions ont une signification diff&#233;rente de celle qu'elles ont imm&#233;diatement pour la perception sensorielle ; La n&#233;cessit&#233; est cach&#233;e dans ce qui arrive et ne se montre qu'&#224; la fin , mais de telle sorte que cette fin m&#234;me montre qu'elle fut aussi la premi&#232;re. Mais la fin montre cette priorit&#233; d'elle-m&#234;me dans la mesure o&#249; rien ne sort du changement apport&#233; par l'action autre que ce qui &#233;tait d&#233;j&#224;. Ou bien, si l'on part du premier, alors &#224; la fin ou dans le r&#233;sultat de ses actions, il ne fait que revenir &#224; lui-m&#234;me ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment ainsi qu'il se r&#233;v&#232;le &#234;tre quelque chose qui a atteint sa fin, c'est-&#224;-dire qu'il est d&#233;j&#224; revenu &#224; soi d'abord, ou qu'il est en et pour soi . Ce qu'il r&#233;alise par le mouvement de ses actions, c'est lui-m&#234;me ; et le fait qu'il ne s'atteigne qu'&#224; lui-m&#234;me est son sentiment de soi . La diff&#233;rence entre ce qu'elle est et ce qu'elle recherche est bien pr&#233;sente, mais ce n'est que l' apparence d'une diff&#233;rence , et cela signifie qu'elle est un concept en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la conscience de soi est &#233;galement con&#231;ue pour se distinguer d'elle-m&#234;me de telle mani&#232;re qu'en m&#234;me temps aucune diff&#233;rence n'apparaisse. Ainsi, en observant la nature organique, il ne trouve rien d'autre que cet &#234;tre ; il se trouve comme chose, comme vie , mais il fait n&#233;anmoins une distinction entre ce qu'il est lui-m&#234;me et ce qu'il a trouv&#233;, qui pourtant n'est pas. De m&#234;me que l'instinct de l'animal cherche de la nourriture et la consomme, mais ne produit rien d'autre que lui-m&#234;me, de m&#234;me l'instinct de la raison ne trouve que lui-m&#234;me dans sa recherche. L'animal finit par se sentir soi-m&#234;me. L'instinct rationnel, au contraire, est en m&#234;me temps conscience de soi ; mais parce qu'il n'est qu'instinct, il se place d'un c&#244;t&#233; par rapport &#224; la conscience et a en elle son contraire. Sa satisfaction est donc divis&#233;e par ceci : il se trouve, &#224; savoir le but , et aussi ce but en tant que chose . Mais le but lui incombe d'abord en dehors de la chose qui se pr&#233;sente comme but. Deuxi&#232;mement, cette fin en tant que fin est en m&#234;me temps objective , et donc elle ne lui vient pas en elle-m&#234;me en tant que conscience, mais dans une autre compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on y regarde de plus pr&#232;s, cette d&#233;termination r&#233;side aussi dans le concept de la chose, qu'elle est une fin en soi . C'est-&#224;-dire qu'il se conserve ; c'est-&#224;-dire qu'en m&#234;me temps il est dans sa nature de dissimuler la n&#233;cessit&#233; et de la pr&#233;senter sous la forme d' une relation accidentelle ; car sa libert&#233; ou son &#234;tre-pour-soi est pr&#233;cis&#233;ment cela, se comporter comme quelque chose d'indiff&#233;rent &#224; ce qui est n&#233;cessaire ; Il se pr&#233;sente donc comme quelque chose dont le concept &#233;chappe &#224; son &#234;tre. De la m&#234;me mani&#232;re, la raison a la n&#233;cessit&#233; de consid&#233;rer son propre concept comme &#233;tant ext&#233;rieur &#224; elle-m&#234;me, comme une chose , comme quelque chose qui lui est indiff&#233;rent, et qui est par l&#224; mutuellement indiff&#233;rent &#224; elle et &#224; son concept . Comme instinct, il reste aussi dans cet &#234;tre ou indiff&#233;rence , et la chose qui exprime le concept reste autre que ce concept, le concept autre que la chose. Ainsi, pour eux, la chose organique n'est qu'une fin en soi, de telle sorte que la n&#233;cessit&#233;, qui se pr&#233;sente comme cach&#233;e dans son action, en ce sens que l'auteur s'y comporte comme un &#234;tre indiff&#233;rent &#224; elle-m&#234;me, tombe en dehors de l'organique lui-m&#234;me. &#8211; Mais comme l'organique, comme fin en soi, ne peut se comporter autrement que comme tel, cela aussi appara&#238;t et est pr&#233;sent aux sens, qu'il est une fin en soi, et il s'observe ainsi. L'organique se pr&#233;sente comme quelque chose qui se soutient et revient et revient &#224; lui-m&#234;me . Mais dans cet &#234;tre, cette conscience observatrice ne reconna&#238;t pas le concept de but, ni le fait que le concept de but n'existe pas ailleurs dans une compr&#233;hension, mais existe ici et est en tant que chose. Cela fait une diff&#233;rence entre la notion de but et entre &#234;tre pour soi et se maintenir, ce qui n'est ni l'un ni l'autre. Le fait qu'il ne soit pas un n'est pas pour lui, mais plut&#244;t une action qui semble accidentelle et indiff&#233;rente &#224; ce qui en r&#233;sulte, et &#224; l'unit&#233; qui lie les deux ensemble - cette action et ce but s'effondrent pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conception, ce qui appartient &#224; l'organique lui-m&#234;me, c'est l'action qui se situe entre son premier et son dernier, dans la mesure o&#249; elle poss&#232;de en elle le caract&#232;re d'individualit&#233;. Mais l'action, dans la mesure o&#249; elle a le caract&#232;re d'universalit&#233; et o&#249; le faire est assimil&#233; &#224; ce qui en est produit, l'action intentionnelle en tant que telle, n'en ferait pas partie. Cette action individuelle qui n'est qu'un moyen rel&#232;ve, par son individualit&#233;, de la d&#233;termination d'une n&#233;cessit&#233; tout &#224; fait individuelle ou accidentelle. Ce que fait l'organique pour se pr&#233;server en tant qu'individu ou en tant qu'esp&#232;ce est donc totalement ill&#233;gal en termes de contenu imm&#233;diat, car l'universel et le concept en &#233;chappent. Son action serait donc une activit&#233; vide de sens, sans contenu en soi ; Ce ne serait m&#234;me pas l'efficacit&#233; d'une machine, car elle a un but et son efficacit&#233; a donc un certain contenu. Ainsi d&#233;sert&#233;e de l'universel, elle serait l'activit&#233; d'un seul &#234;tre comme &#233;tant , c'est-&#224;-dire non r&#233;fl&#233;chie simultan&#233;ment en soi, comme celle d'un acide ou d'une base ; une efficacit&#233; qui ne saurait se s&#233;parer de son existence imm&#233;diate, ni y renoncer, qui se perd dans le rapport &#224; son contraire, mais qui pourrait encore se pr&#233;server. Mais l'&#234;tre, dont l'effectivit&#233; est celle consid&#233;r&#233;e ici, se pose comme une chose qui se maintient dans son rapport &#224; son contraire ; l'activit&#233; comme telle n'est rien d'autre que la forme pure et insubstantielle de son &#234;tre-pour-soi, et sa substance, qui n'est pas seulement un &#234;tre d&#233;termin&#233; mais l'universel, sa finalit&#233; n'en sort pas ; C'est une activit&#233; qui retourne en elle-m&#234;me et n'est pas dirig&#233;e vers elle-m&#234;me par quelque chose d'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette unit&#233; de l'universalit&#233; et de l'activit&#233; n'est pas pour cette conscience observatrice , parce que cette unit&#233; est essentiellement le mouvement int&#233;rieur de l'organique et ne peut &#234;tre comprise que comme un concept ; Mais l'observation cherche les moments sous forme d'&#234;tre et de rester ; et parce que le tout organique est essentiellement ceci, qu'il ne contient pas les moments et ne peut s'y trouver, la conscience, selon elle, transforme le contraire en celui qui lui convient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#234;tre organique surgit pour lui comme un rapport entre deux moments existants et fixes - une opposition dont les deux faces semblent lui &#234;tre donn&#233;es d'une part dans l'observation, et d'autre part, en termes de leur contenu exprime l'opposition du concept organique de finalit&#233; et de r&#233;alit&#233; ; mais parce que le concept en tant que tel en a &#233;t&#233; effac&#233;, d'une mani&#232;re sombre et superficielle, o&#249; la pens&#233;e a sombr&#233; dans la repr&#233;sentation. Ainsi nous voyons le premier compris grossi&#232;rement sous l' interne , l'autre sous l' externe , et leur relation produit la loi selon laquelle l'externe est l'expression de l'interne .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde de plus pr&#232;s cet int&#233;rieur avec son contraire et ses relations l'un avec l'autre, il appara&#238;t que, tout d'abord, les deux faces de la loi ne se lisent plus comme dans les lois ant&#233;rieures, dans lesquelles elles apparaissaient chacune comme des choses ind&#233;pendantes comme un corps sp&#233;cial, ni pour l'autre de la m&#234;me mani&#232;re que l'universel devrait avoir son existence ailleurs en dehors des &#234;tres . Au contraire, l'&#234;tre organique est fondamental, indivis, en tant que contenu de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, et le m&#234;me pour les deux ; L'opposition n'est donc que purement formelle, dont les faces r&#233;elles ont pour essence le m&#234;me en-soi , mais en m&#234;me temps, puisque l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur sont aussi une r&#233;alit&#233; oppos&#233;e et un &#234;tre diff&#233;rent &#224; observer , ils semblent chacun avoir leur propre contenu. Ce contenu particulier, puisqu'il s'agit de la m&#234;me substance ou unit&#233; organique, ne peut en fait en &#234;tre qu'une forme diff&#233;rente ; et cela est indiqu&#233; par la conscience observatrice dans la mesure o&#249; l'ext&#233;rieur n'est qu'une expression de l'int&#233;rieur. &#8211; Nous avons vu les m&#234;mes d&#233;terminations de la relation, &#224; savoir l'ind&#233;pendance indiff&#233;rente des diff&#233;rents, et en cela leur unit&#233;, dans laquelle ils disparaissent, dans la notion de finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut maintenant voir quelle forme l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur ont dans son &#234;tre. L'int&#233;rieur comme tel doit avoir un &#234;tre ext&#233;rieur et une forme tout autant que l'ext&#233;rieur comme tel, car il est un objet ou lui-m&#234;me pos&#233; comme &#233;tant et pr&#233;sent &#224; l'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance organique comme interne est l' &#226;me simple , le pur concept de finalit&#233; ou d' universel , qui dans sa division reste tout aussi liquide g&#233;n&#233;ral, et appara&#238;t donc dans son &#234;tre comme le faire ou le mouvement de la r&#233;alit&#233; en voie de disparition ; puisque, d'autre part, l' externe existe , &#224; l'oppos&#233; de l'interne existant, dans l' &#234;tre au repos de l'organique. La loi en tant que relation entre cet int&#233;rieur et cet ext&#233;rieur exprime ici son contenu, d'une part dans la repr&#233;sentation de moments g&#233;n&#233;raux ou d'entit&#233;s simples , et d'autre part dans la repr&#233;sentation de l'entit&#233; ou de la forme r&#233;alis&#233;e . Ces premi&#232;res propri&#233;t&#233;s organiques simples , pour les appeler ainsi, sont la sensibilit&#233;, l'irritabilit&#233; et la reproduction . Ces propri&#233;t&#233;s, du moins les deux premi&#232;res, ne semblent pas concerner l'organisme en g&#233;n&#233;ral, mais seulement l'animal. Le v&#233;g&#233;tatif n'exprime en r&#233;alit&#233; que le concept simple de l'organisme, qui ne d&#233;veloppe pas ses moments ; C'est pourquoi, &#224; leur &#233;gard, dans la mesure o&#249; ils sont destin&#233;s &#224; l'observation, il faut s'en tenir &#224; celui qui repr&#233;sente leur existence d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour eux, ils d&#233;coulent directement de la notion de fin en soi. Car la sensibilit&#233; en g&#233;n&#233;ral exprime le simple concept de r&#233;flexion organique en elle-m&#234;me, ou sa fluidit&#233; g&#233;n&#233;rale ; l' irritabilit&#233; mais l'&#233;lasticit&#233; organique pour se comporter de mani&#232;re r&#233;active dans la r&#233;flexion , et la prise de conscience oppos&#233;e au premier &#234;tre-en-soi calme , dans lequel cet &#234;tre-pour-soi abstrait est un &#234;tre pour les autres . Mais la reproduction est l'action de cet organisme tout entier r&#233;fl&#233;chie en lui-m&#234;me, son activit&#233; comme fin en soi ou comme esp&#232;ce , dans laquelle l'individu se repousse de lui-m&#234;me, soit en r&#233;p&#233;tant ses parties organiques, soit en produisant l'individu tout entier. Prise au sens d' autoconservation en g&#233;n&#233;ral, la reproduction exprime le concept formel de l'organique ou de la sensibilit&#233; ; mais c'est en r&#233;alit&#233; le concept organique r&#233;el, ou le tout , qui revient &#224; lui-m&#234;me en tant qu'individu, soit par la production de parties individuelles de lui-m&#234;me, soit en tant qu'esp&#232;ce par la production d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' autre signification de ces &#233;l&#233;ments organiques, &#224; savoir comme externes , est la mani&#232;re dont ils se forment , dans laquelle ils existent comme r&#233;els , mais en m&#234;me temps aussi comme parties g&#233;n&#233;rales ou syst&#232;mes organiques ; La sensibilit&#233; comme syst&#232;me nerveux, l'irritabilit&#233; comme syst&#232;me musculaire, la reproduction comme visc&#232;res de la pr&#233;servation de l'individu et de l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois particuli&#232;res de l'organique concernent donc une relation des moments organiques dans leur double sens, d'une part faisant partie de la formation organique , d'autre part &#233;tant une d&#233;termination fluide g&#233;n&#233;rale qui traverse tous ces syst&#232;mes. Dans l'expression d'une telle loi, par exemple, une certaine sensibilit&#233; en tant que moment de l' organisme tout entier aurait son expression dans un syst&#232;me nerveux sp&#233;cifiquement form&#233;, ou elle serait &#233;galement li&#233;e &#224; une certaine reproduction des parties organiques de l'individu ou reproduction de l'ensemble, etc. &#8211; Les deux faces d'une telle loi peuvent &#234;tre observ&#233;es . Selon son concept, l' ext&#233;rieur est l' &#234;tre pour autrui ; La sensibilit&#233;, par exemple, a sa forme directement r&#233;alis&#233;e dans le syst&#232;me sensible ; et en tant que propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, elle est &#233;galement objective dans ses expressions . Le c&#244;t&#233; appel&#233; int&#233;rieur a son propre c&#244;t&#233; ext&#233;rieur, qui est diff&#233;rent de ce qu'on appelle dans son ensemble l' ext&#233;rieur .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait certes observer les deux faces d'une loi organique, mais non les lois de leurs relations ; et l'observation n'est pas suffisante parce que, en tant qu'observation , elle serait trop myope et ne devrait pas proc&#233;der de mani&#232;re empirique, mais devrait &#234;tre bas&#233;e sur l'id&#233;e ; car de telles lois, si elles &#233;taient quelque chose de r&#233;el, devraient effectivement exister et donc &#234;tre observables ; mais parce que l'id&#233;e de lois de ce genre s'av&#232;re n'avoir aucune v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation qui s'est produite pour une loi &#233;tait que la propri&#233;t&#233; organique g&#233;n&#233;rale d'un syst&#232;me organique s'&#233;tait transform&#233;e en une chose et avait son empreinte form&#233;e sur elle, de sorte que les deux &#233;taient le m&#234;me &#234;tre, pr&#233;sent comme un moment g&#233;n&#233;ral &#224; un moment donn&#233;, et comme un moment g&#233;n&#233;ral. une chose &#224; une autre. Mais en outre, le c&#244;t&#233; de l'int&#233;rieur est en soi une relation entre plusieurs c&#244;t&#233;s, et l'id&#233;e d'une loi, en tant que relation d'activit&#233;s ou de propri&#233;t&#233;s organiques g&#233;n&#233;rales les unes avec les autres, s'impose d'abord. La question de savoir si une telle chose est possible doit &#234;tre d&#233;cid&#233;e par la nature d'une telle propri&#233;t&#233;. Cependant, comme fluide g&#233;n&#233;ral, elle n'est pas quelque chose qui se limite selon la mani&#232;re d'une chose et qui est contenu dans la diff&#233;rence d'une existence qui devrait en constituer la forme, mais la sensibilit&#233; d&#233;passe le syst&#232;me nerveux et &#224; travers tous les autres syst&#232;mes de le tout dans l'organisme - c'est en partie un moment g&#233;n&#233;ral qui est essentiellement indivis et ins&#233;parable de la r&#233;action ou de l'irritabilit&#233; et de la reproduction. Parce qu'en tant que reflet en lui-m&#234;me, il y r&#233;agit. Seul se refl&#233;ter en soi est passivit&#233;, ou &#234;tre mort, non une sensibilit&#233;, tout aussi peu que l'action, qui est la m&#234;me chose qu'une r&#233;action, sans se refl&#233;ter en soi est irritabilit&#233;. Le reflet dans l'action ou la r&#233;action, et l'action ou la r&#233;action dans le reflet, est pr&#233;cis&#233;ment ce dont l'unit&#233; constitue l'organique, unit&#233; qui est synonyme de reproduction organique. Il s'ensuit que dans chaque aspect de la r&#233;alit&#233;, il doit y avoir la m&#234;me grandeur de sensibilit&#233; - si l'on consid&#232;re d'abord le rapport entre celle-ci et l'irritabilit&#233; - que l'irritabilit&#233;, et qu'un ph&#233;nom&#232;ne organique est compris et d&#233;termin&#233; tout autant selon l'un que l'autre. selon l'autre, ou comme vous le souhaitez, cela peut &#234;tre expliqu&#233;. Ce qu'une personne consid&#232;re comme une sensibilit&#233; &#233;lev&#233;e, une autre peut tout aussi bien la consid&#233;rer comme une irritabilit&#233; &#233;lev&#233;e et une irritabilit&#233; du m&#234;me niveau . Lorsqu'ils sont appel&#233;s facteurs , et cela n'est pas cens&#233; &#234;tre un mot d&#233;nu&#233; de sens, cela signifie qu'ils sont des moments du concept, c'est-&#224;-dire que l'objet r&#233;el, dont l'essence constitue ce concept, les contient de la m&#234;me mani&#232;re, et si l'un est d&#233;termin&#233; comme &#233;tant tr&#232;s sensible, tandis que l'autre est d&#233;termin&#233; comme &#233;tant tout aussi irritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils sont distingu&#233;s, comme cela est n&#233;cessaire, alors ils le sont dans leur concept, et leur opposition est qualitative . Mais en plus de ces v&#233;ritables diff&#233;rences, elles semblent &#233;galement existantes et diff&#233;rentes pour l'id&#233;e de la fa&#231;on dont elles pourraient &#234;tre des aspects du droit, elles apparaissent donc dans une diff&#233;rence quantitative . Leur opposition qualitative particuli&#232;re appara&#238;t ainsi en termes de taille , et des lois du genre apparaissent selon lesquelles, par exemple, la sensibilit&#233; et l'irritabilit&#233; sont en proportion inverse de leur taille, de sorte que lorsque l'une augmente, l'autre diminue ; ou plut&#244;t, on tient compte de la taille elle-m&#234;me, du fait que la taille de quelque chose augmente &#224; mesure que sa petitesse diminue. &#8211; Mais si on donne &#224; cette loi un certain contenu, par exemple de telle sorte que la taille d'un trou augmente &#224; mesure que diminue ce qui constitue son accomplissement , alors cette relation inverse peut aussi &#234;tre transform&#233;e en relation droite et exprim&#233;e de telle sorte que la la taille du trou en proportions droites de la quantit&#233; retir&#233;e augmente ; - une phrase tautologique , elle peut &#234;tre exprim&#233;e comme une relation directe ou inverse, ce qui dans son expression particuli&#232;re signifie seulement qu'une quantit&#233; augmente &#224; mesure que cette quantit&#233; augmente. La mani&#232;re dont le trou et ce qui le remplit et qui est &#244;t&#233; sont qualitativement oppos&#233;s, mais comment son r&#233;el et sa taille d&#233;termin&#233;e sont une seule et m&#234;me chose dans les deux cas, et de m&#234;me que l'augmentation de la taille et la diminution de la petitesse sont les m&#234;mes, et leur une opposition d&#233;nu&#233;e de sens se transforme en une tautologie, les moments organiques sont &#233;galement indissociables dans leur r&#233;alit&#233; et dans leur grandeur, qui en est la grandeur ; l'un ne fait que diminuer avec l'autre et ne fait qu'augmenter avec lui, car l'un n'a de sens que dans la mesure o&#249; l'autre est pr&#233;sent - ou plut&#244;t il est indiff&#233;rent de consid&#233;rer un ph&#233;nom&#232;ne organique comme irritabilit&#233; ou comme sensibilit&#233;, m&#234;me en g&#233;n&#233;ral, et m&#234;me si leur ampleur est discut&#233;. Peu importe combien il est indiff&#233;rent d'exprimer l'augmentation d'un trou comme une augmentation de son vide ou comme une augmentation de la pl&#233;nitude qui en a &#233;t&#233; retir&#233;e. Ou bien un nombre, par exemple trois , reste de la m&#234;me taille, je peux le prendre positif ou n&#233;gatif ; et si j'augmente le trois &#224; quatre, le positif et le n&#233;gatif deviennent quatre - tout comme le p&#244;le sud d'un aimant est aussi fort que son p&#244;le nord, ou une &#233;lectricit&#233; positive ou un acide est aussi fort que son p&#244;le n&#233;gatif ou son p&#244;le nord. comme cette base, sur quoi elle agit. &#8211; Quelque chose d'aussi grand que ces trois-l&#224;, ou un aimant, etc., est une existence organique ; c'est ce qui est augment&#233; et diminu&#233;, et quand il augmente, les deux facteurs qui le composent sont augment&#233;s, dans la mesure o&#249;les deux p&#244;les de l'aimant, ou comme les deux &#233;lectricit&#233;s, lorsqu'un aimant, etc. est renforc&#233;, augmentent. &#8211; Le fait que les deux soient tout aussi peu diff&#233;rents en termes d' intension et d'extension , que l'un ne puisse pas diminuer en extension mais augmenter en intensit&#233;, tandis que l'autre, &#224; l'inverse, devrait diminuer son intensification mais augmenter en extension, rel&#232;ve de la m&#234;me notion de opposition vide de sens ; l'intension r&#233;elle est aussi grande que l'extension, et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il est clair, ce qui se passe en r&#233;alit&#233; dans cette l&#233;gislation, c'est que l'irritabilit&#233; et la sensibilit&#233; constituent d'abord l'opposition organique d&#233;finitive ; Mais ce contenu se perd, et l'opposition s'op&#232;re dans les formalit&#233;s de l'augmentation et de la diminution de taille, ou des diff&#233;rentes intensions et extensions - opposition qui ne concerne plus la nature de la sensibilit&#233; et de l'irritabilit&#233; et ne les exprime plus. Par cons&#233;quent, ce jeu vide de lois n'est pas li&#233; aux moments organiques, mais peut &#234;tre r&#233;alis&#233; n'importe o&#249; avec n'importe quoi, et repose g&#233;n&#233;ralement sur l'ignorance de la nature logique de ces contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, au lieu de la sensibilit&#233; et de l'irritabilit&#233;, c'est finalement la reproduction qui est mise en rapport avec l'une ou l'autre, alors la raison de cette l&#233;gislation dispara&#238;t &#233;galement ; car la reproduction ne s'oppose pas &#224; ces moments comme ils le sont les uns aux autres ; et puisque cette l&#233;gislation est bas&#233;e sur elle, l'apparence de sa r&#233;alisation dispara&#238;t &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gislation que nous venons d'examiner contient les diff&#233;rences de l'organisme dans la signification des moments de son concept et devrait en r&#233;alit&#233; &#234;tre une l&#233;gislation a priori. Mais l'id&#233;e qu'ils ont la signification des choses existantes r&#233;side essentiellement en elle-m&#234;me , et la conscience qui se contente d'observer doit de toute fa&#231;on s'en tenir &#224; leur existence. La r&#233;alit&#233; organique comporte n&#233;cessairement en elle une telle opposition qu'exprime son concept, et qu'on peut d&#233;finir comme irritabilit&#233; et sensibilit&#233; d&#232;s lors qu'elles apparaissent toutes deux diff&#233;rentes de la reproduction. &#8211; L' ext&#233;riorit&#233; dans laquelle les moments du concept organique sont ici consid&#233;r&#233;s est l' ext&#233;riorit&#233; propre et imm&#233;diate de l'int&#233;rieur, et non l' ext&#233;rieur , qui est l'ext&#233;rieur dans son ensemble et sa forme , et avec lequel l'int&#233;rieur doit ensuite &#234;tre consid&#233;r&#233; en relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'opposition des moments est comprise telle qu'elle existe, alors la sensibilit&#233;, l'irritabilit&#233; et la reproduction se r&#233;duisent &#224; des propri&#233;t&#233;s communes qui sont des g&#233;n&#233;ralit&#233;s aussi indiff&#233;rentes les unes aux autres que la densit&#233;, la couleur, la duret&#233;, etc. En ce sens, on peut certainement observer qu'un &#234;tre organique est plus sensible, ou plus irritable, ou a un plus grand pouvoir reproductif qu'un autre - tout comme la sensibilit&#233;, etc., d'une personne est de nature diff&#233;rente de celle d'une autre, et l'une est diff&#233;rent envers certains stimuli se comporte diff&#233;remment d'un autre, de m&#234;me que le cheval se comporte diff&#233;remment envers l'avoine et envers le foin, et le chien encore diff&#233;remment envers les deux, etc., de m&#234;me qu'on peut observer qu'un corps est plus dur qu'un autre, et ainsi de suite. &#8211; Mais ces propri&#233;t&#233;s sensuelles, duret&#233;, couleur, etc., ainsi que les ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;ceptivit&#233; &#224; l'avoine, d'irritabilit&#233; aux fardeaux, ou encore le nombre et la mani&#232;re de donner naissance aux petits, lorsqu'ils sont apparent&#233;s et compar&#233;s les uns aux autres, contredisent essentiellement une loi. . Car la d&#233;termination de leur &#234;tre sensuel consiste pr&#233;cis&#233;ment &#224; exister dans une totale indiff&#233;rence les uns envers les autres, et &#224; repr&#233;senter la libert&#233; de la nature lib&#233;r&#233;e du concept plut&#244;t que l'unit&#233; d'une relation, plut&#244;t son jeu d&#233;raisonnable sur l'&#233;chelle de la grandeur accidentelle. entre les moments du concept que ceux-ci eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' autre c&#244;t&#233;, selon lequel les moments simples du concept organique sont compar&#233;s aux moments de conception , donnerait d'abord la loi actuelle, qui exprimerait le v&#233;ritable ext&#233;rieur comme une empreinte de l' int&#233;rieur . &#8211; Parce que ces moments simples sont des propri&#233;t&#233;s fluides p&#233;n&#233;trantes, ils n'ont pas une expression r&#233;elle aussi s&#233;par&#233;e dans la chose organique que ce qu'on appelle un syst&#232;me unique de forme. Ou si l'id&#233;e abstraite de l'organisme ne s'exprime v&#233;ritablement que dans ces trois moments parce qu'ils ne sont pas quelque chose de statique, mais seulement des moments de concept et de mouvement, alors en tant que forme, elle n'est pas impliqu&#233;e dans trois syst&#232;mes sp&#233;cifiques comme l'anatomie d&#233;mont&#233;e. Dans la mesure o&#249; de tels syst&#232;mes doivent &#234;tre trouv&#233;s dans leur r&#233;alit&#233; et l&#233;gitim&#233;s par cette d&#233;couverte, il faut &#233;galement rappeler que l'anatomie n'en poss&#232;de pas seulement trois, mais bien d'autres. &#8211; Ensuite, &#224; part cela, le syst&#232;me sensible doit signifier quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent de ce qu'on appelle le syst&#232;me nerveux , le syst&#232;me irritable quelque chose de diff&#233;rent du syst&#232;me musculaire , le syst&#232;me reproducteur quelque chose de diff&#233;rent des visc&#232;res de la reproduction. Dans les syst&#232;mes de formes en tant que tels, l'organisme est con&#231;u selon le c&#244;t&#233; abstrait de l'existence morte ; ses moments ainsi captur&#233;s appartiennent &#224; l'anatomie et au cadavre, non &#224; la connaissance et &#224; l'organisme vivant. Au contraire, en tant que telles, elles ont cess&#233; d'&#234;tre , parce qu'elles cessent d'&#234;tre des processus. Puisque l' &#234;tre de l'organisme est essentiellement universalit&#233; ou r&#233;flexion en soi, l' &#234;tre de son tout, comme ses moments, ne peut exister dans un syst&#232;me anatomique, mais plut&#244;t l'expression r&#233;elle et son externalit&#233; n'est pr&#233;sente que comme un mouvement qui traverse les diff&#233;rents parties de la conception, et dans lequel ce qui est arrach&#233; et fix&#233; en tant que syst&#232;me individuel se pr&#233;sente essentiellement comme un moment fluide, de sorte que non pas la r&#233;alit&#233; telle que l'anatomie la trouve puisse &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme sa r&#233;alit&#233;, mais seulement comme un processus, dans dans lequel les parties anatomiques seules ont un sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit donc que ni les moments de l' int&#233;rieur organique, pris isol&#233;ment, ne sont capables de fournir les aspects d'une loi de l'&#234;tre ; en ce qu'ils s'expriment dans une telle loi d'une existence distincte les unes des autres, et que chacun ne devrait pas pouvoir &#234;tre appel&#233; de la m&#234;me mani&#232;re &#224; la place de l'autre ; ni que, plac&#233;es d'un c&#244;t&#233;, elles ont de l'autre leur r&#233;alisation dans un syst&#232;me fixe ; car celui-ci n'est pas plus quelque chose qui ait une v&#233;rit&#233; organique, pas plus qu'il n'est l'expression de ces moments de l'int&#233;rieur. L'essence de l'organique, puisqu'il est en soi le g&#233;n&#233;ral, est plut&#244;t que ses moments dans la r&#233;alit&#233; sont tout aussi g&#233;n&#233;raux, c'est-&#224;-dire comme des processus continus, mais non pour donner une image du g&#233;n&#233;ral dans une chose isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, l' id&#233;e d'une loi se perd dans l'organique. Le droit veut comprendre et exprimer l'opposition comme des camps au repos, et en eux la d&#233;termination qui est leur relation les uns aux autres. L' int&#233;rieur , auquel appartient l'universalit&#233; apparaissante, et l' ext&#233;rieur , auquel appartiennent les parties de la forme au repos, devraient constituer les c&#244;t&#233;s correspondants de la loi, mais lorsqu'ils sont ainsi s&#233;par&#233;s, ils perdent leur signification organique ; et l'id&#233;e de la loi repose sur ce fait m&#234;me que ses deux faces ont une existence ind&#233;pendante et ind&#233;pendante, et la relation leur est distribu&#233;e comme une double d&#233;termination correspondante. Bien plut&#244;t, chaque face de l'organique est cela en soi, une simple universalit&#233; dans laquelle se dissolvent toutes les d&#233;terminations, et est le mouvement de cette dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de la diff&#233;rence entre cette l&#233;gislation et les formes ant&#233;rieures &#233;clairera compl&#232;tement sa nature. &#8211; Si l'on revient sur le mouvement de la perception et de l'entendement qui r&#233;fl&#233;chit sur lui-m&#234;me et d&#233;termine ainsi son objet, alors il n'a pas &#224; l'esprit le rapport entre ces d&#233;terminations abstraites, le g&#233;n&#233;ral et l'individuel, l'essentiel et l'ext&#233;rieur, dans son objet lui-m&#234;me, mais il est lui-m&#234;me le passage, auquel ce passage ne devient pas objectif. Ici, au contraire, il y a l'unit&#233; organique, c'est-&#224;-dire la relation de ces oppos&#233;s, et cette relation est une pure transition, elle-m&#234;me l' objet . Ce passage dans sa simplicit&#233; est imm&#233;diatement universalit&#233; , et comme il entre dans la diff&#233;rence dont la loi est cens&#233;e exprimer le rapport, ses moments sont comme des objets g&#233;n&#233;raux de cette conscience, et la loi est que l' externe est l'expression de l' interne . Ici, l'entendement a saisi l'id&#233;e de la loi elle-m&#234;me, puisqu'auparavant elle ne cherchait que les lois en g&#233;n&#233;ral, et les moments de celles-ci existaient devant elle comme un contenu sp&#233;cifique, et non comme leurs pens&#233;es. &#8211; En ce qui concerne le contenu, il ne s'agit pas ici d'obtenir des lois qui ne soient qu'une calme absorption de diff&#233;rences purement existantes dans la forme de la g&#233;n&#233;ralit&#233;, mais plut&#244;t des lois qui refl&#232;tent directement le trouble du concept dans ces diff&#233;rences, et donc &#224; en m&#234;me temps il y a la n&#233;cessit&#233; de la relation des pages. Simplement parce que l'objet, l'unit&#233; organique, la sublation infinie ou la n&#233;gation absolue de l'&#234;tre est directement uni &#224; l'&#234;tre calme, et que les moments sont essentiellement une pure transition , aucun aspect existant n'appara&#238;t comme requis par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, l'entendement doit adh&#233;rer &#224; l'autre moment de la relation organique ; c'est-&#224;-dire le reflet de l'existence organique en soi. Mais cet &#234;tre se refl&#232;te si compl&#232;tement en lui-m&#234;me qu'il ne lui reste aucune d&#233;termination sur quoi que ce soit d'autre. L'&#234;tre sensible imm&#233;diat ne fait imm&#233;diatement qu'un avec la d&#233;termination en tant que telle et exprime donc en elle une diff&#233;rence qualitative ; comme le bleu contre le rouge, l'acide contre l'alcalin, etc. Mais l'&#234;tre organique qui est revenu &#224; lui-m&#234;me est compl&#232;tement indiff&#233;rent aux autres choses, son existence est la simple universalit&#233;, et refuse &#224; l'observation toute diff&#233;rence sensuelle durable, ou ce qui revient au m&#234;me montre son d&#233;termination essentielle uniquement comme changement de d&#233;terminations existantes. La mani&#232;re dont la diff&#233;rence s'exprime comme &#234;tre est pr&#233;cis&#233;ment qu'elle est indiff&#233;rente , c'est-&#224;-dire comme quantit&#233; . Mais ici le concept a &#233;t&#233; effac&#233; et la n&#233;cessit&#233; a disparu. &#8211; Mais le contenu et l'accomplissement de cet &#234;tre indiff&#233;rent, le changement des d&#233;terminations sensorielles, pris ensemble dans la simplicit&#233; d'une d&#233;termination organique, exprime alors en m&#234;me temps le fait qu'il n'a pas cette - la qualit&#233; imm&#233;diate - d&#233;termination, et le qualitatif rel&#232;ve uniquement de cette Taille comme nous l'avons vu plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, que l'objectif, con&#231;u comme d&#233;termination organique, poss&#232;de d&#233;j&#224; le concept en lui-m&#234;me et se distingue ainsi de ce qui est destin&#233; &#224; l'entendement, qui se comporte comme un pur percevant dans la compr&#233;hension du contenu de ses lois, c'est le cas. remonte enti&#232;rement au principe et &#224; la mani&#232;re de comprendre simplement percevoir, parce que ce qui est appr&#233;hend&#233; est utilis&#233; pour des moments d'une loi ; car ainsi il acquiert la forme d'une d&#233;termination fixe, la forme d'une propri&#233;t&#233; imm&#233;diate ou d'un ph&#233;nom&#232;ne au repos, est en outre inclus dans la d&#233;termination de la grandeur, et la nature du concept est supprim&#233;e. &#8211; L'&#233;change d'une chose simplement per&#231;ue contre quelque chose qui se refl&#232;te en soi, d'une d&#233;termination purement sensuelle contre une d&#233;termination organique, perd &#224; nouveau sa valeur, notamment parce que l'entendement n'a pas encore aboli l'&#233;tablissement de lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire la comparaison avec cet &#233;change en utilisant quelques exemples, ce qui est perceptuellement un animal avec des muscles forts est vu comme un organisme animal de grande irritabilit&#233;, ou ce qui est perceptuellement un &#233;tat de grande faiblesse est vu comme un &#233;tat de haute sensibilit&#233;. ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, comme une affection anormale, &#224; savoir une exponentiation de celle-ci (expressions qui mettent le sensuel, au lieu du concept, en latin - et mauvais en plus) traduire). Le fait que l'animal ait des muscles forts peut &#233;galement &#234;tre exprim&#233; par l'esprit en disant que l'animal a une grande force musculaire &#8211; comme une grande faiblesse comme peu de force . La d&#233;termination par irritabilit&#233; a, avant la d&#233;termination comme force , que celle-ci exprime le reflet ind&#233;termin&#233; en elle-m&#234;me, tandis que celle-ci exprime le d&#233;termin&#233;, car la puissance particuli&#232;re du muscle est pr&#233;cis&#233;ment l'irritabilit&#233; - et avant la d&#233;termination comme muscles forts , cela comme d&#233;j&#224; dans la force la r&#233;flexion y est contenue en m&#234;me temps. Tout comme la faiblesse ou la faible force, la passivit&#233; organique s'exprime d&#233;finitivement &#224; travers la sensibilit&#233; . Mais cette sensibilit&#233; prise seule et fixe, et encore li&#233;e &#224; la d&#233;termination des grandeurs , et comme une sensibilit&#233; plus ou moins grande oppos&#233;e &#224; une plus ou moins irritabilit&#233;, chacune est tout &#224; fait r&#233;duite &#224; l'&#233;l&#233;ment sensuel et &#224; la forme commune d'une qualit&#233; et de son La relation n'est pas le concept, mais au contraire la quantit&#233; dans laquelle tombe d&#233;sormais le contraire et devient une diff&#233;rence irr&#233;fl&#233;chie. Si c'est l'expression ind&#233;finie du pouvoir , de la force et de la faiblessea &#233;t&#233; supprim&#233;e, ce qui surgit maintenant est une d&#233;rive &#233;galement vide et ind&#233;finie dans les oppos&#233;s d'une sensibilit&#233; sup&#233;rieure et inf&#233;rieure, une irritabilit&#233; dans leur mont&#233;e et leur descente l'une vers l'autre et contre l'autre. Tout comme la force et la faiblesse sont des d&#233;terminations compl&#232;tement sensuelles et irr&#233;fl&#233;chies, la sensibilit&#233; plus ou moins grande, l'irritabilit&#233;, est le ph&#233;nom&#232;ne sensuel inconsid&#233;r&#233;ment compris et tout aussi exprim&#233;. Le concept n'a pas remplac&#233; ces expressions sans concept, mais la force et la faiblesse ont &#233;t&#233; combl&#233;es par une d&#233;termination qui, prise isol&#233;ment, se fonde sur le concept et l'a pour contenu, mais perd compl&#232;tement cette origine et ce caract&#232;re. &#8211; Par la forme de simplicit&#233; et d'imm&#233;diatet&#233; dans laquelle ce contenu se fait du c&#244;t&#233; d'une loi, et par la grandeur qui constitue l'&#233;l&#233;ment de diff&#233;rence entre de telles d&#233;terminations, l'&#234;tre qui existe originellement et qui se pose comme concept conserve le mode de sensoriel. perception, et reste tellement &#233;loign&#233; de la connaissance qu'il est d&#233;termin&#233; par la force et la faiblesse de la force, ou par les propri&#233;t&#233;s sensorielles imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; consid&#233;rer maintenant ce qu'est l' ext&#233;rieur de l'organique, et comment l'opposition de son int&#233;rieur et de son ext&#233;rieur est d&#233;termin&#233;e par lui ; tout comme l' int&#233;rieur de l'ensemble a d'abord &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; par rapport &#224; son propre ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' ext&#233;rieur , consid&#233;r&#233; pour lui-m&#234;me, est la formation en g&#233;n&#233;ral, le syst&#232;me de vie structur&#233; en &#233;l&#233;ment d' &#234;tre , et en m&#234;me temps essentiellement l'&#234;tre de l'&#234;tre organique pour un autre - l'&#234;tre objectif dans son &#234;tre pour soi . &#8211; Cet autre appara&#238;t d'abord comme sa nature externe, inorganique. En consid&#233;rant ces deux choses par rapport &#224; une loi, comme nous l'avons vu plus haut, la nature inorganique ne peut constituer le versant d'une loi contre l'&#234;tre organique, parce que celui-ci est &#224; la fois absolument en soi et a avec lui un rapport g&#233;n&#233;ral et libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la relation entre ces deux aspects est d&#233;termin&#233;e plus &#233;troitement par la forme organique elle-m&#234;me : d'un c&#244;t&#233;, elle se retourne contre la nature inorganique, et de l'autre, elle se refl&#232;te pour elle-m&#234;me et en elle-m&#234;me. L' &#234;tre organique r&#233;el est le centre qui relie l' &#234;tre-pour-soi de la vie avec l' ext&#233;riorit&#233; en g&#233;n&#233;ral ou l' &#234;tre-en-soi . &#8211; Mais l'extr&#234;me de l'&#234;tre-pour-soi, c'est l'int&#233;rieur comme infini, qui reprend en soi les moments de la forme elle-m&#234;me &#224; partir de leur existence et du lien avec l'ext&#233;rieur, le sans contenu, qui donne son contenu &#224; la forme, et cela lui appara&#238;t comme son processus. Dans cet extr&#234;me, en tant que simple n&#233;gativit&#233; ou pure individualit&#233; , l'organique a sa libert&#233; absolue, par laquelle il est indiff&#233;rent et prot&#233;g&#233; contre l'&#234;tre pour autrui et contre la d&#233;termination des moments de la forme. Cette libert&#233; est en m&#234;me temps libert&#233; des moments eux-m&#234;mes, c'est leur possibilit&#233; d'appara&#238;tre et d'&#234;tre compris comme existants , et comme pour les choses ext&#233;rieures, ils sont aussi lib&#233;r&#233;s et indiff&#233;rents les uns aux autres, parce que la simplicit&#233; de cette libert&#233; est l'&#234;tre ou son substance simple. Ce concept de libert&#233; pure est une seule et m&#234;me vie, la forme ou l'&#234;tre d'autres choses pouvant errer dans des jeux aussi divers que vari&#233;s ; Le type de moulins qu'il entra&#238;ne ne fait aucune diff&#233;rence pour ce courant de vie. &#8211; Tout d'abord, il convient de noter que ce concept ne doit pas &#234;tre compris ici, comme auparavant lorsqu'on consid&#232;re l'int&#233;rieur lui-m&#234;me, dans sa forme de processus ou le d&#233;veloppement de ses moments, mais dans sa forme d' int&#233;rieur simple , qui repr&#233;sente le c&#244;t&#233; purement g&#233;n&#233;ral contre le r&#233;el constitue les &#234;tres vivants, ou comme &#233;l&#233;ment d' existence des membres existants de la figure ; car c'est ce que nous regardons ici, et c'est l&#224; l'essence de la vie comme simplicit&#233; de l'existence. Alors l' &#234;tre pour autre chose ou la d&#233;termination de la formation r&#233;elle est inclus dans cette simple universalit&#233;, qui est son essence, une d&#233;termination g&#233;n&#233;rale non sensible &#233;galement simple, et ne peut &#234;tre que ce qui s'exprime comme un nombre . C'est le centre de la figure qui relie la vie ind&#233;finie au r&#233;el, simple comme la premi&#232;re et d&#233;termin&#233; comme la seconde. Et &#231;a, l' int&#233;rieur, en tant que nombre, devrait exprimer &#224; sa mani&#232;re l'ext&#233;rieur comme la r&#233;alit&#233; multiforme, le mode de vie, la couleur, etc., en g&#233;n&#233;ral comme toute la multitude de diff&#233;rences qui se d&#233;veloppent dans l'apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux faces du tout organique - l'une le dedans , l'autre le dehors , de sorte que chacune a un dedans et un dehors - compar&#233;es selon leur dedans mutuel, le dedans du premier &#233;tait le concept, comme l'inqui&#233;tude de l' abstraction ; Mais la seconde poss&#232;de, en plus de la sienne propre, l'universalit&#233; reposante, et en elle aussi la d&#233;termination reposante, le nombre. Donc, si le premier, parce que le concept y d&#233;veloppe ses aspects, promettait trompeusement des lois par l'apparence de la n&#233;cessit&#233; du rapport, le second y renonce aussit&#244;t, puisque le nombre se r&#233;v&#232;le &#234;tre la d&#233;termination d'un c&#244;t&#233; de ses lois. Car le nombre est pr&#233;cis&#233;ment la d&#233;termination compl&#232;tement au repos, morte et indiff&#233;rente, dans laquelle tout mouvement et toute relation a expir&#233; et qui a bris&#233; le pont vers les pulsions vivantes, le mode de vie et l'autre existence sensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette consid&#233;ration de la forme de l'organique en tant que tel et de l'int&#233;rieur comme simple int&#233;rieur de la forme n'est en fait plus une consid&#233;ration de l'organique. Car les deux c&#244;t&#233;s qui devraient &#234;tre li&#233;s ne sont que plac&#233;s indiff&#233;remment l'un par rapport &#224; l'autre, et par l&#224; la r&#233;flexion en soi, qui constitue l'essence de l'organique, est abolie. Au contraire, la tentative de comparaison de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur est ici transf&#233;r&#233;e &#224; la nature inorganique ; Le concept infini n'est ici que l' essence qui est cach&#233;e &#224; l'int&#233;rieur ou qui tombe dans la conscience de soi &#224; l'ext&#233;rieur, et qui n'a plus sa pr&#233;sence objective, comme dans l'organique. Cette relation entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur doit donc encore &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans sa sph&#232;re r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est cet int&#233;rieur de la figure comme simple d&#233;tail d'une chose inorganique, la gravit&#233; sp&#233;cifique . Il peut &#234;tre observ&#233; comme un &#234;tre simple aussi bien que la d&#233;termination du nombre, dont il est seul capable, ou peut &#234;tre effectivement trouv&#233; par comparaison d'observations, et il semble ainsi donner un c&#244;t&#233; de la loi. La forme, la couleur, la duret&#233;, la t&#233;nacit&#233; et un nombre incalculable d'autres propri&#233;t&#233;s constitueraient ensemble le c&#244;t&#233; ext&#233;rieur et devraient exprimer la d&#233;termination de l'int&#233;rieur, le nombre, pour que l'un ait sa contrepartie dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la n&#233;gativit&#233; n'est pas con&#231;ue ici comme un mouvement du processus, mais comme une unit&#233; apais&#233;e ou simplement un &#234;tre pour soi , elle appara&#238;t plut&#244;t comme ce par quoi la chose r&#233;siste au processus et se maintient en elle-m&#234;me et comme indiff&#233;rente &#224; lui. Mais parce que ce simple &#234;tre pour soi est une calme indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard des autres choses, la gravit&#233; sp&#233;cifique appara&#238;t comme une propri&#233;t&#233; parmi d'autres ; et avec cela cesse toute relation n&#233;cessaire avec cette multiplicit&#233;, ou toute r&#233;gularit&#233;. &#8211; La densit&#233;, comme ce simple int&#233;rieur, n'a pas la diff&#233;rence en soi , ou bien elle n'a que l'insignifiante ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment leur pure simplicit&#233; qui &#233;limine toutes les distinctions essentielles. Il faudrait donc que cette diff&#233;rence insignifiante, la grandeur , ait son image oppos&#233;e ou l' autre de l'autre c&#244;t&#233;, qui est la multiplicit&#233; des propri&#233;t&#233;s , en ce sens qu'elle est donc d'abord une diff&#233;rence. Si cette multiplicit&#233; elle-m&#234;me se r&#233;sume dans la simplicit&#233; de l'opposition et se d&#233;finit comme coh&#233;sion , de sorte que celui-ci est l'&#234;tre pour soi dans l'autre , tout comme la gravit&#233; sp&#233;cifique est l' &#234;tre pour soi pur , alors cette coh&#233;sion est d'abord cette pure d&#233;termination pos&#233;e dans le concept versus cette d&#233;termination, et la mani&#232;re de donner la loi serait celle qui a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e plus haut dans le rapport de la sensibilit&#233; &#224; l'irritabilit&#233;. &#8211; Ensuite, en tant que concept d'&#234;tre-pour-soi dans l'alt&#233;rit&#233;, c'est seulement l' abstraction du c&#244;t&#233; qui s'oppose &#224; la gravit&#233; sp&#233;cifique et comme telle n'existe pas. Car l'&#234;tre-pour-soi dans l'alt&#233;rit&#233; est le processus dans lequel l'&#234;tre-pour-soi inorganique devrait s'exprimer comme une auto-pr&#233;servation qui le prot&#233;gerait de l'&#233;mergence du processus comme moment d'un produit. Mais cela est exactement contre sa nature, qui n'a pas de but ni d'universalit&#233; en soi. Son processus n'est plut&#244;t que le comportement sp&#233;cifique, la mani&#232;re dont son &#234;tre-pour-soi, sa gravit&#233; sp&#233;cifique, s'annule .. Ce comportement d&#233;termin&#233; dans lequel sa coh&#233;sion consisterait en son v&#233;ritable concept, mais lui-m&#234;me et la grandeur d&#233;finie de sa gravit&#233; sp&#233;cifique sont des concepts compl&#232;tement indiff&#233;rents les uns aux autres. Si le type de comportement &#233;tait compl&#232;tement ignor&#233; et limit&#233; &#224; l'id&#233;e de taille, alors on pourrait penser &#224; cette d&#233;termination, selon laquelle le poids sp&#233;cifique le plus &#233;lev&#233;, en tant qu'&#234;tre en soi sup&#233;rieur, serait plus r&#233;sistant &#224; l'entr&#233;e dans le processus. que cela plus bas. Mais &#224; l'inverse, la libert&#233; d'&#234;tre pour soi ne se prouve que dans la facilit&#233; de s'impliquer dans tout et de se maintenir dans cette diversit&#233;. Cette intensit&#233; sans extension des relations est une abstraction sans contenu, car l'extension constitue l' existence de l'intensit&#233;. Mais l'autoconservation de l'inorganique dans sa relation, comme nous le rappelons, sort de sa nature, puisqu'il n'a pas en soi le principe du mouvement, ou parce que son &#234;tre n'est pas une n&#233;gativit&#233; et un concept absolus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en revanche, cet autre c&#244;t&#233; de l'inorganique est consid&#233;r&#233; non pas comme un processus, mais comme un &#234;tre au repos, alors c'est la coh&#233;sion commune, une simple qualit&#233; sensuelle mise de c&#244;t&#233; contre le moment lib&#233;r&#233; de l'alt&#233;rit&#233; , qui se trouve &#224; part dans de nombreuses propri&#233;t&#233;s indiff&#233;rentes, et sous celles-ci elles-m&#234;mes, comment se produit la gravit&#233; sp&#233;cifique ; L'ensemble des propri&#233;t&#233;s ensemble constitue alors l'autre c&#244;t&#233;. Mais dans celui-ci, comme dans les autres, le nombre est la seule d&#233;terminit&#233; qui non seulement n'exprime pas un rapport et une transition de ces propri&#233;t&#233;s les unes aux autres, mais qui est essentiellement ceci, non pas pour avoir un rapport n&#233;cessaire, mais pour repr&#233;senter la destruction de toute r&#233;gularit&#233;, parce qu'elle est l'expression d'une certitude comme non essentielle . De sorte qu'une s&#233;rie de corps qui exprime la diff&#233;rence comme une diff&#233;rence num&#233;rique de leur densit&#233; ne correspond en aucune fa&#231;on &#224; une s&#233;rie de diff&#233;rences dans les autres propri&#233;t&#233;s, m&#234;me si, pour faciliter les choses, on n'en utilise qu'un seul ou plusieurs. ils sont pris. En fait, seul leur groupe dans son ensemble pourrait constituer l'autre c&#244;t&#233; de ce parall&#232;le. Afin de l'organiser en lui-m&#234;me et de le combiner en un tout, les d&#233;terminations de taille de ces nombreuses propri&#233;t&#233;s sont disponibles pour l'observation d'une part, mais d'autre part leurs diff&#233;rences apparaissent comme qualitatives. Ce qui devrait maintenant &#234;tre d&#233;sign&#233; comme positif ou n&#233;gatif dans cet tas et s'annulerait, en g&#233;n&#233;ral la figuration int&#233;rieure et l'expos&#233; de la formule, qui serait tr&#232;s composite, appartenaient au concept qui se trouve l&#224; comme existant dans le la mani&#232;re dont les propri&#233;t&#233;s existent pour &#234;tre incluses est exclue ; Dans cet &#234;tre, ni l'un ni l'autre ne montre le caract&#232;re d'un n&#233;gatif par rapport &#224; l'autre, mais l'un est aussi bon que l'autre, et n'indique pas non plus sa place dans l'arrangement du tout. - Dans une s&#233;rie qui se poursuit en diff&#233;rences parall&#232;les - le rapport peut &#234;tre compris comme croissant des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois, ou seulement d'un c&#244;t&#233; et d&#233;croissant de l'autre - il ne s'agit que de la derni&#232;re expression simple de cet ensemble r&#233;sum&#233; , qui devrait constituer un c&#244;t&#233; de la loi contre la gravit&#233; sp&#233;cifique ; mais ce c&#244;t&#233;-l&#224;, comme r&#233;sultat existant, n'est rien de diff&#233;rent de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233;, &#224; savoir des propri&#233;t&#233;s individuelles, comme la coh&#233;sion commune, &#224; c&#244;t&#233; desquelles les autres, y compris la densit&#233;, sont pr&#233;sentes indiff&#233;remment, et les unes avec les autres avec le m&#234;me droit, c'est-&#224;-dire avec la m&#234;me injustice. peut &#234;tre &#233;lu pour repr&#233;senter l'ensemble de l'autre camp ; l'un comme l'autre ne repr&#233;senterait que l'essence, en allemand : imaginer , mais pas &#234;tre la chose elle-m&#234;me. De sorte que la tentative de trouver des s&#233;ries de corps qui s'&#233;tendent le long du simple parall&#232;le de deux c&#244;t&#233;s et expriment la nature essentielle des corps selon une loi de ces c&#244;t&#233;s, doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une pens&#233;e qui a sa t&#226;che et le moyen par lequel il faut l'effectuer, il ne le sait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre l'ext&#233;rieur et l'int&#233;rieur sous la forme cens&#233;e se pr&#233;senter &#224; l'observation a &#233;t&#233; imm&#233;diatement transf&#233;r&#233;e dans la sph&#232;re de l'inorganique ; La d&#233;termination qui le dessine ici peut maintenant &#234;tre pr&#233;cis&#233;e plus en d&#233;tail, et de l&#224; surgit une autre forme et une autre relation de cette relation. Dans le cas de l'organique, ce qui semble offrir la possibilit&#233; d'une telle comparaison de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur avec l'inorganique dispara&#238;t. L'int&#233;rieur inorganique est un int&#233;rieur simple qui se pr&#233;sente &#224; la perception comme une propri&#233;t&#233; existante ; Sa d&#233;termination est donc essentiellement la taille, et en tant que propri&#233;t&#233; existante, elle appara&#238;t indiff&#233;rente aux propri&#233;t&#233;s externes ou aux nombreuses autres propri&#233;t&#233;s sensorielles. Cependant, l'&#234;tre pour soi du vivant organique ne se tient pas du c&#244;t&#233; de son apparence ext&#233;rieure, mais poss&#232;de plut&#244;t le principe d' alt&#233;rit&#233; en lui-m&#234;me si l'on d&#233;finit l'&#234;tre pour soi comme une relation simple et auto-pr&#233;serv&#233;e. pour lui-m&#234;me , c'est comme &#231;a. Son alt&#233;rit&#233; est la simple n&#233;gativit&#233; , et l'unit&#233; organique est l'unit&#233; du m&#234;me auto-r&#233;f&#233;rencement et de la pure n&#233;gativit&#233;. En tant qu'unit&#233;, cette unit&#233; est l'int&#233;rieur de l'organique ; C'est en soi g&#233;n&#233;ral, ou c'est un genre . Mais la libert&#233; de l'esp&#232;ce par rapport &#224; sa r&#233;alit&#233; est diff&#233;rente de la libert&#233; de la gravit&#233; sp&#233;cifique par rapport &#224; la forme. Celui de ces derniers est une libert&#233; existante , ou qu'elle se tient &#224; l'&#233;cart comme une propri&#233;t&#233; particuli&#232;re. Mais parce qu'elle est libert&#233; existante , elle n'est aussi qu'une d&#233;termination qui appartient essentiellement &#224; cette forme, ou par laquelle elle est un &#234;tre d&#233;termin&#233; en tant qu'&#234;tre . Mais la libert&#233; de l'esp&#232;ce est g&#233;n&#233;rale et indiff&#233;rente &#224; cette forme ou &#224; sa r&#233;alit&#233;. La d&#233;termination qui appartient &#224; l' &#234;tre pour soi de l'inorganique comme tel rel&#232;ve donc de l'&#234;tre pour soi organique ; comment, dans l'inorganique, il ne rel&#232;ve que de l' &#234;tre de l'inorganique ; M&#234;me si elle n'est pr&#233;sente en cela en m&#234;me temps que comme propri&#233;t&#233; , la dignit&#233; de l' essence lui appartient toujours parce que, comme simple n&#233;gatif, elle s'oppose au Dasein comme &#233;tant pour autre chose ; et ce simple n&#233;gatif est, dans sa d&#233;termination individuelle ultime, un nombre. Mais l'organique est une individualit&#233;, qui elle-m&#234;me est pure n&#233;gativit&#233; et donc d&#233;termination fixe du nombre, indiff&#233;rente &#224; l'&#234;tre.vient, d&#233;truit en lui-m&#234;me. Dans la mesure o&#249; il contient le moment d'&#234;tre indiff&#233;rent et, en lui, le nombre, il ne peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233; que comme un jeu sur lui, mais non comme l'essence de sa vivacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la n&#233;gativit&#233; pure, principe du processus, ne tombe pas en dehors de l'organique, et ne l'a donc pas comme d&#233;termination dans son essence , mais que l'individualit&#233; elle-m&#234;me est universelle en soi, alors cette pure individualit&#233; n'est pas en elle. d&#233;velopp&#233; en lui comme abstrait ou g&#233;n&#233;ral et r&#233;el. Cette expression se produit plut&#244;t en dehors de cette g&#233;n&#233;ralit&#233;, qui retombe dans l'int&#233;riorit&#233; , et entre la r&#233;alit&#233; ou la forme, c'est-&#224;-dire l'individualit&#233; en d&#233;veloppement, et entre le g&#233;n&#233;ral organique, ou le genre, le g&#233;n&#233;ral d&#233;termin&#233; , l' esp&#232;ce . L'existence &#224; laquelle parvient la n&#233;gativit&#233; du g&#233;n&#233;ral ou du genre n'est que le mouvement d&#233;velopp&#233; d'un processus qui parcourt les parties de la forme existante . Si l'esp&#232;ce avait en elle les parties diff&#233;renci&#233;es comme une simplicit&#233; reposante, et si sa simple n&#233;gativit&#233; en tant que telle &#233;tait en m&#234;me temps un mouvement, qui parcourait des parties &#233;galement simples qui leur sont imm&#233;diatement g&#233;n&#233;rales et qui, comme telles, &#233;taient ici r&#233;elles, alors l'esp&#232;ce organique serait la conscience. Mais telle qu'elle est, la d&#233;termination simple , en tant que d&#233;termination de l'esp&#232;ce, y est pr&#233;sente d'une mani&#232;re d&#233;pourvue d'esprit ; C'est de l&#224; que commence la r&#233;alit&#233;, ou ce qui entre dans la r&#233;alit&#233;, ce n'est pas l'esp&#232;ce en tant que telle, c'est-&#224;-dire pas du tout la pens&#233;e. Celle-ci, en tant qu'entit&#233; v&#233;ritablement organique, n'est repr&#233;sent&#233;e que par un seul repr&#233;sentant. Mais ce nombre, qui semble d&#233;signer le passage de l'esp&#232;ce &#224; la forme individuelle et donner &#224; l'observation les deux faces de la n&#233;cessit&#233;, tant&#244;t comme simple d&#233;termination, tant&#244;t comme forme d&#233;velopp&#233;e n&#233;e de la diversit&#233;, cela d&#233;note plut&#244;t l'indiff&#233;rence et la libert&#233; du g&#233;n&#233;ral et de l'individu l'un envers l'autre, que l'esp&#232;ce abandonne &#224; la diff&#233;rence insubstantielle de taille, mais elle-m&#234;me, en tant qu'&#234;tre vivant, se r&#233;v&#232;le tout aussi libre de cette diff&#233;rence. La v&#233;ritable universalit&#233;, telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e, n'est ici qu'une essence int&#233;rieure ; en tant que d&#233;termination de l' esp&#232;ce, elle est une universalit&#233; formelle, et contrairement &#224; cela, cette v&#233;ritable universalit&#233; prend le parti de l'individualit&#233;, qui est donc une entit&#233; vivante et, par son int&#233;rieur, outrepasse sa d&#233;termination en tant qu'esp&#232;ce . Mais cette individualit&#233; n'est pas en m&#234;me temps un individu g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire dans lequel l'universalit&#233; aurait aussi une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, mais celle-ci &#233;chappe au vivant organiquement. Mais cet individu en g&#233;n&#233;ral , l'aime directementl'individu des formations naturelles n'est pas la conscience elle-m&#234;me ; Son existence en tant qu'individu vivant et organique ne devrait pas n&#233;cessairement lui &#233;chapper si telle &#233;tait la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons donc une conclusion dans laquelle l'un des extr&#234;mes est la vie g&#233;n&#233;rale en tant que g&#233;n&#233;ral ou en tant qu'esp&#232;ce, mais l'autre extr&#234;me est la m&#234;me en tant qu'individu ou en tant qu'individu g&#233;n&#233;ral ; Mais le milieu est compos&#233; des deux, l'un semble s'y envoyer comme une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233; ou comme une esp&#232;ce , et l'autre comme un particulier actuel ou individuel . &#8211; Et puisque cette conclusion appartient au c&#244;t&#233; de la formation , elle inclut &#233;galement ce que l'on appelle la nature inorganique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la vie g&#233;n&#233;rale, en tant qu'essence simple de l'esp&#232;ce , d&#233;veloppe les diff&#233;rences du concept de son c&#244;t&#233; et doit les repr&#233;senter comme une s&#233;rie de d&#233;terminations simples, il s'agit d'un syst&#232;me de diff&#233;rences indiff&#233;remment pos&#233;es, ou d'une s&#233;rie de nombres . Si auparavant l'organique dans la forme de l'individu s'opposait &#224; cette diff&#233;rence insubstantielle, qui n'exprime ni ne contient sa nature vivante - et si c'est exactement cela qu'il faut dire de l'inorganique apr&#232;s que toute son existence s'est d&#233;velopp&#233;e dans la multitude de ses propri&#233;t&#233;s C'est ainsi que c'est d&#233;sormais l'individu en g&#233;n&#233;ral qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233; non seulement comme libre de toute division de l'esp&#232;ce, mais aussi comme sa puissance. Le genre, qui est divis&#233; en esp&#232;ces selon la d&#233;termination g&#233;n&#233;rale du nombre, ou qui peut prendre comme base de division des d&#233;terminations individuelles de son existence, par exemple la figure, la couleur, etc., subit la violence de la part du genre. l'individu g&#233;n&#233;ral, la terre , dans cette affaire tranquille , qui, comme la n&#233;gativit&#233; g&#233;n&#233;rale, les diff&#233;rences telles qu'elles les ont en elle-m&#234;me et dont la nature, &#224; cause de la substance &#224; laquelle elles appartiennent, est diff&#233;rente de la nature de celles-ci, s'oppose &#224; la syst&#233;matisation. du genre pourrait. Cette activit&#233; de l'esp&#232;ce devient une affaire tr&#232;s limit&#233;e, qu'elle n'est autoris&#233;e &#224; exercer qu'au sein de ces &#233;l&#233;ments puissants, et qui est partout interrompue, incompl&#232;te et frein&#233;e par leur violence effr&#233;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que seule la raison, comme la vie en g&#233;n&#233;ral, peut devenir l'observation de l'existence form&#233;e , qui, cependant, dans sa diff&#233;renciation, n'a pas r&#233;ellement d'ordre ni de structure raisonnable en elle-m&#234;me et n'est pas un syst&#232;me de formes fond&#233; en soi. &#8211; Si, &#224; la fin de la formation organique, le milieu dans lequel tombent l'esp&#232;ce et sa r&#233;alit&#233; en tant qu'individualit&#233; unique, avait en lui-m&#234;me les extr&#234;mes de l'universalit&#233; int&#233;rieure et de l'individualit&#233; g&#233;n&#233;rale, alors ce milieu aurait l'expression et la nature de le mouvement de sa r&#233;alit&#233; a une g&#233;n&#233;ralit&#233; et est un d&#233;veloppement auto-syst&#233;matis&#233;. Ainsi la conscience , entre l'esprit g&#233;n&#233;ral et entre son individualit&#233; ou la conscience sensorielle, a en son centre le syst&#232;me des formations de conscience, comme vie de l'esprit qui s'organise en un tout - le syst&#232;me qui est ici consid&#233;r&#233; et qui est monde. l'histoire a une existence objective. Mais la nature organique n'a pas d'histoire ; Elle tombe de sa vie universelle, directement dans l'individualit&#233; de l'existence, et les moments de simple d&#233;termination et de vivacit&#233; individuelle unis dans cette r&#233;alit&#233; ne produisent le devenir que comme le mouvement accidentel dans lequel chacun est actif dans sa propre partie et ce Tout est pr&#233;serv&#233;. mais cette activit&#233; n'est limit&#233;e qu'&#224; son point en soi, parce que le tout n'y est pas pr&#233;sent, et celui-ci n'est pas pr&#233;sent en lui parce qu'il n'est pas ici comme un tout pour soi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le fait que la raison qui observe la nature organique ne parvient qu'&#224; l'intuition d'elle-m&#234;me comme vie g&#233;n&#233;rale, elle ne peut examiner son d&#233;veloppement et sa r&#233;alisation que selon des syst&#232;mes tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement diff&#233;renci&#233;s, dont la d&#233;termination, leur essence, ne sont pas dans le organique en tant que tel, mais r&#233;side dans l'individu g&#233;n&#233;ral ; et parmi ces diff&#233;rences de la terre selon les classements que tente l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque dans sa r&#233;alit&#233; l' universalit&#233; de la vie organique se laisse tomber directement dans l'extr&#234;me de l'individualit&#233; sans la v&#233;ritable m&#233;diation qui existe pour elle-m&#234;me , la conscience observatrice n'a devant elle que l'opinion ; et si la raison peut avoir le vain int&#233;r&#234;t d'observer cette opinion, elle se borne &#224; d&#233;crire et &#224; raconter les opinions et les id&#233;es de la nature. Cette libert&#233; d'opinion insens&#233;e pr&#233;sentera en effet partout des d&#233;buts de lois, des traces de n&#233;cessit&#233;, des allusions &#224; l'ordre et &#224; la s&#233;quence, des rapports dr&#244;les et apparents. Mais dans la relation entre l'organique et les diff&#233;rences existantes de l'inorganique, des &#233;l&#233;ments, des zones et des climats, l'observation n'a pas une grande influence en termes de loi et de n&#233;cessit&#233; . Ainsi de l'autre c&#244;t&#233;, o&#249; l'individualit&#233; n'a pas le sens de la terre, mais de l' unit&#233; immanente &#224; la vie organique , mais celle-ci avec le g&#233;n&#233;ral en unit&#233; imm&#233;diate constitue l'esp&#232;ce, mais dont l'unit&#233; simple n'est donc d&#233;termin&#233;e que comme un nombre. , et laisse donc libre l'apparence qualitative - l'observation ne peut aller au-del&#224; des remarques polies, des relations int&#233;ressantes et des accommodements amicaux au concept . Mais les remarques aimables ne sont pas une connaissance de n&#233;cessit&#233; , les relations int&#233;ressantes restent avec l' int&#233;r&#234;t , mais l'int&#233;r&#234;t n'est plus que l'opinion de la raison ; et la bont&#233; de l'individu, avec laquelle elle fait allusion &#224; un concept, est une bont&#233; enfantine, qui est pu&#233;rile si elle veut ou doit compter pour quelque chose en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap6.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap6.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap7.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap7.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap8.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/philosophie/hegel/phaenom/kap8.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach</title>
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		<dc:date>2025-11-17T23:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach &lt;br class='autobr' /&gt;
Histoire de la philosophie moderne de Bacon de Verulam &#224; Benedikt Spinoza &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;thode des sciences naturelles &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qu'&#233;crivait Ludwig Feuerbach&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire de la philosophie moderne de Bacon de Verulam &#224; Benedikt Spinoza&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de l'exp&#233;rience que superficiellement, sans suivre un chemin ou un plan sp&#233;cifique. Par exemple, le travail acharn&#233; des chimistes a permis de r&#233;aliser de nombreuses d&#233;couvertes, mais uniquement par hasard et involontairement, ou uniquement gr&#226;ce &#224; certains changements exp&#233;rimentaux, et non &#224; la suite d'une m&#233;thode ou d'une th&#233;orie particuli&#232;re. Mais une exp&#233;rience qui n'est guid&#233;e par aucune m&#233;thode particuli&#232;re et qui est laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me n'est qu'un t&#226;tonnement aveugle. (lc, A. 73, 70, 108, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens aussi bien que l'entendement ne suffisent pas &#224; eux seuls &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la connaissance ; Ils n&#233;cessitent certains outils, c'est-&#224;-dire un certain encadrement et des r&#232;gles directrices, une certaine instruction et m&#233;thode juridiques. Parce que le sens de lui-m&#234;me est faible et trompeur, m&#234;me les outils n'augmentent pas son pouvoir de mani&#232;re significative, d'o&#249; toute v&#233;ritable connaissance exp&#233;rientielle de la nature, qui n'est pas une interpr&#233;tation arbitraire de la nature selon des opinions pr&#233;suppos&#233;es (pas d'anticipation), mais une connaissance fid&#232;le. La traduction (interpr&#233;tation) de la nature ne se produit que par une attention particuli&#232;re et pr&#233;cise &#224; tous les cas et par l'application d'exp&#233;riences habiles, o&#249; le sens juge seulement l'exp&#233;rience, mais l'exp&#233;rience juge la chose elle-m&#234;me. Mais l'entendement, livr&#233; &#224; lui-m&#234;me et non guid&#233; par une m&#233;thode particuli&#232;re, vole droit du sensible au suprasensible, du particulier au g&#233;n&#233;ral, pour s'en r&#233;galer et s'en contenter, car il se fatigue vite. de l'exp&#233;rience. (lc, A. 50, 37&#8250;19, 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la main nue ne r&#233;alise pas grand-chose sans instruments, de m&#234;me l'esprit livr&#233; &#224; lui-m&#234;me ; c'est pourquoi, comme eux, il a besoin d'instruments. Ce n'est que gr&#226;ce &#224; l'art que l' esprit devient &#233;gal aux choses. (lc, A. 2 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet instrument d'instruments, cet organe intellectuel, cette m&#233;thode qui seule &#233;l&#232;ve l'exp&#233;rience au rang d'art d'exp&#233;rimentation s&#251;r et r&#233;ussi, c'est l'induction , dont d&#233;pend seule le salut des sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'induction, qui seule garantit un avenir heureux aux sciences, se distingue nettement de l'induction qui a &#233;t&#233; jusqu'ici la norme, car elle vole du sensible et du particulier jusqu'aux axiomes les plus g&#233;n&#233;raux, les &#233;rige imm&#233;diatement en v&#233;rit&#233;s in&#233;branlables. des propositions et les fait ensuite aux principes dont elle d&#233;rive les propositions m&#233;dianes ou particuli&#232;res ; Au contraire, la nouvelle induction, jusqu'alors in&#233;dite mais seulement vraie, n'arrive aux propositions les plus g&#233;n&#233;rales qu'&#224; la toute fin, ne s'&#233;levant du sensible et du particulier jusqu'&#224; elles que graduellement, dans une &#233;tape ininterrompue. (&#171; NON &#187;, I, A. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'induction, qui n'est d'ailleurs pas seulement la m&#233;thode des sciences naturelles, mais de toutes les sciences, n'a &#233;t&#233; utilis&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent que pour d&#233;couvrir les principes, mais les propositions interm&#233;diaires et inf&#233;rieures en ont ensuite &#233;t&#233; d&#233;riv&#233;es au moyen du syllogisme. Mais il est &#233;vident qu'au moins dans le domaine des sciences naturelles, dont les objets sont mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;s, les propositions sous-jacentes ne peuvent pas &#234;tre d&#233;riv&#233;es de mani&#232;re s&#251;re et correcte &#224; travers le syllogisme, car dans le syllogisme les propositions sont r&#233;duites aux principes par des propositions m&#233;dianes. mais pr&#233;cis&#233;ment cette m&#233;thode de preuve ou d'invention n'a son application que dans les sciences populaires comme l'&#233;thique et la politique. L'induction doit donc &#234;tre utilis&#233;e pour d&#233;couvrir des propositions g&#233;n&#233;rales aussi bien que sp&#233;ciales. (lc, A. 127 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les inductions plus anciennes et plus r&#233;centes aient en commun de commencer toutes deux par le particulier et de se terminer par le g&#233;n&#233;ral, elles diff&#232;rent essentiellement en ce que la premi&#232;re ne parcourt le champ de l'exp&#233;rience qu'&#224; la h&#226;te, tandis que la seconde s'attarde avec la circonspection et le calme appropri&#233;s. elle, qui pose d'embl&#233;e des propositions g&#233;n&#233;rales st&#233;riles, mais qui ne s'&#233;l&#232;ve que progressivement jusqu'au vraiment g&#233;n&#233;ral et rend ainsi la science f&#233;conde, car seuls les axiomes, qui sont soustraits au particulier dans les &#233;tapes appropri&#233;es et avec le n&#233;cessaire la circonspection d&#233;couvre &#224; nouveau quelque chose de sp&#233;cial, nous conduit &#224; de nouvelles inventions et rend ainsi la science fructueuse et productive. (&#171; NON &#187;, I, A. 22, 24, 104)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable induction est donc compl&#232;tement diff&#233;rente de celle utilis&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Parce que l'induction pr&#233;c&#233;dente, dont la proc&#233;dure consiste en une simple liste d'exemples, est quelque chose d'enfantine, ne demande que ses conclusions, doit craindre une r&#233;futation de ses conclusions par toute autorit&#233; contradictoire et fonde ses affirmations sur bien trop peu de cas qu'il ne convient, et m&#234;me parmi ceux-ci seulement selon ceux qui se pr&#233;sentent, selon les cas tr&#232;s communs et ordinaires. La v&#233;ritable induction, en revanche, diss&#232;que et s&#233;pare la nature par des exclusions et des &#233;liminations appropri&#233;es et ne tire des conclusions sur les d&#233;terminations affirmatives d'une chose que lorsqu'elle a rassembl&#233; et examin&#233; un nombre suffisant d'instances n&#233;gatives et en a exclu toutes les d&#233;terminations qui ne le font pas. appartiennent essentiellement &#224; la chose. (lc, A. 105, 69 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, lc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu et peut-&#234;tre aussi les esprits ont le pouvoir de reconna&#238;tre les choses telles qu'elles sont au premier coup d'&#339;il, par simple affirmation, mais cela n'est accord&#233; aux humains que par diff&#233;renciation pr&#233;alable et exclusion des cas n&#233;gatifs pour d&#233;terminer les d&#233;terminations affirmatives d'une chose. La nature doit donc &#234;tre formellement anatomis&#233;e et diss&#233;qu&#233;e, non pas bien s&#251;r au moyen du feu de la nature, mais par le feu divin de l'esprit. La t&#226;che de la v&#233;ritable induction est donc de permettre au oui de suivre le non, &#224; l'affirmation de suivre la n&#233;gation, et de d&#233;terminer positivement une chose seulement lorsqu'elle s'en est s&#233;par&#233;e et a rejet&#233; toutes les d&#233;terminations qui ne lui appartiennent pas. (&#171; NON &#187;, II, A. 15, 16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si un objet concret, par exemple la chaleur, doit &#234;tre &#233;tudi&#233; et son essence d&#233;couverte, alors, selon les lois de la v&#233;ritable induction, cette enqu&#234;te doit &#234;tre men&#233;e comme suit. Il faut d'abord dresser une liste de toutes les choses qui, quelle que soit la mati&#232;re diff&#233;rente dont elles sont faites, ont en commun la qualit&#233; de la chaleur, c'est-&#224;-dire chaudes ou du moins susceptibles de chauffer, comme les rayons du soleil. le soleil, surtout en &#233;t&#233; et &#224; midi, les rayons r&#233;fl&#233;chis et condens&#233;s du soleil, les m&#233;t&#233;ores enflamm&#233;s, les &#233;clairs enflamm&#233;s, les liquides chauff&#233;s, bref, tous les corps solides et liquides, denses et minces (comme l'air lui-m&#234;me ), qui ont &#233;t&#233; approch&#233;s &#224; un moment donn&#233; par le feu, etc. (&#171; NON &#187;, II, A. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut alors &#233;num&#233;rer les exemples contraires, les exemples n&#233;gatifs, c'est-&#224;-dire non seulement les choses qui n'ont pas la nature de chaleur, mais qui, par ailleurs, ont le plus de similitude avec les choses qui ont la nature de chaleur 39 , telles que comme : les rayons de la lune, les &#233;toiles et les com&#232;tes, qui n'ont aucune chaleur pour le sentiment, mais aussi &#224; cause des restrictions ou limitations particuli&#232;res des instances affirmatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite comparer les mat&#233;riaux chauds ou thermor&#233;sistants et noter la diff&#233;rence de leurs degr&#233;s de chaleur, en partant progressivement des mat&#233;riaux qui n'ont absolument aucun degr&#233; sp&#233;cifique de chaleur pour le toucher, seulement la possibilit&#233; de chaleur ou de r&#233;ceptivit&#233; &#224; la sensation. eux, jusqu'aux mat&#233;riaux qui sont r&#233;ellement ou semblent chauds. (lc, A. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient l'acte le plus important, par lequel commence r&#233;ellement l'affaire de l'induction, l'acte d'exclure toutes les d&#233;terminations qui n'appartiennent pas &#224; l'essence de la chaleur, par exemple la d&#233;termination de la c&#233;leste, parce qu'elles n'appartiennent pas seulement &#224; l'essence de la chaleur. les corps c&#233;lestes, mais aussi le feu commun, terrestre [52] , la d&#233;termination de la minceur, car m&#234;me la mati&#232;re la plus dense, comme le m&#233;tal, peut &#234;tre chaude, la d&#233;termination de la locomotion locale, etc. (lc, A. 18 et 20 ) . Ce n'est qu'apr&#232;s ces n&#233;gations que survient finalement la v&#233;ritable induction &#224; la position, &#224; la d&#233;termination affirmative de l'essence de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, autant la v&#233;ritable induction diff&#232;re de celle qui a &#233;t&#233; habituelle jusqu'ici, elle diff&#232;re &#233;galement de la m&#233;thode de l'empirisme . Car l'empirisme ne d&#233;passe pas le particulier ; il ne fait que progresser d'exp&#233;rience en exp&#233;rience, d'exp&#233;riences en exp&#233;riences nouvelles ; L'induction, quant &#224; elle, extrait les causes et les propositions g&#233;n&#233;rales des exp&#233;riences et des exp&#233;riences, puis d&#233;rive de nouvelles exp&#233;riences et exp&#233;riences &#224; partir de ces causes et propositions ou principes g&#233;n&#233;raux. L'induction ne reste donc pas &#224; un niveau, elle monte toujours en mont&#233;e, en descente, jusqu'aux propositions g&#233;n&#233;rales, jusqu'aux exp&#233;riences. (lc, I, A. 117, 103, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187;Spes est una in inductione vera.&#171; &#187;NON&#171; , I, A. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une remarque de r&#233;primande &#224; propos de la m&#233;thode de B ici dans la premi&#232;re &#233;dition ainsi qu'&#224; la fin du &#167; 11. Je l'ai supprim&#233;e, cependant, apr&#232;s avoir relu le &#034;Nouvel Organe&#034; et d'autres &#233;crits de B, j'&#233;tais convaincu de son inexactitude. et la superficialit&#233;. On a remarqu&#233; que B. &#171; nous abandonne au hasard et, au lieu de raccourcir les longs chemins de l'exp&#233;rience, les &#233;tend jusqu'&#224; l'inutile &#187;. Cependant, l'exp&#233;rience est un voyage lent ; Mais la &#171; contractio inquisitionis &#187; est elle-m&#234;me un moment de la m&#233;thode de B. L'int&#233;gralit&#233; du deuxi&#232;me livre du &#187;Nov. Org.&#171; traite des pr&#233;rogatives des instances, c'est-&#224;-dire de celles qui raccourcissent l'induction et mettent le doigt sur la t&#234;te. La seule chose qu'on pourrait reprocher &#224; B. &#224; cet &#233;gard, c'est qu'il ne met pas &#224; profit le talent et le g&#233;nie, comme si cela pouvait &#234;tre remplac&#233; par une m&#233;thode ou m&#234;me rendu superflu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La vie de Franz Bacon de Verulam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franz Bacon, fils de Nicolaus Bacon, grand gardien des sceaux d'Angleterre, est n&#233; &#224; Londres le 22 janvier 1561. M&#234;me dans sa plus tendre jeunesse, il a trahi son esprit. Au cours de la 12&#232;me ann&#233;e de sa vie, il fr&#233;quenta l'Universit&#233; de Cambridge et, d&#232;s la 16&#232;me ann&#233;e, il commen&#231;a &#224; voir les lacunes de la philosophie scolastique qui &#233;tait encore g&#233;n&#233;ralement dominante &#224; l'&#233;poque. La m&#234;me ann&#233;e, il se rend &#224; Paris avec l'ambassadeur d'Angleterre aupr&#232;s de la cour de France pour se former &#224; la fonction publique. Durant son s&#233;jour l&#224;-bas, il &#233;crit, alors &#226;g&#233; de 19 ans, ou du moins r&#233;dige ses &#171; Observations sur l'&#233;tat de l'Europe &#187; . Cependant, la mort inattendue de son p&#232;re l'oblige &#224; retourner en Angleterre et &#224; se consacrer &#224; l'&#233;tude du droit national pour subvenir &#224; ses besoins. Il se rendit donc au Collegium Grays-Inn, o&#249; il poursuivit ses &#233;tudes avec beaucoup de diligence et de brillants succ&#232;s, mais sans oublier la philosophie ; C'est plut&#244;t l&#224;, d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de ses &#233;tudes de droit, qu'il &#233;labore un projet de r&#233;forme universelle des sciences. Il acquit rapidement une si excellente r&#233;putation en tant que juriste que la reine Elizabeth le nomma son conseiller pour les affaires juridiques extraordinaires et lui donna par la suite le droit &#224; un poste dans la Chambre &#201;toile. Mais il n'alla pas plus loin sous Elizabeth - apparemment une cons&#233;quence de sa relation amicale avec le comte Robert d'Essex ; Car gr&#226;ce &#224; cela, il fit de son adversaire son cousin Robert Cecil Burleigh, qui &#233;tait d&#233;j&#224; jaloux de lui en raison de ses talents et qui jouait un r&#244;le influent &#224; la cour et &#233;tait l'ennemi le plus f&#233;roce du comte d'Essex et de ses amis. 17 Bacon fut accus&#233; d' ingratitude par ses contemporains et par sa post&#233;rit&#233; du fait que lorsque ce m&#234;me comte d'Essex fut jug&#233; comme criminel d'&#201;tat, il prit en charge la conduite du proc&#232;s en tant qu'avocat de la reine et, comme la plus grande indignation l'avait fait Le peuple s'est exprim&#233; sur l'ex&#233;cution de ce malheureux comte et, en outre, il s'est soumis &#224; l'ordre du gouvernement de justifier sa d&#233;marche dans cette affaire aux yeux du peuple, m&#234;me s'il avait &#233;t&#233; auparavant son ami de confiance et qu'il avait &#233;t&#233; expuls&#233; de lui. soutenu de la mani&#232;re la plus noble. 18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des circonstances plus heureuses commenc&#232;rent pour Bacon apr&#232;s la mort d'&#201;lisabeth sous le r&#232;gne du roi Jacques Ier d'Angleterre, qui le promut successivement aux plus hautes fonctions. Il avait &#233;galement am&#233;lior&#233; sa situation financi&#232;re gr&#226;ce au mariage. Malgr&#233; les nombreuses affaires complexes et importantes dont Bacon &#233;tait responsable sous James, en raison de sa position &#233;lev&#233;e dans l'&#201;tat, il travaillait en m&#234;me temps sans rel&#226;che pour r&#233;aliser son grand plan de r&#233;forme g&#233;n&#233;rale de la science. Le premier &#233;chantillon de son grand ouvrage &#171; De Dignitate et Augmentis Scientiarum &#187; parut en 1605 sous le titre : &#171; Les deux Livres de Franc. Bacon de la comp&#233;tence et de l'avancement de l'apprentissage divin et humain&#034;, ouvrage qu'il traduisit plus tard en latin avec l'aide de quelques amis, l'&#233;largit consid&#233;rablement, le divisa en 9 livres et le fit imprimer sous cette nouvelle forme environ deux ou trois ans avant sa mort ; En 1607 son ouvrage : &#034;Cogitata et Visa&#034; , apparemment la base ou plut&#244;t la premi&#232;re &#233;bauche de son &#034;Novum Organum&#034; , en 1610 son trait&#233; &#034;De la Sagesse des Antients ( De Sapientia Veterum )&#034;, qui contenait d'ing&#233;nieuses interpr&#233;tations de divers sujets de la mythologie grecque contient la plus importante de ses &#339;uvres, le &#034;Novum Organum&#034; en 1620 . [27] En 1617, Bacon devint Lord Seal Keeper, en 1619 Grand Chancelier, peu apr&#232;s Baron de Verulam, et en 1620 il fut &#233;lev&#233; au rang de vicomte sous le titre de vicomte de St. Albans. Cependant, en r&#233;ponse &#224; ces brillantes r&#233;compenses, il subit une humiliation honteuse. Il a &#233;t&#233; accus&#233; au Parlement d'abus de fonction, notamment de corruption - un d&#233;lit qu'on ne peut d'ailleurs pas d&#233;duire et qu'on doit d&#233;duire d'un faible d&#233;sir de profit, mais seulement d'une certaine faiblesse de caract&#232;re, d'une douceur et d'une indulgence excessives. 19 B. lui-m&#234;me confessait humblement ses fautes et se soumettait enti&#232;rement &#224; la mis&#233;ricorde et &#224; la compassion de ses juges. Mais cette humilit&#233; n'a pas &#233;mu ses juges, comme il l'esp&#233;rait. Il fut d&#233;clar&#233; d&#233;shonor&#233;, condamn&#233; &#224; une amende de 40 000 &#163; et emprisonn&#233; dans la Tour. Le roi a imm&#233;diatement remis sa peine de prison et son amende et a finalement annul&#233; la totalit&#233; de la peine ; mais maintenant B. s'&#233;loigna de la sc&#232;ne politique et s'occupa d&#233;sormais dans une retraite tranquille uniquement de la science et de l'&#233;criture, non sans regretter d'avoir consacr&#233; tout le temps qu'il avait consacr&#233; &#224; la vie de cour et d'&#201;tat aux activit&#233;s les plus nobles. s'engager dans les sciences. 20 Il d&#233;c&#232;de le 9 avril 1626.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie a &#233;t&#233; d&#233;crite par Rawley, Mallet, Stephens . Parmi ses nombreux &#233;crits diff&#233;rents, seuls seront mentionn&#233;s ici en relation avec l'histoire de la philosophie [28] son &#8203;&#8203;&#034;Sylva Sylvarum sive Historia Naturalis&#034; , &#034;Parmenidis, Telesii et Democriti Philosophia&#034; et son &#034;Historia Vitae et Mortis&#034; , son &#034; Historia Ventorum&#034;, ses &#034;Sermones fideles&#034; (contenu politique et &#233;thique), il existe plusieurs recueils et &#233;ditions, un en 4 volumes in folio, qui fut publi&#233; &#224; Londres en 1730, un plus complet qui y fut publi&#233; en 1740 ; D'autres &#233;ditions moins compl&#232;tes parurent : &#224; Francfort en 1665, &#224; Leipzig en 1694.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mallet , &#034;Histoire de F. Bacon&#034;, Traduction de l'Anglois, &#224; la Haye 1742, p 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. Mallet , p. 39-43.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparez les informations d&#233;taill&#233;es sur cette triste histoire dans la biographie de Franciscus Bacon dans &#171; Collection de biographies remarquables, principalement traduites de la biographie britannique &#187;, D. Siegmund Jac. Baumgarten 1754, IT, pp. 420-445.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; C'est ainsi que Bacon passa du Poste &#233;clatant, qu'il occupe, &#224; l'Ombre de la Retraite et de l'Etude, d&#233;plorant souvent, que l'Ambition et la fausse Gloire du Monde l'eussent d&#233;tourn&#233; si longtemps. &#034;Temps de l'Occupation la plus noble et la plus utile, &#224; laquelle peut s'appliquer un Etre raisonnable.&#034; 126.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;R&#233;flexion sur la vie et le caract&#232;re de Bacon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de pouvoir appr&#233;cier correctement la vie et le caract&#232;re de Bacon, tant du c&#244;t&#233; de la lumi&#232;re que du c&#244;t&#233; de l'ombre, et de comprendre ses erreurs, qui &#233;taient inexplicables compte tenu de son caract&#232;re ind&#233;niablement noble, il faut reconna&#238;tre qu'il a commis une erreur primordiale et que cette erreur primordiale l'erreur &#233;tait la cause de sa d&#233;tection d'erreur morale. Cette erreur fondamentale dans son cas consistait dans le fait qu'il voulait et &#233;coutait effectivement la voix flatteuse de la sir&#232;ne de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure ainsi que la voix divine de la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure, la voix de son g&#233;nie, de son talent, qu'il se consacrait au se sentait appel&#233; &#224; l'&#233;tude de la nature et de la philosophie, ne s'y consacra pas exclusivement, mais poursuivit &#233;galement ce qu'on appelle des &#233;tudes de subsistance et, en outre, des &#233;tudes qui le jet&#232;rent dans la brillante carri&#232;re de la vie de cour et d'&#201;tat, mais un cela l'a &#233;loign&#233; de la science, de sorte qu'il s'est ainsi fragment&#233;, l'unit&#233; de son esprit &#233;tant d&#233;truite avec elle. Bacon lui-m&#234;me dit de lui-m&#234;me : &#171; Me ipsum autem ad veritatis contemplationes quam ad alia magis fabrefactum deprehendi, ut qui mentem et ad rerum similitudinem (quod maximum est) agnoscendum satis mobi lem, et ad diff&#233;reniarum subtilitates observandas satis fixam et intentam haberem, qui et quaerendi desiderium et dubitandi patientiam et meditandi voluptatem et asserendi cunctationem et resipiscendi facilitem [29] et disponendi sollicitudinem tenerem, quique nec novitatem affectarem, nec antiquitatem admirarer et omnem imposturam odissem. Quare naturam meam cum veritate quandam familiaritatem et cognationem habere judicavi. &#187; 21 Dans une lettre &#224; Thomas Bodley, il admet lui-m&#234;me qu'il n'a aucune inclination pour les affaires d'&#201;tat et qu'il ne peut pas s'en occuper sans &#234;tre d&#233;pass&#233;. Dans une lettre au roi Jacob , qu'il &#233;crivit apr&#232;s sa chute, il lui demanda de lui verser sa pension afin qu'il ne soit pas oblig&#233; d'&#233;tudier pour vivre, lui qui ne voulait vivre que pour &#233;tudier .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galil&#233;e , contemporain de B., a v&#233;cu presque tout le temps dans ses derni&#232;res ann&#233;es &#171; loin de l'agitation de la ville de Florence, soit dans les domaines de ses amis, soit dans l'un des domaines voisins de D. Belloguardo ou D. Arcetri, o&#249; il vivait &#233;galement, pr&#233;f&#233;rait rester car il lui semblait que la ville &#233;tait pour ainsi dire une prison pour les esprits sp&#233;culatifs, tandis que la vie libre &#224; la campagne &#233;tait un livre de la nature qui &#233;tait toujours sous les yeux de tous ceux qui le voulaient. lisez-le et &#233;tudiez-le avec les yeux de leur compr&#233;hension. 22 Spinoza a dit : &#171; Nos eatus tantummodo agimus , quatenus intelligimus &#187; [30] et non seulement sa vie, mais celle de tous les penseurs ont confirm&#233; la v&#233;rit&#233; de cette phrase. Leibniz dit quelque part : &#171; Nous sommes faits pour penser . Le vrai penseur, le v&#233;ritable scientifique, ne sert que l'humanit&#233;, tout en servant en m&#234;me temps la v&#233;rit&#233; ; il consid&#232;re la connaissance comme le bien le plus &#233;lev&#233;, quelque chose de vraiment utile ; leur promotion est son but pratique dans la vie ; Il consid&#232;re donc chaque heure qu'il ne consacre pas au service du savoir comme une perte de vie. Alors comment B., avec son penchant r&#233;solu pour l'&#233;tude de la nature et de la science en g&#233;n&#233;ral, qui ne prosp&#232;re que dans l'enfermement et l'&#233;limination de toutes pr&#233;occupations disparates, pourrait-il se lancer dans une voie qui lui est compl&#232;tement oppos&#233;e, dans la voie de la vie &#233;tatique ? Et quelle en fut la cons&#233;quence in&#233;vitable ? Aussi habile et habile homme d'&#201;tat qu'il f&#251;t, ce qui &#233;tait normal compte tenu de ses excellents talents, il &#233;tait pour ainsi dire hors de lui-m&#234;me dans la vie de l'&#201;tat, non dans son essence ; Son esprit, qui n'avait besoin que de science, ne trouvait aucune satisfaction dans cette activit&#233; politique ; Dans cette sph&#232;re, il n'avait n&#233;cessairement ni centre, ni support, ni caract&#232;re solide, car l&#224; o&#249; quelqu'un n'a pas son essence, il n'a pas non plus son centre de gravit&#233; et son centre et donc vacille et se balance d'avant en arri&#232;re ; Il n'&#233;tait pas pr&#233;sent dans cette sph&#232;re avec son &#226;me, ni avec tout son &#234;tre, avec tout son sang-froid ,23 et il devait donc &#234;tre dans cette contradiction, dans une sph&#232;re qui n'&#233;tait pas vraiment la sienne, qui contredisait la v&#233;ritable pulsion de son intelligence. , fait aussi des faux pas qui sont m&#234;me sa morale [31]Des &#234;tres qui &#233;taient manifestement de nature noble se contredisaient. Quand quelqu'un se sent r&#233;ellement appel&#233; &#224; &#234;tre productif, non pas dans un domaine particulier de la connaissance, mais dans la science en g&#233;n&#233;ral, pour y r&#233;aliser de grandes et &#233;ternelles choses, quand il &#233;labore des projets aussi vastes et universels que B., quand il s'efforce de trouver de nouveaux principes et, en outre, pour promouvoir et promouvoir une connaissance qui n&#233;cessite une expansion infinie en largeur et en ampleur, s'il a en lui la volont&#233; de faire de la science elle-m&#234;me le but et le but de sa vie, alors la science est son &#226;me, son centre, son centre scientifique. activit&#233; le domaine qui lui est assign&#233; ; En dehors de cela, il est hors de lui-m&#234;me, perdu et &#233;tranger, et s'il se laisse s&#233;duire par des stimuli et des motivations externes pour entrer dans un &#233;l&#233;ment oppos&#233; et s&#233;par&#233; de la science, alors il a la premi&#232;re et vraie raison de le faire. ses derni&#232;res Erreurs et faux pas, il a commis un p&#233;ch&#233; contre le Saint-Esprit, car il l'a, sinon priv&#233; de la facult&#233; spirituelle que seule poss&#232;de &#224; juste titre, du moins en a diminu&#233; la part, il a commis l'adult&#232;re en sacrifiant son amour ; qu'il ne devrait se consacrer qu'&#224; son &#233;pouse l&#233;gitime, la science, gaspill&#233;e dans le monde. La chute ignominieuse de B &#233;tait donc juste, voire m&#234;me n&#233;cessaire, car par cette chute il a expi&#233; sa premi&#232;re disgr&#226;ce, son apostasie par rapport &#224; la v&#233;ritable vocation de son intelligence, et il est revenu &#224; sa nature originelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si B. a prouv&#233; que les savants peuvent aussi &#234;tre de grands hommes d'&#201;tat, il a aussi prouv&#233; en m&#234;me temps, du moins de lui-m&#234;me, que la science est jalouse au plus haut point, qu'elle n'accorde la faveur ultime qu'&#224; ceux qui s'y consacrent. indivisement, que le savant, s'il se fixe au moins une t&#226;che telle que celle que B. s'est fix&#233;e, ne peut rien appliquer aux affaires du monde sans perturber ainsi le caract&#232;re domestique de son activit&#233; scientifique . 24 Si B. n'avait pas fragment&#233; sa vie, s'il avait consacr&#233; toute sa vie au service de la science &#224; l'instar d'autres grands savants, il ne se serait pas arr&#234;t&#233; &#224; un simple mot d'ordre, &#224; un noble aper&#231;u de la grande structure de la science. la science, sans en &#233;laborer aucune partie ; Ainsi, il aurait approfondi des sujets particuliers et, avec la masse de connaissances, d'exp&#233;riences et d'observations dont il disposait, et avec ses excellentes capacit&#233;s mentales, il aurait obtenu certains r&#233;sultats et trouv&#233; certaines lois naturelles comme Galil&#233;e et Cartesius ; Il prouverait alors l'universalit&#233; de son esprit, non pas dans la simple &#233;laboration de plans, mais aussi dans la p&#233;n&#233;tration et la ma&#238;trise du particulier, dans l'&#233;l&#233;vation du particulier au g&#233;n&#233;ral, dans laquelle le v&#233;ritable esprit universel se manifeste, et non il a parcouru tant de sujets avec tant d'insouciance, en bref, apr&#232;s avoir accompli infiniment plus que ce qu'il avait r&#233;ellement accompli. 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si B. avait un v&#233;ritable penchant pour la vie sp&#233;culative, comment a-t-il pu se lancer dans la vie politique et commettre une telle contradiction ? Uniquement parce qu'il y avait un dualisme dans son essence, dans son esprit ou principe spirituel m&#233;taphysique. Bien que, comme nous le montrerons, B. &#233;tait loin d'&#234;tre l'empiriste qu'il est devenu plus tard, bien qu'il ait le sens et la capacit&#233; de la pens&#233;e m&#233;taphysique et de sa simplicit&#233; et qu'il ait m&#234;me produit de profondes pens&#233;es m&#233;taphysiques, m&#234;me si [33 ] L' empirisme n'est pas la chose , mais seulement les moyens n&#233;cessaires, non l'essence, mais seulement un moment, en m&#234;me temps l'esprit du mat&#233;rialisme, tel qu'il s'est d&#233;velopp&#233; plus tard, est celui qui se d&#233;verse dans la sensualit&#233; et n'est dirig&#233; que vers l'ext&#233;rieur. L' imagination , est d&#233;j&#224; contenu en lui et en son principe spirituel. Afin de se justifier devant sa propre conscience, B. peut invoquer tout ce qu'il veut comme motif de sa candidature &#224; une fonction publique, m&#234;me le but pieux de la pastorale, qu'il aurait cru pouvoir atteindre au mieux dans une position &#233;lev&#233;e dans l'&#201;tat. &#201;tat ; Ce n'est que l'esprit du mat&#233;rialisme, sortant de lui-m&#234;me et arrach&#233; de lui-m&#234;me, aveugl&#233; par la splendeur de la grandeur du monde, qui ne lui a pas permis, du moins au d&#233;but, de reprendre conscience de son v&#233;ritable objectif, qui l'a attir&#233;. de la simplicit&#233; m&#233;taphysique de la vie scientifique et dans la brillante richesse des images de la vie d'&#201;tat. Il n'y avait donc qu'un dualisme dans son &#234;tre spirituel - un dualisme qui s'exprimait &#233;galement dans le fait que, alors qu'il avait et fondait une vision purement ind&#233;pendante et ind&#233;pendante de la physique, la physique, qui d'ailleurs selon lui n'&#233;tait qu'une partie, devait maquillage, a compl&#232;tement arrach&#233; &#224; la th&#233;ologie toutes les relations qui mettaient la physique en relation avec la religion, mais par pi&#233;t&#233;, il a toujours mis en parall&#232;le ses pens&#233;es purement physiques dans le go&#251;t de son &#233;poque et des suivantes avec les paroles de la Bible et ainsi de suite &#224; leur sujet. Si une dame du monde &#224; l'esprit terrestre r&#233;pandait dans son c&#339;ur une aur&#233;ole sur sa physique 26 , c'&#233;tait, dis-je, seulement ce dualisme m&#233;taphysique ou [34] spirituel qui cr&#233;ait le dualisme de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impetus Philosophici : &#171; De interpr&#233;tation naturae Prooemium &#187;, coll. 744, &#233;d. 1665. Tout ce d&#233;bat est important pour le pr&#233;sent sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie de Galil&#233;e dans &#034;Acta Philosophorum&#034;, T. III, 15e pi&#232;ce, 1724, et &#034;Lettres philosophiques &#224; Mad... etc.&#034; de Charle Pougens , Lettre sur Galil&#233;e .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; S'il r&#233;clamait une promotion dans la vie civile ou tentait d'y parvenir, ce n'&#233;tait que dans l'intention d'obtenir les moyens de perfectionner et de r&#233;aliser son enseignement. Parce que m&#234;me les actions les plus magnifiques de sa vie ne devaient que l'aider &#224; y parvenir. En un mot, l'introduction de cette nouvelle fa&#231;on de recevoir la sagesse fut son inclination dominante et la grande source de ses actions tout au long de sa vie. Cela l'a incit&#233; &#224; rechercher rapidement du service ; cela le r&#233;confortait lorsque de tels efforts &#233;chouaient ; A mesure qu'il atteignait le plus haut degr&#233; de sa grandeur, cela l'occupait de la mani&#232;re la plus agr&#233;able dans ses moments d'oisivet&#233;. &#034; &#034; Biogr. Britan.&#171; dans la collection de Baumgarten , p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Peter Heylyn dit &#224; juste titre : &#171; Il &#233;tait dommage qu'il ne soit pas soutenu par un salaire gratuit et qu'il vive &#224; l'&#233;cart de toutes les affaires, tant &#224; la cour qu'au tribunal, et qu'il re&#231;oive suffisamment de moyens et d'aide dans son projet pour continuer. &#171; L.c., p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. a accompli ce qu'il voulait accomplir et il en a accompli suffisamment. Il voulait seulement donner le plan du b&#226;timent &#224; construire ; Il a laiss&#233; la construction elle-m&#234;me &#224; d'autres. Il savait que ce qu'il voulait ne pouvait pas &#234;tre r&#233;alis&#233; par une seule personne, mais seulement par d'innombrables personnes, non pas &#224; son &#233;poque, mais seulement au cours des si&#232;cles &#224; venir. Il fait donc toujours appel &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul passage pour prouver cette contradiction. Dans le royaume de la nature, dit-il (ou de l'homme ou de la science, car c'en est un), on ne peut entrer, comme dans le royaume des cieux, qu'en tant qu'enfant. Comme cette comparaison para&#238;t pieuse ! Mais m&#234;me si on l'analyse un peu, cela montre exactement le contraire. N'est-ce pas la propri&#233;t&#233; exclusive du royaume des cieux, qui n'appartient qu'&#224; lui et le distingue de tout autre royaume, qu'on ne puisse y entrer qu'en tant qu'enfant ? Puis-je alors m'approcher et me consacrer aux choses sensuelles et naturelles communes avec le m&#234;me &#233;tat d'esprit, avec la m&#234;me disposition, avec lesquels je me consacre &#224; Dieu ? Qu'ai-je pour lui avec lequel je puisse l'honorer et le v&#233;n&#233;rer, si je ne r&#233;serve pas le meilleur de moi, l'esprit d'enfant, &#224; lui seul et le lui donne exclusivement ? Est-ce que je ne prends pas au royaume des cieux exactement ce que je donne au royaume terrestre ? Mais ce n'est pas le lieu d'entrer dans les d&#233;tails. N&#233;anmoins, l'auteur de l'ouvrage &#034;Le Christianisme de Fran&#231;ois Bacon etc.&#034; &#224; Paris An VII, 2 volumes, y voit un signe particulier de la pi&#233;t&#233; de B qu'il cite si souvent des versets bibliques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La signification philosophique de Bacon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] La position essentielle et l'importance de Bacon dans l'histoire de la science moderne sont g&#233;n&#233;ralement qu'il a examin&#233; l'exp&#233;rience , qui n'&#233;tait auparavant qu'une question de hasard, sans le soutien d'en haut, des plus hautes autorit&#233;s de l'histoire et de la pens&#233;e, qui ne d&#233;pendait que de la particularit&#233; accidentelle et l'inclination des individus devinrent une n&#233;cessit&#233; indispensable, une affaire de philosophie, le principe m&#234;me de la science. Mais sa signification est plus pr&#233;cise : il a fond&#233; la science naturelle sur l'exp&#233;rience, rempla&#231;ant ainsi la vision fantastique ou scolastique de la nature par une vision objective et purement physique de la nature. Car bien que B. ait englob&#233; tout le domaine de la science avec un esprit encyclop&#233;dique qui a pass&#233; en revue la masse totale de toutes les connaissances disponibles &#224; son &#233;poque et l'a organis&#233; &#224; sa mani&#232;re ing&#233;nieuse et, avec d'excellentes instructions, [35] a enrichi certaines pens&#233;es et remarques qui ont enrichi les domaines encore peu d&#233;velopp&#233;s de la connaissance, a d&#233;couvert des branches particuli&#232;res des sciences et a encourag&#233; et stimul&#233; les esprits dans leur culture, m&#234;me s'il a donn&#233; aux sciences naturelles une place particuli&#232;re dans l'ensemble des sciences, il s'est toujours tenu sur le vaste terrain des sciences, qu'il a couvert avec l'aper&#231;u d'un Le commandant a repris et observ&#233; le centre de ses pens&#233;es et de ses efforts uniquement dans le sens des sciences naturelles , mais le but, l'objet et l'int&#233;r&#234;t essentiels de son esprit &#233;taient tir&#233;s de l'exp&#233;rience de la source de la nature. elle-m&#234;me, et non par une source &#233;trang&#232;re. Il s'agit d&#233;sormais d'une science logique, th&#233;ologique ou math&#233;matique, une science naturelle obscurcie par des ingr&#233;dients. La signification historique de B est que, contrairement aux &#233;poques ant&#233;rieures, lorsque l'esprit, concentr&#233; sur des objets suprasensibles et th&#233;ologiques, n'avait aucun int&#233;r&#234;t pur pour la nature et que son &#233;tude &#233;tait donc n&#233;glig&#233;e et d&#233;form&#233;e, il s'agissait d'une activit&#233; particuli&#232;re, secondaire. l'occupation a fait des sciences naturelles fond&#233;es sur l'exp&#233;rience l'&#233;tude de toutes les &#233;tudes, le principe lui-m&#234;me, la m&#232;re des sciences. 28 Quelle que soit la port&#233;e de ses exp&#233;riences et suggestions, de ses observations et de ses connaissances dans le domaine des sciences naturelles, ce n'est encore que son essence, qu'il a donn&#233; une m&#233;thode , un organon, une logique d'exp&#233;rience, une certaine instruction pour assurer et r&#233;ussir. exp&#233;rience, pour &#233;lever l'exp&#233;rience aveugle et le t&#226;tonnement dans le domaine du particulier &#224; un art de l'exp&#233;rimentation bas&#233; sur des lois et des r&#232;gles logiques et donc, pour ainsi dire, &#224; un art auparavant maladroit[36] ont tent&#233; de donner les outils de l'exp&#233;rience &#224; une humanit&#233; maladroite et non entra&#238;n&#233;e. &#192; strictement parler, on ne peut donc pas parler du contenu de Bacon &#224; cet &#233;gard ; toutes les exp&#233;riences et d&#233;couvertes physiques des temps modernes pourraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme son contenu, m&#234;me s'il n'y avait aucune indication sp&#233;cifique de celui-ci ; son essence r&#233;side uniquement dans la m&#233;thode, dans la mani&#232;re de voir et de traiter la nature, dans la r&#233;f&#233;rence &#224; l'exp&#233;rience. Cependant, B. n'&#233;tait donc rien de moins qu'un empiriste au sens habituel du terme, sans parler d'un empiriste n&#233;gatif contre le plus profond, contre la philosophie. Il a imm&#233;diatement d&#233;sign&#233;, et &#224; juste titre, l'exp&#233;rience, qui est selon lui le lien le plus intime entre la pens&#233;e et la perception sensorielle, comme la seule source de connaissance dans le domaine de la nature , qu'il a imm&#233;diatement provoqu&#233;e et qui ne visait initialement que l'empirisme et, &#233;tant donn&#233; la nature distraite de sa vie et de sa nature, il ne pouvait pas avoir le loisir d'&#233;lever les perceptions sensorielles et les exp&#233;riences individuelles au rang de connaissance, alors l'empirisme n'&#233;tait pour lui qu'un moyen, pas une fin , seulement le d&#233;but , mais plut&#244;t le r&#233;sultat . ne devrait &#234;tre que de la philosophie ou du savoir philosophique ; Ainsi, il a d&#233;termin&#233; comme but et objet des sciences naturelles la connaissance des &#171; formes &#233;ternelles et immuables des choses &#187; et a donc domin&#233; ce qu'il consid&#233;rait comme l'objet des sciences naturelles et, dans la mani&#232;re dont il l'a d&#233;termin&#233;, c'&#233;tait une pens&#233;e v&#233;ritablement philosophique. , qui bien s&#251;r ne restait en lui qu'une pens&#233;e pr&#233;sent&#233;e et non men&#233;e &#224; ex&#233;cution et &#224; r&#233;alisation. Selon lui, l'objet et le but de la connaissance et de l'exp&#233;rience est la connaissance des formes des choses. Mais selon lui la forme d'une chose est le g&#233;n&#233;ral, le genre, l'id&#233;e d'une chose n'est pas une id&#233;e vide et vague, un g&#233;n&#233;ral mauvais et formel, un genre ind&#233;fini et abstrait, mais un tel g&#233;n&#233;ral qui, comme il le dit, la fons emanationis, la natura naturans, le principe des d&#233;terminations particuli&#232;res d' une chose, la source d'o&#249; naissent sa vraie diff&#233;rence, ses propri&#233;t&#233;s, le principe cognitif du particulier est, en un mot, un principe universel. , une id&#233;e qui est &#224; la fois mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;e , non pas au-dessus et en dehors de la nature, mais immanente &#224; la nature. Par exemple, selon B. le concept, l' id&#233;e , le genre de chaleur est le mouvement ; Mais la d&#233;termination ou la diff&#233;rence qui fait la chaleur du mouvement est qu'il s'agit d'un mouvement expansif , &#224; la diff&#233;rence des autres types de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. &#233;tait donc lib&#233;r&#233; de ce scolesticisme , de ce sophisme de l'empirisme, qui fouille toujours du particulier dans le particulier, ne faisant sans cesse que distinguer, subtiliser et pr&#233;ciser dans l'infini, nous &#233;garer, faire de la nature un labyrinthe sans issue. Ne voyons pas la for&#234;t &#224; cause des arbres. Car de m&#234;me que selon lui seul le g&#233;n&#233;ral est le v&#233;ritable universel, qui est tellement d&#233;termin&#233;, diff&#233;renci&#233; et mat&#233;rialis&#233; en lui-m&#234;me qu'il contient le principe cognitif du particulier et de l'individuel, de m&#234;me pour lui seul le particulier est le vrai particulier, qui donne la lumi&#232;re. et la connaissance, qui m&#232;ne de la multiplicit&#233; &#224; la simplicit&#233;, de la diversit&#233; &#224; l'unit&#233;, &#224; travers et &#224; partir de laquelle l'universel peut &#234;tre connu ou d&#233;couvert. Selon lui, la mati&#232;re du particulier ne devrait pas &#234;tre un simple tas de sable extr&#234;mement grand dans lequel, si nous voulons grimper, nous nous enfon&#231;ons de plus en plus profond&#233;ment sans atteindre un point de vue plus &#233;lev&#233; et plus ferme, et les grains individuels de il sort toujours d'un type de pierre sp&#233;cial, de sorte que nos yeux d&#233;bordent des reflets chatoyants de cette diversit&#233; et nous perdons notre capacit&#233; de voir, mais plut&#244;t une montagne sur laquelle les diff&#233;rents types de pierres de la nature sont entass&#233;s en grand, des masses de couches solides et coh&#233;rentes et nous servent de base solide pour obtenir une vue d'ensemble libre et philosophique de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait donc loin de B. d'affirmer, de la mani&#232;re dogmatique et sceptique populaire qui fait de l'incapacit&#233; ou de l'incapacit&#233; une qualit&#233; positive de l'homme, que l'homme ne conna&#238;t pas la nature ; Au contraire, il a la conscience tr&#232;s pr&#233;cise que le fait que nous puissions ou non en savoir quelque chose de r&#233;el d&#233;pend uniquement de la m&#233;thode , de la mani&#232;re de notre processus intellectuel. 30 C'est pourquoi son esprit ne se contente pas de l'enveloppe de la nature, il en d&#233;sire encore plus, il exige que la science naturelle ne se limite pas &#224; la surface des ph&#233;nom&#232;nes, mais qu'elle s'efforce d'en reconna&#238;tre les causes et m&#234;me les causes. les causes. 31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison pour laquelle B. &#233;tait g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233; uniquement comme un empiriste et &#233;tait devenu leur saint patron par les empiristes simples, voire anti-philosophiques, &#233;tait que les id&#233;es sp&#233;culatives profondes que l'on peut trouver dans ses &#233;crits n'&#233;taient pas prises en compte lors de leur &#233;valuation et n'a eu aucune influence. D'ailleurs, la raison en r&#233;side dans B. lui-m&#234;me, &#224; savoir dans le fait qu'il a tellement mal compris et m&#233;pris&#233; la m&#233;taphysique et la philosophie des Grecs et l'empirisme, bien qu'il n'en fasse que le milieu, voire le &#233;tage le plus bas du b&#226;timent des sciences, L'&#233;tage sup&#233;rieur, d'o&#249; seule une vue sur la nature est donn&#233;e, admet la philosophie [39] d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de l'exp&#233;rience , mais en a n&#233;anmoins fait son salon et son bureau, en restant avec elle, mais principalement dans le fait que son esprit n'&#233;tait ni un esprit v&#233;ritablement sp&#233;culatif philosophiquement et math&#233;matiquement, mais que son esprit &#233;tait un esprit sensuel, purement physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. &#233;tait donc avant tout destin&#233; et appel&#233; &#224; r&#233;veiller l'&#233;tude de la physique, dans la mesure o&#249; il s'agit de physique et non seulement de &#171; math&#233;matiques appliqu&#233;es &#187; ; Pr&#233;cis&#233;ment en raison de sa relation int&#233;rieure avec l'essence de la sensualit&#233;, son esprit &#233;tait un esprit orient&#233; vers la sp&#233;cificit&#233; et la diff&#233;rence, la qualit&#233; des choses , qui cherchait &#224; saisir les choses dans leur &#234;tre et leur vie sp&#233;cifiques et qualitatifs. Le concept qui le domine et le d&#233;termine est celui de qualit&#233; ; C'est pourquoi il met autant l'accent sur l'exp&#233;rience, la souligne avec tant d'urgence. Car la qualit&#233; dans la nature n'est que l'objet de la sensation sensuelle, de l'exp&#233;rience ; elle ne devient qu'indirectement l'objet de la pens&#233;e ; Mais dans sa nature particuli&#232;re, il n'est toujours que l'objet d'une sensation et d'une perception sensorielle imm&#233;diate. C'est pourquoi B. n'accorde aux math&#233;matiques qu'une position subordonn&#233;e dans la physique et s'exprime ainsi &#224; ce sujet : &#187;Quantitas (quae subjectum est Mathematicae) materiae applicata veluti dosis Naturae est, et plurimorum effectuum in rebus naturalibus causativa, ideoque inter Formas essentiales numeranda est. Illud int&#233;rim verum est, quantitatem inter formas naturales (quales nos eas intelligimus) omnium maxime esse abstractam et a materia separabilem , quod ipsum in causa fuit, cur et diligentius exculta et acrius inquisita ab hominibus fuerit, quam aliae quaecunque formae , quae omnes in materia magis sunt immersae ... Nescio quo fato fiat, ut Mathematica et Logica, quae ancillarum loco erga Physicam se gerere debebant, [40] nihilominus certitudinem suam prae ea jactantes dominatum contra exercee praesumant. , c. 6) C'est pourquoi B. est unique &#224; cet &#233;gard. Car le concept qui domine Hobbes, Cartesius et d'autres naturalistes de son &#233;poque et plus tard dans leur vision de la nature est celui de quantit&#233; ; pour eux, la nature n'est qu'un objet en termes de d&#233;terminabilit&#233; math&#233;matique. B., au contraire, met l'accent sur la forme de la qualit&#233; ; la nature n'est pour lui qu'un objet sous cette forme ; C'est pourquoi il dit &#233;galement que m&#234;me la premi&#232;re question doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e en relation avec le mouvement et la qualit&#233; . C'est pourquoi il ne s'int&#233;resse aux objets de l'astronomie qu'en tant qu'objets physiques, puisqu'il souhaite que l'accent soit mis sur leurs propri&#233;t&#233;s physiques. &#187; Neque enim calculos aut praedictiones tantum meditamur, sed Philosophiam, eam scilicet, quae de Superiorum Corporum non motu solummodo, ejusque periodis, sedsubstantia quoque et omnimoda qualitate , potestate atque influxu intellectum humanum informare secundum rationes naturales atque indubitatas possit, atque rursus in motu ipso invenire, atque explicare, non quid phaenomenis sit consentaneum, sed quid in Natura penitus repertum atque actu et re ipsa verum sit. Itaque plurimum et Praesidii ad contemplationem coelestium in Physicis ratiobus collocamus.&#034; [41] (&#034;Descript. Glob. Intell.&#034;, cap. V) C'est pourquoi il dit aussi de lui-m&#234;me qu'il cherche &#224; rechercher en particulier les passiones ou l'app&#233;tit materiae. . 33 (&#171; Nov. Org. &#187;, II, Aph. 48)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. s'exprime donc avec la plus grande violence contre Paracelse. Il dit de lui, par exemple, qu'il n'a pas cach&#233; la lumi&#232;re de la nature, dont il abuse si souvent du saint nom, mais qu'il l'a &#233;teinte, qu'il n'est pas seulement un d&#233;serteur mais un tra&#238;tre &#224; l'exp&#233;rience. Cependant, il mentionne la trinit&#233; de ses principes &#8211; une remarque certainement int&#233;ressante pour les Trinitaires sp&#233;culatifs ! &#8211; un &#171; commentum haud ita prorsus inutile et rebus aliqua ex parte finitimum. &#187; S. Imp. Philos., &#171; De Interpret. Nat. Envoy&#233;.&#8221;, c. II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. appelle m&#234;me les sciences naturelles la m&#232;re des autres. Bien que, comme la philosophie de Dieu, de la nature et de l'homme, il pr&#233;suppose une science g&#233;n&#233;rale, la philosophia prima, dont la premi&#232;re partie est cens&#233;e traiter des principes communs aux diverses sciences, il constate n&#233;anmoins imm&#233;diatement que dans l'autre partie de la philosophia prima, qui traite du conditionibus adventitiis rerum, par exemple l'&#233;galit&#233; et l'in&#233;galit&#233;, ces objets ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s logiquement mais physiquement . &#187;De Augm. Scientifique.&#171; , III, ch. 1, et V, ch. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparer par exemple &#187;nov. Org., moi, Aph. 95.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple &#187;nov. Org.&#8221;, Aph. 37. &#187;Illi enim nihil sciri posse, affirmer simplement ; Nos non multum sciri posse in natura ea , quae nunc in usu est, via .&#034; et &#034;De Augm. Scientifique.&#171; , III, ch. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : &#171; Recte ponitur : Vere scire esse per causas scire &#187;. Org., II, Aph. 2. &#8211; &#171; Satis scimus nullum de rebus raris aut notabilibus judicium fieri posse, multo minus res novas in lucem protrahi, absque vulgarium rerum causis et causarum causis rite examinatis et repertis etc. &#187; 109. - Contre la fa&#231;on dont les empiristes et encyclop&#233;distes fran&#231;ais comprenaient B., ce point est particuli&#232;rement soulign&#233; par Le Sage et De Luc , cf., dont le &#171; Pr&#233;cis de laphilosophie de Bacon etc. &#224; Paris 1802, T. I, p.60 etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe dit &#224; juste titre (&#224; propos de la th&#233;orie des couleurs) : &#171; L'insensibilit&#233; (Bs) aux m&#233;rites des pr&#233;d&#233;cesseurs, &#224; la dignit&#233; de l'Antiquit&#233;, est extr&#234;mement d&#233;sagr&#233;able. Car comment peut-on &#233;couter avec sang-froid lorsqu'il compare les &#339;uvres d'Aristote et de Platon &#224; des tables lumineuses qui, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles ne sont pas constitu&#233;es d'une masse solide et substantielle, peuvent facilement nous &#234;tre apport&#233;es par le courant du temps ? &#187; d'ailleurs, B. s'int&#233;resse surtout &#224; Platon et surtout &#224; Aristote ; Il rend pleinement justice aux philosophes plus anciens qui fondaient la nature sur des principes mat&#233;riels et sensuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces passions et d&#233;sirs de la mati&#232;re, B. n'entend ici rien d'autre que les ph&#233;nom&#232;nes d'expansion, de contraction, d'attraction, etc., qui ont lieu sur les corps c&#233;lestes aussi bien que sur la terre, c'est-&#224;-dire qu'ils sont des propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;rales de la mati&#232;re sur lesquelles la diff&#233;rence de localisation n'a aucune influence.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re des sciences &#224; ce jour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Les sciences ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent dans un &#233;tat des plus tristes et des plus pitoyables. Ce n'est pas &#233;tonnant ; nos sciences sont d'origine grecque ; car les ajouts des &#233;crivains romains, arabes ou modernes sont peu nombreux et peu importants et du moins, quelle que soit leur nature, ont pour base les inventions des Grecs. La sagesse grecque ne manque pas de paroles, mais elle manque d'&#339;uvres. 34 (&#171; NON &#187;, I, A. 71) [42] La science &#233;tait encore dans leur enfance ; C'est pourquoi les Grecs sont aussi bavards que des enfants, mais aussi immatures et incapables de g&#233;n&#233;rer. La preuve en est que la philosophie des Grecs et les sciences qui en d&#233;rivent, au cours de tant de si&#232;cles, n'ont gu&#232;re produit une seule &#339;uvre ou une seule exp&#233;rience qui ait apport&#233; un b&#233;n&#233;fice r&#233;el &#224; la vie humaine et qui puisse &#234;tre d&#233;riv&#233;e de leurs dogmes et de leurs principes. sp&#233;culations. 35 Mais une philosophie qui ne produit aucune &#339;uvre est vaine. Car comme la foi, la philosophie doit aussi &#234;tre jug&#233;e et valoris&#233;e uniquement par ses &#339;uvres. (lc, A. 71, 73 et Praefatio)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences, dans leur &#233;tat actuel, ont donc une ressemblance vraiment frappante avec cette fabuleuse Scylla, vierge de visage mais transform&#233;e en monstres aboyants dans son corps. Lorsqu'on les regarde de face, c'est-&#224;-dire dans leurs propositions g&#233;n&#233;rales, elles ont certes une apparence belle et s&#233;duisante, mais quand on en vient aux propositions particuli&#232;res, sp&#233;ciales, qui forment, pour ainsi dire, les organes g&#233;n&#233;rateurs de la science, on trouve qu'ils naissent finalement dans de simples disputes verbales et se terminent comme le corps de Scylla dans des chiens qui aboient. (lc, pr&#233;f.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences &#233;taient donc une chose morte &#224; une &#233;poque, elles restaient immobiles comme des statues, toujours debout &#224; la m&#234;me place, et elles ne faisaient pas de progr&#232;s significatifs, significatifs. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme nos sciences ne sont que des compilations de choses d&#233;j&#224; invent&#233;es il y a longtemps, sans instructions pour de nouvelles inventions, et donc totalement inutiles pour l'invention de nouveaux [43] &#339;uvres ou arts, notre logique actuelle ne nous aide en rien &#224; inventer. les nouvelles connaissances et sciences, oui, elles servent plus &#224; renforcer l'erreur qu'&#224; d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233;, elles sont donc plus nuisibles qu'utiles ; (lc, I, A. 11, 8, 12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syllogisme est constitu&#233; de phrases, la phrase est constitu&#233;e de mots, mais les mots sont des signes des concepts. Si les concepts sont des abstractions confuses et h&#226;tives des choses, alors les conclusions et conclusions qui en d&#233;coulent ne servent &#224; rien. Mais il n'y a aucune raison valable dans nos concepts logiques et physiques ; ils sont tous imaginaires et mal d&#233;finis. (lc, A. 14, 15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous n'avons pas eu une v&#233;ritable philosophie naturelle pure, qui est la m&#232;re de toutes les sciences. Au contraire, elle a toujours &#233;t&#233; falsifi&#233;e et corrompue, notamment par la logique &#224; l'&#233;cole d'Aristote, par la th&#233;ologie naturelle &#224; l'&#233;cole de Platon, &#224; la deuxi&#232;me &#233;cole de Platon, celle de Proclus et d'autres, par les math&#233;matiques, celle de la philosophie naturelle ne devrait &#234;tre que d&#233;cider ou limiter, mais pas commencer et cr&#233;er. 36 (lc, A. 96, u. II, A. 8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois pour toutes, je dois noter ici qu'en traduisant chaque passage, je ne suis pas seulement celui-ci, mais d'autres passages similaires que l'on peut trouver chez B., et que dans chaque passage d'un &#233;crivain, je traduis l'&#233;crivain dans sa totalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dicton fran&#231;ais : &#171; Il veut apprendre &#224; sa m&#232;re &#224; faire des enfants &#187; correspond parfaitement &#224; B., qui parle de la science grecque ici et ailleurs. Car m&#234;me le fait qu'il soit et parle contre elle, il ne le doit qu'&#224; elle, il ne le doit qu'&#224; l'esprit dont est n&#233;e la philosophie grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Per Mathematicam, le texte dit, quae Philosophiam naturalem terminare, non generare aut proereare debet. Br&#252;ck dans sa traduction du &#187;Nov. Org., Leipzig 1830, le traduit ainsi : &#171; par les math&#233;matiques, qui peuvent d&#233;terminer mais ne peuvent rien &#233;tablir de nouveau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison g&#233;n&#233;rale et essentielle pour laquelle les sciences n'ont pas pu se d&#233;velopper jusqu'&#224; nos jours n'est qu'une seule, &#224; savoir celle-ci : elles se sont arrach&#233;es &#224; leurs racines, &#224; la nature et &#224; l'exp&#233;rience, parce que ce qui a pour base la nature grandit et prosp&#232;re. , mais ce qui ne repose que sur des opinions subit de nombreux changements, mais n'a aucun mouvement progressiste. (&#171; NON &#187;, I, A. 74)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les causes particuli&#232;res du triste &#233;tat actuel des sciences, en particulier de la philosophie naturelle, [44] leur m&#232;re, sont diverses, entre autres les suivantes : le vieux pr&#233;jug&#233; bien enracin&#233; selon lequel l'esprit humain perd une partie de sa dignit&#233; s'il se consacre &#224; j'exp&#233;rimente et je m'occupe beaucoup et avec persistance de choses sp&#233;ciales, sensuelles, immerg&#233;es dans la mati&#232;re ; superstition et z&#232;le religieux aveugle et d&#233;raisonnable , qui a toujours &#233;t&#233; l'adversaire le plus aga&#231;ant et le plus irr&#233;conciliable de la philosophie naturelle, qui, m&#234;me parmi les Grecs, accusait d'irr&#233;ligieux ceux qui, aux oreilles encore inconnues des gens, tiraient les &#233;clairs et le tonnerre de causes naturelles , et chez certains p&#232;res de l'&#201;glise, ceux qui d&#233;non&#231;aient l'h&#233;r&#233;sie, qui prouvaient que la terre &#233;tait ronde et qu'il y avait donc n&#233;cessairement des antipodes ; la pr&#233;occupation exclusive de morale et de politique , qui &#233;tait la n&#244;tre chez les Romains, et de th&#233;ologie , qui, depuis les temps chr&#233;tiens, n'a occup&#233; que les esprits les plus excellents ; le probl&#232;me que la philosophie naturelle n'a pas encore trouv&#233; une personne libre et enti&#232;re , m&#234;me parmi les hommes qui se sont consacr&#233;s &#224; son &#233;tude , surtout &#224; l'&#233;poque moderne o&#249; la philosophie naturelle a finalement &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e et trait&#233;e uniquement comme un pont, comme un point de transition vers d'autres sujets ; la grande autorit&#233; donn&#233;e &#224; certains philosophes, et la v&#233;n&#233;ration de l'antiquit&#233; , qui d&#233;coulait d'une vision compl&#232;tement erron&#233;e du monde ; Parce que le temps, le plus jeune en termes d'&#226;ge du monde, qui seul fournit la mesure correcte et objective pour estimer l'&#226;ge de l'humanit&#233;, ils consid&#233;raient comme l'antiquit&#233;, tandis que notre &#233;poque, qui est la plus ancienne en termes d'&#226;ge du monde, et qui m&#233;rite donc la priorit&#233; sur les &#226;ges plus jeunes en raison de leur plus grande maturit&#233; et de leur plus grande quantit&#233; de connaissances et d'exp&#233;riences que les plus jeunes ; Enfin, un certain d&#233;couragement et un certain d&#233;sespoir devant la possibilit&#233; de surmonter les nombreuses et grandes difficult&#233;s de l'&#233;tude de la nature, un d&#233;sespoir qui s'emparait m&#234;me des hommes les plus s&#233;rieux et les plus prudents, qui leur faisait croire que les sciences avaient leurs flux et reflux. de temps en temps, &#224; certains moments, ils montent, &#224; d'autres moments, ils descendent, mais &#224; un certain moment, ils finissent par s'arr&#234;ter compl&#232;tement. (lc, A. 79-92) [45]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;&#8203;Les sciences naturelles, comme les autres sciences en g&#233;n&#233;ral, se fondent uniquement sur l'exp&#233;rience ; leur bonheur et leur prosp&#233;rit&#233; d&#233;pendent donc de celui de l'exp&#233;rience. Il est donc n&#233;cessaire que le mode d'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dent soit remplac&#233; par un autre mode plus sens&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les gens ne se sont promen&#233;s dans le domaine de l'exp&#233;rience que superficiellement, sans suivre un chemin ou un plan sp&#233;cifique. Par exemple, le travail acharn&#233; des chimistes a permis de r&#233;aliser de nombreuses d&#233;couvertes, mais uniquement par hasard et involontairement, ou uniquement gr&#226;ce &#224; certains changements exp&#233;rimentaux, et non &#224; la suite d'une m&#233;thode ou d'une th&#233;orie particuli&#232;re. Mais une exp&#233;rience qui n'est guid&#233;e par aucune m&#233;thode particuli&#232;re et qui est laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me n'est qu'un t&#226;tonnement aveugle. (lc, A. 73, 70, 108, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens aussi bien que l'entendement ne suffisent pas &#224; eux seuls &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la connaissance ; Ils n&#233;cessitent certains outils, c'est-&#224;-dire un certain encadrement et des r&#232;gles directrices, une certaine instruction et m&#233;thode juridiques. Parce que le sens de lui-m&#234;me est faible et trompeur, m&#234;me les outils n'augmentent pas son pouvoir de mani&#232;re significative, d'o&#249; toute v&#233;ritable connaissance exp&#233;rientielle de la nature, qui n'est pas une interpr&#233;tation arbitraire de la nature selon des opinions pr&#233;suppos&#233;es (pas d'anticipation), mais une connaissance fid&#232;le. La traduction (interpr&#233;tation) de la nature ne se produit que par une attention particuli&#232;re et pr&#233;cise &#224; tous les cas et par l'application d'exp&#233;riences habiles, o&#249; le sens ne juge que l'exp&#233;rience, mais l'exp&#233;rience juge la chose elle-m&#234;me. Mais l'entendement, livr&#233; &#224; lui-m&#234;me et non guid&#233; par une m&#233;thode particuli&#232;re, s'envole tout droit du sensible au suprasensible, du particulier au g&#233;n&#233;ral, pour s'en r&#233;galer et s'en contenter, car il se fatigue vite. de l'exp&#233;rience. (lc, A. 50, 37&#8250;19, 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la main nue ne r&#233;alise pas grand-chose sans instruments, de m&#234;me l'esprit livr&#233; &#224; lui-m&#234;me ; c'est pourquoi, comme eux, il a besoin d'instruments. Ce n'est que gr&#226;ce &#224; l'art que l' esprit devient &#233;gal aux choses. (lc, A. 2 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet instrument d'instruments, cet organe intellectuel, cette m&#233;thode qui seule &#233;l&#232;ve l'exp&#233;rience au rang d'un art d'exp&#233;rimentation s&#251;r et r&#233;ussi, c'est l'induction , dont d&#233;pend seule le salut des sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'induction, qui seule garantit un avenir heureux aux sciences, se distingue nettement de l'induction qui a &#233;t&#233; jusqu'ici la norme, car elle vole du sensible et du particulier jusqu'aux axiomes les plus g&#233;n&#233;raux, les &#233;rige imm&#233;diatement en v&#233;rit&#233;s in&#233;branlables. des propositions et les fait ensuite aux principes dont elle d&#233;rive les propositions m&#233;dianes ou particuli&#232;res ; Au contraire, la nouvelle induction, jusqu'alors in&#233;dite mais seulement vraie, n'arrive aux propositions les plus g&#233;n&#233;rales qu'&#224; la toute fin, ne s'&#233;levant du sensible et du particulier jusqu'&#224; elles que graduellement, dans une &#233;tape ininterrompue. (&#171; NON &#187;, I, A. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'induction, qui n'est d'ailleurs pas seulement la m&#233;thode des sciences naturelles, mais de toutes les sciences, n'a &#233;t&#233; utilis&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent que pour d&#233;couvrir les principes, mais les propositions interm&#233;diaires et inf&#233;rieures en ont ensuite &#233;t&#233; d&#233;riv&#233;es au moyen du syllogisme. Mais il est &#233;vident qu'au moins dans le domaine des sciences naturelles, dont les objets sont mat&#233;riellement d&#233;termin&#233;s, les propositions sous-jacentes ne peuvent pas &#234;tre d&#233;riv&#233;es de mani&#232;re s&#251;re et correcte &#224; travers le syllogisme, car dans le syllogisme les propositions sont r&#233;duites aux principes par des propositions m&#233;dianes. mais pr&#233;cis&#233;ment cette m&#233;thode de preuve ou d'invention n'a son application que dans les sciences populaires comme l'&#233;thique et la politique. L'induction doit donc &#234;tre utilis&#233;e pour d&#233;couvrir des propositions g&#233;n&#233;rales aussi bien que sp&#233;ciales. (lc, A. 127 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, V, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les inductions plus anciennes et plus r&#233;centes aient en commun de commencer toutes deux par le particulier et de se terminer par le g&#233;n&#233;ral, elles diff&#232;rent essentiellement en ce que la premi&#232;re ne parcourt le champ de l'exp&#233;rience qu'&#224; la h&#226;te, tandis que la seconde, avec la circonspection et le calme appropri&#233;s, s'attarde sur elle. qui &#233;tablit d&#232;s le d&#233;but des propositions g&#233;n&#233;rales st&#233;riles, mais qui ne s'&#233;l&#232;ve que progressivement jusqu'au v&#233;ritablement g&#233;n&#233;ral et rend ainsi la science f&#233;conde, car seuls les axiomes, qui sont soustraits du particulier dans les &#233;tapes appropri&#233;es et avec la circonspection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable induction est donc compl&#232;tement diff&#233;rente de celle utilis&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Parce que l'induction pr&#233;c&#233;dente, dont la proc&#233;dure consiste en une simple liste d'exemples, est quelque chose d'enfantine, ne demande que ses conclusions, doit craindre une r&#233;futation de ses conclusions par toute autorit&#233; contradictoire et fonde ses affirmations sur bien trop peu de cas qu'il ne convient, et m&#234;me parmi ceux-ci seulement selon ceux qui se pr&#233;sentent, selon les cas tr&#232;s communs et ordinaires. La v&#233;ritable induction, en revanche, diss&#232;que et s&#233;pare la nature par des exclusions et des &#233;liminations appropri&#233;es et ne tire des conclusions sur les d&#233;terminations affirmatives d'une chose que lorsqu'elle a rassembl&#233; et examin&#233; un nombre suffisant d'instances n&#233;gatives et en a exclu toutes les d&#233;terminations qui ne le font pas. appartiennent essentiellement &#224; la chose. (lc, A. 105, 69 ; &#171; De Augm. Sc. &#187;, lc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu et peut-&#234;tre aussi les esprits ont le pouvoir de reconna&#238;tre les choses telles qu'elles sont au premier coup d'&#339;il, par simple affirmation, mais cela n'est accord&#233; aux humains que par diff&#233;renciation pr&#233;alable et exclusion des cas n&#233;gatifs pour d&#233;terminer les d&#233;terminations affirmatives d'une chose. La nature doit donc &#234;tre formellement anatomis&#233;e et diss&#233;qu&#233;e, non pas bien s&#251;r au moyen du feu de la nature, mais par le feu divin de l'esprit. La t&#226;che de la v&#233;ritable induction est donc de permettre au oui de suivre le non, &#224; l'affirmation de suivre la n&#233;gation, et de d&#233;terminer positivement une chose seulement lorsqu'elle s'en est s&#233;par&#233;e et a rejet&#233; toutes les d&#233;terminations qui ne lui appartiennent pas. (&#171; NON &#187;, II, A. 15, 16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si un objet concret, par exemple la chaleur, doit &#234;tre &#233;tudi&#233; et son essence d&#233;couverte, alors, selon les lois de la v&#233;ritable induction, cette enqu&#234;te doit &#234;tre men&#233;e comme suit. Il faut d'abord dresser une liste de toutes les choses qui, quelle que soit la mati&#232;re diff&#233;rente dont elles sont faites, ont en commun la qualit&#233; de la chaleur, c'est-&#224;-dire chaudes ou du moins susceptibles de chauffer, comme les rayons du soleil. le soleil, surtout en &#233;t&#233; et &#224; midi, les rayons r&#233;fl&#233;chis et condens&#233;s du soleil, les m&#233;t&#233;ores enflamm&#233;s, les &#233;clairs enflamm&#233;s, les liquides &#233;chauff&#233;s, bref, tous les corps solides et liquides, denses et minces (comme l'air lui-m&#234;me ), qui ont &#233;t&#233; approch&#233;s &#224; un moment donn&#233; par le feu, etc. (&#171; NON &#187;, II, A. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite &#233;num&#233;rer les exemples oppos&#233;s, les exemples n&#233;gatifs, c'est-&#224;-dire non seulement les choses qui n'ont pas la nature de chaleur, mais qui, d'ailleurs, sont les plus &#233;troitement li&#233;es aux choses qui ont la nature de chaleur , telles que comme : les rayons de la lune, les &#233;toiles et les com&#232;tes, qui n'ont aucune chaleur pour le sentiment, mais aussi &#224; cause des restrictions ou limitations particuli&#232;res des instances affirmatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite comparer les mat&#233;riaux chauds ou thermor&#233;sistants et noter la diff&#233;rence de leurs degr&#233;s de chaleur, en partant progressivement des mat&#233;riaux qui n'ont absolument aucun degr&#233; de chaleur sp&#233;cifique pour le toucher, seulement la possibilit&#233; de chaleur ou de r&#233;ceptivit&#233; &#224; la sensation. eux, jusqu'aux mat&#233;riaux qui sont r&#233;ellement ou semblent chauds. (lc, A. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vient l'acte le plus important, par lequel commence r&#233;ellement l'affaire de l'induction, l'acte d'exclure toutes les d&#233;terminations qui n'appartiennent pas &#224; l'essence de la chaleur, par exemple la d&#233;termination de la c&#233;leste, parce qu'elles n'appartiennent pas seulement &#224; l'essence de la chaleur. les corps c&#233;lestes, mais aussi le feu commun, terrestre [52] , la d&#233;termination de la minceur, car m&#234;me la mati&#232;re la plus dense, comme le m&#233;tal, peut &#234;tre chaude, la d&#233;termination de la locomotion locale, etc. (lc, A. 18 et 20 ) . Ce n'est qu'apr&#232;s ces n&#233;gations que survient finalement la v&#233;ritable induction &#224; la position, &#224; la d&#233;termination affirmative de l'essence de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant , autant la v&#233;ritable induction diff&#232;re de la m&#233;thode habituelle, autant elle diff&#232;re &#233;galement de la m&#233;thode empirique . Car l'empirisme ne d&#233;passe pas le particulier ; il ne fait que progresser d'exp&#233;rience en exp&#233;rience, d'exp&#233;riences en exp&#233;riences nouvelles ; L'induction, quant &#224; elle, extrait les causes et les propositions g&#233;n&#233;rales des exp&#233;riences et des exp&#233;riences, puis d&#233;rive de nouvelles exp&#233;riences et exp&#233;riences &#224; partir de ces causes et propositions ou principes g&#233;n&#233;raux. L'induction ne reste donc pas &#224; un niveau, elle monte toujours en mont&#233;e, en descente, jusqu'aux propositions g&#233;n&#233;rales, jusqu'aux exp&#233;riences. (lc, I, A. 117, 103, 82)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187;Spes est una in inductione vera.&#171; &#187;NON&#171; , I, A. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une remarque de r&#233;primande &#224; propos de la m&#233;thode de B ici dans la premi&#232;re &#233;dition ainsi qu'&#224; la fin du &#167; 11. Je l'ai supprim&#233;e, cependant, apr&#232;s avoir relu le &#034;Nouvel Organe&#034; et d'autres &#233;crits de B, j'&#233;tais convaincu de son inexactitude. et la superficialit&#233;. On a remarqu&#233; que B. &#171; nous abandonne au hasard et, au lieu de raccourcir les longs chemins de l'exp&#233;rience, les &#233;tend jusqu'&#224; l'inutile &#187;. Cependant, l'exp&#233;rience est un voyage lent ; Mais la &#171; contractio inquisitionis &#187; est elle-m&#234;me un moment de la m&#233;thode de B. L'int&#233;gralit&#233; du deuxi&#232;me livre du &#187;Nov. Org.&#171; traite des pr&#233;rogatives des instances, c'est-&#224;-dire de celles qui raccourcissent l'induction et mettent le doigt sur la t&#234;te. La seule chose qu'on pourrait reprocher &#224; B. &#224; cet &#233;gard, c'est qu'il ne fasse pas preuve de talent et d'ing&#233;niosit&#233;, comme si cela pouvait &#234;tre remplac&#233; par une m&#233;thode, voire rendu superflu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'objet des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir ou la pratique humaine a pour fin ou objet de conf&#233;rer &#224; tout corps donn&#233; [une] ou plusieurs propri&#233;t&#233;s nouvelles ; Mais la connaissance humaine a pour but ou objet la connaissance de la forme ou de la v&#233;ritable diff&#233;rence ou de la nature g&#233;n&#233;ratrice ou de la source d'&#233;manation d'une nature ou qualit&#233; simple donn&#233;e. (lc, II, A.1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;t&#233;s essentielles de la forme sont, tout d'abord, qu'avec son existence l'existence de la qualit&#233; ou de la nature dont elle est la forme est pos&#233;e sans &#233;quivoque, qu'elle est donc constamment l&#224; lorsque cette qualit&#233; est l&#224;, et vice-versa. inversement, cela, par son absence, implique aussi l'absence de qualit&#233;, et est donc syst&#233;matiquement absent lorsque celle-ci manque ; deuxi&#232;mement, qu'il tire une qualit&#233; d'une autre qualit&#233; plus g&#233;n&#233;rale qu'elle (que la forme elle-m&#234;me). La forme d'une chose ou d'une qualit&#233; se trouve donc, sans exception, dans tous les cas individuels o&#249; la chose ou la qualit&#233; se trouve, sinon ce ne serait pas la forme, bien que la forme apparaisse plus clairement dans certains cas, &#224; savoir dans ceux de o&#249; il est moins limit&#233;, diff&#233;r&#233; et inhib&#233; par d'autres caract&#233;ristiques. Par cons&#233;quent, dans toute la gamme des instances dans lesquelles la forme appara&#238;t, il ne peut y avoir une instance contradictoire ; elle est affirm&#233;e par chacun sans distinction. (lc, A. 20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de l'essence de la forme est la forme de la chaleur . A travers tous les cas individuels, c'est-&#224;-dire dans toutes les choses et substances, aussi diff&#233;rentes soient-elles, dans lesquelles la chaleur appara&#238;t et s'exprime, il appara&#238;t que sa forme n'est &#233;videmment rien d'autre qu'une limitation ou une d&#233;termination sp&#233;ciale du mouvement . Le mouvement se situe donc par rapport &#224; la chaleur dans le rapport des esp&#232;ces, non comme si la chaleur produisait le mouvement ou le mouvement la chaleur (bien que cela soit aussi en partie exact), mais de telle mani&#232;re que la chaleur elle-m&#234;me ou l' essence m&#234;me de la chaleur n'est rien d'autre qu'un mouvement limit&#233; par certaines diff&#233;rences , de sorte qu'elle est un certain type de mouvement . Mais ces diff&#233;rences tiennent avant tout &#224; la d&#233;termination selon laquelle la chaleur est un mouvement expansif par lequel le corps cherche &#224; se donner une plus grande expansion ; deuxi&#232;mement, la d&#233;termination, modification de la premi&#232;re, que la chaleur, bien que mouvement expansif, tend en m&#234;me temps vers le haut ; troisi&#232;mement, que la chaleur n'est pas un mouvement en expansion uniforme de la masse enti&#232;re, mais seulement des parties plus petites et int&#233;rieures d'un corps et en m&#234;me temps un mouvement qui est toujours inhib&#233; et repouss&#233;, donc la chaleur est une alternance constante, car elle &#233;taient vacillants, constamment tremblants et avan&#231;ant et stimul&#233;s par le recul, qui est la cause [54] de la violence et de la fureur du feu et de la chaleur ; quatri&#232;mement, la d&#233;termination que ce mouvement p&#233;n&#233;trant et irritant n'est pas un mouvement lent, mais un mouvement violent qui traverse m&#234;me les parties les plus petites, sinon les plus petites et les plus fines du corps. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme n'est donc pas une id&#233;e abstraite ou immat&#233;rielle ou mal d&#233;termin&#233;e. Les formes ne sont rien d'autre que les lois et les d&#233;terminations de l'activit&#233; ou de la r&#233;alit&#233; naturelle pure, qui r&#233;v&#232;lent la nature particuli&#232;re de certaines qualit&#233;s, telles que la chaleur, la lumi&#232;re, la gravit&#233;, dans toutes les choses qui y sont susceptibles, si diff&#233;rentes qu'elles puissent &#234;tre d&#233;termin&#233;es et d&#233;termin&#233;es. constituer de mani&#232;re identique. La forme de la chaleur et sa loi sont donc les m&#234;mes. La forme d'une chose est l'essence m&#234;me d'une chose, n'est rien d'autre qu'elle-m&#234;me ; La mati&#232;re et la forme ne diff&#232;rent pas diff&#233;remment de l'apparence et de l'existence, externe et interne, subjective et objective. (lc, A. 17, 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les formes paraissent quelque peu abstraites parce qu'elles sont des unit&#233;s, combinant des choses diff&#233;rentes et les pla&#231;ant dans un seul et m&#234;me genre ou cat&#233;gorie, comme la chaleur des corps c&#233;lestes et terrestres, on remarque seulement qu'il est certain que dans la nature les diverses choses sont reli&#233;es en une unit&#233; commune par certaines formes ou lois et que l'&#233;mancipation de la puissance humaine du cours commun de la nature ainsi que l'expansion et l'augmentation de la puissance inventive humaine d&#233;pendent uniquement de la connaissance de ces unit&#233;s ou formes. (lc, A. 17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet le plus essentiel de la philosophie naturelle doit donc &#234;tre l'unit&#233; partout, car tout ce qui unifie la nature nous pr&#233;pare &#224; la connaissance des formes. M&#234;me les exemples de la nature qui sont compl&#232;tement isol&#233;s et semblent n'avoir rien de commun avec d'autres choses de la m&#234;me esp&#232;ce, comme l'aimant parmi les pierres, le mercure parmi les m&#233;taux, l'&#233;l&#233;phant parmi les animaux &#224; quatre pattes, ce que nous avons &#224; faire pour nous servir &#224; unifier la nature afin de retrouver les genres ou les qualit&#233;s g&#233;n&#233;rales [55] qui ne peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;es qu'ult&#233;rieurement par de vraies diff&#233;rences. Il faut continuer &#224; rechercher sans rel&#226;che jusqu'&#224; ce que l'on ait trouv&#233; une loi ou une forme g&#233;n&#233;rale d&#233;finie &#224; laquelle les propri&#233;t&#233;s sp&#233;ciales de choses aussi &#233;tranges, qui peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des miracles de la nature, peuvent &#234;tre r&#233;duites, toutes inhabituelles ou uniques en leur genre. Les ph&#233;nom&#232;nes d&#233;pendent d'une forme g&#233;n&#233;rale et reconnaissent ainsi que le miracle r&#233;side uniquement dans les diff&#233;rences sp&#233;cifiques de cette forme, uniquement dans le degr&#233; et la rare co&#239;ncidence d'autres d&#233;terminations, mais non dans le type ou l'essence elle-m&#234;me. Pour la m&#234;me raison, il ne faut pas cesser de rechercher les anomalies et autres aberrations similaires de la nature jusqu'&#224; ce que les causes de ces d&#233;viations aient &#233;t&#233; trouv&#233;es. (lc, A. 26, 28, 29)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'entendement humain doit faire particuli&#232;rement attention &#224; ne pas s'arr&#234;ter &#224; des unit&#233;s ou &#224; des formes particuli&#232;res, subordonn&#233;es, limit&#233;es et n&#233;gliger la recherche d'une plus grande unit&#233;, en supposant que la nature &#233;tait d&#233;j&#224; une depuis la racine, pour ainsi dire. Ce qui est divis&#233; et divers et une unit&#233; de nature plus &#233;lev&#233;e et plus compl&#232;te n'est qu'une simple subtilit&#233;, une pure abstraction. (lc, A. 26)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie naturelle doit donc prouver l'unit&#233; de choses qui &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;es comme compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;nes, montrer cette pr&#233;tendue dissemblance non pas comme une diff&#233;rence essentielle et substantielle, mais seulement comme une modification d'une qualit&#233; commune et par cette r&#233;duction de la diff&#233;rence et de la particularit&#233; &#224; unit&#233; pour retirer, pour ainsi dire, les quimasques dans le corps concret particulier et la rendent m&#233;connaissable. Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, la chaleur du soleil, la chaleur des animaux et la chaleur du feu &#233;taient auparavant consid&#233;r&#233;es comme des esp&#232;ces essentiellement diff&#233;rentes, dans l'opinion que seule la chaleur c&#233;leste et animale produisait et entretenait la vie, tandis que la chaleur du feu n'a fait que provoquer la destruction et provoquer la destruction. L'exp&#233;rience m&#234;me selon laquelle une vigne produit des raisins m&#251;rs m&#234;me dans une maison o&#249; le feu est constamment entretenu prouve que la chaleur du feu a aussi le m&#234;me effet que la chaleur du soleil . La philosophie naturelle doit donc rejeter sa pr&#233;tendue diversit&#233; essentielle et reconna&#238;tre ses modes de fonctionnement ou ses propri&#233;t&#233;s, bien que tr&#232;s significativement diff&#233;rents, uniquement comme des d&#233;terminations ou des modifications sp&#233;ciales d'une seule et m&#234;me nature ou essence. (lc, A. 35)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie naturelle ne peut donc pas rejeter m&#234;me de simples analogies comme de simples absurdit&#233;s ; au contraire, elle doit les rechercher, car ce sont les niveaux les plus bas de la connaissance de l'unit&#233; de la nature. Une telle analogie, et non absurde, est, par exemple, que l'homme est une plante invers&#233;e ; Car chez la plante, la racine, comme la t&#234;te, est en bas, mais les parties de la graine sont au-dessus ; chez l'homme, la t&#234;te, comme la racine des nerfs et des fonctions vitales, est au-dessus, mais la graine est au-dessus. les organes sont en dessous. (lc, A. 27)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'objet essentiel de la philosophie naturelle est et reste la connaissance des formes. Parce que celui qui l'a reconnu comprend l'unit&#233; de la nature m&#234;me dans les mat&#233;riaux les plus divers. Seuls ceux qui la trouvent sont donc en possession de la v&#233;ritable vision de la nature et ont le pouvoir de l'influencer librement et sans restriction et de produire des &#339;uvres qui ne seraient jamais produites par les changements changeants de la nature, ni par la diligence minutieuse de l'empirisme, ni par le hasard lui-m&#234;me. et ce qui ne serait m&#234;me jamais venu &#224; l'esprit d'un &#234;tre humain. (LC, A. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque reconna&#238;t les formes g&#233;n&#233;rales et essentielles de la mati&#232;re est pour ainsi dire omniscient, car &#224; travers elles il sait ce qui peut &#234;tre, et donc aussi essentiellement ce qui &#233;tait, ce qui est et ce qui sera. (&#171; Descript. Globi Intell. &#187;, c. 5)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La classification des sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rang le plus &#233;lev&#233; dans le domaine des sciences naturelles n'appartient donc qu'&#224; la science qui a pour objet d'investigation les v&#233;ritables diff&#233;rences ou d&#233;terminations, c'est-&#224;-dire les formes &#233;ternelles et immuables dans leur esp&#232;ce [57] et qui est donc aussi appel&#233;e m&#233;taphysique 40 . Les sciences qui lui sont subordonn&#233;es sont la physique et l'histoire naturelle . Mais la physique se situe une fois de plus au-dessus de l'histoire naturelle et constitue, avec la m&#233;taphysique, la philosophie naturelle th&#233;orique ; car, de m&#234;me que les sciences en g&#233;n&#233;ral sont divis&#233;es en histoire ou exp&#233;rience et philosophie, les sciences naturelles sont &#233;galement divis&#233;es en histoire naturelle et philosophie naturelle . (&#171; De Augm. Sc. &#187;, II, c. I)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'histoire naturelle comporte trois parties. Dans la premi&#232;re, il s'agit de la nature &#224; l'&#233;tat de libert&#233;, c'est-&#224;-dire de toutes ses productions dans leur d&#233;veloppement paisible, libre et l&#233;gal ; dans le second, sur les aberrations de la nature, c'est-&#224;-dire les monstruosit&#233;s et autres ph&#233;nom&#232;nes anormaux dans lesquels elle est pouss&#233;e hors de son cours l&#233;gitime par la m&#233;chancet&#233; et l'arrogance d'une mati&#232;re obstin&#233;e et d'autres obstacles violents ; dans le troisi&#232;me, de la nature dans un &#233;tat de servitude , dans lequel l'activit&#233; humaine ou l'art la place, qui peut fondamentalement remodeler, transformer et &#233;branler la nature jusqu'&#224; son noyau, la for&#231;ant, comme un Prot&#233;e, &#224; faire tout ce qu'elle aurait autrement fait. omis. (lc, II, c. 2 ; &#171; Descript. Gl. Int. &#187;, c. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'art n'est pas seulement un ajout superficiel &#224; la nature ; il n'a pas simplement pour but et sens de r&#233;aliser ses desseins, de corriger ses erreurs ou de la lib&#233;rer de toute inhibition dans son activit&#233;. Les produits de l'art ou de l'empirisme (par exemple l'agriculture, la chimie, la cuisine ou la teinture, etc.) ne diff&#232;rent pas des produits de la nature par leur forme ou leur essence, mais seulement par le producteur, la cause externe et effective ; car l'homme ne peut rien faire d'autre &#224; propos de la nature que de rapprocher les corps les uns des autres ou de les &#233;loigner les uns des autres, [58] il n'a donc en son pouvoir que le mouvement venant de la nature , tout le reste est accompli par la nature elle-m&#234;me du dedans avec son propre pouvoir. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire naturelle doit d&#233;sormais &#234;tre trait&#233;e dans un tout autre esprit qu'auparavant, &#224; savoir uniquement en relation avec la philosophie , mais non plus pour elle-m&#234;me et pour elle-m&#234;me ; car l'histoire naturelle n'a d'autre but que de fournir des fournitures et du mat&#233;riel &#224; la philosophie ; tous les courants de l'empirisme doivent se jeter dans l'oc&#233;an de la philosophie. Il n'est donc plus n&#233;cessaire de d&#233;ployer autant d'efforts inutiles en histoire naturelle, comme c'&#233;tait le cas auparavant, pour d&#233;crire et pr&#233;ciser avec pr&#233;cision la diversit&#233; des choses, les diff&#233;rences entre les esp&#232;ces animales, v&#233;g&#233;tales et fossiles. Car de telles diff&#233;rences insignifiantes ne sont pour la plupart que des jeux, comme des pitreries de la nature, et leur description procure du plaisir et parfois un certain b&#233;n&#233;fice, mais ne favorise pas la connaissance et la science. Il faut donc plut&#244;t s'efforcer de rechercher les similitudes et les rapports communs des choses tant dans leur essence enti&#232;re que dans leurs parties particuli&#232;res. Car seuls ceux-ci apportent l'unit&#233; &#224; la nature et posent ainsi les bases de la science . (&#171; NON &#187;, II, A. 27 ; &#171; Parasceve ad Hist. Nat. &#187;, A. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Mais la philosophie naturelle comporte deux parties principales, &#224; savoir une partie th&#233;orique et une partie pratique . (&#171; De Augm. Sc. &#187;, III, c. 3) a) La partie th&#233;orique de la philosophie naturelle est divis&#233;e en deux parties, &#224; savoir la m&#233;taphysique et la physique . La physique a pour t&#226;che l'&#233;tude de la mati&#232;re et de la cause externe efficace, et son objet est donc les causes changeantes et impermanentes, qui sont aussi diverses et diff&#233;rentes que la mati&#232;re qui est l'objet de leurs effets, comme le feu dans l'int&#233;rieur. dans un cas, la mati&#232;re est la cause de son durcissement, dans un autre elle est la cause de sa fluidit&#233;. La physique a donc pour objet ce qui est compl&#232;tement immerg&#233; dans la mati&#232;re et ce qui est changeant, tandis que la m&#233;taphysique , en tant que science des formes et des causes ultimes, a ce qui est plus abstrait et permanent . La physique pr&#233;suppose seulement l'existence, le mouvement et la n&#233;cessit&#233; dans la nature, mais la m&#233;taphysique pr&#233;suppose aussi l'esprit et les id&#233;es . (lc, ch. 4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re et la plus importante partie de la m&#233;taphysique a pour objet les lois ou formes des qualit&#233;s simples (telles que la chaleur, le froid, la densit&#233;, la gravit&#233;, etc.) et leurs mouvements et processus par lesquels elles se transforment en corps concrets, c'est-&#224;-dire les formes qui, malgr&#233; leur petit nombre, constituent encore la base et l'essence des propri&#233;t&#233;s et des d&#233;terminations de tous les corps concrets . A cet &#233;gard, la m&#233;taphysique a les m&#234;mes objets que la physique, mais elle ne les consid&#232;re que comme des causes externes et changeantes ou seulement comme la causa efficiens, qui est le simple v&#233;hicule de la forme. (&#171; NON &#187;, II, A. 9, 7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphysique, en tant que science de la forme, est la plus excellente de toutes les sciences ; car la t&#226;che des sciences, qui est de mettre un terme &#224; la vieille plainte sur la bri&#232;vet&#233; de la vie et l'ennui de l'art en raccourcissant les longs d&#233;tours de l'exp&#233;rience, ne peut &#234;tre r&#233;solue au mieux que par les sciences, c'est-&#224;-dire en reliant les propositions particuli&#232;res et en propositions g&#233;n&#233;rales ou genres, qui englobent tout le domaine de tous les &#234;tres individuels, quelle que soit la diversit&#233; de leur mati&#232;re. C'est donc une excellente id&#233;e de Platon et de Parm&#233;nide (m&#234;me s'il ne s'agissait pour eux que de simples sp&#233;culations) que tout s'&#233;l&#232;ve progressivement vers l'unit&#233; . C'est pourquoi la m&#233;taphysique est la science la plus merveilleuse , parce qu'elle charge le moins l'esprit humain de la multitude de choses , parce qu'elle ne s'int&#233;resse principalement qu'aux formes simples des choses, qui, si peu nombreuses soient-elles, examinent n&#233;anmoins &#224; travers diff&#233;rents degr&#233;s et mani&#232;res leur connexion. les uns avec les autres &#233;tablit toute la diversit&#233; des corps concrets . (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de la m&#233;taphysique a pour objet les buts ou causes ultimes de la nature. La recherche des buts n'a pas sa place dans la physique, bien qu'elle ait &#233;t&#233; incluse jusqu'&#224; pr&#233;sent dans son domaine, mais malheureusement seulement &#224; son plus grand inconv&#233;nient, car elle a emp&#234;ch&#233; les gens d'&#233;tudier les causes r&#233;elles et v&#233;ritablement physiques. C'est pourquoi la philosophie naturelle de D&#233;mocrite et d'autres, qui n'a pas fond&#233; la construction de la nature sur les id&#233;es de Dieu et de l'Esprit, la construction de l'univers &#224; partir d'innombrables pr&#233;ludes et tentatives de la nature, et les causes des choses particuli&#232;res non &#224; partir de fins, mais elle d&#233;rive seulement de la mati&#232;re et du cours de la n&#233;cessit&#233;, bien plus profond&#233;ment que la philosophie naturelle de Platon ou d'Aristote. La t&#233;l&#233;ologie est st&#233;rile et ne donne naissance &#224; rien, comme une vierge consacr&#233;e &#224; Dieu. (LC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La philosophie naturelle pratique comporte &#233;galement deux parties, &#224; savoir la m&#233;canique et la magie . La premi&#232;re est produite par la physique comme science des causes externes effectives et mat&#233;rielles, la seconde par la m&#233;taphysique comme science des causes vraies et des formes g&#233;n&#233;rales. Car la magie est la science ou l'art qui tire des effets ou des exp&#233;riences &#233;tonnants de la connaissance des formes cach&#233;es et, par l'approche appropri&#233;e des forces actives vers les objets r&#233;ceptifs, met en lumi&#232;re les grandes actions de la nature, un art qui, comme tant d'autres, d'autres manquent encore et sont compl&#232;tement diff&#233;rents de ce qu'on appelait auparavant la magie. D'ailleurs, la magie ancienne ne doit en aucun cas &#234;tre rejet&#233;e aussi facilement, mais plut&#244;t examin&#233;e de pr&#232;s et soigneusement pour voir si, parmi les nombreux superstitieux, mensonges et t&#233;moins de contes de f&#233;es, quelque chose comme l'enchantement, l'augmentation et le renforcement du pouvoir de l'imagination n'existe pas. La sympathie pour les choses m&#234;me lointaines, l'influence magique des esprits sur les esprits et des corps sur les corps, a sa base dans les forces r&#233;elles de la nature. (&#171; NON &#187;, II, A. 31 ; &#171; Hist. Nat. &#187;, Cent. X)&lt;br class='autobr' /&gt;
40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Inquisitio formarum (seu verarum differentiarum, 'Aug. Sc.', III, c. 4) quae sunt (ratione certe et sua lege) aeternae et immobiles, constitue &#034;NO&#034;, II, A. 9.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses pr&#233;liminaires sur la r&#233;forme de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Vorl%C3%A4ufige+Thesen+zur+Reform+der+Philosophie?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Vorl%C3%A4ufige+Thesen+zur+Reform+der+Philosophie?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Principes de la philosophie du futur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Grunds%C3%A4tze+der+Philosophie+der+Zukunft?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-zeno-org.translate.goog/Philosophie/M/Feuerbach,+Ludwig/Grunds%C3%A4tze+der+Philosophie+der+Zukunft?_x_tr_sch=http&amp;_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les sciences naturelles et la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ludwig--feuerbach-de.translate.goog/natur_rev.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ludwig--feuerbach-de.translate.goog/natur_rev.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Read in english&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/reference/archive/feuerbach/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/reference/archive/feuerbach/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que Marx/Engels pensaient des th&#232;ses de Feuerbach&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses sur Feuerbach&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;AD Feuerbach&lt;br class='autobr' /&gt;
I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal d&#233;faut, jusqu'ici, du mat&#233;rialisme de tous les philosophes &#8211; y compris celui de Feuerbach est que l'objet, la r&#233;alit&#233;, le monde sensible n'y sont saisis que sous la forme d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activit&#233; humaine concr&#232;te, en tant que pratique, de fa&#231;on non subjective. C'est ce qui explique pourquoi l'aspect actif fut d&#233;velopp&#233; par l'id&#233;alisme, en opposition au mat&#233;rialisme, &#8212; mais seulement abstraitement, car l'id&#233;alisme ne conna&#238;t naturellement pas l'activit&#233; r&#233;elle, concr&#232;te, comme telle. Feuerbach veut des objets concrets, r&#233;ellement distincts des objets de la pens&#233;e ; mais il ne consid&#232;re pas l'activit&#233; humaine elle-m&#234;me en tant qu'activit&#233; objective. C'est pourquoi dans l'Essence du christianisme, il ne consid&#232;re comme authentiquement humaine que l'activit&#233; th&#233;orique, tandis que la pratique n'est saisie et fix&#233;e par lui que dans sa manifestation juive sordide. C'est pourquoi il ne comprend pas l'importance de l'activit&#233; &#034;r&#233;volutionnaire&#034;, de l'activit&#233; &#034;pratique-critique&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir s'il y a lieu de reconna&#238;tre &#224; la pens&#233;e humaine une v&#233;rit&#233; objective n'est pas une question th&#233;orique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire la r&#233;alit&#233;, et la puissance de sa pens&#233;e, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la r&#233;alit&#233; ou l'irr&#233;alit&#233; d'une pens&#233;e qui s'isole de la pratique, est purement scolastique.&lt;br class='autobr' /&gt;
III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine mat&#233;rialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l'&#233;ducation, que, par cons&#233;quent, des hommes transform&#233;s soient des produits d'autres circonstances et d'une &#233;ducation modifi&#233;e [1], oublie que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les hommes qui transforment les circonstances et que l'&#233;ducateur a lui-m&#234;me besoin d'&#234;tre &#233;duqu&#233;. C'est pourquoi elle tend in&#233;vitablement &#224; diviser la soci&#233;t&#233; en deux parties dont l'une est au-dessus de la soci&#233;t&#233; (par exemple chez Robert Owen [2]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La co&#239;ncidence du changement des circonstances et de l'activit&#233; humaine ou auto-changement ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e et comprise rationnellement qu'en tant que pratique r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach part du fait que la religion rend l'homme &#233;tranger &#224; lui-m&#234;me et d&#233;double le monde en un monde religieux, objet de repr&#233;sentation [3], et un monde temporel [4]. Son travail consiste &#224; r&#233;soudre le monde religieux en sa base temporelle. Il ne voit pas que, ce travail une fois accompli, le principal reste encore &#224; faire [5]. Le fait, notamment, que la base temporelle se d&#233;tache d'elle-m&#234;me, et se fixe dans les nuages, constituant ainsi un royaume autonome, ne peut s'expliquer pr&#233;cis&#233;ment que par le d&#233;chirement et la contradiction internes de cette base temporelle. Il faut donc d'abord comprendre celle-ci dans sa contradiction [6] pour la r&#233;volutionner ensuite pratiquement en supprimant la contradiction. Donc, une fois qu'on a d&#233;couvert, par exemple, que la famille terrestre est le secret de la famille c&#233;leste, c'est la premi&#232;re d&#233;sormais dont il faut faire la critique th&#233;orique et qu'il faut r&#233;volutionner dans la pratique [7].&lt;br class='autobr' /&gt;
V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, que ne satisfait pas la pens&#233;e abstraite, en appelle &#224; l'intuition sensible ; mais il ne consid&#232;re pas le monde sensible en tant qu'activit&#233; pratique concr&#232;te de l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
VI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach r&#233;sout l'essence religieuse en l'essence humaine. Mais l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inh&#233;rente &#224; l'individu isol&#233;. Dans sa r&#233;alit&#233;, elle est l'ensemble des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach, qui n'entreprend pas la critique de cet &#234;tre r&#233;el, est par cons&#233;quent oblig&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De faire abstraction du cours de l'histoire et de faire de l'esprit religieux une chose immuable, existant pour elle-m&#234;me, en supposant l'existence d'un individu humain abstrait, isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De consid&#233;rer, par cons&#233;quent, l'&#234;tre humain [8] uniquement en tant que &#034;genre&#034;, en tant qu'universalit&#233; interne, muette, liant d'une fa&#231;on purement naturelle les nombreux individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Feuerbach ne voit pas que l'&#034;esprit religieux&#034; est lui-m&#234;me un produit social et que l'individu abstrait qu'il analyse appartient en r&#233;alit&#233; [9] &#224; une forme sociale d&#233;termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
VIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute [10] vie sociale est essentiellement pratique. Tous les myst&#232;res qui d&#233;tournent la th&#233;orie vers le mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine et dans la compr&#233;hension de cette pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
IX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat le plus avanc&#233; auquel atteint le mat&#233;rialisme intuitif, c'est-&#224;-dire le mat&#233;rialisme qui ne con&#231;oit pas l'activit&#233; des sens comme activit&#233; pratique, est la fa&#231;on de voir des individus isol&#233;s et de la soci&#233;t&#233; bourgeoise [11].&lt;br class='autobr' /&gt;
X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'ancien mat&#233;rialisme est la soci&#233;t&#233; &#034;bourgeoise&#034;. Le point de vue du nouveau mat&#233;rialisme, c'est la soci&#233;t&#233; humaine, ou l'humanit&#233; socialis&#233;e [12].&lt;br class='autobr' /&gt;
XI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes n'ont fait qu'interpr&#233;ter le monde de diff&#233;rentes mani&#232;res, ce qui importe [13] c'est de le transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le manuscrit de Marx indique ici seulement : &#8220;la doctrine mat&#233;rialiste de la modification des circonstances et de l'&#233;ducation, oublie...&#8221; Engels a explicit&#233; la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Parenth&#232;se ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Cette pr&#233;cision est ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Engels dit &#8220;r&#233;el&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Phrase ajout&#233;e par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le texte de Marx met les deux op&#233;rations sur le m&#234;me plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Marx &#233;crit : &#8220;c'est la premi&#232;re qu'il faut an&#233;antir sur le plan de la th&#233;orie et de la pratique.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Adjectif ajout&#233; par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#8220;en r&#233;alit&#233;&#8221;, est ajout&#233; par Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Engels dit simplement &#8220;la vie&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Variante d'Engels : &#8220;la fa&#231;on de voir des individus isol&#233;s dans la &#8220;soci&#233;t&#233; bourgeoise&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Dans ce paragraphe, c'est Engels qui souligne humaine et met entre guillemets bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Engels a ajout&#233; : &#8220;mais...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Francis Bacon (inventeur de la philosophie des sciences) et la religion</title>
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		<dc:date>2025-09-25T22:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Angleterre Great Britain</dc:subject>
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&lt;p&gt;Francis Bacon alias Shakespeare (inventeur de la philosophie des sciences) et la religion &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des gens croient avoir r&#233;sum&#233; la philosophie de Bacon par rapport &#224; la religion par une citation connue : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un peu de philosophie pousse l'esprit de l'Homme &#224; l'ath&#233;isme, mais beaucoup de philosophie le ram&#232;ne &#224; la religion &#187;, mais ils se trompent. C'&#233;tait juste une remarque pour encourager non sp&#233;cialement la religion mais pour soutenir, aupr&#232;s des religieux, sa nouvelle philosophie de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;09 - Livre Neuf : RELIGION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot98" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Angleterre Great Britain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Francis Bacon alias Shakespeare (inventeur de la philosophie des sciences) et la religion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens croient avoir r&#233;sum&#233; la philosophie de Bacon par rapport &#224; la religion par une citation connue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un peu de philosophie pousse l'esprit de l'Homme &#224; l'ath&#233;isme, mais beaucoup de philosophie le ram&#232;ne &#224; la religion &#187;, mais ils se trompent. C'&#233;tait juste une remarque pour encourager non sp&#233;cialement la religion mais pour soutenir, aupr&#232;s des religieux, sa nouvelle philosophie de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Bacon est pour la religion, mais... pour une religion sans miracles, sans sorcellerie, sans diableries, sans consid&#233;rations occultes, sans pouvoir sur les sciences, les r&#233;flexions, les exp&#233;riences, les th&#233;ories et les connaissances universitaires, sans mysticisme, sans magie, sans pouvoir de la tradition et de la croyance sur la vie r&#233;elle, sans domination des pr&#234;tres sur les hommes et leurs institutions civiles, sans opposition dress&#233;es entre les hommes par les oppoistions religieuses, sans soumission de la pens&#233;e, sans croyance en un pouvoir immat&#233;riel dominant la nature physique et on en passe... En fait, il d&#233;fend une conception mat&#233;rialiste de la science et de la philosophie de la nature, tout en essayant de ne pas trop se heurter aux religions qui dominent totalement l'universit&#233; de son &#233;poque et la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon n'est m&#234;me pas pour la domination de la religion des math&#233;matiques dans les sciences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon dans &#171; Novum Organum &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les math&#233;matiques doivent terminer la philosophie naturelle et non l'engendrer et laproduire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philo-labo.fr/fichiers/Bacon%20Francis%20-%20Novum%20OrganumOCR.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philo-labo.fr/fichiers/Bacon%20Francis%20-%20Novum%20OrganumOCR.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Francis Bacon est s&#251;rement l'embl&#232;me d'une &#233;mancipation de la philosophie naturelle par rapport &#224; toutes sortes de pr&#233;jug&#233;s, d'idoles, d'influences occultes. Il revendique une certaine autonomie pour l'&#233;tude de la nature, et semble s&#233;parer, pour un temps au moins, physique et m&#233;taphysique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/ex-nihilo-volume-1--9782705680145-page-351.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/ex-nihilo-volume-1--9782705680145-page-351.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx dans &#171; La Sainte Famille &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le v&#233;ritable anc&#234;tre du mat&#233;rialisme anglais et de toute science exp&#233;rimentale moderne, c'est Bacon. La science bas&#233;e sur l'exp&#233;rience de la nature constitue &#224; ses yeux la vraie science, et la physique sensible en est la partie la plus noble. Il se r&#233;f&#232;re souvent &#224; Anaxagore et ses homoiom&#233;ries, ainsi qu'&#224; D&#233;mocrite et ses atomes. D'apr&#232;s sa doctrine, les sens sont infaillibles et la source de toutes les connaissances. La science est la science de l'exp&#233;rience et consiste dans l'application d'une m&#233;thode rationnelle au donn&#233; sensible. Induction, analyse, comparaison, observation, exp&#233;rimentation, telles sont les conditions principales d'une m&#233;thode rationnelle. Parmi les propri&#233;t&#233;s inn&#233;es de la mati&#232;re, le mouvement est la premi&#232;re et la plus &#233;minente, non seulement en tant que mouvement m&#233;canique et math&#233;matique, mais plus encore comme instinct, esprit vital, force expansive, tourment de la mati&#232;re (pour employer l'expression de Jacob Boehme). Les formes primitives de la mati&#232;re sont des forces essentielles vivantes, individualisantes, inh&#233;rentes &#224; elle, et ce sont elles qui produisent les diff&#233;rences sp&#233;cifiques. Chez Bacon, son fondateur, le mat&#233;rialisme rec&#232;le encore, de na&#239;ve fa&#231;on, les germes d'un d&#233;veloppement multiple. La mati&#232;re sourit &#224; l'homme total dans l'&#233;clat de sa po&#233;tique sensualit&#233; ; par contre, la doctrine aphoristique, elle, fourmille encore d'incons&#233;quences th&#233;ologiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon con&#231;oit et &#233;labore un programme grandiose. Je le cite : &#171; &#201;tendre plus amplement les limites de la puissance et de la grandeur de l'homme &#187;. &#171; &#201;quiper l'intellect pour passer au-del&#224; &#187;. &#171; Am&#233;liorer et perfectionner l'usage de la raison humaine en l'investigation des choses &#187;. Se pr&#233;valoir des &#171; v&#233;ritables aides de l'entendement &#187;. Telles sont ses pr&#233;tentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette fin, il convient d'abord de s&#233;parer le domaine de la Religion et celui de la Science. On l'avait d&#233;j&#224; proclam&#233; et pratiqu&#233; &#224; Padoue ! &#171; La Religion &#187;, dit-il, &#171; cesse d'&#234;tre scientifiquement humble et la Science d'&#234;tre m&#233;taphysiquement humble. L'humilit&#233; de chacune consiste essentiellement &#224; rester dans sa propre sph&#232;re, et &#224; reconna&#238;tre la valeur ind&#233;pendante de l'autre &#187;. &#171; Il est extr&#234;mement sage de rendre &#224; la foi les choses qui sont de la foi &#187;. (Nov. Org., i, lxv).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Bacon &#233;crit notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cependant il ne faut pas s'&#233;tonner si les progr&#232;s de la philosophie naturelle ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, lorsque la religion, qui a tant de pouvoir sur l'esprit des hommes, a &#233;t&#233; tourn&#233;e et emport&#233;e contre elle par le z&#233;le ignorant et maladroit&lt;br class='autobr' /&gt;
de quelques-uns. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rien n'a &#233;t&#233; refus&#233; &#224; la curiosit&#233; de l'homme et &#224; son invention. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La faiblesse et la cr&#233;dulit&#233; des hommes sont telles qu'ils pr&#233;f&#232;rent souvent un charlatan ou une sorci&#232;re &#224; un m&#233;decin savant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout ce qui a le moindre rapport avec la religion est sujet &#224; caution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu n'a jamais provoqu&#233; le miracle pour convaincre l'ath&#233;isme, parce que ses &#339;uvres ordinaires convainquent. C'est vrai qu'un peu de philosophie pousse l'esprit de l'homme &#224; l'ath&#233;isme ; Mais la profondeur dans la philosophie d&#233;livra les esprits &#224; propos de la religion. Car tandis que l'esprit de l'homme se concentre sur des causes dispers&#233;es et sans aucuns sens, il peut parfois se reposer sur ces derni&#232;res et ne pas aller plus loin ; mais quand il observe avec d&#233;dain la cha&#238;ne de ces causes et &#233;v&#233;nements, conf&#233;d&#233;r&#233;s et li&#233;s ensembles, il doit voler vers la Providence et la D&#233;it&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rien n'est plus beau que le mot religion, &#224; la condition qu'il signifie relier les peuples et non lier les hommes, &#224; la condition qu'il signifie fraternit&#233; et non domination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Bacon, alias William Shakespeare&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je croirais &#224; toutes les fables des l&#233;gendes, et au Talmud, et au Coran, plut&#244;t que de croire qu'il n'y a pas d'intelligence derri&#232;re cet ordre universel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ath&#233;isme laisse l'homme &#224; son bon sens, &#224; la philosophie, &#224; la pi&#233;t&#233; naturelle, aux lois, &#224; la r&#233;putation, &#224; tout ce qui peut guider la vertu morale, m&#234;me si la religion dispara&#238;t, mais la superstition d&#233;monte tout ceci et &#233;rige une monarchie absolue dans l'&#226;me de des hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon sur l'ath&#233;isme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=gl0-T2wwMkQC&amp;pg=PA377&amp;lpg=PA377&amp;dq=Francis+Bacon,+l%E2%80%99ath%C3%A9e&amp;source=bl&amp;ots=6Ig1kuvqlE&amp;sig=optEqp73R-XArPlIAoauUaDaB_8&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwig16K73vLVAhWKCBoKHR1_Bc4Q6AEIcDAO#v=onepage&amp;q=Francis%20Bacon%2C%20l%E2%80%99ath%C3%A9e&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.google.fr/books?id=gl0-T2wwMkQC&amp;pg=PA377&amp;lpg=PA377&amp;dq=Francis+Bacon,+l%E2%80%99ath%C3%A9e&amp;source=bl&amp;ots=6Ig1kuvqlE&amp;sig=optEqp73R-XArPlIAoauUaDaB_8&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwig16K73vLVAhWKCBoKHR1_Bc4Q6AEIcDAO#v=onepage&amp;q=Francis%20Bacon%2C%20l%E2%80%99ath%C3%A9e&amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La fable, apr&#232;s avoir d&#233;crit l'&#233;tat de l'homme, par rapport aux arts et aux facult&#233;s intellectuelles, passe &#224; la religion ; car la culture des arts a presque toujours march&#233; de front avec le culte divin, qui a &#233;t&#233; ensuite envahi et souill&#233; par l'hypocrisie&#8230; Il en a &#233;t&#233; des religions comme de l'orvi&#233;tan, de la lanterne magique et d'une infinit&#233; d'autres drogues ou machines, invent&#233;es par des hommes de g&#233;nie, et promen&#233;es ensuite par des charlatans. Ces doctrines myst&#233;rieuses, qui, dans leur premi&#232;re institution, &#233;toient aussi simples que les hommes auxquels elles &#233;toient destin&#233;es, furent d'abord un puissant instrument que les premiers sages employ&#232;rent pour contenir des hommes aussi f&#233;roces qu'ignorants, en attendant qu'ils pussent les instruire, et pour leur faire accroire des v&#233;rit&#233;s de pratique qu'ils ne pouvoient encore leur faire comprendre : puis, d'hypocrites fain&#233;ants s'empar&#232;rent de ces doctrines, et jugeant que la cr&#233;dulit&#233; du peuple seroit plus fructueuse pour eux que son instruction, d&#233;fendirent, sous peine de mort, de lui faire comprendre ce qu'ils vouloient absolument continuer de lui faire accroire ; ajust&#232;rent au corps de la religion une alonge aussi lucrative que mensong&#232;re ; condamn&#232;rent le genre humain &#224; une enfance &#233;ternelle, et convertirent ainsi le rem&#232;de en poison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/De_la_sagesse_des_Anciens_(Bacon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/De_la_sagesse_des_Anciens_(Bacon&lt;/a&gt;)/23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon dans &#171; Novum Organum &#187;, premi&#232;re partie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous trouverez, dit-il, que l'ineptie de certains th&#233;ologiens est all&#233;e &#224; ce point, qu'ils interdisent &#224; peu pr&#232;s toute philosophie, quelque ch&#226;ti&#233;e qu'elle soit. Les uns craignent tout simplement qu'une &#233;tude de la nature trop approfondie n'entra&#238;ne l'homme au del&#224; des limites de mod&#233;ration qui lui sont prescrites, et ils torturent les paroles de la sainte Ecriture, prononc&#233;es contre ceux qui veulent p&#233;n&#233;trer dans les myst&#232;res divins, et qu'ils appliquent aux secrets de la nature, dont la recherche n'est nullement interdite. D'autres pensent avec plus de finesse que si les lois de la nature sont ignor&#233;es, il sera bien plus facile do rapporter chacun des &#233;v&#233;nements &#224; la puissance et &#224; la verge de Dieu ce qui, selon eux, est du plus grand int&#233;r&#234;t pour la religion. Ce n'est l&#224; rien autre chose que vouloir servir Dieu par le mensonge. D'autres craignent que, par la contagion de l'exemple, les mouvements et les r&#233;volutions philosophiques ne se communiquent &#224; la religion, et n'y d&#233;terminent, par contre-coup, des bouleversements. D'autres semblent redouter que par l'&#233;tude de la nature, on n'arrive &#224; quelque d&#233;couverte qui renverse, ou au moins &#233;branlent la religion surtout dans l'esprit des ignorants. Mais ces deux derni&#232;res craintes nous semblent t&#233;moigner d'une sagesse bien terrestre, comme si ceux qui les ont con&#231;ues se d&#233;fiaient au fond de leur esprit et dans leurs secr&#232;tes pens&#233;es, de la solidit&#233; de la religion et de l'empire de la foi sur la raison, et redoutaient, en cons&#233;quence, quelque p&#233;ril pour elle de la recherche de la v&#233;rit&#233; dans l'ordre naturel. Mais, &#224; bien voir, la philosophie de la nature est, apr&#232;s la parole de Dieu, le rem&#232;de le plus certain contre la superstition, et, en m&#234;me temps, le plus ferme soutien de la foi. C'est &#224; bon droit qu'on la donne &#224; la religion comme la plus fid&#232;le des servantes, puisque l'une manifeste la volont&#233; de Dieu et l'autre sa puissance. C'est un mot excellent que celui-ci Vous errez en m&#233;connaissant, soit les &#233;critures, soit la puissance de Dieu dans ce mot, sont jointes et unies, par un lien indissoluble, l'information de la volont&#233; et la m&#233;ditation sur la puissance. Cependant, il ne faut pas s'&#233;tonner si les progr&#232;s de la philosophie ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, lorsque la religion, qui a tant de pouvoir sur l'esprit des hommes, a &#233;t&#233; tourn&#233;e et emport&#233;e contre elle par le z&#232;le ignorant et maladroit de quelques-uns. (Novum Organum, liv. I.) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon dans la premi&#232;re partie de sa pr&#233;face :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous souhaitons que tous les hommes ensemble soient avertis de ne point perdre de vue la fin v&#233;ritable de la science, et sachent une fois qu'il ne faut point la chercher comme une sorte de passe-temps ou comme un sujet propre &#224; la dispute ou pour m&#233;priser les autres, ou en vue de son propre int&#233;r&#234;t, ou pour se faire une r&#233;putation, on pour augmenter sa propre puissance, ou pour tout autre motif de cette esp&#232;ce, mais pour se rendre utile &#224; tous et pour l'appliquer aux usages de la vie humaine. Nous souhaitons, enfin qu'ils la perfectionnent et la dirigent par l'esprit de charit&#233; ; car e'est la soif de la puissance qui a caus&#233; la chute des anges, et la soif de la science qui a caus&#233; celle des hommes. Mais la charit&#233; ne peut p&#233;cher par exc&#232;s, et jamais par elle ange ou homme ne fut en danger. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon dans le livre III du &#171; De Augmentis &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il s'agit de d&#233;finir la th&#233;ologie naturelle, disons que c'est une science, ou plut&#244;t une &#233;tincelle de science, telle tout au plus qu'on peut l'acqu&#233;rir sur Dieu par la lumi&#232;re naturelle et la contemplation des choses, science qui peut &#234;tre regard&#233;e comme divine quant &#224; son objet, et comme naturelle quant &#224; la mani&#232;re dont elle est acquise. Actuellement, si nous voulons marquer les vraies limites de cette science, nous dirons qu'elle est destin&#233;e &#224; r&#233;futer l'ath&#233;isme, &#224; le convaincre de faux, &#224; faire connaltre la loi naturelle, qu'elle ne s'&#233;tend que jusque-l&#224;, et qu'elle ne va point jus-, qu'&#224; &#233;tablir la religion. Aussi voyons-nous que Dieu ne fit jamais de miracle pour convertir un ath&#233;e, attendu que la lumi&#232;re naturelle suffisait &#224; cet ath&#233;e pour le conduire &#224; la connaissance de Dieu ; mais les miracles ont eu pour but manifeste la conversion des idol&#226;tres et des hommes superstitieux qui, &#224; la v&#233;rit&#233;, reconnaissaient la divinit&#233;, mais qui s'abusaient par rapport au culte qui lui est d&#251;. La seule lumi&#232;re naturelle ne suffit pas pour manifester la volont&#233; de Dieu et pour faire conna&#238;tre son culte l&#233;gitime car, de m&#233;mo que les &#339;uvres montrent bien la puissance et l'habilet&#233; de l'ouvrier, et ne montrent point son image, de m&#234;me aussi les &#339;uvres de l)ieu peignent, il est vrai, la sagesse et la puissance de l'auteur de toutes choses, mais ne retracent nullement son image, et c'est en quoi l'opinion des pa&#239;ens s'&#233;loigne de la v&#233;rit&#233; sacr&#233;e ; selon eux, le monde est l'image de Dieu, et l'homme l'image du monde. Mais la sainte Ecriture ne fait point au monde cet honneur de le qualifier, en quelque lieu que ce soit, d'image de Dieu, mais seulement d'ouvrage de ses mains c'est l'homme qu'elle qualifie d'image de Dieu, le pla&#231;ant imm&#233;diatement apr&#232;s lui. Et quant &#224; la mani&#232;re de traiter ce sujet, que Dieu existe, qu soit souverainement puissant, sage, pr&#233;voyant et bon, qu'il soit le r&#233;mun&#233;rateur et le vengeur supr&#234;me, qu'il m&#233;rite notre adoration, c'est ce qu'il est facile d'&#233;tablir et de d&#233;montrer, m&#234;me par ses &#339;uvres. On peut aussi, soos la condition d'une certaine r&#233;serve, tirer de la m&#234;me source et d&#233;voiler une infinit&#233; de v&#233;rit&#233;s admirables et cach&#233;es, sur ses attributs, et beaucoup plus encore sur la mani&#232;re dont il r&#233;git et dispense toute chose dans l'univers ; c'est un sujet que quelques &#233;crivains ont trait&#233; dans des ouvrages vraiment utiles ; mais vouloir, d'apr&#232;s la seule contemplation des choses naturelles, et les seuls principes de la raison humaine, raisonner sur les myst&#232;res de la foi, ou m&#234;me les persuader avec plus de force, ou encore les analyser dans un certain d&#233;tail et les &#233;plucher. C'est, &#224; mon sentiment, une entreprise dangereuse. &#171; Donnez &#224; la foi ce qui appartient &#224; la foi ; &#187; car les pa&#239;ens eux-m&#234;mes, dans cette fable si connue et vraiment divine de la cha&#238;ne d'or, accordent eux-m&#234;mes &#171; que ni les dieux ni les &#187; hommes ne furent assez forts pour tirer Jupiter des cieux v sur la terre, mais que Jupiter le fut assez pour tirer de la n terre dans les cieux et les hommes et les dieux. &#187; Ainsi, ce serait faire d'inutiles efforts que de vouloir adapter &#224; la raison humaine les c&#233;lestes myst&#232;res de la religion. Il conviendrait plut&#244;t d'&#233;lever notre esprit jusqu'au tr&#244;ne de la c&#233;leste v&#233;rit&#233;, afin de l'adorer. Ainsi, tant s'en faut que dans cette partie de la th&#233;ologie naturelle je trouve quelque chose &#224; supplier, qu'elle p&#232;che plut&#244;t par exc&#232;s, et c'est pour noter cet exc&#232;s que je me suis jet&#233; dans cette courte digression, attendu les inconv&#233;nients et les dangers qui en r&#233;sultent, tant pour la religion que pour la philosophie ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment cet exc&#232;s qui a enfant&#233; l'h&#233;r&#233;sie, ainsi que la philosophie fantastique et superstitieuse. (Bacon dans &#034;De Augmentis&#034; livre III, chap 2.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon dans &#171; Novum Organum &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une cause (pour nuire au d&#233;veloppement des sciences et de la philosophie de la nature) qui certainement a entre toutes une gravit&#233; extr&#234;me, &#224; savoir que pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
ces &#233;poques m&#234;mes o&#249; fleurirent avec plus ou moins d'&#233;clat les intelligences et les lettres, la philosophie naturelle ait toujours occup&#233; le moindre rang parmi les occupations des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant on doit la regarder comme la m&#233;re commune de toutes les sciences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les arts et les sciences, arrach&#233;s de cette souche commune, peuvent &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
raffin&#233;s et recevoir quelques.applications utiles, mais ils ne prennent aucune croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant il est manifeste qu'apr&#233;s l'&#233;tablissement et le d&#233;veloppement de la religion&lt;br class='autobr' /&gt;
chr&#233;tienne, l'immense majorit&#233; des esprits &#233;minents se tourna vers la th&#233;ologie, que cette &#233;tude obtint d&#233;s lors les plus magnifiques encouragements et les secours les&lt;br class='autobr' /&gt;
plus abondants, et qu'elle remplit presque seule cette troisieme p&#233;riode de histoire intellectuelle dans l'Europe occidentale ; d'autant plus qu'&#224; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque,&lt;br class='autobr' /&gt;
les lettres commenc&#232;rent &#224; fleurir, et les controverses religieuses &#224; se produire en foule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la magie surnaturelle (si toutefois elle m&#233;rite qu'on en parle), ce que nous devons surtout remarquer en elle, c'est qu'il n'y a qu'un cercle d'objets bien&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;termin&#233; dans lequel les arts surnaturels et superstitieux dans tous les temps et&lt;br class='autobr' /&gt;
chez tous les peuples, et les religions elles-m&#234;mes, aient pu s'exercer et d&#233;ployer&lt;br class='autobr' /&gt;
leurs prestiges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons donc n'en point tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant qu'il n'y a rien d'&#233;tonnant que l'opinion d'une richesse imaginaire ait &#233;t&#233; la cause d'une mis&#233;re r&#233;elle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons dire aussi que la philosophie naturelle a rencontr&#233; dans tous les temps un adversaire terrible dans la superstition et dans un z&#233;le religieux, aveugle et immod&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons chez les Grecs ceux qui d&#233;voil&#233;rent les premiers aux hommes &#233;tonn&#233;s les causes naturelles de la foudre et des temp&#234;tes, accus&#233;s, pour cette r&#233;v&#233;lation, d'impi&#233;t&#233; envers les dieux et plus tard excommuni&#233;s, sans beaucoup plus de raison par quelques-uns des anciens P&#233;res de |'Eglise, ceux qui prouvaient, par des d&#233;monstrations &#233;videntes , qu'aucun homme de bon sens ne voudrait aujourd'hui r&#233;voquer en doute, que la terre est ronde, et que, par cons&#233;quent, il existe des antipodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus, au point o&#249; en sont maintenant les choses, les th&#233;ologiens scolastiques, par leurs sommes et leurs m&#233;thodes, ont rendu tr&#232;s difficile et p&#233;rilleux de parler de la nature ; car, en r&#233;digeant en corps de doctrine et sous forme de trait&#233;s complets&lt;br class='autobr' /&gt;
toute la th&#233;ologie, ce qui &#233;tait certainement de leur ressort, ils ont fait plus, et ont m&#233;l&#233; au corps de la religion, beaucoup plus qu'il ne convenait, la philosophie &#233;pineuse et contentieuse d'Aristote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me fin reviennent, quoique d'une autre fa&#231;on, les travaux de ceux qui n'ont pas craint de d&#233;duire la v&#233;rit&#233; chr&#233;tienne des principes, et de la confirmer par l'autorit&#233; des philosophes, c&#233;l&#233;brant avec beaucoup de pompe et de solennit&#233;, comme l&#233;gitime, ce mariage de la foi et de la raison, et flattant les esprits par cette agr&#233;able vari&#233;t&#233;, mais aussi m&#234;lant les choses divines aux choses humaines, sans qu'il y ait la moindre parit&#233; entre leurs valeurs. Mais dans ces sortes de combinaisons de la philosophie avec la th&#233;ologie, ne sont compris que les dogmes philosophiques actuellement admis ; quant aux nouvelles th&#233;ories, quelque sup&#233;riorit&#233; qu'elles puissent pr&#233;senter, leur arr&#234;t est prononc&#233; &#224; l'avance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, vous trouverez l'ineptie de certains th&#233;ologiens aller &#224; ce point qu'ils interdisent &#224; peu pr&#233;s toute philosophie, quelque ch&#226;ti&#233;e qu'elle soit. Les uns craignent tout simplement qu'une &#233;tude de la nature trop approfondie n'entraine l'homme au del&#224; des limites de mod&#233;ration qui lui sont prescrites, torturant les paroles de la sainte Ecriture, prononc&#233;es contre ceux qui veulent p&#233;n&#233;trer dans les myst&#232;res divins, pour les appliquer aux secrets de la nature, dont la recherche n'est nullement interdite. D'autres pensent, avec plus de finesse, que si les lois de la nature sont ignor&#233;es, il sera bien plus facile de rapporter chacun des &#233;v&#233;nements &#224; la puissance et &#224; la verge de Dieu, ce qui, selon eux est du plus grand int&#233;r&#234;t pour la religion ; et ce n'est l&#224; pas autre Chose que de vouloir servir Dieu par le mensonge. D'autres craignent que, par la contagion de l'exemple, les mouvements et les r&#233;volutions philosophiques ne se communiquent &#224; la religion, et n'y d&#233;terminent, par contre-coup , des bouleversements. D'autres semblent redouter que par l'&#233;tude de la nature on n'arrive &#224; quelque d&#233;couverte qui renverse ou au moins &#233;branle la religion, surtout dans l'esprit des ignorants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces deux derni&#232;res craintes nous semblent t&#233;moigner d'une sagesse bien terrestre, comme si ceux qui les ont con&#231;ues se d&#233;fiaient, au fond de leur esprit et dans leurs secr&#232;tes pens&#233;es, de la solidit&#233; de la religion et de l'empire de la foi sur la raison et redoutaient en cons&#233;quence quelque p&#233;ril pour elles de la recherche de la v&#233;rit&#233; dans l'ordre naturel. Mais, &#224; bien voir, la philosophie naturelle est, apr&#232;s la parole de Dieu, le rem&#233;de le plus certain contre la superstition, et en m&#233;me temps le plus&lt;br class='autobr' /&gt;
ferme soutien de la foi. C'est &#224; bon droit qu'on la donne &#224; la religion comme la plus fid&#232;le des servantes, puisque l'une manifeste la volont&#233; de Di&#233;u, et l'autre sa puissance. C'est un mot excellent que celui-ci : Vous errez, en ne connaissant ni les Ecritures ni la puissance de Dieu, o&#249; sont jointes et li&#233;es, par un lien indispensable, la volont&#233; et la m&#233;ditation sur la puissance. Cependant il ne faut pas s'&#233;tonner si les progr&#232;s de la philosophie naturelle ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, lorsque la religion, qui a tant de pouvoir sur l'esprit des hommes, a &#233;t&#233; tourn&#233;e et emport&#233;e contre elle par le z&#233;le ignorant et maladroit de quelques-uns&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on saisit une fois la nature dans une de ses variations, et si l'on en comprend&lt;br class='autobr' /&gt;
bien la marche, on pourra, sans beaucoup de peine, conduire la nature par art ou&lt;br class='autobr' /&gt;
elle s'est engag&#233;e par aberration fortuite ; et non seulement en cette fagon,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais en beaucoup d'autres ; car une seule erreur montre et ouvre la voie &#224; une foule&lt;br class='autobr' /&gt;
d'erreurs et de d&#233;viations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici il n'est pas besoin de citer d'exemples, tant ils sont nombreux. Il faut faire un&lt;br class='autobr' /&gt;
recueil et une histoire naturelle particuli&#233;re de tous les &#8220;monstres&#034; et enfantements&lt;br class='autobr' /&gt;
prodigieux de la nature, en un mot, de toutes les nouveaut&#233;s, raret&#233;s et&lt;br class='autobr' /&gt;
bizarreries de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut faire ce recueil avec un choix scrupuleux, pour qu'il ait de l'autorit&#233;. On&lt;br class='autobr' /&gt;
doit surtout se d&#233;fier de tous les prodiges qui ont rapport la religion, comme ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
que rapporte Tite Live, et tout autant, de ceux qu'on trouve dans les livres de&lt;br class='autobr' /&gt;
magie naturelle, d'alchimie et autres semblables ; car ceux qui les font sont comme&lt;br class='autobr' /&gt;
les amants des fables. On doit recueillir ces faits dans des histoires graves et dignes&lt;br class='autobr' /&gt;
de foi, et dans des rapports authentiques&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philo-labo.fr/fichiers/Bacon%20Francis%20-%20Novum%20OrganumOCR.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philo-labo.fr/fichiers/Bacon%20Francis%20-%20Novum%20OrganumOCR.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>We cannot revolutionize the world without rethinking the whole of reality.</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8394</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8394</guid>
		<dc:date>2025-09-25T08:41:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

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&lt;p&gt;We cannot revolutionize the world without rethinking the whole of reality (and not just in the political and social domain) &lt;br class='autobr' /&gt;
The vast majority of organizations that call themselves revolutionary have stopped really dealing with science and philosophy and are content with political and social interventionism, which is a worrying sign of the degeneration of revolutionary ideas. Whether out of modesty or opportunism, in any case, the task has been abandoned, yet it is central to (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;We cannot revolutionize the world without rethinking the whole of reality (and not just in the political and social domain)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;The vast majority of organizations that call themselves revolutionary have stopped really dealing with science and philosophy and are content with political and social interventionism, which is a worrying sign of the degeneration of revolutionary ideas. Whether out of modesty or opportunism, in any case, the task has been abandoned, yet it is central to revolutionaries. Understanding the world and changing the world are one and the same approach for Marxist revolutionaries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolutionizing the world is a real act that necessarily takes place in the material world, you might say, not a simple act of thought. Yes and no... If that were entirely true, the great revolutionaries would never have written &#034;Capital,&#034; &#034;Ludwig Feuerbach,&#034; &#034;The Poverty of Philosophy,&#034; &#034;Anti-D&#252;hring,&#034; &#034;Dialectics of Nature,&#034; &#034;Materialism and Empirio-Criticism,&#034; and many other works that are both political and social, but also scientific, philosophical, and historical. The works cited above are not, moreover, the cup of tea of &#8203;&#8203;our &#034;revolutionary&#034; activists who build &#034;parties,&#034; penetrate and establish themselves in unions, play with bourgeois elections, and devote all their intellectual energy to this agitation. The place of ideas is reserved for a few polite genuflections toward the great revolutionary intellectuals cited above, but whom it is certainly not a question of pretending to imitate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giving thought a predominant place over action is idealism, you might say. No, it is thought that can be idealistic or not. The materialist thinker does not give less place to theory than the idealist thinker, but a different place. He reasons about matter as much as about thought ; it is only the order in which he places the two that is reversed. No thought without matter, says the materialist. And the materialist will therefore think... about matter first. He will not give up thinking about matter under the pretext of the supremacy of matter over thought !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All the great revolutionary thinkers have given a key place to ideas. It is the activists who have taken a different approach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And the revolutionary militant is first and foremost the thinker of a new world, but that requires having studied the old one...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Studying reality cannot be broken down into small pieces separate from each other.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aren't revolutionary activists likely to waste time rethinking ideas from Marx to Trotsky, and can't they just study them in order to have enough energy for their militant activity ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Not at all ! The two are inseparable. To intervene in the world, one must have a conception of it, and this conception does not reside solely in observation. Any more than science is solely in observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No revolutionary politics without revolutionary theory. And no revolutionary theory without a general theoretical effort on the world...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To stick to Marx's text is to kill Marx's approach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2855&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2855&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Marxist approach is scientific, that is to say, never closed and always being reworked.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Science always questions itself&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2546&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is Marxism right to claim to be scientific ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Does Marxism claim to be the end of philosophy ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3309&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3309&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We need a philosophical science coupled with a scientific philosophy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against Empiricism : Does science dispense with theorizing and limit itself to observing facts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2869&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is there a need for philosophy in science ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why do we need to philosophize and can't we just observe the world and act ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2543&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prove to me that science is not just experiment, measurement and calculation, but that it is first and foremost philosophy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is philosophy and why is it essential in science ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physics is not only a calculation but a thought, and even a dialectical materialist thought.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is Hegel's dialectic still relevant to scientific thought ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idealist though he was, Hegel discovered the objective dialectic of the real world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5118&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5118&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Those who want to revolutionize society must reason dialectically.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5643&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5643&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectics is both thought and reality&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The scientific concept is not a copy of reality&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5618&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One world, one science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scientific Knowledge and Commitment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why science still needs revolutionary thinkers and why the scientific establishment pushes them aside, discourages them, or stifles them&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is revolutionary thinking ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2680&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky's conception of permanent revolution is a theoretical question to be asked... constantly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6088&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6088&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The collapse of capitalism is a theoretical question to ask.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opportunism is both theoretical and practical&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7176&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the Russian bureaucracy claimed to do philosophy and theory and&#8230; didn't&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6050&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6050&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolutionaries who are philosophically wrong about... revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3411&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3411&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What does dialectical philosophy have to do with the politics of revolutionaries ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophy and Politics in an Age of War and Revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4265&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4265&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opportunism within revolutionary currents cannot be combated without theoretical activity based on scientific Marxism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3946&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3946&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3440&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What theoretical work for revolutionary activists ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2614&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2614&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Building the revolutionary class struggle and the revolutionary party are also theoretical, scientific and philosophical tasks !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philosophie m&#233;di&#233;vale</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7121</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7121</guid>
		<dc:date>2025-05-20T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen Age</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187; Marx-Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym &lt;br class='autobr' /&gt;
1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot262" rel="tag"&gt;Moyen Age&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx-Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es g&#233;n&#233;rales ind&#233;pendamment de celle des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie m&#233;di&#233;vale&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les plus grands penseurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bo&#232;ce (480 - 524 ou 525)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Kindi (Ab&#251; Y&#251;suf Ya'q&#251;b ibn Ish&#226;q al-Kind&#238;) (vers 801 - 873)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Scot Erig&#232;ne (810 - 870)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Rhazes (Ab&#251; Bakr ibn Zakariyy&#226; al-R&#226;z&#238;) (865 - 923)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Farabi (Ab&#251; Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Tarh&#226;n ibn Azwalag al-F&#226;r&#226;b&#238;) (870 - 950)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Abu-l-Ala al-Maari (973-1057)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Avicenne (Ab&#251; 'Ali al-Husayn ibn 'Abdallah ibn S&#238;n&#226;) (980 - 1037)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Anselme de Cantorb&#233;ry (1033 - 1109)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Ghazali (Ab&#251; H&#226;mid Muhammad ibn Muhammad ibn Tawus Ahmad al-T&#251;s&#238; al-Shaf'&#238;) (1058-1111)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Martianus Capella (Ve si&#232;cle)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pseudo-Denys l'Ar&#233;opagite (Ve s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roscelin de Compi&#232;gne (1050 - 1120)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume de Champeaux (1070 - 1121)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Pierre Ab&#233;lard (1079 - 1142)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	H&#233;lo&#239;se (abbesse) (1092 &#8211; 1164)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Tufayl (Ab&#251; Bakr Muhammad ibn Tufayl) (1100 - 1185)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Averro&#232;s (Ab&#251; al-Walid Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ruchd) (1126 - 1198)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ma&#239;monide (Mosheh ben Maym&#251;n) (1135 - 1204)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Albert le Grand (1193 ou 1206 - 1280)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roger Bacon (1214 - 1294)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bonaventure (1221 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Thomas d'Aquin (1225 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Siger de Brabant (1240 - 1281)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Duns Scot (vers 1266 - 1308)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume d'Occam (vers 1285 - 1349 ou 1350)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Buridan (vers 1300 - 1358)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Khaldun (Abu Zayd 'abd Al-Rahman ibn Muhammad ibn Khald&#251;n) (1332 - 1395)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Nicole Oresme (vers 1323 - 1382)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3287&#034;&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/search?query=Philosophie+m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/anselme.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/abelard.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/thomas.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/ockham.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.menestrel.fr/?-Auteurs-medievaux-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Texte 8 -&gt; https://www.cairn.info/revue-annales-2009-1-page-143.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/annuaire-cdf/11949&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/1974-v1-n2-philoso1319/203017ar.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1910_num_17_67_2755&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale_preface.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/panaccio_claude/philo_medievale/philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/philo_au_moyen_age/philo_au_moyen_age_avant_propos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Portail:Philosophie/Liste_des_philosophes_par_ann%C3%A9e_de_naissance#Moyen_%C3%82ge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Medieval_literature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 17&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_writers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 18&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_philosophers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 19&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6178&#034;&gt;Texte 20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6465&#034;&gt;Texte 21&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3349&#034;&gt;Conclusion : la sortie du moyen &#226;ge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire de la philosophie de Socrate, par Diderot dans l'Encyclop&#233;die</title>
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		<dc:date>2025-04-18T22:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Socrate</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Diderot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Histoire de la philosophie de Socrate, par Diderot dans l'Encyclop&#233;die &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me du monde &amp; les ph&#233;nomenes de la nature avoient &#233;t&#233;, jusqu'&#224; Socrate, l'objet de la m&#233;ditation des philosophes. Ils avoient n&#233;glig&#233; l'&#233;tude de la morale. Ils croyoient que les principes nous en &#233;toient intimement connus, &amp; qu'il &#233;toit inutile d'entretenir de la distinction du bien &amp; du mal, celui dont la conscience &#233;toit muette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute leur sagesse se r&#233;duisoit &#224; quelques sentences que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot106" rel="tag"&gt;Socrate&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot172" rel="tag"&gt;Diderot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire de la philosophie de Socrate, par Diderot dans l'Encyclop&#233;die&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me du monde &amp; les ph&#233;nomenes de la nature avoient &#233;t&#233;, jusqu'&#224; Socrate, l'objet de la m&#233;ditation des philosophes. Ils avoient n&#233;glig&#233; l'&#233;tude de la morale. Ils croyoient que les principes nous en &#233;toient intimement connus, &amp; qu'il &#233;toit inutile d'entretenir de la distinction du bien &amp; du mal, celui dont la conscience &#233;toit muette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute leur sagesse se r&#233;duisoit &#224; quelques sentences que l'exp&#233;rience journaliere leur avoit dict&#233;es, &amp; qu'ils d&#233;bitoient dans l'occasion. Le seul Arch&#233;la&#252;s avoit entam&#233; dans son &#233;cole la question des m&#339;urs, mais sa m&#233;thode &#233;toit sans solidit&#233;, &amp; ses le&#231;ons furent sans succ&#232;s. Socrate son disciple, n&#233; avec une grande ame, un grand jugement, un esprit port&#233; aux choses importantes, &amp; d'une utilit&#233; g&#233;n&#233;rale &amp; premiere, vit qu'il falloit travailler par rendre les hommes bons, avant que de commencer &#224; les rendre savans ; que tandis qu'on avoit les yeux attach&#233;s aux astres, on ignoroit ce qui se passoit &#224; ses pi&#233;s ; qu'&#224; force d'habiter le ciel, on &#233;toit devenu &#233;tranger dans sa propre maison ; que l'entendement se perfectionnoit peut-&#234;tre, mais qu'on abandonnoit &#224; elle-m&#234;me la volont&#233; ; que le tems se perdoit en sp&#233;culations frivoles ; que l'homme vieillissoit, sans s'&#234;tre interrog&#233; sur le vrai bonheur de la vie, &amp; il ramena sur la terre la philosophie &#233;gar&#233;e dans les r&#233;gions du soleil. Il parla de l'ame, des passions, des vices, des vertus, de la beaut&#233; &amp; de la laideur morales, de la soci&#233;t&#233;, &amp; des autres objets qui ont une liaison imm&#233;diate avec nos actions &amp; notre f&#233;licit&#233;. Il montra une extr&#233;me libert&#233; dans sa fa&#231;on de penser. Il n'y eut aucune sorte d'int&#233;r&#234;t ou de terreurs qui ret&#238;nt la v&#233;rit&#233; dans sa bouche. Il n'&#233;couta que l'exp&#233;rience, la r&#233;flexion, &amp; la loi de l'honn&#234;te ; &amp; il m&#233;rita, parmi ceux qui l'avoient pr&#233;c&#233;d&#233;, le titre de philosophe par excellence, titre que ceux qui lui succ&#233;derent ne lui ravirent point. Il tira nos anc&#234;tres de l'ombre &amp; de la poussiere, &amp; il en fit des citoyens, des hommes d'&#233;tat. Ce projet ne pouvoit s'ex&#233;cuter sans p&#233;ril, parmi des brigands int&#233;resses &#224; perp&#233;tuer le vice, l'ignorance &amp; les pr&#233;jug&#233;s. Socrate le savoit ; mais qui est-ce qui &#233;toit capable d'intimider celui qui avoit plac&#233; ses esp&#233;rances au-del&#224; de ce monde, &amp; pour qui la vie n'&#233;toit qu'un lieu incommode qui le retenoit dans une prison, loin de sa v&#233;ritable patrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon &amp; Platon, ses disciples, ses amis, les t&#233;moins &amp; les imitateurs de sa vertu, ont &#233;crit son histoire ; X&#233;nophon avec cette simplicit&#233; &amp; cette candeur qui lui &#233;toient propres, Platon avec plus de faste &amp; un attachement moins scrupuleux &#224; la v&#233;rit&#233;. Un jour que Socrate entendoit r&#233;citer un des dialogues de celui-ci ; c'&#233;toit, je crois, celui qu'il a intitul&#233; le lysis : &#244; dieux, s'&#233;cria l'homme de bien, les beaux mensonges que le jeune homme a dit de moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristoxene, D&#233;m&#233;trius de Phalere, Panetius, Calisthene, &amp; d'autres s'&#233;toient aussi occup&#233;s des actions, des discours, des m&#339;urs, du caractere, &amp; de la vie de ce philosophe, mais leurs ouvrages ne nous sont pas parvenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ath&#233;nien Socrate naquit dans le village d'Alop&#233;, dans la soixante &amp; dix-septieme olympiade, la quatrieme ann&#233;e, &amp; le sixieme de thargelion, jour qui fut dans la suite marqu&#233; plus d'une fois par d'heureux &#233;v&#233;nemens, mais qu'aucun ne rendit plus m&#233;morable que sa naissance. Sophronisque son pere, &#233;toit statuaire, &amp; Phinarete sa mere, &#233;toit sage-femme. Sophronisque qui s'apper&#231;ut bien-t&#244;t que les dieux ne lui avoient pas donn&#233; un enfant ordinaire, alla les consulter sur son &#233;ducation. L'oracle lui r&#233;pondit, laisse-le faire, &amp; sacrifie &#224; Jupiter &amp; aux muses. Le bon homme oublia le conseil de l'oracle, &amp; mit le ciseau &#224; la main de son fils. Socrate, apr&#232;s la mort de son pere, fut oblig&#233; de renoncer &#224; son go&#251;t, &amp; d'exercer par indigence une profession &#224; laquelle il ne se sentoit point appell&#233; ; mais entra&#238;n&#233; &#224; la m&#233;ditation, le ciseau lui tomboit souvent des mains, &amp; il passoit les journ&#233;es appuy&#233; sur le marbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Criton, homme opulent &amp; philosophe, touch&#233; de ses talens, de sa candeur &amp; de sa misere, le prit en amiti&#233;, lui fournit les choses n&#233;cessaires &#224; la vie, lui donna des ma&#238;tres, &amp; lui confia l'&#233;ducation de ses enfans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate entendit Anaxagoras, &#233;tudia sous Arch&#233;la&#252;s, qui le ch&#233;rit, apprit la musique de Damon, se forma &#224; l'art oratoire aupr&#232;s du sophiste Prodicus, &#224; la po&#233;sie sur les conseils d'Evenus, &#224; la g&#233;om&#233;trie avec Th&#233;odore, &amp; se perfectionna par le commerce de Diotime &amp; d'Aspasie, deux femmes dont le m&#233;rite s'est fait distinguer chez la nation du monde ancien la plus polie, dans son siecle le plus c&#233;lebre &amp; le plus &#233;clair&#233;, &amp; au milieu des hommes du premier g&#233;nie. Il ne voyagea point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne crut point que sa profession de philosophe le dispens&#226;t des devoirs p&#233;rilleux du citoyen. Il quitta ses amis, sa solitude, ses livres, pour prendre les armes, &amp; il servit pendant trois ans dans la guerre cruelle d'Ath&#232;nes &amp; de Lac&#233;d&#233;mone ; il assista au siege de Potid&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'Alcibiade, o&#249; personne, au jugement de celui-ci, ne se montra ni plus patient dans la fatigue, la soif &amp; la faim, ni plus serein. Il marchoit les pi&#233;s nuds sur la glace ; il se pr&#233;cipita au milieu des ennemis, &amp; couvrit la retraite d'Alcibiade, qui avoit &#233;t&#233; bless&#233;, &amp; qui seroit mort dans la m&#234;l&#233;e. Il ne se contenta pas de sauver la vie &#224; son ami ; apr&#232;s l'action, il lui fit adjuger le prix de bravoure, qui lui avoit &#233;t&#233; d&#233;cern&#233;. Il lui arriva plusieurs fois dans cette campagne de passer deux jours entiers de suite immobile &#224; son poste, &amp; absorb&#233; dans la m&#233;ditation. Les Ath&#233;niens furent malheureux au siege de Delium : X&#233;nophon renvers&#233; de son cheval y auroit perdu la vie, si Socrate, qui combattoit &#224; pi&#233;, ne l'e&#251;t pris sur ses &#233;paules, &amp; ne l'e&#251;t port&#233; hors de l'atteinte de l'ennemi. Il marcha sous ce fardeau non comme un homme qui fuit, mais comme un homme qui compte ses pas &amp; qui mesure le terrein. Il avoit le visage tourn&#233; &#224; l'ennemi, &amp; on lui remarquoit tant d'intr&#233;pidit&#233;, qu'on n'osa ni l'attaquer ni le suivre. Averti par son d&#233;mon, ou le pressentiment secret de sa prudence, il d&#233;livra dans une autre circonstance Alcibiade &amp; Loch&#232;s d'un danger dont les suites devinrent funestes &#224; plusieurs. Il ne se comporta pas avec moins d'honneur au siege d'Amphipolis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption avoit gagn&#233; toutes les parties de l'administration des affaires publiques ; les Ath&#233;niens g&#233;missoient sous la tyrannie ; Socrate ne voyoit &#224; entrer dans la magistrature que des p&#233;rils &#224; courir, sans aucun bien &#224; faire : mais il fallut sacrifier sa r&#233;pugnance au v&#339;u de sa tribu, &amp; paro&#238;tre au s&#233;nat. Il &#233;toit alors d'un &#226;ge assez avanc&#233; ; il porta dans ce nouvel &#233;tat sa justice &amp; sa fermet&#233; accoutum&#233;es. Les tyrans ne lui en imposerent point ; il ne cessa de leur reprocher leurs vexations &amp; leurs crimes ; il brava leur puissance : falloit-il souscrire au jugement de quelque innocent qu'ils avoient condamn&#233;, il disoit je ne sais pas &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fut pas moins admirable dans sa vie priv&#233;e ; jamais homme ne fut n&#233; plus sobre ni plus chaste : ni les chaleurs de l'&#233;t&#233;, ni les froids rigoureux de l'hiver, ne suspendirent ses exercices. Il n'agissoit point sans avoir invoqu&#233; le ciel. Il ne nuisit pas m&#234;me &#224; ses ennemis. On le trouva toujours pr&#234;t &#224; servir. Il ne s'en tenoit pas au bien, il se proposoit le mieux en tout. Personne n'eut le jugement des circonstances &amp; des choses plus s&#251;r &amp; plus sain. Il n'y avoit rien dans sa conduite dont il ne p&#251;t &amp; ne se compl&#251;t &#224; rendre raison. Il avoit l'&#339;il ouvert sur ses amis ; il les reprenoit parce qu'ils lui &#233;toient chers ; il les encourageoit &#224; la vertu par son exemple, par ses discours ; &amp; il fut pendant toute sa vie le modele d'un homme tr&#232;s-accompli &amp; tr&#232;s-heureux. Si l'emploi de ses momens nous &#233;toit plus connu, peut-&#234;tre nous d&#233;montreroit-il mieux qu'aucun raisonnement, que pour notre bonheur dans ce monde, nous n'avons rien de mieux &#224; faire que de pratiquer la vertu ; these importante qui comprend toute la morale, &amp; qui n'a point encore &#233;t&#233; prouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;parer les ravages que la peste avoit faits, les Ath&#233;niens permirent aux citoyens de prendre deux femmes ; il en joignit une seconde par commis&#233;ration pour sa misere, &#224; celle qu'il s'&#233;toit auparavant choisie par inclination. L'une &#233;toit fille d'Aristide, &amp; s'appelloit Mirtus, &amp; l'autre &#233;toit n&#233;e d'un citoyen obscur, &amp; s'appelloit Xantippe. Les humeurs capricieuses de celle-ci donnerent un long exercice &#224; la philosophie de son &#233;poux. Quand je la pris, disoit Socrate &#224; Antisthene, je connus qu'il n'y auroit personne avec qui je ne pusse vivre si je pouvois la supporter ; je voulois avoir dans ma maison quelqu'un qui me rappell&#226;t sans cesse l'indulgence que je dois &#224; tous les hommes, &amp; que j'en attens pour moi. Et &#224; Lamprocle son fils : Vous vous plaignez de votre mere ! &amp; elle vous a con&#231;u, port&#233; dans son sein, alait&#233;, soign&#233;, nourri, instruit, &#233;lev&#233; ? A combien de p&#233;rils ne l'avez-vous pas expos&#233;e ? combien de chagrins, de soucis, de soins, de travail, de peines ne lui avez-vous pas co&#251;t&#233; ?&#8230; Il est vrai, elle a fait &amp; souffert &amp; plus peut-&#234;tre encore que vous ne dites ; mais elle est si dure, si f&#233;roce&#8230; Lequel des deux, mon fils, vous paro&#238;t le plus difficile &#224; supporter, ou de la f&#233;rocit&#233; d'une b&#234;te, ou de la f&#233;rocit&#233; d'une mere ?&#8230; Celle d'une mere&#8230; D'une mere ! la v&#244;tre vous a-t-elle frapp&#233;, mordu, d&#233;chir&#233; ? en avez-vous rien &#233;prouv&#233; de ce que les b&#234;tes f&#233;roces font assez commun&#233;ment aux hommes ?&#8230; Non ; mais elle tient des propos qu'on ne dig&#233;reroit de personne, y all&#226;t-il de la vie&#8230; J'en conviens ; mais &#234;tes-vous en reste avec elle ? &amp; y a-t-il quelqu'un au monde qui vous e&#251;t pardonn&#233; les mauvais discours que vous avez tenus, les actions mauvaises, ridicules ou folles que vous avez commises, &amp; tout ce qu'il a fallu qu'elle endur&#226;t de vous la nuit, le jour, &#224; chaque instant depuis que vous &#234;tes n&#233;, jusqu'&#224; l'&#226;ge que vous avez ? Qui est-ce qui vous e&#251;t soign&#233; dans vos infirmit&#233;s comme elle ? Qui est ce qui e&#251;t trembl&#233; pour vos jours comme elle ? Il arrive &#224; votre mere de parler mal ; mais elle ne met elle-m&#234;me aucune valeur a ce qu'elle dit : dans sa colere m&#234;me vous avez son c&#339;ur : elle vous souhaite le bien. Mon fils, l'injustice est de votre c&#244;t&#233;. Croyez-vous qu'elle ne f&#251;t pas d&#233;sol&#233;e du moindre accident qui vous arriveroit ?&#8230; Je le crois&#8230; Qu'elle ne se r&#233;duis&#238;t pas &#224; la misere pour vous en tirer ?&#8230; Je le crois&#8230; Qu'elle ne s'arrach&#226;t pas le pain de la bouche pour vous le donner ?&#8230; Je le crois&#8230; Qu'elle ne sacrifi&#226;t pas sa vie pour la v&#244;tre ?&#8230; Je le crois&#8230; Que c'est pour vous &amp; non pour elle qu'elle s'adresse sans cesse aux dieux ?&#8230; Que c'est pour moi&#8230; Et vous la trouvez dure, f&#233;roce, &amp; vous vous en plaignez. Ah, mon fils, ce n'est pas votre mere qui est mauvaise, c'est vous ! je vous le r&#233;pete, l'injustice est de votre c&#244;t&#233;&#8230; Quel homme ! quel citoyen ! quel magistrat ! quel &#233;poux ! quel pere ! Moins Xantippe m&#233;ritoit cet apologue, plus il faut admirer Socrate. Ah, Socrate, je te ressemble peu ; mais du-moins tu me fais pleurer d'admiration &amp; de joie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate ne se croyoit point sur la terre pour lui seul &amp; pour les siens ; il vouloit &#234;tre utile &#224; tous, s'il le pouvoit, mais sur-tout aux jeunes gens, en qui il esp&#233;roit trouver moins d'obstacles au bien. Il leur &#244;toit leurs pr&#233;jug&#233;s. Il leur faisoit aimer la v&#233;rit&#233;. Il leur inspiroit le go&#251;t de la vertu. Il fr&#233;quentoit les lieux de leurs amusemens. Il alloit les chercher. On le voyoit sans cesse au milieu d'eux, dans les rues, dans les places publiques, dans les jardins, aux bains, aux gymnases, &#224; la promenade. Il parloit devant tout le monde ; s'approchoit &amp; l'&#233;coutoit qui vouloit. Il faisoit un usage &#233;tonnant de l'ironie &amp; de l'induction ; de l'ironie, qui d&#233;voiloit sans effort le ridicule des opinions ; de l'induction, qui de questions &#233;loign&#233;es en questions &#233;loign&#233;es, vous conduisoit imperceptiblement &#224; l'aveu de la chose m&#234;me qu'on nioit. Ajoutez &#224; cela le charme d'une &#233;locution pure, simple, facile, enjou&#233;e ; la finesse des id&#233;es, les graces, la l&#233;geret&#233; &amp; la d&#233;licatesse particuliere &#224; sa nation, une modestie surprenante, l'attention scrupuleuse &#224; ne point offenser, &#224; ne point avilir, &#224; ne point humilier, &#224; ne point contrister. On se faisoit honneur &#224; tout moment de son esprit. &#171; J'imite ma mere, disoit-il, elle n'&#233;toit pas f&#233;conde ; mais elle avoit l'art de soulager les femmes f&#233;condes, &amp; d'amener &#224; la lumiere le fruit qu'elles renfermoient dans leurs seins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sophistes n'eurent point un fl&#233;au plus redoutable. Ses jeunes auditeurs se firent insensiblement &#224; sa m&#233;thode, &amp; bien-t&#244;t ils exercerent le talent de l'ironie &amp; de l'induction d'une maniere tr&#232;s-incommode pour les faux orateurs, les mauvais po&#235;tes, les pr&#233;tendus philosophes, les grands injustes &amp; orgueilleux. Il n'y eut aucune sorte de folie &#233;pargn&#233;e, ni celles des pr&#234;tres, ni celles des artistes, ni celles des magistrats. La chaleur d'une jeunesse enthousiaste &amp; fol&#226;tre suscita des haines de tous c&#244;t&#233;s &#224; celui qui l'instruisoit. Ces haines s'accrurent &amp; se multiplierent. Socrate les m&#233;prisa ; peu inquiet d'&#234;tre ha&#239;, jou&#233;, calomni&#233;, pourvu qu'il f&#251;t innocent. Cependant il en devint la victime. Sa philosophie n'&#233;toit pas une affaire d'ostentation &amp; de parade, mais de courage &amp; de pratique. Apollon disoit de lui : &#171; Sophocle est sage, Euripide est plus sage que Sophocle ; mais Socrate est le plus sage de tous les hommes &#187;. Les sophistes se vantoient de savoir tout ; Socrate, de ne savoir qu'une chose, c'est qu'il ne savoit rien. Il se m&#233;nageoit ainsi l'avantage de les interroger, de les embarrasser &amp; de les confondre de la maniere la plus s&#251;re &amp; la plus honteuse pour eux. D'ailleurs cet homme d'une prudence &amp; d'une exp&#233;rience consomm&#233;e, qui avoit tant &#233;cout&#233;, tant lu, tant m&#233;dit&#233;, s'&#233;toit ais&#233;ment apper&#231;u que la v&#233;rit&#233; est comme un fil qui part d'une extr&#233;mit&#233; des t&#233;nebres &amp; se perd de l'autre dans les t&#233;nebres ; &amp; que dans toute question, la lumiere s'accroit par degr&#233;s jusqu'&#224; un certain terme plac&#233; sur la longueur du fil d&#233;li&#233;, au-del&#224; duquel elle s'affoiblit peu &#224; peu &amp; s'&#233;teint. Le philosophe est celui qui sait s'arr&#234;ter juste ; le sophiste imprudent marche toujours, &amp; s'&#233;gare lui-m&#234;me &amp; les autres : toute sa dialectique se resout en incertitudes. C'est une le&#231;on que Socrate donnoit sans cesse aux sophistes de son tems, &amp; dont ils ne profiterent point. Ils s'&#233;loignoient de lui m&#233;contens sans savoir pourquoi. Ils n'avoient qu'&#224; revenir sur la question qu'ils avoient agit&#233;e avec lui, &amp; ils se seroient apper&#231;us qu'ils s'&#233;toient laiss&#233;s entra&#238;ner au-del&#224; du point indivisible &amp; lumineux, terme de notre foible raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'accusa d'impi&#233;t&#233; ; &amp; il faut avouer que sa religion n'&#233;toit pas celle de son pays. Il m&#233;prisa les dieux &amp; les superstitions de la Grece. Il eut en piti&#233; leurs mysteres. Il s'&#233;toit &#233;lev&#233; par la seule force de son g&#233;nie &#224; la connoissance de l'unit&#233; de la divinit&#233;, &amp; il eut le courage de r&#233;veler cette dangereuse v&#233;rit&#233; &#224; ses disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir plac&#233; son bonheur pr&#233;sent &amp; &#224; venir dans la pratique de la vertu, &amp; la pratique de la vertu dans l'observation des lois naturelles &amp; politiques, rien ne fut capable de l'en &#233;carter. Les &#233;v&#233;nemens les plus f&#226;cheux, loin d'&#233;tonner son courage, n'alt&#233;rerent pas m&#234;me sa s&#233;r&#233;nit&#233;. Il arracha au suplice les dix juges que les tyrans avoient condamn&#233;s. Il ne voulut point se sauver de la prison. Il apprit en souriant l'arr&#234;t de sa mort. Sa vie est pleine de ces traits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m&#233;prisa les injures. Le m&#233;pris &amp; le pardon de l'injure qui sont des vertus du chr&#233;tien, sont la vengeance du philosophe. Il garda la temp&#233;rance la plus rigoureuse, rapportant l'usage des choses que la nature nous a destin&#233;es &#224; la conservation &amp; non &#224; la volupt&#233;. Il disoit que moins l'homme a de besoins, plus sa condition est voisine de celle des dieux ; il &#233;toit pauvre, &amp; jamais sa femme ne put le d&#233;terminer &#224; recevoir les pr&#233;sens d'Alcibiade &amp; des hommes puissans dont il &#233;toit honor&#233;. Il regardoit la justice comme la premiere des vertus. Sa bienfaisance, semblable &#224; celle de l'Etre supr&#232;me, &#233;toit sans exception. Il d&#233;testoit la flatterie. Il aimoit la beaut&#233; dans les hommes &amp; dans les femmes, mais il n'en fut point l'esclave : c'&#233;toit un go&#251;t innocent &amp; honn&#234;te, qu'Aristophane m&#234;me, ce vil instrument de ses ennemis, n'osa pas lui reprocher. Que penserons-nous de la facilit&#233; &amp; de la complaisance avec laquelle quelques hommes parmi les anciens &amp; parmi les modernes ont re&#231;u &amp; r&#233;p&#233;t&#233; contre la puret&#233; de ses m&#339;urs ? une calomnie que nous rougirions de nommer ; c'est qu'eux-m&#234;mes &#233;toient envieux ou corrompus. Serons-nous &#233;tonn&#233;s qu'il y ait e&#251; de ces ames infernales ? Peut-&#234;tre, si nous ignorions ce qu'un int&#233;r&#234;t violent &amp; secret inspire, voyez ce que nous dirons de son d&#233;mon &#224; l'article Th&#233;osophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate ne tint point &#233;cole, &amp; n'&#233;crivit point. Nous ne savons de sa doctrine que ce que ses disciples nous en ont transmis. C'est dans ces sources que nous avons puis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentimens de Socrate sur la divinit&#233;. Il disoit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Dieu a d&#233;rob&#233; sa nature &#224; notre entendement, il a manifest&#233; son existence, sa sagesse, sa puissance &amp; sa bont&#233; dans ses ouvrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'auteur du monde, &amp; le monde est la complexion de tout ce qu'il y a de bon &amp; de beau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous sentions toute l'harmonie qui regne dans l'univers, nous ne pourrions jamais regarder le hasard comme la cause de tant d'effets encha&#238;n&#233;s partout, selon les lois de la sagesse la plus surprenante, &amp; pour la plus grande utilit&#233; possible. Si une intelligence supr&#232;me n'a pas concouru &#224; la disposition, a la propagation &amp; &#224; la conservation g&#233;n&#233;rale des &#234;tres, &amp; n'y veille pas sans cesse, comment arrive-t-il qu'aucun d&#233;sordre ne s'introduit dans une machine aussi compos&#233;e, aussi vaste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu pr&#233;side &#224; tout : il voit tout en un instant ; notre pens&#233;e qui s'&#233;lance d'un vol instantan&#233; de la terre aux cieux ; notre &#339;il qui n'a qu'&#224; s'ouvrir pour appercevoir les corps plac&#233;s &#224; la plus grande distance, ne sont que de foibles images de la c&#233;l&#233;rit&#233; de son entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un seul acte il est pr&#233;sent &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois ne sont point des hommes, mais de Dieu. C'est lui proprement qui en condamne les infracteurs, par la voix des juges qui ne sont que ses organes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentimens de Socrate sur les esprits. Ce philosophe remplissoit l'intervalle de l'homme &#224; Dieu d'intelligences moyennes qu'il regardoit comme les g&#233;nies tut&#233;laires des nations : il permetroit qu'on les honor&#226;t : il les regardoit comme les auteurs de la divination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentimens de Socrate sur l'ame. Il la croyoit pr&#233;existante au corps, &amp; dou&#233;e de la connoissance des id&#233;es &#233;ternelles. Cette connoissance qui s'assoupissoit en elle par son union avec le corps, se r&#233;veilloit avec le tems, &amp; l'usage de la raison &amp; des sens. Apprendre, c'&#233;toit se ressouvenir ; mourir, c'&#233;toit retourner &#224; son premier &#233;tat de f&#233;licit&#233; pour les bons, de ch&#226;timent pour les m&#233;chans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principes de la Philosophie morale de Socrate. Il disoit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'un bien, c'est la science ; qu'un mal, c'est l'ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les richesses &amp; l'orgueil de la naissance sont les sources principales des maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sagesse est la sant&#233; de l'ame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui conno&#238;t le bien &amp; qui fait le mal est un insens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est plus utile &amp; plus doux que la pratique de la vertu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme sage ne croira point savoir ce qu'il ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice &amp; le bonheur sont une m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui distingua le premier l'utile du juste, fut un homme d&#233;testable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sagesse est la beaut&#233; de l'ame, le vice en est la laideur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La beaut&#233; du corps annonce la beaut&#233; de l'ame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est d'une belle vie comme d'un beau tableau, il faut que toutes les parties en soient belles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie heureuse &amp; tranquille est pour celui qui peut s'examiner sans honte ; rien ne le trouble, parce qu'il ne se reproche aucun crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'homme s'&#233;tudie lui-m&#234;me, &amp; qu'il se connoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui se connoit &#233;chappera &#224; bien des maux, qui attendent celui qui s'ignore ; il concevra d'abord qu'il ne sait rien, &amp; il cherchera &#224; s'instruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir bien commenc&#233;, ce n'est pas n'avoir rien fait ; mais c'est avoir fait peu de chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'une sagesse, la vertu est une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure maniere d'honorer les dieux, c'est de faire ce qu'ils ordonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut demander aux dieux en g&#233;n&#233;ral ce qui nous est bon ; sp&#233;cifier quelque chose dans sa priere, c'est pr&#233;tendre &#224; une connoissance qui leur est reserv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut adorer les dieux de son pays, &amp; regler son offrande sur ses facult&#233;s ; les dieux regardent plus &#224; la puret&#233; de nos c&#339;urs, qu'&#224; la richesse de nos sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois sont du ciel ; ce qui est selon la loi, est juste sur la terre, &amp; l&#233;gitim&#233; dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui prouve l'origine c&#233;leste des lois, telles que d'adorer les dieux, d'honorer ses parens, d'aimer son bienfaiteur, c'est que le ch&#226;timent est n&#233;cessairement attach&#233; &#224; leur infraction ; cette liaison n&#233;cessaire de la loi, avec la peine de l'infraction, ne peut &#234;tre de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avoir pour un pere trop s&#233;vere, la m&#234;me ob&#233;issance qu'on a pour une loi trop dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atrocit&#233; de l'ingratitude est proportionn&#233;e &#224; l'importance du bienfait ; nous devons &#224; nos parens le plus important des biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant ingrat n'obtiendra ni la faveur du ciel, ni l'estime des hommes ; quel retour attendrai-je, moi, &#233;tranger, de celui qui manque aux personnes &#224; qui il doit le plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui vend aux autres sa sagesse pour de l'argent, se prostitue comme celui qui vend sa beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les richesses sont entre les mains de l'homme, sans la raison, comme sous lui un cheval fougueux, sans frein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les richesses de l'avare ressemblent &#224; la lumiere du soleil, qui ne recr&#233;e personne apr&#232;s son coucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appelle avare celui qui amasse des richesses par des moyens vils, &amp; qui ne veut point d'indigens pour amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La richesse du prodigue ne sert qu'aux adulateurs &amp; aux prostitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a point de fonds qui rende autant qu'un ami sincere &amp; vertueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a point d'amiti&#233; vraie, entre un m&#233;chant &amp; un m&#233;chant, ni entre un m&#233;chant &amp; un bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On obtiendra l'amiti&#233; d'un homme, en cultivant en soi les qualit&#233;s qu'il estime en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a point de vertus qui ne puisse se perfectionner &amp; s'accro&#238;tre, par la reflexion &amp; l'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est ni la richesse, ni la naissance, ni les dignit&#233;s, ni les titres, qui font la bont&#233; de l'homme ; elle est dans ses mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incendie s'accroit par le vent, &amp; l'amour par le commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrogance consiste &#224; tout dire, &amp; &#224; ne vouloir rien entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se familiariser avec la peine, afin de la recevoir quand elle viendra, comme si on l'avoit attendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut point redouter la mort, c'est un assoupissement ou un voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne reste rien de nous apr&#232;s la mort, c'est plut&#244;t encore un avantage, qu'un inconv&#233;nient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vaut mieux mourir honorablement, que vivre deshonor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se soustraire &#224; l'incontinence, par la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on est sobre, plus on approche de la condition des dieux, qui n'ont besoin de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas n&#233;gliger la sant&#233; du corps, celle de l'ame en d&#233;pend trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tranquillit&#233; est le plus grand des biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de trop : c'est l'&#233;loge d'un jeune homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes vivent pour manger, les bons mangent pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre sage dans la haute prosp&#233;rit&#233;, c'est savoir marcher sur la glace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen le plus s&#251;r d'&#234;tre consid&#233;r&#233;, c'est de ne pas affecter de se montrer aussi bon que l'on est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes un homme de bien, on aura autant de confiance en votre parole, qu'au serment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tournez le dos au calomniateur &amp; au m&#233;disant, c'est quelque perversit&#233; qui le fait agir ou parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principes de Socrate, sur la prudence domestique. Il disoit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui saura gouverner sa maison, tirera parti de tout, m&#234;me de ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;fiez-vous de l'indolence, de la paresse, de la n&#233;gligence ; evitez le luxe ; regardez l'agriculture comme la ressource la plus importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des occupations sordides auxquelles il faut se refuser, elles avilissent l'ame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas laisser ignorer &#224; sa femme ce qu'il lui importe de savoir, pour votre bonheur &amp; pour le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout doit &#234;tre commun entre les &#233;poux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme veillera aux choses du dehors, la femme &#224; celles du dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas sans raison que la nature a attach&#233; plus fortement les meres aux enfans, que les peres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principes de la prudence politique de Socrate. Les vrais souverains, ce ne sont point ceux qui ont le sceptre en main, soit qu'ils le tiennent ou de la naissance, ou du hasard, ou de la violence, ou du consentement des peuples ; mais ceux qui savent commander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monarque est celui qui commande &#224; ceux qui se sont soumis librement &#224; son ob&#233;issance ; le tyran, celui qui contraint d'ob&#233;ir : l'un fait ex&#233;cuter la loi, l'autre, sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon citoyen contribuera autant qu'il est en lui, &#224; rendre la republique florissante pendant la paix, &amp; victorieuse pendant la guerre ; il invitera le peuple &#224; la concorde, s'il se souleve ; d&#233;put&#233; chez un ennemi, il tentera toutes les voies honn&#234;tes de conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi n'a point &#233;t&#233; faite pour les bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville la mieux gard&#233;e, est celle qui renferme le plus d'honn&#234;tes gens : la mieux polic&#233;e, celle o&#249; les magistrats agissent de concert : celle qu'il faut pr&#233;f&#233;rer &#224; toutes, o&#249; la vertu a des r&#233;compenses assur&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habitez celle o&#249; vous n'ob&#233;irez qu'aux lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce seroit ici le lieu de parler des accusations qu'on intenta contre lui, de son apologie, &amp; de sa mort ; mais ces choses sont &#233;crites en tant d'endroits. Qui est-ce qui ignore qu'il fut le martyr de l'unit&#233; de Dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Socrate, ses disciples se jetterent sur sa robe &amp; la d&#233;chirerent. Je veux dire qu'ils se livrerent &#224; diff&#233;rentes parties de la philosophie, &amp; qu'ils fonderent une multitude de sectes diverses, oppos&#233;es les unes aux autres, qu'il faut regarder comme autant de familles divis&#233;es, quoiqu'elles avouassent toutes la m&#234;me souche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns s'&#233;toient approch&#233;s de Socrate, pour se disposer par la connoissance de la v&#233;rit&#233;, l'&#233;tude des m&#339;urs, l'amour de la vertu, &#224; remplir dignement les premiers emplois de la r&#233;publique auxquels ils &#233;toient destin&#233;s : tel fut X&#233;nophon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, parmi lesquels on peut nommer Criton, lui avoient confi&#233; l'&#233;ducation de leurs enfans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en eut qui ne vinrent l'entendre que dans le dessein de se rendre meilleurs ; c'est ce qui arriva &#224; Diodore, &#224; Euthyd&#232;me, &#224; Euthere, &#224; Aristarque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critias &amp; Alcibiade lui furent attach&#233;s d'amiti&#233;. Il enseigna l'art oratoire &#224; Lysias. Il forma les po&#235;tes Ev&#233;nus &amp; Euripide. On croit m&#234;me qu'il concourut avec ce dernier dans la composition des trag&#233;dies qui portent son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son disciple Aristippe fonda la secte cyr&#233;na&#239;que, Ph&#233;don l'&#233;liaque, Euclide la m&#233;garique, Platon l'acad&#233;mique, Anthist&#232;ne la cynique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon, Eschine, Criton, Simon &amp; Ceb&#232;s, se contenterent de l'honneur de l'avoir eu pour ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon naquit dans la quatre vingt-deuxieme olympiade. Socrate l'ayant rencontr&#233; dans une rue, comme il passoit, mis son b&#226;ton en travers, l'arr&#234;ta, &amp; lui demanda o&#249; se vendoient les choses n&#233;cessaires &#224; la vie. La beaut&#233; de X&#233;nophon l'avoit frapp&#233;. Ce jeune homme fit &#224; sa question une r&#233;ponse s&#233;rieuse, selon son caractere. Socrate l'interrogeant une seconde fois, lui demanda s'il ne sauroit point o&#249; les hommes apprenoient &#224; devenir bons. X&#233;nophon d&#233;clarant son embarras par son silence &amp; son maintien, Socrate lui dit : suivez moi, &amp; vous le saurez. Ce fut ainsi que X&#233;nophon devint son disciple. Ce n'est pas ici le lieu d'&#233;crire l'histoire de X&#233;nophon. Nous avons de lui la cyrop&#233;die, une apologie de Socrate, quatre livres des dits &amp; des faits m&#233;morables de ce philosophe, un banquet, un livre de l'&#233;conomie, un dialogue sur la tyrannie, l'&#233;loge d'Ag&#233;silas &amp; la comparaison des r&#233;publiques d'Ath&#232;nes &amp; de Lac&#233;d&#233;mone, ouvrages &#233;crits avec une grande douceur de style, de la v&#233;rit&#233;, de la gravit&#233; &amp; de la simplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maniere dont Eschine s'offrit &#224; Socrate est d'une na&#239;vet&#233; charmante. Il &#233;toit pauvre : je n'ai rien, dit-il au philosophe dont il venoit prendre les le&#231;ons, qui soit digne de vous &#234;tre offert ; &amp; c'est-l&#224; ce qui me fait sentir ma pauvret&#233;. Je n'ai que moi : voyez si vous me voulez. Quels que soient les pr&#233;sens que les autres vous aient faits, ils ont retenu par-devers eux plus qu'ils ne vous ont donn&#233;. Quant au mien, vous ne l'aurez pas plut&#244;t accept&#233; qu'il ne me restera plus rien. Vous m'offrez beaucoup, lui r&#233;pondit Socrate, &#224; moins que vous ne vous estimiez peu. Mais venez, je vous accepte. Je t&#226;cherai que vous vous estimiez davantage, &amp; de vous rendre &#224; vous-m&#234;me meilleur que je ne vous aurai re&#231;u. Socrate n'eut point d'auditeur plus assidu ni de disciple plus z&#233;l&#233;. Son sort le conduisit &#224; la cour de Denis le tyran, qui en fit d'abord peu de cas. Son indigence fut une tache qui le suivit par-tout. Il &#233;crivit quelques dialogues &#224; la maniere de Socrate. Cet ouvrage arr&#234;ta les yeux sur lui. Platon &amp; Aristippe rougirent du m&#233;pris qu'ils avoient affect&#233; pour cet homme. Ils le recommanderent &#224; Denis, qui le traita mieux. Il revint dans Ath&#232;nes, o&#249; il trouva deux &#233;coles florissantes &#233;tablies. Platon enseignoit dans l'une, Aristippe dans l'autre. Il n'osa pas se montrer publiquement au milieu de ces deux philosophes. Il s'en tint &#224; donner des le&#231;ons particulieres. Lorsqu'il se fut assur&#233; du pain, par cette ressource, il se livra au barreau, o&#249; il eut du succ&#232;s. M&#233;nedeme lui reprochoit de s'&#234;tre appropri&#233; des dialogues que Socrate avoit &#233;crits, &amp; que Xantippe lui avoit confi&#233;s. Ce reproche fait beaucoup d'honneur &#224; Eschine. Il avoit bien singulierement saisi le caractere de son ma&#238;tre, puisque M&#233;nedeme &amp; Aristippe s'y trompoient. On remarque en effet, dans les dialogues qui nous restent d'Eschine, la simplicit&#233;, l'expression, les maximes, les comparaisons &amp; toute la morale de Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'ajouterons rien &#224; ce que nous avons dit de Criton, sinon qu'il ne quitta point Socrate pendant le tems de sa prison ; qu'il veilla &#224; ce que les choses n&#233;cessaires ne lui manquassent pas ; que Socrate offens&#233; de l'abus qu'on faisoit de la facilit&#233; de son caractere pour le tourmenter, lui conseilla de chercher quelque homme turbulent, m&#233;chant, violent, qui f&#238;t t&#234;te &#224; ses ennemis, &amp; que ce conseil lui r&#233;ussit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon &#233;toit un corroyeur dont Socrate fr&#233;quentoit quelquefois la maison. L&#224;, comme par-tout ailleurs, il parloit des vices, des vertus, du bon, du beau, du d&#233;cent, de l'honn&#234;te, &amp; le corroyeur l'&#233;coutoit ; &amp; le soir, lorsqu'il avoit quitt&#233; son ouvrage, il jettoit sur le papier les principales choses qu'il avoit entendues. Pericl&#232;s fit cas de cet homme, il chercha &#224; se l'attacher par les promesses les plus flatteuses : mais Simon lui r&#233;pondit qu'il ne vendoit point sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceb&#232;s &#233;crivit trois dialogues, dont il ne nous reste que le dernier, connu sous le nom du tableau. C'est un petit roman sur les go&#251;ts, les penchans, les pr&#233;jug&#233;s, les m&#339;urs des hommes, compos&#233; d'apr&#232;s une peinture qu'on voyoit dans le temple de Saturne. On y suppose les principes suivans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ames ont pr&#233;exist&#233; aux corps. Un sort heureux ou malheureux les attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont un d&#233;mon qui les inspire, dont la voix se fait entendre &#224; elles, &amp; qui les avertit de ce qu'elles ont &#224; faire &amp; &#224; &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles apportent avec elles un penchant inn&#233; &#224; l'imposture, &#224; l'erreur, &#224; l'ignorance &amp; au vice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce penchant n'a pas la m&#234;me force en toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il promet &#224; tous les hommes le bonheur ; mais il les trompe &amp; les perd. Il y a une condition vraie, &amp; une condition fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie, l'art oratoire, la musique, la dialectique, l'arithm&#233;tique, la g&#233;ometrie &amp; l'astrologie, sont de l'&#233;rudition fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connoissance des devoirs &amp; la pratique des vertus, sont la seule &#233;rudition vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l'&#233;rudition vraie que nous &#233;chappons dans ce monde &#224; la peine, &amp; que nous nous pr&#233;parons la f&#233;licit&#233; dans l'autre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette f&#233;licit&#233; n'arrivera qu'&#224; ceux qui auront bien v&#233;cu, ou qui auront expi&#233; leurs fautes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce s&#233;jour de d&#233;lices qu'ils contempleront la folie &amp; la misere des hommes. Mais ce spectacle ne troublera point leur jouissance. Ils ne peuvent plus souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;chans, au sortir de cette vie, trouveront le d&#233;sespoir. Ils en seront saisis, &amp; ils erreront ; jouets continuels des passions auxquelles ils se seront livr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est point la richesse, mais l'&#233;rudition vraie qui rend l'homme heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut ni se fier &#224; la fortune, ni trop estimer ses pr&#233;sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui croit savoir ce qu'il ignore, est dans une erreur qui l'emp&#234;che de s'instruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On met encore du nombre des disciples de Socrate, Timon le Misantrope. Cet homme crut qu'il fuyoit la soci&#233;t&#233; de ses semblables, parce qu'ils &#233;toient m&#233;chans ; il se trompoit, c'est que lui-m&#234;me n'&#233;toit pas bon. Je n'en veux pas d'autre preuve, que la joie cruelle que lui causerent les applaudissemens que les Ath&#233;niens prodiguoient &#224; Alcibiade ; &amp; la raison qu'il en donna, le pressentiment du mal que ce jeune homme leur feroit un jour. Je ne hais pas les hommes, disoit-il, mais les b&#234;tes f&#233;roces qui portent ce nom ; &amp; qu'&#233;tois-tu toi-m&#234;me, entre ces b&#234;tre f&#233;roces, sinon la plus intraitable ce toutes ? Quel jugement porter de celui qui se sauve d'une ville, o&#249; Socrate vivoit, &amp; o&#249; il y avoit une foule de gens de bien ; sinon qu'il &#233;toit plus frapp&#233; de la laideur du vice, que touch&#233; des charmes de la vertu ? Ce caractere est mauvais. Quel spectacle plus grand &amp; plus doux que celui d'un homme juste, grand, vertueux, au-dessus de toutes les terreurs &amp; de toutes les s&#233;ductions ! Les dieux s'inclinent du haut de leur demeure bienheureuse, pour le voir marcher sur la terre ; &amp; le triste &amp; m&#233;lancolique Timon d&#233;tourne ses regards farouches, lui tourne le dos, &amp; va, le c&#339;ur rempli d'orgueil, d'envie &amp; de fiel, s'enfoncer dans une for&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Unicit&#233; et unit&#233; du monde et de la science, pas de dualisme</title>
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		<dc:date>2025-01-16T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>
		<dc:subject>Physique</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>
		<dc:subject>Mat&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Unicit&#233; et unit&#233; du monde et de la science, pas de dualisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Parm&#233;nide dans Po&#232;me : &#171; Le pens&#233;e et l'&#234;tre sont une m&#234;me chose &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est une m&#234;me chose, le penser et ce dont est la pens&#233;e ; car, en dehors de l'&#234;tre, en quoi il est &#233;nonc&#233;, tu ne trouveras pas le penser. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les progr&#232;s scientifiques ont &#233;t&#233; dans le sens de l'unit&#233; du monde et de l'unification des sciences&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pour conclure maintenant tout ce que nous avons dit de la science actuelle, nous pouvons peut-&#234;tre d&#233;clarer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;R&#233;volution : le grand organisateur de la nature et de la soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;Physique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot319" rel="tag"&gt;Mat&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Unicit&#233; et unit&#233; du monde et de la science, pas de dualisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parm&#233;nide dans Po&#232;me : &#171; Le pens&#233;e et l'&#234;tre sont une m&#234;me chose &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une m&#234;me chose, le penser et ce dont est la pens&#233;e ; car, en dehors de l'&#234;tre, en quoi il est &#233;nonc&#233;, tu ne trouveras pas le penser. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les progr&#232;s scientifiques ont &#233;t&#233; dans le sens de l'unit&#233; du monde et de l'unification des sciences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour conclure maintenant tout ce que nous avons dit de la science actuelle, nous pouvons peut-&#234;tre d&#233;clarer que la physique moderne n'est qu'une partie - mais aussi une partie tr&#232;s caract&#233;ristique - d'un processus historique g&#233;n&#233;ral qui tend &#224; une unification. &#187; &#233;crit le physicien Werner Heisenberg dans &#034;Physique et philosophie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'histoire des sciences est &#224; rapprocher d'un effort vers l'universalit&#233; des lois et vers la compr&#233;hension d'un monde unique comme le rappelle le physicien Max Planck dans &#171; L'image du monde dans la physique moderne &#187;. Ou encore dans &#171; L'image du monde dans la physique moderne &#187; de Planck (voir le texte en bas) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Initiations_%C3%A0_la_physique/Chapitre_I&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Initiations_%C3%A0_la_physique/Chapitre_I&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans tomber dans l'identit&#233; vulgaire et le r&#233;ductionnisme qui ram&#232;ne tout &#224; un seul niveau, on peut tr&#232;s bien retrouver l'unicit&#233; du monde. Dire que des ph&#233;nom&#232;nes de nature tr&#232;s diverses, comme la balan&#231;oire et la lumi&#232;re, sont p&#233;riodiques, cycliques, oscillatoires, &#8230; ne choque plus personne et ne doit rien &#224; une volont&#233; de tout ramener &#224; une loi unique. Aujourd'hui, de nombreuses notions historiques m&#233;riteraient de passer, elles aussi, la fronti&#232;re : toutes celles qui se rapportent au mode dynamique et aux autres changements qualitatifs. Les sciences dites &#171; naturelles &#187; d&#233;veloppent des concepts valables pour l'homme. N'oublions pas que l'homme n'est pas hors de la nature ! Cela concerne les notions li&#233;es aux r&#233;volutions sociales, comme la dualit&#233; de pouvoir ou la prise de pouvoir, les contradictions de la lutte des classes, la relation entre celle-ci et des structures comme l'Etat, le r&#244;le de l'individu, des minorit&#233;s, du parti, des institutions, etc&#8230; Bien entendu, il n'y a pas de parti des &#233;lectrons, ni d'arm&#233;e des particules, et les &#233;tats de la mati&#232;re n'ob&#233;issent pas &#224; une classe dirigeante, mais il y a une &#233;mergence de structure, des transitions de phase, des r&#233;sonances, des structures dissipatives, des ph&#233;nom&#232;nes non-lin&#233;aires au sein de la soci&#233;t&#233; humaine, comme on en trouve en physique, en biologie et dans l'&#233;volution de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James C. Maxwell a &#233;t&#233; le premier &#224; effectuer l'unification des ph&#233;nom&#232;nes magn&#233;tique et &#233;lectrique avec sa th&#233;orie de l'&#233;lectromagn&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6225&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'av&#232;nement de la m&#233;canique quantique et le d&#233;veloppement de la version quantique de l'&#233;lectromagn&#233;tisme &#8211; plus pr&#233;cis&#233;ment d'une &#171; th&#233;orie quantique des champs &#187; &#8211; appel&#233;e &#233;lectrodynamique quantique, il a &#233;t&#233; possible de fusionner cette derni&#232;re avec l'interaction faible, plus r&#233;cemment d&#233;couverte, au sein de la th&#233;orie &#233;lectrofaible. La d&#233;couverte par la suite de la chromodynamique quantique expliquant la structure du noyau atomique en termes de quarks sera alors la derni&#232;re pi&#232;ce de l'&#233;difice constitu&#233; par le mod&#232;le standard qui incorpore les trois interactions dans une th&#233;orie unifi&#233;e bas&#233;e sur un groupe de jauge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Electrodynamique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4097&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4097&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5234&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La th&#233;orie quantique des champs a donc conduit &#224; une vision plus unifi&#233;e de la nature que l'ancienne interpr&#233;tation dualiste en termes de champs et de particules. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Diner : &#171; L'histoire de la Physique n'est qu'une qu&#234;te incessante d'unit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.devoir-de-philosophie.com/encyclopedie/unification-de-la-physique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.devoir-de-philosophie.com/encyclopedie/unification-de-la-physique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unification espace/temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article45&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article45&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4568&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4568&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande unification des forces fondamentales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://paulpb.eklablog.fr/la-grande-unification-des-forces-fondamentales-p1431430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://paulpb.eklablog.fr/la-grande-unification-des-forces-fondamentales-p1431430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unification des forces gravitationnelle, &#233;lectromagnetique et nucl&#233;aire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lesnouveauxprincipes.fr/physique/12-lunification-des-forces&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lesnouveauxprincipes.fr/physique/12-lunification-des-forces&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de jauge est l'un des derni&#232;res unifications&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Gauge_theory?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Gauge_theory?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en anglais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Gauge_theory&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/Gauge_theory&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la physique comme succession d'unifications&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/l-unite-de-la-physique--9782130505853-page-89.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/l-unite-de-la-physique--9782130505853-page-89.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avance encore vers l'unification de toute la Physique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/physique/vers-l-unification-de-la-physique-3991.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/physique/vers-l-unification-de-la-physique-3991.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point actuel de cette unification&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_unification&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_unification&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_tout&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_tout&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier lumi&#232;re et mati&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article38&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article38&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article46&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article46&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier r&#233;el et virtuel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier du tout petit au tr&#232;s grand&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lejournal.cnrs.fr/articles/du-quark-a-lunivers-la-physique-dun-infini-a-lautre&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lejournal.cnrs.fr/articles/du-quark-a-lunivers-la-physique-dun-infini-a-lautre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier mati&#232;re et vide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article43&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article43&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vide quantique unifie les concepts onde et corpuscule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4287&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4287&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie quantique du vide est capable de tout unifier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2061&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xOu251ejsdU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xOu251ejsdU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unification de la physique quantique et de la physique classique : la d&#233;coh&#233;rence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3131&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; unifier quantique et relativit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3698&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; unifier le vide de la physique et de l'astrophysique en mati&#232;re d'&#233;nergie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6728&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6728&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles r&#233;volutions en physique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle th&#233;orie de l'assemblage unifie les lois de la nature, jetant un pont entre physique et biologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://issues.fr/des-atomes-aux-organismes-la-theorie-de-lassemblage-unifie-la-physique-et-la-biologie-pour-expliquer-levolution-et-la-complexite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://issues.fr/des-atomes-aux-organismes-la-theorie-de-lassemblage-unifie-la-physique-et-la-biologie-pour-expliquer-levolution-et-la-complexite/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/sciences-fondamentales/theorie-assemblage-unifie-loi-nature-physique-biologie-115157.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/sciences-fondamentales/theorie-assemblage-unifie-loi-nature-physique-biologie-115157.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unit&#233; de la structure de la mati&#232;re dans l'Univers &#224; celle des neurones du cerveau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6817&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6817&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cnews.fr/monde/2020-11-19/le-cerveau-humain-la-meme-structure-que-lunivers-1019605&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cnews.fr/monde/2020-11-19/le-cerveau-humain-la-meme-structure-que-lunivers-1019605&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-cerveau-humain-ressemble-etrangement-univers-37833/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-cerveau-humain-ressemble-etrangement-univers-37833/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la physique et de la chimie est celle d'une unification&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Physico-chimie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Physico-chimie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/barb_0001-4141_1984_num_70_1_72354&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/barb_0001-4141_1984_num_70_1_72354&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4903&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5050&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5050&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atome, qui a fait d'abord diverger physique et chimie, les fait converger&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6276&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6276&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6046&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5027&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5027&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6543&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article710&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la biologie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4576&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4576&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; th&#233;orie de l'information &#187; en physico-chimie-biologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois de la physico-chimie vont-elles s'unir aux lois du vivant (de la biologie-g&#233;n&#233;tique-&#233;volution-d&#233;veloppement-&#233;pid&#233;miologie) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://curie.fr/physique-des-systemes-vivants-et-chimie-biologie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://curie.fr/physique-des-systemes-vivants-et-chimie-biologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/quad_0987-1381_1990_num_11_1_1301&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/quad_0987-1381_1990_num_11_1_1301&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos est n&#233;e en M&#233;canique classique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6072&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos en sciences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article517&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article517&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos en climatologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5384&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5384&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5704&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5704&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos en Physique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article752&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article752&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos et le vide quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1697&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1697&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos dans les syst&#232;mes amortis entretenus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3278&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos en astrophysique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2463&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2463&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos en biologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1079&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1079&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos et les syst&#232;mes vivants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article615&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article615&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos en &#233;volution des esp&#232;ces&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos en &#233;pid&#233;miologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6255&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6255&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos et la cardiologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du chaos, une des sept grandes r&#233;volutions unificatrices&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6277&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invariance d'&#233;chelle s'&#233;tend &#224; de nouveaux domaines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article43&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article43&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1295&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1295&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Invariance_d%27%C3%A9chelle&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Invariance_d%27%C3%A9chelle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theses.hal.science/tel-00808965/file/hdr.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theses.hal.science/tel-00808965/file/hdr.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/philosophiascientiae/787&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/philosophiascientiae/787&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invariance d'&#233;chelle du vide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.letemps.ch/pierre-brisson/2022/09/17/linvariance-dechelle-du-vide-un-retour-a-la-realite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.letemps.ch/pierre-brisson/2022/09/17/linvariance-dechelle-du-vide-un-retour-a-la-realite/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/astrophysique-une-theorie-se-passe-de-la-matiere-noire-49505/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/astrophysique-une-theorie-se-passe-de-la-matiere-noire-49505/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relativit&#233; d'&#233;chelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6376&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6376&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relativit&#233; d'&#233;chelle et le Vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5100&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5100&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier l'homme et l'animal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5580&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5580&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4369&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4270&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4270&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier l'homme et l'univers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3678&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier l'homme et le singe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1613&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1613&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier la mati&#232;re vivante et la mati&#232;re inerte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unifier la vie, l'homme et la conscience avec les lois physiques de la mati&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4665&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4665&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul monde, une seule science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4107&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Max Planck
&lt;p&gt;L'UNIT&#201; DE LA CONCEPTION DE L'UNIVERS EN PHYSIQUE&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il existe une science de la nature, on lui a toujours assign&#233; comme fin sup&#233;rieure de grouper en une synth&#232;se syst&#233;matique la prodigieuse diversit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes physiques et m&#234;me, si possible, de la condenser en une seule formule. Pour parvenir &#224; ce r&#233;sultat on a toujours eu recours &#224; deux m&#233;thodes oppos&#233;es. Ces deux m&#233;thodes se sont souvent trouv&#233;es en lutte, mais il est arriv&#233; aussi qu'elles se soient corrig&#233;es mutuellement, chacune contribuant &#224; la f&#233;condit&#233; de l'autre, ce qui s'est produit surtout quand elles se sont trouv&#233;es r&#233;unies dans l'esprit d'un m&#234;me savant qui les a successivement appliqu&#233;es &#224; un objet commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re m&#233;thode, dirai-je la plus juv&#233;nile ?, consiste en une g&#233;n&#233;ralisation rapide de quelques donn&#233;es exp&#233;rimentales, elle se lance hardiment dans les th&#233;ories les plus g&#233;n&#233;rales, applicables &#224; tout l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes et elle met au centre de ses conceptions une notion, un postulat unique, auquel elle essaye, avec plus ou moins de succ&#232;s, de soumettre la nature enti&#232;re et tout ce qui s'y manifeste. Ainsi l'eau, pour Thal&#232;s de Milet, l'&#233;nergie pour Wilhelm Ostwald sont le pivot central de leur conception de l'univers. Pour Hertz, le principe de la trajectoire la plus courte sera le lien qui unit entre eux tous les ph&#233;nom&#232;nes physiques et ce qui en donne l'explication ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde m&#233;thode est plus circonspecte, plus modeste et plus s&#251;re ; mais elle est loin de poss&#233;der le dynamisme de la premi&#232;re ; c'est pourquoi on ne l'a prise en consid&#233;ration que beaucoup plus tard. Elle renonce provisoirement aux r&#233;sultats d&#233;finitifs et se contente de tracer, de l'image du monde, les seuls traits qui lui paraissent &#233;tablis avec certitude, laissant aux recherches futures le soin de compl&#233;ter le tableau. Cette attitude trouve son expression la plus caract&#233;ristique dans la c&#233;l&#232;bre d&#233;finition de la m&#233;canique due &#224; Gustave Kirchhoff : &#171; La m&#233;canique est la description des mouvements ayant lieu dans la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux m&#233;thodes se compl&#232;tent mutuellement et jamais on ne peut se passer d'aucune d'elles dans la recherche physique. Mais ce n'est pas cette m&#233;thodologie double que je me propose d'&#233;tudier ici ; ce que je voudrais, c'est plut&#244;t attirer l'attention sur une question d'importance plus principielle, je veux dire la question de savoir &#224; quels r&#233;sultats a conduit jusqu'&#224; pr&#233;sent cette dualit&#233; de m&#233;thode et quels fruits on peut penser la voir produire dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut contester que le d&#233;veloppement de la physique a &#233;t&#233; dans le sens du progr&#232;s, de telle sorte que chaque d&#233;cade a am&#233;lior&#233; notre connaissance de la nature. &#192; d&#233;faut de toute autre preuve, un simple regard jet&#233; sur l'importance et sur le nombre toujours croissant des inventions qui mettent la nature au service de l'homme, suffirait &#224; nous en convaincre. Mais quelle est, dans l'ensemble, la direction qui a &#233;t&#233; suivie par le progr&#232;s ? Dans quelle mesure peut-on dire que l'on s'est vraiment rapproch&#233; du but ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celui qui se tient au courant du progr&#232;s de la science, telle est la question &#224; laquelle il importe avant tout de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier point, une fois &#233;lucid&#233;, nous serons par l&#224;-m&#234;me en &#233;tat de trancher la question, actuellement si disput&#233;e, de savoir ce que l'on veut dire au fond, quand on parle d'une repr&#233;sentation physique de l'univers. Est-ce que cette repr&#233;sentation ne serait qu'une construction de notre esprit appropri&#233;e &#224; son but, mais somme toute, arbitraire ; ou bien au contraire devons-nous admettre que cette image du monde est la reproduction fid&#232;le de ph&#233;nom&#232;nes naturels tout &#224; fait ind&#233;pendants de nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;terminer la direction suivie par l'&#233;volution de la physique, il n'y a qu'un moyen : c'est de comparer l'&#233;tat o&#249; elle se trouve aujourd'hui avec ce qu'elle &#233;tait autrefois. Et si l'on me demandait alors quel est le meilleur crit&#233;rium externe pour appr&#233;cier &#224; quel stade de son &#233;volution une science est parvenue, je ne saurais en indiquer de plus g&#233;n&#233;ral, que la mani&#232;re dont cette science d&#233;finit ses concepts fondamentaux et la fa&#231;on dont elle comprend le partage de son domaine. Aux yeux de quiconque veut r&#233;fl&#233;chir, la pr&#233;cision et la propri&#233;t&#233; de ses d&#233;finitions, les subdivisions parfaitement d&#233;limit&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de son domaine, sont en effet, dans chaque science, ce qui renferme les r&#233;sultats ultimes et les conclusions les plus m&#251;res du travail de ses savants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant comment la physique d'autrefois s'est comport&#233;e &#224; ce point de vue. Ce qui frappe tout d'abord, c'est que toutes les questions de physique, dans n'importe quelle branche se rattachent, soit &#224; des besoins d'ordre imm&#233;diatement pratique, soit &#224; des ph&#233;nom&#232;nes naturels particuli&#232;rement remarquables. C'est en se pla&#231;ant &#224; ces deux points de vue que l'on a divis&#233; la physique en ses diff&#233;rentes branches. La g&#233;om&#233;trie, par exemple, tire son nom de la mesure des surfaces terrestres et de l'arpentage des champs ; la m&#233;canique, de la construction des machines ; l'acoustique, l'optique et la th&#233;orie de la chaleur, des sensations sp&#233;cifiques correspondantes ; l'&#233;lectricit&#233;, des ph&#233;nom&#232;nes remarquables observ&#233;s quand on frotte de l'ambre ; le magn&#233;tisme, des propri&#233;t&#233;s singuli&#232;res d'un minerai de fer qui s'extrayait dans le voisinage de la ville de Magn&#233;sie. D'ailleurs, conform&#233;ment &#224; l'axiome qui veut que toute notre exp&#233;rience r&#233;sulte des perceptions de nos sens, il est &#233;vident que la part du physiologique dans toutes les d&#233;finitions de la physique est pr&#233;pond&#233;rante ; en un mot, tout dans la physique, aussi bien les d&#233;finitions que la structure tout enti&#232;re, poss&#232;de alors, en un certain sens, un caract&#232;re anthropomorphique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien diff&#233;rent est aujourd'hui l'aspect de l'ensemble doctrinal form&#233; par les th&#233;ories de la physique ! Tout d'abord cet ensemble offre un caract&#232;re d'unit&#233; beaucoup plus accentu&#233;. Le nombre des branches partielles dont se compose la physique est devenu moindre et cela parce que chaque canton, s'est annex&#233; un canton voisin : l'acoustique a &#233;t&#233; englob&#233;e par la m&#233;canique, le magn&#233;tisme et l'optique sont entr&#233;s dans le sein de l'&#233;lectrodynamique. Ensuite, cette simplification a toujours &#233;t&#233; accompagn&#233;e dans toutes les d&#233;finitions d'une r&#233;gression correspondante de l'&#233;l&#233;ment anthropomorphique, legs du pass&#233;. Y a-t-il aujourd'hui un physicien qui pense &#224; de l'ambre frott&#233;e quand il parle d'&#233;lectricit&#233; et &#224; la mine d'Asie Mineure d'o&#249; on a extrait les premiers aimants naturels, quand il parle de magn&#233;tisme ? En acoustique, en optique, en chaleur, les sensations sp&#233;cifiquement diff&#233;rentes qui correspondent &#224; chacun de ces termes sont justement ce qui a &#233;t&#233; &#233;limin&#233;. Les d&#233;finitions physiques du son, de la couleur, de la temp&#233;rature, n'ont aujourd'hui rien &#224; voir avec des perceptions sensibles imm&#233;diates. Le ton et la couleur sont d&#233;finies aujourd'hui par un nombre de vibrations (ou une longueur d'onde). Th&#233;oriquement, la d&#233;finition de la temp&#233;rature se rattache &#224; l'&#233;chelle des temp&#233;ratures absolues qui est une cons&#233;quence du second principe de la thermodynamique. On pourrait dire aussi que la temp&#233;rature est la force vive du mouvement mol&#233;culaire. En tout cas, pratiquement, c'est une grandeur qui se d&#233;finit par le changement de volume d'une substance thermom&#233;trique ou par la d&#233;viation lue sur l'&#233;chelle d'un bolom&#232;tre ou d'un pyrom&#232;tre thermo&#233;lectrique. De la sensation thermique, il n'est question en aucun cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est tout &#224; fait de m&#234;me en ce qui concerne le concept de force. Indubitablement, ce mot a signifi&#233; primitivement la force humaine, en accord avec le fait, que les machines les plus anciennement connues, le levier, la poulie et la vis &#233;taient mues par la force de l'homme ou des animaux. Le concept de force tire donc son origine du sens dynamique (ou musculaire), c'est-&#224;-dire d'une sensation sp&#233;cifique. Or, de la d&#233;finition moderne de la force, cette sensation sp&#233;cifique est tout aussi compl&#232;tement &#233;limin&#233;e que la sensation r&#233;tinienne l'est de la d&#233;finition de la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus, cette r&#233;gression de l'&#233;l&#233;ment sensible sp&#233;cifique dans les d&#233;finitions de la physique va si loin qu'il y a des branches dont la relation &#224; une sensation d&#233;termin&#233;e suffisait primitivement &#224; caract&#233;riser parfaitement tout le contenu et qui ont &#233;t&#233; scind&#233;es plus tard en plusieurs tron&#231;ons enti&#232;rement distincts par suite d'un rel&#226;chement du lien qui tenait unis ces tron&#231;ons. On observe donc, &#224; ce propos, un ph&#233;nom&#232;ne qui va &#224; l'encontre de la tendance qui porte toute science vers son unification et vers son homog&#233;n&#233;isation. Le meilleur exemple d'une &#233;volution de ce genre nous est donn&#233; par la th&#233;orie de la chaleur. Autrefois la chaleur formait une branche sp&#233;ciale bien d&#233;limit&#233;e de la physique, caract&#233;ris&#233;e par son rattachement aux donn&#233;es du sens thermique, ce qui suffisait pour qu'on en p&#251;t tracer avec pr&#233;cision les fronti&#232;res. Aujourd'hui, on a retranch&#233; de la th&#233;orie de la chaleur tout un chapitre sur la chaleur rayonnante, pour le rattacher &#224; l'optique. La sensation thermique n'a donc plus assez d'importance pour r&#233;unir en un seul faisceau les d&#233;bris h&#233;t&#233;rog&#232;nes de ce qui fut l'ancienne th&#233;orie de la chaleur. Nous retrouvons ces d&#233;bris, en partie dans l'optique (ou dans l'&#233;lectrodynamique), en partie dans la m&#233;canique, surtout dans cette section de la m&#233;canique qui trait&#233; de la th&#233;orie cin&#233;tique de la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, ce qui caract&#233;rise l'&#233;volution de la physique, c'est une tendance vers l'unit&#233; et cette unification s'op&#232;re principalement sous le signe d'une certaine lib&#233;ration de la physique, de ses &#233;l&#233;ments anthropomorphiques et surtout des liens qui la rattachaient &#224; ce qu'il y a de sp&#233;cifique dans les perceptions des organes de nos sens. Maintenant, si l'on veut bien remarquer que les sensations sont indubitablement &#224; la base de toute recherche, on ne pourra manquer de trouver &#233;tonnante et m&#234;me paradoxale cette aversion de la physique actuelle pour ce qui en est, somme toute, la condition fondamentale. Et pourtant, aucun fait n'appara&#238;t plus clairement dans l'histoire de la physique. Pour se r&#233;signer &#224; un pareil reniement de ses origines, ne faut-il pas qu'elle y ait trouv&#233; d'inappr&#233;ciables avantages !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'examiner plus en d&#233;tail ce point important, d&#233;tournons, pour un instant, nos regards du pass&#233; et interrogeons l'avenir. Quelle division sera adopt&#233;e par la physique dans les ann&#233;es qui vont suivre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, nous nous trouvons encore en pr&#233;sence de deux grands domaines : la m&#233;canique et l'&#233;lectrodynamique, ou bien encore, la physique de la mati&#232;re et la physique de l'&#233;ther. La premi&#232;re renferme aussi l'acoustique, la th&#233;orie de la conductibilit&#233; thermique et les ph&#233;nom&#232;nes chimiques ; la seconde renferme le magn&#233;tisme, l'optique et la chaleur rayonnante. Cette division est-elle d&#233;finitive ? Je ne le crois nullement et, cela, parce qu'il n'y a pas de fronti&#232;res pr&#233;cises entre ces deux domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes de l'&#233;mission lumineuse, par exemple, appartiennent-ils &#224; la m&#233;canique ou &#224; l'&#233;lectrodynamique ? Autre exemple : &#224; quel domaine convient-il de rattacher le mouvement des &#233;lectrons ? Au premier abord, on serait tent&#233; de r&#233;pondre : &#224; l'&#233;lectrodynamique ; car la mati&#232;re pond&#233;rable ne joue aucun r&#244;le dans les &#233;lectrons. Mais si l'on consid&#232;re, par exemple, le mouvement des &#233;lectrons dans les m&#233;taux, on verra que les travaux de H. A. Lorentz, entre autres, lui appliquent des lois qui ressemblent bien davantage &#224; celles de la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz qu'&#224; celles de l'&#233;lectrodynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc la vieille opposition entre la mati&#232;re et l'&#233;ther semble &#234;tre en train de s'estomper peu &#224; peu. L'&#233;lectrodynamique et la m&#233;canique sont loin de s'opposer irr&#233;ductiblement, quoi qu'en pensent les gens qui vont r&#233;p&#233;tant, un peu partout, que nous assistons au duel de la conception m&#233;canique et de la conception &#233;lectrodynamique de l'univers. Pour donner une base &#224; la m&#233;canique, il suffit des notions de temps, d'espace et de &#171; ce qui se meut &#187;, peu importe que ce soit une &#171; substance &#187; ou un &#171; &#233;tat &#187; ; or l'&#233;lectrodynamique, elle aussi, ne peut aucunement se dispenser de faire appel &#224; ces notions. Il en r&#233;sulte qu'une g&#233;n&#233;ralisation convenable du concept de m&#233;canique suffirait &#224; y faire rentrer l'&#233;lectrodynamique. D'ailleurs il y a bien des indices que les deux domaines en question, d&#233;j&#224; partiellement confondus, finiront par fusionner enti&#232;rement dans une seule et m&#234;me dynamique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on parvient &#224; surmonter l'opposition de la mati&#232;re et de l'&#233;ther, quel sera alors le point de vue auquel on se placera pour &#233;tablir des subdivisions &#224; l'int&#233;rieur de la physique ? D'apr&#232;s ce que nous avons dit plus haut, c'est l&#224; une question qui int&#233;resse toute l'&#233;volution future de notre science. Mais pour y r&#233;pondre il faut, auparavant, que nous approfondissions davantage ce qui appartient en propre aux principes de la physique. &lt;br class='autobr' /&gt;
II &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela, il convient, en premier lieu, de remonter jusqu'au point de d&#233;part, je veux dire jusqu'&#224; la premi&#232;re d&#233;marche faite dans le but de r&#233;aliser l'unit&#233; de la physique : unit&#233; jusqu'alors, simple postulat philosophique. Ce premier pas a &#233;t&#233; la d&#233;couverte du principe de la conservation de l'&#233;nergie. La notion d'&#233;nergie est, en effet, avec les notions de temps et d'espace, la seule qui soit commune &#224; toutes les branches de la physique. Il est donc naturel que ce principe, avant de recevoir la forme g&#233;n&#233;rale que lui ont donn&#233;e Lothar Mayer, Joule et Helmholtz, ait eu, lui aussi, un caract&#232;re anthropomorphique. Il repose en effet sur la simple constatation qu'il est impossible &#224; l'homme de tirer de rien, un effet utile. Cette constatation r&#233;sume le r&#233;sultat des exp&#233;riences faites en vue de r&#233;soudre un probl&#232;me technique : celui du mouvement perp&#233;tuel. Comme autrefois l'art des faiseurs d'or, la recherche du mouvement perp&#233;tuel a entra&#238;n&#233; des cons&#233;quences allant tr&#232;s loin, avec cette diff&#233;rence, cependant, que ce furent les &#233;checs et non pas les r&#233;sultats positifs obtenus, qui tourn&#232;rent au profit de la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on formule le principe de la conservation de l'&#233;nergie sans faire aucunement appel &#224; un point de vue anthropomorphique ou technique. Nous disons que l'&#233;nergie totale d'un syst&#232;me clos est une grandeur qui ne peut &#234;tre ni diminu&#233;e ni augment&#233;e par aucun des ph&#233;nom&#232;nes qui se passent &#224; l'int&#233;rieur de ce syst&#232;me et n'avons aucunement l'id&#233;e de faire d&#233;pendre l'exactitude de notre postulat du plus ou moins de perfection atteint par les m&#233;thodes dont nous disposons pour v&#233;rifier si tel mouvement est, oui ou non, un mouvement perp&#233;tuel. Strictement parlant la g&#233;n&#233;ralisation de principe l'a rendu ind&#233;montrable, mais il ne s'en impose qu'avec plus de force. Or, c'est en cela pr&#233;cis&#233;ment que consiste la lib&#233;ration de l'anthropomorphisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voyons donc aujourd'hui le principe de la conservation de l'&#233;nergie faire figure de construction pleinement autonome, apr&#232;s qu'ont &#233;t&#233; coup&#233;s les liens qui le rattachaient aux contingences ayant pr&#233;sid&#233; &#224; sa naissance. Au contraire, pour le principe de Clausius, dont on a fait le second principe de la thermodynamique, il est loin d'en &#234;tre de m&#234;me, du moins dans une aussi large mesure ; et voil&#224;, pr&#233;cis&#233;ment, ce qui en fait l'int&#233;r&#234;t au point de vue qui nous occupe. Nous voyons en effet ce principe pour ainsi dire non encore compl&#232;tement d&#233;pouill&#233; de la gangue o&#249; il &#233;tait enrob&#233; &#224; l'origine de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second principe de la thermodynamique, du moins tel qu'on le comprend le plus ordinairement, poss&#232;de, actuellement encore, un caract&#232;re anthropomorphique des plus nets. Il y a encore nombre de physiciens &#233;minents qui croient que sa l&#233;gitimit&#233; d&#233;pend du fait qu'il est impossible &#224; l'homme de p&#233;n&#233;trer dans les d&#233;tails de la complexit&#233; du mouvement mol&#233;culaire, c'est-&#224;-dire d'accomplir ce que peuvent faire les d&#233;mons de Maxwell. On sait que ces derniers sont capables de s&#233;parer, dans un gaz, les mol&#233;cules lentes des mol&#233;cules rapides, et cela sans fournir le moindre travail, en soulevant simplement de temps en temps un petit volet. Mais il n'est pas besoin d'&#234;tre proph&#232;te pour pr&#233;dire avec certitude que le second principe, n'ayant au fond rien &#224; voir avec les capacit&#233;s humaines, on ne fera dans sa formule d&#233;finitive aucune allusion &#224; la possibilit&#233; d'ex&#233;cution d'aucun processus naturel par les ressources de l'art humain. Nous esp&#233;rons m&#234;me que les consid&#233;rations qui vont suivre ne seront pas sans contribuer quelque peu &#224; lib&#233;rer tout &#233;l&#233;ment anthropomorphique le second principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons d'abord, d'un peu pr&#232;s, la signification de ce dernier et cherchons les liens qui le rattachent au principe de la conservation de l'&#233;nergie. Le principe de la conservation de l'&#233;nergie d&#233;clare qu'il n'y a de possibles, parmi les ph&#233;nom&#232;nes naturels, que ceux o&#249; il n'y a ni cr&#233;ation ni an&#233;antissement, mais simplement transformation d'&#233;nergie ; le second principe, allant plus loin, dit que toutes les transformations d'&#233;nergie ne sont pas possibles mais seulement un certain nombre d'entre elles et dans certaines circonstances. Par exemple, le travail m&#233;canique est susceptible de se transformer en chaleur sans restrictions, comme il arrive dans le cas du frottement ; mais la transformation inverse, c'est-&#224;-dire celle de la chaleur en travail, ne peut, au contraire, &#234;tre accomplie que sous certaines conditions limitatives. Si la seconde transformation &#233;tait possible sans restrictions, on pourrait utiliser la chaleur du globe terrestre, qui est proprement in&#233;puisable, pour faire marcher un moteur et ce moteur aurait m&#234;me, par surcro&#238;t, l'avantage de fonctionner comme une machine frigorifique, car le sol se refroidirait tandis qu'il marcherait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impossibilit&#233;, d&#233;montr&#233;e exp&#233;rimentalement, de construire un tel moteur (appel&#233; aussi &#171; perpetuum mobile de seconde esp&#232;ce &#187;) entra&#238;ne n&#233;cessairement comme cons&#233;quence qu'il y a dans la nature des processus qui ne peuvent en aucune fa&#231;on &#234;tre r&#233;versibles. Si l'on pouvait, par exemple, rendre compl&#232;tement r&#233;versible le ph&#233;nom&#232;ne de frottement par le moyen duquel du travail est transform&#233; en chaleur, quelle que soit d'ailleurs la complexit&#233; de l'appareillage n&#233;cessaire pour cela, on n'aurait, en somme, rien fait d'autre que de r&#233;aliser le moteur dont nous venons de parler, c'est-&#224;-dire le &#171; perpetuum mobile de seconde esp&#232;ce &#187;. Il est, par suite, &#233;vident que le seul effet accompli par cet appareil serait de transformer de la chaleur en travail et cela sans que, la transformation une fois achev&#233;e, aucun objet n'ait subi, par ailleurs, de modification permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous appelons irr&#233;versibles, tous les ph&#233;nom&#232;nes qui, comme les pr&#233;c&#233;dents, ne peuvent &#234;tre invers&#233;s en aucune mani&#232;re et r&#233;versibles, tous les autres ph&#233;nom&#232;nes, nous aurons exprim&#233; tout l'essentiel du second principe en disant qu'il y a des ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles dans la nature. Il s'ensuit que l'ensemble des changements qui ont lieu dans l'univers est tel qu'il en r&#233;sulte une progression dans un sens d&#233;termin&#233;. En d'autres termes, &#224; chaque transformation irr&#233;versible, le monde fait un pas en avant dont il est impossible d'effacer la trace de quelque mani&#232;re que l'on s'y prenne. Le frottement, la conductibilit&#233; thermique, la diffusion, la conductibilit&#233; &#233;lectrique, l'&#233;mission de la lumi&#232;re, la chaleur rayonnante, la destruction des atomes dans les substances radioactives sont des exemples de ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles. Au contraire, le mouvement des plan&#232;tes, la chute libre des corps dans le vide, les oscillations pendulaires non amorties, la propagation des ondes lumineuses et sonores sans absorption ni diffraction, les oscillations &#233;lectriques non amorties sont des exemples de ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles. Tous ces ph&#233;nom&#232;nes, ou bien sont d&#233;j&#224; par eux-m&#234;mes p&#233;riodiques, ou bien sont susceptibles d'&#234;tre invers&#233;s au moyen de dispositifs appropri&#233;s, par exemple la chute d'un corps est susceptible d'&#234;tre invers&#233;e, car on peut utiliser la vitesse acquise de ce corps pour le ramener &#224; son niveau primitif, de m&#234;me, une onde lumineuse ou sonore peut se r&#233;fl&#233;chir int&#233;gralement si on la re&#231;oit, comme il convient, sur un miroir parfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont maintenant les propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;rales et caract&#233;ristiques des ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles ? Comment s'y prendre pour appr&#233;cier quantitativement le degr&#233; d'irr&#233;versibilit&#233; d'un ph&#233;nom&#232;ne, celle-ci &#233;tant prise dans son acception la plus g&#233;n&#233;rale ? Cette question a &#233;t&#233; envisag&#233;e des points de vue les plus divers et on l'a r&#233;solue de bien des fa&#231;ons. C'est pourquoi son &#233;tude va nous permettre de scruter d'une mani&#232;re singuli&#232;rement efficace le m&#233;canisme interne typique qui r&#232;gle l'&#233;volution de toutes les grandes th&#233;ories physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me qu'autrefois le probl&#232;me technique du mouvement perp&#233;tuel a mis sur la voie de la d&#233;couverte du principe de la conservation de l'&#233;nergie, de m&#234;me, plus tard, un autre probl&#232;me d'ordre technique, celui de la machine &#224; vapeur, a permis de pr&#233;ciser la distinction entre les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles et les ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles. D&#233;j&#224; Sadi Carnot se rendait compte que les processus irr&#233;versibles sont moins avantageux &#233;conomiquement que les processus r&#233;versibles (bien qu'il se fit une id&#233;e inexacte de la nature de la chaleur), car, dans un processus irr&#233;versible, on laisse inutilis&#233;e une certaine possibilit&#233; th&#233;orique de produire du travail m&#233;canique en d&#233;pensant de la chaleur. De cette remarque &#224; l'id&#233;e de prendre pour mesure de l'irr&#233;versibilit&#233; d'un ph&#233;nom&#232;ne la proportion de travail m&#233;canique qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme perdue d&#233;finitivement (ce travail perdu &#233;tant nul dans les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles) il n'y avait qu'un pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;finition, si elle a effectivement rendu des services dans certains cas, par exemple dans le cas des ph&#233;nom&#232;nes isothermes, est cependant inutilisable si l'on se place &#224; un point de vue tout &#224; fait g&#233;n&#233;ral et elle conduit m&#234;me &#224; des erreurs. &#201;tant donn&#233; un ph&#233;nom&#232;ne irr&#233;versible, on ne peut, en effet, d&#233;finir d'une mani&#232;re pr&#233;cise le travail perdu, tant qu'on ne peut pas indiquer exactement quelle est la source d'&#233;nergie qui aurait d&#251; fournir le travail en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple fera mieux comprendre ce qui pr&#233;c&#232;de. La conductibilit&#233; thermique est un ph&#233;nom&#232;ne irr&#233;versible ; car, pour parler comme Clausius, la chaleur ne peut pas passer, sans compensation, d'un corps froid &#224; un corps plus chaud. Quel est donc le travail qui est perdu quand la quantit&#233; de chaleur Q (suppos&#233;e petite) passe par conductibilit&#233; d'un corps chaud ayant la temp&#233;rature T1 &#224; un corps froid ayant la temp&#233;rature T2 ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question nous utiliserons ce transport de chaleur dans un cycle r&#233;versible de Carnot dont les deux sources de chaleur seront pr&#233;cis&#233;ment les deux corps en question. Or on sait qu'un cycle de Carnot se boucle en produisant du travail, ce travail est donc &#233;gal &#224; celui qui est perdu quand la chaleur passe directement par conductibilit&#233; de la source chaude &#224; la source froide. Toutefois il n'est susceptible d'aucune mesure d&#233;finie tant qu'on ne sait pas d'o&#249; il provient ; dans le cas pr&#233;sent est-ce de la source chaude ou de la source froide ? Il ne faut pas oublier, en effet, que dans le cycle r&#233;versible de Carnot la chaleur c&#233;d&#233;e par le corps chaud n'est pas du tout &#233;gale &#224; celle qui a &#233;t&#233; re&#231;ue par le corps froid car il y a une certaine fraction de cette chaleur totale qui a &#233;t&#233; convertie en travail. Il est donc tout aussi l&#233;gitime de consid&#233;rer la chaleur transport&#233;e pendant un cycle de Carnot comme &#233;tant &#233;gale &#224; la chaleur re&#231;ue par le corps froid que de l'identifier &#224; celle qui a &#233;t&#233; c&#233;d&#233;e par le corps chaud. Dans le premier cas le travail perdu par conductibilit&#233; simple sera :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Q &#215; T1 &#8722; T2T2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans le second :&lt;br class='autobr' /&gt;
Q &#215; T1 &#8722; T2T1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clausius s'est d'ailleurs parfaitement rendu compte qu'il y avait l&#224; une ind&#233;termination irr&#233;ductible, c'est pourquoi il a g&#233;n&#233;ralis&#233; le cas du cycle de Carnot simple en admettant l'existence d'un troisi&#232;me r&#233;servoir dont la temp&#233;rature est tout &#224; fait ind&#233;termin&#233;e, qui fournit donc un travail non moins ind&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artifice propos&#233; plus haut pour trouver une expression math&#233;matique de l'irr&#233;versibilit&#233; d'un ph&#233;nom&#232;ne ne nous a donc pas conduit au but et nous savons maintenant pourquoi : c'est que le probl&#232;me a &#233;t&#233; pos&#233; en termes trop anthropomorphiques. On s'est trop plac&#233; pour le r&#233;soudre au point de vue des besoins de l'homme pour lequel produire du travail utile est-ce qui importe avant tout. Pour obtenir de la nature une r&#233;ponse appropri&#233;e, il faut la consid&#233;rer d'un point de vue plus g&#233;n&#233;ral en faisant abstraction des pr&#233;occupations &#233;conomiques. C'est ce que nous allons tenter de faire maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons l'&#233;volution d'un ph&#233;nom&#232;ne naturel quelconque. Tout ph&#233;nom&#232;ne de ce genre am&#232;ne les corps qui y prennent part d'un certain &#233;tat initial A &#224; un &#233;tat final B. Le ph&#233;nom&#232;ne consid&#233;r&#233; est r&#233;versible ou bien il est irr&#233;versible ; mais il n'y a aucune autre hypoth&#232;se possible. D&#232;s lors l'irr&#233;versibilit&#233; ou la r&#233;versibilit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne d&#233;pendent uniquement de la nature constitutive de l'&#233;tat initial et de celle de l'&#233;tat final et non pas de la fa&#231;on dont le ph&#233;nom&#232;ne s'est d&#233;roul&#233; entre ces deux &#233;tats extr&#234;mes. Il ne s'agit, en effet, que de savoir si, une fois que l'&#233;tat B est atteint, il est encore possible, d'une mani&#232;re quelconque, au syst&#232;me de reprendre int&#233;gralement l'&#233;tat A. Si le retour int&#233;gral &#224; l'&#233;tat A est impossible, c'est-&#224;-dire si le processus est irr&#233;versible, c'est que l'&#233;tat B poss&#232;de une certaine propri&#233;t&#233; en vertu de laquelle il jouit d'une sorte de pr&#233;cellence naturelle sur l'&#233;tat A. J'ai exprim&#233; ceci, il y a d&#233;j&#224; bien longtemps, en disant que la nature a plus de propension pour l'&#233;tat B que pour l'&#233;tat A. En se pla&#231;ant &#224; ce point de vue, il ne peut donc exister de processus dont l'&#233;tat final serait un objet d'attrait moindre pour la nature que l'&#233;tat initial. Les changements r&#233;versibles sont un cas limite dans lequel la nature a autant de propension pour l'&#233;tat initial que pour l'&#233;tat final ; c'est pourquoi le passage est possible de l'un &#224; l'autre dans les deux sens. Maintenant il n'y a plus qu'&#224; trouver une grandeur physique susceptible de pouvoir servir &#224; mesurer, d'une mani&#232;re tout &#224; fait g&#233;n&#233;rale, la pr&#233;f&#233;rence qu'a la nature pour un &#233;tat donn&#233;. Cette grandeur devra &#234;tre d&#233;termin&#233;e imm&#233;diatement par l'&#233;tat du syst&#232;me consid&#233;r&#233;, sans qu'on ait besoin de conna&#238;tre quoi que ce soit de son histoire ant&#233;rieure. Elle ressemblera donc en cela &#224; l'&#233;nergie, au volume et aux autres caract&#233;ristiques de ce syst&#232;me. D'autre part, elle devra poss&#233;der la particularit&#233; de cro&#238;tre toutes les fois que le syst&#232;me subira une transformation irr&#233;versible tandis qu'elle restera constante pour toutes les transformations r&#233;versibles. Ces conditions &#233;tant remplies, on pourra &#233;videmment dire que la variation de la grandeur en question lors d'une transformation, est une mesure de l'irr&#233;versibilit&#233; de cette transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Clausius &#224; d&#233;couvert la grandeur dont il s'agit et il lui a donn&#233; le nom d'entropie. Tout syst&#232;me form&#233; par des corps dans un &#233;tat quelconque poss&#232;de une entropie d&#233;termin&#233;e et cette entropie repr&#233;sente le degr&#233; de pr&#233;f&#233;rence qu'a la nature pour la r&#233;alisation de cet &#233;tat. Quelles que soient les modifications internes dont le syst&#232;me peut &#234;tre le si&#232;ge, l'entropie ne peut que cro&#238;tre, jamais diminuer. Si l'on avait affaire &#224; une succession de ph&#233;nom&#232;nes comprenant des modifications dues &#224; des influences venant de l'ext&#233;rieur ; il suffirait de faire entrer dans le syst&#232;me les corps exer&#231;ant ces influences pour que l'on puisse appliquer le postulat sous la forme que nous venons de lui donner. En outre, l'entropie d'un syst&#232;me de corps est &#233;gale &#224; la somme des entropies de chacun des corps particuliers dont il se compose ; et l'entropie d'un corps donn&#233; peut &#234;tre calcul&#233;e par la m&#233;thode de Clausius au moyen d'un certain cycle r&#233;versible. Si un corps re&#231;oit de la chaleur, son entropie augmente d'une quantit&#233; &#233;gale au quotient de la chaleur re&#231;ue par la temp&#233;rature du corps, par contre, une simple compression ne modifie pas l'entropie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; l'exemple cit&#233; plus haut o&#249; un corps de temp&#233;rature T1 envoie par conductibilit&#233; de la chaleur &#224; un corps de temp&#233;rature T2 ; l'entropie de ce corps aura diminu&#233;, celle du corps froid aura augment&#233;, la somme des deux variations c'est-&#224;-dire l'entropie totale du syst&#232;me aura pour valeur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8722; QT1 + QT2 &gt; 0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une grandeur positive et elle donne sans la moindre ambigu&#239;t&#233; la mesure de l'irr&#233;versibilit&#233; dans le cas de la conductibilit&#233;. Il serait d'ailleurs facile de citer d'innombrables exemples du m&#234;me genre. Tout ph&#233;nom&#232;ne chimique, notamment, conviendrait dans ce but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second principe de la thermodynamique avec toutes ses cons&#233;quences est donc devenu le principe de l'augmentation de l'entropie. Vous comprendrez maintenant pourquoi, r&#233;pondant &#224; la question que je posais tout &#224; l'heure touchant la fa&#231;on dont la physique sera subdivis&#233;e &#224; l'avenir, je dis, qu'&#224; mon avis, les ph&#233;nom&#232;nes physiques se partageront en deux grandes classes ; les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles et les ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement tous les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles, qu'ils aient lieu dans ln mati&#232;re, dans l'&#233;ther ou dans les deux &#224; la fois, se ressemblent beaucoup plus entre eux qu'ils ne ressemblent &#224; un ph&#233;nom&#232;ne irr&#233;versible quelconque. Un simple examen de la forme des &#233;quations diff&#233;rentielles qui r&#233;gissent chaque cat&#233;gorie de ph&#233;nom&#232;ne suffirait &#224; nous en convaincre. Dans les &#233;quations diff&#233;rentielles des ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles, la diff&#233;rentielle du temps ne figure qu'&#224; des puissances paires, car dans une transformation r&#233;versible on peut &#224; volont&#233; changer le signe alg&#233;brique du temps. Ceci est vrai des oscillations pendulaires comme des oscillations &#233;lectriques, des ondes optiques et acoustiques, des mouvements de points mat&#233;riels et d'&#233;lectrons dans lesquels on ne peut d&#233;celer d'amortissement. Dans la m&#234;me cat&#233;gorie, on peut ranger aussi les transformations infiniment lentes envisag&#233;es par la thermodynamique (qui ne sont &#224; vrai dire que des s&#233;riez d'&#233;tats d'&#233;quilibre) dans lesquels le temps ne joue absolument aucun r&#244;le et peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme figurant &#224; la puissance 0. D'autre part, tous les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles ont encore ceci de commun qu'ils ob&#233;issent int&#233;gralement, comme Helmholtz l'a montr&#233;, au principe de moindre action. Ce principe permet de donner des solutions quantitatives exactes aux probl&#232;mes les concernant, du moins dans la mesure o&#249; l'on peut consid&#233;rer la th&#233;orie des ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles comme d&#233;finitivement acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, tous les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles pr&#233;sentent l'inconv&#233;nient de n'&#234;tre qu'id&#233;als. Dans la nature il n'existe pas un seul ph&#233;nom&#232;ne de ce genre car tous les ph&#233;nom&#232;nes naturels sont plus ou moins ins&#233;parables de frottements ou de transports de chaleur. Or dans le domaine des ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles, le principe de la moindre action ne suffit plus. Le principe de l'augmentation de l'entropie introduit, en effet, dans l'univers physique un &#233;l&#233;ment nouveau qui est, de soi, &#233;tranger au principe de moindre action. Le second principe requiert donc, pour son application, des consid&#233;rations math&#233;matiques d'un genre sp&#233;cial, car il est charg&#233; de traduire la propri&#233;t&#233; la plus g&#233;n&#233;rale des ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles : celle de tendre vers un &#233;tat final d&#233;finitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressortira, je l'esp&#232;re, des consid&#233;rations qui pr&#233;c&#232;dent que le contraste existant entre les ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles et les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles est bien plus profond que celui qui oppose, par exemple, les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques et les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectriques. C'est donc, semble-t-il, &#224; juste titre, qu'il convient de le mettre &#224; la base de la division la plus g&#233;n&#233;rale des ph&#233;nom&#232;nes physiques ; et voil&#224; pourquoi on peut s'attendre &#224; voir la distinction entre ces deux genres de ph&#233;nom&#232;nes jouer le r&#244;le principal dans la physique future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins la classification qui vient d'&#234;tre expos&#233;e a besoin d'une am&#233;lioration essentielle. Il est en effet ind&#233;niable que, m&#234;me sous la forme que nous venons de lui donner, la syst&#233;matique physique est encore fortement entach&#233;e d'anthropomorphisme. Dans la d&#233;finition de l'entropie nous avons eu recours, en effet, &#224; l'id&#233;e de &#171; r&#233;alisabilit&#233; &#187; de certains changements dans l'univers, ce qui revient, en fin de compte, &#224; rendre la classification des ph&#233;nom&#232;nes physiques d&#233;pendante du plus ou moins d'efficacit&#233; de la technique exp&#233;rimentale humaine ; or la perfection de cette derni&#232;re, bien loin d'&#234;tre immuable, progresse sans cesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, donc, il est n&#233;cessaire de trouver une d&#233;finition des ph&#233;nom&#232;nes r&#233;versibles et des ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles valable pour tous les temps, il importe d'approfondir celle que nous venons de donner et notamment de la d&#233;solidariser d'avec tout ce qui a trait aux facult&#233;s humaines. Comment y arriver ? c'est ce que nous allons montrer. &lt;br class='autobr' /&gt;
III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre premi&#232;re d&#233;finition de l'irr&#233;versibilit&#233; &#233;tait vicieuse, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, parce qu'elle suppose l'existence d'une limite d&#233;termin&#233;e pour les capacit&#233;s humaines. Or il n'y a rien, en r&#233;alit&#233;, qui puisse permettre de d&#233;celer l'existence d'une telle limite. Au contraire, nous voyons le genre humain tendre de toutes ses forces &#224; reculer toujours plus loin les bornes de l'efficacit&#233; de son effort ; et nous esp&#233;rons que, parmi les choses tenues aujourd'hui pour impossibles, il y en aura beaucoup qui se feront demain. On pourrait alors se demander si un ph&#233;nom&#232;ne qui a toujours &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent consid&#233;r&#233; comme irr&#233;versible, ne pourrait &#234;tre reconnu plus tard comme &#233;tant en r&#233;alit&#233; r&#233;versible, par suite d'une invention nouvelle. Ceci entra&#238;nerait in&#233;vitablement la ruine du second principe de la thermodynamique, car l'irr&#233;versibilit&#233; d'un seul ph&#233;nom&#232;ne conditionne, on peut s'en convaincre facilement, celle de tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple concret : le mouvement tremblotant, si singulier et si facilement observable, ex&#233;cut&#233; par de petites particules suspendues dans un liquide d&#233;nomm&#233; mouvement brownien, est regard&#233; selon les th&#233;ories les plus r&#233;centes comme la cons&#233;quence des chocs des mol&#233;cules du liquide contre les particules. Or si l'on pouvait, sans faire une d&#233;pense appr&#233;ciable de travail, au moyen d'un dispositif extr&#234;mement d&#233;licat, arriver &#224; disposer et &#224; diriger s&#233;par&#233;ment chacune de ces particules de telle sorte que le mouvement brownien de d&#233;sordonn&#233; devint ordonn&#233;, on aurait, sans aucun doute, trouv&#233; le moyen de transformer sans compensation la chaleur du liquide en une force vive, appr&#233;ciable, par des moyens grossiers, donc utilisables, ce qui est en pleine contradiction avec le second principe. Admettre la possibilit&#233; d'un tel dispositif serait d&#233;tr&#244;ner le postulat de Carnot-Clausius de son rang de principe, en m&#234;me temps qu'on le rendrait d&#233;pendant des progr&#232;s de la technique exp&#233;rimentale. Pour lui conserver sa signification principielle, un seul moyen reste alors : c'est de formuler la notion d'irr&#233;versibilit&#233; de fa&#231;on &#224; la rendre ind&#233;pendante de toute consid&#233;ration anthropomorphique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'irr&#233;versibilit&#233; se ram&#232;ne &#224; celle d'entropie, tout ph&#233;nom&#232;ne irr&#233;versible &#233;tant li&#233; &#224; une augmentation d'entropie. Tout revient donc &#224; perfectionner la d&#233;finition de l'entropie. Conform&#233;ment &#224; la d&#233;finition primitive de Clausius, l'entropie se mesure par l'interm&#233;diaire d'un certain cycle r&#233;versible. La faiblesse de cette d&#233;finition consiste pr&#233;cis&#233;ment dans le fait qu'il est absolument impossible de r&#233;aliser un ph&#233;nom&#232;ne rigoureusement r&#233;versible. On pourrait, &#224; la rigueur, objecter que dans le cas pr&#233;sent, il ne s'agit pas de processus r&#233;els ex&#233;cut&#233;s par un physicien r&#233;el mais seulement d'exp&#233;riences id&#233;ales, purement imaginaires pour ainsi dire, que seul pourrait ex&#233;cuter un physicien id&#233;al capable de mettre en &#339;uvre la m&#233;thode exp&#233;rimentale avec une exactitude rigoureusement parfaite. Mais nous retombons encore sur la m&#234;me difficult&#233; : quelle port&#233;e convient-il d'attribuer aux mesures id&#233;ales de ce physicien id&#233;al ? &#192; la rigueur, on peut comprendre, &#224; l'aide d'une sorte de passage &#224; la limite, qu'on puisse comprimer un gaz en exer&#231;ant sur lui une pression &#233;gale &#224; sa pression interne, ou encore qu'on &#233;l&#232;ve la temp&#233;rature de ce gaz en prenant de la chaleur &#224; une source ayant la m&#234;me temp&#233;rature que lui. Mais il semble d&#233;j&#224; bien plus difficile d'admettre qu'on puisse liqu&#233;fier r&#233;versiblement une vapeur satur&#233;e par compression isotherme sans que jamais la substance cesse d'&#234;tre homog&#232;ne, et c'est ce que l'on admet cependant dans certaines th&#233;ories de la thermodynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, c'est en chimie physique que la fantaisie accord&#233;e au physicien dans ses exp&#233;riences id&#233;ales semble &#234;tre pouss&#233;e le plus loin. &#192; l'aide de parois semi-perm&#233;ables (r&#233;alisables seulement dans certaines circonstances bien sp&#233;ciales et d'une mani&#232;re tout &#224; fait approximative), nous le voyons s&#233;parer r&#233;versiblement, non seulement les mol&#233;cules des esp&#232;ces les plus diverses, peu importe qu'elles soient dans un &#233;tat stable ou labile ; mais encore les ions poss&#233;dant des charges de signes contraires, sans se soucier des forces &#233;lectrostatiques &#233;normes qui s'opposeraient &#224; cette s&#233;paration, ni du fait qu'il y a des mol&#233;cules qui continuent &#224; se dissocier pendant que la s&#233;paration s'accomplit, tandis qu'une partie des ions se condense en mol&#233;cules neutres. Pourtant c'est &#224; des artifices de ce genre qu'il faut absolument avoir recours pour comparer l'entropie des mol&#233;cules non dissoci&#233;es &#224; celles des mol&#233;cules dissoci&#233;es, si l'on veut appliquer la d&#233;finition de Clausius. L'&#233;tonnant, dans ces conditions, c'est de voir les r&#233;sultats exp&#233;rimentaux, confirmer, malgr&#233; tout, de pareilles audaces th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant on examine les r&#233;sultats, on s'aper&#231;oit qu'ils ne d&#233;pendent en aucune mani&#232;re de la possibilit&#233; d'ex&#233;cution r&#233;elle des processus id&#233;aux, car ils ne sont en d&#233;finitive que des relations entre des grandeurs naturelles, comme la temp&#233;rature, la chaleur de r&#233;action, la concentration, etc. Aussi ne peut-on s'emp&#234;cher de conjecturer que l'admission, &#224; titre d'interm&#233;diaires, des processus id&#233;aux, n'a, ou fond, pas d'autre signification que celle d'un d&#233;tour pour r&#233;soudre un syst&#232;me d'&#233;quations. Le v&#233;ritable contenu du principe de l'augmentation de l'entropie avec toutes les cons&#233;quences qu'il entra&#238;ne peut donc &#234;tre d&#233;solidaris&#233; enti&#232;rement de la notion d'irr&#233;versibilit&#233; sous sa forme primitive, c'est-&#224;-dire de l'id&#233;e de l'impossibilit&#233; du &#171; perpetuum mobile &#187; de seconde esp&#232;ce, tout comme le principe de la conservation de l'&#233;nergie a pu &#234;tre d&#233;solidaris&#233; de l'id&#233;e de l'impossibilit&#233; du &#171; perpetuum mobile &#187; de premi&#232;re esp&#232;ce,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre scientifique de Ludwig Boltzmann a &#233;t&#233; consacr&#233;e tout enti&#232;re &#224; faire franchir &#224; la thermodynamique le pas d&#233;cisif qui devait lib&#233;rer le concept d'entropie de toute d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de la technique exp&#233;rimentale, c'est pourquoi cette &#339;uvre a fait du postulat de Clausius un v&#233;ritable principe. Nous la r&#233;sumerons en disant qu'elle a consist&#233; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, &#224; ramener le concept d'entropie &#224; celui de probabilit&#233;. Telle est la raison pour laquelle j'ai employ&#233; plus haut le mot de &#171; pr&#233;f&#233;rence &#187; en disant que la nature avait de la &#171; pr&#233;f&#233;rence &#187; pour un certain &#233;tat. La nature pr&#233;f&#232;re les &#233;tats les plus probables aux autres, moins probables, en ne r&#233;alisant que des transformations allant dans le sens d'une augmentation de la probabilit&#233;. Si la chaleur se propage d'un corps &#224; temp&#233;rature &#233;lev&#233;e vers un autre plus froid, c'est qu'un &#233;tat o&#249; la distribution de la temp&#233;rature est uniforme est un &#233;tat plus probable que celui o&#249; il y a des in&#233;galit&#233;s de temp&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie atomique, en introduisant les consid&#233;rations statistiques, permet, &#233;tant donn&#233; un &#233;tat pris par un syst&#232;me de corps, de calculer la valeur de la probabilit&#233; de cet &#233;tat. Quant aux actions que les atomes exercent les unes sur les autres, elles suivent les lois g&#233;n&#233;rales de la m&#233;canique et de l'&#233;lectrodynamique qui demeurent inchang&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se pla&#231;ant &#224; ce point de vue, le second principe cesse d'occuper une place &#224; part et la pr&#233;f&#233;rence qu'a la nature pour certains &#233;tats perd ce qu'elle avait de myst&#233;rieux ; le principe de l'augmentation de l'entropie devient une cons&#233;quence de l'introduction de l'atomistique en physique, en tant qu'il r&#233;sulte d'une application parfaitement l&#233;gitime du calcul des probabilit&#233;s &#224; cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe cependant de ne pas se le dissimuler, ce nouveau progr&#232;s dans l'unification de nos conceptions de l'univers a d&#251; &#234;tre pay&#233; de quelques sacrifices. Le principal est la renonciation &#224; r&#233;pondre &#224; toutes les questions portant sur le d&#233;tail des ph&#233;nom&#232;nes physiques, cette renonciation est inh&#233;rente &#224; l'adoption du point de vue statistique en vertu de quoi on ne parle, en effet, plus que de valeurs moyennes et on ne dit plus rien de chacun des &#233;l&#233;ments pris &#224; part, dont se compose cette moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de liens causals de deux sortes diff&#233;rentes pour rendre compte des ph&#233;nom&#232;nes physiques nous semble &#234;tre un autre inconv&#233;nient s&#233;rieux ; car, d'une part, nous avons une n&#233;cessit&#233; rigoureuse et de l'autre une simple probabilit&#233;. Si un liquide pesant au repos tend &#224; avoir le plus bas niveau possible, cela est n&#233;cessaire, d'apr&#232;s le principe de la conservation de l'&#233;nergie, car un corps ne peut se mettre en mouvement que si son &#233;nergie cin&#233;tique augmente, donc si son &#233;nergie potentielle diminue, c'est-&#224;-dire si son centre de gravit&#233; s'abaisse. Par contre, si un corps chaud c&#232;de de la chaleur &#224; un corps plus froid, il ne s'agit l&#224; que d'une &#233;norme probabilit&#233; et non pas d'une n&#233;cessit&#233; absolue. On peut en effet parfaitement concevoir un arrangement sp&#233;cial des atomes ayant des vitesses telles qu'il s'en suivrait exactement le contraire. D'ailleurs Boltzmann tire de ses th&#233;ories la conclusion que des ph&#233;nom&#232;nes &#233;tranges tout &#224; fait contraires au second principe de la thermodynamique peuvent parfaitement se produire et il leur assigne une place dans son syst&#232;me de l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, &#224; mon avis, il n'y a pas lieu de le suivre sur ce point. Un univers o&#249; se passeraient des choses aussi &#233;tranges que le reflux de la chaleur d'un corps froid vers un corps plus chaud ou la d&#233;mixtion spontan&#233;e de deux gaz ayant diffus&#233; l'un dans l'autre, ne serait plus notre univers. Tant que nous aurons affaire &#224; ce dernier, il convient de ne pas admettre ces processus &#233;tranges et de rechercher au contraire quel est l'&#233;tat de choses tr&#232;s g&#233;n&#233;ral qui s'oppose &#224; des r&#233;alisations de ce genre dans la nature. Cette condition g&#233;n&#233;rale, Boltzmann, lui-m&#234;me, l'a formul&#233;e, en ce qui concerne la th&#233;orie des gaz, en posant son hypoth&#232;se du &#171; d&#233;sordre &#233;l&#233;mentaire &#187;. Cette hypoth&#232;se revient, en somme, &#224; admettre que les &#233;l&#233;ments sur lesquels op&#232;re la statistique agissent tout &#224; fait ind&#233;pendamment les uns des autres. Cette condition, une fois introduite, la n&#233;cessit&#233; se trouve r&#233;tablie dans le cours des choses ; car il suffit alors d'appliquer les r&#232;gles du calcul des probabilit&#233;s pour en d&#233;duire la loi de l'augmentation de l'entropie comme une cons&#233;quence directe. On peut donc dire que le second principe de la thermodynamique est essentiellement le principe du &#171; d&#233;sordre &#233;l&#233;mentaire &#187;. Sous cette forme il est tout aussi impossible &#224; ce principe de mener &#224; une contradiction que cela est impossible au calcul des probabilit&#233;s dont il a &#233;t&#233; d&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est maintenant la relation qui existe entre la probabilit&#233; d'un syst&#232;me et son entropie ? On peut la d&#233;duire de la simple remarque que la probabilit&#233; de deux syst&#232;mes ind&#233;pendants est &#233;gale au produit des probabilit&#233;s de chacun des syst&#232;mes composants (W = W1W2) ; tandis que l'entropie totale est &#233;gale &#224; la somme des entropies partielles. L'entropie est donc proportionnelle au logarithme de la probabilit&#233; (S = k ln W).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce th&#233;or&#232;me va nous fournir une m&#233;thode pour calculer l'entropie dont la port&#233;e d&#233;passe de loin celle des anciens artifices de la thermodynamique. La nouvelle d&#233;finition de l'entropie peut, notamment, s'&#233;tendre &#224; n'importe quel &#233;tat dynamique et non pas aux seuls &#233;tats d'&#233;quilibre, habituellement &#233;tudi&#233;s par la thermodynamique. De plus, pour calculer la valeur de l'entropie, il n'est plus n&#233;cessaire de consid&#233;rer, comme le faisait Clausius, un syst&#232;me qui parcourt un cycle ferm&#233;, cycle dont la possibilit&#233; de r&#233;alisation para&#238;t toujours plus ou moins douteuse. Enfin, comme cons&#233;quence de cette ind&#233;pendance de tout artifice, la nouvelle d&#233;finition se trouve &#234;tre purg&#233;e de tout anthropomorphisme ; c'est pourquoi elle est susceptible de donner un fondement r&#233;el au second principe de la thermodynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la voyons se montrer f&#233;conde, non seulement dans la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz, mais encore dans celle de la chaleur rayonnante ; dans tous ces domaines elle a permis la d&#233;duction de lois qui ont &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;es par l'exp&#233;rience. Tout corps qui rayonne de la chaleur en perd ; son entropie diminue donc et ceci suffit &#224; prouver que la chaleur rayonnante a aussi une entropie. En effet, l'entropie d'un syst&#232;me ne peut que cro&#238;tre, il faut donc qu'au moins une partie de l'entropie soit contenue dans la chaleur rayonnante, aussi un rayon monochromatique a-t-il une temp&#233;rature d&#233;termin&#233;e qui ne d&#233;pend que de son intensit&#233; ; cette temp&#233;rature est celle du corps noir qui &#233;met des rayons de la m&#234;me intensit&#233;. La principale diff&#233;rence entre le cas de la chaleur rayonnante et celui de la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz est que les &#233;l&#233;ments dont le d&#233;sordre entra&#238;ne l'existence d'une entropie ne sont plus ici des atomes, mais les vibrations partielles en nombre extraordinairement &#233;lev&#233; dont se compose, il ne faut pas l'oublier, toute &#233;mission de lumi&#232;re, m&#234;me la plus homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il y a un fait particuli&#232;rement remarquable, en ce qui concerne le rayonnement thermique : c'est que les constantes qui y figurent sont des constantes universelles comme la constante de la gravitation, car elles n'ont aucune relation avec un corps particulier, quel qu'il soit. &#192; l'aide de ces constantes, on pourrait donc d&#233;terminer des unit&#233;s de longueur, de masse, de temps et de temp&#233;rature n&#233;cessairement valables pour tous les temps et pour toutes les civilisations, m&#234;me extra-terrestres, bien plus, m&#234;me extra-humaines, ce qui n'est aucunement le cas des unit&#233;s de notre syst&#232;me de mesures actuel. Le centim&#232;tre, par exemple, est en rapport avec la circonf&#233;rence actuelle de la terre ; la seconde, avec la dur&#233;e actuelle de la r&#233;volution terrestre ; le gramme, avec l'eau qui est le corps le plus r&#233;pandu &#224; la surface de la terre ; la temp&#233;rature, par les points fixes de l'&#233;chelle thermom&#233;trique, est en relation avec les changements d'&#233;tat de cette m&#234;me eau. Au contraire les constantes en question sont telles que les habitants de Mars et m&#234;me tout &#234;tre intelligent, doit fatalement les rencontrer au cours de ses calculs, s'ils ne les &#224; pas d&#233;j&#224; trouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ajouterai qu'une derni&#232;re remarque, extr&#234;mement importante, il est vrai ; cette remarque se rattache &#224; la liaison qui a &#233;t&#233; &#233;tablie entre les notions d'entropie et celle de probabilit&#233;. Nous avons cit&#233; plus haut le th&#233;or&#232;me d'apr&#232;s lequel la probabilit&#233; du syst&#232;me r&#233;sultant de la r&#233;union de deux syst&#232;mes est le produit de la probabilit&#233; de chacun des deux syst&#232;mes composants ; or ce th&#233;or&#232;me ne s'applique que dans le cas de deux syst&#232;mes ind&#233;pendants, cette ind&#233;pendance &#233;tant prise dans le sens o&#249; l'on entend ce terme dans le calcul des probabilit&#233;s. S'il n'en est pas ainsi, la probabilit&#233; r&#233;sultante ne sera plus &#233;gale au produit des probabilit&#233;s partielles. Il est donc plausible qu'il y ait des cas o&#249; l'entropie totale d'un syst&#232;me ne soit pas &#233;gale &#224; la somme des entropies propres aux diff&#233;rentes parties de ce syst&#232;me et, effectivement, Max Laue a prouv&#233; qu'on pouvait trouver dans la nature des exemples de ph&#233;nom&#232;nes o&#249; il en &#233;tait bien ainsi. Deux rayons lumineux totalement ou partiellement coh&#233;rents (c'est-&#224;-dire deux rayons qui proviennent de la m&#234;me source) ne sont pas ind&#233;pendants l'un de l'autre, au point de vue du calcul des probabilit&#233;s, car les vibrations &#233;l&#233;mentaires dont se composent chaque rayon sont d&#233;termin&#233;es au moins partiellement par celles de l'autre. Il est donc possible d'imaginer un dispositif optique assez simple permettant &#224; deux rayons coh&#233;rents de temp&#233;ratures quelconques de se convertir en deux autres pr&#233;sentant une plus grande diff&#233;rence de temp&#233;rature. Le vieux principe de Clausius qui veut que la chaleur ne puisse pas passer sans compensation d'un corps froid dans un corps plus chaud ne s'applique donc pas aux rayons thermiques coh&#233;rents. Cependant, m&#234;me dans ce cas, le principe de l'augmentation de l'entropie conserve sa valeur, si l'on tient compte de ce que l'entropie du rayonnement total n'est pas &#233;gale &#224; la somme des entropies de chaque rayon composant, mais est plus petite que cette somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; plus haut de la transformation du mouvement brownien en travail utilisable soul&#232;ve une remarque fout &#224; fait analogue. Un dispositif qui aurait pour effet de diriger et de mettre en ordre le mouvement des particules, qu'il soit r&#233;alisable techniquement ou non, devrait, en effet, n&#233;cessairement poss&#233;der une certaine coh&#233;rence avec le mouvement particulaire lui-m&#234;me, ceci &#233;tant admis, il ne serait nullement contradictoire avec le second principe de la thermodynamique d'admettre que ce dispositif en fonctionnant puisse produire du travail utilisable. Pour lever la contradiction apparente, il suffirait d'observer qu'on ne doit pas additionner l'entropie propre au dispositif et celle qui est propre au mouvement brownien. On voit par l&#224; suffisamment combien il faut &#234;tre prudent dans le calcul de l'entropie d'un syst&#232;me compos&#233; &#224; partir de l'entropie des syst&#232;mes composants. Si l'on veut raisonner d'une mani&#232;re rigoureuse, il faut prendre s&#233;par&#233;ment chacun des sous-syst&#232;mes et se demander tout d'abord s'il n'existe pas quelque part ailleurs, dans le syst&#232;me total, un autre sous-syst&#232;me qui soit coh&#233;rent avec le premier. S'il en &#233;tait ainsi les deux sous-syst&#232;mes coh&#233;rents pourraient bien par leur interaction mutuelle produire des effets tout &#224; fait inattendus, contradictoires en apparence avec le second principe. Si les deux sous-syst&#232;mes coh&#233;rents n'exer&#231;aient aucune action l'un sur l'autre, on ne commettrait pas d'erreur appr&#233;ciable en ne tenant pas compte de leur coh&#233;rence dans le calcul du comportement du syst&#232;me total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces consid&#233;rations sur la coh&#233;rence un peu bizarres, je l'avoue, ne vous font-elles pas penser, par un rapprochement involontaire, aux interactions mutuelles, si myst&#233;rieuses, qui r&#232;glent la vie psychique, ces interactions restent la plupart du temps cach&#233;es et elles peuvent &#234;tre ignor&#233;es sans inconv&#233;nient, ce qui ne les emp&#234;che pas, quand les circonstances s'y pr&#234;tent, d'entra&#238;ner toute une suite de cons&#233;quences qu'on n'aurait pu soup&#231;onner au premier abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il nous &#233;tait loisible de nous abandonner ici &#224; notre fantaisie, nous pourrions imaginer, s&#233;par&#233;s de nous par des distances dont la grandeur &#233;chappe &#224; nos mesures, d'autres corps en &#233;tat de coh&#233;rence avec ceux du monde corporel qui nous entoure. Tant que cette s&#233;paration se prolongera, tout se passera normalement, mais si un jour venait o&#249; il y aurait possibilit&#233;s d'action mutuelle des deux mondes l'un sur l'autre, il en r&#233;sulterait in&#233;vitablement des exceptions apparentes au second principe de la thermodynamique. Cette hypoth&#232;se &#233;carte de notre monde la menace de la mort par cong&#233;lation, qui lui est r&#233;serv&#233;e, au dire de nombreux physiciens et philosophes. Et du m&#234;me coup le principe de Carnot-Clausius perdrait le caract&#232;re antipathique que l'on lui reconna&#238;t assez habituellement, sans qu'on soit oblig&#233; pour cela de mettre en doute sa validit&#233; g&#233;n&#233;rale. Mais &#224; quoi bon aller chercher si loin quand, un simple regard jet&#233; sur l'extension ind&#233;finie du monde tel qu'il s'offre &#224; nos observations suffit &#224; nous rassurer, sans avoir recours &#224; ces hypoth&#232;ses quelque peu artificielles, nous pouvons donc tranquillement nous tourner vers d'autres probl&#232;mes plus urgents qui attendent de nous que nous les r&#233;solvions. &lt;br class='autobr' /&gt;
IV &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai essay&#233; d'esquisser quelques-uns des traits caract&#233;ristiques fondamentaux de l'id&#233;e que le physicien futur se fera sans doute de l'univers. Tournons maintenant nos regards vers le pass&#233; et consid&#233;rons l'&#233;volution des syst&#232;mes de l'univers au fur et &#224; mesure que la science progressait. Si nous nous rappelons les caract&#232;res principaux de cette &#233;volution tels que nous les avons d&#233;crits tout &#224; l'heure nous devons bien convenir que l'image future compar&#233;e &#224; la magnificence et &#224; la richesse de couleurs de l'image pass&#233;e risque de para&#238;tre bien terne et bien froide. L'ancienne image refl&#233;tait en effet la diversit&#233; des besoins humains et tous les genres de sensations sp&#233;cifiques y avaient apport&#233; leur contribution. L'image moderne au contraire a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;e de tout caract&#232;re d'&#233;vidence imm&#233;diatement tangible et c'est l&#224; un grave inconv&#233;nient quand on en vient &#224; l'&#233;preuve de la confrontation avec la r&#233;alit&#233;. En outre, autre circonstance aggravante, il est absolument impossible de se passer compl&#232;tement de sensations, car on ne saurait couper compl&#232;tement toute communication avec la source indiscutable de toutes nos connaissances et il ne peut davantage &#234;tre question d'une connaissance directe de l'absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle particularit&#233; remarquable a donc conf&#233;r&#233; &#224; la conception de l'univers de la physique moderne une sup&#233;riorit&#233; si d&#233;cisive qu'elle a supplant&#233; tous les syst&#232;mes ant&#233;rieurs, malgr&#233; ses inconv&#233;nients &#233;vidents ? Si nous y r&#233;fl&#233;chissons nous ne trouvons rien d'autre que le caract&#232;re d'unit&#233; de cette conception. Cette unit&#233; fait rentrer tous les d&#233;tails dans une vaste synth&#232;se, elle s'&#233;tend &#224; tous les lieux, elle vaut pour tous les savants, pour toutes les nations, pour toutes les civilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; y regarder de pr&#233;s, l'ancienne physique ressemblait davantage &#224; une collection qu'&#224; un portrait unique, chaque classe de ph&#233;nom&#232;nes naturels y avait sa repr&#233;sentation &#224; part et il n'y avait pas de solidarit&#233; v&#233;ritable entre ces diverses repr&#233;sentations. La disparition de l'une d'entre elles n'e&#251;t pas affect&#233; sensiblement les autres. Or ceci ne serait pas du tout possible dans le cas de la physique actuelle. Pour elle, aucun fait particulier ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme n&#233;gligeable, chaque d&#233;tail joue son r&#244;le bien d&#233;termin&#233; et a son importance pour la description de la nature observable. Inversement tout ph&#233;nom&#232;ne observable doit trouver la place qui lui convient exactement dans l'ensemble. La description physique, nous tenons &#224; le faire remarquer, est en cela tr&#232;s diff&#233;rente d'un portrait ordinaire qui n'a jamais la pr&#233;tention de reproduire d'une mani&#232;re absolument exacte tous les traits de l'original. On trouve, il est vrai, dans les trait&#233;s de physique, m&#234;me les plus r&#233;cents, des remarques comme celle-ci : la th&#233;orie des &#233;lectrons tout comme la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz, ne donne qu'une image approch&#233;e de la r&#233;alit&#233;. C'est vrai, mais ce serait se m&#233;prendre gravement que de s'imaginer que cela veut dire qu'on ne puisse pas exiger que toutes les cons&#233;quences de la th&#233;orie soient conformes aux r&#233;sultats de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, au milieu du si&#232;cle dernier, Rudolph Clausius eut tir&#233; des principes fondamentaux de la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz la conclusion que les mol&#233;cules des gaz poss&#232;dent, d&#232;s la temp&#233;rature ordinaire, des vitesses qui doivent se chiffrer par centaines de m&#232;tres &#224; la seconde, on ne manqua pas de lui objecter que deux gaz diffusent avec une extr&#234;me lenteur l'un dans l'autre et que, dans l'int&#233;rieur d'un m&#234;me gaz, l'&#233;galisation des diff&#233;rences de temp&#233;ratures locales n'a lieu que tr&#232;s lentement. Se contenta-t-il alors, pour justifier son hypoth&#232;se, de faire remarquer qu'elle n'&#233;tait qu'une image approch&#233;e de la r&#233;alit&#233; et qu'il ne fallait pas se montrer trop rigoureux ? Bien loin de l&#224;, il montra, en faisant le calcul de la trajectoire libre moyenne, que son hypoth&#232;se rendait bien compte des faits, m&#234;me en ce qui concerne les ph&#233;nom&#232;nes qu'on lui opposait. Il savait, en effet, mieux que personne, qu'une seule contradiction d&#233;finitivement constat&#233;e entre les faits et sa th&#233;orie, aurait suffit &#224; la faire d&#233;choir du rang qu'elle occupait en physique, et ceci demeure toujours vrai, m&#234;me &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement parce que la pr&#233;tention de la physique moderne de donner une id&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'univers, s'est trouv&#233;e justifi&#233;e qu'elle &#224; conquis l'assentiment de tous et qu'elle s'est plac&#233;e au-dessus de l'appr&#233;ciation plus ou moins bienveillante des savants quelle qu'en soit la nationalit&#233; et quelle que soit l'&#233;poque o&#249; ils vivent. Elle se situe m&#234;me au-dessus de l'humanit&#233; tout enti&#232;re. On pourra trouver au premier abord mon affirmation bien os&#233;e ; on sera m&#234;me tent&#233; de la tenir pour absurde. Qu'on se souvienne cependant de ce que nous avons dit plus haut au sujet de la physique des habitants de Mars et l'on devra tout au moins convenir que notre g&#233;n&#233;ralisation ne d&#233;passe aucunement en port&#233;e celles qui sont courantes en physique. Il n'est pas rare, en effet, qu'on y aboutisse &#224; des conclusions qui ne sauraient jamais &#234;tre v&#233;rifi&#233;es par aucun observateur humain. Pourtant quiconque pr&#233;tendrait, pour cela, contester la l&#233;gitimit&#233; de ces conclusions, renoncerait par l&#224; m&#234;me &#224; penser en physicien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne trouverait pas un physicien &#224; douter qu'il soit l&#233;gitime d'affirmer qu'un &#234;tre dou&#233; d'intelligence et poss&#233;dant un organe sensible aux rayons ultra-violets, assimilerait compl&#232;tement ces rayons aux rayons visibles, bien que personne n'ait jamais vu un rayon ultra-violet, ni un &#234;tre susceptible de les percevoir. Il n'y a pas de chimiste &#224; douter que l'on doive attribuer au sodium existant dans le soleil les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s chimiques qu'au sodium terrestre, bien qu'il n'ait aucun espoir de pouvoir jamais remplir une &#233;prouvette avec du sodium solaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; donc amen&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; la question que nous nous posions &#224; la fin du premier paragraphe de cette conf&#233;rence : la conception de l'univers selon la physique n'est-elle qu'une cr&#233;ation arbitraire de notre esprit ou bien devons-nous affirmer, au contraire, qu'il y a des ph&#233;nom&#232;nes naturels tout &#224; fait ind&#233;pendants de nous ? Ou bien, pour parler d'une fa&#231;on plus concr&#232;te, est-il raisonnable d'affirmer que le principe de la conservation de l'&#233;nergie &#233;tait d&#233;j&#224; valable dans la nature avant qu'il y e&#251;t des hommes qui pussent y songer ? Doit-on dire que les astres ob&#233;iront toujours &#224; la loi de la gravitation, m&#234;me quand la terre et tous ses habitants auront &#233;t&#233; r&#233;duits en miettes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout ce que je viens de dire on comprendra ais&#233;ment que je r&#233;ponde affirmativement ; mais je ne me le dissimule pas, ma r&#233;ponse va, dans une certaine mesure, &#224; l'encontre de certains courants d'opinion philosophiques auxquels l'autorit&#233; d'Ernest Mach a donn&#233; beaucoup de prestige, pr&#233;cis&#233;ment dans les milieux scientifiques. Suivant cette opinion, il n'existe pas d'autre r&#233;alit&#233; que nos propres sensations et toutes les sciences positives ne sont, en derni&#232;re analyse, qu'un essai d'adaptation de nos pens&#233;es &#224; nos sensations : adaptation faite d'un point de vue purement &#233;conomique, sous la pression de la lutte pour la vie. Il en r&#233;sulte que la ligne de d&#233;marcation entre les sciences physiques et la psychologie n'aurait qu'une valeur pratique et toute conventionnelle ; les seuls v&#233;ritables &#233;l&#233;ments de l'univers n'&#233;tant, en d&#233;finitive, que des sensations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons un instant qu'il en soit bien ainsi et r&#233;f&#233;rons-nous &#224; ce que nous a appris le coup d'&#339;il circulaire que nous venons de jeter sur l'&#233;volution de la physique, nous ne pourrons alors &#233;chapper &#224; la singuli&#232;re conclusion que la principale caract&#233;ristique de cette &#233;volution a &#233;t&#233; d'&#233;liminer de plus en plus compl&#232;tement de la physique les &#233;l&#233;ments dont se compose v&#233;ritablement l'univers. Pour &#234;tre cons&#233;quent avec lui-m&#234;me, il aurait fallu en effet que chaque physicien e&#251;t pris le plus grand soin de mettre &#224; part sa propre conception de l'univers comme quelque chose d'absolument singulier et de totalement diff&#233;rent de toutes les autres conceptions. S'il arrivait que deux coll&#232;gues de notre physicien, ayant entrepris ind&#233;pendamment l'un de l'autre la m&#234;me exp&#233;rience, aboutissent &#224; des conclusions tout &#224; fait oppos&#233;es (cela s'est vu quelquefois), il y aurait de sa part faute de logique, &#224; pr&#233;tendre que l'un des deux, au moins doit se tromper, car la divergence des conclusions peut tr&#232;s bien provenir de la diversit&#233; des repr&#233;sentations du monde, propres &#224; chacun d'eux. Or, je vous le demande, y eut-il jamais physicien &#224; se laisser aller &#224; raisonner de si &#233;trange fa&#231;on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conc&#232;de, tr&#232;s volontiers qu'une &#233;norme improbabilit&#233; ne diff&#232;re pratiquement pas d'une impossibilit&#233; principielle ; mais je n'en maintiens que plus fermement, contre des attaques venant d'ailleurs toujours du m&#234;me parti, que la th&#233;orie &#233;lectronique et l'hypoth&#232;se atomique sont toutes deux justifi&#233;es et qu'elles ne p&#234;chent pas par la base. Allant plus loin, je dirai m&#234;me, et je ne suis pas le seul, que les atomes si peu que nous connaissons de leurs propri&#233;t&#233;s ne sont, ni plus ni moins r&#233;els que les objets terrestres qui nous entourent. Quand je dis qu'un atome p&#232;se 1,6 &#215; 10&#8722;22 grammes, cette phrase ne contient pas une connaissance d'un ordre inf&#233;rieur &#224; celle qui est contenue dans cette autre : la lune p&#232;se 7 &#215; 1025 grammes. S'il est &#233;vident en effet que je ne puis mettre un atome d'hydrog&#232;ne sur le plateau d'une balance pas plus que je ne puis le voir, est-ce que je puis davantage y poser la lune ? Quant &#224; la visibilit&#233;, on sait qu'il existe des astres invisibles dont on a pu cependant d&#233;terminer le poids avec plus ou moins d'exactitude. La masse de Neptune, il ne faut pas l'oublier a &#233;t&#233; mesur&#233;e avant qu'aucun astronome n'ait aper&#231;u la plan&#232;te dans sa lunette. Il n'y a pas de m&#233;thode de mesure en physique qui ne comporte une part de connaissance d'ordre inductif. Le moindre coup d'&#339;il jet&#233; sur un laboratoire de pr&#233;cision suffirait en effet &#224; mettre en &#233;vidence la somme de lois exp&#233;rimentales et de raisonnements qui est pr&#233;suppos&#233;e &#224; toute mesure, m&#234;me la plus simple en apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant nous avons encore &#224; nous demander pourquoi la th&#233;orie de la connaissance de Mach a obtenu tant de succ&#232;s dans le monde scientifique. Si je ne m'abuse, c'est parce que elle est au fond une sorte de r&#233;action cons&#233;cutive &#224; la d&#233;ception des vastes esp&#233;rances con&#231;ues par la g&#233;n&#233;ration qui nous a pr&#233;c&#233;d&#233;s apr&#232;s la d&#233;couverte du principe de la conservation de l'&#233;nergie. On peut trouver ces espoirs sous une forme particuli&#232;rement explicite, dans les ouvrages de du Bois-Reymond, entre autres. En parlant d'espoirs d&#233;&#231;us, je ne veux d'ailleurs pas dire qu'ils n'aient &#233;t&#233; suivis d'aucune r&#233;alisation durable, la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz est un exemple du contraire ; je pr&#233;tends seulement que l'avenir a montr&#233; qu'ils &#233;taient exag&#233;r&#233;s, car la physique par l&#224; m&#234;me qu'elle a fait appel &#224; la statistique a renonc&#233; &#224; &#233;difier une m&#233;canique compl&#232;te des atomes. Le positivisme de Mach n'est que le contrecoup sur la philosophie de la d&#233;sillusion qui devait n&#233;cessairement succ&#233;der &#224; la p&#233;riode d'enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit, certes, lui attribuer pleinement le m&#233;rite d'avoir montr&#233; dans la perception sensible le seul moyen d'&#233;chapper &#224; l'envahissement du scepticisme. Mais il a d&#233;pass&#233; la mesure, car en rabaissant les pr&#233;tentions du m&#233;canisme, il a d&#233;grad&#233; en m&#234;me temps l'id&#233;e que la physique doit se faire de l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout convaincu que je sois de ce que le syst&#232;me de Mach, avec toutes les cons&#233;quences qu'il comporte logiquement, ne renferme aucune contradiction interne, je n'en suis pas moins persuad&#233; qu'il n'a au fond qu'une signification purement formelle. Il est incapable de p&#233;n&#233;trer jusqu'&#224; l'essence de la science et cela parce qu'il ne tend pas vers ce qui est le but de toute recherche scientifique, je veux dire vers la construction d'un syst&#232;me descriptif de l'univers qui soit rigoureusement stable, ind&#233;pendant des mutations affectant les g&#233;n&#233;rations et les peuples. Le principe de continuit&#233; de Mach ne saurait suppl&#233;er &#224; ce qui manque &#224; son syst&#232;me &#224; cet &#233;gard, car la continuit&#233; n'est pas la constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conception stable de l'univers tel est le but dont toute science v&#233;ritable, j'ai t&#226;ch&#233; de le d&#233;montrer plus haut, doit tenter de se rapprocher au cours de ses p&#233;r&#233;grinations. Il est donc tout &#224; fait l&#233;gitime d'affirmer, d&#232;s maintenant, que notre conception actuelle de l'univers, bien qu'elle rev&#234;te encore les nuances les plus vari&#233;es suivant l'individualit&#233; des savants, renferme cependant certains traits d&#233;finitifs qui ne seront jamais d&#233;truits par aucune r&#233;volution, ni dans la nature, ni dans l'esprit humain. Ce noyau absolument immuable et ind&#233;pendant de toute individualit&#233;, que ce soit celle de l'homme ou celle de tout autre &#234;tre intelligent, est-ce que nous nommons le r&#233;el. En ce sens, y a-t-il aujourd'hui un physicien qui doute s&#233;rieusement de la r&#233;alit&#233; du principe de la conservation de l'&#233;nergie ? Ne serait-ce pas, au contraire, la reconnaissance de la r&#233;alit&#233; de ce principe qui serait la condition sine qua non de la validit&#233; de tout jugement dans l'ordre scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, s'il s'agissait de savoir jusqu'&#224; quel point on doit se tenir pour assur&#233; que nos conceptions actuelles cadrent bien, au mains en gros, avec l'id&#233;e que la physique future se fera de l'univers, je ne saurais donner aucune r&#233;ponse g&#233;n&#233;rale pr&#233;cise. La plus grande prudence est ici de mise, mais une telle question n'est pour nous que secondaire, ce qui importe, c'est d'avoir montr&#233;, qu'il y a un but permanent dont nous nous rapprochons bien que nous ne puissions jamais l'atteindre compl&#232;tement. Ce but, ce n'est pas d'&#233;tablir une coordination parfaite entre nos pens&#233;es et nos sensations, c'est d'&#233;liminer de nos id&#233;es sur l'univers tout ce qui est propre &#224; l'individualit&#233; de l'esprit qui les con&#231;oit. En disant ceci, remarquons-le, nous ne faisons que r&#233;p&#233;ter, en le pr&#233;cisant, ce que nous avons expos&#233; plus haut au sujet de l'&#233;mancipation de la science de tous ses &#233;l&#233;ments anthropomorphiques. Cette pr&#233;cision &#233;tait n&#233;cessaire pour &#233;viter tout malentendu ; car il ne faudrait pas comprendre que l'on doive radicalement s&#233;parer la repr&#233;sentation du monde, de l'esprit qui con&#231;oit cette repr&#233;sentation : rien ne serait plus insens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, nous ajouterons encore un argument susceptible de faire plus d'impression que toutes les consid&#233;rations objectives pr&#233;c&#233;dentes, sur ceux qui s'obstinent &#224; regarder le point de vue &#233;conomique humain comme le plus important. Lorsque les grands g&#233;nies des sciences exactes lanc&#232;rent leurs id&#233;es &#224; travers le monde savant, lorsque Nicolas Copernic, par exemple, enleva &#224; la terre son r&#244;le-de centre du monde, lorsque Jean Kepler formula les lois qui portent son nom, lorsque Isaac Newton d&#233;couvrit la loi de la gravitation universelle, lorsque son illustre compatriote Christian Huyghens &#233;mit l'hypoth&#232;se de la nature ondulatoire de la lumi&#232;re, lorsque Michel Faraday posa les fondements de l'&#233;lectrodynamique, et je pourrais allonger encore cette liste, les pr&#233;occupations &#233;conomiques furent certainement au dernier rang des motifs qui entra&#238;n&#232;rent ces hommes &#224; soutenir de rudes combats contre les id&#233;es traditionnelles et les autorit&#233;s de leurs temps. Ce qui les encourageait, c'&#233;tait une foi in&#233;branlable &#224; la conformit&#233; de leurs conceptions de l'univers avec la r&#233;alit&#233;, et cette foi reposait sur des bases esth&#233;tiques ou religieuses. Ce fait est de ceux qu'on ne peut pas contester et, en s'appuyant sur lui, on peut pr&#233;voir que si le principe d'&#233;conomie de Mach devenait r&#233;ellement le fondement de toute th&#233;orie de la connaissance, tous les pionniers g&#233;niaux qui sont encore &#224; na&#238;tre, n'y trouveraient qu'une entrave &#224; leur pens&#233;e. Les ailes de leur fantaisie se trouveraient coup&#233;es et, en fin de compte, le progr&#232;s de la science serait compromis d'une fa&#231;on d&#233;sastreuse. Dans ces conditions, ne serait-il pas plus &#171; &#233;conomique &#187; de ne faire au principe d'&#233;conomie qu'une place un peu plus modeste ? D'ailleurs, comme il ressort de la fa&#231;on dont j'ai pos&#233; ma question, je suis, bien entendu, tr&#232;s loin de penser qu'il faille proscrire ou m&#234;me n&#233;gliger toute consid&#233;ration bas&#233;e sur l'&#233;conomie, celle-ci &#233;tant prise dans son sens le plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus : les grands savants dont je citais les noms tout &#224; l'heure, ne parlaient pas du tout de leur conception de l'univers, mais uniquement de la nature de l'univers lui-m&#234;me. Y a-t-il une diff&#233;rence d&#233;celable entre &#171; leur monde &#187; et notre image du monde selon la physique future ? Nullement. Depuis Emmanuel Kant, c'est, en effet, un lieu commun pour tout esprit pensant qu'il n'existe pas de m&#233;thode pour se rendre compte s'il y a o&#249; non des diff&#233;rences de ce genre. Si nous avons employ&#233; l'expression compos&#233;e &#171; image de l'univers &#187;, c'est qu'elle est devenue usuelle et qu'elle est de nature &#224; mettre en garde contre certaines illusions. Cependant, pourvu que nous prenions les pr&#233;cautions n&#233;cessaires, c'est-&#224;-dire que nous ne mettions derri&#232;re le mot &#171; monde &#187; rien d'autre que cette image id&#233;ale vers laquelle tend l'avenir, nous pouvons sans inconv&#233;nient nous contenter de ce simple mot, nous aurons ainsi l'avantage de nous exprimer d'une fa&#231;on plus r&#233;aliste, pr&#233;sentant, m&#234;me au point de vue &#233;conomique, une sup&#233;riorit&#233; &#233;vidente sur le positivisme de Mach, avec toute sa complication et la difficult&#233; qu'il y a d'y conformer jusqu'au bout la pens&#233;e. Notre fa&#231;on de parler sera d'ailleurs celle de tous les physiciens quand ils emploient la langue de leur science.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre le dualisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5420&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5420&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fondements de la philosophie de Hegel par Herbert Marcuse</title>
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		<dc:date>2024-10-31T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les fondements de la philosophie de Hegel &lt;br class='autobr' /&gt;
par Herbert Marcuse &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Le cadre socio-historique &lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;alisme ALLEMAND a &#233;t&#233; appel&#233; la th&#233;orie de la R&#233;volution fran&#231;aise. Cela n'implique pas que Kant, Fichte, Schelling et Hegel aient fourni une interpr&#233;tation th&#233;orique de la R&#233;volution fran&#231;aise, mais qu'ils aient &#233;crit leur philosophie en grande partie en r&#233;ponse au d&#233;fi de la France de r&#233;organiser l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; sur une base rationnelle, de sorte que les institutions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les fondements de la philosophie de Hegel
&lt;p&gt;par Herbert Marcuse&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le cadre socio-historique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme ALLEMAND a &#233;t&#233; appel&#233; la th&#233;orie de la R&#233;volution fran&#231;aise. Cela n'implique pas que Kant, Fichte, Schelling et Hegel aient fourni une interpr&#233;tation th&#233;orique de la R&#233;volution fran&#231;aise, mais qu'ils aient &#233;crit leur philosophie en grande partie en r&#233;ponse au d&#233;fi de la France de r&#233;organiser l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; sur une base rationnelle, de sorte que les institutions sociales et politiques peuvent s'accorder avec la libert&#233; et l'int&#233;r&#234;t de l'individu. Malgr&#233; leur critique acerbe de la Terreur, les id&#233;alistes allemands ont unanimement salu&#233; la r&#233;volution, l'appelant l'aube d'une nouvelle &#232;re, et ils ont tous li&#233; leurs principes philosophiques de base aux id&#233;aux qu'elle avan&#231;ait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de la R&#233;volution fran&#231;aise apparaissent ainsi au c&#339;ur m&#234;me des syst&#232;mes id&#233;alistes et d&#233;terminent en grande partie leur structure conceptuelle. Aux yeux des id&#233;alistes allemands, la R&#233;volution fran&#231;aise a non seulement aboli l'absolutisme f&#233;odal en le rempla&#231;ant par le syst&#232;me &#233;conomique et politique de la classe moyenne, mais elle a compl&#233;t&#233; ce que la R&#233;forme allemande avait commenc&#233;, en &#233;mancipant l'individu en tant que ma&#238;tre autonome de sa vie. vie. La position de l'homme dans le monde, le mode de son travail et de sa jouissance ne devaient plus d&#233;pendre d'une quelconque autorit&#233; ext&#233;rieure, mais de sa libre activit&#233; rationnelle. L'homme avait d&#233;pass&#233; la longue p&#233;riode d'immaturit&#233; durant laquelle il avait &#233;t&#233; victime de forces naturelles et sociales &#233;crasantes, et &#233;tait devenu le sujet autonome de son propre d&#233;veloppement. D&#233;sormais, la lutte avec la nature et avec l'organisation sociale devait &#234;tre guid&#233;e par ses propres progr&#232;s dans la connaissance. Le monde devait &#234;tre un ordre de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;aux de la R&#233;volution fran&#231;aise ont trouv&#233; leur place dans les processus du capitalisme industriel. L'empire napol&#233;onien liquida les tendances radicales et consolida en m&#234;me temps les cons&#233;quences &#233;conomiques de la r&#233;volution. Les philosophes fran&#231;ais de l'&#233;poque interpr&#233;taient la r&#233;alisation de la raison comme la lib&#233;ration de l'industrie. L'expansion de la production industrielle semblait capable de fournir tous les moyens n&#233;cessaires pour satisfaire les besoins humains. Ainsi, en m&#234;me temps que Hegel &#233;laborait son syst&#232;me, Saint-Simon en France exaltait l'industrie comme seule puissance capable de conduire l'humanit&#233; vers une soci&#233;t&#233; libre et rationnelle. Le processus &#233;conomique appara&#238;t comme le fondement de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement &#233;conomique de l'Allemagne &#233;tait loin derri&#232;re celui de la France et de l'Angleterre. La bourgeoisie allemande, faible et dispers&#233;e sur de nombreux territoires aux int&#233;r&#234;ts divergents, pouvait difficilement envisager une r&#233;volution. Les quelques entreprises industrielles qui existaient n'&#233;taient que de petites &#238;les au sein d'un syst&#232;me f&#233;odal prolong&#233;. L'individu dans son existence sociale &#233;tait soit esclave, soit esclave de ses semblables. En tant qu'&#234;tre pensant, cependant, il pouvait au moins comprendre le contraste entre la r&#233;alit&#233; mis&#233;rable qui existait partout et les potentialit&#233;s humaines que la nouvelle &#233;poque avait &#233;mancip&#233;es ; et en tant que personne morale, il pouvait, du moins dans sa vie priv&#233;e, pr&#233;server la dignit&#233; et l'autonomie humaines. Ainsi, alors que la R&#233;volution fran&#231;aise avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; affirmer la r&#233;alit&#233; de la libert&#233;, L'id&#233;alisme allemand ne s'en occupait qu'&#224; l'id&#233;e. Les efforts historiques concrets pour &#233;tablir une forme rationnelle de soci&#233;t&#233; sont ici transpos&#233;s sur le plan philosophique et apparaissent dans les efforts d'&#233;laboration de la notion de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de raison est au c&#339;ur de la philosophie de Hegel. Il soutenait que la pens&#233;e philosophique ne pr&#233;suppose rien au-del&#224;, que l'histoire traite de la raison et de la raison seule, et que l'&#201;tat est la r&#233;alisation de la raison. Ces affirmations seront cependant compr&#233;hensibles tant que la raison sera interpr&#233;t&#233;e comme un pur concept m&#233;taphysique, car l'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la raison a conserv&#233;, bien que sous une forme id&#233;aliste, les aspirations mat&#233;rielles &#224; un ordre de vie libre et rationnel. La d&#233;ification de la raison par Robespierre en &#202;tre supr&#234;meest le pendant de la glorification de la raison dans le syst&#232;me de Hegel. Le noyau de la philosophie de Hegel est une structure dont les concepts &#8211; libert&#233;, esprit sujet, notion &#8211; sont d&#233;riv&#233;s de l'id&#233;e de raison. Si nous ne parvenons pas &#224; d&#233;voiler le contenu de ces id&#233;es et la connexion intrins&#232;que entre elles, le syst&#232;me de Hegel appara&#238;tra comme une m&#233;taphysique obscure, ce qu'il n'a jamais &#233;t&#233; en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel lui-m&#234;me a li&#233; son concept de raison &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise, et l'a fait avec la plus grande insistance. La r&#233;volution avait exig&#233; que &#171; rien ne soit reconnu comme valable dans une constitution, sauf ce qui doit &#234;tre reconnu selon le droit de la raison &#187;. Hegel a d&#233;velopp&#233; cette interpr&#233;tation dans ses cours sur la Philosophie de l'histoire : &#171; Jamais depuis que le soleil s'&#233;tait tenu au firmament et que les plan&#232;tes tournaient autour de lui, on n'avait per&#231;u que l'existence de l'homme se centre dans sa t&#234;te, c'est-&#224;-dire dans la Pens&#233;e, inspir&#233;e par laquelle il construit le monde de la r&#233;alit&#233;. Anaxagore avait &#233;t&#233; le premier &#224; dire que No&#251;s gouverne le Monde ; mais ce n'est que maintenant que l'homme s'est avanc&#233; jusqu'&#224; la reconnaissance du principe que la Pens&#233;e doit gouverner la r&#233;alit&#233; spirituelle. Ce fut donc une aube mentale glorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, le tournant d&#233;cisif que l'histoire a pris avec la R&#233;volution fran&#231;aise, c'est que l'homme en est venu &#224; s'appuyer sur son esprit et a os&#233; soumettre la r&#233;alit&#233; donn&#233;e aux normes de la raison. Hegel expose le nouveau d&#233;veloppement &#224; travers un contraste entre un emploi de la raison et une conformit&#233; non critique aux conditions de vie dominantes. &#171; Rien n'est raison qui ne soit le r&#233;sultat de la pens&#233;e. L'homme a entrepris d'organiser la r&#233;alit&#233; selon les exigences de sa libre pens&#233;e rationnelle au lieu de simplement accommoder ses pens&#233;es &#224; l'ordre existant et aux valeurs dominantes. L'homme est un &#234;tre pensant. Sa raison lui permet de reconna&#238;tre ses propres potentialit&#233;s et celles de son monde. Il n'est donc pas &#224; la merci des faits qui l'entourent, mais est capable de les soumettre &#224; une norme sup&#233;rieure, celle de la raison. S'il suit son exemple, il arrivera &#224; certaines conceptions qui r&#233;v&#232;lent que la raison est antagoniste &#224; l'&#233;tat de choses existant. Il peut trouver que l'histoire est une lutte constante pour la libert&#233;, que l'individualit&#233; de l'homme exige qu'il poss&#232;de la propri&#233;t&#233; comme moyen de son &#233;panouissement, et que tous les hommes ont un droit &#233;gal &#224; d&#233;velopper leurs facult&#233;s humaines. En fait, cependant, la servitude et l'in&#233;galit&#233; pr&#233;valent ; la plupart des hommes n'ont aucune libert&#233; et sont priv&#233;s de leur dernier morceau de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, la r&#233;alit&#233; &#171; d&#233;raisonnable &#187; doit &#234;tre modifi&#233;e jusqu'&#224; ce qu'elle devienne conforme &#224; la raison. Dans le cas donn&#233;, l'ordre social existant doit &#234;tre r&#233;organis&#233;, l'absolutisme et les restes du f&#233;odalisme doivent &#234;tre abolis, la libre concurrence doit &#234;tre &#233;tablie, tous doivent &#234;tre rendus &#233;gaux devant la loi, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, la R&#233;volution fran&#231;aise a &#233;nonc&#233; le pouvoir ultime de la raison sur la r&#233;alit&#233;. (Il r&#233;sume cela en disant que le principe de la R&#233;volution fran&#231;aise affirmait que la pens&#233;e devait gouverner la r&#233;alit&#233;. Les implications impliqu&#233;es dans cette d&#233;claration m&#232;nent au centre m&#234;me de sa philosophie. La pens&#233;e doit gouverner la r&#233;alit&#233;. Ce que les hommes pensent &#234;tre vrai, Le bien et le bien doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;s dans l'organisation r&#233;elle de leur vie sociale et individuelle. Toutefois, la pens&#233;e varie d'un individu &#224; l'autre, et la diversit&#233; des opinions individuelles qui en r&#233;sulte ne peut fournir un principe directeur pour l'organisation commune de la vie. &#192; moins que l'homme ne poss&#232;de des concepts. et des principes de pens&#233;e qui d&#233;notent des conditions et des normes universellement valables, sa pens&#233;e ne peut pr&#233;tendre gouverner la r&#233;alit&#233;.Conform&#233;ment &#224; la tradition de la philosophie occidentale, Hegel croit que de tels concepts et principes objectifs existent. Leur totalit&#233;, il l'appelle raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophies des Lumi&#232;res fran&#231;aises et de leurs successeurs r&#233;volutionnaires posaient toutes la raison comme une force historique objective qui, une fois lib&#233;r&#233;e des cha&#238;nes du despotisme, ferait du monde un lieu de progr&#232;s et de bonheur. Ils soutenaient que &#171; la puissance de la raison, et non la force des armes, propagera les principes de notre glorieuse r&#233;volution &#187;. De par sa propre puissance, la raison triompherait de l'irrationalit&#233; sociale et renverserait les oppresseurs de l'humanit&#233;. &#171; Toutes les fictions disparaissent devant la v&#233;rit&#233;, et toutes les folies tombent devant la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication, cependant, que la raison se manifestera imm&#233;diatement dans la pratique est un dogme non soutenu par le cours de l'histoire. Hegel croyait au pouvoir invincible de la raison autant que Robespierre. &#171; Cette facult&#233; que l'homme peut appeler sienne, &#233;lev&#233;e au-dessus de la mort et de la d&#233;cadence. ... est capable de prendre des d&#233;cisions par lui-m&#234;me. Elle s'annonce comme raison. Son &#233;laboration de lois ne d&#233;pend de rien d'autre, et elle ne peut prendre ses normes d'aucune autre autorit&#233; sur terre ou dans les cieux. Mais pour Hegel, la raison ne peut gouverner la r&#233;alit&#233; que si la r&#233;alit&#233; est devenue rationnelle en soi. Cette rationalit&#233; est rendue possible par l'entr&#233;e du sujet dans le contenu m&#234;me de la nature et de l'histoire. La r&#233;alit&#233; objective est donc aussi la r&#233;alisation du sujet. C'est cette conception que Hegel r&#233;sume dans la plus fondamentale de ses propositions, &#224; savoir que l'&#234;tre est, dans sa substance,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de la &#171; substance comme sujet &#187; con&#231;oit la r&#233;alit&#233; comme un processus o&#249; tout &#234;tre est l'unification de forces contradictoires. Le &#171; sujet &#187; d&#233;signe non seulement l'ego &#233;pist&#233;mologique ou la conscience, mais un mode d'existence, &#224; savoir celui d'une unit&#233; qui se d&#233;veloppe d'elle-m&#234;me dans un processus antagoniste. Tout ce qui existe n'est &#171; r&#233;el &#187; que dans la mesure o&#249; il op&#232;re comme &#171; soi &#187; &#224; travers toutes les relations contradictoires qui constituent son existence. Il faut donc le consid&#233;rer comme une sorte de &#171; sujet &#187; qui se porte en avant en d&#233;ployant ses contradictions inh&#233;rentes. Par exemple, une pierre n'est une pierre que dans la mesure o&#249; elle reste la m&#234;me chose, une pierre, &#224; travers son action et sa r&#233;action sur les choses et les processus qui interagissent avec elle. Il se mouille sous la pluie ; il r&#233;siste &#224; la hache ; il supporte une certaine charge avant de c&#233;der. L'&#234;tre-pierre est une r&#233;sistance continue &#224; tout ce qui agit sur la pierre ; c'est un processus continu de devenir et d'&#234;tre une pierre. Certes, le &#171; devenir &#187; n'est pas consomm&#233; par la pierre comme sujet conscient. La pierre est modifi&#233;e dans ses interactions avec la pluie, la hache et la charge ; il ne se change pas. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. c'est un processus continu de devenir et d'&#234;tre une pierre. Certes, le &#171; devenir &#187; n'est pas consomm&#233; par la pierre comme sujet conscient. La pierre est modifi&#233;e dans ses interactions avec la pluie, la hache et la charge ; il ne se change pas. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. c'est un processus continu de devenir et d'&#234;tre une pierre. Certes, le &#171; devenir &#187; n'est pas consomm&#233; par la pierre comme sujet conscient. La pierre est modifi&#233;e dans ses interactions avec la pluie, la hache et la charge ; il ne se change pas. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. Une plante, au contraire, se d&#233;ploie et se d&#233;veloppe. Ce n'est pas maintenant un bourgeon, puis une fleur, mais plut&#244;t tout le mouvement du bourgeon &#224; la fleur jusqu'&#224; la d&#233;composition. La plante se constitue et se conserve dans ce mouvement. Il est beaucoup plus proche d'&#234;tre un &#171; sujet &#187; r&#233;el que ne le fait la pierre, car les diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement de la plante se d&#233;veloppent &#224; partir de la plante elle-m&#234;me ; ils sont sa &#171; vie &#187; et ne lui sont pas impos&#233;s de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plante, cependant, ne &#171; comprend &#187; pas cette &#233;volution. Il ne le &#171; r&#233;alise &#187; pas comme &#233;tant le sien et, par cons&#233;quent, ne peut pas raisonner ses propres potentialit&#233;s en &#234;tre. Une telle &#171; r&#233;alisation &#187; est un processus du vrai sujet et n'est atteinte qu'avec l'existence de l'homme. Seul l'homme a le pouvoir de se r&#233;aliser, le pouvoir d'&#234;tre un sujet autod&#233;termin&#233; dans tous les processus de devenir, car lui seul a une compr&#233;hension des potentialit&#233;s et une connaissance des &#171; notions &#187;. Son existence m&#234;me est le processus d'actualisation de ses potentialit&#233;s, de fa&#231;onnage de sa vie selon les notions de la raison. Nous rencontrons ici la cat&#233;gorie la plus importante de la raison, &#224; savoir la libert&#233;. La raison pr&#233;suppose la libert&#233;, le pouvoir d'agir conform&#233;ment &#224; la connaissance de la v&#233;rit&#233;, le pouvoir de fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; en fonction de ses potentialit&#233;s. L'accomplissement de ces fins n'appartient qu'au sujet qui est ma&#238;tre de son propre d&#233;veloppement et qui comprend ses propres potentialit&#233;s ainsi que celles des choses qui l'entourent. La libert&#233;, &#224; son tour, pr&#233;suppose la raison, car c'est la compr&#233;hension de la connaissance, seule, qui permet au sujet d'acqu&#233;rir et d'exercer ce pouvoir. La pierre ne le poss&#232;de pas ; la plante non plus. Les deux manquent de connaissance compr&#233;hensive et donc de r&#233;elle subjectivit&#233;. &#034;L'homme, cependant, sait ce qu'il est, - c'est seulement ainsi qu'il est r&#233;el. La raison et la libert&#233; ne sont rien sans cette connaissance. la plante non plus. Les deux manquent de connaissance compr&#233;hensive et donc de r&#233;elle subjectivit&#233;. &#034;L'homme, cependant, sait ce qu'il est, - c'est seulement ainsi qu'il est r&#233;el. La raison et la libert&#233; ne sont rien sans cette connaissance. la plante non plus. Les deux manquent de connaissance compr&#233;hensive et donc de r&#233;elle subjectivit&#233;. &#034;L'homme, cependant, sait ce qu'il est, - c'est seulement ainsi qu'il est r&#233;el. La raison et la libert&#233; ne sont rien sans cette connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison aboutit &#224; la libert&#233;, et la libert&#233; est l'existence m&#234;me du sujet. D'autre part, la raison elle-m&#234;me n'existe que par sa r&#233;alisation, le processus de sa r&#233;alisation. La raison n'est une force objective et une r&#233;alit&#233; objective que parce que tous les modes d'&#234;tre sont plus ou moins des modes de subjectivit&#233;, des modes de r&#233;alisation. Sujet et objet ne sont pas s&#233;par&#233;s par un gouffre infranchissable, parce que l'objet est en lui-m&#234;me une sorte de sujet et que tous les types d'&#234;tre culminent dans le sujet libre &#171; compr&#233;hensif &#187; qui est capable de r&#233;aliser la raison. La nature devient ainsi un support pour le d&#233;veloppement de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de la raison appara&#238;t dans la lutte continue de l'homme pour comprendre ce qui existe et pour le transformer conform&#233;ment &#224; la v&#233;rit&#233; comprise. La raison est aussi essentiellement une force historique. Son accomplissement se d&#233;roule comme un processus dans le monde spatio-temporel et constitue, en derni&#232;re analyse, toute l'histoire de l'humanit&#233;. Le terme qui d&#233;signe la raison comme histoire est l'esprit (Geist) qui d&#233;signe le monde historique consid&#233;r&#233; en relation avec le progr&#232;s rationnel de l'humanit&#233; - le monde historique non pas comme une cha&#238;ne d'actes et d'&#233;v&#233;nements mais comme une lutte incessante pour adapter le monde &#224; la croissance potentialit&#233;s de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est organis&#233;e en diff&#233;rentes p&#233;riodes, chacune marquant un niveau de d&#233;veloppement distinct et repr&#233;sentant une &#233;tape d&#233;finie dans la r&#233;alisation de la raison. Chaque &#233;tape est &#224; appr&#233;hender et &#224; comprendre dans son ensemble, &#224; travers les modes de pens&#233;e et de vie dominants qui la caract&#233;risent, &#224; travers ses institutions politiques et sociales, sa science, sa religion et sa philosophie. Diff&#233;rentes &#233;tapes se produisent dans la r&#233;alisation de la raison, mais il n'y a qu'une seule raison, tout comme il n'y a qu'un tout et qu'une v&#233;rit&#233; : la r&#233;alit&#233; de la libert&#233;. &#171; C'est ce but final, auquel le processus de l'histoire du monde a continuellement vis&#233;, et auquel les sacrifices qui ont toujours et anon &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s sur le vaste autel de la terre, &#224; travers le long laps de temps, ont &#233;t&#233; offerts. . C'est le seul but final qui se r&#233;alise et se r&#233;alise ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un imm&#233;diatl'unit&#233; de la raison et de la r&#233;alit&#233; n'existe jamais. L'unit&#233; ne vient qu'apr&#232;s un long processus, qui commence au niveau le plus bas de la nature et atteint la plus haute forme d'existence, celle d'un sujet libre et rationnel, vivant et agissant dans la conscience de ses potentialit&#233;s. Tant qu'il y a un &#233;cart entre le r&#233;el et le potentiel, il faut agir sur le premier et le modifier jusqu'&#224; ce qu'il soit align&#233; sur la raison. Tant que la r&#233;alit&#233; n'est pas fa&#231;onn&#233;e par la raison, elle n'en reste pas du tout, au sens emphatique du terme. Ainsi la r&#233;alit&#233; change de sens dans la structure conceptuelle du syst&#232;me de Hegel. &#171; R&#233;el &#187; en vient &#224; signifier non pas tout ce qui existe r&#233;ellement (cela devrait plut&#244;t s'appeler l'apparence), mais ce qui existe sous une forme concordante avec les normes de la raison. Le &#171; r&#233;el &#187; est le raisonnable (rationnel), et cela seul. Par exemple, l'&#201;tat ne devient une r&#233;alit&#233; que lorsqu'il correspond aux potentialit&#233;s donn&#233;es des hommes et permet leur plein d&#233;veloppement. Toute forme pr&#233;liminaire de l'&#201;tat n'est pas encore raisonnable et, par cons&#233;quent, pas encore r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception h&#233;g&#233;lienne de la raison a donc un caract&#232;re nettement critique et pol&#233;mique. Il s'oppose &#224; toute acceptation imm&#233;diate de l'&#233;tat de choses donn&#233;. Elle nie l'h&#233;g&#233;monie de toute forme d'existence dominante en d&#233;montrant les antagonismes qui la dissolvent dans d'autres formes. Nous tenterons de montrer que &#171; l'esprit de contredire &#187; est le moteur de la m&#233;thode dialectique de Hegel. (Hegel lui-m&#234;me a un jour caract&#233;ris&#233; l'essence de sa dialectique comme &#171; l'esprit de contredire &#187; (Eckermann, Gesprache mit Goethe in den letzten Jahren seines Lebens , 18 octobre 1827).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1793, Hegel &#233;crit &#224; Schelling : &#171; La raison et la libert&#233; restent nos principes. Dans ses premiers &#233;crits, aucun &#233;cart n'existe entre le sens philosophique et le sens social de ces principes, qui s'expriment dans le m&#234;me langage r&#233;volutionnaire qu'utilisaient les Jacobins fran&#231;ais. Par exemple, Hegel dit que l'importance de son &#233;poque r&#233;side dans le fait que &#171; l'aur&#233;ole qui entourait les principaux oppresseurs et dieux de la terre a disparu. Les philosophes d&#233;montrent la dignit&#233; de l'homme ; le peuple apprendra &#224; le sentir et ne se contentera pas de r&#233;clamer ses droits, qui ont &#233;t&#233; foul&#233;s aux pieds dans la poussi&#232;re, mais les prendra lui-m&#234;me, les fera siens. La religion et la politique ont jou&#233; le m&#234;me jeu. Le premier a enseign&#233; ce que le despotisme voulait enseigner,Erstes Systemprogramm des Deutschen Idealismus , &#233;crit en 1796, nous trouvons ceci : &#171; Je d&#233;montrerai que, de m&#234;me qu'il n'y a pas d'id&#233;e de machine, il n'y a pas d'id&#233;e d'&#201;tat, car l'&#201;tat est quelque chose de m&#233;canique. Seul ce qui est un objet de libert&#233; peut &#234;tre appel&#233; une id&#233;e. Il faut donc transcender l'&#201;tat. Car tout Etat est tenu de traiter les hommes libres comme les rouages &#8203;&#8203;d'une machine. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il ne faut pas faire ; par cons&#233;quent, l'&#201;tat doit p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la port&#233;e radicale des concepts id&#233;alistes de base est lentement abandonn&#233;e et ils sont de plus en plus adapt&#233;s &#224; la forme sociale dominante. Ce processus est, comme nous le verrons, rendu n&#233;cessaire par la structure conceptuelle de l'id&#233;alisme allemand, qui retient les principes d&#233;cisifs de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale et interdit tout d&#233;passement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la forme particuli&#232;re que prend la r&#233;conciliation entre la philosophie et la r&#233;alit&#233; dans le syst&#232;me de Hegel est d&#233;termin&#233;e par la situation r&#233;elle de l'Allemagne &#224; l'&#233;poque o&#249; il &#233;labore son syst&#232;me. Les premiers concepts philosophiques de Hegel ont &#233;t&#233; formul&#233;s au milieu d'un Reich allemand en d&#233;composition. Comme il le d&#233;clare au d&#233;but de sa brochure sur la Constitution allemande (1802), l'&#201;tat allemand de la derni&#232;re d&#233;cennie du XVIIIe si&#232;cle &#171; n'est plus un &#201;tat &#187;. Les restes du despotisme f&#233;odal r&#233;gnaient encore en Allemagne, d'autant plus oppressants que scind&#233;s en une multitude de petits despotismes, les uns rivalisant les uns avec les autres. Le Reich &#171; comprenait l'Autriche et la Prusse, les princes &#233;lecteurs, 94 princes eccl&#233;siastiques et s&#233;culiers, 103 barons, 40 pr&#233;lats et 51 villes du Reich ; en somme, il se composait de pr&#232;s de 300 territoires. &#171; Le Reich lui-m&#234;me &#171; ne poss&#233;dait pas un seul soldat, son revenu annuel ne s'&#233;levant qu'&#224; quelques milliers de florins &#187;. Il n'y avait pas de juridiction centralis&#233;e ; La Court Supr&#234;me (Reichskammergericht ) &#233;tait un terreau fertile &#171; pour la corruption, le caprice et la corruption &#187;. Le servage &#233;tait toujours r&#233;pandu, le paysan &#233;tait toujours une b&#234;te de somme. Certains princes louaient ou vendaient encore leurs sujets comme soldats mercenaires &#224; des pays &#233;trangers. Une forte censure a op&#233;r&#233; pour r&#233;primer les moindres traces d'illumination.' Un contemporain d&#233;peint la sc&#232;ne actuelle dans les mots suivants. &#171; Sans loi ni justice, sans protection contre l'imposition arbitraire, incertains de la vie de nos fils, de notre libert&#233; et de nos droits, proie impuissante d'un pouvoir despotique, notre existence d&#233;pourvue d'unit&#233; et d'esprit national... &#8211; c'est le statu quo de notre nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la France, l'Allemagne n'avait pas de classe moyenne forte, consciente et politiquement &#233;duqu&#233;e pour mener la lutte contre cet absolutisme. La noblesse r&#233;gnait sans opposition. &#171; Presque personne en Allemagne, remarquait Goethe, n'a song&#233; &#224; envier cette immense masse privil&#233;gi&#233;e, ou &#224; lui reprocher ses heureux avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie urbaine, r&#233;partie dans de nombreuses communes, chacune avec son propre gouvernement et ses propres int&#233;r&#234;ts locaux, &#233;tait impuissante &#224; cristalliser et &#224; op&#233;rer une opposition s&#233;rieuse. Certes, il y avait des conflits entre les patriciens au pouvoir et les guildes et artisans. Mais ceux-ci n'atteignirent nulle part les proportions d'un mouvement r&#233;volutionnaire. Les bourgeois accompagnaient leurs p&#233;titions et leurs plaintes d'une pri&#232;re demandant &#224; Dieu de prot&#233;ger la patrie de &#171; la terreur de la r&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la R&#233;forme allemande, les masses s'&#233;taient habitu&#233;es au fait que, pour elles, la libert&#233; &#233;tait une &#171; valeur int&#233;rieure &#187;, compatible avec toute forme de servitude, que l'ob&#233;issance due &#224; l'autorit&#233; existante &#233;tait une condition pr&#233;alable au salut &#233;ternel, et que le labeur et la pauvret&#233; &#233;taient une b&#233;n&#233;diction aux yeux du Seigneur. Un long processus de formation disciplinaire avait introverti les revendications de libert&#233; et de raison en Allemagne. L'une des fonctions d&#233;cisives du protestantisme avait &#233;t&#233; d'amener les individus &#233;mancip&#233;s &#224; accepter le nouveau syst&#232;me social qui s'&#233;tait fait jour, en d&#233;tournant leurs revendications et leurs exigences du monde ext&#233;rieur vers leur vie int&#233;rieure. Luther a &#233;tabli la libert&#233; chr&#233;tienne comme une valeur int&#233;rieure &#224; r&#233;aliser ind&#233;pendamment de toute condition ext&#233;rieure. La r&#233;alit&#233; sociale est devenue indiff&#233;rente quant &#224; la v&#233;ritable essence de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture allemande est ins&#233;parable de son origine protestante. L&#224; est n&#233; un royaume de beaut&#233;, de libert&#233; et de moralit&#233;, qui ne devait pas &#234;tre &#233;branl&#233; par les r&#233;alit&#233;s et les luttes ext&#233;rieures, d&#233;tach&#233; du monde social mis&#233;rable et ancr&#233; dans &#171; l'&#226;me &#187; de l'individu. Cette &#233;volution est &#224; l'origine d'une tendance largement visible dans l'id&#233;alisme allemand, une volont&#233; de se r&#233;concilier avec la r&#233;alit&#233; sociale. Cette tendance r&#233;conciliatrice des id&#233;alistes entre constamment en conflit avec leur rationalisme critique. En fin de compte, l'id&#233;al que les aspects critiques affichaient, une r&#233;organisation politique et sociale rationnelle du monde, est frustr&#233; et se transforme en valeur spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes &#171; &#233;duqu&#233;es &#187; s'isolent des affaires pratiques et, se rendant ainsi impuissantes &#224; appliquer leur raison &#224; la refonte de la soci&#233;t&#233;, s'accomplissent dans un domaine de la science, de l'art, de la philosophie et de la religion. Ce domaine devient pour elles la &#171; vraie r&#233;alit&#233; &#187;. ' transcender la mis&#232;re des conditions sociales existantes ; c'&#233;tait &#224; la fois le refuge de la v&#233;rit&#233;, de la bont&#233;, de la beaut&#233;, du bonheur et, surtout, d'un esprit critique qui ne pouvait &#234;tre transform&#233; en canaux sociaux. La culture &#233;tait donc essentiellement id&#233;aliste, occup&#233;e de l' id&#233;e des choses plut&#244;t que des choses elles-m&#234;mes. Il place la libert&#233; de pens&#233;e avant la libert&#233; d' action,la morale avant la justice pratique, la vie int&#233;rieure avant la vie sociale de l'homme. Cette culture id&#233;aliste, cependant, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle se tenait &#224; l'&#233;cart d'une r&#233;alit&#233; intol&#233;rable et se maintenait ainsi intacte et sans tache, servait, malgr&#233; ses fausses consolations et ses glorifications, de d&#233;positaire de v&#233;rit&#233;s qui ne s'&#233;taient pas r&#233;alis&#233;es dans l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de Hegel est la derni&#232;re grande expression de cet id&#233;alisme culturel, la derni&#232;re grande tentative pour faire de la pens&#233;e un refuge pour la raison et la libert&#233;. L'impulsion critique originelle de sa pens&#233;e &#233;tait cependant assez forte pour l'inciter &#224; abandonner la traditionnelle distance de l'id&#233;alisme &#224; l'&#233;gard de l'histoire. Il fait de la philosophie un facteur historique concret et fait entrer l'histoire dans la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire, cependant, lorsqu'elle est comprise, brise le cadre id&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de Hegel est n&#233;cessairement associ&#233; &#224; une philosophie politique d&#233;termin&#233;e et &#224; un ordre social et politique d&#233;termin&#233;. La dialectique entre la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat de la Restauration n'est pas accessoire dans la philosophie de Hegel, ni seulement une partie de sa Philosophie du droit ; ses principes op&#232;rent d&#233;j&#224; dans la structure conceptuelle de son syst&#232;me. Ses concepts de base ne sont, d'autre part, que l'aboutissement de toute la tradition de la pens&#233;e occidentale. Ils ne deviennent compr&#233;hensibles que lorsqu'ils sont interpr&#233;t&#233;s dans le cadre de cette tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons jusqu'ici tent&#233;, en quelques mots, de replacer les concepts h&#233;g&#233;liens dans leur contexte historique concret. Il nous reste &#224; retracer le point de d&#233;part du syst&#232;me de Hegel jusqu'&#224; ses sources dans la situation philosophique de son temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Le cadre philosophique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme allemand a sauv&#233; la philosophie de l'attaque de l'empirisme britannique, et la lutte entre les deux n'est pas simplement devenue un choc d'&#233;coles philosophiques diff&#233;rentes, mais une lutte pour la philosophie en tant que telle. La philosophie n'a jamais cess&#233; de revendiquer le droit de guider les efforts de l'homme vers une ma&#238;trise rationnelle de la nature et de la soci&#233;t&#233;, ou de fonder cette pr&#233;tention sur le fait que la philosophie a &#233;labor&#233; les concepts les plus &#233;lev&#233;s et les plus g&#233;n&#233;raux pour conna&#238;tre le monde. Avec Descartes, la port&#233;e pratique de la philosophie prend une forme nouvelle, qui s'accorde avec les progr&#232;s rapides de la technique moderne. Il a annonc&#233; une &#171; philosophie pratique au moyen de laquelle, connaissant la force et l'action du feu, de l'eau, de l'air, des &#233;toiles, des cieux et de tous les autres corps qui nous entourent... nous pouvons les employer &#224; tous les usages auxquels ils sont destin&#233;s. adapt&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisation de cette t&#226;che &#233;tait de plus en plus li&#233;e &#224; l'&#233;tablissement de lois et de concepts universellement valables dans le domaine de la connaissance. La ma&#238;trise rationnelle de la nature et de la soci&#233;t&#233; supposait la connaissance de la v&#233;rit&#233;, et la v&#233;rit&#233; &#233;tait un universel, par opposition &#224; l'apparence multiple des choses ou &#224; leur forme imm&#233;diate dans la perception des individus. Ce principe &#233;tait d&#233;j&#224; vivant dans les premi&#232;res tentatives d'&#233;pist&#233;mologie grecque : la v&#233;rit&#233; est universelle et n&#233;cessaire et contredit ainsi l'exp&#233;rience ordinaire du changement et de l'accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception selon laquelle la v&#233;rit&#233; est contraire aux faits de l'existence et ind&#233;pendante des individus contingents a travers&#233; toute l'&#233;poque historique au cours de laquelle la vie sociale de l'homme a &#233;t&#233; faite d'antagonismes entre des individus et des groupes en conflit. L'universel a &#233;t&#233; hypostasi&#233; comme une r&#233;action philosophique au fait historique que, dans la soci&#233;t&#233;, seuls les int&#233;r&#234;ts individuels pr&#233;valent, tandis que l'int&#233;r&#234;t commun ne s'affirme que &#171; dans le dos &#187; de l'individu. L'opposition entre l'universel et l'individuel s'est aggrav&#233;e lorsque, &#224; l'&#233;poque moderne, des mots d'ordre de libert&#233; g&#233;n&#233;rale ont &#233;t&#233; lanc&#233;s et qu'on a soutenu qu'un ordre social appropri&#233; ne pouvait &#234;tre instaur&#233; que par la connaissance et l'activit&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s. Tous les hommes ont &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s libres et &#233;gaux ; encore, en agissant selon leurs connaissances et dans la poursuite de leurs int&#233;r&#234;ts, ils ont cr&#233;&#233; et v&#233;cu un ordre de d&#233;pendance, d'injustice et de crises r&#233;currentes. La concurrence g&#233;n&#233;rale entre les sujets &#233;conomiques libres n'a pas &#233;tabli une communaut&#233; rationnelle qui pourrait sauvegarder et satisfaire les besoins et les d&#233;sirs de tous les hommes. La vie des hommes &#233;tait livr&#233;e &#224; l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;m&#233;canismes d'un syst&#232;me social qui relient les individus les uns aux autres en tant qu'acheteurs et vendeurs isol&#233;s de marchandises. Cette absence r&#233;elle de communaut&#233; rationnelle &#233;tait &#224; l'origine de la qu&#234;te philosophique de l'unit&#233; ( Einheit ) et de l'universalit&#233; ( Allgemeinheit ) de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure du raisonnement individuel (la subjectivit&#233;) produit-elle des lois et des concepts g&#233;n&#233;raux qui pourraient constituer des normes universelles de rationalit&#233; ? Un ordre rationnel universel peut-il &#234;tre construit sur l'autonomie de l'individu ? En d&#233;veloppant une r&#233;ponse affirmative &#224; ces questions, l'&#233;pist&#233;mologie de l'id&#233;alisme allemand visait un principe unificateur qui pr&#233;serverait les id&#233;aux fondamentaux de la soci&#233;t&#233; individualiste sans &#234;tre victime de ses antagonismes. Les empiristes britanniques avaient d&#233;montr&#233; qu'aucun concept ou loi de la raison ne pouvait pr&#233;tendre &#224; l'universalit&#233;, que l'unit&#233; de la raison n'est que l'unit&#233; de la coutume ou de l'habitude, adh&#233;rant aux faits mais ne les gouvernant jamais. Selon les id&#233;alistes allemands, cette attaque compromettait tous les efforts visant &#224; imposer un ordre aux formes de vie dominantes. L'unit&#233; et l'universalit&#233; ne se trouvaient pas dans la r&#233;alit&#233; empirique ; on ne leur a pas donn&#233; les faits. De plus, la structure m&#234;me de la r&#233;alit&#233; empirique semblait justifier l'hypoth&#232;se qu'ils ne pourraient jamais &#234;tre d&#233;riv&#233;s des faits donn&#233;s. Si les hommes ne r&#233;ussissaient pas, cependant, &#224; cr&#233;er l'unit&#233; et l'universalit&#233; par leur raison autonome et m&#234;me en contradiction avec les faits, ils devraient abandonner non seulement leur existence intellectuelle mais aussi leur existence mat&#233;rielle aux pressions et processus aveugles de l'ordre empirique dominant. de la vie : le probl&#232;me n'&#233;tait donc pas seulement philosophique mais concernait le destin historique de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;alistes allemands reconnaissaient les manifestations historiques concr&#232;tes du probl&#232;me ; cela est clair dans le fait que tous ont reli&#233; le th&#233;orique avec le. raison pratique . Passage n&#233;cessaire de l'analyse kantienne de la conscience transcendantale &#224; sa revendication de la communaut&#233; d'un Weltb&#252;rgerreich, de la conception fichtienne de l'ego pur &#224; sa construction d'une soci&#233;t&#233; totalement unifi&#233;e et r&#233;gl&#233;e ( der geschlossene Handelsstaat ) ; et de l'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la raison &#224; sa d&#233;signation de l'&#201;tat comme l'union de l'int&#233;r&#234;t commun et de l'int&#233;r&#234;t individuel, et donc comme la r&#233;alisation de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-attaque id&#233;aliste n'a pas &#233;t&#233; provoqu&#233;e par les approches empiristes de Locke et Hume, mais par leur r&#233;futation des id&#233;es g&#233;n&#233;rales. Nous avons tent&#233; de montrer que le droit de la raison de fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; d&#233;pendait de la capacit&#233; de l'homme &#224; d&#233;tenir des v&#233;rit&#233;s g&#233;n&#233;ralement valables. La raison ne pouvait conduire au-del&#224; du fait brut de ce qui est, &#224; la r&#233;alisation de ce qui devrait &#234;tre, qu'en vertu de l'universalit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; de ses concepts (qui &#224; leur tour sont les crit&#232;res de sa v&#233;rit&#233;). Ces concepts, les empiristes les niaient. Les id&#233;es g&#233;n&#233;rales, disait Locke, sont &#171; les inventions et les cr&#233;atures de l'entendement, faites par lui pour son propre usage, et ne concernent que les signes... Quand donc nous quittons les d&#233;tails, les g&#233;n&#233;raux qui restent ne sont que les cr&#233;atures de notre propre fabrication. ..' Pour Hume, les id&#233;es g&#233;n&#233;rales sont abstraites du particulier, et 'repr&#233;sentent' le particulier et le particulier seulement. Ils ne peuvent jamais fournir de r&#232;gles ou de principes universels. Si Hume devait &#234;tre accept&#233;, la pr&#233;tention de la raison &#224; organiser la r&#233;alit&#233; devait &#234;tre rejet&#233;e. Car, comme nous l'avons vu, cette pr&#233;tention &#233;tait fond&#233;e sur la facult&#233; de la raison d'atteindre des v&#233;rit&#233;s, dont la validit&#233; ne d&#233;coulait pas de l'exp&#233;rience et qui, en fait, pouvaient s'opposer &#224; l'exp&#233;rience. &#171; Ce n'est pas... la raison, qui est le guide de la vie, mais la coutume. Cette conclusion des investigations empiristes a fait plus que saper la m&#233;taphysique. Elle enfermait les hommes dans les limites du &#171; donn&#233; &#187;, dans l'ordre existant des choses et des &#233;v&#233;nements. D'o&#249; l'homme pourrait-il obtenir le droit d'aller au-del&#224; non pas de tel particulier dans cet ordre, mais de l'ordre tout entier lui-m&#234;me ? D'o&#249; pouvait-il tirer le droit de soumettre cet ordre au jugement de la raison ? Si l'exp&#233;rience et la coutume devaient &#234;tre la seule source de sa connaissance et de sa croyance, comment pourrait-il agir contre la coutume, comment agir selon des id&#233;es et des principes non encore accept&#233;s et &#233;tablis ? La v&#233;rit&#233; ne saurait s'opposer &#224; l'ordre donn&#233; ni la raison parler contre lui. Le r&#233;sultat n'&#233;tait pas seulement le scepticisme mais le conformisme. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. comment agir selon des id&#233;es et des principes non encore accept&#233;s et &#233;tablis ? La v&#233;rit&#233; ne saurait s'opposer &#224; l'ordre donn&#233; ni la raison parler contre lui. Le r&#233;sultat n'&#233;tait pas seulement le scepticisme mais le conformisme. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. comment agir selon des id&#233;es et des principes non encore accept&#233;s et &#233;tablis ? La v&#233;rit&#233; ne saurait s'opposer &#224; l'ordre donn&#233; ni la raison parler contre lui. Le r&#233;sultat n'&#233;tait pas seulement le scepticisme mais le conformisme. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits. La restriction empiriste de la nature humaine &#224; la connaissance du &#171; donn&#233; &#187; a supprim&#233; &#224; la fois le d&#233;sir de transcender le donn&#233; et le d&#233;sespoir &#224; son sujet. &#171; Car rien n'est plus certain que le d&#233;sespoir a sur nous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me effet que la jouissance, et qu'&#224; peine nous connaissons l'impossibilit&#233; de satisfaire un d&#233;sir, que le d&#233;sir lui-m&#234;me s'&#233;vanouit. Quand nous voyons que nous sommes arriv&#233;s &#224; l'extr&#234;me limite de la raison humaine, nous nous asseyons satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;alistes allemands consid&#233;raient cette philosophie comme l'expression de l'abdication de la raison. Attribuer l'existence d'id&#233;es g&#233;n&#233;rales &#224; la force de la coutume, et les principes par lesquels la r&#233;alit&#233; est comprise, &#224; des m&#233;canismes psychologiques, &#233;quivalait pour eux &#224; un d&#233;ni de la v&#233;rit&#233; et de la raison. La psychologie humaine, voyaient-ils, est sujette au changement - est, en fait, un domaine d'incertitude et de hasard dont aucune n&#233;cessit&#233; et universalit&#233; ne pourraient &#234;tre d&#233;riv&#233;es. Et pourtant, cette n&#233;cessit&#233; et cette universalit&#233; &#233;taient la seule garantie de la raison. &#192; moins, d&#233;claraient les id&#233;alistes, que les concepts g&#233;n&#233;raux qui revendiquaient tant de n&#233;cessit&#233; et d'universalit&#233; ne puissent &#234;tre d&#233;montr&#233;s comme &#233;tant plus que le produit de l'imagination, qu'ils ne tirent leur validit&#233; ni de l'exp&#233;rience ni de la psychologie individuelle, &#224; moins que, en d'autres termes, elles se montraient applicables &#224; l'exp&#233;rience sans en d&#233;couler, la raison devrait se plier aux pr&#233;ceptes de l'enseignement empirique. Et si la connaissance par la raison, c'est-&#224;-dire par des concepts qui ne sont pas d&#233;riv&#233;s de l'exp&#233;rience, signifie la m&#233;taphysique, alors l'attaque contre la m&#233;taphysique &#233;tait en m&#234;me temps une attaque contre les conditions de la libert&#233; humaine, car le droit de la raison de guider l'exp&#233;rience &#233;tait un bonne partie de ces conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant a adopt&#233; le point de vue des empiristes selon lequel toute connaissance humaine commence et se termine par l'exp&#233;rience, que seule l'exp&#233;rience fournit le mat&#233;riau des concepts de raison. Il n'y a pas d'&#233;nonc&#233; empiriste plus fort que celui qui ouvre sa Critique de la raison pure. &#034;Toute pens&#233;e doit, directement ou indirectement, (...) se rapporter en dernier ressort aux intuitions, et donc, chez nous, &#224; la sensibilit&#233;, car d'aucune autre mani&#232;re un objet ne peut nous &#234;tre donn&#233;. Kant soutient cependant que les empiristes n'avaient pas r&#233;ussi &#224; d&#233;montrer que l'exp&#233;rience fournit aussi les moyens et les modes d'organisation de ce mat&#233;riau empirique. S'il pouvait &#234;tre d&#233;montr&#233; que ces principes d'organisation sont la v&#233;ritable possession de l'esprit humain et ne d&#233;coulent pas de l'exp&#233;rience, alors l'ind&#233;pendance et la libert&#233; de la raison seraient sauv&#233;es. L'exp&#233;rience elle-m&#234;me deviendrait le produit de la raison, car elle ne serait alors pas la vari&#233;t&#233; d&#233;sordonn&#233;e des sensations et des impressions, mais l'organisation compr&#233;hensive de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant entreprit de prouver que l'esprit humain poss&#233;dait les &#171; formes &#187; universelles qui organisaient la multiplicit&#233; des donn&#233;es que lui fournissaient les sens. Les formes d'&#171; intuition &#187; (l'espace et le temps) et les formes de &#171; compr&#233;hension &#187; (les cat&#233;gories) sont les universaux par lesquels l'esprit ordonne le sens multiple dans le continuum de l'exp&#233;rience. Ils sont a priori sur chaque sensation et impression, de sorte que nous &#171; captons &#187; et arrangeons les impressions sous ces formes. L'exp&#233;rience pr&#233;sente un caract&#232;re n&#233;cessaire et universel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ordre qu'en vertu de l'activit&#233; a priori de l'esprit humain, qui per&#231;oit toutes les choses et les &#233;v&#233;nements sous la forme de l'espace et du temps et les comprend sous les cat&#233;gories de l'unit&#233;, de la r&#233;alit&#233;, de la substantialit&#233;, de la causalit&#233;, etc. Ces formes et cat&#233;gories ne d&#233;rivent pas de l'exp&#233;rience, car, comme l'avait fait remarquer Hume, aucune impression ou sensation ne peut &#234;tre trouv&#233;e qui leur corresponde ; pourtant l'exp&#233;rience, en tant que continuum organis&#233;, prend naissance en eux. Ils sont universellement valables et applicables car ils constituent la structure m&#234;me de l'esprit humain. Le monde des objets, en tant qu'ordre universel et n&#233;cessaire, est produit par le sujet - non par l'individu, mais par ces actes d'intuition et de compr&#233;hension qui sont communs &#224; tous les individus, puisqu'ils constituent les conditions m&#234;mes de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette structure commune de l'esprit que Kant d&#233;signe comme &#171; conscience transcendantale &#187;. Il consiste en des formes d'intuition et de compr&#233;hension qui, dans l'analyse de Kant, ne sont pas des cadres statiques, mais des formes d'op&#233;ration qui n'existent que dans l'acte d'appr&#233;hender et de comprendre. Les formes transcendantales de l'intuition ou du sens ext&#233;rieur synth&#233;tisent la diversit&#233; des donn&#233;es sensorielles dans un ordre spatio-temporel. En vertu des cat&#233;gories, les r&#233;sultats de celle-ci sont ramen&#233;s dans les relations universelles et n&#233;cessaires de cause &#224; effet, de substance, de r&#233;ciprocit&#233;, etc. Et tout ce complexe est unifi&#233; dans &#171; l'aperception transcendantale &#187;, qui relie toute exp&#233;rience au moi pensant, donnant ainsi &#224; l'exp&#233;rience la continuit&#233; d'&#234;tre &#171; mon &#187; exp&#233;rience. Ces processus de synth&#232;se, a priori et communs &#224; tous les esprits, donc universels,in toto dans chaque acte de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Kant appelle la synth&#232;se &#171; la plus &#233;lev&#233;e &#187;, celle de l'aperception transcendantale, est la conscience d'un &#171; je pense &#187; qui accompagne toute exp&#233;rience. Par elle, le moi pensant se sait continu, pr&#233;sent et actif tout au long de la s&#233;rie de ses exp&#233;riences. L'aperception transcendantale est donc la base ultime de l'unit&#233; du sujet et, par cons&#233;quent, de l'universalit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; de toutes les relations objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience transcendantale d&#233;pend du mat&#233;riel re&#231;u par les sens. La multitude de ces impressions, cependant, ne devient un monde organis&#233; d'objets et de relations coh&#233;rents que par les op&#233;rations de la conscience transcendantale. D&#232;s lors, puisque nous ne connaissons les impressions que dans le contexte des formes a priori de l'esprit, nous ne pouvons pas savoir comment ni quelles sont les &#171; choses en soi &#187; qui donnent lieu aux impressions. Ces choses-en-soi, suppos&#233;es exister en dehors des formes de l'esprit, restent totalement inconnaissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel consid&#233;rait cet &#233;l&#233;ment sceptique de la philosophie de Kant comme viciant sa tentative de sauver la raison de l'assaut empiriste. Tant que les choses en soi &#233;taient au-del&#224; de la capacit&#233; de la raison, simple principe subjectif sans pouvoir sur la structure objective de la r&#233;alit&#233;. Et donc tomb&#233; en deux parties distinctes, la subjectivit&#233; et l'objectivit&#233;, la compr&#233;hension et le sens, la pens&#233;e et l'existence. Cette s&#233;paration n'&#233;tait pas d'abord un probl&#232;me &#233;pist&#233;mologique pour Hegel. &#192; maintes reprises, il a soulign&#233; que la relation entre sujet et objet, leur opposition, d&#233;notait un conflit concret dans l'existence, et que sa solution, l'union des contraires, &#233;tait une question de pratique aussi bien que de th&#233;orie. Plus tard, il d&#233;crivit la forme historique du conflit comme &#171; l'ali&#233;nation &#187; ( Entfremdung) de l'esprit, signifiant que le monde des objets, &#224; l'origine le produit du travail et de la connaissance de l'homme, devient ind&#233;pendant de l'homme et en vient &#224; &#234;tre gouvern&#233; par des forces et des lois incontr&#244;l&#233;es dans lesquelles l'homme ne se reconna&#238;t plus. En m&#234;me temps, la pens&#233;e s'&#233;loigne de la r&#233;alit&#233; et la v&#233;rit&#233; devient un id&#233;al impuissant conserv&#233; dans la pens&#233;e tandis que le monde r&#233;el est tranquillement laiss&#233; hors de son influence. Si l'homme ne parvient pas &#224; r&#233;unir les parties s&#233;par&#233;es de son monde et &#224; ramener la nature et la soci&#233;t&#233; dans le champ de sa raison, il est vou&#233; &#224; jamais &#224; la frustration. La t&#226;che de la philosophie dans cette p&#233;riode de d&#233;sint&#233;gration g&#233;n&#233;rale est de d&#233;montrer le principe qui restaurera l'unit&#233; et la totalit&#233; manquantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel &#233;nonce ce principe dans le concept de raison. Nous avons tent&#233; d'esquisser les racines socio-historiques et philosophiques de ce concept qui op&#232;re un lien entre les id&#233;es progressistes de la R&#233;volution fran&#231;aise et les courants dominants de la discussion philosophique. La raison est la v&#233;ritable forme de r&#233;alit&#233; dans laquelle tous les antagonismes du sujet et de l'objet sont int&#233;gr&#233;s pour former une v&#233;ritable unit&#233; et universalit&#233;. La philosophie de Hegel est donc n&#233;cessairement un syst&#232;me, subsumant tous les domaines de l'&#234;tre sous l'id&#233;e globale de la raison. Le monde inorganique comme le monde organique, la nature comme la soci&#233;t&#233;, sont ici amen&#233;s sous l'emprise de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel consid&#233;rait le caract&#232;re syst&#233;matique de la philosophie comme un produit de la situation historique. L'histoire avait atteint un stade o&#249; les possibilit&#233;s de r&#233;aliser la libert&#233; humaine &#233;taient &#224; port&#233;e de main. La libert&#233;, cependant, pr&#233;suppose la r&#233;alit&#233; de la raison. L'homme ne pouvait &#234;tre libre, d&#233;velopper toutes ses potentialit&#233;s que si tout son monde &#233;tait domin&#233; par une volont&#233; rationnelle int&#233;gratrice et par la connaissance. Le syst&#232;me h&#233;g&#233;lien anticipe un &#233;tat dans lequel cette possibilit&#233; a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e. L'optimisme historique qu'il respire a servi de base au soi-disant &#171; panlogisme &#187; de Hegel qui traite toute forme d'&#234;tre comme une forme de raison. Les transitions de la Logique &#224; la Philosophie de la Nature, et de celle-ci &#224; la Philosophie de l'Espritsont faites sur l'hypoth&#232;se que les lois de la nature d&#233;coulent de la structure rationnelle de l'&#234;tre et conduisent dans un continuum aux lois de l'esprit. Le royaume de l'esprit r&#233;alise dans la libert&#233; ce que le royaume de la nature r&#233;alise dans la n&#233;cessit&#233; aveugle - l'accomplissement des potentialit&#233;s inh&#233;rentes &#224; la r&#233;alit&#233;. C'est cet &#233;tat de r&#233;alit&#233; que Hegel appelle &#171; la v&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; n'est pas seulement attach&#233;e aux propositions et aux jugements, elle est, en somme, non seulement un attribut de la pens&#233;e, mais de la r&#233;alit&#233; en devenir. Une chose est vraie si elle est ce qu'elle peut &#234;tre, remplissant toutes ses possibilit&#233;s objectives. Dans le langage de Hegel, il est alors identique &#224; sa &#171; notion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion a un double usage. Il comprend la nature ou l'essence d'un sujet, et repr&#233;sente ainsi la v&#233;ritable pens&#233;e de celui-ci. En m&#234;me temps, il renvoie, &#224; la r&#233;alisation effective de cette nature ou essence, &#224; son existence concr&#232;te. Tous les concepts fondamentaux du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien sont caract&#233;ris&#233;s par la m&#234;me ambigu&#239;t&#233;. Ils ne d&#233;signent jamais de simples concepts (comme dans la logique formelle), mais des formes ou des modes d'&#234;tre compris par la pens&#233;e. Hegel ne pr&#233;suppose pas une identit&#233; mystique de la pens&#233;e et de la r&#233;alit&#233;, mais il soutient que la pens&#233;e juste repr&#233;sente la r&#233;alit&#233; parce que celle-ci, dans son d&#233;veloppement, a atteint le stade o&#249; elle existe conform&#233;ment &#224; la v&#233;rit&#233;. Son &#171; pan-logisme &#187; en est presque le contraire : on pourrait dire qu'il tire les principes et les formes de la pens&#233;e des principes et des formes de la r&#233;alit&#233;, de sorte que les lois logiques reproduisent celles qui r&#233;gissent le mouvement de la r&#233;alit&#233;. L'unification des contraires est un processus que Hegel d&#233;montre dans le cas de chaque existant. La forme logique du &#171; jugement &#187; exprime un &#233;v&#233;nement dans la r&#233;alit&#233;. Prenons, par exemple, le jugement : cet homme est un esclave. Selon Hegel, cela signifie qu'un homme (le sujet) est devenu esclave (le pr&#233;dicat), mais bien qu'il soit esclave, il reste toujours homme, donc essentiellement libre et oppos&#233; &#224; sa situation difficile. Le jugement n'attribue pas un pr&#233;dicat &#224; un sujet stable, mais d&#233;note un processus effectif du sujet par lequel celui-ci devient autre chose que lui-m&#234;me. Le sujet est le processus m&#234;me de devenir le pr&#233;dicat et de le contredire. Ce processus dissout en une multitude de relations antagonistes les sujets stables que la logique traditionnelle avait assum&#233;s. La r&#233;alit&#233; appara&#238;t comme une dynamique dans laquelle toutes les formes fixes se r&#233;v&#232;lent &#234;tre de simples abstractions. Par cons&#233;quent, lorsque dans la logique de Hegel les concepts passent d'une forme &#224; une autre, cela renvoie au fait que, pour corriger la pens&#233;e, une forme d'&#234;tre passe &#224; une autre, et que toute forme particuli&#232;re ne peut &#234;tre d&#233;termin&#233;e que par l'ensemble des rapports antagonistes dans laquelle cette forme existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soulign&#233; le fait que, pour Hegel, la r&#233;alit&#233; a atteint un stade o&#249; elle existe dans la v&#233;rit&#233;. Cette d&#233;claration a maintenant besoin d'une correction. Hegel ne veut pas dire que tout ce qui existe le fait conform&#233;ment &#224; ses potentialit&#233;s, mais que l'esprit a atteint la conscience de soi de sa libert&#233;, et est devenu capable de lib&#233;rer la nature et la soci&#233;t&#233;. La r&#233;alisation de la raison n'est pas un fait mais une t&#226;che. La forme sous laquelle les objets apparaissent imm&#233;diatement n'est pas encore leur vraie forme. Ce qui est simplement donn&#233; est d'abord n&#233;gatif, autre que ses potentialit&#233;s r&#233;elles. Cela ne devient vrai que dans le processus de d&#233;passement de cette n&#233;gativit&#233;, de sorte que la naissance de la v&#233;rit&#233; exige la mort de l'&#233;tat d'&#234;tre donn&#233;. L'optimisme de Hegel repose sur une conception destructrice du donn&#233;. Toutes les formes sont saisies par le mouvement dissolvant de la raison qui les annule et les alt&#232;re jusqu'&#224; ce qu'elles soient ad&#233;quates &#224; leur notion. C'est ce mouvement que la pens&#233;e refl&#232;te dans le processus de &#171; m&#233;diation &#187; (Vermittlung ). Si nous suivons le vrai contenu de nos perceptions et de nos concepts, toute d&#233;limitation d'objets stables s'effondre. Ils se dissolvent dans une multitude de relations qui &#233;puisent le contenu d&#233;velopp&#233; de ces objets et aboutissent &#224; l'activit&#233; compr&#233;hensive du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Hegel est bien ce que la r&#233;action ult&#233;rieure l'a appel&#233;e, une philosophie n&#233;gative. Elle est originellement motiv&#233;e par la conviction que les faits donn&#233;s qui apparaissent au sens commun comme l'indice positif de la v&#233;rit&#233; sont en r&#233;alit&#233; la n&#233;gation de la v&#233;rit&#233;, de sorte que la v&#233;rit&#233; ne peut s'&#233;tablir que par leur destruction. Le moteur de la m&#233;thode dialectique r&#233;side dans cette conviction critique. La dialectique dans son ensemble est li&#233;e &#224; la conception que toutes les formes d'&#234;tre sont impr&#233;gn&#233;es d'une n&#233;gativit&#233; essentielle, et que cette n&#233;gativit&#233; d&#233;termine leur contenu et leur mouvement. La dialectique repr&#233;sente le contre-pouvoir &#224; toute forme de positivisme. De Hume aux positivistes logiques actuels, le principe de cette derni&#232;re philosophie a &#233;t&#233; l'autorit&#233; ultime du fait, et l'observation du donn&#233; imm&#233;diat a &#233;t&#233; l'ultime m&#233;thode de v&#233;rification. Au milieu du XIXe si&#232;cle, et principalement en r&#233;ponse aux tendances destructrices du rationalisme, le positivisme prend la forme particuli&#232;re d'une &#171; philosophie positive &#187; englobante, qui va remplacer la m&#233;taphysique traditionnelle. Les protagonistes de ce positivisme ont pris grand soin de souligner l'attitude conservatrice et affirmative de leur philosophie : elle induit la pens&#233;e &#224; se contenter des faits, &#224; renoncer &#224; toute transgression au-del&#224; d'eux et &#224; s'incliner devant l'&#233;tat de choses donn&#233;. Pour Hegel, les faits en eux-m&#234;mes n'ont aucune autorit&#233;. Ils sont &#171; pos&#233;s &#187; ( ' qui devait remplacer la m&#233;taphysique traditionnelle. Les protagonistes de ce positivisme ont pris grand soin de souligner l'attitude conservatrice et affirmative de leur philosophie : elle induit la pens&#233;e &#224; se contenter des faits, &#224; renoncer &#224; toute transgression au-del&#224; d'eux et &#224; s'incliner devant l'&#233;tat de choses donn&#233;. Pour Hegel, les faits en eux-m&#234;mes n'ont aucune autorit&#233;. Ils sont &#171; pos&#233;s &#187; ( ' qui devait remplacer la m&#233;taphysique traditionnelle. Les protagonistes de ce positivisme ont pris grand soin de souligner l'attitude conservatrice et affirmative de leur philosophie : elle induit la pens&#233;e &#224; se contenter des faits, &#224; renoncer &#224; toute transgression au-del&#224; d'eux et &#224; s'incliner devant l'&#233;tat de choses donn&#233;. Pour Hegel, les faits en eux-m&#234;mes n'ont aucune autorit&#233;. Ils sont &#171; pos&#233;s &#187; (gesetzt ) par le sujet qui les a m&#233;diatis&#233;s avec le processus global de son d&#233;veloppement. La v&#233;rification repose, en derni&#232;re analyse, sur ce processus auquel tous les faits se rapportent et qui d&#233;termine leur contenu. Tout ce qui est donn&#233; doit &#234;tre justifi&#233; devant la raison, qui n'est que la totalit&#233; des capacit&#233;s de la nature et de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Hegel, cependant, qui commence par la n&#233;gation du donn&#233; et conserve cette n&#233;gativit&#233; tout au long, se termine par la d&#233;claration que l'histoire a atteint la r&#233;alit&#233; de la raison. Ses concepts de base &#233;taient encore li&#233;s &#224; la structure sociale du syst&#232;me dominant et, &#224; cet &#233;gard &#233;galement, l'id&#233;alisme allemand peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme ayant conserv&#233; l'h&#233;ritage de la R&#233;volution fran&#231;aise. Cependant, la &#171; r&#233;conciliation de l'id&#233;e et de la r&#233;alit&#233; &#187;, proclam&#233;e dans la Philosophie du droit de Hegel,contient un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif qui va au-del&#224; de la simple r&#233;conciliation. Cet &#233;l&#233;ment a &#233;t&#233; conserv&#233; et utilis&#233; dans la doctrine post&#233;rieure de la n&#233;gation de la philosophie. La philosophie atteint sa fin lorsqu'elle a formul&#233; sa vision d'un monde dans lequel la raison est r&#233;alis&#233;e. Si &#224; ce point la r&#233;alit&#233; contient les conditions n&#233;cessaires pour mat&#233;rialiser la raison en fait, la pens&#233;e peut cesser de se pr&#233;occuper de l'id&#233;al. La v&#233;rit&#233; maintenant exigerait une pratique historique r&#233;elle pour l'accomplir. Avec l'abandon de l'id&#233;al, la philosophie abandonne sa t&#226;che critique et la passe &#224; une autre instance. L'aboutissement final de la philosophie est donc en m&#234;me temps son abdication. Lib&#233;r&#233;e de sa pr&#233;occupation de l'id&#233;al, la philosophie est &#233;galement lib&#233;r&#233;e de son opposition &#224; la r&#233;alit&#233;. Cela signifie qu'elle cesse d'&#234;tre de la philosophie. Il ne s'ensuit cependant pas cette pens&#233;e doit alors se conformer &#224; l'ordre existant. La pens&#233;e critique ne cesse pas, mais prend une nouvelle forme. Les efforts de la raison se portent sur la th&#233;orie sociale et la pratique sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Hegel montre cinq stades diff&#233;rents de d&#233;veloppement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 La p&#233;riode de 1790 &#224; 1800 marque la tentative de formuler une fondation religieuse pour la philosophie, illustr&#233;e dans les documents rassembl&#233;s de l'&#233;poque, les Theologische Jugendschriften.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. 1800-1801 a vu la formulation du point de vue et des int&#233;r&#234;ts philosophiques de Hegel &#224; travers une discussion critique des syst&#232;mes philosophiques contemporains, en particulier ceux de Kant, Fichte et Schelling. Les principales &#339;uvres de Hegel de cette p&#233;riode sont les Differenz des Fichteschen und Schellingichen Systems der Philosophie, Glauben und Wissen et d'autres articles dans le Kritische journal der Philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les ann&#233;es 1801 &#224; 1806 ont donn&#233; le syst&#232;me Jenenser , la premi&#232;re forme du syst&#232;me complet de Hegel. Cette p&#233;riode a &#233;t&#233; document&#233;e par le Jenenser Logik und Metaphysik, le Jenenser Realphilosophie et le System der Sittlichkeit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. 1807, publication de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La p&#233;riode du syst&#232;me final, esquiss&#233;e d&#232;s 1808-11 dans la Philosophische Propadeutik, mais qui ne s'ach&#232;ve qu'en 1817. A cette p&#233;riode appartiennent les ouvrages qui constituent l'essentiel de l'&#233;criture h&#233;g&#233;lienne : La science de la logique ( 1812-16), l' Encyclop&#233;die des sciences philosophiques (1817, 1827, 1830), la Philosophie du droit (1821) et les diverses conf&#233;rences berlinoises sur la philosophie de l'histoire, l'histoire de la philosophie, l'esth&#233;tique et la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;laboration du syst&#232;me philosophique de Hegel s'accompagne d'une s&#233;rie de fragments politiques qui tentent d'appliquer ses nouvelles id&#233;es philosophiques &#224; des situations historiques concr&#232;tes. Ce processus de renvoi des conclusions philosophiques au contexte de la r&#233;alit&#233; sociale et politique commence en 1798 avec ses &#233;tudes historiques et politiques ; est suivi de son Die Verfassung Deutschlands en 1802 ; et continue jusqu'en 1831, lorsqu'il &#233;crivit son &#233;tude sur le projet de loi de r&#233;forme anglais. La connexion de sa philosophie avec les d&#233;veloppements historiques de son temps fait des &#233;crits politiques de Hegel a. partie de ses travaux syst&#233;matiques, et les deux doivent &#234;tre trait&#233;s ensemble, de sorte que ses concepts de base re&#231;oivent une explication philosophique aussi bien qu'historique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;br class='autobr' /&gt;
Premiers &#233;crits th&#233;ologiques de Hegel&lt;br class='autobr' /&gt;
(1790-1800)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons partager l'atmosph&#232;re dans laquelle la philosophie de Hegel est n&#233;e, nous devons revenir au cadre culturel et politique de l'Allemagne du Sud dans les derni&#232;res d&#233;cennies du XVIIIe si&#232;cle. Dans le Wurtemberg, pays sous l'emprise d'un despotisme qui venait de consentir &#224; de l&#233;g&#232;res limitations constitutionnelles de son pouvoir, les id&#233;es de 1789 commen&#231;aient &#224; avoir un fort impact, notamment sur la jeunesse intellectuelle. La p&#233;riode de ce despotisme cruel d'autrefois semblait r&#233;volue : le despotisme sous lequel tout le pays &#233;tait terroris&#233; par des conscriptions militaires constantes pour les guerres &#233;trang&#232;res, de lourdes taxes arbitraires, la vente d'offices, l'&#233;tablissement de monopoles qui pillaient les masses et enrichissaient les caisses d'un prince extravagant, et des arrestations soudaines au moindre soup&#231;on ou mouvement de protestation. Les conflits entre le duc Charles Eug&#232;ne et les domaines furent att&#233;nu&#233;s par un accord en 1770, et l'obstacle le plus frappant au fonctionnement d'un gouvernement centralis&#233; fut ainsi lev&#233; ; mais le r&#233;sultat &#233;tait seulement de diviser l'absolutisme entre la r&#232;gle personnelle du duc et les int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Lumi&#232;res allemandes, cependant, ce pendant plus faible de la philosophie anglaise et fran&#231;aise qui avait fait voler en &#233;clats le cadre id&#233;ologique de l'&#201;tat absolutiste, s'&#233;taient infiltr&#233;es dans la vie culturelle du Wurtemberg : le duc &#233;tait l'&#233;l&#232;ve du &#171; despote &#233;clair&#233; &#187;, Fr&#233;d&#233;ric II de Prusse, et dans la derni&#232;re p&#233;riode de son r&#232;gne, il se livra &#224; un absolutisme &#233;clair&#233;. L'esprit des Lumi&#232;res s'est propag&#233; dans les &#233;coles et les universit&#233;s qu'il a promues. Les probl&#232;mes religieux et politiques ont &#233;t&#233; discut&#233;s en termes de rationalisme du XVIIIe si&#232;cle, la dignit&#233; de l'homme a &#233;t&#233; exalt&#233;e, ainsi que son droit de fa&#231;onner sa propre vie contre toutes les formes obsol&#232;tes d'autorit&#233; et de tradition, et la tol&#233;rance et la justice ont &#233;t&#233; lou&#233;es. Mais la jeune g&#233;n&#233;ration qui fr&#233;quentait alors l'Universit&#233; th&#233;ologique de T&#252;bingen - parmi lesquels Hegel, Schelling, et H&#246;lderlin &#8211; &#233;tait surtout impressionn&#233; par le contraste entre ces id&#233;aux et la mis&#233;rable condition actuelle du Reich allemand. Il n'y avait pas la moindre chance pour que les droits de l'homme prennent place dans un &#201;tat et une soci&#233;t&#233; r&#233;organis&#233;s. Certes, les &#233;tudiants chantaient des chants r&#233;volutionnaires et traduisaient lesMarseillaise ; ils ont peut-&#234;tre plant&#233; des arbres de la libert&#233; et cri&#233; contre les tyrans et leurs sbires ; mais ils savaient que toute cette activit&#233; &#233;tait une protestation impuissante contre les forces encore imprenables qui tenaient la patrie sous leur emprise. Tout ce que l'on pouvait esp&#233;rer, c'&#233;tait un minimum de r&#233;forme constitutionnelle, qui pourrait mieux &#233;quilibrer le poids du pouvoir entre le prince et les domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces circonstances, les yeux de la jeune g&#233;n&#233;ration se tournent avec nostalgie vers le pass&#233; et particuli&#232;rement vers ces p&#233;riodes de l'histoire o&#249; l'unit&#233; a pr&#233;valu entre la culture intellectuelle des hommes et leur vie sociale et politique. H&#246;lderlin a dress&#233; un tableau &#233;logieux de la Gr&#232;ce antique, et Hegel a &#233;crit une glorification de l'ancienne cit&#233;-&#201;tat, qui &#224; certains moments a m&#234;me &#233;clips&#233; la description exalt&#233;e du christianisme primitif que l'&#233;tudiant en th&#233;ologie a &#233;tablie. Nous constatons qu'un int&#233;r&#234;t politique a maintes et maintes fois fait irruption dans la discussion des probl&#232;mes religieux dans les premiers fragments th&#233;ologiques de Hegel. Hegel s'est ardemment efforc&#233; de reconqu&#233;rir le pouvoir qui avait produit et maintenu, dans les anciennes r&#233;publiques, l'unit&#233; vivante de toutes les sph&#232;res de la culture et qui avait engendr&#233; le libre d&#233;veloppement de toutes les forces nationales. Il a parl&#233; de ce pouvoir cach&#233; comme &#233;tant leVolksgeist : &#171; L'esprit d'une nation, son histoire, sa religion et le degr&#233; de libert&#233; politique auquel elle est parvenue ne peuvent &#234;tre s&#233;par&#233;s les uns des autres, ni quant &#224; leur influence ni quant &#224; leur qualit&#233; ; ils sont entrelac&#233;s en un seul lien ...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation par Hegel du Volksgeist est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'utilisation par Montesquieu de l' esprit g&#233;n&#233;ral d'une nation comme base de ses lois sociales et politiques. L' &#171; esprit national &#187; n'est pas con&#231;u comme une entit&#233; mystique ou m&#233;taphysique, mais repr&#233;sente l'ensemble des conditions naturelles, techniques, &#233;conomiques, morales et intellectuelles qui d&#233;terminent le d&#233;veloppement historique de la nation. L'insistance de Montesquieu sur cette base historique &#233;tait dirig&#233;e contre le maintien injustifiable de formes politiques d&#233;pass&#233;es. Le concept h&#233;g&#233;lien du Volksgeist a gard&#233; ces implications critiques. Au lieu de suivre les diverses influences de Montesquieu, Rousseau, Herder et Kant sur les &#233;tudes th&#233;ologiques de Hegel, nous nous limiterons &#224; l'&#233;laboration de l'int&#233;r&#234;t principal de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion th&#233;ologique de Hegel demande &#224; plusieurs reprises quelle est la vraie relation entre l'individu et un &#201;tat qui ne satisfait plus ses capacit&#233;s mais existe plut&#244;t comme une institution &#171; &#233;trang&#232;re &#187; d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t politique actif des citoyens a disparu. Hegel a d&#233;fini cet &#201;tat avec presque les m&#234;mes cat&#233;gories que celles du lib&#233;ralisme du XVIIIe si&#232;cle : l'&#201;tat repose sur le consentement des individus, il circonscrit leurs droits et leurs devoirs et prot&#232;ge ses membres des dangers internes et externes qui pourraient menacer la perp&#233;tuation de l'ensemble. L'individu, par opposition &#224; l'&#201;tat, poss&#232;de les droits inali&#233;nables de l'homme, et le pouvoir de l'&#201;tat ne peut en aucun cas interf&#233;rer, m&#234;me si une telle ing&#233;rence peut &#234;tre dans l'int&#233;r&#234;t de l'individu. &#171; Nul ne peut renoncer &#224; son droit de se donner la loi et d'&#234;tre seul responsable de son ex&#233;cution. Si ce droit est renonc&#233;, l'homme cesse d'&#234;tre homme. Ce n'est pourtant pas &#224; l'Etat de l'emp&#234;cher d'y renoncer, ce serait contraindre l'homme &#224; &#234;tre homme, ce serait la force. Rien ici de cette exaltation morale et m&#233;taphysique de l'&#233;tat que l'on rencontre dans les &#339;uvres ult&#233;rieures de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le ton a lentement chang&#233;, au cours de la m&#234;me p&#233;riode de la vie de Hegel et m&#234;me au sein du m&#234;me corpus de ses &#233;crits, et il en est venu &#224; consid&#233;rer comme le &#171; destin &#187; historique de l'homme, une croix &#224; porter, qu'il acceptait les probl&#232;mes sociaux et politiques. relations qui restreignent son plein &#233;panouissement. L'optimisme &#233;clair&#233; de Hegel et son &#233;loge tragique d'un paradis perdu ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par l'accent mis sur la n&#233;cessit&#233; historique. La n&#233;cessit&#233; historique avait creus&#233; un gouffre entre l'individu et l'&#201;tat. Dans la premi&#232;re p&#233;riode, ils &#233;taient dans une harmonie &#171; naturelle &#187;, mais r&#233;alis&#233;e aux d&#233;pens de l'individu, car l'homme ne poss&#233;dait pas de libert&#233; consciente et n'&#233;tait pas ma&#238;tre du processus social. Et plus cette harmonie pr&#233;coce &#233;tait &#171; naturelle &#187;, plus elle pouvait facilement &#234;tre dissoute par les forces incontr&#244;l&#233;es qui r&#233;gnaient alors sur le monde social. &#171; &#192; Ath&#232;nes et &#224; Rome, des guerres r&#233;ussies, des richesses croissantes et une familiarit&#233; avec le luxe et une plus grande commodit&#233; de vie ont produit une aristocratie de guerre et de richesse &#187; qui a d&#233;truit la r&#233;publique et caus&#233; la perte compl&#232;te de la libert&#233; politique. Le pouvoir d'&#201;tat est tomb&#233; entre les mains de certains individus et groupes privil&#233;gi&#233;s, la grande masse des citoyens ne poursuivant que leur int&#233;r&#234;t priv&#233; sans &#233;gard pour le bien commun ; &#171; le droit &#224; la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; &#187; est maintenant devenu tout leur monde. avec la grande masse des citoyens ne poursuivant que leur int&#233;r&#234;t priv&#233; sans &#233;gard pour le bien commun ; &#171; le droit &#224; la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; &#187; est maintenant devenu tout leur monde. avec la grande masse des citoyens ne poursuivant que leur int&#233;r&#234;t priv&#233; sans &#233;gard pour le bien commun ; &#171; le droit &#224; la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; &#187; est maintenant devenu tout leur monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les efforts de Hegel pour comprendre les lois universelles r&#233;gissant ce processus le conduisirent in&#233;vitablement &#224; une analyse du r&#244;le des institutions sociales dans le d&#233;roulement de l'histoire. L'un de ses fragments historiques, &#233;crit apr&#232;s 1797, s'ouvre sur la d&#233;claration radicale selon laquelle &#034;la s&#233;curit&#233; de la propri&#233;t&#233; est le pivot sur lequel tourne toute la l&#233;gislation moderne&#034;, et dans le premier projet de sa brochure sur Die Verfassung Deutschlands (1798-9 ) , il affirme que la forme historique de la &#171; propri&#233;t&#233; bourgeoise &#187; ( b&#252;rgerliches Eigentum ) est responsable de la d&#233;sint&#233;gration politique actuelle. De plus, Hegel soutenait que les institutions sociales avaient d&#233;form&#233; m&#234;me les relations les plus priv&#233;es et personnelles entre les hommes. Il y a un fragment significatif dans le Theologische Jugendschriften,appel&#233; Die Liebe , dans lequel Hegel d&#233;clare que l'harmonie et l'union ultimes entre les individus amoureux sont emp&#234;ch&#233;es en raison de &#171; l'acquisition et de la possession de la propri&#233;t&#233; ainsi que des droits &#187;. L'amant, explique-t-il, &#034;qui doit consid&#233;rer son bien-aim&#233; comme le propri&#233;taire d'un bien doit aussi en venir &#224; sentir sa particularit&#233;&#034; militant contre la communaut&#233; de sa vie - particularit&#233; qui consiste en ce qu'il est li&#233; &#224; des &#171; choses mortes &#187; qui n'appartiennent pas &#224; l'autre et restent n&#233;cessairement hors de leur unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution de la propri&#233;t&#233; chez Hegel &#233;tait li&#233;e ici au fait que l'homme &#233;tait venu vivre dans un monde qui, bien que fa&#231;onn&#233; par ses propres connaissances et son travail, n'&#233;tait plus le sien, mais s'opposait plut&#244;t &#224; ses besoins int&#233;rieurs - un monde &#233;trange r&#233;gi par des lois inexorables. lois, un monde &#171; mort &#187; dans lequel la vie humaine est frustr&#233;e. Les Theologische Jugendschriften pr&#233;sentent en ces termes la premi&#232;re formulation du concept d'&#171; ali&#233;nation &#187; ( Entfremdung ), qui devait jouer un r&#244;le d&#233;cisif dans le d&#233;veloppement futur de la philosophie h&#233;g&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re discussion de Hegel sur les probl&#232;mes religieux et politiques frappe la note omnipr&#233;sente que la perte de l'unit&#233; et de la libert&#233; - un fait historique - est la marque g&#233;n&#233;rale de l'&#232;re moderne et le facteur qui caract&#233;rise toutes les conditions de la vie priv&#233;e et soci&#233;tale. Cette perte de libert&#233; et d'unit&#233;, dit Hegel, est manifeste dans les nombreux conflits qui abondent dans la vie humaine, en particulier dans le conflit entre l'homme et la nature. Ce conflit, qui a fait de la nature une puissance hostile qui devait &#234;tre ma&#238;tris&#233;e par l'homme, a conduit &#224; un antagonisme entre l'id&#233;e et la r&#233;alit&#233;, entre la pens&#233;e et le r&#233;el, entre la conscience et l'existence. L'homme se trouve constamment expuls&#233; d'un monde contraire et &#233;tranger &#224; ses pulsions et &#224; ses d&#233;sirs. Comment, alors, restaurer ce monde en harmonie avec les potentialit&#233;s de l'homme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, la r&#233;ponse de Hegel &#233;tait celle de l'&#233;tudiant en th&#233;ologie. Il a interpr&#233;t&#233; le christianisme comme ayant une fonction fondamentale dans l'histoire du monde, celle de donner un nouveau centre &#171; absolu &#187; &#224; l'homme et un but final &#224; la vie. Hegel pouvait aussi voir, cependant, que la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e de l'&#201;vangile ne pouvait pas s'adapter aux r&#233;alit&#233;s sociales et politiques croissantes du monde, car l'&#201;vangile s'adressait essentiellement &#224; l'individu en tant qu'individu d&#233;tach&#233; de son lien social et politique ; son but essentiel &#233;tait de sauver l'individu et non la soci&#233;t&#233; ou l'&#201;tat. Ce n'&#233;tait donc pas la religion qui pouvait r&#233;soudre le probl&#232;me, ni la th&#233;ologie qui pouvait &#233;noncer des principes pour restaurer la libert&#233; et l'unit&#233;. En cons&#233;quence, l'int&#233;r&#234;t de Hegel s'est lentement d&#233;plac&#233; des questions et concepts th&#233;ologiques vers les questions philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a toujours consid&#233;r&#233; la philosophie non pas comme une science sp&#233;ciale mais comme la forme ultime de la connaissance humaine. Le besoin de philosophie lui vient du besoin de rem&#233;dier &#224; la perte g&#233;n&#233;rale de libert&#233; et d'unit&#233;. Il l'a dit explicitement dans son premier article philosophique. &#171; Le besoin de philosophie surgit lorsque le pouvoir unificateur [ die Macht der Vereinigung ] a disparu de la vie des hommes, lorsque les contradictions ont perdu leur interrelation et leur interd&#233;pendance vivantes et ont pris une &#171; forme &#187; ind&#233;pendante. La force unificatrice dont il parle renvoie &#224; l'harmonie vitale de l'int&#233;r&#234;t individuel et commun qui pr&#233;valait dans les anciennes r&#233;publiques et qui assurait la libert&#233; de l'ensemble et int&#233;grait tous les conflits dans l'unit&#233; vivante du Volksgeist .Lorsque cette harmonie a &#233;t&#233; perdue, la vie de l'homme a &#233;t&#233; submerg&#233;e par des conflits envahissants qui ne pouvaient plus &#234;tre contr&#244;l&#233;s par l'ensemble. Nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233; les termes dans lesquels Hegel caract&#233;risait ces conflits : la nature &#233;tait dress&#233;e contre l'homme, la r&#233;alit&#233; &#233;tait &#233;trang&#232;re &#224; &#171; l'id&#233;e &#187; et la conscience oppos&#233;e &#224; l'existence. Il r&#233;sume ensuite toutes ces oppositions comme ayant la forme g&#233;n&#233;rale d'un conflit entre sujet et objet, et relie ainsi son probl&#232;me historique &#224; celui philosophique qui a domin&#233; la pens&#233;e europ&#233;enne depuis Descartes. La connaissance et la volont&#233; de l'homme avaient &#233;t&#233; repouss&#233;es dans un monde &#171; subjectif &#187;, dont la certitude de soi et la libert&#233; &#233;taient confront&#233;es &#224; un monde objectif d'incertitude et de n&#233;cessit&#233; physique. Plus Hegel voyait que les contradictions &#233;taient la forme universelle de la r&#233;alit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, m&#234;me les concepts les plus abstraits de Hegel conservaient la d&#233;notation concr&#232;te de ses questions. La philosophie &#233;tait charg&#233;e d'une mission historique : donner une analyse exhaustive des contradictions pr&#233;valant dans la r&#233;alit&#233; et d&#233;montrer leur possible unification. La dialectique s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de la vision de Hegel selon laquelle la r&#233;alit&#233; &#233;tait une structure de contradictions. Les Theologische Jugendschriften couvraient encore la dialectique d'un cadre th&#233;ologique, mais m&#234;me l&#224;, les d&#233;buts philosophiques de l'analyse dialectique peuvent d&#233;j&#224; &#234;tre trac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier concept que Hegel introduit comme l'unification des contradictions est le concept de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprendrait mieux le r&#244;le particulier que Hegel attribuait &#224; l'id&#233;e de vie si l'on reconnaissait que pour lui toutes les contradictions sont r&#233;solues et pourtant pr&#233;serv&#233;es dans la &#171; raison &#187;. Hegel concevait la vie comme esprit, c'est-&#224;-dire comme un &#234;tre capable de comprendre et de ma&#238;triser les antagonismes englobants de l'existence. En d'autres termes, le concept de vie de Hegel indique la vie d'un &#234;tre rationnel et la qualit&#233; unique de l'homme parmi tous les autres &#234;tres. Depuis Hegel, l'id&#233;e de vie a &#233;t&#233; le point de d&#233;part de nombreux efforts pour reconstruire la philosophie en fonction de la situation historique concr&#232;te de l'homme et pour surmonter ainsi le caract&#232;re abstrait et lointain de la philosophie rationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie se distingue de tous les autres modes d'&#234;tre par son rapport unique &#224; ses d&#233;terminations et au monde dans son ensemble. Chaque objet inanim&#233; est, en vertu de sa particularit&#233; et de sa forme limit&#233;e et d&#233;termin&#233;e, diff&#233;rent et oppos&#233; au genre ; le particulier contredit l'universel, de sorte que celui-ci ne s'accomplit pas dans le premier. Le vivant, cependant, diff&#232;re du non-vivant &#224; cet &#233;gard, car la vie d&#233;signe un &#234;tre dont les diff&#233;rentes parties et &#233;tats ( Zustande) sont int&#233;gr&#233;s dans une unit&#233; compl&#232;te, celle d'un &#171; sujet &#187;. Dans la vie, &#171; le particulier... est en m&#234;me temps une branche de l'arbre infini de la Vie ; toute partie en dehors du tout est en m&#234;me temps le tout, la Vie. Chaque individu vivant est aussi une manifestation de l'ensemble de la vie, en d'autres termes, poss&#232;de la pleine essence ou potentialit&#233;s de la vie. De plus, bien que tout &#234;tre vivant soit d&#233;termin&#233; et limit&#233;, il peut d&#233;passer ses limitations en vertu du pouvoir qu'il poss&#232;de en tant que sujet vivant. La vie est d'abord une suite de conditions &#171; objectives &#187; d&#233;termin&#233;es &#8211; objectives, parce que le sujet vivant les trouve hors de lui-m&#234;me, limitant sa libre r&#233;alisation de soi. Le processus de la vie, cependant, consiste &#224; attirer continuellement ces conditions ext&#233;rieures dans l'unit&#233; durable du sujet. L'&#234;tre vivant se maintient comme soi en ma&#238;trisant et en annexant la multiplicit&#233; des conditions d&#233;termin&#233;es qu'il trouve, et en mettant en harmonie avec lui tout ce qui s'oppose &#224; lui. L'unit&#233; de la vie n'est donc pas une unit&#233; imm&#233;diate et &#171; naturelle &#187;, mais le r&#233;sultat d'un constant d&#233;passement actif de tout ce qui s'y oppose. C'est une unit&#233; qui ne pr&#233;vaut qu'&#224; la suite d'un processus de &#171; m&#233;diation &#187; (Vermittlung ) entre le sujet vivant tel qu'il est et ses conditions objectives. La m&#233;diation est la fonction propre du moi vivant en tant que sujet effectif, et en m&#234;me temps elle fait du moi vivant un sujet effectif. La vie est la premi&#232;re forme sous laquelle la substance est con&#231;ue comme sujet et est donc la premi&#232;re incarnation de la libert&#233;. C'est le premier mod&#232;le d'unification r&#233;elle des contraires et donc la premi&#232;re incarnation de la dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, toutes les formes de vie ne repr&#233;sentent pas une unit&#233; aussi compl&#232;te. Seul l'homme, en vertu de sa connaissance, peut r&#233;aliser &#171; l'id&#233;e de la Vie &#187;. Nous avons d&#233;j&#224; indiqu&#233; que pour Hegel une union parfaite du sujet et de l'objet est une condition pr&#233;alable &#224; la libert&#233;. L'union pr&#233;suppose une connaissance de la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire une connaissance des potentialit&#233;s du sujet et de l'objet. Seul l'homme est capable de transformer les conditions objectives pour qu'elles deviennent le support de son d&#233;veloppement subjectif. Et la v&#233;rit&#233; qu'il d&#233;tient lib&#232;re non seulement ses propres pouvoirs, mais aussi ceux de la nature. Il apporte la v&#233;rit&#233; dans le monde, et avec elle est capable d'organiser le monde conform&#233;ment &#224; la raison. Hegel illustre ce point dans la mission de Jean-Baptiste et, pour la premi&#232;re fois, avance l'id&#233;e que le monde est dans son essence m&#234;me le produit de l'activit&#233; historique de l'homme.auqrwpou fwtos , de l'auto-d&#233;veloppement de l'homme.' La conception du monde comme produit de l'activit&#233; humaine et de la connaissance persiste d&#233;sormais comme le moteur du syst&#232;me de Hegel. A ce stade tr&#232;s pr&#233;coce, nous pouvons d&#233;j&#224; d&#233;couvrir les traits de la th&#233;orie dialectique ult&#233;rieure de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; vie &#187; n'est pas le concept philosophique le plus avanc&#233; que Hegel ait atteint dans sa premi&#232;re p&#233;riode. Le Systemfragment, dans lequel il donne une &#233;laboration plus pr&#233;cise de la port&#233;e philosophique de l'antagonisme entre sujet et objet et entre l'homme et la nature, utilise le terme d'esprit ( Geist) pour d&#233;signer l'unification de ces domaines disparates. L'esprit est essentiellement la m&#234;me agence unificatrice que la vie - &#171; La vie infinie &#187; peut &#234;tre appel&#233;e un esprit parce que l'esprit connote l'unit&#233; vivante au milieu de la diversit&#233; ... L'esprit est la loi vivante qui unifie la diversit&#233; afin que cette derni&#232;re devienne vivante. Mais bien qu'il ne signifie rien de plus que la vie, le concept d'esprit met l'accent sur le fait que l'unit&#233; de la vie est, en derni&#232;re analyse, l'&#339;uvre de la libre compr&#233;hension et de l'activit&#233; du sujet, et non d'une force naturelle aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Theologische Jugendschriften donnent encore un autre concept qui pointe loin dans la logique ult&#233;rieure de Hegel. Dans un fragment intitul&#233; Glauben und Wissen, Hegel d&#233;clare : &#171; Unification et &#202;tre [ Sein ] sont &#233;quivalents ; la copule &#171; est &#187; dans toute proposition exprime une unification du sujet et du pr&#233;dicat, c'est-&#224;-dire un &#234;tre. Une interpr&#233;tation ad&#233;quate de cette d&#233;claration n&#233;cessiterait une discussion approfondie des d&#233;veloppements fondamentaux de la philosophie europ&#233;enne depuis Aristote. Nous ne pouvons ici qu'insinuer une partie de l'arri&#232;re-plan et du contenu de la formulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nonc&#233; de Hegel implique qu'il y a une distinction entre &#171; &#234;tre &#187; ( Sein ) et &#234;tre ( Seiendes), ou, entre l'&#234;tre d&#233;termin&#233; et l'&#234;tre-comme-tel. L'histoire de la philosophie occidentale s'est ouverte sur la m&#234;me distinction, faite en r&#233;ponse &#224; la question : qu'est-ce que l'&#234;tre ? qui a anim&#233; la philosophie grecque de Parm&#233;nide &#224; Aristote. Tout &#234;tre qui nous entoure est un &#234;tre d&#233;termin&#233; : une pierre, un outil, une maison, un animal, un &#233;v&#233;nement, etc. Mais nous pr&#233;diquons de tout &#234;tre tel qu'il est ainsi et ainsi ; c'est-&#224;-dire que nous lui attribuons l'&#234;tre. Et cet &#234;tre que nous lui attribuons n'est pas une chose particuli&#232;re au monde, mais est commun &#224; tous les &#234;tres particuliers auxquels on peut l'attribuer. Cela indique qu'il doit y avoir un &#234;tre-en-tant-que-tel diff&#233;rent de tout &#234;tre d&#233;termin&#233; et cependant attribuable &#224; tout &#234;tre quel qu'il soit, pour qu'il puisse &#234;tre appel&#233; le v&#233;ritable &#171; un &#187; dans toute la diversit&#233; des &#234;tres d&#233;termin&#233;s. L'&#234;tre en tant que tel est ce que tous les &#234;tres particuliers ont en commun et est en quelque sorte leur substratum. A partir de l&#224;, il &#233;tait relativement facile de prendre cet &#234;tre le plus universel comme &#171; l'essence de tout &#234;tre &#187;, &#171; la substance divine &#187;, &#171; le plus r&#233;el &#187;, et de combiner ainsi l'ontologie avec la th&#233;ologie. Cette tradition est op&#233;rante dans la Logique de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote a &#233;t&#233; le premier &#224; consid&#233;rer cet &#234;tre-en-tant-que-tel qui est attribu&#233; de la m&#234;me mani&#232;re &#224; tout &#234;tre d&#233;termin&#233;, non pas comme une entit&#233; m&#233;taphysique s&#233;par&#233;e, mais comme le processus ou le mouvement par lequel chaque &#234;tre particulier se fa&#231;onne en ce qu'il est r&#233;ellement. Selon Aristote, il y a une distinction qui traverse tout le r&#232;gne de l'&#234;tre entre l'essence ( ousia ) et ses divers &#233;tats et modifications accidentels ( ta sumbebhkota). L'&#234;tre r&#233;el, au sens strict, est l'essence, c'est-&#224;-dire la chose individuelle concr&#232;te, organique aussi bien qu'inorganique. La chose individuelle est le sujet ou la substance qui perdure tout au long d'un mouvement dans lequel elle unifie et maintient ensemble les divers &#233;tats et phases de son existence. Les diff&#233;rents modes d'&#234;tre repr&#233;sentent divers modes d'unification des relations antagonistes ; ils se r&#233;f&#232;rent &#224; diff&#233;rents modes de persistance &#224; travers le changement, d'origine et de disparition, d'avoir des propri&#233;t&#233;s et des limitations, etc. Et Hegel incorpore la conception aristot&#233;licienne de base dans sa philosophie : &#171; Les diff&#233;rents modes d'&#234;tre sont des unifications plus ou moins compl&#232;tes. &#202;tre signifie unifier, et unifier signifie mouvement. Le mouvement, &#224; son tour, Aristote le d&#233;finit en termes de potentialit&#233; et d'actualit&#233;. Les divers types de mouvement d&#233;signent diverses mani&#232;res de r&#233;aliser les potentialit&#233;s inh&#233;rentes &#224; l'essence ou &#224; la chose en mouvement. Aristote &#233;value les types de mouvement de sorte que le type le plus &#233;lev&#233; est celui dans lequel chaque potentialit&#233; est pleinement r&#233;alis&#233;e. Un &#234;tre qui se meut ou se d&#233;veloppe selon le type le plus &#233;lev&#233; serait purenergie . Elle n'aurait aucune mati&#232;re de r&#233;alisation ext&#233;rieure ou &#233;trang&#232;re &#224; elle-m&#234;me, mais serait enti&#232;rement elle-m&#234;me &#224; chaque instant de son existence. Si un tel &#234;tre devait exister, toute son existence consisterait &#224; penser. Un sujet dont l'activit&#233; de soi est pens&#233;e n'a pas d'objet &#233;tranger et ext&#233;rieur ; la pens&#233;e &#171; saisit &#187; et tient l'objet en tant que pens&#233;e, et la raison appr&#233;hende la raison. L'&#234;tre v&#233;ritable est le mouvement v&#233;ritable, et celui-ci est l'activit&#233; d'unification parfaite du sujet avec son objet. L'&#202;tre v&#233;ritable est donc pens&#233;e et raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel conclut sa pr&#233;sentation dans l' Encyclop&#233;die des sciences philosophiques par le paragraphe de la M&#233;taphysique d'Aristotedans lequel l'&#234;tre v&#233;ritable est expliqu&#233; comme &#233;tant la raison. Ceci est significatif car plus qu'une simple illustration. Car la philosophie de Hegel est dans un sens large une r&#233;interpr&#233;tation de l'ontologie d'Aristote, sauv&#233;e de la distorsion du dogme m&#233;taphysique et li&#233;e &#224; l'exigence omnipr&#233;sente du rationalisme moderne que le monde soit transform&#233; en un m&#233;dium pour le sujet en libre d&#233;veloppement, que le monde devenir, en somme, la r&#233;alit&#233; de la raison. Hegel a &#233;t&#233; le premier &#224; red&#233;couvrir le caract&#232;re extr&#234;mement dynamique de la m&#233;taphysique aristot&#233;licienne, qui traite tout &#234;tre comme processus et mouvement &#8211; &#8203;&#8203;une dynamique qui s'&#233;tait enti&#232;rement perdue dans la tradition formaliste de l'aristot&#233;lisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception d'Aristote selon laquelle la raison est l'&#234;tre v&#233;ritable est r&#233;alis&#233;e en s&#233;parant cet &#234;tre du reste du monde. Le nous-qeos n'est ni la cause ni le cr&#233;ateur du monde, et n'en est le moteur principal qu'&#224; travers un syst&#232;me compliqu&#233; d'interm&#233;diaires. La raison humaine n'est qu'une faible copie de ce nous-qeos . N&#233;anmoins, la vie de la raison est la vie la plus &#233;lev&#233;e et le bien le plus &#233;lev&#233; sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception est intimement li&#233;e &#224; une r&#233;alit&#233; n'offrant aucune r&#233;alisation ad&#233;quate des potentialit&#233;s propres des hommes et des choses, de sorte que la r&#233;alisation se situait dans une activit&#233; la plus ind&#233;pendante des incongruit&#233;s dominantes de la r&#233;alit&#233;. L'&#233;l&#233;vation du domaine de l'esprit &#224; la position de domaine unique de la libert&#233; et de la raison a &#233;t&#233; conditionn&#233;e par un monde d'anarchie et de servitude. Les conditions historiques pr&#233;valaient encore au temps de Hegel ; les potentialit&#233;s visibles ne s'actualisaient ni dans la soci&#233;t&#233; ni dans la nature, et les hommes n'&#233;taient pas des sujets libres de leur vie. Et puisque l'ontologie est la doctrine des formes les plus g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre et, en tant que telle, refl&#232;te la vision humaine de la structure la plus g&#233;n&#233;rale de la r&#233;alit&#233;, il n'est pas &#233;tonnant que les concepts de base de l'ontologie aristot&#233;licienne et h&#233;g&#233;lienne soient les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers le syst&#232;me de la philosophie&lt;br class='autobr' /&gt;
(1800-1802)&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Les premiers &#233;crits philosophiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN 1801, Hegel commen&#231;a sa carri&#232;re universitaire &#224; I&#233;na, alors le centre philosophique de l'Allemagne. Fichte y avait enseign&#233; jusqu'en 1799 et Schelling en fut nomm&#233; professeur en 1798. La philosophie sociale et juridique de Kant, sa Metaphysik der Sitten, avait &#233;t&#233; publi&#233;e en 1799, et sa r&#233;volution de la philosophie dans ses trois Critiques de la raison exer&#231;ait encore une influence primordiale sur la pens&#233;e intellectuelle. vie. Tout naturellement, donc, les premiers articles philosophiques de Hegel se sont centr&#233;s sur les doctrines de Kant, Fichte et Schelling, et il a formul&#233; ses probl&#232;mes en termes de courants de discussion parmi les id&#233;alistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons vu, Hegel consid&#233;rait que la philosophie na&#238;t des contradictions globales dans lesquelles l'existence humaine est plong&#233;e. Celles-ci ont fa&#231;onn&#233; l'histoire de la philosophie comme l'histoire des contradictions fondamentales, celles entre &#171; l'esprit et la mati&#232;re, l'&#226;me et le corps, la croyance et l'entendement, la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233; &#187;, contradictions apparues plus r&#233;cemment comme celles entre &#171; la raison et le sens &#187; ( Sinnlichkeit ), &#171; l'intelligence et la nature &#187; &#8203;&#8203;et, sous la forme la plus g&#233;n&#233;rale, &#171; la subjectivit&#233; et l'objectivit&#233; &#187;. Tels &#233;taient les concepts m&#234;mes qui &#233;taient &#224; la base de la Critique de la raison pure de Kant, et ceux que Hegel dissolvait maintenant dans son analyse dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier concept que Hegel a soumis &#224; une r&#233;interpr&#233;tation dialectique &#233;tait celui de raison. Kant avait fait la base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;distinction entre la raison ( Vernunft ) et l'entendement ( Verstand ) .Hegel a donn&#233; un nouveau sens aux deux concepts et en a fait le point de d&#233;part de sa m&#233;thode. Pour lui, la distinction entre compr&#233;hension et raison est la m&#234;me que celle entre sens commun et pens&#233;e sp&#233;culative, entre r&#233;flexion non dialectique et connaissance dialectique. Les op&#233;rations de l'entendement produisent le type habituel de pens&#233;e qui pr&#233;vaut dans la vie quotidienne aussi bien que dans la science. Le monde est pris comme une multitude de choses d&#233;termin&#233;es, chacune &#233;tant d&#233;limit&#233;e l'une de l'autre. Chaque chose est une entit&#233; distincte d&#233;limit&#233;e, li&#233;e comme telle &#224; d'autres entit&#233;s &#233;galement d&#233;limit&#233;es. Les concepts qui se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; partir de ces d&#233;buts, et les jugements compos&#233;s de ces concepts, d&#233;notent et traitent des choses isol&#233;es et des relations fixes entre ces choses. Les d&#233;terminations individuelles s'excluent comme si elles &#233;taient des atomes ou des monades. L'un n'est pas l'autre et ne peut jamais devenir l'autre. Certes, les choses changent, leurs propri&#233;t&#233;s aussi, mais lorsqu'elles changent, une propri&#233;t&#233; ou une d&#233;termination dispara&#238;t et une autre prend sa place. Une entit&#233; ainsi isol&#233;e et d&#233;limit&#233;e que Hegel appelle &#171; finie &#187; (das Endliche ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement con&#231;oit alors un monde d'entit&#233;s finies, r&#233;gi par le principe d'identit&#233; et d'opposition. Tout est identique &#224; soi et &#224; rien d'autre ; il est, en vertu de son identit&#233; &#224; soi, oppos&#233; &#224; toutes les autres choses. Il peut &#234;tre connect&#233; et combin&#233; avec eux de bien des fa&#231;ons, mais il ne perd jamais sa propre identit&#233; et ne devient jamais autre chose que lui-m&#234;me. Lorsque le papier de tournesol rouge devient bleu ou que le jour se transforme en nuit, un ici et maintenant existant cesse d'&#234;tre ici et maintenant, et quelque chose d'autre prend sa place. Lorsqu'un enfant devient un &#171; homme &#187;, un ensemble de propri&#233;t&#233;s, celles de l'enfance, est remplac&#233;e par une autre, celles de la virilit&#233;. Le rouge et le bleu, le clair et l'obscur, l'enfance et la virilit&#233;, restent &#233;ternellement des oppositions irr&#233;conciliables. Les op&#233;rations de compr&#233;hension divisent ainsi le monde en polarit&#233;s innombrables,R&#233;flexion isolierte ) pour caract&#233;riser la mani&#232;re dont la compr&#233;hension forme et relie ses concepts polaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e et la propagation de ce type de pens&#233;e Hegel se connecte avec l'origine et la pr&#233;valence de certaines relations dans la vie humaine. Les antagonismes de la &#171; r&#233;flexion isol&#233;e &#187; expriment de v&#233;ritables antagonismes. La pens&#233;e n'a pu comprendre le monde comme un syst&#232;me fixe de choses isol&#233;es et d'oppositions indissolubles que lorsque le monde &#233;tait devenu une r&#233;alit&#233; &#233;loign&#233;e des vrais d&#233;sirs et besoins de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'isolement et l'opposition ne sont cependant pas l'&#233;tat final des choses. Le monde ne doit pas rester un complexe de disparates fig&#233;s. L'unit&#233; qui sous-tend les antagonismes doit &#234;tre saisie et r&#233;alis&#233;e par la raison, qui a pour t&#226;che de concilier les contraires et de les &#171; supprimer &#187; dans une v&#233;ritable unit&#233;. L'accomplissement de la t&#226;che de la raison consisterait en m&#234;me temps &#224; restaurer l'unit&#233; perdue dans les rapports sociaux des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence de l'entendement, la raison est motiv&#233;e par le besoin de &#171; restituer la totalit&#233; &#187;. Comment cela peut-il &#234;tre fait ? D'abord, dit Hegel, en sapant la fausse s&#233;curit&#233; que procurent les perceptions et les manipulations de l'entendement. Le point de vue du sens commun est celui de &#171; l'indiff&#233;rence &#187; et de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, &#171; l'indiff&#233;rence de la s&#233;curit&#233; &#187;. La satisfaction de l'&#233;tat donn&#233; de la r&#233;alit&#233; et l'acceptation de ses relations fixes et stables rendent les hommes indiff&#233;rents aux potentialit&#233;s non encore r&#233;alis&#233;es qui ne sont pas &#171; donn&#233;es &#187; avec la m&#234;me certitude et la m&#234;me stabilit&#233; que les objets des sens. Le sens commun prend l'apparition accidentelle des choses pour leur essence et persiste &#224; croire qu'il y a une identit&#233; imm&#233;diate de l'essence et de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; de l'essence et de l'existence, au contraire, ne peut r&#233;sulter que de l'effort soutenu de la raison pour la cr&#233;er. Elle ne se produit que par une mise en action consciente de la connaissance, dont la condition premi&#232;re est l'abandon du sens commun et de la simple compr&#233;hension pour la &#171; pens&#233;e sp&#233;culative &#187;. Hegel insiste sur le fait que seul ce type de pens&#233;e peut aller au-del&#224; des m&#233;canismes de distorsion de l'&#233;tat d'&#234;tre dominant. La pens&#233;e sp&#233;culative compare la forme apparente ou donn&#233;e des choses aux potentialit&#233;s de ces m&#234;mes choses et, ce faisant, distingue leur essence de leur &#233;tat d'existence accidentel. Ce r&#233;sultat est atteint non par un processus d'intuition mystique, mais par une m&#233;thode de cognition conceptuelle, qui examine le processus par lequel chaque forme est devenue ce qu'elle est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Hegel appelle la pens&#233;e sp&#233;culative est en effet sa premi&#232;re pr&#233;sentation de la m&#233;thode dialectique. La relation entre la pens&#233;e dialectique (la raison) et la r&#233;flexion isolante (la compr&#233;hension) est clairement d&#233;finie. Le premier critique et d&#233;passe les oppositions fixes cr&#233;&#233;es par le second. Elle sape la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; du sens commun et d&#233;montre que &#171; ce que le sens commun consid&#232;re comme imm&#233;diatement certain n'a pas de r&#233;alit&#233; pour la philosophie &#187;. Le premier crit&#232;re de la raison est donc la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de l'autorit&#233; factuelle. Cette m&#233;fiance est le vrai scepticisme que Hegel d&#233;signe comme &#171; la part libre &#187; de toute vraie philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de r&#233;alit&#233; imm&#233;diatement donn&#233;e n'est donc pas une r&#233;alit&#233; finale. Le syst&#232;me des choses isol&#233;es en opposition, produit par les op&#233;rations de l'entendement, doit &#234;tre reconnu pour ce qu'il est : une &#171; mauvaise &#187; forme de r&#233;alit&#233;, un domaine de limitation et d'asservissement. Le &#171; domaine de la libert&#233; &#187;, qui est le but inh&#233;rent de la raison, ne peut &#234;tre atteint, comme le pensaient Kant et Fichte, en jouant le sujet contre le monde objectif, en attribuant &#224; la personne autonome toute la libert&#233; qui manque au monde ext&#233;rieur. , et laissant &#224; ce dernier un domaine de n&#233;cessit&#233; aveugle. (Hegel s'oppose ici &#224; l'important m&#233;canisme de &#171; l'int&#233;riorisation &#187; ou de l'introversion, par lequel la philosophie et la litt&#233;rature ont g&#233;n&#233;ralement fait de la libert&#233; une valeur int&#233;rieure &#224; r&#233;aliser dans l'&#226;me seule. ) Dans la r&#233;alit&#233; finale, il ne peut y avoir d'isolement du sujet libre du monde objectif ; cet antagonisme doit &#234;tre r&#233;solu, ainsi que tous les autres cr&#233;&#233;s par l'entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; finale dans laquelle se r&#233;solvent les antagonismes, Hegel l'appelle &#171; l'Absolu &#187;. A ce stade de son d&#233;veloppement philosophique, il ne peut d&#233;crire cet absolu que n&#233;gativement. Ainsi, c'est tout le contraire de la r&#233;alit&#233; appr&#233;hend&#233;e par le bon sens et l'entendement ; il &#171; nie &#187; la r&#233;alit&#233; du sens commun dans chaque d&#233;tail, de sorte que la r&#233;alit&#233; absolue n'a aucun point de ressemblance avec le monde fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le sens commun et l'entendement avaient per&#231;u des entit&#233;s isol&#233;es qui s'opposaient les unes aux autres, la raison appr&#233;hende &#171; l'identit&#233; des contraires &#187;. Elle ne produit pas l'identit&#233; par un processus de connexion et de combinaison des oppos&#233;s, mais les transforme de sorte qu'ils cessent d'exister en tant qu'oppos&#233;s, bien que leur contenu soit pr&#233;serv&#233; dans une forme d'&#234;tre sup&#233;rieure et plus &#171; r&#233;elle &#187;. Le processus d'unification des contraires touche chaque partie de la r&#233;alit&#233; et ne prend fin que lorsque la raison a &#171; organis&#233; &#187; le tout de sorte que &#171; chaque partie n'existe qu'en relation avec le tout &#187;, et que &#171; toute entit&#233; individuelle n'a de sens et de signification que dans sa rapport &#224; la totalit&#233;.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La totalit&#233; des concepts et des connaissances de la raison repr&#233;sente &#224; elle seule l'absolu. La raison n'est donc pleinement devant nous que sous la forme d'une &#171; organisation globale de propositions et d'intuitions &#187;, c'est-&#224;-dire comme un &#171; syst&#232;me &#187;. Nous expliquerons la port&#233;e concr&#232;te de ces id&#233;es dans le chapitre suivant. Ici, dans ses premiers &#233;crits philosophiques, Hegel met intentionnellement l'accent sur la fonction n&#233;gative de la raison : sa destruction du monde fixe et s&#251;r du sens commun et de la compr&#233;hension. L'absolu est appel&#233; &#171; nuit &#187; et &#171; rien &#187;, pour le mettre en contraste avec les objets clairement d&#233;finis de la vie quotidienne. La raison signifie &#171; l'an&#233;antissement absolu &#187; du monde du sens commun. Car, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, la lutte contre le sens commun est le d&#233;but de la pens&#233;e sp&#233;culative, et la perte de la s&#233;curit&#233; quotidienne est l'origine de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel pr&#233;cise sa position dans l'article &#171; Glauben und Wissen &#187;, dans lequel il oppose ses conclusions &#224; celles de la Critique de la raison pure de Kant. Le principe empirique que retenait Kant en faisant d&#233;pendre la raison d'objets &#171; donn&#233;s &#187; d'exp&#233;rience est ici compl&#232;tement rejet&#233;. Chez Kant, d&#233;clare Hegel, la raison est limit&#233;e &#224; un domaine int&#233;rieur de l'esprit et est rendue impuissante sur les &#171; choses en elles-m&#234;mes &#187;. En d'autres termes, ce n'est pas vraiment la raison mais la compr&#233;hension qui r&#232;gne dans la philosophie kantienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, Hegel mentionne sp&#233;cialement le fait que Kant a surmont&#233; cette limitation sur de nombreux points. Par exemple, la notion d'une &#171; unit&#233; synth&#233;tique originelle d'aperception &#187; reconna&#238;t les propres principes de Hegel de l'identit&#233; originelle des contraires &#187;, car &#171; l'unit&#233; synth&#233;tique &#187; est proprement une activit&#233; par laquelle l'antagonisme entre sujet et objet est produit et simultan&#233;ment surmont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Kant &#171; contient donc la v&#233;ritable forme de la pens&#233;e &#187; en ce qui concerne ce concept, &#224; savoir la triade du sujet, de l'objet et de leur synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier point sur lequel Hegel affirme que la triade ( Triplizit&#228;t ) est la vraie forme de pens&#233;e. Il ne l'&#233;nonce pas comme un sch&#233;ma vide de th&#232;se, d'antith&#232;se et de synth&#232;se, mais comme l'unit&#233; dynamique des contraires. C'est la forme propre de la pens&#233;e parce que c'est la forme propre d'une r&#233;alit&#233; o&#249; tout &#234;tre est l'unit&#233; synth&#233;tique de conditions antagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique traditionnelle a reconnu ce fait en exposant la forme du jugement comme S est P. Nous avons d&#233;j&#224; fait allusion &#224; l'interpr&#233;tation de cette forme par Hegel. Pour savoir ce qu'est r&#233;ellement une chose, il faut d&#233;passer son &#233;tat imm&#233;diatement donn&#233; (S est S) et suivre le processus par lequel elle se transforme en autre chose qu'elle-m&#234;me (P). Dans le processus de devenir P, cependant, S reste toujours S. Sa r&#233;alit&#233; est toute la dynamique de sa transformation en quelque chose d'autre et de son unification avec son &#171; autre &#187;. Le mod&#232;le dialectique repr&#233;sente, et est donc &#171; la v&#233;rit&#233; de &#187;, un monde impr&#233;gn&#233; de n&#233;gativit&#233;, un monde dans lequel tout est autre chose que ce qu'il est r&#233;ellement, et dans lequel l'opposition et la contradiction constituent les lois du progr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Les premiers &#233;crits politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les int&#233;r&#234;ts critiques de la philosophie dialectique sont clairement illustr&#233;s par les importants pamphlets politiques de Hegel de cette p&#233;riode. Celles-ci montrent que l'&#233;tat dans lequel se trouvait le Reich allemand apr&#232;s sa guerre infructueuse avec la R&#233;publique fran&#231;aise avait sa place &#224; l'origine des premiers travaux de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions universelles qui, selon Hegel, animent la philosophie existent concr&#232;tement dans les antagonismes et la d&#233;sunion entre les nombreux &#201;tats et &#233;tats allemands et entre chacun d'eux et le Reich. L' &#171; isolement &#187; dont Hegel avait fait preuve dans ses articles philosophiques se manifeste dans l'obstination avec laquelle non seulement chaque &#233;tat mais pratiquement chaque individu poursuit son int&#233;r&#234;t particulier sans aucune consid&#233;ration pour l'ensemble. La &#171; perte d'unit&#233; &#187; qui en a r&#233;sult&#233; a r&#233;duit le pouvoir imp&#233;rial &#224; une compl&#232;te impuissance et fait du Reich une proie facile pour tout agresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne n'est plus un &#201;tat... Si l'Allemagne devait encore &#234;tre qualifi&#233;e d'&#201;tat, sa condition actuelle de d&#233;cadence ne pourrait &#234;tre qualifi&#233;e que d'anarchie, si ce n'&#233;tait du fait que ses parties composantes se sont constitu&#233;es en &#201;tats. Ce n'est que le souvenir d'un lien pass&#233; et non une union r&#233;elle qui leur donne l'apparence de l'unit&#233; ... Dans sa guerre contre la R&#233;publique fran&#231;aise, l'Allemagne a r&#233;alis&#233; qu'elle n'&#233;tait plus un &#201;tat ... Les r&#233;sultats &#233;vidents de cette guerre sont la perte de quelques-unes des plus belles terres allemandes, et de quelques millions de sa population, une dette publique (encore plus grande au sud qu'au nord) qui porte les affres de la guerre en temps de paix, et le r&#233;sultat qu'en plus de ceux qui sont tomb&#233;s sous le pouvoir des conqu&#233;rants et des lois et m&#339;urs &#233;trang&#232;res, de nombreux &#201;tats perdront leur plus grand bien dans le march&#233;, c'est-&#224;-dire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel poursuit en examinant la base de la d&#233;sint&#233;gration. La constitution allemande, trouve-t-il, ne correspond plus &#224; l'&#233;tat social et &#233;conomique r&#233;el de la nation. La constitution est un vestige d'un vieil ordre f&#233;odal qui a depuis longtemps &#233;t&#233; remplac&#233; par un ordre diff&#233;rent, celui de la soci&#233;t&#233; individualiste. Le maintien de l'ancienne forme de constitution face au changement radical qui s'est produit dans tous les rapports sociaux revient &#224; maintenir une condition donn&#233;e simplement parce qu'elle est donn&#233;e. Une telle pratique s'oppose &#224; toute norme et pr&#233;cepte de la raison. L'ordre de vie qui pr&#233;vaut est en conflit aigu avec les d&#233;sirs et les besoins de la soci&#233;t&#233; ; elle a perdu &#171; toute sa puissance et toute sa dignit&#233; &#187; et est devenue &#171; purement n&#233;gative &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, poursuit Hegel, ce qui persiste de cette &#171; mani&#232;re purement empirique &#187;, sans &#234;tre &#171; adapt&#233; &#224; l'id&#233;e de raison &#187;, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#171; r&#233;el &#187;. Le syst&#232;me politique doit &#234;tre d&#233;truit et transform&#233; en un nouvel ordre rationnel. Une telle transformation ne peut se faire sans violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me r&#233;alisme de la position de Hegel transpara&#238;t dans le cadre et la terminologie id&#233;alistes. &#171; La notion et la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; sont beaucoup trop faibles pour effectuer une action. La notion et la perspicacit&#233; s'accompagnent d'une telle m&#233;fiance qu'elles doivent &#234;tre justifi&#233;es par la violence ; alors seulement l'homme s'y soumet. La notion ne peut &#234;tre justifi&#233;e par la violence que dans la mesure o&#249; elle exprime une force historique r&#233;elle qui a m&#251;ri dans le giron de l'ordre existant. La notion contredit la r&#233;alit&#233; lorsque celle-ci est devenue contradictoire avec elle-m&#234;me. Hegel dit qu'une forme sociale dominante ne peut &#234;tre attaqu&#233;e avec succ&#232;s par la pens&#233;e que si cette forme est entr&#233;e en contradiction ouverte avec sa propre &#171; v&#233;rit&#233; &#187; 21 , en d'autres termes, si elle ne peut plus r&#233;pondre aux exigences de son propre contenu. C'est le cas de l'Allemagne, soutient Hegel. L&#224;, les champions du nouvel ordre repr&#233;sentent des forces historiques qui ont d&#233;pass&#233; l'ancien syst&#232;me. L'&#201;tat, qui devrait perp&#233;tuer l'int&#233;r&#234;t commun de ses membres sous une forme rationnelle appropri&#233;e &#8211; car telle serait sa &#171; v&#233;rit&#233; &#187; &#8211; ne le fait pas. Pour cette raison, les gouvernants de l'&#201;tat parlent faux lorsqu'ils d&#233;fendent leur position au nom de l'int&#233;r&#234;t commun. Leurs ennemis, pas eux, repr&#233;sentent l'int&#233;r&#234;t commun, et leur notion, l'id&#233;e du nouvel ordre qu'ils d&#233;fendent, n'est pas seulement un id&#233;al mais l'expression d'une r&#233;alit&#233; qui ne perdure plus dans l'ordre dominant. les gouvernants de l'&#201;tat parlent faux lorsqu'ils d&#233;fendent leur position au nom de l'int&#233;r&#234;t commun. Leurs ennemis, pas eux, repr&#233;sentent l'int&#233;r&#234;t commun, et leur notion, l'id&#233;e du nouvel ordre qu'ils d&#233;fendent, n'est pas seulement un id&#233;al mais l'expression d'une r&#233;alit&#233; qui ne perdure plus dans l'ordre dominant. les gouvernants de l'&#201;tat parlent faux lorsqu'ils d&#233;fendent leur position au nom de l'int&#233;r&#234;t commun. Leurs ennemis, pas eux, repr&#233;sentent l'int&#233;r&#234;t commun, et leur notion, l'id&#233;e du nouvel ordre qu'ils d&#233;fendent, n'est pas seulement un id&#233;al mais l'expression d'une r&#233;alit&#233; qui ne perdure plus dans l'ordre dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de Hegel est que l'ordre ancien doit &#234;tre remplac&#233; par une &#171; vraie communaut&#233; &#187; ( Allgemeinheit ). Allgemeinheitsignifie &#224; la fois, d'une part, une soci&#233;t&#233; dans laquelle tous les int&#233;r&#234;ts particuliers et individuels sont int&#233;gr&#233;s dans le tout, de sorte que l'organisme social r&#233;el qui en r&#233;sulte s'accorde avec l'int&#233;r&#234;t commun (communaut&#233;), et, d'autre part, une totalit&#233; dans laquelle tous les diff&#233;rents concepts isol&#233;s de la connaissance sont fusionn&#233;s et int&#233;gr&#233;s de sorte qu'ils re&#231;oivent leur signification dans leur relation &#224; l'ensemble (universalit&#233;). Le deuxi&#232;me sens est &#233;videmment le pendant du premier. de m&#234;me que la conception de la d&#233;sint&#233;gration dans la sph&#232;re du savoir exprime la d&#233;sint&#233;gration existante des rapports humains dans la soci&#233;t&#233;, de m&#234;me l'int&#233;gration philosophique correspond &#224; une int&#233;gration sociale et politique. L'universalit&#233; de la raison, repr&#233;sent&#233;e par l'absolu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#201;tat r&#233;el, soutient Hegel, institutionnalise l'int&#233;r&#234;t commun et le d&#233;fend dans tous les conflits externes et internes. Le Reich allemand, d&#233;clare Hegel, n'a pas ce caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs et les droits politiques ne sont pas des offices publics &#233;tablis en fonction de l'organisation de l'ensemble, et les actes et les devoirs de l'individu ne sont pas d&#233;termin&#233;s par les besoins de l'ensemble. Chaque partie particuli&#232;re de la hi&#233;rarchie politique, chaque maison princi&#232;re, chaque domaine, ville, corporation, etc., bref, quiconque a des droits ou des devoirs envers l'&#201;tat les a acquis par son propre pouvoir. L'&#201;tat, compte tenu de l'empi&#232;tement sur son propre pouvoir, ne peut que confirmer qu'il a &#233;t&#233; priv&#233; de son pouvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel explique l'effondrement de l'&#201;tat allemand en opposant le syst&#232;me f&#233;odal au nouvel ordre de soci&#233;t&#233; individualiste qui lui a succ&#233;d&#233;. L'essor de ce dernier ordre social s'explique par le d&#233;veloppement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Le syst&#232;me f&#233;odal proprement dit int&#233;grait les int&#233;r&#234;ts particuliers des diff&#233;rents domaines en une v&#233;ritable communaut&#233;. La libert&#233; du groupe ou de l'individu ne s'oppose pas essentiellement &#224; la libert&#233; du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque moderne, cependant, &#171; la propri&#233;t&#233; exclusive a compl&#232;tement isol&#233; les besoins particuliers les uns des autres. On parle de l'universalit&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e comme si elle &#233;tait commune &#224; toute la soci&#233;t&#233; et donc, peut-&#234;tre, une unit&#233; int&#233;gratrice. Mais cette universalit&#233;, dit Hegel, n'est qu'une fiction juridique abstraite ; en r&#233;alit&#233;, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e reste &#171; quelque chose d'isol&#233; &#187; qui n'a aucun rapport avec l'ensemble. La seule unit&#233; qui puisse &#234;tre r&#233;alis&#233;e entre les propri&#233;taires est celle, artificielle, d'un syst&#232;me juridique universellement appliqu&#233;. Les lois, cependant, ne stabilisent et ne codifient que les conditions anarchiques existantes de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et transforment ainsi l'&#201;tat ou la communaut&#233; en une institution qui existe au nom d'int&#233;r&#234;ts particuliers. La possession existait avant la loi et ne d&#233;coulait pas de la loi. Ce qui avait d&#233;j&#224; fait l'objet d'une appropriation priv&#233;e est devenu un droit l&#233;gal ... Le droit constitutionnel allemand est donc au sens propre du droit priv&#233;, et les droits politiques sont des formes l&#233;galis&#233;es de possession, des droits de propri&#233;t&#233;. Un &#201;tat dans lequel les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s antagonistes sont ainsi rendus pr&#233;&#233;minents dans tous les domaines ne peut pas &#234;tre qualifi&#233; de v&#233;ritable communaut&#233;. De plus, Hegel d&#233;clare : &#171; La lutte pour transformer le pouvoir d'&#201;tat en propri&#233;t&#233; priv&#233;e dissout l'&#201;tat et entra&#238;ne la destruction de son pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat, accapar&#233; par des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, doit n&#233;anmoins au moins prendre l'apparence d'une v&#233;ritable communaut&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;afin de r&#233;primer la guerre g&#233;n&#233;rale et de d&#233;fendre &#233;galement les droits de propri&#233;t&#233; de tous ses membres. La communaut&#233; devient ainsi une puissance ind&#233;pendante, &#233;lev&#233;e au-dessus des individus. &#171; Chaque individu souhaite vivre, par le pouvoir de l'&#201;tat, avec sa propri&#233;t&#233; en s&#233;curit&#233;. Le pouvoir de l'&#201;tat lui appara&#238;t... comme quelque chose d'&#233;tranger qui existe en dehors de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, &#224; cette &#233;poque, a pouss&#233; sa critique de la structure de la soci&#233;t&#233; moderne si loin qu'il a obtenu un aper&#231;u du m&#233;canisme par lequel l'&#201;tat devient une entit&#233; ind&#233;pendante au-dessus des individus. Il a retravaill&#233; plusieurs fois la brochure sur la Constitution allemande, et sa forme finale montre un net affaiblissement de son attitude critique. Progressivement, la forme &#171; sup&#233;rieure &#187; d'&#201;tat qui doit remplacer celle qui est d&#233;pass&#233;e (exemplifi&#233;e par l'Allemagne) prend la forme d'un &#201;tat absolu ou de pouvoir. Les r&#233;formes exig&#233;es par Hegel sont la cr&#233;ation d'une arm&#233;e du Reich efficace, arrach&#233;e au contr&#244;le des domaines et plac&#233;e sous le commandement unifi&#233; de l'Empire, et la centralisation de tous les bureaux, des finances et de la justice. L'id&#233;e d'un &#201;tat centralis&#233; fort, il faut le remarquer, &#233;tait &#224; l'&#233;poque progressiste, qui visait &#224; lib&#233;rer les forces productives disponibles qui &#233;taient entrav&#233;es par les formes f&#233;odales existantes. Quatre d&#233;cennies plus tard, Marx a soulign&#233; dans son histoire critique de l'&#201;tat moderne que l'&#201;tat absolutiste centralis&#233; &#233;tait une avanc&#233;e mat&#233;rielle sur les formes d'&#201;tat f&#233;odales et semi-f&#233;odales. Par cons&#233;quent, la proposition d'&#233;tablir un tel &#201;tat absolu n'est pas en elle-m&#234;me un signe que l'attitude critique de Hegel faiblissait. On note plut&#244;t l'affaiblissement des cons&#233;quences que Hegel tire de sa conception de l'&#233;tat absolu. Nous allons les d&#233;velopper bri&#232;vement. la proposition d'&#233;tablir un tel &#201;tat absolu n'est pas en soi un signe que l'attitude critique de Hegel faiblissait. On note plut&#244;t l'affaiblissement des cons&#233;quences que Hegel tire de sa conception de l'&#233;tat absolu. Nous allons les d&#233;velopper bri&#232;vement. la proposition d'&#233;tablir un tel &#201;tat absolu n'est pas en soi un signe que l'attitude critique de Hegel faiblissait. On note plut&#244;t l'affaiblissement des cons&#233;quences que Hegel tire de sa conception de l'&#233;tat absolu. Nous allons les d&#233;velopper bri&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'article sur la Constitution allemande appara&#238;t, pour la premi&#232;re fois dans les formulations de Hegel, une nette subordination du droit &#224; la force. Hegel &#233;tait d&#233;sireux de lib&#233;rer son &#201;tat centralis&#233; de toutes les limitations qui pourraient entraver son efficacit&#233;, et il a donc fait de l'int&#233;r&#234;t de l'&#201;tat sup&#233;rieur &#224; la validit&#233; du droit. Le fait est clairement d&#233;montr&#233; dans les remarques de Hegel sur la politique &#233;trang&#232;re de son &#201;tat id&#233;al :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit, dit-il, appartient &#224; &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'&#201;tat &#187;, &#233;tabli et accord&#233; &#224; l'&#201;tat par des contrats avec d'autres &#201;tats. Dans les constellations de pouvoir en constante &#233;volution, les int&#233;r&#234;ts d'un &#201;tat doivent t&#244;t ou tard se heurter &#224; ceux d'un autre. La droite confronte alors la droite. La guerre, &#171; ou quoi que ce soit &#187;, doit alors d&#233;cider non pas quel droit est vrai et juste, &#171; car les deux parties ont un vrai droit, mais quel droit doit c&#233;der &#224; l'autre &#187;. On retrouvera la m&#234;me th&#232;se, fort d&#233;velopp&#233;e, dans la Philosophie du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre cons&#233;quence tir&#233;e de la conception de l'&#201;tat de pouvoir est une nouvelle interpr&#233;tation de la libert&#233;. L'id&#233;e de base est retenue, que la libert&#233; ultime de l'individu ne contredira pas la libert&#233; ultime du tout, mais ne s'accomplira qu'&#224; l'int&#233;rieur et &#224; travers le tout. Hegel avait beaucoup insist&#233; sur ce point dans son article sur la diff&#233;rence entre les syst&#232;mes de Fichte et de Schelling, dans lequel il disait que la communaut&#233; qui se conforme &#224; la norme de la raison doit &#234;tre con&#231;ue &#171; non comme une limitation de la vraie libert&#233; de l'individu, mais comme un &#233;largissement de sa libert&#233; &#187;. il. La plus haute communaut&#233; est la plus haute libert&#233;, dans son pouvoir et dans son exercice. 82 Maintenant, cependant, dans l'&#233;tude de la Constitution allemande, il d&#233;clare : &#171; L'ent&#234;tement du caract&#232;re allemand n'a pas permis aux individus desacrifier leurs int&#233;r&#234;ts particuliers &#224; la soci&#233;t&#233;, ou s'unir dans un int&#233;r&#234;t commun et trouver leur libert&#233; en se soumettant pleinement au pouvoir sup&#233;rieur de l'&#201;tat. 88&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel &#233;l&#233;ment de sacrifice et de soumission &#233;clipse maintenant l'id&#233;e ant&#233;rieure selon laquelle l'int&#233;r&#234;t de l'individu doit &#234;tre pleinement pr&#233;serv&#233; dans l'ensemble. Et, comme nous le verrons, Hegel a en effet ici franchi le premier pas qui le conduit &#224; identifier la libert&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233;, ou la soumission &#224; la n&#233;cessit&#233;, dans son syst&#232;me final.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Le syst&#232;me de moralit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peu pr&#232;s au m&#234;me moment, Hegel &#233;crivit la premi&#232;re &#233;bauche de cette partie de son syst&#232;me connue sous le nom de Philosophie de l'esprit. Ce projet, le soi-disant Syst&#232;me de morale (System der Sittlichkeit ), est l'un des plus difficiles de la philosophie allemande. Nous en esquisserons la structure g&#233;n&#233;rale et limiterons l'interpr&#233;tation aux parties qui r&#233;v&#232;lent les tendances mat&#233;rielles de la philosophie de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de moralit&#233;, comme toutes les autres &#233;bauches de la Philosophie de l'esprit, traite du d&#233;veloppement de la &#171; culture &#187;, c'est-&#224;-dire de la totalit&#233; des activit&#233;s conscientes et intentionnelles de l'homme dans la soci&#233;t&#233;. La culture est un domaine de l'esprit. Une institution sociale ou politique, une &#339;uvre d'art, une religion et un syst&#232;me philosophique existent et fonctionnent comme partie int&#233;grante de l'&#234;tre humain, produits d'un sujet rationnel qui continue &#224; vivre en eux. En tant que produits , ils constituent un domaine objectif ; en m&#234;me temps, elles sont subjectives, cr&#233;&#233;es par des &#234;tres humains. Ils repr&#233;sentent l'unit&#233; possible du sujet et de l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la culture pr&#233;sente des &#233;tapes distinctes qui d&#233;notent diff&#233;rents niveaux de relation entre l'homme et son monde, c'est-&#224;-dire diff&#233;rentes mani&#232;res d'appr&#233;hender et de ma&#238;triser le monde et de l'adapter aux besoins et aux potentialit&#233;s humaines. Le processus lui-m&#234;me est con&#231;u comme ontologique autant qu'historique ; c'est un v&#233;ritable d&#233;veloppement historique ainsi qu'une progression vers des modes d'&#234;tre plus &#233;lev&#233;s et plus vrais. Dans l'&#233;laboration progressive de la philosophie de Hegel, cependant, le processus ontologique acquiert une pr&#233;dominance de plus en plus grande sur l'historique, et finit par se d&#233;tacher dans une large mesure de ses racines historiques originelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral est le suivant. La premi&#232;re &#233;tape est un rapport imm&#233;diat entre l'individu isol&#233; et des objets donn&#233;s. L'individu appr&#233;hende les objets de son environnement comme des choses dont il a besoin ou qu'il d&#233;sire ; il les utilise pour satisfaire ses d&#233;sirs, les consommant et les &#171; an&#233;antissant &#187; comme nourriture, boissons, etc. Un niveau sup&#233;rieur est atteint dans le processus culturel lorsque le travail humain fa&#231;onne et organise le monde objectif, n'an&#233;antissant plus simplement les choses mais les pr&#233;servant comme moyen durable de perp&#233;tuer la vie. Cette &#233;tape suppose une association consciente d'individus qui ont organis&#233; leur activit&#233; sur un plan de division du travail de mani&#232;re &#224; ce qu'il y ait une production constante pour remplacer ce qui est consomm&#233;. C'est le premier pas vers une communaut&#233; dans la vie soci&#233;tale et vers l'universalit&#233; dans le domaine du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes d'association diff&#232;rent selon les diff&#233;rents degr&#233;s d'int&#233;gration qui y sont atteints. L'agence d'int&#233;gration est d'abord la famille, puis les institutions sociales du travail, de la propri&#233;t&#233; et de la loi, et enfin l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'aborderons pas les concepts sociaux et &#233;conomiques concrets dont Hegel remplit ce sch&#233;ma, puisque nous les retrouverons dans les brouillons Jenenser de la Philosophie de l'esprit.Nous voulons seulement souligner ici que Hegel d&#233;crit les diverses institutions et relations sociales comme un syst&#232;me de forces contradictoires, issu du mode de travail social. Ce mode de travail transforme le travail particulier de l'individu, poursuivi pour la satisfaction de ses besoins personnels, en &#171; travail g&#233;n&#233;ral &#187;, qui op&#232;re pour produire des marchandises pour le march&#233;. Hegel appelle ce dernier travail &#171; abstrait et quantitatif &#187; et le rend responsable de l'in&#233;galit&#233; croissante des hommes et des richesses. La soci&#233;t&#233; est incapable de surmonter les antagonismes n&#233;s de cette in&#233;galit&#233; ; par cons&#233;quent, le &#171; syst&#232;me de gouvernement &#187; doit se concentrer sur la t&#226;che. Hegel d&#233;crit trois syst&#232;mes de gouvernement diff&#233;rents, en fait, chacun d'eux constituant une avanc&#233;e sur l'autre dans l'accomplissement de la t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; est celle dans laquelle &#171; le syst&#232;me des besoins &#187; est un &#171; syst&#232;me de d&#233;pendance physique mutuelle &#187;. Le travail de l'individu ne garantit pas que ses d&#233;sirs seront satisfaits. &#171; Une force &#233;trang&#232;re &#224; l'individu et sur laquelle il reste impuissant &#187; d&#233;termine si ses besoins seront satisfaits ou non. La valeur du produit du travail est &#171; ind&#233;pendante de l'individu et sujette &#224; des changements constants &#187;. Le syst&#232;me de gouvernement est lui-m&#234;me de ce genre anarchique. Ce qui gouverne n'est rien d'autre que &#171; la totalit&#233; inconsciente et aveugle des besoins et les modes de leur satisfaction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; doit ma&#238;triser son &#171; destin inconscient et aveugle &#187;. Cette ma&#238;trise reste toutefois incompl&#232;te tant que pr&#233;vaut l'anarchie g&#233;n&#233;rale des int&#233;r&#234;ts. L'exc&#232;s de richesse va de pair avec l'exc&#232;s de pauvret&#233;, et le travail purement quantitatif pousse l'homme &#171; dans un &#233;tat de barbarie extr&#234;me &#187;, surtout la partie de la population qui &#171; est soumise au travail m&#233;canique dans les usines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape suivante du gouvernement, repr&#233;sent&#233;e comme un syst&#232;me de justice, &#233;quilibre les antagonismes existants, mais ne le fait qu'en termes de relations de propri&#233;t&#233; dominantes. Le gouvernement repose ici sur l'administration de la justice, mais il administre la loi avec &#171; une indiff&#233;rence compl&#232;te quant &#224; la relation entre une chose et les besoins d'un individu particulier &#187;. Le principe de libert&#233;, &#224; savoir que &#171; les gouvern&#233;s sont identiques aux gouvernants &#187;, ne peut &#234;tre pleinement r&#233;alis&#233; parce que le gouvernement ne peut pas &#233;liminer les conflits entre int&#233;r&#234;ts particuliers. La libert&#233; n'appara&#238;t donc que dans &#171; les tribunaux, et dans la discussion et le jugement des litiges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a &#224; peine esquiss&#233; le troisi&#232;me syst&#232;me de gouvernement de cette s&#233;rie. Il est, cependant, plus significatif que le concept principal dans sa discussion soit la &#171; discipline &#187; ( Zucht ). &#034;La grande discipline s'exprime dans la morale g&#233;n&#233;rale... et dans l'entra&#238;nement &#224; la guerre, et dans l'&#233;preuve de la vraie valeur de l'individu dans la guerre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te de la vraie communaut&#233; se termine ainsi dans une soci&#233;t&#233; r&#233;gie par la plus grande discipline et pr&#233;paration militaire. La v&#233;ritable unit&#233; entre l'int&#233;r&#234;t individuel et l'int&#233;r&#234;t commun, que Hegel exigeait comme but unique de l'&#201;tat, a conduit &#224; un &#201;tat autoritaire qui doit supprimer les antagonismes croissants de la soci&#233;t&#233; individualiste. La discussion de Hegel sur les diff&#233;rentes &#233;tapes du gouvernement est une description concr&#232;te du d&#233;veloppement d'un syst&#232;me politique lib&#233;ral &#224; un syst&#232;me politique autoritaire. Cette description contient une critique immanente de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, car l'essentiel de l'analyse de Hegel est que la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale donne n&#233;cessairement naissance &#224; un &#201;tat autoritaire. L'article de Hegel sur la Loi naturelle 42 , &#233;crit probablement peu apr&#232;s l'esquisse du Syst&#232;me de morale, applique cette critique au domaine de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel examine le syst&#232;me traditionnel de l'&#233;conomie politique et trouve qu'il s'agit d'une formulation apolog&#233;tique des principes qui r&#233;gissent le syst&#232;me social existant. Le caract&#232;re de ce syst&#232;me, dit encore Hegel, est essentiellement n&#233;gatif, car la nature m&#234;me de la structure &#233;conomique emp&#234;che l'&#233;tablissement d'un v&#233;ritable int&#233;r&#234;t commun. La t&#226;che de l'&#201;tat, ou de toute organisation politique ad&#233;quate, est de veiller &#224; ce que les contradictions inh&#233;rentes &#224; la structure &#233;conomique ne d&#233;truisent pas l'ensemble du syst&#232;me. L'&#201;tat doit assumer la fonction de brider le processus social et &#233;conomique anarchique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel attaque la doctrine de la loi naturelle parce que, dit-il, elle justifie toutes les tendances dangereuses qui visent &#224; subordonner l'&#201;tat aux int&#233;r&#234;ts antagonistes de la soci&#233;t&#233; individualiste. La th&#233;orie du contrat social, par exemple, omet de noter que l'int&#233;r&#234;t commun ne peut jamais d&#233;couler de la volont&#233; d'individus en concurrence et en conflit. De plus, la loi naturelle fonctionne avec une conception purement m&#233;taphysique de l'homme. Tel qu'il appara&#238;t dans la doctrine de la loi naturelle, l'homme est un &#234;tre abstrait qui est ensuite dot&#233; d'un ensemble arbitraire d'attributs. La s&#233;lection de ces attributs change selon l'int&#233;r&#234;t apolog&#233;tique changeant de la doctrine particuli&#232;re. C'est d'ailleurs en accord avec la fonction apolog&#233;tique de la loi naturelle que la plupart des qualit&#233;s qui caract&#233;risent l'existence de l'homme dans la soci&#233;t&#233; moderne sont ignor&#233;es (par exemple,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;bauche de la philosophie sociale de Hegel &#233;non&#231;ait donc d&#233;j&#224; la conception sous-jacente &#224; tout son syst&#232;me : l'ordre social donn&#233;, fond&#233; sur le syst&#232;me du travail abstrait et quantitatif et sur l'int&#233;gration des besoins par l'&#233;change des marchandises, est incapable d'affirmer et de &#233;tablir une communaut&#233; rationnelle. Cet ordre reste essentiellement celui de l'anarchie et de l'irrationnel, gouvern&#233; par des m&#233;canismes &#233;conomiques aveugles &#8211; il reste un ordre d'antagonismes toujours r&#233;p&#233;t&#233;s dans lequel tout progr&#232;s n'est qu'une unification temporaire des contraires. La demande de Hegel pour un &#201;tat fort et ind&#233;pendant d&#233;coule de sa perspicacit&#233; dans les contradictions irr&#233;conciliables de la soci&#233;t&#233; moderne. Hegel a &#233;t&#233; le premier &#224; atteindre cette perspicacit&#233; en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Le premier syst&#232;me de Hegel (1802-1806)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE syst&#232;me Jenenser , comme on l'appelle, est le premier syst&#232;me complet de Hegel, compos&#233; d'une logique, d'une m&#233;taphysique, d'une philosophie de la nature et d'une philosophie de l'esprit. Hegel l'a formul&#233; dans ses conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; d'I&#233;na de 1802 &#224; 1806. Ces conf&#233;rences n'ont &#233;t&#233; &#233;dit&#233;es que r&#233;cemment &#224; partir des manuscrits originaux de Hegel et publi&#233;es en trois volumes, chacun d'eux repr&#233;sentant une &#233;tape diff&#233;rente de l'&#233;laboration. La Logique et la M&#233;taphysique n'existent qu'en une &#233;bauche chacune, la Philosophie de la Nature et la Philosophie de l'Esprit en deux. On n&#233;gligera ici les &#233;carts consid&#233;rables entre ceux-ci, car ils n'ont aucune incidence sur la structure de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons choisi de ne traiter que de la tendance g&#233;n&#233;rale et de l'organisation de l'ensemble, et des principes qui guident l'&#233;laboration des concepts. Le contenu des concepts particuliers sera discut&#233; lorsque nous atteindrons les diff&#233;rentes sections du syst&#232;me final.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La logique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Logique de Hegel expose la structure de l'&#234;tre en tant que tel, c'est-&#224;-dire les formes les plus g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre. La tradition philosophique depuis Aristote d&#233;signait comme cat&#233;gories les concepts qui embrassent ces formes les plus g&#233;n&#233;rales : substance, affirmation, n&#233;gation, limitation ; quantit&#233; qualit&#233; ; unit&#233;, pluralit&#233;, etc. La Logique de Hegel est une ontologie dans la mesure o&#249; elle traite de telles cat&#233;gories. Mais sa Logique traite aussi des formes g&#233;n&#233;rales de la pens&#233;e , de la notion, du jugement et du syllogisme, et est &#224; cet &#233;gard de la &#171; logique formelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut comprendre la raison de cette apparente h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de contenu quand on se rappelle que Kant, lui aussi, a trait&#233; l'ontologie aussi bien que la logique formelle dans sa Logique transcendantale, reprenant les cat&#233;gories de substantialit&#233;, de causalit&#233;, de communaut&#233; (r&#233;ciprocit&#233;), ainsi que la th&#233;orie de la jugement. La distinction traditionnelle entre logique formelle et m&#233;taphysique g&#233;n&#233;rale (ontologie) n'a pas de sens pour l'id&#233;alisme transcendantal, qui con&#231;oit les formes de l'&#234;tre comme les r&#233;sultats de l'activit&#233; de l'entendement humain. Les principes de pens&#233;e deviennent ainsi aussi principes des objets de pens&#233;e (des ph&#233;nom&#232;nes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel aussi croyait en une unit&#233; de la pens&#233;e et de l'&#234;tre, mais, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, sa conception de l'unit&#233; diff&#233;rait de celle de Kant. Il a rejet&#233; l'id&#233;alisme de Kant au motif qu'il supposait l'existence de &#171; choses en soi &#187; en dehors des &#171; ph&#233;nom&#232;nes &#187; et laissait ces &#171; choses &#187; intactes par l'esprit humain et donc intouch&#233; par la raison. La philosophie kantienne a laiss&#233; un gouffre entre la pens&#233;e et l'&#234;tre, ou entre le sujet et l'objet, que la philosophie h&#233;g&#233;lienne a cherch&#233; &#224; combler. Le pont devait &#234;tre fait en posant une structure universelle de tout &#234;tre. L'&#234;tre devait &#234;tre un processus par lequel une chose &#171; comprend &#187; ou &#171; saisit &#187; les divers &#233;tats de son existence et les attire dans l'unit&#233; plus ou moins durable de son &#171; moi &#187;, constituant ainsi activement lui-m&#234;me comme &#171; le m&#234;me &#187; &#224; travers tout changement. Tout, en d'autres termes, existe plus ou moins en tant que &#171; sujet &#187;. La structure identique du mouvement qui parcourt ainsi tout le domaine de l'&#234;tre unit les mondes objectif et subjectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce point &#224; l'esprit, nous pouvons facilement voir pourquoi la logique et la m&#233;taphysique ne font qu'un dans le syst&#232;me h&#233;g&#233;lien. La Logique , a-t-on souvent dit, suppose une identit&#233; de pens&#233;e et d'existence. L'&#233;nonc&#233; n'a de sens que dans la mesure o&#249; il d&#233;clare que le mouvement de la pens&#233;e reproduit le mouvement de l'&#234;tre et l'am&#232;ne &#224; sa vraie forme. On a &#233;galement soutenu que la philosophie de Hegel place les notions dans un domaine ind&#233;pendant, comme si elles &#233;taient des choses r&#233;elles, et les fait se d&#233;placer et se transformer les unes dans les autres. Il faut dire en r&#233;ponse que la Logique de Hegeltraite principalement des formes et des types d'&#234;tre tels qu'ils sont compris par la pens&#233;e. Quand, par exemple, Hegel discute du passage de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233;, ou de &#171; l'&#234;tre &#187; &#224; &#171; l'essence &#187;, il entend montrer comment, lorsqu'elles sont effectivement comprises, les entit&#233;s quantitatives se transforment en entit&#233;s qualitatives, et comment un contingent l'existence devient essentielle. Il veut dire avoir affaire &#224; des choses r&#233;elles. Le jeu et la mobilit&#233; des notions reproduisent le processus concret de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe cependant une autre relation intrins&#232;que entre la notion et l'objet qu'elle comprend. La notion correcte nous &#233;claire sur la nature d'un objet .Il nous dit ce qu'est la chose en soi. Mais tandis que la v&#233;rit&#233; devient &#233;vidente pour nous, il devient &#233;galement &#233;vident que les choses &#171; n'existent pas dans &#187; leur v&#233;rit&#233;. Leurs potentialit&#233;s sont limit&#233;es par les conditions d&#233;termin&#233;es dans lesquelles les choses existent. Les choses n'atteignent leur v&#233;rit&#233; que si elles nient leurs conditions d&#233;termin&#233;es. La n&#233;gation est encore une d&#233;termination, produite par le d&#233;ploiement de conditions ant&#233;rieures. Par exemple, le bourgeon de la plante est la n&#233;gation d&#233;termin&#233;e de la graine, et la fleur la n&#233;gation d&#233;termin&#233;e du bourgeon. Dans sa croissance, la plante, &#171; sujet &#187; de ce processus, n'agit pas sur la connaissance et r&#233;alise ses potentialit&#233;s sur la base de son propre pouvoir de compr&#233;hension. Il endure plut&#244;t passivement le processus d'accomplissement. Notre conception de la plante, en revanche, comprend que l'existence de la plante est un processus intrins&#232;que de d&#233;veloppement ; notre notion voit la graine comme potentiellement le bourgeon et le bourgeon comme potentiellement la fleur. La notion repr&#233;sente donc, selon Hegel, la forme r&#233;elle de l'objet, car la notion nous donne la v&#233;rit&#233; sur le processus, qui, dans le monde objectif, est aveugle et contingent. Dans les mondes inorganique, v&#233;g&#233;tal et animal, les &#234;tres diff&#232;rent essentiellement de leurs notions. La diff&#233;rence n'est surmont&#233;e que dans le cas du sujet pensant, qui est capable de r&#233;aliser sa notion dans son existence. Les divers modes d'&#234;tre peuvent ainsi &#234;tre ordonn&#233;s selon leur diff&#233;rence essentielle d'avec leurs notions. la forme r&#233;elle de l'objet, car la notion nous donne la v&#233;rit&#233; sur le processus, qui, dans le monde objectif, est aveugle et contingent. Dans les mondes inorganique, v&#233;g&#233;tal et animal, les &#234;tres diff&#232;rent essentiellement de leurs notions. La diff&#233;rence n'est surmont&#233;e que dans le cas du sujet pensant, qui est capable de r&#233;aliser sa notion dans son existence. Les divers modes d'&#234;tre peuvent ainsi &#234;tre ordonn&#233;s selon leur diff&#233;rence essentielle d'avec leurs notions. la forme r&#233;elle de l'objet, car la notion nous donne la v&#233;rit&#233; sur le processus, qui, dans le monde objectif, est aveugle et contingent. Dans les mondes inorganique, v&#233;g&#233;tal et animal, les &#234;tres diff&#232;rent essentiellement de leurs notions. La diff&#233;rence n'est surmont&#233;e que dans le cas du sujet pensant, qui est capable de r&#233;aliser sa notion dans son existence. Les divers modes d'&#234;tre peuvent ainsi &#234;tre ordonn&#233;s selon leur diff&#233;rence essentielle d'avec leurs notions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conclusion est la source des divisions fondamentales de la Logique de Hegel. Cela commence par les concepts qui appr&#233;hendent la r&#233;alit&#233; comme une multitude de choses objectives, simplement &#171; &#234;tre &#187;, libre de toute subjectivit&#233;. Ils sont qualitativement et quantitativement li&#233;s les uns aux autres, et l'analyse de ces liens aboutit &#224; des relations qui ne peuvent plus &#234;tre interpr&#233;t&#233;es en termes de qualit&#233;s et de quantit&#233;s objectives, mais n&#233;cessitent des principes et des formes de pens&#233;e qui nient les concepts traditionnels de l'&#234;tre et r&#233;v&#232;lent le sujet . &#234;tre la substance m&#234;me de la r&#233;alit&#233;. L'ensemble de la construction ne peut &#234;tre compris que dans la forme m&#251;re que Hegel lui a donn&#233;e dans la Science de la Logique ; nous nous limiterons ici &#224; une br&#232;ve description du sch&#233;ma de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque existant particulier est essentiellement diff&#233;rent de ce qu'il pourrait &#234;tre si ses potentialit&#233;s &#233;taient r&#233;alis&#233;es. Les potentialit&#233;s sont donn&#233;es dans sa notion. L'existant aurait un &#234;tre vrai si ses potentialit&#233;s &#233;taient r&#233;alis&#233;es et s'il y avait donc identit&#233; entre son existence et sa notion. La diff&#233;rence entre la r&#233;alit&#233; et la potentialit&#233; est le point de d&#233;part du processus dialectique qui s'applique &#224; chaque concept de la Logique de Hegel. Les choses finies sont &#171; n&#233;gatives &#187; - et c'est une caract&#233;ristique qui les d&#233;finit ; ils ne sont jamais ce qu'ils peuvent et doivent &#234;tre. Ils existent toujours dans un &#233;tat qui n'exprime pas pleinement leurs potentialit&#233;s telles qu'elles sont r&#233;alis&#233;es. La chose finie a pour essence &#171; cette agitation absolue &#187;, cet effort &#171; pour ne pas &#234;tre ce qu'elle est &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans les formulations abstraites de la Logique , nous pouvons voir les impulsions critiques concr&#232;tes qui sous-tendent cette conception. La dialectique de Hegel est impr&#233;gn&#233;e de la profonde conviction que toutes les formes imm&#233;diates d'existence &#8211; dans la nature et dans l'histoire &#8211; sont &#171; mauvaises &#187;, parce qu'elles ne permettent pas aux choses d'&#234;tre ce qu'elles peuvent &#234;tre. La v&#233;ritable existence ne commence que lorsque l'&#233;tat imm&#233;diat est reconnu comme n&#233;gatif, lorsque les &#234;tres deviennent des &#171; sujets &#187; et s'efforcent d'adapter leur &#233;tat ext&#233;rieur &#224; leurs potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pleine signification de la conception qui vient d'&#234;tre esquiss&#233;e r&#233;side dans son affirmation que la n&#233;gativit&#233; est constitutive de toutes les choses finies et qu'elle est le moment &#171; authentique dialectique &#187; [Science of Logic, p. 66] de tous. C'est &#171; la source la plus intime de toute activit&#233;, de l'auto-mouvement vivant et spirituel &#187;. [Science de la logique, p. 477] La &#8203;&#8203;n&#233;gativit&#233; que tout poss&#232;de est le pr&#233;lude n&#233;cessaire &#224; sa r&#233;alit&#233;. C'est un &#233;tat de privation qui oblige le sujet &#224; chercher r&#233;paration. En tant que tel, il a un caract&#232;re positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus dialectique re&#231;oit sa force motrice de la pression pour surmonter la n&#233;gativit&#233;. La dialectique est un processus dans un monde o&#249; le mode d'existence des hommes et des choses est fait de relations contradictoires, de sorte que tout contenu particulier ne peut se d&#233;ployer qu'en passant dans son contraire. Ce dernier fait partie int&#233;grante du premier, et tout le contenu est la totalit&#233; de toutes les relations contradictoires qu'il implique. Logiquement, la dialectique commence lorsque l'entendement humain se trouve incapable de saisir quelque chose de mani&#232;re ad&#233;quate &#224; partir de ses formes qualitatives ou quantitatives donn&#233;es. La qualit&#233; ou la quantit&#233; donn&#233;e semble &#234;tre une &#171; n&#233;gation &#187; de la chose qui poss&#232;de cette qualit&#233; ou cette quantit&#233;. Nous devrons suivre en d&#233;tail l'explication de Hegel sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commence par le monde tel que le sens commun le consid&#232;re. Il se compose d'une multitude innombrable de choses - Hegel les appelle &#034;quelques&#034; ( Etwas), chacun d'eux avec ses qualit&#233;s sp&#233;cifiques. Les qualit&#233;s que la chose a la distinguent des autres choses, de sorte que si nous voulons la s&#233;parer des autres choses, nous &#233;num&#233;rons simplement ses qualit&#233;s. La table ici dans cette pi&#232;ce est utilis&#233;e comme bureau ; il est fini en noyer, lourd, en bois, etc. &#202;tre un bureau, marron, en bois, lourd, etc., n'est pas la m&#234;me chose qu'&#234;tre simplement une table. La table n'est aucune de ces qualit&#233;s, ni la somme totale d'entre elles. Les qualit&#233;s particuli&#232;res sont, selon Hegel, en m&#234;me temps la &#171; n&#233;gation &#187; de la table-comme-telle. Les propositions dans lesquelles les qualit&#233;s de la table en sont affirm&#233;es indiqueraient ce fait. Ils ont la structure logique formelle A est B (c'est-&#224;-dire pas A).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La table est brune &#187; exprime aussi que la table est autre qu'elle-m&#234;me. C'est la premi&#232;re forme abstraite dans laquelle s'exprime la n&#233;gativit&#233; de toutes les choses finies. L'&#234;tre m&#234;me de quelque chose appara&#238;t comme autre que soi. Elle existe, comme le dit Hegel, dans son &#171; alt&#233;rit&#233; &#187; ( Anderssein ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative de d&#233;finir quelque chose par ses qualit&#233;s, cependant, ne se termine pas par la n&#233;gativit&#233;, mais est pouss&#233;e un peu plus loin. Une chose ne peut &#234;tre comprise par ses qualit&#233;s sans r&#233;f&#233;rence &#224; d'autres qualit&#233;s qui sont en fait exclues par celles qu'elle poss&#232;de. Le &#171; bois &#187;, par exemple, n'a de sens que par rapport &#224; un autre mat&#233;riau non bois. La signification du &#171; marron &#187; exige que la signification des autres couleurs contraires au marron soit connue, et ainsi de suite. &#171; La qualit&#233; est li&#233;e &#224; ce qu'elle exclut ; car elle n'existe pas comme absolu, pour soi, mais existe de telle mani&#232;re qu'elle n'est pour soi que dans la mesure o&#249; quelque autre [qualit&#233;] n'existe pas. Nous sommes en tout point conduits au-del&#224; des qualit&#233;s qui doivent d&#233;limiter la chose et la diff&#233;rencier d'une autre chose.Beziehungen ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers chapitres de la Logique de Hegel montrent ainsi que lorsque l'entendement humain s'aventure &#224; suivre ses conceptions, il rencontre la dissolution de ses objets clairement d&#233;limit&#233;s. Tout d'abord, il lui est totalement impossible d'identifier quoi que ce soit avec l'&#233;tat dans lequel il existe r&#233;ellement. L'effort de d&#233;couvrir un concept qui identifie vraiment la chose pour ce qu'elle est plonge l'esprit dans une mer infinie de relations. Tout doit &#234;tre compris par rapport &#224; d'autres choses, pour que ces relations deviennent l'&#234;tre m&#234;me de cette chose. Cette infinit&#233; de relations, qui semble pr&#233;sager l'&#233;chec de toute tentative de saisir le caract&#232;re de la chose, devient pour Hegel, bien au contraire, le premier pas vers une v&#233;ritable connaissance de la chose. Autrement dit, c'est la premi&#232;re &#233;tape si elle est correctement prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus est discut&#233; par Hegel &#224; travers une analyse de &#171; l'infini &#187;. Cela se diff&#233;rencie en deux types, le &#171; mauvais &#187; et le &#171; r&#233;el &#187; infini. L'infini mauvais ou faux est, pour ainsi dire, le mauvais chemin vers la v&#233;rit&#233;. C'est l'activit&#233; d'essayer de surmonter l'insuffisance d'une d&#233;finition en allant de plus en plus vers les qualit&#233;s connexes impliqu&#233;es, dans l'espoir d'atteindre une fin. L'entendement suit simplement les relations, chacune &#233;tant impliqu&#233;e, ajoutant l'une &#224; la suivante dans le vain effort d'&#233;puiser et de d&#233;limiter l'objet. La proc&#233;dure a un noyau rationnel, mais seulement dans la mesure o&#249; elle pr&#233;suppose que l'essence de l'objet est constitu&#233;e de ses relations avec d'autres objets. Les relations ne peuvent cependant pas &#234;tre appr&#233;hend&#233;es par la &#171; fausse infinit&#233; &#187; de simples &#171; connexions ajout&#233;es &#187; ( Und-Beziehungen) par lequel le bon sens relie un objet &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations doivent &#234;tre appr&#233;hend&#233;es d'une autre mani&#232;re. Ils doivent &#234;tre vus comme cr&#233;&#233;s par le propre mouvement de l'objet. L'objet doit &#234;tre compris comme celui qui lui-m&#234;me &#233;tablit et &#171; lui-m&#234;me met en avant la relation n&#233;cessaire de lui-m&#234;me &#224; son contraire &#187;. Cela supposerait que l'objet ait un pouvoir certain sur son propre d&#233;veloppement pour qu'il puisse rester lui-m&#234;me malgr&#233; le fait que chaque &#233;tape concr&#232;te de son existence est une &#171; n&#233;gation &#187; de lui-m&#234;me, une &#171; alt&#233;rit&#233; &#187;. . L'objet, en d'autres termes, doit &#234;tre appr&#233;hend&#233; comme un &#171; sujet &#187; dans ses relations avec son &#171; alt&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que cat&#233;gorie ontologique, le &#171; sujet &#187; est le pouvoir d'une entit&#233; &#171; d'&#234;tre elle-m&#234;me dans son alt&#233;rit&#233; &#187; ( Bei-sich-selbst-sein im Anderssein ) . Seul un tel mode d'existence peut incorporer le n&#233;gatif dans le positif. Le n&#233;gatif et le positif cessent de s'opposer lorsque la puissance motrice du sujet fait de la n&#233;gativit&#233; une partie de sa propre unit&#233;. Hegel dit que le sujet &#171; m&#233;diatise &#187; ( vermittelt ) et &#171; sublate &#187; ( aufhebt ) la n&#233;gativit&#233;. Dans ce processus, l'objet ne se dissout pas dans ses diverses d&#233;terminations qualitatives ou quantitatives, mais est substantiellement maintenu ensemble tout au long de ses relations avec d'autres objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le mode d'&#234;tre ou d'existence que Hegel d&#233;crit comme &#171; l'infini r&#233;el &#187;. L'infini n'est pas quelque chose derri&#232;re ou au-del&#224; des choses finies, mais c'est leur vraie r&#233;alit&#233;. L'infini est le mode d'existence dans lequel toutes les potentialit&#233;s sont r&#233;alis&#233;es et dans lequel tout &#234;tre atteint sa forme ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la logique est ainsi d&#233;fini. Elle consiste d'une part &#224; d&#233;montrer la vraie forme d'une telle r&#233;alit&#233; finale et, d'autre part, &#224; montrer comment les concepts qui tentent de saisir cette r&#233;alit&#233; sont amen&#233;s &#224; la conclusion qu'elle est la v&#233;rit&#233; absolue. Hegel annon&#231;ait dans sa critique de la philosophie kantienne que la t&#226;che de la logique &#233;tait de &#171; d&#233;velopper &#187; les cat&#233;gories et pas seulement de &#171; les assembler &#187;. Une telle entreprise ne serait possible de porter ses fruits que si les objets de la pens&#233;e avaient un ordre syst&#233;matique. Cet ordre, dit Hegel, d&#233;rive du fait que tous les modes d'&#234;tre atteignent leur v&#233;rit&#233; &#224; travers le sujet libre qui les comprend par rapport &#224; sa propre rationalit&#233;. L'arrangement de la logiquerefl&#232;te cette compr&#233;hension syst&#233;matique. Elle part des cat&#233;gories de l'exp&#233;rience imm&#233;diate, qui ne saisissent que les formes les plus abstraites de l'&#234;tre objectif (c'est-&#224;-dire des choses mat&#233;rielles), &#224; savoir la Quantit&#233;, la Qualit&#233; et la Mesure. Ce sont les plus abstraits, car ils consid&#232;rent chaque objet comme d&#233;termin&#233; de l'ext&#233;rieur par d'autres objets. La connexion simple pr&#233;vaut dans ce cas parce que les divers modes d'&#234;tre sont ici ext&#233;rieurement connect&#233;s les uns aux autres et qu'aucun &#234;tre n'est compris comme ayant une relation intrins&#232;que &#224; lui-m&#234;me et aux autres choses avec lesquelles il interagit. Par exemple, un objet est pris comme se constituant dans les processus d'attraction et de r&#233;pulsion. Selon Hegel, c'est une interpr&#233;tation abstraite et ext&#233;rieure de l'objectivit&#233; puisque l'unit&#233; dynamique d'un &#234;tre est ici con&#231;ue comme le produit de quelques forces naturelles aveugles sur lesquelles il n'exerce aucun pouvoir. Les cat&#233;gories de connexion simple sont ainsi les plus &#233;loign&#233;es de toute reconnaissance de la substance comme sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories que Hegel traite dans la deuxi&#232;me section de la Logique sous le titre g&#233;n&#233;ral de Relation ( Verh&#228;ltnis) se rapprochent un peu plus du but. Substantialit&#233;, Causalit&#233; et R&#233;ciprocit&#233; ne d&#233;signent pas des entit&#233;s abstraites et incompl&#232;tes (comme le faisaient les cat&#233;gories de la premi&#232;re section), mais des relations r&#233;elles. Une substance n'est ce qu'elle est que par rapport &#224; ses accidents. De m&#234;me, une cause n'existe que par rapport &#224; ses effets, et deux substances solidaires que par leur rapport l'une &#224; l'autre. La connexion est intrins&#232;que. La substance - la cat&#233;gorie englobante de ce groupe - d&#233;note un mouvement bien plus intrins&#232;que que la force aveugle d'attraction et de r&#233;pulsion. Il poss&#232;de un pouvoir d&#233;fini sur ses accidents et ses effets, et par son propre pouvoir, il &#233;tablit sa relation avec les autres choses, ayant ainsi la capacit&#233; de d&#233;ployer ses propres potentialit&#233;s. Cela ne fait cependant pas poss&#232;dent la connaissance de ces potentialit&#233;s et ne poss&#232;dent donc pas la libert&#233; de se r&#233;aliser. La substantialit&#233; d&#233;signe encore un rapport d'objets, de choses mat&#233;rielles, ou, comme dit Hegel, un rapport d'&#234;tre. Pour saisir le monde dans son &#234;tre v&#233;ritable, il faut le saisir avec les cat&#233;gories de la libert&#233;, qui ne se trouvent que dans le domaine du sujet pensant. Un passage est n&#233;cessaire du rapport d'&#234;tre au rapport de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re relation renvoie &#224; celle entre le particulier et l'universel dans la notion, le jugement et le syllogisme. Pour Hegel, ce n'est pas une relation de logique formelle, mais une relation ontologique, et la vraie relation de toute r&#233;alit&#233;. La substance de la nature aussi bien que l'histoire est un universel qui se d&#233;ploie &#224; travers le particulier. L'universel est le processus naturel du genre, se r&#233;alisant &#224; travers les esp&#232;ces et les individus. En histoire, l'universel est la substance de tout d&#233;veloppement. La cit&#233;-&#201;tat grecque, l'industrie moderne, une classe sociale - toutes ces universalit&#233;s sont de v&#233;ritables forces historiques qui ne peuvent &#234;tre dissoutes dans leurs composants. Au contraire, les faits et facteurs individuels n'obtiennent leur sens qu'&#224; travers l'universel auquel ils appartiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universalit&#233;, au contraire, n'est pas un &#171; rapport d'&#234;tre &#187;, puisque tout &#234;tre &#8211; comme nous l'avons vu &#8211; est d&#233;termin&#233; et particulier. Elle ne peut &#234;tre comprise que comme une &#171; relation de pens&#233;e &#187;, c'est-&#224;-dire comme l'auto-d&#233;veloppement d'un sujet compr&#233;hensif et compr&#233;hensif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la philosophie traditionnelle, la cat&#233;gorie d'universalit&#233; a &#233;t&#233; trait&#233;e comme une partie de la logique, trait&#233;e dans la doctrine de la notion, du jugement et du syllogisme. Pour Hegel, cependant, ces formes et processus logiques refl&#232;tent et comprennent les formes et processus r&#233;els de la r&#233;alit&#233;. Nous avons d&#233;j&#224; fait allusion &#224; l'interpr&#233;tation ontologique h&#233;g&#233;lienne de la notion et du jugement. Fondamental dans ce contexte est son traitement de la d&#233;finition. Dans la tradition logique, la d&#233;finition est la relation de pens&#233;e qui saisit la nature universelle d'un objet dans sa distinction essentielle par rapport aux autres objets. Selon Hegel, la d&#233;finition ne peut le faire que parce qu'elle reproduit (refl&#232;te) le processus r&#233;el dans lequel l'objet se diff&#233;rencie des autres objets auxquels il est li&#233;. La d&#233;finition doit donc exprimer, le mouvement dans lequel un &#234;tre maintient son identit&#233; par la n&#233;gation de ses conditions. Bref, une d&#233;finition r&#233;elle ne peut &#234;tre donn&#233;e dans une proposition isol&#233;e, mais doit &#233;laborer l'histoire r&#233;elle de l'objet, car son histoire seule explique sa r&#233;alit&#233;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. Bref, une d&#233;finition r&#233;elle ne peut &#234;tre donn&#233;e dans une proposition isol&#233;e, mais doit &#233;laborer l'histoire r&#233;elle de l'objet, car son histoire seule explique sa r&#233;alit&#233;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. Bref, une d&#233;finition r&#233;elle ne peut &#234;tre donn&#233;e dans une proposition isol&#233;e, mais doit &#233;laborer l'histoire r&#233;elle de l'objet, car son histoire seule explique sa r&#233;alit&#233;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;. La v&#233;ritable d&#233;finition d'une plante, par exemple, doit montrer la plante se constituant par la destruction de la graine par le bourgeon et du bourgeon par la fleur. Il doit raconter comment la plante se perp&#233;tue dans son interaction et sa lutte avec son environnement. Hegel appelle la d&#233;finition &#171; l'auto-conservation &#187; et explique cet usage : &#171; En d&#233;finissant les &#234;tres vivants, leurs caract&#233;ristiques doivent &#234;tre d&#233;riv&#233;es des armes d'attaque et de d&#233;fense avec lesquelles ces choses se pr&#233;servent d'autres choses particuli&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces cas, la pens&#233;e saisit les relations r&#233;elles du monde objectif et nous pr&#233;sente la connaissance de ce que sont les choses &#171; en elles-m&#234;mes &#187;. Ces relations r&#233;elles que la pens&#233;e doit d&#233;busquer parce qu'elles sont cach&#233;es par l'apparence des choses. Pour cette raison, la pens&#233;e est plus &#171; r&#233;elle &#187; que ses objets. De plus, la pens&#233;e est l'attribut existentiel d'un &#234;tre qui &#171; comprend &#187; tous les objets, au double sens qu'il les comprend et les comprend. Le monde objectif prend sa v&#233;ritable forme dans le monde du sujet libre, et la logique objective aboutit &#224; la logique subjective. Dans le syst&#232;me jenenser, ce dernier est trait&#233; dans la section sur la m&#233;taphysique. Elle expose les cat&#233;gories et les principes qui comprennent toute objectivit&#233; comme l'ar&#232;ne du sujet en d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire comme l'ar&#232;ne de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes lignes que nous avons fournies des id&#233;es principales de Hegel seront plus clairement &#233;labor&#233;es lorsque nous discuterons du syst&#232;me final de logique. La premi&#232;re logique de Hegel manifeste d&#233;j&#224; l'effort de briser la fausse fixit&#233; de nos concepts et de montrer les contradictions motrices qui se cachent dans tous les modes d'existence et appellent un mode de pens&#233;e sup&#233;rieur. La Logique ne pr&#233;sente que la forme g&#233;n&#233;rale de la dialectique, dans son application aux formes g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre. Les applications les plus concr&#232;tes apparaissent dans la Realphilosophie de Hegel , notamment dans sa philosophie sociale. Nous ne nous attarderons pas maintenant sur le difficile passage de la Logique et de la M&#233;taphysique &#224; la Philosophie de la Nature(qui sera discut&#233; avec la logique finale), mais passera directement &#224; la philosophie jenenser de l'esprit, qui traite de la r&#233;alisation historique du sujet libre, l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. La philosophie de l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du monde humain ne commence pas par la lutte entre l'individu et la nature, puisque l'individu est en r&#233;alit&#233; un produit ult&#233;rieur de l'histoire humaine. La communaut&#233; ( Allgemeinheit ) vient en premier, bien que sous une forme toute faite, &#171; imm&#233;diate &#187;. Elle n'est pas encore une communaut&#233; rationnelle et n'a pas la libert&#233; comme qualit&#233;. Par cons&#233;quent, il se fragmente bient&#244;t en de nombreux antagonismes. Hegel appelle cette unit&#233; originelle dans le monde historique &#171; conscience &#187;, soulignant ainsi &#224; nouveau que nous sommes entr&#233;s dans un domaine o&#249; tout a le caract&#232;re du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re forme que prend la conscience dans l'histoire n'est pas celle d'un individu mais d'une conscience universelle, peut-&#234;tre mieux repr&#233;sent&#233;e comme la conscience d'un groupe primitif avec toute l'individualit&#233; submerg&#233;e dans la communaut&#233;. Les sentiments, les sensations et les concepts n'appartiennent pas proprement &#224; l'individu mais sont partag&#233;s entre tous, de sorte que le commun et non le particulier d&#233;termine la conscience. Mais m&#234;me cette unit&#233; contient de l'opposition ; la conscience n'est ce qu'elle est que par opposition &#224; ses objets. Certes, ceux-ci, en tant qu'objets de conscience, sont des &#171; objets compris &#187; ( begriffene Objekte), ou des objets indissociables du sujet. Leur &#171; &#234;tre compris &#187; fait partie de leur caract&#232;re d'objet. L'un ou l'autre c&#244;t&#233; de l'opposition, la conscience ou ses objets, a donc la forme de la subjectivit&#233;, comme tous les autres types d'opposition dans le domaine de l'esprit. L'int&#233;gration des &#233;l&#233;ments oppos&#233;s ne peut &#234;tre qu'une int&#233;gration dans la subjectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de l'homme se d&#233;veloppe, dit Hegel, dans une s&#233;rie d'int&#233;grations d'oppos&#233;s. Au premier stade, le sujet et son objet prennent la forme de la conscience et de ses concepts ; dans la deuxi&#232;me &#233;tape, ils apparaissent comme l'individu en conflit avec d'autres individus ; et dans l'&#233;tape finale, ils apparaissent comme la nation. La derni&#232;re &#233;tape repr&#233;sente &#224; elle seule l'accomplissement d'une int&#233;gration durable entre le sujet et l'objet ; la nation a son objet en elle-m&#234;me ; son effort est dirig&#233; uniquement vers sa propre reproduction. Aux trois stades correspondent trois &#171; supports &#187; d'int&#233;gration diff&#233;rents : la langue, le travail et la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage est le m&#233;dium dans lequel s'op&#232;re la premi&#232;re int&#233;gration entre sujet et objet. C'est aussi la premi&#232;re v&#233;ritable communaut&#233; ( Allgemeinheit ), au sens o&#249; elle est objective et partag&#233;e par tous les individus. D'autre part, le langage est le premier m&#233;dium de l'individuation, car c'est par lui que l'individu obtient la ma&#238;trise des objets qu'il conna&#238;t et nomme. Un homme ne peut d&#233;limiter sa sph&#232;re d'influence et en &#233;loigner les autres que lorsqu'il conna&#238;t son monde, qu'il est conscient de ses besoins et de ses pouvoirs et qu'il communique cette connaissance aux autres. La langue est donc aussi le premier levier d'appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage permet donc &#224; un individu de prendre consciemment position contreses semblables et de faire valoir ses besoins et ses d&#233;sirs contre ceux des autres individus. Les antagonismes qui en r&#233;sultent sont int&#233;gr&#233;s par le processus de travail, qui devient &#233;galement la force d&#233;cisive pour le d&#233;veloppement de la culture. Le processus de travail est responsable de divers types d'int&#233;gration, conditionnant toutes les formes ult&#233;rieures de communaut&#233; qui correspondent &#224; ces types : la famille, la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat (ces deux derniers termes n'apparaissent que plus tard dans la philosophie de Hegel). Le travail unit d'abord les individus au sein de la famille, qui s'approprie comme &#171; propri&#233;t&#233; familiale &#187; &#8211; les objets qui assurent sa subsistance. La famille, cependant, se retrouve avec ses biens parmi d'autres familles propri&#233;taires. Le conflit qui se d&#233;veloppe ici n'est pas entre l'individu et les objets de son d&#233;sir, mais entre un groupe d'individus (une famille) et d'autres groupes similaires. Les objets sont d&#233;j&#224; &#171; appropri&#233;s &#187; ; ils sont la propri&#233;t&#233; (r&#233;elle ou potentielle) des individus. L'institutionnalisation de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e signifie, pour Hegel, que les &#171; objets &#187; sont enfin incorpor&#233;s au monde subjectif : les objets ne sont plus des &#171; choses mortes &#187;, mais appartiennent, dans leur totalit&#233;, &#224; la sph&#232;re de la r&#233;alisation de soi du sujet. L'homme les a travaill&#233;s et organis&#233;s, et les a ainsi int&#233;gr&#233;s &#224; sa personnalit&#233;. La nature prend ainsi sa place dans l'histoire de l'homme, et l'histoire devient essentiellement l'histoire humaine. Toutes les luttes historiques deviennent des luttes entre groupes d'individus poss&#233;dants. Cette conception de grande envergure influence compl&#232;tement la construction ult&#233;rieure du domaine de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'av&#232;nement des diff&#233;rentes unit&#233;s familiales propri&#233;taires, commence une &#171; lutte pour la reconnaissance mutuelle &#187; de leurs droits. La propri&#233;t&#233; &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme un &#233;l&#233;ment essentiel et constitutif de l'individualit&#233;, l'individu doit conserver et d&#233;fendre sa propri&#233;t&#233; pour se maintenir en tant qu'individu. La lutte &#224; mort qui en r&#233;sulte, dit Hegel, ne peut prendre fin que si les individus oppos&#233;s sont int&#233;gr&#233;s dans la communaut&#233; de la nation ( Volk ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage de la famille &#224; la nation correspond grosso modo au passage d'un &#171; &#233;tat de nature &#187; &#224; un &#233;tat de soci&#233;t&#233; civile, tel que le concevaient les th&#233;ories politiques du XVIIIe si&#232;cle. L'interpr&#233;tation h&#233;g&#233;lienne de la &#171; lutte pour la reconnaissance mutuelle &#187; sera expliqu&#233;e dans notre discussion sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit , dans laquelle elle devient le coin d'entr&#233;e de la libert&#233;. La cons&#233;quence de la lutte pour la reconnaissance mutuelle est une premi&#232;re v&#233;ritable int&#233;gration qui donne aux groupes ou individus en conflit un int&#233;r&#234;t commun objectif. La conscience qui r&#233;alise cette int&#233;gration est &#224; nouveau un universel (le Volksgeist), mais son unit&#233; n'est plus primitive et &#171; imm&#233;diate &#187;. C'est plut&#244;t le produit d'efforts conscients pour faire fonctionner les antagonismes existants dans l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. Hegel l'appelle un m&#233;diatis&#233; ( vermittelte) l'unit&#233;. Le terme de m&#233;diation manifeste ici sa signification concr&#232;te. L'activit&#233; de m&#233;diation n'est autre que l'activit&#233; de travail. Par son travail, l'homme surmonte l'&#233;loignement entre le monde objectif et le monde subjectif ; il transforme la nature en un milieu appropri&#233; pour son d&#233;veloppement personnel. Lorsque les objets sont pris et fa&#231;onn&#233;s par le travail, ils deviennent une partie du sujet qui est capable d'y reconna&#238;tre ses besoins et ses d&#233;sirs. Par le travail, d'ailleurs, l'homme perd cette existence atomique dans laquelle il est, en tant qu'individu, oppos&#233; &#224; tous les autres individus ; il devient membre d'une communaut&#233;. L'individuel, en vertu de son travail, devient un universel ; car le travail est par nature une activit&#233; universelle : son produit est &#233;changeable entre tous les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses remarques compl&#233;mentaires sur le concept de travail, Hegel d&#233;crit en fait le mode de travail caract&#233;ristique de la production marchande moderne. En effet, il se rapproche de la doctrine marxienne du travail abstrait et universel. Nous rencontrons la premi&#232;re illustration du fait que les notions ontologiques de Hegel sont satur&#233;es d'un contenu social exprimant un ordre particulier de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel affirme que &#171; l'individu satisfait ses besoins par son travail, mais non par le produit particulier de son travail ; celui-ci, pour combler ses besoins, doit devenir autre chose qu'il n'est &#187;. L'objet particulier devient un objet universel dans le processus de travail &#8211; il devient une marchandise. L'universalit&#233; transforme aussi le sujet du travail, le travailleur, et son activit&#233; individuelle. Il est contraint de mettre de c&#244;t&#233; ses facult&#233;s et ses d&#233;sirs particuliers. Rien ne compte dans la r&#233;partition du produit du travail que &#171; le travail abstrait et universel &#187;. &#171; Le travail de chacun est, quant &#224; son contenu, universel pour les besoins de tous &#187;. Le travail n'a de &#171; valeur &#187; qu'en tant qu'&#171; activit&#233; universelle &#187; ( allgemeine T&#228;tigkeit) : sa valeur est d&#233;termin&#233;e par &#171; ce qu'est le travail pour tous, et non ce qu'il est pour l'individu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail abstrait et universel est reli&#233; au besoin individuel concret &#224; travers les &#171; rapports d'&#233;change &#187; du march&#233;. En vertu de l'&#233;change, les produits du travail sont r&#233;partis entre les individus selon la valeur du travail abstrait. Hegel appelle donc l'&#233;change &#171; le retour au concret &#187; ; &#224; travers elle, les besoins concrets des hommes dans la soci&#233;t&#233; sont satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel s'efforce &#233;videmment de comprendre exactement la fonction du travail en int&#233;grant les diverses activit&#233;s individuelles dans un ensemble de rapports d'&#233;change. Il touche &#224; la sph&#232;re dans laquelle Marx reprendra plus tard l'analyse de la soci&#233;t&#233; moderne. Le concept de travail n'est pas p&#233;riph&#233;rique dans le syst&#232;me de Hegel, mais c'est la notion centrale &#224; travers laquelle il con&#231;oit le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233;. Pouss&#233; par la perspicacit&#233; qui lui a ouvert cette dimension, Hegel d&#233;crit le mode d'int&#233;gration qui pr&#233;vaut dans une soci&#233;t&#233; marchande en des termes qui pr&#233;figurent clairement l'approche critique de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste sur deux points : la subordination compl&#232;te de l'individu au d&#233;mon du travail abstrait, et le caract&#232;re aveugle et anarchique d'une soci&#233;t&#233; perp&#233;tu&#233;e par des rapports d'&#233;change. Le travail abstrait ne peut pas d&#233;velopper les v&#233;ritables facult&#233;s de l'individu. La m&#233;canisation, le moyen m&#234;me qui doit lib&#233;rer l'homme du labeur, le rend esclave de son travail. &#034;Plus il subjugue son travail, plus il devient lui-m&#234;me impuissant&#034;. La machine ne r&#233;duit la n&#233;cessit&#233; du travail que pour l'ensemble, non pour l'individu. &#034;Plus le travail devient m&#233;canis&#233;, moins il a de valeur et plus l'individu doit travailler dur&#034;. &#034;La valeur du travail diminue dans la m&#234;me proportion que la productivit&#233; du travail augmente... Les facult&#233;s de l'individu sont infiniment restreintes, et la conscience de l'ouvrier d'usine est d&#233;grad&#233;e au plus bas niveau d'ennui &#187;. Alors que le travail passe ainsi de la r&#233;alisation de soi de l'individu &#224; sa n&#233;gation de soi, le rapport entre les besoins particuliers et le travail, et entre les besoins et le travail de l'ensemble, prend la forme d'une &#171; interd&#233;pendance incalculable et aveugle &#187;. '. L'int&#233;gration d'individus en conflit par le travail et l'&#233;change abstraits &#233;tablit ainsi &#171; un vaste syst&#232;me de points communs et d'interd&#233;pendance mutuelle, une vie &#233;mouvante des morts. Ce syst&#232;me va et vient d'une mani&#232;re aveugle et &#233;l&#233;mentaire, et comme un animal sauvage appelle un contr&#244;le et une r&#233;pression permanents forts &#187;. et entre les besoins et le travail de l'ensemble, prend la forme d'&#171; une interd&#233;pendance incalculable et aveugle &#187;. L'int&#233;gration d'individus en conflit par le travail et l'&#233;change abstraits &#233;tablit ainsi &#171; un vaste syst&#232;me de points communs et d'interd&#233;pendance mutuelle, une vie &#233;mouvante des morts. Ce syst&#232;me va et vient d'une mani&#232;re aveugle et &#233;l&#233;mentaire, et comme un animal sauvage appelle un contr&#244;le et une r&#233;pression permanents forts &#187;. et entre les besoins et le travail de l'ensemble, prend la forme d'&#171; une interd&#233;pendance incalculable et aveugle &#187;. L'int&#233;gration d'individus en conflit par le travail et l'&#233;change abstraits &#233;tablit ainsi &#171; un vaste syst&#232;me de points communs et d'interd&#233;pendance mutuelle, une vie &#233;mouvante des morts. Ce syst&#232;me va et vient d'une mani&#232;re aveugle et &#233;l&#233;mentaire, et comme un animal sauvage appelle un contr&#244;le et une r&#233;pression permanents forts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton et le path&#233;tique des descriptions rappellent de mani&#232;re frappante le Capital de Marx . Il n'est pas surprenant de constater que le manuscrit de Hegel rompt avec cette image, comme s'il &#233;tait terrifi&#233; par ce que r&#233;v&#233;lait son analyse de la soci&#233;t&#233; marchande. La derni&#232;re phrase, cependant, le trouve en train de formuler une issue possible. Il d&#233;veloppe cela dans la Realphilosophie de 1804-5. L'animal sauvage doit &#234;tre ma&#238;tris&#233;, et un tel processus n&#233;cessite l'organisation d'un &#233;tat fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re philosophie politique de Hegel rappelle les origines de la th&#233;orie politique dans la soci&#233;t&#233; moderne. Hobbes a &#233;galement fond&#233; son &#201;tat L&#233;viathan sur le chaos autrement invincible, le bellum omnium contra omnes, de la soci&#233;t&#233; individualiste. Entre Hobbes et Hegel, cependant, se situe la p&#233;riode au cours de laquelle l'&#201;tat absolutiste a lib&#233;r&#233; les forces &#233;conomiques du capitalisme et au cours de laquelle l'&#233;conomie politique a d&#233;couvert certains des m&#233;canismes du processus de travail capitaliste. Hegel s'&#233;tait livr&#233; &#224; une &#233;tude d'&#233;conomie politique. Son analyse de la soci&#233;t&#233; civile a atteint la structure fondamentale de la soci&#233;t&#233; moderne et a pr&#233;sent&#233; une analyse critique &#233;labor&#233;e, tandis que Hobbes a obtenu et utilis&#233; une perspicacit&#233; intuitive. Et plus encore, Hegel d&#233;couvrit dans le surgissement de la R&#233;volution fran&#231;aise des principes qui d&#233;passaient le cadre donn&#233; de la soci&#233;t&#233; individualiste. Les id&#233;es de raison et de libert&#233;, d'unit&#233; entre l'int&#233;r&#234;t commun et l'int&#233;r&#234;t particulier, d&#233;notaient pour lui des valeurs qui ne pouvaient &#234;tre sacrifi&#233;es &#224; l'&#201;tat. Il a lutt&#233; toute sa vie pour les rendre conformes &#224; la n&#233;cessit&#233; de &#171; contr&#244;ler et freiner &#187;. Ses tentatives pour r&#233;soudre le probl&#232;me sont multiples et le triomphe final ne revient pas au L&#233;viathan, mais &#224; l'&#201;tat rationnel sous l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me Jenenser Realphilosophie discute ensuite de la mani&#232;re dont la soci&#233;t&#233; civile est int&#233;gr&#233;e &#224; l'&#201;tat. Hegel discute de la forme politique de cette soci&#233;t&#233; sous le titre de &#171; Constitution &#187;. Le droit ( Gesetz ) transforme la totalit&#233; aveugle des rapports d'&#233;change en appareil d'&#201;tat consciemment r&#233;gl&#233;. L'image de l'anarchie et de la confusion de la soci&#233;t&#233; civile est peinte dans des couleurs encore plus sombres qu'auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[L'individu] est soumis &#224; la confusion et au hasard complets de l'ensemble. Une masse de la population est condamn&#233;e au travail abrutissant, malsain et pr&#233;caire des usines, manufactures, mines, etc. Des branches enti&#232;res de l'industrie qui soutenaient une grande partie de la population se replient soudainement parce que le mode change ou parce que la valeur de leurs produits chute &#224; cause de nouvelles inventions dans d'autres pays, ou pour d'autres raisons. Des masses enti&#232;res sont ainsi abandonn&#233;es &#224; une mis&#232;re impuissante. Le conflit entre l'immense richesse et l'immense pauvret&#233; &#233;clate, une pauvret&#233; incapable d'am&#233;liorer sa condition. La richesse devient... une puissance pr&#233;dominante. Son accumulation se fait en partie par hasard, en partie par le biais du mode g&#233;n&#233;ral de distribution... L'acquisition se d&#233;veloppe en un syst&#232;me multiple qui se ramifie dans des domaines dont les petites entreprises ne peuvent pas profiter. L'abstraction extr&#234;me du travail atteint les types de travail les plus individuels et continue d'&#233;largir sa sph&#232;re. Cette in&#233;galit&#233; de richesse et de pauvret&#233;, ce besoin et cette n&#233;cessit&#233; se transforment en un d&#233;membrement extr&#234;me de la volont&#233;, une r&#233;bellion int&#233;rieure et une haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Hegel insiste maintenant sur l'aspect positif de cette r&#233;alit&#233; d&#233;gradante. &#171; Cette n&#233;cessit&#233; qui signifie al&#233;a complet pour l'existence individuelle est en m&#234;me temps le conservateur. Le pouvoir d'Etat intervient ; il doit veiller &#224; ce que chaque sph&#232;re particuli&#232;re [de la vie] soit maintenue, il doit rechercher de nouveaux d&#233;bouch&#233;s, doit ouvrir des canaux de commerce dans les pays &#233;trangers, etc. dans la soci&#233;t&#233; n'est pas un simple hasard, mais le processus m&#234;me par lequel le tout reproduit sa propre existence et celle de chacun de ses membres. Les relations d'&#233;change du march&#233; assurent l'int&#233;gration n&#233;cessaire sans laquelle des individus isol&#233;s p&#233;riraient dans le conflit concurrentiel. Les terribles luttes au sein de la soci&#233;t&#233; productrice de marchandises sont &#171; meilleures &#187; que celles entre des individus et des groupes sans aucune restriction &#8211; &#171; meilleures &#187;, parce qu'elles se situent &#224; un niveau sup&#233;rieur de d&#233;veloppement historique et impliquent une reconnaissance mutuelle des droits individuels. Le &#034;contrat&#034; &#8203;&#8203;(Vertrag) exprime cette reconnaissance comme une r&#233;alit&#233; sociale. Hegel consid&#232;re le contrat comme l'un des fondements de la soci&#233;t&#233; moderne ; la soci&#233;t&#233; est en fait un cadre de contrats entre individus. (Nous verrons cependant qu'il s'attachera plus tard &#224; restreindre la validit&#233; des contrats &#224; la sph&#232;re de la soci&#233;t&#233; civile - c'est-&#224;-dire aux relations &#233;conomiques et sociales - et &#224; les exclure comme ayant une fonction entre &#201;tats. .) Seule l'assurance qu'une relation ou une prestation est garantie par un contrat &#8211; et que le contrat sera tenu en toutes circonstances &#8211; rend calculables et rationnelles les relations et les prestations dans une soci&#233;t&#233; marchande. &#171; Ma parole doit &#234;tre bonne non pour des raisons morales &#187;, mais parce que la soci&#233;t&#233; pr&#233;suppose qu'il existe des obligations mutuelles de la part de ses membres. Je fais mon travail &#224; la condition qu'un autre fasse de m&#234;me. Si je manque &#224; ma parole, je romps le contrat m&#234;me de la soci&#233;t&#233; et je blesse non seulement une personne en particulier mais la communaut&#233; ; Je me place en dehors du tout qui seul peut remplir mon droit d'individu. Ainsi, dit Hegel, &#171; l'universel est la substance du contrat &#187;. Les contrats ne r&#233;glementent pas seulement la performance individuelle, mais le fonctionnement de l'ensemble. Le contrat traite les individus comme libres et &#233;gaux ; en m&#234;me temps, il consid&#232;re chacun non pas dans sa particularit&#233; contingente mais dans son &#171; universalit&#233; &#187;, comme une partie homog&#232;ne du tout. Cette identit&#233; du particulier et de l'universel n'est bien s&#251;r pas encore r&#233;alis&#233;e. Les potentialit&#233;s propres des individus sont, comme Hegel l'a d&#233;j&#224; soulign&#233;, loin d'&#234;tre pr&#233;serv&#233;es dans la soci&#233;t&#233; civile. Par cons&#233;quent, la force doit se tenir derri&#232;re chaque contrat. La menace d'application de la force, et non sa propre reconnaissance volontaire, lie l'individu &#224; son contrat. Le contrat implique ainsi la possibilit&#233; de rupture du contrat et la r&#233;volte de l'individu contre le tout. Le crime signifie l'acte de r&#233;volte, et la peine est le m&#233;canisme par lequel l'ensemble restitue ses droits sur l'individu r&#233;volt&#233;. La reconnaissance de l'&#201;tat de droit repr&#233;sente cette &#233;tape d'int&#233;gration dans laquelle l'individu se r&#233;concilie avec le tout. L'&#201;tat de droit diff&#232;re de l'&#201;tat des contrats dans la mesure o&#249; il prend en compte &#171; le moi de l'individu dans son existence ainsi que dans sa connaissance &#187;. L'individu sait qu'il ne peut exister que par la force de la loi, non seulement parce qu'elle le prot&#232;ge, mais parce qu'il y voit repr&#233;senter l'int&#233;r&#234;t commun qui, en derni&#232;re analyse, est la seule garantie de son auto-d&#233;veloppement. Des individus parfaitement libres et ind&#233;pendants, mais unis dans un int&#233;r&#234;t commun, c'est la notion propre de la loi. L'individu est &#171; confiant &#187; qu'il se trouve &#171; lui-m&#234;me, son essence &#187; dans la loi et que la loi pr&#233;serve et soutient ses potentialit&#233;s essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle conception suppose un &#201;tat dont les lois manifestent r&#233;ellement le libre arbitre des individus associ&#233;s, comme s'ils s'&#233;taient r&#233;unis et avaient d&#233;cid&#233; de la meilleure l&#233;gislation pour leur int&#233;r&#234;t commun. La loi ne saurait autrement exprimer la volont&#233; de chacun et en m&#234;me temps &#171; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. Compte tenu de cette d&#233;cision commune, la loi serait une v&#233;ritable identit&#233; entre l'individu et le tout. La conception h&#233;g&#233;lienne du droit envisage une telle soci&#233;t&#233; ; il d&#233;crit un but &#224; atteindre et non une condition pr&#233;dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'&#233;cart entre l'id&#233;al et la r&#233;alit&#233; se r&#233;duit lentement. Plus l'attitude de Hegel envers l'histoire devient r&#233;aliste, plus il conf&#232;re au pr&#233;sent la grandeur de l'id&#233;al futur. Mais quelle que soit l'issue de la lutte de Hegel entre l'id&#233;alisme philosophique et le r&#233;alisme politique, sa philosophie n'acceptera aucun &#201;tat qui ne fonctionne pas selon l'&#201;tat de droit. Il peut accepter un &#171; &#201;tat-pouvoir &#187;, mais seulement dans la mesure o&#249; la libert&#233; des individus y pr&#233;vaut et o&#249; le pouvoir de l'&#201;tat renforce leur pouvoir propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu ne peut &#234;tre libre qu'en tant qu'&#234;tre politique. Hegel reprend ainsi la conception grecque classique selon laquelle la Polis repr&#233;sente la v&#233;ritable r&#233;alit&#233; de l'existence humaine. Ainsi, l'unification finale des antagonismes sociaux est r&#233;alis&#233;e non par le r&#232;gne du droit, mais par les institutions politiques qui incarnent le droit : par l'&#201;tat proprement dit. Quelle est la forme de gouvernement qui sauvegarde le mieux cette incarnation et qui est donc la plus haute forme d'unit&#233; entre la partie et le tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de r&#233;pondre &#224; cette question, Hegel esquisse l'origine de l'&#201;tat et les r&#244;les historiques de la tyrannie, de la d&#233;mocratie et de la monarchie. Il rejette la th&#233;orie du contrat social au motif qu'elle suppose que &#171; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; est &#224; l'&#339;uvre chez les individus isol&#233;s avant leur entr&#233;e dans l'&#201;tat. A l'encontre de la th&#233;orie du contrat social, il souligne que &#171; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; ne peut na&#238;tre que d'un long processus, qui aboutit &#224; la r&#233;gulation finale des antagonismes sociaux. La volont&#233; g&#233;n&#233;rale est le r&#233;sultat et non l'origine de l'&#201;tat ; l'&#201;tat est n&#233; d'une &#171; force ext&#233;rieure &#187; qui pousse les individus contre leur gr&#233;. Ainsi, &#171; tous les &#201;tats sont fond&#233;s par la puissance illustre de grands hommes &#187;. Et Hegel ajoute, &#034;pas par la force physique&#034;. Les grands fondateurs de l'&#201;tat avaient dans leur personnalit&#233; quelque chose de la puissance historique qui contraint l'humanit&#233; &#224; suivre sa propre voie et &#224; progresser par elle ; ces personnalit&#233;s refl&#232;tent et portent le savoir sup&#233;rieur et la moralit&#233; sup&#233;rieure de l'histoire m&#234;me si elles n'en sont pas conscientes en tant qu'individus, ou m&#234;me si elles sont mues par de tout autres motifs. L'id&#233;e que Hegel introduit ici appara&#238;t plus tard comme laWeltgeist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#201;tat est n&#233;cessairement une tyrannie. Les formes &#233;tatiques que Hegel d&#233;crit maintenant ont un ordre &#224; la fois historique et normatif : la tyrannie est la forme la plus ancienne et la plus basse, la monarchie h&#233;r&#233;ditaire la forme la plus r&#233;cente et la plus haute. Encore une fois, la norme par laquelle l'&#201;tat est &#233;valu&#233; est le succ&#232;s qu'il a dans la production d'une bonne int&#233;gration des individus dans l'ensemble. La tyrannie int&#232;gre les individus en les niant. Mais elle a un r&#233;sultat positif : elle les discipline, leur apprend &#224; ob&#233;ir. Ob&#233;ir &#224; la personne du dirigeant est pr&#233;paratoire &#224; l'ob&#233;issance &#224; la loi. Le peuple renverse la tyrannie parce qu'elle est abjecte, d&#233;testable, etc. ; en r&#233;alit&#233;, cependant, parce qu'elle est devenue superflue. La tyrannie cesse d'&#234;tre historiquement n&#233;cessaire une fois la discipline accomplie. Puis succ&#232;de l'&#201;tat de droit, c'est-&#224;-dire la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie repr&#233;sente une v&#233;ritable identit&#233; entre l'individu et le tout ; le gouvernement ne fait qu'un avec tous les individus, et leur volont&#233; exprime l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. L'individu poursuit son int&#233;r&#234;t particulier, il est donc le &#171; bourgeois &#187; ; mais il s'occupe aussi des besoins et des t&#226;ches de l'ensemble, donc il est le citoyen .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel illustre la d&#233;mocratie en se r&#233;f&#233;rant &#224; la cit&#233;-&#201;tat grecque. L&#224;, l'unit&#233; entre la volont&#233; individuelle et la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#233;tait encore fortuite ; l'individu devait c&#233;der &#224; la majorit&#233;, ce qui &#233;tait accidentel &#224; son tour. Une telle d&#233;mocratie ne saurait donc repr&#233;senter l'unit&#233; ultime entre l'individu et le tout. &#171; La belle et heureuse libert&#233; des Grecs int&#233;grait les individus dans une seule unit&#233; &#171; imm&#233;diate &#187;, fond&#233;e sur la nature et le sentiment plut&#244;t que sur l'organisation intellectuelle et morale consciente de la soci&#233;t&#233;. L'humanit&#233; devait progresser vers une forme d'&#201;tat sup&#233;rieure &#224; celle-ci, vers une forme dans laquelle l'individu s'unit librement et consciemment aux autres en une communaut&#233; qui, &#224; son tour, pr&#233;serve sa v&#233;ritable essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le meilleur gardien d'une telle unit&#233;, selon Hegel, est la monarchie h&#233;r&#233;ditaire. La personne du monarque repr&#233;sente le tout &#233;lev&#233; au-dessus de tous les int&#233;r&#234;ts particuliers ; monarque de naissance, il gouverne, pour ainsi dire, &#171; par nature &#187;, insensible aux antagonismes de la soci&#233;t&#233;. Il est donc le &#171; point &#187; le plus stable et le plus durable dans le mouvement de l'ensemble. &#171; L'opinion publique &#187; est le lien qui lie les sph&#232;res de la vie et contr&#244;le leur cours. L'&#201;tat n'est ni une unit&#233; forc&#233;e ni naturelle, mais une organisation rationnelle de la soci&#233;t&#233; &#224; travers ses diff&#233;rents &#171; &#233;tats &#187;. Dans chaque domaine, l'individu s'adonne &#224; son activit&#233; sp&#233;cifique tout en servant la communaut&#233;. Chaque &#233;tat a sa place particuli&#232;re, sa conscience et sa moralit&#233;, mais les &#233;tats se terminent dans l'&#233;tat &#171; universel &#187;, c'est-&#224;-dire dans les fonctionnaires de l'&#201;tat qui ne s'occupent que de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Les fonctionnaires sont &#233;lus et chaque &#171; sph&#232;re [ville, guilde, etc.] administre ses propres affaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus importantes que ces d&#233;tails sont les questions : quelles qualit&#233;s poss&#232;de la monarchie h&#233;r&#233;ditaire qui justifie sa place d'honneur dans la philosophie de l'esprit ? Comment cette forme &#233;tatique remplit-elle les principes qui ont guid&#233; la construction de cette philosophie ? Hegel consid&#233;rait la monarchie h&#233;r&#233;ditaire comme l'&#201;tat chr&#233;tien par excellence,ou, plus strictement, comme l'&#201;tat chr&#233;tien n&#233; avec la R&#233;forme allemande. Pour lui, cet &#201;tat &#233;tait l'incarnation du principe de la libert&#233; chr&#233;tienne, qui proclamait la libert&#233; de la conscience int&#233;rieure de l'homme et son &#233;galit&#233; devant Dieu. Hegel pensait que sans cette libert&#233; int&#233;rieure, la libert&#233; ext&#233;rieure que la d&#233;mocratie &#233;tait cens&#233;e instituer et prot&#233;ger ne servait &#224; rien. La R&#233;forme allemande repr&#233;sente &#224; ses yeux le grand tournant de l'histoire qui accompagne l'affirmation selon laquelle l'individu n'est vraiment libre que lorsqu'il a pris conscience de son inali&#233;nable autonomie. &#8211; le protestantisme avait &#233;tabli cette conscience de soi, et montr&#233; que la libert&#233; chr&#233;tienne impliquait, dans le domaine de la r&#233;alit&#233; sociale, soumission et ob&#233;issance &#224; la hi&#233;rarchie divine de l'&#201;tat. Nous traiterons ce sujet plus en d&#233;tail lorsque nous arriverons auPhilosophie du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question encore sans r&#233;ponse affecte toute la structure du syst&#232;me de Hegel. Le monde historique, dans la mesure o&#249; il est construit, organis&#233; et fa&#231;onn&#233; par l'activit&#233; consciente de sujets pensants, est un domaine de l'esprit. Mais l'esprit n'est pleinement r&#233;alis&#233; et n'existe sous sa vraie forme que lorsqu'il s'adonne &#224; son activit&#233; propre, &#224; savoir l'art, la religion et la philosophie. Ces domaines de la culture sont donc la r&#233;alit&#233; ultime, le domaine de la v&#233;rit&#233; ultime. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment la conviction de Hegel : l'esprit absolu ne vit que dans l'art, la religion et la philosophie. Tous trois ont le m&#234;me contenu sous une forme diff&#233;rente : l'art appr&#233;hende la v&#233;rit&#233; par simple intuition ( Anschauung ) ,sous une forme tangible et donc limit&#233;e ; La religion la per&#231;oit libre de telles limitations, mais seulement comme une simple &#171; affirmation &#187; et croyance ; La philosophie le comprend par le savoir et le poss&#232;de comme sa propri&#233;t&#233; inali&#233;nable. D'autre part, ces sph&#232;res de la culture n'existent que dans le d&#233;veloppement historique de l'humanit&#233;, et l'&#201;tat est l'&#233;tape finale de ce d&#233;veloppement. Quelle est donc la relation entre l'&#233;tat et le domaine de l'esprit absolu ? La domination de l'&#201;tat s'&#233;tend-elle sur l'art, la religion et la philosophie, ou est-elle plut&#244;t limit&#233;e par eux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me a &#233;t&#233; fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;. On a soulign&#233; que l'attitude de Hegel a subi plusieurs changements, qu'il a d'abord &#233;t&#233; enclin &#224; &#233;lever l'&#201;tat au-dessus des sph&#232;res culturelles, qu'il l'a ensuite coordonn&#233; ou m&#234;me subordonn&#233; &#224; celles-ci, et qu'il est ensuite revenu &#224; l'origine. position, la pr&#233;dominance de l'&#201;tat. Il y a des contradictions apparentes dans les d&#233;clarations de Hegel sur ce point, m&#234;me au sein de la m&#234;me p&#233;riode philosophique. Dans le deuxi&#232;me Jenenser Realphilosophieil d&#233;clare que l'esprit absolu &#171; est d'abord la vie d'une nation en g&#233;n&#233;ral ; cependant, l'Esprit doit se lib&#233;rer de cette vie &#187;, et il dit, de plus, &#171; qu'avec l'art, la religion et la philosophie, l'Esprit libre absolu... produit un monde diff&#233;rent, un monde dans lequel il a sa place &#187;. forme propre, o&#249; son travail s'accomplit, et o&#249; l'Esprit atteint l'intuition du sien comme sien &#187;. Contrairement &#224; ces d&#233;clarations, Hegel dit dans sa discussion sur la relation entre la religion et l'&#201;tat que &#171; le gouvernement est au-dessus de tout ; c'est l'Esprit qui se conna&#238;t lui-m&#234;me comme l'essence et la r&#233;alit&#233; universelles...&#034; En outre, il appelle l'&#233;tat &#034;la r&#233;alit&#233; du royaume des cieux... L'Etat est l'esprit de la r&#233;alit&#233;, tout ce qui appara&#238;t dans le L'&#201;tat doit s'y conformer &#187;. La signification de ces contradictions et leur possible solution ne peuvent &#234;tre rendues claires qu'&#224; travers une compr&#233;hension du r&#244;le constitutif de l'histoire dans le syst&#232;me de Hegel. Ici, nous ne tenterons qu'une explication pr&#233;liminaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier syst&#232;me de Hegel r&#233;v&#232;le d&#233;j&#224; les traits saillants de sa philosophie, en particulier l'accent mis sur l'universel en tant qu'&#234;tre v&#233;ritable. Nous avons indiqu&#233; dans notre introduction les racines socio-historiques de cet &#171; universalisme &#187;, montrant que sa base &#233;tait l'absence de &#171; communaut&#233; &#187; dans la soci&#233;t&#233; individualiste. Hegel est rest&#233; fid&#232;le &#224; l'h&#233;ritage du XVIIIe si&#232;cle et a incorpor&#233; ses id&#233;aux dans la structure m&#234;me de sa philosophie. Il a insist&#233; sur le fait que le &#034;vraiment universel&#034; &#233;tait une communaut&#233; qui pr&#233;servait et satisfaisait les exigences de l'individu. On pourrait interpr&#233;ter sa dialectique comme la tentative philosophique de concilier ses id&#233;aux avec une r&#233;alit&#233; sociale antagoniste. Hegel a reconnu les grandes pouss&#233;es vers l'avant qui doivent &#234;tre g&#233;n&#233;r&#233;es par l'ordre dominant de la soci&#233;t&#233; &#8211; le d&#233;veloppement de la productivit&#233; aussi bien mat&#233;rielle que culturelle ; la destruction de relations de pouvoir obsol&#232;tes qui entravaient l'avanc&#233;e de l'humanit&#233; ; et l'&#233;mancipation de l'individu pour qu'il soit le libre sujet de sa vie. Lorsqu'il affirmait que toute &#171; unit&#233; imm&#233;diate &#187; (qui n'implique pas une opposition entre ses &#233;l&#233;ments constitutifs) est, au regard des possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieure &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. et l'&#233;mancipation de l'individu pour qu'il soit le libre sujet de sa vie. Lorsqu'il affirmait que toute &#171; unit&#233; imm&#233;diate &#187; (qui n'implique pas une opposition entre ses &#233;l&#233;ments constitutifs) est, au regard des possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieure &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. et l'&#233;mancipation de l'individu pour qu'il soit le libre sujet de sa vie. Lorsqu'il affirmait que toute &#171; unit&#233; imm&#233;diate &#187; (qui n'implique pas une opposition entre ses &#233;l&#233;ments constitutifs) est, au regard des possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieure &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. en ce qui concerne les possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieures &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne. en ce qui concerne les possibilit&#233;s de d&#233;veloppement humain, inf&#233;rieures &#224; une unit&#233; produite par l'int&#233;gration d'antagonismes r&#233;els, il pensait &#224; la soci&#233;t&#233; de son temps. La r&#233;conciliation de l'individuel et de l'universel semblait impossible sans le plein d&#233;ploiement de ces antagonismes qui poussent les formes de vie dominantes &#224; un point o&#249; elles contredisent ouvertement leur contenu. Hegel a d&#233;crit ce processus dans son tableau de la soci&#233;t&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions r&#233;elles de la soci&#233;t&#233; moderne sont l'exemple le plus fort de dialectique dans l'histoire. Il ne fait aucun doute que ces conditions, aussi justifi&#233;es qu'elles soient par des raisons de n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, contredisent l'id&#233;al de libert&#233;. Les plus hautes potentialit&#233;s de l'humanit&#233; r&#233;sident dans l'union rationnelle d'individus libres, c'est-&#224;-dire dans l'universel et non dans des particularit&#233;s fixes. L'individu ne peut esp&#233;rer se r&#233;aliser que s'il est membre libre d'une communaut&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te permanente d'une telle communaut&#233; au milieu de la terreur obs&#233;dante d'une soci&#233;t&#233; anarchique est &#224; l'origine de l'insistance de Hegel sur le lien intrins&#232;que entre v&#233;rit&#233; et universalit&#233;. Il pensait &#224; l'accomplissement de cette qu&#234;te lorsqu'il d&#233;signait la v&#233;ritable universalit&#233; comme la fin du processus dialectique et comme la r&#233;alit&#233; finale. &#192; maintes reprises, les implications sociales concr&#232;tes du concept d'universalit&#233; transpercent ses formulations philosophiques, et l'image d'une association d'individus libres unis dans un int&#233;r&#234;t commun appara&#238;t clairement. Nous citons le c&#233;l&#232;bre passage de l' Esth&#233;tique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable ind&#233;pendance consiste uniquement dans l'unit&#233; et dans l'interp&#233;n&#233;tration de l'individualit&#233; et de l'universalit&#233; l'une avec l'autre. L'universel acquiert &#224; travers l'individuel son existence concr&#232;te, et la subjectivit&#233; de l'individuel et du particulier d&#233;couvre dans l'universel le fondement inattaquable et la forme la plus authentique de sa r&#233;alit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Id&#233;al [&#233;tat], c'est pr&#233;cis&#233;ment l'individualit&#233; particuli&#232;re qui doit persister en harmonie ins&#233;parable avec la totalit&#233; substantielle, et dans toute la mesure o&#249; la libert&#233; et l'ind&#233;pendance de la subjectivit&#233; peuvent rattacher &#224; l'Id&#233;al le monde-environnement des conditions et des relations. ne doit poss&#233;der aucune objectivit&#233; essentielle en dehors du sujet et de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de l'esprit, et en fait l'ensemble du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien, est une repr&#233;sentation du processus par lequel &#171; l'individu devient universel &#187; et par lequel &#171; la construction de l'universalit&#233; &#187; a lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV&lt;br class='autobr' /&gt;
La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit&lt;br class='autobr' /&gt;
(1807)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HEGEL &#233;crivit la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit en 1806 &#224; I&#233;na alors que les arm&#233;es napol&#233;oniennes s'approchaient de cette ville. Il l'ach&#232;ve alors que la bataille d'I&#233;na scelle le sort de la Prusse et intronise l'h&#233;ritier de la R&#233;volution fran&#231;aise sur les restes impuissants de l'ancien Reich allemand. Le sentiment qu'une nouvelle &#233;poque dans l'histoire du monde venait de commencer impr&#232;gne le livre de Hegel. Il marque son premier jugement philosophique sur l'histoire et tire ses conclusions d&#233;finitives de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui devient d&#233;sormais le tournant de la voie historique autant que philosophique vers la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a vu que le r&#233;sultat de la R&#233;volution fran&#231;aise n'&#233;tait pas la r&#233;alisation de la libert&#233;, mais l'&#233;tablissement d'un nouveau despotisme. Il a interpr&#233;t&#233; son cours et son issue non pas comme un accident historique, mais comme un d&#233;veloppement n&#233;cessaire. Le processus d'&#233;mancipation de l'individu aboutit n&#233;cessairement &#224; la terreur et &#224; la destruction tant qu'il est men&#233; par des individus contre l'&#201;tat, et non par l'&#201;tat lui-m&#234;me. L'&#201;tat seul peut fournir l'&#233;mancipation, bien qu'il ne puisse fournir la v&#233;rit&#233; parfaite et la libert&#233; parfaite . Ces derni&#232;res ne se trouvent que dans le domaine propre de l'esprit, dans la morale, la religion et la philosophie. Nous avons d&#233;j&#224; rencontr&#233; cette sph&#232;re comme r&#233;alisation de la v&#233;rit&#233; et de la libert&#233; dans la premi&#232;re Philosophie de l'esprit de Hegel.L&#224;, cependant, ils &#233;taient fond&#233;s sur un ordre &#233;tatique ad&#233;quat et restaient en lien intrins&#232;que avec lui. Cette connexion est presque perdue dans la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit . L'&#201;tat cesse alors d'avoir une signification globale. La libert&#233; et la raison sont devenues des activit&#233;s de l'esprit pur et n'exigent pas un ordre social et politique d&#233;fini comme condition pr&#233;alable, mais sont compatibles avec l'&#233;tat d&#233;j&#224; existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer que son exp&#233;rience de l'effondrement des id&#233;es lib&#233;rales dans l'histoire de son temps a pouss&#233; Hegel &#224; se r&#233;fugier dans l'esprit pur, et que, par souci de philosophie, il a pr&#233;f&#233;r&#233; la r&#233;conciliation avec le syst&#232;me dominant aux terribles contingences d'un nouveau bouleversement. La r&#233;conciliation qui s'op&#232;re d&#233;sormais entre l'id&#233;alisme philosophique et la soci&#233;t&#233; donn&#233;e s'annonce non pas tant comme un changement du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien en tant que tel, mais comme un changement dans le traitement et la fonction de la dialectique. Dans les p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, la dialectique &#233;tait orient&#233;e vers le processus r&#233;el de l'histoire plut&#244;t que vers le produit final de ce processus. La forme sommaire de la philosophie de l'esprit de Jenenserrenfor&#231;ait l'impression que quelque chose de nouveau pouvait encore arriver &#224; l'esprit, et que son d&#233;veloppement &#233;tait loin d'&#234;tre termin&#233;. De plus, le syst&#232;me Jenenser a &#233;labor&#233; la dialectique dans le processus concret du travail et de l'int&#233;gration sociale. Dans la ph&#233;nom&#233;nologie de l'espritles antagonismes de cette dimension concr&#232;te sont nivel&#233;s et harmonis&#233;s. &#171; Le monde devient Mental &#187; signifie non seulement que le monde dans sa totalit&#233; devient l'ar&#232;ne ad&#233;quate dans laquelle les plans de l'humanit&#233; doivent s'accomplir, mais signifie aussi que le monde lui-m&#234;me r&#233;v&#232;le un progr&#232;s constant vers la v&#233;rit&#233; absolue, que rien de nouveau ne peut arriver &#224; l'esprit, ou que tout ce qui lui arrive contribue finalement &#224; son avancement. Il y a, bien s&#251;r, des &#233;checs et des refoulements ; le progr&#232;s ne se fait nullement en ligne droite, mais se produit par le jeu de conflits incessants. La n&#233;gativit&#233;, on le verra, reste la source et le moteur du mouvement. Chaque &#233;chec et chaque revers, cependant, poss&#232;de son propre bien et sa propre v&#233;rit&#233;. Chaque conflit implique sa propre solution. Le changement de point de vue de Hegel se manifeste dans la certitude in&#233;branlable avec laquelle il d&#233;termine la fin du processus. L'esprit, malgr&#233; toutes les d&#233;viations et les d&#233;faites, malgr&#233; la mis&#232;re et la d&#233;t&#233;rioration, atteindra son but, ou plut&#244;t l'a atteint, dans le syst&#232;me social dominant. La n&#233;gativit&#233; semble &#234;tre une &#233;tape s&#251;re dans la croissance de l'esprit plut&#244;t que la force qui le pousse au-del&#224; ; l'opposition dans la dialectique appara&#238;t comme un jeu volontaire plut&#244;t qu'une lutte de vie et de mort. La n&#233;gativit&#233; semble &#234;tre une &#233;tape s&#251;re dans la croissance de l'esprit plut&#244;t que la force qui le pousse au-del&#224; ; l'opposition dans la dialectique appara&#238;t comme un jeu volontaire plut&#244;t qu'une lutte de vie et de mort. La n&#233;gativit&#233; semble &#234;tre une &#233;tape s&#251;re dans la croissance de l'esprit plut&#244;t que la force qui le pousse au-del&#224; ; l'opposition dans la dialectique appara&#238;t comme un jeu volontaire plut&#244;t qu'une lutte de vie et de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a con&#231;u la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit comme une introduction &#224; son syst&#232;me philosophique. Au cours de l'ex&#233;cution des travaux, il a cependant modifi&#233; son plan initial. Sachant qu'il ne serait pas en mesure de publier le reste de son syst&#232;me dans un proche avenir, il en a incorpor&#233; de grandes parties dans son introduction. Les difficult&#233;s extr&#234;mes qu'offre le livre sont, en grande partie, dues &#224; cette proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que volume d'introduction, l'ouvrage entend conduire la compr&#233;hension humaine du domaine de l'exp&#233;rience quotidienne &#224; celui de la connaissance philosophique r&#233;elle, &#224; la v&#233;rit&#233; absolue. Cette v&#233;rit&#233; est la m&#234;me que Hegel avait d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;e dans le syst&#232;me Jenenser , &#224; savoir la connaissance et le processus du monde en tant qu'esprit. Le monde en r&#233;alit&#233; n'est pas tel qu'il appara&#238;t, mais tel qu'il est compris par la philosophie. Hegel part de l'exp&#233;rience de la conscience ordinaire dans la vie quotidienne. Il montre que ce mode d'exp&#233;rience, comme tout autre, contient des &#233;l&#233;ments qui minent sa confiance dans sa capacit&#233; &#224; percevoir &#171; le r&#233;el &#187;, et forcent la recherche &#224; se poursuivre vers des modes de compr&#233;hension toujours plus &#233;lev&#233;s. La progression vers ces modes sup&#233;rieurs est donc un processus interne de l'exp&#233;rience et n'est pas produite de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'homme porte une attention stricte aux r&#233;sultats de son exp&#233;rience, il abandonnera un type de connaissance et passera &#224; un autre ; il ira de la certitude sensorielle &#224; la perception, de la perception &#224; la compr&#233;hension, de la compr&#233;hension &#224; la certitude de soi, jusqu'&#224; ce qu'il atteigne la v&#233;rit&#233; de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit de Hegel pr&#233;sente ainsi l'histoire immanente de l'exp&#233;rience humaine. Ce n'est certes pas l'exp&#233;rience du sens commun, mais d&#233;j&#224; &#233;branl&#233;e dans sa s&#233;curit&#233;, recouverte du sentiment qu'elle ne poss&#232;de pas toute la v&#233;rit&#233;. C'est une exp&#233;rience d&#233;j&#224; en route vers une vraie connaissance. Le lecteur qui doit comprendre les diverses parties de l'ouvrage doit d&#233;j&#224; s'attarder sur &#171; l'&#233;l&#233;ment de philosophie &#187;. Le &#171; Nous &#187; qui appara&#238;t si souvent ne d&#233;signe pas des hommes ordinaires mais des philosophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le facteur qui d&#233;termine le cours de cette exp&#233;rience est la relation changeante entre la conscience et ses objets. Si le sujet philosophant adh&#232;re &#224; ses objets et se laisse guider par leur sens, il trouvera que les objets subissent un changement par lequel leur forme ainsi que leur rapport au sujet se modifient. Lorsque l'exp&#233;rience commence, l'objet appara&#238;t comme une entit&#233; stable, ind&#233;pendante de la conscience ; sujet et objet paraissent &#233;trangers l'un &#224; l'autre. Le progr&#232;s des connaissances r&#233;v&#232;le cependant que les deux ne subsistent pas isol&#233;ment. Il devient clair que l'objet tire son objectivit&#233; du sujet. &#171; Le r&#233;el &#187;, que la conscience d&#233;tient effectivement dans le flux incessant des sensations et des perceptions, est un universel irr&#233;ductible &#224; des &#233;l&#233;ments objectifs hors sujet (par exemple,qualit&#233;, chose, force, lois ). En d'autres termes, l'objet r&#233;el est constitu&#233; par l'activit&#233; (intellectuelle) du sujet ; d'une mani&#232;re ou d'une autre, cela &#171; se rapporte &#187; essentiellement au sujet. Ce dernier d&#233;couvre qu'il se tient lui-m&#234;me &#171; derri&#232;re &#187; les objets, que le monde ne devient r&#233;el que par la force du pouvoir de compr&#233;hension de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant d'abord rien d'autre qu'une r&#233;affirmation du cas de l'id&#233;alisme transcendantal, ou, comme le dit Hegel, c'est une v&#233;rit&#233; seulement &#171; pour nous &#187;, les sujets philosophants, et pas encore une v&#233;rit&#233; manifest&#233;e dans le monde objectif. . Hegel va plus loin. Il dit que la conscience de soi doit encore d&#233;montrer qu'elle est la vraie r&#233;alit&#233; ; elle doit en effet faire du monde sa libre r&#233;alisation. Se r&#233;f&#233;rant &#224; cette t&#226;che, Hegel d&#233;clare que le sujet est la &#171; n&#233;gativit&#233; absolue &#187;, signifiant qu'il a le pouvoir de nier toute condition donn&#233;e et d'en faire son propre travail conscient. Il ne s'agit pas d'une activit&#233; &#233;pist&#233;mologique et ne peut s'exercer uniquement dans le cadre du processus de connaissance, car ce processus est ins&#233;parable de la lutte historique de l'homme contre son monde, lutte elle-m&#234;me constitutive du chemin de la v&#233;rit&#233; et de la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me. Le sujet doit faire du monde son propre fait s'il veut se reconna&#238;tre comme la seule r&#233;alit&#233;. Le processus de la connaissance devient le processus de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d&#233;j&#224; parvenus &#224; cette conclusion dans la Philosophie de l'Esprit de Jenenser. La conscience de soi s'emporte dans la lutte &#224; mort entre les individus. D&#232;s lors, Hegel relie le processus &#233;pist&#233;mologique de la conscience de soi (de la certitude des sens &#224; la raison) avec le processus historique de l'humanit&#233; de la servitude &#224; la libert&#233;. Les &#171; modes ou formes [ Gestalten ] de la conscience &#187; apparaissent simultan&#233;ment comme des r&#233;alit&#233;s historiques objectives, des &#171; &#233;tats du monde &#187; ( Weltzust&#228;nde). Le passage constant de l'analyse philosophique &#224; l'analyse historique &#8211; qui a souvent &#233;t&#233; critiqu&#233;e comme une confusion ou une interpr&#233;tation m&#233;taphysique arbitraire de l'histoire &#8211; vise &#224; v&#233;rifier et &#224; d&#233;montrer le caract&#232;re historique des concepts philosophiques de base. Tous comprennent et retiennent les &#233;tapes historiques r&#233;elles du d&#233;veloppement de l'humanit&#233;. Chaque forme de conscience qui appara&#238;t dans le progr&#232;s immanent de la connaissance se cristallise comme la vie d'une &#233;poque historique donn&#233;e. Le processus m&#232;ne de la cit&#233;-&#201;tat grecque &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel d&#233;crit la R&#233;volution fran&#231;aise comme le d&#233;cha&#238;nement d'une libert&#233; &#171; autodestructrice &#187;, autodestructrice parce que la conscience qui s'effor&#231;ait ici de changer le monde selon ses int&#233;r&#234;ts subjectifs n'avait pas encore trouv&#233; sa v&#233;rit&#233;. En d'autres termes, l'homme n'a pas d&#233;couvert son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t, il ne s'est pas librement plac&#233; sous des lois qui assurent sa propre libert&#233; et celle de l'ensemble. Le nouvel &#201;tat cr&#233;&#233; par la R&#233;volution, dit Hegel, n'a fait que modifier la forme ext&#233;rieure du monde objectif, en en faisant un m&#233;dium pour le sujet, mais il n'a pas atteint la libert&#233; essentielle du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accomplissement de ce dernier a lieu dans la transition de l'&#232;re r&#233;volutionnaire fran&#231;aise &#224; celle de la culture id&#233;aliste allemande. La r&#233;alisation de la vraie libert&#233; est ainsi transf&#233;r&#233;e du plan de l'histoire au domaine int&#233;rieur de l'esprit. Hegel dit : &#171; la libert&#233; absolue quitte sa sph&#232;re de r&#233;alit&#233; autodestructrice [c'est-&#224;-dire l'&#233;poque historique de la R&#233;volution fran&#231;aise] et passe dans un autre domaine, celui de l'esprit conscient de soi. Ici, la libert&#233; est tenue pour vraie dans la mesure o&#249; elle est irr&#233;elle... &#187; Ce nouveau domaine avait &#233;t&#233; une d&#233;couverte de l'id&#233;alisme &#233;thique de Kant. En son sein, l'individu autonome se donne le devoir inconditionnel d'ob&#233;ir aux lois universelles qu'il s'impose de son plein gr&#233;. Hegel ne consid&#233;rait cependant pas ce &#171; domaine &#187; comme la derni&#232;re demeure de la raison. Le conflit n&#233; de la r&#233;conciliation kantienne de l'individuel et de l'universel, conflit entre l'imp&#233;ratif du devoir et le d&#233;sir de bonheur, a contraint l'individuel &#224; chercher la v&#233;rit&#233; dans d'autres solutions. Il la cherche dans l'art et la religion et la trouve finalement dans le &#171; savoir absolu &#187; de la philosophie dialectique. L&#224;, toute opposition entre la conscience et son objet est surmont&#233;e ; le sujet poss&#232;de et conna&#238;t le monde comme sa propre r&#233;alit&#233;, comme raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit conduit ainsi &#224; la Logique . Celui-ci d&#233;ploie la structure de l'univers, non dans les formes changeantes qu'il a pour la connaissance qui n'est pas encore absolue, mais dans sa v&#233;ritable essence. Il pr&#233;sente &#171; la v&#233;rit&#233; sous sa vraie forme &#187;. Tout comme l'exp&#233;rience avec laquelle la Ph&#233;nom&#233;nologiecommenc&#233; n'&#233;tait pas l'exp&#233;rience quotidienne, la connaissance avec laquelle elle se termine n'est pas la philosophie traditionnelle, mais une philosophie qui a absorb&#233; la v&#233;rit&#233; de toutes les philosophies pr&#233;c&#233;dentes et avec elle toute l'exp&#233;rience que l'humanit&#233; a accumul&#233;e au cours de son long voyage vers la libert&#233;. C'est une philosophie d'une humanit&#233; consciente d'elle-m&#234;me qui revendique la ma&#238;trise des hommes et des choses et son droit de fa&#231;onner le monde en cons&#233;quence, une philosophie qui &#233;nonce les id&#233;aux les plus &#233;lev&#233;s de la soci&#233;t&#233; individualiste moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce bref aper&#231;u pr&#233;liminaire de la vaste perspective de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit, nous passons maintenant &#224; une discussion plus d&#233;taill&#233;e de ses principales conceptions. La Pr&#233;face &#224; la Ph&#233;nom&#233;nologie est l'une des plus grandes entreprises philosophiques de tous les temps, constituant non moins une tentative de r&#233;instaurer la philosophie comme la forme la plus &#233;lev&#233;e de la connaissance humaine, comme &#171; la Science &#187;. Nous nous limiterons ici &#224; ses points principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel commence par une analyse critique des courants philosophiques du tournant du XVIIIe si&#232;cle, puis d&#233;veloppe son concept de philosophie et de v&#233;rit&#233; philosophique. La connaissance prend sa source dans la vision que l'essence et l'existence sont distinctes dans les divers processus cognitifs. Les objets qu'il obtient dans l'exp&#233;rience imm&#233;diate ne satisfont pas la connaissance, parce qu'ils sont accidentels et incomplets, et il se tourne vers la recherche de la v&#233;rit&#233; dans la notion d'objets, convaincu que la bonne notion n'est pas une simple forme intellectuelle subjective, mais l'essence des choses. . Ceci, cependant, n'est que la premi&#232;re &#233;tape de la connaissance. Son effort majeur est de d&#233;montrer et d'exposer la relation entre l'essence et l'existence, entre la v&#233;rit&#233; conserv&#233;e dans la notion et l'&#233;tat r&#233;el dans lequel les choses existent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses sciences diff&#232;rent les unes des autres par la mani&#232;re dont les objets dont elles traitent sont li&#233;s &#224; leur v&#233;rit&#233;. C'est d&#233;routant &#224; moins de garder &#224; l'esprit que pour Hegel la v&#233;rit&#233; signifie une forme d' existenceainsi que de la connaissance, et que, par cons&#233;quent, le rapport d'un &#234;tre &#224; sa v&#233;rit&#233; est un rapport objectif des choses elles-m&#234;mes. Hegel illustre cette conception en opposant les connaissances math&#233;matiques et philosophiques. L'essence ou la &#171; nature &#187; &#8203;&#8203;du triangle rectangle est que ses c&#244;t&#233;s sont li&#233;s exactement comme le dit la proposition de Pythagore ; mais cette v&#233;rit&#233; est &#171; &#224; l'ext&#233;rieur &#187; du triangle. La preuve de la proposition consiste en un processus effectu&#233; uniquement par le sujet connaissant. '. ... le triangle ... est mis en pi&#232;ces et ses parties transform&#233;es en d'autres figures auxquelles la construction donne lieu dans le triangle. La n&#233;cessit&#233; de la construction ne d&#233;coule pas de la nature ou de la notion du triangle. &#171; Le processus de preuve math&#233;matique n'appartient pas &#224; l'objet ; c'est une fonction qui se d&#233;roule en dehors de la mati&#232;re en question. La nature d'un triangle rectangle ne se d&#233;compose pas en facteurs de la mani&#232;re indiqu&#233;e dans la construction math&#233;matique qui est requise pour prouver la proposition exprimant la relation de ses parties. Tout le processus de production du r&#233;sultat est une affaire de connaissance qui suit sa propre voie. En d'autres termes, la v&#233;rit&#233; sur les objets math&#233;matiques existe en dehors d'eux-m&#234;mes, dans le sujet connaissant. Ces objets sont donc, au sens strict, des entit&#233;s &#171; externes &#187; fausses et non essentielles. la v&#233;rit&#233; sur les objets math&#233;matiques existe en dehors d'eux-m&#234;mes, dans le sujet connaissant. Ces objets sont donc, au sens strict, des entit&#233;s &#171; externes &#187; fausses et non essentielles. la v&#233;rit&#233; sur les objets math&#233;matiques existe en dehors d'eux-m&#234;mes, dans le sujet connaissant. Ces objets sont donc, au sens strict, des entit&#233;s &#171; externes &#187; fausses et non essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objets de la philosophie, au contraire, ont un rapport intrins&#232;que &#224; leur v&#233;rit&#233;. Par exemple, le principe selon lequel &#171; la nature de l'homme exige la libert&#233; et que la libert&#233; est une forme de raison &#187; n'est pas une v&#233;rit&#233; impos&#233;e &#224; l'homme par une th&#233;orie philosophique arbitraire, mais peut &#234;tre prouv&#233; comme &#233;tant le but inh&#233;rent de l'homme, sa r&#233;alit&#233; m&#234;me. . Sa preuve n'est pas avanc&#233;e par le processus ext&#233;rieur de la connaissance mais par l'histoire de l'homme. En philosophie, la relation d'un objet &#224; sa v&#233;rit&#233; est un &#233;v&#233;nement r&#233;el ( Geschehen). Pour en revenir &#224; l'exemple, l'homme d&#233;couvre qu'il n'est pas libre, qu'il est s&#233;par&#233; de sa v&#233;rit&#233;, menant une existence fortuite, fausse. La libert&#233; est quelque chose qu'il doit acqu&#233;rir en surmontant son esclavage, et il l'acquiert lorsqu'il conna&#238;t finalement ses v&#233;ritables potentialit&#233;s. La libert&#233; suppose des conditions qui la rendent possible, &#224; savoir la ma&#238;trise consciente et rationnelle du monde. L'histoire connue de l'humanit&#233; confirme la v&#233;racit&#233; de cette conclusion. La notion d'homme est son histoire, telle qu'elle est appr&#233;hend&#233;e par la philosophie. Ainsi, l'essence et l'existence sont en r&#233;alit&#233; interd&#233;pendantes en philosophie, et le processus de preuve de la v&#233;rit&#233; a &#224; voir avec l'objet existant lui-m&#234;me. L'essence surgit dans le processus d'existence, et inversement, le processus d'existence est un &#171; retour &#187; &#224; l'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance philosophique ne vise que les &#171; essentiels &#187; qui ont une port&#233;e constitutive sur le destin de l'homme et celui de son monde. Le seul objet de la philosophie est le monde sous sa vraie forme, le monde comme raison. La raison, encore une fois, ne prend tout son sens qu'avec le d&#233;veloppement de l'humanit&#233;. La v&#233;rit&#233; philosophique s'int&#233;resse donc tr&#232;s nettement &#224; l'existence de l'homme ; c'est sa motivation et son objectif les plus intimes. C'est en derni&#232;re analyse le sens de l'affirmation que la v&#233;rit&#233; est immanente &#224; l'objet de la philosophie. La v&#233;rit&#233; fa&#231;onne l'existence m&#234;me de l'objet et ne lui est pas, comme en math&#233;matiques, indiff&#233;rente. Exister dans la v&#233;rit&#233; est une question de vie (et de mort), et le chemin vers la v&#233;rit&#233; n'est pas seulement un processus &#233;pist&#233;mologique mais aussi un processus historique. Cette relation entre la v&#233;rit&#233; et l'existence distingue la m&#233;thode philosophique. Une v&#233;rit&#233; math&#233;matique peut &#234;tre arr&#234;t&#233;e dans une proposition ; la proposition est vraie et sa contradictoire est fausse. En philosophie, la v&#233;rit&#233; est un processus r&#233;el qui ne peut &#234;tre mis dans une proposition. &#171; L'abstrait ou l'irr&#233;el n'est pas son &#233;l&#233;ment et son contenu, mais le r&#233;el, ce qui s'auto-&#233;tablit, a la vie en soi, l'existence dans sa notion m&#234;me. C'est le processus qui cr&#233;e ses propres moments dans son cours et les traverse tous ; et l'ensemble de ce mouvement constitue son contenu positif, et sa v&#233;rit&#233;. Aucune proposition unique ne peut saisir ce processus. Par exemple, la proposition : &#171; La nature de l'homme est la libert&#233; dans la raison &#187;, est, si elle est prise isol&#233;ment, fausse. Elle omet tous les faits qui font le sens de la libert&#233; et de la raison, et qui sont rassembl&#233;s dans toute la marche historique vers la libert&#233; et la raison. En outre, la proposition est fausse dans la mesure o&#249; la libert&#233; et la raison ne peuvent appara&#238;tre que comme le r&#233;sultat du processus historique. La conqu&#234;te de la servitude et de l'irrationalit&#233;, et donc de la servitude et de l'irrationalit&#233; elles-m&#234;mes, sont des parties essentielles de la v&#233;rit&#233;. Le mensonge est ici aussi n&#233;cessaire et r&#233;el que la v&#233;rit&#233;. Le mensonge doit &#234;tre con&#231;u comme la &#171; forme erron&#233;e &#187; ou le mensonge de l'objet r&#233;el &#8211; cet objet dans sa fausse existence ; le faux est le 'l'alt&#233;rit&#233;, l'aspect n&#233;gatif de la substance &#187;, mais n&#233;anmoins une partie de celle-ci et donc constitutive dans sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode dialectique se conforme &#224; cette structure que poss&#232;de l'objet philosophique et tente de reconstruire et de suivre son mouvement r&#233;el. Un syst&#232;me philosophique n'est vrai que s'il comprend l'&#233;tat n&#233;gatif et le positif, et reproduit le processus de devenir faux puis de revenir &#224; la v&#233;rit&#233;. En tant que syst&#232;me de ce genre, la dialectique est la vraie m&#233;thode de la philosophie. Il montre que l'objet dont il traite existe dans un &#233;tat de &#171; n&#233;gativit&#233; &#187;, que l'objet, par les pressions de sa propre existence, rejette dans le processus de reconqu&#234;te de sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc, en philosophie, aucune proposition n'est vraie en dehors du tout, en quel sens tout le syst&#232;me est-il vrai ? Le syst&#232;me dialectique modifie la structure et le sens de la proposition et en fait quelque chose de tout &#224; fait diff&#233;rent de la proposition de la logique traditionnelle. Cette derni&#232;re logique, &#224; laquelle Hegel fait allusion comme &#171; la logique du sens commun &#187;, signifiant &#233;galement la logique de la m&#233;thode scientifique traditionnelle, traite les propositions comme consistant en un sujet, qui sert de base fixe et stable, et un pr&#233;dicat qui lui est attach&#233;. . Les pr&#233;dicats sont les propri&#233;t&#233;s accidentelles ou, dans le langage de Hegel, les &#171; d&#233;terminations &#187; d'une substance plus ou moins fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contraste avec cette conception de la proposition, Hegel place le &#171; jugement sp&#233;culatif &#187; en philosophie. Le jugement sp&#233;culatif n'a pas de sujet stable et passif. Son sujet est actif et se d&#233;veloppe en ses pr&#233;dicats. Les pr&#233;dicats sont diverses formes de l'existence du sujet. Ou, pour le dire un peu diff&#233;remment, ce qui se passe, c'est que le sujet &#171; s'effondre &#187; ( geht zu Grunde) et se transforme en pr&#233;dicat. Le jugement sp&#233;culatif &#233;branle ainsi &#171; la base solide &#187; de la proposition traditionnelle &#171; jusque dans ses fondements, et le seul objet est ce mouvement m&#234;me du sujet &#187;. Par exemple, la proposition Dieu est &#202;tre, prise comme un jugement sp&#233;culatif, ne signifie pas que le sujet, Dieu, &#171; poss&#232;de &#187; ou &#171; supporte &#187; le pr&#233;dicat &#171; &#202;tre &#187; parmi de nombreux autres pr&#233;dicats ; mais que le sujet, Dieu, &#171; passe &#187; dans l'&#202;tre. '&#202;tre' ici n'est 'pas un pr&#233;dicat mais la nature essentielle' de Dieu. Le sujet Dieu &#034;semble cesser d'&#234;tre ce qu'il &#233;tait lorsque la proposition a &#233;t&#233; avanc&#233;e, &#224; savoir. un sujet fixe &#187;, et de devenir le pr&#233;dicat. Alors que le jugement et la proposition traditionnels impliquent une nette distinction entre sujet et pr&#233;dicat, le jugement sp&#233;culatif subvertit et d&#233;truit &#171; la nature du jugement ou de la proposition en g&#233;n&#233;ral &#187;. Elle porte le coup d&#233;cisif &#224; la logique formelle traditionnelle. Le sujet devient le pr&#233;dicat sans pour autant s'identifier &#224; lui. Le processus ne peut pas &#234;tre exprim&#233; de mani&#232;re ad&#233;quate dans une seule proposition ; &#171; la proposition telle qu'elle appara&#238;t n'est qu'une simple forme vide. Le lieu de la v&#233;rit&#233; n'est pas la proposition, mais le syst&#232;me dynamique des jugements sp&#233;culatifs dans lequel chaque jugement doit &#234;tre &#171; supprim&#233; &#187; par un autre, de sorte que seul l'ensemble du processus repr&#233;sente la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique traditionnelle et le concept traditionnel de v&#233;rit&#233; sont &#171; &#233;branl&#233;s jusque dans leurs fondements &#187; non par un fiat philosophique, mais par un aper&#231;u de la dynamique de la r&#233;alit&#233;. Le jugement sp&#233;culatif a pour contenu le processus objectif de la r&#233;alit&#233; dans sa &#171; forme comprise &#187; essentielle, non dans son apparence. Dans ce sens tr&#232;s basique, le passage de Hegel de la logique traditionnelle &#224; la logique mat&#233;rielle a marqu&#233; le premier pas vers l'unification de la th&#233;orie et de la pratique. Sa protestation contre la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; fixe et formelle de la logique traditionnelle &#233;tait en fait une protestation contre le fait de s&#233;parer la v&#233;rit&#233; et ses formes des processus concrets ; une protestation contre la s&#233;paration de la v&#233;rit&#233; de toute influence directrice directe sur la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, la philosophie id&#233;aliste a d&#233;fendu le droit de la th&#233;orie &#224; guider la pratique. Car la philosophie id&#233;aliste repr&#233;sentait la forme de conscience la plus avanc&#233;e qui pr&#233;valait alors, et l'id&#233;e d'un monde impr&#233;gn&#233; de libert&#233; et de raison n'avait pas de refuge plus s&#251;r que celui offert par cette lointaine sph&#232;re de culture. L'&#233;volution ult&#233;rieure de la pens&#233;e europ&#233;enne ne peut &#234;tre comprise en dehors de ses origines id&#233;alistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse approfondie de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit demanderait plus qu'un volume. Nous pouvons renoncer &#224; cette analyse, puisque les derni&#232;res parties de l'ouvrage traitent de probl&#232;mes que nous avons d&#233;j&#224; esquiss&#233;s dans la discussion du syst&#232;me de Jenenser . Nous limiterons notre interpr&#233;tation aux premi&#232;res sections, qui &#233;laborent la m&#233;thode dialectique dans les moindres d&#233;tails et fixent le mod&#232;le de l'ensemble de l'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance commence lorsque la philosophie d&#233;truit l'exp&#233;rience de la vie quotidienne. L'analyse de cette exp&#233;rience est le point de d&#233;part de la recherche de la v&#233;rit&#233;. L'objet de l'exp&#233;rience est d'abord donn&#233; par les sens et prend la forme d'une connaissance sensorielle ou d'une certitude sensorielle ( sinnliche Gewissheit ). La caract&#233;ristique de ce type d'exp&#233;rience est le fait que son sujet aussi bien que son objet apparaissent comme un &#171; ceci individuel &#187;, ici et maintenant. Je vois cette maison, ici &#224; cet endroit particulier et &#224; ce moment particulier. La maison est consid&#233;r&#233;e comme &#171; r&#233;elle &#187; et semble exister en soi. Le &#171; je &#187; qui le voit semble inessentiel, &#171; peut aussi bien &#234;tre que ne pas &#234;tre &#187; et &#171; ne conna&#238;t l'objet que parce que l'objet existe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous analysons un peu, nous voyons que ce qui est connu dans cette exp&#233;rience, ce que la certitude sensible tient pour invariant propre au milieu du flux des impressions, ce n'est pas l'objet, la maison, mais l'Ici et le Maintenant. Si je tourne la t&#234;te, la maison dispara&#238;t et un autre objet appara&#238;t, qui, avec un autre tour de t&#234;te, dispara&#238;tra &#233;galement. Pour retenir et d&#233;finir le contenu r&#233;el de la certitude sensorielle, je dois me r&#233;f&#233;rer &#224; l'ici et maintenant comme aux seuls &#233;l&#233;ments qui restent permanents dans le changement continu des donn&#233;es objectives. Qu'est-ce que l'Ici et Maintenant ? Iciest une maison, mais ce n'est pas non plus une maison mais un arbre, une rue, un homme, etc. C'est maintenant le jour, mais un peu plus tard c'est maintenant la nuit, puis le matin, et ainsi de suite. Le Maintenant reste identique &#224; travers les diff&#233;rences du jour, de la nuit ou du matin. De plus, c'est maintenant simplement parce que ce n'est ni le jour, ni la nuit, ni aucun autre moment du temps. Il se conserve par la n&#233;gation de tous les autres moments du temps. En d'autres termes, le Maintenant existe en tant que quelque chose de n&#233;gatif ; son &#234;tre est un non-&#234;tre. Il en va de m&#234;me pour Ici. Ici, ce n'est ni la maison, ni l'arbre, ni la rue, mais ce qui &#171; est et reste dans la disparition de la maison, arbre, etc., et est indiff&#233;remment maison, arbre &#187;. C'est-&#224;-dire que le Maintenant et l'Ici sont quelque chose d'Universel. Hegel dit une entit&#233; &#171; qui est par et par n&#233;gation, qui n'est ni ceci ni cela, qui est unpas-ceci, et avec une &#233;gale indiff&#233;rence ceci aussi bien que cela &#8211; une chose de ce genre que nous appelons un Universel. L'analyse de la certitude sensible d&#233;montre ainsi la r&#233;alit&#233; de l'universel et d&#233;veloppe en m&#234;me temps la notion philosophique d'universalit&#233;. La r&#233;alit&#233; de l'universel est prouv&#233;e par le contenu m&#234;me des faits observables ; elle existe dans leur processus et ne peut &#234;tre saisie que dans et &#224; travers les particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier r&#233;sultat que nous obtenons de l'analyse philosophique de la certitude sensible : ce n'est pas l'objet particulier, individuel, mais l'universel qui est &#171; la v&#233;rit&#233; de la certitude sensible, le vrai contenu de l'exp&#233;rience sensible &#187;. Le r&#233;sultat implique quelque chose de plus &#233;tonnant. L'exp&#233;rience sensible tient pour &#233;vident que l'objet est l'essentiel, &#171; le r&#233;el &#187;, tandis que le sujet est inessentiel et sa connaissance d&#233;pend de l'objet. La v&#233;ritable relation s'av&#232;re maintenant &#234;tre &#171; juste l'inverse de ce qui est apparu pour la premi&#232;re fois &#187;. L'universel s'est av&#233;r&#233; &#234;tre le v&#233;ritable contenu de l'exp&#233;rience. Et le lieu de l'universel est le sujet et non l'objet ; l'universel existe &#171; dans la connaissance, qui &#233;tait autrefois le facteur non essentiel &#187;. L'objet n'est pas en soi ; c'est &#171; parce que je le sais &#187;. La certitude de l'exp&#233;rience sensible est ainsi fond&#233;e sur le sujet ; il est, comme le dit Hegel, banni de l'objet et refoul&#233; dans le &#171; je &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse plus pouss&#233;e de l'exp&#233;rience sensorielle r&#233;v&#232;le que le &#171; je &#187; passe par le m&#234;me processus dialectique que l'objet, se r&#233;v&#233;lant &#234;tre quelque chose d'universel. Au d&#233;but, l'individu je, mon ego, semble le seul point stable dans le flux des donn&#233;es sensorielles. &#171; La disparition du Maintenant et Ici particulier dont nous parlons est emp&#234;ch&#233;e par le fait que je les garde. J'affirme qu'il fait jour et que je vois une maison. J'enregistre cette v&#233;rit&#233;, et quelqu'un d'autre qui la lira plus tard pourra affirmer qu'il fait nuit et qu'il voit un arbre. &#034;Les deux v&#233;rit&#233;s ont la m&#234;me authenticit&#233;&#034; et toutes deux deviennent fausses avec un changement de temps et de lieu. La v&#233;rit&#233; ne peut donc pas s'attacher &#224; un je particulier. Si je dis que je vois une maison ici et maintenant, j'implique que chacun pourrait prendre ma place comme sujet de cette perception. J'assume 'le je quauniversel, dont la vue n'est ni la vue de cet arbre ni celle de cette maison, mais juste la vue. de m&#234;me que l'Ici et le Maintenant sont universels par rapport &#224; leur contenu individuel, de m&#234;me le Moi est universel par rapport &#224; tous les Moi individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'un moi universel est une abomination pour le sens commun, bien que le langage courant en fasse un usage constant. Quand je dis &#171; je &#187;, vois, entends, etc., je mets tout le monde &#224; ma place, je substitue tout autre je &#224; mon je individuel. &#171; Quand je dis &#171; je &#187;, &#171; cet individu &#187;, je dis assez g&#233;n&#233;ralement &#171; tout ce que je &#187;, tout le monde est ce que je dis, tout le monde est &#171; je &#187;, cet individu je'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sensible d&#233;couvre ainsi que la v&#233;rit&#233; ne r&#233;side ni dans son objet particulier ni dans le je individuel. La v&#233;rit&#233; est le r&#233;sultat d'un double processus de n&#233;gation, &#224; savoir (1) la n&#233;gation de l'existence &#171; en soi &#187; de l'objet, et 2) la n&#233;gation du moi individuel avec le d&#233;placement de la v&#233;rit&#233; vers le moi universel. L'objectivit&#233; est ainsi deux fois &#171; m&#233;diatis&#233;e &#187; ou construite par la conscience et reste d&#233;sormais li&#233;e &#224; la conscience. Le d&#233;veloppement du monde objectif est enti&#232;rement imbriqu&#233; dans le d&#233;veloppement de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens commun s'indigne d'une telle destruction de sa v&#233;rit&#233; et pr&#233;tend qu'il peut indiquer le particulier ici et maintenant qu'il signifie. Hegel accepte le d&#233;fi. &#171; Voyons donc comment se constitue cet Ici et Maintenant imm&#233;diat qui nous est montr&#233;. Quand je d&#233;signe un pr&#233;sent particulier, &#171; il a d&#233;j&#224; cess&#233; d'&#234;tre au moment o&#249; il est signal&#233; &#187;. Le Maintenant qui est, est autre que celui indiqu&#233;, et nous voyons que le Maintenant n'est que cela &#8211; &#234;tre quand il n'est plus.' Pointer vers le Maintenant est donc un processus impliquant les &#233;tapes suivantes : (1) Je pointe vers le Maintenant et j'affirme qu'il est ainsi et ainsi. &#034;Je le signale, cependant, comme quelque chose qui a &#233;t&#233;.&#034; Ce faisant, j'annule la premi&#232;re v&#233;rit&#233; et j'affirme (2) que le Maintenant a &#233;t&#233;, et que telle est la v&#233;rit&#233;. Mais ce qui a &#233;t&#233;, n'est pas.Ainsi, (3) j'annule la seconde v&#233;rit&#233;, nie la n&#233;gation du Maintenant et l'affirme &#224; nouveau comme vraie. Ce Maintenant, cependant, qui r&#233;sulte de tout le processus, n'est pas le Maintenant que le sens commun a d'abord signifi&#233;. Il est indiff&#233;rent au pr&#233;sent ou au pass&#233;. C'est le Maintenant qui est pass&#233;, celui qui est pr&#233;sent, et ainsi de suite, et qui est dans tout ce seul et m&#234;me Maintenant. En d'autres termes, c'est quelque chose d'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sensible a ainsi elle-m&#234;me d&#233;montr&#233; que son contenu r&#233;el n'est pas le particulier mais l'universel. &#171; Le processus dialectique impliqu&#233; dans la certitude sensible n'est rien d'autre que la simple histoire de son processus &#8211; de son exp&#233;rience ; et la certitude sensible elle-m&#234;me n'est rien d'autre que simplement cette histoire. L'exp&#233;rience elle-m&#234;me passe &#224; un mode sup&#233;rieur de connaissance, qui vise l'universel. La certitude sensorielle se transforme en perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perception ( Wahrnehmung ) se distingue de la certitude sensible par le fait que son &#171; principe &#187; est l'universalit&#233;. Les objets de la perception sont les choses ( Dinge ), et les choses restent identiques dans les changements d'Ici et Maintenant. Par exemple, j'appelle cette chose que je per&#231;ois ici et maintenant &#171; sel &#187;. Je ne me r&#233;f&#232;re pas aux ici et maintenant particuliers dans lesquels il m'est pr&#233;sent mais &#224; une unit&#233; sp&#233;cifique dans la diversit&#233; de ses &#171; propri&#233;t&#233;s &#187; ( Eigenschaften). Je me r&#233;f&#232;re au &#171; thinghood &#187; de la chose. Le sel est blanc, de forme cubique, etc. Ces propri&#233;t&#233;s en elles-m&#234;mes sont universelles, communes &#224; beaucoup de choses. La chose elle-m&#234;me semble n'&#234;tre rien d'autre que le &#171; simple ensemble &#187; de telles propri&#233;t&#233;s, leur &#171; m&#233;dium &#187; g&#233;n&#233;ral. Mais c'est plus qu'une simple complicit&#233;. Ses propri&#233;t&#233;s ne sont pas arbitraires et &#233;changeables, mais plut&#244;t &#034;excluent et nient&#034; d'autres propri&#233;t&#233;s. Si le sel est blanc et piquant, il ne peut pas &#234;tre noir et sucr&#233;. L'exclusion n'est pas une question de d&#233;finition arbitraire ; au contraire, la d&#233;finition d&#233;pend des donn&#233;es offertes par la chose elle-m&#234;me. C'est le sel qui exclut et nie certaines propri&#233;t&#233;s qui contredisent son &#171; &#234;tre du sel &#187;. La chose n'est donc pas une &#171; unit&#233; indiff&#233;rente &#224; ce qu'elle est, mais... une unit&#233; excluante, r&#233;pulsive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, l'objet semble &#234;tre un objet d&#233;fini, que la perception n'a qu'&#224; accepter et &#224; &#171; prendre &#224; elle &#187; passivement. La perception, comme l'exp&#233;rience sensorielle, recueille d'abord la v&#233;rit&#233; de l'objet. Mais, comme l'exp&#233;rience sensible aussi, elle d&#233;couvre que le sujet lui-m&#234;me constitue l'objectivit&#233; de la chose. Car lorsque la perception tente de d&#233;terminer ce qu'est r&#233;ellement la chose, elle plonge dans une s&#233;rie de contradictions. La chose est une unit&#233; et en m&#234;me temps une multiplicit&#233;. La contradiction ne peut &#234;tre &#233;vit&#233;e en attribuant les deux aspects &#224; chacun des deux facteurs de perception, de sorte que l'unit&#233; est attach&#233;e &#224; la conscience du sujet et la multiplicit&#233; &#224; l'objet. Hegel montre que cela ne ferait que conduire &#224; de nouvelles contradictions. Cela ne sert pas non plus &#224; supposer que la chose est vraimentune unit&#233; et que la multiplicit&#233; est produite par sa relation &#224; d'autres choses. Toutes ces tentatives pour &#233;chapper &#224; la contradiction ne servent qu'&#224; d&#233;montrer qu'elle est in&#233;luctable et constitue le contenu m&#234;me de la perception. La chose est en soi unit&#233; et diff&#233;rence, unit&#233; dans la diff&#233;rence. L'analyse plus approfondie de cette relation par Hegel conduit &#224; une nouvelle d&#233;termination de l'universalit&#233;. L'universel r&#233;el contient la diversit&#233; et en m&#234;me temps se maintient comme unit&#233; &#171; excluante et r&#233;pulsive &#187; dans toutes les conditions particuli&#232;res. De cette fa&#231;on, l'analyse de la perception d&#233;passe le point atteint dans l'analyse de l'exp&#233;rience sensible. L'universel d&#233;sign&#233; d&#233;sormais comme le v&#233;ritable contenu de la connaissance rev&#234;t un caract&#232;re diff&#233;rent. L'unit&#233; de la chose n'est pas seulement d&#233;termin&#233;e mais constitu&#233;e par sa relation &#224; d'autres choses, et sa chos&#233;it&#233; consiste dans cette relation m&#234;me. Le sel, par exemple, n'est ce qu'il est que par rapport &#224; notre go&#251;t, aux aliments auxquels on l'ajoute, au sucre, etc. La chose sel, bien s&#251;r, est plus que la simple &#171; unit&#233; &#187; de telles relations ; c'est une unit&#233; en soi et pour soi, mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou hors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) aux aliments auxquels il est ajout&#233;, au sucre, etc. La chose sel, bien s&#251;r, est plus que la simple &#171; unit&#233; &#187; de telles relations ; c'est une unit&#233; en soi et pour soi, mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou hors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) aux aliments auxquels il est ajout&#233;, au sucre, etc. La chose sel, bien s&#251;r, est plus que la simple &#171; unit&#233; &#187; de telles relations ; c'est une unit&#233; en soi et pour soi, mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou hors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou en dehors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) mais cette unit&#233; n'existe que dans ces rapports et n'est rien &#171; derri&#232;re &#187; ou en dehors d'eux. La chose devient elle-m&#234;me par son opposition &#224; d'autres choses ; c'est, comme le dit Hegel, l'unit&#233; de soi avec son contraire, ou de l'&#234;tre-pour-soi avec l'&#234;tre-pour-autrui. En d'autres termes, la &#171; substance &#187; m&#234;me de la chose doit &#234;tre tir&#233;e de sa relation auto-&#233;tablie &#224; d'autres choses. Ceci, cependant, n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel) n'est pas au pouvoir de la perception d'accomplir ; c'est l'&#339;uvre de (conceptuel)compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de la perception a produit &#171; l'unit&#233; dans la diff&#233;rence &#187; ou &#171; l'universel inconditionn&#233; &#187; comme forme v&#233;ritable de l'objet de connaissance, inconditionn&#233; parce que l'unit&#233; de la chose s'affirme malgr&#233; et &#224; travers toutes les conditions de d&#233;limitation. Lorsque la perception a tent&#233; de saisir le contenu r&#233;el de son objet, la &#171; chose &#187; s'est av&#233;r&#233;e &#234;tre une unit&#233; auto-constituante dans une diversit&#233; de relations avec d'autres choses. Hegel introduit maintenant le concept de force pour expliquer comment la chose est maintenue comme une unit&#233; autod&#233;termin&#233;e dans ce processus. La substance de la chose, dit-il, ne peut &#234;tre comprise que comme force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de force englobe tous les &#233;l&#233;ments que l'analyse philosophique a trouv&#233;s jusqu'ici caract&#233;ristiques de l'objet r&#233;el de la connaissance. La force est elle-m&#234;me une relation dont les &#233;l&#233;ments sont distincts et pourtant non s&#233;par&#233;s les uns des autres ; elle est dans toutes les conditions non contingente mais n&#233;cessairement d&#233;termin&#233;e par elle-m&#234;me. [Voir le Jenenser Logik , p. 50. La Force &#171; combine en soi les deux faces de la relation, l'identit&#233; et la diff&#233;rence... Con&#231;ue comme Force, la substance est Cause en soi... La Force est la d&#233;terminit&#233; m&#234;me qui fait de la substance cette substance d&#233;termin&#233;e et &#224; la en m&#234;me temps le pose comme se rapportant &#224; son contraire. &#187;] Nous ne suivrons pas les d&#233;tails de la discussion h&#233;g&#233;lienne de ce concept, mais nous nous limiterons &#224; ses conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous consid&#233;rons que la substance des choses est la force, nous divisons en fait la r&#233;alit&#233; en deux dimensions. Nous transcendons les propri&#233;t&#233;s perceptibles des choses et atteignons quelque chose au-del&#224; et derri&#232;re elles, que nous d&#233;finissons comme &#171; le r&#233;el &#187;. Car la force n'est pas une entit&#233; dans le monde de la perception ; ce n'est pas une chose ou une qualit&#233; que nous pouvons d&#233;signer, comme le blanc ou le cubique. Nous ne pouvons en percevoir que l'effet ou l'expression, et pour nous son existence consiste dans cette expression d'elle-m&#234;me. La force n'est rien en dehors de son effet ; son &#234;tre consiste tout entier dans ce devenir et cette disparition. Si la substance des choses est la force, leur mode d'existence s'av&#232;re &#234;tre l'apparence. Car, un &#234;tre qui n'existe que comme &#171; &#233;vanoui &#187;, qui &#171; est en soi d'embl&#233;e non-&#234;tre, nous l'appelons... un semblant &#187; ( Schein).' Le terme d'apparence ou de semblance a pour Hegel un double sens. Cela signifie d'abord qu'une chose existe de telle mani&#232;re que son existence est diff&#233;rente de son essence ; d'autre part, cela signifie que ce qui appara&#238;t n'est pas une simple apparence ( blosser Schein ), mais est l'expression d'une essence qui n'existe que comme appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'apparence n'est pas un non-&#234;tre mais l'apparence de l'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte que la force est la substance des choses donne au processus de connaissance un aper&#231;u du domaine de l'essence. Le monde de l'exp&#233;rience sensorielle et de la perception est le domaine de l'apparence. Le domaine de l'essence est un monde &#171; suprasensible &#187; au-del&#224; de ce domaine changeant et &#233;vanescent de l'apparence. Hegel appelle cette premi&#232;re vision de l'essence &#171; la manifestation premi&#232;re et donc imparfaite de la Raison &#187; &#8211; imparfaite parce que la conscience trouve encore sa v&#233;rit&#233;, &#171; sous la forme d'un objet &#187;, c'est-&#224;-dire comme quelque chose d'oppos&#233; au sujet. Le domaine de l'essence appara&#238;t comme le monde &#171; int&#233;rieur &#187; des choses. Il reste &#171; pour la conscience un au-del&#224; nu et simple, parce que la conscience ne s'y trouve pas encore &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la v&#233;rit&#233; ne peut rester &#233;ternellement hors de port&#233;e du sujet si l'homme veut &#233;chapper &#224; une existence fausse dans un monde faux. L'analyse qui s'ensuit s'attache donc &#224; montrer que derri&#232;re l'apparence des choses, se trouve le sujet lui-m&#234;me, qui en constitue l'essence m&#234;me. L'insistance de Hegel pour que le sujet soit reconnu derri&#232;re l'apparence des choses est une expression du d&#233;sir fondamental de l'id&#233;alisme que l'homme transforme le monde &#233;tranger en un monde &#224; lui. La Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit va donc jusqu'au bout en fusionnant la sph&#232;re de l'&#233;pist&#233;mologie avec le monde de l'histoire, passant de la d&#233;couverte du sujet &#224; la t&#226;che de ma&#238;triser la r&#233;alit&#233; par la pratique consciente de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de force conduit au passage de la conscience &#224; la conscience de soi. Si l'essence des choses est con&#231;ue comme force, la stabilit&#233; du monde objectif se dissout dans un jeu de mouvement. Le concept, cependant, signifie plus qu'un simple jeu. Une force exerce un pouvoir d&#233;fini sur ses effets et demeure elle-m&#234;me au milieu de ses diverses manifestations. En d'autres termes, elle agit selon une &#171; loi &#187; inh&#233;rente, de sorte que, comme le dit Hegel, la v&#233;rit&#233; de la force est &#171; la loi de la Force &#187; ( das Gesetz der Kraft). Le domaine de l'essence n'est pas, comme il le semblait d'abord, un jeu aveugle de forces, mais un domaine de lois permanentes d&#233;terminant la forme du monde sensible. Alors que la multiplicit&#233; de ces formes semble d'abord exiger une multitude correspondante de lois, une analyse plus approfondie r&#233;v&#232;le que la diversit&#233; n'est qu'un aspect d&#233;ficient de la v&#233;rit&#233; et de la connaissance, en entreprenant d'unifier les nombreuses lois en une seule loi globale. , r&#233;ussit dans cette premi&#232;re phase &#224; glaner la forme g&#233;n&#233;rale d'un tel. La connaissance trouve que les choses existent sous une loi si elles ont &#171; rassembl&#233; et conserv&#233; tous les moments de leur apparition &#187; dans leur essence profonde et sont capables de pr&#233;server leur identit&#233; essentielle dans leurs relations avec toutes choses. Cette identit&#233; de la &#171; substance &#187;, comme nous l'avons d&#233;j&#224; indiqu&#233;, doit &#234;tre compris comme le travail sp&#233;cifique d'un &#034;sujet&#034; qui est essentiellement un processus constant d'&#034;unification des contraires&#034;. L'analyse pr&#233;c&#233;dente a r&#233;v&#233;l&#233; que l'essence des choses est la force, et l'essence de la force, la loi. La force sous la loi est ce qui caract&#233;rise le sujet conscient de soi. L'essence du monde objectif indique ainsi l'existence du sujet conscient de soi. La compr&#233;hension ne trouve rien d'autre queelle-m&#234;me quand elle cherche l'essence derri&#232;re l'apparence des choses. Il est manifeste que derri&#232;re le soi-disant rideau, qui doit cacher le monde int&#233;rieur, il n'y a rien &#224; voir &#224; moins que nous n'y allions nous-m&#234;mes, autant pour que nous puissions ainsi voir, que pour qu'il y ait quelque chose derri&#232;re l&#224;. qui peut &#234;tre vu.' La v&#233;rit&#233; de la compr&#233;hension est la conscience de soi. Le premier chapitre de la Ph&#233;nom&#233;nologie s'ach&#232;ve et l'histoire de la conscience de soi commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de suivre cette histoire, nous devons &#233;valuer la signification g&#233;n&#233;rale du premier chapitre. Le lecteur apprend que derri&#232;re le rideau de l'apparence n'est pas une chose en soi inconnue, mais le sujet connaissant. La conscience de soi est l'essence des choses. Nous disons habituellement que c'est le pas de Kant &#224; Hegel, c'est-&#224;-dire de l'id&#233;alisme critique &#224; l'id&#233;alisme absolu. Mais ne dire que cela, c'est omettre le but qui a pouss&#233; Hegel &#224; effectuer cette transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois premi&#232;res sections de la Ph&#233;nom&#233;nologiesont la critique du positivisme [le positivisme est utilis&#233; comme terme g&#233;n&#233;ral pour d&#233;signer la philosophie de l'exp&#233;rience du &#171; sens commun &#187;] et, plus encore, de la r&#233;ification. Pour commencer par ce dernier, Hegel tente de montrer que mar ne peut conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; que s'il perce son &#171; monde r&#233;ifi&#233; &#187;. Nous empruntons le terme de &#171; r&#233;ification &#187; &#224; la th&#233;orie marxiste, o&#249; il d&#233;signe le fait que toutes les relations entre les hommes dans le monde du capitalisme apparaissent comme des relations entre les choses, ou, que ce qui dans le monde social semble &#234;tre les relations des choses et &#171; les lois naturelles qui r&#232;glent leur mouvement sont en r&#233;alit&#233; des rapports d'hommes et de forces historiques. La marchandise, par exemple, incarne dans toutes ses qualit&#233;s les rapports sociaux de travail ; le capital est le pouvoir de disposer sur les hommes ; et ainsi de suite. En vertu de l'inversion, le monde est devenu un monde ali&#233;n&#233; ali&#233;n&#233;, o&#249; l'homme ne se reconna&#238;t ni ne s'accomplit, mais est ma&#238;tris&#233; par des choses et des lois mortes. Hegel a rencontr&#233; le m&#234;me fait dans la dimension de la philosophie. Le bon sens et la pens&#233;e scientifique traditionnelle consid&#232;rent le monde comme une totalit&#233; de choses, plus ou moins existantesen soi, et chercher la v&#233;rit&#233; dans des objets que l'on consid&#232;re comme ind&#233;pendants du sujet connaissant. C'est plus qu'une attitude &#233;pist&#233;mologique ; elle est aussi omnipr&#233;sente que la pratique des hommes et les conduit &#224; accepter le sentiment qu'ils ne sont en s&#233;curit&#233; que dans la connaissance et le maniement des faits objectifs. Plus une id&#233;e est &#233;loign&#233;e des impulsions, des int&#233;r&#234;ts et des besoins du sujet vivant, plus elle devient vraie. Et cela, selon Hegel, est la plus grande diffamation de la v&#233;rit&#233;. Car il n'y a, en derni&#232;re analyse, aucune v&#233;rit&#233; qui ne concerne essentiellementle sujet vivant et ce n'est pas la v&#233;rit&#233; du sujet. Le monde est un monde &#233;tranger et faux tant que l'homme ne d&#233;truit pas son objectivit&#233; morte et ne se reconna&#238;t pas lui-m&#234;me et sa propre vie &#171; derri&#232;re &#187; la forme fixe des choses et des lois. Quand il gagne enfin cette conscience de soi, il est en route non seulement vers la v&#233;rit&#233; de lui-m&#234;me mais aussi de son monde. Et avec la reconnaissance va le faire. Il essaiera de mettre cette v&#233;rit&#233; en action et de faire du monde ce qu'il est essentiellement, &#224; savoir l'accomplissement de la conscience de soi de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'impulsion qui anime les premi&#232;res sections de la Ph&#233;nom&#233;nologie.La vraie pratique suppose la vraie connaissance et celle-ci est surtout menac&#233;e par la pr&#233;tention positiviste. Le positivisme, la philosophie du sens commun, fait appel &#224; la certitude des faits, mais, comme le montre Hegel, dans un monde o&#249; les faits ne pr&#233;sentent nullement ce que peut et doit &#234;tre la r&#233;alit&#233;, le positivisme revient &#224; renoncer aux potentialit&#233;s r&#233;elles de l'homme pour un monde faux et &#233;tranger. L'attaque positiviste contre les concepts universels, au motif qu'ils ne peuvent &#234;tre r&#233;duits &#224; des faits observables, annule du domaine de la connaissance tout ce qui n'est peut-&#234;tre pas encore un fait. En d&#233;montrant que l'exp&#233;rience sensorielle et la perception, auxquelles le positivisme fait appel, impliquent et ne signifient pas en elles-m&#234;mes le fait observ&#233; particulier mais quelque chose d'universel, Hegel donne une r&#233;futation immanente finale du positivisme. Lorsqu'il insiste &#224; maintes reprises sur le fait que l'universel pr&#233;domine sur le particulier, il lutte contre la limitation de la v&#233;rit&#233; au &#171; donn&#233; &#187; particulier. L'universel est plus que le particulier. Cela signifie concr&#232;tement que les potentialit&#233;s des hommes et des choses ne s'&#233;puisent pas dans les formes et les relations donn&#233;es dans lesquelles elles peuvent effectivement appara&#238;tre ; cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. &#171; L'universel est plus que le particulier. Cela signifie concr&#232;tement que les potentialit&#233;s des hommes et des choses ne s'&#233;puisent pas dans les formes et les relations donn&#233;es dans lesquelles elles peuvent effectivement appara&#238;tre ; cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. &#171; L'universel est plus que le particulier. Cela signifie concr&#232;tement que les potentialit&#233;s des hommes et des choses ne s'&#233;puisent pas dans les formes et les relations donn&#233;es dans lesquelles elles peuvent effectivement appara&#238;tre ; cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration. cela signifie que les hommes et les choses sont tout ce qu'ils ont &#233;t&#233; et sont r&#233;ellement, et pourtant plus que tout cela. Placer la v&#233;rit&#233; dans l'universel exprime la conviction de Hegel qu'aucune forme particuli&#232;re donn&#233;e, que ce soit dans la nature ou dans la soci&#233;t&#233;, n'incarne la v&#233;rit&#233; enti&#232;re. De plus, c'&#233;tait une mani&#232;re de d&#233;noncer l'isolement des hommes par rapport aux choses et de reconna&#238;tre que leurs potentialit&#233;s ne pouvaient &#234;tre conserv&#233;es que dans leur r&#233;int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le traitement de la conscience de soi, Hegel reprend l'analyse commenc&#233;e dans le System der Sittlichkeit et la Philosophie de l'esprit de Jenenser , de la relation entre l'individu et son monde. L'homme a appris que sa propre conscience de soi se cache derri&#232;re l'apparence des choses. Il se propose maintenant de r&#233;aliser cette exp&#233;rience, de se prouver ma&#238;tre de son monde. La conscience de soi se trouve ainsi dans un &#171; &#233;tat de d&#233;sir &#187; ( Begierde) ; l'homme, &#233;veill&#233; &#224; la conscience de soi, d&#233;sire les objets qui l'entourent, se les approprie et les utilise. Mais dans le processus, il en vient &#224; sentir que les objets ne sont pas la v&#233;ritable fin de son d&#233;sir, mais que ses besoins ne peuvent &#234;tre satisfaits que par l'association avec d'autres individus. Hegel dit : &#171; la conscience de soi n'atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi &#187;. La signification de cette d&#233;claration plut&#244;t &#233;trange est expliqu&#233;e dans la discussion sur la seigneurie et la servitude qui la suit. Le concept de travail joue un r&#244;le central dans cette discussion dans laquelle Hegel montre que les objets du travail ne sont pas des choses mortes, mais des incarnations vivantes de l'essence du sujet, de sorte qu'en traitant de ces objets, l'homme traite r&#233;ellement avec l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu ne peut devenir ce qu'il est que par un autre individu ; son existence m&#234;me consiste dans son &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;. La relation, cependant, n'est nullement celle d'une coop&#233;ration harmonieuse entre des individus &#233;galement libres qui favorisent l'int&#233;r&#234;t commun dans la poursuite de leur propre avantage. C'est plut&#244;t une &#171; lutte &#224; mort &#187; entre des individus essentiellement in&#233;gaux, l'un &#171; ma&#238;tre &#187; et l'autre &#171; serviteur &#187;. Combattre est la seule voie par laquelle l'homme peut parvenir &#224; la conscience de soi, c'est-&#224;-dire &#224; la connaissance de ses potentialit&#233;s et &#224; la libert&#233; de leur r&#233;alisation. La v&#233;rit&#233; de la conscience de soi n'est pas le &#171; je &#187;, mais le &#171; nous &#187;, &#171; l'ego qui est nous et le nous qui est l'ego &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1844, Marx a affin&#233; les concepts de base de sa propre th&#233;orie gr&#226;ce &#224; une analyse critique de la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit de Hegel . Il a d&#233;crit &#171; l'ali&#233;nation &#187; du travail dans les termes de la discussion h&#233;g&#233;lienne du ma&#238;tre et du serviteur. Marx n'&#233;tait pas familier avec les &#233;tapes de la philosophie de Hegel avant la Ph&#233;nom&#233;nologie, mais il a n&#233;anmoins saisi l'impact critique de l'analyse de Hegel, m&#234;me sous la forme att&#233;nu&#233;e dans laquelle les probl&#232;mes sociaux ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; entrer dans la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit.La grandeur de cette &#339;uvre, il la voyait dans le fait que Hegel concevait l'&#171; autocr&#233;ation &#187; de l'homme (c'est-&#224;-dire la cr&#233;ation d'un ordre social raisonnable par l'action libre de l'homme) comme le processus de &#171; r&#233;ification &#187; et sa &#171; n&#233;gation &#187;, En bref, qu'il a saisi la &#034;nature du travail&#034; et qu'il a vu l'homme comme &#034;le r&#233;sultat de son travail&#034;. travail, qui sont, &#224; leur tour, des relations dans un monde &#171; r&#233;ifi&#233; &#187;. La relation de seigneur &#224; serviteur n'est donc ni &#233;ternelle ni naturelle, mais s'enracine dans un mode de travail d&#233;fini et dans la relation de l'homme aux produits de son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de Hegel commence en fait par &#171; l'exp&#233;rience &#187; que le monde dans lequel la conscience de soi doit faire ses preuves est scind&#233; en deux domaines oppos&#233;s, l'un dans lequel l'homme est li&#233; &#224; son travail pour qu'il d&#233;termine toute son existence, et l'autre dans lequel l'homme s'approprie et poss&#232;de le travail d'autrui et devient ma&#238;tre par le fait m&#234;me de cette appropriation et de cette possession. Hegel d&#233;signe ce dernier comme le seigneur et le premier comme le serf. Le serf n'est pas un &#234;tre humain qui arrive au travail, mais est essentiellement un ouvrier ; son travail est son &#234;tre. Il travaille sur des objets qui ne lui appartiennent pas mais &#224; un autre. Il ne peut d&#233;tacher son existence de ces objets ; ils constituent &#171; la cha&#238;ne dont il ne peut sortir &#187;. Il est enti&#232;rement &#224; la merci de celui qui poss&#232;de ces objets. Il faut noter que selon cette exposition, la d&#233;pendance de l'homme &#224; l'&#233;gard de l'homme n'est ni une condition personnelle ni fond&#233;e sur des conditions personnelles ou naturelles (c'est-&#224;-dire l'inf&#233;riorit&#233;, la faiblesse, etc.), mais est &#171; m&#233;diatis&#233;e &#187; par les choses. En d'autres termes, c'est le r&#233;sultat de la relation de l'homme aux produits de son travail. Le travail encha&#238;ne tellement le travailleur aux objets que sa conscience elle-m&#234;me n'existe que &#171; sous la forme et l'aspect de la chose &#187;. Il devient une chose dont l'existence m&#234;me consiste dans son utilisation. L'&#234;tre du travailleur est un &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;. Le travail encha&#238;ne tellement le travailleur aux objets que sa conscience elle-m&#234;me n'existe que &#171; sous la forme et l'aspect de la chose &#187;. Il devient une chose dont l'existence m&#234;me consiste dans son utilisation. L'&#234;tre du travailleur est un &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;. Le travail encha&#238;ne tellement le travailleur aux objets que sa conscience elle-m&#234;me n'existe que &#171; sous la forme et l'aspect de la chose &#187;. Il devient une chose dont l'existence m&#234;me consiste dans son utilisation. L'&#234;tre du travailleur est un &#171; &#234;tre-pour-autrui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le travail est en m&#234;me temps le v&#233;hicule qui transforme cette relation. L'action du travailleur ne dispara&#238;t pas lorsque les produits de son travail apparaissent, mais se conserve en eux. Les choses que le travail fa&#231;onne et fa&#231;onne remplissent le monde social de l'homme et y fonctionnent comme des objets de travail. L'ouvrier apprend que son travail perp&#233;tue ce monde ; il se voit et se reconna&#238;t dans les choses qui l'entourent. Sa conscience est d&#233;sormais &#171; ext&#233;rioris&#233;e &#187; dans son travail et est &#171; pass&#233;e &#224; l'&#233;tat de permanence &#187;. L'homme qui &#171; peine et sert &#187; en vient ainsi &#224; consid&#233;rer l'&#234;tre ind&#233;pendant comme lui-m&#234;me. &#8211; Les objets de son travail ne sont plus des choses mortes qui l'encha&#238;nent &#224; d'autres hommes, mais des produits de son travail, et, comme tels, partie int&#233;grante de son propre &#234;tre. Le fait que le produit de son travail soit objectiv&#233; n'en fait pas &#171; autre chose que la conscience qui fa&#231;onne la chose par le travail ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment cette forme qui est sa pure existence par elle-m&#234;me, qui s'y r&#233;alise v&#233;ritablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de travail cr&#233;e une conscience de soi non seulement chez l'ouvrier mais aussi chez le ma&#238;tre. La seigneurie se d&#233;finit principalement par le fait que le seigneur commande les objets qu'il d&#233;sire sans y travailler. Il satisfait son type de besoin en faisant travailler quelqu'un, pas lui-m&#234;me. Son plaisir d&#233;pend de sa propre libert&#233; de travail. L'ouvrier qu'il contr&#244;le lui livre les objets qu'il veut sous une forme avanc&#233;e, pr&#234;ts &#224; &#234;tre appr&#233;ci&#233;s. L'ouvrier pr&#233;serve ainsi le seigneur d'avoir &#224; rencontrer le &#171; c&#244;t&#233; n&#233;gatif &#187; des choses, celui dont elles deviennent des entraves &#224; l'homme. Le seigneur re&#231;oit toutes choses comme des produits du travail, non comme des objets morts, mais comme des choses qui portent la marque du sujet qui les a travaill&#233;es. Lorsqu'il manipule ces choses comme sa propri&#233;t&#233;, le seigneur manipule en r&#233;alit&#233; une autre conscience de soi, celle du travailleur, l'&#234;tre par qui il atteint sa satisfaction. Le seigneur d&#233;couvre ainsi qu'il n'est pas un &#171; &#234;tre-pour-soi &#187; ind&#233;pendant, mais qu'il est essentiellement d&#233;pendant d'un autre &#234;tre, de l'action de celui qui travaille pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a jusqu'ici d&#233;velopp&#233; le rapport de seigneurie et de servitude comme un rapport dont chacun reconna&#238;t qu'il a son essence dans l'autre et ne parvient &#224; sa v&#233;rit&#233; que par l'autre. L'opposition entre sujet et objet qui d&#233;terminait les formes d'esprit d&#233;crites jusqu'ici a maintenant disparu. L'objet, fa&#231;onn&#233; et cultiv&#233; par le travail humain, est en r&#233;alit&#233; l'objectivation d'un sujet conscient de soi. &#171; La chose, qui a re&#231;u sa forme et sa forme par le travail, n'est autre chose que la conscience. De cette fa&#231;on, nous avons un nouveau mode [ Gestalt] de la conscience de soi provoqu&#233;e. Nous avons maintenant une conscience qui... pense ou est une conscience de soi libre. Pourquoi cette identification assez soudaine de la conscience de soi libre avec la &#171; conscience qui pense &#187; ? Hegel poursuit avec une d&#233;finition de la pens&#233;e qui r&#233;pond &#224; cette question dans les termes fondamentaux de sa philosophie. Il dit que le sujet de la pens&#233;e n'est pas &#171; l'ego abstrait &#187;, mais la conscience qui sait qu'elle est la &#171; substance &#187; du monde. Ou bien, penser consiste &#224; savoir que le monde objectif est en r&#233;alit&#233; un monde subjectif, qu'il est l'objectivation du sujet. Le sujet qui pense r&#233;ellement comprend le monde comme &#171; son &#187; monde. Tout en lui n'a sa vraie forme qu'en tant que &#171; compris &#187; ( begriffenes) objet, &#224; savoir, en tant que partie int&#233;grante du d&#233;veloppement d'une libre conscience de soi. L'ensemble des objets qui composent le monde de l'homme doit &#234;tre lib&#233;r&#233; de son &#171; opposition &#187; &#224; la conscience et doit &#234;tre repris de mani&#232;re &#224; favoriser son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel d&#233;crit la pens&#233;e en termes d'un certain type d'existence. &#171; En pensant, je suis libre, parce que je ne suis pas dans un autre, mais reste simplement et uniquement en contact avec moi-m&#234;me ; et l'objet. . . est dans l'unit&#233; indivise mon &#234;tre-pour-moi ; et ma proc&#233;dure de compr&#233;hension est une proc&#233;dure &#224; l'int&#233;rieur de moi-m&#234;me. Cette explication de la libert&#233; montre que Hegel relie ce concept de base au principe d'une forme particuli&#232;re de soci&#233;t&#233;. Il se dit libre celui qui, dans son existence avec les autres, reste uniquement avec lui-m&#234;me, celui qui tient son existence, pour ainsi dire, comme sa propri&#233;t&#233; incontest&#233;e. La libert&#233; est autosuffisance et ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de tous les &#171; externes &#187;, un &#233;tat dans lequel toute ext&#233;riorit&#233; a &#233;t&#233; appropri&#233;e par le sujet. Les peurs et les angoisses de la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive semblent motiver cette id&#233;e de libert&#233;, la peur de l'individu de se perdre et son souci de pr&#233;server et de s&#233;curiser le sien. Elle conduit Hegel &#224; donner la place pr&#233;pond&#233;rante &#224; &#171; l'&#233;l&#233;ment pens&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si la libert&#233; ne consiste qu'en une compl&#232;te autosuffisance, si tout ce qui n'est pas enti&#232;rement mien ou moi-m&#234;me restreint ma libert&#233;, alors la libert&#233; ne peut se r&#233;aliser que dans la pens&#233;e. Il faut donc s'attendre &#224; ce que Hegel traite le sto&#239;cisme comme la premi&#232;re forme historique de libert&#233; consciente. Le mode d'existence sto&#239;cien semble avoir surmont&#233; toutes les restrictions qui s'appliquent dans la nature et la soci&#233;t&#233;. &#034;L'essence de cette conscience est d'&#234;tre libre, sur le tr&#244;ne comme dans les fers, &#224; travers toute la d&#233;pendance qui s'attache &#224; son existence individuelle...&#034; L'homme est donc libre parce qu'il &#034;se retire avec persistance du mouvement de l'existence, de l'activit&#233; aussi bien que l'endurance, dans le simple caract&#232;re essentiel de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel poursuit en disant, cependant, que ce n'est pas la vraie libert&#233;. Ce n'est que la contrepartie d'&#171; une &#233;poque de peur et d'esclavage universels &#187;. Il r&#233;pudie ainsi cette fausse forme de libert&#233; et corrige son propos cit&#233; plus haut. &#171; La libert&#233; de pens&#233;e ne prend pour v&#233;rit&#233; que la pens&#233;e pure, mais celle-ci manque du remplissage concret de la vie. Il s'agit donc simplement de la notion de libert&#233;, et non de la libert&#233; vivante elle-m&#234;me. Les sections sur le sto&#239;cisme dans lesquelles ces d&#233;clarations apparaissent montrent le jeu d'&#233;l&#233;ments contradictoires dans sa philosophie. Il a d&#233;montr&#233; que la libert&#233; r&#233;side dans l'&#233;l&#233;ment de la pens&#233;e ; il insiste maintenant sur une avanc&#233;e de la libert&#233; de pens&#233;e &#224; la &#171; libert&#233; de vivre &#187;. Il d&#233;clare que la libert&#233; et l'ind&#233;pendance de la conscience de soi n'est donc qu'une &#233;tape transitoire dans le d&#233;veloppement de l'esprit vers la vraie libert&#233;. Cette derni&#232;re dimension est atteinte lorsque l'homme abandonne la libert&#233; abstraite de pens&#233;e et entre dans le monde en pleine conscience qu'il s'agit de &#171; son &#187; monde. L' &#171; attitude jusque-l&#224; n&#233;gative &#187; de la conscience de soi envers la r&#233;alit&#233; &#171; se transforme en une attitude positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de sa propre ind&#233;pendance et de sa libert&#233; ; elle a cherch&#233; &#224; se garder &#171; pour elle-m&#234;me &#187; aux d&#233;pens du monde ou de sa propre actualit&#233;... &#171; Maintenant, elle d&#233;couvre le monde comme son propre monde nouveau et r&#233;el, qui dans sa permanence poss&#232;de un int&#233;r&#234;t pour lui &#187;. Le sujet con&#231;oit le monde comme sa propre &#171; pr&#233;sence &#187; et v&#233;rit&#233; ; il est certain de n'y trouver que lui-m&#234;me. L' &#171; attitude jusque-l&#224; n&#233;gative &#187; de la conscience de soi envers la r&#233;alit&#233; &#171; se transforme en une attitude positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de sa propre ind&#233;pendance et de sa libert&#233; ; elle a cherch&#233; &#224; se garder &#171; pour elle-m&#234;me &#187; aux d&#233;pens du monde ou de sa propre actualit&#233;... &#171; Maintenant, elle d&#233;couvre le monde comme son propre monde nouveau et r&#233;el, qui dans sa permanence poss&#232;de un int&#233;r&#234;t pour lui &#187;. Le sujet con&#231;oit le monde comme sa propre &#171; pr&#233;sence &#187; et v&#233;rit&#233; ; il est certain de n'y trouver que lui-m&#234;me. L' &#171; attitude jusque-l&#224; n&#233;gative &#187; de la conscience de soi envers la r&#233;alit&#233; &#171; se transforme en une attitude positive. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il ne s'est pr&#233;occup&#233; que de sa propre ind&#233;pendance et de sa libert&#233; ; elle a cherch&#233; &#224; se garder &#171; pour elle-m&#234;me &#187; aux d&#233;pens du monde ou de sa propre actualit&#233;... &#171; Maintenant, elle d&#233;couvre le monde comme son propre monde nouveau et r&#233;el, qui dans sa permanence poss&#232;de un int&#233;r&#234;t pour lui &#187;. Le sujet con&#231;oit le monde comme sa propre &#171; pr&#233;sence &#187; et v&#233;rit&#233; ; il est certain de n'y trouver que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus est le processus de l'histoire elle-m&#234;me. Le sujet conscient de lui-m&#234;me atteint sa libert&#233; non pas sous la forme du &#171; je &#187;, mais du &#171; nous &#187;, le &#171; nous &#187; associ&#233; qui est apparu pour la premi&#232;re fois comme le r&#233;sultat de la lutte entre le seigneur et le serf. La r&#233;alit&#233; historique de ce Nous &#171; trouve son accomplissement effectif dans la vie d'une nation &#187;. Nous avons indiqu&#233; que le cours ult&#233;rieur de l'esprit dans les premi&#232;res pages de ce chapitre. Au bout du chemin, la pens&#233;e pure semble &#224; nouveau engloutir la libert&#233; vivante : le domaine du &#171; savoir absolu &#187; tr&#244;ne au-dessus de la lutte historique qui s'est termin&#233;e avec la liquidation de la R&#233;volution fran&#231;aise. La certitude de soi de la philosophie qui comprend le monde triomphe de la pratique qui le change. Nous verrons si cette solution &#233;tait le dernier mot de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondements du savoir absolu que la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit pr&#233;sente comme la v&#233;rit&#233; du monde sont donn&#233;s dans la Science de la logique de Hegel, &#224; laquelle nous nous tournons maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;br class='autobr' /&gt;
La science de la logique&lt;br class='autobr' /&gt;
(1812-16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence frappante entre la logique de Hegel et la logique traditionnelle a souvent &#233;t&#233; soulign&#233;e dans l'affirmation selon laquelle Hegel a remplac&#233; la logique formelle par une logique mat&#233;rielle, r&#233;pudiant la s&#233;paration habituelle des cat&#233;gories et des formes de pens&#233;e de leur contenu. La logique traditionnelle consid&#233;rait ces cat&#233;gories et ces formes comme valides si elles &#233;taient correctement form&#233;es et si leur utilisation &#233;tait conforme aux lois ultimes de la pens&#233;e et aux r&#232;gles du syllogisme &#8211; quel que soit le contenu auquel elles s'appliquaient. Contrairement &#224; cette proc&#233;dure, Hegel soutenait que le contenu d&#233;termine la forme des cat&#233;gories ainsi que leur validit&#233;. &#171; Mais c'est la nature du contenu, et elle seule, qui vit et progresse dans la connaissance philosophique, et en m&#234;me temps c'est le reflet int&#233;rieur du contenu qui pose et fait na&#238;tre ses d&#233;terminations. Les cat&#233;gories et les modes de pens&#233;e d&#233;rivent du processus de r&#233;alit&#233; auquel ils appartiennent. Leur forme est d&#233;termin&#233;e par la structure de ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cet &#233;gard que l'on pr&#233;tend souvent que la logique de Hegel &#233;tait nouvelle. La nouveaut&#233; est cens&#233;e consister dans son utilisation des cat&#233;gories pour exprimer la dynamique de la r&#233;alit&#233;. En fait, cependant, cette conception dynamique n'&#233;tait pas une innovation h&#233;g&#233;lienne ; cela se produit dans la philosophie d'Aristote o&#249; toutes les formes d'&#234;tre sont interpr&#233;t&#233;es comme des formes et des types de mouvement. Aristote a tent&#233; une formulation philosophique exacte en termes dynamiques. Hegel a simplement r&#233;interpr&#233;t&#233; les cat&#233;gories de base de la M&#233;taphysique d'Aristote et n'en a pas invent&#233; de nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter en outre qu'une philosophie dynamique s'est &#233;nonc&#233;e dans la philosophie allemande avant Hegel. Kant dissout les formes statiques de la r&#233;alit&#233; donn&#233;e en un complexe de synth&#232;ses de &#171; conscience transcendantale &#187;, tandis que Fichte s'efforce de r&#233;duire &#171; le donn&#233; &#187; &#224; un acte spontan&#233; du moi. Hegel n'a pas d&#233;couvert la dynamique de la r&#233;alit&#233;, ni n'a &#233;t&#233; le premier &#224; adapter les cat&#233;gories philosophiques &#224; ce processus. Ce qu'il a d&#233;couvert et utilis&#233; &#233;tait une forme d&#233;finie de dynamique, et la nouveaut&#233; de sa logique et sa signification ultime reposent sur ce fait. La m&#233;thode philosophique qu'il a &#233;labor&#233;e &#233;tait destin&#233;e &#224; refl&#233;ter le processus r&#233;el de la r&#233;alit&#233; et &#224; l'interpr&#233;ter sous une forme ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la Science de la logique , nous atteignons le niveau final de l'effort philosophique de Hegel. D&#233;sormais, la structure de base de son syst&#232;me et ses concepts fondamentaux restent inchang&#233;s. Il conviendrait donc peut-&#234;tre de rappeler bri&#232;vement cette structure et ces concepts dans le sens de l'exposition qu'en fait Hegel dans les pr&#233;faces et l'introduction &#224; la Science de la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas suffisamment signal&#233; le fait que Hegel lui-m&#234;me pr&#233;sente sa logique comme avant tout un instrument critique. Elle est, tout d'abord, critique &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;e que &#171; la mati&#232;re de la connaissance existe en soi et pour elle-m&#234;me sous la forme d'un monde fini en dehors de la Pens&#233;e &#187;, qu'elle existe comme &#171; quelque chose en soi fini et complet, quelque chose qui, comme quant &#224; sa r&#233;alit&#233;, pourrait se passer enti&#232;rement de pens&#233;e. Les premiers &#233;crits de Hegel ont d&#233;j&#224; montr&#233; que son attaque contre la s&#233;paration traditionnelle de la pens&#233;e et de la r&#233;alit&#233; implique bien plus qu'une critique &#233;pist&#233;mologique. Un tel dualisme, pense-t-il, &#233;quivaut &#224; une conformit&#233; avec le monde tel qu'il est et &#224; un retrait de la pens&#233;e de sa haute t&#226;che d'harmoniser l'ordre existant de la r&#233;alit&#233; avec la v&#233;rit&#233;. La s&#233;paration de la pens&#233;e de l'&#234;tre implique que la pens&#233;e s'est retir&#233;e devant l'assaut du &#171; sens commun &#187;. Si donc la v&#233;rit&#233; doit &#234;tre atteinte, l'influence du sens commun doit &#234;tre balay&#233;e et avec elle les cat&#233;gories de la logique traditionnelle, qui sont, apr&#232;s tout, les cat&#233;gories philosophiques du sens commun qui stabilisent et perp&#233;tuent une fausse r&#233;alit&#233;. Et la t&#226;che de briser l'emprise du sens commun appartient &#224; la logique dialectique. Hegel r&#233;p&#232;te sans cesse que la dialectique a ce caract&#232;re &#171; n&#233;gatif &#187;. Le n&#233;gatif &#171; constitue la qualit&#233; de la Raison dialectique &#187;, et le premier pas &#171; vers le vrai concept de Raison &#187; est un &#171; pas n&#233;gatif &#187; ; le n&#233;gatif &#171; constitue la v&#233;ritable d&#233;marche dialectique &#187;. Dans tous ces usages, &#034;n&#233;gatif&#034; a une double r&#233;f&#233;rence : il indique, d'abord, la n&#233;gation des cat&#233;gories fixes et statiques du sens commun et, d'autre part, le caract&#232;re n&#233;gatif et donc faux du monde d&#233;sign&#233; par ces cat&#233;gories. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu, la n&#233;gativit&#233; se manifeste dans le processus m&#234;me de la r&#233;alit&#233;, de sorte que rien de ce qui existe n'est vrai dans sa forme donn&#233;e. Chaque chose doit &#233;voluer dans de nouvelles conditions et formes si elle veut r&#233;aliser ses potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence des choses est donc fondamentalement n&#233;gative ; tous existent en dehors de leur v&#233;rit&#233; et &#224; d&#233;faut de celle-ci, et leur mouvement effectif, guid&#233; par leurs potentialit&#233;s latentes, est leur marche vers cette v&#233;rit&#233;. Le cours du progr&#232;s, cependant, n'est pas direct et in&#233;branlable. La n&#233;gation que toute chose contient d&#233;termine son &#234;tre m&#234;me. La partie mat&#233;rielle de la r&#233;alit&#233; d'une chose est faite de ce que cette chose n'est pas, de ce qu'elle exclut et repousse comme son contraire. &#034;La seule et unique chose pour assurer le progr&#232;s scientifique ... est la connaissance du pr&#233;cepte logique selon lequel la N&#233;gation est tout autant l'Affirmation que la N&#233;gation, ou que ce qui est contradictoire ne se r&#233;sout pas en nullit&#233;, en N&#233;ant abstrait, mais essentiellement seulement en la n&#233;gation de son contenu particulier...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction, ou sa forme concr&#232;te dont nous parlons, l'opposition, ne d&#233;place pas l'identit&#233; m&#234;me de la chose, mais produit cette identit&#233; sous la forme d'un processus o&#249; se d&#233;ploient les potentialit&#233;s des choses. La loi d'identit&#233; qui guide la logique traditionnelle implique ce qu'on appelle la loi de contradiction. A n'est &#233;gal &#224; A qu'en tant qu'il s'oppose &#224; non-A, ou, l'identit&#233; de A r&#233;sulte et contient la contradiction. A ne contredit pas un non-A ext&#233;rieur, soutient Hegel, mais un non-A qui appartient &#224; l'identit&#233; m&#234;me de A ; en d'autres termes, A est contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de la n&#233;gativit&#233; propre &#224; sa nature, chaque chose est li&#233;e &#224; son contraire. Pour &#234;tre ce qu'il est vraiment, il doit devenir ce qu'il n'est pas. Dire alors que tout se contredit, c'est dire que son essence contredit son &#233;tat d'existence donn&#233;. Sa nature propre, qui est en derni&#232;re analyse son essence, le pousse &#224; &#171; transgresser &#187; l'&#233;tat d'existence o&#249; il se trouve et &#224; passer &#224; un autre. Et non seulement cela, mais il doit m&#234;me transgresser les limites de sa propre particularit&#233; et se mettre en relation universelle avec d'autres choses. L'&#234;tre humain, pour prendre un exemple, ne trouve son identit&#233; propre que dans ces relations qui sont en fait la n&#233;gation de sa particularit&#233; isol&#233;e - dans son appartenance &#224; un groupe ou &#224; une classe sociale dont les institutions, l'organisation et les valeurs d&#233;terminent son individualit&#233; m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ainsi ramen&#233;s une fois de plus &#224; l'universel comme v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme logique de l'universel est la notion. Hegel dit que la v&#233;rit&#233; et l'essence des choses r&#233;sident dans leur notion. La d&#233;claration est aussi ancienne que la philosophie elle-m&#234;me et s'est m&#234;me infiltr&#233;e dans le langage populaire. Nous disons que nous connaissons et d&#233;tenons la v&#233;rit&#233; des choses dans nos id&#233;es &#224; leur sujet. La notion est l'id&#233;e qui exprime leur essence, distincte de la diversit&#233; de leur existence ph&#233;nom&#233;nale. Hegel tire la cons&#233;quence de ce point de vue. &#171; Quand nous entendons parler des choses, nous appelons la Nature ou leur essence leur Concept &#187;, mais en m&#234;me temps nous soutenons que le concept &#171; n'existe que pour la pens&#233;e &#187;. Car, pr&#233;tend-on, le concept est un universel, alors que tout ce qui existe est un particulier. Le concept n'est donc &#171; qu' &#187; un concept et sa v&#233;rit&#233; qu'une pens&#233;e. En opposition &#224; cette vision, Hegel montre que l'universel non seulementexiste , mais qu'il est encore plus effectivement une r&#233;alit&#233; que le particulier. Il existe une r&#233;alit&#233; universelle telle que l'homme ou l'animal, et cet universel fait en fait l'existence de chaque homme ou animal individuel. &#034;Chaque individu humain, bien qu'infiniment unique, ne l'est que parce qu'il appartient &#224; la classe des hommes, chaque animal que parce qu'ilil appartient &#224; la classe des animaux. L'&#234;tre-homme, ou l'&#234;tre-animal, est le Prius de leur individualit&#233;. Les processus biologiques et psychologiques de l'individu humain et animal ne sont pas, au sens strict, les siens mais ceux de son esp&#232;ce ou esp&#232;ce. Quand Hegel dit que tout individu humain est d'abord homme, il veut dire que ses plus hautes potentialit&#233;s et sa v&#233;ritable existence se centrent dans son &#234;tre-homme. En cons&#233;quence, les actions, les valeurs et les objectifs de chaque individu ou groupe particulier doivent &#234;tre mesur&#233;s par rapport &#224; ce que l'homme peut et doit &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance concr&#232;te de la conception devient &#233;vidente lorsqu'on l'oppose &#224; l'id&#233;ologie autoritaire moderne dans laquelle la r&#233;alit&#233; de l'universel est ni&#233;e pour mieux assujettir l'individu aux int&#233;r&#234;ts particuliers de certains groupes qui s'arrogent la fonction d'universel. Si l'individu n'&#233;tait rien d'autre que l'individu, il n'y aurait pas d'appel justifiable des forces mat&#233;rielles et sociales aveugles qui accablent sa vie, pas d'appel &#224; un ordre social sup&#233;rieur et plus raisonnable. S'il n'&#233;tait rien d'autre qu'un membre d'une classe, d'une race ou d'une nation particuli&#232;re, ses revendications ne pourraient pas aller au-del&#224; de son groupe particulier, et il devrait simplement accepter ses normes. Selon Hegel, cependant, il n'y a aucune particularit&#233; qui puisse l&#233;gif&#233;rer pour l'individu. L'universel lui-m&#234;me se r&#233;serve ce droit ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu de l'universel est conserv&#233; dans la notion. Si l'universel n'est pas seulement une abstraction mais une r&#233;alit&#233;, alors la notion d&#233;note cette r&#233;alit&#233;. La formation de la notion n'est pas non plus un acte arbitraire de la pens&#233;e, mais quelque chose qui suit le mouvement m&#234;me de la r&#233;alit&#233;. La formation de l'universel, en derni&#232;re analyse, est un processus historique et l'universel un facteur historique. Nous verrons, dans la Philosophie de l'histoire de Hegel, que le d&#233;veloppement historique du monde oriental au monde moderne est con&#231;u comme un d&#233;veloppement dans lequel l'homme se fait le sujet r&#233;el du processus historique. Par la n&#233;gation de toute forme d'existence historique qui devient une entrave &#224; ses potentialit&#233;s, l'homme obtient enfin pour lui-m&#234;me la conscience de soi de la libert&#233;. La notion dialectique de l'homme comprend et inclut ce processus mat&#233;riel. Cette notion ne peut donc se r&#233;sumer en une proposition unique ou en une s&#233;rie de propositions qui pr&#233;tendraient d&#233;finir l'essence de l'homme selon la loi traditionnelle de l'identit&#233;. La d&#233;finition exige tout un syst&#232;me de propositions qui refl&#232;tent le d&#233;veloppement r&#233;el de l'humanit&#233;. Dans les diff&#233;rentes parties du syst&#232;me, l'essence de l'homme appara&#238;tra sous des formes diff&#233;rentes et m&#234;me contradictoires. La v&#233;rit&#233; ne sera aucune de celles-ci, mais la totalit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soulign&#233; l'aspect n&#233;gatif de la dialectique. Son aspect positif consiste dans sa mise en forme de l'universel par la n&#233;gation du particulier, dans sa construction de la notion. La notion d'une chose est &#171; l'Universel immanent en elle &#187;, immanent parce que l'universel contient et maintient les potentialit&#233;s propres de la chose. La pens&#233;e dialectique est &#171; positive parce qu'elle est la source de l'Universel dans lequel le Particulier est compris &#187;. Le processus de dissolution et de destruction de la stabilit&#233; de sens commun du monde aboutit ainsi &#224; la construction de &#171; l'Universel qui est en soi concret &#187;, concret, car il n'existe pas en dehors du particulier, mais ne se r&#233;alise que dans et par le particulier, ou, plut&#244;t, dans la totalit&#233; des d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pris l'homme comme exemple de la construction dialectique de l'universel. Hegel, cependant, d&#233;montre le m&#234;me processus pour toutes les entit&#233;s du monde objectif et subjectif. La science de la logique traite de la structure ontologique g&#233;n&#233;rale de ces entit&#233;s, et non de leur existence concr&#232;te individuelle. Pour cette raison, le processus dialectique dans la Logique prend une forme tr&#232;s g&#233;n&#233;rale et abstraite. Nous en avons d&#233;j&#224; parl&#233; dans le chapitre sur la logique de Jenenser. Le processus de la pens&#233;e commence par la tentative de saisir la structure objective de l'&#234;tre.Au cours de l'analyse, cette structure se dissout en une multitude de &#171; quelque chose &#187;, de qualit&#233;s et de quantit&#233;s interd&#233;pendantes. A force d'analyse, la pens&#233;e d&#233;couvre que ceux-ci constituent un ensemble de relations antagonistes, r&#233;gies par le pouvoir cr&#233;ateur de la contradiction. Ces relations apparaissent comme l'essence de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence appara&#238;t donc comme le processus qui nie toutes les formes stables et d&#233;limit&#233;es de l'&#234;tre et nie aussi les concepts de la logique traditionnelle qui expriment ces formes. Les cat&#233;gories utilis&#233;es par Hegel pour d&#233;ployer cette essence comprennent la structure r&#233;elle de l'&#234;tre comme une unification des contraires qui exige que la r&#233;alit&#233; soit interpr&#233;t&#233;e en termes de &#171; sujet &#187;. La logique de l'objectivit&#233; se transforme ainsi en logique de la subjectivit&#233; qui est la v&#233;ritable &#171; notion &#187; de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs significations du terme notion qui apparaissent dans l'expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La notion est &#171; l'essence &#187; et la &#171; nature &#187; des choses, &#171; ce qui, par la pens&#233;e, est connu dans et des choses &#187; et &#171; ce qui est r&#233;ellement vrai en elles &#187;. Ce sens implique une multitude de notions pour correspondre &#224; la multitude de choses qu'elles d&#233;notent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La notion d&#233;signe la structure rationnelle de l'&#234;tre, le monde comme Logos , la raison. En ce sens, la notion est &#171; une, et est la base essentielle &#187; et le contenu r&#233;el de la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La notion sous sa v&#233;ritable forme d'existence est &#171; le subjectif libre, ind&#233;pendant et autod&#233;terminant, ou plut&#244;t le sujet lui-m&#234;me &#187;. C'est ce sens du terme qu'entend Hegel lorsqu'il dit : &#171; Le caract&#232;re de Sujet doit &#234;tre express&#233;ment r&#233;serv&#233; &#224; la Notion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science de la logique s'ouvre sur l'interaction bien connue de l'&#234;tre et du rien. Contrairement &#224; la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit , la Logique ne part pas des donn&#233;es du sens commun, mais du m&#234;me concept philosophique qui a amen&#233; la Ph&#233;nom&#233;nologie&#224; une fin. La pens&#233;e, dans sa qu&#234;te de la v&#233;rit&#233; derri&#232;re les faits, cherche une base stable d'orientation, une loi universelle et n&#233;cessaire au milieu du flux et de la diversit&#233; sans fin des choses. Un tel universel, s'il doit &#234;tre r&#233;ellement le commencement et la base de toutes les d&#233;terminations ult&#233;rieures, ne doit pas lui-m&#234;me &#234;tre d&#233;termin&#233;, car autrement il ne serait ni le premier ni le commencement. La raison pour laquelle il ne saurait &#234;tre d&#233;termin&#233; s'il doit s'agir d'un commencement r&#233;side dans le fait que tout ce qui est d&#233;termin&#233; d&#233;pend de ce qui le d&#233;termine, et n'est donc pas ant&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universel premier et ind&#233;termin&#233; que pose Hegel est l'&#234;tre. Il. est commun &#224; toutes choses (car toutes choses sont &#234;tre), par cons&#233;quent, l'entit&#233; la plus universelle du monde. Il n'a aucune d&#233;termination ; c'est l'&#234;tre pur et rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Logique commence donc, comme toute la philosophie occidentale a commenc&#233;, par le concept d'&#234;tre. La question Qu'est-ce que l'Etre ? recherch&#233; ce qui maintient toutes choses en existence et en fait ce qu'elles sont. Le concept d'&#234;tre pr&#233;suppose une distinction entre l'&#234;tre d&#233;termin&#233; (quelque chose ; Seiendes ) et l'&#234;tre en tant que tel ( Sein), sans d&#233;terminations. Le langage quotidien distingue l'&#234;tre de l'&#234;tre d&#233;termin&#233; dans toutes les formes de jugement. Nous disons qu'une rose est une plante ; il est jalous ; un jugement est vrai ; Dieu est. La copule &#171; est &#187; d&#233;signe l'&#234;tre, mais l'&#234;tre qui est tout &#224; fait diff&#233;rent d'un &#234;tre d&#233;termin&#233;. Le &#171; est &#187; n'indique aucune chose r&#233;elle qui pourrait faire l'objet d'une proposition d&#233;termin&#233;e, car pour d&#233;terminer l'&#234;tre en tant que telle et telle chose, nous devrions utiliser le m&#234;me &#171; est &#187; que nous tentons de d&#233;terminer. d&#233;finir, une impossibilit&#233; patente. On ne peut pas d&#233;finir l'&#234;tre comme quelque chose puisque l'&#234;tre est le pr&#233;dicat de toute chose. En d'autres termes, tout est, mais l'&#234;tre n'est pas quelque chose. Et ce qui n'est pas quelque chose n'est rien. Ainsi, l'&#234;tre est &#171; pure ind&#233;termination et vacuit&#233; &#187; ; ce n'est rien, donc rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tentative de saisir l'&#234;tre, nous ne rencontrons rien. Hegel utilise ce fait comme instrument pour d&#233;montrer le caract&#232;re n&#233;gatif de la r&#233;alit&#233;. Dans l'analyse pr&#233;c&#233;dente du concept d'&#234;tre, l'&#234;tre ne s'est pas &#171; transform&#233; en &#187; rien, mais les deux se sont r&#233;v&#233;l&#233;s identiques. de sorte qu'il est vrai de dire que tout &#234;tre d&#233;termin&#233; contient l'&#234;tre aussi bien que le rien. Selon Hegel, il n'y a pas une seule chose dans le monde qui n'ait en elle l'unit&#233; de l'&#234;tre et du rien. Tout n'est que dans la mesure o&#249;, &#224; chaque moment de son &#234;tre, quelque chose qui n'est pas encore vient &#224; l'&#234;tre et quelque chose qui est maintenant passe au non-&#234;tre. Les choses ne sont qu'en tant qu'elles surgissent et disparaissent, ou, l'&#234;tre doit &#234;tre con&#231;u comme devenir ( Werden ) .L'unit&#233; de l'&#234;tre et du rien est ainsi manifeste dans la structure de tous les existants et doit &#234;tre retenue dans toute cat&#233;gorie logique : &#171; Cette unit&#233; de l'&#234;tre et du n&#233;ant, en tant qu'&#233;tant la v&#233;rit&#233; premi&#232;re, est, une fois pour toutes, la base et l'&#233;l&#233;ment de tout ce qui suit : donc, outre le Devenir lui-m&#234;me, toutes les autres d&#233;terminations logiques... et en somme tous les concepts philosophiques, sont des exemples de cette unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tel est le cas, la logique a une t&#226;che jusqu'alors inconnue en philosophie. Elle cesse d'&#234;tre la source des r&#232;gles et des formes d'une pens&#233;e correcte. En fait, il faut des r&#232;gles, des formes et toutes les cat&#233;gories de la logique traditionnelle pour &#234;tre fausses parce qu'elles m&#233;connaissent le caract&#232;re n&#233;gatif et contradictoire de la r&#233;alit&#233;. Dans la logique de Hegel, le contenu des cat&#233;gories traditionnelles est compl&#232;tement renvers&#233;. De plus, puisque les cat&#233;gories traditionnelles sont l'&#233;vangile de la pens&#233;e quotidienne (y compris la pens&#233;e scientifique ordinaire) et de la pratique quotidienne, la logique de Hegel pr&#233;sente en effet des r&#232;gles et des formes de pens&#233;e et d'action fausses - fausses, c'est-&#224;-dire du point de vue du sens commun. Les cat&#233;gories dialectiques construisent un monde &#224; l'envers s'ouvrant sur l'identit&#233; de l'&#234;tre et du rien et se refermant sur la notion comme r&#233;alit&#233; vraie. Hegel joue le caract&#232;re absurde et paradoxal de ce monde mais celui qui suit le processus dialectique jusqu'au bout d&#233;couvre que le paradoxe est le r&#233;ceptacle de la v&#233;rit&#233; cach&#233;e et que l'absurdit&#233; est plut&#244;t une qualit&#233; poss&#233;d&#233;e par le sch&#233;ma correct du sens commun, qui , nettoy&#233;e de ses scories, contient la v&#233;rit&#233; latente. Car la dialectique montre, latente dans le sens commun, la dangereuse implication que la forme sous laquelle le monde est donn&#233; et organis&#233; peut contredire son v&#233;ritable contenu, c'est-&#224;-dire que les potentialit&#233;s inh&#233;rentes aux hommes et aux choses peuvent exiger la dissolution des formes donn&#233;es. La logique formelle accepte la forme du monde telle qu'elle est et lui donne quelques r&#232;gles g&#233;n&#233;rales d'orientation th&#233;orique. La logique dialectique, au contraire, rejette toute pr&#233;tention &#224; la saintet&#233; du donn&#233;, et brise la complaisance de ceux qui vivent sous sa rubrique. Elle soutient que &#171; l'existence ext&#233;rieure &#187; n'est jamais le crit&#232;re unique de la v&#233;rit&#233; d'un contenu, mais que toute forme d'existence doit justifier devant un tribunal sup&#233;rieur si elle est ad&#233;quate ou non &#224; son contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel disait que la n&#233;gativit&#233; de l'&#234;tre est &#171; la base et l'&#233;l&#233;ment &#187; de tout ce qui s'ensuit. Le passage d'une cat&#233;gorie logique &#224; une autre est stimul&#233; par une tendance inh&#233;rente &#224; tout type d'&#234;tre &#224; surmonter ses conditions d'existence n&#233;gatives et &#224; passer &#224; un nouveau mode d'&#234;tre o&#249; il atteint sa forme et son contenu v&#233;ritables. Nous avons d&#233;j&#224; not&#233; que le mouvement des cat&#233;gories dans la logique de Hegel n'est que le reflet du mouvement de l'&#234;tre. De plus, il n'est pas tout &#224; fait exact de dire qu'une cat&#233;gorie &#171; passe dans &#187; une autre. L'analyse dialectique r&#233;v&#232;le plut&#244;t une cat&#233;gorie comme une autre, de sorte que l'autre repr&#233;sente son contenu d&#233;pli&#233; &#8211; d&#233;pli&#233; par les contradictions qui lui sont inh&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re cat&#233;gorie qui participe &#224; ce processus est la qualit&#233;. Nous avons vu que tout &#234;tre dans le monde est d&#233;termin&#233; ; la premi&#232;re t&#226;che de la logique est d'&#233;tudier cette d&#233;termination. Quelque chose est d&#233;termin&#233; quand il est qualitativement distinct de tout autre &#234;tre. &#171; En vertu de sa qualit&#233; Quelque chose s'oppose &#224; un Autre : il est variable et fini, et d&#233;termin&#233; comme n&#233;gatif, non seulement par opposition &#224; un Autre, mais simplement en soi. Toute d&#233;termination qualitative est en soi une limitation et donc une n&#233;gation. Hegel donne &#224; ce vieil &#233;nonc&#233; philosophique un nouveau contenu en le rattachant &#224; sa conception n&#233;gative de la r&#233;alit&#233;. Une chose existe avec une certaine qualit&#233; &#8211; cela signifie qu'elle exclut d'autres qualit&#233;s et se trouve limit&#233;e par celles qu'elle poss&#232;de. De plus, toute qualit&#233; n'est ce qu'elle est que par rapport &#224; d'autres qualit&#233;s, et ces relations d&#233;terminent la nature m&#234;me d'une qualit&#233;. Ainsi, les d&#233;terminants qualitatifs d'une chose sont r&#233;duits &#224; des relations qui dissolvent la chose dans une totalit&#233; d'autres choses, de sorte qu'elle existe dans une dimension d' &#171; alt&#233;rit&#233; &#187;. Par exemple, la table ici dans cette salle n'est pas, si elle est analys&#233;e pour ses qualit&#233;s, la table mais une certaine couleur, un mat&#233;riau, une taille, un outil, etc. C'est, dit Hegel, au titre des qualit&#233;s, non pas l'&#234;tre-pour-soi, mais &#171; l'&#234;tre-pour-autrui &#187; (Anderssein , Sein-f&#252;r-Anderes ) . A cette alt&#233;rit&#233; s'oppose ce que la chose est en soi (son &#234;tre une table), ou, comme l'appelle Hegel, son &#171; &#234;tre-en-soi &#187; ( Ansichsein ) .Ce sont les deux &#233;l&#233;ments conceptuels avec lesquels Hegel construit tout &#234;tre. Il faut noter que pour Hegel ces deux &#233;l&#233;ments ne peuvent &#234;tre d&#233;tach&#233;s l'un de l'autre. Une chose en soi n'est ce qu'elle est que dans ses relations avec les autres, et, inversement, ses relations avec les autres d&#233;terminent son existence m&#234;me. L'id&#233;e traditionnelle d'une chose en soi derri&#232;re les ph&#233;nom&#232;nes, d'un monde ext&#233;rieur s&#233;par&#233; de l'int&#233;rieur, d'une essence d&#233;finitivement &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233;, est rendue absurde par cette conception, et la philosophie appara&#238;t comme d&#233;finitivement unie &#224; la r&#233;alit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revenons &#224; notre analyse de la qualit&#233;. L'&#234;tre d&#233;termin&#233; est plus que le flux de qualit&#233;s changeantes. Quelque chose se conserve &#224; travers ce flux, quelque chose qui passe dans d'autres choses, mais aussi s'y oppose comme un &#234;tre pour soi. Ce quelque chose ne peut exister que comme produit d'un processus par lequel il int&#232;gre son alt&#233;rit&#233; &#224; son &#234;tre propre. Hegel dit que son existence passe par &#171; la n&#233;gation de la n&#233;gation &#187;. La premi&#232;re n&#233;gation est l'alt&#233;rit&#233; dans laquelle il tourne, et la seconde est l'incorporation de cet autre &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel processus pr&#233;suppose que les choses poss&#232;dent un certain pouvoir sur leur mouvement, qu'elles existent dans une certaine relation &#224; soi qui leur permet de &#171; m&#233;diatiser &#187; leurs conditions existentielles. Hegel ajoute que ce concept de m&#233;diation est &#171; de la plus haute importance &#187; parce qu'il d&#233;passe seul les vieilles abstractions m&#233;taphysiques de Substance, Ent&#233;l&#233;chie, Forme, etc., et, en concevant le monde objectif comme le d&#233;veloppement du sujet, ouvre la voie pour une interpr&#233;tation philosophique de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel attribue &#224; la chose un rapport permanent &#224; elle-m&#234;me. &#171; Quelque chose est en soi en tant qu'il est revenu &#224; soi de l'&#234;tre-pour-autre. C'est alors un &#234;tre &#171; intro-r&#233;fl&#233;chi &#187;. L'intro-r&#233;flexion est cependant une caract&#233;ristique du sujet, et en ce sens le &#171; quelque chose &#187; objectif est d&#233;j&#224; &#171; le commencement du sujet &#187;, quoique seulement le commencement. Car, le processus par lequel le quelque chose se soutient est aveugle et non libre ; la chose ne peut pas man&#339;uvrer les forces qui fa&#231;onnent son existence. Le &#171; quelque chose &#187; est donc un bas niveau de d&#233;veloppement dans le processus qui aboutit &#224; un sujet libre et conscient. &#171; Quelque chose se d&#233;termine comme Etre-pour-Soi et ainsi de suite, jusqu'&#224; ce qu'enfin, comme Notion, il re&#231;oive l'intensit&#233; concr&#232;te du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel poursuit en indiquant que l'unit&#233; de la chose avec elle-m&#234;me, qui fonde ses &#233;tats d&#233;termin&#233;s, est bien quelque chose de n&#233;gatif, parce qu'elle r&#233;sulte de la &#171; n&#233;gation de la n&#233;gation &#187;. L'objectif est d&#233;termin&#233; ; il passe &#224; un nouveau mode d'&#234;tre en subissant l'action de multiples forces naturelles ; par cons&#233;quent, &#171; l'unit&#233; n&#233;gative &#187; qu'il poss&#232;de n'est pas une unit&#233; consciente ou active, mais une unit&#233; m&#233;canique. En raison de son manque de pouvoir r&#233;el, la chose &#171; s'effondre simplement dans cette unit&#233; simple qu'est l'Etre &#187;, une unit&#233; qui n'est pas le r&#233;sultat d'un processus autodirig&#233; qui lui est propre. La chose, bien qu'elle soit engag&#233;e dans des transitions continues vers d'autres choses et &#233;tats, est sujette au changement et non sujette au changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sections qui suivent d&#233;crivent la mani&#232;re dont l'unit&#233; d'une chose peut se d&#233;velopper. Elles sont difficiles &#224; comprendre car Hegel applique au monde objectif des cat&#233;gories qui ne trouvent leur v&#233;rification que dans la vie du sujet. Des concepts comme la d&#233;termination, la m&#233;diation, la relation &#224; soi, le devoir, etc., anticipent les cat&#233;gories d'existence subjective. Hegel les utilise n&#233;anmoins pour caract&#233;riser le monde des choses objectives, analysant l'existence des choses en termes d'existence du sujet. Le r&#233;sultat net est que la r&#233;alit&#233; objective est interpr&#233;t&#233;e comme le champ dans lequel le sujet doit &#234;tre r&#233;alis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gativit&#233; appara&#238;t comme la diff&#233;rence entre l'&#234;tre-pour-autrui et l'&#234;tre-pour-soi dans l'unit&#233; de la chose. La chose telle qu'elle est &#171; en soi &#187; est diff&#233;rente des conditions dans lesquelles elle existe r&#233;ellement. Les conditions r&#233;elles de la chose &#171; s'opposent &#187; ou font obstacle &#224; l'&#233;laboration de sa nature propre. Cette opposition, Hegel la d&#233;signe comme celle entre la d&#233;termination ( Bestimmung ), qui prend d&#233;sormais le sens de &#171; nature propre &#187; de la chose, et la talification ( Beschaffenheit ), qui renvoie &#224; l'&#233;tat ou &#224; la condition m&#234;me de la chose. La d&#233;termination d'une chose comprend ses potentialit&#233;s inh&#233;rentes &#171; par rapport aux conditions ext&#233;rieures qui ne sont pas encore incorpor&#233;es dans la chose elle-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, par exemple, nous parlons de la d&#233;termination de l'homme et disons que cette d&#233;termination est la raison, nous impliquons que les conditions ext&#233;rieures dans lesquelles l'homme vit ne concordent pas avec ce qu'il est proprement, que son &#233;tat d'existence n'est pas raisonnable et que c'est la t&#226;che de l'homme de faire en sorte qu'il en soit ainsi. Jusqu'&#224; ce que la t&#226;che soit accomplie avec succ&#232;s, l'homme existe en tant qu'&#234;tre-pour-autrui plut&#244;t qu'en tant qu'&#234;tre-pour-soi. Sa talation contredit sa d&#233;termination. La pr&#233;sence de la contradiction rend l'homme r&#233;tif ; il lutte pour surmonter son &#233;tat ext&#233;rieur donn&#233;. La contradiction a ainsi la force d'un &#171; Devoir &#187; ( Sollen ) qui le pousse &#224; r&#233;aliser ce qui n'existe pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons dit, le monde objectif, lui aussi, est d&#233;sormais trait&#233; comme participant au m&#234;me type de processus. Le passage de la chose d'une talification &#224; une autre, voire son passage dans une autre chose, sont interpr&#233;t&#233;s comme motiv&#233;s par les potentialit&#233;s propres de la chose. Sa transformation ne s'op&#232;re pas, comme d'abord apparu, &#171; selon son &#234;tre-pour-autrui &#187;, mais selon son moi propre. Dans le processus de changement, toute condition ext&#233;rieure est prise dans l'&#234;tre propre de la chose, et son autre est &#171; pos&#233; dans la chose comme son propre moment &#187;. Le concept de n&#233;gation subit &#233;galement une r&#233;vision dans l'exposition de Hegel &#224; ce stade. Nous avons vu que les divers &#233;tats d'une chose &#233;taient interpr&#233;t&#233;s comme diverses &#171; n&#233;gations &#187; de son &#234;tre v&#233;ritable. Or, puisque la chose est con&#231;ue comme une sorte de sujet qui se d&#233;termine par ses relations avec d'autres choses,Grenzen ) &#224; travers lequel ses potentialit&#233;s doivent percer. Le processus d'existence n'est que la contradiction entre talifications et potentialit&#233;s ; par cons&#233;quent, exister et &#234;tre limit&#233; sont identiques. &#171; Quelque chose n'a d'Etre D&#233;termin&#233; que dans la Limite &#187; et les &#171; Limites sont le principe de ce qu'elles limitent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel r&#233;sume le r&#233;sultat de cette nouvelle interpr&#233;tation en disant que l'existence des choses est &#171; l'agitation de quelque chose dans sa limite ; il est immanent &#224; la Limite d'&#234;tre la contradiction qui envoie quelque chose au-del&#224; d'elle-m&#234;me. Nous arrivons ainsi au concept de finitude de Hegel. L'&#234;tre est un devenir continu. Chaque &#233;tat d'existence doit &#234;tre d&#233;pass&#233; ; c'est quelque chose de n&#233;gatif, que les choses, pouss&#233;es par leurs potentialit&#233;s int&#233;rieures, d&#233;sertent pour un autre &#233;tat, qui se r&#233;v&#232;le &#224; nouveau comme n&#233;gatif, comme limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous disons des choses qu'elles sont finies, nous entendons par l&#224;... que le Non-&#202;tre constitue leur nature et leur &#202;tre. Les choses finies sont ; mais leur rapport &#224; eux-m&#234;mes est qu'ils se rapportent &#224; eux-m&#234;mes comme quelque chose de n&#233;gatif, et dans ce rapport &#224; soi ils s'envoient au-del&#224; d'eux-m&#234;mes et de leur &#202;tre. Ils le sont, mais la v&#233;rit&#233; de cet &#202;tre est leur fin. Le fini ne change pas seulement, ... il p&#233;rit ; et sa mort n'est pas simplement contingente, de sorte qu'elle pourrait &#234;tre sans p&#233;rir. C'est plut&#244;t l'&#234;tre m&#234;me des choses finies qu'elles contiennent les germes de p&#233;rir comme leur propre &#202;tre-en-Soi [ Insichsein ], et l'heure de leur naissance est l'heure de leur mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces phrases sont une &#233;nonciation pr&#233;liminaire des passages d&#233;cisifs dans lesquels Marx r&#233;volutionnera plus tard la pens&#233;e occidentale. Le concept de finitude de Hegel a lib&#233;r&#233; les approches philosophiques de la r&#233;alit&#233; des puissantes influences religieuses et th&#233;ologiques qui op&#233;raient m&#234;me sur les formes s&#233;culaires de la pens&#233;e du XVIIIe si&#232;cle. L'interpr&#233;tation id&#233;aliste actuelle de la r&#233;alit&#233; &#224; cette &#233;poque soutenait encore que le monde &#233;tait un monde fini parce que c'&#233;tait un monde cr&#233;&#233; et que sa n&#233;gativit&#233; faisait r&#233;f&#233;rence &#224; son &#233;tat de p&#233;ch&#233;. La lutte contre cette interpr&#233;tation du &#171; n&#233;gatif &#187; &#233;tait donc dans une large mesure un conflit avec la religion et l'&#201;glise. L'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la n&#233;gativit&#233; n'&#233;tait pas morale ou religieuse, mais purement philosophique, et le concept de finitude qui l'exprimait devint chez lui un principe critique et presque mat&#233;rialiste. Le monde, dit-il, est fini non pas parce qu'il est cr&#233;&#233; par Dieu mais parce que la finitude est sa qualit&#233; inh&#233;rente. Corr&#233;lativement, la finitude n'est pas une d&#233;nigrement de la r&#233;alit&#233;, exigeant le transfert de sa v&#233;rit&#233; vers un Au-del&#224; exalt&#233;. Les choses sont finies en tant qu'elles sont, et leur finitude est le domaine de leur v&#233;rit&#233;. Ils ne peuvent d&#233;velopper leurs potentialit&#233;s qu'en p&#233;rissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx a pos&#233; plus tard la loi historique selon laquelle un syst&#232;me social ne peut lib&#233;rer ses forces productives qu'en p&#233;rissant et en passant &#224; une autre forme d'organisation sociale. Hegel voyait cette loi de l'histoire op&#233;rer dans tout &#234;tre. &#034;La maturit&#233; ou le stade le plus &#233;lev&#233; que quelque chose peut atteindre est celui o&#249; il commence &#224; p&#233;rir.&#034; Il ressort assez clairement de la discussion pr&#233;c&#233;dente que lorsque Hegel est pass&#233; du concept de finitude &#224; celui d'infini, il n'a pas pu avoir de r&#233;f&#233;rence &#224; un infini qui annulerait les r&#233;sultats de son analyse pr&#233;c&#233;dente, c'est-&#224;-dire qu'il n'aurait pas pu vouloir dire un infini. en dehors ou au-del&#224; de la finitude. Le concept d'infini, rattler, devait r&#233;sulter d'une interpr&#233;tation plus stricte de la finitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, nous constatons que l'analyse des choses objectives nous a d&#233;j&#224; conduits du fini &#224; l'infini. Car le processus par lequel une chose finie p&#233;rit et, en p&#233;rissant, devient une autre chose finie, qui la r&#233;p&#232;te, est en soi un processus &#224; l'infini , et pas seulement dans le sens superficiel que la progression ne peut &#234;tre interrompue. Quand une chose finie &#171; p&#233;rit dans &#187; une autre chose, elle s'est chang&#233;e, dans la mesure o&#249; p&#233;rir est sa fa&#231;on de consommer ses v&#233;ritables potentialit&#233;s. Le p&#233;rissement incessant des choses est ainsi une n&#233;gation &#233;galement continue de leur finitude. C'est l'infini. &#171; Le fini en p&#233;rissant, dans cette n&#233;gation de soi, a atteint son &#234;tre-en-soi [ Ansichsein], et a donc gagn&#233; son moi propre... Ainsi, il ne se d&#233;passe que pour se retrouver. Cette identit&#233; &#224; soi, ou n&#233;gation de la n&#233;gation, est l'&#202;tre affirmatif, est l'autre du Fini... est l'Infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infini est donc pr&#233;cis&#233;ment la dynamique interne du fini, compris dans son sens r&#233;el. Ce n'est rien d'autre que le fait que la finitude &#171; n'existe que comme d&#233;passement &#187; d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un addendum &#224; son expos&#233;, Hegel montre que le concept de finitude donne le principe de base de l'id&#233;alisme. Si l'&#234;tre des choses consiste dans leur transformation plut&#244;t que dans leur &#233;tat d'existence, les &#233;tats multiples qu'elles ont, quels que soient leur forme et leur contenu, ne sont que des moments d'un processus compr&#233;hensif et n'existent que dans la totalit&#233; de ce processus. Ainsi, ils sont de nature &#171; id&#233;ale &#187; et leur interpr&#233;tation philosophique doit &#234;tre l'id&#233;alisme. [Hegel emploie le sens historique originel d'&#171; id&#233;al &#187;. Un existant est &#171; de nature id&#233;ale &#187; s'il n'existe pas par lui-m&#234;me, mais par quelque chose d'autre.] &#171; La proposition que le fini est de nature id&#233;ale constitue l'Id&#233;alisme. En philosophie, l'id&#233;alisme ne consiste en rien d'autre que la reconnaissance que le fini n'a pas d'&#234;tre v&#233;ritable. Au fond, toute philosophie est un id&#233;alisme, ou du moins a l'id&#233;alisme pour principe... &#187; Car la philosophie commence quand la v&#233;rit&#233; de l'&#233;tat de choses donn&#233; est mise en doute et quand on reconna&#238;t que cet &#233;tat n'a pas de v&#233;rit&#233; finale en soi. Dire &#171; que le fini n'a pas d'&#234;tre v&#233;ritable &#187; ne signifie pas que l'&#234;tre v&#233;ritable doive &#234;tre cherch&#233; dans un Au-del&#224; transmondain ou au plus profond de l'&#226;me de l'homme. Hegel rejette une telle fuite de la r&#233;alit&#233; comme un &#034;mauvais id&#233;alisme&#034;. Sa proposition id&#233;aliste implique que les formes courantes de pens&#233;e, simplement parce qu'elles s'arr&#234;tent aux formes donn&#233;es des choses, doivent &#234;tre chang&#233;es en d'autres formes jusqu'&#224; ce que la v&#233;rit&#233; soit atteinte. Hegel incarne cette attitude essentiellement critique dans son concept de devoir. Le &#171; devoir &#187; n'est pas une province de la morale ou de la religion, mais de la pratique r&#233;elle. La raison et la loi sont inh&#233;rentes &#224; la finitude, non seulement elles doivent, mais elles doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es sur cette terre. &#171; En r&#233;alit&#233;, la Raison et la Loi ne sont pas si d&#233;plorables qu'elles &#171; devraient &#187; simplement l'&#234;tre ; ... &#8211; ni le Devoir en soi n'est perp&#233;tuel, ni la finitude (ce qui reviendrait au m&#234;me) absolue. La n&#233;gation de la finitude est en m&#234;me temps la n&#233;gation de l'au-del&#224; infini ; il implique l'exigence que le &#171; doit &#187; soit accompli dans ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, Hegel oppose son concept d'infini &#224; l'id&#233;e th&#233;ologique de celui-ci. Il n'y a pas de r&#233;alit&#233; autre que ou au-dessus du fini ; si les choses finies doivent trouver leur &#234;tre v&#233;ritable, elles doivent le trouver &#224; travers leur existence finie et &#224; travers elle seule. Hegel appelle donc son concept d'infinit&#233; la &#171; n&#233;gation m&#234;me de cet au-del&#224; qui est en soi n&#233;gatif &#187;. Son infini n'est que &#171; l'autre &#187; du fini et donc d&#233;pendant de la finitude ; c'est en soi un infini fini. Il n'y a pas deux mondes, le fini et l'infini. Il n'y a qu'un seul monde, dans lequel les choses finies atteignent leur autod&#233;termination en p&#233;rissant. Leur infinit&#233; est dans ce monde et nulle part ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con&#231;u comme le processus &#171; infini &#187; de transformation, le fini est le processus de l'&#234;tre-pour-soi ( F&#252;rsichsein ). Une chose est pour soi, disons-nous, lorsqu'elle peut prendre toutes ses conditions ext&#233;rieures et les int&#233;grer &#224; son &#234;tre propre. Il est &#171; pour soi &#187; s'il &#171; a ainsi franchi la Barri&#232;re et son Autret&#233; &#187;. que, les niant ainsi, c'est un retour infini sur soi. L'&#234;tre-pour-soi n'est pas un &#233;tat mais un processus, car toute condition ext&#233;rieure doit continuellement se transformer en une phase de r&#233;alisation de soi, et chaque nouvelle condition ext&#233;rieure qui surgit doit &#234;tre soumise &#224; ce traitement. La conscience de soi, dit Hegel, est &#034;l'exemple le plus proche de la pr&#233;sence de l'infini&#034;. D'autre part, &#171; les choses naturelles n'atteignent jamais un &#234;tre-pour-soi libre &#187; ; ils restent l'&#234;tre-pour-autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette diff&#233;rence essentielle entre le mode d'existence de l'objet et celui d'un &#234;tre conscient a pour effet de limiter le terme &#171; fini &#187; &#224; des choses qui n'existent pas pour elles-m&#234;mes et n'ont donc pas le pouvoir de r&#233;aliser leurs potentialit&#233;s par leur propre libre arbitre conscient. actes. En raison de leur manque de libert&#233; et de conscience, leurs multiples qualit&#233;s leur sont &#171; indiff&#233;rentes &#187;, et leur unit&#233; est une unit&#233; quantitative plut&#244;t qu'une unit&#233; qualitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous omettrons la discussion de la cat&#233;gorie de la quantit&#233; et passerons directement au passage de l'&#234;tre &#224; l'essence, qui cl&#244;t le Premier Livre de la Science de la Logique . L'analyse de la quantit&#233; r&#233;v&#232;le que la quantit&#233; n'est pas ext&#233;rieure &#224; la nature d'une chose mais qu'elle est elle-m&#234;me une qualit&#233;, &#224; savoir la mesure ( Masse). Le caract&#232;re qualitatif de la quantit&#233; trouve son expression dans la c&#233;l&#232;bre loi de Hegel selon laquelle la quantit&#233; passe &#224; la qualit&#233;. Quelque chose peut changer de quantit&#233; sans le moindre changement de qualit&#233;, de sorte que sa nature ou ses propri&#233;t&#233;s restent une seule et m&#234;me, tandis qu'elle augmente ou diminue dans une direction donn&#233;e. Tout &#171; a un jeu &#224; l'int&#233;rieur duquel il reste indiff&#233;rent &#224; ce changement... &#187; Il arrive cependant un moment o&#249; la nature d'une chose change d'un simple changement quantitatif. Les exemples bien connus d'un tas de c&#233;r&#233;ales qui cesse d'&#234;tre un tas si l'on enl&#232;ve un grain apr&#232;s l'autre, ou d'une eau qui devient de la glace lorsqu'une diminution graduelle de la temp&#233;rature a atteint un certain point, ou d'une nation qui, en au cours de son expansion, s'effondre et se d&#233;sagr&#232;ge subitement : tous ces exemples ne couvrent pas tout le sens de la proposition de Hegel. Nous devons comprendre aussi qu'il l'a dirig&#233;e contre la vision ordinaire selon laquelle le processus de &#171; surgir et dispara&#238;tre &#187; &#233;tait un processus graduel (allm&#228;hlich ) un, il l'a vis&#233; au point de vue que natura non facit saltum .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forme d'existence donn&#233;e ne peut d&#233;ployer son contenu sans p&#233;rir. Le nouveau doit &#234;tre la n&#233;gation r&#233;elle de l'ancien et non une simple correction ou r&#233;vision. Certes, la v&#233;rit&#233; ne tombe pas du ciel en plein essor, et le nouveau doit avoir exist&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre dans le giron de l'ancien. Mais il n'y existait qu'en puissance, et sa r&#233;alisation mat&#233;rielle &#233;tait exclue par la forme d'&#234;tre dominante. La forme dominante doit &#234;tre bris&#233;e. &#171; Les changements de l'&#234;tre &#187; sont &#171; un devenir autre qui rompt la progressivit&#233; et est qualitativement autre par rapport &#224; l'&#233;tat d'existence pr&#233;c&#233;dent &#187;. Il n'y a m&#234;me pas de progr&#232;s dans le monde : l'apparition de chaque nouvelle condition implique un saut ; la naissance du nouveau est la mort de l'ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science de la logiqueouvert par la question, qu'est-ce que l'&#202;tre ? Elle a lanc&#233; la qu&#234;te des cat&#233;gories qui pourraient nous permettre de saisir le vrai r&#233;el. Au cours de l'analyse, la stabilit&#233; de l'&#234;tre a &#233;t&#233; dissoute dans le processus de devenir et l'unit&#233; durable des choses a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme une &#171; unit&#233; n&#233;gative &#187;, qui ne pouvait &#234;tre connue d'un point de vue quantitatif ou qualitatif, mais impliquait plut&#244;t la n&#233;gation de tous les d&#233;terminants qualitatifs et quantitatifs. Car, chaque propri&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e &#233;tait vue comme contredisant ce que les choses sont &#171; pour elles-m&#234;mes &#187;. Quelle que soit l'unit&#233; durable de l'&#234;tre &#171; pour soi &#187;, nous savons que ce n'est pas une entit&#233; qualitative ou quantitative qui existe n'importe o&#249; dans le monde, mais plut&#244;t la n&#233;gation de tous les d&#233;termin&#233;s. Son caract&#232;re essentiel est donc la n&#233;gativit&#233; ; Hegel l'appelle aussi &#171; contradiction universelle, ' existant comme il le fait 'par la n&#233;gation de toute d&#233;terminit&#233; existante.' C'est la &#171; n&#233;gativit&#233; absolue &#187; ou la &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;. Cette unit&#233;, semble-t-il, est telle en vertu d'un processus dans lequel les choses nient toute simple ext&#233;riorit&#233; et alt&#233;rit&#233; et les relient &#224; un soi dynamique. Une chose n'est pour soi que lorsqu'elle a pos&#233; (gesetzt ) tous ses d&#233;terminants et en a fait des moments de sa r&#233;alisation de soi, et est donc, dans toutes les conditions changeantes, toujours &#171; revenant &#224; lui-m&#234;me &#187;. Hegel appelle cette unit&#233; n&#233;gative et ce processus de relation &#224; soi l'essence des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question Qu'est-ce que l'&#202;tre ? est r&#233;pondu dans l'affirmation que &#171; la v&#233;rit&#233; de l'Etre est l'Essence &#187;. Et pour savoir ce qu'est l'essence, il suffit de recueillir les r&#233;sultats de l'analyse pr&#233;c&#233;dente :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'essence n'a &#171; pas d'&#202;tre d&#233;termin&#233; &#187;. Toutes les propositions traditionnelles concernant un domaine d'id&#233;es ou de substances doivent &#234;tre &#233;cart&#233;es. L'essence n'est ni quelque chose dans ni quelque chose au-dessus du monde, mais plut&#244;t la n&#233;gation de tout &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Cette n&#233;gation de tout &#234;tre n'est pas rien, mais le &#171; mouvement infini de l'&#234;tre &#187; au-del&#224; de tout &#233;tat d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le mouvement n'est pas un processus contingent et externe, mais un processus maintenu par le pouvoir de rapport &#224; soi par lequel un sujet pose ses d&#233;termin&#233;s comme moments de sa propre r&#233;alisation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Un tel pouvoir suppose un &#234;tre-en-soi d&#233;fini, une capacit&#233; de conna&#238;tre et de r&#233;fl&#233;chir sur les &#233;tats d&#233;termin&#233;s. Le processus de l'essence est le processus de la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le sujet que l'essence se r&#233;v&#232;le n'est pas ext&#233;rieur au proc&#232;s ni son substrat immuable ; c'est le processus lui-m&#234;me, et tous ses caract&#232;res sont dynamiques. Son unit&#233; est la totalit&#233; d'un mouvement que la Doctrine de l'Essence qualifie de mouvement de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de la plus haute importance de savoir que pour Hegel la r&#233;flexion, comme tous les caract&#232;res de l'essence, d&#233;note un mouvement objectif aussi bien que subjectif. La r&#233;flexion n'est pas d'abord le processus de penser mais le processus d'&#234;tre lui-m&#234;me. De m&#234;me, le passage de l'&#234;tre &#224; l'essence n'est pas d'abord une proc&#233;dure de cognition philosophique, mais un processus dans la r&#233;alit&#233;. La &#171; propre nature &#187; de l'&#234;tre &#171; le fait s'int&#233;rioriser &#187; et l'&#234;tre, ainsi &#171; entrer en lui-m&#234;me devient l'Essence &#187;. Cela signifie que l'&#234;tre objectif, s'il est compris dans sa vraie forme, doit &#234;tre compris comme, et est r&#233;ellement, l'&#234;tre subjectif. Le sujet appara&#238;t maintenant comme la substance de l'&#234;tre, ou l'&#234;tre se rapporte &#224; l'existence d'un sujet plus ou moins conscient. qui est capable d'affronter et de comprendre ses &#233;tats d&#233;termin&#233;s et a ainsi le pouvoir de les r&#233;fl&#233;chir et de se fa&#231;onner. Les cat&#233;gories de l'essence couvrent tout le domaine de l'&#234;tre, qui se manifeste maintenant sous sa forme vraie et comprise. Les cat&#233;gories de la Doctrine de l'&#202;tre r&#233;apparaissent ; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; est maintenant con&#231;u comme existence et plus tard comme actualit&#233; ; le &#171; quelque chose &#187; comme chose et plus tard comme substance, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion est le processus par lequel un existant se constitue comme l'unit&#233; d'un sujet. Il a une unit&#233; essentielle qui contraste avec l'unit&#233; passive et changeante du quelque chose ; ce n'est pas un &#234;tre d&#233;termin&#233;, mais un &#234;tre d&#233;terminant. Toute d&#233;termination est ici &#171; pos&#233;e par l'Essence elle-m&#234;me &#187; et se tient sous son pouvoir d&#233;terminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous examinons ce que Hegel attribue au processus de l'essence et ce qu'il discute sous le titre de D&#233;terminations de la r&#233;flexion, nous trouvons les lois ultimes traditionnelles de la pens&#233;e, les lois de l'identit&#233;, de la vari&#233;t&#233; et de la contradiction. Ajout&#233; sous une rubrique distincte est la loi du sol. Le sens originel de ces lois et leur contenu objectif r&#233;el &#233;tait une d&#233;couverte faite par la logique h&#233;g&#233;lienne. La logique formelle ne peut m&#234;me pas toucher leur sens ; la s&#233;paration du sujet de la pens&#233;e de sa forme coupe le fond m&#234;me de sous la v&#233;rit&#233;. La pens&#233;e n'est vraie qu'en tant qu'elle reste adapt&#233;e au mouvement concret des choses et en suit de pr&#232;s les divers tournants. D&#232;s qu'elle se d&#233;tache du processus objectif et, par souci de pr&#233;cision et de stabilit&#233; fallacieuses, tente de simuler la rigueur math&#233;matique, la pens&#233;e devient fausse.Sciences de la logique, c'est la Doctrine de l'Essence qui fournit les concepts de base qui &#233;mancipent la logique dialectique de la m&#233;thode math&#233;matique. Hegel entreprend une critique philosophique de la m&#233;thode math&#233;matique avant d'introduire la Doctrine de l'Essence &#8211; dans sa discussion sur la quantit&#233;. La quantit&#233; n'est qu'une caract&#233;ristique tr&#232;s ext&#233;rieure de l'&#234;tre, un domaine o&#249; se perd le contenu r&#233;el des choses. Les sciences math&#233;matiques qui op&#232;rent avec la quantit&#233; op&#232;rent avec une forme sans contenu qui peut &#234;tre mesur&#233;e et compt&#233;e et exprim&#233;e par des nombres et des symboles indiff&#233;rents. Mais le processus de la r&#233;alit&#233; ne peut &#234;tre ainsi trait&#233;. Elle d&#233;fie la formalisation et la stabilisation, car elle est la n&#233;gation m&#234;me de toute forme stable. Les faits et les relations qui apparaissent dans ce processus changent de nature &#224; chaque phase du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque des cat&#233;gories math&#233;matiques sont utilis&#233;es pour d&#233;terminer quelque chose portant sur la m&#233;thode ou le contenu de la science philosophique, une telle proc&#233;dure prouve sa nature absurde principalement ici, que, dans la mesure o&#249; les formules math&#233;matiques signifient des pens&#233;es et des distinctions conceptuelles, une telle signification doit d'abord rapporter, d&#233;terminer et se justifier en philosophie. Dans ses sciences concr&#232;tes, la philosophie doit puiser l'&#233;l&#233;ment logique dans la logique et non dans les math&#233;matiques ; elle doit n'&#234;tre qu'un refuge d'impuissance philosophique quand elle vole vers les formations que prend la logique dans les autres sciences, dont beaucoup n'en sont que des pressentiments obscurs et d'autres des formes rabougries, afin d'obtenir la logique pour la philosophie. Le simple emploi de telles formes emprunt&#233;es est en tout cas un proc&#233;d&#233; ext&#233;rieur et superficiel : la connaissance de leur valeur et de leur sens doit pr&#233;c&#233;der leur emploi ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Doctrine de l'Essence cherche &#224; lib&#233;rer la connaissance du culte des &#171; faits observables &#187; et du bon sens scientifique qui impose ce culte. Le formalisme math&#233;matique abandonne et emp&#234;che toute compr&#233;hension et utilisation critique des faits. Hegel a reconnu un lien intrins&#232;que entre la logique math&#233;matique et un acquiescement total aux faits, et dans cette mesure a anticip&#233; plus d'un si&#232;cle de d&#233;veloppement du positivisme. Le champ r&#233;el de la connaissance n'est pas le fait donn&#233; des choses telles qu'elles sont, mais leur &#233;valuation critique comme pr&#233;lude au d&#233;passement de leur forme donn&#233;e. La connaissance traite des apparences pour les d&#233;passer. &#171; Tout, dit-on, a une Essence, c'est-&#224;-dire que les choses ne sont pas r&#233;ellement ce qu'elles se montrent imm&#233;diatement. Il y a donc autre chose &#224; faire que simplement passer d'une qualit&#233; &#224; l'autre et simplement avancer du qualitatif au quantitatif, et vice versa ; il y a un permanent dans les choses, et ce permanent est d'abord leur Essence. Savoir que l'apparence et l'essence ne concordent pas est le d&#233;but de la v&#233;rit&#233;. La marque de la pens&#233;e dialectique est la capacit&#233; de distinguer l'essentiel du processus apparent de la r&#233;alit&#233; et de saisir leur relation. Les lois de la r&#233;flexion qu'&#233;labore Hegel sont les lois fondamentales de la dialectique. Passons maintenant &#224; un bref r&#233;sum&#233; de celles-ci. La marque de la pens&#233;e dialectique est la capacit&#233; de distinguer l'essentiel du processus apparent de la r&#233;alit&#233; et de saisir leur relation. Les lois de la r&#233;flexion qu'&#233;labore Hegel sont les lois fondamentales de la dialectique. Passons maintenant &#224; un bref r&#233;sum&#233; de celles-ci. La marque de la pens&#233;e dialectique est la capacit&#233; de distinguer l'essentiel du processus apparent de la r&#233;alit&#233; et de saisir leur relation. Les lois de la r&#233;flexion qu'&#233;labore Hegel sont les lois fondamentales de la dialectique. Passons maintenant &#224; un bref r&#233;sum&#233; de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence d&#233;signe l'unit&#233; de l'&#234;tre, son identit&#233; &#224; travers le changement. Quelle est pr&#233;cis&#233;ment cette unit&#233; ou cette identit&#233; ? Ce n'est pas un substrat permanent et fixe, mais un processus dans lequel tout fait face &#224; ses contradictions inh&#233;rentes et se d&#233;ploie en cons&#233;quence. Ainsi con&#231;ue, l'identit&#233; contient son contraire, la diff&#233;rence, et implique une auto-diff&#233;renciation et une unification qui s'ensuit. Toute existence se pr&#233;cipite dans la n&#233;gativit&#233; et ne reste ce qu'elle est qu'en niant cette n&#233;gativit&#233;. Elle se fragmente en une diversit&#233; d'&#233;tats et de rapports &#224; d'autres choses, qui lui sont originellement &#233;trangers, mais qui deviennent une partie de son moi propre lorsqu'ils sont amen&#233;s sous l'influence active de son essence. L'identit&#233; &#233;quivaut donc &#224; la &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;, dont on a montr&#233; qu'elle &#233;tait la structure de la r&#233;alit&#233; ; c'est &#171; la m&#234;me chose que l'Essence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi con&#231;ue, l'essence d&#233;crit le processus m&#234;me de la r&#233;alit&#233;. &#171; La contemplation de tout ce qui est montre, en soi, que dans son identit&#233; &#224; soi, il est auto-contradictoire et auto-diff&#233;rent, et dans sa vari&#233;t&#233; ou contradiction, auto-identique ; c'est en soi ce mouvement de transition de l'une de ces d&#233;terminations dans l'autre, pr&#233;cis&#233;ment parce que chacune en soi est son propre contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Hegel implique un renversement complet des lois traditionnelles de la pens&#233;e et du type de pens&#233;e qui en d&#233;rive. On ne peut exprimer cette identit&#233; des choses dans une proposition qui distingue un substratum permanent et ses attributs de son contraire ou contraire. La vari&#233;t&#233; et les contraires font pour Hegel partie de l'identit&#233; essentielle de la chose, et, pour saisir l'identit&#233;, la pens&#233;e doit reconstruire le processus par lequel la chose devient son propre contraire, puis nie et incorpore son contraire dans son propre &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel revient &#224; maintes reprises pour souligner l'importance de cette conception. En vertu de la n&#233;gativit&#233; qui leur est inh&#233;rente, toutes les choses deviennent contradictoires, oppos&#233;es &#224; elles-m&#234;mes, et leur &#234;tre consiste en cette &#171; force qui peut &#224; la fois comprendre et supporter la Contradiction &#187;. &#171; Toutes choses sont contradictoires en elles-m&#234;mes &#187; &#8211; cette proposition, qui diff&#232;re si nettement des lois traditionnelles de l'identit&#233; et de la contradiction, exprime pour Hegel &#171; la v&#233;rit&#233; et l'essence des choses &#187;. &#171; La contradiction est la racine de tout mouvement et de toute vie &#187;, toute r&#233;alit&#233; est contradictoire. Le mouvement en particulier, le mouvement externe aussi bien que le mouvement propre, n'est rien d'autre qu'une &#171; contradiction existante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse h&#233;g&#233;lienne des D&#233;terminations de la r&#233;flexion marque le point o&#249; l'on peut voir la pens&#233;e dialectique briser le cadre de la philosophie id&#233;aliste qui l'utilise. Jusqu'ici, nous notons que la dialectique a abouti &#224; la conclusion que la r&#233;alit&#233; est de caract&#232;re contradictoire et une &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;. Aussi loin que nous ayons p&#233;n&#233;tr&#233; dans la logique h&#233;g&#233;lienne, la dialectique est apparue comme une loi ontologique universelle, qui affirme que toute existence suit son cours en devenant l'oppos&#233; d'elle-m&#234;me et produit l'identit&#233; de son &#234;tre en op&#233;rant par l'opposition. Mais une &#233;tude plus approfondie de la loi r&#233;v&#232;le des implications historiques qui font ressortir ses motivations fondamentalement critiques. Si l'essence des choses est le r&#233;sultat d'un tel processus, l'essence elle-m&#234;me est le produit d'un d&#233;veloppement concret, &#171; quelque chose qui est devenu [ein Gewordenes ].' Et l'impact de cette interpr&#233;tation historique &#233;branle les fondements de l'id&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se peut tr&#232;s bien que les antagonismes d&#233;velopp&#233;s de la soci&#233;t&#233; moderne aient pouss&#233; la philosophie &#224; proclamer que la contradiction &#233;tait &#171; la base fondamentale d&#233;finie de toute activit&#233; et de tout mouvement personnel &#187;. Une telle interpr&#233;tation est pleinement &#233;tay&#233;e par le traitement accord&#233; aux rapports sociaux d&#233;cisifs dans le syst&#232;me ant&#233;rieur de Hegel (par exemple, dans l'analyse du proc&#232;s de travail, la description du conflit entre l'int&#233;r&#234;t particulier et l'int&#233;r&#234;t commun, la tension entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233;). L&#224;, la reconnaissance du caract&#232;re contradictoire de la r&#233;alit&#233; sociale &#233;tait ant&#233;rieure &#224; l'&#233;laboration de la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de la dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tout cas, quand nous appliquons les D&#233;terminations de la R&#233;flexion aux r&#233;alit&#233;s historiques, nous sommes conduits presque n&#233;cessairement &#224; la th&#233;orie critique que le mat&#233;rialisme historique a d&#233;velopp&#233;e. Car, que signifient l'unit&#233; de l'identit&#233; et de la contradiction dans le contexte des formes et des forces sociales ? Dans ses termes ontologiques, cela signifie que l'&#233;tat de n&#233;gativit&#233; n'est pas une distorsion de la v&#233;ritable essence d'une chose, mais son essence m&#234;me. En termes socio-historiques, cela signifie qu'en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, la crise et l'effondrement ne sont pas des accidents et des perturbations externes, mais manifestent la nature m&#234;me des choses et fournissent donc la base sur laquelle l'essence du syst&#232;me social existant peut &#234;tre comprise. Cela signifie, en outre, que les potentialit&#233;s inh&#233;rentes aux hommes et aux choses ne peuvent se d&#233;ployer dans la soci&#233;t&#233; qu'&#224; travers la mort de l'ordre social dans lequel elles ont d'abord &#233;t&#233; glan&#233;es. Quand quelque chose se transforme en son contraire, dit Hegel, quand il se contredit, il exprime son essence. Lorsque, comme le dit Marx, l'id&#233;e et la pratique courantes de la justice et de l'&#233;galit&#233; conduisent &#224; l'injustice et &#224; l'in&#233;galit&#233;, lorsque le libre &#233;change d'&#233;quivalents produit l'exploitation d'une part et l'accumulation de richesses d'autre part, de telles contradictions sont &#233;galement essentielles. des relations sociales actuelles. La contradiction est le v&#233;ritable moteur du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Doctrine de l'Essence &#233;tablit ainsi les lois g&#233;n&#233;rales de la pens&#233;e comme des lois de destruction &#8211; destruction pour la v&#233;rit&#233;. La pens&#233;e s'installe ainsi comme le tribunal qui contredit les formes apparentes de la r&#233;alit&#233; au nom de leur v&#233;ritable contenu. L'essence, &#171; la v&#233;rit&#233; de l'&#202;tre &#187;, est d&#233;tenue par la pens&#233;e qui, &#224; son tour, est contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, cependant, la contradiction n'est pas la fin. L'essence, qui est le lieu de la contradiction, doit p&#233;rir et &#171; la contradiction se r&#233;sout &#187;. Elle se r&#233;sout dans la mesure o&#249; l'essence devient le fondement de l'existence. L'essence, en devenant le fondement des choses, passe &#224; l'existence. Le fondement d'une chose, pour Hegel, n'est rien d'autre que la totalit&#233; de son essence, mat&#233;rialis&#233;e dans les conditions et circonstances concr&#232;tes de l'existence. [Hegel explique cette relation dans son analyse de la Loi de Base. Sa discussion a un double but : (1) Elle montre l'Essence op&#233;rant dans l'existence r&#233;elle des choses ; et (2) elle annule la conception traditionnelle du Fond et d'une entit&#233; ou forme particuli&#232;re parmi d'autres. Hegel reconna&#238;t que le 'principe de raison suffisante [ou fondement]' implique la vision critique selon laquelle l'&#234;tre 'dans son imm&#233;diatet&#233; est d&#233;clar&#233; invalide et essentiellement quelque chose de pos&#233;'. Il tient pourtant. que la raison ou le fondement d'un &#234;tre particulier ne peut &#234;tre cherch&#233; dans un autre &#234;tre &#233;galement particulier.] L'essence est donc autant historique qu'ontologique. Les potentialit&#233;s essentielles des choses se r&#233;alisent dans le boiteux processus compr&#233;hensif qui fonde leur existence. L'essence peut &#171; r&#233;aliser &#187; son existence lorsque les potentialit&#233;s des choses ont m&#251;ri dans et &#224; travers les conditions de la r&#233;alit&#233;. Hegel d&#233;crit ce processus comme la transition vers l'actualit&#233;. que la raison ou le fondement d'un &#234;tre particulier ne peut &#234;tre cherch&#233; dans un autre &#234;tre &#233;galement particulier.] L'essence est donc autant historique qu'ontologique. Les potentialit&#233;s essentielles des choses se r&#233;alisent dans le boiteux processus compr&#233;hensif qui fonde leur existence. L'essence peut &#171; r&#233;aliser &#187; son existence lorsque les potentialit&#233;s des choses ont m&#251;ri dans et &#224; travers les conditions de la r&#233;alit&#233;. Hegel d&#233;crit ce processus comme la transition vers l'actualit&#233;. que la raison ou le fondement d'un &#234;tre particulier ne peut &#234;tre cherch&#233; dans un autre &#234;tre &#233;galement particulier.] L'essence est donc autant historique qu'ontologique. Les potentialit&#233;s essentielles des choses se r&#233;alisent dans le boiteux processus compr&#233;hensif qui fonde leur existence. L'essence peut &#171; r&#233;aliser &#187; son existence lorsque les potentialit&#233;s des choses ont m&#251;ri dans et &#224; travers les conditions de la r&#233;alit&#233;. Hegel d&#233;crit ce processus comme la transition vers l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'analyse pr&#233;c&#233;dente &#233;tait guid&#233;e par le fait que les potentialit&#233;s propres des choses ne peuvent pas &#234;tre r&#233;alis&#233;es dans les formes d'existence dominantes, l'analyse de l'actualit&#233; r&#233;v&#232;le la forme de r&#233;alit&#233; dans laquelle ces potentialit&#233;s sont venues &#224; l'existence. Les d&#233;terminations essentielles ne restent pas ici en dehors des choses, sous la forme de quelque chose qui devrait &#234;tre mais n'est pas, mais qui se mat&#233;rialisent maintenant dans leur totalit&#233;. Malgr&#233; cette avanc&#233;e g&#233;n&#233;rale incarn&#233;e par le concept d'actualit&#233;, Hegel d&#233;crit l'actualit&#233; comme un processus totalement impr&#233;gn&#233; de conflit entre possibilit&#233; et r&#233;alit&#233;. Le conflit, cependant, n'est plus une opposition entre des forces existantes et non encore existantes, mais entre deux formes de r&#233;alit&#233; antagonistes qui coexistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude attentive de l'actualit&#233; r&#233;v&#232;le que c'est la premi&#232;re contingence ( Zuf&#228;lligheit). Ce qui est n'est pas n&#233;cessairement ce qu'il est ; il peut &#233;galement exister sous une autre forme. Hegel ne se r&#233;f&#232;re pas &#224; une possibilit&#233; logique vide. La multitude de formes possibles n'est pas arbitraire. Il y a un rapport d&#233;fini entre le donn&#233; et le possible. Possible n'est que ce qui peut &#234;tre tir&#233; du contenu m&#234;me du r&#233;el. Nous sommes ici rappel&#233;s &#224; l'analyse faite pr&#233;c&#233;demment &#224; propos du concept de r&#233;alit&#233;. Le r&#233;el se montre antagoniste, scind&#233; en son &#234;tre et son devoir. Le r&#233;el contient la n&#233;gation de ce qu'il est imm&#233;diatement comme sa nature m&#234;me et ainsi &#171; contient... la Possibilit&#233; &#187;. La forme sous laquelle le r&#233;el existe imm&#233;diatement n'est qu'une &#233;tape du processus dans lequel il d&#233;ploie son contenu, ou la r&#233;alit&#233; donn&#233;e est &#171; &#233;quivalente &#224; la possibilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de r&#233;alit&#233; est ainsi devenu le concept de possibilit&#233;. Le r&#233;el n'est pas encore &#171; actuel &#187;, mais n'est d'abord que la possibilit&#233; d'un actuel. La simple possibilit&#233; appartient au caract&#232;re m&#234;me de la r&#233;alit&#233; ; elle n'est pas impos&#233;e par un acte sp&#233;culatif arbitraire. Le possible et le r&#233;el sont dans une relation dialectique qui exige une condition sp&#233;ciale pour &#234;tre op&#233;ratoire, et cette condition doit en &#234;tre une en fait. Par exemple, si les relations existantes au sein d'un syst&#232;me social donn&#233; sont injustes et inhumaines, elles ne sont pas compens&#233;es par d'autres possibilit&#233;s r&#233;alisables &#224; moins que ces autres possibilit&#233;s ne se manifestent &#233;galement comme ayant leurs racines dans ce syst&#232;me. Ils doivent y &#234;tre pr&#233;sents, par exemple, sous la forme d'une richesse &#233;vidente de forces productives, d'un d&#233;veloppement des besoins et des d&#233;sirs mat&#233;riels des hommes, de leur culture avanc&#233;e, leur maturit&#233; sociale et politique, etc. Dans un tel cas, les possibilit&#233;s ne sont pas seulement r&#233;elles, mais repr&#233;sentent le v&#233;ritable contenu du syst&#232;me social par rapport &#224; sa forme imm&#233;diate d'existence. Ils sont donc une r&#233;alit&#233; encore plus r&#233;elle que le donn&#233;. On peut dire dans un tel cas que &#171; la possibilit&#233; est la r&#233;alit&#233; &#187;, et que le concept de possible est redevenu le concept de r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la possibilit&#233; peut-elle &#234;tre r&#233;alit&#233; ? Le possible doit &#234;tre r&#233;el au sens strict o&#249; il doit exister. En fait, le mode de son existence a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; montr&#233;. Il existe comme la r&#233;alit&#233; donn&#233;e elle-m&#234;me prise comme quelque chose qui doit &#234;tre ni&#233;e et transform&#233;e. En d'autres termes, le possible est la r&#233;alit&#233; donn&#233;e con&#231;ue comme la &#171; condition &#187; d'une autre r&#233;alit&#233;. La totalit&#233; des formes d'existence donn&#233;es ne vaut que comme condition d'autres formes d'existence. C'est le concept de possibilit&#233; r&#233;elle de Hegel, pr&#233;sent&#233; comme une tendance et une force historiques concr&#232;tes, de mani&#232;re &#224; exclure d&#233;finitivement son utilisation comme refuge id&#233;aliste contre la r&#233;alit&#233;. La c&#233;l&#232;bre proposition de Hegel selon laquelle &#171; le fait [ die Sache] est avant qu'il n'existe &#187; peut maintenant &#234;tre donn&#233; son sens strict. Avant d'exister, le fait &#171; est &#187; sous la forme d'une condition dans la constellation des donn&#233;es existantes. L'&#233;tat de choses existant n'est qu'une simple condition pour une autre constellation de faits, qui font fructifier les potentialit&#233;s inh&#233;rentes au donn&#233;. &#171; Quand toutes les conditions d'un fait sont r&#233;unies, il entre dans l'existence. Et &#224; un tel moment, aussi, la r&#233;alit&#233; donn&#233;e est une r&#233;elle possibilit&#233; de transformation en une autre r&#233;alit&#233;. 'La possibilit&#233; r&#233;elle d'un cas [ einer Sache] est la multiplicit&#233; existante des circonstances qui s'y rapportent. Revenons &#224; notre cas d'un syst&#232;me social non encore r&#233;alis&#233;. Un tel nouveau syst&#232;me est r&#233;ellement possible si les conditions pour lui sont r&#233;unies dans l'ancien, c'est-&#224;-dire si la forme sociale ant&#233;rieure poss&#232;de effectivement un contenu qui tend vers le nouveau syst&#232;me quant &#224; sa r&#233;alisation. Les circonstances qui existent dans l'ancienne forme ne sont donc pas con&#231;ues comme vraies et ind&#233;pendantes en elles-m&#234;mes, mais comme de simples conditions d'un autre &#233;tat de choses qui implique la n&#233;gation des premi&#232;res. &#171; Ainsi la Possibilit&#233; R&#233;elle constitue la totalit&#233; des conditions ; une Actualit&#233;... qui est l'&#234;tre-en-soi d'un Autre... &#187; Le concept de possibilit&#233; r&#233;elle d&#233;veloppe ainsi sa critique de la position positiviste &#224; partir de la nature des faits eux-m&#234;mes. Les faits ne sont des faits que s'ils sont li&#233;s &#224; ce qui n'est pas encore un fait et se manifeste pourtant dans les faits donn&#233;s comme une possibilit&#233; r&#233;elle. Ou bien, les faits ne sont ce qu'ils sont que comme des moments d'un processus qui m&#232;ne au-del&#224; d'eux &#224; ce qui n'est pas encore accompli en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de &#171; mener au-del&#224; &#187; est une tendance objective immanente aux faits tels qu'ils sont donn&#233;s. C'est une activit&#233; non pas en pens&#233;e mais en r&#233;alit&#233;, l'activit&#233; propre de r&#233;alisation de soi. Car la r&#233;alit&#233; donn&#233;e contient les possibilit&#233;s r&#233;elles comme son contenu, &#171; contient une dualit&#233; en elle-m&#234;me &#187;, et est en elle-m&#234;me &#171; r&#233;alit&#233; et possibilit&#233; &#187;. Dans sa totalit&#233; comme dans chacun de ses aspects et relations, son contenu est envelopp&#233; d'une insuffisance telle que seule sa destruction peut convertir ses possibilit&#233;s en r&#233;alit&#233;s. &#034;Les multiples formes d'existence sont en elles-m&#234;mes autotranscendance et destruction, et sont donc d&#233;termin&#233;es en elles-m&#234;mes comme une simple possibilit&#233;.&#034; Le processus de destruction des formes existantes et de leur remplacement par de nouvelles lib&#232;re leur contenu et leur permet de gagner leur &#233;tat actuel. Le processus par lequel un ordre donn&#233; de r&#233;alit&#233; p&#233;rit et aboutit &#224; un autre n'est donc rien d'autre que le devenir de l'ancienne r&#233;alit&#233;. C'est le &#171; retour &#187; de la r&#233;alit&#233; &#224; elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; sa vraie forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu d'une r&#233;alit&#233; donn&#233;e porte en germe sa transformation en une nouvelle forme, et sa transformation est un &#171; processus de n&#233;cessit&#233; &#187;, en ce sens qu'elle est la seule mani&#232;re par laquelle un r&#233;el contingent devient actuel. L'interpr&#233;tation dialectique de l'actualit&#233; supprime l'opposition traditionnelle entre contingence, possibilit&#233; et n&#233;cessit&#233;, et les int&#232;gre toutes comme des moments d'un processus global. La n&#233;cessit&#233; pr&#233;suppose une r&#233;alit&#233; qui est contingente, c'est-&#224;-dire qui, dans sa forme dominante, rec&#232;le des possibilit&#233;s qui ne se r&#233;alisent pas. La n&#233;cessit&#233; est le processus par lequel cette r&#233;alit&#233; contingente atteint sa forme ad&#233;quate. Hegel appelle cela le processus de l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une compr&#233;hension de la distinction entre r&#233;alit&#233; et actualit&#233;, la philosophie de Hegel n'a pas de sens dans ses principes d&#233;cisifs. Nous avons mentionn&#233; que Hegel n'a pas d&#233;clar&#233; que la r&#233;alit&#233; est rationnelle (ou raisonnable), mais a r&#233;serv&#233; cet attribut &#224; une forme d&#233;finie de r&#233;alit&#233;, &#224; savoir l'actualit&#233;. Et la r&#233;alit&#233; qui est actuelle est celle o&#249; l'&#233;cart entre le possible et le r&#233;el a &#233;t&#233; surmont&#233;. Sa r&#233;alisation se produit &#224; travers un processus de changement, la r&#233;alit&#233; donn&#233;e avan&#231;ant conform&#233;ment aux possibilit&#233;s qui s'y manifestent. Puisque le nouveau est donc la v&#233;rit&#233; lib&#233;r&#233;e de l'ancien, l'actualit&#233; est la &#171; simple unit&#233; positive &#187; de ces &#233;l&#233;ments qui avaient exist&#233; dans la d&#233;sunion au sein de l'ancien ; c'est l'unit&#233; du possible et du r&#233;el qui, dans le processus de transformation, &#171; ne revient qu'&#224; soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute pr&#233;tendue diff&#233;rence entre diverses formes de l'actuel n'est qu'apparente, parce que l'actualit&#233; se d&#233;veloppe sous toutes les formes. Une r&#233;alit&#233; est actuelle si elle se conserve et se perp&#233;tue &#224; travers la n&#233;gation absolue de toutes les contingences, c'est-&#224;-dire si toutes ses formes et &#233;tapes diverses ne sont que la manifestation lucide de son contenu v&#233;ritable. Dans une telle r&#233;alit&#233;, l'opposition entre contingence et n&#233;cessit&#233; est d&#233;pass&#233;e. Son processus est n&#233;cessairement , car il suit la loi inh&#233;rente &#224; sa propre nature et reste le m&#234;me dans toutes les conditions. En m&#234;me temps, cette n&#233;cessit&#233; est libert&#233;parce que le processus n'est pas d&#233;termin&#233; de l'ext&#233;rieur, par des forces ext&#233;rieures, mais, au sens strict, est un auto-d&#233;veloppement ; toutes les conditions sont saisies et &#171; pos&#233;es &#187; par le r&#233;el en d&#233;veloppement lui-m&#234;me. L'actualit&#233; est ainsi le titre de l'unit&#233; finale de l'&#234;tre qui n'est plus sujette au changement, parce qu'elle exerce un pouvoir autonome sur tout changement &#8211; &#8203;&#8203;non pas la simple identit&#233; mais &#171; l'identit&#233; &#224; soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle identit&#233; ne peut &#234;tre atteinte que par le biais de la conscience de soi et de la cognition. Car seul un &#234;tre qui a la facult&#233; de conna&#238;tre ses propres possibilit&#233;s et celles de son monde peut transformer tout &#233;tat d'existence donn&#233; en condition de sa libre r&#233;alisation. La vraie r&#233;alit&#233; pr&#233;suppose la libert&#233;, et la libert&#233; pr&#233;suppose la connaissance de la v&#233;rit&#233;. La vraie r&#233;alit&#233; doit donc &#234;tre comprise comme la r&#233;alisation d'un sujet connaissant. L'analyse h&#233;g&#233;lienne de l'actualit&#233; conduit ainsi &#224; l'id&#233;e du sujet comme le v&#233;ritable effectif de toute r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons atteint le point o&#249; la logique objective se transforme en logique subjective, ou, o&#249; la subjectivit&#233; &#233;merge comme la vraie forme d'objectivit&#233;. On peut r&#233;sumer l'analyse de Hegel dans le sch&#233;ma suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233; exige la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La libert&#233; exige la conscience de soi et la connaissance de la v&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conscience de soi et la connaissance de la v&#233;rit&#233; sont les &#233;l&#233;ments essentiels du sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233; doit &#234;tre con&#231;ue comme sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter que la cat&#233;gorie logique &#171; sujet &#187; ne d&#233;signe pas une forme particuli&#232;re de subjectivit&#233; (telle que l'homme) mais une structure g&#233;n&#233;rale qui pourrait &#234;tre mieux caract&#233;ris&#233;e par le concept &#171; esprit &#187;. Le sujet d&#233;signe un universel qui s'individualise, et si l'on veut penser &#224; un exemple concret, on peut d&#233;signer &#171; l'esprit &#187; d'une &#233;poque historique. Si nous avons compris une telle &#233;poque, si nous avons saisi sa notion, nous verrons un principe universel qui se d&#233;veloppe, par l'action consciente des individus, dans toutes les institutions, tous les faits et toutes les relations en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de sujet, cependant, n'est pas la derni&#232;re &#233;tape de l'analyse de Hegel. Il proc&#232;de maintenant &#224; la d&#233;monstration que le sujet est la notion. Il a montr&#233; que la libert&#233; du sujet consiste dans sa facult&#233; de comprendre ce qui est. Autrement dit, la libert&#233; tire son contenu de la connaissance de la v&#233;rit&#233;. Mais la forme sous laquelle la v&#233;rit&#233; est tenue est la notion.La libert&#233; n'est en derni&#232;re analyse pas un attribut du sujet pensant en tant que tel, mais de la v&#233;rit&#233; que ce sujet d&#233;tient et manie. La libert&#233; est donc un attribut de la notion, et la vraie forme de r&#233;alit&#233; dans laquelle se r&#233;alise l'essence de l'&#234;tre est la notion. La notion &#171; n'existe &#187; cependant que chez le sujet pensant. &#034;La Notion, dans la mesure o&#249; elle a avanc&#233; dans une existence telle qu'elle est libre en elle-m&#234;me, n'est que l'Ego, ou la pure conscience de soi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;trange identification h&#233;g&#233;lienne de la notion et du moi ou sujet ne peut &#234;tre comprise que si l'on garde &#224; l'esprit qu'il consid&#232;re la notion comme l'activit&#233; de comprendre ( Begreifen ) plut&#244;t que sa forme logique abstraite ou son r&#233;sultat ( Begriff ) . Cela nous rappelle la logique transcendantale de Kant dans laquelle les concepts les plus &#233;lev&#233;s de la pens&#233;e sont trait&#233;s comme des actes cr&#233;ateurs de l'ego sans cesse renouvel&#233;s dans le processus de connaissance. Au lieu de nous attarder sur l'&#233;laboration h&#233;g&#233;lienne de ce point, nous tenterons de d&#233;velopper certaines des implications de son concept de la notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, la notion est l'activit&#233; du sujet et, en tant que telle, la v&#233;ritable forme de la r&#233;alit&#233;. D'autre part, le sujet est caract&#233;ris&#233; par la libert&#233;, de sorte que la Doctrine de la notion de Hegel d&#233;veloppe r&#233;ellement les cat&#233;gories de la libert&#233;. Celles-ci appr&#233;hendent le monde tel qu'il appara&#238;t lorsque la pens&#233;e s'est lib&#233;r&#233;e du pouvoir d'une r&#233;alit&#233; &#171; r&#233;ifi&#233;e &#187;, lorsque le sujet est apparu comme la &#171; substance &#187; de l'&#234;tre. Une telle pens&#233;e lib&#233;r&#233;e a finalement surmont&#233; la s&#233;paration traditionnelle des formes logiques de leur contenu. L'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de la notion renverse la relation ordinaire entre la pens&#233;e et la r&#233;alit&#233; et devient la pierre angulaire de la philosophie en tant que th&#233;orie critique. Selon la pens&#233;e du sens commun, la connaissance devient d'autant plus irr&#233;elle qu'elle fait abstraction de la r&#233;alit&#233;. Pour Hegel, c'est le contraire qui est vrai. L'abstraction de la r&#233;alit&#233;, qu'exige la formation de la notion, rend la notion non pas plus pauvre mais plus riche que la r&#233;alit&#233;, parce qu'elle conduit des faits &#224; leur contenu essentiel. La v&#233;rit&#233; ne peut &#234;tre tir&#233;e des faits tant que le sujet ne vit pas encore en eux mais s'y oppose. Le monde des faits n'est pas rationnel mais doit &#234;treapport&#233;&#224; la raison, c'est-&#224;-dire &#224; une forme dans laquelle la r&#233;alit&#233; correspond effectivement &#224; la v&#233;rit&#233;. Tant que cela n'a pas &#233;t&#233; accompli, la v&#233;rit&#233; repose sur la notion abstraite et non sur la r&#233;alit&#233; concr&#232;te. La t&#226;che de l'abstraction consiste dans &#171; la transcendance et la r&#233;duction de la r&#233;alit&#233; [comme de la simple apparence] &#224; l'essentiel, qui se manifeste dans la seule notion &#187;. Avec la formation de la notion, l'abstraction ne d&#233;serte pas, mais conduit &#224; l'actualit&#233;. Ce que sont r&#233;ellement la nature et l'histoire ne se trouvera pas dans les faits dominants ; le monde n'est pas si harmonieux. La connaissance philosophique est ainsi oppos&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233;, et cette opposition s'exprime dans le caract&#232;re abstrait des notions philosophiques. &#034;La philosophie n'est pas cens&#233;e &#234;tre un r&#233;cit de ce qui se passe, mais une connaissance de ce qui est vrai dans les &#233;v&#233;nements,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance philosophique n'est cependant sup&#233;rieure &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la science que dans la mesure o&#249; ses notions contiennent ce rapport &#224; la v&#233;rit&#233; que Hegel n'accorde qu'aux notions dialectiques. Le simple d&#233;passement des faits ne distingue pas la connaissance dialectique de la science positiviste. Ce dernier, lui aussi, va au-del&#224; des faits ; il obtient des lois, fait des pr&#233;dictions, etc. Cependant, avec tout l'appareil de sa proc&#233;dure, la science positiviste reste dans les r&#233;alit&#233;s donn&#233;es ; l'avenir qu'il pr&#233;dit, m&#234;me les changements de forme auxquels il conduit ne s'&#233;cartent jamais du donn&#233;. La forme et le contenu des concepts scientifiques restent li&#233;s &#224; l'ordre des choses en vigueur ; ils ont un caract&#232;re statique m&#234;me lorsqu'ils expriment un mouvement et un changement. La science positiviste travaille aussi avec des concepts abstraits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'abstraction qui aboutit &#224; la notion dialectique est tout autre. Ici, l'abstraction est la r&#233;duction des diverses formes et relations de la r&#233;alit&#233; au processus r&#233;el dans lequel elles se constituent. Le changeant et le particulier sont ici aussi importants que le commun et le durable. L'universalit&#233; de la notion dialectique n'est pas la somme fixe et stable de caract&#232;res abstraits, mais une totalit&#233; concr&#232;te qui &#233;volue elle-m&#234;me des diff&#233;rences particuli&#232;res de tous les faits qui appartiennent &#224; cette totalit&#233;. La notion contient non seulement tous les faits dont la r&#233;alit&#233; est compos&#233;e, mais aussi les processus dans lesquels ces faits se d&#233;veloppent et se dissolvent. La notion &#233;tablit ainsi &#171; le principede ses distinctions &#187; ; les divers faits que la notion comprend doivent &#234;tre pr&#233;sent&#233;s comme des &#171; distinctions internes &#187; de la notion elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode dialectique d&#233;rive toutes les d&#233;terminations concr&#232;tes d'un principe compr&#233;hensif, qui est le principe du d&#233;veloppement effectif de l'objet lui-m&#234;me. Les divers &#233;tats, qualit&#233;s et conditions de l'objet doivent appara&#238;tre comme son propre contenu positif d&#233;ploy&#233;. Rien ne peut &#234;tre ajout&#233; de l'ext&#233;rieur (un fait donn&#233;, par exemple). Le d&#233;veloppement dialectique n'est pas &#171; l'activit&#233; externe de la pens&#233;e subjective &#187;, mais l'histoire objective du r&#233;el lui-m&#234;me. Hegel peut d&#232;s lors dire qu'en philosophie dialectique ce n'est &#171; pas nous qui forgeons les notions &#187;, mais que leur formation est plut&#244;t un d&#233;veloppement objectif que nous ne faisons que reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'exemple plus ad&#233;quat de la formation de la notion dialectique que le concept de capitalisme de Marx. tout comme Hegel, conform&#233;ment &#224; la doctrine selon laquelle la notion est une totalit&#233; antagoniste, d&#233;clare qu'il est &#171; impossible et absurde de formuler la v&#233;rit&#233; sous des formes telles que le jugement positif ou le jugement en g&#233;n&#233;ral &#187;, Marx, lui aussi, r&#233;pudie toute d&#233;finition qui fixe la v&#233;rit&#233;. dans un ensemble final de propositions. Le concept de capitalisme n'est rien de moins que la totalit&#233; du processus capitaliste, compris dans le &#171; principe &#187; selon lequel il progresse. La notion de capitalisme part de la s&#233;paration des producteurs r&#233;els des moyens de production, aboutissant &#224; l'&#233;tablissement du travail libre et &#224; l'appropriation de la plus-value, ce qui, avec le d&#233;veloppement de la technologie, entra&#238;ne l'accumulation et la centralisation du capital, la baisse progressive du taux de profit et l'effondrement de tout le syst&#232;me. La notion de capitalisme n'est pas moins que les trois tomes deCapital , tout comme la notion h&#233;g&#233;lienne de la notion comprend les trois livres de sa Science de la logique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la notion constitue une &#171; totalit&#233; n&#233;gative &#187;, qui n'&#233;volue qu'en vertu de ses forces contradictoires. Les aspects n&#233;gatifs de la r&#233;alit&#233; ne sont donc pas des &#171; perturbations &#187; ou des points faibles dans un ensemble harmonieux, mais les conditions m&#234;mes qui exposent la structure et les tendances de la r&#233;alit&#233;. L'extraordinaire importance de cette m&#233;thode devient tout &#224; fait claire si l'on consid&#232;re la mani&#232;re dont Marx concevait la crise comme un moment mat&#233;riel du syst&#232;me capitaliste, de sorte que ce moment &#171; n&#233;gatif &#187; est l'accomplissement du principe de ce syst&#232;me. Les crises sont des &#233;tapes n&#233;cessaires &#224; &#171; l'auto-diff&#233;renciation &#187; du capitalisme, et le syst&#232;me r&#233;v&#232;le son v&#233;ritable contenu par l'acte n&#233;gatif de l'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion pr&#233;sente une totalit&#233; objective dans laquelle chaque moment particulier appara&#238;t comme &#171; l'auto-diff&#233;renciation &#187; de l'universel (le principe qui gouverne la totalit&#233;) et est donc lui-m&#234;me universel. C'est-&#224;-dire que chaque moment particulier contient, comme son contenu m&#234;me, le tout, et doit &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme le tout. Pour l'explication, renvoyons-nous encore au domaine dans lequel la logique dialectique s'est &#233;panouie, la th&#233;orie de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique dialectique soutient que chaque contenu particulier est form&#233; par le principe universel qui d&#233;termine le mouvement de l'ensemble. Une seule relation humaine, par exemple celle entre un p&#232;re et son enfant, est constitu&#233;e par les relations fondamentales qui r&#233;gissent le syst&#232;me social. L'autorit&#233; du p&#232;re est &#233;tay&#233;e par le fait qu'il est le pourvoyeur de la famille ; les instincts &#233;go&#239;stes de la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive entrent dans son amour. L'image de son p&#232;re accompagne l'adulte et guide sa soumission aux pouvoirs qui r&#233;gissent son existence sociale. L'intimit&#233; de la relation familiale s'ouvre ainsi et d&#233;bouche sur les relations sociales dominantes de sorte que la relation priv&#233;e elle-m&#234;me d&#233;ploie son propre contenu social. Ce d&#233;veloppement proc&#232;de selon le principe de la &#171; n&#233;gation d&#233;termin&#233;e &#187;. C'est-&#224;-dire, le rapport familial produit sa contradiction qui d&#233;truit son contenu originel, et cette contradiction, bien que dissolvant la famille, remplit sa fonction actuelle. Le particulier est l'universel, de sorte que le contenu sp&#233;cifique se transforme directement en contenu universel &#224; travers le processus de son existence concr&#232;te. L&#224; encore, la logique dialectique reproduit la structure d'une forme historique de r&#233;alit&#233; dans laquelle le processus social dissout toute sph&#232;re d&#233;limit&#233;e et stable de la vie dans la dynamique &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de sa relation intrins&#232;que &#224; tout autre moment particulier de l'ensemble, le contenu et la fonction de chaque aspect donn&#233; changent avec chaque changement de l'ensemble. Isoler et fixer les moments particuliers est donc impossible. Le gouffre infranchissable pr&#233;tendu exister entre les math&#233;matiques et la th&#233;orie dialectique repose sur ce point ; c'est pourquoi toute tentative d'encadrer la v&#233;rit&#233; sous des formes math&#233;matiques la d&#233;truit in&#233;vitablement. Car les objets math&#233;matiques &#171; ont la particularit&#233;... d'&#234;tre ext&#233;rieurs les uns aux autres et d'avoir une d&#233;termination fixe. Maintenant, si les notions sont prises de cette mani&#232;re, de sorte qu'elles correspondent &#224; de tels symboles [math&#233;matiques], alors elles cessent d'&#234;tre des notions. Leurs d&#233;terminations ne sont pas des mati&#232;res aussi mortes que les nombres et les lignes... . ce sont des mouvements vivants ; la d&#233;terminit&#233; diff&#233;rente d'un c&#244;t&#233; est aussi imm&#233;diatement interne &#224; l'autre ; et ce qui serait une compl&#232;te contradiction avec les nombres et les lignes est essentiel &#224; la nature de la Notion. La notion, seule forme ad&#233;quate de la v&#233;rit&#233;, &#171; ne peut essentiellement &#234;tre appr&#233;hend&#233;e que par l'Esprit... C'est en vain qu'on essaie de la fixer au moyen de figures spatiales et de symboles alg&#233;briques aux fins de l'&#339;il ext&#233;rieur et d'un traitement ou d'un calcul m&#233;canique sans notion.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la doctrine de la notion est parfaitement &#171; r&#233;aliste &#187; si elle est comprise et ex&#233;cut&#233;e comme une th&#233;orie historique. Mais, comme nous l'avons d&#233;j&#224; laiss&#233; entendre, Hegel tend &#224; dissoudre l'&#233;l&#233;ment de la pratique historique et &#224; le remplacer par la r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante de la pens&#233;e. La multitude des notions particuli&#232;res finit par converger dans la notion, qui devient l'unique contenu de toute la Logique. Cette tendance pourrait encore se concilier avec une interpr&#233;tation historique si l'on consid&#232;re la notion comme repr&#233;sentant la p&#233;n&#233;tration finale du monde par la raison. La r&#233;alisation de la notion signifierait alors la ma&#238;trise universelle, exerc&#233;e par des hommes ayant une organisation sociale rationnelle, sur la nature &#8211; un monde qui pourrait bien &#234;tre imagin&#233; comme la r&#233;alisation de la notion de toutes choses. Une telle conception historique est maintenue vivante dans la philosophie de Hegel, mais il est constamment submerg&#233; par les conceptions ontologiques de l'id&#233;alisme absolu. C'est finalement &#224; cette derni&#232;re que se termine la Science de la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas suivre la Doctrine de la Notion au-del&#224; du point que nous avons atteint. Au lieu d'une esquisse br&#232;ve et n&#233;cessairement inad&#233;quate de la Logique subjective, nous avons choisi de tenter une interpr&#233;tation grossi&#232;re de ses derniers paragraphes. Ils fournissent la fameuse transition de la Logique &#224; la Philosophie de la Nature et de l'Esprit , et ferment ainsi toute la gamme du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d&#233;signe la forme g&#233;n&#233;rale de tout &#234;tre, et, en m&#234;me temps, l'&#234;tre vrai qui repr&#233;sente ad&#233;quatement cette forme, &#224; savoir le sujet libre. Le sujet existe, encore une fois, dans un mouvement des modes inf&#233;rieurs vers les modes sup&#233;rieurs de r&#233;alisation de soi. Hegel appelle l'id&#233;e la forme la plus &#233;lev&#233;e de cette r&#233;alisation de soi. Depuis Platon, l'id&#233;e a signifi&#233; l'image des v&#233;ritables potentialit&#233;s des choses contre la r&#233;alit&#233; apparente. C'&#233;tait &#224; l'origine un concept critique, comme le concept d'essence, d&#233;non&#231;ant la s&#233;curit&#233; du sens commun dans un monde trop volontiers satisfait de la forme sous laquelle les choses apparaissent imm&#233;diatement. La proposition selon laquelle l'&#234;tre v&#233;ritable est l'id&#233;e et non la r&#233;alit&#233; contient donc un paradoxe intentionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hegel, qui ne connaissait aucun domaine de v&#233;rit&#233; au-del&#224; du monde, l'id&#233;e est actuelle et la t&#226;che de l'homme est de vivre dans son actualit&#233;. L'id&#233;e existe en tant que cognition et vie. Les termes n'offriront plus de difficult&#233;s ; depuis les premiers &#233;crits de Hegel, la vie a repr&#233;sent&#233; la forme r&#233;elle de l'&#234;tre v&#233;ritable. Il repr&#233;sente le mode d'existence qu'un sujet, par la n&#233;gation consciente de toute alt&#233;rit&#233;, a fait &#339;uvre libre. De plus, la vie ne peut &#234;tre une &#339;uvre aussi libre qu'en vertu de la cognition, puisque le sujet a besoin du pouvoir de la pens&#233;e conceptuelle pour disposer des potentialit&#233;s des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment de pratique est toujours retenu dans les derni&#232;res sections de la Logique. La forme ad&#233;quate de l'id&#233;e est appel&#233;e l'unit&#233; de la connaissance et de l'action, ou &#171; l'identit&#233; de l'id&#233;e th&#233;orique et de l'id&#233;e pratique &#187;. Hegel d&#233;clare express&#233;ment que l'id&#233;e pratique, la r&#233;alisation du &#034;Bien&#034; qui modifie la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, est &#034;plus &#233;lev&#233;e que l'Id&#233;e de Cognition, ... car elle a non seulement la dignit&#233; de l'universel mais aussi celle du simple r&#233;el&#034;. '&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont Hegel d&#233;montre cette unit&#233; montre cependant qu'il a op&#233;r&#233; une transformation d&#233;finitive de l'histoire en ontologie. L'&#234;tre v&#233;ritable est con&#231;u comme un &#234;tre parfaitement libre. La libert&#233; parfaite, selon Hegel, exige que le sujet comprenne tous les objets, de sorte que leur objectivit&#233; ind&#233;pendante soit surmont&#233;e. Le monde objectif devient alors le support de l'auto-r&#233;alisation du sujet, qui conna&#238;t toute r&#233;alit&#233; comme sienne et n'a d'autre objet que lui-m&#234;me. Tant que la cognition et l'action ont encore un objet ext&#233;rieur non encore ma&#238;tris&#233; et donc &#233;tranger et hostile au sujet, le sujet n'est pas libre. L'action est toujours dirig&#233;e contre un monde hostile et, puisqu'elle implique l'existence d'un tel monde hostile, l'action restreint essentiellement la libert&#233; du sujet. Seule pens&#233;e, pure pens&#233;e, r&#233;pond aux exigences de la libert&#233; parfaite, car la pens&#233;e &#171; pensant &#187; elle-m&#234;me est tout enti&#232;re pour elle-m&#234;me dans son alt&#233;rit&#233; ; il n'a d'autre objet que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-nous l'affirmation de Hegel selon laquelle &#171; toute philosophie est un id&#233;alisme &#187;. Nous pouvons maintenant comprendre le c&#244;t&#233; critique de l'id&#233;alisme, qui justifie cette affirmation. Il y a cependant un autre aspect de l'id&#233;alisme qui le rattache &#224; la r&#233;alit&#233; que ses tendances critiques s'efforcent de surmonter. D&#232;s leur origine, les concepts de base de l'id&#233;alisme refl&#232;tent une s&#233;paration sociale de la sph&#232;re intellectuelle de la sph&#232;re de la production mat&#233;rielle. Leur contenu et leur validit&#233; tiennent au pouvoir et aux facult&#233;s d'une &#171; classe des loisirs &#187;, qui devient gardienne de l'id&#233;e du fait qu'elle n'est pas astreinte &#224; travailler &#224; la reproduction mat&#233;rielle de la soci&#233;t&#233;. Car, son statut d'exception a lib&#233;r&#233; cette classe des relations inhumaines que la reproduction mat&#233;rielle cr&#233;ait, et l'a rendue capable de les transcender.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu que Hegel protestait contre ce courant de la philosophie, le consid&#233;rant comme l'abdication compl&#232;te de la raison. Il parlait du pouvoir r&#233;el de la raison et de la mat&#233;rialisation concr&#232;te de la libert&#233;. Mais il &#233;tait effray&#233; par les forces sociales qui avaient entrepris cette t&#226;che. La R&#233;volution fran&#231;aise avait de nouveau montr&#233; que la soci&#233;t&#233; moderne &#233;tait un syst&#232;me d'antagonismes irr&#233;conciliables. Hegel reconnaissait que les relations de la soci&#233;t&#233; civile ne pouvaient, en raison du mode de travail particulier sur lequel elles &#233;taient fond&#233;es, ne jamais assurer la libert&#233; parfaite et la raison parfaite. Dans cette soci&#233;t&#233;, l'homme restait soumis aux lois d'une &#233;conomie non ma&#238;tris&#233;e, et devait &#234;tre apprivois&#233; par un &#201;tat fort, capable de faire face aux contradictions sociales. La v&#233;rit&#233; finale devait donc &#234;tre recherch&#233;e dans une autre sph&#232;re de la r&#233;alit&#233;. La philosophie politique de Hegel &#233;tait enti&#232;rement r&#233;gie par cette conviction. La Logique porte aussi la marque de la r&#233;signation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la raison et la libert&#233; sont les crit&#232;res de l'&#234;tre v&#233;ritable, et que la r&#233;alit&#233; dans laquelle elles se mat&#233;rialisent est entach&#233;e d'irrationalit&#233; et d'asservissement, elles doivent &#224; nouveau se reposer dans l'id&#233;e. La connaissance devient ainsi plus qu'une action, et la connaissance, la connaissance de la philosophie, se rapproche de la v&#233;rit&#233; plus que ne le fait la pratique sociale et politique. Bien que Hegel dise que le stade de d&#233;veloppement historique atteint &#224; son &#233;poque r&#233;v&#232;le que l'id&#233;e est devenue r&#233;elle, elle &#171; existe &#187; en tant que monde compris, pr&#233;sent dans la pens&#233;e., comme le &#171; syst&#232;me de la science &#187;. Cette connaissance n'est plus individuelle, mais a la &#171; dignit&#233; &#187; de &#171; l'universel &#187;. L'humanit&#233; a pris conscience du monde comme raison, des vraies formes de tout ce qu'elle est capable de r&#233;aliser. Purifi&#233; comme il l'est des scories de l'existence, ce syst&#232;me scientifique est la v&#233;rit&#233; sans d&#233;faut, l'id&#233;e absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e absolue ne s'ajoute pas aux r&#233;sultats de l'analyse pr&#233;c&#233;dente en tant qu'entit&#233; supr&#234;me s&#233;par&#233;e. C'est dans son contenu, la totalit&#233; des concepts que la Logiques'est d&#233;ploy&#233;e, et dans sa forme la &#171; m&#233;thode &#187; qui d&#233;veloppe cette totalit&#233;. &#171; Parler de l'id&#233;e absolue peut sugg&#233;rer la conception que nous atteignons enfin la bonne chose et la somme de toute la mati&#232;re. Il est certainement possible de se livrer &#224; une grande quantit&#233; de d&#233;clamations insens&#233;es sur l'id&#233;e absolue. Mais son v&#233;ritable contenu n'est que l'ensemble du syst&#232;me dont nous avons jusqu'ici &#233;tudi&#233; le d&#233;veloppement. Par cons&#233;quent, le chapitre de Hegel sur l'Id&#233;e absolue nous donne une derni&#232;re d&#233;monstration compl&#232;te de la m&#233;thode dialectique. Ici encore, il se pr&#233;sente comme le processus objectif de l'&#234;tre, qui ne se conserve qu'&#224; travers les diff&#233;rents modes de la &#171; n&#233;gation de la n&#233;gation &#187;. C'est cette dynamique qui finalement d&#233;place l'id&#233;e absolue et fait la transition de la Logique &#224; laPhilosophie de la nature et de l'esprit. L'id&#233;e absolue est la v&#233;ritable notion de la r&#233;alit&#233; et, en tant que telle, la forme la plus &#233;lev&#233;e de la connaissance. C'est en quelque sorte la pens&#233;e dialectique, d&#233;ploy&#233;e dans sa totalit&#233;. Cependant, c'est une pens&#233;e dialectique et elle contient donc sa n&#233;gation ; ce n'est pas une forme harmonieuse et stable mais un processus d'unification des contraires. Il n'est complet que dans son alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e absolue est le sujet sous sa forme finale, la pens&#233;e. Son alt&#233;rit&#233; et n&#233;gation est l' objet , l'&#234;tre. L'id&#233;e absolue doit maintenant &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme &#234;tre objectif. La Logique de Hegel s'arr&#234;te donc l&#224; o&#249; elle a commenc&#233;, avec la cat&#233;gorie de l'&#234;tre. Ceci, cependant, est un &#234;tre diff&#233;rent qui ne peut plus &#234;tre expliqu&#233; par les concepts appliqu&#233;s dans l'analyse qui a ouvert la Logique. Car l'&#234;tre maintenant est compris dans sa notion, c'est-&#224;-dire comme une totalit&#233; concr&#232;te dans laquelle toutes les formes particuli&#232;res subsistent en tant que distinctions et relations essentielles d'un principe compr&#233;hensif. Ainsi compris, l'&#234;tre est nature , et la pens&#233;e dialectique passe &#224; la philosophie de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet expos&#233; ne couvre qu'un aspect de la transition. Le d&#233;passement de la Logique n'est pas seulement le passage m&#233;thodologique d'une science (la Logique) &#224; une autre (la Philosophie de la Nature), mais aussi le passage objectif d'une forme d'&#234;tre (l'Id&#233;e) &#224; une autre (la Nature). Hegel dit que &#171; l'id&#233;e se lib&#232;re librement &#187; dans la nature, ou se &#171; d&#233;termine &#187; librement en tant que nature. C'est cette affirmation, mettant en avant la transition comme un processus effectif dans la r&#233;alit&#233;, qui offre de grandes difficult&#233;s &#224; la compr&#233;hension du syst&#232;me de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soulign&#233; que la logique dialectique relie la forme de la pens&#233;e &#224; son contenu. La notion comme forme logique est en m&#234;me temps la notion comme r&#233;alit&#233; existante ; c'est un sujet pensant. L'id&#233;e absolue, forme ad&#233;quate de cette existence, doit donc contenir en elle-m&#234;me cette dynamique qui la pousse &#224; son contraire, et, par la n&#233;gation de ce contraire, &#224; son retour sur elle-m&#234;me. Mais comment cette libre transformation de l'id&#233;e absolue en &#234;tre objectif (la Nature) et de l&#224; en esprit peut-elle &#234;tre d&#233;montr&#233;e comme un &#233;v&#233;nement r&#233;el ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, la Logique de Hegel reprend la tradition m&#233;taphysique de la philosophie occidentale, une tradition qu'elle avait abandonn&#233;e sous tant d'aspects. Depuis Aristote, la qu&#234;te de l'&#234;tre (en tant que tel) s'&#233;tait doubl&#233;e de la qu&#234;te de l'&#234;tre v&#233;ritable, de cet &#234;tre d&#233;termin&#233; qui exprime le plus ad&#233;quatement les caract&#232;res de l'&#234;tre en tant que tel. Cet &#234;tre v&#233;ritable s'appelait Dieu. L'ontologie aristot&#233;licienne culminait dans la th&#233;ologie, mais une th&#233;ologie qui n'avait rien &#224; voir avec la religion, puisqu'elle traitait l'&#234;tre de Dieu exactement de la m&#234;me mani&#232;re qu'elle traitait l'&#234;tre des choses mat&#233;rielles. Le Dieu aristot&#233;licien n'est ni le cr&#233;ateur ni le juge du monde ; sa fonction est purement ontologique, on pourrait m&#234;me dire m&#233;canique ; il repr&#233;sente un type d&#233;fini de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; cette tradition, Hegel lie lui aussi sa Logique &#224; la th&#233;ologie. Il dit que la Logique &#171; montre Dieu tel qu'il est dans son essence &#233;ternelle avant la cr&#233;ation de la Nature et d'un Esprit fini &#187;. Dieu dans cette formule signifie la totalit&#233; des formes pures de tout &#234;tre, ou, la v&#233;ritable essence de l'&#234;tre que la Logiquese d&#233;roule. Cette essence se r&#233;alise dans le sujet libre dont la libert&#233; parfaite est pens&#233;e. Jusqu'ici, la logique de Hegel suit le mod&#232;le de la m&#233;taphysique aristot&#233;licienne. Mais maintenant, la tradition chr&#233;tienne, dans laquelle la philosophie de Hegel &#233;tait profond&#233;ment enracin&#233;e, affirme son droit et emp&#234;che le maintien d'une conception purement ontologique de Dieu. L'id&#233;e absolue doit &#234;tre con&#231;ue comme le v&#233;ritable cr&#233;ateur du monde ; elle doit prouver sa libert&#233; en se lib&#233;rant librement dans son alt&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de Hegel s'en tient cependant aux tendances rationalistes de sa philosophie. L'&#234;tre v&#233;ritable ne r&#233;side pas au-del&#224; de ce monde, mais n'existe que dans le processus dialectique qui le perp&#233;tue. Aucun but final n'existe en dehors de ce processus qui pourrait marquer un salut du monde. Comme la logiquele d&#233;peint, le monde est &#171; la totalit&#233; en soi, et contient l'id&#233;e pure de la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me &#187;. &#8211; &#171; Le processus de la r&#233;alit&#233; est un &#171; cercle &#187;, montrant la m&#234;me forme absolue dans tous ses moments, &#224; savoir le retour de l'&#234;tre &#224; soi par la n&#233;gation de son alt&#233;rit&#233;. Le syst&#232;me de Hegel annule donc m&#234;me l'id&#233;e de cr&#233;ation ; toute n&#233;gativit&#233; est surmont&#233;e par la dynamique inh&#233;rente de la r&#233;alit&#233;. La nature atteint sa v&#233;rit&#233; lorsqu'elle entre dans le domaine de l'histoire. Le d&#233;veloppement du sujet lib&#232;re l'&#234;tre de sa n&#233;cessit&#233; aveugle, et la nature devient une partie de l'histoire humaine et donc une partie de l'esprit. L'histoire, &#224; son tour, est le long chemin de l'humanit&#233; vers la domination conceptuelle et pratique de la nature et de la soci&#233;t&#233;, qui s'accomplit lorsque l'homme a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; la raison et &#224; la possession du monde en tant que raison. L'indice qu'un tel &#233;tat a &#233;t&#233; atteint est, dit Hegel, le fait que le v&#233;ritable &#171; syst&#232;me de la science &#187; a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;, c'est-&#224;-dire son propre syst&#232;me philosophique. Elle embrasse le monde entier comme une totalit&#233; comprise dans laquelle toutes choses et relations apparaissent dans leur forme et leur contenu r&#233;els, c'est-&#224;-dire dans leur notion. L'identit&#233; du sujet et de l'objet, de la pens&#233;e et de la r&#233;alit&#233; y est atteinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie politique&lt;br class='autobr' /&gt;
(1816-1821)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volume de la science de la logique avait paru en 1812, le dernier en 1816. Au cours de l'int&#233;rim de quatre ans avait eu lieu la &#034;guerre de lib&#233;ration&#034; prussienne, la Sainte Alliance contre Napol&#233;on, les batailles de Leipzig et de Waterloo, et l'entr&#233;e victorieuse des Alli&#233;s &#224; Paris. En 1816, Hegel, alors directeur d'un lyc&#233;e de Nuremberg, est nomm&#233; professeur de philosophie &#224; l'Universit&#233; de Heidelberg. L'ann&#233;e suivante, il publie la premi&#232;re &#233;dition de l' Encyclop&#233;die des sciences philosophiques et est choisi comme successeur de Fichte &#224; l'Universit&#233; de Berlin. Ce but final de sa carri&#232;re universitaire co&#239;ncide avec la fin de son d&#233;veloppement philosophique. Il est devenu le soi-disant philosophe officiel de l'&#201;tat prussien et le dictateur philosophique de l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'entrerons pas plus loin dans l'histoire de la biographie de Hegel, puisque nous ne traitons pas ici de son caract&#232;re personnel et de ses motifs. La fonction sociale et politique de sa philosophie, et l'affinit&#233; entre sa philosophie et la Restauration doivent &#234;tre rendues par rapport &#224; la situation particuli&#232;re dans laquelle se trouve la soci&#233;t&#233; moderne &#224; la fin de l'&#232;re napol&#233;onienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel consid&#233;rait Napol&#233;on comme le h&#233;ros historique accomplissant le destin de la R&#233;volution fran&#231;aise ; il &#233;tait, pensait Hegel, le seul homme capable de transformer les r&#233;alisations de 1789 en un ordre &#233;tatique et de lier la libert&#233; individuelle &#224; la raison universelle d'un syst&#232;me social stable. Ce n'&#233;tait pas une grandeur abstraite qu'il admirait chez Napol&#233;on, mais la qualit&#233; d'exprimer le besoin historique de l'&#233;poque. Napol&#233;on &#233;tait &#171; l'&#226;me du monde &#187;, en qui s'incarnait la t&#226;che universelle de l'&#233;poque. Cette t&#226;che consistait &#224; consolider et &#224; pr&#233;server la nouvelle forme de soci&#233;t&#233; qui repr&#233;sentait le principe de raison. On sait que le principe de raison dans la soci&#233;t&#233; signifiait pour Hegel un ordre social fond&#233; sur l'autonomie rationnelle de l'individu. La libert&#233; individuelle, cependant, avait pris la forme de l'individualisme brutal ; la libert&#233; de chaque individu se trouvait dans une lutte comp&#233;titive &#224; mort contre celle de tous les autres. La Terreur de 1793 illustre cet individualisme et en est l'aboutissement n&#233;cessaire. Le conflit des domaines f&#233;odaux avait autrefois attest&#233; que la f&#233;odalit&#233; n'&#233;tait plus capable d'unir l'int&#233;r&#234;t individuel et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ; la libert&#233; concurrentielle omnipr&#233;sente des individus t&#233;moignait d&#233;sormais que la soci&#233;t&#233; de la classe moyenne ne l'&#233;tait pas non plus. Hegel voyait dans la souverainet&#233; de l'&#201;tat le seul principe qui apporterait l'unit&#233;. la libert&#233; concurrentielle omnipr&#233;sente des individus t&#233;moignait d&#233;sormais que la soci&#233;t&#233; de la classe moyenne ne l'&#233;tait pas non plus. Hegel voyait dans la souverainet&#233; de l'&#201;tat le seul principe qui apporterait l'unit&#233;. la libert&#233; concurrentielle omnipr&#233;sente des individus t&#233;moignait d&#233;sormais que la soci&#233;t&#233; de la classe moyenne ne l'&#233;tait pas non plus. Hegel voyait dans la souverainet&#233; de l'&#201;tat le seul principe qui apporterait l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on avait en grande partie &#233;cras&#233; les vestiges de la f&#233;odalit&#233; en Allemagne. Le Code civil a &#233;t&#233; introduit dans de nombreuses parties de l'ancien Reich allemand. &#171; L'&#233;galit&#233; civile, la libert&#233; religieuse, l'abolition de la d&#238;me et des droits f&#233;odaux, la vente des biens eccl&#233;siastiques, la suppression des corporations, la multiplication de la bureaucratie, et une administration &#171; sage et lib&#233;rale &#187;, une constitution qui apportait avec elle le vote des imp&#244;ts et des lois par les notables, tout cela devait tisser un r&#233;seau d'int&#233;r&#234;ts &#233;troitement li&#233; au maintien de la domination fran&#231;aise. Le Reich absurdement impuissant avait &#233;t&#233; remplac&#233; par un certain nombre d'&#201;tats souverains, en particulier dans le sud de l'Allemagne. Ces &#201;tats, bien s&#251;r, n'&#233;taient que des formes caricaturales d'un &#201;tat souverain moderne tel que nous le connaissons, mais elles constituaient n&#233;anmoins une nette avanc&#233;e sur les anciennes subdivisions territoriales du Reich, qui avaient vainement cherch&#233; &#224; accommoder le d&#233;veloppement du capitalisme &#224; l'ancien ordre social. Les nouveaux &#201;tats &#233;taient au moins des unit&#233;s &#233;conomiques plus grandes ; ils avaient une bureaucratie centralis&#233;e, un syst&#232;me plus simple d'administration de la justice et une m&#233;thode d'imposition plus rationnelle sous une sorte de contr&#244;le public. Ces innovations semblaient conformes &#224; l'exigence de Hegel d'un ordonnancement plus rationnel des formes politiques pour permettre le d&#233;veloppement des nouvelles forces intellectuelles et mat&#233;rielles lib&#233;r&#233;es par la R&#233;volution fran&#231;aise, et il n'est donc pas &#233;tonnant qu'il ait d'abord consid&#233;r&#233; la lutte contre Napol&#233;on en tant qu'opposition r&#233;actionnaire. Sa r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; guerre de lib&#233;ration &#187; est donc m&#233;prisante et ironique. Il est all&#233; si loin, en fait,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Typique de l'attitude de Hegel envers les &#233;v&#233;nements politiques de ces ann&#233;es sont les d&#233;clarations dans ses conf&#233;rences (1816) dans lesquelles il met l'accent avec d&#233;fi sur les valeurs purement intellectuelles par rapport aux int&#233;r&#234;ts politiques r&#233;els :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons esp&#233;rer qu'en plus de l'&#201;tat, qui a englouti tous les autres int&#233;r&#234;ts en lui-m&#234;me, l'&#201;glise puisse maintenant reprendre sa position &#233;lev&#233;e - celle en plus du royaume du monde vers lequel toutes les pens&#233;es et tous les efforts se sont jusqu'ici dirig&#233;s , le Royaume de Dieu peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;. En d'autres termes, avec les affaires de la politique et les autres int&#233;r&#234;ts de la vie quotidienne, nous pouvons &#234;tre s&#251;rs que la Science, le monde rationnel libre de l'esprit, pourra &#224; nouveau prosp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment, c'&#233;tait une attitude &#233;trange. Le philosophe politique qui, un an plus tard, est devenu le porte-parole id&#233;ologique officiel de l'&#201;tat prussien et a ensuite d&#233;clar&#233; que le droit de l'&#201;tat &#233;tait le droit de la raison elle-m&#234;me, d&#233;nonce maintenant l'activit&#233; politique et interpr&#232;te la lib&#233;ration nationale comme signifiant la libert&#233; de l'&#233;rudition philosophique. V&#233;rit&#233; et raison, il place maintenant bien au-del&#224; du tourbillon social et politique, dans le domaine de la science pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera que la nouvelle position de Hegel lui est rest&#233;e. Quant &#224; son passage d'une position plut&#244;t anti-nationaliste &#224; une position nationaliste, on peut rappeler une &#171; incoh&#233;rence &#187; similaire aux d&#233;buts de l'&#233;criture philosophique moderne. Hobbes, que l'on peut appeler le philosophe le plus caract&#233;ristique de la bourgeoisie montante, trouva sa philosophie politique compatible d'abord avec la monarchie de Charles Ier, puis avec l'&#201;tat r&#233;volutionnaire de Cromwell et enfin avec la r&#233;action de Stuart. Peu importait &#224; Hobbes que l'&#201;tat souverain prenne la forme d'une d&#233;mocratie, d'une oligarchie ou d'une monarchie limit&#233;e, tant qu'il affirmait sa souverainet&#233; dans ses relations avec les autres &#201;tats et maintenait sa propre autorit&#233; par rapport &#224; ses citoyens. Ainsi, aussi, pour Hegel, les diff&#233;rences de forme politique entre les nations n'avaient pas d'importance tant que l'identit&#233; sous-jacente des relations sociales et &#233;conomiques &#233;tait uniform&#233;ment maintenue comme celle de la soci&#233;t&#233; de classe moyenne. La monarchie constitutionnelle moderne lui semblait assez utile pour pr&#233;server cette structure &#233;conomique. Lors de la chute du syst&#232;me napol&#233;onien en Allemagne, il &#233;tait par cons&#233;quent tout &#224; fait dispos&#233; &#224; saluer la monarchie souveraine qui s'ensuivit comme le v&#233;ritable h&#233;ritier du syst&#232;me napol&#233;onien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hegel, la souverainet&#233; de l'&#201;tat &#233;tait un instrument n&#233;cessaire pour pr&#233;server la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Car, l'Etat souverain supprimerait l'&#233;l&#233;ment comp&#233;titif destructeur des individus et ferait de la concurrence un int&#233;r&#234;t positif de l'universel ; elle serait capable de dominer les int&#233;r&#234;ts conflictuels de ses membres. Le point qui est ici sous-entendu est que l&#224; o&#249; le syst&#232;me social exige que l'existence de l'individu d&#233;pende de la concurrence avec les autres, la seule garantie d'une r&#233;alisation au moins limit&#233;e de l'int&#233;r&#234;t commun serait la restriction de sa libert&#233; dans l'ordre universel de l'&#201;tat. . La souverainet&#233; de l'&#201;tat suppose ainsi une comp&#233;tition internationale entre des unit&#233;s politiques antagonistes, dont la puissance de chacune r&#233;side essentiellement dans son autorit&#233; incontest&#233;e sur ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport publi&#233; en 1817 sur les d&#233;bats des &#201;tats de Wurtemberg, les vues de Hegel sont enti&#232;rement dict&#233;es par cette attitude. Le Wurtemberg &#233;tait devenu un royaume souverain par acte de Napol&#233;on. Une nouvelle constitution &#233;tait n&#233;cessaire pour remplacer le syst&#232;me semi-f&#233;odal obsol&#232;te, et les territoires nouvellement acquis devaient &#234;tre combin&#233;s avec l'&#201;tat d'origine afin de former un ensemble social et politique centralis&#233;. Le roi avait r&#233;dig&#233; une telle constitution et l'avait soumise aux &#233;tats assembl&#233;s en 1815. Ces derniers refus&#232;rent de l'accepter. Hegel, dans sa vigoureuse d&#233;fense du projet royal contre l'opposition des &#233;tats, a interpr&#233;t&#233; le conflit entre les deux parties comme une lutte entre l'ancien et le nouveau principe social, entre le privil&#232;ge f&#233;odal et la souverainet&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son rapport montre d'un bout &#224; l'autre le fil conducteur du principe de souverainet&#233;. Napol&#233;on, dit-il, a &#233;tabli la souverainet&#233; ext&#233;rieure de l'&#201;tat - la t&#226;che historique est maintenant d'&#233;tablir sa souverainet&#233; int&#233;rieure, une autorit&#233; incontest&#233;e du gouvernement sur ses citoyens. Et cela engendre une nouvelle conception de la relation de l'&#201;tat &#224; ses membres. L'id&#233;e du contrat social doit &#234;tre remplac&#233;e par l'id&#233;e de l'&#201;tat comme un tout objectif. Les syst&#232;mes Jenenser avaient r&#233;pudi&#233; toute application du contrat social &#224; l'&#201;tat. Maintenant, le th&#232;me principal qui fa&#231;onne la philosophie de Hegel est que l'&#201;tat est s&#233;par&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du conflit irr&#233;conciliable des int&#233;r&#234;ts particuliers, qui sont &#224; la base des relations de la soci&#233;t&#233; moderne, les m&#233;canismes inh&#233;rents &#224; cette soci&#233;t&#233; ne peuvent produire aucun int&#233;r&#234;t commun. L'universel doit s'imposer aux particuliers, pour ainsi dire contre leur gr&#233;, et la relation qui en r&#233;sulte entre les individus d'une part et l'&#201;tat de l'autre ne peut &#234;tre la m&#234;me que celle entre les individus. Le contrat peut s'appliquer &#224; ce dernier, mais il ne peut pas valoir pour le premier. Car un contrat implique que les parties contractantes sont &#171; &#233;galement ind&#233;pendantes l'une de l'autre &#187;. Leur accord n'est qu'une &#171; relation contingente &#187; qui provient de leurs d&#233;sirs subjectifs. L'&#233;tat, d'autre part, est une &#171; relation objective, n&#233;cessaire &#187;, essentiellement ind&#233;pendante des besoins subjectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Hegel, la soci&#233;t&#233; civile doit enfin g&#233;n&#233;rer un syst&#232;me autoritaire, un changement qui jaillit des fondements &#233;conomiques de cette soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me et sert &#224; perp&#233;tuer son cadre. Le changement de forme est cens&#233; sauver le contenu menac&#233;. Hegel, on s'en souvient, esquissait un syst&#232;me autoritaire lorsqu'il parlait d'un &#171; gouvernement de la discipline &#187; &#224; la fin des Jenensersyst&#232;me de morale. Cette forme de gouvernement ne constituait pas un ordre nouveau, mais imposait simplement une m&#233;thode au syst&#232;me d'individualisme dominant. Ici encore, en &#233;levant l'&#201;tat au-dessus de la soci&#233;t&#233;, Hegel suit le m&#234;me sch&#233;ma. Il donne &#224; l'&#201;tat la position supr&#234;me parce qu'il voit les effets in&#233;vitables des antagonismes au sein de la soci&#233;t&#233; moderne. Les int&#233;r&#234;ts individuels concurrents sont incapables de g&#233;n&#233;rer un syst&#232;me qui garantirait la p&#233;rennit&#233; de l'ensemble, il faut donc leur imposer une autorit&#233; irr&#233;futable. La relation du gouvernement au peuple est retir&#233;e de la sph&#232;re contractuelle et constitue &#171; une unit&#233; substantielle originelle &#187;. L'individu porte en premier lieu le rapport du devoir &#224; l'&#201;tat et son droit y est subordonn&#233;. L'&#201;tat souverain prend la forme d'un &#201;tat disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa souverainet&#233;, cependant, doit diff&#233;rer de celle de l'&#201;tat absolutiste &#8211; le peuple doit devenir une partie mat&#233;rielle du pouvoir de l'&#201;tat. L'&#233;conomie moderne &#233;tant fond&#233;e sur l'activit&#233; &#233;mancip&#233;e de l'individu, sa maturit&#233; sociale doit &#234;tre affirm&#233;e et encourag&#233;e. Il est &#224; noter &#224; cet &#233;gard que Hegel a particuli&#232;rement critiqu&#233; un point de la constitution royale, celui qui traite de la restriction du suffrage. Le roi avait pr&#233;vu, d'une part, que les fonctionnaires de l'&#201;tat ainsi que les membres de l'arm&#233;e, du clerg&#233; et du corps m&#233;dical ne devaient pas &#234;tre &#233;lus et, d'autre part, qu'un revenu net d'au moins 200 florins provenant des r&#233;alit&#233;s devait &#234;tre une condition pr&#233;alable &#224; suffrage. Hegel a d&#233;clar&#233;, sur le premier, que l'exclusion cons&#233;quente des fonctionnaires de l'&#201;tat de la Chambre populaire &#233;tait extr&#234;mement dangereuse. Car c'&#233;taient pr&#233;cis&#233;ment ceux qui &#233;taient des hommes d'&#201;tat de profession et de formation qui seraient les plus habiles d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts communs contre les int&#233;r&#234;ts particuliers. Chaque entreprise priv&#233;e dans cette soci&#233;t&#233;, a-t-il d&#233;clar&#233;, oppose par sa nature m&#234;me l'individu &#224; la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;taires fonciers ainsi que les commer&#231;ants et autres qui se trouvent en possession d'un bien ou d'un artisanat ont int&#233;r&#234;t &#224; pr&#233;server l'ordre bourgeois, mais leur but direct est de pr&#233;server leur propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont pr&#233;par&#233;s et d&#233;termin&#233;s &#224; faire le moins possible pour l'universel. Il ajoute que cette attitude n'est pas une question d'&#233;thique ou de caract&#232;re personnel de certains individus, mais s'enracine &#171; dans la nature du cas &#187;, dans la nature de cette classe sociale. Elle peut &#234;tre contrecarr&#233;e par une bureaucratie stable aussi &#233;loign&#233;e que possible de la sph&#232;re de la concurrence &#233;conomique et donc capable de servir l'&#201;tat sans aucune ing&#233;rence des entreprises priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fonction essentielle de la bureaucratie dans l'&#201;tat est un &#233;l&#233;ment mat&#233;riel de la pens&#233;e politique de Hegel. Les d&#233;veloppements historiques ont confirm&#233; ses conclusions, bien que sous une forme tout &#224; fait diff&#233;rente de ses attentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel r&#233;pudie &#233;galement la deuxi&#232;me restriction du droit de vote, celle par les qualifications de propri&#233;t&#233;. Car la propri&#233;t&#233; est le facteur m&#234;me qui fait que l'individu s'oppose &#224; l'universel et suit plut&#244;t les liens de son int&#233;r&#234;t priv&#233;. Dans la terminologie de Hegel, la propri&#233;t&#233; est une qualification &#171; abstraite &#187; qui n'a rien &#224; voir avec les attributs humains. L'influence politique de la simple quantit&#233; de possessions, d&#233;clare-t-il, est un h&#233;ritage n&#233;gatif de la R&#233;volution fran&#231;aise ; en tant que crit&#232;re des privil&#232;ges, il doit &#234;tre &#224; terme d&#233;pass&#233; ou, du moins, ne plus constituer &#171; la seule condition d'une des fonctions politiques les plus importantes &#187;. L'abolition des qualifications de propri&#233;t&#233; en tant que conditions pr&#233;alables aux droits politiques renforcerait plut&#244;t qu'affaiblir l'&#201;tat. Pour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crivant la lutte entre le roi et les domaines du Wurtemberg, Hegel la d&#233;peint comme celle entre le &#171; droit &#233;tatique rationnel &#187; ( vern&#252;nftiges Staatsrecht) et le code traditionnel de droit positif. Le droit positif se r&#233;sume &#224; un code d&#233;suet d'anciens privil&#232;ges tenus pour &#233;ternellement valables uniquement parce que valables pour des centaines d'ann&#233;es. &#171; Le droit positif, dit-il, doit justement p&#233;rir lorsqu'il perd ce fondement qui est la condition de son existence. Les anciens privil&#232;ges des domaines ont &#224; peu pr&#232;s autant de fondement dans la soci&#233;t&#233; moderne que &#171; le meurtre sacrificiel, l'esclavage, le despotisme f&#233;odal et d'innombrables autres infamies &#187;. Celles-ci ont &#233;t&#233; supprim&#233;es en tant que &#171; droits &#187;, &#8211; la raison est une r&#233;alit&#233; historique depuis la R&#233;volution fran&#231;aise. La reconnaissance des droits de l'homme a renvers&#233; les privil&#232;ges anciens et a pos&#233; &#171; les principes &#233;ternels de la l&#233;gislation, du gouvernement et de l'administration &#233;tablis &#187;. En m&#234;me temps, l'ordre rationnel dont parle ici Hegel est progressivement d&#233;pouill&#233; de ses implications r&#233;volutionnaires et adapt&#233; aux exigences de la soci&#233;t&#233; de son temps. Elle lui indique d&#233;sormais les limites les plus lointaines &#224; l'int&#233;rieur desquelles cette soci&#233;t&#233; peut &#234;tre raisonnable sans &#234;tre ni&#233;e en principe. Il pr&#233;sente la terreur r&#233;volutionnaire de 1793 comme un avertissement brutal que l'ordre existant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par tous les moyens disponibles. Les princes doivent conna&#238;tre &#171; par suite des exp&#233;riences des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, les dangers et les horreurs li&#233;s &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles constitutions, et au crit&#232;re d'une r&#233;alit&#233; conforme &#224; la pens&#233;e &#187;. Il pr&#233;sente la terreur r&#233;volutionnaire de 1793 comme un avertissement brutal que l'ordre existant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par tous les moyens disponibles. Les princes doivent conna&#238;tre &#171; par suite des exp&#233;riences des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, les dangers et les horreurs li&#233;s &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles constitutions, et au crit&#232;re d'une r&#233;alit&#233; conforme &#224; la pens&#233;e &#187;. Il pr&#233;sente la terreur r&#233;volutionnaire de 1793 comme un avertissement brutal que l'ordre existant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; par tous les moyens disponibles. Les princes doivent conna&#238;tre &#171; par suite des exp&#233;riences des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, les dangers et les horreurs li&#233;s &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles constitutions, et au crit&#232;re d'une r&#233;alit&#233; conforme &#224; la pens&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a g&#233;n&#233;ralement fait l'&#233;loge de l'effort de fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; conform&#233;ment &#224; la pens&#233;e. C'&#233;tait le plus grand privil&#232;ge de l'homme et le seul moyen de mat&#233;rialiser la v&#233;rit&#233;. Mais lorsqu'une telle tentative mena&#231;ait la soci&#233;t&#233; m&#234;me qui, &#224; l'origine, saluait cela comme un privil&#232;ge de l'homme, Hegel pr&#233;f&#233;ra maintenir l'ordre en vigueur en toutes circonstances. Nous pouvons &#224; nouveau citer Hobbes pour montrer comment l'inqui&#233;tude pour l'ordre existant unit m&#234;me les philosophies les plus disparates : &#171; L'&#233;tat de l'homme ne peut jamais &#234;tre sans quelque incommodit&#233; ou autre &#187;, mais &#171; le plus grand, celui qui, dans toute forme de gouvernement, peut arriver &#224; le peuple en g&#233;n&#233;ral est &#224; peine sensible aux mis&#232;res et aux horribles calamit&#233;s qui accompagnent une guerre civile... &#187; &#171; Le pr&#233;sent doit toujours &#234;tre pr&#233;f&#233;r&#233;, maintenu et mieux compt&#233; ; parce que c'est contre la loi de la nature,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une incoh&#233;rence dans le syst&#232;me de Hegel que la libert&#233; individuelle soit ainsi &#233;clips&#233;e par l'autorit&#233; conf&#233;r&#233;e &#224; l'universel, et que le rationnel se pr&#233;sente finalement sous la forme de l'ordre social donn&#233;. L'apparente incoh&#233;rence refl&#232;te la v&#233;rit&#233; historique et refl&#232;te le cours des antagonismes de la soci&#233;t&#233; individualiste, qui transforment la libert&#233; en n&#233;cessit&#233; et la raison en autorit&#233;. La philosophie du droit de Hegel , dans une large mesure, doit sa pertinence au fait que ses concepts de base absorbent et retiennent consciemment les contradictions de cette soci&#233;t&#233; et les suivent jusqu'au bout. L'&#339;uvre est r&#233;actionnaire dans la mesure o&#249; l'ordre social qu'elle refl&#232;te l'est, et progressiste dans la mesure o&#249; elle est progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des malentendus les plus graves qui obscurcissent la philosophie de la voiture juste ; &#234;tre supprim&#233;e simplement en consid&#233;rant la place de l'&#339;uvre dans le syst&#232;me de Hegel. Elle ne traite pas avec le monde culturel tout entier, car le royaume du droit n'est qu'une partie du royaume de l'esprit, &#224; savoir, cette partie que Hegel d&#233;note comme esprit objectif. En bref, il n'expose ni ne traite des r&#233;alit&#233;s culturelles de l'art, de la religion et de la philosophie, qui incarnent la v&#233;rit&#233; ultime pour Hegel. Le lieu o&#249; la Philosophie du Droitoccupe dans le syst&#232;me h&#233;g&#233;lien rend impossible de consid&#233;rer l'&#201;tat, la r&#233;alit&#233; la plus &#233;lev&#233;e dans le domaine du droit, comme la r&#233;alit&#233; la plus &#233;lev&#233;e dans tout le syst&#232;me. M&#234;me la d&#233;ification la plus emphatique de l'&#201;tat par Hegel ne peut annuler sa subordination d&#233;finitive de l'objectif &#224; l'esprit absolu, du politique &#224; la v&#233;rit&#233; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu &#224; venir est annonc&#233; dans la Pr&#233;face, souvent attaqu&#233;e comme un document d'une extr&#234;me servilit&#233; envers la Restauration et d'une hostilit&#233; sans concession envers toutes les tendances lib&#233;rales et progressistes de l'&#233;poque. La d&#233;nonciation par Hegel de JF Fries, l'un des leaders du mouvement de jeunesse allemand insurg&#233;, sa d&#233;fense de la Karlsbader Beschl&#252;sse(1819), avec leurs pers&#233;cutions massives de tout acte ou &#233;nonc&#233; lib&#233;ral (arbitrairement &#233;tiquet&#233;s avec le terme d'abus alors en vigueur, &#034;d&#233;magogiques&#034;), son apologie de la censure stricte, de la suppression de la libert&#233; acad&#233;mique et de la restriction de toutes les tendances vers certains forme de gouvernement v&#233;ritablement repr&#233;sentatif ont tous &#233;t&#233; cit&#233;s en confirmation de l'accusation. Il n'y a, bien entendu, aucune justification &#224; l'attitude personnelle de Hegel &#224; l'&#233;poque. A la lumi&#232;re de la situation historique, cependant, et surtout de l'&#233;volution sociale et politique ult&#233;rieure, sa position et toute la Pr&#233;face prennent une tout autre signification. Il nous faut bri&#232;vement examiner la nature de l'opposition d&#233;mocratique que Hegel critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement est n&#233; de la d&#233;ception et de la d&#233;sillusion de la petite bourgeoisie apr&#232;s la guerre de 1813-15. La lib&#233;ration des &#201;tats allemands de la domination fran&#231;aise s'est accompagn&#233;e d'une r&#233;action absolutiste. La promesse d'une reconnaissance politique des droits populaires et le r&#234;ve d'une constitution ad&#233;quate sont rest&#233;s lettre morte. La r&#233;ponse fut une vague de propagande pour l'unification politique de la nation allemande, une propagande qui contenait dans une large mesure une v&#233;ritable hostilit&#233; lib&#233;rale au despotisme nouvellement &#233;tabli. Cependant, puisque les classes sup&#233;rieures &#233;taient capables de se maintenir dans le cadre absolutiste et qu'il n'existait pas de classe ouvri&#232;re organis&#233;e, le mouvement d&#233;mocratique &#233;tait, dans une large mesure, fait de ressentiment de la part de la petite bourgeoisie impuissante.Burschenschaften et de leurs pr&#233;curseurs, les Turnvereine.On parlait beaucoup de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;, mais c'&#233;tait une libert&#233; qui serait le privil&#232;ge acquis de la race teutonique seule, et une &#233;galit&#233; qui signifiait la pauvret&#233; et la privation g&#233;n&#233;rales. La culture &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme la possession des riches et de l'&#233;tranger, faite pour corrompre et adoucir le peuple. La haine des Fran&#231;ais allait de pair avec la haine des juifs, des catholiques et des &#171; nobles &#187;. Le mouvement r&#233;clamait une v&#233;ritable &#171; guerre allemande &#187;, afin que l'Allemagne puisse d&#233;ployer &#171; l'abondante richesse de sa nationalit&#233; ! Il exigeait un &#171; sauveur &#187; pour r&#233;aliser l'unit&#233; allemande, un &#224; qui &#171; le peuple pardonnera tous les p&#233;ch&#233;s &#187;. Il a br&#251;l&#233; des livres et cri&#233; malheur aux Juifs. Elle se croyait au-dessus de la loi et de la constitution car &#171; il n'y a pas de loi pour la juste cause &#187;. L'&#201;tat devait &#234;tre construit par &#171; en bas &#187;, gr&#226;ce &#224; l'enthousiasme des masses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas difficile de reconna&#238;tre dans ces mots d'ordre &#171; d&#233;mocratiques &#187; l'id&#233;ologie de la Volksgemeinschaft fasciste. Il y a, en fait, une relation beaucoup plus &#233;troite entre le r&#244;le historique des Burschenschaften, avec leur racisme et leur anti-rationalisme, et le national-socialisme, qu'il n'y en a entre la position de Hegel et ce dernier. Hegel a &#233;crit sa Philosophie du droitcomme une d&#233;fense de l'&#201;tat contre cette id&#233;ologie pseudo-d&#233;mocratique, dans laquelle il voyait une menace plus s&#233;rieuse pour la libert&#233; que dans le maintien au pouvoir des autorit&#233;s investies. Il ne fait aucun doute que son travail a renforc&#233; le pouvoir de ces autorit&#233;s et ainsi aid&#233; une r&#233;action d&#233;j&#224; victorieuse, mais, relativement peu de temps apr&#232;s, il s'est av&#233;r&#233; &#234;tre une arme contre la r&#233;action. Car, l'&#233;tat que Hegel avait &#224; l'esprit &#233;tait r&#233;gi par les normes de la raison critique et par des lois universellement valables. La rationalit&#233; du droit, dit-il, est l'&#233;l&#233;ment vital de l'&#201;tat moderne. &#034;La loi est ... le Shibboleth, au moyen duquel sont d&#233;tect&#233;s les faux fr&#232;res et amis du soi-disant peuple.&#034; Nous verrons que Hegel a tiss&#233; le th&#232;me &#224; travers sa philosophie politique m&#251;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque de Hegel contre les opposants d&#233;mocrates &#224; la Restauration est d'ailleurs ins&#233;parable de sa critique encore plus acerbe des repr&#233;sentants r&#233;actionnaires de la th&#233;orie organique de l'&#201;tat. Sa critique de la Volksbewegung est li&#233;e &#224; sa pol&#233;mique contre la Restauration der Staatwissenschaft de KL von Halley(publi&#233; pour la premi&#232;re fois en 1816), un ouvrage qui a exerc&#233; une grande influence sur le romantisme politique en Allemagne. Haller y avait consid&#233;r&#233; l'&#201;tat comme un fait naturel et en m&#234;me temps comme un produit divin. En tant que tel, il avait accept&#233; sans justification le r&#232;gne du fort sur le faible, que tout &#201;tat implique, et avait rejet&#233; toute interpr&#233;tation de l'&#201;tat comme repr&#233;sentant les droits institutionnalis&#233;s d'individus libres ou comme soumis aux exigences de la raison humaine. Hegel a caract&#233;ris&#233; la position de Haller comme rien de moins que &#171; du fanatisme, de l'imb&#233;cillit&#233; mentale et de l'hypocrisie &#187;. Si les valeurs suppos&#233;es naturelles et non celles de la raison sont des principes fondamentaux de l'&#201;tat, alors le hasard, l'injustice et la brutalit&#233; de l'homme remplacent les normes rationnelles de l'organisation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opposants d&#233;mocrates et f&#233;odaux &#224; l'&#201;tat s'accordaient &#224; rejeter l'&#201;tat de droit. Hegel soutenait, contre eux deux, que l'&#233;tat de droit est la seule forme politique ad&#233;quate de la soci&#233;t&#233; moderne. La soci&#233;t&#233; moderne, a-t-il dit, n'est pas une communaut&#233; naturelle ou un ordre de privil&#232;ges divinement accord&#233;s. Elle est bas&#233;e sur la concurrence g&#233;n&#233;rale des propri&#233;taires libres qui obtiennent et conservent leur position dans le processus social gr&#226;ce &#224; leur activit&#233; autonome. C'est une soci&#233;t&#233; dans laquelle l'int&#233;r&#234;t commun, la perp&#233;tuation de l'ensemble, ne s'affirme que par hasard aveugle. La r&#233;gulation consciente des antagonismes sociaux, par une force situ&#233;e au-dessus du choc des int&#233;r&#234;ts particuliers, et pourtant sauvegardant chacun d'eux, pourrait seule transformer l'ensemble anarchique des individus en une soci&#233;t&#233; rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, Hegel a rejet&#233; la th&#233;orie politique en tant que telle et a ni&#233; qu'elle ait une quelconque utilit&#233; dans la vie politique. L'&#201;tat de droit &#233;tait &#224; port&#233;e de main ; elle s'incarnait dans l'&#201;tat et constituait la r&#233;alisation historique ad&#233;quate de la raison. Une fois l'ordre donn&#233; ainsi accept&#233; et acquiesc&#233;, la th&#233;orie politique est rendue superflue, car &#171; les th&#233;ories s'opposent maintenant &#224; l'ordre existant et font comme si elles &#233;taient absolument vraies et n&#233;cessaires &#187;. Hegel a &#233;t&#233; contraint de renoncer &#224; la th&#233;orie parce qu'il soutenait que la th&#233;orie &#233;tait n&#233;cessairement critique, surtout dans la forme qu'elle avait prise dans l'histoire occidentale. Depuis Descartes, on pr&#233;tendait que la th&#233;orie pouvait sonder la structure rationnelle de l'univers et que la raison pouvait, par ses efforts, devenir le standard de la vie humaine. La connaissance th&#233;orique et rationnelle de la v&#233;rit&#233; impliquait donc la reconnaissance de la &#171; non-v&#233;rit&#233; &#187; d'une r&#233;alit&#233; pas encore &#224; la hauteur. Le caract&#232;re inad&#233;quat de la r&#233;alit&#233; donn&#233;e a forc&#233; la th&#233;orie &#224; la transcender, &#224; devenir id&#233;aliste. Mais, dit maintenant Hegel, l'histoire ne s'est pas arr&#234;t&#233;e ; l'humanit&#233; a atteint le stade o&#249; tous les moyens sont &#224; port&#233;e de main pour r&#233;aliser la raison. L'&#201;tat moderne est la r&#233;alit&#233; de cette r&#233;alisation. Par cons&#233;quent, toute nouvelle application de la th&#233;orie &#224; la politique rendrait d&#233;sormais la th&#233;orie utopique. Lorsque l'ordre donn&#233; est consid&#233;r&#233; comme rationnel, l'id&#233;alisme a atteint sa fin. La philosophie politique doit d&#233;sormais s'abstenir d'enseigner ce que doit &#234;tre l'&#201;tat. L'&#233;tat est, est rationnel, et voil&#224; le final. Hegel ajoute que sa philosophie conseillera plut&#244;t que l'&#201;tat doit &#234;tre reconnu comme un univers moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etrange r&#233;conciliation, en effet. Il n'y a gu&#232;re d'autre &#339;uvre philosophique qui r&#233;v&#232;le plus impitoyablement les contradictions irr&#233;conciliables de la soci&#233;t&#233; moderne, ou qui semble plus perversement y acquiescer. La Pr&#233;face m&#234;me o&#249; Hegel renonce &#224; la th&#233;orie critique semble l'appeler en soulignant &#171; le conflit entre ce qui est et ce qui devrait &#234;tre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu vers lequel la raison pointait &#233;tait &#224; port&#233;e de main, disait Hegel. La r&#233;alisation de la raison ne pouvait plus &#234;tre la t&#226;che de la philosophie, ni la laisser se dissiper dans des sp&#233;culations utopiques. La soci&#233;t&#233; telle qu'elle &#233;tait effectivement constitu&#233;e avait fait fructifier les conditions mat&#233;rielles de son changement, afin que la v&#233;rit&#233; que la philosophie contenait en son sein soit une fois pour toutes r&#233;alis&#233;e. La libert&#233; et la raison pouvaient d&#233;sormais &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme plus que des valeurs int&#233;rieures. La condition donn&#233;e du pr&#233;sent &#233;tait une &#171; croix &#187; &#224; porter, un monde de mis&#232;re et d'injustice, mais en elle s'&#233;panouissaient les puissances de la libre raison. La reconnaissance de ces puissances avait &#233;t&#233; la fonction de la philosophie, la r&#233;alisation du v&#233;ritable ordre de la soci&#233;t&#233; &#233;tait d&#233;sormais la fonction de la pratique. Hegel savait qu' &#171; une forme de vie est devenue vieille &#187; et qu'elle ne pourra jamais &#234;tre rajeunie par la philosophie.Philosophie du droit. Ils marquent la d&#233;mission d'un homme qui sait que la v&#233;rit&#233; qu'il repr&#233;sente touche &#224; sa fin et qu'elle ne peut plus vivifier le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne peut pas non plus revigorer les forces sociales qu'il comprenait et repr&#233;sentait. La philosophie du droit est la philosophie de la soci&#233;t&#233; bourgeoise parvenue &#224; la pleine conscience de soi. Elle soutient les &#233;l&#233;ments positifs et n&#233;gatifs d'une soci&#233;t&#233; qui a m&#251;ri et qui voit bien ses limites insurmontables. Tous les concepts fondamentaux de la philosophie moderne sont r&#233;appliqu&#233;s dans la Philosophie du Droit&#224; la r&#233;alit&#233; sociale dont elles sont issues, et toutes reprennent leur forme concr&#232;te. Leur caract&#232;re abstrait et m&#233;taphysique dispara&#238;t ; leur contenu historique r&#233;el ressort. La notion de sujet (le moi) r&#233;v&#232;le d&#233;sormais qu'elle a un lien intrins&#232;que avec l'homme &#233;conomique isol&#233;, la notion de libert&#233; avec la propri&#233;t&#233;, la notion de raison avec l'absence d'universalit&#233; ou de communaut&#233; r&#233;elle dans la sph&#232;re concurrentielle ; la loi naturelle devient d&#233;sormais la loi de la soci&#233;t&#233; concurrentielle &#8211; et tout ce contenu social n'est pas le produit d'une interpr&#233;tation forc&#233;e, ou d'une application ext&#233;rieure de ces concepts, mais le d&#233;ploiement final de leur sens originel. A ses racines, la Philosophie du Droitest mat&#233;rialiste dans son approche. Hegel expose paragraphe apr&#232;s paragraphe la sous-structure sociale et &#233;conomique de ses concepts philosophiques. Certes, il tire de l'id&#233;e toutes les r&#233;alit&#233;s sociales et &#233;conomiques, mais l'id&#233;e est con&#231;ue en fonction d'elles et en porte la marque &#224; tous moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie du droit n'expose pas une th&#233;orie sp&#233;cifique de l'&#201;tat. Ce n'est pas seulement une d&#233;duction philosophique du droit, de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;, ou une expression des opinions personnelles de Hegel sur leur r&#233;alit&#233;. Ce qui est essentiel dans l'&#339;uvre, c'est l'auto-dissolution et l'auto-n&#233;gation des concepts de base de la philosophie moderne. Ils partagent le sort de la soci&#233;t&#233; qu'ils expliquent. Ils perdent leur caract&#232;re progressiste, leur ton prometteur, leur impact critique, et prennent la forme de la d&#233;faite et de la frustration. C'est cet &#233;v&#233;nement int&#233;rieur &#224; l'&#339;uvre plut&#244;t que sa construction syst&#233;matique que nous nous efforcerons de d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'introduction, le cadre g&#233;n&#233;ral est d&#233;fini pour une &#233;laboration du droit, de la soci&#233;t&#233; civile et de l'&#201;tat. Le royaume du droit est le royaume de la libert&#233;. Le sujet pensant est l'&#234;tre libre ; la libert&#233; est un attribut de sa volont&#233;. C'est la volont&#233; qui est libre, de sorte que la libert&#233; est sa substance et son essence. Cette affirmation ne doit pas &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme contredisant la conclusion de la Logique selon laquelle la pens&#233;eest le seul domaine de la libert&#233;. Car la volont&#233; est &#171; une mani&#232;re particuli&#232;re de penser &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle est &#171; la pens&#233;e se traduisant en r&#233;alit&#233; &#187; et devenant pratique. Par sa volont&#233;, l'individu peut d&#233;terminer ses actes en accord avec sa libre raison. Toute la sph&#232;re du droit, le droit de l'individu, de la famille, de la soci&#233;t&#233; et de l'&#201;tat, d&#233;coule et doit se conformer au libre arbitre de l'individu. Dans cette mesure, nous r&#233;affirmons donc les conclusions des &#233;crits ant&#233;rieurs de Hegel, &#224; savoir que l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; doivent &#234;tre construits par la raison critique de l'individu &#233;mancip&#233;. Mais ce point est bient&#244;t remis en question. L'individu &#233;mancip&#233; de la soci&#233;t&#233; moderne n'est pas capable d'une telle construction. Sa volont&#233;, exprimant des int&#233;r&#234;ts particuliers, ne contient pas cette &#171; universalit&#233; &#187; qui donnerait un terrain d'entente &#224; l'int&#233;r&#234;t particulier et &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. La volont&#233; individuelle n'est pas en elle-m&#234;me partie int&#233;grante de la &#171; volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. La base philosophique du contrat social doit &#234;tre ni&#233;e pour cette raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; est une unit&#233; de deux aspects ou moments diff&#233;rents : premi&#232;rement, la capacit&#233; de l'individu &#224; s'abstraire de toute condition sp&#233;cifique et, en la niant, &#224; revenir &#224; la libert&#233; absolue de l'ego pur ; deuxi&#232;mement, l'acte de l'individu d'adopter librement une condition concr&#232;te, d'affirmer librement son existence en tant que moi particulier et limit&#233;. Le premier d'entre eux, Hegel l'appelle l'aspect universel de la volont&#233;, parce qu'&#224; travers l'abstraction et la n&#233;gation constantes de toute condition d&#233;termin&#233;e, le moi affirme son identit&#233; face &#224; la diversit&#233; de ses &#233;tats particuliers. C'est-&#224;-dire que l'ego individuel est un v&#233;ritable universel dans le sens o&#249; il peut abstraire et transcender toute condition particuli&#232;re et rester un avec lui-m&#234;me dans le processus. Le deuxi&#232;me sens reconna&#238;t que l'individu ne peut en fait nier toute condition particuli&#232;re, mais doit choisir quelqu'un dans lequel il continue sa vie. Il est &#224; cet &#233;gard un moi particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fixation sur l'un ou l'autre mode de volont&#233; aboutit &#224; une libert&#233; n&#233;gative. Si l'individu fait abstraction de toute condition particuli&#232;re et se retire dans la pure volont&#233; de son moi, il rejettera constamment toutes les formes sociales et politiques &#233;tablies et arrivera &#224; quelque chose comme la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; abstraites exalt&#233;es dans la R&#233;volution fran&#231;aise. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me dans la th&#233;orie de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; de Rousseau, qui affirmait un &#233;tat originel de l'homme o&#249; l'unit&#233; vivante &#233;tait l'individu abstrait poss&#233;dant certaines qualit&#233;s arbitrairement choisies telles que le bien et le mal, propri&#233;taire priv&#233; ou membre d'une communaut&#233; sans propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et ainsi de suite. Rousseau, dit Hegel, a fait &#171; de la volont&#233; et de l'esprit de l'individu particulier dans son caprice particulier... la base substantielle et premi&#232;re &#187; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion h&#233;g&#233;lienne de volont&#233; vise &#224; d&#233;montrer que la volont&#233; a un caract&#232;re duel, consistant en une &#8211; polarit&#233; fondamentale entre &#233;l&#233;ments particuliers et &#233;l&#233;ments universels. Il vise, en outre, &#224; montrer que cette volont&#233; n'est pas suffisante pour donner naissance &#224; un ordre social et politique, mais que celui-ci requiert d'autres facteurs qui ne peuvent s'harmoniser avec la volont&#233; qu'&#224; travers le long processus de l'histoire. Le libre arbitre de l'individu affirme n&#233;cessairement son int&#233;r&#234;t priv&#233; ; elle ne peut donc jamais par elle-m&#234;me vouloir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ou commun. Hegel montre, par exemple, que l'homme libre devient le propri&#233;taire qui, en tant que tel, s'oppose aux autres propri&#233;taires. Sa volont&#233; est &#171; par nature &#187; d&#233;termin&#233;e par ses &#171; impulsions, app&#233;tits et inclinations &#187; imm&#233;diats, et vise &#224; les satisfaire. La satisfaction signifie qu'il a fait sien l'objet de sa volont&#233;. Il ne peut satisfaire ses besoins qu'en s'appropriant les objets qu'il d&#233;sire, excluant ainsi les autres individus de l'usage et de la jouissance de ceux-ci. Sa volont&#233; prend n&#233;cessairement &#171; la forme de l'individualit&#233; [Einzelheit ].' L'objet est pour l'ego quelque chose &#171; qui peut ou non &#234;tre mien &#187;. Et la volont&#233; individuelle n'a rien dans sa nature qui d&#233;passerait cette exclusion mutuelle du &#171; mien &#187; et du &#171; tien &#187; et unifierait les deux en un tiers commun. Dans sa dimension naturelle, le libre arbitre est donc la licence, li&#233;e &#224; jamais aux processus arbitraires d'appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons l&#224; un premier exemple de l'identification par Hegel d'une loi de la nature &#224; la loi de la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive. La &#171; nature &#187; du libre arbitre est con&#231;ue de telle mani&#232;re qu'elle renvoie &#224; une forme historique particuli&#232;re de la volont&#233;, celle de l'individu en tant que propri&#233;taire priv&#233;, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e servant de premi&#232;re r&#233;alisation de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, alors, la volont&#233; individuelle, exprimant les pr&#233;tentions partag&#233;es du &#171; mien &#187; et du &#171; tien &#187;, sans fondement commun, peut-elle jamais devenir la volont&#233; du &#171; notre &#187; et exprimer ainsi un int&#233;r&#234;t commun ? L'hypoth&#232;se du contrat social ne peut servir, car aucun contrat entre individus ne d&#233;passe la sph&#232;re du droit priv&#233;. La base contractuelle pr&#233;sum&#233;e de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; soumettrait l'ensemble au m&#234;me arbitraire qui r&#233;git les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. En m&#234;me temps, l'&#201;tat ne peut se fonder sur aucun principe impliquant une annulation des droits de l'individu. Hegel maintient fermement cette th&#232;se, qui a &#233;t&#233; &#233;nonc&#233;e dans toute la philosophie politique de la classe moyenne montante. Le temps &#233;tait r&#233;volu o&#249; l'&#201;tat absolutiste d&#233;crit dans le L&#233;viathanon pourrait dire qu'il valait mieux pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de la nouvelle classe moyenne. Un long processus de discipline avait depuis port&#233; ses fruits : l'individu &#233;tait devenu l'unit&#233; d&#233;cisive de l'ordre &#233;conomique et, qui plus est, revendiquait d&#233;sormais ses droits dans le sch&#233;ma politique. Hegel &#233;nonce cette exigence et y est fid&#232;le dans toute sa th&#233;orie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons dit que Hegel repr&#233;sentait l'&#171; universalit&#233; &#187; de la volont&#233; comme une universalit&#233; du moi, signifiant par l&#224; que l'universalit&#233; consiste dans le fait que le moi int&#232;gre toutes les conditions existentielles dans son identit&#233; &#224; soi. Le r&#233;sultat est paradoxal : l'universel est fix&#233; dans l'&#233;l&#233;ment le plus individuel de l'homme, dans son moi. Socialement, le processus est tout &#224; fait compr&#233;hensible. La soci&#233;t&#233; moderne n'unit pas les individus pour qu'ils puissent mener des activit&#233;s autonomes mais concert&#233;es pour le bien de tous. Ils ne reproduisent pas consciemment leur soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire par une activit&#233; collective. Face &#224; une situation telle qu'elle pr&#233;vaut, l'&#233;galit&#233; abstraite du moi individuel devient le seul refuge de la libert&#233;. La libert&#233; qu'elle veut est n&#233;gative, constante n&#233;gation du tout. L'accession &#224; une libert&#233; positive exige que l'individu sorte de la sph&#232;re monadique de son int&#233;r&#234;t priv&#233; et s'installe dans l'essence de la volont&#233;, qui vise non pas &#224; une fin particuli&#232;re mais &#224; la libert&#233; comme telle. La volont&#233; de l'individu doit devenir une volont&#233; de libert&#233; g&#233;n&#233;rale. Il ne peut cependant le devenir que s'il est effectivement devenu libre. Seule la volont&#233; de l'homme qui est lui-m&#234;me libre vise la libert&#233; positive. Hegel met cette conclusion dans la formule &#233;nigmatique que &#171; la libert&#233; veut la libert&#233; &#187;, ou &#171; le libre arbitre veut le libre arbitre &#187;. Seule la volont&#233; de l'homme qui est lui-m&#234;me libre vise la libert&#233; positive. Hegel met cette conclusion dans la formule &#233;nigmatique que &#171; la libert&#233; veut la libert&#233; &#187;, ou &#171; le libre arbitre veut le libre arbitre &#187;. Seule la volont&#233; de l'homme qui est lui-m&#234;me libre vise la libert&#233; positive. Hegel met cette conclusion dans la formule &#233;nigmatique que &#171; la libert&#233; veut la libert&#233; &#187;, ou &#171; le libre arbitre veut le libre arbitre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule contient une vie historique concr&#232;te dans ce qui semble &#234;tre un sch&#233;ma philosophique abstrait. Ce n'est pas n'importe quel individu, mais l'individu libre qui &#171; veut la libert&#233; &#187;. La libert&#233; dans sa v&#233;ritable forme ne peut &#234;tre reconnue et voulue que par un individu libre. L'homme ne peut conna&#238;tre la libert&#233; sans la poss&#233;der ; il doit &#234;tre libre pour devenir libre. La libert&#233; n'est pas simplement un statut qu'il a, mais une action qu'il entreprend en tant que sujet conscient de lui-m&#234;me. Tant qu'il ne conna&#238;t pas la libert&#233;, il ne peut l'atteindre par lui-m&#234;me ; son manque de libert&#233; est tel qu'il pourrait m&#234;me choisir volontairement ou acquiescer &#224; sa propre servitude. Dans ce cas, il n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; la libert&#233;, et sa lib&#233;ration doit se faire contre sa volont&#233;. En d'autres termes, l'acte de lib&#233;ration est retir&#233; des mains des individus qui eux-m&#234;mes, en raison de leur statut entrav&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de libert&#233; dans la Philosophie du droit renvoie &#224; la relation essentielle entre libert&#233; et pens&#233;e &#233;nonc&#233;e dans la Logique. La racine de cette relation est maintenant mise &#224; nu dans la structure sociale, et avec elle se r&#233;v&#232;le le lien entre l'id&#233;alisme et le principe de propri&#233;t&#233;. Dans l'&#233;laboration de l'analyse, la conception de Hegel perd son contenu critique et en vient &#224; servir de justification m&#233;taphysique de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Nous tenterons de suivre cette tournure de la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus par lequel la volont&#233; se &#171; purifie &#187; jusqu'&#224; vouloir la libert&#233; est celui laborieux de l'&#233;ducation &#224; travers l'histoire. L'&#233;ducation est une activit&#233; et un produit de la pens&#233;e. &#171; La conscience de soi, qui purifie son objet, son contenu ou sa fin, et l'exalte jusqu'&#224; l'universalit&#233;, est la pens&#233;e s'ext&#233;riorisant en volont&#233;. C'est &#224; ce point qu'il devient clair que la volont&#233; n'est vraie et libre qu'en tant qu'intelligence pensante. &#187; La libert&#233; de la volont&#233; d&#233;pend de la pens&#233;e, de la connaissance de la v&#233;rit&#233;. L'homme ne peut &#234;tre libre que lorsqu'il conna&#238;t ses potentialit&#233;s. L'esclave n'est pas libre pour deux raisons : premi&#232;rement, parce qu'il est effectivement asservi ; deuxi&#232;mement, parce qu'il n'a aucune exp&#233;rience ou connaissance de la libert&#233;. La connaissance, ou, dans le langage de Hegel, la conscience de soi de la libert&#233;, est &#171; le principe du droit, de la morale et de toutes les formes d'&#233;thique sociale &#187;. LeLa logique avait fond&#233; la libert&#233; sur la pens&#233;e ; la Philosophie du Droit, r&#233;capitulant, aborde les conditions socio-historiques de cette conclusion. La volont&#233; est libre si elle est &#171; enti&#232;rement par elle-m&#234;me, parce qu'elle ne se rapporte qu'&#224; elle-m&#234;me et que toute d&#233;pendance &#224; toute autre chose tombe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par sa nature m&#234;me, la volont&#233; vise &#224; s'approprier son objet, &#224; faire de ce dernier une partie de son &#234;tre. C'est une condition pr&#233;alable &#224; une libert&#233; parfaite. Mais les objets mat&#233;riels offrent une limite certaine &#224; une telle appropriation. Par essence, ils sont ext&#233;rieurs au sujet appropriant, et leur appropriation est donc n&#233;cessairement imparfaite. Le seul objet qui puisse devenir ma propri&#233;t&#233; in toto est l'objet mental, car il n'a pas de r&#233;alit&#233; autonome en dehors du sujet pensant. &#034;C'est l'Esprit que je peux m'approprier de la mani&#232;re la plus compl&#232;te.&#034; L'appropriation mentale est diff&#233;rente de la propri&#233;t&#233; des objets mat&#233;riels parce que la compr&#233;hensionl'objet ne reste pas ext&#233;rieur au sujet. La propri&#233;t&#233; est ainsi consomm&#233;e par le libre arbitre, qui repr&#233;sente l'accomplissement de la libert&#233; aussi bien que de l'appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logiqueavait conclu que la libert&#233; consiste dans le pouvoir absolu du sujet sur son &#171; autre &#187;. La forme concr&#232;te de cette libert&#233; est la propri&#233;t&#233; parfaite et p&#233;renne. L'union du principe d'id&#233;alisme avec le principe de propri&#233;t&#233; est ainsi consomm&#233;e. Hegel poursuit en faisant l'identification approfondie de sa philosophie. Il d&#233;clare que &#171; seule la volont&#233; est illimit&#233;e et absolue, tandis que toutes les autres choses qui s'opposent &#224; la volont&#233; ne sont que relatives &#187;. S'approprier, c'est au fond seulement manifester la majest&#233; de ma volont&#233; envers les choses, en d&#233;montrant qu'elles ne se compl&#232;tent pas et n'ont pas de finalit&#233; propre. Ceci est provoqu&#233; par mon instillation dans l'objet d'une autre fin que celle qu'il avait d'abord. Lorsque l'&#234;tre vivant [Hegel se r&#233;f&#232;re &#224; l'exemple d'un animal comme objet potentiel de volont&#233;] devient ma propri&#233;t&#233;, il obtient une autre &#226;me que celle qu'il avait. Je lui donne ma volont&#233;. Et, conclut-il, &#171; le libre arbitre est donc l'id&#233;alisme qui refuse de soutenir que les choses telles qu'elles sont peuvent &#234;tre auto-compl&#232;tes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de l'id&#233;alisme, selon lequel l'&#234;tre objectif d&#233;pend de la pens&#233;e, est maintenant interpr&#233;t&#233; comme la base du caract&#232;re de propri&#233;t&#233; potentiel des choses. En m&#234;me temps, c'est l'&#234;tre le plus v&#233;ritable, l'esprit, que l'id&#233;alisme con&#231;oit comme remplissant l'id&#233;e de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse h&#233;g&#233;lienne du libre arbitre donne &#224; la propri&#233;t&#233; une place dans la constitution m&#234;me de l'individu, dans son libre arbitre. Le libre arbitre na&#238;t comme pure volont&#233; de libert&#233;. C'est &#171; l'id&#233;e de droit &#187; et elle est identique &#224; la libert&#233; en tant que telle. Mais ce n'est que l' id&#233;e de droit et de libert&#233;. La mat&#233;rialisation de l'id&#233;e commence lorsque l'individu &#233;mancip&#233; affirme sa volont&#233; comme une libert&#233; de s'approprier. &#171; Cette premi&#232;re phase de libert&#233;, nous la conna&#238;trons sous le nom de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;duction de la propri&#233;t&#233; de l'essence du libre arbitre est un processus analytique dans la discussion de Hegel ; ce qu'il fait, c'est tirer les cons&#233;quences de ses conclusions ant&#233;rieures sur la volont&#233;. Au d&#233;but, le libre arbitre est &#171; la volont&#233; unique d'un sujet &#187;, rempli de buts qui sont dirig&#233;s vers la vari&#233;t&#233; des objets d'un monde auquel le sujet est li&#233; en tant qu'individu exclusif. Il devient effectivement libre dans un processus de mise &#224; l'&#233;preuve de sa libert&#233; en excluant les autres des objets de sa volont&#233; et en faisant de ces derniers les siens exclusivement. En vertu de sa volont&#233; exclusive, le sujet est &#171; une personne &#187;. C'est-&#224;-dire que la personnalit&#233; commence lorsqu'il existe un pouvoir conscient de faire sien les objets de sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a soulign&#233; que l'individu n'est libre que lorsqu'il est reconnu comme libre, et qu'une telle reconnaissance lui est accord&#233;e lorsqu'il a prouv&#233; sa libert&#233;. Il peut fournir cette preuve en montrant son pouvoir sur les objets de sa volont&#233;, en se les appropriant. L'acte d'appropriation est accompli lorsque d'autres individus l'ont consenti ou &#171; reconnu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu aussi que pour Hegel la substance du sujet repose sur une &#171; n&#233;gativit&#233; absolue &#187; dans la mesure o&#249; le moi nie l'existence ind&#233;pendante des objets et en fait les supports de son propre accomplissement. L'activit&#233; du propri&#233;taire est d&#233;sormais le moteur de cette n&#233;gation. &#171; Une personne a le droit de diriger sa volont&#233; sur n'importe quel objet, comme sa fin r&#233;elle et positive. L'objet devient alors sien. Comme il n'a pas de fin en soi, il re&#231;oit son sens et son &#226;me de sa volont&#233;. L'homme a le droit absolu de s'approprier tout ce qui est une chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Le concept de Hegel de &#171; reconnaissance mutuelle &#187; des personnes comporte trois &#233;l&#233;ments distincts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un. l'&#233;l&#233;ment positiviste &#8211; la simple acceptation du fait de l'appropriation.&lt;br class='autobr' /&gt;
b. l'&#233;l&#233;ment dialectique &#8211; le propri&#233;taire reconna&#238;t que le travail des expropri&#233;s est la condition de la perp&#233;tuation et de la jouissance de sa propri&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
c. l'&#233;l&#233;ment historique &#8211; le fait de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre confirm&#233; par la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me Jenenser et la Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit ont mis l'accent sur les deux premiers &#233;l&#233;ments ; la philosophie du droit est principalement construite sur le premier et le troisi&#232;me. La d&#233;duction de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e Dans ce dernier ouvrage donne une indication distincte de tous les facteurs propres &#224; la philosophie moderne, notamment son respect pour l'autorit&#233; premi&#232;re des faits ainsi que son exigence que la base de ces faits soit rationnellement justifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retrait de l'&#233;l&#233;ment dialectique dans cette discussion montre une influence croissante de la r&#233;ification qui s'installe parmi les concepts de Hegel. Le syst&#232;me Jenenser et la Ph&#233;nom&#233;nologie avaient trait&#233; la propri&#233;t&#233; comme une relation entre les hommes ; la Philosophie du Droit le traite comme une relation entre le sujet et les objets.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple appropriation, cependant, aboutit &#224; une simple possession ( Besitz ). Mais la possession n'est une propri&#233;t&#233; que si elle est rendue objective pour les autres individus ainsi que pour le propri&#233;taire. &#171; La forme de pure subjectivit&#233; doit &#234;tre retir&#233;e des objets &#187; ; ils doivent &#234;tre d&#233;tenus et utilis&#233;s comme la propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement reconnue d'une personne d&#233;termin&#233;e. Cette personne doit &#224; son tour se reconna&#238;tre dans les choses qu'elle poss&#232;de, doit les conna&#238;tre et les manier comme l'accomplissement de son libre arbitre. Ce n'est qu'alors que la possession devient un droit effectif. Le libre arbitre est n&#233;cessairement la &#171; volont&#233; unique &#187; d'une personne d&#233;termin&#233;e, et la propri&#233;t&#233; a &#171; la qualit&#233; d'&#234;tre une propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e a rarement &#233;t&#233; aussi constamment d&#233;velopp&#233;e et fond&#233;e sur la nature de l'individu isol&#233;. Jusqu'ici, aucun ordre universel n'est entr&#233; dans la d&#233;duction de Hegel, rien qui accorde la sanction d'un droit universel &#224; l'appropriation individuelle. Aucun Dieu n'a &#233;t&#233; invoqu&#233; pour l'ordonner et la justifier, et les besoins des hommes n'ont pas &#233;t&#233; cit&#233;s comme responsables de sa production. La propri&#233;t&#233; n'existe qu'en vertu du pouvoir du sujet libre. Elle d&#233;rive de l'essence de la personne libre. Hegel a soustrait l'institution de la propri&#233;t&#233; &#224; tout lien contingent et l'a hypostasi&#233;e comme une relation ontologique. Il insiste &#224; maintes reprises sur le fait qu'elle n'est peut-&#234;tre pas justifi&#233;e comme moyen de satisfaire les besoins humains. &#171; La raison d'&#234;tre de la propri&#233;t&#233; ne consiste pas dans sa satisfaction des besoins mais plut&#244;t dans le fait que l'institution surmonte la simple subjectivit&#233; de la personne, et, en m&#234;me temps, accomplit la d&#233;termination de celle-ci. La personne n'existe comme Raison que dans la propri&#233;t&#233;. La propri&#233;t&#233; est ant&#233;rieure aux besoins contingents de la soci&#233;t&#233;. C'est &#171; la premi&#232;re incarnation de la libert&#233; et donc une fin substantielle en soi &#187;. &#171; Dans la relation de l'homme aux objets ext&#233;rieurs, l'&#233;l&#233;ment rationnel consiste dans la possession de la propri&#233;t&#233;. Ce qu'une personne poss&#232;de et combien, cependant, est une question de chance et, du point de vue du droit, enti&#232;rement contingent. Hegel admet explicitement que la r&#233;partition dominante de la propri&#233;t&#233; est le produit de circonstances accidentelles, tout &#224; fait en contradiction avec les exigences rationnelles. D'autre part, il dispense la raison de porter un jugement sur cette distribution. Il ne fait aucun effort pour appliquer le principe philosophique de l'&#233;galit&#233; des hommes aux in&#233;galit&#233;s de propri&#233;t&#233;, et en fait rejette cette d&#233;marche. La seule &#233;galit&#233; qui puisse d&#233;couler de la raison est &#171; que chacun poss&#232;de la propri&#233;t&#233; &#187;, mais la raison est enti&#232;rement indiff&#233;rente &#224; la qualit&#233; et &#224; la quantit&#233; de la propri&#233;t&#233;. C'est dans ce contexte que Hegel pr&#233;sente sa d&#233;finition frappante : &#171; Le droit ne se soucie pas des diff&#233;rences entre les individus. ' mais la raison est enti&#232;rement indiff&#233;rente &#224; la qualit&#233; et &#224; la quantit&#233; de la propri&#233;t&#233;. C'est dans ce contexte que Hegel pr&#233;sente sa d&#233;finition frappante : &#171; Le droit ne se soucie pas des diff&#233;rences entre les individus. ' mais la raison est enti&#232;rement indiff&#233;rente &#224; la qualit&#233; et &#224; la quantit&#233; de la propri&#233;t&#233;. C'est dans ce contexte que Hegel pr&#233;sente sa d&#233;finition frappante : &#171; Le droit ne se soucie pas des diff&#233;rences entre les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition combine les traits progressifs et r&#233;gressifs de sa philosophie du droit. L'insouciance des diff&#233;rences individuelles, on le verra, est caract&#233;ristique de l'universalit&#233; abstraite du droit, qui pose un minimum d'&#233;galit&#233; et de rationalit&#233; sur un ordre d'irrationalit&#233; et d'injustice. D'autre part, cette m&#234;me insouciance caract&#233;rise une pratique sociale o&#249; la pr&#233;servation de l'ensemble n'est atteinte qu'en faisant abstraction de l'essence humaine de l'individu. L'objet de la loi n'est pas l'individu concret, mais le sujet abstrait des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de transformation des relations entre les hommes en relations de choses op&#232;re dans la formulation de Hegel. La personne est immerg&#233;e dans sa propri&#233;t&#233; et n'est une personne qu'en vertu de sa propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, Hegel d&#233;signe tout Droit des Personnes comme Droit de la Propri&#233;t&#233;. &#171; Il est clair que seule la personnalit&#233; nous donne un droit sur les choses, et donc le droit personnel est par essence un droit r&#233;el &#187; Sachenrecht].' Le processus de r&#233;ification continue d'impr&#233;gner l'analyse de Hegel. Il tire tout le droit des contrats et des obligations du droit de la propri&#233;t&#233;. Puisque la libert&#233; de la personne s'exerce dans la sph&#232;re ext&#233;rieure des choses, la personne peut s'&#171; ext&#233;rioriser &#187;, c'est-&#224;-dire se traiter comme un objet ext&#233;rieur. Il peut de son plein gr&#233; s'ali&#233;ner et vendre ses prestations et ses services. &#171; Les dons mentaux, la science, l'art, m&#234;me les mati&#232;res religieuses telles que les sermons, les messes, les pri&#232;res, les b&#233;n&#233;dictions, ainsi que les inventions, etc., deviennent l'objet d'un contrat ; ils sont reconnus et trait&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re que les objets d'achat, de vente, etc. L'ali&#233;nation de la personne, cependant, doit avoir une limite dans le temps, pour qu'il reste quelque chose de la &#171; totalit&#233; et de l'universalit&#233; &#187; de la personne. Si je vendais &#171; tout le temps de mon travail concret et la totalit&#233; de mes produits, ma personnalit&#233; deviendrait la propri&#233;t&#233; d'un autre ; Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. et la totalit&#233; de mes produits, ma personnalit&#233; deviendrait la propri&#233;t&#233; de quelqu'un d'autre ; Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. et la totalit&#233; de mes produits, ma personnalit&#233; deviendrait la propri&#233;t&#233; de quelqu'un d'autre ; Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. Je ne serais plus une personne et me placerais hors du domaine du droit. Le principe de libert&#233;, qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;. qui devait d&#233;montrer la supr&#233;matie absolue de la personne sur toute chose, a non seulement fait de cette personne une chose, mais en a fait une fonction du temps. Hegel a frapp&#233; sur le m&#234;me fait qui a pouss&#233; Marx plus tard &#224; stipuler &#171; le raccourcissement de la journ&#233;e de travail &#187; comme condition du passage de l'homme dans le domaine de la libert&#233;. Les conceptions de Hegel vont aussi assez loin pour toucher &#224; la force cach&#233;e du temps de travail et pour r&#233;v&#233;ler que la diff&#233;rence entre l'ancien esclave et le travailleur &#171; libre &#187; peut s'exprimer en termes de quantit&#233; de temps appartenant au &#171; seigneur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e d&#233;coule du libre arbitre de la personne. Cette volont&#233; a cependant une limite bien d&#233;finie, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e d'autrui. Je ne suis et je reste propri&#233;taire qu'autant que je renonce volontairement &#224; mon droit de m'approprier le bien d'autrui. La propri&#233;t&#233; priv&#233;e conduit ainsi au-del&#224; de l'individu isol&#233; &#224; ses relations avec d'autres individus &#233;galement isol&#233;s. L'instrument qui s&#233;curise l'institution de la propri&#233;t&#233; dans cette dimension est le Contrat. L&#224; encore, l'id&#233;e ontologique de raison est ajust&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233; marchande et y trouve son incarnation concr&#232;te. &#171; C'est tout autant une n&#233;cessit&#233; de la raison que les hommes contractent, &#233;changent, commercent, que qu'ils aient des biens. Les contrats constituent cette &#171; reconnaissance mutuelle &#187; n&#233;cessaire pour transformer la possession en propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contrats, cependant, ne font que r&#233;gler les int&#233;r&#234;ts particuliers des propri&#233;taires et ne d&#233;passent nulle part le domaine du droit priv&#233;. Hegel r&#233;pudie une fois de plus la doctrine du contrat social, car, selon lui, il est faux de dire que les hommes ont le choix arbitraire de se s&#233;parer de l'&#201;tat ou de ne pas le faire ; 'est-il plut&#244;t absolument n&#233;cessaire que tout le monde soit dans un Etat.' Le &#171; grand progr&#232;s &#187; de l'&#201;tat moderne sur l'&#201;tat f&#233;odal est d&#251; au fait que le premier est &#171; une fin en soi &#187; et qu'aucun homme ne peut prendre d'arrangements priv&#233;s &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les implications de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e poussent Hegel toujours plus loin dans les sombres sentiers des fondements du droit. L'Introduction avait d&#233;j&#224; annonc&#233; que crime et ch&#226;timent rel&#232;vent essentiellement de l'institution de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et donc aussi de l'institution du droit. Les droits des propri&#233;taires doivent n&#233;cessairement s'affronter puisque chacun s'oppose &#224; l'autre, sujet de sa propre volont&#233; particuli&#232;re. Chacun d&#233;pend dans ses actes &#171; du caprice et du choix erratique &#187; dict&#233; par son savoir et sa volont&#233;, et l'accord de sa volont&#233; particuli&#232;re avec la volont&#233; g&#233;n&#233;rale n'est qu'un accident porteur des germes d'un nouveau conflit. Le droit priv&#233; est donc n&#233;cessairement mauvais, car l'individu isol&#233; doit offenser le droit g&#233;n&#233;ral. Hegel d&#233;clare que &#171; la fraude et le crime &#187; sont une &#171; faute non pr&#233;m&#233;dit&#233;e ou civile [unbefangenes oder b&#252;rgerliches Unrecht ] &#187;, indiquant qu'ils font partie int&#233;grante de la soci&#233;t&#233; civile. Le droit dans la soci&#233;t&#233; civile trouve son origine dans le fait qu'il y a une g&#233;n&#233;ralisation abstraite des int&#233;r&#234;ts particuliers. Si l'individu, dans la poursuite de son int&#233;r&#234;t, se heurte au droit, il peut revendiquer pour lui-m&#234;me la m&#234;me autorit&#233; que les autres lui r&#233;clament, &#224; savoir , qu'il agit pour pr&#233;server son propre int&#233;r&#234;t. Le droit, cependant, d&#233;tient l'autorit&#233; sup&#233;rieure parce qu'il repr&#233;sente aussi &#8211; quoique sous une forme inad&#233;quate &#8211; l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit du tout et celui de l'individu n'ont pas la m&#234;me validit&#233;. Le premier codifie les exigences de la soci&#233;t&#233; dont d&#233;pendent aussi l'entretien et le bien-&#234;tre des individus. Si ces derniers ne reconnaissent pas ce droit, ils offensent non seulement l'universel mais aussi eux-m&#234;mes. Ils ont tort, et la punition de leur crime leur rend leur vrai droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formulation, qui guide la th&#233;orie h&#233;g&#233;lienne de la punition, d&#233;tache enti&#232;rement l'id&#233;e de tort de toute consid&#233;ration morale. La philosophie du droit ne place le mal dans aucune cat&#233;gorie morale, mais l'introduit sous le titre de droit abstrait. Le mal est un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire dans la relation des propri&#233;taires individuels les uns avec les autres. L'exposition de Hegel contient ce fort &#233;l&#233;ment m&#233;caniste, encore une fois un parall&#232;le frappant avec la philosophie politique mat&#233;rialiste de Hobbes. Certes, Hegel soutient que la libre raison r&#233;git la volont&#233; et l'acte des individus, mais cette raison semble se comporter &#224; la mani&#232;re d'une loi naturelle et non comme une activit&#233; humaine autonome. La raison r&#232;gne sur l'homme au lieu d'op&#233;rer par son pouvoir conscient. Quand, donc, Hegel identifie la loi de la raison ( Vernunftrecht) avec la loi de nature ( Naturrecht ), cette formule prend une signification sinistre, tout &#224; fait contraire &#224; l'intention de Hegel. Il voulait souligner que la raison est la &#171; nature &#187; m&#234;me de la soci&#233;t&#233;, mais le caract&#232;re &#171; naturel &#187; de la Loi de Raison se rapproche beaucoup plus de la n&#233;cessit&#233; aveugle de la nature que de la libert&#233; consciente d'une soci&#233;t&#233; rationnelle. Nous verrons que Hegel insiste &#224; plusieurs reprises sur la &#171; n&#233;cessit&#233; aveugle &#187; de la raison dans la soci&#233;t&#233; civile. La m&#234;me n&#233;cessit&#233; aveugle que Marx d&#233;non&#231;a plus tard comme l'anarchie du capitalisme fut ainsi plac&#233;e au centre de la philosophie h&#233;g&#233;lienne lorsqu'elle entreprit de d&#233;montrer la libre rationalit&#233; de l'ordre dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libre arbitre, v&#233;ritable moteur de la raison dans la soci&#233;t&#233;, cr&#233;e n&#233;cessairement le mal. L'individu doit se heurter &#224; l'ordre social qui pr&#233;tend repr&#233;senter sa propre volont&#233; sous sa forme objective. Mais le tort et la &#171; justice vengeresse &#187; qui y rem&#233;die non seulement expriment une &#171; n&#233;cessit&#233; logique sup&#233;rieure &#187;, mais pr&#233;parent aussi le passage &#224; une forme sociale sup&#233;rieure de libert&#233;, le passage du droit abstrait &#224; la morale. Car, en commettant une faute et en acceptant la punition de son acte, l'individu prend conscience de la &#171; subjectivit&#233; infinie &#187;de sa libert&#233;. Il apprend qu'il n'est libre qu'en tant que personne priv&#233;e. Lorsqu'il se heurte &#224; l'ordre du droit, il constate que ce mode de libert&#233; qu'il a pratiqu&#233; a atteint des limites insurmontables. Repouss&#233; dans le monde ext&#233;rieur, la volont&#233; se tourne maintenant vers l'int&#233;rieur, pour y chercher la libert&#233; absolue. Le libre arbitre entre dans le second domaine de son accomplissement : le sujet qui s'approprie devient le sujet moral .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de la premi&#232;re &#224; la seconde partie de l'&#339;uvre de Hegel trace ainsi une tendance d&#233;cisive de la soci&#233;t&#233; moderne, celle o&#249; la libert&#233; est int&#233;rioris&#233;e ( verinner licht ). La dynamique de la volont&#233;, que Hegel pr&#233;sente comme un processus ontologique, correspond &#224; un processus historique qui a commenc&#233; avec la R&#233;forme allemande. Nous l'avons indiqu&#233; dans notre Introduction. Hegel cite l'un des documents les plus importants qui &#233;nonce ce message, l'article de Luther Sur la libert&#233; chr&#233;tienne,o&#249; Luther soutenait que &#171; l'&#226;me ne sera ni touch&#233;e ni affect&#233;e si le corps est maltrait&#233; et la personne soumise au pouvoir d'un autre homme &#187;. Hegel qualifie cette affirmation de &#171; sens moins un raisonnement sophistiqu&#233; &#187;, mais convient en m&#234;me temps qu'une telle condition est possible, que l'homme peut &#234;tre &#171; libre dans les cha&#238;nes &#187;. Ceci, soutient-il, n'est vrai que si c'est le r&#233;sultat du libre arbitre de l'homme, et alors seulement en ce qui concerne lui-m&#234;me. A l'&#233;gard d'un autre, on n'est pas libre si son corps est asservi (et libre seulement s'il existe r&#233;ellement et concr&#232;tement comme libre. La libert&#233; int&#233;rieure, pour Hegel, n'est qu'une &#233;tape transitoire dans le processus d'accession &#224; la libert&#233; ext&#233;rieure. La tendance &#224; abolir on peut dire que le domaine int&#233;rieur de la libert&#233; pr&#233;figure cette &#233;tape de la soci&#233;t&#233; dans laquelle le processus d'int&#233;riorisation des valeurs ne s'av&#232;re plus efficace comme moyen de restreindre les exigences de l'individu. La libert&#233; int&#233;rieure r&#233;serve au moins &#224; l'individu une sph&#232;re d'intimit&#233; inconditionnelle dans laquelle aucune autorit&#233; ne peut intervenir et la morale le soumet &#224; des obligations universellement valables. Mais lorsque la soci&#233;t&#233; se tourne vers des formes totalitaires en accord avec les besoins de l'imp&#233;rialisme monopoliste, la totalit&#233; de la personne devient un objet politique. M&#234;me sa moralit&#233; la plus intime est soumise &#224; l'&#201;tat et sa vie priv&#233;e abolie. Les m&#234;mes conditions qui appelaient auparavant &#224; l'internalisation des valeurs exigent maintenant qu'elles soient totalement externalis&#233;es. Mais lorsque la soci&#233;t&#233; se tourne vers des formes totalitaires en accord avec les besoins de l'imp&#233;rialisme monopoliste, la totalit&#233; de la personne devient un objet politique. M&#234;me sa moralit&#233; la plus intime est soumise &#224; l'&#201;tat et sa vie priv&#233;e abolie. Les m&#234;mes conditions qui appelaient auparavant &#224; l'internalisation des valeurs exigent maintenant qu'elles soient totalement externalis&#233;es. Mais lorsque la soci&#233;t&#233; se tourne vers des formes totalitaires en accord avec les besoins de l'imp&#233;rialisme monopoliste, la totalit&#233; de la personne devient un objet politique. M&#234;me sa moralit&#233; la plus intime est soumise &#224; l'&#201;tat et sa vie priv&#233;e abolie. Les m&#234;mes conditions qui appelaient auparavant &#224; l'internalisation des valeurs exigent maintenant qu'elles soient totalement externalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Philosophie du droit de Hegel montre toujours un &#233;quilibre entre ces deux d&#233;veloppements polaires. Hegel soutient que la subjectivit&#233; de la volont&#233; &#171; demeure le fondement de l'existence de la libert&#233; &#187;, et il laisse la libert&#233; s'achever dans un &#233;tat de toute-puissance. La morale, domaine de la libert&#233; int&#233;rieure, perd cependant toute sa splendeur et sa gloire dans l'&#339;uvre de Hegel et devient une simple articulation entre le droit priv&#233; et le droit constitutionnel, entre le droit abstrait et la vie soci&#233;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a souvent soulign&#233; que le syst&#232;me de Hegel ne contient pas de v&#233;ritable &#233;thique. Sa philosophie morale est absorb&#233;e dans sa philosophie politique. Mais la submersion de l'&#233;thique dans la politique est conforme &#224; son interpr&#233;tation et &#224; sa valorisation de la soci&#233;t&#233; civile. Ce n'est pas un hasard si sa section sur la morale est la plus br&#232;ve et la moins significative de toutes dans son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous passerons &#224; la derni&#232;re partie de la Philosophie du droit, celle traitant de l'&#233;thique sociale et politique ( Sittlichkeit ). Cette partie de l'ouvrage traite de la famille, de la soci&#233;t&#233; civile et de l'&#201;tat, et il faut d'abord esquisser le lien syst&#233;matique qu'elle entretient avec les deux sections pr&#233;c&#233;dentes de la Philosophie du droit . La volont&#233; se tourne ici vers le domaine ext&#233;rieur de la r&#233;alit&#233; sociale. Un individu qui se r&#233;jouit de la libert&#233; int&#233;rieure et de la v&#233;rit&#233; de sa moralit&#233;, nous trouvons, n'a pas atteint la libert&#233; et la v&#233;rit&#233;. Le &#171; bien abstrait &#187; est &#171; d&#233;pourvu de pouvoir &#187; ; il est compatible avec n'importe quel contenu donn&#233;. La science de la logiqueavait d&#233;montr&#233; que l'id&#233;e ne se r&#233;alise qu'en r&#233;alit&#233;. De m&#234;me, le libre arbitre doit surmonter l'impasse entre monde int&#233;rieur et monde ext&#233;rieur, entre droit subjectif et droit universel, et l'individu doit r&#233;aliser sa volont&#233; dans des institutions sociales et politiques objectives, qui &#224; leur tour doivent s'accorder avec sa volont&#233;. Toute la troisi&#232;me partie de la Philosophie du Droit suppose qu'il n'existe aucune institution objective qui ne soit fond&#233;e sur le libre arbitre du sujet, et aucune libert&#233; subjective qui ne soit visible dans l'ordre social objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers paragraphes le disent pr&#233;cis&#233;ment. La promesse est donn&#233;e, en outre, que l'id&#233;al sera montr&#233; comme un existant r&#233;el. L'humanit&#233; a atteint le stade de la maturit&#233; et poss&#232;de tous les moyens qui rendent possible la r&#233;alisation de la Raison. Mais ces moyens m&#234;mes ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s et employ&#233;s par une soci&#233;t&#233; dont le principe organisateur est le libre jeu des int&#233;r&#234;ts particuliers, et qui est donc incapable de les utiliser dans l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. La philosophie du droitaffirme que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle du sujet libre et la r&#233;alisation de la libert&#233;. D&#232;s ses premiers &#233;crits, cependant, Hegel avait vu que les relations de propri&#233;t&#233; priv&#233;e militent contre un ordre social v&#233;ritablement libre. L'anarchie des propri&#233;taires &#233;go&#239;stes ne saurait produire de son m&#233;canisme un sch&#233;ma social int&#233;gr&#233;, rationnel et universel. En m&#234;me temps, un ordre social appropri&#233;, soutenait Hegel, ne pouvait pas &#234;tre impos&#233; sans les droits de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, car l'individu libre serait ainsi annul&#233;. La t&#226;che de r&#233;aliser l'int&#233;gration n&#233;cessaire incombait donc &#224; une institution qui se placerait au-dessus des int&#233;r&#234;ts individuels et de leurs relations concurrentes, tout en pr&#233;servant leurs avoirs et leurs activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel aborde le probl&#232;me dans le sens qu'il a suivi lorsqu'il a soulev&#233; le probl&#232;me de la loi naturelle. La doctrine de la loi naturelle s'&#233;tait d&#233;battue avec la question de savoir comment un &#233;tat d'appropriation anarchique (l'&#233;tat de nature) pouvait &#234;tre transform&#233; en un &#233;tat dans lequel la propri&#233;t&#233; est g&#233;n&#233;ralement en s&#233;curit&#233;. La soci&#233;t&#233; civile &#233;tait cens&#233;e &#233;tablir un tel &#233;tat de s&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;rale. Hegel pose maintenant la m&#234;me question, mais fait un pas au-del&#224; du sch&#233;ma traditionnel pour y r&#233;pondre. Les deux &#233;tapes du d&#233;veloppement, celle de l'&#233;tat de nature et celle de la soci&#233;t&#233; civile, sont surmont&#233;es par une troisi&#232;me, l'&#201;tat. Hegel consid&#232;re la doctrine du droit naturel comme inad&#233;quate, car elle fait de la soci&#233;t&#233; civile une fin en soi. M&#234;me dans la philosophie politique de Hobbes, la souverainet&#233; absolue a &#233;t&#233; subordonn&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une sauvegarde ad&#233;quate des s&#233;curit&#233;s et des biens de la soci&#233;t&#233; civile, et la r&#233;alisation de cette derni&#232;re condition a &#233;t&#233; &#233;rig&#233;e en contenu de la souverainet&#233;. Hegel dit que la soci&#233;t&#233; civile ne peut pas &#234;tre une fin en soi parce qu'elle ne peut pas, en vertu de ses contradictions intrins&#232;ques, r&#233;aliser une v&#233;ritable unit&#233; et libert&#233;. L'ind&#233;pendance de la soci&#233;t&#233; civile est donc r&#233;pudi&#233;e par Hegel et subordonn&#233;e &#224; l'&#201;tat autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel d&#233;place la t&#226;che de mat&#233;rialisation de l'ordre de la raison de la soci&#233;t&#233; civile vers l'&#201;tat. Ce dernier, cependant, ne d&#233;place pas la soci&#233;t&#233; civile, mais la maintient simplement en mouvement, pr&#233;servant ses int&#233;r&#234;ts sans changer son contenu. Le d&#233;passement de la soci&#233;t&#233; civile conduit ainsi &#224; un syst&#232;me politique autoritaire, qui pr&#233;serve intact le contenu mat&#233;riel de la soci&#233;t&#233;. La tendance autoritaire qui appara&#238;t dans la philosophie politique de Hegel est rendue n&#233;cessaire par la structure antagoniste de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas la seule tendance. La dialectique suit la transformation structurelle de la soci&#233;t&#233; civile jusqu'&#224; sa n&#233;gation d&#233;finitive. Les concepts qui pointent vers cette n&#233;gation sont &#224; la racine m&#234;me du syst&#232;me h&#233;g&#233;lien : Raison et libert&#233;, con&#231;ues comme de v&#233;ritables concepts dialectiques, ne peuvent se r&#233;aliser dans le syst&#232;me de soci&#233;t&#233; civile en vigueur. Ainsi apparaissent dans la conception h&#233;g&#233;lienne de l'&#201;tat des &#233;l&#233;ments incompatibles avec l'ordre de la soci&#233;t&#233; civile et dessinent le tableau d'une future organisation sociale de l'humanit&#233;. Cela s'applique particuli&#232;rement &#224; l'exigence fondamentale de Hegel pour un &#201;tat, &#224; savoir qu'il doit pr&#233;server et satisfaire le v&#233;ritable int&#233;r&#234;t de l'individu et ne peut &#234;tre con&#231;u qu'en termes d'unit&#233; parfaite entre l'individuel et l'universel. Les d&#233;terminations abstraites de la Logiquemontrent une fois de plus leur importance historique. L'&#234;tre v&#233;ritable, avait dit la Logique , c'est l'universel, qui est en soi individuel et contient en soi le particulier. Cet &#234;tre v&#233;ritable, que la Logique appelait la notion, revient maintenant comme l'&#233;tat incarnant la raison et la libert&#233;. C'est &#171; l'Universel qui a d&#233;ploy&#233; sa rationalit&#233; actuelle &#187;, et repr&#233;sente &#171; l'identit&#233; de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale et particuli&#232;re &#187;. L'&#201;tat est &#171; l'incarnation de la libert&#233; concr&#232;te, dans laquelle la personne et ses int&#233;r&#234;ts particuliers trouvent leur plein d&#233;veloppement et re&#231;oivent une reconnaissance ad&#233;quate de leurs droits &#187;. Les int&#233;r&#234;ts particuliers des particuliers ne doivent en aucun cas &#234;tre &#233;cart&#233;s ou supprim&#233;s ; &#171; tout d&#233;pend de l'union de l'universel et du particulier dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable contenu dialectique de la raison et de la libert&#233; appara&#238;t &#224; plusieurs reprises &#224; travers la formule autoritaire de Hegel pour sauver le sch&#233;ma social donn&#233;. L'imp&#233;ratif de pr&#233;servation du syst&#232;me en vigueur le pousse &#224; hypostasier l'&#201;tat comme un domaine en soi, situ&#233; au-dessus et m&#234;me en opposition avec les droits de l'individu. L'&#201;tat &#171; a une autorit&#233; ou une force absolue &#187;. &#8211; C'est une question d'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;tat &#171; que l'individu existe ou non &#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, Hegel insiste sur le fait que la famille, la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat &#171; ne sont pas quelque chose d'&#233;tranger au sujet &#187;, mais font partie int&#233;grante &#171; de sa propre essence &#187;. Il appelle la relation de l'individu &#224; ces institutions un &#171; devoir et une obligation &#187;, qui restreint n&#233;cessairement sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me dynamique qui arrache les concepts de Hegel &#224; leurs liens avec la structure de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et pousse l'analyse dialectique au-del&#224; de ce syst&#232;me social se retrouve dans chaque portion de la derni&#232;re section de la Philosophie du droit .La famille, la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat sont justifi&#233;s par une m&#233;thode qui implique leur n&#233;gation. La discussion sur la famille qui ouvre cette section est toute anim&#233;e par ce paradoxe. La famille est un fondement &#171; naturel &#187; de l'ordre de la raison qui culmine dans l'&#201;tat, mais en m&#234;me temps elle ne l'est qu'en tant qu'elle se dissout. La famille a sa &#171; r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure &#187; dans la propri&#233;t&#233;, mais la propri&#233;t&#233; d&#233;truit aussi la famille. Les enfants grandissent et fondent leurs propres familles propri&#233;taires. L'unit&#233; &#171; naturelle &#187; de la famille se d&#233;compose ainsi en une multitude de groupes concurrents de propri&#233;taires, qui visent essentiellement leur avantage &#233;go&#239;ste particulier. Ces groupes font l'entr&#233;e de la soci&#233;t&#233; civile, qui entre en sc&#232;ne quand toute &#233;thique a &#233;t&#233; perdue et ni&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel fonde son analyse de la soci&#233;t&#233; civile sur les deux principes mat&#233;riels de la soci&#233;t&#233; moderne : (1) L'individu ne vise que ses int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, dans la poursuite desquels il se comporte comme un &#171; m&#233;lange de n&#233;cessit&#233; physique et de caprice &#187; ; (2) Les int&#233;r&#234;ts individuels sont tellement interd&#233;pendants que l'affirmation et la satisfaction de l'un d&#233;pendent de l'affirmation et de la satisfaction de l'autre . Il s'agit jusqu'ici simplement de la description traditionnelle du XVIIIe si&#232;cle de la soci&#233;t&#233; moderne comme d'un &#171; syst&#232;me de d&#233;pendance mutuelle &#187; dans lequel chaque individu, &#224; la poursuite de son propre avantage, promeut aussi &#171; naturellement &#187; l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble. Hegel, cependant, suit les aspects n&#233;gatifs plut&#244;t que positifs de ce syst&#232;me. La communaut&#233; civile appara&#238;t pour dispara&#238;tre aussit&#244;t dans un &#171; spectacle d'exc&#232;s, de mis&#232;re et de corruption physique et sociale &#187;. &#171; Nous savons que d&#232;s le d&#233;but Hegel a soutenu qu'une vraie soci&#233;t&#233;, qui est le sujet libre de son propre progr&#232;s et de sa propre reproduction, ne peut &#234;tre con&#231;ue que comme celle qui mat&#233;rialise la libert&#233; consciente. L'absence totale de tels int&#233;r&#234;ts au sein de la soci&#233;t&#233; civile lui d&#233;nie d'embl&#233;e le titre de r&#233;alisation finale de la raison. Comme Marx, Hegel insiste sur le fait que l'int&#233;gration des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s dans cette soci&#233;t&#233; est le produit du hasard et non de la libre rationalit&#233;. d&#233;cision. La totalit&#233; appara&#238;t donc non comme libert&#233; &#171; mais comme n&#233;cessit&#233; &#187;. 75 &#171; Dans la soci&#233;t&#233; civile, l'universalit&#233; n'est rien d'autre que n&#233;cessit&#233;. Elle ordonne un processus de production dans lequel l'individu trouve sa place non selon ses besoins et ses capacit&#233;s, mais selon son &#171; capital &#187;. Le terme 'capital' ici se r&#233;f&#232;re non seulement au pouvoir &#233;conomique propre de l'individu, mais aussi &#224; la partie de sa force physique qu'il d&#233;pense dans le processus &#233;conomique, c'est-&#224;-dire &#224; sa force de travail. Les besoins sp&#233;cifiques des individus sont satisfaits au moyen du travail abstrait, qui est la &#171; propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale et permanente &#187; des hommes. Parce que la possibilit&#233; de partager la richesse g&#233;n&#233;rale d&#233;pend du capital, ce syst&#232;me produit des in&#233;galit&#233;s croissantes. Il n'y a qu'un pas entre ce point et les c&#233;l&#232;bres paragraphes qui &#233;tablissent le lien intrins&#232;que entre l'accumulation de richesses d'une part et l'appauvrissement croissant de la classe ouvri&#232;re d'autre part : Parce que la possibilit&#233; de partager la richesse g&#233;n&#233;rale d&#233;pend du capital, ce syst&#232;me produit des in&#233;galit&#233;s croissantes. Il n'y a qu'un pas entre ce point et les c&#233;l&#232;bres paragraphes qui &#233;tablissent le lien intrins&#232;que entre l'accumulation de richesses d'une part et l'appauvrissement croissant de la classe ouvri&#232;re d'autre part : Parce que la possibilit&#233; de partager la richesse g&#233;n&#233;rale d&#233;pend du capital, ce syst&#232;me produit des in&#233;galit&#233;s croissantes. Il n'y a qu'un pas entre ce point et les c&#233;l&#232;bres paragraphes qui &#233;tablissent le lien intrins&#232;que entre l'accumulation de richesses d'une part et l'appauvrissement croissant de la classe ouvri&#232;re d'autre part :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ralisant les relations des hommes d'apr&#232;s leurs besoins, et en g&#233;n&#233;ralisant la mani&#232;re dont les moyens de satisfaire ces besoins sont pr&#233;par&#233;s et procur&#233;s, de grandes fortunes sont amass&#233;es. D'autre part, il se produit une r&#233;partition et une limitation du travail de l'ouvrier individuel et, par cons&#233;quent, une d&#233;pendance et une d&#233;tresse dans la classe artisanale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un grand nombre de personnes tombent en dessous du niveau de vie consid&#233;r&#233; comme essentiel pour les membres de la soci&#233;t&#233; et perdent ce sens du droit, de la rectitude et de l'honneur qui d&#233;coule de l'autosuffisance, une classe de pauvres appara&#238;t et la richesse s'accumule de mani&#232;re disproportionn&#233;e dans la mains de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel envisage la mont&#233;e d'une vaste arm&#233;e industrielle et r&#233;sume les contradictions irr&#233;conciliables de la soci&#233;t&#233; civile dans l'affirmation que &#034;cette soci&#233;t&#233;, dans l'exc&#232;s de sa richesse, n'est pas assez riche... pour endiguer l'exc&#232;s de pauvret&#233; et la cr&#233;ation de pauvres&#034;. .' 82 Le syst&#232;me des &#233;tats que Hegel esquisse comme l'organisation propre de la soci&#233;t&#233; civile n'est pas en mesure &#224; lui seul de r&#233;soudre la contradiction. L'unit&#233; externe tent&#233;e entre des individus concurrents &#224; travers les trois domaines - la paysannerie, les commer&#231;ants (y compris les artisans, les fabricants et les marchands) et la bureaucratie - ne fait que r&#233;p&#233;ter les tentatives ant&#233;rieures de Hegel dans cette direction ; l'id&#233;e semble ici moins convaincante que jamais. Toutes les organisations et institutions de la soci&#233;t&#233; civile sont pour &#171; la protection de la propri&#233;t&#233;, ' et la libert&#233; de cette soci&#233;t&#233; ne signifie que 'le droit de propri&#233;t&#233;.' Les successions doivent &#234;tre r&#233;gl&#233;es par des forces ext&#233;rieures plus puissantes que les m&#233;canismes &#233;conomiques. Celles-ci pr&#233;parent la transition vers l'ordonnancement politique de la soci&#233;t&#233;. Cette transition se produit dans les sections sur l'administration de la justice, la police et la corporation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration de la justice transforme le droit abstrait en loi et introduit un ordre universel conscient dans les processus aveugles et contingents de la soci&#233;t&#233; civile. Nous avons dit que le concept de loi est au centre de la philosophie du droit,&#224; tel point qu'il vaudrait mieux que le titre de l'ouvrage soit &#171; Philosophie du droit &#187;. Toute la discussion qu'il contient suppose que le droit existe r&#233;ellement en tant que loi, une hypoth&#232;se qui d&#233;coule des principes ontologiques de la philosophie de Hegel. Le droit, nous l'avons vu, est un attribut du sujet libre, de la personne. La personne, &#224; son tour, n'est ce qu'elle est qu'en vertu de la pens&#233;e, en tant que sujet pensant. La pens&#233;e &#233;tablit une v&#233;ritable communaut&#233; pour des individus autrement isol&#233;s, leur donne une universalit&#233;. Le droit s'applique aux individus en tant qu'ils sont universels ; il ne peut &#234;tre poss&#233;d&#233; en raison de qualit&#233;s accidentelles particuli&#232;res. Cela signifie que celui qui poss&#232;de le droit le fait comme &#171; l'individu sous la forme de l'universel, l'ego en tant que personne universelle &#187;, et que l'universalit&#233; du droit est essentiellement abstraite. Le principe id&#233;aliste selon lequel la pens&#233;e est l'&#234;tre v&#233;ritable est ainsi per&#231;u comme impliquant que le droit est universel sous la forme d'une loi universelle, car la loi fait abstraction de l'individu et le traite comme une &#171; personne universelle &#187;. &#171; L'homme a sa valeur dans le fait qu'il est homme, non dans le fait qu'il est juif, catholique, protestant, allemand ou italien. L'&#201;tat de droit appartient &#224; la &#171; personne universelle &#187; et non &#224; l'individu concret, et il incarne la libert&#233; pr&#233;cis&#233;ment dans la mesure o&#249; elle est universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie juridique de Hegel est d&#233;finitivement align&#233;e sur les tendances progressistes de la soci&#233;t&#233; moderne. Anticipant les d&#233;veloppements ult&#233;rieurs de la jurisprudence, il rejette toute doctrine conf&#233;rant le droit &#224; la d&#233;cision judiciaire plut&#244;t qu'&#224; l'universalit&#233; de la loi, et il critique les points de vue qui font du juge &#171; le l&#233;gislateur permanent &#187; ou laissent &#224; sa discr&#233;tion la d&#233;cision finale en tant que telle. &#224; tort et &#224; raison. A son &#233;poque, les forces sociales au pouvoir n'&#233;taient pas encore parvenues &#224; s'accorder sur le fait que l'universalit&#233; abstraite de la loi, comme les autres ph&#233;nom&#232;nes du lib&#233;ralisme, interf&#232;re avec leurs desseins, et qu'il faut un instrument de r&#233;gulation plus direct et plus efficace. La conception h&#233;g&#233;lienne du droit est adapt&#233;e &#224; une phase ant&#233;rieure de la soci&#233;t&#233; civile, caract&#233;ris&#233;e par la libre concurrence entre des individus mat&#233;riellement plus ou moins &#233;gaux, de sorte que &#171; chacun est une fin en soi... ' et 'pour chaque personne particuli&#232;re, les autres sont un moyen d'atteindre sa fin.' Dans ce syst&#232;me, dit Hegel, m&#234;me l'int&#233;r&#234;t commun, l'universel, &#171; appara&#238;t comme un moyen &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le sch&#233;ma social qui a produit la soci&#233;t&#233; civile. Le sch&#233;ma ne peut se perp&#233;tuer que s'il harmonise les int&#233;r&#234;ts antagonistes qui le constituent sous une forme plus rationnelle et calculable que les op&#233;rations du march&#233; marchand qui le r&#233;git. La libre concurrence exige un minimum de protection &#233;gale pour les concurrents et une garantie fiable pour les contrats et les services. Ce minimum d'harmonie et d'int&#233;gration, cependant, ne peut &#234;tre obtenu qu'en faisant abstraction de l'existence concr&#232;te de chacun et de ses variations. &#171; Le droit ne traite pas des d&#233;terminations sp&#233;cifiques de l'homme. Son but n'est pas de le faire progresser et de le prot&#233;ger &#187; dans ses &#171; d&#233;sirs n&#233;cessaires et ses objectifs et pulsions particuliers [tels que sa soif de connaissances ou son d&#233;sir de maintenir la vie, la sant&#233;, etc.] &#187;. L'homme conclut des contrats, &#233;change des relations, et d'autres obligations simplement comme le sujet abstrait du capital ou de la force de travail ou de quelque autre possession ou dispositif socialement n&#233;cessaire. D&#232;s lors, le droit ne peut &#234;tre universel et traiter les individus d'&#233;gal &#224; &#233;gal que dans la mesure o&#249; il reste abstrait. Le droit est donc une forme plut&#244;t qu'un contenu. La justice rendue par la loi s'inspire de laforme g&#233;n&#233;rale de transaction et d'interaction, tandis que les vari&#233;t&#233;s concr&#232;tes de la vie individuelle n'interviennent que comme une somme de circonstances att&#233;nuantes ou aggravantes. La loi en tant qu'universel a donc un aspect n&#233;gatif. Elle implique n&#233;cessairement un &#233;l&#233;ment de hasard, et son application &#224; un cas particulier engendrera des imperfections et causera des injustices et des difficult&#233;s. Ces &#233;l&#233;ments n&#233;gatifs ne peuvent toutefois pas &#234;tre &#233;limin&#233;s en &#233;tendant les pouvoirs discr&#233;tionnaires du juge. L'universalit&#233; abstraite de la loi est une bien meilleure garantie de droit, malgr&#233; toutes ses lacunes, que le moi concret et sp&#233;cifique de l'individu. Dans la soci&#233;t&#233; civile, tous les individus ont des int&#233;r&#234;ts particuliers qui les opposent &#224; l'ensemble, et aucun d'eux ne peut pr&#233;tendre &#234;tre une source de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai en m&#234;me temps que l'&#233;galit&#233; abstraite des hommes devant la loi n'&#233;limine pas leurs in&#233;galit&#233;s mat&#233;rielles ni ne supprime en aucun sens la contingence g&#233;n&#233;rale qui entoure le statut social et &#233;conomique qu'ils poss&#232;dent. Mais du fait qu'elle fait abstraction des &#233;l&#233;ments contingents, la loi est plus juste que les rapports sociaux concrets qui produisent in&#233;galit&#233;s, al&#233;as et autres injustices. Le droit repose au moins sur quelques &#233;l&#233;ments essentiels communs &#224; tous les individus. (Nous devons garder &#224; l'esprit que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est l'un de ces &#034;facteurs essentiels&#034; pour Hegel, et que l'&#233;galit&#233; humaine signifie pour lui aussi un droit &#233;galde tous &#224; la propri&#233;t&#233;.) En s'en tenant &#224; son principe d'&#233;galit&#233; fondamentale, la loi est en mesure de rectifier certaines injustices flagrantes sans bouleverser l'ordre social qui exige le maintien de l'injustice comme &#233;l&#233;ment constitutif de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est du moins la construction philosophique, valable uniquement dans la mesure o&#249; l'&#201;tat de droit donne aux faibles plus de s&#233;curit&#233; et de protection que ne le fait le syst&#232;me qui l'a depuis remplac&#233;, l'&#201;tat du d&#233;cret autoritaire. La doctrine de Hegel est le produit de l'&#232;re lib&#233;rale et incarne ses principes traditionnels. Pour que les lois soient respect&#233;es, elles doivent &#234;tre connues de tous, dit-il, citant le fait que la tyrannie &#171; accrocherait les lois si haut qu'aucun citoyen ne pourrait les lire &#187;. De m&#234;me, il exclut la l&#233;gislation r&#233;troactive. Le pouvoir de d&#233;cision du juge, d&#233;clare-t-il, doit lui aussi &#234;tre limit&#233; autant que possible par les termes calculables de la loi elle-m&#234;me. Le proc&#232;s public, par exemple, est essentiel en tant qu'un de ces dispositifs restrictifs et se justifie par le fait que la loi exige la confiance des citoyens et que le droit,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de Hegel implique que le corps du droit est ce que les hommes libres &#233;tabliraient eux-m&#234;mes de leur propre raison. Il suppose, conform&#233;ment &#224; la tradition de la philosophie politique d&#233;mocratique, que l'individu libre est le l&#233;gislateur originel qui s'est donn&#233; la loi, mais cette hypoth&#232;se n'emp&#234;che pas Hegel de dire que la loi se mat&#233;rialise dans la &#171; protection de la propri&#233;t&#233; par l'administration &#187;. de la justice.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#167; 208. Voir Locke, Of Civil Government, Livre II, 9 134 : Le concept de propri&#233;t&#233; de Locke inclut dans son sens les droits fondamentaux des individus, c'est-&#224;-dire 'leurs vies, libert&#233;s et domaines' ! Ce concept op&#232;re toujours dans l'&#339;uvre de Hegel. Selon Hegel, tout ce qui est autre que et s&#233;parable de &#171; l'esprit libre &#187; peut devenir propri&#233;t&#233;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette compr&#233;hension du lien mat&#233;riel entre l'&#201;tat de droit et l'&#201;tat de propri&#233;t&#233; oblige Hegel, contrairement &#224; Locke et &#224; ses successeurs, &#224; aller au-del&#224; de la doctrine lib&#233;rale. En raison de ce lien, le droit ne peut &#234;tre le point final d'int&#233;gration de la soci&#233;t&#233; civile, ni repr&#233;senter sa v&#233;ritable universalit&#233;. L'&#201;tat de droit ne fait qu'incarner le &#171; droit abstrait &#187; de propri&#233;t&#233;. &#034;La fonction de l'administration judiciaire est seulement d'actualiser en n&#233;cessit&#233; le c&#244;t&#233; abstrait de la libert&#233; individuelle dans la soci&#233;t&#233; civile ... La n&#233;cessit&#233; aveugle du syst&#232;me des besoins n'est pas encore &#233;lev&#233;e &#224; la conscience de l'universel, et travaill&#233;e de ce point de vue .' La loi doit donc &#234;tre compl&#233;t&#233;e et m&#234;me supplant&#233;e par une force beaucoup plus forte et plus stricte qui gouvernera plus directement et plus visiblement les individus. La Police&#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion h&#233;g&#233;lienne de la police adopte de nombreux traits de la doctrine avec laquelle l'absolutisme utilisait pour justifier les r&#233;glementations qu'il pratiquait sur la vie sociale et &#233;conomique. Non seulement la police intervenait dans le processus de production et de distribution, non seulement restreignait la libert&#233; du commerce et du profit et surveillait les prix, la pauvret&#233; et le vagabondage, mais elle surveillait aussi la vie priv&#233;e de l'individu partout o&#249;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le bien-&#234;tre public pourrait en &#234;tre affect&#233;. Il y a cependant une diff&#233;rence importante entre la police qui a fait tout cela pendant la mont&#233;e de l'absolutisme moderne et la police de la Restauration. Dans une large mesure, la Philosophie du droit de Hegel exprime la th&#233;orie officielle de ce dernier. La police est cens&#233;e repr&#233;senter l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble contre des forces sociales qui ne sont pas trop faibles mais trop fortes pour garantir un fonctionnement non perturb&#233; du processus social et &#233;conomique. La police n'a plus &#224; organiser le processus de production faute de pouvoir et de savoir priv&#233;s pour y parvenir. La t&#226;che de la police est plut&#244;t n&#233;gative, celle de sauvegarder &#171; la s&#233;curit&#233; des personnes et des biens &#187; dans la sph&#232;re contingente qui n'est pas couverte par les stipulations universelles de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations de Hegel sur la fonction de la police montrent cependant qu'il va au-del&#224; de la doctrine d&#233;fendue pendant la Restauration, notamment en soulignant que les antagonismes croissants de la soci&#233;t&#233; civile font de plus en plus de l'organisme social un chaos aveugle d'int&#233;r&#234;ts &#233;go&#239;stes et n&#233;cessitent l'&#233;tablissement de une institution puissante pour contr&#244;ler la confusion. De mani&#232;re assez significative, c'est dans cette discussion sur la police que Hegel fait certaines de ses remarques les plus pointues et les plus profondes sur la voie destructrice que la soci&#233;t&#233; civile est vou&#233;e &#224; suivre. Et il conclut en d&#233;clarant que &#171; par le biais de sa propre dialectique, la soci&#233;t&#233; civile est pouss&#233;e au-del&#224; de ses propres limites en tant que soci&#233;t&#233; d&#233;finie et auto-compl&#232;te &#187;. Elle doit chercher &#224; ouvrir de nouveaux march&#233;s pour absorber les produits d'une surproduction croissante,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s &#224; relier la police &#224; la politique ext&#233;rieure de l'&#201;tat disparaissent si l'on prend en consid&#233;ration le fait que la police pour Hegel est un produit des antagonismes croissants de l'ordre civil et est introduite pour faire face &#224; ces contradictions. En cons&#233;quence, la fronti&#232;re entre la police et l'&#201;tat (qui accomplit ce que la police commence) n'est pas nette. Hegel envisage une situation finale o&#249; &#171; le travail de tous sera soumis &#224; une r&#233;glementation administrative &#187;. Cela, dit-il, &#171; raccourcira et att&#233;nuera les bouleversements dangereux &#187; auxquels la soci&#233;t&#233; civile est sujette. En d'autres termes, une organisation sociale totalitaire laissera moins de temps &#171; aux conflits pour s'ajuster par simple n&#233;cessit&#233; inconsciente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la police n'est pas le seul recours. L'indiscipline de la soci&#233;t&#233; civile doit &#234;tre brid&#233;e par une autre institution encore, la Corporation, que Hegel con&#231;oit sur le mod&#232;le de l'ancien syst&#232;me de guilde, avec quelques caract&#233;ristiques ajout&#233;es de l'&#201;tat corporatif moderne. La soci&#233;t&#233; est une unit&#233; &#233;conomique autant que politique, avec la double fonction suivante : (1) apporter l'unit&#233; aux int&#233;r&#234;ts et activit&#233;s &#233;conomiques concurrents au sein des domaines, et (2) d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts organis&#233;s de la soci&#233;t&#233; civile contre les &#201;tat. La soci&#233;t&#233; est supervis&#233;e par l'&#201;tat, mais elle vise &#224; sauvegarder les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels du commerce et de l'industrie. Le capital et le travail, le producteur et le consommateur, le profit et le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral se rencontrent dans la soci&#233;t&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel n'explique pas comment tout cela est possible. Il semble que la corporation s&#233;lectionne ses membres en fonction de leurs qualifications r&#233;elles et qu'elle garantisse leurs affaires et leurs actifs, mais cela semble &#234;tre tout. L'entreprise reste avant tout une instance id&#233;ologique, une entit&#233; qui exhorte l'individu &#224; travailler pour un id&#233;al qui n'existe pas, &#171; la fin d&#233;sint&#233;ress&#233;e du tout &#187;. De plus, la corporation doit lui accorder l'approbation en tant que membre reconnu de la soci&#233;t&#233;. En fait, cependant, ce n'est pas l'individu mais le processus &#233;conomique qui fait la reconnaissance. L'individu n'obtient donc qu'un bien id&#233;ologique ; sa r&#233;mun&#233;ration est &#171; l'honneur &#187; d'appartenir &#224; la corporation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corporation m&#232;ne de la section sur la soci&#233;t&#233; civile &#224; celle sur l'&#201;tat. L'&#201;tat est essentiellement s&#233;par&#233; et distinct de la soci&#233;t&#233;. La caract&#233;ristique d&#233;cisive de la soci&#233;t&#233; civile est &#171; la s&#233;curit&#233; et la protection de la propri&#233;t&#233; et de la libert&#233; individuelle &#187;, &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'individu &#187;, sa finalit&#233; ultime. L'&#201;tat a une fonction totalement diff&#233;rente et est li&#233; &#224; l'individu d'une autre mani&#232;re. &#171; L'union en tant que telle est elle-m&#234;me le v&#233;ritable contenu et la v&#233;ritable fin &#187; de l'&#201;tat. Le facteur d'int&#233;gration est l'universel, non le particulier. L'individu peut &#171; passer une vie universelle &#187; dans l'&#201;tat ; ses satisfactions particuli&#232;res, ses activit&#233;s et ses mani&#232;res de vivre sont ici r&#233;gl&#233;es par l'int&#233;r&#234;t commun. L'&#201;tat est un sujet au sens strict du terme, c'est-&#224;-dire le support et la fin r&#233;els de toutes les actions individuelles qui sont d&#233;sormais r&#233;gies par des &#171; lois et principes universels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois et les principes de l'&#201;tat guident les activit&#233;s des sujets libres penseurs, de sorte que leur &#233;l&#233;ment n'est pas la nature, mais l'esprit, la connaissance rationnelle et la volont&#233; des individus associ&#233;s. C'est dans ce sens que Hegel appelle l'&#233;tat &#171; esprit objectif &#187;. L'&#201;tat cr&#233;e un ordre qui ne d&#233;pend pas, comme le faisait la soci&#233;t&#233; civile, de l'interrelation aveugle de besoins et de performances particuliers pour sa propre perp&#233;tuation. Le &#171; syst&#232;me des besoins &#187; devient un sch&#233;ma conscient de la vie contr&#244;l&#233; par les d&#233;cisions autonomes de l'homme dans l'int&#233;r&#234;t commun. L'&#201;tat peut donc &#234;tre d&#233;sign&#233; comme la &#171; r&#233;alisation de la libert&#233; &#187;. Nous avons mentionn&#233; que pour Hegel la t&#226;che fondamentale de l'&#201;tat est de faire co&#239;ncider l'int&#233;r&#234;t sp&#233;cifique et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, afin de pr&#233;server le droit et la libert&#233; de l'individu. Or une telle exigence suppose l'identification de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;, pas leur s&#233;paration. Car les besoins et les int&#233;r&#234;ts de l'individu existent dans la soci&#233;t&#233; et, quelles que soient les modifications qu'ils peuvent apporter aux exigences du bien commun, ils naissent et restent li&#233;s aux processus sociaux qui r&#233;gissent la vie individuelle. L'exigence de libert&#233; et de bonheur retombe donc finalement sur la soci&#233;t&#233;, et non sur l'&#201;tat. Selon Hegel, l'&#201;tat n'a d'autre but que &#171; l'association en tant que telle &#187;. En d'autres termes, elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elles naissent et restent li&#233;es aux processus sociaux qui r&#233;gissent la vie individuelle. L'exigence de libert&#233; et de bonheur retombe donc finalement sur la soci&#233;t&#233;, et non sur l'&#201;tat. Selon Hegel, l'&#201;tat n'a d'autre but que &#171; l'association en tant que telle &#187;. En d'autres termes, elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elles naissent et restent li&#233;es aux processus sociaux qui r&#233;gissent la vie individuelle. L'exigence de libert&#233; et de bonheur retombe donc finalement sur la soci&#233;t&#233;, et non sur l'&#201;tat. Selon Hegel, l'&#201;tat n'a d'autre but que &#171; l'association en tant que telle &#187;. En d'autres termes, elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse. elle n'a aucun but si l'ordre social et &#233;conomique constitue une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le processus de mise en harmonie de l'individuel avec l'universel engendrerait le &#171; d&#233;p&#233;rissement &#187; de l'&#201;tat, plut&#244;t que l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, cependant, a s&#233;par&#233; l'ordre rationnel de l'&#201;tat des interrelations contingentes de la soci&#233;t&#233; parce qu'il consid&#233;rait la soci&#233;t&#233; comme une soci&#233;t&#233; civile, qui n'est pas une &#171; v&#233;ritable association &#187;. Le caract&#232;re critique de sa dialectique l'oblige &#224; voir la soci&#233;t&#233; comme il la voit. La m&#233;thode dialectique comprend l'existant en fonction de la n&#233;gativit&#233; qu'il contient et consid&#232;re les r&#233;alit&#233;s &#224; la lumi&#232;re de leur changement. Le changement est une cat&#233;gorie historique. L'esprit objectif, avec lequel la Philosophie du Droittraite, se d&#233;ploie dans le temps, et l'analyse dialectique de son contenu doit &#234;tre guid&#233;e par les formes que ce contenu a prises dans l'histoire. La v&#233;rit&#233; appara&#238;t ainsi comme un acquis historique, de sorte que le stade atteint par l'homme avec la soci&#233;t&#233; civile accomplit tous les efforts historiques ant&#233;rieurs. Une autre forme d'association peut venir &#224; l'avenir, mais la philosophie, en tant que science de l'actuel, n'entre pas dans des sp&#233;culations &#224; son sujet. La r&#233;alit&#233; sociale, avec sa concurrence g&#233;n&#233;rale, son &#233;go&#239;sme et son exploitation, avec sa richesse excessive et sa pauvret&#233; excessive, est le fondement sur lequel la raison doit s'appuyer. La philosophie ne peut pas devancer l'histoire, car elle est fils de son temps, &#171; son temps appr&#233;hend&#233; dans la pens&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps sont ceux d'une soci&#233;t&#233; civile o&#249; a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e la base mat&#233;rielle pour r&#233;aliser la raison et la libert&#233;, mais une raison d&#233;form&#233;e par la n&#233;cessit&#233; aveugle du processus &#233;conomique et une libert&#233; pervertie par la concurrence d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s en conflit. Pourtant, cette m&#234;me soci&#233;t&#233; a bien des atouts pour une association vraiment libre et rationnelle : elle soutient le droit inali&#233;nable de l'individu, augmente les besoins humains et les moyens de les satisfaire, organise la division du travail et fait progresser l'&#201;tat de droit. Ces &#233;l&#233;ments doivent &#234;tre lib&#233;r&#233;s des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et soumis &#224; un pouvoir qui se tient au-dessus du syst&#232;me concurrentiel de la soci&#233;t&#233; civile, dans une position particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e. Ce pouvoir, c'est l'&#201;tat. Hegel voit l'&#201;tat comme &#171; un pouvoir ind&#233;pendant et autonome &#187; dans lequel &#171; les individus ne sont que des moments, ' comme 'la marche de Dieu dans le monde.' Il pensait que c'&#233;tait l&#224; l'essence m&#234;me de l'&#201;tat, mais, en r&#233;alit&#233;, il ne faisait que d&#233;crire le type historique d'&#201;tat qui correspondait &#224; la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous arrivons &#224; cette interpr&#233;tation de l'&#201;tat de Hegel en pla&#231;ant son concept dans le cadre socio-historique qu'il a lui-m&#234;me impliqu&#233; dans sa description de la soci&#233;t&#233; civile. L'id&#233;e h&#233;g&#233;lienne de l'&#201;tat d&#233;coule d'une philosophie dans laquelle la conception lib&#233;rale de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; s'est pratiquement effondr&#233;e. On a vu que l'analyse de Hegel l'a conduit &#224; nier toute harmonie &#171; naturelle &#187; entre l'int&#233;r&#234;t particulier et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, entre la soci&#233;t&#233; civile et l'&#201;tat. L'id&#233;e lib&#233;rale de l'&#201;tat &#233;tait ainsi d&#233;molie. Pour que le cadre de l'ordre social donn&#233; ne puisse pas &#234;tre rompu, l'int&#233;r&#234;t commun doit &#234;tre d&#233;volu &#224; une agence autonome et l'autorit&#233; de l'&#201;tat plac&#233;e au-dessus du champ de bataille des groupes sociaux concurrents. L'&#233;tat &#171; d&#233;ifi&#233; &#187; de Hegel, cependant, n'est en aucun cas parall&#232;le &#224; l'&#233;tat fasciste. Ce dernier repr&#233;sente le niveau m&#234;me de d&#233;veloppement social que l'&#201;tat de Hegel est cens&#233; &#233;viter, &#224; savoir la domination totalitaire directe des int&#233;r&#234;ts particuliers sur l'ensemble. La soci&#233;t&#233; civile sous le fascisme dirige l'&#201;tat ; L'&#201;tat de Hegel gouverne la soci&#233;t&#233; civile. Et au nom de qui gouverne-t-il ? Selon Hegel, au nom de l'individu libre et dans son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t. &#171; L'essence de l'&#201;tat moderne est l'union de l'universel avec la pleine libert&#233; du particulier et avec le bien-&#234;tre des individus. La principale diff&#233;rence entre le monde ancien et le monde moderne r&#233;side dans le fait que, dans ce dernier, les grandes questions de la vie humaine doivent &#234;tre tranch&#233;es non par une autorit&#233; sup&#233;rieure, mais par le libre &#171; je veux &#187; de l'homme. 'Ce que je veux... doit avoir sa niche particuli&#232;re dans le grand b&#226;timent de l'&#201;tat. Le principe de base de cet &#233;tat est le plein d&#233;veloppement de l'individu. Sa constitution et toutes ses institutions politiques doivent exprimer &#171; le savoir et la volont&#233; de ses individus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, cependant, la contradiction historique inh&#233;rente &#224; la philosophie politique de Hegel d&#233;termine son destin. L'individu qui conna&#238;t et souhaite son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t dans l'int&#233;r&#234;t commun &#8211; cet individu n'existe tout simplement pas. Les individus n'existent qu'en tant que propri&#233;taires priv&#233;s, sujets des processus f&#233;roces de la soci&#233;t&#233; civile, coup&#233;s de l'int&#233;r&#234;t commun par l'&#233;go&#239;sme et tout ce qu'il comporte. En ce qui concerne la soci&#233;t&#233; civile, personne n'est &#224; l'abri de ses labeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de la soci&#233;t&#233;, cependant, se trouve la nature. S'il pouvait &#234;tre trouv&#233; quelqu'un qui poss&#232;de son individualit&#233; en vertu de son existence naturelle et non sociale, et qui est ce qu'il est simplement par nature et non par les m&#233;canismes sociaux, il pourrait &#234;tre le point stable &#224; partir duquel l'&#201;tat pourrait &#234;tre gouvern&#233;. . Hegel trouve un tel homme dans le monarque, un homme choisi &#224; sa position &#171; par naissance naturelle &#187;. La libert&#233; ultime peut reposer sur lui, car il est en dehors d'un monde de libert&#233; fausse et n&#233;gative et est &#171; exalt&#233; au-dessus de tout ce qui est particulier et conditionnel &#187;. L'ego de tous les autres est corrompu par l'ordre social qui fa&#231;onne tout ; le monarque seul n'est pas ainsi influenc&#233; et est donc capable d'originer et de d&#233;cider tous ses actes en r&#233;f&#233;rence &#224; son ego pur. Il peut annuler toute particularit&#233; dans la &#171; simple certitude de soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait ce que la &#171; certitude de soi du moi pur &#187; signifie pour le syst&#232;me de Hegel : c'est la propri&#233;t&#233; essentielle de la &#171; substance comme sujet &#187;, et donc caract&#233;rise l'&#234;tre v&#233;ritable. L'utilisation historique de ce principe pour c&#233;der la personne physique du monarque pointe &#224; nouveau la frustration de l'id&#233;alisme. La libert&#233; s'identifie &#224; l'inexorable n&#233;cessit&#233; de la nature, et la raison se termine par un accident de naissance. La philosophie de la libert&#233; redevient une philosophie de la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie politique classique d&#233;crivait la soci&#233;t&#233; moderne comme un &#171; syst&#232;me naturel &#187; dont les lois semblaient avoir la n&#233;cessit&#233; des lois physiques. Ce point de vue a vite perdu de sa magie. Marx a montr&#233; comment les forces anarchiques du capitalisme assument la qualit&#233; de forces naturelles tant qu'elles ne sont pas soumises &#224; la raison humaine, que l'&#233;l&#233;ment naturel dans la soci&#233;t&#233; n'est pas positif mais n&#233;gatif. Hegel semble en avoir eu une id&#233;e. Il semble parfois sourire &#224; sa propre id&#233;alisation du monarque, d&#233;clarant que les d&#233;cisions du monarque ne sont que des formalit&#233;s. C'est &#171; un homme qui dit oui et met ainsi le point sur le i &#187;. Il note que les monarques ne sont pas remarquables pour leur force intellectuelle ou physique et que, malgr&#233; cela, des millions de personnes se laissent gouverner par eux. - , N&#233;anmoins,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faute &#224; Hegel est bien plus profonde que dans sa glorification de la monarchie prussienne. Il est coupable moins d'&#234;tre servile que de trahir ses plus hautes id&#233;es philosophiques. Sa doctrine politique livre la soci&#233;t&#233; &#224; la nature, la libert&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233;, la raison au caprice. Et ce faisant, il refl&#232;te le destin de l'ordre social qui tombe, dans la poursuite de sa libert&#233;, dans un &#233;tat de nature bien au-dessous de la raison. L'analyse dialectique de la soci&#233;t&#233; civile avait conclu que la soci&#233;t&#233; n'&#233;tait pas capable d'&#233;tablir d'elle-m&#234;me la raison et la libert&#233;. Hegel proposa donc un &#201;tat fort pour parvenir &#224; cette fin et tenta de concilier cet &#201;tat avec l'id&#233;e de libert&#233; en donnant une forte saveur constitutionnelle &#224; la monarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n'existe que par l'interm&#233;diaire de la loi. &#171; Les lois expriment le contenu de la libert&#233; objective... Elles sont une fin derni&#232;re absolue et une &#339;uvre universelle. L'&#201;tat est donc li&#233; par des lois qui sont &#224; l'oppos&#233; des d&#233;crets autoritaires. Le corps des lois est &#171; une &#339;uvre universelle &#187; qui incorpore la raison et la volont&#233; des hommes associ&#233;s. La constitution exprime les int&#233;r&#234;ts de tous (maintenant, bien entendu, leurs v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts &#171; purifi&#233;s &#187;), et les pouvoirs ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire ne sont que les organes du droit constitutionnel. Hegel r&#233;pudie la division traditionnelle de ces pouvoirs, comme pr&#233;judiciable &#224; l'unit&#233; de l'&#201;tat ; les trois fonctions du gouvernement sont de travailler en collaboration effective permanente. L'accent mis sur l'unit&#233; de l'&#201;tat &#8211; est si fort qu'il conduit parfois Hegel &#224; des formulations qui se rapprochent de la th&#233;orie organiciste de l'&#201;tat. Il d&#233;clare, par exemple, que la constitution, bien que &#171; engendr&#233;e dans le temps, ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme faite &#187; par l'homme, mais plut&#244;t comme &#171; divine et perp&#233;tuelle &#187;. De tels propos rel&#232;vent des m&#234;mes motifs qui poussaient les philosophes les plus clairvoyants &#224; placer l'&#201;tat au-dessus de tout danger de critique. Ils ont reconnu que le lien qui unit le plus efficacement les groupes en conflit de la classe dirigeante est la crainte de toute subversion de l'ordre existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous attarderons pas sur l'esquisse de constitution de Hegel, car elle n'ajoute gu&#232;re &#224; ses &#233;crits ant&#233;rieurs sur le m&#234;me sujet, bien que certaines caract&#233;ristiques importantes de son syst&#232;me m&#233;ritent d'&#234;tre bri&#232;vement signal&#233;es. La trinit&#233; traditionnelle des pouvoirs politiques est modifi&#233;e pour se composer du pouvoir monarchique, administratif et l&#233;gislatif. Celles-ci se chevauchent de sorte que le pouvoir ex&#233;cutif appartient aux deux premiers et comprend le pouvoir judiciaire, tandis que le pouvoir l&#233;gislatif est exerc&#233; par le gouvernement avec les &#201;tats. L'ensemble du syst&#232;me politique converge &#224; nouveau vers l'id&#233;e de souverainet&#233; qui, bien qu'enracin&#233;e d&#233;sormais dans la personne &#171; naturelle &#187; du monarque, impr&#232;gne encore toute la structure. A c&#244;t&#233; de la souverainet&#233; de l'&#201;tat sur les antagonismes de la soci&#233;t&#233; civile, Hegel insiste d&#233;sormais sur sa souverainet&#233; sur le peuple (Volk ). Le peuple &#171; est cette partie de l'&#201;tat qui ne sait pas ce qu'elle veut &#187;, et dont &#171; le mouvement et l'action seraient &#233;l&#233;mentaires, d&#233;pourvus de raison, violents et terribles &#187; s'ils n'&#233;taient pas r&#233;gl&#233;s. L&#224; encore, Hegel a peut-&#234;tre pens&#233; &#224; la Volksbewegung de son temps ; la monarchie prussienne peut bien avoir sembl&#233; un parangon de raison par rapport &#224; ce mouvement teutonique d' &#171; en bas &#187;. Pourtant, le plaidoyer de Hegel pour une main forte sur les masses fait partie d'une tendance plus g&#233;n&#233;rale, qui menace toute la structure constitutionnelle de son &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat fournit une unit&#233; pour l'int&#233;r&#234;t particulier et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Le point de vue de Hegel sur cette unit&#233; diff&#232;re du lib&#233;ralisme, dans la mesure o&#249; son &#201;tat s'impose aux m&#233;canismes sociaux et &#233;conomiques de la soci&#233;t&#233; civile et est investi de pouvoirs et d'institutions politiques ind&#233;pendants. &#171; La volont&#233; objective est en elle-m&#234;me rationnelle dans sa conception m&#234;me, qu'elle soit ou non connue des individus ou voulue comme objet de leur caprice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exaltation par Hegel du pouvoir politique de l'&#201;tat pr&#233;sente cependant des traits clairement critiques. Discutant de la relation entre la religion et l'&#201;tat, il souligne que la religion est principalement lou&#233;e et utilis&#233;e en p&#233;riode de d&#233;tresse publique, de troubles et d'oppression ; elle est enseign&#233;e pour fournir une consolation contre le tort et l'espoir d'une compensation en cas de perte. Il note la fonction dangereuse de la religion dans sa tendance &#224; d&#233;tourner l'homme de sa qu&#234;te de libert&#233; r&#233;elle et &#224; lui verser des dommages-int&#233;r&#234;ts fictifs pour des torts r&#233;els. &#171; Ce serait s&#251;rement consid&#233;r&#233;. comme une am&#232;re plaisanterie si ceux qui &#233;taient opprim&#233;s par un quelconque despotisme &#233;taient renvoy&#233;s aux consolations de la religion ; il ne faut pas non plus oublier que la religion peut prendre la forme d'une superstition exasp&#233;rante, entra&#238;nant la servitude la plus abjecte et la d&#233;gradation de l'homme au-dessous du niveau de la brute. Une certaine force doit intervenir pour sauver l'individu de la religion dans un tel cas. L'&#201;tat vient d&#233;fendre &#171; les droits de la raison et de la conscience de soi &#187;. &#171; Ce n'est pas la force, mais la faiblesse qui a fait de nos jours de la religion une pi&#233;t&#233; pol&#233;mique &#187; ; la lutte pour l'accomplissement historique de l'homme n'est pas une lutte religieuse, mais sociale et politique, et sa transplantation dans un sanctuaire int&#233;rieur de l'&#226;me, de la croyance et de la morale, signifie la r&#233;gression &#224; un stade depuis longtemps d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ces qualit&#233;s critiques sont &#233;clips&#233;es par les tendances oppressives inh&#233;rentes &#224; tout autoritarisme, qui manifestent toute leur force dans la doctrine h&#233;g&#233;lienne de la souverainet&#233; ext&#233;rieure. Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; comment Hegel a &#233;lev&#233; les int&#233;r&#234;ts nationaux de l'&#201;tat particulier &#224; la place de l'autorit&#233; la plus &#233;lev&#233;e et la plus indubitable dans les relations internationales. L'&#201;tat met en avant et affirme les int&#233;r&#234;ts de ses membres en les soudant en une communaut&#233;, r&#233;alisant ainsi leur libert&#233; et leurs droits et transformant la force destructrice de la concurrence en un tout unifi&#233;. L'autorit&#233; interne incontest&#233;e de l'&#201;tat est une condition pr&#233;alable au succ&#232;s de la concurrence, et celle-ci se termine n&#233;cessairement par une concurrence externe.la souverainet&#233;. La lutte &#224; mort des individus dans la soci&#233;t&#233; civile pour la reconnaissance mutuelle a son pendant parmi les &#201;tats souverains sous la forme de la guerre. La guerre est l'issue in&#233;vitable de toute &#233;preuve de souverainet&#233;. Elle n'est ni un mal absolu ni un accident, mais un &#171; &#233;l&#233;ment &#233;thique &#187;, car la guerre r&#233;alise cette int&#233;gration des int&#233;r&#234;ts que la soci&#233;t&#233; civile ne peut &#233;tablir par elle-m&#234;me. &#034;Les guerres r&#233;ussies ont emp&#234;ch&#233; les troubles civils et renforc&#233; le pouvoir interne de l'&#201;tat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel &#233;tait donc aussi cynique que Hobbes au sujet de l'&#201;tat bourgeois, aboutissant &#224; un rejet complet du droit international. L'&#201;tat, sujet ultime qui perp&#233;tue la soci&#233;t&#233; comp&#233;titive, ne peut &#234;tre li&#233; par une loi sup&#233;rieure, car une telle loi reviendrait &#224; une restriction externe de souverainet&#233; et d&#233;truirait l'&#233;l&#233;ment vital de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[L'id&#233;ologie fasciste a fait de ce lien intrins&#232;que entre souverainet&#233;, guerre et concurrence un argument d&#233;cisif contre le capitalisme lib&#233;ral. &#171; Une communaut&#233; enti&#232;re ne peut pratiquer la comp&#233;tition de mani&#232;re ordonn&#233;e qu'en temps de guerre ou en comp&#233;tition avec une communaut&#233; ext&#233;rieure. Ainsi, en temps de guerre, chaque communaut&#233; bellig&#233;rante op&#232;re &#224; l'int&#233;rieur sur la base de la coop&#233;ration et &#224; l'ext&#233;rieur sur la base de la comp&#233;tition. De cette fa&#231;on, il y a de l'ordre &#224; l'int&#233;rieur et de l'anarchie &#224; l'ext&#233;rieur. C'est &#233;videmment une condition in&#233;vitable de toute soci&#233;t&#233; de nations souveraines qu'elle soit caract&#233;ris&#233;e par l'anarchie. Les souverainet&#233;s multiples ne sont qu'un synonyme d'anarchie. L'anarchie internationale est un corollaire de la souverainet&#233; nationale. Ce paragraphe du livre de Lawrence Dennis The Dynamics of War and Revolutionest une r&#233;affirmation exacte de la doctrine h&#233;g&#233;lienne de la souverainet&#233;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun contrat n'est valable entre les &#201;tats. La souverainet&#233; ne peut &#234;tre circonscrite par des trait&#233;s qui impliquent par leur nature m&#234;me une d&#233;pendance mutuelle des parties concern&#233;es. Les &#201;tats souverains se situent en dehors du monde de l'interd&#233;pendance civile ; ils existent dans un &#171; &#233;tat de nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous notons &#224; nouveau que la nature aveugle entre et &#233;carte la rationalit&#233; consciente de soi de l'esprit objectif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats se trouvent dans une relation naturelle plus que juridique les uns avec les autres. Il y a donc une lutte continue entre eux. Ils concluent des trait&#233;s et &#233;tablissent ainsi une relation juridique entre eux. En revanche, ils sont autonomes et ind&#233;pendants. Le droit ne peut donc pas &#234;tre r&#233;el entre eux. Ils peuvent rompre des trait&#233;s arbitrairement et ils doivent constamment se m&#233;fier les uns des autres. Puisqu'ils sont &#224; l'&#233;tat de nature, ils agissent selon la violence. Ils maintiennent et obtiennent leurs droits par leur propre puissance et doivent n&#233;cessairement plonger dans la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme de Hegel arrive &#224; la m&#234;me conclusion que le mat&#233;rialisme de Hobbes. Les droits des &#201;tats souverains &#171; ont leur r&#233;alit&#233; non dans une volont&#233; g&#233;n&#233;rale qui se constitue en puissance sup&#233;rieure, mais dans leurs volont&#233;s particuli&#232;res &#187;. En cons&#233;quence, les diff&#233;rends entre eux ne peuvent &#234;tre r&#233;gl&#233;s que par la guerre. Les relations internationales sont une ar&#232;ne pour &#171; le jeu sauvage des passions particuli&#232;res, des int&#233;r&#234;ts, des objectifs, des talents, des vertus, de la force, du mal, du vice et des contingences ext&#233;rieures &#187; - la fin morale elle-m&#234;me, &#171; l'autonomie de l'&#201;tat, est expos&#233;e au hasard &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce drame de hasard et de violence est-il vraiment d&#233;finitif ? La raison se termine-t-elle dans l'&#201;tat et dans ce jeu de forces naturelles imprudentes dans lequel l'&#201;tat doit n&#233;cessairement s'engager ? Hegel a r&#233;pudi&#233; de telles conclusions dans toute la Philosophie du droit. Le droit de l'&#201;tat, bien qu'il ne soit pas li&#233; par le droit international, n'est toujours pas le droit final, mais doit r&#233;pondre au &#171; droit de l'Esprit du monde qui est l'absolu inconditionnel &#187;. L'&#201;tat a son contenu r&#233;el dans l'histoire universelle ( Weltgeschichte), le domaine de l'esprit du monde, qui d&#233;tient &#034;la supr&#234;me v&#233;rit&#233; absolue&#034;. En outre, Hegel souligne que toute relation entre &#201;tats autonomes &#171; doit &#234;tre externe. Un troisi&#232;me doit donc se tenir au-dessus et les unir. &#171; Ce tiers est l'Esprit qui se mat&#233;rialise dans l'histoire du monde, et se constitue juge absolu sur les &#201;tats. L'&#201;tat, m&#234;me les lois et les devoirs, ne sont qu' &#171; une r&#233;alit&#233; d&#233;termin&#233;e &#187; ; ils montent et reposent sur une sph&#232;re sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc que cette derni&#232;re sph&#232;re de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; ? Comment l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; sont-ils li&#233;s &#224; l'esprit du monde ? Ces questions ne peuvent &#234;tre r&#233;solues que si nous nous tournons vers une interpr&#233;tation de la Philosophie de l'histoire de Hegel .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#202;TRE, pour la logique dialectique, est un processus &#224; travers des contradictions qui d&#233;terminent le contenu et le d&#233;veloppement de toute r&#233;alit&#233;. La Logique avait &#233;labor&#233; la structure intemporelle de ce processus, mais la connexion intrins&#232;que, entre la Logique et les autres parties du syst&#232;me, et, surtout, les implications de la m&#233;thode dialectique d&#233;truisent l'id&#233;e m&#234;me d'intemporalit&#233;. La logiqueavait montr&#233; que l'&#234;tre v&#233;ritable est l'id&#233;e, mais que l'id&#233;e se d&#233;ploie &#171; dans l'espace &#187; (en tant que nature) et &#171; dans le temps &#187; (en tant qu'esprit). L'esprit est par essence affect&#233; par le temps, car il n'existe que dans le processus temporel de l'histoire. Les formes de l'esprit se manifestent dans le temps, et l'histoire du monde est une exposition de l'esprit dans le temps. La dialectique arrive ainsi &#224; consid&#233;rer temporellement la r&#233;alit&#233;, et la &#171; n&#233;gativit&#233; &#187; qui, dans la Logique, d&#233;terminait le processus de la pens&#233;e appara&#238;t dans la Philosophie de l'histoire comme la puissance destructrice du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Logique avait d&#233;montr&#233; la structure de la raison ; la Philosophie de l'Histoire expose le contenu historique de la raison. Ou, pourrions-nous dire, le contenu de la raison ici est le m&#234;me que le contenu de l'histoire, bien que par contenu nous ne nous r&#233;f&#233;rions pas au m&#233;lange des faits historiques, mais &#224; ce qui fait de l'histoire un tout rationnel, les lois et les tendances auxquelles les faits point et d'o&#249; elles tirent leur sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La raison est la souveraine du monde &#187;, c'est l&#224;, selon Hegel, une hypoth&#232;se, et la seule hypoth&#232;se de la philosophie de l'histoire. Cette hypoth&#232;se, qui distingue la m&#233;thode philosophique de traitement de l'histoire de toute autre m&#233;thode, n'implique pas que l'histoire ait une fin d&#233;finie. Le caract&#232;re t&#233;l&#233;ologique de l'histoire (si tant est que l'histoire en ait un) ne peut &#234;tre qu'une conclusion d'une &#233;tude empirique de l'histoire et ne peut &#234;tre suppos&#233; a priori. Hegel affirme avec force qu' &#171; en histoire, la pens&#233;e doit &#234;tre subordonn&#233;e au donn&#233;, aux r&#233;alit&#233;s de fait ; c'est sa base et son guide. Par cons&#233;quent, &#171; il faut prendre l'histoire telle qu'elle est. Nous devons proc&#233;der historiquement &#8211; &#8203;&#8203;empiriquement &#187;, une approche &#233;trange pour une philosophie id&#233;aliste de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois de l'histoire doivent &#234;tre d&#233;montr&#233;es dans et &#224; partir des faits &#8211; jusqu'&#224; pr&#233;sent, la m&#233;thode de Hegel est la m&#233;thode empirique. Mais ces lois ne peuvent &#234;tre connues que si l'investigation est d'abord guid&#233;e par une th&#233;orie appropri&#233;e. Les faits en eux-m&#234;mes ne r&#233;v&#232;lent rien ; ils ne r&#233;pondent qu'&#224; des questions th&#233;oriques ad&#233;quates. La v&#233;ritable objectivit&#233; scientifique exige l'application de cat&#233;gories solides qui organisent les donn&#233;es dans leur signification r&#233;elle, et non une r&#233;ception passive de faits donn&#233;s. 'M&#234;me l'ordinaire, l'historiographe &#034;impartial&#034;, qui croit et professe qu'il maintient une attitude simplement r&#233;ceptive, ne s'abandonnant qu'aux donn&#233;es qui lui sont fournies - n'est nullement passif quant &#224; l'exercice de ses facult&#233;s de r&#233;flexion. Il apporte ses cat&#233;gories avec lui, et voit, les ph&#233;nom&#232;nes... exclusivement &#224; travers ces m&#233;dias.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment reconna&#238;tre les cat&#233;gories sonores et la th&#233;orie propre ? La philosophie d&#233;cide. Il &#233;labore ces cat&#233;gories g&#233;n&#233;rales qui dirigent l'investigation dans tous les domaines sp&#233;ciaux. Leur validit&#233; dans ces domaines, cependant, doit &#234;tre v&#233;rifi&#233;e par les faits, et la v&#233;rification a lieu lorsque les faits donn&#233;s sont compris par la th&#233;orie de telle mani&#232;re qu'ils apparaissent sous des lois d&#233;finies et comme des moments de tendances d&#233;finies, qui expliquent leur s&#233;quence. et interd&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dicton selon lequel la philosophie devrait fournir les cat&#233;gories g&#233;n&#233;rales pour comprendre l'histoire n'est pas arbitraire, et il n'a pas non plus son origine chez Hegel. Les grandes th&#233;ories du XVIIIe si&#232;cle ont toutes adopt&#233; la vision philosophique que l'histoire &#233;tait un progr&#232;s. Cette conception du progr&#232;s, qui d&#233;g&#233;n&#233;rera bient&#244;t en une complaisance superficielle, a d'abord point&#233; une critique acerbe et condamnatoire d'un ordre social obsol&#232;te. La bourgeoisie montante utilise le concept de progr&#232;s comme un moyen d'interpr&#233;ter l'histoire pass&#233;e de l'humanit&#233; comme la pr&#233;histoire de son propre r&#232;gne, un r&#232;gne destin&#233; &#224; amener le monde &#224; maturit&#233;. Lorsque, disaient-ils, la nouvelle classe moyenne arriverait &#224; fa&#231;onner le monde selon ses int&#233;r&#234;ts, un jaillissement inou&#239; des forces mat&#233;rielles et intellectuelles rendrait l'homme ma&#238;tre de la nature et amorcerait la v&#233;ritable histoire de l'humanit&#233;. Tant que tout cela ne s'&#233;tait pas mat&#233;rialis&#233;, l'histoire &#233;tait encore en lutte pour la v&#233;rit&#233;. L'id&#233;e de progr&#232;s, partie int&#233;grante de la philosophie des Lumi&#232;res fran&#231;aises, interpr&#233;tait les faits historiques comme des balises marquant le chemin de l'homme vers la raison. La v&#233;rit&#233; se trouvait toujours en dehors du domaine des faits &#8211; dans un &#233;tat &#224; venir. Le progr&#232;s impliquait que l'&#233;tat de choses donn&#233; serait ni&#233; et non poursuivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sch&#233;ma pr&#233;vaut encore dans la Philosophie de l' histoire de Hegel . La philosophie est l'a priori mat&#233;riel autant que logique de l'histoire, tant que l'histoire n'a pas encore conquis le niveau ad&#233;quat aux potentialit&#233;s humaines. Nous savons cependant que Hegel pensait que l'histoire avait atteint son but et que l'id&#233;e et la r&#233;alit&#233; avaient trouv&#233; un terrain d'entente. L'&#339;uvre de Hegel marque ainsi l'apog&#233;e et la fin de l'historiographie philosophique critique. Il consid&#232;re toujours l'int&#233;r&#234;t de la libert&#233; dans son traitement des faits historiques et consid&#232;re toujours la lutte pour la libert&#233; comme le seul contenu de l'histoire. Mais cet int&#233;r&#234;t a perdu de sa vigueur et la lutte a pris fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de libert&#233;, comme l'a montr&#233; la philosophie du droit , suit le mod&#232;le de la libre propri&#233;t&#233;. De ce fait, l'histoire du monde sur laquelle se penche Hegel exalte et consacre l'histoire de la classe moyenne, qui s'est fond&#233;e sur ce sch&#233;ma. Il y a une v&#233;rit&#233; crue dans l'annonce &#233;trangement certaine de Hegel que l'histoire a atteint sa fin. Mais il annonce les fun&#233;railles d'une classe, pas de l'histoire. &#192; la fin du livre, Hegel &#233;crit, apr&#232;s une description de la Restauration : &#171; C'est le point o&#249; la conscience est arriv&#233;e. Cela ressemble &#224; peine &#224; une fin. La conscience est la conscience historique, et quand on lit dans la Philosophie du droitqu' &#171; une forme de vie a vieilli &#187;, c'est une forme, pas toutes les formes de vie. La conscience et les objectifs de sa classe &#233;taient ouverts &#224; Hegel. Il vit qu'elles ne contenaient aucun principe nouveau pour rajeunir le monde. Si cette conscience devait &#234;tre la forme finale de l'esprit, alors l'histoire &#233;tait entr&#233;e dans un domaine au-del&#224; duquel il n'y avait pas de progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie donne &#224; l'historiographie ses cat&#233;gories g&#233;n&#233;rales, et celles-ci sont identiques aux concepts de base de la dialectique. Hegel les a r&#233;sum&#233;es dans ses cours d'introduction. [Georg Lasson a publi&#233; les diverses formes de cette introduction dans son &#233;dition de la Philosophic der Weitgeschichte de Hegel, 1920-22.] Nous y reviendrons plus tard. Il faut d'abord discuter des concepts qu'il appelle des cat&#233;gories historiques sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se sur laquelle repose la Philosophie de l'Histoire a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;e par la Logique de Hegel : l'&#234;tre v&#233;ritable est la raison, manifest&#233;e dans la nature et r&#233;alis&#233;e dans l'homme. La r&#233;alisation a lieu dans l'histoire, et puisque la raison r&#233;alis&#233;e dans l'histoire est l'esprit, la th&#232;se de Hegel implique que le v&#233;ritable sujet ou moteur de l'histoire est l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'homme fait aussi partie de la nature et ses pulsions et impulsions naturelles jouent un r&#244;le important dans l'histoire. La Philosophie de l'histoire de Hegel rend plus justice &#224; ce r&#244;le que de nombreuses historiographies empiriques. La nature, sous la forme de la somme totale des conditions naturelles de la vie humaine, reste la base premi&#232;re de l'histoire tout au long du livre de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'&#234;tre naturel, l'homme est confin&#233; dans des conditions particuli&#232;res - il est n&#233; en tel ou tel lieu ou moment, membre de telle ou telle nation, tenu de partager le sort de l'ensemble particulier auquel il appartient. Pourtant, malgr&#233; tout cela, l'homme est essentiellement un sujet pensant, et la pens&#233;e, on le sait, constitue l'universalit&#233;. La pens&#233;e (1) &#233;l&#232;ve les hommes au-del&#224; de leurs d&#233;terminations particuli&#232;res et (2) fait aussi de la multitude des choses ext&#233;rieures le support du d&#233;veloppement du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette double universalit&#233;, subjective et objective, caract&#233;rise le monde historique dans lequel l'homme d&#233;roule sa vie. L'histoire, en tant qu'histoire du sujet pensant, est n&#233;cessairement l'histoire universelle ( Weitgeschichte) simplement parce que &#034;cela appartient au domaine de l'Esprit&#034;. Nous appr&#233;hendons le contenu de l'histoire &#224; travers des concepts g&#233;n&#233;raux, tels que nation, &#201;tat ; soci&#233;t&#233; agraire, f&#233;odale, civile ; despotisme, d&#233;mocratie, monarchie ; prol&#233;tariat, bourgeoisie, noblesse, etc. C&#233;sar, Cromwell, Napol&#233;on sont pour nous des citoyens romains, anglais, fran&#231;ais ; nous les comprenons comme des membres de leur nation, r&#233;pondant &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; l'&#233;tat de leur temps. L'universel s'affirme en eux. Nos concepts g&#233;n&#233;raux saisissent cet universel comme le sujet r&#233;el de l'histoire, de sorte que, par exemple, l'histoire de l'humanit&#233; n'est pas la vie et les batailles d'Alexandre le Grand, de C&#233;sar, des empereurs allemands, des rois de France, des Cromwell et des Napol&#233;on, mais la vie et les combats de cet universel qui se d&#233;ploie sous diff&#233;rentes formes &#224; travers les divers ensembles culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de cet universel est l'esprit, et &#171; l'essence de l'esprit est la libert&#233;... La philosophie enseigne que toutes les qualit&#233;s de l'esprit n'existent que par la libert&#233; ; que tous ne sont que des moyens pour atteindre la libert&#233; ; que tous cherchent et produisent ceci et cela seulement. Nous avons discut&#233; ces qualit&#233;s, et nous avons vu que la libert&#233; se termine par l'assurance d'une appropriation compl&#232;te ; que l'esprit est libre s'il poss&#232;de et conna&#238;t le monde comme sa propri&#233;t&#233;. Il est donc tout &#224; fait compr&#233;hensible que la Philosophie de l'Histoire aboutisse &#224; la consolidation de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et que les p&#233;riodes de l'histoire apparaissent comme des &#233;tapes n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation de sa forme de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable sujet de l'histoire est l'universel, non l'individuel ; le vrai contenu est la r&#233;alisation de la conscience de soi de la libert&#233;, et non les int&#233;r&#234;ts, les besoins et les actions de l'individu. &#171; L'histoire du monde n'est autre que le progr&#232;s de la conscience de la libert&#233;. Pourtant, &#171; le premier coup d'&#339;il sur l'histoire nous convainc que les actions des hommes proc&#232;dent de leurs besoins, de leurs passions, de leurs caract&#232;res et de leurs talents ; et nous impressionne avec la conviction que ces besoins, passions et int&#233;r&#234;ts sont les seuls ressorts de l'action - les agents efficaces dans cette sc&#232;ne d'activit&#233;. Expliquer l'histoire, c'est donc &#171; d&#233;peindre les passions de l'humanit&#233;, son g&#233;nie, ses forces agissantes &#187;. Comment Hegel r&#233;sout-il l'apparente contradiction ? Il ne fait aucun doute que les besoins et les int&#233;r&#234;ts des individus sont les leviers de toute action historique, et qu'en histoire c'est l'&#233;panouissement de l'individu qui doit s'op&#233;rer. Mais quelque chose d'autre s'affirme : la raison historique. En poursuivant leurs propres int&#233;r&#234;ts, les individus favorisent le progr&#232;s de l'esprit, c'est-&#224;-dire accomplissent une t&#226;che universelle qui fait progresser la libert&#233;. Hegel cite l'exemple de la lutte de C&#233;sar pour le pouvoir. Dans son renversement de la forme traditionnelle de l'&#201;tat romain, C&#233;sar &#233;tait certainement motiv&#233; par l'ambition ; mais, en satisfaisant ses pulsions personnelles, il remplit &#171; un destin n&#233;cessaire dans l'histoire de Rome et du monde &#187; ; par ses actions, il a atteint une forme d'organisation politique plus &#233;lev&#233;e et plus rationnelle. accomplir une t&#226;che universelle qui fait progresser la libert&#233;. Hegel cite l'exemple de la lutte de C&#233;sar pour le pouvoir. Dans son renversement de la forme traditionnelle de l'&#201;tat romain, C&#233;sar &#233;tait certainement motiv&#233; par l'ambition ; mais, en satisfaisant ses pulsions personnelles, il remplit &#171; un destin n&#233;cessaire dans l'histoire de Rome et du monde &#187; ; par ses actions, il a atteint une forme d'organisation politique plus &#233;lev&#233;e et plus rationnelle. accomplir une t&#226;che universelle qui fait progresser la libert&#233;. Hegel cite l'exemple de la lutte de C&#233;sar pour le pouvoir. Dans son renversement de la forme traditionnelle de l'&#201;tat romain, C&#233;sar &#233;tait certainement motiv&#233; par l'ambition ; mais, en satisfaisant ses pulsions personnelles, il remplit &#171; un destin n&#233;cessaire dans l'histoire de Rome et du monde &#187; ; par ses actions, il a atteint une forme d'organisation politique plus &#233;lev&#233;e et plus rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un principe universel est ainsi latent dans les vis&#233;es particuli&#232;res des individus &#8211; universel parce que &#171; phase n&#233;cessaire au d&#233;veloppement de la v&#233;rit&#233; &#187;. C'est comme si l'esprit utilisait les individus comme son outil involontaire. Prenons un exemple tir&#233; de la th&#233;orie marxiste qui peut &#233;lucider le lien entre la philosophie de l'histoire de Hegelet l'&#233;volution ult&#233;rieure de la dialectique. Marx soutenait que dans un capitalisme industriel d&#233;velopp&#233;, les capitalistes individuels sont oblig&#233;s d'adapter leurs entreprises aux progr&#232;s rapides de la technologie afin d'assurer leurs profits et de surpasser leurs concurrents. Ils r&#233;duisent ainsi la quantit&#233; de force de travail qu'ils emploient et donc, puisque leur plus-value n'est produite que par la force de travail, r&#233;duisent le taux de profit dont dispose leur classe. Ils acc&#233;l&#232;rent ainsi les tendances d&#233;sint&#233;gratrices du syst&#232;me social qu'ils veulent maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de la raison s'exer&#231;ant &#224; travers les individus, cependant, ne se produit pas avec une n&#233;cessit&#233; naturelle, et n'a pas non plus un cours continu et unilin&#233;aire. &#171; Il y a de nombreuses p&#233;riodes consid&#233;rables dans l'histoire au cours desquelles ce d&#233;veloppement semble avoir &#233;t&#233; interrompu ; dans lequel, pourrions-nous plut&#244;t dire, tout l'&#233;norme gain de la culture ant&#233;rieure semble avoir &#233;t&#233; enti&#232;rement perdu ; apr&#232;s quoi, malheureusement, un nouveau commencement a &#233;t&#233; n&#233;cessaire. Il y a des p&#233;riodes de &#171; r&#233;trocession &#187; alternant avec des p&#233;riodes de progression constante. La r&#233;gression, lorsqu'elle se produit, n'est pas une &#171; contingence externe &#187; mais, comme nous le verrons, fait partie de la dialectique du changement historique ; une avanc&#233;e vers un plan sup&#233;rieur de l'histoire exige d'abord que les forces n&#233;gatives inh&#233;rentes &#224; toute r&#233;alit&#233; prennent le dessus. La phase sup&#233;rieure, cependant, doit finalement &#234;tre atteinte ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le principe universel de l'histoire. Ce n'est pas une &#171; loi &#187;, au sens scientifique du terme, telle que, par exemple, celle qui r&#233;git la mati&#232;re. La mati&#232;re dans sa structure et son mouvement a des lois immuables qui la perp&#233;tuent et la maintiennent, mais la mati&#232;re n'est nulle part le sujet de ses processus, ni n'a aucun pouvoir sur eux. Un &#234;tre, au contraire, qui est le sujet actif et conscient de son existence, est soumis &#224; des lois tout &#224; fait diff&#233;rentes. La pratique consciente devient partie int&#233;grante du contenu m&#234;me des lois, si bien que celles-ci n'op&#232;rent comme lois que dans la mesure o&#249; elles sont prises dans la volont&#233; du sujet et influencent ses actes. La loi universelle de l'histoire n'est pas, dans la formulation de Hegel, un simple progr&#232;s vers la libert&#233;, mais un progr&#232;s &#171; dans la conscience de soi de la libert&#233; &#187;. Un ensemble de tendances historiques ne devient une loi que si l'homme les comprend et agit en cons&#233;quence. En d'autres termes, les lois historiques n'ont leur origine et leur actualit&#233; que dans la pratique consciente de l'homme, de sorte que si, par exemple, il existe une loi de progression vers des formes toujours plus &#233;lev&#233;es de libert&#233;, elle cesse de s'appliquer si l'homme ne parvient pas &#224; la reconna&#238;tre et &#224; l'ex&#233;cuter. La philosophie de l'histoire de Hegel pourrait s'apparenter &#224; une th&#233;orie d&#233;terministe, mais le facteur d&#233;terminant est au moins la libert&#233;. Le progr&#232;s d&#233;pend de la capacit&#233; de l'homme &#224; saisir l'int&#233;r&#234;t universel de la raison et de sa volont&#233; et de sa vigueur pour en faire une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les besoins et les int&#233;r&#234;ts particuliers des hommes sont les seuls ressorts de leur action, comment la conscience de soi de la libert&#233; peut-elle jamais motiver la pratique humaine ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, nous devons &#224; nouveau nous demander : qui est le v&#233;ritable sujet de l'histoire ? De qui la pratique est-elle la pratique historique ? Les individus, semble-t-il, ne sont que des agents de l'histoire. Leur conscience est conditionn&#233;e par leur int&#233;r&#234;t personnel ; ils font des affaires, pas l'histoire. Il y a cependant des individus qui s'&#233;l&#232;vent au-dessus de ce niveau ; leurs actions ne r&#233;p&#232;tent pas d'anciens sch&#233;mas mais cr&#233;ent de nouvelles formes de vie. Ces hommes sont des hommes d'histoire kat'exochen, welthistorische Individuen,comme Alexandre, C&#233;sar, Napol&#233;on. Leurs actes aussi rel&#232;vent d'int&#233;r&#234;ts personnels, mais ceux-ci se confondent avec l'int&#233;r&#234;t universel et celui-ci d&#233;passe de loin l'int&#233;r&#234;t de tel ou tel groupe : ils forgent et administrent le progr&#232;s de l'histoire. Leur int&#233;r&#234;t doit n&#233;cessairement entrer en conflit avec l'int&#233;r&#234;t particulier du syst&#232;me de vie dominant. Les individus historiques sont des hommes d'une &#233;poque o&#249; des &#171; collisions momentan&#233;es &#187; surviennent &#171; entre des devoirs, des lois et des droits existants et reconnus, et les potentialit&#233;s qui sont contraires &#224; ce syst&#232;me fixe ; qui assaillent et m&#234;me d&#233;truisent ses fondements et son existence. Ces potentialit&#233;s apparaissent &#224; l'individu historique comme des choix pour son pouvoir sp&#233;cifique, mais elles impliquent un &#171; principe universel &#187; dans la mesure o&#249; elles sont le choix d'une forme de vie sup&#233;rieure m&#251;rie dans le syst&#232;me existant. Les individus historiques anticipaient ainsi &#171; l'&#233;tape n&#233;cessaire... successive dans le progr&#232;s que leur monde devait franchir &#187;. Ce qu'ils d&#233;siraient et pour lequel ils luttaient &#233;tait &#171; la v&#233;rit&#233; m&#234;me pour leur &#233;poque, pour leur monde &#187;. Conscients des &#171; exigences du temps &#187; et de &#171; ce qui &#233;tait m&#251;r pour le d&#233;veloppement &#187;, ils ont agi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me ces hommes de l'histoire ne sont pas encore les v&#233;ritables sujets de l'histoire. Ils sont les ex&#233;cuteurs de sa volont&#233;, les &#171; agents de l'Esprit du Monde &#187;, rien de plus. Ils sont victimes d'une n&#233;cessit&#233; sup&#233;rieure, qui s'exerce dans leur vie ; ils ne sont encore que de simples instruments du progr&#232;s historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet final de l'histoire que Hegel appelle l'esprit du monde ( Weitgeist). Sa r&#233;alit&#233; r&#233;side dans ces actions, tendances, efforts et institutions qui incarnent l'int&#233;r&#234;t de la libert&#233; et de la raison. Il n'existe pas s&#233;par&#233; de ces r&#233;alit&#233;s et agit par l'interm&#233;diaire de ces agents et agences. La loi de l'histoire, que repr&#233;sente l'esprit du monde, op&#232;re ainsi dans le dos et au-dessus de la t&#234;te des individus, sous la forme d'un pouvoir anonyme irr&#233;sistible. Le passage de la culture orientale &#224; celle du monde grec, la mont&#233;e du f&#233;odalisme, l'&#233;tablissement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, tous ces changements n'&#233;taient pas l'&#339;uvre libre de l'homme, mais les r&#233;sultats n&#233;cessaires de forces historiques objectives. La conception de Hegel de l'esprit du monde souligne que dans ces p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes de l'histoire enregistr&#233;e, l'homme n'&#233;tait pas le ma&#238;tre conscient de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; de l'esprit du monde, telle que la d&#233;crit Hegel, pr&#233;sente les traits sombres d'un monde contr&#244;l&#233; par les forces de l'histoire au lieu de les contr&#244;ler. Alors que ces forces sont encore inconnues dans leur v&#233;ritable essence, elles apportent la mis&#232;re et la destruction dans leur sillage. L'histoire appara&#238;t alors comme &#171; le banc de la tuerie o&#249; le bonheur des peuples, la sagesse des &#201;tats et la vertu des individus ont &#233;t&#233; victimis&#233;s &#187;. Hegel vante en m&#234;me temps le sacrifice de bonheur individuel et g&#233;n&#233;ral qui en r&#233;sulte. Il l'appelle &#034;la ruse de la raison&#034;.&#171; Les individus m&#232;nent des vies malheureuses, ils peinent et p&#233;rissent, mais bien qu'ils n'atteignent jamais leur objectif, leur d&#233;tresse et leur d&#233;faite sont les moyens m&#234;mes par lesquels la v&#233;rit&#233; et la libert&#233; proc&#232;dent. Un homme ne r&#233;colte jamais les fruits de son travail ; elles &#233;choient toujours aux g&#233;n&#233;rations futures. Ses passions et ses int&#233;r&#234;ts, cependant, ne succombent pas ; ce sont les artifices qui le font travailler au service d'un pouvoir sup&#233;rieur et d'un int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur. &#171; C'est ce qu'on peut appeler la ruse de la raison , c'est qu'elle fait travailler les passions pour elle-m&#234;me, tandis que ce qui d&#233;veloppe son existence par une telle impulsion en paie la peine et en subit la perte. Les individus &#233;chouent et meurent ; l'id&#233;e triomphe et est &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e triomphe pr&#233;cis&#233;ment parce que les individus p&#233;rissent dans la d&#233;faite. Ce n'est pas l'Id&#233;e qui est impliqu&#233;e dans l'opposition et le combat, et qui est expos&#233;e au danger. Il reste &#224; l'arri&#232;re-plan, intact et indemne &#187; tandis que &#171; les individus sont sacrifi&#233;s et abandonn&#233;s. L'Id&#233;e paie la peine de l'existence et de l'&#233;ph&#233;m&#232;re non d'elle-m&#234;me, mais des passions des individus. Mais cette id&#233;e peut-elle encore &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'incarnation de la v&#233;rit&#233; et de la libert&#233; ? Kant avait insist&#233; avec force sur le fait qu'il serait contraire &#224; la nature de l'homme de l'utiliser comme un simple moyen. Quelques d&#233;cennies plus tard seulement, Hegel se prononce en faveur de &#171; l'id&#233;e que les individus, leurs d&#233;sirs et leur satisfaction, sont... sacrifi&#233;s, et leur bonheur abandonn&#233; &#224; l'empire du hasard, auquel il appartient ; et qu'en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les individus rel&#232;vent de la cat&#233;gorie des moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit du monde est le sujet hypostatique de l'histoire ; c'est un substitut m&#233;taphysique du sujet r&#233;el, le Dieu insondable d'une humanit&#233; frustr&#233;e, cach&#233; et affreux, comme le Dieu des calvinistes ; le moteur d'un monde dans lequel tout ce qui se passe le fait malgr&#233; les actions conscientes de l'homme et aux d&#233;pens de son bonheur. &#171; L'histoire... n'est pas le th&#233;&#226;tre du bonheur. Les p&#233;riodes de bonheur y sont des pages blanches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sujet m&#233;taphysique, cependant, prend une forme concr&#232;te d&#232;s que Hegel pose la question de savoir comment l'esprit du monde se mat&#233;rialise. &#171; Dans quelle mati&#232;re s'&#233;labore l'id&#233;e de la Raison ? L'esprit du monde s'efforce de r&#233;aliser la libert&#233; et ne peut se mat&#233;rialiser que dans le domaine r&#233;el de la libert&#233;, c'est-&#224;-dire dans l' &#201;tat. Ici, l'esprit du monde est, pour ainsi dire, institutionnalis&#233; ; elle trouve ici la conscience de soi par laquelle s'op&#232;re la loi de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Philosophie de l'Histoire ne discute pas (comme le faisait la Philosophie du Droit ) l' id&#233;e d'&#201;tat ; il en discute les diverses formes historiques concr&#232;tes. Le sch&#233;ma bien connu de Hegel distingue trois &#233;tapes historiques principales dans le d&#233;veloppement de la libert&#233; : l'orientale, la gr&#233;co-romaine et la germano-chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Orientaux n'ont pas atteint la connaissance que l'Entendement &#8211; &#8203;&#8203;l'homme en tant que tel &#8211; est libre ; et parce qu'ils ne le savent pas, ils ne sont pas libres. Ils savent seulement que l'on est libre. Mais &#224; ce titre m&#234;me, la libert&#233; de celui-l&#224; n'est que caprice... Celui -l&#224; n'est donc qu'un Despote, pas un homme libre. La conscience de la libert&#233; est apparue pour la premi&#232;re fois chez les Grecs, et par cons&#233;quent ils &#233;taient libres ; mais eux, et les Romains de m&#234;me, savaient seulement que certainssont libres &#8211; pas l'homme en tant que tel... Les Grecs avaient donc des esclaves ; et toute leur vie et le maintien de leur splendide libert&#233; &#233;taient impliqu&#233;s dans l'institution de l'esclavage ... Les nations allemandes, sous l'influence du christianisme, ont &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; prendre conscience que l'homme, en tant qu'homme, est libre : que c'est la libert&#233; de l'Esprit qui en constitue l'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel distingue trois formes &#233;tatiques typiques pour correspondre aux trois phases principales du d&#233;veloppement de la libert&#233; : &#171; L'Orient savait et sait jusqu'&#224; pr&#233;sent seulement que l'Un est libre ; le monde grec et romain, que certains sont libres ; le monde allemand sait que tous sont libres. La premi&#232;re forme politique que nous observons donc dans l'histoire est le despotisme, la seconde la d&#233;mocratie et l'aristocratie, la troisi&#232;me la monarchie. Ce n'est d'abord que la typologie aristot&#233;licienne appliqu&#233;e &#224; l'histoire universelle. La monarchie occupe le premier rang en tant que forme d'&#201;tat parfaitement libre, en vertu de sa primaut&#233; du droit et de la loi sous les garanties constitutionnelles. &#171; Dans la monarchie, ... il y a un seigneur et pas de serf, car la servitude est abrog&#233;e par elle ; et en lui le Droit et la Loi sont reconnus ; c'est la source de la vraie libert&#233;. Ainsi dans la monarchie, le caprice des individus est contenu, et un int&#233;r&#234;t de gouverneur commun &#233;tabli. Le jugement de Hegel ici est bas&#233; sur le fait qu'il consid&#232;re l'&#201;tat absolutiste moderne comme une avanc&#233;e sur le syst&#232;me f&#233;odal. Il fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#201;tat bourgeois fortement centralis&#233; qui a vaincu la terreur r&#233;volutionnaire de 1793. La libert&#233;, a-t-il montr&#233;, commence par la propri&#233;t&#233;, se d&#233;ploie dans l'&#201;tat de droit universel qui reconna&#238;t et garantit l'&#233;galit&#233; du droit &#224; la propri&#233;t&#233;, et se termine dans l'&#201;tat. , capable de faire face aux antagonismes qui accompagnent la libert&#233; de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, l'histoire de la libert&#233; s'ach&#232;ve avec l'av&#232;nement de la *monarchie moderne qui, &#224; l'&#233;poque de Hegel, a atteint ce but. Il fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#201;tat bourgeois fortement centralis&#233; qui a vaincu la terreur r&#233;volutionnaire de 1793. La libert&#233;, a-t-il montr&#233;, commence par la propri&#233;t&#233;, se d&#233;ploie dans l'&#201;tat de droit universel qui reconna&#238;t et garantit l'&#233;galit&#233; du droit &#224; la propri&#233;t&#233;, et se termine dans l'&#201;tat. , capable de faire face aux antagonismes qui accompagnent la libert&#233; de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, l'histoire de la libert&#233; s'ach&#232;ve avec l'av&#232;nement de la *monarchie moderne qui, &#224; l'&#233;poque de Hegel, a atteint ce but. Il fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#201;tat bourgeois fortement centralis&#233; qui a vaincu la terreur r&#233;volutionnaire de 1793. La libert&#233;, a-t-il montr&#233;, commence par la propri&#233;t&#233;, se d&#233;ploie dans l'&#201;tat de droit universel qui reconna&#238;t et garantit l'&#233;galit&#233; du droit &#224; la propri&#233;t&#233;, et se termine dans l'&#201;tat. , capable de faire face aux antagonismes qui accompagnent la libert&#233; de propri&#233;t&#233;. Par cons&#233;quent, l'histoire de la libert&#233; s'ach&#232;ve avec l'av&#232;nement de la *monarchie moderne qui, &#224; l'&#233;poque de Hegel, a atteint ce but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie du droitavait conclu par l'affirmation que le droit de l'&#201;tat est subordonn&#233; au droit de l'esprit du monde et au jugement de l'histoire universelle. Hegel d&#233;veloppe maintenant ce point. Il donne aux diverses formes &#233;tatiques leur place dans le cours de l'histoire, en coordonnant d'abord chacune avec sa p&#233;riode historique repr&#233;sentative. Hegel ne veut pas dire que le monde oriental n'a connu que le despotisme, le monde gr&#233;co-romain que la d&#233;mocratie, et la monarchie allemande que. Son sch&#233;ma implique plut&#244;t que le despotisme est la forme politique la plus ad&#233;quate &#224; la culture mat&#233;rielle et intellectuelle de l'Orient, et les autres formes politiques respectivement aux autres p&#233;riodes historiques. Il poursuit en affirmant que l'unit&#233; de l'&#201;tat est conditionn&#233;e par la culture nationale dominante ; c'est-&#224;-dire que l'&#233;tat d&#233;pend de facteurs tels que la situation g&#233;ographique et la nature,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens de son concept d'esprit national ( Volksgeist ). Ce dernier est la manifestation de l'esprit du monde &#224; un stade donn&#233; du d&#233;veloppement historique ; c'est le sujet de l'histoire nationale au m&#234;me sens que l'esprit mondial est le sujet de l'histoire universelle. L'histoire nationale doit &#234;tre comprise en termes d'histoire universelle. &#034;Chaque g&#233;nie national particulier doit &#234;tre trait&#233; comme un seul individu dans le processus de l'Histoire universelle.&#034; L'histoire d'une nation doit &#234;tre jug&#233;e en fonction de sa contribution au progr&#232;s de toute l'humanit&#233; vers la conscience de soi de la libert&#233;. [La diff&#233;rence d&#233;cisive entre le concept h&#233;g&#233;lien du Volksgeist et l'utilisation faite du m&#234;me concept par l' Historische Schuleconsiste en ceci : que cette derni&#232;re &#233;cole a con&#231;u le Volksgeist en termes de d&#233;veloppement naturel plut&#244;t que rationnel et l'a oppos&#233; aux valeurs sup&#233;rieures pos&#233;es dans l'histoire universelle. Nous reconna&#238;trons plus loin que la conception de l'Historische Schule appartient &#224; la r&#233;action positiviste contre le rationalisme h&#233;g&#233;lien.] Les diverses nations ne contribuent pas &#233;galement ; certains sont des promoteurs actifs de ce progr&#232;s. Ce sont les nations historiques du monde ( welthistorische Volksgeister ). Les sauts d&#233;cisifs vers des formes de vie nouvelles et sup&#233;rieures se produisent dans leur histoire, tandis que d'autres nations jouent des r&#244;les plus mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la relation entre un &#233;tat particulier et l'esprit du monde peut maintenant trouver une r&#233;ponse. Toute forme d'&#201;tat doit &#234;tre &#233;valu&#233;e en fonction de son ad&#233;quation au stade de conscience historique auquel l'humanit&#233; est parvenue. La libert&#233; ne signifie pas et ne peut pas signifier la m&#234;me chose dans les diff&#233;rentes p&#233;riodes de l'histoire, car &#224; chaque p&#233;riode un type de libert&#233; est le vrai. L'Etat doit se construire sur la reconnaissance de cette libert&#233;. Le monde allemand, &#224; travers la R&#233;forme, a produit dans son cours cette sorte de libert&#233; qui reconnaissait l'&#233;galit&#233; essentielle des hommes. La monarchie constitutionnelle exprime et int&#232;gre cette forme de soci&#233;t&#233;. C'est pour Hegel l'aboutissement de la r&#233;alisation de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons maintenant la structure g&#233;n&#233;rale de la dialectique historique. Depuis Aristote, le changement historique s'oppose aux changements de nature. Hegel tenait &#224; la m&#234;me distinction. Il dit que le changement historique est &#034;une avanc&#233;e vers quelque chose de meilleur, de plus parfait&#034;, alors que la mutation dans la nature &#034;ne pr&#233;sente qu'un cycle qui se r&#233;p&#232;te perp&#233;tuellement&#034;. Ce n'est que dans les changements historiques que quelque chose de nouveau surgit. Le changement historique est donc un d&#233;veloppement. 'Tout d&#233;pend de l'appr&#233;hension du principe de cette &#233;volution. Le principe implique d'abord qu'il existe un &#171; destin &#187; latent, &#171; une potentialit&#233; s'effor&#231;ant de se r&#233;aliser &#187;. Cela est &#233;vident dans le cas de l'&#234;tre vivant dont la vie est le d&#233;ploiement des potentialit&#233;s contenues dans le germe et leur actualisation constante, mais la forme la plus &#233;lev&#233;e de d&#233;veloppement n'est atteinte que lorsque la conscience de soi exerce la ma&#238;trise de l'ensemble du processus. La vie du sujet pensant est la seule que l'on puisse appeler une r&#233;alisation de soi, au sens strict. Le sujet pensant &#171; se produit, s'&#233;panouit effectivement jusqu'&#224; ce qu'il a toujours &#233;t&#233; en puissance &#187;.Et elle atteint ce r&#233;sultat dans la mesure o&#249; chaque condition existentielle particuli&#232;re est dissoute par les potentialit&#233;s qui lui sont inh&#233;rentes et transform&#233;e en une nouvelle condition, qui remplit ces potentialit&#233;s. Comment ce processus se manifeste-t-il dans l'histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet pensant vit dans l'histoire, et l'&#201;tat fournit en grande partie les conditions existentielles de sa vie historique. L'&#201;tat existe en tant qu'int&#233;r&#234;t universel parmi les actions et les int&#233;r&#234;ts individuels. Les individus vivent cet universel sous des formes diverses, dont chacune est une phase essentielle de l'histoire de chaque &#201;tat. L'&#201;tat appara&#238;t d'abord comme une unit&#233; imm&#233;diate, &#171; naturelle &#187;. A ce stade, les antagonismes sociaux ne se sont pas encore intensifi&#233;s et les individus trouvent satisfaction dans l'&#201;tat sans opposer consciemment leurs individualit&#233;s &#224; la communaut&#233;. C'est la jeunesse dor&#233;e de chaque nation, et la jeunesse dor&#233;e de l'histoire universelle. La libert&#233; inconsciente pr&#233;vaut, mais parce qu'elle est inconsciente, c'est une &#233;tape de simple libert&#233; potentielle ; la libert&#233; r&#233;elle ne vient qu'avec la conscience de soi de la libert&#233;. La potentialit&#233; qui pr&#233;vaut doit s'actualiser ; ce faisant, il brise le stade inconscient de l'organisation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e est le v&#233;hicule de ce processus. Les individus prennent conscience de leurs potentialit&#233;s et organisent leurs relations en fonction de leur raison. Une nation compos&#233;e de tels individus a &#171; appr&#233;hend&#233; le principe de sa vie et de sa condition, la science de ses lois, de son droit et de sa moralit&#233;, et a consciemment organis&#233; l'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat, lui aussi, est sujet &#224; la pens&#233;e, l'&#233;l&#233;ment qui conduit finalement &#224; sa destruction, le m&#234;me &#233;l&#233;ment qui a donn&#233; sa forme &#224; cet &#233;tat. La r&#233;alit&#233; sociale et politique ne peut, longtemps, se conformer aux exigences de la raison, car l'&#201;tat cherche &#224; maintenir l'int&#233;r&#234;t de ce qui est, et donc &#224; encha&#238;ner les forces qui tendent &#224; une forme historique sup&#233;rieure. T&#244;t ou tard, la libre rationalit&#233; de la pens&#233;e doit entrer en conflit avec les rationalisations de l'ordre donn&#233; de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel voyait dans ce processus une loi g&#233;n&#233;rale de l'histoire, aussi inalt&#233;rable que le temps lui-m&#234;me. Aucune puissance ne pourrait, &#224; la longue, arr&#234;ter la marche de la pens&#233;e. Penser n'&#233;tait pas une activit&#233; anodine mais dangereuse, qui, d&#232;s qu'elle coulerait parmi les citoyens et d&#233;terminerait leur pratique, les pousserait &#224; remettre en question, voire &#224; subvertir les formes traditionnelles de la culture. Hegel a illustr&#233; cette dynamique destructrice de la pens&#233;e au moyen d'un mythe antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dieu Kronos a d'abord r&#233;gn&#233; sur la vie des hommes, et son r&#232;gne signifiait un &#226;ge d'or au cours duquel les hommes vivaient dans une unit&#233; imm&#233;diate entre eux et avec la nature. Mais Kronos &#233;tait le dieu du temps, et le temps a d&#233;vor&#233; ses propres enfants. Tout ce que l'homme avait accompli a &#233;t&#233; d&#233;truit ; rien n'est rest&#233;. Ensuite, Kronos lui-m&#234;me a &#233;t&#233; d&#233;vor&#233; par Zeus, une puissance sup&#233;rieure au temps. Zeus &#233;tait le dieu qui a fait na&#238;tre la raison et promu les arts ; il &#233;tait le &#171; dieu politique &#187; qui a cr&#233;&#233; l'&#201;tat et en a fait l'&#339;uvre d'individus conscients d'eux-m&#234;mes et moraux. Cet &#233;tat a &#233;t&#233; engendr&#233; et maintenu par la raison et la morale ; c'&#233;tait quelque chose qui pouvait persister et durer, m&#234;me si la puissance productive de la raison semblait immobiliser le temps. Cette communaut&#233; morale et rationnelle fut cependant dissoute par la m&#234;me force qui l'avait cr&#233;&#233;e. Le principe de pens&#233;e, de raisonnement et de connaissance d&#233;truisirent la belle &#339;uvre d'art qu'&#233;tait l'&#233;tat, et Zeus, qui avait mis fin &#224; la force d&#233;vorante du temps, fut lui-m&#234;me englouti. Le travail de la pens&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;truit par la pens&#233;e. La pens&#233;e est ainsi entra&#238;n&#233;e dans le processus du temps, et la force qui a contraint la connaissance dans la Logique &#224; nier tout contenu particulier est r&#233;v&#233;l&#233;e, dans lePhilosophie de l'Histoire, comme la n&#233;gativit&#233; du temps lui-m&#234;me. Hegel dit : &#171; Le temps est l'&#233;l&#233;ment n&#233;gatif du monde sensible. La pens&#233;e est la m&#234;me n&#233;gativit&#233;, mais elle en est la forme la plus profonde, la plus infinie...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a reli&#233; la dynamique destructrice de la pens&#233;e &#224; l'histoireprogresser vers &#171; l'universalit&#233; &#187;. La dissolution d'une forme donn&#233;e d'&#201;tat est, en m&#234;me temps, le passage &#224; une forme d'&#201;tat sup&#233;rieure, plus &#171; universelle &#187; que la forme pr&#233;c&#233;dente. L'activit&#233; consciente de l'homme d'une part &#171; d&#233;truit la r&#233;alit&#233;, la permanence de ce qui est, mais en m&#234;me temps elle immobilise, d'autre part, l'essence, la notion, l'universel &#187;. Selon Hegel, le progr&#232;s historique est pr&#233;c&#233;d&#233; et guid&#233; par un progr&#232;s de la pens&#233;e. D&#232;s que la pens&#233;e s'est &#233;mancip&#233;e de son attachement &#224; l'&#233;tat des choses, elle d&#233;passe la valeur apparente des choses et cherche leur notion. La notion, cependant, comprend l'essence des choses comme distincte de leur apparence - les conditions qui pr&#233;valent apparaissent comme des particularit&#233;s limit&#233;es qui n'&#233;puisent pas les potentialit&#233;s des choses et des hommes. Ceux qui adh&#232;rent aux principes de la raison, s'ils r&#233;ussissent &#224; &#233;tablir de nouvelles conditions sociales et politiques, s'efforceront, gr&#226;ce &#224; leurs connaissances conceptuelles sup&#233;rieures, d'incorporer davantage de ces potentialit&#233;s dans l'ordre de la vie. Hegel a vu l'histoire progresser au moins tellement que la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; essentielles des hommes &#233;taient de plus en plus reconnues, et les limitations particuli&#232;res &#224; cette libert&#233; et &#224; cette &#233;galit&#233; &#233;taient de plus en plus supprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la pens&#233;e devient le v&#233;hicule de la pratique, elle r&#233;alise le contenu universel des conditions historiques donn&#233;es en brisant sa forme particuli&#232;re. Hegel consid&#233;rait le d&#233;veloppement de l'humanit&#233; comme un processus vers une v&#233;ritable universalit&#233; de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;. &#171; L'histoire du monde est la discipline [ Zucht ] de la volont&#233; naturelle incontr&#244;l&#233;e d'universalit&#233; et de libert&#233; subjective. Dans la Logique, Hegel avait d&#233;sign&#233; la notion comme l'unit&#233; de l'universel et du particulier, et comme le domaine de la subjectivit&#233; et de la libert&#233;. Dans la Philosophie de l'Histoire,il a appliqu&#233; ces m&#234;mes cat&#233;gories au but final du d&#233;veloppement historique, c'est-&#224;-dire &#224; un &#233;tat dans lequel la libert&#233; du sujet est en union consciente avec le tout. Le progr&#232;s de la pens&#233;e conceptuelle, la compr&#233;hension de la notion, &#233;tait ici li&#233; au progr&#232;s de la libert&#233;. La Philosophie de l'histoire a ainsi donn&#233; une illustration historique de ce lien essentiel entre la libert&#233; et la notion, qui avait &#233;t&#233; expliqu&#233; dans la Logique. Hegel a &#233;lucid&#233; ce lien en analysant l'&#339;uvre de Socrate. Au lieu de passer en revue le contenu de la Philosophie de l'histoire de Hegel, nous discuterons son analyse de l'apport socratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel commence par une description de la premi&#232;re p&#233;riode de la cit&#233; grecque au cours de laquelle &#171; la subjectivit&#233; de la volont&#233; &#187; n'&#233;tait pas encore &#233;veill&#233;e dans l'unit&#233; naturelle de la polis. Les lois existaient et les citoyens leur ob&#233;issaient, mais ils les consid&#233;raient comme ayant &#171; une n&#233;cessit&#233; de la nature &#187;. Cette p&#233;riode fut celle des grandes constitutions (Thal&#232;s, Bias, Solon). Les lois &#233;taient tenues pour valables parce qu'elles &#233;taient des lois ; la libert&#233; et le droit n'existaient que sous forme de coutume ( Gewohnheit). Le caract&#232;re naturel et continu de cet &#201;tat faisait &#171; la constitution d&#233;mocratique... ici la seule possible ; les citoyens &#233;taient encore inconscients d'int&#233;r&#234;ts particuliers, et donc d'un &#233;l&#233;ment corrupteur... &#187; L'absence de subjectivit&#233; consciente &#233;tait la condition d'un fonctionnement non perturb&#233; de la d&#233;mocratie. L'int&#233;r&#234;t de la communaut&#233; pouvait &#234;tre &#171; confi&#233; &#224; la volont&#233; et &#224; la r&#233;solution des citoyens &#187; parce que ces citoyens n'avaient pas encore de volont&#233; autonome qui pouvait &#224; tout moment se retourner contre la communaut&#233;. Hegel rend ce point g&#233;n&#233;ral pour toute d&#233;mocratie. La vraie d&#233;mocratie, soutient-il, exprime une phase pr&#233;coce du d&#233;veloppement humain, une phase ant&#233;rieure &#224; celle de l'&#233;mancipation de l'individu, et incompatible avec l'&#233;mancipation. Son &#233;valuation se fonde &#233;videmment sur la conviction que le progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; engendrera n&#233;cessairement un conflit entre l'int&#233;r&#234;t de l'individu et celui de la collectivit&#233;. La soci&#233;t&#233; ne peut lib&#233;rer l'individu sans le s&#233;parer de la communaut&#233; et sans opposer son d&#233;sir de libert&#233; subjective aux exigences du tout. La raison pour laquelle la cit&#233;-&#201;tat grecque pourrait &#234;tre une d&#233;mocratie, laisse entendre Hegel, est qu'elle &#233;tait compos&#233;e de citoyens qui n'&#233;taient pas encore conscients de leur individualit&#233; essentielle. Hegel soutenait qu'une soci&#233;t&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s &#233;tait en conflit avec l'homog&#233;n&#233;it&#233; d&#233;mocratique. La raison pour laquelle la cit&#233;-&#201;tat grecque pourrait &#234;tre une d&#233;mocratie, laisse entendre Hegel, est qu'elle &#233;tait compos&#233;e de citoyens qui n'&#233;taient pas encore conscients de leur individualit&#233; essentielle. Hegel soutenait qu'une soci&#233;t&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s &#233;tait en conflit avec l'homog&#233;n&#233;it&#233; d&#233;mocratique. La raison pour laquelle la cit&#233;-&#201;tat grecque pourrait &#234;tre une d&#233;mocratie, laisse entendre Hegel, est qu'elle &#233;tait compos&#233;e de citoyens qui n'&#233;taient pas encore conscients de leur individualit&#233; essentielle. Hegel soutenait qu'une soci&#233;t&#233; d'individus &#233;mancip&#233;s &#233;tait en conflit avec l'homog&#233;n&#233;it&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute reconnaissance de la libert&#233; individuelle semblait donc impliquer l'abattage de l'ancienne d&#233;mocratie. &#171; Cette libert&#233; tr&#232;s subjective qui constitue le principe et d&#233;termine la forme propre de la libert&#233; dans notre monde &#8211; qui forme la base absolue de notre vie politique et religieuse, ne pouvait se manifester en Gr&#232;ce autrement que comme une destruction .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;l&#233;ment destructeur a &#233;t&#233; introduit dans la cit&#233; grecque par Socrate, qui enseignait pr&#233;cis&#233;ment la &#171; subjectivit&#233; &#187; que Hegel appelle l'&#233;l&#233;ment destructeur pour l'ancienne d&#233;mocratie. &#171; C'est chez Socrate que... le principe de subjectivit&#233; [ Innerlichkeit] &#8211; de l'ind&#233;pendance absolue de la pens&#233;e &#8211; atteint la libert&#233; d'expression.' Socrate enseignait que &#171; l'homme doit d&#233;couvrir et reconna&#238;tre en lui-m&#234;me ce qui est Juste et Bien, et que ce Droit et Bien est par nature universel &#187;. Il y a de belles choses dans l'&#201;tat, de bonnes et de braves actions, de vrais jugements, de justes juges &#8211; mais quelque chose existe qui est le beau, le bon, le brave, etc. ; il est plus que tous ces particuliers et commun &#224; tous. L'homme a une id&#233;e du beau, du bien, etc., dans sa notion de beaut&#233;, de bont&#233;, etc. La notion comprend ce qui est vraiment beau et bon, et Socrate chargeait le sujet pensant de d&#233;couvrir cette v&#233;rit&#233; et de la maintenir contre toute attente. autorit&#233; externe. Socrate a ainsi mis &#224; part la v&#233;rit&#233; comme un universel et a attribu&#233; la connaissance de cet universel &#224; la pens&#233;e autonome de l'individu. Ce faisant, il &#171; &#233;rige l'individu en sujet de toutes les d&#233;cisions finales. contre la patrie et la morale coutumi&#232;re &#187;. Les principes de Socrate manifestent ainsi &#171; une opposition r&#233;volutionnaire &#224; l'&#201;tat ath&#233;nien &#187;. Il fut condamn&#233; &#224; mort. Cet acte &#233;tait justifi&#233; dans la mesure o&#249; les Ath&#233;niens condamnaient leur &#171; ennemi absolu &#187;. D'autre part, la condamnation &#224; mort contenait l'&#233;l&#233;ment &#171; profond&#233;ment tragique &#187; que les Ath&#233;niens condamnaient ainsi &#233;galement leur soci&#233;t&#233; et leur &#201;tat. Car, leur sentence reconnaissait que 'ce qu'ils r&#233;prouvaient dans Socrate avait d&#233;j&#224; pris racine parmi eux'. Cet acte &#233;tait justifi&#233; dans la mesure o&#249; les Ath&#233;niens condamnaient leur &#171; ennemi absolu &#187;. D'autre part, la condamnation &#224; mort contenait l'&#233;l&#233;ment &#171; profond&#233;ment tragique &#187; que les Ath&#233;niens condamnaient ainsi &#233;galement leur soci&#233;t&#233; et leur &#201;tat. Car, leur sentence reconnaissait que 'ce qu'ils r&#233;prouvaient dans Socrate avait d&#233;j&#224; pris racine parmi eux'. Cet acte &#233;tait justifi&#233; dans la mesure o&#249; les Ath&#233;niens condamnaient leur &#171; ennemi absolu &#187;. D'autre part, la condamnation &#224; mort contenait l'&#233;l&#233;ment &#171; profond&#233;ment tragique &#187; que les Ath&#233;niens condamnaient ainsi &#233;galement leur soci&#233;t&#233; et leur &#201;tat. Car, leur sentence reconnaissait que 'ce qu'ils r&#233;prouvaient dans Socrate avait d&#233;j&#224; pris racine parmi eux'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un tournant historique d&#233;cisif succ&#233;dait ainsi un tournant dans le d&#233;veloppement de la pens&#233;e. La philosophie a commenc&#233; &#224; &#233;laborer des concepts universels, et ce fut le pr&#233;lude d'une nouvelle phase dans l'histoire de l'&#201;tat. Les concepts universels, cependant, sont des concepts abstraits, et &#171; la construction de l'&#201;tat dans l'abstrait &#187; touche aux fondements m&#234;mes de l'&#201;tat existant. L'homog&#233;n&#233;it&#233; de la cit&#233;-&#201;tat a &#233;t&#233; obtenue par l'exclusion des esclaves, des autres citoyens grecs et des &#171; barbares &#187;. Bien que Socrate lui-m&#234;me n'ait peut-&#234;tre pas d&#233;velopp&#233; cette implication, les concepts universels abstraits de par leur nature m&#234;me impliquent un d&#233;passement de toute particularit&#233; et une d&#233;fense du sujet libre, de l'homme en tant qu'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me processus qui a fait de la pens&#233;e abstraite le s&#233;jour de la v&#233;rit&#233; a &#233;mancip&#233; l'individu en tant que &#171; sujet &#187; r&#233;el. Sans cela, Socrate ne pouvait pas apprendre aux hommes &#224; penser dans l'abstrait. les affranchissant des normes traditionnelles de pens&#233;e et d'existence. Le sujet libre &#8211; comme l'avait soutenu la Logique &#8211; est en effet intrins&#232;quement li&#233; &#224; la notion. Le sujet libre n'appara&#238;t que lorsque l'individu n'accepte plus l'ordre donn&#233; des choses mais s'y oppose parce qu'il a appris la notion des choses et appris que la v&#233;rit&#233; ne r&#233;side pas dans les normes et opinions courantes. Il ne peut le savoir que s'il s'est aventur&#233; dans la pens&#233;e abstraite. Elle lui donne le n&#233;cessaire &#171; d&#233;tachement &#187; des normes en vigueur et, sous la forme d'une pens&#233;e critique et oppositionnelle, elle constitue le m&#233;dium dans lequel se meut le sujet libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le principe de subjectivit&#233; est apparu pour la premi&#232;re fois, avec Socrate, il n'a pas pu &#234;tre concr&#233;tis&#233; et a constitu&#233; le fondement de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;. Le principe a fait ses vrais d&#233;buts avec le christianisme et ainsi &#171; est apparu d'abord dans la religion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Son introduction dans] les divers rapports du monde actuel pose un probl&#232;me plus vaste que sa simple implantation ; un probl&#232;me dont la solution et l'application n&#233;cessitent un processus de culture s&#233;v&#232;re et prolong&#233;. Pour preuve, notons que l'esclavage n'a pas cess&#233; imm&#233;diatement &#224; la r&#233;ception du christianisme. Encore moins la libert&#233; pr&#233;dominait-elle dans les &#201;tats ; ou les gouvernements et les constitutions adoptent une organisation rationnelle ; ou reconna&#238;tre la libert&#233; comme leur fondement. Cette application du principe du christianisme aux relations politiques ; la formation profonde ou l'interp&#233;n&#233;tration de la soci&#233;t&#233; par elle est un processus identique &#224; l'histoire elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;forme allemande marque la premi&#232;re tentative r&#233;ussie d'introduire le principe de subjectivit&#233; dans l'&#233;volution des relations sociales et politiques. Elle place la seule responsabilit&#233; de ses actes sur le sujet libre et remet en cause le syst&#232;me traditionnel d'autorit&#233; et de privil&#232;ge au nom de la libert&#233; chr&#233;tienne et de l'&#233;galit&#233; humaine. &#171; Alors que l'individu sait qu'il est rempli de l'Esprit divin, toutes [les relations ext&#233;rieures qui pr&#233;valaient jusqu'&#224; pr&#233;sent] ... sont ipso facto abrog&#233;es ; il n'y a plus de distinction entre pr&#234;tres et la&#239;cs ; on ne trouve plus une seule classe en possession de la substance de la v&#233;rit&#233;, comme de tous les tr&#233;sors spirituels et temporels de l'&#201;glise. La subjectivit&#233; la plus intime de l'homme &#233;tait reconnue &#171; comme ce qui peut et doit entrer en possession de la v&#233;rit&#233; ; et cette subjectivit&#233; est la propri&#233;t&#233; commune detoute l'humanit&#233; .'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image de Hegel de la R&#233;forme est tout aussi erron&#233;e que sa description du d&#233;veloppement social ult&#233;rieur, confondant les id&#233;es par lesquelles la soci&#233;t&#233; moderne a glorifi&#233; son ascension pour la r&#233;alit&#233; de cette soci&#233;t&#233;. Il a ainsi &#233;t&#233; conduit &#224; une interpr&#233;tation harmonique de l'histoire, selon laquelle le passage &#224; une nouvelle forme historique est en m&#234;me temps un progr&#232;s vers une forme historique sup&#233;rieure - interpr&#233;tation saugrenue, car toutes les victimes de l'oppression et de l'injustice en t&#233;moignent. , comme le sont toutes les vaines souffrances et tous les sacrifices de l'histoire. L'interpr&#233;tation est d'autant plus absurde qu'elle nie les implications critiques de la dialectique et &#233;tablit une harmonie entre le progr&#232;s de la pens&#233;e et le processus de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel ne consid&#233;rait cependant pas la r&#233;alisation historique de l'homme comme un progr&#232;s in&#233;branlable . L'histoire de l'homme &#233;tait pour lui en m&#234;me temps l'histoire de l'ali&#233;nation de l'homme ( Entfremdung ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Ce que l'Esprit s'efforce r&#233;ellement d'obtenir, c'est la r&#233;alisation de sa notion ; mais ce faisant, il cache ce but &#224; sa propre vision, et est fier et bien satisfait de cette ali&#233;nation de sa propre essence. Les institutions que l'homme fonde et la culture qu'il cr&#233;e d&#233;veloppent leurs propres lois, et la libert&#233; de l'homme doit s'y conformer. Il est accabl&#233; par la richesse croissante de son environnement &#233;conomique, social et politique et en vient &#224; oublier que lui-m&#234;me, son libre d&#233;veloppement, est le but final de tous ces travaux ; au lieu de cela, il se soumet &#224; leur emprise. Les hommes s'efforcent toujours de perp&#233;tuer une culture &#233;tablie et, ce faisant, perp&#233;tuent leur propre frustration. L'histoire de l'homme est l'histoire de son &#233;loignement de son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t et, du m&#234;me coup, l'histoire de sa r&#233;alisation. La dissimulation du v&#233;ritable int&#233;r&#234;t de l'homme pour son monde soci&#233;tal fait partie de la &#171; ruse de la raison &#187; et est l'un de ces &#171; &#233;l&#233;ments n&#233;gatifs &#187; sans lesquels il n'y a pas de progr&#232;s vers des formes sup&#233;rieures. Marx a &#233;t&#233; le premier &#224; expliquer l'origine et la signification de cet &#233;loignement ; Hegel n'avait gu&#232;re plus qu'une intuition g&#233;n&#233;rale de sa signification.&lt;br class='autobr' /&gt;
* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel mourut en 1831. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente avait apport&#233; la premi&#232;re commotion r&#233;volutionnaire au syst&#232;me politique de la Restauration - le m&#234;me syst&#232;me qui, selon Hegel, signifiait la r&#233;alisation de la raison dans la soci&#233;t&#233; civile. L'&#201;tat a commenc&#233; &#224; chanceler. Les Bourbons en France ont &#233;t&#233; renvers&#233;s par la r&#233;volution de Juillet. La vie politique britannique &#233;tait d&#233;chir&#233;e par des discussions anim&#233;es sur le Reform Bill, qui pr&#233;voyait des changements profonds dans le syst&#232;me &#233;lectoral anglais, changements qui favorisaient la bourgeoisie de la ville et le renforcement du Parlement aux d&#233;pens de la couronne. Les mouvements fran&#231;ais et anglais n'ont abouti qu'&#224; un ajustement de l'&#201;tat aux rapports de force en vigueur, de sorte que le processus de d&#233;mocratisation qui s'est poursuivi sous des formes politiques n'a jamais d&#233;pass&#233; le syst&#232;me social de la soci&#233;t&#233; civile. N&#233;anmoins, Hegel connaissait tr&#232;s bien les dangers m&#234;me des petites transformations qui se produisaient. Il savait que la dynamique inh&#233;rente &#224; la soci&#233;t&#233; civile, une fois d&#233;gag&#233;e des m&#233;canismes de protection de l'&#201;tat, pouvait, &#224; tout moment, lib&#233;rer des forces pour &#233;branler tout le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des derniers &#233;crits de Hegel, publi&#233; l'ann&#233;e de sa mort, &#233;tait un long article sur le projet de loi de r&#233;forme anglais. Il contenait une critique s&#233;v&#232;re du projet de loi, affirmant qu'il affaiblissait la souverainet&#233; du monarque en instaurant un Parlement qui opposerait les &#171; principes abstraits &#187; de la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; la hi&#233;rarchie concr&#232;te de l'&#201;tat. Le renforcement du Parlement, pr&#233;vient-il, finira par lib&#233;rer le pouvoir terrifiant du &#171; peuple &#187;. La r&#233;forme, dans la situation sociale donn&#233;e, pourrait soudainement se transformer en r&#233;volution. Si le projet de loi r&#233;ussissait, ... la lutte menacerait de devenir encore plus dangereuse. Il n'existerait plus de pouvoir sup&#233;rieur m&#233;diateur entre l'int&#233;r&#234;t du privil&#232;ge positif et l'exigence d'une libert&#233; plus r&#233;elle, un pouvoir sup&#233;rieur qui les restreindrait et les r&#233;concilierait. Car, en Angleterre, l'&#233;l&#233;ment monarchique n'a pas le pouvoir qu'ont les autres &#201;tats et par lequel ils pourraient effectuer le passage d'une l&#233;gislation fond&#233;e uniquement sur les droits positifs &#224; une l&#233;gislation fond&#233;e sur les principes de la libert&#233; r&#233;elle. D'autres &#201;tats ont pu op&#233;rer des transformations sans bouleversements, violences et vols ; en Angleterre, la transformation devrait &#234;tre op&#233;r&#233;e par une autre force, par le peuple. Une opposition s'appuyant sur un programme jusque-l&#224; &#233;tranger au Parlement et se sentant incapable d'&#233;tendre son influence parmi les autres partis du Parlement pourrait &#234;tre amen&#233;e &#224; chercher sa force dans le peuple ; alors, au lieu d'accomplir une r&#233;forme, elle ferait na&#238;tre une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rudolf Haym, qui a interpr&#233;t&#233; Hegel selon le lib&#233;ralisme allemand, a reconnu que l'article de Hegel &#233;tait un document de peur et d'anxi&#233;t&#233; plut&#244;t que de philosophie politique r&#233;actionnaire, car &#171; Hegel ne d&#233;sapprouvait pas la tendance et le contenu du projet de loi de r&#233;forme, mais craignait le danger de r&#233;forme en tant que telle. La croyance de Hegel dans la stabilit&#233; de l'&#201;tat de la Restauration a &#233;t&#233; s&#233;rieusement &#233;branl&#233;e. La r&#233;forme pouvait &#234;tre une bonne chose, mais cet &#201;tat ne pouvait se permettre la libert&#233; de r&#233;forme sans mettre en danger le syst&#232;me de pouvoir sur lequel il reposait. L'article de Hegel sur le projet de loi de r&#233;forme n'est pas un document exprimant une foi ou une confiance que la forme existante de l'&#201;tat perdurera &#233;ternellement, pas plus que ne l'est sa Pr&#233;face &#224; la Philosophie du droit . Ici aussi, la philosophie de Hegel aboutit au doute et &#224; la r&#233;signation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Source : **&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/marcuse/works/reason/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/reference/archive/marcuse/works/reason/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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