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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Quatri&#232;me partie du programme r&#233;volutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement r&#233;volutionnaire des soviets du peuple travailleur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Melissa, Mesoke Swallow, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, Waraa</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quatri&#232;me partie du programme r&#233;volutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement r&#233;volutionnaire des soviets du peuple travailleur &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi &#233;tonnant que cela puisse paraitre au premier abord, ce texte proclame nos engagements dans le nouveau type de pouvoir que constituera l'Etat des conseils du peuple travailleur des villes et des campagnes. Ce n'est pas du futurisme mais un engagement pour notre action politique et sociale d&#232;s maintenant. Et on remarquera que la plupart des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me partie du programme r&#233;volutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement r&#233;volutionnaire des soviets du peuple travailleur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi &#233;tonnant que cela puisse paraitre au premier abord, ce texte proclame nos engagements dans le nouveau type de pouvoir que constituera l'Etat des conseils du peuple travailleur des villes et des campagnes. Ce n'est pas du futurisme mais un engagement pour notre action politique et sociale d&#232;s maintenant. Et on remarquera que la plupart des organisations, m&#234;me quand elles se disent r&#233;volutionnaires, se gardent bien de prendre des engagements sur ce qu'elles feraient en cas de r&#233;volution, sur le type de pouvoir qu'elles soutiendraient et sur la politique qu'elles y m&#232;neraient. Elles se cachent derri&#232;re un pr&#233;tendu r&#233;alisme pour ne s'engager &#224; rien, pour ne pas rompre avec les bureaucraties syndicales, avec l'appareil politique, institutionnel, administratif, policier, militaire, carc&#233;ral et bien s&#251;r financier et &#233;conomique de l'Etat capitaliste, pour ne pas s'engager &#224; le d&#233;molir pierre apr&#232;s pierre&#8230; Elles ne s'engagent pas plus &#224; d&#233;molir l'appareil militaire que l'appareil policier, pas plus l'appareil financier que celui des trusts, pas plus l'appareil administratif que judiciaire, etc. Elles ne s'engagent m&#234;me pas &#224; ne gouverner que par des soviets de travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les organisations qui proclament &#171; une seule solution, la r&#233;volution &#187;, &#171; une seule voie, celle du socialisme &#187;, &#171; un seul but, le parti r&#233;volutionnaire &#187; sont faussement r&#233;volutionnaires si elles n'annoncent pas d&#232;s maintenant qu'elles rompent avec toutes les forces contre-r&#233;volutionnaires, qu'elles soient r&#233;formistes politiques ou syndicales et qu'elles ne les laisseront pas diriger lors de la prochaine vague r&#233;volutionnaire. Ces organisations veulent des ch&#232;ques en blanc, qu'on leur fasse confiance sans engagement, sans programme d'avenir, sans rupture compl&#232;te et publique avec le monde d'hier. Une telle rupture n&#233;cessite d'exposer d&#232;s maintenant quels seront leurs objectifs et comment elles souhaitent proc&#233;der pour y parvenir. Sinon, nous n'avons aucune raison de leur faire confiance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part, nous prenons ici et aujourd'hui des engagements pour la r&#233;volution de demain qui devra, pour r&#233;ussir, mettre en place des soviets et leur donner la totalit&#233; du pouvoir et des richesses, les travailleurs, tous ceux qui ne vivent que de leur travail sans exploiter personne, &#233;tant les seuls &#224; avoir le droit de gouverner, de diriger, de d&#233;cider dans le nouvel Etat et &#224; profiter des richesses produites par la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons donc, en premier, &#224; lutter pour que la totalit&#233; des d&#233;cisions gouvernementales, d&#232;s les d&#233;buts du nouveau pouvoir, soient exclusivement l'&#233;manation de conseils de travailleurs &#233;lus et r&#233;vocables issus d'assembl&#233;es d&#233;cisionnelles et souveraines (en somme des soviets) totalement ind&#233;pendants de l'ancien pouvoir capitaliste et de ses d&#233;fenseurs et profiteurs, qu'ils &#339;uvreront exclusivement pour le bien-&#234;tre de ceux qui vivent de leur travail, que celui-ci leur permette d'en vivre correctement en ayant les moyens (eux et leurs familles) de se loger, de se nourrir, de se soigner, de b&#233;n&#233;ficier de la s&#233;curit&#233;, d'avoir droit aux loisirs, de profiter d'une bonne &#233;ducation, de participer d&#233;mocratiquement &#224; toutes les d&#233;cisions. Et surtout que jamais leur travail ne b&#233;n&#233;ficie &#224; des profiteurs et des exploiteurs, que le b&#233;n&#233;fice de leurs efforts n'enrichisse pas des sp&#233;culateurs, des financiers, des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; ne jamais tenir compte, dans les d&#233;cisions du nouveau pouvoir, des int&#233;r&#234;ts du grand capital que ce soit celui du pays ou d'un autre pays, et toujours prendre les d&#233;cisions dans le sens des int&#233;r&#234;ts du peuple travailleur qui va des salari&#233;s, des ch&#244;meurs, des retrait&#233;s aux jeunes, aux femmes, aux petits paysans, aux petits p&#234;cheurs, aux petits artisans, aux petits commer&#231;ants, aux petits camionneurs, aux taxis individuels, aux petits auto-entrepreneurs, aux petits professions lib&#233;rales, aux nationalit&#233;s et religions opprim&#233;es, &#224; tous les opprim&#233;s du monde. Nous nous engageons &#224; toujours agir pour les unir et d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts contre ceux du grand capital. Nous nous engageons &#224; ce que le nouveau pouvoir ne d&#233;fende pas les int&#233;r&#234;ts d'un peuple ou d'une nation mais de tous et cherche par tous les moyens &#224; les unir pour d&#233;truire d&#233;finitivement et mondialement le capitalisme et l'imp&#233;rialisme. Un Etat victorieux dans un pays ou dans une r&#233;gion ne devra avoir de cesse que d'en finir avec les autres Etats capitalistes et imp&#233;rialistes et &#224; faire tous les sacrifices qui seront n&#233;cessaires pour y parvenir. Nous nous engageons &#224; ne jamais d&#233;fendre un int&#233;r&#234;t national contre l'int&#233;r&#234;t international des exploit&#233;s et opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; abolir toutes les lois, les r&#232;gles, les mesures capitalistes dress&#233;es contre les travailleurs : code du travail, justice sociale, dur&#233;e du travail, ch&#244;mage, retraites, licenciements, conditions de travail, risques professionnels, horaires, pressions de l'encadrement, hi&#233;rarchie, salaires, accidents du travail, sant&#233; au travail, fautes professionnelles, etc&#8230; Nous nous engageons que les nouvelles r&#232;gles ne servent qu'&#224; renforcer collectivement le monde du travail sans accepter aucune des &#171; lois &#187; du grand capital. Personne n'aura plus le droit d'emp&#234;cher quiconque d'avoir les moyens de vivre et de faire vivre une famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons que la guerre soit combattue &#224; la racine par le nouveau pouvoir, en d&#233;sarmant compl&#232;tement la classe capitaliste, en retirant toute autorit&#233; sur les soldats &#224; la hi&#233;rarchie militaire, en permettant aux petits soldats d'&#233;lire leurs propres conseils qui prendront les d&#233;cisions aux c&#244;t&#233;s des soviets du peuple travailleur, en pla&#231;ant l'industrie d'armement, les stocks d'armes, les armes sp&#233;ciales (nucl&#233;aires, chimiques, bact&#233;riologiques, etc) sous le contr&#244;le des soviets de travailleurs et de soldats, en rendant criminelle toute liaison entre appareil militaire et int&#233;r&#234;ts capitalistes. Et, d&#232;s maintenant, cela suppose de militer pour tisser des liens entre la lutte des travailleurs et les petits soldats (et aussi les petits policiers qui refusent de participer &#224; la r&#233;pression des luttes et aux violences polici&#232;res). Cela suppose de militer au sein des travailleurs en faveur des droits des petits soldats et petits policiers de s'auto-organiser, de refuser des ordres violents contre la population, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose de s'engager &#224; d&#233;fendre individuellement tous les petits soldats et petits policiers qui refuseront d'ob&#233;ir &#224; des ordres de violences contre la population. Cela suppose de d&#233;noncer publiquement les organisations politiques et syndicales qui s'y refuseront. Tout comme les autres points soulev&#233;s pr&#233;c&#233;demment supposent de d&#233;noncer les organisations qui refusent d'unir toutes les nationalit&#233;s, en d&#233;fendant le nationalisme, qui refusent de se solidariser avec les r&#233;voltes et r&#233;volutions partout dans le monde, qui refusent de combattre leur propre imp&#233;rialisme, qui d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts d'une aristocratie ouvri&#232;re fond&#233;e sur les travailleurs les plus favoris&#233;s, etc. Dans tous les domaines, des engagements d'avenir ont une signification sur les engagements imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons que cet Etat des soviets soit fond&#233; sur la d&#233;molition des forces arm&#233;es du grand capital et sur l'armement du peuple travailleur ! Les travailleurs devront, avant m&#234;me l'av&#232;nement du nouvel Etat, &#234;tre organis&#233;s partout o&#249; cela sera possible, en milices, en gardes r&#233;volutionnaires, en bataillons, en arm&#233;e, etc. Nous nous engageons d&#232;s aujourd'hui &#224; d&#233;fendre aupr&#232;s des travailleurs l'importance de s'armer et de s'organiser en milices ouvri&#232;res. Nous nous engageons aussi &#224; d&#233;noncer et d&#233;masquer toutes les organisations politiques et syndicales qui se refusent &#224; d&#233;truire l'armement du grand capital et &#224; favoriser l'armement du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; prendre toutes les mesures, &#224; chaque &#233;tape de la r&#233;volution permanente, de la formation de soviets r&#233;volutionnaires &#224; la fondation du pouvoir aux travailleurs, de la victoire de la bourgeoisie d'un pays au renversement mondial du capitalisme, au socialisme et au communisme, d'&#339;uvrer toujours non seulement pour d&#233;fendre les victoires acquises mais pour porter la lutte au-del&#224;, pour ne pas se contenter de d&#233;fendre le statu quo avec les forces ennemies encore en place, mais &#224; chercher toujours &#224; pousser plus loin la r&#233;volution. Nous engageons &#224; d&#233;noncer les partis et syndicats, qui, en p&#233;riode r&#233;volutionnaire, feraient semblant de vouloir la r&#233;volution, pour la diriger, la freiner, la d&#233;voyer, la limiter, la bureaucratiser, la conserver dans des limites sociales et politiques, dans des fronti&#232;res nationales, compatibles avec les forces qui subsisteraient du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; combattre toutes les formes de bureaucratisme syndical, politique, &#233;tatique, &#233;conomique et autres. Cela suppose de le faire d&#232;s aujourd'hui. Les organisations qui pr&#233;tendent qu'elles le feront demain sans le faire aujourd'hui ne m&#233;ritent pas notre confiance. Fondamentalement, combattre le bureaucratisme, c'est toujours porter au maximum les capacit&#233;s autonomes des travailleurs, toujours prendre les d&#233;cisions collectivement, toujours doter la classe exploit&#233;e d'organismes fond&#233;s directement par elle pour prendre les d&#233;cisions. Et la doter &#233;galement des moyens de d&#233;mettre ces organismes, si cela est n&#233;cessaire. L&#224; encore, il ne faut pas dire qu'on le fera demain si on ne le fait pas aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la r&#233;volution ne peut pas toujours aller de l'avant, parfois il faut m&#234;me reculer momentan&#233;ment. Nous nous engageons &#224; dire &#224; chaque &#233;tape la v&#233;rit&#233; aux travailleurs, &#224; ne pas camoufler des reculs, &#224; ne pas les pr&#233;senter comme des victoires, &#224; ne pas enlever aux travailleurs les moyens d'analyser les forces en pr&#233;sence, les strat&#233;gies, les tactiques n&#233;cessaires. En somme, nous nous engageons &#224; ne jamais traiter le prol&#233;tariat comme des moutons devant suivre des bergers (m&#234;me si ceux-ci se disent r&#233;volutionnaires) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; construire un Etat des soviets qui ne remplace pas les soviets, qui ne supprime pas l'auto-organisation des travailleurs et qui soit un Etat visant &#224;&#8230; sa propre suppression. Car le but de la r&#233;volution n'est pas la prise du pouvoir mais le socialisme et le communisme. Et d&#232;s lors, la r&#233;volution vise finalement &#224; la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme, la suppression des classes sociales et de l'Etat&#8230; Cela se voit d&#232;s aujourd'hui, dans le comportement des organisations politiques et syndicales, quand elles ne s'orientent pas du tout dans cette direction. Toute organisation pr&#234;te &#224; diriger une lutte par les appareils bureaucratiques et sans auto-organisation des travailleurs, n'est pas de notre c&#244;t&#233; et doit &#234;tre d&#233;nonc&#233;e publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les engagements d'un tel gouvernement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaires sont multiples et j'en cite en vrac quelques unes sous forme de ce qui sera inadmissible pour ce pouvoir : interdiction de remettre les enfants mineurs entre les mains des pr&#234;tres de toutes religions, interdiction de toutes les formes du patriarcat, interdiction de payer les dettes des capitalistes, interdiction de laisser des armes &#224; quiconque n'ob&#233;it pas au pouvoir des travailleurs, interdiction de diffuser le racisme, la x&#233;nophobie, le nationalisme, la division des &#234;tres humains sous toutes ses formes, interdiction de tout pouvoir d'anciens capitalistes, interdiction de licencier, d'expulser, d'emprisonner pour dettes personnelles, interdiction de soumettre de force des enfants, interdiction d'emprisonner des enfants, interdiction d'exploiter des enfants, interdiction de fanatiser des enfants, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nous engageons que toutes les richesses appartiennent au peuple travailleur !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout est &#224; nous ! Rien n'est &#224; eux ! Tout ce qu'ils ont, ils nous l'ont vol&#233; ! Capital, entreprises, biens, et m&#234;me leurs armes, m&#234;me leur pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui travaillent nous habiller doivent pouvoir s'habiller, ceux qui se chargent de nos enfants doivent avoir les moyens de se charger de leurs enfants, ceux qui produisent notre nourriture doivent pouvoir se nourrir, ceux qui nous transportent doivent avoir les moyens de se transporter, ceux qui nous soignent dans les h&#244;pitaux et les EPHAD doivent pouvoir prot&#233;ger leur sant&#233;, ceux qui s'occupent de nos enfants dans les cr&#232;ches, &#233;coles et chez les nounous doivent pouvoir s'occuper de leurs enfants, ceux qui fabriquent des automobiles doivent en voir une, ceux qui fabriquent des logements doivent en avoir un, ceux qui font des routes ne doivent pas &#234;tre &#224; la rue, ceux qui travaillent dans les banques doivent avoir des sous en banque, ceux qui travaillent doivent vivre de leur travail et pas seulement enrichir ceux qui ne travaillent pas&#8230; Ceux qui produisent toutes les richesses ne doivent pas &#234;tre les seuls &#224; ne pas en b&#233;n&#233;ficier. En fait, ceux qui produisent n'ont pas d'autre solution pour ne pas devenir des esclaves que de prendre collectivement la totalit&#233; du pouvoir et des richesses et de n'en avoir aucune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui produisent des biens doivent poss&#233;der collectivement ces richesses, ils doivent poss&#233;der collectivement le pouvoir, ils doivent s'organiser pour cela en classe dirigeante, ils doivent refuser tout pouvoir et toute mainmise sur les richesses aux exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les aides sociales, co&#251;tent un pognon de dingues &#187;, qu'il disent les gouvernants pourris !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous qui ne vivons que de notre travail, et de plus en plus durement, le grand capital nous co&#251;te un pognon de dingues !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est &#224; nous ! Tout ce qu'ils ont dans leurs coffre-forts, ils nous l'ont vol&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule mani&#232;re de combattre &#224; la fois l'effondrement de la confiance des prol&#233;taires en leur propre force li&#233;e &#224; la perte des emplois, la perte de boussole li&#233;e au d&#233;saveu de la d&#233;mocratie capitaliste et &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite et aux d&#233;vastations de la mis&#232;re, de la peur, de la guerre, de la haine qui montent dans le monde capitaliste est d'affirmer la perspective socialiste li&#233;e &#224; l'auto-organisation du peuple travailleur. La principale force du peuple travailleur, c'est d'&#234;tre la seule classe sociale porteuse d'une nouvelle soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de toutes les tares du syst&#232;me d'exploitation aujourd'hui historiquement d&#233;pass&#233; avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; renvers&#233; de mani&#232;re r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'orientation qui peut diriger demain un nouveau mouvement des gilets jaunes afin d'en finir avec l'Etat des milliardaires, la loi des milliardaires, la justice des milliardaires et l'&#233;conomie des milliardaires et instaurer l'ordre et la d&#233;mocratie de tous ceux qui ne vivent que de leur travail, tout un programme !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'humanit&#233; passe in&#233;luctablement par la mise en place mondiale de soviets de travailleurs et par leur prise de la totalit&#233; du pouvoir et des richesses...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TOUT EST A NOUS ! NOUS VOULONS TOUT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS NE LAISSERONS RIEN AUX MILLIARDAIRES ET A LEURS COPAINS DU POUVOIR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui disait d&#233;j&#224; : &#171; qui fait la soupe doit la manger &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4305&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4305&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx a dit la raison de la soumission des salari&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2G.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2G.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes rien, soyons tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5180&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5180&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien en effet dans ce syst&#232;me social parvenu &#224; une impasse historique, incapable de faire autre chose que d&#233;chirer le consensus social de la d&#233;mocratie bourgeoise, de faire reculer tous les acquis sociaux, d'abandonner tous les progr&#232;s du niveau de vie de la population, tous les droits sociaux et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien effectivement pour le prol&#233;tariat : rien comme part du profit, rien comme part de la propri&#233;t&#233; capitaliste, rien comme part du pouvoir dans l'entreprise et hors de l'entreprise, rien comme droit politique, rien comme droit d'expression, au travail comme hors du travail, aucune repr&#233;sentations parlementaire, gouvernementale, institutionnelle, administrative, dans les conseils d'administration, chez les boursicoteurs, chez les sp&#233;culateurs, chez les banquiers, dans les trusts. Dans tout ce qui compte en r&#232;gne capitaliste, le prol&#233;tariat ne repr&#233;sente rien qu'un poids lourd, une g&#234;ne, une menace, un co&#251;t, un risque social et politique. C'est parce que le prol&#233;tariat est redevenu &#171; une classe dangereuse &#187; &#224; leurs yeux qu'ils veulent la frapper, d&#233;montrer qu'ils sont capables de la battre, qu'ils veulent en d&#233;coudre, qu'ils provoquent, m&#232;nent des attaques multiples, lancent des d&#233;clarations accusatrices et mena&#231;antes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien non plus au sein de l'entreprise : pas le droit d'y prendre la parole, de s'y r&#233;unir, d'y r&#233;diger et distribuer des tracts, rien pour y &#233;lire des d&#233;l&#233;gu&#233;s, les r&#233;unir, les coordonner entre les secteurs et les entreprises (les appareils syndicaux reconnus par patronat et gouvernement en ont le monopole), rien pour discuter de leurs points de vue, pour &#233;changer des avis sur la situation et la mani&#232;re d'y faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires ne sont rien ! Rien dans le gouvernement, rien dans les trusts, rien dans les banques, rien dans la part de richesse, rien dans le capital, rien dans les d&#233;cisions, rien dans le pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les mouvements, la principale tromperie a toujours &#233;t&#233; de mise chez les pr&#233;tendus repr&#233;sentants politiques et syndicaux du peuple : cacher le vrai but des exploit&#233;s, des opprim&#233;s, de tous les pauvres. Et cet objectif, sans cesse occult&#233;, aujourd'hui comme hier est celui-ci : nous voulons gouverner par nous-m&#234;mes, g&#233;rer les biens que nous produisons par nous-m&#234;mes et ne laisser aucun pouvoir aux bandits qui nous dirigent et nous ont dirig&#233; ou encore qui pr&#233;tendent &#224; nous diriger &#224; l'avenir et qui ne veulent nullement renverser l'ancien syst&#232;me tout pourri et d&#233;cr&#233;pi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, ce sont des balivernes parce que, devant l'animal f&#233;roce, sauvage et affam&#233;, il ne sert &#224; rien de se mod&#233;rer : c'est ou lui ou nous. Le capitalisme parvenu &#224; son terme est pire qu'un animal sauvage. On ne le convaincra pas de renoncer &#224; sa proie, c'est ou lui ou nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, tous ces faux amis affirment que le peuple ne peut pas gouverner par lui-m&#234;me, d&#233;cider par lui-m&#234;me ni m&#234;me s'organiser par lui-m&#234;me pour mener &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233; o&#249; le peuple poss&#232;dera lui-m&#234;me toutes les richesses qu'il a produites ! Ces faux amis, qui ne se sont jamais soumis aux suffrages r&#233;els et directs du peuple travailleur, qui sont par contre soumis au pouvoir des milliardaires, m&#234;me s'ils le critiquent pour le r&#233;former pr&#233;tendent-ils, affirment que nous n'avons pas besoin d'assembl&#233;es souveraines, pas besoin de comit&#233;s, de conseils, d'&#233;lus directs du peuple travailleur car leurs partis et syndicats seraient largement suffisants pour nous repr&#233;senter ! Tous disent que leurs programmes r&#233;pondent &#224; nos aspirations mais aucun n'introduit nos objectifs dans leurs programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4835&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4835&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, tout d'abord, nous devons avoir notre propre politique, notre propre gr&#232;ve, notre propre lutte sociale, organis&#233;e et dirig&#233;e par nous-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1034&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1034&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6105&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6105&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5192&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5192&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1733&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1733&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article413&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article413&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nos propres &#233;lus, nos propres d&#233;l&#233;gu&#233;s, pas ceux des &#233;lections bourgeoises et des appareils syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5827&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5827&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2210&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2210&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partager les richesses ? Avec les exploiteurs ? Tromperie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1390&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article137&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre revendication la plus modeste : nous voulons TOUT !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5222&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas seulement changer la r&#233;partition mais le mode de production&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi prendre la totalit&#233; du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se prot&#233;ger contre toutes les attaques politiques, sociales, fascistes et guerri&#232;res, le monde du travail doit gouverner lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;truire le pouvoir du capital ou d&#233;truire la classe ouvri&#232;re, il n'y a pas d'autre choix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayons pas peur de le dire : ce qu'il nous faut c'est la totalit&#233; du pouvoir : la direction de toute la soci&#233;t&#233; par les soviets et la dictature du prol&#233;tariat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TRAVAILLEURS ! C'EST A NOUS DE GOUVERNER MAINTENANT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;ponse &#224; la crise mondiale &#233;conomique, sociale, sanitaire, politique et militaire du syst&#232;me capitaliste est celle-ci : le gouvernement des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'effondrement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui frappe violemment toute la soci&#233;t&#233; dans tous les pays, dans tous les domaines, &#224; tous les niveaux, on nous bassine partout avec des r&#233;ponses sur ce que nous devrions souhaiter que fassent les gouvernants, que ce soient en termes &#233;conomiques ou sociaux ou en termes sanitaires. Chacun y va de ses propositions au pouvoir en place, c'est-&#224;-dire au r&#232;gne des capitalistes et de leurs servants politiciens. Nous avons d&#233;j&#224; de multiples r&#233;ponses &#224; l'&#339;uvre dans le monde puisque les gouvernants des diff&#233;rents pays se sont gard&#233;s de donner exactement les m&#234;mes r&#233;ponses, que ce soit face &#224; la pand&#233;mie ou face &#224; la chute &#233;conomique et sociale. Cependant, toutes ces r&#233;ponses restent dans le m&#234;me cadre : celui du maintien &#224; tout prix du syst&#232;me en place, du capitalisme et de ses cons&#233;quences qui aujourd'hui sont la chute inexorable du mode de production comme du mode de vie qui lui &#233;tait attach&#233;, la chute violente de la sant&#233; publique en faisant clairement partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des politiques des gouvernants, parmi les propositions qui leur sont faites, on peut citer celles des partis de gauche, des &#233;cologistes, des syndicalistes, des autres d&#233;mocrates, de nombreux associatifs, etc., en somme de tous les r&#233;formistes, qui divergent sur presque tout sauf sur le fait qu'il n'est nullement question actuellement de se d&#233;barrasser du vieux syst&#232;me d'exploitation et qu'il faut, au contraire, d&#233;fendre l'&#233;conomie, tout en pr&#233;tendant d&#233;fendre ainsi les int&#233;r&#234;ts de la population !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos mesures &#233;conomiques et sociales ont un sens tr&#232;s simple : fini l'int&#233;r&#234;t des seuls possesseurs de capitaux et vive la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du monde du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type de mesures qui en d&#233;coulent n'a rien de sorcier : interdit de licencier, interdit de jeter &#224; la rue, interdit de couper l'&#233;lectricit&#233;, le gaz, le t&#233;l&#233;phone, interdit de fermer le compte en banque, interdit de contraindre un petit ind&#233;pendant &#224; la faillite, interdit de saisir les biens des d&#233;munis, interdit de refuser la nourriture, la sant&#233;, l'&#233;ducation aux plus d&#233;munis, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous financerons de telles mesures ? Ce n'est pas un myst&#232;re ! Finis les cadeaux sur fonds publics aux capitalistes, aux financiers, aux banquiers, aux boursicoteurs, aux sp&#233;culateurs, aux assureurs, &#224; tous les possesseurs de capitaux, aux propri&#233;taires actuels des usines, des bureaux et des capitaux. L'argent de tous ces gens-l&#224; a &#233;t&#233; vol&#233; au peuple travailleur et retourne au peuple travailleur ! Voil&#224; de grands moyens pour des grandes mesures publiques comme la mise en place d'un vrai service public de sant&#233;, avec multiplication des moyens et d'abord des effectifs en personnels de sant&#233;. Voil&#224; les moyens financiers d'une lutte massive contre la pand&#233;mie ! Cela signifie des embauches massives pour des ouvertures massives de lits d'h&#244;pitaux et des augmentations cons&#233;quentes des salaires ! Assez par contre de l'argent de l'h&#244;pital public pour nourrir les trusts pharmaceutiques, de mati&#232;re m&#233;dical ou la sant&#233; priv&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux consignes de s&#233;curit&#233; au travail, elles doivent &#234;tre mises en place par des comit&#233;s de travailleurs et pas par des directions aux mains des capitalistes ! Et les mesures nationales elles-m&#234;mes doivent &#234;tre d&#233;cid&#233;es par des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus de ces comit&#233;s &#224; un &#233;chelon plus &#233;lev&#233; et les d&#233;cisions mises en &#339;uvre sous le contr&#244;le des comit&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non aux mesures antisociales et antid&#233;mocratiques sous pr&#233;texte de covid ! Les arm&#233;es permanentes et polices r&#233;pressives de la bourgeoisie sont dissoutes et font place au peuple en armes ! Non &#224; l'armement des militaires et paramilitaires, oui &#224; l'armement des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias aux mains des capitalistes, c'est fini : le peuple travailleur a toute libert&#233; d'expression !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui aux mesures de &#171; barri&#232;re sociale &#187; mais cette fois entre le Capital et le Travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non aux masques qui cachent la politique du capital derri&#232;re un soi-disant int&#233;r&#234;t national ! Oui aux masques qui prot&#232;gent du virus, et financ&#233;s sur fonds publics !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui au confinement de tous les profiteurs priv&#233;s dans une &#238;le d&#233;serte : ils sont nuisibles m&#234;me en quarantaine ! Pas de libert&#233; pour les ennemis de la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui &#224; l'action politique de ceux qui ne vivent que de leur travail ! Non &#224; la magouille d&#233;magogique des politiciens capitalistes, de gauche, de droite et d'extr&#234;me droite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non &#224; l'hypocrisie qui se cache derri&#232;re la pand&#233;mie pour imposer des mesures liberticides ! Oui &#224; la libert&#233; des exploit&#233;s et opprim&#233;s d&#233;fendue par eux-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui le veulent et le peuvent du point de vue de leur sant&#233; et de leurs charges familiales doivent trouver du travail ! Tous ceux qui travaillent doivent avoir les moyens corrects de vivre et faire vivre leur famille mais qui ne travaille pas n'a pas &#224; recevoir des revenus de son oisivet&#233; dor&#233;e de paresseux milliardaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non aux pr&#233;tendus sauveurs ! Travailleurs, sauvons nous nous-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui &#224; l'auto-organisation du monde du travail, seule habilit&#233;e &#224; d&#233;cider par elle-m&#234;me ce qui devra &#234;tre fait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas le pouvoir capitaliste mais vive le pouvoir aux travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233;, la s&#233;curit&#233;, le bien-&#234;tre, la paix, la vie de la population travailleuse ne sont plus du tout compatibles avec le capitalisme finissant et il faut donc en finir rapidement avec lui ! Vive le socialisme par le pouvoir aux travailleurs ! Vive le gouvernement du peuple travailleur par lui-m&#234;me &#224; l'&#233;chelle mondiale !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5314&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2962&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2962&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En avant vers le gouvernement ouvrier r&#233;volutionnaire !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et servons-nous de cette perspective pour d&#233;masquer d&#232;s &#224; pr&#233;sent tous nos faux amis !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chroniques de la lutte des classes au Tchad...</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8655</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8655</guid>
		<dc:date>2026-03-01T23:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar</dc:creator>


		<dc:subject>Tchad</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chroniques de la lutte des classes au Tchad &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais revient au Tchad ! &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/18/un-an-apres-avoir-ete-mise-dehors-la-france-revient-au-tchad_6667271_3212.html &lt;br class='autobr' /&gt;
https://information.tv5monde.com/afrique/video/decryptage-vers-un-retour-des-militaires-francais-au-tchad-2810431 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.france24.com/fr/afrique/20260131-france-tchad-r%C3%A9chauffement-li%C3%A9-position-r%C3%A9gionale-difficile-r%C3%A9gime-tchadien (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot219" rel="tag"&gt;Tchad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chroniques de la lutte des classes au Tchad&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais revient au Tchad !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/18/un-an-apres-avoir-ete-mise-dehors-la-france-revient-au-tchad_6667271_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/18/un-an-apres-avoir-ete-mise-dehors-la-france-revient-au-tchad_6667271_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://information.tv5monde.com/afrique/video/decryptage-vers-un-retour-des-militaires-francais-au-tchad-2810431&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://information.tv5monde.com/afrique/video/decryptage-vers-un-retour-des-militaires-francais-au-tchad-2810431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france24.com/fr/afrique/20260131-france-tchad-r%C3%A9chauffement-li%C3%A9-position-r%C3%A9gionale-difficile-r%C3%A9gime-tchadien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.france24.com/fr/afrique/20260131-france-tchad-r%C3%A9chauffement-li%C3%A9-position-r%C3%A9gionale-difficile-r%C3%A9gime-tchadien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-regard-d-ahmed-newton-barry/20260214-france-tchad-rupture-bruyante-r%C3%A9conciliation-subreptice&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-regard-d-ahmed-newton-barry/20260214-france-tchad-rupture-bruyante-r%C3%A9conciliation-subreptice&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre la dictature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Affrontements politiques &#224; N'Djamena &#8211; 28-29 f&#233;vrier 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2024/03/01/affrontements-politiques-a-ndjamena-28-29-fevrier-2024/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2024/03/01/affrontements-politiques-a-ndjamena-28-29-fevrier-2024/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte au Tchad en octobre 2022&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la junte : &#233;meute &#224; N'Djamena, Moundou et Koumra &#8211; 20 octobre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2022/10/21/contre-la-junte-emeute-a-ndjamena-moundou-et-koumra-20-octobre-2022/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2022/10/21/contre-la-junte-emeute-a-ndjamena-moundou-et-koumra-20-octobre-2022/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marche antigouvernementale : affrontements &#224; N'Djamena &#8211; 2 octobre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2021/10/03/marche-antigouvernementale-affrontements-a-ndjamena-2-octobre2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2021/10/03/marche-antigouvernementale-affrontements-a-ndjamena-2-octobre2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la Junte : affrontements &#224; N'Djamena, Demb&#233;, Moundou &#8211; 27 avril 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2021/04/28/contre-la-junte-affrontements-a-ndjamena-dembe-moundou-27-avril-2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2021/04/28/contre-la-junte-affrontements-a-ndjamena-dembe-moundou-27-avril-2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tchad. Les autorit&#233;s &#233;chouent &#224; r&#233;soudre les affrontements meurtriers entre &#233;leveurs et agriculteurs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/11/chad-clashes-herders-farmers/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/11/chad-clashes-herders-farmers/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les gr&#232;ves des enseignants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tchadinfos.com/2026/02/17/education-la-section-departementale-du-set-du-mayo-boneye-lance-une-greve-dune-semaine/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tchadinfos.com/2026/02/17/education-la-section-departementale-du-set-du-mayo-boneye-lance-une-greve-dune-semaine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tchadinfos.com/2026/02/19/chari-baguirmi-les-enseignants-entrent-en-greve-de-neuf-jours/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tchadinfos.com/2026/02/19/chari-baguirmi-les-enseignants-entrent-en-greve-de-neuf-jours/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-enseignants-observent-une-greve-dune-semaine/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-enseignants-observent-une-greve-dune-semaine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les gr&#232;ves des m&#233;decins&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tchadinfos.com/2026/01/14/sante-le-syndicat-des-medecins-du-tchad-suspend-sa-greve-pour-15-jours/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tchadinfos.com/2026/01/14/sante-le-syndicat-des-medecins-du-tchad-suspend-sa-greve-pour-15-jours/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-medecins-annoncent-un-preavis-de-greve-dune-semaine/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-medecins-annoncent-un-preavis-de-greve-dune-semaine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve des travailleurs de la sant&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ituc-africa.org/Les-travailleurs-de-la-sante-tchadiens-en-greve-pour-reclamer-le-paiement-des.html?lang=en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ituc-africa.org/Les-travailleurs-de-la-sante-tchadiens-en-greve-pour-reclamer-le-paiement-des.html?lang=en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://africa24tv.com/tchad-6-jours-de-greve-generale-pour-protester-contre-la-hausse-des-prix&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://africa24tv.com/tchad-6-jours-de-greve-generale-pour-protester-contre-la-hausse-des-prix&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.voaafrique.com/a/la-greve-generale-s-etend-au-secteur-prive/4239676.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.voaafrique.com/a/la-greve-generale-s-etend-au-secteur-prive/4239676.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.africanews.com/2018/01/30/tchad-grogne-sociale-et-greve-generale-contre-le-gouvernement/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.africanews.com/2018/01/30/tchad-grogne-sociale-et-greve-generale-contre-le-gouvernement/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;pression sanglante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.omct.org/fr/ressources/declarations/tchad-les-forces-de-lordre-tirent-sur-la-foule-et-tuent-au-moins-9-manifestants-pacifiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.omct.org/fr/ressources/declarations/tchad-les-forces-de-lordre-tirent-sur-la-foule-et-tuent-au-moins-9-manifestants-pacifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/02/24/au-tchad-le-bilan-des-violentes-manifestations-d-octobre-revu-a-128-morts_6163133_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/02/24/au-tchad-le-bilan-des-violentes-manifestations-d-octobre-revu-a-128-morts_6163133_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/afrique/articles/c254r4n79exo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/afrique/articles/c254r4n79exo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/24/au-tchad-amnistie-generale-pour-la-repression-sanglante-de-la-manifestation-en-2022_6202088_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/24/au-tchad-amnistie-generale-pour-la-repression-sanglante-de-la-manifestation-en-2022_6202088_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.omct.org/fr/ressources/rapports/tchad-un-rapport-d%C3%A9nonce-lex%C3%A9cution-la-disparition-et-la-torture-de-manifestants&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.omct.org/fr/ressources/rapports/tchad-un-rapport-d%C3%A9nonce-lex%C3%A9cution-la-disparition-et-la-torture-de-manifestants&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Tchad-le-regime-de-l-impunite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://afriquexxi.info/Au-Tchad-le-regime-de-l-impunite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/manifestations-repression-sanglante-au-tchad-une-journee-de-boue-de-sang-et-de-larmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/manifestations-repression-sanglante-au-tchad-une-journee-de-boue-de-sang-et-de-larmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/international/tchad-un-an-apres-la-repression-dans-le-sang-d-une-manifestation-l-amnistie-generale-accordee-20231123&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/international/tchad-un-an-apres-la-repression-dans-le-sang-d-une-manifestation-l-amnistie-generale-accordee-20231123&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La situation politique et sociale qui pr&#233;c&#233;dait au Tchad&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Idriss D&#233;by Itno est mort mais, la dictature lui survit et se renforce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule perspective qui en vaille la peine est celle d'une riposte collective des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la disparition d'Idriss D&#233;by Itno, la dictature du Mouvement patriotique du salut (Mps) continue sous de nouvelles formes : son fils a pris sa place pour faire la m&#234;me politique en s'appuyant notamment sur la m&#234;me arm&#233;e, qui a maintenu le pays sous sa f&#233;rule trente ans durant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui s'est abattue tout derni&#232;rement sur des manifestants, faisant plus d'une dizaine de morts, en donne une hideuse et r&#233;voltante illustration. Il en est de m&#234;me de la volont&#233; du Conseil militaire de transition (Cmt) d'en finir avec le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact), qui, pourtant, ne demande rien d'autre que de n&#233;gocier en vue d'une solution pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me si la mort d'Idriss D&#233;by Itno ne r&#232;gle aucun des probl&#232;mes majeurs auxquels les masses populaires sont confront&#233;es, la situation actuelle n'en ouvre pas moins une nouvelle page de l'histoire du pays. On le voit notamment dans la pl&#233;thore de solutions qu'offrent les diff&#233;rents acteurs de la classe politique et de la soci&#233;t&#233; civile, en guise de perspectives pour sortir de l'impasse actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quand on observe l'&#233;chiquier politique, ce qui saute aux yeux, c'est que, pour les dirigeants du Mps, les choses ont au moins le m&#233;rite d'&#234;tre claires : soutenu par les responsables du parti de son p&#232;re et de sa mouvance, Mahamat Idriss D&#233;by, le chef de la junte, qui avait pris le pouvoir par un coup d'Etat, &#224; la suite de la mort de son g&#233;niteur, s'est impos&#233; &#224; la t&#234;te d'un Cmt. Ensuite, il a pondu une charte devant r&#233;gir la p&#233;riode de transition et nomm&#233; un Premier ministre en la personne d'un ancien sous-fifre d'Idriss D&#233;by Itno, Pahimi Padaket Albert. Celui-ci, &#224; son tour, a form&#233; un gouvernement domin&#233;, pour l'essentiel, par des responsables du Mps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces d&#233;cisions, prises unilat&#233;ralement, sans aucune concertation, montrent clairement l'intention du camp de la dictature de peser sur les &#233;v&#233;nements afin de garder le pouvoir, tant pendant la p&#233;riode de transition qu'apr&#232;s, quels que soient, par ailleurs, les conditions et le d&#233;roulement des futures &#233;lections !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une opposition divis&#233;e &#8230; loin des enjeux de l'heure &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la volont&#233; du camp de la dictature de conserver le pouvoir par tous les moyens, les partis de l'opposition, les groupes arm&#233;s, comme le Fact, et les diverses organisations de la soci&#233;t&#233; civile n'affichent pas une m&#234;me vision des choses. Beaucoup ayant leurs propres agendas, des contradictions majeures existent entre eux, notamment au niveau de leur appr&#233;ciation du pouvoir n&#233; du dernier coup d'Etat. Deux des grosses pointures de l'opposition parlementaire, l'Union nationale pour le d&#233;veloppement et le renouveau (Undr) de Saleh Kebzabo, le Parti pour les libert&#233;s et le d&#233;veloppement (Pld) de Mahamat Ahmat Alhabo, en l'occurrence, ont reconnu ce dernier et sont all&#233;s &#224; la soupe en entrant dans le dernier gouvernement. Un autre groupuscule politique, celui de Mahamat Lazina, a fait de m&#234;me. Par contre, d'autres ont d&#233;clin&#233; l'offre &#224; eux faite dans ce sens. C'est le cas des Transformateurs notamment et d'autres organisations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tous les partis politiques de l'opposition, &#8211; y compris ceux qui ont rejoint le camp de dictature -, comme les groupes arm&#233;s ou les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, qui le contestent, partagent, au moins, deux points. En effet, d'une part, ils r&#233;clament le respect de la constitution &#8211; dont s'&#233;tait servi Idriss D&#233;by Itno pour imposer sa dictature pendant trente ans -, qui stipule que, en cas de vacance de pouvoir, c'est le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale qui dirige la p&#233;riode de transition afin de pr&#233;parer de futures &#233;lections dans un d&#233;lai de trois mois. Aussi demandent-ils que la transition soit dirig&#233;e par un civil. Que celui-ci soit un autre larbin du dictateur D&#233;by disparu semble ne pas les d&#233;ranger outre mesure ! D'autre part, ils revendiquent &#233;galement la tenue d'un dialogue inclusif, r&#233;unissant tout le monde, aussi bien le camp de la dictature, les partis politiques, les groupes arm&#233;s que les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, afin de d&#233;cider ensemble de la marche des &#233;v&#233;nements tout au long de la p&#233;riode de transition jusqu'aux futures &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si les intentions de Mahamat Idriss D&#233;by Itno et des responsables du Mps ne souffrent d'aucune ambigu&#239;t&#233;, il n'en est pas de m&#234;me pour celles des diff&#233;rentes composantes de l'opposition, qui pr&#233;tendent rejeter leur politique au nom des aspirations populaires aux libert&#233;s fondamentales et &#224; une vie digne de notre &#233;poque. En effet, est-il vrai, comme elles le disent, qu'il est pr&#233;f&#233;rable que la transition soit dirig&#233;e par un civil, ancien sous-fifre d'Idriss D&#233;by Itno, plut&#244;t que par un autre larbin galonn&#233; de celui-ci ? Est-il vrai, comme elles le proclament, qu'un dialogue inclusif permettrait au pays de s'engager dans la voie royale d'un changement prenant en compte les aspirations &#224; un monde meilleur des masses opprim&#233;es ? Est-il vrai, comme elles le font croire, qu'un simple changement des hommes &#224; la t&#234;te de l'Etat, une alternance donc, am&#233;liorerait de fa&#231;on notable les conditions de vie des couches populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art de vouloir faire du neuf avec du vieux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire politique singuli&#232;re du Tchad et celle, g&#233;n&#233;rale, de l'Afrique ont d&#233;j&#224; r&#233;pondu n&#233;gativement &#224; ces questions. En effet, depuis les ann&#233;es 90, marqu&#233;es par l'av&#232;nement du multipartisme en Afrique, la plupart des crises politiques, dont de v&#233;ritables r&#233;voltes populaires, ont, certes, donn&#233; naissance &#224; des p&#233;riodes de transition conduites souvent par des civils, parfois, des militaires ou m&#234;me des religieux. Mais, toutes ces exp&#233;riences politiques n'ont abouti qu'&#224; de simples recompositions du paysage politique des diff&#233;rents pays au profit de nouvelles dictatures. Elles n'ont r&#233;gl&#233; aucun des probl&#232;mes majeurs des masses populaires, comme au Burkina Faso, au Mali, par exemple, deux pays ayant connu des transitions dirig&#233;es par des civils, &#8211; Michel Kafando, pour le premier, et Bah N'Daw, pour le second -, mais, qui se d&#233;composent sous nos yeux, sous les coups de boutoir des bandes arm&#233;es terroristes et ethniques, n&#233;es de la mis&#232;re g&#233;n&#233;rale dans laquelle ils sombrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#8216;il en est ainsi, c'est parce que, nulle part au monde, il n'existe d'Etat, avec un domaine purement politique et un autre, essentiellement militaire, les deux s&#233;par&#233;s par une cloison &#233;tanche ! Bien au contraire ! Partout, les deux &#233;l&#233;ments, le politique et le militaire, sont intimement li&#233;s et mis au service de la politique du pouvoir en vigueur. Dans ces conditions, si on veut que le choses changent r&#233;ellement, r&#233;clamer le respect de la constitution, comme exiger qu'un des larbins civils du dictateur disparu dirige la transition, &#224; la place d'un de ses sous-fifres militaires, n'a pas de sens : ces derniers sont l'un comme l'autre des fid&#232;les serviteurs de la dictature depuis des d&#233;cennies ! Oui, aussi civils qu'ils soient, que pourrait-on attendre, par exemple, d'un Haroun Kabadi, le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e d'Idriss D&#233;by Itno, ou d'un Moussa Kadam, son vice-pr&#233;sident ? Quoi d'autre pourraient faire ces serviteurs z&#233;l&#233;s du dictateur disparu, &#224; part le fait de chercher &#224; renforcer le pouvoir actuel, d'&#234;tre aux ordres de Mahamat Idriss D&#233;by et de l'arm&#233;e, sur laquelle ce dernier s'appuie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dialogue inclusif que l'opposition, toutes tendances confondues, appelle de tous ses v&#339;ux et pr&#233;sente comme une potion magique susceptible de gu&#233;rir le pays de tous ses maux est aussi, en r&#233;alit&#233;, un pi&#232;ge pour les masses opprim&#233;es ! En effet, si cette perspective se r&#233;alise, comme la conf&#233;rence dite nationale de 1993, elle n'&#233;chappera pas au sort d'&#234;tre un simple rendez-vous au sommet de la classe dirigeante actuelle : le camp de la dictature, bien s&#251;r, les partis politiques de l'opposition, les groupes arm&#233;s et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile. Mais, la majorit&#233; des participants sera constitu&#233;e par les m&#234;mes politiciens et autres chefs de guerre qui, comme larbins d'Hiss&#232;ne Habr&#233; ou d'Idriss D&#233;by Itno ou m&#234;me des deux, ont tous, depuis des ann&#233;es, particip&#233;, &#224; la t&#234;te de l'Etat, au processus politique qui a conduit &#224; l'impasse actuelle. Alors, que pourra-t-on en esp&#233;rer d'autre qui ne soit d&#233;j&#224; connu ? Malgr&#233; la pr&#233;sence de quelques &#226;mes g&#233;n&#233;reuses, qui parleront de libert&#233;, de d&#233;mocratie, de justice, etc., ce seront le camp de la dictature et celui de son opposition politique classique, qui, s'appuyant sur le rapport des forces en leur faveur, d&#233;cideront des r&#233;solutions finales dudit dialogue. Gens d'un m&#234;me monde, d&#233;fendant rigoureusement les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses diff&#233;rents valets locaux, ils pourront ainsi s'entendre autour d'un simple toilettage du r&#233;gime actuel, par le biais de quelques mesures satisfaisant les int&#233;r&#234;ts des uns et des autres, mais &#224; mille lieues des pr&#233;occupations, tant politiques que sociales, des couches populaires : celles-ci continueront &#224; &#234;tre &#233;cras&#233;es sous la f&#233;rule de la dictature et &#233;trangl&#233;es par la mis&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses opprim&#233;es ne peuvent compter que sur elles-m&#234;mes et sur leurs propres luttes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus une alternance quelconque, ch&#232;re &#224; certains de nos politiciens, qui permettra de r&#233;soudre les probl&#232;mes des couches populaires : le sort de ces derni&#232;res ne se r&#233;sout pas dans les urnes ! Toutes les exp&#233;riences d'&#233;lections qui ont eu lieu dans le pays, sous le parapluie de l'arm&#233;e actuelle, le prouvent amplement. Elles n'ont r&#233;gl&#233; aucun des probl&#232;mes majeurs des masses populaires. Elles ont plut&#244;t servi d'alibi pour renforcer la dictature et faire sombrer la soci&#233;t&#233; dans la mis&#232;re. Par cons&#233;quent, dans les conditions politiques actuelles, avec le m&#234;me Etat, la m&#234;me arm&#233;e, la m&#234;me administration, m&#234;me si de nouvelles &#233;lections ont lieu apr&#232;s la p&#233;riode de transition, pour les masses populaires, sans aucun doute, rien ne changera : quels qu'en soient les r&#233;sultats, ce sera toujours la mis&#232;re, les maladies, les privations de toutes sortes et la chape de plomb de la dictature &#233;touffant jusqu'aux libert&#233;s les plus &#233;l&#233;mentaires, comme le fait exactement Mahamat Idriss D&#233;by Itno, en r&#233;primant lourdement les manifestations, suivant ainsi fid&#232;lement les traces de son p&#232;re. Par ailleurs, m&#234;me si, par miracle, un autre politicien de l'opposition, Succ&#232;s Masra, par exemple, remporte les futures &#233;lections, cela ne changera rien dans les conditions de vie des masses populaires : nulle part dans le monde, un simple changement des politiciens au pouvoir par d'autres ne r&#232;gle le sort des couches populaires. Il suffit de voir ce qui &#8230; se passe dans certains pays africains, tels que le B&#233;nin, le S&#233;n&#233;gal, le Mali, le Burkina Faso, qui ont connu des alternances, pour s'en convaincre : les riches y deviennent de plus en plus riches alors que les pauvres s'enfoncent de plus en plus dans la mis&#232;re et la dictature. Il en est de m&#234;me pour les pays d&#233;velopp&#233;s, comme la France, o&#249; le ph&#233;nom&#232;ne des Gilets jaunes symbolise &#224; la fois une profonde d&#233;gradation des conditions de vie des couches populaires, mais aussi, le fait que la d&#233;mocratie des riches est une dictature pour les pauvres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, pour sortir de la situation actuelle, la solution n'est dans aucune des diff&#233;rentes choses qu'agite et propose la classe politique &#8211; un civil &#224; la t&#234;te d'une transition sous le contr&#244;le de l'arm&#233;e au pouvoir, un dialogue avec la dictature, des &#233;lections -, car, pour les couches populaires, toutes ces perspectives ne conduiront qu'&#224; une nouvelle impasse ! Aussi, pour leur &#233;mancipation du joug de la dictature et de la mis&#232;re, celles-ci ne peuvent-elles compter que sur elles-m&#234;mes, sur leurs propres luttes, avec leurs propres armes : la mobilisation, la gr&#232;ve, les manifestations, la rue ! Seule donc une riposte collective des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s en vue d'imposer eux-m&#234;mes les changements n&#233;cessaires, conformes &#224; leurs aspirations, tant sociales que politiques, pourrait permettre de faire plier la dictature. Mais rien n'est automatique ! Pour cela, il faudrait une politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wakit tama ! L'heure a sonn&#233;, en effet, mais pour une mobilisation g&#233;n&#233;rale, populaire, contre la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme son p&#232;re et ses partisans, Mahamat Idriss D&#233;by et son gouvernement ne changeront de politique et ne tiendront compte des revendications populaires que forc&#233;s et contraints. On l'a vu tout derni&#232;rement dans la r&#233;pression sauvage de la manifestation du 8 mai, alors que celle-ci avait &#233;t&#233; initialement autoris&#233;e. Par cons&#233;quent, la seule perspective, capable de faire plier la dictature et l'amener &#224; satisfaire les revendications populaires, &#224; respecter le droit &#224; la vie des masses opprim&#233;es, est celle d'un mouvement d'ensemble, d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les travailleurs du pays, du public et du priv&#233;, qui unifierait les salari&#233;s de l'Education nationale &#224; ceux de la Compagnie sucri&#232;re du Tchad (Cst), ceux de la Sant&#233; &#224; ceux de la Coton Tchad, ceux de l'Energie &#224; ceux du Transport, ceux des Banques &#224; ceux du B&#226;timent, ceux de la Poste et T&#233;l&#233;communication &#224; ceux du Commerce, ceux du P&#233;trole et des Mines &#224; ceux de l'Information et de l'Audiovisuel, ceux des Assurances &#224; ceux de la Culture, mais aussi les actifs et les ch&#244;meurs, les pr&#233;caires et les retrait&#233;s, les licenci&#233;s, etc., dans une riposte collective contre la politique du pouvoir, car, quels que soient les secteurs d'activit&#233;, la cat&#233;gorie et le statut des uns des autres, tous les travailleurs ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les m&#234;mes ennemis, en l'occurrence, l'Etat, au-dessus duquel tr&#244;ne Mahamat Idriss D&#233;by, et le patronat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation g&#233;n&#233;rale des travailleurs aurait int&#233;r&#234;t &#224; se transformer en un vaste et profond &#8220;tous ensemble&#8221; en s'ouvrant &#224; d'autres cat&#233;gories de la population qui, &#224; un niveau ou &#224; un autre, souffrent de la mis&#232;re et de la dictature, comme eux : aux associations des droits de l'homme, des journalistes, des femmes, des jeunes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des consommateurs, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres et d'autres. A part le Mps et ses alli&#233;s, bien s&#251;r, les organisations ou les militants politiques qui le d&#233;sireraient pourraient aussi participer &#224; cette mobilisation, &#224; condition, toutefois, qu'ils se mettent au service des luttes et des revendications des masses laborieuses et non qu'ils en prennent la t&#234;te : c'est aux travailleurs et les autres couches opprim&#233;es de diriger eux-m&#234;mes leurs combats en choisissant et contr&#244;lant leurs propres repr&#233;sentants. Ils ne doivent se mettre &#224; la remorque de personne, en tout cas, pas derri&#232;re des politiciens opportunistes qui, &#224; la moindre occasion, les trahiront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette mobilisation devrait s'organiser autour d'une plateforme revendicative, une sorte de plan d'urgence, d'int&#233;r&#234;t public. Chaque syndicat, association, organisation participant &#224; la riposte collective proposerait ses propres revendications. Celles-ci devraient &#234;tre regroup&#233;es et discut&#233;es par l'ensemble des parties prenantes dans le but de dresser une plateforme de revendications, qui comprendraient les exigences essentielles des masses laborieuses face &#224; la chert&#233; de la vie, dont les plus importantes, pouvant f&#233;d&#233;rer tout le monde, seraient, par exemple : une augmentation cons&#233;quente des salaires, tant du public que du priv&#233;, du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), des allocations de ch&#244;mage, des pensions de retraite, des bourses, institu&#233;es comme un droit pour tout &#233;tudiant, l'embauche de tous les contractuels, des pr&#233;caires et des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs, dans le public comme dans le priv&#233;, notamment dans les secteurs essentiels, l'Education, la Sant&#233;, mais aussi, une baisse importante des prix des produits et des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, du p&#233;trole, de l'essence, du gaz, des prix du transport, des imp&#244;ts, des loyers, la gratuit&#233; effective de l'&#233;ducation et des soins dans le public, la construction de logements sociaux, la d&#233;fense et la jouissance des droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires, de r&#233;union, d'expression, d'organisation, de manifestation, sans aucune menace ou entrave de la part du pouvoir, la rupture du cordon ombilical qui lie les m&#233;dias publics, la radio et la t&#233;l&#233;vision notamment, au pouvoir du Mps, afin que celles-ci s'&#233;mancipent du joug de ce dernier et favorisent l'expression libre de toutes les sensibilit&#233;s politiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des revendications qu'on pourrait consid&#233;rer comme prioritaires ne saurait, &#233;videmment, &#234;tre exhaustive. Elle devrait aussi prendre en consid&#233;ration d'autres probl&#232;mes sp&#233;cifiques que rencontre telle ou telle cat&#233;gorie sociale ou profession. Afin qu'il soit le socle solide de la mobilisation g&#233;n&#233;rale des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s qui souffrent de la politique du pouvoir, le plan d'urgence d'int&#233;r&#234;t public devrait &#234;tre l'expression des attentes communes et essentielles de ces derniers, mais aussi, celle des aspirations r&#233;elles et particuli&#232;res de certains d'entre eux. Il devrait en somme &#234;tre le reflet de toutes les revendications vitales des masses opprim&#233;es, en passant en revue tous les probl&#232;mes fondamentaux que ces derni&#232;res rencontrent, sans oublier les autres aspects de la vie sociale et &#233;conomique marqu&#233;e par des injustices, des abus, des arrestations arbitraires, des assassinats, le pillage des fonds publics, la corruption, les humiliations de toutes sortes, les brutalit&#233;s polici&#232;res, qui sont devenus des m&#339;urs courantes depuis bient&#244;t trente ans que le pays se trouve plac&#233; sous la f&#233;rule de la dictature du Mps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni la peste des uns, ni le chol&#233;ra des autres, mais, l'amplification des gr&#232;ves, des manifestations, des luttes multiformes ! &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est de cette perspective-l&#224; que les responsables de Wakit tama, qui organisent les gr&#232;ves et les manifestations contre le pouvoir, devraient s'emparer et discuter, d&#232;s maintenant, dans les entreprises, mais aussi, dans les bureaux, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les universit&#233;s, les chantiers, les ateliers, les gares, les march&#233;s, les quartiers, les villages, etc., dans le but clairement affich&#233; de pr&#233;parer, dans les jours et les mois &#224; venir, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et des manifestations monstres en vue de paralyser le pays au nom du droit &#224; la vie des populations pauvres &#233;trangl&#233;es par la mis&#232;re et &#233;cras&#233;es sous la f&#233;rule de la dictature. Les discussions devraient s'accompagner de la tenue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cidant des revendications des uns et des autres, mais aussi, de la cr&#233;ation de comit&#233;s de coordination des luttes et de liaisons entre travailleurs du public et du priv&#233;, entre une entreprise d'un secteur donn&#233; et une autre sp&#233;cialis&#233;e dans une activit&#233; diff&#233;rente, entre organisations syndicales et celles des femmes, des jeunes, des ch&#244;meurs ou de d&#233;fense des droits de l'homme, afin d'aboutir &#224; des coordinations dans chaque quartier, chaque ville, qu'il faudrait f&#233;d&#233;rer &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'enjeu ! Il est de taille, certes, mais c'est le seul qui en vaille la peine pour emp&#234;cher que la soci&#233;t&#233; continue &#224; sombrer dans la mis&#232;re et la dictature ! Mais, vu la profonde col&#232;re qui gronde dans le pays, il est aussi &#224; port&#233;e de main ! Car, dans le bras de fer actuel entre Wakit tama et la dictature du Mps, rien n'est jou&#233; d'avance. La page de l'histoire qui vient de s'ouvrir reste vierge pour tout le monde. Par cons&#233;quent, si les travailleurs et les masses opprim&#233;es en lutte sont conscients de la force qu'ils constituent, s'ils ont l'ambition d'aller jusqu'au bout, ils ont largement les moyens de la remplir &#224; leur mani&#232;re ! Oui, si les responsables de Wakit tama opposent &#224; la politique du pouvoir, de fa&#231;on m&#233;thodique et organis&#233;e, une politique qui mette en avant des objectifs sur lesquels les masses opprim&#233;es pourraient &#234;tre d'accord parce que refl&#233;tant les int&#233;r&#234;ts communs de tous, comme le droit au travail pour tous, le droit de s'alimenter, de se soigner, de s'instruire, d'acc&#233;der &#224; une culture moderne, le droit aux libert&#233;s fondamentales, bref, le droit &#224; la vie tout simplement, en vue de construire une riposte collective pour faire plier le pouvoir, cette t&#226;che n'est pas impossible du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rons alors que dans la situation actuelle o&#249; l'on voit s'instaurer un climat de politisation, marqu&#233; par un rejet de plus en plus fort de la dictature, il y aura des femmes et des hommes qui &#233;mergeront pour aider les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s &#224; organiser m&#233;thodiquement cette riposte collective, seul moyen qui puisse leur permettre d'inverser le rapport des forces et d'imposer les changements n&#233;cessaires conformes &#224; leurs aspirations, tant sociales que politiques. Par cons&#233;quent, pour ceux qui ne veulent pas se contenter d'un simple ravalement de fa&#231;ade de la dictature, sous la forme d'un remplacement d'Idriss D&#233;by Itno par l'un de ses fils ou d'une n&#233;gociation entre celui-l&#224; et ses opposants, mais, qui veulent que les choses changent r&#233;ellement, que les conditions de vie des masses populaires changent et que celles-ci acc&#232;dent aux libert&#233;s essentielles, pour les intellectuels, les &#233;tudiants, les &#233;l&#232;ves, r&#233;volt&#233;s, qui ne craignent pas la volont&#233; populaire, dont l'ambition n'est pas d'&#234;tre de futurs notables ou larbins au service d'un potentat, militaire ou civil, eh bien, la t&#226;che, c'est d'aider &#224; la construction de cette riposte collective des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s, seul moyen pour faire reculer la dictature et tracer le chemin vers un avenir meilleur et des possibilit&#233;s sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les masses opprim&#233;es, l'ennemi est &#224; l'int&#233;rieur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, principale ossature des dictatures qui se sont succ&#233;d&#233; au Tchad, m&#233;rite-t-elle autant d'&#233;loges qu'on lui a faits &#224; l'issue des derniers &#233;v&#233;nements du Lac ? Ali Mohamed Abali Marangabi analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements militaires qui se sont pass&#233;s, le 23 mars dernier, au Lac, qui font aujourd'hui l'objet de controverses, ont soulev&#233; un vent puant de nationalisme &#233;triqu&#233;, teint&#233; de tribalisme, dont les effluves naus&#233;abonds continuent encore &#224; embaumer l'atmosph&#232;re politique du pays. En effet, apr&#232;s l'annonce de la mort de plusieurs soldats tchadiens, nombreux sont les voix qui se sont &#233;lev&#233;es pour exprimer leur solidarit&#233; aux troupes de D&#233;by, brocard&#233;es, pour la circonstance, de &#8220;vaillantes forces nationales&#8221; et d'autres p&#233;riphrases du m&#234;me go&#251;t, leur conf&#233;rant la mission de prot&#233;ger les populations. On en a m&#234;me entendu traiter de &#8220;fr&#232;res&#8221;, de &#8220;dignes fils du Tchad&#8221;, les g&#233;n&#233;raux et les officiers de l'arm&#233;e, principale ossature de la dictature actuelle qui tient le pays sous son talon de fer depuis trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, bras protecteur de la dictature sous Tombalbaye &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quand, l'ind&#233;pendance &#224; peine proclam&#233;e, Tombalbaye a d&#233;cid&#233; d'imposer le parti unique afin d'&#233;touffer la col&#232;re populaire, n&#233;e du fait que la souverainet&#233; formelle n'avait pas fondamentalement chang&#233; la vie des masses opprim&#233;es, qui en attendaient de meilleures conditions de vie, c'est sur cette arm&#233;e qu'il s'est appuy&#233; pour mettre fin aux libert&#233;s d&#233;mocratiques, acquis des luttes anticolonialistes men&#233;es tout au long des ann&#233;es 47-50. On l'a vu notamment lors des &#233;v&#233;nements du 16 septembre 1963 &#224; Fort-Lamy, lorsque les responsables politiques de l'opposition et leurs partisans sont descendus massivement dans la rue pour d&#233;fendre les libert&#233;s essentielles, c'est cette nouvelle arm&#233;e dite nationale qui a organis&#233; la r&#233;pression contre ceux qui protestaient contre la perspective du parti unique soutenu par les troupes fran&#231;aises stationn&#233;es au camp Koufra. Cette intervention de l'arm&#233;e dans l'ar&#232;ne politique pour imposer la dictature du parti unique, avec la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, a ainsi ouvert une nouvelle page de sa pr&#233;sence, de fa&#231;on constante, dans l'histoire politique du pays, comme la principale ossature de toutes les dictatures qui s'y sont succ&#233;d&#233; jusqu'&#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la dictature d'Hiss&#232;ne Habr&#233;, la m&#234;me arm&#233;e recompos&#233;e, en plus de la DDS&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des ann&#233;es 78-82, marqu&#233;es notamment par la loi des bandes arm&#233;es, mais aussi l'&#233;chec des accords de Khartoum, symbolis&#233; par la guerre civile de N'Djam&#233;na, en f&#233;vrier 1979, entre les partisans du CSM et ceux du CCFAN, on a assist&#233; une d&#233;composition de l'Etat, qui a entra&#238;n&#233; celle de l'arm&#233;e. Celle-ci s'est trouv&#233;e divis&#233;e &#224; cause de ses responsables, comme de ses troupes, qui s'alignaient sur les bandes arm&#233;es se r&#233;clamant de leurs ethnies ou de leurs r&#233;gions. L'entente superficielle entre les diff&#233;rents chefs de guerre, suite aux nombreuses r&#233;unions qui avaient donn&#233; naissance au GUNT (Gouvernement d'Union Nationale du Tchad), n'a pas fait long feu non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TCHAD : L'AVENIR EST ENTRE LES MAINS DES TRAVAILLEURS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comme il fallait s'y attendre, s'appuyant sur les structures con&#231;ues &#224; cette effet, en l'occurrence la CENI et le Conseil Constitutionnel, qui lui sont inf&#233;od&#233;es, Idriss D&#233;by Itno, sans le moindre scrupule, toute honte bue, n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; se faire proclamer vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ! Au premier tour, et avec la mani&#232;re, s'il vous pla&#238;t : nuitamment, tard le soir, presqu'en catimini, sous un quadrillage militaire hideux des principaux centres urbains du pays, N'Djam&#233;na et Moundou, notamment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle s'&#233;tait d&#233;roul&#233;e sous le signe d'un engouement populaire sans pr&#233;c&#233;dent, marqu&#233; par un profond d&#233;sir de changement, expression d'un rejet massif de la politique des dirigeants du MPS au pouvoir depuis bient&#244;t vingt-six ans, cette forfaiture, s'il en est encore besoin, d&#233;montre, certes, de fa&#231;on &#233;clatante, le caract&#232;re combien dictatorial de l'ordre actuel en vigueur. Mais, elle va m&#234;me plus loin, au-del&#224; des p&#233;rip&#233;ties circonstancielles d'une &#233;lection : elle illustre surtout le fait que, entre le r&#233;gime d&#233;chu d'Hissein Habr&#233;, - ce dictateur, ancien mentor d'Idriss D&#233;by Itno et consorts, qui vient d'&#234;tre condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233;, &#224; juste raison, &#224; cause des multiples crimes commis, des ann&#233;es durant, sous son r&#232;gne &#8211; et le pouvoir actuel, il n'y a, en r&#233;alit&#233;, aucune diff&#233;rence de fond. C'est, essentiellement, le m&#234;me Etat, avec pratiquement les m&#234;mes hommes, surtout au niveau des principaux leviers de commandement, et, par cons&#233;quent, les m&#234;mes m&#339;urs, les m&#234;mes pratiques : culte naus&#233;abond de personnalit&#233;, qui voudrait faire d'Idriss D&#233;by Itno le centre incontournable de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle du pays, ethnisme, tribalise, r&#233;gionalise, client&#233;lisme, &#233;rig&#233;s en m&#233;thode de gouvernement et pouss&#233;s &#224; des extr&#234;mes jamais atteints auparavant, exploitation des ressources humaines et naturelles au profit d'une minorit&#233; de parasites, dilapidation, pillage des deniers publics, arrestations arbitraires, libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires &#233;touff&#233;es, musel&#233;es, broy&#233;es, sous un chape dictatoriale, tous, des faits nus et t&#234;tus, qui &#233;voquent les heures sombres de la p&#233;riode du parti unique sous Hissein Habr&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protestant contre les all&#233;gations des dirigeants du MPS selon lesquelles ils auraient apport&#233; la libert&#233; et la d&#233;mocratie dans le pays, cette forfaiture prouve plut&#244;t, de fa&#231;on &#233;clatante, que, le 1er d&#233;cembre 1990, les anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233;, qui ont pris le pouvoir, se sont juste content&#233;s de l'en chasser pour continuer &#224; faire la m&#234;me politique que lui, avec le soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, bien s&#251;r, mais aussi celui de la classe dirigeante d'alors, c'est-&#224;-dire des dignitaires, des notables et autres caciques du r&#233;gime d&#233;chu. Le multipartisme, la cr&#233;ation des partis, des syndicats, d'associations, l'&#233;closion d'une presse ind&#233;pendante, les &#233;lections, les structures &#233;tatiques, comme la CENI ou le Conseil Constitutionnel, qui viennent de faire &#233;talage de leurs limites, toutes ces choses qu'Idriss D&#233;by Itno a consenti &#224; r&#233;aliser sous la pression de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais notamment, pour se sacrifier &#224; l'air du temps, ne sont, somme toute, qu'un simple trompe-l'&#339;il : derri&#232;re ces parures pseudo d&#233;mocratiques, en r&#233;alit&#233;, se cache le m&#234;me pouvoir d'antan, le m&#234;me Etat, sous un nouvel habillage, certes, mais sans que, au fil du temps, ses m&#233;tamorphoses, ses mutations, comme le renouvellement permanent de son personnel politique n'aient ni chang&#233; ni alt&#233;r&#233; sa nature profond&#233;ment dictatoriale, tel que vient de le montrer le hold-up &#233;lectoral r&#233;alis&#233; par Idriss D&#233;by Itno, en s'appuyant essentiellement sur l'arm&#233;e, - dont toute l'architecture, de la hi&#233;rarchie de commandement aux &#233;chelons inf&#233;rieurs en passant par les structures interm&#233;diaires, est con&#231;ue exclusivement pour la d&#233;fense de son pouvoir -, en plus du soutien ind&#233;fectible de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devrait-on attendre alors de cette &#233;ni&#232;me forfaiture, qui met &#224; nu la nature dictatoriale du pouvoir actuel ? Rien ! Absolument rien qui ne soit d&#233;j&#224; connu ! Les principaux b&#233;n&#233;ficiaires de ce hold-up &#233;lectoral sont et seront les m&#234;mes que ceux d'hier, qui, depuis des d&#233;cennies, s'empiffrent, se gavent, s'engraissent gr&#226;ce &#224; l'exploitation des ressources tant humaines que naturelles du pays : il s'agit notamment des trusts et multinationales, occidentaux, asiatiques ou autres, qui ont une mainmise sur l'&#233;conomie, mais aussi des valets de ces derniers, de la minorit&#233; de parasites locaux, qui constituent nos propres privil&#233;gi&#233;s, - les hommes d'affaires, tels les fameux op&#233;rateurs &#233;conomiques du MPS, devenus des millionnaires et des milliardaires gr&#226;ce &#224; la surfacturation, les membres du gouvernent, les principaux responsables de l'administration, de l'arm&#233;e, des grandes institutions, les d&#233;put&#233;s, les maires, les dignitaires du parti au pouvoir, etc -, qui profitent tous, d'une fa&#231;on ou d'une autre, des miettes qui tombent de la table &#224; manger de la bourgeoisie mondiale, comme l'illustre le train de vie insolent qu'ils m&#232;nent dans l'un des pays les plus pauvres au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le nouveau coup de force perp&#233;tr&#233; par Idriss D&#233;by Itno ne changera rien dans les conditions de vie des couches populaires. Pour celles-ci, comme par le pass&#233;, ce sera toujours l'exploitation, la pauvret&#233;, la chert&#233; de la vie, les bas salaires, le ch&#244;mage, les privations des droits &#233;l&#233;mentaires, les arrestations arbitraires, comme on l'a vu derni&#232;rement avec l'incarc&#233;ration des dirigeants syndicalistes et des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, dont le seul tort avait &#233;t&#233; de projeter de faire une marche, une chose tol&#233;r&#233;e par la loi, qui fait partie des m&#339;urs naturellement v&#233;cues sous d'autres cieux, mais qui, au Tchad d'Idriss D&#233;by Itno, pose probl&#232;me ! Vu la baisse du prix du p&#233;trole sur le march&#233; mondial, dont le pouvoir se sert comme d'un pr&#233;texte pour qu&#233;mander, mendier des aides sur la sc&#232;ne internationale, aupr&#232;s des puissances imp&#233;rialistes et autres bailleurs de fonds, il y a m&#234;me de fortes chances que les conditions de vie d&#233;j&#224; difficiles des plus d&#233;munis s'aggravent de plus en plus &#224; cause, d'une part, des mesures d'aust&#233;rit&#233; prises par le pouvoir sous le fallacieux pr&#233;texte de faire des &#233;conomies et, d'autre part, des licenciements op&#233;r&#233;s par le patronat, qui vont tous s'amplifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s ne devraient rien attendre d'Idriss D&#233;by Itno. Les promesses &#233;lectorales faites par celui-ci ne sont qu'un leurre, un long chapelet de mensonges, dont le but est de cacher la seule et unique politique qu'il a appliqu&#233;e jusqu'alors depuis vingt-six ans et qu'il va continuer &#224; imposer : vider les bouches et les poches des pauvres et des affam&#233;s pour remplir celles des riches et des trop rassasi&#233;s, tel que le veut la loi implacable du capitalisme dont il est, avec d'autres, l'un des principaux serviteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans la situation politique actuelle, marqu&#233;e par le contentieux &#233;lectoral entre la dictature de D&#233;by et les politiciens de l'opposition, les masses populaires n'auraient pas non plus int&#233;r&#234;t &#224; se faire des illusions par rapport &#224; ces derniers pour sortir de l'impasse pr&#233;sente et acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de vie. Certes, les candidats d&#233;sign&#233;s comme perdants ont raison de contester les r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et de demander que le vote des populations soit respect&#233;. Mais leur agenda ne pourrait en aucun cas &#234;tre celui des masses opprim&#233;es car, m&#234;me si, par miracle, l'un d'entre eux arrivait au pouvoir, cela n'entrainerait pas non plus des changements notables pour les couches populaires parce que, tous ces gens-l&#224;, les D&#233;by, Kebzabo, Gali, Alhabo et autres, appartiennent, en r&#233;alit&#233;, au m&#234;me monde : bien de choses les lient les uns aux autres, ils ont travaill&#233; ensemble, sous la dictature d'Hissein Habr&#233; ou celle qui dirige aujourd'hui. Rigoureusement, ils d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux des riches, des bourgeois et privil&#233;gi&#233;s tchadiens et, au-dessus de ces derniers, ceux de l'imp&#233;rialisme, fran&#231;ais, am&#233;ricain ou chinois. Que donc certains soient &#224; la t&#234;te de la dictature et que d'autres dirigent une opposition parlementaire ou m&#234;me arm&#233;e contre celle-ci, cela ne doit pas faire illusion : ni politiquement ni socialement, ils ne sont diff&#233;rents les uns des autres. On l'a vu notamment lors de la campagne &#233;lectorale, au cours de laquelle ils d&#233;clinaient leurs programmes politiques, qui sont fondamentalement identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, oui, m&#234;me s'il est juste de contester le hold-up &#233;lectoral r&#233;alis&#233; par Idriss D&#233;by Itno et ses comparses, le bras de fer actuel entre ceux-ci et certains candidats de l'opposition parlementaire ne concerne en rien les masses opprim&#233;es ! C'est un combat, sur le terrain &#233;lectoral, entre les enfants d'une m&#234;me famille, celle des politiciens bourgeois du pays, qui se disputent le pouvoir. Par cons&#233;quent, quelle qu'en soit l'issue, pour les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, rien de fondamental ne changera. Il n'y aura ni am&#233;lioration de leurs conditions de vie, ni plus de libert&#233; qu'avant : ce sera toujours la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes abus et exactions, la m&#234;me dictature, tel un bras arm&#233; charg&#233; de veiller sur cet ordre-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle divis&#233;e en classes sociales, la ligne de d&#233;marcation ne saurait ni ne pourrait &#234;tre entre, d'un c&#244;t&#233;, des pr&#233;tendus d&#233;mocrates, et, de l'autre, des tenants de la dictature. Elle est plut&#244;t entre riches et pauvres, oppresseurs et opprim&#233;s, bourgeois et prol&#233;taires. Or, les politiciens qui nous dirigent ou ceux qui aspirent &#224; le faire et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ne se feront jamais hara kiri pour que les opprim&#233;s s'&#233;mancipent de leur domination et acc&#232;dent &#224; des conditions de vie meilleures. La bourgeoisie, quelle qu'elle soit, n'a pas, en effet, de tendance suicidaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, pour sortir de cette impasse dans laquelle les maintient la dictature d'Idriss D&#233;by Itno, la seule perspective qui s'offre aux travailleurs et &#224; l'ensemble des opprim&#233;s, c'est celle de leurs propres luttes, politiques et sociales, sous la forme d'une riposte collective du monde du travail et d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale des couches populaires ! En effet, si les masses opprim&#233;es veulent acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles et &#224; l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie, par le biais d'une r&#233;partition juste des richesses, fruit de leur travail et de leur sueur, elles ne pourraient pas faire l'&#233;conomie des luttes populaires, politiques et sociales, n&#233;cessaires et indispensables, que leur impose le capitalisme &#224; travers le pouvoir dictatorial qui r&#232;gne de N'Djam&#233;na. Les libert&#233;s d&#233;mocratiques, l'am&#233;lioration des conditions de vie et le droit &#224; une existence digne de notre &#233;poque ne sauraient &#234;tre discut&#233;s, ni n&#233;goci&#233;s, ni marchand&#233;s avec les tenants du pouvoir actuel, moins encore obtenus par un bout de papier dans une urne, comme vient de le d&#233;montrer le hold-up &#233;lectoral perp&#233;tr&#233; par Idriss D&#233;by Itno : ils ne pourraient qu'&#234;tre le fruit des luttes, politiques et sociales, des masses laborieuses elles-m&#234;mes. Pour qu'ils existent, de fa&#231;on durable, qu'ils soient respect&#233;s et v&#233;cus comme des m&#339;urs normales, ils devraient &#234;tre arrach&#233;s et impos&#233;s par celles-ci, en dehors de la l&#233;galit&#233; constitutionnelle actuelle, dans la rue. Il ne pourrait en &#234;tre autrement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas longtemps, le viol de la jeune Zouhoura par des enfants pourris des dignitaires du r&#233;gime a d&#233;clench&#233; dans tout le pays une vague d'indignation qui s'est transform&#233;e en une profonde exasp&#233;ration, expression d'un profond ras le bol populaire, symbole d'un rejet de la politique du pouvoir, de ses injustices, ses in&#233;galit&#233;s, en plus du m&#233;pris de ses responsables. De fa&#231;on spontan&#233;e, cette contestation a tr&#232;s vite pris une forme organis&#233;e : des structures syndicales et de la soci&#233;t&#233; civile se sont coalis&#233;es, ont form&#233; un collectif, une sorte de coordination des luttes, d&#233;nomm&#233;e &#171; Ca suffit &#187;, &#224; l'origine de plusieurs initiatives : une marche, qui a &#233;t&#233; interdite, un mot d'ordre de &#171; villes mortes &#187;, largement suivi, notamment dans la capitale, un autre de &#171; Sifflet citoyen &#187;, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e &#224; la suite des arrestations des responsables syndicaux et ceux des organisations des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forme d'organisation, in&#233;dite dans l'histoire du pays, a &#233;branl&#233; le pouvoir &#224; tel point qu'il a r&#233;ellement pris peur. Aussi est-ce dans cette direction qu'il faudrait aller de nouveau, en se donnant les moyens de reprendre la lutte, &#224; un moment ou &#224; un autre. L'exp&#233;rience des derni&#232;res luttes multiformes, dont le souvenir est encore vivace dans l'esprit des gens, devrait servir de point d'ancrage, &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un tour de chauffe, une &#233;tape, un jalon, dans le processus d'une strat&#233;gie globale &#224; &#233;laborer, &#224; construire patiemment, m&#233;thodiquement, pour aller vers un mouvement de &#171; tous ensemble &#187;, organis&#233; autour de la classe ouvri&#232;re notamment, contre la dictature d'Idriss D&#233;by Itno !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes politiques actuels au pouvoir, leur gouvernement, leurs partisans et le patronat qui les soutient, ne changeront de politique et ne tiendront compte des aspirations populaires que forc&#233;s et contraints. Mais, le rapport des forces entre eux, le monde du travail et l'ensemble des opprim&#233;s ne peut pas &#234;tre chang&#233; par les formes de lutte utilis&#233;es traditionnellement jusqu'aujourd'hui, c'est-&#224;-dire une gr&#232;ve dans un secteur donn&#233;, isol&#233;e des autres ou des n&#233;gociations secteur par secteur, entreprise par entreprise. Pour changer la donne, pour faire plier le pouvoir, il faudrait donc une mobilisation g&#233;n&#233;rale de toute la classe ouvri&#232;re, qui, de par sa position de choix au c&#339;ur de l'&#233;conomie, a la force de bloquer totalement celle-ci, de paralyser tout le pays et d'imposer les revendications populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc vers cette perspective-l&#224; qu'il faudrait aller, avec l'objectif d'amplifier les luttes, de les unifier, pour construire, m&#233;thodiquement, une mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les travailleurs du pays, du public et du priv&#233;, qui unirait dans le m&#234;me combat les salari&#233;s de l'Education Nationale et ceux de la SONASUT, ceux de la Sant&#233; et ceux de la Coton Tchad, ceux de l'Energie et ceux du Transport, ceux des Banques et ceux du B&#226;timent, ceux de la Poste et T&#233;l&#233;communication et ceux du Commerce, ceux du P&#233;trole et des Mines et ceux de l'Information et de l'Audiovisuel, ceux des Assurances et ceux de la Culture, mais aussi les actifs et les ch&#244;meurs, les pr&#233;caires et les retrait&#233;s, les licenci&#233;s, les contractuels, les vacataires, etc, dans une riposte collective contre la politique du pouvoir, car, quels que soient les secteurs d'activit&#233;, la cat&#233;gorie et le statut des uns des autres, tous les travailleurs ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les m&#234;mes ennemis, en l'occurrence, l'Etat, au-dessus duquel tr&#244;ne Idriss D&#233;by Itno, et le patronat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien, il reviendrait aux syndicats de porter cette perspective-l&#224;, notamment &#224; l'UST, le plus combatif et le plus important d'entre eux, en alliance, en solidarit&#233;, avec les autres centrales. Mais, dans ce combat, tout en g&#233;n&#233;ralisant et unifiant les luttes dirig&#233;es par eux-m&#234;mes, les travailleurs auraient int&#233;r&#234;t &#224; reproduire, mais &#224; grande &#233;chelle, l'exp&#233;riences des derni&#232;res luttes en s'ouvrant aussi &#224; d'autres cat&#233;gories de la population qui souffrent des m&#234;mes probl&#232;mes qu'eux : aux organisations des droits de l'homme, bien s&#251;r, mais aussi aux associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des jeunes, des consommateurs, des journalistes, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, des travailleurs agricoles et d'autres, qui constituent des millions d'opprim&#233;s &#233;trangl&#233;s, comme eux, par la m&#234;me crise du capitalisme et la politique du gouvernement. Ils pourraient ainsi leur servir de boussole, les regrouper autour d'eux, leur offrir une politique, les entra&#238;ner, et, de cette fa&#231;on, par un mouvement &#171; de tous ensemble &#187;, cr&#233;er avec eux un nouveau rapport des forces capable de faire reculer la dictature et de lui imposer les changements n&#233;cessaires, tant sur le plan social que politique. A part le MPS et ses alli&#233;s, &#233;videmment, les organisations ou les militants politiques qui le d&#233;sireraient pourraient aussi participer &#224; cette mobilisation, &#224; condition, toutefois, qu'ils se mettent au service des luttes et des revendications des masses laborieuses et non qu'ils en prennent la t&#234;te : c'est aux travailleurs et les autres couches opprim&#233;es de diriger eux-m&#234;mes leurs combats, en choisissant et contr&#244;lant leurs propres repr&#233;sentants. Ils ne devraient se mettre &#224; la remorque de personne, en tout cas, pas derri&#232;re des politiciens bourgeois et opportunistes qui, &#224; la moindre occasion, les trahiront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la perspective-l&#224; qu'il conviendrait de discuter, d&#232;s maintenant, dans les usines, les entreprises, mais aussi les bureaux, les universit&#233;s, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les chantiers, les ateliers, les gares routi&#232;res, les &#171; tachas &#187;, les march&#233;s, les quartiers, les villages, etc, dans le but clairement affich&#233; de pr&#233;parer, dans les jours et les mois &#224; venir, une riposte collective du monde du travail et une mobilisation de l'ensemble des opprim&#233;s afin de d&#233;fendre le droit &#224; la vie des populations pauvres. Les discussions devraient s'accompagner de la tenue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cidant des revendications des uns et des autres, mais aussi de la cr&#233;ation de comit&#233;s de liaisons entre travailleurs du public et du priv&#233;, entre une entreprise d'un secteur donn&#233; et une autre sp&#233;cialis&#233;e dans une activit&#233; diff&#233;rente, entre organisations syndicales et celles des femmes, des jeunes, des ch&#244;meurs ou de d&#233;fense des droits de l'homme, afin d'aboutir &#224; une coordination tant locale que nationale des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir est donc entre les mains des travailleurs et de l'ensemble des masses opprim&#233;es, dans leur mobilisation, leur organisation et leurs luttes ! Ce n'est pas la d&#233;termination des couches populaires d'en finir avec la mis&#232;re ou de trouver une autre issue &#224; leur situation en g&#233;n&#233;ral qui fait d&#233;faut, comme le montrent les diff&#233;rentes luttes d&#233;clench&#233;es &#224; la suite du viol de Zouhoura ou celles d'avant. Ce qui manque, c'est la perspective qu'il faudrait pour que ces luttes soient efficaces et servent r&#233;ellement &#224; changer les conditions de vie de la majorit&#233; opprim&#233;e, c'est-&#224;-dire un mouvement d'ensemble de tous les travailleurs, secteurs et cat&#233;gories confondus, du public comme du priv&#233;, et de l'ensemble des opprim&#233;s, quelles que soient leurs ethnies, leurs r&#233;gions, leurs religion, sous la forme d'une vaste mobilisation populaire, dirig&#233;e par eux-m&#234;mes pour imposer les changements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est &#224; cette perspective-l&#224; que devraient s'atteler tous ceux qui, syndicalistes, militants des partis politiques, des associations de tout genre, femmes, hommes, vieux, jeunes, sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s tant par les conditions de vie des populations pauvres que par la dictature et aspirent &#224; de v&#233;ritables changements. Cela devrait se faire sous la forme d'une action consciente, d'une d&#233;marche d&#233;lib&#233;r&#233;e, organis&#233;e, avec rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour que se r&#233;alisent les changements n&#233;cessaires dignes de leurs attentes et aspirations, il est vital que les masses opprim&#233;es interviennent, fassent irruption dans la sc&#232;ne politique, dans les lieux, les sph&#232;res o&#249; se prennent les d&#233;cisions essentielles les concernant au premier chef, o&#249; se d&#233;cident leur sort et leur vie, et ce, avec leurs propres armes et m&#233;thodes. Par ailleurs, si ce type de combat se d&#233;veloppe, s'amplifie au point de faire reculer la dictature et lui imposer les revendications populaires, immanquablement, en na&#238;tront des possibilit&#233;s sup&#233;rieures. Alors tout sera-t-il possible, y compris le renversement de la dictature actuelle, car, l'arm&#233;e d'Idriss D&#233;by Itno, sa police, sa gendarmerie, m&#234;me avec le soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ne seront jamais suffisamment fortes pour endiguer une mise en branle de millions de travailleurs et d'opprim&#233;s, d&#233;cid&#233;s &#224; trouver une issue &#224; leur situation au moyen d'une vaste et profonde mobilisation populaire s'exprimant aussi bien par des gr&#232;ves dans les secteurs &#233;conomiques vitaux que par des manifestations monstres dans la rue. La dictature, fond&#233;e sur la bande arm&#233;e au pouvoir, ne pourra rien faire face l'ensemble des opprim&#233;s de la ville de N'Djam&#233;na, debout, entra&#238;nant derri&#232;re eux ceux de Moundou, de Sarh, de Bongor, d'Ab&#233;ch&#233;, de Mao, de Faya, de La&#239;, de Fada etc, sous la forme d'une riposte collective de l'ensemble des masses populaires, de toutes les r&#233;gions, de toutes les ethnies, de toutes les religions, unies autour de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre consciemment leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques contre la politique du pouvoir et d'imposer &#224; ce dernier les changements auxquels elles aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'enjeu ! Il est de taille, certes, mais, &#224; part le fait d'&#234;tre le seul qui en vaille la peine, il est aussi &#224; port&#233;e de main : les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s constituent une force colossale, la seule qui soit capable de tout changer, de transformer radicalement la soci&#233;t&#233;. Alors, s'ils en ont l'ambition, s'ils s'emparent de cette perspective-l&#224; et, de fa&#231;on m&#233;thodique, consciente, organis&#233;e, se lancent dans une riposte collective contre la politique des dirigeants du MPS, au nom de leur doit &#224; la vie, ils pourront non seulement faire avaler aux politiciens au pouvoir leur morgue, leur &#171; hougoura &#187;, mais aussi imposer les revendications populaires et ouvrir le chemin vers un avenir meilleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE BAL DES HYPOCRITES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement, par des Mirages fran&#231;ais, les 3 et 7 f&#233;vrier dernier, d'une colonne de rebelles tchadiens a fait couler tant d'encre et de salive dans le pays. Il a suscit&#233; un faisceau de r&#233;actions contradictoires, du moins en apparence, avec, d'un c&#244;t&#233;, ceux qui approuvent et justifient cette intervention, et, de l'autre, ceux qui en contestent le bien fond&#233;. Pendant des jours, toute la classe politique, compos&#233;e, d'un c&#244;t&#233;, du MPS et ses alli&#233;s, et, de l'autre, de l'opposition, tant parlementaire que militaire, et ses partisans, s'est mise en sc&#232;ne &#224; travers des postures qui puaient aussi bien l'hypocrisie, la duplicit&#233; que l'arnaque politique !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cin&#233;ma &#224; moindre frais, la palme d'or est revenue aux responsables du MPS. Mobilisant leurs partisans, mais aussi, les moyens de l'Etat, l'administration et les m&#233;dias publics, &#8211; la radio et la t&#233;l&#233;vision notamment -, ces derniers se sont lanc&#233;s dans une vaste campagne de d&#233;sinformation au cours de laquelle ils ont abreuv&#233; les populations de propos mensongers, aussi grotesques les uns que les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que tout le monde sait que la colonne bombard&#233;e par les Mirages fran&#231;ais &#233;tait celle de l'UFR, une bande arm&#233;e dirig&#233;e par Timan Erdimi, un neveu d'Idriss D&#233;by Itno, pour justifier l'intervention fran&#231;aise, celui-ci et ses partisans l'ont pr&#233;sent&#233;e comme celle d'un groupe de terroristes arm&#233;s, form&#233;s en Libye, faisant irruption dans le pays pour y d&#233;truire &#171; les institutions d&#233;mocratiques &#187; dans le but &#171; d'imposer la charia &#187;. Cette version tronqu&#233;e des faits a &#233;t&#233; ainsi colport&#233;e &#224; travers tout le pays, de meeting en meeting, de manifestations en manifestation, organis&#233;s pour soutenir le fondateur du MPS et l'arm&#233;e. Au cours de ces rassemblements, les dirigeants du MPS, des plus grands aux plus petits, ont pouss&#233; jusqu'&#224; leur paroxysme la duplicit&#233; et la d&#233;magogie, utilisant &#8211; ironie du sort- la m&#234;me strat&#233;gie mensong&#232;re, avec pratiquement les m&#234;mes expressions, que les dignitaires de la dictature d'Hissein Habr&#233; quand, en 1990, ceux-ci les traitaient, eux-m&#234;mes, de mercenaires, de groupes islamistes inf&#233;od&#233;s &#224; la Libye du dictateur Kadhafi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce qu'ils d&#233;crivaient comme une menace terroriste, ils se sont alors pr&#233;sent&#233;s comme les d&#233;fenseurs de &#171; la d&#233;mocratie &#187; et de &#171; la libert&#233; &#187;, qu'ils auraient instaur&#233;es dans le pays depuis l'arriv&#233;e du MPS au pouvoir. Ils ont aussi pr&#233;tendu d&#233;fendre contre les affreux terroristes la &#171; coh&#233;sion sociale &#187;, &#171; la paix &#187;, &#171; l'unit&#233; du pays &#187;, mais aussi, bien s&#251;r, la fameuse &#171; &#233;mergence &#187;, ph&#233;nom&#232;ne aux contours mal d&#233;finis, dont l'av&#232;nement est, chaque ann&#233;e, recul&#233; dans un avenir incertain, de plus en plus lointain. En m&#234;me temps que ces notions au contenu vide, qui n'ont aucun rapport avec les conditions de vie des masses opprim&#233;es, ils se sont aussi lanc&#233;s dans une attaque en r&#232;gle contre tous ceux qui, suite &#224; l'intervention des Mirages fran&#231;ais, avaient os&#233; &#233;mettre un avis contraire au leur. Ils les ont accus&#233;s d'&#234;tre &#171; les ennemis de la R&#233;publique &#187;. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MPS a m&#234;me brandi la menace d'interdire les partis dont les responsables avaient protest&#233; contre l'intervention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans les affaires politiques du pays : &#171; La charte des partis politiques a fix&#233; des interdits et pr&#233;vu des sanctions en cas de violation de la loi. Tous les leaders et ou les chefs de partis politiques savent que la collusion avec une opposition arm&#233;e, la complicit&#233; et l'incitation &#224; la subversion sont passibles de sanctions extr&#234;mes &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;, sur un ton martial, nostalgie de l'&#233;poque de l'UNIR, dont il est l'un des purs produits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le clou de cette campagne a &#233;t&#233; le meeting organis&#233;, le 15 f&#233;vrier, au stade Mamat Ouya, rempli &#224; ras bord pour la circonstance par des badauds et des &#233;l&#232;ves de la capitale, invit&#233;s &#224; investir les lieux parce que, ce jour-l&#224;, les &#233;tablissements, tant publics que priv&#233;s, de la ville avaient &#233;t&#233; ferm&#233;s. A cette occasion, apr&#232;s la prestation de ses diff&#233;rents affid&#233;s, qui s'&#233;taient &#233;gosill&#233;s &#224; ressasser les m&#234;mes d&#233;clarations mensong&#232;res, Idris D&#233;by Itno lui-m&#234;me s'est mis en sc&#232;ne. Traitant les troupes de son cousin de &#171; terroristes &#187;, &#171; d'&#233;trangers &#187;, comme n'avaient cess&#233; de le faire ses s&#233;ides depuis des jours, il s'est pr&#233;sent&#233; au public comme le bouclier qui prot&#233;gerait le pays de toute menace : &#171; Tchadiens, dormez tranquilles &#187;, a-t-il lanc&#233; &#224; la foule, acquise et d&#233;vou&#233;e, de ses laudateurs. Mieux, allant plus loin que les autres dans la d&#233;magogie, il s'est offert en victime expiatoire pour la d&#233;fense du pays : pour ce faire, il a pr&#233;tendu qu'il serait pr&#234;t au &#171; sacrifice supr&#234;me &#187; ! En guise de note finale &#224; sa prestation, il a exprim&#233; sa reconnaissance aux autorit&#233;s fran&#231;aises : &#171; Merci &#224; la France ! Merci &#224; Macron ! &#187;, a-t-il conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis bient&#244;t vingt-neuf ans qu'ils sont au pouvoir, les responsables du MPS sont pass&#233;s ma&#238;tres dans l'art de la d&#233;sinformation, de la falsification de l'histoire du pays, pr&#233;sent&#233;e toujours sous un angle qui leur est favorable, comme s'ils n'avaient ni pass&#233; ni passif politiques ! Ils viennent encore de nous en faire une &#233;clatante d&#233;monstration ! En effet, toute la r&#233;alit&#233; politique du pays proteste ouvertement contre les d&#233;clarations intempestives dont ils ont &#233;t&#233; responsables suite &#224; l'intervention des Mirages fran&#231;ais dans l'Ennedi Est. Quand, par exemple, les dirigeants du MPS, anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233;, qui ont assum&#233; d'importantes responsabilit&#233;s sous la dictature de la DDS, avec le bilan catastrophique que l'on sait, nous serine, sans vergogne aucune, qu'ils auraient combattu leur mentor d'antan et instaur&#233; &#171; la d&#233;mocratie et la libert&#233; &#187; dans le pays, que peut-on penser d'autre, &#224; part le fait qu'ils prennent de monstrueuses licences avec l'histoire, qu'ils la tronquent, la d&#233;figurent, l'alt&#232;rent, sciemment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'ils en disent, le processus qui a conduit &#224; l'instauration du multipartisme au Tchad n'a jamais &#233;t&#233; le fait de leur choix : le MPS n'est pas n&#233; pour combattre la dictature au Tchad et instaurer une v&#233;ritable d&#233;mocratie dans ce pays ! Il est plut&#244;t le fruit, l'&#233;manation, des contradictions entre deux camps au sein de la dictature de la DDS, comme l'a &#233;t&#233;, des ann&#233;es auparavant, le CSM, le Conseil Sup&#233;rieur Militaire, qui avait pris le pouvoir, en 1973, sans avoir l'intention de changer quoi que ce soit ! Dans l'histoire des peuples, il est courant, voire classique, que diff&#233;rents bouts d'un m&#234;me pouvoir dictatorial ou d'une m&#234;me classe dirigeante bourgeoise se m&#232;nent une lutte &#224; mort sans que cela n'ait aucun rapport avec les aspirations des masses populaires &#224; de meilleures conditions de vie et &#224; plus de libert&#233;. Tel est ce qui s'est pass&#233; au sein de la dictature de l'UNIR entre Hissein Habr&#233; et ses principaux sous-fifres en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au multipartisme, il rel&#232;ve enti&#232;rement de la volont&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Impos&#233; par ce dernier, dans les ann&#233;es 90, dans son pr&#233;-carr&#233; africain, ce type de r&#233;gime &#233;tait la solution concoct&#233;e par la France pour faire face &#224; la situation particuli&#232;re d'alors, marqu&#233;e par trois choses essentielles. D'une part, il y avait la faillite, l'usure, des dictatures des partis uniques. Au bout de trente ans, qui avaient permis &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses valets locaux de s'enrichir vachement en exploitant les masses populaires, ces dictatures avaient fait leur temps : us&#233;es, honnies, elles n'arrivaient plus &#224; cacher les in&#233;galit&#233;s ni &#224; servir de pr&#233;texte &#224; &#171; l'unit&#233; nationale &#187;, comme le pr&#233;tendaient les dirigeants de l'&#233;poque. D'autre part, les pays africains subissaient douloureusement, en cette p&#233;riode, les contrecoups de la crise &#233;conomique, qui avait entra&#238;n&#233; une chute drastique des prix des mati&#232;res premi&#232;res, et de la politique d'ajustement structurel. Cela avait comme cons&#233;quence le d&#233;graissage dans les secteurs publics, la privatisation des entreprises &#233;tatiques, la fermeture de certaines d'entre elles, la suppression des bourses, le non recrutement dans la fonction publique, etc., avec, comme corollaire, une d&#233;gradation brutale des conditions de vie des masses populaires, comme jamais auparavant, entra&#238;nant, &#224; son tour, de multiples explosions de col&#232;re : des gr&#232;ves, des &#233;meutes, des r&#233;voltes, qui secouaient pratiquement tout le continent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces luttes ont donc fini par obliger l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; changer de fusil d'&#233;paule, &#224; l&#226;cher les dictatures des partis uniques, en demandant &#224; ses diff&#233;rents valets africains de ravaler la fa&#231;ade hideuse de leurs pouvoirs en instaurant le multipartisme. L'objectif &#233;tait de chercher &#224; d&#233;samorcer la col&#232;re populaire, &#224; la domestiquer, afin qu'elle ne se transforme pas en une profonde explosion sociale et n'entra&#238;ne dans une d&#233;rive fatale tout le m&#233;canisme politique de domination &#233;chafaud&#233; depuis des d&#233;cennies par la France pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts. Cela s'est fait au moyen de changements formels &#8211; pluralisme politique, syndicats, presse ind&#233;pendante, &#233;lections-, sans pour autant que l'ordre social en vigueur ne change d'un iota : m&#234;me Etat, m&#234;me administration, m&#234;me arm&#233;e, m&#234;me police, m&#234;me justice, tous vou&#233;s &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie fran&#231;aise et de ses valets locaux, qui continuent &#224; s'enrichir de plus en plus, alors que les masses populaires s'enfoncent de plus en plus dans la d&#233;ch&#233;ance. M&#234;me l&#224; o&#249; il y a eu des alternances, le multipartisme n'a rien chang&#233; dans la vie r&#233;elle des couches populaires : partout, il cohabite avec la dictature, les in&#233;galit&#233;s, les violences de toutes sortes, ethniques, x&#233;nophobes, religieuses, dont les principales victimes sont les opprim&#233;s. De la d&#233;mocratie, il n'est qu'une p&#226;le copie, un affreux ersatz !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, arguer que le MPS aurait &#233;t&#233; fond&#233; pour combattre la dictature d'Hissein Habr&#233; afin d'instaurer la d&#233;mocratie dans le pays, c'est cr&#233;er une l&#233;gende, de toutes pi&#232;ces ! Le seul r&#244;le que cette organisation ait r&#233;ellement jou&#233;, c'est d'avoir &#233;t&#233; un instrument au service de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, dont celui-ci s'est servi pour chasser Hissein Habr&#233; du pouvoir parce que celui-ci avait peur m&#234;me d'un simple toilettage de sa dictature ! Voil&#224; qui explique que le seul changement op&#233;r&#233; par les principaux dirigeants du MPS s'est limit&#233;e &#224; une simple &#233;jection de leur ancien mentor du pouvoir. Pour l'essentiel, ils ont tout gard&#233; de l'ancien r&#233;gime dictatorial : m&#234;me Etat, m&#234;me arm&#233;e, m&#234;me administration, m&#234;me justice, m&#234;me police, avec quasiment les m&#234;mes hommes, y compris les dignitaires de l'UNIR qui avaient suivi Hissein Habr&#233; dans sa piteuse fuite avant de rebrousser chemin ! Les oripeaux pseudo d&#233;mocratiques dont se drape le r&#233;gime actuel, apr&#232;s l'instauration du multipartisme, ne sont, en r&#233;alit&#233;, qu'un nouvel habillage, des paillettes &#224; bon march&#233;, derri&#232;re lesquels se tapit le m&#234;me Etat qui, au fil du temps, malgr&#233; ses diff&#233;rentes m&#233;tamorphoses et le changement permanent de ses serviteurs, comme nulle part au monde, conserve son caract&#232;re fondamentalement dictatorial, tel qu'on le voit &#224; travers le fait que, depuis bient&#244;t vingt-neuf ans, c'est Idriss D&#233;by Itno et ses partisans qui, malgr&#233; le faisceau de multiples col&#232;res contre leur politique, gagnent inlassablement toutes les &#233;lections, interdisent aux populations le moindre droit de manifester ou de s'exprimer sur les m&#233;dias publics, radio et t&#233;l&#233;vision, transform&#233;s en officines o&#249; l'on entend qu'une seule version des faits, un seul son de cloche : les leurs, comme au temps de l'UNIR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus que tout cela, ce sont les conditions de vie, impos&#233;es aux travailleurs et aux masses opprim&#233;es, qui expriment de la fa&#231;on la plus &#233;clatante la nature profond&#233;ment dictatoriale du pouvoir actuel ! Car, quand les responsables du MPS parlent de &#171; libert&#233; &#187;, de &#171; d&#233;mocratie &#187;, qu'est-ce que cela signifie pour la majorit&#233; pauvre de ce pays qui, m&#234;me avec un travail, vit au jour le jour, trime, tire le diable par la queue ? Qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour les millions d'opprim&#233;s qui ne mangent qu'une seule fois par jour, ont du mal &#224; se soigner, &#224; se loger, &#224; acc&#233;der &#224; l'eau potable, &#224; &#233;duquer leurs enfants, dont nombreux deviennent des cireurs de chaussures, des gar&#231;ons et des filles &#224; tout faire dans les familles des riches, des d&#233;linquants, des prostitu&#233;s, juste pour assurer leur pitance ? Qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour les jeunes issus des couches populaires, dipl&#244;m&#233;s ou pas, condamn&#233;s par leur politique &#224; un ch&#244;mage end&#233;mique, qui secr&#232;te un d&#233;sespoir profond &#224; tel point que nombre d'entre eux vont jusqu'&#224; se faire enr&#244;ler dans les diff&#233;rentes bandes arm&#233;es qui pullulent dans la r&#233;gion ou se lancer dans la p&#233;rilleuse aventure de la migration vers d'autres cieux, assumant &#224; la fois le risque de mourir dans le d&#233;sert ou la M&#233;diterran&#233;e, mais aussi, de se faire arr&#234;ter et emprisonner par le pouvoir pour avoir os&#233; fuir la mis&#232;re qu'il leur impose, &#224; eux et leurs parents ? Oui, qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour l'ensemble des travailleurs et des opprim&#233;s du pays, victimes de leur politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, quand les dirigeants du MPS parlent de &#171; libert&#233; &#187;, de &#171; d&#233;mocratie &#187;, il s'agit de celles dont jouissent les riches : les dirigeants des trusts internationaux et leurs valets locaux, qu'ils soient blancs, jaunes ou noirs, qui ont le droit, la libert&#233;, d'exploiter les populations et les richesses du pays pour faire du profit, de piller les caisses de l'Etat en toute impunit&#233;, emp&#234;chant ainsi la majorit&#233; pauvre de la nation d'acc&#233;der au minimum vital ! Il en est de m&#234;me des expressions comme &#171; la paix &#187;, &#171; la coh&#233;sion sociale &#187;, &#171; la d&#233;fense de la patrie &#187;, qui reviennent de fa&#231;on r&#233;currente dans leurs discours : derri&#232;re tous ces mots, ce qui pr&#233;occupe les responsables du MPS, c'est la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts de privil&#233;gi&#233;s locaux et ceux des multinationales, dont ils sont les serviteurs ! Des pr&#233;occupations des mases opprim&#233;es, ils n'ont cure et se moquent &#233;perdument ! Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'&#233;crasante majorit&#233; de ceux qui ont applaudi les bombardements des Mirages fran&#231;ais sont les diff&#233;rents profiteurs de la mangeoire gouvernementale : Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me, bien s&#251;r, les ministres, les d&#233;put&#233;s, les gouverneurs, les responsables du MPS, grands et petits, mais aussi leurs op&#233;rateurs &#233;conomiques, leurs alli&#233;s de tout genre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a jou&#233; aussi sa partition dans cette orgie de d&#233;clarations intempestives, non d&#233;nu&#233;es d'arri&#232;res pens&#233;es et de calculs ! Dans la foul&#233;e des dirigeants des organisations militaires, les responsables des partis politiques de l'opposition ont aussi d&#233;nonc&#233; l'intervention de la France dans les affaires politiques du pays : &#171; L'intervention militaire fran&#231;aise (&#8230;) est politiquement inopportune, juridiquement incertaine, et militairement disproportionn&#233;e. Elle suscite donc plus qu'une r&#233;probation, une condamnation (&#8230;). &#187;, on-t-ils &#233;crit, dans un communiqu&#233;, rendu public dans N'Djam&#233;na Bi-Hebdo, du 25 f&#233;vrier, sign&#233; par Saleh Kebzabo au nom des &#171; Partis politiques de l'opposition &#187;. Ils n'ont pas non plus manqu&#233; de critiquer les menaces que le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MPS avait prof&#233;r&#233;s contre eux pour avoir protest&#233; contre l'intervention militaire fran&#231;aise. Leur chef de file, Saleh Kebzabo, a m&#234;me d&#233;fi&#233; le pouvoir de mettre &#224; ex&#233;cution ses menaces : &#171; Nous attendons de pied ferme ceux qui menacent de poursuivre un homme politique ou un journaliste pour avoir exprim&#233; ses opinions sur le sujet. C'est un relent de dictature qui ne fera qu'accentuer les crises multiformes que traverse le Tchad &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; dans N'Djam&#233;na Bi-Hebdo du 25 f&#233;vrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, si les diff&#233;rents responsables de l'opposition, tan politique que militaire, ont protest&#233; contre l'intervention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ils n'ont pas, pour autant, mis en cause sa politique dans le pays, ni exprim&#233; la moindre vell&#233;it&#233; de s'&#233;manciper de lui. Malgr&#233; les mots durs utilis&#233;s contre le caract&#232;re dictatorial du pouvoir, ils n'&#233;cartent pas non plus de discuter avec D&#233;by et son clan, de dialoguer avec eux : tous, parlementaires comme militaires, consid&#232;rent, en effet, que la France est incontournable dans la r&#233;solution de l'impasse actuelle o&#249; le pays se trouve plong&#233;. Aussi voudraient-ils donc qu'elle use de son influence pour que Idriss D&#233;by Itno acc&#232;de &#224; leur vieux v&#339;u de discuter avec eux dans le cadre d'un dialogue inclusif. Dans les colonnes de L'Observateur du 13 f&#233;vrier, Saleh Kebzabo a pr&#233;cis&#233; ainsi les conditions de cette perspective : &#171; La r&#233;action de la France est ill&#233;gitime. Elle doit plut&#244;t jouer un r&#244;le de passerelle. Le gouvernement fran&#231;ais doit au contraire aider les Tchadiens &#224; ce qu'ils arrivent &#224; un dialogue inclusif comme nous l'avons r&#233;clam&#233; (&#8230;) &#187;, a-t-il clarifi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nul ne peut, pour l'instant, dire si Idriss D&#233;by Itno finira par satisfaire le v&#339;u de son opposition en organisant un dialogue inclusif qui r&#233;unira toute la classe dirigeante. Seul l'avenir le dira, d'autant plus que cette perspective d&#233;pend plus de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais que l'humeur de ses valets au pouvoir. Mais d'ores et d&#233;j&#224;, on peut constater que les r&#233;actions des uns et des autres, suscit&#233;es par les bombardements effectu&#233;s par des Mirages fran&#231;ais les 3 et 7 f&#233;vrier, ne sont contradictoires qu'en apparence : conditionn&#233;es plut&#244;t par des motivations politiciennes inavou&#233;es, elles sont loin des aspirations des masses opprim&#233;es &#224; une vie meilleure et &#224; plus de libert&#233;. Elles visent surtout, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; renforcer la domination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sur le pays. Elles d&#233;montrent ainsi, au passage, que, rigoureusement, D&#233;by Itno et les dirigeants de son opposition, parlementaire ou arm&#233;e, d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux des riches, des trusts et des privil&#233;gi&#233;s locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bisbilles et autres combats actuels entre ces gens-l&#224; ne pourraient, par cons&#233;quent, &#234;tre ceux des masses populaires ! Sur tous les terrains, ce sont des luttes entre les enfants d'une m&#234;me famille, celle des politiciens bourgeois du pays qui se disputent le pouvoir, sous l'Oeil distrait de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Quelle qu'en soit donc l'issue, pour les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, rien de fondamental ne changera. Il n'y aura ni am&#233;lioration de leurs conditions de vie, ni plus de libert&#233; qu'avant : ce sera toujours la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes abus et exactions, la m&#234;me dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour que leurs conditions de vie s'am&#233;liorent, qu'ils acc&#232;dent aux libert&#233;s essentielles, les travailleurs et les masses opprim&#233;es n'ont-ils pas d'autre choix que de compter sur eux-m&#234;mes, de ne faire confiance qu'en leurs propres combats, de se d&#233;fendre collectivement, en se rassemblant sur la base de leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et en utilisant leurs propres armes : la gr&#232;ve et la force de la rue, contre l'ordre impos&#233; par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses valets locaux, quels qu'ils soient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA GREVE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire est que les seize mesures prises en 2016, dont les cons&#233;quences d&#233;sastreuses se font encore sentir sur la vie des masses populaires, n'ont pas suffi ! En effet, sous la pression du FMI, qui leur demande de faire des &#233;conomies de 30 milliards dans les d&#233;penses publiques, Idriss D&#233;by Itno et son gouvernement n'ont pas trouv&#233; mieux que de se lancer, une fois de plus, dans une nouvelle guerre contre les int&#233;r&#234;ts du monde du travail et, par r&#233;percussion, contre ceux de l'ensemble de la nation opprim&#233;e : ils ont diminu&#233; les salaires et supprim&#233; de 50% les primes et indemnit&#233;s des travailleurs de la fonction publique. Par ailleurs, comme si cela ne suffisait pas encore, ils ont aussi proc&#233;d&#233; &#224; l'augmentation des prix de certains produits, tels le gasoil, l'essence, et la taxe d'habitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que ces mesures ont &#233;t&#233; annonc&#233;es, elles ont &#233;t&#233; accueillies par une bronca d'indignation et de col&#232;re de la part de ceux qui allaient en &#234;tre les victimes, les travailleurs notamment, tant du public que du priv&#233;. C'est ainsi que, d&#232;s que l'augmentation des prix de l'essence et du gasoil est devenue une r&#233;alit&#233; dans les stations, le syndicat des transporteurs a r&#233;agi par un mot d'ordre d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours, les 22 et 23 janvier derniers. Le premier jour, la gr&#232;ve a &#233;t&#233; une r&#233;ussite totale : les rues &#233;taient d&#233;sertes, la circulation, fluide, les gares, vides, &#224; l'arr&#234;t, &#224; tel point que le ministre des transports a d&#251; ramper vers les syndicats des transporteurs pour engager des n&#233;gociations, qui se prolongent encore aujourd'hui. Quelques jours apr&#232;s, ayant constat&#233; que les salaires avaient &#233;t&#233; diminu&#233;s, la plateforme syndicale revendicative a lanc&#233; le mot d'ordre d'une gr&#232;ve illimit&#233;e le 29 d&#233;cembre dernier. Depuis cette date, d'autres secteurs du monde du travail ont rejoint le mouvement social. C'est le cas des travailleurs de la justice, des m&#233;decins, mais aussi ceux du secteur priv&#233;, les banques, les h&#244;tels, l'&#233;nergie, les mines et le p&#233;trole, notamment, qui ont observ&#233; aussi deux jours de gr&#232;ve largement suivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau bras de fer entre Idriss D&#233;by Itno et le monde du travail, mobilis&#233; dans ses diff&#233;rentes organisations syndicales, est, certes, l'expression du refus par l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs du pays des mesures gouvernementales. Mais, si l'on consid&#232;re le contexte politique et social g&#233;n&#233;ral, marqu&#233; par vingt-sept ans de dictature, de diverses frustrations et injustices, nul doute qu'il va plus loin, bien au-del&#224; des circonstances apparentes : cette gr&#232;ve se nourrit, en effet, du ras le bol g&#233;n&#233;ral qui couve dans le pays. Elle en est l'expression &#233;clatante. Toutes les actions men&#233;es ces derniers jours derri&#232;re la plateforme syndicale, dans le transport, &#224; l'Education, &#224; la Sant&#233;, aux Finances, mais aussi dans le priv&#233;, les banques, les h&#244;tels, les mines, le p&#233;trole, l'&#233;nergie, etc, symbolisent, en r&#233;alit&#233;, la col&#232;re, l'exasp&#233;ration de larges couches de la population opprim&#233;e, qui ont plus que marre de la politique d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans ! C'est cela qu'exprime la d&#233;termination des travailleurs des diff&#233;rents secteurs en gr&#232;ve ! C'est &#231;a aussi la source profonde de la sympathie populaire dont jouit cette gr&#232;ve, comme on l'entend sur les ondes des diff&#233;rentes radios !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, apr&#232;s vingt-sept ans de r&#232;gne, le plus grand exploit d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans au pouvoir, c'est d'avoir r&#233;ussi &#224; cr&#233;er dans ce pays, l'un des plus pauvres au monde, une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment stratifi&#233;e, in&#233;galitaire, o&#249; toute la politique de l'Etat consiste essentiellement &#224; promouvoir une minorit&#233; de bourgeois parasites au d&#233;triment des besoins collectifs de l'&#233;crasante majorit&#233; de la population, que sont les travailleurs, les paysans pauvres et autres opprim&#233;s, laiss&#233;s-pour-compte. Certes, cela n'est pas nouveau dans l'histoire politique du pays : de tout temps, depuis ses origines remontant &#224; la p&#233;riode coloniale jusqu'aujourd'hui, l'Etat tchadien, dont le pouvoir s'appr&#234;te &#224; discuter de la forme et des institutions dans son prochain forum, a toujours agi ainsi, comme un instrument de domination des masses populaires, aux mains de la bourgeoisie locale, elle-m&#234;me au service de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. On pourrait dire aussi que tout cela n'est pas exclusif au Tchad : c'est ainsi que se comportent tous les Etats bourgeois du monde, quels qu'ils soient, suivant la logique implacable du capitalisme qui voudrait que l'&#233;conomie serve essentiellement &#224; rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, avec comme in&#233;vitable corollaire, l'accumulation, &#224; un p&#244;le, et la paup&#233;risation, &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ce qui se passe dans ce pays sous leur long r&#232;gne du MPS n'a peut-&#234;tre d'&#233;quivalent nulle part dans le monde ! M&#234;me pas dans des pays comme le Burundi, la RDC ou, hier, Ha&#239;ti sous la f&#233;rule des Duvalier ! Car, l'exploitation des ressources tant naturelles qu'humaines du pays qu'impose l'Etat, au profit des multinationales, s'accompagne d'une gabegie sans fond, d'un pillage sans pr&#233;c&#233;dent, &#224; ciel ouvert, des biens publics, oeuvre d'une minorit&#233; d'individus au sommet du pouvoir ou proches de celui-ci, dont la voracit&#233; est sans fin, la rapacit&#233;, sans limites, qui s'enrichissent &#224; vue d'&#339;il, au su et au vu de tout le monde, en bonne conscience, gr&#226;ce aux diff&#233;rents leviers de commandement et aux r&#233;gies financi&#232;res qu'ils contr&#244;lent. Cette dilapidation des biens publics par ceux qui sont au sommet de l'Etat a atteint une proportion telle que, dans un bref moment de lucidit&#233;, un jour, Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me n'a pas h&#233;sit&#233; de reconna&#238;tre publiquement qu'il n'est &#171; entour&#233; que de voleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, toute cette politique qui consiste &#224; enrichir essentiellement les trusts et leurs valets locaux de tout genre a-t-elle pour cons&#233;quence la d&#233;gradation constante des conditions de vie des couches populaires, d'ann&#233;e en ann&#233;e, malgr&#233; les revenus p&#233;troliers, qui, finalement, n'ont servi qu'&#224; alimenter ce vol g&#233;n&#233;ralis&#233; des biens publics, base de l'enrichissement de la bourgeoisie locale, petite et grande. La soci&#233;t&#233; ne pouvant engraisser une minorit&#233; de parasites tout en r&#233;solvant les besoins collectifs des masses opprim&#233;es, la cons&#233;quence de tout cela est donc la lente descente de celles-ci dans les profondeurs de la mis&#232;re : en ville comme en province, l'immense majorit&#233; des couches populaires a du mal &#224; se nourrir, se soigner, s'&#233;duquer, se loger, etc, sans, par ailleurs, jouir des moindres libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, car, tout cet ordre social inique, injuste, se trouve plac&#233; sous le talon de fer d'une dictature f&#233;roce, comme l'illustrent les derni&#232;res interdictions de manifester ou la suspension des partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc le contexte social et politique o&#249; se d&#233;roule le bras de fer actuel entre le monde du travail et le pouvoir, un contexte charg&#233; de frustrations, de d&#233;go&#251;t de la politique en vigueur par les masses populaires lass&#233;es de subir, des ann&#233;es durant, des privations de toutes sortes ! Voil&#224; donc qui explique aussi la sympathie populaire dont b&#233;n&#233;ficie cette gr&#232;ve, mais &#233;galement sa justesse ! Oui, les travailleurs qui rejettent cat&#233;goriquement les mesures prises par le pouvoir ont mille fois raison ! Ce n'est pas &#224; eux de faire les frais de la crise &#233;conomique du syst&#232;me capitaliste, ce syst&#232;me irrationnel, qui sacrifie l'&#233;crasante majorit&#233; de l'humanit&#233; sur l'autel du profit, dont Idriss D&#233;by Itno et son gouvernement sont les serviteurs locaux ! Si ces derniers veulent de l'argent pour r&#233;soudre les cons&#233;quences de la crise de leur syst&#232;me, ils n'ont qu'&#224; le chercher l&#224; o&#249; il est : dans les coffres forts des trusts, Esso, Airtel, Glencore, Bollor&#233;, CNPICI, mais aussi des bourgeois locaux, qu'ils ont contribu&#233; &#224; enrichir au d&#233;triment des masses populaires. Pas dans les poches des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la volont&#233; du pouvoir de leur imposer de nouveaux sacrifices pour satisfaire le FMI, les travailleurs n'ont donc pas d'autre choix que de se battre pour le contraindre &#224; retirer ses mesures. Ils en ont objectivement les moyens ! En effet, &#224; cause de leur position au c&#339;ur de l'&#233;conomie notamment, ils jouent un r&#244;le fondamental dans tout ce qui fait marcher la soci&#233;t&#233;. Ce sont eux qui font fonctionner les secteurs industriels dont d&#233;pend le pays : les sites p&#233;troliers, la Coton Tchad, la STE, la SLE, la SONASUT, la SONACIM, la Brasserie, la Poste, la T&#233;l&#233;phonie, mais aussi les banques, les assurances, le b&#226;timent, le transport, etc. Dans l'administration &#233;galement, rien ne se fait sans leur force de travail ou leur intelligence : la Sant&#233;, l'Education, la justice, la Culture, la Communication, bref, tous les secteurs publics essentiels ne fonctionnent que gr&#226;ce &#224; eux. Contrairement aux classes dirigeantes et autres privil&#233;gi&#233;s qui, tels des parasites, inutiles, vivent sur le dos de la soci&#233;t&#233;, les travailleurs, eux, en sont la s&#232;ve, la source nourrici&#232;re, dont d&#233;pend toute l'organisation sociale. Ce r&#244;le particulier, n&#233;cessaire, qu'ils jouent leur conf&#232;re en m&#234;me temps une force colossale dont ne dispose aucune autre classe sociale. Par cons&#233;quent, s'ils sont conscients de cet &#233;tat des choses et s'ils en ont l'ambition, ils sont capables de bloquer tout le pays, de le paralyser, de le couper du reste du monde et, par ce biais, d'imposer les revendications populaires au pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, cela n&#233;cessite une politique ! Pour faire reculer le pouvoir, la seule perspective qui en vaille la peine est celle d'une riposte collective du monde du travail contre la politique du gouvernement. Car, individuellement, aucun secteur n'est &#224; m&#234;me de changer le rapport des forces entre lui, d'une part, le pouvoir et le patronat, de l'autre. Par contre, tous les travailleurs du pays, tant du public que du priv&#233;, secteurs et cat&#233;gories confondus, unis autour de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre collectivement leurs int&#233;r&#234;ts de classe et leur droit &#224; la vie, pourraient changer la donne, c'est-&#224;-dire le rapport des forces entre eux et le pouvoir ! Par-del&#224; les chapelles syndicales, seule cette strat&#233;gie de l'unit&#233; de tous les travailleurs pourrait donner &#224; ces derniers les moyens d'imposer les aspirations populaires au clan du pouvoir et celui du patronat. La plateforme syndicale l'a d'ailleurs fort bien compris : lors de sa conf&#233;rence de presse, elle s'est adress&#233;e &#224; l'ensemble du monde du travail, &#224; toutes les organisations syndicales, les invitant &#224; construire ensemble cette riposte collective. Par cons&#233;quent, c'est cette perspective-l&#224; qu'il conviendrait de construire, m&#233;thodiquement, consciemment, en vue d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale du monde du travail, pour une riposte collective contre la politique du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; travers les mesures que le pouvoir vient d'imposer, en r&#233;alit&#233;, ses attaques ne se limitent pas qu'aux travailleurs. Leurs cons&#233;quences d&#233;sastreuses vont au-del&#224; du monde du travail : elles s'&#233;tendent sur l'ensemble de la nation opprim&#233;e. Quand on sait que dans ce pays le salaire est le seul moyen dont disposent des milliers d'entre nous pour faire vivre des milliers de familles comprenant plusieurs personnes, la r&#233;duction du pouvoir d'achat des travailleurs fragilisera in&#233;vitablement la vie de l'ensemble des opprim&#233;s du pays. C'est toute la soci&#233;t&#233; qui en sera touch&#233;e et sombrera de plus en plus dans la pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, dans leur combat, les travailleurs auraient int&#233;r&#234;t &#224; s'ouvrir aussi aux autres cat&#233;gories de la population qui souffrent des m&#234;mes probl&#232;mes qu'eux pour leur offrir une politique, les entra&#238;ner dans la lutte, en vue de la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts communs. Cette perspective-l&#224; aussi la plateforme revendicative l'a bien comprise : lors de sa conf&#233;rence de presse, elle l'a d&#233;fendue publiquement en s'adressant aux organisations des droits de l'homme, aux associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des jeunes, des consommateurs, des journalistes, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, aux millions donc d'autres opprim&#233;s, &#233;trangl&#233;s, comme les travailleurs, par la m&#234;me crise du capitalisme et la politique du gouvernement. L'adresse &#224; toutes les organisations du monde de travail et de la soci&#233;t&#233; civile a &#233;t&#233; aussi r&#233;affirm&#233;e dans un tract diffus&#233; par l'UST lors de la derni&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du mercredi 07/02 dernier, organis&#233;e par la plateforme syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le bras de fer actuel entre le monde du travail et le pouvoir, rien n'est jou&#233; d'avance. Nul ne peut, pour l'instant, dire de quel c&#244;t&#233; se penchera le balancier de l'histoire. La page de celle-ci reste vierge. Mais, si les travailleurs en lutte sont conscients de la force qu'ils constituent, s'ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; aller jusqu'au bout comme ils le disent, ils ont largement les moyens de la remplir &#224; leur mani&#232;re. Oui, si la plateforme revendicative oppose &#224; la politique du pouvoir, de fa&#231;on m&#233;thodique et organis&#233;e, une politique qui mette en avant des objectifs sur lesquels toutes les masses opprim&#233;es peuvent &#234;tre d'accord parce que refl&#233;tant les int&#233;r&#234;ts communs de tous, comme le droit au travail pour tous, le droit &#224; un salaire correct, le droit de se nourrir, de se loger convenablement, le droit &#224; la sant&#233;, aux soins, le droit de donner une culture moderne &#224; ses enfants, le droit aux libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, bref, le droit &#224; la vie tout simplement, en vue de construire avec elles une riposte collective afin de faire plier le pouvoir, cette t&#226;che-l&#224; n'est pas impossible !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le mercredi pass&#233;, lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale organis&#233;e &#224; la bourse du travail, le tract diffus&#233; par l'UST se concluait ainsi : &#171; TRAVAILLEURS ET OPPRIMES, DE TOUTES LES ETHNIES, DE TOUTES LES RELIGIONS, DE TOUTES LES REGIONS, UNISSONS-NOUS POUR DEFENDRE COLLECTIVEMENT NOTRE DROIT A LA VIE ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par cons&#233;quent, tous ceux qui sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par la situation actuelle, tous ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne voudraient pas que la soci&#233;t&#233; sombre dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature devraient tout faire pour que cette perspective-l&#224; soit une r&#233;alit&#233; vivante et organis&#233;e, capable d'offrir des possibilit&#233;s sup&#233;rieures vers un avenir meilleur, car c'est de tout cela que sont grosses les luttes actuelles que m&#232;ne le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors, oui, vive la gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PROBLEME N'EST NI LA FORME DE L'ETAT,&lt;br class='autobr' /&gt;
NI SES INSTITUTIONS,&lt;br class='autobr' /&gt;
MAIS LUI-MEME : SA NATURE PROFONDE, SA POLITIQUE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LES INTER&#202;TS A LUI ASSIGNES, QU'IL DEFEND !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Forum national &#187; ou &#171; dialogue inclusif &#187; ? Telle &#233;tait la question que beaucoup se posaient, se demandant si Idriss D&#233;by Itno allait accepter la proposition que lui avait faite le FONAC, le Front National pour le Changement, d'organiser ensemble les discussions sur l'Etat et d'autres probl&#232;mes dans un cadre &#233;largi d&#233;nomm&#233; &#171; dialogue inclusif &#187;. Mais, finalement, comme il fallait s'y attendre, celui que ses partisans appellent &#171; le pr&#233;sident fondateur &#187; a balay&#233; d'un d&#233;daigneux revers de la main l'offre &#224; lui faite. Il a d&#233;cid&#233; d'organiser, &#224; partir du lundi 19 mars dernier, son forum, avec les siens et une audience tri&#233;e sur le volet, sans la participation des principales organisations de son opposition politique, ni celles de la soci&#233;t&#233; civile. Presque donc &#224; huis clos, pourrait-on dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quel qu'en soit le cadre, il y a fort &#224; parier que, de ce type d'initiative, il ne sortira rien de bon qui puisse changer de fa&#231;on notable les conditions de vie des couches opprim&#233;es. Et pour cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a, en effet, le fait que, depuis les ann&#233;es 80 jusqu'aujourd'hui, l'histoire politique du pays est jalonn&#233;e de rencontres de ce genre entre les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de la classe dirigeante sans que cela n'ait en rien modifi&#233; un tant soit peu le sort des masses populaires. M&#234;me la conf&#233;rence nationale, consid&#233;r&#233;e par certains comme la m&#232;re de toutes les discussions par excellence, n'a essentiellement servi qu'&#224; une recomposition du paysage politique d'alors, d'o&#249; est n&#233;e la dictature actuelle, qui ne se donne m&#234;me plus la peine de se cacher derri&#232;re les oripeaux pseudo d&#233;mocratiques dont elle s'est drap&#233;e des ann&#233;es durant ! Pourquoi alors devrait-on croire qu'une autre discussion de ce genre, qui, de surcro&#238;t, se d&#233;roule sous la houlette exclusive du MPS, puisse produire un r&#233;sultat contraire, prenant en compte les profondes aspirations des couches populaires aux libert&#233;s essentielles et &#224; des conditions de vie dignes de notre &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ensuite,- c'est l'essentiel -, si les autres discussions ant&#233;rieures n'ont r&#233;solu aucun des probl&#232;mes majeurs auxquels les couches populaires sont confront&#233;es, c'est surtout parce que le vrai probl&#232;me, justement, ce n'est pas la forme de l'Etat, ni ses institutions, mais lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos politiciens, tout bord confondu, veulent nous faire croire que l'Etat actuel, dont ils sont tous les fid&#232;les serviteurs, pr&#233;sents, pass&#233;s ou potentiels, serait un appareil en l&#233;vitation au-dessus des classes sociales, au service de tous les Tchadiens, sans distinction aucune, qu'ils soient riches ou pauvres. Mais, cela est un grossier mensonge ! En effet, dans l'histoire des hommes, l'Etat n'a pas toujours exist&#233;. Les soci&#233;t&#233;s primitives, o&#249; les hommes d&#233;pendaient de la nature, vivaient de chasse, de cueillette et de p&#234;che, n'ont pas ressenti le besoin d'en avoir un sur de longues p&#233;riodes historiques. L'Etat n'a &#233;merg&#233; que longtemps plus tard, dans une p&#233;riode r&#233;cente, &#224; l'&#233;chelle de l'histoire : apr&#232;s la d&#233;couverte de l'agriculture, la naissance de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la division de la soci&#233;t&#233; en classes, celle des oppresseurs, d'un c&#244;t&#233;, celle des opprim&#233;s, de l'autre. Mais, d&#232;s le d&#233;but, il est apparu comme un instrument con&#231;u pour maintenir la domination d'une classe sur une autre. C'est ainsi qu'on peut constater que, pendant la p&#233;riode esclavagiste, l'Etat &#233;tait une machine organis&#233;e pour imposer la domination des ma&#238;tres sur les esclaves. Pendant la p&#233;riode f&#233;odale, il servait &#224; imposer l'ordre des seigneurs f&#233;odaux et du clerg&#233; sur l'ensemble de la population constitu&#233;e de serfs, d'artisans, de compagnons, de commer&#231;ants, etc. Quand la bourgeoisie a d&#233;truit le pouvoir de la f&#233;odalit&#233;, chass&#233; d&#233;finitivement celle-ci de la sc&#232;ne de l'histoire et jet&#233; les bases du capitalisme, elle a, &#224; son tour, impos&#233; son Etat, un instrument destin&#233; &#224; d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts contre ceux de l'ensemble des masses opprim&#233;es, que sont les prol&#233;taires et les paysans pauvres notamment. Voil&#224; ce que nous enseigne l'&#233;volution de l'histoire des hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est aussi cette m&#234;me histoire qui nous apprend quelles sont les origines historiques de l'Etat actuel, quelle est sa nature profonde, quels sont les int&#233;r&#234;ts qu'il d&#233;fend ! Le Tchad, en tant que pays, comme l'Etat sous la f&#233;rule duquel il est plac&#233;, sont, en effet, issus du morcellement du continent africain, quand, &#224; la fin du 19e si&#232;cle, la France et l'Angleterre notamment ont, en 1885, &#224; la conf&#233;rence de Berlin, mis &#224; l'ordre du jour la colonisation de l'Afrique. Puissances &#233;conomiques les plus fortes de l'&#233;poque, gr&#226;ce &#224; la traite des N&#232;gres pratiqu&#233;e trois si&#232;cles durant auparavant, avec une &#233;conomie dynamique, domin&#233;e par des trusts et de gigantesques banques, le but recherch&#233; par ces deux pays &#233;tait triple : trouver des d&#233;bouch&#233;s pour les marchandises de leurs bourgeoisies, des mati&#232;res premi&#232;res pour leurs industries, des champs d'investissement pour leurs capitaux. Ainsi, en &#224; peine vingt ans, comme le raconte si merveilleusement l'historien Joseph Kizerbo, dans son livre culte, Histoire de l'Afrique Noire, la France et l'Angleterre se sont partag&#233; toute l'Afrique, en dehors de l'Ethiopie et du Lib&#233;ria, s'offrant, au final, de v&#233;ritables empires coloniaux. Elles n'ont laiss&#233; que des miettes &#224; l'Allemagne, &#224; la Belgique, &#224; l'Espagne et au Portugal, pays imp&#233;rialistes de seconde zone, qui s'&#233;taient lanc&#233;s aussi derri&#232;re elles pour avoir leur part dans cette vaste entreprise de rapine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est dans ce contexte de d&#233;pe&#231;age du continent africain qu'est n&#233; le Tchad, construction artificielle, faite de toutes pi&#232;ces, en fonction des int&#233;r&#234;ts du colonialisme fran&#231;ais. C'est de l&#224; &#233;galement que tire ses origines l'Etat actuel ! L'acte de naissance du pays est le 22 avril 1900. Plac&#233; d'abord sous un r&#233;gime militaire, ce n'est qu'en 1938 que celui-ci a &#233;t&#233; mis sous l'autorit&#233; d'un gouverneur civil, F&#233;lix Ebou&#233;, un fran&#231;ais d'origine guyanaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais, quel que soit le r&#233;gime en vigueur, militaire ou civil, l'ordre impos&#233; &#233;tait &#224; tout point de vue dictatorial. Les populations autochtones n'y avaient aucun droit ! Pour gouverner, l'administration coloniale, qui symbolisait l'Etat de l'&#233;poque, s'appuyait sur les chefs traditionnels, ralli&#233;s &#224; son syst&#232;me et r&#233;duits au rang d'agents subalternes de ce dernier. Certains de ceux-ci &#233;taient m&#234;me des pures cr&#233;atures de l'Etat colonial. Devenus des larbins au service de ce dernier, les chefs avaient pour mission d'appliquer ses directives, servant ainsi de courroie de transmission entre lui et les populations : ils encadraient celles-ci, levaient les imp&#244;ts, rendaient la justice, jouaient le r&#244;le de d&#233;lateurs et organisaient aussi les travaux forc&#233;s auxquels &#233;taient astreintes les populations d&#233;sign&#233;es par eux et utilis&#233;es comme une main d'oeuvre gratuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quoiqu'int&#233;gr&#233; dans l'empire colonial plac&#233; sous l'autorit&#233; de l'Etat fran&#231;ais, comme dans la plupart des colonies, le r&#233;gime en vigueur au Tchad reposait sur une division de la population entre colonisateurs et colonis&#233;s : il y avait, d'un c&#244;t&#233;, des citoyens fran&#231;ais et, de l'autre, des sujets, appel&#233;s couramment indig&#232;nes. Constituant la majorit&#233; de la population, ceux-ci n'avaient aucun droit, mais, des devoirs. Tous les indig&#232;nes adultes devaient participer aux travaux forc&#233;s obligatoires. Pour aller d'un coin &#224; un autre, ils devaient demander un laisser-passer, exactement comme en Afrique du sud sous l'apartheid. Ils n'avaient, &#233;videmment, aucune libert&#233;, ni de r&#233;union, ni de presse, ni syndicale. M&#234;me la culture du coton, introduite en 1925, &#233;tait impos&#233;e : c'&#233;tait souvent sous la chicotte que les paysans &#233;taient contraints de cultiver ce produit dont avait besoin l'industrie fran&#231;aise, au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res n&#233;cessaires &#224; leur subsistance. Par bien d'aspects, l'Etat colonial en vigueur &#233;tait donc dictatorial, mais aussi s&#233;gr&#233;gationniste, une sorte d'apartheid local qui refusait de dire son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette situation a dur&#233; jusqu'&#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, de 39-45, au cours de laquelle elle s'est m&#234;me aggrav&#233;e. Mais, quand a pris fin cette boucherie que les diff&#233;rentes puissances imp&#233;rialistes avaient impos&#233;e au monde entier, juste pour le partage des march&#233;s, a &#233;merg&#233; un ph&#233;nom&#232;ne nouveau et puissant : la naissance du nationalisme des peuples colonis&#233;s et semi-colonis&#233;s, qui a &#233;branl&#233; les empires coloniaux notamment, exprimant ainsi une col&#232;re profonde des populations contre leur sort d'opprim&#233;s, maltrait&#233;s, m&#233;pris&#233;s, domin&#233;s dans leurs propres pays. D&#233;clench&#233; en Asie et au Moyen Orient, ce fort mouvement international de contestation et de r&#233;voltes, port&#233; par le d&#233;sir des colonis&#233;s de s'&#233;manciper, a eu aussi de larges &#233;chos et de profondes r&#233;percussions sur le continent africain, sous forme de gr&#232;ves, d'&#233;meutes, de r&#233;voltes et d'insurrections : en Alg&#233;rie, en 1945, &#224; Madagascar, en 1947, au Cameroun avec l'UPC, l'Union des Populations du Cameroun, qui revendiquait d&#233;j&#224; l'ind&#233;pendance en 1948, etc... Dans tout le continent, les combats politiques d'alors s'accompagnaient g&#233;n&#233;ralement de grandes luttes sociales initi&#233;es et dirig&#233;es par des syndicats, comme, par exemple, la gr&#232;ve des cheminots du Dakar-Bamako en 1947, immortalis&#233;e par Semb&#232;ne Ousmane dans son roman Les Bouts de Bois de Dieu. Souvent, les deux formes de luttes, politiques et syndicales, se combinaient, se nourrissaient les unes les autres. Ainsi beaucoup de dirigeants politiques sont-ils n&#233;s du mouvement syndical : S&#233;kou Tour&#233;, en Guin&#233;e, Ruben Um Nyob&#233;, au Cameroun, Houphou&#235;t Boigny, &#224; la t&#234;te du syndicat des planteurs en C&#244;te d'Ivoire, Fran&#231;ois Tombalbaye, au Tchad, Djibo Bakary, au Niger, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ainsi que, pour d&#233;samorcer la col&#232;re populaire afin de continuer &#224; avoir sa mainmise sur ses colonies, de 1945 &#224; 1958, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a initi&#233; un certain nombre de r&#233;formes dans ses territoires africains. Juste &#224; la fin de la guerre, il a accept&#233; la formation d'une Assembl&#233;e constituante, avec un double coll&#232;ge, o&#249; n'&#233;taient autoris&#233;s &#224; voter que &#171; les notables &#233;volu&#233;s &#187;. Par contre, des &#233;lections, &#233;taient exclus les paysans pauvres, les ouvriers, les femmes des milieux populaires et leurs enfants. L'indig&#233;nat a &#233;t&#233; aussi supprim&#233; et remplac&#233; par le code civil fran&#231;ais : les &#171; indig&#232;nes &#187; sont devenus des citoyens de &#171; Union fran&#231;aise &#187;. Le travail forc&#233; a &#233;t&#233; aussi aboli, les libert&#233;s d'association, de r&#233;union et d'expression, accord&#233;es. C'est dans ce contexte que sont n&#233;s les premi&#232;res organisations politiques, symbolis&#233;s notamment par le RDA, le Rassemblement D&#233;mocratique Africain, cr&#233;&#233; en 1947, &#224; Bamako, et ses diff&#233;rentes sections nationales, comme le PPT, le Parti Progressiste Tchadien. De nombreux syndicats libres aussi ont vu le jour. Le point culminant de toutes ces r&#233;formes a &#233;t&#233; la &#171; loi-cadre &#187;, concoct&#233;e en 1956, par Gaston Defferre, alors &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de la France d'Outre-mer : elle a d&#233;cid&#233; d'instituer le suffrage universel, de mettre fin au double coll&#232;ge, de cr&#233;er des ex&#233;cutifs locaux, qui offriraient d'importantes responsabilit&#233;s aux &#233;lites africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le but de toutes ces r&#233;formes &#233;tait d'associer de plus en plus les notables africains &#224; la gestion des affaires pour, d'une part, endiguer la col&#232;re populaire, et, d'autre part, le moment venu, mettre &#224; la t&#234;te des diff&#233;rentes colonies des valets locaux qui auraient pour r&#244;le de continuer &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sous de nouvelles formes. Le Cameroun a &#233;t&#233; le laboratoire o&#249; la France a &#233;chafaud&#233; et pouss&#233; cette politique jusqu'&#224; ses ultimes cons&#233;quences : apr&#232;s avoir &#233;cart&#233; l'UPC de la sc&#232;ne politique en le d&#233;truisant militairement, elle a hiss&#233; au pouvoir un pantin local, en la personne d'Ahmadou Ahidjo, &#224; qui elle a fait porter les revendications du mouvement insurrectionnel -, la souverainet&#233; nationale et la r&#233;unification du pays -, mais vid&#233;es de leur contenu nationaliste, dans la perspective d'une ind&#233;pendance de fa&#231;ade, accord&#233;e le 1er janvier 1960, qui renfor&#231;ait plut&#244;t la mainmise de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sur le pays dans tous les domaines, &#233;conomiques, politiques, militaires, diplomatiques notamment ! Cette exp&#233;rience a &#233;t&#233;, ensuite, g&#233;n&#233;ralis&#233;e et appliqu&#233;e dans toutes les colonies fran&#231;aises qui allaient acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance, les unes apr&#232;s les autres, tout au long de l'ann&#233;e 1960, jetant ainsi les bases de ce qu'on appelle de nos jours &#171; la fran&#231;afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maillon important du dispositif colonial fran&#231;ais en Afrique, le Tchad a, lui aussi, suivi la m&#234;me trajectoire politique qui a, finalement, abouti &#224; l'Etat actuel. En effet, d&#232;s la fin de la guerre, le pays a &#233;t&#233; &#233;galement le berceau d'un nationalisme militant qui s'exprimait contre les aspects les plus r&#233;pugnants de l'ordre colonial. Contrainte, ici aussi, l'administration fran&#231;aise a donc initi&#233; un certain nombre de r&#233;formes, comme la fin des travaux forc&#233;s, la libert&#233; d'association, d'expression, de r&#233;union, etc. De 1947 &#224; 1952, ont &#233;t&#233; ainsi cr&#233;&#233;s plusieurs partis politiques : le PPT RDA, le Parti Progressiste Tchadien, section locale du Rassemblement D&#233;mocratique Africain, l'UDT, l'Union des D&#233;mocrates Tchadiens, le PSI, Parti Socialiste Ind&#233;pendant, l'AST, l'Action Socialiste Tchadienne, le MSA, le Mouvement Socialiste Africain, l'UNT, l'Union Nationale Tchadienne, etc. Des syndicats ont &#233;galement vu le jour, de 1947 &#224; 49, notamment dans le b&#226;timent, le commerce, chez les employ&#233;s ou les gens de maison. En 1956, &#171; la loi-cadre &#187; de Gaston Defferre a &#233;galement offert aux &#233;lites locales l'opportunit&#233; d'&#234;tre associ&#233;es &#224; la gestion des affaires et int&#233;gr&#233;es dans l'ordre social en vigueur comme d&#233;put&#233;s, maires, conseillers, fonctionnaires, cadres de l'arm&#233;e, de la police, etc. De quelque bord qu'ils soient, tous ces notables aspiraient &#224; offrir leur service pour &#234;tre les larbins de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, y compris le PPT RDA, suivant l'exemple d'Houphou&#235;t Boigny qui, en 1950, avait chang&#233; de veste et fait le choix de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la France coloniale : lors des &#233;lections de 1958, ils ont tous vot&#233; &#171; Oui &#187; pour la communaut&#233; fran&#231;aise. Seule l'UNT, une jeune organisation cr&#233;&#233;e par Ibrahim Abatcha et Mamat Aba, a fait le choix contraire, en votant &#171; Non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, &#224; l'instar de ce qui s'&#233;tait pass&#233; au Cameroun, le 11 ao&#251;t 1960, les dirigeants du PPT RDA, sous l'&#233;gide de Fran&#231;ois Tombalbaye, devenu premier pr&#233;sident du pays, ont &#233;t&#233; port&#233;s au pouvoir &#224; la t&#234;te d'un Etat con&#231;u par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et ceux de ses valets locaux. Ce choix n'&#233;tait pas fortuit, cependant ! Avant la volteface Houphou&#235;t Bo&#239;gny, des ann&#233;es durant, le PPT RDA avait, en effet, men&#233; un v&#233;ritable combat contre les exactions et les abus de l'administration coloniale, comme, par exemple, les travaux forc&#233;s. Nombre de ses militants avaient &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233;s, emprisonn&#233;s. Aussi, ce combat avait-t-il permis &#224; cette organisation de gagner la sympathie des masses populaires sur toute l'&#233;tendue du territoire : &#224; l'or&#233;e de l'ind&#233;pendance, c'&#233;tait le seul parti qui ait une v&#233;ritable assise nationale, mais aussi des militants aguerris, form&#233;s dans les ann&#233;es ant&#233;rieures des luttes anticolonialistes. Par cons&#233;quent, ce n'est pas surprenant que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ait puis&#233;, en son sein, les politiciens dont ils avaient besoin pour continuer &#224; maintenir sa domination sur le pays, sous de nouvelles formes, dans le cadre d'une ind&#233;pendance factice, parce que c'&#233;tait la seule organisation capable d'assurer cet ordre-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc comment est n&#233; l'Etat actuel : d&#232;s ses origines, c'est un instrument con&#231;u par la France, qu'elle a ensuite l&#233;gu&#233; &#224; la classe dirigeante locale afin de continuer l'&#339;uvre de domination et d'exploitation du pays, au profit de ses trusts, ceux de la bourgeoisie mondiale et de leurs diff&#233;rents larbins nationaux ! Telle est donc sa nature profonde ! Telle est sa politique ! Tels sont les int&#233;r&#234;ts &#224; lui assign&#233;s, qu'il d&#233;fend ! C'est cela qui explique le fait que, de sa naissance jusqu'aujourd'hui, les masses populaires n'ont jamais particip&#233; aux diff&#233;rents changements op&#233;r&#233;s au sein de cet Etat. De Tombalbaye &#224; Idriss D&#233;by Itno, en passant par Maloum, Goukouni, Habr&#233;, c'est l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui en a pris l'initiative, changeant, tels des pions sur un &#233;chiquier, les hommes et les r&#233;gimes, en fonction de ses int&#233;r&#234;ts du moment. Mais, quels que soient ces changements et les larbins locaux charg&#233;s de les incarner, - civils, militaires, pseudo r&#233;volutionnaires, parti unique, multipartisme -, derri&#232;re eux, se terre toujours le m&#234;me Etat, dont, au fil du temps, les m&#233;tamorphoses n'ont pas alt&#233;r&#233; la nature profond&#233;ment dictatoriale, comme on le voit de nos jours avec le r&#232;gne du MPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de la bourgeoisie, lorsqu'on veut appr&#233;cier les rapports entre les populations d'un pays et les institutions en vigueur, ce qui compte, ce n'est pas tant la forme de l'Etat ou ses institutions que les int&#233;r&#234;ts de classe qu'il d&#233;fend. En effet, l'Etat bourgeois peut prendre plusieurs formes : il peut &#234;tre unitaire, comme en France, au Tchad, f&#233;d&#233;ral, comme aux Etats-Unis, au Nig&#233;ria, ou &#224; caract&#232;re f&#233;odal, comme en Arabie saoudite ou au Maroc. Mais, quelle que soit la forme qu'il prend, il est partout un instrument au service de la bourgeoisie, de cette minorit&#233; de riches, tant nationale que mondiale, dont il d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts. C'est cela qui fait que, partout &#233;galement, y compris dans les pays riches, cet Etat-l&#224; est une dictature pour les masses opprim&#233;es, car ni la voix, ni les int&#233;r&#234;ts de celles-ci ne sont pris en compte dans les sph&#232;res o&#249; se d&#233;cident les choix essentiels qui conditionnent la vie de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela donc qui explique pourquoi, de Tombalbaye jusqu'aujourd'hui, c'est cet Etat qui, malgr&#233; les changements d'hommes et de r&#233;gimes, est le principal organisateur de la soci&#233;t&#233; actuelle, un monde profond&#233;ment in&#233;galitaire, injuste, o&#249; une petite minorit&#233; de bourgeois, parasites, et les trusts, dont ils sont les valets locaux, exploitent, pillent, &#224; ciel ouvert, les ressources tant humaines que naturelles du pays et condamnent l'&#233;crasante majorit&#233; de la population &#224; la mis&#232;re, aux maladies, que l'on peut souvent soigner rien qu'avec de l'eau potable ! Voil&#224; qui explique aussi pourquoi les responsables de l'administration de cet Etat, les gouverneurs, les pr&#233;fets, les sous-pr&#233;fets, les chefs traditionnels, se comportent exactement comme les fameux &#171; Dieux de brousse &#187; de nagu&#232;re sous l'&#232;re coloniale, en vivant sur le dos des populations comme des sangsues, leur faisant subir divers abus et exactions, en toute impunit&#233; ! Voil&#224; qui explique &#233;galement pourquoi la justice de cet Etat est discriminatoire : elle prot&#232;ge les plus riches, les nantis, y compris les voleurs, que tout le monde conna&#238;t, dont m&#234;me Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me parle, mais elle est f&#233;roce envers les pauvres et leurs enfants, que l'on exhibe &#224; la t&#233;l&#233;vision comme un butin de guerre contre l'ins&#233;curit&#233;, m&#234;me s'ils volent un pain tout simplement parce qu'ils ont faim ! Voil&#224; qui explique, enfin, pourquoi, pour maintenir cet ordre inique, cet Etat est et a toujours &#233;t&#233; une horrible dictature, dont l'arm&#233;e -, form&#233;e initialement autour des tirailleurs ayant particip&#233; &#224; la guerre d'Indochine ou de l'Alg&#233;rie pour le compte de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais -, mais aussi la police et autres appareils de r&#233;pression sont responsables des nombreux massacres, crimes, meurtres, assassinats, emprisonnements arbitraires, qui &#233;maillent l'histoire politique du pays, comme, par exemple, les 40 000 morts perp&#233;tr&#233;s rien que sous le pouvoir d'Hissein Habr&#233;, sans oublier ceux commis sous les quinze ans de la dictature de Tombalbaye ou les bient&#244;t vingt-huit ans de celle du MPS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela d&#233;montre &#224; suffisance que le forum actuel sur la forme de l'Etat et ses institutions ressemble fort bien &#224; une op&#233;ration de diversion ! Ne posant pas la question des int&#233;r&#234;ts de classe que l'Etat d&#233;fend, il a toutes les allures d'une habile man&#339;uvre qui cherche &#224; couvrir la dictature de nouvelles parures sans en changer la nature profonde. Par cons&#233;quent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s ne devraient pas se laisser illusionner par ce qui s'y passe. Car, quels que soient les r&#233;solutions qui auront &#233;t&#233; prises et le toilettage dont l'Etat aura &#233;t&#233; l'objet, cela ne modifiera en rien sa nature profonde. Les riches continueront &#224; piller, &#224; s'enrichir de plus en plus. Par contre, pour les masses populaires, ce sera toujours la mis&#232;re, les maladies, les privations de toutes sortes et, au-dessus de tout cela, le talon de fer de la dictature ! Dans ces conditions, si celles-ci veulent acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de vie, dignes de notre &#233;poque, mais aussi aux libert&#233;s essentielles, elles n'ont pas d'autre choix que de se mobiliser, de se battre pour leurs propres int&#233;r&#234;ts, comme viennent de le faire les travailleurs en gr&#232;ve, qui ont oblig&#233; le pouvoir &#224; reculer. Par ailleurs, le jour o&#249; les masses populaires auront l'ambition se d&#233;barrasser d&#233;finitivement de l'exploitation, de la mis&#232;re et de la dictature, elles devront agir comme l'a fait la bourgeoisie elle-m&#234;me contre le pouvoir f&#233;odal, quand, r&#233;volutionnaire, elle voulait transformer le monde en fonction de ses int&#233;r&#234;ts : il leur faudra alors en finir avec cet Etat-l&#224;, d&#233;truire son arm&#233;e, sa police, son administration, sa justice, exproprier les riches, dans le but d'imposer un pouvoir qui leur soit propre, fond&#233; sur la mise en commun des richesses, la d&#233;mocratie la plus large qui soit, avec autant de partis, de syndicats, d'associations qu'on voudra, dont le moteur ne sera plus la loi de l'argent, mais, la satisfaction des besoins collectifs de tous ! Car, telle est la logique implacable de l'&#233;volution de l'histoire des hommes &#224; l'&#232;re de la domination du monde par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SEULE UNE RIPOSTE COLLECTIVE DES TRAVAILLEURS ET DE L'ENSEMBLE DES OPPRIMES, SOUS LA FORME D'UN FRONT UNIQUE, POURRAIT IMPOSER A LA DICTATURE LE DROIT A LA VIE DES COUCHES POPULAIRES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le mardi 06 janvier dernier, la Plateforme syndicale revendicative, constitu&#233;e de l'US, CIST, SYNECS, SYMET, et la Plateforme syndicale pour le Dialogue social, qui comprend la CSTT, la CST et la CLTT, ont appel&#233; &#224; une conf&#233;rence de presse &#224; la Bouse du Travail. Le but de cette rencontre &#233;tait de faire le point sur un pacte social, sign&#233; le 4octore 2021, entre ces organisations syndicales et l'Etat tchadien, afin d'en appr&#233;cier le chemin parcouru et les r&#233;sultats obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant de se livrer aux questions de la presse, en guise de pr&#233;ambule, les dirigeants de ces deux plateformes syndicales avaient lu un document pour, d'une part, faire la gen&#232;se dudit pacte social, - sign&#233; devant pas moins de six ministres, dont notamment celui de la Fonction publique et du Dialogue social, celui des Finances et du Budget -, et d'autre part, mettre en exergue le fait que, deux ans apr&#232;s, l'Etat n'avait pratiquement rien fait pour respecter son engagement en satisfaisant leurs diff&#233;rentes revendications. Aussi, face &#224; cette situation, marqu&#233;e notamment par le non-respect de la parole du pouvoir actuel et de ses dignitaires, les responsables syndicaux ont-ils conclu que, si le gouvernement ne prenait pas les mesures n&#233;cessaires pour satisfaire urgemment leurs revendications, ils envisageraient de mobiliser les travailleurs et de d&#233;clencher de vastes mouvements de gr&#232;ve pout obtenir gain de cause. Aux derni&#232;res nouvelles, les organisations syndicales viennent d'appeler &#224; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; la Bourse du Travail, le samedi 17 f&#233;vrier prochain, pout discuter de cette orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au cynisme et au m&#233;pris du pouvoir, qui, par ailleurs, dilapide des sommes colossales dans des choses inutiles, comme l'organisation du dialogue dit inclusif ou celle du dernier r&#233;f&#233;rendum, sans oublier les d&#233;tournements de fonds et de biens publics sur lesquels il ferme les yeux, les dirigeants des deux plateformes syndicales ont toutes les raisons du monde d'utiliser tous les moyens possibles pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et leurs droits ! Il est hors de questions que ce soit eux qui fassent les frais des crises successives du syst&#232;me capitaliste, dont les politiciens actuels au pouvoir sont tous des larbins, qui se gavent, s'empiffrent, sur le dos de la soci&#233;t&#233; comme des parasites ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant s'il est juste, fort l&#233;gitime, que les travailleurs r&#233;clament &#224; l'Etat ce qui leur revient de droit, dans le contexte actuel, marqu&#233; par une d&#233;gradation permanente des conditions de vie des couches populaires, &#233;trangl&#233;es par une inflation qui les prive du minimum vital, et une dictature de plus en plus brutale, comme on l'a vu avec la r&#233;pression f&#233;roce de 2022, le compte n'y serait pas m&#234;me si, comme par miracle, le pouvoir d&#233;cidait de satisfaire les revendications des travailleurs : cela ne permettrait pas &#224; ces derniers et &#224; l'ensemble des opprim&#233;s d'acc&#233;der &#224; une vie digne de notre &#233;poque et aux libert&#233;s essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En effet, de la premi&#232;re goutte du p&#233;trole jusqu'aujourd'hui, il y a eu beaucoup d'argent engrang&#233; dans le pays, dont les trusts du p&#233;trole sont les principaux b&#233;n&#233;ficiaires. Mais, ceux-ci en ont aussi laiss&#233; des miettes importantes &#224; l'Etat tchadien, qui s'en est servi pour s'&#233;quiper militairement, mais &#233;galement, pour promouvoir une minorit&#233; de parasites bourgeois, qu'il a aid&#233;s &#224; devenir des milliardaires gr&#226;ce au d&#233;tournement des fonds publics et &#224; la surfacturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le partage de la cagnotte revenue au Tchad, les travailleurs, qui sont &#224; l'origine de la cr&#233;ation de ces richesses, n'en ont rien eu : l'Etat du MPS s'est juste content&#233; de leur offrir des primes et des indemnit&#233;s &#8211; qu'il a coup&#233;es ensuite, durant des mois, apr&#232;s la chute du prix du p&#233;trole sur le march&#233; mondial en 2016. Les travailleurs sont donc les seuls &#224; &#234;tre doublement perdants dans cette affaire, d'autant plus que, ces derniers temps, la chert&#233; de la vie s'est d&#233;velopp&#233;e vertigineusement : les prix des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, du riz, du mil, du ma&#239;s, mais aussi, du gaz, du p&#233;trole, de l'essence &#8211; qu'on ne trouve plus dans les stations -, de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, des loyers, du transport, etc, ont tous augment&#233;, &#224; un point tel que, pour la majorit&#233; des travailleurs du pays, notamment pour la frange la plus importante d'entre eux, qui ne vivote qu'avec le smig, la vie est devenue un enfer !&lt;br class='autobr' /&gt; Dans ces conditions, les travailleurs ne devraient pas se contenter de lutter seulement pour ce que l'Etat leur doit : ils devraient avoir des ambitions beaucoup plus grandes ! Pour rattraper ce qu'ils ont perdu, depuis ann&#233;es, il serait fort juste qu'ils revendiquent une augmentation substantielle des salaires, car, il est difficile de vivre aujourd'hui m&#234;me avec un revenu mensuel de 100 voire 150 000 fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs et les masses opprim&#233;es ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes et sur leurs luttes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, pour l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie et l'accession aux libert&#233;s essentielles, les travailleurs et les masses populaires ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes et sur leurs luttes, avec leurs propres armes : la mobilisation, la gr&#232;ve, les manifestations, la rue ! Seule leur riposte collective, sous la forme d'un front unique, avec l'ensemble des opprim&#233;s du pays pourrait permettre de tracer un chemin vers un avenir meilleur parce que l'am&#233;lioration de leurs conditions d'existence, comme leur &#233;mancipation de l'exploitation, de la mis&#232;re et de la dictature, sera leur propre &#339;uvre ou ne sera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait dans le pays un parti r&#233;volutionnaire, d&#233;fendant exclusivement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des opprim&#233;s contre ceux de la bourgeoisie locale, des trusts et de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ce serait &#224; lui que reviendrait la t&#226;che de construire m&#233;thodiquement cette riposte collective, ce front unique-l&#224;. Mais, en l'absence d'un tel parti, qui fait cruellement d&#233;faut de nos jours, ce serait logique que ce soit aux plateformes syndicales, - comme celle form&#233;e autour de l'UST, la structure syndicale la plus importante et la plus combative du pays -, de porter cette perspective-l&#224;, si leurs dirigeants en avaient l'ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des travailleurs d'organiser et de piloter la riposte collective n'est &#233;videmment pas fortuit : ces derniers constituent la principale force du pays ! A cause de leur position au c&#339;ur de l'&#233;conomie et de l'administration, ils jouent un r&#244;le fondamental dans tout ce qui fait marcher la soci&#233;t&#233;. Ce sont eux qui font fonctionner les secteurs industriels dont d&#233;pend le pays, mais aussi les banques, les assurances, l'h&#244;tellerie, le b&#226;timent, le transport, etc. Dans l'administration &#233;galement, rien ne se fait sans leur force de travail ou leur intelligence : tous les secteurs publics essentiels ne fonctionnent que gr&#226;ce &#224; eux. Ils sont la s&#232;ve, la source nourrici&#232;re, dont d&#233;pend toute l'organisation sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#244;le particulier, n&#233;cessaire, que les travailleurs, du public comme du priv&#233;, jouent, sur toute l'&#233;tendue du pays, leur conf&#232;re une force colossale dont ne dispose aucune autre classe sociale. Par cons&#233;quent, s'ils en ont l'ambition, ils pourraient s'en servir pour f&#233;d&#233;rer toutes les col&#232;res qui couvent dans le pays contre la politique du pouvoir actuel et ses partisans afin de construire un front unique avec l'ensemble des opprim&#233;s en vue d'imposer &#224; la dictature les aspirations populaires &#224; une vie digne de notre &#233;poque et aux libert&#233;s essentielles, en bloquant, paralysant tout le pays, au moyen d'un gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale soutenue par des manifestations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle strat&#233;gie ? Quel programme pour construire ce front unique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les dirigeants des plateformes syndicales avaient l'ambition de construire cette riposte collective, ils devraient s'adresser &#224; toutes les organisations syndicales du pays, mais aussi, &#224; celles des droits de l'homme, aux partis politiques de l'opposition, aux associations des femmes, des &#233;tudiants et des &#233;l&#232;ves, des retrait&#233;s, des vacataires et autres contractuels, etc, en vue de constituer avec eux un programme, sous la forme d'un plan d'urgence, d'int&#233;r&#234;t public, comprenant les exigences essentielles du monde du travail et des masses laborieuses, aussi bien face &#224; la chert&#233; de la vie qu'&#224; la dictature, pouvant f&#233;d&#233;rer tout le monde dans un mouvement de tous ensemble, un front unique, contre le r&#233;gime du MPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles revendications communes les plateformes syndicales pourraient d&#233;fendre aupr&#232;s de tous les travailleurs du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les plateformes syndicales devraient proposer aux autres syndicats, quels qu'ils soient, de lutter ensemble contre la chert&#233; de la vie, dont les masses opprim&#233;es sont les principales victimes, en d&#233;fendant ensemble une augmentation cons&#233;quente, de 50 000 fr, des salaires de tous les travailleurs, tant du priv&#233; que du public, du SMIC, &#224; 80 000 fr, des allocations de ch&#244;mage, des pensions de retraite, le paiement des arri&#233;r&#233;s des salaires des fonctionnaires, l'embauche de tous les contractuels et des pr&#233;caires dans les secteurs publics essentiels, l'Education, la Sant&#233;, notamment, une baisse importante des prix des produits et des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, mais aussi, de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, du p&#233;trole, de l'essence, du gaz, du transport, des imp&#244;ts, des loyers, l'instauration de l'&#233;chelle mobile des salaires, &#8211; chaque fois que les prix des produits indispensables augmentent, les salaires font de m&#234;me, ils augmentent aussi, proportionnellement -, la gratuit&#233; effective de l'&#233;ducation et des soins dans le public, un revenu minimum pour tous ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient d'aucun emploi, un fonds de soutien aux personnes &#226;g&#233;es ne b&#233;n&#233;ficiant d'aucune retraite, la cr&#233;ation d'un service de transport public, la construction de logements sociaux, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles revendications communes les plateformes syndicales pourraient proposer aux organisations des droits de l'homme et aux partis politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la chute du r&#233;gime d'Hissein Habr&#233; et l'instauration du multipartisme, sous la pression de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, les libert&#233;s essentielles auxquelles aspirent les masses populaires n'existent que dans des textes et non dans la vie r&#233;elle. Nous assistons &#224; une fiction de d&#233;mocratie, un ersatz de celle-ci, derri&#232;re lesquels se cache la m&#234;me dictature d'antan, qui continue &#224; maintenir le pays sous sa f&#233;rule. On le voit notamment avec les arrestations arbitraires, comme celles de ces derniers temps, mais aussi, le fait que le r&#233;gime MPS &#233;touffe syst&#233;matiquement toutes les libert&#233;s essentielles, en plus de la mis&#232;re de plus en plus croissante qu'il impose &#224; toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les plateformes auraient aussi int&#233;r&#234;t &#224; proposer aux organisations des droits de l'homme et aux partis politiques de d&#233;fendre ensemble, le respect du vote des populations en changeant profond&#233;ment les structures charg&#233;es de l'organisation des &#233;lections et de la proclamation de leurs r&#233;sultats, la d&#233;fense et la jouissance des droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires, de r&#233;union, d'expression, d'organisation, de manifestation, sans aucune menace ni entrave de la part du pouvoir, la rupture du cordon ombilical qui lie exclusivement la presse publique, la radio, la t&#233;l&#233;vision notamment, au pouvoir du MPS, en vue de l'&#233;mancipation de ces structures du joug de celui-ci et de l'instauration d'une expression libre de toutes les sensibilit&#233;s au sein de l'ONRTV, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, dans ce combat commun, il est hors de question que les travailleurs se fondent dans les partis politiques ou se mettent &#224; leur remorque, les laissent prendre la direction du front unique : s'il est n&#233;cessaire qu'ils luttent ensemble pour ces revendications qui leur sont communes, chacun devrait rester sous son drapeau parce qu'ils n'ont pas tous le m&#234;me agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour les partis bourgeois de l'opposition, la d&#233;mocratie est une fin en soi, mais, pour les travailleurs, elle n'est qu'un moyen pouvant leur permettre de s'organiser pour d&#233;fendre collectivement leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, tant sociaux que politiques : s'exprimer, faire des gr&#232;ves, manifester, s'organiser pour se doter d'un parti qui soit le leur propre, en vue de se lancer un jour &#224; la conqu&#234;te du pouvoir politique dans le but de transformer radicalement la soci&#233;t&#233; en fonction des int&#233;r&#234;ts des larges couches populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles revendications communes que les plateformes syndicales pourraient proposer aux &#233;l&#232;ves, aux &#233;tudiants, aux femmes et aux autres cat&#233;gories d'opprim&#233;s souffrant, comme eux, du caract&#232;re arri&#233;r&#233; du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre bourgeoisie, grande comme petite, est venue tardivement sur la sc&#232;ne de l'histoire, comme un pur produit du colonialisme fran&#231;ais, d'abord, et un valet des puissances imp&#233;rialistes, notamment de la France, ensuite. Aussi est-elle pleutre, poltronne, incapable m&#234;me de r&#233;aliser ses propres t&#226;ches d&#233;mocratiques, comme moderniser la soci&#233;t&#233; en vulgarisant la science, les connaissances modernes, en finissant aussi avec les structures f&#233;odales, les m&#339;urs r&#233;trogrades, barbares, h&#233;rit&#233;es du pass&#233;, comme l'oppression de la femme notamment. Par cons&#233;quent, c'est aussi aux travailleurs et autres opprim&#233;s qu'il appartient de se charger de ces t&#226;ches-l&#224; et de les r&#233;aliser par leurs combats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, dans le cadre de la mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les opprim&#233;s du pays, les travailleurs devraient-ils proposer &#233;galement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	des revendications communes aux &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants : l'instauration d'une bourse, comme un droit pour tout &#233;tudiant, la formation d'un personnel hautement qualifi&#233; pour les &#233;tablissements publics, la cr&#233;ation de biblioth&#232;ques dans ces derniers, de cantines scolaires gratuites, la multiplication des aires et salles de sport, la construction de m&#233;diath&#232;ques, de salles de cin&#233;ma dans les quartiers populaires, la cr&#233;ation de conservatoires de musique, la gratuit&#233; effective de l'&#233;ducation, mais aussi, de la sant&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	des revendications communes aux femmes : une lutte hardie contre leur oppression, comprenant l'interdiction r&#233;elle du mariage des filles mineures, de la dote, qui ressemble &#224; un prix d'achat des filles, de la polygamie, &#8211; symbole officiel de l'oppression de la femme -, de la coutume qui permet &#224; un p&#232;re de donner sa fille en aum&#244;ne, tel un mouton, une r&#233;volution agraire profonde afin que les paysannes soient propri&#233;taires des terres qu'elles cultivent, l'instauration d'un Code familial progressiste, donnant aux femmes les m&#234;mes droits que les hommes face &#224; l'h&#233;ritage, &#224; la garde des enfants, au divorce, l'octroi d'une pension &#224; la femme divorc&#233;e si c'est &#224; elle que revient la garde les enfants, un revenu minimum pour les femmes et les m&#232;res isol&#233;es, l'interdiction de la coutume qui veut qu'une femme &#233;pouse, malgr&#233; elle, le fr&#232;re de son mari d&#233;funt ou un membre de la famille de celui-ci, lui revenant ainsi tel un objet dont il h&#233;rite, la parit&#233; totale dans toutes les institutions publiques et les partis politiques, l'harmonisation des droits sur le lieu du travail- toute femme qui a le m&#234;me dipl&#244;me ou remplit la m&#234;me responsabilit&#233; qu'un homme doit avoir le m&#234;me salaire que lui-, l'abolition du port du voile dans les lieux publics, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les coll&#232;ges, les universit&#233;s, les bureaux,- comme le r&#233;clament les femmes musulmanes tunisiennes, alg&#233;riennes, iraniennes ou m&#234;me saoudiennes, en lutte contre l'int&#233;grisme religieux-, la mixit&#233; des femmes et des hommes, des filles et des gar&#231;ons, dans les espaces publics, la construction de centres de formation professionnelle destin&#233;s &#224; donner aux femmes une sp&#233;cialisation dans plusieurs domaines afin qu'elles aient une qualification en vue d'un m&#233;tier, la cr&#233;ation par l'Etat de cr&#232;ches, de garderies, pour d&#233;tacher les femmes du lourd fardeau relatif &#224; la maternit&#233;, mais aussi de maquis g&#233;ants, de restaurants publics, dans les centres administratifs, les zones industrielles et tous les quartiers des grandes villes, avec un personnel qualifi&#233;, o&#249; tous ceux qui travaillent, tant dans le public que dans le priv&#233;, peuvent venir se restaurer gr&#226;ce &#224; des tickets pay&#233;s par leurs employeurs, afin que les femmes s'&#233;mancipent des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, notamment du devoir de faire la cuisine, et consacrent leur temps libre &#224; leur formation culturelle ou &#224; leurs loisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel donc devrait &#234;tre l'objectif de la riposte collective, du front unique, des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s ! C'est un enjeu de taille, certes ! Mais, il n'est pas hors de port&#233;e ! Car, si les plateformes syndicales sen font le choix, s'en emparent et se lancent consciemment dans le combat pour le r&#233;aliser, les travailleurs, qui font fonctionner la soci&#233;t&#233;, ont tous les moyens de le faire, s'ils comprennent que c'est cette perspective seule qui pourrait leur permettre de faire irruption dans les sph&#232;res politiques o&#249; se d&#233;cident les choix les concernant au premier chef et d'imposer eux-m&#234;mes, par leurs luttes, les changements n&#233;cessaires conformes &#224; leurs aspirations, tant politiques que sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, quels qu'ils soient, -syndicalistes, militants des organisations de la soci&#233;t&#233; civile d&#233;fendant les droits de l'homme, des partis politiques, des associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves et d'autres-, tous ceux qui sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par la situation actuelle, aspirent &#224; ce que les choses changent vraiment, ne voudraient pas que la soci&#233;t&#233; continue &#224; sombrer dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature, devraient tout faire pour aider les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s &#224; construire cette riposte collective, ce front unique, seul moyen pour sortir de l'impasse actuelle et tracer le chemin vers un avenir meilleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs, opprim&#233;s, de toutes les ethnies, de toutes les r&#233;gions, de toutes les religions, unissons-nous dans la lutte pour d&#233;fendre collectivement nos int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et notre droit &#224; la vie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA PERIODE IMPOSE LA NECESSITE D'UN FRONT UNIQUE FACE AU RENNFORCEMENT DE LA REACTION A LA T&#202;TE DE L'ETAT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e le 20 f&#233;vrier dernier continue, s'&#233;tend et prend les allures d'un ph&#233;nom&#232;ne qui s'installe dans la dur&#233;e ! S'il en est ainsi, c'est &#224; cause du m&#233;pris du couple Mamat Kaka-Succ&#232;s Masra, &#224; la t&#234;te de la dictature, qui n'a pas daign&#233; satisfaire les revendications des plateformes syndicales en lutte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les travailleurs ont toutes les raisons de ne pas accepter les mesures injustes que le pouvoir prend contre leurs int&#233;r&#234;ts, d'autant plus qu'ils sont victimes d'une inflation de plus en plus galopante, sans que l'Etat ne l&#232;ve le petit doigt. Ces derniers temps, en effet, tous les prix des produits n&#233;cessaires &#224; la vie des masses populaires ont vertigineusement augment&#233; : le riz, le mil, le ma&#239;s, la viande, le poisson, l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, les m&#233;dicaments, les fournitures scolaires, le transport, les loyers, etc . Toutes ces choses essentielles et indispensables sont, de nos jours, hors de port&#233;e de la bourse de milliers de travailleurs, &#224; tel point que certains d'entre eux ne mangent qu'une fois par jour, font des kilom&#232;tres &#224; pied pour aller &#224; leurs lieux de travail, se soignent avec de faux m&#233;dicaments que l'on trouve dans ce que l'on appelle commun&#233;ment &#171; les pharmacies par terre &#187; ou que leur offrent des pr&#233;tendus gu&#233;risseurs traditionnels et autres charlatans, qui s'engraissent sur leur dos et les empoisonnent, au lieu de les gu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, alors, oui, les travailleurs en gr&#232;ve ont toutes les raisons du monde de ne pas accepter que ce soit eux qui fassent les frais de la politique criminelle que Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra, les dignitaires du MPS et leurs alli&#233;s leur imposent juste pour satisfaire le FMI, qui leur exige de faire des &#233;conomies sur les d&#233;penses publiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, le gouvernement, avec &#224; sa t&#234;te, Succ&#232;s Msra, - un banquier, un politicien bourgeois, qui, comme tant d'autres avant lui, a fini par utiliser les cadavres de ses partisans comme marchepieds pour se hisser &#224; la mangeoire du pouvoir, aux premi&#232;res loges, satisfaisant ainsi sa soif de gloriole -, cherche de l'argent pour juguler les cons&#233;quences des crises du syst&#232;me capitaliste, dont ses membres sont des larbins, il serait bien inspir&#233; d'aller le prendre dans les coffres-forts et les poches des riches, ceux des trusts, bien s&#251;r, mais aussi de la bourgeoisie locale, notamment les op&#233;rateurs &#233;conomiques du MPS, ces milliardaires artificiellement promus &#224; coups de march&#233;s surfactur&#233;s et autres combines. Dans sa recherche de moyens pour satisfaire les exigences du FMI, le pouvoir pourrait aussi taxer lourdement les trusts et les hommes d'affaires tchadiens, diminuer drastiquement les salaires des membres du gouvernement, de ceux du Conseil National de Transition, des G&#233;n&#233;raux, des Gouverneurs ou exproprier les responsables connus des d&#233;tournements de fonds, etc&#8230; Mais, cela, nul doute que Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra et leurs ministres ne seront jamais capables de le faire parce que, au-del&#224; des effets d'annonce mensongers, leur r&#244;le, &#224; la t&#234;te de l'Etat, c'est justement de vider les bouches et les poches des pauvres et des affam&#233;s pour remplir celles des riches et des trop rassasi&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout cela prouve &#224; suffisance que ce qui se passe, sous nos yeux, &#224; travers la gr&#232;ve actuelle, va au-del&#224; d'in simple mouvement social classique. Car, en s'attaquant, de mani&#232;re permanente, aux travailleurs, ce sont les conditions de vie de l'ensemble des couches populaires que le pouvoir aggrave, fragilise et pr&#233;carise. Aussi est-ce le sort de l'ensemble de soci&#233;t&#233; qui se joue dans cette confrontation entre le monde du travail et les politiciens bourgeois &#224; la t&#234;te de la dictature : dans ce bras de fer donc, du c&#244;t&#233; o&#249; se penchera, finalement, le balancier de l'histoire d&#233;pendra notre devenir collectif, en meilleur ou en pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si c'est le camp des dignitaires du MPS et des Transformateurs qui l'emporte, les masses populaires continueront &#224; sombrer dans la mis&#232;re et la dictature. Par contre, si, au contraire, ce sont les travailleurs en lutte qui font plier le pouvoir, cela enrayera, &#224; coup s&#251;r, aussi bien la d&#233;gradation des conditions des vie des masses populaires que la spirale dictatoriale dans le pays, dont on vient de mesurer le degr&#233; avec l'assassinat brutal et inadmissible de Yaya Dillo. Le recul du pouvoir offrira &#233;galement au monde du travail des possibilit&#233;s sup&#233;rieures, des perspectives beaucoup plus grandes, pouvant conduire vers un avenir meilleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi les dirigeants des plateformes devraient tirer toutes les le&#231;ons des gr&#232;ves et des luttes any&#233;rieures. En effet, des d&#233;cennies durant, tout au long de la dictature d'Idriss D&#233;by notamment, les travailleurs ont &#233;t&#233; &#224; la t&#234;te de durs combats, tant sur le plan social que politique. Mais, quoique justes, l&#233;gitimes, toutes ces luttes n'ont pas chang&#233; leurs conditions de vie et celles des masses populaires. Elles n'ont pas fait mal non plus &#224; la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux raisons fondamentales expliquent cela : d'une part, ces luttes &#233;taient isol&#233;es, parcellaires, parce qu'elles n'entra&#238;naient pas tous les travailleurs, tant du public que du priv&#233;, et l'ensemble des opprim&#233;s dans le m&#234;me combat pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts communs sp&#233;cifiques, contre l'Etat et le patronat, dont celui-ci d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts ; d'autre part, elles n'allaient pas au-del&#224; du cadre institutionnel : elles se d&#233;roulaient et se cantonnaient sur le terrain choisi et d&#233;fini par le pouvoir lui-m&#234;me et se terminaient par des n&#233;gociations, dont celui-ci ne respectait aucunement les termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs en lutte auraient donc int&#233;r&#234;t &#224; rompre avec ces pratiques st&#233;riles de gr&#232;ves isol&#233;es se terminant par des n&#233;gociations et des signatures de pactes sociaux, qui ne co&#251;tent pas cher au pouvoir, dont il est, en fin de compte, le principal gagnant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir de l'impasse actuelle et imposer &#224; la dictature les revendications, tant sociales que politiques, du monde de travail et de l'ensemble des opprim&#233;es, qui se r&#233;sument &#224; leur droit &#224; une vie digne de notre &#233;poque, la seule strat&#233;gie, la seule perspective qui en vaille la peine, est celle d'un mouvement d'ensemble, d'une riposte collective, sous la forme d'un front unique regroupant tous les travailleurs du pays, du public comme du priv&#233;, mais aussi les militants des partis politiques de l'opposition, des organisations des droits de l'homme, des associations des femmes, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs, des journalistes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des artistes, des paysans pauvres, des petits commer&#231;ants, etc, unis dans la lutte pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, de leurs revendications commines, r&#233;pertori&#233;es dans un plan d'urgence d'int&#233;r&#234;t public. Seul donc un front unique, regroupant tous les travailleurs et les masses opprim&#233;es, dans une lutte commune pour la d&#233;fense de leur droit &#224; la vie pourrait permettre d'imposer &#224; la dictature les changements n&#233;cessaires, conformes &#224; leurs profondes aspirations, tant politiques que sociales, et non un autre dialogue avec Mamat Kaka et Succ&#232;s Masra, sous l'&#233;gide de la communaut&#233; internationale, comme le r&#233;clament certaines organisations de l'opposition. L'&#233;mancipation des masses populaires de la dictature et de la mis&#232;re sera le fruit de leur mobilisation et de leurs luttes, multiformes, ou ne sera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'un front unique &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Depuis l'accession du pays &#224; l'ind&#233;pendance formelle jusqu'&#224; nos jours, le moins que l'on puisse dire est que le Tchad a &#233;t&#233; et reste le th&#233;&#226;tre de luttes politiques permanentes, multiformes, exprimant, &#224; leur mani&#232;re, les aspirations des masses populaires &#224; un monde meilleur. Cette tendance s'est accentu&#233;e avec l'av&#232;nement du multipartisme, marqu&#233; par l'&#233;closion des syndicats libres, de partis politiques d'opposition, d'une presse ind&#233;pendante, d'associations de droits de l'homme, de femmes, d'&#233;tudiants, d'&#233;l&#232;ves, etc. Plus que dans les ann&#233;es pass&#233;es, nombreux sont d'anciens et nouveaux militants, hommes et femmes, de tous les &#226;ges, notamment des jeunes, qui se lancent, par vagues successives, dans l'action politique et associative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du long r&#232;gne dictatorial de trente-quatre ans des D&#233;y, malgr&#233; les assassinats, les arrestations, le bannissement, la pr&#233;carit&#233;, ces diff&#233;rents militants sont debout, alimentent par leur col&#232;re le flambeau de la contestation, m&#232;nent plusieurs combats, parfois tr&#232;s durs, &#224; travers des gr&#232;ves, des manifestations, des protestations, contre la mis&#232;re, la dictature, les injustices de toutes sortes, que leur impose le pouvoir du MPS. Certains d'entre eux vont m&#234;me jusqu'&#224; prendre des armes, renflouant ainsi les rangs des bandes arm&#233;es, qui pullulent dans la r&#233;gion du Nord notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cependant, tous ces combats n'ont pas permis jusqu'alors d'am&#233;liorer les conditions de vie des masses populaires et d'en finir avec la dictature. La raison principale de cet &#233;chec relatif n'est pas d&#251; au manque de combativit&#233; des travailleurs et des couches populaires, mais surtout, au fait que toutes ces luttes politiques se font, non pas derri&#232;re des directions d&#233;fendant r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des masses opprim&#233;es, mais, sous l'&#233;gide de politiciens bourgeois, - les Succ&#232;s Masra, Saleh Kebzabo, Alhabo, Gali, Laouka&#239;n, et d'autres - ou des chefs de guerres, - les Mamat Nouri, les fr&#232;res Erdimi et leurs semblables ; - qui, d&#232;s la mort d'Idriss D&#233;by Itno, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; basculer dans le camp de la dictature, - que certains d'entre eux avaient d'ailleurs d&#233;j&#224; servie dans le pass&#233; -, pour, finalement, imposer eux-m&#234;mes la politique criminelle du pouvoir actuel ou en &#234;tre complices, comme l'illustre si bien le bras de fer actuel entre les dignitaires du MPS et ceux des Transformateurs, d'un c&#244;t&#233;, et les travailleurs en gr&#232;ve, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par cons&#233;quent, ce qui manque, ce n'est pas la d&#233;termination, la volont&#233;, des travailleurs et des couches populaires d'en finir avec la mis&#232;re et la dictature. Depuis l'ind&#233;pendance jusqu'aujourd'hui, au Nord, au Sud, &#224; l'Est, &#224; l'Ouest, des milliers d'entre ces derniers s'engagent, de diff&#233;rentes fa&#231;ons, pour chercher une issue &#224; leur situation, parfois au prix de leur vie. Mais, ce qui fait cruellement d&#233;faut de nos jours, c'est le cadre politique, qui pourrait les aider &#224; d&#233;fendre eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, mais aussi, &#224; ne pas faire confiance aux diff&#233;rents politiciens bourgeois et autres chefs de guerre, qui, &#224; la moindre occasion, trahissent leurs aspirations pour un monde meilleur sur l'autel de leurs ambitions personnelles, comme on le voit avec le volte-face attendu de Succ&#232;s Masra, pour ne pas parler de sa reddition politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aussi, s'ils en ont l'ambition, est-ce ce cadre-l&#224; que les dirigeants des plateformes syndicales en gr&#232;ve devraient n&#233;cessairement construire avec l'ensemble des travailleurs du pays et des couches populaires qui m&#232;nent, isol&#233;ment, des luttes diverses, chacun de son c&#244;t&#233;, alors que leurs int&#233;r&#234;ts, tant politiques que sociaux, sont les m&#234;mes ! Ils devraient s'adresser &#224; eux et leur proposer de se regrouper pour construire avec eux un front unique, afin de lutter, tous ensemble, de fa&#231;on collective, pour leurs int&#233;r&#234;ts communs, leurs revendications communes ! Dans le contexte actuel, marqu&#233; par une recomposition de la classe dirigeante, sous la forme d'un renforcement de la r&#233;action au sommet de l'Etat, gr&#226;ce aux ralliements des principaux dirigeants de l'opposition, tant parlementaire que militaire, anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233; et d'Idriss D&#233;by Itno, pour certains, - auxquels, toute honte bue, s'est alli&#233; Succ&#232;s Masra -, seule donc la perspective d'un front unique pourrait permettre aux travailleurs de f&#233;d&#233;rer, autour d'eux, toutes col&#232;res qui couvent dans le pays et de prendre la t&#234;te d'un mouvement de tous ensemble pour mettre fin &#224; la guerre actuelle que ces gens-l&#224; m&#232;nent contre les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses vertus&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour construire le front unique, les dirigeants des plateformes syndicales en lutte devraient d'abord s'adresser &#224; tous les travailleurs, du public comme du priv&#233;, quels que soient leurs chapelles syndicales et leurs partis, pour leur proposer des revendications communes &#224; d&#233;fendre ensemble, ayant trait &#224; leur vie et relatives &#224; leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, comme une augmentation uniforme des salaires, de 90 ou 100 000 fr pour tout le monde, du Smig, &#224; 90 ou 100 000 fr, des pension des retrait&#233;s, une embauche massive des contractuels et des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs, dans les secteurs essentiels de la fonction publique, l'Education et la Sant&#233;, notamment, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devraient aussi s'adresser &#224; d'autres secteurs de la population, qui subissent la m&#234;me mis&#232;re et la m&#234;me dictature qu'eux et leur proposer des revendications communes &#224; d&#233;fendre ensemble : les partis politiques de l'opposition, les associations des droits de l'homme, les organisations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce faisant, alors que les politiciens bourgeois construisent des barri&#232;res et des murs ethniques au sein des masses populaires, cherchent &#224; les diviser, &#224; les opposer sur des bases tribales, claniques, religieuses, par la perspective du front unique, les responsables des plateformes en lutte feront la d&#233;monstration du fait que les travailleurs, quels qu'ils soient, quelles que soient leurs ethnies, leurs religions, leurs r&#233;gions, appartiennent &#224; une seule et m&#234;me classe et ont, fondamentalement, les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts parce qu'ils subissent tous la m&#234;me mis&#232;re et la m&#234;me dictature, impos&#233;es par les politiciens bourgeois au pouvoir et le patronat, parmi lesquels ceux de leur propre ethnie ! Par ailleurs, en s'adressant &#224; toutes les couches populaires, victimes, comme eux, de la politique des dignitaires du MPS et des Transformateurs au pouvoir, notamment aux militants des partis politiques de l'opposition, des organisations de droit de l'homme, des femmes, des &#233;tudiants, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, ils montreront aussi, &#224; la face du monde, que, contrairement aux politiciens bourgeois, qui ne pensent qu'&#224; leur pomme, leur ambition, leur promotion personnelle, comme vient de le prouver Succ&#232;s Masra, eux, les travailleurs, se soucient du sort de tous les opprim&#233;s et des probl&#232;mes de toute la soci&#233;t&#233;, quels qu'ils soient : ils montreront que, plus que quiconque, ils sont pour la d&#233;mocratie la plus large qui soit, pour l'accession &#224; toutes les libert&#233;s fondamentales, d'expression, d'organisation, de manifestation, de r&#233;union, pour le respect du choix des populations lors des &#233;lections, pour l'expression de toutes les sensibilit&#233;s politiques sur les m&#233;dias publics, pour l'&#233;mancipation de la femme de toutes les oppressions, de toutes sortes, qu'elle subit, pour le soutien aux &#233;tudiants, aux &#233;l&#232;ves, aux petits commer&#231;ants, aux paysans pauvres, etc, afin qu'ils jouissent de meilleurs conditions d'&#233;tudes, de travail et de vie dignes de notre &#233;poque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par le biais de cette strat&#233;gie, les travailleurs appara&#238;tront comme des femmes et des hommes soucieux de tous les probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;, notamment ceux de l'ensemble des masses opprim&#233;es. Ils mettront ainsi fin &#224; la l&#233;gende selon laquelle il y aurait, d'un c&#244;t&#233;, des probl&#232;mes politiques et, de l'autre, des pr&#233;occupations syndicales, que distillent les politiciens bourgeois pour justifier de fa&#231;on fallacieuse leur manque de combativit&#233;, le fait que, chaque fois que les travailleurs sont en gr&#232;ve, au lieu de leur apporter leur soutien, leur solidarit&#233;, ils sont dans leurs petits souliers et se terrent chez eux, comme on le voit maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, en faisant des propositions qui correspondent aux besoins, tant sociaux que politiques des travailleurs et des masses populaires, les responsables des plateformes en lutte permettront de voir qui d&#233;fend r&#233;ellement leurs int&#233;r&#234;ts, qui est pour l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie, leur accession aux libert&#233;s essentielles, leur &#233;mancipation de toutes les oppressions. Enfin, par le biais du front unique, organis&#233; autour d'un plan d'urgence comprenant leurs revendications communes, qu'ils voudront imposer par la lutte, pour la premi&#232;re fois dans leur histoire, les travailleurs et les couches populaires se battront pour eux-m&#234;mes, pour leurs propres int&#233;r&#234;ts et ceux de leurs familles, et non pour servir de force de man&#339;uvres &#233;lectorales ou de chair &#224; canon au profit d'un politicien bourgeois, dirigeant d'un parti politique ou d'une bande arm&#233;e, pour qui ils tireront les marrons du feu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, dans ce combat commun que les travailleurs proposeront aux partis politiques de l'opposition pour l'acquisition effective des libert&#233;s essentielles, il est hors de question qu'il y ait un m&#233;lange de genres : les travailleurs n'auront aucun int&#233;r&#234;t &#224; se mettre &#224; la remorque des partis politiques de l'opposition. Ils devraient conserver et d&#233;fendre leur ind&#233;pendance politique : ils devraient combattre ensemble, marcher avec eux, mais, s&#233;par&#233;ment, chacun restant sous son propre drapeau, avec son propre agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses avantages&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La politique, c'est juste une question de rapport des forces ! Si aujourd'hui, les Mamat Kaka, Succ&#232;s Msra et tous leurs comparses, &#224; la t&#234;te de l'Etat, dirigent le pays ce n'est pas qu'ils b&#233;n&#233;ficient d'une adh&#233;sion populaire quelconque ni qu'ils soient plus intelligents ou plus courageux ! S'il en est ainsi, si, alors qu'ils ne sont qu'une toute petite minorit&#233;, ils imposent leur volont&#233; &#224; l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs et des masses populaires, c'est juste parce qu'ils sont organis&#233;s. Ils ont des &#233;tats-majors politiques et militaires, sur lesquels ils s'appuient : l'Etat, avec ses diff&#233;rents d&#233;membrements, l'administration, l'arm&#233;e, la police, la justice, le MPS, les Transformateurs et leurs multiples alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par cons&#233;quent, si les travailleurs et les masses opprim&#233;es veulent s'&#233;manciper de la dictature et de la mis&#232;re que leur imposent les Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra et leurs alli&#233;s, ils auraient int&#233;r&#234;t &#224; se doter d'une organisation qui soit la leur propre, au moins de la taille de celle leurs adversaires politiques. La perspective du front unique leur en offre l'opportunit&#233; : c'est un pas tr&#232;s important vers cette organisation indispensable, avec d'&#233;normes avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, contrairement aux gr&#232;ves et autres luttes isol&#233;es, qui n'ont rien chang&#233; de fa&#231;on fondamentale, la perspective du front unique, dans le m&#234;me combat pour des revendications sociales politiques communes, renforcera l'unit&#233; des travailleurs dans l'action, leur octroiera la conscience qu'ils ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les rendra plus confiants, plus forts, pour faire face &#224; la politique criminelle du pouvoir. En acc&#233;dant &#224; la conscience de leurs int&#233;r&#234;ts communs, en prenant confiance en eux-m&#234;mes, en la force qu'ils constituent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s pourront disposer d'un levier important pour changer le rapport des forces entre eux et le pouvoir et mettre fin &#224; la politique de celui-ci, car, aucune dictature ne pourrait r&#233;sister &#224; la mise en branle de millions d'opprim&#233;s de N'Djam&#233;na, entra&#238;nant derri&#232;re eux ceux de Moundou, Sarh, Ab&#233;ch&#233;, Bongor, Mao, Faya, Mongo, Fada et d'autres centres urbains du pays, tous d&#233;cid&#233;s &#224; prendre consciemment leur sort en main et &#224; imposer les changements n&#233;cessaires conformes &#224; leurs aspirations profondes ! .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aussi, la t&#226;che de tous ceux qui veulent que les choses changent r&#233;ellement, quels qu'ils soient, est-elle d'aider les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s &#224; construire m&#233;thodiquement ce front unique-l&#224;, seul moyen, pour l'heure, d'emp&#234;cher la clique des Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra et autres valets de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais au pouvoir de continuer &#224; nuire &#224; la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>3e partie de Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8560</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8560</guid>
		<dc:date>2026-01-21T23:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Melissa, Mesoke Swallow, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Voix des Travailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; (Troisi&#232;me partie du programme de La Voix des Travailleurs) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne croyez jamais sur parole, demandez le programme et v&#233;rifiez qu'il est traduit en actes politiques et syndicaux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire de la troisi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
1- L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais ! &lt;br class='autobr' /&gt; 2- Quelles sont les bases communes des communistes r&#233;volutionnaires ? &lt;br class='autobr' /&gt;
3- Mais il ne s'agit pas de faire de la particularit&#233; des communistes r&#233;volutionnaires un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot321" rel="tag"&gt;Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;
&lt;p&gt; (Troisi&#232;me partie du programme de La Voix des Travailleurs)&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez jamais sur parole, demandez le programme et v&#233;rifiez qu'il est traduit en actes politiques et syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire de la troisi&#232;me partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1- L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2- Quelles sont les bases communes des communistes r&#233;volutionnaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Mais il ne s'agit pas de faire de la particularit&#233; des communistes r&#233;volutionnaires un moyen de nous placer au-dessus ni &#224; l'&#233;cart au sein du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4- La question de la r&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 5- La question du fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- La question de la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 7- La question du programme r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 8- La question de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- La question de la religion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10- La question des paysans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11- La question des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12- La question de la science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13- La question de la th&#233;orie et de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14- La question syndicale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15- La question des soviets&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16- La question de l'internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17- La question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8113&#034;&gt;Lire ici la premi&#232;re partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire de la premi&#232;re partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1-	LES BASES PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU PROGRAMME COMMUNISTE ET DE LA REVOLUTION SOCIALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-	LA POLITIQUE ET LE PROGRAMME DES COMMUNISTES REVOLUTIONNAIRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-	L'ACTUALIT&#201; INTERNATIONALE DE LA R&#201;VOLUTION ! POURQUOI LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE NE PEUT &#202;TRE QUE MONDIALE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4-	UN PROGRAMME D'ACTION LIANT REVENDICATIONS IMMEDIATES ET LA PERSPECTIVE DE REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE A LA PRISE DU POUVOIR PAR LE PROLETARIAT ALLI&#201; AU PEUPLE TRAVAILLEUR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5-	UN PROGRAMME D'ACTION CONTRE LA VIE CHERE, LA MISERE ET LA GUERRE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221&#034;&gt;Lire ici la deuxi&#232;me partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire de la deuxi&#232;me partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1-	A L'EPOQUE IMPERIALISTE, UN PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE DOIT NECESSAIREMENT ETRE INTERNATIONAL ET NON NATIONAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-	LA LUTTE ANTI IMPERIALISTE ET ANTI COLONIALE CONTRE L'IMPERIALISME ET LE COLONIALISME : LA QUESTION DU DROIT A L'AUTO-DETERMINATION ET LA QUESTION NATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-	LA LUTTE CONTRE L'IMP&#201;RIALISME ET LA GUERRE SUPPOSE LA LUTTE CONTRE LE R&#201;FORMISME BOURGEOIS ISSU DE R&#201;FORMISME OUVRIER ET QUI GANGR&#200;NE ENCORE LE PROL&#201;TARIAT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4-	LE PARTI COMMUNISTE R&#201;VOLUTIONNAIRE OU LE PARTI MONDIAL DE LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROISIEME PARTIE DU PROGRAMME&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais !&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les travailleurs r&#233;volutionnaires, les femmes, les jeunes, les petits paysans p&#234;cheurs artisans commer&#231;ants et auto-entrepreneurs, l'humanit&#233;, le communisme, tous se rel&#232;veront ensemble, mais le capitalisme, lui, ne se rel&#232;vera jamais ! Il a atteint des limites ind&#233;passables, non seulement du point de vue des exploit&#233;s et des opprim&#233;s mais aussi du point de vue de son propre syst&#232;me. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Y&#233;men, Gaza, Soudan, Mali, Ukraine, Za&#239;re, Rwanda, Afghanistan, Pakistan, Sahel, Burkina Faso, Syrie, Liban, Cisjordanie, rien que des massacres voulus, approuv&#233;s, organis&#233;s, arm&#233;s par les grandes puissances imp&#233;rialistes ! Et il n'y pas que les guerres et les guerres civiles ! Il y a les dictatures, les fascismes qui s'&#233;tendent partout ! De m&#234;me que les r&#233;voltes et r&#233;volutions s'&#233;tendent partout, en Asie, en Afrique, en Am&#233;rique du sud, en Europe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pays du monde ont connu des r&#233;voltes et r&#233;volutions depuis 2010, suite &#224; l'effondrement &#233;conomique capitaliste de 2007-2008. La pand&#233;mie covid-19, encore une horreur mondiale due au capitalisme, a partiellement &#233;touff&#233; la r&#233;volte &#224; partir de 2019. Et les politiques dictatoriales soi-disant anti-covid ont fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les horreurs dues aux Etats capitalistes s'aggravent sans cesse, les r&#233;voltes et r&#233;volutions t&#233;moignent des capacit&#233;s de courage, de d&#233;vouement, de solidarit&#233;, de spontan&#233;it&#233;, d'auto-organisation des jeunes, des femmes, des travailleurs des villes et des campagnes, et montrent d'o&#249; viendra l'avenir de l'humanit&#233; : du peuple travailleur r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re mondial des r&#233;volutions et des contre-r&#233;volutions d&#233;montre que c'est bien les fondements du monde qui sont &#233;branl&#233;s et non tel ou tel r&#233;gime (Moubarak ou Ben Ali), telle ou telle r&#233;gion (monde arabe ou Afrique), tel ou tel gouvernement, telle ou telle situation particuli&#232;re (des femmes, des jeunes, des plus d&#233;munis, etc.), telle ou telle usure du pouvoir, telle ou telle situation politique ou &#233;conomique particuli&#232;re qui sont en cause. Cela touche aussi bien les pays riches que les pays pauvres, les pays occidentaux que orientaux, du nord et du sud, de l'est et de l'ouest, les dictatures que les pr&#233;tendues d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation mondiale a une cause qui est fondamentalement &#233;conomique (la saturation en capitaux par rapport aux capacit&#233;s limit&#233;es des investissements productifs) et c'est le r&#233;sultat in&#233;vitable de la chute historique, elle aussi mondiale, du syst&#232;me de domination capitaliste (de son mode de production) qui a atteint ses limites et ne peut plus se relancer. En effet, ce qui a caus&#233; la chute mondiale des march&#233;s capitalistes en 2007 et qui continue de saper l'&#233;conomie capitaliste n'est ni une r&#233;cession, ni l'inflation, ni la d&#233;mondialisation de Trump, ni les effondrements des monnaies, ni les bulles boursi&#232;res, ni les probl&#232;mes de l'&#233;nergie, ni la faillite des Etats et des banques centrales, tout cela n'&#233;tant que des cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas pr&#233;dire de quoi l'avenir sera fait (&#224; quel moment, &#224; quel rythme, pour quelle raison occasionnelle, cette chute se produira, avec quel point de d&#233;part, avec quelle cons&#233;quence), mais on peut &#234;tre certains d'une chose : le syst&#232;me &#224; l'agonie nous menace tous de mort, de barbarie, de violences de masse, quel que soit notre pays, notre r&#233;gion, nos situations, nos origines, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain aussi, c'est que la cause principale n'est pas ce que l'on nous en dit : crise climatique, crise migratoire, crise &#233;cologique, crise d&#233;mographique, crise pand&#233;mique, crise des d&#233;penses de l'Etat, crise &#233;nerg&#233;tique, crise g&#233;n&#233;rationnelle, crise interethnique, interreligieuse, inter-civilisationnelle, crise est-ouest, crise djihadiste et terroriste, crise des bitcoins, crise de l'IA, crise guerri&#232;re, crise de la mondialisation ou de la financiarisation, crise de la robotisation, etc. La cause n'est m&#234;me pas la mis&#232;re des plus d&#233;munis et le grand &#233;cart entre riches et pauvres, ni la r&#233;volte des peuples. La cause est &#233;conomique et pourtant, ce n'est m&#234;me pas une crise classique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme pourrait parfaitement se remettre de n'importe laquelle des crises que nous venons de citer et m&#234;me de toutes mais pas du probl&#232;me crucial et fondamental qui le mine depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 : la saturation compl&#232;te de l'accumulation des capitaux. La quantit&#233; mondiale du capital a augment&#233; de mani&#232;re folle toutes les derni&#232;res d&#233;cennies et on pourrait se dire que c'est un grand succ&#232;s pour le grand capital. Seulement c'est un succ&#232;s qui d&#233;passe ses capacit&#233;s&#8230; O&#249; placer tous ces capitaux ? Dans la sph&#232;re des investissements productifs s'investit une part sans cesse plus faible du capital total qui peut s'investir. Du coup, il devient vital que les Etats et les banques centrales comme les particuliers d&#233;tenteurs de capitaux inventent des investissements non productifs nouveaux et en quantit&#233;. En s'aidant des sp&#233;culations, des dettes publiques et priv&#233;es, des bitcoins, de l'intelligence artificielle et autres, on peut sans cesse cr&#233;er des faux investissements et qui rapportent vraiment de l'argent. Mais toutes ces m&#233;thodes artificielles pour offrir des profits aux capitaux ont un d&#233;faut majeur : elles accroissent follement la masse des capitaux qui ne se tournent pas vers l'investissement productif et la part de ces capitaux dans le capital total grandit sans cesse, contribuant &#224; serrer le n&#339;ud qui &#233;touffe le syst&#232;me capitaliste. Car la sp&#233;culation permet &#224; un capitaliste de s'enrichir mais pas au syst&#232;me tout entier de s'enrichir. La richesse du capitalisme est toujours fondamentalement provenue de l'exploitation du travail humain (la plus-value accroissant le capital par son r&#233;investissement productif), m&#234;me si les capitalistes ont toujours entretenu l'illusion que ce seraient eux, le Capital et non le Travail, qui cr&#233;eraient de la richesse. Or ce syst&#232;me n'a jamais &#233;t&#233; capable de vivre sans accroitre sans cesse le capital. Seules de br&#232;ves chutes des profits (les crises capitalistes) &#233;taient tol&#233;rables et la destruction de capital qu'elles engendraient &#233;tait compens&#233;e par le fait que ces crises &#233;puraient le capitalisme de ses canards boiteux, lui permettant de repartir de plus belle. Dans la situation actuelle, une telle crise n'est plus tol&#233;rable pour le capitalisme car il la juge &#171; syst&#233;mique &#187;, ce qui signifie qu'une simple crise de r&#233;gulation menacerait de mort le syst&#232;me tout en entier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas emp&#234;cher le capitalisme de s'effondrer n'en d&#233;plaise &#224; tous les fans des &#171; solutions &#187; r&#233;formistes. Nous ne pouvons que nous saisir de la situation et tenter de transformer chaque faiblesse du syst&#232;me en armes des prol&#233;taires r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, nous n'avons ni &#224; rire ni &#224; pleurer sur la fin du capitalisme. C'est lui-m&#234;me qui est la cause de cette autodestruction et qui annonce sa mort en sonnant le glas par maints sympt&#244;mes plus atroces les uns que les autres. Aucune raison de regretter le vieux syst&#232;me d'exploitation et d'oppression, mais pas de raison de se r&#233;jouir non plus car rien n'est r&#233;gl&#233; et seule l'intervention directe du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire peut nous permettre de tourner la page de l'Histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus les classes poss&#233;dantes se convainquent que leur avenir est bouch&#233;, plus ils manipulent le racisme, le machisme, le fascisme, toutes les haines, toutes les peurs, toutes les divisions, tous les fantasmes, toutes les inepties, tous les app&#233;tits sales, horribles, toutes les brutes galonn&#233;es sanguinaires, tous les meurtriers, tous les terroristes du monde entier. La barbarie ne meurt pas en m&#234;me temps que le capitalisme, elle s'accroit jusqu'au triomphe de la r&#233;volution sociale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes et r&#233;volutions ont agi dans le sens diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; cette mont&#233;e de la barbarie dans les actes et dans les esprits. L&#224; o&#249; les peuples sont le plus durement divis&#233;s en ethnies, en clans, en couleurs de peaux, en origines diverses, en religions, en r&#233;gions, entre nationaux et migrants, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, ces mouvements de masse ont justement mis en avant tous les opprim&#233;s et tous les exploit&#233;s, tous unis, reniant souvent le poids oppressif de tout un vieux pass&#233; (les femmes en t&#234;te en Iran comme en Tunisie, en Alg&#233;rie, en Egypte ou au Soudan, les ethnies et clans balay&#233;s au Liban, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les Etats, ces pouvoirs du grand capital, sont plus pr&#233;sents que jamais, disent les sceptiques en ce qui concerne la mort du capitalisme. Oui, mais le syst&#232;me ne peut se contenter des aides &#233;tatiques pour survivre. Son fonctionnement &#233;conomique est bien plus important. Plus il fait appel au soutien des Etats et des banques centrales plus sa chute s'aggrave car la part des capitaux non issus du secteur productif grandit d'autant plus et la plus-value n'est plus &#224; la base du profit. Un capitaliste individuel se moque d'o&#249; vient l'argent pourvu qu'il remplisse sans cesse davantage les coffres mais le syst&#232;me tout entier ne peut pas s'en moquer ! Et le capitalisme accumule des capitaux sans accroitre la richesse r&#233;elle. Le gouffre grandit qui s&#233;pare la richesse fictive de la richesse r&#233;elle. Au point que ce gouffre fait peur aux classes dirigeantes elles-m&#234;mes et les pousse dans les voies folles de la marche &#224; la guerre mondiale, au fascisme mondial, &#224; la dictature et aux massacres de masse mena&#231;ant toute l'humanit&#233;&#8230; Tout cela vaut mieux aux yeux des classes poss&#233;dantes que les risques mortels de la r&#233;volution sociale renversant d&#233;finitivement le pouvoir &#233;conomique et politique de la classe capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour le peuple travailleur, la r&#233;volution socialiste demandera de grands efforts mais elle nous coutera moins cher que les souffrances que les classes dirigeantes nous pr&#233;parent !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise du capitalisme et les perspectives pour les r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste a-t-il d&#233;j&#224; chut&#233; de lui-m&#234;me ou ne pourra-t-il chuter que par la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle du capitalisme, est-ce une crise classique ou quoi d'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'&#233;conomiste Fran&#231;ois Chesnais sur la fin du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise grave, crise syst&#233;mique ou bout du monde pour le capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme : de la construction &#224; la destruction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; est frapp&#233;e mortellement mais c'est le grand capital qui est en soins palliatifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous allons vivre l'effondrement du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#233;ories de l'effondrement capitaliste, adeptes et d&#233;tracteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme &#224; l'agonie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien r&#233;ussi &#224; accumuler du capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir contre ses propres principes en s'autod&#233;truisant, personne n'imagine le capitalisme faire cela et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise ou mort du capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les gouvernants en sont r&#233;duits &#224; la seule violence directe, c'est que la dynamique capitaliste est morte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir pour le capitalisme ? ou quand la bourgeoisie mondiale serre les fesses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la dynamique du capitalisme se heurte &#224; ses propres limites : son succ&#232;s lui-m&#234;me &#233;touffe dans les limites de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises &#171; classiques &#187; ne sont plus possibles pour le syst&#232;me (trop dangereuses) et pourtant elles permettaient de le r&#233;guler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de cavalerie financi&#232;re &#224; la Madoff, une survie illusoire d'un capitalisme mondial en bout de course&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme : chronique d'une mort annonc&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est-il mort ou vivant ? - Sur quels crit&#232;res se fonder ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme d&#233;liquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la libert&#233; des femmes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'humanit&#233; changeait... de mode de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand capital a encore peur... du communisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir : la barbarie de masse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; ou l'humanit&#233; maitresse d'elle-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles sont les bases communes des communistes r&#233;volutionnaires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Ce qui caract&#233;rise les communistes r&#233;volutionnaires, c'est qu'ils ne d&#233;fendent pas &#171; leur &#187; pays, &#171; leur &#187; entreprise, ni &#171; leur &#187; ville, ni &#171; leur &#187; d&#233;partement, ni &#171; leur &#187; r&#233;gion, ni &#171; leur &#187; d&#233;partement, ni &#171; leur &#187; Etat, car ils savent que rien ne sera vraiment &#224; eux tant que les capitalistes auront capital et pouvoir et que rien ne sera &#224; eux de mani&#232;re individuelle mais collectivement. Ils n'appellent aucun patron, aucun Etat &#224; les sauver, ils ne comptent sur aucune institution de la bourgeoisie, ils ne s&#232;ment aucune illusion sur aucun syst&#232;me politique bourgeois, pas plus la d&#233;mocratie que la dictature ou le fascisme, car ils savent que la guerre et le fascisme sont d'abord des politiques bourgeoises qu'aucune entente avec les forces bourgeoises ne peut r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que le syst&#232;me capitaliste est &#224; l'agonie, suite &#224; l'effondrement de 2007-2008 et pour des raisons qui n'ont rien d'accidentel et qui touchent aux fondements m&#234;me du syst&#232;me (l'accumulation du capital est d&#233;finitivement en panne), alors que le prol&#233;tariat ne dispose nulle part de partis r&#233;volutionnaires, qu'aucun courant r&#233;volutionnaire n'est en &#233;tat de relever le parti du prol&#233;tariat, il est d'autant plus urgent que les r&#233;volutionnaires unissent leurs forces au sein des luttes sociales et politiques sur les bases communes indiqu&#233;es plus haut et qui ne se r&#233;sument nullement &#224; une fausse unit&#233;, &#224; un programme purement revendicatif m&#234;me radical, &#224; un simple activisme commun et qui n&#233;cessite de poursuivre en m&#234;me temps le d&#233;bat politique sur les divergences, sans jamais succomber aux tendances sectaires ni aux tendances opportunistes, et sans r&#233;aliser des ententes sans principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite de cesser de consid&#233;rer que le capitalisme va une fois encore s'en sortir, qu'il va rena&#238;tre de sa crise, qu'il va repartir. Il faut prendre en compte la nouvelle situation : d&#233;sormais le capitalisme est du pass&#233;, m&#234;me si, dans la transition actuelle o&#249; toutes les forces du capital sont band&#233;es pour faire durer la situation d'agonie, o&#249; tous les soins palliatifs sont mobilis&#233;s pour d&#233;tourner les risques r&#233;volutionnaires, le prol&#233;tariat ne manifeste pas une volont&#233; ferme de prendre la t&#234;te de ses propres luttes sociales ou politiques et encore moins de prendre la t&#234;te de l'humanit&#233; en supprimant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par une infime minorit&#233; des moyens de production et des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cependant cette perspective qui doit &#234;tre d&#233;fendue par les militants communistes r&#233;volutionnaires et ils ne doivent pas le faire dans des c&#233;nacles, &#224; l'&#233;cart de la lutte des classes quotidienne, mais au contraire au sein des combats de classe, grands et petits, qui seuls peuvent permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de mesurer ses amis et ses ennemis, et distinguer les vraies perspectives des fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Les communistes r&#233;volutionnaires participent &#224; la politique, &#224; la lutte sociale, au combat d'id&#233;es, mais ce qui les distingue d'abord c'est qu'ils n'ont pas d'int&#233;r&#234;ts individuels et &#171; pas d'int&#233;r&#234;ts d'organisation &#224; d&#233;fendre &#187; comme le rappelait Marx dans &#171; Le Manifeste communiste &#187;. Ils ne luttent pas seulement pour construire un parti ou un syndicat, pour r&#233;ussir telle ou telle lutte, ni seulement pour d&#233;fendre des aspirations des travailleurs. Ils luttent avec et pour l'humanit&#233;, une humanit&#233; lib&#233;r&#233;e de ses entraves, de ses cha&#238;nes, de ses bourreaux et aussi de ses trompeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Se revendiquer du communisme, du socialisme r&#233;volutionnaire, du l&#233;ninisme, du trotskisme, de la r&#233;volution russe, etc., ne doit pas &#234;tre comme un amour platonique, un joli ornement d'une r&#233;alit&#233; qui n'aurait rien &#224; voir. Les organisations et les militants qui s'en r&#233;clament doivent aussi d&#233;montrer que cela change compl&#232;tement leur politique d&#232;s maintenant et que cela les engage de mani&#232;re pr&#233;cise sur l'avenir. Ceux qui, au nom du r&#233;alisme, du retard de la r&#233;volution, du recul du communisme et autres pr&#233;textes malhonn&#234;tes, affirment qu'ils appliqueront ces id&#233;es quand la situation changera ne sont que des vendeurs de r&#234;ves qui distribuent une marchandise trompeuse. On a bien connu la social-d&#233;mocratie qui &#233;tait r&#233;volutionnaire pour l'avenir mais pas pour le pr&#233;sent et qui, quand l'heure de la r&#233;volution a sonn&#233;, s'est retrouv&#233; dans le camp de la contre-r&#233;volution aux c&#244;t&#233;s des gouvernants, de l'&#233;tat-major, des fascistes et des imp&#233;rialismes&#8230; Il faut faire ses preuves en termes de politique dans la classe ouvri&#232;re, dans ses luttes, dans son travail politique parmi les travailleurs, de syndicalisme r&#233;volutionnaire, de propagande r&#233;volutionnaire dans les &#233;lections bourgeoises, d'efforts r&#233;els d'auto-organisation du prol&#233;tariat, de lutte r&#233;elle contre l'imp&#233;rialisme, de combat pour la d&#233;moralisation de l'arm&#233;e, d'efforts pour que les travailleurs se sentent directement concern&#233;s par les r&#233;voltes et r&#233;volutions partout dans le monde. Il ne suffit pas de rajouter au bout d'un programme qu'un jour peut-&#234;tre on fera la r&#233;volution sociale et qu'on lui est favorable. Il faut que ses analyses, sa strat&#233;gie, sa tactique, sa politique, son intervention, tout soit centr&#233; sur la r&#233;volution de demain. Sinon, ce n'est qu'un drapeau pour&#8230; se draper dedans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Il faut que ces organisations et ces militants qui se veulent r&#233;volutionnaires fondent leur politique sur une th&#233;orie r&#233;volutionnaire bien d&#233;finie menant &#224; un programme politique indiquant clairement les perspectives, les moyens et les buts, la strat&#233;gie de sorte que celle-ci soit dans la lign&#233;e de celles de Marx, Engels, L&#233;nine, Rosa Luxemburg et Trotsky. Tout refus d'&#233;tudier s&#233;rieusement la th&#233;orie, la philosophie, la science et l'histoire revient &#224; retomber dans l'activisme qui &#233;loigne de toute politique r&#233;volutionnaire. On n'est pas oblig&#233;s de choisir d'&#234;tre r&#233;volutionnaire mais, quand on le fait, il faut s'en donner les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Ils doivent ne pas se contenter de la critique du capitalisme, du gouvernement, des classes poss&#233;dantes, des d&#233;rives guerri&#232;res, fascistes, dictatoriales, anti-d&#233;mocratiques, anti-&#233;cologiques, anti-sociales, anti-femmes, etc. Il faut d&#233;fendre un programme clair de transformation r&#233;volutionnaire, que ce soit dans la presse, dans l'action politique, dans les entreprises, dans les syndicats, dans la jeunesse, parmi les femmes, dans les milieux populaires. Ce programme doit relier les objectifs, aspirations et revendications imm&#233;diates aux buts plus avanc&#233;s, donc &#234;tre ce que l'on appelle &#171; un programme de transition &#187;. Cela signifie qu'il ne se contente pas de consid&#233;rations futuristes sur le socialisme et le communisme mais aussi qu'il ne se contente pas des revendications politiques d&#233;mocratiques et des revendications syndicales, &#233;conomiques et sociales. Au contraire, il doit montrer que les communistes r&#233;volutionnaires entendent transformer chaque aspiration sociale, &#233;conomique, politique, d&#233;mocratique en arme r&#233;volutionnaire et explique par &#233;crit pourquoi et comment cela est indispensable. Ceux qui r&#233;p&#232;tent &#224; longueur d'articles qu'on est dans une p&#233;riode de r&#233;action et que la r&#233;volution n'est donc pas &#224; l'ordre du jour ou que les prol&#233;taires sont tr&#232;s loin d'une telle conscience ne risquent pas de d&#233;velopper de telles conceptions. Ils se contentent de dire qu'ils se revendiquent du &#171; programme de transition &#187; de Trotsky parce ce que cela donne une certaine image dans les milieux politis&#233;s. Le drapeau trotskyste peut servir de camouflage et de publicit&#233; mensong&#232;re comme la revendication d'un h&#233;ritage de Marx et L&#233;nine a pu servir &#224; des partis en r&#233;alit&#233; contre-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Il faut examiner leur politique sur un point crucial, qui est comme pierre de touche de ceux qui se disent r&#233;volutionnaires. Le crit&#232;re num&#233;ro un d'un r&#233;volutionnaire, c'est qu'il ne se contente pas des organes et institutions qui ont exist&#233; dans la p&#233;riode calme et fait appel, propose, organise, suscite, provoque la formation de comit&#233;s, de conseils, d'assembl&#233;es souveraines, de toutes les formes d'organisation directe des masses, organisations de masse ind&#233;pendantes, auto-organis&#233;es, sans lien de suj&#233;tion avec l'Etat, le pouvoir, les partis politiciens, les bureaucraties syndicales, les associations r&#233;formistes, etc. Les masses choisissent directement parmi elles des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui forment des comit&#233;s et se f&#233;d&#232;rent. Ces comit&#233;s sont directement d&#233;pendants de la base qui d&#233;cide de tout, des buts et des moyens, des m&#233;thodes et des objectifs des luttes, des revendications et des perspectives d'action, des buts de la soci&#233;t&#233; future et de la forme du pouvoir, qui agit en m&#234;me temps pour imposer ses vues. Apr&#232;s une phase in&#233;vitable de double pouvoir, ils fonderont le futur pouvoir apr&#232;s le renversement de l'ancien. Cela suppose qu'il soit clairement affirm&#233; d&#232;s maintenant que notre but n'est pas le remplacement &#224; la t&#234;te du pouvoir des gouvernants capitalistes par des gouvernants &#171; ouvriers &#187; li&#233;s aux organisations pr&#233;tendument du &#171; mouvement ouvrier &#187; comme les appareils syndicaux et partis r&#233;formistes. Et surtout que tout l'appareil d'&#233;tat capitaliste sera d&#233;moli par le prol&#233;tariat en armes, que les travailleurs organis&#233;s en soviets prendront les armes, organiseront les petits soldats et d&#233;truiront la vieille machine d'oppression, fondant la r&#233;publique des soviets. De vrais r&#233;volutionnaires doivent d&#232;s maintenant non seulement d&#233;fendre l'id&#233;e des soviets dans les syndicats comme perspective d'avenir mais aussi agir concr&#232;tement pour l'auto-organisation des luttes ce qui n&#233;cessite d'abord de d&#233;masquer toutes les man&#339;uvres des appareils syndicaux, d'opposer &#224; chaque fois des assembl&#233;es d&#233;cisionnelles qui &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s et constituent des conseils et comit&#233; de travailleurs, se f&#233;d&#233;rant, allant d'entreprises en entreprises, dirigeant les luttes, se m&#234;lant de tout, contr&#244;lant tout, dirigeant tout, se liant aux petits soldats et petits policiers, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Dans chaque lutte, m&#234;me petite, m&#234;me d&#233;fensive, m&#234;me partielle, m&#234;me localis&#233;e, dans chaque p&#233;riode qu'elle soit favorable ou d&#233;favorable, que nos ennemis soient d&#233;stabilis&#233;s ou pas, que le prol&#233;tariat soit offensif ou pas, ce qui distingue leur politique est qu'elle m&#232;ne toujours et partout au pouvoir des soviets et que c'est cela qui les distingue des autres partis et syndicats&#8230; Cela change tout : leur mani&#232;re de voir les buts, les moyens, les m&#233;thodes, les modes d'organisation des travailleurs dans toutes les circonstances, m&#234;me les plus banales. Leur conception de la solidarit&#233; ouvri&#232;re, leur mani&#232;re de voir une gr&#232;ve, une manifestation, une action de contestation, une propagande de d&#233;nonciation est particuli&#232;re aux r&#233;volutionnaires communistes. En m&#234;me temps, ils ne veulent qu'une chose : participer &#224; la vie et aux luttes des travailleurs sans se placer dans une position sup&#233;rieure, sans se croire plus malins que les autres, sans oublier que c'est l'ensemble de leur classe qui est r&#233;volutionnaire par rapport &#224; la soci&#233;t&#233; et pas telle ou telle fraction soi-disant plus radicale ou plus avanc&#233;e ou plus organis&#233;e de celle-ci. L&#233;nine rappelait que ce ne sont pas les r&#233;volutionnaires communistes qui d&#233;cident du sort des r&#233;volutions communistes mais l'ensemble des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Ce qui distingue les r&#233;volutionnaires communistes, c'est qu'ils tentent de transformer chaque faiblesse, chaque contradiction, chaque crise, chaque difficult&#233;, chaque division, chaque recul de nos ennemis en arme de combat politique des travailleurs contre le syst&#232;me global de domination capitaliste, contre l'imp&#233;rialisme, y compris quand ce qui nuit au capitalisme n'&#339;uvre pas directement en faveur des salari&#233;s, des peuples, du socialisme. Ce n'est pas seulement en mettant en avant les aspirations sociales et socialistes des salari&#233;s que le prol&#233;tariat peut gagner son combat mais aussi en isolant nos ennemis de leurs soutiens mondiaux et de leurs soutiens parmi les petits artisans, paysans, commer&#231;ants, auto-entrepreneurs, jeunes, ch&#244;meurs, retrait&#233;s, parmi les peuples opprim&#233;s, parmi les femmes opprim&#233;es, parmi les peuples menac&#233;s, violent&#233;s, saign&#233;s&#8230; La lutte r&#233;volutionnaire des salari&#233;s ne doit pas &#234;tre isol&#233;e de toutes les autres luttes sociales et politiques ni le prol&#233;tariat des autres classes et couches sociales qui subissent le syst&#232;me. La puret&#233; de classe, ce n'est pas l'isolement sectaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) L'activit&#233; politique r&#233;volutionnaire n'a rien &#224; voir avec l'activisme politique et syndical. Et d'abord parce qu'elle se fonde sur une vraie &#233;tude th&#233;orique de la soci&#233;t&#233;, sur une philosophie dialectique scientifique. Celui qui m&#233;prise la th&#233;orie ou s'en d&#233;tourne par incomp&#233;tence d&#233;sarme le prol&#233;tariat. On ne peut pas transformer le monde sans le repenser. Sans id&#233;ologie et philosophie r&#233;volutionnaire pas de th&#233;orie, pas d'analyse s&#233;rieuse de l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233; et des classes, pas de strat&#233;gie, pas d'armement th&#233;orique du prol&#233;tariat. Tout cela sous pr&#233;texte de r&#233;alisme, de niveau de conscience et de pr&#233;occupations des travailleurs. Ceux qui affirment que, de Marx &#224; Trotsky, les r&#233;volutionnaires communistes d&#233;diaient une grande part de leur temps &#224; la th&#233;orie et qu'aujourd'hui ce ne serait pas la premi&#232;re des n&#233;cessit&#233;s, que nous ne sommes pas des th&#233;oriciens et qu'ainsi nous sommes plus pr&#234;ts de la base des travailleurs, rompent avec le marxisme r&#233;volutionnaire et donc avec la r&#233;volution prol&#233;tarienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Rompre avec le r&#233;formisme, tous ceux qui se disent r&#233;volutionnaires l'affirment, mais le font-ils r&#233;ellement dans leur analyse et de leur action politique ? Porter des revendications imm&#233;diates qui ne pr&#233;tendent pas remettre en cause les fondements de la soci&#233;t&#233; capitaliste n'a rien de scandaleux pour des r&#233;volutionnaires, bien entendu. Mais encore faut-il que l'on veuille porter le plus loin possible la lutte, ses objectifs, ses revendications, ses m&#233;thodes, ses modes d'action et surtout son mode d'organisation et on en est souvent tr&#232;s loin de la part de militants qui se disent r&#233;volutionnaires et couvrent les man&#339;uvres des appareils r&#233;formistes contre l'auto-organisation des travailleurs. Ces militants-l&#224; trouvent parfaitement naturel que les luttes soient dirig&#233;es par les bureaucraties puisqu'elles leur laissent une petite place en leur sein&#8230; Du coup, leur politique se modifie en fonction de leurs liens avec ces bureaucraties&#8230; Et le r&#233;formisme n'est pas que syndical, il est aussi politique, social, &#233;cologique, d&#233;mocratique, etc&#8230; On ne peut pas faire qu'attendre le &#171; grand jour &#187; nous disent-ils, il faut agir au quotidien et sous se pr&#233;texte ils se mettent (et mettent les travailleurs) sous la coup d'organisations li&#233;es au grand capital et &#224; son Etat, y compris des syndicats qui autrefois se disaient eux-m&#234;mes r&#233;volutionnaires mais ont mis beaucoup d'eau dans leur piquette ! On ne peut pas combattre le r&#233;formisme sans proposer au quotidien une politique r&#233;volutionnaire, que ce soit dans les luttes, dans les syndicats, dans les manifestations, dans les rassemblements et cette politique commence par l'organisation des travailleurs par eux-m&#234;mes &#224; la base sans se mettre derri&#232;re personne, ni parti, ni syndicat. Ces derniers peuvent, de mani&#232;re ouverte et non cach&#233;e, soumettre leurs propositions aux assembl&#233;es souveraines et aux comit&#233;s, conseils ou soviets qui se constituent dans la lutte. Tel devrait &#234;tre la mani&#232;re de proc&#233;der que doivent d&#233;fendre des communistes r&#233;volutionnaires dans toutes les luttes. Ils ne sont pas oblig&#233;s d'y parvenir mais ils ne doivent jamais accepter de diriger des luttes en bureaucrates syndicaux. D&#232;s qu'un probl&#232;me se pose aux travailleurs, loin de courir le mettre aux mains des bureaucrates, ils doivent r&#233;unir les travailleurs, leur soumettre la question, leur faire des propositions, leur faire voter la d&#233;cision, si possible leur faire &#233;lire un petit nombre de travailleurs pour se concerter et faire des propositions &#224; l'assembl&#233;e, r&#233;diger ensemble des tracts et se donner les moyens de les tirer, etc. La plupart des organisations qui se disent r&#233;volutionnaires ne font rien de tout cela et cela montre qu'il s'agit une fois encore d'une &#233;tiquette mensong&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) Nombre de militants r&#233;volutionnaires se donnent comme objectif ce qu'ils appellent &#171; construire le parti r&#233;volutionnaire &#187;. Nous aussi, nous estimons qu'il faut un parti r&#233;volutionnaire &#224; la classe ouvri&#232;re pour gagner. Mais un parti, c'est un peu comme des g&#233;n&#233;raux. Les troupes, ce n'est pas le parti, c'est le prol&#233;tariat. On ne peut pas construire le parti sans liaison avec la masse des travailleurs, en particulier en p&#233;riode r&#233;volutionnaire. Quelle est la liaison ? Ce sont les soviets, ces organisations de masse, dans lesquelles les travailleurs s'organisent eux-m&#234;mes, se dirigent eux-m&#234;mes et auxquels les partis et syndicats soumettent leurs propositions, les communistes r&#233;volutionnaires comme les autres. Et la premi&#232;re des particularit&#233;s des vrais militants communistes r&#233;volutionnaires, c'est qu'ils n'ont cess&#233; de militer pour l'existence de ces soviets, pour qu'ils soient ind&#233;pendants des appareils li&#233;s au syst&#232;me, li&#233;s &#224; l'Etat, li&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste, li&#233;s aux patrons, qui n&#233;gociaient avec eux, qui se r&#233;unissaient avec eux, pour qu'ils prennent par eux-m&#234;mes toutes les d&#233;cisions, pour qu'ils aillent plus loin, qu'ils contr&#244;lent la soci&#233;t&#233;, qu'ils se dotent de pouvoirs d'Etat, qu'ils cassent l'ancien pouvoir, qu'ils mettent en place le pouvoir des soviets. Consid&#233;rer la construction du parti r&#233;volutionnaire comme s&#233;par&#233;e d'un tel travail n'est ni marxiste, ni l&#233;niniste, ni trotskyste et n'est pas du tout r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) S'interroger sur la vraie valeur pour le communisme r&#233;volutionnaire des organisations, des groupes, des partis, des syndicats que nous connaissons, c'est se poser les questions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation appelle-t-elle &#224; refuser les cr&#233;dits militaires, la d&#233;fense nationale, &#224; d&#233;noncer l'industrie d'armements, &#224; faire savoir toutes les entreprises contre-r&#233;volutionnaires et meurtri&#232;res contre les peuples qui sont men&#233;es avec ce armes, appelle-t-elle les soldats du rang &#224; d&#233;sob&#233;ir &#224; leur hi&#233;rarchie, d&#233;nonce-t-elle publiquement et le plus fort possible tous les crimes commis, en particulier ceux de &#171; notre &#187; propre imp&#233;rialisme, d&#233;molit-elle publiquement les pr&#233;textes des interventions arm&#233;es de cet imp&#233;rialisme dans le monde, fait-elle connaitre les profits r&#233;alis&#233;s ainsi sur le sang des peuples, en particulier ceux des pays anciennement colonis&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cette organisation d&#233;nonce les liens entre les partis et syndicats, y compris de gauche, avec l'Etat et les classes poss&#233;dantes, notamment les liens d'argent, publics ou camoufl&#233;s ? Est-ce qu'elle souligne toutes les compromissions, tous les arrangements en sous-main, toutes les n&#233;gociations dans le dos des travailleurs et des peuples ? Est-ce qu'elle cherche &#224; impliquer les travailleurs dans ces d&#233;nonciations ? Est-ce qu'elle fait en sorte que les travailleurs du rang puissent rendre publique leur d&#233;sapprobation des politiques des organisations corrompues, compromises, coupables de collusion avec nos ennemis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cette organisation s'engage, si les travailleurs lui font confiance, s'ils la choisissent pour diriger leurs luttes et pour diriger la soci&#233;t&#233;, &#224; faire en sorte que les soviets et eux seuls prennent les d&#233;cisions sur les orientations, que la classe capitaliste et elle seule soit priv&#233;e de droits et de biens, que le patriarcat soit aboli, que les femmes jouent un r&#244;le dirigeant dans la soci&#233;t&#233; sans que les hommes ne subissent une oppression sym&#233;trique de celle du patriarcat, que les petits artisans, commer&#231;ants, paysans, p&#234;cheurs, auto-entrepreneurs ne soient pas victimes des crises, de la mis&#232;re, que les locataires en difficult&#233; ne soient pas expuls&#233;s, que les salari&#233;s des entreprises en difficult&#233; ne soient pas licenci&#233;s, que les habitants ne soient pas sans logis, que les femmes et les enfants soient d&#233;fendus contre les violences ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; ne jamais participer &#224; un pouvoir qui n'irait pas dans ce sens, &#224; ne jamais g&#233;rer la soci&#233;t&#233; capitaliste, &#224; ne jamais accepter de responsabilit&#233;s si ce ne sont pas les conseils ouvriers qui les lui ont donn&#233;es ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; &#339;uvrer pour la suppression de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des grandes entreprises et du grand capital ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; lutter pour la destruction du pouvoir d'Etat capitaliste, et en particulier son arm&#233;e, sa police, son administration, ses services sp&#233;ciaux, sa gendarmerie, ses espions, ses forces p&#233;nitentiaires, ses institutions parlementaires, ses chefs religieux, etc. Est-ce qu'elle s'engage &#224; d&#233;noncer publiquement et &#224; combattre r&#233;ellement toute tentative imp&#233;rialiste de frapper une r&#233;volte ou une r&#233;volution dans tous les pays du monde ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; mobiliser les travailleurs des pays imp&#233;rialistes en faveur des r&#233;voltes et r&#233;volutions quand ces pays aident les dictatures &#224; &#233;craser les luttes et les contestations ? Est-ce qu'elle s'engage non seulement &#224; d&#233;sarmer la bourgeoisie capitaliste (arm&#233;e et police) mais &#224; armer les travailleurs, &#224; tisser des liens avec les petits soldats et petits policiers pour d&#233;truire l'Etat capitaliste ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; placer en premier l'int&#233;r&#234;t mondial du prol&#233;tariat et de la r&#233;volution et pas ce que les nationalistes appellent l'int&#233;r&#234;t national ? Est-ce qu'elle s'engage &#224; d&#233;masquer toutes les organisations qui, ouvertement ou de mani&#232;re cach&#233;e, pratiquent l'union nationale en faveur de la politique du grand capital ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; se place la boussole des communistes r&#233;volutionnaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas de faire de la particularit&#233; des communistes r&#233;volutionnaires un moyen de nous placer au-dessus ni &#224; l'&#233;cart au sein du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine dans &#034;Le mat&#233;rialisme militant&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d'ailleurs, les r&#233;volutionnaires en g&#233;n&#233;ral qui ont men&#233; &#224; bien le d&#233;but d'une grande r&#233;volution), c'est de se figurer que la r&#233;volution peut &#234;tre accomplie par les mains des seuls r&#233;volutionnaires. Or, pour assurer le succ&#232;s de toute action r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l'id&#233;e que les r&#233;volutionnaires ne peuvent jouer un r&#244;le que comme avant garde de la classe r&#233;ellement avanc&#233;e et viable. L'avant garde ne remplit sa mission que lorsqu'elle sait ne pas se d&#233;tacher de la masse qu'elle dirige, lorsqu'elle sait v&#233;ritablement faire progresser toute la masse. Sans l'alliance avec les non communistes dans les domaines d'activit&#233; les plus divers, il ne saurait &#234;tre question d'aucun succ&#232;s en mati&#232;re de construction de la soci&#233;t&#233; communiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx exposait ainsi dans &#171; Le Manifeste du Parti communiste &#187; de 1848 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les communistes n'ont point d'int&#233;r&#234;ts qui les s&#233;parent de l'ensemble du prol&#233;tariat&#8230; Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : dans les diff&#233;rentes luttes nationales des prol&#233;taires, ils mettent en avant et font valoir les int&#233;r&#234;ts ind&#233;pendants de la nationalit&#233; et communs &#224; tout le prol&#233;tariat et, dans les diff&#233;rentes phases que traverse la lutte entre prol&#233;taires et bourgeois, ils repr&#233;sentent toujours les int&#233;r&#234;ts du mouvement dans son ensemble. Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus r&#233;solue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule la marche en avant des ouvriers ; th&#233;oriquement, ils ont sur le reste du prol&#233;tariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins g&#233;n&#233;rales du mouvement prol&#233;tarient. Le but imm&#233;diat des communistes est le m&#234;me que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prol&#233;taires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conqu&#234;te du pouvoir politique par le prol&#233;tariat&#8230; La premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution ouvri&#232;re est la constitution du prol&#233;tariat en classe dominante, la conqu&#234;te de la d&#233;mocratie. Le prol&#233;tariat se servira de la supr&#233;matie politique pour arracher petit &#224; petit tout le capital &#224; la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat ouvrier, c'est-&#224;-dire du prol&#233;tariat organis&#233; en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantit&#233; des forces productives. Cela ne pourra se faire, au d&#233;but, que par une violation despotique du droit de propri&#233;t&#233; et du r&#233;gime bourgeois de production, c'est-&#224;-dire par des mesures qui, &#233;conomiquement, paraissent insuffisantes et insoutenables, mais qui, au cours du mouvement, se d&#233;passent elles-m&#234;mes et sont indispensables pour bouleverser le mode de production tout entier&#8230; Les communistes combattent pour les int&#233;r&#234;ts et les buts imm&#233;diats de la classe ouvri&#232;re ; mais dans le mouvement pr&#233;sent, ils d&#233;fendent et repr&#233;sentent en m&#234;me temps l'avenir du mouvement&#8230;. A aucun moment, le parti communiste ne n&#233;glige d'&#233;veiller chez les ouvriers une conscience claire et nette de l'antagonisme violent entre la bourgeoisie et le prol&#233;tariat, afin que, l'heure venue, les ouvriers sachent convertir les conditions politiques et sociales cr&#233;&#233;es par le r&#233;gime bourgeois, en autant d'armes contre la bourgeoisie&#8230; En somme, les communistes appuient dans tous les pays tout mouvement r&#233;volutionnaire contre l'ordre social et politique existant. Dans tous les mouvements, ils font de la question de la propri&#233;t&#233;, &#224; quelque degr&#233; d'&#233;volution qu'elle ait pu arriver, la question fondamentale du mouvement&#8230; Les communistes ne s'abaissent pas &#224; dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent &#234;tre atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social pass&#233;. Puissent les classes dirigeantes trembler &#224; l'id&#233;e d'une r&#233;volution communiste ! Les prol&#233;taires n'ont rien &#224; perdre que leurs cha&#238;nes. Ils ont un monde &#224; gagner. Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA REVOLUTION PERMANENTE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion de r&#233;volution permanente s'oppose &#224; celle de r&#233;volution par &#233;tapes. Cette derni&#232;re laisse entendre qu'il va d'abord falloir obtenir la d&#233;mocratie ou d'abord l'ind&#233;pendance, d'abord la naissance d'un Etat ou d'abord telle ou telle revendication de tel ou tel groupe social. Pour l'&#233;tapisme, on posera plus tard les autres probl&#232;mes. La r&#233;volution permanente suppose au contraire que toutes les questions sont li&#233;es, qu'elles le seront concr&#232;tement au sein d'une m&#234;me r&#233;volution ayant une perspective socialiste et dirig&#233;e par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Historiquement, la &#171; r&#233;volution permanente &#187; est connue comme la th&#232;se de Trotsky qui s'opposait &#224; celle de Staline de &#171; r&#233;volution dans un seul pays &#187; renon&#231;ant &#224; la r&#233;volution mondiale, &#224; la th&#232;se stalinienne d' &#171; int&#233;gration du koulak et du nepman au socialisme &#187; et de &#171; progr&#232;s &#224; pas de tortue vers le socialisme &#187;, qui allaient &#234;tre suivies par des th&#232;ses comme &#171; la coexistence avec le capitalisme &#187;, &#171; la voie pacifique vers le socialisme &#187;, entre autres expressions qui cachaient non seulement la renonciation aux perspectives d'octobre 1917 mais la haine virulente de la r&#233;volution qui animait la bureaucratie stalinienne. Celle-ci a usurp&#233; le pouvoir du prol&#233;tariat, en profitant d'un recul de la r&#233;volution europ&#233;enne et a craint tout r&#233;veil de la r&#233;volution en Europe qui risquait de remettre en cause le statu quo avec la bourgeoisie imp&#233;rialiste, statu quo qui lui permettait de survivre. C'est bien la &#171; r&#233;volution permanente &#187; initi&#233;e en 1917 qui a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, effectivement, la r&#233;volution de 1917 en Russie &#233;tait permanente, au sens o&#249; elle marquait le d&#233;but d'une r&#233;volution ouvri&#232;re en Europe et qu'elle ne pouvait triompher que si celle-ci l'emportait. Car son caract&#232;re n'&#233;tait pas celui d'une r&#233;volution nationale visant &#224; supprimer les restes russes du f&#233;odalisme. La r&#233;volution qui a renvers&#233; le tsarisme ne pouvait s'en tenir &#224; la mise en place d'une d&#233;mocratie bourgeoise. La locomotive de la r&#233;volution &#233;tait, malgr&#233; sa faiblesse num&#233;rique, le prol&#233;tariat industriel. Lorsque celui-ci prenait des mesures d&#233;mocratiques r&#233;volutionnaires, son caract&#232;re de classe marquait ces mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, lui-m&#234;me, n'avait pas envisag&#233; les choses ainsi. Jusqu'en mars 1917, il s'opposait &#224; la th&#232;se de Trotsky de la r&#233;volution permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1917, L&#233;nine &#233;tait victime d'une conception bien peu dialectique du cours de l'histoire, conception que nous pouvons appeler &#171; progressisme &#187; ou &#171; r&#233;volution par &#233;tapes &#187;. Le tournant de la pens&#233;e politique, strat&#233;gique, de L&#233;nine a pris un caract&#232;re public dans ce que l'on a appel&#233; les &#171; th&#232;ses d'avril &#187;. L&#233;nine, tout juste rentr&#233; en Russie suite au renversement du tsar, d&#233;fendait les anciennes th&#232;ses de Trotsky au sein de son propre parti. Non sans difficult&#233;. Les th&#232;ses oppos&#233;es affirmaient que la Russie n'&#233;tait pas m&#251;re pour le socialisme, que l'on devait appuyer l'aile r&#233;volutionnaire de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie qui voulait porter la d&#233;mocratie bourgeoise &#224; son terme en Russie. Il s'agissait d' &#171; une &#233;tape d&#233;mocratique &#187; &#224; distinguer de l' &#171; &#233;tape socialiste et prol&#233;tarienne &#187; qui, selon ses adeptes, n'&#233;tait pas &#224; l'ordre du jour vu le faible d&#233;veloppement de l'&#233;conomie et du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution russe, elle-m&#234;me, a tranch&#233; le d&#233;bat en donnant le pouvoir au prol&#233;tariat et en marquant le d&#233;but de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe, mena&#231;ant m&#234;me l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente est notre philosophie permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8008&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, dans &#171; La r&#233;volution permanente &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente (...) d&#233;montrait qu'&#224; notre &#233;poque l'accomplissement des t&#226;ches d&#233;mocratiques, que se proposent les pays bourgeois arri&#233;r&#233;s, les m&#232;ne directement &#224; la dictature du prol&#233;tariat, et que celle-ci met les t&#226;ches socialistes &#224; l'ordre du jour. (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est ce que L&#233;nine appelait la transformation de la r&#233;volution d&#233;mocratique en r&#233;volution socialiste. Ce n'est pas le pouvoir bourgeois qui se transforme par hypertrophie en pouvoir ouvrier et paysans et, ensuite, prol&#233;tarien : non, le pouvoir d'une classe ne se &#171; transforme &#187; pas en pouvoir d'une autre classe, mais on l'arrache l'arme &#224; la main. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A propos du saut par-dessus les &#233;tapes historiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Savoir distinguer entre la r&#233;volution bourgeoise et la r&#233;volution prol&#233;tarienne, c'est l'abc politique. Mais, apr&#232;s avoir appris l'alphabet, on apprend les syllabes qui sont form&#233;es de lettres. L'histoire a r&#233;uni les lettres les plus importantes de l'alphabet bourgeois et les premi&#232;res lettres de l'alphabet socialiste. (...) Il est absurde de dire qu'on ne peut jamais sauter par-dessus les &#233;tapes. Le cours vivant des &#233;v&#233;nements historiques saute toujours par-dessus les &#233;tapes qui sont le r&#233;sultat d'une division th&#233;orique de l'&#233;volution prise dans sa totalit&#233;, c'est-&#224;-dire dans son ampleur maximale et, aux moments critiques, il exige le m&#234;me souci dans la politique r&#233;volutionnaire. On peut dire que la capacit&#233; de reconna&#238;tre et d'utiliser ces moments distingue avant tout le r&#233;volutionnaire de l'&#233;volutionniste vulgaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, Lettre d'adieu aux ouvriers suisses, juste avant de quitter la Suisse pour la Russie (avril 1917) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est au prol&#233;tariat russe qu'est &#233;chu le grand honneur d'inaugurer la s&#233;rie des r&#233;volutions engendr&#233;es avec une n&#233;cessit&#233; objective par la guerre imp&#233;rialiste. Mais l'id&#233;e de consid&#233;rer le prol&#233;tariat russe comme un prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire &#233;lu par rapport aux ouvriers des autres pays nous est absolument &#233;trang&#232;re. Nous savons parfaitement que le prol&#233;tariat de Russie est moins organis&#233;, pr&#233;par&#233;, conscient que les ouvriers d'autres pays. Ce ne sont pas des qualit&#233;s particuli&#232;res, mais uniquement les conditions historiques particuli&#232;res qui ont fait du prol&#233;tariat russe, pour un certain temps, peut-&#234;tre tr&#232;s court, le chef de file du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire du monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie est un pays paysan, l'un des pays les plus arri&#233;r&#233;s d'Europe. Le socialisme ne peut y vaincre tout de suite et spontan&#233;ment. Mais le caract&#232;re paysan du pays peut, sur la base de l'exp&#233;rience de 1905 et &#233;tant donn&#233; l'&#233;norme superficie des terres rest&#233;es aux mains de l'aristocratie fonci&#232;re, donner une formidable ampleur &#224; la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise en Russie et faire de notre r&#233;volution le prologue de la r&#233;volution socialiste mondiale, une &#233;tape vers celle-ci. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et la tactique dans la r&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les petits bourgeois d&#233;mocratiques veulent terminer la r&#233;volution au plus vite (...), il est de notre int&#233;r&#234;t et de notre devoir de rendre la r&#233;volution permanente, jusqu'&#224; ce que toutes les classes plus ou moins poss&#233;dantes aient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es du pouvoir, que le prol&#233;tariat ait conquis le pouvoir et que non seulement dans un pays, mais dans tous les pays r&#233;gnants du monde l'association des prol&#233;taires ait fait assez de progr&#232;s pour faire cesser dans ces pays la concurrence des prol&#233;taires et concentrer dans leurs mains au moins les forces productives d&#233;cisives. Il ne peut s'agir pour nous de transformer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mais Seulement de 1'an&#233;antir ; ni de masquer les antagonismes de classes, mais d'abolir les classes ; ni d'am&#233;liorer la soci&#233;t&#233; existante, mais d'en fonder une nouvelle. (...) &#171; Leurs efforts doivent tendre &#224; ce que l'effervescence r&#233;volutionnaire directe ne soit pas une nouvelle fois r&#233;prim&#233;e aussit&#244;t apr&#232;s la victoire. Il faut, au contraire, qu'ils la maintiennent le plus longtemps possible. Bien loin de s'opposer aux pr&#233;tendus exc&#232;s, aux exemples de vengeance populaire contre des individus ha&#239;s ou des &#233;difices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tol&#233;rer ces exemples, mais encore en assumer soi-m&#234;me la direction. Pendant et apr&#232;s la lutte, les ouvriers doivent en toute occasion formuler leurs propres revendications &#224; c&#244;t&#233; de celles des d&#233;mocrates bourgeois. Ils doivent exiger des garanties pour les ouvriers, d&#232;s que les bourgeois d&#233;mocratiques se disposent &#224; prendre le gouvernement en main. Il faut au besoin qu'ils obtiennent ces garanties de haute lutte et s'arrangent en somme pour obliger les nouveaux gouvernants &#224; toutes les concessions et promesses possibles ; c'est le plus s&#251;r moyen de les compromettre. Il faut qu'ils s'efforcent, par tous les moyens et autant que faire se peut, de contenir la jubilation suscit&#233;e par le nouvel &#233;tat de choses et l'&#233;tat d'ivresse, cons&#233;quence de toute victoire remport&#233;e dans une bataille de rue, en jugeant avec calme et sang-froid la situation et en affectant &#224; l'&#233;gard du nouveau gouvernement une m&#233;fiance non d&#233;guis&#233;e. Il faut qu'&#224; c&#244;t&#233; des nouveaux gouvernements officiels ils &#233;tablissent aussit&#244;t leurs propres gouvernements ouvriers r&#233;volutionnaires, soit sous forme d'autonomies administratives locales ou de conseils municipaux, soit sous forme de clubs ou comit&#233;s ouvriers, de fa&#231;on que les gouvernements d&#233;mocratiques bourgeois non seulement s'ali&#232;nent aussit&#244;t l'appui des ouvriers, mais se voient, d&#232;s le d&#233;but, surveill&#233;s et menac&#233;s par des autorit&#233;s qui ont derri&#232;re elles toute la masse des ouvriers. En un mot, d&#232;s les premiers instants de la victoire, on ne doit plus tant se d&#233;fier des partis r&#233;actionnaires vaincus que des anciens alli&#233;s des ouvriers, que du parti qui cherche &#224; exploiter la victoire pour lui seul. (...) &#187; &#171; Les ouvriers doivent se placer non sous la tutelle de l'autorit&#233; de l'Etat mais sous celle des conseils r&#233;volutionnaires de communaut&#233;s que les ouvriers auront pu faire adopter. Les armes et les munitions ne devront &#234;tre rendues sous aucun pr&#233;texte. (...) &#187; &#171; Ils doivent pousser &#224; l'extr&#234;me les propositions des d&#233;mocrates qui, en tout cas, ne se montreront pas r&#233;volutionnaires, mais simplement r&#233;formistes, et transformer ces propositions en attaques directes contre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Si, par exemple, les petits bourgeois proposent de racheter les chemins de fer et les usines, les ouvriers doivent exiger que ces chemins de fer et ces usines soient simplement et sans indemnit&#233; confisqu&#233;s par l'Etat en tant que propri&#233;t&#233; de r&#233;actionnaires. Si les d&#233;mocrates proposent l'imp&#244;t proportionnel, les ouvriers r&#233;clament l'imp&#244;t progressif. Si les d&#233;mocrates proposent eux-m&#234;mes un imp&#244;t progressif mod&#233;r&#233;, les ouvriers exigent un imp&#244;t dont les &#233;chelons montent assez vite pour que le gros capital s'en trouve compromis. Si les d&#233;mocrates r&#233;clament la r&#233;gularisation de la dette publique, les ouvriers r&#233;clament la faillite de l'Etat. Les revendications des ouvriers devront donc se r&#233;gler partout sur les concessions et les mesures des d&#233;mocrates. &#187; &#171; Ils (les ouvriers) contribueront eux-m&#234;mes &#224; leur victoire d&#233;finitive bien plus par le fait qu'ils prendront conscience de leurs int&#233;r&#234;ts de classe, se poseront d&#232;s que possible en parti ind&#233;pendant et ne se laisseront pas un instant d&#233;tourner&#8212;par les phrases hypocrites des petits bourgeois d&#233;mocratiques&#8212;de l'organisation autonome du parti du prol&#233;tariat. Leur cri de guerre doit &#234;tre : La r&#233;volution en permanence ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx et Friedrich Engels dans &#171; Adresse du Comit&#233; Central &#224; la Ligue des communistes &#187; (1850)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7198&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7198&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1458&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la r&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article600&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article600&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2976&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DU FASCISME&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LES FAUSSES INTERPRETATIONS DU FASCISME ET LA VRAIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;0&#176;) Il y a une tendance erron&#233;e &#224; consid&#233;rer un ph&#233;nom&#232;ne social et politique comme le fascisme comme on consid&#232;re &#224; tort un ph&#233;nom&#232;ne physique, c'est-&#224;-dire comme un objet inerte, sans dynamique, sans dialectique des contraires, sans changement brutal, en somme comme une chose inerte qui peut seulement casser mais pas r&#233;ellement se transformer ou transformer le monde. Le fascisme n'est pas une chose mais un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent et dynamique qui ne peut pas &#234;tre combattu simplement en disant qu'on est contre mais en d&#233;veloppant une autre dynamique r&#233;elle. Le fascisme ne peut pas exister (la formation d'une masse de gens r&#233;volt&#233;s, paup&#233;ris&#233;s et militaris&#233;s sous la domination des fascistes &#233;crasant le prol&#233;tariat) sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels de la lutte des classes, tout comme le nuage ne peut pas exister (des tonnes d'eau ne tiendraient pas en l'air) sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels de l'agitation mol&#233;culaire et que l'atome (et m&#234;me la particule mat&#233;rielle) ne peut pas exister (une somme de particules positives qui se repoussent restant coll&#233;es) ne peut pas exister sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels du vide quantique. La vision fig&#233;e sans dynamique et sans dialectique ne permet pas de combattre le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Et ce n'est pas non plus un simple discours. Le fascisme n'est pas un courant d'opinion (la mise en place d'un pouvoir fasciste n'est pas une d&#233;cision de l'opinion publique et on ne combat pas le fascisme simplement en combattant des id&#233;es, des pr&#233;jug&#233;s, des mensonges) : c'est un type de pouvoir d'Etat qui est le produit d'une situation extr&#234;me, compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233;e pour la classe exploiteuse. Il ne doit surtout pas &#234;tre s&#233;par&#233; de la lutte des classes. Le fascisme est le produit d'un combat entre les classes arriv&#233;es &#224; un stade ultime o&#249; la seule alternative est r&#233;volution sociale ou contre-r&#233;volution fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Ce type particulier d'Etat (qui n'est pas une simple dictature) provient du fait qu'en plus des forces de r&#233;pression classiques (notamment arm&#233;e et police ou m&#234;me milices d'Etat), il associe provisoirement un mouvement organis&#233; de masses appel&#233;es les &#171; troupes fascistes &#187; et prises dans les classes moyennes et les milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Cette situation particuli&#232;re concerne les trois classes sociales essentielles de toute soci&#233;t&#233; : classe exploiteuse, classe moyenne et classe exploit&#233;e. Ce qui caract&#233;rise cet &#233;tat critique de l'ordre social et politique est le fait qu'il y a un risque que la classe exploit&#233;e s'unisse &#224; la classe moyenne (ou &#224; une fraction notable de celle-ci) pour mettre en place un pouvoir r&#233;volutionnaire. C'est ce risque social mena&#231;ant qui justifie aux yeux de la classe exploiteuse de mettre en avant (de fa&#231;on momentan&#233;e) une fraction violente de la classe moyenne et aussi des milieux populaires ou paup&#233;ris&#233;s, ceux que l'on appellera &#171; les fascistes &#187;, de les organiser et de les jeter dans l'action violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) L'un des risques d'erreur politique et sociale consiste &#224; prendre ces &#171; troupes fascistes &#187; pour une vraie force sociale, pour une v&#233;ritable arme de guerre alors que ce n'est qu'une bande sans foi ni loi mais aussi sans but r&#233;el ni perspective politique ou sociale propre. Ces troupes ne d&#233;fendent que les int&#233;r&#234;ts des gros exploiteurs mais n'en ont pas conscience. La classe dominante ne fait que les utiliser mais elle s'en m&#233;fie et les dissoudra d&#232;s que le v&#233;ritable danger r&#233;volutionnaire, celui des exploit&#233;s et de leur capacit&#233; en prenant la t&#234;te de tous les opprim&#233;s de renverser le pouvoir d'Etat des exploiteurs, sera &#233;radiqu&#233;. La vraie r&#233;ponse au fascisme consiste &#224; unir de mani&#232;re r&#233;volutionnaire les exploit&#233;s aux opprim&#233;s de la classe moyenne et d'autres couches populaires, afin de constituer une force capable de renverser la classe dominante. Cela n'est possible que si la classe exploit&#233;e s'auto-organise et d&#233;veloppe ses propres perspectives en d&#233;montrant qu'elle veut renverser la classe exploiteuse et s'adresse aux autres opprim&#233;s, notamment ceux des classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Si on veut comprendre le fascisme, le premier point est de ne pas se fixer sur le seul exemple du nazisme en Allemagne ou du fascisme en Italie. Non seulement il y a bien d'autres exemples mais on risque de croire que les caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques de ces fascismes particuliers seraient g&#233;n&#233;rales. Par exemple, nulle n&#233;cessit&#233; pour un pouvoir fasciste d'&#234;tre antis&#233;mite. Ni de pratiquer un g&#233;nocide des Juifs. M&#234;me le racisme n'est pas une caract&#233;ristique indispensable. Le fascisme n'est pas un mouvement europ&#233;en, ni sp&#233;cifiquement li&#233; &#224; la phase imp&#233;rialiste du grand capital (Karl Marx l'a reconnu en France avec le mouvement bonapartiste de Louis Bonaparte qui allait devenir Napol&#233;on III), ni m&#234;me &#224; l'&#233;poque du capitalisme (on l'a vu dans des soci&#233;t&#233;s bourgeoises pr&#233;-capitalistes et dans des soci&#233;t&#233;s esclavagistes comme l'empire romain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Il y a une autre erreur classique d'interpr&#233;tation du fascisme que les &#171; d&#233;mocrates anti-fascistes &#187;, ou pr&#233;tendus tels, aiment particuli&#232;rement d&#233;velopper comme tromperie et qui consiste &#224; attribuer le caract&#232;re fasciste aux seuls mouvements politiques et sociaux d'extr&#234;me droite, ce qui blanchirait le centre et la gauche de tout risque d'&#234;tre des &#233;l&#233;ments favorables, &#224; un moment donn&#233;, &#224; la mont&#233;e fasciste. En fait, quand il y a une mont&#233;e fasciste, cela se produit avec la complicit&#233; &#224; de multiples niveaux de tous les partis, syndicats et associations li&#233;s &#224; l'Etat des exploiteurs et &#224; leur ordre social et politique, notamment toute la gauche et tous les r&#233;formistes et opportunistes (jusqu'&#224; la fausse extr&#234;me gauche). Les dirigeants fascistes peuvent parfaitement provenir de la gauche (comme Mussolini ou Laval), ou &#234;tre soutenus par elle (comme celle de P&#233;tain soutenu de la plupart des dirigeants politiques et syndicaux du front populaire en France). Ceux qui lient pieds et poings de la classe exploit&#233;e sont surtout des &#233;l&#233;ments de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Il ne faut pas attribuer la d&#233;cision du fascisme &#224; tel ou tel dirigeant populiste, d&#233;magogue, soi-disant g&#233;nial ou fou. Il ne faut pas attribuer le choix du fascisme &#224; la seule d&#233;cision d'un appareil politique (de l'Etat ou d'un parti). C'est le choix d'une classe sociale exploiteuse (&#224; notre &#233;poque, du capitalisme et de la fraction du grand capital). C'est dans une situation d'un pays que le fascisme se d&#233;veloppe mais il le fait sur une d&#233;cision qui n'est pas propre au pays mais &#224; la classe capitaliste dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Quelles que soient les circonstances diverses de son av&#232;nement, le fascisme est toujours une attaque brutale, violente, sanglante, terroriste et totalement destructrice contre tout ce qui repr&#233;sente une fraction organis&#233;e, consciente (m&#234;me tr&#232;s partiellement, m&#234;me de mani&#232;re r&#233;formiste et d&#233;mocrate) des exploit&#233;s. La classe capitaliste doit absolument annihiler tout sentiment de classe et transformer les exploit&#233;s capables de faire la r&#233;volution en esclaves ob&#233;issants, apeur&#233;s et rampants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Sur le plan id&#233;ologique, le fascisme n'a pas n&#233;cessairement de rapport avec l'antis&#233;mitisme ou m&#234;me le racisme mais il en a toujours avec le nationalisme exacerb&#233; et violent, la haine des autres peuples, l'attirance pour la guerre contre les autres peuples, la haine contre l'internationalisme. Et, l&#224; non plus, il ne s'agit pas d'id&#233;ologie en dehors des classes : ce que le fascisme hait, c'est le caract&#232;re international du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et de la perspective de soci&#233;t&#233; qu'il porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Le fascisme a un soutien populaire de masse mais ce mouvement populaire n'a pas le caract&#232;re d'une r&#233;volution, non seulement parce que dans ses buts il est contre-r&#233;volutionnaire, est charg&#233; de sauver de la r&#233;volution sociale la classe dirigeante et poss&#233;dante mais surtout parce que ce mouvement n'a pas de force autonome socialement et politiquement. Ces masses de gens fascis&#233;s ne sont pas une vraie force. Ils ne savent m&#234;me pas le r&#244;le qu'ils jouent et, d&#232;s qu'ils ont annihil&#233; le prol&#233;tariat, ils sont renvoy&#233;s au n&#233;ant de leur inexistence, d&#233;sarm&#233;s et d&#233;sorganis&#233;s, pour laisser place &#224; la dictature classique d'Etat. Ces masses fascis&#233;es n'ont aucune perspective sociale et politique propre. Tout ce qu'elles peuvent, c'est clamer leur amour du nationalisme &#224; une &#233;poque o&#249; le respect des nations n'a plus aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) Le moralisme n'a aucune force face au fascisme. Si on le consid&#232;re seulement comme un mal moral, on ne peut pas combattre le fascisme. Le moralisme antifasciste est une esp&#232;ce de pacifisme qui d&#233;sarme les prol&#233;taires et ne sert que les fascistes. Le moralisme d&#233;nonce mais il ne combat pas, il refuse le combat au nom de&#8230; la morale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) Il n'y a pas un programme particulier pour combattre le fascisme, ni un pour combattre la guerre, ni un pour le combat &#233;conomique, il y a un seul programme qui vise &#224; la r&#233;volution socialiste prol&#233;tarienne internationale. Le pire est de croire que devant la menace fasciste, il faut abandonner la r&#233;volution sociale et se contenter de&#8230; lutter contre le fascisme, pour mieux s'unir, pour mieux l'entraver, pour mieux l'isoler, pour assurer l'avenir. C'est abandonner la barque parce qu'il y a une inondation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CELUI QUI RECULE DEVANT LA TACHE DE CONSTRUIRE DES CONSEILS DU PEUPLE TRAVAILLEUR ET DE LEUR DONNER LA TOTALITE DU POUVOIR EST INAPTE A COMBATTRE LE FASCISME ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=fascisme&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA GUERRE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la guerre mondiale inter-imp&#233;rialiste, quelles sont nos armes, nous prol&#233;taires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Imaginons un peu. Demain, il y a la nouvelle grande boucherie guerri&#232;re entre les grandes puissances et qu'est-ce qu'on peut dans ces conditions effroyables esp&#233;rer, tenter, sur quoi fonder nos luttes, quelles sont nos forces, nos faiblesses, notre politique ? Comment nous battre sur nos propres bases de prol&#233;taires avant, pendant et apr&#232;s le d&#233;clenchement guerrier ? Comment ne pas tomber dans les pi&#232;ges ? Comment ne pas nous trouver li&#233;s par la logique guerri&#232;re et ne pas nous solidariser avec nos propres exploiteurs ? Pourquoi peut-on penser que le prol&#233;tariat, absolument d&#233;sarm&#233; actuellement (sans organisation autonome, sans ind&#233;pendance de classe, sans id&#233;ologie et programme de classe, sans armes, sans alliances avec des couches opprim&#233;es et exploit&#233;es) a cependant une force potentielle d&#233;terminante qui peut lui permettre de devenir le p&#244;le autour duquel une alternative au syst&#232;me capitaliste se b&#226;tira ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, sachant que la guerre mondiale entre les grandes puissances imp&#233;rialistes ne se d&#233;clenchera qu'&#224; partir du moment o&#249; l'effondrement de l'&#233;conomie capitaliste s'av&#232;rera ing&#233;rable, il certain qu'&#224; ce moment-l&#224;, quand les banques seront ferm&#233;es, quand les &#233;pargnes seront ponctionn&#233;es, quand les salaires et retraites ne seront plus vers&#233;es, quand les Etats seront d&#233;clar&#233;s en faillite en m&#234;me temps que les trusts, les banques et les bourses, alors, oui, il serait clair pour tous les prol&#233;taires qu'il faut un nouveau syst&#232;me social, un nouveau mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et alors, sera d&#233;terminant le fait que le prol&#233;tariat est la seule classe qui n'est pas objectivement d&#233;pendante historiquement du vieux syst&#232;me d'exploitation, m&#234;me si elle a longtemps &#233;t&#233; subjectivement d&#233;pendante parce les organisations les plus importantes en son sein sont r&#233;formistes, c'est-&#224;-dire tout &#224; fait d&#233;pendantes du syst&#232;me, de ses institutions, de son Etat et de sa classe poss&#233;dante. Cela signifie que la conscience des prol&#233;taires de devoir offrir une alternative a toutes les chances de remonter en m&#234;me temps que la col&#232;re face &#224; la guerre et ses horreurs, la mis&#232;re, la dictature, d&#232;s lors qu'il sera patent que le capitalisme n'offre plus aucun avenir &#224; l'humanit&#233;. C'est pour cela que, d&#232;s ce moment, les grandes puissances se lanceront dans la guerre g&#233;n&#233;rale et globale, afin de s'en servir pour museler la col&#232;re, pour d&#233;tourner la prise de conscience r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne en plongeant le monde dans le bain de sang et s'appuieront sur l'&#233;tat de guerre pour museler les classes laborieuses et les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre n'est rien d'autre que l'une des armes de la contre-r&#233;volution et la r&#233;volution est seulement le produit de l'effondrement du capitalisme. C'est l'incapacit&#233; du grand capital &#224; aller de l'avant, en investissant ses profits dans la production, qui contraint les prol&#233;taires &#224; redevenir un potentiel r&#233;volutionnaire. Le grand capital a beau avoir son plus grand succ&#232;s en termes de masse totale des capitaux, elle a atteint son plus grand &#233;chec en termes de masse des investissements productifs par rapport au total des capitaux. Or l'investissement productif est la source de la plus-value et donc la vraie origine de tout profit, malgr&#233; la masse des profits fictifs car purement sp&#233;culatifs en hausse spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que la marche &#224; la guerre g&#233;n&#233;rale sera annonc&#233;e, on nous dira : &#171; quoique vous pensiez de la justesse de l'entr&#233;e en guerre, vous n'avez plus le choix, il faut d&#233;fendre le camp de &#171; notre &#187; pays, de &#171; notre &#187; Etat, il faut viser &#224; la victoire de &#171; notre &#187; arm&#233;e. &#187; Et cela viendra de la part non seulement des va-t-en guerre mais des pr&#233;tendus pacifistes, les r&#233;formistes, la gauche, les syndicats et une certaine extr&#234;me gauche opportuniste. Ils diront : &#171; Nous avons tout fait pour &#233;viter la guerre et maintenant nous devons tout faire pour que &#171; notre &#187; peuple, &#171; notre &#187; pays (assimil&#233;s &#224; tort &#224; notre ville, notre maison, notre foyer, notre famille) ne subisse pas des cons&#233;quences trop graves de cette guerre. &#187; Et c'est faux ! En cas de guerre entre les imp&#233;rialismes, les peuples travailleurs de chacun de ces pays ont un seul int&#233;r&#234;t : QUE LEUR PROPRE PAYS IMPERIALISTE SOIT VAINCU ! Cela s'appelle le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire. Parce que c'est de cette d&#233;faite que peut na&#238;tre la victoire du prol&#233;tariat. Parce que souhaiter cette d&#233;faite, c'est la seule mani&#232;re pour le prol&#233;tariat de relever le d&#233;fit de la guerre &#224; la classe dirigeante. Parce que tout autre politique est une trahison des int&#233;r&#234;ts du peuple travailleur. Cette &#171; trahison nationale &#187; est la seule vraie d&#233;nonciation du nationalisme guerrier imp&#233;rialiste et toute autre position n'est que mensonges pacifistes, pacifiques seulement &#224; l'&#233;gard des poss&#233;dants. Seule la d&#233;faite militaire de l'imp&#233;rialisme provoqu&#233;e et organis&#233;e par les exploit&#233;s peut arr&#234;ter la guerre en mettant en avant le pouvoir des travailleurs. Les diverses formes du patriotisme m&#234;l&#233; de pacifisme ne sont que mensonges sanglants. Ne pas d&#233;sarmer et d&#233;truire l'arm&#233;e de la bourgeoisie imp&#233;rialiste, c'est la laisser tourner ses armes contre le peuple travailleur. N'oublions pas que dans tous les &#233;pisodes historiques connus, l'arm&#233;e imp&#233;rialiste a fait suivre la guerre entre imp&#233;rialismes, d'une guerre civile sanglante dans laquelle l'arm&#233;e a fait tirer sur le peuple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais aucun imp&#233;rialisme n'a men&#233; de guerre pour sauver un peuple de la guerre, de la dictature, du fascisme, du massacre ou m&#234;me du g&#233;nocide. Les pr&#233;tendues d&#233;mocraties, leurs &#171; d&#233;mocrates &#187;, leurs gauches, leurs syndicats, leurs m&#233;dias qui pr&#233;tendent le contraire sont des fieff&#233;s menteurs qui veulent &#224; nouveau nous tromper demain. Aucun imp&#233;rialisme ne m&#232;ne une guerre pour soutenir le peuple de son pays, pas plus qu'il n'exploite la plan&#232;te dans ce but. L'imp&#233;rialisme, m&#234;me soi-disant temp&#233;r&#233; de d&#233;mocratie &#233;lectorale et de constitution l&#233;gale, n'est rien d'autre que le pouvoir du grand capital, c'est-&#224;-dire d'une infime minorit&#233; qui exploite l'immense majorit&#233;, y compris celle du pays imp&#233;rialiste. Ce n'est pas pour enrichir le peuple des pays riches que les pays pauvres sont mis en coupe r&#233;gl&#233;e par l'imp&#233;rialisme. Certes, cela a permis longtemps de retarder les r&#233;volutions dans les pays riches mais cela n'est plus vrai. L'effondrement du capitalisme sonne le glas aussi de cette tromperie-l&#224;. Plus que jamais, l'imp&#233;rialisme signifie le bain de sang des travailleurs, quelle que soit leur nationalit&#233;, leur origine, leur race, leur religion, leur couleur de peau. &lt;br class='autobr' /&gt;
PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ VOUS POUR ABATTRE L'IMPERIALISME MONDIAL !&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;faite, la chute de l'imp&#233;rialisme, et m&#234;me le d&#233;but de la r&#233;volte prol&#233;tarienne contre l'imp&#233;rialisme c'est le d&#233;but de la r&#233;volution sociale, le d&#233;but de la fin de l'imp&#233;rialisme, le d&#233;but de la r&#233;publique des soviets ! Ce qui s'oppose &#224; l'imp&#233;rialisme, c'est le prol&#233;tariat organis&#233; en soviets, c'est-&#224;-dire en conseils de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et r&#233;vocables par les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales prol&#233;tariennes r&#233;volutionnaires qui d&#233;cident de tout et dirigent tout. Sans le pouvoir de soviets, on ne peut pas en finir avec l'imp&#233;rialisme ! &lt;br class='autobr' /&gt;
CEUX QUI DENONCENT L'IMPERIALISME SANS APPELER AU POUVOIR DES SOVIETS SONT DES COMPLICES CAMOUFLES DE NOS ENNEMIS !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier pas dans le sens de la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme consiste &#224; casser le moral de l'arm&#233;e. A casser aussi la cr&#233;dibilit&#233; du patriotisme. A d&#233;voiler et casser les buts pr&#233;tendus de l'imp&#233;rialisme. A d&#233;noncer et d&#233;masquer les amis cach&#233;s de l'imp&#233;rialisme et surtout ceux qui ont du cr&#233;dit parmi les travailleurs. A d&#233;noncer les crimes de l'imp&#233;rialisme et &#224; montrer qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; commis pour d&#233;fendre la population contre les crimes d'autres imp&#233;rialismes mais pour des buts bien plus int&#233;ress&#233;s et qui &#171; int&#233;ressent &#187; une part infime de la population, les plus riches et les oppresseurs et exploiteurs du monde, gens qui n'appartiennent pas au m&#234;me monde que nous. Tant que le moral de l'arm&#233;e est haut, que le soldat suit aveugl&#233;ment sa hi&#233;rarchie, aucune r&#233;volution ne peut triompher. Tant que le petit soldat ne sent pas qu'il a des buts diff&#233;rents voire oppos&#233;s &#224; ceux de ses chefs, la r&#233;volution prol&#233;tarienne se heurte &#224; un mur infranchissable. Mais, avec la guerre, le soldat voit tous les jours les mensonges, les exactions, les crimes des chefs militaires et la d&#233;moralisation peut &#234;tre tr&#232;s rapide. Le soldat est chair &#224; canons comme le prol&#233;taire est chair &#224; travail, exploit&#233;, tromp&#233;, expos&#233; et sacrifi&#233; en premier. Encore faut-il que le petit soldat soit attir&#233; par un prol&#233;tariat combatif qui exprime une solidarit&#233; avec lui et qui affirme que tout soldat qui prend parti pour la r&#233;volution sera prot&#233;g&#233; par elle. Car un soldat r&#233;volt&#233; en temps de guerre est tr&#232;s vite &#233;limin&#233; physiquement par la r&#233;pression militaire. D&#232;s lors que l'arm&#233;e se fissure, le pouvoir des classes poss&#233;dantes tient &#224; un fil, qu'il est possible de briser pour peu que les travailleurs s'auto-organisent en soviets dans ce but et combattent les forces r&#233;formistes en leur sein, forces qui ne veulent surtout pas de la d&#233;stabilisation de l'Etat. Il est alors possible que les soviets de travailleurs se lient aux comit&#233;s de soldats. C'est le signal que la r&#233;volution est mure pour pr&#233;parer un nouveau pouvoir face &#224; l'ancien, pour commencer &#224; contester, puis renverser le pouvoir des poss&#233;dants. &lt;br class='autobr' /&gt;
LA GUERRE N'EST PAS LA FIN DE LA LUTTE DE CLASSE MAIS SON EXACERBATION.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;faite militaire est la meilleure arme des prol&#233;taires qui veulent agir dans le sens des int&#233;r&#234;ts historiques de leur classe, c'est-&#224;-dire vers le pouvoir des conseils de travailleurs en armes. Inversement, la r&#233;ussite du lancement de la guerre d&#233;molit momentan&#233;ment le moral des travailleurs, leur sens de classe, leur confiance dans leurs propres forces. La guerre appara&#238;t toujours comme une victoire du nationalisme exacerb&#233;, renforce la haine des autres peuples, donne la parole aux pires bellicistes, &#233;touffe la voix des internationalistes et de tous ceux qui se revendiquent du prol&#233;tariat. Bien s&#251;r, la guerre ne favorise nullement le moral et la conscience des travailleurs, ni leur organisation, ni leurs luttes, ni leurs liens entre prol&#233;taires. L'accablement, le d&#233;sespoir, le fatalisme, la m&#233;fiance, la peur, le soup&#231;on, le nationalisme, le racisme, le fascisme, les sentiments les plus bas ne peuvent que sortir favoris&#233;s dans un premier temps par l'entr&#233;e en guerre. La propagande y rajoute la d&#233;nonciation des exactions r&#233;elles ou imaginaires de l'imp&#233;rialisme ennemi et le camouflage des crimes de son propre imp&#233;rialisme. Bien entendu, tout cela n'est pas fait pour favoriser la mont&#233;e de la r&#233;volution, bien au contraire, celle de la contre-r&#233;volution. Redisons-le, la guerre n'est pas seulement le produit des rivalit&#233;s inter-imp&#233;rialistes mais de la lutte des classes, qui, en p&#233;riode de crise aigue du syst&#232;me dominant, n&#233;cessite des moyens violents, sanglants, pour &#233;radiquer les risques r&#233;volutionnaires. Et la m&#233;fiance a des fondements bien r&#233;els : la guerre permet d'autoriser la r&#233;pression syst&#233;matique et l'&#233;limination individuelle et collective des &#171; ennemis &#187; par le pouvoir, les ennemis de classe &#233;tant consid&#233;r&#233;s comme des ennemis de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUAND ILS FONT LA GUERRE, IL FAUT NOUS DIRE QUE C'EST A NOUS, PEUPLE TRAVAILLEUR, QU'ILS FONT LA GUERRE.&lt;br class='autobr' /&gt;
La perte de moral du prol&#233;tariat dans cette premi&#232;re phase provient non seulement de la peur des horreurs qui d&#233;marrent ou qui peuvent suivre mais aussi de l'effondrement des illusions qui l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233; sur la possibilit&#233; de bien vivre au sein du syst&#232;me, malgr&#233; ses d&#233;fauts. Bien des prol&#233;taires ont longtemps cru que l'ordre social n'&#233;tait pas parfait mais qu'on pouvait s'y faire sa place. Ces illusions ont &#233;t&#233; bien organis&#233;es et planifi&#233;es par l'ordre &#233;tabli et par toutes les organisations install&#233;es au sein du syst&#232;me, y compris la gauche, les syndicats et la fausse extr&#234;me gauche. Ces derniers n'ont cess&#233; de faire croire que l'on pouvait d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts de classe au sein des institutions et qu'on devait compter pour s'exprimer et lutter sur les &#233;lections bourgeoises et sur les bureaucraties syndicales li&#233;es aux classes poss&#233;dantes &#224; l'Etat capitaliste. Toutes ces tromperies ont li&#233; pieds et poings les travailleurs &#224; leurs pires ennemis et les ont men&#233;s &#224; croire que l'arm&#233;e de leur imp&#233;rialisme &#233;tait &#171; leur &#187; arm&#233;e, charg&#233;e de les prot&#233;ger, eux et leur famille ! Ce sont eux qui ont fait croire qu'on pouvait faire confiance aux classes dirigeantes si le sort du pays &#233;tait en jeu ! Comme si les exploiteurs voulaient sauver un seul peuple ! Ce sont eux qui refusent aux exploit&#233;s et aux opprim&#233;s de s'unir au sein des conseils du peuple travailleur, seule organisation de masse capable d'offrir une alternative &#224; la soci&#233;t&#233; d'exploitation. Aujourd'hui, &#224; la veille du conflit g&#233;n&#233;ral, ils ne l&#232;vent pas le petit doigt pour permettre aux exploit&#233;s et aux opprim&#233;s de s'unir dans la lutte pour pr&#233;parer un autre avenir que cette immense boucherie. Et pourtant certains d'entre eux se disent oppos&#233;s &#224; la guerre et pour certains oppos&#233;s aux exploiteurs ou oppos&#233;s au syst&#232;me capitaliste. Mais ils sont li&#233;s entre eux, ils se tiennent les coudes, m&#234;me s'ils se critiquent mutuellement. Les illusions sur le syst&#232;me que toutes ces organisations ont cultiv&#233; vont nous co&#251;ter extr&#234;mement cher car elles nous ont emp&#234;ch&#233; de nous pr&#233;parer, elles vous nous contraindre de le faire sous le feu, dans les pires conditions, mais nous devrons cependant le faire, nous le pouvons et nous pouvons gagner. Les classes poss&#233;dantes le savent. Elles l'ont appris des guerres imp&#233;rialistes pr&#233;c&#233;dentes dans lesquelles des r&#233;voltes et des r&#233;volutions ont &#233;clat&#233;. De la derni&#232;re vague des r&#233;voltes et r&#233;volutions d&#233;but&#233;e en 2010-2011 qui a suivi l'effondrement &#233;conomique et social de 2007-2008, elles ont tir&#233; la le&#231;on que la r&#233;volution sociale mondiale menace de revenir sur le devant de la sc&#233;ne de l'Histoire et elles comptent bien pratiquer un bain de sang de masse pour &#233;viter que la prochaine vague r&#233;volutionnaire internationale ne tire les le&#231;ons de la pr&#233;c&#233;dente et ne m&#232;ne au pouvoir des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ILS SONT EN GUERRE PARCE QU'ILS CRAIGNENT NOTRE REVOLUTION.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre se charge de d&#233;truire les potentialit&#233;s r&#233;volutionnaires mais elle va n&#233;cessairement d&#233;truire en m&#234;me temps les illusions r&#233;formistes qui enchainaient et baillonnaient le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Elle va d&#233;truire, torturer, terroriser et d&#233;molir la vie de millions d'&#234;tres humains mais aussi les lib&#233;rer de leurs r&#233;serves, de leurs r&#233;ticences, de leurs timidit&#233;s &#224; agir r&#233;volutionnairement &#224; l'&#233;gard des exploiteurs et oppresseurs, de leurs craintes de semer la violence face &#224; une soci&#233;t&#233; qui, elle, n'a pourtant jamais craint de semer la violence, leurs retenues devant la n&#233;cessit&#233; de terroriser ceux qui nous terrorisent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, les travailleurs et les peuples n'ont pas voulu de la lutte au couteau pas plus qu'ils n'ont voulu de la guerre civile et de la r&#233;volution. Ce sont les exploiteurs et les oppresseurs qui les y contraignent. Et ils nous contraignent de prendre les armes pour tuer le peuple d'en face qui est comme nous contraint de prendre les armes pour massacrer ses fr&#232;res du pays voisin. Alors, il est l&#233;gitime d'employer les armes pour renverser les bouchers qui nous donnent de tels ordres. Il n'y aucune morale &#224; accepter, &#224; c&#233;der, &#224; se soumettre aux hi&#233;rarchies militaires et aux pouvoirs civils qui nous donnent ces ordres. Notre devoir, la d&#233;fense de nos familles, notre dignit&#233; d'hommes et de femmes nous imposent l'inverse : le droit &#224; refuser, de nous r&#233;volter, de renverser le pouvoir assassin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute cette tromperie qui se finit dans la barbarie sanglante provient d'un mensonge : faire croire que cet Etat est celui du peuple travailleur, l'&#233;manation de sa propre volont&#233;. Eh bien, la seule r&#233;ponse valable est de mettre en place r&#233;ellement l'Etat qui est le produit des d&#233;cisions du peuple travailleur, l'Etat des conseils r&#233;volutionnaires de travailleurs, &#233;lus et r&#233;vocables par eux. Et cela n&#233;cessite de d&#233;sarmer, de dissoudre, de d&#233;sorganiser, de d&#233;moraliser l'arm&#233;e permanente de la bourgeoisie capitaliste dans tous les pays &#224; commencer par celle des plus grandes puissances, des imp&#233;rialismes qui dominent et terrorisent le monde. C'est la guerre qui peut nous permettre d'y parvenir mais cela n&#233;cessite que les travailleurs agissent en r&#233;volutionnaires et se donnent comme objectif de d&#233;truire le mensonge de cet Etat capitaliste qu'on leur a pr&#233;sent&#233; comme leur propre Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PREMIER PAS DES TRAVAILLEURS REVOLUTIONNAIRES EST DE CESSER D'ETRE LES DUPES DE L'ETAT DES CAPITALISTES QUI SE DIT ETAT DU PEUPLE TOUT ENTIER ET DE PROCLAMER QUE SA DEFAITE EST LE DEBUT DE NOTRE VICTOIRE !&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont nos armes ? La premi&#232;re et principale arme du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire est de ne pas se lier au pouvoir capitaliste, de ne pas se lier &#224; la d&#233;fense de son syst&#232;me d'exploitation, de ne pas croire aux organisations qui l'y enchainent. La seconde est de ne pas &#234;tre encha&#238;n&#233;s aux institutions m&#234;me celles dites d&#233;mocratiques, ne pas &#234;tre encha&#238;n&#233;s &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux et des moyens de production, ne pas &#234;tre &#224; sa hi&#233;rarchie, &#224; sa l&#233;galit&#233;, &#224; ses forces de r&#233;pression, &#224; son ordre social, &#224; sa morale, &#224; son id&#233;ologie, &#224; sa philosophie, &#224; son pr&#233;tendu pacifisme, &#224; sa pr&#233;tendue morale. La troisi&#232;me arme des prol&#233;taires est l'auto-organisation en comit&#233;s du peuple travailleur s'emparant, avec l'aide des comit&#233;s de soldats qui refusent l'ob&#233;issance &#224; leur hi&#233;rarchie et au pouvoir capitaliste, de tout le pouvoir de d&#233;cision, de tous les pouvoirs r&#233;els et notamment du capital tout entier et de la totalit&#233; des armes. Tous les organisations qui se disent du c&#244;t&#233; des travailleurs mais refusent tout cela ne sont que des traitres aux int&#233;r&#234;ts prol&#233;tariens !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui, craintifs, se disent que leurs camarades de travail sont encore loin d'avoir conscience de tout cela et pensent que ces remarques sont hors de propos, ont tort : si la guerre mondiale approche, c'est que l'effondrement &#233;conomique et social est d&#233;j&#224; in&#233;luctablement r&#233;alis&#233;. Alors, cela signifie que la perspective r&#233;volutionnaire socialiste n'est pas pour apr&#232;s-demain. Il est donc plus que temps de se pr&#233;parer, camarades, de pr&#233;parer nos id&#233;es, nos programmes, nos conseils de travailleurs et notre parti r&#233;volutionnaire afin de pr&#233;parer un avenir socialiste &#224; la soci&#233;t&#233; humaine mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DU PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Demandez le programme des communistes r&#233;volutionnaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8532&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le programme de Lutte ouvri&#232;re (le petit article qui en tient lieu) ne parle de l'Etat ouvrier que pour faire r&#233;f&#233;rence &#224; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence et pas pour parler de l'avenir, du pouvoir des soviets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne parle que de d&#233;truire des rapports sociaux, pas de d&#233;truire l'Etat bourgeois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne dit rien de ce qu'il faut faire de l'arm&#233;e capitaliste, de la police capitaliste, des prisons capitalistes, de l'administration capitaliste, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'&#233;tat actuel du syst&#232;me capitaliste, il ne va pas au-del&#224; des termes de &#171; nouvelle crise grave &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qu'elle se donne est tr&#232;s passive : &#171; Transmettre fid&#232;lement les id&#233;es marxistes aux nouvelles g&#233;n&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence au grand communiste r&#233;volutionnaire Barta est effac&#233;e : &#171; Le courant politique incarn&#233; aujourd'hui par Lutte ouvri&#232;re est n&#233;, pendant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. &#187; C'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant il cite le rapport de 1943 de Barta sans nommer son auteur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2017-12-09-construire-un-parti-communiste-revolutionnaire_100246.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2017-12-09-construire-un-parti-communiste-revolutionnaire_100246.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1847&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1875&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/kautsky/works/1892/00/kautsky_18920000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1892&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1899/10/vil00101899.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1899&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171008.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19181231.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/06/programme.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical212.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1928&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1934/prog34.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1934&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE L'ETAT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plus &#034;d&#233;mocratique&#034; des r&#233;publiques n'est rien d'autre que la dictature du grand capital d&#233;fendue jusqu'&#224; la mort par ses forces arm&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat est la principale tromperie politique qui induit en erreur les masses laborieuses dans le monde entier. Il est pr&#233;sent&#233; partout comme le principal outil de progr&#232;s social et de d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; alors qu'il est le principal outil des classes dirigeantes en vue de la conservation d'un ordre social fond&#233; sur l'exploitation et l'oppression. Les peuples et les classes ouvri&#232;res d&#233;noncent souvent les hommes politiques, les chefs militaires &#233;ventuellement, parfois m&#234;me les chefs religieux mais ils ne cessent jamais de croire que l'Etat &#034;devrait&#034; &#234;tre au service du peuple. C'est l&#224; l'illusion supr&#234;me et la plus grave des tromperies.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Certes, il est beaucoup plus facile de s'exclamer, d'injurier, de pousser les hauts cris, que d'essayer de raconter, d'expliquer, de rappeler la fa&#231;on dont Marx et Engels ont analys&#233; en 1871, 1872, 1875 l'exp&#233;rience de la Commune de Paris et ce qu'ils ont dit de la nature de l'Etat qui est n&#233;cessaire au prol&#233;tariat.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine dans les th&#232;ses d'avril 1917&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Etant donn&#233; que l'Etat est la forme par laquelle les individus d'une classe dominante font valoir leurs int&#233;r&#234;ts communs, la forme dans laquelle l'ensemble de la soci&#233;t&#233; civile d'une &#233;poque se r&#233;sume, il s'ensuit que toues les institutions communes sont m&#233;diatis&#233;es par l'Etat, re&#231;oivent une forme politique. D'o&#249; l'illusion que la loi repose sur la volont&#233; libre, d&#233;tach&#233;e de sa base r&#233;elle. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx dans &#171; Feuerbach &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On se rend compte imm&#233;diatement que, dans un pays comme la France, o&#249; le pouvoir ex&#233;cutif dispose d'une arm&#233;e de fonctionnaires de plus d'un demi-million de personnes et tient, par cons&#233;quent, constamment sous sa d&#233;pendance la plus absolue une quantit&#233; &#233;norme d'int&#233;r&#234;ts et d'existences, o&#249; l'Etat enserre, contr&#244;le, r&#233;glemente, surveille et tient en tutelle la soci&#233;t&#233; civile, depuis ses manifestations d'existence les plus vastes jusqu'&#224; ses mouvements les plus infimes, de ses modes d'existence les plus g&#233;n&#233;raux jusqu'&#224; la vie priv&#233;e des individus, o&#249; ce corps parasite, gr&#226;ce &#224; la centralisation la plus extraordinaire, acquiert une omnipr&#233;sence, une omniscience, une capacit&#233; de mouvement et un ressort accru, qui n'a d'analogue que l'&#233;tat de d&#233;pendance absolue, la difformit&#233; incoh&#233;rente du corps social, on comprend donc que, dans un tel pays, l'Assembl&#233;e nationale, en perdant le droit de disposer des postes minist&#233;riels, perdait &#233;galement toute influence r&#233;elle, si elle ne simplifiait pas en m&#234;me temps l'administration de l'Etat, ne r&#233;duisait pas le plus possible l'arm&#233;e de fonctionnaires et ne permettait pas, enfin, &#224; la soci&#233;t&#233; civile et &#224; l'opinion publique de cr&#233;er leurs propres organes, ind&#233;pendants du pouvoir gouvernemental. Mais l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel de la bourgeoisie fran&#231;aise est pr&#233;cis&#233;ment li&#233; de fa&#231;on tr&#232;s intime au maintien de cette machine gouvernementale vaste et compliqu&#233;e. C'est l&#224; qu'elle case sa population superflue et compl&#232;te sous forme d'appointements ce qu'elle ne peut encaisser sous forme de profits, d'int&#233;r&#234;ts, de rentes et d'honoraires. D'autre part, son int&#233;r&#234;t politique l'obligeait &#224; aggraver de jour en jour la r&#233;pression, et, par cons&#233;quent, &#224; augmenter les moyens et le personnel du pouvoir gouvernemental, tandis qu'en m&#234;me temps il lui fallait mener une guerre ininterrompue contre l'opinion publique, mutiler et paralyser jalousement les organes moteurs ind&#233;pendants de la soci&#233;t&#233;, l&#224; o&#249; elle ne r&#233;ussissait pas &#224; les amputer compl&#232;tement. C'est ainsi que la bourgeoisie fran&#231;aise &#233;tait oblig&#233;e, par sa situation de classe, d'une part, d'an&#233;antir les conditions d'existence de tout pouvoir parlementaire et, par cons&#233;quent aussi, du sien m&#234;me, et, d'autre part, de donner une force irr&#233;sistible au pouvoir ex&#233;cutif qui lui &#233;tait hostile.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx dans &#034;Le 18 brumaire de Louis Bonaparte&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#119810;&#119822;&#119820;&#119820;&#119812;&#119821;&#119827; &#119819;&#119812; &#119823;&#119812;&#119828;&#119823;&#119819;&#119812; &#119827;&#119825;&#119808;&#119829;&#119808;&#119816;&#119819;&#119819;&#119812;&#119828;&#119825; &#119823;&#119812;&#119828;&#119827;-&#119816;&#119819; &#119808;&#119826;&#119826;&#119828;&#119825;&#119812;&#119825; &#119826;&#119808; &#119823;&#119825;&#119822;&#119823;&#119825;&#119812; &#119826;&#119812;&#119810;&#119828;&#119825;&#119816;&#119827;&#119812; &#119812;&#119827; &#119816;&#119821;&#119827;&#119812;&#119814;&#119825;&#119816;&#119827;&#119812; &#119823;&#119815;&#119832;&#119826;&#119816;&#119824;&#119828;&#119812; &#119812;&#119827; &#119820;&#119822;&#119825;&#119808;&#119819;&#119812; &#119812;&#119821; &#119826;&#119812; &#119811;&#119812;&#119809;&#119808;&#119825;&#119825;&#119808;&#119826;&#119826;&#119808;&#119821;&#119827; &#119811;&#119812;&#119826; &#119813;&#119822;&#119825;&#119810;&#119812;&#119826; &#119811;&#119812; &#119819;'&#119822;&#119825;&#119811;&#119825;&#119812; &#119810;&#119808;&#119823;&#119816;&#119827;&#119808;&#119819;&#119816;&#119826;&#119827;&#119812; &lt;br class='autobr' /&gt;
On nous pr&#233;sente tous les jours l'existence de la police, de la gendarmerie ou de l'arm&#233;e comme une chose allant de soi, comme une chose qui ne se discute m&#234;me pas. Leur vocation serait de prot&#233;ger le peuple ! On nous l'apprend depuis que nous sommes enfants, comme on nous apprend l'existence du divin et le respect et la soumission que nous devrions aux deux ! La police (et l'&#201;tat) au travers des diff&#233;rentes formes qu'elle a pu prendre dans les soci&#233;t&#233;s humaines, comme la religion, a toujours eu la vocation d'aider &#224; maintenir de toutes les mani&#232;res les soci&#233;t&#233;s de classes au profit exclusif d'une seule classe, une petite minorit&#233; qui, ell&#233;m&#234;me a chang&#233; au fil des temps, allant du patricien au seigneur avant de laisser la place aux bourgeois capitalistes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les classes dirigeantes, pour asseoir leur pouvoir, se sont toujours appuy&#233;es sur des bandes d'hommes en armes pour lesquelles elles avaient besoin de l&#233;gitimer le port exclusif des armes et de la violence qu'elles nomment justice divine ou r&#233;publicaine tout en excluant le peuple de cet exercice politique !&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, depuis notre enfance, on nous explique que les forces de l'ordre nous prot&#232;geraient des d&#233;linquants et de la racaille ! Que nous ne pouvons pas vivre sans elles ! Que c'est un mal n&#233;cessaire ! Que nous sommes bien contents quand des CRS sauvent des vies sur les plages l'&#233;t&#233;&#8230;. La liste est longue ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant o&#249; sont-elles quand on est licenci&#233;, expuls&#233; ? O&#249; sont-elles quand on meurt aux urgences, victime de la destruction de l'h&#244;pital public ? O&#249; sont-elles quand on ne fait qu'un repas par jour, quand on ne peut rien offrir &#224; ses enfants que mis&#232;re, pauvret&#233;, ch&#244;mage, SNU, guerres... O&#249; sont-elles quand les gouvernants foulent aux pieds le droit des peuples ? O&#249; sont-elles quand le peuple se r&#233;volte contre cette situation intol&#233;rable ? Elles sont l&#224;, matraque &#224; la main, nous gazant, nous tirant dessus &#224; l'arme de guerre (LBD), nous jetant des grenades qui nous mutilent et nous tuent, pour prot&#233;ger soi-disant la r&#233;publique du Peuple mais certainement pas pour prot&#233;ger le peuple de la r&#233;publique capitaliste, de ses gouvernements et de son &#201;tat qui jettent de plus en plus d'entre nous dans la mis&#232;re ! Les forces de l'ordre capitalistes ne sont et ne seront jamais du c&#244;t&#233; du peuple mais du c&#244;t&#233; de l'&#201;tat et des gouvernements qui eux-m&#234;mes sont au service des classes dirigeantes : c'est-&#224;-dire les grandes fortunes. Voil&#224; o&#249; sont les forces de l'ordre capitaliste ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui mais, nous diront certains, malgr&#233; cela la police nous prot&#232;ge quand m&#234;me de la racaille et des gangs tant bien que mal ! Faux et archifaux, la police ne pourra jamais lutter efficacement non plus contre la d&#233;linquance ou m&#234;me contre les gangs qui leur servent de faire valoir &#224; leur propre existence ! Oui, contrairement &#224; tout ce qui est dit, la police ne peut pas nous prot&#233;ger de la d&#233;linquance et de la racaille, ni la faire dispara&#238;tre, car l'existence m&#234;me de la petite d&#233;linquance et de l'&#233;conomie parall&#232;le est intimement li&#233;e aux soci&#233;t&#233;s de classes ! Petite d&#233;linquance, gang, mafia et Cie ne sont rien d'autres que les produits du capitalisme qui n'offre pas &#224; certaines populations la possibilit&#233; de travailler ou de vivre de leur travail, poussant ainsi &#224; l'&#233;mergence d'une &#233;conomie parall&#232;le, souterraine, mafieuse, qui, au final, est tout aussi capitaliste que tout le reste de l'&#233;conomie dont elle irrigue de son argent dit sale comme s'il y avait de l'argent propre non issu de l'exploitation du travail sous le capitalisme ! La police ne peut d'autant plus rien contre l'&#233;conomie ill&#233;gale car celle-ci est vitale au bon fonctionnement du capitalisme tout entier et dont les plus grands trafiquants sont &#224; la t&#234;te des grandes entreprises capitalistes mondiales et des &#201;tats prot&#233;g&#233;s par cette m&#234;me police qui leur ob&#233;it et qui jamais ne s'en prend &#224; eux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La Fran&#231;afrique dont la France bourgeoise et l'&#201;lys&#233;e ne sont-elles pas &#224; la t&#234;te d'une des plus grandes entreprises mafieuses bas&#233;es sur le trafic d'armes, de drogues et l'esclavage salarial des peuples par le biais de dictatures soutenues par l'arm&#233;e fran&#231;aise qui n'h&#233;sitent pas &#224; massacrer les peuples voire &#224; soutenir et aider &#224; l'organisation de g&#233;nocides comme au Rwanda en 1994 ? Si !&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas les m&#234;mes raisons qui pr&#233;valent &#224; Mayotte ? Si !&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas les m&#234;mes raisons qui pr&#233;valent en Ukraine ? Si !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont celles du brigandage et du vol faites sur le corps et le sang des prol&#233;taires et des peuples ! Et que fait la police contre les brigands &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat et des gouvernements ? Rien ! Elle les prot&#232;ge sous couvert de d&#233;fendre la r&#233;publique et la d&#233;mocratie ! Jamais un groupe de mercenaires n'a d&#233;fendu la d&#233;mocratie ! Le pendant de cette politique mafieuse ext&#233;rieure est le maintien de l'ordre bourgeois par la police et la gendarmerie en France par tous les moyens n&#233;cessaires pour maintenir l'exploitation l&#233;gale en France !&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des prol&#233;taires et une majorit&#233; du peuple travailleur ont oubli&#233; ce qu'&#233;tait la police et l'arm&#233;e m&#234;me r&#233;publicaines ! Ils ont oubli&#233; comment ces derniers ont assassin&#233; des gr&#233;vistes ou massacr&#233; des soul&#232;vements comme la Commune de Paris ! La raison de cet oubli m&#233;moriel est simple ! L'exploitation du reste du monde a permis aux classes dirigeantes en France de maintenir une certaine paix sociale pendant de nombreuses ann&#233;es gr&#226;ce aux CDI et &#224; l'emploi &#224; vie jusqu'&#224; la retraite, l'accession aux &#233;tudes des enfants de la petite bourgeoisie mais aussi ouvri&#232;re (au moins jusqu'au BAC), l'accession &#224; la propri&#233;t&#233; ! Mais cette p&#233;riode m&#234;me de calme relatif dans un pays comme la France n'emp&#234;chait nullement la police de quadriller les quartiers les plus populaires et les plus pauvres pour maintenir la paix civile bourgeoise pour tous ceux qui &#233;taient exclus du &#171; miracle &#233;conomique des 30 glorieuses &#187; ! Seule la fraction la plus pauvre (notamment issue de l'immigration) a continu&#233; de subir pendant de nombreuses d&#233;cennies les violences polici&#232;res et les meurtres commis par la police ! Afin de maintenir cette s&#233;paration entre le prol&#233;tariat autochtone et celui issu des colonies ou des anciennes colonies, le racisme r&#233;publicain &#224; gauche comme &#224; droite a permis de faire de la fraction du prol&#233;tariat la plus pr&#233;caire et issue de l'immigration une nouvelle &#171; classe dangereuse &#187; qu'il fallait rendre sulfureuse pour mieux d&#233;fendre aupr&#232;s de la classe ouvri&#232;re autochtone les violences &#224; son encontre afin d'obtenir leur soutien &#224; la police capitaliste ! Mais ce qui f&#251;t vrai pendant tout un temps est de plus en plus remis en cause ces derni&#232;res ann&#233;es ! De nouvelles fractions du prol&#233;tariat et du peuple travailleur se trouvent de plus en plus confront&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; polici&#232;re de la r&#233;publique capitaliste et de ses violences !&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, avec l'effondrement &#233;conomique de 2008, l'ensemble des &#233;conomies capitalistes ne peuvent plus maintenir la paix sociale comme avant ! Et un pays imp&#233;rialiste comme la France ne fait pas exception, provoquant un recul sans pr&#233;c&#233;dent des conditions de vie et de travail ! Cette situation a pouss&#233; et pousse encore in&#233;luctablement &#224; une lutte de classe toujours plus exacerb&#233;e entre la bourgeoisie et le peuple travailleur ! Et les Gilets Jaunes comme les &#233;meutes de ces derniers jours sont l'expression de cette lutte de classe qui s'exacerbe ! Et face &#224; ces menaces, l'&#201;tat montre son vrai visage, celui d'une bande de mercenaires asserment&#233;s d&#233;fendant avant les int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes capitalistes ! Et les Gilets Jaunes ont montr&#233; pour la premi&#232;re fois depuis tr&#232;s longtemps que lorsqu'on se montrait dangereux politiquement pour les classes dirigeantes, elles utilisaient les m&#234;mes politiques de r&#233;pression que celles utilis&#233;es contre les populations des quartiers les plus populaires ! Les &#171; fascistes, antis&#233;mites, homophobes &#187; Gilets Jaunes rempla&#231;ant alors la &#171; racaille, les d&#233;linquants &#187; des quartiers populaires &#224; forte concentration de population d'origine arabe ou africaine qu'est la jeunesse ouvri&#232;re, ces nouveaux gavroches des temps modernes jet&#233;s &#224; la vindicte populaire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; l'&#201;tat, il r&#233;apparait pour un tr&#232;s grand nombre de travailleurs pour ce qu'il n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre, c'est-&#224;-dire une bande d'assassins couverts de la l&#233;galit&#233; capitaliste qui n'a strictement rien &#224; voir avec le mythe de la police r&#233;publicaine d&#233;fendue par la gauche bourgeoise du PCF au PS en passant par la LFI qui n'ont rien &#224; voir avec le r&#233;formisme ouvrier d'un Jaur&#232;s. Jaur&#232;s qui sur cette question est bien plus &#224; gauche que tous ces partis qui, aujourd'hui, d&#233;fendent non seulement la police capitaliste mais sa r&#233;publique comme horizon ind&#233;passable, l&#224; o&#249; m&#234;me un Jaur&#232;s d&#233;fendait l'horizon du socialisme cad l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et du salariat ! Il n'en est plus rien pour ces partis du socialisme comme de l'abolition de la police et de l'arm&#233;e que le socialisme d&#233;fendait encore jusqu'en 1914 comme le faisait alors le POF de Jules Guesde et Lafargue ou encore le syndicalisme r&#233;volutionnaire de la CGT avant de tous rejoindre l'Union Sacr&#233;e avec leur bourgeoisie et de ne plus en sortir depuis ! Programme politique que d'ailleurs l'ensemble de nos extr&#234;mes gauches LO, NPA(s), UCL, R&#233;volution Permanente, CNT et syndicats ont compl&#232;tement jet&#233; aux orties d&#233;non&#231;ant seulement les violences polici&#232;res et demandant soit une police de proximit&#233; pour certains comme LO ou une d&#233;mocratisation impossible de la police pour d'autres ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors par quoi remplacer la police, la gendarmerie et l'arm&#233;e ? Qui doit assurer la s&#233;curit&#233; et la suret&#233; du peuple travailleur ? Dans les soci&#233;t&#233;s de classes domin&#233;es par une petite minorit&#233; dirigeante, l'exercice de la violence et le maintien de la soci&#233;t&#233; de classe se fait par le biais d'un organisme autonome et ind&#233;pendant du peuple qui a l'usage exclusif de la violence. Violence qu'il exerce contre ce m&#234;me peuple quand celui-ci n'accepte plus son sort dans la soci&#233;t&#233; de classe comme sous le capitalisme ! Dans sa lutte contre la soci&#233;t&#233; de classe, le peuple travailleur ne peut prendre en ses mains l'appareil d'&#201;tat et la police et les faire fonctionner pour ses besoins comme le pr&#233;tendent les r&#233;formistes bourgeois qui sont &#224; la direction actuelle du mouvement ouvrier (de collaboration de classe) ! Le peuple travailleur doit d&#233;truire L'&#201;tat Bourgeois et sa police et construire un appareil d'&#201;tat et une police qui n'ont rien &#224; voir cad un &#201;tat et une police qui ne lui sont pas ext&#233;rieure, pas au-dessus de lui, mais qui &#233;mane de lui-m&#234;me et de son organisation ! Le peuple travailleur devient l'&#201;tat, il est l'&#201;TAT et il assure lui-m&#234;me, en mandatant des personnes qui sont responsables et r&#233;vocables devant lui, sa propre s&#233;curit&#233; c.-&#224;-d. un qu'il exerce lui-m&#234;me les fonctions de police par le biais d'un corps social qui ne lui est pas ext&#233;rieur mais bien au contraire qui &#233;mane directement de lui et de son auto-organisation. Le peuple travailleur se constitue ainsi en &#201;TAT MAIS UN ETAT QUI N'A RIEN DE COMPARABLE &#192; CELUI DES CLASSES DIRIGEANTES CAR C'EST UN ETAT QUI REPOSE SUR L'ARMEMENT G&#201;N&#201;RAL DU PEUPLE !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple ne peut en r&#233;alit&#233; d&#233;fendre son int&#233;grit&#233; physique et morale qu'en assurant lui-m&#234;me sa propre d&#233;fense ! Et cela s'appelle l'armement g&#233;n&#233;ral du peuple, l'armement du prol&#233;tariat avec la constitution de milices qui seront responsables devant des comit&#233;s du peuple ! L'armement du peuple va de pair avec la lutte contre la pr&#233;sidence et les parlements bourgeois ! A la police bourgeoise et &#224; son &#201;tat, nous y opposons L'&#201;tat ouvrier issu de la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s du peuple travailleur et l'armement du peuple ! A la privatisation de la violence, nous opposons un exercice public de la violence par le peuple lui-m&#234;me ! Pour cela le peuple doit s'organiser ! D'ailleurs le chant de l'arm&#233;e du Rhin avant de devenir un chant r&#233;cup&#233;r&#233; par les nationalistes, les r&#233;actionnaires et la bourgeoisie &#233;tait un chant r&#233;volutionnaire mettant en avant l'armement du peuple : &#171; Citoyens aux armes, formez vos bataillons &#187; ! Mais cet armement du peuple ne peut -&#234;tre ind&#233;pendant de la lutte contre l'appareil d'&#201;tat et le capitalisme et de la lutte pour le socialisme, une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la propri&#233;t&#233; collective des moyens de production et l'auto gouvernement du peuple, jetant par la m&#234;me les bases du communisme !&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la police et aux gangs ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Peuple travailleur, organise toi, forme tes milices et prend les armes ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275&#034;&gt;Lire ensuite&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&#034;&gt;Lire enfin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que l'&#201;tat ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://matierevolution.fr/spip.php?article1362&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://matierevolution.fr/spip.php?article1362&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat ou le monopole des armes impos&#233; par la classe poss&#233;dante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat peut-il se passer des forces de l'ordre capitaliste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7317&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7317&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://matierevolution.fr/spip.php?article477&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://matierevolution.fr/spip.php?article477&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat et la r&#233;volution de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://matierevolution.fr/spip.php?article140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://matierevolution.fr/spip.php?article140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'Etat, une bande d'hommes en armes&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5338&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5302&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5302&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA RELIGION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nos th&#232;ses sur R&#233;volutionnaires et Religions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8526&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8526&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/religion/index.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc#trotskyism&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/religion/index.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc#trotskyism&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les religions sont au service des classes dirigeantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les religions se battent d'abord contre la r&#233;volution sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6077&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6077&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion, ce n'est jamais seulement&#8230; religieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8084&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8084&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat &#224; mener contre les religions et, en particulier, celle qui domine dans un pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES COMMUNISTES, LA LAICIT&#201; ET LA LUTTE CONTE LA RELIGION, LES &#171; EGLISES &#187; ET LES CLERG&#201;S&lt;br class='autobr' /&gt; Qu'est-ce que la religion et le r&#244;le de la religion dans les soci&#233;t&#233;s de classe&lt;br class='autobr' /&gt; Croyances et religion&lt;br class='autobr' /&gt; Les nouvelles guerres de religion (islamo-gauchisme et anti-islamo gauchisme ou islamophobie)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le confusionnisme pseudo d'extr&#234;me gauche antiraciste tombe dans l'islamophilie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1114&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anti-islamophobie : un bourbier r&#233;actionnaire o&#249; s'enlisent des &#034;trotskistes&#034; du NPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3737&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3737&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni islamophobie, ni islamophilie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2876&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2876&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DES PAYSANS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mort programm&#233;e des petits paysans&lt;br class='autobr' /&gt;
Vont-ils finir d'exterminer les petits paysans des campagnes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes exploitations progressent (+ 3,4 %) entre 2010 et 2020, constituant d&#233;sormais 1 exploitation sur 5.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1997, d&#233;j&#224;, on se demandait si les petits paysans allaient disparaitre&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation de la population campagnarde, premi&#232;re &#233;tape du capitalisme en Angleterre&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;pression des r&#233;volutions paysannes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les paysans sont victimes de l'industrie agroalimentaire, des grandes surfaces, des banques et de l'industrie chimique !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles perspectives pour les petits paysans ? S'allier aux prol&#233;taires et au peuple travailleur des villes contre le grand capital des villes et des campagnes !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans, selon Marx&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans, selon L&#233;nine&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Prol&#233;tariat et les paysans, selon Trotsky&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans selon Zinoviev&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les paysans, aujourd'hui&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La question agricole et les communaut&#233;s agricole : la collectivisation de la terre !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'alliance des ouvriers et des paysans&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier agricole est, au village, le fr&#232;re d'armes et l'&#233;quivalent de l'ouvrier de l'industrie. Ils constituent deux parties d'une seule et m&#234;me classe. Leurs int&#233;r&#234;ts sont ins&#233;parables. Le programme des revendications transitoires des ouvriers industriels est aussi, avec tels ou tels changements, le programme du prol&#233;tariat agricole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les paysans (fermiers) repr&#233;sentent une autre classe : c'est la petite bourgeoisie du village. La petite bourgeoisie se compose de couches diverses, depuis les semi-prol&#233;taires jusqu'aux exploiteurs. C'est pourquoi la t&#226;che politique du prol&#233;tariat industriel consiste &#224; faire p&#233;n&#233;trer la lutte des classes au village : c'est seulement ainsi qu'il pourra s&#233;parer ses alli&#233;s de ses ennemis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les particularit&#233;s du d&#233;veloppement national de chaque pays trouvent leur expression la plus aigu&#235; dans la situation des paysans et partiellement de la petite bourgeoisie citadine (artisans et commer&#231;ants), car ces classes, pour nombreux que soient ceux qui y appartiennent, repr&#233;sentent au fond des survivances de formes pr&#233;-capitalistes de production. Les sections de la IV&#176; Internationale doivent, sous la forme la plus concr&#232;te possible, &#233;laborer des programmes de revendications transitoires pour les paysans (fermiers) et la petite bourgeoisie citadine, correspondant aux conditions de chaque pays. Les ouvriers avanc&#233;s doivent apprendre &#224; donner des r&#233;ponses claires et concr&#232;tes aux questions de leurs futurs alli&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant que le paysan reste un petit producteur &#034;ind&#233;pendant&#034;, il a besoin de cr&#233;dit &#224; bon march&#233;, de prix accessibles pour les machines agricoles et les engrais, de conditions favorables de transport et d'une organisation honn&#234;te d'&#233;coulement des produits agricoles. Cependant, les banques, les trusts, les n&#233;gociants pillent le paysan de tous c&#244;t&#233;s. Seuls, les paysans eux-m&#234;mes peuvent r&#233;primer ce pillage, avec l'aide des ouvriers. Il est n&#233;cessaire qu'entrent en sc&#232;ne des COMIT&#201;S DE PETITS FERMIERS qui, en commun avec les comit&#233;s ouvriers et les comit&#233;s d'employ&#233;s de banque, doivent prendre en main le contr&#244;le des op&#233;rations de transport, de cr&#233;dit et de commerce qui int&#233;ressent l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de NATIONALISATION DE LA TERRE et de COLLECTIVISATION DE L'AGRICULTURE doit &#234;tre &#233;labor&#233; de fa&#231;on &#224; exclure radicalement l'id&#233;e de l'expropriation des petits paysans ou de leur collectivisation forc&#233;e. Le paysan restera le propri&#233;taire de son lot de terre tant qu'il le trouvera lui-m&#234;me n&#233;cessaire et possible. Pour r&#233;habiliter aux yeux des paysans le programme socialiste, il faut d&#233;noncer impitoyablement les m&#233;thodes staliniennes de collectivisation, dict&#233;es par les int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie et non par les int&#233;r&#234;ts des paysans et des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des expropriateurs ne signifie pas non plus la confiscation forc&#233;e de la propri&#233;t&#233; des PETITS ARTISANS et des PETITS BOUTIQUIERS. Au contraire, le contr&#244;le ouvrier sur les banques et les trusts, &#224; plus forte raison la nationalisation de ces entreprises, peut cr&#233;er pour la petite bourgeoisie citadine des conditions de cr&#233;dit, d'achat et de vente incomparablement plus favorables que sous la domination illimit&#233;e des monopoles. La d&#233;pendance envers le capital priv&#233; fera place &#224; la d&#233;pendance envers l'&#201;tat, qui sera d'autant plus attentif pour ses petits collaborateurs et agents que les travailleurs eux-m&#234;mes tiendront plus fermement l'&#201;tat dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation pratique des paysans exploit&#233;s au contr&#244;le des divers domaines de l'&#233;conomie permettra aux paysans eux-m&#234;mes de d&#233;cider sur la question de savoir s'il convient ou non de passer au travail collectif de la terre, dans quels d&#233;lais et &#224; quelle &#233;chelle. Les ouvriers de l'industrie s'engagent &#224; apporter dans cette voie toute leur collaboration aux paysans : par l'interm&#233;diaire des syndicats, des comit&#233;s d'usine et, surtout, du gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance que le prol&#233;tariat propose, non pas aux &#034;classes moyennes&#034; en g&#233;n&#233;ral, mais aux couches exploit&#233;es de la ville et du village, contre tous les exploiteurs, y compris les exploiteurs &#034;moyens&#034;, ne peut &#234;tre fond&#233;e sur la contrainte, mais seulement sur un accord volontaire, qui doit &#234;tre consolid&#233; dans un &#034;pacte&#034; sp&#233;cial. Ce &#034;pacte&#034;, c'est pr&#233;cis&#233;ment le programme des revendications transitoires, librement accept&#233; par les deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DES FEMMES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux femmes qui en ont marre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'&#234;tre trait&#233;es comme des soumises sexuelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; elles doivent toujours se placer en dessous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'une soci&#233;t&#233; o&#249; la femme est d&#233;sign&#233;e du doigt comme un objet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre de risquer la violence des hommes, y compris celle de leur conjoint&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre d'&#234;tre menac&#233;es par des guerres et des guerres civiles, par des fascismes et des dictatures, par les exactions des arm&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre qu'on leur annonce que leurs enfants devront &#234;tre sacrifi&#233;s dans les prochaines guerres et qu'elles devront en &#234;tre&#8230; satisfaites ou du moins soumises encore une fois&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; marre que leurs enfants subissent des maladies li&#233;es au capitalisme et &#224; son stade d'effondrement (mort &#224; l'accouchement, mort de maladies respiratoires, de cancers dus &#224; l'industrie agroalimentaire, aux pesticides et aux engrais, dus &#224; l'industrie chimique, nucl&#233;aire, m&#233;tallurgique, etc&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; marre de ce monde politique et social o&#249; les femmes sont encore plus esclaves que les exploit&#233;s car doublement opprim&#233;es et exploit&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aux hommes qui en ont marre de jouer un tel r&#244;le ou d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s comme tels et qui ne veulent pas soutenir le capitalisme patriarcal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours avant une manifestation des femmes le 22 novembre, quatre f&#233;minicides ont eu lieu en France dans la seule journ&#233;e de jeudi 20 novembre, dans quatre endroits tr&#232;s diff&#233;rents, des femmes de tous &#226;ges et toutes origines. Toutes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par leur conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre en un jour dans un seul pays, la France, cela t&#233;moigne que la vague de violences anti-femmes enfle dans ce pays pourtant d&#233;mocratique et riche comme dans le monde entier. Et bien plus que ne le disent les statistiques, des femmes sont fr&#233;quemment menac&#233;es de mort, violent&#233;es, viol&#233;es, subissent des s&#233;vices, et des jeunes femmes sont victimes de crimes. Bien des violences ont lieu dans le cadre de la famille et ne sont m&#234;me pas dues &#224; des milieux ext&#233;rieurs, m&#234;me si la propagande que l'on entend souvent attribue mensong&#232;rement ces violences &#224; l'immigration !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les chiffres de l'ONU, une femme ou une fille est tu&#233;e toutes les 10 minutes par son partenaire intime ou un autre membre de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, 85 000 femmes et filles ont &#233;t&#233; tu&#233;es intentionnellement dans le monde en 2023, et 60 % de ces crimes, soit 51 000, ont &#233;t&#233; commis par un partenaire intime ou un autre membre de la famille. Chaque jour, 140 femmes ou filles meurent sous les coups ou agissements de leur partenaire ou d'un parent proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r d'autres types de violences, notamment celles &#224; proximit&#233; des lieux de guerre, o&#249; les femmes sont consid&#233;r&#233;es comme du butin de guerre et les violences contre elles des mani&#232;res de punir la population du camp adverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les enl&#233;vements r&#233;alis&#233;s par des arm&#233;es en guerre, que ce soient des arm&#233;es officielles comme au Soudan ou des arm&#233;es terroristes comme au Nig&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un effet du hasard si au m&#234;me moment on nous dit qu'il faut s'y faire : on doit accepter de mourir&#8230; &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est aussi une guerre qui est actuellement entreprise contre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que les femmes sont bien plus antimilitaristes et antir&#233;pression que les hommes, que ce soit parmi les jeunes ou les moins jeunes. Il faut donc les terroriser pour les faire taire et leur faire admettre de se taire en craignant les violences que la soci&#233;t&#233; peut leur faire subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi, au travers de la mont&#233;e des violences des hommes contre les femmes, de faire monter un climat guerrier o&#249; de jeunes hommes soient fiers de participer &#224; une boucherie comme l'a, si joliment et avec des mots bien choisis, exprim&#233; le chef d'&#233;tat-major Mandon devant les d&#233;put&#233;s puis devant les maires (pas les m&#232;res !)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus la mont&#233;e vers la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e devient officielle, plus on sait que la soci&#233;t&#233; va basculer dans la pire violence, plus la recherche de boucs &#233;missaires devient cruciale pour les classes dirigeantes qui ne veulent pas &#234;tre accus&#233;es de cette boucherie. Bien entendu, on accuse le camp d'en face : Russie et Chine bien s&#251;r mais aussi Iran, Cor&#233;e du Nord. Mais il faut y rajouter l'immigration, les sans papiers, les ch&#244;meurs, les r&#233;volt&#233;s du type Gilets jaunes, les pr&#233;tendus complotistes, les &#171; bloquons tout &#187;. Et &#224; tous ces boucs &#233;missaires, on ne manque pas de rajouter les femmes. Elles sont accus&#233;es de ne pas comprendre les bienfaits du nationalisme guerrier, les n&#233;cessit&#233;s de la course au profit f&#251;t-ce aux d&#233;pens de la famille, les besoins de l'homme guerrier et de son fameux repos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable qu'au m&#234;me moment que la soci&#233;t&#233; est officielllement en train de lutter contre les violences et discrimiantions contre les femmes celles-ci se multiplient sans que la soci&#233;t&#233; dominante ne fasse rien pour les emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A toutes ces femmes (et ces hommes) qui en ont marre, nous disons : ROMPEZ AVEC LES CAPITALISTES, LEUR SYSTEME, LEURS ETATS, LEUR SOCIETE, LEURS INSTITUTIONS ET JOIGNEZ-VOUS AU PROLETARIAT REVOLUTIONNAIRE POUR RENVERSER LE COUPLE INFERNAL PATRIARCAT-CAPITALISME&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution permanente et la fin de l'oppression des femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution permanente &#187; est une orientation politique d&#233;velopp&#233;e par Marx, Engels, L&#233;nine et Trotsky. Cela n'a rien de commun avec l'organisation de France qui a repris ce nom sans m&#234;me soutenir une partie de la politique qu'elle exprime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc cette &#171; strat&#233;gie de la r&#233;volution permanente &#187; ? La r&#233;volution permanente s'oppose au r&#233;formisme, et m&#234;me &#224; la r&#233;volution graduelle, par &#233;tapes, aux objectifs pr&#233;tendument r&#233;alistes, tenant compte des pr&#233;jug&#233;s r&#233;els ou suppos&#233;s des prol&#233;taires, craignant le radicalisme, opposant d'un c&#244;t&#233; le programme imm&#233;diat r&#233;formiste et, de l'autre, le programme &#224; long terme communiste. Elle vise &#224; transformer en armes r&#233;volutionnaires &#224; retourner avec le maximum de force et de d&#233;termination contre le syst&#232;me tout ce que l'ancienne soci&#233;t&#233; r&#233;actionnaire fait subir d'exactions, de souffrances, d'oppression aux peuples. Pour cela, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit se faire le porte-parole de tous ceux qui les subissent, le plus radical de leurs d&#233;fenseurs, le seul qui souhaite, sans la moindre r&#233;ticence, en finir d&#233;finitivement et sans retour avec ces maux et leurs causes profondes attach&#233;es au syst&#232;me lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, utilis&#233;e ainsi, l'oppression des femmes est un potentiel de bombe explosive incroyable que le prol&#233;tariat peut envoyer &#224; la figure du monde capitaliste et de la domination imp&#233;rialiste sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la &#171; r&#233;volution permanente &#187;, il s'agit de diriger la r&#233;volution sociale du prol&#233;tariat de mani&#232;re qu'elle ne se contente pas d'une seule de ses &#233;tapes, d'un seul de ses objectifs, d'une seule de ses revendications, mais les combinent toutes, les enchainent indissociablement, afin qu'elles se renforcent les unes les autres, qu'elles d&#233;truisent de fond en comble l'ancien ordre social et politique, qu'elles servent &#224; construire le nouvel ordre, &#224; b&#226;tir le socialisme et le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'oppression des femmes, il ne s'agit pas de faire l'&#233;loge des f&#233;ministes bourgeois et petit-bourgeois, ni de mettre les mouvements sociaux des travailleurs &#224; la remorque de tels dirigeants, bien entendu. D'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, il n'est pas question que le prol&#233;tariat se mette &#224; la remorque d'aspirations bourgeoises, petites bourgeoises au changement d'un ordre devenu insupportable pour tous, mais, au contraire, que le prol&#233;tariat prenne la t&#234;te de toutes les luttes et en fassent des armes pour renverser en totalit&#233; l'ancien ordre &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la r&#233;volution permanente ne se contente pas de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, ni m&#234;me de pr&#244;ner l'&#233;galit&#233; (&#233;galit&#233; entre capitalistes et exploit&#233;s, &#231;a veut dire quoi ?) ni seulement de raccourcir l'immense gouffre entre riches et pauvres, d'obtenir un peu plus de d&#233;mocratie, un peu plus de consid&#233;ration de la part des gouvernants, un peu plus de paix, un peu moins de guerre, un peu plus de richesses distribu&#233;es &#224; l'ensemble de la population et un peu moins aux plus riches, supprimer les dictatures les plus ouvertes et barbares, et autres objectifs illusoires et soi-disant progressistes. D'autant plus illusoires que nous avons atteint la phase d'effondrement du capitalisme o&#249; la r&#233;forme est plus illusoire que jamais, m&#234;me les contre-r&#233;formes ne sont plus suffisantes et la grande bourgeoisie capitaliste a besoin d'une contre-r&#233;volution ultra-radicale et violente !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, la r&#233;volution sociale doit &#234;tre permanente, c'est-&#224;-dire qu'elle ne doit s'arr&#234;ter devant aucun obstacle, ne pas se contenter d'aucune demi-mesure, mais toujours aller plus loin, passant de la d&#233;molition de l'ancien ordre m&#233;di&#233;val et f&#233;odal qui subsiste un peu partout, notamment au travers des religions, des Etats, des royaut&#233;s et m&#234;me des r&#233;publiques bourgeoises, supprimer les dictatures militaires de fond en comble en d&#233;sarmant compl&#232;tement les anciennes classes dirigeantes et bien s&#251;r la bourgeoisie capitaliste, en supprimant la totalit&#233; de ses forces arm&#233;es, en lib&#233;rant les nationalit&#233;s opprim&#233;es, les ethnies opprim&#233;es, les religions opprim&#233;es, les femmes opprim&#233;es, les jeunes opprim&#233;s, les couches moyennes paup&#233;ris&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; sur ce site Mati&#232;re et R&#233;volution que les femmes avaient autrefois &#233;t&#233; maitresses d'elles-m&#234;mes et non seulement n'&#233;taient pas domin&#233;es mais avaient eu un r&#244;le dirigeant dans la soci&#233;t&#233;. C'est ce que l'on a appel&#233; le matriarcat et qui n'est pas le sym&#233;trique du patriarcat en ce qu'il ne suppose nullement l'oppression des hommes. Il s'agit de la phase de l'humanit&#233; appel&#233;e communisme primitif et qui a exist&#233; partout dans le monde jusqu'au N&#233;olithique et parfois jusqu'&#224; l'Age de Bronze, donc avant le grand d&#233;veloppement de l'agriculture, de la s&#233;dentarit&#233; et l'apparition des classes sociales et de l'Etat, mais aussi l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la mise en place du patriarcat sur presque toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas seulement pour nous, en d&#233;fendant la th&#232;se d'un matriarcat ancien, de r&#233;habiliter le pass&#233; des femmes des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s. Certes, cette position id&#233;ologique doit &#234;tre conquise mais c'est dans un but actuel et pas seulement scientifique (pr&#233;historique et historique). D&#233;fendre l'id&#233;e d'un matriarcat qui a domin&#233; le monde de l'&#233;poque du communisme primitif au n&#233;olithique ou &#224; l'Age de Bronze n'est pas qu'une correction d'une erreur scientifique, c'est aussi un drapeau vers l'avenir. Ce matriarcat a signifi&#233; que les femmes ont longtemps eu un pouvoir un peu plus grand que les hommes, m&#234;me si ce n'&#233;tait pas un pouvoir de type &#233;tatique, fond&#233; sur des lois, sur des moyens r&#233;pressifs, sur l'oppression ou l'exploitation des hommes (des m&#226;les en somme) comme le patriarcat, lui, est fond&#233; sur l'exploitation et l'oppression des femmes avec l'aide de l'Etat et pour le plus grand profit de la classe exploiteuse. Sous le matriarcat, l'exploitation de l'homme par l'homme n'existait pas encore ou &#233;tait &#224; peine embryonnaire du fait de la faible capacit&#233; de travail de chaque &#234;tre humain. La division du travail entre les &#234;tres humains n'&#233;tait pas r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le patriarcat a ensuite domin&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui presque partout, sauf l&#224; o&#249; la r&#233;volution sociale a triomph&#233;, comme dans la Commune de Paris de 1871 et dans la r&#233;volution russe de 1917 ou encore dans la r&#233;volution espagnole de 1936. L'Histoire a d&#233;montr&#233; depuis belle lurette le lien entre r&#233;volution sociale et lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la r&#233;volution permanente entend &#339;uvrer &#224; la lib&#233;ration des femmes et comment il compte faire de cet objectif un moyen de renforcer consid&#233;rablement la force de la r&#233;volution, voil&#224; la question qu'il faut maintenant d&#233;velopper. L'oppression des femmes est un reste antique des anciens syst&#232;me d'oppression pr&#233;-capitalistes que le capitalisme a repris et exploit&#233; &#224; fond &#224; son propre profit. M&#234;me quand la soci&#233;t&#233; capitaliste a &#233;t&#233; &#224; son apog&#233;e, il n'a jamais renonc&#233; &#224; cette horreur. Maintenant que le syst&#232;me capitalisme est &#224; l'agonie, il ressent encore plus le besoin d'aggraver l'oppresion des femmes pour s'en servir afin de conserver son pouvoir sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure d&#233;finition de la r&#233;volution permanente consiste &#224; dire qu'il s'agit de transformer toutes les formes d'oppression et d'exploitation de la vieille soci&#233;t&#233; toute pourrie en armes de combat de prol&#233;tariat pour renverser d&#233;finitivement capitalisme et imp&#233;rialisme ainsi que toutes les formes d'oppresion plus antiques comme l'oppression religieuse ou l'oppression patriacale des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a choisi le patriarcat comme moyen de domination pour assurer la stabilit&#233; de sa soci&#233;t&#233; d'exploitation du travail des prol&#233;taires. Eh bien, pour se lib&#233;rer, il faut que ces derniers, qui sont la principale force r&#233;volutionnaire de l'ancienne soci&#233;t&#233;, n'aient aucune crainte ni aucune r&#233;ticence &#224; transformer en armes de combat les aspirations des femmes &#224; la lib&#233;ration, qu'il en prenne m&#234;me la t&#234;te, qu'il mette cette lutte en t&#234;te de son drapeau de combat, qu'il n'attende m&#234;me pas l'heure de la r&#233;volution pour proclamer dans les entreprises et les quartiers cet objectif, pour le porter dans les syndicats comme dans les comit&#233;s du peuple travailleur, pour d&#233;noncer tous les partis et syndicats qui y sont r&#233;ticents ou qui font seulement semblant de soutenir les droits des femmes et pr&#233;tendent que le capitalisme et ses Etats oeuvrent &#224; l'&#233;galit&#233; hommes-femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; dans des articles du site Mati&#232;re et R&#233;volution que le capitalisme aggrave sans cesse la situation des femmes dans le monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y avons montr&#233; que la lib&#233;ration des femmes n'est jamais venue et ne viendra jamais des institutions de la bourgeoisie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que le capitalisme d&#233;liquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la libert&#233; des femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que capitalisme et patriarcat se renforcent mutuellement et que, pour en finir avec le capitalisme, il faut aussi en finir avec le patriarcat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que le patriarcat est un instrument de guerre du grand capital contre les femmes et contre les peuples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; que femmes opprim&#233;es et travailleurs exploit&#233;s, peuvent lutter ensemble pour le renversement du capitalisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous reste &#224; montrer comment transformer l'horreur sociale de l'oppression des femmes en v&#233;ritable bombe que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et les femmes r&#233;volt&#233;es peuvent jeter directement dans la gueule du syst&#232;me d'exploitation et d'oppression qui a longtemps domin&#233; le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le redisons, la politique de la r&#233;volution permanente consiste &#224; retourner les armes du syst&#232;me capitaliste contre lui. L'oppression des femmes doit, dans la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, &#234;tre un canon dirig&#233; directement et violemment contre le syst&#232;me tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est d'abord l'objectif de la r&#233;volution socialiste et prol&#233;tarienne qui doit &#234;tre clairement &#233;tabli et affich&#233;, &#224; savoir revenir au&#8230; matriarcat ! On nous dira : &#171; mais, ce serait opprimer les hommes (au sens masculin) ! &#187; Pas du tout, l'ancien matriarcat n'&#233;tait pas un syst&#232;me d'oppression et d'exploitation. Il ne servait pas &#224; soutenir une soci&#233;t&#233; d'oppression et d'exploitation, puisque celle-ci n'existait pas encore. Le communisme primitif ne connaissait ni la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ni l'exploitation de l'homme. Et comme le socialisme veut remettre en question ces deux bases de l'arri&#233;ration des soci&#233;t&#233;s humaines actuelle, il est logique de se poser la question de revenir aux relations entre hommes et femmes que l'on connaissait alors. Cela ne peut faire peur qu'aux timor&#233;s et ne faire rire que les idiots. Ceux-l&#224; vous diront : &#171; Les hommes prol&#233;taires n'en sont pas capables, il n'y a pas plus misogynes ! &#187; C'est l&#224; que l'on voit &#224; quel point r&#233;formistes et opportunistes m&#233;prisent les capacit&#233;s du prol&#233;tariat, d&#232;s qu'il se d&#233;cide &#224; rompre de mani&#232;re r&#233;volutionnaire avec le vieux fatras du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en affirmant cet objectif radical, le plus radical qui existe en la mati&#232;re, que les prol&#233;taires peuvent prendre la t&#234;te du combat des femmes pour leur lib&#233;ration. Et ils ne feront pas que tuer le patriarcat. Ils affirmeront aussi qu'il faut tuer d&#233;finitivement d'autres ennemis mortels des femmes : tuer l'arm&#233;e permanente de la bourgeoisie, cause de guerres dont les femmes et les enfants sont les premi&#232;res victimes, tuer la fausse domination machiste et misogyne qui rend les femmes victimes de violences sexistes permanentes et mortelles, tuer l'exploitation sexuelle et p&#233;dophile en lib&#233;rant compl&#232;tement les femmes et en leur donnant un v&#233;ritable pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous avons montr&#233; dans notre site Mati&#232;re et R&#233;volution que l'ancien matriarcat &#233;tait un pouvoir des femmes un peu sup&#233;rieur &#224; celui des hommes. Mais, nous dirons les sceptiques et les mod&#233;r&#233;s en tout, &#171; il suffit de revendiquer l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes. &#187; On voit que ces gens-l&#224; craignent surtout de trop en faire, d'&#234;tre trop radicaux, d'avoir trop de mal &#224; convaincre, mais ne craignent pas d'affaiblir le camp prol&#233;tarien dans la guerre &#224; mort qui se pr&#233;pare contre le capitalisme et l'imp&#233;rialisme. Aucun canon super puissant ne sera en trop dans cette lutte f&#233;roce qui se pr&#233;pare ! &#171; On va se couper des masses qui n'en sont pas l&#224; &#187; est le leitmotiv de ces gens-l&#224;, y compris ceux qui se disent r&#233;volutionnaires, d&#232;s que l'on propose d'aller &#224; la racine du mal pour le couper radicalement. Ils r&#233;p&#232;tent que &#171; cela va faire trop mal, ce sera trop difficile &#187;, comme des passagers pour l'espace qui ne veulent pas que la pouss&#233;e de la fus&#233;e soit trop forte pour ne pas incommoder les passagers et qui ne craignent pas, par contre, que la fus&#233;e retombe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les m&#234;mes pseudo radicaux, qu'ils se disent ou pas d'extr&#234;me gauche, qui ne veulent pas mettre en avant la dictature des conseils de travailleurs, en somme les soviets ! Cela ferait fuir les salari&#233;s mod&#233;r&#233;s (ou plut&#244;t l'aristocratie ouvri&#232;re des appareils syndicaux) ! Ils ne veulent pas davantage mettre en avant la destruction de l'appareil r&#233;pressif arm&#233;e/police/prisons/gendarmerie/forces sp&#233;ciales ! Et pas davantage l'armement du prol&#233;tariat&#8230; Mais pas non plus la liaison entre prol&#233;taires et tous les opprim&#233;s, tous les exploit&#233;s, toutes les victimes du syst&#232;me (petits bourgeois, pauvres, femmes, jeunes, ch&#244;meurs, sans logis, p&#234;cheurs, paysans, sans papiers, etc.) L&#224; encore il s'agit de ne pas effaroucher les appareils syndicaux qui h&#233;bergent ces soi-disant radicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, vous pensez, clamer sur tous les toits qu'on va revenir au matriarcat, c'est beaucoup trop, m&#234;me si ces gens-l&#224; &#233;crivent de temps en temps qu'ils veulent, un jour, en finir avec le capitalisme et donc construire le socialisme et le communisme. Mais c'est loin&#8230; un jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le matriarcat, m&#234;me si ce n'est pas l'oppression directe de l'homme par la femme, ni son exploitation, c'est quand m&#234;me la primaut&#233; des femmes, leur pouvoir en premier. C'est in&#233;gal, disent certains. Eux, ils veulent &#171; l'&#233;galit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors, pour nos radicaux en herbe, le pouvoir des travailleurs, c'est plus de pouvoir pour les travailleurs que pour&#8230; les autres ! C'est in&#233;gal, non ? En fait, ils veulent juste un peu plus de d&#233;mocratie, en somme, ces fameux &#171; radicaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le disait Karl Marx, &#234;tre vraiment radical, c'est attaquer le mal &#224; la racine ! C'est pour cela qu'il se disait non seulement pour la r&#233;volution mais pour la r&#233;volution permanente, celle qui ne cesse de creuser, de s'approfondir, d'aller au fond des choses, de s'attaquer au plus profond du mal, de l'ancienne soci&#233;t&#233; et la d&#233;raciner compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous allons faire avec le patriarcat. Et cela signifie aussi d&#233;raciner l'arm&#233;e capitaliste. D&#233;raciner &#233;galement les religions qui culpabilisent les femmes (dans tous les jardins d'Eden), qui enferment les femmes (et les hommes) dans un pi&#232;ge id&#233;ologique anti-f&#233;minin. D&#233;raciner l'&#233;ducation bourgeoise, scolaire et extra-scolaire. D&#233;raciner la misogynie et le machisme des m&#233;dias, des sciences, de la philosophie, de l'art, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains radicaux se satisfont de voir les femmes &#224; la t&#234;te des r&#233;voltes, que ce soit celle d&#233;but&#233;e en 2010-2011 au Maghreb, dans le monde arabe puis dans le monde entier, y compris le d&#233;but du mouvement des Gilets jaunes. Mais ils n'en tirent pas les conclusions vraiment radicales qui s'imposent. Les femmes seront &#224; la t&#234;te de la lutte car elles subissent une double oppression, en tant qu'explot&#233;es et en tant que femmes. Alors, elles devront aussi avoir la primaut&#233; dans la soci&#233;t&#233; qui se construira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, non, dirons nos critiques, elles auront l'&#233;galit&#233;. Eh bien, mes critiques, vous comprendrez que pour d&#233;tordre un b&#226;ton, il faille le tordre dans l'autre sens. C'est ce qui se produit avec la dictature du prol&#233;tariat et il faut m&#234;me retirer des droits d&#233;mocratiques aux anciens exploiteurs, aux anciens chefs politiques ou militaires. On ne passe pas du tordu au droit de fa&#231;on directe. Il faut, dirait Hegel, passer par la n&#233;gation de la n&#233;gation pour atteindre l'affirmation ! Le patriarcat a ni&#233; le matriarcat. Il faut que le matriarcat nie le patriarcat ! Et c'est la n&#233;gation de la n&#233;gation qui va lib&#233;rer &#224; la fois les femmes et les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les hommes ont besoin de se lib&#233;rer de leur fausse sup&#233;riorit&#233;, de leurs faux besoins : de m&#233;priser, de dominer, de frapper, de soumettre, de d&#233;cider seuls, de se croire sup&#233;rieurs, de satisfaire leurs besoins sexuels et psychologiques aux d&#233;pens de l'autre sexe, d'&#234;tre attir&#233;s par des relations interdites et forc&#233;es, toutes sortes de faux besoins que le syst&#232;me capitaliste et patriarcal, utilisant tous les m&#233;dias et technologies modernes, a implant&#233; dans leurs t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le radicalisme de ces faux radicaux s'en tient &#224; quelques modifications de vocabulaire, permettant aux femmes d'acc&#233;der (verbalement) &#224; des professions que la linguistique n'attribue qu'aux hommes (masculins).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette linguisitique soi-disant f&#233;ministe ne change pas la r&#233;alit&#233; de la vie des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout pas dans une phase de la soci&#233;t&#233; o&#249; la classe dominante s'emploie &#224; g&#233;n&#233;raliser la guerre, le fascisme, la dictature, &#233;craser les r&#233;voltes, opprimer, appauvrir, teroriser plus que jamais, toutes choses dont les femmes sont les premi&#232;res victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, il ne suffit pas du f&#233;minisme bourgeois et petit-bourgeois qui est trop timor&#233; pour critiquer m&#234;me s&#233;rieusement le syst&#232;me dominant et reconnaitre que celui-ci est &#224; l'agonie. Qu'il en faudra un autre et qu'on ne le mettra pas en place juste avec&#8230; des mots !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, il va falloir d&#233;truire l'Etat capitaliste (y comrpis celui des pr&#233;tendues d&#233;mocraties) et l'imp&#233;rialisme et les femmes, pour cela, ont absolument besoin de s'unir aux prol&#233;taires r&#233;volutionnaires et l'inverse est vrai &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fameuses d&#233;mocraties n'ont pas lev&#233; le petit doigt quand on a &#233;cras&#233; les r&#233;voltes dans le monde, frappant en premier les femmes. Oh que non ! Elles l'ont lev&#233; pour soutenir les dictatures. Y compris dans le monde arabe. Y compris en Arabie saoudite. Y compris en Afghanistan. Y compris en Iran. Y compris en Alg&#233;rie. Dans la r&#233;volte des Gilets jaunes comme dans celle aux USA, les forces de r&#233;pression de la &#171; d&#233;mocratie &#187; ont frapp&#233; en premier&#8230; les femmes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, vous qui combattez le capitalisme, vous ne voulez toujours pas placer les femmes en premier dans la soci&#233;t&#233; future ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA SCIENCE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme a-t-il raison de se pr&#233;tendre scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est une revendication clairement affirm&#233;e de Marx concernant l'ensemble de sa pens&#233;e, et de celle de Engels, c'est bien l'attribution &#224; ce travail du qualificatif de &#171; science &#187;. Car cela n'est pas une m&#233;daille en chocolat que souhaite s'attribuer ainsi Marx mais c'est un choix de m&#233;thode de travail, un choix de buts, de conceptions, d'&#233;tude, de recherche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx r&#233;cuse l'id&#233;e que le domaine politique, juridique, social, &#233;conomique ou philosophique devrait &#234;tre exclu du domaine des sciences. Il combat l'id&#233;e que dans ces domaines, chacun d&#233;veloppe les perspectives qui lui chantent et qu'il n'y aurait aucune loi, aucune n&#233;cessit&#233; objective mais seulement des propositions qui n'auraient qu'&#224; recueillir ou pas les suffrages des hommes, individuellement ou collectivement. Chacun pourrait proposer la politique &#233;conomique qui lui chante, chacun pourrait proposer les changements sociaux qui lui plaisent, chacun pourrait imaginer les changements de soci&#233;t&#233; que lui permettent son imagination. Pas de loi en politique ? Pas de loi en &#233;conomie ? Pas de loi de l'&#233;volution sociale des soci&#233;t&#233;s humaines ? Pas de loi au sens o&#249; on parle de loi de la physique, de la chimie ou de la biologie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, parler de d&#233;marche scientifique dans l'&#339;uvre de Marx n&#233;cessite de ne pas r&#233;server cette cat&#233;gorie &#224; l'&#233;tude de la mati&#232;re et de ne pas la r&#233;cuser concernant la soci&#233;t&#233; humaine. La signification de la d&#233;marche scientifique postule l'&#233;tude des conditions objectives de la r&#233;alit&#233;, conditions qui sont li&#233;es &#224; chaque &#233;poque historique et pas cr&#233;&#233;es pour l'&#233;ternit&#233;, conditions qui sont aussi celles des changements radicaux pour sauter d'un &#233;tat &#224; un autre, et ceci aussi qu'il s'agisse de la mati&#232;re, inerte ou vivante, que de la soci&#233;t&#233; humaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, il importe de rejeter toute conception selon laquelle la science serait s&#233;par&#233;e de la pens&#233;e humaine, serait infaillible, indiscutable, imbattable, s&#233;parable de la philosophie. Parler de &#171; conception scientifique &#187; ne signifie pas en faire un domaine r&#233;serv&#233; &#224; des sp&#233;cialistes, seuls aptes &#224; trancher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les sciences, m&#234;me celles dites &#171; dures, ont besoin d'&#234;tre discut&#233;es, remises en question, car elles continuent d'&#233;voluer, de se transformer, d'entrer en contradiction. Elles ne m&#232;nent pas &#224; un d&#233;terminisme strict dans lequel le hasard n'aurait pas droit de cit&#233;, dans lequel il n'y aurait pas un spectre des possibles, dans lequel il n'y aurait pas plusieurs solutions et des sauts qualitatifs entre ces solutions. L'existence de la libert&#233; humaine n'exclue pas les lois pas plus que l'agitation des &#233;l&#233;ments de la mati&#232;re n'exclue l'ordre ni que la production permanente de diversit&#233; dans le vivant n'exclue pas l'ordre g&#233;n&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e d'un &#171; marxisme scientifique &#187; ou d'un &#171; socialisme scientifique &#187; a &#233;t&#233; critiqu&#233;e de divers bords et les critiques ont &#233;t&#233; amplifi&#233;es depuis le stalinisme du fait de la caricature qu'a repr&#233;sent&#233; ce pr&#233;tendu &#171; marxisme dialectique &#187; stalinien ou mao&#239;ste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains auteurs y voient une mani&#232;re d'imposer des conclusions absurdes &#224; la science &#224; la Lyssenko de la m&#234;me mani&#232;re qu'il s'agit d'imposer par la dictature une &#233;volution absurde et antid&#233;mocratique &#224; la soci&#233;t&#233;. D'autres affirment que le marxisme a ainsi un d&#233;sir de se transformer en dogme indiscutable par&#233; du titre glorieux et respectable de la science. D'autres enfin consid&#232;rent comme inacceptable d'appeler science tout domaine concernant la soci&#233;t&#233; humaine, du fait de la libert&#233; humaine, du fait de l'impr&#233;dictibilit&#233; de l'action humaine, du fait du choix humain, du fait de la conscience de l'homme sur lui-m&#234;me, tout cela emp&#234;chant selon eux toute objectivit&#233; de l'&#233;tude, l'acteur se confondant avec l'observateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La discussion de cette question n&#233;cessite bien entendu de se mettre d'accord sur ce que signifie une science, ce qu'on lui attribue comme crit&#232;re, comme m&#233;thode, comme moyen de v&#233;rification, comme outils de recherche, comme qualit&#233;s, comme mode de transformation, comme potentialit&#233;s, comme domaine d'efficacit&#233;, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Or cette question m&#234;me est d&#233;j&#224; tr&#232;s controvers&#233;e, et bien au-del&#224; de la question du statut du marxisme elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les uns affirment qu'il n'y a de science qu'au travers de lois math&#233;matiques. Les autres pr&#233;tendent qu'il n'y a de science que pr&#233;dictive. Les suivants, les popp&#233;riens, pr&#233;tendent que toute science doit &#234;tre falsifiable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, les d&#233;finitions restrictives pr&#233;c&#233;dentes sont loin de n'exclure que le marxisme. Elles rejettent hors du domaine de la science le darwinisme, l'&#233;vo-d&#233;veloppement, l'&#233;tude des animaux, la psychanalyse et m&#234;me la m&#233;decine, sans parler de la psychiatrie, de l'&#233;conomie, de la sociologie ou de l'anthropologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des donn&#233;es de la physique elle-m&#234;me, pourtant science &#171; dure &#187; par excellence, ne sont pas int&#233;gr&#233;es par de telles d&#233;finitions comme la climatologie, la g&#233;ologie, l'astrophysique ou la cosmologie, ces sciences &#233;tant historiques et l'homme ne pouvant reproduire deux fois le m&#234;me climat ni deux fois la formation d'une &#233;toile, d'une galaxie, d'un trou noir ou la formation de l'univers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas parce qu'un crit&#232;re unique de la science fait d&#233;faut qu'on ne saurait pas dire ce qu'est la d&#233;marche scientifique. Cette d&#233;marche n'est pas un r&#233;sultat d&#233;finitif, fond&#233; de mani&#232;re &#233;ternelle, mais est au contraire, le produit sans cesse remis en question d'un d&#233;veloppement historique et contradictoire, avec des avanc&#233;es et des reculs. La science n'est pas un domaine &#224; part, isol&#233; dans une bulle de verre, mais, au contraire li&#233;e sans cesse aux d&#233;veloppements &#233;conomiques, sociaux, techniques de la soci&#233;t&#233; humaine dont elle est le produit, y compris quand il s'agit des sciences physiques, chimiques ou biologiques. Toutes ces sciences sont historiques, aucune n'est popp&#233;risable. Aucune n'est pr&#233;dictive. Aucune n'est fond&#233;e sur l'action directe, lin&#233;aire et formelle &#171; de cause &#224; effet &#187;. Toutes sont du domaine des r&#233;troactions en cascade qui produisent des lois &#233;mergentes int&#233;grant le d&#233;sordre au sein des lois statistiques, un ordre sup&#233;rieur &#233;tant le produit des agitations &#224; l'ordre inf&#233;rieur. La non-lin&#233;arit&#233;, la sensibilit&#233; aux conditions initiales, l'&#233;mergence de structure entra&#238;nent la formation de lois ne sont pas pr&#233;dictives mais produisent un petit nombre d'&#233;volutions possibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'existence d'une &#171; n&#233;cessit&#233; objective &#187; ne signifie nullement que les lois soient du type &#171; A entra&#238;ne B &#187;, de la causalit&#233; directe, lin&#233;aire, unidirectionnelle et strictement pr&#233;dictive. Ces &#171; causalit&#233;s &#187; lin&#233;aires et formelles ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es &#224; tort comme le paradigme de la science.&lt;br class='autobr' /&gt;
La science exprime l'int&#233;gration au sein d'un couple dialectique de l'aspiration vers la nouveaut&#233; et des interdits de la n&#233;cessit&#233;. Ainsi, les hommes auraient volontiers affirm&#233; autrefois que l'homme n'&#233;tait pas fait pour voler, que l'homme ne pouvait pas lui-m&#234;me produire du vivant, que les astres &#233;taient le domaine des dieux, inatteignables aux v&#233;hicules produits par l'homme, que l'homme ne peut pas intervenir artificiellement dans la production d'enfants, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des affirmations actuelles de la science auraient &#233;t&#233; trait&#233;es de pure fiction par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes de scientifiques, et de sorcellerie par les vieilles soci&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'utopie a bel et bien un caract&#232;re actif au sein des sciences. Il ne s'agit nullement de &#171; se contenter d'observer ce que l'on voit &#187;. L'exp&#233;rimentation elle-m&#234;me doit &#234;tre pens&#233;e et elle ne consiste pas seulement &#224; regarder la r&#233;alit&#233;. Quant &#224; la th&#233;orie, elle est loin de se fonder seulement sur l'observation mais a un besoin absolu de la th&#233;orie. Cette derni&#232;re, elle-m&#234;me n&#233;cessite des conceptions philosophiques ayant &#233;volu&#233; de mani&#232;re r&#233;troactive avec les sciences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une science qui se serait d&#233;velopp&#233;e ind&#233;pendamment des aspirations, des utopies humaines, n'a jamais exist&#233; et n'existera jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, une pr&#233;tendue science qui se contenterait de ces aspirations sans chercher de fondement logique, de cadre th&#233;orique, de lien avec les autres th&#233;ories et connaissances ne serait qu'un dogme indiscutable.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un des buts fondamentaux de Marx a &#233;t&#233; de tirer le socialisme de son impasse utopiste. L'utopisme socialiste est issu notamment de la d&#233;ception provoqu&#233;e dans la petite bourgeoisie et dans les milieux populaires par les r&#233;sultats sociaux et politiques de la r&#233;volution fran&#231;aise. Une r&#233;volution pour la libert&#233;, pour le bien-&#234;tre du peuple, pour l'&#233;galit&#233; a donn&#233; naissance &#224; la dictature de classe de la bourgeoisie, &#224; une plus grande mainmise des richesses et du pouvoir par une minorit&#233;, &#224; de plus grandes in&#233;galit&#233;s, &#224; une division de classe encore plus marqu&#233;e. Faut-il r&#233;pondre &#224; ce constat par des projets utopiques de soci&#233;t&#233;, ces projets pr&#233;tendant permettre la construction de nouvelles soci&#233;t&#233;s ou &#233;tudier la nouvelle soci&#233;t&#233; capitaliste issue de la r&#233;volution bourgeoise, en tirer les lois &#233;conomiques et les lois d'&#233;volution pour en d&#233;duire les &#233;volutions historiques possibles ? C'est deux d&#233;marches oppos&#233;es : socialisme utopique et socialisme scientifique, expliquent Marx et Engels&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sur le terrain de l'&#233;conomie politique la libre et scientifique recherche rencontre bien plus d'ennemis que dans ses autres champs d'exploration&#8230; Tout jugement inspir&#233; par une critique vraiment scientifique est pour moi le bienvenu. Vis &#224; vis des pr&#233;jug&#233;s de ce qu'on appelle l'opinion publique &#224; laquelle je n'ai jamais fait de concessions, j'ai pour devise, apr&#232;s comme avant, la parole du grand Florentin : &#171; Suis ton chemin et laisse dire les gens ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx, Le Capital, Livre I&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx expose le plan de son travail dans &#171; Le Capital &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'expos&#233;, je veux dire la mani&#232;re, est tout &#224; fait scientifique, donc ne contrevient pas aux r&#232;glements de police au sens habituel. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;crit &#224; Lassalle sur son oeuvre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Elle repr&#233;sente pour la premi&#232;re fois d'une fa&#231;on scientifique une importante mani&#232;re de voir les rapports sociaux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Die Zukunft du 11 ao&#251;t 1869, Engels &#233;crit &#224; propos du &#171; Capital &#187; : &#171; Cet ouvrage contient le r&#233;sultat des &#233;tudes de toute une vie. C'est l'&#233;conomie politique de la classe laborieuse r&#233;duite &#224; son expression scientifique. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx lui-m&#234;me consid&#233;rait &#171; Le Capital &#187; comme une v&#233;ritable arme de guerre : &#171; C'est certainement le plus terrible missile qui ait encore jamais &#233;t&#233; lanc&#233; &#224; la face des bourgeois (y compris les propri&#233;taires fonciers). &#187; (Marx &#224; J.-B. Becker, 17 avril 1867.)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La critique de l'&#233;conomie politique, pierre angulaire du socialisme scientifique, a &#233;t&#233; pendant presque toute sa vie une des pr&#233;occupations dominantes de Karl Marx et le th&#232;me essentiel de ses recherches&#8230; En &#233;tudiant l'&#233;conomie classique, il est arriv&#233; &#224; un certain nombre de conclusions qui mettent en lumi&#232;re les contradictions fondamentales du r&#233;gime bourgeois et les impasses auxquelles aboutit l'&#339;uvre de ses th&#233;oriciens. La classe ouvri&#232;re peut disposer maintenant d'une base scientifique pour fonder son action r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Emile Botigelli, Introduction &#224; la &#171; Critique de l'Economie politique &#187; de Karl Marx&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'instinct de classe des prol&#233;taires est fait du pressentiment de la soci&#233;t&#233; communautaire et collectiviste, rationnellement organis&#233;e par les producteurs associ&#233;s pour l'&#233;panouissement mat&#233;riel et intellectuel de l'humanit&#233;, tout autant que de la r&#233;action d'hostilit&#233; aux conditions de vie et de travail cr&#233;&#233;es par la production capitaliste. Les utopistes furent les premiers porte-parole des masses laborieuses, en quelque sorte les th&#233;oriciens de leurs aspirations, &#224; un moment ou les conditions historiques ne fournissaient pas encore au prol&#233;tariat les moyens mat&#233;riels et politiques de son &#233;mancipation. Cependant, &#224; l'aube de la soci&#233;t&#233; capitaliste, ils connaissaient d&#233;j&#224; les m&#233;faits de la production capitaliste, et ce n'est pas par hasard qu'un Owen, par exemple, fut aussi bien un chantre de la soci&#233;t&#233; future qu'un r&#233;formateur hardi, de sa propre fabrique, o&#249; il introduisit le travail associ&#233; et diminua de mani&#232;re draconienne les heures de travail. Marx et Engels ne renient ni l'instinct profond des masses ni la vision du futur des utopistes. Ils les d&#233;pouillent de leurs &#233;l&#233;ments id&#233;alistes et fantastiques, en leur donnant une assise critique et scientifique, sans tomber en cons&#233;quence dans l'objectivisme agnostique de ceux pour qui la science ne s'applique qu'aux objets inertes et aux faits &#171; constatables &#187; du pass&#233; et du pr&#233;sent&#8230; Marx-Engels ne purent &#233;tablir leur th&#233;orie moderne du communisme, fond&#233;e sur le mat&#233;rialisme &#233;conomique et historique, qu'en s'appuyant sur des d&#233;veloppements sociaux du capitalisme. La th&#233;orie &#171; allemande &#187; dut pour cela s'appuyer sur les donn&#233;es politiques de la France et &#233;conomiques de l'Angleterre, o&#249; la bourgeoisie &#233;tait enfin parvenue au pouvoir en 1830. Si l'&#233;conomie anglaise montre aux autres nations du continent quelle sera &#171; l'image de leur proche avenir &#187; (pr&#233;face allemande du Capital), c'est le parti chartiste qui fournit le mod&#232;le de l'organisation du prol&#233;tariat moderne (cf. le dernier chapitre de Mis&#232;re de la philosophie), o&#249; Marx expose l'&#233;volution du parti chartiste, solidement reli&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re par l'interm&#233;diaire des syndicats et des luttes revendicatives. C'est pourquoi, le Manifeste a pu affirmer que &#171; les conceptions th&#233;oriques des communistes ne reposent nullement sur des id&#233;es ou des principes d&#233;couverts ou invent&#233;s par tel ou tel r&#233;formateur du monde. Elles ne sont que l'expression th&#233;orique des conditions r&#233;elles de la lutte des classes. &#187; Le socialisme scientifique ou programme communiste du prol&#233;tariat moderne n'a donc pu &#234;tre &#233;labor&#233; qu'au contact avec la classe ouvri&#232;re allemande, fran&#231;aise et surtout anglaise, et n'a pu surgir qu'en liaison avec la cr&#233;ation d'une organisation internationale que Marx-Engels s'efforc&#232;rent de fonder avec les D&#233;mocrates fraternels, c'est-&#224;-dire les chartistes de gauche qui &#233;taient partisans de la violence r&#233;volutionnaire. &#8230;. Pour d&#233;chiffrer l'histoire afin d'en appliquer les enseignements aux batailles non plus critiques, mais violentes et arm&#233;es entre les classes, il faut avant tout d&#233;gager une connaissance pr&#233;cise des rapports sociaux qui, d'une forme de production &#224; l'autre, s'&#233;tablissent dans la base &#233;conomique et assurent le passage r&#233;volutionnaire du capitalisme au socialisme &#8230; En fait &#171; Le Capital &#187; est la d&#233;monstration du caract&#232;re &#233;minemment transitoire de la forme de production capitaliste, c'est sa n&#233;crologie, non l'&#233;tude de la vie et du fonctionnement du capital. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
R. Dangeville dans son introduction &#224; &#171; Le parti de classe &#187; de Marx-Engels&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'homme de science &#233;tait loin d'&#234;tre en lui la moiti&#233; de l'homme. La science &#233;tait pour Marx une force r&#233;volutionnaire, historiquement d&#233;terminante. Marx &#233;tait par-dessus tout un r&#233;volutionnaire. Coop&#233;rer d'une mani&#232;re ou de l'autre au bouleversement de la soci&#233;t&#233; capitaliste et des institutions politiques cr&#233;es par elle, contribuer &#224; la lib&#233;ration du prol&#233;tariat moderne, auquel il a, le premier, donn&#233; la conscience de sa situation propre et de ses besoins, la conscience des conditions de son &#233;mancipation... telle &#233;tait sa vraie vocation. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Hommage fun&#232;bre de Friedrich Engels &#224; son camarade et ami Karl Marx, dans &#034;Der Sozialdemokrat&#034; du 22 mars 1883&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Karl Marx, histoire de sa vie &#187; par Franz Mehring :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La science &#233;tait pour Marx une force qui actionnait l'histoire, une force r&#233;volutionnaire. Si pure que fut la joie qu'il pouvait avoir &#224; une d&#233;couverte dans une science th&#233;orique quelconque dont il peut &#234;tre impossible d'envisager l'application pratique, sa joie &#233;tait tout autre lorsqu'il s'agissait d'une d&#233;couverte d'une port&#233;e r&#233;volutionnaire imm&#233;diate pour l'industrie ou, en g&#233;n&#233;ral, pour le d&#233;veloppement historique. (&#8230;) Car Marx &#233;tait avant tout un r&#233;volutionnaire. Contribuer, d'une fa&#231;on ou d'une autre, au renversement de la soci&#233;t&#233; capitaliste et des institutions d'Etat qu'elle a cr&#233;&#233;es, collaborer &#224; l'affranchissement du prol&#233;tariat moderne, auquel il avait donn&#233; le premier la conscience de sa propre situation et de ses besoins, la conscience des conditions de son &#233;mancipation, telle &#233;tait sa v&#233;ritable vocation. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx discute ainsi de sa m&#233;thode scientifique en citant un de ses critiques dans &#171; Le Capital &#187;, Livre premier :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Messager europ&#233;en, revue russe, publi&#233;e &#224; Saint-P&#233;tersbourg, dans un article enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la m&#233;thode du Capital, d&#233;clare que mon proc&#233;d&#233; d'investigation est rigoureusement r&#233;aliste, mais que ma m&#233;thode d'exposition est malheureusement dans la mani&#232;re dialectique. &#171; A premi&#232;re vue, dit-il, si l'on juge d'apr&#232;s la forme ext&#233;rieure de l'exposition, Marx est un id&#233;aliste renforc&#233;, et cela dans le sens allemand, c'est-&#224;-dire dans le mauvais sens du mot. En fait, il est infiniment plus r&#233;aliste qu'aucun de ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans le champ de l'&#233;conomie critique... On ne peut en aucune fa&#231;on l'appeler id&#233;aliste. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur continue ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une seule chose pr&#233;occupe Marx : trouver la loi des ph&#233;nom&#232;nes qu'il &#233;tudie ; non seulement la loi qui les r&#233;git sous leur forme arr&#234;t&#233;e et dans leur liaison observable pendant une p&#233;riode de temps donn&#233;e. Non, ce qui lui importe, par-dessus tout, c'est la loi de leur changement, de leur d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire la loi de leur passage d'une forme &#224; l'autre, d'un ordre de liaison dans un autre. Une fois qu'il a d&#233;couvert cette loi, il examine en d&#233;tail les effets par lesquels elle se manifeste dans la vie sociale... Ainsi donc, Marx ne s'inqui&#232;te que d'une chose ; d&#233;montrer par une recherche rigoureusement scientifique, la n&#233;cessit&#233; d'ordres d&#233;termin&#233;s de rapports sociaux, et, autant que possible, v&#233;rifier les faits qui lui ont servi de point de d&#233;part et de point d'appui. Pour cela il suffit qu'il d&#233;montre, en m&#234;me temps que la n&#233;cessit&#233; de l'organisation actuelle, la n&#233;cessit&#233; d'une autre organisation dans laquelle la premi&#232;re doit in&#233;vitablement passer, que l'humanit&#233; y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience. Il envisage le mouvement social comme un encha&#238;nement naturel de ph&#233;nom&#232;nes historiques, encha&#238;nement soumis &#224; des lois qui, non seulement sont ind&#233;pendantes de la volont&#233;, de la conscience et des desseins de l'homme, mais qui, au contraire, d&#233;terminent sa volont&#233;, sa conscience et ses desseins... Si l'&#233;l&#233;ment conscient joue un r&#244;le aussi secondaire dans l'histoire de la civilisation, il va de soi que la critique, dont l'objet est la civilisation m&#234;me, ne peut avoir pour base aucune forme de la conscience ni aucun fait de la conscience. Ce n'est pas l'id&#233;e, mais seulement le ph&#233;nom&#232;ne ext&#233;rieur qui peut lui servir de point de d&#233;part. La critique se borne &#224; comparer, &#224; confronter un fait, non avec l'id&#233;e, mais avec un autre fait ; seulement elle exige que les deux faits aient &#233;t&#233; observ&#233;s aussi exactement que possible, et que dans la r&#233;alit&#233; ils constituent vis-&#224;-vis l'un de l'autre deux phases de d&#233;veloppement diff&#233;rentes ; par-dessus tout elle exige que la s&#233;rie des ph&#233;nom&#232;nes, l'ordre dans lequel ils apparaissent comme phases d'&#233;volution successives, soient &#233;tudi&#233;s avec non moins de rigueur. Mais, dira-t-on, les lois g&#233;n&#233;rales de la vie &#233;conomique sont unes, toujours les m&#234;mes, qu'elles s'appliquent au pr&#233;sent ou au pass&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Marx conteste ; pour lui ces lois abstraites n'existent pas... D&#232;s que la vie s'est retir&#233;e d'une p&#233;riode de d&#233;veloppement donn&#233;e, d&#232;s qu'elle passe d'une phase dans une autre, elle commence aussi &#224; &#234;tre r&#233;gie par d'autres lois. En un mot, la vie &#233;conomique pr&#233;sente dans son d&#233;veloppement historique les m&#234;mes ph&#233;nom&#232;nes que l'on rencontre en d'autres branches de la biologie... Les vieux &#233;conomistes se trompaient sur la nature des lois &#233;conomiques, lorsqu'ils les comparaient aux lois de la physique et de la chimie. Une analyse plus approfondie des ph&#233;nom&#232;nes a montr&#233; que les organismes sociaux se distinguent autant les uns des autres que les organismes animaux et v&#233;g&#233;taux. Bien plus, un seul et m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne ob&#233;it &#224; des lois absolument diff&#233;rentes, lorsque la structure totale de ces organismes diff&#232;re, lorsque leurs organes particuliers viennent &#224; varier, lorsque les conditions dans lesquelles ils fonctionnent viennent &#224; changer, etc. Marx nie, par exemple, que la loi de la population soit la m&#234;me en tout temps et en tout lieu. Il affirme, au contraire, que chaque &#233;poque &#233;conomique a sa loi de population propre... Avec diff&#233;rents d&#233;veloppements de la force productive, les rapports sociaux changent de m&#234;me que leurs lois r&#233;gulatrices... En se pla&#231;ant &#224; ce point de vue pour examiner l'ordre &#233;conomique capitaliste, Marx ne fait que formuler d'une fa&#231;on rigoureusement scientifique la t&#226;che impos&#233;e &#224; toute &#233;tude exacte de la vie &#233;conomique. La valeur scientifique particuli&#232;re d'une telle &#233;tude, c'est de mettre en lumi&#232;re les lois qui r&#233;gissent la naissance, la vie, la croissance et la mort d'un organisme social donn&#233;, et son remplacement par un autre sup&#233;rieur ; c'est cette valeur-l&#224; que poss&#232;de l'ouvrage de Marx. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finissant ce qu'il appelle ma m&#233;thode d'investigation avec tant de justesse, et en ce qui concerne l'application que j'en ai faite, tant de bienveillance, qu'est-ce donc que l'auteur a d&#233;fini, si ce n'est la m&#233;thode dialectique ? Certes, le proc&#233;d&#233; d'exposition doit se distinguer formellement du proc&#233;d&#233; d'investigation. A l'investigation de faire la mati&#232;re sienne dans tous ses d&#233;tails, d'en analyser les diverses formes de d&#233;veloppement, et de d&#233;couvrir leur lien intime. Une fois cette t&#226;che accomplie, mais seulement alors, le mouvement r&#233;el peut &#234;tre expos&#233; dans son ensemble. Si l'on y r&#233;ussit, de sorte que la vie de la mati&#232;re se r&#233;fl&#233;chisse dans sa reproduction id&#233;ale, ce mirage peut faire croire &#224; une construction a priori.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#233;thode dialectique, non seulement diff&#232;re par la base de la m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne, mais elle en est m&#234;me l'exact oppos&#233;. Pour Hegel le mouvement de la pens&#233;e, qu'il personnifie sous le nom de l'id&#233;e, est le d&#233;miurge de la r&#233;alit&#233;, laquelle n'est que la forme ph&#233;nom&#233;nale de l'id&#233;e. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pens&#233;e n'est que la r&#233;flexion du mouvement r&#233;el, transport&#233; et transpos&#233; dans le cerveau de l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai critiqu&#233; le c&#244;t&#233; mystique de la dialectique h&#233;g&#233;lienne il y a pr&#232;s de trente ans, &#224; une &#233;poque o&#249; elle &#233;tait encore &#224; la mode... Mais bien que, gr&#226;ce &#224; son quiproquo, Hegel d&#233;figure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier expos&#233; le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la t&#234;te ; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout &#224; fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs id&#233;ologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du m&#234;me coup l'intelligence de leur n&#233;gation fatale, de leur destruction n&#233;cessaire ; parce que saisissant le mouvement m&#234;me, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer ; qu'elle est essentiellement critique et r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement contradictoire de la soci&#233;t&#233; capitaliste se fait sentir au bourgeois pratique de la fa&#231;on la plus frappante, par les vicissitudes de l'industrie moderne &#224; travers son cycle p&#233;riodique, dont le point culminant est la crise g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; nous apercevons le retour de ses prodromes ; elle approche de nouveau ; par l'universalit&#233; de son champ d'action et l'intensit&#233; de ses effets, elle va faire entrer la dialectique dans la t&#234;te m&#234;me aux tripoteurs qui ont pouss&#233; comme champignons dans le nouveau Saint-Empire prusso-allemand. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'analyse scientifique d&#233;montre que la production capitaliste est d'une nature sp&#233;ciale, qu'elle est d&#233;termin&#233;e historiquement et que, de m&#234;me que tout autre syst&#232;me de production, elle a comme condition un stade d&#233;termin&#233; du d&#233;veloppement et de la morphologie des forces productives, condition qui est le r&#233;sultat historique et le produit d'un processus ant&#233;rieur, base d&#233;termin&#233;e du processus nouveau. Cette analyse &#233;tablit encore que les rapports de production ad&#233;quats &#224; ce syst&#232;me d&#233;termin&#233; historiquement - rapports que les hommes observent dans leur vie sociale - ont un caract&#232;re sp&#233;cifique, historique et transitoire, et que les rapports de la r&#233;partition sont essentiellement identiques &#224; ceux de la production, dont elles repr&#233;sentent la seconde face, si bien qu'elles ont tous les deux le m&#234;me caract&#232;re historique et transitoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'observation des conditions de la r&#233;partition, on part de ce pr&#233;tendu fait que le produit annuel se subdivise en salaire, profit et rente, fait inexact lorsqu'il est pr&#233;sent&#233; sous cette forme. Le produit se divise en capital et en revenus. L'un de ceux-ci, le salaire, ne prend la forme de revenu des ouvriers, qu'apr&#232;s avoir &#233;t&#233; oppos&#233; &#224; ces m&#234;mes ouvriers sous forme de capital. L'opposition comme capital des moyens de production et des produits du travail en g&#233;n&#233;ral aux producteurs imm&#233;diats implique d'avance que les conditions mat&#233;rielles du travail se pr&#233;sentent &#224; l'&#233;gard des ouvriers avec un caract&#232;re social d&#233;termin&#233;, et que dans la production m&#234;me il existe un rapport donn&#233; entre eux et les propri&#233;taires des moyens de travail. De son c&#244;t&#233; la conversion de ceux-ci en capital implique que les producteurs imm&#233;diats sont expropri&#233;s du sol et du sous-sol, et que la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re prend une forme d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'une des parties du produit ne se convertissait pas en capital, l'autre ne se transformerait pas en salaire, profit et rente. D'autre part, la production capitaliste, par ce fait qu'elle suppose que les conditions de la production ont tel caract&#232;re social d&#233;termin&#233;, les reproduit continuellement avec la m&#234;me caract&#233;ristique. Elle engendre non seulement les produits mat&#233;riels, mais reproduit continuellement les conditions de production dans lesquelles ceux-ci sont obtenus ; elle reproduit en m&#234;me temps les conditions de r&#233;partition qui y correspondent.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale on peut dire que le capital, avec la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re qui en est le corollaire, implique par lui-m&#234;me une r&#233;partition : l'expropriation des travailleurs des moyens de travail, la concentration de ceux-ci aux mains d'une minorit&#233; d'individus et l'appropriation exclusive du sol et du sous-sol au profit de quelques autres, en un mot les rapports que nous avons expos&#233;s dans le livre I, chap. XXV, en parlant de l'accumulation primitive. Mais cette r&#233;partition est absolument diff&#233;rente de celle dont on entend parler quand on dit que les rapports de la r&#233;partition ont un caract&#232;re historique comme les rapports de la production et qui fixe les droits des individus &#224; la part du produit destin&#233;e &#224; leur consommation individuelle. Ces conditions de la production sont la base de fonctions sociales sp&#233;ciales, qui dans la production m&#234;me sont assign&#233;es &#224; des agents d&#233;termin&#233;s de celle-ci, distincts des producteurs imm&#233;diats. Elles communiquent aux conditions et aux repr&#233;sentants de la production une qualit&#233; sociale sp&#233;cifique et d&#233;terminent enti&#232;rement le caract&#232;re et le mouvement de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx dans &#171; Le Capital &#187;, Livre III, Les rapports de distribution et les rapports de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;tudi&#233; nagu&#232;re avec beaucoup de soin le premier fascicule paru &#224; Berlin : la Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique, et j'avoue qu'aucun livre, si volumineux f&#251;t-il, ne m'a jamais apport&#233; autant d'enseignements, autant de notions neuves et positives que cet opuscule. Aussi en ai je attendu la suite avec beaucoup d'impatience. Vous exprimez pour la premi&#232;re fois sous une forme claire, irr&#233;futable, scientifique, ce qui d&#233;sormais constituera la tendance consciente de l'&#233;volution historique : subordonner &#224; la conscience humaine le processus social de production qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'&#233;tait qu'une force aveugle de la nature. Votre oeuvre immortelle, Monsieur, c'est d'avoir fourni un fondement rationnel &#224; cette tendance, d'avoir fait comprendre que notre production est anarchique. Notre &#233;poque vous doit, pour cette d&#233;couverte, une reconnaissance &#233;ternelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE LA THEORIE ET DE LA PHILOSOPHIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine dans &#171; La port&#233;e du mat&#233;rialisme militant &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous devons comprendre qu'&#224; d&#233;faut d'un solide fondement philosophique, il n'est point de science de la valeur, point de mat&#233;rialisme qui pussent soutenir la lutte contre les pressions des id&#233;es bourgeoises et la restauration de la conception bourgeoise du monde. Pour soutenir cette lutte et la mener &#224; terme avec un entier succ&#232;s, le sp&#233;cialiste des sciences de la nature doit &#234;tre un mat&#233;rialiste moderne, un partisan conscient du mat&#233;rialisme tel que l'a pr&#233;sent&#233; Marx, c'est-&#224;-dire que son mat&#233;rialisme doit &#234;tre dialectique. (...) Nous pouvons et devons &#233;laborer cette dialectique dans tous ses aspects, publier des extraits des principales &#339;uvres de Hegel, les interpr&#233;ter dans un esprit mat&#233;rialiste. (...) Les sp&#233;cialistes modernes des sciences de la nature trouveront (s'ils cherchent et si nous apprenons &#224; les aider) dans la dialectique de Hegel interpr&#233;t&#233;e de mani&#232;re mat&#233;rialiste un bon nombre de r&#233;ponses aux questions philosophiques que pose la r&#233;volution dans la science. Faute de cela, les grands savants seront aussi souvent que par le pass&#233; impuissants dans leurs conclusions et g&#233;n&#233;ralisations philosophiques. Car les sciences de la nature progressent si vite, traversent une p&#233;riode de bouleversements r&#233;volutionnaires dans tous les domaines si profonde, qu'elles ne pourront se passer en aucun cas de conclusions philosophiques.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg, &#171; R&#233;forme sociale ou R&#233;volution &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le signe distinctif de l'opportunisme, c'est d'abord l'hostilit&#233; &#224; la &#034; th&#233;orie &#034;. C'est tout naturel, puisque notre &#034; th&#233;orie &#034; - c'est-&#224;-dire les principes du socialisme scientifique - pose des limites tr&#232;s fermes &#224; l'action pratique &#224; la fois quant aux objectifs vis&#233;s, aux moyens de lutte, et enfin au mode de lutte lui-m&#234;me. Aussi ceux qui ne recherchent que les succ&#232;s pratiques ont-ils tout naturellement tendance &#224; r&#233;clamer la libert&#233; de man&#339;uvre, c'est-&#224;-dire &#224; s&#233;parer la pratique de la &#034; th&#233;orie &#034;, &#224; s'en rendre ind&#233;pendants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre de militants r&#233;volutionnaires, la th&#233;orie est d'une importance tr&#232;s secondaire et certains consid&#232;rent m&#234;me qu'elle ne sert que d'ornement et m&#232;ne &#224; des absurdit&#233;s qu'il faudrait &#233;viter, nous disent-ils, en restant proches des gens, proches des r&#233;alit&#233;s. En somme, dans le domaine de l'activit&#233; des r&#233;volutionnaires, on en est encore bien souvent &#224; opposer action et th&#233;orie. Cette situation est bien particuli&#232;re puisque dans nombre d'activit&#233;s, cette attitude a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e, au moins partiellement. Personne n'imagine un bon avocat ou un bon chirurgien qui n'ait pas &#233;tudi&#233; &#224; fond la th&#233;orie. Par contre, certains bons militants de la classe ouvri&#232;re, qu'ils soient ouvriers ou pas, consid&#232;rent que la th&#233;orie est &#224; respecter en gardant ses distances. De temps en temps, la th&#233;orie m&#233;rite un petit stage pour avoir quelques connaissances mais l'activit&#233; n'est pas directement li&#233;e &#224; la th&#233;orie&#8230; Et le militant ne se consid&#232;re pas comme en train de construire lui aussi &#8230; la th&#233;orie. Elle n'est pas vivante. C'est celle de Marx, L&#233;nine ou Trotsky. Certains y ajoutent tel ou tel penseur plus r&#233;cent mais peu consid&#232;rent qu'il faut toujours la faire &#233;voluer en connexion avec la r&#233;alit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'y rajoute aussi un facteur social. Dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, la s&#233;paration des t&#226;ches, des r&#244;les sociaux, des pouvoirs, des classes am&#232;ne &#224; penser que tout ce qui est li&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re ne serait pas du domaine de l'&#233;tude th&#233;orique mais pratique. Les milieux syndicalistes jouent un grand r&#244;le dans cette d&#233;formation de la pens&#233;e politique et ils ont une grande influence dans la mesure o&#249; la plupart des militants r&#233;volutionnaires ont une importante activit&#233; syndicale qui leur prend une grande partie de leur temps et de leurs pr&#233;occupations, pour ne pas dire la plus grande partie de leur temps et de leurs pr&#233;occupations. La th&#233;orie passe pour &#234;tre &#171; en chambre &#187;, &#171; en labo &#187;, r&#233;alis&#233;e par des &#171; savants cosinus &#187; qui planent au-dessus de la r&#233;alit&#233; et dont les v&#233;ritables militants auraient int&#233;r&#234;t &#224; se d&#233;fier. Ce genre de situation existe mais ce n'est pas une raison pour se d&#233;tourner de la th&#233;orie. Il y a certes bien des faux docteurs mais cela ne suffit pas &#224; penser que le m&#233;decin ne doit apprendre la th&#233;orie de son domaine&#8230; Il y a aussi de pragmatistes, des activistes qui envoient les luttes dans le mur, et m&#234;me les r&#233;volutions, parce qu'ils ont refus&#233; de prendre le soin d'&#233;tudier la th&#233;orie, l'histoire mais aussi la philosophie&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La base de toute intervention militante r&#233;volutionnaire devrait &#234;tre :&lt;br class='autobr' /&gt; pour transformer le monde, il faut le comprendre car cette transformation, pour r&#233;ussir devra &#234;tre consciente et cette conscience ne devra pas seulement &#234;tre une r&#233;volte, un sens de classe, mais aussi un sens des n&#233;cessit&#233;s objectives, un sens de la dynamique de l'Histoire, un sens des int&#233;r&#234;ts aussi des classes adverses. &lt;br class='autobr' /&gt; la volont&#233; individuelle et collective n'est pas seule en cause : il y a des lois du r&#233;el qui ne sont pas visibles &#224; l'&#339;il nu et qui n&#233;cessitent, pour &#234;tre appr&#233;hend&#233;es, d'un mat&#233;riel th&#233;orique perfectionn&#233; aussi d&#233;velopp&#233; que dans d'autres types d'activit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le stalinisme et le r&#233;formisme ont certes leur responsabilit&#233; dans le fait que les travailleurs et les militants se d&#233;tournent des th&#233;ories. Ces derni&#232;res ont trop servi &#224; tromper, &#224; justifier l'injustifiable. Mais, pas plus que les d&#233;rives de certains courants n&#233;o-darwiniens ne doivent d&#233;tourner de Darwin et donc emp&#234;cher de d&#233;velopper un darwinisme moderne, les d&#233;rives de pr&#233;tendus adeptes de Marx ne doivent d&#233;tourner du marxisme, c'est-&#224;-dire d&#233;tourner de b&#226;tir un &#233;difice conceptuel pour r&#233;pondre au monde tel que nous le comprenons &#224; notre &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne peut suffire de r&#233;f&#233;rer &#224; Marx et encore moins de le r&#233;v&#233;rer. Il n'y a que trop de militants qui le lisent mais ne veulent pas faire le m&#234;me travail que lui. Et je ne cite l&#224; Marx qu'&#224; titre d'exemple parmi d'autres. Il existe de nombreux groupes d'extr&#234;me-gauche qui se revendiquent pleinement des Marx, Engels, L&#233;nine, Trotsky ou Rosa Luxemburg mais se d&#233;tournent de la philosophie de Hegel alors que tous ces auteurs et militants pensaient qu'on devait absolument, de mani&#232;re vitale, &#233;tudier Hegel et se p&#233;n&#233;trer de sa dialectique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, rien n'oblige &#224; faire exactement comme les &#171; ma&#238;tres &#187; et nous sommes les premiers &#224; penser que quiconque pense par lui-m&#234;me s'autorise &#224; se d&#233;tacher de toute appr&#233;ciation des anciens qui ne lui semblerait plus fond&#233;e. Mais encore faut-il le justifier. Encore faut-il le dire m&#234;me, ce que ces militants et ces courants ne font nullement. Bien des dirigeants de groupes ont affirm&#233; : &#171; nous ne sommes pas des th&#233;oriciens et il nous suffit d'&#233;tudier et d'appliquer la th&#233;orie marxiste &#187;. Mais peut-on &#233;tudier la th&#233;orie marxiste comme des textes anciens sans se poser la question d'&#233;crire nous-m&#234;mes th&#233;oriquement ce que le monde nous para&#238;t &#234;tre aujourd'hui. Le simple fait d'&#233;tudier Marx comme s'il &#233;crivait pour aujourd'hui me semble un parfait non-sens. C'est une mani&#232;re d'en faire une ic&#244;ne et donc de le rendre inoffensif, de le transformer en pens&#233;e morte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, nous ne disposons pas de la th&#233;orie de Marx (ou d'autres) comme d'un point de vue sur le monde actuel et il ne peut nous suffire de produire des textes d'actualit&#233;, de d&#233;nonciation, de prises de position, d'intervention politique et sociale. Inversement, il ne peut nous suffire de prises de positions th&#233;oriques, la th&#233;orie ne pouvant &#234;tre s&#233;par&#233;e de la pratique, de l'exp&#233;rience des masses, de l'intervention parmi elles, de la confrontation avec la r&#233;alit&#233; actuelle des classes en lutte, des actes et int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes en particulier. Or l'essentiel des groupes font l'un ou l'autre mais pas les deux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx n'a pas analys&#233; une fois pour toutes les crises du capitalisme. Il a aussi &#233;tudi&#233; chaque crise, une par une, montr&#233; ses sp&#233;cificit&#233;s, approfondi dans chacune ses points de vue, contredit ses id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, etc&#8230; La th&#233;orie ainsi con&#231;ue est dynamique. Elle ne peut consister en une attitude de r&#233;v&#233;rence envers le marxisme, sens&#233; expliquer le monde, sans changement, jusqu'&#224; nos jours !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont peur du changement en th&#233;orie sont aussi dangereux que ceux qui ont peur du changement en pratique. Il n'y a pas de voie assur&#233;e pour les militants r&#233;volutionnaires. Ceux qui veulent absolument des chemins tranquilles risquent fort de se d&#233;tourner du bon&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la conscience de classe, elle ne peut s'extraire des luttes de classe actuelles que si on parvient en m&#234;me temps &#224; transmettre la compr&#233;hension des enjeux, les buts des classes dirigeantes et la situation de leur syst&#232;me. Sans quoi, les travailleurs se battront mais avec un bandeau sur les yeux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre la conception religieuse de l'id&#233;ologie des r&#233;volutionnaires, de leur activit&#233; militante et de leur conception de l'organisation&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout d'abord qu'appelle-t-on conception religieuse ? C'est une vision noir et blanc fond&#233;e sur un moralisme qui distingue, dans ce qui se passe dans le monde, le bien du mal, le progr&#232;s et la r&#233;action, et les oppose diam&#233;tralement, qui consid&#232;re que l'id&#233;ologie a un r&#244;le premier, qui houspille la pingrerie des riches, qui d&#233;nonce les injustices et promeut la justice, qui pleure sur les pauvres, qui se penche sur les opprim&#233;s, qui commis&#232;re sans cesse, qui oppose sans cesse une norme morale au monde r&#233;el sans jamais vouloir chercher la base mat&#233;rielle et politique des faits d&#233;nonc&#233;s. La religion peut tr&#232;s bien d&#233;noncer la cupidit&#233; des classes dirigeantes et livrer leur amoralisme &#224; la vindicte publique. Elle ne veut pas en d&#233;crypter les buts sociaux et politiques. Elle peut d&#233;noncer l'exploitation mais jamais elle ne montre o&#249; sont les forces et les faiblesses des opprim&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;ologie religieuse assimile l'&#233;mancipation au recrutement des &#233;mancipateurs et &#233;vang&#233;listes et non &#224; l'action autonome des opprim&#233;s qu'il s'agirait d'&#233;tudier afin de permettre aux opprim&#233;s de conna&#238;tre leur propre histoire, les le&#231;ons de ses &#233;checs et victoires, la strat&#233;gie de leurs adversaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre point est &#224; souligner : la distance grandissante entre discours sur le futur et pratique dans l'imm&#233;diat. Par exemple, le discours religieux des r&#233;volutionnaires consistera &#224; dire qu'au jour du jugement dernier, les prol&#233;taires se dirigeront eux-m&#234;mes par des soviets mais ce n'est nullement d'actualit&#233; puisque, pour le moment, le plus important est d'&#234;tre nombreux &#224; la promenade organis&#233;e par des bureaucraties syndicales dont on se garde de dire &#224; quel point elles sont li&#233;es &#224; nos pires adversaires&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Remplacer l'arme de la critique par celle de la d&#233;nonciation morale, &#233;riger la th&#233;orie en dogme, former les nouveaux &#224; l'ob&#233;issance aveugle, consid&#233;rer la discussion critique comme une opposition st&#233;rile, refuser l'&#233;tude syst&#233;matique de la philosophie, pr&#233;tendre que l'activisme est la base de activit&#233; du r&#233;volutionnaire, oublier l'existence du travail th&#233;orique, pr&#233;tendre que le travail essentiel est le recrutement de nouveaux missionnaires, pr&#233;senter le communisme comme une soci&#233;t&#233; future qu'il s'agit d'annoncer comme le messie, parler du parti comme d'un but fantasmagorique, refuser de d&#233;noncer les illusions des masses sous pr&#233;texte que ce n'est pas possible vu le niveau actuel de conscience de celles-ci, tenir un double discours int&#233;rieur et ext&#233;rieur et pr&#233;senter l'activit&#233; des r&#233;volutionnaires comme un &#233;litisme qui nous place au dessus des masses, voil&#224; quelques unes des caract&#233;ristiques de la conception religieuse de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'inverse de la conception religieuse des r&#233;volutionnaires :&lt;br class='autobr' /&gt; l'&#233;tude th&#233;orique et philosophique est &#224; la base de l'activit&#233; militante des r&#233;volutionnaires. En 1908, au plus bas de l'activit&#233; des militants ouvriers r&#233;volutionnaires suite &#224; la d&#233;faite de la r&#233;volution de 1905, L&#233;nine estimait que la t&#226;che num&#233;ro un &#233;tait de r&#233;armer en &#233;tudiant la philosophie de la mati&#232;re li&#233;e aux crises de la physique, en &#233;crivant &#171; Mat&#233;rialisme et empiriocriticisme &#187;, un ouvrage que les adeptes de la conception religieuse de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire d&#233;testent comme ils d&#233;testent &#171; La dialectique de la nature &#187; d'Engels et comme ils pr&#233;tendent aimer &#171; Le capital &#187; de Marx qu'ils pr&#233;sentent comme un ouvrage d'&#233;conomie alors que son auteur affirmait que c'&#233;tait de la dialectique de Hegel &#224; toutes les pages&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; jamais de double langage&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais pr&#233;senter des victoires quand ce sont des d&#233;faites&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais cultiver ce qui nuit &#224; l'auto-organisation des masses, &#224; leurs possibilit&#233;s de prendre en compte leur propre r&#244;le dans les &#233;v&#233;nements&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais pr&#233;senter des ennemis comme des alli&#233;s, &#224; commencer par les directions syndicales&lt;br class='autobr' /&gt; ne jamais effacer le caract&#232;re de classe de l'Etat ni &#171; oublier &#187; d'insister sur le fait que nous ne pourrons pas le laisser en place et que nous, prol&#233;taires r&#233;volutionnaires, devront le d&#233;truire de fond en comble. Nous ne lui reprochons par exemple jamais de mani&#232;re morale de ne pas &#339;uvrer pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas r&#233;volutionner le monde sans repenser l'ensemble de la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vient faire la philosophie dialectique dans la politique des r&#233;volutionnaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION SYNDICALE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme est par nature r&#233;formiste et l'&#233;tait d&#233;j&#224; du temps de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx n'avait pas d'illusions dans la signification du syndicalisme en termes de lutte des classes qui &#233;tait cependant tr&#232;s loin de ce qu'elle est devenue avec l'&#233;poque imp&#233;rialiste. Il affirmait le 17 ao&#251;t 1869 au conseil g&#233;n&#233;ral de l'Association internationale de travailleur, l'AIT :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Aussi longtemps que la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en classes oppos&#233;es &#8211; d'un c&#244;t&#233; les capitalistes qui monopolisent l'ensemble des moyens de production ; de l'autre, les ouvriers qui travaillent et sont priv&#233;s de toute propri&#233;t&#233; sur leurs moyens de production, et ne disposent que de leur force de travail &#8211; et que subsiste cette organisation sociale, la loi du salaire restera toute-puissante et resserrera chaque jour davantage les cha&#238;nes qui rendent le travailleur esclave du produit de ses propres mains, produit que monopolise le capitaliste. Depuis pr&#232;s de soixante ans, les syndicats anglais ont lutt&#233; contre cette loi capitaliste. Or, quel en a &#233;t&#233; le r&#233;sultat ? Ont-ils r&#233;ussi &#224; lib&#233;rer la classe ouvri&#232;re anglaise de l'esclavage dans lequel la tient le capital, qui n'est pourtant que le produit du travail des ouvriers ? Ont-ils permis, ne serait-ce qu'&#224; une petite fraction de la classe ouvri&#232;re, de s'&#233;lever au-dessus de sa condition d'esclave salari&#233;, en devenant propri&#233;taire des moyens de production, mati&#232;res premi&#232;res, instruments et machines n&#233;cessaires &#224; son industrie, et en cons&#233;quence aussi du produit de son propre travail ? Il est de notori&#233;t&#233; publique que, non seulement ils n'ont jamais atteint ce but, mais qu'ils ne l'ont jamais poursuivi. Nous ne voulons absolument pas pr&#233;tendre par l&#224; que les syndicats ne sont d'aucune utilit&#233;, parce qu'ils ne l'ont pas fait. Au contraire, les syndicats &#8211; aussi bien en Angleterre que dans tout autre pays industriel &#8211; sont indispensables &#224; la classe ouvri&#232;re pour lutter contre le capital&#8230;. Le grand m&#233;rite des syndicats, dans leur lutte pour le maintien de ce taux de salaire et la diminution des heures de travail, est qu'ils s'efforcent d'augmenter ce standard de vie&#8230; Cependant la lutte des syndicats n'enfreint pas la loi du salaire ; au contraire, elle ne fait que l'appliquer. Sans l'arme syndicale de r&#233;sistance, l'ouvrier ne recevrait m&#234;me pas ce qui lui est d&#251; conform&#233;ment au statut du salariat&#8230; Ainsi donc, les syndicats n'attaquent pas le syst&#232;me salarial lui-m&#234;me. Or, la d&#233;gradation &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re n'est pas due au niveau, bas ou &#233;lev&#233;, des salaires, mais au fait qu'au lieu de percevoir le produit int&#233;gral de son travail, la classe ouvri&#232;re doit se satisfaire d'une fraction de ce produit, celle que l'on appelle salaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1866, Marx fit adopter par le Conseil Central de l'Internationale une r&#233;solution qui critiquait les syndicats ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les syndicats s'occupent trop exclusivement des luttes imm&#233;diates. Ils n'ont pas assez compris leur pouvoir d &#8216;action contre le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me... A part leur &#339;uvre imm&#233;diate de r&#233;action contre les man&#339;uvres tracassi&#232;res du capital, ils doivent maintenant agir sciemment comme foyers organisateurs de la classe ouvri&#232;re dans le grand but de son &#233;mancipation radicale. Ils doivent aider tout mouvement social et politique tendant dans cette direction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, dans un rapport sur les syndicats pour le Conseil G&#233;n&#233;ral de la Premi&#232;re Internationale :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ils (les syndicats) ne doivent pas oublier qu'ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu'ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu'ils n'appliquent que des palliatifs, mais sans gu&#233;rir le mal. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par les escarmouches in&#233;vitables que font na&#238;tre sans cesse les empi&#233;tements ininterrompus du capital ou les variations du march&#233;. (&#8230;) Au lieu du mot d'ordre conservateur : &#171; Un salaire &#233;quitable pour une journ&#233;e de travail &#233;quitable &#187;, ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre r&#233;volutionnaire : &#171; Abolition du salariat &#187;... Les syndicats, utiles comme centres de r&#233;sistance aux exag&#233;rations du capital, sont impuissants dans la mesure o&#249; ils se contentent de ne faire qu'une guerre de partisans &#224; l'ordre capitaliste. Sans renoncer &#224; cette action quotidienne ils doivent travailler &#224; la transformation de la soci&#233;t&#233; capitaliste, faire de leur force organis&#233;e un levier de l'&#233;mancipation d&#233;finitive de la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire de l'abolition du salariat... En plus de leurs buts initiaux, ils doivent maintenant apprendre &#224; agir d&#233;lib&#233;r&#233;ment en tant que centres organisationnels de la classe ouvri&#232;re pour r&#233;aliser le but plus large de l'&#233;manciper compl&#232;tement. Ils doivent aider chacun des mouvements sociaux et politiques qui va dans ce sens. Se consid&#233;rant eux-m&#234;mes comme les champions et les repr&#233;sentants de toute la classe ouvri&#232;re, et agissant comme tels, ils ne peuvent &#233;chouer &#224; enr&#244;ler les hommes qui n'en sont pas membres. Ils doivent s'occuper avec grand soin des int&#233;r&#234;ts des moins bien pay&#233;s, comme les travailleurs agricoles, rendus impuissants par des circonstances exceptionnelles. Ils doivent convaincre le monde dans son ensemble que leurs efforts, loin d'&#234;tre mesquins et &#233;go&#239;stes, visent &#224; &#233;manciper les millions d'opprim&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'organe de r&#233;sistance ouvri&#232;re, les syndicats sont devenu des institutions du capital et des soutiens du pouvoir jusqu'&#224; faire &#233;lire Macron ! Leurs financements par l'&#201;tat et leur int&#233;gration aux institutions en font des agents de la bourgeoisie au sein du peuple ! Ils servent de leur l&#233;gitimit&#233; reconnue par le pouvoir pour exercer une tutelle sur nos luttes ! Et ce n'est certainement pas sur la gauche parlementaire et gouvernementale, &#224; la t&#234;te &#233;galement de ces directions syndicales, que nous pourrons compter &#233;galement ! Qu'ont-ils fait au pouvoir ? Poser la question c'est d&#233;j&#224; y r&#233;pondre ! Nous ne pouvons faire confiance &#224; un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&#201;tat-major des luttes&#034; qui n'est pas sous le contr&#244;le d'assembl&#233;es auto-organis&#233;es o&#249; il serait responsable et r&#233;vocable et qui maintient le pouvoir capitaliste en luttant contre toute politique r&#233;volutionnaire et la prise du pouvoir par le peuple travailleur ! Nous ne voulons pas de cette tutelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le syndicalisme d'Action Directe ! Rompre avec la parlementarisation du syndicalisme ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L'intersyndicale soutenue par tous les syndicats, sections syndicales et leurs alli&#233;s de gauche et d'extr&#234;me gauche, n'a cess&#233; d'interpeller le pr&#233;sident, le gouvernement, les parlementaires ! Pourtant pour les syndicalistes de la CGT avant 1914, le syndicalisme c'&#233;tait l'action directe : &#171; l'Action Directe (&#8230;) signifie que la Classe Ouvri&#232;re (&#8230;) n'attend rien des hommes, des puissances ou des forces ext&#233;rieures &#224; elle, mais qu'elle cr&#233;e ses propres conditions de lutte et puise en soi ses moyens d'action. &#187; (Pouget, l'action directe,1910). Par l'action directe, l'ouvrier cr&#233;e lui-m&#234;me sa lutte. C'est lui qui la conduit, d&#233;cid&#233; &#224; ne pas s'en rapporter &#224; d'autres qu'&#224; Iui-m&#234;me du soin de le Iib&#233;rer. L'action ouvri&#232;re pour nous n'est donc qu'une manifestation continue de nos efforts (qui) se transformera en (&#8230;) gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, et qui sera la r&#233;volution sociale. (Victor Griffuelhes, l'action syndicaliste,1908). L'action directe &#233;tait le moyen du prol&#233;tariat pour s'&#233;manciper du capitalisme et aller au communisme abolissant propri&#233;t&#233; priv&#233;e de moyens de production et salariat ! Telle n'est plus l'ambition des appareils syndicaux qui sont la n&#233;gation du syndicalisme de la CGT avant 1914 qui &#233;tait un communisme au sens politique du terme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme r&#233;formiste contre la lutte de classe et la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3786&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3786&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, nous sommes syndicalistes r&#233;volutionnaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscience syndicaliste r&#233;formiste et conscience politique prol&#233;tarienne de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;boulonner les dirigeants r&#233;formistes dans les appareils syndicaux comme dans les partis politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7257&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7257&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche de France d'origine trotskiste agit en aile gauche des bureaucraties syndicales inf&#233;od&#233;es &#224; la bourgeoisie et &#224; l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui sont li&#233;s aux appareils syndicaux nuisent aux mouvements de la base. Ils divisent les participants, veulent limiter le blocage, rejettent le boycott, la contestation du syst&#232;me, des poss&#233;dants, des institutions et du pouvoir, l'auto-organisation du mouvement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DES SOVIETS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'objectif num&#233;ro un des travailleurs r&#233;volutionnaires : les soviets et leur prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'autre perspective pour le monde que le pouvoir r&#233;volutionnaire des travailleurs organis&#233;s en soviets (qui n&#233;cessite la destruction du pouvoir d'Etat capitaliste)&lt;br class='autobr' /&gt;
N'en d&#233;plaise aux valets du capitalisme, aux r&#233;actionnaires, aux r&#233;formistes, aux pessimistes, aux sceptiques, aux anti-communistes, aux anti-bolchevistes, aux anti-trotskistes, aux faux trotskistes, aux opportunistes, aux gauchistes et aux anarchistes, la seule issue pour le peuple travailleur du monde est de s'organiser en soviets en vue de la prise du pouvoir d'Etat et la destruction de tous les pouvoirs d'Etat du monde, &#224; commencer par ceux des puissances imp&#233;rialistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains diront que la r&#233;volution n'est pas encore d'actualit&#233; et que cette question n'est pas d'une brulante urgence. Pour eux, inutile de prof&#233;rer des sentences ultra-radicales, bien trop avanc&#233;es par rapport &#224; la situation et incomprises des travailleurs et ils se trompent (et nous trompent) lourdement et gravement. Au contraire, ce qui doit sans cesse guider notre activit&#233; politique, syndicale et sociale quotidienne comme notre action, c'est de guider la classe ouvri&#232;re vers sa principale t&#226;che : prendre le pouvoir d'Etat. Comment concevoir que cela soit d'actualit&#233; alors que les luttes ouvri&#232;res ne sont pas du tout insurrectionnelles et que les appareils syndicaux n'ont m&#234;me pas de mal &#224; les controler ? Eh bien, m&#234;me les simples gr&#232;ves, manifestations ou rassemblements, mais m&#234;me tout probl&#232;me dans l'entreprise doit &#234;tre l'occasion de r&#233;unions m&#234;me informelles de salari&#233;s, m&#234;me la r&#233;daction d'un tract des salari&#233;s peut &#234;tre l'occasion de dscussions et d&#233;cisions collectives. Or, comme l'expliquait Pierre Bois, militant trotskiste du groupe Barta, ouvrier de Renault Billancourt et organisateur du comit&#233; de gr&#232;ve de 1947 qui a alors battu la bureaucratie stalinienne fran&#231;aise au plus haut niveau de sa puissance, &#171; tout travailleur r&#233;volutionnaire doit consid&#233;rer chaque r&#233;union de travailleurs comme un soviet et le soviet n'est rien d'autre que l'embryon de l'Etat ouvrier &#187;. C'est exactement ce que l'on ne comprend plus du tout et que l'on ne d&#233;fend plus dans les fausses extr&#234;mes gauches opportunistes (y compris celle faussement h&#233;riti&#232;re de Pierre Bois, li&#233;es aux appareils syndicaux (qui leur laissent une petite place et un petit r&#244;le) et aux &#233;lections bourgeoises (qui permettent &#224; l'Etat bourgeois de les financer et &#224; eux de faire croire &#224; l'expression d&#233;mocratique sous le capitalisme !) En conclusin, il n'est nul besoin de situations insurrectionnelles pour militer en permanence pour l'auto-organisation des travailleurs, cela doit au contraire &#234;tre la boussole du quotidien du militant ouvrier, celle qui distingue en premier le r&#233;volutionnaire du r&#233;formiste et de l'opportuniste, le militant ouvrier du bureaucrate ou caution des bureaucrates : pas de tract sans discussion entre travailleurs, pas de gr&#232;ve sans d&#233;cision des travailleurs organis&#233;s &#224; la base, pas de manifestation ou autre action sans d&#233;cision collective le plus organis&#233;e possible des travailleurs sur les buts, les m&#233;thodes, les slogans, les revendications, aucun soutien &#224; la bureaucratie, aucune caution aux n&#233;gociateurs. Ceux qui passent leur temps en r&#233;union avec nos ennemis ne sont pas nos amis. Ceux qui se passent du point de vue et de la d&#233;cision collective des travailleurs sont nos faux amis. Les strat&#233;gies de conqu&#234;te des appareils syndicaux par les petits groupes soi-disant r&#233;volutionnaires sont des camouflages de l'opportunisme (d&#233;fini par Engels comme la trahison des buts r&#233;volutionnaires du fait de la tentative de r&#233;ussir plus vite que ne le permet le progr&#232;s de la classe exploit&#233;e).&lt;br class='autobr' /&gt;
On remarquera que les pseudo-r&#233;volutionnaires opportunistes parlent beaucoup de la d&#233;nonciation g&#233;n&#233;rale du capitalisme, de la r&#233;volution &#224; faire (en restant vagues sur les cons&#233;quences dans l'activit&#233; militante, du communisme pour des jours lointains, de la n&#233;cessit&#233; de renverser le capitalisme &#224; date ult&#233;rieure, du parti r&#233;volutionnaire &#224; construire d&#232;s maintenant et, sur tout cela, ils n'ont pas de contradiction directe avec les appareils syndicaux et &#233;tatiques. Ils se gardent de raisonner comme nous le faisons plus haut : centrer leur boussole sur le Nord (le r&#244;le des conseils de travailleurs comme dirigeants futurs de l'Etat ouvrier).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui caract&#233;rise aussi les hommes politiques bourgeois, de droite comme de gauche ou de gauche de la gauche, ou les dirigeants syndicaux ou associatifs, c'est leur attachement &#224; l'appareil de l'Etat : pas plus &#233;tatiste que M&#233;lenchon ! Et aucun d'entre eux n'envisage nullement l'objectif de renversement de l'Etat bourgeois, sans parler de son remplacement par l'Etat des soviets ouvriers (ils pr&#233;f&#232;rent faire semblant que d&#233;fendre cela, ce serait du stalinisme et qu'eux y sont hostiles parce que ce sont des d&#233;mocrates !).&lt;br class='autobr' /&gt;
Et curieusement, il se trouve que sur un point, des plus r&#233;actionnaires aux plus &#171; gauches &#187;, ils se trouve qu'ils convergent avec les faux r&#233;volutionnaires&#8230; C'est sur la question, fondamentale entre toutes, de l'Etat ouvrier. Les extr&#234;mes gauches en sont eux aussi les adversaires, en fait plus encore qu'en th&#233;orie. Pour eux, l'Etat a forc&#233;ment le caract&#232;re d'une puissance en dehors de la classe ouvri&#232;re et, s'ils tentent d'y prendre le pouvoir, amen&#233;e &#224; se retourner contre elle, comme cela a &#233;t&#233; le cas avec le stalinisme. La bureaucratisation leur semble d&#233;couler naturellement de la constitution des soviets en base de l'Etat. C'est le cas qu'il s'agisse d'hommes politiques bourgeois, d'anarchistes, de gauches communistes, de conseillistes, de luxemburgistes, de bordiguistes, de partisans de Pannekoek ou Korsch, etc&#8230; En tout cas, tous appellent les travailleurs &#224; se d&#233;tourner de tout objetif d'Etat ouvrier. D'autres comme les faux trotskistes se disent favorables mais affirment qu'il n'est pas temps de parler ni d'Etat des soviets ni de soviets, qu'il faut parler d'un parti r&#233;volutionnaire qui milite pour renverser le capitalisme, sans parler de construire des soviets, sans parler de casser l'Etat capitaliste, sans parler de donner le pouvoir aux conseils ouvriers, en laissant entendre qu'un parti qui dirige les syndicats arrivant &#224; saisir les r&#234;nes de l'Etat, cela pourrait parfaitement aller. L'organisation fran&#231;aise Lutte Ouvri&#232;re, faussement trotskyste, navigue, par exemple, dans ce type d'eaux vaseuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, &#234;tre favorable &#224; l'Etat des soviets ne garantit pas contre tous les probl&#232;mes et notamment contre les risques de bureaucratisation. Il n'y a aucune formule magique qui pr&#233;munisse contre les probl&#232;mes r&#233;els, notamment l'isolement de la r&#233;volution prol&#233;tarienne dans un pays des plus retardataires du monde capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, le pouvoir d'Etat aux mains des travailleurs, cela signifie qu'on est encore dans la barbarie, que les classes sociales exploiteuses existent toujours et qu'il faut encore mener une guerre de classe contre elles et que l'Etat ouvrier est l'instrument de ce combat. Mais pour d&#233;passer les stades barbares, il ne faut pas refuser les seules armes dont le prol&#233;tariat puisse disposer, le pouvoir d'Etat. Il n'emp&#234;che que, nous marxistes r&#233;volutionnaires, avons toujours &#233;t&#233; d'accord sur un point avec les anarchistes : l'existence de l'Etat, m&#234;me l'Etat ouvrier, c'est encore la barbarie et l'objectif final est la disparition totale de l'Etat. C'est pour le stalinisme que l'Etat ouvrier n'est pas, comme pour L&#233;nine, un Etat en voie de disparition, que l'Etat &#171; socialiste &#187; est le nec plus ultra, que le communisme se conjongue avec le renforcement du pouvoir de l'Etat et non avec son affaiblissement avec l'objectif non dissimul&#233; de sa disparition, comme l'a expliqu&#233; plus que clairement L&#233;nine dans &#171; L'Etat et la r&#233;volution &#187;. Et l'Etat ouvrier est une &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; et non une dictature contre le prol&#233;tariat. Il n'est dictature que contre l'infime minorit&#233; de capitalistes et de leurs soutiens en armes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les anarchistes, les gauches communistes de toutes les sortes et autres puristes socialistes ne nous expliquent pas comment combattre victorieusement les forces arm&#233;es de l'imp&#233;rialisme et du capitalisme sans nous doter de l'arme de l'Etat, comment faire triompher les soviets sans l'Etat des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1906) : &#171; Le conseil organisait les masses, dirigeait les gr&#232;ves politiques et les manifestations, armait les ouvriers... Si le prol&#233;tariat, tout comme la presse r&#233;actionnaire, appelait le conseil &#171; le gouvernement ouvrier &#187;, dans les faits, le conseil repr&#233;sentait r&#233;ellement un embryon de gouvernement r&#233;volutionnaire. Le conseil r&#233;alisait le pouvoir dans la mesure o&#249; il se trouvait d&#233;j&#224; dans ses mains ; il luttait directement pour le pouvoir dans la mesure ou il se concentrait encore dans les mains de l'Etat militaro-policier. Avant le conseil, il y avait d&#233;j&#224; au sein du prol&#233;tariat industriel des organisations r&#233;volutionnaires, la plupart des organisations social-d&#233;mocrates. Mais c'&#233;tait des organisations &#233;voluant au sein du prol&#233;tariat ; leur lutte avait pour but imm&#233;diat de conqu&#233;rir une influence sur les masses. Le conseil, lui, est l'organisation du prol&#233;tariat son but &#8212; c'est la lutte pour le pouvoir r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, simultan&#233;ment, le conseil &#233;tait et demeurait l'expression organis&#233;e de la volont&#233; de classe du prol&#233;tariat. Dans la lutte pour le pouvoir, il appliquait les m&#233;thodes que tout naturellement impliquait le fait que le prol&#233;tariat est une classe : son r&#244;le dans la production, son nombre, son homog&#233;n&#233;it&#233; sociale. Plus : il liait la lutte pour le pouvoir &#224; la direction imm&#233;diate de toute l'activit&#233; sociale autonome des masses ouvri&#232;res ; souvent m&#234;me il se chargea de r&#233;gler des conflits entre des repr&#233;sentants individuels du capital et le travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le conseil a conduit &#224; la victoire diverses gr&#232;ves, s'il a r&#233;gl&#233; avec succ&#232;s divers conflits entre ouvriers et patrons, ce n'est absolument pas qu'il exist&#226;t tout expr&#232;s dans ce but au contraire, l&#224; o&#249; existait un syndicat puissant, celui-ci se montra bien plus &#224; m&#234;me que le conseil de diriger la lutte syndicale ; l'intervention du conseil n'avait du poids qu'en raison de l'autorit&#233; universelle dont il jouissait. Et cette autorit&#233; &#233;tait due au fait qu'il accomplissait ses t&#226;ches fondamentales, les t&#226;ches de la r&#233;volution, qui allaient bien au-del&#224; des limites de chaque m&#233;tier et de chaque ville et assignaient au prol&#233;tariat comme classe une place dans les premiers rangs des combattants.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instrument principal du conseil a &#233;t&#233; la gr&#232;ve politique de masse. La vertu d'une gr&#232;ve de ce type est de d&#233;sorganiser le pouvoir d'Etat. Et plus l' &#171; anarchie &#187; qui en r&#233;sulte est grande, plus la gr&#232;ve approche son but. Mais cela n'est exact que si ce n'est pas par des moyens anarchistes qu'on arrive &#224; cette anarchie. La classe qui jour apr&#232;s jour met en oeuvre l'appareil de production et simultan&#233;ment celui du pouvoir, la classe qui, en cessant le travail en bloc, paralyse non seulement l'industrie mais aussi toute la machine &#233;tatique, doit &#234;tre suffisamment organis&#233;e pour ne pas &#234;tre la premi&#232;re victime de l'anarchie qu'elle a cr&#233;&#233;e. Plus la gr&#232;ve suspend l'organisation d'Etat existante sur une large &#233;chelle, plus l'organisation de la gr&#232;ve doit assumer les fonctions de l'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil des d&#233;put&#233;s ouvriers a r&#233;alis&#233; la libert&#233; de la presse. Il a organis&#233; des patrouilles de rue pour garantir la s&#233;curit&#233; des citoyens. Il s'est plus ou moins rendu ma&#238;tre de la poste, du t&#233;l&#233;graphe et des chemins de fer. Il a tent&#233; d'instaurer la journ&#233;e de travail de huit heures obligatoire. En paralysant par le mouvement gr&#233;viste l'Etat absolutiste, il introduit son propre ordre d&#233;mocratique dans la vie des classes laborieuses des villes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1909) : &#171; Qu'&#233;tait ce donc que le soviet ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil des d&#233;put&#233;s ouvriers fut form&#233; pour r&#233;pondre &#224; un besoin pratique, suscit&#233; par les conjonctures d'alors : il fallait avoir une organisation jouissant d'une autorit&#233; indiscutable, libre de toute tradition, qui grouperait du premier coup les multitudes diss&#233;min&#233;es et d&#233;pourvues de liaison ; cette organisation devait &#234;tre un confluent pour tous les courants r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur du prol&#233;tariat ; elle devait &#234;tre capable d'initiative et se contr&#244;ler elle m&#234;me d'une mani&#232;re automatique ; l'essentiel enfin, c'&#233;tait de pouvoir la faire surgir dans les vingt quatre heures. Le parti social d&#233;mocrate qui unissait &#233;troitement, dans ses retraites clandestines, plusieurs centaines, et, par la circulation des id&#233;es, plusieurs milliers d'ouvriers &#224; P&#233;tersbourg, &#233;tait en mesure de donner aux masses un mot d'ordre qui &#233;clairerait leur exp&#233;rience naturelle &#224; la lumi&#232;re fulgurante de la pens&#233;e politique ; mais ce parti n'aurait pas &#233;t&#233; capable d'unifier par un lien vivant, dans une seule organisation, les milliers et les milliers d'hommes dont se composait la masse : en effet, il avait toujours accompli l'essentiel de son travail dans des laboratoires secrets, dans les antres de la conspiration que les masses ignoraient. Le parti des socialistes r&#233;volutionnaires souffrait des m&#234;mes maladies de la vie souterraine, aggrav&#233;es encore par son impuissance et son instabilit&#233;. Les difficult&#233;s qui existaient entre les deux fractions &#233;galement fortes de la social d&#233;mocratie d'une part, et leur lutte avec les socialistes r&#233;volutionnaires de l'autre, rendaient absolument indispensable la cr&#233;ation d'une organisation impartiale. Pour avoir de l'autorit&#233; sur les masses, le lendemain m&#234;me de sa formation, elle devait &#234;tre institu&#233;e sur la base d'une tr&#232;s large repr&#233;sentation. Quel principe devait on adopter ? La r&#233;ponse venait toute seule. Comme le seul lien qui exist&#226;t entre les masses prol&#233;taires, d&#233;pourvues d'organisation, &#233;tait le processus de la production, il ne restait qu'&#224; attribuer le droit de repr&#233;sentations aux entreprises et aux usines . On avait comme exemple et comme pr&#233;c&#233;dent la commission du s&#233;nateur Chidlovsky. Une des deux organisations social d&#233;mocrates de P&#233;tersbourg prit l'initiative de cr&#233;er une administration autonome r&#233;volutionnaire ouvri&#232;re, le 10 octobre, au moment o&#249; la plus grande des gr&#232;ves s'annon&#231;ait. Le 13 au soir, dans les b&#226;timents de l'Institut technologique, eut lieu la premi&#232;re s&#233;ance du futur soviet. Il n'y avait pas plus de trente &#224; quarante d&#233;l&#233;gu&#233;s. On d&#233;cida d'appeler imm&#233;diatement le prol&#233;tariat de la capitale &#224; la gr&#232;ve politique g&#233;n&#233;rale et &#224; l'&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s. &#034; La classe ouvri&#232;re, disait l'appel r&#233;dig&#233; &#224; la premi&#232;re s&#233;ance, a d&#251; recourir &#224; l'ultime mesure dont dispose le mouvement ouvrier mondial et qui fait sa puissance : &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale... Dans quelques jours, des &#233;v&#233;nements d&#233;cisifs doivent s'accomplir en Russie. Ils d&#233;termineront pour de nombreuses ann&#233;es le sort de la classe ouvri&#232;re ; nous devons donc aller au devant des faits avec toutes nos forces disponibles, unifi&#233;es sous l'&#233;gide de notre commun soviet... &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;cision d'une importance incalculable fut adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; ; il n'y eut m&#234;me pas de d&#233;bat sur le principe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, sur les m&#233;thodes qui convenaient, sur les fins et les possibilit&#233;s que l'on pouvait envisager ; et ce sont pourtant ces questions qui soulev&#232;rent, peu de temps apr&#232;s, une lutte id&#233;ologique passionn&#233;e dans les rangs de notre parti allemand. Ce serait un non sens que d'expliquer ce fait par les diff&#233;rences psychologiques entre nationalit&#233;s ; bien au contraire, c'est plut&#244;t &#224; nous autres, Russes, que l'on pourrait reprocher une pr&#233;dilection maladive pour les finasseries de tactique et l'abus des subtilit&#233;s dans le d&#233;tail. La raison v&#233;ritable de la conduite que l'on adopta alors, on la trouve dans le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque. Le soviet, depuis l'heure o&#249; il fut institu&#233; jusqu'&#224; celle de sa perte, resta sous la puissante pression de l'&#233;l&#233;ment r&#233;volutionnaire qui, sans s'embarrasser de vaines consid&#233;rations, devan&#231;a le travail de l'intelligence politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chacune des d&#233;marches de la repr&#233;sentation ouvri&#232;re &#233;tait pr&#233;d&#233;termin&#233;e, la &#034; tactique &#034; &#224; suivre s'imposait d'une mani&#232;re &#233;vidente. On n'avait pas &#224; examiner les m&#233;thodes de lutte, on avait &#224; peine le temps de les formuler... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_8.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_8.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine (juin 1917) : &#171; Les Soviets sont une institution qui n'existe dans aucun Etat parlementaire bourgeois du type ordinaire, et qui ne peut exister &#224; c&#244;t&#233; d'un gouvernement bourgeois. C'est cet Etat de type nouveau, plus d&#233;mocratique, que nous avons appel&#233; dans les r&#233;solutions de notre Parti r&#233;publique d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie, et o&#249; le pouvoir n'appartient qu'aux Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers et soldats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/06/1-co-so/vil19170601.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/06/1-co-so/vil19170601.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine (octobre 1917) : &#171; Que signifie cette r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne ? Avant tout, le sens de cette r&#233;volution, c'est que nous aurons un gouvernement des Soviets, notre pouvoir &#224; nous, sans la moindre participation de la bourgeoisie. Les masses opprim&#233;es cr&#233;eront elles-m&#234;mes le pouvoir. Le vieil appareil d'Etat sera radicalement d&#233;truit et il sera cr&#233;&#233; un nouvel appareil de direction dans la personne des organisations des Soviets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine (1919) : &#171; Les masses ouvri&#232;res de tous les pays ont saisi d'instinct l'importance des Soviets comme arme de lutte du prol&#233;tariat et ferme de l'Etat prol&#233;tarien. Mais les &#171; chefs &#187; corrompus par l'opportunisme ont continu&#233;, et continuent de vouer un culte &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise en l'appelant &#171; d&#233;mocratie &#187; en g&#233;n&#233;ral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/04/vil19190415.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/04/vil19190415.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internationale communiste (1920) : &#171; les communistes peuvent et doivent propager syst&#233;matiquement et opini&#226;trement l'id&#233;e des Soviets, la vulgariser dans les masse, d&#233;montrer aux plus profondes couches de la population que les Soviets constituent la seule forme gouvernementale correspondant aux besoins de la p&#233;riode de transition au communisme int&#233;gral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700e2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700e2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1924) : &#171; dans la majorit&#233; des cas, les soviets se cr&#233;eront sur l'appel des communistes et seront par suite des organes directs de l'insurrection prol&#233;&#172;tarienne. Il n'est pas impossible, &#233;videmment, que la d&#233;sorga&#172;nisation de' l'appareil &#233;tatique bourgeois devienne tr&#232;s forte avant que le prol&#233;tariat puisse s'emparer du pouvoir, ce qui permettrait de cr&#233;er des soviets comme organes d&#233;clar&#233;s de la pr&#233;para&#172;tion de l'insurrection. Mais il y a bien peu de chance pour que cela soit la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale. Dans le cas le plus fr&#233;quent, on ne parviendra &#224; cr&#233;er les soviets qu'aux derniers jours, comme organes directs de la masse pr&#234;te &#224; s'insurger. Enfin, il est tr&#232;s possible &#233;galement que les soviets surgissent apr&#232;s le moment critique de l'insurrection et m&#234;me apr&#232;s sa victoire comme organes du nouveau pouvoir. Il faut avoir constamment devant les yeux toutes ces &#233;ventualit&#233;s pour ne pas tomber dans le f&#233;tichisme d'organisation et ne pas transformer les soviets, de forme souple, vitale de lutte, en &#034;principe &#034; d'organisation, introduit de l'ext&#233;rieur dans le mouvement et entravant son d&#233;veloppement r&#233;gulier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky (1938) : &#171; Dans certaines p&#233;riodes, les soviets peuvent &#234;tre remplac&#233;s par les comit&#233;s d'usine, de l'&#233;chelle locale &#224; l'&#233;chelle nationale. On ne peut le dire &#224; l'avance, mais notre orientation strat&#233;gique pour la prochaine p&#233;riode, c'est l'orientation vers les soviets. L'ensemble du programme de transition doit combler les trous entre les conditions d'aujourd'hui et les soviets de demain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/03/lt19380323.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/03/lt19380323.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les travailleurs peuvent s'organiser par eux-m&#234;mes et d&#233;cider de l'avenir de toute la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La classe exploit&#233;e et opprim&#233;e (le prol&#233;tariat) ne peut plus se lib&#233;rer de la classe qui l'exploite et l'opprime (la bourgeoisie), sans lib&#233;rer en m&#234;me temps et &#224; tout jamais la soci&#233;t&#233; enti&#232;re de l'exploitation, de l'oppression et des luttes de classes ; cette id&#233;e ma&#238;tresse appartient uniquement et exclusivement &#224; Marx &#187;, &#233;crit Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/06/fe18830628.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/06/fe18830628.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission historique du prol&#233;tariat : prendre le pouvoir d'Etat pas pour le conserver mais pour aller au socialisme en allant vers la suppression des classes sociales et des Etats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre le pouvoir en instaurant la dictature du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule arm&#233;e digne d'&#234;tre construite : l'arm&#233;e rouge internationale des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde du travail doit gouverner lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir aux travailleurs et le socialisme sont des n&#233;cessit&#233;s vitales pour l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat que veut mettre en place l'organisation Lutte ouvri&#232;re n'est pas le pouvoir des soviets de travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi rejeter dos &#224; dos Etat ouvrier et Etat bourgeois revient &#224;&#8230; soutenir ce dernier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre principale divergence avec l'extr&#234;me gauche fran&#231;aise : ils ne sont pas clairs vis-&#224;-vis de la nature de l'Etat capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du pouvoir est certainement la question la plus importante de toute r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser l'Etat ouvrier d&#233;sarme m&#234;me la plus dynamique des r&#233;volutions prol&#233;tariennes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution est une &#233;preuve de force ouverte entre les forces sociales en lutte pour le pouvoir. L'Etat n'est pas une fin en soi. C'est seulement une machine entre les mains des forces sociales dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat et la r&#233;volution, de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir aux travailleurs apr&#232;s Octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule d&#233;mocratie possible, en p&#233;riode de crise a&#239;gue de la domination capitaliste, est d'arracher &#224; la bourgeoisie ses instruments de domination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'effondrement actuel du capitalisme, la politique de classe du prol&#233;tariat le m&#232;ne &#224; prendre la t&#234;te du peuple travailleur afin de prendre le pouvoir d'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que le socialisme soit un &#233;tatisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION DE L'INTERNATIONALE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisme n'est pas juste une jolie proclamation des militants communistes r&#233;volutionnaires. C'est une politique qui se constate sans cesse dans les &#233;crits comme dans les actes des groupes. Il ne s'agit pas seulement d'&#234;tre une organisation nationale qui est solidaire de la lutte des autres. Il ne s'agit pas d'&#234;tre tr&#232;s internationalistes en d&#233;claration mais totalement inactifs quand il s'agit de soutenir une lutte. Or, l'essentiel des groupes qui se disent r&#233;volutionnaires se gardent bien de s'impliquer quand il s'agit de luttes o&#249; leur imp&#233;rialisme est actif. Ainsi, les groupes fran&#231;ais qui manifestaient volontiers contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ne le faisaient pas contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit qu'un nombre minime de r&#233;volutionnaires qui consid&#232;rent de la responsabilit&#233; du prol&#233;tariat de prendre en charge la solidarit&#233; internationale et qui se chargent d'en rendre conscients les travailleurs autour d'eux, notamment dans les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II&#176; Congr&#232;s de l'I.C. (l'internationale de L&#233;nine et de Trotsky)
&lt;p&gt;Juillet 1920&lt;br class='autobr' /&gt;
Conditions d'admission des Partis dans l'Internationale Communiste&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier Congr&#232;s constituant de l'Internationale Communiste n'a pas &#233;labor&#233; les conditions pr&#233;cises de l'admission des Partis dans la III&#176; Internationale. Au moment o&#249; eut lieu son premier Congr&#232;s, il n'y avait dans la plupart des pays que des tendances et des groupes communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Congr&#232;s de l'Internationale Communiste se r&#233;unit dans de tout autres conditions. Dans la plupart des pays il y a d&#233;sormais, au lieu des tendances et des groupes, des Partis et des organisations communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus souvent, des Partis et des groupes qui, r&#233;cemment encore, appartenaient &#224; la II&#176; Internationale et qui voudraient maintenant adh&#233;rer &#224; l'Internationale Communiste s'adressent &#224; elle, sans pour cela &#234;tre devenus v&#233;ritablement communistes. La II&#176; Internationale est irr&#233;m&#233;diablement d&#233;faite. Les Partis interm&#233;diaires et les groupes du &#171; centre &#187; voyant leur situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e, s'efforcent de s'appuyer sur l'Internationale Communiste, tous les jours plus forte, en esp&#233;rant conserver cependant une &#171; autonomie &#187; qui leur permettrait de poursuivre leur ancienne politique opportuniste ou &#171; centriste &#187;. L'Internationale Communiste est, d'une certaine fa&#231;on, &#224; la mode.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;sir de certains groupes dirigeants du &#171; centre &#187; d'adh&#233;rer &#224; la III&#176; Internationale nous confirme indirectement que l'Internationale Communiste a conquis les sympathies de la grande majorit&#233; des travailleurs conscients du monde entier et constitue une puissance qui cro&#238;t de jour en jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale Communiste est menac&#233;e de l'envahissement de groupes ind&#233;cis et h&#233;sitants qui n'ont pas encore pu rompre avec l'id&#233;ologie de la II&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, certains Partis importants (italien, su&#233;dois), dont la majorit&#233; se place au point de vue communiste, conservent encore en leur sein de nombreux &#233;l&#233;ments r&#233;formistes et social-pacifistes qui n'attendent que l'occasion pour relever la t&#234;te, saboter activement la r&#233;volution prol&#233;tarienne, en venant ainsi en aide &#224; la bourgeoisie et &#224; la II&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun communiste ne doit oublier les le&#231;ons de la R&#233;publique des soviets hongroise. L'union des communistes hongrois avec les r&#233;formistes a co&#251;t&#233; cher au prol&#233;tariat hongrois.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi le 2&#176; Congr&#232;s international croit devoir fixer de fa&#231;on tout &#224; fait pr&#233;cise les conditions d'admission des nouveaux Partis et indiquer par la m&#234;me occasion aux Partis d&#233;j&#224; affili&#233;s les obligations qui leur incombent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste d&#233;cide que les conditions d'admission dans l'Internationale sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La propagande et l'agitation quotidiennes doivent avoir un caract&#232;re effectivement communiste et se conformer au programme et aux d&#233;cisions de la III&#176; Internationale. Tous les organes de la presse du Parti doivent &#234;tre r&#233;dig&#233;s par des communistes s&#251;rs, ayant prouv&#233; leur d&#233;vouement &#224; la cause du prol&#233;tariat. Il ne convient pas de parler de dictature prol&#233;tarienne comme d'une formule apprise et courante ; la propagande doit &#234;tre faite de mani&#232;re &#224; ce que la n&#233;cessit&#233; en ressorte pour tout travailleur, pour toute ouvri&#232;re, pour tout soldat, pour tout paysan, des faits m&#234;mes de la vie quotidienne, syst&#233;matiquement not&#233;s par notre presse. La presse p&#233;riodique ou autre et tous les services d'&#233;ditions doivent &#234;tre enti&#232;rement soumis au Comit&#233; Central du Parti, que ce dernier soit l&#233;gal ou ill&#233;gal. Il est inadmissible que les organes de publicit&#233; m&#233;susent de l'autonomie pour mener une politique non conforme &#224; celle du Parti. Dans les colonnes de la presse, dans les r&#233;unions publiques, dans les syndicats, dans les coop&#233;ratives, partout o&#249; les partisans de la III&#176; Internationale auront acc&#232;s, ils auront &#224; fl&#233;trir syst&#233;matiquement et impitoyablement non seulement la bourgeoisie, mais aussi ses complices, r&#233;formistes de toutes nuances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Toute organisation d&#233;sireuse d'adh&#233;rer &#224; l'Internationale Communiste doit r&#233;guli&#232;rement et syst&#233;matiquement &#233;carter des postes impliquant tant soit peu de responsabilit&#233; dans le mouvement ouvrier (organisations de Parti, r&#233;dactions, syndicats, fractions parlementaires, coop&#233;ratives, municipalit&#233;s) les r&#233;formistes et les &#171; centristes &#187; et les remplacer par des communistes &#233;prouv&#233;s, - sans craindre d'avoir &#224; remplacer, surtout au d&#233;but, des militants exp&#233;riment&#233;s, par des travailleurs sortis du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans presque tous les pays de l'Europe et de l'Am&#233;rique la lutte de classes entre dans la p&#233;riode de guerre civile. Les communistes ne peuvent, dans ces conditions, se fier &#224; la l&#233;galit&#233; bourgeoise. Il est de leur devoir de cr&#233;er partout, parall&#232;lement &#224; l'organisation l&#233;gale, un organisme clandestin, capable de remplir au moment d&#233;cisif, son devoir envers la r&#233;volution. Dans tous les pays o&#249;, par suite de l'&#233;tat de si&#232;ge ou de lois d'exception, les communistes n'ont pas la possibilit&#233; de d&#233;velopper l&#233;galement toute leur action, la concomitance de l'action l&#233;gale et de l'action ill&#233;gale est indubitablement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le devoir de propager les id&#233;es communistes implique la n&#233;cessit&#233; absolue de mener une propagande et une agitation syst&#233;matique et pers&#233;v&#233;rante parmi les troupes. L&#224;, o&#249; la propagande ouverte est difficile par suite de lois d'exception, elle doit &#234;tre men&#233;e ill&#233;galement ; s'y refuser serait une trahison &#224; l'&#233;gard du devoir r&#233;volutionnaire et par cons&#233;quent incompatible avec l'affiliation &#224; la III&#176; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Une agitation rationnelle et syst&#233;matique dans les campagnes est n&#233;cessaire. La classe ouvri&#232;re ne peut vaincre si elle n'est pas soutenue tout au moins par une partie des travailleurs des campagnes (journaliers agricoles et paysans les plus pauvres) et si elle n'a pas neutralis&#233; par sa politique tout au moins une partie de la campagne arri&#233;r&#233;e. L'action communiste dans les campagnes acquiert en ce moment une importance capitale. Elle doit &#234;tre principalement le fait des ouvriers communistes en contact avec la campagne. Se refuser &#224; l'accomplir ou la confier &#224; des demi-r&#233;formistes douteux c'est renoncer &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Tout Parti d&#233;sireux d'appartenir &#224; la III&#176; Internationale, a pour devoir de d&#233;noncer autant que le social-patriotisme avou&#233; le social-pacifisme hypocrite et faux ; il s'agit de d&#233;montrer syst&#233;matiquement aux travailleurs que, sans le renversement r&#233;volutionnaire du capitalisme, nul tribunal arbitral international, nul d&#233;bat sur la r&#233;duction des armements, nulle r&#233;organisation &#171; d&#233;mocratique &#187; de la Ligue des Nations ne peuvent pr&#233;server l'humanit&#233; des guerres imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les Partis d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste ont pour devoir de reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'une rupture compl&#232;te et d&#233;finitive avec le r&#233;formisme et la politique du centre et de pr&#233;coniser cette rupture parmi les membres des organisations. L'action communiste cons&#233;quente n'est possible qu'&#224; ce prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale Communiste exige imp&#233;rativement et sans discussion cette rupture qui doit &#234;tre consomm&#233;e dans le plus bref d&#233;lai. L'Internationale Communiste ne peut admettre que des r&#233;formistes av&#233;r&#233;s, tels que Turati, Kautsky, Hilferding, Longuet, Mac Donald, Modigliani et autres, aient le droit de se consid&#233;rer comme des membres de la III&#176; Internationale, et qu'ils y soient repr&#233;sent&#233;s. Un pareil &#233;tat de choses ferait ressembler par trop la III&#176; Internationale &#224; la II&#176;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Dans la question des colonies et des nationalit&#233;s opprim&#233;es, les Partis des pays dont la bourgeoisie poss&#232;de des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particuli&#232;rement claire et nette. Tout Parti appartenant &#224; la III&#176; Internationale a pour devoir de d&#233;voiler impitoyablement les prouesses de &#171; ses &#187; imp&#233;rialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d'&#233;mancipation dans les colonies, d'exiger l'expulsion des colonies des imp&#233;rialistes de la m&#233;tropole, de nourrir au c&#339;ur des travailleurs du pays des sentiments v&#233;ritablement fraternels vis-&#224;-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalit&#233;s opprim&#233;s et d'entretenir parmi les troupes de la m&#233;tropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Tout Parti d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste doit poursuivre une propagande pers&#233;v&#233;rante et syst&#233;matique au sein des syndicats, coop&#233;ratives et autres organisations des masses ouvri&#232;res. Des noyaux communistes doivent &#234;tre form&#233;s, dont le travail opini&#226;tre et constant conquerra les syndicats au communisme. Leur devoir sera de r&#233;v&#233;ler &#224; tout instant la trahison des social-patriotes et les h&#233;sitations du &#171; centre &#187;. Ces noyaux communistes doivent &#234;tre compl&#232;tement subordonn&#233;s &#224; l'ensemble du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Tout Parti appartenant &#224; l'Internationale Communiste a pour devoir de combattre avec &#233;nergie et t&#233;nacit&#233; l'&#171; Internationale &#187; des syndicats jaunes fond&#233;e &#224; Amsterdam. Il doit r&#233;pandre avec t&#233;nacit&#233; au sein des syndicats ouvriers l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; de la rupture avec l'Internationale Jaune d'Amsterdam. Il doit par contre concourir de tout son pouvoir &#224; l'union internationale des syndicats rouges adh&#233;rant &#224; l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Les Partis d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste ont pour devoir de r&#233;viser la composition de leurs fractions parlementaires, d'en &#233;carter les &#233;l&#233;ments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au Comit&#233; Central du Parti, d'exiger de tout d&#233;put&#233; communiste la subordination de toute son activit&#233; aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de la propagande r&#233;volutionnaire et de l'agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Les Partis appartenant &#224; l'Internationale Communiste doivent &#234;tre &#233;difi&#233;s sur le principe de la centralisation d&#233;mocratique. A l'&#233;poque actuelle de guerre civile acharn&#233;e, le Parti Communiste ne pourra remplir son r&#244;le que s'il est organis&#233; de la fa&#231;on la plus centralis&#233;e, si une discipline de fer confinant &#224; la discipline militaire y est admise et si son organisme central est muni de larges pouvoirs, exerce une autorit&#233; incontest&#233;e, b&#233;n&#233;ficie de la confiance unanime des militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Les Partis Communistes des pays o&#249; les communistes militent l&#233;galement doivent proc&#233;der &#224; des &#233;purations p&#233;riodiques de leurs organisations, afin d'en &#233;carter les &#233;l&#233;ments int&#233;ress&#233;s et petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Les Partis d&#233;sireux d'appartenir &#224; l'Internationale Communiste doivent soutenir sans r&#233;serves toutes les r&#233;publiques sovi&#233;tiques dans leurs luttes avec la contre-r&#233;volution. Ils doivent pr&#233;coniser inlassablement le refus des travailleurs de transporter les munitions et les &#233;quipements destin&#233;s aux ennemis des r&#233;publiques sovi&#233;tiques, et poursuivre, soit l&#233;galement soit ill&#233;galement, la propagande parmi les troupes envoy&#233;es contre les r&#233;publiques sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Les Partis qui conservent jusqu'&#224; ce jour les anciens programmes social-d&#233;mocrates ont pour devoir de les r&#233;viser sans retard et d'&#233;laborer un nouveau programme communiste adapt&#233; aux conditions sp&#233;ciales de leur pays et con&#231;u dans l'esprit de l'Internationale Communiste. Il est de r&#232;gle que les programmes des Partis affili&#233;s &#224; l'Internationale Communiste soient confirm&#233;s par le Congr&#232;s International ou par le Comit&#233; Ex&#233;cutif. Au cas o&#249; ce dernier refuserait sa sanction &#224; un Parti, celui-ci aurait le droit d'en appeler au Congr&#232;s de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Toute les d&#233;cisions des Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, de m&#234;me que celles du Comit&#233; Ex&#233;cutif, sont obligatoires pour tous les Partis affili&#233;s &#224; l'Internationale Communiste. Agissant en p&#233;riode de guerre civile acharn&#233;e, l'Internationale Communiste et son Comit&#233; Ex&#233;cutif doivent tenir compte des conditions de lutte si vari&#233;es dans les diff&#233;rents pays et n'adopter de r&#233;solutions g&#233;n&#233;rales et obligatoires que dans les questions o&#249; elles sont possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Conform&#233;ment &#224; tout ce qui pr&#233;c&#232;de, tous les Partis adh&#233;rant &#224; l'Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti d&#233;sireux d'adh&#233;rer &#224; l'Internationale Communiste doit s'intituler Parti Communiste de... (section de la III&#176; Internationale Communiste). Cette question d'appellation n'est pas une simple formalit&#233; ; elle a aussi une importance politique consid&#233;rable. L'Internationale Communiste a d&#233;clar&#233; une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et &#224; tous les vieux Partis social-d&#233;mocrates jaunes. Il importe que la diff&#233;rence entre les Partis Communistes et les vieux Partis &#171; social-d&#233;mocrates &#187; ou &#171; socialistes &#187; officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvri&#232;re soit plus nette aux yeux de tout travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Tous les organes dirigeants de la presse des Partis de tous les pays sont oblig&#233;s d'imprimer tous les documents officiels importants du Comit&#233; Ex&#233;cutif de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Tous les Partis appartenant &#224; l'Internationale Communiste ou sollicitant leur adh&#233;sion sont oblig&#233;s de convoquer (aussi vite que possible), dans un d&#233;lai de 4 mois apr&#232;s le 2&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, au plus tard, un Congr&#232;s extraordinaire afin de se prononcer sur ces conditions. Les Comit&#233;s Centraux doivent veiller &#224; ce que les d&#233;cisions du 2&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste soient connues de toutes les organisations locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Les Partis qui voudraient maintenant adh&#233;rer &#224; la III&#176; Internationale, mais qui n'ont pas encore modifi&#233; radicalement leur ancienne tactique, doivent pr&#233;alablement veiller &#224; ce que les 2/3 des membres de leur Comit&#233; Central et des Institutions centrales les plus importantes soient compos&#233;s de camarades, qui d&#233;j&#224; avant le 2&#176; Congr&#232;s s'&#233;taient ouvertement prononc&#233;s pour l'adh&#233;sion du Parti &#224; la III&#176; Internationale. Des exceptions peuvent &#234;tre faites avec l'approbation du Comit&#233; Ex&#233;cutif de l'Internationale Communiste. Le Comit&#233; Ex&#233;cutif se r&#233;serve le droit de faire des exceptions pour les repr&#233;sentants de la tendance centriste mentionn&#233;s dans le paragraphe 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Les adh&#233;rents au Parti qui rejettent les conditions et les th&#232;ses &#233;tablies par l'Internationale Communiste doivent &#234;tre exclus du Parti. Il en est de m&#234;me des d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principaux textes de l'Internationale communiste de L&#233;nine et de Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1921 : th&#232;ses de l'Internationale Communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1234&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'internationale communiste a &#233;t&#233; stalinis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8184&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la Quatri&#232;me Internationale ? Celle de L&#233;on Trotsky !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TEXTE DE BARTA EN 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE LA PREMIERE INTERNATIONALE A LA QUATRIEME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la lutte du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie prenne n&#233;cessairement une forme nationale, son contenu n'en reste pas moins essentiellement international. Il est &#233;vident que pour pouvoir lutter, la classe ouvri&#232;re doit s'organiser en tant que classe et que le th&#233;&#226;tre imm&#233;diat de sa lutte est l'int&#233;rieur du pays. Mais &#034;le cadre de l'Etat national&#034;, remarquait Marx d&#233;j&#224; au milieu du XIX&#232;me si&#232;cle, plusieurs d&#233;cades d'ann&#233;es avant la phase imp&#233;rialiste actuelle du capitalisme, &#034;entre lui-m&#234;me &#224; son tour &#233;conomiquement dans le cadre du march&#233; mondial, politiquement dans le cadre du syst&#232;me des Etats&#034;. Par cons&#233;quent l'internationalisme de la classe ouvri&#232;re n'est pas l'expression de la &#034;fraternit&#233;&#034; sentimentale des prol&#233;taires de tous les pays soumis &#224; la m&#234;me exploitation capitaliste, mais l'expression de l'unit&#233; organique de leur lutte contre un r&#233;gime social international par sa nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme s'est d&#233;velopp&#233; historiquement en formant un syst&#232;me international qui a fondu progressivement les diff&#233;rents pays du monde en un bloc organique, la lutte du prol&#233;tariat mondial est devenue elle aussi n&#233;cessairement internationale. En 1847, &#224; Londres, fut fond&#233;e la Ligue des Communistes, premi&#232;re association internationale prol&#233;tarienne avec la participation active de Marx et d'Engels, qui r&#233;dig&#232;rent aussi son programme historique &#034;Le Manifeste Communiste&#034;. En 1852 la Ligue des Communistes sombra dans la vague de la r&#233;action, dont la d&#233;faite des ouvriers parisiens en juin 1848 marqua le d&#233;but. &#034;Quand la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne eut repris suffisamment de forces&#034; &#233;crit Engels, &#034;pour un nouvel assaut contre la puissance des classes, se constitua l'Association Internationale des travailleurs&#034;, la Premi&#232;re Internationale. C'&#233;tait de nouveau &#224; Londres, en 1864. Marx, qui r&#233;digea l'Adresse inaugurale de l'Internationale et ses statuts, d&#233;finissait ainsi son r&#244;le principal : &#034;cr&#233;er un centre de communication et de coop&#233;ration entre les associations ouvri&#232;res des diff&#233;rents pays aspirant au m&#234;me but, &#224; savoir : le concours mutuel, le progr&#232;s et le complet affranchissement de la classe ouvri&#232;re&#034;, et cela par &#034;la conqu&#234;te du pouvoir politique qui est devenue le premier devoir de la classe ouvri&#232;re&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e fondamentale qui inspirait toute l'activit&#233; de Marx dans la premi&#232;re Internationale &#233;tait que les ouvriers doivent cr&#233;er partout des organisations syndicales et politiques, sur la base &#034;des circonstances r&#233;elles&#034;, qui &#224; son &#233;poque variaient encore consid&#233;rablement d'un pays &#224; l'autre, afin de pr&#233;parer les masses prol&#233;tariennes &#224; la conqu&#234;te du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re Internationale ne v&#233;cut elle-m&#234;me que neuf ann&#233;es, du 28 septembre 1864 jusqu'en 1874. Elle se brisa elle aussi sous les coups de la r&#233;action, soulev&#233;e apr&#232;s la sanglante d&#233;faite de la Commune de Paris en 1871 et min&#233;e int&#233;rieurement par l'action liquidatrice des anarchistes bakouniniens et par l'incompr&#233;hension th&#233;orique des blanquistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fut cependant au cours de son existence &#233;ph&#233;m&#232;re le puissant levier de l'organisation syndicale et dans une certaine mesure aussi politique, de larges couches prol&#233;tariennes en Europe et en Am&#233;rique, et surtout un &#233;tonnant &#034;proph&#232;te de l'avenir&#034;, comme l'a justement caract&#233;ris&#233;e 45 ans plus tard le Manifeste Inaugural de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1880 le mouvement ouvrier mondial eut &#224; nouveau un essor prodigieux. En Europe l'organisation syndicale et politique du prol&#233;tariat allemand, fran&#231;ais, anglais, italien, suisse, etc... remporte d'&#233;clatants succ&#232;s. En 1889, &#224; l'occasion de l'exposition universelle de Paris, un Congr&#232;s convoqu&#233; par les &#034;Guesdistes&#034; fonda la II&#232;me Internationale ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant vingt ans, &#224; peu pr&#232;s jusqu'&#224; la veille de la premi&#232;re guerre mondiale de 1914, la II&#232;me Internationale fut la grande &#034;organisatrice des millions&#034; d'ouvriers dans tous les pays capitalistes du monde. Cependant, malgr&#233; ses progr&#232;s, la II&#232;me Internationale resta entre 1904-1914 une F&#233;d&#233;ration mal consolid&#233;e aux tendances et &#224; l'organisation discordantes. Son aile r&#233;formiste et opportuniste, issue du d&#233;veloppement organique de ce capitalisme industriel qui dure &#224; peu pr&#232;s jusqu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, croyait &#224; l'&#233;ternit&#233; de cette p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; et niait la n&#233;cessit&#233; de l'action r&#233;volutionnaire des masses. Son aile prol&#233;tarienne au contraire, repr&#233;sent&#233;e surtout par le parti bolch&#233;vique de L&#233;nine, par Trotsky, par Liebknecht et Rosa Luxembourg, basait sa politique sur l'analyse exacte de la nouvelle phase imp&#233;rialiste du capitalisme et l'approche in&#233;vitable de la guerre. Cette perspective se montra bient&#244;t parfaitement juste. En ao&#251;t 1914 &#233;clate la premi&#232;re guerre mondiale imp&#233;rialiste et quelques semaines apr&#232;s les chefs ouvriers et socialistes de la plupart des pays bellig&#233;rants d&#233;commandent aux masses la lutte de classe et se jettent sans r&#233;serve dans le social patriotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une seconde fois l'organisation internationale du prol&#233;tariat se disloquait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tandis que la premi&#232;re Internationale de Marx tombait victime de la r&#233;action apr&#232;s une lutte h&#233;ro&#239;que couronn&#233;e par l'immortelle Commune de Paris, la II&#232;me Internationale de Scheidemann, d'Ebert, de Noske de Renaudel, d'Albert Thomas, etc... p&#233;rissait dans la honte du social-chauvinisme apr&#232;s avoir trahi les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re. Seule une petite minorit&#233;, et &#224; sa t&#234;te L&#233;nine, Trotsky, Liebknecht et R. Luxembourg, rest&#232;rent fid&#232;les &#224; la doctrine de Marx et se dress&#232;rent contre la guerre dans tous les pays, &#034;d&#233;mocratiques&#034; ou &#034;autoritaires&#034;, &#034;agresseurs&#034; ou &#034;victimes de l'agression&#034;, en se basant sur la tactique du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire valable pour l'ensemble des pays imp&#233;rialistes. Cette minorit&#233; r&#233;volutionnaire d&#233;clarait d&#233;j&#224; en 1915 qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de former une nouvelle Internationale, puisque la II&#232;me Internationale, par son attitude social-patriotique avait cess&#233; d'exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la III&#232;me Internationale ne devint une r&#233;alit&#233; qu'en mars 1919, apr&#232;s le triomphe de la R&#233;volution Russe en 1917. C'est &#224; Moscou qu'a eu lieu le 1er Congr&#232;s de la nouvelle &#034;Internationale de l'action&#034;, comme l'ont qualifi&#233;e ses fondateurs dans leur premier &#034;Manifeste aux prol&#233;taires de tous les pays&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale consid&#233;rait sa politique comme la continuation naturelle de la doctrine r&#233;volutionnaire marxiste telle qu'elle avait &#233;t&#233; d&#233;finie pour la premi&#232;re fois, 72 ans auparavant, dans le &#034;Manifeste Communiste&#034;, et de toutes les traditions vraiment r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat mondial. Sa t&#226;che principale &#233;tait d'autre part le renversement imm&#233;diat du capitalisme dans le monde, renversement dont la premi&#232;re &#233;tape fut la victorieuse R&#233;volution Russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pens&#233;e de L&#233;nine et de Trotsky, les principaux organisateurs de la nouvelle Internationale, on ne pouvait mener cette action r&#233;volutionnaire des masses sans avoir un programme international qui corresponde au caract&#232;re de l'&#233;poque imp&#233;rialiste, c'est-&#224;-dire l'&#233;poque o&#249; le capital financier dirige l'&#233;conomie et la politique mondiales. A ce programme international correspond d'autre part n&#233;cessairement une organisation internationale des diff&#233;rents partis politiques du prol&#233;tariat, une sorte d'Etat-major international des masses en lutte sur l'ensemble du terrain mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque imp&#233;rialiste, infiniment plus qu'&#224; l'&#233;poque du capitalisme industriel du XIX&#232;me si&#232;cle, aucun parti prol&#233;tarien ne peut &#233;tablir son programme en se basant seulement ou principalement sur les conditions et les tendances de l'&#233;volution de son pays. Au contraire &#034;le sens dans lequel se dirige le prol&#233;tariat au point de vue national doit se d&#233;duire et ne peut se d&#233;duire que de la direction prise dans le domaine international et non pas vice-versa&#034; (Trotsky). C'est en cela d'ailleurs que consiste la diff&#233;rence fondamentale qui s&#233;pare l'internationalisme communiste de toutes les autres tendances du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant, devant l'isolement de la r&#233;volution russe, cons&#233;cutive aux d&#233;faites successives du prol&#233;tariat mondial entre 1917 et 1923, devant la fatigue des ouvriers russes et la stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme, la direction stalinienne de la III&#232;me Internationale substitua apr&#232;s la mort de L&#233;nine, vers la fin de 1924, &#224; son programme jusqu'alors enti&#232;rement bas&#233; sur la r&#233;volution internationale, une th&#233;orie &#034;consolatrice&#034;, celle du &#034;socialisme dans un seul pays&#034;. Mais en fait il s'agissait d'une orientation politique nouvelle, dont il faut chercher les racines dans une conception social-patriotique du r&#244;le de l'URSS dans la r&#233;volution mondiale. En 1924, quand Staline lan&#231;a pour la premi&#232;re fois cette formule, devenue depuis la base de toute sa politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure, les conditions objectives ne permettaient pas encore &#224; la grande masse de militants r&#233;volutionnaires du monde d'appr&#233;cier toutes les cons&#233;quences in&#233;vitables d'une telle orientation. Et l'opposition soulev&#233;e par Trotsky au sein de la III&#232;me Internationale contre le &#034;socialisme dans un seul pays&#034; n'a paru alors qu'une injustifiable tentative de scission et de discorde, trop &#034;th&#233;orique&#034; pour avoir un r&#233;sultat pratique appr&#233;ciable. Mais Trotsky, qui &#233;tait capable de manier le marxisme non pas comme une doctrine empirique de &#034;man&#339;uvres&#034; et de &#034;combines&#034; politiques, mais comme une science, avait vu parfaitement juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du &#034;socialisme dans un seul pays&#034; &#233;tait la n&#233;gation de toute action et de toute organisation internationales du prol&#233;tariat. Elle ne pouvait n&#233;cessairement aboutir qu'&#224; la liquidation du mouvement international. Qu'on compare apr&#232;s 25 ans ce qu'&#233;crivait Trotsky en 1928 sur la signification r&#233;elle de la th&#233;orie stalinienne du &#034;socialisme dans un seul pays&#034; avec la dissolution r&#233;cente de la III&#232;me Internationale survenue le 16 mai 1943 en pleine guerre imp&#233;rialiste, &#224; la veille de sa phase d&#233;cisive, au moment o&#249; des millions d'ouvriers, de paysans, d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s sur toute la plan&#232;te gardent encore un supr&#234;me espoir : la d&#233;livrance de la barbarie imp&#233;rialiste par la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le marxisme a toujours enseign&#233; aux ouvriers, que m&#234;me la lutte pour les salaires et la limitation de la journ&#233;e de travail ne peut avoir de succ&#232;s que si elle est men&#233;e en tant que lutte internationale. Et voil&#224; qu'&#224; pr&#233;sent, tout d'un coup, il se trouve que l'id&#233;al de la soci&#233;t&#233; socialiste peut &#234;tre r&#233;alis&#233; par les seules forces d'une nation. C'est un coup mortel port&#233; &#224; l'Internationale. La conviction in&#233;branlable que le but fondamental de classe ne peut pas &#234;tre atteint, encore bien moins que les objectifs partiels, par des moyens nationaux ou dans le cadre d'une nation, constitue la moelle de l'internationalisme r&#233;volutionnaire. Si l'on peut arriver au but final &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res nationales par les efforts du prol&#233;tariat d'une nation, alors l'&#233;pine dorsale de l'internationalisme est bris&#233;e. ...Le Parti Communiste de n'importe quel pays capitaliste, apr&#232;s s'&#234;tre p&#233;n&#233;tr&#233; de l'id&#233;e qu'il y a au sein de son Etat toutes les pr&#233;mices &#034;n&#233;cessaires et suffisantes&#034; pour construire par ses propres forces &#034;la soci&#233;t&#233; socialiste int&#233;grale&#034;, ne se distinguera au fond en rien de la social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire, qui elle non plus n'avait pas commenc&#233; par Noske mais qui a d&#233;finitivement tr&#233;buch&#233; sur cette question le 4 ao&#251;t 1914&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paroles proph&#233;tiques ! M&#233;ditez-les, camarades qui combattez pour le triomphe du socialisme. M&#233;ditez-les vous particuli&#232;rement, camarades de la III&#232;me Internationale dissoute, comme vous devez m&#233;diter par ailleurs toute la lutte id&#233;ologique qui a abouti &#224; l'exclusion de l'aile r&#233;volutionnaire de la III&#232;me dirig&#233;e par Trotsky et &#224; la formation depuis 1934 du mouvement pour la IV&#232;me Internationale. Faites &#224; la lumi&#232;re des &#233;v&#233;nements actuels, &#224; la lumi&#232;re de la pratique vivante, l'autocritique n&#233;cessaire, l'examen minutieux de vos armes id&#233;ologiques, des id&#233;es qui ont servi jusqu'&#224; maintenant de base &#224; votre action. Faites le bilan de cette derni&#232;re. Passez en revue toute la politique de vos dirigeants dans les derni&#232;res ann&#233;es et pendant cette guerre imp&#233;rialiste. Et vous arriverez alors s&#251;rement &#224; comprendre pourquoi le prol&#233;tariat mondial encore une fois trahi, est oblig&#233; par l'histoire de forger de nouvelles armes : les nouveaux partis, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che est immense ; mais d'une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse. Reculer devant cette t&#226;che, se d&#233;courager, abandonner la lutte, cela &#233;quivaut &#224; accepter passivement votre sort d'esclaves dans le r&#233;gime capitaliste. Les pires conditions &#233;conomiques et politiques vous attendraient dans la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les damn&#233;s de l'enfer, aucun espoir ne vous est permis dans ce r&#233;gime de mis&#232;re croissante, d'esclavage politique et de guerres perp&#233;tuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais dans le pass&#233;, une seule voie de salut reste ouverte aux prol&#233;taires et &#224; toute l'humanit&#233; agonisante : le triomphe du socialisme par la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nouveaux partis, une nouvelle Internationale, sont pour cela absolument n&#233;cessaires. Le comprendre et agir fermement dans cette direction, c'est accomplir le devoir supr&#234;me que nous impose le moment historique actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;br class='autobr' /&gt;
Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s-guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux quatre coins du monde, des peuples se voient refuser toute reconnaissance d'identit&#233; nationale, qu'il s'agisse des Kurdes, des Palestiniens, des Cachemiris, des Tamouls, des Touar&#232;gues, des Tziganes, des Ouighours, des peuples des anciennes colonies comme les Antillais, les Kanaks, les R&#233;unionnais, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'existence d'un Etat ne prouve pas que le peuple ne soit pas opprim&#233; et ne soit pas exploit&#233;. Loin de l&#224; ! Mais l'inverse est une raison de plus de subir tous les mauvais traitements imaginables et d'&#234;tre trait&#233;s en citoyens de seconde zone, sans cesse d&#233;sign&#233;s du doigt et frapp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de r&#233;volutionnaires pensent soit qu'il faut juste soutenir les nationalismes des peuples opprim&#233;s et d'autres juste qu'il faut s'en d&#233;marquer. Pourtant, la politique de r&#233;volution permanente de L&#233;on Trotsky et la politique de droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes de L&#233;nine ne consistaient en cela ni l'une ni l'autre ! Ces deux derni&#232;res consistaient toujours &#224; faire de la &#171; question nationale &#187; une arme de combat du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire international contre l'imp&#233;rialisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr40.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr40.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7230&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6259&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale a tellement &#233;t&#233; une arme aux mains du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de Russie que l'arm&#233;e rouge a &#233;t&#233; une arm&#233;e fond&#233;e sur trois forces : ouvriers, paysans, nationalit&#233;s opprim&#233;es. Et ces trois forces ont &#233;t&#233; d&#233;terminantes dans la victoire prol&#233;tarienne face aux arm&#233;es blanches et imp&#233;rialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale surgit du d&#233;veloppement in&#233;gal de l'histoire (voir 4&#232;me tome de la R&#233;volution Russe de L&#233;on Trotsky).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement d'une partie de l'humanit&#233; vers l'&#201;tat national comme forme sup&#233;rieure de production par rapport &#224; l'ancienne forme de production morcel&#233;e, d'autre part la transformation des &#201;tats avanc&#233;s en &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont trouv&#233; une issue temporaire &#224; leurs contradictions en soumettant &#224; leur exploitation les pays arri&#233;r&#233;s, en les emp&#234;chant par l&#224;-m&#234;me de se constituer en &#201;tat national, en les maintenant dans un &#233;tat &#233;conomique et social arri&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier but strat&#233;gique des droits des peuples c'est d'enlever &#224; l'imp&#233;rialisme une source de puissance, tant que ces &#201;tats auront les colonies la r&#233;volution sera impossible dans les pays imp&#233;rialistes. Cela signifie-t-il que ce mot d'ordre devient superflu sinon nuisible (Rosa Luxembourg) ? Une fois la r&#233;volution sociale accomplie il est donc inutile puisqu'il n'est r&#233;alisable que pr&#233;cis&#233;ment quand il devient contre-r&#233;volutionnaire. La question ainsi pos&#233;e l'est d'une fa&#231;on m&#233;canique et non dialectique. Les socialistes dans leur programme vis-&#224;-vis de la paysannerie moyenne et pauvre sp&#233;cifient que le passage &#224; la soci&#233;t&#233; socialiste, dont le d&#233;but c'est l'insurrection arm&#233;e du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie, ne peut se faire que par l'affirmation pratique de la sup&#233;riorit&#233; de l'&#233;conomie socialiste sur la production isol&#233;e. Int&#233;gration donc de larges couches paysannes dans le socialisme par la voie pacifique suivant leur propre gr&#233;. Il en est de m&#234;me a propos de la question nationale. Entre le prol&#233;tariat de la nation dominante et les couches populaires de la nation opprim&#233;e il y a le foss&#233; historique de l'oppression, la responsabilit&#233; en retombe, aux yeux de la nation opprim&#233;e, aussi sur le prol&#233;tariat de la nation dominante. Il n'est donc pas possible d'attirer les couches populaires de la nation opprim&#233;e dans une collaboration pacifique socialiste avec la nation anciennement oppresseuse si cette collaboration n'a pour base l'&#233;galit&#233; compl&#232;te des droits. Cette &#233;galit&#233; des droits est d&#233;truite si le droit de libre disposition &#224; n'importe quel moment de la nation opprim&#233;e n'est pas reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas il arrive comme le disait L&#233;nine en Avril 1917, confirm&#233; par la r&#233;volution russe : si les Ukrainiens voient que nous avons une R&#233;publique des Soviets ils ne se s&#233;pareront pas, mais si nous avons une r&#233;publique de Milioukov ils se s&#233;pareront. R&#233;publique des soviets, ceci est incompatible avec quelque contrainte que ce soit impos&#233;e &#224; la nation anciennement opprim&#233;e sous pr&#233;texte de socialisme. Le droit des nationalit&#233;s nous ne le mettons pas au dessus de la r&#233;volution socialiste. Si on enl&#232;ve la moindre parcelle de la libert&#233;, ce n'est plus la libert&#233;. Quand il s'agit de construction socialiste c'est un droit inviolable fondamental. Mais quand il s'agit de situation strat&#233;gique de guerre d&#233;termin&#233;e (la Pologne est maintenant opprim&#233;e mais le capitalisme anglais et am&#233;ricain pourrait s'en servir pour lutter contre la r&#233;volution allemande, le prol&#233;tariat allemand sera oblig&#233; de d&#233;truire par les armes la contre-r&#233;volution l&#224;-bas). Si l'Etat anciennement opprim&#233; se trouve dans un entourage capitaliste il aura de lui-m&#234;me int&#233;r&#234;t &#224; faire partie d'une Union sovi&#233;tique. Cela n'implique pas que les partis communistes des nations opprim&#233;es m&#232;nent eux une politique s&#233;paratiste. Mais ce droit est reconnu par le parti de la nation oppresseuse. En Europe cette question concerne les nationalit&#233;s opprim&#233;es, Pologne, Tch&#233;coslovaquie, Albanie, etc. Si l'Allemagne reste imp&#233;rialiste et qu'elle est battue elles se s&#233;pareront, mais si l'Europe est socialiste elles ne se s&#233;pareront pas. Ne pas recourir &#224; la contrainte cela fait partie de la qualit&#233; de l'&#201;tat socialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel du mot d'ordre : le prol&#233;tariat de la nation dominante affirmant ce droit inaugure une politique tout &#224; fait nouvelle par rapport &#224; celle de la bourgeoisie, il se pr&#233;sente sous un autre visage &#224; l'&#233;gard des peuples opprim&#233;s. Non pas en les traitant en enfants mineurs, le socialisme doit surgir des c&#339;urs et de l'effort intellectuel et &#233;conomique de toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/note_123043.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/note_123043.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de Mayotte, colonie fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicats, gauche et extr&#234;me gauche : entre soutien ouvert et implicite au colonialisme fran&#231;ais ! Mayotte aux Comoriens ! Troupes coloniales fran&#231;aises, hors de Mayotte !&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun des partis ou syndicats se r&#233;clamant du mouvement ouvrier ou de la r&#233;volution socialiste qui nous appellent &#224; manifester le 6 juin pour soutenir le groupe LIOT ne r&#233;clame : &#171; Mayotte aux comoriens ! Droit de libre circulation entre les &#171; quatre iles soeurs &#187; (expression du temps des colonies) des Comores &#187;. LFI, le PC depuis 1935, le PS et la CGT depuis 1914, forment une gauche (bourgeoise) qui a de longues traditions coloniales ! Le NPA et LO sont de nouveaux venus. N. Arthaud pour LO d&#233;clare ainsi &#224; propos de Mayotte : &#171; &#192; Mayotte comme ici, &#224; bas la guerre faite aux migrants ! En montrant du doigt les &#233;trangers, Le Pen et Darmanin cherchent &#224; dresser des pauvres contre d'autres pauvres, comme ils tentent d'opposer des travailleurs &#224; d'autres travailleurs. (...) &#224; la lutte contre les migrants, opposons la lutte des travailleurs contre leurs seuls ennemis de classe, et pour leurs v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts. &#187; Mais les comoriens ne sont pas des &#171; &#233;trangers &#187;, des &#171; migrants &#187;, ils sont chez eux &#224; Mayotte ! On ne peut pas passer sous silence la dimension coloniale de la question, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des &#171; migrants &#187;. Pas d'anticolonialisme, pas de parti r&#233;volutionnaire ! Pour nous les probl&#232;mes centraux des pays coloniaux et semi-coloniaux sont : la liquidation de l'h&#233;ritage f&#233;odal et l'ind&#233;pendance nationale. Il est impossible de rejeter purement et simplement le programme d&#233;mocratique. (Trotsky, 1938).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.	L'imp&#233;rialisme, le socialisme et la lib&#233;ration des nations opprim&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme est le stade supr&#234;me de d&#233;veloppement du capitalisme. Dans les pays avanc&#233;s, le capital a d&#233;bord&#233; le cadre des Etats nationaux et substitu&#233; le monopole &#224; la concurrence, en cr&#233;ant toutes les pr&#233;misses objectives pour la r&#233;alisation du socialisme. Voil&#224; pourquoi, en Europe occidentale et aux Etats-Unis, s'inscrit &#224; l'ordre du jour la lutte r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat pour le renversement des gouvernements capitalistes, pour l'expropriation de la bourgeoisie. L'imp&#233;rialisme pousse les masses &#224; cette lutte, en exacerbant dans de vastes proportions les contradictions de classes, en aggravant la situation de ces masses aussi bien sous le rapport &#233;conomique - trusts, vie ch&#232;re - que sous le rapport politique : d&#233;veloppement du militarisme, multiplication des guerres, renforcement de la r&#233;action, affermissement et extension du joug national et du pillage des colonies. Le socialisme victorieux doit n&#233;cessairement instaurer une d&#233;mocratie int&#233;grale et, par cons&#233;quent, non seulement instaurer une &#233;galit&#233; totale en droits des nations, mais aussi mettre en application le droit des nations opprim&#233;es &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire le droit &#224; la libre s&#233;paration politique. Les partis socialistes qui ne prouveraient pas par toute leur activit&#233; maintenant, pendant la r&#233;volution et apr&#232;s sa victoire, qu'ils affranchiront les nations asservies et &#233;tabliront leurs rapports avec elles sur la base d'une alliance libre - et l'alliance libre est une formule mensong&#232;re si elle n'implique pas la libert&#233; de s&#233;paration - ces partis trahiraient le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la d&#233;mocratie est aussi une forme d'Etat, qui devra dispara&#238;tre quand celui-ci dispara&#238;tra lui-m&#234;me, mais cela n'arrivera que lors du passage du socialisme d&#233;finitivement victorieux et affermi au communisme int&#233;gral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. La r&#233;volution socialiste et la lutte pour la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution socialiste, ce n'est pas un acte unique, une bataille unique sur un seul front, c'est toute une &#233;poque de conflits de classes aigus, une longue succession de batailles sur tous les fronts, c'est-&#224;-dire sur toutes les questions d'&#233;conomie et de politique, batailles qui ne peuvent finir que par l'expropriation de la bourgeoisie. Ce serait une erreur capitale de croire que la lutte pour la d&#233;mocratie est susceptible de d&#233;tourner le prol&#233;tariat de la r&#233;volution socialiste ou d'&#233;clipser celle-ci, de l'estomper, etc. Au contraire, de m&#234;me qu'il est impossible de concevoir un socialisme victorieux qui ne r&#233;aliserait pas la d&#233;mocratie int&#233;grale, de m&#234;me le prol&#233;tariat ne peut se pr&#233;parer &#224; la victoire sur la bourgeoisie s'il ne m&#232;ne pas une lutte g&#233;n&#233;rale, syst&#233;matique et r&#233;volutionnaire pour la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une erreur non moins grave serait de supprimer un des paragraphes du programme d&#233;mocratique, par exemple celui concernant le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, sous pr&#233;texte que ce droit serait &#034;irr&#233;alisable&#034; ou &#034;illusoire&#034; &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'affirmation selon laquelle le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes est irr&#233;alisable dans le cadre du capitalisme peut &#234;tre prise soit dans un sens absolu, &#233;conomique, soit dans un sens relatif, politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, cette affirmation est fonci&#232;rement erron&#233;e au point de vue th&#233;orique. Premi&#232;rement, sont irr&#233;alisables dans ce sens, en r&#233;gime capitaliste, par exemple la monnaie de travail ou la suppression des crises, etc. Mais il est absolument faux que le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes soit &#233;galement irr&#233;alisable. Deuxi&#232;mement, l'exemple de la s&#233;paration de la Norv&#232;ge d'avec la Su&#232;de, en 1905, suffit &#224; lui seul pour r&#233;futer ce &#034;caract&#232;re irr&#233;alisable&#034; compris dans ce sens. Troisi&#232;mement, il serait ridicule de nier qu'un petit changement du rapport des forces politiques et strat&#233;giques, par exemple entre l'Allemagne et l'Angleterre, rendrait parfaitement &#034;r&#233;alisable&#034; aujourd'hui ou demain la formation de nouveaux Etats : polonais, indien, etc. Quatri&#232;mement, le capital financier, dans sa tendance &#224; l'expansion, ach&#232;tera et soudoiera &#034;librement&#034; le gouvernement d&#233;mocratique et r&#233;publicain le plus libre et les fonctionnaires &#233;lus de n'importe quel pays, f&#251;t-il &#034;ind&#233;pendant&#034;. La domination du capital financier, comme celle du capital en g&#233;n&#233;ral, ne saurait &#234;tre &#233;limin&#233;e par quelque transformation que ce soit dans le domaine de la d&#233;mocratie politique ; or, l'autod&#233;termination se rapporte enti&#232;rement et exclusivement &#224; ce domaine. Mais cette domination du capital financier n'abolit nullement l'importance de la d&#233;mocratie politique en tant que forme plus libre, plus large et plus claire de l'oppression de classe et de la lutte des classes. C'est pourquoi tous les raisonnements pr&#233;sentant comme &#034;irr&#233;alisable&#034;, du point de vue &#233;conomique, l'une des revendications de la d&#233;mocratie politique en r&#233;gime capitaliste proc&#232;dent d'une d&#233;finition th&#233;oriquement fausse des rapports g&#233;n&#233;raux et fondamentaux du capitalisme et de la d&#233;mocratie politique en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le second cas, cette affirmation est incompl&#232;te et inexacte. Car ce n'est pas seulement le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, mais toutes les revendications fondamentales de la d&#233;mocratie politique qui, &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, ne sont &#034;r&#233;alisables&#034; qu'incompl&#232;tement, sous un aspect tronqu&#233; et &#224; titre tout &#224; fait exceptionnel (par exemple, la s&#233;paration de la Norv&#232;ge d'avec la Su&#232;de, en 1905). La revendication de l'affranchissement imm&#233;diat des colonies, formul&#233;e par tous les social-d&#233;mocrates r&#233;volutionnaires, est elle aussi &#034;irr&#233;alisable&#034; en r&#233;gime capitaliste sans toute une s&#233;rie de r&#233;volutions. Cependant, cela n'entra&#238;ne nullement la renonciation de la social-d&#233;mocratie &#224; la lutte imm&#233;diate et la plus r&#233;solue pour toutes ces revendications - cette renonciation ferait tout simplement le jeu de la bourgeoisie et de la r&#233;action - tout au contraire, il en d&#233;coule la n&#233;cessit&#233; de formuler toutes ces revendications et de les faire aboutir non pas en r&#233;formistes, mais en r&#233;volutionnaires ; non pas en restant dans le cadre de la l&#233;galit&#233; bourgeoise, mais en le brisant ; non pas en se contentant d'interventions parlementaires et de protestations verbales, mais en entra&#238;nant les masses &#224; l'action, en &#233;largissant et en attisant la lutte autour de chaque revendication d&#233;mocratique, fondamentale jusqu'&#224; l'assaut direct du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la r&#233;volution socialiste qui exproprie la bourgeoisie. La r&#233;volution socialiste peut &#233;clater non seulement &#224; la suite d'une grande gr&#232;ve ou d'une manifestation de rue, ou d'une &#233;meute de la faim, ou d'une mutinerie des troupes, ou d'une r&#233;volte coloniale, mais aussi &#224; la suite d'une quelconque crise politique du genre de l'affaire Dreyfus ou de l'incident de Saverne [1] ou &#224; la faveur d'un r&#233;f&#233;rendum &#224; propos de la s&#233;paration d'une nation opprim&#233;e, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renforcement de l'oppression nationale &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme commande &#224; la social-d&#233;mocratie, non pas de renoncer &#224; la lutte &#034;utopique&#034;, comme le pr&#233;tend la bourgeoisie, pour la libert&#233; de s&#233;paration des nations, mais, au contraire, d'utiliser au mieux les conflits qui surgissent &#233;galement sur ce terrain, comme pr&#233;texte &#224; une action de masse et &#224; des manifestations r&#233;volutionnaires contre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.	La signification du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes et son rapport avec la f&#233;d&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes signifie exclusivement leur droit &#224; l'ind&#233;pendance politique, &#224; la libre s&#233;paration politique d'avec la nation qui les opprime. Concr&#232;tement, cette revendication de la d&#233;mocratie politique signifie l'enti&#232;re libert&#233; de propagande en faveur de la s&#233;paration et la solution de ce probl&#232;me par la voie d'un r&#233;f&#233;rendum au sein de la nation qui se s&#233;pare. Ainsi, cette revendication n'a pas du tout le m&#234;me sens que celle de la s&#233;paration, du morcellement, de la formation de petits Etats. Elle n'est que l'expression cons&#233;quente de la lutte contre toute oppression nationale. Plus le r&#233;gime d&#233;mocratique d'un Etat est proche de l'enti&#232;re libert&#233; de s&#233;paration, plus seront rares et faibles, en pratique, les tendances &#224; la s&#233;paration, car les avantages des grands Etats, au point de vue aussi bien du progr&#232;s &#233;conomique que des int&#233;r&#234;ts de la masse, sont indubitables, et ils augmentent sans cesse avec le d&#233;veloppement du capitalisme. Reconna&#238;tre le droit d'autod&#233;termination n'&#233;quivaut pas &#224; reconna&#238;tre le principe de la f&#233;d&#233;ration. On peut &#234;tre un adversaire r&#233;solu de ce principe et &#234;tre partisan du centralisme d&#233;mocratique, mais pr&#233;f&#233;rer la f&#233;d&#233;ration &#224; l'in&#233;galit&#233; nationale, comme la seule voie menant au centralisme d&#233;mocratique int&#233;gral. C'est pr&#233;cis&#233;ment de ce point de vue que Marx, tout en &#233;tant centraliste, pr&#233;f&#233;rait m&#234;me la f&#233;d&#233;ration de l'Irlande avec l'Angleterre &#224; l'assujettissement forc&#233; de l'Irlande par les Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme a pour but, non seulement de mettre fin au morcellement de l'humanit&#233; en petits Etats et &#224; tout particularisme des nations, non seulement de rapprocher les nations, mais aussi de r&#233;aliser leur fusion. Et, pr&#233;cis&#233;ment pour atteindre ce but, nous devons, d'une part, expliquer aux masses le caract&#232;re r&#233;actionnaire de l'id&#233;e de Renner et de O. Bauer sur ce qu'ils appellent l'&#034;autonomie nationale culturelle [2]&#034; et, d'autre part, revendiquer la lib&#233;ration des nations opprim&#233;es, non pas en alignant des phrases vagues et g&#233;n&#233;rales, des d&#233;clamations vides de sens, non pas en &#034;ajournant&#034; la question jusqu'&#224; l'av&#232;nement du socialisme, mais en proposant un programme politique clairement et exactement formul&#233;, qui tienne tout particuli&#232;rement compte de l'hypocrisie et de la l&#226;chet&#233; des socialistes des nations oppressives. De m&#234;me que l'humanit&#233; ne peut aboutir &#224; l'abolition des classes qu'en passant par la p&#233;riode de transition de la dictature de la classe opprim&#233;e, de m&#234;me elle ne peut aboutir &#224; la fusion in&#233;vitable des nations qu'en passant par la p&#233;riode de transition de la lib&#233;ration compl&#232;te de toutes les nations opprim&#233;es, c'est-&#224;-dire de la libert&#233; pour elles de se s&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III.	Comment le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit poser le probl&#232;me du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement la revendication du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, mais tous les points de notre programme-minimum d&#233;mocratique qui ont &#233;t&#233; autrefois, d&#232;s le XVII&#176; et le XVIII&#176; si&#232;cle, formul&#233;s par la petite bourgeoisie. Et la petite bourgeoisie continue &#224; les formuler tous d'une fa&#231;on utopique, sans voir la lutte des classes et son aggravation &#224; l'&#233;poque de la d&#233;mocratie, et en croyant au capitalisme &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est pr&#233;cis&#233;ment l'utopie d'une union pacifique de nations &#233;gales en droit &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, utopie qui trompe le peuple et que pr&#244;nent les partisans de Kautsky. A l'oppos&#233; de cette utopie petite bourgeoise et opportuniste, le programme de la social-d&#233;mocratie doit mettre au premier plan, comme un fait fondamental, essentiel et in&#233;vitable &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, la division des nations en nations oppressives et nations opprim&#233;es. Le prol&#233;tariat des nations oppressives ne peut se contenter de phrases g&#233;n&#233;rales, st&#233;r&#233;otyp&#233;es, rab&#226;ch&#233;es par tous les bourgeois pacifistes, contre les annexions et pour l'&#233;galit&#233; en droits des nations en g&#233;n&#233;ral. Il ne peut passer sous silence le probl&#232;me, particuli&#232;rement &#034;d&#233;sagr&#233;able&#034; pour la bourgeoisie imp&#233;rialiste, des fronti&#232;res des Etats fond&#233;s sur l'oppression nationale. Il ne peut pas ne pas lutter contre le maintien par la force des nations opprim&#233;es dans les fronti&#232;res de ces Etats ; autrement dit, il doit lutter pour le droit d'autod&#233;termination. Il doit revendiquer la libert&#233; de s&#233;paration politique pour les colonies et les nations opprim&#233;es par &#034;sa&#034; nation. Sinon, l'internationalisme du prol&#233;tariat demeure vide de sens et verbal ; ni la confiance, ni la solidarit&#233; de classe entre les ouvriers de la nation opprim&#233;e et de celle qui opprime ne sont possibles ; et l'hypocrisie des d&#233;fenseurs r&#233;formistes et kautskistes de l'autod&#233;termination, qui ne disent rien des nations opprim&#233;es par &#034;leur propre&#034; nation et maintenues de force au sein de &#034;leur propre&#034; Etat, n'est pas d&#233;masqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les socialistes des nations opprim&#233;es doivent s'attacher &#224; promouvoir et &#224; r&#233;aliser l'unit&#233; compl&#232;te et absolue, y compris sur le plan de l'organisation, des ouvriers de la nation opprim&#233;e avec ceux de la nation oppressive. Sans cela, il est impossible de sauvegarder une politique ind&#233;pendante du prol&#233;tariat et sa solidarit&#233; de classe avec le prol&#233;tariat des autres pays, devant les man&#339;uvres de toutes sortes, les trahisons et les tripotages de la bourgeoisie. Car la bourgeoisie des nations opprim&#233;es convertit constamment les mots d'ordre de lib&#233;ration nationale en une mystification des ouvriers : en politique int&#233;rieure, elle exploite ces mots d'ordre pour conclure des accords r&#233;actionnaires avec la bourgeoisie des nations dominantes (voir l'exemple des Polonais en Autriche et en Russie, qui concluent des march&#233;s avec la r&#233;action pour opprimer les Juifs et les Ukrainiens) ; en politique ext&#233;rieure, elle cherche &#224; pactiser avec une des puissances imp&#233;rialistes rivales pour r&#233;aliser ses buts de rapine (politique des petits Etats dans les Balkans, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la lutte contre une puissance imp&#233;rialiste pour la libert&#233; nationale peut, dans certaines conditions, &#234;tre exploit&#233;e par une autre &#034;grande&#034; puissance dans ses propres buts &#233;galement imp&#233;rialistes, ne peut pas plus obliger la social-d&#233;mocratie &#224; renoncer au droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, que les nombreux exemples d'utilisation par la bourgeoisie des mots d'ordre r&#233;publicains dans un but de duperie politique et de pillage financier, par exemple dans les pays latins, ne peuvent obliger les social-d&#233;mocrates &#224; renier leur r&#233;publicanisme [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Le marxisme et le proudhonisme dans la question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; des d&#233;mocrates petits-bourgeois, Marx voyait dans toutes les revendications d&#233;mocratiques sans exception non pas un absolu, mais l'expression historique de la lutte des masses populaires, dirig&#233;es par la bourgeoisie, contre le r&#233;gime f&#233;odal. Il n'est pas une seule de ces revendications qui, dans certaines circonstances, ne puisse servir et n'ait servi &#224; la bourgeoisie &#224; tromper les ouvriers. Il est radicalement faux, du point de vue th&#233;orique, de monter en &#233;pingle, &#224; cet &#233;gard, l'une des revendications de la d&#233;mocratie politique, &#224; savoir le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, et de l'opposer &#224; toutes les autres. Dans la pratique, le prol&#233;tariat ne peut conserver son ind&#233;pendance qu'en subordonnant sa lutte pour toutes les revendications d&#233;mocratiques, sans en excepter la r&#233;publique, &#224; sa lutte r&#233;volutionnaire pour le renversement de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, &#224; l'oppos&#233; des proudhoniens, qui &#034;niaient&#034; la question nationale &#034;au nom de la r&#233;volution sociale&#034;, Marx mettait au premier plan, en consid&#233;rant par-dessus tout les int&#233;r&#234;ts de la lutte de classe du prol&#233;tariat des pays avanc&#233;s, le principe fondamental de l'internationalisme et du socialisme : un peuple qui en opprime d'autres ne saurait &#234;tre libre. C'est du point de vue des int&#233;r&#234;ts du mouvement r&#233;volutionnaire des ouvriers allemands que Marx r&#233;clamait en 1848 que la d&#233;mocratie victorieuse d'Allemagne proclam&#226;t et accord&#226;t la libert&#233; aux peuples opprim&#233;s par les Allemands. C'est du point de vue de la lutte r&#233;volutionnaire des ouvriers anglais que Marx r&#233;clamait, en 1869, la s&#233;paration de l'Irlande d'avec l'Angleterre. Et il ajoutait : &#034;D&#251;t-on, apr&#232;s la s&#233;paration, aboutir &#224; la f&#233;d&#233;ration&#034;. Ce n'est qu'en formulant cette revendication que Marx &#233;duquait v&#233;ritablement les ouvriers anglais dans un esprit internationaliste. C'est ainsi seulement qu'il pouvait opposer une solution r&#233;volutionnaire de ce probl&#232;me historique aux opportunistes et au r&#233;formisme bourgeois, qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, apr&#232;s un demi-si&#232;cle, n'a toujours pas r&#233;alis&#233; la &#034;r&#233;forme&#034; irlandaise. C'est ainsi seulement qu'il pouvait, &#224; l'encontre des apologistes du capital qui criaient &#224; l'utopisme et &#224; l'impossibilit&#233; de r&#233;aliser pour les petites nations le droit &#224; la s&#233;paration, et proclamaient le caract&#232;re progressiste de la concentration non seulement &#233;conomique, mais aussi politique, d&#233;fendre le caract&#232;re progressiste de cette concentration op&#233;r&#233;e d'une mani&#232;re non imp&#233;rialiste, et d&#233;fendre le rapprochement des nations bas&#233; non pas sur la violence, mais sur la libre union des prol&#233;taires de tous les pays. C'est ainsi seulement qu'il pouvait opposer &#224; la reconnaissance verbale, et souvent hypocrite, de l'&#233;galit&#233; des nations et de leur droit &#224; disposer d'elles-m&#234;mes l'action r&#233;volutionnaire des masses &#233;galement en ce qui concerne la solution des probl&#232;mes nationaux. La guerre imp&#233;rialiste de 1914-1916 et les &#233;curies d'Augias de l'hypocrisie opportuniste et kautskiste qu'elle a r&#233;v&#233;l&#233; ont nettement confirm&#233; la justesse de cette politique de Marx, qui doit servir de mod&#232;le &#224; tous les pays avanc&#233;s, puisque chacun d'eux opprime actuellement des nations &#233;trang&#232;res [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. Trois types de pays par rapport au droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, sous ce rapport, distinguer trois principaux types de pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;rement, les pays capitalistes avanc&#233;s de l'Europe occidentale et les Etats-Unis. Les mouvements nationaux progressistes bourgeois y ont depuis longtemps pris fin. Chacune de ces &#034;grandes&#034; nations opprime d'autres nations dans les colonies et &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res. Les t&#226;ches du prol&#233;tariat des nations dominantes y sont pr&#233;cis&#233;ment celles du prol&#233;tariat de l'Angleterre, au XIX&#176; si&#232;cle, &#224; l'&#233;gard de l'Irlande [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'Est de l'Europe : l'Autriche, les Balkans et surtout la Russie. C'est au XX&#176; si&#232;cle que s'y sont particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233;s les mouvements nationaux d&#233;mocratiques bourgeois et que la lutte nationale y a pris un caract&#232;re particuli&#232;rement aigu. Dans ces pays, les t&#226;ches du prol&#233;tariat, tant pour achever la transformation d&#233;mocratique bourgeoise que pour aider la r&#233;volution socialiste dans les autres pays, ne peuvent pas &#234;tre men&#233;es &#224; bien s'il n'y d&#233;fend pas le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes. Particuli&#232;rement difficile et particuli&#232;rement importante y est la t&#226;che consistant &#224; fusionner la lutte de classe des ouvriers des nations oppressives et des ouvriers des nations opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, les pays semi-coloniaux comme la Chine, la Perse, la Turquie, et toutes les colonies totalisent environ 1000 millions d'habitants. L&#224;, les mouvements d&#233;mocratiques bourgeois ou bien commencent &#224; peine, ou bien sont loin d'&#234;tre &#224; leur terme. Les socialistes ne doivent pas seulement revendiquer la lib&#233;ration imm&#233;diate, sans condition et sans rachat, des colonies (et cette revendication, dans son expression politique, n'est pas autre chose que la reconnaissance du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes ; les socialistes doivent soutenir de la fa&#231;on la plus r&#233;solue les &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires des mouvements d&#233;mocratiques bourgeois de lib&#233;ration nationale de ces pays et aider &#224; leur insurrection (ou, le cas &#233;ch&#233;ant, &#224; leur guerre r&#233;volutionnaire) contre les puissances imp&#233;rialistes qui les oppriment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. Le social-chauvinisme et le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque imp&#233;rialiste et la guerre de 1914-1916 ont mis particuli&#232;rement en relief la n&#233;cessit&#233; de lutter contre le chauvinisme et le nationalisme dans les pays avanc&#233;s. En ce qui concerne le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, il existe deux nuances principales parmi les social-chauvins, c'est-&#224;-dire les opportunistes et les kautskistes, qui maquillent et id&#233;alisent la guerre imp&#233;rialiste, r&#233;actionnaire, en lui appliquant la notion de &#034;d&#233;fense de la patrie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, nous voyons les serviteurs d&#233;clar&#233;s de la bourgeoisie, qui d&#233;fendent les annexions sous pr&#233;texte que l'imp&#233;rialisme et la concentration politique sont progressistes, et qui nient le droit d'autod&#233;termination en le d&#233;clarant utopique, illusoire, petit-bourgeois, etc. Ce groupe comprend : Cunow, Parvus et les ultra-opportunistes en Allemagne, une partie des fabiens et des chefs des trade-unions en Angleterre, les opportunistes en Russie : Semkovski, Liebmann, Iourk&#233;vitch, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, nous voyons les kautskistes, auxquels se rattachent &#233;galement Vandervelde, Renaudel et beaucoup de pacifistes d'Angleterre et de France, etc. Ils sont pour l'unit&#233; avec les premiers et, en fait, ils les rejoignent pleinement en d&#233;fendant d'une fa&#231;on purement verbale et hypocrite le droit d'autod&#233;termination : ils estiment &#034;exag&#233;r&#233;e&#034; (&#034;zu viel verlangt&#034; : Kautsky dans la Neue Zeit du 21 mai 1915) la revendication du droit de s&#233;paration politique ; ils n'affirment pas la n&#233;cessit&#233; d'une tactique r&#233;volutionnaire des socialistes des nations oppressives, mais estompent au contraire leurs obligations r&#233;volutionnaires, justifient leur opportunisme, les aident &#224; mystifier le peuple, &#233;ludent comme par hasard la question des fronti&#232;res des Etats qui maintiennent de force dans leur sein des nations l&#233;s&#233;es dans leurs droits, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns comme les autres sont des opportunistes qui prostituent le marxisme parce qu'ils ont perdu toute facult&#233; de comprendre la port&#233;e th&#233;orique et l'importance pratique capitale de la tactique de Marx, explicit&#233;e par lui-m&#234;me &#224; propos de l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne plus particuli&#232;rement les annexions, ce probl&#232;me a acquis une actualit&#233; toute sp&#233;ciale du fait de la guerre. Mais qu'est-ce qu'une annexion ? Il est ais&#233; de se convaincre que l'opposition aux annexions se ram&#232;ne &#224; la reconnaissance du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, ou bien elle repose sur une phras&#233;ologie pacifiste qui d&#233;fend le statu quo et est hostile &#224; toute violence, m&#234;me r&#233;volutionnaire. Une telle position est fonci&#232;rement fausse et inconciliable avec le marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. Les t&#226;ches concr&#232;tes du prol&#233;tariat dans le proche avenir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution socialiste peut d&#233;buter dans le plus proche avenir. D&#232;s lors, le prol&#233;tariat se trouvera plac&#233; devant les t&#226;ches imm&#233;diates que voici : conqu&#234;te du pouvoir, expropriation des banques et r&#233;alisation d'autres mesures dictatoriales. La bourgeoisie - et surtout les intellectuels du type des fabiens et des kautskistes - s'efforcera &#224; ce moment de morceler et de freiner la r&#233;volution en lui imposant des buts limit&#233;s, d&#233;mocratiques. Si toutes les revendications purement d&#233;mocratiques sont susceptibles, dans le cas o&#249; l'assaut des prol&#233;taires a d&#233;j&#224; commenc&#233; contre les fondements du pouvoir de la bourgeoisie, de constituer en un sens un obstacle pour la r&#233;volution, la n&#233;cessit&#233; de proclamer et de r&#233;aliser la libert&#233; de tous les peuples opprim&#233;s (c'est-&#224;-dire leur droit &#224; l'autod&#233;termination) sera tout aussi essentielle pour la r&#233;volution socialiste qu'elle l'a &#233;t&#233; pour la victoire de la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise, par exemple dans l'Allemagne de 1848 ou dans la Russie de 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible, toutefois, qu'il s'&#233;coule cinq ans, dix ans, voire davantage, avant le d&#233;but de la r&#233;volution socialiste. A l'ordre du jour s'inscrira l'&#233;ducation r&#233;volutionnaire des masses dans un esprit qui rendrait impossibles l'appartenance des socialistes chauvins et opportunistes au parti ouvrier, ainsi que la r&#233;p&#233;tition de leur victoire de 1914-1916. Les socialistes devront expliquer aux masses que les socialistes anglais qui ne revendiquent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour les colonies et l'Irlande, - que les socialistes allemands qui ne revendiquent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour les, colonies, les alsaciens, les danois et les polonais, et qui n'&#233;tendent pas la propagande r&#233;volutionnaire et l'action de masse r&#233;volutionnaire jusque dans le domaine de la lutte contre le joug national, qui n'utilisent pas les incidents comme celui de Saverne pour d&#233;velopper une tr&#232;s large propagande ill&#233;gale parmi le prol&#233;tariat de la nation oppressive, pour organiser des manifestations de rue et des actions r&#233;volutionnaires de masse, - que les socialistes russes qui ne revendiquent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour la Finlande, la Pologne, l'Ukraine, etc., etc., - que ces socialistes agissent en chauvins, en laquais des monarchies imp&#233;rialistes et de la bourgeoisie imp&#233;rialiste qui se sont couvertes de sang et de boue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. L'attitude de la social-d&#233;mocratie russe et polonaise et de la II&#176; Internationale envers le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divergences de vue qui existent entre les social-d&#233;mocrates r&#233;volutionnaires de Russie et les social-d&#233;mocrates polonais en ce qui concerne l'autod&#233;termination se sont manifest&#233;es d&#232;s 1903, au congr&#232;s qui a adopt&#233; le programme du Parti Ouvrier Social-D&#233;mocrate de Russie, et qui, malgr&#233; la protestation de la d&#233;l&#233;gation des social-d&#233;mocrates polonais, y a inclus le &#167;9, qui reconna&#238;t le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes. Depuis cette date, les social-d&#233;mocrates polonais n'ont jamais repris, au nom de leur parti, leur proposition d'&#233;liminer ce &#167;9 du programme de notre parti ou de lui substituer une autre formule quelconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, o&#249; 57 pour cent au moins de la population, plus de 100 millions d'habitants, appartiennent aux nations opprim&#233;es, - o&#249; ces nations peuplent principalement les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques, - o&#249; une partie de ces nations est plus cultiv&#233;e que les Grands-Russes, o&#249; le r&#233;gime politique est particuli&#232;rement barbare et m&#233;di&#233;val, - o&#249; la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise n'est pas encore achev&#233;e, - en Russie donc, la reconnaissance du droit de libre s&#233;paration d'avec la Russie des nations opprim&#233;es par le tsarisme est absolument obligatoire pour les social-d&#233;mocrates, au nom de leurs objectifs d&#233;mocratiques et socialistes. Notre parti, reconstitu&#233; en janvier 1912, a adopt&#233; en 1913 une r&#233;solution [6] qui confirme le droit d'autod&#233;termination et l'explique pr&#233;cis&#233;ment dans le sens concret indiqu&#233; plus haut. Le d&#233;cha&#238;nement du chauvinisme grand-russe en 1914-1916, tant au sein de la bourgeoisie que parmi les socialistes opportunistes (Roubanovitch, Plekhanov, Nach&#233; Di&#233;lo, etc.) nous donne une raison suppl&#233;mentaire d'insister sur cette revendication et de consid&#233;rer que ceux qui la rejettent soutiennent pratiquement le chauvinisme grand-russe et le tsarisme. Notre parti d&#233;clare qu'il d&#233;cline de la fa&#231;on la plus r&#233;solue toute responsabilit&#233; pour cette lev&#233;e de boucliers contre le droit d'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle qu'elle a &#233;t&#233; r&#233;cemment formul&#233;e, la position de la social-d&#233;mocratie polonaise dans la question nationale (d&#233;claration de la social-d&#233;mocratie polonaise &#224; la conf&#233;rence de Zimmerwald) renferme les id&#233;es suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration stigmatise les gouvernements allemands et autres qui consid&#232;rent les &#034;r&#233;gions polonaises&#034; comme un gage dans le futur jeu des compensations, &#034;en privant le peuple polonais de la possibilit&#233; de d&#233;cider lui-m&#234;me de son sort&#034;. &#034;La social-d&#233;mocratie polonaise proteste r&#233;solument et solennellement contre le d&#233;coupage et le d&#233;membrement de tout un pays&#034;... Elle fl&#233;trit les socialistes qui s'en rapportent aux Hohenzollern... pour &#034;la lib&#233;ration des peuples opprim&#233;s&#034;. Elle exprime sa conviction que seule la participation &#224; la lutte imminente du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire international, &#224; la lutte pour le socialisme, &#034;brisera les cha&#238;nes de l'oppression nationale, an&#233;antira toutes les formes de domination &#233;trang&#232;re, et garantira au peuple polonais la possibilit&#233; d'un libre et ample d&#233;veloppement en qualit&#233; de membre &#233;gal de l'union des peuples&#034;. La d&#233;claration indique que la guerre est &#034;doublement fratricides pour les polonais&#034;. (Bulletin de la Commission socialiste internationale N&#176;2, 27. IX. 1915, p. 15 ; traduction russe dans le recueil L'Internationale et la guerre, p. 97.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces th&#232;ses ne se diff&#233;rencient en rien, pour l'essentiel, de la reconnaissance du droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, mais leurs formules politiques sont encore plus impr&#233;cises et plus vagues que la plupart des programmes et r&#233;solutions de la II&#176; Internationale. Toute tentative d'exprimer ces id&#233;es dans des formules politiques nettement d&#233;finies et de pr&#233;ciser dans quelle mesure elles sont applicables au r&#233;gime capitaliste ou seulement au r&#233;gime socialiste ne pourra que faire ressortir l'erreur que commettent les social-d&#233;mocrates polonais en niant le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision du Congr&#232;s socialiste international de Londres de 1896, qui reconnaissait le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e sur la base des th&#232;ses expos&#233;es ci-dessus, par des indications soulignant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.l'urgence particuli&#232;re de cette revendication &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.la nature politique conditionnelle et le contenu de classe de toutes les revendications de la d&#233;mocratie politique, y compris celle-ci ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.la n&#233;cessit&#233; de distinguer entre les t&#226;ches concr&#232;tes des social-d&#233;mocrates des nations oppressives et celles des social-d&#233;mocrates des nations opprim&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.la reconnaissance incons&#233;quente, purement verbale et, par cela m&#234;me, hypocrite quant &#224; sa signification politique, du droit d'autod&#233;termination par les opportunistes et les kautskistes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.le fait que la position des social-d&#233;mocrates, particuli&#232;rement ceux des nations dominatrices (grands-russes, anglo-am&#233;ricains, allemands, fran&#231;ais, italiens, japonais, etc.), qui ne d&#233;fendent pas la libert&#233; de s&#233;paration pour les colonies et les nations opprim&#233;es par &#034;leurs&#034; nations, est pratiquement identique &#224; celle des chauvins ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.la n&#233;cessit&#233; de subordonner la lutte pour cette revendication, comme pour toutes les revendications fondamentales de la d&#233;mocratie politique, &#224; la lutte r&#233;volutionnaire de masse directement orient&#233;e vers le renversement des gouvernements bourgeois et la r&#233;alisation du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprendre le point de vue de certaines petites nations et surtout des social-d&#233;mocrates polonais, que leur lutte avec la bourgeoisie polonaise dont les mots d'ordre nationalistes trompent le peuple a conduit jusqu'au rejet erron&#233; du droit d'autod&#233;termination, serait, pour l'Internationale, commettre une faute th&#233;orique, substituer le proudhonisme au marxisme et, en pratique, soutenir involontairement le chauvinisme et l'opportunisme hautement dangereux des nations imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine et Pr&#233;obrajensky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression nationale est une des formes de l'oppression de l'homme par l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La haine nationale sciemment exploit&#233;e et dirig&#233;e par la bourgeoisie est un moyen &#233;prouv&#233; pour berner le prol&#233;tariat et obscurcir sa conscience de classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Examinons comment un prol&#233;taire conscient doit aborder le probl&#232;me national pour le r&#233;soudre dans l'int&#233;r&#234;t de la victoire la plus rapide du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nation est un groupe d'hommes unis par une langue commune et habitant un territoire d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les principales caract&#233;ristiques de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Juifs, par exemple, avaient jadis un territoire &#224; eux et une langue commune ; &#224; pr&#233;sent ils n'ont pas de territoire et ne savent pas tous l'h&#233;breu. Les Tsiganes ont une langue &#224; eux, mais ne poss&#232;dent pas de territoire particulier. Les Toungouses en Sib&#233;rie ont leur territoire mais ont oubli&#233; leur langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples suivants illustreront tr&#232;s bien ce que c'est que l'oppression nationale. Le gouvernement tsariste pers&#233;cutait les Juifs, leur d&#233;fendant d'habiter certaines r&#233;gions de la Russie, leur refusant toute fonction dans l'administration ; il limitait l'acc&#232;s de leurs enfants dans les &#233;coles, organisait contre eux des pogromes, etc... Ce m&#234;me gouvernement interdisait aux Ukrainiens l'enseignement secondaire et la publication de journaux dans leur langue maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement allemand fermait les &#233;coles polonaises ; celui d'Autriche imposait aux Tch&#232;ques la langue allemande par la violence. La bourgeoisie anglaise opprimait et opprime encore les naturels d'Afrique et d'Asie ; elle subjugue les peuples incultes, les exploite et les fait fusiller &#224; chaque tentative d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, lorsque dans un &#201;tat quelconque une nationalit&#233; &#224; tous les droits et qu'une autre n'en poss&#232;de qu'une partie, lorsqu'une nation faible est annex&#233;e par une autre plus forte, qu'une langue et des m&#339;urs &#233;trang&#232;res lui sont impos&#233;es et qu'il ne lui est pas permis de vivre &#224; sa guise, il y a oppression et in&#233;galit&#233; nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du Prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons tout d'abord examiner et r&#233;soudre la question principale : un ouvrier ou un paysan russe peut-il consid&#233;rer comme ses ennemis un Allemand, un Fran&#231;ais, un Anglais, un Juif, un Chinois ou un Tartare, ind&#233;pendamment de leur classe ? Peut-il se d&#233;fier d'un repr&#233;sentant d'une autre nation pour la seule raison qu'il parle une autre langue, qu'il a la peau jaune ou noire ou qu'il a d'autres m&#339;urs et d'autres habitudes. Certes, il ne le peut ni ne le doit. L'ouvrier de France, d'Allemagne ou l'ouvrier n&#232;gre sont des prol&#233;taires, tout comme l'ouvrier russe. Quelle que soit leur langue, ils sont tous exploit&#233;s par le capitalisme rapace. Ils sont tous camarades de mis&#232;re, d'oppression et d'injustice.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier russe peut-il aimer davantage un capitaliste russe uniquement parce que celui-ci l'insulte dans sa langue maternelle, qu'il lui donne des coups de poing &#224; la mani&#232;re russe ou qu'il fouette les gr&#233;vistes avec un knout authentiquement russe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne le peut certes pas plus que l'ouvrier allemand ne peut pr&#233;f&#233;rer son capitaliste pour la seule raison qu'il le maltraite en langue allemande, &#224; la mani&#232;re allemande. Les ouvriers de tous les pays sont fr&#232;res de classe et ennemis des capitalistes de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en dire autant des paysans pauvres de tous les pays. Le paysan russe, pauvre ou moyen, se sent plus pr&#232;s du prol&#233;taire hongrois ou du pauvre paysan de Sicile ou de Belgique que du paysan ais&#233; russe et, &#224; plus forte raison, du gros propri&#233;taire foncier, exploiteur de son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas que les ouvriers du monde entier se reconnaissent fr&#232;res de classe. Il ne leur suffit pas de pester chacun dans sa langue et de lutter chacun dans son pays. Fr&#232;res dans l'oppression et dans l'esclavage, ils doivent &#234;tre fr&#232;res aussi dans une union internationale pour la lutte contre le capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est par cette union internationale seulement qu'ils peuvent vaincre le capital mondial. C'est pourquoi il y a plus de soixante-dix ans, les fondateurs du Communisme, Marx et Engels, ont proclam&#233; dans leur glorieux Manifeste Communiste la grande devise : &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut que la classe ouvri&#232;re triomphe de tous les pr&#233;jug&#233;s nationaux, de toutes les inimiti&#233;s nationales, non seulement dans l'int&#233;r&#234;t de l'offensive universelle contre le capital, mais encore pour l'organisation mondiale de la production. De m&#234;me que la Russie des Soviets ne peut vivre sans le bassin minier du Don, sans le p&#233;trole de Bakou, sans le coton du Turkestan, l'Europe enti&#232;re ne peut pas non plus se passer du bois, du chanvre, du lin, du platine provenant de la Russie ou du bl&#233; qui lui vient de l'Am&#233;rique. L'Italie ne pourrait se passer du charbon anglais, l'Angleterre, du coton de l'&#201;gypte, etc., etc. La bourgeoisie n'est pas capable d'organiser la production mondiale et c'est pour cela qu'elle doit p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle production ne peut &#234;tre organis&#233;e que par le prol&#233;tariat, et pour cela il doit avoir comme devise : L'univers et toutes ses richesses appartiennent au monde des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette devise signifie la renonciation de chaque prol&#233;tariat &#224; ses richesses nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partout o&#249; les pr&#233;jug&#233;s nationaux, o&#249; la rapacit&#233; nationale barre le chemin &#224; l'internationalisation de l'industrie et de l'agriculture, il faut les combattre et s'en d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Causes des haines nationales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarer la guerre &#224; l'oppression nationale, aux pr&#233;jug&#233;s nationaux, proclamer l'union internationale pour la lutte contre le capital et l'union &#233;conomique universelle du prol&#233;tariat victorieux, tout cela ne peut suffire aux travailleurs. Ils doivent aussi rechercher les moyens efficaces pour faire dispara&#238;tre le plus rapidement possible dans les masses ouvri&#232;res tout &#233;go&#239;sme et tout chauvinisme, toute mesquinerie et toute m&#233;fiance nationale, ainsi que tout orgueil patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les querelles, les hostilit&#233;s nationales ont une origine tr&#232;s ancienne. Il fut un temps o&#249; les diff&#233;rentes tribus luttaient l'une contre l'autre, non seulement pour s'approprier des terres et des for&#234;ts, mais encore pour faire des prisonniers qu'ils d&#233;voraient. Les vestiges de cette d&#233;fiance bestiale, de la haine entre peuples et entre races subsistent encore aujourd'hui chez les ouvriers et chez les paysans du monde entier. Ils disparaissent peu &#224; peu au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement de l'&#233;change mondial, des relations &#233;conomiques, de l'&#233;migration, de la fusion des diverses nationalit&#233;s habitant le m&#234;me territoire et surtout gr&#226;ce au d&#233;veloppement de la lutte de classe organis&#233;e par les ouvriers de tous les pays. N&#233;anmoins, ils se raniment parfois d'une vigueur nouvelle lorsque viennent s'ajouter &#224; la haine nationale les antagonismes de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie de chaque pays opprime son prol&#233;tariat. Mais elle fait tous ses efforts pour prouver au prol&#233;tariat que ce n'est pas elle et que ce sont les peuples qui l'entourent qui sont ses ennemis.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie d'Allemagne excite le prol&#233;tariat de ce pays contre les Fran&#231;ais et contre les Anglais ; la bourgeoisie anglaise crie &#224; son tour : &#171; Sus aux Allemands ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, les bourgeoisies de tous les pays ont excit&#233; les ouvriers contre les Juifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela dans le but de faire d&#233;g&#233;n&#233;rer la lutte de classe du prol&#233;tariat en une lutte nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie ne se contente pas d'exciter &#224; la haine nationale afin de d&#233;tourner les ouvriers de leur lutte pour le socialisme. Elle essaye de les int&#233;resser mat&#233;riellement &#224; l'oppression des autres peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, au cours de la derni&#232;re guerre mondiale, les bourgeois allemands chantaient en c&#339;ur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Allemagne au-dessus de tout ! &#187;, les &#233;conomistes bourgeois allemands expliquaient aux ouvriers allemands ce qu'ils gagneraient par la victoire, c'est-&#224;-dire par l'exploitation et l'oppression du prol&#233;tariat des pays vaincus. Avant la guerre, la bourgeoisie corrompait effectivement les chefs de la classe ouvri&#232;re avec les b&#233;n&#233;fices qu'elle retirait du pillage des colonies et de l'oppression des peuples faibles et arri&#233;r&#233;s. Les ouvriers des pays cultiv&#233;s d'Europe se sont laiss&#233;s entrainer par la provocation des capitalistes et se sont laiss&#233;s convaincre par leurs social-patriotes qu'ils avaient, eux aussi, une patrie, puisqu'ils participaient au pillage des colonies et &#224; l'exploitation des pays de faible d&#233;veloppement &#233;conomique. L'ouvrier qui, en r&#233;gime capitaliste, se montre patriote, vend pour un denier sa vraie patrie, le socialisme, et se fait le complice de l'oppression des peuples faibles et arri&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; des nations et le droit des peuples de disposer d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;d&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste, en d&#233;clarant la guerre &#224; toute oppression de l'homme par l'homme, se dresse de la fa&#231;on la plus r&#233;solue contre l'oppression nationale in&#233;vitable en r&#233;gime bourgeois. Il lutte encore plus impitoyablement contre la moindre participation de la classe ouvri&#232;re &#224; cette oppression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il ne suffit pas que les prol&#233;taires des grands et puissants &#201;tats se refusent &#224; toute tentative d'oppression d'autres peuples. Il faut aussi que le prol&#233;tariat des peuples opprim&#233;s ne nourrisse pas de m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de ses camarades appartenant aux pays oppresseurs. Lorsque la Boh&#234;me fut &#233;cras&#233;e par la bourgeoisie austro-allemande, l'ouvrier tch&#232;que consid&#233;rait tous les Allemands comme ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les Polonais n'aient &#233;t&#233; opprim&#233;s que par le tsarisme, la population polonaise a gard&#233; sa m&#233;fiance envers tous les Russes, et pas seulement envers le tsar, les capitalistes et les propri&#233;taires fonciers. Pour extirper toute m&#233;fiance des ouvriers des pays opprim&#233;s &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat du pays oppresseur, il est n&#233;cessaire non seulement de proclamer, mais de r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;galit&#233; doit &#234;tre compl&#232;te entre les langues, les &#233;coles, les religions, etc. Bien plus, le prol&#233;tariat doit &#234;tre pr&#234;t &#224; donner le droit de libre disposition nationale, c'est-&#224;-dire laisser &#224; la majorit&#233; des travailleurs de n'importe quelle nation la possibilit&#233; de continuer &#224; faire partie int&#233;grante de l'&#201;tat auquel elle appartenait, ou de s'en s&#233;parer compl&#232;tement, ou de constituer avec lui un &#201;tat conf&#233;d&#233;r&#233; (Conf&#233;d&#233;ration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Permettez, va dire le lecteur, un communiste peut-il &#234;tre partisan de la s&#233;paration des nations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment concilier cela avec l'id&#233;al communiste de l'&#201;tat prol&#233;tarien universel ? Il semble qu'il y ait l&#224; contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il n'y a point de contradiction, r&#233;pondrons-nous. Pour atteindre le plus rapidement l'unit&#233; compl&#232;te de tout le monde du travail, il faut parfois consentir &#224; une s&#233;paration temporaire entre deux nations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Examinons tous les cas qui peuvent se produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons que la Bavi&#232;re, qui fait partie de l'Allemagne conf&#233;d&#233;r&#233;e, proclame la R&#233;publique des Soviets, tandis qu'&#224; Berlin continue &#224; r&#233;gner la dictature bourgeoise de Noske et de Scheidemann. Les communistes bavarois doivent-ils en ce cas chercher &#224; obtenir l'ind&#233;pendance de la Bavi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les communistes bavarois, mais aussi les communistes du reste de l'Allemagne doivent saluer la s&#233;paration de la Bavi&#232;re socialiste de l'Empire, parce qu'elle sera en m&#234;me temps la lib&#233;ration du prol&#233;tariat bavarois du joug de la bourgeoisie allemande au pouvoir. Prenons le cas contraire. Toute l'Allemagne, &#224; l'exception de la Bavi&#232;re, proclame la R&#233;publique des Soviets. La bourgeoisie de la Bavi&#232;re se prononce pour la s&#233;paration de l'Allemagne ; son prol&#233;tariat est pour l'union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle devra &#234;tre la conduite des communistes allemands ? Ils auront &#224; soutenir les ouvriers bavarois et &#224; r&#233;primer, les armes &#224; la main, les tentatives de s&#233;paration de la bourgeoisie bavaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons maintenant que la R&#233;publique des Soviets soit proclam&#233;e simultan&#233;ment en Angleterre et en Irlande, c'est-&#224;-dire dans le pays oppresseur et dans le pays opprim&#233;. Admettons encore que les ouvriers irlandais n'aient pas confiance dans les ouvriers anglais, car l'Angleterre les opprime depuis plusieurs si&#232;cles. Les voil&#224; qui demandent leur s&#233;paration compl&#232;te de l'Angleterre. Cette s&#233;paration est nuisible &#233;conomiquement. Quelle sera la ligne de conduite des communistes anglais ? lls ne devront aucunement s'opposer, par la force, aux aspirations des Irlandais comme le faisait la bourgeoisie anglaise. Et voici pourquoi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, pour prouver une fois pour toutes, aux ouvriers irlandais que ce n'est pas la classe ouvri&#232;re, mais la bourgeoisie anglaise qui opprimait l'Irlande et pour conserver ainsi la confiance des Irlandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, pour que les ouvriers irlandais se rendent compte que l'existence ind&#233;pendante de leur petit &#201;tat n'offre point d'avantages ; pour qu'ils voient clairement que la production en Irlande ne peut &#234;tre bien organis&#233;e que par une &#233;troite union politique et &#233;conomique avec l'Angleterre prol&#233;tarienne et les autres &#201;tats prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons encore qu'une nation en r&#233;gime bourgeois veuille se s&#233;parer d'une nation en r&#233;gime prol&#233;tarien et que la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re du pays d&#233;sireux de se s&#233;parer soit pour cette s&#233;paration parce qu'elle garde encore sa m&#233;fiance non seulement envers la bourgeoisie, tuais envers le prol&#233;tariat du pays qui l'opprimait jadis, et qu'aussi elle veuille se s&#233;parer. Dans ce cas, &#233;galement, il serait pr&#233;f&#233;rable de ne pas s'opposer &#224; cette s&#233;paration. Il faut laisser le prol&#233;tariat de ce pays seul &#224; seul avec sa bourgeoisie, afin que cette derni&#232;re ne puisse plus lui r&#233;p&#233;ter tous les jours que ce n'est pas elle, mais tel ou tel pays qui l'opprime. Le prol&#233;tariat aura vite fait de s'apercevoir que la bourgeoisie r&#233;clamait l'ind&#233;pendance du pays afin de pouvoir librement &#233;corcher son prol&#233;tariat. Il se rendra compte &#233;galement que le prol&#233;tariat de l'&#201;tat socialiste voisin l'appelle &#224; l'union non pour l'exploiter ou pour l'opprimer, mais pour faire l'effort commun de lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les communistes, tout en &#233;tant contre la division du prol&#233;tariat en pays diff&#233;rents, surtout lorsque ces pays sont li&#233;s &#233;conomiquement, peuvent admettre toutefois une s&#233;paration temporaire. De m&#234;me, la m&#232;re laisse son enfant toucher au feu, afin qu'il en perde le d&#233;sir pour toujours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui exprime la volont&#233; nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste reconna&#238;t &#224; toute nation le droit de libre disposition jusqu'&#224; la s&#233;paration compl&#232;te. Mais il consid&#232;re que la volont&#233; du peuple ne petit &#234;tre exprim&#233;e que par la majorit&#233; laborieuse de la nation et non par la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, il serait plus juste de dire que nous reconnaissons le droit de disposer d'elle-m&#234;me non pas &#224; une nation en g&#233;n&#233;ral, mais seulement &#224; sa majorit&#233; laborieuse. En ce qui concerne la bourgeoisie, apr&#232;s l'avoir priv&#233;e de tous droits civiques dans la p&#233;riode de guerre civile, nous la privons &#233;galement du droit de suffrage dans les questions nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons examiner maintenant comment &#233;tendre le droit de libre disposition et le droit &#224; l'ind&#233;pendance m&#234;me aux pays de culture tout &#224; fait inf&#233;rieure. Comment devons-nous agir envers les peuples qui n'ont pas encore de prol&#233;tariat ni de bourgeoisie ou qui n'en poss&#232;dent qu'un embryon rudimentaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, nos Toungouses, nos Kalmouks, etc., ou d'autres peuples coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devons-nous faire si ces nations r&#233;clament leur s&#233;paration compl&#232;te de peuples plus cultiv&#233;s et m&#234;me de nations qui ont d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; le socialisme ? Dire oui, n'est-ce pas renforcer la barbarie aux d&#233;pens de la civilisation ? Nous croyons que le socialisme, une fois r&#233;alis&#233; dans les pays les plus avanc&#233;s du monde, les peuples les plus primitifs eux-m&#234;mes entreront volontairement dans l'union Universelle des peuples. La bourgeoisie imp&#233;rialiste qui pillait les colonies et les annexait par la violence, avait des raisons de craindre la s&#233;paration des colonies. Le prol&#233;tariat, qui n'a pas l'intention de voler les peuples coloniaux et qui pourra recevoir d'eux les mati&#232;res n&#233;cessaires par voie d'&#233;changes, laisseront les peuples des colonies organiser leur vie nationale &#224; leur guise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti communiste pose le principe de la libre disposition des peuples pour en finir une fois pour toutes avec les formes d'in&#233;galit&#233; et d'oppression. Le prol&#233;tariat esp&#232;re ainsi porter le dernier coup au nationalisme et amener tous les peuples de plein gr&#233; &#224; l'union f&#233;d&#233;rative. Et si finalement l'union f&#233;d&#233;rative n'&#233;tait point suffisante pour l'organisation de la production mondiale et si la grande majorit&#233;, une fois l'exp&#233;rience faite, en reconnaissait l'insuffisance, on instaurerait la R&#233;publique socialiste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Si nous examinons de plus pr&#232;s comment la bourgeoisie posait et r&#233;solvait (ou plut&#244;t embrouillait) la question nationale, nous allons voir qu'elle la r&#233;glait au d&#233;but de son r&#232;gne autrement qu'&#224; l'&#233;poque de son d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la bourgeoisie &#233;tait une classe opprim&#233;e et que le pouvoir se trouvait aux mains de la noblesse avec un roi &#224; la t&#234;te, lorsque les tsars et les rois donnaient des peuples tout entiers en dot &#224; leurs filles, &#224; cette &#233;poque la bourgeoisie ne proclamait pas seulement en paroles la libert&#233; des nations, elle essayait aussi de la r&#233;aliser, au moins dans son propre pays. C'est ainsi qu'&#224; l'&#233;poque de l'assujettissement de l'Italie &#224; la monarchie autrichienne la bourgeoisie italienne se mit &#224; la t&#234;te du mouvement d'&#233;mancipation de son pays, et r&#233;alisa la lib&#233;ration de l'Italie du joug &#233;tranger et son unification. &#192; l'&#233;poque o&#249; l'Allemagne &#233;tait divis&#233;e en de nombreuses petites principaut&#233;s et qu'elle g&#233;missait sous la botte de Napol&#233;on, la bourgeoisie allemande luttait pour l'unification de l'Allemagne et pour son &#233;mancipation. Lorsque la France, apr&#232;s avoir d&#233;truit la monarchie absolue de Louis XVI, fut attaqu&#233;e par les &#201;tats monarchistes du reste de l'Europe, ce fut la bourgeoisie radicale fran&#231;aise qui dirigea la d&#233;fense de son pays et qui cr&#233;a la Marseillaise. En r&#233;sum&#233;, dans tous les pays opprim&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
ce fut la bourgeoisie qui se mit &#224; la t&#234;te de la lutte pour la lib&#233;ration. Elle cr&#233;a une riche litt&#233;rature nationale qui eut ses &#233;crivains, ses peintres, ses po&#232;tes et ses philosophes de g&#233;nie. C'est ainsi qu'agit la bourgeoisie lorsqu'elle &#233;tait elle-m&#234;me opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la bourgeoisie des pays opprim&#233;s luttait-elle pour la lib&#233;ration de son pays ? &#192; lire ses po&#232;tes et ses &#233;crivains, on peut croire qu'elle menait ces luttes au nom du droit des peuples de disposer librement d'eux-m&#234;mes et parce qu'elle s'opposait &#224; toute oppression, fut-elle exerc&#233;e contre la nation la plus petite. Mais en r&#233;alit&#233; elle voulait secouer le joug &#233;tranger afin de cr&#233;er son propre &#201;tat bourgeois et de pouvoir elle-m&#234;me, sans concurrents, d&#233;valiser son propre prol&#233;tariat et encaisser elle-m&#234;me toute la plus-value cr&#233;&#233;e par le travail des ouvriers et des paysans de ce pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire de tous les pays capitalistes est l&#224; qui le prouve. Chaque fois que la bourgeoisie est opprim&#233;e en m&#234;me temps que le reste du peuple, elle revendique hautement la libert&#233; des peuples en g&#233;n&#233;ral, et d&#233;clare inadmissible toute oppression nationale. Mais d&#232;s que la classe capitaliste arrive au pouvoir et qu'elle a chass&#233; le conqu&#233;rant &#233;tranger, que ce soit la noblesse ou la bourgeoisie &#233;trang&#232;re, elle tend &#224; son tour &#224; soumettre les peuples plus faibles dont l'oppression lui est profitable. La bourgeoisie r&#233;volutionnaire fran&#231;aise, personnifi&#233;e par Danton, Robespierre et les autres grands chefs de la premi&#232;re R&#233;volution, appelait tous les peuples du monde &#224; la lib&#233;ration de toutes les tyrannies. La Marseillaise de Rouget de L'Isle que chantaient les soldats de la R&#233;volution est ch&#232;re et sympathique &#224; tous les peuples opprim&#233;s. Mais cette m&#234;me bourgeoisie fran&#231;aise, command&#233;e par Napol&#233;on et aux accents de cette m&#234;me Marseillaise, opprima les peuples d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, d'Autriche et les pilla durant toute l'&#233;poque napol&#233;onienne. La bourgeoisie allemande opprim&#233;e exaltait dans Guillaume Tell, de Schiller, la lutte des peuples contre la tyrannie &#233;trang&#232;re ; mais cette m&#234;me bourgeoisie, avec Bismarck et de Moltke, d&#233;roba &#224; la France les provinces d'Alsace et de Lorraine, annexa le SchIesvig danois, opprima les Polonais en Posnanie, etc. Apr&#232;s sa lib&#233;ration du joug autrichien la bourgeoisie italienne fusilla les B&#233;douins vaincus en Tripolitaine, les Albanais et les Dalmates sur le littoral de l'Adriatique et les Turcs en Anatolie.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cela ? Pour quel motifs la bourgeoisie, apr&#232;s avoir partout et toujours proclam&#233; le principe de la libert&#233; nationale, ne l'a-t-elle r&#233;alis&#233; nulle part et jamais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que chaque &#201;tat bourgeois, apr&#232;s sa lib&#233;ration du joug national &#233;tranger, tend in&#233;vitablement &#224; son expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie de n'importe quel pays capitaliste ne se contente jamais de l'exploitation de son propre prol&#233;tariat. Elle a besoin de mati&#232;res premi&#232;res et cherche &#224; acqu&#233;rir des colonies o&#249;, apr&#232;s avoir soumis les indig&#232;nes, elle puisse se procurer facilement les mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; ses usines. Elle a besoin de d&#233;bouch&#233;s pour ses marchandises et elle les cherche dans les pays arri&#233;r&#233;s sans s'occuper des int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de la population. Elle a besoin de pays o&#249; exporter le surplus de ses capitaux, pour y &#233;tablir des entreprises et exploiter aussi le prol&#233;tariat indig&#232;ne, et ainsi elle opprime ces pays en s'y &#233;tablissant comme chez elle. Si la bourgeoisie puissante d'un autre pays ayant les m&#234;mes vis&#233;es s'oppose &#224; ses entreprises mondiales, une guerre s'ensuit fatalement, comme la guerre mondiale qui vient d'ensanglanter toute l'Europe. En somme, les colonies et les pays arri&#233;r&#233;s sont rest&#233;s opprim&#233;s, seul l'oppresseur a chang&#233;. De plus, dans la cat&#233;gorie des pays opprim&#233;s sont entr&#233;s les pays vaincus r&#233;cemment : l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, etc. qui, avant la guerre, &#233;taient des pays libres. Ainsi le d&#233;veloppement du r&#233;gime bourgeois, loin de diminuer le nombre des pays opprim&#233;s, l'accro&#238;t, et la domination bourgeoise conduit &#224; l'oppression nationale universelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'univers entier est courb&#233; sous le knout du groupe d'&#201;tats capitalistes victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme et le prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme, c'est-&#224;-dire la haine de la race s&#233;mitique &#224; laquelle appartiennent les Juifs (de m&#234;me que les Arabes) est une des formes les plus dangereuses de la pers&#233;cution nationale. Le tsarisme autocrate pers&#233;cutait les Juifs afin de se sauver de la r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne. Il affirmait &#224; la classe ouvri&#232;re qu'elle &#233;tait pauvre parce qu'elle &#233;tait pill&#233;e par les Juifs et il t&#226;chait de diriger l'indignation des ouvriers et des paysans opprim&#233;s non pas contre la bourgeoisie, ni contre les propri&#233;taires ruraux, mais contre le peuple juif en entier. Or, ce peuple, tout comme les autres, se divise en classes diff&#233;rentes et seule la bourgeoisie juive, d'accord avec celle d'autres peuples, pille le monde ouvrier. Mais les ouvriers et les artisans juifs vivaient, dans les r&#233;gions o&#249; leur s&#233;jour &#233;tait autoris&#233;, souvent encore plus mis&#233;rablement que les ouvriers du reste de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie russe excitait la population contre les Juifs non seulement pour d&#233;tourner d'elle la col&#232;re des travailleurs exploit&#233;s, mais encore pour se d&#233;barrasser de la concurrence juive dans le commerce et dans l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste actuellement, dans presque tous les pays, &#224; une recrudescence des pers&#233;cutions contre les Juifs. La bourgeoisie lutte ainsi contre ses concurrents dans l'&#339;uvre de d&#233;troussement du prol&#233;tariat et se d&#233;fend en m&#234;me temps contre la r&#233;volution imminente &#224; la mani&#232;re de Nicolas II.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cemment encore l'antis&#233;mitisme &#233;tait tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233; en Allemagne, en Angleterre et aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement les ministres anglais font des discours antis&#233;mites. C'est le premier signe pr&#233;curseur de l'effondrement du r&#233;gime bourgeois en Occident. Il pense se sauver en sacrifiant &#224; la R&#233;volution ouvri&#232;re les Rothschild et les Mendelsohn. En Russie, l'antis&#233;mitisme avait diminu&#233; d'intensit&#233; au cours de la R&#233;volution de f&#233;vrier, mais il reprit avec d'autant plus d'intensit&#233; que les tentatives bourgeoises devenaient plus d&#233;sesp&#233;r&#233;es au cours de la lutte de la bourgeoisie contre le prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela prouve que l'antis&#233;mitisme n'est qu'une forme de lutte contre le socialisme, et gare &#224; l'ouvrier ou au paysan qui se laissera ainsi rouler par son ennemi de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nikola&#239; Boukharine et Evgueni Pr&#233;obrajensky, dans &#171; L'ABC du communisme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deuxi&#232;me partie de : Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221</guid>
		<dc:date>2025-06-22T22:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, charlie, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karob, Max, Melissa, Ramata, Robert Paris, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? (Deuxi&#232;me partie) &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire ici la premi&#232;re partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
DEUXIEME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
A L'EPOQUE IMPERIALISTE, UN PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE DOIT NECESSAIREMENT ETRE INTERNATIONAL ET NON NATIONAL &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens qui ne raisonnent pas dialectiquement confondent les vagues nationalistes avec un recul de la perspective d'union des prol&#233;taires du monde et du socialisme mondial, comme ils confondent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? (Deuxi&#232;me partie)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8113&#034;&gt;Lire ici la premi&#232;re partie de &#171; Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEUXIEME PARTIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A L'EPOQUE IMPERIALISTE, UN PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE DOIT NECESSAIREMENT ETRE INTERNATIONAL ET NON NATIONAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens qui ne raisonnent pas dialectiquement confondent les vagues nationalistes avec un recul de la perspective d'union des prol&#233;taires du monde et du socialisme mondial, comme ils confondent les p&#233;riodes o&#249; les luttes r&#233;formistes politiques et syndicales &#233;chouent avec l'impossibilit&#233; de triomphe des luttes r&#233;volutionnaires. De m&#234;me, ils croient que les p&#233;riodes contre-r&#233;volutionnaires ne sont pas aussi des p&#233;riodes o&#249; naissent les r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme est plus exacerb&#233; que jamais dans les phases o&#249; le capitalisme n'a plus de perspective, &#224; la fois parce qu'il est alors une mani&#232;re in&#233;galable de d&#233;tourner la col&#232;re et les craintes des exploit&#233;s et un moyen de renforcer l'Etat national des exploiteurs, une justification du fascisme et de la guerre. Mais cela ne signifie pas que le capitalisme soir r&#233;ellement alors &#171; national &#187;, m&#234;me quand sa propagande l'est. Malgr&#233; les divisions des bourgeoisies, malgr&#233; leur concurrence, malgr&#233; leurs guerres, malgr&#233; les oppositions bien r&#233;elles des Etats capitalistes et des imp&#233;rialismes, le capitalisme ne peut &#234;tre qu'un syst&#232;me mondial et le combat contre lui ne peut qu'&#234;tre mondial ou ne pas &#234;tre. Les partis de gauche, de la social-d&#233;mocratie au stalinisme, de gauche de la gauche et de la pseudo extr&#234;me gauche opportuniste ont un point commun : ils ne d&#233;veloppent en r&#233;alit&#233; que des programmes nationaux. Les syndicats font de m&#234;me. Les travailleurs ne sont jamais inform&#233;s du fait qu'ils sont porteurs d'un programme international de transformation sociale. Ils ne savent pas que ce simple fait d&#233;note le lien entre ces organisations et la classe poss&#233;dante, que cela d&#233;montre leur trahison pure et simple de tous les int&#233;r&#234;ts historiques des prol&#233;taires. Pour ces derniers, les fronti&#232;res nationales, loin d'&#234;tre une protection et une sauvegarde, sont des murs de prison. Et c'est encore plus vrai dans les pays imp&#233;rialistes ! Depuis la premi&#232;re guerre mondiale, l'appel &#224; la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t national dans les pays les plus riches n'est rien d'autre que le tocsin des peuples qui sonne leur mise &#224; mort en masse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme international socialiste du prol&#233;tariat n'a aucun caract&#232;re national. Il n'est m&#234;me pas la somme des programmes nationaux des partis des travailleurs&#8230; On ne peut en effet concevoir un parti r&#233;volutionnaire qui ne soit pas une partie d'une organisation internationale, f&#251;t-elle encore &#224; construire. Pas plus que le pouvoir aux travailleurs sur le monde ne peut &#234;tre la somme de plusieurs &#171; socialisme dans un seul pays &#187; (selon l'expression criminelle et contre-r&#233;volutionnaire de Staline-Boukharine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisme n'est nullement un petit coup de chapeau aux prol&#233;taires des autres pays mais la conscience que notre destin est un et un seul. Le nationalisme n'est pas seulement une tendance dangereuse, un sentiment condamnable qui g&#234;ne le d&#233;veloppement de la conscience de classe, c'est le principal pi&#232;ge de l'ennemi de classe. Le nationalisme signifie tout simplement la trahison du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est parfaitement inconcevable de &#171; faire le socialisme &#187; dans un seul pays car on ne peut pas d&#233;passer le mode de production capitaliste qui a atteint le niveau mondial sans la coop&#233;ration des prol&#233;taires des plus grands pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de perspective socialiste qui ne soit l'aboutissement de la chute du mode de production capitaliste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de programme socialiste et communiste qui ne soit &#233;nonc&#233; comme une perspective mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky &#233;crivait dans &#171; La r&#233;volution permanente &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, qui a germ&#233; sur le fumier de la r&#233;action contre Octobre, est la seule th&#233;orie qui s'oppose d'une mani&#232;re profonde et cons&#233;quente &#224; la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; A notre &#233;poque, qui est l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire de l'&#233;conomie mondiale et de la politique mondiale dirig&#233;es par le capitalisme, pas un seul Parti communiste ne peut &#233;laborer son programme en tenant essentiellement compte, &#224; un plus ou moins haut degr&#233;, des conditions et tendances de son d&#233;veloppement national. Cette constatation est aussi pleinement valable pour le parti exer&#231;ant le pouvoir dans les limites de l'U.R.S.S. Le 4 ao&#251;t 1914 sonna et pour toujours le glas de tous les programmes nationaux. Le parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ne peut se fonder que sur un programme international correspondant au caract&#232;re de l'&#233;poque actuelle, l'&#233;poque de l'apog&#233;e et de l'effondrement du capitalisme. Un programme international communiste n'est en aucun cas une addition de programmes nationaux ou encore un amalgame de leurs caract&#232;res communs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le programme international doit proc&#233;der directement d'une analyse des conditions et des tendances de l'&#233;conomie mondiale et du syst&#232;me politique mondial dans leur ensemble dans tous ses rapports et dans toutes ses contradictions, c'est-&#224;-dire avec l'interd&#233;pendance antagoniste de ses diff&#233;rentes parties. A l'&#233;poque actuelle, bien plus que par le pass&#233;, l'orientation nationale du prol&#233;tariat ne doit et ne peut que d&#233;couler/provenir de l'orientation mondiale et non l'inverse. C'est en cela que r&#233;side la diff&#233;rence fondamentale et primaire entre l'internationalisme communiste et toutes les vari&#233;t&#233;s de socialisme national&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il poursuit ainsi : &#171; En reliant entre eux des pays et des continents qui se trouvent &#224; des &#233;tapes diff&#233;rentes de d&#233;veloppement par un syst&#232;me de d&#233;pendance et d'oppositions, en rapprochant ces divers niveaux de d&#233;veloppement, en dressant impitoyablement les pays les uns contre les autres, l'&#233;conomie est devenue une puissante r&#233;alit&#233; qui domine les r&#233;alit&#233;s diverses des pays et des continents. A lui seul, ce fait fondamental conf&#232;re un caract&#232;re tr&#232;s r&#233;aliste &#224; l'id&#233;e m&#234;me d'un Parti communiste mondial. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &#233;crivait en juin 1929 dans sa critique du projet de programme de l'internationale stalinienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'heure de la disparition des programmes nationaux a d&#233;finitivement sonn&#233; le 4 ao&#251;t 1914. Pour les communistes, la date du 4 ao&#251;t 1914 marque la fin de la IIe Internationale (sa &#171; faillite &#187;). La fraction du S.P.D. au Reichstag avait en effet vot&#233; les cr&#233;dits de guerre et accept&#233; la Burgfriede (paix civile) alors que les d&#233;put&#233;s socialistes fran&#231;ais faisaient de m&#234;me et s'engageaient dans l'union sacr&#233;e. Le Bureau socialiste international s'ajourna sine die : L&#233;nine ironisait sans douceur mais pas sans douleur sur le fait que &#171; ces gens-l&#224; &#187; n'avaient plus besoin d'une Internationale en temps de guerre. Le parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ne peut se baser que sur un programme international correspondant au caract&#232;re de l'&#233;poque actuelle, celle du couronnement et de l'&#233;croulement du capitalisme. Un programme communiste international n'est nullement une somme de programmes nationaux ou un amalgame de leurs traits communs. Il doit prendre directement pour point de d&#233;part l'analyse des conditions et des tendances de l'&#233;conomie et de l'&#233;tat politique du monde, prises comme un tout, avec leurs liens et leurs contradictions, c'est-&#224;-dire avec la d&#233;pendance mutuelle opposant ses composantes entre elles. A l'&#233;poque actuelle, infiniment plus que pendant la pr&#233;c&#233;dente, le sens dans lequel se dirige le prol&#233;tariat au point de vue national doit et ne peut se d&#233;duire que de la direction prise dans le domaine international, et non pas vice versa. C'est en cela que consiste la diff&#233;rence fondamentale qui s&#233;pare au point de d&#233;part l'Internationale communiste des diverses vari&#233;t&#233;s de socialisme national. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle est donc &#171; l'analyse des conditions et des tendances de l'&#233;conomie et de l'&#233;tat politique du monde &#187; &#224; l'&#233;poque actuelle ? &lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re brique de construction du parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien mondial est l'analyse de la situation du capitalisme mondial actuel (et pas celle d'un seul pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste, une fois mondialis&#233;, a atteint puis d&#233;pass&#233; ses propres limites, non pas en devenant p&#233;renne mais en devenant son propre destructeur. La masse de ses capitaux accumul&#233;s a d&#233;pass&#233; les capacit&#233;s d'absorption des march&#233;s financiers. La part des capitaux incapables de trouver des investissements rentables n'a cess&#233; de croitre. En 2007-2008, &#224; la suite du plus grand effondrement financier, bancaire, boursier et industriel de l'Histoire, il a admis qu'il ne se rel&#232;verait plus, d&#233;cidant de ne plus prendre que des mesures destin&#233;es &#224; gagner du temps mais plus jamais &#224; relancer l'&#233;conomie r&#233;elle, celle des investissements productifs du capital priv&#233;. Depuis, il a montr&#233; que des d&#233;penses massives de capitaux publiques permettaient de faire durer, mais aussi qu'elles ne faisaient qu'aggraver la chute des investissements productifs priv&#233;s. Le rapport entre la masse ph&#233;nom&#233;nale des capitaux priv&#233;s et les investissements productifs insuffisants ne cesse de grandir, agrandissant par la m&#234;me occasion le gouffre dans lequel plonge le syst&#232;me d'exploitation mondial. En effet, la chute relative des investissements productifs entraine celle de la plus-value extraite du travail humain, et la perte des profits r&#233;els, remplac&#233;s par des profits fictifs de la sp&#233;culation et des aides des Etats et des banques centrales (elles-m&#234;mes de plus en plus ruin&#233;es). Dans ces conditions, tous les plans de relance nationaux et toutes les pr&#233;tendues politiques nationales pour &#171; aider le pays &#187;, pour &#171; soutenir l'&#233;conomie &#187; ne sont que poudre aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi qu'on ne peut fonder un programme r&#233;volutionnaire sans prendre en compte le fait que le capitalisme est &#224; l'agonie. C'est pourtant exactement &#224; cette op&#233;ration d'auto-aveuglement que se livrent tous les r&#233;formistes politiques et syndicaux et toutes les fausses extr&#234;mes gauches opportunistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas tout. Le d&#233;roulement des luttes, des r&#233;voltes et des r&#233;volutions est effectivement marqu&#233; en premier par celui des effondrements du syst&#232;me. A preuve la vague de r&#233;voltes et de r&#233;volutions qui a parcouru le monde &#224; la suite de la chute du syst&#232;me capitaliste en 2007-2008. Et elle n'a pas diminuer en force qu'&#224; la faveur de la pand&#233;mie covid !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le signe que la vieille civilisation capitaliste s'&#233;teint, retournant &#224; la barbarie, pendant qu'une nouvelle civilisation nait dans les douleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle civilisation, port&#233;e par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, ne pourra vraiment marquer l'Histoire qu'en d&#233;veloppant les perspectives propres du peuple travailleur, &#224; savoir les conseils r&#233;volutionnaires autrement appel&#233;s soviets (m&#234;me si ce terme a &#233;t&#233; ensuite d&#233;voy&#233; par le stalinisme). L&#224; encore la perspective des soviets et de leur prise de pouvoir n'a rien de national, rien de russe, rien non plus de vieillot. C'est bel et bien la seule perspective politique et sociale moderne, le sens m&#234;me que l'histoire des luttes prol&#233;tariennes, qui peut seule permettre de sortir de l'orni&#232;re o&#249; nous jette le monde fini du capitalisme. Et cette perspective historique n&#233;cessite d'&#234;tre celle de toutes les luttes, grandes comme petites, y compris de simples gr&#232;ves &#224; buts &#233;conomiques ou sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas pr&#233;tendre vouloir construire le parti ouvrier r&#233;volutionnaire, sans r&#233;pondre aux conditions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Avoir une confiance profonde dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires auto-organis&#233;es de la masse du prol&#233;tariat et ne pas croire en sa seule avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Avoir une ferme conscience socialiste et ne d&#233;velopper la critique du monde capitaliste que d'un point de vue de l'avenir, c'est-&#224;-dire du socialisme et jamais du d&#233;mocratisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Ne pas d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts d'organisation, sous pr&#233;texte d'aller plus vite au parti, mais d&#233;fendre seulement les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat. Ne pas se contenter de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques imm&#233;diats mais favoriser toujours, chaque fois o&#249; c'est possible, l'intervention politique des prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Dans toute question locale, voir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral des travailleurs et dans toute question &#224; l'&#233;chelle nationale voir toujours l'int&#233;r&#234;t international du prol&#233;tariat. Dans toutes les questions revendicatives, ne pas se contenter de revendications r&#233;formistes et poser toujours la question de mani&#232;re &#224; montrer comment la lutte m&#232;ne &#224; celle pour renverser le syst&#232;me capitaliste (revendications transitoires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Dans les interventions syndicales ou &#233;lectorales, ne jamais consid&#233;rer d'abord les int&#233;r&#234;ts de groupe mais les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux des travailleurs. Toujours se pr&#233;occuper d'abord de d&#233;fendre la conscience socialiste des travailleurs. Ne pas craindre de critiquer publiquement et virulemment les directions r&#233;formistes politiques et syndicales et d&#233;masquer toutes leurs tromperies et trahisons, critiques qui seront pr&#233;cieuses quand ces organisations, lors de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire, voudront se faire passer pour radicales afin de chevaucher la mont&#233;e des luttes et de d&#233;tourner la r&#233;volution sociale. Ne pas craindre de d&#233;noncer les fausses extr&#234;mes gauches opportunistes qui peuvent, dans des circonstances r&#233;volutionnaires, jouer un r&#244;le extr&#234;mement n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Ne jamais limiter son combat &#224; la d&#233;fense d'un peuple, d'une nation, d'une religion, d'une culture. Les travailleurs r&#233;volutionnaires n'ont pas de patrie, pas de nation, pas de religion, pas de communaut&#233; autre que la communaut&#233; humaine. Mais ils se battent contre toutes les formes d'oppression. Ne jamais craindre de se heurter aux pr&#233;jug&#233;s nationalistes, racistes, corporatistes et autres qui trainent dans la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Ne jamais isoler socialement et politiquement le prol&#233;tariat de toutes les couches sociales (artisans, petits commer&#231;ants, paysans, petits p&#234;cheurs, petites professions lib&#233;rales, jeunes, ch&#244;meurs, femmes, nationalit&#233;s et religions opprim&#233;es) qui commencent &#224; se r&#233;volter et qu'il est appel&#233; &#224; diriger pour gagner la r&#233;volution. Construire au contraire le programme du prol&#233;tariat pour que celui-ci prenne la t&#234;te de toutes ces couches et les s&#233;pare du grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Ambitionner d'abord les meilleures id&#233;es pour les plus grandes avanc&#233;es du prol&#233;tariat et pas seulement les meilleures avanc&#233;es de son organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Ne pas s'adresser en priorit&#233; aux militants syndicalistes ou politiques de gauche ni &#224; l'aristocratie ouvri&#232;re qui les fr&#233;quente et qui se croit adapt&#233;e au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) D&#233;velopper une analyse de la situation des classes exploiteuses et pas d'abord des souffrances des exploit&#233;s ! C'est cette situation qui d&#233;termine la politique des classes dirigeantes capitalistes et, du coup, la politique qui est n&#233;cessaire au prol&#233;tariat. La base d'une telle analyse est l'&#233;tude de l'effondrement historique du syst&#232;me mondial initi&#233;e en 2007-2008 et dont les cons&#233;quences sont encore en plein d&#233;veloppement (vague des r&#233;volutions, pand&#233;mie, fascismes, guerres et mont&#233;e de la guerre mondiale). Sans une telle analyse, pas question de parti r&#233;volutionnaire et la classe ouvri&#232;re se bat les yeux band&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE ANTI IMPERIALISTE ET ANTI COLONIALE CONTRE L'IMPERIALISME ET LE COLONIALISME : LA QUESTION DU DROIT A L'AUTO-DETERMINATION ET LA QUESTION NATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; question nationale &#187; est elle aussi une question dialectique. Ainsi, c'est le prol&#233;tariat qui, bien qu'il ne soit pas une classe nationale, est le seul capable de poser jusqu'au bout une question nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspirer &#224; disposer de son propre pays c'est-&#224;-dire un Etat qui nous prot&#232;gerait, est comme aspirer &#224; &#234;tre propri&#233;taire, aspirer &#224; disposer d'un petit capital, aspirer &#224; un emploi fixe et bien pay&#233;, ce sont des aspirations petites-bourgeoises, illusoires dans une phase cataclysmique du capitalisme d&#233;liquescent. Cela ne signifie pas qu'on r&#233;prouve ces aspirations mais qu'on affirme que jamais la soci&#233;t&#233; aux mains du grand capital ne pourra vous assurer de tels buts. La seule perspective r&#233;elle pour toutes les aspirations qui ne soient pas celles de l'infime minorit&#233; de capitalistes est la r&#233;volution socialiste et elle ne peut r&#233;ussir que si elle est dirig&#233;e par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Les partis et les syndicats r&#233;formistes ne d&#233;veloppent des revendications ouvri&#232;res que sur le mode des aspirations petites bourgeoises qui ne m&#232;nent nullement au renversement de la dictature des possesseurs de capitaux. Ce qu'il faut c'st l'inverse : que toutes les aspirations populaires, y compris petites bourgeoises, m&#232;nent &#224; passer sous la direction du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Tel est l'un des buts du programme r&#233;volutionnaire : non &#224; m&#233;priser les aspirations non r&#233;volutionnaires mais &#224; vouloir les diriger dans le sens de la r&#233;volution et du socialisme, c'est-&#224;-dire de la mainmise du peuple travailleur sur la totalit&#233; du capital et de ses Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejeter radicalement le nationalisme ne signifie nullement refuser tout droit national aux peuples opprim&#233;s et n'accorder aucun soutien aux luttes des peuples opprim&#233;s. Par contre, cela signifie mettre le prol&#233;tariat international &#224; la t&#234;te des luttes de tous les opprim&#233;s. Cela signifie aussi refuser toute entente avec l'imp&#233;rialisme, f&#251;t-ce soi-disant pour permettre &#224; un peuple opprim&#233; d'obtenir satisfaction. On ne doit jamais placer la lutte du prol&#233;tariat en second mais en premier ! C'est au prol&#233;tariat de diriger l'ensemble des luttes contre le grand capital et il doit diriger ces luttes vers la suppression mondiale du capitalisme. Toute alliance avec une couche sociale opprim&#233;e ne peut &#234;tre qu'&#224; ces conditions. A ces conditions, la lutte nationale des peuples peut participer largement au combat contre l'imp&#233;rialisme et pour sa suppression totale et d&#233;finitive sur toute la plan&#232;te. L'exemple de la r&#233;volution russe, qui n'a triomph&#233; qu'en &#233;tant une r&#233;volution ouvri&#232;re autant que paysanne et des nationalit&#233;s, le prouve pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'imp&#233;rialisme ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on pense &#224; l'imp&#233;rialisme, on pense souvent, &#224; tort, aux seuls USA et surtout aux agressions guerri&#232;res et le fondement &#233;conomique est oubli&#233;. Mais surtout, ce qui est omis, c'est le fondement en termes de luttes de classes de la soci&#233;t&#233; actuelle qui donne naissance &#224; cet imp&#233;rialisme. Car ce dernier est la forme prise par la domination d'une classe exploiteuse sur une classe exploit&#233;e et son avenir ne d&#233;pend pas des aspirations &#224; la paix et &#224; la d&#233;mocratie mais de la capacit&#233; r&#233;volutionnaire de la classe exploit&#233;e de s'organiser en vue de la destruction plan&#233;taire et d&#233;finitive du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;veloppant des m&#233;tropoles o&#249; sont stock&#233;es les masses de capital tir&#233;es du monde entier, l'imp&#233;rialisme a pu entretenir l'illusion que les peuples travailleurs des pays riches avaient int&#233;r&#234;t &#224; prot&#233;ger le syst&#232;me. C'est l'une des plus dangereuses illusions r&#233;formistes qu'il faut d&#233;molir. Le prol&#233;tariat des pays riches n'a pas moins int&#233;r&#234;t &#224; la destruction de l'imp&#233;rialisme que celui des pays pauvres. Le sort du prol&#233;tariat allemand sous Hitler en donne une cuisante d&#233;monstration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains courants proposent d'affaiblir, de mettre dans sa poche m&#234;me, la lutte des classes, afin de mieux - disent-ils - unir tous ceux que r&#233;volte l'imp&#233;rialisme. C'est &#244;ter au combat sa perspective communiste de destruction du syst&#232;me capitaliste. C'est faire croire qu'il y a une voix anti-imp&#233;rialiste qui serait autre que l'action communiste du prol&#233;tariat. Cette d&#233;nonciation des crimes de l'imp&#233;rialisme sans perspective de sa destruction, m&#234;me quand elle est honn&#234;te, ne m&#232;ne que dans le mur les luttes. Elle permet &#224; des leaders, comme les nationaliste bourgeois et petits bourgeois, qui veulent seulement am&#233;nager &#224; leur profit l'imp&#233;rialisme, de prendre la direction des luttes prol&#233;tariennes &#224; vocation r&#233;volutionnaire et de les amener dans une impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prol&#233;taires communistes r&#233;volutionnaires n'ont pas &#224; nier ni &#224; rejeter les aspirations nationales d&#233;mocratiques et anti-imp&#233;rialistes des masses populaires car cela reviendrait &#224; rejeter ces masses entre les mains de leurs ennemis bourgeois et petits bourgeois. Ils doivent prendre la t&#234;te de ces luttes et donner une perspective communiste au combat contre l'imp&#233;rialisme : la destruction de l'ordre capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'oublions pas que le peuple de Paris en 1871 &#233;tait dirig&#233; par des aspirations d&#233;mocratiques et nationales et que c'est parce qu'il s'est organis&#233; de mani&#232;re autonome sur des bases de classe qu'il a donn&#233; &#224; la la Commune de 1871 ce caract&#232;re de premier pouvoir prol&#233;tarien au monde...&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;finition la plus couramment donn&#233;e, et tout &#224; fait fausse, est la suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;L'imp&#233;rialisme est une strat&#233;gie politique de conqu&#234;te visant la formation d'empires. Ce terme est parfois employ&#233; pour d&#233;signer plus particuli&#232;rement le n&#233;o-colonialisme. Par extension, imp&#233;rialisme d&#233;signe tout rapport de domination &#233;tabli par une nation ou une conf&#233;d&#233;ration sur un autre pays.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une strat&#233;gie de conqu&#234;te menant &#224; des empires ne d&#233;crirait certainement pas l'imp&#233;rialisme que nous connaissons qui est l'imp&#233;rialisme du capitalisme bien diff&#233;rent de celui de l'empire d'&#201;gypte, de l'empire romain ou de l''empire arabe. L'imp&#233;rialisme capitaliste n'est pas (ou pas seulement) la formation par conqu&#234;te militaire d'un empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but n'est pas des territoires mais des investissements de capitaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas d'une strat&#233;gie mais d'une phase historique du syst&#232;me. Dire que c'est une strat&#233;gie sous-entend que l'on pourrait changer de strat&#233;gie et avoir un capitalisme moins guerrier ou moins conqu&#233;rant.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rialisme n'est pas &#034;une politique d'expansion&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;L'imp&#233;rialisme est une immense accumulation de capital-argent dans un petit nombre de pays.&#034;&lt;/i&gt; L&#233;nine dans &#034;L'imp&#233;rialisme, stade ultime du capitalisme&#034; (1916)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage &#171; L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme &#187;, L&#233;nine d&#233;crit l'imp&#233;rialisme en 5 points :&lt;br class='autobr' /&gt;
1) concentration de la production et du capital parvenue &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppement si &#233;lev&#233; qu'elle a cr&#233;&#233; les monopoles, dont le r&#244;le est d&#233;cisif dans la vie &#233;conomique ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) fusion du capital bancaire et du capital industriel, et cr&#233;ation, sur la base de ce &#034;capital financier&#034;, d'une oligarchie financi&#232;re ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) l'exportation des capitaux, &#224; la diff&#233;rence de l'exportation des marchandises, prend une importance toute particuli&#232;re ;&lt;br class='autobr' /&gt;
4) formation d'unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde, et&lt;br class='autobr' /&gt;
5) fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il le qualifie de &#171; stade supr&#234;me &#187; et aujourd'hui, l'imp&#233;rialisme a atteint son stade pourrissant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meurtrier pour les peuples, destructeur de la sant&#233; publique, pand&#233;mique, et en route vers la chute mondiale, &#233;conomique, immobili&#232;re, industrielle, financi&#232;re, bancaire, inflationniste et guerri&#232;re, c'est le stade de la barbarie fasciste de destruction massive, du massacre et de la terreur g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;dia et les gouvernements eux-m&#234;mes sont oblig&#233;s de reconnaitre que le monde tourne &#224; l'horreur et que ceux qui n'y sont pas plong&#233;s eux-m&#234;mes sont horrifi&#233;s&#8230; Ce n'est pas des jeux, ce n'est pas des films pour se faire peur, c'est l'actualit&#233; des r&#233;pressions, des dictatures, des guerres et guerres civiles de la plan&#232;te enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des r&#233;gions enti&#232;res de la plan&#232;te baignent dans le sang, des peuples entiers sont d&#233;plac&#233;s, apeur&#233;s, d&#233;cim&#233;s, parqu&#233;s dans des camps, viol&#233;s, massacr&#233;s&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le reste du monde assiste &#224; ces sc&#232;nes d'horreur, justifie g&#233;n&#233;ralement l'un des camps en guerre, le soutient, l'arme, le pousse &#224; la guerre m&#234;me, alors qu'il pratique aussi bien que son adversaire le massacre des civils, des milliers de gens d&#233;sarm&#233;s, innocents, pris entre deux feux. Tout est fait pour faire croire que le seul choix est de soutenir l'un des camps, ou encore de se contenter d'appeler &#224; la paix (ou m&#234;me seulement au cessez-le-feu humanitaire), de mani&#232;re plaintive, sans remettre en question le pouvoir de ceux qui s'en servent pour jeter la plan&#232;te dans le sang et la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand les gouvernants en sont r&#233;duits &#224; la seule violence directe, c'est que la dynamique capitaliste est morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat dans la question nationale, un produit de l'analyse de l'imp&#233;rialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme pr&#233;tend justifier ses interventions sanglantes partout dans le monde par la n&#233;cessit&#233; de lutter pour sauvergarder les peuples contre le terrorisme, la dictature, les pouvoirs guerriers, massacreurs et oppressifs, etc. Il affirme agir aussi pour d&#233;fendre la paix et la s&#233;curit&#233; de tous les peuples, &#224; commencer par celui de son pays. Ce sont de grossiers mensonges et il serait ais&#233; de les d&#233;masquer mais les gauches et les syndicats s'en gardent bien. Il est remarquable que les r&#233;formistes et les opportunistes qui ont du poids au sein de la classe ouvri&#232;re contribuent &#224; faire croire &#224; ces justifications mensong&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'imaginer que les extr&#234;mes gauches opportunistes n'auraient quand m&#234;me aucun mal &#224; se d&#233;marquer sur la question de l'imp&#233;rialisme mais ce serait faire une grossi&#232;re erreur. Certes, ils n'&#233;conomisent pas les reproches moraux &#224; l'&#233;gard de certains pays imp&#233;rialistes, mais pas tous et pas en premier le leur quand ils militant dans un pays imp&#233;rialiste. Et ils se gardent de s'attaquer publiquement &#224; leur propre imp&#233;rialisme. Ils sont trop attach&#233;s aux appareils syndicaux et &#224; l'aristocratie ouvri&#232;re qui est pleine d'illusions petites bourgeoises pour &#234;tre capables de porter une politique r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme. Et justement cette pseudo extr&#234;me gauche se garde bien d'utiliser ses deux principales interventions publiques (les &#233;lections bourgeoises et les syndicats) pour combattre les positions imp&#233;rialistes au sein du prol&#233;tariat et du grand public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux gauchistes (gauche communiste), ils rejettent toute notion d'imp&#233;rialisme, consid&#233;rant que toutes les nations, tous les Etats sont bourgeois, que toute aspiration contre une oppression nationale est bourgeoise et que la petite bourgeoisie est identique &#224; la grande, capitaliste, et affirmant que les pays pauvres sont aussi pourris que les pays riches, confondant ainsi la r&#233;probation morale et la politique r&#233;volutionnaire. Bien entendu, nous ne pr&#233;tons aucune qualit&#233; ni socialiste ni r&#233;volutionnaire ni rien aux bourgeoisie nationales des pays pauvres et opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme. Mais, suivant ainsi la politique exprim&#233;e dans la th&#233;orie de l'imp&#233;rialisme de L&#233;nine et dans la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente de Trotsky, nous estimons que ce serait d&#233;sarmer le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire mondial que de lui &#244;ter une bombe explosive pour d&#233;truire d&#233;finitivement et mondialement l'imp&#233;rialisme. L&#233;nine comme Trotsky ont toujours eu &#224; c&#339;ur que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire prenne la t&#234;te des opprim&#233;s, y compris ceux victimes d'une oppression nationale, raciale ou religieuse, estimant que les couches petites-bourgeoises, seules, sont incapables de nuire fondamentalement au capitalisme et &#224; l'im&#233;prialisme mais que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, se portant &#224; la t&#234;te de ces luttes, est parfaitement capable d'ne faire une arme r&#233;volutionnaire en vue du socialisme mondial. C'est l'un des points essentiels qui d&#233;coulent de l'analyse de l'imp&#233;rialisme et un point que les gauches communistes (gauchistes) r&#233;cusent et que les extr&#234;mes gauches opportunistes se gardent de se rappeler, ne voulant pas rompre avec leurs amis bureaucrates syndicaux et membres de l'aristocratie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le prol&#233;tariat doit-il se battre aux c&#244;t&#233;s de la petite bourgeoisie r&#233;volt&#233;e, de la jeunesse, des femmes et autres couches sociales victimes du capitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'extr&#234;me gauche, on trouve sous diverses formes des r&#233;ticences &#224; consid&#233;rer que les luttes populaires avec une participation de la petite bourgeoisie ne concernent pas le prol&#233;tariat et n'ont rien &#224; voir avec la lutte r&#233;volutionnaire pour le pouvoir aux travailleurs et le socialisme et on trouve &#233;galement des prises de positions qui attribuent &#224; l'inverse des capacit&#233;s r&#233;volutionnaires aux directions petites bourgeoises. Les deux positions, apparemment inverses, s'&#233;loignent tout autant de la vraie politique r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne. Les deux laissent les petits bourgeois r&#233;volt&#233;s sous une direction qui ne peut que les conduire dans l'impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en France, l'extr&#234;me gauche (par exemple LO et NPA) s'est tenue en grande partie &#224; l'&#233;cart de la lutte des Gilets jaunes et s'est gard&#233; de combattre l'hostilit&#233; violente des appareils syndicaux &#224; l'&#233;gard de ce mouvement. Elle a pr&#233;text&#233; que des petits patrons (souvent en r&#233;alit&#233; des petits auto-entrepreneurs c'est-&#224;-dire des travailleurs auto-exploit&#233;s) y participaient. Et la France n'est pas une exception : bien des groupes d'extr&#234;me gauche ont consid&#233;r&#233; que le prol&#233;tariat n'&#233;tait pas la direction politique des mouvements d&#233;but&#233;s avec la &#171; vague des printemps &#187; de 2010-2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat est aux antipodes de telles prises de position. Ainsi, Trotsky comme L&#233;nine n'ont cess&#233; d'attribuer au prol&#233;tariat le r&#244;le de direction des luttes de la petite bourgeoisie et notamment de la paysannerie. Et c'est en se portant &#224; la t&#234;te de toutes les classes et couches sociales r&#233;volt&#233;es que le prol&#233;tariat devient non seulement capable de porter des coups au capitalisme et &#224; l'imp&#233;rialisme mais de prendre la t&#234;te de toute la soci&#233;t&#233;, de prendre le pouvoir et de le garder. Et c'est seulement ainsi que ces luttes participent de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les exemples historiques sont clairs : il n'y a jamais eu de &#171; puret&#233; de classe &#187; dans les r&#233;volutions prol&#233;tariennes ! Qui peut ignorer la participation directe de la petite bourgeoisie aux c&#244;t&#233;s du prol&#233;tariat dans les r&#233;volutions en France en 1848, en 1871, dans le pouvoir de la Commune de Paris, dans les r&#233;volutions de 1905 et 1917 (f&#233;vrier et octobre) en Russie, dans la r&#233;volution espagnole, pour ne citer que celles-l&#224; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, si ce discours, qui est actuellement tenu par certains anarchistes, certains gauches communistes, certains syndicalistes, certains anti-racistes et anti-fascistes, voulait dire que, dans les entreprises et les quartiers, les travailleurs doivent eux-m&#234;mes mettre en place des comit&#233;s de mobilisation au sein du mouvement, pas de probl&#232;me !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais se tenir &#224; l'&#233;cart et pousser les travailleurs &#224; s'en d&#233;solidariser sous pr&#233;texte qu'il y a des petits bourgeois, ou m&#234;me qu'il y a dedans des racistes ou des fascistes, c'est carr&#233;ment catastrophique ! N'y avait-il aucun raciste dans les r&#233;volutions prol&#233;tariennes du pass&#233; ?!!! Suffit-il qu'un raciste ou qu'un fasciste participe &#224; une gr&#232;ve ou une manifestation pour que nous refusions d'y participer ?!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
A ce rythme l&#224;, personne ne risque de participer demain ni &#224; une manifestation, ni &#224; un piquet, ni &#224; un rassemblement et encore moins &#224; une r&#233;volution !!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution prol&#233;tarienne n'a rien de pure socialement !!! Ceux qui l'ignorent n'ont jamais rien lu sur les r&#233;volutions !&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu de puret&#233;, ce dont le prol&#233;tariat a urgemment besoin c'est d'organisation, c'est de comit&#233;s dans les quartiers et les entreprises !!! Les soviets qui &#233;taient &#224; leur naissance des organisations de quartier (et pas d'entreprises) m&#234;laient ouvriers et petits bourgeois !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dont la classe ouvri&#232;re a besoin, c'est aussi d'objectifs de classe, qui ne soient pas des objectifs r&#233;formistes, qui ne craignent pas de s'attaquer au sacrosaint Etat bourgeois et &#224; la sacrosainte propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux et des moyens de production. C'est en d&#233;fendant son programme de classe au sein du mouvement social que le prol&#233;tariat peut y jouer un r&#244;le dirigeant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais certainement pas en rejetant en bloc tous les &#171; petits bourgeois &#187; et en les poussant ainsi dans les bras de la grande bourgeoisie et des fascistes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les syndicats dirig&#233;s par la gauche : une politique constante de soutien ouvert ou cach&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme national d&#233;fendue au sein du prol&#233;tariat &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &#233;crit dans &#171; Les syndicats &#224; l'&#233;poque de la d&#233;cadence imp&#233;rialiste &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y a un aspect commun dans le d&#233;veloppement ou, plus exactement, dans la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des organisations syndicales modernes dans le monde entier : c'est leur rapprochement et leur int&#233;gration au pouvoir d'&#201;tat. Ce processus est &#233;galement caract&#233;ristique pour les syndicats neutres, sociaux-d&#233;mocrates, communistes et anarchistes. Ce fait seul indique que la tendance &#224; s'int&#233;grer &#224; l'&#201;tat n'est pas inh&#233;rente &#224; telle ou telle doctrine, mais r&#233;sulte des conditions sociales communes pour tous les syndicats. Le capitalisme monopolisateur n'est pas bas&#233; sur la concurrence et sur l'initiative priv&#233;e, mais sur un commandement central. Les cliques capitalistes, &#224; la t&#234;te de trusts puissants, des syndicats, des consortiums bancaires, etc., contr&#244;lent la vie &#233;conomique au m&#234;me niveau que le pouvoir d'&#201;tat et, &#224; chaque instant, elles ont recours &#224; la collaboration de ce dernier. A leur tour les syndicats, dans les branches les plus importantes de l'industrie, se trouvent priv&#233;s de la possibilit&#233; de profiter de la concurrence entre les diverses entreprises. Ils doivent affronter un adversaire capitaliste centralis&#233;, intimement li&#233; au pouvoir de l'&#201;tat. De l&#224; d&#233;coule pour les syndicats, dans la mesure o&#249; ils restent sur des positions r&#233;formistes - c'est &#224; dire sur des positions bas&#233;es sur l'adaptation &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e - la n&#233;cessit&#233; de s'adapter &#224; l'&#201;tat capitaliste et de tenter de coop&#233;rer avec lui. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre essentiel dans cette lutte est : ind&#233;pendance compl&#232;te et inconditionnelle des syndicats vis-&#224;-vis de l'&#201;tat capitaliste. Cela signifie : lutte pour transformer les syndicats en organes des masses exploit&#233;es et non en organes d'une aristocratie ouvri&#232;re. Le second mot d'ordre est : d&#233;mocratie dans Ies syndicats. Ce second mot d'ordre d&#233;coule directement du premier et pr&#233;suppose pour sa r&#233;alisation la compl&#232;te libert&#233; des syndicats vis-&#224;-vis de l'&#201;tat imp&#233;rialiste ou colonial. En d'autres termes, &#224; l'&#233;poque actuelle, les syndicats ne peuvent pas &#234;tre de simples organes de la d&#233;mocratie comme &#224; l'&#233;poque du capitalisme libr&#201;changiste, et ils ne peuvent pas rester plus longtemps politiquement neutres, c'est-&#224;-dire se limiter &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts quotidiens de la classe ouvri&#232;re. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps anarchistes, c'est-&#224;-dire ignorer l'influence d&#233;cisive de l'&#201;tat sur la vie des peuples et des classes. Ils ne peuvent pas &#234;tre plus longtemps r&#233;formistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de r&#233;formes s&#233;rieuses et durables. Les syndicats de notre &#233;poque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme imp&#233;rialiste pour subordonner et discipliner les travailleurs et emp&#234;cher la r&#233;volution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. La neutralit&#233; des syndicats est compl&#232;tement et irr&#233;m&#233;diablement chose pass&#233;e et morte avec la libre d&#233;mocratie bourgeoise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme il est impossible de revenir &#224; l'Etat d&#233;mocratique bourgeois, il est impossible de revenir &#224; la vieille d&#233;mocratie ouvri&#232;re. Le sort de l'un refl&#232;te le sort de l'autre. Il est un fait certain que l'ind&#233;pendance des syndicats, dans un sens de classe, dans leur rapport avec l'Etat bourgeois, ne peut &#234;tre assur&#233;e, dans les conditions actuelles, que par une direction compl&#232;tement r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre les appareils bureaucratiques ne consiste pas seulement &#224; militer contre la bureaucratie &#224; l'int&#233;rieur des syndicats mais, d'abord et avant tout, &#224; se battre pour la construction de conseils de travailleurs, ind&#233;pendants des appareils et form&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s des assembl&#233;es prol&#233;tariennes &#233;lus et r&#233;vocables, se f&#233;d&#233;rant, d&#233;veloppant et diffusant le programme r&#233;volutionnaire, devenant progressivement le v&#233;ritable pouvoir d'Etat des travailleurs en armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; r&#233;volution permanente &#187;, seule th&#233;orie qui assume le caract&#232;re dialectique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution en permanence &#187; (encore appel&#233;e r&#233;volution permanente) est une philosophie du marxisme qui s'oppose &#224; l'&#233;tapisme, au gradualisme, au progressisme, au r&#233;formisme et &#224; l'opportunisme, depuis Marx et jusqu'&#224; Trotsky, et pas une analyse conjoncturelle d'une situation exceptionnelle et surtout pas un moyen d'attribuer un caract&#232;re fondamentalement r&#233;volutionnaire &#224; des forces sociales qui n'en poss&#232;dent pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire ne progresse pas graduellement en suivant une par une les marches d'un escalier vers le ciel&#8230; Elle subit des r&#233;gressions brutales et violentes autant que des progressions qui peuvent m&#234;me sauter des &#233;tapes de la gradation historique. Des soci&#233;t&#233;s retardataires, des situations r&#233;actionnaires et m&#234;me des r&#233;gressions peuvent provoquer de brutales progressions r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement &#233;conomique, social et politique est sujet au d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; (au sens que des morceaux avanc&#233;s se combinent avec d'autres tr&#232;s en retard). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde ne progresse pas ensemble ni au m&#234;me rythme et les in&#233;galit&#233;s de d&#233;veloppement peuvent rendre certains maillons de la cha&#238;ne de domination des classes poss&#233;dantes mondiales plus fragiles que d'autres et la rupture de la cha&#238;ne en un point peut fragiliser mortellement l'ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les contradictions qui d&#233;coulent du d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; doivent &#234;tre comprises et utilis&#233;es &#224; fond par les r&#233;volutionnaires. Elles ont comme cons&#233;quences que la question nationale ne peut pas &#234;tre r&#233;solue dans le cadre du capitalisme et doit &#234;tre exploit&#233;e par le prol&#233;tariat. Elles ont pour cons&#233;quence que la lutte r&#233;volutionnaire doit p&#233;n&#233;trer la lutte pour des r&#233;formes et s'en servir comme transition. Elles ont aussi pour cons&#233;quence que c'est le prol&#233;tariat qui est le seul &#224; pouvoir r&#233;aliser des objectifs d&#233;mocratiques, pacifiques, lib&#233;rateurs pour les peuples opprim&#233;s, pour toutes les couches sociales non capitalistes, pour tous les opprim&#233;s. Et le programme r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat doit clairement mettre en avant ces objectifs. L'intervention des r&#233;volutionnaires doit se guider sur un programme de transition qui m&#232;ne des luttes nationales aux luttes internationales, des luttes pour des r&#233;formes aux luttes pour le socialisme, des luttes pour la paix &#224; la guerre r&#233;volutionnaire, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les communistes r&#233;volutionnaires ne doivent pas se tenir &#224; l'&#233;cart ni appeler les prol&#233;taires &#224; se tenir &#224; l'&#233;cart des luttes r&#233;formistes, sans sombrer eux-m&#234;mes dans le r&#233;formisme, des luttes nationales, sans sombrer dans le nationalisme, des luttes petites bourgeoises, sans oublier le caract&#232;re prol&#233;tarien de leur combat, ils doivent allier les diff&#233;rents aspects contradictoires dans une seule lutte de classes r&#233;volutionnaire contre la classe capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux points programmatiques, sociaux et politiques d&#233;coulent de cette vision de la marche de la r&#233;volution sociale : programme de transition au lieu de la traditionnelle opposition entre programme r&#233;volutionnaire et programme r&#233;formiste, alliances possibles avec des couches petites bourgeoises et des peuples opprim&#233;s, front unique ouvrier, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pseudo et faux anti-imp&#233;rialisme de l'extr&#234;me gauche : un moralisme &#224; vomir ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de voir dans les crimes actuels du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme des moyens d'entrainer le prol&#233;tariat vers la conscience de ses t&#226;ches de transformation radicale, les fausses extr&#234;mes gauches diffusent de la r&#233;probation morale &#224; pleine dose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les extr&#234;mes gauches opportunistes ont abandonn&#233; la notion d'imp&#233;rialisme de L&#233;nine. Loin d'y voir une &#233;volution objective du capitalisme li&#233;e aux limites de ce mode de production, ils d&#233;noncent des politiques individuelles, celle de N&#233;tanyahou, celle de Biden ou de Trump, celle de Poutine, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que la guerre mondiale s'&#233;tend de la Syrie &#224; l'Ukraine et de l'Arm&#233;nie &#224; la Palestine, les politiques pro-imp&#233;rialistes se cachent sous la pr&#233;tendue d&#233;fense des peuples et sous le couvert de l'indignation morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralistes, bien ou mal intentionn&#233;s, y compris d'extr&#234;me gauche ou pr&#233;tendus tels, ne nous aident en rien &#224; nous y retrouver dans les embrouillaminis de la situation mondiale ni &#224; &#233;viter les pi&#232;ges imp&#233;rialistes et capitalistes contre le peuple travailleur du monde et pour d&#233;truire ses potentialit&#233;s r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralistes d&#233;noncent tout ce qui leur d&#233;pla&#238;t mais n'expliquent rien, ne comprennent rien, n'arment en rien les travailleurs et les peuples, qu'ils d&#233;noncent les violences d'un camp ou d'un autre ou des deux, les guerres, les fascismes, les dictatures et m&#234;me &#233;ventuellement les classes poss&#233;dantes et les gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale n'explique rien, ni l'effondrement du capitalisme, ni les oppositions violentes entre imp&#233;rialismes, ni les r&#233;volutions, ni les contr&#233;r&#233;volutions dont les fascismes et les guerres. Elle ne permet rien, n'ouvre de perspective sur rien et surtout pas de perspective r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne qui lib&#232;re l'humanit&#233; du cauchemar o&#249; le capitalisme d&#233;liquescent pr&#233;tend l'engloutir,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moralistes, y compris l'extr&#234;me gauche opportuniste, demandent aux gouvernements de faire ce qui n'est pas l'int&#233;r&#234;t du grand capital, une absurdit&#233; en somme. Ils refusent la politique r&#233;volutionnaire face &#224; l'imp&#233;rialisme : pr&#244;ner la d&#233;faite de notre imp&#233;rialisme y compris dans la guerre, appeler les travailleurs &#224; d&#233;truire l'Etat capitaliste, y compris et surtout son arm&#233;e et sa police, rappeler que les travailleurs vont devoir s'armer eux-m&#234;mes et d&#233;noncer le pacifisme qui d&#233;sarme avant tout les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'Union sacr&#233;e ouverte de la CGT, hypocrite de l'extr&#234;me gauche &#233;lectorale (LO, NPA), le programme de Zimmerwald des r&#233;volutionnaires contre la premi&#232;re guerre mondiale et le capitalisme reprend toute son actualit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La guerre imp&#233;rialiste inaugure l'&#232;re de la r&#233;volution sociale. Toutes les conditions objectives de l'&#233;poque actuelle mettent &#224; l'ordre du jour la lutte r&#233;volutionnaire de masse du prol&#233;tariat. Les socialistes ont pour devoir, sans renoncer &#224; aucun des moyens de lutte l&#233;gale de la classe ouvri&#232;re, de les subordonner tous &#224; cette t&#226;che pressante et essentielle, de d&#233;velopper la conscience r&#233;volutionnaire des ouvriers, de les unir dans la lutte r&#233;volutionnaire internationale, de soutenir et de faire progresser toute action r&#233;volutionnaire, de chercher &#224; transformer la guerre imp&#233;rialiste entre les peuples en une guerre civile des classes opprim&#233;es contre leurs op-presseurs, en une guerre pour l'expropriation de la classe des capitalistes, pour la conqu&#234;te du pouvoir politique par le prol&#233;tariat, pour la r&#233;alisation du socialisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les revendications et les t&#226;ches des communistes r&#233;volutionnaires et du prol&#233;tariat contre les puissances coloniales et imp&#233;rialistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire est capable de combattre l'imp&#233;rialisme et d'abattre le capitalisme, m&#234;me si d'autres comme les terroristes se revendiquant de l'islam pr&#233;tendent le contraire. Les r&#233;volutionnaires et les travailleurs ne doivent pas combattre davantage tel ou tel imp&#233;rialisme et leur principale t&#226;che est de combattre l'imp&#233;rialisme de leur pays. Et cela passe par un programme anti-imp&#233;rialiste dans les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;nonciation des superprofits imp&#233;rialistes sur le dos des peuples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le des capitaux qui pillent les pays domin&#233;s par l'imp&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expropriation et r&#233;quisition des entreprises imp&#233;rialistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit &#224; l'auto-d&#233;termination et la question nationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de toute opposition entre nationaux et &#233;trangers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union des peuples contre la domination imp&#233;rialiste, les peuples des pays imp&#233;rialistes soutenant tout effort des pays opprim&#233;s de se lib&#233;rer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de l'exploitation des pays opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme et les grands trusts et en rendre les richesses aux peuples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de toutes les l&#233;gislations fascistes qui suscitent la haine entre les peuples et qui autorisent les pays riches &#224; faire mourir des migrants &#224; leurs fronti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression de tout profit sur le dos des exploit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression des oppressions nationales, raciales, ethniques et religieuses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression des restrictions nationales : quiconque vit de son travail a le droit de vivre dans le pays de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les t&#226;ches des communistes r&#233;volutionnaires et du prol&#233;tariat dans les colonies et les pays domin&#233;s par l'imp&#233;rialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;masquer les buts imp&#233;rialistes des grandes puissances :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6673&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6673&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6406&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5969&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5969&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve231&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve231&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve482&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve482&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3811&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3811&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;montrer que toute d&#233;faite de &#171; notre &#187; imp&#233;rialisme est une victoire des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2597&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;montrer qu'il n'y aura pas pour les pays opprim&#233;s de solution autre que le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3812&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3812&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unir les prol&#233;taires et les peuples opprim&#233;s du monde dans le but clair et affich&#233; d'abattre d&#233;finitivement l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7091&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6278&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unir travailleurs &#171; nationaux &#187; et immigr&#233;s et d&#233;velopper la prise de conscience internationaliste du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article262&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article262&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;tendu antifascisme bourgeois ou r&#233;formiste, c'est la lutte contre la r&#233;volution socialiste ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'extr&#234;me gauche opportuniste a soutenu les ennemis du prol&#233;tariat sous pr&#233;texte de lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des communistes et du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire face &#224; la guerre ce n'est pas le pacifisme ni bourgeois ni anarchiste : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1107&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1107&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1927&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article620&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article620&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, antimilitarisme et armement du prol&#233;tariat : le programme militaire de la r&#233;volution socialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit le prol&#233;tariat mondial met fin au capitalisme, soit le capitalisme met fin &#224; l'humanit&#233; ! Quiconque rejette cette alternative dictature du prol&#233;tariat ou massacre mondial g&#233;n&#233;ralis&#233;, rejette &#233;galement toute chance d'avenir &#224; la soci&#233;t&#233; humaine. La IV &#232;me internationale sera celle du rel&#232;vera le drapeau du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire (le nombre quatre n'est pas un f&#233;tiche bien entendu et on peut aussi bien l'appeler 5&#232;me internationale).&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la situation mondiale et, par cons&#233;quent, aussi la vie politique int&#233;rieure des divers pays, se trouve sous la menace de la guerre mondiale. La catastrophe imminente p&#233;n&#232;tre d&#233;j&#224; d'angoisse les masses les plus profondes de l'humanit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partis de gauche, syndicats et leurs soutiens d'extr&#234;me gauche r&#233;p&#232;tent la politique de trahison qui avait &#233;t&#233; celle de la premi&#232;re guerre mondiale de 1914 avec d'autant plus d'assurance qu'aucune organisation cons&#233;quente ne combat actuellement le chauvinisme et l'imp&#233;rialisme, toutes se fondant d'abord sur l'aristocratie ouvri&#232;re et l'Etat capitaliste. D&#232;s que le danger de guerre a pris un aspect concret, les staliniens, distan&#231;ant de loin les pacifistes bourgeois et petits-bourgeois sont devenus les champions de la pr&#233;tendue &#034;d&#233;fense nationale&#034;. Ils ne font d'exception que pour les pays fascistes, c'est-&#224;-dire pour ceux o&#249; ils ne jouent eux-m&#234;mes aucun r&#244;le. La lutte r&#233;volutionnaire contre la guerre retombe ainsi enti&#232;rement sur les &#233;paules de la IV&#176; Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le succ&#232;s du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire dans la prochaine p&#233;riode (celle de la r&#233;volution et de la contr&#233;r&#233;volution) d&#233;pendra, avant tout, de sa politique dans la question de la guerre. Une politique correcte comprend deux &#233;l&#233;ments : une attitude intransigeante envers l'imp&#233;rialisme et ses guerres, et l'aptitude &#224; s'appuyer sur l'exp&#233;rience des masses elles-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la question de la guerre, plus que dans toute autre question, la bourgeoisie et ses agents trompent le peuple par des abstractions, des formules g&#233;n&#233;rales, des phrases path&#233;tiques : &#034;neutralit&#233;&#034;, &#034;s&#233;curit&#233; collective&#034;, &#034;armement pour la d&#233;fense de la paix&#034;, &#034;d&#233;fense nationale&#034;, &#034;lutte contre le fascisme&#034;, etc. Toutes ces formules se r&#233;duisent, en fin de compte, &#224; ce que la question de la guerre, c'est-&#224;-dire du sort des peuples, doit rester dans les mains des imp&#233;rialistes, de leurs gouvernements, de leur diplomatie, de leurs &#233;tats-majors, avec toutes leurs intrigues et tous leurs complots contre les peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
La IV&#176; Internationale rejette avec indignation toutes les abstractions qui jouent chez les d&#233;mocrates le m&#234;me r&#244;le que, chez les fascistes, l' &#034;honneur&#034;, le &#034;sang&#034;, la &#034;race&#034;. Mais l'indignation ne suffit pas. Il faut aider les masses, &#224; l'aide de crit&#232;res, de mots d'ordre et de revendications transitoires, propres &#224; leur permettre de v&#233;rifier, de distinguer la r&#233;alit&#233; concr&#232;te de ces abstractions frauduleuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;D&#201;SARMEMENT&#034; ? Mais toute la question est de savoir qui d&#233;sarmera et qui sera d&#233;sarm&#233;. Le seul d&#233;sarmement qui puisse pr&#233;venir ou arr&#234;ter la guerre, c'est le d&#233;sarmement de la bourgeoisie par les ouvriers. Mais, pour d&#233;sarmer la bourgeoisie, il faut que les ouvriers eux-m&#234;mes soient arm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;NEUTRALIT&#201;&#034; ? Mais le prol&#233;tariat n'est nullement neutre dans une guerre entre le Japon et la Chine, ou entre l'Allemagne et l'URSS. Cela signifi&#233;t-il la d&#233;fense de la Chine et de l'URSS ? Evidemment, mais pas par l'interm&#233;diaire des imp&#233;rialistes, qui &#233;trangleront la Chine et l'URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;D&#201;FENSE DE LA PATRIE&#034; ? Mais, par cette abstraction, la bourgeoisie entend la d&#233;fense de ses profits et de ses pillages. Nous sommes pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre la patrie contre les capitalistes &#233;trangers, si nous garrotons tout d'abord nos propres capitalistes, et les emp&#234;chons de s'attaquer &#224; la patrie d'autrui ; si les ouvriers et les paysans de notre pays deviennent ses v&#233;ritables ma&#238;tres ; si les richesses du pays passent des mains d'une infime minorit&#233; dans les mains du peuple ; si l'arm&#233;e, d'instrument des exploiteurs, devient l'instrument des exploit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut savoir traduire ces id&#233;es fondamentales en id&#233;es plus particuli&#232;res et plus concr&#232;tes, selon la marche des &#233;v&#233;nements et l'orientation de l'&#233;tat d'esprit des masses. Il faut, en outre, distinguer rigoureusement entre le pacifisme du diplomate, du professeur, du journaliste et le pacifisme du charpentier, de l'ouvrier agricole ou de la blanchisseuse. Dans le premier de ces cas, le pacifisme est la couverture de l'imp&#233;rialisme. Dans le second, l'expression confuse de la d&#233;fiance envers l'imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le petit paysan ou l'ouvrier parlent de la d&#233;fense de la patrie, ils se repr&#233;sentent la d&#233;fense de leur maison, de leur famille et de la famille d'autrui contre l'invasion, contre les bombes, contre les gaz asphyxiants. Le capitaliste et son journaliste entendent par d&#233;fense de la patrie la conqu&#234;te de colonies et de march&#233;s, l'extension par le pillage de la part &#034;nationale&#034; dans le revenu mondial. Le pacifisme et le patriotisme bourgeois sont des mensonges complets. Dans le pacifisme et m&#234;me dans le patriotisme des opprim&#233;s, il y a un noyau progressiste qu'il faut savoir saisir pour en tirer les conclusions r&#233;volutionnaires n&#233;cessaires. Il faut savoir dresser l'une contre l'autre ces deux formes de pacifisme et de patriotisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partant de ces consid&#233;rations, la IV&#176; Internationale appuie toute revendication, m&#234;me insuffisante, si elle est capable d'entra&#238;ner les masses, m&#234;me &#224; un faible degr&#233;, dans la politique active, d'&#233;veiller leur critique et de renforcer leur contr&#244;le sur les machinations de la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre est une gigantesque entreprise commerciale, surtout pour l'industrie de guerre. C'est pourquoi les &#034;200 familles&#034; sont les premiers patriotes et les principaux provocateurs de guerre. Le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie de guerre est le premier pas dans la lutte contre les fabricants de guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au mot d'ordre des r&#233;formistes : imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices de guerre, nous opposons les mots d'ordre : CONFISCATION DES B&#201;N&#201;FICES DE GUERRE et EXPROPRIATION DES ENTREPRISES TRAVAILLANT POUR LA GUERRE. L&#224; o&#249; l'industrie de guerre est &#034;nationalis&#233;e&#034;, comme en France, le mot d'ordre du contr&#244;le ouvrier conserve toute sa valeur : le prol&#233;tariat fait aussi peu confiance &#224; l'&#201;tat de la bourgeoisie qu'au bourgeois individuel.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas un homme, pas un sou pour le gouvernement bourgeois !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas de programme d'armements, mais un programme de travaux d'utilit&#233; publique !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ind&#233;pendance compl&#232;te des organisations ouvri&#232;res &#224; l'&#233;gard du contr&#244;le militaire et policier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut arracher, une fois pour toutes, la libre disposition du destin des peuples des mains des cliques imp&#233;rialistes avides et impitoyables qui agissent derri&#232;re le dos des peuples. En accord avec cela, nous revendiquons :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Abolition compl&#232;te de la diplomatie secr&#232;te ; tous les trait&#233;s et accords doivent &#234;tre accessibles &#224; chaque ouvrier et paysan.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Instruction militaire et armement des ouvriers et des paysans sous le contr&#244;le imm&#233;diat des comit&#233;s ouvriers et paysans.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cr&#233;ation d'&#233;coles militaires pour la formation d'officiers venus des rangs des travailleurs, choisis par les organisations ouvri&#232;res.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Substitution &#224; l'arm&#233;e permanente, c'est-&#224;-dire de caserne, d'une milice populaire en liaison indissoluble avec les usines, les mines, les fermes, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre imp&#233;rialiste est la continuation et l'exacerbation de la politique de pillage de la bourgeoisie ; la lutte du prol&#233;tariat contre la guerre est la continuation et l'exacerbation de sa lutte de classe. L'apparition de la guerre change la situation et partiellement les proc&#233;d&#233;s de lutte entre les classes, mais ne change ni les buts ni la direction fondamentale de cell&#233;ci.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie imp&#233;rialiste domine le monde. C'est pourquoi la prochaine guerre, par son caract&#232;re fondamental, sera une guerre imp&#233;rialiste. Le contenu fondamental de la politique du prol&#233;tariat international sera, par cons&#233;quent, la lutte contre l'imp&#233;rialisme et sa guerre. Le principe fondamental de cette lutte sera :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L'ennemi principal est dans notre PROPRE PAYS&#034;, ou :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La d&#233;faite de notre propre gouvernement (imp&#233;rialiste) est le moindre mal&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tous les pays du monde ne sont pas des pays imp&#233;rialistes. Au contraire, la majorit&#233; des pays sont les victimes de l'imp&#233;rialisme. Certains pays coloniaux ou semi-coloniaux tenteront, sans aucun doute, d'utiliser la guerre pour rejeter le joug de l'esclavage. De leur part, la guerre ne sera pas imp&#233;rialiste, mais &#233;mancipatrice. Le devoir du prol&#233;tariat international sera d'aider les pays opprim&#233;s en guerre contre les oppresseurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les ouvriers d'un pays imp&#233;rialiste ne peuvent cependant pas aider un pays anti-imp&#233;rialiste par l'interm&#233;diaire de leur gouvernement, quelles que soient, &#224; un moment donn&#233;, les relations diplomatiques et militaires entre les deux pays. Si les gouvernements se trouvent en alliance temporaire, et au fond incertaine, le prol&#233;tariat du pays imp&#233;rialiste continue &#224; rester en opposition de classe &#224; son gouvernement et apporte un appui &#224; l' &#034;alli&#233;&#034; non imp&#233;rialiste de celui-ci par ses propres m&#233;thodes, c'est-&#224;-dire par les m&#233;thodes de la lutte de classe internationale (agitation en faveur de l'&#201;tat ouvrier et du pays colonial, non seulement contre ses ennemis, mais aussi contre ses alli&#233;s perfides : boycott et gr&#232;ve dans certains cas, renoncement au boycott et &#224; la gr&#232;ve dans d'autres, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but de la guerre, les sections de la IV&#176; Internationale se sentiront in&#233;vitablement isol&#233;es : chaque guerre prend les masses populaires &#224; l'improviste et les pousse du c&#244;t&#233; de l'appareil gouvernemental. Les internationalistes devront nager contre le courant. Cependant, les d&#233;vastations et les maux de la nouvelle guerre qui, d&#232;s les premiers mois, laisseront loin en arri&#232;re les horreurs sanglantes de 1914-1918 auront t&#244;t fait de d&#233;griser les masses. Le m&#233;contentement et la r&#233;volte de celles-ci cro&#238;tront par bonds. Les sections de la IV&#176; Internationale se trouveront &#224; la t&#234;te du flux r&#233;volutionnaire. Le programme des revendications transitoires prendra une actualit&#233; br&#251;lante. Le probl&#232;me de la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat se dressera de toute sa hauteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'&#233;touffer ou de noyer dans le sang l'humanit&#233;, le capitalisme empoisonne l'atmosph&#232;re mondiale par les vapeurs d&#233;l&#233;t&#232;res de la haine nationale et raciale. L'antis&#233;mitisme est aujourd'hui l'une des convulsions les plus malignes de l'agonie du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;nonciation intransigeante des pr&#233;jug&#233;s de race et de toutes les formes et nuances de l'arrogance et du chauvinisme nationaux, en particulier de l'antis&#233;mitisme, doit entrer dans le travail quotidien de toutes les sections de la IV&#176; Internationale comme le principal travail d'&#233;ducation dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme et la guerre. Notre mot d'ordre fondamental reste :&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la guerre mondiale qui vient le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit d&#233;fendre un programme militaire socialiste qui s'appuie sur les points suivants : &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;faitisme r&#233;volutionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;faitisme est la politique du prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialistes qui souhaitent la d&#233;faite de leur imp&#233;rialisme et l'utilisation de cell&#233;ci pour renverser d&#233;finitivement l'imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas de vrai d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire qui ne m&#232;ne pas &#224; la prise de pouvoir par les travailleurs en armes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne sommes pas antimilitaristes en g&#233;n&#233;ral mais anti-armement de la bourgeoisie et pro-armement du prol&#233;tariat et du peuple travailleur auto-organis&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Une des erreurs des pacifistes de gauche est de consid&#233;rer la guerre en soi comme l'ennemi et pas l'ensemble des politiques contr&#233;r&#233;volutionnaires de la bourgeoisie capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
En employant cette politique, Marx d&#233;voile ici le &#171; secret &#187; de l'efficacit&#233; supr&#234;me de l'art militaire du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire qui s'exprime en premier lieu dans le d&#233;faitisme qui d&#233;sagr&#232;ge l'appareil militaire adverse et le rend inop&#233;rant en face de la r&#233;volution. Le principe en est qu'en sabotant le militarisme dans son pays, celui o&#249; s'effectue la r&#233;volution, on sabote en m&#234;me temps le militarisme adverse. La politique militaire du prol&#233;tariat parvenu au pouvoir dans un pays, si elle vise naturellement &#224; la d&#233;fense de la r&#233;volution victorieuse, continue d'appliquer la m&#233;thode qui consiste &#224; agir sur les arri&#232;res des pays bourgeois, en y stimulant l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antimilitarisme r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ORGANISER DES COMITES LOCAUX ANTI-GUERRE ANTI-IMPERIALISTE ET CONTRE LA GUERRE CIVILE MENEE PAR LES GOUVERNEMENTS CONTRE LE PEUPLE TRAVAILLEUR SUR UN PROGRAMME D'ACTION ANTI-IMPERIALISTE ET ANTI-GUERRE DONT LES MOTS D'ORDRE ET LES MOYENS DE LUTTE SERAIENT :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retrait des troupes imp&#233;rialistes de toutes leurs zones d'occupation (n&#233;o-coloniales ou pas) et de toutes leurs bases dans le monde&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un homme, pas un sou pour les sales guerres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais f&lt;br class='autobr' /&gt;
A bas le budget de guerre sociale ! A bas toutes les contr&#233;r&#233;formes anti-ouvri&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
L'organisation d'arr&#234;ts de travail de solidarit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sabotage de l'effort de guerre imp&#233;rialiste et le blocage de l'envoi de troupes ou de mat&#233;riel &lt;br class='autobr' /&gt;
L'organisation de manifestations devant les casernes&lt;br class='autobr' /&gt;
L'interpellation des soldats appel&#233;s &#224; ne pas mourir pour les banquiers, les marchands de canons f soldats fran&#231;ais, ne soyez pas la chair &#224; canon des capitalistes ! refusez de faire une guerre dont le peuple ne veut pas&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appel aux soldats &#224; former des comit&#233;s de soldats f &#224; &#233;lire leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s responsables et r&#233;vocables et &#224; retourner leurs armes contre les fauteurs de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en place de comit&#233;s de gr&#232;ve et d'action anti-imp&#233;rialistes dans les entreprises et leurs &#233;quivalents, dans les quartiers populaires et de leurs f&#233;d&#233;rations sur tout le pays !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abolition de l'arm&#233;e permanente et l'armement g&#233;n&#233;ral du peuple pour se prot&#233;ger du gouvernement meurtrier et de guerre sociale des gouvernants et des capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;strong&gt;Reconstruire la quatri&#232;me internationale sur les bases de Trotsky&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la mort de L&#233;nine et la victoire de Staline contre la r&#233;volution en Russie nous sommes en lutte pour la nouvelle (quatri&#232;me) Internationale du prol&#233;tariat qui devra remporter et assurer la victoire. Nous forgeons le nouveau parti international de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. Nous savons que seul le nouvel essor r&#233;volutionnaire couronnera nos efforts de succ&#232;s. Nous savons aussi que ce nouvel essor r&#233;volutionnaire resterait sans r&#233;sultat si nos efforts subjectifs d'aujourd'hui et de toujours ne pr&#233;paraient pas l'arme de la victoire et de cette fa&#231;on la victoire m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale r&#233;volutionnaire est un seul parti international, un parti mondial ; les partis nationaux sont des sections de l'Internationale r&#233;volutionnaire. Le prol&#233;tariat est une seule classe internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut savoir sur quelles bases Trotsky entendait reconstruire l'internationale communiste r&#233;volutionnaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut savoir pourquoi l'internationale de Trotsky a &#233;chou&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'internationale &#224; construire ne se fondera pas sur un rassemblement sans principes mais sur les bases minimales suivantes :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'objectif reconnu publiquement dans toute la propagande de l'&#233;limination mondiale du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le combat contre le principal trompeur : le r&#233;formisme (et son cousin l'opportunisme), qu'il soit syndical, politique ou associatif
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le refus du sectarisme et de l'isolement des prol&#233;taires &#224; l'&#233;gard des autres fractions du peuple travailleur
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les principes des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale de L&#233;nine et Trotsky
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le programme de transition de Trotsky
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La reconnaissance de la n&#233;cessit&#233; et la lutte pour un parti mondial de la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'objectif du pouvoir aux travailleurs et de la dictature des soviets &#224; l'&#233;chelle mondiale et la dictature du prol&#233;tariat &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Contre l'imp&#233;rialisme et la guerre, le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire et l'armement du prol&#233;tariat &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La d&#233;fense permanente et publique de l'auto-organisation et des comit&#233;s/ conseils/ soviets comme organes de classe du prol&#233;tariat et du peuple travailleur et comme mode futur d'organisation de l'Etat ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EFFONDREMENT MONDIAL DU CAPITALISME ET LA LUTTE CONTRE LA 3&#200;ME GRANDE GUERRE MONDIALE INTER-IMP&#201;RIALISTE ET LA LUTTE POUR LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs, femmes et jeunes du monde, lan&#231;ons un message clair et net : nous n'acceptons pas d'&#234;tre la chair &#224; canons de la prochaine boucherie mondiale d'un syst&#232;me d'exploitation en bout de course !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance am&#233;ricaine, elle, a lanc&#233; un message clair : le &#171; monde occidental &#187; (cela n'a pas d'autre signification que les alli&#233;s des USA puisque cela englobe le Japon, l'Australie ou le Canada comme l''Europe et l'Angleterre) est somm&#233; de pr&#233;parer la guerre mondiale &#224; toute allure et tous les &#201;tats qui font partie de cette alliance internationale s'alignent les uns apr&#232;s les autres et engagent leurs arm&#233;es dans la course aux armements les plus sophistiqu&#233;s et les plus meurtriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence &#233;conomique exacerb&#233;e et les guerres qui se multiplient (de la Syrie au Y&#233;men, de l'Ukraine &#224; l'Arm&#233;nie et &#224; Isra&#235;l) sont le pr&#233;texte invoqu&#233;. Le monde, autrefois unifi&#233;, est d&#233;sormais divis&#233; en deux &#233;conomies capitalistes (l'une autour des USA et l'autre autour du bloc Chine/Russie). La guerre &#233;conomique, financi&#232;re et mon&#233;taire est engag&#233;e et la guerre tout court s'annonce. Dans tous les conflits actuels, un bloc est dans un camp et l'autre dans le camp adverse. La barbarie de ces guerres est sans cesse croissante comme le montrent tous les jours l'Ukraine et Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette division meurtri&#232;re du monde est un choix et pas une &#233;volution involontaire de la part des grandes puissances qui dominent non seulement l'&#233;conomie mais toute la vie de l'humanit&#233;. Ce choix est directement li&#233; &#224; l'&#233;tat dans lequel est le syst&#232;me &#233;conomique capitaliste depuis son effondrement de 2007-2008. Certes, le capitalisme n'a jamais rim&#233; avec pacifisme mais, depuis sa chute historique de 2007 et depuis la vague des r&#233;volutions qui a d&#233;but&#233; dans le monde entier en 2011, le bain de sang a &#233;t&#233; la nouvelle r&#233;ponse des classes exploiteuses, l'un de ces massacres &#233;tant la pand&#233;mie covid avec ses millions de morts et de bless&#233;s. Car, contrairement au discours dominant, les classes dirigeantes n'ont rien fait pour combattre la maladie, bien au contraire, trop satisfaits qu'ils &#233;taient qu'elle frappe les peuples en pleine vague des r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement une crise comme le syst&#232;me capitaliste y est habitu&#233;, nous disent tous les menteurs du monde. Et c'est faux : dans une crise les trusts, banques et &#233;tablissements financiers en rouge font faillite et ferment et, en 2008, c'est le choix inverse qu'a fait le syst&#232;me mondial. Tous ont &#233;t&#233; sauv&#233;s par l'intervention financi&#232;re massive des &#201;tats et des banques centrales. Et depuis, toutes les crises ont &#233;t&#233; trait&#233;es de m&#234;me : renflou&#233;es sur fonds publics. Ils ont estim&#233; alors que chaque trust ou banque, ou assurance et autre &#233;tablissement financier de grande taille qui chuterait serait &#171; syst&#233;mique &#187; c'est-&#224;-dire qu'elle ferait chuter tout l'ensemble du capitalisme mondial ! Mais la dette des &#201;tats et des banques centrales, due au sauvetage des capitalistes &#171; quoiqu'il en co&#251;te &#187;, selon leur propre expression, est devenue un v&#233;ritable gouffre qui va engloutir le syst&#232;me tout entier. Et c'est cette perspective qui les affole adjointe &#224; celle de la vague des r&#233;volutions qui am&#232;ne les classes poss&#233;dantes &#224; orienter le monde vers des dictatures, des fascismes, des guerres civiles et des guerres tout court, voire la guerre mondiale, bien que cell&#233;ci ne puisse amener que la destruction de l'humanit&#233; ell&#233;m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de solution &#224; cette catastrophe si on reste au sein du syst&#232;me capitaliste. Dire non &#224; la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est dire non au capitalisme et &#224; l'imp&#233;rialisme (ce syst&#232;me de domination de quelques grandes puissances li&#233;es aux trusts et aux banques sur le monde entier et &#233;crasant la majorit&#233; de la population du globe). La lutte contre la guerre n'est autre que la lutte pour le socialisme, c'est-&#224;-dire pour en finir avec l'exploitation de l'homme par le capital et pour mettre en place un nouveau mode de production d&#233;barrass&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux et des entreprises. Il est mensonger que le lib&#233;ralisme &#233;conomique ait &#233;t&#233; synonyme de libert&#233; au sein de la soci&#233;t&#233; et de libert&#233; politique. Les peuples n'ont sous le capitalisme que le choix entre des politiciens interchangeables et aussi menteurs les uns que les autres mais ils n'ont aucun choix sur la politique que ceux-ci m&#232;nent une fois au gouvernement. D&#233;mocratie et possession des richesses par une infime minorit&#233; sont antinomiques. Il est caract&#233;ristique que les peuples n'ont jamais eu le droit de d&#233;cider de ce qu'il fallait faire face aux crises &#233;conomiques, face aux guerres ou face aux pand&#233;mies. Plus que jamais, en phase d'effondrement historique du capitalisme, il n'est pas question de d&#233;mocratie, nulle part au monde, ni dans les pays riches ni dans les pays pauvres (et il n'y a jamais et autant de pauvres dans les pays riches). Partout, les fascismes et les dictatures reviennent pour servir de b&#233;quille &#224; un syst&#232;me en chute. La violence de la r&#233;pression grandit partout, y compris dans les m&#233;tropoles les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au peuple travailleur, aux femmes et aux jeunes de donner une r&#233;ponse claire &#224; la barbarie qui monte : la lutte contre la guerre et pour le socialisme men&#233; par des comit&#233;s issus de la mobilisation &#233;lisant des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;vocables et contr&#244;l&#233;s par des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ayant pouvoir de d&#233;cision, voil&#224; d'o&#249; viendra la v&#233;ritable d&#233;mocratie sur laquelle fonder une soci&#233;t&#233; nouvelle, qui ne soit pas soumise aux possesseurs du grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; tous les gouvernants n'ont &#224; la bouche que les mots de r&#233;armement, de mobilisation, de service militaire, o&#249; ils proclament avoir des joujoux de mort de plus en plus sophistiqu&#233;s et les vendent partout sur la plan&#232;te, en particulier dans les zones de guerre, au moment o&#249; m&#234;me les &#201;tats qui ne sont pas officiellement en guerre soutiennent les guerres des quatre coins du monde, il importe que nous, travailleurs, femmes et jeunes, nous nous engagions dans la lutte pour en finir avec ce syst&#232;me finissant et sanglant. Il n'est pas question pour nous de soutenir l'un des camps contre l'autre, pas question de soutenir des trusts et des banques &#171; nationaux &#187; contre leurs adversaires, pas question de s'attaquer &#224; des peuples en soutenant nos propres exploiteurs et les gouvernants &#224; leur botte. Nous devons &#234;tre pour la d&#233;faite de toutes les grandes puissances et la victoire de tous les peuples qui cherchent &#224; s'en lib&#233;rer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun gouvernement au monde capitaliste ne nous apportera ce que nous voulons car les &#201;tats, qu'ils se disent ou pas d&#233;mocratiques, sont directement li&#233;s au grand capital et tous les partis, de gauche, de droite ou d'extr&#234;me droite sont en fait attach&#233;s au syst&#232;me capitaliste et le d&#233;fendent plus ou moins ouvertement. Il nous faut un gouvernement issu des comit&#233;s de base du peuple travailleur, des femmes et des jeunes comme il en est apparu par ci par l&#224; au cours de la derni&#232;re vague des r&#233;volutions dite des printemps. Il nous faut le gouvernement du peuple par le peuple, la d&#233;mocratie directe auto-organis&#233;e et ind&#233;pendante de toutes les institutions de la vieille soci&#233;t&#233; toute pourrie. On ne b&#226;tira pas l'avenir avec les structures mises en place par ses ennemis directs. Ceux qui pr&#233;tendent qu'il suffit d'&#233;lire de bons gouvernements nous trompent. Ceux qui font croire qu'on peut gagner des luttes sociales sans pr&#233;tendre prendre le pouvoir politique nous mentent aussi. Ces r&#233;formistes ne r&#233;forment rien du tout et moins que jamais on ne r&#233;formera pas les tueurs du capitalisme, il faut les d&#233;sarmer et armer le peuple travailleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
En finir avec les guerres, c'est faire chuter les &#201;tats et c'est organiser et armer le peuple ! Ne pas nous laisser envahir par la barbarie et la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est b&#226;tir le socialisme ! Il n'y a pas d'autre issue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde entier marche &#224; la guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos ennemis de classe s'arment massivement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7588&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
LA LUTTE CONTRE L'IMP&#201;RIALISME ET LA GUERRE SUPPOSE LA LUTTE CONTRE LE R&#201;FORMISME BOURGEOIS ISSU DE R&#201;FORMISME OUVRIER ET QUI GANGR&#200;NE ENCORE LE PROL&#201;TARIAT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;1914 : la mort du r&#233;formisme ouvrier !&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ la naissance de la gauche ou l'antith&#232;se du socialisme (le cas millerand en France)&lt;br class='autobr' /&gt;
2/ La premi&#232;re guerre mondiale couronne la politique bourgeoise d'int&#233;gration des appareils politiques et syndicaux : de la collaboration de classe &#224; la gouvernance de classe. De la lutte des classes contre la bourgeoisie a la lutte des classes contre le prol&#233;tariat : les faux amis du prol&#233;tariat !&lt;br class='autobr' /&gt;
Construire des fractions communistes dans les syndicats r&#233;actionnaires et imp&#233;rialistes dirig&#233;es par les agents non d&#233;clar&#233;s de la bourgeoisie comme Binet et cie&lt;br class='autobr' /&gt;
3/ Du socialisme &#224; la politique bourgeoise des organisations se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re !&lt;br class='autobr' /&gt;
4/ le stalinisme ou la contre r&#233;volution fasciste sous les oripeaux du bolchevisme et l'&#233;limination des r&#233;volutionnaires&lt;br class='autobr' /&gt;
5/ le r&#244;le de l'aristocratie ouvri&#232;re : base sociale du r&#233;formisme et de la collaboration de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;R&#233;formisme bourgeois et pseudo progressisme : un v&#233;ritable anticommunisme dans la phase d'effondrement du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause des lumi&#232;res et de l'universalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
Le wokisme&lt;br class='autobr' /&gt; Le f&#233;minisme bourgeois contre les femmes prol&#233;taires&lt;br class='autobr' /&gt; La th&#233;orie critique de la race, un nouveau racisme et le communautarisme&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre l'opportunisme de l'extreme gauche electoraliste et syndicaliste (npa-lo-rp-ucl-cnt)&lt;br class='autobr' /&gt; Le cas fran&#231;ais : LO, NPA, RP, Fraction, CNT, Alternatives libertaires&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;quisition des entreprises qui s'engraisse de pr&#232;s de ou de loin par la guerre&lt;br class='autobr' /&gt; Dissolution des arm&#233;es permanentes et armement du prol&#233;tariat (PIQUET DE GR&#200;VE, MILICE OUVRI&#200;RE)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un homme pas un sou pour l'arm&#233;e du capital&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;quisition des toutes les entreprises travaillant de pr&#232;s ou loin pour l'armement ou profitant de la guerre par des comit&#233;s de travailleurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
A la bande d'hommes en armes qui d&#233;tient le monopole de la violence et des armes dans l'int&#233;r&#234;t priv&#233;e des classes dirigeantes, nous opposons l'armement du peuple travailleur ! Appeler &#224; former des comit&#233;s de policiers et de soldats qui seront responsable devant le peuple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure : Pour abattre le capitalisme qui nous m&#232;ne &#224; la guerre mondiale, il nous faut abattre l'imp&#233;rialisme et son agent r&#233;formiste au sein de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; une &#233;poque o&#249; le monde entier est sous la domination d'un petit nombre de pays allant des USA &#224; l'Europe, du Japon &#224; la Russie, de la Chine au Canada, en passant par l'Inde et l'Angleterre, des pays que l'on appelle imp&#233;rialistes, non pas parce qu'ils seraient plus m&#233;chants que les autres mais parce qu'ils concentrent entre leurs mains la quasi-totalit&#233; des capitaux et des armes de guerre. De nobreuses nations sont opprim&#233;es par les imp&#233;rialismes, par des moyens &#233;conomiques et financiers aussi bien que par la guerre directe. Bien sur, les autres &#201;tats sont aussi des ennemis des prol&#233;taires et du peuple travailleur, mais ils sont bien moins puissants et d&#233;terminants. Il faut dire aussi que le prol&#233;tariat est nombreux dans les pays imp&#233;rialistes et qu'il est le seul &#224; pouvoir &#224; casser la cha&#238;ne de l'oppression imp&#233;rialiste, m&#234;me si dans ces pays, l'imp&#233;rialisme a pu d&#233;velopper une aristocratie ouvri&#232;re qui donne un fondement &#224; tous les r&#233;formistes. L'effondrement du capitalisme sera aussi celui de l'imp&#233;rialisme et celui de l'aristocratie ouvri&#232;re comme des illusions r&#233;formistes mais, en attendant, ils conservent tous un point consid&#233;rable dans l'opinion ouvri&#232;re et trompent encore les travailleurs. Il est indispensable que ces derniers soient instruits dans leur t&#226;che : abattre leur imp&#233;rialisme enti&#232;rement et d&#233;finitivement, en particulier d&#233;sarmer les &#201;tats imp&#233;rialistes. C'est une t&#226;che vitale car ces &#201;tats se pr&#233;parent activement &#224; nous massacrer en masse dans une nouvelle guerre imp&#233;rialiste. L'un des pires crimes du r&#233;formisme et de l'opportunisme consiste &#224; cacher que les &#201;tats imp&#233;rialistes sont nos ennemis mortels. Le faux anti-imp&#233;rialisme d&#233;mocrate, de gauche ou de fausse extr&#234;me gauche, d&#233;nonce les gouvernants sans dire que les travailleurs devront abattre les &#201;tats imp&#233;rialistes et construire l'&#233;tat des conseils ouvriers et des comit&#233;s du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PARTI COMMUNISTE R&#201;VOLUTIONNAIRE OU LE PARTI MONDIAL DE LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classe, avant-garde et parti :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons en premier lieu &#224; dire ce que n'est pas un parti r&#233;volutionnaire ! Il n'est pas une organisation au-dessus du prol&#233;tariat, au-dessus de la soci&#233;t&#233; comme le fut le parti stalinien ! il n'est pas non plus l'image d&#233;form&#233;e que le stalinisme et ses d&#233;bris pr&#233;tendument d'extr&#234;me gauche donnent du bolchevisme aujourd'hui ! Il n'a bien s&#251;r rien &#224; voir non plus avec les partis et les syndicats r&#233;formistes et opportunistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Toute l'histoire moderne atteste que le prol&#233;tariat n'est rien sans ses organisations de classe. En m&#234;me temps, l'exp&#233;rience d&#233;montre que des organisations ouvri&#232;res deviennent souvent un frein pour la lutte r&#233;volutionnaire. C'est plus d'une fois que le mouvement prol&#233;tarien s'est bris&#233; contre cette contradiction. L'exemple le plus tragique en est la catastrophe allemande, dans laquelle les organisations ouvri&#232;res dirigeantes, chacune &#224; sa mani&#232;re, ont paralys&#233; le prol&#233;tariat par en-haut et l'ont livr&#233; d&#233;sarm&#233; au fascisme.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
A/ quel type de parti r&#233;volutionnaire faut-il &#224; la classe ouvri&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui semble remarquable au premier abord c'est qu'il n'existe actuellement aucun parti au monde digne du nom de parti ouvrier ou de parti r&#233;volutionnaire au point que certains commentateurs s'imaginent qu'il n'y en aura plus. Mais c'est un peu comme certains commentateurs pensent qu'il n'y aura plus de r&#233;volution prol&#233;tarienne&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, c'est tr&#232;s loin d'&#234;tre la premi&#232;re p&#233;riode de l'histoire qui soit dans cette situation depuis que le capitalisme et le prol&#233;tariat industriel existent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir ici : &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
A la suite des grandes d&#233;faites prol&#233;tariennes, il y a eu &#224; chaque fois de longues p&#233;riodes o&#249; la classe ouvri&#232;re ne disposait plus de partis r&#233;volutionnaires, le capitalisme soit repartant pour une phase de croissance, soit l'humanit&#233; subissant un recul violent, les classes poss&#233;dantes lui imposant un assassinat en masse et les masses retombaient dans le silence politique et parfois social. Il existe m&#234;me des pays o&#249; les travailleurs n'ont jamais dispos&#233; d'un parti politique ouvrier. Il n'y a aucun m&#233;canisme automatique qui d&#233;finisse d'avance les progr&#232;s et les reculs de la conscience politique ni de l'organisation politique du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les al&#233;as de l'histoire sont aussi impr&#233;dictibles en la mati&#232;re qu'en ce qui concerne les luttes de classes elles-m&#234;mes. Des pays comme le Portugal, l'Italie, la France ou les USA ont connu &#224; certains moments des explosions du nombre de gens qui voulaient militer en r&#233;volutionnaires, explosions que rien ne pr&#233;disait auparavant. Et du coup, des occasions brutales de construire des partis r&#233;volutionnaires. Mais pas forc&#233;ment de v&#233;ritables politiques r&#233;volutionnaires pour appuyer ces efforts&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat d'id&#233;es sur le parti r&#233;volutionnaire a ses lois. Les trahir ne m&#232;ne pas au succ&#232;s. Les petits et les grands manipulateurs d'organisations ne conduisent pas le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire vers des victoires mais vers des impasses piteuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'une de ces lois incontournables est celle de la connaissance des le&#231;ons du pass&#233;. Rappelons-nous que la R&#233;volution fran&#231;aise a &#233;t&#233; aussi loin parce qu'elle &#233;tait amr&#233;e des le&#231;ons historiques des r&#233;volutions anglaises et am&#233;ricaines. Le prol&#233;tariat devra en &#234;tre arm&#233; de cette connaissance quand il repartira &#224; l'assaut. C'est l'une des t&#226;ches essentielles du parti r&#233;volutionnaire. Sans lui, les travailleurs ne peuvent avoir de telles connaissances. Ils n'ont aucun moyen d'emmagasiner les le&#231;ons des luttes pass&#233;es et leur analyse &#224; l'aide d'une m&#233;thode scientifique et r&#233;volutionnaire qu'ils n'ont jamais eu l'occasion d'&#233;tudier. Ils ont encore moins la possibilit&#233; de continuer &#224; construire scientifiquement cette m&#233;thode, le marxisme. C'est la t&#226;che num&#233;ro un des r&#233;volutionnaires : relier les lutes pr&#233;sentes aux le&#231;ons des luttes du pass&#233;, non seulement de celles des &#233;poques de Marx &#224; L&#233;nine et &#224; Trotsky mais aussi des r&#233;volutions qui ont suivi, de la r&#233;volution vietnamienne &#224; la hongroise et aux vagues r&#233;volutionnaires d&#233;but&#233;es en 2011 jusqu'&#224; aujourd'hui. Leur analyse scientifique est un fondement indispensable des politiques des classes dirigeantes (c'est en tenant compte de ses le&#231;ons que celles-ci programment actuellement guerre mondiale, fascisme, dictature et guerres civiles intercommunautaires) et doit l'&#234;tre aussi pour les exploit&#233;s, pour contrer les pi&#232;ges des exploiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La connaissance intime de tout le pass&#233; historique des luttes de classes (y compris celles des r&#233;volutions bourgeoises et m&#234;me les r&#233;volutions de l'antiquit&#233;), c'est la premi&#232;re chose qui distingue l'avant-garde r&#233;volutionnaire de la masse du prol&#233;tariat, qu'elle soit ou pas influenc&#233;e par les r&#233;formistes politiques et syndicaux. Et il ne s'agit pas seulement de la connaissance des faits mais aussi de la liaison de ceux-ci avec une analyse scientifique de classe de toute l'Histoire, reli&#233;e de mani&#232;re dynamique &#224; une m&#233;thode scientifique et philosophique. Nous voulons bien entendu parler du marxisme, celui de Marx et Engels, enrichi par Rosa Luxemburg, Trotsky, L&#233;nine et quelques autres. L&#224; encore, il ne s'agit pas de faire une courbette aux anciens grands r&#233;volutionnaires, une citation par ci par l&#224;, et un compliment joliment tourn&#233;. Non, il faut que nos &#233;tudes actuelles prennent la suite de ces grands auteurs, m&#234;me si tout le monde nous dira qu'on n'en est pas capables, qu'on n'a pas le g&#233;nie de ceux-l&#224;, qu'on n'a pas leur exp&#233;rience des r&#233;volutions, etc. Et c'est vrai mais necessit&#233; fait loi&#8230; La science vivante des r&#233;volutionnaires (science des r&#233;volutions mais aussi des contr&#233;r&#233;volutions) ne peut pas se contenter de vivre d'&#233;vocations du pass&#233; et elle doit p&#233;n&#233;trer le pr&#233;sent et l'avenir sous peine d'&#234;tre d&#233;pass&#233;e par celle des ennemis du prol&#233;tariat. Elle doit s'emparer des meilleurs r&#233;sultats des sciences et de la philosophie sous peine d'&#234;tre domin&#233;e par des id&#233;es fausses (issues de l'id&#233;alisme et de la pens&#233;e non-dialectique par exemple) qui la bloqueraient dans ses raisonnements. Les id&#233;es ne sont pas un domaine secondaire pour les r&#233;volutionnaires mais l'organisation sans la th&#233;orie r&#233;volutionnaire c'est un peu comme l'arbre sans la s&#232;ve : elle est morte, tout en pouvant conserver toutes les apparences du vivant. L'organisation sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire ne fait plus que figer des formes pass&#233;es sans avoir le moindre r&#244;le dynamique de transformation du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe ouvri&#232;re, sans avant-garde &#233;clair&#233;e et form&#233;e, est contrainte de retomber dans toutes les erreurs et illusions qui l'ont amen&#233; pr&#233;c&#233;demment dans des impasses, de refaire les fautes d&#233;j&#224; connues et d'en faire d'autres en plus. C'est un r&#244;le majeur du parti r&#233;volutionnaire. Il ne d&#233;pend pas du nombre de ses militants, m&#234;me si celui-ci joue un r&#244;le dans la diffusion des id&#233;es. Encore faut-il que ces id&#233;es ne s'en tiennent pas &#224; r&#233;p&#233;ter que la soci&#233;t&#233; est malade du capitalisme et qu'il faudra le renverser un beau jour. Et &#224; r&#233;p&#233;ter aussi qu'il faudra alors disposer d'un grand parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. Car il y manque l'essentiel, &#224; savoir comment le prol&#233;tariat pourra-t-il disposer de la force de r&#233;aliser ce tour de force alors que les luttes r&#233;formistes qui &#233;chouent sans cesse lui font penser qu'il ne serait m&#234;me pas capable de pr&#233;server ses acquis&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne suffit pas d'&#234;tre r&#233;volt&#233; par la situation pr&#233;sente pour comprendre ce qui est extraordinaire (non magique mais seulement hors de l'ordinaire) dans les r&#233;volutions sociales dans lesquelles des masses exploit&#233;es qui se sont tues politiquement pendant des d&#233;cennies se mettent &#224; faire par elles-m&#234;mes de la politique, &#224; se donner les moyens et la force d'affirmer et d'imposer leur loi, des organisations de masse &#224; la base qui p&#233;n&#232;trent partout, se m&#234;lent de tout et veulent d&#233;cider de tout. Nous voulons parler des conseils ouvriers r&#233;volutionnaires, autrement appel&#233;s les soviets parce que c'est la r&#233;volution russe (ou plut&#244;t les deux r&#233;volutions de f&#233;vrier et octobre 1917) qui leur a donn&#233; la premi&#232;re manifestation &#233;clatante de capacit&#233;, de courage, de force et de dynamisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette derni&#232;re remarque impose que les r&#233;volutionnaires qui souhaitent construire le parti r&#233;volutionnaire de demain soient des militants, d&#232;s aujourd'hui et m&#234;me dans une phase non r&#233;volutionnaire ou pr&#233;-r&#233;volutionnaire, de l'id&#233;e sovi&#233;tique, des d&#233;fenseurs permanents et in&#233;branlables de l'auto-organisation des travailleurs en masse et &#224; la base, qui soit une organisation politique sur des bases de classe et avec des buts ouvertement r&#233;volutionnaires (lesquels n&#233;cessitent &#224; la fois les objectifs suivants : l'organisation &#233;conomique et social de toute la soci&#233;t&#233; au service exclusif du plus grand nombre sans aucun respect pour les int&#233;r&#234;ts des plus riches, la fin du sacro-saint droit de propri&#233;t&#233; priv&#233;e sur les capitaux et les entreprises du grand capital, l'armement du prol&#233;tariat organis&#233;e en milices r&#233;volutionnaires et le d&#233;sarmement des capitalistes et de leurs Etats, la suppression de tous les organismes d'Etat et le renvoi de tous les hauts fonctionnaires, g&#233;n&#233;raux compris, la suppression des lois mises en place par le grand capital contre les travailleurs et l'union des conseils ouvriers avec tous ceux qui, au sein du peuple travailleur, sont des professions lib&#233;rales qui n'exploitent personne et ne veulent pas d&#233;fendre le grand capital). Quiconque ne ferait pas sans rel&#226;che de la propagande pour ces buts, en public comme au sein des organisations ouvri&#232;res syndicales et politiques ne serait nullement habilit&#233; &#224; construire demain le parti r&#233;volutionnaire qui est si n&#233;cessaire &#224; la classe ouvri&#232;re pour jouer son r&#244;le historique de transformation de la soci&#233;t&#233; humaine, de sa phase exploiteuse &#224; celle d&#233;barrass&#233;e des barbaries du pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations qui, dans la phase non r&#233;volutionnaire ou pr&#233;-r&#233;volutionnaire, montraient de l'opportunisme envers les partis et syndicats r&#233;formistes doivent, au contraire, &#234;tre marqu&#233;s d'un signe de d&#233;fiance aux yeux du prol&#233;tariat car ce seront les pires ennemis de la r&#233;volution, les plus s&#251;rs moyens de la tromper !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui r&#233;p&#232;tent sans cesse que leur but unique est la construction du parti r&#233;volutionnaire ne sont pas les plus habilit&#233;s &#224; r&#233;ussir cette t&#226;che :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diverses conceptions du parti r&#233;volutionnaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3919&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3919&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx et les buts de l'organisation du prol&#233;tariat (1850) dans &#171; Adresse du Comit&#233; Central &#224; la Ligue des communistes &#187; (1850) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les ouvriers contribueront eux-m&#234;mes &#224; leur victoire d&#233;finitive bien plus par le fait qu'ils prendront conscience de leurs int&#233;r&#234;ts de classe, se poseront d&#232;s que possible en parti ind&#233;pendant et ne se laisseront pas un instant d&#233;tourner - par les phrases hypocrites des petits bourgeois d&#233;mocratiques - de l'organisation autonome du parti du prol&#233;tariat. Leur cri de guerre doit &#234;tre : La r&#233;volution en permanence ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7325&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7325&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rosa Luxemburg : le r&#244;le du Parti prol&#233;tarien dans la gr&#232;ve de masse (1906) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; S'il est donc vrai que c'est &#224; la p&#233;riode r&#233;volutionnaire que revient la direction de la gr&#232;ve au sens de l'initiative de son d&#233;clenchement et de la prise en charge des frais, il n'est pas moins vrai qu'en un tout autre sens la direction dans les gr&#232;ves de masse revient &#224; la social-d&#233;mocratie et &#224; ses organismes directeurs. Au lieu de se poser le probl&#232;me de la technique et du m&#233;canisme de la gr&#232;ve de masse, la social-d&#233;mocratie est appel&#233;e, dans une p&#233;riode r&#233;volutionnaire, &#224; en prendre la direction politique. La t&#226;che la plus importante de &#171; direction &#187; dans la p&#233;riode de la gr&#232;ve de masse, consiste &#224; donner le mot d'ordre de la lutte, &#224; l'orienter, &#224; r&#233;gler la tactique de la lutte politique de telle mani&#232;re qu'&#224; chaque phase et &#224; chaque instant du combat, est r&#233;alis&#233;e et mise en activit&#233; la totalit&#233; de la puissance du prol&#233;tariat d&#233;j&#224; engag&#233; et lanc&#233; dans la bataille et que cette puissance s'exprime par la position du Parti dans la lutte ; il faut que la tactique de la social-d&#233;mocratie ne se trouve jamais, quant &#224; l'&#233;nergie et &#224; la pr&#233;cision, au dessous du niveau du rapport des forces en pr&#233;sence, mais qu'au contraire elle d&#233;passe ce niveau ; alors cette direction politique se transformera automatiquement en une certaine mesure en direction technique. Une tactique socialiste cons&#233;quente, r&#233;solue, allant de l'avant, provoque dans masse un sentiment de s&#233;curit&#233;, de confiance, de combativit&#233; ; une tactique h&#233;sitante, faible, fond&#233;e sur une sous-estimation des forces du prol&#233;tariat, paralyse et d&#233;soriente la masse. Dans le premier cas les gr&#232;ves de masse &#233;clatent &#171; spontan&#233;ment &#187; et toujours &#171; en temps opportun &#187; ; dans le deuxi&#232;me cas la direction du Parti a beau appeler directement &#224; la gr&#232;ve - c'est en vain. La r&#233;volution nous offre des exemples parlants de l'un et l'autre cas. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine &#233;crit dans La Maladie infantile du communisme (1920) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Qu'est-ce qui cimente la discipline du parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ? &#187; , &#171; Qu'est-ce qui la contr&#244;le ? Qu'est-ce qui l'&#233;taye ? C'est d'abord, la conscience de l'avant garde prol&#233;tarienne et son d&#233;vouement &#224; la r&#233;volution, sa fermet&#233;, son esprit de sacrifice, son h&#233;ro&#239;sme. C'est, ensuite, son aptitude &#224; se lier, &#224; se rapprocher et, si vous voulez, &#224; se fondre jusqu'&#224; un certain point avec la masse la plus large des travailleurs, au premier chef avec la masse prol&#233;tarienne, mais aussi la masse des travailleurs non prol&#233;tarienne. Troisi&#232;mement, c'est la justesse de sa strat&#233;gie et de sa tactique politiques, &#224; condition que les grandes masses se convainquent de cette justesse par leur propre exp&#233;rience. A d&#233;faut de ces conditions, dans un parti r&#233;volutionnaire r&#233;ellement capable d'&#234;tre le parti de la classe d'avant-garde appel&#233; &#224; renverser la bourgeoisie et &#224; transformer la soci&#233;t&#233;, la discipline est irr&#233;alisable. Ces conditions faisant d&#233;faut, toute tentative de cr&#233;er cette discipline se r&#233;duit in&#233;luctablement &#224; des phrases creuses, &#224; des mots, &#224; des simagr&#233;es. Mais, d'autre part, ces conditions ne peuvent pas surgir d'embl&#233;e. Elles ne s'&#233;laborent qu'au prix d'un long travail, d'une dure exp&#233;rience ; leur &#233;laboration est facilit&#233;e par une th&#233;orie r&#233;volutionnaire juste qui n'est pas un dogme, et qui ne se forme d&#233;finitivement qu'en liaison &#233;troite avec la pratique d'un mouvement r&#233;ellement massif et r&#233;ellement r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'histoire en g&#233;n&#233;ral, et plus particuli&#232;rement l'histoire des r&#233;volutions, est toujours plus riche de contenu, plus vari&#233;e, plus multiforme, plus vivante, &#034;plus ing&#233;nieuse&#034; que ne le pensent les meilleurs partis, les avant-gardes les plus conscientes des classes les plus avanc&#233;es. Et cela se con&#231;oit, puisque les meilleures avant-gardes expriment la conscience, la volont&#233;, la passion, l'imagination de dizaines de mille hommes, tandis que la r&#233;volution est, - en des moments d'exaltation et de tension particuli&#232;res de toutes les facult&#233;s humaines, - l'&#339;uvre de la conscience, de la volont&#233;, de la passion, de l'imagination de dizaines de millions d'hommes aiguillonn&#233;s par la plus &#226;pre lutte des classes. De l&#224; deux conclusions pratiques d'une grande importance : la premi&#232;re, c'est que la classe r&#233;volutionnaire, pour remplir sa t&#226;che, doit savoir prendre possession de toutes les formes et de tous les c&#244;t&#233;s, sans la moindre exception, de l'activit&#233; sociale (quitte &#224; compl&#233;ter, apr&#232;s la conqu&#234;te du pouvoir politique et parfois au prix d'un grand risque et d'un danger &#233;norme, ce qu'elle n'aura pas termin&#233; avant cette conqu&#234;te) ; la seconde, c'est que la classe r&#233;volutionnaire doit se tenir pr&#234;te &#224; remplacer vite et brusquement une forme par une autre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine dans &#171; Le mat&#233;rialisme militant &#187; (1922) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d'ailleurs, les r&#233;volutionnaires en g&#233;n&#233;ral qui ont men&#233; &#224; bien le d&#233;but d'une grande r&#233;volution), c'est de se figurer que la r&#233;volution peut &#234;tre accomplie par les mains des seuls r&#233;volutionnaires. Or, pour assurer le succ&#232;s de toute action r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l'id&#233;e que les r&#233;volutionnaires ne peuvent jouer un r&#244;le que comme avant garde de la classe r&#233;ellement avanc&#233;e et viable. L'avant garde ne remplit sa mission que lorsqu'elle sait ne pas se d&#233;tacher de la masse qu'elle dirige, lorsqu'elle sait v&#233;ritablement faire progresser toute la masse. Sans l'alliance avec les non communistes dans les domaines d'activit&#233; les plus divers, il ne saurait &#234;tre question d'aucun succ&#232;s en mati&#232;re de construction de la soci&#233;t&#233; communiste. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky sur l'organisation r&#233;volutionnaire en 1923 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si nous prenons maintenant notre Parti bolchevik dans son pass&#233; r&#233;volutionnaire et dans la p&#233;riode qui suit octobre, on reconna&#238;tra que sa qualit&#233; tactique fondamentale la plus pr&#233;cieuse est sa capacit&#233; in&#233;gal&#233;e &#224; s'orienter rapidement, &#224; changer rapidement de tactique, &#224; renouveler son armement et &#224; appliquer de nouvelles m&#233;thodes, en un mot, pour effectuer des virages brusques. Des conditions historiques orageuses ont rendu cette tactique n&#233;cessaire. Le g&#233;nie de L&#233;nine lui a donn&#233; une forme sup&#233;rieure. Cela ne veut pas dire, naturellement, que notre parti est compl&#232;tement lib&#233;r&#233; d'un certain traditionalisme conservateur : un parti de masse ne peut pas &#234;tre id&#233;alement libre. Mais sa force et sa puissance se sont manifest&#233;es dans le fait que l'inertie, le traditionalisme, la routine, ont &#233;t&#233; r&#233;duits au minimum par une initiative tactique clairvoyante, profond&#233;ment r&#233;volutionnaire, &#224; la fois audacieuse et r&#233;aliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en cela que consiste et doit consister la v&#233;ritable tradition du parti. La bureaucratisation relativement forte de l'appareil du parti s'accompagne in&#233;vitablement du d&#233;veloppement du traditionalisme conservateur avec tous ses effets. Il vaut mieux exag&#233;rer ce danger que le sous-estimer. Le fait ind&#233;niable que les &#233;l&#233;ments les plus conservateurs de l'appareil sont enclins &#224; identifier leurs opinions, leurs m&#233;thodes et leurs erreurs avec le &#171; vieux bolchevisme &#187;, et cherchent &#224; identifier la critique du bureaucratisme avec la destruction de la tradition, ce fait, dis-je. , est d&#233;j&#224; &#224; lui seul l'expression incontestable d'une certaine p&#233;trification id&#233;ologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le marxisme est une m&#233;thode d'analyse historique, d'orientation politique, et non une masse de d&#233;cisions pr&#233;par&#233;es d'avance. Le l&#233;ninisme est l'application de cette m&#233;thode dans les conditions d'une &#233;poque historique exceptionnelle. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette union des particularit&#233;s de l'&#233;poque et de la m&#233;thode qui d&#233;termine cette politique courageuse et assur&#233;e de virages brusques dont L&#233;nine nous a donn&#233; les plus beaux mod&#232;les, et qu'il a plus d'une fois &#233;clair&#233; th&#233;oriquement et g&#233;n&#233;ralis&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6309&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6309&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky dans &#171; Le&#231;ons d'octobre &#187; (1924) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Consid&#233;r&#233;e &#224; la lumi&#232;re de notre propre exp&#233;rience, l'exp&#233;rience des batailles des derni&#232;res ann&#233;es en Europe et principalement en Allemagne, nous montre qu'il y a deux cat&#233;gories de chefs enclins &#224; tirer le Parti en arri&#232;re au moment o&#249; il lui faut accomplir le plus grand saut en avant. Les uns sont port&#233;s &#224; voir principalement les difficult&#233;s, les obstacles et &#224; appr&#233;cier chaque situation avec le parti pris, inconscient parfois, de se d&#233;rober &#224; l'action. Chez eux, le marxisme devient une m&#233;thode servant &#224; motiver l'impossibilit&#233; de l'action r&#233;volutionnaire. Les mencheviks russes repr&#233;sentaient les sp&#233;cimens les plus caract&#233;ristiques de ce type de chefs. Mais ce type ne se limite pas au menchevisme et, au moment le plus critique, se r&#233;v&#232;le dans le parti le plus r&#233;volutionnaire, chez les militants occupant les plus hauts postes. Les repr&#233;sentants de l'autre cat&#233;gorie sont des agitateurs superficiels. Ils ne voient pas les obstacles tant qu'ils ne s'y heurtent pas de front. Leur coutume d'&#233;luder les difficult&#233;s r&#233;elles en jonglant sur les mots, leur optimisme extr&#234;me dans toutes les questions se transforment in&#233;vitablement en impuissance et en pessimisme quand vient le moment de l'action d&#233;cisive. Pour le premier type, pour le r&#233;volutionnaire mesquin, gagn&#233;petit, les difficult&#233;s de la prise du pouvoir ne sont que l'accumulation et la multiplication de toutes les difficult&#233;s qu'il est habitu&#233; &#224; voir sur son chemin. Pour le second type, pour l'optimiste superficiel, les difficult&#233;s de l'action r&#233;volutionnaire surgissent toujours soudainement. Dans la p&#233;riode de pr&#233;paration, ces deux hommes ont une conduite diff&#233;rente l'un appara&#238;t comme un sceptique sur lequel il est impossible de compter fermement au point de vue r&#233;volutionnaire ; l'autre, par contre, peut sembler un r&#233;volutionnaire ardent. Mais, au moment d&#233;cisif, tous deux marchent la main dans la main, s'&#233;l&#232;vent contre l'insurrection. Pourtant, tout le travail de pr&#233;paration n'a de valeur que dans la mesure o&#249; il rend le Parti, et surtout ses organes dirigeants, capables de d&#233;terminer le moment de l'insurrection et de la diriger. Car la t&#226;che du Parti communiste est de s'emparer du pouvoir afin de proc&#233;der &#224; la refonte de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky dans &#171; Les questions du r&#233;gime int&#233;rieur du parti &#187; (1928) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L&#233;nine et nous avec lui, nous redoutions, avant tout, que le Parti communiste russe, disposant des puissantes ressources d'un &#201;tat, n'exer&#231;&#226;t une influence excessive, &#233;crasante, sur les jeunes partis d'Occident qui venaient de s'organiser. L&#233;nine, sans se lasser, multipliait les mises en garde contre un accroissement pr&#233;matur&#233; du centralisme, contre toute avance exag&#233;r&#233;e du Comit&#233; ex&#233;cutif et du Pr&#233;sidium dans cette voie, et surtout contre des formes et m&#233;thodes d'assistance qui se transformeraient en commandement direct, n'admettant aucun recours en appel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rupture se produisit en 1924, sous le nom de &#034; bolchevisation &#034;. Si l'on entend, par bolchevisation, l'&#233;puration du parti par l'&#233;limination d'&#233;l&#233;ments et d'habitudes h&#233;t&#233;rog&#232;nes, celle des fonctionnaires sociaux-d&#233;mocrates accroch&#233;s &#224; leurs postes, des francs-ma&#231;ons, des d&#233;mocrates-pacifistes, des confusionnistes spiritualistes, etc., alors cette besogne s'accomplit d&#232;s le premier jour de l'existence de l'Internationale communiste ; lors du IVe Congr&#232;s, elle prit des formes tr&#232;s actives &#224; l'&#233;gard du Parti communiste fran&#231;ais. Mais cette bolchevisation v&#233;ritable se liait indissolublement, autrefois, &#224; l'exp&#233;rience propre des sections nationales de l'Internationale communiste et s'&#233;tendait &#224; partir de cette exp&#233;rience ; elle avait comme pierre de touche les questions de politique nationale, qui s'&#233;levaient jusqu'&#224; devenir des probl&#232;mes internationaux. La &#034; bolchevisation &#034; de 1924 ne fut qu'une caricature ; on mit le revolver sur la tempe des organisations dirigeantes des partis communistes, en exigeant d'elles que, sans informations ni d&#233;bats, elles prissent imm&#233;diatement et d&#233;finitivement position sur les divergences internes du Parti communiste de l'U.R.S.S. ; elles savaient d'avance que les positions prises d&#233;termineraient leur maintien dans l'Internationale communiste ou leur rejet hors de ses rangs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, en 1924, les partis communistes europ&#233;ens n'avaient pas les moyens de r&#233;soudre les probl&#232;mes qui &#233;taient pos&#233;s dans la discussion russe, o&#249; s'&#233;bauchaient &#224; peine dans la nouvelle &#233;tape de la dictature du prol&#233;tariat deux tendances de principe. Il est &#233;vident qu'apr&#232;s 1924, le travail d'&#233;puration demeurait indispensable, et, dans de nombreuses sections, des &#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes furent &#233;limin&#233;s &#224; juste titre. Mais, consid&#233;r&#233;e dans son ensemble, la &#034; bolchevisation &#034; consistait chaque fois &#224; d&#233;sorganiser les directions qui se formaient dans les partis communistes occidentaux, en utilisant comme un coin les diff&#233;rends russes que l'appareil d'&#201;tat enfon&#231;ait &#224; coups de marteau. Tout cela se dissimulait sous l'&#233;tendard de la lutte contre l'esprit de fraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand, au sein du parti de l'avant-garde prol&#233;tarienne, des fractions viennent &#224; se cristalliser, mena&#231;ant de le rendre pour longtemps inapte au combat, il est &#233;vident que le parti est dans la n&#233;cessit&#233; de prendre une d&#233;cision : faut-il laisser au temps la possibilit&#233; d'op&#233;rer une v&#233;rification suppl&#233;mentaire, ou bien faut-il reconna&#238;tre imm&#233;diatement que la scission est in&#233;vitable ? Un parti de combat ne peut &#234;tre une somme de fractions tirant &#224; hue et &#224; dia. Sous sa forme g&#233;n&#233;rale cette id&#233;e est incontestable. Mais user de la scission comme d'un moyen pr&#233;ventif contre les divergences de vues, amputer tout groupe ou groupement qui fait entendre la voix de la critique, c'est transformer la vie int&#233;rieure du parti en une succession d'avortements dans l'organisation. De telles, m&#233;thodes, loin de contribuer &#224; la perp&#233;tuation et au d&#233;veloppement de l'esp&#232;ce, ne font qu'&#233;puiser l'organisme g&#233;n&#233;rateur, c'est-&#224;-dire le parti. La lutte contre l'esprit de fraction devient plus dangereuse que cet esprit lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'heure actuelle, les premiers fondateurs de presque tous les partis communistes du monde ont &#233;t&#233; mis en dehors de l'Internationale, sans excepter son ex-pr&#233;sident. Dans presque tous les partis, les groupes qui en guid&#232;rent le d&#233;veloppement pendant deux p&#233;riodes cons&#233;cutives sont exclus ou mis &#224; l'&#233;cart. En Allemagne, le groupe Brandler n'a maintenant qu'un pied dans le parti ; le groupe Maslow n'a pas franchi son seuil. En France, les anciens groupes de Rosmer-Monatte, Loriot, Souvarine, ont &#233;t&#233; exclus ; il en va de m&#234;me pour le groupe Girault-Treint, qui occupa la direction pendant la p&#233;riode suivante. En Belgique, on a exclu le groupe de Van Overstraeten. Si le groupe de Bordiga, qui donna naissance au Parti communiste italien, n'est qu'&#224; moiti&#233; exclu, cela s'explique par les conditions du r&#233;gime fasciste. En Tch&#233;coslovaquie, en Su&#232;de, en Norv&#232;ge, aux &#201;tats-Unis, en un mot dans presque tous les partis du monde, des &#233;v&#233;nements plus ou moins analogues se sont produits depuis la mort de L&#233;nine. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6671&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6671&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti r&#233;volutionnaire, vu par Trotsky en 1931 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1461&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky dans &#034;R&#233;ponse &#224; des questions concernant les Etats Unis&#034; (1940) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Avant tout, qu'est ce qui caract&#233;rise un parti prol&#233;tarien ? Personne n'est oblig&#233; de militer dans un parti r&#233;volutionnaire, mais, s'il le fait, il prend son parti au s&#233;rieux. Quand on ose appeler le peuple &#224; un changement r&#233;volutionnaire de soci&#233;t&#233;, on porte une &#233;norme responsabilit&#233; qu'il faut prendre tr&#232;s au s&#233;rieux. Et qu'est-ce que notre th&#233;orie, sinon, simplement l'outil de notre action ? Cet outil, c'est la th&#233;orie, marxiste, parce que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous n'en avons pas trouv&#233; de meilleur. Un ouvrier ne se livre &#224; aucune fantaisie avec ses outils : si ce sont les meilleurs outils qu'il puisse avoir, il en prend grand soin ; il ne les abandonne pas et n'exige pas des outils fantaisistes, qui n'existent pas &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de militants r&#233;volutionnaires croient r&#233;sumer la pens&#233;e de L&#233;nine en disant : il nous faut un parti r&#233;volutionnaire et la pens&#233;e de Trotsky en disant que la crise de la soci&#233;t&#233; se r&#233;sume &#224; l'absence d'une direction r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, le parti est une question cruciale. Mais quel cuisinier dirait que la question de la gastronomie se r&#233;sume &#224; mettre beaucoup de sel ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous sommes ici victimes de la version stalinienne de la r&#233;volution d'octobre et du bolchevisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons ici essayer de montrer que nos glorieux pr&#233;d&#233;cesseurs ne voyaient pas les choses ainsi. Ils &#233;taient pour que la classe ouvri&#232;re intervienne sur le terrain politique, contrairement aux anarchistes, brigue le pouvoir politique par la r&#233;volution. Mais ils n'isolaient pas cette question du parti d'une autre question cruciale : le lien avec l'action autonome des masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des militants r&#233;volutionnaires oublient que les r&#233;volutionnaires communistes voyaient dans le prol&#233;tariat la classe r&#233;volutionnaire et non dans ses organisations, qu'elles soient r&#233;volutionnaires ou syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti ou le syndicat ne remplacent pas la classe. Les militant du parti ou du syndicat qui estime que son organisation doit d&#233;cider ... en lieu et place des travailleurs n'est pas r&#233;volutionnaire, m&#234;me si honn&#234;tement il ne le sait pas ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne voulons pas d&#233;velopper une th&#232;se selon laquelle la spontan&#233;it&#233; des masses suffirait &#224; r&#233;gler tous les probl&#232;mes. Nous sommes partisans de la construction d'un parti r&#233;volutionnaire mais nous estimons que la signification de celui-ci est compl&#232;tement perdue lorsque les militants estiment que l'organisation r&#233;volutionnaire est un but en soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article843&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article843&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#171; La France &#224; un tournant &#187; (mars 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Comprendre clairement la nature sociale de la soci&#233;t&#233; moderne, de son Etat, de son droit, de son id&#233;ologie constitue le fondement th&#233;orique de la politique r&#233;volutionnaire. La bourgeoisie op&#232;re par abstraction (&#171; nation &#187;, &#171; patrie &#187;, &#171; d&#233;mocratie &#187;) pour camoufler l'exploitation qui est &#224; la base de sa domination. (&#8230;) Le premier acte de la politique r&#233;volutionnaire consiste &#224; d&#233;masquer les fictions bourgeoises qui intoxiquent les masses populaires. Ces fictions deviennent particuli&#232;rement malfaisantes quand elles s'amalgament avec les id&#233;es de &#171; socialisme &#187; et de &#171; r&#233;volution &#187;. Aujourd'hui plus qu'&#224; n'importe quel moment, ce sont les fabricants de ce genre d'amalgames qui donnent le ton dans les organisations ouvri&#232;res fran&#231;aises. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#171; L'&#233;tape d&#233;cisive &#187; (juin 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le mot d'ordre de comit&#233;s ne peut &#234;tre abord&#233; que par une v&#233;ritable organisation r&#233;volutionnaire, absolument d&#233;vou&#233;e aux masses, &#224; leur cause, &#224; leur lutte. Les ouvriers fran&#231;ais viennent de montrer de nouveau qu'ils sont dignes de leur r&#233;putation historique. Il faut leur faire confiance. Les soviets sont toujours n&#233;s des gr&#232;ves. La gr&#232;ve de masse est l'&#233;l&#233;ment naturel de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. D'atelier en atelier, d'usine en usine, de quartier en quartier, de ville en ville, les comit&#233;s d'action doivent &#233;tablir entre eux une liaison &#233;troite, se r&#233;unir en conf&#233;rences par villes, par branches de production, par arrondissements, afin de couronner le tout par un congr&#232;s de tous les comit&#233;s d'action de France. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un point &#224; ne jamais oublier : ni le parti communiste r&#233;volutionnaire ni l'Etat ouvrier ne peuvent se substituer au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4731&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4731&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#171; La France &#224; un tournant &#187; (28 mars 1936) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; l'&#233;mancipation des masses. Voil&#224; pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte &#224; mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va sans dire que les masses ne sont pas sans p&#233;ch&#233;. Nous ne sommes pas enclins &#224; les id&#233;aliser. Nous les avons vues en des circonstances vari&#233;es, &#224; diverses &#233;tapes, au milieu des plus grands bouleversements. Nous avons observ&#233; leurs faiblesses et leurs qualit&#233;s. Leurs qualit&#233;s : la d&#233;cision, l'abn&#233;gation, l'h&#233;ro&#239;sme trouvaient toujours leur plus haute expression dans les p&#233;riodes d'essor de la r&#233;volution. A ces moments, les bolcheviks furent &#224; la t&#234;te des masses. Un autre chapitre de l'histoire s'ouvrit ensuite, quand se r&#233;v&#233;l&#232;rent les faiblesses des opprim&#233;s : h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, insuffisance de culture, manque d'horizon. Fatigu&#233;es, d&#233;&#231;ues, les masses s'affaiss&#232;rent, perdirent la foi en elles-m&#234;mes et c&#233;d&#232;rent la place &#224; une nouvelle aristocratie. Dans cette p&#233;riode les bolcheviks (les &#034;trotskistes&#034;) se trouv&#232;rent isol&#233;s des masses. Nous avons pratiquement parcouru deux cycles semblables : 1897-1905, ann&#233;es de flux ; 1907-1913, ann&#233;es de reflux ; 1917-1923, ann&#233;es marqu&#233;es par un essor sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ; puis une nouvelle p&#233;riode de r&#233;action qui n'est pas encore finie. Gr&#226;ce &#224; ces &#233;v&#233;nements, les &#034;trotskistes&#034; ont appris &#224; conna&#238;tre le rythme de l'histoire, en d'autres termes la dialectique de la lutte des classes. Ils ont appris et, me sembl&#233;t-il, r&#233;ussi &#224; subordonner &#224; ce rythme objectif leurs desseins subjectifs et leurs programmes. Ils ont appris &#224; ne point d&#233;sesp&#233;rer parce que les lois de l'histoire ne d&#233;pendent pas de nos go&#251;ts individuels ou de nos crit&#233;riums moraux. Ils ont appris &#224; subordonner leurs go&#251;ts individuels &#224; ces lois. Ils ont appris &#224; ne point craindre les ennemis les plus puissants, si la puissance de ces ennemis est en contradiction avec les exigences du d&#233;veloppement historique. Ils savent remonter le courant avec la conviction profonde que l'afflux historique d'une puissance nouvelle les portera jusqu'&#224; l'autre rive. Pas tous ; beaucoup se noieront en chemin. Mais participer au mouvement les yeux ouverts, avec une volont&#233; tendue, telle est bien la satisfaction morale par excellence qui puisse &#234;tre donn&#233;e &#224; un &#234;tre pensant !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Leur morale et la n&#244;tre&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L&#233;nine expliquait aux amateurs de &#034;probl&#232;mes politiques concrets&#034; que notre politique n'est pas de caract&#232;re conjoncturel mais principiel ; que la tactique est subordonn&#233;e &#224; la strat&#233;gie ; que, pour nous, le sens fondamental de chaque campagne politique est de mener les travailleurs des questions particuli&#232;res aux probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux, c'est-&#224;-dire de les amener &#224; la compr&#233;hension de la soci&#233;t&#233; moderne et du caract&#232;re de ses forces fondamentales.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;D&#233;fense du marxisme&#034; dans le paragraphe &#034;contre le pseudo &#034;r&#233;alisme&#034; politique&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les &#233;poques r&#233;actionnaires comme la n&#244;tre non seulement d&#233;sagr&#232;gent et affaiblissent la classe ouvri&#232;re en isolant son avant-garde, mais aussi abaissent le niveau id&#233;ologique g&#233;n&#233;ral du mouvement en rejetant la pens&#233;e politique loin en arri&#232;re, &#224; des &#233;tapes d&#233;pass&#233;es depuis longtemps. Dans ces conditions, la t&#226;che de l'avant-garde est avant tout de ne pas se laisser entra&#238;ner par le reflux g&#233;n&#233;ral. Il faut aller contre le courant. Si le rapport d&#233;favorable des forces ne permet pas de conserver les positions politiques pr&#233;c&#233;demment occup&#233;es, il faut se maintenir au moins sur les positions id&#233;ologiques, car c'est en elles qu'est concentr&#233;e l'exp&#233;rience ch&#232;rement pay&#233;e du pass&#233;. Une telle politique appara&#238;t aux yeux des sots comme du &#034;sectarisme&#034;. En r&#233;alit&#233; elle ne fait que pr&#233;parer un nouveau bond gigantesque en avant, avec la vague de la prochaine mont&#233;e historique.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Bolchevisme contre stalinisme&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La situation politique mondiale dans son ensemble se caract&#233;rise avant tout par la crise historique de la direction du prol&#233;tariat. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Le programme de transition&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Engels a &#233;crit un jour que Marx et lui-m&#234;me &#233;taient rest&#233;s toute leur vie en minorit&#233; et qu'ils s'en &#233;taient toujours &#034; bien trouv&#233;s &#034;. Les p&#233;riodes o&#249; le mouvement des classes opprim&#233;es s'&#233;l&#232;ve au niveau des t&#226;ches g&#233;n&#233;rales de la r&#233;volution repr&#233;sentent les tr&#232;s rares exceptions de l'histoire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky dans &#034;Moralistes et sycophantes contre le Marxisme&#034; (1939) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le parti r&#233;volutionnaire du fait qu'il repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts permanents de la classe ouvri&#232;re est oblig&#233;, pendant la plus longue p&#233;riode de son existence peut-&#234;tre, de lutter contre le courant, contre les conceptions petit&#233;bourgeoises. Il y a des moments plus courts dans l'existence du parti o&#249; le groupement qui a su lutter contre le courant va avec le courant, les &#233;v&#232;nements viennent donner une confirmation &#233;clatante &#224; ses conceptions ant&#233;rieures. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Barta dans un texte de d&#233;but ao&#251;t 1944 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le parti, ce n'est pas d'abord un appareil de militants ni une masse d'adh&#233;rents, ce n'est pas d'abord des structures organisationnelles. Ce n'est pas seulement une direction mais surtout une orientation, des analyses, des perspectives et une politique. Ces derni&#232;res ne doivent pas avoir comme crit&#232;re la sauvegarde du groupe, mais d'abord les int&#233;r&#234;ts de classe. Les communistes n'ont pas d'int&#233;r&#234;ts particuliers de leur groupe &#224; d&#233;fendre, disait Marx dans &#171; Le Manifeste Communiste &#187;. Etre communiste, ce n'est s'isoler du reste du mouvement ouvrier mais ce n'est pas non plus mettre son drapeau dans sa poche d&#232;s qu'il y a des affrontements entre perspectives oppos&#233;es. La perspective communiste est celle qui n'oublie jamais la perspective du renversement total, mondial et d&#233;finitif du capitalisme, m&#234;me dans une p&#233;riode o&#249; ce changement pourrait sembler tr&#232;s &#233;loign&#233;, m&#234;me si les travailleurs eux-m&#234;mes semblent loin d'&#234;tre sensibles &#224; cette perspective. Les communistes r&#233;volutionnaires ne se servent pas de leur particularit&#233; pour se d&#233;tourner du mouvement ouvrier r&#233;el et se mettre en retrait. Mais ils ne pratiquent pas non plus l'opportunisme consistant &#224; s'adapter pour avoir plus de succ&#232;s. En somme, ni sectarisme, ni opportunisme : le chemin est &#233;troit. La confiance en l'avenir communiste ne r&#233;sulte pas de la confiance dans des leaders supr&#234;mes mais dans les capacit&#233;s que les prol&#233;taires ont d&#233;j&#224; montr&#233; dans l'Histoire et dans la connaissance des lois de la lutte des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le pass&#233;, ce sont les groupes et partis r&#233;volutionnaires qui se sont souvent fait bien plus de mal que la bourgeoisie ne leur en a fait. Ce n'est pas dans les prisons, dans les tortures, face aux pelotons d'ex&#233;cutions que des groupes r&#233;volutionnaires ont th&#233;oris&#233; leurs reculs, leurs capitulations, leurs d&#233;rives ou leurs renoncements. Au contraire, c'est au plus haut sommet de leurs succ&#232;s qu'ils ont c&#233;d&#233; &#224; la pression de la r&#233;ussite. M&#234;me le parti bolchevique. C'est lorsqu'ils &#233;taient en situation de jouer un r&#244;le important et m&#234;me d&#233;cisif que les groupes communistes r&#233;volutionnaires (en tout cas qui se revendiquaient de cette perspective) ont recul&#233; politiquement. Il ne suffit pas de d&#233;noncer ces renonciations. Il faut aussi les analyser. Elles ne concernent pas que leurs auteurs mais tous les militants r&#233;volutionnaires. Sur ce terrain aussi, qui ne tire pas des le&#231;ons du pass&#233; sera rattrap&#233; par lui. La premi&#232;re des le&#231;ons est que le sectarisme et l'opportunisme sont des fr&#232;res jumeaux. La deuxi&#232;me est que ceux qui placent l'organisation (ou sa direction) au dessus des perspectives, ceux qui renoncent &#224; l'analyse th&#233;orique, se pr&#233;parent des lendemains difficiles. Il ne suffit pas de pr&#233;tendre faire d'un groupe un corps homog&#232;ne, pr&#233;tendument imperm&#233;able aux influences ext&#233;rieures (surtout celle des autres groupes r&#233;volutionnaires) pour b&#226;tir une coh&#233;sion politique. Il faut &#233;tudier, d'abord &#233;tudier et encore &#233;tudier&#8230; Etudier les luttes pass&#233;es, les conditions des r&#233;volutions, les modes de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; et de la nature. Celui qui continue &#224; apprendre du monde en changement permanent n'est pas sujet &#224; la maladie de l'auto-centrage. Le monde ne tourne pas autour de notre nombril. Le fixer avec admiration ou avec fascination ne peut pas &#234;tre une politique. Se gargariser du mot de construction du parti n'est en rien une recette pour le construire. S'approprier la conscience des fonctionnements du monde y rapproche bien plus et permet bien plus aussi de rejoindre un jour un autre mouvement de la conscience : celui d'un prol&#233;tariat qui tirera les le&#231;ons de ses propres exp&#233;riences. Les autres raccourcis ou pr&#233;tendus tels m&#232;nent dans le mur&#8230; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme politique et social ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Melissa, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme politique et social ? &lt;br class='autobr' /&gt;
PREMIERE PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
LES BASES PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU PROGRAMME COMMUNISTE ET DE LA REVOLUTION SOCIALISTE &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci n'est pas un catalogue de recettes, de r&#232;gles de conduite, de solutions toutes faites pour r&#233;ussir la r&#233;volution. Cela n'existe pas. L'utilisation des le&#231;ons du pass&#233; n'est pas la r&#233;p&#233;tition de consignes toutes faites. Sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire pas de politique r&#233;volutionnaire ; sans politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme politique et social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PREMIERE PARTIE&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES BASES PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU PROGRAMME COMMUNISTE ET DE LA REVOLUTION SOCIALISTE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'est pas un catalogue de recettes, de r&#232;gles de conduite, de solutions toutes faites pour r&#233;ussir la r&#233;volution. Cela n'existe pas. L'utilisation des le&#231;ons du pass&#233; n'est pas la r&#233;p&#233;tition de consignes toutes faites. Sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire pas de politique r&#233;volutionnaire ; sans politique r&#233;volutionnaire pas d'organisation r&#233;volutionnaire et sans organisation politique r&#233;volutionnaire pas de succ&#232;s de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des travailleurs et des peuples. Avec une pens&#233;e fig&#233;e, non dialectique, on ne peut que se tromper, en comptant trop ou pas assez sur les soviets, sur le parti, sur l'&#201;tat ouvrier, sur la spontan&#233;it&#233; des masses et sur l'avant-garde. Trop de pragmatisme ou pas assez, trop de spontan&#233;it&#233; ou pas assez, trop d'activisme ou pas assez, trop d'ouvri&#233;risme ou pas assez, trop d'ouverture ou pas assez, trop d'opportunisme ou trop de sectarisme, trop d'organisation et pas assez de spontan&#233;it&#233;, on tombe vite d'un travers dans l'autre&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut tirer des le&#231;ons de l'histoire, mais on ne peut pas se passer d'&#233;tudier scientifiquement le pr&#233;sent et de refaire les raisonnements. On ne peut pas faire de politique fiction, mais sans perspective d'avenir on ne va nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas pire crime que d'&#244;ter aux travailleurs les moyens th&#233;oriques de comprendre le monde pour le transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Il ne suffit pas de regarder le monde pour le comprendre, il y faut une philosophie et une th&#233;orie politique et sociale. L'une des bases th&#233;oriques indispensables aux militants r&#233;volutionnaires est le mat&#233;rialisme philosophique et dialectique du mouvement expurg&#233; des mensonges staliniens et appliqu&#233; aux soci&#233;t&#233;s humaines comme au monde mat&#233;riel et vivant. Toute philosophie ignorante ou ignor&#233;e ne peut qu'entacher d'erreur la perspective politique des r&#233;volutionnaires. Les pr&#233;tendues crises climatiques, d&#233;mographiques ou pand&#233;miques ne font que rendre encore plus indispensables la formation scientifique des r&#233;volutionnaires face aux tromperies pseudo-scientifiques des capitalistes. Les militants r&#233;volutionnaires doivent &#233;tudier scientifiquement le monde s'ils veulent le transformer. Ils ne peuvent pas se contenter de s'incliner respectueusement devant le travail des grands auteurs marxistes du pass&#233; et devant les travaux scientifiques r&#233;cents ou anciens. Enseigner un marxisme mort comme un objet de conservation, c'est tuer le marxisme et en faire une religion, ce qu'il n'est nullement. La science sur laquelle fonder les conceptions th&#233;oriques est la science actuelle en mouvement, pas celle de l'&#233;poque des anciens th&#233;oriciens du marxisme. Le marxisme lui-m&#234;me se doit de progresser &#224; la lumi&#232;re de tous les faits et toutes les conceptions nouvelles. Tous ceux qui pr&#233;tendent s'y refuser par modestie ou par conscience pr&#233;tendue de leurs propres limites ne font que se refuser &#224; ces t&#226;ches primordiales et indispensables. Ils sont comme des chirurgiens qui pr&#233;tendaient vouloir op&#233;rer la soci&#233;t&#233; mais sans se doter des bistouris du praticien et de la connaissance de la physiologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ L'une des bases th&#233;oriques fondamentales est la compr&#233;hension du r&#244;le respectif et des interactions des trois classes sociales fondamentales sous le capitalisme : prol&#233;tariat, petite bourgeoisie et grande bourgeoisie ou comment le grand capital peut diriger toute la soci&#233;t&#233; en ne repr&#233;sentant nullement l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et en ne repr&#233;sentant qu'une infime fraction de la population ? Pourquoi le prol&#233;tariat est la seule classe r&#233;volutionnaire ? Et pourquoi le prol&#233;tariat ne doit pas rester isol&#233; mais prendre la t&#234;te de toutes les couches sociales menac&#233;es ou opprim&#233;es, femmes, religions, nations, et y compris des fractions importantes de la petite bourgeoisie ? S&#233;parer le prol&#233;tariat ne peut &#234;tre le fait que d'opportunistes qui veulent faire du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire une classe seulement revendicative sur le terrain &#233;conomique ou de puristes sectaires (et souvent &#224; la fois opportunistes et sectaires) qui veulent croire &#224; une r&#233;volution &#224; l'&#233;tat pur qui n'a jamais exist&#233; dans l'histoire mais seulement dans leur imagination. Seule la classe capitaliste a int&#233;r&#234;t que le prol&#233;tariat ne se porte pas &#224; la t&#234;te de tous les opprim&#233;s, des pauvres et des exploit&#233;s et en particulier des femmes, des jeunes, des ch&#244;meurs, des petits artisans, commer&#231;ants et paysans ainsi que des fausses professions lib&#233;rales qui s'auto-exploitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Un point essentiel pour la compr&#233;hension du monde actuel et de sa d&#233;rive ultra-violente est le fait que sa dynamique capitaliste est morte, l'accumulation du capital ayant atteint ses limites et les investissements productifs incapables de suivre la trop grande masse du capital accumul&#233;. C'est un fait historique incontournable qui n&#233;cessite une analyse scientifique d&#233;taill&#233;e et une &#233;tude s&#233;rieuse des cons&#233;quences car elle change toute la perspective. Il en d&#233;coule que les classes dirigeantes doivent &#224; tout prix pr&#233;parer un affrontement &#224; mort avec le peuple travailleur. La classe capitaliste en est consciente et s'y pr&#233;pare activement, mais l'immense majorit&#233; des organisations et donc des militants pr&#233;f&#232;re fermer les yeux, y compris &#224; l'extr&#234;me gauche, laissant croire que le capitalisme a encore de grandes perspectives devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Le capitalisme est un syst&#232;me social vou&#233; &#224; dispara&#238;tre comme les autres syst&#232;mes sociaux avant lui, et, depuis 2007, il pose pour la premi&#232;re fois la n&#233;cessit&#233; imm&#233;diate de le remplacer en m&#234;me temps que la possibilit&#233; de d&#233;passer les soci&#233;t&#233;s divis&#233;es en classes sociales bas&#233;es sur la production de marchandises, sur l'exploitation du travail humain. Le capitalisme n'a pas fait qu'atteindre ses limites en 2007, c'est un an apr&#232;s en 2008 qu'a d&#233;but&#233; une vague mondiale des r&#233;volutions sociales appel&#233;e celle des &#171; printemps &#187; qui a explos&#233; mondialement &#224; partir de 2011. Paradoxalement, c'est &#224; ce moment crucial, &#224; ce tournant historique que la plupart des militants se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re se d&#233;tournent de cette perspective et sont engag&#233;s dans des activit&#233;s &#233;lectoralistes et syndicalistes opportunistes qu'ils pr&#233;sentent comme le moyen de construire le parti r&#233;volutionnaire mais qui les attachent &#224; la vieille soci&#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ Avec l'effondrement du capitalisme et la reprise de la r&#233;volution socialiste, le r&#244;le du prol&#233;tariat en tant que sujet historique conscient et auto-organis&#233; redevient d'une actualit&#233; brulante ! La seule perspective, non seulement pour les travailleurs mais pour toute l'humanit&#233;, est &#224; nouveau celle du pouvoir des soviets. Ces organisations de masse, politiques et pas seulement revendicatives mais r&#233;volutionnaires, sont le fondement indispensable du pouvoir aux travailleurs. Ils permettent de passer de la conscience de lutte de classes &#224; la conscience r&#233;volutionnaire. Ils permettent d'allier le prol&#233;tariat aux autres couches sociales du peuple travailleur. Quiconque ne d&#233;fend pas en permanence cette perspective, dans la propagande comme dans les luttes sociales et politiques, n'est et ne sera qu'un adversaire du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ La r&#233;volution sociale est une phase rare de l'histoire de l'humanit&#233;, un des moments cruciaux de celle-ci car elle en change radicalement le cours et c'est le seul moment o&#249; la masse des exploit&#233;s et des opprim&#233;s d&#233;cide elle-m&#234;me de son sort, fait de la politique et s'organise en masse. C'est pour de tels moments que les r&#233;volutionnaires doivent se pr&#233;parer. La phase la plus cruciale est celle de la prise du pouvoir par les travailleurs organis&#233;s et en armes. L'insurrection est un art, rappellent tous les r&#233;volutionnaires et cet art doit &#234;tre &#233;tudi&#233; de tous les militants qui veulent pr&#233;parer leur classe r&#233;volutionnaire &#224; sa t&#226;che historique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA POLITIQUE ET LE PROGRAMME DES COMMUNISTES REVOLUTIONNAIRES &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A-	Un programme qui pr&#233;tend tout diriger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se m&#233;fier des organisations qui entendent tout r&#233;genter et imposer aux travailleurs leurs points de vue, mais il faut encore plus se m&#233;fier de celles qui refusent de dire ce qu'elles vont faire si on les suit, celles qui refusent d'indiquer leurs perspectives dans un programme, c'est-&#224;-dire l'essentiel des organisations qui se r&#233;clament des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit nullement pour nous d'un programme qui entend s'imposer aux travailleurs en lutte ou en r&#233;volution sociale mais, au contraire, &#234;tre soumis aux travailleurs, amend&#233; &#233;ventuellement, corrig&#233;, modifier, et servir ainsi de boussole pour s'orienter, de guide, de r&#233;f&#233;rence, de proposition &#224; faire aux assembl&#233;es, aux comit&#233;s, aux conseils, aux d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et r&#233;vocables par ces organisations absolument ind&#233;pendantes de l'&#201;tat capitaliste, des classes poss&#233;dantes, des organisations qui leur sont li&#233;es. Le but de ce programme est justement de passer des luttes revendicatives aux luttes r&#233;volutionnaires, de faire en sorte que les premi&#232;res pr&#233;parent les secondes, les fassent r&#233;ussir en donnant aux travailleurs les moyens politiques et organisationnels de se diriger eux-m&#234;mes avant de diriger toute la soci&#233;t&#233;, de fonder une nouvelle sorte d'&#201;tat du type de la Commune de Paris de 1871 ou du pouvoir des Soviets avant qu'il ne soit d&#233;truit par le stalinisme. Ce qui distingue ce type de programme de tous les programmes r&#233;formistes et opportunistes, c'est qu'il montre que chaque question sociale et politique est directement reli&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution sociale et que chaque lutte, chaque combat des travailleurs doit mener au pouvoir aux travailleurs et au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B-	Quelle r&#233;volution voulons-nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#171; r&#233;volution &#187; est employ&#233; par tellement de gens, dans des sens tellement oppos&#233;s au n&#244;tre le plus souvent (de la &#171; r&#233;volution &#187; des lessives ou des cosm&#233;tiques ou de l'intelligence artificielle, &#224; la pr&#233;tendue &#171; r&#233;volution lib&#233;rale &#187;, de Macron &#224; Javier Milei, sans parler des &#171; r&#233;volutions nationales &#187; des extr&#234;me-droites aux staliniens et des r&#233;volutions politiques de tous les nationalistes bourgeois) qu'il convient de pr&#233;ciser le sens que nous donnons &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution est un moment tr&#232;s particulier de l'histoire d'une soci&#233;t&#233;, un moment o&#249; rien ne se produit plus comme d'habitude et, en particulier, quand les opprim&#233;s et les exploit&#233;s ne se laissent plus dicter leur conduite et agissent collectivement, en masse en s'organisant par eux-m&#234;mes et en prenant les d&#233;cisions sans en r&#233;f&#233;rer &#224; une quelconque autorit&#233; sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que l'on peut imaginer, bien des groupes politiques qui se r&#233;clament de la r&#233;volution sociale peuvent ne pas la reconnaitre tout en s'imaginant qu'ils sont tr&#232;s r&#233;volutionnaires. Elle peut tout &#224; fait prendre des formes qui les d&#233;range. Cela est arriv&#233; bien des fois dans le pass&#233;. Se revendiquer des r&#233;volutions du pass&#233; n'est pas une garantie d'avenir. Seuls les militants qui continuent &#224; d&#233;velopper des perspectives politiques et sociales autonomes du prol&#233;tariat en combattant publiquement les r&#233;formistes et bureaucrates au sein de la classe ouvri&#232;re et notamment en d&#233;fendant la perspective des soviets, peuvent esp&#233;rer jouer un r&#244;le &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;C- Les exploit&#233;s ont spontan&#233;ment une conscience r&#233;formiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode &#171; normale &#187;, les exploit&#233;s subissent, non seulement leur situation mat&#233;rielle mais aussi les bobards diffus&#233;s par leurs ennemis. Ils n'ont ni l'occasion ni la volont&#233; de contredire les mensonges de leurs exploiteurs, ni de remettre en question l'ordre &#233;tabli. Ils ignorent du coup &#234;tre porteurs d'un programme prol&#233;tarien pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et croient ce que leur disent les r&#233;formistes : qu'ils veulent juste la satisfaction de quelques revendications, g&#233;n&#233;ralement juste la remise en cause de la derni&#232;re r&#233;forme des gouvernants, comme si les pr&#233;c&#233;dentes &#233;taient acquises et si le syst&#232;me tout entier n'&#233;tait pas en cause, comme si les prol&#233;taires n'avaient pas des perspectives plus vastes (le pouvoir aux aux travailleurs en vue du changement complet du mode de production, de la suppression de la propri&#233;t&#233; du grand capital, de la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme et de la suppression de l'Etat). En particulier, cette mani&#232;re de limiter les luttes sociales a pour effet d'&#244;ter au prol&#233;tariat son r&#244;le en direction de toutes les couches sociales opprim&#233;es et de les laisser subir aussi la domination du grand capital et devenir ainsi la proie des fascistes si leur r&#233;volte se radicalise. En tout cas, les prol&#233;taires ne se donnent pas, dans les circonstances habituelles, les moyens de d&#233;velopper leur propre programme &#233;conomique, social et politique et en ignorent la force et l'importance. Ils estiment g&#233;n&#233;ralement que, si on ne parvient pas &#224; emp&#234;cher une contre-r&#233;forme d'un gouvernement, il est sans doute inutile de r&#234;ver &#224; transformer toute la soci&#233;t&#233;, on n'en a sans doute pas la force. Ce faux raisonnement leur est dict&#233; par les r&#233;formistes et les opportunistes (notamment de la fausse extr&#234;me gauche). La r&#233;alit&#233; est inverse : si on ne peut pas r&#233;former la soci&#233;t&#233;, elle a besoin de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux autres questions politiques et sociales pos&#233;es &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, les exploit&#233;s y pensent de mani&#232;re personnelle mais pas collectivement. Ils ne s'expriment pas collectivement de mani&#232;re publique sur ces questions. Ils n'ont donc jamais l'occasion d'imaginer leur propre programme politique et n'envisagent &#171; la politique &#187; que comme le choix entre des politiciens qui sont tous des ennemis des travailleurs. Les &#233;lections organis&#233;es par l'&#201;tat capitaliste sont pr&#233;sent&#233;es comme le seul moyen de &#171; faire de la politique &#187;. Mais cela n'a rien &#224; voir avec une politique des travailleurs r&#233;volutionnaires, m&#234;me quand de pr&#233;tendus r&#233;volutionnaires se pr&#233;sentent aux &#233;lections bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- Action directe et organisation de classe : le chemin vers la lutte de classe et la conscience de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans s'occuper de la com&#233;die &#233;lectorale, les travailleurs peuvent parfaitement faire de la politique par l'action directe de classe, m&#234;me si actuellement ils l'ignorent. C'est l&#224; aussi l'objet du programme du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Ils peuvent remettre en cause la politique de leur imp&#233;rialisme, contester ses guerres, d&#233;noncer ses ententes avec les dictatures de la plan&#232;te, entraver ses exactions, d&#233;faire l'entente entre grand capital et petite bourgeoisie, etc. Mais, tant qu'ils ne se r&#233;unissent pas r&#233;guli&#232;rement pour discuter de toutes ces questions, ils ne peuvent pas avoir l'exp&#233;rience de leur propre capacit&#233; politique ni mesurer l'impact de leurs propres perspectives sur leur classe ni sur les autres classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela nous donne la d&#233;finition de la r&#233;volution qui est justement le moment o&#249; les exploit&#233;s et les opprim&#233;s s'unissent au sein d'organisations de masse pour prendre collectivement des d&#233;cisions concernant toute la soci&#233;t&#233; et se donner les moyens de les faire appliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E-	Comment pr&#233;parer la r&#233;volution sociale dans la p&#233;riode qui la pr&#233;c&#232;de ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les luttes actuelles, d'une p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire que l'on pr&#233;pare les r&#233;volutions et c'est notamment dans les gr&#232;ves. M&#234;me si les r&#233;volutions sont toujours surprenantes, toutes diff&#233;rentes les unes des autres et impr&#233;dictibles, on peut s'y pr&#233;parer de multiples fa&#231;ons du moment qu'on en a la volont&#233; et la conscience. Les trois principales mani&#232;res sont l'exp&#233;rience des luttes, la conscience de classe et la connaissance du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre pr&#233;texte des limites des luttes actuelles pour ne pas les mener avec une politique r&#233;volutionnaire et socialiste, c'est les trahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E-	Les luttes et leur auto-organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes, m&#234;me hors p&#233;riode r&#233;volutionnaire, pr&#233;parent aux luttes r&#233;volutionnaires, du moment que les travailleurs s'y organisent par eux-m&#234;mes, prennent des d&#233;cisions concernant leur propre lutte et peuvent ainsi v&#233;rifier les r&#233;sultats de leur compr&#233;hension des rapports de forces, des objectifs et des m&#233;thodes d'action. L'exp&#233;rience permet de v&#233;rifier ses opinions sur les diverses classes sociales, sur leurs relations, sur l'appareil d'&#201;tat r&#233;pressif et sur les organisations r&#233;formistes politiques et syndicales. Avoir des id&#233;es claires par avance (avant la r&#233;volution) sur tout cela est extr&#234;mement utile en p&#233;riode de r&#233;volution. Voir les r&#233;formistes (et les opportunistes) &#224; l'&#339;uvre et &#224; la man&#339;uvre permet de d&#233;crypter leurs discours, leurs astuces, leurs mensonges, les buts de leurs modes d'organisation, leurs faux pr&#233;textes pour abandonner sans cesse le terrain de la lutte des classes et pour suivre celui de la collaboration de classes. C'est de cette mani&#232;re que syndicats et partis r&#233;formistes am&#232;nent la lutte sur le terrain de fausses n&#233;gociations et d'ententes avec nos ennemis de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comit&#233;s de gr&#232;ve : de la gr&#232;ve dirig&#233;e par les gr&#233;vistes &#224; la soci&#233;t&#233; dirig&#233;e par les travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour exercer sa souverainet&#233; politique future et se gouverner par lui-m&#234;me et pour lui-m&#234;me, le peuple travailleur doit faire l'exp&#233;rience de ses capacit&#233;s &#224; diriger en le faisant directement dans ses gr&#232;ves et ses luttes. Les comit&#233;s de gr&#232;ve, con&#231;us ainsi, sont des embryons d'un futur gouvernement du peuple travailleur. F&#233;d&#233;r&#233;s &#224; l'&#233;chelle d'une ville ou d'une r&#233;gion, ils deviennent la colonne vert&#233;brale de futures communes r&#233;volutionnaires. La f&#233;d&#233;ration de ses communes sera alors l'expression de la volont&#233; du peuple sur sa propre destin&#233;e. &#202;tre contre, c'est laisser le pouvoir aux grandes fortunes. Tout ennemi de l'auto-organisation des luttes est &#233;galement ennemi de la perspective du pouvoir aux travailleurs. C'est pour cela que m&#234;me une simple gr&#232;ve cat&#233;gorielle a besoin d'une perspective r&#233;volutionnaire pour &#234;tre conduite de mani&#232;re efficace et victorieuse et que toute direction r&#233;formiste des luttes m&#232;ne dans le mur, m&#234;me quand ces luttes ne visent que des objectifs limit&#233;s qui ne comprennent nullement la perspective du renversement du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation d&#233;mocratique associant tous les travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve permet d'associer tout le monde dans l'entreprise aux d&#233;cisions et &#224; l'organisation du mouvement. Des coll&#232;gues, qui, hier se d&#233;sint&#233;ressaient de la lutte, se sentent aujourd'hui concern&#233;s par son organisation et ont envie d'y prendre une part active. Il n'y a pas de raison que dans la gr&#232;ve certains gr&#233;vistes aient moins de droits que d'autres (notamment ceux appartenant &#224; des appareils syndicaux). La d&#233;mocratie n'est pas seulement un id&#233;al, c'est aussi un gage de confiance, de conscience et de force.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques r&#232;gles et conceptions sont indispensables pour cela :&lt;br class='autobr' /&gt;
Respecter et faire respecter la libert&#233; d'opinion et de critique qui doit &#234;tre totale ! Reconnaitre &#224; chaque membre de ce comit&#233;, la libert&#233; de d&#233;fendre son point de vue et de le faire connaitre par tous les moyens qui lui convient ! Reconnaitre &#224; chaque organisation la libert&#233; la plus totale de d&#233;fendre &#233;galement son point de vue mais aussi la libert&#233; des travailleurs de ne pas adopter ses points de vue ou consignes !&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratie n'est pas un formalisme mais la conscience que les travailleurs ne peuvent gagner que par eux-m&#234;mes. Elle ne s'enferme pas dans l'entreprise et ouvre ses assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales aux travailleurs d'autres entreprises. Elle ne s'interdit nullement d'intervenir dans d'autres entreprises et en dehors des entreprises. Le comit&#233; de gr&#232;ve peut s'octroyer les moyens d'intervenir au-del&#224; de la gr&#232;ve, dans des actions sociales et politiques d&#233;cid&#233;es par les travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comit&#233; de gr&#232;ve : pas de repr&#233;sentants inamovibles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la gr&#232;ve doit &#234;tre &#233;lue, responsable et r&#233;vocable devant l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale Souveraine des travailleurs. Rompons avec les m&#233;thodes politiques de la bourgeoisie. Si nous n'avons aucun contr&#244;le sur les politiciens au service des grandes fortunes, contr&#244;lons ceux que nous &#233;lisons dans nos assembl&#233;es. L'assembl&#233;e pour &#234;tre souveraine et se diriger doit contr&#244;ler ses &#233;lus, ses mandat&#233;s et pouvoir les r&#233;voquer &#224; tout instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et le comit&#233; de gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d&#233;cidant d&#233;mocratiquement en donnant la parole &#224; tous ne suffit pas. La classe dirigeante a des assembl&#233;es mais aussi des organes de d&#233;cision et d'ex&#233;cution. L'AG doit &#234;tre un lieu d'information, de discussions mais aussi un lieu de pr&#233;paration d'une strat&#233;gie, d'une tactique. L'AG locale doit avoir des liens avec les autres AG locales mais aussi tisser des liens r&#233;gionaux et nationaux. L'AG locale doit &#234;tre inform&#233;e de ce qui se fait ailleurs et s'y d&#233;cide, de qui fait gr&#232;ve, manifeste, bloque o&#249; et quand. Nous devons savoir ce que les autres AG discutent et d&#233;cident Sans comit&#233; de gr&#232;ve, on n'a pas des gens mandat&#233;s pour recevoir les infos des autres AG via les autres comit&#233;s de gr&#232;ves. Elle n'est pas que l&#224; pour palabrer mais pour d&#233;cider des actions et celles-ci doivent &#234;tre organis&#233;es et mis en place par un groupe plus restreint et d&#233;mocratiquement contr&#244;l&#233; qui peut &#234;tre r&#233;voqu&#233; &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands capitalistes ont leur Assembl&#233;e Nationale et le gouvernement comme ex&#233;cutif. Nos AG doivent en avoir un aussi. Mais pas du m&#234;me ordre. Notre ex&#233;cutif de la lutte est &#233;lu, responsable et r&#233;vocable devant l'AG souveraine. La gr&#232;ve doit &#234;tre dirig&#233;e par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes, par des assembl&#233;es d&#233;mocratiques &#233;lisant des comit&#233;s de gr&#232;ve locaux, &#233;lisant un comit&#233; de gr&#232;ve central et se coordonnant r&#233;gionalement et nationalement ! C'est plus d&#233;mocratique ! C'est plus efficace ! C'est plus affolant pour nos adversaires ! Cela donne un avenir &#224; la lutte ! C'est le signe d'une mobilisation sans d&#233;l&#233;gation de pouvoir ! C'est un gage de succ&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve : &#233;lire un ex&#233;cutif responsable et r&#233;vocable devant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les membres sans exception d'un tel comit&#233; sont &#233;lus par leur assembl&#233;e. Aucun ne s'y trouve de droit, en fonction de tel ou tel titre (membre ou &#233;lu d'une organisation syndicale ou politique), sans que les gr&#233;vistes aient le droit de l'y maintenir ou de l'en r&#233;voquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque personne qui le voudrait doit pouvoir se porter candidat, qu'il soit syndiqu&#233; ou non. C'est &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de d&#233;signer ceux qu'elle veut voir figurer dans ce comit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le comit&#233; de gr&#232;ve doit &#234;tre le plus large possible car ainsi le plus repr&#233;sentatif. Il est &#233;videmment pr&#233;f&#233;rable que chaque secteur en gr&#232;ve ou en lutte soit repr&#233;sent&#233; au sein d'un tel comit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lection se fait &#224; main lev&#233;e, au su et au vu de tout le monde. Ainsi, l'engagement de chacun, pour ou contre, est clair ; Cela permet la transparence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le comit&#233; de gr&#232;ve repr&#233;sente tout le monde. Il ne repr&#233;sente pas une cat&#233;gorie de personnel au sein d'une entreprise ou une branche professionnelle en particulier dans la cadre d'une lutte interprofessionnelle et inter-cat&#233;gorielle. Le mouvement est un et le comit&#233; de gr&#232;ve &#224; charge de le mener pour tous. Aucun de ses membres n'est l&#224; pour d&#233;fendre les seuls int&#233;r&#234;ts de tel ou tel secteur. Il faut que cela soit clair et pour les membres du comit&#233; et pour tous les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comit&#233;s d'usine et les soviets : embryons du pouvoir du prol&#233;tariat et du peuple travailleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les luttes organis&#233;es par les bureaucraties syndicales, aucune coordination d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales souveraines n'est mise en place et aucune occupation des usines, aucun &#233;largissement du mouvement organis&#233; par la base n'est propos&#233;, ce qui signifie que jamais ces &#171; luttes &#187; ne contestent le pouvoir bourgeois, celui des patrons et celui de l'Etat. Pourtant &#171; Toute gr&#232;ve avec occupation pose dans la pratique la question de savoir qui est le ma&#238;tre dans l'usine : le capitalisme ou les ouvriers. (Si elle) soul&#232;ve cette question &#233;pisodiquement, le comit&#233; d'usine donne &#224; cette m&#234;me question une expression organis&#233;e. Il est &#233;lu par tous les ouvriers et employ&#233;s de l'entreprise. Les bureaucrates des syndicats s'opposeront, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, &#224; la cr&#233;ation des comit&#233;s d'usine (pour &#233;viter cette dualit&#233; de pouvoir m&#234;me embryonnaire ! NDLR). Il est n&#233;cessaire d'ouvrir &#224; temps une campagne en faveur des comit&#233;s d'usine pour ne pas se trouver pris &#224; l'improviste. &#187; (Trotsky, 1938) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du programme des r&#233;volutionnaires est de mener &#224; la conscience de la n&#233;cessit&#233; pour les travailleurs de prendre l'int&#233;gralit&#233; du pouvoir d'&#201;tat par le biais de ses conseils r&#233;volutionnaires sans laisser la moindre miette de pouvoir aux anciennes classes dirigeantes. En d&#233;veloppant leurs explications, ils se heurtent &#233;videmment &#224; toutes les formes d'illusions politiques et sociales dans la d&#233;mocratie bourgeoise, dans l'&#233;lectoralisme, dans l'&#201;tat au service des citoyens et dans le syndicalisme de n&#233;gociation et accord avec les patrons et l'&#201;tat. Les partis de gauche, de la gauche de la gauche ou de l'extr&#234;me gauche opportuniste sont in&#233;vitablement des adversaires r&#233;solus d'un tel programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F-	La connaissance du pass&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne con&#231;oit pas la r&#233;volution de la m&#234;me mani&#232;re avant et apr&#232;s la Commune de Paris, avant et apr&#232;s les r&#233;volutions russe, finlandaise, allemande, hongroise, espagnole, chinoise, etc&#8230; Ni apr&#232;s comme avant les contre-r&#233;volutions fascistes ou les guerres mondiales&#8230; Ignorer les man&#339;uvres et les attaques des ennemis de classe, ou les tromperies, les erreurs du pass&#233;, c'est se condamner &#224; les reproduire. Inversement, d&#233;voiler les le&#231;ons du pass&#233;, c'est se donner les cl&#233;s de la prison. Il y a bien s&#251;r l'histoire des r&#233;volutions prol&#233;tariennes et des contre-r&#233;volutions qui leur ont &#233;t&#233; oppos&#233;es. Mais m&#234;me les r&#233;volutions bourgeoises et celles de l'antiquit&#233; nous apprennent beaucoup sur la mani&#232;re dont la soci&#233;t&#233; humaine peut avancer et se transformer. La difficult&#233;, c'est que les classes poss&#233;dantes sont maitresses de l'histoire officielle comme de la science et de l'id&#233;ologie officielle et que les r&#233;volutionnaires ont donc comme t&#226;che de se donner une image ind&#233;pendante de toutes ces disciplines, ce qui est loin d'&#234;tre ais&#233;. Bien des gens croient que les mensonges des classes poss&#233;dantes ne concernent que l'&#233;poque actuelle mais cela est faux : les r&#233;volutions, les contre-r&#233;volutions, les guerres et les guerres civiles sont occult&#233;es par eux pour que le peuple travailleur ne puisse pas comprendre l'histoire dans laquelle il est un participant si essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G- Qu'est-ce que la lutte des classes et qu'est-ce qui lui est contraire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en grandes classes sociales qui sont d&#233;termin&#233;es non pas en fonction du salaire, ni de la fonction professionnelle, ni de la cat&#233;gorie d'activit&#233;, ni du pays, ni du statut, ni de la nationalit&#233;, ni des origines, ni de la couleur de peau, ni des convictions religieuses ou pas, ni du type de quartier d'habitation, ni des opinions personnelles, ni d'autres crit&#232;res sociologiques mais de la position par rapport &#224; la propri&#233;t&#233; des grands capitaux et des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi distinguer trois classes sociales fondamentales : grande bourgeoisie, petite bourgeoisie et prol&#233;tariat. Bien s&#251;r, la plupart des gens ne se divisent pas eux-m&#234;mes selon ces cat&#233;gories et en ignorent m&#234;me l'existence mais ce sont elles dont d&#233;pendent les r&#233;volutions sociales. Si les deux premi&#232;res s'unissent contre la troisi&#232;me, la r&#233;volution ne peut pas vaincre. Si la troisi&#232;me parvient &#224; s'unir avec une fraction de la deuxi&#232;me et &#224; la diriger, la classe capitaliste peut &#234;tre renvers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode normale (ni r&#233;volutionnaire, ni pr&#233;-r&#233;volutionnaire), la petite bourgeoisie (m&#234;me celle qui est mis&#233;rabilis&#233;e et prol&#233;taris&#233;e) n'aura aucune envie de s'unir au prol&#233;tariat. Il faut une grave crise &#233;conomique et sociale, et aussi politique, pour que les illusions de la petite bourgeoisie soient suffisamment atteintes et que le prol&#233;tariat puisse, &#224; l'aide d'une politique juste, attirer &#224; elle cette fraction de la classe dite moyenne et diriger sa col&#232;re contre la classe capitaliste et son &#201;tat. La premi&#232;re politique juste du prol&#233;tariat consiste &#224; d&#233;montrer que les travailleurs ne veulent pas faire de concessions au grand capital mais comprennent les revendications de la petite bourgeoisie paup&#233;ris&#233;e, celle qui n'exploite personne et ne parvient pas &#224; survivre m&#234;me en se surexploitant soi-m&#234;me (petits commer&#231;ants, paysans, p&#234;cheurs, fausses professions lib&#233;rales, livreurs, auto-entrepreneurs et autres). Il s'agit aussi d'autres couches sociales comme les femmes pauvres, les ch&#244;meurs, les jeunes, les sans-logis, les sans-papiers, tous ceux que la soci&#233;t&#233; m&#233;prise et opprime. Le prol&#233;tariat ne doit donc pas se contenter de s'unir au sein de sa propre classe sociale mais doit s'adresser &#224; d'autres couches, comprendre comment elles raisonnent, comment elles se battent et combien il est important de les dissocier de la classe capitaliste afin d'isoler celle-ci et de la battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques des gauches r&#233;formistes politiques et syndicales et des organisations opportunistes (notamment de pseudo extr&#234;me gauche) visent l'objectif inverse : la soi-disant puret&#233; de classe des travailleurs qui les isole des luttes des autres fractions du peuple travailleur (form&#233; de tous ceux qui souffrent du capitalisme, vivent essentiellement de leur travail et n'exploitent personne, qu'ils soient salari&#233;s ou pas). Notamment les r&#233;formistes pr&#233;tendent unir salari&#233;s et patrons dans la d&#233;fense des &#171; int&#233;r&#234;ts du pays &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de l'entreprise &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de la profession &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts du secteur &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de l'emploi &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de l'industrie &#187;, et affirment que le pouvoir d'&#201;tat capitaliste, s'il &#233;tait bien dirig&#233;, aurait pour charge de les y aider. Ces r&#233;formistes, qui n'ont que d&#233;go&#251;t envers une alliance avec les petits bourgeois ruin&#233;s ou paup&#233;ris&#233;s, ne d&#233;daignent nullement s'unir avec les capitalistes et leurs &#201;tats ! Les r&#233;formistes ne veulent bien s'unir avec les petits bourgeois que dans &#171; l'int&#233;r&#234;t national &#187;, c'est-&#224;-dire dans l'int&#233;r&#234;t des capitalistes et derri&#232;re leurs repr&#233;sentants, essentiellement quand il s'agit de transformer les peuples en chair &#224; canons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes a donc comme sommet non pas l'isolement des prol&#233;taires, b&#234;tement dress&#233;s contre toutes les couches interm&#233;diaires, mais l'isolement des capitalistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H- Qu'est-ce qui oppose le plus les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires ? La question de l'&#201;tat et la lutte pour le d&#233;truire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question de la nature de l'&#201;tat qui la plus division la plus d&#233;terminante entre r&#233;formistes et r&#233;volutionnaires, la meilleure mani&#232;re aussi de distinguer les faux r&#233;volutionnaires, qui ne sont r&#233;volutionnaires que dans l'&#233;tiquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes affirment que ce qui serait d&#233;terminant dans l'&#201;tat, ce serait la couleur politique du parti qui gouverne, ou encore le caract&#232;re d&#233;mocratique ou pas de la constitution, ou enfin la corruption ou pas des membres du gouvernement et des institutions &#233;tatiques, le respect ou pas des droits &#233;l&#233;mentaires des citoyens et autres. Les r&#233;volutionnaires veulent renverser et d&#233;molir l'&#201;tat des capitalistes, les r&#233;formistes veulent le &#171; conqu&#233;rir &#187;, c'est-&#224;-dire &#234;tre invit&#233;s &#224; le diriger et &#224; y participer. Les r&#233;volutionnaires veulent l'armement du prol&#233;tariat et le d&#233;sarmement des capitalistes et de leurs forces arm&#233;es. Les r&#233;formistes veulent l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes demandent &#224; l'&#201;tat capitaliste des mesures pour satisfaire les couches populaires et les travailleurs. Les r&#233;volutionnaires affirment que la satisfaction des aspirations populaires n&#233;cessite le renversement de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes affirment que le changement doit absolument passer par un changement &#233;lectoral au travers des &#233;lections mises en place par la bourgeoisie. Les r&#233;volutionnaires, qu'ils participent ou pas &#224; ces &#233;lections, affirment que la bourgeoisie ne pourrait pas reconna&#238;tre un vote qui irait dans le sens contraire de ses int&#233;r&#234;ts fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes appellent les travailleurs, par leurs luttes et par leurs votes, &#224; exprimer leur m&#233;contentement pour &#171; se faire entendre &#187; des capitalistes et de leurs gouvernants. Les r&#233;volutionnaires appellent les travailleurs &#224; constituer les embryons de leur futur &#201;tat qui renversera l'&#201;tat capitaliste, ses &#233;lections comme ses institutions &#233;lues ou non &#233;lues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes parlent de recr&#233;dibiliser le pouvoir d'&#201;tat sous pr&#233;texte que cela am&#233;liore la d&#233;mocratie. Les r&#233;volutionnaires affirment qu'il n'y aura pas de vraie d&#233;mocratie tant que les travailleurs n'auront pas renvers&#233; le pouvoir d'&#201;tat et ne l'auront pas remplac&#233; par le leur propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes appellent &#171; d&#233;mocratiques &#187; les modes d'action qui ne remettent pas en cause l'&#201;tat capitaliste. Les r&#233;volutionnaires font l'inverse. Il n'y a pas plus d&#233;mocratique que le pouvoir direct des exploit&#233;s, au travers des soviets, c'est-&#224;-dire des comit&#233;s de gr&#232;ve ou de lutte, des conseils r&#233;volutionnaires du peuple travailleur et de ses assembl&#233;es d&#233;cisionnelles et mettant directement en pratique ses d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations politiques ou syndicales sont de deux sortes : celles qui appellent &#224; la formation d'un gouvernement des soviets et ceux qui ne le font pas. Les premiers sont les seuls &#224; d&#233;fendre v&#233;ritablement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Ceux qui ne parlent pas syst&#233;matiquement de cette perspective ne peuvent nullement &#234;tre qualifi&#233;s de socialistes, de communistes ni de r&#233;volutionnaires. Les organisations opportunistes essaient de camoufler cette division et se contentent de parler d'une mani&#232;re vague d' &#171; organisations ouvri&#232;res &#187; en mettant dans le m&#234;me sac des amis et des ennemis. Ils savent parfaitement que ce n'est pas du tout pareil mais ils font le choix de pactiser avec des ennemis pour renforcer leurs groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les pires ennemis du pouvoir des conseils ouvriers vont, d&#232;s que les travailleurs r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes constitueront ces conseils, faire semblant d'y &#234;tre favorables afin de les manipuler et les emp&#234;cher de jouer leur r&#244;le et de devenir le nouveau pouvoir d'&#201;tat, celui des travailleurs. C'est pour cela qu'il convient que le maximum de travailleurs soient conscients par avance des organisations qui ne sont pas favorables au pouvoir des conseils ouvriers et se refusent &#224; militer en leur faveur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ACTUALIT&#201; INTERNATIONALE DE LA R&#201;VOLUTION ! POURQUOI LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE NE PEUT &#202;TRE QUE MONDIALE ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A- La situation internationale : guerre et r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;L'effondrement final du capitalisme date de 2008, m&#234;me s'il est parvenu &#224; se maintenir au pouvoir jusqu'&#224; aujourd'hui, parce que sa dynamique est d&#233;finitivement morte. En aidant massivement les capitalistes pour que le syst&#232;me ne chute pas imm&#233;diatement, les banques centrales ont inond&#233; une &#233;conomie d&#233;j&#224; &#233;touff&#233;e par l'exc&#232;s de capitaux. La maladie mortelle du syst&#232;me est en effet celle de la suraccumulation, qui fait qu'il y a trop de capitaux pr&#234;ts &#224; s'investir par rapport aux investissements productifs rentables, ce qui rend in&#233;vitable la cr&#233;ation d'une masse sans cesse croissante de capitaux qui ne s'investissent que dans des sp&#233;culations sans cesse plus douteuses que les banques centrales doivent p&#233;riodiquement racheter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;Avec la pand&#233;mie COVID, le syst&#232;me capitaliste n'a pas choisi d'intervenir pour bloquer le virus en interrompant les communications internationales et il a quand m&#234;me &#233;t&#233; contraint finalement de pratiquer un arr&#234;t de l'&#233;conomie mondiale. L'&#233;tat de mort diff&#233;r&#233;e du syst&#232;me a &#233;t&#233; visible par tous. La pand&#233;mie a &#233;t&#233; utilis&#233;e par le capitalisme mondial pour arr&#234;ter et, l&#224; aussi diff&#233;rer, une situation r&#233;volutionnaire qui s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e en 2011 &#224; la suite de la chute mondiale de 2007-2008 et elle a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e gr&#226;ce aux mesures dictatoriales soi-disant sanitaires ou &#233;cras&#233;e dans le sang comme en Syrie ou au Y&#233;men et en Ukraine. Et plus r&#233;cemment en Palestine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne suffit pas : ce ne sont, comme sur le plan &#233;conomique, que des moyens palliatifs. La marche &#224; la guerre mondiale est la vraie r&#233;ponse des classes dirigeantes au danger r&#233;volutionnaire. Tous les pays s'arment pour cette conflagration mondiale, pour une v&#233;ritable boucherie. Les &#233;conomies de guerre sont lanc&#233;es dans tous les pays, &#224; commencer par les &#171; grandes d&#233;mocraties &#187; qui n'ont d&#233;mocratiquement consult&#233; personne pour se lancer dans la seule aventure moderne dont ce syst&#232;me mortif&#232;re est capable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le monde capitaliste est condamn&#233; mais pas pour les raisons qui sont fr&#233;quemment invoqu&#233;es, pas &#224; cause du climat et du gaz carbonique, pas &#224; cause de la grande migration des peuples des pays pauvres et opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme, pas &#224; cause des musulmans ou de la Cor&#233;e du Nord, ni &#224; cause de l'intelligence artificielle ou des robots, mais parce que son &#233;conomie a atteint ses limites et que l'un des principes m&#234;me du capitalisme est de ne pas pouvoir se limiter ! La crise climatique n'est qu'un leurre pour tromper les peuples. Il n'y a pas plus de tendance claire au r&#233;chauffement qu'&#224; la glaciation et ce n'est pas quelques pointes dans un sens ou dans l'autre &#224; notre &#233;chelle qui indiquent le sens g&#233;n&#233;ral du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mondialisation (fin de l'&#233;conomie-monde) est une r&#233;alit&#233;, la perte de domination des USA, l'aggravation de la concurrence mondiale aussi, mais ils ne prennent l'allure d'une guerre entre les deux blocs, l'un autour de la Chine et de la Russie et l'autre autour des USA, un tour de guerre &#224; coups d'armes et pas seulement de guerre &#233;conomique, parce que le syst&#232;me mondial est inexorablement mort dans sa dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le signal le plus inqui&#233;tant pour le capitalisme est bel et bien la vague des r&#233;volutions, des printemps, d&#233;but&#233;e en Tunisie, en &#201;gypte, en Alg&#233;rie, en Syrie, au Y&#233;men et qui a parcouru le monde, des mouvements atteignant aussi les pays imp&#233;rialistes comme les USA et la France (avec les Gilets jaunes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B- Les &#201;tats capitalistes s'enfoncent dans la dictature mais le communisme n'est-il pas le contraire de la libert&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, le communisme n'est pas le contraire de la libert&#233; en g&#233;n&#233;ral mais seulement de la libert&#233; des capitalistes ! La libert&#233; d'exploiter, de terroriser, de tuer, de d&#233;truire, d'opprimer, oui, nous voulons la d&#233;molir d&#233;finitivement et nous ne voyons aucun int&#233;r&#234;t de le cacher. Il faut au contraire le proclamer et tous ceux qui ne le font pas ne sont pas des gens qui &#171; tiennent compte du rapport de forces &#187; comme ils le pr&#233;tendent mais des militants qui ne veulent nullement pr&#233;parer les travailleurs &#224; leur t&#226;che d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie capitaliste n'est que la &#171; libert&#233; &#187; de choisir parmi des politiciens bourgeois celui qui nous gouvernera ce qui n'est pas un choix ni de soci&#233;t&#233;, ni de fonctionnement &#233;conomique ou politique, qui n'est qu'une tromperie grossi&#232;re. A chaque fois que les travailleurs voient leur candidat soi-disant &#171; pr&#233;f&#233;r&#233; &#187; gouverner, ils sont &#233;videmment cruellement d&#233;&#231;us et il leur faut de nombreuses ann&#233;es de gouvernement de droite ou d'extr&#234;me droite pour recommencer &#224; esp&#233;rer dans un gouvernement de gauche qui va &#224; nouveau les d&#233;cevoir. Pour que les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, m&#234;me les plus &#233;l&#233;mentaires soient d&#233;fendus au gouvernement, il faut que ce soient les travailleurs eux-m&#234;mes qui gouvernent ; C'est le seul moyen d'avoir un gouvernement vraiment d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun gouvernement ne peut &#224; la fois accorder &#224; la fois la libert&#233; aux capitalistes et aux travailleurs. Il n'y en a jamais eu aucun dans le pass&#233; et il n'y en aura jamais aucun dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les mani&#232;res, la plupart des fonctions d'&#201;tat ne sont pas &#233;ligibles mais nomm&#233;es et les travailleurs ne participent pas &#224; leur choix : g&#233;n&#233;raux et autres officiers, chefs de la police et des forces sp&#233;ciales, chefs des services de renseignement et de l'espionnage et du contre-espionnage, chefs de la gendarmerie, des prisons, de la justice, des administrations, des services publics, des soci&#233;t&#233;s semi-publiques, des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et notamment des trusts, des institutions financi&#232;res, des minist&#232;res, de la presse, des religions, de la diplomatie, des m&#233;dia, de la science et de la recherche, de l'enseignement &#224; tous les niveaux, etc. Tous ces gens-l&#224; sont du m&#234;me bord et ce n'est pas du n&#244;tre. Ce sont des d&#233;fenseurs acharn&#233;s du monde capitaliste, de ses int&#233;r&#234;ts et de ses lois. Ce sont nos ennemis directs et pr&#233;tendre qu'il faudrait souhaiter qu'ils prennent des mesures en notre faveur, c'est demander &#224; un bouc de donner du lait ou &#224; une girafe d'avoir un cou de lapin. C'est contre-nature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tous ces pouvoirs entre leurs mains, m&#234;me une &#233;lection au suffrage universel d'un pr&#233;sident ne pas &#234;tre d&#233;mocratique, les travailleurs n'ayant sur leur lieu de travail aucun droit politique, aucun droit de se r&#233;unir, de faire des tracts, de lancer des discussions, des programmes, etc. S'ils le font, ils sont licenciables sur le champ au nom de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Les travailleurs sont des sans droits dans les entreprises et pas des citoyens libres comme on nous les pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C- Le capitalisme n'est-il pas le seul mode de fonctionnement possible ? Le communisme n'a-t-il pas &#233;chou&#233; en URSS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme serait-il &#233;ternel ? Il a surv&#233;cu aux crises internationales catastrophiques et aux guerres mondiales ! Et aussi aux vagues r&#233;volutionnaires des r&#233;volutions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a tenu le coup face aux m&#233;contentements violents des peuples en r&#233;pondant par une violence d'&#201;tat accrue sous toutes ses formes (dictatures militaires, fascismes, extermination de peuples, guerre mondiale), mais il y a une autre limite au capitalisme que les efforts des travailleurs et de peuples pour se d&#233;barrasser du syst&#232;me d'exploitation le plus puissant de l'Histoire. Et ce sont les limites que ce syst&#232;me s'impose &#224; lui-m&#234;me car il est p&#233;tri de contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le syst&#232;me veut accumuler toujours plus de capital, il veut toujours r&#233;investir ce capital pour extraire ces nouveaux capitaux du travail productif humain, mais les investissements productifs qu'il recherche doivent aussi &#234;tre toujours plus rentables, exploiter plus efficacement le travail humain, et tout cela n'est pas &#233;ternellement compatible. Il arrive un moment o&#249; la masse des capitaux s'accro&#238;t relativement aux capacit&#233;s de nouveaux investissements et, d&#232;s lors, cette situation ne peut qu'aller en s'aggravant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cette situation qui s'est manifest&#233;e de mani&#232;re catastrophique en 2007-2008 et dont le capitalisme ne peut plus se sortir. Les interventions des &#201;tats et des institutions financi&#232;res peuvent retarder l'&#233;ch&#233;ance de la chute mais en aggravant la taille du probl&#232;me, en accroissant la masse des capitaux sans accro&#238;tre les investissements productifs rentables !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste, comme les autres syst&#232;mes socio-&#233;conomiques qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; (collectivisme antique, esclavagisme antique, f&#233;odalisme, servage, travail forc&#233; colonial, artisanat et commerce bourgeois) ont eux aussi atteints leurs limites et ont disparu sous le poids de leurs contradictions. C'est lorsque ces syst&#232;mes &#233;taient d&#233;molis ou d&#233;stabilis&#233;s par ces contradictions internes, ces modes de production ayant atteint leurs limites, que les luttes des opprim&#233;s et des exploit&#233;s et les guerres les ont renvers&#233;s. C'est ce stade o&#249; le syst&#232;me est compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233; par ses propres contradictions qui est actuellement atteint par le capitalisme. Les limites du syst&#232;me ne proviennent pas seulement du fait que les riches sont trop riches et les pauvres trop pauvres au point que le foss&#233; entre eux devient un gouffre et que les contradictions entre riches et pauvres explosent. On en est au point o&#249; l'exc&#232;s de richesse des capitalistes plombe directement le capitalisme lui-m&#234;me. Il y a trop d'argent pour que ces capitaux trouvent &#224; s'investir de mani&#232;re rentable ! La limite de l'accumulation du grand capital est atteinte. Le syst&#232;me capitaliste n'est pas seulement remis en cause par le peuple travailleur mais par le capital lui-m&#234;me et ses lois de fonctionnement. Le d&#233;veloppement capitaliste a d&#233;pass&#233; les limites du fonctionnement capitaliste. La production de richesses nouvelles, indispensable &#224; la formation de nouveaux capitaux, est en valeur relative de moins en moins assur&#233;e puisqu'une fraction croissante ne produit rien et ne fait que sp&#233;culer. Le syst&#232;me capitaliste est d&#232;s lors en train de se suicider progressivement, en s'emp&#234;chant sans cesse davantage de cr&#233;er des richesses nouvelles qui puissent &#234;tre la base r&#233;elle de capitaux nouveaux. Les aides des &#201;tats et des banques centrales retardent la chute mais font durer la situation, augmentant la part de capitaux qui ne sont pas fond&#233;s sur des profits productifs r&#233;els, et donc accroissent l'ampleur de la d&#233;stabilisation. Les r&#233;formistes se gardent bien de pointer cette situation, d'en avertir les travailleurs, de pr&#233;parer ceux-ci au changement profond dans le type de luttes qui est n&#233;cessit&#233; par cet effondrement capitaliste. Et pour cause : cette situation historique du capitalisme est critique pour le syst&#232;me mais aussi pour le r&#233;formisme lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'id&#233;e que le capitalisme serait le seul mode moderne de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; car le communisme a &#233;chou&#233;, elle est fond&#233;e sur un immense mensonge historique qu'est le stalinisme. Tout d'abord, il convient de rappeler que tous les dirigeants communistes de Russie sans exception, qui ont dirig&#233; le parti communiste russe de 1917 &#224; 1922, n'ont jamais pr&#233;tendu que la r&#233;volution russe d'Octobre 1917 avait inaugur&#233; le communisme en Russie et pas m&#234;me qu'elle pouvait le faire dans les d&#233;cennies &#224; venir. Ils affirmaient au contraire qu'elle &#233;tait le premier pas de la r&#233;volution mondiale qui, seule, pourrait mener au socialisme. La pr&#233;tention de la construction du socialisme en Russie n'a &#233;t&#233; invent&#233;e qu'&#224; l'&#233;poque de la dictature stalinienne, justement quand la politique de la bureaucratie tournait le dos au socialisme. Les r&#233;volutionnaires russes avaient toujours affirm&#233; que la lutte pour le socialisme ne pouvait qu'&#234;tre internationale, allant compl&#232;tement &#224; l'encontre des mensonges staliniens du &#171; socialisme dans un seul pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme a d'autant plus fort proclam&#233; &#234;tre le premier pays communiste qu'il &#233;tait un mouvement contre-r&#233;volutionnaire et l'imp&#233;rialisme a trouv&#233; son propre int&#233;r&#234;t &#224; diffuser ce bobard de l'URSS pr&#233;tendument communiste ce qui fait que le monde entier a entendu ce mensonge pourtant &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour L&#233;nine, Trotsky et leurs camarades, la soci&#233;t&#233; russe aux mains des soviets, d&#233;j&#224; arri&#233;r&#233;e, d&#233;vast&#233;e par la guerre et la guerre civile ne pouvait certainement pas passer directement au socialisme et, malgr&#233; ses efforts gigantesques, elle ne pouvait juste esp&#233;rer de tenir face aux imp&#233;rialismes mena&#231;ants que si la r&#233;volution triomphait dans quelques pays plus d&#233;velopp&#233;s qu'elle. Elle ne pouvait aller vers le socialisme qu'en &#233;tant le premier pas r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat mondial, ce qui &#233;tait exactement la politique du parti communiste jusqu'en 1922. La r&#233;volution russe, isol&#233;e par la d&#233;faite des r&#233;volutions due essentiellement &#224; la trahison des partis sociaux-d&#233;mocrates et des syndicats r&#233;formistes, ne pouvait qu'&#234;tre d&#233;faite et pas &#224; cause de &#171; l'&#233;chec du communisme &#187; mais parce que le socialisme ne peut &#234;tre qu'un mouvement r&#233;volutionnaire international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'inexistence de la r&#233;volution internationale qui a tu&#233; la r&#233;volution russe ou l'a condamn&#233;e, mais sa trahison. La r&#233;volution mondiale a bien commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper apr&#232;s la r&#233;volution russe mais elle a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e, tromp&#233;e, d&#233;voy&#233;e, r&#233;prim&#233;e par les r&#233;formistes et les fascistes. Ce n'est donc pas une r&#234;verie g&#233;n&#233;reuse sans fondement mais un v&#233;ritable mouvement du prol&#233;tariat qui ne peut qu'&#234;tre international et ne peut que triompher aussi de mani&#232;re internationale ou p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la derni&#232;re vague r&#233;volutionnaire d&#233;but&#233;e par les &#171; printemps &#187; arabes et qui a parcouru le monde rappelle ce caract&#232;re international des grandes vagues r&#233;volutionnaires. La seule perspective r&#233;volutionnaire est in&#233;vitablement internationale car notre force et notre ennemi le sont tous les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- Pourquoi la r&#233;volution serait-elle encore plus d'actualit&#233; aujourd'hui qu'&#224; d'autres &#233;poques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous sommes au bord du gouffre, proches d'une immense catastrophe qui n'est annonc&#233;e qu'aux capitalistes et pas aux travailleurs et pourtant menace mortellement ces derniers. Et contre cette catastrophe historique, il n'y a qu'un seul rem&#232;de : que l'humanit&#233; fasse un nouveau pas en avant, prenant elle-m&#234;me son propre sort en mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui prouve que cette situation critique est toute proche de nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord les signaux &#233;conomiques qui ont commenc&#233; en 2007-2008 avec ce que l'on a appel&#233; la &#171; crise des subprimes &#187; et qui est en fait la tendance g&#233;n&#233;rale du grand capital vers une sp&#233;culation folle par manque croissant d'investissements productifs par rapport &#224; la masse de plus en plus excessive de capitaux. Le capitalisme a d&#232;s lors cess&#233; d'&#234;tre un syst&#232;me fond&#233; sur des alternances croissance/r&#233;cession ponctu&#233; par des faillites et a d&#232;s lors consid&#233;r&#233; que toute chute d'un trust &#233;tait &#171; syst&#233;mique &#187;, c'est-&#224;-dire mena&#231;ait l'&#233;difice mondial tout entier ! Cela signifie qu'&#201;tats et banques centrales ont mis tous leurs moyens pour &#171; sauver &#187; les capitalistes quand ils &#233;taient menac&#233;s par la faillite. La derni&#232;re op&#233;ration de ce type a &#233;t&#233; celle pour sauver les banques, am&#233;ricaines et suisses notamment. Cette situation dans laquelle le syst&#232;me est sans cesse au bord du gouffre est tout &#224; fait nouvelle dans l'histoire du capitalisme et montre que le mode de production capitaliste a atteint une limite qu'il ne peut pas franchir, qu'il a tellement r&#233;ussi que son succ&#232;s d&#233;passe ce que permet son fonctionnement. Cela signifie qu'une part croissante des capitaux ne peut plus produire de nouveaux profits r&#233;els, fond&#233;s sur l'exploitation du travail humain. Ces capitaux, dont la masse croit sans cesse, deviennent &#171; nocifs &#187; et doivent p&#233;riodiquement &#234;tre rachet&#233;s par les &#201;tats et instituions financi&#232;res publiques. Ce fonctionnement en sauvetage permanent gr&#226;ce aux fonds publics est une marque de la nouvelle morbidit&#233; du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du covid, l'attaque massive de la population qu'elle a caus&#233; avec morts, bless&#233;s, orphelins, le coup de frein &#224; toute l'&#233;conomie aussi et l'accroissement du ch&#244;mage et de la mis&#232;re, enfin la propension des gouvernements &#224; en profiter pour accro&#238;tre partout la dictature sociale, tout cela a montr&#233; que le syst&#232;me mondial &#233;tait au bout du rouleau. L'incapacit&#233; ou plut&#244;t le refus des gouvernements de combattre la pand&#233;mie a soulign&#233; que l'on &#233;tait sorti de la phase dynamique du syst&#232;me pour entrer dans celle de sa n&#233;crose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu d'ann&#233;es avant le d&#233;but des vagues pand&#233;miques, une vague de r&#233;voltes et de r&#233;volutions a parcouru le monde, d&#233;but&#233;e en 2011. Les situations r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;es dans le sang et transform&#233;es en guerres et en guerres civiles ou en dictatures sanglantes. En Syrie, la r&#233;volution a non seulement &#233;t&#233; transform&#233;e en guerre civile, elle a &#233;t&#233; aussi transform&#233;e en guerre mondiale au sens o&#249; les grandes puissances imp&#233;rialistes y sont intervenues concurremment choisissant chacune un camp de la guerre civile et s'affrontant de plus en plus violemment. Ces puissances ont commenc&#233; d&#232;s lors &#224; mener une telle politique dans chaque conflit, poussant ainsi &#224; une nouvelle guerre, celle d'Ukraine qui a suivi la transformation de la r&#233;volution ukrainienne en guerre civile et cette guerre continue jusqu'&#224; nos jours. Et la situation en Isra&#235;l/Palestine est encore du m&#234;me type. Au d&#233;but, il y a eu la mont&#233;e des r&#233;voltes et r&#233;volutions, c&#244;t&#233; palestinien conne isra&#233;lien, aussi bien contre les classes dirigeantes isra&#233;liennes que palestiniennes, puis il y a eu l'action arm&#233;es des classes poss&#233;dantes et de leurs alli&#233;s pour transformer cette situation en affrontement militaire qui devient de plus en plus barbare et n'a plus cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde est &#224; nouveau divis&#233; en deux blocs imp&#233;rialistes, l'un autour des USA et l'autre autour de Russie/Chine et ces deux ensembles menacent dans chaque r&#233;gion du monde de transformer tout soul&#232;vement local en affrontement militaire massif avec des massacres de plus en plus barbares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me mondial est entr&#233; dans une &#233;conomie de guerre o&#249; des fonds de plus en plus importants sont consacr&#233;s &#224; la production d'armes de destruction massive, chaque camp s'ing&#233;niant &#224; cr&#233;er des machines de destruction plus terrifiantes les unes que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes poss&#233;dantes, loin de reconna&#238;tre que tout cela n'&#233;tait que le produit du stade n&#233;crophile de leur syst&#232;me sont ^rets &#224; accuser n'importe quelle autre cause et notamment l'islamisme d'un c&#244;t&#233; et&#8230; le gaz carbonique CO&#178; de l'autre ! Mais ni l'un ni l'autre n'ont caus&#233; l'effondrement &#233;conomique mondial de 2007 ni la pand&#233;mie ni la division de toute la plan&#232;te en deux blocs imp&#233;rialistes. Aucun des deux camps ne se r&#233;clame de l'islam. Aucun des deux ne soutient la croissance du gaz carbonique. Ce n'est que du baratin pour cacher que le syst&#232;me a atteint ses limites et qu'il ne pourra plus d&#233;sormais que nous jeter d'une horreur dans une autre. Il n'y a pas davantage de crise terroriste que de crise sanitaire ou de crise climatique ni encore de crise migratoire mais une seule crise d&#233;finitive, celle qui signale les derniers temps du capitalisme finissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, il n'est pas question de tomber dans tous ces pi&#232;ges. Les organisations r&#233;formistes compl&#232;tement li&#233;es au syst&#232;me et aux &#201;tats capitalistes (et leurs suiveurs opportunistes) se refusent compl&#232;tement &#224; r&#233;pondre aux situations cr&#233;&#233;es par la chute du syst&#232;me. Elles se gardent d'en donner une interpr&#233;tation autre que celle des classes poss&#233;dantes. Elles poussent ainsi les travailleurs dans le pi&#232;ge qui leur est tendu. Pas question pour elles d'unir les travailleurs, nationaux avec immigr&#233;s, pas question de combattre l'&#233;conomie de guerre et l'investissement politique et financier dans les guerres en cours, pas question de d&#233;noncer les pr&#233;tendues &#171; aides &#224; l'&#233;conomie &#187; et autres &#171; sauvetages &#187; sur fonds publics et la destruction des services publics qui en d&#233;coule (notamment celle de la sant&#233; publique). Encore moins question de relier toutes ces attaques entre elles pour permettre une r&#233;plique prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations r&#233;formistes (suivis de leurs toutous opportunistes, du type faux &#233;cologistes ou fausses extr&#234;mes gauches) se sont bien gard&#233;es de soutenir la vague des r&#233;voltes et r&#233;volutions qui a parcouru le monde, d'en profiter pour reconstruire l'internationalisme prol&#233;tarien, montrant qu'un m&#234;me combat concerne tous les peuples travailleurs du monde, cassant les propagandes des adversaires directs de ces soul&#232;vements, les gouvernants imp&#233;rialistes. Ils se sont bien gard&#233;s de d&#233;masquer les vrais responsables de ces tueries comme de d&#233;noncer &#224; la fois les anti-islamistes et les terroristes se couvrant de l'islam. Ils se gardent bien de d&#233;noncer &#233;galement les deux camps imp&#233;rialistes. Tout comme ils se gardent de relier tous ces &#233;v&#233;nements totalement nouveaux dans l'Histoire &#224; une phase mortif&#232;re du capitalisme. Ils parlent seulement de &#171; crise grave &#187;, comme s'ils se contentaient du terme de &#171; maladie grave &#187; au chevet d'une personne au stade ultime et en soins palliatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- Mais ne s'occuper que d'une r&#233;volution future, c'est ne rien faire en attendant qu'elle arrive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout ! C'est s'occuper de nos luttes actuelles mais diff&#233;remment des r&#233;formistes, quasi en sens inverse. Quand les r&#233;formistes refusent de poser des revendications politiques, les r&#233;volutionnaires militent pour. Quand les r&#233;formistes refusent de mettre en avant des objectifs permettant d'&#233;tendre la lutte, les r&#233;volutionnaires le font. Quand les r&#233;formistes combattent mortellement toute forme d'auto-organisation des travailleurs, les r&#233;volutionnaires les d&#233;fendent toutes, sans en rejeter aucune, car ils n'ont pas de religion des soviets ni des conseils d'usine ni d'aucune autre forme d'organisation du moment qu'elle permet aux travailleurs en masse de d&#233;cider eux-m&#234;mes sans faire les toutous des r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes r&#233;volutionnaires ne disent &#224; personne d'attendre ni un quelconque &#171; grand soir &#187;, ni &#171; un jour J &#187;, ni &#171; une heure H &#187;. Ils ne d&#233;nigrent pas les luttes actuelles au nom de la grandeur future des luttes r&#233;volutionnaires &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils disent au contraire que ce sont les luttes actuelles qui pr&#233;parent d&#232;s maintenant les luttes r&#233;volutionnaires de demain et la capacit&#233; des travailleurs &#224; s'organiser par eux-m&#234;mes pour devenir capables demain de diriger toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en arriver l&#224;, il est indispensable d&#232;s maintenant qu'une fraction la plus large possible (mais mieux vaut d'infimes minorit&#233;s que rien) soit instruite des perspectives r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat et sachent comment les d&#233;fendre d&#232;s maintenant dans les luttes, en b&#226;tissant des r&#233;seaux militants, en remettant en question la domination des appareils bureaucratiques des r&#233;formistes et des opportunistes &#224; leurs crochets, en proposant dans les luttes et gr&#232;ves petites et grandes des comit&#233;s, des conseils, des assembl&#233;es d&#233;cisionnelles, des &#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et r&#233;vocables, proposent de les former et de les f&#233;d&#233;rer &#224; tous les niveaux, &#233;l&#232;vent partout le niveau de conscience des travailleurs, combattant l'&#233;tat d'esprit r&#233;formiste, pro-imp&#233;rialiste, conciliateur, de collaboration, et am&#232;nent les travailleurs &#224; remettre en cause la soumission &#224; l'&#201;tat capitaliste et &#224; la loi de classe du syst&#232;me d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite que les militants r&#233;volutionnaires avancent au cours de la lutte des revendications qui rompent avec le r&#233;formisme sans se d&#233;tacher des aspirations des travailleurs au niveau o&#249; elles en sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications qui pr&#233;parent &#224; la situation r&#233;volutionnaire, tout en tenant compte du fait qu'on n'y est pas encore, sont appel&#233;es des revendications transitoires, en transition entre calme social et r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F- Il faudrait une r&#233;volution socialiste qui agisse en m&#234;me temps &#224; l'&#233;chelle internationale, ce qui est impossible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est justement l'un des produits de l'influence des r&#233;formistes au sein de la classe ouvri&#232;re et de ceux qui croient militer &#224; ses c&#244;t&#233;s que d'avoir implant&#233; le gros mensonge selon lequel les attaques antisociales qui frappent &#224; l'&#233;chelle nationale ne sont pas le produit de la situation internationale des capitalistes, de l'&#233;tat du syst&#232;me mondial, mais de l'action nuisible de tel ou tel gouvernement national que ces r&#233;formistes d&#233;noncent, histoire de faire croire que si eux gouvernaient tout ces malheurs n'arriveraient pas. Ils veulent nous faire croire &#224; une r&#233;alit&#233; politique et sociale nationale qui ne d&#233;pendrait pas directement de la r&#233;alit&#233; mondiale du syst&#232;me capitaliste ! Une imb&#233;cillit&#233; qui ne m&#233;riterait m&#234;me pas d'&#234;tre combattue tant elle est ridicule, s'ils n'en avaient pas fait la th&#232;se de tous les syndicats et tous les partis de gauche, nullement combattue par les opportunistes de la fausse extr&#234;me gauche qui ne se mobilisent qu'au nom de tel ou tel gouvernant accus&#233; de tous les maux, en attendant d'en faire autant avec son successeur. Leur refrain est tout est de la faute&#8230; et il suffit de compl&#233;ter les pointill&#233;s par les noms de Macron, de Biden, de Modi ou de tel ou tel gouvernant. Cela permet d'emp&#234;cher la lutte de classes de se battre sur des objectifs sociaux fondamentaux et aussi de prendre son caract&#232;re naturel&#8230; c'est-&#224;-dire international !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; de ne pas chercher &#224; comprendre, et &#224; laisser la classe ouvri&#232;re comprendre, les probl&#232;mes des capitalistes, de leur syst&#232;me &#233;conomique et aussi des &#201;tats capitalistes, am&#232;ne les travailleurs &#224; penser en termes de revendications purement &#233;conomiques et aussi &#224; ne pas conna&#238;tre du tout l'analyse de l'&#233;tat du syst&#232;me qui est pourtant le fondement de toute lutte de classes r&#233;fl&#233;chie, pens&#233;e et menant du coup &#224; des m&#233;thodes d'action, des objectifs et des perspectives pouvant aller &#224; des succ&#232;s et m&#234;me &#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le programme des travailleurs r&#233;volutionnaires, le point de d&#233;part de toute politique prol&#233;tarienne doit &#234;tre l'analyse de la crise du capitalisme car ses cons&#233;quences sont d&#233;terminantes sur les luttes de la classe ouvri&#232;re et sur ses potentialit&#233;s et aussi sur les m&#233;thodes qui ne m&#232;nent que&#8230; dans le mur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement du syst&#232;me capitaliste m&#232;ne dans le mur toute lutte r&#233;formiste et c'est bien ce que veulent cacher les r&#233;formistes, ces faux amis des travailleurs&#8230; Cela explique qu'en p&#233;riode critique pour le capitalisme, les r&#233;formistes lui sont plus que jamais attach&#233;s et combattent plus violemment que jamais les r&#233;volutionnaires, leur faisant la chasse dans les organisations syndicales et politiques, les traitant de tous les noms, depuis fous &#224; ignorants, barbares, complotistes et fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; une vision internationaliste de la crise sociale et cons&#233;quemment de la lutte des classes, il ne faut certainement pas l'attendre des r&#233;formistes et de leurs suiveurs r&#233;formistes, y compris pseudo extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, oui, ce n'est pas la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale qui est une utopie, c'est le maintien au pouvoir du capitalisme mondial !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN PROGRAMME D'ACTION LIANT REVENDICATIONS IMMEDIATES ET LA PERSPECTIVE DE REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE A LA PRISE DU POUVOIR PAR LE PROLETARIAT ALLI&#201; AU PEUPLE TRAVAILLEUR ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Citation de L&#233;on Trotsky, dans &#171; Programme d'action de la Ligue Communiste (Trotskyste) &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre programme d'action veut &#234;tre celui du prol&#233;tariat entra&#238;nant les autres couches laborieuses de la nation depuis la lutte pour leurs revendications imm&#233;diates jusqu'&#224; celles pour l'&#233;tablissement du pouvoir des ouvriers et des paysans. Il contient de grands mots d'ordre g&#233;n&#233;raux pour la r&#233;alisation desquels peut et doit s'effectuer la mobilisation des travailleurs des villes et des campagnes : le contr&#244;le ouvrier et paysan, les grandes nationalisations, des mesures pour la d&#233;fense de la paysannerie pauvre, les droits des soldats, etc... Mais pour chacune de ces revendications, il donne les moyens de lutter pour leur r&#233;alisation : l'organisation des couches int&#233;ress&#233;es dans des comit&#233;s (comit&#233;s d'usines, comit&#233;s de paysans, comit&#233;s de soldats...) dans lesquels serait suscit&#233;e et d&#233;velopp&#233;e l'initiative des travailleurs en lutte. Il ne peut s'agir seulement de travailleurs inscrits dans les partis et syndicats, mais des plus larges masses, constituant ainsi, par l'Alliance ouvri&#232;re, dans un vaste r&#233;seau de comit&#233;s, la repr&#233;sentation v&#233;ritable des travailleurs n'attendant pas la manne d'en haut, mais r&#233;alisant leurs exigences. Nous ne disons pas aux travailleurs : voici un plan excellent, faites-nous confiance ; nous leur disons : voici des solutions pour sortir du bourbier ; voici les m&#233;thodes sur lesquelles vous devez vous unir et que vous devez employer pour y parvenir. Car la situation pr&#233;sente ne peut offrir d'issue favorable aux travailleurs que si ceux-ci prennent en mains leur cause, leurs int&#233;r&#234;ts et les d&#233;fendent ardemment&#8230; Au travail pour constituer un comit&#233; d'usine dans mon entreprise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citation de L&#233;on Trotsky dans son &#171; Programme de transition &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La t&#226;che strat&#233;gique de la prochaine p&#233;riode - p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire d'agitation, de propagande et d'organisation - consiste &#224; surmonter la contradiction entre la maturit&#233; des conditions objectives de la r&#233;volution et la non-maturit&#233; du prol&#233;tariat et de son avant-garde (d&#233;sarroi et d&#233;couragement de la vieille g&#233;n&#233;ration, manque d'exp&#233;rience de la jeune). Il faut aider les masses, dans le processus de leurs luttes quotidiennes, &#224; trouver le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la r&#233;volution socialiste. Ce pont doit consister en un syst&#232;me de REVENDICATIONS TRANSITOIRES, partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvri&#232;re et conduisant invariablement &#224; une seule et m&#234;me conclusion : la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de laisser la lutte revendicative aux mains des r&#233;formistes, le programme communiste, &#224; l'aide de ses revendications transitoires, vise &#224; amener celle-ci sur le terrain politique r&#233;volutionnaire en faisant sans cesse le lien entre les n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques, sociales et politiques du moment et la n&#233;cessit&#233; de plus en plus pressante de la mise en place des organes de pouvoir prol&#233;tarien, les soviets, et leur prise de pouvoir sur l'&#201;tat et toute la soci&#233;t&#233; en expulsant les exploiteurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme d'action que les communistes r&#233;volutionnaires doivent proposer &#224; la classe ouvri&#232;re a un but extr&#234;mement simple et d&#233;terminant : casser la loi &#224; laquelle ob&#233;it la soci&#233;t&#233; actuelle qui est la loi du profit fond&#233; sur l'exploitation du travail humain et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et que l'on nomme aussi capitalisme. Cette loi n'est ni une loi de la nature, ni une loi humaine, ni une loi fond&#233;e sur l'accord commun des habitants. Elle est pr&#233;sent&#233;e comme une loi g&#233;n&#233;rale de toute &#233;conomie, comme une loi de la nation, comme une loi de la R&#233;publique, comme une loi de tous les citoyens, comme un int&#233;r&#234;t collectif de toute la population. Cette loi d&#233;cr&#232;te que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux, des usines, des banques, des assurances, de la finance est intouchable quels que soient les crimes commis par ses possesseurs. Et cette loi permet de pi&#233;tiner les droits de l'immense majorit&#233; de la population, dans un pays comme au dehors. Un capitaliste fait ce qu'il veut de ses capitaux. Il a le droit de les retirer d'une entreprise pour la fermer. Il a le droit de r&#233;clamer que les salari&#233;s travaillent plus en les payant moins sous peine d'&#234;tre licenci&#233;s. Il a le droit de vendre l'entreprise &#224; qui il veut et quand il veut. Il a le droit de d&#233;truire la vie de ses salari&#233;s, en exer&#231;ant des pressions morales folles par le biais de son encadrement, de les d&#233;placer, de les menacer, de les licencier. Il a le droit ainsi de briser des familles enti&#232;res, des r&#233;gions, des secteurs d'activit&#233; en jetant les salari&#233;s &#224; la rue, en les ruinant, en leur faisant ainsi perdre logement, sant&#233;, &#233;ducation des enfants, acc&#232;s au gaz, &#224; l'&#233;lectricit&#233;, au t&#233;l&#233;phone, au compte en banque, etc&#8230; Il peut d&#233;truire int&#233;gralement la vie de millions de familles de prol&#233;taires. Aux USA m&#234;me, des familles qui n'&#233;taient pas mis&#233;rables au d&#233;part ont ainsi perdu leur logement et se sont retrouv&#233;es &#224; la rue. En Gr&#232;ce, on a vu jusqu'o&#249; cela peut aller, jusqu'&#224; d&#233;truire enti&#232;rement la soci&#233;t&#233;, supprimant toute s&#233;curit&#233; pour des personnes qui avaient nationalit&#233;, qualification et emploi. L'illusion selon laquelle la soci&#233;t&#233; capitaliste allait continuer &#233;ternellement &#224; d&#233;velopper &#233;conomie et bien-&#234;tre s'effondre irr&#233;m&#233;diablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du programme d'action propos&#233; par les militants communistes r&#233;volutionnaires doit &#234;tre de rendre consciemment indispensable la destruction compl&#232;te de cette loi qui fonde le capitalisme. Il ne peut &#234;tre &#233;videmment question d'en convaincre quiconque est attach&#233; par ses int&#233;r&#234;ts &#224; l'ordre bourgeois, partis bourgeois, partis r&#233;formistes, syndicats bourgeois, syndicats r&#233;formistes, y compris la gauche de la gauche bourgeoise et m&#234;me pas les organisations d'extr&#234;me gauche qui consid&#233;reraient que leurs int&#233;r&#234;ts sont attach&#233;s aux &#233;lections et aux appareils syndicaux, eux-m&#234;mes attach&#233;s immanquablement &#224; l'ordre bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du programme d'action de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre de partir des besoins imm&#233;diats de la classe ouvri&#232;re et de les relier par des liens indestructibles &#224; la destruction de la loi du capital. Il s'agit donc &#224; la fois de montrer la n&#233;cessit&#233; de briser la loi du capital, d'en montrer la possibilit&#233;, d'en d&#233;montrer l'in&#233;vitabilit&#233; et le caract&#232;re vital pour la classe ouvri&#232;re. Ne pas d&#233;truire la loi du capital, dans les circonstances actuelles, c'est la laisser non seulement nous exploiter, nous voler, mais nous d&#233;truire moralement et physiquement, en commen&#231;ant par d&#233;molir notre moral, au niveau individuel comme collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A- D&#233;truire la loi bourgeoise autrement dit la loi du Capital du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se fonde sur un constat : l'&#201;tat, la R&#233;publique, la nation, les institutions, la justice, l'imp&#244;t, la police, les forces arm&#233;es, l'administration ne sont nullement au service de la collectivit&#233;, ne sont en rien des produits de la d&#233;cision d&#233;mocratique de la population mais au service exclusif du grand capital. Il suffit pour s'en convaincre de voir que l'&#201;tat a &#233;t&#233; capable depuis la crise de 2007 de sortir de ses caisses des centaines de milliards d'euros pour aider les banques, les trusts, les assurances, les financiers et les bourses et, par contre, il n'a plus m&#234;me des centimes pour les retraites, la s&#233;curit&#233; sociale, les ch&#244;meurs, la sant&#233;, l'&#233;ducation, les transports, les services publics&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la loi du capital, le travailleur ne compte pas, le ch&#244;meur ne compte pas, le retrait&#233; ne compte pas, le petit artisan, le petit p&#234;cheur, le petit paysan, le tout petit rentier ne comptent pas non plus. On peut les jeter &#224; la rue. On peut les liquider. On peut fermer leurs comptes en banque. S'ils protestent, on leur envoie les forces de l'ordre. On peut leur enlever le droit de se loger, de loger leur famille, de les nourrir, d'&#233;duquer leurs enfants. On peut les r&#233;duire &#224; la mendicit&#233;. Et cela &#224; l'&#233;chelle de peuples entiers. Ceux qui n'en sont pas encore convaincus vont s'en convaincre tr&#232;s vite. S'ils protestent, ils verront alors que toute protestation est consid&#233;r&#233;e comme une atteinte &#224; la loi. On pourra les frapper, les matraquer, les arr&#234;ter, les accuser de tous les crimes. Toute revendication aussi minime soit-elle s'attaque donc in&#233;vitablement &#224; la loi du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au capital lui-m&#234;me, il est religieusement prot&#233;g&#233; par la loi. Y compris s'il a commis tous les crimes possibles et imaginables, y compris des crimes contre l'&#201;tat bourgeois, contre la monnaie, contre la stabilit&#233; syst&#233;mique, y compris des crimes contre la viabilit&#233; et l'avenir m&#234;me du capitalisme. Nous venons de le voir avec la crise de 2007-2008. Tous les financiers dont les op&#233;rations hasardeuses ont mis par terre le syst&#232;me n'ont subi aucune enqu&#234;te s&#233;rieuse et n'ont pas eu &#224; le payer. Non seulement, ils n'ont pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s mais ils ont &#233;t&#233; sauv&#233;s des cons&#233;quences de leurs actes. Ils ont sp&#233;cul&#233; de mani&#232;re folle et ils n'ont pas eu &#224; le payer. Et cela parce qu'une loi a &#233;t&#233; &#233;dict&#233;e durant la crise : &#171; tout grand capital ne peut pas chuter &#187;. Au prix de milliers de milliards de dollars, toutes les grandes entreprises, toutes les grandes banques, toutes les grandes assurances ont &#233;t&#233; sauv&#233;es de la faillite et ce sont les Etats et les banques centrales qui ont pay&#233; la facture, qui ont couvert les trous, qui ont emp&#234;ch&#233; les faillites, au nom de la sauvegarde du syst&#232;me mondial. Ils ont rachet&#233; des entreprises, fourni gratuitement des masses de capitaux, non seulement pr&#234;t&#233;s mais donn&#233;s. Et ils ont fait cela au risque de se ruiner compl&#232;tement, de d&#233;sarmer l'&#201;tat bourgeois lui-m&#234;me. Ils ont &#233;galement rachet&#233; les titres pourris produits par les possesseurs priv&#233;s de capitaux et ils continuent &#224; les racheter. Et le grand capital continue &#224; en produire &#224; un rythme &#233;lev&#233;. Nous ne voulons pas ici nous plaindre d'une d&#233;rive de l'&#201;tat, d'un d&#233;tournement de la loi, de la nation ou de la R&#233;publique mais, au contraire, en souligner le fonctionnement in&#233;vitable en r&#233;gime capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capitalisme, n'est criminel au nom de la loi au pouvoir que le travailleur qui pr&#233;tend conserver son emploi quand le patron le licencie, qui pr&#233;tend rester dans son entreprise quand le patron la ferme, qui pr&#233;tend garder son logement quand il est expuls&#233;, qui pr&#233;tend garder son compte en banque quand la banque le ferme, qui pr&#233;tend avoir le droit de se soigner quand il ne peut se le payer, le ch&#244;meur qui pr&#233;tend manger, ne pas coucher &#224; la rue, se soigner, &#233;tudier, le retrait&#233; qui pr&#233;tend vivre ou survivre, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas faire appel &#224; la m&#234;me loi que les capitalistes ! Nous ne pouvons pas faire appel au m&#234;me &#201;tat que les capitalistes ! Nous ne pouvons pas faire appel &#224; la m&#234;me justice que les capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas continuer &#224; croire que les capitalistes vont finir par sauver nos emplois, par sauver les entreprises, par sauver l'&#233;conomie, par sauver la soci&#233;t&#233;, par sauver les pays, par sauver les peuples. Il faut enfin nous convaincre qu'ils vont au contraire tenter de nous passer &#224; la moulinette. Ils s'y prennent certes progressivement en faisant semblant de chercher &#224; nous prot&#233;ger, &#224; nous &#233;viter le ch&#244;mage et la mis&#232;re. Mais ils avancent sans cesse dans le sens de cet objectif et surtout dans celui de d&#233;truire notre capacit&#233; physique et morale, sociale et politique, de r&#233;agir dans un sens de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B- La politique de classe du prol&#233;tariat est l'oppos&#233;e des politiques de collaboration de classe de la gauche politique et gouvernementale, syndicale et d'extr&#234;me gauche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;action de classe du prol&#233;tariat signifie plusieurs choses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de n&#233;gociation avec la bourgeoisie, pas de recherche d'accords, pas de tentatives de &#171; solutions &#187; avec des repreneurs, des sacrifices en &#233;change de garanties d'emploi, pas de tentative de marchandage pour diminuer, soi-disant les sacrifices&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de recherche d'ententes salari&#233;s-patron-&#201;tat qui profite soi-disant &#224; l'emploi et &#224; l'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de solution soi-disant nationale, c'est-&#224;-dire o&#249; patrons et ouvriers d'un m&#234;me pays pr&#233;tendraient avoir les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de plans &#233;conomiques : la question qui se pose aux travailleurs n'est pas de r&#233;soudre les probl&#232;mes &#233;conomiques. Si la bourgeoisie est incapable de faire marcher son syst&#232;me, nous non plus ! Si la bourgeoisie n'est capable que de remplir ses coffres, crise ou pas crise, &#224; nous d'en faire autant et de ne d&#233;fendre que nos salaires&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas d'appel &#224; intervention de l'&#201;tat et du gouvernement qui en fasse un pr&#233;tendu interm&#233;diaire neutre entre les classes &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de revendications purement &#233;conomiques, des objectifs politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de mise en avant d'int&#233;r&#234;ts s&#233;par&#233;s des travailleurs en fonction des professions, de secteurs d'activit&#233;, des divisions voulues par la bourgeoisie (par nation, par cat&#233;gorie professionnelles, entre homme et femmes, jeunes et vieux, entre salari&#233;s et ch&#244;meurs, entre nationaux et immigr&#233;s, avec ou sans papiers, etc&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique de classe est internationaliste, sur des bases luttes de classe, sans tentative de trouver une entente entre les classes oppos&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C- Le prol&#233;tariat doit se mettre &#224; la t&#234;te de l'ensemble des luttes du peuple travailleur et devenir l'aile dirigeante de la r&#233;volution socialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une politique prol&#233;tarienne ne signifie nullement que les travailleurs ne revendiquent que pour eux-m&#234;mes. Elle signifie que les travailleurs se portent candidats &#224; donner des solutions pour toute la population, pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Ils affirment que le droit social doit remplacer le droit du capital, compl&#232;tement et dans tous les domaines de la vie sociale. Cela concerne tous les milieux populaires et pas seulement la classe ouvri&#232;re. C'est un programme qui s'adresse aussi aux couches sociales moyennes menac&#233;es ou frapp&#233;es par la crise. A toutes ces couches, le prol&#233;tariat affirme qu'il les d&#233;fendra face au grand capital, face aux banques, face aux trusts, face aux usuriers, face aux dettes, face &#224; l'&#201;tat bourgeois. Mais, pour cela, il faut que les classes moyennes choisissent de rompre avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise, basculent dans le camp du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, le prol&#233;tariat doit montrer qu'il est le chef de file de la contestation de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, en rompant avec toutes les politiques syndicales qui affirment le contraire. M&#234;me quand les syndicats parlent de lutte, ils r&#233;clament l'aide de l'&#201;tat, l'aide du gouvernement, pour trouver de bons patrons, pour sauver l'industrie, pour sauver le pays, pour sauver l'emploi. Ainsi, ils d&#233;veloppent un programme diam&#233;tralement oppos&#233; au programme d'action qui est n&#233;cessaire &#224; la classe ouvri&#232;re pour devenir le p&#244;le de contestation du syst&#232;me. Ils d&#233;veloppent un discours &#233;conomique comme s'il fallait seulement trouver des bonnes solutions &#233;conomiques pour r&#233;soudre les probl&#232;mes du syst&#232;me. Ils contribuent &#224; faire croire que le syst&#232;me va s'en tirer et que c'est la condition pour que les prol&#233;taires et les peuples s'en sortent. Ils d&#233;veloppent &#233;galement un discours nationaliste qui est criminel dans la situation car il livre les travailleurs aux nationalistes extr&#234;mes, les fascistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus question d'admettre qu'un patron d&#233;clare que les caisses de l'entreprise sont vides. Il faut prendre sur ses revenus et biens personnels. Plus question d'admettre qu'un patron nous dise qu'il n'y a plus de travail. Du boulot ou pas, c'est une question de choix du grand capital en fonction de la rentabilit&#233;. Ce n'est pas notre probl&#232;me. Nous exigeons, dans tous les cas, d'&#234;tre pay&#233;s. Plus question d'allocations ch&#244;mage impay&#233;es. Plus question d'&#233;lectricit&#233; coup&#233;e, de t&#233;l&#233;phone coup&#233;, de cr&#233;dits coup&#233;s, de compte ferm&#233;, d'emplois supprim&#233;s. Quand un capitaliste, un banquier, une assurance sont en difficult&#233;, la soci&#233;t&#233; trouve des milliards pour le sauver. Imposons qu'il en soit de m&#234;me quand il s'agit des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi en finir avec la logique des directions des centrales syndicales qui qu&#233;mandent des petits accommodements, signent des contre-r&#233;formes, divisent les luttes, les l&#226;chent en cours de route et organisent des journ&#233;es d'action sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut unir les travailleurs pr&#233;caires, les ch&#244;meurs et ceux qui ont un emploi, les travailleurs du public et du priv&#233;, les travailleurs de l'Automobile et ceux de l'Audiovisuel, ceux de la Recherche et ceux de la Construction, ceux de l'Enseignement et ceux des grands magasins. C'est &#224; nous de d&#233;fendre notre avenir. Personne ne le fera &#224; notre place ! Il ne s'agit pas de d&#233;fendre chacun notre entreprise mais de d&#233;fendre collectivement le sort de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- La direction des luttes : prol&#233;tariat et peuple travailleur doivent diriger eux-m&#234;mes leurs luttes sans les confier &#224; des appareils politiques et syndicaux lies aux &#201;tats et aux exploiteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs, s'ils ne veulent pas subir de plein fouet le ch&#244;mage, la mis&#232;re, et aussi les dictatures et les guerres, cons&#233;quences in&#233;vitables de la crise, comme le fascisme et la guerre mondiale ont &#233;t&#233; des cons&#233;quences de la crise de 1929, doivent diriger eux-m&#234;mes leurs luttes aujourd'hui et devront diriger demain la soci&#233;t&#233;. Tant qu'ils se laissent diriger par les centrales syndicales, ils ne peuvent pas appara&#238;tre pour la force sociale capable de supplanter le syst&#232;me capitaliste car les centrales, elles, sont des institutions qui font partie du syst&#232;me m&#234;me quand les militants de ces centrales n'en ont pas conscience ou ne le souhaitent pas. Bien entendu, nous ne consid&#233;rons pas les militants syndicalistes comme des ennemis mais comme des travailleurs comme les autres, &#224; convaincre comme les autres, aussi r&#233;formistes que les autres travailleurs, aussi marqu&#233;s par la loi du syst&#232;me que les autres travailleurs. Tant que les travailleurs ne commenceront pas &#224; casser la cha&#238;ne morale qui les attache au capitalisme, nous r&#233;volutionnaires n'entra&#238;nerons pas la majorit&#233; des militants syndicalistes. Casser la cha&#238;ne du capitalisme n&#233;cessite en premier que les travailleurs estiment que la catastrophe imminente implique qu'ils soient pr&#234;ts &#224; se r&#233;unir, &#224; s'assembler pour se parler de la situation, pour &#233;changer librement des avis sur celle-ci, sur les moyens d'y faire face, pour lutter, sur les revendications comme sur les moyens d'action. Les revendications et les moyens d'actions que proposent les r&#233;volutionnaires ont vocation d'&#234;tre propos&#233;s d'abord et avant tout dans ces assembl&#233;es ouvri&#232;res et pas seulement dans les syndicats o&#249; tout l'appareil syndical a vocation de les torpiller d'avance, de les emp&#234;cher m&#234;me d'&#234;tre diffus&#233;es et discut&#233;es. M&#234;me dans les assembl&#233;es, l'appareil bureaucratique cherchera &#224; faire taire la voix des militants r&#233;volutionnaires mais l'assembl&#233;e peut d&#233;cider qu'elle veut quand m&#234;me les &#233;couter et peut l'imposer aux bureaucrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en place partout o&#249; la col&#232;re monte dans le peuple travailleur des assembl&#233;es se dotant de pouvoir de d&#233;cision, &#233;lisant des d&#233;l&#233;gu&#233;s et les r&#233;unissant en comit&#233;s et conseils pour &#233;laborer programmes, strat&#233;gies, m&#233;thodes d'action, r&#233;digeant tracts, prises de parole, affiches, sites internet et autres moyens de propagande et d'intervention et d&#232;s que possible, f&#233;d&#233;rant ces organisations du peuple travailleur de base et, si possible, les liant &#224; celles d'autres pays. Faire en sorte que chaque lutte sur une question particuli&#232;re permette de se lier &#224; d'autres luttes et &#224; mettre en avant le programme d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- Certains diront : nous, travailleurs, ne pourrons jamais gouverner toute la soci&#233;t&#233; par nous-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que l'on entend fr&#233;quemment dire dans la classe ouvri&#232;re : &#171; Nous n'avons pas la comp&#233;tence, nous ne savons pas faire fonctionner l'ensemble de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;. &#187; Ceux qui disent cela sont victimes de l'absence d'occasion pour les travailleurs de discuter et de d&#233;cider collectivement pour des questions concernant des questions fondamentales de la soci&#233;t&#233;, m&#234;me dans des soci&#233;t&#233;s qui se disent d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes et tous leurs soutiens politiques et sociaux, gouvernementaux ou m&#233;diatiques n'ont bien entendu nulle envie que les travailleurs discutent et d&#233;cident politiquement. Au contraire, ils font tout pour faire penser aux travailleurs que, dans chaque question politique ou sociale g&#233;n&#233;rale, ils n'y comprennent rien. En n'ayant aucun &#233;l&#233;ment r&#233;el d'information et de discussion collective, les travailleurs ne risquent pas de d&#233;velopper leurs propres id&#233;es et de les confronter &#224; la r&#233;alit&#233;. Un autre &#233;l&#233;ment fondamental joue contre les travailleurs, les emp&#234;chant de prendre conscience de leurs capacit&#233;s : le fait que les organisations qui dirigent les luttes ne veulent surtout pas que les travailleurs organisent des assembl&#233;es d&#233;cisionnelles (elles votent toute orientation de leurs gr&#232;ves et manifestations, mots d'ordre, m&#233;thode d'action, perspectives), &#233;lisant des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et r&#233;vocables, ind&#233;pendants des appareils syndicaux et politiques, ind&#233;pendants du patronat et du gouvernement capitaliste. Les r&#233;formistes combattent en premier contre ces tentatives d'auto-organisation des travailleurs et contre les militants qui essaient de les d&#233;fendre dans les gr&#232;ves et autres luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, diront bien de travailleurs, il faut des comp&#233;tences pour diriger la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement et justement ce sont les capitalistes qui n'ont pas ces comp&#233;tences, pas les travailleurs ! Ces comp&#233;tences, ce sont des salari&#233;s qui les ont, dans chaque domaine. Tant qu'ils n'agissent pas collectivement, en se dirigeant eux-m&#234;mes, les salari&#233;s n'ont pas l'impression d'avoir ces connaissances mais collectivement, ce sont eux qui les d&#233;tiennent. Les classes dirigeantes n'en disposent que parce que les travailleurs leur ob&#233;issent. Mais m&#234;me un pr&#233;sident qui affirme disposer de l'arme atomique ne sait m&#234;me pas si sa valise atomique est connect&#233;e ni comment. Les ministres qui passent de l'&#201;ducation &#224; la Sant&#233; n'y connaissent souvent pas plus dans un domaine que dans l'autre. Les g&#233;n&#233;raux dirigent des arm&#233;es mais les moyens techniques de ces arm&#233;es, ils ne les connaissant souvent m&#234;me pas. Ce sont les travailleurs, de l'ouvrier au technicien et &#224; l'ing&#233;nieur qui disposent des connaissances techniques et scientifiques, en comptant aussi les chercheurs qui sont aussi des salari&#233;s. La classe capitaliste n'est pas s&#233;lectionn&#233;e par ses comp&#233;tences intellectuelles mais par la possession des capitaux et des moyens de production, h&#233;rit&#233;e des parents et des grands parents, ou des fortunes rapides constitu&#233;es par des investissements sp&#233;culatifs ou m&#234;me productifs, mais cela n&#233;cessite davantage de comp&#233;tences financi&#232;res que scientifiques et techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux choix sociaux que la direction d'ensemble de la soci&#233;t&#233; exige, les capitalistes ont des comp&#233;tences pour imposer leurs int&#233;r&#234;ts particuliers qui sont diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux de l'immense majorit&#233; de la population et pour faire croire le contraire mais ils sont incomp&#233;tents pour se pr&#233;occuper des besoins de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les choix politiques, les r&#233;formistes pr&#233;sentent la d&#233;mocratie capitaliste, dans laquelle cette infime minorit&#233; des possesseurs du grand capital dicte sa loi, comme le nec plus ultra de la d&#233;mocratie et affirment que le refus de cet ordre politique inadmissible serait antid&#233;mocratique, que ce serait une &#171; dictature communiste &#187; ! Mais ils oublient de dire que, sous la d&#233;mocratie capitaliste, leur pr&#233;tention d&#233;mocratique ne va pas jusqu'&#224; faire &#233;lire par la population les principales fonctions de la soci&#233;t&#233; : les patrons et dirigeants des institutions principales de la soci&#233;t&#233;. La seule fonction qui est &#233;ligible est celle de pr&#233;sident de la R&#233;publique. Et les seuls qui peuvent y postuler sont d'abord tri&#233;s par la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Les seuls qui ont acc&#232;s aux grands m&#233;dias aussi. Pas &#233;tonnant, ce sont les grands groupes capitalistes qui d&#233;tiennent les m&#233;dias comme ils d&#233;tiennent les liens avec les grandes institutions de la soci&#233;t&#233;, la banque nationale, les banques priv&#233;es, les entreprises priv&#233;es, publiques et semi-priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirigeants de gauche et des syndicats cachent tout cela et font comme si de &#171; bonnes &#233;lections &#187; pourraient changer cet ordre social et c'est un mensonge complet. Seule la mise en place d'&#233;lections des d&#233;l&#233;gu&#233;s des travailleurs au sein d'assembl&#233;es dans lesquelles les travailleurs imposent leurs propres d&#233;cisions et ne se laissent pas manipuler par les r&#233;formistes politiques et syndicaux peuvent parvenir &#224; mettre en place une v&#233;ritable d&#233;mocratie et l'imposer au sein d'un &#201;tat qui soit un pouvoir des travailleurs. Certes, ce ne serait pas une d&#233;mocratie pour les capitalistes mais ces derniers sont moins d'un pourcent de la soci&#233;t&#233; et n'agissent pas du tout dans le sens des int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comit&#233;s de gr&#232;ve, Comit&#233;s d'Usines, Soviets (Communes r&#233;volutionnaire) et gouvernement ouvrier : A la dictature du capital sur la soci&#233;t&#233; imposons la dictature du travail du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F- La question du pouvoir a &#233;t&#233; pos&#233;e d&#232;s le d&#233;part par le mouvement r&#233;volutionnaire et socialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation int&#233;grale c'est se gouverner soi-m&#234;me directement. Mais pour se gouverner dans l'avenir, le peuple doit commencer par gouverner directement ses luttes et cela commence par la mise en place de comit&#233;s de gr&#232;ve dans les entreprises et sur ses lieux de vie. Ces comit&#233;s sont des embryons du futur autogouvernement du peuple en &#233;lisant une direction de la lutte responsable et r&#233;vocable devant les assembl&#233;es de lutte du peuple. Leur coordination sera alors la pr&#233;misse de nouvelles Communes R&#233;volutionnaires &#224; l'Image des Communes de Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux en 1871, derni&#232;re grande insurrection r&#233;volutionnaire du Peuple en France et 1er gouvernement des pauvres, des opprim&#233;s et des exploit&#233;s. Et comme Fernand Pelloutier, fondateur des Bourses du travail, nous pensons que la t&#226;che du syndicalisme est &#171; d'habituer (le peuple travailleur) &#224; se passer de gouvernant. (il) doit donc conseiller, instruire, mais non diriger &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat ne passera pas par miracle de son adaptation au syst&#232;me d'exploitation &#224; son r&#244;le r&#233;volutionnaire et communiste. Il lui faut des pas en avant. La formation de soviets est une &#233;tape mais elle ne signifie pas que les id&#233;es r&#233;volutionnaires ont n&#233;cessairement triomph&#233; jusqu'au bout. Mais les soviets, ou toute forme d'auto-organisation politique de masse, sont un &#233;l&#233;ment indispensable. C'est &#224; partir de ces conseils de travailleurs que la classe ouvri&#232;re peut commencer &#224; contr&#244;ler non seulement l'&#233;conomie mais aussi tisser des liens parmi les couches petites bourgeoises, contester le monopole des forces d'&#201;tat. Ce sont ces soviets qui peuvent b&#226;tir un embryon d'&#201;tat qui se d&#233;veloppe face &#224; l'&#201;tat bourgeois, avant d'avoir consciemment le but de le renverser et de le d&#233;truire de fond en comble en pla&#231;ant le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire comme seule force d&#233;tenant le pouvoir d'&#201;tat. Tant que cette perspective n'est pas trac&#233;e, toute r&#233;volution peut se retourner contre ses auteurs et le r&#244;le r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat aboutir &#224; un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN PROGRAMME D'ACTION CONTRE LA VIE CHERE, LA MISERE ET LA GUERRE !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce dont nous ne voulons plus : l'int&#233;r&#234;t priv&#233; au d&#233;triment de l'int&#233;r&#234;t public et toute l'organisation sociale tourn&#233;e en faveur de l'infime minorit&#233; des possesseurs du grand capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Nous refusons la pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s, les emplois pr&#233;caires &#224; peine pay&#233;s, les fins de mois difficiles, de ne pas pouvoir manger &#224; sa faim alors que des tonnes de nourritures sont d&#233;truites, se soigner, se loger, se voir couper l'&#233;lectricit&#233; ou le gaz si ce n'est expuls&#233; ... !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Nous ne voulons plus de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production (capitaux et entreprises) qui autorise le propri&#233;taire &#224; fermer une usine, &#224; licencier un comme mille salari&#233;s, &#224; imposer ses salaires, ses conditions de travail, ses charges de travail, ses milles et unes volont&#233;s ainsi que celles de l'encadrement qu'il impose et ses choix de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Nous ne voulons plus de l'&#201;tat des grandes fortunes au service exclusif de ces possesseurs de capitaux, via la corruption des hommes politiques et des dirigeants administratifs. Nous ne voulons plus que les grandes fortunes d&#233;tiennent la totalit&#233; des grands m&#233;dias, le pouvoir id&#233;ologique, religieux, moral, d'information, d'&#233;ducation de la jeunesse, le pouvoir militaire, policier, judiciaire, administratif ou sur les services publics comme le pouvoir sur toute l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Nous ne voulons plus que l'argent public serve des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Il doit &#234;tre interdit de distribuer des fonds publics aux banques et aux trusts, aux grandes entreprises priv&#233;es et aux assurances, aux bourses et aux financiers, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Nous ne voulons plus de l'ordre capitaliste qui repose sur l'ordre patriarcale et l'oppression des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Nous ne voulons plus des lois et constitutions qui favorisent les capitalistes contre le peuple travailleur, faisant r&#233;gner l'injustice en d&#233;fendant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production des grandes fortunes (la terre, les entreprises, les usines, les logements,....)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Nous voulons donc que l'int&#233;gralit&#233; des richesses appartienne au peuple travailleur et que la totalit&#233; du pouvoir d'&#201;tat soit soumis au peuple travailleur organis&#233; en comit&#233;s et assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous voulons : privil&#233;gier l'int&#233;r&#234;t public de tous &#224; l'int&#233;r&#234;t priv&#233; d'une minorit&#233; d'ultra-riches possesseurs des capitaux, des moyens de production, de la terre, de l'&#233;nergie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le grand capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des milliardaires et des 10% les plus riches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression de tout lien entre les exploiteurs et l'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualification de toute corruption des personnels d'&#201;tat par des possesseurs de capitaux est consid&#233;r&#233;e comme un crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise sous le contr&#244;le direct et sous la direction permanente des conseils de travailleurs de toute grande entreprise, toute banque et tout &#233;tablissement financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la fraude des plus riches et des grandes entreprises :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraude fiscale est &#233;rig&#233;e en institution par les grandes fortunes et leurs serviteurs. C'est toute leur &#233;conomie qui est bas&#233;e sur l'exploitation l&#233;galis&#233;e et la fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Pour cacher la fraude aux yeux du peuple, les grandes fortunes et les grands groupes se cachent derri&#232;re le secret commercial, bancaire et les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 30 milliards d'&#233;vasion fiscale sont cach&#233;s derri&#232;re le secret commercial ! L'&#233;conomie capitaliste est bas&#233;e sur la fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'exploitation l&#233;galis&#233;e au b&#233;n&#233;fice d'une poign&#233;e et de leurs larbins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imposons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abolition du secret commercial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture des livres de compte des entreprises et banques pour emp&#234;cher toute &#233;vasion fiscale sous contr&#244;le de comit&#233;s de travailleurs du secteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collectivisation du syst&#232;me bancaire pour contr&#244;ler ce qui est fait de l'argent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annulation de la dette (les travailleurs n'ont pas &#224; la payer) et de la dette des m&#233;nages et petits patrons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures &#233;conomiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture des livres de compte&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abolition du secret commercial&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour des services publics sous contr&#244;le ouvrier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Expropriation des banques, des soci&#233;t&#233;s de cr&#233;dits, des grands groupes&lt;br class='autobr' /&gt;
La collectivisation de l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la vie ch&#232;re et la mis&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collectivit&#233; assure &#224; tous ceux qui vivent de leur travail (ouvriers, paysans, artisans, petits commer&#231;ants, jeunes, femmes, etc.) ou sont au ch&#244;mage ou &#224; la retraite au minimum un revenu suffisant pour vivre index&#233;e sur l'inflation &lt;br class='autobr' /&gt;
Augmentation imm&#233;diate de tous les salaires de 300 euros net ! Pas un salaire et pas un revenu inf&#233;rieur &#224; 2000 euros/net par mois ! Indexation sur l'inflation !&lt;br class='autobr' /&gt;
Abolition des imp&#244;ts sur les salaires (CSG, CRDS...) et de tous les imp&#244;ts indirects&lt;br class='autobr' /&gt;
Imp&#244;t progressif sur le revenu &#224; partir de 4000 euros net/mois&lt;br class='autobr' /&gt;
Imp&#244;t sur la fortune, le patrimoine (&#224; partir de 400.000 euros)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;chelle mobile des salaires et &#233;chelle mobile des heures de travail ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;galit&#233; salariale des deux sexes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Echelle mobile des salaires et comit&#233;s de surveillance des prix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne saurait suffire &#224; d&#233;fendre l'ensemble du peuple travailleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le paysan, l'artisan, le petit commer&#231;ant, &#224; la diff&#233;rence de l'ouvrier, de l'employ&#233;, du petit fonctionnaire, ne peut revendiquer une augmentation de salaire parall&#232;le &#224; l'augmentation des prix. La lutte bureaucratique officielle contre la vie ch&#232;re ne sert qu'&#224; tromper les masses. Les paysans, les artisans, les commer&#231;ants doivent cependant, en tant que consommateurs, s'immiscer activement, la main dans la main avec les ouvriers, dans la politique des prix. Aux lamentations des capitalistes sur les frais de production, de transport et de commerce, les consommateurs r&#233;pondront : &#034;Montrez-nous vos livres ; nous exigeons le contr&#244;le sur la politique des prix.&#034; Les organes de ce contr&#244;le doivent &#234;tre des COMIT&#201;S DE SURVEILLANCE DES PRIX, form&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s d'usines, de syndicats, de coop&#233;ratives, d'organisations de fermiers, de &#034; petites gens &#034; des villes, de m&#233;nag&#232;res, etc. Dans cette voie, les ouvriers sauront montrer aux paysans que la cause des prix &#233;lev&#233;s ne r&#233;side pas dans de hauts salaires, mais dans les profits d&#233;mesur&#233;s des capitalistes et dans les faux frais de l'anarchie capitaliste. &#187; (L&#233;on Trotsky, &#171; Le programme de transition &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le ch&#244;mage : Bureau d'embauche Ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne tol&#233;rons pas la transformation d'une partie croissante du peuple en ch&#244;meurs ou en mis&#233;reux vivant des miettes d'une soci&#233;t&#233; en d&#233;composition. Le travail disponible doit &#234;tre r&#233;parti entre tous les travailleurs existants, et cette r&#233;partition doit d&#233;terminer la longueur de la semaine de travail. Le salaire moyen de chaque travailleur reste le m&#234;me qu'avec l'ancienne semaine de travail !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imposer le contr&#244;le ouvrier sur la production au travers de comit&#233;s ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;ler l'embauche imm&#233;diate de personnel dans le priv&#233; comme le public &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;duction du temps de travail jusqu'&#224; extinction du ch&#244;mage et suppression des travaux inutiles (ou nuisibles) ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;ler les livres de comptes des grandes entreprises, des banques, des instituts financiers et de l'&#201;tat &lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;ler les co&#251;ts de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question des retraites : Contr&#244;lons et dirigeons nos caisses de retraites ! A bas la cogestion des caisses ! A bas les fonds de pensions m&#234;me publics dirig&#233;es par les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse des retraites par capitalisation ou par r&#233;partition, les travailleurs doivent cotiser bien souvent malgr&#233; des salaires de plus en plus faibles. Et cela est inacceptable ! Voici comment le mouvement ouvrier et socialiste posait la question des retraites sous un angle r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JULES GUESDE ET LAFARGUE CONTRE LA COTISATION OUVRIERE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du courant socialiste et syndical au moment du vote de la loi pour les retraites en 1910 d&#233;non&#231;ait &#171; le pr&#233;l&#232;vement sur les salaires ouvriers &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#171; aggrave la mis&#232;re ouvri&#232;re, rend plus p&#233;nible aux travailleurs le poids du jour et r&#233;duit les ressources familiales d&#233;j&#224; insuffisantes. &#187; Le pr&#233;l&#232;vement ouvrier constitue &#171; un prolongement et une aggravation de l'exploitation patronale. L'employeur pr&#233;l&#232;ve sur le produit du travail ouvrier le plus qu'il peut, (un maximum de b&#233;n&#233;fice, de dividendes, de profits), et (les) pouvoirs publics (ajoutent) une nouvelle prise &#224; la prise d&#233;j&#224; op&#233;r&#233;e : (doublant) le vol patronal d'un vol l&#233;gislatif. (&#8230;) Le socialisme consiste essentiellement &#224; mettre fin au pr&#233;l&#232;vement op&#233;r&#233; sur le produit du travail de chaque jour par le patronat (&#8230;). Accepter que des retenues sur les salaires soient demand&#233;es comme le moyen de parer aux maladies et &#224; la vieillesse (&#8230;), ne saurait &#234;tre admis par un socialiste. Le salaire suffit &#224; peine aux besoins de chaque jour du salari&#233;, le contraindre pour ne pas manquer de tout &#224; un &#226;ge qu'il n'est pas moins s&#251;r d'atteindre, le contraindre &#224; se priver durant sa vie active et &#224; priver les siens du strict n&#233;cessaire, n'est pas am&#233;liorer sa condition, mais l'aggraver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Guesde (membre du Parti Ouvrier Fran&#231;ais) &#224; la chambre des d&#233;put&#233;s, s&#233;ance du 31 mars 1910.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me Jules Guesde &#233;crivait : &#171; C'est &#224; l'employeur, &#224; celui qui profite du travail, qu'incombe l'obligation de pr&#233;voir les mauvais et les vieux jours des travailleurs et d'y pourvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le financement des retraites devait &#234;tre pr&#233;lev&#233; sur l'h&#233;ritage des capitalistes qui &#224; l'&#233;poque d&#233;j&#224; poss&#233;daient &#171; plus de la moiti&#233; de la richesse nationale, que leurs membres ont acquis en mangeant, paillardant et dormant. L'imp&#244;t sur les h&#233;ritages ne frapperait que des parasites aussi nuisibles qu'inutiles. &#187; (Paul Lafargue (socialiste fran&#231;ais du Parti Ouvrier Fran&#231;ais, 1842-1911).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les retraites comme pour la s&#233;curit&#233; sociale ou les services publics par exemple, ce n'est pas au peuple travailleur de payer par l'imp&#244;t, le pr&#233;l&#232;vement ou des cotisations pour financer ses besoins alors que c'est nous qui produisons toutes les richesses mais aux capitalistes qui volent le fruit de notre travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement des retraites doit peser exclusivement sur les profits et sur les richesses issues de l'exploitation du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exclusion de toutes les caisses (retraites, maladie, ch&#244;mage) des repr&#233;sentants du patronat et de l'&#201;tat ! C'est notre argent ! c'est &#224; nous de le g&#233;rer directement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats doivent sortir du COR mais &#233;galement de toutes les institutions du capital comme le CESE &#224; l'origine de nombreux rapport notamment contre la SNCF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le ouvrier sur la production par le biais de comit&#233;s responsable devant des AG de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de la sant&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;Fin de l'h&#244;pital priv&#233; et des professions en lib&#233;rales !&lt;br class='autobr' /&gt; Ouverture de lits et d'h&#244;pitaux publics&lt;br class='autobr' /&gt; Une s&#233;curit&#233; sociale qui rembourse tout &#224; 100% ! fin des mutuelles priv&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt; Mise en formation de personnels de sant&#233;s ! prise en charge de la formation par la collectivit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; Expropriation des laboratoires pharmaceutiques ! contr&#244;le ouvrier !&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la question du logement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interdiction de refuser &#224; quiconque le droit au logement d&#233;cent et &#224; un prix d&#233;cent&lt;br class='autobr' /&gt;
Non aux expulsions !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les logements vides doivent &#234;tre mis &#224; la disposition des sans-logis sous le contr&#244;le des conseils de travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;quisition et Collectivisation du logement non r&#233;sidentiel (maximum une r&#233;sidence secondaire)&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la question de l'&#233;cole :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des comit&#233;s d'enseignants, d'&#233;l&#232;ves et de parents contr&#244;lent le bon fonctionnement de l'enseignement aux c&#244;t&#233;s des comit&#233;s de travailleurs et des conseils du peuple travailleur &lt;br class='autobr' /&gt;
Le contenu de l'enseignement ne doit plus servir &#224; justifier les in&#233;galit&#233;s, l'exploitation, l'imp&#233;rialisme, les dictatures, les guerres et autres crimes sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cole comme tous les services publics sont mis sous le contr&#244;le des comit&#233;s de travailleurs de la branche et comit&#233;s du peuple travailleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de l'immigration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattre publiquement la haine des immigr&#233;s et tous ceux qui la diffusent&lt;br class='autobr' /&gt;
Supprimer toute opposition entre nationaux et &#233;trangers &lt;br class='autobr' /&gt; Unir les peuples contre la domination imp&#233;rialiste, les peuples des pays imp&#233;rialistes soutenant tout effort des pays opprim&#233;s de se lib&#233;rer &lt;br class='autobr' /&gt;
Supprimer l'exploitation des pays opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme et les grands trusts et en rendre les richesses aux peuples &lt;br class='autobr' /&gt;
Supprimer toutes les l&#233;gislations fascistes qui suscitent la haine entre les peuples et qui autorisent les pays riches &#224; faire mourir des migrants &#224; leurs fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
Quiconque vit de son travail a le droit de vivre dans le pays de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la guerre et la fascisation de la soci&#233;t&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarmement de la classe capitaliste et l'armement du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rejet et la d&#233;nonciation des extr&#234;mes droites, qu'elles soient pro ou anti-islamistes, qu'elles soient religieuses ou pr&#233;tendument la&#239;ques &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rejet des deux blocs imp&#233;rialistes et de leurs pr&#233;textes de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
L'union internationale des prol&#233;taires &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que jamais, prol&#233;taires, nous n'avons pas de patrie capitaliste &#224; d&#233;fendre, pas d'&#233;conomie capitaliste &#224; prot&#233;ger, que des cha&#238;nes &#224; rompre et &#224; faire chuter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La planification &#233;conomique pour r&#233;pondre au besoin du peuple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple doit diriger l'&#233;conomie et la production selon ses besoins &#233;l&#233;mentaires. Cette direction impose le contr&#244;le du peuple sur la production. Dans tous les secteurs d'activit&#233;, nous devrons constituer des comit&#233;s &#224; tous les niveaux de la production. Ce contr&#244;le doit nous pr&#233;parer &#224; diriger directement l'&#233;conomie nationalis&#233;e par les comit&#233;s de travailleurs dans les entreprises et les usines instaurant la propri&#233;t&#233; collective du peuple sur les moyens de production. La planification en r&#233;pondant aux besoins des populations &#233;vitera le pillage des ressources naturelles et la surproduction aveugle de marchandises li&#233; &#224; la concurrence et &#224; l'anarchie de la production capitaliste conduisant parfois &#224; des guerres. Le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie n'aura plus pour objectif le profit mais le bien-&#234;tre du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des grands groupes capitalistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons exproprier tous les grands groupes voleurs des aides publics au nom de la d&#233;fense de l'emploi alors qu'ils ont licenci&#233;s ou supprim&#233;s des centaines de milliers postes. De m&#234;me pour les pollueurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation et la nationalisation ne peuvent se faire qu'&#224; ces conditions :&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous refusons le rachat&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous relions le probl&#232;me de l'expropriation &#224; celui du pouvoir du pouvoir du peuple travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation des banques priv&#233;es et la collectivisation du syst&#232;me de cr&#233;dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre soci&#233;t&#233;, le capital financier domine. Les banques concentrent dans leurs mains le commandement r&#233;el de l'&#233;conomie. Impossible de faire un seul pas s&#233;rieux dans la lutte contre le despotisme des monopoles si on laisse les leviers de commande des banques dans les mains des capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;aliser un syst&#232;me unique d'investissement et de cr&#233;dit r&#233;pondant aux int&#233;r&#234;ts du peuple tout entier, il faut fusionner toutes les banques dans une institution nationale unique. Seules, l'expropriation des banques priv&#233;es mettra &#224; notre disposition l'investissement et moyens n&#233;cessaires pour organiser la vie &#233;conomique selon nos besoins.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation des banques ne signifie en aucun cas l'expropriation des petits d&#233;p&#244;ts bancaires. Au contraire : pour les petits d&#233;posants, LA BANQUE COLLECTIVIS&#201;E pourra cr&#233;er des conditions plus favorables pour les agriculteurs, les artisans et les petits commer&#231;ants des conditions de cr&#233;dit privil&#233;gi&#233;es, c'est-&#224;-dire &#224; bon march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, la COLLECTIVISATION BANCAIRE ne donnera ces r&#233;sultats favorables que si le pouvoir d'&#201;tat lui-m&#234;me passe enti&#232;rement des mains des exploiteurs aux mains du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
En conclusion &lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes fortunes et leurs avocats (gouvernement, &#201;tat, m&#233;dias) d&#233;montreront&#171; l'impossibilit&#233; de r&#233;aliser &#187; nos revendications. Les capitalistes de moindre taille, surtout ceux qui marchent &#224; la ruine, invoqueront, en outre, leur livre de comptes. Nous rejetterons cat&#233;goriquement ces arguments et ces r&#233;f&#233;rences. Il s'agit de pr&#233;server le peuple de la d&#233;ch&#233;ance, de la d&#233;moralisation et de la ruine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit de la vie et de la mort du peuple et par la m&#234;me de l'avenir de l'humanit&#233;. Si le capitalisme est incapable de satisfaire nos revendications qui surgissent infailliblement des maux qu'il a lui-m&#234;me engendr&#233;s, qu'il p&#233;risse ! La &#171; possibilit&#233; &#187; ou &#171; l'impossibilit&#233; &#187; de r&#233;aliser les revendications est, dans le cas pr&#233;sent, une question de rapport des forces, qui ne peut &#234;tre r&#233;solue que par la lutte. Sur la base de cette lutte, quels que soient nos succ&#232;s pratiques imm&#233;diats, le peuple comprendra mieux que toute la n&#233;cessit&#233; de liquider l'esclavage capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA MESURE QUI EST LE GAGE DE TOUTES LES PRECEDENTES EST LA LUTTE POUR LA FORMATION, LA FEDERATION, ET LA PRISE DE CONSCIENCE DE LEUR ROLE HISTORIQUE DES CONSEILS D'USINE ET DES SOVIETS ET L'ALLIANCE DU PEUPLE TRAVAILLEUR (ENTRE LE PROL&#201;TARIAT ET LA PETITE BOURGEOISIE QUI VIT DE SON TRAVAIL).&lt;/h2&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE ENSUITE&lt;/a&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tchad : derri&#232;re la farce &#233;lectorale</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7754</link>
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		<dc:date>2024-05-23T22:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar</dc:creator>


		<dc:subject>Tchad</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'assassinat de son principal opposant Yaya Dillo et l'arrestation d'un d&#233;fenseur des droits humains, Mahamat D&#233;by se dirige vers un duel contre Succ&#232;s Masra, opposant devenu Premier ministre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'assassinat de Yaya Dillo, le 28 f&#233;vrier dernier a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; par les acteurs politiques et de la soci&#233;t&#233; civile tchadienne comme le signal du durcissement du r&#233;gime, deux mois avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. La mort brutale de l'opposant, de deux balles dans la t&#234;te suite &#224; un raid (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot219" rel="tag"&gt;Tchad&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'assassinat de son principal opposant Yaya Dillo et l'arrestation d'un d&#233;fenseur des droits humains, Mahamat D&#233;by se dirige vers un duel contre Succ&#232;s Masra, opposant devenu Premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de Yaya Dillo, le 28 f&#233;vrier dernier a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; par les acteurs politiques et de la soci&#233;t&#233; civile tchadienne comme le signal du durcissement du r&#233;gime, deux mois avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. La mort brutale de l'opposant, de deux balles dans la t&#234;te suite &#224; un raid violent contre le si&#232;ge de sa formation politique, le Parti socialiste sans fronti&#232;res, depuis d&#233;moli par des bulldozers, a &#233;t&#233; accueillie par le mutisme de la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://teria-news.com/2024/03/12/presidentielle-au-tchad-vers-une-farce-electorale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://teria-news.com/2024/03/12/presidentielle-au-tchad-vers-une-farce-electorale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE SORT DES TRAVAILLEURS ET DES OPPRIMES NE SE REGLERA PAS DANS LES URNES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire est que les &#233;lections &#233;lectorales, qui ont eu lieu au Tchad le 06 mai dernier, ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une mobilisation des partisans des dix candidats s&#233;lectionn&#233;s par le pouvoir.Tant du c&#244;t&#233; de ce dernier que de son opposition, cet &#233;v&#233;nement a drain&#233; des foules et joui d'un v&#233;ritable engouement populaire, signe, sans doute, de la profonde aspiration de changement qui couve dans le pays depuis des d&#233;cennies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais,il y a lieu de penser que ces &#233;lections sont d&#233;j&#224; jou&#233;es d'avance, depuis fort longtemps : suivant les traces de son p&#232;re, s'appuyant sur les m&#234;mes structures, utilis&#233;es et rod&#233;es par celui-ci au cours de son long r&#232;gne de plus de trente ans, le candidat du MPS ne les a pas organis&#233;es pour les perdre. Loin s'en faut !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Contrairement &#224; son g&#233;niteur, form&#233; &#224; l'&#233;cole de la dictature d'Hissein Habr&#233;, dont il a h&#233;rit&#233; le go&#251;t de l'exercice solitaire du pouvoir, Mamat Kaka a r&#233;ussi &#224; r&#233;unir autour de lui la plupart des responsables politiques de l'opposition, tant parlementaire que militaire : les Saleh Kebzabo, MamatAhmatAlhabo, LaoukeinM&#233;dar, Mamat Nouri, Tom Erdimi, TimaneErdimi et d'autres, dont, il faut le rappeler, la majorit&#233; avait d&#233;j&#224; assum&#233; d'importantes responsabilit&#233;s sous la dictature d'Hissein Habr&#233; ou celle d'Idriss D&#233;by ou les deux &#224; la fois. Comme leur pass&#233; politique, ce ralliement massif des principaux responsables de l'opposition parlementaireet des chefs de guerre montre que, politiquement, ces politiciens ne sont pas diff&#233;rents, en r&#233;alit&#233;, du satrape d&#233;funt qu'ils ont pr&#233;tendu combattre des ann&#233;es durant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tout ce beau monde, Mamat Kaka a organis&#233; un dialogue d'apparence inclusive au cours duquel, pour renforcer son pouvoir, ses partisans ont d&#233;cid&#233; tout seuls de la marche des &#233;v&#233;nements pour, finalement, lui tailler une constitution &#224; la mesure de son ambition de pr&#233;sider aux destin&#233;es du pays au-del&#224; des limites de la transition.C'est dans cette optique donc qu'il a aussi mis de l'ordre au sein du MPS, le parti de son p&#232;re, d&#233;stabilis&#233;, un moment, par la disparition de celui-ci et travers&#233; par des dissensions internes : il a favoris&#233; le retour aux affaires de MamatZ&#232;ne Bada, l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du mouvement, un autre produit de la dictature d'Hissein Habr&#233;, - qui a fait toute sa carri&#232;re politique au service de celle de D&#233;by -, consid&#233;r&#233; par une certaine opinion comme un adepte toutes les man&#339;uvres, tous les marchandages, tous les coups bas, notamment lors des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir r&#233;cup&#233;r&#233; le vieil appareil politique de son p&#232;re pour le mettre au service de sa volont&#233; affich&#233;e de rester &#224; la t&#234;te de l'Etat, Mamat Kaka, suivant les traces de son g&#233;niteur et exploitant pour son propre compte le legs politique de ce dernier, &#224; lui l&#233;gu&#233;, s'est &#233;galement inf&#233;od&#233; toutes les structures charg&#233;es d'organiser les &#233;lections et d'en proclamer les r&#233;sultats : Jean Bernard Padar&#233;, ancien porte-parole du MPS, capable de toutes les vilenies pour exprimer all&#233;geance au clan D&#233;by, &#224; la t&#234;te du Conseil Constitutionnel, Ahmed Batchiret, un autre ancien serviteur du r&#233;gime dictatorial de D&#233;by, &#224; celle de l'Agence Nationale de Gestion des Elections (l'ANGE), et l'inamovible Samir, dirigeant toujours la Cour Supr&#234;me o&#249;, dans un pass&#233; r&#233;cent, il excellait, avec g&#233;nie, dans l'art de transformer des d&#233;faites &#233;lectorales en victoires &#233;clatantes au profit du p&#232;re de Mamat Kaka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de toute cette strat&#233;gie, des individus et des structures qui l'incarnent, ce qui permet &#224; Mamat Kaka d'avoir une longueur d'avance sur ses principaux concurrents et de pouvoir se proclamer vainqueur des &#233;lections, quels que soient les r&#233;sultats de celles-ci, - comme le faisait son p&#232;re des d&#233;cennies durant -, c'est sa mainmise sur l'Etat et ses diff&#233;rents d&#233;membrements : l'administration, l'arm&#233;e, la gendarmerie, la police, la justice ! En plus de tout cela, il b&#233;n&#233;ficie aussi du soutien ind&#233;fectible de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces atouts-l&#224;, dont seul Mamat Kaka dispose, qui d&#233;termineront l'issue des &#233;lections. Aussi n'est-il pas hasardeux de pronostiquer que, dans quelques jours, sa victoire sera proclam&#233;e par la Cour Supr&#234;me, sous le parapluie de l'arm&#233;e, quadrillant les carrefours et les points de passage des principales villes du pays, N'Djam&#233;na, Moundou, Bongor, Sarh, Mongo, Ab&#233;ch&#233;, Mao et autres,&#8230; exactement comme en 2016 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un plat pourri qu'on veut nous resservir r&#233;chauff&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si la victoire de Mamat Kaka est quasiment assur&#233;e avant m&#234;me que l'op&#233;ration du d&#233;pouillement des votes n'ait commenc&#233;, politiquement et socialement, il n'y a vraiment absolument rien &#224; attendre de lui : ses promesses, &#233;lectorales ou pas, ne valent pas plus que celles &#226;nonn&#233;es, des d&#233;cennies durant, par son p&#232;re, dont le bilan, pour le moins catastrophique, se r&#233;sume en quelques mots : d'un c&#244;t&#233;, enrichissement d'une petite minorit&#233; de privil&#233;gi&#233;s, constitu&#233;e des trusts et leurs valets locaux, notamment les op&#233;rateurs &#233;conomiques du MPS et autres milliardaires, promus artificiellement, gr&#226;ce &#224; la surfacturation, aux d&#233;tournements des fonds et biens public, et, de l'autre, mis&#232;re et dictature, qui &#233;tranglent et emp&#234;chent de vivre les masses populaires, de toutes les r&#233;gions, de toutes les ethnies, de toutes les religions, priv&#233;es du simple droit au confort &#233;l&#233;mentaire que sont le travail, l'alimentation, la sant&#233;, l'&#233;ducation, le logement, l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, mais aussi, bien s&#251;r, les libert&#233;s essentielles, d'expression, d'organisation, de manifestation, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette m&#234;me politique que Mamat Kaka continuera et appliquera, &#224; la t&#234;te du m&#234;me Etat, dont il d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts &#224; lui assign&#233;s ! Il en a d&#233;j&#224; annonc&#233; la couleur en fermant les yeux sur les d&#233;tournements de fonds colossaux, perp&#233;tr&#233;s par des membres de son cabinet, dont, d'ailleurs, certains ont &#233;t&#233; promus apr&#232;s cette forfaiture ou en l&#226;chant, comme des chiens enrag&#233;s, ses sbires, qui ont violent&#233;, massacr&#233;, en 2022, des jeunes, dont le seul tort &#233;tait de descendre dans la rue pour exprimer leur col&#232;re contre leurs conditions d'existence et leur r&#234;ve d'un autre monde, meilleur, diff&#233;rent de l'enfer dans lequel ils vivent &#224; cause du syst&#232;me impos&#233; par son p&#232;re depuis des d&#233;cennies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'avenir, apr&#232;s les &#233;lections, jouissant de la caution politique que celles-ci lui auront donn&#233;e et de l'adoubement de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, il appliquera cette politique avec beaucoup plus de d&#233;termination !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Succ&#232;s Masra ou l'art trompeur de vouloir faire du neuf avec du vieux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a peu, en mobilisant ses partisans hors du cadre constitutionnel pour contester le pouvoir du clan D&#233;by, Succ&#232;s Masra a r&#233;ussi, aux yeux d'une certaine opinion, &#224; faire illusion, &#224; se forger l'image d'un homme incarnant un p&#244;le politique radical. Mais, depuis qu'il a accept&#233; d'entrer dans le gouvernement de Mamat Kaka, de jouer le r&#244;le de celui qu'il appelle lui-m&#234;me &#171; le copilote &#187; aupr&#232;s de celui-ci, une sorte de larbin de premier rang, il a lui-m&#234;me jet&#233; bas les masques et montr&#233; son vrai visage : celui d'un politicien bourgeois, pas diff&#233;rent des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, quand on entre dans un gouvernement, quel qu'il soit, cet acte ne peut &#234;tre anodin ! Le fait d'assumer de hautes responsabilit&#233;s au sein d'un pouvoir donn&#233; ne peut &#234;tre assimil&#233; &#224; une d&#233;marche hasardeuse, fortuite ! Il est politiquement et id&#233;ologiquement significatif : c'est, avant tout, l'expression franche, d&#233;clar&#233;e, d'une adh&#233;sion aux objectifs, aux id&#233;aux, aux orientations essentielles qui constituent le fondement politique de l'Etat en vigueur, que l'on partage, sans r&#233;serve ou dans ses grandes lignes, mais que l'on partage quand-m&#234;me !&lt;br class='autobr' /&gt; Contrairement &#224; ses all&#233;gations, selon lesquelles, il aurait &#233;t&#233; &#171; contraint &#187; de le faire, en signant avec la dictature de Mamat Kaka un accord, qui avait toutes les allures d'une reddition politique, Succ&#232;s Masra, - &#224; qui personne n'avait mis un pistolet sur la tempe pour agir ainsi -, a, en effet, pos&#233; donc un acte, politique et social, d&#233;montrant qu'entre lui et le candidat du MPS, il y a une convergence politique autour de la nature de l'Etat dictatorial actuel en vigueur et des int&#233;r&#234;ts politiques que celui-ci d&#233;fend. Tel est le sens du contenu politique de son r&#244;le de &#171; copilote &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette v&#233;rit&#233; essentielle, Succ&#232;s Masral'a lui-m&#234;me exprim&#233;e plus d'une fois dans ses diff&#233;rentes d&#233;clarations. Quand il dit que si, apr&#232;s avoir gagn&#233; les &#233;lections, Mamat Kaka lui demandait de continuer &#224; garder son poste de Premier ministre, il accepterait de rempiler et de continuer &#224; travailler &#224; ses c&#244;t&#233;s, il montre que, politiquement, ils sont d'accord sur l'essentiel ! Quand il laisse entendre que, s'il gagnait l'&#233;lection, il ferait appel &#224; Mamat Kakapour r&#233;former l'arm&#233;e, sur laquelle se sont appuy&#233;es toutes les dictatures qui se sont succ&#233;d&#233; dans le pays, il avoue &#233;galement qu'il est le jumeau politique ce dernier ! Quand il d&#233;clare que Mamat Kaka et lui ont des &#171; compl&#233;mentarit&#233;s &#187;, il met aussi en exergue leur proximit&#233; politique ! Quand il affiche de fa&#231;on ostentatoire, d&#233;lib&#233;r&#233;e, sa volont&#233; de se &#171; r&#233;concilier &#187;, &#224; tous les prix, avec le clan du MPS au pouvoir, c'est-&#224; dire avec les politiciens et les militaires, responsables des d&#233;tournements de fonds, des vols de tout genre, mais aussi, de multiples crimes qui ont jalonn&#233; le r&#233;cit du long r&#232;gne des D&#233;by, Succ&#232;s Masra d&#233;voile une fois depuis sa vraie face, celle de quelqu'un qui , en r&#233;alit&#233;, n'est pas politiquement diff&#233;rent des dirigeants de la dictature actuelle avec lesquels il ambitionne de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, au-del&#224; de telle d&#233;claration ou de telle posture, ce qui montre que, fondamentalement, Masra n'a pas une politique diff&#233;rente du celle du fils de D&#233;by est le fait capital que, comme celui-ci, il aspire &#224; diriger le pays &#224; la t&#234;te du m&#234;me Etat, cr&#233;&#233; et impos&#233; par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, d&#232;s sa naissance, en 1960, avec la m&#234;me arm&#233;e, la m&#234;me administration, la m&#234;me Justice, la m&#234;me police, la m&#234;me gendarmerie, ces structures qui constituent l'ossature de toutes les dictatures qui ont &#233;maill&#233; l'histoire politique du pays pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des trusts et leurs valets locaux contre ceux des masses opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, m&#234;me si, par miracle, il arrive &#224; remporter ces &#233;lections, il n'y aura rien &#224; attendre de luinon plus parce que, sous de nouvelles formes, certes, avec, peut-&#234;tre, un nouveau personnel politique, ce sera, dans tous les cas, la m&#234;me politique que celle du pouvoir actuelle qu'il appliquera : vider les bouches et les poches de pauvres pour remplir celles des riches, sous le contr&#244;le de l'arm&#233;e, qui veillera sur cet ordre social-l&#224;, afin que fleurissent les affaires pour le grand bien d'une minorit&#233; de parasites, nationaux et autres, au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts des masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous, des gens d'un m&#234;me monde, des ennemis des travailleurs et des opprim&#233;s..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques l&#233;g&#232;res nuances pr&#232;s, cette politique-l&#224;, que d&#233;fendent Mamat Kaka et Succ&#232;s Msara, est &#233;galement celle de tous les candidats &#224; ces &#233;lections, aussi bien celle de ceux qui avaient &#233;t&#233; retenus pour comp&#233;tir, - les Pahimi Padack&#233; Albert, Beassemda Lydie, Nasra Djimrangar, etc-, que de ceux qui avaient &#233;t&#233; recal&#233;s - les Nassour Ibrrahim Koursami, Djimet Khamis Ahmat, Ahmat Hassaballah Soubiane, et d'autres. Sans oublier, &#233;videmment, les Kebzabo, Alhabo, Nouri, les fr&#232;res Erdimi, notamment, qui, hier encore, pr&#233;tendaient combattre la dictature d'Idriss D&#233;by, mais, les voici, aujourd'hui, rang&#233;s politiquement derri&#232;re son fils, moyennant quelques strapontins autour de la mangeoire gouvernementale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces gens-l&#224;, Mamat Kaka et Succ&#232;s Masra en t&#234;te,ont donc ceci de commun : ils sont de fid&#232;les serviteurs de l'Etat actuel ou aspirent &#224; l'&#234;tre,dans le cadre de l'ordre constitutionnel en vigueur. Leur objectif politique fondamental est de rester au pouvoir, - pour ceux qui y sont-, ou d'y acc&#233;der, -pour ceux qui se battent pour y arriver -,afin de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, des trusts, des multinationales et ceux des valets locaux de ces derniers, qui, au passage, leurlaissent des miettes suffisamment importantes, comme on le voit &#224; travers le train de vie fastidieux et insolent des privil&#233;gi&#233;s du pays, quels qu'ils soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix politique qu'ils font d'&#234;tre des serviteurs de la bourgeoisie mondiale et de ses valets locaux, de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des riches, quels qu'ils soient, au d&#233;triment de ceux des masses populaires, fait d'eux tous, de fa&#231;on objective, des ennemis des travailleurs et des opprim&#233;s, qui, &#224; leurs yeux, ne m&#233;ritent que la mis&#232;re et la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort des opprim&#233;s ne se r&#232;gle pas dans les urnes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces politiciens, quiont une peur bleue de la col&#232;re populaire, nous font croire que ce serait par des &#233;lections que nous pourrions changer le cours de notre vie, nos conditions d'existence. Mais, ils nous trompent : tous ceux qui serinent cette l&#233;gende sont des menteurs ! Des fieff&#233;s menteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, nullepart au mode, un simple morceau de papier dans une urne a chang&#233; les conditions de vie des couches populaires ! Si les &#233;lections avaient la vertu de changer le cours de l'histoire des masses opprim&#233;es, &#231;a se verrait, &#231;a se saurait ! Et, il y aurait belle lurette qu'elles auraient &#233;t&#233; interdites par les dirigeants des puissances imp&#233;rialistes, qui pilotent le monde, et les larbins qu'ils placent &#224; la t&#234;te de nos soci&#233;t&#233;s ! Au Chili, par exemple, en 1973, quand, apr&#232;s avoir gagn&#233; les &#233;lections, le pr&#233;sident socialiste, Salvador Allende a d&#233;cid&#233; d'exproprier les propri&#233;taires terriens pour partager les terres aux paysans pauvres, les Etats-Unis, consid&#233;r&#233;s par certains comme le mod&#232;le de la d&#233;mocratie, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; fomenter un coup d'Etat contre lui, l'assassinant ainsi et instaurant dans le pays la dictature la plus sanguinaire que celui-ci ait connue sous la houlette de Pinochet !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'instauration du multipartisme en Afrique, dans les ann&#233;es 90, impos&#233; par les puissances imp&#233;rialistes, dont la France et l'Angleterre notamment, &#224; leurs valets locaux, dans le but de d&#233;samorcer la col&#232;re populaire qui &#233;clatait partout, nombreuses sont les &#233;lections qui se sont tenues sur tout le continent. Dans bien de pays, au S&#233;n&#233;gal, au Mali, au B&#233;nin, au Nig&#233;ria, par exemple, des alternances ont eu lieu au sommet du pouvoir. Mais, nulle part, celles-ci ont chang&#233; de fa&#231;on notable les conditions de vie des masses populaires : partout, les riches deviennent de plus en plus riches alors que les couches populaires s'enfoncent de plus en plus dans la mis&#232;re et la dictature que leur imposent les r&#233;gimes en vigueur ! Dans les pays riches non plus les &#233;lections ne prot&#232;gent pas les exploit&#233;s : elles ne servent qu'&#224; renforcer la domination des bourgeois sur la soci&#233;t&#233;, alors que des pans entiers du monde du travail et des couches populaires sombrent dans le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, la pauvret&#233;, &#224; c&#244;t&#233; des plus grandes accumulations des richesses au monde. Partout, la d&#233;mocratie des riches est une dictature pour les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, avons l'ambition d'en finir avec la mis&#232;re et la dictature, nous ne pourrons compter que sur nous-m&#234;mes et sur nos propres luttes&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re, la dictature, l'absence de droits &#233;l&#233;mentaires au travail, &#224; l'&#233;ducation, &#224; la sant&#233;, &#224; l'alimentation, au logement, &#224; l'eau, &#224; l'&#233;lectricit&#233;, aux loisirs, etc, tous ces fl&#233;aux que nous subissons tous, sans distinction, quelles que soient nos r&#233;gions, nos ethnies, nos religions, alors que c'est nous qui cr&#233;ons les richesses qu'il y a dans ce pays, ne tombent pas du ciel ! Ils sont la cons&#233;quence de la politique impuls&#233;e et appliqu&#233;e au sommet de l'Etat en vigueur, - quel que soit son r&#233;gime -,cet appareil impos&#233; par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, au service duquel sont ses affid&#233;s locaux, qu'ils s'appellent Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra ou B&#233;assemda Lydie, dont, dans cette affaire, la personnalit&#233; importe peu ! Ils ne sont que des pions, des valets, que, en fonction des circonstances, on peut &#233;jecter, comme on l'a fait avec Tombalbaye, Malloum, Goukouni ou Habr&#233;, sans que ne change d'un iota la politique de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent si nous, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, voulons acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles et &#224; l'am&#233;lioration de nos conditions de vie, nous ne pourrions pas faire l'&#233;conomie des luttes populaires, politiques et sociales, n&#233;cessaires et indispensables, que nous imposent cet Etat et les politiciens &#224; son service. Notre droit &#224; une existence digne de notre &#233;poque ne saurait &#234;tre discut&#233;, ni n&#233;goci&#233;, ni marchand&#233;, avec leslarbins au servicede cet Etat,quels qu'ils soient : il ne pourrait qu'&#234;tre le fruit de nos luttes, politiques et sociales. Pour que nos droits existent, de fa&#231;on durable, qu'ils soient respect&#233;s et v&#233;cus comme des m&#339;urs normales, ils devraient donc &#234;tre arrach&#233;s et impos&#233;s par les luttes, en dehors de la l&#233;galit&#233; constitutionnelle, dans la rue, &#224; travers des gr&#232;ves, une mobilisation populaire, des manifestations. Il ne pourrait en &#234;tre autrement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour imposer notre droit &#224; une vie digne de notre &#233;poque &#224; la dictature, qui survivra, sans aucun doute,aux &#233;lections,quel qu'en soit le gagnant, la seule perspective, qui en vaille la peine, est celle d'un mouvement d'ensemble, de notre riposte collective, sous la forme d'un front unique regroupant tous les travailleurs du pays, du public comme du priv&#233;, mais aussi, les militants des partis politiques de l'opposition, des organisations des droits de l'homme, des associations des femmes, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs, des journalistes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des artistes, des paysans pauvres, des petits commer&#231;ants, etc, tous, unis dans la lutte pour la d&#233;fense de nos int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, de nos revendications commines, r&#233;pertori&#233;es dans un plan d'urgence d'int&#233;r&#234;t public. Seule cette strat&#233;gie defront unique, pilot&#233; par nous-m&#234;mes, pourrait permettre d'imposer &#224; la dictature les changements n&#233;cessaires, conformes &#224; nos profondes aspirations, tant politiques que sociales. Notre &#233;mancipation de la dictature et de la mis&#232;re sera le fruit de notre mobilisation et de nos luttes, multiformes, ou ne sera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, dans les mois et les ann&#233;es &#224; venir, si nous voulons acc&#233;der &#224; des conditions de vie, tant politiques que sociales, meilleures, dignes de notre &#233;poque, notre t&#226;che &#224; tous, c'est de construire m&#233;thodiquement ce front unique-l&#224;, car, quel que soit le politicien qui gagnera les &#233;lections, il ne nous fera pas de cadeau : il continuera &#224; nous imposer la mis&#232;re et la dictature ! Aussi, face &#224; la p&#233;riode sombre, qui s'ouvrira apr&#232;s les &#233;lections, est-il urgent, n&#233;cessaire, que nous utilisions cette arme de combat pour d&#233;fendre collectivement nos int&#233;r&#234;ts et imposer notre droit &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Tchad : la fausse d&#233;mocratie du r&#233;f&#233;rendum sur la forme de l'Etat</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7576</link>
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		<dc:date>2024-01-09T23:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;TCHAD : REFERENDUM SUR LA FORME DE L'ETAT ? NOUS, LES TRAVAILLEURS ET L'ENSEMBLE DES MASSES OPPRIMEES, AVONS D'AUTRES COMBATS A MENER, NOTAMMENT CONTRE LA MISERE, LA CHERTE DE LA VIE ET LA DICTATURE, IMPOSEES PAR L'ETAT ACTUEl ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ali Mohamed Abali Marangabi &lt;br class='autobr' /&gt; Pour r&#233;pondre &#224; l'une des recommandations du soi-disant dialogue inclusif, qu'il avait organis&#233; l'ann&#233;e pass&#233;e pour s'offrir une l&#233;gitimit&#233; &#224; moindre frais et renforcer son pouvoir dictatorial, Mamat Kaka Idriss D&#233;by Itno a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;TCHAD : REFERENDUM SUR LA FORME DE L'ETAT ? &lt;quote/&gt;
NOUS, LES TRAVAILLEURS ET L'ENSEMBLE DES MASSES OPPRIMEES,
AVONS D'AUTRES COMBATS A MENER, NOTAMMENT CONTRE LA MISERE, LA CHERTE DE LA VIE ET LA DICTATURE, IMPOSEES PAR L'ETAT ACTUEl !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour r&#233;pondre &#224; l'une des recommandations du soi-disant dialogue inclusif, qu'il avait organis&#233; l'ann&#233;e pass&#233;e pour s'offrir une l&#233;gitimit&#233; &#224; moindre frais et renforcer son pouvoir dictatorial, Mamat Kaka Idriss D&#233;by Itno a appel&#233;, le 7 octobre dernier, &#224; l'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum sur la question de la forme de l'Etat le 17 de ce mois ! D&#232;s l'annonce de ce projet, comme si c'&#233;tait cela le principal probl&#232;me qui pr&#233;occupe les populations du pays, - &#233;trangl&#233;es par la chert&#233; de la vie et plac&#233;es, des d&#233;cennies durant, sous la f&#233;rule de l'un des r&#233;gimes les plus dictatoriaux que leur histoire ait connus -, tout le microcosme politique local s'est massivement mis en branle et scind&#233; en deux grands camps oppos&#233;s : d'un c&#244;t&#233;, les unitaristes, d&#233;fendant la perspective d'un Erat unitaire d&#233;centralis&#233; et, de l'autre, les f&#233;d&#233;ralistes, r&#233;clamant l'instauration d'un Etat f&#233;d&#233;ral, soutenus par ceux qui appelaient &#224; un boycott des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bal des menteurs, aussi d&#233;mgogiques et hypocrites les uns que les autres, comme des arracheurs de dents....&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Tout au long de la campagne r&#233;f&#233;rendaire, les deux camps en pr&#233;sence ont, chacun &#224; sa mani&#232;re, fait &#233;talage d'arguments aussi fallacieux que mensongers. Car, qui pourrait croire que, en accolant l'&#233;pith&#232;te &#171; centralis&#233; &#187; au substantif &#171; Etat unitaire &#187;, cela seul suffirait &#224; faire de ce dernier un organe politique d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;crasante majorit&#233; de la population et instaurant la d&#233;mocratie la plus large qui soit ? L'Etat unitaire d&#233;centralis&#233; est celui-l&#224; m&#234;me qui pr&#233;side au destin du pays depuis des d&#233;cennies, comme d'ailleurs, dans la plus part des pays africains, avec, partout, le m&#234;me bilan : dictature, mis&#232;re, exploitation, impos&#233;es aux masses populaires par les puissances imp&#233;rialistes et leurs valets locaux, qui pillent, volent les ressources tant naturelles qu'humaines et utilisent le tribalisme, l'ethnisme, la x&#233;nophobie pour diviser les populations, les opposer les unes autres au travers des guerres fratricides ! Voil&#224; le bilan de l'Etat unitaire d&#233;centralis&#233;, aussi bien au Tchad que dans la plupart des pays africains ou ailleurs : m&#234;me dans des pays riches, comme la France, l'action de l'Etat unitaire d&#233;centralis&#233; consiste &#224; promouvoir, chaque ann&#233;e, une minorit&#233; de milliardaires alors que des pans entiers du monde de travail et des couches populaires sombrent dans la mis&#232;re et la d&#233;ch&#233;ance au point de devenir des SDF, des sans domicile fixe, c'est-&#224;-dire des hommes et des femmes vivant de charit&#233; et de soupe populaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On pourrait dire la m&#234;me chose des f&#233;d&#233;ralistes qui, comme leurs adversaires d'en face, ont, eux aussi, fait usage d'arguments mensongers pour &#233;tayer et d&#233;fendre leur th&#232;se. En effet, dans le cadre d'une soci&#233;t&#233;, comme la n&#244;tre, divis&#233;e en classes sociales, en riches, d'un c&#244;t&#233;, et pauvres, de l'autre, dans toutes les r&#233;gions et les communaut&#233;s culturelles, pourrait-on pr&#233;tendre qu'il suffirait de d'imposer le f&#233;d&#233;ralisme pour que les rapports sociaux disparaissent, comme par enchantement, que les masses opprim&#233;es acc&#232;dent &#224; de meilleures conditions de vie et participent massivement, de fa&#231;on d&#233;mocratique, aux affaires relatives &#224; leur vie ? Fadaises et grossiers mensonges !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pas loin de nous, le Nig&#233;ria nous en donne une hideuse illustration ! Dans ce pays, consid&#233;r&#233; comme la plus grande puissance &#233;conomique d'Afrique, les pauvres n'ont de place nulle part, ni dans leurs propres r&#233;gions ni ailleurs : les richesses du pays ne b&#233;n&#233;ficient qu'aux trusts internationaux et &#224; la bourgeoise locale qui s'engraisse et prosp&#232;re gr&#226;ce aux miettes que les premiers lui laissent au passage. Le Nig&#233;ria n'est pas un exemple de d&#233;mocratie non plus. C'est aussi un pays qui, dans le pass&#233;, a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de coups d'Etat successifs. Ses dirigeants ne sont pas diff&#233;rents de ceux des autres pays africains non plus : ils utilisent, eux aussi, le tribalisme, le r&#233;gionalisme, la religion pour diviser les populations et s'imposer &#224; elles. C'est tout cela, accoupl&#233; &#224; mis&#232;re dans laquelle s'enfoncent de plus en plus les populations, qui a cr&#233;&#233; le terreau sur lequel sont n&#233;s les montres de Boko Haram. Enfin, m&#234;me aux Etats-Unis, la plus grande puissance &#233;conomique de la plan&#232;te, le f&#233;d&#233;ralisme ne prot&#232;ge pas le monde du travail en g&#233;n&#233;ral et les couches populaires les plus d&#233;favoris&#233;es, comme les Noirs am&#233;ricains ou les autochtones indiens : ces derniers vivent dans la mis&#232;re, comme dans les pays du Tiers-Monde, &#224; c&#244;t&#233; de la plus grande accumulation de richesses qui soit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors, au vu de tout cela, par le biais de quelle magie nos prestidigitateurs locaux, unitaristes comme f&#233;d&#233;ralistes, pourraient engager le pays sur la voie royale d'un changement profond prenant en compte les aspirations, tant sociales que d&#233;mocratiques, des masses populaires ? Comment est-ce possible qu'un simple toilettage de l'Etat, sous une forme unitaire d&#233;centralis&#233;e ou f&#233;d&#233;rale, puisse leur permettre de faire les miracles qu'ils ont promis, dans les conditions du sous-d&#233;veloppement du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En r&#233;alit&#233;, en se focalisant lourdement sur la forme de l'Etat, comme une potion magique, enfin trouv&#233;e pour r&#233;soudre les probl&#232;mes majeurs du pays, ce que les unitaristes et les f&#233;d&#233;ralistes veulent tous nous cacher, c'est le fait que ce n'est pas la forme de l'Etat ni ses institutions qui importent. Car, quelle que soit sa forme, unitaire centralis&#233;e ou f&#233;d&#233;rale, le vrai probl&#232;me, c'est l'Etat lui-m&#234;me, sa politique, les int&#233;r&#234;ts &#224; lui assign&#233;s, qu'il d&#233;fend !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En effet, tout bord confondu, nos politiciens veulent surtout nous faire croire que l'Etat actuel, dont ils sont tous de fid&#232;les serviteurs, pr&#233;sents, pass&#233;s ou potentiels, serait un instrument en l&#233;vitation au-dessus des classes sociales, au service de tous les Tchadiens, sans distinction aucune, que ces derniers soient riches ou pauvres, un appareil qu'on pourrait, en fonction des circonstances, adapter, am&#233;liorer afin qu'il soit utile &#224; l'ensemble des populations. Mais, cela est un grossier mensonge, fond&#233; sur une vision d&#233;magogique, qui tend &#224; effacer, gommer, la r&#233;alit&#233; sociale et historique du fait que nos soci&#233;t&#233;s ne sont pas constitu&#233;es de tribus, de communaut&#233;s culturelles, mais plut&#244;t, de contradictions et de classes sociales sur toute l'&#233;tendue du pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire des hommes, l'Etat n'a, certes, pas toujours exist&#233;. Les soci&#233;t&#233;s primitives, o&#249; les hommes d&#233;pendaient de la nature, vivaient de chasse, de cueillette et de p&#234;che, n'ont pas ressenti le besoin d'en avoir un sur de longues p&#233;riodes historiques. L'Etat n'a &#233;merg&#233; que longtemps plus tard, dans une p&#233;riode r&#233;cente, &#224; l'&#233;chelle de l'histoire : apr&#232;s la d&#233;couverte de l'agriculture, de l'&#233;levage, la naissance de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la division de la soci&#233;t&#233; en classes, des riches, d'un c&#244;t&#233;, des pauvres de l'autre, des oppresseurs, d'un c&#244;t&#233;, des opprim&#233;s, de l'autre. Il est n&#233; comme un produit des luttes sociales entre ces deux classes fondamentales. Mais, d&#232;s le d&#233;but, il est apparu comme un instrument con&#231;u pour maintenir la domination d'une classe sociale sur une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on peut constater que, pendant la p&#233;riode esclavagiste, l'Etat &#233;tait une machine organis&#233;e pour imposer la domination des ma&#238;tres sur les esclaves. Pendant la p&#233;riode f&#233;odale, il servait &#224; imposer l'ordre des seigneurs f&#233;odaux et du clerg&#233; sur l'ensemble de la population constitu&#233;e de serfs, d'artisans, de compagnons, de commer&#231;ants, etc. Quand la bourgeoisie a d&#233;truit le pouvoir de la f&#233;odalit&#233;, chass&#233; d&#233;finitivement celle-ci de la sc&#232;ne de l'histoire et jet&#233; les bases du capitalisme, elle a, &#224; son tour, impos&#233; son Etat, un instrument destin&#233; &#224; d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts contre ceux de l'ensemble des masses opprim&#233;es, que sont les prol&#233;taires et les paysans pauvres notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous enseigne l'&#233;volution de l'histoire des hommes !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les origines historiques de l'Etat actuel....&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Cette m&#234;me histoire nous apprend aussi que l'Etat actuel n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; cette loi g&#233;n&#233;rale qui veut qu'il soit un instrument, non pas au service de toutes les populations, mais, d'une classe sociale ! Elle nous explique aussi quelles sont ses origines historiques, quelle est sa nature profonde, sa politique, quels sont les int&#233;r&#234;ts &#224; lui assign&#233;s, qu'il d&#233;fend !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, le Tchad, en tant que pays, comme l'Etat sous la f&#233;rule duquel il est plac&#233;, sont issus du morcellement du continent africain, quand, &#224; la fin du 19e si&#232;cle, la France, avec d'autres pays europ&#233;ens, dont l'Angleterre notamment, s'est lanc&#233;e &#224; la conqu&#234;te du continent africain pour y trouver des d&#233;bouch&#233;s pour les marchandises de sa bourgeoisie, des mati&#232;res premi&#232;res pour ses industries, des champs d'investissement pour ses capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dans ce contexte de d&#233;pe&#231;age du continent africain et de rapine qu'est n&#233; le Tchad, construction artificielle, faite de toutes pi&#232;ces, en fonction des int&#233;r&#234;ts du colonialisme fran&#231;ais. C'est de l&#224; &#233;galement que tire ses origines l'Etat actuel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme dans la plupart des colonies, au d&#233;but, le r&#233;gime en vigueur au Tchad reposait sur une division de la population en colonisateurs et colonis&#233;s : il y avait, d'un c&#244;t&#233;, des citoyens fran&#231;ais et, de l'autre, des sujets, appel&#233;s couramment indig&#232;nes. Quoique constituant la majorit&#233; de la population, ceux-ci n'avaient aucun droit, mais, uniquement des devoirs. Tous les indig&#232;nes adultes devaient participer aux travaux forc&#233;s obligatoires. Pour aller d'un coin &#224; un autre, ils devaient demander un laisser-passer. Ils n'avaient, &#233;videmment, aucune libert&#233;, ni de r&#233;union, ni de presse, ni syndicale. M&#234;me la culture du coton, introduite en 1925, &#233;tait impos&#233;e : c'&#233;tait souvent sous la chicotte que les paysans &#233;taient contraints de cultiver ce produit dont avait besoin l'industrie fran&#231;aise, au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res n&#233;cessaires &#224; leur subsistance. Par bien d'aspects, l'Etat colonial en vigueur &#233;tait donc dictatorial, mais aussi, s&#233;gr&#233;gationniste, instaurant une sorte d'apartheid local qui refusait de dire son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, &#224; laquelle le Tchad avait aussi pris part en y envoyant des tirailleurs, comme dans les autres colonies d'Asie, du Moyen Orient ou d'Afrique, le pays a &#233;t&#233; &#233;galement le berceau d'un nationalisme militant qui s'exprimait contre les aspects les plus r&#233;pugnants de l'ordre colonial : l'oppression nationale, l'exploitation, les imp&#244;ts, les travaux forc&#233;s, les chefferies traditionnelles, r&#233;duites au rang d'agents du syst&#232;me colonial, etc. Contrainte par les diff&#233;rentes luttes multiformes, politiques et sociales, men&#233;es par les populations, ici aussi, l'administration fran&#231;aise a d&#251; initier un certain nombre de r&#233;formes, comme la fin des travaux forc&#233;s, la libert&#233; d'association, d'expression, de r&#233;union, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De 1947 &#224; 1958, ont &#233;t&#233; ainsi cr&#233;&#233;s plusieurs partis politiques : le PPT RDA, le Parti Progressiste Tchadien, section locale du Rassemblement D&#233;mocratique Africain, l'UDT, l'Union des D&#233;mocrates Tchadiens, le PSI, Parti Socialiste Ind&#233;pendant, l'AST, l'Action Socialiste Tchadienne, le MSA, le Mouvement Socialiste Africain, l'UNT, l'Union Nationale Tchadienne, etc. Des syndicats ont &#233;galement vu le jour, de 1947 &#224; 49, notamment dans le b&#226;timent, le commerce, chez les employ&#233;s ou les gens de maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En 1956, &#171; la loi-cadre &#187; de Gaston Defferre a &#233;galement offert aux &#233;lites locales l'opportunit&#233; d'&#234;tre associ&#233;es &#224; la gestion des affaires et int&#233;gr&#233;es dans l'ordre social en vigueur comme d&#233;put&#233;s, maires, conseillers, fonctionnaires, cadres de l'arm&#233;e, de la police, etc. De quelque bord qu'ils soient, tous les notables locaux aspiraient &#224; offrir leur service pour &#234;tre les larbins de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, y compris le PPT RDA : lors des &#233;lections de 1958, ils ont tous vot&#233; &#171; Oui &#187; pour la communaut&#233; fran&#231;aise. Seule l'UNT, une jeune organisation cr&#233;&#233;e par Ibrahim Abatcha et Mamat Aba, a fait le choix contraire, en votant &#171; Non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les int&#233;r&#234;ts, &#224; lui assign&#233;s, qu'il d&#233;fend depuis sa naissance....&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, le 11 ao&#251;t 1960, les dirigeants du PPT RDA, sous l'&#233;gide de Fran&#231;ois Tombalbaye, devenu premier pr&#233;sident du pays, ont &#233;t&#233; port&#233;s au pouvoir, &#224; la t&#234;te d'un Etat con&#231;u par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et ceux de ses valets locaux. Ce choix n'&#233;tait pas fortuit, cependant : &#224; l'or&#233;e de l'ind&#233;pendance, le PPT RDA &#233;tait le seul parti qui ait une v&#233;ritable assise nationale, mais aussi, des militants aguerris, form&#233;s dans les ann&#233;es ant&#233;rieures des luttes anticolonialistes. Par cons&#233;quent, ce n'est pas surprenant que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ait puis&#233;, en son sein, les politiciens dont il avait besoin pour continuer &#224; maintenir sa domination sur le pays, sous de nouvelles formes, dans le cadre d'une ind&#233;pendance factice, parce que c'&#233;tait la seule organisation capable d'assurer cet ordre-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc comment est n&#233; l'Etat actuel : d&#232;s ses origines, c'est un instrument con&#231;u par la France, qu'elle a ensuite l&#233;gu&#233; &#224; la classe dirigeante locale afin de continuer l'&#339;uvre de domination et d'exploitation du pays, au profit de ses trusts, ceux de la bourgeoisie mondiale et de leurs diff&#233;rents larbins nationaux ! Telle est donc sa nature profonde ! Telle est sa politique ! Tels sont les int&#233;r&#234;ts &#224; lui assign&#233;s, qu'il d&#233;fend !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qui explique le fait que, de sa naissance jusqu'aujourd'hui, les masses populaires n'ont jamais particip&#233; aux diff&#233;rents changements op&#233;r&#233;s au sein de cet Etat. De Tombalbaye jusqu'&#224; Mamat Idriss D&#233;by, c'est l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui en a pris l'initiative, changeant, tels des pions sur un &#233;chiquier, les hommes et les r&#233;gimes, en fonction de ses int&#233;r&#234;ts du moment. Mais, quels que soient ces changements et les larbins locaux charg&#233;s de les incarner, - civils, militaires, pseudo r&#233;volutionnaires, parti unique, multipartisme -, derri&#232;re eux, se terre toujours le m&#234;me Etat, dont, au fil du temps, les m&#233;tamorphoses n'ont pas alt&#233;r&#233; la nature profond&#233;ment dictatoriale, comme on le voit de nos jours avec le r&#232;gne du MPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui d&#233;montre que ce que cherchent &#224; nous cacher les tenants de la dictature et leurs opposants, quels qu'ils soient, f&#233;d&#233;raliste ou pas, c'est le fait que, sous la domination de la bourgeoisie, ce qui compte, ce n'est pas tant la forme de l'Etat ou ses institutions, mais, les int&#233;r&#234;ts de classe qu'il d&#233;fend. En effet, l'Etat bourgeois peut prendre plusieurs formes : il peut &#234;tre unitaire, comme en France, au Tchad, f&#233;d&#233;ral, comme aux Etats-Unis, au Nig&#233;ria, ou &#224; caract&#232;re f&#233;odal, comme en Arabie saoudite ou au Maroc. Mais, quelle que soit la forme qu'il prend, son caract&#232;re, il est partout un instrument au service de la bourgeoisie, de cette minorit&#233; de riches, tant nationale que mondiale, dont il d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts. C'est cela qui fait que, partout &#233;galement, y compris dans les pays riches, cet Etat-l&#224; est une dictature pour les masses opprim&#233;es, car ni la voix ni les int&#233;r&#234;ts de celles-ci ne sont pris en compte dans les sph&#232;res o&#249; se d&#233;cident les choix essentiels qui conditionnent la vie de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela donc qui explique pourquoi, de Tombalbaye jusqu'aujourd'hui, c'est cet Etat qui, malgr&#233; les changements d'hommes et de r&#233;gimes, est le principal organisateur de notre soci&#233;t&#233; actuelle, un monde profond&#233;ment in&#233;galitaire, injuste, o&#249; une petite minorit&#233; de bourgeois, parasites, et les trusts, dont ils sont les valets locaux, exploitent, pillent, &#224; ciel ouvert, les ressources tant humaines que naturelles du pays et condamnent l'&#233;crasante majorit&#233; pauvre de la population, de toutes les r&#233;gions, de toutes les ethnies, de toutes les religions, &#224; la mis&#232;re, aux maladies, &#224; toutes les privations, sans qu'elle ne puisse jouir des libert&#233; &#233;l&#233;mentaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela d&#233;montre &#224; suffisance que le r&#233;f&#233;rendum sur la forme de l'Etat ressemble fort bien &#224; une op&#233;ration de diversion ! Il a toutes les allures d'une habile man&#339;uvre qui cherche &#224; couvrir la dictature de nouvelles parures sans en changer la nature profonde. Par cons&#233;quent, nous, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, ne devrions pas nous laisser illusionner par les &#233;lections qui viennent d'avoir lieu. Car, quels que soient leurs r&#233;sultats, cela ne modifiera en rien la nature profonde de l'Etat actuel. L'ordre social restera le m&#234;me : les riches continueront &#224; piller, &#224; s'enrichir de plus en plus. Par contre, pour nous, les masses populaires, ce sera toujours la mis&#232;re, les maladies, les privations de toutes sortes et, au-dessus de tout cela, le talon de fer de la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul, pour l'instant, ne peut dire quel sera le r&#233;sultat des &#233;lections qui viennent d'avoir lieu. Qui, des unitaristes ou des f&#233;d&#233;ralistes, l'emportera ? Seul l'avenir le dira ! Cependant, ayant la main mise sur tous les leviers de l'Etat et toutes les structures charg&#233;es d'organiser les &#233;lections, quelles qu'elles soient, et d'en proclamer les r&#233;sultats, il y a de fortes chances que Mamat Idriss D&#233;by Itno suive les traces de son p&#232;re, fasse comme lui et se proclame vainqueur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans tous les cas, si nous, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, voulons acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de vie, dignes de notre &#233;poque, mais aussi, aux libert&#233;s essentielles, nous n'avons pas d'autre choix que de nous mobiliser, de nous battre pour nos propres int&#233;r&#234;ts, comme le font justement nos camarades, nos fr&#232;res et s&#339;urs de l'Education Nationale, en gr&#232;ve contre la politique criminelle de l'Etat actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, nous devrions tirer les le&#231;ons des luttes parcellaires, &#233;clat&#233;es, du pass&#233; et nous appuyer sur celles qui se d&#233;roulent aujourd'hui pour les f&#233;d&#233;rer afin de cr&#233;er un mouvement de tous ensemble unissant tous les travailleurs, du public comme du priv&#233;, aux retrait&#233;s, aux ch&#244;meurs, aux femmes, aux &#233;tudiants, aux &#233;l&#232;ves, aux petits commer&#231;ants, aux artisans, sous la forme d'une mobilisation populaire pour imposer au pouvoir les changements n&#233;cessaires, conformes aux aspirations tant sociales que politiques des couches populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, si nous voulons acc&#233;der &#224; une am&#233;lioration notable de nos conditions de vie et aux libert&#233;s essentielles, c'est cette perspective-l&#224; que nous devrions construire m&#233;thodiquement pour d&#233;fendre collectivement nos int&#233;r&#234;ts parce que, quelles que soient nos ethnies, nos r&#233;gions, nos religions, nous constituons une classe &#224; part, celle des travailleurs, subissant tous la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies et la m&#234;me dictature, impos&#233;es par tous les politiciens bourgeois, y compris ceux de nos ethnies et r&#233;gions ! Par cons&#233;quent, notre unit&#233; dans la lutte pour notre droit &#224; la vie, avec nos propres armes, - la gr&#232;ve, les manifestations, la rue -, est le seul moyen, le plus efficace, dont nous disposons pour faire reculer le pouvoir et lui imposer nos revendications au nom des masses populaires opprim&#233;es. Il n'y a pas d'autre issue !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Divers articles sur les luttes de classes au Tchad</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5149</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5149</guid>
		<dc:date>2018-11-29T23:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Tchad</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ici d'autres articles sur les luttes de classes au Tchad &lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROBLEME N'EST NI LA FORME DE L'ETAT, NI SES INSTITUTIONS, MAIS LUI-MEME : SA NATURE PROFONDE, SA POLITIQUE, LES INTER&#202;TS A LUI ASSIGNES, QU'IL DEFEND ! &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Forum national &#187; ou &#171; dialogue inclusif &#187; ? Telle &#233;tait la question que beaucoup se posaient, se demandant si Idriss D&#233;by Itno allait accepter la proposition que lui avait faite le FONAC, le Front National pour le Changement, d'organiser ensemble les discussions sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot219" rel="tag"&gt;Tchad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_11287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Macron-et-Deby.jpg' width=&#034;650&#034; height=&#034;365&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot219&#034;&gt;Lire ici d'autres articles sur les luttes de classes au Tchad&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11286 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/arton2427-a5596.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;175&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;LE PROBLEME N'EST NI LA FORME DE L'ETAT,&lt;br class='autobr' /&gt;
NI SES INSTITUTIONS,&lt;br class='autobr' /&gt;
MAIS LUI-MEME : SA NATURE PROFONDE, SA POLITIQUE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LES INTER&#202;TS A LUI ASSIGNES, QU'IL DEFEND !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Forum national &#187; ou &#171; dialogue inclusif &#187; ? Telle &#233;tait la question que beaucoup se posaient, se demandant si Idriss D&#233;by Itno allait accepter la proposition que lui avait faite le FONAC, le Front National pour le Changement, d'organiser ensemble les discussions sur l'Etat et d'autres probl&#232;mes dans un cadre &#233;largi d&#233;nomm&#233; &#171; dialogue inclusif &#187;. Mais, finalement, comme il fallait s'y attendre, celui que ses partisans appellent &#171; le pr&#233;sident fondateur &#187; a balay&#233; d'un d&#233;daigneux revers de la main l'offre &#224; lui faite. Il a d&#233;cid&#233; d'organiser, &#224; partir du lundi 19 mars dernier, son forum, avec les siens et une audience tri&#233;e sur le volet, sans la participation des principales organisations de son opposition politique, ni celles de la soci&#233;t&#233; civile. Presque donc &#224; huis clos, pourrait-on dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quel qu'en soit le cadre, il y a fort &#224; parier que, de ce type d'initiative, il ne sortira rien de bon qui puisse changer de fa&#231;on notable les conditions de vie des couches opprim&#233;es. Et pour cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a, en effet, le fait que, depuis les ann&#233;es 80 jusqu'aujourd'hui, l'histoire politique du pays est jalonn&#233;e de rencontres de ce genre entre les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de la classe dirigeante sans que cela n'ait en rien modifi&#233; un tant soit peu le sort des masses populaires. M&#234;me la conf&#233;rence nationale, consid&#233;r&#233;e par certains comme la m&#232;re de toutes les discussions par excellence, n'a essentiellement servi qu'&#224; une recomposition du paysage politique d'alors, d'o&#249; est n&#233;e la dictature actuelle, qui ne se donne m&#234;me plus la peine de se cacher derri&#232;re les oripeaux pseudo d&#233;mocratiques dont elle s'est drap&#233;e des ann&#233;es durant ! Pourquoi alors devrait-on croire qu'une autre discussion de ce genre, qui, de surcro&#238;t, se d&#233;roule sous la houlette exclusive du MPS, puisse produire un r&#233;sultat contraire, prenant en compte les profondes aspirations des couches populaires aux libert&#233;s essentielles et &#224; des conditions de vie dignes de notre &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ensuite,- c'est l'essentiel -, si les autres discussions ant&#233;rieures n'ont r&#233;solu aucun des probl&#232;mes majeurs auxquels les couches populaires sont confront&#233;es, c'est surtout parce que le vrai probl&#232;me, justement, ce n'est pas la forme de l'Etat, ni ses institutions, mais lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos politiciens, tout bord confondu, veulent nous faire croire que l'Etat actuel, dont ils sont tous les fid&#232;les serviteurs, pr&#233;sents, pass&#233;s ou potentiels, serait un appareil en l&#233;vitation au-dessus des classes sociales, au service de tous les Tchadiens, sans distinction aucune, qu'ils soient riches ou pauvres. Mais, cela est un grossier mensonge ! En effet, dans l'histoire des hommes, l'Etat n'a pas toujours exist&#233;. Les soci&#233;t&#233;s primitives, o&#249; les hommes d&#233;pendaient de la nature, vivaient de chasse, de cueillette et de p&#234;che, n'ont pas ressenti le besoin d'en avoir un sur de longues p&#233;riodes historiques. L'Etat n'a &#233;merg&#233; que longtemps plus tard, dans une p&#233;riode r&#233;cente, &#224; l'&#233;chelle de l'histoire : apr&#232;s la d&#233;couverte de l'agriculture, la naissance de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la division de la soci&#233;t&#233; en classes, celle des oppresseurs, d'un c&#244;t&#233;, celle des opprim&#233;s, de l'autre. Mais, d&#232;s le d&#233;but, il est apparu comme un instrument con&#231;u pour maintenir la domination d'une classe sur une autre. C'est ainsi qu'on peut constater que, pendant la p&#233;riode esclavagiste, l'Etat &#233;tait une machine organis&#233;e pour imposer la domination des ma&#238;tres sur les esclaves. Pendant la p&#233;riode f&#233;odale, il servait &#224; imposer l'ordre des seigneurs f&#233;odaux et du clerg&#233; sur l'ensemble de la population constitu&#233;e de serfs, d'artisans, de compagnons, de commer&#231;ants, etc. Quand la bourgeoisie a d&#233;truit le pouvoir de la f&#233;odalit&#233;, chass&#233; d&#233;finitivement celle-ci de la sc&#232;ne de l'histoire et jet&#233; les bases du capitalisme, elle a, &#224; son tour, impos&#233; son Etat, un instrument destin&#233; &#224; d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts contre ceux de l'ensemble des masses opprim&#233;es, que sont les prol&#233;taires et les paysans pauvres notamment. Voil&#224; ce que nous enseigne l'&#233;volution de l'histoire des hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est aussi cette m&#234;me histoire qui nous apprend quelles sont les origines historiques de l'Etat actuel, quelle est sa nature profonde, quels sont les int&#233;r&#234;ts qu'il d&#233;fend ! Le Tchad, en tant que pays, comme l'Etat sous la f&#233;rule duquel il est plac&#233;, sont, en effet, issus du morcellement du continent africain, quand, &#224; la fin du 19e si&#232;cle, la France et l'Angleterre notamment ont, en 1885, &#224; la conf&#233;rence de Berlin, mis &#224; l'ordre du jour la colonisation de l'Afrique. Puissances &#233;conomiques les plus fortes de l'&#233;poque, gr&#226;ce &#224; la traite des N&#232;gres pratiqu&#233;e trois si&#232;cles durant auparavant, avec une &#233;conomie dynamique, domin&#233;e par des trusts et de gigantesques banques, le but recherch&#233; par ces deux pays &#233;tait triple : trouver des d&#233;bouch&#233;s pour les marchandises de leurs bourgeoisies, des mati&#232;res premi&#232;res pour leurs industries, des champs d'investissement pour leurs capitaux. Ainsi, en &#224; peine vingt ans, comme le raconte si merveilleusement l'historien Joseph Kizerbo, dans son livre culte, Histoire de l'Afrique Noire, la France et l'Angleterre se sont partag&#233; toute l'Afrique, en dehors de l'Ethiopie et du Lib&#233;ria, s'offrant, au final, de v&#233;ritables empires coloniaux. Elles n'ont laiss&#233; que des miettes &#224; l'Allemagne, &#224; la Belgique, &#224; l'Espagne et au Portugal, pays imp&#233;rialistes de seconde zone, qui s'&#233;taient lanc&#233;s aussi derri&#232;re elles pour avoir leur part dans cette vaste entreprise de rapine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dans ce contexte de d&#233;pe&#231;age du continent africain qu'est n&#233; le Tchad, construction artificielle, faite de toutes pi&#232;ces, en fonction des int&#233;r&#234;ts du colonialisme fran&#231;ais. C'est de l&#224; &#233;galement que tire ses origines l'Etat actuel ! L'acte de naissance du pays est le 22 avril 1900. Plac&#233; d'abord sous un r&#233;gime militaire, ce n'est qu'en 1938 que celui-ci a &#233;t&#233; mis sous l'autorit&#233; d'un gouverneur civil, F&#233;lix Ebou&#233;, un fran&#231;ais d'origine guyanaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais, quel que soit le r&#233;gime en vigueur, militaire ou civil, l'ordre impos&#233; &#233;tait &#224; tout point de vue dictatorial. Les populations autochtones n'y avaient aucun droit ! Pour gouverner, l'administration coloniale, qui symbolisait l'Etat de l'&#233;poque, s'appuyait sur les chefs traditionnels, ralli&#233;s &#224; son syst&#232;me et r&#233;duits au rang d'agents subalternes de ce dernier. Certains de ceux-ci &#233;taient m&#234;me des pures cr&#233;atures de l'Etat colonial. Devenus des larbins au service de ce dernier, les chefs avaient pour mission d'appliquer ses directives, servant ainsi de courroie de transmission entre lui et les populations : ils encadraient celles-ci, levaient les imp&#244;ts, rendaient la justice, jouaient le r&#244;le de d&#233;lateurs et organisaient aussi les travaux forc&#233;s auxquels &#233;taient astreintes les populations d&#233;sign&#233;es par eux et utilis&#233;es comme une main d'oeuvre gratuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quoiqu'int&#233;gr&#233; dans l'empire colonial plac&#233; sous l'autorit&#233; de l'Etat fran&#231;ais, comme dans la plupart des colonies, le r&#233;gime en vigueur au Tchad reposait sur une division de la population entre colonisateurs et colonis&#233;s : il y avait, d'un c&#244;t&#233;, des citoyens fran&#231;ais et, de l'autre, des sujets, appel&#233;s couramment indig&#232;nes. Constituant la majorit&#233; de la population, ceux-ci n'avaient aucun droit, mais, des devoirs. Tous les indig&#232;nes adultes devaient participer aux travaux forc&#233;s obligatoires. Pour aller d'un coin &#224; un autre, ils devaient demander un laisser-passer, exactement comme en Afrique du sud sous l'apartheid. Ils n'avaient, &#233;videmment, aucune libert&#233;, ni de r&#233;union, ni de presse, ni syndicale. M&#234;me la culture du coton, introduite en 1925, &#233;tait impos&#233;e : c'&#233;tait souvent sous la chicotte que les paysans &#233;taient contraints de cultiver ce produit dont avait besoin l'industrie fran&#231;aise, au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res n&#233;cessaires &#224; leur subsistance. Par bien d'aspects, l'Etat colonial en vigueur &#233;tait donc dictatorial, mais aussi s&#233;gr&#233;gationniste, une sorte d'apartheid local qui refusait de dire son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette situation a dur&#233; jusqu'&#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, de 39-45, au cours de laquelle elle s'est m&#234;me aggrav&#233;e. Mais, quand a pris fin cette boucherie que les diff&#233;rentes puissances imp&#233;rialistes avaient impos&#233;e au monde entier, juste pour le partage des march&#233;s, a &#233;merg&#233; un ph&#233;nom&#232;ne nouveau et puissant : la naissance du nationalisme des peuples colonis&#233;s et semi-colonis&#233;s, qui a &#233;branl&#233; les empires coloniaux notamment, exprimant ainsi une col&#232;re profonde des populations contre leur sort d'opprim&#233;s, maltrait&#233;s, m&#233;pris&#233;s, domin&#233;s dans leurs propres pays. D&#233;clench&#233; en Asie et au Moyen Orient, ce fort mouvement international de contestation et de r&#233;voltes, port&#233; par le d&#233;sir des colonis&#233;s de s'&#233;manciper, a eu aussi de larges &#233;chos et de profondes r&#233;percussions sur le continent africain, sous forme de gr&#232;ves, d'&#233;meutes, de r&#233;voltes et d'insurrections : en Alg&#233;rie, en 1945, &#224; Madagascar, en 1947, au Cameroun avec l'UPC, l'Union des Populations du Cameroun, qui revendiquait d&#233;j&#224; l'ind&#233;pendance en 1948, etc... Dans tout le continent, les combats politiques d'alors s'accompagnaient g&#233;n&#233;ralement de grandes luttes sociales initi&#233;es et dirig&#233;es par des syndicats, comme, par exemple, la gr&#232;ve des cheminots du Dakar-Bamako en 1947, immortalis&#233;e par Semb&#232;ne Ousmane dans son roman Les Bouts de Bois de Dieu. Souvent, les deux formes de luttes, politiques et syndicales, se combinaient, se nourrissaient les unes les autres. Ainsi beaucoup de dirigeants politiques sont-ils n&#233;s du mouvement syndical : S&#233;kou Tour&#233;, en Guin&#233;e, Ruben Um Nyob&#233;, au Cameroun, Houphou&#235;t Boigny, &#224; la t&#234;te du syndicat des planteurs en C&#244;te d'Ivoire, Fran&#231;ois Tombalbaye, au Tchad, Djibo Bakary, au Niger, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est ainsi que, pour d&#233;samorcer la col&#232;re populaire afin de continuer &#224; avoir sa mainmise sur ses colonies, de 1945 &#224; 1958, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a initi&#233; un certain nombre de r&#233;formes dans ses territoires africains. Juste &#224; la fin de la guerre, il a accept&#233; la formation d'une Assembl&#233;e constituante, avec un double coll&#232;ge, o&#249; n'&#233;taient autoris&#233;s &#224; voter que &#171; les notables &#233;volu&#233;s &#187;. Par contre, des &#233;lections, &#233;taient exclus les paysans pauvres, les ouvriers, les femmes des milieux populaires et leurs enfants. L'indig&#233;nat a &#233;t&#233; aussi supprim&#233; et remplac&#233; par le code civil fran&#231;ais : les &#171; indig&#232;nes &#187; sont devenus des citoyens de &#171; Union fran&#231;aise &#187;. Le travail forc&#233; a &#233;t&#233; aussi aboli, les libert&#233;s d'association, de r&#233;union et d'expression, accord&#233;es. C'est dans ce contexte que sont n&#233;s les premi&#232;res organisations politiques, symbolis&#233;s notamment par le RDA, le Rassemblement D&#233;mocratique Africain, cr&#233;&#233; en 1947, &#224; Bamako, et ses diff&#233;rentes sections nationales, comme le PPT, le Parti Progressiste Tchadien. De nombreux syndicats libres aussi ont vu le jour. Le point culminant de toutes ces r&#233;formes a &#233;t&#233; la &#171; loi-cadre &#187;, concoct&#233;e en 1956, par Gaston Defferre, alors &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de la France d'Outre-mer : elle a d&#233;cid&#233; d'instituer le suffrage universel, de mettre fin au double coll&#232;ge, de cr&#233;er des ex&#233;cutifs locaux, qui offriraient d'importantes responsabilit&#233;s aux &#233;lites africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le but de toutes ces r&#233;formes &#233;tait d'associer de plus en plus les notables africains &#224; la gestion des affaires pour, d'une part, endiguer la col&#232;re populaire, et, d'autre part, le moment venu, mettre &#224; la t&#234;te des diff&#233;rentes colonies des valets locaux qui auraient pour r&#244;le de continuer &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sous de nouvelles formes. Le Cameroun a &#233;t&#233; le laboratoire o&#249; la France a &#233;chafaud&#233; et pouss&#233; cette politique jusqu'&#224; ses ultimes cons&#233;quences : apr&#232;s avoir &#233;cart&#233; l'UPC de la sc&#232;ne politique en le d&#233;truisant militairement, elle a hiss&#233; au pouvoir un pantin local, en la personne d'Ahmadou Ahidjo, &#224; qui elle a fait porter les revendications du mouvement insurrectionnel -, la souverainet&#233; nationale et la r&#233;unification du pays -, mais vid&#233;es de leur contenu nationaliste, dans la perspective d'une ind&#233;pendance de fa&#231;ade, accord&#233;e le 1er janvier 1960, qui renfor&#231;ait plut&#244;t la mainmise de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sur le pays dans tous les domaines, &#233;conomiques, politiques, militaires, diplomatiques notamment ! Cette exp&#233;rience a &#233;t&#233;, ensuite, g&#233;n&#233;ralis&#233;e et appliqu&#233;e dans toutes les colonies fran&#231;aises qui allaient acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance, les unes apr&#232;s les autres, tout au long de l'ann&#233;e 1960, jetant ainsi les bases de ce qu'on appelle de nos jours &#171; la fran&#231;afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Maillon important du dispositif colonial fran&#231;ais en Afrique, le Tchad a, lui aussi, suivi la m&#234;me trajectoire politique qui a, finalement, abouti &#224; l'Etat actuel. En effet, d&#232;s la fin de la guerre, le pays a &#233;t&#233; &#233;galement le berceau d'un nationalisme militant qui s'exprimait contre les aspects les plus r&#233;pugnants de l'ordre colonial. Contrainte, ici aussi, l'administration fran&#231;aise a donc initi&#233; un certain nombre de r&#233;formes, comme la fin des travaux forc&#233;s, la libert&#233; d'association, d'expression, de r&#233;union, etc. De 1947 &#224; 1952, ont &#233;t&#233; ainsi cr&#233;&#233;s plusieurs partis politiques : le PPT RDA, le Parti Progressiste Tchadien, section locale du Rassemblement D&#233;mocratique Africain, l'UDT, l'Union des D&#233;mocrates Tchadiens, le PSI, Parti Socialiste Ind&#233;pendant, l'AST, l'Action Socialiste Tchadienne, le MSA, le Mouvement Socialiste Africain, l'UNT, l'Union Nationale Tchadienne, etc. Des syndicats ont &#233;galement vu le jour, de 1947 &#224; 49, notamment dans le b&#226;timent, le commerce, chez les employ&#233;s ou les gens de maison. En 1956, &#171; la loi-cadre &#187; de Gaston Defferre a &#233;galement offert aux &#233;lites locales l'opportunit&#233; d'&#234;tre associ&#233;es &#224; la gestion des affaires et int&#233;gr&#233;es dans l'ordre social en vigueur comme d&#233;put&#233;s, maires, conseillers, fonctionnaires, cadres de l'arm&#233;e, de la police, etc. De quelque bord qu'ils soient, tous ces notables aspiraient &#224; offrir leur service pour &#234;tre les larbins de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, y compris le PPT RDA, suivant l'exemple d'Houphou&#235;t Boigny qui, en 1950, avait chang&#233; de veste et fait le choix de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la France coloniale : lors des &#233;lections de 1958, ils ont tous vot&#233; &#171; Oui &#187; pour la communaut&#233; fran&#231;aise. Seule l'UNT, une jeune organisation cr&#233;&#233;e par Ibrahim Abatcha et Mamat Aba, a fait le choix contraire, en votant &#171; Non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, &#224; l'instar de ce qui s'&#233;tait pass&#233; au Cameroun, le 11 ao&#251;t 1960, les dirigeants du PPT RDA, sous l'&#233;gide de Fran&#231;ois Tombalbaye, devenu premier pr&#233;sident du pays, ont &#233;t&#233; port&#233;s au pouvoir &#224; la t&#234;te d'un Etat con&#231;u par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et ceux de ses valets locaux. Ce choix n'&#233;tait pas fortuit, cependant ! Avant la volte-face d'Houphou&#235;t Bo&#239;gny, des ann&#233;es durant, le PPT RDA avait, en effet, men&#233; un v&#233;ritable combat contre les exactions et les abus de l'administration coloniale, comme, par exemple, les travaux forc&#233;s. Nombre de ses militants avaient &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233;s, emprisonn&#233;s. Aussi, ce combat avait-t-il permis &#224; cette organisation de gagner la sympathie des masses populaires sur toute l'&#233;tendue du territoire : &#224; l'or&#233;e de l'ind&#233;pendance, c'&#233;tait le seul parti qui ait une v&#233;ritable assise nationale, mais aussi des militants aguerris, form&#233;s dans les ann&#233;es ant&#233;rieures des luttes anticolonialistes. Par cons&#233;quent, ce n'est pas surprenant que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ait puis&#233;, en son sein, les politiciens dont ils avaient besoin pour continuer &#224; maintenir sa domination sur le pays, sous de nouvelles formes, dans le cadre d'une ind&#233;pendance factice, parce que c'&#233;tait la seule organisation capable d'assurer cet ordre-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc comment est n&#233; l'Etat actuel : d&#232;s ses origines, c'est un instrument con&#231;u par la France, qu'elle a ensuite l&#233;gu&#233; &#224; la classe dirigeante locale afin de continuer l'&#339;uvre de domination et d'exploitation du pays, au profit de ses trusts, ceux de la bourgeoisie mondiale et de leurs diff&#233;rents larbins nationaux ! Telle est donc sa nature profonde ! Telle est sa politique ! Tels sont les int&#233;r&#234;ts &#224; lui assign&#233;s, qu'il d&#233;fend ! C'est cela qui explique le fait que, de sa naissance jusqu'aujourd'hui, les masses populaires n'ont jamais particip&#233; aux diff&#233;rents changements op&#233;r&#233;s au sein de cet Etat. De Tombalbaye &#224; Idriss D&#233;by Itno, en passant par Maloum, Goukouni, Habr&#233;, c'est l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui en a pris l'initiative, changeant, tels des pions sur un &#233;chiquier, les hommes et les r&#233;gimes, en fonction de ses int&#233;r&#234;ts du moment. Mais, quels que soient ces changements et les larbins locaux charg&#233;s de les incarner, - civils, militaires, pseudo r&#233;volutionnaires, parti unique, multipartisme -, derri&#232;re eux, se terre toujours le m&#234;me Etat, dont, au fil du temps, les m&#233;tamorphoses n'ont pas alt&#233;r&#233; la nature profond&#233;ment dictatoriale, comme on le voit de nos jours avec le r&#232;gne du MPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de la bourgeoisie, lorsqu'on veut appr&#233;cier les rapports entre les populations d'un pays et les institutions en vigueur, ce qui compte, ce n'est pas tant la forme de l'Etat ou ses institutions que les int&#233;r&#234;ts de classe qu'il d&#233;fend. En effet, l'Etat bourgeois peut prendre plusieurs formes : il peut &#234;tre unitaire, comme en France, au Tchad, f&#233;d&#233;ral, comme aux Etats-Unis, au Nig&#233;ria, ou &#224; caract&#232;re f&#233;odal, comme en Arabie saoudite ou au Maroc. Mais, quelle que soit la forme qu'il prend, il est partout un instrument au service de la bourgeoisie, de cette minorit&#233; de riches, tant nationale que mondiale, dont il d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts. C'est cela qui fait que, partout &#233;galement, y compris dans les pays riches, cet Etat-l&#224; est une dictature pour les masses opprim&#233;es, car ni la voix, ni les int&#233;r&#234;ts de celles-ci ne sont pris en compte dans les sph&#232;res o&#249; se d&#233;cident les choix essentiels qui conditionnent la vie de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela donc qui explique pourquoi, de Tombalbaye jusqu'aujourd'hui, c'est cet Etat qui, malgr&#233; les changements d'hommes et de r&#233;gimes, est le principal organisateur de la soci&#233;t&#233; actuelle, un monde profond&#233;ment in&#233;galitaire, injuste, o&#249; une petite minorit&#233; de bourgeois, parasites, et les trusts, dont ils sont les valets locaux, exploitent, pillent, &#224; ciel ouvert, les ressources tant humaines que naturelles du pays et condamnent l'&#233;crasante majorit&#233; de la population &#224; la mis&#232;re, aux maladies, que l'on peut souvent soigner rien qu'avec de l'eau potable ! Voil&#224; qui explique aussi pourquoi les responsables de l'administration de cet Etat, les gouverneurs, les pr&#233;fets, les sous-pr&#233;fets, les chefs traditionnels, se comportent exactement comme les fameux &#171; Dieux de brousse &#187; de nagu&#232;re sous l'&#232;re coloniale, en vivant sur le dos des populations comme des sangsues, leur faisant subir divers abus et exactions, en toute impunit&#233; ! Voil&#224; qui explique &#233;galement pourquoi la justice de cet Etat est discriminatoire : elle prot&#232;ge les plus riches, les nantis, y compris les voleurs, que tout le monde conna&#238;t, dont m&#234;me Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me parle, mais elle est f&#233;roce envers les pauvres et leurs enfants, que l'on exhibe &#224; la t&#233;l&#233;vision comme un butin de guerre contre l'ins&#233;curit&#233;, m&#234;me s'ils volent un pain tout simplement parce qu'ils ont faim ! Voil&#224; qui explique, enfin, pourquoi, pour maintenir cet ordre inique, cet Etat est et a toujours &#233;t&#233; une horrible dictature, dont l'arm&#233;e -, form&#233;e initialement autour des tirailleurs ayant particip&#233; &#224; la guerre d'Indochine ou de l'Alg&#233;rie pour le compte de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais -, mais aussi la police et autres appareils de r&#233;pression sont responsables des nombreux massacres, crimes, meurtres, assassinats, emprisonnements arbitraires, qui &#233;maillent l'histoire politique du pays, comme, par exemple, les 40 000 morts perp&#233;tr&#233;s rien que sous le pouvoir d'Hissein Habr&#233;, sans oublier ceux commis sous les quinze ans de la dictature de Tombalbaye ou les bient&#244;t vingt-huit ans de celle du MPS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela d&#233;montre &#224; suffisance que le forum actuel sur la forme de l'Etat et ses institutions ressemble fort bien &#224; une op&#233;ration de diversion ! Ne posant pas la question des int&#233;r&#234;ts de classe que l'Etat d&#233;fend, il a toutes les allures d'une habile man&#339;uvre qui cherche &#224; couvrir la dictature de nouvelles parures sans en changer la nature profonde. Par cons&#233;quent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s ne devraient pas se laisser illusionner par ce qui s'y passe. Car, quels que soient les r&#233;solutions qui auront &#233;t&#233; prises et le toilettage dont l'Etat aura &#233;t&#233; l'objet, cela ne modifiera en rien sa nature profonde. Les riches continueront &#224; piller, &#224; s'enrichir de plus en plus. Par contre, pour les masses populaires, ce sera toujours la mis&#232;re, les maladies, les privations de toutes sortes et, au-dessus de tout cela, le talon de fer de la dictature ! Dans ces conditions, si celles-ci veulent acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de vie, dignes de notre &#233;poque, mais aussi aux libert&#233;s essentielles, elles n'ont pas d'autre choix que de se mobiliser, de se battre pour leurs propres int&#233;r&#234;ts, comme viennent de le faire les travailleurs en gr&#232;ve, qui ont oblig&#233; le pouvoir &#224; reculer. Par ailleurs, le jour o&#249; les masses populaires auront l'ambition se d&#233;barrasser d&#233;finitivement de l'exploitation, de la mis&#232;re et de la dictature, elles devront agir comme l'a fait la bourgeoisie elle-m&#234;me contre le pouvoir f&#233;odal, quand, r&#233;volutionnaire, elle voulait transformer le monde en fonction de ses int&#233;r&#234;ts : il leur faudra alors en finir avec cet Etat-l&#224;, d&#233;truire son arm&#233;e, sa police, son administration, sa justice, exproprier les riches, dans le but d'imposer un pouvoir qui leur soit propre, fond&#233; sur la mise en commun des richesses, la d&#233;mocratie la plus large qui soit, avec autant de partis, de syndicats, d'associations qu'on voudra, dont le moteur ne sera plus la loi de l'argent, mais, la satisfaction des besoins collectifs de tous ! Car, telle est la logique implacable de l'&#233;volution de l'histoire des hommes &#224; l'&#232;re de la domination du monde par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NI LA PESTE DES UNS, NI LE CHOLERA DES AUTRES !&lt;br class='autobr' /&gt;
LIBERONS-NOUS NOUS-M&#202;MES PAR NOS PROPRES LUTTES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A part la gr&#232;ve des agents de la fonction publique, qui vient d'&#234;tre reconduite de fa&#231;on illimit&#233;e, deux autres faits caract&#233;risent la situation politique du pays : d'un c&#244;t&#233;, les prochaines &#233;lections l&#233;gislatives et communales que le pouvoir cherche &#224; organiser et, de l'autre, les bruits de bottes et autres fracas d'armes dans le septentrional, o&#249; les troupes d'un mouvement arm&#233; appel&#233; CCMSR (Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la R&#233;publique) ont maille &#224; partir avec les forces gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le contexte actuel, marqu&#233; par la faillite de l'Etat, il est difficile de parier que les &#233;lections auront affectivement lieu. Qu&#233;mandant aupr&#232;s de ceux que le jargon gouvernemental d&#233;signe comme des &#171; partenaires financiers &#187;, tel un mendiant en qu&#234;te de charit&#233;, Idriss D&#233;by Itno a, certes, fait appel &#224; leur bonne volont&#233; pour l'aider &#224; organiser ces &#233;lections. Mais, pour l'heure, rien n'indique que celles-ci se tiendront. Cependant, depuis leur annonce, on assiste d&#233;j&#224; &#224; un branle bas des partis politiques, tant de la mouvance pr&#233;sidentielle que de l'opposition, qui fourbissent leurs armes pour en d&#233;coudre, du moins en apparence, mais surtout pour nous faire des promesses mensong&#232;res, qui ne seront jamais tenues, et nous vendre, &#224; moindre frais, des r&#234;ves sans lendemain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme l'ont montr&#233; les exp&#233;riences pass&#233;es, m&#234;me si ses &#171; partenaires financiers &#187; viennent au secours d'Idriss D&#233;by Itno et l'aident &#224; organiser les &#233;lections, cela ne changera rien dans les conditions de vie des masses populaires ! Car, ce type d'&#233;lections, le pays en a connu, de toutes sortes, depuis vingt-huit ans que dure le r&#233;gime actuel. Mais, &#224; quoi ont-elles servi ? Ont-elles contribu&#233; &#224; am&#233;liorer un tant soit peu les conditions de vie de la majorit&#233; pauvre du pays ? Aucunement pas ! Bien au contraire, celles-ci n'ont pas cess&#233; de se d&#233;grader de plus en plus, pour en arriver &#224; la situation actuelle marqu&#233;e par une g&#233;n&#233;ralisation de la mis&#232;re et des maladies, alors que la soci&#233;t&#233; n'a jamais &#233;t&#233; aussi riche qu'aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par ailleurs, toutes tes &#233;lections ant&#233;rieures ont &#233;t&#233; utilis&#233;es comme un alibi, une aubaine, par les tenants du pouvoir pour l&#233;gitimer leur dictature au moyen de fraudes, des bourrages des urnes, de falsifications des r&#233;sultats ou, au besoin, l'usage de la force brutale de l'arm&#233;e, comme lors des pr&#233;sidentielles de 2016. Par cons&#233;quent, si elles se tiennent, les prochaines &#233;lections serviront essentiellement &#224; renforcer politiquement le r&#233;gime actuel, &#224; consolider les bases des nouvelles institutions n&#233;es de l'imposture de la 4e r&#233;publique, qu'Idriss D&#233;by Itno s'est offertes dans le but d'abuser l'opinion en pr&#233;tendant faire du neuf avec du vieux : la m&#234;me politique qu'il applique depuis vingt-huit ans, avec pratiquement les m&#234;mes gens, qu'il traite lui-m&#234;me de voleurs, le tout sous un nouvel habillage institutionnel ! Elles permettront ainsi, une fois de plus, aux responsables du MPS de continuer &#224; avoir leur mainmise sur l'Etat et ses diff&#233;rentes structures, plus les avantages sociaux qui vont avec : salaires mirobolants, d&#233;tournements, pillages, des fonds publics, commissions illicites, surfacturations des march&#233;s publics, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Parall&#232;lement, ces &#233;lections offriront &#233;galement aux politiciens de l'opposition l'opportunit&#233; de conserver leurs postes de d&#233;put&#233;s, de maires, de conseillers, de membres de diverses commissions ou d'acc&#233;der &#224; ces responsabilit&#233;s. Gr&#226;ce &#224; des marchandages, des tractations, y compris avec les responsables du MPS, ils feront des pieds et des mains pour avoir ces statuts qui, autant que les politiciens du pouvoir, feront d'eux les membres du cercle restreint des privil&#233;gi&#233;s de l'ordre social actuel, comme l'illustre d&#233;j&#224; le train de vie de certains d'entre eux. Le pitoyable spectacle auquel ils se sont livr&#233;s devant Idriss D&#233;by Itno, lors des discussions sur la composition du CNDP (Cadre National du Dialogue Politique), comme les dissensions qui les opposent les uns aux autres, depuis lors, nous offrent un avant-go&#251;t des man&#339;uvres occultes, des coups bas et autres arrangements qu'ils commettront juste pour pr&#233;server leur chance de faire partie des notables et autres valets de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Enfin, au-dessus de tous ces politiciens, marionnettes du th&#233;&#226;tre politique local, les principaux b&#233;n&#233;ficiaires des prochaines &#233;lections seront les repr&#233;sentants de la bourgeoisie mondiale, les trusts et autres institutions internationales, qui les financeront. Pour continuer &#224; avoir leur mainmise sur l'&#233;conomie du pays, comme hier, ceux-ci fermeront les yeux sur les les fraudes et autres forfaitures dont se servira le MPS pour gagner, parce que, pour eux, peu importe que la dictature se renforce, qu'elle impose la mis&#232;re &#224; la majorit&#233; pauvre du pays : l'essentiel est qu'Idriss D&#233;by Itno maintienne l'ordre dont ils ont besoin, sous le talon de fer de son pouvoir, afin que les affaires marchent, que leurs profits augmentent, qu'ils s'enrichissent de plus en plus, moyennant quelques miettes qu'ils laissent au passage &#224; notre classe politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par contre, ceux dont les conditions de vie ne changeront pas du tout, &#224; coup s&#251;r, quels que soient les r&#233;sultats des &#233;lections &#224; venir, sont les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s du pays. Pour ces derniers, ce sera toujours la mis&#232;re, les maladies, les privations de toutes sortes et la chape de plomb de la dictature &#233;touffant jusqu'aux libert&#233;s les plus &#233;l&#233;mentaires ! Comme les &#233;lections ant&#233;rieures qui n'ont servi qu'&#224; renforcer le pouvoir et &#224; enrichir une minorit&#233; de parasites aux d&#233;pens des masses opprim&#233;es, celles de demain en feront de m&#234;me ! Voil&#224; pourquoi nous n'avons aucune raison d'en attendre quoi que ce soit de bon, car, m&#234;me si elles se tiennent, elles ne mettront pas fin &#224; la spirale de la d&#233;gradation constante de nos conditions de vie, mais serviront plut&#244;t &#224; les aggraver !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous aurions tort &#233;galement d'avoir des illusions par rapport aux combats que m&#232;nent les troupes du CCMSR dans le nord du pays. D'abord, contrairement &#224; ce que certains racontent, allant jusqu'&#224; parer ce mouvement arm&#233; d'intentions qui ne sont m&#234;me pas les siennes, l'irruption de celui-ci sur la sc&#232;ne politique n'est pas quelque chose d'in&#233;dit dans l'histoire du pays : il y a longtemps que celui-ci est transform&#233; en une ar&#232;ne o&#249; s'affrontent une multitude de bandes arm&#233;es ! Les bruits de bottes sont devenus des faits coutumiers dans notre paysage politique. Ensuite, les attaques men&#233;es par les troupes de cette organisation militaire contre celles du pouvoir n'annoncent pas forc&#233;ment des lendemains meilleurs, comme le laissent croire quelques illusions suscit&#233;es ici et l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Certes, nul ne peut jeter la pierre &#224; quiconque qui se bat contre la dictature de N'Djam&#233;na, quels que soient les moyens qu'il utilise, y compris des armes ! Cependant, notre histoire r&#233;cente, qui devrait nous servir d'&#233;cole, a plusieurs fois d&#233;montr&#233; que les armes, elles seules, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pas &#224; tracer le chemin qui conduit vers un avenir meilleur pour les masses opprim&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, il n'y a pas longtemps, par vagues successives, beaucoup d'entre nous se sont engag&#233;s, les armes &#224; la main, derri&#232;re des chefs de guerre, des politiciens d&#233;magogues et autres charlatans. Cependant, qu'en a-t-i il r&#233;sult&#233; ? Leur engagement derri&#232;re des dirigeants ne repr&#233;sentant pas leurs int&#233;r&#234;ts, a-t-il servi &#224; entra&#238;ner des changement notables au profit des couches populaires ? Leurs sacrifices, souvent &#233;normes, parfois au prix de leurs vies, ont-ils servi &#224; am&#233;liorer les conditions de vie de celles-ci, &#224; leur permettre d'acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles ? Aucunement pas ! Les diff&#233;rents responsables, les Goukouny, les Habr&#233;, les Kamougu&#233;, les D&#233;by, etc, derri&#232;re lesquels ils s'&#233;taient battus se sont juste servis d'eux comme chair &#224; canon ou marchepieds pour acc&#233;der au pouvoir afin de jouir de ses avantages, tout en nous imposant, chacun &#224; sa mani&#232;re, les diff&#233;rentes dictatures qui se sont succ&#233;d&#233; les unes aux autres jusqu'&#224; celle d'aujourd'hui ! Quelle garantie avons-nous alors pour que les dirigeants du CCMSR ne fassent pas la m&#234;me chose ? Aucune !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ceux qui se font des illusions par rapport aux bandes arm&#233;es en g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendent que c'est par les armes seules qu'on pourrait en finir avec le r&#233;gime actuel. Mais l&#224; n'est pas le probl&#232;me, parce que les armes ne sont qu'un moyen : elles ne d&#233;terminent pas une politique ! La question essentielle n'est pas de prendre des armes, mais plut&#244;t quelles sont les mains qui les tiennent ! Prendre des armes ? Oui, mais, pour quelle politique ? Quels objectifs ? Or, &#224; ces questions-l&#224;, les dirigeants du CCMSR ont, eux-m&#234;mes, r&#233;pondu d'une fa&#231;on claire, sans ambigu&#239;t&#233; : en effet, juste apr&#232;s leurs premi&#232;res attaques contre les troupes gouvernementales, ils ont lanc&#233; un appel aux officiers de l'arm&#233;e d'Idriss D&#233;by Itno, les appelant &#224; se joindre &#224; eux. Ensuite, dans une autre d&#233;claration, ils ont offert leur service &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, &#224; qui ils ont fait all&#233;geance. C'est tout un programme, qui montre exactement leur politique et l'objectif ! Ce qu'ils visent, en r&#233;alit&#233;, c'est juste un remake de ce qu'Idriss D&#233;by Itno a fait il y a vingt-huit ans avec Hissein Habr&#233; : remplacer le dictateur en place avec l'aide de l 'imp&#233;rialisme fran&#231;ais pour faire la m&#234;me politique que lui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, quelle que soit l'issue des prochaines &#233;lections, - si elles se tiennent-, ou des bruits de bottes dans le septentrional, nous n'avons rien &#224; en attendre ! Nous n'avons aucun int&#233;r&#234;t &#224; avoir des illusions sur les luttes que se m&#232;nent Idris D&#233;by Itno et les dirigeants de son opposition, parlementaire ou arm&#233;e ! Rigoureusement, anciens sous-fifres de la dictature d'Hissein Habr&#233; ou du pouvoir actuel, ils d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux des riches, des bourgeois et privil&#233;gi&#233;s tchadiens et, au-dessus de ces derniers, ceux de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Le fait que les uns sont &#224; ta t&#234;te du r&#233;gime dictatorial, alors que les autres dirigent une opposition contre celui-ci , ne doit pas nous tromper : ils n'ont cure des aspirations des masses &#224; une vie meilleure. On le voit non seulement dans la politique d'aust&#233;rit&#233; que nous impose le pouvoir, mais aussi dans l'attitude de ses opposants : ils regardent en spectateurs les luttes que m&#232;nent les travailleurs et d'autres opprim&#233;s contre Idriss D&#233;by Itno et ses partisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si, au moment o&#249; grondent des multiples col&#232;res dans le pays, avec comme point culminant la gr&#232;ve des fonctionnaires contre la politique d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement, qui &#233;trangle des pans entiers des couches populaires, nos opposants, toutes tendances confondues, ne manifestent aucune solidarit&#233; envers ces luttes, pr&#233;f&#232;rent se focaliser sur des &#233;lections, dont on sait qu'elles ne r&#233;soudront aucun probl&#232;me, ou cherchent des arrangements avec les officiers de l'arm&#233;e et font des yeux doux &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ce comportement n'a rien de fortuit : il s'agit plut&#244;t d'un choix politique, significatif du fait que, m&#234;me s'ils pr&#233;tendent combattre D&#233;by, ils ont, eux aussi, du m&#233;pris &#224; l'&#233;gard des aspirations des masses opprim&#233;es et une peur bleue de la col&#232;re populaire, autant que le MPS, le parti de la dictature. Quoiqu'ils parlent abondamment du &#171; peuple &#187;, qu'ils s'autoproclament m&#234;me &#171; direction &#187; de celui-ci, au point, pour certains d'entre eux, de prendre les armes en son nom, en r&#233;alit&#233;, ils craignent tous notre exasp&#233;ration et nos luttes. Ils ne veulent et ne voudront jamais que nous, les travailleurs et les couches opprim&#233;es, prenions notre destin en main, dirigions nous-m&#234;mes nos propres combats et imposions les changements n&#233;cessaires conformes &#224; nos int&#233;r&#234;ts ! La seule chose qui les int&#233;resse, c'est le pouvoir, dans le but de jouir des pr&#233;rogatives qu'il conf&#232;re, tout en veillant sur l'ordre social actuel fond&#233; sur l'exploitation des masses laborieuses. Certains d'entre eux, notamment les principaux, l'ont d&#233;j&#224; largement d&#233;montr&#233; par le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi le combat actuel entre Idriss D&#233;by Itno et son opposition, arm&#233;e ou parlementaire, n'est-il pas le n&#244;tre ! C'est un combat entre les enfants d'une m&#234;me famille, celle des politiciens bourgeois du pays qui se disputent le pouvoir. Quelle qu'en soit l'issue, que, demain, certains de ces politiciens remplacent d'autres ou qu'ils s'entendent pour se partager les responsabilit&#233;s &#224; la t&#234;te de l'Etat, pour nous, rien de fondamental ne changera. Il n'y aura ni am&#233;lioration de nos conditions de vie, ni plus de libert&#233; qu'avant : ce sera toujours la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes abus et exactions, la m&#234;me dictature, mais aussi, en plus, la menace des guerres ethniques, fratricides, et le foss&#233; de sang permanent, dont nous sommes et resterons les principales victimes, quelles que soient notre r&#233;gion, notre religion ou notre culture. Les vingt-huit ans de r&#232;gne du MPS, cons&#233;cutifs au coup de force militaire du 1er d&#233;cembre 1990, le prouvent amplement : un dictateur est tomb&#233;, mais un autre a pris sa place pour continuer la m&#234;me politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne devrions donc avoir des illusions pour personne. Nous n'avons besoin ni de la peste des uns, ni du chol&#233;ra des autres ! Pour l'am&#233;lioration de nos conditions de vie et l'accession aux libert&#233;s essentielles, nous ne pouvons que compter sur nous-m&#234;mes et sur nos propres luttes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la perspective d'une riposte collective, d'un mouvement d'ensemble de toutes les organisations syndicales, mais aussi des diff&#233;rentes associations de la soci&#233;t&#233; civile pourrait nous donner les moyens d'imposer au pouvoir nos propres revendications communes, sociales et politiques. Plus que jamais donc, il est vital que nous profitions des circonstances actuelles pour intervenir dans les &#233;v&#233;nements afin de d&#233;fendre collectivement notre droit &#224; la vie. Quelles que soient nos organisations syndicales, politiques, associatives, notre ethnie, notre r&#233;gion, notre religion, il est d'une n&#233;cessit&#233; vitale que nous nous unissions pour faire valoir nos int&#233;r&#234;ts ! Ind&#233;pendamment de nos chapelles syndicales ou origines culturelles, nous constituons une classe &#224; part, parce que nous subissons la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, la m&#234;me dictature. Par-del&#224; nos diversit&#233;s ethniques ou religieuses, nous avons donc les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux des bourgeois et privil&#233;gi&#233;s du pays, dont ceux de notre propre r&#233;gion et confession, qui vivent, eux aussi, sur notre dos et de notre sang, comme des parasites. Aussi devrions-nous nous d&#233;fendre collectivement, ne faire confiance qu'en nos propres combats, en nous rassemblant sur la bases de nos int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, notre mobilisation pour d&#233;fendre collectivement notre droit &#224; la vie est &#233;galement le seul moyen de garantir les int&#233;r&#234;ts de l'avenir ! En effet, ce faisant, nous exprimerons notre d&#233;fiance vis-&#224;-vis des dirigeants du MPS, bien s&#251;r, mais aussi de leurs opposants, quels qu'ils soient. Par notre mobilisation, nous ferons reculer la dictature, mais nous signifierons &#233;galement aux politiciens de l'opposition, toutes tendances confondues, que nous ne leur faisons pas confiance non plus. Ce sera notre fa&#231;on de dire aux uns et aux autres que n'attendons rien d'eux, que nous avons marre des souffrances qu'ils nous font endurer des ann&#233;es durant ; nous avons marre d'&#234;tre pris en otages par leurs bandes arm&#233;es, aussi bien celles dites officielles, gouvernementales, que les autres ; nous avons marre de voir nos enfants, nos fr&#232;res, nos s&#339;urs, nos &#233;poux, nos filles se sacrifier, mourir inutilement derri&#232;re des politiciens de leur engeance, en mal de gloriole, qui exploitent notre col&#232;re et notre aspiration &#224; un monde meilleur uniquement pour leur r&#233;ussite personnelle ! Mieux, en nous emparant de la perspective du &#171; tous ensemble &#187;, en la transformant une vaste et profonde mobilisation populaire de taille &#224; faire reculer la dictature et le patronat, nous signifierons clairement &#224; Idriss D&#233;by Itno et ses opposants que, dor&#233;navant, nous ne laisserons personne d&#233;cider de notre sort &#224; notre place : puisque le capitalisme, dont ils sont tous les serviteurs, ne nous offre pas d'autre choix que de nous battre pour la moindre am&#233;lioration de nos conditions de vie, eh bien, nous nous battrons, mais ce sera pour nous-m&#234;mes, pour nos familles, nos enfants ; nous nous prendrons nous-m&#234;mes en charge et imposerons, par nos propres luttes, les changements que nous jugeons n&#233;cessaires, dignes de nos attentes et aspirations, tant sur le plan d&#233;mocratique que social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;mancipation de l'exploitation, de la servitude, de la mis&#232;re et de la dictature sera notre propre &#339;uvre ou ne sera pas ! Alors, travailleurs et opprim&#233;s, de toutes les r&#233;gions, de toutes les religions, de toutes les ethnies, unissons-nous pour nous lib&#233;rer nous-m&#234;mes par nos propres luttes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ADRESSE AUX TRAVAILLEURS, &lt;br class='autobr' /&gt;
TANT DU PUBLIC QUE DU PRIVE, ET &lt;br class='autobr' /&gt;
A L'ENSEMBLE DES OPPRIMES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale dans laquelle le pays s'enfonce depuis des mois est surtout la cons&#233;quence de la volont&#233; du pouvoir, d&#233;cid&#233; qu'il est &#224; imposer sa politique d'aust&#233;rit&#233;. Malgr&#233; la paralysie de l'administration, la d&#233;gradation des conditions de vie des agents de l'Etat et, au-del&#224; de ceux-ci, de celles des masses opprim&#233;es, Idriss D&#233;by et ses partisans tiennent co&#251;te que co&#251;te &#224; appliquer les mesures prises contre le monde du travail, quitte, finalement, &#224; pr&#233;cariser toute la soci&#233;t&#233;. Dans un communiqu&#233; pondu, il y a peu, pour r&#233;futer les affirmations d'Amnesty international, selon lesquelles cette politique a de d&#233;sastreuses r&#233;percussions sur la vie des populations, le pouvoir a, en effet, clairement signifi&#233; qu'il n'y reviendrait pas, qu'il la maintiendrait jusqu'au bout : &#171; Les mesures d'aust&#233;rit&#233; prises (&#8230;) sont appr&#233;ci&#233;es par les partenaires financiers internationaux (&#8230;). Rien ne d&#233;tournera le gouvernement tchadien des r&#233;formes, somme toute, salutaires enclench&#233;es (&#8230;) &#187;, a d&#233;clar&#233; la porte-parole du gouvernement. En clair donc, peu importe que les couches populaires cr&#232;vent de faim, de maladies, en bavent ! L'essentiel est que la bourgeoisie mondiale et ses larbins locaux trinquent et se gavent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, face &#224; la d&#233;termination du pouvoir, les agents de la fonction publique en lutte ont-ils toutes les raisons du monde de maintenir la gr&#232;ve, voire de la d&#233;velopper, comme ils l'ont affirm&#233; lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 1er ao&#251;t dernier, &#224; la bourse du travail. Devant le m&#233;pris qu'affiche Idriss D&#233;by Itno face &#224; leurs revendications, ils n'ont pas pas d'autre choix que de se battre pour le contraindre &#224; retirer ses mesures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour ce faire, il serait vital d'&#233;valuer la situation actuelle est d'en tirer toutes les cons&#233;quences ! Comme le pouvoir affiche sa d&#233;termination &#224; continuer ses attaques, la premi&#232;re des choses &#224; faire, c'est que plate-forme se retire du cadre du dialogue social, car la trompette des n&#233;gociations que le gouvernement ne cesse d'emboucher, tout en chantant les vertus du dialogue, est un pi&#232;ge, un leurre ! Ce qu'Idriss D&#233;by Itno et ses diff&#233;rents serviteurs proposent, en r&#233;alit&#233;, c'est une concertation en trompe l'oeil, de l'affichage : ils font semblant d'&#233;couter, mais appliquent ce qu'ils veulent. C'est ce que d&#233;montrent d'ailleurs toutes les exp&#233;riences de discussions ant&#233;rieures, notamment la derni&#232;re du 14 mars pass&#233;, qui a vu Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me apposer sa signature sur l'accord trouv&#233; entre son cabinet et la plate-forme et s'en porter le garant. Mais qu'a-t-il fait apr&#232;s ? A-t-il respect&#233; cet accord ? N'est-ce pas que, quelque temps apr&#232;s, toute honte bue, reniant sa propre parole, il l'a foul&#233; aux pieds pour continuer &#224; couper les primes et les indemnit&#233; des agents de la fonction publique ? Il convient de rappeler &#233;galement que ces m&#234;mes primes et indemnit&#233;s que le pouvoir a d&#233;cid&#233; de supprimer sont, elles aussi, le r&#233;sultat de longues ann&#233;es de dialogues, conclus par des accords. Mais, qu'a fait &#233;galement Idriss D&#233;by Itno de ces derniers ? Quand il en a eu envie, il les a balay&#233;s d'un revers d&#233;daigneux de la main ! Alors qu'est-ce qui garantit qu'un autre dialogue, suivi d'un autre accord, sera respect&#233; cette fois-ci ? Rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re l'hypocrisie et la duplicit&#233; du pouvoir, il y a surtout le fait que les limites de ce genre de dialogue d&#233;coulent de la politique et de la nature m&#234;me de l'Eat, un instrument impos&#233; par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, confi&#233; &#224; ses valets locaux, afin de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie mondiale et ceux des privil&#233;gi&#233;s locaux, diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s du pays ! Toute la politique qu'applique Idriss D&#233;by Itno, depuis les p&#233;riodes fastes des revenus p&#233;troliers jusqu'aujourd'hui, le prouve amplement. On le voit bien dans ce paradoxe ahurissant : hier, en effet, quand coulait &#224; flot l'argent du p&#233;trole, celui-ci n'a servi qu'&#224; enrichir essentiellement les trusts qui, aux passage, ont laiss&#233; des miettes, qu'Idriss D&#233;by Itno a utilis&#233;es pour faire la promotion d'une bourgeoisie locale, n&#233;e de ses multiples liens avec son pouvoir. Nous, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, n'avons pas eu grand-chose de ce partage, pour ne pas dire rien ! Mais d&#232;s l'&#233;clatement de la crise actuelle, ce n'est pas dans les coffres-forts des trusts et des privil&#233;gi&#233;s locaux, qu'ils ont enrichis, que les dirigeants du MPS sont all&#233;s chercher les moyens de juguler les cons&#233;quences du fonctionnement irrationnel du syst&#232;me capitaliste dont ils sont les serviteurs. Ils se sont attaqu&#233;s plut&#244;t aux plus pauvres, &#224; nous, en supprimant nos primes et indemnit&#233;s, cr&#233;ant ainsi une situation de pr&#233;carit&#233; g&#233;n&#233;rale dont les principales victimes sont les masses opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il en est ainsi, il ne s'agit donc pas d'un hasard, ni de quelque chose ayant trait aux caract&#233;ristiques personnelles d'Idriss D&#233;by Itno ! La personnalit&#233; de celui-ci, un valet port&#233; au pouvoir par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, importe peu dans ce domaine. S'il d&#233;cide de s'attaquer aux plus pauvres d'entre nous et de ne demander aucun sacrifice aux trusts et autres larbins locaux de ceux-ci, il le fait en toute conscience : c'est un choix, politique et social, conforme &#224; son r&#244;le et sa nature de serviteur de la bourgeoisie mondiale, qu'ils assume all&#233;grement, par ailleurs ! Car, il s'agit d'une politique de classe, con&#231;ue essentiellement pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des riches ! Elle est le pendant, l'expression locale, d'une attaque en r&#232;gle que m&#232;ne, &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, la bourgeoisie mondiale contre les travailleurs et les opprim&#233;s en g&#233;n&#233;ral, &#224; travers ses institutions comme le FMI, mais aussi ses banques, ses Etats, quels qu'ils soient, qu'elle contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par cons&#233;quent, c'est une illusion que de croire que c'est en dialoguant avec les tenants du pouvoir, dans un cadre d&#233;fini et impos&#233; par eux, que nous pourrions acc&#233;der &#224; une am&#233;lioration de nos conditions de vie, tant politiques que sociales. Tout dialogue, organis&#233; dans ces conditions, ne peut que d&#233;boucher sur une impasse et ne r&#233;soudra aucun de nos probl&#232;mes majeurs, non pas seulement parce que la parole d'Idriss D&#233;by Itno n'a aucun cr&#233;dit, mais surtout parce que, au final, ce sont les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie mondiale et ceux de ses valets locaux qui pr&#233;vaudront. Nous n'y obtiendrons que ce que le pouvoir voudra bien nous conc&#233;der, sans que cela ne lui co&#251;te rien, mais qu'il pourra, en plus, remettre en cause quand il en aura envie, comme le prouve le sort qu'Idriss D&#233;by Itno a finalement r&#233;serv&#233; &#224; l'accord du 14 mars dernier, dont il s'&#233;tait initialement port&#233; garant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de tout cela, la seule chose qui s'impose comme une cons&#233;quence logique des exp&#233;riences de dialogue pass&#233;es et r&#233;centes, c'est de cesser de nous illusionner que nous obtiendrions quelque chose de notable dans les n&#233;gociations auxquelles nous convie hypocritement Idriss D&#233;by Itno, alors que, en r&#233;alit&#233;, il est d&#233;cid&#233; &#224; appliquer sa politique d'aust&#233;rit&#233; pour satisfaire ses ma&#238;tres des institutions de Bretton Woods ! Si donc nous voulons que le gouvernement respecte nos droits, nos acquis, cesse de supprimer nos primes et indemnit&#233;s, ce n'est pas en discutant avec lui que nous pourrons le faire, mais en l'y contraignant : il n'arr&#234;tera de s'attaquer &#224; nos int&#233;r&#234;ts que forc&#233;. Pas autrement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, si, malgr&#233; le fait que la gr&#232;ve s'installe durablement depuis des mois, paralyse les secteurs essentiels de l'administration, Idriss D&#233;by Itno refuse de reculer et affirme p&#233;remptoirement qu'il ira jusqu'au bout de sa politique d'aust&#233;rit&#233;, ce m&#233;pris vient tout simplement du fait qu'il consid&#232;re que tout ce que nous entreprenons n'est pas de nature &#224; &#234;tre une menace pour lui. Il pense que la gr&#232;ve n'ira pas jusqu'&#224; remettre en cause son pouvoir et, au-del&#224;, l'ordre social existant sur lequel veille sa dictature. Il est convaincu que le bras de fer actuel, entre lui et nous, restera dans les limites du cadre constitutionnel et, au bout du compte, se terminera par des n&#233;gociations qui ne lui co&#251;teront rien. C'est pour cela qu'il s'offre des coud&#233;es franches, se comporte comme si de rien n'&#233;tait, allant jusqu'&#224; faire organiser les examens scolaires, malgr&#233; le blocage des &#233;tablissements publics, durant des mois, par la gr&#232;ve des enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, il est d'une n&#233;cessit&#233; vitale de sortir de ce face &#224; face st&#233;rile, dans lequel le pouvoir cherche &#224; nous enfermer, o&#249; tout tout dialogue ne se fera qu'&#224; nos d&#233;pens, en consacrant les int&#233;r&#234;ts des trusts et de leurs s&#233;ides locaux ! Nous devrions prendre l'initiative de la lutte, hors des limites du cadre social du dialogue, pour que le pouvoir sache que nous constituons une force colossale qui, si elle se met en branle, pour se faire respecter et d&#233;fendre ses droits, a toutes les chances de se muer en une menace contre lui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il est plus que temps de faire maintenant ce qui a manqu&#233; jusque-l&#224; : une mobilisation des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s du pays dans la perspective de construire une riposte collective en vue de mettre fin &#224; la politique du pouvoir en lui imposant de force les revendications populaires, tant sociales que politiques ! Nous n'aurons que ce que nous gagnerons par nos propres luttes, dirig&#233;es par nous-m&#234;mes, aussi bien pour la d&#233;fense de nos acquis que pour d'autres droits &#224; conqu&#233;rir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les responsables de la plate-forme, l'organe que nous nous sommes offert pour diriger nos luttes actuelles, devraient prendre l'initiative de s'adresser &#224; tous les travailleurs du pays pour leur proposer de nous unir afin de d&#233;fendre collectivement nos int&#233;r&#234;ts communs et notre droit &#224; une vie digne de notre &#233;poque. En effet, il n'y a pas, d'un c&#244;t&#233;, des travailleurs du public, et, de l'autre, ceux du priv&#233; ! Il n'y a pas non plus des travailleurs de l'Education nationale, de la Justice, de l'Elevage, du B&#226;timents, etc, d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre, ceux de la Sant&#233;, des Banques, de la Communication, du Transport, de l'Am&#233;nagement du Territoire, du Tourisme, etc, avec des int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s. Nous constituons tous un seul monde du travail, une seul classe ouvri&#232;re, parce que nous subissons tous la politique d'aust&#233;rit&#233; que nous impose le pouvoir en vue d'enrichir la bourgeoisie mondiale et les riches locaux, &#224; qui aucun sacrifice n'est demand&#233; ! Quels que soient les cat&#233;gories, les secteurs d'activit&#233;, les statuts, nous int&#233;r&#234;ts sont communs, comme le sont &#233;galement nos ennemis : l'Etat, au-dessus duquel tr&#244;ne Idriss D&#233;by Itno, et le patronat qui le soutient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Femmes et hommes oblig&#233;s de vendre leur force de travail ou leur intelligence pour vivre, nous devrions combattre le corporatisme, les divisions professionnelles ou autres dans nos rangs, que pratiquent les chapelles syndicales. Nous aurions int&#233;r&#234;t &#224; &#233;viter de r&#233;p&#233;ter les erreurs du pass&#233; en menant des gr&#232;ves &#233;clat&#233;es, perl&#233;es, qui, finalement, ont toutes conduit &#224; des impasses. Nous devrions plut&#244;t constituer un front unique, un mouvement d'ensemble, une mobilisation r&#233;unissant tous les travailleurs du pays, du public et du priv&#233;, sous la forme d'une riposte collective contre la politique du gouvernement en vue de lui imposer nos revendications communes. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme ne vivant pas que de pain, nous avons &#233;galement d'autres aspirations que nous devrions d&#233;fendre dans la guerre actuelle que nous m&#232;ne le pouvoir. En effet, celui-ci s'attaque injustement &#224; notre pouvoir d'achat, nous impose la mis&#232;re, les maladies et autres privations, mais, en m&#234;me temps, nous d&#233;nie, de surcro&#238;t, le moindre droit d&#233;mocratique &#233;l&#233;mentaire, comme celui d'exprimer notre col&#232;re, combien l&#233;gitime, dans la rue ! Nous devrions donc mettre fin &#224; cette situation anachronique, qui, sous la houlette du MPS, fait du Tchad l'un des rares endroits au monde, comme le Burundi, o&#249; les populations n'aient pas le droit de manifester ! Comme il existe dans le pays des organisations des droits de l'homme et des militants qui se pr&#233;occupent, &#224; juste titre, des questions des libert&#233;s, nous devrions nous adresser &#224; eux pour leur expliquer que, plus que quiconque, nous aspirons, nous aussi, aux libert&#233;s fondamentales, d'expression, de r&#233;union, de manifestation, du respect du choix des populations lors des &#233;lections, de la libre expression de toutes les sensibilit&#233;s politiques, quelles qu'elles soient, dans tous les m&#233;dias publics, t&#233;l&#233;vision, radio, journal, etc, transform&#233;s en caisse de r&#233;sonance des mensonges du pouvoir. Il n'y a pas, d'un c&#244;t&#233;, des questions sociales et, de l'autre, des probl&#232;mes politiques d'ordre d&#233;mocratique. La lutte pour de meilleures conditions de vie, contre les in&#233;galit&#233;s, les injustices sociales et le combat pour les libert&#233;s essentielles ne sont pas contradictoires : elles devraient se compl&#233;ter, se fondre l'une dans l'autre, sous la forme d'une perspective plus large ayant pour objectif d'en finir avec toutes les oppressions, quelles qu'elles soient, dont souffrent les couches populaires. Par cons&#233;quent, nous devrions proposer aux associations d&#233;fendant les droits de l'homme, &#224; celles des journalistes, des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des artistes, etc, de s'unir &#224; nous pour que, ensemble, nous d&#233;fendions les libert&#233;s essentielles, qui nous sont communes, mais aussi nos aspirations au droit &#224; une vie meilleure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la politique d'aust&#233;rit&#233; que le pouvoir nous impose vont au-del&#224; de l'aggravation de nos conditions de vie. En s'attaquant &#224; notre pouvoir d'achat, en r&#233;duisant les moyens dont nous avons besoin pour vivre, cette politique pr&#233;carise finalement l'existence des pans entiers des couches populaires, qu'elle &#233;trangle, plonge dans la mis&#232;re, emp&#234;che de s'alimenter normalement, de se soigner, d'&#233;duquer leurs enfants, de se loger, etc. C'est, au bout du compte, toute la soci&#233;t&#233; qui sombre de plus en plus dans la d&#233;ch&#233;ance. Voil&#224; pourquoi nous aurions int&#233;r&#234;t &#224; nous ouvrir aussi &#224; d'autres cat&#233;gories de la population qui subissent les m&#234;mes probl&#232;mes que nous : aux organisations des consommateurs, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, des travailleurs agricoles et d'autres, qui constituent des millions d'opprim&#233;s, victimes, comme nous, de la politique criminelle du gouvernement. Nous devrions donc nous adresser &#224; eux aussi, leur proposer de nous battre ensemble contre la chert&#233; de la vie et autres privations que nous impose le pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, dans ses grandes lignes, la perspective que nous devrions d&#233;fendre pour sortir de l'impasse actuelle et faire plier le pouvoir ! L'objectif final, c'est de regrouper toutes les organisations syndicales, puis, de les relier aux diff&#233;rentes structures de la soci&#233;t&#233; civile, en r&#233;unissant celles-ci autour de nous, en les entra&#238;nant, en leur offrant une boussole, pour, de cette fa&#231;on, cr&#233;er avec elles une riposte collective, un mouvement de &#171; tous ensemble &#187;, un nouveau rapport des forces, qui soit capable de mettre fin &#224; la politique du pouvoir. En un mot, la plate-forme devrait appara&#238;tre comme l'organe f&#233;d&#233;rateur de toutes les luttes et de toutes col&#232;res multiples, qui couvent dans la pays, en vue d'imposer au gouvernement les changements n&#233;cessaires, tant sociaux que politiques, dont la soci&#233;t&#233; a besoin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette perspective devrait se construire autour d'un plan d'urgence, d'int&#233;r&#234;t public, un programme social comprenant les revendications essentielles de tous les travailleurs et de l'ensemble des couches populaires, que la plate-forme devrait diffuser au sein de la population dans le but affich&#233; de contester ouvertement le droit que s'arrogent le pouvoir et ses ma&#238;tres du FMI de d&#233;truire nos acquis sociaux, d'aggraver les conditions de vie de tous les milieux populaires et de faire sombrer toute la soci&#233;t&#233; dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature ! Oui, pour que se r&#233;alisent nos attentes, nos aspirations &#224; une vie meilleure et d&#233;mocratique, il est vital que nous fassions irruption dans la sc&#232;ne politique, dans les lieux o&#249; se prennent les d&#233;cisions essentielles nous concernant au premier chef, o&#249; se d&#233;cide notre sort, et ce, avec nos propres armes et m&#233;thodes. Il n'y a pas d'autre issue &#224; l'impasse des luttes actuelles ! &lt;br class='autobr' /&gt; Alors, une fois de plus, vive la gr&#232;ve, parce qu'elle nous offre l'opportunit&#233; de faire que cette perspective soit une r&#233;alit&#233; vivante et organis&#233;e, si, collectivement, nous avons l'ambition d'en &#234;tre &#224; la hauteur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NE LES LAISSONS PAS FAIRE !&lt;br class='autobr' /&gt;
RIPOSTONS COLLECTIVEMENT &lt;br class='autobr' /&gt;
POUR IMPOSER ET DEFENDRE &lt;br class='autobr' /&gt;
NOS DROITS POLITIQUES ET SOCIAUX !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est un euph&#233;misme, certes, que de dire que le pouvoir d'Idriss D&#233;by Itno, dont les racines profondes remontent jusqu'au r&#233;gime de la DDS, au sein duquel les principaux dirigeants du MPS ont jou&#233; des r&#244;les politiques importants, est une dictature !. Mais, avec les r&#233;v&#233;lations qui viennent de lever le voile sur les sombres intentions du pouvoir, relatives au projet de loi concernant les associations, nul doute qu'on voit se dessiner une d&#233;rive dictatoriale de plus en plus prononc&#233;e qu'avant, qui fait planer des menaces graves sur les quelques libert&#233;s consenties jusqu'alors par les tenants du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, le 07 juin dernier, rendant compte du dernier conseil des ministres, Madeleine Alingu&#233;, alors porte-parole du gouvernement, a d&#233;clar&#233; que, selon celui-ci, &#171; certaines associations, au lieu de renforcer l'Etat de droit et de promouvoir la bonne gouvernance, menacent l'ordre public et la coh&#233;sion sociale &#187;. Aussi le pouvoir avait-il d&#233;cid&#233; de r&#233;agir : &#171; Une r&#233;gulation plus rigoureuse du r&#233;gime des associations s'av&#232;re n&#233;cessaire &#187;, a-t-elle pr&#233;cis&#233;. Ensuite, de fa&#231;on plus claire, elle a cit&#233; deux mesures concr&#232;tes que le pouvoir envisage de prendre : &#171; (...) une r&#233;vision et actualisation de l'ordonnance (&#8230;) du 28 juillet 1962 &#187; en vue de proc&#233;der &#224; &#171; des innovations sur l'identit&#233; de toutes formes d'association et leur mode de fonctionnement ainsi que sur le d&#233;lai de notification sur l'autorisation ou le refus de fonctionner &#187;, mais aussi, une attention particuli&#232;re sur &#171; le caract&#232;re des associations, le profil des personnes pouvant adh&#233;rer (&#8230;), les dispositifs de contr&#244;le et les actions &#224; sanctionner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s que s'&#233;taient r&#233;pandues ces informations, qui jettent une lumi&#232;re crue sur les projets funestes du pouvoir visant &#224; r&#233;duire les quelques rares libert&#233;s dans le pays, elles ont soulev&#233; un toll&#233; au sein des principales associations de la soci&#233;t&#233; civile. Lors d'une conf&#233;rence de presse tenue le 14 juin dernier, celles-ci s'en sont indign&#233;es, les ont appr&#233;ci&#233;es comme &#171; une guerre ouverte lanc&#233;e &#187; contre elles et ont exig&#233; &#171; le retrait&#233; de l'ordonnance &#187; qui les fonde, qu'ils ont qualifi&#233;e de &#171; liberticide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le moins que l'on puisse dire est que les associations de la soci&#233;t&#233; civile ont mille fois raison de protester et de contester les intention du pouvoir, d'autant plus que, comme toute justification pour expliquer cette d&#233;rive dictatoriale, celui-ci pr&#233;tend tout simplement que certaines d'entre elles, &#171; au lieu de renforcer l'Etat de droit et de promouvoir la bonne gouvernance, menacent l'ordre public et la coh&#233;sion sociale &#187; ! Voil&#224; l'argument massue dont il se sert afin de mieux les contr&#244;ler, de r&#233;duire leur champ d'activit&#233;s ou les interdire, si besoin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais, ces raisons sont fausses, ne tiennent pas debout, car le r&#244;le des associations n'est pas &#171; de renforcer l'Etat de droit &#187;, ni de &#171; promouvoir la bonne gouvernance &#187;. Celles-ci sont des regroupements de citoyens libres qui se fixent comme t&#226;che de militer, dans tel ou tel secteur, - social, culturel, politique ou autre -, pour participer aux d&#233;bats et autres activit&#233;s qui animent la vie de la cit&#233;. Dans ce cadre, si elles le veulent, elles pourraient aussi s'arroger la l&#233;gitimit&#233; d'appr&#233;cier positivement ou n&#233;gativement les choix politiques du pouvoir, les soutenir ou, inversement, les contester. C'est leur droit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans un pays comme la France, par exemple, dont nos dirigeants font semblant de singer le mod&#232;le, on trouve, au sein de la soci&#233;t&#233;, des organisations ou des regroupements de tout genre qui sont pour ou contre les choix politiques en vigueur. A travers leur presse, des tracts ou autres publications, certains d'entre eux militent m&#234;me ouvertement pour la destruction de l'Etat bourgeois, pr&#244;nent la r&#233;volution comme seule solution pour r&#233;soudre les questions que pose le capitalisme. Mais ni le pouvoir, ni qui que ce soit, ne pourrait les en emp&#234;cher, moins encore les accuser de &#171; menacer la coh&#233;sion sociale &#187; sans provoquer la col&#232;re populaire parce que tout cela fait partie du fonctionnement normal de la d&#233;mocratie, m&#234;me si, par ailleurs, celle-ci a aussi ses propres limites &#224; cause de son caract&#232;re bourgeois. En r&#233;alit&#233;, ce que le pouvoir reproche aux associations, qu'il menace de sanctionner ou d'interdire, c'est simplement leur refus de se soumettre &#224; son joug dictatorial, la libert&#233; qu'elles se donnent, quand elle en sentent la n&#233;cessit&#233;, de le critiquer et non de chanter ses suppos&#233;s m&#233;rites, comme le font certaines organisations, &#224; lui d&#233;vou&#233;es, qui, &#224; longueur des journ&#233;es, le louangent, vantent ce qu'elles appellent pompeusement les &#171; acquis de la d&#233;mocratie &#187;. D'ailleurs, contrairement aux partis de l'opposition qui viennent d'exprimer leur all&#233;geance au pouvoir, d'ex&#233;cuter la danse du ventre devant Idriss D&#233;by Itno tout en s'entre-d&#233;chirant entre eux pour b&#233;n&#233;ficier de sa magnanimit&#233;, mais aussi d'un strapontin au sein du CNDP, g&#233;n&#233;ralement, ce sont les organisations de la soci&#233;t&#233; civiles, notamment les syndicats et les associations des droits de l'homme, des journalistes, etc, qui combattent la politique du pouvoir. Aussi est-ce cela que celui-ci leur reproche, en r&#233;alit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les arguments du pouvoir sont, par cons&#233;quent un pis-aller, dont il se sert pour accuser injustement les associations d'une responsabilit&#233; qui, d'ailleurs, ne pourrait &#234;tre la leur, car le renforcement de &#171; l'Etat de droit &#187; et la promotion de &#171; la bonne gouvernance &#187; rel&#232;veraient plut&#244;t des pouvoir publics, - si tant est que cela soit possible dans une soci&#233;t&#233; divis&#233;e en classes sociales, en riches et pauvres, dont les int&#233;r&#234;ts sont diam&#233;tralement oppos&#233;s ! C'est donc, en principe, &#224; Idris D&#233;by Itno et ses partisans que reviendrait cette t&#226;che-l&#224;. Mais, encore faudrait-il qu'ils soient venus au pouvoir pour cela, car, apr&#232;s vingt-huit ans de r&#232;gne, le bilan de leur propre exp&#233;rience &#224; la t&#234;te du pays montre que c'est loin d'&#234;tre la cas !.&lt;br class='autobr' /&gt; Si, juste apr&#232;s le forum dit national et la proclamation de leur &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, &#233;v&#233;nements c&#233;l&#233;br&#233;s par eux comme quelque chose de grandiose, en rupture avec tout ce qu'ils ont fait jusqu'alors, Idriss D&#233;by Itno et ses partisans d&#233;cident de durcir les conditions de cr&#233;ation des associations ou m&#234;me de laisser entendre qu'ils pourraient en interdire certaines, cela n'est pas seulement la preuve du fait qu'ils fabulent quand ils pr&#233;tendent avoir chang&#233; en faisant du neuf avec du vieux. Au del&#224; de leurs mensonges, ce tournant dictatorial est, en r&#233;alit&#233;, l'expression de quelque chose de plus profond, dont Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me avait esquiss&#233; les contours, annonc&#233; la couleur et donn&#233; le ton, quand, lors de son discours d'ouverture du &#171; forum national &#187;, qu'il avait organis&#233; pour se tailler une constitution sur mesure, il avait d&#233;j&#224; fait remarquer qu'il y aurait trop de partis et d'associations dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette d&#233;rive n'est surtout pas sans rapport avec la situation politique et sociale du pays, marqu&#233;e par une crise multidimensionnelle, nourrissant une col&#232;re populaire profonde, dont la dictature ne sait pas comment se d&#233;partir. Elle est une cons&#233;quence directe de l'impasse &#224; laquelle la politique du pouvoir a abouti apr&#232;s que celui-ci avait utilis&#233; tous les artifices et les leurres possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, si, pendant un certain temps, la complicit&#233; des partis de l'opposition et les revenus du p&#233;trole ont permis au pouvoir du MPS de b&#233;n&#233;ficier de quelques illusions, aujourd'hui, au bout de vingt-huit ans de r&#232;gne, cette p&#233;riode est compl&#232;tement r&#233;volue : Idriss D&#233;by Itno et ses partisans ont totalement &#233;chou&#233;, dans tous les domaines. A cause de la politique injuste et dictatoriale, qu'ils appliquent, des d&#233;cennies durant, leur plus grand exploit est d'avoir b&#226;ti une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment in&#233;galitaire, comme jamais auparavant, compos&#233;e de deux univers sociaux, que tout oppose, notamment l'essentiel : d'un c&#244;t&#233;, ceux qui sont immens&#233;ment riches, les privil&#233;gi&#233;s, les intouchables, des hommes et des femmes au-dessus des lois, que le pouvoir gave gr&#226;ce aux miettes que les diff&#233;rents trusts laissent au passage, mais aussi aux d&#233;tournements des biens publics, &#224; la surfacturation, aux diverses commissions frauduleuses et autres subterfuges ; de l'autre, l'&#233;crasante majorit&#233; de la population opprim&#233;e, des villes comme des villages, sombrant de plus en plus dans la mis&#232;re, &#233;prouvant d'&#233;normes difficult&#233;s pour s'alimenter, se soigner, se loger, s'&#233;duquer, correctement, subissant toutes les privations possibles, ne pouvant m&#234;me pas jouir du simple droit de manifester, &#224; cause de la f&#233;rule d'une dictature qui les emp&#234;che d'acc&#233;der aux libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires essentielles. En plus de tout cela, pour imposer cette politique, Idriss D&#233;by Itno et ses partisans utilisent, &#224; fortes doses, l'etnisme, le tribalisme, le r&#233;gionalisme, le confessionnalisme, le clanisme, le client&#233;lisme et autres ficelles, pouss&#233;s &#224; leur paroxysme, afin de diviser les couches populaires, sans oublier le m&#233;pris, la morgue, qu'ils affichent face aux pr&#233;occupations de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette mani&#232;re de g&#233;rer les affaires publiques au profit de la bourgeoisie mondiale et de ses valets locaux, au d&#233;triment des aspirations profondes des masses opprim&#233;es, a pour cons&#233;quence un m&#233;contentement populaire profond, qui couve dans tout le pays. Celui-ci s'exprime de diff&#233;rentes fa&#231;ons : on l'a vu notamment dans des &#233;v&#233;nements comme les manifestations cons&#233;cutives au viol de Zoura, la forte mobilisation populaire lors des derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles, qu'Idriss D&#233;by Itno a perdues en r&#233;alit&#233;, mais surtout les gr&#232;ves, quasi permanentes, que d&#233;clenchent les travailleurs et les &#233;tudiants pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts. Le r&#233;gime cristallise autour de lui un faisceau de col&#232;res sans pr&#233;c&#233;dent, &#224; tel point que m&#234;me son propre camp en est atteint : deux ministres ont d&#233;missionn&#233;, il y a peu, pour ne pas se rendre comptables de sa politique criminelle consistant &#224; supprimer les primes et les indemnit&#233;s des travailleurs de la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est donc ce contexte politique et social qui est l'origine du durcissement actuel de la dictature : face &#224; l'&#233;chec patent de leur politique et &#224; la col&#232;re des masses opprim&#233;es, qui en d&#233;coule et ne cesse de se d&#233;velopper, apr&#232;s avoir utilis&#233; tous les artifices en vain, Idriss D&#233;by Itno et ses partisans n'ont pas d'autre solution que de faire tomber les masques : montrer le vrai visage hideux de leur dictature, longtemps cach&#233; derri&#232;re les oripeaux-pseudo d&#233;mocratiques, et s'imposer par la force brutale. Le hold-up &#233;lectoral de 2016, r&#233;alis&#233; sous le parapluie de l'arm&#233;e, l'organisation du &#171; forum &#187; dit national, la confection de la nouvelle constitution, &#171; la quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, qui en est n&#233;e, - tous, &#233;v&#233;nements d&#233;cid&#233;s par Idris D&#233;by Itno, tout seul -, sont, finalement, les diff&#233;rentes &#233;tapes d'un seul et m&#234;me processus conduisant &#224; la situation actuelle, avec, comme ultime cons&#233;quence, la mise sous &#233;teignoir des libert&#233;s tol&#233;r&#233;es jusqu'alors, comme au Burundi, au Congo Brazzaville ou en RDC, avec, &#233;videmment, la complicit&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et, au-del&#224;, celle de la fameuse &#171; communaut&#233; internationale &#187;, c'est-&#224;-dire, les autres pays riches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce tournant dictatorial r&#233;v&#232;le au grand jour deux choses majeures. D'une part, il montre les limites des changements op&#233;r&#233;s depuis le 1er d&#233;cembre 1990. Contrairement aux &lt;br class='autobr' /&gt;
dires des tenants du pouvoir et leurs rivaux de l'opposition, il en ressort, en effet, que le multipartisme n'est pas la d&#233;mocratie : c'en est une p&#226;le copie, un ersatz, qui cohabite fort bien avec l'exploitation, les in&#233;galit&#233;s, les injustices de toutes sortes, la mis&#232;re, la corruption, le tribalisme et la dictature, veillant sur tout cela comme un bras arm&#233; pouvant &#224; tout moment mettre fin aux fragiles libert&#233;s tol&#233;r&#233;es ou octroy&#233;e, si les dirigeants en sentent le besoin. D'autre part, il confirme la justesse de l'adage populaire, en arabe local, immortalis&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 70 par une chanson du Tout Puissant Chari-Jazz, au sommet de son art, qui dit ceci : &#171; Hatap sakit fi loubal alm&#233; ma babga toumsa ! &#187;. Textuellement, cela veut dire qu'un simple bout de bois dans l'eau ne deviendra jamais un ca&#239;man. Appliqu&#233; &#224; la situation du pays, cela signifie que ceux qui nous dirigent, Idriss D&#233;by Itno et ses partisans, pour la plupart form&#233;s au sein de la dictature de la DDS, ne pourraient jamais &#234;tre des d&#233;mocrates ni se pr&#233;occuper des probl&#232;mes des masses populaires. Ce n'est pas leur choix ! Ce n'est ni dans leurs g&#232;nes ni dans leur ADN politiques ! Compter sur eux pour quoi que ce soit, c'est faire preuve d'une grosse illusion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, afin de sortir de cette impasse, afin d'emp&#234;cher que le pouvoir s'attaque &#224; leur pouvoir d'achat et aux libert&#233;s dont ils ont plus que quiconque besoin, la seule perspective qui s'offre aux travailleurs, aux militants des associations de la soci&#233;t&#233; civile, des partis politiques et &#224; l'ensemble des opprim&#233;s, c'est celle de leurs propres luttes, politiques et sociales, sous la forme d'une riposte collective du monde du travail et des couches populaires ! En effet, si nous voulons acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles et &#224; l'am&#233;lioration de nos conditions de vie, nous ne pourrions pas faire l'&#233;conomie des luttes populaires, politiques et sociales, n&#233;cessaires et indispensables, que nous impose le capitalisme &#224; travers le pouvoir dictatorial actuel. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques, l'am&#233;lioration de nos conditions de vie et notre droit &#224; une existence digne de notre &#233;poque ne sauraient &#234;tre discut&#233;s, ni n&#233;goci&#233;s, ni marchand&#233;s avec les tenants du pouvoir, moins encore ne pourraient &#234;tre obtenus par un bout de papier dans une urne, comme le pr&#233;tendent les politiciens de tout bord : vu la situation actuelle, ils ne pourraient qu'&#234;tre le fruit de nos luttes, politiques et sociales. Partout o&#249; ont lieu des changements fondamentaux allant dans le sens du progr&#232;s, il y a d'abord les luttes, ensuite les lois, que les premi&#232;res imposent finalement. Jamais l'inverse ! parce que les lois ne sont rien d'autre que l'expression d'un rapport des forces impos&#233; par une classe sociale pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts. Par cons&#233;quent, pour qu'ils existent, de fa&#231;on durable, qu'ils soient respect&#233;s et v&#233;cus comme des m&#339;urs normales, nos droits &#224; une vie digne de notre &#233;poque devraient &#234;tre aussi arrach&#233;s et impos&#233;s par les luttes, en dehors de la l&#233;galit&#233; constitutionnelle actuelle, dans la rue, o&#249; se trouve la force des masses opprim&#233;es. Il ne pourrait en &#234;tre autrement ! Car, telle est la loi de l'histoire !&lt;br class='autobr' /&gt; Esp&#233;rons alors que, au travers des diff&#233;rentes gr&#232;ves qui &#233;clatent ici et l&#224;, comme celles d&#233;clench&#233;es par la plate-forme revendicative et les juges et avocats, &#233;mergeront des femmes et des hommes qui acc&#233;deront &#224; cette conscience et s'attelleront &#224; la construction d'un mouvement de tous ensemble, d'une riposte collective, pour imposer au pouvoir les droits sociaux et politiques dont la soci&#233;t&#233; a besoin pour ne pas sombrer dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TOUS ENSEMBLE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors qu'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans s'agitent dans tous les sens pour tenter de convaincre les populations des vertus suppos&#233;es de leur &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, les faits, bien t&#234;tus, protestent contre toute cette campagne pour le moins mensong&#232;re et d&#233;montrent que, en r&#233;alit&#233;, le pays continue &#224; s'enfoncer dramatiquement dans une crise tant sociale que politique, dont nul ne peut, pour l'instant, pr&#233;voir l'issue. En effet, &#224; peine proclam&#233;e et chant&#233;e, la &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187; se trouve d&#233;j&#224; &#233;branl&#233;e par deux &#233;v&#233;nements majeurs : la gr&#232;ve illimit&#233;e d&#233;clench&#233;e par la plate-forme revendicative et celle du syndicat des avocats et des juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce nouveau bras de fer entre la dictature de N'Djam&#233;na et le monde du travail contraste fortement, certes, avec l'euphorie des autorit&#233;s qui, tels des arracheurs des dents, ne cessent de mentir sur les changements que &#171; la nouvelle constitution &#187; entra&#238;nerait dans la vie de masses opprim&#233;es. Mais, en r&#233;alit&#233;, il r&#233;v&#232;le plus que l'hypocrisie, la duplicit&#233;, dont Idriss D&#233;by Itno et ses partisans font preuve pour essayer de s'extirper de la fange naus&#233;abonde de la faillite de leur politique : il nous jette surtout en plein visage les contradictions profondes, qui minent la soci&#233;t&#233;, entre, d'un c&#244;t&#233;, les aspirations des couches populaires &#224; une vie digne de notre &#233;poque, &#224; la justice, &#224; l'&#233;galit&#233;, aux libert&#233;s essentielles, et, de l'autre, un pouvoir dictatorial, us&#233; par le temps, honni, vomi par les masses opprim&#233;es, qui s'accroche &#224; tous les artifices possibles et &#224; la force brutale notamment pour se maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plus que les questions l&#233;gitimes de salaires, du respect d'une d&#233;cision conforme &#224; la justice, &#224; l'instar d'autres &#233;v&#233;nements ant&#233;rieurs, comme l'explosion de col&#232;re provoqu&#233;e par le viol de Zoura, les campagnes de sifflets citoyens apr&#232;s le hold-up &#233;lectoral qui a permis &#224; Idriss D&#233;by Itno de s'imposer au pouvoir gr&#226;ce &#224; l'arm&#233;e et au soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, la crise sociale actuelle est l'expression d'une double r&#233;alit&#233;, dont les &#233;l&#233;ments sont organiquement li&#233;s : d'une part, elle traduit la profonde exasp&#233;ration populaire qui couve dans le pays, &#224; causes des injustices, des in&#233;galit&#233;s de toutes sortes que le pouvoir fait subir aux masses opprim&#233;es depuis vingt-huit ans, et, d'autre part, le rejet de la politique de celui-ci par la majorit&#233; des couches populaires, qui en d&#233;coule comme une cons&#233;quence logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette signification profonde des luttes que m&#232;nent les organisations syndicales contre la politique du pouvoir bat ainsi en br&#232;che l'id&#233;e, commun&#233;ment r&#233;pandue, selon laquelle le combat des travailleurs pour leurs int&#233;r&#234;ts serait cat&#233;goriel, voire sectaire, et non politique. Il n'y a rien de plus faux qu'une telle vision des choses ! Car, au Tchad, comme dans bien de pays africains, c'est l'Etat qui est le principal employeur dans l'administration, mais aussi dans certains secteurs industriels importants : COTON TCHAD,, SNE, SONACIM , SONASUT, SOTEL, etc. M&#234;me les secteurs d'activit&#233;s priv&#233;s ou privatis&#233;s, tels les banques, l'h&#244;tellerie, le p&#233;trole, le transport, la t&#233;l&#233;phonie et autres ne fonctionnent qu'avec son soutien ind&#233;fectible : il leur cr&#233;e les conditions les plus favorables qui soient afin qu'ils fassent le maximum de profit possible moyennant des miettes, laiss&#233;es au passage, &#224; leurs valets locaux que sont nos bourgeois, vivant sur le dos de la soci&#233;t&#233; comme d'inutiles parasites. Dans ces conditions, tout acte de contestation, de manifestation, quel qu'il soit, de petite ou grande envergure, prend automatiquement un caract&#232;re politique parce qu'il pose directement la question de l'Etat, en ce sens qu'il s'oppose &#224; la politique de ce dernier. C'est exactement le cas des gr&#232;ves actuelles, comme celle du mois de janvier qui, quoique les ministres et autres responsables du MPS aient p&#233;ror&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision que le d&#233;cret 687 et la loi 032 &#233;taient intouchables, parce que grav&#233;s dans le marbre de la loi, a fait reculer le pouvoir sur ces deux points, m&#234;me si, une fois de plus, au bout du compte, Idriss D&#233;by Itno a fini par d&#233;montrer lui-m&#234;me que sa parole n'a aucune esp&#232;ce d'importance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mieux, lorsque les travailleurs d&#233;clenchent une gr&#232;ve pour des questions salariales ou autres, comme de nos jours, m&#234;me s'ils ne le font pas consciemment, ils s'&#233;rigent en m&#234;me temps contre leurs conditions de femmes et d'hommes opprim&#233;s, priv&#233;s de libert&#233; et de justice, ne pouvant m&#234;me pas avoir le droit l&#233;gitime de manifester : leur lutte contre les bas salaires, les privations sociales, les injustices, que leur impose le pouvoir, se transforme aussi en un combat contre les in&#233;galit&#233;s, les oppressions de toutes sortes, que les classes dirigeantes imposent &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, &#233;cras&#233;e sous la f&#233;rule de leur dictature. Elle exprime leurs aspirations profondes &#224; une v&#233;ritable d&#233;mocratie, montre que, plus que quiconque, ce sont eux qui ont le plus besoin de libert&#233;, pour s'organiser, s'exprimer, se r&#233;unir, manifester, organiser des piquets de gr&#232;ve, etc. Ainsi, leur combat donne un contenu de classe aux notions abstraites de d&#233;mocratie ou de dictature, dont se gargarisent et raffolent les politiciens de tout bord : il montre que celles-ci ne signifient pas la m&#234;me chose, selon qu'on soit riche ou pauvre, exploit&#233; ou exploiteur. Par exemple, alors que, suite au multipartisme r&#233;instaur&#233; par le MPS depuis 1990, sous la pression de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, toute la classe dirigeante parle, sans vergogne, de d&#233;mocratie, toutes les luttes que m&#232;nent les travailleurs nous enseignent que celle-ci, la d&#233;mocratie, n'est pas sans lien avec les les rapports sociaux qui r&#233;gissent la vie de la cit&#233;. Elles nous apprennent que la libert&#233; ne se jauge pas seulement &#224; l'aune de l'existence des partis politiques, des syndicats, des associations, des &#233;lections, qui sont certes utiles, mais pas suffisants pour fonder ce qu'est la d&#233;mocratie, car, celle-ci est quelque chose de plus profond, qui tient &#224; la vie m&#234;me des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, qu'est-ce que la libert&#233; pour les millions d'opprim&#233;s du pays, des villes comme des campagnes, qui ont de plus en plus du mal &#224; manger une fois par jour ? Qu'est-ce que la libert&#233; pour les millions de gens qui cr&#232;vent de maladies b&#233;nignes, dont certaines sont soignables avec de l'eau potable ? Qu'est-ce que la libert&#233; pour les paysans pauvres des r&#233;gions quasi abandonn&#233;es du pays, condamn&#233;es &#224; une malnutrition chronique, dont les enfants, qui ont la force de le faire, &#233;migrent ou, par d&#233;sespoir, vont m&#234;me renflouer les rangs des barbares de Boko Haram ou d'autres bandes de fous arm&#233;s, tous n&#233;s de la barbarie g&#233;n&#233;rale du capitalisme ? Qu'est ce que la libert&#233; pour les milliers de paysannes qui travaillent quotidiennement la terre, mais n'ont pas le droit d'en &#234;tre les propri&#233;taires ou m&#234;me d'avoir la force de r&#234;ver d'une maternit&#233; digne de ce nom o&#249; elles pourraient accoucher ? Qu'est-ce que la libert&#233; pour l'ensemble des femmes, qui, quoique majoritaires, n'en sont pas moins opprim&#233;es, exploit&#233;es, humili&#233;es, subissant souvent des s&#233;vices corporels, n'ayant de place nulle part ? Qu'est-ce que la libert&#233; aussi pour les milliers de leurs enfants, des jeunes, issus des milieux populaires, condamn&#233;s &#224; un ch&#244;mage end&#233;mique, dont ne les sauve que le triste destin d'&#234;tre des d&#233;linquants alors qu'ils pourraient &#234;tre utiles &#224; la soci&#233;t&#233; ? Qu'est-ce que la libert&#233; pour pour l'&#233;crasante majorit&#233; des masses opprim&#233;es qui meurent de mis&#232;re, &#224; N'Djam&#233;n&#233;, &#224; Moundou, &#224; Sarh, &#224; Ab&#233;ch&#233; ou Faya, &#224; cot&#233; de la richesse insolente de la petite minorit&#233; des riches, parasites promus par la politique de classe appliqu&#233;e par le pouvoir du MPS depuis vingt-huit ans ? Voil&#224; comment nous interrogent et interpellent les luttes des travailleurs qui, finalement, nous apprennent que la d&#233;mocratie des riches est une dictature pour les pauvres, tous les pauvres, quels qu'ils soient ! Cela est aussi vrai pour toutes les d&#233;mocraties bourgeoises, y compris dans les pays riches, comme la France, o&#249; les travailleurs ont maille &#224; partir avec la politique de Macron qui s'attaque &#224; leurs int&#233;r&#234;ts et les sacrifie sur l'autel de ceux des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En d&#233;finitive, la le&#231;on principale &#224; tirer des diff&#233;rentes luttes que m&#232;nent les travailleurs, celles d'hier comme d'aujourd'hui, est non seulement qu'elles sont profond&#233;ment politiques, mais, que, par ailleurs, la lutte contre la mis&#232;re, l'exploitation, n'est pas contraire &#224; celle qu'on m&#232;ne pour la libert&#233;. Les deux luttes se comp&#232;tent, se nourrissent l'une l'autre : elles sont les deux faces d'un seul et m&#234;me combat, plus profond, plus vaste, contre toutes les oppressions, quelles qu'elles soient ! La mobilisation des travailleurs de la fonction publique en lutte int&#232;gre donc, de fait, les revendications des autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile qui se battent pour les libert&#233;s essentielles et en pr&#233;cise le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout cela fonde, par cons&#233;quent, la justesse des luttes actuelles, mais, aussi leur importance ! En effet, les travailleurs ont mille fois raison de ne pas accepter les sacrifices et les injustices qu'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans leur imposent alors que, dans le m&#234;me temps, ils ne demandent aucun sacrifice aux privil&#233;gi&#233;s qu'ils ont outranci&#232;rement enrichis, vont jusqu'&#224; amnistier ceux qui ont vol&#233; et ne prennent aucune mesure contre ceux qui se comportent tels des seigneurs, au-dessus des lois, en toute impunit&#233;, comme l'ont montr&#233; les &#233;v&#233;nements de Doba !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais, les exp&#233;riences pass&#233;es des luttes ant&#233;rieures, aussi justes qu'elles aient &#233;t&#233;, elles aussi, ont montr&#233; qu'il ne suffirait pas de lancer une gr&#232;ve pour faire plier le gouvernement. Certes, objectivement, les travailleurs constituent une force colossale. A cause de leur position au c&#339;ur de l'&#233;conomie, ils jouent un r&#244;le fondamental dans tout ce qui fait marcher la soci&#233;t&#233;. Ils font fonctionner aussi bien les secteurs industriels que l'administration, dont d&#233;pend le pays : rien de ce qui est n&#233;cessaire &#224; la vie ne se fait sans leur force de travail ou leur intelligence. Tout cela leur conf&#232;re une force colossale, dont ne dispose aucune autre classe sociale. Par cons&#233;quent, s'ils en sont conscients et en ont l'ambition, ils pourraient s'en servir comme d'un levier pour secouer la dictature, la faire plier, lui imposer les revendications populaires et mettre fin &#224; sa politique criminelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, rien n'est automatique ! Pour ce faire, il faudrait une politique ! Aussi, afin de faire reculer le pouvoir, la seule perspective qui en vaille la peine, qui s'impose comme une le&#231;on &#224; tirer de l'exp&#233;rience des luttes pass&#233;es, est-elle celle d'une riposte collective du monde du travail. Individuellement, aucun secteur, isol&#233;, n'est &#224; m&#234;me de changer le rapport des forces entre lui et la coalition du pouvoir et du patronat. Par contre, un mouvement d'ensemble de tous les travailleurs du pays, tant du public que du priv&#233;, unissant toutes les chapelles syndicales pourrait inverser le rapport des forces et donner aux travailleurs en lutte les moyens d'imposer les aspirations populaires. Par ailleurs, les travailleurs devraient aussi s'adresser aux autres cat&#233;gories de la population, qui souffrent des m&#234;mes probl&#232;mes qu'eux : aux organisations des droits de l'homme, aux associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des jeunes, des consommateurs, des journalistes, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, eux aussi &#233;trangl&#233;s par la politique du pouvoir, afin de les entra&#238;ner dans la lutte, dans un mouvement de tous ensemble, en vue de la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les probl&#232;mes que posent les luttes actuelles des travailleurs ne se limitent pas &#224; des questions salariales ou autres, de caract&#232;re cat&#233;goriel ou circonstanciel, aussi justes soient-elles. Ce nouveau bras de fer entre le monde du travail et la dictature exprime quelque chose de plus profond, dont d&#233;pend le sort de l'ensemble de la soci&#233;t&#233; enti&#232;re : le choc entre, d'un c&#244;t&#233;, les aspirations l&#233;gitimes des masses opprim&#233;es au droit d'avoir un salaire correct, de se nourrir, de se loger, d'&#233;duquer leurs enfants, de se soigner, d'acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles, bref, au droit &#224; la vie tout simplement, une vie digne de notre &#233;poque, et, de l'autre, les perspectives sombres d'une politique criminelle, &#224; tout point de vue, que cherche &#224; imposer une dictature qui a &#233;chou&#233; dans tous les domaines, sauf dans celui de la promotion d'une minorit&#233; bourgeoise, parasite, dans l'un des pays les plus pauvres au monde ! Par cons&#233;quent, quels qu'ils soient, - travailleurs de rang, syndicalistes, militants des partis politiques, d'organisations des droits de l'homme, des journalistes, des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves et autres structures de la soci&#233;t&#233; civile -, tous ceux qui sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par la situation actuelle et ne souhaiteraient pas voir la soci&#233;t&#233; s'enfoncer de plus en plus dans la mis&#232;re, sous la f&#233;rule de la dictature, devraient tout faire pour que naisse et prenne corps ce mouvement de tous ensemble, seule perspective pour sortir de l'impasse actuelle et ouvrir la voie vers un avenir meilleur ! Aux travailleurs en lutte d'en prendre donc l'initiative et la t&#234;te pour en montrer le chemin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MENSONGES ET REALITES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s vingt-huit ans de r&#232;gne dictatorial, couronn&#233;s par un bilan catastrophique pour les masses populaires notamment, dont les conditions de vie ne cessent de se d&#233;grader au fil du temps, comme jamais auparavant, Idriss D&#233;by Itno et ses partisans, tels des charlatans enchanteurs, pr&#233;tendent avoir enfin trouv&#233; le rem&#232;de susceptible de soigner toutes les maladies dont souffre le Tchad. Cette miraculeuse d&#233;coction s'appelle &#171; la quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, proclam&#233;e, &#224; coups de trompettes et clairons, &#224; la suite de la nouvelle constitution concoct&#233;e par &#171; le forum national &#187; et adopt&#233;e le 4 avril dernier par les d&#233;put&#233;s de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle, sans la participation de ceux de l'opposition dont les principales organisations politiques, comme celles de la soci&#233;t&#233; civile, n'avaient pas pris part non plus aux discussions ant&#233;rieures &#224; l'origine des r&#233;formes constitutionnelles actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Depuis la cl&#244;ture du &#171; forum national &#187; jusqu'aujourd'hui, dans le sillage d'Idriss D&#233;by Itno qui avait pr&#233;sent&#233; les r&#233;solutions de cette rencontre comme quelque chose d'extraordinaire pouvant changer radicalement le cours de l'histoire du pays, nombreux sont, en effet, les responsables du MPS et leurs affid&#233;s, - ministres, d&#233;put&#233;s, gouverneurs, chefs traditionnels et autres -, qui, tels les chantres d'une nouvelle d&#233;couverte pour le moins consid&#233;rable, sillonnent le pays pour vanter les vertus suppos&#233;es de ce qu'ils appellent &#171; la nouvelle r&#233;publique &#187;. Sur fond de tapage m&#233;diatique, ils rivalisent d'ing&#233;niosit&#233; pour pr&#233;senter cette derni&#232;re comme la potion magique, enfin d&#233;couverte, capable de gu&#233;rir le pays de tous ses maux : exploitation, pillage, sous-d&#233;veloppement, mis&#232;re, in&#233;galit&#233;s, d&#233;tournements des deniers publics, corruption, gabegie, maladies de tout genre, faillite des secteurs publics essentiels, archa&#239;sme, oppression de la femme, dictature, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais tout ce raout intempestif sur les pr&#233;tendues vertus de la fameuse &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187; n'est, en fait, qu'un chapelet d'effets d'annonce, une kyrielle de mensonges ! &#171; Le forum national &#187;, la nouvelle constitution, comme la &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187; qui en a r&#233;sult&#233;, ne sont, en r&#233;alit&#233;, que les &#233;l&#233;ments constitutifs d'un simple ravalement de fa&#231;ade de la dictature, une op&#233;ration politique visant, d'une part, &#224; occulter le lourd passif du r&#232;gne calamiteux des responsables du MPS et, d'autre part, &#224; leur construire, en m&#234;me temps, une nouvelle image de marque, fleurant bon l'innocence et la vertu, dans le but de faire croire qu'ils seraient brutalement devenus plus soucieux des pr&#233;occupations des couches populaires. A travers le toilettage de l'Etat, ils esp&#232;rent aussi pouvoir sortir de l'impasse plurielle dans laquelle le pays est plong&#233; &#224; cause de leur politique, criminelle &#224; tout point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cependant, il y a lieu de penser que ce tour de prestidigitation n'a pas la moindre chance de faire illusion, ni de masquer la r&#233;alit&#233; des faits ! Car, comment pourrait-on croire qu'il suffirait d'accoler l'adjectif num&#233;ral &#171; quatri&#232;me &#187; au substantif &#171; r&#233;publique &#187;, afin d'en faire son &#233;pith&#232;te, pour que, comme par enchantement, le pouvoir change de nature et de politique ? Comment croire que les m&#234;mes politiciens qui, depuis vingt-huit ans, ont, consciemment, creus&#233; le gouffre de la d&#233;solation dans lequel le pays s'enfonce inexorablement, dans tous les domaines, puissent d&#233;cider spontan&#233;ment, sans y &#234;tre forc&#233;s, d'eux-m&#234;mes, d'enrayer cette spirale, combien cruciale pour les masses opprim&#233;es notamment, dont la vie se transforme chaque jour en un enfer sous la f&#233;rule de la dictature du MPS ? Impossible ! Et pour cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En effet, contrairement aux mensonges que distillent les responsables du MPS en chantant les vertus suppos&#233;es de leur &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, en politique, aucune classe sociale ne sacrifie d'elle-m&#234;me ses privil&#232;ges ni ne quitte la sc&#232;ne de l'histoire sans qu'elle n'y soit contrainte. Par cons&#233;quent, il n'y a aucune illusion &#224; se faire sur &#171; l'aube &#187; ou &#171; l'&#232;re nouvelle &#187; qu'ils annoncent. Leurs nombreuses promesses de s'attaquer cette fois-ci aux principaux maux dont souffrent les masses opprim&#233;es ne sont que de l'enfumage, une habile remise au go&#251;t du jour des vieilles antiennes abondamment ressass&#233;es, des d&#233;cennies durant, sur &#171; l'&#233;mergence &#187;, &#171; la d&#233;mocratie &#187;, &#171; la lutte contre les d&#233;tournements des biens publics &#187; ou &#171; la mis&#232;re &#187;, etc, sans que cela n'emp&#234;che la soci&#233;t&#233; de sombrer de plus en plus dans la pr&#233;carit&#233; et la dictature &#224; cause de leur politique. Ce qui, en r&#233;alit&#233;, conf&#232;re &#224; leurs tapageuses proclamations un caract&#232;re mensonger, c'est surtout le fait que, derri&#232;re celles-ci, se trouve le m&#234;me Etat, s'appuyant sur le m&#234;me appareil militaire, administratif, judiciaire, et la m&#234;me politique &#224; l'origine de la faillite actuelle, avec, pour les principaux, les m&#234;mes hommes et femmes, dont nul n'ignore les m&#339;urs ! C'est cela qui permet de juger des nouvelles intentions des responsables du MPS et de d&#233;montrer qu'elles ne sont, en fait, qu'un leurre, dont le but est de masquer la seule et unique politique, &#224; eux, assign&#233;e par la bourgeoisie mondiale, qu'ils ont consciemment appliqu&#233;e jusqu'alors et qu'ils vont continuer &#224; imposer : vider les bouches et les poches des pauvres et des affam&#233;s pour remplir celles des riches et des trop rassasi&#233;s, comme le veut la loi implacable du capitalisme dont ils sont, avec d'autres, bien s&#251;r, les principaux serviteurs dans le pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans une soci&#233;t&#233; comme la n&#244;tre, divis&#233;e en classe sociales, en riches et pauvres, il ne peut y avoir ni &#233;galit&#233;, ni justice sociale, ni m&#234;me une simple solidarit&#233; pour les couches populaires domin&#233;es par le grand capital et ses valets locaux. Idriss D&#233;by Itno et ses partisans peuvent, certes, changer le nom de leur &#171; r&#233;publique &#187;, faire toutes les promesses qu'ils veulent, mais ils ne peuvent changer la r&#233;alit&#233; sociale : ils ne pourraient &#234;tre &#224; la fois au service des exploit&#233;s et de leurs exploiteurs. Car, pour changer vraiment la soci&#233;t&#233;, instaurer l'&#233;galit&#233;, la justice sociale et la libert&#233; qui va avec, il ne suffit pas de changer de pr&#233;sident, de gouvernement ou m&#234;me de r&#233;publique : c'est toute la soci&#233;t&#233; qu'il faut changer, c'est le pouvoir des riches qu'il faut renverser. Mais une telle perspectives n'est pas celle d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans, ces politiciens impos&#233;s &#224; la t&#234;te du pays par l'imp&#233;rialisme, en 1990, pour y d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et ceux des privil&#233;gi&#233;s locaux, tout en se sucrant au passage ! M&#234;me leur derni&#232;re trouvaille, - le serment religieux -, confectionn&#233;e avec l'aide des responsables du comit&#233; islamique, ces repr&#233;sentants du fatras r&#233;actionnaire local qui jouent, de tout temps, le r&#244;le de suppl&#233;tifs de nos dictatures, ne peut, bien &#233;videmment, rien changer en cela ! D'autant moins que pour tous les larbins du pouvoir qui se sont pr&#234;t&#233;s &#224; ce cin&#233;ma-l&#224;, les Kassir&#233;, Padar&#233; et autres, le fait de jurer au nom d'un dieu quelconque, quel qu'il soit, n'a vraiment aucune importance ! Car, m&#234;me si Idriss D&#233;by Itno leur avait demand&#233; de jurer au nom de son chien ou de son &#226;ne, ils l'auraient fait bien volontiers, pourvu que, au final, il assure leur pitance, parce que, pour tous ces gens-l&#224;, - le &#171; pr&#233;sident fondateur &#187; y compris -, le vrai dieu, celui qu'ils v&#233;n&#232;rent de toutes leurs forces, pour lequel ils sont capables de toutes les impostures, de toutes les vilenies, c'est l'argent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que devrait-on attendre de cette &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, dont on nous chante tant les vertus ? Rien ! Absolument rien qui ne soit d&#233;j&#224; connu ! ! Le changement que pr&#233;tend apporter Idriss D&#233;by Itno avec sa &#171; nouvelle r&#233;publique &#187; est juste un nouvel habillage de la m&#234;me politique qu'avant, comme l'a titr&#233; et r&#233;sum&#233; si justement N'Djam&#233;na-Hebdo, dans son &#233;dition du 7 au 13 mai dernier, en ces termes : &#171; Une aube nouvelle avec les m&#234;mes voleurs ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De la fameuse &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, sortie du chapeau du magicien Idriss D&#233;by Itno, comme hier, ne b&#233;n&#233;ficieront que ceux qui, depuis des d&#233;cennies, s'empiffrent, se gavent, s'engraissent gr&#226;ce &#224; l'exploitation des ressources tant humaines que naturelles du pays : notamment les trusts et multinationales, occidentaux, asiatiques ou autres, qui ont une mainmise sur l'&#233;conomie, mais aussi leurs valets, la minorit&#233; de parasites locaux, nos propres privil&#233;gi&#233;s, - les hommes d'affaires, tels les fameux op&#233;rateurs &#233;conomiques du MPS, devenus des millionnaires et des milliardaires gr&#226;ce &#224; la surfacturation, mais aussi les membres du gouvernement, les principaux responsables de l'administration, de l'arm&#233;e, des grandes institutions, les d&#233;put&#233;s, les maires, les dignitaires du parti au pouvoir, etc -, tous profitant, d'une fa&#231;on ou d'une autre, des miettes qui tombent de la table &#224; manger de la bourgeoisie mondiale, comme l'illustre leur train de vie insolent dans l'un des pays les plus pauvres au monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, &#171; la nouvelle r&#233;publique &#187; ne changera rien non plus dans les conditions de vie des couches populaires. Pour celles-ci, comme par le pass&#233;, ce sera toujours l'exploitation, la pauvret&#233;, la chert&#233; de la vie, les bas salaires, le ch&#244;mage, les maladies, les privations des droits &#233;l&#233;mentaires, les arrestations arbitraires, etc, qui sont les marques de la dictature actuelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; br&#251;lante du pays &#233;taye elle-m&#234;me cette th&#232;se et en fait une &#233;clatante d&#233;monstration &#224; travers deux &#233;v&#233;nements majeurs survenus ces derniers jours. Il y a d'abord la nouvelle gr&#232;ve que les travailleurs de la fonction publique ont d&#233;clench&#233;e le lundi 28 mai dernier. Elle a pour mobile le fait que, finalement, Idriss D&#233;by Itno est revenu sur l'accord qu'il avait &#233;t&#233; contraint de signer le 14 mars dernier avec la plate-forme revendicative, dont, par ailleurs, il s'&#233;tait port&#233; lui-m&#234;me garant : au lieu de respecter le versement int&#233;gral des salaires &#224; la fin du mois de mai et le remboursement des primes et des indemnit&#233;s supprim&#233;es auparavant, comme il s'&#233;tait engag&#233; &#224; le faire, reniant sa signature et sa propre parole, il a plut&#244;t propos&#233; aux organisations syndicales de continuer &#224; faire des ponctions sur les salaires jusqu'au mois de d&#233;cembre, sans rien d'autre en &#233;change, de nature &#224; am&#233;liorer un tant soit peu les conditions de vie de vie des travailleurs. Ce qui, &#224; juste raison, a provoqu&#233; l'indignation de ces derniers et les a pouss&#233;s &#224; appeler &#224; la gr&#232;ve actuelle afin de d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts. Ensuite, il y a les r&#233;cents &#233;v&#233;nements de Doba, marqu&#233;s par une tentative d'assassinat dont ont &#233;t&#233; victimes un avocat et ses clients de la part des forces de l'ordre locales. Cette forfaiture a, comme de juste, d&#233;clench&#233; la col&#232;re du syndicat des avocats, qui a demand&#233; au pouvoir de rappeler les principaux responsables administratifs et militaires de la zone et menace d'entrer aussi en gr&#232;ve si ses revendications ne sont pas prises en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits d&#233;montrent &#224; souhait que, derri&#232;re la toge de &#171; la quatri&#232;me r&#233;publique &#187;, dont le pouvoir vient de se draper, il y a surtout la froide r&#233;alit&#233; du fait qu'il s'agit du m&#234;me Etat d'antan au service des riches, de la m&#234;me dictature, qui n'a chang&#233; ni de nature, ni de politique ! C'est cela qui explique pourquoi, malgr&#233; le tintamarre sur &#171; la nouvelle &#232;re &#187;, &#171; le changement de mentalit&#233; &#187;, au lieu de se tourner vers les coffres forts des trusts et des des bourgeois locaux, qu'il a vachement enrichis au cours de son long r&#232;gne, c'est toujours dans les poches des pauvres, des travailleurs, qu'Idriss D&#233;by Itno s'ent&#234;te &#224; chercher les moyens de satisfaire ses ma&#238;tres du FMI, qui lui exigent de faire une &#233;conomie de 30 milliards sur les d&#233;penses publiques ! C'est cela aussi qui, malgr&#233; tout le discours officiel sur la pr&#233;tendue &#171; aube nouvelle &#187;, jette, en effet, une lumi&#232;re crue sur la signification profonde des derniers &#233;v&#233;nements de Doba : aussi singuliers et g&#233;ographiquement d&#233;limit&#233;s que ces derniers soient, ils n'en sont pas moins le reflet de la situation g&#233;n&#233;rale du pays, qui continue toujours d'&#234;tre plac&#233; sous le talon de fer de la m&#234;me dictature impos&#233;e par le MPS depuis le 1er d&#233;cembre 1990 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est donc, en r&#233;alit&#233;, le vrai visage de la fameuse &#171; quatri&#232;me r&#233;publique &#187; d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans qui, malgr&#233; l'abondante publicit&#233; &#224; moindre frais dont elle fait l'objet, a du mal &#224; cacher aussi bien sa nature profonde que ses principales caract&#233;ristiques, qui font qu'elle ressemble comme une jumelle &#224; toutes les dictatures qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA PLATEFORME REVENDICATIVE DEVRAIT&lt;br class='autobr' /&gt; SE FIXER DES AMBITIONS ET DES OBJECTIFS PLUS GRANDS POUR EMP&#202;CHER QUA LA SOCIETE SOMBRE DANS LA DECHEANCE ET LA DICTATURE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve, d&#233;clench&#233;e par la plateforme revendicative afin d'obliger le pouvoir &#224; revenir sur les mesures qu'il a prises, prend les allures d'un ph&#233;nom&#232;ne ayant toutes les chances de s'installer durablement. Mais, alors que la crise sociale paralyse les secteurs principaux de l'administration, l'Education et la Sant&#233; notamment, et s'&#233;tend en entra&#238;nant d'autres, comme tout derni&#232;rement, les journalistes, le pouvoir, lui, fait comme si de rien n'&#233;tait : utilisant des man&#339;uvres dilatoires, en envoyant, par exemple, diff&#233;rents &#233;missaires aupr&#232;s des travailleurs en lutte pour leur demander de revenir &#224; la table des n&#233;gociations, Idriss D&#233;by Itno et ses partisans donnent l'impression que, d'une mani&#232;re ou d'une autre, ils ne reviendront pas sur les sacrifices &#233;normes qu'ils ont d&#233;cid&#233; d'imposer aux travailleurs et, au-del&#224;, &#224; l'ensemble de la nation opprim&#233;e, juste pour satisfaire les exigences de leurs ma&#238;tres des institutions de Bretton Woods, le FMI, en l'occurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'attitude du pouvoir, derri&#232;re laquelle certains voient la personnalit&#233; d'Idriss D&#233;by Ino, un homme brocard&#233; comme caract&#233;riel, doubl&#233; d'un bidasse, qui veut en imposer &#224; tout le monde, n'est, en r&#233;alit&#233;, que dans les normes des choses : elle est l'expression de la lutte de classes, de la guerre, que, de tout temps, l'Etat tchadien a men&#233;e et m&#232;ne contre les travailleurs, en particulier, et l'ensemble des opprim&#233;s du pays, en g&#233;n&#233;ral. Les caract&#233;ristiques personnelles de ceux qui dirigent importent peu dans cette affaire-l&#224; ! Si, en effet, les dirigeants du MPS et leurs partisans ne s'attaquent pas aux plus riches, aux trusts et la bourgeoisie locale, mais au plus faibles, aux travailleurs et aux opprim&#233;s, pour trouver les moyens de juguler les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique, n&#233;e du fonctionnement irrationnel de l'&#233;conomie capitaliste, ce n'est pas par hasard : ils font un choix m&#251;rement r&#233;fl&#233;chi, conscient, social et politique ! Car, tel est leur r&#244;le, &#224; la t&#234;te de l'Etat : vider les bouches et les poches des pauvres et des affam&#233;s pour remplir celles des riches et des trop rassasi&#233;s ! C'est cette politique-l&#224;, appliqu&#233;e depuis vingt-sept ans, surtout pendant la p&#233;riode faste des revenus p&#233;troliers, qui a accouch&#233; de la soci&#233;t&#233; actuelle, un monde profond&#233;ment in&#233;galitaire, avec, d'un c&#244;t&#233;, une minorit&#233; de bourgeois, parasites, mais privil&#233;gi&#233;s, qui s'empiffrent, se gavent, exhibent de fa&#231;on ostentatoire leur opulence, de l'autre, l'&#233;crasante majorit&#233; de la population opprim&#233;e, s'enfon&#231;ant de plus en plus dans la mis&#232;re, &#224; un point tel que, m&#234;me ceux qui ont la chance d'avoir un travail, tirent le diable par la queue, ont du mal &#224; se nourrir, &#224; se soigner, &#224; se loger, etc,.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors, oui, il n'y a rien d'&#233;tonnant dans l'attitude des dirigeants du MPS face &#224; la gr&#232;ve et au sort de l'ensemble des opprim&#233;s, victimes des mesures qu'ils ont prises : ils ne sont que dans leur r&#244;le, qu'ils jouent d'ailleurs en bonne conscience ! Il convient de souligner aussi que, ce faisant, Idriss D&#233;by Itno et ses partisans n'innovent en rien, ni n'inventent rien, si tant est qu'ils en soient capables : ils se contentent seulement d'aller chercher dans les arsenaux de la bourgeoisie mondiale les solutions &#233;cul&#233;es, &#233;labor&#233;es par celle-ci, pour enrichir les plus riches, comme on le voit, en France, avec les ordonnances Macron, ou, en Gr&#232;ce, un pays dont les couches populaires sont &#233;trangl&#233;es par les sacrifices que leur imposent, des ann&#233;es durant, les banques europ&#233;ennes et le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, dans le contexte du bras de fer actuel entre les travailleurs et le pouvoir, le seul comportement qui pourrait intriguer est bien celui des organisations politiques, qui constituent l'opposition traditionnelle au pouvoir. En effet, alors que la crise sociale s'installe durablement, que non seulement le pouvoir fait tout pour imposer des sacrifices injustes &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, mais va jusqu'&#224; emp&#234;cher toute tentative de manifestation en faveur des travailleurs en gr&#232;ve, r&#233;primant, arr&#234;tant, emprisonnant ceux qui osent braver son autorit&#233;, les partis de l'opposition, quant &#224; eux, brillent par un silence fort &#233;loquent. Seul le FONAC a, pondu, certes, un communiqu&#233; appelant ses militants &#224; soutenir les luttes des travailleurs. Mais cela n'est rest&#233; qu'au niveau d'une position de principes, classique, loin d'&#234;tre, en r&#233;alit&#233;, une politique &#224; la hauteur des enjeux de l'heure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce qui se joue, au c&#339;ur du bras de fer actuel entre la plateforme revendicative est le pouvoir, c'est le sort de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Du c&#244;t&#233; o&#249; se penchera, finalement, le balancier de l'histoire d&#233;pendra notre devenir collectif, en meilleur ou en pire ! Par cons&#233;quent, quels qu'ils soient, tous ceux qui ne voudraient pas que la soci&#233;t&#233; sombre dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature, tous ceux qui r&#234;vent d'un monde meilleur, plus juste, &#233;galitaire, d&#233;mocratique, devraient tout mettre en &#339;uvre pour que le camp des travailleurs l'emportent, afin de mettre fin &#224; la politique du pouvoir et aux sombres perspectives qu'elle contient ! S'il y avait, par exemple, un parti r&#233;volutionnaire, politiquement et physiquement implant&#233; au sein des masses opprim&#233;es, c'est &#224; cette t&#226;che-l&#224; qu'il se consacrerait : il mettrait tout son poids, politique et humain, dans la balance, en mobilisant ses militants, mais aussi tous les moyens n&#233;cessaires, au service des travailleurs ; il se saisirait de l'opportunit&#233; qu'offre la gr&#232;ve actuelle pour en faire un enjeu national afin que, au moyen d'une large mobilisation populaire, les travailleurs cr&#233;ent un rapport des forces &#224; m&#234;me de faire plier le pouvoir et, par la m&#234;me occasion, d'ouvrir ainsi la voie vers des possibilit&#233;s sup&#233;rieures qui permettraient que tous les probl&#232;mes relatifs aux besoins collectifs des masses opprim&#233;es, tant sociaux que politiques, soient pos&#233;s sur la table, discut&#233;s, pris en compte et r&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, en l'absence d'un tel parti, qui fait cruellement d&#233;faut de nos jours, c'est &#224; la plateforme revendicative de porter seule cette perspective-l&#224;, de la d&#233;fendre ouvertement aupr&#232;s des larges masses populaires, en vue de la constitution avec elles d'une riposte collective de l'ensemble des opprim&#233;s contre la politique du pouvoir. Comme elle s'est d&#233;j&#224; engag&#233;e &#224; s'adresser &#224; toutes les organisations syndicales, mais aussi &#224; celles de la soci&#233;t&#233; civile, afin de construire avec elles cette riposte collective, il ne lui reste qu'&#224; doter cette perspective d'un programme, sous la forme d'un plan d'urgence, d'int&#233;r&#234;t public, comprenant les exigences essentielles des masses laborieuses face &#224; la chert&#233; de la vie, mais aussi &#224; la dictature. Les plus importantes de ces revendications, pouvant f&#233;d&#233;rer tout le monde, seraient, par exemple, l'annulation, bien s&#251;r, des mesures prises par le gouvernement, comme le demande la plateforme elle-m&#234;me, mais aussi la diminution drastique des salaires des dirigeants, des ministres, des d&#233;put&#233;s, des responsables de l'arm&#233;e, des gouverneurs, des pr&#233;fets, sans oublier les hauts cadres des grosses entreprises publiques, une taxe plus forte sur les revenus des trusts, les grosses fortunes, une augmentation cons&#233;quente des salaires des travailleurs, tant du priv&#233; que du public, du SMIC, des allocations de ch&#244;mage, des pensions de retraite, des bourses, institu&#233;es comme un droit pour tout &#233;tudiant, le paiement des arri&#233;r&#233;s des salaires des fonctionnaires, l'embauche de tous les contractuels et des pr&#233;caires, dans les secteurs publics essentiels, l'Education, la Sant&#233;, notamment, un revenu minimum pour tous ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient d'aucun emploi et d'aucune allocation, notamment les femmes et les m&#232;res isol&#233;es, un fonds de soutien aux personnes &#226;g&#233;es ne b&#233;n&#233;ficiant d'aucune retraite, une baisse importante des prix des produits et des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, du p&#233;trole, de l'essence, du gaz, une baisse importante des prix du transport, des imp&#244;ts, des loyers, l'instauration de l'&#233;chelle mobile des salaires, - chaque fois que les prix des produits indispensables augmentent, les salaires font de m&#234;me, ils augmentent aussi, proportionnellement -, la gratuit&#233; effective de l'&#233;ducation et des soins dans le public, la cr&#233;ation d'un service de transport public, la construction de logements sociaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme d'int&#233;r&#234;t public devrait aussi comprendre des revendications politiques, conformes aux aspirations populaires face &#224; la dictature, comme, par exemple, la lib&#233;ration des personnes qui viennent d'&#234;tre arr&#234;t&#233;es, dont le tort est juste d'avoir voulu exprimer leur col&#232;re en manifestant, le respect du vote des populations en changeant profond&#233;ment les structures charg&#233;es de l'organisation des &#233;lections et de la proclamation de leurs r&#233;sultats, la d&#233;fense et la jouissance des droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires, de r&#233;union, d'expression, d'organisation, de manifestation, sans aucune menace ni entrave de la part du pouvoir, la rupture du cordon ombilical qui lie exclusivement la presse publique, la radio, la t&#233;l&#233;vision notamment, au pouvoir du MPS, en vue de l'&#233;mancipation des journalistes du joug de celui-ci et de l'instauration d'une expression libre de toutes les sensibilit&#233;s au sein de l'ONRTV, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre bourgeoisie, grande comme petite, est venue tardivement sur la sc&#232;ne de l'histoire, comme un pur produit du colonialisme fran&#231;ais, d'abord, et un valet des puissances imp&#233;rialistes, notamment de la France, ensuite. Aussi est-elle pleutre, poltronne, incapable m&#234;me de r&#233;aliser ses propres t&#226;ches d&#233;mocratiques, comme moderniser la soci&#233;t&#233; en la d&#233;barrassant des structures f&#233;odales, des m&#339;urs r&#233;trogrades, barbares, telle l'oppression de la femme notamment. Par cons&#233;quent, c'est aussi aux travailleurs et autres opprim&#233;s en lutte qu'il appartient de se charger de ces t&#226;ches-l&#224; et de les r&#233;aliser par leurs combats. Ainsi, dans le cadre de la mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les opprim&#233;s du pays, ces derniers devraient-ils exiger &#233;galement l'abolition des chefferies traditionnelles, ces structures f&#233;odales, anachroniques, sur lesquelles s'appuient toutes les dictatures en vue de leur maintien, la fin des tribunaux coutumiers, l'instauration d'une justice publique, moderne, unique pour tous, pour toutes les femmes et tous les hommes, &#233;gaux en droit, une justice lib&#233;r&#233;e des coutumes et autres consid&#233;rations religieuses r&#233;trogrades, la rupture des relations entre les pouvoirs publics et les associations religieuses, - la religion devant relever du domaine du priv&#233; et de l'associatif : elle n'a pas &#224; se m&#234;ler des affaires publiques -, le contr&#244;le stricte de toutes les universit&#233;s et &#233;coles religieuses, quelles qu'elles soient, au niveau du contenu leur enseignement, notamment, pour voir s'il est conforme au caract&#232;re la&#239;que de l'Etat, une lutte hardie contre l'oppression de la femme, comprenant l'interdiction effective du mariage des filles mineures, de la dote, qui ressemble &#224; un prix d'achat des filles, de la polygamie, - symbole officiel de l'oppression de la femme -, de la coutume qui qui permet &#224; un p&#232;re de donner sa fille en aum&#244;ne, tel un mouton, une r&#233;volution agraire profonde afin que les paysannes soient propri&#233;taires des terres qu'elles travaillent, l'instauration d'un Code familial progressiste, donnant aux femmes les m&#234;mes droits que les hommes face &#224; l'h&#233;ritage, &#224; la garde des enfants, au divorce, l'octroi d'une pension &#224; la femme divorc&#233;e si c'est &#224; elle qu'il revient de garder les enfants, l'interdiction de la coutume qui veut qu'une femme &#233;pouse, malgr&#233; elle, le fr&#232;re de son mari d&#233;funt ou un membre de la famille de celui-ci, lui revenant ainsi tel n'importe quel objet dont il h&#233;rite, la parit&#233; totale dans toutes les institutions publiques et les partis politiques, l'harmonisation des droits sur le lieu du travail : toute femme qui a le m&#234;me dipl&#244;me ou remplit la m&#234;me responsabilit&#233; qu'un homme doit avoir le m&#234;me salaire que lui, l'abolition du port du voile dans les lieux publics, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les coll&#232;ges, les universit&#233;s, les bureaux, - comme le r&#233;clament les femmes musulmanes tunisiennes, alg&#233;riennes, iraniennes ou m&#234;me saoudiennes, en lutte contre l'int&#233;grisme religieux-, la mixit&#233; des femmes et des hommes, des filles et des gar&#231;ons dans les espaces publics, la construction des centres de formation professionnelle destin&#233;s &#224; fournir aux femmes une sp&#233;cialisation dans plusieurs domaines afin qu'elles aient une qualification en vue d'un m&#233;tier, la cr&#233;ation par l'Etat des cr&#232;ches, des garderies, pour d&#233;tacher les femmes du lourd fardeau relatif &#224; la maternit&#233;, mais aussi des maquis g&#233;ants, des restaurants publics, dans les centres administratifs, les zones industrielles et tous les quartiers des grandes villes, avec un personnel qualifi&#233;, o&#249; tous ceux qui travaillent, tant dans le public que dans le priv&#233;, peuvent venir se restaurer gr&#226;ce &#224; des tickets pay&#233;s par leurs employeurs, afin que les femmes s'&#233;mancipent des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, notamment du devoir de faire la cuisine, et consacrent leur temps libre &#224; leur formation culturelle ou &#224; leurs loisirs, une vaste campagne d'alphab&#233;tisation des adultes et des jeunes, d&#233;scolaris&#233;s, femmes et hommes, filles et gar&#231;ons, en vue de leur permettre d'&#234;tre autonomes et capables de remplir les t&#226;ches administratives &#233;l&#233;mentaires, une vaste propagande contre toute forme d'obscurantisme, contre l'influence r&#233;actionnaire de toutes les religions, qui obscurcissent la conscience des travailleurs, pr&#234;chent le culte du chef, l'adaptation &#224; l'ordre &#233;tabli, avec ses in&#233;galit&#233;s, ses injustices, sous pr&#233;texte que ce serait le fait du destin, mais aussi contre le nationalisme, l'ethnisme, le tribalisme, le r&#233;gionalisme, la misogynie, la division en castes, toutes ces choses dont les politiciens bourgeois se servent pour opposer les opprim&#233;s les uns aux autres, pour les diviser, afin de mieux les dominer, pour les emp&#234;cher de prendre conscience du fait qu'ils constituent une seule et m&#234;me classe, &#224; part, celle des pauvres, qui ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, quelles que soient leur culture, leur religion, leur r&#233;gion ou leur nation, parce qu'ils subissent tous la m&#234;me exploitation, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes in&#233;galit&#233;s, la m&#234;me dictature, impos&#233;es par le m&#234;me Etat et le m&#234;me patronat, au service des riches, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est donc l'enjeu, au c&#339;ur du bras de fer actuel entre le monde du travail et le pouvoir. L'objectif est d'opposer &#224; la politique du pouvoir une perspective qui mette en avant des revendications communes aux masses populaires afin de rassembler ces derni&#232;res autour de la d&#233;fense collective de leur droit &#224; la vie, par le biais d'une riposte commune, construite consciemment, contre la politique du gouvernement, dans le but ultime d'emp&#234;cher que la soci&#233;t&#233; enti&#232;re s'enfonce de plus en plus dans la mis&#232;re et la dictature. C'est un enjeu de taille, certes, mais aussi &#224; port&#233;e de main ! Car, si, s'appuyant sur la d&#233;termination des travailleurs en lutte, mais aussi sur la col&#232;re populaire profonde qui couve dans le pays, la plateforme propose cette perspective-l&#224; &#224; l'ensemble des opprim&#233;es, qui cherchent une issue &#224; leur situation, il n'y a rien qui puisse emp&#234;cher que ce qui rel&#232;ve d'une aspiration aujourd'hui devienne une r&#233;alit&#233; demain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA GREVE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire est que les seize mesures prises en 2016, dont les cons&#233;quences d&#233;sastreuses se font encore sentir sur la vie des masses populaires, n'ont pas suffi ! En effet, sous la pression du FMI, qui leur demande de faire des &#233;conomies de 30 milliards dans les d&#233;penses publiques, Idriss D&#233;by Itno et son gouvernement n'ont pas trouv&#233; mieux que de se lancer, une fois de plus, dans une nouvelle guerre contre les int&#233;r&#234;ts du monde du travail et, par r&#233;percussion, contre ceux de l'ensemble de la nation opprim&#233;e : ils ont diminu&#233; les salaires et supprim&#233; de 50% les primes et indemnit&#233;s des travailleurs de la fonction publique. Par ailleurs, comme si cela ne suffisait pas encore, ils ont aussi proc&#233;d&#233; &#224; l'augmentation des prix de certains produits, tels le gasoil, l'essence, et la taxe d'habitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que ces mesures ne soient appliqu&#233;es, d&#232;s leur annonce, elles avaient &#233;t&#233; accueillies par une bronca d'indignation et de col&#232;re de la part de ceux qui allaient en &#234;tre les victimes, les travailleurs notamment, tant du public que du priv&#233;. C'est ainsi que, d&#232;s que l'augmentation des prix de l'essence et du gasoil est devenue une r&#233;alit&#233; dans les stations, le syndicat des transporteurs a r&#233;agi par un mot d'ordre d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours, les 22 et 23 janvier derniers. Le premier jour, la gr&#232;ve a &#233;t&#233; une r&#233;ussite totale : les rues &#233;taient d&#233;sertes, la circulation, fluide, les gares, vides, &#224; l'arr&#234;t, &#224; tel point que le ministre des transports a d&#251; ramper vers les syndicats des transporteurs pour engager des n&#233;gociations, qui se prolongent encore aujourd'hui. Quelques jours apr&#232;s, ayant constat&#233; que les salaires avaient &#233;t&#233; diminu&#233;s, la plateforme syndicale revendicative a lanc&#233; le mot d'ordre d'une gr&#232;ve illimit&#233;e le 29 d&#233;cembre dernier. Depuis cette date, d'autres secteurs du monde du travail ont rejoint le mouvement social. C'est le cas des travailleurs de la justice, des m&#233;decins, mais aussi ceux du secteur priv&#233;, les banques, les h&#244;tels, l'&#233;nergie, les mines et le p&#233;trole, notamment, qui ont observ&#233; aussi deux jours de gr&#232;ve largement suivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau bras de fer entre Idriss D&#233;by Itno et le monde du travail, mobilis&#233; dans ses diff&#233;rentes organisations syndicales, est, certes, l'expression du refus par l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs du pays des mesures gouvernementales. Mais, si l'on consid&#232;re le contexte politique et social g&#233;n&#233;ral, marqu&#233; par vingt-sept ans de dictature, de diverses frustrations et injustices, nul doute qu'il va plus loin, bien au-del&#224; des circonstances apparentes : cette gr&#232;ve se nourrit, en effet, du ras le bol g&#233;n&#233;ral qui couve dans le pays. Elle en est l'expression &#233;clatante. Toutes les actions men&#233;es ces derniers jours derri&#232;re la plateforme syndicale, dans le transport, &#224; l'Education, &#224; la Sant&#233;, aux Finances, mais aussi dans le priv&#233;, les banques, les h&#244;tels, les mines, le p&#233;trole, l'&#233;nergie, etc, symbolisent, en r&#233;alit&#233;, la col&#232;re, l'exasp&#233;ration de larges couches de la population opprim&#233;e, qui ont plus que marre de la politique d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans ! C'est cela qu'exprime la d&#233;termination des travailleurs des diff&#233;rents secteurs en gr&#232;ve ! C'est &#231;a aussi la source profonde de la sympathie populaire dont jouit cette gr&#232;ve, comme on l'entend sur les ondes des diff&#233;rentes radios !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, apr&#232;s vingt-sept ans de r&#232;gne, le plus grand exploit d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans au pouvoir, c'est d'avoir r&#233;ussi &#224; cr&#233;er dans ce pays, l'un des plus pauvres au monde, une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment stratifi&#233;e, in&#233;galitaire, o&#249; toute la politique de l'Etat consiste essentiellement &#224; promouvoir une minorit&#233; de bourgeois parasites au d&#233;triment des besoins collectifs de l'&#233;crasante majorit&#233; de la population, que sont les travailleurs, les paysans pauvres et autres opprim&#233;s, laiss&#233;s-pour-compte. Certes, cela n'est pas nouveau dans l'histoire politique du pays : de tout temps, depuis ses origines remontant &#224; la p&#233;riode coloniale jusqu'aujourd'hui, l'Etat tchadien, dont le pouvoir s'appr&#234;te &#224; discuter de la forme et des institutions dans son prochain forum, a toujours agi ainsi, comme un instrument de domination des masses populaires, aux mains de la bourgeoisie locale, elle-m&#234;me au service de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. On pourrait dire aussi que tout cela n'est pas exclusif au Tchad : c'est ainsi que se comportent tous les Etats bourgeois du monde, quels qu'ils soient, suivant la logique implacable du capitalisme qui voudrait que l'&#233;conomie serve essentiellement &#224; rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, avec comme in&#233;vitable corollaire, l'accumulation, &#224; un p&#244;le, et la paup&#233;risation, &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ce qui se passe dans ce pays sous leur long r&#232;gne du MPS n'a peut-&#234;tre d'&#233;quivalent nulle part dans le monde ! M&#234;me pas dans des pays comme le Burundi, la RDC ou, hier, Ha&#239;ti sous la f&#233;rule des Duvalier ! Car, l'exploitation des ressources tant naturelles qu'humaines du pays qu'impose l'Etat, au profit des multinationales, s'accompagne d'une gabegie sans fond, d'un pillage sans pr&#233;c&#233;dent, &#224; ciel ouvert, des biens publics, oeuvre d'une minorit&#233; d'individus au sommet du pouvoir ou proches de celui-ci, dont la voracit&#233; est sans fin, la rapacit&#233;, sans limites, qui s'enrichissent &#224; vue d'&#339;il, au su et au vu de tout le monde, en bonne conscience, gr&#226;ce aux diff&#233;rents leviers de commandement et aux r&#233;gies financi&#232;res qu'ils contr&#244;lent. Cette dilapidation des biens publics par ceux qui sont au sommet de l'Etat a atteint une proportion telle que, dans un bref moment de lucidit&#233;, un jour, Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me n'a pas h&#233;sit&#233; de reconna&#238;tre publiquement qu'il n'est &#171; entour&#233; que de voleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, toute cette politique qui consiste &#224; enrichir essentiellement les trusts et leurs valets locaux de tout genre a-t-elle pour cons&#233;quence la d&#233;gradation constante des conditions de vie des couches populaires, d'ann&#233;e en ann&#233;e, malgr&#233; les revenus p&#233;troliers, qui, finalement, n'ont servi qu'&#224; alimenter ce vol g&#233;n&#233;ralis&#233; des biens publics, base de l'enrichissement de la bourgeoisie locale, petite et grande. La soci&#233;t&#233; ne pouvant engraisser une minorit&#233; de parasites tout en r&#233;solvant les besoins collectifs des masses opprim&#233;es, la cons&#233;quence de tout cela est donc la lente descente de celles-ci dans les profondeurs de la mis&#232;re : en ville comme en province, l'immense majorit&#233; des couches populaires a du mal &#224; se nourrir, se soigner, s'&#233;duquer, se loger, etc, sans, par ailleurs, jouir des moindres libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, car, tout cet ordre social inique, injuste, se trouve plac&#233; sous le talon de fer d'une dictature f&#233;roce, comme l'illustrent les derni&#232;res interdictions de manifester ou la suspension des partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc le contexte social et politique o&#249; se d&#233;roule le bras de fer actuel entre le monde du travail et le pouvoir, un contexte charg&#233; de frustrations, de d&#233;go&#251;t de la politique en vigueur par les masses populaires lass&#233;es de subir, des ann&#233;es durant, des privations de toutes sortes ! Voil&#224; donc qui explique aussi la sympathie populaire dont b&#233;n&#233;ficie cette gr&#232;ve, mais &#233;galement sa justesse ! Oui, les travailleurs qui rejettent cat&#233;goriquement les mesures prises par le pouvoir ont mille fois raison ! Ce n'est pas &#224; eux de faire les frais de la crise &#233;conomique du syst&#232;me capitaliste, ce syst&#232;me irrationnel, qui sacrifie l'&#233;crasante majorit&#233; de l'humanit&#233; sur l'autel du profit, dont Idriss D&#233;by Itno et son gouvernement sont les serviteurs locaux ! Si ces derniers veulent de l'argent pour r&#233;soudre les cons&#233;quences de la crise de leur syst&#232;me, ils n'ont qu'&#224; le chercher l&#224; o&#249; il est : dans les coffres forts des trusts, Esso, Airtel, Glencore, Bollor&#233;, CNPICI, mais aussi des bourgeois locaux, qu'ils ont contribu&#233; &#224; enrichir au d&#233;triment des masses populaires. Pas dans les poches des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la volont&#233; du pouvoir de leur imposer de nouveaux sacrifices pour satisfaire le FMI, les travailleurs n'ont donc pas d'autre choix que de se battre pour le contraindre &#224; retirer ses mesures. Ils en ont objectivement les moyens ! En effet, &#224; cause de leur position au c&#339;ur de l'&#233;conomie notamment, ils jouent un r&#244;le fondamental dans tout ce qui fait marcher la soci&#233;t&#233;. Ce sont eux qui font fonctionner les secteurs industriels dont d&#233;pend le pays : les sites p&#233;troliers, la Coton Tchad, la STE, la SLE, la SONASUT, la SONACIM, la Brasserie, la Poste, la T&#233;l&#233;phonie, mais aussi les banques, les assurances, le b&#226;timent, le transport, etc. Dans l'administration &#233;galement, rien ne se fait sans leur force de travail ou leur intelligence : la Sant&#233;, l'Education, la justice, la Culture, la Communication, bref, tous les secteurs publics essentiels ne fonctionnent que gr&#226;ce &#224; eux. Contrairement aux classes dirigeantes et autres privil&#233;gi&#233;s qui, tels des parasites, inutiles, vivent sur le dos de la soci&#233;t&#233;, les travailleurs, eux, en sont la s&#232;ve, la source nourrici&#232;re, dont d&#233;pend toute l'organisation sociale. Ce r&#244;le particulier, n&#233;cessaire, qu'ils jouent leur conf&#232;re en m&#234;me temps une force colossale dont ne dispose aucune autre classe sociale. Par cons&#233;quent, s'ils sont conscients de cet &#233;tat des choses et s'ils en ont l'ambition, ils sont capables de bloquer tout le pays, de le paralyser, de le couper du reste du monde et, par ce biais, d'imposer les revendications populaire au pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, cela n&#233;cessite une politique ! Pour faire reculer le pouvoir, la seule perspective qui en vaille la peine est celle d'une riposte collective du monde du travail contre la politique du gouvernement. Car, individuellement, aucun secteur n'est &#224; m&#234;me de changer le rapport des forces entre lui, d'une part, le pouvoir et le patronat, de l'autre. Par contre, tous les travailleurs du pays, tant du public que du priv&#233;, secteurs et cat&#233;gories confondus, unis autour de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre collectivement leurs int&#233;r&#234;ts de classe et leur droit &#224; la vie, pourraient changer la donne, c'est-&#224;-dire le rapport des forces entre eux et le pouvoir ! Par-del&#224; les chapelles syndicales, seule cette strat&#233;gie de l'unit&#233; de tous les travailleurs pourrait donner &#224; ces derniers les moyens d'imposer les aspirations populaires au clan du pouvoir et celui du patronat. La plateforme syndicale l'a d'ailleurs fort bien compris : lors de sa conf&#233;rence de presse, elle s'est adress&#233;e &#224; l'ensemble du monde du travail, &#224; toutes les organisations syndicales, les invitant &#224; construire ensemble cette riposte collective. Par cons&#233;quent, c'est cette perspective-l&#224; qu'il conviendrait de construire, m&#233;thodiquement, consciemment, en vue d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale du monde du travail, pour une riposte collective contre la politique du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; travers les mesures que le pouvoir vient d'imposer, en r&#233;alit&#233;, ses attaques ne se limitent pas qu'aux travailleurs. Leurs cons&#233;quences d&#233;sastreuses vont au-del&#224; du monde du travail : elles s'&#233;tendent sur l'ensemble de la nation opprim&#233;e. Quand on sait que dans ce pays le salaire est le seul moyen dont disposent des milliers d'entre nous pour faire vivre des milliers de familles comprenant plusieurs personnes, la r&#233;duction du pouvoir d'achat des travailleurs fragilisera in&#233;vitablement la vie de l'ensemble des opprim&#233;s du pays. C'est toute la soci&#233;t&#233; qui en sera touch&#233;e et sombrera de plus en plus dans la pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, dans leur combat, les travailleurs auraient int&#233;r&#234;t &#224; s'ouvrir aussi aux autres cat&#233;gories de la population qui souffrent des m&#234;mes probl&#232;mes qu'eux pour leur offrir une politique, les entra&#238;ner dans la lutte, en vue de la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts communs. Cette perspective-l&#224; aussi la plateforme revendicative l'a bien comprise : lors de sa conf&#233;rence de presse, elle l'a d&#233;fendue publiquement en s'adressant aux organisations des droits de l'homme, aux associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des jeunes, des consommateurs, des journalistes, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, aux millions donc d'autres opprim&#233;s, &#233;trangl&#233;s, comme les travailleurs, par la m&#234;me crise du capitalisme et la politique du gouvernement. L'adresse &#224; toutes les organisations du monde de travail et de la soci&#233;t&#233; civile a &#233;t&#233; aussi r&#233;affirm&#233;e dans un tract diffus&#233; par l'UST lors de la derni&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du mercredi 07/02 dernier, organis&#233;e par la plateforme syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le bras de fer actuel entre le monde du travail et le pouvoir, rien n'est jou&#233; d'avance. Nul ne peut, pour l'instant, dire de quel c&#244;t&#233; se penchera le balancier de l'histoire. La page de celle-ci reste vierge. Mais, si les travailleurs en lutte sont conscients de la force qu'ils constituent, s'ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; aller jusqu'au bout comme ils le disent, ils ont largement les moyens de la remplir &#224; leur mani&#232;re. Oui, si la plateforme revendicative oppose &#224; la politique du pouvoir, de fa&#231;on m&#233;thodique et organis&#233;e, une politique qui mette en avant des objectifs sur lesquels toutes les masses opprim&#233;es peuvent &#234;tre d'accord parce que refl&#233;tant les int&#233;r&#234;ts communs de tous, comme le droit au travail pour tous, le droit &#224; un salaire correct, le droit de se nourrir, de se loger convenablement, le droit &#224; la sant&#233;, aux soins, le droit de donner une culture moderne &#224; ses enfants, le droit aux libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, bref, le droit &#224; la vie tout simplement, en vue de construire avec elles une riposte collective afin de faire plier le pouvoir, cette t&#226;che-l&#224; n'est pas impossible !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le mercredi pass&#233;, lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale organis&#233;e &#224; la bourse du travail, le tract diffus&#233; par l'UST se concluait ainsi : &#171; TRAVAILLEURS ET OPPRIMES, DE TOUTES LES ETHNIES, DE TOUTES LES RELIGIONS, DE TOUTES LES REGIONS, UNISSONS-NOUS POUR DEFENDRE COLLECTIVEMENT NOTRE DROIT A LA VIE ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par cons&#233;quent, tous ceux qui sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par la situation actuelle, tous ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne voudraient pas que la soci&#233;t&#233; sombre dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature devraient tout faire pour que cette perspective-l&#224; soit une r&#233;alit&#233; vivante et organis&#233;e, capable d'offrir des possibilit&#233;s sup&#233;rieures vers un avenir meilleur, car c'est de tout cela que sont grosses les luttes actuelles que m&#232;ne le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors, oui, vive la gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FACE A LA DICTATURE IMPOSEE ET SOUTENUE PAR L'IMPERIALISME FRANCAIS , LES MASSES OPPRIMEES N'ONT PAS D'AUTRE ALTERNATIVE QUE CELLE DE LEUR MOBILISATION ET LEURS PROPRES LUTTES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s s'&#234;tre fait proclamer vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en s'appuyant essentiellement sur l'arm&#233;e, Idris D&#233;by Itno vient-il d'&#234;tre couronn&#233; pr&#233;sident de la r&#233;publique par la Cour Constitutionnelle, un organe dirig&#233; par des sous-fifres &#224; sa solde, cr&#233;&#233; pour couvrir ses forfaitures d'un vernis d&#233;mocratique ! Devant un ar&#233;opage de dictateurs africains, - parmi lesquels d'affreux torpilleurs de constitutions et cr&#233;ateurs du fameux &#171; coup ko &#187; -, mais aussi de repr&#233;sentants des pays riches, dont la France, bien s&#251;r, et la classe politique locale &#224; lui d&#233;vou&#233;e, il a rempil&#233;, le 8 ao&#251;t dernier, pour un eni&#232;me mandat qui, m&#234;me avec l'introduction de la limitation de celui-ci &#224; deux magistratures, risque de prolonger son long r&#232;gne, vieux de vingt-six ans bient&#244;t, jusqu'en &#8230; 2026 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce comportement d'Idriss D&#233;by Itno, qui foule au pied la volont&#233; de changement exprim&#233;e par les masses opprim&#233;es lors de la derni&#232;re &#233;lection et montre, certains pointent du doigt la soif du pouvoir qui animerait ce dernier. D'autres, par contre, y voient le caract&#232;re autoritaire de l'individu lui-m&#234;me et, donc, de son r&#233;gime, qu'ils qualifient de dictatorial. La presse locale et la toile notamment foisonnent d'&#233;chos de ces sentiments, expression d'un v&#233;ritable rejet du pouvoir actuel par des larges couches populaires, qu'on trouve surtout dans une frange importante de la jeunesse, celle qui, d'ann&#233;e en ann&#233;e, se forme &#224; travers les &#233;v&#233;nements marquants du pays et devient de plus en plus consciente de la vraie nature du pouvoir actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par sa double formation, celle d'un bidasse de l'arm&#233;e dite nationale et de pur produit de la dictature d'Hissein Habr&#233;, son ancien mentor qu'il a rejoint dans les ann&#233;es 80 sur la base du mensonge historique fond&#233; sur la pr&#233;tendue ambition de la Lybie de Khadafi de &#171; manger &#187; carr&#233;ment le Tchad, on peut dire, en effet, qu'Idriss D&#233;by Itno a toutes les caract&#233;ristiques d'un satrape. La fa&#231;on dont il dirige le pays depuis bient&#244;t vingt-six ans en s'appuyant essentiellement sur sa bande arm&#233;e, comme lors de la proclamation des r&#233;sultats de la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle, le prouve amplement, en plus de la mis&#232;re, des maladies, des privations de toutes sortes, impos&#233;es aux masses populaires, mais aussi des multiples arrestations arbitraires, des assassinats crapuleux et autres interdictions des libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, comme celle de manifester, qui ont &#233;maill&#233; jusque-l&#224; sa gestion de la chose publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on r&#233;duit ce comportement uniquement &#224; des consid&#233;rations personnelles, m&#234;me justes, on ne verra qu'un aspect des choses, et pas forc&#233;ment le plus important ! Car, dans le d&#233;sir du pr&#233;sident actuel de rester au pouvoir, de toutes les mani&#232;res, il y a surtout des raisons politiques et sociales, profondes, qui d&#233;passent de loin le cadre sa propre personne. Celles-ci tirent leur origine de la situation g&#233;n&#233;rale du pays, qui place ce dernier sous la f&#233;rule de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, au point d'en faire une chasse gard&#233;e de ce dernier, depuis des d&#233;cennies remontant jusqu'&#224; la p&#233;riode coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, malgr&#233; le culte naus&#233;abond dont l'entourent ses laudateurs et autres partisans, qui vont jusqu'&#224; brosser de lui l'image d'un dirigeant de stature continentale, dont d&#233;pendrait le sort de l'Afrique, en r&#233;alit&#233;, comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, Idrisa D&#233;by Itno, lui aussi port&#233; et maintenu au pouvoir par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, n'est qu'un valet, un petit commis, au service d'une vaste entreprise d'exploitation qui a commenc&#233;, hier, avec la monoculture impos&#233;e du coton et continue, aujourd'hui, avec l'exploitation du p&#233;trole et d'autres ressources, tant humaines que naturelles, au profit essentiellement des trusts et des multinationales, fran&#231;ais, am&#233;ricains, chinois et autres, ayant la mainmise sur l'&#233;conomie du pays. Tel est, de fa&#231;on classique, son r&#244;le, qui consiste &#224; veiller sur cette entreprise d'exploitation-l&#224;, en en assurant l'ordre dont a besoin la bourgeoisie internationale pour piller le pays et ses masses populaires. Voil&#224; essentiellement ce pourquoi il se doit de rester au pouvoir, car telle est la responsabilit&#233; &#224; lui confi&#233;e par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, &#224; qui il doit son maintien &#224; la t&#234;te du pays, et qui, on l'a vu, n'a pas eu du mal &#224; s'accommoder de sa forfaiture et de ses turpitudes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre global, intervient un autre &#233;l&#233;ment qui fonde aussi la volont&#233; d'Idriss D&#233;by Itno de se maintenir au pouvoir : c'est le contexte politique africain actuel, marqu&#233; par la d&#233;composition dont un bon nombre d'Etats sont victimes, notamment ceux de la sous-r&#233;gion, essentiellement &#224; cause, d'une part, de la crise du capitalisme mondial et, de l'autre, des politiques &#233;conomiques et sociales appliqu&#233;es par nos dirigeants. Cette d&#233;composition, n&#233;e des frustrations, des exasp&#233;rations, qui poussent sur le terreau de la mis&#232;re, des injustices, des in&#233;galit&#233;s, qu'imposent nos Etats aux couches populaires, se manifeste sous la forme d'une violence multiple, &#224; plusieurs visages, allant des affrontements ethniques, - comme tout derni&#232;rement en RCA, au Soudan du Sud -, &#224; de v&#233;ritables explosions sociales, - comme en Tunisie, en Egypte, au Burkina Faso - en passant par des actes barbares perp&#233;tr&#233;s par des monstres produits par le fonctionnement normal du capitalisme en Afrique, tels les assassins de Boko Haram au Nig&#233;ria, ceux d'Aqmi, dans le Nord du Mali ou de DAESH en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce contexte de d&#233;composition g&#233;n&#233;rale a &#233;t&#233;, il y a un peu plus d'un an, &#224; l'origine de l'op&#233;ration Barkhane, &#233;chafaud&#233;e par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, avec le soutien des Am&#233;ricains, en vue de faire face &#224; toute tentative de remise en cause violente des Etats du Sahel et au-del&#224;, qui pourrait constituer un risque pour les int&#233;r&#234;ts des trusts fran&#231;ais et autres, Areva, Shell, Bouygues, Bollor&#233;, Elf-Total, Exxon, par exemple. Or, dans cette construction militaire, con&#231;ue essentiellement pour prot&#233;ger nos dictatures afin qu'elles continuent &#224; jouer leur r&#244;le de valets des puissances imp&#233;rialistes, le Tchad, pays qui, depuis la p&#233;riode coloniale jusqu'&#224; nos jours, abrite une base militaire fran&#231;aise et joue traditionnellement un r&#244;le important dans le red&#233;ploiement militaire strat&#233;gique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sur le continent, est l'un des principaux rouages : c'est N'Djam&#233;na qui est la plaque tournante de l'op&#233;ration Barkhane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant r&#233;ussi &#224; s'&#233;quiper militairement pour d&#233;fendre son propre pouvoir, gr&#226;ce aux retomb&#233;es du p&#233;trole et ce, au d&#233;triment des besoins essentiels des masses populaires, Idriss D&#233;by Itno tient, dans cette op&#233;ration, le r&#244;le d'un petit gendarme charg&#233; du maintien de l'ordre, qu'il joue et accomplit avec la peau des jeunes Tchadiens, enr&#244;l&#233;s dans l'arm&#233;e et sacrifi&#233;s ici et l&#224; sur l'autel, non pas de &#171; la libert&#233; et de la paix &#187;, comme le pr&#233;tendent le pouvoir et la presse officielle, mais des int&#233;r&#234;ts froids de l'imp&#233;rialisme international et des couches dirigeantes locales. Pour contrer donc la menace des illumin&#233;s de Boko Haram et autres, - ces barbares n&#233;s de la barbarie g&#233;n&#233;rale du capitalisme qui &#233;trangle nos soci&#233;t&#233;s, impose &#224; nos masses opprim&#233;es la mis&#232;re, les maladies, les injustices et les oppressions de toutes sortes, dont celle de la femme notamment -, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a, par cons&#233;quent, besoin de l'ancien chef d'&#233;tat-major d'Hissein Habr&#233;, parce que, parmi tant d'autres pr&#233;tendants locaux &#224; la dictature, il est le seul qui ait pu s'offrir la bande arm&#233;e la plus importante, la mieux &#233;quip&#233;e, &#224; m&#234;me de maintenir l'ordre n&#233;cessaire &#224; la domination imp&#233;rialiste. Voil&#224; pourquoi aussi, malgr&#233; toutes les irr&#233;gularit&#233;s et le coup de force perp&#233;tr&#233;s par D&#233;by et ses partisans lors de la derni&#232;re &#233;lection, qui, ailleurs, auraient servi de pr&#233;texte &#224; Hollande et compagnie pour s'indigner hypocritement au nom de la d&#233;mocratie, des droits de l'homme, du respect du libre choix des populations, etc, la France n'a pas lev&#233; le petit doigt et a couvert, puis b&#233;ni leur hold-up &#233;lectoral d'un silence fort &#233;loquent et complice !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il y a &#233;galement des facteurs d'ordre local, qui justifient la volont&#233; d'Idriss D&#233;by Itno de rester au pouvoir, co&#251;te que co&#251;te ! En effet, depuis vingt-six ans bient&#244;t qu'il est &#224; la t&#234;te du pays, celui-ci repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts d'une multitude de gens, qui se sont alli&#233;s &#224; lui, dont les aspirations, les ambitions, les projets de vie s'incarnent en lui. On les trouve dans tous les secteurs essentiels du pays : dans l'&#233;conomie, les affaires, les banques, les assurances, les unit&#233;s industrielles, le gouvernement, &#224; l'assembl&#233;e nationale, dans l'administration, dans les diff&#233;rentes institutions &#233;tatiques, dans son parti, etc. C'est le cas, par exemple, des diff&#233;rents dignitaires, des ministres aux maires en passant par la hi&#233;rarchie militaire, les gouverneurs, les pr&#233;fets, les sous-pr&#233;fets, les conseillers, les directeurs g&#233;n&#233;raux, tous membres du MPS, mais aussi les chefs traditionnels et religieux, ces repr&#233;sentants du fatras r&#233;actionnaire local, sur lesquels s'appuient toutes les dictatures pour obscurcir la conscience des masses opprim&#233;es par des pr&#234;ches et autres balivernes au nom de la paix ; c'est aussi celui des principaux responsables et dignitaires politiques du MPS ou des op&#233;rateurs &#233;conomiques de ce parti, notamment leur frange de milliardaires et autres multimillionnaires, qui se sont enrichis sous l'ombre du pouvoir, souvent en peu de temps, gr&#226;ce aux miettes qui tombent de la table &#224; manger des trusts p&#233;troliers et &#224; la surfacturation des march&#233;s publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Idriss D&#233;by Itno se concentrent, se r&#233;fractent les int&#233;r&#234;ts multiples de tous ces gens-l&#224;, membres du cercle restreint des privil&#233;gi&#233;s du pays, que l'Etat engraisse comme des oies de No&#234;l, alors que les conditions de vie de la majorit&#233; pauvre de la soci&#233;t&#233; n'arr&#234;te pas de se d&#233;grader. C'est donc aussi pour cela, pour les int&#233;r&#234;ts de cette minorit&#233; de parasites, que le locataire du Palais rose doit rester au pouvoir, m&#234;me si, par ailleurs, le scandale du vol, du pillage des derniers publics par les siens est tel qu'il le reconna&#238;t lui-m&#234;me, au point d'avouer publiquement qu'il n'est &#171; entour&#233; que des voleurs &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, derni&#232;re raison, mais aussi la plus importante des toutes, sans doute, celle qui permet &#224; Idriss D&#233;by Itno de disposer d'un avantage consid&#233;rable que n'a aucun de ses rivaux et de r&#233;aliser son dessein de rester au pouvoir : l'Etat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, mieux que quiconque, l'ancien chef d'&#233;tat-major d'Hissein Habr&#233;, arriv&#233; au pouvoir gr&#226;ce &#224; un coup de force militaire, sait que ce ne sont pas les id&#233;es vaguement g&#233;n&#233;reuses sur la d&#233;mocratie, la justice, l'&#233;galit&#233;, la libert&#233;, dont sont friands les dirigeants de l'opposition, qui font marcher les choses. Form&#233; &#224; l'&#233;cole de la dictature de la DDS, pour lui, &#224; juste titre, ce qui compte et qui d&#233;cide de la marche des &#233;v&#233;nements, c'est le rapport des forces qui, pour l'instant, est en sa faveur. Il est conscient du fait que s'il est &#224; la t&#234;te du pays, ce n'est pas parce qu'il aurait les meilleures id&#233;es, le meilleur projet politique et social ni l'adh&#233;sion massive et n&#233;cessaire des masses populaires, mais tout simplement parce qu'il dispose d'un &#233;tat-major politique et militaire, symbolis&#233; par l'arm&#233;e, la police, la gendarmerie, le gouvernement, l'administration, la justice, les institutions publiques diverses, qui sont tous &#224; sa solde, en plus du soutien ind&#233;fectible de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. C'est de cet ensemble organis&#233; appel&#233; commun&#233;ment l'Etat qu'il tire son pouvoir et sa logique dictatoriale ! C'est cela qui lui permet d'imposer aussi bien ses choix, politiques, sociaux, sa mani&#232;re de faire que les hommes dont il a besoin pour diriger et non autre chose. On l'a vu notamment lors de la derni&#232;re &#233;lection, au cours de laquelle il s'est essentiellement appuy&#233; sur ce rapport des forces en sa faveur pour, d'une part, s'offrir une campagne &#224; la mesure de son ambition, en utilisant les moyens de l'Etat afin de sillonner tout le pays, d'acheter des consciences, de bourrer les urnes, et, d'autre part, au final, d'utiliser les institutions pr&#233;vues &#224; cet effet pour se proclamer vainqueur, sous le parapluie de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des caract&#233;ristiques personnelles de l'individu, voil&#224; donc les raisons essentielles qui ont, d&#232;s le d&#233;but, scell&#233; le sort de la derni&#232;re &#233;lection &#224; un point tel que, bien avant que les populations n'aient &#233;lu celui qui serait leur pr&#233;sident, Idriss D&#233;by Itno s'&#233;tait permis de poser sa candidature &#224; la t&#234;te de l'Union africaine, comme s'il savait d'avance que ce serait lui qui gagnerait les prochaines joutes &#233;lectorales, d&#233;montrant ainsi au passage le peu de respect, d'importance, qu'il accorde &#224; l'opinion, au choix, des masses populaires et, au-del&#224;, &#224; l'&#233;lection elle-m&#234;me ! Dans ces circonstances, ces m&#234;mes raisons jettent &#233;galement une lumi&#232;re crue sur la nature m&#234;me de cette derni&#232;re et en &#233;talent au grand jour ce qu'elle &#233;tait r&#233;ellement : une farce, une mascarade, truqu&#233;e, jou&#233;e d'avance, dont l'issue ne souffrait de l'ombre d'aucun doute, mais aussi une habile supercherie, juste bonne pour divertir les plus na&#239;fs enclins &#224; croire qu'on pourrait changer le cours de l'histoire par de simples bouts de papiers dans une urne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, que faudrait-il faire alors pour sortir de cette &#233;ni&#232;me impasse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut &#233;videmment pas r&#233;pondre &#224; cette question sans tenir compte du contexte politique actuel, marqu&#233; par le contentieux &#233;lectoral entre le pouvoir et son opposition, notamment la frange de celle-ci organis&#233;e au sein du FONAC (Front de l'Opposition Nouvelle pour l'Alternance et le Changement). En effet, depuis le coup de force &#233;lectoral, sous le contr&#244;le de l'arm&#233;e, qui leur a permis de se proclamer vainqueurs de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, pour les responsables du MPS, le d&#233;bat &#233;lectoral est clos. Il l'est d'autant plus depuis que leur candidat a &#233;t&#233; investi dans ses novelles fonctions, puis adoub&#233; par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et la communaut&#233; internationale. Par contre, les principaux chefs de l'opposition, notamment les Kebzabo, Alhabo, Dadnadji, Laokein, Gali et leurs partisans, malgr&#233; les dissensions en leur sein, campent tous sur leur position initiale : ils continuent &#224; refuser de reconna&#238;tre le pouvoir actuel issu du dernier hold-up &#233;lectoral et, pour sortir de cette impasse, r&#233;clament la tenue d'un dialogue inclusif en vue d'une recomposition du paysage politique, tout en mena&#231;ant, par ailleurs, d'entreprendre des actions qu'ils qualifient d'avance de &#171; pacifistes &#187; pour obtenir gain de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, nul ne peut dire &#224; quoi aboutira ce bras de fer entre Idriss D&#233;by Itno et les principaux chefs de son opposition. Seul l'avenir nous situera. Mais d'ores et d&#233;j&#224;, sans aucun risque de se tromper, on peut affirmer que, quelle que soit la tournure que prendra cette gu&#233;guerre entre les diff&#233;rents protagonistes de la derni&#232;re &#233;lection, quelle qu'en soit l'issue, pour les masses opprim&#233;es, il n'en sortira rien de bon ! En effet, qu'Idriss D&#233;by Itno et ses rivaux s'entendent autour d'un compromis ou que l'un des deux camps l'emporte sur l'autre, cela ne changera rien dans les conditions sociales des couches populaires : pour celles-ci, ce sera toujours l'exploitation, la chert&#233; de la vie, la mis&#232;re, les maladies, les injustices de tout genre, etc, avec, au bout, le m&#234;me Etat dictatorial ! Car, ces politiciens-l&#224;, les D&#233;by, Kebzao, Alhabo et autres, sont des gens d'un m&#234;me monde, qui se connaissent, se fr&#233;quentent, ont d&#233;j&#224; travaill&#233; ensemble : ils d&#233;fendent rigoureusement les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais notamment et des riches locaux, dont ils sont tous les fid&#232;les serviteurs. La seule chose qui les oppose, c'est juste la question du partage du pouvoir, certains cherchant &#224; s'y maintenir, d'autres &#224; y acc&#233;der pour, dans tous les cas, faire la m&#234;me politique sous de nouvelles formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les masses populaires n'ont rien &#224; attendre de ces politiciens-l&#224; ! Ils n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; &#233;couter les sir&#232;nes de l'un ou l'autre bord. Le bras de fer entre Idriss D&#233;by Itno et ses diff&#233;rents rivaux ne les concerne pas. Seuls devraient compter plut&#244;t leurs propres int&#233;r&#234;ts de classe, les int&#233;r&#234;ts des pauvres en g&#233;n&#233;ral, des travailleurs, des opprim&#233;s, diff&#233;rents de ceux de la bourgeoisie dont les politiciens du pouvoir et ceux de l'opposition ne sont que des larbins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que veulent nous faire croire les responsables du pouvoir comme ceux de l'opposition en cherchant &#224; focaliser l'attention des gens sur leur diff&#233;rend, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s ont d'autres pr&#233;occupations et d'autres combats &#224; mener, essentiellement contre la politique du pouvoir : contre l'exploitation, la mis&#232;re, les bas salaires, le ch&#244;mage, la chert&#233; de la vie, les maladies, l'ignorance, le manque des libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, les oppressions de tout genre, notamment celle da la femme, etc. Pour ce faire, ils ont donc tout int&#233;r&#234;t &#224; s'organiser, &#224; s'unir, par-del&#224; les diff&#233;rences culturelles, r&#233;gionales et religieuses, afin de se d&#233;fendre collectivement contre les d&#233;magogues de tout bord qui sont tous leurs v&#233;ritables ennemis. C'est en se mobilisant comme une seule classe ouvri&#232;re, unissant en son sein tous les travailleurs, des secteurs publics et priv&#233;s, mais aussi les ch&#244;meurs, les retrait&#233;s, et en s'ouvrant aux associations des droits de l'hommes, &#224; celles des &#233;tudiants et &#233;l&#232;ves, des femmes, des consommateurs, des journalistes, des paysans pauvres, des artisans, des artistes, etc, que les travailleurs pourront entra&#238;ner tous les opprim&#233;s derri&#232;re eux et constituer avec ceux-ci un rapport des forces de taille &#224; s'imposer &#224; celui de la dictature et faire reculer celle-ci au point de l'obliger &#224; respecter leurs aspirations, tant sociales que d&#233;mocratiques : c'est de cette fa&#231;on et de cette fa&#231;on seulement qu'ils pourront am&#233;liorer leur condition de vie, acc&#233;der, de fa&#231;on durable, aux libert&#233;s d&#233;mocratiques, mais aussi faire barrage au risque d'affrontements ethniques que les politiciens d&#233;magogues du MPS comme ceux de l'opposition font planer sur le pays, juste pour b&#233;n&#233;ficier des avantages du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'autre alternative ! La seule perspective qui en vaille la peine et soit capable de faire plier la dictature, c'est celle de la mobilisation des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s en vue d'une riposte collective contre la dictature en place ! Aussi est-ce dans cette direction qu'il faut aller, en tirant les le&#231;ons des derni&#232;res initiatives &#8211; marches, &#171; villes mortes &#187;, &#171; sifflet citoyen &#187;, gr&#232;ves- et en saisissant toutes les opportunit&#233;s futures pour continuer les luttes, surtout pour les &#233;tendre, les d&#233;velopper, les amplifier, en vue de construire, avec m&#233;thode et patience, un mouvement de &#171; tous ensemble &#187; contre la dictature d'Idriss D&#233;by Itno, dans le but affich&#233; de la faire plier. Dans les jours et les mois &#224; venir, telle devrait &#234;tre la t&#226;che de tous ceux qui, quel que soit leur secteur d'activit&#233;, leur statut social, syndicalistes, militants des partis politiques, des associations, &#233;tudiants, &#233;l&#232;ves, etc, femmes et hommes, jeunes et vieux, sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par le pouvoir du MPS et aspirent &#224; de v&#233;ritables changements, tant sociaux que d&#233;mocratiques !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE BAL DES HYPOCRITES &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement, par des Mirages fran&#231;ais, les 3 et 7 f&#233;vrier dernier, d'une colonne de rebelles tchadiens a fait couler tant d'encre et de salive dans le pays. Il a suscit&#233; un faisceau de r&#233;actions contradictoires, du moins en apparence, avec, d'un c&#244;t&#233;, ceux qui approuvent et justifient cette intervention, et, de l'autre, ceux qui en contestent le bien fond&#233;. Pendant des jours, toute la classe politique, compos&#233;e, d'un c&#244;t&#233;, du MPS et ses alli&#233;s, et, de l'autre, de l'opposition, tant parlementaire que militaire, et ses partisans, s'est mise en sc&#232;ne &#224; travers des postures qui puaient aussi bien l'hypocrisie, la duplicit&#233; que l'arnaque politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cin&#233;ma &#224; moindre frais, la palme d'or est revenue aux responsables du MPS. Mobilisant leurs partisans, mais aussi, les moyens de l'Etat, l'administration et les m&#233;dias publics, &#8211; la radio et la t&#233;l&#233;vision notamment -, ces derniers se sont lanc&#233;s dans une vaste campagne de d&#233;sinformation au cours de laquelle ils ont abreuv&#233; les populations de propos mensongers, aussi grotesques les uns que les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que tout le monde sait que la colonne bombard&#233;e par les Mirages fran&#231;ais &#233;tait celle de l'UFR, une bande arm&#233;e dirig&#233;e par Timan Erdimi, un neveu d'Idriss D&#233;by Itno, pour justifier l'intervention fran&#231;aise, celui-ci et ses partisans l'ont pr&#233;sent&#233;e comme celle d'un groupe de terroristes arm&#233;s, form&#233;s en Libye, faisant irruption dans le pays pour y d&#233;truire &#171; les institutions d&#233;mocratiques &#187; dans le but &#171; d'imposer la charia &#187;. Cette version tronqu&#233;e des faits a &#233;t&#233; ainsi colport&#233;e &#224; travers tout le pays, de meeting en meeting, de manifestations en manifestation, organis&#233;s pour soutenir le fondateur du MPS et l'arm&#233;e. Au cours de ces rassemblements, les dirigeants du MPS, des plus grands aux plus petits, ont pouss&#233; jusqu'&#224; leur paroxysme la duplicit&#233; et la d&#233;magogie, utilisant &#8211; ironie du sort- la m&#234;me strat&#233;gie mensong&#232;re, avec pratiquement les m&#234;mes expressions, que les dignitaires de la dictature d'Hissein Habr&#233; quand, en 1990, ceux-ci les traitaient, eux-m&#234;mes, de mercenaires, de groupes islamistes inf&#233;od&#233;s &#224; la Libye du dictateur Kadhafi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce qu'ils d&#233;crivaient comme une menace terroriste, ils se sont alors pr&#233;sent&#233;s comme les d&#233;fenseurs de &#171; la d&#233;mocratie &#187; et de &#171; la libert&#233; &#187;, qu'ils auraient instaur&#233;es dans le pays depuis l'arriv&#233;e du MPS au pouvoir. Ils ont aussi pr&#233;tendu d&#233;fendre contre les affreux terroristes la &#171; coh&#233;sion sociale &#187;, &#171; la paix &#187;, &#171; l'unit&#233; du pays &#187;, mais aussi, bien s&#251;r, la fameuse &#171; &#233;mergence &#187;, ph&#233;nom&#232;ne aux contours mal d&#233;finis, dont l'av&#232;nement est, chaque ann&#233;e, recul&#233; dans un avenir incertain, de plus en plus lointain. En m&#234;me temps que ces notions au contenu vide, qui n'ont aucun rapport avec les conditions de vie des masses opprim&#233;es, ils se sont aussi lanc&#233;s dans une attaque en r&#232;gle contre tous ceux qui, suite &#224; l'intervention des Mirages fran&#231;ais, avaient os&#233; &#233;mettre un avis contraire au leur. Ils les ont accus&#233;s d'&#234;tre &#171; les ennemis de la R&#233;publique &#187;. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MPS a m&#234;me brandi la menace d'interdire les partis dont les responsables avaient protest&#233; contre l'intervention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans les affaires politiques du pays : &#171; La charte des partis politiques a fix&#233; des interdits et pr&#233;vu des sanctions en cas de violation de la loi. Tous les leaders et ou les chefs de partis politiques savent que la collusion avec une opposition arm&#233;e, la complicit&#233; et l'incitation &#224; la subversion sont passibles de sanctions extr&#234;mes &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;, sur un ton martial, nostalgie de l'&#233;poque de l'UNIR, dont il est l'un des purs produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clou de cette campagne a &#233;t&#233; le meeting organis&#233;, le 15 f&#233;vrier, au stade Mamat Ouya, rempli &#224; ras bord pour la circonstance par des badauds et des &#233;l&#232;ves de la capitale, invit&#233;s &#224; investir les lieux parce que, ce jour-l&#224;, les &#233;tablissements, tant publics que priv&#233;s, de la ville avaient &#233;t&#233; ferm&#233;s. A cette occasion, apr&#232;s la prestation de ses diff&#233;rents affid&#233;s, qui s'&#233;taient &#233;gosill&#233;s &#224; ressasser les m&#234;mes d&#233;clarations mensong&#232;res, Idris D&#233;by Itno lui-m&#234;me s'est mis en sc&#232;ne. Traitant les troupes de son cousin de &#171; terroristes &#187;, &#171; d'&#233;trangers &#187;, comme n'avaient cess&#233; de le faire ses s&#233;ides depuis des jours, il s'est pr&#233;sent&#233; au public comme le bouclier qui prot&#233;gerait le pays de toute menace : &#171; Tchadiens, dormez tranquilles &#187;, a-t-il lanc&#233; &#224; la foule, acquise et d&#233;vou&#233;e, de ses laudateurs. Mieux, allant plus loin que les autres dans la d&#233;magogie, il s'est offert en victime expiatoire pour la d&#233;fense du pays : pour ce faire, il a pr&#233;tendu qu'il serait pr&#234;t au &#171; sacrifice supr&#234;me &#187; ! En guise de note finale &#224; sa prestation, il a exprim&#233; sa reconnaissance aux autorit&#233;s fran&#231;aises : &#171; Merci &#224; la France ! Merci &#224; Macron ! &#187;, a-t-il conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis bient&#244;t vingt-neuf ans qu'ils sont au pouvoir, les responsables du MPS sont pass&#233;s ma&#238;tres dans l'art de la d&#233;sinformation, de la falsification de l'histoire du pays, pr&#233;sent&#233;e toujours sous un angle qui leur est favorable, comme s'ils n'avaient ni pass&#233; ni passif politiques ! Ils viennent encore de nous en faire une &#233;clatante d&#233;monstration ! En effet, toute la r&#233;alit&#233; politique du pays proteste ouvertement contre les d&#233;clarations intempestives dont ils ont &#233;t&#233; responsables suite &#224; l'intervention des Mirages fran&#231;ais dans l'Ennedi Est. Quand, par exemple, les dirigeants du MPS, anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233;, qui ont assum&#233; d'importantes responsabilit&#233;s sous la dictature de la DDS, avec le bilan catastrophique que l'on sait, nous serine, sans vergogne aucune, qu'ils auraient combattu leur mentor d'antan et instaur&#233; &#171; la d&#233;mocratie et la libert&#233; &#187; dans le pays, que peut-on penser d'autre, &#224; part le fait qu'ils prennent de monstrueuses licences avec l'histoire, qu'ils la tronquent, la d&#233;figurent, l'alt&#232;rent, sciemment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'ils en disent, le processus qui a conduit &#224; l'instauration du multipartisme au Tchad n'a jamais &#233;t&#233; le fait de leur choix : le MPS n'est pas n&#233; pour combattre la dictature au Tchad et instaurer une v&#233;ritable d&#233;mocratie dans ce pays ! Il est plut&#244;t le fruit, l'&#233;manation, des contradictions entre deux camps au sein de la dictature de la DDS, comme l'a &#233;t&#233;, des ann&#233;es auparavant, le CSM, le Conseil Sup&#233;rieur Militaire, qui avait pris le pouvoir, en 1973, sans avoir l'intention de changer quoi que ce soit ! Dans l'histoire des peuples, il est courant, voire classique, que diff&#233;rents bouts d'un m&#234;me pouvoir dictatorial ou d'une m&#234;me classe dirigeante bourgeoise se m&#232;nent une lutte &#224; mort sans que cela n'ait aucun rapport avec les aspirations des masses populaires &#224; de meilleures conditions de vie et &#224; plus de libert&#233;. Tel est ce qui s'est pass&#233; au sein de la dictature de l'UNIR entre Hissein Habr&#233; et ses principaux sous-fifres en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au multipartisme, il rel&#232;ve enti&#232;rement de la volont&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Impos&#233; par ce dernier, dans les ann&#233;es 90, dans son pr&#233;-carr&#233; africain, ce type de r&#233;gime &#233;tait la solution concoct&#233;e par la France pour faire face &#224; la situation particuli&#232;re d'alors, marqu&#233;e par trois choses essentielles. D'une part, il y avait la faillite, l'usure, des dictatures des partis uniques. Au bout de trente ans, qui avaient permis &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses valets locaux de s'enrichir vachement en exploitant les masses populaires, ces dictatures avaient fait leur temps : us&#233;es, honnies, elles n'arrivaient plus &#224; cacher les in&#233;galit&#233;s ni &#224; servir de pr&#233;texte &#224; &#171; l'unit&#233; nationale &#187;, comme le pr&#233;tendaient les dirigeants de l'&#233;poque. D'autre part, les pays africains subissaient douloureusement, en cette p&#233;riode, les contrecoups de la crise &#233;conomique, qui avait entra&#238;n&#233; une chute drastique des prix des mati&#232;res premi&#232;res, et de la politique d'ajustement structurel. Cela avait comme cons&#233;quence le d&#233;graissage dans les secteurs publics, la privatisation des entreprises &#233;tatiques, la fermeture de certaines d'entre elles, la suppression des bourses, le non recrutement dans la fonction publique, etc., avec, comme corollaire, une d&#233;gradation brutale des conditions de vie des masses populaires, comme jamais auparavant, entra&#238;nant, &#224; son tour, de multiples explosions de col&#232;re : des gr&#232;ves, des &#233;meutes, des r&#233;voltes, qui secouaient pratiquement tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces luttes ont donc fini par obliger l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; changer de fusil d'&#233;paule, &#224; l&#226;cher les dictatures des partis uniques, en demandant &#224; ses diff&#233;rents valets africains de ravaler la fa&#231;ade hideuse de leurs pouvoirs en instaurant le multipartisme. L'objectif &#233;tait de chercher &#224; d&#233;samorcer la col&#232;re populaire, &#224; la domestiquer, afin qu'elle ne se transforme pas en une profonde explosion sociale et n'entra&#238;ne dans une d&#233;rive fatale tout le m&#233;canisme politique de domination &#233;chafaud&#233; depuis des d&#233;cennies par la France pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts. Cela s'est fait au moyen de changements formels &#8211; pluralisme politique, syndicats, presse ind&#233;pendante, &#233;lections-, sans pour autant que l'ordre social en vigueur ne change d'un iota : m&#234;me Etat, m&#234;me administration, m&#234;me arm&#233;e, m&#234;me police, m&#234;me justice, tous vou&#233;s &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie fran&#231;ais et de ses valets locaux, qui continuent &#224; s'enrichir de plus en plus, alors que les masses populaires s'enfoncent de plus en plus dans la d&#233;ch&#233;ance. M&#234;me l&#224; o&#249; il y a eu des alternances, le multipartisme n'a rien chang&#233; dans la vie r&#233;elle des couches populaires : partout, il cohabite avec la dictature, les in&#233;galit&#233;s, les violences de toutes sortes, ethniques, x&#233;nophobes, religieuses, dont les principales victimes sont les opprim&#233;s. De la d&#233;mocratie, il n'est qu'une p&#226;le copie, un affreux ersatz !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, arguer que le MPS aurait &#233;t&#233; fond&#233; pour combattre la dictature d'Hissein Habr&#233; afin d'instaurer la d&#233;mocratie dans le pays, c'est cr&#233;er une l&#233;gende, de toutes pi&#232;ces ! Le seul r&#244;le que cette organisation ait r&#233;ellement jou&#233;, c'est d'avoir &#233;t&#233; un instrument au service de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, dont celui-ci s'est servi pour chasser Hissein Habr&#233; du pouvoir parce que celui-ci avait peur m&#234;me d'un simple toilettage de sa dictature ! Voil&#224; qui explique que le seul changement op&#233;r&#233; par les principaux dirigeants du MPS s'est limit&#233;e &#224; une simple &#233;jection de leur ancien mentor du pouvoir. Pour l'essentiel, ils ont tout gard&#233; de l'ancien r&#233;gime dictatorial : m&#234;me Etat, m&#234;me arm&#233;e, m&#234;me administration, m&#234;me justice, m&#234;me police, avec quasiment les m&#234;mes hommes, y compris les dignitaires de l'UNIR qui avaient suivi Hissein Habr&#233; dans sa piteuse fuite avant de rebrousser chemin ! Les oripeaux pseudo d&#233;mocratiques dont se drape le r&#233;gime actuel, apr&#232;s l'instauration du multipartisme, ne sont, en r&#233;alit&#233;, qu'un nouvel habillage, des paillettes &#224; bon march&#233;, derri&#232;re lesquels se tapit le m&#234;me Etat qui, au fil du temps, malgr&#233; ses diff&#233;rentes m&#233;tamorphoses et le changement permanent de ses serviteurs, comme nulle part au monde, conserve son caract&#232;re fondamentalement dictatorial, tel qu'on le voit &#224; travers le fait que, depuis bient&#244;t vingt-neuf ans, c'est Idriss D&#233;by Itno et ses partisans qui, malgr&#233; le faisceau de multiples col&#232;res contre leur politique, gagnent inlassablement toutes les &#233;lections, interdisent aux populations le moindre droit de manifester ou de s'exprimer sur les m&#233;dias publics, radio et t&#233;l&#233;vision, transform&#233;s en officines o&#249; l'on entend qu'une seule version des faits, un seul son de cloche : les leurs, comme au temps de l'UNIR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus que tout cela, ce sont les conditions de vie, impos&#233;es aux travailleurs et aux masses opprim&#233;es, qui expriment de la fa&#231;on la plus &#233;clatante la nature profond&#233;ment dictatoriale du pouvoir actuel ! Car, quand les responsables du MPS parlent de &#171; libert&#233; &#187;, de &#171; d&#233;mocratie &#187;, qu'est-ce que cela signifie pour la majorit&#233; pauvre de ce pays qui, m&#234;me avec un travail, vit au jour le jour, trime, tire le diable par la queue ? Qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour les millions d'opprim&#233;s qui ne mangent qu'une seule fois par jour, ont du mal &#224; se soigner, &#224; se loger, &#224; acc&#233;der &#224; l'eau potable, &#224; &#233;duquer leurs enfants, dont nombreux deviennent des cireurs de chaussures, des gar&#231;ons et des filles &#224; tout faire dans les familles des riches, des d&#233;linquants, des prostitu&#233;s, juste pour assurer leur pitance ? Qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour les jeunes issus des couches populaires, dipl&#244;m&#233;s ou pas, condamn&#233;s par leur politique &#224; un ch&#244;mage end&#233;mique, qui secr&#232;te un d&#233;sespoir profond &#224; tel point que nombre d'entre eux vont jusqu'&#224; se faire enr&#244;ler dans les diff&#233;rentes bandes arm&#233;es qui pullulent dans la r&#233;gion ou se lancer dans la p&#233;rilleuse aventure de la migration vers d'autres cieux, assumant &#224; la fois le risque de mourir dans le d&#233;sert ou la M&#233;diterran&#233;e, mais aussi, de se faire arr&#234;ter et emprisonner par le pouvoir pour avoir os&#233; fuir la mis&#232;re qu'il leur impose, &#224; eux et leurs parents ? Oui, qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour l'ensemble des travailleurs et des opprim&#233;s du pays, victimes de leur politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, quand les dirigeants du MPS parlent de &#171; libert&#233; &#187;, de &#171; d&#233;mocratie &#187;, il s'agit de celles dont jouissent les riches : les dirigeants des trusts internationaux et leurs valets locaux, qu'ils soient blancs, jaunes ou noirs, qui ont le droit, la libert&#233;, d'exploiter les populations et les richesses du pays pour faire du profit, de piller les caisses de l'Etat en toute impunit&#233;, emp&#234;chant ainsi la majorit&#233; pauvre de la nation d'acc&#233;der au minimum vital ! Il en est de m&#234;me des expressions comme &#171; la paix &#187;, &#171; la coh&#233;sion sociale &#187;, &#171; la d&#233;fense de la patrie &#187;, qui reviennent de fa&#231;on r&#233;currente dans leurs discours : derri&#232;re tous ces mots, ce qui pr&#233;occupe les responsables du MPS, c'est la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts de privil&#233;gi&#233;s locaux et ceux des multinationales, dont ils sont les serviteurs ! Des pr&#233;occupations des mases opprim&#233;es, ils n'ont cure et se moquent &#233;perdument ! Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'&#233;crasante majorit&#233; de ceux qui ont applaudi les bombardements des Mirages fran&#231;ais sont les diff&#233;rents profiteurs de la mangeoire gouvernementale : Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me, bien s&#251;r, les ministres, les d&#233;put&#233;s, les gouverneurs, les responsables du MPS, grands et petits, mais aussi leurs op&#233;rateurs &#233;conomiques, leurs alli&#233;s de tout genre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a jou&#233; aussi sa partition dans cette orgie de d&#233;clarations intempestives, non d&#233;nu&#233;es d'arri&#232;res pens&#233;es et de calculs ! Dans la foul&#233;e des dirigeants des organisations militaires, les responsables des partis politiques de l'opposition ont aussi d&#233;nonc&#233; l'intervention de la France dans les affaires politiques du pays : &#171; L'intervention militaire fran&#231;aise (&#8230;) est politiquement inopportune, juridiquement incertaine, et militairement disproportionn&#233;e. Elle suscite donc plus qu'une r&#233;probation, une condamnation (&#8230;). &#187;, on-t-ils &#233;crit, dans un communiqu&#233;, rendu public dans N'Djam&#233;na Bi-Hebdo, du 25 f&#233;vrier, sign&#233; par Saleh Kebzabo au nom des &#171; Partis politiques de l'opposition &#187;. Ils n'ont pas non plus manqu&#233; de critiquer les menaces que le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MPS avait prof&#233;r&#233;s contre eux pour avoir protest&#233; contre l'intervention militaire fran&#231;aise. Leur chef de file, Saleh Kebzabo, a m&#234;me d&#233;fi&#233; le pouvoir de mettre &#224; ex&#233;cution ses menaces : &#171; Nous attendons de pied ferme ceux qui menacent de poursuivre un homme politique ou un journaliste pour avoir exprim&#233; ses opinions sur le sujet. C'est un relent de dictature qui ne fera qu'accentuer les crises multiformes que traverse le Tchad &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; dans N'Djam&#233;na Bi-Hebdo du 25 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si les diff&#233;rents responsables de l'opposition, tan politique que militaire, ont protest&#233; contre l'intervention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ils n'ont pas, pour autant, mis en cause sa politique dans le pays, ni exprim&#233; la moindre vell&#233;it&#233; de s'&#233;manciper de lui. Malgr&#233; les mots durs utilis&#233;s contre le caract&#232;re dictatorial du pouvoir, ils n'&#233;cartent pas non plus de discuter avec D&#233;by et son clan, de dialoguer avec eux : tous, parlementaires comme militaires, consid&#232;rent, en effet, que la France est incontournable dans la r&#233;solution de l'impasse actuelle o&#249; le pays se trouve plong&#233;. Aussi voudraient-ils donc qu'elle use de son influence pour que Idriss D&#233;by Itno acc&#232;de &#224; leur vieux v&#339;u de discuter avec eux dans le cadre d'un dialogue inclusif. Dans les colonnes de L'Observateur du 13 f&#233;vrier, Saleh Kebzabo a pr&#233;cis&#233; ainsi les conditions de cette perspective : &#171; La r&#233;action de la France est ill&#233;gitime. Elle doit plut&#244;t jouer un r&#244;le de passerelle. Le gouvernement fran&#231;ais doit au contraire aider les Tchadiens &#224; ce qu'ils arrivent &#224; un dialogue inclusif comme nous l'avons r&#233;clam&#233; (&#8230;) &#187;, a-t-il clarifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne peut, pour l'instant, dire si Idriss D&#233;by Itno finira par satisfaire le v&#339;u de son opposition en organisant un dialogue inclusif qui r&#233;unira toute la classe dirigeante. Seul l'avenir le dira, d'autant plus que cette perspective d&#233;pend plus de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais que l'humeur de ses valets au pouvoir. Mais d'ores et d&#233;j&#224;, on peut constater que les r&#233;actions des uns et des autres, suscit&#233;es par les bombardements effectu&#233;s par des Mirages fran&#231;ais les 3 et 7 f&#233;vrier, ne sont contradictoires qu'en apparence : conditionn&#233;es plut&#244;t par des motivations politiciennes inavou&#233;es, elles sont loin des aspirations des masses opprim&#233;es &#224; une vie meilleure et &#224; plus de libert&#233;. Elles visent surtout, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; renforcer la domination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sur le pays. Elles d&#233;montrent ainsi, au passage, que, rigoureusement, D&#233;by Itno et les dirigeants de son opposition, parlementaire ou arm&#233;e, d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux des riches, des trusts et des privil&#233;gi&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bisbilles et autres combats actuels entre ces gens-l&#224; ne pourraient, par cons&#233;quent, &#234;tre ceux des masses populaires ! Sur tous les terrains, ce sont des luttes entre les enfants d'une m&#234;me famille, celle des politiciens bourgeois du pays qui se disputent le pouvoir, sous l'Oeil distrait de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Quelle qu'en soit donc l'issue, pour les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, rien de fondamental ne changera. Il n'y aura ni am&#233;lioration de leurs conditions de vie, ni plus de libert&#233; qu'avant : ce sera toujours la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes abus et exactions, la m&#234;me dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour que leurs conditions de vie s'am&#233;liorent, qu'ils acc&#232;dent aux libert&#233;s essentielles, les travailleurs et les masses opprim&#233;es n'ont-ils pas d'autre choix que de compter sur eux-m&#234;mes, de ne faire confiance qu'en leurs propres combats, de se d&#233;fendre collectivement, en se rassemblant sur la base de leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et en utilisant leurs propres armes : la gr&#232;ve et la force de la rue, contre l'ordre impos&#233; par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses valets locaux, quels qu'ils soient !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;TCHAD : L'AVENIR EST ENTRE LES MAINS DES TRAVAILLEURS !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comme il fallait s'y attendre, s'appuyant sur les structures con&#231;ues &#224; cette effet, en l'occurrence la CENI et le Conseil Constitutionnel, qui lui sont inf&#233;od&#233;es, Idriss D&#233;by Itno, sans le moindre scrupule, toute honte bue, n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; se faire proclamer vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ! Au premier tour, et avec la mani&#232;re, s'il vous pla&#238;t : nuitamment, tard le soir, presqu'en catimini, sous un quadrillage militaire hideux des principaux centres urbains du pays, N'Djam&#233;na et Moundou, notamment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle s'&#233;tait d&#233;roul&#233;e sous le signe d'un engouement populaire sans pr&#233;c&#233;dent, marqu&#233; par un profond d&#233;sir de changement, expression d'un rejet massif de la politique des dirigeants du MPS au pouvoir depuis bient&#244;t vingt-six ans, cette forfaiture, s'il en est encore besoin, d&#233;montre, certes, de fa&#231;on &#233;clatante, le caract&#232;re combien dictatorial de l'ordre actuel en vigueur. Mais, elle va m&#234;me plus loin, au-del&#224; des p&#233;rip&#233;ties circonstancielles d'une &#233;lection : elle illustre surtout le fait que, entre le r&#233;gime d&#233;chu d'Hissein Habr&#233;, - ce dictateur, ancien mentor d'Idriss D&#233;by Itno et consorts, qui vient d'&#234;tre condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233;, &#224; juste raison, &#224; cause des multiples crimes commis, des ann&#233;es durant, sous son r&#232;gne &#8211; et le pouvoir actuel, il n'y a, en r&#233;alit&#233;, aucune diff&#233;rence de fond. C'est, essentiellement, le m&#234;me Etat, avec pratiquement les m&#234;mes hommes, surtout au niveau des principaux leviers de commandement, et, par cons&#233;quent, les m&#234;mes m&#339;urs, les m&#234;mes pratiques : culte naus&#233;abond de personnalit&#233;, qui voudrait faire d'Idriss D&#233;by Itno le centre incontournable de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle du pays, ethnisme, tribalise, r&#233;gionalise, client&#233;lisme, &#233;rig&#233;s en m&#233;thode de gouvernement et pouss&#233;s &#224; des extr&#234;mes jamais atteints auparavant, exploitation des ressources humaines et naturelles au profit d'une minorit&#233; de parasites, dilapidation, pillage des deniers publics, arrestations arbitraires, libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires &#233;touff&#233;es, musel&#233;es, broy&#233;es, sous un chape dictatoriale, tous, des faits nus et t&#234;tus, qui &#233;voquent les heures sombres de la p&#233;riode du parti unique sous Hissein Habr&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protestant contre les all&#233;gations des dirigeants du MPS selon lesquelles ils auraient apport&#233; la libert&#233; et la d&#233;mocratie dans le pays, cette forfaiture prouve plut&#244;t, de fa&#231;on &#233;clatante, que, le 1er d&#233;cembre 1990, les anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233;, qui ont pris le pouvoir, se sont juste content&#233;s de l'en chasser pour continuer &#224; faire la m&#234;me politique que lui, avec le soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, bien s&#251;r, mais aussi celui de la classe dirigeante d'alors, c'est-&#224;-dire des dignitaires, des notables et autres caciques du r&#233;gime d&#233;chu. Le multipartisme, la cr&#233;ation des partis, des syndicats, d'associations, l'&#233;closion d'une presse ind&#233;pendante, les &#233;lections, les structures &#233;tatiques, comme la CENI ou le Conseil Constitutionnel, qui viennent de faire &#233;talage de leurs limites, toutes ces choses qu'Idriss D&#233;by Itno a consenti &#224; r&#233;aliser sous la pression de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais notamment, pour se sacrifier &#224; l'air du temps, ne sont, somme toute, qu'un simple trompe-l'&#339;il : derri&#232;re ces parures pseudo d&#233;mocratiques, en r&#233;alit&#233;, se cache le m&#234;me pouvoir d'antan, le m&#234;me Etat, sous un nouvel habillage, certes, mais sans que, au fil du temps, ses m&#233;tamorphoses, ses mutations, comme le renouvellement permanent de son personnel politique n'aient ni chang&#233; ni alt&#233;r&#233; sa nature profond&#233;ment dictatoriale, tel que vient de le montrer le hold-up &#233;lectoral r&#233;alis&#233; par Idriss D&#233;by Itno, en s'appuyant essentiellement sur l'arm&#233;e, - dont toute l'architecture, de la hi&#233;rarchie de commandement aux &#233;chelons inf&#233;rieurs en passant par les structures interm&#233;diaires, est con&#231;ue exclusivement pour la d&#233;fense de son pouvoir -, en plus du soutien ind&#233;fectible de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devrait-on attendre alors de cette &#233;ni&#232;me forfaiture, qui met &#224; nu la nature dictatoriale du pouvoir actuel ? Rien ! Absolument rien qui ne soit d&#233;j&#224; connu ! Les principaux b&#233;n&#233;ficiaires de ce hold-up &#233;lectoral sont et seront les m&#234;mes que ceux d'hier, qui, depuis des d&#233;cennies, s'empiffrent, se gavent, s'engraissent gr&#226;ce &#224; l'exploitation des ressources tant humaines que naturelles du pays : il s'agit notamment des trusts et multinationales, occidentaux, asiatiques ou autres, qui ont une mainmise sur l'&#233;conomie, mais aussi des valets de ces derniers, de la minorit&#233; de parasites locaux, qui constituent nos propres privil&#233;gi&#233;s, - les hommes d'affaires, tels les fameux op&#233;rateurs &#233;conomiques du MPS, devenus des millionnaires et des milliardaires gr&#226;ce &#224; la surfacturation, les membres du gouvernent, les principaux responsables de l'administration, de l'arm&#233;e, des grandes institutions, les d&#233;put&#233;s, les maires, les dignitaires du parti au pouvoir, etc -, qui profitent tous, d'une fa&#231;on ou d'une autre, des miettes qui tombent de la table &#224; manger de la bourgeoisie mondiale, comme l'illustre le train de vie insolent qu'ils m&#232;nent dans l'un des pays les plus pauvres au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le nouveau coup de force perp&#233;tr&#233; par Idriss D&#233;by Itno ne changera rien dans les conditions de vie des couches populaires. Pour celles-ci, comme par le pass&#233;, ce sera toujours l'exploitation, la pauvret&#233;, la chert&#233; de la vie, les bas salaires, le ch&#244;mage, les privations des droits &#233;l&#233;mentaires, les arrestations arbitraires, comme on l'a vu derni&#232;rement avec l'incarc&#233;ration des dirigeants syndicalistes et des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, dont le seul tort avait &#233;t&#233; de projeter de faire une marche, une chose tol&#233;r&#233;e par la loi, qui fait partie des m&#339;urs naturellement v&#233;cues sous d'autres cieux, mais qui, au Tchad d'Idriss D&#233;by Itno, pose probl&#232;me ! Vu la baisse du prix du p&#233;trole sur le march&#233; mondial, dont le pouvoir se sert comme d'un pr&#233;texte pour qu&#233;mander, mendier des aides sur la sc&#232;ne internationale, aupr&#232;s des puissances imp&#233;rialistes et autres bailleurs de fonds, il y a m&#234;me de fortes chances que les conditions de vie d&#233;j&#224; difficiles des plus d&#233;munis s'aggravent de plus en plus &#224; cause, d'une part, des mesures d'aust&#233;rit&#233; prises par le pouvoir sous le fallacieux pr&#233;texte de faire des &#233;conomies et, d'autre part, des licenciements op&#233;r&#233;s par le patronat, qui vont tous s'amplifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s ne devraient rien attendre d'Idriss D&#233;by Itno. Les promesses &#233;lectorales faites par celui-ci ne sont qu'un leurre, un long chapelet de mensonges, dont le but est de cacher la seule et unique politique qu'il a appliqu&#233;e jusqu'alors depuis vingt-six ans et qu'il va continuer &#224; imposer : vider les bouches et les poches des pauvres et des affam&#233;s pour remplir celles des riches et des trop rassasi&#233;s, tel que le veut la loi implacable du capitalisme dont il est, avec d'autres, l'un des principaux serviteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans la situation politique actuelle, marqu&#233;e par le contentieux &#233;lectoral entre la dictature de D&#233;by et les politiciens de l'opposition, les masses populaires n'auraient pas non plus int&#233;r&#234;t &#224; se faire des illusions par rapport &#224; ces derniers pour sortir de l'impasse pr&#233;sente et acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de vie. Certes, les candidats d&#233;sign&#233;s comme perdants ont raison de contester les r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et de demander que le vote des populations soit respect&#233;. Mais leur agenda ne pourrait en aucun cas &#234;tre celui des masses opprim&#233;es car, m&#234;me si, par miracle, l'un d'entre eux arrivait au pouvoir, cela n'entrainerait pas non plus des changements notables pour les couches populaires parce que, tous ces gens-l&#224;, les D&#233;by, Kebzabo, Gali, Alhabo et autres, appartiennent, en r&#233;alit&#233;, au m&#234;me monde : bien de choses les lient les uns aux autres, ils ont travaill&#233; ensemble, sous la dictature d'Hissein Habr&#233; ou celle qui dirige aujourd'hui. Rigoureusement, ils d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux des riches, des bourgeois et privil&#233;gi&#233;s tchadiens et, au-dessus de ces derniers, ceux de l'imp&#233;rialisme, fran&#231;ais, am&#233;ricain ou chinois. Que donc certains soient &#224; la t&#234;te de la dictature et que d'autres dirigent une opposition parlementaire ou m&#234;me arm&#233;e contre celle-ci, cela ne doit pas faire illusion : ni politiquement ni socialement, ils ne sont diff&#233;rents les uns des autres. On l'a vu notamment lors de la campagne &#233;lectorale, au cours de laquelle ils d&#233;clinaient leurs programmes politiques, qui sont fondamentalement identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, oui, m&#234;me s'il est juste de contester le hold-up &#233;lectoral r&#233;alis&#233; par Idriss D&#233;by Itno et ses comparses, le bras de fer actuel entre ceux-ci et certains candidats de l'opposition parlementaire ne concerne en rien les masses opprim&#233;es ! C'est un combat, sur le terrain &#233;lectoral, entre les enfants d'une m&#234;me famille, celle des politiciens bourgeois du pays, qui se disputent le pouvoir. Par cons&#233;quent, quelle qu'en soit l'issue, pour les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, rien de fondamental ne changera. Il n'y aura ni am&#233;lioration de leurs conditions de vie, ni plus de libert&#233; qu'avant : ce sera toujours la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes abus et exactions, la m&#234;me dictature, tel un bras arm&#233; charg&#233; de veiller sur cet ordre-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle divis&#233;e en classes sociales, la ligne de d&#233;marcation ne saurait ni ne pourrait &#234;tre entre, d'un c&#244;t&#233;, des pr&#233;tendus d&#233;mocrates, et, de l'autre, des tenants de la dictature. Elle est plut&#244;t entre riches et pauvres, oppresseurs et opprim&#233;s, bourgeois et prol&#233;taires. Or, les politiciens qui nous dirigent ou ceux qui aspirent &#224; le faire et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ne se feront jamais hara kiri pour que les opprim&#233;s s'&#233;mancipent de leur domination et acc&#232;dent &#224; des conditions de vie meilleures. La bourgeoisie, quelle qu'elle soit, n'a pas, en effet, de tendance suicidaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, pour sortir de cette impasse dans laquelle les maintient la dictature d'Idriss D&#233;by Itno, la seule perspective qui s'offre aux travailleurs et &#224; l'ensemble des opprim&#233;s, c'est celle de leurs propres luttes, politiques et sociales, sous la forme d'une riposte collective du monde du travail et d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale des couches populaires ! En effet, si les masses opprim&#233;es veulent acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles et &#224; l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie, par le biais d'une r&#233;partition juste des richesses, fruit de leur travail et de leur sueur, elles ne pourraient pas faire l'&#233;conomie des luttes populaires, politiques et sociales, n&#233;cessaires et indispensables, que leur impose le capitalisme &#224; travers le pouvoir dictatorial qui r&#232;gne de N'Djam&#233;na. Les libert&#233;s d&#233;mocratiques, l'am&#233;lioration des conditions de vie et le droit &#224; une existence digne de notre &#233;poque ne sauraient &#234;tre discut&#233;s, ni n&#233;goci&#233;s, ni marchand&#233;s avec les tenants du pouvoir actuel, moins encore obtenus par un bout de papier dans une urne, comme vient de le d&#233;montrer le hold-up &#233;lectoral perp&#233;tr&#233; par Idriss D&#233;by Itno : ils ne pourraient qu'&#234;tre le fruit des luttes, politiques et sociales, des masses laborieuses elles-m&#234;mes. Pour qu'ils existent, de fa&#231;on durable, qu'ils soient respect&#233;s et v&#233;cus comme des m&#339;urs normales, ils devraient &#234;tre arrach&#233;s et impos&#233;s par celles-ci, en dehors de la l&#233;galit&#233; constitutionnelle actuelle, dans la rue. Il ne pourrait en &#234;tre autrement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas longtemps, le viol de la jeune Zouhoura par des enfants pourris des dignitaires du r&#233;gime a d&#233;clench&#233; dans tout le pays une vague d'indignation qui s'est transform&#233;e en une profonde exasp&#233;ration, expression d'un profond ras le bol populaire, symbole d'un rejet de la politique du pouvoir, de ses injustices, ses in&#233;galit&#233;s, en plus du m&#233;pris de ses responsables. De fa&#231;on spontan&#233;e, cette contestation a tr&#232;s vite pris une forme organis&#233;e : des structures syndicales et de la soci&#233;t&#233; civile se sont coalis&#233;es, ont form&#233; un collectif, une sorte de coordination des luttes, d&#233;nomm&#233;e &#171; Ca suffit &#187;, &#224; l'origine de plusieurs initiatives : une marche, qui a &#233;t&#233; interdite, un mot d'ordre de &#171; villes mortes &#187;, largement suivi, notamment dans la capitale, un autre de &#171; Sifflet citoyen &#187;, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e &#224; la suite des arrestations des responsables syndicaux et ceux des organisations des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forme d'organisation, in&#233;dite dans l'histoire du pays, a &#233;branl&#233; le pouvoir &#224; tel point qu'il a r&#233;ellement pris peur. Aussi est-ce dans cette direction qu'il faudrait aller de nouveau, en se donnant les moyens de reprendre la lutte, &#224; un moment ou &#224; un autre. L'exp&#233;rience des derni&#232;res luttes multiformes, dont le souvenir est encore vivace dans l'esprit des gens, devrait servir de point d'ancrage, &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un tour de chauffe, une &#233;tape, un jalon, dans le processus d'une strat&#233;gie globale &#224; &#233;laborer, &#224; construire patiemment, m&#233;thodiquement, pour aller vers un mouvement de &#171; tous ensemble &#187;, organis&#233; autour de la classe ouvri&#232;re notamment, contre la dictature d'Idriss D&#233;by Itno !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes politiques actuels au pouvoir, leur gouvernement, leurs partisans et le patronat qui les soutient, ne changeront de politique et ne tiendront compte des aspirations populaires que forc&#233;s et contraints. Mais, le rapport des forces entre eux, le monde du travail et l'ensemble des opprim&#233;s ne peut pas &#234;tre chang&#233; par les formes de lutte utilis&#233;es traditionnellement jusqu'aujourd'hui, c'est-&#224;-dire une gr&#232;ve dans un secteur donn&#233;, isol&#233;e des autres ou des n&#233;gociations secteur par secteur, entreprise par entreprise. Pour changer la donne, pour faire plier le pouvoir, il faudrait donc une mobilisation g&#233;n&#233;rale de toute la classe ouvri&#232;re, qui, de par sa position de choix au c&#339;ur de l'&#233;conomie, a la force de bloquer totalement celle-ci, de paralyser tout le pays et d'imposer les revendications populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc vers cette perspective-l&#224; qu'il faudrait aller, avec l'objectif d'amplifier les luttes, de les unifier, pour construire, m&#233;thodiquement, une mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les travailleurs du pays, du public et du priv&#233;, qui unirait dans le m&#234;me combat les salari&#233;s de l'Education Nationale et ceux de la SONASUT, ceux de la Sant&#233; et ceux de la Coton Tchad, ceux de l'Energie et ceux du Transport, ceux des Banques et ceux du B&#226;timent, ceux de la Poste et T&#233;l&#233;communication et ceux du Commerce, ceux du P&#233;trole et des Mines et ceux de l'Information et de l'Audiovisuel, ceux des Assurances et ceux de la Culture, mais aussi les actifs et les ch&#244;meurs, les pr&#233;caires et les retrait&#233;s, les licenci&#233;s, les contractuels, les vacataires, etc, dans une riposte collective contre la politique du pouvoir, car, quels que soient les secteurs d'activit&#233;, la cat&#233;gorie et le statut des uns des autres, tous les travailleurs ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les m&#234;mes ennemis, en l'occurrence, l'Etat, au-dessus duquel tr&#244;ne Idriss D&#233;by Itno, et le patronat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien, il reviendrait aux syndicats de porter cette perspective-l&#224;, notamment &#224; l'UST, le plus combatif et le plus important d'entre eux, en alliance, en solidarit&#233;, avec les autres centrales. Mais, dans ce combat, tout en g&#233;n&#233;ralisant et unifiant les luttes dirig&#233;es par eux-m&#234;mes, les travailleurs auraient int&#233;r&#234;t &#224; reproduire, mais &#224; grande &#233;chelle, l'exp&#233;riences des derni&#232;res luttes en s'ouvrant aussi &#224; d'autres cat&#233;gories de la population qui souffrent des m&#234;mes probl&#232;mes qu'eux : aux organisations des droits de l'homme, bien s&#251;r, mais aussi aux associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des jeunes, des consommateurs, des journalistes, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, des travailleurs agricoles et d'autres, qui constituent des millions d'opprim&#233;s &#233;trangl&#233;s, comme eux, par la m&#234;me crise du capitalisme et la politique du gouvernement. Ils pourraient ainsi leur servir de boussole, les regrouper autour d'eux, leur offrir une politique, les entra&#238;ner, et, de cette fa&#231;on, par un mouvement &#171; de tous ensemble &#187;, cr&#233;er avec eux un nouveau rapport des forces capable de faire reculer la dictature et de lui imposer les changements n&#233;cessaires, tant sur le plan social que politique. A part le MPS et ses alli&#233;s, &#233;videmment, les organisations ou les militants politiques qui le d&#233;sireraient pourraient aussi participer &#224; cette mobilisation, &#224; condition, toutefois, qu'ils se mettent au service des luttes et des revendications des masses laborieuses et non qu'ils en prennent la t&#234;te : c'est aux travailleurs et les autres couches opprim&#233;es de diriger eux-m&#234;mes leurs combats, en choisissant et contr&#244;lant leurs propres repr&#233;sentants. Ils ne devraient se mettre &#224; la remorque de personne, en tout cas, pas derri&#232;re des politiciens bourgeois et opportunistes qui, &#224; la moindre occasion, les trahiront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la perspective-l&#224; qu'il conviendrait de discuter, d&#232;s maintenant, dans les usines, les entreprises, mais aussi les bureaux, les universit&#233;s, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les chantiers, les ateliers, les gares routi&#232;res, les &#171; tachas &#187;, les march&#233;s, les quartiers, les villages, etc, dans le but clairement affich&#233; de pr&#233;parer, dans les jours et les mois &#224; venir, une riposte collective du monde du travail et une mobilisation de l'ensemble des opprim&#233;s afin de d&#233;fendre le droit &#224; la vie des populations pauvres. Les discussions devraient s'accompagner de la tenue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cidant des revendications des uns et des autres, mais aussi de la cr&#233;ation de comit&#233;s de liaisons entre travailleurs du public et du priv&#233;, entre une entreprise d'un secteur donn&#233; et une autre sp&#233;cialis&#233;e dans une activit&#233; diff&#233;rente, entre organisations syndicales et celles des femmes, des jeunes, des ch&#244;meurs ou de d&#233;fense des droits de l'homme, afin d'aboutir &#224; une coordination tant locale que nationale des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir est donc entre les mains des travailleurs et de l'ensemble des masses opprim&#233;es, dans leur mobilisation, leur organisation et leurs luttes ! Ce n'est pas la d&#233;termination des couches populaires d'en finir avec la mis&#232;re ou de trouver une autre issue &#224; leur situation en g&#233;n&#233;ral qui fait d&#233;faut, comme le montrent les diff&#233;rentes luttes d&#233;clench&#233;es &#224; la suite du viol de Zouhoura ou celles d'avant. Ce qui manque, c'est la perspective qu'il faudrait pour que ces luttes soient efficaces et servent r&#233;ellement &#224; changer les conditions de vie de la majorit&#233; opprim&#233;e, c'est-&#224;-dire un mouvement d'ensemble de tous les travailleurs, secteurs et cat&#233;gories confondus, du public comme du priv&#233;, et de l'ensemble des opprim&#233;s, quelles que soient leurs ethnies, leurs r&#233;gions, leurs religion, sous la forme d'une vaste mobilisation populaire, dirig&#233;e par eux-m&#234;mes pour imposer les changements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est &#224; cette perspective-l&#224; que devraient s'atteler tous ceux qui, syndicalistes, militants des partis politiques, des associations de tout genre, femmes, hommes, vieux, jeunes, sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s tant par les conditions de vie des populations pauvres que par la dictature et aspirent &#224; de v&#233;ritables changements. Cela devrait se faire sous la forme d'une action consciente, d'une d&#233;marche d&#233;lib&#233;r&#233;e, organis&#233;e, avec rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour que se r&#233;alisent les changements n&#233;cessaires dignes de leurs attentes et aspirations, il est vital que les masses opprim&#233;es interviennent, fassent irruption dans la sc&#232;ne politique, dans les lieux, les sph&#232;res o&#249; se prennent les d&#233;cisions essentielles les concernant au premier chef, o&#249; se d&#233;cident leur sort et leur vie, et ce, avec leurs propres armes et m&#233;thodes. Par ailleurs, si ce type de combat se d&#233;veloppe, s'amplifie au point de faire reculer la dictature et lui imposer les revendications populaires, immanquablement, en na&#238;tront des possibilit&#233;s sup&#233;rieures. Alors tout sera-t-il possible, y compris le renversement de la dictature actuelle, car, l'arm&#233;e d'Idriss D&#233;by Itno, sa police, sa gendarmerie, m&#234;me avec le soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ne seront jamais suffisamment fortes pour endiguer une mise en branle de millions de travailleurs et d'opprim&#233;s, d&#233;cid&#233;s &#224; trouver une issue &#224; leur situation au moyen d'une vaste et profonde mobilisation populaire s'exprimant aussi bien par des gr&#232;ves dans les secteurs &#233;conomiques vitaux que par des manifestations monstres dans la rue. La dictature, fond&#233;e sur la bande arm&#233;e au pouvoir, ne pourra rien faire face l'ensemble des opprim&#233;s de la ville de N'Djam&#233;na, debout, entra&#238;nant derri&#232;re eux ceux de Moundou, de Sarh, de Bongor, d'Ab&#233;ch&#233;, de Mao, de Faya, de La&#239;, de Fada etc, sous la forme d'une riposte collective de l'ensemble des masses populaires, de toutes les r&#233;gions, de toutes les ethnies, de toutes les religions, unies autour de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre consciemment leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques contre la politique du pouvoir et d'imposer &#224; ce dernier les changements auxquels elles aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'enjeu ! Il est de taille, certes, mais, &#224; part le fait d'&#234;tre le seul qui en vaille la peine, il est aussi &#224; port&#233;e de main : les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s constituent une force colossale, la seule qui soit capable de tout changer, de transformer radicalement la soci&#233;t&#233;. Alors, s'ils en ont l'ambition, s'ils s'emparent de cette perspective-l&#224; et, de fa&#231;on m&#233;thodique, consciente, organis&#233;e, se lancent dans une riposte collective contre la politique des dirigeants du MPS, au nom de leur doit &#224; la vie, ils pourront non seulement faire avaler aux politiciens au pouvoir leur morgue, leur &#171; hougoura &#187;, mais aussi imposer les revendications populaires et ouvrir le chemin vers un avenir meilleur !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;LE DIALOGUE INCLUSIF EST UN LEURRE,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN PIEGE POUR LES MASSES OPPRIMEES !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors de son r&#233;cent voyage au Soudan, les 8 et 9 f&#233;vrier derniers, Idriss D&#233;by a lanc&#233; un appel aux dirigeants de l'opposition arm&#233;e : il les a invit&#233;s &#171; &#224; rentrer au pays &#187;. Pour &#234;tre cr&#233;dible, il s'est m&#234;me engag&#233; &#171; &#224; leur assurer toutes les garanties de s&#233;curit&#233; pour leur permettre de se r&#233;ins&#233;rer honorablement dans la vie publique et civique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en a pas fallu plus pour que l'UFR, la coalition arm&#233;e de l'opposition, saisisse l'opportunit&#233; qui lui avait &#233;t&#233; ainsi offerte pour proposer la perspective d'uns solution n&#233;goci&#233;e de la crise actuelle : d'abord, le 10 f&#233;vrier, par le truchement d'un communiqu&#233; publi&#233; par sa repr&#233;sentation en Europe, elle a affirm&#233; &#171; sa disponibilit&#233; pour trouver une solution pacifique de la crise tchadienne, &#224; travers un dialogue national, incluant tous les acteurs concern&#233;s, avec l'aide de la communaut&#233; internationale &#187; ; ensuite, le 23 du m&#234;me mois, par le biais d'un autre communiqu&#233; rendu public, cette fois-ce, par son porte-parole, elle a r&#233;it&#233;r&#233; son &#171; appel pour une rencontre de r&#233;conciliation, qui ouvre la voie &#224; un dialogue inclusif (&#8230;) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prise de position de l'opposition arm&#233;e n'est ni in&#233;dite ni surprenante. En effet, comme elle l'a fait remarquer elle-m&#234;me dans ses communiqu&#233;s, quoiqu'elle ait r&#233;uni d'&#233;normes moyens militaires, tant en hommes qu'en mat&#233;riel, malgr&#233; les apparences, celle-ci n'a jamais &#233;t&#233; hostile &#224; l'id&#233;e de trouver une solution n&#233;goci&#233;e de la crise politique actuelle par le biais d'un cadre de discussions &#233;largi. Loin s'en faut ! A en croire les d&#233;clarations de certains de ses principaux dirigeants, paradoxalement, il semblerait m&#234;me que les offensives qu'elle lance de temps en temps contre le pouvoir de D&#233;by n'aient pas pour objectif de faire tomber la dictature, mais seulement d'obliger celle-ci &#224; accepter la perspective d'une solution n&#233;goci&#233;e de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'UFR n'est pas la seule organisation &#224; r&#233;clamer &#171; un d&#233;bat national &#187; pour r&#233;soudre la crise actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, face &#224; l'impasse sanglante dans laquelle la dictature de D&#233;by a entra&#238;n&#233; le pays et aux affrontements militaires qui en ont d&#233;coul&#233; comme une cons&#233;quence logique, depuis des ann&#233;es, nombreuses sont les voix qui se l&#232;vent r&#233;guli&#232;rement pour demander la tenue d'une rencontre baptis&#233;e pour la circonstance &#171; dialogue inclusif &#187; : celle-ci, selon elles, devrait comprendre les principaux acteurs de la crise, c'est-&#224;-dire le pouvoir, les diff&#233;rentes composantes de son opposition, mais aussi les syndicats, les diverses associations, les ONG, les chefs religieux et traditionnels, etc, qu'on regroupe g&#233;n&#233;ralement sous le vocable de &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unie au sein de la CPDC, la Coordination de Partis Politiques Pour la D&#233;fense de la Constitution, l'opposition parlementaire aussi, dont l'objectif, d&#232;s le d&#233;but, y compris &#224; l'&#233;poque d'Ibni Oumar Mahamat saleh, est de ne pas affronter la dictature, de quelque mani&#232;re que ce soit, milite naturellement pour ce d&#233;bat, comme l'UFR. Alors que l'essentiel de ses dirigeants ont ralli&#233; le pouvoir, y occupent d'importants postes minist&#233;riels, officiellement, elle r&#233;clame n&#233;anmoins la tenue d'un dialogue inclusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux exigences de l'opposition, tant arm&#233;e que parlementaire, et accompagnant celles-ci, d'autres initiatives ont &#233;t&#233; prises &#233;galement, ici et l&#224;, pour favoriser la tenue de ce d&#233;bat. Des organisations ont m&#234;me vu le jour &#224; cet effet. C'est le cas, notamment, du CAPRN, Comit&#233; de l'Appel &#224; la Paix et &#224; la R&#233;conciliation, et de la CIDI, Commission Ind&#233;pendante Pour le Dialogue Inclusif. Selon ses animateurs, celle-ci, par exemple, se fixe comme objectif &#171; de rassembler les Tchadiens pour arriver &#224; un dialogue politique susceptible d'ouvrir les voies vers une paix d&#233;finitive au Tchad &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les derniers affrontements militaires entre les troupes de N'Djam&#233;na et celles de l'UFR, au mois de mai de l'ann&#233;e pass&#233;e, de nombreuses personnes sont &#233;galement intervenues sur le net pour r&#233;clamer la tenue d'un dialogue inclusif, non seulement pour instaurer la paix dans le pays, mais aussi, selon elles, pour organiser des &#233;lections libres, mettre fin &#224; la dictature, &#224; la mis&#232;re et jeter les bases d'un v&#233;ritable d&#233;veloppement. Peu de temps avant la fin de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, sous la plume d'Enoch Djondang, la r&#233;daction du site Tchadnouveau a aussi publi&#233; un dossier sur cette question, qui abonde dans le m&#234;me sens : celui-ci tente de d&#233;montrer que le dialogue inclusif demeure une n&#233;cessit&#233; politique incontournable pour sortir de la crise actuelle ; mais, souligne-t-il, avec regret du reste, ce sont le pouvoir et certains politiciens de l'opposition parlementaire qui n'en veulent pas pour des raisons partisanes et &#233;go&#239;stes. L'une des plus r&#233;centes r&#233;actions en date, exigeant &#233;galement ce d&#233;bat, est la lettre &#233;crite par F&#233;lix Ngoussou, parue dans Tchadforum et adress&#233;e &#224; D&#233;by, &#224; la suite du dernier voyage de celui-ci &#224; Sarh. Entre autres choses, l'auteur de la missive reproche &#224; l'ancien chef d'&#233;tat major d'Hissein Habr&#233; de ne pas prendre en consid&#233;ration &#171; la demande incessante d'une importante couche de la soci&#233;t&#233; pour le forum national &#187; qu'il qualifie de &#171; meilleur moyen de r&#233;conciliation nationale qu'une s&#233;lection partielle des opposants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, fort du soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et de l'avantage qu'il a ainsi par rapport &#224; ses opposants, sur le terrain militaire notamment, seul, en effet, le dictateur D&#233;by semble indiff&#233;rent aux sir&#232;nes de ce dialogue. Fid&#232;le &#224; la ligne de conduite qui a toujours &#233;t&#233; la sienne, il pr&#233;f&#232;re privil&#233;gier les ralliements individuels &#224; sa dictature, comme il l'a fait l'ann&#233;e pass&#233;e avec Haballah Soubiane et d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, malgr&#233; les apparences, en r&#233;alit&#233;, les chances d'un dialogue inclusif d&#233;pendent moins des humeurs d'un D&#233;by qui donne l'impression d'en faire &#224; sa t&#234;te et d'en imposer &#224; tout le monde que des choix de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, le principal ma&#238;tre du jeu. Pour l'heure, les autorit&#233;s fran&#231;aises soutiennent le dynaste de N'Djam&#233;na : c'est un valet qui a fait ses preuves dans le maintien de l'ordre n&#233;cessaire &#224; la bonne marche des affaires, dont ont besoin les trusts, occidentaux ou autres, et les couches privil&#233;gi&#233;es locales &#224; leur solde, alors que la coalition arm&#233;e est peu s&#251;re, peu fiable, parce qu'elle est travers&#233;e par des dissensions en son sein &#224; cause des ambitions oppos&#233;es de ses chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cette position de la France pourrait tr&#232;s bien &#233;voluer, car ce qui compte pour l'imp&#233;rialisme, ce sont ses int&#233;r&#234;ts et non les liens qu'il entretient momentan&#233;ment avec tel ou tel s&#233;ide local. L'histoire politique du Tchad le d&#233;montre amplement. De Tombalbaye &#224; D&#233;by, en passant par Malloum, Habr&#233;, Goukouny, c'est toujours l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui, pour la sauvegarde ses int&#233;r&#234;ts, a &#233;t&#233; &#224; l'origine de la valse des dictateurs et de certains &#233;v&#233;nements importants qui ont marqu&#233; le pays. Aussi, &#224; la faveur du rapprochement actuel entre le Tchad et le Soudan, par exemple, rien d'&#233;tonnant que, demain, pour le maintien de l'ordre et le renforcement de la stabilit&#233; dans le pays ou m&#234;me dans la r&#233;gion, notamment au Darfour, avec, comme corollaire, la consolidation de ses relations avec le pouvoir r&#233;actionnaire de Khartoum, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais d&#233;cide-t-il d'exiger de D&#233;by et ses opposants de tout genre de s'entendre autour d'un certain nombre de compromis politiques n&#233;goci&#233;s, comme il l'a fait en C&#244;te d'Ivoire contre la volont&#233; de Laurent Gbagbo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le plus important n'est pas tant de savoir si un dialogue inclusif est possible dans les circonstances actuelles, mais plut&#244;t &#224; quoi servirait une telle perspective si jamais elle se r&#233;alisait ! Est-ce que, comme le pr&#233;tendent ceux qui militent pour cela, la tenue d'un dialogue inclusif suffirait &#224; instaurer la paix de fa&#231;on d&#233;finitive dans le pays ? Est-ce qu'elle mettrait fin &#224; la dictature, aux guerres ethniques, aux violences de tout genre, mais aussi &#224; l'exploitation, &#224; la mis&#232;re, aux maladies, dont sont victimes les masses opprim&#233;es ? En d'autres termes, le dialogue inclusif tant r&#233;clam&#233; engagerait-il le pays dans la voie royale d'un v&#233;ritable changement qui prendrait en compte les aspirations des couches populaires aux libert&#233;s essentielles et &#224; des conditions de vie dignes de notre &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voil&#224; les questions fondamentales que l'on est en droit de se poser face &#224; ce d&#233;bat tant r&#233;clam&#233; entre D&#233;by et ses opposants ! Mais, &#224; moins que l'on ne soit un menteur fieff&#233;, il est difficile d'y r&#233;pondre de fa&#231;on affirmative. Et pour cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En effet, depuis &#224; peu pr&#232;s une trentaine d'ann&#233;es ou plus, l'histoire politique du Tchad est d'abord celle d'une s&#233;rie de guerres, fratricides et criminelles, avec pour responsables quasiment les m&#234;mes hommes, tous &#224; la solde de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, dont les noms sont &#233;vocateurs et synonymes de conflits ethniques, de dictatures, de r&#233;pressions sauvages, d'assassinats, d'emprisonnements, de tortures, de charniers, de pillages des deniers publics, de viols, etc... Un pass&#233; toujours pr&#233;sent, le spectre de la mort, immuable, planant de fa&#231;on permanente comme une menace et pesant d'un poids d&#233;cisif sur le destin des populations opprim&#233;es parce que charriant et tra&#238;nant derri&#232;re lui un passif des plus monstrueux : des milliers de personnes assassin&#233;es, depuis la jacquerie paysanne de Mangalm&#233; en 1965, surtout depuis les &#233;v&#233;nements de f&#233;vrier 79 qui allaient jeter les bases de la dictature d'Hissein Habr&#233;, d'abord, et celle actuelle d'Idriss D&#233;by, ensuite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que sous certains cieux africains, ici aussi, les forfaitures des responsables et autres gestionnaires des pouvoirs dictatoriaux qui se succ&#232;dent les uns aux autres ont atteint des dimensions extr&#234;mes, comme au Rwanda, au Burundi ou en RDC ! Elles ne se limitent pas &#224; d'importants d&#233;tournements de fonds publics. Elles se chiffrent &#224; des milliers de vies humaines arrach&#233;es, &#224; plusieurs millions de femmes, d'hommes et d'enfants pris en otages, des ann&#233;es durant, dans les mailles et les rets des ambitions criminelles d'une multitude de chefs de guerre et de politiciens, en mal de gloriole, qui n'h&#233;sitent pas &#224; marcher sur des cadavres, s'il le faut, pour acc&#233;der au pouvoir ou s'y maintenir, avec &#233;videmment, dans tous les cas, l'aide de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, si le dialogue inclusif, dont on parle tant comme une sorte de potion magique pouvant gu&#233;rir le pays de tous ses maux, se tient, ce sont, essentiellement, ces gens-l&#224;, - le dictateur D&#233;by, les dirigeants de son opposition, toutes tendances confondues, et d'autres individus plus ou moins insignifiants -, qui en seront les principaux acteurs et participants ! Ainsi, qu'on le veuille ou non, quel qu'en soit le caract&#232;re &#233;largi, m&#234;me avec la mise &#224; l'&#233;cart de certains politiciens, comme Habr&#233;, par exemple, cette rencontre ne pourra pas &#233;chapper au triste sort d'&#234;tre tout simplement le rendez-vous au sommet des chefs de gangs, des politiciens, des charlatans et autres aventuriers qui, depuis les ann&#233;es 80 notamment, ont tous, d'une fa&#231;on ou d'une autre, particip&#233;, &#224; la t&#234;te de l'Etat, au processus politique qui a conduit &#224; l'impasse actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, que pourrait-on en attendre qui ne soit d&#233;j&#224; connu ? Quel r&#233;el changement pourrait sortir des mains de ceux-l&#224; m&#234;mes dont la politique et les responsabilit&#233;s sont &#224; l'origine de la situation actuelle ? Aucun ! En tout cas, rien de fondamentalement diff&#233;rent de ce qu'ils font aujourd'hui ou ont fait dans un pass&#233; r&#233;cent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour s'en convaincre, il convient d'abord de rappeler que ce type d'assises, que certains parent de toutes les vertus possibles &#224; cause du caract&#232;re inclusif qu'il devrait avoir, selon eux, n'est pas quelque chose de nouveau dans le paysage politique du pays. Par le pass&#233; aussi des rencontres de ce genre ont eu lieu avec la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. C'est, par exemple, dans une certaine mesure, le cas des diff&#233;rentes conf&#233;rences de kano dans les ann&#233;es 80 et surtout, tout r&#233;cemment, de la conf&#233;rence nationale. Mais elles ont toutes &#233;chou&#233; : elle n'ont r&#233;solu aucun des probl&#232;mes fondamentaux auxquels sont confront&#233;es les masses populaires, surtout ceux de la mis&#232;re, de la dictature, des guerres et autres violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec de ces rencontres, qui &#233;taient aussi inclusives &#224; leur mani&#232;re parce qu'elles regroupaient l'essentiel des acteurs politiques de l'&#233;poque, dont certains sont les m&#234;mes chefs de guerre et autres charlatans d'aujourd'hui, montre que, en politique, une perspective ou un projet quelconque ne vaut pas par sa forme, son caract&#232;re, mais plut&#244;t son contenu, c'est-&#224;-dire les objectifs et les ambitions de ceux qui en sont les porteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, s'il est vrai que ralliement d'Hassaballah Soubiane, l'ann&#233;e pass&#233;e, est fort symptomatique du fait qu'il n'y a rien de fondamental qui l'oppose &#224; D&#233;by et que, somme toute, il n'a fait que regagner le giron de la dictature qu'il avait loyalement servie auparavant, il n'y a pas non plus de raison d'avoir des illusions quand les politiciens de l'opposition, arm&#233;e ou parlementaire, r&#233;clament &#233;galement une solution n&#233;goci&#233;e de la crise par le biais d'un dialogue inclusif. Entre l'un, Hassaballah Soubiane, et les autres, les dirigeants de l'UFR et de la CDPC, la divergence n'est pas de fond mais de forme : elle se situe uniquement au niveau de la mani&#232;re de faire ! En revanche, ils sont tous d'accord sur la n&#233;cessit&#233; de discuter et de trouver un compromis politique avec D&#233;by.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, s'ils font tous ce choix, politique et social, c'est essentiellement parce que le dictateur actuel est un politicien qu'ils connaissent bien, avec lequel ils avaient tous travaill&#233; sous le pouvoir tyrannique d'Hissein Habr&#233; avant d'&#234;tre ensuite ses propres sous-fifres il n'y a pas longtemps. Au-del&#224; de la propagande des uns et des autres, du fait que certains sont &#224; la t&#234;te de la dictature alors que d'autres pr&#233;tendent combattre celle-ci, y compris par les armes, ils appartiennent au m&#234;me monde que les politiciens qui sont au pouvoir, celui de la bourgeoisie et des privil&#233;gi&#233;s du pays. Rigoureusement, ils d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et des couches sociales privil&#233;gi&#233;es locales. Ce qui, fatalement, les lie, en r&#233;alit&#233;, les uns aux autres et les condamne &#224; s'entendre un jour ou l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si, comme le r&#233;clament les dirigeants de l'UFR et de la CPDP, fort de son avantage sur le plan militaire, de fa&#231;on magnanime, D&#233;by acceptait enfin de n&#233;gocier avec eux dans le cadre d'un dialogue inclusif, il n'y aurait rien &#224; en attendre non plus qui soit de nature &#224; initier un changement quelconque digne des aspirations populaires aux libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires et &#224; de meilleures conditions de vie. Sous le parapluie de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, il serait, certes, possible que tous ces politiciens s'entendent autour d'un certain nombre de compromis, comme le partage du pouvoir ou une r&#233;vision de la constitution satisfaisant les ambitions des uns et des autres. Certains dirigeants de l'opposition arm&#233;e ou parlementaire pourraient alors aller &#224; la soupe, trouver ou retrouver des responsabilit&#233;s minist&#233;rielles autour de la mangeoire gouvernementale. D'autres seraient cas&#233;s ailleurs, dans les diff&#233;rents services de l'Etat, &#224; l'assembl&#233;e nationale, dans l'arm&#233;e, dans les ambassades ou les entreprises publiques. D&#233;by et son opposition pourraient aussi s'accorder sur un code &#233;lectoral, les conditions des &#233;lections, la composition d'une commission pour organiser celles-ci, la dur&#233;e d'une transition, etc&#8230;, toutes choses qui sont &#224; mille lieues des pr&#233;occupations actuelles des couches populaires en butte &#224; tant de difficult&#233;s pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, sans aucun risque de se tromper, on peut, d'ores et d&#233;j&#224;, parier que, le pouvoir qui sortirait d'un tel marchandage ne serait qu'une nouvelle dictature pour les masses opprim&#233;es. Celles n'y gagneraient rien, &#224; part, une fois de plus, des illusions suivies d'une nouvelle d&#233;ception, car, parmi les principaux acteurs actuel d'un tel d&#233;bat, il n'y aurait personne pour dire que ce qui pr&#233;occupe les travailleurs et les petites gens, ce n'est pas de savoir qui, entre D&#233;by et ses opposants, est le meilleur, mais comment faire pour mettre fin &#224; l'exploitation, &#224; la mis&#232;re, aux maladies, au ch&#244;mage, aux violences de tout genre, dont la majorit&#233; pauvre du pays est victime ! Il n'y aurait surtout personne pour poser s&#233;rieusement le probl&#232;me des aspirations essentielles des masses opprim&#233;es &#233;trangl&#233;es par la chert&#233; de la vie et moins encore pour se battre afin que, non seulement celles-ci soient prises en consid&#233;ration, mais qu'elles soient impos&#233;es, s'il le faut, au dictateur, en obligeant celui-ci &#224; les satisfaire ! M&#234;me pas dans les rangs de la soci&#233;t&#233; civile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, parmi ceux qui militent pour la tenue d'un dialogue inclusif, beaucoup croient que, si une telle perspective se r&#233;alisait, une forte pr&#233;sence de ce qu'on appelle &#171; la soci&#233;t&#233; civile &#187; suffirait pour imposer et r&#233;aliser les changements n&#233;cessaires. Mais ils se font de grosses illusions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les syndicats et les diverses associations, comme les organisations de d&#233;fense des droits de l'homme, nombreux sont, certes, les militants de base, - ouvriers, instituteurs, professeurs, infirmiers, journalistes, &#233;tudiants, &#233;l&#232;ves, femmes, ch&#244;meurs et autres -, qui sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par les conditions impos&#233;es aux masses populaires, qui veulent sinc&#232;rement en finir avec l'exploitation, la mis&#232;re, les injustices et la dictature. Ils l'ont d'ailleurs prouv&#233; plusieurs fois dans les combats multiformes, - gr&#232;ves, marches, manifestations de protestation et autres -, qu'ils ont men&#233;s contre le pouvoir de D&#233;by, exprimant ainsi l'exasp&#233;ration des masses opprim&#233;es contre la politique de celui-ci, comme vient d'en faire la d&#233;monstration la gr&#232;ve du Syndicat des Enseignants Tchadiens qui a paralys&#233; la quasi-totalit&#233; des &#233;tablissement du pays du 15 au 22 f&#233;vrier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces luttes, qu'il convient, bien s&#251;r, de saluer et d'encourager, ne pourraient conf&#233;rer &#224; la soci&#233;t&#233; civile en g&#233;n&#233;ral des vertus particuli&#232;res ni faire d'elle ce qu'elle n'est pas, c'est-&#224;-dire le cadre organis&#233; pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des couches populaires et d&#233;cid&#233; &#224; les imposer par tous les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs raisons concourent &#224; expliquer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, contrairement &#224; ce que beaucoup de gens pensent ou ce qu'on veut nous faire croire, par exemple, le fait que les organisations et les associations qui constituent la soci&#233;t&#233; civile se refusent consciemment &#224; se placer et se battre sur le terrain politique n'a en r&#233;alit&#233; rien de vertueux. C'est m&#234;me un &#233;cueil, un handicap. Car, en ne voulant pas s'engager politiquement, les dirigeants de ces structures abandonnent &#224; D&#233;by et ses opposants le terrain primordial, celui de la politique, o&#249; se d&#233;cident les choses essentielles. Aussi, ind&#233;niablement, la port&#233;e de leurs actes s'en trouve-t-elle limit&#233;e, quelles que soient, par ailleurs, la justesse et la l&#233;gitimit&#233; des probl&#232;mes qu'ils posent ! Sans nul doute, dans le contexte actuel, pr&#233;tendre ne pas faire de la politique ou se revendiquer de l'apolitisme n'est pas en soi une vertu parce que, quelles qu'elles soient, les pr&#233;occupations des masses populaires, tant sur le plan social que d&#233;mocratique, sont d'abord des probl&#232;mes politiques, qui ne verront leur r&#233;solution que dans les luttes et les combats politiques multiformes et n&#233;cessaires que les travailleurs et les opprim&#233;s devraient mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la soci&#233;t&#233; civile n'est pas un ensemble socialement et politiquement homog&#232;ne. Elle est aussi travers&#233;e par toutes les contradictions diverses qui s'affrontent au sein du pays. Par cons&#233;quent, si on peut trouver en son sein des militants, femmes et hommes, d&#233;cid&#233;s &#224; en d&#233;coudre avec la dictature et la mis&#232;re, on ne peut pas en dire autant pour tout le monde, notamment pour la plupart de ses dirigeants ! L'apolitisme de ces derniers est non seulement st&#233;rile, mais, en r&#233;alit&#233;, il est aussi de fa&#231;ade : s'ils pr&#233;tendent, pour la plupart, ne pas faire de la politique, cela ne veut aucunement dire qu'ils soient neutres ou indiff&#233;rents par rapport aux enjeux, aux combats, politiques et sociaux de l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les chefs traditionnels ou religieux, ces repr&#233;sentants du fatras r&#233;actionnaire local, les responsables des organisations de la soci&#233;t&#233; civile sont, eux aussi, li&#233;s, d'une fa&#231;on ou d'une autre, aux forces politiques en pr&#233;sence : certains sont proches du pouvoir, en sont m&#234;me les cr&#233;atures ou les transfuges ; d'autres se situent dans l'opposition. G&#233;n&#233;ralement, ils d&#233;fendent &#233;galement l'ordre social en vigueur, exactement comme les D&#233;by, les Kamougu&#233; et autres Nouri ou Timane parce que, socialement, ils appartiennent, eux aussi, au m&#234;me monde que ces politiciens, celui des &#171; &#233;lites &#187;, des &#171; cadres &#187;, c'est-&#224;-dire des gens form&#233;s par l'Etat, souvent avec l'aide de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, non pas pour &#234;tre &#224; l'&#233;coute des pr&#233;occupations des masses opprim&#233;es, pour y r&#233;fl&#233;chir et leur trouver des solutions ad&#233;quates, mais pour &#234;tre les gestionnaires de l'ordre social en vigueur impos&#233; par la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qui explique le fait que bien de ministres et autres larbins au service du pouvoir actuel viennent de la soci&#233;t&#233; civile ou de ce qu'on appelle &#171; les &#233;lites &#187; en g&#233;n&#233;ral. Au sein m&#234;me des organisations et associations qui constituent cette n&#233;buleuses, - la soci&#233;t&#233; civile -, au niveau de leurs directions notamment, il ne serait pas faux de dire aussi qu'il y a de nombreux autres candidats &#224; la mangeoire qui, tapis dans l'ombre, attendent leur heure pour offrir leur service au satrape actuel, comme d'autres l'ont fait par le pass&#233;. M&#234;me ceux, parmi eux, qui, en apparence au moins, se veulent plus radicaux, portent un regard souvent critique sur la dictature de D&#233;by, ne se fixent pas comme objectif de d&#233;truire celle-ci, mais juste de la toiletter, d'en expurger certains aspects r&#233;pugnants, mais pas plus ! Comme les politiciens du pouvoir et ceux de l'opposition, en effet, ils n'ont pas pour objectif, eux non plus, des changements profonds gr&#226;ce aux luttes et &#224; la mobilisation des opprim&#233;s : ils ne r&#234;vent que des r&#233;formes &#224; moindres frais qui sont loin de remettre en cause l'ordre social en vigueur et de r&#233;pondre aux aspirations des masses opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi pour cette raison que, au Tchad ou dans les autres pays africains, les responsables et les politiciens des pays riches, ceux-l&#224; m&#234;mes dont l'imp&#233;rialisme soutient les dictatures les plus abjectes du continent, y compris militairement, tiennent &#233;galement tant &#224; nos &#171; soci&#233;t&#233;s civiles &#187;, non pas, comme le pr&#233;tendent certains, parce que celles-ci seraient l'expression des aspirations populaire &#224; plus d'&#233;galit&#233;, de justice et de libert&#233;, mais, fondamentalement, parce qu'elles jouent le r&#244;le d'une soupape utile et efficace pour d&#233;samorcer la col&#232;re des opprim&#233;s, emp&#234;cher qu'elle n'explose ou qu'elle n'aille au-del&#224; de quelques r&#233;am&#233;nagements formels, qui n'ont souvent aucun rapport avec les aspirations des masses populaires. On l'a vu tout r&#233;cemment dans la crise guin&#233;enne, avec l'acharnement d'un Bernard Kouchner qui a utilis&#233; tous les moyens possibles pour imposer les dirigeants de la soci&#233;t&#233; civile ainsi que ceux des partis politiques comme principaux interlocuteurs face aux militaires afin d'&#233;viter que le m&#233;contentement populaire qui couvait dans le pays ne se transforme en une v&#233;ritable explosion sociale, qui pourrait s'attaquer &#224; l'ordre en vigueur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233;e de fa&#231;on globale, surtout au niveau des buts que s'assignent ceux qui dirigent les principales structures qui la constituent, la soci&#233;t&#233; civile n'offre donc aucune garantie particuli&#232;re quant &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de l'avenir, notamment ceux des masses populaires aspirant &#224; plus de libert&#233; et &#224; des conditions de vie meilleures, m&#234;me si, par ailleurs, il convient, bien s&#251;r, de soutenir et de saluer toute les initiatives de luttes diverses qui se prennent en son sein ! Par cons&#233;quent, s'il est &#233;vident qu'on ne peut pas compter sur les politiciens de l'opposition, arm&#233;e ou parlementaire, pour qu'ils exigent du dictateur D&#233;by de v&#233;ritables changements prenant en compte les diverses aspirations populaires, il est illusoire &#233;galement de penser que la soci&#233;t&#233; civile en g&#233;n&#233;ral puisse le faire car, d'une part, les personnalit&#233;s qui dirigent celle-ci ne s'en donnent pas les moyens et, d'autre part, tel n'est pas leur objectif non plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; lors de la conf&#233;rence nationale, par exemple, nous en donne une &#233;loquente illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, avant la tenue de ces assises, tant du c&#244;t&#233; des politiciens de l'opposition que des dirigeants de la soci&#233;t&#233; civile, qui, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, sont les m&#234;mes que ceux d'aujourd'hui, nombreux &#233;taient ceux qui, par d&#233;magogie ou par na&#239;vet&#233;, avaient pr&#233;tendu qu'il suffirait de la tenue de cette conf&#233;rence pour que le pays s'engage dans un v&#233;ritable changement. Ils avaient d&#233;clar&#233; que, au terme des discussions, ils instaureraient la d&#233;mocratie qui, selon eux, serait la condition essentielle pour jeter les bases d'un v&#233;ritable d&#233;veloppement &#233;conomique. Certains d'entre eux avaient m&#234;me promis de faire de la conf&#233;rence nationale le cimeti&#232;re o&#249; serait c&#233;l&#233;br&#233; l'enterrement de la dictature de D&#233;by, laissant croire ainsi qu'ils imposeraient &#224; celui-ci les changements n&#233;cessaires dont les masses opprim&#233;es avaient besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#232;s l'ouverture de ladite conf&#233;rence, ils ont vite fait de montrer leur vrai visage : alors que, conform&#233;ment &#224; leurs diverses promesses, leurs partisans r&#234;vaient de les voir combatifs, offensifs, d&#233;cid&#233;s &#224; se battre pour faire reculer le dictateur sur tous les points et lui imposer leurs choix politiques - si tant est qu'ils en aient eu de diff&#233;rents -, ils se sont r&#233;v&#233;l&#233;s plut&#244;t pleutres, timor&#233;s, craintifs. Au lieu d'un combat acharn&#233;, par tous les moyens, y compris la gr&#232;ve, la mobilisation des partis, des syndicats, des associations et de l'ensemble de la population opprim&#233;e, dans la rue, pour imposer &#224; D&#233;by les changements n&#233;cessaires, tout au long de la conf&#233;rence, leur principal cr&#233;do &#233;tait au contraire la mod&#233;ration au service de la recherche d'un consensus avec la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au grand dam de ceux qui avaient plac&#233; leurs espoirs en eux, ces gens, qui pr&#233;tendaient repr&#233;senter les &#171; forces vives &#187;, se sont mu&#233;s en &#171; &#226;mes mortes &#187; : ils se sont agenouill&#233;s devant D&#233;by ; ils lui ont l&#233;ch&#233; les bottes ; ils lui ont pratiquement tous offert leur service pour travailler avec lui, notamment au niveau de la primature, chacun arguant qu'il avait les meilleurs atouts pour s'entendre avec lui. Mieux, quand, repoussant de fa&#231;on d&#233;daigneuse leurs offres, le dictateur a d&#233;cid&#233; d'imposer ses choix et ses hommes, toute honte bue, ils se sont non seulement pli&#233;s &#224; sa volont&#233;, mais, par ailleurs, ils sont entr&#233;s massivement dans son gouvernement pour y occuper des strapontins minist&#233;riels. Finalement, ils ont, de cette fa&#231;on, aid&#233; D&#233;by &#224; gagner la bataille de la conf&#233;rence nationale sans coup f&#233;rir et, par la m&#234;me occasion, lui ont offert aussi, sur un plateau d'argent, la caution politique et le label de &#171; d&#233;mocrate &#187; dont il avait besoin afin d'abuser l'opinion et d'avoir les coud&#233;es franches pour diriger &#224; sa guise, allant jusqu'&#224; fouler aux pieds la constitution et autres mesures d&#233;cid&#233;es par la conf&#233;rence dont ils avaient dit qu'elle serait souveraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement des politiciens de l'opposition et des dirigeants de la soci&#233;t&#233; civile lors de la conf&#233;rence nationale, qui ressemblait fort bien &#224; une trahison de leurs partisans tout au moins, n'&#233;tait, cependant, pas fortuit ! Leur souci d'&#233;viter tout conflit avec le dictateur, de tout faire pour trouver un terrain d'entente avec lui, au point m&#234;me de d&#233;cevoir certains de leurs militants, &#233;tait surtout un choix politique et social : ces gens-l&#224; tiennent eux aussi &#224; l'ordre &#233;tabli et leur principale ambition est simplement de servir ce dernier. En courtisant la dictature au lieu de la combattre vraiment, ils cherchaient aussi &#224; plaire aux couches dirigeantes, aux plus riches, aux notables. Au-del&#224; de ceux-ci, c'&#233;tait surtout aux yeux des dirigeants des pays riches, de la France et des Etats-Unis notamment, qu'ils voulaient appara&#238;tre comme des politiciens responsables, raisonnables, respectueux de l'ordre en vigueur, autant que le camp de la dictature. Chose que les &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs n'ont pas d'ailleurs tard&#233; &#224; confirmer puisque, au cours du long r&#232;gne de bient&#244;t vingt ans de D&#233;by, la plupart des dirigeants de l'opposition politique et certaines personnalit&#233;s de la soci&#233;t&#233; civile de l'&#233;poque ont, &#224; un moment ou &#224; un autre, sign&#233; des alliances avec ce dernier, sont entr&#233;s dans ses gouvernements, ont assum&#233; d'importantes responsabilit&#233;s au sein de son pouvoir et contribu&#233; ainsi &#224; la consolidation de la dictature actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'est-ce qui emp&#234;cherait ces m&#234;mes gens-l&#224; ou leurs semblables de faire la m&#234;me chose aujourd'hui si le pouvoir de N'Djam&#233;na d&#233;cidait de discuter avec eux dans le cadre d'un dialogue inclusif ? Rien ! Mais absolument rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans toutes les organisations politiques et les associations de la soci&#233;t&#233; civile, il y a, bien s&#251;r, des militants de base qui aspirent &#224; de v&#233;ritables changements. Par cons&#233;quent, si une telle rencontre se tenait dans un avenir plus ou moins proche, il pourrait certainement, au cours de ces assises, y avoir, ici et l&#224;, quelques groupuscules, quelques &#226;mes charitables, qui parleraient d'&#233;galit&#233;, de justice, de d&#233;mocratie ou r&#233;clameraient des solutions courageuses pour s'attaquer r&#233;ellement aux diff&#233;rents maux dont souffrent les masses opprim&#233;es. Mais, cela ne devrait pas non plus faire illusion : leur haine contre la dictature et leur volont&#233; d'en finir avec la mis&#232;re et l'exploitation ne suffiraient pas pour imposer au dictateur et ses opposants les changements n&#233;cessaires ! Ces groupuscules ou militants isol&#233;s pr&#234;cheraient avec raison, certes, contre l'ordre actuel des choses mais inutilement, car, les politiciens qui nous dirigent et leurs opposants se moquent &#233;perdument des aspirations populaires et plus encore des &#233;tats d'&#226;mes de ceux qui pensent qu'il suffirait d'en appeler &#224; leur bon sens pour qu'ils changent d'avis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux que quiconque, d'exp&#233;rience, le dictateur D&#233;by et ses rivaux, notamment les autres chefs de guerre, ses anciens compagnons des FAN et de l'UNIR, savent que ce ne sont pas les id&#233;es et les intentions vaguement g&#233;n&#233;reuses sur la d&#233;mocratie, la justice, l'&#233;galit&#233;, dont sont friands certains partisans de l'opposition et de la soci&#233;t&#233; civile, qui font marcher les choses. Form&#233;s, pour la plupart, &#224; l'&#233;cole de la dictature de Habr&#233;, pour eux, &#224; juste titre, ce qui compte et qui d&#233;cide de la marche des &#233;v&#233;nements, c'est le rapport des forces qui, pour l'instant, est en leur faveur. Plus que quiconque, Idriss D&#233;by, qui est arriv&#233; au pouvoir par les armes, est conscient du fait que s'il est &#224; la t&#234;te du pays, ce n'est pas parce qu'il aurait les meilleures id&#233;es, le meilleur projet politique et social ou l'adh&#233;sion massive des masses populaires, mais tout simplement parce qu'il dispose d'un rapport des forces en sa faveur : un &#233;tat-major politique et militaire, symbolis&#233; par l'administration, l'arm&#233;e, la police, la gendarmerie, la justice et un parti, le MPS, qui sont &#224; sa solde, en plus du soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. C'est de cela qu'il tire son pouvoir et sa logique dictatoriale ! C'est cela qui lui permet d'imposer aussi bien ses choix, sa mani&#232;re de faire que les hommes dont il a besoin pour diriger et non une quelconque constitution, moins encore des id&#233;es vaguement g&#233;n&#233;reuses sut tel ou tel aspect de la vie sociale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, pour l'heure, dialogue inclusif ou pas, aucune loi, aucun accord, aucun compromis, rien ne pourrait emp&#234;cher que le satrape actuel et ses partisans continuent &#224; g&#233;rer le pays comme bon leur semble, en fonction de leurs propres r&#232;gles et surtout de leurs propres int&#233;r&#234;ts ! Lorsqu' on voit, en effet, ce qui s'est pass&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re en Mauritanie, au Niger, en Guin&#233;e, par exemple, avec les dictateurs Mohamed Abdelaziz, Mamadou Tandja, Dadis Camara, ou qu'on se souvient des &#233;v&#233;nements qui ont eu lieu, il n'y a pas longtemps , au Togo, au Za&#239;re, au Congo Brazzaville, en Ha&#239;ti, o&#249; les Eyad&#233;ma, les Mobutu, les Sassou et autres C&#233;dras se moquaient &#233;perdument des r&#233;solutions des conf&#233;rences nationales, aussi souveraines qu'elles aient &#233;t&#233;, et des r&#233;sultats des urnes, il ne suffirait pas d'avoir des accords, des lois et quelques intentions g&#233;n&#233;reuses pour &#171; d&#233;mocratiser &#187; les chefs de guerre tchadiens et les amener &#224; respecter les aspirations populaires aux libert&#233;s essentielles et &#224; de meilleurs conditions de vie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces choses-l&#224; et m&#234;me de leur propre parole, ils n'ont cure ! A leurs yeux, elles ne valent rien : ce ne sont que des papiers qu'ils pi&#233;tinent quand il en ont besoin, comme l'a fait D&#233;by lorsqu'il a d&#233;cid&#233; unilat&#233;ralement de changer la constitution afin de rester au pouvoir, se fondant uniquement sur le rapport des forces en sa faveur, tout en rendant combien actuels de nos jours ces propos d'Auguste Blanqui, un r&#233;volutionnaire fran&#231;ais du 19e si&#232;cle, qui disait : &#171; Qui a du fer a du pain ! &#187;, v&#233;rit&#233; essentielle que les sbires et autres combattants au service de la dictature de N'Djam&#233;na, qui l'ont bien comprise et assimil&#233;e, expriment &#224; leur mani&#232;re, souvent de fa&#231;on brutale, quand, crachant sur les lois et autres mesures constitutionnelles, ils traitent les d&#233;cisions et les d&#233;crets gouvernementaux de &#171; Katkat sakit &#187;, &#171; rien que du papier &#187;, et &#224; juste raison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si, dans les circonstances actuelles, un dialogue inclusif se tenait, il y aurait des chances que, fort de l'avantage qu'il a sur ses adversaires, mais aussi &#224; cause du fait que parmi ceux-ci il n'y a personne qui veuille lui contester r&#233;ellement le pouvoir en s'appuyant sur les luttes des masses opprim&#233;es, rien ne puisse emp&#234;cher le dictateur D&#233;by de faire comme il voudrait. Aucune loi, aucune constitution, aucun accord, aucun discours vaguement g&#233;n&#233;reux ne seraient suffisants pour l'obliger &#224; respecter les aspirations populaires ! Par contre, il se servirait ais&#233;ment des assises pour en tirer les principaux b&#233;n&#233;fices politiques, pour les capitaliser pour son propre compte, en apparaissant comme l'homme incontournable, le pacificateur du pays, le restaurateur de &#171; la d&#233;mocratie &#187; et de la paix, et redorer ainsi le blason de sa dictature souill&#233; du sang de tant de victimes depuis bient&#244;t vingt ans ! Il serait largement aid&#233; en cela par les moyens &#233;normes dont dispose aujourd'hui l'Etat gr&#226;ce &#224; l'argent du p&#233;trole. Il pourrait s'en servir pour soudoyer ses opposants, corrompre certains ou satisfaire les ambitions d'autres, en les associant &#224; la gestion des affaires publiques, en leur offrant des strapontins minist&#233;riels &#224; c&#244;t&#233; de son tr&#244;ne ou en les casant dans des postes juteux o&#249; ils boufferaient jusqu'&#224; sati&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ne serait-il pas exclu que ce beau monde de politiciens s'entende, mais, par ailleurs, il serait m&#234;me possible que toute l'opposition, avec ses diverses composantes, s'incline devant D&#233;by, le maintienne &#224; son poste et le reconnaisse comme son chef, exactement comme ce qui s'est pass&#233; en 1993, lors de la conf&#233;rence nationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, - et c'est l&#224; l'essentiel -, quels que soient les changement que d&#233;ciderait un dialogue inclusif dans la situation actuelle, ils ne seraient que formels : oui, le pouvoir qui en sortirait serait in&#233;vitablement une nouvelle dictature. Les masses populaires n'y gagneraient rien, ni d&#233;mocratie, ni am&#233;lioration de leurs conditions de vie. Pour elles, ce sera toujours l'exploitation, la mis&#232;re, les maladies et, au-dessus de tout cela, la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne serait m&#234;me pas s&#251;r que soient dissip&#233;es les menaces de guerres ethniques qui planent sur le pays ou qu'il soit mis fin au r&#232;gne et &#224; la loi des bandes arm&#233;es, des chefs de guerre et de gangs ! Car, les violences de toutes sortes, dans lesquelles le pays s'enfonce des ann&#233;es durant, dont les principales victimes sont les opprim&#233;s, ne viennent pas d'un caract&#232;re quelconque particuli&#232;rement belliqueux des masses populaires, mais des conditions de vie impos&#233;es &#224; celles-ci : la source profonde de la crise sociale, qui &#233;trangle le continent et cr&#233;e les conditions d'une d&#233;composition g&#233;n&#233;rale s'exprimant de fa&#231;on violente, n'&#233;pargnant personne, ni les peuples, ni les Etats, est le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me, en faillite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, quels que soient les r&#233;am&#233;nagements formels issus d'un dialogue entre D&#233;by et ses opposants, tant que l'ordre social actuel existera, par millions, les masses opprim&#233;es continueront &#224; &#234;tre condamn&#233;es &#224; la famine, aux maladies, &#224; la dictature, et, in&#233;vitablement, il y aura toujours des femmes, des hommes et leurs enfants qui, exasp&#233;r&#233;s, refuseront de s'agenouiller, se mettront debout pour chercher une issue &#224; leur situation, par tous les moyens, y compris les armes. Mais, si, comme aujourd'hui, ils ne trouvent pas les id&#233;es dont ils ont besoin pour s'&#233;manciper du capitalisme, de sa cohorte de mis&#232;re, de maladies et de dictatures, eh bien, ce seront malheureusement d'autres d&#233;magogues, d'autres chefs de guerre, d'autres Habr&#233;, d'autres D&#233;by, d'autres Nouri, d'autres Kamougu&#233; ou d'autres Kassir&#233; qui, profitant de leur m&#233;contentement n&#233; des frustrations sociales, exploiteront leur col&#232;re pour leur propre compte : ils se serviront d'eux comme forces de manoeuvres &#233;lectorales ou comme de la chair &#224; canon, dans leurs partis, leurs bandes arm&#233;es b&#226;tis sur des bases ethniques, et le opposeront les uns aux autres dans des affrontements fratricides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;tendre ou dire qu'on pourrait changer une situation comme celle du Tchad par des discussions entre les politiciens locaux, principaux responsables de l'impasse actuelle, ou, encore, comme le font certains, en appelant &#224; la bonne volont&#233; du dictateur au nom de dieu et autres conneries est donc un leurre, surtout un pi&#232;ge pour les masses opprim&#233;es ! Mieux, laisser croire que ce serait de fa&#231;on pacifique, en douceur, en n&#233;gociant avec le pouvoir qu'on pourrait acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles et &#224; l'am&#233;lioration des conditions de vie de la majorit&#233; pauvre du pays, comme le font les politiciens de l'opposition agglutin&#233;s au sein de la CDCP, c'est non seulement mensonger, politiquement st&#233;rile, irresponsable, mais surtout criminel ! Car, c'est de cette mani&#232;re-l&#224; que, d'une part, on d&#233;sarme les masses opprim&#233;es et, d'autre part, on pr&#233;pare les drames et les barbaries dont celles-ci sont coutumi&#232;rement victimes, tel qu'on vient de le voir r&#233;cemment en Guin&#233;e ou, il n'y a pas longtemps, au Rwanda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dictateurs africains, les D&#233;by, les Sassou, les Biya et autres, n'accepteront jamais que les aspirations fondamentales des masses laborieuses, tant d&#233;mocratiques que sociales, se r&#233;alisent, s'ils n'y sont pas contraints ! Ils n'ignorent pas les conditions d&#233;sastreuses &#224; tout point de vue dans lesquelles vivent les couches populaires africaines, condamn&#233;es, pour certaines, &#224; mourir tout simplement de manque d'eau potable, alors que jamais nos soci&#233;t&#233;s n'ont &#233;t&#233; aussi riches qu'aujourd'hui. La plupart d'entre eux viennent m&#234;me des milieux populaires d&#233;favoris&#233;s si ce n'est de la paysannerie pauvre. Mais, au lieu de s'attaquer aux causes des maux dont souffrent les masses opprim&#233;es, ils font consciemment un autre choix, celui d'&#234;tre les serviteurs du capitalisme, ce syst&#232;me monstrueux, principal responsable du sous-d&#233;veloppement qui &#233;trangle le continent africain. Par cons&#233;quent, discuter avec eux pour chercher &#224; les convaincre de prendre en consid&#233;ration les aspirations populaires et de les r&#233;aliser est aussi vain que de vouloir faire pousser du mil au sommet du Tibesti !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la force organis&#233;e des masses populaires, des travailleurs, des ch&#244;meurs, des femmes, des jeunes, des paysans pauvres, quels que soient leurs partis, leurs syndicats, leurs associations, en d'autres termes, la mobilisation de l'ensemble des opprim&#233;s et leurs luttes, contre la dictature, pour leur droit &#224; la vie, pourraient conduire aux v&#233;ritables changements tant attendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si les masses opprim&#233;es veulent acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles et &#224; l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie par le biais de la r&#233;partition des richesses, fruit de leur travail et de leur sueur, elles ne pourraient pas faire l'&#233;conomie des luttes populaires, politiques et sociales, n&#233;cessaires et indispensables, que leur impose le capitalisme &#224; travers le pouvoir dictatorial qui r&#232;gne &#224; N'Djam&#233;na. Les libert&#233;s d&#233;mocratiques, l'am&#233;lioration des conditions de vie et le droit &#224; une existence digne de notre &#233;poque ne sauraient &#234;tre ni discut&#233;s, ni n&#233;goci&#233;s, ni marchand&#233;s avec les tenants du pouvoir actuel : ils ne pourraient qu'&#234;tre le fruit des luttes, politiques et sociales, des masses laborieuses elles-m&#234;mes. Pour qu'ils existent, de fa&#231;on durable, qu'ils soient respect&#233;s et v&#233;cus comme des m&#339;urs normales, ils doivent &#234;tre arrach&#233;s et impos&#233;s par celles-ci, en dehors de la l&#233;galit&#233; constitutionnelle actuelle, dans la rue. Il ne pourrait en &#234;tre autrement ! Toutes les exp&#233;riences des ces trente derni&#232;res ann&#233;es, notamment la conf&#233;rence nationale dont l'&#233;chec est plus que patent, le prouvent amplement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par cons&#233;quent, la seule fa&#231;on efficace de r&#233;aliser les changements n&#233;cessaires qu'attendent les couches populaires est de les imposer &#224; D&#233;by par les luttes de tous les opprim&#233;s victimes de la politique en vigueur. Car, seule la perspective d'un mouvement d'ensemble de la classe ouvri&#232;re et des autres cat&#233;gories sociales souffrant des cons&#233;quences de la crise &#233;conomique pourrait, au moyen d'une mobilisation populaire, cr&#233;er un nouveau rapport des forces capable de faire reculer la dictature et l'obliger &#224; respecter les aspirations politiques et sociales des masses laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique-l&#224;, la question de la chert&#233; de la vie, ce probl&#232;me majeur qui pr&#233;occupe l'ensemble des masses laborieuses, pourrait &#234;tre l'&#233;l&#233;ment f&#233;d&#233;rateur susceptible de permettre la mobilisation du monde du travail et des autres cat&#233;gories d'opprim&#233;s victimes de la crise sociale. En l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire, s'ils en avaient l'ambition, ce devrait &#234;tre aux syndicats, comme l'UST ou le SET qui ont d&#233;clench&#233; des gr&#232;ves pour exprimer la col&#232;re des masses opprim&#233;es contre la d&#233;gradation constante de leurs conditions de vie, de prendre l'initiative de cette perspective-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, &#224; cause des dictatures qui se sont succ&#233;d&#233; dans le pays depuis des d&#233;cennies, avec l'aide de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, les luttes politiques et sociales des travailleurs entra&#238;nant d'autres couches populaires, victimes comme eux des politiques officielles, ne sont pas encore devenues des m&#339;urs et des traditions v&#233;cues naturellement. Bien qu'&#233;tant souvent &#224; la pointe du combat contre la dictature de D&#233;by, les travailleurs n'en sont encore qu'au d&#233;but de leur apprentissage quant &#224; la n&#233;cessit&#233; de leur organisation en vue de la d&#233;fense de leurs droits sociaux et politiques ainsi que ceux de l'ensemble des masses opprim&#233;es. Mais, cela n'efface ni n'enl&#232;ve rien au fait qu'ils constituent une force colossale, la seule capable de tout bloquer et de tout changer, si elle en a l'ambition : ce sont eux, les travailleurs, qui sont dans les usines, les secteurs &#233;conomiques et les services sociaux essentiels, comme le p&#233;trole, la Coton Tchad, mais aussi le B&#226;timent, le Transport, le Commerce, les Banques, les Assurances, l'Education, la Sant&#233;, les Finances, le Tr&#233;sor, les Imp&#244;ts, la Communication, les PTT, la Culture, la Justice, l'Energie, les Eaux, les Mairies, etc. Ils occupent une place de choix dans tous les domaines essentiels qui font marcher la soci&#233;t&#233;. Sans eux, rien ne pourrait fonctionner dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si les travailleurs prennent l'initiative d'engager contre D&#233;by, son gouvernement et le patronat les luttes n&#233;cessaires, dirig&#233;es par eux-m&#234;mes, pour l'am&#233;lioration des conditions de vie des masses populaires et les libert&#233;s essentielles, ils pourraient entra&#238;ner et regrouper autour d'eux les autres cat&#233;gories sociales &#233;trangl&#233;es par la m&#234;me crise du capitalisme : ils pourraient ainsi servir de boussole et offrir une politique aux ch&#244;meurs, aux femmes, aux jeunes, aux paysans pauvres, aux petits commer&#231;ants et, de cette fa&#231;on, cr&#233;er, par un mouvement de &#171; tous ensemble &#187;, un nouveau rapport des forces capable de faire reculer la dictature et lui imposer les changements n&#233;cessaires, tant sur le plan social que politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux, si la classe ouvri&#232;re et l'ensemble des opprim&#233;s, qui, r&#233;guli&#232;rement, se mettent en gr&#232;ve ou manifestent pour exprimer leur col&#232;re contre la chert&#233; de la vie, sont mobilis&#233;s, d&#233;cid&#233;s &#224; utiliser pour leur propre comptes toutes les failles, s'ils sont conscients que les choses ne changeront pour eux que s'ils se battent pour leurs propres int&#233;r&#234;ts, la p&#233;riode actuelle pourra alors offrir des possibilit&#233;s sup&#233;rieures : ils pourront non seulement obliger le pouvoir &#224; satisfaire les revendications populaires, - comme, par exemple, une augmentation cons&#233;quente des salaires, dans le public et dans le priv&#233;, du SMIC, des allocations de ch&#244;mage, des pensions des retraites, des bourses, l'interdiction des licenciements tant dans le priv&#233; que dans le public, une embauche massive dans les secteurs-cl&#233;s, tels ceux de l'Education et de la Sant&#233;, &#224; commencer par celle des contractuels et des pr&#233;caires, mais aussi dans le priv&#233;, une baisse importante des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, du transport, des imp&#244;ts, des loyers, la d&#233;fense et la jouissance des libert&#233;s d&#233;mocratiques essentielles, d'expression, d'organisation, etc -, mais ils pourront m&#234;me paralyser tout le pays et renverser la dictature actuelle, car, l'arm&#233;e de D&#233;by, sa police, sa gendarmerie ne seront jamais suffisamment fortes pour endiguer une mise en branle de milliers, si ce n'est de millions, de travailleurs et d'opprim&#233;s, d&#233;cid&#233;s &#224; trouver une issue &#224; leur situation au moyen d'une vaste et profonde mobilisation populaire s'exprimant aussi bien par des gr&#232;ves dans les secteurs &#233;conomiques vitaux que par des manifestations monstres dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les oripeaux officiels, les forces gouvernementales au service de la dictature ne sont, en r&#233;alit&#233;, qu'une bande arm&#233;e comme les autres. Elles ne sont vraiment puissantes et arrogantes que si elles ont en face d'elles une autre bande de m&#234;me nature, comme celle de l'UFR, moins &#233;quip&#233;e de surcro&#238;t. Mais elles ne pourraient rien face l'ensemble des opprim&#233;s de la ville de N'Djam&#233;na, debout, entra&#238;nant derri&#232;re eux ceux de Moundou, de Sarh, de Bongor, d'Ab&#233;ch&#233;, de Mao, de Faya, de La&#239;, de Fada etc, sous la forme d'une riposte collective de l'ensemble des masses populaires, de toutes les r&#233;gions, de toutes les ethnies, de toutes les religions, unies autour de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre consciemment leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques contre la politique du pouvoir et d'imposer &#224; ce dernier les changements auxquels elles aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans du dialogue inclusif ou ceux qui pr&#244;nent un changement en douceur en prenant langue avec la dictature vont certainement pousser des cris d'orfraies face &#224; cette perspective-l&#224;. Certains pr&#233;tendront que cela ne serait pas possible et, pour se donner bonne conscience, ils accuseront les masses d'avoir peur, d'&#234;tre analphab&#232;tes ; ils argueront qu'elles ne seraient pas suffisamment conscientes ; d'autres diront que, face &#224; une dictature surarm&#233;e comme celle de D&#233;by, ce serait utopique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans un pays o&#249;, des d&#233;cennies durant, des milliers de gens, des travailleurs, des femmes, des jeunes, s'organisent dans des partis, des syndicats, diverses associations, ou, pour certains, vont m&#234;me jusqu'&#224; prendre des armes pour chercher une solution aux probl&#232;mes auxquels ils sont confront&#233;s, leurs propos ne serviront qu'&#224; &#233;taler au grand jour leur fatalisme et leur impuissance. Ils d&#233;montreront surtout que ceux qui, doutant de la force et des capacit&#233;s des masses populaires, proposent de discuter avec la dictature, sont soit des incapables qui prennent leur propre faiblesse pour des r&#233;alit&#233;s objectives, soit des d&#233;magogues, des charlatans, qui, craignant la volont&#233; populaire, cherchent &#224; fixer des limites &#224; la r&#233;volte des opprim&#233;s bien longtemps avant qu'elle n'explose ! Car, ce que l'on sait, ce que l'histoire a permis de v&#233;rifier, c'est justement le caract&#232;re utopique des changements en douceur, par des n&#233;gociations, avec nos dictateurs. Toutes les exp&#233;riences, toutes les tentatives dans ce sens n'ont abouti qu'&#224; des &#233;checs, &#224; des impasses, qui n'ont servi qu'&#224; renforcer les cha&#238;nes de l'exploitation, de la mis&#232;re, de la dictature et autres violences dont les masses populaires sont les principales victimes. Ce qu'on sait aussi, c'est que, quelles qu'en soient les limites objectives, toutes les avanc&#233;es, sociales et politiques, petites ou grandes, r&#233;alis&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es en Afrique en g&#233;n&#233;ral, depuis les ann&#233;es 90 notamment, comme l'instauration du multipartisme, la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, la cr&#233;ation des syndicats, des associations, l'&#233;closion d'une presse priv&#233;e multiple ou les augmentations des salaires, n'ont &#233;t&#233; possibles que parce que les travailleurs et les masses opprim&#233;s ont lutt&#233;, organis&#233; des gr&#232;ves, sont descendus dans la rue ou parce que, parfois, leur col&#232;re &#233;tait telle que, avant qu'elle n'explose, l'imp&#233;rialisme et certains de ses valets ont compris qu'il &#233;tait de leur int&#233;r&#234;t d'anticiper et de faire ces r&#233;formes n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, l'avenir se situe en dehors de tout dialogue, quel qu'il soit, avec le dictateur D&#233;by. Il est entre les mains des travailleurs et de l'ensemble des masses opprim&#233;es, dans leur mobilisation, leur organisation et leurs luttes ! Ce n'est pas la d&#233;termination des couches populaires d'en finir avec la mis&#232;re ou de trouver une autre issue &#224; leur situation en g&#233;n&#233;ral qui fait d&#233;faut. Ce qui manque, c'est la perspective qu'il faudrait pour que leurs luttes soient efficaces et servent r&#233;ellement &#224; changer leurs conditions de vie, c'est-&#224;-dire un mouvement d'ensemble de tous les travailleurs, secteurs et cat&#233;gories confondus, du public comme du priv&#233;, et de l'ensemble des opprim&#233;s, quelles que soient leurs ethnies, leurs r&#233;gions, leurs religion, sous la forme d'une vaste mobilisation populaire, dirig&#233;e par eux-m&#234;mes pour imposer les changements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, au lieu de perdre inutilement du temps en discutant avec le pouvoir de D&#233;by et le patronat, comme le font souvent les directions syndicales, ou de se focaliser sur les chances d'un dialogue inclusif ou sur les prochaines &#233;lections alors qu'on sait d'avance qu'elles ne changeront rien, c'est &#224; cette perspective-l&#224; que devraient s'atteler tous ceux qui, syndicalistes, militants des partis politiques, de l'opposition arm&#233;e et des associations, sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s tant par les conditions de vie des populations pauvres que par la dictature et aspirent &#224; de v&#233;ritables changements. Cela devrait se faire sous la forme d'une action consciente, d&#233;lib&#233;r&#233;e, organis&#233;e, avec rigueur. Au besoin, si c'est n&#233;cessaire, il faudrait aller au-del&#224; de la volont&#233; des directions syndicales et leur imposer cette perspective-l&#224;, car, pour que se r&#233;alisent les changements n&#233;cessaires dignes de leur attentes et aspirations, il est vital que les masses opprim&#233;es interviennent, fassent irruption dans la sc&#232;ne politique, dans les lieux, les sph&#232;res o&#249; se prennent les d&#233;cisions essentielles les concernant au premier chef, o&#249; se d&#233;cident leur sort et leur vie, et ce, avec leurs propres armes et m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective d'un mouvement d'ensemble des travailleurs et des masses opprim&#233;es est aussi la seule fa&#231;on efficace pour que tous ceux qui veulent que les choses changent r&#233;ellement se regroupent, se comptent et jettent ainsi les bases d'un parti r&#233;volutionnaire qui leur soit propre, cet organe politique qui fait cruellement d&#233;faut aujourd'hui, mais qui est combien indispensable, combien n&#233;cessaire, tant pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts collectifs des couches populaires face &#224; la politique du pouvoir que pour en finir un jour avec l'ordre social injuste en vigueur, le capitalisme !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Que d&#233;fendait Buonarrotti</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5154</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5154</guid>
		<dc:date>2018-11-22T23:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Que d&#233;fendait Buonarroti &lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe Buonarrotti : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Et les c&#339;urs purs, dirig&#233;s par des esprits droits, durent n&#233;cessairement s'int&#233;resser au triomphe complet de l'ordre d'&#233;galit&#233;. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce qui se passa en France imm&#233;diatement apr&#232;s la cr&#233;ation de la r&#233;publique, est &#224; mes yeux l'explosion de la discorde toujours subsistante entre les partisans de l'opulence et des distinctions, d'un c&#244;t&#233;, et les amis de l'&#233;galit&#233; ou de la nombreuse classe des travailleurs, de l'autre. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; D&#232;s qu'on eut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_11256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/images-64.jpg' width=&#034;154&#034; height=&#034;240&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/vignette-php.jpg' width=&#034;175&#034; height=&#034;287&#034; alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/001309186.jpg' width=&#034;538&#034; height=&#034;799&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Gracchus_Babeuf_et_la_conjuration__---_Buonarroti_Philippe_bpt6k6274580m.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Gracchus_Babeuf_et_la_conjuration__---_Buonarroti_Philippe_bpt6k6274580m.jpg' width=&#034;920&#034; height=&#034;1567&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/gif/9782358720687.gif' width=&#034;278&#034; height=&#034;437&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/71hoBcDx9HL.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/71hoBcDx9HL.jpg' width=&#034;907&#034; height=&#034;1360&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que d&#233;fendait Buonarroti&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Philippe Buonarrotti :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et les c&#339;urs purs, dirig&#233;s par des esprits droits, durent n&#233;cessairement s'int&#233;resser au triomphe complet de l'ordre d'&#233;galit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui se passa en France imm&#233;diatement apr&#232;s la cr&#233;ation de la r&#233;publique, est &#224; mes yeux l'explosion de la discorde toujours subsistante entre les partisans de l'opulence et des distinctions, d'un c&#244;t&#233;, et les amis de l'&#233;galit&#233; ou de la nombreuse classe des travailleurs, de l'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s qu'on eut plac&#233; le bonheur et la force de la soci&#233;t&#233; dans les richesses, on fut n&#233;cessairement conduit &#224; refuser l'exercice des droits politiques &#224; tous ceux qui n'offrent pas, par leur fortune, une garantie de leur attachement &#224; un pareil ordre, r&#233;put&#233; le bien par excellence. Dans tout syst&#232;me social de ce genre, la grande majorit&#233; des citoyens, constamment assujettie &#224; des travaux p&#233;nibles, est condamn&#233;e de fait &#224; languir dans la mis&#232;re, dans l'ignorance et dans l'esclavage. Rousseau proclama les droits ins&#233;parables de la nature humaine ; il plaida pour tous les hommes sans distinction ; il pla&#231;a la prosp&#233;rit&#233; de la soci&#233;t&#233; dans le bonheur de chacun de ses membres, et sa force dans l'attachement de tous aux lois. La richesse publique est pour lui dans le travail et dans la mod&#233;ration des citoyens, et la libert&#233; r&#233;side dans la puissance du souverain, qui est le peuple entier, et dont chaque &#233;l&#233;ment conserve l'influence n&#233;cessaire &#224; la vie du corps social par l'effet de l'impartiale r&#233;partition des jouissances et des lumi&#232;res.Cet ordre social qui soumet &#224; la volont&#233; du peuple les actions et les propri&#233;t&#233;s particuli&#232;res, encourage les arts utiles &#224; tous, proscrit ceux qui ne flattent que le petit nombre, d&#233;veloppe sans pr&#233;dilection la raison d chacun, substitue &#224; la cupidit&#233; l'amour de la patrie et de la gloire, fait de tous les citoyens une seule et paisible famille, assujettit chacun &#224; la volont&#233; de tous, personne &#224; celle d'un autre, fut de tout temps l'objet des v&#339;ux secrets des vrais sages, et eut, dans tous les si&#232;cles, d'illustres d&#233;fenseurs : tels furent, dans l'antiquit&#233;, Minos, Platon, Lycurgue et le l&#233;gislateur des chr&#233;tiens ; et dans les temps les plus rapproch&#233;s de nous, Thomas Morus (More), Montesquieu et Mably. On a nomm&#233; ordre d'&#233;go&#239;sme ou d'aristocratie celui des &#233;conomistes, et celui de Rousseau ordre d'&#233;galit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La contradiction que la r&#233;volution rec&#232;le doit appara&#238;tre au grand jour : ou bien un v&#233;ritable esclavage, et cela signifie un despotisme non d&#233;guis&#233; ; ou bien une authentique libert&#233; ainsi qu'une authentique &#233;galit&#233;, et cela signifie le communisme. La r&#233;volution fran&#231;aise a produit ces deux &#233;l&#233;ments : Napol&#233;on instaura l'un, Babeuf l'autre. Je peux &#234;tre bref sur le th&#232;me du babouvisme, puisque l'histoire de la conspiration de Babeuf, &#233;crite par Buonarrotti, vient d'&#234;tre traduite en anglais. Le complot communiste &#233;choua, parce que, d'une part, le communisme de cette &#233;poque &#233;tait encore bien grossier et superficiel et que, d'autre part, les esprits n'&#233;taient pas encore avanc&#233;s en ce temps-l&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, la Sainte Famille :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; La R&#233;volution fran&#231;aise a fait germer des id&#233;es qui m&#232;nent au-del&#224; des id&#233;es de tout l'ancien &#233;tat du monde. Le mouvement r&#233;volutionnaire, qui commen&#231;a en 1789 au Cercle social, qui, au milieu de sa carri&#232;re, eut pour repr&#233;sentants principaux Leclerc et Roux et finit par succomber provisoirement avec la conspiration de Babeuf, avait fait germer l'id&#233;e communiste que l'ami de Babeuf, Buonarroti, r&#233;introduisit en France apr&#232;s la r&#233;volution de 1830. Cette id&#233;e, d&#233;velopp&#233;e avec cons&#233;quence, c'est l'id&#233;e du nouvel &#233;tat du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; chaque grand mouvement bourgeois surgissent aussi des mouvements de la classe qui est la devanci&#232;re plus ou moins d&#233;velopp&#233;e du prol&#233;tariat moderne. Ainsi, au temps de la R&#233;forme et de la Guerre des paysans, la tendance de Thomas M&#252;nzer ; dans la grande r&#233;volution anglaise, les nivelers ; dans la r&#233;volution fran&#231;aise, Babeuf. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.esoblogs.net/6845/philippe-buonarroti-et-la-charbonnerie-insurrectionnelle/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biographie de Buonarrotti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8530783.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observations sur Maximilien Robespierre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5455161x&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique de Robespierre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/gracchusbabeufet00buonuoft/page/n5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gracchus Babeuf et la conjuration des Egaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=dZO7fAk_N44C&amp;printsec=frontcover&amp;dq=philippe+buonarroti&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiS_Zi9iebeAhUIXRoKHQC_AhgQ6AEIKDAA#v=onepage&amp;q=philippe%20buonarroti&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/conspirationpou01babegoog/page/n10&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conspiration pour l'&#233;galit&#233; de Babeuf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/histoiredelacon00buongoog/page/n6&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire de la conspiration pour l'&#233;galit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/conspirationpou00babegoog/page/n9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Proc&#232;s de la conspiration dite de Babeuf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k860691.r=Philippe%20Buonarotti?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syst&#232;me politique et social des Egaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k84758t.r=Philippe%20Buonarotti?rk=42918;4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le jugement contre les Egaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Conjuration_des_%C3%89gaux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;taient les Egaux ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4705&#034;&gt;Babeuf, dirigeant communiste de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article360&#034;&gt;Le Manifeste des Egaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article906&#034;&gt;Babeuf et le communisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Buonarroti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait Philippe Buonarroti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.ie/books?id=gbIwAQAAMAAJ&amp;printsec=frontcover#v=onepage&amp;q&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philippe Buonarroti's &#8220;Babeuf's Conspiracy for Equality&#8221;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/BabeufsConspiracyForEquality_242/page/n7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Read also here&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ahrf/985&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conjuration de Corse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65623081/f37.image-5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Giornale Patriottico di Corsica&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5403839h/f6.image.r=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi en italien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65623081/f31.image&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Notice sur Philippe Buonarrotti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57257392/f9.image.r=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Buonarrotti et ses vicissitudes en Corse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1974_num_29_1_293454&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;flexions sur la conjuration des &#201;gaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/france/revolution/conspiracy-equals/buonarotti.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Conspiracy of Equals, Philippe Buonarrotti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k835717/f1.image.r=BUONARROTI%20philippe%20%20soci%C3%A9t%C3%A9s%20secr%C3%A8tes%20de%20l'arm%C3%A9e&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire de Buonarrotti par un auteur critique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-hypotheses-2007-1-page-45.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Buonarrotti et les carbonari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Carbonarisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les carbonari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/france/revolution/conspiracy-equals/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gracchus Babeuf (1760-1797) and the Conspiracy of the Equals (1796)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9638454h.texteImage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire des soci&#233;ti&#233;s secr&#232;tes de l'arm&#233;e et des conspirations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/reference/archive/marcuse/works/1969/babeuf.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Defense of Gracchus Babeuf Before the High Court of Vend&#244;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.parisrevolutionnaire.com/spip.php?article217&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Paris de Philippe Buonarrotti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Philosophie_sociale_du_XVIIIe_si%C3%A8cle_et_la_R%C3%A9volution/5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Babeuf et le babouvisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k84766f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Derni&#232;re lettre de Babeuf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi l'avenir de l'Afrique sera socialiste ou ne sera pas</title>
		<link>https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3668</guid>
		<dc:date>2015-06-22T00:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Afrique aux mains des trusts Pourquoi l'avenir de l'Afrique sera socialiste ou ne sera pas Les illusions des ind&#233;pendances sont si loin qu'elles ne sont plus de mise. Des r&#233;gimes politiques de toutes sortes, l'Afrique en a connu, et m&#234;me plusieurs par pays. Cela en fait des centaines de diverses sortes, de presque toutes les couleurs du kal&#233;idoscope politique et pourtant aucun n'a rompu avec la d&#233;pendance, aucun avec la mis&#232;re et la dictature, aucun avec la corruption et la mainmise (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique49" rel="directory"&gt;20- R&#233;voltes en Afrique 1988-1991&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Afrique aux mains des trusts&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-757.jpg' width=&#034;654&#034; height=&#034;678&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi l'avenir de l'Afrique sera socialiste ou ne sera pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les illusions des ind&#233;pendances sont si loin qu'elles ne sont plus de mise. Des r&#233;gimes politiques de toutes sortes, l'Afrique en a connu, et m&#234;me plusieurs par pays. Cela en fait des centaines de diverses sortes, de presque toutes les couleurs du kal&#233;idoscope politique et pourtant aucun n'a rompu avec la d&#233;pendance, aucun avec la mis&#232;re et la dictature, aucun avec la corruption et la mainmise imp&#233;rialiste, aucun avec la violence et le sous-d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me pour les r&#233;gimes qui pr&#233;tendaient &#234;tre r&#233;volutionnaires, &#234;tre socialistes, &#234;tre communistes et m&#234;me &#234;tre marxistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me leurs vell&#233;it&#233;s d'unifications territoriales n'ont jamais pris v&#233;ritablement un tour panafricain. Ils ont parfaitement respect&#233; les fronti&#232;res con&#231;ues par le colonisateur pour leur rendre la vie impossible, pour couper un pays de la c&#244;te, pour diviser des r&#233;gions unies autrefois et pour unir des r&#233;gions n'ayant rien de commun. Ils ont refus&#233; de placer leur politique sous l'&#233;gide d'une union entre peuples africains et sous l'&#233;gide d'un combat commun contre l'imp&#233;rialisme. Aucun d'entre eux, quelle que soit la radicalit&#233; de son discours, n'a voulu armer les prol&#233;taires, les laisser s'organiser afin de diriger l'&#233;conomie en fonction des besoins de la population. Du coup, leurs mod&#232;les ont toujours consist&#233; &#224; &#233;craser et exploiter &#171; leur &#187; peuple et &#224; s'en consid&#233;rer comme les bergers et, donc, de les amener finalement &#224; l'abattoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les r&#233;gimes pseudo-socialistes d'Afrique n'ont fait que singer le stalinisme et le mao&#239;sme mais se sont bien gard&#233;s de tirer des le&#231;ons des r&#233;volutionnaires Marx et Engels, Rosa Luxemburg, L&#233;nine ou Trotsky car leur &#171; marxisme &#187; n'&#233;tait fait que pour couvrir les limites petites bourgeoises de leurs engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a jamais assist&#233; &#224; l'av&#232;nement d'un r&#233;gime mettant d'une quelconque mani&#232;re en cause l'ordre qui &#233;crase l'Afrique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e : la faute en est-elle &#224; l'ambiance, au caract&#232;re des populations, aux traditions, aux m&#339;urs, aux institutions antiques, par exemple la solidarit&#233; villageoise et familiale, qui ne s'adapteraient pas au profit individuel accumul&#233; qui domine sous le capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce le pass&#233; de l'esclavage et de la colonisation, sans m&#234;me parler du n&#233;o-colonialisme, qui continuerait d'&#234;tre pay&#233; par les peuples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce le type d'activit&#233;s &#233;conomiques qui place sous la d&#233;pendance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on a constat&#233; que certains pays d'Asie ou d'Am&#233;rique du sud avaient &#233;t&#233; capables de sortir, au moins partiellement, du sous-d&#233;veloppement mais ce n'est le cas d'aucun pays d'Afrique. M&#234;me l'Afrique du sud est encore majoritairement sous-d&#233;velopp&#233;e et n'a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e que gr&#226;ce &#224; la mainmise des blancs sous l'apartheid&#8230; Et aucun de ces pays ne s'appr&#234;te &#224; rejoindre Inde, Chine, Russie ou Br&#233;sil, et m&#234;me pas Iran ou Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces pays d'Afrique sont riches de mines, de p&#233;trole, de gaz, de bois, de coton, de denr&#233;es alimentaires, etc., (et m&#234;me parmi les plus riches du monde sur ces plans), mais aucun d'entre eux n'a v&#233;ritablement d&#233;coll&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, il est &#233;vident que l'Afrique est le continent le moins avanc&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause n'en est pas climatique puisque l'Afrique est sous toutes les latitudes et va de la s&#233;cheresse &#224; l'humidit&#233;. La cause n'en est pas naturelle car la nature l'a abondamment pourvue de toutes sortes de produit et bien plus que l'Europe par exemple. C'est m&#234;me l'un des continents les plus stables g&#233;ographiquement, enregistrant le moins de catastrophes naturelles. Par ailleurs, l'Afrique est le principal fournisseur mondial de mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re raison vient &#224; l'esprit : les ind&#233;pendances n'ont &#233;t&#233; que formelles et pas r&#233;elles. Cela signifie que les classes dirigeantes africaines sont les plus d&#233;pendantes des grandes puissances imp&#233;rialistes et, souvent, de leur propre ancien colonisateur&#8230;. Les exp&#233;riences politiques qu'ont v&#233;cu les peuples d'Afrique ont &#233;t&#233;, plus ou moins ouvertement, &#233;t&#233; impos&#233;es par colonisateur puis le n&#233;o-colonisateur. Aucun dictateur oppos&#233; au n&#233;o-colonisateur ne dure longtemps au pouvoir&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a la violence des guerres et des guerres civiles qui d&#233;chire ces pays. Si 1,2 &#224; 2,4 millions d'Africains sont morts au cours de la traite atlantique sur une p&#233;riode d'environ 360 ans, les guerres civiles ont &#233;t&#233; encore plus meurtri&#232;res. Un million de morts dans le seul g&#233;nocide rwandais, organis&#233; sous l'&#233;gide du gouvernement fran&#231;ais Mitterrand-L&#233;otard. Ou encore les centaines de milliers de morts d'affrontements internes des conflits lib&#233;rien, somalien, &#233;thiopien, ivoirien, congolais et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; aides au d&#233;veloppement &#187; des pays riches ont servi &#224; construire des classes dirigeantes locales asservies aux classes dirigeantes de ces pays riches afin de s'assurer que l'exploitation des richesses locales n'&#233;chappent pas &#224; ces pays riches et &#224; leurs classes dirigeantes. Les interventions arm&#233;es ont compl&#233;t&#233; l'action, en assurant que des soul&#232;vements ou des guerres ne renversent pas les dictateurs amis. La mise en place d'arm&#233;es locales li&#233;es aux arm&#233;es des pays imp&#233;rialistes a achev&#233; l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat est l&#224; : la d&#233;pendance est syst&#233;matiquement organis&#233;e et m&#234;me le pays qui a d&#251; &#224; une lutte violente son ind&#233;pendance, comme l'Alg&#233;rie ou l'Afrique du sud, est terriblement d&#233;pendant de l'imp&#233;rialisme et ne poss&#232;de aucune classe dirigeante ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, c'est l'Europe qui manque de mati&#232;res premi&#232;res et de main d'&#339;uvre et c'est l'Afrique qui n'en dispose pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lancement du capitalisme ne n&#233;cessite pas seulement des richesses mais aussi des structures de la soci&#233;t&#233; et des structures des classes dirigeantes qui font compl&#232;tement d&#233;faut parce que c'est le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me qui en prive les pays d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des raisons, c'est que l'on a impos&#233; &#224; l'Afrique de conserver ses anciennes formes d'organisation claniques, ethniques, esclavagistes m&#234;me parfois, et cela avec des Etats artificiellement fabriqu&#233;s par le colonisateur, et des fronti&#232;res absurdes g&#233;ographiquement, humainement, &#233;conomiquement, des fronti&#232;res que les dirigeants des ind&#233;pendances ont cependant respect&#233; scrupuleusement, &#233;tant redevables au colonisateur pour leur obtention du pouvoir et de ses avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours unitaire panafricain est toujours rest&#233; au niveau du discours et les Etats-Unis d'Afrique ne sont pas pr&#234;ts de voir le jour. La plupart des pays ont plus de relations &#233;conomiques et politiques avec l'ancienne puissance coloniale qu'avec les pays voisins de la sous-r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, la d&#233;mocratie est une caricature et, surtout dans les pays riches en ressources, o&#249; chaque &#233;lection constitue un scandale qui m&#232;ne &#224; des affrontements violents. Pour la plupart de ces pays, l'anniversaire de l'ind&#233;pendance signifie f&#234;ter l'enfoncement dans la mis&#232;re. Il n'y a pas l&#224; de quoi pavoiser. L'Afrique du XXIe si&#232;cle reste ce qu'elle a toujours &#233;t&#233; pour l'Europe &#8211; sauf qu'elle l'est aussi maintenant en plus pour le reste de la plan&#232;te : &#7866;tats-Unis, &#7866;tats &#233;mergents, Chine &#8211; un r&#233;servoir de richesses. Ce qui est convoit&#233; ce sont les mati&#232;res premi&#232;res, mais aussi les terres et les hommes pour les travailler. Le sort de l'Afrique, comme au temps de la conf&#233;rence coloniale de Berlin, est d&#233;cid&#233; dans les institutions internationales, financi&#232;res et commerciales, avec leurs puissants acteurs. Le m&#234;me d&#233;pe&#231;age est fait par les multinationales qui se r&#233;partissent l'exploitation des ressources et la gestion des &#233;quipements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'organisation des classes dirigeantes locales n'est pas faite pour assurer un d&#233;veloppement local ou r&#233;gional, ni national, ni inter-africain mais pour assurer le d&#233;veloppement&#8230; des pays d&#233;velopp&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transports, les r&#233;seaux &#233;conomiques, les m&#233;thodes de travail, tout est organis&#233; pour profiter &#224; quelques trusts occidentaux. Par exemple, on ne transforme pas les mati&#232;res premi&#232;re sur place. Leur revenu n'est pas investi sur place. Il irrigue surtout les &#233;conomies occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture, par exemple, n'est pas organis&#233;e en fonction des besoins locaux mais de ceux des m&#233;tropoles. Alors que la nature a fourni des moyens extraordinaires pour la culture et l'&#233;levage, ceux-ci ne sont pas organis&#233;s syst&#233;matiquement et les populations ne peuvent m&#234;me pas satisfaire leurs besoins alimentaires en auto-suffisance alors qu'une exploitation rationnelle des terres pourrait ais&#233;ment faire de l'Afrique le grenier du monde entier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan : les vingt pays les plus pauvres du monde (donn&#233;es du PIB) sont africains sauf un : le N&#233;pal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique est le seul continent o&#249; le nombre de personnes extr&#234;mement pauvres a augment&#233;. Ce chiffre a m&#234;me doubl&#233; : de 210 millions en 1981 &#224; 415 millions en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation Mondiale du Commerce dressait r&#233;cemment le tableau effrayant suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#171; L'Afrique demeure le continent le plus fragment&#233; du monde, avec 54 pays s&#233;par&#233;s par de nombreuses fronti&#232;res. Les &#233;changes entre pays africains sont tr&#232;s faibles puisqu'ils ont repr&#233;sent&#233;, l'ann&#233;e derni&#232;re, 10 pour cent du commerce total de l'Afrique. En comparaison, la part des &#233;changes intrar&#233;gionaux s'&#233;l&#232;ve &#224; environ 70 pour cent dans l'UE-27, 52 pour cent en Asie, 50 pour cent en Am&#233;rique du Nord et 26 pour cent en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La part de l'Afrique dans le commerce mondial est faible elle aussi. Elle s'est &#233;lev&#233;e &#224; moins de trois pour cent l'ann&#233;e pass&#233;e. Ce n'est gu&#232;re surprenant &#233;tant donn&#233; que les r&#233;gions les plus int&#233;gr&#233;es sont aussi les plus comp&#233;titives au niveau mondial. La part croissante des pays asiatiques dans le commerce mondial en est la preuve. Alors que les &#233;changes des pays africains avec les partenaires ext&#233;rieurs, en particulier avec les &#233;conomies &#233;mergentes, s'envolent, les &#233;changes entre pays africains stagnent. L'ann&#233;e derni&#232;re, les principaux partenaires commerciaux de l'Afrique ont &#233;t&#233; l'Union europ&#233;enne, l'Asie et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le commerce de l'Afrique est exag&#233;r&#233;ment tributaire d'un petit nombre de produits primaires. En 2010, les combustibles et les produits miniers ont ainsi repr&#233;sent&#233; 66 pour cent du total des exportations africaines de marchandises. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que l'Afrique n'ait pas dispos&#233; de classes bourgeoises ou petites bourgeoises. Ce n'est pas qu'elles soient moins malignes ou moins cultiv&#233;es que celles des autres r&#233;gions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce que la domination occidentale a &#233;t&#233; plus directe et syst&#233;matique et n'a pas pu &#234;tre contest&#233;e lors d'ind&#233;pendances octroy&#233;es, organis&#233;es sous l'&#233;gide du colonisateur lui-m&#234;me, ce dernier trouvant ainsi dans les nouvelles classes dirigeantes locales des gestionnaires attach&#233;s &#224; ses int&#233;r&#234;ts. Quant &#224; ceux qui ont manifest&#233; ensuite des vell&#233;it&#233;s d'ind&#233;pendance, l'imp&#233;rialisme s'est toujours arrang&#233; pour s'en d&#233;barrasser plus ou moins discr&#232;tement, plus ou moins violemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui explique que l'Afrique soit la r&#233;gion du monde qui a connu le plus de guerres et des guerres civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la raison de fond est ailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les flux de capitaux qui sont en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Chine a connu un lancement massif, c'est parce que brutalement les USA ont d&#233;cid&#233; de s'y investir massivement, suivis par le Japon puis l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;gime capitaliste, l'arriv&#233;e d'investissements dans un pays est la source de sa richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit que ces capitaux s'en d&#233;tournent pour qu'il s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me un pays assez riche comme l'Argentine s'est effondr&#233; quand les capitaux &#233;trangers s'en sont enfuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me un pays riche comme la France s'effondrerait dans ce cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les investissements de capital &#233;tranger de toute l'Afrique ne valent que tr&#232;s peu de chose : en 2008, par exemple, le stock d'investissement direct &#233;tranger entrant en Afrique est de 3,4% du stock mondial soit un peu plus que la moiti&#233; de ce que la France &#224; elle seule re&#231;oit en investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, le grand capital n'irrigue pas l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en d&#233;coule l'absence de d&#233;veloppement de la production, des &#233;changes et des soci&#233;t&#233;s. Les exportations africaines de biens et services repr&#233;sentaient respectivement 2,87% et 2,52% du commerce mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment un analyste d&#233;crivait la situation actuelle de l'Afrique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Quelques grandes entreprises fran&#231;aises bien implant&#233;es et jouissant d'un quasi-monopole d'exploitation, sans doute avec des prix d'achats tr&#232;s faibles, ou bien b&#233;n&#233;ficiant d'un march&#233; privil&#233;gi&#233; o&#249; elles peuvent vendre tr&#232;s cher leurs services, n'auraient aucun int&#233;r&#234;t &#224; voir &#233;merger la concurrence du fait d'un meilleur climat des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Quelques autocrates africains et leurs clans souhaitent, et c'est humain, conserver le pouvoir et les richesses qu'il leur procure. Ils n'auraient aucun int&#233;r&#234;t au d&#233;veloppement de leur pays et donc au d&#233;veloppement d'une classe moyenne et d'entreprises qui pourraient financer l'opposition et menacer leur acc&#232;s aux revenus des industries extractives. Ils pourraient aussi b&#233;n&#233;ficier de l'argent de l'aide publique qui leur permettrait de rester au pouvoir et de &#171; boucler les fins de mois &#187; pour payer les fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - D'ailleurs, les bureaucrates des agences publiques d'aide auraient aussi un int&#233;r&#234;t dans ce syst&#232;me, puisque leurs revenus, leurs emplois, leur influence en d&#233;pendent. Leurs actions seraient en outre l&#233;gitim&#233;es par un pr&#233;tendu syst&#232;me d'aide au d&#233;veloppement qui en r&#233;alit&#233; contribuerait en premier lieu &#224; &#171; acheter &#187;, avec de l'argent des contribuables, des autocrates africains, pour la stabilit&#233; qu'ils fourniraient &#224; quelques lobbies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - L'&#201;tat fran&#231;ais n'aurait aucun int&#233;r&#234;t dans la concurrence de compagnies &#233;trang&#232;res puisqu'elle donnerait la possibilit&#233; aux autocrates africains de r&#233;duire leurs privil&#232;ges, concessions, prix pr&#233;f&#233;rentiels ou march&#233;s aux quelques int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais. De ce point de vue le p&#233;trole bon march&#233; africain serait une aubaine pour l'&#201;tat fran&#231;ais qui peut accro&#238;tre sa marge de taxation sous le prix socialement tol&#233;rable en France (un taux de taxation de l'ordre de 200%, &#231;a ne se refuse pas). Si en plus ce p&#233;trole permettait des fuites de cash qui pourraient financer les partis politiques fran&#231;ais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Par ailleurs, d'un point de vue strat&#233;gique, la d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique aux &#171; caprices &#187; des march&#233;s internationaux n'est pas tol&#233;rable pour une puissance respectable comme la France. Les approvisionnements &#233;nerg&#233;tiques sont une strat&#233;gie d'&#201;tat. Si en outre, un de ces approvisionnements constituait le socle de la politique d'expansion des march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques de la France (et donc de sa g&#233;ostrat&#233;gie en tant que grande puissance) dans le secteur o&#249; elle est leader mondial, son int&#233;r&#234;t &#233;vident serait de prot&#233;ger co&#251;te que co&#251;te cet approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Bien s&#251;r avec la nouvelle concurrence internationale, notamment de la Chine, les autocrates pourraient gagner en pouvoir de n&#233;gociation : la France devrait donc en th&#233;orie se montrer plus tol&#233;rante sur le non-respect des droits de l'homme en Afrique, ou plus &#171; amicale &#187; quant au traitement de plaintes pour corruption par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tous les commentateurs ont maintenant les yeux tourn&#233;s vers l'espoir que la Chine d&#233;veloppera l'Afrique, la r&#233;alit&#233; en est tr&#232;s loin. Certes, les sommes investies localement par la Chine pour construire en Afrique des ponts, des routes, des autoroutes, des h&#244;pitaux, des &#233;coles, des stades d&#233;passent d&#233;j&#224; tous les investissements qui y ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s par les puissances occidentales. Le gouvernement chinois a annonc&#233; encore 21 milliards de dollars d'investissements sur le continent africain. C'est la premi&#232;re fois qu'un pays capitaliste pr&#233;tend r&#233;ellement remettre en question l'exclusivit&#233; des relations commerciales et &#233;conomiques monopolis&#233;es par les grandes puissances occidentales, essentiellement Angleterre et France apr&#232;s la chute des empires coloniaux portugais ou belge. Pour la Chine, le continent noir est devenu un v&#233;ritable r&#233;servoir de mati&#232;res premi&#232;res, comme les hydrocarbures et les minerais indispensables &#224; sa croissance &#233;conomique, et un d&#233;bouch&#233; commercial pour sa puissante industrie manufacturi&#232;re. L'Afrique du Sud, l'Angola, le Nigeria, le Soudan, l'&#201;gypte et l'Alg&#233;rie figurent parmi les partenaires privil&#233;gi&#233;s de la Chine en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine d&#233;fend sa nouvelle implantation en pr&#233;tendant aider au d&#233;veloppement mais, comme tous les imp&#233;rialismes, elle ne cherche qu'&#224; faire fructifier son capital. La contrefa&#231;on de marques de textile comme Uniwax (qui fabrique des pagnes) en C&#244;te d'Ivoire ou de motocyclettes japonaises Yamaha, au Cameroun, comme la concurrence d&#233;loyale (le non paiement des taxes douani&#232;res, le dumping) ont des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour les &#233;conomies locales. La recherche de nouveaux gisements de mati&#232;res premi&#232;res exacerbe &#233;galement les conflits locaux, conforte les r&#233;gimes autocratiques, favorise la corruption et finalement ne concourt gu&#232;re au d&#233;veloppement durable et social des nations. La d&#233;forestation massive &#224; laquelle se livrent les soci&#233;t&#233;s chinoises &#233;meut de plus en plus les opinions publiques africaines et les ONG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est surtout remarquable et remarqu&#233; que les entreprises chinoises se refusent &#224; employer la main d'oeuvre locale. Le ch&#244;mage massif (avec son corolaire d'absence d'un march&#233; int&#233;rieur) &#233;tant le principal probl&#232;me de l'Afrique, les travailleurs voient d'un tr&#232;s mauvais &#339;il un d&#233;veloppement qui se fasse sans donner du travail &#224; la population ! Cela a &#233;t&#233; &#224; la base de nombreux conflits et cela ne risque pas de s'att&#233;nuer avec l'aggravation de la crise...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les politiciens, les &#233;conomistes, les sociologues et autres &#034;leaders&#034; n'ont pas manqu&#233; pour proposer &#171; leurs solutions &#187;, qu'elles soient &#233;conomiques, politiques ou sociales, ils l'ont toujours fait dans le cadre du capitalisme. Que ce soit les Samir Amin ou les Ren&#233; Dumont, que ce soit les Kwame Nkrumah ou les Modibo Keita, les Kadhaffi ou les Amin Dada, les Patrice Lumumba ou les S&#233;kou Tour&#233;, les Thomas Sankara ou les Nelson Mandela, (et nous citons surtout ceux qui ont pu sembler avoir la capacit&#233; d'&#234;tre ind&#233;pendants) aucun n'a jamais envisag&#233; que la lutte m&#232;ne &#224; sortir du capitalisme et encore moins &#224; se fonder sur le prol&#233;tariat international pour casser la d&#233;pendance et le sous-d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couches bourgeoises et petites bourgeoises que repr&#233;sentent les dirigeants nationalistes sont incapables d'une telle rupture de classe. Leur radicalisme ne va pas au-del&#224; d'un marchandage avec les puissances imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces dirigeants, dont certains parfois dits radicaux, ont manifest&#233; leur m&#233;pris des peuples travailleurs de mille mani&#232;res et notamment en ne comptant absolument pas sur les prol&#233;taires pour discuter et d&#233;cider de leur propre avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d'entre eux ont &#233;t&#233; capables de pactiser avec le stalinisme, avec le mao&#239;sme, avec un nationalisme radical, mais jamais avec le communisme r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat qui leur est aussi &#233;tranger et ennemi qu'il l'est au capitalisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'y voir un alli&#233;, les bourgeoisies sous-d&#233;velopp&#233;es consid&#232;rent le prol&#233;tariat comme leur pire ennemi et c'est toujours quand des soul&#232;vements des masses prol&#233;tariennes les ont menac&#233; qu'ils ont lanc&#233; des guerres civiles internes violentes, comme au Rwanda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes bourgeoises, en Afrique comme ailleurs, ne sont plus capables de mener des r&#233;volutions sociales bourgeoises et encore moins capables de supporter la r&#233;volution prol&#233;tarienne et socialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couches sociales qui ont pris le pouvoir dans les pays d'Afrique ne sont que des interm&#233;diaires des puissances imp&#233;rialistes et, comme telles, se sentent menac&#233;es par les r&#233;volutions sociales. Elles ne veulent nullement s'appuyer sur ces r&#233;voltes pour mettre en cause le syst&#232;me de domination mondial, m&#234;me si celui-ci rogne leurs espoirs et les place dans une situation &#233;conomique et sociale dans laquelle ils peuvent sans cesse tomber dans la mis&#232;re et la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnons un exemple du nouveau blabla capitaliste mensonger pour l'Afrique. Le Huffington Post en association avec le Centre de D&#233;veloppement de l'OCDE pour le Forum Afrique 2013 &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Le temps est venu pour une nouvelle approche du d&#233;veloppement en Afrique. A contre-courant de la tendance mondiale, les perspectives &#233;conomiques des pays du continent sont tr&#232;s favorables pour les prochaines ann&#233;es. Les mod&#232;les de d&#233;veloppement fond&#233;s sur l'aide ext&#233;rieure, le secteur caritatif, la dette souveraine, ou encore l'export des produits primaires, ne sont plus adapt&#233;s &#224; l'Afrique qui se construit. Nous devons nous montrer &#224; la hauteur de ces &#233;volutions et adopter une approche innovante, fond&#233;e sur un changement durable et transformateur et reposant sur des investissements &#224; long terme qui assureront la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique et sociale du continent. C'est la raison d'&#234;tre de deux concepts qui guident ma vision du d&#233;veloppement de l'Afrique : la philanthropie catalytique et l'Africapitalisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catalytique ou pas, afri ou pas, avec de nouveaux concepts ou pas, le capitalisme en Afrique, c'est la d&#233;pendance, la mis&#232;re et ses cons&#233;quences de dictatures et d'horreurs de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul fait nouveau dans cette Afrique attach&#233;e au capitalisme, comme le condamn&#233; est attach&#233; au boulet, c'est que l'Etat bourgeois est en pleine d&#233;liquescence et s'effondre, permettant aux bandes arm&#233;es d'en contester l'existence m&#234;me, du Mali &#224; la C&#244;te d'Ivoire, du Nigeria &#224; la Somalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule perspective pour les peuples travailleurs d'Afrique est dans la lutte pour renverser d&#233;finitivement l'imp&#233;rialisme et le capitalisme en instaurant le socialisme, perspective qui n'est pas nationale ni seulement africaine mais mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les occasions d'unifier la lutte des peuples travailleurs n'ont pas manqu&#233; mais c'est la volont&#233; politique qui a fait d&#233;faut. Les luttes d'ind&#233;pendances se sont d&#233;roul&#233;es aux m&#234;me &#233;poques sans permettre de convergence. Par la suite d'autres vagues de luttes en Afrique ont &#233;t&#233; inter-africaines sans permettre non plus cette convergence. Ainsi, en 1988-1991, la plupart des pays d'Afrique ont &#233;t&#233; parcourus par la m&#234;me vague de r&#233;voltes populaires sans que ces mouvements ne sachent m&#234;me mettre en avant cet avantage et les populations ignorent toujours ce fait historique. La lutte des prol&#233;taires d'Afrique du sud a m&#234;me failli unifier ces combats malgr&#233; l'opposition des dirigeants nationalistes, sud-africains comme d'autres r&#233;gions d'Afrique. C'est l'union des drigeants de l'ANC et du parti communiste sud-africain avec la bourgeoisie sud-africaine et mondiale qui a permis de d&#233;samorcer cette bombe prol&#233;tarienne ! Le nationalisme des petites bourgeoisies et des classes dirigeantes africaines a infect&#233; tous les mouvements politiques et sociaux locaux. Mais la raison de fond est qu'au sein m&#234;me des classes laborieuses, les dirigeants syndicalistes sont infect&#233;s du nationalisme le plus &#233;troit et de la conviction que les prol&#233;taires sont incapables de diriger la soci&#233;t&#233;, incapables de renverser le syst&#232;me capitaliste, incapables de b&#226;tir une autre soci&#233;t&#233;. Les pires adversaires du communisme r&#233;volutionnaire se retrouvent dans ces appareils syndicaux qui entendent encadrer la classe ouvri&#232;re et l'emp&#234;chent, comme dans les pays imp&#233;rialistes, d'acc&#233;der &#224; une conscience r&#233;volutionnaire en tirant des le&#231;ons de leurs propres exp&#233;riences sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule affirmation des peuples travailleurs d'Afrique qui ouvre un avenir est donc, comme dans le reste du monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#034;Prol&#233;taires de tous les pays unissez-vous et organisez-vous par vous-m&#234;mes sans confier votre sort &#224; des sauveurs politiciens, militaires ou syndicaux et ne craignez pas de d&#233;barrasser la plan&#232;te du capitalisme pour b&#226;tir une soci&#233;t&#233; au service des &#234;tres humains et pas au service du grand capital !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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